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Full text of "Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences"

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COMPTES  RENDUS 


HEBDOMADAIRES 


DES   SÉANCES 


DE   L'ACADÉMTE  DES   SCIENCES. 


PARIS.    —    IMPRIMERIE  GAUTUIER-VILLARS    ET   C'',    QDAI    DES   GRANDS-AUGCSTINS,    55. 


COMPTES  RENDUS 

HEBDOMADAIRES 

DES   SÉANCES 

DE  L'ACADÉMIE  DES  SCIENCES 

PUBLIES, 

CONFORMÉMENT  A  UNE  DÉCISION  DE  L'ACADÉMIE 

EN  DATE  DU  13  JUILLET  1835, 

PAR   MM.    LES    SECRÉTAIRES    PERPÉTUELS. 


TOME   GEIVT-SOIXAIVTE-QIJATORZIEME. 

JANVIER  -  JUIN  Î922. 


PARIS, 

GAUTHIER-VILLARS  et  G'«,  IMPRIMEURS-LIBRAIRES 

DES    COMPTES    RENDUS    DES    SÉANCES    DE    L'ACADÉMIE    DES    SCIENCES, 

Quai  des  Grands-Augustins,  55. 

1922 


ÉTAT  DE  L'ACADÉMIE  DES  SCIENCES 


AlH"JAPIEm922 


SCIENCES  MATHÉMATIQUES. 


Section  I^.    —    Géométrie. 

Messieurs  : 

Jordan  (Marie-Ennemond-Camille),  o.  *. 
Appell  (Paul-Émile),  G.  o.  *. 
Painlevé  (Paul),  *. 
Hadamard  (Jacques-Salomon),  *. 
GouRSAT  (Édouard-Jean-Baptiste),  *. 
BoREL(Félix-Édouard-Justin-Émile),  o.  *. 

Section  II.    —  Mécanique. 

BoussiNESQ  ( Joseph- Valen tin),  O.  *. 
Sebert  (Hlppolyte),  c.  * 
Vieille  (Paul-Marie-Eugène),  g.  o.  *. 
Lecornu  (Léon-François-Alfred),  o.  *. 
Kœnigs  (Paul-Xavier-Gabriel),  O.  *. 
Mesnager  (Augustin-Charles-Marie),  O.  *. 


Section  III.  —  Astronomie. 

Deslandres  (Henri- Alexandre),  O.  *. 
BiGOURDAN  (Guillaume),  o.  *. 
Baillaud  (Edouard-Benjamin),  G.  *. 
Hamy  (Maurice-Théodore-Adolphe),  *. 
PuiSEUX  (Pierre-Henri),  «f. 
Andoyer  (Marie-Henri),  *. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 
Section  IY.  —  Géographie  et  Navigation. 

Messieurs  : 

Bertin  (Louis-Émile),  C.  *. 

Lallemand  (Jean-Pierre,  dit  Charles),  o.  *. 

FouRNiER  (François-Ernest),  g.  c.  *,  %. 

Bourgeois  (Joseph-Émile-Robert),  g.  o.  *. 

Favé  (Louis-Eugène-Napoléon),  c.  *, 

N 

Section  V.  —  Physique  générale. 

ViOLLE  (Louis-Jules-Gabriel),  c.  *. 
BouTY  (Edmond-Marie-Léopold),  o.  *. 
ViLLARD  (Paul),  o.  *. 
Branly  (Désiré-Eugène-Edouard),  o.  ^. 
Berthelot  (Paul- Alfred- Daniel). 
Brilloi  in  (Louis-Marcel),  *. 


SCIEACES  PHYSIQUES. 

Section  YI.  —  Chimie. 

Lemoïne  (Clément-Georges),  o.  *. 

Haller  (Albin),  g.  o.  *. 

Le  Chatelier  (Henry-Louis),  c  *. 

MouREU  (François-Charles-Léon),  c.  *. 

Béhal  (Auguste),  c.  *. 

Urbain  (Georges),  *. 

Section  YII.  —  Minéralogie. 

Barrois  (Charles-Eugène),  o.  *. 
DouviLLÉ  (Joseph-Henri-Ferdinand),  o.  *. 
Wallerant  (Frédéric-Félix-Auguste),  *. 
Termier  (Pierre-Marie),  o.  *. 
Launay  (Louis-Auguste-Alphonse  de),  o.  *. 
Haug  (Gustave-Emile),  *. 


ÉTAT   DE    l'académie   AU    l"   JANVIER    1922. 
Section  VIII.  —   Botanique. 

Messieurs  : 

GuiGNARD  (Jean-Louis-Léon),  c.  *. 
BONNIER  (Gaston-Eugène-Marie),  O.  *. 
Mangin  (Louis- Alexandre),  c.  *. 
CosTANTiN  (Julien-Noël),  *. 
Lecomte  (Paul-Henri),  o,  *. 
Dangeard  (Pierre-Augustin-Clément),  *. 

Section  IX.  —  Économie  rurale. 

Roux  (Pierre-Paul-Émile),  g.  c.  *. 
ScHLŒSiNG  (Alphonse-Théophile),  o.  ft. 
Maquenne  (Léon-Gervais-Marie),  *. 
Leglainche  (Auguste-Louis-Emmanuel),  c.  *. 
VlALA  (Pierre),  O.  *. 
Llndet  (Gaston-Aimé-Léon),  C.  *. 

Section  X.  —  Anatomie  et  Zoologie. 

Ranvier  (Louis-Antoine),  O.  *. 

Bouvier  (Louis-Eugène),  o.  *. 

Henneguy  (Louis-Félix),  o.  *. 

Marchal  (Paul-Alfred),  o.  *. 

JouBiN  (Louis-Marie-Adolphe-Olivier-Édouard),  o.  *. 

Mesnil  (Félix-Étiehne-Pierre),  *. 

Section  XI.  —  Médecine  et  Chirurgie. 

Arsonval  (Jacques  Arsène  d'),  C.  *. 
Laveran  (Charles  Louis- Alphonse),  c.  *. 
RiCHET    (Robert-Charles),  C.  *. 
QuÉNU  (Édouard-André-Victor-Alfred),  c.  *. 
Widâl  (Fernand-Georges-Isidore),  G.  O.  *. 
Bazy  (Pierre-Jean-Baptiste),  o.  *. 


ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

SECRÉTAIRES  PERPÉTUELS. 

Messieurs  : 

Picard  (Charles-Emile),  c.  *,  pour  les  sciences  mathématiques. 
Lacroix  (François- Antoine- Alfred) ,  o .  * ,  pour  les  sciences  physiques . 

ACADÉMICIENS  LIRRES. 

Freycinet  (Louis-Charles  de  Saulses  de),  o.  *. 

Hatonde  la  Goupillière  (Julien-Napoléon),  g.  o.  «. 

Bonaparte  (le  prince  Roland). 

Tisserand  (Louis-Eugène),  g.  g.  *. 

Blondel  (André-Eugène),  o.  *. 

Gramont  (le  c*^  Antoine-Alfred-Arnaud-Xavier-Louis  de),  O.  *. 

FOCH  (le  maréchal  Ferdinand),  g.  c.  *,  f . 

Janet  (Paul-André-Marie),  o.  *. 

Breton  (Jules-Louis). 

N 

MEMBRES  NON  RÉSIDANTS. 

Sabatier  (Paul),  o.  *,  à  Toulouse. 
GouY  (Louis-Georges),  *,  à  Lyon. 
Depéret  (Charles-Jean-Julien),  *,  à  Lyon. 
Flahault  (Charles-Henri-Marie),  o.  *,  à  Montpellier. 
KiLiAN  (Charles-Constant-Wilfrid),  *,  à  Grenoble. 
COSSERAT  (Eugène-Maurice-Pierre),  à  Toulouse. 

APPLICATIONS  DE  LA  SCIENCE 
A  L'IiXDLSlTUE. 

Leblanc  (Charles-Léonard-Armand-Maurice),  *,  à  Paris. 

Râteau  (Camille-Edmond-Anguste),  o.  ^,  à  Paris. 

Charpy  (Au^ustin-Georges-Albert),  *,  à  Paris. 

CnARDONNET  (le  c'^  Louis-Matie-Hilaire  Bi  rmgaud  de),  ^,  à  Paris. 

Lumière  (Louis-Jean),  c.  *,  à  Lyon. 

Laubëuf  (Alfred-Maxime),  o.  *,  à  Paris. 


ÉTAT   DE    l'académie    AU    l"   JANVIER    1922. 

ASSOCIÉS  ÉTRANGERS. 

Messieurs  : 

Albert  P^  (S.  A.  S.),  prince  souverain  de  Monaco,  g.  c.  *. 

Van  der  Waals  (Joannes  Diderik),  à  Amsterdam. 

Lankester  (SirEdwin  Ray),  à  Londres. 

LoRENTZ  (Hendrik  Antoon  ),  à  Haarlem  (Pays-Bas). 

Geikie  (Sir  Archibald),  o.  *,  à  Haslemere,  Surrey. 

VoLTERRA^Vito),  c.  *,  à  Rome. 

Hale  (George  Ellery),àMountWilson  Observatory  (Californie). 

Thomson  (Sir  Joseph  John),  à  Cambridge  (Angleterre). 

Walcott  (Charles  Doolittle),  à  Washington. 

Ciamician  (Giacomo),  *,  à  Bologne. 

MiCHELSON  (Albert  Abraham),  à  Chicago. 

N 


CORRESPOND  AXTS. 


SCIENCES  MATHÉMATIQUES. 

Section  P«.    —   Géométrie  (10). 

Mittag-Leffler  (Magnus  Gustaf),  c.  *,  à  Djursholm  (Suède). 
Nœther  (Max),  à  Erlangen. 
Guichard  (Claude),  à  Paris. 
Hilbert  (David),  à  Gôttingen. 

LA  Vallée  Poussin  (Charles-Jean-Gustave-Nicolas  de),  à  Louvain, 

Bi'ANCHi  (Luigi),  à  Pise. 

Larmor  (Sir  Joseph),  à  Cambridge  (Angleterre). 

Di   KSON  (Léonard  Eugène),  à  Chicago. 

R.QilER(Charle.s-Edinond-Alfred),  à  Caen  (Calvados). 

N.  .  


lO  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

Section  H.  —  Mécanique  (lo). 

Messieurs  : 

WiTZ  (Marie- Joseph- Aimé),  à  Lille. 

Levi-Civita  (Tullio),  à  Rome. 

ScHWOERER  (Emile),  ^,  à  Colmar. 

Sparre  (le  comte  Magnus-Louis-Marie  de),  à  Lyon. 

Ariès  (Louis-Marie-Joseph-Emmanuel),  o.  *,  à  Versailles. 

Waddell  (John  Alexander  Low),  à  Kansas  City  (Missouri). 

Torres  Quevedo  (Leonardo),  à  Madrid. 

Greenhill  (Sir  George),  à  Londres. 

Andrade  (Juleé-Frédéric-Charles),  à  Besançon. 

N 

Section  III.  —  Astronomie  (i6). 

Stephan  (Jean-Marie-Édouard),  o.  *,  à  Marseille. 

Van  de  Sande  Bakhuyzen  (Hendrik  Gerardus),  c.  *,  à  Leyde 

(Pays-Bas). 
Christie  (Sir  William  Henry  Mahoney),  à  Down  (Angleterre). 
TuRNER  (Herbert  Hall),  à  Oxford. 

Kapteyn  (Jacobus  Cornélius),  *,  à  Groningue  (Pays-Bas). 
Verschaffel  (Aloys),  à  Abbadia  (Basses-Pyrénées). 
Lebeuf  (Auguste-Victor),  *,  à  Besançon. 
DySON  (Sir  Frank  Watson),  à  Greenwich. 
GONNESSIAT  (François),  *,  à  Alger. 

Campbell  (William  Wallace),  à  Mount  Hamillon  (Californie). 
Fabry  (Louis),  à  Marseille. 
FowLER  (Alfred),  à  Londres. 
Brown  (Ernest  jWilliam),  à  New-Haven  (Connectitut). 

N. .  .   .   ^   .   .   .  ° 

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N 


Section  IV.  —  Géographie  et  Navigation  (lo). 

Teffé  (le  baron  de),  à  Petropolis  (Brésil). 
Nansen  (Fridtjof),  c.  «,  à  Lysaker  (Norvège). 


ÉTAT    DE    l'académie    AU    l*""    JANVIER    1922.  II 

Messieurs  : 

Colin  (Édouard-Elie),  *,  à  Tananarive. 
Hedin  (Sven  Anders),  à  Stockholm. 

HiLDEBRAND   HiLDEBRANDSSON  (Hugo),  C.  *,  à  Upsal. 

Davis  (William  Morris),  *,  à  Cambridge  (Massachusetts). 
Amundsen  (Roald),  g.  o.  *,  à  Kristiania. 
TiLHO  (Jean-Augusle-Marie),  o.  *,  à  Paris. 
Legointe  (Georges),  g.  *,  à  Uccle  (Belgique). 
Watts  (Sir  Philip),  à  Londres. 

Section  V.   —   Physique  générale  (10). 

Blondlot  (Prosper-René),  o.  *,  à  Nancy. 
Benoît  (Justin-Miranda-René),  o.  *,  à  Courbevoie. 
Guillaume  (Charles-Edouard),  o.  *,  à  Sèvres. 
Arrhemus  (Svante  August),  g.  o.  «,  à  Stockholm. 
Mathias  (Emile-Ovide-Joseph),  *,  à  Clermont-Ferrand. 
Dewar  (Sir  James),  à  Cambridge  (Angleterre). 
Onnes  (Hecke  Kamerlingh),  à  Leyde  (Pays-Bas). 
WeiSS  (Pierre)  *,  à  Strasbourg. 

Rutherford  (Sir  Ernest),  à  Cambridge  (Angleterre). 
Zeeman  (Pieter),  à  Amsterdam. 


SCIENCES    PHYSIQUES. 

Section  VI.  —  Chimie  (10). 

Forgrand  de  Coiselet  (Hippolyte-RobertDE),  *,  à  Montpellier. 

Guye  (Philippe-Auguste),  *,  à  Genève. 

Guntz  (Antoine-Nicolas),  *,  à  Nancy. 

Graebe  (Cari),  à  Francfort-sur-le-Main. 

Barbier  (François-Antoine-Philippe),  o.  *,'à'Bandol[(Var). 

Grignard  (François-Auguste-Victor),  o.  ^,  à  Lyon. 

Walden  (Paul),  à  Riga. 

Solvay  (Ernest-Gaston),  g.  o.  *,  à  Bruxelles. 

Paternô  di  sessa  (le  marquis  Emanuele),  g.  o.  ^,  à  Rome. 

Perkin  (William  Henry),  à  Oxford  (Angleterre). 


12  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


Sectiox  VII.   —  Minéralogie  {lo). 

Messieurs  : 

TscHERMAK  (Gustav),  à  Vienne  (Autriche). 

Brôgger  (Waldemar  Chrislofer^,  c.  *,  à  Kristiania. 

Heim  (Albert),  à  Zurich. 

Lehmann  (Otto),  à  Karlsruhe. 

Grossouvre  (Marie-Félix-Albert  Durand  de),  o.  *,  à  Bourges. 

Becke  (Friedrich  Johann  Karl),  à  Vienne  (Autriche). 

Friedel  (Georges),  o.  *,  à  Grafenstaden  (Alsace). 

Bigot  (Alexandre-Pierre-Désiré),  ^,  à  Caen. 

LuGEON  (Maurice),  o.  ^,  à  f^ausannp. 

N . 


Section  VIII.  —  Botanique  (lo). 

Warming  (Johannes  Eugenius  Biilow),  à  Copenhague. 

Engler  (Heinrich  Gustav  Adolf),  à  Dahlem,  près  de  Berlin. 

De  Vries  (Hugo),  à  Lunteren  (Pays-Bas). 

VuiLLEMiN  (Jean-Paul),  à  Malzéville  (Meurthe-et-Moselle). 

Battandier  (Jules-Aimé),  à  Alger. 

Sauvageau  (Camille-François),  à  Bordeaux. 

Chodat  (Robert-Hippolyte),  w,  Palmella,  Pinchat,  près  de  Genève. 

Leclerg  du  Sablon  (Albert-Mathieu),  à  Vénéjan  (Gard). 

Massart  (Jean),  à  Etterbeek-Biuxelles. 

N 


Section  IX.  —  Économie  rurale  (lo). 

Gayon  (Léonard-Ulysse),  o.  *,  à  Bordeaux. 

Winogradski  (Serge),  à  Pétrograd. 

GoDLEWSKi  (Emil),  à  Cracovie. 

Perroncito  (Eduardo),  o.  ^,  à  Turin. 

Wagner  (Paul),  à  Darmstadt. 

Imbeaux  (Charles-Edouard-Augustin),  o.  *,  à  Nancy. 

Balland  (Joseph-Antoine-Félix),  o.  *?-,  à  Saint-Julien  (Ain), 


ÉTAT   DE    L'ACA-DÉMIE    AU    I^''   JANVIER    1922.  l3 

Messieurs  : 

iNeumann   (Louis-Georges),  o.   *t,   à   Saint- Jean-de-Luz  (Basses- 
Pyrénées). 
Trabut  (Louis),  *,  à  Alger. 
Effront  (Jean),  à  Bruxelles. 


Section  X.  —  Anatomie  et  Zoologie  (10). 

Simon  (Eugène-Louis),  *,  à  Paris. 
Lœb  (Jacques),  à  New-York. 
Ramon  Cajal  (Santiago),  c.  ^,  à  Madrid. 
BouLENGER  (George-Albert),  à  Londres. 
Bataillon  (Jean-Eugène),  o.  ^^  à  Strasbourg. 
CuÉNOT   (Lucien-Claude),  *,  à  Nancy, 
VayssiÈRE  (Jean-Baptiste-Marie-Albert),  à  Marseille. 
Braghet  (Albert-Toussaint-Joseph),  ^,  à  Bruxelles. 
Lameere     (Auguste-Alfred-Lucien-Gaston),    à     Saint-Gilles-lez- 
Bruxelles. 
ViGUiER  (Antoine-François-Camille),  *,  à  Alger. 

Section  XI.  —  Médecine  et  Chirurgie  (10). 

Calmette  (Léon- Charles-Albert),  c.  *,  à  Paris. 

Manson  (Sir  Patrick),  à  Clonbur  (Angleterre). 

Pavlov  (Jean  Petrovitch),  à  Pétrograd. 

Yersin  (Alexandre-John-Émile),  c.  *,  à  Nha-Trang  (Annam). 

BERGONiÉ*(Jean-Alban),  C.  *,  à  Bordeaux. 

Depagë  (Antoine),  à  Bruxelles. 

Bruce  (Sir  David),  à  Londres. 

Wright  (Sir  Almroth  Edward),  à  Londres. 

N1COLLE  (Charles-Jules-Henri),  o.  *,  à  Tunis. 

BORDET  (Jules-Jean-Baptiste- Vincent),  O.  *,  à  Bruxelles. 


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COMPTES  RENDUS 

DES  SÉANCES 

DE   L'ACADÉMIE   DES   SCIENCES 


SÉANCE    DU    MARDI  5  JANVIER    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Georges  LEMOINE,  PUIS  DE  M.  Emile  BERTIN. 


M.  Georges  Lemoine,  Président  sortant,  fait  connaître  à  l'Académie  l'état 
où  se  trouve  l'impression  des  recueils  qu'elle  publie  et  les  changements 
survenus  parmi  les  Membres  et  les  Correspondants  pendant  le  cours  de 
l'année  1921. 

État  de  V impression  des  recueils  de  l'Académie  au  i*"  janvier  1922. 

Comptes  rendus  des  séances  de  l' Académie.  —  Les  tomes  167  (2^  semestre  de 
l'année  1918)  et  168  (i"  semestre  1919)  sont  parus  avec  leurs  tables  et  ont 
été  mis  en  distribution. 

Les  numéros  des  2*  semestre  de  l'année  1919,  i^""  et  1^  semestres  de 
l'année  1920,  i'^"  et  2*^  semestres  de  l'année  1921  ont  été  mis  en  distribu- 
tion, chaque  semaine,  avec  la  régularité  habituelle. 

Mémoires  de  l'Académie.  —  Le  tome  LVII,  2^  série,  est  sous  presse. 

Procès-verbaux  des  séances  de  V Académie  des  Sciences,  tenues  depuis  la 
fondation  de  r Institut  jusqu'au  mois  d'août  i835.  —  Le  tome  IX,  années 
1828-1831,  a  été  mis  en  distribution. 

Le  tome  X,  années  i832-i835,  est  sous  presse. 

Annuaire  de  V Académie.  —  L'Annuaire  pour  1922  est  paru  et  est  mis 
en  distribution  au  cours  de  cette  séance. 

Les  deux  volumes  de  M.  A.  Lacroix  :  Déodat  Dohmieu,  Membre  de 
l'Institut  national {j 'j 5 i-iSo\),  ont  été  mis  en  distribution. 


l6  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Membres  décédés  depuis   le  i"  janvier  1921. 
Section  de  Géométrie.  —  M.  Georges  Humbekt,  à  Paris,  le  22  janvier. 

Section  de  Géographie  et  Navigation.  —  M.  Alfred  Grandidier,  à  Paris, 
le  i3  septembre. 

Section  de  Physique  générale.  —  M.  G.  Lippmaniv,  en  mer  au  retour  d'une 
mission  au  Canada,  le  12  juillet. 

Section  de  Chimie.  —  M.  Emile  Bourquelot,  à  Paris,  le  26  janvier. 

Section  d' Anatomie  et  Zoologie.  —  M.  Ed.moxd  Perrier,  à  Paris,  le 
3i  juillet. 

Académiciens  libres.  —  M.  J.  Carpentier,  à  Joigny,  Yonne,  le  3o  juin. 

Membres  élus  depuis  le    i^^  janvier    1921. 

Section  de  Géométrie.  —  M.  Emile  Borel,  le  11  avril,  en  remplacement 
de  M.  Georges  Humbert,  décédé. 

Section  de  Physique  générale.  —  M.  Marcel  Brillouin,  le  21  novembre, 
en  remplacement  de  M.  G.  Lippmann,  décédé. 

Section  de  Chimie.  —  M.  Auguste  Béhal,  le  3i  janvier,  en  remplacement 
de  M.  Armand  Gautier,  décédé;  M.  (ieorges  Urbain,  le  9  mai,  en  rem- 
placement de  M.  Emile  Bourquelot,  décédé. 

Section  d' Anatomie  et  Zoologie.  —  M.  Louis  Joubin,  le  i4  février,  en 
remplacement  de  M.  Yves  Delage,  décédé  ;  M.  Félix  Mesnil,  le  5  décembre, 
en  remplacement  de  M.  Edmond  Perrier,  décédé. 

Section  de  Médecine  et  Chirurgie.  —  M.  Pierre  Bazt,  le  i[\  janvier,  en 
remplacement  de  M.  Félix  Guyon,  décédé. 

Membres  à  remplacer. 

Section  de  Géographie  et  Navigation.  —  M.  Alfred  Grandidier,  décédé  à 
Paris,  le  i3  septembre  1921. 


SIIANCE   DU    j    JANVIER    l^2'2.  I7 

Académiciens  libres .    —   M.   .1.  C.mipextier,  décédé  à  Joigny.  Yonne,  le 
3o  juin  19?.  I . 

As.sncie.se/ fan  f^rrs. — M .  Simox  Sciiwexde.ver, décédé  à  Berlin .  le  2-  mai  1  f)  i  ç) . 

Correspondants   dccvdcs   depuis   le   T''  janvier  nj'-».  i. 

Pour  la  Section  de  Géomélrie.  —  M.  H.  A.  Sciiwak/.  à  Berliii-Gruiiewald, 
le  ')0  novenmbie. 

Pour  la  Section  de  Mécanujue.  ~  M.  Vai.kieu,  à  Versailles,  le  29  mars; 
M.  Hexry  Parexty,  à  Paris,  le  iG  décembre. 

Pour  la  Section  d\istronomie.  —  M.  Gaillot,  à  Chartres,  le  4  juin. 

Correspondants  élus  depuis  le  i*"  janvier  19:^1  . 

Pour  la  Section  de  Mécanique.  —  Sir  George  Greexiull,  à  T^ondres, 
le  i4  mars,  en  remplacement  de  M.  Voict,  décédé;  M.  Jules  Axdrade, 

à  Besançon,  le  2  novembre,  en  remplacement  de  Vai.f.ieii,  décédé. 

Pour  la  Section  d' Astronomie.  —  M.  Erxest  W.  Browx,  à  New-Haveii, 
le  v^i  janvier,  en  remplacement  de  M.  Picnehing,  décédé. 

Pour  la  Section  de  Physique  générale.  —  Sir  Erxest  Kutherford,  à  Cam-r 
bridge,  Angleterre,  le  21  février,  en  remplacement  de  M.  Ai.I!Ert  Michei.sox, 
élu  associé  étranger;  M.  1*iete»  Zkeman,  à  Amsterdam,  le  19  décembre,  en 
remplacement  de  M.  Auguste  Ric.hi,  décédé. 

Pour  la  Section  de  Botanique. —  M.  Jeax  IWassaro.  à  Bruxelles,  le  20  mai, 
en  remplacement  de  M.  Pfefeep.,  décédé. 

Pour   la  Section  de    Méclecine   et    Chirurgie.    —     M.  Jules    Bordet,    à 

Bruxelles,  le  21  février,  en  remplacement  de  M.  PiEPxr.E  Mon.vr,  décédé. 

Coït  es  pondants   à   retnplaeer. 

Pour  la  Section  de  Géométrie.  —  M.  H.  A.  Sr.nwAK/,  décédé  à  iîerliii- 
Grunewald,  le  3o  novembre  1921. 

Pour  la  Section  de  Mécanique.  —  M.  Hexrv  Pare\tv,  décédé  à  Paris,  le 
16  décembre  1921. 

C.  R.,  i9:?2,  \"  Semestre.  (T.  17't,  N°  1.)  2 


l8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Pour  la  Seclion  (P Astronomie.  —  M.  Grouges  Ellery  Hale,  élu  Associé 
éirang-cr  le  lo  mars  1919;  Sir  .\oiniA\  Lockyer,  décédé  à  Salcombe  Rej^is, 
Sidmoùih,  Angleterre,  le  16  août  1920;  M.  Gaillot,  décédé  à  Chartres,  le 
l\  juin  1921. 

Pour  la  Section  de  Minéralogie.  —  M.  OEhlert,  décédé  à  Laval,  le  17  sep- 
tembre T920. 

PourlaSection  de  Botanique.  —  M.  BouDiER,décédéàBlois,  le/|  févrieri9.>o. 


En  prenant  possession  du  fautenil  de  la  présidence.  M.  E.  Bf.rtiiv 
s'exprime  en  ces  termes  : 

Mes  ciiKiis  ET   inÈs  noNORÉs  Confrères, 

Je  tiens  tout  d'abord,  pour  inaugurer  mes  nouvelles  fonctions,  à  vous 
remercier  de  l'honneur  que  vous  m'avez  fait  en  m'élisant  Président  de 
l'Académie  des  Sciences;  j'y  ai  ét(''  infiniment  sensible. 

.le  m'associe  au  souhait  exprimé  par  mon  éminent  prédécesseur  et  vieil 
ami  au  sujet  du  silence  désirable  qui  permettrait  de  mieux  entendre  les 
(Communications  faites  à  l'Acad('Mnie.  Ce  >ilence  est  d'autanl  phis  désirable 
que  l'acoustique  de  notre  salle  est  plus  défectueuse  et  que  l'auditoire  est 
disposé  longitudinalenient,  tandis  que  les  orateurs  parlent  dans  le  sens 
transversal. 

La  sonnette  pr«''sidentielle  est  quelque  peu  impuissante  à  dominer  le 
bruit  des  conversations.  Je  serai  cependant  obligé  de  m'en  contenter,  à 
di-faut  de  la  Srji^oyarde,  difficile  à  faire  descendre  de  la  basilique  de  Mont- 
martre. 


3IEM0IUES  ET  COMMUIVICATIOIVS 

i»i:s    MKMi'.nES   l'.T   i>r:s   (;lM!t!Esp(>M)\^Ts   i>k   i."\(;\r»i:Mii:. 

CHIMIE  BIOLOGIQUE.  —  Sur  fes propriétés  distinetives  des  amylases 
de  di /Je  rente  s  provenances.  Xote  (' )  de  IVl.  Jeax  Effro\t. 

T^'étude  de  l'individualili-  des  différentes  amylases  exige  une  méthode 
qui  permette  de  doser  leur  pouvoir  li(|upfiant.  C'esl  pourquoi  nous  avons 

(')  Séance  du  2^  décembre  1921. 


SÉANCE   DU    3    JANVIER    1922.  19 

substitué  aux  méthodes  couranlos.  qui  ne  fournissent  que  des  données 
approximatives,  une  laéthodr  nouvelle  basée  sur  l'action  coagulante  de 
riode  sur  l'amidon,  qui  permet  de  suivre  les  réactions  dans  leurs  phases 
intermédiaires. 

On  introduit,  dans  une  série  de  tubes  contenant  a*^'"'  d'un  empois  à  i  pour  100  de 
fécule  de  pommes  de  terre,  2""^  des  substances  actives  à  des  concentrations  différentes. 
On  chauffe  au  bain-marie  le  mélange  à  la  température  oplima  de  la  diastase  em- 
ployée :  40°  ou  60".  A  intervalles  de  5  minutes,  on  prélève  deux  grandes  gouttes 
(o'''"',2)  de  chaque  tube  et  on  les  réunit,  dans  les  godets  d'une  plaque  en  porcelaine  à 

,    ^       .         N 
une  goutte  (o'''"\o5)  d'iode  — •  Dans  le  godet  réservé  à  l'essai  lémoin  qui  est  fait  sans 

diaslasp,  l'amidon  se  trouve  précipité  sous  forme  de  grands  llocons  bleus  nageant  dans 
un  hfjuide  jaune.  On  observe  dans  les  autres  godets  le  commencement  de  raction  de  la 
substance  active  sur  l'amidon,  en  constatant  la  din)inution  de  la  grandeur  des  grains 
colorés  en  bleu,  qui  se  forment.  Dans  la  phase  suivante  les  grains  ont  encore  diminué, 
mais  le  liquide  est  devenu  bleu,  et  dans  la  phase  finale  le  liquide  bleu  est  complète- 
ment exempt  de  grains,  ainsi  que  de  tous  di-bris. 

L'étude  de  diverses  amylases,  par  cette  méthode,  est  résumée  dans  le 
tableau  suivant.  (l\ous  indiquons  par  P.  L.  et  P.  S.  le  pouvoir  liquéfiant  et 
le  pouvoir  saccharifiant  par  heure  et  par  gramme  de  substance  eniplové<'; 
par  P.  S.  M.  l'intensité  d'hydrolys<'  qui  se  manifeste  en  présence  d'un  grand 
excès  de  diastase  après  5  heures  d'action  à  la  température  optima.) 

Provenancf-  de  la  fiiasiase.  I^ilulion.  IM..  p. S.  l'.S.M.        lOl) — '— ■ 

\.  Pancréatine 2  4*^0  000  6000  61.60  71  1,01 

'2.  Taka-diastase So  000         48"                 (>,io  ■•>  i  .:>.- 

3.  Mesentericiis  amy\ase.  qSooo         200                 9-25  4i  .'\  J')2 

4.  Orge  malté. 82000           ^o                 2.92  72  -.3 

.").  Salive ..  5  000           4o                  0.43  72  1.09 

().  Urine 120              o.i>            o.ooi  71  o,83 

7.  Oige 4o  0.025         0.06  44         2400 

8.  Avoine 55  o.i  0.63  48  63o 

9.  Son  de  riz 400  0.0  0.4  45  r33        

10.  Graine  d'arachide.  ..  .  43o  o,5  ^>,45  5i  90 

11.  Feuilles  de  poirier  ..  .  20  o.o33  o.oo4  45  12 

12.  Feuilles  de  svringa.  .  .  3  o.oia             »  »  » 

13.  Mâche 12  o.3.  o.oSi  35  ii 

14.  Laitue 12  o.o3                »  43  » 

15.  Chicorée 2  o.oo3             »  »  » 

16.  Cresson 5  o.oi  0.001  4 2  01 

Les  propriétés   individuelles  des  amylases  se  reflètent  surtout  dans  le 


20  ACADEMIE    I)ES    SCIENCES. 

rapport  entre  P.  S.  et  P.  L.  Une  unité  de  dia-^tase  capable  de  liquéfier  en 
une  heure  toos  d'amidon,  fournit,  dans  le  même  temps  des  quantités  très 
variables  de  maltose  (i^  à  22^0^').  L'indivi(]ualité  des  amylases  se  manifeste 
aussi  dans  leur  températureoplima  et  leur  tbermostabililé. 

Pouvoirs  liquéfiants  comparatifs  à  des  températures  rie  20°  à  100". 

Provenance  de  la  diastasc  -^O".  -'jO°.  (10  .  TO".  O.'r.  1(J0°    . 

1.  <,)rge  malté 6  33  loo  5o             n  o 

2.  Salive 6-  loo  86  o             o  o 

3.  Urine 4"  loo  8o  »              »  » 

V.   Mesentericus  am\\i\se  { '^  ) .  .  5o  loo  8o  85              o,3  o 

.").    P.iDcit'atine \'\  i  oo  33  •>,              o  o 

(i.   'l'aka-diastase io  loo  îq  8              o  o 

7.  Orge Co  loo  'i\  9  o  o 

8.  tSicin  inalté i3  33  lOo  pO  i3  3 

\).    l'endive ir».  100  90  ■>  1 33  très  aclif 

10.  Laitue i5  1 1  100  ■  '1') 

1 1 .  Cresson Crx  100  '\o  1  ')<>  70                 .'» 

12.  Cliicorée 55  100  80  »  »               « 

i:{.  Màclie 9  43  100  70  70             20 

Pour  les  t«'uq)ératun's  dr  20"  à  (n)°,  la  vitesse  de  la  réaclion  a  été  déter- 
minée eu  mettant  direclemeul  l'amidon  en  présence  de  la  substance  active. 
Pour  les  températures  supérieures  à  60°,  la  diasiase  a  clé  préalablement 
maiulemir  î5  minules  à  la  teuipéralure  indiquée 

Pour  con-uter  l.i  ibeimoslabililé  dos  amylases,  il  faut  se  placer  dans  des 
coudilious  spéciales.  Le  suc  des  herbes  poiié  à  des  températures  de  plus 
de  60'^  se  trouble  plus  ou  moins  forlemenl.  Ces  liquides  ti'oubI<'S  sont  géné- 
ralenuMil  peu  ou  pas  actifs,  mais  deviennent  actifs  si  on  les  libre  sur  papier. 
Souvent  le  P.  L.  et  le  P.  S.  des  liquides  chaullés  et  ensuite  hltn'S  sont  très 
supérieurs  à  ceux  des  liquides  qui  n'oul  pas  élé  préaldblemeni  chaullés. 

Influence  <le  la  jiltralion  sur  le  P.  L.  des  diasiases. 

•  '  '^  '^'  .,  Hiaslasc  i.V  à  G5°  Diasiase  i".'  à  ()>  Diaslasf;  i'  à  lod" 

(le  l'amylnsc.         cl   Hlln-r.  non  IiIiimt.         filirér.       non  lillrcc.         fillrrr.      nrni  fillrro.     fillréf. 

iMiclive..  100  62  62  i3  210  o  actif 

Laitue..  100  (34  45o  5o  '|5  o             4^ 

Oesson.  100  i5  ci*')  o  53  o  actif 

^làclie..  100  60  85  ■;>o  75  <>               5 

La   r(''g<''n<''ration  de  ractivil(''  d'une  enzyme  à  la  lempérature  de  100"  a 
(')  Comptes  rendus,  l.  1(Ji.  1917,  p.  4'5. 


SÉANCE  DU  3  JANVIER  1922.  21 

(l(''jà  rté  conslaléopaiDurieux.  G.  Bertrand  et  Rosenblalt  (  '  j.  La  le\ure  de 
bière  desséchée  fournit  un  suc  qui,  cliaiillo  à  80".  perd  son  pouvoir  sur  le 
saccharose.   Le  mène  suc  porté  à   100°  se  montre  très  riche  en  sucrase. 
Durieux:  explique  cotte  theruiorégénération  par  la  coagulation  de  l'albu- 
mine à  80",  coagidation  qui  a  immobilisé  bi  sucrase,  biquelle  est  remise  en 
liberté  à  l'ébullition.  Cette  interprétation  ne  peut  pas  s'ajtpliquer  aux  cas 
que  nous  avons  étudiés  où  tout  se  pa'ssc  comme  si  dans  le  liquide  aclii  se 
trouvait  un  corps  entravant  l'action  de  la  diaslase.  La  température  exalte 
cette  action,  mais  fait  changer  en  même  temps  l'état  physique  de  la  subs- 
tance retardatrice,  qui  dès  lors  ac(piiert  la  propriété  d'adhérer  au  (illre. 
Nous  avons  eu  l'occasion  d'observer  des  phénomènes  du  même  ordre  a^ec 
la  ptyaline,  mais  ici  c'est  la  diastase  et  non  la  sidtsîance  retardatrice  qui  se 
trouve  retenue  par  le  liltre. 

I\  L.  coniparaiifs  cCiine  .sali\e  à  .,ô^  avant  cl  après  jlUraLion. 

Salive  portée  lô'  à  GO"  Salive  poiléc  IJ'  j'  ''■"'" 

Sali\i'  après  après  •  apre- 

imu  cliautlc.-  a\aiil  filtraiion  likration  -axant  liliraiion 

.•t  niircc.  filtralinii.  à  froiil.  à  (50°.  liltralion.  ;>  O-r. 

i(i(> 35  6  o  3.5  o 

La  sali\e  portée  à  60"  reste  complètement  limpide,  mais  il  résulte  de 
l'effet  qu'exerce  la  filtraiion  que  la  température  fait  subir  à  la  ptyaline  des 
modilications  physiques  très  [)rofondes,  qui  se  manifestent  par  le  change- 
ment de  ses  propriétés  d'adhérence. 

En  résumé,  les  amylases  de  différentes  provenances  se  distiiignenl  par 
le  rapport  entre  leur  P.  L.  etlei.rP.  S.,  par  l'iiiteusilé  de  leur  1*.  S.,  par 
leur  tenq)érature  optima,  par  leur  action  à  la  température  de  20"  et  par 
leur  résistance  aux  tem])pratures  de  70*^,  90"  ei  loo*^.  La  saliNe  et  les  dias- 
tases  d<'s  herbes  portées  à  la  tempc-raturc  de  60*^  et  plus  montrent  im<'  sen- 
sibilité très  graiîde  aux  effets  de  la  filtration.  Le  passage  par  les  porcs  du 
llltrr  r(''g<''nère  dans  certains  cas  Taetivité,  affaiblie  sous  l'action  de  la 
chaleur;  dans  d'autres  cas  il  conduit  à  une  action  diamétralement  o|)pos.-e. 
On  peut  [)r(''suiner  que  ee  pluMiomène  <'st  dû  à  l'action  de  la  chaleur  ->ur  le^ 
divers  colloïdes  contenus  dans  les  diaslases  :  la  substance  active,  ainsi  qu'' 
les  substances  retardatrices  de  nature  colloïdale  qui  l'accompagnent, 
acquièrent  sous  certaines  conditions  la  proprii'ié  d'adhérer  à  des  substances 
poreuses. 

(')   DuRiEix.  Bull.    Soc.    c/u'm.  belg-.,n\vt\  igû-  —   G.    Bkkthand   et  Iiosemu.ait, 
Comptes  rendus,  l.  I08.  1914,  p.   i  io'). 


22  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


CORRESPONDAIVCE 


M.  le  Ministre  de  l'Agriculture  invite  l'Académie  à  désigner  six  de  ses 
Membres  qui  feront  partie  du  Conseil  d'administration  de  Vlnsliiut  des 
rechtrches  agronomiques^  créé  par  la  loi  du  3o  avril  1921  et  organisé  par 
décret  en  date  du  26  décembre  192 1. 

L'Académie  royale  de  Belgique  invite  l'Académie  à  participer  aux 
solennités  qui  auront  lieu  à  l'occasioji  du  cent-cin;^uantième  anniversaire, 
qui  sera  célébré  le  i[\  mai  1922. 

L'Académie  délègue  son  Bureau. 


M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1°  Eludes  sur  F  organisation  et  le  développement  des  Lombriciens  limicoles 
thalassophiles.  (Présenté  par  M.  F.  Mesnil.) 

2"  Cari,.-Au(;.  Nilssgn-Cainteli,.  Cirripeden-Studien.  Zur  hemitnis  der 
Biologie,  Anatomie  unçl  Systematik  dieser  Gruppe. 

3°   LiîiK  A  :  Son  Stensio.  Triasic  Fishes  frorn  Spitzbergen. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  les  familles  qiMsi-iiorniales. 
Note  de  M.  Paul  Moxtel. 

L  Considérons  une  famille  de  fonctions  f{oc)  holomorphes  dans  un 
domaine  connexe  (D)  :  nous  dirons  qu<'  celte  famille  est  quasi-normale 
dans  ce  domaine  si,  de  tonte  suite  infinie  de  fonctions  de  cette  famille 

on  peut  extraire  une  suite  partielle  convergeant  uniformément  à  l'intéricui' 
àe  (^J),  sauf  autour  d'un  nombre  limité  de  points^  vers  une  fonction  holo- 
morphe  ou  une  constante  .finie  ou  infinie.  Les  points  de  convergence  non 
uniforme  seront  appelés /JomifA'  irrêguliers. 


SÉANCE    DU    3    JANVIKR    199,2.  23 

Si  le  nombre  des  points  irréf2^uli<'j-s  ne  dépasse  pas  l'enlieryj,  nous  diior.s 
que  la  famille  est  quasi-normale  d'ordre p\  lorsque  />  =  o,  la  famille  est 
normale. 

Lorsqu'une  famille  quasi-normale  est  composée  de  fondions  ne  prenant 
pas  plus  de/>  fois  la  valeur  zéro,  cette  famille  est  quasi-normale  d'ordre/; au 
plus;  en  parliculier,  si  p-^o,  c'est-à-dire  si  zéro  est  une  valeur  excep- 
tionnelle, la  famille  est  normale. 

On  peut  énoncer  la  proposition  suivante  qui -est  fondamentale  dans 
l'étude  des  familles  quasi-normales  :  Lu  Jumillc  des  fondions  f  {x)  Jiolo- 
niorphes  duns  le  domaine  (D  )  ,  telles  (jue  f{x)  n  ait  pas  plus  de  p  zéros  et  que 
/(.^•)  —  in  ait  pas  plus  de  q  zéros  dans  ce  domaine,  est  une  famille  quasi- 
normale  dont  V  ordre  ne  dépasse  pas  le  plus  petit  des  deux  nombres  p  et  q. 

En  parliculier,  si /j  ou  7  est  nul,  c'est-à-dire  si  les  fonctions  admettent 
une  valeur  exceptionnelle,  la  famille  est  normale. 

2.  Il  est  utile  de  connaître  des  cas  où  l'on  peut  affirmer  qu'une  famille 
quasi-normale  est  normale  et  bornée.  Voici  des  propositions  indiquant 
certains  de  ces  cas. 

Une  famille  qnasi-nornmle  d'' ordre  p  de  fonctions  holomorplies  et  bornées 
en  p  -r-  I  points  fixes  d 'un  domaine  (D)  est  une  famille  normale  et  bornée  dans 
ce  domaine. 

Une  famille  quasi-normale  d'ordre  p  formée  de  fondions  holomorphes 
ne  prenant  pas  plus  de/j  fois  la  valeur  zéro  et  dont  les  p  +  i  premiers  coef- 
ficients de  leurs  développements  en  série  de  Ta)  lor  autour  d'un  point  fixe 
du  domaine  (D)  sont  bornés,  est  une  famille  normale  et  bornée  dans  ce 
domaine. 

Cette  proposition  est  un  cas  p  nticnlier  du  théorème  suivant  : 

Soiejit  X,,  X,,  ....  X,, les  affixes  de  k points  fixes  inlérieuis à  (D),  et  suppo- 
sons que  les  nombres 


./"(  ■'•■/,  )  :       f\  J-'i-  ) ,         /  '-'.-l'  (  .1-1,   ) 


soient  les  mêmes  ou,  plus  ixenér  aie  ment,  soient  bornes  pour  toutes  les  Jonc- 
tions f  {x)  qui  forment  une  famille  quasi-normale  et  ne  prennent  pas  plus  de 
p  fois  la  ni  leur  zéro;  si 

.:Z|  -H  «2  -H  .  .  .  +  y-i,''  P  -^  I  • 


la  famille  de  ces  fonctions  est  normale  cl  borner.  /■'         '-  '■         'y 


lu-J  Li  £R  A  R  Y-rc 


ll\  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

3.  Appliquons  les  résultats  précédents  aux  fonctions  qui  ne  prennent 
pas  plus  àe p  fois  la  valeur  zéro  ni  la  valeur  un.  Ces  fonctions  ont  alors  leurs 
modules  bornés  par  un  nombre  il  dans  tout  domaine  (D'  )  intérieur  à  (D)  : 

1°  si  les  valeurs  de  f{x)  sont  fixées  ou  bornées  en  p  -i-  i  points  inté- 
rieurs à  (D); 

2°  si  les  valeurs  de  J\oc)  et  de  ses  p  premières  dérivées  sont  fixées  ou 
bornées  en  un  point  intérieur  à  (  D); 

3"  plus  généralement,  si  l'on  fixe  ou  si  on  limite  supérieurement  les 
modules  de  /(./)  et  d'un  certain  nombre  de  ses  dérivées  en  plusieurs  points 
du  domaine,  de  telle  sorte  qu'il  existe  un  polynôme  de  degré />,  prenant  en 
CCS  points,  ainsi  que  ses  dérivées,  les  mêmes  valeurs  que  '/(x)  et  ses 
dérivées. 

Dans  tous  les  cas,  lorsque  les  domaines  (D)  et  (D' )  sont  déterminés,  le 
nombre  il  ne  dépend  que  des  affixes  des  points  donnés  et  des  \aleurs 
données,  ou  des  limites  supérieures  de  leurs  modules. 

En  particulier,  supposons  que  les  domaines  (D)  et  (D'^  soient  des 
cercles  concentriques  dont  le  centre  est  à  l'origine  et  soit 

/(  JC  )  ■=  cit,  -h  a ,  .r  -h  .  .  .  ~t-  a pO.-''  +  .  .  .  .   : 

Les  Jonctions  /'{ .r)  holoniorphes  dans  le  cercle  (D  )  où  elles  ne  prennent  pas 
plus  (le  p  fois  la  râleur  zéro  ni  la  râleur  un  et  pour  lesquelles  les  p  -h  i  preniwrs 
eoefjicients  a^^^  r/,,  ...,  a  j,  sont  fixes  ont  leurs  modules  bornés  dans  (D)  par 
un  nombre  il. 

Il  en  est  de  même  si  les  modules  de  ^/„,  «,,  . . .,  a^,  sont  seulement  bornés. 

Si/>  =  o,  nous  retrouvons  le  théorème  de  M.  Schotlky,  relatif  aux  fonc- 
tions qui  ne  prennent  ni  la  valeur  zéro  ni  la  valeur  un,  théorème  dont  la 
proposition  préccnlente  est  une  généralisation. 

On  peut  obtenir  aussi  une  extension  parfaite  du  théorème  correspondant 
de  M.  T.andau. 


AI.GKBllF..  —  Sur  la  L>énér(disalion  des  /raclions  continues. 
Noie  de  M.  AuRic 

(  )n  connaît  le-  rôle  capital  que  devraient  jouer  les  développemenls  en 
fractions  continues  dans  la  théorie  des  nombres  arithmétiques  ou  algé- 
briques et  l'on  sait  combien  Hermite  attachait  d'importance  à  l'établis- 
sement d'un  algorithme  qui  aurait  été  une  généralisation  rationnelle  de 
celui  d<'s  fractions  continues. 


SÉANCE    DU    3    JA.WILR    I922.  25 

Soit  d;ms  ses  œuvres,  soit  dans  sa  cociespondance  a\ec  Stieltjr's  (voir 
notamment  la  lellic  n"  -\0S,  t.  II,  p.  389),  Herniite  revient  à  plusieurs 
rej)rises  sur  |(,'s  recherches  qu'il  avait  entrt'prises  à  ce  sujet  et  qui,  dit-il, 
«  n'ont  cessé  pendant  plus  de  cinquante  ans  de  le  préoccuper  et  aussi  de  le 
désespérer  ». 

f.es  ditticultés  rencontrées  par  Hermite  et  par  ses  continuateurs  semblent 
tenir  surtout  à  ce  qu'ils  ont  abordé  de  front  le  calcul  et  l'étude  des  tableaux 
(déterminants  ou  matrices)  qui  sont  la  rcpcésentation  explicite  d'un  sys- 
tème de  formes  linéaires,  tandis  qu'il  eût  été  évidemment  [)référable  et  plus 
simple  de  commencer  par  l'étude  du  point  représentatif  d'une  forme  linéaire; 
de  même  qu'en  ij^éométrie  analytique  l'étude  des  coordonnées  précède  tou- 
jours celle  des  systèmes  de  droites. 

La  théorie  des  fractions  continues  ordinaires  peut  s'exposer  comme  il 
suit  : 

On  considère  deux  nombres  quelconques  a^^ii  appartenant  soit  au  do- 
maine réel,  soit  au  domaine  complexe. 

On  considère  alors  l'équation 


a,,  —  j:,  a,  r__  o. 


et  l'on  choisit  lenticr  X,  le  plus  rapproché  de  a\ 


V2 


>.,  4--M  avec  |  £1  j  <  -  ou 

'      '       2  2 


suivant  le  domaine  dans  lequel  on  se  trouve. 

On  posera  alors  pour  définir  l'élément  suivant  a.^ 

<7o  —  /.(  a,  H-  rto=:  o. 

On  résoudra  de  même  l'équation 

«1 ./■:,a.,:—  o, 

et  en  prenant  Tentier  Aj  le  plus  rapproché  de  j-.,  on  (tosera  pour  définir 
l'élt-iiienl  suivant  a.. 

(( i       /..tU.i  -■-  U-.  —  o, 
et  ainsi  de  suite. 

On  peut  dire  que  la  suite 

«0,         '"'1,         «2'         «':!•  ••• 

représente  la  fraction  continue  issue  du  quotient— - 


26  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

tl  est  facile  de  généi*aliser  celte  théorie  en  |)artant  d'une  suilc  à  plusieurs 
éléments  initiaux,  quatre  par  exem[)Ie. 
Considérons  quatre  éléments  consécutifs 

a/,     cii-i-i,     cii+-2i     (ti+i' 

Oji  déterminera  les  entiers  X,^,,  [j-i^,,^  v,v.,,  de  manière  à  rendre  minima 
es  modules  des  expressions  sui\antes  : 

et  l'élément  suivant  «,v^  sera  défini  par  la  relation 

On  |)r('nd  les  termes  de  cette  relation  alternativement  positifs  cl  négatifs 
afin  que  les  déterminants  des  substitutions  aient  constamment  pour 
valeur  -h  i. 

Dans  le  cas  où  tous  les  coefficients  A,  et  a,  sont  pris  égaux  à  zéro  on 
retombe  sur  un  développement  que  nous  avons  indiqué  antérieurement  ('). 

Jusqu'ici  on  n'a  considéré  qu'une  suite  d'éléments  initiaux.  Mais  les  prin- 
cipes exposés  permettent  de  traiter  également  le  cas  de  deux  ou  de  plusieurs 
suites. 

Considérons,  par  exemple,  deux  séries  de  trois  éléments  initiaux 

r/„,     a,,     a.2, 
^„      Z^i,     Oi. 
On  résoudra  les  équations 

hf,  .T,  b^  +   Vo  />2  =  ^'• 

On  prendra  les  entiers  A,,  a^  les  plus  rapprochés  respeclivcuKuit 
deic,,j,.    . 

On  définira  alors  a,,  et  b.^  par  les  relations  de  récui-rence 

«0  —  ^^1  «1  -I-  /J-o  «o  —  «3  =  O. 

^0 —  Âi  bi  +  y.o  b<,  —  bi  —  o. 
De  même  les  éléments  r/,,  a..,  a^,  b,,  b.,  b,,  seront  utilisés  pour  la  détei-- 


(')   Cuinplcs  rendus,  l.  t3o,  igoi,  p.  ()5o,  el  l.  \k\,  19U.J.  p.  491). 


SÉANCE    DU    3    JA.NVIEK    I922.  27 

minationde  a-,  d  de  h.,  au  moyen  de  deux  équations  récurrentes 

"l  —  ^-2  ^-2  ~^  l-'-i  'h  —  ^<i  =  t>; 

hi  —  À,  h.,  -+-  [X.  «3  —  h^  ^-1  o, 

él  ainsi  de  suiLe. 

Il  sera  facile  de  passer  au  cas  général  de  A  suites  formées  par  A  -f-  /  élé- 
ments initiaux;  on  obtiendra  ainsi  une  méthode  systématique  pour  la  réso- 
lution exacte  ou  approchée  d'équations  quelconques,  ce  qui  permettra  de 
retrouver  et  de  généraliser  les  résultats  déjà  obtenus  par  Hermite  el  par 
Minkowski. 


MÉCANIQUE.  —  Sur  les  principes  de  la  Balistique  intérieure. 
Note  de  MM.  Gossot  et  Liouville,  présentée  par  M.  Vieille. 

Les  théories,  actuellement  proposées  pour  la  Balistique  intérieure, 
appartiennent  à  deux  classes  distinctes.  Les  unes  demandent  à  rex[)é- 
rience  directe  toutes  les  propriétés  des  poudres  et  ne  se  pprmetlent 
aucune  modification  :  elles  aboutissent  à  des  équations  différentielles  non 
intégrables,  dont  elles  déduisent  cependant  toutes  les  règles  nécesi^aires  à 
la  pratique.  Les  autres  retouchent  aux  résultats  fournis  par  l'expérience 
pour  être  ramenées  au  seul  cas  où  les  équations  de  la  Balistique  se  laissent 
intégrer;  elles  en  concluent  la  forme  des  fonctions  balistiques  et,  grâce  à 
certains  coefficients  d'adaptation,  plient  les  forjnules  à  une  représentation 
partielle  des  faits. 

Dans  une  étude  récente  (^'),  on  a  désigné  ces  deux  systèmes  sous  les 
noms  à'' Ecole  de  la  compensation  el  û^École  de  V intégration;  nous  adoptons, 
dans  ce  qui  va  suivre,  cette  manière  de  parler. 

La  vitesse  de  combustion  des  poudres  change  avec  la  pression.  L'expé- 
rience en  vase  clos  montre  qu'elle  varie  comme  la  puissance  f  de  la  pression 
et  ce  résultat  est  accepté  tel  quel  par  TLcole  de  la  conipejisation.  L'autre 
l'.cole  a  besoin,  pour  l'intégration,  d'adopter  la  puissance  i  el  la  différence 
entre  cet  exposant  el  la  réalité  ne  lui  parait  pas  suffisante  pour  en  empêcher 
le  choix,  La  divergence  entre  ces  deux  points  de  vue  a  pu  paraître  d'im- 
portance secondaire,  tant  qu"on  ne  s'était  pas  heurté  à  des  constatations 
contraires  à  l'un  d'eux.  Mais  nous  avons  signalé,  dès  1907,  une  conse- 
il) Note  sur  l'état  actuel  de  la  BalisLiquc  intérieure,  par  le  cnpiiaine  T>esmazièreb 


28  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

quence  iualteiidue  dos  formules  préconisées  par  rj^cole  de  l'inlégralioii  : 
Quand  on  lire,  dans  une  même  bouche  à  feu,  des  poudres  de  lenteurs  et  de 
charges  croissantes,  sous  une  même  pression  tiiaximum,  le  point  où  celle-ci 
se  produit  s'éloigne  sans  cesse  de  la  culasse,  d'après  les  expéiiences 
connues;  le  parcours  du  projectile,  à  l'instant  du  maximum,  peut  atteindre 
i5  calibres  et  le  volume  occupé  par  les  gaz  est  alors  double  du  volume  de 
la  chambre.  L'Ecole  de  l'intégration  conclut  au  contraire  que  le  poinl  de 
pression  maximum,  après  s'être  éloigné,  rétrograde  vers  la  culasse  et  la 
posilicn  limite  trouvée  correspond  à  un  parcours  inférieur,  de  près  de 
moitié,  à  celui  que  l'expérience  indique. 

L'Ecole  de  l'intégration  a  employé  successivement  des  formules,  issues 
d'une  même  source,  et  néanmoins  fort  dillérenles  numériquement.  Les 
preiïjières  en  date  impliquaient,  entre  les  pressions  calculées  et  les  pres- 
sions mesurées,  pour  les  fortes  densités  de  chargemenl,  des  écarts  énormes, 
que  les  formules  ultérieures  ont  eu  pour  but  de  supprimer. 

En  ce  qui  roncerue  la  position  du  maximum  de  pression,  les  deux  types 
de  formules  sont  d'accord  pour  l'éloigner  de  l'origine  l»eaucoup  moins  que 
jie  l'exigent  les  expériences:  le  premier  l'éloiiiue  toujours  d'autant  moins 
que  la  poudre  est  plus  lente,  pour  une  pression  invariable;  le  second  type 
commence  par  suivre  de  loin  l'expérience,  puis  l'abandonne  rapidement 
pour  prendre,  comme  le  premier,  TalUire  opposée.  Les  deuv  types  de  for- 
mules sont  déduites  d'intégrales  qu'elles  sont  censées  représenléj-;  mais, 
comme  elles  résultent  de  celles-ci  [)ar  un  dévelopjjement  en  séries  dont 
deux  termes  au  plus  ont  été  conservés,  on  a  pu  croire  d'abord  que  les  inté- 
grales exactes  corrigeaient  l'anomalie  signalée  plus  haut. 

Il  restait  à  vérifier  le  bien-fondé  de  cette  croyance,  en  calculant  les  inté- 
grales elle.—mêmes.  En  principe,  aucune  difliculté  n'est  à  craindre  :  il  s'agit 
de  soumettre  à  des  quadratures  des  fonctions  réductibles  à  des  fractions 
rationnelles;  leur  complication,  toutefois,  est  telle  (juc  l'essai  n'avait  pas 
été  tenté. 

Par  des  procédés  assez  simples  pour  être  appliqués  à  des  cas  nombienx, 
nous  avons  obtenu  deux  limites  enti'e  lesquelles  il  est  cerlain  que  les^aleul■s 
cherchées  sont  comprises;  ces  limites  se  rapprochent  d  ailleurs  de  façon  à 
ne  laisser  aucun  doute  sur  les  conclusions  (ju'il  faut  adopter. 

Il  y  a  di-coidance  des  intégrales  avec  l'expérienre  et  avec  les  formules 
des  deux  types  emp'oyés,  soit  pour  les  densité-  de  chargement  fortes,  soit 
pour  les  densité>  faibh's,  à  la  fois  sur  la  valeur  de-  pressions  maximum  réa- 
lisées et  sur  la  position  du  maximum.  I^a  discordance  en  Ire  l'expérience  et 


SÉANCE   DU    3    JAiWIEIl    I922.    '  29 

les  formules  csl  cncoie  exag(T(''e  par  les  intc,2:rales.  La  cori'ectioii  qu'ollos 
apporlrnl  doniio  donc  une  raison  définilivc  de  mettre  en  doute  les  pré- 
misses el  l'on  peut  dire  ([ue  tout  se  pa<se  comme  si  les  lois,  acceptées  pour 
la  comjjuslion  des  poudres  par  TEcole  de  l'inléiiration,  augmentaient 
])eaucoup  trop  rintluence  de  la  densité  de  charjïenicnt. 

Les  formules  du  deuxième  type,  dans  lesquelles  on  s'est  attaqué*  précisé- 
ment à  cette  cause  d'ei  reui',  par  l'intervention  dun  paramètre  arbitraire, 
n'offrent  pas  le  même  inconvénient  que  celles  du  premier  type  pour  les 
densités  élevées,  elles  présentent  l'inconvénient  inverse  ponr  les  densités  dç 
chargement  faibles'.  Dans  ces  difticidlés,  on  a  peine  à  distinguer  la  part 
revenant  à  ce  que  l'on  a  appelé  In  fonction  de  forme  ou  de  combustion ,  fonc- 
tion choisie  sans  règles  strictes  et  celle  qui  appartient  à  l'exposant  de  la 
pression  dans  la  vit^^sse  de  combustion.  11  est  cependant  vraisemblable  que 
c'est  ce  derniei'  qu'il  faut  incriminer,  car  la  «  fonction  de  forme  »  ne  peut 
guère  inlluer  beaucoii])  sur  les  résultats  sans  contredire  des  expériences 
connues. 

Il  va  de  soi  que  nous  avons  adopté,  pour  ces  recherches,  toutes  les 
salmirs  attribuées  aux  paramètres  par  l'Ecole  de  l'intégration:  nos  calculs 
seront  publiés  ailleurs  avec  les  détaiss  nécessaires. 

Nous  devons  ajouter  qu'au  sujet  de  la  position  du  maximum  de  pression, 
les  essais  ont  été  rares  depuis  iQoS  et  Ton  ne  peut  que  rcijretter  une 
pareille  abstention,  pour  des  motifs  de  toutes  sortes.  L'utilité  d'une  vérifi- 
cation étendue  est  manifeste  :  ou  bien  le  constructeur,  se  fiant  aux  lois 
indiquées  par  l'Ecole  de  la  compensation,  alourdit  inutilement  les  Bouches 
à  feu,  pour  tenir  compte  dune  progression  exagérée  du  maximum  de  pres- 
sion, ou  bien,  adoptant  les  règles  de  l'Ecole  de  l'intégi-alion,  il  expose,  par 
suite  de  l'insuffisance  de  longueur  du  renfort  du  canon,  le  personnel  appelé 
à  s'en  servir  aux  graves  dangers  qui  en  seraient  la  conséquence. 


PftYSiQUE.  —  Les  imarifints  neivioniens  de  la  matière  et  de  f  énergie  radiante . 
et  Cèther  mécanique  des  ondes  variables.  \ote  de  M.  G.  Sagnac,  pré- 
sentée par  M.  Daniel  Berthelot. 

\ous  avons  publié  ici  même,  en  1919  et  1920,  une  théorie  mathématique 
de  la  Lumière  et  du  Vent  d'Eiher  qui  traverse  le  globe  terrestre  en  mouve- 
ment de  translation  avec  le  Soleil  et  en  mouvement  orbital  annuel  autour 
de  cet  astre. 


3o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

I.  Cette  mécanique  nouvelle  rapporte  tout  champ  de  radiation  en  trans- 
lation, tout  laboratoire  terrestre,  au  système  de  référence  solide  invariable  S 
où  la  source  de  radiation  est  immobile.  Cette  source  émet  son  énergie  et  les 
ondulations  sinusoïdales  qui  la  forment  en  se  superposant  dans  S  et  dans 
le  temps  newtonien  des  horloges  matérielles  invariables.  Ces  horloges  sont 
comparées  en  un  même  point,  et  transportées  lentement  dans  S  sur  les 
divers  rayons  rectilignes  de  longueur  R  rigidement  liés  au  solide  S  et  à  la 
matière  de  la  source  s. 

IL  Dans  cet  espace  invariable  S  de  vitesse  de  translation  permanente, 
l'observateur  étudie  la  distribution  permanente  de  l'énergie  radiante  de  s 
en  son  flux  d'aspect  continu,  dans  le  vide,  ou  dans  les  milieux  optiques,  ou 
dans  les  franges  d'interférence  réglées  par  la  méthode  de  Michelson  et 
Morley  dans  un  ap|)areil  flottant  tout  entier  sur  un  bain  de  mercure  :  dans 
toutes  les  orientations  lentement  acquises  par  ce  système  optique  complet, 
la  distribution  du  flux  d'énergie  des  franges  s'est  montrée  indépendante  de 
l'orientation,  avec  une  rigueur  encore  inconnue  à  celte  époque  (1887). 

\ous  admettons  que  la  vitesse  de  translation  d(^  S  et  de  tout  système 
optique  rigide  dans  Tune  de  ses  positions  définies  est  sans  aucune  influence 
sur  l'état  permanent  de  Vespace  optique. 

L'observateur  réalise  cet  espace  par  une  superposition  quelconque  des 
ondulations  considérées  sur  leurs  tronçons  successifs  de  rayons  liés  rigide- 
ment chacun  par  son  origine  à  son  centre  radiant  d'aboi  d  en  un  pointsur  la 
matière  de  la  source  S,  puis  du  séparateur  des  faisceaux  interfèrent  s  dis- 
tincts efl'ectuant  chacun  un  aller  et  un  retour  particuliers  superposés  ou 
séparés  pour  chaque  faisceau  distinct  autour  d'une  certaine  aire  dans  le 
vide,  ou  dans  un  milieu  quelconque.  Ces  faisceaux  sont  finalement  réunis 
pour  interférer  par  la  superposition  de  leurs  ondulations  sinusoïdales  élé- 
mentaires de  même  période  vibratoire  dans  S.  Ils  ont  finalement  parcouru 
deux  chemins  optiques  aussi  complexes  et  différents  qu'on  voudra  entre  un 
point  radiant  de  la  sout ce  s  et  un  autre  point  /•  du  récepteur  de  l'énergie 
totale  de  superposition  ou  sur  la  rétine  de  l'œil  observateur.  Nous  considé- 
rons comme  indépendantes  de  la  vitesse  de  translation  de  S  les  difîérences 
des  retards  de  phase  acquis  sur  les  divers  chemins  optiques  issus  de  s  et 
réunis  en  /•. 

Cette  condition  générale  règle  l'espace  optique  de  constante  linéaire  X 
de  chaque  radiation  entraîné  avec  S  et  comf)arable  à  une  division  constante 
d'une  règle  solide.  La  condition  géométrique  de  liaison  des  longueurs 
d'ondes  variables  fi.  avec  la  longueur  d'onde  compensée  représente,  en  géo- 


SÉANCE  DU  3  JANVIER  I922.  3l 

métrie  euclidienne,  la  longueiiia  le  long  d'un  Iraj/'t  optique  ol  de  direction 
quelconque  autour  de  son  point  d'origine  par  un  rayon  vecteur  focal  d'une 
quadri(jue  de  révolution  autour  de  l'axe  de  translation.  L'exceniricité  de 
cette  quadrique  est  laissée  indéterminée  par  cette  condition  de  liaison  rela- 
tive à  l'espace  S. 

III.  Laissons  les  ondes  libres  de  varier  dans  leur  vitesse  de  propagation  V 
dans  S.  A  un  centre  radiant  s  immobile  dans  S  associons  un  second 
centre  s^  animé  d'une  vitesse  radiale  di^  dans  S.  Ces  deux  centjes  sont  deux 
antennes  en  oscillation  électrique  cohérente  et  donnent  dans  S,  sur  chaque 
trajet  direct  R,  des  ondulations  superposées  de  longueur  j7.  et  u.  -+-  du..  Un 
battement  sinusoïdal  virtuel  en  résulte  et  enferme  une  quantité  déterminée 
d'énergie  radiante  entre  ses  nœuds  extrêmes  séparés  par  un  nombre  indé- 
fini d'ondulations. 

La  condition  de  liaison  nouvelle  dans  l'espace  S  et  dans  le  temps  newto- 
nien  des  horloges  aura  lieu  entre  les  constantes  A  et  C,  C  étant  la  vitesse 
constante  relative  à  la  source  S,  et  les  variables  u.  et  V  étant  comptées  sur 
un  trajet  de  direction  y.  par  rapport  à  la  vitesse  u  de  translation.  Cette 
vitesse  u  est  définie  dans  le  système  de  référence  universel  S,,  formé  par 
l'ensemble  des  champs  S^  dont  le  centre  radiant  s'entoUre  d'ondulations 
isotropes  dans  leur  longueur  X  et  leur  vitesse  C  unique. 

Dans  S„  le  glissement  relatif  des  deux  ondulations  u.  et  u.  -h  dfj.  réalise  à 
la  manière  d'un  rernier  dr  translation  le  transport  de  la  coïncidence  des 
deux  divisions  d'ondes  u.  et  a  -h  c/'u,  lieu  de  l'énergie  moyenne  maximum 
du   battement.   La   période  (-)  de   reproduction   de  l'ondulation  entre   les 

nœuds  du  battement  est  définie  par  le  rapport     ,,.    ^,  •    C'est  bien  la 

durée  du  transport,  le  long  de  a,  de  la  coïncidence  dans  sa  nouvelle  posi- 
tion. La  même  avance  u,  est  gagnée  dans  le  même  temps  par  l'excès  (C  —  V) 
de  la  vitesse  de  l'énergie  sur  la  vitesse  des  ondes.  L'égalité  de  la  nouvelle 
valeur  ,  _  . ^  de  0  à  la  première  valeur  représente  la  nouvelle  loi  de  liaison. 
Les  lois  ondulatoires  du  vent  d'éther.  —  On  les  calcule  sans  hypothèse 
ondulatoire  par  l'association  de  l'équation  ci-dessus  avec  celle  de  la  qua- 
drique d'excentricité  indéterminée  F  f -^  j>  en  les  rapportant  aux  deux  va- 
riables réduites  :  f(u,  y.)  qui  représente  — >  et  g{u^)  qui  représente. le  rap- 
port-^^-—- des  fréquences  vibratoires  dans  S,,  et  Sq.  Le  calcul  déduit  aisé- 
ment:/ou  -  se  réduit  à  i  -h  -  cosx  ou  i  +  t.;;  et^  rapport  des  fréquences 


32  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

se  réduit  à  [  i -^  ]•  Ces  ondes  ellipsoïdales  d  excenlricité  générale  -^  lor- 

nient  nn  réseau  do  foyer  unique  à  la  source  s.  Le  recul  ou  ravance  des  ondes 
par  rapport  à  Ténero^ie  a  une  vitesse  <'==  C  —  V  le  long-  du  tiain  d'ondes. 
Pour  un  expériuientati'ur  étudiant  ce  recul  avec  un  7'éccptrur  d'oin/ex  issues 
d'une  antenne  électrique  .v,  cette  vitesse  t'  se  réduit,  au  second  oidre  près, 
à  la  vitesse  radiale  (^  de  la  source  .v  dans  1„. 

Toutes  ces  conséquences  mécaniques  sont  effacées  par  riiypothèse  de'la 
relativité  générale  qui  impose  sans  raison  physique  Timpossibililé  de  toute 
vaiMation  dans  la  vilpsse  des  ondes.  Cette  hypothèse  supprime  Texistence, 
sur  la  Terre,  du  vent  d'éther  qui.  par  les  zones  de  silence  observées  déjà 
de  i8()5  à  1902  dans  la  télégraphie  sans  fd  ('),  révèle  le  recul  des  ondes 
entraînées  avec  la  vitesse  radiale  de  la  Terre  elle-même,  emportée  avec  le 
Soleil  dans  l'espace  universel  i^„. 


MESURES  ÉLECTRIQUES.   —    Sur  le  gali-onomèlrc  halistiqur. 
Note  de  M.  H.  Ciiau.mat,  présentée  par  M.  Paul  Janet. 

Le  mouvement  d'un  galvanomèlrc  balistique  obéit  à  l'équation  connue 

^  '  dl~  rll 

Si  le  galvanomètre  est  du  typp  à  cadre  mobile,  fonctionnant  sur  un 
circuit  de  résistance  totale  B  et  de  self-induction  négligeable,  A  peut  se 
mettre  sous  la  forme 

«1)2 

\   A       '  '» 

V  A  ,  -T-   -T-y 

\\ 

A,  étant  la  valeur  de  A  à  circuit  ouveit  et  4%  le  produit  de  la  surface  totale 
du  cadre  mobile  par  la  valeur  moyenne  du  champ. 

Si  l'on  suppose  le  s^'stème  lancé  avec  une  vitesse  angulaire  initiale  (o„,  en 

posant 

A.  (^l 

(  2  )  ■  // 


l'élongation  0  sera  donnée  pai'  les  formules  suivantes  : 

(')  G.  Sagnac,  Comptes  rendus.  1919  et  1920. 


SÉANCE  DU  3  JANVIER  1922.  ^  33 

solution  qui   correspond  au  mouvement  apériorlique,  m  variant  entre^^ 
("pour  R  r^  o)  etTunité 


/K 


ic  Itasp  des  logarithmes  népériens). 

solution  qui  correspond  au  mouvement  périodique  amorti,  m  variant  entre 

1  unité  et  la  valeur     ",J_  qui  correspond  au  fonctionnement  à  circuit  ouvert 

i  \/  KC 

Enfin,  ces  deux  formules  tendent  Tune  et  l'autre  vers  le  cas  de  passaae 
{aperiodicite  critique)  pour  m  —  i  et  pour  lequel  on  a  la  formule  remarqua- 
blement simple  : 

(5,  ^-'Wly 

Cette  formule  ((3)  correspond,  comme  nous  Tavons  dit,  à  la  valeur w  =  1 
et  à  une  valeur  de  la  résistance  totale  du  circuit  d'amortissement  dile 
résistance  critique  (  R,.)  djfinie  par  l'équation 

(6)  K  *" 


V"KC  —  A] 


La  formule  (3)  correspond  aux  cas  où  R  varie  entre  o  et  R^,  la  formule  (4) 
aux  cas  où  R  varie  entre  R^.  et  ce. 

Ces  formules  présentent  Tintérêt  d'être  utilisables  pour  tous  les  galvano- 
mètres et  permettent  d'établir  des  équations  réduites,  car  elles  font 
apparaître  le  rapport,  que  nous  avons  appelé  m,  de  la  valeur  de  l'amortis- 
sement dans  des  conditions  quelconques  de  fonctionnement  de  l'appareil  à 
la  valeur  de  l'amortissement  correspondant  à  la  périodicité  critique.  Elles 
sont  ainsi  préférables  aux  formules  classiques. 

11  est  intéressant  de  se  demander  comment  varie  la  fonction  0  de  R 
donnant  l'élongation  en  fonction  de  la  résistance  du  circuit  d'amortissement 
pour  la  même  vitesse  initiale  co„.  ~ 

Le  calcul  est  assez  délicat  et  se  trouve  rendu  plus  commode  par  le^ 
changements  de  variables  suivants  : 

Posons  : 


-1  /£ 

c.  R.,  192  -,  i"  Semestre.  (T.  17 i,  N»  1.) 


—  l  ci  ou 

H 


34  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Posons  enfin  : 

pour  /«  >  1 ,  m  4-  sjm- —  i  =  e"-^ 

pour  m  <<  1 ,         arc  tangYJ z=r  c. 

m 

Les  formules  (3)  et  {!\)  sont  remplacées  par  les  groupes  suivants  : 

'  coshc —  a 

valables  pour  a/z  variant  de  -h  ^^  à  l'unité  en  décroissant,  c'est-à-dire  R  variant 

de  o  à  R, ,  el  .r  variant  de  o  à en  croissant: 

1  —  a 


valables  pour  m  <^\  et  décroissant  de  i  à  a,  c'est-à-dire  R  variant  de  H^  à 

l'infini  et  x  croissant  de à  -(-  x;, 

11  revient,  dès  lors,  au  même  d'étudier  les  fonctions 

y=:f(a;)         ou         6»— ©(R), 

on  trouve  les  résultats  suivants  : 

La  courbe  qui  traduit  la  fonction  0(R)  passe  par  l'origine.  Les  coeffi- 


cients angulaires  intéressants  sont  : 


Pour  R  =:  o, 


dfj       K 


COfl 


Pour  R  =  R„ 

Le  coefficient  angulaire  de  la  tangente  à  l'origine  est  toujours  plus  grand 
que  le  coefficient  angulaire  de  la  tangente  au  point  critique  et  le  rapport  de 

ces  deux  coefficients,  pris  dans  cet  ordre,  dépend  de  la  valeur  de  A,,  mais 

3  e 
il  est  toujours  supérieur  à -y-- 

La  courbe  0(R)  a  pour  direction  asymptotique  l'axe  des  R. 
La  fonction  0(R)  est  constamment  croissante  avec  R.  Elle  part  de  zéro 
pour  atteindre  une  valeur  limite  (correspondant  à  R  =  oo). 
Cette  valeur  limite  est 

5; 

/ K     ~  •'"  -       art  cos a 
(9)  Ôlim=0)„l/^e      V'-"^ 


SÉANCE  DU  3  JANVIER  1922.  35 

Entiri,  la  courbe  qui  traduit  la  fonction  0(U)  présente  sa  concavité 
constamment  vers  l'axe  des  R;  elle  ne  comporte  pas  de  points  d'inflexion. 

Les  deux  lignes  analytiques  qui  traduisent  les  groupes  d'équations 
(3')  et  (V)  se  raccordent  au  point  m  =  i,  R  =  R^,  pour  lequel  elles  ont 
même  tangente  dont  le  coefficient  angulaire  est  donné  par  l'équation  (8  ), 
mais,  pas  plus  en  ce  point  qu'en  Ji'impoite  quel  autre,  la  courbe  0(R)  ne 
présenle  de  particularité. 

Ces  résultats  sont  en  contradiction  avec  ceux  qui  ont  été  annoncés  par 
M.  Germani  ('). 


TÉLÉGRAPHIE  SANS  FIL.  —  Sur  la  réception  des  ondes  entretenues  par  modu- 
lation. Note  de  M.  R.  Jouaust,  présentée  par  M.  Paul  Janet. 

Les  détecteurs  utilisés  pour  la  réception  en  radiotélégraphie  ont  un  ren- 
dement très  faible.  Leur  fonctionnement  difl'ère  notablement  en  eflet  de 
celui  du  redresseur  théorique  qui  laisserait  passer  totalement  une  des  ondes 
du  courant  alternatif  et  arrêterait  complètement  l'autre  :  pratiquement 
l'intensité  du  courant  redressé  n'est  qu'une  faible  fraction  de  l'amplitude 
du  courant  alternatif  total  qui  traverse  le  détecteur. 

Le  procédé  de  modulation  que  nous  allons  d'écrire  et  qui  permet  la 
réception  des  ondes  entretenues  est  basé  sur  un  principe  différent  de  celui 
de  la  détection. 

La  modulation  à  la  réception  consiste  à  faire  varier  périodiquement  par  un 
dispositif  quelconque  l'intensité  du  courant  dans  les  organes  récepteurs. 

Soit  I„,  sinto/  l'intensité  du  courant  qui  circulerait  normalement  dans  un 

appareil  de  réception.  Si  ce  courant  est  modulé  avec  une  fréquence  —5 
son  intensité  est  de  la  forme 

1^,  sin  o' /  sino)  /  ^-:  —  cosfcjj  —  co' )  / -!-   —  cos((.» -h  fi)')  / 

et,  si  to'  est  voisin  de  w,  le  couranl  de  ])ulsation  w  —  w'  est  de  fréquence 
musicale.  On  obtient  donc  ainsi  un  courant  audible  au  téléphone  dont 
l'amplitude  dans  le  cas  d'une  modulation  complète  est  la  moitié  de  celle  du 
courant  qui  circule  dans  les  organes  récepteurs. 

De  même  «ju'il  n'existe  pas  de  détecteurs  parfaits,  de  même  il  n'est  pas 

(')  Revue  générale  de  l'électricitr,  p.^  juillet  1919. 


36  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

possible  de  produire  une  modulatjpn  complète,  mais  avec  ce  nouveau  pro- 
cédé de  réception,  on  peut  sf  rapprocher  bien  davantage  des  conditions 
théoriques  de  fonctionnement  optimunj. 

On  sait  déjà  que  dans  le  cas  de  la  modulation  à  basse  fréquence,  utilisée 
à  ia  transmission  en  radiotéléphonie,  le  courant  de  Tantenne  est  presque 
complètement  modulé  à  la  fréquence  de  la  voix. 

La  modulation  à  haute  fréquence  à  la  réception  se  réalise  très  facilement 
à  l'aide  de  la  lampe  à  3  électrodes. 

La  différence  de  potentiel  aux  bornes  de  Tappareil  récepteur  (amplifiée 
ou  non)  est  appliquée  entre  le  pôle  négatif  du  iilamenl  et  la  grille.  Une  diffé- 
rence de  potentiel  de  haute  fréquence  est  appliquée  entre  le  filament  et  la 
plaque. 

Cette  difïérence  de  potentiel  de  haute  fréquence  s'obtient  en  réunissant 
d'une  part  la  plaque,  d'autre  part  le  filament  aux  bornes  du  condensateur 
d'une  Ijptérodyne  ordinaire.  Le  téléphone  récepteur  est  intercalé  sur  l'un 
des  conducteurs  assurant  celte  jonction.  Il  n'est  nullement  nécessaire  qu'une 
différence  de  potentiel  continue  existe  entre  la  plaque  et  le  filament.  Les 
résultats  obtenus  avec  ce  di>;positif  se  sont  montrés  plus  avantageux  que 
ceux  fournis  par  une  lampe  montée  sur  détecteur  et  dans  laquelle  venaient 
se  superposer  les  ondes  à  recevoir  et  celles  provenant  d'une  hétérodyne 
locale.  C'est  ainsi  qu'à  Paris  on  pouvait  avec  une  seule  lampe  recevoir  lisi- 
blement dans  un  cadre  de  2"'  les  transmissions  du  poste  de  Lyon, 
alors  qu'elles  étaient  à  peine  sensibles  avec  une  lampe  identique  montée  sur 
détecteur. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Le  recuit  des  verres.  Note  (')  de  M.  Taffix, 
présentée  par  M.  H.  Le  Chatelier. 

K.undt  (1881),  au  cours  d'études  sur  la  biréfringence  accidentelle  des 
liquides  visqueux,  a  développé  certaines  considérations  générales  établies 
par  Maxwell  à  propos  de  la  théorie  cinétique  des  gaz.  Supposant  que  la 
disparition  des  tensions,  dans  un  liquide  visqueux,  se  produit  sans  défor- 
mation, il  établit  la  relation  suivante  : 

(')  Séance  du  19  décembre  1921. 


SÉANCE    DU    3    JAXVIER    1922.  37 

A  et  A„  étant  les  biréfringences  du  liquide  aux  instants  o  et  ^;  T  étant  ce 
que  Maxwell  a  appelé  «  le  temps  de  relaxation  »,  constante  spécifique  du  corps 
étudié.  M.  F.  Twymann  (')  a  établi  que,  dans  le  cas  du  verre,  T  serait  une 
fonction  exponentielle  de  la  température. 

MM.  Adams  et  Williamson  ont  montré  récemment  (-)  que  la  loi  de 
Ivundtne  s'applique  pas  rigoureusement  au  recuit  du  verre.  Ils  ont  proposé 
la  loi  expérimentale  suivante  : 

I         I        ,, 

A  étant  compris  entre  5o  et  5^^/cni'^ 

Ao  étant  la  biréfringence  à  Tinstant  /  =  o; 

K  est  une  fonction  exponentielle  de  la  température  0. 

Nous  avons  repris  les  expériences  de  MM.  Adams  et  Williamson,  cher- 
chant à  généraliser  leur  loi  expérimentale  pour  des  retards  compris  entre 
gD^^  et  5^^.  La  biréfringence  était  mesurée  par  une  méthode  antérieure- 
ment décrite  (').  Les  prismes  du  verre  soumis  à  l'expérience  mesuraient 
i'''",8  X  i''™,2  X  i*^"",!.  Les  ayant  trempés  de  façon  uniforme,  on  les  recuisait 
à  température  constante  et  l'on  mesurait  leur  biréfringence  à  divers 
moments  de  leur  recuit  (2^  et  3*  colonne  du  Tableau). 

Dans  la  quatrième  colonne  on  lit  les  valeurs  de  /  calculées  par  les 
formules  d'Adams  en  fonction  de  A  et  A,,.  A  mesure  que  Aq  devienl  plus 
grand,  la  divergence  entre  les  mesures  et  le  résultat  du  calcul  apparaît  plus 
importante.  Ceci  nous  a  conduits  à  corriger  par  un  terme  du  deuxième  degré 
la  formule  précédente.  On  obtenait  la  loi  parabolique 

A  et  B  étant  fonctions  de  la  température  6, 

i  logA  =  a—  bO^ 


&—Q' 


a,  b,  c,  (ï)  sont  constants  pour   un  verre  déterminé.  Dans  la   cinquième 
colonne  on  lit  les  valeurs  de  t  obtenues  au  moyen  de  cette  formule  (I),  (L). 

(  '  )  J.  of  Glass  tch.,  vol.  1,  p.  61 . 

(-)  Géop.  Lab. y  1920. 

(^)  Comptes  rendus,  t.  173.  1921.  p.  1347. 


1           1 

i 

1           1 

'  1 

38  ACADÉMIE    DES    SCIENCES, 

Cherchant  une  concordance  plus  parfaite  encore,  nous  nous  sommes 
arrêté  à  la  formule  suivante  : 


(11)  Log 


Les  constantes  o  et  T  s'expriment  en  fonction  de  la  température  par  les 
relations 

(ir.) 

^      '  i  T  =  /.((■) -9), 

dajis  lesquelles  C,,  Co,  /•,  0  sont  constants  pour  un  verre  donné. 

On  voit  facilement  que  cette  formule  contient  iniplicitemejit,  pour  des 
valeurs  de  A„  et  de  (Aq  —  A)  assez  petites,  la  loi  d'Adams  et  la  loi  parabo- 
lique. 0  représenterait  une  biréfringence  limite,  déterminée  pour  chaque 
température,  et  qu'un  recuit,  si  long  soit-il,  à  cette  température,  ne  feia 
jamais  disparaître. 

Si  0  est  infini,  on  retrouve  la  loi  de  Kundt,  T  serait  alors  le  temps  de 
relaxation.  Pour  le  verre  étudié  (^  =  590°;  0  est  égal  à  il[^^-,b5  à  52,5"; 
il  tombe  à  2.^^,4^  à  Sgo".  Dans  la  sixième  colonne  du  Tableau  on  lit  les 
valeurs  de  t  calculées  au  moyen  des  formules  (II)  et  (II'). 

t  calculé, 
Température  6.  (ij.|ji/cm).     /observé.       Loi  Adams.      Éq.  (I),(r).     Éq,  (  II  ).  (II'j. 


525 88,1  O  O  3 


O, 


76,3  i5  19  16  17 

70,0  26  3i  27  29 

54,8  75  75  75  74 

48,0  io5  io3  ii5  108 

43,75  i35  125  142  137 

37,70  195  i65  2o3  201 

34,0  255  196  258  262 


535 93,7       o       o  3 


o 


82        5 


9 


63,95  25  28  25  25 

53,  o5  45  46  42  44 

42,5  70  72  70  65' 

36,5  io5  93  99  102 

3o,4  145  124  j38  i48 

27,4  180  145  171  184 


SÉANCE    DU    3   JANVIER    I922.  Sq 

t  calcule. 

Tempéialure  f).  (;j.|i/cnij-     (!  observé.       Loi  Adams.       Éq.  (I).  H').     Eq.  (II),  HT). 

(1  III  m  "I  "> 

.554 82,75  O  O  O  O 

»   62  5  6  6  •"> 

H 44,5  i5  16  16  i5 

).   35,9.5  25  26  3tJ  '^'7 

»  20,5  4>  4^  -*/  ■* 

.    20,6  60  57  67  65 

i>    17,6  90  70  85  87 

.    i4,6  I30  88  ii4  1^-2 

565.    .....  47  00  o  o 

M    37,2  5  4  5  4 

"   3o,4  10  9  "  9 

,. 23, 1  20  16  -^.o  17 

>,    16,4  3o  3o  38  34 

,.    i4,6  4o  43  45  i' 

575 26,75  u  o  00 

»   23,55  32  22 

,.   -^OjBo  .r  1  4  ^ 

,. .  i5,2  10  11  II  9 

,.    12. 78*  i5  16  17  14 

„   io,35  20  23  24  22 

..  .......       8,54  3o  32  34  32 

Il  résulte  des  Tableaux  ci-dessus  que,  pour  les  tensions  initiales  inférieures 
à  Se'*'',  les  trois  formules  représentent  également  bien  les  résultats  de  1  expé- 
rience. Pour  les  tensions  comprises  entre  5oS^i^  et  ioqî^^  les  deux  dernières 
formules  (I)  et  (II)  sont  équivalentes,  mais  la  formule  d'Adams  est  insuf- 
fisante pour  représenter  les  résultats  des  mesures. 

Pour  savoir  laquelle  des  deux  formules  (I  )  ou  (II)  doit  définitivement 
être  adoptée,  de  nouvelles  expériences  sont  nécessaires. 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Synthèse  de  V (icide  cyanhydriqiie  par  oxydation,  en 
milieu  argentico- ammoniacal,  d'alcools,  de  phénols  et  d'aminés.  Note 
de'MM.  R.  Fosse  et  A.  Hieulle,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

1.  L'acide  cyanhydrique,  précurseur  instable  de  la  carbimide  et  de  la 
carbamide  dans  l'oxydation  permanganique,  ammoniacale,  des  substances 


4o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES, 

organiques 

CMi     -^^     CONH     -î^     Cu(:^H^ 

peut  cependant  être  isolé  et  dosé,  si  l'on  provoque  Toxydalion  en  présence 
de  sel  d'argent  ou  de  mercure. 

L'oxydation  en  milieu  argentico-ammoniacal  donne,  en  effet,  ce  nitrile 
dans  les  proportions  :  0^,8  à  1^,7  pour  100  (glucose,  sucre  de  canne, 
dextrine,  amidon,  cellulose);  3^,6  pour  loo  (glycérine):  8^,58  pour  100 
(aldéhyde  formique). 

Puisque  l'acide  cyanhydrique  est  un  terme  intermédiaire,  instable,  de 
l'oxydation  de  l'ammoniaque  et  des  principes  naturels  précités,  peut-être 
prend-il  aussi,  transitoirement,  naissance  dans  la  respiration  de  la  cellule 
végétale  ou  animale,  pour  disparaître  aussitôt  en  créant  de  nouveaux  prin- 
cipes ou  tissus  ('). 

2.  Les  hydrates  de  carbone,  la  glycérine  et  l'aldéhyde  formique  ne  sont 
pas  les  seuls  corps  susceptibles  de  produire  l'acide  cyanhydrique;  la  même 
faculté  appartient  également  à  plusieurs  représentants  des  fonctions  :  alcool, 
phénol  Çfl  aminé.  Les  rendements  varient  avec  la  nature  des  substances,  les 
facteurs  de  la  réaction  ainsi  que,  parfois,  sous  de  très  faibles  influences.    " 

Alcools.  —  L'acide  cyanhydrique  formé  par  100'™  de  méthanol  atteint 
oe,2àos,5(MnO*K;,i8,3ài%,'5  [(MnO")-Ca  |,  2S4(MnO'*Iv-^  NH^CI). 
Avec  l'éthanol,  rendement  maximum  :  0^,5  pour  100.  L'acélamide,  obtenue 
par  oxydation  électrolytique  de  Félhanol  et  de  l'ammoniaque  (-),  apparaît 
aussi  dans  nos  expériences.  Le  butanol  conduit  à  des  rendements  nuls  ou 
extrêmement  faibles  :  o^',o5  pour  100. 

Phénols.  —  L'oxydation  du  phénol,  des  crésols  o  et  p.  de  la  résorcine, 
par  MnO'K-4-  NH'Cl  peut  donner  4%3  à  5%i  de  C\H  pour  100:  celle  des 
naphtols  n'en  produit,  dans  les  mêmes  circonstances,  que  0^,6  à  i^,35. 

Angines.  —  Tandis  que  l'acide  cyanhydrique  est  engendré,  en  quantités 
notables  ou  considérables,  aux  dépens  de  l'aniline  (9^1  pour  100),  de  la 
méthylamine  (28^,5  pour  ioo)(=')  et  de  la  diméthylamine  (25^,9  pour  100). 
ce  cor  s  n'apparaît,  au  contraire,  qu'en  très  minime  pro,  oriicn  (0^,2 
pour  loo),  lorsqu'on  oxyde  l'éthylamine  dans  les  mêmes  conditions. 

(^)  R   Fosse,  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  1870. 
(2)  FiCHTER,  Zeit^chrift  f.  Elektrochemie,  t.  18.  1912,  p.  652. 

(^)  L'action  de  l'acide  monopersulfurique  sur  la  méthylamine  provoque  la  formation 
d'acide  cyanhydrique  (  Bamberger  e.  Seligman,  "fiez/cA^e.  t.  35    1902.  p.  4800). 


Substances. 


en  gi'amnn 
ou  vol. 
en   cm  . 


SÉANCE   DU   3   JANVIER    1922. 


Il- H, 


M! 


Mi'Cl.    MnO'K.  (MnO')-Ca.    NOA-. 


4i 


Tem|i 
maxin 

de 
roxvdat.      \0   \ 


!.„,. 


HCN 

en  gr. 

pour  100 

ou  cm  . 


A  /cools. 


cm' 

1 .    Métlianril 1 

•2.  »  0,5 

3.  Méthanol  et  CO''Cu.  1 

V.  Mëlhanol  .........  1 

5.  "  I 

(i.  i  1 

7.  "  0,1 

S.  •'  o ,  I 

9.  ..  0,1 

10.  EthanoletCÛ'Cii..  o.i 

11.,  -                  .  .  0 .  I 

12.  Ellhaiiol.'. 0,1 

13.  Bulanol 0.1 

1'*.  .  I 

l.'j.   Pliénol 0.5 

16.  >.       o.r> 

17.  Pyrocaléchine i 

18.  "         "  I 

19.  Résorcine i 

•20.  ■>         ,0 .  :. 

2i\   Hydroquinone 1 

22.   Phénol 0,1 

'2-i.         j)         (I .  i 

2'i-.   O.-crésol o.x 

25.  P.-ci  ésol 0,1 

213.   Résorcine o.  i 

27.  )i         o.  I  ■ 

28.  Xaphtol  A i 

29.  ))  o.i 

30.  Naphtol    B i 

31.  î)  „.i 

32.  ),  o.i 

33.  Aléthylamine o.o52 

3i.  »  o.o52 

3o.  Dimétjiylaniine. .  .  .  0.0928 

H6.  _           »              . .  .  .  o  092S 

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42  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


GÉOLOGIE.  —  Sur  l'âge  des  phosphates  marocains.  Note  de  M.  Louis  Gentil. 

Les  gisements  de  phosphate  tricalciqae  du  Maroc  sont  répartis  sur  de 
vastes  étendues.  C'est  à  M.  Gombelas  que  l'on  doit  la  première  découverte 
de  ces  dépôts  sédimentaires  dont  la  richesse  est  maintenant  reconnue  en 
plusieurs  points,  notamment  dans  la  région  de  l'Oued  Zem. 

En  juin  191 3,  j'ai  constaté  que  les  couches  phosphatées  se  trouvaient  sur 
la  série  crétacée  du  plateau  de  Settat  que  j'avais  antérieurement  décrite. 

Depuis  cette  époque,  sous  l'impulsion  de  M.  l'ingénieur  Daum,  le 
Service  des  Mines  du  Protectorat  a  entrepris  une  reconnaissance  détaillée 
de  ces  gisements  qui  s'étendent  sous  la  Gaada,  entre  El  Borouj  et  Oued 
Zem,  sur  un  quadrilatère  de  quelque  (Jo'^™  de  côtés.  Et  j'ai  eu  l'occasion 
de  parcourir  à  nouveau  la  région  des  Béni  Meskine  en  191 7. 

Plus  récemment,  des  gisements  phosphatés  ont  été  reconnus  ('),  d'une 
part  au  sud  du  plateau  des  Rehamna,  d'autre  part  dans  la  région  d'Imi  n 
Tanout,  au  pied  de  l'Al.las,  ainsi  que  chez  les  Meskala.  Tous  ces  dépôts 
sont  considérés  comme  tertiaires,  d'âge  suessonien  (-). 

Depuis  longtemps,  cependant,  me  basant  sur  quelques  documents 
paléontologiques  recueillis  dans  la  Gaada;  je  pense  que  les  phosphates 
marocains  sont  plutôt  crétacés. 

Une  Mission  effectuée  à  un  autre  point  de  vue,  en  avril  1921,  m'a  offert 
roccasion  de  parcourir  le  Sud-marocain  et  a  fortifié  ma  conviction  qu'il  s'agit 
de  dépôts  du  Crétacé  supérieur  et  du  Montien. 

^^ntre  le  petit  plateau  de  Zned  et  le  Souq  el  Khemis  des  Meskala,  au  nord  de  Dar 
Kaïd  Khoubbane,  j'ai  observé  un  banc  de  calcaire  marneux  enserré  dans  les  couche 
de  phosphate. 

Le  banc  renferme  BacuUtes  anceps  Lam.,  Bacidites  sp.  de  grande  taille,  Fasus  nu- 
inidicus  Coq.,  Turritella  Fur^emoii  Coq.,  Cardila  (  Venericaidia)  Beaumonti 
d'Arch.^  Ostrea  {Exogyi-a)  Overwegi  \^uc\l.  Cette  petite  faune  caractérise  le  niveau 
à  beaux  fossiles  siliceux  que  j'ai  signalé  à  quelques  kilomètres  au  sud,  dans  la  vallée 
de  l'Oued  Igrounzar  C*). 

Il  s'agit  ici,  de  couches  crétacées  tabulaires,  en  continuité  directe  avec  celles  que  je 
viens  de  décrire  pLus  au  nord  et  j'ai  cité,  en  outre,  de  cet  horizon  :  Plicatiila  instabi- 
/«Stoi.,  Cardila  libfcaZili.,  Crassatella  ZitteliWann.,  Cr.  numidica  Mun.-Ghalm., 
AsLarte  similis  Munst.,  Roudeireia  Drui  Mun.-Chalm..  Corbis  Wanneri  Krutnb., 


(')  J.  Savornin  Comptes  Rendus^  t.  172.  1921,  p.  ^i^.g. 

(-)  J.  Savornin,  loc.  cit..  et  Comptes  rendus^  t.  171,  içj'.io.  p.  807, 

(*)  Louis  Gentil,  Comptes  rendus,  t.  160.  igi5,  p.  771. 


SÉANCE  DU  3  JANVIER  1922.  4^ 

Lucina  C a/ mon i' Perv..  Cyt/ierea  Rohlfsi  Ouass.  Celte  faune  est  iiidiscatablement 
maëstrichlienne,  rappelant  celles  décrites  à  ce  niveau  en  Tunisie  méridionale,  en  Tri- 
politaine,  en  Kgypte  et  dans  l'Inde. 

Le  niveau  à  Baculites  des  Meskala  est  recouvert,  en  concordance,  par  des  couches 
phosphatées  qui  se  poursuivent,  à  l'Est,  jusqu'aux  gour  des  Kaïa  et  du  Dj.  Tilda  où 
elles  sont  couronnées  par  un  entablement  de  calcaire-lumachelles  à  Tlicrsilées. 

Au-dessus,  j'ai  constaté  la  présence  d'autres  couches  phosphatées  toujours  concor- 
dantes, à  teneurs  variables,  sur  une  extension  verticale  d'au  moins  So"  et  dans  les- 
quelles se  trouvent  fréquemment,  avec  d'autres  fossiles  maeslrichtiens,  des  dents  de 
Corax  pristodontus  L.  Agas.,  de  la  craie  phosphatée  de  l'Aisne  et  de  la  Somme,  et 
des  dents  de  Grocodiliens  (M- 

Ainsi,  dans  le  Sud-marocain,  les  phosphates  sont  en  partie  d'âge  maos- 
trichtien  et,  comme  ils  se  poursuivent  sur  une  grande  hauteur  verticale 
au-dessus  du  calcaire  à  Baculites,  je  pense  qu'il  en  existe  d'âges  danien  et 
montien.  Il  y  a,  en  effet,  continuité  de  sédimentation  jusqu'au  Suessonien, 
ainsi  que  je  l'ai  toujours  soutenu  et  ce  que  je  maintiens  malgré  des  affir- 
mations contraires  récentes  (-). 

Je  ne  doute  pas  qu'il  en  soit  ainsi  dans  la  région  septentrionale  d  El 
Borouj-Oued  Zem,  d'après  mes  documents  paléontologiques. 

Le  Corax  pristodontus  se  trouve  dans  la  partie  la  plus  élevée  des  couches  phos- 
phatées de  celte  région;  or,  ce  squalidé  ne  monte  pas  au-dessus  du  Montien.  On 
trouve,  en  outre,  Lanina  apendiculala  L.  Agas.,  dont  l'extension  verticale  est  com- 
prise entre  l'Albien  et  le  Montien,  et  Scapanorhynchus  iOdontaspis)  rapliiodon 
L.  Agas.,  espèce  du  Crétacé  se  promenant  de  l'Albien  au  Sénonien, 

Ces  formes  suffisent  à  démontrer  l'âge,  surtout  crétacé,  des  phosphates 
d'El  Borouj-Oued  Zem. 

Je  dois  ajouter  que  j'ai  recueilli  en  outre  :   Odontaspis  elegans  L.  Agas.,  espèce 


(«j  J'ignore  la  valeur  industrielle  de  ces  gisements,  qui  ne  sera  connue  qu'après 
d'importants  et  minutieux  travaux  de  recherches.  Aussi  me  paraîl-i!  prématuré  de 
dire  qu'il  n'y  a  de  ce  côté  que  des  «  résidus  d'un  intérêt  théorique  »  (Savornin,  lac 
cit.,  p.  23i).  On  doit  se  trouver  au  Dj.  Tilda,  au  sommet  des  couches  phosphaTces; 
mais  chez  les  Meskala,  le  niveau  à  Baculites  que  M.  Savornin  a  pris  pour  un  seud  cré- 
tacé {toc.  cit.,  p.  25o)  séparant  deux  gisements  phosphatés  lerliain-s,  se  trouve,  en 
réalité,  au  cœur  de  la  masse  des  couches  de  phosphate. 

(-)  J.  Savornin,  lac.  cit.,  p.  ^Si. 

M.  J.  Savornin  m'attribue  par  erreur  les  tracés  de  l'Éocène  inférieur  à  l'ouest  du 
lac  Zima  {loc.  cit.,  p.  23o).  C'est  à  M.  Brives  seul  qu'en  revient  le  mérite,  car  je  n'ai 
fait  que  reproduire  ses  contours  dans  celte  région  sur  ma  petite  carte  géologique 
générale  de  iç)i2  {Ann.  Geo^/.,  Paris,  mars  1912). 


44  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

monLienne  et  sue^sonienue,  O.  cuspidala  I..  Agas.,  et  Plivsodon  secundiis  Winkler, 
connues  dans  le  Landénien  de  la  Belgique;  enfin  Otodus  obliquas  L.  Agas.,  et  Dyro- 
saurus  phosphalicus  Ph.  Thomas,  qui  sont  communs  dans  les  phosphates  algéro- 
marocains,  considérés  comme  siiessoniens. 

L'association  des  formes  crétacées  et  éocènes  indi(]ae  que  les  niveaux 
phosphatés  marocains  doivent  encore  comprendre  le  Montien. 

Ici,  comme  dans  le  Sud,  le  toit  des  phosphates  est  toujours  représenté  par 
un  banc  plus  ou  moins  épais  de  calcaires  à  Thersitées,  avec  fossiles  silicifîés 
où  abonde  Thcrsitea  (Hcrmifhersùea)  maroccana  Savornin.  accompagnée  de 
Th.  vcnlricosa  du  même  auteur  qui  place  ce  niveau  dans  le  Lutétien  inférieur 
à  cause  de  l'association  de  Nummidites  irregidaris  (').  Mais  Ion  sait  mainte- 
nant que  ce  Foraminifère  apparaît  dans  le  Londinien  (-)  et  que  les  Ther- 
sitées ont  été  sig-nalées  par  Dollo  dans  le  Montien  du  Bas-Congo  (^). 

Quant  aux  calcaires  à  silex  auxquels  on  attribue  un  âge  suessonien,  nous 
avons  vu  qu'une  faciès  identique  se  rencontre  dans  le  Crétacé  supérieur  bien 
caractérisé  par  i)ne  faune  à  Baculites. 

Conclusion.  —  Les  phosphates  marocains  sont,  au  moins  en  grande  partie, 
crétacés,  d'âge  maéstrichtien  et  danien.  Ils  atteignent,  en  hauteur,  le  Mon- 
tien. à  l'extrême  base  du  Tertiaire,  le  Corax  pristodontus  qui  persiste  dans 
le  Montien,  se  trouvant  dans  les  parties  les  plus  élcAées  des  couches  phos- 
phatées. 

Ces  gîtes  minéraux  se  trouvent  donc  aux  mêmes  niveaux  que  les  phos- 
phates de  la  Palestine  signales  par  M.  Blanckenhorn  (  '')  et  de  rÉo:ypte  (^), 
et  il  est  frappant  que  les  riches  teneurs  des  phosphates  marocains,  en  les 
rapprochant  des  phosphates  égyptiens  et  asiatiques,  s'accordent  avec  cette 
similitude  chronologique. 

Ce  sont  ces  considérations  d'âge  qui  m'ont  conduit  à  figurer,  sur  ma  nou- 
velle Carte  géologique  générale  du  Maroc  qui  vient  de  sortir  des  presses,  les 
zones  phosphatées  du  Protectorat  par  des  bandes  jaunes  du  Paléogène,  sur 
un  fond  vert  du  Crétacé  supérieur. 

(')  J.  Savorni\,  .s.  h.  /V.  Afr.  yV.,  t.  6,  1914,  p.  78-79. 

(■-)  Henri  Douvillé,  Mém.  Carie  Géolog.  Fr.  Paris.  Impr.  nat..  1919. 

(^)  Bull.  Ac.  R.  Belgique  (Section  des  Sciences),  n°  7,  juillet  1914.  p-  291. 

(*)  IJeber  das  Vorkommen  von  Phosphaten  Asfhaltkalk  und  Petroleum  in  Pa- 
Instina  und  Àgypten  {ZeiLschr.  f.  praktisch.  GeoL,  XI,  Ht-ft  7-9,  p.  294-298. 

\')  Phosphate  Deposits  of  Egypte  (Surç-.  Departm.  Egypl.  Cairo  ISat.  Prinl. 
Departni    igoS). 


SÉANCE   DU    ^    JANVIER    1922.  4^) 


GEOLOGIE,  —  Le  contact  anormal  du  Flrsch  nord-pyrénéen  au  nord  de  Sainl 
Jean-Pied -dr-Port.  Note  de  M.  Pierre  Viexnot.    présentée  par  M.  Piprre 
Termier. 

J'ai  exposé  précédemmeiil  (';  les  faits  nouveaux  que  fait  ressortir  une 
étude  détaillée  du  bord  iiK-ridional  du  Flyscli  nord-pyrénéen  entre  la  va]l('-e 
d'Aspe  et  celle  du  Saison.  Les  particularités  signalées  mettent  en  évidence 
la  nature  tectonique  du  contact:  celui-ci  présente,  plus  à  l'Ouest.  entr<' 
Jaxu  et  Hélette,  le  même  caractère  anormal  que  prouvent  V allure  des 
contours  et  V existence  de  nombreuses  lames  pincées  entre  le  Flysch  et  les 
terrains  voisins,  ici  d'âge  très  varié.  Mais  la  particularité  la  plus  marquante 
dans  cette  région  du  pays  basque  qui  s'étend  au  nord  de  Saint-Jean-Pied- 
de-Port,  c'est  l'extraordinaire  développement  des  formations  mylonitiques. 
qui  se  montrent  aussi  bien  dans  le  Flysch  que  dans  les  lames  du  contact  et 
dans  les  terrains  paléozoïques  et  triasiques  du  voisinage.  Le  contraste  est 
même  frappant  entre  l'abondance  des  brèches  tectoniques  de  la  région 
Jaxu-Hélelte  et  leur  pénurie  dans  le  secteur  vallée  d'Aspe-valléedu  Saison. 
Cela  s'explique  facilement,  à  mon  avis,  par  la  différence  de  nature  des 
roches  sur  lesquelles  a  glissé  le  Flysch  :  entre  la  vallée  d'Aspe  et  celle  du 
Saison,  ce  sont  presque  uniquement  des  schiste.s  albiens.  de  consistance 
à  peu  près  identique  à  celle  du  Flysch,  très  déformables,  tandis  qu'entre 
Jaxu  et  Hélette  dominent  des  roches  beaucoup  plus  dures,  gneiss,  schistes, 
calcaires  et  grès  paléozoïques  plus  ou  moins  métamorphiques,  grès 
triasiques. 

La  structure  des  collines  cotées  383  et  368  (SW  de  Jaxu)  a  donné  lieu 
à  de  nombreuses  controverses.  Le  problème  s'éclaire  d'un  jour  nouveau 
lorsqu'on  l'aborde  après  avoir  étudié  dans  le  détail  la  structure  du  Flysch 
dans  les  environs.  La  traversée  en  ligne  droite  du  Flysch  entre  Jaxu  et 
Armendarits.  par  Iholdy,  est  très  démonstrative  à  ce  sujet.  Sur  un  itiné- 
raire de  plus  de  25''"\  le  Flysch  affleure  déformé,  broyé,  mylonitisé,  acc-om- 
pagné  de  lames  exotiques,  elles-mêmes  très  brécho ides,  de  calcaires  crétacés 
et  jurassiques,  d'argiles  triasiques,  d'ophites,  de  quartziles  et  de  schistes 
paléozoïques  (ceux-ci  fossilifères  à  i""™  à  l'ouest  de  Jaxu.  où  j'ai  ti'ouvé 
plusieurs  Streptorliyncîius  crenistria  Philipps).  Il  est  pratiquement  impos- 
sible de  tracer  des  contours  dans  un  tel  complexe  bréchoïde,  dont  l'épais- 


(•)  Comptes  rendus,  t.  173.  1921.  p.  18-4. 


46.  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

seur  atteint  plusieurs  centaines  de  mètres  entre  Suhescun  et  Iholdy,  et  dont 
létude  détaillée  demandera  de  plus  amples  développements.  Les  brèches 
tectoniques  sont  très  nettes  autour  de  Jaxu  ;  cette  considération,  jointe  à 
l'arg'ument  de  la  forme  des  contours,  permet  de  conclure  que  les  collines 
383'"  et  368™  sont  constituées  par  des  écailles  superposées,  où  l'on  observe,  sur 
un  substratum  triasique  d'ophite,  des  lambeaux  de  calcaire  crétacé  à  Orbi- 
tolines  (marqué  en  Lias  sur  la  feuille  de  Mauléon)  et  de  Flysch,  supportant 
un  complexe  de  couches  jurassiques  fossilifères  et  d'ophite  qui  couronne 
le  sommet  383. 

La  zone  rnylonitique  du  contact  du  Flysch  se  poursuit  ensuite  sans  disconti- 
nuité jusque  vers  Hèlette,  avec  des  caractères  variables  suivant  la  nature  des 
roclies  intéressées  par  le  frottement.  Sur  tout  le  parcours,  les  blocs  de 
Flysch  abondent,  accompagnés  d'un  chaos  de  morceaux  de  toute  taille 
empruntés  aux  terrains  qui  affleurent  largement  dans  le  voisinage  :  ce  sont 
surtout  des  blocs  de  grès  paléozoïques  et  triasiques  enrobés  dans  des  schistes 
carbonifères,  au  nord  du  Pic  ri'Arradoy  ;  des  biocs  de  cargneule  triasique 
arrivant  au  contact  du  Dévonien  et  du  Silurien,  au  S-SE  d'Ossès.  La  mylo 
nite  se  compose  exclusivement  d'esquilles  de  schistes  siluriens  vers  Béclari- 
déguia  (^W  d'Irissarry)  et  de  morceaux  de  gneiss  sur  la  route  d'Irissarry 
à  Hélette.  Parfois,  la  roche  complexe  que  constitue  la  mylonite  est  sans 
aucune  consistance  ;  c'est  ainsi  (|ue  dans  le  petit  ravin  au  nord  de  Ghola 
(à  4''™  au  nord  d'Uhart-Cize)  on  n'observe  qu'un  chaos  de  blocs  de  grès 
dans  une  terre  schisteuse  carbonifère  ;  on  prendrait  aisément  ce  chaos  pour 
de  l'éboulis  si  l'on  ne  remarquait  que  les  pentes  dominantes  sont  unique- 
ment couvertes  de  Flysch  ;  la  mise  en  relief  des  blocs  de  grès  provient 
de  l'érosion  particulièrement  intense  des  schistes  carbonifères  de  la 
mylonite. 

Quant  aux  lames  pincées  dans  le  contact^  elles  sont  nombreuses.  Le  petit, 
affleurement  de  calcaires  marneux  jurassiques  posé  sur  les  grès  du  Trias 
inférieur  à  l'est  du  Pic  d'Arradoy  (feuille  de  Saint-Jean-Pied-de-Port)  en 
est  une  ;  il  existe  d'ailleurs  d'autres  petites  lames  de  Jurassique  fossilifère 
un  peu  plus  à  l'Est,  vers  le  bord  de  la  feuille.  Deux  copeaux  de  schistes 
siluriens,  d'une  dizaine  de  mètres  de  long,  se  montrent  entre  le  Dévonien 
et  le  Flysch  au  sud  de  la  cote  39^  :  à  l'ouest  de  cette  cote,  plus  près  d'Ossès, 
une  bande  de  cargneule  triasique  se  suit  sur  5oo"'  de  long  entre  Silurien 
et  Flysch.  A  l'est  d'Ossès,  on  observe  un  mince  copeau  de  Flysch  dans 
les  argiles  du  Trias.  A  l'ouest  et  au  nord-ouest  dTrissarry,  une  bande 
d'ophite,  dont  l'épaisseur  très  variable  peut  atteindre  par  endroit  200*^,  se 


SÉANCE  DU  3  JANVIER  I922.  ^17 

suit  sur  plus  de  s""'"  entre  Silurien  et  Flyscli.  Knfin,  l'ophile  arrive  encore 
au  contact  du  Flysch  un  peu  plus  au  Nord,  vers  Lucaindéguia,  mais 
elle  y  affleure  dans  une  importante  fenêtre  triasiqw  s' ouvrant  dans  les  schistes 
siluriens^  et  sur  laquelle  j'aurai  l'occasion  de  revenir. 

Ainsi,  de  nombreuses  lames  étirées  de  terrains  secondaires  et  primaires 
jalonnent  le  contact  du  Flysch  nord-pyrénéen  dans  la  région  qui  s'étend  au 
nord  de  Saint-Jean-Pied-de-Porl,  et  elles  sont  accompagnées  de  puissantes 
formations  mylonitiques,  qui  avaient  été  attribuées  auparavant  à  des  conglo- 
mérats côtiers  du  Génomanien  ou  à  des  bi  èches  éruptives  en  connexion  avec 
les  ophites.  Mais  l'ampleur  de  ces  formations  et  leurs  relations  structurales 
très  nettes  avec  les  lames  de  terrains  variés  qu'elles  enrobent  ne  laissent 
aucun  doute  sur  leur  nature  :  ce  sont  des  brèches  tectoniques . 

Le  caractère  anormal  du  contact  du  Flysch  nord-pyrénéen  est  donc  aussi 
apparent  sur  la  feuille  de  Saint- Jean-Pied-dr -Port  que  sur  celle  de  Mauléon.  La 
grande  variation  du  pendage  de  la  surface  du  contact  le  long  de  sa  ligne 
d'affleurement  montre  que  cette  surface  est  elle-même  plissée.  Quant  à  l;i 
situation  tectonique  du  Flysch  par  rapport  aux  autres  unités  structurales 
des  Pvrénées  occidentales,  elle  ne  pourra  èli-e  précisée  qu'après  une  analyse 
détaillée  de  ces  unités,  que  je  me  propose  de  faire. 


GÉOLOGIE.  —  V Atlantis  et  la  Régression  quaternaire. 
Note  de  M.  Ph.  IVégris,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Glace  au  précieuv  Ouvrage  de  M.  E.-A.  Marte^'),  j'ai  pris  connais>ance 
lie  la  forme  du  lit  sous-marin  de  THudson  River.  \\  se  présente  à  la  profon- 
deur de  2000"*  avec  un  canon  dont  les  murs  encaissants  ont  plus  de  1100°' 
de  hauteur  :  au  delà  il  reroit  des  affluents  et  est  encore  reconuaissable  à 
2700°^  environ.  Ces  détails  semblent  incompatibles  avec  l'hypothèse  de 
Suess  d'un  sillon  formé  des  déjections  du  fleuve,  et  l'idée  d'un  aiTaissement 
s'impose.  Si  l'on  rapproche  cette  submersion  de  celle  aussi  importante  des 
vallées  qui  font  face  à  l'Hndson  River  en  Europe,  il  est  difficile  d'échapper 
à  la  conclusion  que  l'on  se  trouve  en  présence  du  phénomène  grandiose  de 
la  submersion  de  l'Atlantis,  si  éloquemment  représentée  par"  M.  Pierre 
Termier  et  telle  que  je  l'ai  exposée  moi-même  ailleurs  (-  ). 

Cette  confirmation  de  la  submersion  de  1'  \tlantis  conduit  à  la  confirma- 


(  ')  Nouveau  Traité  des  Eaux  souterraines,  p.  595. 
(  -  )  La  Régression  quaternaire,  Chap.  XI. 


48  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

lion  aussi  dr  la  Régression  quaternaire^  qui  forme  le  sujet  du  travail  précité. 
En  effet  ramplitudf  de  l'affaissement,  ayant  été  de  plusieurs  milliprs  de 
mètres,  sous  la  mer,  sur  une  vaste  étendue  de  l'Océan  \tianlique,  n  a  pu 
que  produire  un  abaissement  considérable  du  niveau  marin,  abaissement 
dont  nous  donne  une  idé<'  l'île  de  Siphnos,  en  Grèce.  Les  cavités  de  litho- 
phages,  dans  c<'tte  île,  peuveut  être  suivies  sur  700™  de  hauteur,  depuis  le 
sommet  de  Tîle  jusqu'au  niveau  actuel  de  la  mer,  ce  qui  nous  donne,  comme 
minimum  d'amplitude  de  la  Régression,  700™,  sans  compter  la  quantité  dont 
elle  a  dépassé  le  niveau  de  la  mer.  Les  niveaux  élevés  de  la  mer,  à  l'origine 
de  la  Régression  quaternaire,  sont,  d'autre  part,  une  preuve  de  là  surrection 
de  l'écorce  à  cette  époque,  comme  nous  l'avons  exposé  ailleurs  ('). 

Comme  point  de  repère  de  Torigine  de  la  Régression,  nous  devons 
considérer  l'invasion  des  immigrés  du  Nord  dans  la  Méditerranée,  à  la  suite 
des  dislocations  de  TAtlantis.  Un  autre  point  de  repère  de  ces  phénomènes 
nous  est  donné  par  la  formation  du  Gulf-Slream,  qui,  d'autre  part,  coïnci- 
derait avec  le  recul  définitif  des  glaces  :  on  ne  saurait  rejeter  lépoque  de  ce 
recul  au  delà  de  loooo  ans'  (-).  La  mer  se  trouvait  encore  à  ce  moment  à 
un  niveau  supérieur  à  iqS'",  comme  le  prouvent  les  débris  de  bois  accu- 
mulés en  Islande,  sous  le  nom  de  Surlurbrand^  débris  qui  proviendraient  du 
golfe  du  Mexique.  Les  affaissements  se  sont  donc  continués  encore  depuis 
cette  époque,  aussi  bien  dans. l'iJcéan  Atlantique  que  dans  la  Méditerranée, 
particulièrement  autour  de  la  Grèce,  où  le  grand  effondrement  des  côtes 
ouest  du  Péloponèse  ne  paraît  pas  encore  terminé,  comme  le  prouvent  les 
tremblements  de  terre  désastreux  auxquels  ces  côtes  sont  soumises. 

Cela  explique  que  les  prêtres  de  Sais,  qui  avaient  conservé  dans  leurs 
temples  les  annales  de  8000  années,  à  l'époque  de  la  visite  de  Solon,  aient 
enregistré  les  catastrophes  terribles  de  ces  temps  peu  lointains. 

D'autre  part,  l'imagination  ardente  des  Grecs  aurait  conservé  le  souvenir 
de  ces  convulsions  de  la  terre  sous  la  forme  du  mythe  de  la  Titanomachie 
d'Hésiode,  dans  laquelle  les  rochers  s'écroulent  dans  la  lutte  avec  les  dieux 
de  l'Olympe,  les  flots  de  la  mer  sont  déchaînés,  des  vapeurs  brûlantes 
s'élèvent  jusqu'aux  cieux,  la  terre  entre  en  fusion.  Citons  encore,  comme  se 
rapportant  aux  mêmes  phénomènes,  la  fable  d'Egine,  lille  du  fleuve  Asopus, 
enlevée  à  son  père  par  Jupiter,  et  celle  de  [Sisyphe,  condamné  par  Jupiter 
à  porter  un  bloc  de  rocher  au  haut  d'une  colline,  sans  pouvoir  l'y  établir/ 
parce  qu'il  croulait  à  peine  arrivé  au  sommet, 

(  1)  Loc.  cit.,  p.  66. 
(2)  Loc.  cit.,  Chap.  XI. 


SÉANCE    DU   3    JANVIER    1922.  49 


GÉOLOGIE.  —  Les  lignites  du  i  ap-Bon  (^Tunisie). 
Nole(  '  )  de  M.  A.  ALLEMAXD-MARTix,?transmise  par  M.  Charles  Depéret. 

La  présence  de  lignites  a  été  signalée  en  Tunisie  pour  la  première  fois 
par  Aubert,  dans  son  Explication  de  la  carte  géologique  provisoire  de  la 
Tunisie  (1892);  toutefois  cet  auteur,  tout  eu  leur  assignant  un  âge  Miocène, 
n'a  pas  déterminé  l'étage  auquel  ils  appartienneiil. 

M.  Berton  a  étudié,  au  point  de  vue  technique,  les  dilîérents  gisements 
signalés  par  Auberl,  en  vue  de  leur  utilisation  pendant  la  guerre;  seuls, 
ceux  du  (lap-Bon,  ont  pu  êlre  exploités,  et  l'on  sait  les  services  éminents 
qu'ils  ont  rendus,  jusqu'ici,  aux  industries  locales.  M.  Berton  les  classe 
également  dans  le  Miocène,  mais  ne  se  pionoiice  pas  sur  l'étage  où  ils  se 
trouvent  localisés. 

D'autre  part  M.  Joleaud  [Bull.  Soc.  géoL.  ^C  série,  t.  18)  suggère  qu<> 
les  lignites  de  Monastir,  comme  ceux  du  Gap  Bon,  pourraient  être  torto- 
niens,  mais  n'en  donne  pas  de  preuve  paléontologique  précise. 

Les  recherches  que  j'ai  effectuées,  au  cours  d'un  récent  voyage  dans  la 
péninsule  du  Cap-Bon,  me  permettent,  à  la  suite  de  la  découverte  de  fossiles, 
de  préciser  ce  point  intéressant. 

J'ai  relevé  plusieurs  coupes  (notamment  de  Zaouiet-Djbali  à  Menzel 
Heurr,  passant  par  l'exploitation  des  lignites  de  la  Compagnie  des 
Tramways  de  Tunis),  qui  m'ont  amené  à  établir  la  succession  des  divers 
niveaux. 

A  partir  du  massif  de  l'Abd  er  Rahmane,  constitué  par  les  grès  numi- 
diens  rouges,  on  observe,  en  discordance,  inclinés  à  environ  35"  NO-SE,  la 
série  suivante  : 

1°  Calcaires  blancs  ou  légèrement  rosés,  très  compacts,  et  grès  roses  peu  épais, 
renfermant  une  faune  abondante  de  Peclinidés,  parmi  lesquels  :  Chlomys  prœsca- 
hriusculusFonl.  var.  catalaunica:  F labelUpecten  groupe  flabelliformis  Broc;  Peclen 
convexlor  Alm.  el  Buf.  ;  Peclen  sub-Holgeri  Font.;  Ecliinolamfjas  pyguroïdes  Pom. 
C'est  une  faune  nettement  Burdigalienne  [Cartennienne). 

2°  Grès  rosés  :  environ  2"  d'épaisseur  pétris  A''Anomia  sp. 

3°  Alternance  de  marnes  verdàtres  sans  fossiles,  d'épaisseur  considérable  (et  de  grés 
blancs  jaunâtres  peu  épai>)  que  Ton  traverse  sur  une  longueur  de  près  de  4*""-  Cette 
.  série  marneuse  représente  vraisemblablement  les  marnes  cartenniennes  d'Algéne. 

4°  Couche  marneuse,  verdàtre,  renfermant  quelques  exemplaires  d'O^/ré-a  c/a^5«- 


(*)  Séance  du  27  décembre  1921. 

C.  R.,  192a,  t"  Semestre.  (T.  17 i,  N«  1.) 


^O  ACADEMIE   DES   SCIENCES. 

sima  Lmk.  de  taille  moyenne,  et  d'O.  gingensis,  nnontrant  i|ue  nous  pénétrons  dans  le 
Vindobonien. 

5°  Grès  blancs  à  grains  fins,  sans  fossiles^  environ  4""  ou  "^"^  d'épaisseur. 

0°  Argiles  marneuses,  jaunâtres,  renfermant  un  banc  très  compact  d'O.  crassissima 
de  grande  taille,  correspondant  à  rilelvéïien. 

7°  Banc  de  grès,  jaune  clair,  sans  fossiles,  à  grains  lins,  formant  le  subsli aluni  de 
la  formation  lignileuse  et  inclinés  à  28°  NO-SE, 

8°  Formation  ligniteuse,  débutant,  au  contact,  par  un  mince  lit  de  marnes  gyp^i- 
fères,  sur  laquelle  repose  la  couche  de  lignites  dont  l'épaisseur,  mince  à  l'affleurement, 
atteint  en  profondeur  près  de  <>"',8o  au  maximum,  recouverte  par  un  nouveau  lit  très 
mince  de  marnes  contenant  des  cristaux  de  gypse;  cette  formation  ligniteuse  peut  être 
suivie  sous  ces  mêmes  grès,  sur  une  longueur  de  plus  de  20'*"'  en  direction. 

9°  Grès  blancs-jaunâtres,  à  grains  fins,  sans  fossiles,  de  3™  à  4™  d'épaisseur. 

io**  Argile  jaune  clair,  à  petits  nodules  ferrugineux  (i™  à  i™,r)0). 

11°  Marnes  verdàtres  où  l'on  rencontre  en  abondance  Turrilella  fimhriata  Miche- 
lotti,  mêlée  à  Cerithium  lignitarum  Eicliwald,  cependant  plus  rare.  Ces  deu\ 
espèces  caractéristiques  sont  toujours  accompagnées  de  nombreux  Cardium  edule  de 
petite  taille,  cVAfca  et  autres  fossiles  très  mal  conservés.  D'une  fa«"on  sporadique,  on 
y  trouve  égaleuienl  Oslrea  Jimbriata. 

12°  Nouvelle  alternance  de  marnes  verdàtres  très  épaisses,  analogues  aux  précé- 
dentes (puissance,  une  soixantaine  de  mètres),  et  de  grès  à  grains  fins  (épaisseur  2™ 
environ),  le  tout  sans  fossiles. 

i3°  Ces  couches  sont  finalement  recou\ertes  en  discordance  par  le  Pliocène  marin, 
formé,  ici,  de  marnes  épaisses  à  O.  ]  irleti  Desh.  et  O.  digitatina  Dul).,  assez  rares 
d'ailleurs,  surmontées  elles-mêmes  par  les  dépôts  des  plages  (|uaternaires  à  Strombes. 

En  résumé,  il  résulte  des  observations  précédentes  que  les  lignites  du 
Cap  Bon  sont  compris  entie  le  niveau  à  T.  Jimbriata.  C.  lignitarum  et  celui 
à  0.  crassissima:  comme  ils  sont  plus  rapprochés  de  l'étage  tortonien  que 
de  fétage  helvétien,  ils  peuvent  être  considérés  comme  appartenant  à  l'âge 
tortonien. 


GÉOLOGIE.  —  Sur  la  présence  de  calcaires  à  Ahéolines  d'âge  probablement 
auversien  à  la  hase  du  Nummuli tique  du  plateau  d' Arâchc  (  Massif  de  Plati, 
Haute-Savoie).  Note  (')  de  M.  Léon  x^Ioret,  transmise  par  M.  Kilian. 

La  haute  plaine  rocheuse  qui  forme  la  rive  droite  de  TArve  au  niveau  de 
Magland,  montre  une  série  de  barres  régulièrement  étagées.  L'élude  de  la 
tectonique  de  celle  difficile  région  a  montré  à  M.  Ritter  qu'il  s'agissait  en 
ce  point  de  la  couverture  ciélacée  et  tertiaire  des  deux  plis  couchés  supé- 

(')  Séance  du  27  décembre  1921. 


SÉANCE    DU    3    JANVIER    I922.  5l 

rieurs  du  Vlonl  Joly  qui  forment  le  socle  de  Plate  et  dont  les  noyaux  se 
montrent  très  nettement  dans  le  Malm  contourné  de  la  cascade  d'Arpenaz. 
Cette  couverture  épouse  à  distance  les  deux  anticlinaux  d'Arpenaz  en  se 
couchant  vers  le  Nord,  elle  donne  alors  successivement  le  pli-faille  de  la 
Colonn;iz  (anticlinal  sup"")  et  le  pli-faille  de  Maglaud  (anticlinal  inf""), 
lequel  offre  des  complications  tectoniques  singulières  et  un  grand  intérêt 
stratigraphique.  Le  Crétacé  et  le  Tertiaire  s'y  reploient  en  boucles  syncli- 
nales  allongées,  à  concavité  tournée  vers  le  Nord  et,  la  jtlupart  du  temps, 
ce  dernier  terrain  n'y  est  représenté  que  par  des  lames  ou  «  coins  »  inclus 
dans  le  centre  des  synclinaux.  Si,  parlant  du  bas  de  la  vallée,  on  gravit  la 
falaise,  on  note  de  bas  en  haut  : 

I**  Sénooien  1res  épais  (tlanc  sud  renversé  du  synclinal  de  Balancy)  en  talus; 

2°  Barre  urgonienne  des  grottes  de  Balrae  (noyau  anticlinal  )  ; 

3"  Calcaires  et  calcschiste  du  Sénonien  en  talus;  grande  épaisseur  due  à  des 
reploiemenls; 

4"  Petit  banc  de  calcaire  gréseux  noir,  glauconieux;  quelques  centimètres; 

5"  Conglomérat  très  broyé,  quelques  centimètres; 

6°  Barre  de  calcaire  brun,  compact,  spalhique,  dans  laquelle  j'ai  trouvé  une  faune 
de  iNummulites  de  taille  moyenne  associées  à  de  nombreuses  Alvéolines  très  bien 
conservées,  iS"*  à  20™; 

-°  Schistes  à  patine  soufre  et  à  cassure  sublithographique  (Sénonien  ): 

8°  Couches  conglomératiquo  liées  par  un  ciment  analogue  au  n'^  7.  Cailloux  divers; 

9°  Couches  siliceuses,  dures,  à  traînées  de  silex  en  relief,  intercalalions  de  schistes 
à  patine  soufre,  azoïques.  Dans  les  bancs  durs  :  Bithynia,  Hydrobia,  Cypris,  dans  les 
traînées  siliceuses,  sections  de  tiges  de  Chnra  : 

10°  Couches  schisteuses  (Priabonien,  Fivsch); 

1 1°  Grès  de  Taveyannaz  moucheté  en  se  dirigeant  vers  l'Est. 

-  Toutes  ces  couches  sont  inclinées  de  23°  N.-E.  approximativement.  Au 
Sud  (').  le  pli-faille  de  Magland  sépare  cette  série  d'une  autre  supérieure 
(Hi  l'on  trouve  :  Ganlt,  Sénonien,  conglomérat  nummulilique  épais,  hima- 
chelle  à  débris  d'inocerames  avec  intercalalions  de  petits  lits  de  poudingue, 
calcaires  à  Nummuliles  et  Orlhophragmines  de  Serveray,  Flysch. 

Le  fait  important,  nouveau  et  à  retenir  de  ce  qui  précède,  cest  C existence 
de  calcaires  à  Ahéolines  superposés  auSénonien.  Ce  banc,  marqué  sur  la  carte 
géologique  au  y~  en  Li^gonien,  occupe  le  centre  synclinal  sénonien  à  con- 
cavité septentiùonale,  qui  correspond  à  la  boucle  inférieure  du  pli-faille  de 
Magland. 


(')   \  .-L.  MoRET,  Comptes  renduf;.  t.  I7t,  1920,  p.  1216. 


52  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

La  présence  d"une  faune  de  Nummuliles  à  piliers,  de  taille  assez  grande 
(N. perforants^  N.  Brongniarti?)  associées k  de  grandes  Alvéolines  (.4.  elon- 
gata  d'Orb.)  caracléristique  de  FEocène  moyen,  la  position  stratigraphique 
de  ce  calcaire  à  la  base  du  Numinulitique,  dont  je  me  propose  de  rechercher 
l'extension  dans  tout  le  massif,  militent  en  faveur  de  son  tittribiUioji  à  V Au- 
versien  (');  Douxami  avait  d'ailleurs  compris  dans  cet  étage  les  poudingiies 
de  base  particulièrement  épais  dans  la  région  méridionale  de  Plate  en  remar- 
quant leur  ressemblance  avec  les  conglomérats  el  calcaires  à  N.  per forains 
auversiens  des  Bauges.  Boussacparla  suhe  (Stratigraphie  du  Nuinmuiilique 
Alpin  191 2)  fit  de  tout  ce  Nummulitique(à  part  leFlysch,  bien  entendu) du 
Priabonien  dont  les  faunes  caractéristiques  se  trouvent  cependant  bien  au- 
dessus  des  poudingiies  et  dans  les  calcaires  schisteux  noirâtres.  Cette  opinion 
esl  généralement  admise  par  les  géologues  alpins.  Kemarquons  que  le  seul 
gisement  à  Alvéolines  {A.  elongata)  connu  jusqu'à  présent  dans  le  Nummu- 
lilique  alpin,  se  rencontre  non  loin  de  là,  dans  le  synclinal  Chatelard-Knlre- 
vei-nes  (Hauges);  les  Alvéolines  y  sont  associées  à  N.  ferforatus,  Ortho- 
phragmina  disons  dans  des  couches  d'âge  \uversien  (IJoussac.  loc.  cit., 
p.277(^). 

Cependant  Boussac  lui-même  signale  dans  les  conglomérats  nummuli- 
tiques  dAlldorf  en  Suisse,  près  du  lac  des  Quatre  Cantons,  un  galet  de  cal- 
caire à  grandes  Nummulites  et  Alvéolines  qu'il  a  figuré  et  dont  le  faciès  est 
tout  à  fait  identique  à  celui  de  nos  couches  de  Balme-Aràche  [loc.  cit.,  p.  872 
et  planche).  De  la  présence,  dans  ce  conglomérat,  d'une  roche  complètement 
étrangère  à  l'Helvétique  et  ne  pouvant .^  pour  lui.,  venir  que  du  Sud,  des  zones 
méridionales  alpines  (Dinariqiies),  Boussac  tire  de  grandes  conséquences 
sur  lesquelles  je  n'insisterai  pas.  Notons  seulement  que  le  faciès  des  couches 
de  Balme-Arâche  qui  est  absolument  le  même  que  celui  du  galet  d'Altdorf, 
n'a  rien  de  Dinarique  et  la  mer  qui  a  déposé  ces  conglomérats  n'a  pu  l'e 
chercher  très  loin;  il  est  en  effet  infiniment  probable  que  les  calcaires  à 


(')  Faune  complètement  différente  de  celles  des  petites  ^lummulites  du  Priabonien 
de  la  région,  elles  sont  malheureusement  très  empâtées  dans  la  roche. 
'  (^)  A  part  celle  localité  des  Bauges,  les  affleurements  de  calcaires  a  Alvéolines  les 
plus  septentrionaux  sont,  d'après  Boussac,  ceux,  de  Guttaring  dans  la  nappe  de  Bavière. 
Giimbel  a  indiqué  Àheolina  oblonga  dans  le  Lutétien  ferrugineux  du  Kressenberg  et 
du  Traunihal  en  Bavière,  mais  le  lieu  d'origine  de  ces  sédimer)ls,  peut-être  préalpins, 
est  à  rechercher  plus  au  Sud.  En  dehors  du  domaine  de  la  Mésogée  nummulitique, 
Alveoliaa  elongata  se  retrouve  dans  l'Auversien  du  bois  Gouet  et  jusque  dans  le 
Humpsliire;  nulle  part  elle  atteint  le  Bartonien. 


SÉANCE   DU   3    JANVIER    1922.  53 

Alvéolines  de  Balmese  retrouveront  un  jour  en  place  dans  cette  zone  de 
l'autocluone  suisse  qui  est  la  prolongation  directe  de  celle  de  Plate. 

La  découverte  de  couches  à  Alvéolines  à  rMatémo^///?f?  donc  notablement  ce 
que  nous  savions  depuis  les  beaux  travaux:  de  Boussac  sur  les  contours  de  la 
mer  Auversienne  qui  devait  par  conséquent  faire  une  large  avancée  dans 
ces  régions  entre  Pelvoux  et  Mont  Blanc. 

Enfin,  la  présence  d' Alvéolines  au  voisinage  de  couches  saumâtres  à 
Rydrohia,  Bithynia^  Cypris^  est  bien  en  accord  avec  ce  que  nous  avons 
a()pris  sur  le  mode  de  vie  de  Tunique  espèce  actuelle  (^A.  Melo  d'Orb.)  qui 
se  rencontre  dans  les  zon^s  littorales  des  mers  chaudes,  peu  profondes(5o™) 
et  sur  des  fonds  coralligènes  et  agités.  Ces  grands  Foraminifères,  certaine- 
ment les  plus  littoraux  de  tous  ceux  utilisés  en  stratigraphie,  nous  enseignent 
donc  que  nous  sommes  ici  en  un  point  qui  correspond  au  maximum  atteint 
vers  le  Nord-Ouest  par  la  transgression  auversienne. 


GÉOGRAPHIE  PHYSIQUE.  —  Les  captures  de  l'Oum  er  Rehia  et  V hydrographe! 
générale  du  Moyen-Atlas  marocain.  Note  (  '  )  de  M.  J.  Savor.mx,  transmise 
par  M.  Ch.  Depéret. 

L'Oum  er  Piebia  est  le  plus  puissant  des  fleuves  atlantiques  au  Maroc. 
Il  est  abondamment  alimenté  par  les  quarante  sources  à  régime  vauclusien 
qui,  chez  les  Mrabtine,  vers  la  frontière  commune  des  Zaïan  et  des  Béni 
Mguild,  sortent,  en  grondant,  du  pied  de  l'énorme  falaise  jurassique  repo- 
sant sur  les  argiles  rouges  salifères  du  Permo-Trias. 

En  amont  de  ces  sources  (VOuïouàne,  le  cours  supérieur  se  traîne  long- 
temps à  la  surface  du  plateau  des  Béni  Mguild,  portion  du  «  Moyen-Atlas  », 
de  la  même  façon  que  l'oued  Guigou  qui,  en  direction  diamétralement 
opposée,  constitue  la  haute  vallée  du  Sebou.  fleuve  du  Pi'arb.  L'un  et 
l'autre,  sur  ce  plateau,  empruntent  par  moment  de  vieilles  vallées  où  ser- 
pentent des  coulées  basaltiques  pliocèncs. 

En  aval,  à  quelques  kilomètres  avant  Khenifra^  TOum  er  Rebia  coule  en 
torrents  dans  une  énorme  fissure  de  basalte,  qu'il  remplit  sur  une  hauteur 
de  12™,  au  dire  des  indigènes.  Le  gouffre  écumant  est  enjambé  par  le  vieux 
pont  portugais,  auprès  duquel  une  tour  en  ruine  a  donné  son  nom  au  poste 
français  voisin  (El  Bordj).  La  rivière  demeure  encaissée  dans  un  synclinal 

(')  Séance  du  2-  décemijre  1921. 


54  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

permien,  et  parfois  dans  un  flanc  mônoclinal,  jusqu'à  Kasba-Tadla  où 
TEogène  lui  constitue  une  vallée  tectonique.  Elle  s'étale  ensuite  dans 
l'immense  plaine  de  son  bassin  moyen,  où  l'Abid  et  la  Tessaout,  descen- 
dant du  Grand  Atlas,  viennent  grossir  un  débit  déjà  considérable  alimenté 
par  la  forte  pluviométrie  des  «  Causses  »  moycn-atlasiques. 

Ce  bassin  du  moyen  Oum  er  Rebia,  comme  je  l'ai  [fait  observer  ici 
même  (*),  n'est  qu'une  large  cuvette  crétacée-éocène  au  pays  des  phosphates. 
Il  n'est  pas  impossible  que  cela  ait  été  momentanément  un  bassin  fermé, 
dont  la  «  Bahira  »,  au  nord  des  Djebilet,  serait  la  délaisse  ultime.  Mais  de 
bonne  heure  il  a  du  se  déverser  dans  l'Océan,  par  les  interminables  gorges 
de  Mechra  hen  Abhou-Boii  Laouan,  où  on  le  voit  profondément  encaissé 
jusqu'à  son  embouchure  à  la  pointe  nord  du  pays  Doukkala. 

L'importance  de  ce  fleuve  l'a  fait  choisir  pour  la  première  installation 
d'usine  hydro-électrique,  que  l'on  va  créer  à  S'  Saïd  Mâchou,  en  perçant 
par  un  tunnel  un  étranglement  séparant  deux  méandres.  Une  chute  de  t^'" 
permettra  d'obtenir  environ  8000  kilowatts-heure.  Ce  sera  le  modeste 
début  de  réalisation  d'un  grand  programme  déjà  étudié. 

L'Oum  er  Rebia  inférieur  a  donc  probablement  accaparé  à  son  profit  les 
eaux  du  bassin  moyen,  dont  la  destiné».'  semblait  autre.  Il  a  aussi  capturé  la 
Tessaout,  et  tout  le  bassin  de  Demnat,  dont  il  a  décapité  le  Tensift,  fleuve 
de  Marrakech,  qui  en  était  le  drain  naturel  comme  le  montre  la  topographie. 

J'ai  eu  l'occasion  d'observer,  très  en  amont,  un  phénomène  h\drogra- 
phique  du  même  ordre,  qu'il  était  impossible  de  soupçonner  en  l'état 
d'imperfection  des  cartes.  A  Taka  Ichiaiie  j'ai  trouvé,  en  corniche  sur  une 
liante  berge  schisteuse,  à  i5o™  au-dessus  du  lit  actuel,  des  alluvions  fluvia- 
tiles  dont  les  g.dets,  souvent  plats  et  volumineux,  ont  ser\i  de  pierres  à 
bâtir  pour  le  poste. 

Leur  présence  à  cel  te  altitude  relative,  alors  que  le-  fleuve  n'a  pas  laissé 
de  terrasses  dans  sa  profonde  et  étroite  vallée,  ne  s'explique  qu'en  les  attri- 
buant à  un  cours  d'eau  venant  de  BeLrit.  chez  les  Béni  Mguild,  el  coulant  à 
la  surface  du  plateau  avant  le  travail  des  eaux  vauclusiennes  d'Ouïouane. 
La  nature  de  certains  éléments  (calcaires  jurassiquesetcrétacés,  calcédoines, 
éocènes,  basaltes)  provenant  incontestablement  du  «  Moyen-Atlas  »  est  d'ail- 
leurs révélatrice  à  cet  égard. 

Ces  alluvions,  reposant  sur  les  schistes  paléozoïques,  sont  assez  aquifères 
pour  alimenter  le  poste  en  eau  potable. 


(/)   Comptes  rendus,  l.  172,  1931,  p.  ■i-?.<^. 


SIÎANCE    DU    3    JANVIER    1922.  55 

V  partir  de  ce  point  s'étale  vers  le  Nord  au  delà  de  Mriri,  une  belle  plaine 
qui  serait  une  anomalie  jî^éographique  si  l'on  n\  reconnaissait  une  «  vallée 
morte  »  d'un  important  cours  d'eau.  Sa  rég;ularité  l'a  fait  choisir  pour  l'éta- 
blissement d'un  ^rand  port  aérien  (juin  192 1).  Un  simple  ruisseau  serpente 
aujourd'hui  à  sa  surface,  à  la  saison  pluvieuse;  mais  cle  belles  prairies  natu- 
relles lui  fonlun  vaste  tapis  de  verdure. 

La  plaine  de  Mrirt  a  un  débouché  au  Nord  (a  i Soc'"  ouest  de  Kasba 
Titahouïne)  dénommé  :  foîim  Aguennour.  Or  l'oued  A^^uennour.  ainsi  que 
l'a  reconnu  au  piiutemps  dernier  M.  le  capitaine  Guillaume  du  Service  des 
renseignements,  commence  à  ce  défilé.  Les  cartes  lopograpliiques  figurent 
wn  oued  Berriakh^  de  direction  WE,  qui  conduirait  à  l'oued  Behl  les  eaux 
du  Tirzat,  venant  de  Foum  Aguennour.  Mais  c'esl  bien  l'oued  Aguennour 
(ou  haut  Bou-Regreg)  qui.  sous  les  noms  d'oued  Vouam,  oued  Tirzat. 
oued  Messouor.  coule  en  zigzags  de  direction  moyenne  SE-NW. 

La  plaine  de  Mrirt  n'est  qu'un  premier  épanouissement  lacustre  de  la 
haute  vallée  morte  du  liou  Regrcg.  Il  en  existe  d'autres  dans  la  vallée 
encore  vivante  :  plaines  d'Aouam.  de  Messouor  (Mechouar  sur  les  cartes  ). 
de  Guerlila  ('),  séparées  par  des  d(-filés  i-appelant  le  foum  Aguennour. 

Il  faut  donc  reporter  à  près  de  So"^™.  en  amont  du  point  où  on  la  suppo- 
sait, la  tête  de  vallée  originelle  du  Bou-Regreg-Aguennour.  Les  eaux  du 
plateau  des  Beni-Mguild,  circulant  autour  de  Bekrit.  allaient  à  Rabat 
avant  la  capture  eiïectuée  sous  Taka  Ichiane  par  l'Ouiri  er  Rebia.  Cette 
décapitation  a  fait  perdre  au  Bon  Regreg  plus  de  40''"^  de  son  cours  supé- 
rieur. 

Ces  observations  appellent  encore  des  remarques  sur  l'hydrographie 
primitive,  véritablement  schématique,  de  l'immense  plan  incliné  calcaire 
du  «  Moyen-Atlas  »  et  de  la  pénéplaine  schisto-cristalline  des  Zaïan, 
aujourd'hui  méconnaissable  sous  les  profondes  érosions  qui  la  découpent, 
mais  où  la  plupart  des  directions  de  rivières  sont  visiblement  surimposées 
par  une  topographie  originelle  fort  simple.  Il  serait  trop  long  de  développer 
ici  le  détail  de  ces  remarques,  qu'il  nous  suffit  d'énoncer.  .. 


(')  Qu'il  faut  déplacer  de  S"^"'  à  l'ouest. 


56  'ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


PHYSIOLOGIE  VÉGÉTALE.  —  Étude  des  plantes  salées^  pendant  la  période  où 
se  produisent  des  anomalies.  Note  de  M.  Tierre  Le -âge,  présentée  par 
M.  Gaston  Bonnier. 

Dans  une  précédente  Note(^  )  j'ai  indiqué  que  mps  arrosages  du  Lepi- 
dium  sativum  devaient  être  fa  ts  avec  des  solutions  de  chlorure  de  sodium  à 
coacentrations  comprises  entre  les  valeurs  C,  et  C^  :  C,  correspondant  à 
une  concentration  inférieure,  début  de  Faction  modificatrice  sud  les  plantes, 
seuil  de  l'excitation  utile;  <  ;„  correspondant  à  une  concentration  plus 
grande,  au-dessous  de  laquelle  la  plante  vit  et  donne  des  graines  capables 
de  germer  convenablement,  et  au-dessus  de  laquelle  la  plante  |  eut  encore 
vivre,  mais  ne  donne  plus  de  graines  ou  en  donne  qui  sont  mal  conformées 
et  incapables  de  bien  germer.  Je  ne  connais  pas  encore  d'une  façon  précise 
ces  limites;  mais,  dans  les  diverses  cultures  que  j'ai  faites  jusqu'à  présent, 
jesjis  resté  entre  ces  valeurs,  puisque  j'ai  obtenu  des  modifications  dans 
les  plantes  et  des  graines  germant  suffisamment  bien  et  provenant  de  ces 
plantes.  Toutefois,  en  1919,  j'ai  craint  d'avoir  dépassé  C,„  eu  emplosanl 
l'une  des  concentrations  à  i4  pour  100  de  NaCl,  ce  qui  a  eu  pour  résultat, 
cette  année-là.  une  production  de  plantes  à  très  petit  nombre  de  graines 
convenables  et  ne  germant  qu'en  faible  proportion.  En  conséquence,  j'ai 
cru  devoir  diminuer,  eu  1920  et  en  192 1,  le  maximum  de  mes  concentra- 
tions, mais  je  vais  essa\er  à  nouveau,  en  1922,  lasolutiimà  i4  pour  1000  en 
modifiant  un  peu  mon  procédé  d'arrosage,  pour  chercher  à  me  rapprocher 
le  plus  près  possible  de  la  valeur  C„,,  sans  la  dépasser,  afin  d'avoir  le 
maximum  d'action  utile  sur  les  graines. 

Au  point  de  vue  de  l'action  de  ces  arrosages  salés,  on  serait  tenté  de  rap- 
porter les  différences  entre  les  plantes  témoins  et  les  planles  salées,  à  des 
différences  dans  l'absorption  de  l'eau  comme  conséquence  du  jeu  inégal  de 
l'osmose.  On  serait  d'autan  I  mieux  tenté  de  le  faire  que  les  cultures  en  plein 
air,  pleine  terre,  ont  présenté  entre  elles,  en  1921,  année  de  grande  séche- 
resse, des  différences  comparables,  dans  une  certaine  mesure,  à  celles  qui 
se  manifestent  entre  les  plantes  cultivées  en  pots,  sous  châssis,  salées  el  non 
salées,  en  ce  qui  concerne  la  taille,  le  nombre  relatif  des  grosses  graines, 
leur  poids  et  même  la  forme  plus  ou  moins  dodue. 

Cj  PiERRK  Lesage,  Ptonles  salées  et  période  des  anomalies  (Comptes  rendus, 
l.  172,  1921,  p.  82  ). 


SÉANCE   DU    3    JANVIER    I922.  67 

Cependant  il  peut,  il  doit  y  avoir  une  autre  action,  parce  que  le  NaCl 
n'intervient  pas  que  dans  l'absorption,  il  doit  intervenir  à  l'inlérieur  de  la 
plante  puisqu'il  y  pénètre.  En  effet,  les  auteurs  signalent  ce  fait  enlriême 
temps  que  des  variations  de  quantité  suivant  le  milieu  ;  de  mon  côté,  en  con- 
sultant mes  notes,  je  vois  que  desdosagesdu  chlore  dansles  grainesde  igiS 
ont  donné  :  pour  les  témoins,  des  traces;  pour  les  plantes  an  osées  à  l'eau 
ialée,  4i7  pour  ïoo  du  poids  sec.  Les  sommités  débarrassées  des  fruits  ont 
encore  donné  :  pour  les  témoins,  0.17  pour  100  et,  pour  les  plantes  salées, 
13.07  pour  100  du  poids  sec.  Enfin  les  dosages  dés  sommités  de  plantes 
de  1920  ont  fourni  les  proportions  suivantes  pour  cent  de  la  matière 
sèche  (')  : 

F.HirlOOdeK.     Pour  100  de  .\a. 

^,  .       (  a  l'eau  de  source i  ,  10  o,5o 

Plantes    arrosées  <   .                              1     ^    ,n,  r.  ,    o 

I  d  }•?.  pour  1000  de   \a(^l 1  .90  4;  jo 

Il  ressort  de  lexamen  de  ces  derniers  nombres  que  les  plantes  arrosées  à 
12  pour  1000  de  \aCl  absorbent  8  fois  plus  de  sodium  que  les  témoins.  11 
est  encore  intéressant  de  faire  remarquer  que  la  présence  du  NaCl  dans  les 
arrosages  paraît  avoir  pour  résultat  l'entraînement  dans  la  plante  dune  plus 
forte  proportion  de  potassium.  Quoi  qu'il  en  soit,  la  pénétration  du  sel  dans 
les  plantes  doit  avoir  des  conséquences  qui  sont  loin  d'être  établies. 

Dans  la  Campagne  de  1921,  j'ai  retrouvé  des  différences  déjà  signalées 
entre  les  plantes  salées  et  les  plantes  témoins,  dans  le  cycle  évolutif  et  la 
taille  de  ces  plantes,  dans  le  nombre  relatif  des  grosses  graines  et  leur  poids, 
et  dans  la  forme  plus  ou  moins  dodue  de  ces  graines.  En  ce  qui  concerne  ce 
dernier  caractère^  voici  de  nouvelles  données  sur  les  rapports  des  dimen- 
sions, longueui'  (L).  largeur  (/),  épaisseur  (e)  dans  des  cas  typiques  : 

,         \  à  l'eau  de  source i  .~o  i  ,66 

rlaïUe'^  arrosées  ,  1     xt    /^,  -o 

I   a  r  2  pour  1000  de  ;\a  IjI i  .  jo  r  .  16 

Ces  données  montrent  bien  que  les  graines  des  plantes  salées  sont  plus 
arrondies,  plus  dodues  que  celles  des  plantes  témoins.  11  n'est  pas  sans 
intérêt  de  «lire  que  celle  forme  dodue  s'est  encore  manifestée,  mais  atténu<''e 
dans  la  première  génération  arrosée  à  l'eau  de  source  des  descendants  des 
plantes  salées. 

(')  Tous  ces  dosages  ont  été  faits  avec  grand  soin  par  M.  Artus,  chef  des  travaux  de 
Chimie  et  sou--directeur  du  Laboratoire  agricole  de  la  Faculté  des  Sciences  de  Rennes, 


58  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

En  1920.  j'avais  trouvé  des  fruits  anormaux  à  trois  loges  en  assez  grand 
nombre  et  quelques  fruits  à  quatre  loges,  en  grande  majorité  sur  les  pieds 
salés;  en  T921 ,  j'ai  retrouvé  ces  fruits  anormaux  dans  mes  cultures  :  65  sur 
265  pieds  arrosés  à  Teau  sal<''e  et  1  seulement  sur  90  pieds  témoins  arrosés  à 
leau  de  source.  Dans  les  cultures  témoins,  mais  en  plein  air,  pleine  terre, 
et  qui  ont  eu  à  soulTrir  de  la  sécheresse  de  cette  année,  qui  mont  donné  des 
graines  un  peu  dodues  mais  cependant  moins  que  celles  des  cultures  salées 
à  12  pour  1000,  je  n'ai  trouvé  que  7  fruits  anormaux  sur  G85  pieds.  Je 
pense  qu'il  y  a  lieu  de  faire  ce  rapprochement  parce  qu'il  sera  invoqué  plus 
tard  pour  interpréter  le  rôle  des  solutions  de  NaCl  au  point  de  vue  osmo- 
tique  dans  l'absorption  de  l'eau  et  pour  montrer  que  ces  solutions  ne  bornent 
paslàleuj'  action,  puisque,  comme  nous  l'avons  déjà  vu,  le  NaCl  est  absorbé, 
et  parce  que,  comme  nous  venons  de  le  voir,  la  forte  sécheresse  elle-même 
ne  provoque  pas  des  modifications  aussi  marquées  que  la  salure. 

Les  graines  des  fruits  anormaux  de  1920,  semées  dans  trois  cultures 
séparées,  ont  donné  des  résultats  qu'il  faut  mentionner.  Celles  des  fruits 
à  3  carpelles  ont  fourni  deux  cultures,  l'une  arrosée  à  la  solution  contenant 
12  pour  1000  de  NaCl.  l'autre  arrosée  à  l'eau  de  source;  la  première 
culture  a  donné  10  fruits  anormaux  sur  i  i  pieds;  la  seconde,  i  seul  sur 
22  pieds.  La  troisième  culture,  arrosée  à  l'eau  de  source,  présentait  1 1  pieds 
provenant  des  graines  retirées  des  fruits  à  4  carpelles;  ici,  je  n'ai  pas  trouvé 
un  seul  fruit  anormal.  Ces  faits  sont  intéressants  parce  qu'ils  montrent  que 
nous  sommes  loin  d'être  en  présence  d'une  mutation  ;  mais  nous  y  trouvons 
une  modification  s'établissant  d'une  manière  désordonnée  sous  des  influences 
parmi  lesquelles  celle  de  la  salure  doit  être  considérée.  Attendons  une 
deuxième  génération  pour  voir  si  nous  n'y  trouverons  pas  des  résultats 
favorables  à  la  conception  de  ce  que  Cuénot  appelle  «  un  facteur  mendélien 
récessif  »  (  '  ). 


PHYSIOLOGIE  VÉGÉ'J'ALE.  —  La  recherche  des, pseudo-hases  d anthocyanidines 
dans  les  tissus  végétaux.  Note  de  M.  Raoul  Combes,  présentée  par 
M.  Gaston  Bonnier. 

Willstàtter  et  ses  élèves  ont  établi  une  technique  permettant  de  séparer, 
dans  un  mélange,  les  anthocyanidines  de  leurs  glucosides  les  anthocyanines  : 

(')  L.  GuÉ\OT,    L'hérédité  des  caractères   acquis  (fiei'ue  générale  des  Sciences, 
numéro  du  i5  octobre  1921,  p.  584  j. 


SÉANCE  DU  3  JANVIER  1922.  5g 

lorsqu'on  agite  avec  de  Talcool  amylique  une  solution  d'anthocyanidine  et 
d'anthocyanine  dans  l'eau  acidifiée,  l'anthocyanine  reste  en  solution  dans 
l'eau,  tandis  que  l'anthocyanidiue  passe  dans  l'alcool  amylique.  D'autre 
part,  ces  auteurs  ont  montré  que  les  chlorures  d'anlliocyanidines,  traités 
par  l'eau  à  chaud,  perdent  leur  coloration  rouge,  se  transformant  en  com- 
posés incolores  auxquels  fut  donné  le  nom  de  pseudo-bases  ;  ces  pseudo-bases 
incolores,  chauffées  avec  un  acide  élendu,  repassent  à -l'état  de  sels  d'antho- 
cyanidines  rouges  correspondants. 

Kurl  Noack  (')  a  entrepris  d'appliquer  la  méthode  de  séparation  des 
anthocyanidines  et  des  anthocyanines  de  AA  Jllstâtter  à  la  recherche  des 
pseudo-bases  d'anthocyanidines  dans  les  tissus  végétaux.  Il  Iraite  les  tissus 
parTeau  acidifiée,  agite  le  liquide  filtré  avec  de  l'alcool  amylique  et  chaniîe 
en  présence  d'un  acide  fort  la  solution  amylique  séparée  par  décantation: 
lorsque  cette  solution  prend  dans  ces  conditions  une  coloration  rouge  sem- 
blable à  celle  des  anthocyanidines  et  virant  en  présence  de  soude,  de  carbo- 
nate de  calcium, ^d'acétate  de  sodium  et  de  perchlorure  de  fer.  il  considère 
que  ces  réactions  sont  dues  à  la  présence  de  pseudo-bases  ayant  passé  dans 
ralcool  amylique.  et  il  en  déduit  que  les  tissus  traités  renfermaient  une 
pseudo-base  d'anthocyanidine.  Kurt  Noack  obtient  ainsi  de'S  résultats  qui 
l'amènenl  à  conclure  à  la  présence  de  corps  se*  comportant  comme  des 
pseudo-bases  d'anthocyanidines  dans  les  feuilles  de  Polygonum  compactum, 
à' Ampélopsis  hederacea,  de  Cyc/oma,  les  péricarpes  d\^scuhis,  les  raisins, 
les  pommes  el  les  fleurs  de  Pœonia. 

Au  cours  de  recherches  sur  les  relations  existant  entre  les  tannins  et  les 
pigments  anthocyaniques,  j'ai  fait  des  constatations  qui  amènent  à  penser 
que  les  substances  considérées  par  Kurt  Noack  comme  des  pseudo-bases 
d'anthocyanidines  sont  des  phlobatannins. 

Mes  i-echerches  ont  porté  sur  les  feuilles  &' Ampélopsis  hederacea,  les 
raisins,  les  pommes  et  les  péricarpes. d'YEj-cw/z/.y  Hippocastanum.  L'étude  des 
liquides  amyliques  obtenus  comme  l'indique  Kurt  Noack  m'a  permis  de 
constater  que  ces  liquides  rc^nferment  des  phlobatannins  donnant  toutes  les 
réactions  de  coloration  attribuées  par  cet  auteur  aux  pseudo-bases.  J'ai 
caractérisé  ces  phlobatannins  par  les  réactifs  généraux  des  tannins  ainsi 
que  par  les  réactions  suivantes  qui  distinguent  ces  substances  :  formation 
d'un  précipité  jaune  par  l'eau  bromée,  précipitation  par  le  formol  en  pré- 
sence d'acide  chlorhydrique,  coloration  verte   par  les  sels  ferriques,  for- 


(')  Kurt  Noack,  Zeitschrift  fiïr  Botanik,  10  Jahrg.,  1918,  p.  561-628. 


6o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

mation  d'un  précipité  rouge  de  phlobaphène  par  ébuUition  de  la  solution 
aqueuse  acidifiée. 

Ensuite,  en  opérant  sur  les  raisins  de  la  variété  Frankenthal,  d'une  part, 
j'ai  isolé  le  phlobatannin  contenu  dans  les  fruits  encore  verts,  d'autre  part, 
j'ai  préparé  la  pseudo-base  d'antbocyanidine  correspondant  à  l'anthocya- 
nine  contenue  dans  les  fruits  mûrs,  enfin  j'ai  comparé  les  deux  corps. 

1°  Pour  isoler  le  phlobatannin,  les  raisins  verts,  préalablement  soumis 
à  la  presse,  sont  traités  pendant  5  heures  pnr  de  l'acétone;  le  liquide, 
séparé  par  filtration,  est  additionné  de  3^°'  d'éther.  Dans  c-es  conditions, 
il  se  précipite  une  solution  hydro-acétonique  de  phlobatannin.  Cette  solu- 
tion, isolée  par  décantation,  est  saturée  de  chlorure  de  sodium;  le  liquide 
se  divise  en  deux  couches;  la  couche  supérieure  contient  la  plus  grande 
partie  du  phlobatannin  en  solution  dans  l'acétone;  cette  solution  est 
décantée  et  évaporée  rapidement  dans  un  courant  d'air.  Le  phlobatannin 
impur  obtenu  est  dissous  dans  Feau  où  on  le  reprécipite  par  addition  de 
chlorure  de  sodium.  Le  précipité  est  séparé  par  filtration,  lavé  à  l'aide 
d'une  solution  aqueuse  saturée  de  chlorure  de  sodium,  mis  en  solution  dans 
l'alcool  absolu  et  précipité  par  l'éther  de  pétrole.  Enfin,  le  produit  obtenu 
est  purifié  par  trois  reprises  successives  au  moyen  de  l'alcool  absolu  et 
reprécipitation  par  Téther  de  pétrole. 

2^*  Pour  obtenir  la  pseudo-base  d'anthocyanidine,  j'ai  préparé  l'œnine 
des  raisins  en  employant  la  méthode  établie  par  Willslatter  et  Zollinger  : 
isolement  du  glucoside  à  l'état  de  |)icrat('.cristallisé  et  transformation  en 
chlorure;  l'hydrolyse  |iar  l'acide  chiorhydrique  m'a  donné  le  chlorure 
d'œnidine,  qui  a  été  transformé  en  pseudo-base  par  chauffage  de  sa  solu- 
tion a(|neuse. 

3"  Le  phlobatannin  de  raisins  veris  et  la  pseudo-base  d'anthocyanidine 
de  raisins  rouges  piésentent  des  propriétés  communes  :  le  phlobatannin 
donne  précisément  toutes  les  réactions  que  Kurt  Aoack  considérait  comme 
caractéristiques  des  pseudo-bases;  c'est  ainsi  que,  de  même  que  la  pseudo- 
base, il  se  dissout  dans  l'eau  acidifiée  et,  par  agitation  de  cette  solution  avec 
de  l'alcool  amylique,  il  passe  dans  ce  dernier  solvant,  La  solution  amylique 
de  phlobatannin,  acidifiée  et  chauffée,  se  colore  en  rouge  par  suite  de  la 
formation  d'un  phlobaphène  présentant  une  teinte  et  des  réactions  de  vi- 
rage qui  rappellent  de  très  pi-ès  l'anthocyanidine  que  l'on  obtient  en 
traitant  dans  les  mêmes  conditions  la  solution  amylique  de  pseudo-base. 
Les  solutions  aqueuses  des  deux  corps  précipitent  par  chaufl'age  en  pré- 
sence d'acide  chiorhydrique  et  de  formol.  Ces  caractères  communs  expli- 


SÉANCE  DU  3  JANVIER  1922.  61 

quent  que  Kuit  Noack  ait  pris  le  phlobatannin  pour  une  pseudo-base  <'t  le 
phlobaphène  qui  en  dérive  pour  l'anthocyanidine  correspondant  à  cette 
pseudo-base.  Par  contre,  les  deux  corps  diffèrent  par  un  grand  nombre  de 
caractères  :  le  phlobatannin  précipite  par  le  bichromale  de  potassium,  les 
alcaloïdes,  l'eau  bromée,  il  se  colore  en  vert  foncé  par  le  perchlorure  de 
fer.  La  pseudo-base  ne  présente  aucune  de  ces  réactions. 

On  voit,  d'après  ces  résultats,  que  les  corps  que  Kurt  Noack  croyait 
avoir  caractérisés  comme  pseudo-bases  dans  les  extraits  amyliques  qu'il  a 
étudiés  étaient  des  phlobatannins,  et  que  les  substances  rouges  qu'il  oble- 
iiail  par  chauffage  en  présence  des  acides  et  qu'il  considérait  comme  des 
anthocyanidines  étaient  des  phlobaphènes.  La  méthode  de  l'essai  â  l'alcool 
amylique,  établie  par  Willstâtter  el  ses  élèves  pour  séparer  les  anthoc\ani- 
dines  des  anthocyanines,  ne  peut  donc  être  appliquée  à  la  recherche  des 
pseudo-bases  d'anthocyanidines  dans  les  tissus  végétaux.  D'une  façon  géné- 
rale, l'étude  d'extraits  végétaux,  dont  la  composition  est  très  complexe, 
par  l'emploi  de  simples  réactions  de  coloration  qui,  ainsi  que  nous  venons 
de  le  voir,  peuvent  être  communes  à  diverses  subslances  organiques,  ne 
suffit  pas  pour  conclure  à  la  présence  d^anthocyanines,  d'anthocyanidmes 
ou  de  pseudo-bases  dans  les  tissus  examinés;  l'extraction  des  pigments  et 
leur  caractérisation  opérée  sur  des  produits  purs  permettent  seules  d'obtenir 
des  résultats  concluants. 


AGRONOMIE.  —  De  l'influe  lia  de  V  orientation  sur  les  succès  cir  la  trans- 
plantation des  arbres.  Note  de  M.  Marti\-Zédé.  présentée  par 
par  M.  Bazy. 

J'ai  l'honneur  de  soumettre  à  l'Académie  un  perfectionnement  que  je 
viens  d'apporter  dans  la  transplantation  des  arbres,  qui,  j'ai  heu  de  le  croire, 
réduira  de  beaucoup,  s'il  est  appliqué,  la  non-réussite  qui  résulte  souvent  du 
transport  et  de  la  replantation  des  arbres  pris  en  pépinière.  ~ 

Ayant  eu  de  nombreuses  transplantations  à  faire,  à  l'île  d'Anticosti,  de 
sapins,  mélèzes,  épicéas,  bouleaux,  et  quoique  ayant  toujours  fait  ces  opé- 
rations au  moment  le  plus  favorable,  c'est-à-dire  à  la  fin  de  l'automne,  quand 
la  sève  est  arrêtée  dans  son  ascension  et  la  végétation  en  sommeil,  j'ai  tou- 
jours pu  constater,  Tété  suivant,  que  presque  la  moitié  de  mes  arbres  étaient 
morts.  L'automne  suivant.  Je  faisais  de  nouvelles  plantations  pour  remplacer 
les  arbres  morts  et  invariablement,  malgré  toutes  les  précautions  prises,  je 


02  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

pouvais  constater  que  dans  ces  plantations  r.ouvelles  la  moitié  des  nouveaux 
arbres  étaient  secs. 

Il  m'est  venu  à  l'idée  que  je  commettais  une  faute  d'acclimatation  en 
plantant  ces  arbres  sans  tenir  compte  de  leur  orientation  initiale.  L'arbre 
ayant  pris  racine  dans  la  pépinière,  son  tronc  et  ses  branches  ayant  passé 
plusieurs  années  ainsi  exposés  ou  non  au  soleil  selon  le  hasard  de  sa  nais- 
sance, devait  être  transplanté  dans  des  conditions  identiques  à  celles  où  il 
avait  vécu  jusque-là.  En  effet,  il  est  facile  de  se  tendre  compte  que  la  partie 
exposée  au  Nord  et  qui  ne  voit  jamais  le  soleil  à  l'inverse  de  celle  qui  fait 
face  au  Midi  a  une  écorce  bien  plus  épaisse  qui  lui  permet  de  résister  faci- 
lement au  froid  et  aux  intempéries;  celle  qui  est  exposée  au  soleil,  par 
contre,  a  une  bien  moindre  épaisseur-,  destinée  qu'elle  est  à  ne  recevoir  que 
les  chauds  rayons  du  soleil  et  non  les  morsures  de  la  bise.  Si  donc  nous 
livrons  au  hasard  l'orientation  nouvelle  des  arbres  quand  nous  les  Irans- 
plantons,  sans  tenir  compte  de  leur  plus  ou  moins  grande  adaptation  d'ori- 
gine au  froid  ou  au  chaud,  nous  avons  la  moitié  des  chances  pour  que  ces 
arbres,  ne  reprenant  pas  leur  orientation  primitive,  se  trouvent  en  consé- 
quence, même  ne  mourant  pas,  dans  de  mauvaises  conditions  de  résistance, 
pendant  la  période  toujours  critique  de  leur  transplantation,  et  dans  les 
années  qui  suivront. 

Muni  d'une  boussole,  je  pris  donc  le  soin,  avant  de  les  déplanter,  de 
repérer  leur  orientation  individuelle  et  marquai  sur  chaque  arbre  une  des 
branches  exposées  au  Nord  d'un  signe  apparent  (bout  de  ruban  quelconque), 
puis  j'opérais  la  replantation  au  nouvel  emplacement  en  dirigeant  du  côté 
du  Nord  la  branche  marquée.  J'ai  pu  constater  depuis  que,  sur  le  nombre 
d'arbres  ainsi  remis  en  terre,  le  déchet  était  insignifiant,  ne  dépassant  pas 
G  à  8  pour  loo,  tandis  que  le  nombre  des  arbres  secs  dépassait  autrefois, 
avant  l'emploi  de  cette  nouvelle  méthode,  souvent  5o  pour  loo. 

Il  est  possible  que  le  froid  rigoureux  que  nous  subissons  à  Anticosti  ait 
rendu  plus  effectif  mon  procédé  qu'il  ne  le  serait  dans  des  climats  plus 
tempérés,  toutefois  je  crois  bon  de  le  signaler,  car  je  l'ai  trouvé  raisonnable, 
simple  et  peu  coûteux  et  toutes  choses  égales  d'ailleurs,  et  quelle  que  soit  la 
région,  il  doit  certainement  souvent  empêcher  la  mort  de  l'arbre  transplanté 
ou  du  moins  le  mettre  dans  un  état  de  meilleure  résistance,  plus  favorable  à 
son  développement. 

Quand  nous  considérons  le  prix  que  coûte  la  transplantation  des  arbres 
des  promenades  de  Paris  et  des  grandes  villes,  et  les  travaux  importants 
que  nécessite  la  transportation  de  ces  arbres  dont  les  troncs  ont  souvent  un 


SÉANCE  DU  3  JANVIER  1922.  63 

diamètre  dépassant  25*"',  quand  nous  voyons  que  ces  arbres,  obligatoire- 
ment, sont  dans  les  plus  mauvaises  conditions  de  développement  dus  au 
manque  d'air,  à  la  fumée  des  cheminées  et  des  automobiles,  aux  poussières 
nocives  des  routes  goudronnées,  aux  frictions  diverses,  etc.  qu'ils  subissent 
pour  toutes  sortes  de  causes,  il  semble  qu'on  ne  saurait  trop  prendre  de 
précautions  pour  mettre  ces  jeunes  arbres  dans  l'état  de  santé  et  de  conser- 
vation optimum  pour  leur  permettre  de  résister  le  plus  longtemps  possible 
aux  mauvaises  conditions  dans  lesquelles  ils  doivent  vivre,  pour  qu'ils 
puissent  continuer  à  nous  donner  à  meilleur  compte,  la  fraîcheur  et  l'om- 
brage qui  sont  la  base  de  l'hygiène  des  villes  et  en  constituent  la  plus  belle 
décorration. 


PHYSIOLOGIE.  —  Mesure  de  i excitabilité  d' un  nei f  sècrétoirc  :  corde  du  tympan 
et  glande  sous-maxillaire.  Note  (')  de  NT.  etM*"*^  A.  Chauchard,  présentée 
par  M.  d'Arsonval. 

Nous  avons  entrepris  l'étude  de  l'excitabilité  d'un  nerf  sécrétoire.  la 
cordf  du  tympan.  C'est  un  nerf  itératif;  M.  Lapicque  a  défini,  sous  ce 
nom.  les  nerfs  qui  exigent,  pour  donner  une  réponse  physiologique,  la 
répétition  des  excitations.  Depuis  19 12,  avec  divers  collaborateurs,  sui' 
les  vertébrés  inférieurs,  il  a  étudié  plusieurs  de  ces  nerfs  et  montré  que. 
dans  la  mesure  de  leur  excitabilité,  la  chronaxie  est  indépendante  de  la 
fréquence  et  du  nombre  des  excitations;  elle  caractérise  le  nerf  lui-même. 
Les  lois  de  sommation  caractérisent  l'appareil  auquel  aboutissent  les  fibres 
nerveuses. 

Nous  expérimentons  sur  des  chiens  aneslhésiés  (morphine-chloroforme).  Nous 
a\ons  d'abord  re'connu  que,  à  dose  aneslhésique,  ces  substances  ne  modifient  pas  la 
chronaxie  du  nerf.  La  corde  du  tympan  et  le  canal  excréteur  sont  découverts  suivant 
la  technique  classique.  Après  mise  en  place  d'électrodes  inipolarisables,  nous  refer- 
mons la  plaie  opératoire.  La  région  est  ensuite  recouverte  d'une  épaisse  couche  de_ 
coton  et  l'animal  lui-même  enveloppé  dans  une  couverture  de  laine.  Dans  ces  condi- 
tions le  nerf  et  la  glande' sont  maintenus  à  une  température  normale. 

L'instrumentation  électrique  est  celle  qu'a  décrit*  M.  Lapicque  (-).  Des  condensa- 
teurs de  capacités  connues  sont  chargés  et  déchargés  par  un  cylindre  à  cames  à  inter- 
valles réglables.  Les  résistances  comptant  pour  le  temps  sont  fixées  au  moyen  d'un 


(  ')  Séance  du  ig  décembre  1931. 

("I   C.  /?.  $oc.  de  Biol.^  aS  décembre  191 1;   Comptes  rendus,   t.   iao,   1912,  p.  70 


64  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

shunt.  La  source  consiste  en  une  série  d'accumulateuis  reliés  à  un  réducteur  de  poten- 
tiel. Ce  dispositif  permet  de  faire  varier  Fintensité,  la  durée,  la  fréquence  et  le  nonabre 
des  excitations. 

1°  Influi'inc  de  la  diirè.e  des  c.ic citations.  —  La  fréqtience  et  le  nombre  des 
excitations  restant  invariables,  on  cherche  le  seuil  pour  des  capacités  va- 
riables, l^e  résultat  peut  se  résumer  comme  suit  : 

Pour  des  capacités  faibles,  le  voltage  nécessaire  pour  obtenir  le  seuil  esl 
1res  élevé.  Le  voltage  décroît  quand  la  capacité  augmente,  et  cela,  jusqu'en 
un  point  où  l'augmentation  de  la  capacité  n'a  plus  d'inlluence  sur  le  voltage. 
Le  calcul  de  la  quantité  <'t  de  l'énergie  mises  en  jeu  à  chaque  excitation 
montre  que  la  quantité  croît  avec  la  capacité  et  que  l'énergie  passe  par  un 
minimum.  Voici  les  chiffres  d'une  expérience. 

9  mars.  —  Chien  de  17''^,  Nombre  des  excitations  :  36.  Intervalle  entre  les  excita- 
lions  :  V  de  seconde. 


Capacité 

.  \ 

oit 

lye  liiuiQa 

re 

Quaiilili 

Énergie 

en  inicrofai'ads. 

en    volts. 

eu 

10"''  couli 

)ni 

h. 

en 

10   ''joule 

0,4 

I  ,2.5 

0,5 

<»,3l 

0,3 

1,35 

f.,4 

o,-^- 

0,^. 

f  ,5o 

0,3 

0,235 

0,1 

Tj 

r. ,  0, 

0,20 

r»,o5 

3 

0 ,  1 .5 

0,226 

Tout  se  passe  comme  dans  l'excitation  du  nerf  moteur.  On  peut  donc, 
comme  dans  le  cas  de  ce  nerf,  déterminer  directement  la  chionaxie.  On 
cherche  le  voltage  nécessaire  pour  obtenir  le  seuil  en  courant  constant 
(rhéobase  )  avec  un  nombre  d'excitations  et  un  rythme  déterminés.  Puis, 
avec  un  voltage  double,  on  cherche  une  capacité  qui  redonne  le  seuil.  Le 
produit  de  cette  capacité  par  le  coefficient  expérimental  0,37  et  par  la 
résistance  du  shunt  qui,  dans  nos  expériences,  a  toujours  été  de  l\ooo  ohms 
environ,  fournit  la  valeur  de  la  chronaxie. 

Dans  une  série  de  20  expériences,  la  chronaxie  de  la  corde  du  tympan 
s'est  toujours,  sauf  dans  un  cas,  maintenue  voisine  de  o%ooo4,  chiffre 
qui  n'est  pas  modifié  quand  on  fait  varier  la  fréquence  ou  le  nombre  des 
excitations. 

2°  Nombre  des  excitations.  — .  La  capacité  et  la  fréquence  restant  inva- 
riables, on  détermine  le  voltage  liminaire  pour  des  excitations  de  nombre 
croissant. 

Le  voltage  décroit  quand  le  nombre  des  excitations  augmente.  La  courbe 
qui  exprime  le  phénomène  s'incline  d'abord  assez  rapidement  vers  l'axe  des 


SÉANCE    DU    ')    JA.WIER    1922.  G5 

abscisses,  puis,  pour  des  nombres  élev«'s,  tend  à  devenir  parallèle  à  c«'L  ave 
A  partir  d'une  certaine  valeur,  le  nombre  des  excitations  n"a  plus  d'intluence 
sur  le  voilage.  Il  est  à  remarquer  qu'on  arrive  à  ce  résullat  pour  un  nombre 
d'excitations  de  Tordre  de  la  centaine  ri'parti  en  i6  secondes:  le  pouvoir  de 
sommation  est  donc  fort  élevé.  Exemple  : 

Expérience  dit  1-  février.   —   (Milieu  (ie  i  S''?.  Caparité  o,3  microfarad.   Iiilfi\  nlle 
(les  excitation-  ~  de  seconde. 

\ombre  des  excitations..  . 
\  oltac;e  liminaire 


G 

\'.\ 

•4 

3G 

Go 

9<> 

î  'i 

9 

3 

1.3 

"••.» 

(..S 

Fréquence  des  excitations.  —  Le  nombre  des  excilations  el  la  capacité 
restant  invariables,  on  chercbe  b-  voltage  liminaire  pour  diflércnles  fré- 
quence?. 

(Juand  on  augmente  l'interxalle  entre  les  excitations,  le  xuliage  s'accroît. 
La  Courbe  d'abord  parallèle  à  l'ave  des  fréquences,  les  rytbmes  rapides 
influençant  faib'emeni  le  voltage,  remonte  ra})idement  pour  les  rvthmes 
lents  pour  lesquels  elle  tend  à  devenir  parallèle  à  Taxe  des  vo!tagc>. 
Exemple  : 

Expérience  du  i:?  avril.  —  Chien  de  17''^.  Capacité  o,35  microfarad.  Noml^re  des 
evcilations  36. 

Intervalle  en  seconde ,'  ^  ',  l  i 

Noltape  liminaire -2,65         3,65  2,8         4-5         >>  20 

Les  recherches  que  nous  venons  d'exposer  constituent  la  première  déter- 
mination ((uanlitative  de  l'excilabililé  d'un  appareil  secrétoire.  iVous 
constatons  que  les  lois  <pii  n'-gissent  cette  excilabililé  rentrent  dans  la 
formule  générale  des  nerfs  itératifs.  Il  dexient  possible  d'<''tabiir  une  compa- 
raison avec  ceux  qui  ont  été  étudiés  par  Lapicque  et  ses  collaborateurs  chez 
les  Batraciens. 

La  chronaxiedesxaso-constricteurs  el  des  inhibiteurs  cardiaques  mesur('-e 
chez  ces  A  ertébrés  à  sang  froid  a  élé  trouv(''e  égale  ào\oo2;  la  chronaxic  de 
la  corde  du  tympan  est  notablement  plus  petite,  mais  l'écart  paraît  de  peu 
d'importance  si  Ton  tient  compte  de  la  difféi^ence  de  température  entre  les 
Batraciens  et  les  Mammifères. 

Si  l'on  compare  le  pouvoir  de  sommation  des  divers  organes  éi.udi<'-s, 
celui  de  la  glande  salixaire  est  bien  plus  grand  (|ue  celui  de  la  moelle  prise 
comme  centre  réflexe;  il  est  moindre 'que  celui  des  ehromatophorcs  étudiés 
par  M"*"  Ko^nigs.  Il  se  rapproch*-  de  celui  de  la  Innique  contractile  des 
\  aisseaux. 

G.  R.,  199 j,  I"  Sp/nps/rp.   (T.  17'i,  N"!.)  ^ 


1)6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


CiilMlE  PHYSIOLOGIQUE.    —   Le  venin  dès  fowmis ^  en  parùcuUer  V acide 
formique.  Nole(')de  M.  IIobkrt  Stumper,  pirsenU-o  par  iM.  E.-L.  Bouvier. 

Dans  celte  note  nous  j'ésninoiis  nos  reeheiclK's  chimiques  sui'  le  venin 
des  fonimis,  notamnaent  sut'  l'acide  foi'ini(|uc  \  coiilenu.  jNous  avons 
làelié  avaut.  tout  d'apportei'  un  peu  de  Iinnière  dans  nos  connaissances  aussi 
confuses  qu'incomplètes  sur  re.  sujet.  Généralement  on  alliihue  raclion 
toxique  (le  ce  Nenin  à  l'acide  formique;  d'autres,  par  exemple  von  Kiiith, 
Kobert  et  Panst.  critiquent  une  telle  assertion.  yVvanl  d'entier  dans  le  vif 
de  la  question,  il  est  indispensable  d'exposer  succinctemeni  la  morphologie 
(le  l'appareil  venirnpux  des  Formicides. 

Tontes  les  fourmis,  à  rexce|)li(>n  des  mâles.  |)()ssèdenl  nn  organe  veni- 
meux. comp(>S(''  d'un  dard  el  d'une  glande  à  venin.  Chez  les  Ponerina\ 
Myruiicind-  el  DoryUnxv^  le  dard  est  bien  développé:  chez  les  Campono- 
lime,  le  (lard  est  rudinientaire,  mais  la  glande  est  bien  développr-e;  qnani 
aux  Dolichoderinœ.  le  dard  et  la  glande  à  veniii  son!  rudimentaires.  mais 
elles  possèdent  des  glandes  anales  dont  la  sécr(''tion  odorante  et  ginanle 
constitue  la  partie  la  plus  eflicace  de  leur  jéaction  prolecirice. 

Nos  études  ont  pour  objet  la  recherche  et  le  dosage  de  H.  COOH  dans  le 
venin  de  diir(M^entes  fonrmis,  afin  d'établir  une  relation  entre  la  forme  de 
l'appareil  vénénilique  et  la  pro  ludion  d'acide  formique.  La  première  ques- 
tion que  nous  nous  sommes  f()rc(''  de  résoiidre  ('tait  de  savoir  si  le  venin  des 
fourmis  contient,  à  C(')lé  de  H.CO()H.  d'autres  acides  libres.  La  méthode 
employée  était  cède  de  Duclaux  (-),  dont  le  principe  est  le  suivant  :  les 
acides  organiques  (en  solution  <^  -i  pour  loo)  distillent  d'une  fa(;on  rigou- 
reusement caractéristique  pour  chaque  acide.  On  n'a  qu'à  sinvre  la  marche 
de  la  distillation  en  titrant  racidit(^  des  lo""',  20""',  3o""',  etc.  de  liquide 
distillé  et  en  calculant  l'acide  pass(''  en  centièmes  de  l'acide  total,  le  \olume 
initial  étant  toujours  1 10""'.  on  bien  en  calcidant  l'acide  pass(''  à  la  distilla- 
tion en  pour  100  des  loo""'  de  distillai.  De  ces  deux  manières  on  obtient 
une  série  de  nombres  caractéiisliques  de  l'acide  en  question.  Des  écarts 
notables  avec  ces  nombres  ré\clent  la  présence  soit  d'un,  soit  de  plusieurs 
autres  acides. 

Nous  avons  soumis  à  la  distillation  :  1°  un  extrait  aqueux  de  Formica 

(')  Séance  du  2-  décembre  1921. 

(  ■')  M.  DrcLAVx,  Traité  de  Microbiologie^  t.  II. 


SÉANCE    DU    3    JANVIER    I922.  67 

/•Il /'a,  la.  fourmi  fauve  de  nos  bois,  réputée  par  sa  production  abondante 
de  H.COOH,  et  2"  un  extrait  aqueux  de  Vataglyphis  bicolor,  une  espèce 
tunisienne,  dont  j^ai  eu  à  ma  disposition  un  grand  nombre  d'individus 
vivants. 

Le  Tableau  \  rc'sume  les  résultats  obtenus  en  calculant  l'acide  passé  en 
|)0ur  100  de  l'acidité  des  100'^"''  de  liquide  passé  à  la  distillation. 


Tarleai 

I. 

Nom  lire  de  cm  • 

/  nifii. 

Acidité 

\( 

('(ihigiyjiln 

[s  hiiulur. 

Veidilé 

jirilire  de  cm 

de  NaOIl 

en  pour  lUO 

de  ^ilOH 

en  pour  100 

\    10   lus 

de  l'acide 

\/10  lus 

de  l'acide 

II.CUOU  |)iir 

Uuanlitf' 

sur 

des  lOOcm-' 

sur 

des  100'"'' 

(  nombres 

distiller. 

la  burette. 

de  dislill. 

la  liuretle. 

de  dislill. 

de  Duelaux  ). 

0. 

h. 

r. 

d. 

e. 

,/'. 

rin" 

10 

cm-' 

"•99 

5,8 

cm' 

o,3o 

5,54 

5,9 

20 

•i,o8 

12.5 

0,62 

11,3 

12,2 

,3o 

.   3 ,25 

19,^' 

1 .00 

i8.5 

19, r 

4o 

4  )  "j  4 

26,5 

1,37 

25,3 

26,3 

5o 

5,90 

34.5 

1,80 

34,3 

34,3 

60 

7,43 

43,5 

t 

2,36 

43,5 

43,^ 

7" 

9-3i 

54,3 

2,9'^ 

53,8 

52,7 

80 

11,43 

66,8 

i 

3,57 

62 , 2 

65 , 3 

9f> 

14,43 

82,2 

4-37 

79' 95 

79<9 

100 

17,10 

100 

5.42 

lOd 

1 00 

(110) 

29 .  60 

9,  20  (cale. 

) 

L'inspection  de  ce  Tableau,  notamment  la  comparaison  des  colonnes  r,  c 
el  /',  dénionlre  une  concordance  parfaite  avec  les  nombres  de  Duelaux,  de 
sorte  (|ue  nous  souiiiies  en  droit  d'iiïférer  que  le  venin  des  fourmis  soumises 
à  Tétude  ue  renferme,  comme  acide  volatil  libre,  que  H.COOH.  Toute- 
fois, il  est  à  remarquer  que  la  théorie  de  la  dissociation  éleclrolytique  ei 
la  loi  des  masses  nous  font  pré^oir  la  présence  d'au!  tes  acides,  à  condition 
(lu'il  yaitdesanioiis,  parexemple  Cl,  SO''.  PO\  Cependant  la  méthode  de 
Duelaux  n'en  a  pas  ré\  élé  la  préseuc<',  de  sorte  qu'on  peut  dire  que  le  \euin 
des  fourmis  n'eu  reuferme  que  des  quantités  néoligcables. 


68  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

BIOLOGIE.  -  Sur  les  caractères  c/' un  Hybride  issu  de  F  union  (F  un  Canard 
musqué  mâle  (Cairina  moschala  Flem.)  et  d'mie  Oie  d' Egypte  femelle 
(Ch-'iialopes  a'gypticus  Eyt.).  Noie  de  M.  A.  Lé<:aii.lon.  présentée  par 
M.  Hcnneguy. 

•  !*ar  suite  de  la  promiscuité  dans  laquelle  se  trouvaient,  au  jardin  zoolo- 
g-ique  de  Toulouse,  un  couple  d'Oies  d'Egypte  et  un  Canard  musqué  mâle, 
naquit,  en  11)17,  une  couvée  qui  contenait,  outre  les  petites  Oies  normales, 
un  liybi'ide  qui  vit  encore  aujourd'hui  et  dont  j'ai  pu  étudier  les  mœurs,  les 
caractères  morphologicpies  externes  et  la  coloration  spéciale  du  plumage. 
Le  Canard  musqué  et  l'Oie  dlOgyple  appartenant  à  deux  espèces  très  nette- 
ment distinctes  et  mémo  assez  éloignées  l'une  de  Tautre  dans  la  classifica- 
tion, l'examen  des  caractères  spéciaux  de  l'hybride  qu'ils  avaient  produit 
ne  pouvait  manquer  d'intérêt.  Voici  les  faits  principaux  qui  résultent  de 
mes  observations  : 

Dès  sa  naissance,  le  jeune  hybride  différait  des  petites  Oies  nées  en  même 
temps  que  lui  par  sa  coloration  générale  jaunâtre,  caractère  montrant  sa 
parenté  avec  le  Canard  musqué,  dont  les  petits  sont  presque  totalement 
jaunes.  Au  bout  de  quelques  jours,  la  femelle  d'Oie  d'Egypte  commença  à 
frapper  violemment,  avec  son  bec,  le  jeune  oiseau,  tandis  que,  comme  d  ha- 
bitude, elle  se  montrait,  pour  le  reste  de  la  couvée,  extrêmement  dévouée 
(chez  rOie  d'Egypte  les  deux  sexes  soignent  leur  couvée  avec  une  sollici- 
tude remarquable).  J'attribue  la  cause  de  celte  altitude  non  pas  aux  faibles 
dilïeiences  d'aspect  qui  existaient  alors  entre  le  peiit  hybride  et  les  oisons, 
mais  à  Tode-ur  spéciale  que  le  premier  de  ces  animaux  exhalait  (la  chair  du 
Canard  musqué  maie  est  de  même  peu  appréciée  à  cause  de  sa  saveur  peu 
agréable). 

L'hybride  adulte,  qui  est  du  sexe  mâle,  a  une  physionomie  qui  le  dis- 
tingue très  nettement  des  deux  espèces  dont  il  est  issu.  IVjurtant.  si  l'on 
examine  avec  soin  ses  divers  car.iclères,  on  en  trouve  facilement  qui  le  rap- 
prochent d  ivantage  tanlot  de  l'une,  taulol  de  laulie.  Sa  taille  est  plus 
considérable  que  celle  des  Oies  d  E^^y  ne  et  éqiivariLÙ  celle  du  ('aiiard 
musqué  mâle  (lequel  est  pi  us  gros  que  la  femelle).  Le  port  de  l'animal  le  fait 
ressembler  davantage  à  l'Oie  d'Egyjjte  (chez  le  Canard  musqu(''  le  corps 
occupe,  pendant  la  marche,  une  position  à  peu  près  horizontale  et  rase 
presque  le  sol,  tandis  que  chez  l'Oie  d'h^^gypte  il  est  très  relevé  en  avant  et 
se  tient,  par  suite  de  la  forme  de  la  patte,  beaucoup  plus  loin  du  sol). 


SÉANCE    DU    3    .lA.WIEK    I922.  69 

L'hybride  ost  muet,  comme  le  Canard  musqué,  tandis  que  les  deux  sexes, 
chez  l'Oie  d'Éu^ypte,  poussent  des  cris  perçants,  il  est  très  combaltif  et 
s'attaque  à  des  oiseaux  de  grande  taille  tels  que  les  Cygnes  noirs.  Sons  ce 
rapport,  il  ressemble  aux  Oies  dÉgx  pte,  dont  !e  mâle,  à  l'époque  des  cou- 
vées, poursuit  les  chiens  et  même  les  personnes  qui  passent  [)ii''S  de  lui. 

Dès  que  r hybride  lui  adulte,  il  s'apjjaria  avec  une  femelle  d'Oir 
dM^gypte,  l'i  le  couple,  bien  qu'ayant  toujours  été  infécond,  11e  se  désunit 
pas  au  cours  des  ti'ois  aimées  suivantes.  Les  deux  oiseaux  s'envolaient, 
toujours  ensemble,  jusqu'à  des  distances  de  plusieurs  kilomètres  el  reve- 
naient chaque  jour  dans  le  jardin  où  ils  trouvaient  leur  nourriture.  A  ce 
point  de  vue,  riiybride  se  comportait  comme  le  mâle  d"Oie  d'Egypte,  lequel 
leste  indr-niiinient  uni  avec  la  même  femelle. 

En  ce  qui  concerne  la  coloration  du  plumage,  on  ])eut  dire  que,  sur  la  r«''- 
gion  dorsale  du  corps,  1  h;ybride  ressemble  davantage  au  Canard  musqué, 
tandis  que.  sur  la  face  ventrale,  il  se  rapproche  plus  de  l'Oie  d'Egypte.  Mais 
sous  ce  rapport  il  n'y  a  pas  identité  complète.  La  couleur  blanche  manque 
presque  complètement  chez  lui,  tandis  que  ditns  les  deux  sexes  de  l'Oie 
d'Egypte  ilv  a,  sur  les  ailes,  une  large  bande  blanche  coupée  d'une  ligne 
noire  et,  chez  le  Canard  musqui-,  des  plumes  alaires  blanches  également 
très  caractéristiques. 

L'aspect  de  la  tête  et  du  bec  est  aussi  caractéristique  II  u"y  a.  sur  le 
milieu  de  la  tète,  aucune  de  ces  plumes  érectiles  qui  distinguent  le  Canard 
musqué  mâle.  De  plus,  tandis  que  chez  le  Canard  musqué  les  parties  cuta- 
nées épaissies,  de  couleur  rouge  vif,  dépourvues  de  plumes,  qui  recouvrent 
la  base  du  Bec  et  les  côtés  de  la  tête  (jusqu'au  delà  de  Tceil)  sont  extrême- 
ment développées,  elles  sont  à  peine  indiquées  chez  Thybride  où  on  les  dis- 
tingue seulement  autour  de  la  b  ise  du  bec. 

Enfin,  aucun  des  groupes  de  plumes  de  ciuleur  marron  que  l'on  trouve 
chez  les  Oies  d'Lgypte  (autour  des  yeux,  autour  de  la  base  du  cou,  sous  la 
partie  thoracique)  ne  se  rencontrent  chez  l'hybride. 

Il  résulte  de  cet  ensemble  de  faits  que  l'hybride  dont  il  est  ici  question 
se  rattache  incontestablement  par  certains  caractères  aux  deux  espèces  qui 
ont  fourni  les  deux:  progéniteurs  desquels  il  est  issu.  Mais  il  a  néanmoins 
aussi  des  caractères  spéciaux  qu'il  ne  serait  pas  toujours  facile  de  considérer 
comme  interinédiaires  ent^re  ceux  de  l'Oie  d'Egypte  et  ceux  du  Canard  mus- 
qué. On  ne  pounait  le  regard'-r  com  ne  constitué  par  une  mosaïque  de  ca- 
ractèr  >s  dont  les  uns  sei'aieni  identiques  à  ceux  du  père  et  les  autres  iden- 
tiques à  ceux  de  la  mère. 


70  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

BIOLOGIE.  —  Sur  ^indépendance  de  la  glande  séminale  et  des  cniac- 
Icres  sexuels  secondaires  chez  les  Poissons.  Elude  expérimentale  (  '). 
Note  de  M.  R.  Courrifjr,  présentée  par  M.  ^^  idal. 

En  été,  ri']pinoche  iiiàle  se  dislinjj;ue  de  la  femelle  par  deux  caractères 
sexuels  secondaires  bien  nets  :  une  pigmentation  rouge  de  l'abdomen  et 
une  sécrétion  muqueuse  des  cellules  rénales.  A  ce  moment  les  ampoules 
spermaliqUes  du  testicule  renferment  un  nombre  si  considérable  de  sperma- 
tozoïdes qu'à  un  premier  examen  on  ne  voit  que  ces  éléments.  Il  faut  étudier 
attentivement  les  préparations  pour  découvrir  dans  le  fond  des  ampoules 
quelques  rares  spermatogonies  et  noyaux  de  Serloli.  Une  glande  intersti- 
tielle abondante  existe  entre  les  tubes  séminifères. 

Ce  Poisson,  capturé  en  hiver  dans  une  eau  de  4°  à  7°  de  température,  ne 
possède  plus  ses  caractères  sexuels  secondaires.  Il  ne  se  distingue  plus  de  la 
femelle  par  la  coloration  de  sa  robe  et  son  rein  ne  présente  plus  la  sécrétion 
si  caractéristique  que  Ton  observe  au  moment  du  rut.  Quelques  mâles 
cependant  ont  encore  une  teinte  rose  pâle  sur  l'abdomen.  L'examen  bisto- 
logi(]ue  du  testicule  montre  qu'à  cette  période  de  Tannée  les  ampoules 
séminifères  sont  distendues  par  les  éléments  de  la  lignée  séminale  qui  sont 
tous  présents. 

Il  y  a  spermatogénèse  et  spermiogénèse.  Mais  tandis  que  les  spermato- 
gonies et  les  spermatocytes  existent  en  assez  grande  quantité,  les  spermies 
sont  plus  ou  moins  nombreuses;  en  tout  cas  il  en  existe  beaucoup  moins 
qu'en  été.  On  peut  trouver  parfois  dans  les  espaces  interstitiels  quelques 
rares  îlots  de  cellules  glandulaires,  en  particulier  au  voisinage  du  bile.  Ces 
Ilots  se  remarquent  surtout  chez  les  mâles  qui  ont  une  teinte  rose.  Cette 
simple  observation  fait  déjà  soupçonjier  que  la  glande  séminale  ne  condi- 
tionne piobablement  pas  les  caractères  sexuels  secondaires,  puiscjue  nous 
\  oyons  qu'elle  est  en  activité  en  hi\er  quand  le^  différences  sexuelles  font 
défaut. 

Cependant  cette  eonelusion  ne  s'impose  pas,  <ar  les  conditions  ne  sont 
pas  les  mêmes  qu'au  moment  du  rut.  A  cette  époque  il  y  a  en  etïel  beaucoup 
plus  de  spermatozoïdes  dans  le  testicule:  d'autre  part  les  facteurs  nourrilure, 
lumière  et  chaleur,  sont  difîérenis  dans  les  deux  cas.  La  question  lumière 

(')  Voir  les  ISVjies  antérieures  :  Comptes  rendus,  t.  17:i,  ^3  mai  1921;  C.  R.  ^oc. 
Biol.^  8  juillet  et  i-  novembre  i«).h. 


SÉANCE    DU     >    JANVIER    IL,1>2.  7I 

mise  à  pari,  on  peut  par  rexpérimcnlnliou  se  placer  clans  les  mêmes  cniicli- 
lion  qu'en  élc  au  point  de  vue  de  la  température  el  de  Falimenlalion.  C'est 
ainsi  que  nous  avons  fait  vivre  des  E[)inothes  dans  un  aquarium  à  eau  cou- 
ranle  maintenue  à  une  température  conslanle  de  17''.  Ces  poissons  fuient 
très  copieusement  noui'ris.  Après  un  mois  et  demi  d'un  lel  trailemcnl, 
l'examen  montre  que  la  pigmentation  n'a  pas  été  influencée.  Ou  trouve  des 
mâles  aussi  pâles  que  les  femelles  et  d'autres  qui  présentent  sur  l'abdomen 
la  teinte  rose  déjà  signalée  chez  les  animaux  témoins.  Le  rein  ne  révèle 
aucun  chang^ement  d'aspect;  il  possède  la  structure  d'un  i-ein  de  nfiàle  normal 
d'hiver  ou  de  femelle.  Majs  le  testicule  est  grandement  modifié. 

Les  ampoules  spermaliques  montrent  une  structure  absolument  id<'n tique 
à  celle  qu'elles  ont  durant  Tété.  Elles  sont  bourrées  de  spermatozoïdes  et 
il  ne  subsiste  que  de  rares  ilols  de  spermatogonies  et  de  spermatocytes 
comme  en  période  de  reproduction. 

Nous  n'avons  [)as  observé  de  changement  au  niveau  dos  espaces  intertu- 
bulaircs  ('):  on  peut  trouver  parfois  de  petits  amas  de  cellules  interstitielles 
comme  chez  les  animaux  témoins. 

Grâce  à  l'aclion  de  la  chaleur,  nous  avons  donc  pu  obtenir  une  glande 
séminale  ayant  une  structure  homologue  à  celle  qu'elle  possède  en  été.  Les 
ampoules  renferment  autant  de  spermatozoïdes  qu'au  moment  du  rut,  et 
pourtant  aucune  action  ne  fut  enregistrée  sur  les  caractères  sexuels  secon- 
daires. Mais  ici  une  distinction  est  nécessaire.  L':s  conditions  ne  sont  pas 
les  mêmes  qu'en  été  pour  les  cellules  pigmentaires.  el  si  les  hormones 
sexuelles  jouent  un  rôle  dans  la  pigmentation,  il  n'est  pas  exclusif.  On  sait 
en  effet  que  la  lumière,  la  chaleur,  le  frottement,  la  coloration  du  fond, 
l'ablation  des  yeux,  etc.  ont  une  ai'tion  sur  les  chromalophores  (-).  Laissons 
donc  de  côlé  ce  caractère  sexuel  secondaire  à  déterminisme  complexe  et  ne 
considérons  que  le  rein.  Il  est  fort  probable  que  la  lumière  et  la  coloration 
du  voisinage  n'exercent  aucune  action  sur  cet  organe.  Au  cours  de  notre 
expérience,  il  se  trouve  donc  dans  les  mêmes  condilions  qu'en  été.  On  peut 
dire  alors  que  si  la  scciétion  parliculière  que  pi-éscnlent  les  néphrocytcs.à- 
l'époque  du  rul  était  provoquée  par  une  hormone  issue  delà  glande  séminale, 
elle  devrait  apparaître  chez  les  animaux  en  e.\[)érience,  puisque  Icur> 
ampoules  séminifères  ont  une  structure  identique  à  celle  qui  existe  au 
moment  de  l'activité  .génitale. 

(')  Nous  pensons,  d'après  (le>  recherches  en  couis,  qu'en  fai-anl  durer  l'expérience 
plus  loMglemps  nous  pourrons  obtenir  ia  formalion  dune  glande  inlersiiiiellc  hieii 
développée,  ainsi  que  l'apparilion  de  la  sécrétion  parliculière  tlu  rein. 

(■-)  Voir  les  travaux  de  lle-se,  \  .  Friesch,  Kopéc,  Hirschler,  etc. 


7^  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

f^a  seule  différence  à  noter  entre  le  tcsiicule  des  h^pinoches  màlcsà  carac- 
Lères  sexuels  secondaires  el  celui  d^'s  mâles  ne  possédant  pascps  caractères 
esl  la  présence  des  cellules  interstitielles  dans  le  premier  cas  et  leur  absence 
dans  r-autr<'. 

Conclusions.  —  I .  Par  Taction  de  la  chaleur,  on  active  les  divisions  sper- 
malo^énétiques  dans  le  testicule  de  TÉpinoche  d'hiver  cl  Ton  ohlicnl  d<-s 
ampoules  séminifères  ayanl  une  structure  entièrement  identique  à  celle 
qu'elles  possèdent  en  été  (  '). 

1.  Lu  glande  séminale,  formée  en  qualité  el  en  quanlilé  des  mêmes  consli- 
luants  qu'au  momc^nl  du  rui,  ne  provoque  pas  l'apparition  des  caractères 
sexuels  secondaires  et  en  parlicidicr  la  sécrétion  spéciale  du  rein,  bien  (pie 
cet  organe  se  Irouve  dans  les  mêmes  conditions  de  température  et  de  nutri- 
liou  qii'eji  été  (-). 

:>.  Les  deux  caractères  sexuels  secondaires  de  l'I^pinoche  ne  réagissent  pas 
de  la  même  façon  à  l'hormone  sexuelle:  il  semble  y  avoir  une  différence 
quantitative  La  , quantité  d'hormone  capable  d'influencer  les  chroraato- 
pliores  |»araît  devoir  être  moins  grande  que  celle  qui  esl  nécessaire  à  la 
r(''aclion  des  néphrocyles. 


CYTOLOGIE.  —  La  régulalion  du  nombre  des  cltromosomes  chez  les  em- 
bryons p(wlhénoirènèliqii€s  de  Grenouille  rousse.  Son  mécanisme.  Note 
de  M.  li.  HovAssH,  présentée  par  M.  F.  Mesnil. 

Conliimant  des  données  de  Br.ichet,  Henneguy,  1{.  Goldschmidt  et 
J.  Loeb,  nous  avons  signalé  antérieurement  (')  une  aulorégulation  du 
nombn;  des  chromosomes  chez  une  partie  des  embryons  de  Grenouille 
obtenus  par  le  procédé  Balaillou. 

De  nouveaux  élevages  nous  ont  apporté  une  série  de  détails  complémen- 
taires. Cent  (jimrante  nouveaux  embryons  ou  larves  ont  ("té  étudiés  cytolo- 
giquemcnt  :   sur  cet  ensemble,   -fi  ont  reconstitué  leur  nombre  'in  (2^); 

(')  L'action  de  la  ciialeur  sur  la  di\isioii  cellulaire  esl  bien  connue.  Audigé  pense 
cependant  que  la  température  n'a  qu'une  très  faible  action  sur  l'activité  sexuelle  des 
Poissons.  Bounliiol  et  Froii  ont  vu  au  contraire  que  les  conditions  thermiques  ont 
une  action  sensible  sur  la  ponte  de  quelques  Poissons  d'Algérie. 

("-)  S.  Kopéc  attribue  l'apparition  de  la  livrée  nuptiale  chez  le  Vairon  à  la  quantité 
abondante  de  sperme  ^e  trouvant  dans  les  glandes  génitales  au  moment  du  rut. 

(•^)  R.  HoVASSE,  Le  nombre  des  chromosomes  chez,  les  embryons  pariliènogéné- 
Uques  de  Grenouille  (Comptes  rendus,  t.  170,  1920,  p.  121  1). 


SÉANCE   DU    [-i   JANVIER    I922.  70 

65  ont  p^arclé  leur  nombre  haploïde  Ti-i );  enfin,  parmi  toutes  ces  ébauches, 
i4  ont  nionlré  une  réi^ulation  aberrante. 

La  ui;(.iîL.vTi().N.  —  Elle  est  générait'  :  dans  les  cas  normaux,  il  semble  que 
tous  les  noyaux,  cju'ils  proviennent  d'un  lissu  somalique  ou  g-énital,  ont 
reconstitué  leur  nombre  diploïde,  ainsi  que  le  montre  la  constance  approxi- 
mative des  diamètres  nucléaiies,  idenliqiic  à  celle  qui  s'observe  chez  les 
ébauches  normalement  fécondées. 

La  régulation  est  pi'écoce.  >yous  l'avons  constatée  sur  une  morula  ayant 
7  heures  d'évolution.  Cependant,  il  ne  semble  pas  cjue  ce  soit  lecas  pénéral. 
Si  l'on  compare  le  nombre  des  eud)ryoiis  et  larves  non  régulai  isés  au  nombre 
total  des  ébauches,  successivement  dans  les  stades  jeunes  (de  7  heuM>s  à 
24  heures  d^i'^volulion)  et  à  des  âges  plus  avancés  (de  4  jours  à  8  jours),  on 
obtient  des  ri-sultals  dilTerenls  :  63  pour  100  dans  le  premier  cas,  36,9  l'our 
100  dans  le  second.  Le  nombre  des  régularisés  augmente  donc  avec  rage  des 
ébauches. 

Il  ne  semble  pas,  d'autre  part,  que,  au  moins  au  début  de  révolution,  la 
mortalité  des  embryons  haploïdes  soit  plus  forte  que  celle  des  régularisés, 
la  régulation  continue  donc  à  se  faire  au  moins  dans  le  début  de  la  segmen- 
tation (stades  morula  et  blastula). 

Certaines  régulations  anormales  confirment  du  reste  celte  hypothèse. 
Dans  quelques  larves,  le  caractère  de  généralité  fait  défaut  :  on  observe  par 
exemple  des  îlots  cellulaires  à  éléments  diploïdes.  enloui'és  de  toutes  parts 
de  cellules  ayant  conservé  leur  nombre  haploïde,  ce  cju'il  n'est  possible 
d'expliquer  que  par  une  régulation  tardive. 

D'autres  larves  anormales  présentent  soit  un  nombre  de  chromosames  très 
faible  :  de  3  à  8  par  exemple  au  lieu  d'une  douzaine,  ou  bien  au  contraire 
un  nombre  considérable  de  segments  chromatiques.  Daus  l'un  de  uos  œufs, 
chacpie  cellule  a  un  nombre  de  chromosomes  voisin  de  100.  Il  est  intéiessant 
de  remarquer  (pie  des  anomalies  idenliipies  à  cette  dernière  se  retrouvent 
chez  l'Abeille  mâle,  dans  les  blastodermes  parthéiiogénétiques  des  Oiseaux, 
enfin  chez  les  larves  d'Oursin  obtenues  par  des  procédés  chimiques. 

Le  MÉCAMSMi:  i;i;(,u],Aii:LK.  —  La  régulation  n'est  pas  le  résultat  d'une  fusion 
du  pronucleus  femelle  avec  le  second  globule  polaire  non  émis,  ainsi  que  l'a 
montré  Uataillon,  et  que  le  confii-me  d'autre  part  la  continuité  de  la  régula- 
tion au  début  du  développement.  Le  mat''riel  étranger  introduit  dans  l'œuf 
par  la  piip'ire,  bi^n  qu  il  puisse  parfois  se  fusionner  avec  le  noyau  femelle^  ne 
joue  égaleinent  aucun  rôle  dans  l'ai  gmentation  du  nombre. 

Bovcri,  puis  récemment  Herlaut,  ont  tent<''  d'expliquer  la  régulation  par 


^4  ACADÉMIE  DES    SCIENCES. 

le  jeu  d  un  iiioiiasler  qui  augmentera  il  le  nombre  et  se  Uansfornierail  ensuite 
en  diaster,  La  sej^mentalion  dé])ul'^rait  alors  avec  un  nom])re  double  ou 
quadruple  de  chromosomes.  Celle  hypothèse  exige  un  relard  au  début  de 
la  segmentation,  relard  qui.  en  fait,  ne  se  constate  pas  le  plus  souvent  ;  ou 
bien,  s'il  se  constate,  se  montre  totalement  indépendant  de  la  régulation. 
L'hypothèse  nous  semble  donc  insuffisante. 

Nous  avons  observé  dans  quelques  œufs,  (lyanL  tous  le  nombre,  haploïde. 
une  division  anaphasiciue  des  chromosomes,  suivie  du  resle  par  une  dissolu- 
tion complète  de  leur  substance  lors  de  la  télophase,  dissolution  (  jiii  dépouille 
ce  fait  de  sa  finalité  apparenle.  Nous  considérons  celle  division  simplement 
comme  l'indice  d'une  augmentation  de  la  quanlilé  dechromalinc  nucléaire, 
au\  dépens  des  produits  nucléiques  que  l'on  sail  exister  dans  le  cytoplasma 
des  œufs  aussi  bien  d'oursin  (Masing)que  de  grenouille  [  Fauré-Frémiet 
et  du  Vivier  de  Slieel  (')]•  Cette  au^'uieutatiou  est  la  conséquence'  d'un 
équilibre  de  parla^e  qui  tend  à  s'établir  enlre  cette  chrouiaiine  cyloj>las- 
mique  et  la  chromaline  du  noyau.  C'est  d'elle  que  dépend  vraisemblable- 
ment rautorégulaliou  du  nombre.  Les  varialions  quantitalises  probables 
de  la  cliromaline  cytoplasmique  permettent  d'expliquer  les  divers  cas 
observés  :  rès,idalion  quand  la  réserve  est  suffisante  pour  combler  le  déficil 
initial;  non-iégulation  dans  le  cas  contraire,  ainsi  que  les  divers  troubles 
enregistrés. 

PARASlTOLO<iiE.    —    Coccidies  d'oiseaux  palustres.   Le  genre  Jarrina  n.  g. 
Note  (-)  de  MM.  L.  Léger  elE.  Hesse,  présentée  par  M.  Henneguy. 

Nous  avons  trouvé  de  façon  à  peu  près  constante,  dans  l'intestin  des 
Foulques,  Fulica  alra  V..  (oiseau  de  matais,  désigné  ordinairemeul  m»us  le 
nom  de  «  Macreuse  »  dans  le  midi  de  la  France)  et,  plus  rarenieiil ,  dans  c<'lui 
des  Foules  d'eau,  Gadinula  chloropus  L.,  une  petite  Coccidié  du  grou[)e  des 
Eimeridœ,  bien  caractérisée  par  la  forme  très  spéciale  de  ces  ookystes 
ovoïdes,  avec  large  goulot  à  l'un  des  pôles  {fig-  6)  età  paroi  ponctuée  par 
de  fins  cauaiicules.  Nous  pi'usons  que  ces  caractères  si  particuliers  justifient 
la  création  d'un  i^enre  nouveau  que  nousa|)pellet  oris  .Mr/'zV/rt  (diminutif  de 
Jarra,  petite  jarre),  perinettant  ainsi  de  distinguer  ces  formes  si  spéciali'S 


(')  Fal:ué-1'*r(^;miet  el  ou    \nn;it  ut  Sikkel,   Composition  cftiwique  de  l'œuf  et  dv 
Ir tard  de  W.  teniporaria  L.  iConipti^s  lendiis.  t.  1/3.  lo'^f,  p.  6i'^). 
(-)  Séance  du  'i-  décembre  iQ'^i, 


SÉANCE    DU    3    JANVIER    1922.  '^5 

(le>  iiombreusrs  Hluncria  \\  ook\stes  lisses,  sphériqucs  ou  ovoïdes  à  [lôli-s 
st-mblables.  Pour  ceux  qui,  comme  Liihe  et  ]  htllciii,  tieimeul  a  conserver 
le  genre  Eimeria  sensu  lato,  ce  nouveau  genre  serait  à  considérer  comme  un 
sous-genre  de  ce  dernier;  mais  si  Ton  adopte  avec  les  auteurs  la  sous  famille 
des  Eimerinœ.  la  conservation  du  g^^nre  Eimeria  s.  l.  parait  bien  su])erflue, 
puisque  ses  caractèirs  se  confondent  alors  avec  ceux  de  la  sous-familb-  dont 
il  serait  [)erpétuellement  l'uniqu»' représentant,  comportant  toujours  soit  de 
nouveaux  sous-geures,  soit  d'innombrables  espèces  ce  qui  n'est  pas  fait  pour 
faciliter  les  études  de  systématique. 

Déjà  Labbé  en  1893  a  décrit,  sous  le  nom  de  Coccidium  (Eimeria)  rosco- 
viense^  une  Coccidie  à  o<ikysl<'  tronqué  et  à  spores  |)iriformes,  commune 
dans  les  Échassiers  de  rivage,  et  qui  devra  vraisemblai)lemeril  rentrer  dans 
notre  genre  Jarrina.  De  même,  sans  d(mte  aussi,  la  Coccidie  de  r<Jie 
(C.  Iruncatum),  décrue  en  1891  par  Raill<'t  et  Lucet  et,  comme  la  précé- 
dente, incoimueau  point  de  vue  de  son  évolution.  Aous  ay\ïe\\rro\\s  Jai-rina 
paiudosa  notre  espèce  qui  est  caract<''risée  par  ses  spores  ovoïdes  à  pôles 
semblables. 

Description.  —  Nous  n'avons  observé  que  rarement  les  stades  de  schizo- 


■i--^- 


;ri?55>- 


Jarrina  padulosa.  —  Fig.  1  à  7  x  1200:  1,  Schizoïile;  2,  Miciogamétocylc;  ;j,  MàcrOgamètc ; 
i,  Fécondation;  ô,  Ookyste  stade  de  repos:  (i,  Ookysle  inùr  avec  4  spores;  7.  Ookysle  vide; 
S,  Spore    <  1700  :  9,  coupe  opli.fue  In-s  grossie  de  la  pnroi  de    Tookyste  montrant  les    canalicules. 

goniedans  l'intestin  des  Foulques.  Les  scbizonles  adultes  sont  silués  dans 
les  cellules  épithéliales  enire  le  noyau  et  le  plateau.  Ovoïdes  ou  subsphé- 
riques,  ils  mesurent  en  moyenne  lo!^,  leur  cytoplasnia  est  chromopbile  v.\ 
nous  avons  compté  jusqu'à  32  noyaux  (fig.  i).  Nous  n'avons  jusqu'ici 
rencontré  qu^un  seul  bouquet  de  scbizozoïles,  arqués  et  effdés  a\ec  quelque?; 
grains  chromatoïdes. 

Le<  microoramétocvles,  silués  de  même  dans  les  cellules  épithéliales^  sont 


^6  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

ovoïdes,  de  9'^'X  y'"*',  l^eur  eytopla&iha  clair  esl  cotiveit  de  nombreux  îi(»y;iiix 
petits  et  virgiiliformcs^//^.  2)  donnant  des  niicrogamèles  filiformes  dn  t}'])e 
Eimcricï. 

Macroga mêles  et  ookystes  se  rencontrenl  plus  connnunéin('nt  que  les 
stades  précédents.  Nous  les  avons  toujours  trouvés  en  gi-and  nombre  en  été 
dans  les  Macreuses  de  la  Camargue  et  les  marais  (]*-  Tunis,  I^es  jeunes 
macrogamèles  sont  ovoïdes,  puis  de\iennent  spbérjques  au  terme  de  leuj' 
croissance.  A  ce  moment,  le  macrogamèle,  qui  atteint  12^^',  distend  consi- 
dérablement la  cellule  en  refoulant  et  conq)rimanl  le  noyau  dans  la  partie 
basale  {fig.  3).  Son  cytoplasma  granuleux  esl  cbargé  de  corps  cliroma- 
loïdes  spbériqnes  ou  arcjués,  cpielquefois  sous  forme  de  fiUiments  parallèles. 
Le  noyau  est  centrai  avec  un  gros  katyosome.  Au  moment  de  la  féconda- 
tion qui  semble  s'ellectuer  alors  que  le  parasite  esl  encore  dans  la  cellule- 
hôte,  le  noyau  s'élire  et  vient  au  contact  de  la  surface  {fig.  4)-  Anssiiôl 
après,  le  macrogamète  subir  une  contraction  et  devient  ovoïde  en  jnêmc 
temps  qu'il  sécrète  une  épaisse  paroi,  sauf  au  pôle  supérieur  (correspondant 
au  plateau  de  la  cellule)  où  celte  paroi  se  rétracte,  limiianl  un  assez  large 
orifice  autour  duquel  elle  se  replie  en  foiuiHut  un  bourrelet  circulait  e  qui 
bordei-a  le  goulot  de  l'ookyste  {fig.  5).  Ce  goulot  n'apparaissanl,  av<'c  la 
paroi,  qu'après  la  fécondatioti,  ne  peut  donc  être  interprété  comme  un 
micropyle. 

Ainsi  formés,  les  ookystes,  abandonnant  les  débris  de  la  cellule-bote, 
tombent  dans  la  cavité  intestinale  pour  être  exj)ulsés  à  l'extérieur:  ils 
mesurent  en  moyenne  i[\'  sur  ii^^.  Leur  paroi  épaisse  apparaît  ponctuée  à 
un  foi't  grossissement  et  cette  ponctuation  est  l'expression  de  fins  cana- 
licules  qui  la  traversent  {Jîg.  9).  In  vùo  leur  contenu  est  granuleux,  jau- 
nâtre avec  un  espace  clair  central  correspondant  au  noyau.  La  maturation 
de  ces  ookystes  est  longue  (environ  i5  jours  à  18")  et  difficile  à  obtenir, 
car  beaucoup  d'entre  eux  sont  la  proie  des  bactéries  qui  trouvent,  sans 
dont",  au  niveau  dn  goulot,  une  zone  de  moindre  résistance  facilitant  leur 
pénétration.  Au  cours  de  la  maturation,  on  voit  d'abord  le  contenu  se 
contracter  en  une  masse  sporogène  spbérique,  que  deux  divisions  succes- 
sives transforment  bientôt  en  quatre  sporoblastes  également  sphériques. 
Puis,  cbacun  des  sporobla-tes  s'allonge  pour  donner  une  spore  ovoïde. 
Ainsi  se  forment  quatre  spores  remplissant  toute  la  cavité  de  l'ookyste  sans 
masse  résiduelle.  Au  pôle  antérieur,  sous  le  goulot,  se  voit  souvent  un 
petit  corpuscule  brillant,  déjà  signalé  par  Labbé  cbez  L\  roscovieiise  (fig-  6  ). 

La  s[)ore  de  9'^'  sur  5'^-,  à  paroi  lisse  et  à  pôles  semblables,  renferme  dans 


SÉANCE   DU   3   JANVIER    1922.  77 

sa  cavité  deux  sporozoïtfts  avec  un  petit  reliquat  granuleux  central  (/?»•.  8). 
Dans  nos  vieilles  cultures,  nous  avons  observé  un  C(>rlain  nombre  d'ookysles 
vides.  Le  goulot  avait  subi  une  légère  dévaginalion  (fig.*-;),  ce  qui  nous 
porte  à  penser  qu'il  représente  l'orifice  par  lequel  les  spores  doivent  nor- 
malement s'écbapper  de  leur  o  )kyste,  peut-être  sous  racfKJU  d  une  ])ression 
interne  provoquée  par  des  [»li(''nomènes  d"absor|)lion  qui  se  manifesleraient 
dans,  lestomac  d'un  nouvel  bote,  grâce  aux  fins  canalicules  dont  la  paroi 
ookyslique  est  ciiblée. 

DiAGNOSE.  —  Ci.  .hirrina  n.  g.  Goccidie  Eimeridœ  de  la  sous-famille  des 
Eimerinœ  (ookystes  à  quatre  spores  dizoïques)  à  ookystc  ovoïde  muni  d'un 
goulot  à  l'un  des  pôles  et  à  paroi  ponctuée. 

/.  paludosa  n.  sp.  Ookyste  de  i4''-i5î^x  11''  mûrissant  en  dehors  de 
l'hôte  et  donnant  sans  reliquat  kystal  quatre  spores  dizoïques  ovoïdes  bicu- 
niques  de  <^^'-  sur  5''  avec  uu  pelit  reliquat  sporal  granuleux  cenli'al. 

Habilat  :  Intestin  doiseauxde  marais;  /^M/?'crtr/;/*<2  (Dauphitié,  Camargue, 
Tunisie):  Gaflijiu/a c/iloropiis  {Dduplnné). 


PATHOLOGIE.   —  Sut^  an  cas  de  moniliase  bronchique. 
\oie  de  MM.  A.  ÎSartory  el  L.  Moixson,  présentée  par  M.  Guignard. 

Kn  juin  dernier,  nous  i-olions  des  expectorations  d'un  malade  suspect  de 
tub'^rculose  pulmonaire  un  cbainpignon  du  genre  Monilia.  Aucun  autre 
facleui-  éliologique,  tel  que  le  bicille  de  la  tuberculose.  n'a\a.t  pu  être  mis 
en  évidence  dans  les  crachats. 

Syrnptomatologic.  —  C'est  en  mai  dernier  que  l'un  de  nous  fut  appelé  en  consul- 
tation auprès  de  M.  V...,  38  ans,  ingénieur  des  iMines,  ayant  résidé  à  Paris.  Le  malade 
présente  à  ce  moment  de  la  toux  avec  expectoration  sanguine:  il  manque  d'appétit  et 
paraît  amaigri.  L'éxulutlon  ressemble  beaucoup  à  celle  de  la  phtisie  ou  de  la  broncho- 
pneumonie.  Le  début  date  de  deux  mois.  A  l'examen  physique  on  trouve  des  râles 
très  nets,  du  souffle  bronchique  avec  absence  complète  de  murmure  vésiculaire;  de  la 
crépitation,  des  frottements  pleuraux  et,  plus  tard,  des  signes  de  sclérose  pulmonaire', 
l'as  d'hémoptysie,  mais  gène  respiratoire  intense.  C"e-l  à  ce  moment  que  nous  edec- 
tuons  l'examen  bactériologique  des  crachais.  L'examen  du  sang  du  malade  ne  révèle 
rien  et  l'examen  des  urines  ne  pro.-ente  aucun  intérêt. 

Description  du  champignon  isolé.  —  Sur  les  préparations  fraîches,  il  se  présente 
sous  ibrme  de  cellules  arrondies  et  parfois  ovales,  mesurant  de  !\\>- k  6V-.0.  Certaines 
(le  ces  cellules  ressemblent  à  une  toupie.  Kous  n'avons  jamais  rencontré  de  filaments 
nivcéliens  dans  les  e\pectora lions. 

Ciilli/re  du  champignon.  —  11  se  cultive  fort  bien  sur  la  gélose  or»iinaire,  il  pré- 


^8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

fère  cependant  la  gélose  mallosée  de  Sabouraud.  où  il  donne  une  grosse  saillie 
arrondie  très  nette,  d'un  blanc  opaque. 

Sur  gélatine  ordinaire  ou  glucosée,  il  végète  bien  en  donnant  des  cultures  du\e- 
teuses,  épaisses  et  saillantes,  d'un  blanc  très  pur.  Il  ne  liquéfie  la  gélatine  à  aucun 
moment;  sur  carotte,  banane,  décoction  de  fruits  gélatinée  ou  gélosée,  la  culture  est 
assez  luxuriante. 

Le  sérum  coagulé  est  un  mauvais  milieu:  il  }•  pousse  néanmoins  sans  provoquer  la 
liquéfaction. 

La  pomme  de  terre,  le  topinambour,  sont  des  milieux  peu  fa\orables  à  la  culture 
du  champignon. 

Coractères  hioclnniicjues.  —  Le  champignon  se  colore  bien  par  les  couleurs  ordi- 
naires d'aniline;  le  colorant  de  choix  cependant  est  le  bleu  lactique,  et  surtout  le 
colorant  triple  de  (ruéguen,  qui  nous  permet  de  déceler  quelques  guttules  de  graisses 
dans  les  formes  ovales  et  arrondies.  Il  reste  coloré  par  la  méthode  de  Gram. 

Il  dégage  de  l'acide  et  des  gaz  dans  les  milieux  à  base  de  glucose,  lévulose  et  mal- 
tose,  mais  pas  dans  les  milieux  à  base  de  galactose,  lactose,  saccharose,  raffiuose,  dex- 
trine  et  in^iline.  Il  ne  liquéfie  pas  l'empois  d'amidon. 

Inoculation.  —  L'inoculation  aux  cobayes  de  crachats  frais  (trois  expériences) 
contenant  des  spores  du  champignon  a  donné  des  résultats  négatif»*.  Des  inoculations 
sous-cutanées,  intrapéritonéales  et  intraveineuses  ont  été  faites  chez  le  lapin  avec  des 
cultures  pures  du  champignon  isolé.  Chaque  inoculation  était  faite  avec  un  fragment 
de  culture  de  !\^  heures  dans  a*"™'  de  sétum  physiologique  et  agité  pendant  une  demi- 
heure  de  tfranière  à  bien  mélanger  tous  les  éléments. 

L'injection  sous-cutanée  fut  négative. 

L'injection  intrapéritonéale  s'accompagna  d'une  forte  température  jiendant  trois 
jours  et  l'animal  maigrit  de  3538  (poids  initial  de  l'animal  :  17.50^). 

L'injection  intraveineuse  détermina,  chez  un  animal  du  poids  de  :i''s,i25.  une 
mycose  généralisée;  l'animal  mourut  au  bout  du  douzième  jour  avec  un  amaigrisse- 
ment de  5 10°. 

L'autopsie  révèle  les  caractéristiques  suivantes  : 

Poumons  très  congestionnés  avec  marques  ecchvmotiques.  lieins  très  gros  et  par- 
semés sur  toute  leur  surface  de  petits  abcès  miliaires.  Foie  très  gros.  Rate  et  intestins 
normaux. 

Des  coupes  de  poumons  et  de  reins  coloi  es  révèlent  la  présence  du  parasite.  L'ense- 
mencement des  divers  organes  (poumon,  rein  et  foie)  laites  dans  du  liquide  de  Raulin 
ordinaire  sont  positives. 

L'agi^lutination  est  positive  au  p.'^;  la  réaction  df-  Bordet-Gengou  est  négative. 

Trctilemenl  du  malade.  —  Nous  ;jvons  commencé  le  traitement  par  l'iode  injectable 
(huile  iodée)  dès  le  diagnostic  posé  (injections  intramusculaires  dans  la  région  fes- 
sière  de  2'''"^  injectés  tous  les  deux  jours  jusqu'à  concurrence  de  /|0  piqûres). 

Depuis  le  mois  d'octobre,  le  malade  ne  tousse  plus,  n'a  plus  de  fièvre;  nous  le  con- 
sidérons comme  cliniqnement  guéri.  L'examen  bactériologique  des  crachats  ne  révèle 
plus  la  présence  de  Monilia. 

Vm  résumé,  nous  nous  trouvons  en  présence  d'un  cas^de  moniliaso  bron- 


SÉANCE   DU   6   JANVIER    I922.  79 

chique  (lécrilc  pour  la  première  fois  en  1903  à  Ceylan  par  Castellani  et 
trouvé  aussi  récemment  en  France  et  en  Italie  par  Pinoy  et  lacono.  Plu- 
sieurs espèces  de  champignons  du  genre  Monilia  sont  susceptibles  de  pro- 
voquer cette  affection  parfois  très  grave 

Dans  le  cas  que  nous  décrivons,  Tag^nt  semble  bien  être  le  MoniJui 
Piuoyi,  [^""examen  du  champignon  en  culture  cellulaire  nous  a  permis  de  le 
ranger  dans  le  groupe  des  Monilia.  De  plus,  grâce  à  Tamabilité  de  M.  ÏNayeb 
Farah,  nou^  avons  pu  l'identifier  et  reconnaître  en  lui  le  Monilia  Pinovi, 
Castellaui,  1910. 

MÉDE^[XE.        Sur  un  .signe  auditif  de  spécificité. 
Note  (  ')  de  MM.  Rousselot  et  A.  Marie,  présentée  par  M.  d'Arsonval, 

Une  étude  attentive  et  prolongée  de  l'oreille  ne  devait  manquer  de 
mettre  en  évidence  le  retentissement  que  peu\ent  avoir  sur  cet  organe  cer- 
tains vices  du  sang. 

Lacunes  auditives  sont  souvent  synonymes  d'infections. 

Un  cas  de  paludisme  très  net  a  mis  sur  la  voie  il  y  a  plu^  de  20  ans. 
D'autres  et  de  diverses  natures  ont  suivi.  Mais  la  syphilis  a  donné  la  preuve 
de  lésions  caractéristiques  presque  constantes. 

Aussi  cette  Note  ne  vise-t-elle  que  les  syphilitiques  atteints  de  syphilis 
neurotrope  ancienne  surtout,  et  parfois  certains  jeunes  sourds  hérédo- 
syphilitiques  qui  ignorent  la  cause  de  leur  mal  et  qui  en  sont  innocents. 

Le  signe  est  celui-ci. 

Intégrité  de  l'audition  pour  les  notes  aigui's  jusqu'aux  environs  de 
'2000  vibrations  doubles;  diminution  progressive  au-dessous,  si  bien  que, 
pour  un  fort  diapason  de  224  vibrations  doubles,  le  déficit  est  considérable 
et  que  pour  64  vibrations  doubles  il  est  presque  complet. 

Ce  n'est  pas  à  dire  que  tout  syphilitique  soit  sourd  ou  voué  fatalement 
lui-même  à  la  surdité.  Mais  si  l'on  rencontre  un  sourd  qui  réalise  le  tableau 
ci-dessus,  il  y  a  lieu  de  se  défier. 

Ce  syndrome  auditif  paraît  aussi  caractéristique  et  pathognomonique, 
d'après  notre  expérience  de  ces  dix  dernièies  années,  que  certaines  lésions 
du  fond  d'œil  pour  les  oculistes. 

Il  nous  a  permis  d'annoncer  presque  à  coup  sûr  le  Wassermann  positif 
que  les  contrôles  dé  l'Institut  Pasteur  ont  permis  de  déterminer  en  com- 
plète confirmation  des  constatations  acoustiques. 

(')  Séance  du  •^.7  décembre  192  i. 


L.^  L 1 3  R  ^ 


8o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

PHOTOCHIMIE.  —  Elude  speclrographique  du  dédira f^e  du platinocyanuîe  de 
harywn  dans  r (^ffet  Villard.  Note  (')  de  MM.  A.  Zimmerx  et  M.  ^axa.v^s, 
préseiilée  par  M.  d'Arsonval. 

On  sait  que  les  éci-ans  lliiorescents  ayant  subi  l'cU'et  Yillard  (brunisse- 
ment de  ce  sel  sous  l'action  des  rayons  X)  peuvent  revenir  à  Tétat  primitif 
par  Texposition  à  la  lumière  dilTusc.  Ce  phénomène  a  été  attribué  par 
certains  auteurs  à  une  déshydratation,  par  d'antrps  à  une  transformation 
moléculaire  du  sel  avec  passaii^e  d'une  forme  isomère  à  une  autre.  11  nous  a 
paru  intéressant  de  rechercher  quelles  étaient  dans  le  spectre  lumineux  les 
radiations  d'où  relève  celte  réo:énération.  A  cet  effet  nous  avons  exposé  une 
bande  de  platinocyanure  de  b;iryum  ayant  subi  préalablement  Faction 
des  rayons  X  au  delà  de  la  teinte  B  de  l'étalon  dosimélrique  en  usage  en 
radiothérapie,  à  l'action  de  l'arc  électrique. 

On  constate  que  le  dévirage  n'apparaît,  même  après  plusieurs  heures 
d'exposition,  que  dans  des  régions  parfEitemenl  déterminées  sous  la  forme 
de  bandes  perceptibles  déjà  au  bout  de  très  peu  de  temps,  aux  intensités 
employées,  par  leurs  limites  assez  franches.  Nous  en  avons  jusqu'à  présent 
compté  quatre.  Il  s'ensuit  que  les  radiations  susceptibles  de  détruire  l'effet 
Villard  semblent  se  répartir  en  quatre  bandes  principales,  de  largeur 
très  voisine,  la  plus  basse  située  entièrement  dans  l'infrarouge  et  débutant 
à  la  limite  du  rouge  visible,  une  seconde  dans  le  vert  jaune,  une  troisième 
dans  le  bleu,  et  une  dernière  enlîn,  plus  lente  à   venir,   dans  l'ultraviolet. 

(')  Séance  du  2-  décembre  1921. 

La  séance  est  levée  à  i(3  heures  et  quart. 

A.  Lx. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉÀNCK    DU    LUNDI    î)   JANVIER    lî)22. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  i'Mii.i:  HKIITIX. 


MÉMOIRES  ET  COM\IU\ICATIOîVS 

DES    MKMIîIlKS    ET    DES    GOKIiESlM  )M»  VXTS    DE    L'ACVDÉMIE. 

M.  Emile  Picard,  en  déposant  sur  le  hurean  les  Comptes  rendus  des 
séances  de  la  sixième  Conférence  générale  des  Poids  et  Mesures,  s'exprime 
comme  il  suit  : 

Je  présente  ce  Volume  rendant  compte  des  travaux  de  la  sixicnie  Confé- 
rence générale  des  Poids  et  Mesures.  Déjà,  dans  la  séance  de  rAcadémie,  du 
3  octobre  dernier,  en  publiant  le  discours  d'ouverture  que  j'ai  prononcé 
comme  président  de  la  Conférence.  j\ai  fait  connaître  le  programme  des 
travaux  de  celle-ci.  Toutes  les  mesures  proposées  ont  été  adoptées,  et  la 
réunion  du  mois  de  septembre  marqueca  une  date  dans  rhistoire  du  Bureau 
international  des  Poids  et  Mesures.  L'extension  graduelle  des  attributions 
du  Bureau  est  un  fait  d'une  haute  importance;  elle  commencera  par  l'étude 
des  unités  électriques. 

La  première  séance  de  la  Conférence  s'est  tenue  à  Paris  au  Ministère  des 
Affaires  étrangères;  les  antres  séances  ont  en  lieu  au  Pavillon  de  Breteuii, 
à  Sèvres. 


M.  Émii.e  Picard  présente  en  ces  termes  une  brochure  intitulée  :  J.e 
Principe  de  reladvilé  et  ses  applications  à  f  Astronomie  : 

Dans  la  séance  du  2^  octolire  dernier,  j'ai  eu  l'occasion  de  faire  allusion 
à  un  article  sur  la  relativité,  que  j'avais  écrit  pour  V Annuaire  du  Bureau  des 
Longitudes  de  1922.  C'est  un  exemplaire  de  cette  petite  brochure  que  je 
dépose  sur  le  bureau.  On  y  trouvera  un  exposé  très  succinct  de  la  théorie 
présentée  en  vue  de  ses  applications  à  l'Astronomie,  d'un  caractère  plutôt 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  2.)  " 


82  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Iiislorique  que  critique.  J'insiste  cependant  sur  quelques  points  essentiels 
jouant  un  rôle  important  dans  l'établissement  de  la  théorie.  L'un  d'eux  est 
la  question  capitale  de  la  mesure  du  temps.  Ne  pouvant  dire  a  priori  ce  que 
c'est  que  le  temps,  il  faut  se  borner  à  le  mesurer.  Si  l'on  refuse  d'entrer 
dans  les  vues  d'Einstein  sur  le  mode  de  mesure,  et  si  l'on  n'admet  pas 
I  interprétation  que  donnent  les  relativistes  de  l'expérience  de  Michelson,  la 
théorie  manque  de  base. 

Il  m'est  impossible  pour  le  moment  de  prendre  parti  dans  les  discussions 
sur  la  relativité,  qui,  je  crois,  continueront  encore  longtemps.  Les  opinions 
à  ce  sujet  peuvent  dépendre  grandement  du  point  de  vue  où  l'on  se  place, 
quant  à  l'objet  des  théories  physiques.  D'ailleurs  aucune  théorie  ne  semble 
donner  actuellement  d'explication  entièrement  satisfaisante  de  certains 
phénomènes  électriques  et  optiques. 


NOMOGRAPHIE.  —  Sur  la  genèse  et  l'èlal  actuel  de  la  science  des  abaques. 
Note  de  M.  Ch.  Lallemand. 

Un  grand  nombre  de  problèmes  pratiques,  ressortissant  aux  sciences  les 
plus  diverses,  réclament  l'application  répétée  des  mêmes  formules  et 
obligent  ainsi  à  des  calculs  pénibles  et  sujets  à  erreurs.  Pour  simplifier  ces 
calculs,  les  techniciens,  pendant  longtemps,  n'ont  eu  à  leur  disposition 
que  deux  moyens  :  les  machines  (arithmomètres,  intégromètres,  plani- 
mètres,  règles  à  calculs,  etc.),  solution  souvent  coûteuse  et  d'ailleurs  fré- 
quemment irréalisable,  et,  d'autre  part,  les  t'ahles  numériques,  de  construc- 
tion généralement  longue  et  fastidieuse,  mais  surtout  peu  pratique  lorsque 
le  nombre  des  entrées  dépasse  deux.  Ln  procédé  nouveau  et  infiniment 
plus  fécond,  celui  des  Tables  graphiques  ou  Abaques,  donnant  une  représen- 
tation plane  de  relations  entre  plusieurs  variables,  a  fail  son  apparition  il  y 
a  un  peu  plus  d'un  siècle.  Depuis  1790,  date  où  Pouchet  traçait  des  hyper- 
boles d'égale  cote  sur  une  table  de  Pylhagore,  cette  nouvelle  science,  grâce 
aux  travaux  de  savants  pour  la  plupart  français,  a  réalisé  d'énormes 
[progrès,  dont  je  me  propose  de  donner  une  idée  somniaire,  en  renvoyant 
pour  les  détails,  au  Traité  de  Nomographie  (2*^  édition)  de  M.  d'Ocagne,  et 
au  récent  Traité  des  Abaques  de  M.  R.  Soreau  (  '),  le  document  le  plus 
considérable  et  le  plus  complet  publié  sur  la  matière. 

l.  Jusqu'à   1884,  à  de  très  rares  exceptions  près,  les  abaques  sont  con- 

(')  OuM-age  en  deux  \olumes  (Etienne  Chiron,  éditeur),  Paris,  1921. 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  1922.  83 

stitués  par  un  canevas  de  verticales  et  d'horizontales  celées,  à  travers 
lequel  passe  un  faisceau  de  courbes^  cotées  elles  aussi.  Ce  mode  de  repré- 
sentation, qui  rappelle  celui  d'une  surface  topographique  par  ses  courbes  de 
niveau,  s'applique  à  toute  relation  entre  3  variables,  si  compliquée  soit-elle. 
Dès  1843,  en  remplaçant,  sous  le  nom  de  coordonnées  graduées^  les  variables 
primitives  par  des  fonctions  auxiliaires,  convenablement  choisies,  de 
celles-ci,  Lalanne  avait,  pour  quelques  équations  de  type  simple,  réussi  à 
transformer  également  en  un  groupe  de  lignes  droites  les  courbes  du  troi- 
sième faisceau  :  il  donna  le  nom  (V anamorphose  géométrique  k  cette  transfor- 
mation dont,  4o  ans  plus  tard,  un  savant  belge,  Massau,  devait,  le  premier, 
envisager  la  généralisation  pour  trois  faisceaux  de  droites  quelconques. 

2.  En  1884,  M.  d'Ocagne,  faisant  une  très  heureuse  application  des 
théories  de  Chasles  sur  les  ligures  corrélatives  et  sur  l'homographie,  trans- 
forme, à  son  tour,  en  abaques  à  points  alignés  et  à  3  échelles,  les  abaques  à 
entre-croisement,  à  3  faisceaux  de  droites;  il  donne,  en  outre,  à  l'ensemble, 
une  disposition  favorable  à  la  précision.  Mais,  pas  plus  les  uns  que  les 
autres,  ces  abaques  ne  traduisent  encore  des  relations  à  plus  de  3  variables. 

3.  En  i883,  préoccupé  de  simplifier  les  calculs  du  Nivellement  général 
de  la  France,  j'avais,  par  l'emploi  combiné  de  deux  règles  très  simples, 
dites  de  V addition  et  de  la  nudtiplicalion  graphiques^  réussi  à  créer,  sous  le 
nom  à^ Abaques  hexagonaux,  la  première  méthode  générale  de  représentation 
graphique  d\ine  équation  à  un  nombre  quelconque  de  variables  ('),  satisfai- 
sant à  la  seule  condition  de  pouvoir,  directement,  ou  après  anamorphose, 
être  séparées,  par  groupes  de  deux  au  plus,  dans  une  somme  de  produits 
de  fonctions,  telle  que 

* 

-/if^ï-n  Vi).A(^'f2,  }\)f>{x.i,y.,)..  .=--0. 

Chacun  des  groupes  est  représenté  par  une  échelle  dite  linéaire,  binaire, 
ternaire,  quaternaire,  etc.,  selon  qu'il  renferme  i,  2.  3,  4?  •••  variables. 

L'échelle  linéaire  est  une  simple  droite,  divisée  d'après  le  principe  des 
coordonnées  graduées.  Véchelle  binaire,  dont'  l'idée  première  est  due  à 
M.  E.  Prévôt,  l'un  de  mes  collaborateurs,  présente,  spontanément  ou  après 
anamorphose  graphique,  deux  cours  de  lignes,  droites  autant  que  possible, 
ayant  pour  cotes  les  valeurs  des  deux  variables  en  cause.  En  combi- 
nant, par  voie  de  multiplication  graphique,  une  échelle  linéaire  avec  une 

(')  La  brochure  contenant  Texposé  de  la  méthode  n'a  paru  qu'en  i8S5. 


84  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

échelle  binaire,  on  obtient  une  échetle  ternaire  (  '  ).  \\n  associant  de  même 
deux  échelles  binaires,  on  a  une  échelle  quaternaire^  etc.  Toutes  ces  échelles 
sont  orientées  parallèlement  aux  diamètres  d'un  hexagone  régulier.  Pour 
consulter  l'abaque,  on  emploie  un  indicateur  hexagonal,  mobile  et  trans- 
parent, dont  les  trois  diamètres  gravés,  dits  index,  sont  dispos(''s  normale- 
ment aux  échelles.  L'indicateur  restant  ainsi  orienté,  on  le  fait  glisser  de 
manière  à  amener  successivement  sous  les  index  toutes  les  données  du  pro- 
blème. Le  résultat  se  lit  sur  la  dernière  échelle,  à  sa  rencontre  avec  Findex 
correspondaiil . 

Ces  règles  générales  comportent  des  variantes  adaptées  à  certains  cas  par- 
ticuliers. Ainsi,  parfois,  on  accole  simplement  l'une  à  l'autre  deux  échelles 
binaires,  ou  bien  l'on  remplace  une  échelle  binaire  fixe  par  une  échelle 
linéaire,  graduée  suivant  les  valeurs  de  l'une  des  variables  et  successivement 
orientée  d'après  les  valeurs  de  la  seconde  (-). 

D'autres  fois,  la  formule  à  traduire  s'accroît,  dans  certains  cas,  d'un  terme 
supplémentaire;  on  le  représente  alors  par  une  échelle  additionnelle  ('), 
formée  de  bandes  courbes  cotées.  La  cote  de  la  bande  où  tombe  le  centre  de 
l'indicateur  exprime,  le  cas  échéant^  la  valeur  correspondante  de  l'appoint. 

D'autres  fois  eitcore,  on  élimine  par  voie  graphique,  des  variables  auxi- 
liaires impossibles  à  faire  disparaître  algébriquement  ('). 

4.  Postérieurement,  M.  d'Ocagne  de  son  côté,  par  l'emploi,  séparé  ou 
combiné,  des  deux  artifices  suivants,  a  étendu  à  des  formules  à  plus  de  trois 
variables  l'application  de  sa  méthode  des  points  alignés. 

Le  premier  de  ces  artifices,  exposé  en  1891,  consiste  à  substituer  à  une 
échelle  de  points  cotés  un  réseau  de  points  à  deux  cotes,  formé  par  deux 
faisceaux  de  courbes.  Sauf  dans  le  cas  particulier  dit  de^i points  condensés,  la 
droite  d'aligm^ment  passe  à  travers  ce  réseau,  comme  le  fait  un  des  index  de 
l'indicateur  dans  un  abaque  hexagonal  avec  échelle  binaire.  Chose  curieuse, 
le  premier  aba([ue  de  ce  type  est  l'abaque  à  quatre  variables  que,  d'après 
des  considérations  particulières  et  pour  représenter  la  loi  de  l'écoulement 


(')  Comme  spécimen,  voir  dans  le  Traité  de  M.  Soreau  {op.  cit.,  t.  2,  p.  iS':. 
abaque  126)  l'abaque  Iiexagonal  donnant,  pour  un  navire,  la  dévialion  du  compas. 

(-)  Voir  dans  N  iv  elle  ment  de  haute  précision  (a^"  édition)  par  Ch.  Lallemand,  p.  49" 
(Cil.  Béranger,  éditeur,  Paris,  1912),  un  exetnple  d'abaque  à  échelles  pivotantes. 

(^)  Voir  un  exemple  dans  le   Traité  de  M.  d'Ocagne  (  r<^  édition,  p.  aSi,   ^\%.   12G). 

(')  Gomme  evemple  d'élimination  graphique ,  voir  dd^n?,  Nivellement^  eic..,  op.  cit.. 
p.  'iO(),  l'abaque   Isexagoral  de  l'cri-eur  de  réfraction. 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  1922.  85; 

(le  l'eàii  dans  les  canaux  ('  ),  (ranguillet  et  Kutter  ont  construit,  dès  1869, 
soit  plus  de  20  ans  avant  la  naissance  de  la  remarquable  ihéorie  due  à 
M.  d'Ocagne  et  dont  il  a  fait,  dans  toutes  les  branches  de  la  Science,  dos 
applicatio-ns  nombreuses  et  variées.  Cette  théorie  a  été,  en  outre,  enrichie 
par  lui  de  diverses  notions,  comme  celles  des  valeurs  crili(juc<;  el  des  points 
critiques,  auxquels  M.  Soreau  a  d'ailleurs  substitué,  j)Our  l'ordre  noniogra- 
phique  3,  la  considération  plus  générale  despoinls  nodaur. 

Le  second  procédé  consiste  à  décomposer  l'équation  proposée  en  un 
système  d'équations  à  trois  variables,  dont  les  aba<{ues  puissent  s'accoler 
deux  à  deux,  comme  dans  certains  abaques  hexagonaux.  C'est  aussi  en 
combinant  deux  échelles  binaires  que  M.  Soreau  a  imaginé  les  points  à  trois 
cotes,  dont  son  Traité  donne,  semble-t-il.  le  premier  exemple  (-). 

Si  la  méthode  des  abaques  hexagonaux  permet  de  repi'ésenter  des  équa- 
tions fort  compliquées  (comme  celle  déjà  citée  de  la  déviation  du  compas, 
impossible  d'ailleurs  à  traduire  plus  simplement  en  points  alignés),  elle  a 
parfois  l'inconvénient  (que  peut,  en  ce  même  cas,  ne  pas  présenter  celle  des 
points  aUgnés)  d'exiger  l'introduction  d'une  même  variable  dans  deux 
échelles  distinctes.  Tel  est,  par  exemple,  le  cas  pour  la  formule  générale 
cosa -- cosè  cosc -h  siuZ>  sine  cosA,  représentable  par  un  aba(|ue  à  points 
alignés  formé  de  deux  échelles  rectilignes  «,  A,  et  d'un  réseau  de  points  à 
deux  cotes  b  et  c,  tandis  qu'un  abaque  hexagonal  eût  nécessité  deux  échelles 
binaires  en  b  et  <?. 

5.  L'un  des  procédés  permettant  de  représenter  graphiquement  certaines 
éfjuations  à  n  variables  consiste  à  les  décomposer  en  équations  à  trois 
variables,  qui  constituent  autant  d'éléments  fondamentaux.  M.  Soreau 
montre  que  les  é({uations  de  la  forme  F,o=:  G;,,  (où  i,  2,  3  et  4  désignent 
quatre  variables  5,,  To,  ^3  et  5,)  peuvent  aussi  jouer  ce  rôle  et  que,  en  dimi- 
nuant le  nombre  des  lis;nes  de  pivot,  l'emploi  d'abaques  composants  à  double 
alignement  parallèle  simplifie  heureusement  la  cooslrucliou  et  l'architecture 
de  l'assemblage  :  tel  son  abaque  de  la  formule  de  Sarrau  donnant  la  vitesse 
initiale  d'un  projectile  ('  ).  M.  Soreau  a  également  iîuagiué,  pour  les  équa- 
tions du  typeiy„=  o(rt  désignant  une  variables,,),  un  autre  type  d'abaques, 
d'un  principe  très  ingénieux,  avec  graduations  placées,  deux  à  deux,  sur  des 


(^)   Voir  dans  le  Traité  àe  M.  Soreau.  op.  cit..  p.  1129,  Abaque  99,  la  reproduction 
de  cet  abaque,  légèrement  transformé  pour  en  diminuer  rencombrenienl. 
(^)   Voir  Tome  2,  page  162.  Abaque  1*27. 
(^)    Traite  des  .àbarjues,  t.  1,  p.  388,  Abaque  88. 


8^6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

circonférences  concenlriques,  qui  servent,  en  oulre,  de  lignes  de  pivots; 
ceux-ci  ne  sortent  ainsi  jamais  des  limites  de  l'épure  ('  ). 

Pour  les  équations  E,o.,  =  o,  susceptibles  d'anamorphose,  l'homographie 
et  la  corrélation  sont  simultanément  synthétisées  par  la  mise  de  la  proposée 
sV)US  la  forme  d'un  déterminant  de  disjonction  : 


co 


Etendant  le  bénéfice  de  cette  propriété  aux  équations  F,,,  =  (îj,,,  suscep- 
tibles d'être  représentées  par  deux  abaques  à  double  alignement  concourant 
sur  une  droite,  M.  Soreau  donne  une  théorie  générale  basée  sur  la  réduction 
de  ces  équations  aux  formes  équivalentes 


.r.        r. 

t. 

/.      ,.". 

/'. 

A    ^. 

A, 

Ji        O-i 

/'. 

y-  -y 


.A 


I', 


X. 

1. 

z. 

y- 

/. 

S'\ 

o 

ih 

.h 

i'i 

(> 

/'. 

A 

O-i 

S-^ 

Ih 

A 

A''4 

t4 

/'v 

Lk  première  de  ces  formes  (oiVles  notations  x,  y,  ...  indiquent  symbo- 
liquement les  coordonnées  définissant  les  échelles  cotées)  caractérise  le 
double  alignement  concourant;  la  seconde,  le  double  alignement  parallèle. 

(>.  Le  problème  analytique  fondamental  de  la  Nomographie  est  celui  de 
l'anhmorphose  des  équations  \l^^^  =  o,  c'est-à-dire  de  leur  réduclion  aii 
déterminant  (i)  ci-dessus,  ou  à  des  formes  équivalentes.  Abordé  par 
Lalanne  pour  quelques  équations  de  typ<'S  simph's,  ce  problème  est 
lôiriglcmps  resté  slationnaire.  En  1871,  de  Saint-Robèrt  a  exposé  une 
méthode  pour  réduire,  quand  cela  est  possible,  une  équation  quelconque 
E,  2:1  =  o  à  la  forme  :  /'  -^  /.,  -f-/,,  =  o. 

La  réduction  à  la  forme  cariêsicnne  gëiiéraie  :  f^  g.^  -+-  /.,  +/".{  =  o,  n'a  été 
réalisée  que  beaucoup  plus  tard  :  en  1884,  par  Massau,  à  l'aide  de  quatre 
intégralions;  en  1886,  par  M.  Lecornu,  à  l'aide  de  trois;  dépuis,  M.  Soreau 
a  donné  une  solution  par  deux  intégrations,  et  M.  Gronwall  une  solution 
sans  quadrature,  m^is  par  des  substitutions  pénibles. 

Le  cas  général,  consistant  à  mettre  l'équation  ]\..j  ==  o  sous  la  l'orme  : 

|/«,  ,^',M  /';;  I  —  o  («  =  I,2,3), 


(')  A  titre  d'evemple,  voir  AJDaque  90  {Traité  des  Abatjues^  t.  1,'  p.  SgS). 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  1922.  87 

n'a  été  résolu  qu'en  i9i2parM.  Gronwall,  dont  la  savante  méthode  aboulil  à 
des  équations  aux  dérivées  partielles  très  compliquées.  L'exposé  peut  en  être 
beaucoup  simplifié  grâce  à  l'important  théorème  qui  suit,  dû  à  M.  Soreau  : 
«  Si  Ton  ne  considère  pas  comme  distinctes  les  anamorphoses  donnant  lieu 
à  des  abaques  homograpbiques,  une  équation  £,03  =  0  ne  peut  admettre 
qu'une  anamorphose,  sauf  dans  le  cas  (résolu  par  de  Saint-Robert)  où  elle 
en  admet  une  infinité.  » 

7.  En  pratique,  la  solution  du  problème  général  de  l'anamorphose  se 
simplifie  du  fait  ([ue  les  variables  sont  ou  peuvent  être  aisément  séparées 
dans  la  presque  totalité  des  équations  de  la  Technique,  lorsque  celles-ci 
sont  anamorphosables.  La  classification  vraie  de  ces  équations  et  de  leurs 
abaques  est  basc-e  sur  Vord/r  no mo graphique  réel,  notion  lumineuse  due  à 
M.  Soreau.  Considérant  l'équation 


qui  contient  deux  fonctions  de  z.,,  par  exemple  {^  et  f^,  M.  Soreau  dit 

qu'elle  est  d'ordre  2  en  z,^,  el  que  cet  ordre  est  apparent  ou  réel  suivant 
([u'elle  est  ou  non  réductible  à  la  forme  <I>,,93  +  ^',0  =  o,  laquelle  est  dite 
d'ordre  i  en  ^3.  Il  appelle  ordre  nomographiqne  la  somme  des  ordres  en  5,, 
z.^  et  S3  :  cet  ordre  n'est  réel  que  si  tous  les  ordres  partiels  le  sont. 

Pour  anamorphoser  l'équation  (2),  M.  Clark  ('),  reprenant  une  méthode 

F  C 

inaugurée    par    Massau,    posait  :    x  =  -j^]  yz--^-,    puis    il   éliminait  z^ 

et  z.,  entre  ces  é([uations.  S'il  obtenait  deux  équations  de  la  forme  : 
xf'2-^ySi  -h  /i2r=o\  xf^  +yg,  +  A,  =0;  l'anamorphose (t)  était réaUsée. 
De  cette  règle,  il  avait  cru  pouvoir  déduire  le  critérium  suivant  :  «  L'équa- 
tion (2)  est,  ou  non,  anamorphosable  par  voie  algébri(jue  suivant  <|ue 
l'élimination  donne,  ou  non,  deux  équations  linéaires  en  x  et  y.  »  Par  une 
analyse  très  fouillée,  M.  Soreau,. précisant  l'exacte  portée  du  critérium, 
démontre  ([u'il  n'est  pas  applicable  dans  deux  cas  :  i"  lorsque  l'ordre  2 
en  :;.j  n'est  qu'apparent;  2°  lorsque  la  proposée  devient  anamorphosable  par 
la  règle  de  l'élimination,  après  qu'on  y  a  incorporé  un  facteur  anamor- 
phosant  :  chose  possible  seulement  quand  il  existe,  entre  /,,  «3,  /?.,,  une 
relation  homogène  du   1%  du  Z''  ou  du  4^  degré. 


(')  On  doil  également  à  M.  Clark  la  lliéorie  générale  des  abaques  coniques  à  points 
alignés,  dont  M.  d'Ocagne,  antérieurement  et  pour  le  cas  particulier  du  fruit  inté- 
rieur d'un  mur  de  soutènement,  avait  donné  un  élégant  exemple. 


88  AÊADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Considérons  les  éf|nations  où  F,o,  G,.,  H,o  sont  des  fonctions  linéaires 
et  homog-ènes,  d'une  part  en  /', ,  A',  »/'n  d'autre  part  en  /.,,  ^'^j  ^'2'^  elles  sont, 
par  suite,  à  variables  séparées,  d'ordre  réel  total,  3,  4,  5  ou  6.  M.  Soreau  a 
établi  la  proposition  suivante,  précisant  le  lien  étroit  (|ui  existe  entre  l'ordre 
réel  des  écjuations  et  leur  représentation  par  abacjues  :  «  Toute  équation 
d'ordre  3  comporte  une  infinité  d'anamorphoses,  algébriques  et  transcen- 
dantes. Toute  équation  d'ordre  4  en  comporte  une  seule,  (|ui  est  algébrique. 
Toute  é([iiation  d'ordre  5  ou  6  né  comporte  qu'exceptionnellement  une 
anamorphose,  et  une  seule,  qui  est  algébri(|ue.  »  Anamorphoses  en  nombre 
infini,  anamorphose  uni(|ue,  ou  exceptionnelle,  telles  sont  donc  les  carac- 
téristiques de  l'ordre  3,  de  l'ordre  4  et  dés  ordres  5  et  6.  Ce  beau  théo- 
rème ruinait  l'éventualité,  jus(|u'alors  envisagée,  de  réussir  par  voie  trans- 
cendante, comme  pour  l'ordre  3,  l'anamorphose  des  équations,  d'ordre  5 
ou  6,  rebelles  à  la  règle  de  l'élimination  :  si  cet  ordre  est  réel,  la  proposée 
ne  saurait  alors  être  anamorphosée  ([ue  dans  le  cas  singulier  où  elle  admet 
un  facteur  anamorphosant,  le((uel  est  algébri(|ue. 

Ce  bref  exposé  suffit  à  montrer  le  rôle  important  qu'a  pris  la  Nomographie 
parmi  les  sciences  appli(|uées.  L'heure  est  venue,  semble-t-il,  de  lui  donner, 
dans  l'enseignement  technique,  la  place  légitime  qu'elle  mérite. 


M.  P.  Appell  fail  hommage  à  l'Académie  d'une  brochure  intitulée  : 
Comité  inlcrnatioTicd  des  Poids  et  Mesures.  Procès-verbaux  des  séances.  Session 
de  192 1 . 


M.  Cil. -Ed.  Guillaume  fait  homuiage  d'une  brochure  intitulée  :  Les 
récents  progrès  du  système  métrique.  Ra[)port  présenté  à  la  sixième  Confé- 
rence générale  des  Poids  et  Mesures. 


M.  Evni.E  ScHwoERER  présente  à  l'Académie  un  travail  sui'  la  détermina- 
tion de  l'équation  séculaire  de  lu  Terre  dans  la  théorie  d  Arrhénius.  Il  r<''sulte 
de  ses  calculs,  pour  l'augmcnlalion  de  la  longitude  A,  le  siècle  étant  pris 
pour  unité, 

n  est  le  nombre  de  siècles  écoulés. 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  I922.  89 


ELECT101\S. 


Pai- la  majorité  absolue  des  suffrages,  MM.  E,  Roux,  Tu.  Schlœsing, 
L.  Maqlexne,  E.  Leclainche,  p.  Yiala,  L.  Linoet,  irieuibres  de  la  Section 
d'Economie  rurale,  sout  désignés  pour  faire  partie  du  Conseil  d'adminis- 
tration d(,'  Ylnslitul  des  recherches  agronomiques  organisé  par  Décret  du 
2G  d(''cemb[e  i()2i . 


CORRESPOIVDAIVCE. 


M.  Raoul  Rayeux  adresse  un  Rapport  sur  l'emploi  qu'il  a  (ait  de  la 
subvention  accordée  en  1910  sur  le  Fonds  Bonaparte. 

M.  le  Secrétaiue  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1°  Jean  Villey.  Physique  élémentaire  et  théories  modernes.  Molécules  et 
atomes.  États  d'équilibre  et  mouvements  de  la  matière. 

2°  J.  BouGAULT  et  H.  Hérissey.  Notice  sur  la  vie  et  les  travaux  d' Emile 
B ourquelot  {i\  \wm  i85i — 26  janvier  1921). 

3°  J.  PoiRÉE.  Précis  d' Arithmétique . 

4"  M"""  Phisalix.  Animaux  venimeux  et  venins.  (Présenté  [)ar  M.  L. 
Bouvier.) 

5°  PoiNCET.  Turbines  à  vipeur.  (Présenté  par  M.  1^.  Lecornu.) 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.   —   5///'  une  classe  de  fonctions  croissantes. 
ISote  de  M.  Théodore  Varopoulos. 

1.  Envisageons  une  classe  de  fonctions  [J.(^)  positives  croissantes  indéfi- 
niment avec  X.  mais  moins  vile  que  x  et  considérons  une  fonction  v{x) 
décroissante  quelconque  et  un  nombre  G  positif  plus  grand  de  l'unité. 

Supposons  que  l'on  ail,  à  partir  d'une  certaine  valeur  de  x^:^x^^.  Vmv- 

galité 

,u.  [  j:-  +  V  (  a?  )  ]  >  61 .  /JL  (  J,-  ) . 


90  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Nous  posons 
alors  nous  aurons  les  inégalités  suivantes  : 


et  en  multipliant 

-        /a(a-„)>5>.(.ro), 
et,  puisque  la  fonction  [J-(x)  croît  moins  vile  que^,  on  en  di-duit 

a  étant  un  certain  nombre  positif. 
Les  relations  (i)  nous  donnent 

,r„  1=  ,370  +  V (  J"o )  +  '> ( -a^i  )  +  •  •  •  -+-  ■>  ( ^'^n    -.  )' 

(Toù 

parce  que  la  fonction  v(j?)  est  décroissante. 
Alors 

a  [,370  +  '^■'■'  (  -^'o  )]  >  ^"  F  (  -fo  ) , 

ce  qui  est  impossible  puisque  le  rapport 

tend  vers  l'infini  avec  n. 

Nous  arrivons  donc  à  la  conclusion  suivante  : 

TriF.ORKMP:.  —   Pour  toute  fonction  U'(x)  croissant  moins  vite  que  a\  nous 

aurons  l'inégalité 

lx[x^v{.r)]<:0.iJ.{x), 

vérifiée  constamment  à  partir  d'une  valeur  de  Xj  0  étant  un  nombre  supérieur 
de  V unité  quelconque  et  v(cc)  une  fonction  décroissante  quelconque. 


■séan:ce  du  9  janvier  19-22.  9» 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  -  Sur  le  produit  de  Laplace  relnlif  à  cer- 
tains hypercylindres.  Note  de  M.  Pierke  Humbert,  présentée  par 
M.  Appell. 

On  sait  ([Lie,  dans  l'espace  ordinaire,  lo  produit  de  Laplace  relatif  à  un 
cylindre  ayant  pour  base  une  ellipse  ou  une  hyperbole  s'exprime  au  moyen 
de  lafonctionc^«(s)  dite  (c  de  Mathieu  »  ou  «  du  cylindre  el!ipti.[ue  ».  Cette 
fonction,  solution  périodi.|ue  et  paire  de  l'équation  différentielle 

se  réduit,  pour  X-  =  o,  à  cosnz  et  vérifie  aussi  l'équalion  intégrale  homo- 
gène       . 

(,)  y[z)-='l.j'    e-^'"'^^">-'y{indu. 

Dans  l'espace  à  quatre  dimensions,  nous  pouvons  considérer  le  change- 
ment de  variables 

a-— a    siru/  sinecoso,  v  =  a  sin  «  sln  ç' sln  9, 

z  z=  ai  cos  a  cos  r,  ^  =  t^ 

qui  introduit  des  hvpercylindres  parallèles  à  l'axe  des  t,  ayant  pour  base 
dans  l'espace  des  jljz  des  hyperboloïdes  (ou,  avec  une  modification  insignr- 
iiante  des  ellipsoïdes)  de  révolution.  L'équalion  de  Laplace  AU  =  o  pourra 
être  véritiée  par  le  produit 

la  fonction  ^"  étant  solution  de  ré([ualion  aux  dérivées  partielles 
v;-v      â-^y     ,  X    ,    '^^' 

c  9  ^)  h  (  2  u  -h  I  )  col  «  — - 

_  (  2  ,j.  ^_\  )  cot  r  -—  H-  A'  Cl-  ( cos^  a  —  cos-  c)  V  =  o. 

a.  Si  l'on  cherche  à  mellre  V  s.ms  la  forme  du  produit  d'une  fonction 
de  «  par  une  fonction  de  <',  on  sera  amené  à  considérer  des  fonctions  nou- 
velles satisfaisant  à  l'équation  différentielle 

y"  _^_  2  (■  coizr'  +  {a  +  /.-  cos-;)  v  =  o. 

Les  solutions  périodiques  et  paires,  que  l'on  pourrait  appeler  Jonctions 


92  AC^A.DÉMIE    DES    SCIENCES. 

de  Mathieu  d'oi-dre  supérieur^  se  réduiront,  pour  k  =  o,  au   polynôme   de 
Gegenbauer  (J)'(cosî),  et  v('Tiiieront  l'équation  intégrale 

(3)  y{z)—li     e'""''"""^in-''uy(ii)du. 

b.  Si  l'on  veut  au  contraire  que  V  soit  une  véritable  fonction  de  deux 
vari  ibles,  on  pourra  la  considérer  comme  un  cas  très  particulier  des  fonc- 
tions M  (m,  e)  vérifiant  le  système 

i  ^  ^^  ,        ,     '^'^^         V  '^^^       u  àM        ^,       ,,       ,      ,, 

[  -r—. col  1/  col  (' ; 1-  A  col  i( h  B  col  «'  — f-  (  C  +  />•-  cos-  m  )  M  =  o, 

\i  (Jii-  (Jaav  du  ôv 

f  -5-^      -  col  a  colr  - — ■ h  A'  colc h  B  col« h  (  C  +  /.-  cos-r)M  =  <•. 

V    or-  Ou  (Jv  Ov  Ou        ^  ' 

La  propriété  analo^nie  aux  équations  intég-rales  (i)  ou.("^)  est  la  suivante  : 
une  relation  telle, que 

M{u,  ç)  =  l  /     e'-^ '■"■^ « '■»* ?  +  '^'^^ '•'•"« -^^  N ( p ,  cr )  ? i n  ,0  si n  cr i/o  do- 

existe  entre  une  solution  M(u^  c),  périodique  et  paire  en  u  et  r,  du  sys- 
tème (4)  et  une  solution  N(p,  ct),  périodique  en  p,  a,  du  système    ' 

à-^  (9-N  ,  ON  ON 

—-r  —  colpcoto-- — -  +  (,:>  —  A)colp- (1  —  B)colcr-— 

Op-  "^  dp  Oa       ^  'dp  07 

+  (G  +  A  +  B  — 2  +  A:-^cos-p)i\  =  0, 

<^'-  N  a^  N        , .,       »  ,  <?N  ^N 

-y-r  —  cotp  cot(7-T — ^  +  (3  —A')  coter- h  (i  —  B')  coto— - 

'/<7-  dp  On       ^  â(J  '   ^p 

+  (C'+ A'+B'—  :î  +  /.-'cos-o-lN  =0. 


(5) 


Lorsque  certaines  relations  existent  entre  les  constantes  A,  B,  ...,  les 
équations  (4)  se  réduisent  pour/-  =  o  aux  équations  d'une  fonction  hyper- 
géométrique  du  type  F,.  En  particulier,  m  et  n  étant  des  entiers,  si  l'on 
prend  A  =-71,  B=m-hi,  A' =- m,  B'.==//+i,  et  si,  pour  /•  =  o, 
C  et  C  sont  respectivement  égaux  à 

(  /«  +  I  )  (  m  +  /i  -t-  1  )     el     (  //  +  1  )  (  //«  -h  /<  +  I  ) . 

le  système  (4)  se  réduit  pour  /•  =  o  au  système  vérifié  par  les  poly- 
nômes xD,„n{cosu,  cosr)  d'Hcrmitc,  généralisation  de  la  fonction  cosnx.  Il 
existe  alors  des  solutions  périodiques  de  (4)  se  réduisant  pour  /,  =  o  à 
'^'\i.n(  cos  II,  cos^);  ce  sont  donc  des  généralisations  très  directes,  à  deux 
variables,  de  la   fonction  ce„(z),   et  on  les  pourrait  appeler  fondions   de 


SÉANCE    DU    9    JAjVVIER    I(;,22.  93- 

Mathieu  à  deux  variables.  Il  est  alors  très  intéressant  de  noter  que.  dans 
ce  cas,  lé  système  (5)  devient  pour  /==  o  identique  à  celui  que  vérifie  le 
polynôme  associé  'vV/,»(cosp.  cosc7). 


ANALYSE  MATllÉMATlQLilî.  —  Sur  un  tableau  normal  relatif  aux  surfaces 
unilatérales.  ?Sote  de  M.  Gustave  Dumas,  présentée  par  M.  Paul  Appell. 

Dans  une  première  Note  (')  dont  les  résultats  seront  développés  par 
Ms  Jules  Chuard,  les  tableaux  de  Poincaré  ont  été  introduits.  Une 
Note  (-)  subséquente  a  fait  usage  de  considérations  qui  s'y  rattachent.  Celle 
d'aujourd'hui  doit  conduire  à  un  «  tableau  normal  »  permettant  de 
caractériser,  mieux  que  des  a  formes  Tiormales  y> ,  les  surfaces  unilatéiales  au 
point  de  vue  topologique. 

Soit  T  une  surface  unilatérale  fermée  satisfaisant  aux  conditions  que  Ton 
sait  de  régularité.  On  peut,  d^une  manière  trop  sommaire,  puisqu'il 
s'agirait  encore  de  distinguer  entre  homologies  avec  ou  sans  division,  faire 
une  classification  des  contours  fermés  d'un  seul  tenant  situés  sur  T.  Ces 
contours  peuvent  être  simples  ou  composés  et  lorsqu'on  les  parcourt  dans 
leur  totalité,  être  respectivement,  ou  i"  bilatéraux  et  homologues  à  zéro,  . 
OLi  2"  unilatéraux  et  homologues  à  zéro,  ou  encore  3"  bilatéraux  et  non 
homologues  à  zéro,  ou  4"  unilatéraux  et  non  homologues  à  zéro. 

Les  contours  des  deux  premiers  types  «  forment  frontière  »  sur  T. 

Il  n'en  est  pas  de  même  de  ceux  qui  rentrent  dans  les  deux  derniers  et 
que  Ton  peut,  à  cause  de  cela,  désigner  respectivement  sous  les  noms  de 
cycles  (le  première  et  de  deuxième  espèce. 

Lne  surface  de  caractéristic|ue  égale  à  —  i,  le  plan  projectif  par  exemple, 
ne  contient  aucun  cycle  de  première  ou  de  deuxième  espèce,  mais  contient, 
entre  autres,  des  contours  fermés  appartenant  au  second  type,  Thomologie 
(''tant  sans  division. 

ï  peut  toujours  être  triangulée  en  une  surface  polyédrale  II  susceptible, 
après  les  coupures  nécessaires,  d'être  étalée  sur  un  plan,  de  manière  à  y 
former  un  domaine  simplement  connexe  D,  elliptique  si  l'on  veut,  et  décom- 
pose'' à  partir  d'un  point  intérieur  O  en  un  nombre  pair  de  triangles.  Ce 

(*)  G.  Dumas  et  J.  Chuard,  Sur  les  homologies  de.  P(iiicaré  {Coni/t(S  rendus, 
t.  171,  1920,  p.  1 1 13). 

(-)  G.  Dumas,  Sur  les  contours  d'encadrement  [Comptes  rendus^  t.  \1'1,  1921, 
p.  1221  ;  voir  aussi  p.  1627). 


g4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

domaine  D  dont  les  faces  et  les  arêtes  sont  supposées  orientées  par  des  indi- 
catrices convenablement  choisies,  peut  être  considéré  comme  constituan't 
en  fait  le  polyèdre  II.. 

Soit  A  la  caractéristique  de  II,  et  C,,  Co,  ...,  C^  les  contours  de  ses 
Y  faces.  L'égalité 

(I)  2^'""'-'^' 

définit  sur  II  un  contour  2X  d'un  seul  tenantet  composé  d'un  ou  de  plusieurs 
contours  fermés  simples,  bilatéraux  ou  unilatéraux. 

Ce  contour  donne  lieu  ainsi  à  une  homologie  sans  division.  Il  peut 
appartenir  aussi  bien  au  premier  qu'au  deuxième  des  types  signalés  plus 
haut. 

Soient,  d'autre  part,  avec  c  =  A-i-i,  F, ,  F^,  . . . ,  Fp,  A  4- i  cycles  de 
deuxième  espèce,  homologiquement  indépendants,  et  composés  chacun  de 
deux  arêtes  passant  par  O.  Leur  existence  peut  être  établie.  Le  contour 
bien  déterminé 

P  T 

(2)  2E=:2\4-y  (zéro)r,  — Vc, 

/  =  1  /  =  1 

est  un  contour  cVencadremcni  composé,  d'un  côté  des  seules  arêtes  entrant 
dans  X  parcourues  chacune  exactement  deux  fois  dans  le  même  sens  et,  de 
l'autre,  des  arêtes  appartenant  aux  F/  parcourues  chacune  exactement  une 
fois  dans  un  sens  et  une  fois  dans  le  sens  opposé. 

Posons  encore 

p 

(3)  2Y  =  -2\— Vcir,. 

/  =  1 

Le  tableau  normal  de  T  sera  constitué  au  moyen  du  tableau  B,  faces- 
arètes,  de  Poincaré,  auquel  on  adjoindra  A  +  i  colonnes  relatives  aux  F/  et 
une  colonne  relative  à  2Y.  Ces  colonnes  supplémentaires  ne  contiendront 
que  des  zéros,  des  2  et  des  —  2,  les  éléments  difTc'rents  de  zéro  correspondant 
aux  arêtes  de  F^-  et  à  celles  de  2  Y. 

La  somme  des  éléments  de  chaque  ligne  sera  nulle,  car  en  tenant  compte 
de  (1)  et  (3),  on  a 

T  p 

Si  deux  surfaces  unilatérales  ont  même  caractéristique  A,  leurs  tableaux 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  1922.  g5 

normaux   seront,  pour  ainsi  dire,  identiques  et  elles  seront,  en  outre,  à 
cause  de  (2)  homéomorphes. 

\u  tableau  normal,  on  pourra  faire  correspondre  dans  le  plan  diffé- 
rentes formes  normales. 

La  forme  normale  de  MM.  Dehn  et  Heegaard  (')  n'est  [)as  plane.  On  la 
retrouverait  en  donnant  aux  arêtes  du  contour  2E,  une  largeur  aussi  petite 
que  Ton  veut,  mais  appréciable. 

La  formule  (2),  que  2  fil  puisse  parcourir  ou  non  d'un  seul  trait,  établit 
une  correspondance  univoque  et  réciproque  en  général  entre  T  et  une  por- 
tion du  plan  en  forme  de  «  roue  «  dont  O  serait  le  centre  et  les  arêtes  des  L,  les 
rayons.  Cette  correspondance  mérite  d'être  étudiée.  Rien  cependant  ne 
])eut,  à  cause  des  orientations,  remplacer  le  tableau  normal. 

On  peut  aussi  attribuer  à  la  «  roue  »  plusieurs  feuillets  reliant  ses  diverses 
parties  entre  elles. 

La  formule  (4)  est  susceptible  d'une  interprétation  géométrique  qui 
conduirait,  sans  doute,  à  la  proposition  de  M.  Alexander  (-),  d'après 
laquelle  toute  surface  unilatérale  fermée  peut  être  ramenée  à  une  surface 
plane  limitée  par  A  4-  2  cercles  provenant  de  contours  fermés  unilatéraux 
(cii'cles  arising  from  one-sided  cuts). 

Comme  enfin  des  contours  d'encadrement,  autres  que  2E,  existent 
sur  T,  il  y  aura,  pour  toute  surface  unilatérale,  plusieurs  tableaux  normaux. 
Les  surfaces  l)ilatérales  en  admettent  aussi.  Ces  divers  tableaux,  mutatis 
mutandis^  pourront  s'obtenir,  de  la  même  manière,  après  avoir  étendu  sur 
un  plan  l'ensemble  des  faces  du  polyèdre  correspondant  à  la  surface  })ar 
triangulation. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  5///'  Ics  fonctions  définies  par  des  séries  de 
/raclions  rationnelles .  Note  de  M.  Arxaud  Dexjov,  transmise  par 
M.  Emile  Borel. 

M.  WollT  a  démontré  dans  une  communication  toute  récente  (19  dé- 
cembre 1921)  que,  si  une  fonction /(:;)  est  holomorplie  à  l'intérieur  d'un 
contour  C  et  sur  ce  contour,  elle  est  identique,  à  l'intérieur  de  C,  à  la 

(')  E ncyclopddie  der  math.  \\  issenschaften  {Analysis  situs^  l.  3,,  fasc.  t. 
p.  1S9). 

(^)  J.-\V.  Alexander,  iS  or  mal  f omis  for  one  and  twoisided  surfaces  \^Annah  of 
MaUiematics  (Princeton  Universily),  1^  série,  t.  16.  p.  161]. 


qC)  ACADÉMIE    DES    SCIENCES, 

somme  «l'une  série  du  lype 

(l)  ^ 


c  —  a„ 


OÙ  les  A„  et  les  a„  sont  indé|)enclaiits  de  z,  la  série  |  A„|  élanl  de  plus  abso- 
lument coni'erg-entc  et  les  points  a„,  tous  extérieurs  à  G,  possédant  pour 
ensemble  dérivé  la  courbe  G  elle-même. 

On  |)eut  encore  |>réciser  le  résultai  précédent.  Il  r.st  loisible  de  choisir  /es  y.,^ 

i_  - 
indépendants  de/,  de  manière  que  |A„|<f'~"'    '"  ^'avec  lim£„=0j.   Bien 

entendu,  la  série  (i)  ne  comprendra  pas  les  termes  en  nombre  fini,  corres- 
pondant aux  y.„  où /n'est  pas  bolomorphe. 

De  plus,  la  série  et  toutes  les  séries  dérivées  convergent  absolument,  en  tout 
point  distinct  des  a,,.  La  convergence  a  lieu  uniformément  à  l'intérieur  de  C 
ET  SUR  G,  respectivement  iwrs  f(z),  /'(z),  . . . . 

Enfin,  si /est  bolomorphe  à  Tintérieur  d'un  contour  G'  contenant  G,  et 
aussi  sur  G',  on  peut  encore  choisir  les  a„  indépendants  de  /,  possédant  pour 
ensemble  dérivé  la  réunion  de  G  et  C ,  et  de  façon  que  :  1°  \A„\a  la  même 
limitation  que  ci-dessus ',  ■2''  la  série  (i)  et  toutes  les  séries  dérivées  convergent 
absolument  et  uniformément  d'une  part  vers  f  et  ses  dérivées  sur  (J!  et  à  l'inté- 
rieur de  G,  d'' auti^e part  vers  o  hors  de  G'  et  sur  G'. 

Indiquons  par  exemple  la  répartition  des  a„.  p  étant  un  entier  positif, 
négatif  ou  nul,  soit  G/,une  courbe  simple,  si  tuée  à  i'inl(''iieui' de  (y,  et  contenant 
à  son  intérieur  G^^^.,  et  G.  En  outre  C^  tend  vers  (  \  si  p  croît,  et  vers  G'  si  p 
décroît.  Soit  h  un  nombre  de  valeur  quelconque  conq)rise  par  exem])le 
entre  —  et  10.  Supposons  qu'il  existe  une  suite  de  nombres  positifs  Op  infé- 
rieurs à  e"',  et  tels  que,  si  z^,  est  quelconque  sur  C^  el  :?,/  sur  G^  {p  <  q ), 
la  plus  courte  distance  de  z^  à  C,,  et  celle  de  z,f  à  C,,  soient  égales  à 
h^Op  -{-. .  .-\-  0^-,),  la  même  formule  valant  ])0ur /?  —  —  ^d  ou  pour  ^  =  4-  ce 
si  G,  est  G  et  si  G_^  est  G'.  Enfin  la  longueur  de  G^,  est  h  L. 

Plaçons  sur  G^,  le,  poinls  cip  tels  que  la  distance  de  deux  points  a^,  consé- 
cutifs soit  égale  au  plus  petit  des  deux  nombres 

—  liab  Op\o^-^  Op     et     — y^«6  0/,_  1  log~' 0/,_i, 

a  étant  déterminé  par  les  limites  de  variation  de  h,  et  b  élanl  arbitraire, 
mais  inférieur  à  i,  et.  comme  a,  positif,  indépendant  de/?,  de  G  el  de  G'. 
Les  y-a  ne  sont  autres  que  les  a^.  ()n  prendra,  par  exemple, 

0-'  =^  /,p\og-p, 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  I922.  97 

k  étant  indépendant  de/).  La  détermination  des  A„  se  tait  selon  la  règle 
donnée  par  M.  Wolff. 

Il  suit  de  la  seconde  proposition  qu'avec  la  même  décroissance  minima 
pour  les  I  A„  |.  oji  peut,  étant  donnée  une  infinité  de  régions  a)„  deux  à  deux- 
distinctes  et  convenablement  réparties^  former  une  série  (i)  convergeant 
dans  w„  vers  une  fonction  g„fn(^)^  7«  étant  indépendant  de  z  et  y„  étant 
donné  avec  n  indifféremment .  La  convergence  de  la  série  et  de  toutes  les 
séries  dérivées  est  uniforme  sur  tous  les  co„  et  leurs  contours. 

Ainsi  la  soiiiniey(  ;)  de  la  série  (i)  n'est  pas  monogène,  même  si 

i  étant  positif  et  fixe. 

Traçons  un  cercle  yJi)  de  centre  a,,  et  de  ravon     ,  "  ,    •  Sur  une  droite 

'    ^    ^  '  ^         n  log-/« 

ne  rencontrant  aucun  des  cercles  précédents,  la  dérivée  p^"^^""  de  la  série  (i)  a 
son  module  maximum  M,,  limité  par  i  - p^'^'r)  (lims^,  =  0).  Pour  que, 
indépendamment  de  la  répartition  des  a„,  la  suite  v-^ly^  soit  moins  crois- 
sante que  ^/jlogyj  ou  ^/^logyologo/?,  ...  (voir  ma  Note  du  19  décem- 
bre 1921  et  celle  de  M.  Borel  en  date  du  27  décembre),  la  condition 
jA„|<^e~''"  ne  suffil  pas.  Il  faut  atteindre  la  décroissance  même,  utilisée 
par  M.  Borel,  où  le  dernier  exposant  n  est  remplacé  par  /z''^°' (a  ^  o)  ou 
par  7ilog'"^*«,  ....  De  ce  point  de  vue,  on  ne  trouve  pas  de  vraisemblance  à 
la  possibilité  d'étendre  la  théorie  de  la  monogénéité  de  M.  Borel,  avec  des 
coefficients  A„  nettement  moins  décroissants. 

Considérons  une  suite  de  fonctions /(-s), y, (^),  ...,  fp{^)^  ...  définies 
sur  un  ensemble  E  formé  par  une  double  infinité  de  droites  partout  denses, 
respectivement  parallèles  à  deux  directions.  (Ces  droites  peuvent  être  rem- 
placées par  un  réseau  de  courbes  analytiques.)  Supposons  que,  en  tout 
point  'C  de  E,  fpÇC)  soit  la  dérivée  de  f,_t(z)  quand  ::  tend  vers  'C  sans 
quitter  un  ensemble  E("C)  qui  contient  les  deux  droites  de  E  se  croisant  en  'Ç 
et  dont  le  complémentaire  ne  renferme  aucune  ligne  continue  aboutissant 
en  Z.  Si  enlin,  sur  toute  droite  D  de  E,  on  a  v'|/),(s)|  <^  a~',  la  série  a^,  étant 
divergente,  il  sera  impossible  que  f  soit  nul  sur  un  arc  continu  quelconque 
sans  être  nul  sur  tout  E. 

Ce  résultat,  où  intervient  la  considération  de  toutes  les  dérivées  de /(:?), 
somme  de  la  série  (i),  n'exige  aucune  hypothèse  sur  la  mesure  du  complé- 
mentaire de  E.  Au  contraire,  si  l'on  suppose  :  1°  que  le  complémentaire 
de  E  peut  être  enfermé  dans  une  famille  de  cercles  gn{î-)  de  ravons  res- 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  17 i,  N°  2.)  7 


9^  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

'  peclifsce"""  ;  2^  qu'il  en  est  de  mêine  du  eomplémenlaire  de  E('C),  £  variant 
^ 'alors  avfec  'C  et  /^,  de  faijôn  que  son  rappoi't  à  la  diètanfce  du  ceutrë  tlè  gj^^s.) 
à  t  tende  vers  zéro  quand  n  croît,  //  sif//It  alors  cV  hypothèses  siw  C  existence 
et  la  limitation  (e«  particulier  la  continuité)  de  f  et  de  f^  aux  points  '(  de  E, 
pour  pouvoir  conclure  à  V existence  des  dérivées  f^,  de  tout  ordre  et  à  la  mono- 
génèité  de  f. 

C'est  le  résultat  de  M.  Bore!,  reposant  sur  la  considération  d'ensembles 
exceptionnels  de  mesure  «   extrêmement  nulle   ». 

GÉOVIÉTRIE  INFINITÉSIMALE.  ~  Surfaces  et  variétés  de  translation  de  Sophus 
Lie.  Note  de  M.  IÎertraxd  Ga.mbier,  présentée  par  M.  Goursat. 

1.  Sophus  Lie  a  déterminé  dans  l'espace  à  trois  dimensions  toutes  les  sur- 
faces susceptibles  de  deux  ou  plusieurs  modes  de  j^énération  au  titre  de 
surfaces  de  translation;  il  a  montré  (jue  son  procédé  /je//^  se  généraliser 
dans  l'espace  à  plus  de  trois  dimensions.  Poincaré,  Darboux  ont  apporté 
leur  contribution  au  travail  de  Lie. 

Le  procédé  de  Sophus  iJe^  pour  //  ^  3,  ne  donne  pas  toutes  les  surfaces  de 
celte  espèce. 

2.  Pour  simplifier,  si  M(.r,  ....r„)  et  \{\x\...x\^)  sont  deux  points  de 
l'espace  à  n  dimensions,  leur  résultant  (M  -h  M')  sera  le  point 

Y''-  et  V!^  étant  deux  a  ariétés  â  a  et  ^3  diniensions  de  cet  espace,  leur  résul- 
tante V*+ VP  sera  la  variété  à  a  +  |^  dimensions  obtenue  en  composant 
deux  points  (juelcbnqucs  de  V*  et  V'',  elle  est  de  translation.  On  définira  de 
même  ^  * -h  V!^ -4- ... -hV',  où  l'on  suppose  a -f- [3 -t-*^... -h  a5  zr  —  i  ; 
j'éviterai  d'ailleurs  de  considérer  (  V^H-V"^) -h  V'^  H-  ...  h-V^,  où  deux  ou 
plusieurs  composantes  seraient  remplacées  par  leur  somme  eiïectuée; 
chaque  variété  de  translation  est  donc  décomposée  en  composantes  simples. 
En  général  la  décomposition  d'une  variété  de  translation  est  uni([ue.  Sinon, 
et  c'est  là  le  problème  de  Lie,  on  a  une  égalité  symboli([ue 

(1)  Vf--f-V5^+...  +  Vjî/— W*!  -f:W^^+...  +  W^;^' 

étant  bien  entendu  que*  chà'(|ue  composaiite  n'est  plus  de  translation  et 
que  :  ;  1 

ou  bien  les  composantes  du  premier  membrene  seretrouvent  pas  toutes 
au  second  ;  '  , 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  I922.  99 

OU  bien,  si  ce  fait  se  produit  et  si  M,,  Ma,  ...»  M^  sont  des  points  pris  au 
.hasai^^  ^^r  V, ,  ...,  Y^,  il  existe^i^n  autre  système  de  points  M',,  ^,  ...,,M' 
pris  respectivement  sur  V,,  ...,  Y^,  donnant  lieu  au  même  point  résultant 
que  le  premier  système.  Sophus  Lie  traite  le  problème  en  supposant  tous 
les  a  égaux  à  l'unité. 

3.  Je  considère,  par  exemple,  la  surface  de  Cayley,  retrouvée  par 
Sophus  Lie,  admettant  ce'  modes  de  génération  : 

(2)  j:=/, -H/.^,         y  =  t]^  /:,-^  2a,         ^  =  r' 4- ^J; -F  3a(/, -+- /,). 

Si  /(/:,),  9(^3)?  'X^O'  7,(^:i  )  ^^^^^  quatre  fonctions  arbitraires  de  /.j, 
j'obtiens  dans  l'espace  à  quatre  dimensions  la  surface 

qui  admet,  évidemmeni,  ce'  modes  de  génération  par  composantes  à  une 
dimension. 

Soient  de  mêm'e  deux  surfaces  quelconques  de  Sophus  Lie  dans  l'espace 
à  trois  dimensions,  d'équation  respective 

©(cT,,  jTo,  j:':j)  =  o  OU  ©1  (.i'i,  crj.  j:- ,;):=:  o. 

Les  formules 

(4)        Xi  =  j:-i,  X.,^  T.2,  X:,^=ir;.,  \i  =  j-;,  Xjrrrjjj,  X5  =:  .r,; 

définissent  dans  l'espace  à  six  dimensions  une  variété  à  quatre  dimensions  : 
si  chaque  surface  0  ou  6,  admet  seulement  deux  modes  de  génération, 
cette  variété  à  quatre  dimensions  admet  exactement  quatre  modes  de  géné- 
ration par  composantes  à  une  dimension;  elle  n'est  pas  cvlindrique;  elle 
n'est  pas  non  plus  contenue  dans  un  plan  à  cinq  dimensions;  celte  dernière 
propriété  appartiendrait,  au  contraire,  à  toute  variété  à  quatre  dimensions 
de  l'espace  à  six  dimensions  obtenue  par  le  procédé  de  Lie.  En  composant 
la  variété  (4)  avec  une  courbe  arbitraire  à  une  dimension,  nous  obtiendrions 
une  surface  à  cinq  dimensions  de  l'espace  à  six  dimensions,  admettant  aussi 
quatre  modes  distincts  de  génération. 

Il  serait  facile  de  classer  les  divers  types  obtenus  par  le  procédé  de  celte 
Note  qui  revient,  au  fond,  à  une  séparation  des  variables.  Dans  cette  sépa- 
ration on  devra  retrouver  au  moins  un  type  canonique  de  Lie. 

4.  Dans  l'espace  à  trois  dijinensions,  il  ne  peut  s'agir  que  de  surfaces 
ordinaires  engendrées  par  la  translation  d'une  courbe  ordinaire.  Dans 
l'espace  à  quatre  dimensions  on  peut  considérer  une  surface  à  trois  dimensions 
engendrée  par  la  translation  de  trois  courbes  à  un  paramètre  :  c'est  ce  qui  a 


lOO  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

('lé  fait  au  paragraphe  pn-cédeiit;  on  peut,  par  une  sccondo  g(''néralisation^ 
cônsid('rer  un»'  coin|)Osante  à  une  dimension  et  une  composante  à  deux 
dimensions.  Voici  un  exemple  très  simple  où  ç.  o,  ,[;  désignent  trois  para- 
mètres arbitraires:  c,  o'.  ^  trois  nouveaux  paramètres,  le  p  étant  commun 
aux  deux  groupes  : 

f    X,  =  COS'J  —  p  COS'b  =z  p  COS'l' — coso', 

,„^  )  Xo=sinca  —  o  sin 'i;  =r  ,o  sin  J;' — sino', 

(5)  <       "  .        i  >        ,  , 

X3=  '^-  ^=  'h'-  o', 

(   \i=  '       f(p)    =   J\o). 

Les  trois  premières  équations  s'obtiennent  en  coupant  deux  cercles 
concentriques  de  rayon  i  et  p  par  une  même  sécante,  leur  considération 
fournit  dans  l'espace  à  trois  dimensions  riiélicoïdc  minimum.  La  variété 
[pcos'l-,  p  sifi'-p,  '},/(p)J  n^est  pas  de  translation  si  /(p)  est  une  fonction 
quelconque  d.'  p;  par  exemple /(p)  =  y  H' — p'  conduit  à  considérer  la 
surface  de  l'espace  ordinaire  pcos'|.  psin'v);,  y'R^  —  p-)  qui  est  une  sphère 
et  par  suite  cette  fonction  donne  bien  une  surface  (X,,  X,,  Xj,  X^)  à  deux 
composantes  in(léc()m[)Osables.  Si  l'on  prend  an  contraire 

....  0 

/  (  0  )  =3  a  a rc  cos  -^ , 
i  k 

où  A,  a  sont  des  constantes,  on  obtient  une  surface  de  translation  à  trois 
composantes,  rentrant  dans  les  types  explicités  par  Lie. 

Le  procéd('  employé  ici  est  susceptible  de  généralisations  évidentes. 

5.  Bien  que  n'ayant  pas  explicité  les  diverses  variétés  que  j'indique^ 
l'illustre  §,ophus  Lie  semble  bien  avoir  prévu  leur  existence,  comme  Tindi- 
({uerait  cette  phrase  de  sa  Note  (  '  )  que  je  recopie  : 

((  Les  ^  équations  fonctionnelles  (^' =  I,  2, p) 

A/„,  (  ^,  )  -r- .  . .  +  A^..,,_,  (  t,._,  )  =1  -  A^.,/,  (  /^,  )  -  .  .  .  _  \,,,,p_,  (  !,,,_  ,  ) 

sont  satisfaites  quand  on  demande  f[ue  les  arguments  /,,  /o,  . .  .,  ty,_.,  soient 
liés  seulement  par/>  —  i  équations,  do/it  chacune  contienne  au  moins  p  argu- 
ments^ de  la  manière  la  («lus  générale  par  des  expressions  de  la  forme 

9,,  Oo,  ...,  9;,(-p)  désignant  p  intégrales  de  la  première  espèce  et  du 
genre  p.  » 

Les  tyj)es  obtenus  ici  ne  satisfont  pas  à  la  condition  que  j'ai  soulignée. 

(')  Comptes  rendus,  t.   II'i,  îSg^. 


SÉANCE    DU    9   JAWLER    192Î.  lOï 


ASTRONOMIE  PHYSIQUE.  —  Observation  (V une  étoile  anormah'  au  p/iolomètm 
liétèrochrome  de  V Observatoire  de  Paris.  Nol»^  de  MM.  Charles  IXordma.w 
et  Le  MonvAX. 

'  Au  cours  des  observations  systématiques  que  nous  poursuivons  au  moyen 
du  photomètre  hétérochrome  au  petit  équatorial  coudé  de  l'Observatoire, 
nous  avons  été  amenés  à  faire  porter  nos  mesures  sur  l'éloile  i3  Céphée 
(B.  D.  H-  3S°iÇ>i\\)  qui  présente  des  anomalies  tout  à  fait  singulières. 

Cette  étoile  appartient  au  type  spectral  A  (  étoiles  à  hydrogène)  d'après  les 
déterminations  de  Harvard,  mais  d'autre  part  elle  est  indiquée  comme  ayant 
une  coloration  jaunâtre  (couleur  WG -t-  dans  le  catalogue  de  Potsdara) 
alors  que  les  étoiles  appartenant  à  ce  type  spectral  sont  généralement  assez 
blanches.  Étant  donnés  l'incertitude  et  le  caractère  subjectif  des  appré- 
ciations des  couleurs  des  étoiles,  il  nous  a  paru  nécessaire  de  soumettre  cette 
4'toile  à  des  mesures  photométriques  faites  au  travers  des  écrans  colorés  de 
notre  appareil. 

Les  mesures  ont  été  poursuivies  pendant  les  nuits  des  i*"'",  3,  4j  ^  et  7  oc- 
tobre 192 1  dans  des  c<mditions  atmosphériques  favorables.  On  a  employé 
comme  étoiles  de  comparaison  la  Polaire  et  deux  étoiles  voisines  de  l'étoile 
considérée,  l'une  H.R.  8383  appartenant  au  type  spectral  Ma,  l'autre 
îl.R.  83;!)  appartenant  au  type  spectral  A.  toutes  deux  voisines  par  leur 
position  et  par  leur  éclat  de  l'étoile  considérée  i3  Céphi'e,  qui  est  indiquée 
dans  le  catalogue  de  Harvard  comme  ayant  la  grandeur  G. 01. 

Les  résultais  des  nombreuses  mesures  faites  sont  indiqués  dans  le 
Tableau  ci-dessous,  où  R,  V  et  1^  indiquent  respectivement,  d'après  l'en- 
semble des  déterminations  elTecluées,  la  valeur,  à  une  constante  près,  du 
logarithme  de  l'intensité  des  étoiles  désignées,  vues  respectivement  à  ira- 
vers  les  écrans  rouge,  vert  et  bleu  (antérieurement  déhnis)  du  photomètre 
hétérochrome. 


s'oni  de  1  (iloilr. 

F^ 

V. 

B. 

1;  —  H. 

ry  n; 

icné  à  la  Polai 

83 S3  \\J\.... 

.      '.475 

I  ,  766 

1-791 

0 , 3 1 G 

—=-0,370 

13  Cépliée  .  .  . 

•      0,899 

1,398. 

1 , 5 1 5 

..,61 G 

—  0.670 

8375  11.15.... 

ri ,  -  1  S 

1  .3iS 

i ,  565 

0.847 

-o,8()^ 

D'autre  par;,  les  comparaisons  failcs  avec  la  Poliiire  pendant -les  soirées 


102  '  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

d'observation  montrent  que,  si  l'on  adopte  pour  celle-ci  la  valeur 

T) 

logg  —  —  o,844 
que  nous  avons  utilisée  dans  toutes  nos  publications  antérieures,  on  obtient 

r> 

les  valeurs  ci-dessus  de  log^  pour  les  étoiles  considérées,  valeurs  qui  sont 
ainsi  comparables  à  celles  que  .nous  avons  publiées  antérieurement  pour 
un  certain  nombre  d'étoiles. 

Des  conséquences  remarquables  découlent  de  l'examen  des  nombres  pré- 
cédents.  Celles-ci  notamment  : 

1°  Tout  d'abord,  si  nous  considérons  les  deux  étoiles  de  comparaison 
utilisées  8385H.  R.  et  8373  H.  R.,  nous  voyons  que  les  répartitions  de 
l'intensité  dans  leurs  spectres  (et  les  températures  effectives  qu'on  en 
déduit)  correspondent  assez  bien  avec  leur  type  spectral  amsi  qu'il  ressort 
de  nos  déterminations  antérieures.  Celles-ci  nous  ont,  en  effet,  donne  pour 
les  étoiles  du   type   A   (voir  nos    mesures    sur    a  Andromède,   a   Lyre, 

Y  Lyre,  ...,  C.  7?.,  pa.ssim)  une  valeur  moyenne  de  logpr  voisine  de  —0,940 
et  qui  est  assez  peu  différente  de  la  valeur  \—  o,  898  trouvée  ci-dessus  pour 
rétoile  83^5  H.  R.  qui  appartient  au  type  spectral  A.  Pareillement,  nos 
déterminations  antérieures  nous  ont  donné,  pour  les  étoiles  du  type  Ma 
(voir  nos  mesures  sur  [51  Andromède,  \l  Gémeaux,  •/)  Gémeaux,  .  .  ., 
C.  li.y  passir/i),  une  valeur  moyenne  voisine  de  —  0,396  peu  différente  de 
la  valeur  — -îo,37o  tr0|Uvée  ci-dessus  pour  l'étoile  8383  H.  R.  qui  appartient 
à  ce  type  spectral.  I 

2^  L'étoile  i3  Cépbée  présente  au  contraire  dans  son  spectre,  considéré 
au  point  de  vue  photométrique,  une  anomalie  tout  à  fait  singulière.  La 

valeur  de   logrr  correspondant  à   cette  étoile   est  supérieure  à   la  valeur 

moyenne  de  logp- correspondant  à  son  type  spectral,  d'une  quantité  égale 

à  0,270  environ.  Cela  signifie  que  l'intensité  des  rayons  de  cette  étoile  vue 
à  travers  notre  écran  rouge  esl,  proportionnellement  à  son  intensité  vue  à 
travers  notre  écran  bleu,  lout  près  de  deux  fois  plus  grande  que  ne  le  com- 
porte le  type'spectral  de  cette  étoile. 

3°  Si  nous  exprimons  ces  rapports  d'intensités  dans  le  spectre  sous  la 
forme  de  «  températures  effectives  »,  au  moyen  de  la  loi  de  Planck.  nous 
voyons  que  la  température  ellective  de  l'étoile  i3  Céphée  est  d'en- 
viron SiSo"  absolus,  c'est-à-dire  nettement  inférieure  à  celle  du  Soleil  qui 


SÉANCE    DU    9    JANVIER    I'»'^^.  lo3 

est  une  étoile  du  lype  (i,  et  inférieure  aussi  à  celle  de  toutes  les  étoiles  du 
type  F,  et  d'un  grand  nombre  des  étoiles  du  type  Ivque  nous  avons  étudiées 
par  la  même  méthode  (*). 

4°  Quelle  peut  être  la  cause  de  cette  anomalie,  jusqu'ici  sans  précédent, 
qui  fait  qu'une  étoile  du  type  spectral  A  possède  une  intensité  lumineuse 
répartie  dans  son  spectre  de  telle  manière  que  les  rayons  les  plus  réfran- 
giblesysont  proportionnellement  moins  intenses  que  dans  toutes  les  étoiles 
jusqu'ici  étudiées,  non  seulement  du  type  A,  mais  aussi  des  types  F  et  (î, 
et  correspond  à  peu  près  à  la  répartition  de  l'intensité  dans  les  spectres  du 
lype  K,  c'est-à-dire  dans  les  étoiles  à  température  ell'ective  et  à  température 
photospliérique  relativement  basse?  Il  est  extrêmement  probable  que  la 
raison  de  cette  anomalie  singulière  doit  être  cherchée  dans  l'existence  d'une 
atmosphère  extrêmement  et  exceptionnellement  absorbante  qui  entoure 
l'étoile  considérée. 

L'un  de  nous  a  montré  en  elîet  récemment  (^ )  que  l'absorption  générale 
des  atmosphères  des  étoiles  décroit,  en  moyenne,  lorsqu'on  passe  des  étoiles 
solaires  aux  étoiles  des  types  F,  A  et  B  de  Harvard,  mais  qu'il  y  a  des  écarts 
individuels  à  cette  règle.  Nos  observations  de  li  Céphée  semblent  mettre 
en  évidence  un  exemple  tout  à  fait  remarquable  de  ces  écarts  individuels. 
Toutes  les  recherches  physiques  et  astrophysiques  récentes  tendent  à  établir 
que  le  type  spectral  d'une  étoile  ne  permet  de  classer  et  de  définir  au  point 
de  vue  thermique,  au  point  de  vue  du  rayonnement  quantitatif,  que  la 
mince  «  couche  renversante  »  où  se  produisent  les  raies  du  spectre  et  qui 
avoisine  la  photosphère.  Selon  que  celle  ci  est  enveloppée  par  aijleurs  d'une 
atmosphère  plus  ou  moins  vasle  et  dense,  les  «  températures  efîectives  » 
des  étoiles,  définies  par  l'intensité  de  leur  rayonnement  global,  pourronl 
se  classer  entre  elles  dans  un  ordre  un  peu  dillérenl  de  l'ordre  spectral. 

C'est  ce  dont  l'étoile  i3  Céphée  nous  donne,  ainsi  qu'on  vient  de  voir,  un 

exemple  curieux. 

j.  .     :      ^         .    . 


(')  Cprnptes  rendus,  t.  Ii9,  1909,  p.  ro38.  el  t.  173,  1921,  p.  72. 

-)  C.   NouDMA>'.\,   Sur   les   pouvoirs  absorbants  des  atmosphères  des  étoiles,  etc. 
Comptes  rendus.,  t.  171,  1920,  p. '392). 


ro4  ACADÉMIE  DES    SCIENCES. 

GÉOGRAPHIE  PHYSIQUE. — -  Sur  Ic  massif  de  Poïana  Ruska  et  la  corrélation  des 
cycles  d'érosion  des  Carpates  méridionales.  Note  de  M.  Emmanuel  de 
Martonne,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Les  explorations  qui  m'ont  permis,  l'été  dernier,  de  retrouver  les  trois 
plates-formes  des  Alpes  de  Transylvanie  dans  le  massif  du  Bihar  et  dans 
les  monts  métallifères  du  Banat(')  m'ont  aussi  conduit  dans  le  massif  de 
l^oïana  Ruska,  dont  l'étude  permet  le  raccordement  a\ec  le  Haut  Massif 
hanatique. 

Entre  le  bassin  de  Hatzeg,  à  l'Est,  et  celui  de  Caran  Sebes,  à  l'Ouest,  la 
vallée  du  Mures  au  Nord  et  celle  de  la  Bislra  au  Sud,  Poïana  Ruska  est  une 
masse  de  schistes  cristallins,  bordée  de  grès  daniens  au  Sud  et  à  l'Est, 
dont  la  structure  nous  est  connue  par  de  nombreuses  notes  du  géologue 
hongrois  Schafarzik.  Le  géographe  Sawicki  y  a  reconnu  une  pénéplaine 
bombée,  dont  il  a  fixé  l'âge  au  Miocène  (équivalent  probable  de  ma  plate- 
forme Riu  Ses). 

Vu  de  loin  et  d'un  point  élevé,  ce  massif  offre  en  effet  l'apparence  d'une 
sorte  de  bouclier,  et,  sur  la  carte,  l'uniformité  d'altitude  des  crêtes  est 
remarquable.  Mais  l'Age  miocène  de  la  pénéplaine  est  contredit  par  la  pré- 
sence de  graviers  alluviaux  anciens,  déjà  signalés  par  Schafarzik,  près  de 
Delar,  formant  un  dépôt  assez  continu  entre  GSo™  et  ySo™. 

En  réalité,  on  ne  voit  aucune  p'ate-forme  étendue  comme  dans  le  Bihar 
et  le  Haut  Mfissif  banatique,  mais  des  crêtes  montant  très  régulièrement 
de  (3oo'"  sur  la  bordure  orientale,  à  looo'"  el  1 1  oo'",  près  dû  point  culmi- 
nnnt  (P.  Ruska,  iS.Sg™).  Une  étude  attentive  montre  qu'on  doit  les  rap- 
porter à  deux  niveaux  d'érosion  :  un  niveau  supérieur  (plate-forme  de 
Vadu  Dobri),  qui  ne  s'abaisse  nulle  part  au-dessous  de  65o™  à  700"',  et  un 
niveau  inférieur  (plate-forme  de  Delar)  développe-  le  long  des  vallées  tri- 
butaires du  Mures,  particulièrement  le  long  de  la  Cerna,  à  loo""  et  200"'  en 
contre-bas. 

C'est  ce  dernier  niveau  qui  porte  les  caillou  lis,  probablement  levantins. 
Il  s'étale  dans  la  région  de  Hunediora  (Vajda  Hunyad)  à  une  altitude 
moyenne  de  5oo™  correspondant  aux  plus  hautes  buttes  tertiaires  situées  au 
nord  du  bas?in  de  Hatzeg,  et  à  la  plate-forme  de  Boitza  signalée  sur  la  rive 

(')   Coin;)Les  rendus,  t.  173,  i9'2i,  p.  118S  el  i384. 


SÉANCE    DU    9    JAWIER    I922.  Io5 

droite  du  Mures  dans  le  massif  du  Bihar.  Il  s'agit  donc  d'un  équivalent  de 
la  plate-forme  de  Govornilza  des  Alpes  de  Transylvanie. 

Nous  retrouvons  ce  niveau  dans  la  principale  vallée  du  versant  sud,  la 
Ruskitza,  qui  débouche  dans  le  couloir  de  la  Bistra.  Cette  remarcfuable 
coupure  rectiligne,  séparant  le  massif  de  Poïana  Ruska  du  Haut  Massif 
banatique,  est  un  fossé  tectonique,  aligné  dans  le  prolongement  de  la 
grande  dislocation  que  j'ai  montrée  à  la  limite  méridionale  du  bassin  de 
Hatzeg  (Thèse,  1907).  La  dénivellation  est  encore  de  200"'  à  3oo"^  entre  les 
crêtes  témoins  de  la  plaie-forme  Riu  Ses  sur  les  deux  bords  du  fossé;  le  bord 
méridional,  le  plus  haut,  est  en  continuité  avec  les  crêtes  .011  j'ai  trouvé,  au 
nord  du  Retiezat,  le  niveau  Riu  Ses  tranché  par  la  faille  de  Hatzeg. 

Comme  dans  le  couloir  de  Caran  Sebes,  les  dépôts  néogènes  formés  dans 
le  fossé  ont  été  plissés',  puis  nivelés  par  la  plate-forme  pliocène  mordant 
sur  le  bord  du  massif  ancien.  Le  col  de  la  Porte  de  fer  traiisylvaine  est  une 
légère  encoche  dans  ce  niveau. 

Le  raccord  s'établit  donc  bien  avec  mes  observations  antérieures  dans 
le  Haut  Massif  banatique,  et  il  est  possible  maintenant  d'établir  la  corréla- 
tion des  niveaux  d'érosion  dans  l'ensemble  des  Carpates  méridionales,  y 
compris  le  Bihar  et  le  Banat. 

Après  les  charriages  d'âge  crétacé,  une  pénéplaine  s'est  développée 
fplate-forme  Boresco),  dont  Tàge  éocène  est  fixé  dans  le  Bihar.  On  la  trouve 
à  plus  de  2000"^  dans  les  hauts  massifs  des  Alpes  de  Transylvanie  (Foga- 
rash,  Paringu,  Retiezat,  Godeanu).  Elle  atteint  à  peine  1800™  dans  le 
Bihar,  où  on  la  voit  plonger  vers  le  Nord-Est  pour  disparaître  sous  les 
sédiments  éoccnes,  en  s'abaissant  par  flexure  marginale  ou  faille,  tandis 
que  le  bord  occidental,  relevé  à  1700'",  est  tranché  le  long  d'une  ligne 
Nord-Sud  par  le  bassin  de  Beius-Vascau.  Elle  est  affaissée  et  basculée  dans 
l'S  Monts  métallifères  du  Banat  où  son  altitude  maximum  est  de  i/joo"^  au 
Semenic.  Des  fractures  l'ont  disloquée,  au  début  du  Nèogène,  suivant  des 
lignes  Nord-Sud. 

La  plate-forme  Riu  Ses  s'est  développée  au  Miocène.  Séparée  de  la  plate- 
forme Boresc'o  par  200™  en  moyenne,  elle  est  parfois  plus  en  contre-bas 
(."ioa'"),  ou  plus  rapprochée  (100"'),  suivant  Timportance  des  dislocations 
qui  ont  inauguré  lecvcle  d'érosion  au  cours  duquel  elle  a  été  formée.  Sur  le 
bord  nord-est  du  ma'^sif  du  Bihar,  elle  passe  au-dessus  de  la  plate-forme 
èocène  ennoyèe  en  nivelant  les  cotes  tertiaires  de  Cluj.  Son  altitude  très 
élevée,  en  ceriainspoiulsdes  \l[)esde  Transylvanie  fiSoo™  à  iGoo'").  indique 
bien  un  nouveau  soulèvement,  mais  n'en  mesure  p^s  l'ampleur  ;  car  il  s'agit 


Io6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

des  points  les  plus  hauts  d'un  réseau  de  vallées  mûres.  Dans  le  massif  du 
Bihar,  les  Monts  métallifères  du  Banat  et  le  massif  de  Poïana  Uuska,  la 
plate-foniie  plus  étendue  ressemble  à  une  pénéplaine,  dont  les  points  les 
plus  hauts  atteignent  rarement  looo'",  et  qui  plonge  vers  les  bassins  néo- 
gènes  :  vallée  du  Mures,  bassin  de  Hatzeg,  couloir  de  Caran  Sebes.  Le 
versant  ouest  des  Monts  métallifères  du  Banat  est  remarquable  par  un 
ennoyage  de  la  plate-forme,  comme  la  bordure  méridionale  des  Carpates 
d'Olténie.  Les  fractures  méridiennes  déjà  dessinées  ont  pris  la  forme  de 
fossés  tectoniques  au  moment  où  s'accentuait  cet  affaissement  vers  le  bassin 
pannonique,  particulièrement  le  couloir  de  Caran  Sebes.  En  même  temps 
s'est  formé  le  fossé  de  la  Bistra.  *■ 

La  p'ate-forme  Gornovitza,  d'âge  pliocène,  est  remarquable  par  l'ûnifor-  ; 
mité  de  son  altitude,  toujours  voisine  de  5oo™.  Elle  ne  s'abaisse  à  moins  de 
3oo"  que  sur  le  bord  occidental  des  Monts  métallifères  du  Banat  et 
n'approche  de  looo™  qu'à  l'origine  de  vallées  de  montagne,  (^n  pourrait 
expliquer  le  cycle  d'érosion,  qui  a  entaillé  les  vallées  actuelles  dans  les 
formes  lapportées  àceniveau,  par  le  seul  abaissement  du  niveau  de  base  des 
lacs  pliocènes. 


PHYSIQUE.  —  Le  principe  de  relativité  dans  les  diélectriques . 
Note  (')  de  M.  E.  Carvallo,  présentée  par  M.  Daniel  Berthelol. 

1.  La  conclusion  de  mes  deux  Notes  antérieures  est  celle-ci  (-)  : 
Quand  un  corps  est  mobile  dans  le  champ  magnétique  d'un  inducteur  sup- 
posé fixe,  il  est  le  siège  d' une  force  électromotrice  induite.  Celle-ci  a  pour  mesure 
le  flux  d'induction  coupé  dans  V  unité  de  temps  s'il  s^'agit  d'un  conducteur. 

C'est  le  m'^mcflux  multiplié  par  A  =  — p —  si  le  corps  mobile  est  un  diélectrique 

de  pouvoir  inducteur  K  par  rapport  au  i^ide  (  ^  ) . 

.(  îrâce  à  cette  force,  la  première  équation  vectorielle  de  rélectromagn»'- 
tisniH  (cHlle  qui  est  relative  à  la  circulation  de  la  force  électrique)  jouit  de 
rinvai  iaiice  de  Galilée  quand  il  s'agit  des  conducteurs.  La  propriété  d'inva- 


(  '  )   S-ance  du  3  janvier  1921, 

(-)  Comptes  rendus^  t.  173,  1921,  p.  ii55  et  i46i. 
^)  l^.iiir  la  vérificalinn   expérimentale  de  cette  loi,  voir  Wilson,  Proced.   of  Roy. 
Soc,  I.  73,  i9o4;  !>•  490. 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  1922,  I07 

riance  semble  à  première  vue  disparaître  dans  les  diélectriques.  En  cela,  les 
équations  de  l'électroïnagnétisme  diffèrent  de  celles  de  la  mécanique. 

2.  L'expérience  nous  avertit  que  la  différence  est  plus  apparente  que 
réelle,  puisqu'en  dépit  de  leurs  elVorts,  les  physiciens  ont  abouti  à  cette 
conclusion  qu'aucune  expérience  d'électro-optique,  comme  aucune  expé- 
rience de  mécanique  faite  à  la  surface  de  la  Terre,  n'est  capable  de  mani- 
fester la  translation  de  notre  planète,  si  toyt  le  matériel  expérimental  est 
rattaché  au  sol. 

.S.  L'apparence  trompeuse  a  pour  cause  une  hypothèse  sur  les  diélec- 
triques. Celle-ci  résulte  d'idées  préconçues  inspirées  par  l'analogie.  Pour  le 
montrer,  revenons  aux  diélectriques  :  La  loi  ci-dessus  a,  nous  l'avons  vu. 
pour  conséquence  que,  dans  l'expérience  de  Fizeau,  la  vitesse  v  du  corps 

entraîne  l'onde  liimineuse  avec  la   vitesse  —r — v.    Si   lé   corps    est  l'air 

(K  voisin  de  1),  l'influence  de  la  vitesse  v  est  insensible.  Elle  tend  à  devenir 
nulle  à  mesure  que  l'air  raréfi(''  se  rapproche  du  vide.  De  là  l'idée  générale- 
ment admise  que  Fair  joue  seulement  un  r(Me  secondaire  et  perturbateur; 
que  l'onde  est  propagée,  non  par  l'air,  mais  par  l'élher  ;  que  ce  corps  sup- 
posé ne  participe  pas  au  mouvement  de  l'air.  Hypothèse  naturelle,  sédui- 
sante et  féconde  par  l'analogie  qu'elle  précise  entre  les  ondes  lumineuses  et 
les  ondes  sonores;  mais  hypothèse  dangereuse;  car  si  l'on  aperçoit  de  suite 
une  analogie  frappante,  l'expérience  révèle  par  contre  une  diilércnce  pro- 
fonde dans  la  loi  de  relativité.  Là  se  trouve  l'origine  de  la  contradiction  qui 
existe  entre  la  théorie  et  l'expérience  de  Michelson  :  car  à  l'éther  fixe  on 
attache  ce  postulat  qu'il  propage  l'onde  issue  de  la  source  inductrice  tou- 
jours de  la  même  façon,  que  la  source  soit  fixe  ou  ({u'elle  soit  mobile.  Du 
postulat  résulte  la  coiis(''queiice  inéluctable  que  l'éther  fixe  peut  servir  à 
repérer  le  mouvement  absolu  de  la  Terre. 

4.  Que  la  pensée  abandonne  un  moment  l'image  de  l'éther  fixe  pour  ne 
plus  retenir  que  les  faits  observés  sur  la  matière  tangible,  faits  dominés  par 
la  loi  de  relativité  de  Galilée-Michi-lson,  voici  quelles  sont  les  données  posi- 
tives de  la  science  expérimentale. 

A  une  source  inductrice  S",  considérée  comme  fixe,  est  lié  le  système  de 
référence  O^v::.  La  première  des  équations  de  l'éleclromagnétisme  dans  le 
vide  est 

{a  dérivée  de /z  par  rapport  au  temps  pour  x  constant).  Passons  à  un  nou- 


ro8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

veau  système  de  référence  ^),T^y^z^  parallèle  au  premier,  mais  animé  par 
rapport  à  S  d'une  vitesse  r,  que  (pour  simplifier  les  écritures)  je  suppose 
parallèle  à  (  )x.  L'équation  (i)  devient 

(^dérivée  pour:r,  constant j.  Un  observateur  du  système  0,.r,  ;-,:;,  voit 

la  source  S  animée  de  la  vitesse  Vq=  —  t^, .  C'est  v^  qu'il  doit  introduire  dans 
le  dernier  terme  de  Téquation  (2).  Celle-ci  devient  alors 

De  la  méthode  même  que  nous  avons  suivie,  il  résulte  que  l'équation  (2)' 
est  invariante  quand  on  passe  d'un  système  d'axes  à  un  autt^e  système  animé 
par  rapport  au  premier  d'une  vitesse  de  translation  quelconque.  J'entends 
par  là  qu'on  arrive  toujours  à  l'équation  (2)',  pourvu  que  la  vitesse  r„ 
représente  toujours  la  vitesse  de  la  source  par  rapport  au  système  de  réfé- 
rence dans  lequel  on  se  trouve.  Le  fait  est  d'ailleurs  facile  à  vérilier  par  un 
calcul  tout  pareil  à  celui  qu'on  vient  d'exécuter-. 

En  particulier,  si  l'on  attache  le  système  de  référence  à  la  source  induc- 
trice S,  on  retombe  sur  les  équations  qui  coiivierineut  au  cas  du  repos, 
puisque  la  vitesse  v^  devient  alors  nulle. 

Les  mêmes  considérations  s'appliquent  à  la  deuxième  des  ('quations  vec- 
torielles de  l'électroinagnétisme.  On  arrive  ainsi  à  cette  proposition  : 

Une  onde  issue  d'une  source  inductrice  mobile  S  se  propage  dans  le  vide 
conrime  si  le  vide  (assimilé  à  un  corps  matériel)  était  entraîné  dans  le  mou- 
vement de  translation  de  la  source. 

Pour  mieux  dire  : 

Lhic  source  animée  fV une  transhilion  enlrnine  avec  elle  son  train  d'ondes 
('[('clromagnèliques^  comme  un  ainianl  einporle  avec  lui  son  chanq)  magné- 
tique dans  les  expériences  de  Faraday  (spectres  magnétiques,  courants 
ind(rits). 

Si  Ton  admet  cette  loi  qui  semble  bien  impérieusement  commandée  |)ar 
les  faits,  l'expérience  de  M.  Michelson  s'explique  d'elle-même  :  aucune 
expérience  d'(''lectro-optique  ne  peut  révéler  la  tr-anslation  de  l'ensemble 
des  appareils.  Quant  à  la  remirquable  expéiMence  de  M.  Sagnac  montrant 
que  la  rotation  de  l'appareil  expérimental  agit  sur  le  phénomène'lumiueux, 
comme  la  rotation  de  la  Terre  agit  sur  le  pendule  de  Foucault,  il  suffit  de 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  1922.  I09 

reprendre  le  calcul  de  l'auteur  (').  La  seule  modification  est  que  les  vitesses 
envisacfét's  sont  aug-mentées  de  la  vitesse  v  de  la  source.  La  circulation  du 
vecteur  c  sur  le  contour  fermé  du  rayon  lumineux  étant  nulle,  le  résullat  du 
calcul  de  ^L  Sagnac  n'est  pas  changé. 

L'harmonie  de  l'électro-optique  avec  la  mécanique  apparaît  donc  com- 
plète, sans  qu'il  soit  nécessaire  de  bouleverser  les  fondements  de  notre 
connaissance  d"a|)rès  les  idccs  de  M.  Einstein. 

CHIMIE  PHYSIQUE.  —  DilaLabiUté  du  chrome  et  des  alliages  nickel-chrome 
dans  un  intervalle  étendu  de  températures.  Note  de  ^L  P.  Chkvkxard, 
présentée  par  M.  H.  Le  Cliatelier. 

La  loi  de  dilatation  du  chrome  dans  un  grand  intervalle  de  températures 
paraît  encore  inconnue  (-).  Je  me  suis  proposé  d'efîéctuer  cette  détermi- 
nation et,  .en  même  temps,  de  préciser  l'intluence  d'une  addition  de  chrome 
sur  la  dilatabilité  du  nickel. 

Les  exj)ériences  ont  été  eiïectuées  à  Taide  du  dilatomètre  différentiel  ('; 
déjà  présenté  à  l'Académie.  Dans  cet  ap})areil,  la  barrette-échantillon 
est  opposée  à  une  barrette-étalon  de  Baros  (alliage  nickel-chrome  à 
10  pour  100  Cr,  dont  la  loi  de  dilatation,  déterminé  avec  grand  sein  par 
des  méthode  directes  (^),  et  maintes  fois  vérifiée,  })eut  être  re[)résentée 
entre  o°  et  looo"  par  une  formule  parabolique.  Grâce  à  la  netteté  des 
tracés  fournis  par  le  dilatomètre,  on  peut  déterminer,  avec  une  précision 
suffisante,  la  valeur  de  la  dérivée  en  tous  les  points  du  diagramme  enregistré; 
il  est  aisé,  par  suite,  de  tracer  la  courl)e  qui  exprime  la  variation  thei- 
mique  du  coefficient  vrai  du  métal  étudié. 

Chrome.  —  J'ai  utilisé  un  échantillon  de  chrome  aluminothermique, 
relativement  pur,  préparé  par  M.  Goldschmidt;  ce  métal  renferme  98, ^5 
pour  100  de  chrome,  les  impuretés  étant  constituées  principalement  par  de 
l'aluminium  et  du  fer. 


(')  Sagnac,  Journal  de  Physique,  mars  1914. 

(-)  Je  n'ai  trouvé  aucune  indication  à  ce  sujet  «laiis  le  fiecueil  des  Cousla/itcs 
de  la  Société  française  de  Physique,  non  jdus  que  dans  les  qualre~  volumes  acluel- 
leraent  publiés  des  Tables  annuelles  internationales  de  Constantes eL  données  numé- 
riques. — '      ■•     "'■ 

C")   Comptes  rendus.,  t.  lOi,  J917,  p-  9i*J'   . 

(  *)   Revuede  Métallurgie,  t.  H,  p.  Oij. 


IIO  ACADÉMIE    DES    SCIENCÉS. 

'''  Entre  o*^  et  loo",  la  dilàtà*tion  du  chrome  est  exactement  réversible,  et  le 
métal  parait  dépourvu  de  toute  singularité  thermique.  Le  coefficient  vrai, 
qui,  à  o'^V  t'-'^t  ('gai  à  G,  8.  lo  ^,  augmente  rapidement  avec  la  température; 
mais  la  courbe  qui  traduit  cette  variation  présente  une  légère  concavité  du 
coté  des  températures  croissantes  (fi!^\  \). 


j,-j„    ,    Dilatal)ilil(!s  vraies,  en  fonction  de  la  Unip('ralure,'du  nickel  et  du-clirome,  ainsi  que  de  cinq  de  leurs  alliages. 

(Les  courbes  i  et  2  sont  rapportées  à  la  graduation  de  l'axe  des  ordonnées;  les  autres  ont  été  progressivement  déca- 
lées   ainsi  que  l'inïliquent  les  lignes  supplémentaires  des  abscisses  numérotées  en  accord  avec  les  courbes.) 

pi„_  2.  —  Dilatabilités  vraies,  en  fonction  de  la  teneur  en  chromé,  des  alliages  Ni-Cr,  considérés  à  diverses  tempéra- 
tures (ordonnées  cîe  gaucHc),  et  position  du  point  de  Curie  (B^)  en  fonction  de  la  teneur  en  cjirome  (ordonnées  de 
droite  ).  1 ., 

Alliages  nickel- chrome.  —  Ces  alliages,  fondus  au  four  électrique,  à  partir 
du  nickel  réduit  et  du  chrome  aluminothermique,  sont  sensiblement  dé- 
pourvus de  carbone  (G<o,  10  pour  loo);  mais,  pour  assurer  le  forgeage, 
on  a  dû  incorporer  à  la  charge  une  proportion  de  manganèse  rapidement 
croissante  avec  la  teneur  en  chrome  (o,5  à  0,8  de  manganèse  pour 
5  pour   100  de  chrome;    i,5   à   2,5  pour  100  de  manganèse  au  delà  de 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  1922.  III 

i5  pour  100  de  chrome).. Aussi,  ai-jc  limité  provisoirement  cette  étude  aux 

lî^Uiages  tenant  16  pour  100  de  chrome,  car  ceux  dont  le  titre  est  supérieur 

sont   trop    fortement   manganèses  pour    être  assimilables  à  des  alliages 

binaires. 

Les  courbes  dilatabilité-température  pour  le  nickel,  le  chrome  et  leurs 
alliages,  de  i,5à  1 5, 6  pour  100  de  chrome,  sont  i^assemblées  dans  la  figure  i. 
La  transformation  magnétique  du  nickel  est  accompagnée,  comiiie  on  sait, 
d'une  diminution  rapide  de  la  dilatabilité  vraie,  et  l'abscisse  de  point  d'in- 
flexion (},/  coïncide  sensiblement  avec  la  température  du  point  de  Curie 
déterminée  par  les  méthodes  ihermomagnéticpies  ;  de  part  et  d'autre  du 
crochet,  les  deux  tronçons  de  la  courbe  de  dilatabilité  ont  des  pentes 
moyennes  très  différentes. 

Comme  l'a  montré  M.  L.  Dumas  ('),  les  alliages  nickel-chrome  sont 
réversibles,  et  leur  point  de  Curie  s'abaisse  quand  la  teneur  en  chrome 
augmente,  au  point  que  les  alliages  de  titre  supérieur  à  5  pour  100  sont 
ainagnétiques  àîa  température  ordinaire. 

En  même  temps,  l'addition  chromée  amène  une  atténuation  très  rapide 
de  Tanomahe  de  dilatation  du  nickel  :  le  crochet  disparaît  progressivement, 
et  les  deux  tronçons  de  la  courbe  tendent  à  se  disposer  dans  le  prolonge- 
ment l'un  de  l'autre.  Les  alliages  amagnétiques  n'accusent  plus  de  singula- 
rité thermique,  et  leur  coefficient  de  dilatation  vrai  augmente  régulièrement 
avec  la  température.  La  loi  de  cet  accroissement  est  linéaire  quand  la 
teneur  en  chrome  est  comprise  entre  5  et  10  pour  100,  mais  prend  une 
allure  parabolique  pour  les  alliages  plus  riches  en  chrome. 

Le  réseau  de  la  figure  2  résume  l'ensemble  des  mesures;  il  représente, 
pour  toute  température  comprise  entre  0°  et  900°,  l'action  du  chrome  sur  la 
dilatation  du  nickel.  Au-dessous  de  4oo°,  les  isothermes  présentent  une 
singularité;  l'abscisse  de  celle-ci  correspond  à  l'alliage  dont  le  point  de 
Curie  coïncide  avec  la  température  de  l'isotherme  considéré. 

L'addition  de  chrome,  beaucoup  moins  dilatable  que  le  nickel,  affecte 
peu  la  dilatabilité  de  ce  métal  à  la  température  ordinaire,  et  tend  à 
l'augmenter  aux  températures  élevées;  cet  écart  considérable  par  rapport  à 
la  régie  des  mélanges  tient  probablement  à  la  présence  du  composé  Ni-Cr% 
dont  l'existence  paraît  ressortir  du  diagramme  de  solidification  établi  par 


(')  L.    Dl'mas,    Heclierckes  siif    les   aciers  au    nickel    à  hautes    teneurs,    p.    i5o 
(Cil.  Diinod,  éditeur,  Paiis,  1902). 


112  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


Voss  (')    et    de    mes    recherches  sur   l'anomalie    totale   des  ferronickels 
chromés  (-). 


CHIMIE  ORGANIQUE.    —    Composé   or ganomèlalliquc  mixte  de  r (iliiminium. 
Note  de  M.  Faillebi.v,  présentée  par  M.  Haller. 

L'aluminium  se  dissout  dans  un  mélange  anhydre  d'iodure  de  méthylène 
et  d'éther, 

A  un  certain  volume  d'élher  anhydre  contenu  dans  un  ballon  dans  lequel  on  a  mis 
de  la  lournure  d'aluminium  grossièrement  découpée  au  couteau,  on  ajoute  un  égal 
volume  d'iodure  de  méthylène  et  une  parcelle  d'iode.  On  surmonte  le  ballon  d'un  appa- 
reil distillatoire  et  l'on  commence  à  chaufTer  doucement  au  bain-marie  de  fa<on  à 
amorcer  la  réaction,  l  ne  portion  de  l'étlicr  distille,  le  liquide  se  trouble,  se  décolore, 
puis  redevient  limpide  en  même  temps  que  l'aspect  de  l'ébulli lion  se  modifie.  La  réac- 
tion amorcée  se  continue  d'elle-même.  Le  ballon  est  alors  adapté  à  un  bouchon  por- 
tant un  réfrigérant  ascendant  et  un  tube  à  brome  par  lequel  on  introduit  de  l'éther 
anhydre  de  façon  à  éviter  un  trop  grand  échaulTement.  Le  réfrigérant  peut  être  mis  en 
relation  avec  un  gazomètre  de  manière  à  recueillir  puis  mesurer  les  gaz  qui  peuvent 
se  produire. 

On  peut  formuler  la  réaction  principale  : 

(i)  3CHn2_^ /■(AI^SCH^AlI-i- All\ 

celle-ci  aurait  lieu  sans  dégagement  gazeux.  Il  y  en  a  un  cependant,  d'autant 
plus  grand  d'ailleurs  que  la  température  est  plus  élevée  ou  la  concentration 
de  Fiodure  de  méthylène  plus  grande.  Ce  dégagement  est  dû  à  une  réaction 
accessoire  qui  se  produit  également  en  l'absence  d'éthei'  et  donne  naissance 
à  de  l'éthylène. 

Ce  gaz  est  bien  de  l'éthylène  :  débarrassé  de  la  vapeur  d'élher  par  l'acide  sulfurique, 
il  fixe  le  brome,  décolore  le  permanganate.  Le  bromure  bout  à  i3o°,  fond  vers  G*,  a  un 
poids  moléculaire  de  200  (cryoscopie  acélique)  et  donne  à  l'analyse  83,6  pour  luo  de 
brome.   Ce  sont  à  peu  près  les  caractères  du  bromure  d'éthylène. 

La  réaclioii  accessoire  est  probablement  :    " 
(  ■>. )  6 CH2 P  -^  4  Al  r=  3  C^  Il ^  -h  I A 1 1'- 

Les  réactions  (i)  et  (2)  ont  lieu  aussi  avec  le  bromure  de  méthylène,  mais 

(')  Zeilsch.  f.  anorg.  Cheinie,  t.  96,  p.  139. 
(-)  Comptes  rendus,  t.  172,   1921,  p.  594. 


SÉANCE   DU   9   JANVIER    1922.  Il3 

s'amorcent  plus  difficilement,  et  la  réaction  (2)  est  dans  ce  cas  moins  impor- 
tante. 

Dans  des  conditions  analogues  avec  ^  molécule  CH-1-,  on  recueille  environ  un  liire 
de  gaz;  avec  .'  molécule  Cll'-Br-,  Soo'^"'^  seulement. 

La  réaction  (2)  nécessite,  pour  un  poids  donné  de  bromure  de  méthylène, 
moins  d'aluminium  que  la  réaction  (i).  On  constate  que.  pour  une  molécule 
de  bromure  de  méthylène,  il  se  dissout  plus  d'un  atome  d'aluminium  et  moins 
de  I  d'atome,  la  concordance  avec  la  forumle  (i)  étant  d'autant  meilleure 
qu'on  opère  sur  de  plus  g-randes  quanlités;  d'autre  part  il  reste  un  peu  de 
bromure  de  méthylène  non  employé.  Pour  l'iodure  les  pro[)ortions  sont 
moins  bien  respectées  à  cause  de  la  réaction  (2). 

Examinons  le  cas  des  solutions  obtenues  avec  le  bromure  de  méthylène. 

La  solution  forme  deux  couches  dont  on  peut  interpréter  l'existence  en 
admettant  la  présence  de  deux  corps  :  l'iialogénure  d'aluminium  et  l'orga- 
nomélallique.  On  sait  que  le  bromure  d'aluminium  forme  avec  l'éther  la 
combinaison  AlBr%C^H'"0.  mais  celle-ci  est  très  soluble  dans  Téther  et 
son  existence  ne  saurait  expliquer  la  formation  de  deux  couches.  La  partie 
la  plus  dense  ne  se  laisse  enlever  par  distillation  que  le  dissolvant,  même 
sous  pression  réduite;  il  y  a  ensuite  décomposition.  On  peut  penser  que 
cette  partie  contient  surtout  l'halogénure  combiné  à  l'éther. 

La  couche  supérieure  concentrée  fournit  à  nouveau  deux  couches,  une 
inférieure  en  petite  quantité  identique  à  la  précédente,  une  supérieure  qui 
ensuite  reste  homogène.  On  débarrasse  celle-ci  le  plus  possible  de  l'éther 
par  chauffage  modéré  sous  pression  réduite.  Le  poids  moléculaire  de  ce  qui 
reste,  mesuré  par  cryoscopie  dans  le  benzène,  est  372.  Ce  nombre  est  une 
limite  inférieure  pouvant  être  largement  dépassé,  car  s'il  reste  seulement 
5  pour  100  d'éther  en  poids,  le  chiffre  précédent  doit  être  augmenté  du 
quart  de  sa  valeur.  Ce  liquide  est  décomposé  par  la  chaleur.  En  le  distillant 
sous  pression  réduite,  on  recueille  une  faible  quantité  d'un  liquide  épais  ne 
contenant  plus  de  brome,  renfermant  de  l'aluminium  et  un  résidu  hydro- 
carboné. Il  reste  dans  le  ballon  un  solide  caverneux  brun  qui  avec  l'éther 
ne  redonne  plus  le  liquide  primitif.  Ces  faits  rapprochés  de  l'impossibilité 
d'amorcer  la  réaction  dans  un  liquide  autre  que  l'éther,  par  exemple  le 
sulfure  de  carbone,  conduisent  à  penser  que  l'organométallique  doit  con- 
tenir de  l'éther  et  peut-être  de  l'halogénure  d'aluminium  combinés. 

L'eau  agit  avec  violence  sur  la  solution  initiale.  Il  y  a  dégagement  de 
méthane  en  quantité  proportionnelle  au  poids  d'aluminium   employé.  Il 

C.  R.,  19J2,  I"  Semestre.  (T.  174,  N"  2.)  ^ 


Il4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

reste  une  solution  aqueuse  contenant  de  l'halogénure  d'aluminium  et  de 
l'alumine;  l'éther  surnageant  ne  renferme  qu'une  faible  quantité  de  bro- 
mure de  méthylène.  L'aicool  absolu  réagit  avec  la  même  énergie  que  l'eau; 
en  général  agissent  également  et  de  façon  paraissant  quantilative,  les  corps  ' 
possédant  des  groupes  liydroxyles  dont  la  solution  d'aluminium  paraît  le 
réactif.  11  se  fait  du  méthane.  Notons  que  ni  l'ammoniac  ni  l'aniline  ne 
donnent  naissance  à  un  dégagement  gazeux. 

Parmi  les  dérivés  halogènes,  seuls  les  hydracides  paraissenl  agir,  assez 
doucement  d'ailleurs;  il  y  a  formation  de  méthane  et  d'halogénure  d'alumi- 
nium. (Jii  constate  dans  cette  action  que  la  couche  inférieure  augmente,  ce 
qui  confirme  notre  hypothèse  sur  la  constitution  de  cette  seconde  couche. 

Si  la  formule  que  nous  avons  adoptée  pour  le  dérivé  organométallique 
est  exacte,  elle  renferme  une  double  liaison;  celle-ci  doit  être  susceptible 
de  réaction  d'addition.  Eu  effet  la  solution  d'aluminium  fixe  deux  atomes 
d'iode  par  atome  d'aluminium  employé,  déduction  faite  de  ce  qui  a  parti- 
cipé à  la  formation  d'halogénure.  Si  l'on  traite  ensuite  par  l'eau,  on  n'a  plus 
de  dégagement  gazeux.  On  sépare  alors  l'éther  et  on  le  distille  après  dessic- 
cation: On  n'a  pu  en  séparer  de  l'iodure  de  méthyle  pur,  mais  si  l'on  agite  le 
distillât  avec  une  solution  d'azotate  d'argent,  on  a  un  abondant  précipité 
jaune  d'iodure  d'argent.  Ce  même  distillât,  après  dessiccation  sur  le  sodium, 
traité  par  le  magnésium,  fournit  un  dérivé  de  Grignard.  Gela  démontre 
qu'il  s'est  formé  de  l'iodure  de  méthyle  suivant  les  réactions  : 

CH3:AIBr4-12=ClPI.AIBrl. 
CHM.AlBrl  -}-H^O=:=CHn  + AlBrl(OH). 

Il  y  a  lieu  de  mentionner  l'action  de  la  solution  d'aluminium  comme 
agent  de  condensation  :  l'acétone  fournit  de  l'oxyde  de  mésityle,  et  du 
méthane  résultant  de  l'action  de  l'eau  formée. 


CHIMIE  DUGAMQUE.  —  ' Délcrminaùon  des  acides  gras  par  la  formation  de 
leurs  complexes  à  base  duranyle  et  de  sodium.  Note  de  M.  J.  Bari.ot  et 
M"'  M.  T.  Brenet,  présentée  par  M.  G.  TJrbc4iii. 

Streng  a  signalé  en  i883  (')  une  méthode  permettant  de  caractériser 
microchimiquement  l'ion  Na.  Cette  méthode  repose  sur  la  formation  d'un 

(')  Streng,  Ber.  der  obçrJiess,   Ges,  fiir  Nat.    and  Heilluinde.  t.   22,   i883,   et 
Halshoker,  Mihroshopisdie  Reaktionen,  iS85.  p.  iSa. 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  I922.  Il5 

acélale  double  d'uraiiyle  el  de  sodium,  [)eu  soluble,  crisiallisé  en  télraèdies 
réguliers.  Le  réactif  employé  est  généraiemenl  l'acétale  d'nranyle  en  solu- 
tion aqueuse  acidifiée  par  l'acide  acétique;  l'ammonium,  le  potassium,  le 
rubidium  et  le  cœsium  donnent  aussi  des  acétates  doubles,  mais  ce  sont  de 
longues  aiguilles  ou  des  prismes  très  solubles,  apjiartenant  au  système 
quadratique. 

La  réaction  de  Streng  présente  de  curieuses  particularités;  pour  qu'elle 

se  produise,  il  est  nécessaire  que  des  ions  H  existent  dans  le  liquide;  c'est 
ainsi  qu'une  solution  d'acétate  de  sodium  sur  laquelle  on  projette  des  cris- 
taux d'acétate  d'uranyle  pur  ne  donne  pas  de  cristaux  d'acétate  double 
après  plusieurs  jours  de  contact;  par  contre,  le  nitrate  d'uranyle  réagit 
immédiatement,  à  froid,  sur  la  solution  d'acétate  de  sodium,  et  l'on  observe 
de  grosses  formes  squelettiques  tétraédriques,  peu  à  peu  remplacées  par 
des  cristaux  complets;  ces  squelettes  sont  caractérisés  par  l'angle  de  120*', 
ou  plus  exactement  par  la  projection  de  l'angle  des  axes  ternaires  du  cube 
dont  le  tétraèdre  peut  élie  dérivé. 

Convenablement  employée,  la  formation  de  ce  sel  double  peut  servir  à 
rechercher  le  sodium,  l'uranium  ou  l'acide  acétique.  Il  était  naturel  d'es- 
sayer d'utiliser  cette  réaction  pour  la  i-rcherche  des  homologues  de  ce  der- 
nier; les  essais  faits  dans  cette  voie  ont  donné  de  curieux  résultats  :  tantô 
il  se  forme  un  sel  double  peu  soluble,  tantôt  aucun  précipité  ne  prend  nais- 
sance, et,  de  l'ensemble  des  cas  jusqu'à  présent  étudiés,  nous  dégageons  la 
règle  suivante  : 

«  La  réaction  de  Streng  appliquée  aux  homologues  de  l'acide  acétique 
donne  des  résultats  positifs  chaque  fois  que  l'acide  gras  renferme  dans  sa 
chaîne  un  nombre  pair  d'atomes  de  carbone  consécutifs.  » 

Les  expériences  ont  été  faites  niicrochioiiquement  dabord,  puis  sur  des  quantités 
plus  considérables  de  substance,  a\ec  les  divers  sels  de  sodium  des  acides  gras  et  le 
nitrate  d'uranyle  ou  les  sels  d'uranyle  correspondants,  en  solution  acide;  les  résultats 
sont  les  suivants  : 

a.  Formiate  :  rien . 

b.  Acétate:  tétraèdres  jaune  \erdatie;  l'analyse  du  corps  obtenu  donne  comme 
formule  : 

GH^CO^Na.  (CH''C0*)2U0^ 

c.  Propionate  (  monoraéthylacétate)  ;  rien. 

cl.  Butyrate  normal  :  précipité  cristallin  immédiat)  formé  d'abord  de  cristaux  trèa 
petits,  se  transformant  peu  à  peu  en  grandes  aiguilles  dentelées.  Formule  : 

G^H'CO'^Na,  (C'ii7C0-)^U0^ 


ri6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

c.  Isobulyrate  (dimélhylacélale)  :    rien. 
/.    Valérianate  normal  :  rien. 


g.  Valérianate  ordinaire  (  dérivant  de  l'alcool  amvlique  de  fermentalion,  le  métliyl- 

3-biitaiiol-i,  pr,3  /GH — Cii\-  —  CO'-\a|:    précipité   \erl  jaune  jfornné   de    cristaux 

très  petits.   Formule  : 

C ■•  H'-'  CO'^ i\a,  ( C> H»  CO-  f  U0«. 

h.  Ciiproate  normal  ;  précipité  cristallin  formé  de  pyramides  (|uadrangulaires 
accolées  par  la  base.  Formule  : 

CH[i'CO-Na,  (C''H"C02)-U0-. 
/.   OEnantliyiale  normal  :    rien. 

L'ensemble  des  faits  ci-dessus  mentionnés  paraît  démonlrei^  nettement 
l'influence  du  nombre  d'atomes  de  carbone  consécutifs  dans  une  chaîne. 
Ceci  est  à  rapprocher  d'autres  alternances  connues,  telles  que  celles  men- 
tionnées en  1(^77  par  Bacyer  ('),  qui  a  montré  que,  dans  les  séries  des 
acides  gras  mono-  et  bibasiques,  un  terme  à,  nombre  pair  d'atomes  de  car- 
bone a  un  point  de  fasion  supérieur  à  celui  de  l'acide  qui  contient  un 
carbone  de  plus. 

Pour  les  acides  dérivés  de  l'acide  acétique  par  substitution  d'un  des 
atomes  d'hydrogène  du  groupe  CH',  l'aptitude  à  donner  des  sels  doubles 
peu  solubles  dépend  de  la  nature  du  radical  introduit.  Les  trois  acides 
acétiques  chlorés  ne  produisent  pas  de  réaction;  par  contre,  le  phényl- 
acétato  de  sodium,  au  contact  du  nitrate  d'uranyle,  donne  immédiatement 
un  précipité  cristallin  formé  d'aiguilles  groupées  en  oursins.  Ce  sel,  repro- 
duit en  plus  grande  quantité  et  analysé,  a  pour  formule 

C/\\>  -  CH2-  CO^Na,     (C«N-'—  CH"-'— CO-)n  O^ 

L'étude  physico-chimique  de  ces  différentes  réactions,  actuellement  en 
cours,  permettra  de  compléter  les  résultats  ci-dessus,  et  aussi  de  savoir  si 
les  sels  doubles,  dérivés  des  acides  gras  à  chaîne  impaire  d'atomes  de  car- 
bone, peuvent  exister  en  solution  ou  à  l'état  solide. 

(')   Bakyer,  BerichLe,  t.  10,  1877,  P-  i'-^86. 


SÉANCE   DU   g   JANVIER    1922.  1  l'j 


GÉOLOGIE.  —  Sur  une  formation  rédonienne  {Miocène  supérieur)  ravinant  les 
argiles  éocénes^  à  minerai  de  fer,  au  sud  de  Rennes  (I/le-et-Vilaine).  Note 
de  MM.  Y.  MiLox  et  L.  Dangearo.  ])résentée  par  M.  Cli.  Ban  ois. 

Des  fouilles  reprises  récemment  pour  la  lecherclie  du  minerai  de  fer,  aux 
abords  des  formations  tertiaires  de  la  Chaiissairie  (sud  de  Rennes),  ont 
attiré  notre  attention  sur  les  rapports  stratigraphiques  des  dépôts  ferri- 
fères  avec  les  couches  tertiaires  voisines  (oligocène  et  miocène). 

Jusqu'à  présent  ces  rapports  n'avaient  pu  être  observés.  S'appuyanl  sur 
la  composition  et  le  mode  de  gisement  de  ces  minerais,  M.  Kerforne  les  a 
assimilés  récemment  (')  à  ceux  de  la  région  de  Châleaubriant,  dont  il  a 
nettement  établi  l'âge  éocé ne,  et  la  position,  sous  des  g^rès  silicifiés,  homo- 
logues des  grés  à  sabales. 

Dans  ces  deux  régions,  on  recherche  des  rognons  d'hémalite  associés  à 
des  argiles  blanches  ou  ocracées. 

Une  fouille  entreprise  au  Yieux-Charlres  (à  l'est  de  la  Chaussairie)  nous 
a  permis  d'observer  le  contact,  avec  ravinement,  des  argiles  éocènes  et  du 
Rédonien  fossilifère.  La  surface  de  ravinement,  très  irrégulière,  entaille 
profondément  une  argile  blanche,  compacte,  un  peu  sableuse,  homogène  à 
la  partie  supérieure,  mais  renfermant,  vers  le  bas,  des  rognons  d'hématite 
de  plus  en  plus  nombreux  et  volumineux. 

Le  Rédonien  se  présente  sous  l'aspect  d'un  faluii  rappelant  le  type  clas- 
sique d'Apigné,  ou  d'une  argile  de  décalcification. 

Le  falun  est  très  fin,  légèrement  sableux,  en  majeure  partie  formé  de 
coquilles  brisées,  parfois  cimentées  en  plaquettes.  En  certains  points  les 
fossiles  sont  entiers  et  ont  gardé  leur  test  nacré. 

L'argile  de  décalcification  est  sableuse,  rougeâlre  ou  brunâtre,  et  con- 
tient des  concrétions  d'oxyde  de  fer  où  se  sont  conservés,  à  l'état  de  moules, 
de  nombreux  petits  fossiles  rédoniens,  surtout  abondants  vqrs  la  partie 
inférieure. 

Le  caractère  transgressif  du  Rédonien  est  nettement  indiqué  par  le 
ravinement  au  contact,  et  l'accumulation  à  la  base  de  l'argile  rouge  et  des 
faluns,  d'éléments  remaniés  et  roulés  d'âges  divers  : 

(')  F.  Kerfohne,  Compte  rendu  des  excursions  du  Laboratoire  de  Géologie  de  la 
Faculté  des  Sciences  de  Rennes  en  1918  [Bull.  Soc.  Se.  et  Médicale  de  l'Ouest.,  (918, 
numéro  unique,  t.  27,  p.  8). 


ii8 


ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


i°"  Petits  galets  de  quarlz  et  de  grès,  semblant  provenir  du  substralum 
paléozoïque. 

2°  Blocs  très  nombreux,  et  parfois  volumineux  de  grès  ladères  éocènes. 
2°  Fossiles  belvétiens  (côtes  à'Halitheriiun^  dents  de  poissons). 


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Coupe  schéma  tique  de  la  fouille  (A  ieux-Chartres). 

Bédonien  :  f,  faluns;  /•,  argile  de  décalcifiealion.  —  Éocène  :  n,  argile  bianclic  ;  0\  logiions 

dhématile;  c,  (  oiilact-ravinomonl  ;  e,  éléments  remaniés. 

Dans  cette  même  région,  M.  Kerforne  (')  a  observé  à  La  Garenne  le 
ravinement  transgressif  des  faluns  belvétiens  par  le  Rédonien,  et  a  signalé 
kApîgnê,  des  galets  de  Rupélien  à  la  base  du  même  étage.  Les  observations 
que  nous  avons  faites  au  Vieux-Chartres  complètent  les  données  antérieures 
sur  les  rapports  des  formations  rédoniennes  avec  leur  substralum,  en  met- 
tant davantage  en  relief  la  grande  variété  des  terrains  remaniés  au  cours  de 
cette  transgression. 

Au  sud  de  Rennes,  la  mer  rédoiiienne  a  pu  recouvrir  indistinctement  les 
affleurements  de  dillérentes  coucbes  tertiaires,  c'est  ce  que  Ton  observe  au 
Vieux-Chartres;  mais  on  y  voit  de  plus  apparaître  sous  le  revêtement  rédo- 
nien une  formation  d'âge  éocène  dont  on  ne  soupçonnait  l'existence  qu'à 
l'état  de  lambeaux  isolés. 

L'épaisseur  des  argiles  ferrifères,  leur  prolongement  sous  le  Rédonien, 
l'abondance  des  grès  ladères  remaniés  permettent  de  supposer  que  TEocènc 
a  di^i  avoir  autrefois  une  grande  extension  dans  cette  région;  et  qu'il  a  pu 
être  conservé,  sous  des  dépots  plus  récents,  à  l'état  de  sables,  de  grès  sili- 
ciliés,  ou  d'argiles  à  minerai  de  fer. 


(' )  F.   Kerforne,    Quelques   observations  sur  la    mer  rédonienne  de  Bretagne 
{Comptes  rendus,  t.  170,  iQ'ao,  p.  i85). 


SÉANCE   DU   9   JANVIER    1922.  119 

BOTANIQUE.  —  Sur  le  mécanisme  de  V orientation  des  feuilles. 
Note  de  M.  Edgar  Zaepffe».,  présentée  par  M.  Claslon  l)oriiiier. 

Pendant  leur  développement,  les  feuilles  pétiolécs  s'orienlenl  par 
rapport  à  la  pesanteur,  à  la  lumière,  etc.,  g^râce  à  des  courbures  et  à  des 
torsions  de  leurs  pétioles. 

Or  on  sait  que,  dans  le's  réactions  tropisliques  des  tiges  et  des  racines, 
le  rôle  de  Teau  des  tissus  est  particulièrement  important.  En  est-il  de  même 
pour  les  feuilles?  Une  répartition  convenable  de  l'eau,  dans  une  fenillc, 
et  plus  particulièrement  dans  son  pétiole,  intervient-elle  penrlant  ses 
réactions  tropistiques  ? 

Pour  étudier  ce  problème,  recherchons  les  effets  d'une  richesse  plus  ou 
moins  grande  en  eau  dans  un  pétiole,  ou  dans  une  portion  de  pétiole. 

Si  l'on  fend  longitudinalement  un  pétiole  en  deux  portions,  l'une  supé- 
rieure, l'autre  inférieure,  les  portions  se  courbent  légèrement,  chacune  vers 
l'extérieur,  c'est-à-dire  la  première  vers  le  haut,  la  seconde  vers  le  bas. 
Si  l'on  place  alors  le  pétiole  sectionné  dans  l'eau,  on  observe  que  les 
courbures  s'accroissent  notablement,  mais  d'inégales  quantités  :  la  portion 
inférieure  beaucoup  plus  que  la  portion  supérieure. 

Or,  dans  ces  conditions,  la  richesse  en  eau  a  augmenté  dans  les  divers 
tissus  du  pétiole.  On  comprend  donc  que  si,  dans  un  pétiole  jeune,  encore 
déformable,  la  quantité  d'eau  augmente,  des  tensions  inégales  se  pro- 
duisent :  la  moitié  inférieure  l'emporte  sur  la  moitié  supérieure,  et  le 
pétiole  se  courbe  vers  le  bas,  entraînant  et  abaissant  le  limbe. 

Mais  les  déformations  du  pétiole  se  compliquent  ordinairement  d'une 
torsion  dont  nous  allons  rechercher  l'origine. 

Examinons,  à  cet  effet,  un  pétiole  fendu  longitudinalement  en  deux  moi- 
tiés symétriques,  droite  et  gauche.  Pour  faciliter  l'exposé  de  ce  qui  suit,  je 
supposerai  que  la  section  intéresse  le  limbe  et  la  majeure  partie  du.pétiole, 
sans  toutefois  atteindre  la  base  de  ce  dernier.  Les  deux  moitiés  s'écartent 
légèrement  l'une  de  l'autre.  Dans  l'eau,  elles  s'écartent  beaucoup  plus  de  la 
même  manière,  devenant  chacune  fortement  concave  vers  l'extérieur. 

Mais  les  courbures  n'en  sont  pas  planes  :  elles  s'accompagnent  dun 
gauchissement,  en  relation  avec  une  torsion  de  chaque  demi-pétiole.  Pour 
chacun  d'eux,  la  région  supérieure  diverge  relativement  plus  que  la  région 
inférieure  :  une  torsion  se  produit  donc.  On  voit  alors  les  deux  moitiés  du 
limbe,  entraînées  par  les  deux  moitiés  de  pétiole,  s'écarter  et  pivoter  :  leurs 


I20  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

faces  supérieures  s'orientent   respectivement  vers  l'extérieur  ;  leurs  faces 
inférieures  se  disposent,  au  contraire,  Tune  vers  l'autre. 

Nous  avons,  jusqu'ici,  réalisé  une  égale  hydratation  dans  les  deux  moi- 
tiés du  pétiole.  Installons-en,  maintenant,  une  moitié  dans  Feau,  laissant 
l'autre  moitié  dans  l'air.  La  première  moitié  accroît  rapidement  sa  richesse 
en  eau  ;  sa  turgescence  augmente  et  elle  se  courbe  et  se  gauchit  fortemenl. 
L'autre  moitié  demeure  au  coniraire  moins  turgescente  et  ne  se  courbe  que 
fort  peu.  Or,  rappelons  qu(!  le  pétiole  n'a  été  qu'incomplètement  fendu  : 
les  deux  moitiés  demeurent  en  contact  normal  par  la  base.  Il  est  dès  lors 
facile,  remettant  le  tout  dans  l'air,  de  rapprocher  complètement  les  deux 
bords  de  la  section,  puis  de  les  maintenir  de  la  sorte  par  un  fil  noué,  vers 
l'origine  du  limbe,  autour  du  pétiole  reconstitué. 

Dans  ces  conditions,  l'ensemble  se  courbe  et  se  gauchit  sous  l'action  du 
demi-pétiole  plus  riche  en  eau  ;  la  position  d'équilibre  est  nalurellement 
intermédiaire  entre  celles  que  prendrait,  isolément,  chacune  des  deux 
moitiés. 

Il  résulte  de  là  que,  si  dans  un  pétiole  normal,  intact,  non  sectionné,  la 
richesse  en  eau  vienl  à  varier  d'une  façon  dissymétrique,  des  déformations 
tendent  à  se  produire.  Si  la  quantité  d'eau  devient,  par  exemple,  plus 
abondante  dans  la  moitié  droite  d'un  pétiole,  le  pétiole  se  courbe  vers  ce 
côté  droit;  d'autre  part,  une  torsion  du  pétiole  se  produit,  orientant  vers 
la  droile  la  face  supérieure  du  limbe. 

Or,  dans  le  pétiole  d'une  feuille  non  étalée  dans  un  plan  horizontal, 
l'amidon  mobile  détermine  une  perturbation  de  la  répartition  de  l'eau  ('). 

De  même,  pour  une  feuille  éclairée  latéralement,  les  pliénomènes  chloro- 
phylliens s'accomplissent  avec  des  intensités  inégales  dans  les  deux  moitiés 
du  pétiole;  il  en  doit  résulter  une  répartition  dissymétrique  de  la  richesse 
en  eau. 

On  conçoit  alors  que  les  réactions  tropistiques  des  feuilles  se  réalisent 
par  des  courbures  et  par  des  torsions  du  pétiole. 

Dans  la  plupart  des  feuilles  non  pétiolées,la  base  de  la  nervure  principale 
joue  le  rôle  du  pétiole. 


(')  Voir  E.  Zaupffel,  L amidon  mobile  et  le  géotropisme  {Comptes  rendus,  t.  173, 
192 1,  p.  4^2). 


SÉANCE  DU  9  JANVIER  I922.  121 

BOTANIQUE.   --  Sur  le  gcunétophyte  des  Marchantiées. 
ISote  de  M.  Ch.  Douin,  présentée  par  M.  Gaston  Bonnier. 

Régénération  du  thalle.  —  Les  hépalicologues  ont  souvent  remarqué  que 
les  Marchantiées,  abondantes  dans  la  saison  qui  leur  est  favorable,  sont 
complètement  mortes  pendant  la  saison  sèche,  ce  qui  ne  les  empêche  pas, 
même  restées  stériles,  de  reparaître  aux  mêiries  lieux  avec  le  retour  de 
l'humidité.  Quelques  auteurs  vont  jusqu'à  affirmer  que  les  Marchantiées 
peuvent  revivre  après  plusieurs  années  de  dessiccation.  J'ai  vérifié  le  fait,  et 
voici  les  résultats  de  mes  expériences  et  de  mes  cultures. 

Dans  les  thalles  morts,  certaines  cellules  restent  vivantes  un  an,  deux  ans 
et  plus,  probablement,  pendant  que  leurs  voisines  immédiates  ont,  depuis 
longtemps,  cessé  de  vivre.  Les  cellules  qui  restent  vivantes  et  qui  seules  peuvent 
rèaénérer  le  thalle  sont  r initiale  terminale  du  thalle  stérile  et  ses  initiales  secon- 
daires.  J'appelle  ainsi  les  cellules  qui  se  détachent  des  quatre  faces  de  l'ini- 
tiale terminale.  On  aura  encore  une  idée  de  l'extraordinaire  vitalité  de  ces 
inititlles  par  le  fait  suivant  :  le  Plagiochasma  elongatum  de  la  zone  équato- 
riale  (Mexique)  a  gelé  à  Chartres  :  seules  de  toute  la  plante,  les  initiales 
secondaires  sont  restées  vivantes  et  l'ont  régénérée. 

Les  initiales  secondaires  sont  espacées  comme  les  écailles  ventrales  et 
disposées  sur  quatre  lignes  longitudinales  aboutissant  à  Vinitiale  terminale  : 
deux  rangées  superposées  sur  la  ligne  médiane  et  deux  autres  latérales  situées 
symétriquement  par  rapport  aux  précédentes  et  à  la  limite  externe  des  insertions 
des  écailles  ventrales. 

Anomalies.  —  Les  anomalies  des  végétaux  peuvent  nous  révéler  des  faits 
morphologiques  intéressants  pour  l'étude  des  formes  normales.  Je  vais 
en  citer  quelques  exemples  : 

1°  L'anomalie  du  «  double  capitule  »  à  l'extrémité  d'un  seul  pédoncule 
à  deux  sillons  chez  le  Reboulia  m'a  prouvé  que,  dans  toute  bifurcation,  l'ini- 
tiale terminale  du  thalle  stérile  se  divise  en  deux  initiales  égales  et  de  même 
imleur  que  celle  dont  elles  sont  issues,  contrairement  à  l'opinion  de  tous  les 
hépaticologues  qui  ont  accepté  la  «  echtr  Dichotomie  »  et  la  a  falsche  Dicho- 
tomie »  des  auteurs  allemands. 

2*^  Les  «  andrœcies  partielles  »  du  Reboulia  et  du  Plagiochasma  m'ont 
appris  que  les  cellules  détachées  de  l'initiale  terminale  se  segmentent  co/w/w^ 
des  initiales  :  de  là  le  nom  aV initiales  secondaires  qui  leur  a  été  donné:  une 


122  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

nouvelle  compréhension  du  développement  intercalaire  est  la  conséquence 
de  ce  fait. 

3°  Les  «  pointes  saillantes  »  du  thalle  du  Reboulia  m'ont  indiqué  comment 
se  faisait  le  développement  du  pédoncule  dans  les  Marchantiées  non 
sillonnées. 

4°  Les  singuliers  appareils  $  sessiles  sur  le  thalle  stérile  du  Plagiochasma 
elongatum  m'ont  permis  de  formuler  les  principes  relatifs  à  la  soudure  de 
deux  organes  à  développement  basilaire. 

Développement  du  thalle.  -  Le  thalle  des  Marchantiées  comprend  deux 
parties  :  la  partie  solide  ou  tlialie  proprement  dit  qui  correspond  à  la  tige 
des  Muscinées  et  a,  comme  cette  dernière,  un  développement  terminal  ;' les 
organes  latéraux  (chambres  aérifères  et  écailles)  sont  l'équivalent  des 
feuilles  et  dont  le  développement  est  basilaire. 

Le  développement  terminal  du  thalle  proprement  dit  se  décompose  en 
deux  temps  ;  dans  le  premier,  l'initiale  terminale  se  segmente  et  donne  les 
initiales  secondaires;  dans  le  second,  ce  sont  celles-ci  qui  fonctionnent  à 
leur  tour. 

i*^  L'initiale  terminale  se  segmente  à  droite  et  à  gauche  d'abord^  en  dessous 
et  en  dessus  ensuite;  on  a  ainsi  quatre  cellules  formant  une  série  de  segmenta- 
tions. L'initiale  terminale  continue  à  se  segmenter,  toujours  dans  le  même 
ordre,  pour  ainsi  dire  indétiniment,  en  donnant  d'autres  séries  d'initiales 
secondaires. 

2°  Chaque  initiale  secondaire  se  segrnenle  sur  trois,  plus  rarement  sur 
quatre  faces,  pour  donner  autant  de  cellules  primaires  (segmentation  pri- 
maire) qui  se  multiplient  plus  ou  moins  (multiplication  secondaire  ou  déve- 
loppement intercalaire),  en  formant  une  masse  de  cellules  que  j'appelle  un 
mérophyte.  Tous  les  mérophytes  ainsi  obtenus  grandissent  solidairement  et 
forment  le  thuUe  stérile.  Arrivés  à  leur  état  définitif,  ils  se  fixent  au  support 
par  leurs  poils  absorbants.  On  a,  de  cette  façon,  un  ensemble  de  méro- 
phytes  adultes,  fixés  au  sol  et  désormais  immuables,  et  un  certain  nombre 
d'autres  en  voie  d'accroissement  qui,  par  ce  fait  même,  repoussent  en  avant 
l'initiale  terminale  et  les  mérophytes  voisins. 

Le  thalle  stérile  se  compose  ainsi  de  4  séries  longitudinales  de  mérophytes 
intimement  soudés  :  i  séries  médianes  superposées  qui  composent  la 
nervure  ei  2  séries  latérales  qui  forment  les  ailes,  termes  qui  se  trouvent 
ainsi  nettement  précisés,  quant  à  leur  origine,  pour  la  première  fois. 

Les  initiales  secondaires  ont  un  triple  rôle  :  autre  leur  fonction  normale 


SÉANCE   DU   9   JANVIER    1922.  123 

qui. est  dq  former  les  niérophytes,  elles  donnent  encore  les  initiales  basilaires 
d'où  sont  issus  les  organes  latéraux  et  des  initiales  terminales,  ([ui,  dans 
certains  cas,  donnent  naissance  aux  appareils  cf  et  9  pédoncules  el  aux 
pousses  de  régénération. 

Le  développement  basilaire  des  organes  latéraux  se  produit  de  la  manière 
suivante  : 

Une  initiale  basilaire  qui  fonctionne  fait  saillie  hors  du  tluille  ou  de  la 
tige  par  une  sorte  de  bourgeonnement,  et  la  pins  grande  partie  de  la  saillie 
s'isole  du  reste  par  une  cloison  transversale.  La  cellule  externe  est  la 
première  cellule  de  l'organe  à  former,  tandis  que  la  cellule  interne  est  lini- 
tiale  qui  continue  à  faire  saillie  au, dehors  et  à  s'isoler  de  la  partie  proémi- 
nente par  une  cloison  transversale  ;  etc.  Inutile  de  dire  que  les  organes  laté'- 
raux  sont  presque  toujours  formés  de  plusieurs  initiales  basilaires  soudées 
qui  fonctionnent  solidairement  et  souvent  pendant  longtemps,  en  donnant 
de  nombreuses  séries,  segmentations  qui  sont  réduites  chacune  à  une  seule 
cellule. 

En  résumé,  dans  le  développement  terminal,  les  tissus  nouvellement 
form(''S  repoussent  en  avant  l'initiale  terminale  et  les  mérophytes  voisins,  tandis 
que,  dans  le  développement  basilaire,  ce  sont  les  initiales  basilaires  qui 
restent  fixes  sur  le  thalle  ou  la  tige,  pendant  que  les  tissus  jeunes  repoussent 
les  plus  âgés  à  l'extérieur. 


PHYSIOLOGIE  VÉGÉTALE.  —  Sui'  la  toxicité  de  divers  phénols  ni  très  pour  le 
Sterigmatocystis  nigra.  Note  de  M.  L.  Plaxtefol,  présentée  par  M.  J. 
Gostantin. 

La  toxicité  des  phénols  est  consacrée  depuis  longtemps  par  le  r(Me  qu'ils 
jouent  comme  antiseptiques.  Parmi  les  phénols  les  plus  simples,  l'acide 
phénique  et  son  dérivé  trinitré,  l'acide  picrique,  ont  été  particulièrement 
employés.  Mais,  malgré  les  travaux  de  Koch  et  de  Hoppe-Seyler,  les 
données  numériques  relatives  à  la  toxicité  du  phénol  et  des  phénols  mirés 
sont  encore  fragmentaires. 

J'ai  étudié  comparativement  les  actions  que  présentent,  sur  la  germi- 
nation et  la  croissance  du  Sterigmatocystis  nigra,  le  phénol  et  quelques-uns 
de  ses  dérivés  nitrés  (mononitrophénols  :  ortho,  meta  et  para;  dinitro- 
phénol  I,  2,  4;  trinitrophénol,  i,  2,  4,  6). 

Le  milieu  nutritif  est  constitué  par  100""''  de  la  formule  de  Raulin,  où  le  saccha- 


124  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

rose  est  remplacé  par  du  glucose.  On  y  ajoute  le  produit  à  essayer,  soit  à  l'état  cristal- 
lisé, soit  en  solution  dans  l'eau  distillée,  et  l'on  porle  par  addition  d'eau  distillée,  au 
volume  total  de  120*^™'.  Les  vases  de  culture  sont  des  crislallisoirs  cylindriques  de 
8""^  de  diamètre  et  4'"")  5  de  profondeur.  Les  spores  du  cbampignon  sont  ensemencées 
au  pinceau,  suivant  la  technique  indiquée  par  Raulin.  Le  développement  a  lieu  à  35°. 
La  tension  de  l'atmosphère  en  vapeur  d'eau  est  maintenue  constante  à  l'aide  d'un 
dispositif  rappelant  celui  qu'utilisait  Haulin.  Pour  les  produits  relati\ement  volatils  à 
la  température  de  culture  (phénol),  ou  facilement  entraînables  par  la  vapeur  d'eau 
(o-nitrophénol),  des  expériences  de  contrôle  sont  faites  en  atmosphère  confinée.  Enfin 
l'examen  de  préparations  microscopiques  permet  de  suivre  le  début  de  la  germination. 

Chaque  expérience  comporte  une  culture  témoin  et  une  série  de  cultures, 
de  concentrations  croissantes  en  produit  loxique,  évaluées  en  grammes  par 
litre.  Pour  le  o-nitrophénol,  peu  soluble  dans  l'eau,  les  recherches  ont  été 
poussées  jusqu'à  saturation  du  liquide  nutritif  par  le  phénol  (0^,4  p^ii' 
litre). 

Parmi  les  résultats  expérimentaux,  je  retiendrai  trois  sortes  de  tests  de 
la  toxicité  : 

1.  Concentration  minima  empêchant  la  germination  (^concentration  anti- 
germinative  inhibitrice).  —  A  cette  concentration,  la  spore  se  gonfle  beau- 
coup plus  qu'une  spore  qui  germe;  mais  l'augmentation  de  la  turgescence 
ii'est  pas  suivie  de  la  poussée  d'un  tube  mycélien  : 

iMiénul. 

Pas  de  germination 0,8 

Germination o,^ 

La  concentration  antigerniinalive  n'est  pasalleinte  pour  le  o-nitrophénol 
dissous  à  saturation  dans  le  liquide  nutritif. 

2.  Concentration  maxima  permettant  le  développement  des  conidies  et  leur 
noircissement,  au  bout  de  temps  donnés,  à  partir  de  l'ensemencement  : 


o-nilro- 

/»-nilic)- 

/>-iiilro- 

Dinitro- 

1  rinilro- 

]ilicnoI. 

pliénol. 

]jhéiiol. 

pluMiol. 

phénol. 

>o,4 

0,3 

0,12 

0,009 

0,4 

>o,4 

0.2 

0,1 

0,008 

0.35 

o-nilro- 

;«-nilro- 

y:>-nilro- 

Dinitro- 

Trinilro' 

Début  du  noir- 

Temps. 

Phénol. 

pliénol. 

phénol. 

plicnol. 

pliénol. 

phénol. 

cissement.  .  . 

4o  heures 

0,1 

o,o5 

o,o5 

0,01 

0,001 

o,o3 

Cultures  noires. 

j     3  jours 
i     4  jours 

0,4 
0,5 

0,4 

0,1 

II 

0,02 

o,o5 

o,oo4 
o,oo5 

0,1 
0,1 5 

3.   Poids  sec  du  champignon^  prélevé  au  bout  de  5  jours  de  culture 


SÉANCE   DU  9   JANVIER    I922.  125 

l'oids  sec  du  cliampigiion. 

Concenlratiou y  ■■  ■                 _. !■■  — — ■ — — 

en                                             o~nino-  /«-nitro-          p-n\lro-  Diiiilro-          Tj-initro- 

giamines  par  litre.      l'Iu'iiol.            iilicnol.  phénol.             phénol.  phénol.             phénol. 

« f,64                 1,6-  1,67                 l,Qi  1,67                 1,6', 

(.)  ,00^ "                             "  V                              '/  I  ,57                       " 


(1 .  0 


'      / 


0 ,  007 ■'  •'  '/  // 

0,01 '                 J  ,.5-  //  I ,').] 

0,02 ■'                    "  I  .GG  .  I  ,48  ,       "  1 ,37 

o,o5 '  1,65  1 1 49            *^*'99  "  ',20 

0,1 [ ,  60  r ,  7 o  1,25             (' .  09  '  0,79 

0,2 1 ,66  1 ,60  0,6-              "  '       '/  0,62 

0,3 //  1 ,55  "                   "  '/  0,32 

0,4 1,63  1,20  "  "  ir  If 

0,5 1,35  '/  /'  ■'  //  // 

0,6 o ,  74  "  .  '/  ''  •' 

Ces  résultats  mettent  en  évidence  un  ensemble  de  laits  : 

1"  Le  phénol  et  les  produits  nili'és  ([ui  en  dérivent,  sont  toxiques  pour  le 
Sterigmatocystis  nigra,  les  produits  nitri'S  étant  plus  toxiques  que  le  phénol. 

2°  Les  trois  mononitrophi'nols  ont  des  toxicités  différentes  :  Tortho  est 
le  moins  toxi({ue,  le  para,  le  [)lus  toxique.  Ainsi  semblent  s'opposer,  par 
leurs  propriétés  pliarmacodynamiques,  les  deux  mononitrophénols  (jue 
leurs  propriétés  chimiques  rapprochent  le  plus. 

3°  Le  seul  des  dinitrophénols  ([ui  ait  été  utilise''  dans  celte  élude  montre 
une  toxicité  beaucoup  plus  élevée  c[ue  le  phénol  et  les  mononitrophénols  : 
il  est  près  de  cent  l'ois  plus  toxicjue  que  le  phénol,  et  plus  de  dix  l'ois  plus 
toxique  que  le  plus  aclif  des  mononitrophénols. 

4.  Le  seul  des  trinitrophénols  qui  ait  été  utilisé  dans  cette  étude  pré- 
sente une  toxicité  plus  grande  que  celle  du  phémol,  et  de  même  ordre  que 
celle  des  mononitrophénols.  L'allure  toute  dillérente  de  la  courbe  des  poids 
secs,  en  fonction  de  la  concentration,  traduit  une  différence  dans  l'action 
pharmacodynamique. 

.").  Il  est  extrêmement  curieux  de  rapprocher  les  actions  du  dinitrophé- 
nol  I,  2,  4,  et  du  trinitrophénol  i,  2,  4,  6.  Tous  deux  ont  également  un 
groupement  NO^  en  position  para  et  un  autre  en  ortho.  D'une  manière 
théorique,  on  passe  du  dinitrophénol  au  trinitrophénol  par  fixation  d'un 
nouveau  groupement  NO"  en  position  6,  c'est-à-dire  en  ortho.  L'introduc- 
tion de  ce  groupement  diminue  considérablement    la  toxicité.  Comme  il 


126  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

rend  la  jiiolécule  symétrique,  il  y  a  lieu  de  rapprocher  ce  fait  de  constata- 
lions  antérieures  ('). 

6.  Parmi  les  six  corps  éludiés  jusqu'ici,  le  dinitrophénol  1,2,  4  paraît, 
du  point  de  vue  toxique,  jouir  de  propriétés  particulières,  par  comparaison 
avec  la  série  chimique  à  laquelle  il  appartient.  A  cette  toxicité  corres- 
pondent des  propriétés  physiologiques  spéciales. 


CYTOLOGIE.  —  Sur  le  polymorphisme  ei  la  maturation  des  spores  des  Syndinides 
(Péridi/iiens).  Note  (-)  de  M.  Edouard  Chattox. 

Les  Syndinides  forment  une  famille  de  Péridiniens  caractérisés  par  leur 
parasitisme,  leur  complète  dépigmentation,  leur  état  plasmodial,  la  struc- 
ture de  leurs  noyaux,  qui,  dans  la  cinèse,  présentent  d'une  manière  cons- 
tante cinq  chromosomes  en  V,  et  enfin  par  leurs  spores  gymnodiniennes 
plus  ou  moins  turbinées. 

On  les  trouve  dans  la  ca\ité  générale  descopépodes  pélagiques,  et  dans 
la  capsule  centrale  de  certains  radiolaires  "(  Thalassicolla).  Il  ne  sera  question 
ici  que  des  premiers.  J'ai  fait  connaître  antérieurement  (=')  les  phases  de 
leur  é^olutiou,  la  structure  de  leur  plasmode,  le  processus  cinétique  propre 
à  leurs  noyaux,  et  la  morphologie  de  leurs  spores. 

Chez  une  même  espèce  de  copépodes  il  peut  se  former  jusqu'à  trois  caté- 
gories de  spores  tout  à  fait  différentes.  Cela  ne  se  produit  jamais,  toutefois, 
chez  un  même  indi\  idu,  c'est-à-dire  à  partir  d'un  même  plasmode. 

Chez  Paracalanus  parlas  j'ai  distingué  des  «  spores  à  rostre  »,  des 
«  macrospores  »  et  des  «  microspores  »,  chacune  des  deux  dernières  caté- 
gories présentant  eUe-mème  des  variantes  secondaires.  Mais  chez  d'autres 
copépodes  (Corycœus  venustiis),  il  ne  se  foi-me  qu'un  seul  type  de  spores. 

J'ai  posé  la  question,  dans  ma  monographie,  de  la  signification  de  ce 
polymorphisme  sporal.  Pluralité  des  espèces,  différenciation  sexuelle^  poly- 
morphisme non  sexuel  dans  une  même  espèce,  telles  sont  les  trois  hypo- 
thèses envisagées.  De  nouAclles  recherches  me  pprmett<'nt  d'ébider  la 
troisième.  Chaqu»    forme  sporale  correspond   en  effet  à  un  plasmode   de 


(*)  Mayer,  Magnij  et  Plantefol,  Sur  la  toxicité  des  carbonates  et  cldorocarbo- 
nales  de  méthyle  chlorés  {Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  i36). 

(-)  Séance  du  27  décembre  1921. 

(')  Comptes  rendus,  1.1.50,  19105  p.  654-656;  t.  170.  igao,  p.  4r3-4t5;  t.  173, 
1921,  p.  859-861. 


SÉANCE   DU   9   JANVIER    1922.  127 

structure  bien  caiactérisée.  La  formation  d'une  seule  catégorie  de  spores 
par  les  ])lasmodes  du  Corycœus  inmiistus  plaide  aussi  contre  cette  hypothèse, 
et  même  conlre  celle  de  la  différenciai  ion  sexuelle. 

Toutes  les  recherches  en  vue  de  vérifier  cette  dernière  ont  été  négati\es. 
J'ai  mélangé  nombre  de  fois  des  spores  de  ditVérentes  catégories  issues  des 
Paracalaiius^  en  elVectuant  avec  elles  toutes  les  combinaisons  possibles,  sans 
jamais  observer  de  copulations.  Je  n'ai  jamais  constaté  non  plus  de  copu- 
lations entre  spores  ideutiques,  soit  issues  d'un  mêm<'  plasmode,  soit  issues 
de  plasmodes  différents.  Toujours  ces  spores  ont  dégénéré  purement  et 
simplement,  entre  24  et  4^  heures.  Chez  S.  corycœi^  dont  h'  cas  est  parti- 
culièrement instructif,  les  spores,  après  quelques  heures  de  vie  libre,  se 
fixent  sur  la  dépouille  du  copépode,  ou  au  verre,  et  y  passent  à  l'état  quies- 
cent.  On  peut  les  conserver  plusieurs  jours  sous  cette  forme. 

L'étude  cytologique  de  la  phase  de  maturation  des  spores  de  toutes 
catégories  montre  au  surplus  qu'elles  ne  sont  point  le  siège  de  phéno- 
mènes de  réduction,  comme  elles  (le\  raient  en  présenter  si  elles  étaient  des 
gamètes. 

L'hypothèse  qui  subsiste  donc  est  celle  de  la  pluralité  des  espèces.  Il  con- 
vient dès  lors  de  caractériser  celles-ci,  à  la  fois  par  leurs  plasmodes  et  par 
leurs  spores.  Au  cours  de  Fétude  cytologique  qui  a  été  nécessaire  pour  ce 
faire,  j'ai  porté  spécialement  mon  attention  sur  les  phénomènes  qui  accom- 
pagnent la  sporulation.  Chez  Syndinium  rostratum  («  spores  à  rostre  »  de 
Paracalanus parvus)  la  formation  d'un  appareil  ciuéto-flagellaire  au  pôle  du 
demi-fuseau,  constitué  par  un  rhizoplaste  ayant  la  valeur  d'une  centrodes- 
mose  et  perdant  secondairement  toute  connexion  avec  le  noyau,  la  dissocia- 
tion de  la  figure  fusoriale  eji  cinq  chromosomes  à  individualité  persistante, 
pelotonnés  dans  la  vésicule  nucléaire  ;  chez  6'.  corycœi  {àe  Corycœus  veniistus), 
la  réduction  de  l'appareil  cenlrosomien  tlagellaire  à  un  cône  coiffant  le 
noyau,  la  dislocation  des  chromosomes  aboutissant  dans  la  spore  mûre  et 
quiescenle,  sessile,  à  la  constitution  d'un  noyau  granuleux,  condensé,  enve- 
loppé d'une  forte  membrane;  chez  5.  turho  («  macrospores  »  de  Paraca- 
lanus parvus)  uwe  structure  et  une  évolution  analogues.,  quoiqueici  les  spores 
restent  mobiles;  chez  5.  minutum  (a  microspores  v  de  Paracalanus  parvus)^  la 
persistance  de  deux  demi-fuseaux  dans  les  spores  mûres. 

D'une  manière  plus  générale  nous  dégageons  de  cette  étude  les  conclusions 
suivantes  : 

1°  L'organisation  et  le  mode  de  division  nucléaires  des  Syndinium  pré- 


128  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

sente  d^iiie  «'spècc  à  l'autre  une  uniformité  remarquable.  Cliez  toutes,  les 
chromosomes  sont  constamment  au  nombre  d<"  cinq,  toujours  courbés  en  V. 

2**  A  la  prophase  et  à  la  télophase  mitoliques,  comme  en  inlerciiièse,  ces 
chromosomes  sont  toujours  agencés  en  demi-fuseaux,  qui  n'ont  pas  ici  de 
signification  spéciale,  comme  dans  le  cas  des  ciliés  où  ils  paraissent  avoir  la 
valeur  d'un  synapsis. 

3°  Quelle  que  soit  la  slJ-ucture  du  noyau  dans  les  spores  mûres,  c'est 
toujours  à  partir  de  ce  stade  en  demi-fuseau  qu'elle  s'établit. 

[f  La  maturation  des  spores  n'est  point  accompagnée  de  méiose.  Ceci, 
joint  à  leuV  évolution  solitaire,  interdit  de  les  regarder  comme  des  gamètes. 
Les  véritables  gamètes  des  Syndinium sont  encore  à  découvrir. 

5°  A  Tuniforniité  structurale  relative  des  plasmodes  s'oppose  une  grande 
diversité  morphologique  et  cytologique  dans  les  spores.  Celte  constatation 
est  embarrassante,  car  si  l'on  considère,  comme  les  faits  nous  l'imposent  en 
général,  et  particulièrement  dans  le  cas  des  Péridiniens  parasites,  la  forme 
sporale  comme  originelle,  on  ne  conçoit  pas  que  des  types  sporaux  aussi 
divers  soient  issus  de  stades  végétatifs  aussi  semblables,  jusqu'aux  détails 
de  constitution  nucléaire. 

5°  L'appareil  cinétotlagellaire  des  Dinoflagellés,  jusqu'ici  peu  connu,  se 
présente,  selon  la  règle  fondamentale  pour  les  autres  flagellés,  comme  un 
dérivé  de  l'appareil  cenlrosomien  nucléaire. 


MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  —  Emploi  du  hismuth  dans  la  prophylaxie  de  la 
syphilis.  Note  (')  de  MM.  R.  Sazerac  et  C.  Levaditi,  présentée  par 
M.  Roux. 

Après  avoir  établi  les  pro])riélés  curatives  du  bismuth  dans  la  syphi- 
lis ("),  nous  avons  recherché,  avec  !\L  Issaïcu,  si  les  dérivés  bismuthiques 
agissaient  préventivement.  Convaincus  de  l'importance  du  problème  au 
point  de  vue  de  la  prophylaxie  de  la  syphilis,  nous  l'avons  étudié  expéri- 
mentalement sur  le  lapin,  en  utilisant  les  deux  techniques  que  voici  : 

a.  Nous  avons  administré  les  produits  dont  nous  désirons  connaître  l'ac- 
tion prophylactique,  à  des  lapins,  auxquels  nous  inoculions  le  tréponème 
(vi?'as  neurotrope)  par  scarification  prépuliale  (MetchnikolTet  Roux). 

(')  Séance  du  3  janvier  1922. 

("-)  Sazerac  et  Lkvaditi,  Comptes  tendus,  t.  172,  1921,  p.  1891. 


SËANCE    DU    9    JANVIER    Il)2  2.  1 29 

/;.  En  OLitce,  nous  avons  essayé  de  nous  rap[)toclier  le  plus  possible  des 
conditions  qui  président  à  la  transmission  de  la  syphilis  chez  l'homme,  en 
faisant  agir  Tagenl  [)rophylaclique  sur  des  lapins  soumis  à  la  contamination 
par  contact  sexuel,  sans  nulle  lésion  préalable. 

I.  Méthode  des  scarifica lions.  -^  Des  lapins  mâles  étaient  infectés  par  sca- 
rifications préputiales  abondantes;  Tinfeclion  massive  étail  de  beaucoup  su- 
périeure à  celle  qui  assure  la  contamination  humaine.  Nous  nous  sommes 
servis  du  tarlrobismitthate  de  sodium  et  de  potassium  et  aussi  du  lactate  <le  bis- 
muth soluble  (en  solution  aqueuse).  Le  mode  d'application  a  >arié.  Per- 
suadés que  la  propliylaccie  de  la  syphilis  pourrait  être  réalisée  par  simple  inges- 
tion d\in  médicament  spirillicide,  nous  a^'ons  uidisé  le  bismuth,  non  seulement 
en  application  locale,  mais  aussi  par  la  voie  digestive  (buccale  et  anale)- 

1.  liVJKCïiONS  PRÉVENTIVES.  —  Li>r.si|u'(in  i n jecte  dans  le  muscle  du  lii|nii  o",o5delar- 
lrobi>mulbate  j3af  kiloijfamme,  trois  heures  après  Tinfechon  piépuliale,  on  empêche 
définitivement  l'apparition  des  lésions  tréponémiqnes  (absence  de  spiiochètes  le  60®  et 
le  63'"  jour  chez  les  animaux  traités,  lésions  chez  le  témoin  déjà  le  16^  jour). 

Le  tartrobisinuthale,  administré  en  injection  intra-musculaire ,  agit  préventi- 
vement. 

2.  Voie  digestivh.  —  ,\.  Voie  buccale.  —  Le  lactate  de  bismuth,  administré  au 
lapin  par  la  bouche,  paraît  èlre  absorbé  [action  curalive  y^tv  os  constatée  par  Sazf-ac 
et  Levadili  (')].  Cette  absorption  par  la  voie  digeslive  semble  cependant  faible.  C'est 
ce  qui  explique  probablement  les  résultats  impai  faits  foui  nis  par  nos  essais  préventifs. 
Nous  n'avons,  en  effet,  observé  que  des  retards,  parfois  considérables,  dans  Téclosion 
des  lésions  et  jamais  d'empêchement  définitif.  iNos  e^ipériences  sont  au  nombre  de  i5. 
dont  12  avec  le  tartrobismuthale  de  Na  et  K,  et  3  avec  le  lactate.  Le  premier  de  ces 
sels  a  été  administré  par  la  bouche  à  la  dose  de  20'^"''  à  ^o"^™',  solution,  iiouiliie  ou 
suspension  huileu-e  à  lo  ou  20  pour  100,  i  heure^  3  heures,  4  heures  ttl  24  heures 
après  l'infection.  Sur  12  essais,  7  ont  été  complètement  négatifs  et  5  ont  montré 
un  relard  de  V injection,  (jui  a  été  de  i4,  '7,  ^8  et  21  jours,  par  rapport  aux 
témoins.  Avec  le  laciale  (mêmes  doses),  sur  trois  expériences,  une  >eiile  a  montré  un 
relard  de  45  jours.  Dans  l'ensenoble,  le  Irailement préventif  per  os  a  relardé  l'appa- 
rition des  tréponèmes  dans  une  proportion  de  \o  pour  loo  des  cas. 

Il  y  a  donc  lieu  de  conclure  que,  malgré  l'absence  d'action  préventive 
définitive,  certains  sels  bism,uthiques  ne  sont  pas  totalement  inactif  s  au  point 
de  vue  prophylactique ,  lorsqu'on  les  administre  per  os. 

(')  Sazerac  et  Levaditi,   Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  1201. 

G.   K..  1923.  r"'  Semestre.  (T.  174,  N"  2.)  '  \) 


l'3o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

B.  i^oie  anale.  —  La  voie  anale  se  prête  mieuv  que  la  voie  buccale  à  essai-.  Ea 
effet,  uu  lapin  qui  a  reçu  par  le  rectum  20'='"'  de  bouillie  de  tartrobismulhate  à 
20  pour  100  n'a  pas  montré  de  tréponèmes  76  jours  après  l'inoculation,  tandis  que  le 
témoin  s'est  infecté  le  20'' jour. 

3.  Â.PPLiCATroN  LOCALE.  —  iNous  nous  sommes  servis  de  la />om/«a(r/e  au  lartrobis- 
muthale  (sel  So»,  vaseline,  lanoline,  àâ  3oe)  et  de  la  poudre  du  même  sel. 

a.  Pommade.  —  Six  expériences,  dans  lesquelles  la  pommade  a  été  appliquée  par 
frottement  sur  'a  région  infectée,  1  heure,  4  heures  et  24  heures  après  la  scarification. 
Quatre  fois.,  la  pomma  le  a  empêché  défi'iitivement  l'apparition  des  lésions  spiroché- 
tiennes  (5o,  76,  98  el  94  jours  d'observation),  tan  lis  que  les  témoins  se  sont  infectés 
le  20^  el  le  2 î''  jour.  Une  expérience  fut  nég^ïlive,  tandis  que,  dans  une  autre,  il  y  eut 
un  retard  de  1 1  jours.  Les  lapins  qaiont  été  préservés  par  la  pommade  se  sont  mon- 
trés sensibles  lors  d^une  inoculation  ultérieure  faite  le  gg"  Jour. 

Ces  essais  nionttent  que  la  pommade  bismuthiqiie  agit  préventivement ^ 
m^me  lorsqu''elle  est  appliquée  de  i  heure  à  4  heures  après  une  infection 
massive  ('). 

b.  Poudre.  —  La  poudre  de  tartrobismulhate,  employée  localement  3  heures 
après  l'inoculation,  n'a  empêché  l'infection  que  dans  une  expérience  sur  trois.  Elle 
agit  donc  moins  bien  (jue  la  pommade,  étant  moins  adhérente  el  aussi  moins 
pénéli  ante. 

II.  Méthode  des  accouplements.  —  Cinq  couples  ont  été  constitués,  un  seul  des 
générateurs  étant  infecté  aux  organes  génitaux  (lésions  anciennes,  riches  en  trépo- 
nèmes), et  l'autre  normal  (2  mâles  infectés,  3  femelles  infectées).  D'après  les  expé- 
riences de  Levadili,  Maiie  et  Iss;iïcu  {•).,  l'infection  se  transmet  ainsi  dans  la  grande 
majorité  des  cas.  Les  anima  ix  sont  restés  en  contact  durant  5  jours.  Pendant  les 
quatre  premiers  jours,  nous  avons  appliqué,  par  frottement,  la  pommade  bismuthique 
au  niveau  des  organes  génitaux  du  procréateur  normal. 

Résultat.  —  Trois  de  ces  couples  ont  été  féconds,  ce  qui  prouve  qu'il  y 
eut  accouplement  au  moins  dans  trois  de  nos  expériences.  Or,  chez  aucun 
des  cinq  pancréateurs  normaux  (3  mâles  et  2  femelles),  nous  n'avons  cons- 
taté de  lésions  tréponémiques,  pendant  les  82  jours  d'observation. 

La  pommide  bismuthique  agit  pt^èventivement  chez  des  animaux  exposés  à 
une  infection  certaine,  par  la  voie  de  C accouplement  sexuel. 

Conclusions.  —  Le  tartrobismuthate  de  Na  et  de  K  jouit  de  propriétés 
préventives,  lors  ju'il  est  appliqué  sous  forme  de  pommade  sur  la  région 
infectée,  de  i  heure  à  4  heures  après  l'infection;  il  empêche  la  maladie  chez 

(')  La  pommade  se  montre  iuactive  lorsqu'elle  est  appliquée  pendant  la  période 
d'incubation  :  5'',  lo"^  el  1 5*^  jour. 

(-)  Levaditi,   Mauie  et  Issaïcu,  C.  R.  de  la  Soc.  de  Riol..,  t.  85,  192 1,  p.  342. 


SÉANCE  DU  y  JANVIER  1922.  i3l 

les  animaux  exposés  à  la  contamination  par  contact  sexuel;  il  agit  préven- 
tivement, lorsqu'on  l'injecte  à  petites  doses  dans  le  muscle.  Ce  sel,  ainsi 
que  le  lactate  de  bismuth,  administrés  par  la  bouche,  retardent  manifeste- 
ment l'éelosion  de  lésions  spirochétiennes. 

A  16  heures  trois  quarts,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 

La  séance  est  levée  à  18  heures. 

É.  P. 


ERRATA. 


(Séance  du   19  décembre   1921.) 

Note  de  MM.  G.  Friedel  et  L.  Royer,  Sur  les  mélanges  de  liquides  aniso- 
tropes  et  l'identité  des  liquides  stratifiés  de  Grandjean  avec  les  liquides  du 
type  azoxyphénétol  : 

Page  i32o,   ligne   22,  au  lieu  de  gauche,  (ire  droit;  au  lieu  de  droit,  lire  gauche» 


(Séance  du  27  décembre  1921.) 

Note  de  M.  Kilian,  Sur  un  problème  de  la  tectonique  des  chaînes  sub- 
alpines dauphinoises  : 

Page  1437,  ligne  9,  au  lieu  de  situés  à  l'est,  lire  situés  à  l'ouest. 


l32  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 


Olvragks  ri:çus   dans  les  séances  de  décembre   1921    {suite  tl  fin). 

Le  Toarcieii  supérieur  dans  la  région  sud-est  de  l' Aveyron,  par  J.  Monestier. 
Extrait  du  Bulletin  âe  la  Société  géologique  de  France.,  l.  XX;  i  fasc.  24'^'". 

Calcolo  del  tilolo  piii  economico  di  un  gas  inisto  di  gas  ricco  e  povero,  par 
C.  Canovetti.  Extrait  de  Vlndustria  del  Gas  e  degli  Acquedotii.  de  septembre  19-21  : 
I  fasc.  23'^^™.  (Présenté  par  INl.  I. allemand.) 

Le  turbine  a  gas  motrici  a  propulsions,  par  C.  Canovetti.  Extrait  de  V Industria 
del  Gas  e  degli  Acquedotii ,  de  septembre  1921;  i  fasc.  l'i''"'.  (Présenté  par  M.  Lalle- 
m  a  II  d ,  ) 

Recherches  sur  le  mouvement  des  petites  planètes^  par  H.-V.  Zeipel.  Extrait  de 
K.  Svenska  Vet.  Akad  :  s  Arkiv  for  mateniatik^  astrononii  och  fysik,  Bd.  11,  i:^, 
1^;  I  vol.  2i'^"\ 

L\œui>re  astronomique  d'Henri  Poincaré,  par  H.-\  .  Zeipel.  Extrait  des  Acta 
mathematica,  t.  38;  i  fasc.  3o"°. 

De  la  lumière  au  son  .  .  .,  par  P.  Vivier.  Paris,  Mendel,  1921;  i  vol.  25*^™. 

Nouveaux  principes  d' hydraulique  générale  et  de  mécanique,  d'après  une  étude 
nouvelle  de  la  contraction,  par  E.-E.  Marchand  Bev.  Chez  l'auteur,  à  Ijivry-sur- 
Seine  (.Seine-et-Marne),  1921;  i  v..l.  2.5'^"'. 

La  loi  de  /Veu  to/i  est  la  loi  unique.  Théorie  mécanique  de  F  Univers,  par  Max 
Franck.  Piiris,  Gaulhier-Yiilars  et  C'*",  1921;  i  vol.  25'^'°. 

La  Physique  théorique  nouvelle.,  par  Julien  Pacotte.  Paris,  Gautliier-Villprs  et  C'*, 
1921:  I  vol.  24'"'. 

Analogies  mécaniques  de  l'électricité.,  par  J.-B.  Po.\iev.  Paris,  Gauthier-Villars 
et  C'%  1921;  I  vol.  24"". 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE   DU   LUNDI   id   JANVIER    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BKRTIN. 


MEMOIRES  ET  COMMUA ICATIOi\ S 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'AC\DÉMIR. 


M.  le  Président  annonce  le  décès  de  M.  Ciamu.iax,  Associé  étranger, 
survenu  à  Bologne  le  2  janvier. 


M.  A.  Haller  s'exprime  en  ces  termes  : 

M.  GiAco.Mo  CiA.MiciAN,  séuatcur  du  royaume  d'Italie,  professeur  à  l'Uni- 
versité do  Bologne,  comptait  parmi  nos  plus  illustres  Associés  étrangers. 

L'œuvre  de  notre  regretté  confrère  est  aussi  étendue  qu'originale.  Son 
activité  scientifique  a  été  cons-acrée  pendant  de  longues  années  aux  combi- 
naisons appartenant  au  groupe  du  pyrrol,  combinaisons  dont  il  a  élucidé  la 
fonction  et  la  constitution.  M.  Ciamician  a  attaché  plus  lard  son  nom  aux 
réactions  qui  s'effectuent  entre  composés  organiques  à  fonctions  variées 
quand  on  les  soumet  à  Tinfluence  de  la  lumière  solaire. 

Ses  dernières  recherches  ne  sont  pas  moins  originales.  Considérant  l'or- 
ganisme des  plantes  comme  un  véritable  laboratoire,  il  a  essayé  d'y  réaliser 
des  synthèses  par  l'injection  de  multiples  produits,  notamment  d'alcaloïdes 
ou  d'autres  substances  dans  le  but  de  se  rendre  compte  de  l'influence  qu'ils 
exercent  sur  cet  organisme.  Une  des  expériences  les  plus  brillantes  est  celle 
qui  aboutit  à  la  synthèse  de  la  salicine  par  injection  de  la  saligenine  dan^ 
des  plantes  qui  ne  renfermaient  point  le  gliicoside  précité.  La  Chimie  orga- 
nique perd  en  M.  Ciamician  un  de  ses  représentants  les  plus  distingués, 
l'Italie  un  de  ses  savants  les  plus  justement  renomm'-s  et  la  France  un  de 
ses  amis  les  plus  fidèles. 

G.  K.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  3  )  I^^ 


l34  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


NAVIGATION.  —  Relations  entre  :  Les  formes  de  carène  eVun  navire  :  les  dépla- 
cements relatifs  de  sa  houle  satellite;  son  aptitude  à  la  vitesse;  sa  vitesse  la 
plus  économique;  et  la  résistance  de  l'eau  à  sa  translation.  Note  de 
M.  F.-E.  FouRxiER. 

En  fin  d'analyse,  j'ai  été  conduit  parles  observations  et  les  considérations 
nouvelles,  rectifîcatrices  et  complémentaires,  résumées  dans  cette  Note,  aux 
conclusions  suivantes  sur  la  nature  et  l'enchaînement  de  ces  relations. 

[.  La  résistance,  R,  de  l'eau  à  la  translation,  de  vitesse  v^  en  mer  calme, 
d'une  carène,  de  surface,  H,  gu  fer  neuf  fraîchement  peint.,  à  étrave  droite, 
ayant,  suivant  l'usage,  son  maître-couple,  de  largeur,  /,  de  profondeur,  p^  à 
peu  près  au  milieu  de  la  longueur,  L,  de  son  plan  de  flottaison,  a  pour 
expression  générale 

(i)  R=:o,i6ir^']>. 

Dans  cette  expression  :  1  peut  être  calculée  par  la  formule  d'inter- 
polation 

(,)  ^=,, 3.3,3  +  , .93^(iii)-7,,.5(jii)'  +  8,86o(j^y 

en  fonction  de  la  surface,  o-,  de  son  plan  vertical  de  dérive  mesurable  direc- 
tement. 

Quant  au  facteur  i/,  c'est  une  fonction  de  c  que  cette  Note  a  pour  objet 
de  définir. 

rr.  Soient:  /,  l'incidence  latérale  moyenne  sous  laquelle  les  lignes  d'eau 
de  la  proue  attaquent  la  masse  liquide,  à  leurs  extrélîiités  rectilignes  sur 
l'étrave;  et  ï^  =  10° 39' 40%  ou  sin?^  =:  o,i85,  une  valeur  critique,  constante 
générale ^  dépendant  de  la  viscosité  de  l'eau. 

Enfin,  représentons  par  (r  une  vitesse  caractéristique  que  l'on  calcule, 
pour  chaque  navire,  par  la  formule  d'interpolation 

(3)  '        -^=   =  I  .0232  —  3,980  (   -j )    +   15.67  (■; )     ^l-^^\\ 

et  (jui  joue,  comme  vitesse  de  comparaison,  un  rôle  capital  dans  la 
question. 

Ifl.  En  utilisant  les  valeurs  de  R,  que  le  service  technique  de  nos  cons- 
tructions navales  déduit  de  ses  observations  directes  sur  des  modèles  des 


SitANCE    DU    l(j    JAWIEPi    1922.  l'J5 

différents  types  de  carènes  acliiellés.  remarqués  au  moyen  de  mécanismes 
perfectionnés  et  enregistreurs  des  résistances,  dans  le  bassin  d'essai  appro- 
prié à  cet  effet,  dont  ce  service  dispose  à  Paris,  j'ai  pu  calculer  les  valeurs 
correspondantes  du  facteur  -l  aux  différentes  viiesses  r  par  la  formule  tirée 

de  (i),  'h  =  — ,. .-    ,  ■.  el  constater  ainsi  les  particularités  suivantes. 

IV.  Sur  chaque  navire  :  j-^^i.  à  sa  vitesse  (t-;  et  y  esl  >i,  à  ses 
vitesses  r^  tr;  au  contraire,  '-Lest  <^i.  à  ses  vitesses  r<^(ï'.  depuis  celle  c„. 
à  laquelle  ',p,,  =  i .  et  qui  est  liée  à  n-  par  le  rapporl 


(4)  —  =1  I  ,524.5  \/siii  / 


SlM  l„ 


I  +  0.7414  (  <'-32  — 


JL 
ïTp 


sur  les  carènes  où  {i^i^)  et  se  réduit  à  v\  =  o.  sur  celles  où  {i <ii^,). 

V.   La  plus  petite  'J^,„,  des  valeurs  de  'l  moindres  que  i,  est  donnée,  pour 
chaque  navire,  par  la  formule  d'interpolation 

(6)        '^ni^=  0.6465  —  o.6oc)3  -^^^ — -  l  1 ■. — :-  )  —  o.  1070 

"     sin  l^,  \  siii  loj 


Elle  y  est  atteinte  à  la  vitesse  c„^  =  -(v^  -h  n),  Va  plus  économique,  donc,  des 

navires  où  (ï^/,,),  et  qui  se  réduit  à  i,^^  =  -  w,  sur  ceux  où  {i<i  i,,)- 

L'expression  (6)  comporte  un  minimum  absolu  sur  les  carénés  où  la  valeur 
de  i  est  diminuée  jusqu'à  celle,  /,„,  qui  satisfait  à  l'équation  de  condition  de 

ce  minimum, 

.    .        I   .    .  „  ...  .        „     „,     „ 

sin /,„=  -  sin /q=  o  .<iq2D.  don  i„i^=  o°  ib  20     ' 

2 

et  qui  est  donc  la  valeur  optima  de  «,  car  elle  donne  à  ces  carènes  leur  p!us 
grande  aptitude  à  la  vitesse,  compatible  avec  la  viscositt'  de  Fcau. 

VL  Les  carènes  où  (i^i„)  sont  les  moins  aptes  à  la  vitesse,  parce  qu'elles 
entretiennent,  aux  dépens  de  la  force  motrice,  une  houle  satellite  formée,  auor 
vitesses  v<^{v,  d'une  vague  de  translation  d^étfrwe  se  prolongeant  extérieure- 
ment en  proue  fluide  et,  sui\ie  de  son  train  d'ondes  d'oscillations  transK-er- 
sales ;  ce  premier  système  y  étant  complété,  aujr  vitesses  r  ^  a-,  par  une*^^«^ 
de  translation  d'ètamhoty  également  suivie  dans  le  sillage  de  son  train 
d'ondes  d'oscillations  transversales. 

VIL  Les  carènes  où  (/<C^o)  sont,  au  contraire,  les  plus  aptes  à  la  vitesse^ 
parce  qu'elles  n'entretiennent  :  x\\  proue  fluide  aux  vitesses  v'^w,  ni 
vague  de  translation  d'étambot  aux  vitesses  v  >  iv.   Or,  la  suppression  de 


l36  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

cette  seconde  vague  permet  à  la  vague  d'étrave  d'allonger  librement  son 
profil  vertical,  en  tendant,  à  mesure  que  v  croît,  de  o  à  oo,  vers  sa  limite 
asymptotique,   qui  est   nécessairement  le  contour  du  maître-couple^  à  la 

distance,  -■>  de  Tetra ve. 

VIII.  Soit  :  A,  la  distance  à  Tétrave  de  l'extrémité  arrière  du  profil  vertical 
du  premier  creux,  le  plus  profond,  de  la  houle  satellite,  qui  maintient 
r horizontalité  du  plan  de  flottaison  des  navires,  tant  qu'il  reste  en  avant  de 
leur  maître-couple. 

J'ai  reconnu  que  cette  distance  varie  avec  c  suivant  les  relations  : 


(7) 


(8)      A'  = 


V 


/  sin  /'  - 

-  sin/'o 

/      •     ■^ 
/     sin  7  - 

4 

—  sin  4 

/  sin/  /  sin  « 

y    sin/|i  '^  siniy 


[5;//'  les  carènes  où  (i^  /(,)]  » 


[sur  les  carènes  où  {i  <  i^)]  ; 


il  en  résulte  que  A  étant  moindre  que  -,  à  toutes  leurs  vitesses,  âe  v  =  o  k 

i^  =  ce,  d'après  la  relation  (7),  le  premier  creux  ondulatoire  y  reste  en  avant 
du  maître-couple,  en  y  maintenant  donc  V horizontalité  du  plan  de  flottaison. 

Tandis  que  A' restant  moindre  que  ->  d'après  la  relation  (8),  seulement 

jusqu'à  la  vitesse  «r',  qui  satisfait  à  la  relation 


/  ^in  i  I  sini 

y   siiu'o  V  sini'o 

les  carènes  où  (?  <C  'u)  conservent  l'horizontalité  de  leur  plan  de  flottaison, 

seulement  jusqu'à  cette  vitesse  tr'.  A  mesure,  en  efîel,  que  A'  dépasse   --, 

aux  vitesses  v^  a',  une  portion  de  plus  en  plus  grande  de  ce  premier  creux 
s'allongeant  au-dessous  du  plan  de  flottaison  de  \a poupe  lui  permet  alors  de 
s'y  abaisser  davantage  en  donnant  à  ce  plan  une  inclinaison  0,  favorable 
à /a  z^/ïe^j-e  et  augmentant  avec  (^suivant  la  relation,  que  j'ai  déjà  fait  connaître 
à  l'Académie, 


(9) 


;in  9  =r  I  sin —  j  i  /  sin /(sin  /,,  —  sin  /)     1 


SÉANCE  DU    16   JANVIER  '1922.  rSj 

IX.   Pendanl  que  v  croît,  de  (t-  à  zc,  sinO  lend,  on  le  volt,  de  zéro  vers  sa 
limite  asymptotique 

sin9„=  (  sin  — ^  )  y/siii^sin  4—  siii/j 

comportant  un  maximum  absolu 

•    r»           /.        TT    \  sin  /o 
sin0.=  (  sin \ 


sur  les  carènes  où  i  se  trouve  réduit  à  sa  valeur  optima  i,„  qui  satisfait  à  la 
condition  sin«„,=  ^  sinî'o.  0^  =  4°45'i5"  est  donc,  sur  ces  carènes,  la  plus 

grande  inclinaison  de  leur  plan  de  Jloltaison  qui  soil  compatible  aiec  la  vis- 
cosité de  l'eau. 

X.  Le  Tableau  suivant  indique  les  formules  à  employer,  selon  le  cas, 
pour  calculer  les  valeurs  de  '|,  afm  d'en  déduire  ensuite  celles  de  R  par  la 
formule  (i)  : 

Navires  où  i-i'n.  ■ 


'l  =  i-(i-'%04 


11  _  li 

IV  II' 


I 


^,  =  1  +  0 


(v>iv). 
Navires  où  (/</o). 


!,867  .  / 


V'         0,0-->i 


X 


/sin  «0 —  sin  / 
y      0,002  262 


I  —  sin 71  — ,  )  (  sin 7:  — -,  —  0,646 


avec 


a  =  0,4375 


(r<.T/); 

,     .         w  '  f  w'  \ 

/     10    s     r-  /  -1  "  +  "  *'"  ''^  —  (  1  —  Sin  7;  —  1 

r  '  c    /  /    ^    \        •        '^    '  '  ''  ^ 

4>i  =  I -h  2,5g4    -i — ■        Sin;:  — 
\LpJ  l  i> 

sin  /„  —  sin/\  •>*"' 


-  j  >  /^  =r  5,  176 


sin  /„  —  sin  A^»"^^ 


o,o383     J        '  -~-,^j^y     o,o383 

Tusage  de  ces  formules  présenterait  le  double  avantage  de  suppléer,  éven- 


l38  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

tueliement,  aux  opérations  longues  et  coûteuses  de  la  construction  et  du 
remorquage  des  modèles  dans  un  bassin  d'essai  spécial,  par  de  simples 
calculs  faciles  à  renouveler,  au  gré  de  l'ingénieur,  dans  les  tâtonnements 
<[u'il  peut  être  conduit  à  entreprendre  en  vue  de  diminuer  la  résistance  R  à 
prévoir  par  des  modifications  judicieuses  dans  le  choix  des  valeurs  de  /, 

de  (  -  )  et  de  (  ^  )  dont  les  rapports,   ^^ — -  et  ( -; —  ) ,  s'en  déduisant,  sont  les 

\p  J  ^     ^        \L  J  ^t^  '   sin<„         \Lp  J 

caractéristiques  par  excellence  des  formules  d'interpolation,  d'une  carène  à 

l'autre. 

GÉOMÉTRIE  INFINITÉSIMALE.  —  Sur  les  j'éscaux  il^^^. 
Note  de  M.  C.  Glichard. 

Soient  M(X,,  X.^,  .  . .,  \o„)  un  point  qui  décrit  un  réseau  dans  un  espace 
d'ordre  2//;  6,,  ^^,,  ,..,  ç^,,^;  v],,  y]„,  .,.,  y)^,^  les  paramètres  normaux  de  ses 
tangentes.  On  a 


(0 


dX       ,  V  àli       ,  d'i 

-—  =  hc,  —-  =  lin,  -p  =  n-f], 

au  dv  ai' 

dX        ,  dl        ,  df)  ^ 

——=zlf},  —- z=^ /in,  __  — 7^:^, 

âc  ou  au 


Le  réseau  M  sera  Oqo  (')  ^^  ^'^^^  ^ 

(2)  |i;, -^j— _/„t :  +  f/V. 
Je  pose  alors 

(3)  r/  =  [X,E]-h\],         r=[X,ri]-iy- 
Pour  que  le  réseau  M  soit  i^oo,  il  faut  et  il  suffit  que 

(4)  -—  =  «/•,  —,nq. 

c/L  ou 

Parmi  les  réseaux  parallèles  à  un  réseau  i2„o  il  y  en  a  pour  lesquels  les 
fonctions  q  et  r  sont  nulles.  De  tels  réseaux  seront  appelés  des  l'éseaux 
normaux. 

Si  A(>,,  Yo,  ...,  Yo»)  et  B(Z|,  Zo,  ...,  Zj^)  décrivent  des  réseaux 
normaux  parallèles  et  si  Ton  désigne  par  A,  et  /,  les  valeurs  de  h  et  /  pour 
le  réseau  A;  par  h.;,  et  L,  ces  valeurs  pour  B.  On  aura 

i  [Y,  c:]=A,U,     ,    [Z,  ^]=A,U, 
(   [Y,  •o]  =  /,V,  [Z,  rj]  =  /,\. 

(')  Voir  Comptes  rendus,  l.  173,  1921.  p.   \\\b. 


SÉANCE  DU  l6  JANVIER  I922.  l3ç) 

Le  point  C  dont  les  coordonnées  sont  a  Y, -h  ^Z,,  a  el  3  /tant  des  cons- 
tantes, décrit  un  réseau  parallèle  aux  précédents,  les  valeurs  de  h  et  /  étant 
aA,  +  fl/i.  et  %l^  +  ^i,.  Je  dis  que  ce  réseau  C  est  un  réseau  normal.  î'^n 
effet  des  équations  (5)  on  déduit 


(6) 


D'une  manière  plus  générale,  si  Ton  combine  linéairement  (i«s  réseaux 
normaux  parallèles,  on  obtient  un  réseau  normal  parallèle  aux  réseaux 
primitifs. 

Je  dis  de  plus  que  f  Y,  ZJ  est  une  constante.  I^ii  effet, 

^[Y,  Z]  =  /i,[^,  Z]+/î,[Y,  ;]=-Al/^,U  +  /^,/^,^  =  u; 

de  même  la  dérivée  de  [Y  ,  Z]  par  rapport  à  v  est  nulle. 

Dans  le  cas  de  n  =  i^  on  démontre  directement  que  la  recherche  des 
réseaux  normaux  revient  à  la  résolution  d'un  système  complet.  On  trouve 
deux  réseaux  normaux  linéairement  distincts;  en  remontant  de  proche  en 
proche  aux  espaces  d'ordre  supérieur,  on  arrive  au  résultat  suivant  : 

Dans  un  espace d' ordre  -in^  il  y  a  in  réseaux  normaux,  linéairement  dis- 
tincts^ parallèles  à  un  réseau  12oo- 

En  combinant  linéairement  ces  réseaux,  on  arrive  à  une  forme  cano- 
nique ;  les  coordonnées  de  ces  réseaux  forment  un  déterminant  L, 


A,. 


.r, 


X 


211- 1 

2'(-l 


X 


2 '1-1 

2«-l 


qui  possède  les  propriétés  suivantes  : 

1°  Les  éléments  d'une  même  ligne  sont  les  coordonnées  d'un  réseau  O^,, 
normal;  si  donc  on  désigne  par  U/,  et  b^  les  valeurs  de  /i  et  /  qui  coires- 
ponclent  à  la  ligne  de  rang  /■,  on  aura 


(7) 
(8) 


Oxi 


=  a/.cj, 


du 


u-ni: 


âx',, 
ôv 
[a-/,,  y,]  =  b,,\\ 


2''  Si  l'on  désigne  par  |.ryi,  aî^J  le  crochet  formé  avec  les  éléments  dfis 


l4o  ,  ACADÉ^IIE    DES    SCIENCES. 

lignes  de  rangs  /••  et  /,  tous  ces  crochets  sont -nuls  sauf  les  suivants  : 

qui  sont  égaux  à  l'unité. 

On  sait  que  cette  dernière  propriété  entraîne  la  suivante.  Si  l'on  désigne 
par  [^'',  a?']  le  crochet  formé  avec  les  éléments  des  colonnes  de  rangs  /•  et  /, 
tous  ces  crochets  sont  nuls  sauf  les  suivants  : 

qui  sont  égaux  à  l'unité. 

Si  maintenant  on  prend  les  éléments  de  la  première  colonne,  on  a 

,  dix 


au  -"=^"^^- 

Oa,, 
dv 

Oh,, 
du 

(9) 

I  OJCi         ,  OU/, 

ai;  II. 


dru 


Les  formules  (9)  montrent  que  le  point  qui  a  pour  coordoimées  les  quan- 
tités xl  décrit  un  réseau;  les  paramètres  normaux  des  tangentes  à  ce  réseau 
sont  les  quantités  cif^  et  bi,\  les  fonctions  /  et  /  sont  ici  ;,  et  r,,  ;  ce  réseau  est 
opposé  au  réseau  M,  c'est-à-dire  que  la  fonction  m  de  l'un  des  réseaux  est 
égale  à  la  fonction  n  de  l'autre. 

La  même  propriété  existe  pour  les  éléments  des  autres  colonnes. 
Les  172  réseaux  ainsi  obtenus  sont  parallèles.  Je  dis,  de  plus,  que  ces 
réseaux  sont  des  réseaux  normaux.  Il  suffit,  pour  cela,  de  remarquer  que 
le  crochet  formé  avec  les  coordonnées  de  deux  de  ces  réseaux  est  une 
constante. 

On  vérifie  d'ailleurs  facilement  que 

l  [.r',  a]  =--!?, 
(10)  <  [a,  Z;]  = 


\  \.^\  !>']  =  —  y-^i 


V        U 


A  chaque  réseau  i2oo  de  l'espace  d'ordre  2/i,  on  fait  ainsi  correspondre  un 
autre  réseau  lioo-  ^^^  paramètres  normaux  des  tangentes  du  premier  réseau 
sont  les  quantités  ç  et  y]  ;  pour  le  second,  les  quantités  a  et  b.  Ces  deux 
réseaux  sont  dit  conjugués. 

Soit  maintenant  P  un  point  qui  décrit  un  réseau  parallèle  au  réseau 
donné.  On  sait  qu'on  obtient  toutes  les  congruences  (G)  conjuguées  au 
réseau  P  de  la  façon  suivante  :  on  prend  un  réseau  M  parallèle  à  P,  on  mène 


•  SÉANCE  DU  if)  JANVIER  1922.  i4i 

par  le  point  1*  une  droite  G  parallèle  à  la  droite  OM  qui  joint  rorigino  au 
point  M.  Les  paramètres  de  G  sont  donc  les  coordonnées  X,,  ...,  Xj^deM. 
Ces  paramètres  satisfont  à  léquation 

(11)  (^-X   _  1   dh  ()X       l  à^  à\ 

du  Oi-  ~'  It  Ov  du        l  Ou    dv 

Cela  posé,  deux  cas  peuvent  se  présenter  :  1°  M  est  un  réseau  normal,  alors 
la  congruence  G  est  L„o.  En  elTet,  les  conditions 

[X,  ç]=:AU,  [\.-^|  =  /V 

sont  équivalentes  à 


[-f]=--     [^-.fj--' 


qui  caractérisent  une  congruence  L^o- 

2"  Le  réseau  M  n'est  pas  un  réseau  normal.  On  détermine  Xan+i  par  les 
équations 

du  dv 

OÙ  ^  et  r  sont  les  valeurs  fournies  par  les  formules  (3).  Dans  ce  cas  X, ,  . . ., 
^j«i  ^2«-4-o  i>  sont  solutions  de  l'équation  (11).  On  vérifie  facilement  que 
dans  l'espace  d'ordre  2/?  +  2  la  droite  G,  qui  a  pour  paramètres  X,,  ..., 
-^-'«?  Xo,,^,,!,  décrit  une  congruence  L„„;  il  en  résulte  que  la  congruence  (G) 
est  2L00. 

Remarque.  —  Un  réseau  conjugué  à  G,  est  un  réseau  li„o  de  l'espace 
d'ordre  2n  -h  2..  On  a  ainsi  un  moyen  de  passer  des  Ù^o  dans  l'espace  d'ordre 
2  7Z  à  un  réseau  analogue  de  l'espace  d'ordre  2/^  +  2. 


M.  CosTANTiN  présente  un  Ouvrage  nouveau  : 

J'ai  l'honneur  de  présenter  à  l'Académie,  pour  la  Bibliothèque  de  l'Ins- 
titut, l'Ouvrage  que  je  suis  en  train  de  publier,  avec  la  collaboration  de 
M.  Faideau,  intitulé  :  Histoire  nature/le  illustrée  :  les  Plantes.  Sept  fascicules 
ont  actuellement  paru  et  ce  sont  eux  (jue  j'offre  aujourd'hui.  Cette  publi- 
cation est  ornée  d'un  grand  nombre  de  photographies,  de  planches  en  cou- 
leurs, de  cartes,  etc.;  elle  constituera  donc,  (|uand  les  vingt-cinq  fascicules 
auront  paru,  un  ensemble  important  de  documents  sur  la  vie  végétale.  Elle 
permettra  de  se  rendre  compte  de  la  place  immense  que  tiennent  les  indus- 
tries botaniques  dans  les  civilisations  humaines.  Peut-être  trouvera-t-on  que 


l'i2  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

rapparilion  d'un  tel  livre,  <jui  s'adresse  à  tous,  pourra  rendre  des  services 
à  l'heure  présente,  où  la  situation  économique  est  si  difficile,  où  chacun  a 
besoin  de  se  documenter.  L'étude  des  richesses  végétales  du  globe,  sur- 
tout du  monde  tropical  et  de  nos  colonies,  présente  un  véritable  intérêt  si 
ce  sont  elles,  comme  on  l'a  dit  judicieusement,  ([ni  contribueront  à  tirer 
notre  pavs  de  la  situation  douloureuse  et  criti<|uc  dans  la(|uelle  il  se  débat. 


M,  L.  LiNDET,  en  son  nom  et  en  celui  de  MM.  M.  Reau  et  Ch.  Porcher, 

fait  hommage  à  l'Académie  de  la  première  année  (1921)  de  la  lîevue  qu'ils 
pub'icnt  sous  le  titre  :  Le  lait,  revue  générale  des  questions  laitières. 


COMMISSIONS. 


MM.  É.  Picard,  P.  Appell,  pour  la  Division  des  Sciences  mathéma- 
tiques; H.  Le  Chatelier,  Ch.  3Iot'REU,  pour  la  Division  des  Sciences  phy- 
siques; A.  de  Gramoist,  leMan^'chal  FocH,  pour  la  Division  des  Académiciens 
lil)res,  sont  élus  membres  de  la  Commission  chargée  de  présenter  une  liste 
de  candidats  à  la  succession  de  M.  J.  Carpentier,  décédé. 


CORRESPONDANCE. 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1°  K.  Fauchèhe.  Cjuide  pratique  dWgriculture  tropicale  :  11.  Les  grandes 
cultures.  L'Arachide.  Le  Cacaoyer.  Le  Caféier.  La  Canne  à  sucre. 

2°  II.  Soi'.EAU.  Nomograp/de  et  'Jraité  des  Abaques.  Tomes  I  et  II.  (Pré- 
senté par  M.  Ch.  Lallemand.)         »  i 

S''  Caiie  géologique  provisoire  du  Maroc,  par  Louis  Ge^th..  (Présenté  par 
M.  P.  Teirmier.) 

4"  Chaules  Oi;Er,TniJR.  Éludes  de  Lépidoptérologie  comparée.  Fascicule  Xl\, 
i""  Partie.  (Présenté  par  M.  P^.-L.  Bouvier.) 

5"  l'ELix  Vanev.  Sur  les  polynômes  de  Luguerre. 


SÉANCE    DU    l6    JANVIER    11)11. 


l/i3 


ANALYSE  MATHÉMA'i  IQUE.  —  Sur  une  e.rtcnsioTi  (Tun  tlièorème  de  M.  Landau. 

Note  de  M.  Paul  Moxtel. 

1.  J"ai  indiqué,  dans  une  Note  récente  ('),  comment  l'étude  des  familles 
cjuasi-normales  permet  d'étendre  le  théorème  de  M.  Schottky  aux  fonc- 
tions qui  ne  prennent  pas  plus  de p  fois  la  valeur  zéro  ni  la  valeur  un.  Je  me 
propose,  dans  la  présente  Note,  de  montrer  que  Ton  peut  aussi  obtenir  une 
extension  à  ces  fonctions  du  théorème  correspondant  de  M.  Landau. 

Soù  f(x)  une  fonction  holomorphr  autour  de  V  origine  et  représentée  par  le . 
développement 

dans  lecpicl  a,,^^  n'est  pas  nul  :  il  existe  un  nombre  R,  ne  dépendant  <jue  de 
//„,  a^.  ...,  ^p+,,  tel  que,  dans  tout  cercle  de  rayon  supérieur  à  R,  ou  la 
fonction  f{x)  cesse  d'être  holomorphe,  ou  cette  fonction  prend  dans  le  cercle 
plus  de  p  fois  l'une  au  moins  des  valeurs  zéro  et  un. 

Lorsque />  =  o,  nous  retrouvons  le  théorème  de  M.  Landau. 

2.  Supposons  maintenant  (jue  l'on  assujettisse  la  fonction/(.j;-)  à  prendre 
en  /;  4-  2  points  fixes,  .r,,,  .r,,  .. .,  x^,^,,  p  ^i  valeurs  données  /^,,  w,,  ..., 
u,,.,  et  formons  le  déterminant 


V'+i 


A  = 


'P'i 


'p+i 


Si  A  est  différent  de  zéro,  il  existe  un  nombre  R,  ne  dépendant  que  des  Xi  et 
des  u„  tel  que  toute  fonction  f(x),  holomorphe  dans  un  cercle  de  rayon  supé- 
rieur à  Met,  prenant  au  point  x^  la  rôdeur  m,,  prenne  nécessairement,  dans  ce 
cercle,  plus  de  p  fois  l'une  au  moins  des  valeurs  zéro  et  un. 

Si/)  =  o,  ou  a  A  =  w,  —  w^,,  et  l'on  retn^ive  ainsi  une  généralisation  du 
théorème  de  M.  Landau  qui  est  due  à  M.  P.  Lévy. 

On  peut  remplacer,  dans  Ténoncé  précédent,  les  conditions  que  les  Ui 
soient  fixés  et  ([ue  A  soit  différent  de  zéro  par  les  conditions  que  les  </,  ^ient 
-des  modules  bornés  supérieurement  et  que  A  ait  un  module  borné  inférieu- 
rcnaent.  ^ 


(■')   Comptes  rendus.,  t.  17'*,  192?.,  p.  21. 


i/j4  académie  des  sciences. 

3.    Les  propositions  ci-dessus   sont  des  cas  particuliers  d'un   théorème 
plus  général.  Fixons,  en  /.•  points  donnés,  x^,  a?,,  ...,  x,,-^,  les  valeurs 


de/(^)  et  d'un  certain  nombre  de  ses  dérivées  et  supposons 

On  peut  former  un  déterminant  A,  dépendant  linéairement  des  valeurs 
précédentes,  tel  que  A  =  o  soit  la  condition  nécessaire  et  suffisante  pour 
qu'il  existe  un  polynôme  entier  de  degré  p  prenant,  ainsi  que  ses  dérivées, 
les  valeurs  données  aux  points  j?;.  La  proposition  (|ue  j'ai  en  vue  est  alors  la 
suivante  : 

Considérons  les  fonctions /(x),  holomorphes  autour  de  V origine  et  qm^  en 
des  points  donnés,  prennent,  ainsi  que  leurs  dérivées  jusqu  à  un  certain  ordre, 
des  valeurs  données.  S'il  n  existe  pas  de  polynôme  de  degré  p  parmi  les  fonc- 
tions f(^x),  on  peut  affirmer  qu'il  existe  un  nombre  R,  ne  dépendant  que  des 
affixes  des  points  donnés  et  des  valeurs  données.,  tel  que.,  dans  tout  cercle  de 
rayon  supérieur  à^,  ou  bien  la  fonction  f{x)  cesse  d'être  holomorphe,  ou  bien 
cette  fonction  prend  plus  de  p  fois  l'une  au  moins  des  valeurs  zéro  et  un. 

Ici  encore,  il  suffit  de  limiter  supérieurement  les  modules  des  valeurs 
données  et,  inférieurement,  le  module  de  A. 

Si  ^=1,  a^,  =/>  +  2,  nous  retrouvons  le  résultat  du  paragraphe  1; 
si  k  ^ p  -\-  2,  a„  =  a,  =  ...  :=  aA_ ,  =  I,  nous  retrouvons  le  'Résultat  du  para- 
graphe 2. 

Dans  le  cas  où  ^  ^  o,  on  peut  remarquer  que  les  énoncés  que  l'on  obtient, 
et  qui  fournissent  le  théorème  de  M.  Landau  ou  une  de  ses  généralisations, 
introduisent  ainsi  la  condition  qu'il  n'existe  pas  de  constante  vérifiant  les 
conditions  imposées  k  f{x). 

On  peut  enfin  remplacer  les  conditions  (\wo  f{x)  doit  remplir  par  des 
conditions  plus  générales,  en  introduisant  des  fonctionnelles  de  f{x), 
comme  l'a  fait  M.  P.  Lévy  pour  le  théorème  de  M.  Landau. 

Les  propositions  précédentes  permettent  d'obtenir  des  précisions  nou- 
velles sur  la  distribution  des  zéros  de  f{x)  —  «,  a  étant  un  nombre  quel- 
conque, dans  le  voisinage  d'un  point  essentiel  isolé  de  f(x').      , 


SÉANCE   DU    r6    JANVIER    I922.  i45 


ALGÈBRE.  —  Sur  la  généralisation  des  nombres  entiers  complexes} 
Note  (')  de  M.  Auric. 

Pour  appliquer  la  théorie  des  nombres  au  domaine  complexe  a  h-  bi^  on 
porte  les  nombres  réels  a  sur  l'axe  des  abscisses,  les  nombres  purement 
imaginaires  bi  sur  un  axe  perpendiculaire  et  l'on  décompose  le  plan  en 
Carrés  dont  les  sommets  ont  des  coordonnées  entières;  en  d'autres  termes, 
on  prend  comme  maille  fondamentale  du  réseau  le  carré  construit  sur  les 
segments  OA  (unité  réelle)  et  OB  (unité  complexe).  ^ 

Un  nombre  complexe  quelconque  tombera  à  l'intérieur  d'un  de  ces  carr'és 
et  il  sera  très  facilo  de  déterminer  l'entier  complexe  le  plus  rapproché 
de  lui. 

A  un  entier  complexe  près  un  nombre  quelconque  est  équivalent,  congru 
à  un  nombre  a  -h  ^3^'  avec 

|ai:^,    \^y:\       et       v/^FH^i^- 

Gomme  ce  module  est  inférieur  à  l'unité,  on  sait  qu'il  est  possible,  dans 

ce  domaine,  de  réduire  en  fonction  continue  le  quotient  de  deux  noml)res  — 

«1 
et  d'obtenir  une  suite 


«o>      '''i-      (t-i,      a-i,       •••  (Iim«,jr=o)  ••    . 

représentative  de  ce  développement. 

On  aura  des  valeurs  approchées  de  —  sous  la  forme  )^,  O"  et  O'  étant 
des  entiers  complexes. 

Il  est  facile  de  généraliser  et  de  remplacer  le  segment  OB  =  i  par  un 
nombre  quelconque,  algébrique  ou  transcendant  w. 

Si   le   module  de  ce  nombre  est  >►  i,  on  prendra  l'inverse  changé  de 

signe  —  -  qui,  comme  on  sait,  est  équivalent  à  co  dans  la  théorie  ordinaire 
des  fractions  continues;  on  peut  donc,  dans  tous  les  cas,  admettre  que 

OB<i, 

L'angle  AOB  est  quelconque,  mais  non  nul.  car  alors  il  serait  impossil)le 

de  décomposer  le  plan  en  un  réseau  de  parallélogrammes. 

o 

(')  Séance  du  9  janvier  1922. 


l46  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Par  suite,  dans  ce  domaine  (i,  to)  généralisai  ion  de  (i ,  i),  les  sommets  des 
parallélogrammes  ont  seuls  des  coordonnées  entières;  tout  nombre  de  ce 
domaine  sera  équivalent  à  un  nombre  a  4- [3co  avec  |  a  1  f -,  |  [3  |;5  -  et 
commf  I  wj^i  il  en  résulte  que  le  module  est  toujours  infc-rieur  à  i  :  on  peut 
donc  dans  ce  domaine  réduire  en  fraction  continue  le  quotient  de  deux 

nombres  —  et  obtenir  une  suite 
a, 

Oq,      <7,,     r/j,      f/;j,      .  .  .  (lima„rro). 

représentative  de  ce  développement. 

Les  valeurs  approchées  —  seront  égaleuieu  tue  la  forme  ^>  Q'' et  Q),  étant 

des  polynômes  de  co  à  coefficients  entiers  réels;  si  w  est  un  nombre  algé- 
brique de  degré  k,  il  est  clair  qu'il  en  sera  de  même  des  valeurs  approchées. 

On  peut  encore  généraliser  et  prendre  deux  segments  OA  et  OB  égaux  à 
deux  nombres  quelconques  algébriques  ou  transcendants  co,  to'  à  la  seule 
condition  d'avoir  rendu  leurs  modules  égaux  ou  inférieurs  à  Tunité. 

Dans  ce  domaine  on  pourra  encore  réduire  en  i'raclion  continue  le  cjuolient 

de  deux  nombres  —  et  obtenir  une  suite 

f/o,      «1,      a,,     r/;;,      ...  {\\wo,,z=zo). 


représentative  de  ce  développement 


f^tii 


o", 


Les  valeurs  approchées  de  —  seront  de  la  forme  ~,  ()l  el  ()[  étant  des 

polynômes  de  co  et  de  w'  à  coefficients  entiers  réels;  si  co  el  co'  sont  des 
nombres  algébriques,  il  est  évident  qu'il  en  sera  de  même  des  valeurs 
approchées. 

Il  est  inutile  d'insister  sur  l'importance  que  présente  l'élude  de  ce  domaine 
en  raison  du  lien  intime  quil  possède  avec  les  fonctions  elliptiques  de 
périodes  co  et  co'. 

NOMOGRAPHIE.  —  5///'  la  réduction  de  la  quatrième  dimension  à  une  représen- 
tation plane .  Note  de  M.  dOcagne,  présentée  par  M.  Appell. 

J'ai  fait  voir,  à  diverses  reprises  (  '  ),  (|ue  les  seules  équations  à  plus  de  trois 
variables  représentables  par  concours  de   lignes  prises  dans  des  systèmes 

(')  En  dernier  lieu,  dans  la  2"' édition,  p.  iS^,  de  mon  Traité  de  Nomogrophie, 
que  je  désignerai  ici  par  T.  j\ . 


SÉA.VCE    DU    l6    JANVIER    1922.  14; 

simplement  infinis,  ou  ce',  sont  celles  (jui.  moyennant  rinlroduction 
appropriée  de  variables  auxiliaires  aux((uelles  correspondent  d'autres  sys- 
tèmes 3d',  dits  de  liaison,  sont  remplaçables  par  uae  suite  d'é([uations  ne 
renfermant  pas  chacune  plus  de  trois  variables,  el  ([ui  peuVfent,  en  consé- 
quence, être  dites  dissociables  à  la  troisième  dimension.  Leur  représentation 
résulte  simplement  alors  d'uu  enchaînement  de  nomogramnies  à  trois  dimen- 
sions. C'est  ce  ([ui  a  lieu,  notamment,  à  titre  de  cas  très  particulier,  pour  les 
équations  représentables  par  abacjues  hexagonaux,  plusieurs  des  systèmes 
de  liaison  pouvant  s'y  trouver  réalisés  par  les  diverses  positions  de  chacun 
des  index  <[iii  se  déplacent  en  conservant  len^  direction. 

Je  reviendrai  en  détail  sur  le  cas  général  dans  une  publication  plus 
détaillée  ([iie  j'ai  en  vue,  m'en  tenant  pour  l'instant  au  cas  de  quatre 
variables  ('  ).  L'immense  majorité  des  équations  de  ce  genre  se  rencontrant 
dans  la  pralicjue  sont  de  la  forme  (où  je  fais  usage  de  mon  ordinaire  nota- 
lion  par  indices  pour  mettre  en  évidence  celles  des  variables  5,,  z^,  53,  c-. 
sur  les(|uelles  porte  cha(|ue  signe  fonctionnel) 

dans  laquelle,  sans  nuire  à  sa  généralité,  on  peut  remplacer  une  des  fonc- 
tions binaires  par  i.  Toute  équation  de  ce  type  est  représentable  ^iV^'cî^- 
ment.,  sans  aucune  dissociation  à  la  troisième  dimension,  par  la  méthode 
des  points  alignés  (^)  ([ui,  d'ailleurs,  peut  s' appliquer  encore  à  des  équations 
d' une  forme  beaucoup  plus  générale  (').  Le  nomogramme,  qui  est  bien  alors 
strictement  à  quatre  dimensions  (puisque  non  dissocié  en  d  autres  à  trois 
dimensions  seulement),  est  constitué  par  deux  échelles  reclilignes  parai-' 
lèles(  5,)  j^t  (zo)  et  un  réseau  de  points  à  deux  cotes  (s^jS^j),  produit  par 
l'entre-croisement  de  deux  systèmes  de  lignes  (^3)  et  (^4).  Son  mode  d'em- 
ploi résulte  simplement  de  l'alignement  des  points  (^,  j,  (so)  et  (^^3,  s,). 

Pour  que  ré(|uation  (  1)  devienne  représentable  par  abaque  hexagonal,  il 
faut  et  il  suffit  ({ue  les  fonctions  g^,^  et  h^.^  soient  identiques,  auquel  cas,  les 
remplaçant  tontes  deux  à  la  fois  par  i  (suivant  la  remarque  ci-de-sus)  on 
peut  mettre  Téquation  sous  la  forme 

(2)  /i+/2-i-/si=o;  . 

(')  Cas  déjà  abordé,  fnais  sous  une  forme  bie'ti  plus  générale  el  avec  moins  de 
détails  pratiques,  dans  une  de  mes  précédentes  Notes  {Comptes  rendus,  t.   IGM,  1919» 

p.  1244)- 

n  r. /v.,p.  296. 

{')  T.  /V.,p.  295. 


l48  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

et  c'est  là  le  type  Le  plus  général  à  quatre  variables  auxquels  puissent  s'appli- 
quer directement  les  abaques  hexagonaux.  Il  suffît,  pour  en  obtenir  la 
représentation,  de  poser 

(3)  Ai^Ç, 

ce  qui  donne 

(4)  /,+/2+Ç  =  0. 

Appliquant  l'échelle  binaire  définie  par  (3)  au  troisième  axe  de  l'abaque 
hexagonal  représentatif  de  (4),  on  voit  que  la  représentation  est  obtenue 
en  réalité  par  Taccolement  des  nomogrammes  à  trois  dimensions,  corres- 
pondant l'un  à  (3),  l'autre  à  (4),  et  non,  comme  précédemment,  par  un 
nomogramme  à  quatre  dimensions  non  dissocié. 

Si  d'ailleurs /^i  est  de  la  forme /j  H-/,,,  l'équation  (3)  est  également 
représentable  par  un  abaque  hexagonal  et  l'on  peut  engendrer  l'échelle 
binaire  correspondante  par  un  simple  glissement  de  l'indicateur. 

On  peut  tenter  de  représenter  aussi  le  type  (i)  par  abaque  hexagonal  en 
ayant  recours  à  deux  échelles  binaires  au  lieu  d'une.  Il  suffit  pour  cela,  en 
remplaçant  ici  g^,,  par  i ,  de  poser 

ce  qui,  on  le  voit,  revient  à  une  dissociation  en  quatre  nomogrammesà  trois 
dimensions  chacun,  appliquée  à  une  équation  à  six  variables,  parmi  les- 
quelles deux  couples  d'identiques  entre  elles.  On  se  trouve  avoir  ainsi  deux 
systèmes  cotés  (z.^)  et  deux  systèmes  cotés  (î^)  distincts,  soit  un  système  (:; .5) 
et  un  système  [z^)  surabondants,  ce  qui  ne  permet  plus  de  prendre  pour 
inconnue  lune  ou  Vautre  de  ces  variables.  Cette  circonstance  rend,  dans  bien 
des  cas,  le  recours  à  Tabaque  hexagonal  absolument  impossible.  Mais, 
même  dans  les  cas  où  les  systèmes  surabondants  ne  portent  que  sur  des 
variables  toujours  comprises  parmi  les  données,  il  est  clair  que  c'est  une 
inutile  complication  de  les  faire  intervenir,  alors  qu'un  autre  mode  de 
représentation  n'en  comporte  point,  et  c'est  justement  le  cas  des  points 
alignés  pour  les  équations  du  type  (i),  qui,  je  le  répète,  comprend  la  plu- 
part de  celles  à  quatre  variables  qui  se  rencontrent  dans  la  pratique. 

Remarquons,  en  outre,  qu'on  ne  saurait  assimiler  le  rôle  que  joue 
l'index  à  travers  le  réseau  (i^,  :;.,),  dans  le  cas  des  points  à  deux  cotes  et 
dans  celui  de  l'échelle  binaire,  attendu  que,  dans  le  second  cas,  l'index  a  une 
direction  /?.re,  alors  que,  dans  le  premier,  il  peut  prendre /o/z/e^  les  directions  ; 


SÉANCE  DU  iG  JANVIKR  1922.  i4q 

c'est  précisément  ià  la  raison  profonde  pour  iaquelle  on  a  affaire,  dans  le 
premier  cas,  à  des  systèmes  oc'^  d^élémenls,  et,  dans  le  second,  à  des  sys- 
tèmes ce'  seulement,  entraînant  la  nécessité  d'une  dissociation  qui,  sous 
une  forme  plus  ou  moins  déguisée,  donne  naissance  à  des  nomogrammes  à 
trois  dimensions. 

Ce  n'est  que  lorsqu'on  veut  appliquer  les  points  alignés  à  Uîie  équation 
du  tyjte  (2)  que  Ton  peut  envisager  trois  supj»orts  rectilignes  (parallèles 
ici  au  lieu  d'être  mutuellement  inclinés  à  120°)  dont  deux  sont  munis 
d'échelles  simples  (^,)  et  (z-.,),  alors  qu'au  troisième  doit  être  accolée  une 
échelle  binaire  (c-j,  z.^);  par  suite,  ce  n'est  que  dans  le  cas  des  points  con- 
denses que  la  structure  du  nomogramme  à  points  alignés  devient  exactement 
corrélative  de  celle  de  l'abaque  hexagonal. 

Nous  tenons  à  ajouter,  pour  faire  ressortir  toute  la  portée  de  la  méthode 
des  points  alignés  dans  le  cas  de  quatre  dimensions,  que  la  presque  tota- 
lité dés  équations  à  quatre  variables  qui  ont  dû  être  traitées  pendant  la 
guerre  à  la  Section  de  Nomographie  pour  le  tir  de  l'artillerie,  à  la  Section 
technique  de  TAéronautique  pour  la  construction  et  l'emploi  des  avions, 
aux  établissements  Schneider  pour  l'autofrettage  des  bouches  à  feu  et  le 
calcul  des  trajectoires,  se  sont  trouvées  appartenir  au  type  (1  )  à  l'exclusion 
du  type  (2)  . 

Pour  ce  qui  est  du  graphique  construit  en  1869  par  les  auteurs  germani- 
ques Kutter  et  Ganguillet  dans  la  Zeilschrift  des  OEsterr.  In^-.  iind  Arrh. 
Vereins  (l.  21,  p.  5o),  outre  qu'il  diffère  totalement,  comme  disposition,  de 
celui  que  donnerait  l'application  normale  de  la  théorie  actuelle,  il  ne  sau- 
rait pas  plus  être  regardé  comme  une  pierre  d'attente  de  celle-ci  que  la  pro- 
jection de  Mercator  ne  l'a  été  pour  l'anamorphose  de  Lalanne  dont,  à  la 
vérité,  elle  se  rapprocherait  pourtant  bien  davantage.  Au  surplus,  je  ren- 
voie sur  ce  point  à  la  rectification  qui,  par  rapport  à  l'édition  allemande, 
parue  d'abord,  a  été  introduite  dans  l'édition  française  de  V Encyclopédie 
des  Sciences  mathématiques  (t.  1,  vol.  4,  fasc.  3,  p.  38o).  On  voudra 
d'ailleurs  bien  remarquer  que,  si  le  graphique  en  question  avait  été  de 
nature  à  faire  soupçonner  le  principe  général  au<juel  on  a  voulu  le  rattacher^ 
après  coup,  il  serait  bien  étonnant  que,  dans  un  intervalle  de  plus  de  vingt 
ans,  personne  ne  s'en  fût  avisé. 


C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  3.)  ï  ï 


l5o  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

GÉOMÉTRIE.  —  Sur  les  réseaux  de  points . 
Note  de  M.  G.  Tzitzéica,  présentée  par  A[.  G.  Kœnigs. 

1.  Considérons  une  suile  double  de  poinls  P,/,  (/,  X-  =  o,  i,  2,  ...)  dans  un 
espace  projectif  à  n  dimensions.  Je  suppose  (pie  les  points  voisins  P,;;., 
P/+,,/,,  P/,/c-^,  et  P/^i  A^,  sont  situés,  quels  que  soient  i  et  k,  dans  un  même 
plan  fv.'iriable  avec  i  et  k).  Les  n-\-ï  coordonnées  projeclivës  de  P,/,,  dont 
je  noi<'  une  d'enlr*'  ('l'es  par  ocu,,  yériiient  une  équation  aux  différences 
finies  d(-  1)  forme 

(i)  '*V^i./;-f-i  -+-  «/A-^i'/+i.A+  bji,  .r/./,_Hi  4-c//,  ^/,/,=:  o. 

Je  dirfi  alors  que  l:  suite  des  points  P,v^  forme  un  réseau.  On  constate 
l'analogie  avec  les  rés  aux  continus;  Téquatiou  (i)est  analogue  à  Téquation 
de  Lajtliice.  ' 

2.  Tl  esf   «isr  de  voit  que  le  point  P)'  ,  dont  une  des  coordonnées  est 

de  même  (jue  le  point  f^T  ',  pour  lequel  on  a 

décj'ivent  aussi  des  rés  aux  :  ce  sont  les  premiers  transformés  de  Laplace 
dans  un  sens  et  dans  l'autre.  Il  convient  de  remarquer  que  le  point  P^^^  ^ 
est  commun  aux  droites  P;7,P,,a+)  ^t  P/^.,Jt P/+i,A-f-M  ^t  que  de  même  le  point 
PS+,  est  commun  auv  droites  P/AP/+..;t  et  P,,^^,  P,^,,yi^,. 

3^  Considérons  aclu(41ement  deux  suites  doubles  de  poinls  P,a  et 
Qik(fj  /'  "  o,  I,  2,  ...),  toujours  dans  un  espace  projectif  à  n  dimensions,  et 
dont  une  de,-^  coordonnées  piojectives  pour  chacun  des  points  est  ce,-,,  et  v'^/,., 
qui  soient  telles  que  le  poinl  voisin  P,./,^,  de  la  seconde  sorte  de  P/y;.  et  le 
point  voisin  <!^),v,,a  de  la  première  sorte  de  ()//,  soient  situés,  quels  que  soient 
i  et  iî%  sur  la  droite  P^aQ/a-  On  aura  alors,  pour  les  coordonnées  corres- 
pondantes, 

*'/,/, -1-1=  ^i.U^ik  +  Pi.h-yiki 


Je  dirai  alors  que  les  droites  P,/,  Q,a  forment  une  coTigVuence  et  que,  pour 
le  rayon  P,7(Q,7t,  le  point  P^^^  est  le  foyer  de  la  seconde  sorte,  Q/^  le  foyer  de 
la  première  sorte.  Les  deux  suites  P,7,  et  O//,  forment  des  réseaux,  les 
réseaux  focaux  de  la  coiigruejice. 


SÉANCE    DU    16    JA-WIEK    I()22.  l5l 

4.  Ces  définitions  étanl  posées,  on  peut  traiter,  d'une  nnanière  élémen- 
taire, presque  tous  les  problèmes  étudiés  sur  les  réseaux  et  les  congruences 
habituelles. 

Si  l'on  adopte  la  nomenclature  de  M.  Guichard,  on  peut  déterminer  les 
congruences  harmoniques  à  im  réseau  et  les  réseaux  harmoni([ues  à  une 
congruence,  les  réseaux  conjugués  à  une  congruence  et  les  congruences 
conjuguées  à  un  réseau. 

J'ai  démontré  que  le  théorème  de  Ribaucour  subsiste  pour  les  réseaux 
quadratiques,  à  savoir  si  l'on  suppose  que  les  points  P,a  d'un  espace  qua- 
dratique k  n  —  i  dimensions  forment  un  réseau  et  que  l'on  considère  une 
congruence  H/^iR/yt  conjuguée,  alors  le  second  point  l\/  où  le  rayon  Q/^R/a 
coupe  l'espace  quadratique,  décrit  un  réseau. 

5.  Con>idérons  les  six  points  Y*/,^,  P/+,,yt5  ^\'l^  ^'^^lii  P/+U  ^^  P/^-2'  ^^i 
sont  tous  situés  dans  le  plan  P,7fPi+,,AP,,A+i  si  l'on  suppose  que  les  points  P,/, 
forment  un  réseau.  Par  les  quatre  premiers  points  et  par  chacun  des  deux 
derniers  passent  deux  coniques,  qui  sont  en  général  distinctes.  Pour 
qu'elles  soient  confondues,  il  est  nécessaire  et  suffisant  que  l'on  ait  entre  les 
coefficients  de  (1)  la  relation  invariante 


C'est  l'analogue  d'un  théorème  bien  connu  de  M.  Kœnigs  sur  les  réseaux 
à  invariants  égaux.  Mais  pour  tout  ce  qui  concerne  la  théorie  des  invariants 
de  l'équation  (i),  je  me  propose  d'y  revenir  dans  une  autre  occasion. 


ASTRONOMIE.  —  Sur  fa  pression  des  (itmosphêres  des  étoiles  et  du  Soleil. 
Note  de  M.  P,  Salkt.  présentée  par  M.  B.  Baillaud. 

Les  raies  du  fer  des  tvpes  a.  b.  c,  d  de  Gale  et  Adams  étant  inégalement 
déplacées  vers  le  rouge  par  l'effet  de  la  pression,  et  ce  déplacement  sem- 
blant proportionnel  à  la  pression,  on  peut,  en  mesurant  seulement  la  diffé- 
rence de  déplacement  de  raies  de  difïërents  types,  déterminer  la  pression 
du  milieu  où  ces  raies  sont  produites. 

Pour  les  ("toiles,  dont  la  vitesse  radiale. n'est  pas  connue  a  ptiori^  cette 
méthode  nous  a  peimis  d'évaluer  la  pi-ession  de  leurs  atnwsphères  et,  par 
suite,  de  trouver  Teneur  introduite  par  Tefiet  de  la  pression  dans  la  déter- 
mination des  vitesses  radiales.  Nous  avons  comparé  dans  ce  but  les  spectres 


l52  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

de  Procyon  et  d'Arctunis  au  specLre  solaire  ('),  cL  nous  avons  trouvé  que 
les  pressions  des  atmosphères  d(^  ces  étoiles  sont  de  très  peu  supérieures 
^jatm  yy  2»tinj  A^  cclle  du  Solcil.  Lcs  mcsures  de  vitesses  radiales,  au 
moins  pour  les  étoiles  de  ce  type,  ne  sont  donc  pas  faussées  autant  qu'on 
aurait  pu  le  craindre  par  l'effet  de  la  pression. 

Pour  le  Soleil,  on  peut  mesurer  par  la  même  méthode  la  pression  de  la 
couche  renversante  du  fer  en  comparant  le  spectre  solaire  à  celui  de  l'arc  à 
la  pression  atmosphérique.  Les  résultats  varient  notablement  avec  les  raies 
employées,  et  cela  parce  que,  dans  les  spectres  stellaires  eu  général,  beau 
coup  de  raies  sont  légèrement  déplacées,  à  droite  ou  à  gauche,  par  des 
causes  inconnues  (•).  On  peut  espérer  toutefois  que  ces  écarts  se  com- 
portent comme  des  erreurs  accidentelles  et  qu'on  aura  un  résultat  approché 
en  prenant  un  assez  grand  nombre  de  raies.  Nous  avons  donc  mesuré  une 
douzaine  de  raies  solaires  de  différents  types  sur  des  clichés  obtenus  par 
M.  Hamy  avec  une  dispersion  de  1"""=  2U.  A.  et  nous  ^vons  trouvé  une 
pression  de  la  couche  renversante  de  —  0,2  ±o'^'",/|,  c'est-à-dire  sensible- 
ment nulle. 

Mais  on  peut  aussi  se  servir  des  Tables  de  Rowland  en  les  comparant  aux 
mesures  interférentielles  de  Tare  au  fer.  Il  suffit  de  calculer,  pour  chaque 
raie  du  type  c,  par  exemple,  la  différence  entre  la  position  de  la  raie  d'après 
Rowland  et  celle  qu'elle  devrait  avoir  à  la  ])ression  atmosphérique  d'après 
la  moyenne  des  positions  des  raies  ti  et  b  voisines.  En  faisant  ce  calcul  pour 
toutes  les  raies  des  types  c  et  d  étudiées  par  Gale  et  Adams  (sauf  pour  la 
région  X53oo  —  54oo),  je  trouve  pour  la  pression  H-  o,  i5  ±  o^*'",  12. 

Toutes  ces  déterminations  supposent  que  les  chiffres  donnés  par  Gale  et 
Adams  (^)  sont  exacts  et  que  le  déplacement  des  raies  est  bien  proportionnel 
à  la  pression  même  quand  celle-ci  tend  vers  zéro.  On  peut  dire  pourtant 
que  nos  mesures  confirment  les  résultats  trouvés  par  M.  Perot  avec  trois 
raies  de  magnésium  ('). 

La  pression  de  la  couche  renversante  du  fer  dans  le  Soleil  ne  paraît  être 
que  de  quelques  dixièmes  d'atmosphère;  et  par  suite  le  déplacement  des 
raies  solaires  vers  le  rouge  ne  peut  pas  s'expliquer  par  la  pression  qui  devrait 
être  alors  de  5  ou  6  atmosphères.  H  est  donc  possible  que  ce  déplacement 
soit  dû  à  l'effet  Eiuslein. 

(^)  Astrophysical  Journal,  t.  53,  p.  827. 

C'')  Voir  à  ce  sujet  nos  mesures  du  Bulletin  astronomique,   '921,  p.  278. 

(^)  Astroph.  Journal^  t.  35,  p.  10. 

(■')  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  678. 


SÉANCE    DU    l6   JANVIER    I922.  \  S'^ 

PHYSIQi  E.  —   Sut^  /^interprétation  de  l'expérience  de  Mic/ielson.  Note 
de  M.  E.  Brvli\ski,  présentée  par  M.  Daniel  Berlhelot. 

La  célèbre  expérience  de  Michelson  montre  que  le  temps  mis  par  un  fais- 
ceau lumineux,  issu  d'une  source  placée  à  la  surface  de  la  Terre,  à  parcourir 
une  longueur  déterminée  dans  la  proximité  immédiate  de  la  source,  est  indé- 
pendant de  l'orientation  de  ce  parcours,  au  moins  à  l'approximation, 
d'ailleurs  très  élevée,  de  l'expérience. 

Si  l'on  énonce  ce  résultat  en  concluant  que  le  temps  mis  par  un  faisceau 
lumineux,  issu  d'une  source  en  mouvement  uniforme,  à  parcourir  une  lon- 
gueur déterminée,  mesurée  dans  un  système  d'axes  entraînée  dans  le  mou- 
vement de  translation  de  la  source,  est  indépendant  de  l'orientation  de  ce 
parcours,  on  formule  implicitement  une  première  hypotlièse,  qui  est  que 
l'action  de  la  masse  terrestre  est  négligeable. 

Si  l'on  ajoute  (jue  ce  résultat  est  indépendant  de  la  vitesse  de  la  source 
lumineuse,  on  formule  une  seconde  hypothèse,  car  Hen  ne  prouve  que  le 
résultat  obtenu  à  la  vitesse,  relativement  modérée,  de  translation  du  globe 
terrestre  serait  le  même  pour  une  vitesse  très  dilTérenle. 

Si  l'on  allège  encore  l'énoncé,  c'est  toujours  au  prix  de  nouvelles  hypo- 
thèses plus  ou  moins  implicites. 

La  première  de  ces  hypothèses  paraît  mériter  une  attention  spéciale. 
L'éther  a  en  efîet  une  densité  finie,  sans  quoi  la  vitesse  de  propagation  de 
la  lumière  n'y  serait  pas  finie;  il  paraît  donc  vraisemblable  que  la  Terre, 
dont  la  masse  est  énorme  par  rapport  aux  objets  isolés  que  nous  manions  à 
sa  surface,  exerce  sur  la  portion  d'éther  qui  l'avoisine  immédiatement  une 
attraction  trts  importante,  de  nature  à  produire  un  entraînement  total  ou 
presque  total  de  cette  portion  d'éther.  L'expérience  de  Fizeau  a  d'ailleurs 
montré  que  la  matière  en  mouvement,  même  en  masse  très  petite  par 
rapport  à  celle  de  la  Terre,  entraîne  partiellement  l'élher. 

Si  l'on  admet  que  la  portion  d'éther  voisine  de  la  surface  terrestre  est 
entraînée  totalement,  ou  même  partiellement,  mais  d'une  façon  suffisante 
pour  que  l'effet  restant  soit  inférieur  à  l'effet  minimum  que  permet  de 
déceler  Fexpérience,  il  va  de  soi  que  l'expérience  de  Michelson  ne  peut 
donner  qu'un  résultat  négatif,  et  que  ce  résultat  négatif  ne  saurait,  dés  lors, 
servir  de  base  à  aucune  théorie. 

Peut-être  contestera-t-on  l'existence  de  l'éther  et  dira-t-on  que  les  astres 


]54  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

éloignés  nous  envoient  leur  énergie  par  des  atomes  lumineux.  Mais  s'il  y  a 
des  atomes  lumineux  qui  sillonnent  constamment  Tespace  en  tout  sens,  leur 
ensemble  constitue  un  véritaiile  milieu,  auquel  rien  n'interdit  de  donner  le 
nom  diélhrr.  Il  semble  donc  qu'il  ne  soit  pas  possible  de  contester  l'existence 
de  Féther,  mais  seulement  de  disputer  sur  sa  constitution. 

On  ne  conçoitguère,  d'ailleurs,  en  quoi  ces  atomes  lumineux  différeraient 
de  ceux  qu'avait  imaginés  Newton  dans  sa  théorie  de  l'émission,  queFexpé- 
rience  a  condamnée  après  une  lutte  très  proloiigc'e  et  des  discussions  très 
approfondies. 

Mais,  sans  s'arrêter  à  ce  résultat  acquis,  on  ne  voit  pas  bien  quelle 
conception  autre  que  celle  de  l'éther  absolument  immobile  pouirait  per- 
mettre de  tirer  de  l'expérience  de  Michelson  la  conclusion  qui  est  le 
fondement  même  des  théories  de  M.  Einstein. 

Le  rayon  lumineux  n'est,  en  effet,  pas  transmis  par  la  matière  elle-même; 
cela  résulte  de  nombreuses  expériences  déjà  anciennes  et,  en  outre,  dans 
l'expérience  de  Michelson  interprétée  par  M.  Einstein^  du  fait  que,  s'il  en 
était  ainsi,  l'expérience  ne  pourrait  donner  qu'un  résultat  négatif. 

Mais  s'il  n'y  a  pas  d'élher  fixe,  c'est-à-dire  s'il  n'y  a  rien  en  dehors  de  la 
matière  et  des  atomes  lumineax  émis  par  la  source  de  Michelson,  le  mou- 
vement de  la  Terre  dans  l'espace  devient  un  mouvement  mathématique 
qui  ne  saurait  avoir  aucune  répercussion  physique  sur  les  phénomènes  qui 
se  passent  à  sa  surface.  L'émission  et  le  parcours  des  atomes  lumineux  se 
font  an  sein  d'une  masse  de  matière  se  transportant  d'un  bloc,  sur  laquelle 
il  ne  peut  v  avoir  de  réaction  de  quelque  chose  d'extérieur  qui  soit  immo- 
bile ou  en  mouvement  différent,  puisqu'on  admet  qu'il  n'y  a  rien,  et  dans 
CCS  conditions  on  se  demande  comment  l'expérience  de  Michelson  pourrait 
donner  un  résultat  qui  ne  soit  pas  négatif,  l^e  seul  moyen  qu'il  y  ait,  dans 
l'hypothèse  des  atomes  lumineux,  possibilité  d'un  résultat  positif  serait  de 
supposer  l'univers  rempli  de  pareils  atomes  échappant  complètement  à 
l'action  de  la  matière  et  exerçant  une  influence  sur  le  mouvement  des 
atomes  issus  de  la  source  de  Michelson.  Cela  reviendrait  à  admettre  un 
éther  discontinu  au  lieu  d'un  étner  continu. 

I^a  question  de  la  continuité  de  l'éther  n'est  pas  encore  tranchée,  mais 
son  existence  même  ne  j»arait  pas  pouvoir  être  mise  en  doute.  Par  contre, 
la  base  des  théories  de  M.  Einstein  peut  apparaître  un  peu  fragile  lors- 
(ju'on  l'examine  de  près  au  lieu  de  l'admettre  purement  et  simplement. 


SÉANCE  DU  l6  JANVIER  I922. 


l55 


MESURES    ÉLECTRIQUES.    —    Sur  V application   du  galvanomètre  balistique 
aux  essais  de  fer.  Note  de  M.  H.  Chaumat,  [)résentée  par  M.  Paul  .lanet. 

Dans  une  Note  antérieure  ('  ),  nous  avons  établi  que  la  courbe  r(  présen- 
lalive  de  la  fonction  0(R)  qui  lie  l'élongatioii  dans  un  galvanomètre  balis- 
tique à  la  résistance  totale  R  du  circuit  d'amortissement  avait  la  forme 
générale  ci-dessous,  à  vitesse  initiale  w,,  constante. 


Cette  courbe  ne  peut  être  déterminée  expérimentalement  que  peu*  des 
valeurs  de  R  supérieures  à  la  résistance  propre  du  galvanomètre.  Et  uour 
des  valeurs  de  R  dépassant  de  peu  celle  du  galvanomètre,  les  conditions  dv 
précision  de  la  détermination  sont  très  précaires. 

Nous  avons,  à  maintes  reprises,  tracé  expérimentalement  de  telles 
courbes  et  les  résultats  obtenus  confirment  la  théorie. 

Or  0  est  proportionnel,  toutes  choses  égales  d'ailleurs,  à  la  vitesse  aiigu- 
laire  initiale  co,,. 

On  peut  donc  écrire 

(0  5  =  coo/(R). 

la  fonction y(R)  ayant  Tallure  représentée  par  la  eourbe  ci-dessus. 


(*)   Comptes  rendus,  t.  17't,  1922,  p.  02. 


l56  ^     ACADEMIE   DES   SCIENCES. 

D'autre  part,  dans  un  galvanomètre  à  cadre  mobile,  la  vitesse  angulaire 
initiale  w^  est  liée  à  la  quantité  d'électricité  Q  mise  en  œuvre  dans  la 
décharge  par  la  relation 

(2)  K(,j„=<ï)oQ. 


De  (i)  et  (2),  on  tire 


<ï>0 


(3)  9^_"0/(R). 

Si  l'on  emploie  le  galvanomètre  balistique  à  la  mesure  d'une  variation  de 
flux  A$,  on  sait  que 

AO  .... 

(4)  0  =  ---  (H,  résistance  totale  du  ciicuit  induit). 

L-a  quantité  d'électricité  induite  varie  en  raison  inverse  de  R.  Si  R 
diminue,  la  quantité  d'électricité  induite  augmente;  mais,  l'amortissement 
augmentant,  on  peut  se  demander  s'il  y  a  une  valeur  de  R  pour  laquelle 
l'élongation  serait  maxima. 

La  réponse  est  immédiate. 

Les  équations  (3)  et  (4)  nous  donnent 

(5)  0  =1  —  AO  ^^ — -  • 
^   '  K  R 

Or  =:  tanga,  à  l'échelle  près,  et  l'on  voit  que,  pour  une  valeur 

donnée  de  A<ï>,  tanga,  et  par  suite  0,  diminuent  régulièrement  quand  R 
augmente.  ,,, 

On  a  donc  toujours  intérêt,  pour  accroître  0,  à  diminuer  ^  le  plus  possible  et  y 
par  exemple,  à  connecter  le  galvanomètre  directement  aux  bornes  de  la 
bobine  induite  soumise  à  la  variation  de  flux  A$. 

Ces  résultats  sont  en  contradiction  avec  ceux  qui  ont  été  annoncés  par 
M.  Germani  (*)  et  je  les  ai  vérifiés  expérimentalement  maintes  fois. 

Si,  dans  la  pratique  courante  d'un  essai  de  fer,  on  n'opère  pas  ainsi,  c'est 
uniquement  pour  des  raisons  de  facilité  d'étalonnage.  On  met  en  série  sur 
le  circuit  induit,  entre  la  bobine  induite  et  le  galvanomètre,  une  résistance 
notable  et,  connue  r,  par  exemple  de  l'ordre  de  grandeur  de  la  résistance 
propre  du  galvanomètre.  Et  l'on  décharge  aux  bornes  de  ;•  un  condensateur 
de   capacité  connue  chargé   sous   une   différence  de  potentiels  également 

(  ')   Revue  générale  de  l'Electricité,  26  juillet  1919. 


SÉANCE    DU    if)   JANVIER    192?..  l57 

connue.  Ce  procédé  d'étalonnage  dispense  de  la  connaissance  de*  la  résis- 
tance totale  du  circuit  et  permet  de  déterminer  la  constante  du  balistique 
dans  des  conditions  d'amortissement  qui  sont  exactement  celles  de  Fessai 
de  fer. 


PHYSIQUE  INDUSTRIELLE.  —  Sur  des  accidents  observés  dans  la  synthèse  de 
l'ammoniaque  par  les  hyperpressions  el  sur  le  moyen  de  les  éviter.  Noie 
de  M.  Geokges  Clauije,  présentée  par  M.  d'Arsonval. 

A  côlé  d'avanlages  donl  les  plus  saillants  ont  été  sig'nalés  dans  de  précé- 
dentes Notes  ('),  la  synthèse  de  l'ammoniaque  par  les  hyperpressions  a 
soulevé  quelques  difficultés,  actuellement  résolues. 

L'une  des  plus  essentielles  est  venue  de  la  nécessité  d'enlever  très  exacte- 
ment, à  mesure  de  ieui'  production,  les  énormes  quantités  de  chaleur  pro- 
duites par  la  ivaction  dans  un  espace  très  petit,  afin  de  mamtenir  aussi 
exactement  que  possible  la  température,  d'un  bout  à  l'autie  du  catalyseur, 
à  la  valeur  préférable  pour  concilier  la  bonne  conservation  des  tubes  cata- 
lyseurs et  l'obtention  d'une  teneur  en  iShP  élevée  dans  un  courant  de  gaz 
le  plus  rapide  possible.  Celle  lempératui-e  optimum  est  voisine  de  5oo°-f)5o'' 
lorsqu'on  emploie  le  fei-  comme  catalyseui",  et  sous  1000^''",  les  conditions 
de  la  syntiièse  sont  telles  qi;e,  si  la  chaleur  de  réaction  restait  dans  le  gaz, 
la  dissociation  étant  supposée  inexistante,  elle  élèverait  leur-  température 
jusque  vers  rooo". 

On  jugera  des  difficultés  que  jai  roicontrccsparle  fait,  qu'après  beaucoup 
d'échecs  sur  lesquels  je  passe,  j'ai  dû,  à  un  moment  donné,  refroidir  les 
tubes  par  un  courant  de /ï/o/Tz^yb/iû?^/ circulant  le  long  du  tube  de  réaction 
vertical  par  un  mécanisme  analogue  à  celui  du  tbeimo-siphon.  Le  métal 
fondu,  grâce  à  sa  masse  considérable,  enlevait  la  chaleur  à  température 
presque  constante  d'un  bout  du  tube  à  l'autre,  et  allait  évacuer  cette  chaleur 
dans  la  seconde  partie  de  sou  circuit,  munie  à  cet  ellel  d'un  dispositif  de 
refroidissement  appro'prié. 

C'est  avec  ce  système  que  j'ai  obtenu  mes  premiers  résultais  industriels, 
et  que  fonctionnait  en  particulier,  avec  une  production  de  6  à  7'  d'ammo- 
niaque liquide  par  heure,  l'appareil  que  j'ai  montré  le  9  janvier  1920  à  de 
nombreux  membres  de  l'Académie. 

(')  Comptes  rendus,  i3  octoljre  et  ("'décembre  1919,  19  janvier  1920,  21  fé\rier, 
18  aviil  el  17  octobre  1921. 


l58  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Mais,  (lès  que  nous  avons  voulu  forcer  la  pr<idu(lion,  des  accidents 
étranges  sont  survenus,  révélant  une  cause  de  dcsîruclion  des  tubes  cata- 
lyseurs assez  inattendue. 

Des  éclalemenls  répétés  de  ces  tubes  se  soni  produits,  en  dehors  de  loîiie 
attaque  chimique  ou  de  loul  ramollissement  par  la  chaleur,  et  présentant 
le  caractère  commun  de  s^mioi'cer  par  Vexlérieur^  comme  en  témoigne  la 
photographie  (figure  ci-dessous). 


Le  fait  bien  établi,  il  a  été  facile  de  Texpliquer. 

Le  métal  spécial  résistant  mécaniquement  et  chimiquement  à  chaud  qui 
constitue  les  tubes  est  naturellement  très  épais  pour  résister  aux  pi-essions 
employées  :  le  rapport  du  diamètre  extérieur  au  diamètre  d'alésage  n'y  est 
pas  moindre  de  2.  Or,  alors  que  ce  fait  semble  assurer  la  sécurité,  c'est 
lui,  tout  au  contraire,  qui,  dans  les  conditions  réalisées,  est  le  générateur 
du  danger. 

Ce  niétal  en  effet,  à  côté  d'une  dilatabilité  normale,  possède  une  conduc- 
tibilité thermique  médiocre,  sous  l'effet  de  laquelle  le  llux  calorificjue  intense 
correspondant  à  la  chaleur  éliminée  produit  dans  l'épaisseur  de  la  paroi  une 
chute  de  température  élevée,  pouvant  atteindre  200"  dans  l'appareil  en 
question.  Les  couches  externes  du  métal  sont  donc,  en  fonctionnement, 
beaucoup  plus  froides  que  les  couches  internes. 

A  première  vue,  on  peut  penser  que  ce  fait,  comme  la  grande  épaisseur, 
est  excellent  pour  la  sécurité,  puisque  le  métal  central  très  chaud  est  ainsi 
^-nveloppé  d'une  carapace  qui  peut  bien  mieux  maintenir  ses  conditions  de 
résistance  mt'canique.  Mais  l'importance  de  ce  fait  est  de  beaucoup  dépassée 
par  cette  autre  conséquence  que  les  couches  internes,  plus  chaudes,  exercent 
sur  les  couches  suivantes  une  ccnnpression  énorme,  qui  s'ajoute  à  l'effet  de 


SÉANCE   DU    16   JANVIER    1922.  l59 

la  pression  de  marche;  les  couches  suivantes  agissent  dans  le  même  sens, 
quoique  d'une  façon  moins  accenluée;  au  total,  les  couches  exteines 
subissent  l'action  d'une  pression  excessive  qui  détermine  leur  lupture,  puis, 
de  proche  en  proche,  celle  de  toute  la  paroi. 

Des  calculs  de  M.  Guillaume,  auquel  j'avais  soumis  cette  explication,  il 
résulte  en  effet  que  les  pressions  de  fonctionnenienl  de  looo"'''"  peuvent 
bien  avoir  ('té  triplées. 

Ces  accidents  révèlent  donc  un  danger  très  spécial,  puisqu'il  résulte  à  la 
fois  de  l'c'paisseur  relative  de  la  paroi  et  de  l'importance  des  quantités  de 
chaleur  à  évacuer,  qui  sont  l'une  et  l'autre  la  conséquence  des  hyperpres- 
sions.  Ils  mettent  en  évidence  une  précaution  d'ordre  général  à  prendre 
dans  cette  technique  et  dans  les  cas  analogues,  et  consistant  à  éviter  toute 
circulation  importante  de  chaleur  du  centre  à  la  périph(''rie  des  appareils. 
Ce  résultat  est  aisi'ment  atteint  en  entourant  le  tube  de  réaction  tout  entier 
d'un  calorifuge  approprié  et,  par  exemple,  en  l'immergeant  dans  une 
masse  de  kieselghur.  N'étant  plus  le  siège  d'aucune  transmission  de 
chaleur,  la  paroi  est  alors,  en  régime,  dans  toute  son  épaisseur  à  la  tempéra- 
ture des  couches  internes,  et  les  pressions  parasites  sont  évitées. 

Ainsi,  au  paradoxe  de  l'épaisseur  cause  de  danger,  succède  cet  autre  para- 
doxe que,  la  température  élevée  étant  évidemment  uiie  des  difficultés  de  la 
question,  on  est  pourtant  amené,  pour  protéger  les  tubes,  à  les  soumettre 
dans  toute  leur  masse  à  la  température  la  plus  élevée.  Ceci  n'est  possible, 
naturellement,  que  grâce  aux  qualités  exceptionnelles  du  métal  que 
j'emploie. 

Mais  comme  on  ne  peut  plus,  dans  ces  conditions,  évacuer  la  chaleur  de 
réaction  à  travers  la  paroi,  c'est  désormais  à  des  moyens  tout  autres  qu'il 
faut  avoir  recours  pour  sen  débarrasser. 

CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  le  reciiit  et  les  pi'opriétés  mécaniques  du  verre. 
Note  (')  de  M.  Taffix,  présentée  par  M.  H.  L<'  Chatelier. 


Dans  une  Note  précédente  (-),  nous  avons  établi  expérimentalement  la 

la  loi  de  recuit  des  verres  : 

I         I 

A 


Loi 


(•)  Séance  du  ■>-]  décemlire  i9>-i. 

C^)   Comptes  rendus,  t.  173,  1921.  p.  1347. 


.' —  •>.    '*- * 
ICO    - 


l6o  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

OÙ  à  el  Ao  mesurent  respectivement  la  biréfringence  du  verre  trempé  aux 
instants  /  et  ^  =  o. 

0  est  une  fonction  exponentielle,  et  T,  une  fonction  linéaire  de  la  tempé- 
rature. 

Pour  chaque  température  0,  il  existe  une  valeur  de  o  qui  représente  une 
biréfringence  limite  que  Ton  n'alteindra  qu'avec  un  recuit  indéfiniment  pro- 
longé à  cette  température.  Si  A^  esl  plus  petit  que  o,  le  verre  ne  pourra  se 
recuire  à  la  température  0,  et  sa  biréfringence  restera  constante  et  égale 
à  Ao. 

Dans  nos  expériences,  la  biréfringence  A  est  mesurée  sur  de  petits 
prismes  de  verre  dont  les  arêtes  ont  pour  longueur  :  i*^'"  dans  le  sens  de 
propagation  de  la  lumière;  i'™,8  et  i'^^"\2  dans  le  plan  perpendiculaire. 

Dans  un  verre  moyen  où  un  efîort  de  i  kg  i-cm^  produit  une  biréfringence 
de  i>,5a.[j.:cm,  le  retard  A  correspondrait  à  une  tension,  uniforme  en  grandeur 

et  en  direction,  de  — ^  kg  :  cm-.  Etant  données  les  dimensions  de  nos  prismes 

de  verre,  si  l'on  admet  en  outre  que  les  tensions  principales  au  centre  du 
prisme  sont  parallèles  aux  arêtes  et  proportionnelles  à  leur  longueur, 
la 'biréfringence  A  correspondrait  à  une  tension  double  ou  triple  de  la 
tension  uniforme  calculée  plus  haut.  De  même,  la  biréfringence  limite  o 
doit  correspondre,  elle  aussi,  à  une  tension   limite  o,   comprise  entre  2 

ou  3  fois  — z  '  soit  à  peu  près  o  kg  :  cm^. 

Pour  un  verre  de  laboratoire  de  com])Osition  centésimale  : 

SiO'^=7i,5;         AIH)^:=o,3;         Fe20^=:u,2;         Mn30'»=o,4;         GaO=:6,8; 

MgO  =  o,5;         Na-0  — 2o,5; 

les  constantes  o  et  T  de  la  loi  du  recuit  ont  (Hé  trouvées  égales  à 


»' 


0  r^  22 /ji]Lt,  T  =:.  222  minutes  (à4">°)- 

La  tension  limite  o  aurait  ])Our  valeur  approchée  à  4io°  •  2-2  kg/cm-. 
Il  était  intéressant  de  rechercher  quelle  sorte  de  déforniation  subit  le  verre 
sous  des  elVorls  de  cet  ordre. 

Pour  cela,  on  a  pris  un  lul)e  mince  du  verre  de  laboialoire  analysé  plus  liaut  ;  ses 
diainèlres  extérieurs  el  intérieurs  étaient  respectivement  de  11™™  et  12""".  I,a  défor- 
mation était  produite  par  une  torsion.  J*,lant,d'ôrinée  la  faible  épaisseur,  tous  les  points 
d'une  même  section  droite  supportaient  un  effort  de  traction  très  peu  dilFérenl  de 
l'effort  langentiel  à  la  surface.  Le  tube  était  chaun'é  sur  une  partie  de  sa  longueur  dans 
un  four  électrique  à  résistance  et  la  température  était  mesurée  au  milieu  du  tube  au 


Temps 
en  minutes. 

(   avant  cliai^e. 

(  après  charge. 

3o 

60 

9*' 

1 20 

180 


SÉANCE    DU    16    JANVIER    1922.  161 

point  où  elle  pouvait  être  la  plus  élevée.  La  (iéfoi  nialion  élail  mesurée  par  le  dépla- 
cement d'un  spot  lumineux  produit  par  un  miroir  sur  une  règle  divisée.  On  a  calculé 
rallongement  pour  100  correspondant  à  la  déformation  observée,,  en  admettant  un 
module  d'élasticité  de  5,25  x  10^  kg/cm-.  Les  trois  premières  mesures  ont  été  faites 
à  4it)°;  la  quatrième  à  425". 

I.  Temprralun-  :   ilO"  II.  Température  :   ilO"  III.  Teinpi  rature  :  'ilO"        IV.  Température  :  425° 

couple  moteur  :  480  g/cm      couple  moteur  :  900  g/cm     couple  moteur  :  Î4n0g/im     couple  moteur:  'i80g/cm 

tension  :  yi  kg/cm-  tension  :  '1,8  kg/cm' 


tension  :  4.8  kg/cm-  tension  :  24  kg/cm- 

Allongcmenls  pour  100.        Allongements  pour  100. 


0,00ogi4 
O,  (  10  1066 
o  ,  (  X 1 1 066 
0,001066 
O , 00 I 066 


0,001828 

o,oo2o55 
o,oo2i33 
0,0021 33 
0,0021 33 


Allongements  pour  100.       .\llongements  pour  100. 
O  O 

<»,  004669  o,0niigi4 

o, 005940 

0,006170  o, 

o,oo65oo  o. 

0,006700 
0,007010 


^  /; 

00 I 088 
(KU28 

(M)i302 

(tiii  368 
00 1 562 


Ces  résultats  sont  traduits  pai^  les  couibcs  de  la  figure.  L'a' courbe  eu 


1 

^ 

^2AJ^ 

^2  à  ^'>o° 

rrr    ^   '          — 

' 

c 
0,005 

0.004 

/^ 

' 

0  003 

9,6    Ks.cn 

^8  410? 

0,002 

1    ^" 

4,8K».cm»_8_ 

r25' 

'4'8K5.'c'm'r 

410" 

0.001 

.^*^" 

..    1.  ,  ,,  ! 

1 1 

1        1       \ 

30' 


60' 


90' 


120' 


150 


Temps 
80 


pointillé  correspond  à  la  mesure  effectuée  à  425".  Il  est  bien  net  que  les 
tensions  de  4''s,8oo  et  de  9''^, G  n'ont  pas  produit  de  déforinalioii  visqueuse 
à4io°. 

Par  contre,   à  cette   même   température,   un   effort   de   24''^  a   produit 
rallongenienl  à  vitesse  constante  qui  caractérise  une  telle  déformation.  Il 


l(32  ACAnÊMIE    DES    SCIENCE^. 

existe  donc  une  liinile^élastique  du  verre,  varial)le  avec  la  lenipérature, 
comme  le  iiionlre  la  mesure  à  425°.  Celle  limile  d'élasticilé  est  eoniprise 
entre  lo*'*''  el  24''^' par  cenliniètre  carré  à  4io°-  Elle  est  du  même  ordre  de 
grandeur  que  la  tension  limite  o  que  nous  axons  évaluée  plus  haul.  Ce  fait 
donne  une  valeur  physique  à  la  loi  du  recul I  que  nous  avons  iappel<''e  au 
débul  c]*'  celle  IS'ole. 

On  doil  rejeter  la  loi  parabolique  que  nous  avions  indiquée  dans  une 
Note  pn'cédenle.  car  elle  ne  tienl  pas  compte  de  l'evistence  de  la  limit(^ 
élastique. 

Le  plK'nomène  de  recuit  d'un  ^e^^e  ne  sérail  pas  autre  chos(^  qu'une 
di'formation  visqueuse  sous  l'action  des  tensions  inlernes.  Le  recuil  ne  peut 
plus  se  faii-e  lorsque  ces  tensions  deviennent  égales  ou  inférieures  à  la  limite 
élastique;  il  pourra  toutefois  se  produire,  à  la  longue,  une  légère  diminu- 
tion des  t<'nsions  dues  à  la  disparilion  des  d(''foi-mations  suhpermanenles 
analogues  à  celles  qui  amènent  le  déplacemeni  du  zéro  des  ihermomèlres. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  la  vitesse  cV extension  de  couches  minces  d'huiles  à  la 
surface  d'une  nappe  d'eau.  Note  (')  de  M.  Paul  Woog,  présentée  par 
M.  M.  Brillouin. 

On  sait  que  l'explication  de  la  tension  superficielle  par  la  théorie  de 
Langmuir  (-)  conduit  à  attribuer  aux  groupes  d'atomes  «  actifs  »  la  cause 
de  l'extension  des  huiles  sur  une  nappe  d'eau. 

Partant  de  ce  fait,  déjà  signalé  par  Hardy  (^),  que  les  huiles  telles  que 
celles  de  paraffine,  dont  les  molécules  sont  dénuées  de  toute  «  activité  «^  ne 
s'étendent  pas  sur  l'eau,  nous  nous  sommes  demandé  si  la  vitesse  d'exten- 
sion des  corps  gras  ne  serait  pas.  dans  une  certaine  mesure,  dépendante  du 
degré  d'activité  des  molécules.  Nos  expériences  ont  confirmé  cette  hypo- 
thèse. 

Les  essais  ont  consisté  à  verser  rapidement  et  en  une  fois  un  excès 
d'huile  (3""')  sur  une  surface  d'eau  parfaitement  propre,  contenue  dans  une 
cuve  de  ()'"  de  longueur  et  de  70™™  de  \^t^q.  puis  à  noter  le  temps  employé 
par  la  tache  contaminante  pour  parcourir  dans  des  conditions  identiques 

,      (')   Séance  du  9  janvier  1922.. 

(-)  Irwing  Langviii[r,  Joarn.  of  the  American  ('henncal  Society,  l.  :39,  1917, 
p.  i848. 

(*)  W.-B.  Hardy,  Proceedings  of  llie  Roycd  Society,  série  A.  t.  8G.  rgii,  p.  6in. 


SÉANCE  DU  iG  JANVIER  1922.  l63 

une  même  longueur  de  5™.5o.  On  observait  le  passage  du  front  invisible  de 
la  tache  grasse  par  l'entraînement  d'un  peu  de  poudre  de  lycopode  que  l'on 
rt'pandait  sur  l'eau,  avaiil  chaque  expérience,  à  la  hauteur  du  repère  ter- 
minal. Le  Tableau  ci-dessous  montre  les  résultats  obtenus  pour  une  tempé- 
rature d'eau  de  8",  25  et  une  température  dair  de  9"  environ  : 

Secondes  Proportion  Acidité  liln't- 

employées  de  doubles          pour  KlQ  Vciditi'-  rroporlinn 

pour  Viscosité           liaisons                   en  rapportée         deC<l-n 

parcourir  al)SMluc                par  .                  acide  au  poids                par                                     1> 

Huilrs.                            5'", 5(1.  à  10".            molécule.            oléique.  moléculaire,      moléqulc.       B -+- C.            ]\' 

(Al.  (Bl.  (CJ.  l).. 

Spermacéti 70  o,522  i,533  7,61 'i  \^/\65  0,1576  1,690  3,237 

Arachide 80. 5  i.i.5  ^^717  '  t77^  i5.3o9  0,0,542  2,801  2, 435 

Colza 82.8  1,245  3,49 1  2,002  i8,258  0,0647  3,558  2,857 

Olive 89, ',5  1,075  2,484  3,496  28,142  o>0997  2,583  2,4o< 

Lard go  i,!o5  2,i4i  2,791  23,193  o,o8<2  2,223  2,011 

Pied  de  moulon..  . .  93-9  1,22  -  2.397  1-099  9.3o8  o.o33  2.43o  > -99' 

l^ied  de  l)œut' 107. .5  1.2'.  2,169  i.o43  8.740  o.oSog  2,199  i  .8o>. 

tlicin 128.6  20,8  2.S22  15959  17.435  0.0618  2.883  0,1 38 

Frencli  Neiilrol .  .  .  .  8|.25  0,1875  o,''.o69 

Solar  Pied 166  3,o5  0,1  o52 

H.  V.  Pale 170.25  2.3}  0,0731 

880  Pale 171.3  0,64  o.oaôi 

Bayonne  Engine  .  ..  i86.5  4-27  0.0649 

Machinery  n°  1  .  .  .  .  3i3  i  .61  o.o453 

F.  F.  F.  C\liDder.  .  .  (•)  /'  0.0117 

Krernlin  n"  1 •      175.75        6,52  0.0499 

k.  K.  80 124.5  !  .  90  o .  1  207 

K.  R.  60 i35  7.6  0.1261 

Ces  chiffres  indiquent  que.  pour  les  huiles  grasses,  toutes  les  molécule» 
interviennent,  et  les  vitesses  sont,  en  première  approximation,  parallèles 
au  rapport  :  , 

carboxvies  des  ijlvcérides  +  liaisons  multiples  -f-  CO-  H  libres 

-Il- : ^ ; ; ; ) 

viscosité 

Factivité  apporter  par  les  carboxyles  des  glycérides  pou\ant  être  négligée, 
étant  commune  à  toutes  les  molécules  (-). 


(')   Ne  s'étale  que  liés  lenlenient. 

(■-)  NoLer  (iirune  source  de  divergence  peut  résulter  de  ce  fait  e\ce|)lionnel  que 
Certaines  molécules  contenant  plusieuis  doubles  liaisons  (ac.  Itiioléique)  11  occupent 
pas  une  surface  d'eau  supérieure  à  celle  attribuée  d'ordinaire  à  une  seule  double 
liaison. 


l64  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Dans  les  huiles  minérales,  nettement  séparées  des  premières,  la  vitesse 
d'exiension  ne  dépend  que  des  molécules  non  saturées  qui  sont  en  faible 
proportion,  et  par  suite  la  viscosité  ne  joue  ([u'un  rôle  insignifiant. 

Le  déplacement  de  la  pellicule  se  fait  avec  une  vitesse  à  peu  près  régu- 
lièrement retardée.  Les  molécules  actives  arrivant  au  contact  de  Teau 
s'orientent,  en  eiTet,  et  deviennent  aussitôt  inactives;  leur  progression 
continuelle  résulte  donc  uniquement  de  la  poussée  qu'elles  reçoivent  du 
point  où  la  masse  d'huile  a  été  déposée  sur  l'eau  et  d'où  s'échappe  d'une 
manière  continue  un  flot  de  molécules  que  leur  affinité  entraîne  et  qui 
s'orientent  à  leur  tour.  Cette  poussée  est  sensiblement  constante  :  l'eflbrt 
transmis  va  donc  en  s'alTaiblissant  au  fur  et  à  mesure  que  les  frottements 
augmentent.  La  valeur  de  la  dégression  peut  être  indiquée,  de  façon  ap- 
proximative par  l'expression 

///  =z  /iti  —  K{n  —  I ), 

où  tn  est  le  temps  employé  pour  parcourir  i  mètre  à  n  mèlres  de  l'origine; 
/,  le  lemps  nécessaire  pour  couvrir  le  premier  mètre  et  K  une  constante  qui 
est  environ  8,3  pour  le  88.5  Pale  et  io,5  pour  le  Machinery  n*^  1. 

Temps  (en  secondes)  nécessaire  pour  |)arcoiirir 
les  dislances  suivantes  : 


k  1"\     De  1"  à  '^■. 

De  2"  à  3"'. 

De  :'.'"  à   '!■'■ 

.       De  4°'  à 

23,3 

28,3 

37 

42,3 

4o 

53 

70 

82 

Huiles.  De  l'origine  à  1 

883  Pale i5,3 

Machinery  n"  1  .  .  2.5 

On  peut  encore  constater  l'influence  des  groupements  actifs  sur  la  vitesse 
d'extension  d'une  couche  grasse,  en  mesurant  la  rapidité  du  déplacement 
d'une  pellicule  hétérogène  formée  par  une  huile  minérale  peu  active 
(885  Pale)  à  laquelle  on  ajoute  des  quantités  connues  d'huiles  riches 
on  molécules  actives  (Colza  ou  French  Neutral).  Le  Tableau  ci-dessous 
montre  que  les  centres  actifs  interviennent  énergiquement  en  se  précipitant 
vers  l'eau  pour  augmenter  la  vitesse  de  translation  de  la  tache  contami- 
nante : 


Teneur 

des 

nié 

lang 

es 

Temps  (en  secondes)  employé 

par  la  lâche  contaminanle 

pour  parcourir  .5", 50. 

885  Pale. 

Uui 

le 

de  Colza. 

lOO 

0 

171,3 

99 

I 

i34,5 

95 

5 

97 

90 

10 

88,5 

5o 

5o 

84 

0 

100 

82,8 

SÉANCE  DU  l6  JANVIER  1922.  i65 

Teneur  des  mélanges.  Temps  (en  secondes)  employé 

I — — ^^- "■"■ par  la  tache  contaminante 

885  Pale.  Maclunery  n"  I.  pour  parcourir  5". .50. 

100  o  171,3 

95  5  i.5o 

90  10  108 

o  100                                                  81,25 

Ces  phénomènes  jouent  un  r  (Me  important  dans  la  lubrification  et  dans  le 
filage  de  l'huile  à  la  mer  employé  sur  les  navires  pour  atténuer  Teffet  des 
tempêtes. 


CHIMIE  ANALYTIQUE.  —  Appareil  pour  la  détermination  de  la  concentration 
d'une  solution  en  ions  hydrogène.  —  Application  à  la  recherche  des  acides 
minéraux  dansle  vinaigre.  Note  de  M.  Axdré  Klixg  et  de  M.  et  M™^  A. 
Lassieur,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

La  concentration  d'une  solution  en  ions  hydrogène  est  une  grandeur  qui 
prend  actuellement  une  importance  considérable  en  Chimie.  On  sait  que 
depuis  d'assez  nombreuses  années  déjà,  les  biologistes  ont  tiré  un  grand 
parti  de  sa  mesure,  et  nous  pensons  que  des  services  aussi  grands  pourront 
être  rendus  aux  chimistes  par  la  connaissance  de  cette  valeur.  La  détermi- 
nation revient  à  une  mesure  de  différence  de  potentiel  entre  les  bornes 
d'une  pile,  constituée  par  l'électrode  d'hydrogène  baignant  dans  le  liquide 
d'expérience,  une  liaison  liquide  et  une  éleclrode  auxiliaire  (calomel). 

On  emploie  toujours  la  méthode  de  compensation  de  Poggendorf,  en  utilisant  l'élec- 
tromètre  capillaire  comme  instrument  de  zéro.  Nous  avons  estimé  que  cette  méthode 
excellente,  d'ailleurs,  pouvait  être  simplifiée,  et  l'appareil  mis  sous  une  forme  robuste 
et  pratique,  convenant  parfaitement  à  un  laboratoire  technique.  Le  montage  est  figuré 
ci-après.  Un  accumulateur  ou  pile  sèche  .\  débite  sur  l'ensemble  des  deux  rhéostats  B 
et  G,  par  l'intermédiaire  d'un  interrupteur  D.  La  résistance  de  B  e-t  de  5  ohms,  celle 
de  G  étant  de  190  ohms  enviion.  Un  commutateur  K  e?t  relié  comme  l'indique  la  figure 
à  la  pile  P,  dont  on  veut  mesurer  la  difierence  de  potentiel  aux  bornes  (électrode"^ 
hydrogène-liaison,  électrode  au  calomel),  aux  curseurs  E,  F  et  au  millivoltmètre  ^  . 
Celui-ci  permet  de  mesurer  1200  millivolts  avec  une  approximation  de  i  millivolt,  il 
présente  plusieurs  sensibilités.  Ce  dis|»ositif  ne  comporte  aucun  organe  délicat,  ni  pile 
étalon,  ni  électromètre  capillaire,  dont  le  maniement  est  assez  difficile.  Pour  eflec- 
tuer  une  mesure,  ou  oppose  à  la  pile  P  une  différence  de  potentiel  prise  entre  les 
cur.-5eurs  E  et  F  que  l'on  fait  mouvoir  jusqu'à  ce  que  le  millivoltmètre  revienne  au  zéro, 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N°  3.)  12 


i66 


ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


signe  qu'aucun  courant  ne  traverse  le  circuit  E.  F.V.P.  E.  et  que  la  dilTérence  de 
potentiel  entre  les  points  E  et  F  est  préclsémenl  égaie  à  celle  qui  existe  entre  les 
bornes  de  la  pile.  Pour  celte  opération,  le  commutateur  est  placé  dans  la  position  i. 
L'équilibre  obtenu,  on   met   le  commutateur  en  position  ?.   et  on   lit   l'indication   du 


millivoltnièlre  qui  fournil  immédiatement  la  force  électromotrice  cherchée.  Nous 
employons  l'électrode  d'hydrogène  de  Sôrensen,  qui  donne  toute  satisfaction.  Il  est 
absolument  inutile  de  purifier  l'hjdrogène  de  façon  très  complète,  le  gaz  obtenu  à 
l'aide  du  zinc  pur  renfermant  un  peu  de  cuivre,  et  l'acide  sulfuriqne  pur  étendu  peut 
être  utilisé  tel  quel,  après  passage  dans  un  laveur  à  eau  ou  à  permanganate  par  sur- 
croît de  précaution. 

On  passe  de  la  force  électromotiice  à  Texposant  d'hydrogène  à  la  manière 
habituelle,  en  retranchant  de  cette  valeur  celle  afférente  à  Télectrode  au 
calomel  et  divisant  la  différence  par  un  facteur  dépendant  de  la  tempéra- 
ture. Tous  les  renseignements  utiles  pour  Tapplication  de  la  méthode  et  les 
calculs  seront  ti^ouvés  dans  TOuvrage  de  Clark  :  Détermination  des  ions 
hydrogène,  ou  dans  celui  de  Michaelis  :  Ln  concentration  des  ions 
hydrogène. 

Nous  avons  établi  notre  appareil  en  vue  d'un  certain  nombre  de  ti^avaux 
dont  le  premier  est  relatif  à  la  recherche  des  acides  minéraux  dans  le 
vinaigre.  Comme  on  le  verra  dans  le  Tableau  ci-contre  le  vinaigre  présente 
un  exposant  d'hydrogène  assez  fixe,  non  en  rapport  d'ailleurs  avec  son  aci- 
dité :  Texposant  d'hydrogène  de  l'acide  acétique  normal,  étant  nettement 
plus  faible  :  2,36  à  i8°.  La  présence  de  très  petites  quantités  d'un  acide 
minéral  abaisse  l'exposant  d'hydrogène  d'une  façon  frappante,  ne  laissant 
place  à  aucune  indécision. 


SÉANCE  DU  l6  JANVIER  1922.  167 

Vinaigres. 

Pu  après  addition 
Acidité  d'acide  sulfurique  N 

(acide  acétique  (2*^,4  SO'IP 

N".       Origine.  pour  1000).  Pii  à  18".  par  litre  de  vinaigre). 

1.  Vin 53,7  2,67  I596 

2 .  »  63 , 3  2 ,  67  1 ,  74 

3.  »   68,1  2,84  2,02 

4.  »  71^7  2,83  1,97 

5.  Alcool..,. 57,9  2,77  1,48 

G.  »      61,5  2,68  1,43 

7.  ')      37,6  2,54  r,53 

8.  n      59,1  2,67  i,5o 

Si  l'on  considère  que  les  mesures  ont  une  approximation  de  deux  à  trois 
unités  de  la  deuxième  décimale,  on  reconnaîtra  que  la  présence  de  l'acide 
minéral  se  trouve  nettement  mise  en  évidence. 

Il  est  possible  ég-alement  d'avoir  recours  à  la  méthode  colorimétrique,  qui 
a  déjà  été  emplo^'ée  dans  le  même  but  par  certains  auteurs,  mais  surtout  en 
vue  d'un  titrage  de  l'acide  fort  en  présence  d'acide  acétique.  Nous  avons 
procédé  à  la  détermination  de  l'indice  d'hydrogène,  après  décoloration  du 
vinaigre  au  moyen  de  noir  animal,  traité  à  l'acide  chlorhydrique  et  lavé  à 
fond.  Un  semblable  noir  ne  modifie  pas  sensiblement  l'exposant  d'hydro- 
gène du  vinaigre. 

L'indicateur  employé  est  la  tymolsulfophtaléine,  et  les  liqueurs  de 
comparaison  sont  des  solutions  tampons:  acide  chlorhydrique -chlorure 
de  potassium,  et  phtalate  acide  de  potassium  -  acide  chlorhydrique.  Ce 
sont  les  solutions  de  Clark  et  Lubs,  dont  les  exposants  d'hydrogène  sont 
connus  et  varient  de  0,2  en  0,2  en  passant  d'une  liqueur  à  l'autre.  Ces 
valeurs  ont  été  contrôlées  sur  chaque  solution  par  la  méthode  électro- 
métrique. On  prépare  une  série  de  types  dont  les  exposants  d'hydrogène 
varient  de  1,2  à  2,8,  en  versant  dans  des  tubes  à  essais  10"°'  de  chacune 
des  solutions  convenables  et  une  certaine  quantité  de  l'indicateur  (  1  o  gouttes 
de  solution  à  o,o4  pour  100).  (3n  opère  de  même  avec  le  vinaigre  décoloré 
et  l'on  compare  la  teinte  développée  à  celles  de  la  gamme.  Par  analogie, 
on  déduit  l'exposant  d'hydrogène  du  vinaigre.  On  peut  situer  nettement 
l'échantillon  en  expérience  entre  deux  types  différant  de  0,2,  c'est-à-dire 
que  la  mesure  est  approchée  à  peu  près  à  o,  i .  C'est  un  résultat  moins  précis 
que  celui  obtenu  électrométriquement,  mais  qui  est  tout  à  fait  suffisant. 
La  présence  de  l'acide  minéral  est  mise  en  évidence,  même  sans  comparaison 
avec  les  types,  car  le  vinaigre  décoloré  donne  avec  l'indicateur  une  colora- 


l68  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

tion  jaune  analogue  à  celle  du  vinaigre  naturel,  tandis  que  la  présence  de 
petites  quantités  d'un  acide  minéral  amène  une  coloration  cerise  très 
différente. 

La  grande  simplicité  de  ces  méthodes,  aussi  bien  de  la  méthode  éiectro- 
métriqueque  delà  méthode  colorimctrique,  et  l'intérêt  des  résultats  qu'elles 
fournissent  nous  semblent  dignes  d'attirer  l'attention  des  chimistes,  non 
seulement  pour  le  cas  présent  qui  ne  vise  qu'un  point  particulier,  mais 
surtout  comme  moyen  d'investigation  précieux  dans  un  grand  nombre  de 
circonstances. 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  la  siilfobenzide.  Note  de  M.  Eug.  Grandmougin. 

La  sulfobenzide  ou  diphényisulfone,  qui  se  forme  comme  sous-produit 
lors  de  la  sulfonation  du  benzène,  surtout  quand  on  emploie  à  cet  efïet  un 
acide  fumant,  a  été  obtenue  au  cours  de  la  guerre  en  quantités  assez  impor- 
tantes pour  que  la  question  de  son  ulihsation  ait  pu  se  poser  à  nouveau. 

L'étude  suivante,  faite  en  collaboration  avec  M.  B.-M.  Rivetti,  a  con- 
firmé une  fois  de  plus  que  cette  matière  première  n'ofîrait  qu'un  intérêt 
limité  au  point  de  vue  de  son  application  dans  le  domaine  des  colorants 
synthétiques  (*  ). 

Si  Ton  nitre  la  sulfobenzide,  on  obtient  un  dérivé  dinitré  (p.  f.  201'')  qui, 
par  réduction  par  le  sulfure  de  sodium  par  exemple  (^),  fournit  le  déiivé 
diamidé  correspondant  (p.  f.  168°).  La  constitution  a  été  établie  par  trans- 
formation dans  le  diphénol  de  même  position  (p.  f.  187°)  (^).  ^Celui-ci  se 
trouve  être  identique  au  produit  obtenu  par  M.  Tassinari  (')  en  oxydant 
un  dioxythiobenzène  formé  par  débromuration  du  })roduit  de  condensation 
résultant  de  l'action  du  chlorure  de  soufre  sur  le  /^-bromphénol  en  solution 
de  sulfure  de  carbone.  Comme  les  déridés  dioxys  2.2'  et  4-4'  sont  connus 
avec  certitude  et  fondent  respectivement  à  i65°  et  à  289°,  le  dioxy  187°  ne 

(')  Cette  constatation  confirme  celle  faite  par  les  brevets  allemands  30598  et 
61826;  voir  aussi  Lauth,  Comptes  tendus  t.  lli,  1892,  p.  i023. 

(-)  Ce  réducteur  est  bien  préférable  à  l'étaln  et  à  Tacide  chloihydrique  employé 
par  M.  Lauth  et  qui  nécessite  la  précipitation  de  1  étain  comme  sulfure. 

(^)  Déjà  préparé  par  Hefelma>n,  Journ.f.  prakl.  Chem.^  t.  1,  i885,  p.  iSgi,  avec 
le  point  de  fusion  179°.  Il  est  signalé  par  erreur  <"onime  étant  le  dérivé  2.4  dans  HrcuTKR, 
Lexikon  der  Kohlenstoffverbindungeu,  t.  2,  p.  2188. 

(^)  Gazzetta  Chim.,  t.  19,  p.  3/(5. 


SÉANCE    DU    l()    JANVIER    1922.  169 

peut  êtie  que  le  dérivé  diméta  (3.3).  Cette  constitution  était  du  reste  déjà 
très  probable  par  le  fait  que  le  dérivé  dinitré,  obtenu  par  nitration  direclc 
de  la  siilfobenzide,  peut  être  synthétisé  également  par  action  de  Tacide 
fumant  sur  le  iiitrobenzène  ('). 

La3.3'-diamidosulfobenzide  est,  comme  Ta  déjà  signalé  le  brevet  61826, 
une  base  diazotable  qui  fournit  un  dérivé  tétrazoïque  pouvant  être  copule 
normalement  avec  des  naphtols  et  leurs  dérivés  sulfonés. 

On  peut  considérer  cette  base  comme  constituée  par  deux  molécules 
d'aniline  réunies  par  le  groupe  SO-,  et  il  est  particulièrement  intéressant 
de  noter  que  les  colorants  obtenus  ne  diffèrent  pas  sensiblement  par  la 
nuance  de  ceux  préparés  avec  l'aniline  même.  L'influence  du  groupe  SO"- 
au  point  de  vue  chromophorique  est  donc  à  peu  près  nulle  quand  ce  groupe 
se  trouve  en  meta  des  deux  groupes  aminogènes.  Les  colorants  dérivés  de 
la  3.3'-diamidosulfobenzide  ne  tirent,  en  règle  générale,  que  sur  laine,  et 
ne  teignent  pas  le  coton,  malgré  leur  constitution  symétrique.  Seul  lail 
exception,  comme  cela  pouvait  être  prévu,  le  colorant  dérivé  de  l'acide  J, 
dont  on  connaît  l'aflinité  prononcée  pour  les  fibres  végétales  et,  à  un  degré 
infime,  les  colorants  obtenus  avec  les  acides  y  et  H. 

Il  nous  a  paru,  d'autre  part,  intéressant  de  comparer  à  ces  colorant-^, 
déjà  étudiés  en  partie  par  M.  Lauth,  ceux  dérivés  de  la  4- 4'-diaminosulfo- 
benzide. 

Cette  base  a  été  préparée  en  oxydant,  par  le  bichromate  et  l'acide  sulfu- 
rique,  le  dérivé  diacétylé  de  la  thioaniline  (p.  f.  21 5°),  puis  saponification 
du  dérivé  diacétylé  formé  (p.  f.  280'').  La  base  ainsi  obtenue  (p.  f.  174") 
se  trouve  être  identique  à  celle  obtenue  par  réduction  de  la  4--i'-dini- 
troiliphénylsulfone   (-)  préparée   })ar   oxydation    du    sulfnre    de    [diényle 

dinitré  4.4' C)- 

Dans  les  colorants  dérivés  de  cette  base  symétrique,  Tinfluence  chromo- 
phorique du  groupe  sulfone  se  fait  notablement  plus  sentir  que  dans  les 
dérivés  diméta,  où  elle  est  à  peu  près  nulle;  mais  il  faut  noter  surtout  que 
l'affinité  des  colorants  dérivés  de  cette  base  pour  le  coton  se  trouve  sensi- 
blement accrue. 

Néanmoins  le  pouvoir  chromophorique  de  la  4.  V-diamidosulfobenzide 
est  bien  inférieur  à  celui  de  la  4-4'-diamidothioaniline  et,  bien  entendu,  de 


(V)  Ber..  i.  9,  1876,  p.  79. 

(-)  Fromm  et  WiTTMANN,  Bef.,  t.  il,  1908.  p.  2720. 

(^)   NiETZKi  et  BoTHOF,  Ber.,  t.  27,  1894,  p.  3302. 


T^O  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

la  benzidine.  Ainsi,  tandis  que  ia  4- 4'-diamidosulfobcnzide  donne  avec  deux 
molécules  d'acide  H  (en  solution  alcaline)  sur  colon  un  violet  rouge,  le 
colorant  correspondant  de  la  4- 4'-diarnidothioanilinc  est  un  bleu  violet  et 
celui  de  la  benzidine  un  bleu  verdâtre.  Ce  dernier  seul  a  de  Tintérêt  au 
point  de  vue  indusliiel. 

Enfin,  si  Ton  compare  la  3  .3'-diamidosulfobenzide  avec  la  benzidinesul- 
fonedans  laquelle  les  groupes  amidos  occupent  par  rapport  au  groupe  SO"^ 
la  même  posititm,  la  différence  est  plus  considérable  encore,  et  cet  exemple 
est  particulièrement  caractéristique  pour  démontrer  l'effet  chromophorique 
intense  provoqué  par  la  liaison  diphénylique. 

Ainsi  donc  se  trouve  vérifié  une  fois  de  plus  qu'au  point  de  vue  de  la 
coloration  l'arrangement  des  atomes  dans  la  molécule  est  le  fadeur  prédo- 
minant; il  prime  Tinfluence  pouvant  résulter  de  la  grandeur  de  la  molécule. 

Nous  résumons  enfin,  dans  le  Tableau  suivant,  les  conslanles  des  dérivés 
de  la  sulfobenzide,  étudiés  au  cours  de  noire  travail,  et  parmi  lesquels  les 
dérivés  dihalogénés  de  la  série  3.3'jn'ont  pas  encore  été  décrits.  Ceux  de 
la  série  4.4'  étaient  connus  et  nous  nous  sommes  bornés  à  une  vérification 
des  conslantes  indiquées.  Ce  travail  n'était  pasabsolumenl  inutile,  car  il  y  a 
de  nombreuses  erreurs  au  sujet  des  dérivés  de  la  sulfobenzide  dans  la  litté- 
rature, même  dans  les  Ouvrages  classiques  de  Beilstein  et  Richter,  notam- 
ment au  sujet  des  positions. 

Points  de  fusion. 
Dérivés  de  la  suli'obcnzide.  Série  3.3'.         Série  4.4'. 

0  o 

Dinilrosulfobenzide 20i  282 

Diaipnidosulfobenzide 168  174 

Diacélyldiamidosulfobenzide 211  280 

Dioxysulfobenzide iSô^-iS;"  289 

Dichlorsulfobenzide 1  08  (  '  )  i  ^y 

Dibromsulfobenzide 119  172 

Diiodesulfobenzide i58  197 

On  constatera  également  par  ce  Tableau  que  les  dérivés  3.3'  fondent, 
d'une  façon  générale,  plus  bas  que  leurs  isomères  1[.l\\  mais  toutefois  plus 
haut  que  les  dérivés  2.2'.  Nous  avons  vérifié  ce  fait,  déjà  signalé  pour  les 
diphénols,  dans  la  série  des  produits  dinitrésetproduit  par  synthèse  à  cet  effet 
la  2.2'-dinitrosulfobenzide  encore  inconnue;  elle  fond  en  effet  à  iS^^-iSg". 


(')  Le  dérivé  huileux  de  MM.  Gruber    et  Otto   {Ann.  Che/n.,   t.  H9,  p.   180), 
enregistré  comme  dérivé  m. m'  par  Beilstein  (t.  2,  p.  8i3),  est  sans  doute  un  mélange. 


SÉANCE    DU    l6   JANVIER    I922.  171 

RADiOACriviTÉ.  —  Sur  quelques  propriétés  oxydas iques  du  thorium  X.  Note 
de  MM.  Pierre  Lemay  et  Léon  Jaloustre,  présentée  par  M.  Daniel 
Berthelot. 

Continuant  nos  recherches  sur  les  propriétés  oxydantes  des  éléments 
radioactifs,  signalées  dans  notre  Note  du  i4  novembre  1921,  nous  avons 
constaté  l'action  oxydasique  puissante  du  thorium  X  vis-à-vis  de  l'adré- 
naline et  de  la  morphine.  Au  contraire,  sur  les  alcools,  nous  n'avons  pu 
mettre  en  évidence  aucun  phénomène  d'oxydation  notable. 

Action  sur  l'adrénaline.  —  Si,  à  une  solution  d'adrénaline  au  millième, 
on  ajoute  5o  microgrammes  de  bromure  de  thorium  X,  on  constate  rapi- 
dement une  teinte  rosée,  puis  le  brunissement  complet,  indice  de  Toxyda- 
tion  de  l'adrénaline.  Avec  une  dose  de  200  microgrammes,  le  brunissement 
est  complet  dans  les  24  heures  à  la  température  du  laboratoire. 

Les  mêmes  essais  faits  avec  les  doses  de  5o  micros,  200  micros,  1'°'  de 
chlorure  et  de  lactate  de  manganèse,  et,  comme  les  précédents,  en  présence 
de  tubes  témoins,  ont  montré  que  les  sels  de  manganèse  ont  une  action 
oxydante  beaucoup  moins  énergique;  la  différence  d'oxydation  entre  le 
tube  témoin  et  le  tube  expérimenté  n'apparaissant  qu'avec  la  dose  de  i*"', 
au  bout  de  48  heures,  et  par  la  teinte  rosée  seulement  de  ce  dernier. 

Il  semble  donc  que  le  thorium  X  soit  le  plus  puissant  des  catalysa- 
teurs  d'oxydation  introduits  jusqu'à  ce  jour  dans  l'organisme  ;  et  il  y  a  lieu 
de  rapprocher  son  action  sur  l'adrénaline,  des  phénomènes  cliniques  obi-er- 
vés  sur  les  malades  ayant  reçu  de  fortes  injections  de  bromure  de 
thorium  X  (').  On  observe  en  effet  chez  ces  malades  la  pigmentation 
mélanique,  l'hypotension  sanguine,  la  diarrhée,  la  dépression  physique, 
qui  sont  les  signes  de  la  maladie  d'Addison  et  l'on  peut  envisager  l'hypothèse 
que  dans  ce  cas  il  y  a  eu  destruction  de  l'adrénahne  dans  l'organisme,  des- 
truction qui  équivaudrait  à  une  insuffisance  des  capsules  surrénales. 

Action  sur  la  morphine.  —  Si,  à  une  solution  de  08,10  de  chlorhydrate 
de  morphine  dans  10*™'  d'eau  distillée,  on  ajoute  5o  micros  de  bromure 
de  thorium  X,  on  obtient  déjà,  au  bout  de  24  heures,  une  précipitation  de 
cristaux  d'oxymorphine  et,  dans  le  même  temps,  avec  une  dose  de  400  mi- 
cros de  thorium  X,  la  transformation  est  presque  complète. 

(')  Gabriel  Petit,  Léon  Marchand  et  Léon  Jaloustre,  Comptes  rendus,  l.  173, 
1921,  p.   1170. 


1^2  ACADEMIE  DES    SCIENCES. 

Action  sur  les  alcools,  —  Des  recherches  faites,  par  la  même  méthode,  sur 
la  série  des  alcools  primaires  de  la  série  gérasse,  de  l'alcool  méthylique  jus- 
qu'à Talcool  amylique,  n'ont  pas  permis  de  mettre  en  évidence  une  oxyda- 
tion notable  de  ces  alcools  en  présence  du  bromure  de  thorium  X.  Les 
activités  employées  ont  été  augmentées  successivement  jusqu'à  5oo  micros 
par  centimètre  cube.  Les  autres  éléments  radioactifs  employés,  bromure  de 
radium,  de  mésothorium  et  de  radiothorium,  en  quantités  beaucoup  plus 
faibles  d'ailleurs  (quelques  micros  par  centimètre  cube),  n'ont  pas  permis 
davantage  l'observation  d'une  oxydation  des  alcools  primaires,  même  après 
plusieurs  jours. 


MINÉRALOGIE.  —  Le  plomb  dans  les  minerais  d'urane  de  Madagascar. 

Note  de  M.  3Iuguet. 

Dans  Sri  description  du  minéral  de  Madagascar  qu'il  a  appelé  betafile  et 
qui  constitue  aujourd'hui  un  minerai  exploité  de  radium,  M.  A.  J^acroix 
y  a  signalé  (')  des  liaces  de  plomb;  la  variété  samiésite  en  renferme 
même  jusqu'à  7,35  pour  loo,  niais  en  général  la  proportion  de  ce  métal 
est  faible  et  elle  est  passée  inaj:»erçue  dans  les  analyses. 

Le  Irailciuent  industriel  de  plusieurs  tonnes  de  betafite  m'a  permis 
d'isoler  des  quantités  de  plomb  représentant  environ  0,6  pour  100  du  poids 
du  minerai  employé. 

La  betafîte  étant  un  minéral  parfaitement  ciislallisé  el  livré  à  peu  près 
sans  matières  étrangères,  il  faut  rejeter  rhypothèse  de  la  présence  du 
plomb  dans  la  gangue  sous  la  forme  habituelle  des  mineiais  de  plomb, 
comme  cela  pourrait  être  le  cas  avec  les  minerais  d'urane,  d'origine  tilo- 
nienne,  que  l'on  rencontre  associés  à  des  pyrites  de  cuivre  et  de  fer,  de  la 
cassitérite,  etc. 

Ce  plomb  doit  vraisemblablement  se  trouver  dans  la  betafite  sous  la 
même  forme  chimique  que  l'uranium,  et  constituer  un  exemple  démon- 
trant l'exactitude  de  la  théorie,  représentant  le  plomb  comme  le  terme 
ultime  de  la  désintégration  atomique  de  l'uranium.  La  quantité  de  plomb, 
déterminée  exactement,  pourrait  servir,  dans  ce  cas,  à  calculer  l'âge  du 
minéral. 


(')  Cf.  Minéralogie  de-Madagascar,  l.  1,  1922,  p.  384,  Paris,  Challfimel,  éditeur 
En  général,  ces  traces  de  plomb  peuvent  être  mises  en  évidence  au  chalumeau. 


SKAXCK    1)1      l6    JA.WIKR    I922.  178 

Des  disques  de  ce  plomb,  suivis  depuis  six  mois,  monlrenl  une  radioacti- 
vité aug-mentant  régulièrement  suivant  une  droite.  Cette  radioactivité,  qui 
était  en  mai  de  o,5,  est  au  i5  décembre  de  6,0.  Un  échantillon  a  été  remis 
à  M'"^  Curie  qui  se  propose  d'en  poursuivre  l'étude. 

GI':0L0GIE.  —  Les  vestiges  du  Lulélicn^  remaniés  dans  le  Quaternaire  du 
nord  de  la  France.  Note  (')de  M.  Maukice  Lekiche,  présentée  par 
i\l.  Ch.  Barrois. 

Il  y  a  [)lus  dun  siècle  et  demi  (jue  des  fragments  épars  de  grès  à  Nummu- 
lites  lœvigatus  ont  été  signalés  dans  le  Quaternaire  du  nord  de  la  France,  loin 
des  gisements,  en  place,  de  Nummulites  lœvigatus  du  bassin  de  Paris 
et  du  bassin  belge.  Ils  furent  observés  pour  la  première  fois  en  Artois,  et 
décrits,  sous  le  nom  de  pierres  lenticulaires^  par  Fauteur,  resté  anonyme, 
d'un  opuscule  sur  les  fossiles  de  celte  province  ('). 

Dans  la  première  moitié  du  siècle  dernier,  Elie  de  Beaumont,  d'Archiac 
et  Buteux  firent  des  observations  analogues,  en  divers  points  du  nord  de  la 
France. 

En  1H-3,  Gosselet,  étudiant  la  répartition  des  gisements  de  grès  à  \um- 
muliles  lœvigatus^  connus  de  lui,  conclut  à  l'existence  d'une  communication 
directe  enti  e  les  bassins  parisien  et  belge,  à  répo({ue  où  vivait  Nummulites 
lœvigatus  (^).  Quelques  années  pins  tard,  il  montra  cette  communication 
se  faisant  par  un  étroit  bras  de  mer,  traversant,  du  Sud  au  ^ord,  le  Ver- 
mandois  et  le  Cambrés's  ('  ). 

Plus  récemment,  j'ai  prouvé  que  cette  communication  avait  été  beau- 
coup plus  %'aste,  qu'elle  s'était  faite  à  travers  tout  le  nord  de  la  France,  et 
qu'elle  avait  ainsi  réalisé  l'unité  des  deux  bassins  (  ^). 

(  '  )  Séance  du  g  janvier  1922. 

(^)  Mémoires  sur  quelques  fossiles  d' Artois,  pour  ser^nr  a  t' Histoire  naliirelle  de 
cette  province^  par  un  membre  de  la  Société  littéraire  d'Arras,  1765,  p.  89-92. 

(^)  J.  Gosselet,  De  l'extension  des  couches  à  Nummulites  lœvigata  dans  le  nord 
de  la  France   {Bull.  Soc.  géol.  de  France,  3*=  série,  l.  2,  p.  5i  58,  pi.  III  ). 

(*)  J.  Gosselet,  Esquisse  géologique  du  nord  de  la  France  et  des  contrées  voi- 
sines, pi.  XIII  (A);   i883. 

(^)  M.  Leriche,  Sur  l' ex  tension  des  grès  ci  Nummulites  lœvigatus  dans  le  nord  de- 
là France  et  sur  les  relations  des  bassins  parisien  et  belge  à  P époque  lutétienne 
(  C.  R.  Assoc.  franc.  Avanc.  des  Sciences;  Cong/ès  de  Cherbourg,  1905,  p.  394-899, 
pi.  VII).  —  UÉocène  des  bassins  parisien  et  belge  {Bull.  Soc.  géol.  de  France, 
4''  série,  l.  12,  1912,  p.  7(9-720,  pi.  XXV). 


l'j^  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

Ou  sait  que  /Vuniniulitea  Uvvigatiis  ne  caracléiise  que  Tune  des  assises  qui  onl  été 
distinguées  dans  le  Lutétien  marin  du  bassin  de  Paris,  et  qui  sont  (')  : 

1.  Assise  à  Maretia  Omaliusi,  Gladius  Baylei  el  NammuUles  lœvigalas,  var. 
laudunensis  (nov.  var.). 

2.  Assise  à  Nummulites  lœvigatus. 

3.  Assise  à  Ditrupa  strangidata. 

4.  Assise  à    Ceriihlum  giganteum,  Orbitolites  complanatus  et  MilioUles. 
L'assise  à  MareLia  Oinaliusi  est  constituée  par  des  calcaires  sableux,  parfois  riches 

en  Nummulites  lœvigatus  var.  laudunensis,  et  dans  lesquels  ou  constate  une  prédo- 
minance de  la  forme  macrosphérique  (/V.  Lamarcki)  sur  la  forme  microsphérique. 

Les  assises  suivantes  sont  formées  par  des  calcaires  où  l'élément  siliceux  est  pour 
ainsi  dire  absent. 

Dans  l'assise  à  Nummulites  lœvigatus^  les  iN'ummulites  macrospliériques  et  micio- 
sphériques  sont  en  nombre  sensiblement  égal;  la  prépondérance  tend  même  à  passer 
de  la  forme  macrosphérique  à  la  forme  microsphérique.  Cette  assise  comprend  deux 
niveaux  :  i°ain  niveau  inférieur,  la  «  pierre  à  liards  o,  qui  est  un  agrégat  de  Num- 
mulites lœvigatus  ;  2"^  le  «  banc  Saint-Jacques  »,  qui  est  pétri  de  coquilles,  à  l'état 
de  moules  internes  et  externes,  parmi  lesquelles  dominent  :  Cardium  porulosum 
Sol.,  Merelrix  lœvigata  l^amk.,  Corbis  lamellosa  Lamk.,  Chôma  calcarata  Lamk. 
A  ces  fossiles  se  trouve  souvent  associé  Nummulites  lœvigatus. 

Les  calcaires  de  l'assise  à  Ditrupa  strangulata  sont  forntés  en  grande  partie  par 
des  tubes  de  cette  Annélide.  Dans  les  calcaires  du  sommet  de  l'assise  apparaissent 
déjà  V Orbitolites  complanatus  et  les  Miliolites,  (|ui  sont  si  répandus  dans  l'assise  sui- 
vante, à  Cerithium  giganleum. 

Comme  je  l'ai  montré,  toutes  ces  assises  sont  transgressives  du  Nord  vers  le  Sud; 
elles  viennent  reposer  successivement  sur  des  formations  pré-lutétiennes. 

Quelle  que  soit  l'assise  par  laquelle  débute  le  Lutétien,  en  un  point  donné,  la  base 
en  est  toujours  marquée  par  un  sable  à  gros  grains  de  quartz  et  de  glauconie,  souvent 
chargé  de  dents  de  Squales  roulées.  C'est  la  «  glauconie  grossière  »  des  anciens 
auteurs;  elle  représente  les  cordons  littoraux  successifs  de  la  mer  lulélienne  envahis- 
sant le  bassin  de  Paris. 

L'étude  détaillée  des  gi^ès  lutéliens  remaniés  dans  le  (Quaternaire  du 
nord  de  la  France,  et,  en  particulier,  la  délerminalion  des  fossiles  qu'ils 
renferment,  m'a  permis  de  reconnaître,  dans  ces  grès,  les  vestiges  de  la 
plupart  des  niveaux  distingués  dans  le  Lutétien  marin  du  bassin  de  Paris. 

A.  L'immense  majorité  de  ces  grès  provient  de  l'assise  à  Nummulites 
lœvigatus,;  ce  sont,  ou  bien  des  grès  ayant  l'aspect  de  la  «  pierre  à  liards  », 


(')  M.  Lerighe,  Sur  l'extension  des  différentes  assises  du  calcaire  grossier  marin 
dans  le  bassin  de  Paris  (Note  préliminaire)  {C.  /?.  Assoc.  franc.  Avanc.  des 
Sciences;  Congrès  de  Reims,  1907,  i'"  Partie,  p.  207).  ~  Observations  sur  les  ter- 
rains tertiaires  des  environs  de  Reims  et  d Épernay  (Ann.  Soc.  géol.  du  Nord^ 
t.  36,  1907,  p.  382). 


SÉANCE  DU  i6  JANVIER  1922.  iy5 

OU  bien  des  ^lès  très  riches  en  eaipreintes  de  Cardium porulosum,  de  Mere- 
tnx  lœvigata,  etc.,  et  analogues  au  «  banc  Saint-Jacques  ».  Ces  grès  furent 
pendant  longtennps  les  seuls  vestiges  connus  du  Lutétien,  dans  le  Quater- 
naire du  nord  de  la  France.  Les  cartes  que  j'ai  dressées  en  1906  et  en  1912 
indiquent  leur  extension. 

B.  J'ai  déjà  signalé,  en  1905,  la  présence  de  Maretia  Omaliusi  et  de  Gla- 
diiis  Baylei^  fossiles  caractéristiques  de  l'assise  inférieure  du  Lutétien  marin, 
dans  des  grès  provenant  de  différents  points  du  Nord,  de  F  Aisne,  du  Pas- 
de-Calais  (' ),  et  j'ai  pu,  depuis,  multiplier  leurs  gisements  :  la  plupart  sont 
situés  à  la  limite  des  départements  du  Nord  et  de  l'Aisne.  C'est  encore  à 
cette  même  assise  inférieure  du  Lutétien  que  l'on  doit  rapporter  des  grès  à 
Nwnmuliles  lœvigatus,  remarquables  par  la  prépondérance  de  la  forme 
microsphérique  {N.  Lnm(ircki). 

C.  Plus  récemment,  j'ai  fait  connaître  la  présence,  à  Aisonville  (Aisne), 
d'un  grès  très  riche  en  Orhilolites  complanatus  (-).  J'ai  retrouvé  ce  grès,  en 
grande  abondance,  dans  le  bois  d'Hannap[)es  (Aisne),  au  sud-est  de  la  forêt 
d'Andigny.  Il  y  renferme,  indépendamment  à'Orbitolites  complanalus,  de 
nombreuses  Miliolites,  à  l'exclusion  de  Ditrupa  strangidata.  Ces  grès  d'Ai- 
sonville  et  d'Hannappes  sont  des  vestiges  de  l'assise  à  Cerithium  giganteum; 
ils  se  distinguent,  au  premier  abord,  des  autres  grès  lutétiens  par  leur  dispo- 
sition en  plaquettes, 

D.  Enfin,  j'ai  recueilli  à  Bruay  (Nord),  dans  les  alluvions  anciennes  de 
l'Escaut,  un  fragment  de  grès  roulé,  dans  lequel  Orbitolites  complanatus  est 
associé  à  Ditrupa  strangulata. 

Ainsi  se  trouvent  reconnues,  dans  le  nord  de  la  France,  à  l'état  de  ves- 
tiges remaniés  dans  le  Quaternaire,  toutes  les  assises  du  Lutétien  marin  du 
bassin  de  Paris.  La  «  glauconie  grossière  »  elle-même  s'y  trouve  représentée 
par  des  grès  à  gros  grains  de  quartz  et  de  glauconie;  elle  y  occupait  la  base 
de  l'assise  à  Maretia,  Omaliusi. 

On  peut  s'étonner  de  ne  pas  rencontrer,  avec  ces  vestiges  du  Lutétien 
marin,  des  restes  des  calcaires  lacustres  du  Lutétien  continental,  calcaires 
que  l'on  trouve  souvent,  meuliérisés,  à  la  surface  des  plateaux  du  noiThde 
rile-de-France,  et  que  leur  dureté  aurait  dû  préserver  de  la  destruclion 
totale.  A  la  vérité,  il  y  a  peu  de  chance  de  rencontrer  de  pareils  restes.  En 


(')  M.  Lericbe,  Sur  l'extension  des  grès  à  Nurnmulites  Lœvlgalus.  .  .  {C.  R.  Assoc. 
franc.  Avanc.  des  Sciences  ;  Congrès  de  Cherbourg^  igoS,  p.  4oo,  4o2). 

(-)  M.  Leiughe,  L'Eocènedes  bassins  parisien  et  belge  {Bull.  Soc.  géol.  de  France, 
4^  série,  t.  12,  1912,  p.  720). 


176  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

effet,  dans  la  partie  la  plus  septentrionale  de  l'Ile-de-France,  dans  le  massif 
de  Saint-Gobain,  on  assiste  à  un  changement  de  faciès  du  Lutétien  conti- 
nental :  les  calcaires  lacunaires  sont  fort  réduits  et  limités  à  la  base;  le  reste 
de  la  formation  est  constitué  par  une  argile,  Targile  de  Saint-Gobain. 
Celle-ci  a  dû  s'étendre  vers  le  Nord,  où  elle  a  pu  re|)iésenter  à  elle  seule  le 
Lutétien  continental 


GÉOLOGIE. —  La  striicliire  du  Nord-Annam  au  nord  de  Thanh  Hoa. 
Note  de  M.  Charles  Jacob,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Par  Nord-Annam  j'entends  la  fraction  deTAniiam  politique  actuel,  située 
au  nord-est  de  la  partie  de  la  Chaîne  annamitique  qui  est  accolée  au  Plateau 
du  Tran  Ninh  et  cpii  vient  plonger  dans  la  mer  à  la  Porte  d'Annam.  Géo- 
graphiquement,  le  Nord-Annam  correspond  vers  la  côte  aux  bassins  infé- 
rieurs et  aux  deltas  du  Song  Ca  et  du  Song  Ma,  tandis  que  vers  le  Nord- 
Ouest  le  pays  s'élève  progressivement  jusqu'à  venir  se  raccorder,  au  moins 
pour  les  crêtes,  avec  la  haute  surface  du  Tran  Ninh  et  de  Sam  Neua. 

Cette  partie  de  l'Indochine  du  Nord  s'oppose,  quant  aux  caractères  géo- 
logiques, aux  régions  plus  méridionales  de  i'Aiinam  et  du  Laos;  elle  se  rat- 
tache déjà  au  Tonkin,  dont  elle  offre  la  structure  compliquée. 

Un  bon  départ  pour  l'analyse  de  cette  structure  peut  être  trouvé  dans  la 
province  de  Thanh  Hoa,  que  j'ai  parcourue  en  détail  pendant  la  saison 
d'hiver  1919-1920.  I-.a  coupe  est  difTérente  dans  le  Nord  et  dans  le  Sud. 
Dans  cette  Note  il  sera  question  de  la  partie  nord. 

La  partuit  de  la  cote,  on  rencontre  tout  d'abord,  le  long  de  celle-ci,  des 
terrains  cristallins^  affleurant  dans  les  collines  dites  Nui  Truong  et  Nui  Sam 
Son,  formées  de  micaschistes,  injectés  de  granité  à  deux  micas  et  de  peg- 
matilc. 

Puis,  après  un  intervalle  masqué  par  une  plaine  de  rizières,  on  entre  dans 
une  région  primaire,  correspondant  à  ce  que  j'appelle  la  Série  primaire  du 
Bas  Thanh  Hoa. 

Celle-ci  peut  s'étudier  avec  toute  la  netteté  désirable  dans  les  collines 
situées  sur  la  rive  droite  du  Song  Ma,  au  nord-ouesl  du  Pontd'Ham  Rong. 
La  succession  comprend  deux  termes  principaux,  à  la  base  des  calcaires 
suivis  de  grès  et  de  quartzites,  au  sommet  des  schistes,  eux-mêmes  suivis  de 
calcaires  massifs.  Dans  les  grès  subordonnés  aux  quartzites,  jai  trouvé 
près  de  Dong  Son  une  intéressante  faune  ordovicienne  à  grands  Asaphidés, 
qu'a  étudiée   M.    Mansuy  pour  y  établir  la  liste  suivante  :  Heliocrinus '1 , 


SÉANCE  DU  16  JANVIER  1922.  I  77 

Orthis  cî.  relrursislria  M.  Coy,  0.  cf.  hirmanlcnsis  M.  Coy,  0.  tesliidinaria 
Dal.,  Cypricardinia  prisca  Marisuy,  ()<>ygites^  annamensia  Mans.,  Asaphop- 
sisJacobi  y^ldins.,  À.  Rccd i  M-dûs.,  Isotelus  stenocephalus  Mans.,  Prosopiscus 
cheiriiroides  Mans.,  Annamitella  asialica  Mans.  Les  schistes  subordonnés 
aux  calcaires  massifs  m'ont  fourni  à  Tho  Phuong  la  faune  eifélienne  des 
Schistes  à  Spiri/er  de  Test  du  Tonkin,  avec  :  Combophyllum  Brancal  Frech., 
Spirifer  speciosus  Schl.,  Stropheodonta  annamitica  Mans.,  Proetus  indosi- 
nensis  Mans.  Dans  les  calcaires  massifs  eux-mêmes,  j'ai  recueilli  à  Tré  >.ua 
un  petit  ensemble  zoo^ène  du  Dévonien  moyen  :  Cyathophydum  hclian- 
thoides  GoldL ,  C.  convolutum  Mans.,  Heliolites  poiosa  ED.  et  H.,  Actinos- 
troma  undulata  Mans.,  Stromatopora  radiata  Mans.,  lihipidocrinus  ?, 
Ilolopea  asiatica  Mans. 

Les  calcaires  inférieurs  et  les  qiiartzites  de  la  Série  primaire,  avec  des 
répétitions  imbriquées  donnant  des  lames  dirigées  Est-Ouest  et  plongeant  au 
Nord,  sont  surtout  représentés  au  nord  de  la  ville  de  Thanh  Hoa,  le  long 
d'un  bras  du  Song  Ma,  dit  Song  Do  Len.  Les  schistes  et  les  calcaires 
dévoniens  se  rencontrent  au  voisinage  immédiat  de  Thanh  Hoa  et  plus 
au  Sud.  Je  prolonge  les  calcaires  massifs,  à  5o'^"'  dans  l'intérieur  des 
terres,  par  une  apophyse  qui  aboutit  au  rocher  d'Ham  Rong  près  de  Bai 
Thuong. 

Au-dessus  de  la  Série  primaire  vient,  en  discordance  tectonique,  une 
épaisse  série  qui  comporte  secondairement  des  schistes,  dits  schistes 
rubannés,  comparable  à  une  formation  liasicpie  du  Phu  Nho  Quan  dans  le 
sud  du  Tonkin,  mais  qui  est  surtout  caractérisée  par  de  très  abondantes 
intercal allons  de  roches  éruptives,  qualifiées  globalement  de  porphyrites,  avec 
des  diabases,  des  ophiles,  des  andésites,  des  pyroxénolites,  des  augitites  ; 
ces  roches  sont  très  souvent  écrasées,  transformées  en  brèches  magnifiques, 
en  schistes  de  brèches,  en  schistes  verts,  envahis  par  des  produits  secon- 
daires, tels  que  clilorite,  épidole,  calcite. 

\jdi  Série  des porphyrites  déh{i\Q  par  un  liséré  mylonitique  de  base,  formé 
de  schistes,  de  calcaires  étirés,  de  brèches  de  quarlzite  à  ciment  souvent 
ferrugineux.  Le  contact  avec  la  Série  primaire,  parfois  à  angle  droit  sur  les 
directions  de  celle-ci,  peut  s'observer  en  de  nombreux  points.  La  Série  des 
porphyrites  couvre  une  partie  très  importante  de  la  province  de  Thanh 
Hoa  :  il  lui  correspond  toute  la  région  qui  est  située  des  deux  côtés  du 
Song  Ma  en  aval  de  Phong  Y  jusqu'à  la  bifurcation  du  Song  Do  Len  ;  vers 
le  Sud-Ouest,  elle  s'étend  jusqu'au  Song  Am,  affluent  du  Song  Chu;  elle 
déborde  même,  au  sud  de  Bai  Thuong,  le  rocher  d'Ham  Rong  et  le 
Song  Chu. 


1^8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Enfin,  au-dessus  des  porphyrites  viennent  des  masses  principalement 
calcaires,  avec  schistes  subordonnés.  A  la  base  des  calcaires  j'ai  trouvé,  à 
Phong  Y,  une  mauvaise  Ammonite,  rapprochée  par  M.  Patte  de  Juvaviles 
angulatus  Diener,  par  conséquent  triasique;  dans  les  schistes,  au  Doi  Chua 
près  des  Tombeaux  royaux,  se  rencontre  une  faunule  naine  de  Bivalves, 
également  triasiques,  avec  :  Daondla  cf.  indica  Bittner.  Les  Masses  calcaires 
supérieures  forment  la  chaîne  dite  parfois  Chaîne  de  Thanh  Hoa,  qui  sépare 
le  Nord-Annam  du  Tonkin;  elles  couvrent  aussi  la  région  de  Hoi  Xuan  sur 
le  Song  Ma;  elles  détachent  enfin  de  grands  lambeaux  dans  la  zone  des 
porphyrites.  La  superposition  des  masses  calcaires  aux  porphyrites  est  cons- 
tante à  la  fois  pour  les  lambeaux  détachés  et  sur  toute  la  périphérie  de  la  zone 
des  porphyrites.  Il  faut  ajouter  que,  sur  cette  périphérie,  des  lames  syncli- 
nales  de  la  série  supérieure  se  rencontrent,  déjà  intercalées,  imbriquées, 
dans  les  porphyrites  laminées;  c'est  le  cas  vers  le  Song  Am,  à  l'ouest  du 
pays  de  Hoi  Xuan,  où  les  calcaires,  souvent  transformés  en  véritable  pâte 
feuilletée,  s'observent  sous  forme  de  lentilles  étirées  allant  jusqu'à  des 
témoins  minuscules;  c'est  aussi  le  cas  le  long  du  Song  Con  sur  le  versant 
ouest  de  la  Chaîne  de  Tlianh  Hoa. 

En  résumé,  le  nord  du  Thanh  Hoa  est  un  pays  de  nappes  où  je  distingue 
quatre  éléments  tectoniques  superposés,  désignés  ainsi  :  le  Massif  cristallin 
côtier,  la  Série  primaire,  la  Série  des  schistes  rubannés  à  porphyrites,  les 
Masses  calcaires  supérieures. 

GÉOLOGIE.  —  Sur  l'âge  des  dépôts  de  phosphate  de  chaux  du  Sud  marocain, 
algérien  et  tunisien.  Note  de  M.  L.  Joleaud,  j)résentée  [)ar  M.  Emile 
Haug. 

M.  Louis  Gentil  (*)  vient  de  montrer  que  les  phosphates  de  chaux  du  Sud- 
Ouest  marocain  sont  en  partie  crétacés,  en  partie  éocènes.  Dans  la  masse 
rocheuse  que  Ton  se  propose  d'exploiter  s'interstralifient  des  calcaires  à 
Baculites  et  Exogyra  OverwegiV^nch,  d'âge  maestrichtien,  qui  se  raccordent 
à  ceux  signalés  précédemment  par  ce  géologue  (^)  dans  la  région  de 
Mogador.  J'ai  examiné  les  Vertébrés  des  phosphates  marocains,  qui  com- 
prennent,   indépendamment    d'un   Crocodilien,   Dyrosaurus,   des    Squale? 

(')  Sur  l'âge  des  gisements  de  phosphates  du  Maroc  {Comptes  rendus,  t.  I7i, 
1922,  p.  42-44)- 

(2)  Louis  Gfntil,  Le  Crétacé  moyen  et  supérieur  dans  le  Haut  Atlas  occidental 
(Maroc)  {Comptes  rendus,  l.  160,  1  91  5,  p.  171-1  74)- 


SÉANCE   DU    16   JANVIER    1922.  I79 

éocènes,  Olodiis  obliquus  A  g.,  Odontaspis  ciispidala  Hopei  k^.,  Od.  elegans 
Ag-.,  Pliysodon  seciindus  \\  inkler,  el  des  types  crétacés,  persistant  jusque 
dans  le  Montien.  Scapanorhynchiis  rap/iiodon  Ag.,  Lamna  appendiculata  Ag. 
et  Cornx  pristodonlus  Ag.  La  découverte  de  dents  de  cette  dernière  espèce 
vers  le  haut  de  la  zone  des  phosphates  et  l'intercalation  de  calcaires  à 
Baculites  également  assez  élevés  prouvent  que  les  gîtes  prospectés  embras- 
sent à  la  fois  le  Maestrichtien,  le  Danien  et  le  Montien.  Les  calcaires  à 
Thersitea  {Hemithersitca)  maroccana  Sav,,  qui  en  forment  le  toit,  sont 
peut-être  londiniens. 

Les  phosphates  de  la  région  de  Souk  Ahra?,  dans  le  Tell  constanlinois,  renfermenl 
des  restes  de  Squales  de  deux,  faunes  aussi  très  dififérentes.  J.  Blayac  (')  y  indique  la 
présence  d'espèces  crétacées  ayant  subsisté  jusque  dans  le  Montien,  Pseudocorax  aff. 
lœçis  Ler,,  et  Lamna  appendiculata  A.^.  J'ai  moi-même,  depuis  longtemps  (*),  insisté 
sur  la  présence,  dans  cette  localité,  de  Galeocerdo  latidens  Ag.,  qui  ne  descend  pas 
au-dessous  du  Cuisien.  L'horizon  inférieur  des  phosphates,  qui  renferme  déjà  ici 
Olodus  obliquus  Ag.,  est  évidemment  montien.  Les  calcaires  qui  lui  font  suite  ren- 
ferment Namniulites  planulaius  Lam.  (')  et  sont  sans  doute  londiniens,  H.  Dou- 
villé  {'*)  ayant  montré  récemment  que  ce  Foraminifère  existe  dès  la  base  de  l'Eocène. 
D'autres  calcaires  à  Numm.  irregularis  Desh.  sont  cuisiens,  comme  permet  de  le 
penser  la  récente  découverte  de  cette  espèce  dans  l'étage  terminal  de  l'Eccène  infé- 
rieur. L'horizon  supérieur  des  phosphates,  que  caractérise  Galeocerdo  latidens  Ag., 
est  lutétien,  ainsi  que  les  calcaires  du  toit  à  Thersitea  cf.  gracilis. 

Dans  le  Sud  constantinois,  aux  environs  de  Tebessa,  J.  Blayac  (^)  a  in- 
diqué à  Ain  Kissa  la  présence  d'une  couche  de  phosphates  à  la  base  des 
marnes  dites  «  suessoniennes  ».  Celles-ci  se  retrouvent  plus  à  l'est,  dans  la 
Tunisie  centiale  (Kalaat  es  Senam,  Draa  Tebaga),  oii  L.  Pervinquière  (") 
y  a  découvert  une  faune  d'Ammonites  maestrichtiennes,  Bacidites vertebraks 
Lam.,  Scaphites  Cunliffci  Forbes.  Le  premier  horizon  des  phosphates  est 
donc  à  Tebessa,  comme  au  Maroc,  maestrichtien;  mais  à  la  différence  de  ce 
que  Ton  constate  dans  le  Moghreb,  il  n'offre  ici  aucun  intérêt  industriel. 

(')  Esquisse  géologique  du  bassin  de  la  Sey bouse,  1912,  p.  [\o?>. 

(-)  L.  JoLEAiiD,  Sur  les  faunes  de  rÉocène  inférieur  et  moyen  du  Sud  algérien 
et  tunisien  {Bull.  Soc.  gêol.  Fr.,  4^  série,  t.  8,  rgoS,  p.  295), 

(^)  J.  Dareste  de  la.  Chavanne,  La  région  de  Guelma,  1910,  p.  i35. 

{'*)  L'Eocène  inférieur  en  Aquitaine  et  dans  les  Pyrénées  {Mém.  Sen\  Carte 
géol.  Fr.,  1919,  84  pages,  7  planches). 

{')  Description  géologique  des  régions  à  phosphate  de  chaux  de  Tebessa  et  de 
Bordj  Reddir  (Algérie)  {Ann.  Mines,  g''  série,  t.  6,  1894,  p.  324). 

C^)  Étude  géologique  de  la  Tunisie  centrale,  1900,  p.  128.  —  Études  de  Paléon- 
tologie tunisienne  :  I.  Céphalopodes  des  terrains  secondaires,  1907,  p.  4'^2. 


l8o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Les  marnes  épaisses  de  4™  à  5"^  qui  le  surmontent  sont  encore  maestrich- 
tiennes,  d'a[)rès  les  Ammonites  qu'elles  renferment  en  Tunisie.  Immédia- 
tement au-dessus  et  en  concordance  viennent  les  phosphates  exploités  : 
leur  faune  de  Poissons  est  déjà  éocène,  mais  le  Crocodilien,  Dyrosaurus, 
qu'on  y  trouve  a  des  affinités  nettement  crétacées;  je  crois  donc  qu'il  faut 
attribuer  les  phosphates  deTehessa  au  Montien.  Ici  encore  les  deux  niveaux 
de  calcaires  à  Nummulites  que  j'ai  reconnus  dés  1907  sont  l'un  londinien, 
niveau  à  .V.  planulatus  Lam,,  l'autre  cuisien,  niveau  à  N.  in'egularis ;  dans 
ceUii-ci  al)onde  Thersitea  ponderosa  Coq. 

L'âge  sénonien  d'un  horizon  à  phosphate  des  environs  de  Gafsa  (Sud 
tunisien)  à  Myliobatis  sp.,  Scapanorhynchus  aff.  subulatiis  A  g.,  S.  raphiodon 
At^-.,  Lamna  appendicidata  Ac^.,  Cnrax  pristodontus  Ag.,  avait  été  depuis 
longtemps  indiqué  par  Philippe  Thomas  ('),  qui  le  classait  dans  le  Danien. 
J'attribue  ce  dépôt,  qui  fait  partie  du  complexe  marno-calcaire  à  Roiidaireia 
/)/■«;' M  un.- Ch,  et  Exogyra  Ovej'wegi  \^nc\\.^  au  Maestrichtien,  étage  qui 
renferme  précisément  en  Egypte  la  même  faune,  et  des  couches  phosphatées 
se  retrouvant  aussi  en  Palestine.  Les  phosphates  inférieurs  sont,  à  Gafsa 
comme  à  Tebessa,  sans  intérêt  au  point  de  vue  industriel,  à  la  différence  de 
ceux  des  contrées  riveraines  de  la  mer  Rouge  et  de  la  mer  Morte.  Les  explo- 
rations futures  révéleront  sans  doute  la  ])résence  de  semblables  dépôts  dans 
les  régions  intermédiaires  du  Sud  de  la  Libye  et  de  la  Cynéraïque.  Au-dessus 
des  marno-calcaires  à  Exogyra  O^^crwegi  de  Gafsa  viennent  des  calcaires  à 
Cardita  Cocjuandi  Loc.  (forme  très  voisine  de  C.  libyca  Zitt.  du  Maestrich- 
tien d'Egypte)  à  Ostrea  muUicostata  Desh.,  0.  stricliplicata  1\.  et  D.,  Ther- 
sitea {Eemiiherdtea^.)  Coquandi  Loc.  :  ce  mélange  d'espèces  crétacées  et 
tertiaires  indique  déjà  le  Montien.  Les  phosphates  exploités  qui  viennent 
ensuite  offrent  les  tvpes  de  Squales  elle  Keptile  (Dyrosaiirus)  déjà  indiqués 
à  Tebessa;  ils  font  donc  encore  partie  du  Montien.  A  leur  toit  s'étagent  5o"' 
de  calcaires  à  Ostrea  multicostqta  Desh.,  qui  sont  sans  doute  londiniens, 
puis  i5o'°  de  gypses  probablement  cuisiens,  enfin  un  troisième  horizon  à 
phosphate  peu  important,  interstralifié  dans  des  marno-calcaires,  où  la 
même  Huître  est  associée  à  Carolia placunoides^  qui  indique  le  Lulétien, 

Le  dépôt  des  phosphates  de  chaux  a  donc  commencé  au  Maestrichtien^  non 
seulement  au  Maroc,  mais  dans  tout  le  Sud  de  la  Bei^bérie,  jusqu'à   Tebessa 


(')  Sur  un  nouvel  horizon  phosphatifcre  du  sud  de  la  Tunisie  {Bull.  Soc.  séol. 
France,  4*  série,  t.  4,  191/4,  P  494-497)«  —  Essai  d'une  description  géologique  de 
la  Tunisie,  l.  3,  1913,  p.  684-696, 


SÉANCE    DU    l6    JA.NVIER    I922,  (8l 

(Algérie)  et  Gafsa  (Tumsie),  comme  en  h^gyple  et  en  Palestine.  L'horizon 
intéressant  pour  l'exploitation  date  du  Muestrichlien  dans  le  Nord-Ouest 'et  le 
Nord-Est  de  l'Afrique^  Maroc,  Egypte.  Dans  la  région  intermédiaire  {Sud  algé- 
rien et  tunisien  :  Tebessa,  Gafsa),  il  remonte  seulement  au  Montien.  Enfin., 
dans  le  Tell  algérien,  à  Souk  Ahras,  des  phosphates  moins  riches,  dont  l'extrac- 
tion ne  s'est  pas  montrée  rémunératrice,  existent  à  la  fois  dans  le  Montien  cl 
dans  le  Lutétien. 


PALÉONTOLOGIE.  —  Sur  la  faune  des  couches  moyennes  et  supérieures  de 
V Aalénien  du  Grand-Duché  de  Luxembourg.  Noie  de  MM.  Hemu  Joly 
et  JXicoLAs  Laux,  présentée  par  M.  Emile  Haug. 

Nous  avons  fait  connaître  au  début  de  Tannée  dernière  ('),  les  résultats 
tirés  d'une  étude  approfondie  et  de  recherches  minutieuses  sur  les  couches 
inférieures  de  l'Aalénien  du  Grand-Duché  de  Luxembourg-;  à  ce  moment 
restaient  posés  les  problèmes  des  limites  de  la  zone  à  Harpoceras  opalinum,, 
de  Texistence  de  la  zone  à  Harpoceras  Murchisonœ,  et  des  limites  de  la  zone 
à  Harpoceras  concavum. 

Ces  points  semblent  maintenant  élucidés  d'une  façon  claire,  caries  fossiles 
recueillis  permettent  de  distinguer  dans  l'Aalénien  les  zones  et  horizons  sui- 
vants en  allant  du  sommet  à  la  base,  et  de  placer  les  assises  en  regard,  ainsi 
que  le  montre  le  Tableau  de  la  page  suivante  : 

11  convient  de  signaler  : 

i"*  L'absence  très  fréquente,  surtout  aux  niveaux  supérieurs,  de  fossiles 
dans  les  couches  de  minerai  de  fer,  les  fossiles  se  trouvant  plutôt  au  toit 
des  couches,  ou  dans  les  couches  intermédiaires  appelées  «  stériles  »  ; 

2°  L'ensablement  progressif  des  sédiments  vers  le  haut,  la  couche  rouge 
sableuse  étant  même  surmontée,  du  moins  en  quelques  endroits  (Esch, 
Galgenberg,  mont  du  Chat),  par  un  conglomérat  de  petits  cailloux  roulés 
et  par  un  banc  de  grès  très  dur; 

3°  Entin,  le  passage  insensible  de  l'Aalénien  au  Bajocien. 

Pour  chacune  des  zones  de  l'Aalénien  moyen  et  supérieur,  on  peut 
donner  les  caractères  suivants  : 

Zone  a  Harpoceras  opalinum.  —  Contrairement  à  ce  qui  était  admis 
jusqu'à  présent,  la  vraie  caractéristique  de  la  couche  est  donnée,  non  par 

(')   Comptes  rendus,  t.  171,  1920.  p.  ii63. 

G.  R.,  1^21,  1"  Semestre.  (T.  174,  N»  3.)  l3 


l82 


ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


Harpoceras opalinum  ^Q\n . ^  mais  parles  formes  voisines  :  Harpoceras plica- 
tellum  Buckm.  el  Harpoceras partitum  Buckm.  Ce  n'est  que  dans  la  couche 
jaune  principale  à  Dudelangp,  dans  la  couche  jaune  secondaire  et  la  couche 
rouge  principale  à  Kajl  que  l'on  rencontre  la  forme  typique  de  Harpoceras 
opalinutn.  Cette  constatation  est  d'autant  plus  intéressante  qu'elle  vient, 
par  la  stratigraphie,  confirmer  la  ^éparation  qui  a  été  faite  par  Buckman 
entre  les  espèces  parentes  de  Harpoceras  opalinum  et  l'espèce  type. 


Bajocien. 

Zone 

à  Harpoceras 

concavutn. 


Zone 
à  Harpoceras 
Murchisonœ. 


Zone 

à  Harpoceras 

opalinum. 

Zone 
à  Dum.  pseudo-radiosa 
et  Dum.  subundulata. 

Zone 
à  Dum.  Levesquei. 

Toarcien. 


Couches  à  Sonninia. 

Horizon 

à  Hyperlioceras  discil<-s 

et  Inocerarrius  polyplocus. 

Horizon 
à  Harpoceras  concavuni. 


Hoiizon 
à  Harpoceras  opalinum. 

Horizon 
à  Harpoceras  plicalellum. 

Horizon  à  Dumortiera 
du  groupe  supérieur. 

Horizon  à  Duniortieria 
du  groupe  inférieur. 

Zone 
à  Harpoceras  fallaciosum. 


Calcaires  marno-sableiix 

à  Cancellophycus  scoparius  Thioll. 

et  Belemnites  gingensis  0pp. 

Assise  de  marnes  micacées, 

10". 

)  Couclie  rouge  marno-sableuse, 
)  o™,5o. 

'  Assise  de  20™  de  puissance 
\  allant  de  la  couche  rouge 
',  sableuse,  au  sommet,  à  la 
/  couche  rouge  secondaire  in- 
1  férieure,  à  la  base. 
/'Assise  de  10™  de  la  couche 
rouge  principale  à  la  couche 
'  jaune  principale. 
i  Couche  grise  et  couche  inler- 

<  médiaire   couvrante,   5"    de 
(       puissance  totale. 

r  Grès  marneux  micacé;  partie 

<  supérieure    comprenant    les 
(      couches  brune  et  noire. 

f  Grès  marneux  micacé  :  partie 


inférieure,    et    grès    marno- 
sableux  à  la  base. 

Marnesnoiressemi-schisleuses. 


Zone  a  Harpoceras  Murchisonœ.  —  C'est  ia  zone  pour  laquelle  les  carac- 
tères sont  les  moins  nets.  Nous  n'avons  rencontré  ni  Harpoceras  Murchisonœ 
Sow.,  ni  aucune  autre  Ammonite  dans  cette  assise  de  20™  d'épaisseur.  Ce 
caractère  négatif  ne  permet  pas  toutefois  de  conclure  que  l'on  ne  se  trouve 
pas  en  présence  de  la  zone  à  Harpoceras  Murchisonœ.  A  défaut  d'Ammonites, 
il  existe  toute  une  faune  de  Belemnites  et  de  Lamellibranches  qui,  com- 


SÉANCE  DU  l6  JANVIER  I922.  i83 

parées  à  la  faune  de  Harpoceras  Miirchisonœ  en  Souabe,  en  Bade,  à  Schaff- 
house  et  en  Alsace,  à  GundersholTen,  semble  autoriser  rassiinilation  que 
nous  faisons.  Il  faut  citer  :  Belemnùes  sfdnatus  Qu.,  Pecten  pumilu.s  I.am., 
Pecten  lextoriiis  Schloth.,  Pholadomya  Voltzi  X^.,  Pholadomya  reticu- 
lata  Ag-, 

Zone  a  Harpoceras  concavum.  —  La  couche  marno-sableuse,  banc  de 
passage  de  o"',5o,  tenant  encore,  par  le  fer  et  le  sable,  de  la  formation 
ferrugineuse,  présente  la  faune  suivante  :  Harpoceras  concavum  Sovv., 
Ludwigia  riidis  Buckm.,  Liidwigia  Lucyi  Buckm.,  Ludwigella  carinata 
Buckm.,  Ludwigella  rugosa  Buckm.,  Lioceras  ambiguum  Buckm.,  Lioceras 
fallax  Buckm.  C'est  l'horizon  à  Harpoceras  concavum.  Puis  vient  l'horizon 
à  Hyperlioceras  discites  et  Inoceramus  polyplocus,  caractérisé  par  le  change- 
ment de  nature  du  sédiment,  qui  devient  décisif  dans  les  marnes  micacées, 
niveau  infaillible,  qui  détruit  les  derniers  vestiges  de  la  formation  ferrugi- 
neuse. Harpoceras  concavum  et  le  groupe  qui  l'accompagne  ont  déjà  disparu; 
on  rencontre  Hyperlioceras  discites  Waagen  el  Inoceramus polyplocusRoem. , 
Tune  des  rares  espèces  de  Lamellibranches  qui  se  distinguent  par  une  exten- 
sion verticale  restreinte  et  une  propagation  latérale  des  plus  étendues.  La 
place  de  cet  horizon  est  bien  indiquée  entre  les  horizons  à  Harpoceras conca- 
mm  d'une  part  et  Sonninia  Sowerhyi  d'autre  part,  par  les  auteurs  anglais,  en 
Angleterre,  par  L.  Brasil,  en  Normandie,  et  par  Steuer,  dans  l'Allemagne 
septentrionale. 

Maintenant  que  la  constitution  de  l'étage  Aalénien  dans  le  Grand-Duché 
de  Luxembourg,  région  de  l'Est  du  bassin  de  Paris,  où  là  série  est  la  plus 
complète,  semble  nettement  élabhe,  il  sera  possible,  en  partant  de  ce  point, 
d'en  suivre  les  variations  vers  l'ouest,  le  long  de  l'Ardenne,  et  vers  le  sud. 


ACTINOMÉTRIE.  —Sur  le  rayonnement  diurne  de  l'atmosphère  au  mont  Blanc. 
Note  de  M.  A.  Boutaric,  présentée  par  M.  J.  Violle. 

1.  Rayonnement  par  temps  clair.  —  J'ai  montré  ('),  par  des  expériences 
faites  à  Montpellier,  qu'une  surface  noire,  abritée  des  rayons  solaires 
directs  et  tournée  vers  le  zénith,  se  refroidit,  même  pendant  le  jour,  lorsque 
le  ciel  est  parfaitement  pur  :  les  échanges  entre  la  surface  noire  et  Tatmos- 


(')  A.  BouiARic,   Thèse,  Paris,  1918,  p.  168,  et  Annales  de  P/iysir/fte,C)'' sévié^l.  10, 
1918,  p.  82. 


l84  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

phère  se  traduisent  par  un  rayonnement  résultant  dirigé  de  la  surface  noire 
vers  l'atmosphère. 

M.  J.  Vallot  (')  a  fait  la  même  constatation  au  monl  Blanc  et  évalué  ce 
qu  il  appelle  la  radiation  I^  de  la  voûte  céleste. 

Du  3o  juillet  au  7  août  192  r,  j'ai  repris,  à  TObservatoire  Vallot  du 
mont  Blanc  (435o'"),  les  expériences  que  j'avais  effectuées  antérieurement 
à  Montpellier  au  moyen  d'une  pile  thermo-électrique  de  Melloni  reliée,  soit 
à  un  galvanomètre  à  cadre  mçbile  du  type  Deprez-d'Arsonval,  soit  au 
galvanomètre  inscripteur  qui  me  servait  à  enregistrer  le  rayonnement 
nocturne.  La  pile  était  disposée  verticalement,  un  groupe  de  soudures  A 
étant  dirigé  vers  le  zénith  (de  manière  à  rayonner  suivant  les  directions 
d'un  cône  d'axe  vertical  et  de  faible  ouverture),  l'autre  B  vers  une  lame 
brillante  de  métal,  de  faible  pouvoir  émissif,  dont  la  température  était  celle 
de  l'atmosphère  au  lieu  de  l'expérience  (-). 

Dans  ces  conditions,  le  galvanomètre  accuse  un  refroidissement  des  sou- 
dures A;  et  les  courbes  enregistrées  par  le  galvanomètre  inscripteur 
montrent  que  le  rayonnement  résultant  de  ces  soudures  vers  l'atmosphère 
est  du  même  ordre  de  grandeur  que  pendant  la  nuit. 

On  peut  étalonner  la  pile  thermo-électrique  en  comparant,  pendant  la 
nuit,  les  déviations  du  galvanomètre  avec  les  indications  de  l'actinométre 
d'Angstrôm  :  une  déviation  do  i™*"  sur  l'échelle  du  galvanomètre  corres- 
pondait à  un  rayonnement  de  0,0078  cal-gpar  minute  et  centimètre  carré. 
La  valeur  moyenne  des  déviations  observées  pendant  le  jour,  à  i3^35™ 
(temps  solaire  vrai)  étant  22™'°, 5,  on  en  déduit,  pour  le  rayonnement 
résultant  d'une  surface  noire  vers  l'ensemble  de  l'atmosphère  (la  région 
située  dans  la  direction  du  soleil  exceptée)  : 

0,0078  X  22  ,5  =:  o,  175  cal-g  par  centimètre  carré  et  par  minute  (  ^). 

Par  une  méthode  indirecte,  M.  J.  Vallot  avait  évalué  ce  rayonnement  à 

0,19  cal-g  à  iS'', 
o,  16  cal-g  à  ï[\^. 

.L'accord  entre  nos  résultats  est  excellent. 
2.   Rayonnement  par  temf)s  couvert.    —  Dès  que  des  nuages  apparaissent 

(')  J.  Vallot,  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  1387. 

(-)   Un  écran  fixé  sur  la  monture  de  la  pile  empêchait  la  lame  de  métal,  placée  sous 
les  soudures  B,  de  rayonner  vers  l'atmosphère. 

(^)   La  température  moyenne  de  l'air  était  o°G.  et  l'état  hygrométrique  o,55. 


SÉANCE    DU    l6   JANVIER    1922.  l85 

dans  le  ciel,  ou  qu'un  brouillard  se  forme  dans  ratmosphore,  le  rayonne- 
ment résultant  entre  la  surface  noire  et  Tatmosphère  change  dé  sens  ?  la 
surface  noire  s'échaufïe. 

Ainsi,  le  2  août,  vers  i5''4o'",  en  plein  brouillard,  la  surface  noire  rece- 
vait 0,340  cal-g  par  centimètre  carré  et  par  minute.  Le  3  août,  vers  i5''4o5 
également  en  plein  brouillard  et  quelques  minutes  avant  une  chute  abon- 
dante de  neige  et  de  grêle,  la  chaleur  reçue  était  o,i34  cal-g  par  centimètre 
carré  et  par  minute. 

3.  Rayonnement  lumineux  du  ciel.  —  En  disposant,  au-dessus  de  la  pile 
thermo-électrique,  une  lame  de  verre,  qui  laisse  seulement  passer  les  radia- 
tions de  courte  longueur  d'onde,  les  échanges  entre  les  soudures  A  et 
l'atmosphère  se  traduisent  par  un  gain  de  chaleur  des  soudures.  Les 
quelques  mesures  faites  fixent  l'ordre  de  grandeur  du  rayonnement  lumi- 
neux envoyé  par  l'ensemble  de  l'atmosphère  (la  région  située  dans  la  direc- 
tijon  du  soleil  exceptée)  à  :  '   ' 

Il  Dl 

o.o52  cal-g  par  minute  et  par  centimètre  carré  à  11  .i5 
0,019         "  "  "  l4-25 

o , 000       »  »  »  16.10 


MAGNÉTISME  TERRESTRE.  ~  Valeurs  des  éléments  magnétiques  à  la  station 
du  Val-Joyeux  à  Villepreux  ÇSeine-et-Oise)  au  i"'  janvier  1922.  Note 
de  M.  Ch.  Dufour,  présentée  par  M.  Daniel  Berthelol. 

Les  observations  magnétiques  ont  été  continuées  en  192 1  à  la  station  du 
Val-Joyeux,  rattachée  actuellement  à  Tlnstitut  de  Physique  du  Globe  de 
l'Université  de  Paris,  dans  les  mêmes  conditions  que  les  années  précédentes. 

Les  valeurs  des  éléments  magnétiques  au  i"  janvier  1922  résultent  de  la 
moyenne  des  valeurs  horaires  relevées  au  magnétographe  Mascart  le  3i  dé- 
cembre et  le  i"  janvier  et  rapportées  à  des  mesures  absolues  faites  par 
M.  J.  Itié  le  3i  décembre  et  le  2  janvier. 

La  variation  séculaire  des  différents  éléments  est  déduite  de  la  coTiipa- 
raison  entre  les  valeurs  actuelles  et  celles  qui  ont  été  données  pour  le  1  ^'jan- 
vier 1921  ('). 

(')  Comptes  rendus^  t.  172^  1921,  p.  167. 


l86  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Valeurs  absolues  et  variaLion  séculaire  des  éléments  magnétiques 

à  la  station  du   Val-Joyeu.v. 

(Latitude  :  48°49'i6";  longitude  :  2°o'52"  E.  Gr.  ) 

Valeurs  absolues 

pour  N'arialidii  ' 

l'époque  1922,  0.  séculaire. 

Déclinaison i2°3y'i  — i  i' 4                                 . 

Inclinaison 64''4"'i  —    i'7 

Composante  horizonlaie. .  .    .  0,19665  0,00000 

»            verticale o,4i54i  — o,ooo54 

,                   n             nord 0,19190  4-0, 0001 4 

»             ouest 0,04296  — 0,00064 

Force   totale 0,45961  — o,ooo48 

CHIMIE  VÉGÉTALE.  —  Sur  la  présence  d\in  glacosiile  à  essence  dans  les  tiges 
foliées  et  les  racines  du  Sedum  Telephium  L.  Note  de  M.  Maki:  Bridel, 
présentée  par  M.  L.  Guignard, 

Le  Sedum  Telephium  L.  est  une  plante  de  la  famille  des  Crassulacées  que 
l'on  rencontre  communément  à  la  lisière  des  bois  humides.  Dans  les  Vosges, 
il  fleurit  au  mois  d'août,  et  c'est  à  cette  époque  qu'on  Ta  récolté,  en  1920, 
aux  environs  de  Remiremont  et,  en  1921,  aux  environs  de  Belfort. 

Le  pi^emier  essai  biochimique  a  été  fait  d'abord  sur  les  racines  récoltées 
en  1920,  et  c'est  cet  essai  qui  nous  a  indiqué  la  présence,  dans  ces  racines, 
d'un  glucoside  en  quantité  suffisante  pour  que  son  extraction  puisse  être 
tentée. 

En  1921,  nou^  avons  fait  un  essai  sur  les  tiges  foliées  et  un  essai  sur  les 
racines,  et  ce  sont  ces  deux  essais  dont  nous  donnons  ici  les  résultats.  Le 
Sedum  Telephium  h.,  comme  toutes  les  Crassulacées,  renferme,  dans  tous 
ses  organes,  une  très  forte  proportion  d'eau.  Il  ne  fournit  que  3^'  environ 
d'extrait,  soluble  dans  l'eau,  pour  100^.  C'est  pourquoi  l'essai  biochimique 
a  été  elTectué  sur  un  liquide  dont  100""'  correspondaient  à  200^  d'organe 
frais,  au  lieu  de  1  oo^  comme  on  a  l'habitude  de  le  faire. 

Tiges  foliées. 

Rotation  initiale  {l  --=  2) +  i5' 

Sucre  réducteur  initial  (  pour  100'"') 3", 024 

Remarquons  la  forte  quantité  de  sucre  réducteur  initial  qui  représente 
près  de  Q-o,pauiv  100. de  l'extrait.  On  a  obtenu  avec  l'invertine  les  résultats 

suivants  : 

Rotation  après  action  de  l'invertine —  i4' 

Sucre  réducteur  après  action  de  l'invertine 3s, 824 


SÉANCE   DU    l6   JANVIER    I922.  187 

Soit  la  formation  de  os,3oo  de  sucre  réducteur  pour  un  changement  de 
déviation  de  29',  ce  qui  concorde  avec  les  chiffres  que  donne  le  sucre  de 
canne,  à  l'hydrolyse. 

L'action  de  l'émulsine  a  donné  les  résultats  suivants  : 

Rotation  Sucre  réducteur 

(/  =  2).  (pour  100cm'). 

Après  24  heures -i-  10  3  ,600 

»       10  jours -<-'9  3,786 

»      24      )'      —   5  3,923 

»      45      I.      —   •>  3,923 

En  24  heures,  on  a  constaté  un  retour  de  la  déviation,  vers  la  droite, 
de  24'  et  la  formation  de  0^,276  de  sucre  réducteur,  soit  un  indice  de  690. 
En  outre,  le  liquide  dégageait  alors  une  odeur  très  nette  de  rose  qu'il  ne 
présentait  pas  avant  l'action  du  ferment.  L'émulsine  a  donc  hydrolyse  un 
principe  glucosidique  donnant  naissance  à  un  produit  odorant. 

A  partir  du  10®  jour,  i!  y  a  eu  un  recul  de  la  déviation  vers  la  gauche 
qui  a  été  de  24'  du  10^  au  24*"  jour.  Il  s'était  f.)rmé  corrélativement  os,i37 
de  sucre  réducteur.  L'émulsine  a  donc  agi  ici  sur  un  principe  différent  du 
premier  principe  glucosidique,  puisque,  dans  les  premiers  jours,  on  a 
constaté  un  changement  de  déviation  vers  la  droite  et,  à  partir  du  lo*^  jour, 
un  changement  de  déviation  vers  la  gauche.  Bourquelot  et  moi,  nous  avons 
déjà  observé  des  faits  semblables  dans  l'essai  des  graines  à'Entada  scandens 
Benth.,  qui  renferment  un  glucoside  et  un  sucre,  le  raffinose,  tous  deux 
hydrolysables  par  l'émulsine,  mais  à  des  vitesses  différentes. 

Racines. 

Rotation  initiale  (/=r  2) — 14 

Rotation  après  action  de  Tinvertim — 5^ 

Rotation  après  action  de  réraulsini' -r53 

Sucre  réducteur  initial  (pour  lOd*^"''  ) i  ,  166 

Sucre  réducteur  après  action  de  l'invertint' i  ,640 

Sucre  réducteur  après  action  de  l'émulsine 2,701 

La  déviation  initiale  est  gauche,  alors  qu'elle  était  droite  dans  les  tiges 
foliées  et  la  quantité  de  sucre  réducteur  est  près  de  trois  fois  moindre. 

Sous  l'action  de  l'émulsine,  il  s'est  dégagé  une  odeur  de  rose  plus  forte 
qu'avec  les  tiges  foliées,  le  glucoside  existant  ici  en  bien  plus  forte  propor- 
tion. 

Le  retour  sous  l'action  de  l'émulsine  a  été  de  l'^oo'ef  il  s'est  formé  i»,535 
de  sucre  réducteur. 

On  a  essayé  d'extraire  ce  glucoside  à  essence  dont  la  présence   venait 


t88  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

'-■■  d'être  signalée  par  Pessai  biochimique.  Jusqu'ici,  on  n'a  pas  pu  obtenir 
de  produit  cristallisé;  mais  un  extrait  incolore,  purifié  au  cours  de  m'ani- 
pulations  très  longues,  présentait  les  propriétés  suivantes  : 

Le  produit  amorphe  que  Ton  peut  considérer  comme  le  glucoside  à  peu 
prèspur,  est  soluble  dans  l'eau  et  soluble  dans  le  chloroforme.  Son  pouvoir 
rotatoire  est  de  [a]j,  =  —  2.8'^,5'](p  =  0,2800;  ç'i=io;/=2;a  =  —  i°36'). 
En  solution  aqueuse,  is  réduit  comme  o*'',  io3  de  glucose. 

Il  est  hydrolyse  par  l'acide  sulfurique  à  3  pour  100,  à  +  io5°.  Il  se  fait 
une  huile  rougeâtre  qui  se  réunit  à  la  partie  supérieure  du  liquide.  A 
l'ouverture  du  tube,  il  se  dégage  une  odeur  aromatique  rappelant  celle  de 
l'eucalyptol  ou  du  terpineol. 

Sous  l'action  de  l'émulsine,  il  se  fait  très  rapidement  un  précipité  blanc 
nacré,  en  même  temps  qu'il  se  développe  une  odeur  aromatique  agréable 
rappelant  celle  du  géraniol.  Des  gouttelettes  huileuses  se  réunissent  ensuite 
à  la  partie  supérieure  du  liquide.  Le  principe  odorant  est  soluble  dans 
l'éther  qui  laisse,  à  l'évaporation,  un  produit  huileux  à  odeur  de  géraniol. 

Le  sucre  réducteur  formé  eu  même  temps  que  l'essence  a  été  caractérisé 
comme  glucose  :  on  l'a  combiné,  sous  l'action  de  l'émulsine,  à  l'alcool 
méthylique  et  l'on  a  obtenu  des  cristaux  sur  amorce  de  méthylglucoside-[i. 

La  différence  d'odeur  que  Ton  observe  dans  l'hydrolyse  sulfurique  et  dans 
l'hydrolyse  fermentaire  permet  de  penser  que  le  glucoside  du  Sedum  Tele- 
phiiim  L.  fournit  un  principe  odorant  voisin  du  géraniol.  On  sait  en  effet 
que  le  géraniol  et  les  corps  de  la  même  famille  ont  la  propriété  de  s'isomé- 
riser  très  facilement,  à  chaud,  en  présence  des  acides,  en  donnant  des  pro- 
duits tcrpéniques  :  eucalyptol,  terpineol,  etc.  Ici  l'odeur  d'eucalyptol  que 
'on  observe  dans  Uhydrolyse  sulfurique  est  due  à  l'action  isomérisante  de 
l'acide  sur  le  principe  fourni  par  le  glucoside  et  qui  possède  une  odeur  de 
géraniol. 

BIOLOGIE.  —  Injtuence  des  radiations  solaires  sur  la  culture  de  la  Belladone 
et  la  formation  des  alcaloïdes  dans  les  feuilles.  Note  de  MM.  A.  Goris 
et  H.  Dkluard,  présentée  par  M.  Guignard. 

Nous  nous  sommes  proposé  d'étudier  l'influence  des  radiations  solaires 
sur  le  développement  de  la  Belladone  et  la  formation  des  alcaloïdes  dans 
cette  plante. 

j^our  éviter  les  causes  d'erreur  dans  l'interprétation  des  résultats,  nous 
nous  sommes  placés  dans  des  conditions  toujours  identiques,  ne  faisant 
varier  que  l'exposition  aux  radiations  lumineuses,  de  façon  à  rendre  négli- 


SÉANCE   DU    l6   JANVIER    19^2.  189 

geables  les   modifications  apportées   par  les  autres  facteurs    (nature   du 
terrain,  humidité,  etc.). 

L'expérience  a  été  faite  sur  des  pieds  développés  en  1920  et  sur  des 
plants  obtenus  par  semis  en  mars  dernier.  Une  première  partie  des  sujets 
a  été  exposée  en  plein  soleil;  une  seconde  partie,  six  semaines  à  l'ombre, 
puis  six  semaines  au  soleil;  la  troisième  a  été  ombragée  jusqu'à  la  récolte. 
Celle-ci  a  été  faite,  pour  chaque  lot,  à  l'apparition  de  deux  ou  trois  fleurs 
sur  chaque  pied. 

Trois  récoltes  ont  été  faites  dans  l'espace  de  trois  mois  sur  les  vieux 
plants,  deux  sur  les  jeunes  plants  exposés  au  soleil,  une  seule  sur  les  lots 
restés  à  l'ombre. 

La  teneur  en  alcaloïdes  et  le  rendement  en  extrait  ont  été  déterminés  sur 
des  feuilles  de  la  même  année,  séchées,  pulvérisées  et  tamisées  sans  résidu. 
Le  dosage  des  alcaloïdes  a  donné  les  résultats  suivants  rapportés  à  loo^  de 
feuilles  sèches  : 

Pour  les  feuilles  poussées  au  soleil,  la  moyenne  a  été  de  o^,65  pour  100 
d'alcaloïdes  à  la  première  récolte,  de  0^,32  pour  100  à  la  deuxième; 

Pour  les  feuilles  mises  à  l'ombre,  puis  au  soleil,  la  moyenne  a  été  de 
0^,42  pour  100  d'alcaloïdes; 

Pour  les  feuilles  restées  à  l'ombre,  la  moyenne  a  été  de  0^,89  pour  100 
d'alcaloïdes. 

Il  semble  donc  que  l'insolation  favorise  la  formation  des  alcaloïdes  dans 
les  feuilles  de  Belladone. 

Son  action  est  plus  manifeste  encore  sur  le  développement  de  la  plante. 

Les  lots  des  jeunes  plants  placés  au  soleil  ont  donné  deux  récoltes  en 
trois  mois;  les  lots  ombragés  n'en  ont  donné  qu'une.  Les  vieux  pieds 
exposés  au  soleil  ont  donné  trois  récoltes,  de  mai  à  septembre.  Les  lots 
restés  six  semaines  à  l'ombre  et  recevant  ensuite  la  lumière  solaire  n'ont 
atteint  leur  maturité  qu'en  trois  mois. 

La  quantité  de  feuilles  sèches  récoltées  par  pied  de  chaque  lot  est  égale- 
ment plus  forte  pour  les  pieds  placés  au  soleil.  Ceux-ci  fournissent  en 
moyenne  iS^  de  feuilles  sèches;  les  pieds  ombragés  en  donnent  seu- 
lement 9S. 

Si  l'on  considère  la  récolte  totale,  les  récoltes  faites  au  soleil  sont  le 
triple  et  même  le  quadruple  de  celles  obtenues  à  l'ombre. 

Comme,  d'autre  part,  la  teneur  en  alcaloïdes  des  feuilles  ensoleillées  est 
environ  le  double  de  la  teneur  en  alcaloïdes  des  feuilles  ombragées,  il 
s'ensuit  qu'une  plante  cultivée  au  soleil  fournit  une  quantité  d'alcaloïdes 
sept  à  huit  fois  supérieure  à  la  quantité  que  fournit  une  plante  ombragée. 


igo  ACADÉMIE   DîES    SCIENCES. 

Le  rendement  en  extrait  sec  subit  lui  aussi  des  variations,  qui  semblent, 
au  premier  examen,  moins  directement  soumises  à  l'action  du  soleil,  un  lot 
ombragé  donnant  parfois  un  pourcentage  aussi  fort  que  son  voisin  placé 
au  soleil.  Mais  si  Ton  tient  comple  de  la  quantité  de  feuilles  produites  par 
les  pieds  de  Belladone  ensoleillés,  on  retrouve  la  même  différence  en  faveur 
de  l'influence  solaire. 

En  résumé,  Faction  de  la  lumière  solaire  directe  favorise  la  production 
des  feuilles  de  Belladone.  A  poids  égal,  ces_  feuilles  renferment  sensiblement 
la  même  quantité  d'extrait  sec,  mais  la  proportion  d'alcaloïdes  est  plus 
élevée  dans  les  feuilles  développées  au  soleil  que  dans  les  feuilles  poussées 
à  l'ombre. 

L'importance  du  rôle  des  radiations  solaires  est  surtout  mise  en  évidence 
par  la  comparaison  des  quantités  de  feuilles,  d'extrait  et  d'alcaloïdes 
obtenus  au  cours  d'une  année. 


ENrOMOl.OGlH.  —  Quelques  vues  nouvelles  sur  la  Systématique  des  Mela- 
nargia  {Lépidoptères  :  Satyrid.e).  Note  de  MM.  Ch.  Oberthur  et 
C.  HouLBERT,  présentée  par  M.  E.-L.  Bouvier. 

Les  rechercbes  que  nous  poursuivons  depuis  une  dizaine  d'années  nous 
ont  montré  que,  pour  certaines  familles  de  Rhopalocères,  tout  au  moins, 
les  caractères  génériques  les  plus  importants,  les  plus  fixés,  étaient  fournis 
parle  dessin  des  ailes  inférieures,  en  dessous.  Une  importante  application  de 
celte  règle  a  déjà  été  faite  par  l'un  de  nous  pour  la  distinction  des  genres 
Catagramma^  Callicore  et  Perisama.  Avec  le  secours  de  l'expérience  acquise, 
nous  avons  essayé  d'appliquer  les  mêmes  vues  aux  espèces  du  genre  Mela- 
nargia  ;  nous  exposons  ainsi  qu'il  suit  les  résultats  obtenus. 

Le  rapprochement  méthodique  des  [\o  et  quelques  espèces  ou  variétés, 
représentées  dans  la  collection  Gh.  Oberthur  par  un  nombre  d'exem- 
plaires qui  n'est  pas  inférieur  à  (38oo,  nous  a  permis  de  former  quatre 
groupements  que  nous  considérons  comme  quatre  excellentes  unités  systé- 
matiques. 

L  Examinons  tout  d'abord  Mel.  Halimede  Menétr.;  nous  trouvons,  aux 
ailes  inférieures,  les  nervures  noires,  auxquelles  s'ajoute,  pour  toute  orne- 
mentation, une  petite  moucheture  de  même  couleur  {fig.  i),  perpendicu- 
laire au  bord  antérieur  de  l'aile  ;  en  avant  de  la  frange,  la  ligne  marginale 
est  double. 

IL  Prenons  maintenant  Mel.  Àrge  ;  l'aile  inférieure  nous  montre,  en 
plus  des  nervures,  un  ensemble  de  lignes  obliques  formant  deux  arcs  irrégu- 


SÉANCE  DU  l6  JANVIER  I922.  191 

liers  {fig.  2),  Fun  en  dehors,  l'autre  en  dedans  de  la  cellule  discoïdale;  ligne 
marginale  double. 


Fia.    I. 


Genre 
Halimede. 


Fig.  2. 


Fig.  3. 


Fig. 


Genre 
Melanarsia. 


Genre 
Parce. 


Genre 
Lachesis. 


A  côté  d'Argé,  possédant  le  même  dessin,  nous  devons  placer  Pherusa 
Syllius  et  Inès. 


t^2  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

III.  Avec  Mel.  Parce,  nous  trouvons,  aux  ailes  inférieures,  un  troisième 
schéma  décoratif  (y?^.  3);  le  champ  discoïdal  est  recouvert  par  un  système 
de  compartiments  polygonaux  bordés  de  noir  nettement  allongés;  ligne 
marginale  simple.  A  côté  de  Parce,  dans  ce  troisième  groupement,  nous 
devons  placer  Titea,  Japygia,  Larissa  et  Lucasi. 

IV.  Notre  espèce  française  Galathea,  avec  sa  congénère  Lachesis,  montre 
un  dessin  du  même  type  que  Parce;  les  compartiments  sont  peu  allongés  et 
recouverts  d'écaillés  brunes  {/îg.  4)- 

Conclusions.  —  Ces  quatre  groupements  présentent  des  caractères  abso- 
lument constants;  nous  n'hésitons  pas  à  les  considérer,  dans  la  nature 
actuelle,  comme  quatre  unités  génériques  distinctes.  Avec  le  nom  collectif 
Melanargia,  nous  instituons  une  nouvelle  tribu,  la  tribu  des  Melanargiini, 
équivalente  à  celle  des  Satyrini. 

En  attribuant,  ainsi  que  ces  modifications  nous  y  obligent,  un  nom 
spécifique  nouveau  à  chaque  type,  nous  aurons  : 

I  i"'  Genre  :  Halimede  Obthr.-Houlb.  auquel  nous  attribuons  le  nom 
l^^amille  :         \  d'Asiatica  :  Halimede  asiatica  ObtHr.-Houlb. 

S\TYRID/E.     ]  2«  Genre  :    Melanargia  Oblhr.-Houlb.  (Type  :  M.  Arge  Sulz.)- 

Tribu  :  \  3«  Genre  :    Parce  Obthr.-Houlb.  (Type  :  P./er^ana  Obthr.-Houlb.) 

Melanargiini.  /  4'  Genre  :    Lachesis  Obthr.-Houlb.  (Type  :  L.  ruscinonensisOhùir.- 
\  Houlb.) 

La  règle,  relative  au  schéma  décoratif  de  Taile  inférieure,  qui  nous 
permet  de  subdiviser  l'actuel  genre  Melanargia  en  quatre  coupes  génériques 
nouvelles,  n'est  pas  un  cas  particulier  de  la  systématique;  cette  règle  est 
d'une  portée  très  générale  et  peut  s'appliquer  à  un  grand  nombre  de 
groupes  parmi  les  Rhopalocères  :  notamment  à  beaucoup  de  Nymphalidœ, 
aux  Satyridœ,  aux  Lycœniàœ,  etc. 

PHYSIOLOGIE,  —  Sur  le  déterminisme  des  caractères  sexuels  chez  les  Tritons. 
Note  de  M.  Ch,  Champy,  présentée  par  M.  E,-L,  Bouvier. 

Dans  deux  Notes  récentes (')  M.  Aron  essaie  de  démontrer  que  les  carac- 
tères sexuels  des  tritons  sont  déterminés  par  le  tissu  glandulaire  du  testi- 
cule. Ce  tissu  découvert  par  Pérez,  et  que  j'ai  étudié  en  détail  en  le  com- 
parant, à  la  légère  d'ailleurs,  à  une  glande  endocrine,  se  développe  ici 
temporairement  d'avril  à  juillet  environ.  Les  observations  faites  par 
Aron  sur   T.  cristalus  étant  en  contradiction   avec   mes  observations  sur 

(')  Comptes  rendus,  t.  137,  igoB,  p.  5y  ]  C.  R.  Soc.  Biol.,  t.  85,  p.  4^2, 


SÉANCE  DU  16  JANVIER  I922.  198 

T.  alpestris  ('),  je  tie  pense  pas  qu'il  existe  de  telles  variations  spécifi- 
ques. Si  je  ne  me  suis  servi  que  du  T.  alpestris,  j'ai  en  effet  étudié  toutes 
les  espèces  indigènes,  et  s'il  est  entre  elles  des  différences,  la  règle  de 
rindépendance  entre  le  tissu  adipeux  et  la  parure  de  noces  est  générale. 

Triton  cristatus  a  spécialement  retenu  mon  allenlion  à  cause  de  sa  grande 
taille  et  de  la  beauté  de  ses  caractères.  Je  l'ai  rejeté,  car  sa  parure  est  extrê- 
mement seni«ible  à  des  conditions  dont  on  n'est  pas  maître,  et  d'ailleurs 
indépendantes  du  testicule,  ce  qui  enlève  beaucoup  de  valeur  à  toutes  les 
expériences,  notamment  à  celles  comportant  traumatisme  (^).  J'en  dirai 
autant  de  T.  punciatus. 

Les  raisons  sur  lesquelles  Aron  se  base  sont  les  suivantes  : 

1°  Avant  la  puberté  (?),  pas  de  crête  et  pas  de  tissu  adipeux  :  Cela  ne 
prouve  rien  ;  qu'est-ce  d'ailleurs  que  la  puberté  des  tritons  ? 

2"  Coïncidence  entre  V apparition  de  la  crête  et  celle  du  tissu  glandulaire  : 
Ce  serait  une  présomption  non  une  preuve,  mais  c'est  une  erreur  complète; 
chez  cette  espèce  comme  chez  les  autres,  la  parure  de  noces  apparaît  au 
complet  avant  qu'il  n'y  ait  de  tissu  glandulaire,  et  l'on  peut  la  révéler  expé- 
rimentalement bien  plus  tôt  encore.  Les  faits  que  j'ai  signalés  et  qui 
résultent  d'une  dizaine  d'années  d'observations  sont  basés  sur  plus  de  cent 
autopsies  et  un  seul  suffirait  à  anéantir  l'explication  de  M.  Aron. 

3'^  Coïncidence  dans  la  régression  du  tissu  adipeux  et  de  la  parure  de 
noces  .•Ceci  est  un  fait  exact  en  gros,  bien  qu'il  y  ait  quelques  variantes  de 
détail.  Je  l'ai  soigneusement  examiné  en  conditions  diverses;  il  indique  seul 


(')  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  48^.  Le  travail  détaillé  paraîtra  prochaine- 
ment dans  les  Archives  de  Morphologie. 

(^)  On  peut  en  i5  jours  obtenir  une  régression  de  la  crête  de  moitié  par  la  simple 
captivité,  pas  même  très  étroite.  Une  alinienlalion  un  peu  insuffisante  peut  donner 
une  régression  des  trois  quarts  dans  le  même  temps.  La  station  terrestre  influe  gran- 
dement. Toutes  ces  influences  sont  d'ailleurs  très  irrégulières;  comment  dans  ces  con- 
ditions expérimenter  de  façon  convenable,  même  avec  toutes  les  précautions  ?  Les 
expériences  de  Bresca  sont  de  ce  fait  entachées  de  grosses  causes  d'erreur. 

Il  arrive  que  chez  7.  cristatus  mal  nourri  la  crête  régresse  à  mesuie  que  le  lissn 
glandulaire  se  développe,  ce  qui  est  nettement  contraire  à  la  théorie  d'Aron,  mais  1res 
facile  à  inlerpréler  :  c'est  parce  que  le  jeûne  entraîne  résorption  des  spermatozoïdes  et 
que  celte  résorption  provoque  la  formation  de  graisse.  (  Pérez  et  moi-même.)  La  crête 
renferme  d'ailleurs  :  1»  un  élément  stable  persistant  toute  l'année;  2°  un  élément 
variable  :  grand  développement  au  printemps.  L'élément  stable  est  inlluencé  par  la 
castration,  ce  qui  est  contraire  à  la  théorie  d'Aron,  car  il  se  montre  aussi  dépendant  du 
testicule,  mais  non  du  tissu  adipeux  qui  est  temporaire. 


194  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

lement  que  l'hormone  tcsticulaire  qui  apparaît  avec  les  spermies  mûres 
survit  peut-être  un  certain  temps  à  leur  disparition  et  reste  peut-être  fixée 
dans  ce  tissu  adipeux  (encore  ce  n'est  pas  absolument  sûr).  Cela  n'est  pas 
très  étonnant,  pour  peu  qu'on  ne  raisonne  pas  exclusivement  en  morpholo- 
logiste,  cac  ce  tissu  adipeux  provient  de  la  transformation  des  spermies 
qui  se  montraient  actives.  Les  expériences  de  galvano-puncture  d'Aron 
confirment  seulement  là-dessus  les  faits  d'évolution  et  ne  montrent  rien  de 
plus. 

On  ne  peut  d'ailleurs  plus,  après  les  faits  révélés  par  Pézard  chez  les 
Oiseaux  notamment,  considérer  les  caractères  sexuels  secondaires  comme 
un  bloc,  car  on  sait  qu'ils  peuvent  avoir  des  déterminismes  différents.  C'est 
précisément  ce  qui  a  lieu  chez  les  tritons  où  des  distinctions  sont  nécessaires 
et  où  la  confusion  créée  par  la  classification  ancienne  des  caractères  sexuels 
ne  peut  qu'induire  en  des  erreurs  importantes  ('). 

L'expérience  naturelle  de  l'évolution  annuelle,  qui  est  ici  la  meilleure, 
est  en  contradiction  formelle  et  irréductible  avec  la  théorie  d'Aron,  et  ses 
expériences,  d'ailleurs  interprétées  par  lui  avec  une  idée  préconçue,  ne 
peuvent  prévaloir  contre  ce  fait. 

On  ne  peut  contester  que  la  théorie  d'Ancel  et  Bouin  est  complètement 
en  défaut  ici.  Ce  n'est  d'ailleurs  pas  le  seul  cas.  Les  Anoures  ne  lui  obéissent 
pas  davantage,  ainsi  que  me  l'ont  montré  l'évolution  annuelle  et  l'expéri- 
mentation. Les  Oiseaux  y  échappent  également,  car  il  est  impossible  de 
de  faire  cadrer  les  résultats  très  sûrs  de  Pézard  avec  cette  théorie,  bien  que 
l'auteur  ne  le  dise  pas  explicitement. 

Ce  qui  est  plus  sérieux,  c'est  que  beaucoup  de  Mammifères  y  sont  égale- 
ment réfractaires  comme  l'a  fort  bien  vu  Forgeot  (^)  et  comme  j'ai  pu  le 
vérifier.  Il  est  certain  que  Bouin  et  Ancel,  et  surtout  leurs  élèves,  ont  un 
peu  trop  généralisé,  sur  de  simples  présomptions,  les  faits  d'ailleurs  très 
intéressants  qu'ils  ont  établis  expérimentalement  sur  quelques  espèces; 
c'est-à-dire  que  Vaction  hormonique  du  testicule  survit  dans  certains  cas  à  la 
régression  ou  à  la  résorption  des  éléments  de  la  spermato genèse;  cela  seul  est 
prouvé  et  cela  paraît,  sinon  constant,  du  moins  assez  général  :  les  tritons  en 
sont  un  exemple.  Les  nombreuses  expériences  de  greffes  l'ont  amplement 
vérifié.  On  n  a  jamais  prouvé  que  les  cellules  séminales  n'aient  aucune  action 
et  mes  expériences  sur  les  tritons  indiquent  nettement  qu'elles  en  ont  une. 

(1)  Il  j  a  des  caractères  comme  l'aplatissemeul  vertical  de  la  queue  qui  sont  indé- 
pendants de  la  glande  génitale. 

(^)  Journal  de  Médecine  vétérinaire  et  de  Zootechnie. 


SÉANCE  DU  l6  JANVIER  I922.  196 

MÉCANIQUE     ANIMALE.     —     Mesure    de    la    surface    cutanée    du     cheval. 
Note  de  M.  B.  Roussy,  présentée  par  M.  Ch.  Richet. 

Dans  plusieurs  publications  antérieures,  j'ai  montré  comment  se  calcule 
exactement  et  rapidement  la  surface  du  corps  de  l'homme. 

Bien  que  je  fusse  convaincu  que  cette  méthode  est  générale,  c'est-à-dire 
applicable  à  tous  les  corps  mesurables,  vivants  ou  non,  ainsi  qu'à  l'homme, 
néanmoins  je  tenais  à  l'expérimenter  sur  les  quadrupèdes  et  avant  tout  sur 
le  cheval. 

Mes  recherches  ont  porté  sur  un  petit  cheval  artificiel  de  i4'""',  très 
maniable,  bien  conformé  et  proportionné. 

Sa  surface,  moins  celle  des  oreilles,  de  la  queue  et  des  faces  plantaires  des  quatre 
sabots,  a  été  divisée  en  54  figures  géométriques  (  rectangles,  triangles,  trapèzes,  etc.  ), 
dont  les  aires,  mesurées  et  additionnées  ont  donné  la  somme  (S)  de53'*™',i3. 

Les  oreilles,  considérées  comme  quatre  triangles,  la  queue  (sans  ses  crins)  comme 
un  cône  droit,  les  faces  plantaires  des  sabots  comme  quatre  demi-cercles,  mesurées 
séparément,  chacune  par  le  procédé  classique  correspondant,  ont  donné  une  surface 
totale  (5)  de  142'^"'',  qui,  ajoutée  à  la  surface  (S),  fait  une  surface  totale  (S'°'*"=)  de 
54''°'',55. 

Recherchée  de  nouveau,  par  ma  méthode  originale  de  contrôle,  qui  consiste  à  faire, 
sur  l'animal,  une  peau  artificielle  que  Ton  détache  et  étale,  par  fragments  numérotés, 
sans  pli,  sur  un  plan,  puis  à  planimélrer  ces  fragments,  photographiés  ou  non.  cette 
même  surface  a  été  trouvée  égale  à  5'2''™\78,  et  à  54'i'"\20  avec  les  i42'="'-  (s). 

La  moyenne  des  deux  grandes  surfaces  (S  +  S)  est  de  D2'''""-,  ggS  et  celle  des  quatre 
surfaces  (8  +  5)  -i-  (S  4-^)  de  54''»\37,  surface  totale  (S""^'*)  considérée  comme  la 
plus  rapprochée  delà  réalité,  sinon  comme  la  réalité  même. 

Ce  fait  paraissant  suffisamment  bien  établi,  j'ai  mesuré  la  même  surface  en  appli- 
quant la  loi  géométrique  S  =  H/;,  x  P,„,  trouvée  en  me^^urant  la  surface  du  corps  de 
l'homme,  loi  qui,  je  le  rappelle,  consiste  à  multiplier  le  périmètre  moyen  (P,„)  de  son 
corps  par  sa  hauteur  périphérique  moyenne  (H,^J 

Le  simple  ex-amen  de  la  figure  ci-après  permettra  de  bien  comprendre  les  processus 
de  la  naéthode  qui  a  conduit  à 'dégager  cette  loi  géométrique. 

Détermination  du  j>érimètre  moyen  P,„,  —  Avec  un  ruban  métrique  souple  de 
précision,  convenablement  appliqué,  mesurer  les  périmètres  des  contours  alternative- 
ment les  plus  rétrécis  et  les  plus  renflés  de  la  tête,  du  cou,  du  tronc,  d'urt  membre 
poslHÎrieur  et  d'un  membre  antérieur,  comme  l'indiquent  les  lignes  poiniillées. 

On  obtient  i5  périmètres  numérotés  de  i  à  i5. 

Les  périmètres  10  et  i5   contournent  le  bord  inférieur  des  deux  sabots  de  gauche. 

Pour  tenir  compte  des  deux  autres  membres,  doubler  les  périmètres  6  à  i5  inclus. 
La  somme  des  i5  périmètres,  5378"'",  étant  divisée  par  leur  nombre  (i5),  donne  le 
périmètre  moyen,  P„,,  égal  à  35^ 


j  mm 


i9<3 


ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 


Détermination  de  la  hauteur  périphérique  moyenne  H^.  —  En  suivant  toutes  les 
sinuosités  de  la  peau,  mesurer  les  grandes  lignes  de  profil,  A,  G  et  la  ligne  B  figurée 
sur  le  milieu  de  la  face  latérale  de  l'animal,  puis  les  trois  petites  lignes  «,  b,  c  de  la 
jambe  antérieure  gauche. 

LOI  GÉOMÉTRIQII[de  laSURFACE  T0TAlE"Sï5t^"Du  CHEVAL 

Sr»  UD    ID       D'  •    '►      „  PAR  LE  Docteur  B.ROUSSY 

=  Pm  X  Hm  ]  '  "^  =  '  erimetre  moyen 

Hm=  Hauteur  périphérique  moyenne 

a  5_arc.xas 


SOflMAIRE  DU  CALCUL 

CALCUL  DE  Pm 
Périmètresdâ  15)         15 
Somme  des  Périmètres  5373"""' 
Périmètre  moyen  =  —^^-=358"" 

CALCUL  DE   H  m 
Somme  deABC  a.bc4439'""'  ^rs 

Hm     =-3- =1480""     |2i 
S  =  PmxHm:358x_U80:52^"9e40      -1 0 

PETITES  SURFACES  =-d     ^     -^ 
Oreilles  (4triangles)  =30™'^     '^ 
Queue  (icône droit  )  =  20""^     /v^-t-lC 
Sabot  (plante) icerclex4=_92"",    tU'I^     *^ 
somme  =  142™  -i**^i» 

S"?''S*<î=52''.'"9840*1^"42  =  54f!"40       D 

La  somme  de  ces  six  lignes  (/iaSg""",  dans  le  cas  particulier),  étant  divisée  par  3 
(diviseur  commun  des  deux  séries  de  lignes),  donne  la  hautêUr'  périphérique 
moyenne  H^,  égale  à  i/iSo""". 

La  surface,  S,  du  cheval  est  égale  à  P,„  x  H^,  —  358  x  iz+So  =  52'"°',  98. 

Ce  résultat  étant  très  suffisant,  on  pourrait  s'y  tenir. 

Mais,  bien  qu'elles  soient  négligeables,  si  l'on  préfère,  comme  cela  a,  du  reste,  été 
fait  plus  haut,  ajouter  la  somme  142*^™^  (5)  des  petites  surfaces  des  oreilles,  queue, 
plantes  des  sabots,  on  obtient  la  surface  totale  (S""*'^)  de  54**"'',  4o. 

Tous  les  résultats  sont  donc  parfaitement  concordants.  Ils  ne  diffèrent 
que  de  S*""'  seulement. 

Je  poursuis  ces  études  àe  métrostatique  anatomiquc  afin  d'établir  un  canon 
morphologique,  anatomique  et  physiologique,  qui  serait  très  nécessaire, 
ainsi  que  de  démontrer  l'existence  d'une  géométrie  du  corps  de  l'homme  et  des 
animaux. 


SÉANCE    DU    \6   JAXVIEK    1   ,'22.  v^-j 

PHYSlOi.OG[E.    —    L'acuité  audUne   el  Vaplitude  au  service  mUiluirc. 
Noie  de  M.  3Iara(;e,  présenlée  par  M.  H.  Bourgeois. 

Il  esl  1res  iinporlanl  de  pouvoir  déirrminer  e\aclemenl  la  perle  d'audi- 
tion, soil  que  Ton  ail  affaire  à  des  malades,  soil  (|ue  Ton  se  trouve  en  pré- 
sence de  soldats  dont  les  rôles  soni  Irrs  divers  siiixanl  les  fonctions  el  les 
grades  (ju'ils  occupent  dans  l'armée. 

Je  vais  d'abord  déterminer-  ce  (|ue  Ton  peut  ?^^\)ç\(tv  oreille  fine  el  oreille 
normale. 

Je  me  sers  de  l'appareil  de  synthèse  des  voyelles  (pie  j'ai  fait  consiruire 
en  1899;  sa  description  se  trou\e  dans  le  liulletin  de  lu  Sociélé  française  de 
Physique  (  1 900  ) . 

Oreille  fine.  —  On  opère  avec  les  voyelles  fondamentales  ou,  o,  a,  e,  /; 
la  pression  de  l'air  est  mesurée  avec  un  manomètre  métallique  gradué  en  -^^ 
de  millimètre  d'eau. 

A  un  mètre  de  distance  dans  un  espace  clos  de  18'"'  à  l'abii  des  hruils 
extérieurs,  une  très  bonne  oreille  commence  à  entendi-e  les  vibrations  sons 
les  pressions  suivantes  : 


A  j'"  dans 


a  lo' 


Si  l'on  représentait  graphiquement  les  résultais  eu  prenant  pour 
ordoimées  les  pressions  d'air  el  pour  abscisses  les  diverses  \oyelles.  l'acuilé 
auditive  ne  serait  donc  pas  représentée  par  une  ligne  horizontale. 

Oreille  normale.  —  Mais  on  constate,  en  pratique,  qu'une  oreille  quel- 
conque non  malade  entend  bien  tous  les  sons  voyelles  lorsque  placée  dans 
une  chambre  close  isolée  de  18'"  de  \olunie  dont  les  murs  soni  sans  tenture 
el  dans  laquelle  il  n'y  a  que  deux  personnes  (  ' ),  ces  sons  voyelles  sont  émis 
sous  une  pression  de  i'"™  d'eau. 

On   peur   donc   convenir  d'appeler   oreille    normale    celle    qui,    placée 

(')    Une  personne  a  un   pouvoir   iibsorbant    de    o.;5    par    rapport     à     une     fenêtre 
ouverte  de  1'"'  prise  pour  unité. 

Ç.  R.,  igai,  j"'  Semestre.  (T.   17i,  N»  3.)  l4 


ou 

0 

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c              i 

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0, 

5 

"/l 

<  ) ,  •<         0,1 

une  cl 

lambie 

V 

lus 

rande 

1. 

,^s 

résultats  sont  : 

ou 

0 

a 

é                       i 

3,5 

I 

1 

0,4                   0,2 

on 

0 

a 

é                     i 

ÎO 

8 

6 

5,5                   3 

igS 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


à  I™  de  distance  de  l'appareil  producteur  du  son,  entend  les  voyelles  fonda- 
mentales synthétiques  sous  une  pression  de  i"^''"  d'eau. 

Une  expérience  de  plus  de  20  ans  m'a  prouvé  que  cette  définition  pouvait 
être  regardée  comme  bonne  et  suffisante  en  pratique. 

Application  à  V Armée.  —  Pendant  la  guerre  il  s'agissait  de  déterminer 
rapidement,  au  point  de  vue  auditif,  la  place  que  chacun  devait  occuper  : 
service  armé,  service  auxiliaire,  réforme. 

Pour  cela,  le  manomètre  pouvait  indiquer  des  pressions  de  o"""  à  200'"'" 
d'eau  parce  que  la  pression  ma\ima  de  l'air  sortant  des  poumons  pendant 
la  phonation  est  200'"'".  Mais  l'appareil  ne  portait  des  divisions  que  de  2'""' 
en  2°*""  de  manière  qu'il  était  gradué  de  o  à  100,  ce  qui  permettait  de  lire 
immédiatement  la  perte  de  l'audition  en  pour  100. 


D     G    ur    0     A     V-.     1 


AX,  service  auxiliaire;  M,  mainl(;nu  au  régiment;  K,  réforme;  SA,  service  armé. 
Les  sujets  1  et  3  ayant  perdu  8  »/„  et  2y  »/„  d'audition  unt  été  réformés.  Les  sujets 
'2  et  4  ont  été  maintenus,  l'un  comme  artilleur,  l'autre  comme  secrétaire. 

Une  perte  d'audition  de  i5  pour  loo  était  compatible  avec  le  service 
armé,  et  de  5o  pour  loo  avec  le  service  auxiliaire. 

J'ai  indiqué,  de  plus,  dans  une  Note  antérieure,  combien  il  était  facile  de 
démasquer  d'une  façon  rapide  et  certaine  les  simulateurs  et  les  exagéra- 
teurs  ('). 

(')  CumpLes  rendus,   l.  162,  i9it>. 


SÉAiSCE    DU    l6    JANVIKR    1922.  199 

.Vai  réuni  ainsi  pendant  les  hostilités  plus  de  cinq  cents  observations. 

Mais  depuis  la  paix  je  me  suis  demandé  si  j'avais  eu  raison  de  proposer 
pour  la  réforme  tous  ceux  ayant  perdu  plus  de  5o  pour  100  d'audition. 

Si  l'on  se  place  au  point  de  vue  de  la  justice  stricte,  la  méthode  que 
j'emploie  est  à  l'abri  de  toute  critique  et  chacun  est  mis  à  la  place  qu'il 
doit  remplir. 

Mais  au  point  de  vue  pralique  j'ai  changé  d'opinion  en  suivant  depuis  la 
paix  les  réformés. 

Ils  sont  tous  arrivés  à  se  tirer  très  bien  d'affaire  et  à  gagner  même  de 
gros  salaires;  évidemment  beaucoup  d'entre  eux  ont  dû  changer  de  métier, 
mais  ces  métiers  ils  auraient  pu  les  faire  dans  l'armée  et  continuer  à  rendre 
des  services  comme  tailleurs,  cordonniers,  menuisiers,  forgerons,  ajusteurs, 
cuisiniers,  etc.  Ceux  qui  avaient  des  positions  libérales  auraient  pu  servir 
de  dactylographes,  même  de  secrétaires. 

Conclusion.  —  Actuellement  il  y  a  pénurie  d'hommes  et  chacun  doit  êlrr 
employé  en  temps  de  guerre  suivant  ses  capacités.  Je  suis  donc  d'avis  que 
la  surdité  ne  devrait  plus  être  une  cause  de  réforme,  un  sourd  étant  tout  à 
lait  capable  de  rendre  des  services  à  farmée. 

Cette  expériencea  du  reste  souvent  été  faite  de  1914  a  1918,  car  il  n'était 
pas  rare  de  voir  garder  comme  secrétaire  des  hommes  ayant  perdu  plus  de 
:)o  pour  100  d'audition  (  voir  les  tracés)  et  comme  cuisiniers,  ouvriers, 
menuisiers  ou  mécaniciens  des  soldats  ayant  perdu  toute  audition  aérienne, 
c'est-à-dire  100  pour  100. 

Ces  décisions  amenaient  naturellement  des  protestations;  elles  étaient 
injustes  en  tant  que  ne  traitant  pas  également  les  individus;  elles  étaient 
justes  si  Ton  se  plaçait  au  point  de  vue  de  la  sécurité  nationale. 

Le  meilleur  moyen  pour  respecter  la  justice,  tout  en  sauvegardant 
l'intérêt  du  pays,  est  donc  de  supprimer  comme  je  le  disais  plus  haut,  la 
surdité  comme  cause  de  réforme. 


CYTOLOGIE.  —  Influence  de  la  pression  osnmliquc  sur  la  division  cellulaire. 
Mote  (')  de  M.  J.  Dragoiu,  présentée  par  M.  F.  Henneguy. 

Nous  avons  décrit  dans  deux  Notes  précédentes (=')  une  série  de  phéno- 
mènes représentant  des  altérations  cytologiques  progressives  que  subissent 

(')  Séance  du  9  janvier  1922. 

(^)   \  Lfcs  et  Dragoui,  Sur  la  pression  osmotique  d'arrêt  de  la  dùision  cellulaire 
{Comptes  rendus,  t.  172,  1921.  p.  11 27).  —  Dragoiu  et  Vlês,  Les  conséquences  cyto- 


200  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

les  ovules  d'oursins,  soumis,  après  fécondation,  à  des  pressions  osmoliques 
croissantes. 

Répétant  ces  expériences,  mais  en  remettant  les  ovules  après  des  temps 
déterminés  dans  Teau  de  mer  normale,  pour  voir  jusqu'à  quel  point  les  alté- 
rations obtenues  ont  pu  iniluencer  le  cycle  évolulif  de  l'œuf,  nous  avons 
obtenu  des  résultats  qui  précisent  et  complètent  les  expériences  citées  dans 
noire  Note. 

I^es  expériences  ont  été  conduites  de  la  manière  suivante  :  Après  fécondation.  les  «rufs 


<»i;ul's  tiailés  pai'  les  xilulions 
hypcrloniqiics  : 


(•lùifs  leniis  pemlaiil    ')  liciins  dans 

l'eau  Ac  mei'  normale  après  traitement 

livperlonique  de  : 

,,1,;;,-,,..'     ,h       ,l,:;,,m     ;,l,        .^1.3„n>    3''        :V'3.,"'    V 


' 

-. 1 

!  /y.   1 

,^ 

'           1 

^ 

1 

1 

./. 

Cy,  cy  loi  y  se. 

O,  stade   initial  l'I  temps  zéro. 

1-.";,  de  la  i"  il  1.1   V  di\ision  (stades  H  à   \\\I1). 

M,  movula. 

/y/,  hJastiila. 

C,  gastruia. 

1/.-.   apparition  du   mii'scmcIi  \  me. 


sont  suivis  pendant  i  heure  à  i  lietire  lo  minutes,  jusqu'à  l'apparition  du  diaster  de  la 
première  division  (anaphase).  (Je  point,  considéré  comme  stade  initial  et  comme  temps 
zéro,  constitue  le  point  de  départ  de  l'évolution  de  cinq  lots  d'nufs.  A  partir  de  ce 
moment,  les  œufs  sont  portés  dans  des  solutions  livpertoniques  (solution  isoélectrolv- 
ticpie  d'eau  de  mer  additionnée  de  saccharose)  de  concentrations  dinérentes,  corres- 
pondant à  des  pressions  osmotiques  de  3o,  3.5,  '|0,   'i')  et  'to  atm. 

Sur  chacun  de  ces  lots,  une  certaine  quantité  d'o-iifs  est  prélevée  avec  une  pipette, 
à  intervalles  réguliers  :  3o  minutes,  i  heure,  i  heure  3o  minutes,  2  heures,  9.  heures 
3o  minutes,  3  heures,  3  heures  3o  minutes,  et  4  heures.  Chaque  fois,  la  moitié  des 
<eufs  prélevés  est  fixée  immédiatement,  tandis  (|ue  l'autre  moitié  est  remise  dans 
l'eau  de  mer  normale  où  ils  continuent  leur  évolution. 


loi(iques  df^  rarnH  osniotiqiie  de  la  division  cellidaiic  {(Joinples  rendus,  t.  172,  19^1 
1  j .   1 2  I  (  j  ) . 


SÉANCE  DU  l6  JANVIER  1922.  201 

l.es  iriifs  (i\(''s  iiiiiiuMliateinenl  au  sortii-  de  la  solution  li\  |)eil<)ni(|iie  consliluenl  les 
séries  b,  c,  (L  e  et  /',  qui  permettent  de  suivre  les  étapes  évolutives  de  l'œuf  dans  la 
solution  liypertonique  et  serviront  de  témoins,  lixant  le  point  de  départ  de  l'évolution 
nouvelle  de<  nMifs  remis  dans  l'eau  de  mer  normale;  ceux-ci  constituent  les  séries 
l>.  C,  D,  E  et  1'.  Le  lot  d'ovules  A  est  le  témoin  qui  suit  son  évolution  dans  l'eau  de 
mer  normale  (tti  =  ■?.'y""'\  entre  4  heures  3n  minutes  et  7  heures  à  partir  du  stade 
initial. 

Dans  les  diagrammes  ci-contre,  nous  axons  pu  échelonner  les  résultats  obtenus  sur 
ces  deux  catéiiories  d'n'ufs  et  pour  huit  durées  de  temps. 

Pour  les  séries  qui  ont  séjourné  dans  les  solutions  hv[)ertoiiique5  6  =:=  tt  .'îo,  c=i77r3r>, 
d  =  77y\o,  (?  =  TTT  p')  et  /'=^c7  5oatm.  la  ligne  indique  la  marche  de  l'évolution  dans 
ces  solutions,  le  signe  +  iiuli(|ue  le  point  atteint  après  chaque  durée  de  temps. 

Pour  les  séries  B,  C,  l>,  L  et  F  (correspondant  à  b,  c,  d,  e  et  /  1  qui  ont  été  remis 
dans  l'eau  de  mer  normale,  le  signe  x  indique  le  stade  atteint  par  ces  ovules  après 
chaque  période  de  4  heures  de  séjour  dans  l'eau  de  mer  normale.  Ces  signes  sont  Mni> 
par  une  ligne  qui  facilite  la  lecture  du  diagramme. 

Résiilials.  —  i"  La  jiression  osmotique  de  3o'''"'  est  su|)pf)rtée  jusqu'à 
3  lieiires  3o  minutes  ;  révolution  des  n'ufs,  après  ce  temjts  dans  Teau  de 
mer  normale,  décroît  un  peu  et  subit  un  retard  plus  sensible  par  rapport  au 
témoin  A.  L'anticipation  de  la  division  du  noyau,  par  lapport  au  cyto- 
plasma,  est  plus  évidente  après  ce  temps,  quand  la  faculté  de  la  division  du 
cytoplasma  commence  à  décroître. 

2°  L'évolution  des  œufs  dans  l'eau  de  mer  normale,  après  une  pression 
de  35''^™  (3o"',  i*",  i''3o"'),  progresse.  Le  point  atteint  parles  évolutions 
ultérieures  (après  traitement  de  2  à  f\  lieuivs)  descend  jusqu'à  la  i*"  division 
(stade  I\  ).  Bien  que  bloqué,  dans  les  séries  des  œufs  qui  se  trouvent  dans  la 
solution  hypertonique,  te  noyau  reprend  la  faculté  de  se  diviser  dans  l'eau  de 
mer  normale,  même  après  3  heures  3o  minutes  de  traitement  hypertonique. 

Il  augmente  de  volume,  devient  vésiculeux,  répartit  régulièrement  ses 
clii^omosomes  entre  les  deux  asters  principaux,  ou  bien  irn-gulièrement 
euti^e  ceux-ci  et  un  ou  deux  astei^s  accessoires  voisins,  si  les  irradiations  de 
ces  derniers  contribuent  à  la  formation  des  fuseaux  nucléaires  ('). 

L'inégalité  des  blaslomères,  nucléés  ou  anucléés,  semble  être  due  à  la 
présence  des  asters  accessoires,  qui  influencent  le  plan  de  la  segmentation. 

3"  La  pression  de  4o'''"'  influe  sur  l'évolution  après  i  heure  de  séjour  dans 

(')l-aits  analogues  ont  été  observés  dans  la  parthénogenèse  expérimentale  par  : 
WiLSON.  Exp.  studies  in  crtology  {  irch.  f.  Eut.  Mech.,  Bd  12  et  13).  —  Hi.ndi.k, 
A  cytologicnl  sludy  of  artificiai  parllienogenésis  {Arcli.  f.  Enl.  Mech.,  Bd  31).  — 
I  Irritant  :  1"  Sur  la  variation  du  volume  du  noyau  de  l'œuf  actiié  (Comptes  rendus, 
t.  1()9,  191 7J  ;  i*'  Mécanisme  de  la  segmentation  après  le  Iraitemenl  par  la 
solution  hypertonique  {Arc/i.  Zool.  Exp.^  t.  08.  1919). 


202  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

la  solution  hyperlonique.  Le  pouvoir  de  segmentation  est  pins  T'éduit.  Les 
chromosomes  sont  aglutinés  après  ^  heures  ;  les  œufs  restent  bloqués  au 
même  stade  que  les  témoins  (d)  malgré  le  séjour  dans  l'eau  de  mer  normale. 
La  surpression,  continuée  encore  3o  minutes,  détermine  la  cy  toi  y  se  de 
l'ovule. 

4°  A  la  pression  de  ^iS"^™,  les  altérations  sont  plus  précoces,  les  paquets 
chromatiques  apparaissent  2  heures  après  le  traitement  hyperlonique  ;  au 
delà  survient  la  cvtolyse. 

5*^  A  la  pression  de  lo""",  on  voit  les  mêmes  altérations  dues  au  phéno- 
mène de  blocage  du  noyau.  Vprès  i  heure  3o  minutes  de  traitement 
hypertonique,  toujours  sui^  i  d'eau  de  mer  normale,  on  observe  la  cytolyse 
immédiate  de  l'œuf. 

Conclusions.  —  Comme  nous  l'avons  vu  dans  un  travail  précédent  et 
comme  les  expériences  actuelles  le  conlii-ment,  le  passage  des  œufs  dans  un 
milieu  ayant  une  pression  osmotique  de  3o-5o'""'  influence  toujours  leur 
division,  et  cela  d'autant  plus  vite  que  la  pression  est  plus  forte. 

Cette  influence  produit  une  série  de  dégradations  en  échelons  régulieis, 
que  nous  avons  décrits,  touchant  de  plus  en  plus  profondément  la  vie  de  la 
cellule.  Si  l'on  remet  dansTeau  de  mer  normale  les  œufs  ayant  été  amenés 
par  Taction  delà  pression  osmotique  à  ces  divers  échelons  de  dégradations, 
on  constate  que,  pour  les  premières,  l'altération  est  réversible  et  que  /'œuf 
est  capable  de  reprendre  sa  division  normale^  tandis  que,  pour  les  derniers,  le 
phénomène  est  irréversible  et  entraîne  Vincapacité  de  segmentation  de  l'œuf. 

Le  début  de  l'irréversibilité  du  phénomène  parait  placé  entre  le  stade  de 
concentration  des  asters  et  le  stade  de  concentration  des  chromosomes  en 
paquet,  altération  dont  le  résultat  final  est  nécessairement  la  mort  et  la 
cytolyse. 

Le  paquet  chromatique  est  un  novau  dt'finitivement  mort. 

MlCHOBlOF.OGIE.  —  La  mort  stérile  des  Chenilles  infectées. 
Note  de  M.  S.  Metalxikow,  présentée  par  M.  F.   Mesnil. 

En  étudiant  Faction  des  difl'érents  microbes  sur  les  chenilles  de  Galleria 
mellonella.,  j'ai  observé  souvent  qu'un  même  microbe  [)eut  produire  deux 
maladies  diff(''rentes  chez  une  chenille  infectée.  Si  la  chenille  leçoil  une 
petite  dose  (^  de  centimètre  cube  d'une  émulsion  très  diluée)  de  vibrion 
cholérique  très  virulent,  elle  meurt  en  10- 1  5  heures  d'une  septicémie. très 
marquée.  A  partir  de  la  quatrième  heure,  le  sang  de  la  chenille  est  rempli 
par  des  masses  de  vibiions  cholériques  qui  envahissent   tous  les  organes 


SÉANCE    DU    I')    JANVIER    19.2.  2o3 

internes.  Quelques  rares  leucocytes  el  phagocytessont  vacuolisés  et  entourés 
par  des  amas  de  vibrions  qui  deviennont  de  plus  eu  |)lus  nombreux  jusqu'à 
la  mort. 

L'évolution  de  la  maladie  est  tout  Jiiilre  si  la  chenille  est  cf)nlamin(''e 
avec  des  cultures  peu  virulentes  (culture  Choléra  asial.  S.  ).  Il  faut  injecter 
des  doses  très  considt'-rables  (7^  de  centimètre  cube  d'une  émulsion  (-paisse) 
pour  provoquer  une  maladie  mortelle. 

Eu  examinant  le  sang  des  chenilles  infcctf-es.  nous  avons  pu  constater 
que  la  réaction  [)hagocytaire  est  très  faible  et  que  la  plus  grande  partie  des 
vibrions  restent  libres,  extra-cellulaires.  Dès  la  deuxième-troisième  heure, 
on  observe  un  commencement  d'altération  de  ces  vibrions,  tout  au  moins 
d'une  partie  d'entre  eux.  Les  vibrions  sont  transformés  eu  granules  très 
typiques.  C'est  le  phénomène  de  Pfeitlér  que  Ton  trouve  ordinairement 
chez  les  cobayes  immunisés  contre  lecholéra.  Avec  le  temps,  la  bactériolvse 
devient  de  plus  en  [)lus  intense.  \  ers  la  dix-douzième  heure,  on  ne  trouve 
plus  de  vibrions  intacts.  Tous  les  vibrions  sont  bact(^riolysés  et  digérés  par 
les  phagocytes.  Mais  la  chenille  n'est  pas  sauvée.  Elle  devient  de  plus  eu 
plus  malade  et  meurt  d'une  intoxication,  au  moment  où  elle  était  sur  le 
[)oint  d'être  entièrement  débarrassée  des  vibrions  injectés  dans  son  cor[)s. 

J'ai  observé  le  même  phénomène  chez  les  chenilles  ayant  subi  une 
injection  de  sarcines,  qui  sont  peu  virulentes  pour  les  chenilles.  Il  faut  en 
injecter  une  dose  très  considérable  pour  provo(|uer  une  maladie  mortelle. 

En  étudiant  les  frottis  du  sang  des  chenilles  infectées,  j'ai  observé  que  la 
réaction  phagocytaire,  qui  est  très  faible  au  début,  devient  de  plus  en  plus 
forte  après  quelques  heures.  Après  lo  heures- 1 5  heures,  toutes  les  sarcines 
sont  englobées  par  les  phagocytes.  Les  phagocytes  sont  bourrés  à  tel  point 
par  les  sarcines  qu'ils  sont  devenus  deux  à  trois  fois  plus  grands  que  les 
phagocytes  normaux.  Il  n'y  a  pas  de  bactériolyse  ni  de  destruction  des 
sarcines  en  dehors  des  cellules.  Toutes  les  sarcines  se  trouvent  englobées 
ou  par  les  phagocytes  isolés  ou  par  des  groupes  de  phagocytes.  Beaucoup 
de  sarcines  sont  digérées  et  transformées  en  un  pigment  brun.  Mais  cette 
phagocytose  ne  sauve  pas  la  chenille  infectée  qui  meurt  i  heures-'^  heures 
après,  stérilement,  c'est-à-dire  avec  du  sang  qui  ne  contient  plus  de 
microbes  libres. 

J'ai  obtenu  des  résultats  analogues  avec  des  staphylocoques  (|ue  j'ai 
isolés  d'un  furoncle. 

Ce  staphylocoque  était  peu  virulent  pour  les  chenilles,  mais  des  doses 
fortes  (^  de  centimètre  cube  d'une  émulsion  épaisse)  les  tuaient  à  coup 
sur.  I  heuie-2  heures  après  l'injection  de  ces  staphylocoques,  la  phagocytose 


2o4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

n'est  pas  encore  complète  et  il  en  reste  beaucoup  en  dehors  des  cellules: 
mais  il  n'y  a  pas  de  destruction  extracellulaire. 

Cinq  heures  après  l'injection,  tous  les  staphylocoques  sont  englobés  par  les 
phagocytes.  Il  ne  reste  plus  de  microbes  libres  dans  le  sang.  Mais  il  n'y  a 
éo-alement  plus  de  leucocytes  intacts.  Toutes  les  cellules  sanguines  sont 
vacuolisées  et  déformées.  L'animal  devient  de  plus  en  plus  malade  et  meurt 
le  lendemain.  C'est  une  vraie  victoire  à  la  Pyrrhus.  L'animal  meurt  au 
moment  même  où  il  a  réussi  à  se  débarrasser  de  tous  les  microbes  introduits 
dans  son  corps.  Il  meurt,  après  la  victoire,  d'épuisement  physiologique, 
auquel  peuvent  concourir  les  toxines  des  microbes. 

Ces  faits  sont  à  rapprocher  de  ceux  observés  chez  des  Mammifères  (jui 
ont  reçu  dans  le  p(''ritoine  divers  microbes  tels  que  le  vibrion  choléri<|ue,  le 
bacille  typhi(|ue. 


MKDEGINE  VÉTÉRINAIRE.  —  Dualité  possible  de  la  fièvre  aphteuse 
{hypothèse  de  travail).  Note  de  M.  Schein,  présentée  par  M.  Roux. 

Ce  que  l'on  ap])elU'  la  «  lièvre  aplitcusc  »  apparlieiiL  au  groupe  des  affec- 
tions éruptives  causées  |)ar  virus  liltrant,  ainsi  que  |iestt'  bovine,  peste  por- 
cine, clavelée,  variole,  rougeole,  etc. 

Les  derniers  travaux  publiés  montrent  son  étroite  analogie  avec  la  peste 
bovine  et  la  pesie  [)Oicine  (incubation,  virulence  du  sang,  hyperthermie, 
puis  accidents  muqueux  et  cutanés,  etc.).  [Coscoel  Aguzzi,  Feiiii,  etc., 
rappelés  j)ar  Moissu,  La  Fièvre  aphteuse  {Recueil  d' Alfort,  |).  108  et  suiv.).] 

Gril  est  bien  admis  aeluellement  que  ïo«i<?5  les  maladies  que  nous  venons 
d'énumérer  «  vaccinent  »  contre  elles-mêmes  :  une  première  atteinte  confère 
une  immunité  plus  ou  moins  complète,  plus  ou  moins  solide,  de  durée 
variable,  mais  toujours  nette  cependant. 

La  fièvre  aphteuse  constitue  une  exception,  d'autant  pins  remarquable 
qu'elle  est  unique,  dans  ce  gi'oupe  nombreux. 

Tf)us  les  auteurs,  à  la  suite  d'observations  précises  et  multiples,  rapportées 
par  nombre  de  praticiens,  admettent  que  la  fièvre  aphteuse  récidive  fré- 
quemment, parfois  très  peu  de  temps  après  la  guérison.  Une  observation 
même  avait  paru  suffisamment  probante  à  Nocard  pour  qu'il  la  cite  dans 
son  cours  :  une  récidive  t /ois semaines  a^yrès  guérison  d'une  première  atteinte. 
Mais  ces  récidives  ne  constituent  pas  une  règle  absolue.  Nombre  d'auteurs 
ont  cil<''  d<>s  cas  d'imnmnité  persistante,  i'^tje  \iens  de  voir  des  sujets,  ayant 
contracté  la  fièvre  aphteuse  l'an  passé,  résister  cette  année  à  des  essais  de 


SFAXCE    DU     l6    JANVIER    I9'2?.  2oS 

coiitainlnalion  de  la  iiumiic  forme  de  maladie,  de  iioml)r('ux  aulres  rester 
imiiiiins,  maintenus  dans  un  troupeau  infecté.  M.  Moussu  rappelle  encore 
des  faits  semblables  dans  le  travail  précité. 

Des  observations  multiples,  précises,  concordâmes,  ont  montié  la  conla- 
i^iosité  de  la  fièvre  aphteuse  à  Tespèce  humaine. 

Xocard,  dans  son  cours,  rappelait  la  contamination,  par  du  lait  aphteux, 
de  tout  l'effectif  d'un  pensionnat,  et  les  lésions  buccales  et  inteidigilées  des 
sujets  alleinls. 

Or,  tout  récemmenl,  M.  Lebailly(*)  vient  d'apporter  la  démonstration 
expérimentale  que  hi  forme  de  fièvre  aphteuse  à  laquelle  il  a  eu  affaire 
n'était  pas  contagieuse  à  l'homme. 

11  est  également  admis  que  le  porc  se  contamine  de  fièvre  aphteuse  aussi 
aisément  que  les  bovidés,  moi-même  l'ai  constaté  ici.  en  1910.  lors  d'une 
épizootie  à  forme  très  contagieuse.  (3r,  Tannée  dernière  et  celte  année  — 
mais  avec  une  maladie  à  forme  infiniment  moins  envahissanle  qu'en  1910  — 
je  n'ai  vu  aucun  cas  de  contagion  naturelle  au  porc.  M.  Moussu  rappelle 
aussi  des  fails  analogues.  De  plus,  j'ai  essayé  à  trois  reprises  d'infecter  deux 
jeunes  porcelets  avec  de  la  salive  de  malades  présentant  des  lésions  buc- 
cales ouvertes,  et  je  n  ai  pas  réussi  à  les  contaminer. 

Tous  les  praticiens  ont  pu  constater  la  marche  extraordinairement  diffé- 
rente des  épizooties  aphteuses  ;  parfois,  la  maladie  se  montre  d'une  conta- 
giosité extrême  :  à  peine  les  premiers  cas  conslalc'-s,  elle  se  répand  comme 
le  feu  sur  une  traînée  de  poudre,  en  quelques  jours  un  vaste  territoire  est 
envahi.  Et  dans  un  pays  neuf,  où  nexiste  pas  de  chemin  de  fer,  où  les 
transactions  commerciales  sont  réduites,  il  est  bien  plus  frappant  de  voir 
cette  c<jntagion  se  répandre  comme  un  Ilot  envahisseur,  ainsi  que  je  l'ai  vu. 
ici,  en  1910  :  les  premiers  cas  ont  été  amenés  par  mer,  par  des  veaux  venant 
de  Saigon  ;  huit  jours  après,  toute  la  vallée  était  infectée  sur  25*""  de  pro- 
fondeur, et  les  mois  suivants,  les  vallées,  à  100'""  au  Sud  et  au  Nord  — 
séparées  par  les  forêts  inhabitées  —  étaient  infectées  entièrement.  Kt  dans 
les  forêts,  les  ruminants  sauvages,  atteints  de  la  maladie,  se  laissaient 
prendre  à  la  main,  ne  pouvaient  s'éch;rpper.  En  deax  mois,  quatre  pro- 
vinces du   Sud-Annam  étaient  prises. 

Combien  plus  lente,  plus  adoucie,  est  l'épizootie  actuelle!  Bien  que  le 
chemin  de  fer  circule  maintenant,  que  les  transactions  soient  infiniment  plus 
actives,  lan  passé  l'épizootie  ne  se  répandit  que  comme  à  regret,  en  traî- 

(')   La  contagion   de  la  fièvre  aphteuse   {Rectieil  cl' Alfori.    r9':?i,    p.   SSa). 
C.  R.,  1921',  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  3.)  l5 


■20h  ACADEMIE    DES    SCIENCES- . 

naillaiit  et  celte  année,  duvanlage  encore,  car  elle  ne  frappe  guère  que  les 
sujets  —  assez  nombreux  d'ailleurs  —  qui  avaient  échappé  en   1920. 

Et  pourtant,  cliniquement,  les  différences  sont  assez  peu  considérables; 
Fincubation,  en  1910,  ne  dépassait  pas  4^  heures;  cette  année,  elle  est  de  4, 
5  jours. 

En  i()io,  4'^  heures  après  la  contamination,  les  aphtes  apparaissaient, 
Téruplion  buccale,  très  intense,  déterminant  de  la  salivation,  la  première, 
et  un  jour  ou  deux  après,  les  localisations  dijj;ilées. 

Cette  année,  l'éruption  respecte  souvent  la  muqueuse  buccale,  et  quand 
elle  la  touche,  elle  le  fait  discrètement,  par  aphtes  isolés. 

La  localisation  digitée  est  la  règle,  et  presque  toujours  au  niveau  du 
bourrelet  des  onglons,  en  talons,  amenant  un  décollement  assez  étendu. 
L^hyperlhermie  est  assez  intense  et  j^eut  aller  à  [\o". 

Les  deux  formes  diffèrent  donc  sensiblement. 

Ces  dilTérences  d'intensité  des  symptômes  peuvent  s'ex[)liquer  par  des 
différences  de  virulence,  la  différence  de  contagiosité  aussi,  quoique  à  un 
degré  moindre,  mais  deux  phénomènes  sont  difficilement  expliqués  par 
cette  hypolhèse  : 

1°  L'immunité  parfois  acquise  par  une  ])remière  atteinte,  et  d'autres 
fois  les  récidives  possibles,  exceptiou  remarquable  dans  le  groupe  de 
maladies  envisagé. 

2°  L'homme  et  le  porc  prenant  une  forme  et  ne  prenant  pas  Tautre. 

Au  contraire,  l'hypothèse  de  d<'ux  entités  morbides  encore  confondues 
que  Ton  pouriail  appeler  «  lièvre  aphteuse  »  proprement  dite  et  «  fièvre 
aphtoïde  »,  donnerait  une  explication  bien  plus  satisfaisante  :  on  pourrait 
dire  la  fièvre  «  aphtoïde  »  (?)  immuniserait  contre  elle-même,  mais  ne  vacci- 
nerait pas  contre  la  fièvre  aphteuse,  et  inversemenl. 

La  fièvre  aphleuse  vraie  serait  contagieuse  à  l'homme  et  au  porc,  ou  à 
l'un  des  deux  seulement. 

La  «  fièvre  aphtoïde  »  ne  le  serait  ni  à  l'un  ni  à  Tautre,  ou  à  celui  auquel 
ne  l'est  pas  la  lièvre  aphteuse. 

Cette  hypolhèse  mérite  d'autant  plus  de  considération  cpie  la  pathologie 
humaine  nous  fournit  un  exemple  très  remarquable  de  semblable  dualité  : 
la  rougeole  et  la  rubéole. 

La  pluralité  des  afTeclions  aphteuse>  est  donc  parfaiteuienl  possible. 
Rien,  jusqu'à  présent,  n'autorise  à  rejeter  cette  hypothèse  comme  absurde. 

Nous  n'avons  que  des  données  insuffisantes  pour  que  l'on  puisse  affirmer 
cette  dualit('',  mais  si  le  fait  était  «'tabli,  il  aurait  une  très  grosse  importance, 
théorique  et  pratique,  en  j>eriiiellant  de  réaliser  l'immunisation  contre  les 


SÉANCE    DU    l6    JA.WIER    J<j2-2  207 

deux  alfcctioiis,  (rintcrvenir  en  loiilr  connaissancr' de  cause,  simplilier  l<-s 
tncsuies  de  police  sanitaire  en  pennellant  <li'  mieux  les  ado[»l<M'  à  rafteclion 
encours,  moins  gêner  les  transactions  conuneiciales.  en  n'appliquant  pas 
aux  sujets  d'espèces  réfractaires  des  prohibitions  qui  ]»ourraicnl  être 
reconnues  inutiles. 


MÉDECirs'E    vÉrÉRlXAlRE.    —    Sur  l  immunité   anli-cpluensc.    Note 
de  MM.  H,  Vallée  et  H.  Carré,  présentée  par  M.  E.  Uoux. 

La  précarité  de  l'imniunité  consécutive  à  la  giiérison  d'une  première 
atteinte  de  fièvre  aphteuse  est  un  fait  bien  connu.  On  peut  lui  opposer  lin- 
discutable  résistance  à  la  réinfection  d'un  très  grand  nombre  de  sujets 
depuis  des  mois  guéris  de  la  maladie. 

L'étude  expérimentale  de  constatations  aussi  contradictoires  s'imposait. 
Nous  l'avons  entreprise  en  recherchant,  notamment,  la  part  qui  revient,  en 
l'espèce,  à  la  variation  de  qualité  du  virus  qui  entre  en  jeu. 

Des  lots  de  jeunes  bovidés  guéris,  les  uns  d'une  fièvre  aphteuse  exp/'ii- 
mentale,  les  autres  de  la  maladie  naturelle,  toutes  deux  provoquées  par  un 
même  virus  de  provenance  française,  sont  ensuite  éprouvés,  soit  expérimen- 
talement, soit  par  contagiori  naturelle,  et  parallèlement,  à  la  faveur  d'un 
virus  d'origine  allemande  récemment  importé  (virus  A)  et  du  virus  français 
d'infection  première  (virus  O).  Ils  résistent  à  la  réinfection  par  le  virus 
d'origine  (virus  O),  mais  contractent  une  fièvre  aphteuse  classique  sous 
l'influence  dn  virus  A.  Voici  les  faits. 

I.  Uualre  génis-es  infeclée»  par  le  virus  U,  deux  par  voie  sous-culanée,  deux,  par 
coiiabilalion  avec  un  malade  et  guéries  depuis  un  mois,  sont  réinociilées  avec  ce  même 
virus,  soit  eous  la  peau,  :-oil  dans  la  veine  jugulaire,  chacune  avec  200™'  de  sang 
virulent  défibriné.  Aucune  d'elles  ne  se  réinfecle.  Mais  trois  sur  quatre  manifestent, 
de  la  3"  à  la  6''  heure  conseculives  à  la  réinoculalinn,  de  vives  réactions  ihermicpies 
qui  ne  s'ol)serveiit  point  sur  quatre  génisses  témoins,  elles  aussi  guérits  de  fièvre 
aphteuse,  mais  réinjectées  au  sang  normal  ('  ). 

II.  Cinq  génisses  infeclées  par  le  virus  (  )  dont  deux  par  contagion  provoquée  el 
trois  par  inoculation  virulente,  respectivement  guéries  depuis  86,  85,  84,  4':  35  jours, 
sont  réinoculées  avec  du  virus  A.  Les  génisses  guéries  depuis  85  et  86  jours, 
lune  de  la  maladie  naturelle,  l'autre  de  l'infection  expérimentale,  reçoivent  ainsi, 
chacune,  îoo'^'"  de  sang  virulent  sous  la  peau.  Aucune  d'elles  ne  manifeste  de  réaction 
fébrile  immédiate:  mais  toutes  deux  se  réinfectent. 

Les  génisses  guéries  depuis  Séjours  (maladie   naturelle).  \\   el  35  jours  (maladie 

(')  Donneur^  el  récepteurs  des  sangs  utilisés  étaient  indemnes  de  luberculuse. 


2o8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

e\.périmenlale)  sont  réinoculées  sous   la   peau  avec   lo'''"'  de  sang  défibriné,  \  irus  A. 
Toutes  trois  aussi  se  réinfectent. 

III.  Deux  génisses  guéries  toutes  deux  depuis  36  jours,  l'une  de  linoculalion  ex])é- 
rimentale,  l'autre  de  la  contagion  provoquée,  par  le  virus  O,  sont  placées  au  contact 
de  deux  sujets  en  pleine  éruption  aphteuse  déterminée  par  le  virus  A.  Toutes  deux  se 
réinfeclent  comme  des' sujets  neufs. 

IV.  Une  vache  hyperimmunisée  à  l'aide  du  seul  virus  O,  productrice  de  sérum  anti- 
aphteux,  se  réinfecte,  à  la  faveur  de  ce  même  virus  O,  par  contagion  naturelle  pro- 
voquée six  mois  exactement  après  la  fin  du  traitement  hjpervaccinanl.  Réinoculée 
38  jours  plus  tard  avec  le  virus  A,  elle  se  réinfecte  de  nouveau,  fournissant  ainsi  trois 
évolutions  aphteuses  successives  en  huit  mois  et  demi. 

Dans  tous  le.s  cas  où  la  réiiifection  fut  ainsi  obtenue,  nous  avons  régu- 
lièrement nol(''  l'absence  de  toute  réaction  thermiijue  immédiatement  con- 
sécutive à  la  réinoculalion  du  virus.  De  même  nous  avons  toujours  relevé, 
lors  de  la  réinfeetion,  un  raccourcissement  très  mar(]ué  de  la  période  din- 
cubation  qui,  de  3  à  5  et  même  7  jours,  lors  de  la  première  infection, 
s'abaissait  à  4^  ou  même  à  [\o  heures  seulement  à  la  suite  de  la  léinfection. 

L'ensemble  de  nos  constatations  éclaire  de  faits  inédits  la  ([uestion  de  la 
fragilité  de  l'immunité  anti-aphteuse  et  pose  nettement  le  problème  de  la 
pluralité  des  virus  aphteux.  Outre  ([u'il  précise  à  nos  yeux  quelques-unes 
des  raisons  des  échecs  par  nous  essuyés  depuis  de  longues  années  en  des 
essais  de  vaccination  fondés  sur  la  notion  de  l'unité  du  virus  aphteux,  il 
nous  conduit  à  redouter  (|ue,  pour  longtemps  encore,  la  médecine  véti'ri- 
naire  ne  bénéficie  point,  dans  la  lutte  contre  la  redoutable  épizootie,  de 
moyens  préférables  à  riiémovaccinatiou  des  jeunes  sujets  et  à  l'aphtisation 
bénigne  par  voie  sous-cutanée  des  adultes. 


A  17  heures,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 


La  séance  est  levée  à  17  heures  et  demie. 


A.   Lx. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE   DU   LUNDI   25   JANVIER    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIX. 


MEMOIRES  ET  COMMUNICATIONS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 


M.  le  Préside\t  s'exprime  en  ces  termes  : 

Mes  ghers  Confrères, 

La  semaine  nous  a  apporté  un  deuil  cruel,  la  mort  de  Cajiille  Jordan, 
élu  membre  de  l'Académie  en  1881,  à  la  mort  de  Chasles. 

Jordan  a  été  un  mathématicien  de  premier  ordre,  comme  M.  Picard  nous 
le  dira  dans  un  moment.  Son  œuvre  lui  survit. 

Jordan  a  été  un  honnête  homme,  un  grand  honnête  homme  dans  toutes 
les  acceptions  du  mot.  11  a  continué  à  Paris,  dans  le  même  quarlier  de 
Paris,  la  tradition  des  philosophes  chrétiens  et  des  penseurs,  auxquels  est 
due  la  renaissance  du  catholicisme  parisien  au  commencement  du  siècle 
dernier. 

Jordan  était  le  chef  d'une  famille  modèle.  Il  a  été  de  ceux  qui  ont  versé  le 
plus  cruel  tribut  pour  le  salut  de  la  France. 

Un  de  ses  fils,  Charles  Jordan,  ancien  capitaine  de  zouaves,  était,  le 
i^'  août  1914, 'prêtre  sulpicien  au  séminaire  d'Issy;  ayant  repris  aussitôt 
les  galons  de  capitaine,  il  fut  tué  en  septembre.  Pierre  Jordan,  capitaine 
d'artillerie,  tomba  à  son  tour,  peu  de  temps  après  son  frère.  Un  troisième 
fils,  mobilisé  comme  sergent,  fut  gravement  blessé  à  la  même  époque. 
Enfin  un  petit-fils,  l'amé  des  onze  enfants  du  professeur  Jordan  de  la 
Sorbonne,  succomba  à  son  tour.  Vous  avez  vu  avec  quel  courage  Jordan, 
imposant  silence  à  sa  douleur,  a  toujours  assisté  ponctuellemenl  aux  séances 
de  l'Académie. 

Pour  ma  part,  je  perds  à  la  fois  un  confrère  et  un  vieil  ami.  Nos  relations, 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  4.)  I^ 


2IO  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

qui  dataient  du  temps  où  j'étais  élève  à  l'i^xole  du  Génie  maritime  et  où 
Jordan  terminait  son  séjour  à  l'i^cole  des  Mines,  avaient  été  resserrées  par 
des  liens  entre  nos  fils.  Charles  Jordan  a  été,  à  Saint-Cyr,  camarade  de 
promotion  de  mon  fils  aîné;  Pierre  Jordan  a  été,  à  l'Ecole  Polytechnique, 
camarade  de  mon  second  fils. 

\ous  voyez,  mes  chers  Confrères,  à  combien  de  titres  j'ai  éprouvé,  en 
apprenant  hier  la  nouvelle  de  la  ijiort  de  Jordan,  la  douloureuse  émotion 
que  vous  partagez  tous  avec  moi. 

La  séance  puhlifjue  est  levée  en  signe  de  deuil. , 


M.  Emile  Picard  présente,  eu  les  termes  suivants,  un  résumé  des  travaux 
mathématiques  de  Jordan   : 

Les  recherches  de  notre  illustre. confrère  ont  eu  tout  parliculièrement 
pour  but  d'approfondir  la  théorie  de  roj'di-eau  point  de  vue  de  la  Géométrie 
pure  et  de  l'Analyse.  Au  début  de  sa  carrière,  il  s'est  occupé  des  polyèdres 
dans  un  beau  Mémoire  consacré,  en  fait,  à  la  Géométrie  de  situation,  et 
dans  un  autre  travail,  il  a  donné  la  condition  pour  que  deux  surfaces  ou 
portions  de  surfaces,  ilexibles  et  extensibles  à  volonté,  soient  applicables 
l'une  sur  l'autre  sans  déchirure  ni  duplicature.  Ses  travaux  sur  la  symétrie 
et  sur  les  groupes  de  mouvement  ont  devancé  les  recherches  modernes  sur 
les  groupes  de  transformations,  et  ont  été  utilisés  par  les  théoriciens  de 
la  cristallographie.  Ils  portaient  déjà  la  marcjue  de  la  puissance  d'esprit 
de  leur  auteur. 

Mais  c'est  surtout  dans  la  théorie  des  substitutions  et  des  équations  algé- 
bric|ues  que  Jordan  laisse  une  trace  profonde.  Dans  un  Ouvrage  considé- 
rable sur  les  Substitutions ,  il  a  fait  une  étude  approfondie  des  idées  de 
Galois,  en  y  ajoutant  des  résultats  fondamentaux  sur  les  groupes  primitifs, 
les  groupes  transitifs  et  les  groupes  composés,  dont  un  des  plus  importants 
est  relatif  aux  facteurs  de  composition  d'un  groupe.  Ces  études  ont  permis 
à  Jordan  de  résoudre  un  problème  posé  par  Abel,  celui  de  rechercher  les 
équations  de  degré  donné  résolubles  par  radicaux  et  de  reconnaître  si  une 
équation  rentre  ou  non  dans  cette  classe.  D'autres  travaux  de  notre  confrère 
se  rapportent  aux  formes  algébriques  et  aux  groupes  linéaires  d'ordre  lini, 
ce  qui  l'a  amené  à  étudier  les  équations  différentielles  linéaires  à  intégrales 
algébriques. 

Plus  récemment,  Jordan  a  été  un  précurseur  dans  la  théorie  des  fonc- 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  I922.  2  1  l 

lions  de  variables  réelles.  Il  a  introduit  dans  cette  partie  de  l'Analyse  la 
notion  capitale  de  l'onction  à  variation  hornée.  Non  moins  célèbres  sont  ses 
études  sur  les  courbes,  universellement  désignées  sous  le  nom  de  courbes  de 
Jordan^  qui  séparent  le  plan  en  deux  régions  distinctes.  On  lui  doit  aussi 
d'importantes  propositions  sur  la  mesure  des  ensembles,  qui  ont  ouvert  la 
voie  à  bien  des  recherches  modernes. 

Tous  les  travaux  de  Jordan  dénotent  une  rare  profondeur  d'esprit  et 
une  extraordinaire  puissance  d'abstraction.  Il  se  jouait  au  milieu  des  dis- 
cussions les  plus  subtiles  sur  des  concepts  comme  ceux  de  groupes  ou  de 
substitutions,  se  plaisant  à  aborder  les  questions  dans  loute  leur  généralité, 
comme  s'il  craignait  que  quelque  particularité  l'empêchât  de  voir  ks  vraies 
raisons  des  chos<'S.  Jordan  a  été  vraiment  un  grand  algébriste;  les  notions 
fondamentales  qu'il  a  introduites  en  Analysepréserveront  son  nom  de  l'oubli. 


M.  BiGorRDAN  présente  le  premiei'  numéro  d'un  Bulletin  horaire  public'', 
sous  sa  direction,  par  le  Bureau  international  de  l'heure. 

Ce  nouveau  périodique  est  principalement  destiné  à  donner,  plus  rapi- 
dement que  par  le  passé,  les  heures  des  signaux  horaires  observés  dans  ce 
Bureau,  avec  leurs  corrections  et  les  éléments  qui  ont  servi  à  les  déter- 
miner. 

L'utilité  de  ces  signaux  est  bien  connue  pour  les  usages  horlogers,  mari- 
times, etc.  Mais  leurs  corrections  ne  sont  pas  moins  nécessaires  pour 
l'Astronomie,  la  Géodésie,  etc.,  car  alors,  par  exemple,  ces  signaux  peuvent 
alléger  beaucoup  d'Observaîoires  de  leur  service  méridien.  Pour  les  longi- 
tudes, dont  les  déterminations  sojit  .aujourd'hui  particulièrement  nom- 
breuses, ils  simplifient  considiTabîemeni.  les  opérations;  et  là  une  publi- 
cation rapide  est, bien  nécessaire,  puis<|u'on  nous  demande  les  résultats  à 
mesure,  semaine  par  semaine.  Enfin  l'usage  de  ces  signaux  ne  tardera  pas, 
sans  doute,  à  se  répandre  davantage  parmi  les  physiciens  :  même  pour  un 
modeste  laboratoire,  il  y  a  là,  actuellemen!,  un  moyen  facile  d'avoir  à  loul 
instant  l'heure  la  plus  exacte,  ne  fût-ce  qu'avec  une  seule  horloge,  car  von 
peut  contrôler  sa  marche  plusieurs  fois  par  jour  au  moyen  des  signaux 
horaires. 


212  ACADEMIE   DES   SCIENCES. 


CORRESPONDANCE . 


M.  Jacques  Zeiller  fait  don  d'un  portrait  de  son  père,  M.  René  Zeiller, 
ancien  Membre  de  F  Académie. 


M.  Jules  Garçon,  au  nom  de  V Association  de  documentation  hihliogra- 
phi(juc,  adresse  un  Rapport  sur  l'emploi  de  la  subvention  qui  lui  a  été  accor- 
dée en  191 6  sur  la  Fondation  Loutreuil. 

HYDRODYNAMIQUE.  —  Quelques  considérations  sur  la  forme  du  solide  et 
l'énergie  cinétique  du  fluide  qui  V entoure.  Note  (')  de  M.  D.  Riabou- 
cHixsKi,  présentée  par  M.  G.  Kœnigs. 

Comparons  l'énergie  cinétique  T,  du  mouvement  d'un  liquide  indéfini 
de  densité  p  autour  d'un  corps  solide  de  volume  v^  (corps  oi),  limité  par 
une  surface  S,,  à  l'énergie  cinétique  T^  du  mouvement  du  liquide  autour 
d'un  corps  de  volume  v.^,  (corps  \i!i),  limité  par  une  surface  So,  en  supposant 
que  les  deux  corps  se  meuvent  avec  la  même  vitesse  uniforme  o  de  direc- 
tion Ox,  que  la  forme,  les  dimensions  et  l'orientation  du  corps  clj  permettent 
de  le  considérer  comme  une  partie  du  corps  i)b  et  que  le  mouvement  du 
fluide  est  irrotationnel  et  acyclique.  Démontrons  que 

(0  T,  +  To>T., 

où  Tq  =  -p(v.  —  v^)^o'^  est  l'énergie  cinétique  d'un  volume  fluide,  animé 

de  la  vitesse  t),  égale  à  la  différence  entre  les  volumes  des  corps  iiî>  et  rX,. 

Superposons  mentalement  les  deux  mouvements  de  façon  que  la  sur- 
face So  du  corps  11!)  enveloppe  le,  corps  A^.  Si  la  surface  So  se  confond 
partiellement  avec  la  surface  S,,  on  peut  considérer  une  surface  S!,  enve- 
loppant complètement  le  corps  cL  et  s'approchant  indéfiniment  de  la 
surface  S^.  Soient  o,  etOo  les  potentiels  de  vitesses,  à  l'extérieur  des  corps  ci 
et  11!),  et  Oq  =  -ox.  En  appliquant  la  formule  de  Green  et  en  tenant  compte 

(•)  Séance  du  16  janvier  1922. 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  1922.  21 3 

des  conditions  qui  définissent  les  fonctions  ç>,  cL  o.,»  on  trouve  que 


(2) 


T.  +  To  =  T,  +  ^  pj  J  ( 9o  —  o, )  ^  ( 90  —  Vi  )  d7. 


La  dérivée  est  prise  suivant  la  normale  extérieure  à,  la  surface  S^. 
(xDa:  —  Oo)  et  (ur  —  o,)  sont  les  potentiels  des  mouvements  ayant  à  l'infini 
la  vitesse  o  et  entourant  respectivement  les  corps  cl.  et  m.  supposés  immo- 
biles. 

Soit  S,,  une  portion  de  la  surface  S^.  dis[iOsée  derrière  le  corps  d,  en 

tous  les  points  de  laquelle  y- (y. r  —  o,)  >  o  et  qui  est  limitée   nar  une 

courbe  J^^  où  cette  dérivée  s'annule.  Désignons  par  T,,  l'énergie  cinétique 
du  fluide  autour  du  système  tl,,  composé  du  corps  cL  et  de  la  surface  S,,, 
et  par  o,,  le  potentiel  qui  définit  ce  mouvement.  En  appliquant  au  sy>- 
•  tème  ol,  la  formule  (2),  il  faut  étendre  l'intégrale  à  toute  la  surface  S,  et 
aui  deux  faces  de  S,,.  Sur  la  surface  S,  l'intégrale  est  évidemment  nulle; 
sur  la  surface  S,,  elle  est  positive,  car  les  valeurs  du  potentiel  (vx  —  z^^) 

sont  plus  grandes  sur  la   face  où -j- (vx  —  o,)>»o  que   sur  la  face  où 

■j-  (xDx  —  'j^)  <^o.    En  remarquant  que,   dans  ce   cas,   T,,  =  o,    on   aura 
Tn>T,. 

Enveloppons  le  système  =,1,  par  la  surface  So  de  façon  que  S,,  se 
confonde  avec  la  portion  qui  lui  correspond  sur  cette  surface.  Nom- 
mons S,o  une  portion  de  la  surface  So  limitée  d'une  part  par  la  courbe  r , 

et  d'autre  part  par  la  courbe  4^0  le  long  de  laquelle  -j-  (iDx — 9n)  =  o;  ni 

tous  les  points  de  S,,  on  a  -^  (vx  —  9,,)  !>o-  Désignons  par  T^,  l'énergie 

cinétique  du  fluide  autour  du  système  oi.^,  composé  du  corps  cl  et  de  la 
surface  S,,  H- S,,.  En  raisonnant  comme  plus  haut,  on  trouve  queT|o>>T,, 
et,  par  conséquent,  T,  o  ^  T, . 

En  continuant  ainsi,  on  trouve  pour  le  système  composé  du  corps  cl,  '^t 
de  la  surface  S^ -1- S.o  +  . . . -h  S,,,,  que  T,„>>T,.  En  faisant  croître  n 
indéfiniment  et  en  passant  à  la  limite,  on  obtient  le  système  composé  du 
corps  -X  et  de  la  surface  S^  qui  Tenveloppe,  La  valeur  limite  de  T,„  exprime 
l'énergie  cinétique  du  fluide  qui  entoure  le  corps  i)b  et  de  celui  qui  est  com- 
pris entre  les  surfaces  So  et  S,  ;  ce  dernier  sera  en  repos  relatif.  Le  théorème 
exprimé  par  l'inégalité  (i)  est  ainsi  démontré. 

Corollaires.  —  1°  L'énergie  cinétique  d'un  juouvement  avec  glissement, 


2l4  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

y  compris  celle  du  fluide  mort,  est  plus  grande  que  l'énergie  cinétique  du 
mouvement  non  glissant  correspondant;  2''  si  Ton  obtient  le  corps  ii'-  en 
ajoutant  au  corps  J\j  des  surfaces  infiniment  minces,  coupant  les  lignes  de 
courant,  Fénergie  cinétique  du  liquide  est  plus  grande  pour  le  corps  lU.  que 
pour  le  corps  ci.  L'énergie  cinétique  du  fluide  autour  d'un  disque  est,  ])ar 
exemple,  plus  grande  que  celle  qui  correspond  au  mouvement  d'une  surface, 
limitée  par  un  contour  arbitraire  découpée  dans  ce  disque. 

Prenons  un   exemple  parmi  'les  mouvemrnts  à   deux  dimensions.   La 
relation  entre  les  variables  complexes  n   et  z  pour  un  corps  limité  par  un 
contour  S,  formé  par  deux  axes  de  cercle  concaves  d<    rayon  r  et  dont  la* 
corde  commune  de  longueur  2/  est  parallèle  à  la  vitesse    du  courant  u, 
s'exprime  comme  suit  : 

(T'-f-  c\^       z  -i-  l  ,  r.  .    ^        ! 


Dans  le  cas  limite  où  /  ==  o.  le  corps  prend  la  forme  d'un  8,  et  Ton  obtient 


tï'  rz:  T.rX)  cola  h  77  -: 


et,  sur  le  contour  du  cercle  supérieur, 

o  =  t:/"  t)  lanff  h  (  —  col  a  ) .  r  =  •»  /•  sin-a. 


a  étant  L'angle  polaire  du  rayon  vecteur  issu  du  point  O  où  les  cercles  se 

touchent.  En  faisant  le  changemenl  de  variables  -  cota  =  i  et  en  appli([uant 

la  théorie  des  résidus,  on  trouve  que  l'énergie  cinétique  du  fluide  s'exprime 
dans  ce  cas  comme  suit  : 

.;,  2T  T        f    dy  rr-  f"  di  7:^^-3 

(  o  ) =:   ; /    O  -^ds  —  I  =  ^  /, ; 1  rr: 

En  comparant  ce  résultat  à  l'énergie  cinétique  du  fluide  correspondant 
au  mouvement  d'un  cercle  de  rayon  ir  et  à  celui  d'un  segment  de  droite, 
orthogonal  à  la  vitesse  t),  de  longueur  L\r,  on  trouve  ({ue  l'inégalité  (1)  est 
coniirméc. 

Nous  avions  déjà  obtenu  (')  la  valeur      .,  '^'  pour  le  rapport  (3  )  en  consi- 
(')  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p. '2.5  et  826. 


SÉANCE  DU  2.3    JAXVIER  1922.  2l5 

dérant  le  cas  limite  de  doux  cercles  se  mouvant  orthogoiialcment  à  la  droite 
réuhissant  leurs  centres  et  qu'on  rapprocherait  indélinimcnt  de  Taxe  de 
symétrie  et,  par  conséquent,  Tun  de  l'autre.  Mais  landis  que,  dans  le  cas  que 
nous  étudions  dans  la  présente  Note,  la  vitesse  du  lluide  au  point  O  esl 
nulle  et  les  résultantes  des  pressions  sur  chacune  des  circonférences  formant 
le  8  tâchent  à  les  détacher  l'une  de  l'autre,  nous  avions,  dans  le  cas  limite 
étudié  précédemment,  une  vitesse  inlinie  au  point  O  et  une  attraction 
inlinie  entre  les  cercles.  Lorsqu'on  approche  indéfiniment,  de  l'une  ou  de 
l'autre  façon,  du  cas  critique,  les  vitesses  ne  peuvent  évidemment  différer 
sensiblement  (]ue  dans  un  domaine  tendanl  vers  zéro. 

SPECTROSCOPIE.  —  Sur  kl  variation  de  la  lor/oi/eur  d'onde  des  mies 
te.lhtriqiies.  Note  (')  de  M.  A.  Perot,  présenléc  par  M.  Henri 
Deslandres. 

Dans  une  Communication  antérieure  (-)  j'ai  indi([ué  à  l'Académie  les 
premiers  résultats  d'une  étude  sur  les  raies  telluri(|ues  du  groupe  B;  leur 
longueur  d'onde  a  été  trouvée  variable  avec  la  hauteur  du  Soleil  au-dessus 
de  l'horizon.  Ces  mesures  faites  en  juin  1914  oî^t  monlré  <{ue  la  longueur 
d'onde  croissait  avec  la  hauleur  du  Soleil,  à  peu  près  jji'oporliounellemenl 
au  sinus  de  cel  angle.  Si  l'on  pose 

/.  ztz /.q(i -!- K  sin ';)  avec  ^-=Ivsin{), 

la  valeur  de  Iv  trouvée  était  voisine  de  io~'\ 

J'ai  repris  ces  mesures,  toujours  sur  le  groupe  B  et  jtar  la  mélhode  inler- 
férentielle.  et  ai  fait  quatre  séries  de  déterminations,  de  la  fin  d'octobre  1920 
au  début  de  septembre  192 1,  comprenant  35  mesures  de  longueur  d'onde; 
la  première  série  s'étend  du  23  octobre  au  20  novembre  1920  avec 
i\  mesures,  la  seconde  du  6  juillet  1921  eu  comprend  4,  la  troisième  du 
1 1  juillet  au  2  août  1921  en  comprend  12,  et  la  (juatrième  du  6  septembre 
en  comprend  5. 

Pour  déterminer  la  valeur  du  fadeur  K,  j'ai  dpéré  de  la  façon  suivanl¥  : 
J'ai  construit  des  diagrammes  en  portant  en  abscisses  les  sinus  des  hauteurs 
du  Soleil  et  en  ordonnées  les  carrés  des  diamètres  des  aimeaux  observés, 
corrigés  des  variations  ])0ssibles  de  r-Malou  suivant  une   méthode  souvent 

(')  Séance  du  16  janvier  1922. 

(-)  Comptes  rendus.,  t.  160,  iqij,  p.  549. 


2l6 


ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 


décrite;  chaque  mesure  est  représentée  par  un  point.  Si  les  mesures  ne  sont 
entachées  d'aucune  erreur  et  si  la  formule  ci-dessus  est  exacte,  tous  les 
points  doivent  se  trouver  sur  une  droite  dont  l'inclinaison  donnera  la  valeur 
du  facteur  K.  En  réalité  les  points  ne  sont  pas  aUgnés.  J'ai  alors,  dans 


''-■'-'.., 


0.7 


0,8 


% 


^ 


Sin  S 


% 


0,5 


0.6 


0,7 


chaque  série,  combiné  les  points  deux  à  deux  de  toutes  les  manières  pos- 
sibles, en  donnant  à  chaque  valeur  du  coefficient  angulaire  ainsi  obtenu  un 
poids  égal  à  la  différence  des  sinus.  Les  bandes  tracées  .^ur  les  figures  ci- 
dessus  ont  leg  coefficients  angulaires  trouvés.  On  voit  tout  d'abord  avec 
quelle  précision  la  formule  précédente  est  vérifiée;  les  deuxième  et  qua- 
,  trième  séries  sont  particulièrement  intéressantes  à  cet  égard  et  pour  les 


SÉANCE  DU  2  3  JANVIER  1922.  217 

deux  autres  la  variation  avec  le  sinus  de  la  hauteur  du  Soleil  parait  bien  se 
faire  suivant  la  loi  linéaire. 

Mais  pour  les  quatre  séries  le  coefficient  angulaire  n'est  pas  le  même;  les 
valeurs  correspondantes  de  K  sont  : 

Première  série  (octobre-novembre  1920) 1,8    .  lO"-' 

Deuxième  série  (juillet  1921) t);98.  io~* 

Troisième  série  (juillet-août  1921) i,3    .io~^ 

Quatrième  série  (septembre  1921) 2,3    .lO"-" 

Il  faut  rapprocher  de  ces  valeurs  celle  de  juin  1914  •  i.io-^ 

Faut-il  voir  dans  ces  variations  du  coefficient  K  le  résultat  d'erreurs 
expérimentales  ?  L'examen  des  figures  ci-contre  semble  bien  indiquer  des 
dilïérences  réelles  dans  les  valeurs  de  K,  d'autant  que  la  valeur  trouvée 
en  juin  1914  est  identique  à  celle  du  début  de  juillet  1921.  On  peut  se 
demander  si  cette  variation  de  la  longueur  d'onde  ne  peut  pas  venir  d'un 
élargissement  dissymétrique  de  la  raie  quand,  la  hauteur  du  Soleil  dimi- 
nuant, le  rayon  travei^se  des  masses  atmosphériques  dans  lesquelles  les 
régions  à  forte  pression  sont  de  plus  en  plus  prépondérantes.  Si  cela  était 
la  loi  du  sinus  ne  serait  pas  jvraie  et  les  valeurs  de  K  devraient  simplement 
traduire  le  résultat  inexact  d'expériences  très  inexactes  faites  sur  une  série 
de  hauteurs  du  Soleif.  Or  les  séries  2  et  3  d'une  part,  et  4  de  l'autre  cor- 
respondent à  des  hauteurs  du  Soleil  comparables,  puisque  celles-ci  ont 
varié  de  33°  à  6^"  pour  la  série  2,  de  27**  à  6/1°  pour  la  série  3  et  de  35° 
à  49°  pour  la  série  4,  et  la  valeur  de  K  trouvée  pour  la  série  4  est  à  peu 
près  le  double  de  celles  des  séries  2  et  3.  S'il  s'agissait  d'un  élargissement 
dissymétrique,  le  phénomène  ne  devrait  varier  qu'avec  la  hauteur  du  Soleil 
et  les  trois  séries  considérées  devraient  donner  à  peu  près  le  même  résultat. 

D'ailleurs  les  (?xpériences  de  1914  dans  lesquelles  la  hauteur  du  Soleil  a 
varié  de  i4°3o'  à  62° 3o'  ont  vérifié  la  loi  du  sinus  avec  toute  l'approxima- 
tion possible. 

Il  semble  bien  que  l'hypothèse  d'un  élargissement  dissymétrique  n'est 
pas  à  retenir.  Si  l'on  adopte  celle  que  j'avais  émise  d'un  effet  Doppler  par 
suite  du  mouvement  des  centres  absorbants,  il  résulterait  des  mesures 
faites  que  la  vitesse  de  ces  particules  varierait  avec  les  conditions  météo- 
rologiques de  la  très  haute  atmosphère  suivant  une  loi  à  détermin<?r. 


2l8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  la  loi  d'action  de  la  sucrasc  :  vitesse  d'hydrolyse  et 
réaction  du  milieu.  Note  de  M.  H.  Colix  et  d<'  M"^  A.  Chaudu.v,  présentt''e 
par  M.  11.  Le  Chatclier. 

L'activité  des  diastases  hydrolysantes,  de  la  sucrase  en  particulier, 
dépend  essentiellement  de  la  réaction  du  milieu  :  la  vitesse  d'hydrolyse 
croit  g-énéralement  avec  la  proportion  d'acide  jusqu'à  un  maximum,  puis 
elle  décroît  quand  la  dose  d'acide  continue  à  augmenter.  Aucune  interpré- 
talion  satisfaisante  n'a  été  donnée  jusqu'alors.  La  formation  transitoire 
d'un  complexe  sucre -h  enzyme,  de  stabilité  varia'ble  avec  la  réaction, 
permet  de  comprendre  que  la  vitesse  d'inversion  croisse  avec  le  degré 
d'acidité,  mais  n'explique  pas  qu'elle  puisse  diminuer  à  partir  d'une  certaine 
dose  d'acide. 

Nous  avons  démontré  (')  (pi'il  est  légitime,  en  efTet,  de  concevoir  l'inver- 
sion diastasique  du  saccharose  comme  une  réaction  catalytique  dans  laquelle 
le  catalyseur  s'unit  transitoirement  au  corps  qu'il  transforme,  la  vitesse  de 
formation  de  la  combinaison  intermédiaire  étanl  inliniment  grandr  par 
rapport  à  sa  vitesse  de  dédoublement.  S'il  en  est  ainsi,  à  une  quantité 
donnée  de  diastase,  mesurée  par  un  a  olume  n,  d'une  solution  diastasique, 
correspond  un  poids  a,  de  saccharose  qu'on  peut  déterminer.  Ce  poids  «, 
est-il  une  constante  absolue  ou,  de  môme  que  la  vitesse  d'inversion,  varie- 
l-il  lorsque  la  réaction  du  milieu  vient  à  changer? 

Faisons  agir  une  sucrase  très  aclive,  employée  à  la  dose  de  2'^"'  pour  100, 
sur  des  solutions  sucrées  contenant  2.^,-2']  de  saccharose  pour  100""'  et*des 
quantités  variables  soit  de  soude,  soit  d''acide  acétique.  Le  sucre  étant  en 
excès,  la  vitesse  d'inversion  r  est  d'abord  constante,  puis  elle  décroît  à 
partir  du  temps  T  où  la  quantité  de  sucre  cristallisable  encore  présente 
dans  la  liqueur  est  précisément  égale  à  a^.  On  peut  déterminer,  pour  chaque 
cas,  vç.\  «,,  ou,  du  moins,  une  valeur  approchée  de  a,;  nos  moyens  démesure 
ne  nous  permettent  pas,  enellét,  d'atteindre  exactement  «,,  mais  11  est  facile 
de  le  comprendre  entre  une  limite  inférieure  et  une  limite  supérieure,  égales 
respectivement  aux  poids  de  saccharose  qui  restent  dans  les  solutions  aux 
deux  instants  /„^,  et  i,^  entre  lesquels  est  situé  le  temps  T. 

('  )  H.  Colin  ei  A.  ChaldliX,  Comptes  rendus.,  t.  1G7,  1918,  p.  338.  —  A.  Chaudln, 
Ann.  Cil...  9*  série,  t.  13,  1920,  \>.  3oi. 


N 

I  lO 

.^, 

55 

N 
27,5 

N 


36  1 .38(>  1 ,437 


SÉAXCE    DU    23    JA?s'VIER    I922.  219 

Conditions  expérimentales. 

Concentration  Initiale  en  saccharose 2".  27  pour  100'^'"" 

Concentration  en  diastase 2™'  pour  100""' 

Température H)\  5 

Poids  dcsarcliarose  coiTcsponiUinl 
à  la  quaiuilé  de  sucrase  cmployi'-i'. 

Vitesse 1        — - — -^ — . 

Uéaction  du  niiliei:.  d'inversion.  f. imite  inférieure.     Limite  supérieure. 

Soude -^ — iS  j.6i5  1,66- 

J07I 

\ 

V)  

3928 

»  o-      •^'^  I  .0(32  1,400 

7007 
Sucrase  seule 75  i  ,323  1 .385 

.    •  ,         -  •  ^ 

Acide  acétique  ^-. — Q~ .  ■>  i  ,  o  1  -  i ,  o-8 

rjooo  ^  '  '  ' 

»  — ; — I  o5  1  ,  27S  I  .  3  J  >■ 

2700 

''  A  , 

»  ^,  ,., I  I  <)  I  ,  20f)  I  ,  285 

iS3a 

»  110  I  ,  0Q4  I  .  1 70 

iioo  •'  ' 

»  -nr-    IO4  0,02-  I,OÏ'. 

ODO  ^      ' 

9S  O , go4  o. 964 


90  0,890  0,988 

85  0,872  0,934 

80  o,S58  09:1 


.....,,.       68  G  849  '^go^ 

»  N     .-...:  o..-.       09  0,842  Oj88: 

Ainsi  que  l'ont  trouvé  les  auteurs,  la  vitesse  augmente  d'abord  avec 
Tacidité  et  diminue  ensuite.  On  voit  de  plus  que  le  poids  r/,  de  saccharose 
susceptible  de  fixer  la  quantité  de  sucrase  présente  dans  la  liqueur  est  d'autant 
plus  faible  que  V acidité  est  plus  considérable . 


220  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

C'est  là  le  fait  nouveau  :  V addition  d'acide  se  traduit  par  une  diminution 
de  la  quantité  d'enzyme  qui  entre  enjeu.  La  vitesse  d'hydrolyse  étant,  toutes 
choses  égales  d'ailleurs,  proportionnelle  à  la  quantité  d'invertine,  à  une 
diminution  de  la  dose  d'enzyme,  correspond  nécessairement  une  diminu- 
tion —  (A^')2  de  la  vitesse;  dès  que  (Ac)^  est  supérieur  à  l'accroissement 
de  vitesse  (A^),  dû  à  l'instahilité  plus  grande  du  complexe,  la  variation 
totale  de  la  vitesse  \v  =  (Aç'),  —  (A(')2  devient  négative. 

L'immobilisation  apparente  d'une  partie  de  la  diastase  s'expliquerait 
aisément  dans  l'hypothèse  d'un  complexe  sucre  +  enzyme  de  nature  phy- 
sique. Si,  en  effet,  le  saccharose  se  fixe  transitoirement  à  la  surface  des  par- 
ticules de  sucrase,  le  diamètre  de  celles-ci,  donc  leur  nombre  et  la  surface 
totale  variant  avec  la  réaction  du  milieu,  le  poids  «,  de  sucre  correspon- 
dant à  une  quantité  n^  de  diastase  doit  être,  lui  aussi,  fonction  de  la 
réaction. 


CHIMIE  ANALYTIQUE.  —  Nouvelle  méthode  pour  la  recherche  de  la  graisse 
de  coco  dans  le  beurre  de  vache.  Note  de  M.  C.-F.  Muttelet,  présentée 
par  M.  Lindet. 

J'ai  montré  précédemment  (  '  )  que  l'on  peut  déceler  dans  une  graisse  ani- 
male la  présence  d'une  graisse  végétale  en  utilisant  ce  fait  que  le  corps  gras 
végétal  introduit  dans  la  graisse  animale  une  substance  étrangère  :  une 
phytostérine  que  l'on  peut  caractériser  parle  point  de  fusion  de  son  acétate. 

.Je  me  propose  de  donner  et  d'interpréter  les  résultats  obtenus  en  appli- 
quant ce  même  principe  à  la  recherche  de  la  graisse  de  coco  dans  le  beurre 
de  vache. 

La  phytostérine  extraite  de  la  graisse  de  coco  fournit  un  acétate  fondant 
à  125°,  tandis  que  la  cholestérine  caractéristique  des  matières  grasses  ani- 
males, possède  un  acétate  fondant  à  1 14**-!  i4"52,  de  telle  sorte  qu'en 
opérant  comme  je  l'indique  plus  loin  pour  isoler  les  stérines,  on  obtient 
avec  un  beurre  additionné  de  coco  un  mélange  d'acétates  de  cholestérine 
et  phytostérine  dont  le  point  de  fusion  est  d'autant  plus  élevé  que  la  quan- 
tité de  graisse  de  coco  est  plus  considérable. 

Le  mode  opératoire  que  j'emploie  repose  sur  cette  propriété  des  stérines  d'être  pré- 
cipitées par  la  digitonine  sous  forme  d'une  combinaison  double  :  digitonide  ou  stéridet 

(')  Annales  des  falsifications^  igii,  p.  827 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  I922.  22  [ 

De  préférence  on  eilectue  cette  précipilallon,  non  pas  sur  la  matière  grasse  elle-même, 
mais  sur  les  acides  gras  obtenus  par  saponification.  De  plus,  lorsqu'il  s'agit  de  beurre, 
il  est  nécessaire  de  fondre  l'écliantillon  et  de  décanter  la  matière  grasse  sur  un  filtre 
pour  la  débarrasser  de  la  partie  aqueuse.  C'est  sur  5o?  de  filtrat  clair  qu'on  procède 
à  la  recherche  de  la  façon  suivante  : 

Les  acides  gras  fondus  au  bain-marie,  à  70°  environ,  sont  traités  par  20'^'"^  d'une 
solution  de  digitonine  cristallisée  à  i  pour  100  dans  l'alcool  à  9.5°.  La  précipitation  du 
digitonide  commence  aussitôt;  on  la  facilite  en  ajoutant  1""'  d'eau  et  en  agitant  fré- 
quemment. Après  3o  à  45  minutes  de  chauffe,  on  recueille  le  précipité  sur  un  petit 
filtre  sans  plis  placé  dans  l'étuve  à  eau. 

On  le  lave  avec  du  chloroforme  chaud,  puis  à  froid  avec  de  l'éther,  pour  le  débar- 
rasser de  toute  trace  d'acides  gras.  C'est  après  dessiccation,  une  masse  brillante  de 
follicules  nacrées. 

On  l'introduit  dans  un  gros  tube  à  essais  (22'="')  et  on  le  chauffe  avec  2*^"*'  à  4'^™'' 
d'anhydride  acétique  en  maintenant  une  douce  ébullition  pendant  5  minutes.  L'acétate 
de  stérine  est  ensuite  précipité  par  addition  de  5  volumes  d'alcool  à  5o°;  on  le  recueille 
en  s'aidant  du  vide.  Le  produit  est  repris  sur  filtre  par  l'éther  froid  et  le  filtrat  éva- 
poré fournit  l'acétate.  On  le  redissout  au  bain-marie  dans  l'alcool  absolu  (1'^°'^  à  2'^'^^) 
et  par  refroidissement  on  obtient  une  masse  cristalline  qu'on  essore  sur  plaque 
poreuse. 

C'est  l'acétate  de  stérine  dont  on  prend  alors  le  point  de  fusion  par  la  méthode  des 
tubes  capillaires,  au  moyen  d'un  thermomètre  de  précision  marquant  le  cinquième  de 
degré  et  en  s'entourant  de  toutes  les  précautions  d'usage. 

A  l'aide  de  ce  procédé  dénommé  Essai  à  V acétate  de  phytostérine ^  j'ai 
examiné  des  beurres  purs  d'origine  française  et  leurs  mélanges  avec  des 
proportions  croissantes  de  graisse  de  coco.  Les  résultats  obtenus  sont 
rassemblés  daiisle  Tableau  ci-après. 

En  ce  qui  concerne  les  beurres  purs,  ces  résultats  montrent  qu'on  arrive 
facilement,  dès  la  deuxième  cristallisation  dans  l'alcool  absolu,  à  préparer 
un  acétate  de  cholestérine  propre  à  la  prise  du  point  de  fusion.  Ils  montrent 
également,  et  c'est  là  ce  qu'il  s'agissait  d'établir  tout  d'abord,  que  le  point 
de  fusion  de  Facétate  de  cholestérine  n'oscille  qu'entre  des  limites  fort 
rapprochées  (11 3°, 6-1  i4"j2)  dans  ces  beurres  p^irs  d'origine  française. 

En  ce  qui  concerne  les  beurres  additionnés  de  graisse  de  coco,  les  chiffres 
qui  figurent  au  même  Tableau  sous  le  titre  «  Beurre  et  Graisse  de  coco  » 
montrent  toute  la  sensibilité  du  procédé.  On  voit  en  effet  que  le  point  de 
fusion  des  mélanges  d'acétates  de  cholestérine  et  de  phylostérine  s'élève 
progressivement  avec  la  teneur  en  graisse  de  coco. 

De  l'ensemble  de  ces  faits,  il  résulte  que  : 

i'^  On  obtient  avec  les  beurres  purs  d'origine  française,  un  acétate  de 
cholestérine  dont  le  point  de  fusion  oscille  entre  des  limites  très  voisines 


222  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

(i  l'i^-ô-i  i4",  2  ),  mais  qui  reste  toujours  sensiblement  inférieur  à  114°, 5. 
2"  On  obtient  avec  les  beurres  additionnés  de  graisse  de  coco  des 
mélanges  d'acétates  do  cliolestérine  et  de  phytostérine  dont  le  point  de 
fusion  va  en  s'élevant  de  nfi°,C)  avec  5  pour  100  d'adultérant  végétal, 
jusqu'à  1 1  8°  pour  -une  teneur  de  3o  pour  100  de  ce  dernier. 

Acétates  de  slciincs. 

du  Points  de  l'usiini 

\  digilonide        Poids         en  degrés  centigrades. 

('■ehan-  Nature  milli-  iiiilli-        1'^' cristal-       -^^  cristai- 

tilions.  des  matières  grasses.  grammes,    grammes,      lisalion.  lisation. 


Acétate  de  cliolestérine. 


Beurres  purs  (5os)  : 

1.     Seine-Inférieure 288 

'2.  Id.  227 

3.      Manche 2i5 

k.  Id ;î26 

5.  Orne 9.28 

6.  Finistère '^28 

7.  Vienne o'25 

8.  Id 225 

9.  Deux-Sèvres 22.5 

10.  Charente-Inférieure ..■  280 

11.  Ici.  280 

12.  Maine-et-Loire 235 

13.  Indre-et-Loire 288 

li.  Id.  ...,...' 287 

15.     Lozère 245 


Beurre  et  graisse  de  coco  (5o^')  : 

16.  Beurre  pur  (mélani;ed^  n°*  1  à  15). 

17.  Beurre  n*^.  Ki  :  g5  °/o+  coco  :  5  "/„. 
:  90V0-+-  W.  :  10  Vo. 
:  8o«/o-l-  Id.  :  20  "/o- 
:  7o7„-+-    Id.    :  3oo/o. 


■>~ 

114 

,0 

1 14 

2 

5i 

ii3 

f 

)4 

1 13, 

,6 

57 

ii3. 

,8 

Il4; 

2 

53 

1M3. 

,8 

114. 

,() 

52 

J14 

,0 

tt4 

,0 

52 

ji3 

,s 

114 

)0 

52 

ii3 

A 

1 13 

,6 

5i 

ii3 

,5 

11 3. 

,8 

53 

ii3 

,8 

1 13 

>9 

55 

1x3 

,8 

1 13. 

,8 

5i 

ii4 

,0 

II4; 

,  I 

53 

ii3 

,8 

'i4: 

.0 

52 

1 13 

,8 

114: 

," 

52 

1 13, 

6 

X,  1 1 3 , 

- 

53 

1 13, 

6 

7  1 3, 

8 

Mélanges  d'acétates  (  ') 
de  cliolestérine  et  de  phytostérine. 


18. 

Id. 

li). 

Id. 

2a. 

Id. 

286 

53 

1 13,6 

1 14.0 

224 

5i 

ll4,2 

1  14.5 

224 

5i 

ii4,8 

1 15,5 

220 

5o 

116,0 

116,6 

2l5 

4B 

117, 0 

118,0 

En  particulier  la  valeur  1 15'',5  qu'il  prend  pour  une  addition  de  lo  pour 

(')   l'our  le  n''  16.  tjui  est  un  beurre  pur,  les  points  de  fusion  sont  ceux  de  Tacétate 
de  cliolestérine. 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  I922.  2-^3 

roo  de  graisse  de  coco,  valeur  si  nettement  supérieure  au  point  de  fusion 
1 14*^?  2  de  l'acétate  de  cholestérine,  permet  de  conclure  : 

L'addition  de  graisse  de  coco  à  un  beurre  pur  d'origine  française,  même  à 
la  dose  réduite  de  lo  pour  100,  peut  être  aisément  décelée  par  l'eissai  àTace- 
tate  de  phytostérine,  lorsqu'on  isole  les  st<  rincs  par  la  digitonine  comme  je 
Fai  indiqué  ci-dessus. 


Gi':OLOGlE.  —  Sur  l'existriice  (ht  Crétacé  supérieur  dans  la  fosse  centrale  de 
la  Manche  d'après  les  dragages  du  «  Pourquoi -Pas'.'  ».  \ote  de  MM.  Patl 
Lemoixe  et  Rexé  Abrard, 


La  nature  des  fonds  sous-marins,  en  particulier  celle  des  fonds  de  la 
Manche,  est  encore  à  peu  prés  inconnue,  malgré  quelques  dragages  faits  par 
les  Laboratoires  de  Plymouth  et  de  Roscoff. 

Sur  la  demande  de  l'un  de  nous,  le  D''  Charcot  a,  lors  de  la  dernière 
campagne  du  Pourquoi-Pas'^  fait  procéder  à  des  dragages  permettant,  grâce 
à  un  dispositif  nouveau,  de  rapporter  de  gros  blocs  des  fonds  sous-marins. 

L'étude  sommaire  des  matériaux  recueillis  et  leur  report  sur  la  carte  a 
permis  de  constater  que  des  silex  tout  à  fait  analogues  aux  silex  de  la  craie 
du  Bassin  de  Paris  jonchent,  en  très  grande  quantité,  tout  le  fond  de  la 
fosse  centrale  de  la  Manche.  Ils  sont  généralement  associés  à  des  quartzites 
et  à  des  roches  paléozoïques;  ils  se  trouveraient  au-dessous  d'un  lit  de 
gravier.  Ces  silex  sont  arrondis,  mais  non  roulés  ;  ils  se  montrent  en  très 
grande  abondance  :  certains  dragages  en  sont  presque  exclusivement 
composés,  dans  la  grande  fosse  au  nord-ouest  de  Cherbourg.  Un  échantillon 
trouvé  au  large  de  Flamanville  (St.  5o)  est  même  constitué  par  une 
véritable  craie  à  Rosalina^  Orbuliiia,  Globigerina,  etc. 

Cette  campagne  du  Pourquoi-Pas?  a  montré  également  que,  sur  le  bord 
de  la  péninsule  armoricaine,  on  trouvait  dans  presque  lous  les  dragages  des 
silex  identiques,  mais  beaucoup  moins  nombreux. 

Ces  silex  du  fond  de  la  Manche  ne  paraissent  pas  avoir  été  transportés 
à  de  grandes  distances;  on  peut  les  considérer  comme  trouvés  à  peu  prés 
in  situ. 

Leur  existence  doit  être  rapprochée  de  celleldu  lambeau  d'argile  à  silex 


224 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


signalé  par  M.  Bigot,  sur  le   granité  de  Flamanville.   et  de  la    présence 
cV Ananchytes  ovatus  dans  les  alluvions  anciennes  de  Bricquebec. 

Ils  viennent  confirmer  l'opinion  de  Lebesconte  qui,  ayant  trouvé  des  silex 
crétacés  sur  des  plages  bretonnes,  n'admettait  pas  qu'ils  fussent  dus  au  lest 
de  bateaux  et  pensait  qu'ils  provenaient  de  gisements  situés  au  large. 


Carte  des  gisements  crétacés  sous-marins  de  la  ."Manche.   Les  points  numérotés  sont  ceux  étudiés 
par  le  D"'  Charcot  :  les  autres  points  ont  été  dragués  par  d'autres  savants. 

Les  échantillons  recueillis  montrent  qu'un  aflleurement  important  de 
Crétacé  supérieur  à  faciès  craie,  se  trouve  \lans  Taxe  de  la  Manche  et 
prouvent  que  la  «  Trouée  de  la  Manche  »  existait  déjà  à  cette  époque, 
faisant  communiquer  les  mers  crétacées  du  Bassin  de  Paris  avec  celles  des 
Py^rénées  et  des  régions  méditerranéennes. 

Un  seul  échantillon  de  Tertiaire,  avec  Alçeolina,  a  été  recueilli.  Des 
sondages  ultérieurs  permettront  certainement  de  rpultiplier  ces  trouvailles. 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  1922.  225 

Mais,  dès  à  présent,  nous  attirons  l'attention  sur  l'intérêt  qu'il  y  a,  au 
point  de  vue  géologique,  à  posséder  des  navires  de  recherches,  comme  le 
Pourquoi-Pas?  La  supériorité  incontestable  de  ces  Laboratoires  maritimes 
mobiles  sur  les  Laboratoires  fixés  à  terre  s'étend  non  seulement  aux 
sciences  biologiques,  mais  aussi  aux  sciences  géologiques.  Leur  intérêt 
théorique  et  leur  importance  pratique  s'en  trouveront  accrus  d'autant. 


GÉOLOGIE.   —  Sur  la    géologie  de   la  province   de  Sam  Neua  {Haut 
Laos  oriental).  Note  de  M.  Léox  Dussault,  présentée  par  M.  Pierre 

Termier. 

J'ai  consacré  la  saison  d'hiver  191 9-1 92oàétudierlaprovince  de  Sam  Neua. 
Cette  province  correspond  àTancien  territoire  des  Hua  Pan  ;  c'est  une  sorte  de 
glacis,  situé  à  Fest  du  prolongement  de  la  Chaîne  annamitique,  qui,  par 
les  hauteurs,  dépend  bien  des  vrais  plateaux  laotiens  du  Tran  Xinh  et  de 
Luang  Prabang;  mais  tous  les  cours  d'eau,  bientôt  progressivement 
encaissés  en  contrebas  d'une  pénéplaine  ancienne,  descendent  au  Song  Ma, 
à  son  affluent  le  Nam  Sam  ou  haut  Song  Chu,  ainsi  qu'au  Song  Ca,  bref 
sont  tous  tributaires  du  Golfe  du  Tonkin  ;  à  ce  dernier  titre,  la  province  de 
Sam  Neua  peut  être  considérée  comme  une  partie  de  l'arrière-pays  géogra- 
phique de  ^  inh  et  de  Thanh  Hoa,  dans  le  Nord-Annam. 

Au  point  de  vue  géologique,  abstraction  faite  d'une  étroite  marge  occi- 
dentale que  je  n'ai  pas  étudiée,  la  structure  est  homogène  et  la  province  de 
Sam  Neua  se  présente  comme  un  fragment  d'un  ensemble,  qui  se  poursuit 
au  Nord-Ouest  et  au  Sud-Est  et  auquel  je  propose  d'attribuer  la  désigna- 
tion de  Zone  du  Nam  Sam^  du  nom  de  la  rivière  située  suivant  son  axe  dans 
Sam  Neua. 

Le  substratum  est  formé  par  des  terrains  cristallins  (granité,  gneiss, 
micaschistes,  schistes  amphiboliques  et  calcaires  cipolins)  qui  affleurent 
dans  des  massifs  situés  des  deux  côtés  du  Nam  Sam,  à  savoir,  au  Sud-Ouest  : 
la  terminaison  septentrionale  du  Pou  Huât  et  le  Massif  du  Haut  Song  Ca;  au 
Nord-Est  :  le  Plateau  de  Nong  Kang  et  le  Massif  du  Moyen  Song  Ma. 

Sur  le  substratum  et  principalement  dans  l'axe  de  la  Zone  le  long  du 
Nam  Sam,  mais  débordant  aussi  sur  les  massifs  cristallins,  se  rencontre 
une  très  épaisse  série  schisto-gréseuse,  qui  m'a  fourni,  dans  une  dizaine  de 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N«  4.)  ^7 


•22.6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

gisemeiiLs,  semés  sporadiquement  sur  toute  la  longueur,  des  fossiles  tria- 
siques.  Ces  fossiles,  étudiés  par  M.  Mansuy,  paraissent  surtout  corres- 
pondre à  un  niveau  voisin  de  la  Zone  à  Ceratiles  trinodosus ;  ']e  cite,  des  gise- 
ments de  \ong  Ivoii,  les  Ammonites  suivantes  :  Ceratiies  Sainneuaensis 
Mansuy  cf.  C.  trinodosus ,  Ceraiites  sp.  afï".  C.  Ravana  Diener,  Ceratites  cf. 
Padma  Diener.  Pinacnceras  ci.  Damesi^lop.,  Cuccocerascï.  C.  Yoga  Diener, 
Arpaditcs  sp.  cf.  A.  limLifiensis  Mojs.  Seul  le  mauvais  gisement  du  Houei 
Klié  Die,  m'a  fourni  une  Ammonite,  Anatibetites  sp.  cf.  A.  Kehini  iMojs., 
qui  fait  songer  à  du  Trias  supérieur. 

La  série  gréso-schisteuse  triasique  est  envahie  par  des  masses  considé- 
rables et  irrégulières  d'iiiie  roche  éruptive  acide,  dont  le  type  moyen  est 
une  Bhyolite  à  quartz  globulaire.  En  de  nombreux  points,  notamment  vers 
le  Sud-Ouest  contre  le  Pou  Huât  et  contre  le  Haut  Sang  Ca,  ces  roches  sont 
écrasées  ju:S([uii  prendre  Faspect  de  schistes  cristallins.  Les  traces  d'écrase- 
ment sont  manifestes  également  dans  la  série  gréso-schisteuse  et  elles 
conduisent  à  considérer  que  tout  Tensemble  a  glissé  et  flotte  en  contact 
anorilial  sur  le  substratum. 

Au-dessus  de  la  série  triasique,  suivant  une  bande  étroite  de  direction 
Nord-Ouest,  vient  un  paquet  principalement  calcaire  que  je  désigne  sous 
le  nom  de  Calcaires  de  Ban  0.  Près  de  Ban  O,  à  la  partie  supérieure  du  pa- 
quet, j'ai  recueilli  des  Brachiopodes  :  Holcothyris  laosensis  Mansuy,  Auia- 
cothf  ris  Dussaulti  Mansuy ,  Zeilleria  pentagona  Mansuy,  Zeilleria  intermedia 
Mansuy,  comparés  à  des  formes  calloviennes  et  des  Bivalves,  dont  Lima 
sp.  cf.  L.  PhiUipsi  d'Orh.  de  FOxfordien  européen.  Les  calcaires  de  Ban  O, 
où  les  brèches  et  les  bancs  laminés  sont  fréquents,  semblent  avoir  à  leur 
tour  glissé  sur  la  série  triasique. 

Sur  un  espace  très  limité,  à  Muong  Peun,  j'ai  rencontré,  en  discordance 
sur  le  Trias,  un  lambeau  de  grès  et  de  marnes  à  végétaux  miopliocénes, 
du  type  des  formations  de  "V  en  Bay  au  Tonkin. 

Enfin,  pour  compléter  ces  données  générales  sur  la  structure  de  la  pro- 
vince de  Sam  Neua,  une  longue  traînée  de  roches  à  pyroxênc^  profondes, 
postérieures  aux  charriages  de  la  région,  se  poursuit  suivant  la  direction 
Nord-Ouest  et  sépare  le  Plateau  de  Nong  Kang  du  massif  du  Moyen  Song 
Ma.  M.  Gh.  Jacob,  qui  a  examiné  mes  échantillons,  considère  leur  type 
moyen  comme  une  diabase  andésitique;  tandis  que  les  roches  d'un  petit 
massif,  isolé  de  la  traînée  principale  vers  Muong  Pao,  offrent  des  feldspaths 
acides  et  peuvent  être  appelées  syénites  à  pyroxène. 


SÉANCE"  DU  23  JANVIER  I922.  227 

GÉOLOGIE.  —  Les  massifs  autochtones  du  Nord-Est  du  Tonkln.  Nol(î 
de  M.  Kexi':  Bourret,  présentée  par  M.  Pierre  Termicr. 

Depuis  le  début  de  l'année  191 9  j'ai  été  appelé  à  réviser,  dansle  Nord-Est  du 
Tonkin,  la  vaste  surface  qui  s'étend  depuis  la  frontière  de  Chine,  à  l'est  de  la 
province  de  Lang-Son  et  du  Territoire  militaire  de  Gao  Bang-,  jusqu'à  la 
Rivière  Claire  aux  environs  de  Ha  Giang-.  Déjà  considért-e  antérieurement  à 
mes  travaux,  au  moins  en  partie,  comme  \\n  pays  de  nappes^  cette  région 
montre  en  effet  des  lambeaux  charriés,  qui  reposent  sur  une  série  scliis- 
leuse  recouvrant  elle-même  des  massifs  autochtones.  Cette  noie  se  propose 
d'indiquer  les  principaux  caractères  de  ces  derniers. 

Je  les  groupe  suivant  trois  arcs,  grossièrement  concentriques  entre  eux 
et  concentriques  à  un  massif,  également  autochtone  et  formé  exclusivement 
de  terrains  cristallins,  le  massif  du  Haut  Song  Chay. 

Pour  les  arcs,  envisagés  de  l'exlth-isur  à  l'intérieur,  voici  les  éléments  que  j'y 
reconnais  :  1°  Massif  du  Bac  Son,  aftleurements  calcaires  des  régions  de  Dieni  Hé,  de 
Lang  Son,  de  Na  Cham  et  de  That  Khé,  massif  calcaire  de  l'est  de  Gao  Bang; 
2**  Fenêtre  de  Yen  Lac,  Fenêtre  de  Phien  Dia,  Anticlinal  du  Lung  Xung;  3°  Arc  du 
Coc  Xo.  correspondant  à  TAnticlinal  du  Coc  Xo  proprement  dit,  au  Dôme  de 
Ngan  Son,  au  Dôme  du  Xui  Tong  Tinh  et  aux  affleurements  de  la  vallée  du  Song  Niao  ; 
Tare  du  Coc  Xo  peut-être  prolongé,  dans  1  Extrême  Nord  du  Tonkin,  par  le  massif  du 
Dono  Uuan. 

Au  point  de  vue  stratigraphiquc  et  en  excluant  le  Dong  Quan,  qui  sort 
du  domaine  de  mon  étude,  les  terrains  sédimentaires  des  éléments  autoch- 
tones sont  exclusivement,  où  je  les  ai  étudiés,  le  Dévonien  et  !'(^)uralo- 
permieu. 

Je  vais  considérer  le  Dévonien  dans  le  Massif  calcaire  à  l'est  de  Cao  Bang,  puis  dans 
la  Fenêtre  de  Yen  Lac.  — A  l'est  de  Gao  Bang,  la  série  est  la  suivante,  de  bas  en  haut  : 
I"  Schistes  de  Ban  Gioc  à  Spirifer  c/'ispi/s  His.  et  Grès  du  Bong  Son;  >°  Schistes  à 
Spirifer  speciosus  Schl.,  avec  calcaires  dolomitiques  subordonnés;  les  schistes,  très 
généralement  fossilifères  et  très  constants  à  la  base,  ont  fourni  une  riche  faune,  bien 
connue  par  les  travaux  antérieurs,  et  définitivement  rangée  dans  l'Eifélien  ;  ô"  Calcaires 
dans  lesquels  j'ai  rencontré  Slringoccphalus  Uurtini  Defr.:  4"  Série  de  Ha  Lang, 
formée  de  calcaires  siliceux  à  phtaniles  avec  importantes  inlercalations  de  lydiennes; 
5°  Série  de  Ban  Cra,  composée  de  schistes  en  plaifuettes  et  de  calcaires  griottes  sans 
fossiles.  —  Les  terrain^  de  Yen  Lac  complètent  les  indications  de  la  succession  précé- 
dente; ils  montrent  à  leur  base  la  Série  de  Xa  Man,  située  sous  le  complexe  >>chisto- 
calcaire  ii  Spirifer  speciosus,  par  conséquent  au  niveau  des  Schistes  de  Ban  Gioc  et 
des  Grès  du  Bong  Son.  Cette  série,  très  fossilifère,  a  fourni  notamment,  d'après  les 


228  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

délenninalions  de  M.  Mansuv  :  Calceola  sandalina  Lamarck  ;  Pleclamboniles  yenla- 
censis  Mansuy,  Rajinesqiiina  Domillei  Mans.,  Chonetes  Lantenoisl  Mans.,  Stropho- 
nella  i/wersa  Mans.,  Spirifer  afT.  speciosus  Schlolh..  Sp.  cf.  crispas  Ilis.,  Proetns 
namanevsis  Mans.,  toutes  espèces  rencontrées,  sur  un  point  ou  sur  un  autre,  avec  la 
faune  à  Spirifer  speciosus,  sauf  le  Spirifer  comparé  à  Sp.  crispas  His.;  celui-ci  con- 
sidéré jusqu'ici  en  Indochine  comme  caractéristique  du  Gothlandien,  apparaît  main- 
tenant comme  moins  probant.  L'ensemble  de  la  faune  de  Na  Man  est  eifélien;  il  en  est 
donc  de  même  des  Schistes  de  Ban  Gioc  et  des  Grès  du  Bong  Son.  A  Yen  Lac,  sur  les 
schistes  à  Sp.  speciosus,  vient  une  épaisseur  considérable  de  Indiennes  avec  calcaires 
subordonnés,  qui  représente  ici  la  série  de  Ha  Lang;  puis  on  trouve  la  série  schisto- 
calcaire  dite  de  Pa  Pc,  avec  notamment  :  Rhynchonella  caboides  Sow.,  Rh.  letiensis 
Gosselet,  mut.  orientalis  Mans.  Ces  deux  espèces  dont  j'ai  recueilli  la  dernière  éga- 
lement à  Phien  Dia,  témoignent  de  l'existence  du  Dévonien  supérieur. 

En  résumé,  pour  le  Dévonien,  on  ne  peut  parler  avec  certitude,  dans  les 
massifs  envisagés,  que  d'Eifélien,  de  Givétien  et  de  Dévonien  supérieur  ('  ). 

L'Ouralo-Permien,  représenté  exclusivement  par  des  masses  calcaires 
souvent  importantes,  n'a  fourni  comme  fossiles  déterminables  que  :  Spi- 
rifer Nikitîjii  Tscliern.  et  Schwagerina  cf.  ScJuv .  princeps  Ehr. 

Les  terrains  cristallins  ne  se  rencontrent  que  dans  l'arc  du  Coc  Xo  dont 
un  des  éléments,  le  Dôme  de  Ngan  Son,  présente,  avec  le  Phan  >sg;ame, 
des  granités  qui  passent  à  des  gneiss,  passant  eux-mêmes  à  des  schistes  et  à 
des  calcaires  eiféliens  fossilifères.  Le  granité  du  Phan  Ngame  est  donc  post- 
dé  vonien. 

La  disposition  tectonique  des  terrains  dans  les  éléments  autochtones 
révèle  des  particularités  intéressantes  ;  je  m'attache  au  plus  complet,  celui 
de  l'est  de  Cao  Bang. 

Le  fait  le  plus  apparent,  reconnu  depuis  les  premières  explorations, 
réside  dans  la  discordance  de  la  masse  calcaire  ouralo-permienne  sur  les 
terrains  dévoniens  ;  celle-ci  débute  presque  toujours  par  des  brèches,  inter- 
prétées jusqu'ici  comme  étant  l'indice  d'une  transgression  ;  je  leur  attribue 
plutôt  une  origine  tectonique. 

L'allure  des  brèches,  composées  de  morceaux  très  anguleux,  de  toutes  dimensions, 
jamais  roidés,  montrant  souvent  au  microscope  des  parties  recristallisées,  tordues;  la 
nature  des  morceaux,  surtout  constitués  par  l'Ouralien  qui  est  massif  au-dessus  de  la 
brèche  ;  la  nature  du  ciment,  formé  de  calcite  avec  grands  rhomboèdres  de  clivage, 
sont  autant  de  caractères  d'une  brèche  de  friction  ;  à  quoi  s'ajoutent,  pour  témoigner 

(')  ( Jn  connaît,  au  sud  de  la  région  que  j'ai  étudiée  et  ^ur  le  prolongement  de  la 
Fenêtre  de  ^en  J^ac,  des  schistes  gothlandiens  à  Climacograptus  cf.  scalaris  His.;  ils 
forment  un  affleurement  très  restreint  près  de  Na  Yan,  sous  un  complexe  schisto- 
calcaire  dévonien  très  écrasé,  et  ne  se  placent  malheureusement  pas  dans  une  suc- 
cession lilhologique  régulière. 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  1922.  229 

<lu  cluirriage,  le  laminage  intense  du  Dévonien  sous-jacent,  dont  les  bancs  au  contact 
sont  particulièrement  froissés  et  tordus,  ainsi  que  les  suppressions  fréquentes  au  sein 
même  du  Dévonien,  surtout  vers  l'Ouest,  près  du  domaine  des  schistes  superposés 
à  rOuralien. 

Sous  rOuralien  discordant,  on  reconnaît,  à  Test  de  Cao  Bang,  une  dis- 
position en  dômes  relativement  tranquille  dans  la  partie  orientale  du  massif, 
oii  ces  dômes  séparent  des  dépressions  synclinales  ayant  conservé  des 
lambeaux  importants  des  calcaires  ouraliens.  Dans  l'ouest  du  massif,  au 
contraire,  la  couverture  ouralienne,  à  peu  près  horizontale,  recoupe,  par 
sa  base,  la  tête  des  dômes  écrasés  des  terrains  dévoniens  ;  c'est  là  que  la 
discordance  tectonique  s'observe  avec  le  plus  de  netteté  à  la  faveur  de 
fenêtres,  par  exemple  au  nord  de  Quang  Uyen  et  en  de  nombreux  points 
du  Lu  Khu.  Bref,  les  choses  semblent  s'être  passées  comme  si  la  couver- 
ture ouralienne  avait  été  charriée  sur  une  région  plissée  en  dômes,  un  peu 
avant  son  arrivée.   . 


GÉOLOGIE.  —  Sur  la  structure  du  Trias  des  régions  de  Meknès  à  riiniaouen 
{Maroc  septentrional).  Note  de  M.  P.  Russe,  transmise  par  M.  Ch. 
Depéret. 

D'une  série  d'observations  faites  dans  le  Gharb  et  dans  les  régions  de 
Meknès,  de  Fez  et  de  l'Innaouen  en  1921.  je  détacherai  les  faits  suivants 
relatifs  à  l'allure  tectonique  du  Trias  : 

i**  Dans  toute  cette  zone,  des  affleurements  de  Trias  gypso-salin  se  mon- 
trent tantôt  en  série  normale  sous  le  Lias  inférieur,  tantôt  hors  de  leur  po- 
sition primitive,  les  masses  gypseuses.  s'élevant,  grâce  aux  fentes  du  Lias 
jusqu'au  Tertiaire,  dans  des  conditions  qui  semblent  analogues  à  celles 
indiquées  par  ^L  Savornin,  dans  le  Hodna  (Algérie). 

2°  Les  couches  gypso-salines  ne  semblent  pas  toutes  triasiques.  Une 
partie  sont  éocènes  ou  mêm-e  miocènes  et  proviennent  vraisemblablement 
de  terrains  triasiques  remaniés. 

3''  Les  points  où  le  Trias  gypso-salin  se  montre  sous  forme  de  masses- 
remontant  du  dessous  des  couches  basiques  jusqu'au  contact  des  marnes 
vertes  helvétiennes  se  voient  notamment  dans  les  collines  qui,  au  nord  de 
la  Nzala  el  Oudaïa,  bordent  la  route  de  Fez  à  Petitjean,  sur  les  bords  de 
rOiied  Mikkès.  On  y  voit  une  masse  de  gypses,  d'argiles  rouges  et  de  sel 
gemme,  accompagnée  de  diabases,  et  située  sous  les  calcaires  bleus  du 
Lias,  s'étendre  vers  le  Nord;  puis  les  calcaires  basiques  surmontés  de  termes 
plus  élevés    du   Jurassique.   d'Eocène  et   de  Bardigalien,   s'interrompent 


23o  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

brusquement,  laissant  i<^  Trias  monter  verticalement  jusqu'au  contact  des 
marnes  vertes  lielvétienues  qui  couvrent  tout  le  pays. 

4"  En  bien  des  points,  le  contact  du  Trias  et  des  marnes  miocènes  existe, 
mais  sans  qu'on  puisse  suivre  le  passage  du  Trias  à  travers  le  Jurassique; 
dans  ce  cas  le  Trias  forme  une  amygdale  au  milieu  des  marnes,  et  les  masses 
de  gypse  et  de  sel  forment  constamment  des  anticlinaux  peu  étendus,  à 
pend  âge  voisin  de  la  verticale,  ayant  les  caractères  à' anticlinaux  àiapirs 
de  faible  envergure. 

5°  Dans  toute  cette  région,  je  n'ai  observé  aucune  trace  de  mylonites,  de 
brèches  de  friction,  ni  de  roches  écrasées,  et  la  forme  même  des  pointements 
de  Trias  exclut  dans  la  région  observée  (pays  entre  Ouergha  et  Sebou; 
zone  entre  Petitjean,  Meknès,  Fès  et  vallée  inférieure  et  moyenne  de  Tln- 
naouen),  la  présence  de  nappes  de  charriage  et  fait  ressortir  le  caractère 
intrusif  de  Trias. 

(j°  L'âgre  des  terrains  tertiaires  en  contact  avec  le  Trias  a  été  déterminé  : 
pour  TEocène,  par  la  découverte  de  NummuUtcs  Gisehensis  et  aff.  Gisehensi>. 
(détermination  L.  Doncieux)  et  pour  le  Miocène,  par  l'abondance  d'une 
grande  Tnrritclla  voisine  de  T.  gradata,  Menke,  sans  être  identique  à  cette 
espèce  de  Burdigalien  d'Autriche. 

PALÉONTOLOGIE.  —  Sur  V iuiporlancc  pratiqur  et  phylo génétique  du 
talon  antérieur  (T,,)  des  molaires  des  mastodontes  et  des  éléphants. 
Note  de  M.  Sabba  Stefaxescu. 

De  même  que  le  T^,,  le  T,,  des  molaires  des  mastodontes  et  des  éléphants, 
que  j'ai  étudié  au  point  de  vue  pratique  et  phylogénétiquc,  présente  des 
caractères  morphologiques  utilisables  à  la  détermination  de  droite  ou  de 
gauche  des  molaires,  et  des  caractères  morphophvlogénéticfues  utilisables  à 
la  détermination  du  phylum  des  mastodontes  bunoiophodontes  et  des  élé- 
phants qui  sont  leurs  descendants.  Cette  affirmation  est  basée  sur  les  faits 
suivants  : 

1.  D'après  Vacek  ('),  le  T^,  et  le  T„  des  molaires  des  mastodontes  angus- 
tidens,  longirostris,  arvernensis  n'onl  pas  la  même  valeur  morphologique,  car 
le  T^,  est  une  vraie  colline,  landis  que  le  T„  n'est  que  le  produit  du  collet 
(cingulum)  du  bord  antérieur  de  la  couronne.  Nous  générahsons  cette  juste 
observation,  qui  convient  aussi  bien  aux  molaires  des  mastodontes  précités 
qu'aux  molaires  à^Elephas  meridionalis  et  de  lous  les  éléphants. 

(')   Ueber  œsierrcichische  Mastodonten,  1877,  P-  '^  ^^  ^^- 


SÉANCE    DU    23    JANVIER    ir)22.  23 1 

IL  Yacek  (  ')  a  remari [iié  que  le  ï„  des  m~  et  Mj  de  Mdslodon  longirostris 
est  plus  rapproché  du  côté  externe  que  du  côté  interne  de  la  couronne.  Or, 
d'après  mes  observations,  c'est  un  fait  général  que  le  T„  des  molaires  infé- 
rieures des  mastodontes  bunolophodontes  ot  des  éléphants  est  déplacé  et 
penché  vers  l'extérieur  de  la  cuuronne. 

Le  déplacement  est  dû  au  développement  inégal  des  T^,.  et  T ,.,.  de  la  pre- 
mière colline.  En  effet,  le  sommet  du  T^,  est  placé  juste  à  l'endroit  (ju/ 
sépare  le  T,,.  de  T,.,.,  mais  il  est  plus  rapproché  du  côté  externe  que  du  côté 
interne  de  la  couronne,  parce  ([ue,  transversalement,  le  T,,  est  moins  larg" 
que  son  congénère  T,., . 

Le  penchant  est  dû  à  la  direction  obli(|ue,  de  l'extérieur  à  l'intérieur,  de 
la  racine  antérieure  (R,,)  de  la  molaire:  le  T,,  qu'elle  porte  est  penché  en 
sens  inverse. 

Puisque  imariablement  le  T,,  des  inolaires  inférieures  est  déplacé  et  penché 
vers  Vextéiieur  de  la  couronne,  il  s^msuil  qu  il  nous  indique  le  côté  externe,  et 
par  conséquent  la  position  de  droite  ou  de  gauche  des  molaires. 

IIL  Chez  la  m'  de  Mastodon  longirostiis,  Falconer  (^)  a  observé  «  an 
accessory  crest  in  front  »  qui  «  de  la  pointe  principale  interne  descend  obli- 
quement vers  la  base  de  la  pointe  la  plus  externe  »,  et  A  acek(^)  a  remarqué 
que  derrière  le  collet  du  bord  antérieur  de  la  couronne  de  M:[  de  Mastodon 
angustidens il  j  a.  une  série  de  mamelons  (en  allemand  cine  Hûgelfolge).  qui 
«du  sommet  de  la  principale  pointe  pnetrite.  va  au  pied  antérieur  de  la 
principale  pointe  posttrite».  Or,  d'après  mes  observations,  la  série  de 
mamelons  en  question  n'est  que  le  lobe  antérieur  (a)  du  T,;.  de  la  première 
colline,  et  parce  qu'il  rappelle,  en  apparence,  l'aspect  d'une  aile  déployée, 
je  l'appelle  lobe  ali forme  (L,,/). 

a.  Mais  chez  les  M-  de  Mastodon  an'ernensis  de  ma  collection  et  chez 
les  M-  de  Mastodon  longirostris  figurées  par  Vacek  (^),  le  L^,/ n'existe  pas 
derrière  le  T,,.  Nous  nous  trouvons  donc  en  pr(''sence  des  deux  bouts  du 
phylum  des  mastodontes  angustidens^  longirostris,  anernensis,  à  savoir:  le 
bout  initial  angustidens,  dont  les  Mt  ont  L,,^,  et  le  bout  final  longirostris. 
arvernensis,  dont  les  M-  n'en  ont  pas. 

b.  Si  nous  admettons  que  le  phylum  Mastodon  angustidens -^longi- 
rostris ^^  arv^r  ne  n  si  s  est  réel,  ipso   facto  nous    admettons   que   l'évolution 

(')   i'I.  1,  fig.  2-2a,  i-5,  et  p.  ^g-So. 

(-)  Palœontologicat  Memoirs,  t.  1,  p.  107.  ^^     »  •  a    -n. 

{")  Op.  cit.,  p.  16;  pi.  IV,  lîg.  3-3a.  et  pi.  V,  fig.  i-ia.  .^^^^y.A^-/\ 
{')  Pi.  III,  fig.  i-ia.               "  ""^     ■      "  "" 


et:  - 

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232  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

du  T,;  et  du  L,,/ est  en  corrélation  inverse;  à  mesure  que  le  T„  s''accroît, 
le  L^,/  se  réduit. 

c.  Chez  les  molaires  supérieures  des  mastondontes  angustidens,  longi- 
i^ostris^  arvcrnensis,  V>„,  existe  toujours  derrière  le  collet,  car  quelle  que  soit  la 
différenciation  qu'il  a  subie,  soit  en  trèfle  à  quatre  lobes  (<:^ — c^a^p^m), 
soit  en  trèfle  à  trois  lobes  (<;  e,  a,  p),  ou  à  deux  lobes  {/  e,  «),  le  T^,.  de  la 
première  colline  a  gardé  le  lobe  a. 

Chez  les  molaires  inférieures  des  mêmes  mastodontes,  L^,^  existe  aussi, 
mais  seulement  chez  les  espèces  dont  le  T,,.  en  question,  différencié  en  trèfle 
à  quatre  lobes,  ou  en  trèfle  à  trois  lobes,  a  gardé  le  lobe  a.  Chez  les  espèces 
dont  le  T„.  de  la  première  colline,  différencié  en  trèfle  à  deux  lobes (\  e,jo), 
a  perdu  le  lobe  «,  le  L^,/  n'existe  pas. 

IV.  D'après  Yacek  ('),  le  T,,  est  une  excroissance  en  forme  de  coussin, 
(en  diWemdinà  polslerartige  Wiilst  ei  polslcraitige  FF«cAe;7//?o)^  incapable  de 
s'organiser  en  colline.  Mais,  d'après  mes  observations,  le  T^,  est  une  lame 
triangulaire  ou  ovale,  au  sommet  et  aux  bords  libres  mamelonnés  ou  digités, 
convexe  en  avant,  concave  en  arrière,  formée  de  deux  moitiés  asymétriques 
qui  sont,  en  réalité,  deux  tubercules  congénères  différemment  différentiés  et 
inégalement  développés,  le  plus  gros  situé  du  côté  du  T^,.  de  la  première 
colline. 

La  base  du  T,,  est  oblique,  élevée  du  côlé  du  T,.;.  et  abaissée  du  côté 
du  T,,.. 

V.  Telle  c|ue  je  viens  de  Texposer,  l'organisation  du  T„  est  plus  facile 
à  vérifier  chez  les  Mj  de  Mastodon  arvernensis  que  chez  les  mêmes  molaires 
à^Elephas  meridioncdis .  En  effet,  à  première  vue,  le  T,,  des  M-  de  cette 
dernière  espèce  paraît  être  la  plus  antérieure  vraie  lame  de  la  couronne. 
Mais,  en  observant  attenlivcment,  on  peul  s'assurer  qu'il  présente  tous 
les  caractères  du  T„  de  Mastodon  arverncnsu^  à  savoir  :  il  est  déplacé  et 
penché  du  côté  externe  de  la  couronne  et  sa  base  est  oblique,  élevée  du  côté 
du  T„.  et  abaissée  du  côté  du  T^,.. 

En  outre,  le  T,,  est  petit  et,  par  sa  petitesse  et  par  sa  situation,  il  cor- 
respond au  collet  du  bord  antérieur  de  la  couronne.  Il  n'est  pas  une  vraie 
lame,  car  les  vraies  lames  antérieures  de  la  couronne  des  Mj  des  éléphants, 
de  même  que  les  collines  antérieures  des  M^  des  mastodontes  sont  les 
plus  grandes  et  les  plus  redressées;  les  suivantes  décroissent,  de  manière  que 
la  force  trituratrice  de  la  couronne  est  inclinée  d'avant  en  arrière. 

(•)P.  15,29,34. 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  1922.  233 

Puisque  le  T,,  des  molaires  6^'Elephas  meridionalis  el  de  Mastodou  arver- 
nensis  présente  tes  mêmes  caractères  morpJiologiques  et  puisqu'il  est  enu;endrè 
de  la  même  façon ^  parle  collet  du  bord  antérieur  de  la  couronne^  il  s'ensuit 
que  ces  deux  espèces  sont  liées  phylo génétiquement  et  que  les  mastodontes 
hunolophodontes  sont  les  ancêtres  de  /'Elephas  meridionalis  et  de  ses  descen- 
dants. 

GÉOGRAPHIE  PHYSIQUE.  —  Observations  sur  la  sculpture  du  relief 
par  les  glaces.  Note  de  M.  Axdré  Aliix,  présenlée  par  M.  Ch.  Danois. 

Willard  D.  Johnson  a  observé  dôs  i883,  au  mont  Lyell,  que  Faction 
érosive  la  plus  puissante  à  laquelle  les  cirques  glaciaires  doivent  la  sculp- 
ture de  leurs  formes  est  l'alternance  du  dégel  diurne  et  du  regel  nocturne, 
en  été,  à  Fintérieur  de  la  rimaye.  Cette  action  a  pour  effet  de  déliter  la 
paroi  rocheuse,  toujours  humide,  et  d'en  arracher  les  débris,  qui  passent 
sous  la  masse  glaciaire  et  sont  entraînés  avec  la  moraine  de  fond.  L'arra- 
chement rocheux  ainsi  déterminé  au-dessous  de  la  surface  de  la  glace  par  les 
variations  de  température  est  une  des  foi  incs  du  phénomène  encore  trop 
vaguement  défmi  qui  a  reçu  le  nom  de  mention  (^^).  Johnson  et,  à  sa  suite 
Bernard  Stracey,  qui,  en  191 2,  a  refait  les  mêmes  expériences  au  Bliimli- 
salpstock,  estiment  que  cette  action  joue  un  rôle  morphologique  plus  con- 
sidérable que  la  démolition  subaérienne  au-dessus  de  la  surface  de  la  glace; 
jusqu'ici,  dans  l'école  française,  on  a  été  plutôt  porté  à  en  réduire  1  impor- 
tance. 

La  période  actuelle  d'enneigement  décroissant  met  bien  en  valeur  les 
résultats  de  ce  processus,  comme  on  a  eu  l'occasion  de  l'observer  en  1921 
dans  FUisans.  En  effet  la  décrue,  sensible  jusque  dans  la  partie  haute  de 
presque  tous  les  glaciers,  fait  aujourd'hui  émerger,  autour  des  cirques  et 
sur  une  hauteur  de  plusieurs  mètres,  la  paroi  rocheuse  (amont)  des 
rimayes;  ces  murailles,  à  peu  prés  verticales,  sont  un  obstacle  nouveau, 
parfois  fort  gênant,  à  la  circulation  en  haute  montagne.  Cette  barrière 
périphérique  est  connue  des  géomorphologistes  dans  les  anciens  cirques 
glaciaires  vidés  de  glace;  c'est  elle  que  Gilbert,  en  1904,  appelait  schruiùl^ 
Hue,  et  que  nous  proposons  d'appeler  en  français,  d'une  manière  plus 
.expressive,  le  nmr  de  rimaye. 

Les  observations  de  Johnson  et  Stracey  ne  portent  que  sur  le  cas  parti- 
culier de  la  rimaye  et  du  recul  des  parois  du  cirque.  Nous  avons  cherché 

(')  Cf.  Em.  dk  Maiitox\e,  Le  rôle  morphoUjgique  de  la  neige  en  montagne  {La  G., 
t.  SV,  1920,  li,  p.  2.55-267). 


234  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

à  les  étendre  au  cas  général  de  la  crevasse  g-Jaciaire.  et  par  suite  à  la  sculp- 
ture de  toutes  les  formes  de  terrain  corrélatives  à  la  présence  des  glaciers, 
cherchant  par  là  à  compléter,  d'un  point  de  vue  différent,  la  théorie  géné- 
rale formulée  par  Em.  de  Martonne  ('). 

VkjUy  cela,  il  a  élé  fait  des  observations  directes,  non  plus  dans  des 
rimayes,  mais  dans  les  grandes  Crevasses  de  la  zone  d'ablation  d'une  langue 
glaciaire.  Après  un  grand  nombre  d'observations  rapides  répai'lies  sur 
plusieurs  années,  on  a  choisi  pour  des  études  précises,  sur  le  versant  est  du 
Pelvoux,  le  gradin  inférieur  du  Glacier  Blanc,  où  de  grandes  crevasses 
transversales  viennent  s'ouvrir  obliquement  contre  la  paroi  rocheuse  de  la 
rive  gauche,  de  telle  manière  qu'il  est  possible  d'y  pénétrer  et  d'en  explorer 
le  fond  sans  trop  de  difficulté,  sur  quelques  dizaines  de  mètres.  La  roche 
encaissante  est  ici  formée  de  schistes  cristaUins  gneissisés,  très  acides,  de 
couleur  presque  blanche,  et  Ires  durs,  à  grain  très  lin,  résistant  bien  aux 
actions  subériennes  et  conservant  bien  les  empreintes.  Sur  le  bord  du  gla- 
cier, cette  roche  est  moutonnée,  avec  nombreuses  gouttières  étagées;  l'en- 
semble présente  un  beau  poli,  avec  quelques  stries,  et  des  placages  de 
moraine  dans  les  creux,  l'oulil  dont  le  glacier  s'est  servi  pour  effectuer  le 
polissage  étant  ainsi  demeuré  sur  sa  zone  même  de  travail. 

L'exploration  de  deux  grandes  crevasses  a  été  faite  les  lo  et  1 1  août  1920. 
Les  variations  diurnes  de  température  au  cours  de  cette  journée  sont  bien 
mises  en  évidence  par  les  lectures  suivantes,  faites  au  thermomètre-fronde 
dans  l'une  d'elles  (à  0°  près)  : 

Températures. 

Fond  Surface 

de  du   glacier 

Heures.  la  crevasse.         (à  l'ombre). 

Il  001 

î o  aoù l  ig20  :     9 o , 3  5,9 

«                12 4^5  9,7 

»               10 6.8  11,5 

»               t8 •.  — 0,1  8,2 

»               21 — 1,9  — o,  I 

1 1  août  1920  :    3 — 2,7  — 2 ,6 

Alliliide  des  points  (robservation  (-) 2463""  2485"' 

Or  le  fond  des  deux  crevasses  a  montré  nettement  le  processus  décrit 

(')  Sur  la  formalion  des  cirques  {Ann.  de  G.,  t.  10.  1901,  p..i-io);  Vcrosion 
glaciaire  et  la  formation  des  vallées  alpines  {Ibid.^  t.  iO,  1910.  p.  289-397,  et  t.  20, 
191 1,  p.  1-29). 

(-)  Evaluée  au  baromètre  par  comparaison  avec  la  cote  Helbronner  du  refuge 
Tûckett. 


3 


SÉANCE   DU    23   JANVIER    1922.  28 

par  Johnson  et  Slracey  :  délitage.  arrachement  et  décollement  des  blocs, 
entraînés  seulement  moins  vile  dans  le  cas  de  la  crevasse  parce  que,  le  fond 
étant  plus  prés  de  l'horizontale  que  de  la  verticale,  hi  pesanteur  du  caillou 
n'agit  guère;  en  revanche,  les  ruisseaux  d'eaux  de  fonte  sont  des  agents  de 
transport  efticaccs  restituant  sans  cesse  une  surface  fraîche  aux  actions 
gélives.  Il  y  a  donc  abrasion  de  la  surface  rocheuse  du  fond,  et  abrasion 
vigoureuse,  enle\ant  sur  la  totalité  du  fond  une  épaisseur  appréciable  de 
masse  rocheuse.  Cette  épaisseur,  variant  avec  la  grosseur  des  blocs 
(quelques  centimètres  de  diamètre  en  moyenne),  paraît  être,  aux  points  et 
à  la  date  considérés,  de  l'ordre  de  grandeur  d'au  moins  i""  par  jour; 
c'est  dire  qu'elle  paraît  relativement  énorme  par  rapport  à  toutes  les 
autres  actions  érosives  connues.  Nous  proposons  d'appeler  cette  action 
spéciale  la  corrosion  sous-glaciaire. 


GÉOGRAPHIE  PHYSIQUE.  —  Modifications  apportées  à  la  plage  de  Sangatte 
à  la  suite  des  tempêtes  de  décembre  1921.  Note  de  M.  G.  Dubois,  présentée 
par  M.  Ch.  Barrois. 

Des  tempêtes  se  sont  déchaînées  en  décembre  dernier  sur  la  côte  de 
Calais  et  ont  failli  provoquer  la  rupture  de  la  digue  de  Sangatte.  Il  s'en 
est  lallu  de  peu  que  le  Calaisis  presque  entier  et  une  partie  de  la  Plaine 
maritime  flamande  ne  fussent  envahis  par  la  mer,  catastrophe  renouvelant 
celles  qui  se  sont  déjà  produites  au  cours  des  âges  et  que  l'histoire  a  con- 
signées (').  On  sait  en  efTet  que  le  niveau  moyen  de  la  Flandre  maritime 
est  inférieur  à  celui  des  hautes  mers. 

L'action  destructive  des  vagues  s'est  exercée  à  trois  reprises  dilTéientes 
en  novembre  et  décembre  (particuhèrement  les  derniers  jours  de  décembre), 
chaque  fois  qu'un  vent  violent  soufflant  de  l'O-N-O  a  uni  sou  acliou  à 
celle  du  flux,  et  cela  par  des  marées  à  coefficients  très  élevés. 

Le  grand  pierre  occidental  de  Sangatte  a  été  dégagé  du  sabU-  qui  en 
masquait  la  base  et  montre  maintenant  son  soubassement;  (iifl'érej>l£â 
pierres  en  ont  même  été  descellées. 

A  l'est  du  petit  pierre  oriental,  la  protection  du  pays  n'est  assurée  (\\\e 
par  une  ligne  unique  de  dunes  qui,  en  certains  points,  ne  dépassent  guère 
20™  de  largeur  à  la  base.  Cette  ligne  de  dunes  a  été  attaquée  sur  600"'  de 
longueur  et,  dans  l'ensemble,  rongée  sur  la  moitié  de  son  épaisscui  ;  par 

(')  Blanchard,  La  Flandre,  1906,  p.  2i3-2i5. 


236  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

places,  le  sommet  de  la  dune  dépasse  à  peine  de  i™  le  niveau  des  marées  de 
vive  eau. 

Le  danger  immédiat  a  été  écarté  grâce  aux  mesures  de  protection  qui 
ont  été  prises  (lignes  de  fascines  et  muraille  de  sacs  de  sable)  sous  l'active 
direction  de  M.  Flngénieur  des  Ponts  et  Chaussées  de  Calais.  La  menace 
dïnondation  du  Calaisis  subsistera  cependant  jusqu'au  moment  où  l'on 
aura  prolongé  la  digue  empierrée  de  Sangatte  d'abord  jusqu'au  niveau  de 
la  ferme  Tournant  (où  la  côte  s'infléchit  légèrement  vers  l'Ouest),  puis 
jusqu'à  la  digue  de  Calais. 

L'extrémité  nord-est  du  pierre  oriental  de  Sangatte  s'appuie  sur  le 
cordon  littoral  ancien  des  Pierrettes  dont  la  section  par  le  littoral  actuel 
était  habituellement  recouverte  par  la  dune.  Cette  section,  décapée  par  la 
vague,  est  actuellement  visible. 

La  plage,  dont  le  niveau  s'est  abaissé  de  plus  de  o™,5o  en  certains 
endroits,  a  été  nettoyée  du  cordon  de  galets  qui  la  recouvrait  au  pied  de  la 
dune,  et  qui  était  constitué  de  galets  de  grès  diestien,  de  silex  et  de  craie. 
Le  sable  lui-même  a  été  enlevé  en  partie  de  telle  façon  que  le  soubassement 
géologique  de  la  plage  est  visible  tant  au  sud-ouest  (|u'au  nord-est  du 
cordon  des  Pierrettes. 

Au  sud-ouest  du  cordon  des  Pierrettes,  on  peut  suivre  la  tourbe  presque 
sans  interruption  au  pied  des  différents  pierres  successifs  et  principalement 
à  la  base  du  grand  pierre  occidental  jusqu'au  a  Chalet  des  Mouettes  »,  non 
loin  de  l'église. 

Au  nord-est  du  cordon  des  Pierrettes,  on  ne  voit  affleurer  que  l'argile 
grise  des  polders  à  Hydrohia  ulçœ,  Scrohiciilaria  piperata  et  coquilles  ter- 
restres. 

Ces  observations  complètent  les  documents  fournis  par  une  série  de 
sondages  que  j'ai  effectués  l'été  dernier  dans  le  Calaisis  et  confirment  les 
conclusions  que  j'avais  été  amené  à  formuler  par  la  seule  interprétation  de 
ces  documents  ('  ). 

Le  grand  trait  .dominant  de  la  structure  géographique  et  géologique  du 
Calaisis  est  fourni  par  le  cordon  des  Pierrettes  et  ses  ramifications  :  digi- 
tations  du  Virval,  cordons  sableux  de  Marck  et  de  Petit-Courgain. 

Au  sud  du  cordon  des  Pierrettes,  sur  les  sables  et  les  argiles  gris  bleu, 
repose,  de  façon  très  constante,  la  tourbe  affleurant  au  sol  ou  recouverte 
de  sables  blancs,  d'argile  des  polders  ou  d'argile  de  marais. 

(-)  Séance  de  la  Société  Géologique  du  ]Sord  du  9  novembre  1921;  en  cours  de 
publication  dans  Ami.  Soc.  GéoL  A'ord,  t.  iG,  1921. 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  I922.  2,37 

Au  nord  du  cordon,  lé  sol  des  polders  ou  des  plages  asséchées  est  com- 
posé essentiellement  de  sables  et  d'argiles  gris  bleu  à  la  base,  de  sables 
variés,  puis  d'argile  grise  des  polders  au  sommet.  La  tourbe  y  est  très 
exceptionnelle;  elle  se  rencontre  sporadiquement  en  petits  amas  derrière 
la  dune  de  Petil-Courgain  et  près  du  Cran  à  Sangatte,  de  [)art  et  d'autre 
de  la  digue  Camyn. 

Conclusions.  —  Les  sondages  et  les  affleurements  de  la  plage  de  Sangatte 
montrent  que  la  tourbe  s'est  formée  à  l'abri  de  la  mer  derrière  le  cordon 
littoral  des  Pierrettes  ou  derrière  ses  ramifications  lorsque  ce  cordon  pos- 
sédait" encore  sa  base  d'attache,  maintenant  détruite  par  la  mer  à  la  suite 
du  recul  du  Blanc-Nez. 

La  tourbe  ayant  commencé  sa  formation  au  Néolithique,  il  faut  admettre 
que  le  cordon  des  Pierretles  était  constitué,  au  moins  dans  ses  grandes 
lignes,  dès  cette  époque. 


MÉTÉOROLOGIE.  —  Le  déplacement  des  hausses  et  des  baisses  barométriques 
et  la  direction  des  cirrus.  Note  de  MM.  L.  Bessox  et  H.  Dutheil,  pré- 
sentée par  ^L  Bigourdan. 

D'après  une  Note  récente  ('),  on  a  vu  que  nous  avions  dressé  des  cartes 
représentant  les  variations  moyennes  de  la  pression  atmosphérique  dans 
les  24  heures  en  Europe,  ayant  accompagné  un  passage  de  cirrus  à  Paris, 
en  distinguant  iG  directions  pour  le  mouvement  des  cirrus,  en  divisant 
l'année  en  deux  semestres,  et  en  séparant  les  cas  où  l'a  hauteur  baromé- 
trique à  Paris  avait  été  supérieure  à  760™"^  de  ceux  où  elle  avait  été  infé- 
rieure à  celte  valeur.  Pour  chacun  de  ces  64  groupes,  nous  avons  construit 
deux  cartes  de  variations  moyennes,  l'une  de  la  veille  au  jour  d'observation 
des  cirrus,  l'autre  de  ce  jour  au  lendemain. 

Le  déplacement,  en  24  heures,  des  lignes  d'égale  variation  (isallobares), 
s'y  montre  en  général  assez  nettement,  malgré  les  déformations  qu'elles 
subissent.  Les  domaines  de  hausse  ou  de  baisse  sont  presque  toujours 
allongés  et  ont  souvent  la  forme  de  bandes  traversant  toute  la  carie. 
L'orientation  de  leur  grand-axe  a  été  prise  comme  représentant  Torientatioa 
des  isallobares  quand  celles-ci  avaient  une  forte  courbure. 

Indépendante  de  la  saison  et  de  la  hauteur  du  baromètre,  du  moins  en 
première  approximation,  l'orientation  varie  suivant  la  direction  des  cirrus 
comme  le  montre  le  Tableau  ci-après  : 

(^)   Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  iio4. 


238 


ACADEMIE   DES    SCIENCES. 


Direction 

Direction 

Direction 

(hienlati 

on 

«lu  mouvement 

Direction 

Orientation 

du 

mouvement 

des  cirrus. 

fies  isallob; 

res. 

des  isallobares. 

des  cirrus. 

des  isallobares. 

des  isallobares. 

WNW 

N 

w 

ESE 

NW 

S> 

XW 

i\ 

wsvv 

SE 

NNW 

W 

NNW 

NNE 

WNW 

SSE 

(NW) 

wsw 

N 

NAE 

WNW 

S 

NNW 

sw 

\NE 

NE 

WNW 

ssw 

N 

A^N^^' 

NE 

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'■/ 

sw 

N 

w 

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9 

•? 

wsvv 

NNE 

w 

E 

■) 

•? 

w 

(NE) 

NW 

On  voit  que  les  isallobares  sont  orientées  en  moyenne  IS-S,  mais  tendent 
à  se  mettre  en  croix  avec  la  direction  des  cirrus  cjuand  ceux-ci  viennent  des 
régions  Nord  ou  Sud. 

Cette  remarcjue,  jointe  à  celle  que  les  cirrus  de  la  moitié  Nord  vont  en 
général  d'une  zone  de  baisse  à  une  zone  de  hausse,  tandis  que  ceux  de  la 
moitié  Sud  vont  d'une  zone  de  hausse  à  une  zone  de  baisse,  fournit  une 
interprétation  de  la  loi  énoncée  à  la  fm  de  la  Note  précitée. 

La  direction  du  déplacement  des  isallobares  est  à  peu  près  perpendicu- 
laire à  leur  orientation.  Gomme  celle-ci,  elle  paraît  indépendante  de  la 
saison  et  de  la  hauteur  du  baromètre.  La  moyenne  annuelle  est  WS'^N.- 

La  vitesse  ne  peut  être  mesurée  sur  nos  cartes  qu'assez  grossièrement, 
les  isallobares  ne  restant  pas  parallèles  à  elles-mêmes.  Elle  semble  plus 
grande  en  hiver  qu'en  été.  Nous  évaluons  sa  valeur  moyenne  à  960'-"*  en 
24  heures,  soit  /|o''"'  à  l'heure  ou  11'"  par  seconde. 

La  distance  entre  les  lignes  de  hausse  et  de  baisse  maximum  est  en 
moyenne  de  i3oo'"^,  ce  qui  donne  2600'^"  pour  la  longueur  d'onde  et 
2,  7  jours  pour  la  période  (*  ). 

Il  est  intéressant  de  comparer  aux  résultats  que  nous  venons  d'indiquer 
pour  le   mouvement  des  ondes  barométriques,  ceux  que  les  dix  mêmes 


(')  Ce  dernier  cliiffre  s'accorde  avec  le  résultat  de  rétude  des  variations  inter- 
diurnes du  baromètre  dans  une  même  station.  Si  l'on  considère  la  série  des  moyennes 
diurnes  de  la  pression  atuiosplièrique,  la  fréquence  pour  100  des  divers  intervalles 
séparant  deux  minima  consécutifs  dans  cette  série  est,  d'après  20  ans  d'observations, 
la  suivante  : 

Intervalle  en  j()ur>. 

7n         7.  ~^8.        '.I.       10.      11.      Vi.    >Vi. 

I  i      8      5      ■>.      ■>       i       M      o 
I  (       7      ô      3       i      ■',       1       I 

Dans  nos  régions,  les  minima  barométriques  se  succèdent  donc  le  plus  souvent 
à  3  jours  d'intervalle. 


•2.         3 

4. 

5. 

Paris. . . 

!■>,            ■'. 

>        •  >  it 

16 

Upsal.. 

i3        î  1 

19 

x5 

SÉANCE  DU  23  JANVIER  I922.  289 

années    d'observations    nous    ont    fournis  sur    le    mouvement  des  cirrus 
à  Paris. 

Octobre  Avril 

à  in;ir<.         à  se])leml)re.  Année. 

•       Direction A\  W 12°  S  \V6°  S 

Vitesse  relative — p — 3">,20  2™,  54  2°», 87 

Vitesse  absolue 24^,6  22™, 4  24™, 4 

La  vitesse  relative  a  été  mesurée  au  néphoscope.  La  vitesse  absolue  a  (-té 
calculée  en  multipliant  la  vitesse  relative  parla  hauteur  moyenne  des  cirrus 
(etcirro-stratus),  qui  est,  d'après  Teisserenc  de  Bort  ('),  de  7'^",  7  en  hiver, 
de  8'"", 8  en  été  et  de  8'"", 5  pour  l'ensemble  de  l'année  (au-dessus  de  l'alti- 
tude de  Montsouris,  77™). 

Cirrus  du  Nord-Ouest.  —  Ils  présentent  une  singularité  remarquable.  Si, 
pour  un  quelconque  des  groupes  de  cas  considérés  (par  exemple  pour  les 
cirrus  de  direction  N,  semestre  d'octobre  à  mars,  pression  supérieure  à  760 
à  Paris)  on  examine  quelle  est  la  fréquence  des  diverses  valeurs  de  la 
variation  de  pression  de  la  veille  au  jour  des  cirrus  dans  une  station  déter- 
minée, on  constate  que  cette  fréquence  passe  par  un  maximum  unique, 
correspondant  à  la  valeur  moyenne  de  la  variation. 

Les  cirrus  du  Xord-Ouest  font  toutefois  exception.  En  hiver,  tant  par 
haute  que  par  basse  pression,  et  en  été  par  haute  pression  (les  cas  de  basse 
pression  en  été  sont  trop  peu  nombreux  pour  une  telle  statistique),  on 
remarque  que  la  fréquence  oiî're,  sur  la  Mer  du  Nord  et  l'ouest  de  l'Europe, 
deux  maxima,  correspondant  l'un  à  une  hausse,  Tautre  à  une  baisse.  On  en 
conclut  que  les  situations  caractérisées  par  le  fait  que  la  direction  desciirus 
est  NW  à  Paris  répondent  à  deux  types  diilérents.  Nous  les  avons  séparés 
le  mieux  possible  et  avons  dressé,  pour  l'un  et  l'autre  type,  des  cartes 
moyennes. 

Les  cartes  de  variations  qui  sont  relatives  au  type  comportant  une  hausse 
dans  la  partie  de  l'Europe  indiquée  plus  haut  donnent  une  impression  de 
continuité  lorsqu'on  les  rapproche  de  celles  qui  concernent  les  directions 
voisines,  AYNW  et  NNW.  Elles  montrent  un  déplacement  normal  des 
isallobares  de  l'Ouest  vers  l'Est. 

Dans  le  second  type,  au  contraire,  la  baisse  se  déplace  avec  une  direction 
iSord  en  hiver  et  même  Nord-Est  en  été. 

La  carte  isobarique  au  jour  d'observation  des  cirrus  est  à  peu  près  sem- 

(')  Travaux  scienlijiques  de  L'Observatoire  de  Météorologie  dynatuique  de 
Trappes,  t.  1,  p.  T .2\\. 


2^0  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

blable  pour  les  deux  types.  Rien  dans  Faspect  ou  la  vitesse  des  cirrus  ne 
paraît  fournir  à  l'observateur  local  le  moyen  de  distinguer  ces  deux  types 
l'un  de  l'autre. 

Le  type  avec  baisse  est  représenté  par  un  peu  moins  de  la  moitié  des  cas 
de  cirrus  du  INW.  Afin  de  ne  pas  confondre  dans  la  même  moyenne  deux 
réalilés  aussi  différentes,  nous  avons  laissé  les  cirrus  du  Nord-Ouest,  type 
baisse,  en  dehors  de  nos  statistiques,  sauf  pour  la  fréquence  des  diverses 
directions  de  cirrus  donnée  dans  la  première  Note  (')• 


PHYSIOLOGIE  VÉGÉTALE.    —    La   formation  des  pigments  anthocyaniques. 
Note  (-)  de  M.  Raoul  Combes,  présentée  par  M.  Gaston  Bonnier. 

En  1913,  j'ai  isolé  des  feuilles  vertes  d' Ampélopsis  hederacea  un  pigment 
jaune  y-pyronique  à  partir  duquel,  par  réduction  au  moyen  de  l'amalgame 
de  sodium,  j'ai  produit  un  pigment  anlhocyanique  rouge  que  j'ai  identifié 
avec  celui  qui  se  trouve  dans  les  feuilles  rouges  de  la  même  plante.  En  1914? 
Everest  obtenait  également  des  pigments  anlhocyaniques  en  réduisant  divers 
composés  y-pyroniqucs.  Enfin,  la  même  année,  MM.  Willstâtter  etMallison 
produisaient  une  anthocyanidine,  la  cyauidine,  en  réduisant  un  dérivé  y-py- 
ronique,  la  quercétine.  Ces  recherches  onl  amené  MM.  Everest  et  A\  illsàtter 
à  définir  la  constitution  des  pigments  anthocyaniques  et  à  déterminer  leur 
formule. 

Dans  deux  Communications  récentes,  M.  St.  Jonesco(')  expose,  relative- 
ment à  l'origine  des  pigments  anthocyaniques,  plusieurs  faits  qui  le  con- 
duisent à  infirmer  ces  résultats. 

En  traitant  divers  organes  végétaux,  et  en  particulier  les  feuilles  vertes 
d^ Ampélopsis  hederacea,  par  une  solution  d'acide  sulfurique  à  7  pour  100, 
l'auteur  a  obtenu  des  extraits  acides  qui,  agités  avec  de  l'alcool  amylique, 
cèdent  à  ce  solvant  des  pigments  jaunes.  Ces  solutions  amyliques  de 
pigments  jaunes  se  colorent  en  rouge  par  chauffage  en  présence  soit  d'acide 
sulfurique  et  de  bioxyde  de  manganèse,  soit,  dans  certains  cas,  d'acide  chlor- 
hydrique  seul  ;  elles  ne  se  colorent  pas  par  réduction  au  moyen  de  l'amal- 
game de  sodium  ('). 

(')  Loc.  ci/.,  p.  iio5.  colonne  2. 

(-)  Séance  du  16  janvier  kj'^'^. 

(^)  St.  Jonesco,  Comptes  rendes,  t.  173,  1921,  p.  S5o  et  looG. 

('')  Dans  la  première  de  ces  Communications,  M.  Ionesco  fait  connaître  de  plus  les 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  I922.  2^1 

M.  .Ionesco  rappelle  à  ce  propos  que  plusieurs  auteurs,  doul  j'ai  cité  plus 
haut  les  noms,  ont  cru  pouvoir  affirmer  que  la  transformaliou  de  pigments 
jaunes  en  pigments  rouges  avait  pour  cause  des  phénomènes  de  réduction  ; 
il  considère  que  ces  auteurs  ont  commis  une  erreur,  attribuant  à  une  réduc- 
tion une  coloration  qui  n'était  provoquée  selon  lui  que  par  la  seule  action 
de  l'acide  clilorhydrique  à  chaud.  Enfin,  il  conclut  de  ses  résultats  que 
l'apparition  des  pigments  rouges  chez  les  plantes  est  due,  non  à  des  réduc- 
tions, mais  au  contraire  à  des  phénomènes  d'oxydation. 

J'ai  préparé,  comme  l'a  fait  M.  Ionesco,  des  extraits  acides  de  feuilles  vertes 
à'' Ampélopsis  liederacea  en  traitant  ces  organes  par  une  solution  aqueuse 
d'acide  sulfurique  à  7  pour  100.  Le  liquide  obtenu  a  été  agité  à  plusieurs 
reprises  avec  de  l'alcool  amylique.  L'étude  de  la  solution  aqueuse  et  de  la 
solution  amylique  m'a  permis  de  constater  que  ni  l'une  ni  l'autre  ne  ren- 
ferme de  pigments  jaunes  y-pyroniques;  il  suffît  d'ailleurs  de  connaître 
les  caractères  de  ces  pigments  qui,  en  présence  des  acides,  forment  des  sels 
d'oxonium  insolubles  dans  l'eau,  pour  prévoir  que  l'épuisement  des  tissus 
par  l'eau  acidifiée  ne  peut  les  dissoudre. 

Les  substances  jaunes  prises  par  W.  Ionesco  pour  les  pigments  y-pyro- 
niques  étudiés  par  ses  prédécesseurs  n'étaient  autres  que  des  tannins,  comme 
je  vais  le  montrer  ci-dessous.  Les  faits  qu'il  a  constatés  ne  l'autorisaient 
donc  pas  à  discuter  les  résultats  antérieurs  relatifs  à  ces  pigments.  D'autre 
part,  M.  Ionesco  pense  que  les  pigments  rouges  obtenus  par  les  auteurs 
auxquels  il  fait  allusion  étaient  dus  simplement  à  l'action  de  Tacide  chlor- 
hydrique  à  chaud  sur  les  pigments  jaunes;  il  lui  eût  suffi  de  soumettre  à 
cette  action  un  pigment  jaune  y-pyrbnique  quelconque  pour  se  convaincre 

résultats  qu'il  a  obtenus  en  reprenant  les  recherches  de  M.  E.  Rosé  relatives  à  la  varia- 
tion des  glucosides  au  cours  de  la  pigmentation  des  corolles  de  Cobœa  scandens. 

On  peut  objecter  aux  conclusions  de  l'auteur  qu'il  a  employé  pour  doser  les  gh- 
cosides  une  méthode  basée  sur  la  précipitation  de  ces  corps  par  l'acétate  neutre  de 
plomb;  or,  cette  propriété  n'est  pas  commune  à  tous  les  glucosides,  mais  est  au  con- 
traire tout  à  fait  exceptionnelle  dans  ce  groupe;  un  très  petit  nombre  de  ces  substances 
précipitent  dans  les  conditions  indiquées  ;  2°  il  semble  en  outre  exister  une  contradic- 
tion dans  l'exposé  même  de  l'auteur  :  après  avoir  formulé  contre  la  technique  de  Rosé 
des  critiques  tendant  à  montrer  que  ce  physiologiste  acompte  comme  glucosides  des 
corps  non  glucosidiques,  et  a  ainsi  obtenu  des  chiffres  trop  élevés,  Jonesco,  exposant 
ses  propres  résultats,  indique,  dans  un  cas  (corolles  pigmentées)  des  chiflfres  qui  sont 
trois  fois  plus  élevés  que  ceux  de  M.  Rosé,  dans  l'autre  (corolles  non  pigmentées)  il  va 
même  jusqu'à  trouver  une  quantité  considérable  de  glucosides  là  où  son  prédécesseur 
n'avait  pu  en  mettre  en  évidence. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T    174,  N"  4.)  I^ 


242  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

qu'il  ne  se  produit  dans  ces  conditions  aucun  pigment  rouge,  la  trans- 
formation du  pigment  jaune  en  pigment  anthocyanique  n'ayant  lieu  qu'en 
présence  d'un  agent  réducteur. 

J'ai  étudié  le  tannin  contenu  dans  les  extraits  aqueux  et  amyliques  des 
feuilles  à^ Ampélopsis  hederacea;  ce  corps  appartient  au  groupe  des  phloba- 
tannins;  il  précipite  par  l'eau  bromée,  par  le  formol  en  présence  d'acide 
chlorhydrique,  se  colore  en  vert  par  les  sels  de  fer  et  forme  un  précipité 
rouge  de  phlobaphène  par  ébullition  de  sa  solution  aqueuse  acidifiée. 

J'ai  isolé  ce  plilobatannin  en  opérant  comme  je  l'ai  fait  antérieurement 
pour  celui  des  raisins  (').  J'ai  ainsi  obtenu  un  corps  amorphe  donnant 
toutes  les  réactions  que  M.  Jonesco  attribue  à  son  pigment  jaune  générateur 
d'anthocyanine.  Il  se  dissout  dans  l'eau  acidifiée;  la  solution  obtenue, 
agitée  avec  de  l'alcool  ainylique,  cède  à  ce  solvant  une  partie  du  pliloba- 
tannin, tandis  qu'une  autre  partie  reste  en  solution  dans  l'eau  acidifiée;  le 
liquide  amylique,  chauffé  avec  de  l'acide  chlorhydrique  ou  sulfurique,  et 
sans  qu'il  soit  nécessaire  d'ajouter  de  bioxyde  de  manganèse,  se  colore  en 
rouge  par  suite  de  la  formation  d'un  composé  phlobaphénique  rouge  que 
Jonesco  a  pris  pour  une  anthocyanidine. 

Les  pigments  anthocyaniques  ne  doivent  plus  être  considérés  comme 
suffisamment  caractérisés  simplement  par  leur  coloration  rouge  virant  en 
présence  des  alcalis;  nos  connaissances  actuelles  les  font  apparaître  comme 
des  espèces  chimiques  parfaitement  définies  appartenant  au  groupe  du 
y-pyrane.  Il  est  indispensable,  pour  les  caractériser,  de  les  isoler  à  l'état 
pur  et  de  déterminer  qu'ils  appartiennent  bien  au  groupe  des  dérivés  du 
v-pyraue.  Les  résultats  obtenus  par  Kurt  Noack,  et  par  M.  Jonesco,  sont 
dues  à  ce  que  ces  auteurs  n'ont  pas  tenu  compte  de  ces  considérations. 

M.  Jonesco  ayant  opéré  sur  des  phlobatannins,  et  non  sur  des  pigments 
y-pyroniques,  les  conclusions  critiques  qu'il  formule  relativement  à  la 
production  des  anthocyanines  par  réduction  de  ces  pigments  ne  peuvent 
donc  être  prises  en  considération.  Les  pigments  rouges  qu'il  a  obtenus, 
et  qu'il  a  considérés  comme  des  anthocyanidines,  étant  des  composés  phlo- 
baphéniques,  ses  conclusions  relatives  à  la  production  des  pigments  antho- 
cyaniques par  oxydation  ne  peuvent  non  plus  être  acceptées. 

(')  Raoul  Co.ubes,  Comptes  rendus,  t.  17i,  19^2,  p.  58-6 1. 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  I922.  243 

BOTANIQUE.   —  Sur  la  végétation  algologique  de  Rockall. 
Note  de  M.  G.  Hamel,  présentée  par  M.  L.  Mangin. 

Au  mois  de  juin  192 1,  le  commandant  Charcot  a  conduit  le  Pourquoi- 
Pas  ?  au  rocher  de  Rockall  qui  pointe  dans  l'Océan  Atlantique  à  240  milles 
marins  de  la  côte  nord-ouest  de  Tlrlande.  M.  Le  Conte  et  trois  matelots 
réussirent  à  sauter  sur  le  rocher  et  en  détachèrent  des  morceaux  qui  ont  été 
étudiés  par  M.  le  Professeur  Lacroix  (').  Sur  ces  débris  de  roche  étaient 
fixées  des  algues  que  j'ai  préparées  aussitôt. 

Le  rocher  affecte  la  forme  d'un  demi-cercle;  il  a  une  hauteur  de  21™  et 
un  diamètre  de  20™  dans  sa  plus  grande  largeur.  Sa  partie  inférieure  plonge 
à  pic  dans  la  mer,  tandis  que  la  partie  supérieure  s'effile  pour  se  terminer 
en  pointe. 

Toute  la  base  était  revêtue  d'une  ceinture  brune  à' Alaria  esculenta 
(Lyngb.)  Grév.  dont  les  frondes  étaient  continuellement  baignées  par  les 
lames.  Cette  situation  convient  parfaitement  à  VAlaria,  car  c'est  l'algue 
caractéristique  des  endroits  violemment  battus  et  elle  croît  de  préférence 
sur  les  parois  verticales  des  rochers.  C'est  la  seule  algue  brune  que  j'aie 
trouvée  à  Rockall;  je  n'ai  observé  ni  Fucus,  ni  Laminaires  et  TAlaria  ne 
portait  aucun  parasite. 

Le  petit  écueil  d'Haselwood,  qui  se  trouve  à  200"'  au  nord  de  Rockall,  est 
totalement  recouvert  d'une  chevelure  d'Alaria  que  la  houle  soulève  sans 
cesse.  Bien  que  le  canot  du  Pourquoi-Pas  ?  en  ait  fait  plusieurs  fois  le  tour, 
il  a  été  impossible  de  distinguer  la  couleur  de  la  roche,  tant  était  épaisse 
la  couche  d'Alaria. 

Au-dessus  de  cette  ceinture,  la  roche  apparaît  avec,  par  places,  des 
taches  verdâtres  formées  par  les  Cldorophycées  et  d'autres  jaunâtres  ou 
noirâtres  qui  ne  sont  que  des  Floridées  maladives  ou  des  algues  calcaires. 
Tout  le  sommet  du  rocher  est  couvert  du  guano  déposé  par  les  innom- 
brables colonies  d'oiseaux  qui  s'y  reposent  et  de  longues  traînées  blanches 
s'écoulent  le  long  des  pentes.  A  la  base  d'un  de  ces  sillons  se  trouvait  le 
Prasiola  stipitata  Suhr.  et  les  embruns,  après  avoir  lavé  le  guano,  lui  appor- 
taient les  composés  ammoniacaux  pour  lesquels  les  Prasiola  ont  une  prédi- 
lection bien  connue.  Cette  espèce  de  Prasiola  est  caractéristique  des  falaises 
à  oiseaux,  ainsi  que  l'ont  observé  MM.  Bôrgesen  et  Cotton. 

Parmi  les  (^hlorophycées  que  j'ai  recueillies  abondait  surtout  une  forme 

(')  A.  Lacroix,  La  coniposilion  minéralogique  de  la  rockallUe  {Comptas  rendus, 
t.  173,  192 1,  p.  267). 


244  ACADÉMIE  DES    SCIENCES. 

naine  d' Enteromorpha  compressa  (L.)  Grév.  dont  les  plus  grands  échan- 
tillons atteignaient  3*''". 

Le  Rhizoclonîum  riparium  (Roth.)  Harv.  formait  par  endroits  des  cous- 
sinets veloutés.  Enfin  sur  un  fragment  de  roche  se  trouvaient  plusieurs 
frondes  à''Uha  Lactuca  L.  hautes  de  2*^™  à  4'^'"- 

J'ai  trouvé  également  une  fronde  monostromatique,  haute  de  i*"™, 
à  celkiles  quaternées  que  je  crois  être  une  forme  du  Porphyra  leucosticta 
Thuret- 

Le  Rhodochorton  Rothii  Naeg,  croissait  en  abondance  à  la  face  supérieure 
d'une  de  ces  crevasses  qui  ont  fait  croire  à  la  stratification  de  la  roche;  et 
au-dessus  de  cette  corniche  se  trouvaient  de  nombreux  échantillons  du 
Bajigia  J usco-purpurea  Lyng.  qui  était  particulièrement  vigoureux. 

Les  Floridées  avaient  un  aspect  rabougri.  \^QCeramiumrubriim(\luà^.)  A.^. 
qui  était  l'algue  la  plus  abondante,  formait  un  revêtement  jaune  paille.  Ses 
frondes  étaient  couchées  sur  la  roche  et  se  cachaient  l'une  l'autre  pour  pré- 
server un  peu  leurs  parties  inférieures  qui  étaient  d'un  beau  rouge.  Le 
PolysipJionia  iirceolata  (Lightf.)  Grév.  formait  des  toufi'es  noirâtres,  hautes 
de  i'"^  à  2^"^  .  De  nombreuses  Corallinacées  encroûtantes  croissaient  entre 
les  crampons  des  Alaria  et,  plus  haut,  formaient  un  revêtement  rose  sur  la 
roche. 

Toutes  ces  algues  sont  caractéristiques  des  rochers  exposés  et  elles  ont 
déjà  été  signalées  dans  de  semblables  conditions  aux  Feroë  par  M.  Bôrgesen 
et  à  Clare  Island,  en  Irlande,  par  M.  Cotton.  Mais  à  Rockall  toutes  ces 
espèces,  sauf  l'Alaria,  étaient  représentées  par  des  spécimens  nains  et 
chétifs  et  semblaient  se  trouver  dans  des  conditions  particulièrement  dures. 

li  était  intéressant  de  les  retrouver  sur  ce  rocher  perdu  dans  l'Océan. 

CRYPTOGAMIE.  —  Sur  le  parasitisme  de  Sphacelaria  bipinnata  Sauvageau. 
Noie  de  M.  E.  Cuemix,  présentée  par  M.  L.  Màngin. 

C.  Sauvageau,  dans  ses  remarques  sur  les  Sphacélariacées  (')?  ^  séparé, 
de  Sphacelaria  cirrhosa,  un  certain  nombre  d'espèces  parmi  lesquelles  le 
Sphacelaria  bipinnata^  caractérisé,  en  particulier,  par  sa  pénétration  dans 
les  algues  lui  servant  de  support  :  Halidrys  siliquosa  principalement  et  quel- 
quefois Lystoseira  fibrosa. 

Des  dragages,  effectués  en  aoùL,  au  large  de  Luc-sur-\Ier,  ont  ramené  des  fragments 

(')  C.  Sav\'xgea.v,  Remarques  sur  les  Sphacélariacées  {Journ.  de  Bot.,  t.  16,  igo'î, 
p.  38i). 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  I922.  245 

à' Halidrvs  porteurs  de  peliles  liouppes  de  Sphacelaria.  Les  rameaux  dressés  u'allei- 
gnaieiil  que  4""'  î>  5"'™  de  hauteur;  les  uns  portaient  des  sporanges  uniloculaires  ; 
d'autres  présentaient  des  sporanges  pluriloculaires;  aucun  n'avait  de  propagules.  Des 
rameaux  rampants,  sorte  de  stolons,  se  délacliaient  de  la  base,  s'étendaient  à  la  sur- 
face du  support,  et,  de  place  eu  place,  donnaient  naissance  à  une  nouvelle  toufi'e  en 
même  temps  qu'à  un  tissu  de  pénétration.  L'ensemble  rappelait  l'extension  d'un  pied 
de  fraisier  ou  de  renoncule  rampante. 

Malgré  sa  pénétration  évidente,  le  Sphacelaria  bipinnata  ne  peut  être 
considéré  comme  un  vrai  parasite;  à  son  hôte  prétendu,  il  ne  demande 
qu'un  support,  et  ne  tire  de  lui  aucun  aliment  où  à  peu  près. 


1  2 

Fig.  1.  —  Pénclralion  de  Sphacelaria  bipinnala  ÔL^a%  le  tissu  cortical  à' Halidrys  siliquosa  x  mo. 

Fig.  '2.  —  Régénération  du  tissu  cortical  A' Halidrys  siliquosa  après  disparition  du  cùne 

de  pénétration  de  Sphacelaria  bipinnata  x  220. 

La  région  interne  (y?o-.  1^  forme,  comme  ledit  ti^ès  bien  Sauvageau,  un 
«  faisceau  compact,  bien  limité  »;  c'est, une  sorte  de  pivot  bordé  par  une 
ligne  légèrement  brunâtre,  et  dont  les  cellules  présentent  toutes  des  chro- 
matopliores.  La  pénétration  débute  par  une  petite  pointe,  développée  sur 
un  rameau  rampant,  qui  transperce  la  cuticule  et  s'enfonce  dans  une  cellule 
superficielle;  elle  n'est  jamais  très  profonde  et  ne  s'étend  pas  au  delà  de  la 
région  corticale.  Elle  entraîne  la  destruction  de  quelques  cellules  (dans  la 
figure  I  la  pointe  du  cône  s'enfonce  dans  la  cellule  «),  elle  est  vraisembla- 
blement facilitée  par  l'action  de  certaines  diastases,  mais  ces  diastases 
n'agissent  qu'au  contact  immédiat,  pendant  la  période  de  pénétration  et  ne 


246  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

font  pas  sentir  leur  action  à  distance.  On  n'observe,  en  effet,  aucune  alté- 
ration ni  au  sommet  ni  sur  les  côtés,  les  chromatophores  de  VHalidrys  sont 
aussi  nombreux  et  aussi  colorés  dans  la  région  de  contact  qu'à  une  certaine 
distance.  G.  Sauvageau  (*)  a  signalé  cependant  que  la  matière  des  Sphace- 
laria,  qui  brunit  sous  Faction  de  Teau  de  Javel,  se  montre  dans  la  lamelle 
moyenne  des  cellules  de  la  plante-support  à  une  faible  distance  ;  il  peut  y 
avoir  diffusion  après  la  mort,  et,  en  tout  cas,  comme  cette  matière  s'observe 
dans  tous  les  Sphacelaria  pénétrants  ou  non  pénétrants,  on  ne  peut  la 
considérer  comme  un  agent  de  digestion. 

Si  l'action  chimique  n'est  pas  manifeste,  l'action  mécanique  est  très 
nette.  Le  pivot  exerce  une  pression  sur  les  tissus  voisins,  les  cellules  sont 
aplaties,  leurs  parois  sont  ondulées,  quelquefois  délaminées  et  il  n'est  pas 
toujours  facile  d'en  suivre  le  contour  avec  précision  ;  cette  pression  déter- 
mine de  part  et  d'autre  la  formation  d'un  bourrelet.  Le  cône  de  pénétration 
se  comporte  moins  comme  un  organe  de  succion  que  comme  un  organe  qui, 
élaborant  lui-même  sa  nourriture  aux  dépens  de  l'eau  ambiante,  se  renfle 
pour  assurer  une  adhérence  suffisante. 

Malgré  cela,  l'adhérence  n'est  jamais  très  forte,  un  simple  grattage  avec 
l'ongle  peut  provoquer  l'arrachement,  il  ne  reste  alors  qu'une  cavité  sans 
aucun  débris  du  cône,  il  n'y  a  donc  pas  fusion  intime.  Cet  arrachement 
doit  se  faire  dans  les  conditions  naturelles  car,  dans  une  série  de  coupes,  on 
peut  oberver  des  alvéoles  rappelant  par  leur  forme,  leur  taille,  la  présence 
de  bourrelets  latéraux,  les  perforations  dues  à  un  pivot  de  Sphacelaria. 
Quelquefois  la  cavité  est  entièrement  comblée  par  un  tissu  de  régénération 
{Jig.  2);  elle  ne  se  remarque  que  par  les  bourrelets  latéraux  et,  dans  la 
profondeur,  par  la  forme  étroite  et  allongée  des  éléments  régénérés,  bien 
différente  de  la  forme  polyédrique  des  éléments  normaux.  On  n'observe 
aucun  tissu  de  cicatrisation,  l'altération  n'avait  pas  été  profonde;  ce  sont 
les  cellules  de  contact  qui,  reprenant  leur  activité,  ont  comblé  la  lacune. 

Il  n'y  a  donc  aucune  analogie  entre  la  fixation  de  Sphacelaria  bipinnata 
sur  Halydrys  siliquosa  et  la  fixation  d'une  phanérogame  parasite  sur  son 
hôte.  Cette  fixation  n'entraîne  d'ailleurs,  contrairement  à  ce  qui  se  produit 
chez  les  phanérogames,  aucune  modification  dans  les  organes  de  multipli- 
cation et  de  reproduction,  comme  l'a  déjà  remarqué  Sauvageau. 

Sphacelaria  bipinnata  n'a  été  observé  jusqu'ici  que  sur  deux  espèces 
d'algues,  ne  serait-ce  pas  la  preuve  d'une  affinité  entre  les  individus  associés? 
Sans  alléguer  l'insuffisance  des  recherches,  on  peut  répondre  que  le  déve- 

(')  C.  Sauvageau,  Le  parasitisme  des  Algues  {Comptes  rendus^  l.  130,  1900,  p.  S^S). 


SÉANCE    DU    23    JANVIER    1922,  2/17 

loppement  nécessite  une  adhérence  momentanée  de  la  spore  et  une  perfo- 
ration facile  de  la  cuticule  :  ces  conditions,  de  nature  mécanique  plus  que 
physiologique,  peuvent  ne  pas  se  rencontrer  chez  toutes  les  algues. 

C'est  dans  les  algues  parasites  qu'Oltmanns  (')  range  SpJiacclaria  pidvi- 
nata,  Sphacelaiia  cœspitulay  et  il  pense  que  beaucoup  d'autres  Sphacelaria 
se  comportent  d'une  façon  semblable.  11  y  a  là  au  moins  une  exagération  en 
ce  qui  concerne  Sphacelaria  hipinnala  qu'on  devrait  considérer  comme  une 
algue  Epiphyte-pcr Jurante. 

PHYSIOLOGIE.  —  L^ action  de  V/iistamine sur  la  sécrétion  du  suc  gastrique  chez 
les  pigeons.  Note  de  M.  W.  Koskowski,  présentée  par  M.  Roux. 

L'histamine  obtenue  par  synthèse  par  Windaus  et  Vogt  et  comnae  produit  de  décora- 
posilion  de  l'histidine,  par  Ackermann,  fut  découverte  par  A.  Berlhelot  et  D,-M. 
Bertrand  dans  les  bouillons  de  culture  de  certains  microbes  de  la  flore  intestinale  et 
surtout  du  Bacillus  aniinophilus  inteslinalis,  cultivé  sur  l'histidine.  Au  point  de  vue 
de  son  action  physiologique,  cette  substaoce  a  été  étudiée  surtout  par  Dale,  Laidlow , 
Barger,  Modrakowski,  Steusing  et  autres. 

Ces  dernières  années,  Popielski,  et  ensuite  Bothlin  et  Gundlach  constatent  que 
rhistaraine  exerce  une  action  stimulante  très  énergique  sur  la  sécrétion  gastrique  du 
chien,  mais  que  cette  action  ne  se  produit  qu'à  la  suite  d'injections  hypodermiques. 
Les  injections  intraveineuses,  ainsi  que  rintroduclion  directe  dans  les  différentes  parties 
du  tube  digestif  restaient  sans  effet.  Rothlin  et  Gundlach  en  ont  conclu  que  Ihista- 
mine  agissait  par  l'excitation  de  pneumogastrique,  comme  un  corps  parasy^mpalhico- 
mimétique,  tandis  que  Popielski  a  montré  que  la  section  des  nerfs  vagues  ainsi  que 
l'injection  préalable  de  scopolamine  n'empêchaient  pas  la  sécrétion  du  suc  gastrique 
sous  l'action  de  l'instamine. 

Se  basant  sur  le  fait  que  Ihislamine  n'exerce  aucune  action  sécrétoire  après  l'injec- 
tion intraveineuse,  il  faut,  nous  croyons,  admettre  .que  cette  substance  inactive  par 
elle-même,  provoquait  dans  l'organisme  la  formation  d'une  autre  substance  qui  agirait 
directement  sur  les  cellules  gastriques  (Popielski). 

J'ai  repris  ces  expériences  dans  le  but  de  préciser  l'action  sécrétoire  de 
l'histamine  dans  les  différentes  conditions  en  mettant  à  profit  une  méthode 
très  simple  et  très  rapide  que  j'ai  déjà  eu  Toccasion  d'expérimenter  avec 
Steusing,  et  qui  consiste  à  prendre  comme  animaux  d'expériences  des 
oiseaux,  qui  n'éprouvent  du  fait  de  la  gaslrotomie  qu'un  choc  opératoire 
minime  et  sur  lesquels  on  peut  expérimenter  immédiatement  après  l'opé- 
ration, sans  aucune  précaution  spéciale. 

J'ai  opéré  sur  des  pigeons  et,  après  avoir  établi  les  doses  minima  actives 
(0"°^,!  à  o™s,2  par  kilogramme  pour  les  injections  sous-cutanées),  j'ai  con- 

(*)  Oltmanns,  Morphologie  and  Biologie  der  Algen,  Bd  2,  p.  3 19. 


248  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

staté  toul  d'abord  que  rhistamine,  inaclive  à  toute  dose  par  riiijeclion 
intraveineuse,  ou  introduite  directement  dans  la  bouche,  dans  le  jabot  ou 
l'estomac,  exerçait  son  action  sjiéciale  sur  la  sécrétion  gastrique  non  seu- 
lement quand  on  l'injectait  sous  la  peau,  mais  aussi  à  la  suite  d'injections 
intramusculaires  aux  mêmes  doses  que  pour  les  injections  sous-cutanées 
et  que  son  introduction  dans  une  partie  quelconque  de  l'intestin  produit  la 
même  action,  tnais  à  des  doses  trente  à  quarante  fois  plus  fortes. 

Il  est  important  de  noter  qu'une  simple  application  d'histamine  dissoute 
dans  une  goutte  d'eau  physiologique  sur  la  peau  déplumée  et  grattée  produit 
le  même  elTet  que  l'injection  sous-cutanée  de  la  même  dose.  La  même  quan- 
tité d'histamine  appliquée  en  plusieurs  endroits  de  la  peau  provoque  une 
action  beaucoup  plus  forte.  L'atropine  à  des  doses  différentes  n'empêche  pas 
cette  action. 

La  première  goutte  du  suc  acide  (réaction  au  tournesol  et  Congo  positif) 
paraît  dans  la  canule  exactement  huit  minutes  après  l'injection  ou  le  dépôt. 

Pour  déterminer  si  l'histamine  ne  subit  pas  une  destruction  immédiate 
dans  le  sang,  et,  par  conséquent,  ne  produit  pas  l'action  succagogue,  j'ai 
fait  les  expériences  suivantes  : 

i"  On  laisse  couler  stérilemenl  lo""^^  de  sang  de  lapin  sur  une  solution  de  io"'sd'liis- 
lamine.  On  défibrine,  on  laisse  en  repos  pendant  20  lieur  es  et  l'on  injecle  i'^'"'  de  sang 
sous  la  peau  du  pigeon  muni  d'une  canule  gastrique.  On  obtient  en  7  heures  la  quan- 
tité énorme  de  2i™\5o  de  suc  gastrique  bien  acide;  2°  on  injecte  très  lentement 
(i3  minutes)  à  un  pigeon  i"b,8  d'histamine  dans  la  veine,  et  3  minutes  après  on  lui 
prend  dans  le  cœur  2""^  de  sang  que  l'on  injecle  immédiatement. à  un  autre  pigeon 
sous  la  peau.  On  obtient  en  12  heures  25'=™', 76  de  suc  gastrique  très  acide.  Dans  les 
expériences  de  contrôle  la  même  quantité  de  sang  pris  dans  le  cœur  et  injecté  sous  la 
peau  ne  provoque  aucune  sécrétion  dans  la  première  heure  après  l'injection,  et  donne 
gcm»  j'y,^  liquide  mélangé  de  bile  àjirès  21  heures;  3°  on  mouille  la  peau,  préalablement 
isolée  des  tissus  sous-jacents  par  un  carton  que  l'on  fait  glisser  entre  la  peau  et  la 
chair,  d'une  gout'e  d'eau  physiologique  contenant  !•"«  d'histamine  et  l'on  découpe 
immédiatement  la  partie  de  peau  mouillée.  On  constate  un  écoulement  de  3*^'°',  5  de 
suc  gastrique  en  i  heure.  L'action  de  l'histamine  à  travers  la  peau  est  donc,  pour 
ainsi  dire,  instantanée. 

De  l'ensemble  de  nos  expériences,  nous  pouvons  donc  conclure  que  l'his- 
tamine n'est  pas  détruite  dans  le  sang  et  qu'elle  n'est  pas  transformée  dans 
le  sang  en  stibstance  stimulante  de  la  sécrétion  gastrique,  qu'elle  subit  celte 
transformation  dans  les  autres  tissus  et  principalement  dans  la  peau. 


SÉANCE    DU    23    JANVIER    I922.  2^9 

MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  —  Vaccïne  pwe  cérébrale.  Virulence  pour 
rhomme.  Note  de  MM.  C.  Levaditi  et  S.  IVicolau,  présentée  par 
M.  Roux. 

Nous  avons  montré  récemment  (')  que  le#virus  vaccinal,  cultivé  à  Télat 
pur  dans  le  cerveau  du  lapin,  conservait  intactes  ses  affinités  pour  les  seg- 
ments cornéen  et  cutané  de  l'ectoderme,  chez  cette  espèce  animale.  Malgré 
de  nombreux  passages  exclusivement  cérébraux  (actuellement  au  nombre 
de  iio),  ce  virus,  inoculé  sur  la  peau  du  lapin,  après  épilage  et  rasage 
préalables  (procédé  de  Calmette  et  Guérin),  engendre  une  belle  éruption 
confluente  de  vésico-pustules  ;  il  en  est  de  même  de  Tinjection  intra-veineuse 
{vaccine  généralisée).  Nous  avons  prouvé,  d'autre  part  (-),  que  le  singe 
réagit  à  Tégard  du  virus  cérébral  par  une  vésico-pustule  typique,  lui  con- 
férant l'immunité  vis-à-vis  de  la  vaccine  habituelle.  Quelle  est  la  virulence 
de  ce  virus  pour  l'homme  ? 

Grâce  à  l'obligeance  de  M.  le  professeur  Brindeau  et  de  M"*"  Deslandes, 
de  M.  Guérin  (Institut  Pasteur  de  Lille),  de  M.  le  D^'  Marie  (Sainte- 
Anne)  et  de  M.  Banu  (Service  de  M.  le  professeur  Le  Lorier),  nous  avons 
pu  recueillir  quelques  données  à  ce  sujet,  que  nous  relatons  dans  la  pré- 
sente Note. 

1.  Nouveau-nés.  —  Boiv.,  âgé  de  5  jours,  fut  inoculé  par  M""  Deslandes,  au  bras, 
avec  une  énnulsion  glycérinée  virulente  de  cerveau  (i/i  novembre  1921).  Le  4<^  jour, 
apparition  d'une  vésicule,  entourée  d'une  aréole  erythémateuse,  qui  grandit  les  jours 
suivants,  devient  ombiliquée  et  se  transforme  en  pustule.  Peu  après,  on  constate  une 
éruption  de  vésicules  secondaires,  s'étendanl  sur  une  circonférence  de  3'='"  de  dia- 
mètre. Le  iS*^  jour,  formation  de  croûtes  qui  se  détachent  dans  la  suite.  Seule,  la 
vésico-pustule  mère  laisse  une  cicatrice,  relativement  peu  marquée;  les  vésicules 
secondaires  guérissent  sans  traces  visibles.  Aucune  léaclion  générale. 

M.  Banu  a,  de  son  côté,  pratiqué  12  vaccinations  chez  des  nouveau-nés 
âgés  de  quelques  jours;  8  furent  couronnées  de  succès  (soit  ^d&  pour  100); 
les  pustules  ont  eu  un  aspect  normal  (  ^). 

2.  Nourrissons.  —  M"^  Deslandes  a  vacciné  pour  nous  4;  nourrissons  âgés 
de  17  jours  à  i  an  (la  plupart  de  3  à  4  mois).  Le  vaccin  dont  elle 
s'est  servie  était  l'émuision  glycérinée  conservée  pendant  3,  5,  6,  i5  et 
29  jours  à  la  température  ordinaire.  De  ces  47  nourrissons,  38  ont  pu  être 
suivis. 


(')   Levaditi  et  Nicolau,  Comptes  rendus  de  la  Société  de  Biologie,  t.  86.    1922, 

(-)  Lrvaditi  et  Nicolau,  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  870. 
(^)   i\l.  Banu  publiera  prochainement  les  détails  de  ses  recherches. 

C.  R.,  1922,  i"  Semestre.  (T.  174,  N»  4.)  I9 


25o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Le  résultat  global  a  été  :  27  succès  et  i  r  insuccès^  soit  'ji  pour  100  vaccina- 
tions positives. 

Caractères  des  vésico-pustules .  —  Dans  la  grande  majorité  des  cas  (22),  les 
vésico-pustules  ont  revêtu  un  aspect  normal  et  ont  évolué  comme  une  vac- 
cine de  moyenne  intensité.  Trois  fois  (11  pour  100)  nous  avons  constaté 
l'apparition  de  vésicules  secondaires,  du  type  de  celles  décrites  plus  haut 
(Obs.  Boiv.).  Enfin,  dans  deux  cas,  la  réaction  fut  plus  intense  que  d'habi- 
tude :  érythème,  confluence  de  pustules,  œdème  périphérique,  sans  tumé- 
faction "ganglionnaire.  Ces  phénomènes  réactionnels  se  sont  amendés 
rapidement  et  n'ont  été  accompagnés  d'aucun  trouble  dénotant  une  tendance 
à  la  généralisation. 

Parmi  ces  48  nourrissons,  12  avaient  déjà  été  vaccinés  sans  succès,  alors 
qu'ils  étaient  âgés  de  quelques  jours,  à  savoir  10  avec  la  vaccine  habituelle 
et  2  avec  la  vaccine  cérébrale.  De  ces  12  enfants,  7  ont  réagi  positivement 
quelques  mois  plus  tard  avec  notre  vaccine  :  ce  sont  précisément  ceux  qui 
avaient  été  inoculés  sans  succès  avec  la  vaccine  habituelle.  Enfin,  2  nour- 
rissons se  sont  montrés  totalement  réfractaires  à  deux  reprises  vis-à-vis  de 
la  vaccine  cérébrale  Tu  et  21  jours  d'intervalle,  immunité  naturelle). 

M,  Guérin  (Lille)  a  pratiqué  avec  la  neurovaccine  quatre  primo-vaccina- 
tions et  neuf  revaccinations.  Parmi  les  primo-vaccinés,  2  enfants  ont 
montré  trois  pustules  «  larges,  plates,  entourées  d'œdème  périphérique  »; 
un  troisième  a  fait  «  trois  bonnes  pustules  »  -,  un  quatrième  «  trois  pustules 
petites,  médiocres  ».  Quant  aux  revaccinés,  5  ont  été  réfractaires;  les 
autres  ont  présenté  de  toutes  petites  pustules. 

3.  Adultes.  —  Nous  avons  vacciné,  dans  le  service  de  M.  Marie,  /jo  sujets, 
adultes  et  vieillards,  sans  tenir  compte  des  vaccinations  antérieures.  Les 
résultats  positifs  furent  au  nombre  de  20,  soit  5o  pour  100. 

Conclusions.  —  Le  virus  vaccinal  cultivé  dans  le  cerveau  du  lapin  depuis 
8  mois,  n'a  pas  perdu  son  affinité  cutanée  pour  l'homme.  Inoculé  à  des 
nouveau-nés,  des  nourrissons  et  des  adultes,  il  engendre  des  vésico-pustules 
semblables  à  celles  de  la  vaccine  habituelle,  évoluant  comme  elle,  sans  nulle 
tendance  à  la  généralisation  et  exemptes  de  toute  complication.  Il  offre  sur 
la  vaccine  ordinaire  l'avantage  d'être,  sans  nulle  addition  d'antiseptique, 
d'une  pureté  absolue.  Sa  virulence  est  quasi  constante,  ses  propriétés 
vaccinales  se  conservent  longtemps,  tant  à  la  glacière  qu'à  la  température 
ordinaire. 

MÉDECINE  VÉTÉRINAIRE.  —  Encéphalite  aiguè contagieuse  du  bœuf. 
Note  de   MM.   A.   Donatien  et   R.    Bosselut,   présentée  par   M.    Roux. 

Pendant  l'automne  1921  une  maladie  contagieuse  a  causé  neuf  morts  dans 
l'effectif  de  20  bœufs  d'une  ferme  des  environs  d'Alger. 


SÉANCE  DU  23  JANVIER  1922.  25l 

Des  signes  de  fureur,  une  salivation  abondante,  l'absence  de  lésions 
nettes  pouvant  expliquer  la  mort  faisaient  penser  à  la  rage,  mais  ce  dia- 
gnostic ne  pouvait  être  maintenu  en  raison  de  l'absence  constante  des  para- 
lysies locomotrices.  En  outre  la  glycosurie  faisait  défaut. 

Pour  préciser  la  nature  de  cette  maladie,  des  veaux,  des  moutons,  des 
lapins  et  des  cobayes  furent  inoculés  avec  du  bulbe  et  de  la  rate  provenant 
d'un  bœuf  mort  naturellement.  Seuls  les  moutons  ont  résisté  jusqu'à  ce 
jour. 

1.  Un  veau^  inoculé  sous  la  peau  de  l'encolure  avec  une  émulsion  de  rate  et  une 
émulsion  de  bulbe,  présentait  un  syndrome  d'encéphalite  82  jours  après  l'inoculation 
etjmourait  en  ^4  heures.  Une  émulsion  du  bulbe  de  cet  animal,  inoculée  dans  les 
muscles  de  la  fesse  d'un  deuxième  veau,  déterminait,  27  jours  après,  une  contracture, 
puisjune  paralysie  de  ces  muscles  et,  'au  bout  de  6  jours,  cet  animal  succombait 
en  12  heures  avec  des  signes  d'encéphalite  aiguë  (contracture  tétaniforme  des  massé- 
ters,  sialorrhée,  contractions  cloniques  du  diaphragme,  respiration  de  Cheyne 
(Stokes).  L'urine  de  ces  veaux  ne  contenait  pas  de  sucre. 

'1.  Des  observations  sur  des  lapina  inoculés  à  partir  du  bœuf  primitif  et  à  partir  du 
veau  du  premier  passage  ont  été  faites  en  assez  grand  nombre  pour  que  l'on  puisse 
faire  une  description  d'ensemble  de  la  maladie  expérimentale  de  cet  animal.  Le  virus 
provenant  du  premier  veau  inoculé  est  passé  déjà  deux  fois  par  le  lapin,  ce  qui  porte 
à  3  le  nombre  de  pa-^sages  réalisés  depuis  le  bœuf  atteint  de  la  maladie  naturelle. 
Les  matières  virulentes  pour  le  lapin  sont  :  l'encéphale,  la  moelle  et  la  rate. 
L'infection  a  pu  être  réalisée  par  les  voies  sous-cutanée,  intramusculaire,  intrapé- 
ritonéale,  intraoculaire  et  subdurale. 

La  période  d'incubation,  variable  suivant  la  source  et  la  voie  d'introduction  du 
virus,  est  en  moyenne  de  12-20  jours,  avec  un  minimum  de  4  jours  (inoculation  sub- 
durale de  virus  conservé  i4  jours  en  glycérine)  et  un  maximum  de  49  jours  (inocula- 
tion sous-cutanée  de  rate). 
L'évolution  de  la  maladie  dure  moins  de  12  heures  dans  la  plupart  des  cas. 
On  peut  noter  d'emblée,  ou  bien  des  signes  d'encéphalite  (somnolence  entrecoupée 
de  phénomènes  d'excitation,  ialhorrée,  hypothermie  prononcée  :  33°,  32°  ou  même  So" 
plusieurs  heures  avant  la  mort),  ou  bien  des  signes  de  myélite  (contracture  et  para- 
lysie) bientôt  suivie  d'une  encéphalite  qui  emporte  l'animal. 

Les  centres  nerveux  sont  très  congestionnés  et  l'histologie  lopographique  a  révélé  a 
présence  de  manchons  périvasculaires  lymphocytaires  dans  les  tubercules  quadri- 
jumeaux,  les  pédoncules  cérébraux,  la  protubérance,  le  bulbe  et  les  cornes  antérieures 
de  la  moelle. 

L'urine  ne  contient  jamais  de  sucre. 

3.  Le  coôaj'e  peut  être  infecté  par  l'inoculation  de  centres  nerveux  et  de  rate  sous 
la  peau  ou  dans  les  muscles.  Deux  passages  ont  été  effectués  avec  succès  sur  cette 
espèce. 

Aucun  microorganisme  n'a  pu  être  mis  en  évidence  par  l'examen  microscopique 
des  matières  virulentes. 

En  outre  le  sang  préliv^é  avant  et  après  la  m^rt,  la  rate  et  les  centres  nerveux  ense- 
mencés dans  les  milieux  usuels  n'ont  donné  naissance  à  aucune  culture. 
Des  recherches  sur  la  filtration  du  virus  sont  en  cours. 


252  ACADÉMIE    UES    SCIENCES. 

L'étude  expérimentale  prouve  donc  qu'il  s'agit  d'une  maladie  infectieuse 
transmissible  en  série  au  bœuf,  au  lapin  et  au  cobaye. 

La  courte  durée  de  l'évolution  chez  le  lapin  écarte  l'idée  de  rage  (dans 
celle-ci  toujours  plus  de  i[\  heures,  dans  l'encéphalite  toujours  moins).  On 
ne  peut  pas  incriminer  davantage  le  virus  de  la  maladie  d'Aujesky,  car  le 
prurit,  signe  essentiel  de  cette  maladie,  fait  toujours  défaut. 

On  se  trouve  donc  en  présence  d'un  virus  nouveau  neurotrope.  L'étude 
de  ses  caractéristiques,  qui  se  poursuit  actuellement,  ;le  placera  vraisem- 
blablement à  côté  des  virus  de  l'encéphalite  léthargique  et  de  la  poliomyélite 
antérieure  aiguë  de  l'homme. 

En  raison  des  manifestations  cliniques  de  la  maladie  naturelle,  nous 
proposons  pour  celle-ci  l'appellation  d'encéphalite  aiguë  contagieuse  du 
bœuf. 


M.  V.  IVjegova.v  adresse  une  Note  intitulée  :  Sur  les  variations  de  V en- 
tropie dans  les  gaz  réels. 

C03IITÉ    SECRET. 

La  Commission,  chargée  de  dresser  une  liste  de  candidats  à  la  place 
vacante,  parmi  les  Académiciens  libres,  par  le  décès  de  M.  J.  Carpentier^ 
présente,  par  l'organe  de  M.  E.  Bertin,  Président  de  l'Académie,  la  liste 
suivante  : 

En  première  ligne M.  Maurice  de  Broglie 

En  deuxième  ligne M.  Paul  Sé.iourné 

.  .,         ,.  1   MM.  Jean  Charcot 

En  troisième  liQ'ne  ex  œquo  \  .  ^ 

,  .  '  Alexandre  Desgrez 

par  ordre  alphabétique i  t,-  ,^ 

'  ^  ^  1  Maurice  d'Ucagne 

Les  titres  de  ces  candidats  sont  discutés. 
L'élection  aura  lieu  dans  la  prochaine  séance. 

A  i5  heures  trois  quarts,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 

La  séance  est  levée  à  17  heures  trois  quarts. 

É.  P. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU    LUNDI   50  JANVIER    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  ilmhE  liERTlS. 


MEMOIRES  ET  COMMUIVICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    GORRESPOxNDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

NOMOGRAPHIE.  —  Siw  les  avantages  comparés  des  abaques  hexagonaux 
et  des  abaques  à  points  alignés.  Note  de  M.  Ch.  Lallemand. 

1.  Dans  une  Note  précédente  ('),  j'ai  brièvement  indiqué  comment  est 
née  et  s'est  développée,  depuis  un  peu  plus  d'un  siècle,  la  Science  de  la 
représentation  plane  des  équations  à  plusieurs  variables,  au  moyen 
d'abaques,  savoir  : 

i"  Pour  les  formules  à  trois  variables  :  abaques  à  entre-croisements 
(Poucliet,  1795);  abaques  cartésiens  anamorphoses  (Lalanne,  i843); 
abaques  à  coordonnées  parallèles  (M.  d'Ocagne,  1884); 

2°  Pour  les  formules  renfermant  un  nombre  quelconque  de  variables  : 
abaques  hexagonaux  (Ch.  Lallemand,  i885),  applicables  à  toute  relation 
du  type 

qui  embrasse  la  plupart  des  formules  de  la  technique  ;  abaques  à  points 
alignés  (M.  d'Ocagne,  1891). 

Certaines  appréciations,  erronées  à  mon  sens,  ayant  été  publiées  (-)  au 
sujet  des  conditions  respectives  d'application  de  ces  deux  dernières  caté- 
gories d'abaques,  il  me  paraît  utile  de  procéder  à  une  comparaison  détaillée 
de  leurs  avantages  et  de  leurs  inconvénients  relatifs. 

2.  Tout  d'abord,  faisons  une  remarque  générale,  applicable  à  tous  les 
genres  d'abaques. 

(')  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  82. 

(-)  Voir,  notamment,  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  146. 

C.  R.,  1922,  i«  Semestre.  (T.  174,  N»  5.)  20 


2  54  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Au  point  de  vue  philosophique,  un  abaque,  quel  qu'il  soit,  est  essentiel- 
lement constilué  par  une  mosaïque  de  points  cotés.  Or,  un  point,  sur  le 
plan,  est  déterminé  par  la  rencontre  de  deux  lignes.  Cette  condition  étant, 
à  la  fois,  nécessaire  et  suffisante,  il  en  résulte  que  Ton  ne  saurait  concevoir 
aucun  type  d'abaques  dont  les  éléments  primordiaux  àèi^enàT?àen\.,  indivi- 
duellement, de  plus  de  deux  variables.  Dès  lors,  pour  qu'une  formule  soit 
siiscej)tible  d'être  traduite  en  abaques,  il  faut  et  il  suffit  qu'elle  puisse  être 
dissociée  en  éléments  renfermant  chacun  deux  variables  au  plus.  Cette 
dissociation  se  fera  tantôt  par  voie  algébrique,  préalablement  à  la  création 
de  l'abaque,  Lanlùt  graphiquement,  par  la  construction  même  de  celui-ci. 

Un  coup  d'œil,  jeté  sur  les  multiples  exemples  d'abaques  reproduits  dans 
les  Traités  de  Nomo graphie,  suffit  pour  constater  que  cette  règle  ne  souffre 
aucune  exception. 

Attribuer,  dès  lors,  un  moindre  caractère  de  généralité  à  l'abaque 
hexagonal  parce  que,  au  delà  de  trois  variables,  il  ne  serait  plus  «  qu'un 
enchaînement  de  nomogrammes  à  trois  dimensions  »,  c'est,  basée  sur  un 
truisme,  une  critique  sans  portée. 

3.  Ceci  dit,  passons  à  l'examen  comparatif  des  abaques  hexagonaux  et 
des  abaques  à  [)oints  alignés. 

Soit  à  représenter  une  formule  du  type  (i)  ci-dessus.  Chacun  des  élé- 
ments, tels  que/,  o,  ^3,,  etc.,  étant  figuré  par  une  échelle  binaire  (réduite  à 
une  échelle  linéaire  dans  le  cas  d'une  seule  variable),  les  échelles  multiples, 
traduisant  chacun  des  produits  tels  que  /,.,  g^;,,  /i,^^^,  etc.,  sont  réalisées, 
dans  la  méthode  des  [)oints  alignés,  exactement  comme  dans  celle  des 
abaques  hexagonaux.  La  seule  différence  réside  dans  le  mode  d'assemblage 
employé  pour  effectuer  la  sommation  de  ces  produits. 

Dans  l'abaque  hexagonal,  les  échelles,  linéaires  ou  multiples,  sont  dispo- 
sées perpendiculairement  aux  trois  diamètres  de  l'hexagone  régulier  utilisé 
comme  indicateur. 

Dans  l'abaque  correspondant  à  })oints  alignés,  les  échelles  sont  disposées 
parallèlement  à  trois  supports  reclilignes,  eux-mêmes  parallèles  entre  eux, 
et  les  trois  iudex  de  l'abaque  hexagonal  sont  remplacés  par  un  iWr.ruJiique. 
Mais  les  points  alignés  sous  cet  index  sont  les  projections  respectives  de 
points  des  échelles  multiples  sur  les  supports  correspondants;  aussi,  pour 
les  équations  à  plus  de  trois  variables,  l'abaque  à  points  alignés  est-il,  en 
général,  moins  facile  à  consulter  que  l'abaque  hexagonal. 

Si  l'abaque  renferme  plus  de  trois  échelles,  linéaires  ou  multiples,  la  som- 
mation, dans  le  type  hexagonal,  exige,  au  delà  de  la  troisième  échelle, 


SÉANCE   DU   3o   JANVIER    I922.  255 

autant  de  glissements  successifs  de  l'indicateur.  Mais,  dans  le  cas  des  points 
alignés,  ces  glissements  sont  remplacés  par  un  nombre  égal  de  pivotements 
autour  des  points  successifs  de  rencontre  de  l'indev  avec  des  droites  auxi- 
liaires servant  de  charnières;  opération  assez  délicate  lorsque  le  pivot  n'est 
pas  matérialisé  par  un  coup  de  crayon  ou,  tout  au  moins,  repéré  sur  la 
charnière,  spécialement  cotée  à  cet  effet. 

En  fait,  il  n'existe  pas  de  méthode  générale  universellement  supérieure  à 
toutes  les  autres;  le  choix  à  faire  entre  elles,  dans  chaque  cas  particulier, 
dépend  de  la  forme  de  Icquation  et  des  conditions  du  problème. 

4.   Voyons  maintenant  quelques  exemples  : 

1°  Formules  à  trois  variables.  —  Le  cas  le  plus  général  est  représenté  par 
l'équation 

Si  elle  n'est  pas  anamorphosable.  celte  équation  peut  toujours  être  repré* 
sentée,  comme  une  surface  topographique,  par  des  courbes  de  niveau  en.  ^3, 
recoupant  un  damier  formé  d'horizontales  et  de  verticales  respectivement 
cotées  en  ;,  et  en  Zn.  La  dissociation  se  trouve  ainsi  effectui'^e  graphicjue- 
ment;  l'équation  (2),  finalement,  étant  représentée  par  une  échelle  binaire, 
cotée  en  i:,  et  :;3,  accolée  à  une  échelle  linéaire  en  z.^'.,  ce  qui  constitue  un 
cas  très  particulier  des  abaques  hexagonaux.  La  méthode  en  points  alignés 
n'y  apporterait  aucune  simplification. 

Considérons  ensuite  les  équations  (2)  anamorphosables  et  classons-les 
(Faprès  V ordre  nomo graphique  réel,  notion  précieuse  due  à  M.  R.  Soreau. 

Les  équations  d'ordre  3  sont  réductibles  à  la  forme  canonique 

(3)  /,-/;+/3=o, 

cas  particulier  de  la  relation  (i),  représenté,  en  points  alignés,  par  trois 
simples  échelles  parallèles  (*).  Mais  ces  échelles  étant  coupées  obliquement 
par  l'index,  l'estime  des  fractions  de  division  y  est  moins  précise  que  sur  un 
abaque  hexagonal,  dont  les  échelles  sont  croisées  orlhogonalement  par  les 
index  correspondants. 

Par  contre,  avec  la  méthode  des  points  alignés,  la  faculté  de  disposer  à 
volonté  du  module  de  deux  des  échelles  permet,  en  ce  cas,  de  donner  à 
l'abaque  une  disposition  favorable.  Enfin  l'inégalité  possible  des  dilatations 

(' )  La  méthode  des  points  alignés  a  été  vulgarisée  par  les  multiples  applications 
qui  eu  ont  été  faites  pour  ce  cas  particulier,  très  fréquemment  rencontre  daus  la  pra- 
tique courante. 


256  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

du  papier-support,  dans  deux  directions  rectangulaires,  n'a,  dans  ce  même 
cas,  aucune  influence  sur  l'exactitude  des  résultats  ('). 

Pour  ro7T//-e  4,  comme  Ta  montré  Clark,  l'équation  proposée  est  réduc- 
tible à  l'une  ou  à  l'autre  des  deux  formes  canoniques  : 

(4)  AAA+iA+A)-f.+  h  =  o. 

En  abaques  à  points  alignés,  dans  l'un  et  Tautrc  cas,  chacune  des  trois 
variables  est  représentée  par  une  seule  échelle. 

En  abaques  hexagonaux,  par  contre,  l'équation  (4)  exigerait,  pour  sa 
représentation,  deux  échelles  ternaires  accolées,  contenant  chacune  les  trois 
variables,  et  l'inconnue,  dès  lors,  ne  pourrait  s'obtenir  que  par  tâtonnements  ; 
l'équation  (5),  d'autre  part,  se  traduirait  par  une  échelle  binaire  et  une 
échelle  linéaire  accolées,  c'est-à-dire,  en  somme,  par  un  abaque  à  entre- 
croisement à  trois  cours  de  droites. 

La  supériorité  de  la  méthode  des  points  alignés  est,  ici,  évidente. 

En  général,  les  équations  tVordre  5  et  à'' ordre  6  ne  sont  pas  anamorpho- 
sables  et,  par  suite,  ne  peuvent  être  représentées  à  l'aide  de  trois  échelles 
simples  seulement.  Ainsi,  malgré  sa  forme  peu  compliquée,  l'équation, 
d'ordre  5, 

ne  peut,  eu  général,  être  ligurée,  soit  en  points  align(>s,  soit  en  abaque 
hexagonal,  autrement  qu'avec  une  échelle  simple  en  z^  et  deux  échelles 
binaires  cotées,  l'une  et  l'autre,  en  z._,  et  ^3. 

La  disposition  hexagonale  et,  mieux  encore,  l'abaque  cartésien  à  entre- 
croisements, sont  alors  plus  avantageux. 

2°  Formules  à  plus  de  trois  variables.  —  Nous  avons  montré  que,  pour  les 
équations  de  la  forme  ((),  l'abaque  hexagonal  est  préférable  en  général. 

Tel  est  le  cas  pour  la  formule,  à  quatre  variables,  de  la  déviation  du 
compas  (-),  et  aussi  pour  la  formule,  à  sept  variables,  de  l'erreur  de  réfrac- 

(')  Avec  l'abaque  liexagonal,  pour  échapper  à  cet  inconvénient,  on  lemplace  parfois 
l'indicaleur  mobile  par  un  triple  réseau  de  lignes-guides,  tracées  sur  l'épure  même  et 
iiUerronipues  à  la  traversée  des  échelles,  afin  d'éviter  la  confusion,  i  \  litre  d'exemple, 
voir,  dans  JSivellenieiiL  de  haute  précision^  par  Gh.  Lallemand,  p,  774,  l'abaque  du 
salaire  des  porte-mires.) 

("-)  Abaque  hexagonal  reproduit  dans  le  Traité  de  M.  Soreau  (t.  2..  p.  x55,  Abaque 
126)  et  dans  le  Traité  de  Nomographie  de  M.  d'Ocagne  (■J"  édition,  p.  i53). 


SÉANCE    DU   3o    JANVIER    I922.  267 

tion  ('),  équations  qui,  même,  ne  sauraient  être  mises  sous  forme  explicite. 
Les  Traités  de  Nomographie  ne  contiennent  aucun  exemple  d'abaques  en 
points  alignés  dont  la  complication  dépasse  celle  de  ces  derniers,  ou  encore 
celle  de  l'abaque  hexagonal,  à  quatre  échelles  binaires  et  huit  variables, 
servant  au  calcul  des  salaires  des  porte-miros  du  Nivellement  général  de  la 
France  {^). 

Par  contre,  les  avantages  et  les  inconvénients  des  deux  méthodes  se 
balancent  dans  un  cas  particulier,  très  fréquent,  de  réquation-typey /„  =  o, 
pour  lequel  M.  Soreau  a  donné  une  troisième  solution  très  favorable,  où  les 
échelles  sont  placées,  deux  à  deux,  sur  des  cercles  concentriques  servant 
aussi  de  lignes  de  pivotement,  de  sorte  que  les  points-pivots  restent  toujours 
dans  les  limites  de  l'épure. 

Pour  les  équations  du  type 

(7)  /.,^V.+/./rn-^/:n-o, 

les  points  alignés  présentent  un  avantage  marqué,  en  ce  qu'ils  permettent  de 
n'avoir  qu'un  système  figuratif  pour  chacune  des  variables,  alors  que  la 
méthode  hexagonale  exigerait  deux  échelles  ternaires  accolées,  contenant, 
chacune,  les  trois  variables,  ce  qui  compliquerait  la  recherche  deTinconnue. 
Dans  ce  cas  particulier  rentrent  l'équation  complète  du  troisième  degré 

(8)  z^-^  nz-'i- pz -{-q  —  o  {^) 

et  la  formule  géjiérale  de  résolution  des  triangles  sphériques 

(9)  cosfl  =:  co%b  cosc  -1-  sin  6  sin  c  cos  A. 

Comme  je  l'ai  déjà  indiqué  dans  ma  Note  précédente,  la  méthode  des 
points  alignés  doit  alors  être  nettement  préférée. 

5.  En  fait,  tant  que  la  construction  d'un  abaque,  qu'il  soit  hexagonal  ou 
à  points  alignés,  se  réduit  au  tracé  de  trois  échelles  rectilignes,  l'opération 
est  à  la  portée  du  plus  grand  nombre  des  techniciens;  mais  dès  que  l'on  est 
obligé  de  recourir  à  des  échelles  moir>s  simples,  elle  devient  une  véritable 

(')  Abaque  hexagonal  inséré  dans  Nivellement  de  haute  précision  par  Ch.  Lalle- 
mand  (2^  édition,  p.  497)  ^^  reproduit  dans  le  Traité  de  Soreau  (t.  1,  p.  4^5,  Abaque  08) 
et  dans  le  Traité  de  Nomographie,  op.  cit.  (2^  édition,  p.  i5o). 

(■-)   Voir  Nivellement  de  haute  précision,  op.  cit.  (p.  774)- 

(^)  Cette  équation  a  été  traduite  par  M.  d'Ocagne  {T.  V.,  2^  édition,  p.  124)  en  un 
abaque  à  points  alignés,  comprenant  un  réseau  de  points  à  deux  cotes.  ::  et«,  avec  deux 
échelles  simples,  parallèles,  en  p  et  en  a. 


258  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

œuvre  d'art,  qu'il  est  préférable  de  confier  à  des  spécialistes  entraînés  à  ce 
genre  de  travaux.  C'est  grâce  à  la  création  d'un  bureau  ad  hoc  que 
M.  d'Ocagne  a  pu,  durant  la  guerre,  établir,  pour  les  besoins  de  l'Armée, 
les  nombreux  abaques  qui  ont  rendu  tant  de  services. 


CHIMIE   GÉNÉRALE.  —  Sur  V autoxydation  :   les  Antioxygènes. 
Note  (')  de  MM.  Charles  Moureu  et  Charles  Dufraisse. 

Au  cours  de  nos  récentes  recherches  sur  l'acroléine,  un  examen  attentif 
des  conditions  de  l'altération  de  cette  matière  éminemment  instable  nous  a 
conduits,  de  proche  en  proche,  à  envisager  des  problèmes  d'ordre  très 
général,  et,  en  particulier,  celui  de  l'autoxydation  (oxydation  spontanée, 
par  l'oxygène  libre,  dans  les  conditions  ordinaires  de  température  et  de 
pression),  dont  on  connaît  toute  l'importance  eu  Chimie  et  en  Biologie. 
Une  découverte  bien  inattendue  résulte  de  nos  investigations  :  l'autoxyda- 
tion  d'un  grand  nombre  de  substances  peut  être  entravée  par  la  présence  de 
traces  de  certains  corps  (^).  Nous  appelons  ces  corps  des  antioxygènes.  Les 
faits  rapportés  ci-dessous  établiront  que  la  propriété  antioxygèue  appartient, 
d'une  manière  générale,  à  la  fonction  phénol. 

1.  Expérience  fondamentale.  — •  Soit  un  tube  barométrique  terminé,  à  sa 
partie  sup^^nûeure  deux  fois  recourbée,  par  un  petit  réservoir  contenant,  par 
exemple,  de  l'aldéhyde  benzoïque,  corps  qui,  comme  on  sait,  s'oxyde  rapi- 
dement à  l'air.  Introduisons  dans  ce  tube  de  l'oxygène  pur  jusqu'à  ce  que 
le  mercure  soit  au  même  niveau  à  l'intérieur  et  à  l'extérieur.  On  ne  tarde 
pas  à  voir  le  mercure  s'élever  progressivement;  en  quelques  heures,  la 
colonne  a  atteint  une  hauteur  correspondant  à  une  pression  intérieure  de 
5cm  ^  grm.  l'ascension  est  de  plus  en  plus  lente;  et,  après  i[\  heures,  la  pres- 
sion est  encore  de  2""  à  3'°\  Ce  phénomène  est  dû  à  la  transformation,  par 
fixation  d'oxygène,  de  l'aldéhyde  benzoïque  en  peroxyde,  puis  en  acide 
benzoïque. 

Ivépétons  la  même  expérience  avec  de  l'aldéhyde  benzoïque  additionné 
d'une  très  faible  proportion  d'hydroquinone  (de  l'ordre  de  ~i^.  Celte  fois 

(')  Séance  du  28  janvier  1922. 

(-)  Il  convient  de  rappeler  que  l'on  savait  depuis  longtemps,  dans  le  même  ordre  de 
faits,  que  des  traces  de  certains  gaz  ou  vapeurs  (hydrogène  sulfuré,  éthjlène,  alcool, 
éther,  essence  de  térébenthine,  pétrole,  etc.)  empêchaient  la  luminescence  du 
phosphore. 


SKANCE  DU  3o  JANVIER  I922.  259 

011  ne  voit  plus  nionler  le  mercuiv  ;  l'absorption  de  l'oxygène  ne  so  fait  plus. 
Des  traces  d'hydroquinone  empêchent  donc  l'aldéhyde  benzoïque  de  fixer 
l'oxygène.  Tel  esi  le  fait  fondamental  nouveau  qui  est  à  la  hase  de  nos 
recherches. 

Nous  remarquerons,  accessoirement,  qu'une  autre  conclusion  intéressante 
peut  être  tirée  de  la  même  expérience  :  l'aldéhyde  benzoïque  en  vapeur  ne 
subit  pas  l'auloxydation. 

Ajoutons  que,  si  l'on  prolonge  lobscrNation,  un  phénomène  particulier 
se  produit  (nous  y  reviendrons  plus  loin),  qui  nous  prive  du  moyen  de 
reconnaîtie  pai'  cette  simple  expérience  si  la  fixation  doxygène  est  com(  )]('■- 
lement  supprimée  ou  si  elle  n'est  que  cousidérablement  ralentie. 

2.  \ons  a\ons  constaté  des  résultats  analogues  en  opérant  avec  diffé- 
rentes autres  substances  antoxydables  et  une  série  d'antres  phénols,  les 
corps  (les  deux  catégories  étant  conjugués  deux  à  deux,  à  savoir  :  acétal- 
déhyde,  chloral,  aldéhyde  |)ropyli(|ue,  acroléine,  aldéhyde  auisique, 
aldéhyde  ciunamique,  aldéhyde  hydrocinnamique,  liirfurol,  styrolène, 
essence  de  térébenthine,  iinile  de  lin,  huile  de  noix,  beurre,  d'une  |iart  : 
phénol  ordinaire,  thymol,  gaïacol,  eugénol,  na])htol  a,  naphtol  (i,  |»yro- 
catéchine,  résorcine,  |)yrogallol,  acide  gallique,  tannin,  aldéhyde  salicy- 
lique  (aldéhyde  à  fonction  phénol),  \  anilline  (aldéhyde  à  l'onction  phénol), 
orthonitiOj)hénol.  orthoaniinophénol.  d'autre  jiart. 

Les  ellets  observés  peuvent  varier  dans  des  limites  assez  étendues  sui\ant 
la  natuie  et  les  proportions  respectives  des  deux  substances  antagonistes, 
surtout  en  ce  <[ui  concerne  le  produit  phénolique.  L'hydroquinone  (païa- 
diphénol),  la  pyrocatécliine  (orthodiphénol)  et  le  pyrogallol  (triphénol 
1.2.3)  se  montrent  tout  particulièrement  actifs;  le  phénol  ordinaire  et  la 
résorcine  le  sont  peu,  le  gaïacol  et  les  naphtols  le  sont  beaucoup  plus  ('). 

3.  Nous  dirons  d'ailleurs,  dès  maintenant,  par  raison  d'analogie,  ({u'il 
nous  paraît  vraisemblable  qu'il  ne  s'agit  jamais,  même  quand  la  vitesse 
d'absorption  de  l'oxygène  paraît  être  nulle,  que  d'un  ralentissement  et  non 
d'une  suppression  totale  de  l'auloxydation. 

(')  Parmi  les  ptiénols,  nous  devons  réserver  le  cas  de  la  phlorogliicine  (phénol 
1.3.5).  Ce  corps,  en  eiTel.  opposé  à  lacroléine,  non  seulement  n'a  pas  empêché  Tau- 
toxjdation,  mais  il  a  paru  même  la  favoriser.  Il  convient,  du  reste,  de  rappeler  que  la 
phloroglucine  réagit  souvent  comme  une  tricétone. 

Gomme  il  était  à  prévoir,  l'aldéhyde  salicylique  et  la  vanilline,  à  l'inverse  des  autres 
aldéhydes,  ne  s'autoxydent  pas,  la  fonction  phéuol  protégeant  la  fonction  aldéhyde 
contre  l'action  de  Toxvgène. 


l6o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Il  semblerait,  à  priori,  qu'il  est  facile  de  s'assurer,  d'une  manière  précise, 
si  l'oxydation,  lorsqu'elle  paraît  nulle,  l'est  réellement  ou  si  elle  est  seule- 
ment très  ralentie  :  il  devrait  suffire  de  prolonger  assez  longtemps  les 
observations.  Malheureusement,  un  phénomène  parasite  (celui  annoncé  ci- 
dessus)  vient  fausser  les  indications.  Si  nous  continuons  à  observer  les  tubes 
barométriques  où  les  substances  autoxydables  ont  été  additionnées  de 
phénols,  nous  noterons  toujours,  au  bout  d'un  temps  variant,  suivant  les 
cas,  de  quelques  jours  à  quelques  semaines  (voire  même  à  quelques  mois  et 
quelques  années),  une  ascension  appréciable  de  la  colonne  mercurielle,  qui 
prouve  indubitablement  une  certaine  absorption  d'oxygène.  En  étudiant  le 
phénomène  de  plus  près,  nous  constaterons  une  condensation  progressive 
du  corps  autoxydable  sur  les  parois  de  la  chambre  barométrique  et  jusque 
sur  la  surface  du  mercure,  où  il  se  rassemble  peu  à  peu.  Et  c'est  cette  frac- 
tion du  corps  ainsi  soustraite  à  la  protection  de  Tantioxygène  qui  a  mani- 
festement absorbé  l'oxygène  dont  on  a  constaté  la  disparition.  Comme  on 
le  voit,  le  phénomène  limite  la  durée  des  observations  et  nous  prive  du 
moyen  de  savoir  si  la  substance  autoxydable  additionnée  d'antioxygène  ne 
subit  pas  une  oxydation  d'allure  très  ralentie. 

4.  Il  serait  peut-être  prématuré,  dans  l'état  actuel  de  nos  expériences, 
de  chercher  à  exprimer  les  activités  relatives  par  des  valeurs  numériques. 
Il  est  naturel  dépenser,  toutefois,  que  l'on  peut,  en  première  approxima- 
tion, considérer  ces  activités  comme  étant,  toutes  choses  égales  d'ailleurs, 
en  raison  inverse  des  proportions  de  corps  phénoliques  produisant  un  effet 
déterminé.  Ainsi  envisagé,  le  pouvoir  antioxygène  peut  atteindre  parfois 
un  degré  très  élevé.  L'hydroquinone  semble  empêcher  toute  autoxydalion 
de  l'acroléine  à  la  dose  de  YoTôôi  ^^  ^^^^  constate  encore  une  certaine  action 
retardatrice  à  la  dose  de  nnrh— 7- 

5.  En  outre  des  essais  en  tube  barométrique,  nous  en  avons  exécuté 
aussi  dans  les  conditions  ordinaires  de  conservation  des  produits  au  labora- 
toire, c'est-à-dire  en  flacons  bouchés  sans  précautions  spéciales.  Les  résul- 
tats ont  été  trouvés  semblables  aux  précédents,  sauf  toutefois  qu'ici  le 
phénomène  parasite  dont  il  a  été  question  pouvait  être  négligé.  C'est  ainsi 
que  de  l'aldéhyde  benzoïque,  additionné  de  ^-^  d'hydroquinone  et  contenu 
dans  un  flacon  à  moitié  rempli,  qu'on  débouchait  de  temps  en  temps,  a  été 
reconnu  sensiblement  inaltéré  au  bout  de  deux  années,  alors  qu'un  échan- 
tillon témoin  était  pris  en  masse  (acide  benzoïque). 

G.  Quelle  peut  être  la  durée  de  l'action  protectrice  ?  Si  aucun  phéno- 
mène spécial  ne  se  produit,  si,  en  particulier,  l'antioxygéne  demeure  intact. 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  I922.  261 

elle  devrait  être  illimitée.  En  fait,  ayant  soigneusement  éliminé  par  distil- 
lation l'acroléine  de  I  litre  de  solution  d'hydroquinone  au  millième  dans  cet 
aldéhyde,  nous  avons,  après  six  mois,  retrouvé  le  poids  presque  intégral  de 
l'antictxygène  inaltéré,  et  deux  observations  analogues,  cette  fois  portant 
sur  deux  ans  el  sur  deux  ans  et  demi,  ont  été  faites  également  avec  l'aldé- 
hyde benzoïque  el  avec  le  styrolène.  Il  est  possible  qu'à  la  longue  l'anti- 
oxygènese  transforme,  par  réaction  chimique  sur  la  substance  autoxydable, 
surtout  si  de  nouvelles  quantités  d'oxygène  sont  fréquemment  amenées  au 
contact  du  système.  En  tout  cas,  la  transformation,  si  elle  s'effectue,  doit 
être  très  lente.  Si  nous  ajoutons,  d'autre  part,  que  nous  avons  des  résultats 
positifs  fournis  par  des  observations  pratiques  qui  durent  depuis  déjà  trois 
années,  nous  sommes  autorisés  à  conclure  que  l'on  peut,  dans  beaucoup  de 
cas,  considérer  la  conservation  comme  étant  pratiquement  indéfinie. 

7.  Les  antioxygènes  et  les  phénomènes  secondaires  de  V a utoxy dation.  — 
On  sait  que,  très  souvent,  les  réactions  d'autoxydation  sont  accompagnées  de 
phénomènes  secondaires,  généralement  liés  à  des  condensations  molécu- 
laires, qui  se  manifestent  par  des  colorations,  des  précipités,  des  épaississe- 
ments,  du  rancissement,  etc.  En  même  temps  que  nos  antioxygènes 
entravent  la  fixation  d'oxygène,  nous  avons  constaté,  ainsi  qu'on  pouvait  le 
prévoir,  qu'ils  entravent  aussi  la  production  de  ces,  divers  phénomènes. 
Ainsi  le  furfurol,  au  lieu  de  se  colorer  fortement  en  noir,  demeure  presque 
incolore  ;  l'acroléine  ne  se  trouble  plus  par  la  précipitation  de  disacrvle  ;  le 
styrolène  reste  fiuide  et  ne  donne  plus  la  résine  soluble  dite  métastyrolène  ; 
l'huile  de  lin  peut  être  exposée  à  Tair  en  couches  minces  sans  perdre  de  sa 
fluidité  (trois  ans  d'observations)  ;  le  beurre  conserve  ses  propriétés  orga- 
noleptiques,  et,  d'une  manière  générale,  les  corps  gras  ne  rancissent 
pas,  etc. 

8.  Mécanisme  de  V  action  antioxygène.  —  Nous  nous  sommes  naturel- 
lement préoccupés  de  pénétrer  le  mécanisme  de  l'action  anlioxygène. 
Diverses  hypothèses  ont  été  envisagées,  qui  sont  actuellement  soumises  au 
contrôle  expérimental.  Dès  maintenant,  étant  donné  que,  d'une  part,  les 
antioxygènes  agissent  à  très  faible  dose,  et  que.  d'autre  part,  ils  paraissent 
rester  sensiblement  intacts,  il  nous  semble  hors  de  doute  que  le  phéno- 
mène est  de  nature  catalytique.  Et  cette  catalyse  peut  atteindre  un  degré 
d'activité  considérable,  puisque,  comme  on  l'a  vu  plus  haut,  i  partie 
d'hydroquinone  protège  20000  parties  d'acroléine,  soif,  en  gros,  i  molécule 
d'antioxygène  préservant  40000  molécules  de  corps  autoxydable. 

Quant  aux  modalités  de  l'action  catalytique,  des  expériences  variées  sont 


202  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

en  cours,  qui  nous  ont  déjà  donné  d'utiles  indications.  Ayant  été  amenés  à 
suppose!^  que  des  substances  autres  que  les  phénols  pouvaient  avoir  égale- 
ment la  propriété  antioxygène,  nous  avons  reconnu,  notamment,  que  la 
quinone  jouissait  de  cette  propriété. 

D'ailleurs,  l'étude  du  mécanisme  de  l'action  antioxygène  appelle  aussi  et 
surtout  des  expériences  sur  la  généralité  des  matières  autoxydables,  tant 
minérales  qu'organiques.  Déjà  nous  avons  envisagé  de  ce  point  de  vue 
des  corps  extrêmemenl  autoxydables,  lels  les  cétèncs  (nos  premiers  résul- 
tats, effectués  sur  le  diphénylcétène,  ont  été  négatifs  ;  nous  poursuivons  les 
essais),  le  triphénylméthyle,  les  pliosphines,  etc.  Déjà  également  nous 
sommes  en  mesure  d'annoncer  que  des  composés  purement  minéraux, 
comme  le  sulfite  et  même  Fhydrosulfite  de  soude,  sont  sensibles  à  l'action 
des  antioxygènes. 

9.  Une  réflexion  générale  trouvera  ici  sa  place.  Les  phénols,  substances 
facilement  autoxydables  en  liqueur  alcaline,  entravent,  à  des  doses  minimes 
et  en  l'absence  d'alcalis,  l'autoxydation  d'autres  substances,  sanss'autoxyd<'r 
sensiblement  eux-mêmes.  Et  il  est  remarquable  de  voir  ainsi  des  traces  de 
pyrogallol,  corps  couramment  employé  comme  réaclif  absorbant  de 
l'oxygène,  s'opposer  à  l'action  de  ce  gaz. 

(^est,  en  vérité,  une  catalyse  bien  curieuse  que  celle  qui  caractérise 
l'action  antioxygène. 

10.  Considération  biologiques.  —  lùant  donné  l'intérêt  primordial  de 
l'autoxydation  dans  les  phénomènes  vitaux,  nous  avons  de  bonne  heure 
envisagf''  la  répercussion  que  pourraient  avoir  les  faits  et  observations  que 
nous  venons  de  résumer  sur  quelques  conceptions  générales  de  la  Biologie. 

On  remarquera,  tout  d'abord,  que  les  êtres  vivants  contiennent  des 
phénols.  Mais,  à  ce  point  de  vue,  ils  se  séparent  en  deux  catégories  bien 
tranchées:  ceux  chez  qui  les  phénols  sont  couramment  répandus  et  ceux 
chez  qui,  au  contraire,  ils  sont  rares.  Le  premier  groupe  est  constitué  par 
les  végétaux,  où  l'on  rencontre,  quelques-uns  en  abondance,  les  composés 
phénoliques  les  plus  variés  :  mono  -  et  polyphénols  et  leurs  dérivés,  parmi 
lesquels  les  tannins  méritent  une  mention  spéciale,  en  raison  de  leur  dissé- 
mination très  générale  et  de  leurs  proportions  élevées.  Les  animaux  cons- 
tituent le  second  groupe  :  on  y  trouve,  en  effet,  très  peu  de  phénols,  et 
toujours  en  minime  proportion.  Or,  les  végétaux  sont  précisément  des  êtres 
à  vie  ralentie,  où  les  phénomènes  d'autoxydation  n'ont  pas  la  même  intensité 
que  chez  les  animaux,  et  il  est  naturel  de  supposer  que  les  phénols  y  jouent 
le  rcMe  d'agents  de  protection  contre  une  action  trop  vive  de  l'oxygène,   lu 


SÉANCE   DU    3o   JANVIER    I922.  263 

commenl,  au  surplus,  ne  pas  être  frappé  par  le  fait  que  les  tannins,  composes 
phénoliques  très  actifs,  abondent  de  préférence  dans  les  parties  du  végétal 
où  la  vie  est  le  moins  intense  ? 

Parmi  les  expériences  que  pouvait  suggérer  la  considération  du  pouvoir 
antioxygène,  la  plus  séduisante  était,  sans  contredit,  celle  relative  à  l'au- 
toxydation  de  l'hémoglobine,  vecteur  principal  d'oxygène  chez  les  animaux 
supérieurs.  Nous  avons  effectué  à  ce  propos  de  nombreux  essais,  d'abord 
sur  le  sang  hémolyse,  puis  sur  une  liqueur  résultant  de  l'hémolyse  de  glo- 
bules rouges  préalablement  lavés  avec  une  solution  isotonique,  et  enfin 
sur  des  solutions  d'hémoglobine  purifiée  par  cristallisation.  Les  résultats 
ont  été  négatifs  avec  les  divers  phénols  que  nous  avons  mis  en  œuvre  :  phé- 
nol ordinaire,  naphtols,  pyrocatéchine,  gaïacol,  résorcine,  hydroquinone, 
pyrogallol,  acide  gallique.  L'hémoglobine,  préalablement  réduite  par 
l'action  du  vide  à  40"?  a  paru  s'oxyder  aussi  facilement  en  présence  qu'en 
l'absence  de  ces  phénols.  En  répétant  les  alteinatives  de  réduction  et  d'oxy- 
dation, nous  avons  constaté,  en  outre,  qu'il  y  avait  destruction  mutuelle 
des  phénols  et  de  l'hémoglobine,  les  phénols  semblant  s'allérer  beaucoup 
plus  ra])idement. 

Faut-il  conclure  de  ces  essais  que  l'action  des  composés  phénoliques  sur 
l'autoxydation  de  l'hémoglobine  est  nulle?  On  ne  saurait  l'affirmer.  En 
effet,  la  vitesse  d'autoxydation  de  l'hémoglobine  est  vraiment  prodigieuse; 
peut-être  est-elle  comparable  à  celle  de  la  neutralisation  d'un  acide  fort 
par  une  base  forte;  et  il  est  dès  lors  possible  que  l'action  antagoniste  des 
phénols  soit  trop  lente  pour  pouvoir  être  perçue  dans  les  conditions  actuelles 
de  nos  expériences. 

Quoi  qu'il  en  soit,  il  est  vraisemblable  que  les  phénols  doivent  agir 
énergiquement  sur  quelque  stade  des  processus  d'oxydation  chez  les 
animaux  supérieurs.  L'on  peut  en  voir  une  preuve  dans  leur  toxicité,  les 
phénols  les  plus  actifs  comme  antioxygènes  se  trouvant  être  en  même 
temps  les  plus  toxiques,  et  les  symptômes  de  l'intoxication  rappelant  géné- 
ralement ceux  de  l'asphyxie. 

N'est-ce  pas  également  à  l'action  antioxygène  que  doit  être  rapporté 4e 
pouvoir  antiseptique  des  phénols,  qui  agiraient  peut-être  sur  les  microbes 
en  entravant  les  processus  d'oxydation? 

Si  Ton  songe,  d'autre  part,  aux  doses  extraordinairement  faibles  aux- 
quelles peuvent  agir  parfois  les  antioxygènes  (voir  ci-dessus),  on  ne  peut 
s'empêcher  de  rapprocher  ces  actions  de  celles  des  toxines  et  des  venins, 
dont  il  en  est  qui  causent  la  mort  par  asphyxie,  ce  qui  laisse  supposer  qu'ils 


264  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

agissent  peut-être  comme  antioxygènes.  Une  telle  manière  de  voir  trouve- 
rait quelque  appui  dans  le  fait  que  la  quinone,  dont  nous  avons  reconnu 
les  propriétés  antioxygènes,  a  été  rencontrée  dans  certains  venins. 

Enfin,  nous  ne  saurions  omettre  de  souligner  les  conséquences  qui 
peuvent  résulter  de  la  notion  nouvelle  d'antioxygène  pour  la  Pharmacologie. 
Il  est  remarquable,  en  particulier,  que  les  phénols  sont  des  antithermiques, 
et  sans  doute  le  sont-ils  parce  qu'ils  atténuent  l'intensité  des  oxydations 
dans  l'économie.  N'y  aurait-il  pas  là  la  clé  de  l'action  physiologique  des 
antithermiques  en  général?  Il  se  trouve,  en  effet,  que  les  antithermiques 
utilisés  en  thérapeutique  sont  des  substances  aromatiques,  et  l'on  a  constaté 
que  les  corps  de  cette  série  s'oxydaient  dans  l'organisme  en  donnant  des 
composés  phénoliques. 

On  voit  ainsi  que  la  connaissance  de  la  propriété  anlioxygène  des  phénols 
sera  peut-être  de  nature  à  modilier  l'interprétation  de  certains  effets  théra- 
peutiques observés  lors  de  l'administration  des  phénols.  Dans  cet  ordre 
d'idées,  l'on  ne  peut  qu'être  frappé  des  résultats  favorables  souvent  obtenus 
par  l'emploi  de  produits  phénoliques  (créosote,  gaïacol  et  dérivés,  etc.) 
dans  le  traitement  d'une  maladie  qui  touche  précisément  de  très  près  aux 
processus  d'oxydation  de  l'organisme,  à  savoir  la  forme  pulmonaire  de  la 
tuberculose.  Il  appartiendra  aux  techniciens  de  rechercher  si  ces  substances, 
en  dehors  de  leur  action  antiseptique  sur  le  bacille,  n'agiraient  pas  en  tem- 
pérant l'hyperactivité  respiratoire . 

PHYSIQUE.  —  Sur  la  pression  dans  les  fluides  aimantés  ou  polarisés . 
Note(')de  M.  G.  GouY. 

1.  Considérons,  dans  le  vide,  un  certain  volume  d'un  fluide,  dans  un 
champ  magnétique.  M.  Liénard  a  établi  la  formule 

P  :=  2-r-  ( 1-  cos-9  )  -j-consl., 

où  P  est  la  pression  normale  qu'exerce  le  fluide  sur  sa  surface,  I  l'aiman- 
tion,  0  l'angle  qu'elle  fait  avec  la  normale  et  u.  la  perméabilité  constante. 
L'hystérésis  est  supposée  nulle,  ainsi  que  la  pesanteur  (-). 

(  ')  Séance  du  23  janvier  1922. 

(-)  A.  LiÉNART),  Pression  à  V  inlér  leur  des  almanls  et  des  diélectriques  {La  Lumière 
électrique^  i894)-  Les  calculs  de  Duhem  aboutissent  au  même  résiillat  {American 
Journal  of  Mathematics^  1895,  et  Journal  de  Physique^  k^oo). 


SÉANCE   DU   3o   JANVIER    1922.  265 

L'existence  d'une  pression  variable  avec  la  direction  de  la  surface  était 
une  anomalie  en  Hydrostatique.  Cette  formule  paraît  avoir  été  admise 
sans  objections;  mais  la  démonstration,  assez  longue  ('),  est  omise  dans  les 
ouvrages  didactiques.  Il  est  pourtant  utile,  dans  un  exposé  rationnel  de 
Télectroslatique,  de  se  servir  de  l'expression  analogue  pour  la  polarisation 
diélectrique,  qui,  entre  autres  usages,  permet  de  rendre  compte  des  forces 
apparentes  qui  existent  entre  conducteurs  électrisés,  dans  un  milieu  autre 
que  le  vide.  J'ai  donc  cherché  une  démonstration  qui,  sans  sacrifier  la 
rigueur,  fût  assez  facile  pour  être  utilisée  dans  l'enseignement. 

2.  Soient  un  certain  volume  de  liquide  dans  le  champ,  et  A  uu  point  de 
sa  surface.  En  un  point  éloigné  de  A,  imaginons  qu'un  long  tube  capillaire 
relie  cette  masse  à  un  réservoir  K  contenant  le  même  liquide,  et  situé  hors 
du  champ.  Si  le  tube  est  très  fin,  son  aimantation  induite  ne  trouble  pas 
sensiblement  l'aimantation  de  la  masse  liquide,  sauf  au  voisinage  du  point 
d'attache. 

Nous  devons  tenir  compte  de  ce  que  la  constitution  et  les  propriétés  des 
corps,  aux  distances  de  la  surface  inférieures  k  une  très  petite  longueur  A, 
difFèrent  plus  ou  moins  de  ce  qu'elles  sont  dans  la  masse,  et  aussi  du  fait 
que  les  forces  moléculaires  sont  sensibles  dans  ce  petit  intervalle. 

Soient  H  et  H'  les  forces  du  champ  à  l'intérieur  et  à  l'extérieur,  à  la  dis- 
tance A  de  la  surface;  elles  font  avec  la  normale  les  angles  8  et  0'.  Imaginons 
que  nous  détachons  de  la  surface  un  disque  (-)  de  petit  rayon  r  et  d'épais- 
seur £  petite  vis-à-vis  de  r,  mais  grande  vis-à-vis  de  X,  de  telle  sorte  que  les 
propriétés  moyennes  de  la  matière  de  ce  disque  ne  diffèrent  pas  sensible- 
ment de  ce  qu'elles  sont  loin  de  la  surface.  On  pourra  admettre,  par 
exemple,  t  —  10'''  et  r  =  i™'^;  il  faut  alors  qu'on  puisse  regarder,  sur  une 
étendue  de  quelques  millimètres,  la  surface  comme  sensiblement  plane  et  le 
champ  comme  sensiblement  uniforme,  c'est-à-dire  que  toute  la  figure  ne 
doit  pas  être  à  trop  petite  échelle. 

Pour  détacher  le  disque  et  l'éloigner  de  quelques  millimètres,  sans  chan- 
ger son  orientation,  nous  fournissons  un  travail  t,  :  _ 


(')  Cela  résulte  siirlouL  de  la  grande  généralité  des  calculs,  qui  concernent  les 
solides  aussi  bien  que  les  fluides,  et  l'intérieur  du   corps  comme  sa  surface, 

(■')  Comme  dans  tous  les  raisonnements  analogues,  on  admet  qu'on  peut,  à  volonté, 
solidifier  le  liquide  sans  changer  en  rien  les  forces  moléculaires  et  magnétiques. 


266  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

y  étant  un  coefficient  qui  exprime  l'action  des  forces  moléculaires  de  tout 
genre. 

Le  champ  extérieur  H'  n'est  pas  altéré;  à  l'intérieur  du  disque  le  champ 

a  pour  composantes  normale  et  tangentielle  -H'cosG'  et  H'  sinG'.  Mais  on  a 

les  relations  connues  : 

(i)  H'  cos  fJ'  =  iJ. H  cosO;         \V  s\n6' =  H  ^iuO. 

Par  suite,  le  disque  a  conservé  son  aimanlalion  primitive. 

Laissons  le  disque  s'orientei'  parallèlement  à  H';  en  appelaot  a  l'angle 
que  fuit  à  chaque  instant  H'  avec  la  normale  au  disque,  le  couple  qui  agit 
sur  lui  est,  en  appelant  x  la  susceptibilité, 

/  (  I  — )  7T/'-£  H'-  sina  cosa. 


Nous  fournissons  ainsi  le  travail  To 

r^  =r —  x(  I )-/•-£ H'-  /     sina  cosada  = ^  (  i )  Trr'sH'^  cos-Ô'. 

Nous  (Uoignons  ensuite  le  disque  jusqu'au  réservoir  R,  en  le  laissant  à 
chaque  instant  s'orienter  librement;  nous  fournissons  le  travail  T3 

T,=  -7r/-2£tr-. 

2 

Nous  appliquons  ensuite  le  disque  sur  la  surface  du  liquide  dajis  R,  en 

fournissant  le  travail  ^4 

ri  =  — Tir-y', 

y'  étant  un  coefficient  que  nous  supposons  pro\isoirement  différent  de  y, 
parce  que  la  surface  en  R  n'est  pas  aimantée. 

Pour  fermer  le  cycle,  il  ne  reste  plus  (|u'à  faire  avancer  de  z  l'élément  de 
surface  où  nous  avons  détaché  le  disque;  nous  fournissons  le  travail  c^ 

Le  cycle  étant  isotherme  et  réversible,  on  a 

rr3+r34-rv+  -0=0, 


d'où 


■2 


I I   1  —  —  ]  cos-  ^'  '  -L-  ^ '- 


,'e'~\ 


SÉANCE   DU   3o   JANVIER    1922.  267 

Coiiiiiie  P  ne  peut  dépendre  de  £  ('),  un  a  7  =  7',  et  il  vient,  d'après  (i), 

à  une  constante  près. 

o.  Pour  un  diélectriipie,  l  est  la  polarisation,  et  le  pouvoir  inducteur  K 
remplace  la  perméabilité  w.. 

Si  nous  remarquons  que 

IC0s9  =  C7', 

(>' étant  la  densiti'  de  la  couche  électrique  fictive  qui  équivaut  à  la  polari- 
sation pour  le  potentiel,  Vexpression  de  P  devient 

2  7:1- 

(3)  P  =  r^ +  2  7ro- -=  coiist. 

^  K  —  I 

Le  terme  dépendant  de  rorientation  n'est  autre  que  Vd  pression  élcclnqiir 
que  produirait  la  couche  fictive  g'  sur  un  conducteur,  ce  qui  explique  le 
paradoxe  hydrostatique. 

Il  en  résulte  donc  que,  pour  un  liquide  incompressible,  polarisé  unijor- 
inément,  ce  lerme  seul  rend  compte  des  forces  qui  tendent  à  le  déformer. 

Si  la  polarisation  n'est  pas  uniforme,  il  faut  en  outre  tenir  compte  du 

■'.7:1- 
teruie  ^ —  pour  calculer  la  déformation. 

4.  S'il  s'agit  d'un  gaz,  K  —  i  est  très  petit,  et  l-  du  second  ordre; 
l'expression  de  P  se  réduit  à 

(a)  p  =: — T\ r--l-const. 

La  pression  exercée  par  le  gaz  étant  plus  grande  dans  le  champ  J  '  qu'au 
dehoi'S,  et  les  forces  intermoléculaires  étant  regardées  comme  négligeables 
dans  les  gaz  peu  comprimés,  il  faut  que  le  nombre  des  molécules  dans 
l'unité  de  volume  s'augmente  dans  le  même  rapport;  en  dautres  termes,  la 
densité  du  gaz  doit  varier  avec  la  [)ression  P  suivaiil  la  loi  de  Mariotte. 
C.'est  le  phéuoinène  qui  a  reçu  le  nom  impropre  de  conlracùoii  électrique  des 
gaz,  et  qui  est  en  réalité  une  compression  électrique  (^). 

(')  Le  raisonnement  suppose  que  £  est  toujours  grand  vis-à-vis  de  \.  Cela  nous 
oblige  à  limiter  la  démonstration  au  cas  où  les  rayons  de  courbure  de  la  surface  sont 
assez  grands,  et  où  le  champ  varie  lentement  dun  pointa  un  autre.  On  peut  diminuer 
beaucoup  la  portée  de  ces  restrictions,  mais  les  développements  nécessaires  ne  peuvent 
trouver  place  dans  cette  Note. 

C^)  Le  terme  de  cunlraction  évoque  l'idée  d'une  diminution  de  volume  due  à  une 


268  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Il  est  facile,  du  reste,  de  montrer  que  les  molécules  gazeuses  sont  réelle- 
ment attirées  vers  le  champ.  Considérons  un  récipient  fermé  qui  contient 
deux  gaz  1  et  2  superposés.  Un  condensateur  à  armatures  verticales  y  est 
placé  et  reçoit  une  charge  déterminée. 

En  écrivant  que  l'énergie  totale  (électrostatique  et  gravifique)  est 
un  minimum,  on  trouve  que  la  surface  de  séparation  des  gaz  n'a  pas  le 
même  niveau  entre  les  armatures  et  au  dehors,  et  que  la  différence  h  est,  en 
faisant  usage  des  unités  électrostatiques  : 

g  'èr.e-    oi  — 0.2  ^T.g    0,-02 

Le  niveau  est  plus  élevé  entre  les  armatures  si  le  gaz  le  plus  lourd  possède 
le  plus  grand  pouvoir  inducteur,  ce  qui  est  le  cas  le  plus  fréquent. 

Il  faut  donc  nécessairement  que  les  molécules  gazeuses  soient  attirées 
vers  le  champ,  suivant  leur  pouvoir  diélectrique;  cette  attraction  se  pro- 
duit dans  la  région  où  le  champ  n'est  pas  uniforme,  et  il  en  résulte 
l'accroissement  de  pression  (' ). 

Admettons,  au  contraire,  que  celte  attraction  n'existe  pas,  et  que  l'eflel 
appelé  «  contraction  électrique  des  gaz  »  résulte  de  forces  intermoléculaires 
créées  par  l'action  du  champ.  Alors  c'est  le  gaz  qui  possède  à  la  fois  la  plus 
grande  densité  et  le  plus  grand  pouvoir  inducteur  qui  subira  le  plus  fort 
accroissement  de  densité,  et  le  niveau  devra  s'abaisser  entre  les  armatures, 
contrairement  à  la  réalité  énergétique  (-). 

5.  L'application  la  plus  importante  de  l'expression  de  P  est  le  problème 
des  forces  apparentes  agissant  sur  des  conducteurs  électrisés,  placés  dans 
un  diélectrique  autre  que  le  vide.   On   s'est  contenté  souvent  de  prendre 

action  interne;  c'est  ainsi  qu'on  parle  de  la  contraction  d'un  solide  par  le  froid.  C'est 

en  effet  cette  idée  qui  s'est  présentée  tout  d'abord,   étant  toute  naturelle  quand  on  ne 

songeait  pas  à  l'accroissement  de  pression  dans  le  champ. 

Le  calcul  fondé  sur  la  loi  de  Mariotte  est  bien  d'accord  avec  l'expression   connue  de 

la  diminution  du  volume. 

(')  Comme   vérification,    il  résulte  de   la   formule   (4)   que,  à   niveau   constant,  la 

1/  . 

pression   entre  les  armatures  est  plus  grande  qu'au  dehors  de  — ^ F-  pour  le  gaz  1, 

et  de  — '- F^  pour  le  gaz  2;  la  dénivellation  //  de  l'équation  (5)  en  résulte  immé- 
diatement. 

(^)  On  voit  de  plus  qu'avec  un  seul  gaz  l'équilibre  serait  impossible,  puisque  la 
densité  serait  plus  grande  entre  les  armatures  qu'au  dehors  :  d'où  une  circulation 
continue  inadmissible. 


SÉANCE   DU    3o   JÂ.WIl'R    I922.  269 

comme  drfinition  du  diélectrique  la  propriété  que,  à  charges  données,  ces 
forces  apparentes  (regardées  comme  les  forces  électriques  réelles),  y  sont 
K  fois  plus  petites  que  dans  le  vide.  Le  crédit  acquis  par  les  hypothèses 
moléculaires  et  électroniques  a  rendu  cette  position  intenable.  Du  moment 
qu'on  admet  l'existence  réelle  de  particules  électriques  placées  dans  le  vide, 
c'est  à  travers  le  vide  que  se  transmettent  les  forces  électriques,  et  l'on  ne 
peut  comprendre  qu'elles  n'aient  pas  partout  la  même  valeur. 

En  effet,  on  rend  bien  compte  des  faits  d'expérience  en  admettant  qu'il 
en  est  ainsi.  J'ai  traité  la  question  à  l'apparition  de  la  fornmle  de 
Liénard  (');  la  forme  de  cette  solution  peut  être  simplifiée  de  la  manière 
suivante. 

6.  Considérons  des  conducteurs  électrisés  placés  dans  un  diélectrique 
liquide  illimité.  Pour  rendre  le  raisonnement  plus  clair,  nous  pouvons 
imaginer  que  chacun  d'eux  est  séparé  du  diélectrique  par  un  intervalle  vide, 
très  petit  et  invariable. 

Dans  le  diélectrique  polarisé,  considérons  la  portion  comprise  entre  deux 
surfaces  équipolentielles  voisines;  c'est  un  feuillet  diélectrique  fermé,  de 
puissance  constante,  qui,  comme  tel.  ne  produit  de  champ  que  dans  son 
épaisseur.  Il  en  résulte  que  la  polarisation  du  diélectrique  entier  ne  produit 
aucun  champ  sur  les  conducteurs.  Par  suite  : 

i^  La  distribution  sur  chacun  des  conducteurs  est  la  même  que  dans  le 
vide  ; 

2°  Les  forces  électriques  qui  agissent  sur  les  conducteurs  sont  les  mêmes 
que  dans  le  vide. 

Ces  forces  électriques  peuvent  s'exprimer  par  la  pression  2T:cr-  à  la 
surface  de  chaque  conducteur,  dirigée  vers  l'extérieur,  7  étant  la  densité 
de  la  charge  réelle.  Il  faut,  de  plus,  tenir  compte  de  la  pression  hydro- 
statique P,  qui  est  normale  à  la  surface  et  dirigée  vers  l'intérieur.  Ici  0  =  o, 
et,  par  suite, 

K  —  I 

On  a  donc,  appliquée  à  l'unité  de  surface  du  conducteur,  une  force 
normale  o, 

o  :zr  2  77  5- —  27:1-77 • 

k  —  I 

(*)  Sur  les  attractions  et  répulsions  apparentes  des  conducteurs  électrisés  clans 
un  diélectrique  fluide  (  Comptes  rendus^  iSq^)  ;  Sur  le  rnle  des  milieux  diélectriques 
en  électrostatique  {Journal  de  Physique^  1896). 

G.  R.,  192.',  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  5.)  2  1 


270  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

D'après  un  théorème  connu,  la  force  du  champ  dans  le  diélectrique,  près  du 

J        .  »  4  71(7 

conducteur,  est  -tt-;  par  suite, 

,  4  Tta        Iv  —  I  2  Tl  a- 

Ainsi,  eu  regardant  les  forces  électriques  réelles  qui  s'exercent  entre  les 
charges  des  conducteurs,  comme  les  mêmes  dans  le  diélectrique  et  dans  le 
vide,  on  trouve  que  les  forces  apparentes  sont  K  fois  plus  petites  dans  le 
diélectrique,  comme  l'indique  l'expérience,  l'écart  étant  dû  à  la  pression 
hydrostatique  exercée  par  le  diélectrique. 

M.  Charles  Richet  fait  hommage  à  l'Académie  d'un  Ouvrage  de  M.  L. 
BfANCHi,  intitulé  :  La  mécanique  du  cerveau  et  la  fonction  des  lobes  frontaux^ 
traduit  par  MM.  André  Collin  et  Sanguinetti  et  dont  il  a  écrit  la  Préface. 

M.  Paul  Janet  s'exprime  en  ces  termes  : 

J'ai  l'honneur  de  faire  hommage  à  l'Académie  du  Tome  II  de  la  cin- 
quième édition  de  mes  Leçons  d' Électrotechnique  générale.  Ce  Volume  est 
consacré  à  l'étude  générale  des  courants  alternatifs.  Je  me  permets  de 
signaler,  en  particulier,  un  certain  nombre  d'additions  sur  la  propagation  des 
ondes  isolées  dans  les  lignes  et  un  Chapitre  nouveau  sur  la  propagation  des 
courants  alternatifs  dans  les  conducteurs  cylindriques. 


ELECTIONS^ 

L'Académie  procède,  par  la  voie  du  scrutin,  à  l'clectibn  d'un  Membre 
de  la  Division  des  Académiciens  libres,  en  remplacement  de  M.  /.  Car- 
pentier^  décédé. 

Au  premier  tour  de  scrutin,  le  nombre  de  votants  étant  68, 

M.  Maurice  d'Ocagne   obtient 20  suffrages 

M.  Paul  Séjourné  »       \()         » 

M.  Alexandre  Desgrez       »       18         » 

M.  Maurice  de  Broglie      »       9        » 

M.  Jean  Charcot  »       2        » 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  1922.  27 1 

Au  second  tour  de  scrutin,  le  nombre  de  votants  étant  6S, 

M.  Maurice  d'Ocagne    obtient 24  suffrages 

M.  Paul  Séjourné  »         20        » 

M.  Alexandre  Desgrez         »         19        » 

M.  Maurice  de  Broglie        »         3         » 

M.  Jean  Charcot  »         2        » 

Au  li'oisiènie  tour  de  scrutin,  le  nombre  de  votants  étant  68, 

M.  Maurice  d'Ocagne    obtient 24  suffrages 

M.  Paul  Séjourné  »  24       » 

•   M.  Alexandre  Desgrez       )>  20       >■> 

Au  quatrième  tour  de  scrutin,  limité  aux  candidats  qui  n'en  ont  point 
deux  autres  supérieurs  en  suffrages,  savoir  :  MM.  Maurice  d'Ocagne  et 
Paul  Séjourné,  le  nombre  de  votants  étant  68, 

M.  Maurice  d'(Jcagne  obtient 35  suffrages 


M.  Paul  Séjourné  »        32 


» 


Il  y  a  un  bulletin  nul. 

M.  Maurice  d'Ocagne,  ayant  réuni  la  majorité  des  suffrages,  est 
proclamé  élu. 

Son  élection  sera  soumise  à  l'approbation  de  M.  le  Président  de  la  Répu- 
blique. 

CORRESPONDANCE. 

M.  Edmond  Baukr  (en  son  nom  et  en  celui  de  M.  Marcel  3fouLiN), 
M.  G. -A.  Hemsalech  adressent  des  Rapports  relatifs  à  l'emploi  qu'ils  ont 
fait  des  subventions  qui  leur  ont  été  accordées  sur  le  Fonds  Bonaparte. 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1°  Travaux  du  Laboratoire  de  Géologie  de  la  Faculté  des  Sciences  de  Lyon, 
publiés  sous  la  direction  de  F.  Ro:\ian.  Fascicule  I  :  La  montagne  de  Crussol, 
étude  stratigraphique  et  paléontologique,  par  Attale  Riche  et  Frédéric 
Roman.. (Présenté  par  M.  Ch.  Depéret.) 


2')2  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

2''  Le  premier  fascicule  de  la  Revue  d'optique  théorique  et  insirumcntale^ 
pulDliée  sous  les  auspices  de  I'Institut  d'optique  théoiiique  et  appliquée  et  du 
Syndicat  patronal  des  constructeurs  d'instruments  d'optique  et  de  précision. 
(PrésenLé  par  M.  H.  Deslandres.) 

3"  Ophidia  taprohanica  or  the  snakes  of  Ceylon,  by  Frank  Wall. 

4*^  Précis  de  Muséologie  pratique^  par  A.  Loir  et  H.  Legangneux. 

M.  Cil.  Hervieux  adresse  des  remercîments  pour  la  subvention  qui  lui 
a  été  accordée  sur  la  Fondation  Loutreuil. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  un  théorème  de  M.  Montel. 
Note  de  M.   Th.  Varopoulos. 

1.  Dans  une  Note  récemment  publiée  ('),  M.  Montel,  en  généralisant  la 
proposition  classique  de  M.  Landau,  a  énoncé  le  théorème  suivant  : 

Soit  une  fonction  f  {x^  homologue  autour  de  V origine x  =  o 

/(^)  =  «0-4-  «i.r  H-  «2^-4-.  .  .  4-  ap^^xP^^'^  +  .  .  . , 

OU  a^,^^  ■=/^  o,  it  existe  un  nombre  R  ne  dépendant  que  de  a^^  a^^  . . .  ^  aj,^^  tel 
que  dans  tout  cercle  de  rayon  supérieur  à  R  ou  bien  la  fonction  f(^x)  cesse 
d^ être  holomorphe  ou  bien  cette  fonction  prend  dans  le  cercle  plus  que  p  fois 
Pune  au  moins  des  valeurs  zéro  et  un. 

2.  J'ai  cherché  à  étendre  ce  théorème  aux  fonctions  qui  sont  multiformes 
dans  le  voisinage  du  point  ^  =  o  et  j'ai  obtenu  les  résultats  suivants  : 

Théorème.  —  Soit  une  fonction  f  (x  )  définie  par  une  équation  de  la  forme 

//"  +  A,u/-j«"-^  4-. .  .+  A„_i(.^'j«  +  A„(^j  =0. 
Si  la  fonction 


Ai(jc)  H-  Aoi  J7)  H-.  .  .4-  A„_i(.r)  4-  i 


,. ,  ,    ,,      .    .  .  f  ij.(  r)  dx    I 

est  régulière  autour  de  i  origine  x=^o  et  si  nous  avons  /        ^^^^     ^  opourx=  o, 

//  existe  un  nombre  R,  ne  dépendant  que  de  p  ■+■  2.  nombres  bien  déterminés, 
tel  que  dans  tout  cercle  de  rayon  supérieur  à  R  ou  bien  la  fonction  f(^x)  prend 
plus  de  p  fois  l'une  au  moins  des  valew^s  zéro  et  un.,  ou  bien  il  existe  dans  le 
cercle  un  zéro  de  la  fonction  A ,  (a;)  4-  Ao  (^)  4-  A  3  {x)  4- . . .  4-  A„_^  (^)  4- 1 . 

(')   Comptes  rendus,  t.  17'i,  1922,  p.  1^3. 


SÉANCE   DU    3o   JAIVVII-R    192,2.  278 

Nous  ne  faisons  aucune  hypothèse  particulière  sur  les  fonctions  hiix) 
qui  peuvent  môme  ne  pas  être  holomorphes  autour  de  l'origine. 

Il  y  a  là  une  généralisation  du  théorème  de  M.  Montai  concernant  une 
classe  de  fonctions  non  régulières  en  x  =  o. 

3.   Sup])Osons  maintenant  que  les  coefficients  A, (r)  sont  des  fonctions 

entières,  et  soit 

kii  x)zzz  ai+  b^x  +  c/.r-  -t-  .  .  . , 

si  //„  n'est  pas  une  racine  du  polynôme 
alors  la  fonction 

lj.(x)——  — 


1-  A, (./■);/;;■'  -}-...  +  A„_,«,j 

sera  régulière  en  x  =  o,  et  si  pour  a;  =  o  nous  avons  /  ^  ^p^.,^  7^  o,  en  vertu 
du  théorème  de  M.  Montel,  il  existe  un  nombre  R  dépendant  de 
n[p  4-  2)  -h  2  nombres  bien  déterminés  tel  que  dans  tout  cercle  |^|  >  R 
notre  fonction  f{x>)  prend  plus  de  p  fois  Tune  au  moins  des  valeurs  zéro  et  m„ 
ou  bien  la  fonction  définie  par  l'équation 

M"-'  -1-  Al  (>)  a-^-"-  4-  .  . .  +  A„_i  ix)  —  o 
prend  la  valeur  w^. 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  les  zéros  de  certaiîu's  fonctions. 
Note  de  M.  A.  Aagelesco,  présentée  par  M.  Appell. 

Dans  cette  Note  nous  nous  proposons  de  généraliser  la  théorie  des  poly- 
nômes orthogonaux,  en  ce  qui  concerne  leurs  zéros. 

Considérons  une  suite  de  nombres  réels,  tous  différents, 

(i)  ■  f^o,      /J-n      ,"-2,      .••, 

deux  nombres  positifs  a  et  h{a<^  b)  et  une  fonction  K(x)  positive  pour  x 
compris  dans  l'intervalle  (a,  b). 

Théorème.  — Si  une  fonction  f(x),  continue  dans  l'intervalle  {a,  b),  satis- 
fait aux  n  conditions 


r- 


(2)  /     K{x)xV-f{x)dx  =  o         (i=:  0,1.2,   ...,n  —  i), 

aloi^s  l'équation  f(x)  =  o  a  au  moins  n  racines  réelles  et  distinctes  dans  l'in- 
tervalle (a,  b). 


274  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

En  effet,  de  la  condition  (2)  pour  i  =  o  il  résulte  que /(a?)  change  de 
signe  dans  l'intervalle  d'intégration;  /(a?)  a  donc  une  racine  que  nous  dési- 
gnons parr, .  Déterminons  alors  la  constante  C  de  manière  que  l'équation 

ait  pour  racine  r^.  Comme  cette  équation  ne  peut  avoir  d'autres  racines 
positives  et  que  son  premier  membre  change  de  signe  quand  o)  passe  par  la 
valeur  r, ,  il  résulte  des  conditions  (2)  pour  /  =  o  et  i  =  1  que  l'équation 
/'(x)  =  o  doit  avoir  une  autre  racine  ?\,  dans  l'intervalle  (a,  b).  De  proche 
en  proche,  en  remarquant  toujours  que  l'équation 

qui  a  pour  racines  les  s  quantités  /'i,  r^,  ...,  i\  ne  peut  avoir  d'autres  racines 
positives  (^)  et  que  son  premier  membre  change  de  signe  quand  x  traverse 
les  valeurs  r,,  To,  ....,  /•,,  on  établit  le  théorème  énoncé. 

Remarque.  —  Considérons  l'équation  intégrale  de  première  espèce 


f 


h 
K  (.r)  jt^^'  cp(cr)  dx  =  '-p  (  j). 


Il  résulte  de  notre  théorème  que  si  la  fonction  K  r)  a  n  zéros  réels,  la 
fonction  9(^7)  aura  n  zéros  dans  l'intervalle  (rz,  />). 

Fonctions  biorthogonales.  —  Soit  encore  la  suite,  analogue  à  la  suite  (i), 

>.o,      >.n      l,.      .... 

On  peut  déterminer  les  n  constantes  a,,  ^25  •••?  ^«>  et  d'une  seule  manière, 
telles  que  si 

(3)  P>,„=:  a?^"+ «i^^"-'-f-. .  .4- a„^''», 
on  ait 

(4)  /     \^{x)  xV-.\\,^  cl.r  =  o  («  =  o,  I,  ...,  «  — i). 

Il  ne  peut  y  avoir  indétermination,  car  si  Ton  avait  deux  fonctions  V^^  de  la 
forme  (3)  satisfaisant  aux  conditions  (4),  on  en  déduirait  qu'une  fonction 
de  la  forme 

y  satisfait  aussi.  Donc,  d'après  le  théorème  précédent,  l'équation  R)=o 
(^)  Voir  Laguerre,  Sur  la  théorie  des  équations  numériques  {OEuyres,  l.  i,  p.  4)' 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  1922.  275 

aurait  n  racines  positives  dans  l'intervalle  (a,  è),  ce  qui  est  impossible  ('). 
Déterminons  de  même  la  fonction  de  la  forme 

par  les  n  conditions 

/      \\i^x)œhV^ndx  —  0  («=(),  I,   ...,  /i  —  i). 

On  voit  alors  immédiatement  que 
si  m  est  différent  de  «,  el  que  l'intégrale 

f    K(,:r)Px„Px„c/.r 

est  différente  de  zéro. 

Polynômes  de  Laguei^e.  —  Considérons,  pour  faire  une  application 
simple,  l'intégrale 

I (  V- )  =  /     ^""^  rï-^  k{x)dx, 

où  r  ]>  o  et 

A{x)  :=  x" -\-  ai.-r"-''  +  oi.,x"~'-\- .  ..+  «„. 

A  l'aide  de  l'intégrale  qui  définit  la  fonction  F,  on  voit  que 

I(^)  =  r(  j)[y  (  j  4- x) . . .  (7  +  n  -  i)  +  a,  j  ( j  +  1) . .  .(y  +  Al  —  2)  +  . . .  +  a„]. 

Désignons  par  B(j)  le  polynôme  entre  crochets  du  second  membre. 
Comme  r(/)  ne  peut  s'annuler,  il  résulte  de  notre  théorème  que  si  Téqua- 
tion  B(a7)  =  o  a  p  racines  positives  distinctes,  l'équation  A(a7)=o 
aura  au  moins  p  racines  positives  distinctes.  En  particulier,  si  l'équa- 
tion 6(07)  =:  o  a  pour  racines  les  7î  nombres  X  +  i,  X  4-  2,  ...,Xh-  n,  oùX>>o, 
donc 

{x  —  >.  —  i)(^  —  >,  —  2). .  .(x  —  }.  ~  n) 

=zx{x  -i-i).  .  .{x  -\-  n  —  i)  -h  c/:ix{x  +  1). .  .{x  +  n  —  2)  -{- .  .  .-\-o'.n, 

l'équation  A(x)  =  o  aura  toutes  ses  racines  réelles,  distinctes  et  positives. 
(  '  )  Loc.  cit. 


276  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

De  l'identité  u''^"~^  =  u''^"u~^',  par  différentialions,  on  déduit  l'identité 

(x  —  'A  — 1)(^  —  "^  —  2)...(^  —  À  —  n) 

=  j-(.r  +  i)...(.r  +  «  —  i)  —  {}.  +  n)C},Jc{x  +  i)...{£C  -h  n  —  2)  +... 
-^  {—  lY'Ck  -h  n){l  -h  n  —  i)...{l  +  1); 
donc 

-       A(a;)=^'"  — (A  +  «)G,»a^«-'+(}^4-n)(>^  +  'î  +  i)C^,^«-2  — ... 

+  (  —  l)'^(A  +  /i  —  l). ..(>.  +  !). 

Pour  X  =  o  on  a  le  polynôme  de  Laguerre  du  degré  n. 

Nous  nous  proposons  de  revenir  sur  ces  questions  et  d'autres  analogues 
dans  un  travail  plus  étendu. 

ANALYSE  MATHÉMATIQIJE.   —  Sur  les  équations  différentielles  du  premier  ordre 
à   points   critiques   fixes.    Note  de   M.    Armaad  Cahen,   présentée  par 
M.  Appell. 

Soit 

(1)  ¥{y\r,x)~y'-'—iM{y,.T)y-\-^{y,T)=zo 

une  équation  différentielle  à  points  critiques  fixes  de  genre  zéro,  où  M  et  N 
désignentdespolynomesen  y  de  degrés  2  et  4  au  plus,  et  D(x,  y)^M^  —  N 
le  discriminant.  D(^,  j)  est  au  plus  du  4*^  degré  et  admet  toujours  une 
racine  multiple  y  (a;). 

Premier  cas.  —  Cette  racine  y  =  l{(x)  est  double.  Les  deux  racines 
simples  j  =  ^(a^),  y  = /?(a;)  sont  des  intégrales  singulières.  On  sait  que, 
dans  ces  conditions,  l'équation  (i)  se  ramène  algébriquement  à  une  écjuation 
de  Riccati,  dont  on  ne  connaît  a  priori  aucune  solution.  Une  forme  canonique 
de  l'équation  (i)  est  donnée  par 

-yv  — 

(2)  -^=:Y4-^;(.r)(Y-i)v/Y. 

J'ajouterai  les  deux  remarques  suivantes,  faciles  à  établir  : 
1°  j  =  /.(ic;)  est  effectivement  un  lieu  des  contacts  des  intégrales  par- 
ticulières,  du  moment  que  y  =  /,-(^x)   n'est  pas  solution  (ordinaire)  de 
l'équation  différentielle. 

2"  Il  est  impossible  que  les  deux  racines  simples  soient  en  même  temps 
solutions  ordinaires.  Si  cela  a  lieu  pour  l'une  d'elles,  on  connaîtra  «y^no/v" 
une  solution  de  Véquation  de  Riccali  et  l'intégration  s'achèvera  à  l'aide  de 
deux  quadratures. 


SÉANCE   DU   3o   JAiyVIER    1922.  277 

Deuxième  cas.  —  Supposons  de  plus  que  la  racine  double  r  =  k(x)  soil 
intégrale  de  l'équation  (1).  Ce  sera  une  intégrale  or^mmVe,  qu'on  pourra 
obtenir  à  l'aide   de   deux  valeurs  différentes  de  la  constante  arbitraire. 
Faisons  la  transformation 
,0,  Y     >(^)[.r  — ^(^)] 

^'^  ^=         v-hyx) 

On  peut  disposer  de  ^(^)  de  façon  que  l'équation  transformée  s'écrive 
(4)  ^^9,^),v_r)\/v. 

Posons  Y  =  Z-  ('),  d'où 

(5)  .^::.9(,r)(c^-.). 

On  connaît  ici  deux  solutions  z  =^  -\-  i  et  :;  =  —  i  de  Téquation  de 
Riccati.  Elle  s'intègre  [et  par  suite  aussi  l'équation  (i)  d()iin(''e|  r)  l'didc 
(F une  seule  quadrature.  Son  intégrale  est  donnée  par 

-     „5  — I  \^(x)dx 

Z-\-\ 
f'i{r.,l.v 

et  en  posant  e"^  =  X,  on  obtient 

^=(§^. 

Ici,  Y  =  o,  Y  =  20  sont  les  deux  solutions  singulières;  \  =1  (racine 
double  du  discriminant  transformé)  est  une  solution  particulière,  corres- 
pondant aux  deux  valeurs  C  =  o,  C  =  ce  de  la  constante  arbitraire.  Les 
courbes  (6)  passent  par  le  point  fixe  (X  =  oo,  Y  =  i).  Elles  sont  tangentes 
en  ce  point.  La  tangente  commune  Y  =  i  n'est  pas  un  lieu  de  contacts. 

Troisième  cas.  —  D  =  o  admet  une  racine  triple  y  —  g{x  )  et  une  racine 
simple  y  =  h{x).  A  l'aide  de  la  transformation  (3),  on  obtient 

(7)  — -  =  è(.r)Y  +  a(^)Y\/Y 


dx 


,  en  posant  Y  =  —  j 


ou, 

(8)  —2^=a{x)-^b{a;)z. 


(M  Cf.  Paixlevé,  Leçons  de  Stockholm^  p.  ôi-ô^. 


2^8  ACADÉMIE   DES   SCIENCES^ 

L'équation  de  Riccati  se  réduit  à  une  équation  linéaire  dont  l'intégration 
(et  par  suite  celle  de  l'équation  donnée)  s'obtient  à  l'aide  de  deux  quadra- 
tures. Alors  Y  =00  est  solution  singulière  de 


-[ 


Gp(j?)  +  pi(^) 


On  peut  disposer  du  coefficient  'k{x)  de  la  substitution  (3)  de  manière  à 
annuler  b{x)\  puis  du  changement  de  variable  indépendante  a?  =  ^(X) 
pour  ramener  l'intégrale  à  la  forme 


ou,  en  changeant  C  en  ^>  à  la  forme 

(9)  Y=(g^)'         [avecV.  =  4Y']. 

Cette  dernière  forme  (9)  est  citée  dans  V Encyclopédie  mathématique  (édi- 
tion française)  (II,  15,  p.  32)  comme  exemple  d'équation  différentielle  «/^é- 
hrique  pour  laquelle  Tinlégrale  générale  peut  être  algébrique ^  sans  qu'il 
existe  ni  lieux  de  rehroussement,  ni  enveloppe  (intégrale  singulière).  Cela  est 
exact  pour  les  rebroussements,  mais  non  pour  l'intégrale  singulière,  car  une 
équation  à  points  critiques  fixes  de  genre  zéro  possède  au  moins  une  inté- 
grale singulière. 

Dans  l'exemple  (9)  cette  intégrale  est  Y=gc;  autrement  dit,  si  l'on 

pose  Y  =  :^>  les  relations  (9)  deviennent 

(10)  Y,z=z{X  +  Cy        [Y'/=:4Y,], 

et    Y,  =  o    est    solution    singulière    de    (10)    [enveloppe    des    courbes 
Y,  =  (X+C)=1. 

D'autre  part,  Y  =  o,  solution  particulière  de  (7),  est  racine  triple  du 
discriminant;  comme  dans  le  cas  précédent,  Y  =  o  n'est  pas  un  lieu  de 
contacts. Toutes  les  courbes  (9)  sont  tangentes  au  point  fixe  (X=o,  Y=:o). 
La  tangente  commune  (asymptote)  en  ce  point  est  \  =  0. 


SÉANCE   DU   3o   JANVIER    I922.  279 

ALGÈBRE.  —  Sur  le  développement  en   fraction  continue  des  nombres 
algébriques.  Note  (')  de  M.  Auric. 

Considérons  un  nombre  algébrique  w  racine  d'une  équation  du  second 

degré  à  coefficients  entiers 

Kx'  -{-  ?>x  4-  C  =  o. 

Si  l'on  développe  en  fraction  continue  ordinaire  en  prenant  pour  les  deux 
premiers  termes  initiaux 

on  obtiendra  la  suite  représentative 

a^,     ai.     a.,,     «73,      ...,     a,.      ...         (lim  «;,=:  o). 

Si  Ton  a  posé 

on  sait  que  la  suite  des  X^  deviendra  périodique  à  partir  d'un  certain 
indice  h  et  l'on  aura,  pour  tout  indice  m'^h, 


^m+k 


k  étant  un  indice  fixe  (nombre  de  termes  de  la  période  du  développement 
ou  multiple  de  ce  nombre)  et  £  une  unité  algébrique  dans  le  corps  obtenu 
par  l'adjonction  du  nombre  co. 
On  aura  la  relation 

««=Q,>i  — Q'ifl'o 

et,  comme  r/„  tend  vers  zéro,  ^  sera  évidemment  une  valeur  approchée 

de^»- 

^'     ,    ,      .      . 
La  généralisation  de  ces  résultats  dans  le  cas  d'une  équation  du  troisième 

degré  s'obtient  immédiatement  en  appliquant  la  méthode  que  nous  avons 

indiquée  dans  une  précédente  Communication.  — 

Soit  l'équation  à  coefficients  entiers 

A  ^  ^  +  B  ^  2  +  C  ^  4- D  ==r  o 
dont  on  considère  les  deux  racines  w,  o)'. 

(*)  Séance  du  i.\  janvier  1922. 


28o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Effectuons  le  double  développement  en  fraction  continue  en  posant 
on  obliendra  les  deux  suites  représentatives 

flo,         rtiy        «2)        «3,         •  •   -1         ^'h        ^'z+l-:         •  •   • 

bo,      bi,     b,,     b-i,      ....      bi,     />,+!,      ... 
Si  l'on  a  posé 

b,  —  li+i  bi+i  +  /J./+»  />/+,  —   ^^(+3  ■ 

les  suites  des  entiers  X^  el  a,  deviendront  respectivement  périodiques  à  partir 
d'un  certain  indice  h  et  l'on  aura  pour  un  indice  fixe  /•  (  dépendant  du  nombre 
des  termes  de  la  période)  et  pour  m  ^  h 


(lim  an^= 

o), 

(lini  bn=: 

0). 

f», 

o, 

«/«  +  /,  ^ //!  +  /. 

£  et  s'  étant  des  unités  algébriques  dans  le  corps  obtenu  par  l'adjonction  des 
deux  racines  w  et  w'. 

On  aura  en  outre  les  relations 

b„  =  qib,+  q'i_b,  +  (y;,b,, 
qui  constituent  des  solutions  approchées  des  équations  à  coefficients  enliers 

J"o  +  Pi  '>">  -+-  Pï  f»)'"'  =  O- 

C'est  précisément  parce  qu'on  a  cherché  le  tiinome 

dont  la  valeur  devient  minimum  pour  les  deux  racines  co  et  co',  qu'on  a 
obtenu  un  développement  périodique;  il  fallait  Tintroduction  de  deux 
racines  daus  le  calcul  pour  réaliser  ce  résultat  et,  comme  il  existe  une 
troisième  racine  w",  on  pourra  de  trois  façons  différentes  obtenir  des  déve- 
loppements périodiques. 

Rappelons  que  si  co  est  racine  d'une  équation  du  troisième  degré,  on  aura 
en  prenant  quatre  termes  initiaux  * 


SÉANCE   DU   3o   JANVIER    1922.  28 I 

un  développement  représentatif  limilé 

r/„,        <"'!,        (l-i-        (':;,         ••■,        f';i-   1,        (7„^:=0. 

Ces  résultats  se  sfénéralisenl  sans  aucune  difficullé. 


»" 


GÉOMÉTRIE.  —  Sur  les  surfaces  telles  que  les  axes  des  cercles  oscula leurs  à  une 
famille  de  lignes  de  courbure  anpartiennent  à  un  complexe  linéaire  ('). 
Note  (-)  de  M.  R.  Jacques,  présentée  par  M.  G.  Kœnigs. 

Soit  S  une  surface  possédant  la  propriété  indiquée.  Les  variables  peuvent 
être  choisies  de  façon  que  le  réseau  Go  décrit  par  le  deuxième  centre  de 
courbure  soit  caractérisé  par  le  fait  que  sa  première  tangente  décrive  une 
congruence  appartenant  à  un  complexe  linéaire  et  que  sa  deuxième  tangente 
décrive  une  congruence  de  normales. 

Nous  projetterons  le  réseau  Co  sur  un  plan  perpendiculaire  à  Taxe  du 
complexe.  La  congruence  formée  par  les  premières  tangentes  au  réseau  Go 
ainsi  obtenu  est  une  congruence  Lq,,,  celle  qui  est  formée  par  les  deuxièmes 
tangentes  est  une  congruence  H.  Par  suite,  un  réseau  O,  plan  conjugué  à 
cette  congruence  se  transformera  par  la  méthode  de  Laplace,  en  allant  de  w 
vers  v,en  un  réseau  qui,  conjugué  aune  congruence  L(,„,  sera  un  réseau  Qoo- 

Inversement,  tout  réseau  O  plan  qui  se  transforme  en  un  réseau  i2oo 
donne  des  solutions  du  problème. 

En  effet,  désignons  par  M  un  tel  réseau  et  par  R  le  réseau  dérivé  corres- 
pondant. R  étant  Q^o  il  existe  une  infinité  simple  de  congruences  L^q  qui  lui 
sont  conjuguées.  Soit  ^  l'une  d'elles,  la  congruence  k  qui  en  dérive  par  la 
méthode  de  Laplace, conjuguée  au  réseau  M  qui  est  O,  est  une  congruence  H. 

A  cette  congruence  /.•.  on  peut  faire  correspondre  une  infinité  de  con- 
gruences de  normales  dont  elle  est  la  projection.  Si  K  est  l'une  de  ces 
congruences.  la  congruence  G  qui  en  dérive  est  projetée  suivant  g  qui 
est  Log. 

M.  Guichard  a  établi,  dans  son  cours,  que,  dans  ces  conditions,  il  existe 
une  congruence  parallèle  à  G  qui  appartient  à  un  complexe  linéaire.  La 
congruence  dérivée  par  la  méthode  de  Laplace  est  parallèle  à  la  congruence 
de  normales  K.  On  obtient  ainsi  une  solution  du  problème. 

Il  suffît  donc  d'exprimer  qu'un  réseau  O  plan  se  transforme  par  la 
méthode  de  Laplace  en  allant  de  u  vers  v  en  un  réseau  ilç^^. 

(')  Voir  Notes  de  M.  Glichakd,  Comptes  rendus,  t.  171,   19^0.  p.  xi85.  et  t.  173, 
1921.  p.  1145. 
(^)  Séance  du  j3  janvier  iy2'2. 


282  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

\  un  réseau  O  plan,  on  peut  faire  correspondre  les  quantités 

do 
:,i '-=      coso,         i2  =  sincp,  m  =: ~] 

09 

■fil'—  —  siiico,         ri,  =  coso,         n  =      —- 

Les  quantités  analogues  sonl,  pour  le  réseau  dérive, 

.       ôo         I      d^  9  .      do         I      0-  o 


[çi]  =—  sin9Y-  —  T-    ^     T   cos?,  [£2]  =  coscp-—  —  -—  - 

'ou       do  Ouav  -^  au       ôo  à 


u  dv 


sine; 


di'  dv 

, 6/9  I    do  do  ^  dv 

di\  du  d^'  du  di' 


Ce  réseau  est  iioo?  si  Ton  a  la  relation 

qui  s'écrit 

do\-  \  di'        do  do    I       do 


[ri, 

il- 

I 

:  -—COSCO, 

do 
di 

["• 

0  = 

I 

d^' 
dv 

dv  J    \  du  dv        du  dv  J        du 

Nous  avons  remarqué  quà  toute  solution  9  de  cette  ('quation  correspon- 
dait une  double  infinité  de  solutions  du  problème.  Il  existe,  en  elîet,  une 
infinité  simple  de  congruences  L^^  conjuguées  au  réseau  li„„.  Chacune  des 
congruences  H  qui  en  dérive  est  la  projection  d'une  infinité  de  con- 
gruences  O. 

Si  l'on  connaît  une  congruence  particulière  Lqo,  loules  les  autres 
congruences  peuvent  être  déterminées  par  quadratures.  La  congruence  par- 
ticulière H  correspondante  admet  une  deuxième  série  de  réseaux  O  qui  lui 
sont  conjugues  qui  déterminent  une  nouvelle  solution  ç  de  l'équation  aux 
dérivées  partielles. 

Un  réseau  O  particulier  admet,  pour  réseau  dérivé,  un  réseau  Ooo 
conjugué  à  la  même  congruence  L(,„-  Les  raisonnements  précédents  s'ap- 
pliquent à  ce  nouveau  réseau.  On  a  ainsi  une  transformation  du  problème 
qui  se  peut  poursuivre  indéfiniment  par  quadratures. 

Cette  transformation,  appliquée  à  quelques  cas  particuliers,  nous  a  permis 
de  déterminer  des  surfaces  nouvelles. 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  I922.  283 

ASTRONOMIE.  —  La  périodicité  et  le  mouvement  des  taches  du  Soleil  en  latitude 
expliqués  par  la  pulsation  de  son  noyau.  Note  de  M.  Emile  Belot,  pré- 
sentée par  M.  Big^ourdan. 

Dans  une  Note  antérieure  (')  j'ai  pu  démontrer  la  formule  de  Faye 
exprimant  la  loi  de  rotation  du  Soleil.  Faye  avait  cherché  à  expliquer  la  loi 
de  Carrington  en  supposant  que  le  Soleil  contenait  un  noyau  ellipsoïdal  ;  mais 
cette  hypothèse  était  en  contradiction  avec  la  théorie  de  Clairaut  :  cette 
contradiction  disparaît  si  l'on  suppose  que  ce  noyau  en  moyenne  sphérique  a, 
comme  les  Géphéides,  une  pulsation  qui  renfle  alternativement  l'Equateur 
et  les  pôles.  La  dissymétrie  de  la  pulsation  est  due,  comme  je  l'ai  montré 
pour  les  Céphéides  (^),  au  fait  que  le  renflement  équatoriàl  est  deux  fois 
moindre  que  les  renflements  polaires.  La  période  undécennable  n'est  alors 
que  le  résidu. de  la  pulsation  primitive  du  protosoleil  après  amortissement 
de  la  période. 

Comment  le  Soleil  peut-il  être  formé  d'une  enveloppe  ou  périsphère  dont 
la  surface  est  la  photosphère  et  qui  entoure  un  noyau  dense  ou  barosphére^. 
Celui-ci  participant  seul  à  la  pulsation  ne  se  mélange  pas  à  l'enveloppe  plus 
légère?  Dans  le  choc  de  toute  Nova  et  en  particulier  de  la  Nova  solaire,  la 
pression  de  radiation  repousse  à  grande  distance  les  matériaux  légers  de  la 
nébuleuse  sous  forme  d'une  enveloppe  lumineuse  qui  a  été  photographiée 
pour  les  NovcC  et  qui  dans  le  système  solaire  a  produit  la  division  des 
planètes  en  deux  catégories  différant  par  les  masses  et  les  densités  (^).  Après 
que  le  noyau  puisant  à  capté  par  son  attraction  les  matériaux  denses  de  la 
nébuleuse,  les  masses  légères  d'abord  repoussées  finissent  par  se  précipiter 
sur  lui  et  constituent  une  enveloppe  de  faible  densité  (calcium,  sodium, 
hydrogène,  etc.).  D'après  la  loi  des  rotations,  la  masse  de  l'enveloppe  serait 
de  I  :  II  de  celle  du  Soleil,  ce  qui  donnerait  pour  son  épaisseur  minima 
22000''"^  et  plus  probablement  le  double. 

Si  Ton  admet  que  les  taches  sont  dues  à  la  différence  de  vitesse  linéaire 
de  deux  parallèles  voisins,  on  trouve  que  le  maximum  du  nombre  de  taches 
devrait  être,  d'après  la  loi  de  Faye,  à  la  latitude  de  37°38'  :  or  on  sait  que 
ce  maximum  est  dans  un  cycle  vers  17°  de  latitude.  C'est  qu'il  faut  tenir 
compte  des  courants  créés  dans  l'enveloppe  A  par  la  pulsation  du  noyau. 

(')  Comptes  rendus,  t.  173,  19^1,  p.  270. 
(^)   Comptes  rendus,  t.  169,  1919,  p.  io83. 
(^)  Comptes  rendus,  l»  17j.  1920,  p.  704. 


x; 

yT      1, 

^  '^  - 

A^~ 

:00s  ., 

0 

te^ 

•*►'?  ""*- 

.xJ  t 

\  B  P 

28.4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Considérons  l'instant  où  il  est  renflé  en  E  à  l'Equateur  et  déprimé  aux 
pôles  P  :  la  pulsation  tendant  à  rapprocher  Tellipsoïde  de  la  forme  sphérique 
chasse  un  certain  volume  do  l'enveloppe  A  des  régions  polaires  vers  l'I^^qua- 
leur  créant  des  courants  Nord-Sud  C(  déjà  invoqués  mais  non  expliqués  par 
d'Oppolzer)  dont  la  vitesse  de  rotation  déjà  faible  est  encore  ralentie  en 
vertu  de  la  loi  des  aires  :  ces  courants  rencontreront  vers  35°  les  masses  de 
l'enveloppe  dont  la  vitesse  de  rotation  est  beaucoup  plus  rapide.  La  diffé- 
rence de  vitesse  est  alors  suffisante  pour  produire  des  taches-tourbillons  T 
qui  seront  entraînées  vers  l'Equateur,  ce  qui  explique  la  loi  de  Spôrer. 


A  la  fin  de  la  pulsation  de  E  vers  E',  les  courants  C  et  CJ  opposés  s'an- 
nulent cL  empêchent  les  taches  d'arriver  jusqu'à  l'I^quatcur.  Mais  le  mou- 
vement des  taches  doit  être  loujours  en  retard  sur  la  cause  (pulsation)  qui 
l'a  fail  naître;  et  comme  la  pulsation  inverse  (do  VJ  vers  E)  se  produit  deux 
fois  plus  lentement  (en  7,  5  au  lieu  de  3, 7  années)  les  masses  de  l'enveloppe 
ramenées  par  le  contre-courant  G"  resteront  en  profondeur  tandis  que  les 
taches  continueront  dans  les  couches  supérieures  à  descendre  lentement 
vers  l'Equateur.  Le  cycle  suivant  commencera  par  la  rencontre  du  cou- 
rant C"  et  du  courant  C  vers  les  latitudes  ±  35°.  Les  protubérances  exis- 
teront aussi  bien  aux  pôles  (protubérances  quioscenlos)  par  la  poussée  de 
pulsation  P  qu'à  l'Equateur  par  l'antagonisme  des  courants  C,  C.  Les  fila- 
ments noirs  dans  la  couche  extérieure  de  la  chromosphère  peuvent  aussi 
être  formés  par  ces  mêmes  courants  Nord-Sud  dont  la  vitesse  de  l'ordre 
(le  10™  par  seconde  ne  peut  guère  être  révélée  par  le  spectroscope.  Par 
contre,  il  serait  possible  de  mesurer  l'augmentation  par  la  poussée  P'  du 
rayon  polaire  vêts  l'époqne  du  maximum  des  taches  :  cette  augmentation  a 
parfois  été  constatée  à  l'Observatoire  de  Meudon.  L'^^xcès  du  rayon  polaire 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  1922.  285 

sur  le  rayon  éqiialorial  a  été  mesuré  de  1906  (après  le  maximum)  à  1909 
par  le  P.  Chevalier  :  il  a  trouvé  cel  excès  maximum  (o'V^O  ^n  ^9^7- 

Il  reste  à  expliquer  comment  la  durée  de  pulsation,  par  amortissement, 
a  pu  passer  de  quelques  jours  au  début  (comme  dans  une  Nova)  à  1 1  ans 
pour  le  Soleil. 

En  l'absence  d'une  théorie  complète  de  la  pulsation  des  sphères  gazeuses, 
ou  peut  essayer  d'appliquer  la  théorie  de  l'amortissement  des  ressorts  tellf 
([ue  l'a  exposée  M.  Lecornu  (pages  208  à  264  de  sa  Dynamique  appliquer). 

Assimilons  les  couches  sphériques  puisantes  entre  une  surface  S  et  une 
sphère  O  à  un  ensemble  élastique  formé  par  des  ressorts  à  boudin  R, 
juxtaposés  suivant  les  rayons  et  alternativement  comprimés  et  allongés. 
L'amortissement  de  chaque  ressort  dépend  de  son  poids  P,  et  du  poids/?  de 
la  matière  non  puisante  qui  se  précipite  en  S  à  l'extrémilé  du  rayon  : 
l'amortissement  se  produit  par  transformation  en  chaleur  des  frottements 
internes  et  [)ar  l'augmentation  de  la  viscosité  avec  le  temps  (coefficient  A) 
dû  à  l'accroissement  de  densité.  On  a  alors,  pour  la  période  T, 


T  =-  r  i  / — r-  =  7: 1  / ■ ^  {m.  u.  masses  de  r  et  />). 

Au  début,  la  densité  du  protosoleil  est  très  faible  (10-^),  son  diamètre 
équatorial  étant  62  fois  son  diamètre  actuel.  La  pulsation  n'intéresse 
d'abord  (ju'une  couche  superficielle  peu  épaisse,  et  la  masse  a  est  nulle; 
m  et  A  étant  faibles,  il  en  est  de  même  de  T.  Mais  la  pulsation  continuant 
atteint  des  couches  de  plus  en  plus  profondes  (m  augmente)  en  même  temps 
que  la  masse  ix  provenant  de  la  nébuleuse  se  précipite  de  plus  en  plus 
abondante  :  T  augmente.  Avec  le  temps  le  Soleil  se  réduit  beaucoup  en 
diamètre  et  sa  densité  passe  de  lo"^'  à  i,4i  :  alors  {7?i  +  u.)  étant  constant, 
A  augmente  beaucoup;  la  durée  de  pulsation  qui,  au  début,  était  seulement 
de  quelques  jours,  atteint  alors  11  ans. 

L'amplitude  jc  de  la  w'™^  pulsation  est 

jc  r=  Xf^e"'"'^         (a'o  amplitude  pour  n  =  o); 

X  diffère  peu  de  a?,,  tant  que  X  est  très  faible  pendant  la  période  d'émission 
des  nappes  planétaires.  A  la  fin  de  la  condensation,  r  est  à  peu  près  nul 
parce  que  n  el  \  sont  très  grands.  L'amortissement  de  la  pulsation  des 
iSovcC  de  Persée  (1901)  et  de  l'Aigle  (1918)  a  été  mesuré  :  la  durée  de 
la  période  qui,  au  début,  était  de  5  à  9  jours,  est  actuellement  d'environ 
5o  jours. 

'C.  K.,  1932,  I"  Semestre.  (T.  174,  N°  5.)  22 


286  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


ÉLECTRICITÉ.  —  Sur  la  mesure  des  isolements  par  la  méthode 
dite  d'accumulation.  Note  de  M.  H.  Chaujiat,  présentée  par  M.  J.  Violle. 

On  sait  que  la  méthode  de  mesure  des  isolements,  dite  d'accumulation, 
consiste  à  charger  un  condensateur  de  capacité  C  à  travers  la  résistance 
d'isolement  à  mesurer  R,  à  Taide  d'une  pile  de  force  électromotrice  E.  Dans 
ces  conditions,  la  différence  de  potentiels  entre  les  armatures  du  condensa- 
teur Y,,  acquise  au  bout  du  temps  ^,,  est  définie  par  Téquation 

(  I  j  ^1=  CK  Loge 


K-W 


d'où  l'on  déduit  immédiatement  R,  les  grandeurs  V,  V,,  /,  pouvant  être 
facilement  mesurées. 

Cette  méthode  convient  à  la  mesure  des  résistances  d'isolement  très 
élevées. 

On  est  alors  gêné  paj-  lisolemeut  propre  g  du  condensateur  qui  se 
décharge  à  travers  son  propre  [diélectrique  pendant  qu'il  se  charge  sous 
l'action  de  la  pile  E. 

L'équation  devient  alors 

GRp  ,  I- 


;p  — (ii  +  p)V. 


équation  transcendante  en  R  que  l'on  peut  résoudre  par  approximations 
successives,    p    étant    mesuré    dans  une    expérience    distincte. 

On  peut  s'exposer  alors  à  de  graves  erreurs. 

De  la  formule  (2)  on  tire  en  effet  : 


(3)  V  -•    ^P 


K  +  p 

formule  qui  montre  que  la  différence  de  potentiels  V,  atteint  une  limite 

_Ep_ 
R  +  p' 

qui  peut  être  très  inférieure  à  E.  La  quantité  d'électricité  reçue  par  le  con- 
densateur pendant  un  temps  infiniment  petit  est  alors  égale  à  celle  qu'il 
perd  à  travers  son  propre  diélectrique. 

Cette  limite  n'est  atteinte  qu'au  bout  d'un  temps  théoriquement  infini. 


SÉANCE   DU   3o   JANVIER    1922.  287 

Mais  dans  la  pratique  de  la  mesure,  suivant  les  valeurs  de  C,  de  R  et  de  p, 
la  valeur  de  V,  acquise  au  bout  du  lemps  ^,  fini,  peut  ne  dilVérer  de  la 
valeur  limile  que  d'une  quantité  inappréciable,  inférieure  aux  erreurs  de 
lecture. 

Dès  lors,  quelle  que  soit  la  durée  de  la  charge,  <»n  obtiendra  toujours  la 
même  valeur  V,  de  la  différence  de  potentiels  finale  aux  bornes  du  conden- 
sateur. On  peut  alors,  si  Ton  n'y  prend  garde,  faire  des  erreurs  considérables 
dans  la  mesure  de  11,  par  exemple  de  l'ordre  de  jo  pour  100  et  plus. 

Pour  éviter  les  erreurs  tenant  à  cette  cause,  on  devra  toujours  faire  deux 
mesures,  au  moins,  l'une  avec  une  durée  de  charge  ^,,  l'autre  avec  une  durée 
de  charge  j\  >  /,.  On  doit  trouver  dans  le  second  cas  une  ditVérence  de 
potentiels  tinale  V'^  noUihlemcnt  plus  grande  que  ^  ,. 

Si  Vj  et  Y,  se  confondent  sensiblement,  aux  erreurs  près  des  lectures, 
c'est  que  la  limite  de  charge  a  été  déjà  pratiquement  atteinte  dans  la  pre- 
mière expérience.  Et  l'on  devra  recommencer  l'expérience  en  faisant  durer 
la  charge  pendant  un  intervalle  de  temps  plus  faible  que  /, .  On  continuera 
jusqu'à  ce  que  dans  deux  expériences  faites  pendant  des  durées  inégales,  ^, 
et  ?',,  on  trouve,  pour  la  valeur  finale  de  la  différence  de  potentiels  entre  les 
armatures  du  condensateur,  deux  valeurs  notablement  différentes  V,  et  V'^. 

Dans  les  deux  cas,  l'isolement  du  condensateur,  p,  sera  mesuré  à  part  par 
la  méthode  de  la  perte  de  charge.  Et  comme  l'on  sait  que  l'isolement  d'un 
diélectrique  est  fonction  de  la  différence  de  potentiels  à  laquelle  il  est 
soumis,  cet  isolement  du  condensateur  sera  mesuré  successivement  de  la 
façon  suivante  : 

Pour  déterminer  la  valeur  de  p  correspondant  à  la  première  mesure^  on 
chargera  le  condensateur  à  la  différence  de  potentiels  initiale  V,  et  on  le 
laissera  se  décharger  à  travers  son  propre  diélectrique  pendant  un  temps 
convenable  fixé  par  les  conditions  optima  de  précision. 

On  opérera  de  même  pour  déterminer  la  valeur  de  p  correspondant  à  la 
seconde  mesure,  mais  en  chargeant  cette  fois  le  condensateur  à  la  différence 
de  potentiels  initiale  V^. 

Tous  calculs  faits,  on  obtiendra  deux  valeurs  de  R  qui  seront  nécessaire- 
ment différentes,  la  résistance  d'isolement  mesurée  étant  dans  les  deux-cas 
placée  dans  des  conditions  électriques  différentes.  Elle  est  soumise  en  effet, 
dans  le  premier  cas,  à  une  différence  de  potentiels  variable  pendant  la  durée 
de  l'expérience  entre  E  et  E  —  V,,  et  dans  le  second  cas  à  une  différence  de 
potentiels  variable  entre  E  et  E  —  V'j.  Mais  les  résultats  pourront  toujours 
être  interprétés  pratiquement. 


288  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

OPTIQUE  GÉOMÉTRIQUE.  —  Relation  entre  l' aberration  et  V astigmatisme  pour 
un  point  situé  sur  l'axe  d'un  système  optique  centré.  Note  de  M.  Marcel 
DuFouR,  présentée  par  M.  Appell. 

Si  Ton  coupe  un  pinceau  astigmate  présentant  un  plan  de  symétrie  par 
un  plan  perpendiculaire  au  plan  de  symétrie  et  contenant  le  rayon  central 
du  pinceau,  la  section  de  la  caustique  est  symétrique  par  rapport  au  rayon 
central  sur  lequel  elle  présente  un  point  de  rebrousscment.  Aux  environs 
immédiats  de  ce  point  de  rebrousscment,  la  caustique  peut  être  confondue 
avec  une  développante  de  cercle,  ou,  ce  qui  revient  au  même,  au  degré 
d'approximation  auquel  nous  nous  plaçons,  avec  une  parabole  semi- 
cubique  (').  Or  on  sait  que  la  distance  entre  le  point  de  contact  et  l'inter- 
section de  la  tangenle  avec  l'axe  des  x  est  pour  la  parabole  semi-cubique 
double  de  la  distance  qui  sépare  les  intersections  respectives  de  la  tangente 
avec  l'axe  des  x  et  avec  l'axe  des  y.  Si  nous  supposons  que  cp  est  un  infini- 
ment petit  du  premier  ordre,  nous  pouvons,  au  second  ordre  près,  confondre 
cette  dernière  distance  avec  le  tiers  de  l'abscisse  du  point  de  contact.  Donc 
quand  un  pinceau  astigmate  présente  un  plan  de  symétrie,  le  point  d'inter- 
section du  rayon  central  avec  un  ra-yon  voisin  situé  dans  le  plan  perpendi- 
culaire au  plan  de  symétrie  est  à  une  distance  du  point  de  rebroussement 
égale  à  la  moitié  de  sa  distance  au  point  de  contact  avec  la  caustique. 

S'il  s'agit  d'un  pinceau  de  révolution,  tous  les  méridiens  de  ce  pinceau 
peuvent  être  considérés  comme  des  plans  de  symétrie,  et  dans  le  voisinage 
du  point  de  rebroussement,  l'axe  du  pinceau  constitue  l'autre  nappe  de  la 
caustique.  Le  point  de  rencontre  d'un  rayon  du  pinceau  avec  le  rayon 
central  est  un  point  focal,  et  la  distance  de  ce  point  focal  au  point  de 
rebroussement  est  Taberration  longitudinale  relative  au  rayon  considéré. 
Nous  pouvons  donc  dire  :  dans  un  pinceau  de  révolution^  la  dislance  entre 
les  deux  points  focaux  situés  sur  un  rayon  est  égale  au  double  de  l^  aberration 

longitudinale  relative  à  ce  rayon. 

I 

(')'Si,  dans  les  équations  de  la  développante  de  cercle,  on  développe,  en  fonction 
de  l'angle  o  que  fait  la  tangente  avec  l'axe  des  a:,  sincp  et  coscp,  en  négligeant  les  puis- 
sances de  cp  supérieures  à  Iqi  troisième,  on  obtient  pour  représenter  la  courbe  au  voi- 

sinage  du  sommet  les  relations  a:  =  k  -—  el  y  =:  A  -rp?  A  désignant  le  rayon  du  cercle. 

8      . 
L'élimination  de  o  entre  ces  deux  valeurs  de  x  el  y  nous  donne  ^y^'rr:  —^  x^. 


SÉANCE   DU    3o   JAWTER    I922.  289 

Quand  un  point  lumineux  objet  est  placé  sur  l'axe  d'un  système  optique 
centré,  la  proposition  précédente  s'applique  au  faisceau  des  rayons  réfractés 
qui  est  de  révolution  par  raison  de  symétrie  (  '  ). 


OPTIQUE.  —  Portée  obtenue  par  un  phare  de  grand  atterrage  avec  optique  à 
réflecteurs  métalliques.  Note  de  M.  Jeax  Rey,  transmise  par  M.  André 
Blondel. 

Dans  deux  Notes  précédente  (-),  j'ai  donné  la  description  du  premier 
phare  à  réflecteurs  métalliques  tournants,  de  grand  atterrage,  qui  ait  été 
construit  jusqu'ici  et  qui  se  trouve  installé  sur  Fîlot  du  Galiton,  au  nord- 
ouest  de  Bizerte. 

Ce  phare,  à  groupes  de  quatre  éclats,  est  en  fonctionnement  depuis  le 
mois  de  mai  1919.  Après  une  légère  mise  au  point  de  la  source  lumineuse, 
la  position  ayant  dû  être  modifiée  pour  tenir  compte  de  l'altitude  du  feu 
au-dessus  de  la  mei'(i65'"),  altitude  qui  n'était  pas  connue  au  moment  où 
les  essais  de  l'appareil  ont  été  faits  en  laboratoire,  les  résultats  obtenus  ént 
été  tout  à  fait  satisfaisants. 


(^)  M.  Tscherning  a  établi  cette  proposition  pour  les  dioptres  et  les  lentilles  infini- 
ment minces  [cf.  Tscherning,  Z,a  théorie  de  Gauss  appliquée  à  la  réfraction  par 
incidence  oblique  {Det  Kgl.  Danske  \  idensilcabernes  Selsicah.  Matheinatisk-fysiske 
Meddelelser,  t.  1,  p.  i5)]. 

Pour  un  rayon   réfracté  faisant  avec  l'axe  de  révolution  un   angle  o,  l'aberration 

Ao^     . 
longitudinale  est  £  =  — r^  :  il  est  intéressant  d'en  connaître  la  valeur  en  fonction  de 
a 

l'aberration  longitudinale,  telle  qu'elle  est  ordinairement  définie.  Si  le  ravon  réfracté 

coupe  le  plan  principal  image  à  une  distance  R'  de  l'a\e  de  révolution,  et  si  nous 

P  '  R  '         I 

désignons  par  F  la  distance  focale  imase,  nous  avons  0:=  v=; ^=  -jr- dont  la 

or  h  —  î         F  £ 

'-F 
P  '        P 

partie  principale  est -p-  =  -^^    en  désignant  par  R  la  distance  à  l'axe  de  rintersection^ 

du  rayon   réfracté  avec  le  dernier  dioplre  du  système  et  S  la  distance  de  ce  dernier 
dioptre  (dont  nous  négligeons  la  flèche)  au  foyer  principal  image.  En  remplaçant  o 

par  sa  valeur  —  nous  avons  pour  l'aberration  longitudinale  la  \  a  leur    ,  .^  et  la  valeur 

AR^ 
de  l'aberration  transversale  est  -ttttt-  [cf  Gcllstrand,  Die  Constitution  des  ini  Au^e 

gehrochenen  Strahlenbii ndels  {Archiv  flir  Ophth.,  1901,  p.  194)]- 
(2)  Comptes  rendus,  t.  169,  1919,  p.  471  ^t  611. 


29«  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Il  résulte  des  observations  faites  par  l'Administration  des  Ponts  et 
Chaussées  de  Tunisie  que  la  portée  de  ce  phare,  qui  avait  été  calculée  de 
3o  milles,  atteint  33  milles,  car  on  l'aperçoit  fréquemment  de  Tabarka  à 


cette  distance  ;  on  l'aperçoit  assez  soiivent  du  Ras-Enhelah,  à  l\i  milles, 
par  temps  clair  5  enfin  des  pêcheurs,  venant  de  Sardaigne  à  la  Galile,  ont 
même  déclaré  qu'avec  un  ciel  pur,  ils  avaient  aperçu  la  clarté  du  l'en,  alors 
qu'ils  se  trouvaient  à  une  trentaine  de  milles  des  cùles  de  C(Hte  île,  c'est-à- 
dire  à  environ  5o  milles  du  Galiton. 

Il  est  intéressant  de  chercher  à  se  rendre  compte  du  coefficient  de  trans- 
parence atmosphérique  de  la  r(''gion  qui  entoure  le  Galiton,  en  prenant 


SÉANCE   DU   3o   JAXVIER    1922.  29I 

pour  base  la  portée  de  33  milles  relevée  par  rAdministralion  des  Travaux 
publics  de  Tunisie. 

Nous  donnons,  ci-contre,  l'abaque  à  points  alignés  qui  nous  sert  pour 
le  calcul  des  portées  des  phares  ('). 

L'intensité  pratique  du  feu,  telle  qu'elle  a  été  déterminée  en  labora- 
toire (-),  donne,  comme  valeur  du  feu  équivalent  perçu  pendant  une  durée 
de  0.4  seconde,  i635oo  bougies. 

L'abaque  des  portées  indique  immédiatement  que,  pour  atteindre 
33  milles  de  portée,  il  faut  que  la  transparence  soit  de  0,916,  c'est-à-dire 
que  l'absorption  de  la  lumière  ne  dépasse  pas  8,4  pour  100  par  kilo- 
mètre. 

Pour  une  portée  df  4i  milles,  atteinte  fréquemment  par  le  feu  de  la 
Galite,  la  transparence  atmosphérique  serait  de  0,933,  correspondant  à  une 
absorption  de  6,7  pour  100  par  kilomètre. 

Si  l'on  compare  les  résultats  obtenus  par  des  optiques  en  verre  donnant 
la  même  apparence  (premier  ordre  à  groupes  de  quatre  éclats,  feu  de 
Camarat),  on  trouve  que  la  portée  indiquée  par  l'Administration  des 
Phares  ne  dépasse  pas,  en  moyenne,  29, 5  milles.  En  attribuant  au  coefficient 
de  transparence  atmosphérique  la  même  valeur  0,916  que  ci-dessus,  la 
puissance  du  feu  fixe  équivalent  correspondrait  à  70000  bougies  environ. 

Ce  chiffre  est  le  résultat  pratique  que  l'on  obtiendrait  avec  un  feu  qui 
serait  fixé  par  Tobservateur,  pendant  une  durée  supérieure  à  ^\  de  seconde. 

La  valeur  de  l'optique  du  phare  de  premier  ordre  de  CamaraL  ainsi 
calculée  est  de  43  pour  100  de  celle  du  feu  de  la  (jalite  pour  des  lentilles 
annulaires  au  ~,  la  source  lumineuse  étant  la  même. 

L'essai  du  nouveau  système  à  réflecteurs  métalliques,  pour  l'îlot  du 
Galiton,  qui  a  été  fait  par  l'Administration  des  Phares  de  France,  a  donc  été 
sanctionné  par  un  succès  complet,  et  il  a  permis  de  montrer  que  Ton  peut 
obtenir  des  portées  plus  considérables  avec  des  réflecteurs  mélalliques  de 
mêmes  dimensions  que  les  optiques  en  verre  de  Fresnel. 


(^)  Cet  abaque  a  été  publié  à  la  page  96  de  mon  volume  Sur  la  Portée  des  Projec- 
teurs de  lumière  (^/ecfr/^«e  (Berger-Levrault,  éd.,  igiS).  avec  un  autre  plus  complet 
à  la  page  16^1.  Antérieurement,  j'en  avais  indiqué  déjà  un  autre  un  peu  différent  dans 
mon  ouvrage  Phares  à  ré/lecteurs  métalliques  (Paris,  191 3),  p.  75. 

(-)   Comptes  rendus^  t.  169,  1919,  p.  611. 


292  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Influence  de  hi  température  sur  la  vitesse  (V interpéné- 
tration des  solides .  Note  de  MM.  H.  Weiss  el  P.  Héxry,  présentée  par 
M.  H.  Le  Chatelier. 

Dans  des  Notes  précédentes  ('),  l'un  de  nous  a  décrit  qualitalivemenl 
l'interpénétration  de  divers  couples  de  mélaux.  Nous  avons  cherché  à 
aborder  quantitativement  ce  phénomène' et  commencé  par  l'étude  de  l'in- 
fluence de  la  température;  la  répartition  des  concentrations  et  la  vitesse 
absolue  de  diffusion,  plus  délicates  à  étudier,  font  l'objet  d'expériences 
actuellement  en  couis  d'exécution. 

Nous  avons  utilisé  le  phénomène  suivant  :  certains  alliages,  qui  sont 
formés  à  l'état  d'équilibre  par  un  seul  constituant  (une  solution  solide 
homogène),  peuvent  être  obtenus,  dans  des  conditions  convenables  de 
refroidissement  après  fusion,  à  l'état  de  solutions  solides  hétérogènes  à 
zones  de  composition  variable,  bordant  des  cristaux  d'un  deuxième  cons- 
tituant. Par  recuit  au-dessous  du  point  de  fusion  minimum,  le  deuxième 
constituant  se  dissout  dans  la  solution  solide  hétérogène,  qui  elle-même 
s'homogénise  complètement. 

Un  alliage  qui  se  prêle  très  bien  à  ce  genre  d'expérience  est  celui 
Ag  —  i4  pour  100  Sb.  C'est  celui  que  nous  avons  employé  dans  cette  étude. 
Les  deux  constituants  sont  très  nettement  différenciés  par  une  attaque  au 
perchlorure  de  fer  acide.  L'aspect  micrographique  de  l'alliage  est  le  suivant  : 
un  fond  blanc  de  solution  solide  riche  en  argent  sur  lequel  se  détachent  des 
dendrites  rouges  violacées  de  Ag'Sb. 

Dans  ce  genre  d'expérience  on  observe  la  vitesse  de  dissolution  de  Ag^Sb 
dans  la  solution  solide  de  Ag;  elle  coïncide  avec  la  vitesse  de  diffusion  seu- 
lement si  l'on  admet  que  la  vitesse  d'entrée  en  solution  de  Ag^Sb  dans  Ag 
est  négligeable  devant  elle.  Sans  vouloir  chercher  à  différencier  dans  nos 
résultats  la  part  de  ces  deux  phénomènes,  nous  nous  sommes  contentés 
d'observer  globalement  la  variation  de  sa  vitesse  avec  la  température. 

l^our  cela,  nous  avons  commence  par  préj)arer  un  culot  unique  d'alliage  Ag —  i4 
pour  100  Sb.  JNous  avons  vérifié  l'homogénéité  de  son  aspect  micrographique  dans 
toute  son  étendue.  Nous  avons  découpé  ce  culot  en  un  grand  nombre  de  petits  échan- 
tillons. Ceux-ci  étaient  placés  dans  des  tubes  scellés  en  verre,  vidés  d'air  jusqu'au 
vide  non    mesurable  à  la  jauge  de   Mac  Léod.  Au  moyen  des  divers  thermostats  précé- 

(')   Comptes  rendus,  t.  171,  1920,  p.  108,  et  t.  173,  1921,  p,  i46. 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  1922.  298 

demment  mis  au  point  et  indiqués  dans  nos  dernières  Notes,  nous  avons  recuit  ces 
tubes  à  diverses  températures  pendant  des  durées  croissantes  jusqu'à  ce  que  nous 
obtenions  des  échantillons  où  le  constituant  Ag'Sb  ait  juste  disparu  (phénomène  qui 
s'observe  avec  précision).  Nous  avons  noté  les  durées  de  recuit  correspondant  à  ces 
disparitions  aux  diverses  températures.  Nous  avons  aussi  classé  ensemble  les  échantil- 
lons non  complètement  homogénéisés,  qui,  bien  que  traités  à  des  températures  difFé- 
rentes,  avaient  le  même  aspect  micrographique;  nous  avons  compaié  leurs  durées 
de  recuit. 

Durée  de  recuit  de  couples  d  échantillons  ayant  même  aspect. 

lY'Mipéralures. 


545°  C \^  i'^45'" 

5oo° q}"  3o'"        4''  1 5'" 

Rapport  des  durées  de  recuit. .  .      2,5  2,4 


2"  10° 

4'>45^ 

2, 1 


2"  20" 
5''io" 
2,2 


Discussion  faite  des  causes  d'erreur,  nous  sommes  conduits  à  conclure 
que  ce  rapport  reste  constant  pendant  tout  le  recuit.  Donc,  dans  la  formule 
qui  exprimerait  la  vitesse  d'interpénétiation  dans  les  solutions  solides  en 


/,.3J 


Les  points  maniués  sont  les  points  observés. 
FLes  courbes  Iracées  sont  celles  déduites  de  la  formule. 


fonction  des  concentrations  des  deux  métaux  et  de  la  température,  la  fonc- 
tion contenant  cette  dernière  grandeur  entrerait  en  facteur. 

Températures  en  degi'és  eeutigr... 

Durée  de  complète  (  observée. . . 

homoeénéisation  )  calculée.. .  • 


560". 

550». 

525°. 

500". 

450°. 

400°. 

380". 

45- 

l'^So™ 

•2  11  20°^ 

5'' 

24'^ 

140»» 

23oi' 

44- 

jUjom 

:i^25"' 

5'' 

24^^30"" 

120'' 

23oi' 

294  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Nous  avons  cherché  la  formule  mathématique  qui  groupe  le  mieux  les 
résultats  de  ce  Tableau.  La  force  exponentielle  nous  a  donné  les  meilleurs 
résultats  : 

r(vitesse)r^  - — ; =  Krt'  (T  température  absolue) 

-'  '  en  lipiiro'i  ' 

avec 

K  =r  4,17.10"*^         et         az=.i^oZ-?J\. 

Les  causes  d'erreur  sont  les  suivantes  : 

1°  Evaluation  de  la  température; 

1°  Appréciation  de  l'aspect  micrographique  ] 

3°  Inhomogénéité  accidentelle  du  culot  Merreur  sur  la  durée). 

\°  Durée  d'échaufTement  à  la  température  voulue  ) 

La  dernière  cause  d'erreur  devient  importante  pour  les  expériences  de 
relalivenient  courte  durée,  c'est-à-dire  aux  plus  hautes  températures,  car 
les  échantillons  sont  pour  ainsi  dire  placés  dans  des  petits  vases  de  Dewar. 
Ce  sont  d'ailleurs  les  expériences  qui  ont  donné  les  résultats  les  plus  irré- 
guliers. 

Reste  la  question  de  savoir  s'il  existe  une  température  où  la  vitesse  d'ho- 
mogénéisation est  nulle,  autrement  dit  si  elle  est  plutôt  représentée  par  une 
expression  de  la  forme 

Vu  l'ordre  de  grandeur  de  nos  erreurs  d'expérience  (10  pour  100  environ), 
tout  ce  que  nous  pouvons  affirmer  c'est  que  T(,<  280°  C.  Si  T„  est  aussi 
petit  que  possible,  le  zéro  absolu,  donc  pratiquement  si  (^  =:  K«^,  la  durée 
d'homogénéisation  à  cette  température  (la  plus  faible  durée  qu'on  puisse 
envisager)  serait  de  3  mois;  celle  à  la  température  ordinaire,  20*^,  serait  de 
i5oo  ans. 


CfîlMtE  PHYSIQUE.  —  Sur  deux  nouveaux  molyhdo-m< dates  d'ammonium. 
Note  de  M.  E.  Darmois,  présentée  par  M.  Haller. 

Geinez  a  découvert  les  \arialions  considérables  que  présente  le  pouvoir 
rotatoire  de  l'acide  malique,  quand  on  lui  ajoute  en  solution  aqueuse  des 
quantités  croissanles  de  molybdale  ordinaire  d'ammoniaque. 

La  rotation,  lévogyre  et  faible,  augmente  d'abord  en  valeur  absolue,  passe  par  un 
maximum  égal  à  environ  >.5  fois  la  rotation  de  l'acide  pur.  Puis  elle  diminue,  s'annule  et 
prend  finalement  des  valeurs  dextrogyres  considérables  représentant  3-o  fois  la  rotation 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  I922.  296 

de  l'acide  pur.  J'ai  montré  récemment  (')  qu'on  pouvait  retirer  des  solutions  fortement 
dextrogyres  un  corps  bien  cristallisé.  Létude  polarimétrique  des  mélanges  en  pro- 
portion variable  de  MoO',  C''H''0^  et  MP  montrent  nettement  que  le  composé,  cor- 
respond à  des  proportions  respectives  2 ,  i  et  ^  des  trois  substances;  il  apparaît  comme 
une  combinaison  de  l'acide  molybdique  et  du  malate  neutre  d'ammoniaque  dans  les 
proportions  ^  !  1 . 

J'ai  étudié  par  les  iiièines  procédés  le  maximum  lévogyre  de  la  courbe 

(le  Gernez.  On  piévoil  que,  s'il  lon'espond  à  un  composé,  celui-ci  doit 

avoir  une  composition  \oisine  de  MoO\  2C''H'0\  On  étudie  alois  des 

•  -1111  -11  CH'-O' 

mélanges  en  proportion  variable  des  deux  acides,  le  rapport  ;•  =    ^^^^3 

étant  voisin  de  2;  à  chacun  des  mélanges  on  ajoute  des  quantités  variant 
de  NH^  On  retrouve  des  résultats  analogues  à  ceux  oblenus  pour  le  com- 
posé droit.  Il  est  nécessaire  d'opérer  on  solution  concentrée  pour  avoir  des 
résultats  nets.  On  trouve  dans  ces  conditions  que  la  courbe  des  [a],  en 
fonction  de  la  quantité  d'ammoniaque,  pour  un  mélange  donné  des  deux 
acides,  se  compose  approximativement  de  trois  segments  de  droite  se  cou- 
pant nettement  en  deux  points  anguleux.  Le  premier  point  correspond  à 
une  addition  de  iNH^  pour  i  d'acide  malique,  le  deuxième  de  2NH^  pour 
I  d'acide.  On  s'aperçoit  ainsi  de  l'existence  de  deux  composés  résultant 
de  l'action  de  MoO^  respectivement  sur  les  malates  acide  et  neutre  de  NH^ 
Le  [a]  correspondant  à  la  première  cassure  est  nettement  maximum  pour 
r=  2..  Pour  le  deuxième  composé  le  résultat  est  moins  net,  [a]  dépend  de 
la  concentration,  et  c'est  pour  une  \  aleur  de  r  un  peu  supérieure  à  2  qu'il 
est  [maximum  aux  environs  de  la  concentration  3o.  On  peut  en  déduire 
que  MoO'  forme  a\ec  C'H'^O^  et  NH^  deux  composés  lévogyres  ayant 
les  compositions  suivantes  : 

(i)  MoO^     oCMIM)',      >NH\ 

{■>.)  '\Too^   mC/'H^o-,    \\\\\ 

le  premier  étant  assez  stable,  le  deuxième  ne  se  formant  qu'en  présence  d'un 
excès  de  malate  neutre  de  i\H^ 

Guidé  par  cette  élude,  j'ai  pu  isoler  les  deux  composés  en  question. 

Si  l'on  admet  la  formule  yMoO^  3Am-0  pour  le  molybdate  ordinaire, 
on  voit  qu'à  1™°'  il  faudra  ajouter  i4""''  d'acide  malique  et,  pour  le  premier 
composé,  8:NH^  Le  mélange  fait  dans  ces  conditions  se  prend  de  suite 
en  masse.  Le  composé,  recristallisé  et  séché,  donne  [aj  = — 66"*  pour  la  raie 

(*)   Comptes  rendus,  t.  171,  1920,  p.  348  ;  t.  172,  1921,  p.  }^S6. 


296  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

jaune  du  mercure;  la  dispersion  pour  la  raie  indigo  est  2,25.  On  peut 
•préparer  de  même  à  froid  les  deux  composés  (i)  correspondant  à  Na  et  K. 
Ils  ont  des  [a]  du  même  ordre. 

On  peut  vérifier  la  composition  du  produit  obtenu  de  la  façon  suivante  : 
à  une  quantité  fixe  du  sel,  on  ajoute  des  quantités  variables  de  la  base,  on 
complèle  au  même  volume  avec  de  l'eau  et  l'on  polarise.  Le  [a|  niesuic 
décroît  d'abord  lentement,  puis  la  courbe  présente  une  cassure  brusque 
au  delà  de  laquelle  la  variation  est  très  rapide  ;  la  cassure  a  lieu  exactement 
pour  une  addition  de  2'"°'  de  base  pour  i™*^'  de  composé,  c'est-à-dire  corres- 
pond à  la  formation  du  composé  (2).  J'ai  isolé  ainsi  les  Irois  composés  (2) 
pour  K,Na,Am.  Ils  sont  lévogyres  et  un  peu  moins  actifs  que  les  com- 
posés(i).  Les  bases  les  décomposent.  Kn  présence  de  phtaléine,  le  virage 
se  produit  quand  tout  MoO'  est  repassé  à  l'étal  de  molybdale  neutre,  l'acide 
malique  à  l'état  de  malate  neutre.  On  dispose  ainsi  d'un  procédé  de  dosage 
très  simple  du  molybdène  dans  les  composés  de  Na  et  K. 

A  ces  deux  composés  correspond  un  acide  ayant  des  pouvoirs  rola- 
toires  gauches  plus  faibles  que  ceux  des  sels.  Les  mélanges  de  Gernez  ren- 
ferment donc  probablement  au  moins  quatre  corps  différents  ;  il  est  impos- 
sible de  les  faire  cristalliser. 

Les  composés  (i)  semblent  avoir  été  préparés  par  Henderson  par  disso- 
lution de  MoO^  blanc  dans  les  solutions  bouillantes  de  malates  acides. 
Il  n'indique  pas  les  [a|.  Le  procédé  à  froid  semble  préférable  pour  le  sel 
de  Am  qui  perd  nettement  de  l'ammoniaque  à  ehaud.  Henderson  considère 
ces  composés  comme  des  éthers  de  la  fonction  alcool  du  malale  acide  ('). 
J'espère  revenir  sur  cette  question. 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Aclion  du  sulfite  de  soude  sur  le  nitrobenzène . 
Note  de  MM.  Seyewetz  et  Vignat,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

L'emploi  des  sulfites  alcalins  pour  la  réduction  des  dérivés  mononitrés 
aromatiques  n'a  été  signalé  jusqu'ici  que  pour  la  réduction  du  nitro- 
naphtalène  qui,  d'après  Piria,  se  transforme  à  sa  lempérature  de  fusion,  en 
présence  de  sulfite  d'ammonium,  en  acide  naphtylamine  sulfonique  (-). 

Nous  avons  étudié  l'action  des  solutions  de  sulfite  de  soude  neutre  sur  le 
nitrobenzène  et  reconnu  que  ces  solutions,  quels  que  soient  leur  degré  de 

(')   Hendi'USOn,  Orr  et  Whitkhi:au,  Chein.  Soc.  t.  7o,  1899,  p.  r>/i;>. 
('-)  Ann.  C hernie,  t.  78,  p.  3i. 


SÉANCE    DU   3o   JANVIER    1922.  297 

concentration  et  leur  température  (jusque  vers  la  température  de  (jo" 
environ)  sont  sans  action  appréciable  sur  le  nitrobenzène  mis  à  l'état  de 
fine  suspension  par  agitation  mécanique  ('nergique. 

Par  contre,  si  l'on  mainlienl  à  l'ébullilion  une  solution  de  sulfite  de  soude  renfer- 
mant de  10  jusqu'à  2(1  pour  100  deS()''\a^  dans  la(|uelle  on  met  en  suspension  du 
nitrobenzène,  en  employant  deux  molécules  de  sulfite  pour  une  de  nitrobenzène,  on 
observe  que  la  couleur  de  la  solution  de>ient  orangée,  puis  vire  peu  à  peu  au  rouge 
brun,  en  même  temps  que  les  gouttes  huileuses  et  l'odeur  de  nitrobenzène  dispa- 
raissent. Après  deux,  heures  de  chauffage  à  l'ébullilion,  la  liqueur  est  complètement 
limpide  et  Ton  ne  perçoit  plus  l'odeur  du  nitrobenzène. 

Dès  que  la  solution  commence  à  se  colorer,  on  observe  un  dégagement  d'ammo- 
niaque qui  se  produit  lentement  au  fur  et  à  mesure  que  le  nitrobenzène  s'élimine.  En 
employant  deux  molécules  de  sulfite  de  soude  pour  une  molécule  de  nitrobenzène 
(proportions  qui  correspondent  à  la  réduction  en  aniline),  on  constate  qu'après  dis- 
parition de  la  totalité  du  nitrobenzène,  il  reste  encore  une  faible  proportion  de  sulfite 
lie  soude  non  oxydé  et  la  solution  a  une  très  forte  réaction  alcaline. 

Les  dissolvants  organiques,  n'extraient  rien  de  la  solution.  Pour  isoler  le  produit  de 
la  réduction,  nous  avons  traité  la  liqueur  par  l'acide  chlorlîydrique  jusqu'à  faible 
acidité  pour  neutraliser  la  soude  et  décomposer  l'excès  de  sulfite  alcalin.  La  solution 
est  ensuite  concentrée  jusqu'à  formation  d'une  bouillie  cristalline  qui  est  séchée  au 
'  bàin-marie  dans  un  courant  de  gaz  sulfureux  pour  é\iler  son  oxydation  à  l'air.  On 
obtient  ainsi  un  résidu  brun  cristallin  qu'on  épuise  par  l'alcool  à  70  pour  100  bouillant. 
La  liqueur  rouge  brun  ainsi  obtenue  laisse  déposer  par  concentration  et  refroi- 
dissement un  produit  rosé  d'aspect  cristallin.  Ce  produit  peut  être  purifié  par  redis- 
solution à  chaud  dans  l'alcool  à  70  pour  loo  et  décoloration  par  le  noir  animal. 

On  obtient  ainsi  de  petites  paillettes  brillantes  incolores,  infusibles,  peu  solubles 
dans  l'eau  froide,  plus  solubles  à  chaud,  insolubles  dans  l'alcool  concentré  et  dans 
l'éther. 

La  solution  aqueuse  a  une  réaction  acide,  elle  décompose  les  carbonates,  elle  a  de 
fortes  propriétés  réductrices,  elle  réduitinstantanément  le  nitrate  d'argent  ammoniacal 
à  froid  et  en  présence  des  alcalis,  elle  développe  l'image  latente  photographique.  Elle 
se  colore  en  violet  par  le  perchlorure  de  fer. 

Hypothèses  sur  la  nature  de  la  réaction.  —  Le  composé  ainsi  isolé  renferme 
du  carbone,  du  soufre  à  l'état  sulfoné  et  de  l'azote  aminé.  La  caracléri- 
sation  du  groupe  sulfonique,  de  la  fonction  aminé  el  de  la  fonction  phéno- 
lique  permet  de  supposer  qu'il  s'est  formé  par  l'action  du  sulfite  de 
soude  sur  le  nitrobenzène  un  amidopbénol  sulfonique. 

Cette  hypothèse  paraît  confirmée  par  la  détermination  de  la  composition 
centésimale.  Voici  les  résultats  de  l'analyse  : 


298 


ACADEMIE   DES   SCIENCES. 


Trouvé 

pour  10(1. 

Ciilculé  poui' 
OIP-  (»H 

37 ,  88 

08,09 

.i.-S 

...,70 

7,4o 

7^0 

16.90 


16,93 


Le  composé  ayant  des  propriétés  développa  triées  pour  l'image  latente 
photographique,  la  position  des  groupes  OH  et  NH-  doit  être  vraisembla- 
blement on  oj'tho  ou  en  para.  Cet  amidophénoi  sulfonique  a  des  propriétés 
identiques  auparamidophénol  ( 2)  sulfonique  décritparSchultzd  Stable  ('). 
On  peut,  croyons-nous,  facilement  expliquer  la  formation  de  cet  amido- 
|)hénol  sulfonique,  si  l'on  remarque  que,  dans  l'action  du  sulfite  de  soude 
sur  le  nitrobenzène,  il  y  a  eu  dégagement  d'ammoniaque  et  que  la  réaction 
de  la  solution  après  élimination  de  l'ammoniaque  est  fortement  alcaline. 

On  peut  supposer  que,  dans  une  première  phase,  la  réduction  donne 
naissance  à  une  phénylhydroxylamine  sulfonique  d'après  l'équation 
suivante  : 


ce  FP—  NO-  -4-  2  S03  Xa^  +  H^  () 


^^^'H^C^™^,^^  4-  SO'iNa^+  NaOH. 


Cette  hydroxylamine  sulfonique  instable  se  transposerait  immédiatement 
en  paramidophénol  orthosulfonique  : 


NHOH 

SO^  H 


NH- 

SO^H 


OH 


On  peut  expliquer  le  dégagement  d'ammoiiiaque  ([ui  se  produit  pendant 
Fébullition  du  nitrobenzène  avec  la  solution  de  sulfite  alcalin  par  Faction 
de  la  soude,  libérée  au  cours  de  la  sulfonation  sur  la  phénylhydrazine 
sulfonique.  Celle-ci  se  décompose  probablement  sous  l'influence  de  la  soude 
d'après  la  réaction  suivante  : 


3C«H^ 


/NHOIJ 

\SOMi 


6  N a  OH     =     2  iN  4-  )\H3  4-  3  C'  H 


/ONa 
\sO^Na 


ÔH^O. 


En  outre,  la  coloration  rouge  de  plus  en  plus  intense  que  prend  la  solu- 


{^)  Journ.  fiir pralU.  Chcmic,  190^,  p.  336. 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  I922.  299 

lion  à  mesure  que  l'ébullition  se  prolonge  peut  s'expliquer  par  la  formation 
d'azoxybenzène  qui  a  été  signalée  par  Bamberger  et  Brady  (')  quand  on 
Iraite  à  froid  par  la  soude,  la  phénylhydroxylajiiinc. 

Nous  avons  reconnu  qu'il  est  possible  de  supprimer  presque  totalement 
le  dégagement  d'ammoniaque  ainsi  que  la  coloration  jouge  de  la  solution 
en  additionnant  la  solution  de  sulfite,  de  bicarbonate  de  soude  qui  transforme 
en  carbonate  la  soude,  au  fur  et  à  mesure  de  sa  formation. 

Nous  avons  obtenu  70'''  de  paramidophénol  sulfonique  pour  100^  de 
nitrobenzène,  soit  47,7  pour  100  du  rendement  théorique.  Ce  rendement 
augmente  peu  et  atteint  seulement  5o  pour  100  du  rendement  théorique 
quand  on  opère  en  présence  de  bicarbonate  de  soude. 


GÉOLOGIE.  —  La  structure  du  Nord-Annam  au  sud  de  Thanh  Hou. 
Note  de  M.  Charles  Jacob,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Nous  allons  poursuivre  vers   le  Sud   l'étude,  amorcée   dans   une   Noie 
précédente,  de  la  structure  du  Nord-AuuaJii. 

Tout  d'abord,  entre  le  petit  massif  crisiaUin  côticr  de  Sam  Son  et  les 
calcaires  dévoniens  de  la  Série  primaire^  s'introduisent  des  terrains  secon- 
daires :  grès  rouges  et  [)ondingues,  uUribués  an  Trias  inférieur  el  reuconlrés 
en  affleurements  épars  an  milieu  des  rizières  le  long  de  la  route  mandarine 
au  sud  de  Tlianh  Hoa,  grès  rhétieus  à  traces  charbonneuses  occupant  de 
vastes  surfaces  dans  le  Phu  de  Tinh  Gia.  Les  relations  avec  le  granité  de 
Sam  Son,  isolé  dans  les  rizières,  ne  peuvent  être  reconnues  par  l'obseiva- 
lion;  mais,  plus  au  Sud,  les  travaux  antérieurs  ont  établi  que  les  grès  el' 
poudingues  attribués  au  Trias  inférieur,  équivalent  probable  de  la  base  de 
l'immense  manteau  gréseux  de  toute  l'Indo-Ghine  centrale  et  méridionale, 
s'étendaient  transgressivement  sur  les  petits  massifs  côtiers  de  Yinh  et  de 
Ha  Tinh,  analogues  à  celui  de  Sam  Son.  En  revanche,  on  peut  voir,  dans 
le  sud  du  Thanh  Hoa,  la  Série  primaire  reposer^  en  contact  anormal^  sur  les 
grès  et  poudingues  :  au  nord-ouest  de  la  station  de  Yen  Thai,  les  calcaires 
dévonieus,  débutant  par  un  marbre  rose  laminé,  sont  poussés  sur  les  pou- 
dingues. Plus  au  Sud,  dans  le  Phu  de  Tinh  Gia,  le  mouvement  gagne 
même  de  l'importance  vers  l'avant  :  au  nord-ouest  de  la  gare  de  Thi  Long, 
la  base  des  porphyrites  a  dépassé  la  Série  primaire;  et  les  mylonites  de 


(')  Berichte^  t.  33,  p.  27. 


3oO  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

quartzites  à  ciment  ferrugineux,  accompagnées  de  calcaires  étirés,  reposent 
directement  sur  les  grès  rhétiens. 

Avec  tous  les  éléments  définis  jusqu'ici,  nous  avons  atteint  une  ligne,  à 
peu  près  droite,  dirigée  Nord-Ouest-Sud  Est,  suivant  le  Song  Am  et  se 
prolongeant  vers  la  gare  de  Khoa  Truong.  A  l'ouest  de  cette  ligne  et  pour 
couvrir  l'immense  surface  qui  s'élend  au  Sud-Est  jusqu'aux  massifs  côtiers 
de  Vinh  et  de  Ha  Tinh,  à  TOuesl  jusqu'à  la  Porte  d'Annam,  à  la  Chaîne 
annamitique  et  au  versant  nord-est  du  Tran  Ninh,  se  trouve  un  autre 
ensemble,  correspondant  à  la  prolongation  de  la  Zont  de  Nam  Sam,  telle 
que  Ta  définie  M.  Dussault  dans  Sam  Neua. 

On  en  retrouve  ici  tous  les  caractères.  Le  subslratum  est  représenté  par 
les  terrains  cristallins  de  la  Chaîne  annamitique  et  du  Tran  Ninh  auxquels 
succèdenl  des  schistes  et  des  calcaires,  sans  doute  paléozoïques  ;  il  Test 
aussi  par  les  terrains  cristallins  du  massif  du  Pou  Huât,  qui  vient  se  terminer 
au  sud  de  Ké  Bon  ;  il  l'est  enfin  par  le  gra'nile  du  Bou  Ginh.  Le  principal 
élément  de  la  Zone  correspond  toujours  à  une  épaisse  série  schisto- gréseuse , 
au  sein  de  laquelle  s'ajoutent  sur  les  confins  de  Vinh  et  du  Thanh  Hoa  des 
lames  calcaires,  souvent  étirées.  Cette  série  gréso-schisteuse  avec  calcaires 
subordonnés  a  fourni  des  fossiles  triasiques  :  aux  gisements  anciennement 
connus  du  Quan  Moc  et  de  Quan  Son  vers  la  côte  d'Annam,  j'en  joins 
divers  autres,  notammenl  celui  de  Xom  Nhuong,  à  mi-distance  entre  les 
précédents  et  San  Neua  ;  d'après  M.  Mansuy,  il  comporte,  avec  Myophoria 
inœquicostata  Klip.,  les  Ammonites  suivantes:  Ceratites  Phat  Mans.  cf. 
C.  trinodosiis  Mojs.,  Ceratites  cf.  Ahichi  Mojs.,  Protrachycerns  annamense 
Mans.  cf.  P.  Curioni  Mojs.,  Protrachyceras  cf.  i?r«/s/ Boeek  in  Mojs.,  c'est- 
'à-dire  des  éléments  de  l'horizon  à  C.  trinodosus  ou  d'horizons  voisins. 
Ici  encore  se  rencontrent  des  microgranites  et  des  rhyolites  souvent  écrasés: 
des  lambeaux  en  sont  connus  au  nord  de  la  Porte  d'Annam  dans  Ha  Tinh 
et  au  sud  du  Song  Ca  dans  Vinh  ;  j'en  ai  retrouvé  à  l'est  de  Muong  Lam 
dans  le  haut  de  Vinh  ;  j'ai  délimité  les  énormes  masses  de  rhyolites  du  Ta 
Léo  dans  l'ouest  de  Thanh  Hoa,  etc.  Enfin,  comme  dernier  caractère,  il 
faut  noter  les  écrasements  fréquents  dans  cette  partie  du  Nord-Annam  ; 
je  puis  notamment  signaler  des  lambeaux  de  granité  ou  de  schistes  cristal- 
lins entraînés  autour  du  Bou  Ginh  ;  et  le  repos  de  la  Série  schisto-gréseuse 
du  Nam  Sam  se  confirme  comme  anormal  sur  le  substratum. 

Nous  nous  demandons  maintenant  comment  se  place  la  Zone  du  Nam 
Sam  par  rapport  aux  éléments  tectoniques  distingués  à  l'est  de  la  ligne  du 
Song  Am. 


SÉANCE   DU   3o   JANVIER    I922.  3oi 

Au  sud-ouesL  du  Song  Ma,  la  bordure  occidentale  du  pays  d'Hoi  Xuan, 
dont  nous  avons  indiqué  dans  une  Note  précédente  les  imbrications,  formées 
des  porphyrites  et  des  masses  calcaires  supérieures,  monte  sur  la  couverture 
de  Bou  Ginh.  Les  Porpliyriies  du  Thanh  Hoa  reposent  donc  sur  la  zone  du 
Nam  Sam.  Du  reste,  en  pleine  zone  des  porphyrites,  vers  ^  an  Am  et  Chan 
Man,  au  nord  de  Bai  Thuong,  je  connais,  dans  des  bas-fonds,  deux  affleu- 
rements de  rhyolite  sous  les  porphyrites.  Ces  deux  affleurements  se  trouvent 
au  nord,  tectoniquement  à  l'intérieur,  du  rocher  d'Hani  Kong,  apophyse 
ultime  de  la  Série  primaire.  Je  trouve  là  le  seul  argument  que  je  possède 
pour  admettre  que  la  Zone  du  Nam  Sam  doit  s'intercaler  entre  la  Série  pri- 
maire et  les  Porphyrites. 

Dans  le  sud  du  Thanh  Hoa,  en  dehors  des  faits  exposés  jusqu'ici,  la 
structure  ne  laisse  pas  que  d'être  trouÏDlée  par  tout  un  système  de  failles,  de 
direction  Nord-Ouest,  postérieures  aux  charriages,  qui  juxtaposent  les  élé- 
ments les  plus  divers;  une  de  ces  failles,  en  particulier,  limite  à  l'Ouest  le 
Rhétien  du  Phu  de  Tinh  Gia  et  empêche  de  se  rendre  compte  de  la  position 
initiale  de  celui-ci  par  rapport  à  la  Zone  du  Nam  Sam.  Dans  le  sud  et 
l'ouest  du  Thanh  Hoa  également,  s'ajoutent,  comme  complications,  celles 
dues  à  des  montées  de  roches  basiques  profondes  qui  recoupent  tous  nos  élé- 
ments suivant  des  tracés  Nord-Ouest,  depuis  la  mer  jusqu'à  la  traînée  déjà 
signalée  dans  Sam  Neua  par  M.  Dussault.  Je  mentionne,  entre  autres,  les 
affleurements  du  Nui  Na  Son,  de  Luong  Son,  de  Tri  Nang,  etc.,  dans  les- 
quels on  rencontre  des  diabases  quartzifères,  des  gabbros  et  des  péridotites 
à  olivine  passant  à  des  serpentines,  localement  riches  en  fer  chromé. 

Pour  conclure,  il  faut  considérer  le  Nord-Annam  presque  tout  entier 
comme  une  région  de  nappes.  Vers  la  côte  seulement,  et  sans  doute  aussi  au 
sud-ouest  de  la  Chaîne  annamitique,  il  peut  être  question  d'un  avant-pays^ 
qui  serait  caractérisé  par  une  couverture  transgressive  de  grès  secondaires. 
Ailleurs,  quand  le  substratum  affleure,  c'est  le  cas  dans  la  Zone  du  Nam-Sam, 
il  n'a  pas  ou  n'a  plus  cette  couverture  transgressive.  Au-dessus  de  l'avant- 
pays,  vient,  en  contact  anormal,  une  lame  complexe,  représentée  seulement 
dans  le  nord  du  Thanh  Hoa  dont  elle  constitue  la  Série  primaire.  Puis  c'est 
la  Série  schisto-gréseuse,  triasique,  à  rhyolites  et  microgranites  souvent 
écrasés,  définie  dans  la  Zone  du  Nam-Sam,  suivie,  elle-même,  d'une  lame 
individualisée  dans  le  Thanh  Hoa,  qui  est  caractérisée  par  des  porphyrites, 
lame  qui  a  glissé  jusque  sur  l'avant-pays.  Enfin,  culminant  sur  le  tout,  nous 
trouvons  les  masses  principalement  calcaires  de  la  Chaîne  de  Thanh  Hoa, 
entre  l'Annam  et  le  Tonkin,  et  celles  du  pays  de  Hoi  Xuan. 

G.  R.,  1922,  1"  Semestre.  (T.  174,  N*  5.)  ^3 


3o2  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

GÉOLOGIE,  —  Nouvelles  observations  sin-  les  dislocations  de  la  Montagne  de  la 
Bastille^  près  de  Grenoble.  Noie  (')  de  MM.  F.  Klanchet  el  E.  Chagny, 
transmise  par  M.  Kilian. 

Le  promontoire  de  la  Bastille,  dont  les  assises  tithoniques  (Calcaires  de 
la  Porte  de  France)  sont  restées  célèbres  par  les  discussions  stratigra- 
phiques  auxquelles  elles  ont  donné  lieu,  a  fail  l'objet  d'une  ('tude  détaillée 
de  la  part  de  M.  Kilian  (-). 

Après  avoir  caractérisé  la  série  des  assises  qui  prennent  part  à  la  consti- 
tution de  cette  montagne,  cet  auteur  y  signale  un  système  de  cassures  trans- 
versales découpant  dans  ces  assises  quatre  «  tranches  y>  chavirées  les  unes 
par  rap|)ort  aux  autres  et  comprenant  :  le  Mont-Jalla,  la  plate-forme  de  la 
Bastille,  les  assises  où  sont  établies  les  fortifications  de  la  Bastille,  enfin 
celles  qui  supportent  les  fortifications  de  Rabot. 

M,  Paul  Corbin  a  récemment  mis  gracieusement  à  la  disposition  de 
M.  Kilian  un  plan  au  -j-^  de  cette  région,  exécuté  par  le  Service  du  Génie 
en  1827.  Ce  précieux  et  fort  intéressant  document  nous  a  permis  d'étudier 
avec  une  précision  exceptionnelle  la  disposition  de  ces  assises  et  de  nous 
rendre  compte  d'une  façon  certaine  que  plusieurs  de  ces  accidents  se 
réduisent  en  réalité  à  des  torsions  très  brusques^  généralement  fort  accen- 
tuées. 

Nous  avons  pu  ainsi  relever  la  présence  de  quatre  torsions  grossièrement 
parallèles,  s'étageant  sur  le  flanc  ouest  du  promontoire  de  la  Bastille  et  dont 
les  axes,  dirigés  d'abord  E-0  dans  le  voisinage  de  la  ligne  de  faîte,  s'incur- 
vent de  façon  sensible  vers  le  N-O  dans  la  direction  de  Saint-Martin-le- 
Yinoux.  Ce  sont  du  Nord  au  Sud  : 

1°  La  rOKSiON  n°  1  qui  relie  les  couches  très  redressées  de  la  l^orte  de  France  et  du 
.lardin  des  Dauphins  aux  coiiclies  renversées  très  nettement  visibles  dans  la  carrière 
abandonnée  située  en  haut  du  chemin  de  la  Rochette  (Carrière  à  Pygope  janilor 
Pict.  sp.).  Des  preuves  remarquables  de  cette  torsion  nous  ont  été  fournies  :  (a)  au 
sud  de  cette  carrière,  où  nous  avons  relevé  dans  l'assise  supérieure  du  Titlionique  une 
torsion  de  40°  sur  une  longueur  de  5""  à  G'"  ;  (h)  non  loin  de  la  poterne  inférieure  de 
l'ancienne  route  Rabot-Bastille;  (c)  dans  l'Enclos  du  couvent  de  Sainte-Marie. 


(')  Séance  du  16  janvier  iq.^j. 

(^)  W.  Kilian,  Len  dislocations  de  la  Montagne  de  la  Bastille,  près  Grenoble 
{C.  //.  de  r Association  française  pour  l'Axance/nent  des  Sciences,  S  août  190^ 
avec  carte,  photographies,  coupe  el  schémas). 


SÉANCE  DU  3o  JAAVIER  I922.  3o3 

v  Lk  torsion  n"  2,  beaucoup  plus  brutale,  raccorde,  par  un  faible  changement  de 
direction  et  un  brusque  changement  de  pendage,  les  couches  renversées  de  la  carrière 
à  Pygope  Jajiilor  Pict.  sp.  aux  assises  peu  inclinées  supportant  les  deux  échauguette- 
des  fortifications  ouest  : 

a.  Contre  le  mur  d'escarpe  du  fossé  ouest,  au-dessus  de  l'octroi  de  la  roule  de 
Clémentières,  les  couches  renversées  de  Tithonique  se  redressent  à  la  verticale.  En 
remontant  le  fossé,  on  passe  peu  à  peu  au  pendage  du  paquet  supérieur. 

h.  Derrière  la  poudrière  A.  M.  de  Rabot,  nous  avons  trouvé  du  Kiméridgien  en 
place  qui  raccorde  parfaitement  les  deux  pendages  précédents. 

f.  La  même  disposition  se  retrouve  au  pied  des  remparts  bordant  le  sommet  de 
l'Enclos,  dans  le  Séquanien,  cette  région  marquant  d'ailleurs  la  terminaison  orientale 
de  la  torsion. 

3°  La  torsion  n°  8,  orientée  sensiblement  NS.  faible  au  Nord  dans  le  Tithonique  sur 
le  bord  occidental  du  plateau  de  la  Bastille,  plus  brusque  au  Sud,  près  de  la  route 
militaire  Rabot-Bastille,  dans  le  Séquanien  o.ù  elle  se  complique  d'une  cassure.  Elle 
ne  tarde  pas  à  s'atténuer  à  l'Est,  près  de  l'ancienne  poterne  de  la  route  Rabot-Bastille. 

4°  La  torsion  n*^  \  qui  passe  au  pied  des  escarpements  du  Mont  Jalla  dans  les  couches 
du  Tithonique  redressées  à  la  verticale,  puis  dans  le  Kiméridgien  et  vient  s'achever 
dans  le  Séquanien  vers  les  batteries,  au  nord  du  plateau  de  la  Bastille. 

Telles  sont  les  toi'sions  principales  que  nous  avons  relevées.  Il  en  existe 
d'autres  secondaires,  et,  dans  le  Séquanien  notamment,  nous  avons  constaté 
la  présence  d'un  certain  nombre  de  flexions  très  accentuées,  accompagnées 
souvent  de  légères  cassures  intéressant  un  banc  ou  deux,  mais  qui  ne 
sauraient  être  interprétées  comme  des  failles  véritables. 

Il  existe  néanmoins  dans  la  montagne  de  la  Bastille  deux  cassures  impor- 
tantes. L'une  d'elles  {Faille  de  la  Saucisse)  sectionne  nettement  les  assises 
du  Kiméridgien,  du  Tithonique  et  du  Berriasien  de  la  route  militaire 
Rabot-Bastille  jusqu'aux  environs  de  Saint-Martin-le-Yinoux.  Sa  projec- 
tion horizontale  a  la  forme  d'un  S  retourné,  orienté  sensiblement  NO  dans 
son  ensemble.  Des  observations  souterraines  faites  dans  les  galeries  de  la 
Société  des  Ciments  de  la  Porte  de  France  nous  ont  donné  comme  caracté- 
ristiques du  miroir  de  faille,  à  la  hauteur  du  puits  de  décharge  de  la  Saucisse, 
une  direction  de  28°  NO  et  un  pendage  de  60°  NE. 

L'autre  faille  {Faille  du  .lalla)  a  son  origine  au  sommet  du  Mont  Jalla,  ou 
elle  sectionne  le  Tithonique,  fait  apparaître  le  Kiméridgien  vers  la  cheminée 
Saint-Martin  (Société  des  Ciments  de  la  Porte  de  France),  contourne  le 
grand  banc  rocheux  au-dessus  de  Saint-Martin-le-Vinoux  et  disparaît  au 
nord  du  restaurant  de  Bellevue,  dans  les  marnes  au-dessus  de  Tallièros.  Il 
existe  également  d'autres  failles  à  rejet  très  faible,  non  observables  en  surface 
par  suite  des  éboulis  qui  les  recouvrent,  mais  que  nous  avons  pu  néanmoins 
relever  dans  les  galeries  d'exploitation  des  ciments  de  la  Porte  de  France. 


3o4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Ces  failles,  au  nombre  de  trois,  sont  orienlées  l'une  i\0-SE;  la  moyenne  des 
deux  autres  E-NE.  Elles  passent  approximativement  à  iioo'"  au  nord  des 
Combes  et  leur  rejet  varie  de  3™  à  6*". 

En  résumé  ('),  nous  pouvons  distinguer  dans  le  promontoire  qui  domine 
si  pittoresquement  Grenoble  au  Nord  : 

1°  Une  partie  septentrionale  constitué-e  par  les  couches  du  mont  Jalla, 
régulièrement  disposées,  qui  se  déploient  en  éventail  à  mesure  qu'elles 
descendent  et,  d'une  direction  de  12°  NE  et  un  pendage  de  55°  ouest  au 
sommet,  passent,  auprès  des  Combes,  à  une  direction  de  62°  NE  et  à  un 
pendage  de  25**  NO;  à  la  hauteur  de  Bellevue  elles  sont  ramenées  à  un  pen- 
dage de  55°  ouest  par  \a  faille  du  Jalla. 

2°  Une  partie  méridionale,  constituant  le  promontoire  de  la  Bastille, 
déplacée  vers  l'Est  par  rapport  à  la  précédente  d'environ  5oo™  à  la  base. 
En  même  temps,  sur  ces  assises  refoulées,  se  sont  produits  des  plissements 
allant  en  s'accentuant  vers  le  Sud  jusqu'à  provoquer  une  rupture  diagonale 
des  calcaires  du  Jurassique  supérieur  (faille  de  la  Saucisse). 

Le  résultat  de  ces  actions  multiples  (torsions  et  failles)  est  la  formation 
dans  le  promontoire  de  la  Bastille  et  le  mont  Jalla  de  trois  tranches  à  peu 
près  délimitées  à  la  façon  des  touches  d'un  clavier. 

Nous  avons  cru  intéressant  de  relever  en  détail  la  position  et  la  nature 
de  ces  accidents,  car  ils  peuvent  présenter  un  certain  intérêt  en  vue  d'une 
révision  de  la  tectonique  de  la  partie  orientale  des  chaînes  subalpines  dau- 
phinoises. Ces  dislocations,  si  voisines  de  celles  de  la  bordure  orientale  du 
Vercors,  ont  très  probablement  avec  celles-ci  une  origine  commune  que 
seule  une  étude  minutieuse  de  toute  cette  région  pouira  mettre  en  lumière. 

PALÉONTOLOGIE.  —  Sur  quelques  Poissons  néocomiens  de  la  Haute- Marne  et 
de  la  Meuse.  Note  de  M.  G.  Corroy,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

i"  Cornuel(-)  et  M.  Leriche  (^)  rapportent  au  Mesodon  cf.  gigas 
Agassiz,  deux  dents  du  calcaire  à  Spatangues  de  la  Haute-Marne  ;  dents  de 

(')  Une  élude  très  détaillée  avec  carte,  photographies,  coupes  et  stéréogramme, 
sera  publiée  prochainement. 

(-)  CoRNUEL,  Descriptions  de  Poissons  fossiles  provenant  principalement  du  Cal- 
caire néocomien  de  la  Haute-Marne  {B.  S.  G.  F.,  3"  série,  t.  5,  1877,  p.  6o4);  JVote 
sur  de  nouveaux  débris  de  Pycnodontes  portlandiens  et  néocomiens  de  l'est  du 
Bassin  de  Paris  {B.  S.  G.  F.,  3«  série,  t.  8,  1879,  p.  iSg). 

(")  M.  LiiRUMiE,  Sur  quelques  Poissons  du  Crétacé  du  Bassin  de  Paris  {B.  S.  G.  F., 
'l"  série,  t.  10,  1910,  p.  455). 


SÉANCE    DU   3o    JANVIER    1922.  3o5 

grande  taille  venant  de  la  rangée  principale  de  spléniaux,  d'une  forme  très 
voisine  en  effet  de  Mesodon  gigas,  si  abondant  dans  le  Kiméridgien  du  Jura 
neiifchàtelois.  On  peut  voir,  d'autre  part,  dans  les  galeries  du  Muséum 
national  d'Histoire  naturelle,  cinq  dents  isolées,  attribuées  à  cette  espèce, 
venant  de  l'Hauterivien  de  Sainl-Dizier.  Je  possède  également  plusieurs  de 
ces  dents  énormes  trouvées  à  Brillon  et  Bettancourt. 

Enfin,  j'ai  eu  le  loisir  d'étudier  au  Laboratoire  de  Zoologie  de  la  Faculté 
des  Sciences  de  Nancy  une  pièce  fort  belle,  donnée  par  M.  Thiéry,  et  qui 
fut  découverte  dans  les  carrières  bauteriviennes  de  Ville-sur-Saulx.  C'est 
la  dentition  d'un  splénial  droit  comptant  49  dents  et  qui  est  bien  celle 
d'un  Mesodon  g'igcis.  Sans  doute,  ces  dents  ont  appartenu  à  un  individu  non 
encore  adulte,  car  elles  n'ont  ni  la  taille  (28™'"  pour  les  maxima  au  lieu 
de  35'"'"),  ni  l'usure  des  types  âgés.  Elles  se  dénombrent  ainsi  : 

Rangée  principale 10  dents 

Rangée  intermédiaire  adjacente i4       » 

Première  rangée  externe i4       » 

Seconde  rangée  externe 8       » 

Rangée  interne 3       » 

Le  Mesodon  gigas  Agassiz  a  donc  bien  vécu  dans  la  mer  bauterivienne  du 
Bassin  de  Paris,  Priem(*)  signalant  déjà  quelques  dents  à  Vaux  (Yonne). 

1°  La  collection  Moreau,  conservée  à  Nancy  au  Laboratoire  de  Géologie, 
a  attiré  mon  attention  sur  deux  spléniaux  de  l'Hauterivien  de  Ville-sur- 
Saulx,  que  j'attribue  au  Mesodon  robustus  Cornuel.  Or  cette  espèce  n'a 
été  signalée  que  dans  le  Barrémien  de  cette  région  (Saint-Dizier).  Le  splé- 
nial droit  compte  35  dents  dont  six  très  fortes  à  la  rangée  principale  et 
l'emplacement  de  trois.  Le  splénial  gauche,  23  dents  et  l'emplacement 
de  huit. 

3**  Mesodon  heterotypus  Cornuel  est  bien  une  espèce  à  maintenir  dans  le 
Néocomien  du  Bassin  de  Paris.  La  seule  description  que  Cornuel  en  donne, 
sur  un  fragment  de  vomer  des  environs  de  Vassy,  dénote  la  présence  de 
dents  très  particulières,  principalement  celles  de  la  rangée  exteriie.  Un 
fragment  de  vomer  plus  important  (Hauterivien  de  Vassy,  collection 
Moreau)  montre  précisément  les  dents  externes  si  caractéristiques,  hautes, 
à  faces  triangulaires,  à  sommet  et  angles  émoussés. 

4**  M.  Lericlie  regarde  comme  peu  cerlaine  la  présence  de  Cœlodus  Man- 
tellî  Agassiz  dans  le  Néocomien  du  Bassin  de  Paris,  d'après  les  restes  insuf- 

(*)  Priem,  Etude  des  Poissons  fossiles  dit  ffassin  de  Paris  (Ann,  de  Paléontologie, 

1908), 


3o6  '  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

fisants  que  Cornuel  signale.  Un  vomer  en  excellent  état  (Hauterivien  de 
Bellancourt)  me  permet  de  confirmer  la  détermination  de  Cornuel.  Cet 
échantillon  correspond  à  la  taille  des  vomers  de  Cœlodus  Manteili,  nombreux 
dans  le  Wealdien  d'Angleterre  (')  :  20"^°^  ?ur  10""".  Il  porte  cinq  rangées 
de  dents  se  répartissant  ainsi  : 

Cinq  allongées  et  quatre  ovalaires  à  la  rangée  pricipale; 

Onze  pour  les  rangées  internes  avec  remplacement  de  cinq; 

Dix  pour  les  rangées  externes  avec  remplacement  de  cjuatre. 

Sur  le  coté  droit  on  remarque  en  outre  deux  dents  de  remplacement,  ce 
qui  indique  un  individu  d'un  âge  peu  avancé.  Cette  espèce  serait  donc 
arrivée  par  le  Nord  dans  le  Bassin  de  Pari's. 

5°  Enfin  un  Lamnidé  :  Odojitaspis  macrorhiza  Cope,  mut.  infracretacea 
Leriche,  est  beaucoup  moins  rare  qu'on  ne  le  pensait.  Je  possède  de  nom- 
breuses dents  de  cette  espèce:  Hauterivien  de  Vassy,  Brillon,  Saint-Dizier. 

En  résumé,  ces  observations  permettent  d'apporter  plus  de  précision  à 
nos  connaissance^  sur  la  faune  ichtyologique  néocomienne  du  Bassin  de 
Paris,  notamment  en  ce  qui  concerne  l'existence  de  plusieurs  Pycnodontes. 

PALÉONTOLOGIE.  —  Sur  V aire  de  dispersion  de  Dyrosaurus,  Crocodilien 
fossile  du  Nord-Oursl  africain.  Note  de  M.  L.  Joleaud,  présentée  par 
M.  Emile  Haug. 

Dyrosaurus  pJiosphaticus  Thom.  (^)  est  un  Crocodilien  longirostre  des 
phosphates  de  Gafsa  (Tunisie)  :  ses  principaux  caractères  en  font  unTéléo- 
saurien  archaïque  ayant  persisté  longtemps  après  la  disparition,  à  la  fin  du 
Jurassique,  de  presque  tous  les  genres  de  cette  famille  (^).  Un  autre  Téléo- 
saurien  à  cachet  aussi  très  ancien,  Teleorhinus  Browni  Osborn,  a  été  décrit 
du  Turonien  de  Fort-Benton  (Montana,  Etats-Unis)   :  les  deux  Reptiles 

(')  Smith-Woodward,  Catalogue  of  the  fossil  Fishes  in  the  Britisli  Muséum, 
vol.  1,  1889. 

('-)  Le  nom  de  D.  thevesLensis  Pomel  me  semble  pouvoir  être  conservé  pour  désigner 
la  variété  de  Tebessa,  légèrement  différente  de  celle  de  Gafsa,  d'après  le  fragment  de 
rostre  que  j'ai  recueilli  dans  la  première  de  ces  localités  [voir  A.  Thevenin,  Le  Dyro- 
saurus des  phosphates  de  Tunisie  (  Ann.  de  Paléont.,  t.  6,  191 1,  p.  95-106,  pi.  XIV- 
XVI,  notamment  p.  106,  pi.  XA  ,  fig!  2)]. 

(•^)  Il  est  très  regrettable  que  deux  noms  presque  homonymes  et  homophones,  d'or- 
thographe d'ailleurs  à  peine  différente,  Dyrosaurus  Pomel  et  Dryosaurus  Marsh, 
désignent  l'un  un  Crocodilien,  l'autre  un  Dinosaurien. 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  I922.  3o7 

d'Amérique  et  do  Berbérie  sont,  comme  l'a  fait  remarquer  A.  Thevenin, 
assez  voisins  l'un  de  l'autre.  Un  troisième  Téléosaurien  postjurassique, 
Congosaurus  Bequœrti  \}o\\o  ('),  vient  d'être  découvert  à  Cabinda  (Landana)  : 
ce  Reptile,  dont  le  squelette  a  été  troii\é  avec  des  dents  de  Lamna  appeit- 
diculata  A^.,  Odonlaspis  macrota  striata  Winkl.,  Myliobatis  sp.  et  i\&< 
coquilles  de  Thershea.  remonte  au  Montien,  comme  l'indique  l'association 
de  ces  fossiles  crétacés  et  éocènes.  Les  analogies  constatées  par  le  paléonto- 
logiste belge  enl  re  le  Grocodilien  du  Bas  Congo  et  celui  de  Berbérie  vienneni 
donc  à  l'appui  de  l'atlribiition  au  Montien  que  j'ai  récemment  proposée  (  ') 
pour  les  phosphates  d'Algéiie  et  de  Tunisie. 

Des  vertèbres  de  Dyrosauras  oui  été  indiquées  de  deux  localités  de  l'/Vfrique  occi- 
dentale :  i"  Abadion,  près  de  Tokpli,  sur  la  rivière  Monu,  à  la  limite  du  Dahomey  et 
du  Togo  ( ')  ;  2°  Anou  Mellen,  dans  la  vallée  du  Tilemsi,  au  nord  de  Ciao  (Soudan  )  ('*). 
Dans  cette  dernière  localité,  M.  Cortier  a  trouvé  une  vertèbre  de  ce  Grocodilien  avec 
une  Huître  campa nienne,  Ostrea  Pomeli  Coq.  Peut-être  convient-il  d'attribuer  au 
mèiVie  animal  le  fra<;menl  de  rostre  recueilli  aussi  à  Anou  Mellen  avec  des  I^chinides 
montiens,  Lintlna  sudaiiensis  Bath.,  Plesinlampas  cf.  Paquieri  Lamb.  (  ').  A  Aba- 
dion,  Dyrosdunis  est  associé  à  diverses  espèces  de  Poissons  :  Pycnodits  variabilis 
tog-oensis  Strom.,  Hypolophites  myliobatoides  Strom.,  Myliobatis  Di.voni  \g.,  Gin- 
glyinostouui  sp.,  Odontaspis  macrota  striata  Winkl.  Une  faune  presque  identique 
caractérise  le  Montien  de  Landana  {^)  :  Hypolophites  mayombensis  Lev.,  Myliobatis 
dispar  Lsr . ,  Ging-ly  mostoma  sp.,  Odontaspis  macrota  striata  Winkl.,  Lamna  appen- 
diciilata  Ag.  Le  genre  le  plus  caractéristique,  parmi  ces  Squales,  Hypolophites,  se 
rattache  à  Rliombodus  de  Maestricht  et  paraît  être  l'ancêtre  de  Hypolophus  actuel.  Le 
gisement  de  Dyrosaurus  d'Abadion  est  sans  doute  montien  et  celui  d'Anou  Mellen  peut 
être  en  partie  sénonien,  en  partie  montien. 

Teleorhinus,  Conoosanriis  et  Dyrosaurus  sont  en  somme  trois  Tèléosau- 
ridésqui  témoignent  de  la  persistance  de  cette  famille  jurassique  jusqu'au 


(1)  Sur  la  découverte  de  Téléosauriens  It^rtiaires  au  Congo  {Bull.  4cad.  my.  Bel- 
gique, Cl.  Se,  1914»  P-  288-298). 

(-)  L.  JoLEAUD,  Sur  l'âge  des  dépôts  de  phosphate  de  chau.r  du  Sud  marocain, 
algérien  et  tunisien  {Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  178-181). 

(*)  E.  Stromer,  Reptilien  und  Fischreste  aus  deni  marinen  Alttertidr  von  S/idtogo 
(Westafrika)  {Monatsb.  deutsch.  Geol.  Ges.,  Bd.  62,  1910,  p.  4/8). 

{'')  A.  Thevenin,  lac.  cit.,  p.  108,  pi.  Ill,  fi  g.  4,  4«,  4^- 

['')  Paul  Lemoine,  Contributions  à  la  connaissance  géologique  des  colonies  fran- 
çaises; VIII,  Sur  quelques  fossiles  du  Tilemsi  {Soudan)  {fiull.  Soc.  Philom.,  1909, 

p.  102-104,  pi.  Il,  fig.   la). 

(^)  M.  Leriche,  Les  Poissons  paléocènes  de  Landana  {Congo)  {Ann.  Mus.  Congo 
belge  :  Géol.  Pal.  Min.,  III;  Bas  et  Moyen  Congo,  ï,  II.  rgiS.  p.  65-91,  pi.  VIII-X). 


3o8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Tiironien,  dans  l'Amérique  du  Nord,  et  jusqu'au  Montien,  en  Afrique.  Un 
autre  Reptile  de  Gafsa  a  été  aussi  envisagé  comme  un  type  jurassique  ayant 
subsisté  au  début  du  Tertiaire.  G.  de  Stefano  (')  l'a  nommé  Plesiosaurus 
pJwspha tiens ^  mais  H.  Douvillé  et  A.  Thevenin  tendraient  plutôt  à  en  faire 
un  Grocodilion.  Je  ne  connais  d'aussi  grands  Reptiles,  à  dents  mesurant  au 
moins  i  20"""  de  longueur,  que  parmi  les  Plésiosauriens  et  les  Mosasauriens 
{Hainosauras ,  Mosasaurus  giganteus).  Les  jners  continentales  d'Afrique 
abritaient  donc  encore^  à  l'aurore  des  temps  éocènes ^  une  faune  résiduelle  juras- 
sico-crétacéc  se  propageant  de  la  Berbérie  au  Congo  par  l'Afrique  occidentale. 

Avec  ces  animaux  à  physionomie  archaïque  i^ivaient  alors  en  AJrique  des 
précurseurs  des  éléments  caractéi  istiques  de  milieux  biologiques  européens  plus 
récents.  Les  Zeuglodontidés  archaïques.  Pappocetus  Lugardi  Andr.,  de 
TEocène  inférieur  d'Ombialla  (Nigeria  du  Sud),  Protocetus  atams  Fraas  et 
Eocetus  Schweinfurthi  Fraas,  du  Lutétien  supérieur  de  Mokattam  (Egypte), 
ont  précédé  Zeuglodon,  qui  apparaît  seulement  à  l'Eocène  supérieur  en 
Angleterre  et  dans  le  Sud-Est  des  États-Unis.  On  peut  noter  aussi  comme 
caractéristique  de  la  sous-province  marine  africaine  l'apparition  précoce 
de  certains  types  de  Poissons  qui  ne  se  montrent  que  beaucoup  plus  tard  en 
Europe  :  Myliobalis  débute  au  Alaestrichtien  à  Gafsa,  au  Montien  au  Congo, 
Ginglymostoma  apparaît  au  Montien  à  Gafsa,  alors  que  tous  deux  n'arrivent 
qu'au  Thanétien  en  Europe;  Aètobatis  et  les  Carcharidés  reconnus  dans  le 
Montien  de  Rerbérie  ne  pénètrent  dans  les  mers  d'Europe  qu'au  Cuisien. 

Parmi  les  Cliéloniens  de  TÉocène  inférieur  africain  figurent,  à  côté 
d'espèces  marines  :  Cosmochelys  Doiloi  Andr.,  Dermochélyidé  d'Ombialla, 
Lytoloma  Douvillei  Stef.  et  Caretta  phosphatica  Stef.,  Ghélonidés  de  Gafsa, 
des  types  d'eau  douce  :  un  Ghélydridé,  Gafsachelys  phosphatica  Stef.  de 
Gafsa  et  un  Pélomédusidé,  Podocnemis  congolensis  DoUo,  de  Landana. 
Les  Ghélydridés,  représentés  dans  le  Purbeck  et  le  Weald  par  Tetrosternum, 
ne  comptent  plus  aujourd'hui  que  quatre  espèces  appartenant  à  trois 
genres:  Chelydra,  dont  l'aire  disjointe  embrasse  les  Etats-Unis,  le  Mexique 
et  le  Guatemala,  d'une  part,  l'Equateur  d'autre  part;  Macroclemmys, 
répandu  du  Missouri  à  la  Floride  et  au  Texas;  Devisia,  de  la  Nouvelle- 
■  Guinée.  L'ensemble  de  ces  dispersions  géographiques,  dissocié  en  trois 
tronçons,  occupe  les  extrémités  du  grand  géosynclinal  transverse;  il 
témoigne  de  la  très  ancienne  adaptation  des  Ghélydridés  à  la  vie  des  eaux 


O  ISaovi  Rettili  degli  slrali  a  fosfato  delta  Tunisia  {BolL  Soc.  Geol.  Italiana, 
i.  23,  1903,  p.  5i-8o,  pi.  IV). 


SÉANCE    DU    3o    JANVIER    1922.  SoQ 

douces,  comme  le  faisait  présager  leur  découverte  dans  le  Jurassique  supé- 
rieur continental  de  nos  pays.  Le  genre  Podocnemis^  qui  offre,  à  son  tour, 
une  double  localisation  actuelle,  dans  les  Guyanes  et  le  Brésil  (six  espèces), 
d'une  part,  à  Madagascar  (une  espèce),  d'autre  part,  est  connu,  à  l'état 
fossile,  d'Angleterre  (Kocène  inférieur),  de  Malte  (Miocène  inférieur), 
d'i^gypte  (l^^ocène  supérieur  à  Miocène  inférieur)  et  de  l'Inde  (Éocène 
inférieur).  Les  eaux-  douces  présentent  donc  en  Afrique^  à  l'aurore  des  temps 
èocènes,  comme  le  milieu  marin,  V association  de  types  jurassico-crétacés persis- 
tant plus  ou  moins  longtemps  (^Gafsachelys^  et  de  genres  précurseurs  ae  s  faunes 
éocênes  (Podocnemis). 

POI.ARIMÉTRIE   ET  ACTIXOMÉTRIE.  —  Observations  reki^ées  au  mont  Blanc. 
Note  de  M.  A.  Boutaric,  présentée  par  M.  J.  Violle. 

1.  Du  ji  juillet  au  7  août  1921  j'ai  effectue''  à  l'Observatoire  Vallot  du 
mont  Blanc  (435o'")  une  série  de  mesures  actinométriques  et  polarimé- 
triqpes. 

Le  Tableau  suivant  donne  le  relevé  horaire  (')  :  1°  des  polarisations  P 
de  la  lumière  diffusée  par  le  ciel,  dans  le  vertical  du  Soleil  et  dans  la 
direction  située  à  90°  du  Soleil  (mesurées  par  le  photopolarimètre  de 
Cornu);  2°  des  intensités  ?' du  rayonnement  solaire  en  calories-grammes 
par  centimètre  carré  et  par  minute  (mesurées  par  le  pyrhéliomètre  à 
compensation  électrique  de  Knut  Angstrôm). 

Relevé  horaire  des  observations  polarimétriques  et  actinométriques. 

\"  aoiil.  2  août.  4  août. 

~p'^     TT         T.         TT        "7!         TT 

II 

7 0,62'     1,358  »  Il  0,35  1) 

8 0.62      1.464  »  »  0,35      1-4^4 

9 0,62      i,5i4  »        i,5ï4         0,34      1,460 

10 0,62  1,544  0,61  1,544  »  1.493 

II G,  63  1,558  »  1.558  »  i,5i2  «     » 

12 ))  1 ,  56o  »     »  »  »  »     )) 

i3 o,6ij  i,55o  )i     »  »  »  0,64  1,540 — 

i4 0,62  1,538  »     »  0,52  i,5i2  0,64  1,520 

i5 0,60  i,5oi  »     Il  »  1,480  0,66  1,484 

16 0,59  1,448  »     "  0,61  1,436  o,65  i,44o 

17 0,61  1,366  I.     I.  ..  1.349  0'68  1,349 

18 »  1 .  198  »     «  »  »  0,68  1,145 

18, 45"' 0,68  »  »     »  »  I)  »     » 

(*)    Les  heures  sont  évaluées  en  temps  solaire  vrai  au  mont  Blanc, 


3lO  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

!*'■  aoiH.  —  Belle  journée,  mais  nuages  en  dessous  de  l'Observatoire,  sur  les 
plaines. 

•>  août.  —  Le  matin,  ciel  clair,  mais  nuages  et  brume  sur  la  vallée;  vers  12'',  les 
nuages  montent  et  enveloppent  l'Observatoire. 

4  août.  —  Après  une  nuit  de  violente  tempête,  accompagnée  dune  chute  abondante 
de  neige,  le  temps  est  clair;  mais  il  v  a  partout  de  la  neige  fraîche,  et,  en  dessous  de 
l'Observatoire,  des  nuages. 

6  août.  —  Belle  journée;  fatmosplière  est  parfaitement  transparente,  tant  au-dessus 
qu'en  dessous  de  l'Observatoire  (on  distingue  très  nettement  la  vallée  de  Chamonix). 

2.   J. 'examen  de  ce  Tableau  permel  de  formuler  quelques  remarques  : 

a.  Les  valeurs  horaires.de  /suivent  d'assez  près  la  moyenne  publiée  par 
M.  J,  Vallot  et  relative  à  des  «  joutuiées  exceptionnelles  »  (  '  ). 

h.  Bien  qu'au  mont  Blanc  l'atmosphère  soit  très  pure  (ce  qu'indiquent 
les  valeurs  élevées  du  rayonnement  solaire),  la  polarisation  de  la  lumière 
diffusée  par  le  ciel  n'est  pas  exceptionnellement  forte.  Rlle  n'a  pas 
dépassé  o,G8,  tandis  que  (^.ornu  (-)  signale  avoir  observé,  en  plaine,  des 
polarisations  de  0,80.  11  faut,  je  crois,  attribuer  cet  affaiblissement  au 
pouvoir  diffusif  intense  de  la  neige  :  la  lumière  diffusée  par  la  neige, 
suivant  toutes  les  directions,  se  superpose,  dans  l'atmosphère,  i\  la  lumière 
solaire  directe  et  diminue  notablement  la  proportion  de  lumière  polarisée. 

c.  Pour  cette  raison,  la  polarisation  du  ciel  ne  révèle  pas  aussi  nettement 
qu'en  plaine  la  transparence  de  l'atmosphère  (*).  Ainsi,  la  polarisation 
était  plus  faible  le  i*'"'  aoiU  que  le  6  août,  bien  que  l'atmosphère  fût  plus 
transparente  (comme  le  montre  la  comparaison  des  intensités  du  rayonne- 
ment solaire  dans  l'après-midi)  :  c'est  que  le  i"'  aoûl,  il  existait,  en  dessous 
de  l'observatoire,  sur  la  vallée,  une  mer  de  nuages  très  dense  qui 
diffusait  beaucoup  de  lumière.  De  même,  dans  la  matinée  du  4  août,  la 
polarisation  de  l'atmosphère  a  été  très  faible,  bien  que  la  transparence  ne 
fût  pas  particulièrement  réduite  :  c'est  qu'une  chute  abondante  de  neige 
s'était  produite  dans  la  nuit,  recouvrant  de  neige  fraîche  les  environs  de 
l'observatoire,  tandis  que  des  nuages  s'étendaient  sur  la  vallée. 


(')  .).  Vai.loï,  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  1387. 

(-)  A.  Cornu,  Association  française  pour  V Avancemenl  des  Sciences,  Limoges, 
1890,  2"  partie,  p.  268. 

(^)  A.  BouTARic,  Thèse,  1918,  et  Annales  de  Physi//ue.,  9*^  série,  t.  9,  p.  11 3.  — 
Voir  également  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  i5i9. 


SÉANCE   DU   3o   JANVIER    1922.  3ll 


MÉTÉOROLOGIE.  —  Sur  In  climatologie  du  Maroc. 
Note  de  M.  Loris  Gextil.  présentée  par  M.  L.  Mangiii. 

La  climatologie  du  Maroc  est  encore  peu  connue.  Du  moins,  si  Ton 
compare  la  carte  des  pluies  de  la  plus  grande  partie  du  Maghreb  (le  Maroc, 
oriental  excepté),  publiée  en  1900  par  Theobald  Fischer  ('),  à  celle  que 
vient  de  faire  paraître  M.  Augustin  Bernard  (-).  on  est  frappé  de  leur 
ressemblance,  malgré  la  gamme  des  isohyètesplus  détaillée  dans  la  seconde 
que  dans  la  première.  Or  nous  possédons  maintenant  une  documentation 
bien  plus  riche,  grâce  au  nombre  des  stations  réparties  sur  toute  l'étendue 
du  Protectorat,  dès  l'année  1912,  par  l'initiative  de  M.  Malet,  directeur 
général  de  l'Agriculture  à  Rabat. 

Th.  Fischer  n'avait  à  sa  disposition  que  les  mesures  elï'ectuées  dans  la 
zone  du  littoral  atlantique  et  à  Marrakech;  il  les  a  heureusement  com- 
plétées par  des  faits  observés,  au  cours  de  ses  itinéraires,  sur  les  régions 
naturelles  qu'il  a  traversées. 

J'ai  exposé  brièvement,  au  début  de  191 2,  l'état  de  cette  question  ( '),  en 
y  ajoutant  quelques  remarques  personnelles  sur  les  caractéristiques  clima- 
tiques des  diverses  régions  que  j'avais  parcourues. 

Depuis,  je  me  suis  toujours  attaché  à  observer  le  climat  par  ses  influences, 
non  seulement  sur  la  morphologie  du  sol,  mais  encore  sur  la  répartition 
des  plantes  et  les  associations  florales.  L'étude  du  tapis  végétal  est,  en 
effet,  de  nature  à  jeter  parfois  une  vive  lumière  sur  le  climat,  en  l'absence 
de  toutes  mesures  météorologiques.  Et  il  est  possible,  par  la  considération 
du  régime  des  vents  et  de  l'influence  des  reliefs,  d'expliquer,  en  bien  des 
cas,  des  caractères  géobotaniques  fort  intéressants. 

Une  mission  effectuée  l'an  dernier,  avec  la  Société  botanique  de  France, 
m'a  permis  de  contrôler,  par  les  déterminations  de  ses  membres,  notam- 
ment celles  de  MM.  Braun  et  Lemaire,  les  données  climatiques  que  j'avais 
établies.  J'attirerai,  à  ce  point  de  vue,  l'attention  sur  deux  régions  du 
Maroc  : 

i"  Maroc  oriental.  —  On  ne  saurait  adopter  sans  réserves  la  distribution 


(')    Zeitsch.     d.    Gesel.    /.    Erdk.    z,    Berlin,    Bd    35,    1900,  n"   0.    p.  365-41; 
Taf.  10. 

(2)  Le  régime  des  plaies  au  Maroc  {Mém.  S.  Se.  i^at.  du  Maroc.  Rabat,  1921). 
(=*)  Le  Maroc  physique.  Paris,  Alcan,  édit.;  1912.  p.  244-271. 


3 12  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

des  zones  de  pluies  figurées  sur  la  carte  de  M.  Augustin  Bernard,  dans  le 
Maroc  oriental. 

Il  me  semble  difficile  d'admettre,  en  effet,  que  toute  la  région  comprise  entre  Oujda 
et  Taza,  le  pied  sud-est  du  Moyen  Atlas  et  la  mer,  reçoive  annuellement  de  3oo'""^  à 
400™™  d'eau. 

J'ai  fait  remarquer,  autrefois,  que  le  climat  relativement  humide  des  environs 
d'Oujda  (environ  3oo'""')  passait  assez  brusquement  à  l'ouest,  dans  la  plaine  d'Angad, 
à  un  climat  de  steppe  bien  caractérisé  (').  Dans  la  moyenne  Mlouya,  entre  El  Aïoun 
Sidi  Mellouk  et  Mçoun,on  se  trouve  dans  une  légion  subdéserlique  où  affleurent  des 
terrains  tertiaires  et  quaternaires  qui  caractérisent,  clans  le  Tell,  les  régions  les  plus 
fertiles  de  l'Algérie.  En  se  dirigeant  de  l'est  vers  l'ouest,  on  constate  que  l'alfa 
{Stipa  tenacissima)  recouvre  les  collines  calcaires,  en  continuité  avec  la  grande 
extension  de  cette  plante  dans  les  Hauts  plateaux  oranais.  Puis,  à  partir  de  Mes- 
tigmer,  on  observe  la  végétation  d'une  steppe  subdésertique  :  Laiineœ  arbores- 
cens  du  Sud-oranais,  Anabasis  aphylla ,  Marriibiiim  Alfsson,  Àrtemisia  herba- 
alba,  etc.,  avec  quelques  formes  spéciales  à  ces  régions  (-). 

Il  en  résulte  que  les  isohyètes  de  200"""  et  de  100'"'"  des  régions  déser- 
tiques doivent  s'incurver  fortement  vers  le  nord  et  recouvrir  la  plus  grande 
partie  de  la  vallée  de  la  haute  et  moyenne  MIouya.  J'ai  expliqué  les  carac- 
tères climatiques  de  ces  régions  par  un  régime  de  vents  du  sud  et  du  sud- 
ouest,  qui  étendent  la  sécheresse  désertique  de  l'Extrême  Sud-marocain, 
jusqu'au  contact  des  massifs  des  Béni  Snassen  et  des  Béni  Bou  Yahi  (^). 

Cette  zone  subdésertique  s'arrête  brusquement,  à  l'ouest  de  Mçoun,  vers 
la  ligne  de  partage  du  réseau  méditerranéen  de  la  MIouya  et  du  réseau 
atlantique  du  Sebou.  On  passe  brusquement  à  la  région  très  arrosée  de 
Taza,  caractérisée  par  des  pluies  de  reliefs. 

2°  Maroc  sud-occidental .  ~  La  zone  de  steppes  indiquée  par  Th.  Fischer 
sur  sa  carte  ('')  s'expliquerait  difficilement  si  l'on  attribuait  les  zones 
décroissantes  de  moyennes  de  pluies,  depuis  la  côte  de  Mazagan  jusqu'au 
pied  de  l'Atlas,  à  l'influence  exclusive  des  vents  matins. 

Les  isohyètes  croissent,  en  efTel,  dans  la  plaine,  au  delà  de  la  zone  steppique,  avant 
d'atteindre  les  contreforts  de  la  grande  chaîne  où  la  détente  adiabatique  de  l'air  com- 
mence à  s'exercer  sur  les  vents  maritimes,  déjà  dépouillés  d'une  partie  de  leur  humi- 
dité. Aussi  convient-il  d'expliquer  les  chutes  d'eau  sur  la  grande  chaîne,  enveloppée 

(^)  L' Amalat  d'Oujda.  Étude  de  géographie  physique  {La  Géographie^  t.  23, 
191 1,  p.  17  et  33o). 

(■")  J'emprunte  ces  déterminations  et  les  suivantes  à  M.  iMaire. 

(^)  Notice  sur  les  Travaux  scientifiques.  1918,  p.  128;  Paris,  E.  Larose,  édit. 

{'*)  Elle  est  caractérisée  par  :  Launeœ  nudicaulis,  Calendula  œgyptiaca,  Pennis- 
setum  ciliare,  etc..  parmi  lesquelles  de  nombreuses  espèces  de  steppes  algériennes. 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  1922.  3l3 

de  risoliyèle  800,  par  l'intlueuce  des  vents  du  nord-est  en  liiver,  du  nord  et'du  nord-est 


en  ele. 


Les  caractères  géobotaniques  de  ces  régions  viennent  confirmer,  de  laçon 
lumineuse,  cette  interprétation. 

Je  ferai  abslraclion  de  la  présence  de  l'Arganier  {Argania  sydero.rjlon),  qui  est 
considéré  comme  représentant  les  vestiges  d'une  llore  tropicale  ancienne  (').  Je  ferai 
seulement  remarquer  que  cette  essence  se  poursuit  au  delà  d'Agadir  et  je  pense  que 
son  extension  vers  Aoulouz,  au  pied  méridional  du  Haut  Allas,  est  de  nature  à 
modifier  sensiblement  le  tracé  des  isoliyètes  de  la  carte  de  M.  A.  Bernard;  parce  que 
je  crois  avoir  montré  ([ue  l'aire  géographique  de  cet  arbre  de  la  famille  du  bois  de 
fer  est  exclusivement  fonction  du  climat  C^). 

Il  est  plus  important  de  constater  que  les  influences  méditerranéennes  se 
font  sentir,  parfois  très  manifestement,  sur  les  associations  florales  du  pied 
septentrional  de  l'Atlas.  Les  déterminations  des  membres  de  la  Société 
Botanique  de  France  sont  des  plus  instructives  à  cet  égard. 

Dans  la  région  de  Mogador  la  végétation  qui  accompagne  l'Arganier  est  très  dilTé- 
rente  de  celle  des  steppes  sud-marocaines.  La  flore  noéditerranéenne  y  réapparaît  avec 
des  éléments  endémiques  :  Asparagus  albiis,  Anagyris  fœtida^  Clematis  cirrlioza, 
Asphodelus  nv'crocarpus,  Scabiosa  maritinia,  etc.  Plus  au  sud,  au  Dj.  Amsiten,  une 
llore  sub-saharienne  {B/ius  oxyacantha,  Uariona  Saharœ,  Bupleurum  rigi- 
dum,  etc.)  contraste  avec  les  affinités  méditerranéennes  de  la  forêt  d'Arganiers  située 
à  ses  pieds. 

Mes  compagnons  de  voyage  ont  été  fort  surpris  de  ces  caractères  géobo- 
taniques du  Sud-Ouest  marocain,  puisqu'il  s'agit  de  la  zone  littorale  atlan- 
tique située  à  plus  de  600'^'°  du  point  le  plus  proche  du  \'iilora\  méditerranéen. 
Mais  j'ai  toujours  été  frappé  de  Tinfluence  des  vents  N.  et  N.-E.  sur  le 
climat  de  ces  contrées. 

Non  seulement  le  Haut  Atlas  forme  une  barrière  climatique  qui  sépare 
la  zone  maritime  de  la  zone  désertique  du  Sahara,  mais  la  grande  diffé- 
rence des  chutes  de  neige,  en  hiver,  sur  les  deux  versants  de  la  chaîne,  est 
en  partie  due  aux  apports  des  vent  N.  et  surtout  N.-E.  venus  de  la  Médi- 
terranée. L'influence  de  ces  vents  sur  la  croissance  et  dissémination  d'espèces 
végétales  méditerranéennes,  dans  la  zone  steppique  et  sur  les  premiers 
contreforts  de  l'Atlas,  s'explique  non  moins  aisément. 


(*)  LoLis  Gentil,  L'Arganier  ou  l'arbre  du  Sous  {Maroc)   {La   Nature,  Paris, 
10  février  1906,  p.  171). 
(-)   Explorations  au  Maroc,  1906,  p.  34i-354;  Paris,  Masson,  édit. 


3l4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

MÉTÉOROLOGIE.  —  La  signification  des  cirrus  dans  la  prévision  du  temps. 
Note  (')  de  MM.  Ph.  Schereschewsky  et  Ph.  Wehrlé,  présentée  par 
M.  R.  Bourgeois. 

Position  du  problème .  —  L'observation  systématique  du  ciel  (Howard, 
Poëy,...)  a  montré  que  les  formes  nuageuses,  du  beau  temps  à  la  pluie,  ne 
se  succédaient  pas  dans  un  ordre  arbitraire.  Les  cirrus,  têtes  de  ces  séries 
chronologiques,  de  ces  «  passages  nuageux  »,  ont  été  souvent  considérés 
comme  annonciateurs  du  mauvais  temps.  La  signification  ainsi  attribuée  à 
ces  nuages  a  donné  lieu  à  de  nombreuses  controverses. 

Les  essais  tentés  pour  lier  l'étude  des  cirrus  à  celle  des  dépressions  ne 
pouvaient  conduire  à  aucun  résultat  positif,  parce  que  le  rattachement  du 
mauvais  temps  aux  formes  isobariques  est  injustifié. 

La  méthode  rationnelle  consiste  à  étudier  les  masses  nuageuses  indépen- 
damment de  la  pression,  mais  «*n  substituant  le  concept  synoptique  de  sys- 
tème nuageua- au  concept  local  de  passage  nuageux, 

La  notion  de  marge.  —  En  fait,  la  solution  du  problème  des  cirrus  est 
donnée  très  simplement  par  les  propriétés  élémentaires  des  systèmes  nua- 
geux. On  sait  (-)  (|ue  nous  avons  appelé  ainsi  les  groupements  des  masses 
nuageuses  dans  Tatmosphère,  groupements  de  vaste  superficie,  générale- 
ment mobiles,  qui  constituent  de  véritables  individus  doués  de  vie  persis- 
tante, qu'on  peut  voir,  sur  les  cartes  synoptiques,  naître,  évoluer  et 
mourir.  Nous  avons  montré  qu'ils  étaient  divisibles  en  trois  secteurs  prin- 
cipaux :  à  l'avant,  une  bande  de  ciel  très  nuageux  par  nuages  élevés  —  le 
front;  une  masse  centrale  de  plafond  bas  englobant  les  pluies  —  le  corps;  à 
l'arrière,  une  région  où  l'aspect  du  ciel  est  très  varié,  averses  et  ciels  cou- 
verts voisinant  avec  des  éclaircies  —  la  trahie  (cf.  figure). 

11  va  lieu  de  préciser  cette  structure  et  d'introduire  un  quatrième  secleur 
constitué  par  les  bordures  latérales  du  corps  où  le  ciel  est  nuageux  par 
nuages  élevés  ou  moyens.  Nous  les  appelons  marges.  Ces  marges  peuvent 
s'étendre  très  loin  du  corps,  parfois  à  une  distance  atteignant  le  diamètre 
de  la  France,  les  cirrus  se  raréfiant  de  plus  en  plus  à  mesure  qu'on  s'écarte 
de  la  masse  centrale  du  système.  Aussi  dans  la  Note  précitée  n'avons-nous 


(*)  Séance  du  20  janvier  1922. 

(')    Ph.    Sgheheschkwsky,    Sur  les    systèmes    nuageux    {Coinpies  rendus,  t.  172, 
1921,  p.  1429). 


SÉANCE   DU    3o    JAiWIER    I922.  3l^ 

pas  jugé  utile  de  considéier  ces  cirrus  isolés,  sur  les  contins  extérieurs  du 
front  ou  de  la  Lraine,  comme  faisant  partie  du  système  nuageux:  nous  les 
avons  classés,  au  mrme  titre  qu('  les  nuages  locaux,  dans  1'  «  intervalle  »  qui 
sépare  les  systèmes  nuageux.  Mais  il  doit  être  entendu  que  cette  simplifica- 
tion, commode  dans  la  pratique,  est  artificielle.  En  fait,  tout  cirru-s  se  rattache 
à  un  système  nuageux.  Ces  nuages  apparaissent  dans  tous  les  secteurs  d'un 
système,  sauf  dans  le  corps:  ils  forment  une  vaste  couronne  (jui  déborde  le 
svstème  de  tous  côtés. 

D'autre  part  ('),  nous  avons  montré  que  le  mouvement  d'ensemble  d'un 
système  nuageux  était  celui  des  courants  d'altitude  moyenne,  de  sorte  que 
sa  direction  et  sa  vitesse  peuvent  être  dill'érentes  de  celles  de  ses  cirrus. 


l„, !    de/  pur 


Ciel  nuageux 


Ciel  couvert 


Plu 


Application  au.v  passages  nuageux.  —  Un  même  systèiue  nuageux  peut 
donner  divers  «  passages  »  suivant  la  position  de  la  station  par  rapport  à 
son  axe  de  marche  (voir  la  figure). 

Si  la  station  se  trouve  en  A.  au  voisinage  de  l'axe  de  marche,  elle  assis- 
tera successivement  au  passage  du  front,  du  corps  et  de  la  traîne.  Mais  si  la 
station  est  désaxée  en  B,  elle  ne  verra  défiler  que  la  marge:  le  passage 
nuageux  avortera  pour  ainsi  dire:  le  retour  au  ciel  pur  se  fera  sans  même 
qu'il  se  soit  formé  un  plafond  continu  et  qu'on  ait  vu  d'autres  nuages  que 
des  cirrus  et  des  alto-cumulus.  Cette  notion  est  d'ailleurs  capitale  en  France, 
dont  la  moitié  Nord  se  trouve  très  souvent  en  marge  des  systèmes  nuageux 
très  fréquents  qui  passent  sur  la  Grande-Bretagne. 

(')  Ph.  Schekeschewsky  et  Fh.  Wehrlé,  Sur  le  /nouvi;ine/U  des  noyau. r  de  ra/ia- 
Cio/is  de  pression  {Comptes  rendus,  l.  173,  ig'i,  p.  looi  1. 


3l6  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

La  signification  des  cirrus.  —  Dans  le  premier  cas  l'apparition  des  cirrus 
annonce  en  elTet  la  pluie  et  les  coups  de  vent,  mais  dans  le  second  cas  elle 
signifie  seulement  qu'un  système  nuageux  passe  au  large  de  la  station.  En 
résumé^  les  cirrus  sont  toujours  les  indices  de  la  proximité  d'un  système  nua- 
geux (  '  ),  mais  ils  ne  signifient  pas  nécessairement  que  le  système  passera  sur  la 
station,  que  le  temps  se  gâtera.  Pour  en  décider,  il  est  indispensable  que  le 
météorologiste  possède  des  cartes  synoptiques  lui  permettant  de  déterminer 
la  position,  par  rapport  à  la  station,  du  système  nuageux  auquel  se  rattachent 
les  cirrus,  et  le  sens  et  la  vitesse  de  son  déplacement,  d'où  il  déduira  (") 
quels  secteurs  intéresseront  le  ciel  de  la  station.  (  -'est  seulement  par  l'étude 
du  système  nuageux  correspondant  qu'il  pourra  savoir  si  les  cirrus  ont  une 
signification  redoutable. 

•  On  peut  se  demander  si  les  cirrus  de  front  ne  diffèrent  pas  des  cirrus  de 
marge,  ce  qui  permettrait  à  l'observateurisolé  de  se  prononcer  sur  le  temps 
à  venir?  Il  semble  que  les  formes  de  cirrus,  si  variées,  ne  soient  pas  carac- 
téristiques d'un  secteur  du  système  nuageux,  mais  du  type  (dépressionnaire 
ou  orageux.  .  .)  de  ce  système.  Ce  n'est  que  dans  le  voisinage  immédiat  du 
corps  que  l'observation  du  ciel  suffît  à  trancher  la  question  :  front  ou 
marge?  Dans  le  front,  les  cirrus  s'épaississent  tendant  à  passer  au  cirro- 
stralus  ;  dans  la  marge,  des  alto-cumulus  lenticulaires  s'ajoutent  aux  cirrus. 

A  supposer  qu'un  observateur  sache  d'une  façon  quelconque  que  c'est  le 
front  et  non  la  marge  qui  débute  au-dessus  de  lui,  il  ne  pourra,  de  l'obser- 
vation des  cirrus,  tirer  avec  certitude  aucune  conclusion  supplémentaire. 
En  particulier,  des  cirrus  de  front  rapides  ne  prouvent  pas  que  le  mauvais 
temps  arrivera  vite,  le  mouvement  de  l'ensemble  du  système  nuageux, 
comme  nous  l'avons  vu,  n'étant  pas  nécessairement  celui  de  ses  cirrus.  Tout 
dépend  de  la  vitesse  des  courants  d'altitude  moyenne  et  de  la  largeur 
du  front.  Là  encore,  il  faut  recourir  à  l'étude  synoptique  des  systèmes 
nuaseux. 


(')  Encore  la  marge  pouvanl  être,  comme  nous  l'avons  vu,  très  profonde  convienl-il 
de  ne  pas  discuter  sur  le  mol  proximité. 

(')  Soit  par  la  considération  des  courants  d'altitude  moyenne,  soit  par  la  détermi- 
nation des  éléments  de  marche  du  noyau  de  variations  de  pression  lié  au  système 
nuageux. 


SÉANCE   DU   3o   JANVIER    1922.  817 

CHIMIE  AGRICOLE.  —  Relation  enlrc  Vindice  de  chlore  et  la  teneur 
en  azote  de  la  terre  végétale.  Note  de  M"*^  C  Veil,  présentée 
par  M.  J.-L.  Hreton. 

L'hypochlorite  de  soude,  mis  en  contact  avec  les  terres  arables,  s'appau- 
vrit en  chlore  actif;  il  a  été  démontré  que  la  proportion  de  chlore  ainsi  dis- 
paru, étroitement  liée  à  leur  teneur  en  humus,  classe  les  terres  suivant  leur 
fertilité  apparente  (  '  ). 

Nous  avons  repris  cette  méthode  pour  examiner  s'il  y  a  une  relation  entre 
l'indice  de  chlore  ainsi  déterminé  et  la  teneur  en  azote. 

Nous  dosons  l'azote  total  par  la  méthode  de  Kjeldahl.  Pour  la  recherche 
de  l'indice  de  chlore,  suivant  les  indications  des  auteurs  de  la  méthode, 
nous  opérons  sur  un  volume  déterminé  de  terre  humide  et  non  sur  un  poids 
sec.  Nous  avons  vérifié  par  nous-même  que  la  mesure  faite  toujours  de  la 
même  manière  donne  une  masse  de  terre  sèche  relativement  indépendante  de 
l'humidité.  Nous  nous  sommes  rendu  compte  qu'un  volume  de  10""'  de  terre 
humide  convenablement  tassée,  quelle  que  soit  la  nature  de  la  terre,  ramené 
à  l'état  sec  donne  toujours  à  peu  de  chose  près  un  poids  de  i5^'.  H  y  a  excep- 
tion pour  des  terres  essentiellement  formées  de  matières  organiques  qui 
sont  particulièrement  légères  et  dont  l'indice  de  chlore  est  très  élevé.  H  y  a 
exception  aussi  pour  des  terres  formées  de  sable  presque  exclusivement 
quartzeux,  terres  qui  sont  lourdes  avec  un  indice  de  chlore  très  faible. 
Résultats  qui  ne  nous  étonnent  point  si  nous  nous  rapportons  au  poids  spé- 
cifique des  différents  minéraux  constitutifs  de  la  terré  arable. 

Gomme  nous  continuons,  pour  la  méthode  de  l'indice  de  chlore,  à  rapporter 
notre  dosage  à  un  volume,  nous  n'hésitons  pas  à  mettre  en  regard  pour  une 

*         ^  ,  .     chlore  ,  azote  .  , 

même  terre  des  rapports  en  volume  et  — —  en  poids  sec. 

^  ^  lerre  terre         ^ 

Nous  nous  adressons,  bien  entendu,  à  des  terres  pour  lesquelles  on  n'a 
pas,  autant  que  nous  pouvons  savoir,  employé  d'engrais  chimiques.  Nous 
avons  pris  un  certain  nombre  d'échantillons  dans  les  environs  de  Paris; 
d'autres  viennent  de  Bretagne,  puis  de  Haute-Marne,  et  nous  avons  géné- 
ralisé nos  résultats  en  opérant  sur  des  terres  marocaines. 


(')  L.  Lapicque  et  \.-E.  Lîarbé,  Comptes  rendus,  t.  1G3,  1919.  p.  4^. 

C.  R.,  192.!,  IV  Semestre.  (T.  17'f,  N"  5.)  24 


3l8  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Rapport 

chlore  azote 

terre  terre 

en  cm'  en  grammes 

par  cm\  pour  100. 

Bois  de  Meudon.  • 

Plateau  (  S*^™)  superficiel 45,50  >/+ 

»        (lo*^™)  au-dessous i5,75  i,3/i 

»       (i5'='")           »         7)7^  t>,92 

Fonds  de  ravin 17,25  i,54 

Carrières  sous  bois. 

Verger  (aS'^'")  profondeur i5  i  ,70 

»       (  t^o"^)           » 9  o ,  85 

Champ  fumé  au  fumier 2 1 ,  25  1.78 

»                    »              18,75  1,25 

Bretagne. 

Lande  (20'^'")  profondeur 07  4,5 

»       (4o'™)          »           32,5  4,3 

Haute-Majue. 

Alluvions 22,5  1,4^ 

Verger " 12  0,80 

Potager 25  1 ,  38 

Maroc. 

R'Arb 26,5  1,42 

R'Arb  Camp  de  Sebou 22,5  1,99 

Drà  el  Merja  (  R'Arb  ) 27  , 5  1 ,  92 

Souk  el  Arbàa  du  R'Arb 22,5  i  ,84 

Marneshelvétiennesprès  deTaza.  LeGampd'Arbal.      12, 5  •NQQ 
Fond  lacustre  dans  le  Pliocène  entre  Mehdja  et 

Kenitra, 7j75  ">9i 

Grès  argilo-sableuY  tortoniens  Sidi  Abdel  Kader, 

près  Oued  Tine,  Est  de  Mechra  bel  Ksi  ri 7  •J,78 

On  voit  que,  d'une  manière  générale,  une  terre  est  d'autant  plus  riche 
en  azote  que  son  indice  de  chlore  est  plus  grand.  Nous  pouvons  établir  net- 
tement trois  catégories  : 

1°  La  teneur  en  azote  est  supérieure  à  4  pour  looo,  l'indice  de  chlore  est 
supérieur  à  3o,  ce  sont  là  des  terres  très  riches. 

2°  La  teneur  en  azote  est  inférieure  à  i  pour  looo,  l'indice  de  chlore 
oscille  entre  7  et  12,  chiffres  qui  nous  indiquent  nettement  une  faible 
teneur  en  humus.  .  ' 


SÉANCE   DU    3o   JANVIER    1922.  •  SlQ 

3''  Enfin  nous  avons  une  série  de  terres  de  richesse  moyenne  dont  les 
indices  de  chlore  s'étagent  entre  1 5  et  27  parallèlement  à  des  teneurs  en 
azote  supérieures  à  i  pour  1000  et  inférieures  à  2  pour  1000. 


CYTOLOGIE  VÉGÉTALE.  —  Sur  V origine  des  vacuoles  aux  dépens  de  Valeurone 
pendant  la  germination  des  Graminées.  Noie  de  M.  Pierre  Daxgeaud, 
présentée  par  M.  P. -A.  Dangeard. 

Dans  une  Note  précédente,  nous  indiquions  que  les  vacuoles,  dans  une 
plantule  de  Pin  maritime,  dérivaient  des  grains  d'aleurone  préexistant  dans 
la  graine  mûre  (').  Nous  avons  ensuite  montré  que  Taleurone  du  Ricin 
avait  la  même  évolution  (^).  Depuis,  nos  résultats  ont  été  confirmés  chez 
d'autres  graines  (^).  Une  étude  du  type  des  Graminées  s'imposait,  alors 
que  M.  Mottier  vient  de  signaler  que  les  grains  d'aleurone  du  Maïs  déri- 
vent de  primordia  comparables  à  ceux  des  leucoplastes  et  des  chloro- 
plastes,  c'est-à-dire  d'organites  que  plusieurs  auteurs  nomment  des  chon- 
driosomes  (  '  ) . 

De  l'ensemble  des  résultats  obtenus  par  nous  chez  les  Graminées,  il  ressort 
au  contraire  que  les  grains  d'aleurone  représentent,  comme  dans  les  cas 
précédemment  étudiés,  l'état  particulier  du  vacuome  dans  la  graine,  et  que 
par  conséquent  il  n'y  a  pas  lieu  de  les  désigner  sous  le  nom  de protéoplas- 
tides,  ni  d'admettre  leur  dérivation  à  partir  de  primordia  comparables  à 
ceux  des  chloroplastes. 

Nou-  axons  observé  l'albumen  et  les  divei>  organes  de  l'embryon  au  cours  de  la  ger- 
mination cliez  le  -Maïs,  le  Blé,  l'Orge  et  l'Avoine.  Les  colorations  vitales  montrent  que, 
pendant  la  germination,  les  cellules  profondes  d'albumen  sont  mortes  et  que  seule 
reste  vivante  la  couche  périphérique  ou  assise  protéique,  quelquefois  double  ou  triple 
(Orge).  Cette  assise  reste  active  pendant  longtemps  et  jusqu'à  ce  que  la  digestion  soit 
complète.  On  y  colore  des  grains  d'aleurone  sans  inclusions  (Maïs,  fïg.  E)  ou  renfer- 
mant des  globoïdes  (Orge,  Blé,  Avoine).  Ces  grains  se  modifient  peu  pendant  la  durée 

(')  Pierre  Dangeard,  T^' évolution  des  grains  d'aleurone  en  vacuoles  ordinairesYi 
la  formation  des  tannins  (  Comptes  rendus^  t.  172,  1921,  p.  990^). 

(-)  Pierre  Dangeard,  Sur  la  formation  des  grains  d'aleurone  dans  l'albumen  du 
Ricin  {Comptes  rendus^  t.  173,  192 1,  p.  857). 

('^)  GuiLLiERMOND,  Origine  et  évolution  des  vacuoles  dans  les  cellules  végétales  et 
grains  d'aleurone  (  C.  R.  Soc.  BioL,  3  déc.  1921). 

(*)  David  M.  Mottier,  On  certain  plastids,  with  spécial  référence  to  thc  Protein 
bodies  of  Zea.  Ricinus  and  Conopholis  [Annals  of  Botany.  July  19'U). 


320 


ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


de  la  germination,  mais  à  la  fin  de  la  période  germiuative,   ils  se  Iransforment  en 
vacuoles  ordinaires  et  disparaissent. 

On  sait  qu'il  existe  des  grains  d'aleurone  dans  les  divers  tissus  de  l'embryon.  Ces 
grains  donnent  naissance  aux  vacuoles  de  la  plantule.  Cette  évolution  est  particulière- 
ment  nelle   dans   l'épiderme   des  jeunes   racines  où   M.  P. -A.  Dangeard   l'avait  déjà 


1  v:... 


Cellules  (Je  Craminécs  colorées  vùaleirienl. 
1,  2,  .'].  i,  cellules  de  l'épiderme  de  la  jeune  racine  de  Blé  :  1,  sur  une  gcriiiinaliuii  de  5  heures 
(petits  grains  d'aleurone);  2,'  dans  une  germinaiion  de  48  heures  (formes  filamenteuses  du 
vacuome);  3  et  4,  deux  stades  plus  évolués  d'une  plantule  de  même  âge  :  a,  b,  r,  cellules  de  l'épi- 
derme de  la  jeune  feuille  d'Orge  dans  une  germination  de  2]  heures,  montrant  trois  stadejf  successifs 
de  l'évolution  des  grains  d'aleurone  (a)  en  vacuoles  typiques  (r);  A,  15,  cellules  d'endoderme,  et  C, 
cellule  du  inéristème  vasculaire  dans  le  Blé  germé  de  48  heures;  D,  cellule  de  l'épiderme  du  coty- 
édon  de  l'Orge,  plantule  âgée;  E.  cellule  de  l'assise  proléniue  du  Maïs,  plantule  âgée. 

signalée  (')  dans  le  cas  de  l'Orge.  Dans  le  Blé,  l'Orge,  l'Avoine,  le  Maïs,  les  grains 
d'aleurone  d'une  germination  de  quelques  heures  sont  arrondis,  très  petits,  nombreux 
et  se  colorent  en  rouge  par  le  rouge  neutre  {/i.^.  1).  Plus  tard,  ils  subissent  l'évolution 
en  vacuoles  et  passent  auparavant  par  des  formes  d'anastomose  (filaments,  réseaux) 
très  remarquables  dans  le  cas  du  Blé  {fig.  2,  3  et  4  ). 


(')  P. -A.  Da>(;earI),  'Sur  la  distinction  du  chondriomc  des  auteurs  en  vacuome, 
plastidotne  et  sphéronie  {Comptes  rendus,  t.  Kiî),  1919,  p.  ioo5). 


SÉANCE    DU    3o    JANVIER    I922.  3lil 

Les  iiièines  faits  s'observent  dans  les  divers  mérlslènies.  (leux-ci  dans  l'embryon 
renferment  un  certain  nombre  de  i;rains  d'aleurone  arrondis;  ils  possèdent  plus  tard 
dans  la  plantule  un  petit  nombre  de  Aacuoles  spliériques  à  contenu  épais  ifig.  A). 
Plus  tard  encore,  dans  les  cellules  de  la  coifle,  de  récorce  et  de  la  moelle,  il  y  a  rapi- 
dement formation  de  vacuoles  typiques  par  rapprochement  et  fusion  des  vacuoles 
aleuriques.  Dans  le  méristème  xasculaire  au  contraire,  les  cellule>  qui  s'allongent  ren- 
ferment de  beaux  ré>eau\  (Jig-  C).  Tl  est  à  noter  (|ue  le  méri>tème  \asculaire  se  di  — 
linizue  nettement  des  autres  par  le  contenu  de  ses  \acuoles  à  réaction  ba-ique. 

Le  même  cas  se  présente  pour  lépiderme  des  jeunes  feuilles  de  la  gemmule  (|ui  se 
colore  en  rouge  brique  par  le  rouge  neutre.  Elles  renferment  pendant  les  premières 
heures  de  la  germination  des  grains  petits  et  isolés  assez  nombreux  i/ig'-  a).  Plus 
tard,  leur  anastomose  peut  donner  naissance  à  des  réseaux  très  remar((uables  comme 
dans  l'Orge  (y?,A'.  l>)  ou  bien  leur  fusion  s'opère  par  mise  en  contact  des  vacuoles 
aleuriques  gonflées.  Le  résultat  est  toujours  la  formation  de  vacuoles  t\'pi(fues  {Jig.  c). 

Le  cotylédon  absorbant  renferme  dans  son  épiderme  d'assez  nombreux  et  petits 
grains  d'aleurone;  ceux-ci  se  réunissent  ensuite  en  masses  irrégulièrement  lobées 
i/îg-  D)'  ^^  réaction  de  ces  vacuoles  est  basique. 

En  résumé,  dans  les  Graminées,  nous  avons  constaté  que  les  grains 
d'aleurone  n'étaient  pas  des  plastes  particuliers,  mais  qu'ils  représentaient 
des  éléments  du  vacuome,  comme  ceux  du  Pin  et  du  Ricin,  Ce  que  nous 
avons  -déjà  observé  chez  les  Légumineuses  est  en  faveur  de  la  même  opi- 
nion, pour  ce  groupe.  [1  est  certain  que  les  vacuoles  des  plantules  se 
forment  aux  dépens  de  l'aleurone  des  graines  et  qu'il  n'existe  pas  d'autre 
système  de  vacuoles  prenant  naissance  différemment  au  cours  de  la  germi- 
nation. C'est  là  un  phénomène  fondamental  au  point  de  vue  de  Thistoiredu 
système  vactàolaire  et  nous  avons  été  le  premier  à  le  mettre  en  évidence  en 
suivant  les  idées  directrices  de  M.  P. -A.  Dangeard  (loc.  cit.). 


PHYSIOLOGIE.  —  La  tension  superficielle  et  la  narcose. 
Note  de  M.  W.  Kopaczewski,  présentée  par  M.  d'Arsonval. 

Dans  une  Xote  précédente  (  '  )  nous  avons  établi  que  les  principaux  anes- 
ihésiques  généraux  et  locaux  diminuent  la  tension  superficielle  de  l'eau  ^ 
du  sérum  humain  in  vitro;  que  le  chloroforme,  l'éther  et  le  chlorure  d'éthyle 
pénètrent  dans  le  sang  pendant  l'anesthésie  et  y  provoquent  un  abaissement 
de  la  tension  superficielle  du  sérum. 

Tous  ces  résultats  venaient  directement  à   l'appui   de  l'hypothèse  de 

C)  W.  Kopaczewski  et  \.-H.  Pioffo,  Comptes  rendus,  t.  170,  1920.  p.  1  ](nj. 


322  ACADEMIE  DES   SCIENCES. 

J.  Traube  et  Czapek  (')  concernant  la  corrélation  enlre  la  tension  superfi- 
cielle et  la  narcose.  Toutefois  les  conclusions  de  ces  auteurs  ont  été  atta- 
quées par  différents  auteurs  et  surtout  par  \  iale  (^).  Cet  expérimentateur 
n'a  pas  constaté  d'abaissement  de  la  tension  superficielle  dans  la  narcose 
parle  chloroforme  ou  l'éther.  En  analysant  soigneusement  la  technique  de 
cet  auteur,  on  est  frappé  par  l'oubli  de  la  rapidité  d'élimination  des  anes- 
thésiques  généraux;  Viale  effectuait  ses  mesures  it\  heures  après  la  saignée 
de  l'animal. 

C'est  pour  élucider  ce  point  de  la  question  que  nous  avons  entrepris  les 
recherches  suivantes  : 

Nous  avons,  en  premier  lieu,  déterminé  la  tension  superficielle  de  la 
pres([ue  totalité  des  aneslhésiques,  généraux  ou  locaux,  et  des  analgésiques 
différents  ou  réputés  comme  tels  (38  en  tout). 

Toutes  ces  déterminations  ont  été  exécutées  à  l'aide  de  notre  tonomètre, 
toujours  à  20°  C.  et  en  suivant  toutes  les  précautions  utiles  (^). 

De  ces  résultats  la  conclusion  se  dégage  que  les  anesthésiques,  analgé- 
siques et  hypnotiques  diminuent  la  tension  superficielle  de  l'eau;  ils  la 
diminuent  d'autant  plus  fortement  que  leur  pouvoir  narcotique  est  plus 
grand;  cet  abaissement  varie  de  i,5  dynes  (phényl-éthyl-malony'lurée, 
presque  insoluble  dans  l'eau)  à  56,  o  dynes  (élher  pur). 

Nous  avons  tenté  d'apporter  la  preuve  que  les  anesthésiques  généraux 
diminuent  également  la  tension  superficielle  du  sérum  durant  la  narcose. 

On  aneslhésle  un  lot  de  cobayes  avec  le  chloroforme,  l'éther  ou  le  chlorure  d'éthyle  ; 
unç  fois  l'anesthésie  confirmée,  on  les  saigne  à  blanc  en  ponctionnant  le  cœur  avec 
un  tube  effilé  et  après  cautérisation.  On  prélève  environ  lo""^  du  sang;  on  ferme 
l'orifice  supérieure  du  tube  avec  un  capuchon  de  caoutchouc;  on  place  le  tube  dans 
une  centrifugeuse  et  on  le  cale  solidement  en  versant  de  la  paraffine,  liquide  à  40°  C.'; 
on  centrifuge  ;  on  prélève  le  sérum  et  l'on  détermine  tout  d'abord  sa  tension  superficielle 
puis  sa  densité;  toute  celte  opération  dure  i5  à  20  minutes. 

Voici  quels  résultats  on  obtient  dans  ces  conditions   : 

Tension 
Substances.  Densités.       superficielle. 

1.  Sérum  normal  de  cobaye 1,0229  68,26 

2.  Sérum  de  cobaye  pendant  l'anesthésie  chloroformique.  .  .      i  .oi3o  ^9,69 

3.  »  »  »  élher i,oio4  60, 65 

k .         y  »  »  chlorure  d'éthyle. .      1,0178  59,85 

(^)  J.  Traube  et  Gzpek,  Pfliig.  Arch.,  1911-1915. 

(^)  Viale,  Archivio  di  FisioL,  t.  Il,  1918,  p.  535. 

(^)  W.  KoPACzEWSKi,  Arch.  de  Physique  bioL,  t.  1,  i9'2i. 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  I922.  323 

La  tension  superficielle  du  sérum  sanguin  est  donc  abaissée  du  fait  de  la 
narcose,  d'environ  10  dynes  par  centimètre. 

Mais,  effectivement,  on  n'observe  aucun  abaissement  de  la  tension  super- 
ficielle lorsqu'on  néglige  les  précautions  décrites. 

L'examen  attentif  des  chiffres  obtenus  soulève  des  questions  impor- 
tantes. 

Le  Tableau  n'accuse  que  de  faibles  différences  entre  les  tensions  superfi- 
cielles du  sérum  des  animaux  anesthésiés  avec  les  trois  anesthésiques  géné- 
raux habituels.  Le  même  fait  a  été  constaté  lors  de  la  diffusion  des  vapeurs 
de  ces  anesthésiques  dans  le  sérum  à  travers  des  membranes  de  collodion. 

Et  si  l'on  compare  les  quantités  nécessaires  pour  provoquer  l'anesthésie, 
les  doses  que  les  recherches  de  Nicloux  ont  fixé  pour  l'anesthésie  confirmée 
et  le  degré  d'abaissement  de  la  tension  superficielle  du  sérum  in  ritro^  on  ne 
peut  pas  ne  pas  y  voir  un  certain  parallélisme. 

Chloroforme,  Chlorure  d'éth}  le.  Éth^. 

Doses  anesthésiques 5  à  lo^  5  à  3os  15-25* 

Quantité  dans  le  sang os,o5i  os,o3o-0',200     os,oioo-o5,oi8o 

Abaissement  de  la  tension  superficielle 

(i  pour  100  d'anesthésique) 20,0  p.  100       12,0  p.  loo  5,o  p.  100 

Toutefois  il  serait  plus  intéressant  de  comparer  les  résultats  obtenus  avec 
un  plus  grand  nombre  de  substances.  Malheureusement  ces  chiiï'res 
manquent  totalement  et  ils  sont  difficiles  à  obtenir,  étant  données  les  varia- 
tions extrêmes  de  la  sensibilité  d'un  organisme  aux  anesthésiques  anal- 
gésiques, etc. 

A  cette  difficulté  s'ajoute  une  autre,  celle  de  savoir  si  les  doses  qu'on 
retrouve  dans  le  sang  au  moment  de  l'anesthésie  confirmée,  sont  véritable- 
ment en  rapport  avec  le  degré' de  pouvoir  anesthésique  de  ces  substances. 

Quelques  expériences  semblent  indiquer  qu'il  n'en  est  rien. 

En  effet,  lorsqu'on  injecte  aux  animaux  ces  doses  directement  dans  le 
sang,  ou  n'observe,  ainsi  que  nous  l'avons  déjà  relaté  ('),  que  les  signes 
d'un  enivrement  tout  passager,  sans  abolition  des  réflexes  et  sans  autres 
signes  d'anesthésie. 

La  dernière  idée  qui  se  dégage  de  nos  recherches  est  celle  d'un  paral- 
lélisme entre  la  narcose  et  le  gonflement. 

Parmi  toutes  les  substances  qui  provoquent  la   narcose,  il  en  est  une 

(1)  Loc.  cit. 


324  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

qui  n'abaisse  pas  la  tension  superficielle  :  c'est  la  morphine.  Or  les  recher- 
ches de  Lapique  et  Legendre  (')  ont  établi  que,  dans  ce  cas,  le  gonflement 
du  cylindraxe  ne  s'observe  point. 

Il  y  a  également  exception  au  sujet  des  sels  de  magnésium  ;  il  sera  donc 
intéressant  de  savoir  si  le  gonflement  du  cylindraxe  fait  aussi  défaut.  Le 
mécanisme  de  la  narcose  semble,  dans  ce  cas,  être  différent  et  reste  à  élu- 
cider. 

Mais,  d'une  façon  générale,  les  narcotiques  et  les  anesthésiques  abaissent 
la  tension  superficielle  ;  il  y  a  un  parallélisme  entre  ce  degré  d'abaissement 
et  leur  puissance  narcotique. 

Les  lecherches  que  nous  poursuivons  vont  établir  si,  entre  le  degré 
d'abaissement  de  la  tension  superficielle  et  la  modification  du  gonflement 
des  tissus  ou  des  colloïdes,  le  même  parallélismepersiste.  Dans  l'affirmative, 
la  question  de  la  narcose  trouvera  une  explication  colloïdale. 


ENTOMOLOGIE.   —   La  variation  des  pièces  copulalrices  chez  les  Coléoptères. 
Note  de  M.  René  Jeanxel,  présentée  par  M.  E.-L.  Bouvier. 

Les  recherches  que  je  poursuis  depuis  i5  années  sur  diverses  familles  de 
Coléoptères  représentées  dans  la  faune  des  cavernes  m'ont  montré  quel 
rôle  important  la  variation  des  pièces  copulatrices  mâles  a  dû  jouer  dans  la 
production  des  espèces.  Mes  observations  ont  porté  d'abord  sur  les  Sil- 
phidœ  Bathysciinœ^  puis  sur  les  Calopijiœ  et  surtout  sur  les  Carabidœ  Tre- 
chinœ  et  divers  genres  de  Pselaphidœ  et  de  Staphy/inida^.,  autant  sur  des 
groupes  cavernicoles  que  sur  des  lucicoles.  La  constance  parfaite  des  fails 
observés  dans  des  familles  aussi  diverses  permet  de  supposer  que  l'étude  de 
tous  les  groupes  de  Coléoptères  conduira  à  des  résultats  identiques. 

L'organe  copulateur  mâle  des  Coléoptères,  excessivement  variable,  com- 
prend toujours  une  pièce  impaire  tubuleuse  (lobe  médian  de  l'œdéagus) 
entourée  de  sclérites  accessoires  (paramère)  et  de  segments  abdominaux 
s])écialisés  (segments  génitaux).  Le  lobe  médian  renferme  la  partie  termi- 
nale diiïérenciée  du  conduit  éjaculateur,  constituant  un  très  curieux  organe 
évaginable,  armé  de  pièces  chitineuses  compliquées,  qui  sont  les  véritables 
pièces  copulatrices  dont  la  l'orme  s'adapte  à  celle  des  pièces  chitineuses  de 

(')  Laimoiik  el  Li:(;i=:\niuî,  Cominunicalion  verlîaie. 


SÉANCE    DU   3o    JANVIER    1922.  325 

l'appareil  copulateur  femelle  (annulus  receptaculi).  L'existence  de  ce  «  sac 
interne  »  de  l'œdéagus  des  Coléoptères  était  à  peine  connue  avant  ma 
«  Revision  des  Bathysciinœ  »  (');  personne  en  tout  cas  n'en  avait  décrit 
l'armature  chilineuse,  ni  par  conséquent  soupçonné  la  grande  importance 
taxonomique. 

Chaque  espèce  possède  une  armature  chitineuse  spéciale  du  sac  interne, 
absolument  invariable;  j'ai  pu  le  constater  en  faisant  systématiquement  le 
plus  grand  nombre  possible  de  préparations  de  Tœdéagus  dans  tontes  les 
espèces  des  groupes  étudiés  et  le  nombre  de  ces  préparations  a  atteint  parfois 
la  centaine  pour  certaines  espèces  à  large  dispersion  géographique.  Suivant 
les  espèces  le  sac  interne  porte  des  pièces  chitineuses  de  forme  et  de  com- 
plication variables  à  rinllni;  ces  pièces  se  sont  développées  par  suite  de  la 
spécialisation  de  dents  ou  d'épines  élémentaires. 

Dans  le  type  le  plus  simple  la  surface  interne  du  sac  est  couverte  d'écaillés 
chitineuses,  ou  d'épines  en  paquets,  ou  de  dents  crochues,  qui  se  hérissent 
dans  tous  les  sens  lorsque  le  sac  interne  évaginé  est  retourné  en  doigt  de 
gant;  parfois  on  trouve  un  long  stylet  évaginable  inséré  vers  la  base  'du  sac 
et  libre  dans  sa  cavité,  stylet  toujours  formé  par  la  soudure  de  quelques 
épines  modifiées;  très  souvent  ce  sont  des  pièces  compliquées,  tordues, 
repliées,  articulées  les  unes  avec  les  autres,  qui  jouent  pendant  le  retour- 
nement du  sac  et  maintiennent  sa  rigidité  une  fois  évaginé.  La  forme  de  ces 
pièces  est  toujours  d'une  tixité  absolue  dans  chaque  espèce. 

D'autre  part,  le  même  type  de  pièces  copulatrices  du  sac  interne  s'observe 
souvent  dans  des  séries  d'espèces  diversement  adaptées,  mais  possédant  des 
caractères  do  filiation  communs  et  occupant  des  aires  géographiques  conti- 
nues, de  sorte  qu'il  n'est  pas  possible  de  douter  que  ces  espèces  aient  eu  la 
même  origine.  Dans  ces  cas  il  est  facih'  de  suivre  dans  l'inlérieur  des 
groupes  d'espèces  l'évolution  du  type  d'armature  copulatrice.  Jamais  la 
variation  des  pièces  du  sac  interne  ne  m'a  montré  d'exemples  de  séries 
orthogénétiques  ;  l'étude  des  groupes  nombreux  donne  au  contraire  l'im- 
pression de  variations  brusques  survenues  en  tous  sens.  Il  en  est  tout 
autrement  des  variations  dans  la  forme  extérieure  de  l'œdéagus  qui  donner.t 
de  très  beaux  exemples  d'orthogénèses.  Quoi  qu'il  (^n  soit  les  caractères  des 


(')  R.  Jeannel,  Revision  des  Bathysclirici?.  Morphologie,  Systématique,  Distribu- 
tion géographique  {Biospeologica.  \\\)AArch.  ZooL  exp.  et  gén.,  5'^  série,  t.  7, 
rgi  [,  p.  i-G'|i;  24  planches). 


326  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

pièces  copiilatrice  du  sac  interne  constituent  toujours  comme  la  signature 
de  la  série  phylétique  ('). 

Il  semble  donc,  en  règle  générale,  que  la  variation  de  l'armature  du  sac 
interne  ait  été  primitive.  La  cause  de  cette  variation  reste  à  chercher,  mais 
il  est  certain  qu''elle  est  liée  à  celle  qui  a  produit  la  séparation  des  souches 
primitives  des  espèces  actuelles.  Secondairement  se  sont  produites  les 
variations  dans  la  forme  extérieure  de  Tœdéagus,  en  même  temps  que  les 
variations  spécifiques  dans  la  forme  du  corps  ou  des  appendices.  Ce  sont  les 
différences  dans  l'armature  du  sac  interne,  peut-être  apparues  par  varia- 
tions brusques  en  tous  sens,  qui  ont  déterminé  la  ségrégation  des  lignées, 
dont  l'évolution  a  produit  ensuite  des  caractères  de  forme  extérieure  de 
l'œdéagus.  On  peut  donc  dire  que  si  les  caractères  tirés  de  la  forme  exté- 
rieure de  l'œdéagus  donnent  de  bons  caractères  spécifiques,  ceux  tirés  de 
l'armature  du  sac  interne  permettent  de  bien  définir  les  genres. 

Enfin,  il  est  remarquable  que  parfois  des  variations  dans  la  forme  du 
paramère,  c'est-à-dire  des  annexes  de  l'œdéagus,  sont  en  corrélation  avec 
des  variations  des  caractères  sexuels  secondaires  intéressant  les  pattes,  les 
antennes,  la  forme  du  corps.  Le  fait  est  évident  chez  les  espèces  à  varia- 
tions pœcilandriques  comme  Bathysciola  asperula  Fairm.,  par  exemple,  où 
les  mâles  de  forme  large,  à  tarses  antérieurs  très  larges,  ont  aussi  les  styles 
latéraux  de  l'œdéagus  très  épais  (forme  talpa  Norm.).  On  peut  alors  cons- 
tater que  l'organe  copulateur  mâle  présente  des  caractères  «  primaires  » 
(caractères  génériques  du  sac  interne,  spécifiques  du  lobe  médian)  et  aussi 
de  véritables  caractères  sexuels  «  secondaires  »  qui  n'intéressent  que  le 
paramère. 

Au  point  de  vue  systématique,  les  constatations  qui  précèdent  sont 
grosses  de  conséquences.  Les  classifications  des  Coléoptères  actuellement 
en  vigueur  ne  tiennent  absolument  aucun  compte  des  caractères  sexuels; 
elles  sont  presque  toujours  basées  sur  des  caractères  adaptatifs,  toujours 
faciles  à  décrire,  et  n'ont  par  conséquent  pas  la  moindre  valeur  phylogé- 
nique,  au  moins  en  ce  qui  concerne  les  espèces  et  les  subdivisions  des 
genres.  Les  véritables  caractères  de  filiation  des  espèces  sont,  l'a  plupart  du 
temps,  totalement  méconnus  et,  très  fréquemment,  des  espèces  bien  sépa- 


(*)  R.  Jeannel,  Sur  la  systématique  des  Bathysciin.T.  Les  séries  phylètiques  de 
Cavernicoles  {Biospeologica,  XXXIV)  {Arch.  Zool.  exp.  et  gén,,  t.  54,  191/»» 
p.  57.78). 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  I922.  827 

rées  par  de  grandes  différences  do  structure  des  pièces  copulalrices  sont 
confondues  à  cause  de  ressemblances  extérieures  trompeuses. 

On  peut  donc  affirmer  sans  crainte  que  toutes  les  descriptions  des  genres 
et  des  espèces  de  Coléoptères  sont  à  refaire  ou,  tout  au  moins,  à  compléter 
par  l'addition  des  caractères  sexuels.  Tant  qu'il  n'aura  pas  élé  fait  dans 
chaque  groupe  des  révisions  complètes  de  toutes  les  espèces,  avec  étude 
comparative  des  pièces  copulatrices,  tout  C(V  qui  sera  dit  sur  les  relations 
pKvlogéniqnes  des  espèces  doit  être  tenu  pour  faux,  toute  généralisation 
biogéograpliique  est  d'avance  fatalement  condamnée  à  l'erreur. 


PROTISTOLOGIE.  —  Microsporidies  bactériformes  et  essai  de  systématique  du 
groupe.  Note  de  MM.  L.  Léger  et  E.  Hesse,  présentée  par  M.  Hen- 
neguy. 

On  ne  connaît  actuellement  qu'un  petit  nombre  de  Microsporidies  bacil- 
liformes^  c'est-à-dire  à  spores  en  bâtonnet,  réparties  en  deux  genres  :  le 
genre  Octosporea  Flue,  1910  (précisé  par  Chatton  et  Krempf,  191 1),  avec 
deux  espèces  parasites  des  Mouches,  et  le  genre  Mrazekia  Léger  et 
Hesse,  1916,  avec  quatre  espèces  parasites  d'animaux  des  eaux  vaseuses 
{Tahifex^  Limnodrilus ^  Chironomes  et  Azelles).  Dans  ces  derniers  temps 
nous  avons  rencontré  chez  diverses  larves  aquatiques  de  Diptères  un  cer- 
tain nombre  d'autres  formes  dont  nous  allons  donner  une  brève  description 
p())ur  montrer  la  remarquable  plasticité  de  leurs  spores  bactériformes  qui 
simulent  les  types  morphologiques  caractéristiques  des  Bactéries. 

G.  Mrazekia  Léger  et  Hesse,  1916.  Spores  tubuleuses  rectilignes  avec  un  manu- 
brium  axial.  (Les  deux,  espèces  nouvelles  que  nous  décrivons  ici  ont  des  spores 
bacilliformes  qui,  malgré  leurs  dimensions  exiguës,  nous  ont  paru  avoir  même  struc- 
ture que  celles  de  M.  Argoisi,  forme  géante  de  23!^-.) 

M.  tetraspora  n.  sp.  Spores  en  bâtonnet  rectiligne  ou  à  peine  incurvé  de  6(*,5 
sur  o!^,8  avec  un  court  prolongement  hyalin  de  1(^,20  {Jig.  10)  à  l'extrémité  posté- 
rieure. Provenant  de  pansporoblastes  tétrasporés,  elles  sont  d'abord  groupées  par 
bottes  de  quatre,  puis  s'éparpillent  rapidement  dans  le  tissu  adipeux  de  l'hôte. 
Habitat  :  Tissu  adipeux  des  larves  de  Tanytarsus  sp.  Dipt.  Grenoble. 

M.  bacilliformis  n.  sp.  Spores  de  5i^  sur  oP-,8,  sans  prolongement  caudal,  provenant 
de  pansporoblastes  octosporés  d'abord  sphériques,  puis  découpés  en  rosace.  Ces 
spores,  droites  ou  à  peine  incurvées,  se  répandent  par  la  suite  dans  tout  le  tissu 
adipeux  de  l'hôte  qui  semble  envahi  par  des  bacilles  {fig.  3).  Schizogonie  avec  stades 


328  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

uninucléés  en  chapelet.  Hiibitat:  Tissu  adipeux  des  larves  d'OrihocladidS,  sp.  Dipt. 
Grenoble. 

G.  Spironenia  n.  g.  Microsporidies  à  spores  tubuleuses,  tordues  en  hélice  et  apla- 
ties du  côté  de  l'axe  d'enroulement.  Appareil  capsulaire  occupant  la  plus  grande 
partie  de  la  «pore,  sans  manubrium  visible. 

S.  oclospora  n.  sp.  La  spore  spirilliforme  {fig.  '\  et  ii)  mesure  S!-*-  à  8h-,  5o  sur  li^-. 
A  son  extrémité  postérieure  se  voit  une  vacuole  ovalaire  autour  de  laquelle  cer- 
taines imprégnations  réussies  montrent  le  filament  spiral.  Celui-ci,  dévaginé, 
atteint  loo!^.  Les  spores  naissent  aux  dépens  de  pansporoblastes  octosporés  souvent 
nombreux  dans  une  même  cellule  hypertrophiée  de  l'hùte,  et  restent  quelque  temps 
groupées  en  faisceaux  o\  oïdes  comprenant  huit  éléments  tordus  comme  les  carpelles  dun 
fruit  de  Spirée.  Habitat  :  tissu  adipeux  des  larves  de  Ceratopogon  sp.  Dipt. 
Montessaux  (Haute-Saône). 

G.  Toxonema  n.  g.  Microsporidies  à  spores  minuscules  en  bâtonnet  incurvé  en  demi- 
cercle. 

7.  vibrio  u.  sp.  Spores  en  virgule  ou  en  arc  de  cercle  ijig'  2).  La  distance  rectiligne 
qui  sépare  les  deux  extrémités  est  à  peine  de  2t*.  La  longueur  totale  de  la  spore  sup- 
posée déroulée  est  d'environ  S!-"-,  5.  La  largeur  n'excède  guère  op-,3.  A  l'une  des  extré- 
mités légèrement  renflée,  se  voit  la  vacuole.  La  spore  semble  quelque  peu  tordue,  les 
deux  extrémités  n'étant  pas  tout  à  fait  dans  le  même  plan  {fig-  12).  Le  plus  souvent 
les  spores  s'observent  en  nombre  immense,  difl'uses  dans  le  tissu  adipeux  de  1  hôte. 
^'ous  avons  pu  voir  cependant  quelques  amas  sphériques  de  huit  spores  indiquant 
qu'elles  doivent  se  former  aux  dépens  de  pansporoblastes  octosporés.  Habitat  :  tissu 
adipeux  des  larves  de  Ceratopogon  sp.  Dipt.  Montessaux. 

Les  Microsporidies  que  nous  venons  de  déci^ire,  de  même  que  les  Cocco- 
nema  précédemment  signalés  (  '  ),  se  rencontrent  presque  toujours,  dans  les 
tissus  infestés,  sous  forme  de  spores  éparses  et  innombrables  qui,  en  raison 
de  leur  petitesse,  montrent  une  curieuse  convergence  morphologique  avec 
les  Bactéries;  et  l'on  conçoit  dès  lors  qu'en  l'absence  de  stades  multiplicatifs 
caractéristiques  et  avec  des  dimensions  ne  permettant  plus  l'analyse  struc- 
turale, on  épi^ouve  quelque  hésitation  à  se  prononcer  sur  leur  véritable 
nature.  Ainsi,  en  coloration  intense  et  massive,  les  spores  de  Cocconeina 
simulent  des  Staphylocoques,  celles  de  Mrazekia  bacilliformis  des  Bacilles, 
celles  de  Spironema  des  Spirilles  et  celles  de  Toxonema  des  Vibrions 
[fig.  I  à  4). 

Par  la  diversité  des  formes  maintenant  connues  dans  les  spores  de 
Microsporidies,  le  groupe  se  trouve  singulièrement  élargi  et  il  nous  paraît 
nécessaire  d'établir  sur  une  nouvelle  base  sa  systématique  générale.  A  ce 

(')   Comptes  rendus,  t.  173,  192 1,  p.  lAïQ. 


SÉANCE   DU   3o   JANVIER    I922.  829 

point  de  vue,  nous  pensons  que  la  morphologie  sporale,  caractère  le  plus 
facile  à  constater  et  souvent  le  seul  dont  on  puisse  disposer,  mérite  d'être 
envisagée  comme  base  d'une  systématique  pratique  des  Microsporidies  que 
nous  proposons  d'ailleurs  sans  autre  prétention  que  d'apporter  un  peu 
d'ordre  et  de  faciliter  les  recherches  dans  an  groupe  que  le  nombre,  la 
diversité  et  l'exiguïté  des  fornies  tendent  à  rendre  de  plus  en  plus  confus. 
Les  Microsporidies  se  diviseraient  d'abord  en  deux  sous-groupes  :  les 
Dicapsulées  ou  Dicnidea  et  les  Monocapsulées  ou  Monocnidca. 

i^    ^  itè  i^s 


0 


c 


s  G  7  8  9  10  11  12 

Fig.  1  à  4,  spores  de  AJiciosporiclies  bactériformes  en  coloration  massive  x  1000:  1,  Cocconenia: 
'2,  Toxonema  vibrio;  3,  Mrazekia  bacilUf  or  mis  ;  4,  Spiroiiema.  —  Fig.  5  à  10.  types  de'  spores  de 
Microsporidies  x  Sooo  :  5  et  6,  Cocconenia  in  vivo  et  a\ec  filament  dévaginé;(7,  type  classique  de 
Glugëidée;  8  et  9,  Telomyxa  in  vivo  et  avec  filament  imprégné;  10,  Mrazela'a  tetraiijiora: 
11,  Spironema  oilospora:  Vi,  Toxonema  vibrio. 

Les  Dicnidea  ne  comprennent  actuellement  que  le  seul  genre  Telomyxa 
Léger  et  Hesse  (1910)  dont  la  spore  ellipsoïde  possède  deux  capsules 
polaires  et  qui,  par  tous  ses  autres  caractères,  est  certainement  une  Micro- 
spoiidie  {fig.  8  et  9).  Famille  unique  :  Télomyxidées. 

Les  Monocnidca  seraient  alors  réparties  en  trois  familles,  selon  la  forme 
fondamentale  de  la  spore  : 

L  Spores  piriformes  (du  type  ovoïde  au  type  piriforme  plus  ou  moins 
acuminé)  :  Glugéidées  (Thélohan)  {fîg.  7).  G.  Gliigea,  Nosema,  Pleisto- 
phora ,   etc . 

IL   Spores  sphériques  :  Gocconemidées  {fig.  5  et  G),  G.  Cocconema. 

IIL  Spores  en  bâtonnet  droit,  arqué  ou  spirale;  Mrazekidées  (^^.  10, 
I  [ ,  12  ).  G.  Mrazekia,  Oclospora,  Toxonema. 

La  première  de  ces  familles  de  Monocnidea,  de  beaucoup  la  plus 
nombreuse,  comprend  toutes  les  Microsporidies  des  anciens  auteurs.  On 


33o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

sait  qu'elle  a  été  subdivisée  en  prenant  comme  base  soit  les  caractères  des 
stades  végétatifs  (Stempell),  soit  le  mode  de  sporulation  (Doflein,  Pérez). 
Nous  n'essaierons  pas  pour  le  moment  de  pousser  plus  loin  la  subdivision 
de  nos  familles  en  suivant  Tune  ou  l'autre  de  ces  méthodes  ;  car,  dune  part, 
les  stades  végétatifs  sont  loin  d'être  suffisamment  connus  pour  beaucoup 
de  formes  et,  d'autre  ^jart,  ainsi  que  ChatLon  et  Kreinpf  (191 1)  l'ont  déjà 
fait  remarquer  avec  juste  raison,  nous  connaissons  aujourd'hui  nombre 
d'espèces  qui  sporulent  suivant  les  modes  numériques  les  plus  variés,  ce  qui 
enlève  à  de  tels  systèmes  une  bonne  partie  de  leur  valeur  pratique. 


BIOLOGIE  GÉNÉRALE.  —  Sur  des  phénomènes  (f  auto-destruction  et  d'auto- 
agglutination  chez  les  Gonvoluta.  Note  de  M™*^  Atxsa  Drzewixa  et 
de  M.  Georges  Bohv,  présentée  par  M.  Henneguy. 

Nous  avons  cherché  à  montrer,  sur  divers  animaux  d'eau  douce  et 
marins,  l'importance  du  facteur  masse  dans  la  résistance  à  la  nocivité  du 
milieu  :  masse  d'animaux,  masse  du  liquide  ambiant.  Certaines  espèces, 
vis-à-vis  de  certaines  substances,  résistent  d'autant  mieux  que  les  individus 
sont  en  plus  grand  nombre  et  dans  un  volume  plus  restreint  de  la  solution 
toxique.  Mais  il  y  a  des  cas  où,  au  contraire,  la  résistance  se  trouve  accrue 
du  fait  que  les  individus  sont  peu  nombreux,  voire  baignés  dans  une  grande 
masse  de  liquide.  Une  hypothèse  qui  tiendrait  compte  de  l'ensemble  des 
faits  que  nous  avons  observés  consisterait  à  dire  que  tout  se  passe  comme 
si,  en  présence  d'une  solution  nocive,  les  animaux  émettaient  rapidement 
une  substance,  ou  des  substances,  qui  aurait  pour  effet  de  les  désensibi- 
liser ou  de  les  sensibiliser.  On  assiste  de  la  sorte,  suivant  les  espèces  et 
suivant  les  solutions,  à  une  auto-protection  ou  à  une  auto-destruction. 
Nous  avons  cité  comme  étant  dans  ce  dernier  cas  les  Polycelis  nigra(^). 
Nous  pouvons  y  ajouter  aujourd'hui  les  Comvluta^  traitées  par  le  chlorure 
de  potassium. 

Nous  avons  eflectué  sur  cette  espèce,  récoltée  journellement,  de  juillet  à 
octobre,  sur  la  petite  plage  de  Buguélès(Côtes-du-Nord),  un  grand  nombre 
d'expériences.  Nous  nous  servions  généralement  d'une  solution  mère  de 
KCl  préparée  avec  74^,6  de  ce  sel  pour  un  litre  d'eau  de  mer  (en  quelque 

(')  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  107. 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  I922.  33 I 

sorte  une  solution  normale  de  KCl  dont  l'eau  de  mer  serait  le  solvant),  et 
que  Ton  diluait  au  vingtième;  des  solutions  au-dessus  ou  au-dessous  de  ce 
taux  avaient  une  action  trop  brutale  ou  trop  lente  pour  le  but  que  nous 
nous  proposions.  Chaque  série  d'expériences  portail  comparativement  sur 
deux  lots  qui  ne  différaient  l'un  de  l'autre  que  soit  par  la  masse  des  indi- 
vidus, soit  par  la  masse  du  liquide.  On  avait,  par  exemple  : 

a.  2""'  de  la  solution  de  KCl  -f-  2.5  Convoluta; 

b.  2'"''  de  la  solution  de  KCl  +  2  5o  Convoluta  (environ)  ; 
ou  bien  : 

a.  2"°'  de  la  solution  de  KCl  +  23  Convoluta; 

b.  20''"'  de  la  solution  de  KCl  +  20  Convoluta. 

L'effet  de  la  solution  toxique  se  manifeste  rapidement  en  une  cytolyse 
progressant  d'arrière  en  avant  et  amenant  la  rupture  du  corps  en  deux  ou 
trois  ou  plusieurs  tronçons,  la  partie  antérieure  abandonnant  successive- 
ment les  portions  en  voie  de  cytolyse.  Souvent  les  amputations  commencent 
en  moins  d'une  minute;  suivant  que  l'attaque  est  plus  ou  moins  brutale, 
elles  portent  sur  une  plus  ou  moins  grande  longueur  du  corps,  rejetée 
d'emblée  ou  par  déchirures  répétées,  tantôt  après  traction,  tantôt  sans 
effort  apparent;  dans  les  cas  extrêmes,  les  «  têtes  »,  c'est-à-dire  les  parties 
antérieures  restées  indemnes  et  qui  continuent  à  marcher  sont  réduites  à 
peu  de  choses.  Si  [le  terme,  qui  est  de  Giard,  n'était  pas  abusif,  on  serait 
tenté  de  dire  qu'il  y  a  là  «  autotomie  protectrice  »  ;  nous  avons,  en  effet, 
souvent  observé  que  les  lots  peu  sensibles  où  les  ruptures  se  produisent  à 
peine  périssent  avant  les  autres.  Nous  comptons  revenir  ailleurs  sur  le 
détail  de  ces  expériences  ;  le  fait  sur  lequel  nous  insisterons  aujourd'hui  est 
celui-ci  :  quand  les  Convoluta  sont  réunies  en  grand  nombre  ou  bien  placées 
dans  un  petit  volume  de  liquide,  les  effets  de  KCl  sont  beaucoup  plus  désas- 
treux que  dans  le  cas  contraire,  et  se  manifestent  en  particulier  par  le  phé- 
nomène d'agglutination. 

Soient  deux,  verres  de  montre  contenant  respectivement  dans  2"'^''  de  la  solution 
mère  de  KCl  diluée  au  vingtième  :  a,  20  Convoluta;  6,  plusieurs  centaines  de  Convo- 
luta. Dans  a,  au  bout  de  i  à  2  minutes,  ou  plus  tôt,  ou  plus  tard,  la  sensibilité  étant 
variable  suivant  les  lots,  les  çytolyses  et  les  ruptures  commencent  à  se  produire.  Mais 
elles  atteignent  rarement  la  totalité  des  individus,  et  les  «  têtes  »,  après  s'être  débar- 
rassées des  parties  cytolysées,  peuvent  continuer  à  vivre  et  à  se  déplacer  pendant 
24  heures  et  davantage. 

Dans  h,  le  phénomène,  plus  brutal,  n'a  pas  tout  à  fait  la  même  allure.  Aussitôt  que 
les  premiers  individus  se  sont  rompus  et  cytolysés  -—  et  c'est  souvent  presque  instan- 


332  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

laiié,  —  ils  sagglomèrent  et  agissent  sur  les  autres  comme  un  centre  d'agglutination. 
Toute  Coiivoliila  qui,  dans  sa  course  rapide  et  incessante,  passe  à  proximité  est 
comme  happée  par  un  piège  :  après  quelques  contorsions,  elle  s'immobilise  et  meurt, 
souvent  même  sans  se  cytolyser.  Tant  que  l'amas  est  petit,  il  y  a  encore  pas  mal  de 
Convoluta  qui  parviennent  à  se  dégager,  mais  à  mesure  qu'il  grandit  l'action  s'exalte, 
et  tout  individu  qui  arrive  à  son  contact  demeure  fixé  ;  souvent  en  jnoins  de  5  minutes, 
la  presque  totalité  des  individus  sont  morts,  agglutinés  en  un_,  deux  ou  plusieurs  amas 
chevelus. 

Ce  phénomène  d'aggliilinalion  des  Convoluta  nous  paraît  présenter  une 
certaine  analogie  avec  ceux  décrits  récemment  par  les  bactériologistes  au 
sujet  de  l'accolement  des  microbes  aux  leucoc;ytes.  On  admet  que  ces 
derniers  quand  ils  sont  morts  laissent  échajiper  un  «  principe  »,  une 
substance  qui  agit,  en  les  agglutinant,  sur  les  microbes  sensibilisés  par  un 
immuii-sérum.  Dans  le  cas  des  Convoluta  traitées  par  KCl,  une  substance 
émise  par  les  individus  en  voie  de  cytolyse  agirait  sur  ceux  encore 
indemnes  en  amenant  leur  agglutination.  L'auLo-destruction  ainsi  déter- 
minée est,  comiïie  on  l'a  vu,  fonction  de  la  masse  des  individus  et  de  la 
masse  du  liquide  ambiant. 


MORPHOLOGIE.  —  Signification  morphologique  du  tissu  glandulaire  endo- 
crinien du  testicule  des  Urodèles.  Note  (')  de  M.  M.  Aron,  présentée  par 
M.  Widal. 

En  des  communications  antérieures (^),  nous  avons  étudié  le  lissu  glan- 
dulaire qui  prend  temporairement  naissance  dans  le  testicule,  à  l'époque 
des  amours,  chez  les  Brataciens  Urodèles.  Nous  avons  montré  le  caractère 
endocrinien  de  ce  tissu  et,  par  une  série  d'expériences,  nous  avons  pu 
mettre  nettement  en  évidence  son  rôle  dans  la  détermination  des  caractères 
sexuels  secondaires  et  des  manifestations  du  rut.  La  présente  Note  a  pour 
but  d^appeler  l'attention  sur  la  signification  morphologi((ue  de  cette  glande 
périodique. 

Nous  rappellerons  d'abord  brièvement  sa  genèse. 

Le  tissu  glandulaire  dont  il   s'agit   apparaît  dans  la  région  du    hile   tesliculaire  à 

(')  Séance  du  28  janvier  1932. 

(-)  Comptes  rendus^  t.  173,  1921.  'p.  57;  C.  R.de  la  Soc.  de  fi/ol.,  t.  80,  1921, 
p.  482. 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  I9V2.  333 

l'époque  du  rul,  c'esl-à-dire,  pour  l'espèce  étudiée  (Trilon  crêlé),  vers  le  mois  d'avril. 
Il  se  forme  aux  dépens  des  cellules  de  Sertoli  contenues  dans  les  cystes  à  spermies. 
Ces  cellules  prolifèrent  et  se  chargent  d'abondantes  enclaves  lipoïdiques,  cependant 
que  disparaissent  les  spermatozoïdes.  L'ancienne  cavité  du  cyste  finit  par  se  trouver 
comblée  par  les  éléments  en  question,  et,  par  suite  de  la  régression  de  sa  paroi 
propre,  elle  fait  place  à  un  amas  glanduliforme  entouré  de  tissu  vasculo-conjonctif. 
Un  tel  massif  cellulaire  a  une  existence  passagère.  Nous  avons  montré  qu'après  un 
court  délai  de  fonctionnement,  il  subit  une  véritable  et  rapide  atrophie,  tandis  que, 
par  le  même  mécanisme,  se  forment  dans  son  voisinage,  tant  que  dure  le  rut,  de  nou- 
veaux massifs  identiques.  En  résumé,  le  tissu  glandulaire  du  testicule  des  Urodèles 
résulte  de  la  prolifération  et  de  la  transformation  endocrine  des  éléments  nourriciers 
des  cellules  séminales. 

Si  la  sig-nitîcation  physiologique  de  ce  tissu  endocrinien  est,  comme  nous 
en  avons  apporté  la  preuve  expérimentale,  identique  à  celle  de  la  glande 
interstitielle  du  testicule  des  Mammifères,  on  voit  qu'au  contraire  sa 
signification  morphologique  apparaît  toute  particulière.  C'est  elle  qu'il 
importe,  dès  à  présent,  d'éclairer. 

La  première  question  qui  se  pose  à  cet  égard  est  celle  de  la  cause  qui 
détermine  la  prolifération,  à  une  époque  déterminée,  des  éléments  nourri- 
ciers de  certains  cystes. 

Champy  (i9i3)  (')  constatait  la  formation  du  tissu  glandulaire,  déjà 
signalé  par  Pérez  dès  1904,  en  des  cystes  vidés  de  leur  contenu.  Dans  une 
Note  récente  (-)  cet  auteur  a  émis  l'hypothèse  que  la  multiplication  des 
cellules  de  Sertoli  est  en  rapport  avec  Tabondante  phagocytose  de  spermies 
qui  se  produit  lors  du  rut.  Les  enclaves  lipoidiques  représenteraient  donc 
les  produits  d'une  véritable  activité  macrophagique  de  la  pai  t  des  cellules 
nourricières.  Il  est  incontestable  que,  dans  les  cystes  où  se  forme  le  tissu 
glandulaire,  se  rencontrent  parfois  des  spermatozoïdes  dégénérés.  Mais  ce 
sont  là  des  éléments  retardataires  étoufîés  par  la  prolifération  sertolienne. 
On  observe  aussi,  dans  la  zone  en  cours  d'évolution  endocrine,  des  cystes 
remplis  de  spermies  en  régression,  où  cette  prolifération  n'a  pas  lieu.  Les 
phénomènes  de  dégénérescence  des  gamètes  sont  donc  contingents.  Nous 
estimons  que  c'est  dans  l'élimination  physiologique  des  spermies,  dans  la 
vacuité  des  cystes  qui  en  résulte,  qu'il  faut  voir  le  stimulus  à  la  multiplica- 
tion des  cellules  de  Sertoli.  C'est  la  rupture  de  l'équilibre  entre  les  éléments 

(  '  )   Arch.  de  Zool.  gén.  et  exp.^  t.  52,  fasc.  2. 
(^)  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  482. 

C.  R  ,  1922,  1"  Semestre.  (T.  174,  N»  5.)  ^5 


3  54  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

nourris  et  les  éléments  nourriciers  qui  provoque  l'excitation  réactionnelle 
de  ces  derniers.  Il  y  a  là  un  processus  superposable  à  la  formation  du  corps 
jaune  de  l'ovaire  chez  les  Mammifères.  Dans  les  deux  cas  les  cellules  nourri- 
cières se  divisent  rapidement  par  amitose  à  la  suite  de  l'évacuation,  en  tout 
ou  partie,  du  contenu  folliculaire,  et  aboutissent  à  la  constitution  d'une 
glandule  transitoire. 

La  deuxième  question  qui  reste  à  envisager,  et  la  plus  délicate,  est  celle 
de  la  valeur  morphologique  de  ces  pseudo-corps  jaunes.  Pour  donner  nais- 
sance à  ces  foruiations  de  rôle  endocrinien ,  les  cellules  exocrines  nourricières 
des  spermies  augmentent  purement  et  simplement  de  nombre  et  se  chargent 
d'enclaves  lipoïdiques  plus  abondantes,  mais  vraisemblablement  identiques 
à  celles  qu'ils  renferment  habituellement.  On  est  donc  amené  à  se  demander 
pourquoi,  dans  les  conditions  normales,  les  cellules  de  Sertoli  n'exercent 
pas  constamment  une  activité  endocrine  de  même  ordre.  Mais  cette  diffi- 
culté d'interprélalion  n'est  qu'apparente.  Rappelons  que  la  genèse  du  tissu 
glandulaire  s'accompagne  de  la  disparition  de  la  paroi  des  cystes  et  que  les 
massifs  cellulaires  formés  dans  leur  cavité  entrent  alors,  et  seulement  alors, 
en  rapport  direct  avec  le  tissu  conjonctif  et  les  vaisseaux  du  voisinage.  Au 
total  il  se  produit  en  toute  évidence,  à  ce  stade,  un  changement  de  polarité 
sécrétoire  de-  éléments  seitoliens  qui,  peut-être,  s'accompagne  d'une  émigra- 
tion du  centrosime  analogue  à  celle  que  récemment  Masson  a  montrée  dans 
les  cellules  tumorales  à  polarité  inversée.  Nous  avons  pu  d'ailleurs  provo- 
quer expérimentalement  la  multiplication  des  cellules  de  Sertoli  et  la  genèse 
de  formations  voisines  des  p-^eudo-corps  jaunes  endocriniens  sans  qu'en 
résulte  par  contre  aucune  modification  de  la  polarité  de  ces  éléments,  par 
suite  aucune  action  générale  sur  l'organisme.  L'ablation  bilatérale,  en 
dehors  du  rut,  des  corps  adipeux  qui  coiffent  les  testicules,  a  pour  effet  la 
multiplication  compensatrice  des  cellules  de  Sertoli  qui  se  chargent  de  gra- 
nulations osmio-réductrices  plus  abondantes  qu'avant  l'opération  et  tendent 
à  envahir  certains  cysies.  Le  processus  débute  donc  comme  celui  ci-dessus 
décrit,  mais  il  n'a  pour  résultat,  ni  la  rupture  du  cyste  et  l'organisation 
endocrine  de  son  contenu,  ni  l'apparition  des  signes  du  rut. 

Les  considérations  qui  précèdent  nous  semblent  de  nature  à  suggérer  le 
rapprochement  des  phénomènes  observables  chez  les  Urodèles  avec  ceux 
qui  se  manifestent  chez  les  espèces  à  glande  interstitielle  périodique  ou 
permanente.  Nous  venons  de  montrer  que,  chez  les  Urodèles,  c'est  le  même 
produit  de  sécrétion  qui  paraît  utilisé,  soit  en  vue  de  la  nutrition  des  cel- 


SÉANCE  DU  3o  JANVIER  1922.  335 

Iules  germinales,  soit  en  vue  de  la  détermination  dos  caractères  sexuels.  On 
est  en  droit  de  se  demander  s'il  n'en  est  pas  de  même  dans  toute  la  série 
des  Vertébrés  et  si  la  §^lande  interstitielle,  là  où  on  Tobserve,  n'a  pas  la 
valeur  d'un  perfectionnement  dans  le  sens  que  nous  indiquons. 

On  est  ainsi  entraîné  à  admettre  qu'elle  assume  l'exercice  simultané  de 
la  double  polarité,  exocrine  et  endocrine,  que  l'on  voit  chez  les  Urodèles 
mise  en  jeu  alternativement,  et  qu'elle  représente  un  tissu  destiné  à  sup- 
pléer les  cellules  de  Sertoli,  désormais  vouées,  par  le  procurés  de  leur  ditlé- 
renciation,  au  rôle  purement  exocrine  d'intermédiaire  entre  le  milieu  nour- 
ricier et  la  lignée  germinale.  Quant  à  la  cause  déterminante  du  développe- 
ment de  la  glande  interstitielle  au  cours  de  la  phylogénèse,  il  faudrait  la 
rechercher  dans  l'influence  que  l'élimination  physiolo;,àque.  périodique  ou 
permanente  des  spermies,  exerce  sur  les  cellules  conjonctives  de  voisinage, 
dès  que  la  cellule  de  Sertoli  devient  inapte  à  réagir  aux  changements 
d'équilibre  entre  éléments  nourriciers  et  éléments  nourris.  S'il  en  est  ainsi, 
on  conçoit  qu'outre  la  fonction  endocrine,  mise  indéniablement  en  lumière 
par  les  travaux  de  Bouin  et  Ancel,  la  cellule  interstitielle  exerce  également 
une  fonction  exocrine,  en  cédant  une  partie  du  produit  de  son  activité 
aux  éléments  sertoliens.  La  notion  de  la  double  polarité  fonctionnelle  de  la 
glande  interstitielle  du  testicule,  celle  du  couplage  entre  cette  glande  et  les 
cellules  de  Sertoli,  est  apte  à  permettre  l'interprétation  logique  de  nom- 
breux faits,  apparemment  disparates,  relatifs  au  tissu  glandulaire  du  tes- 
ticule dans  la  série  des  Vertébrés. 


A  17  heures  et  quart,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 


COMITE    SECKET. 

La  Section  de  Géographie  et  .Xavigation,  par  l'organe  de  son   Doyen, 

présente  la    liste  suivante  de  candidats  à  la  place  vacante  par  le  décès  de 
M.  Alfred  Grandidier  : 


336 


ACADEMIE    DES    bClENGEb. 


En  première  ligne 

En  seconde    ligne ^   ex  œquo  et  par  ordre 
alphabétique 

Les  titres  de  ces  candidats  sont  discutés. 
L'élection  aura  lieu  dans  la  prochaine  séance. 

La  séance  est  levée  à  t8  heures  et  demie. 


M.  GusTAVK  Ferrie 
MM.  Félix  Araco 

ElGÈNE  FlCHOT 

Georges  Perrier 
Edouard  Perrin 
Jean  Tilho 


A.   Lx. 


ERRATA. 


Séance  du  3  janvier   1922.) 

Ouvrages  présentés  : 
Page  22,  ligne  12,  le  nom  de  Tauteur  Jean  Delphy  a  été  omis. 

(Séance  du   16  janvier  1922.) 

Note  de  M.  F.-E.  Fournier.,  Relations  entre  les  formes  de  carène  d'un 
navire,  les  déplacements  relatifs  de  sa  houle  satellite,  etc.  : 

Page   i36,  formule  (8),  au  lieu  de  ir'-,  lire  w^. 

Note  de  M.  Muguet,  Le  plomb  dans  les  minerais  d'urane  de  Madagascar  : 
Page  172,  ligne  i5,  au  lieu  de  samiésite,  lire  samirésite. 


Note  de  M.  Maurice  Leriche,  Les  vestiges  du  Lutétien,  remaniés  dans  le 
Quaternaire  du  nord  de  la  France  : 

Page  175,  ligne  i3,  au  lieu  de  microspliérique,  lire  macrosphérique. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU   LUNDI   6   FÉVRIER    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  H.mile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  COMMUNICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  annonce  à  T Académie  que  le  tome  1G9 
(1919,  second  semestre)  des  Comptes  rendus  est  en  distribution  au  secrétariat. 

M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  et  des  Beaux-Arts  adresse 
ampliation  du  Décret,  en  date  du  4  février  1922,  portant  approbation  de 
l'élection  que  l'Académie  a  faite  de  M.  Maurice  d'Ocagxe  pour  occuper  la 
place  d'Académicien  libre  vacante  par  le  décès  de  M.  ./.  Carpentier. 

Il  est  donné  lecture  de  ce  Décret. 

Sur  l'invitation  de  M.  le  Président,  M.  Maurice  d'Ocagne  prend  place 
parmi  ses  Confrères. 


MÉCANIQUE.    —    Quelques  remarques  sur  la  rclatnnté. 
Note  de  M.  L.  Lecornu. 

I.  Le  principe  classique  de  relativité  est  parfois  énoncé  en  ces  termes  : 
«  Les  lois  de  la  nature  sont  les  mêmes  pour  des  observateurs  qui  sont  en 
mouvement  de  translation  uniforme  l'un  par  rapport  à  l'autre.  » 

C'est  là  une  formule  inexacte,  comme  le  montre  l'exemple  simple  que 
voici.  Soit  un  plan  horizontal  sur  lequel  on  a  tracé  deux  axes  rectangu- 
laires O^,  0/,  issus  «l'un  point  fixe  O,  et  sur  lequel  se  déplacent  deux  axes 
OV,  Oy,  parallèles  aux  premiers,  l'origine  O'  parcourant  Ox  avec  une 
vitesse  constante  v.  Si,  à  l'instant  initial,  O'  coïncide  avec  O,  la  distance 
00' est,  au  bout  du  temps  ;,  égale  à  vt.  Imaginons  maintenant  que  l'en- 

C.  R.,  1922,  i«  Semestre.  (|T.  174,  N»  6.)  26 


338  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

semble  tourne  autour  de  la  verticale  de  O  avec  la  vitesse  angulaire, cons- 
tante to.  Un  observateur  lié  au  système  œOy  constate  qu'une  masse  m  sus- 
ceptible de  glisser  sans  frottement  sur  Oo"  et  retenue  par  un  fil  de  longueur  r 
attaché  en  O  exerce  sur  ce  fil  la  traction  constante  moi' r.  Un  autre  obser- 
vateur, lié  au  système.  ic'O'/',  trouve  qu'un  fil  identique  attaché  en  ()' 
reçoit  d'une  masse  m  mobile  sur  O'ît' la  traction  croissante  mw-f/- +  (^/). 
Bien  entendu,  dans  cette  expérience,  le  point  O'  est  lui-même  sollicité  par 
la  force  centrifuge  mw-çt,  égale  et  contraire  à  la  partie  variable  de  la  ten- 
sion du  fil.  Mais  l'observateur  mobile  est  censé  ne  pas  s'en  apercevoir:  il 
peut  être  enfermé  dans  un  véhicule  parcourant  la  voie  Oa?  et  freiné  exté- 
rieurement de  façon  à  conserver  la  vitesse  v\  la  variation  de  tension  ne  l'en 
avertit  pas  moins  qu'il  est  en  mouvement. 

Le  principe  de  relativité  suppose,  en  somme,  que  les  axes  conservent  une 
orientation  invariable  par  rapport  à  la  sphère  céleste. 

L'énoncé  que  je  critique  se  trouve  textuellement  à  la  page  ii4  du  récent 
Ouvrage  de  M.  Gaston  Moch  sur  La  relativité  des  phénomènes.  Si  je  nomme 
cet  auteur,  c'est  parce  que,  à  la  page  25i,  il  m'impute  une  «  confusion 
étrange  »  que  j'aurais  commise  à  propos  du  même  principe  quand,  dans 
mon  Livre  de  191 8  La  mécanique  :  les  idées  et  les  faits,  y  ai  exprimé  une 
remarque  équivalente,  au  fond,  à  celle  que  je  viens  de  faire.  Il  ne  s'aperçoit 
pas  que  lui-même,  à  cet  endroit,  confond  le  principe  de  relativité  avec  un 
autre  tout  différent,  qui  est  celui  de  l'indépendance  entre  l'effet  d'une  force 
et  la  vitesse  de  son  point  d'application. 

IL  On  lit  dans  le  même  Ouvrage  de  M.  Moch  (p.  23o)  à  propos  du 
déplacement  séculaire  du  périhélie  de  Mercure  :  «  Poincaré,  suivi  par 
Lecornu,  le  réduit  à  38',  auquel  cas  Einstein  donnerait  une  valeur  calculée 
trop  forte  de  i3  pour  100.  Vérification  faite  à  l'Observatoire,  grâce  à 
l'obligeance  de  M.  Nordmann,  Le  Verrier  a  bien  trouvé  43",  à  un  ou  deux 
dixièmes  de  seconde  près.  » 

A  cela,  M.  Nordmann  vient  de  répondre  en  ces  termes  (')  :  «  D'après  les 
calculs  récents  de  Grossniann,  il  résulte  des  observations  astronomiques 
réunies  par  INewcomb  que  la  valeur  effectivement  constatée  du  déplacement 
séculaire  du  périhélie  de  Mercure  est  non  pas  de  43",  comme  le  croyait 
Le  Verrier,  mais  de  38    tout  au  plus.  » 

Quoi  qu'il  en  soit,  M.  D.  Berthelot  a  indiqué  en  1916  (-)  que  le  dépla- 


(*)  Einstein  et  C Univers,  p»  1G8. 

(2)   Bulletin  de  la  Société  internationale  des  Électriciens. 


SÉANCE   DU   6    FÉVRIER    I922.  339 

cément  du  périhélie  de  Mercure  pourrait  fort  bien  s'expliquer  par  l'inter- 
vention d'une  force  agissant,  dans  le  plan  de  l'orbite,  perpendiculairement 
à  la  vitesse,  et  proportionnellement  à  cette  vitesse.  C'est  là  un  genre  de 
forces  que  nous  sommes  habitués  à  rencontrer  en  Mécanique,  notamment 
dans  la  théorie  de  l'effet  gyroscopique  et  dans  celle  des  mouvements 
relatifs  (force  centrifuge  composée).  Elles  jouent  aussi  un  rôle  dans  la 
dynamique  des  électrons. 

Il  est  naturel  de  se  demander  si  la  déviation  einsteinienne  des  rayons 
lumineux  au  voisinage  du  Soleil  ne  pourrait  pas,  à  son  tour,  être  attribuée 
à  l'action  combinée  d'une  pareille  force  et  de  l'attraction  newlonienne.  Le 
calcul  suivant  a  pour  objet  de  répondre  à  cette  question. 

III.  Soit  un  point  matériel  de  masse  un  mobile  dans  un  plan  où  il  est  solli- 
cité simultanément  par  deux  forces  :  l'une,  F,  dirigée  vers  un  centre  fixe  O  et 
fonction  de  la  distance  ;■  à  ce  centre  ;  l'autre,  $,  perpendiculaire  à  la  vitesse  v 
et  ayant  une  expression  de  la  forme  vf{r),  dans  laquelle  /(/')  désigne  une 
fonction  donnée  de  r.  Pour  avoir  le  moment  de  $  par  rapport  à  O,  il  suffît 
d'observer  que  la  projection  de  cette  force  sur  la  direction  perpendiculaire 

dr 
au  rayon  est/(r)-i-j  et  que  le  moment  s'obtient  en  multipliant  par  /•  cette 

projection.  D'après  cela,  si  l'on  appelle  0  l'angle  polaire,  le  théorème  des 
aires  fournit  l'équation 

d  /  ,rf9\  dr 

d-t['"di)='^^'^'dï' 

d'où,  en  appelant  r-'|(/-)  la  fonction  primitive  de  r  /(r), 

(1)  /-^l  —  -•!.(/■  )|  =:COnSt. 

On  voit  que  la  vitesse  aréolaire  est  constante  par  rapport  à  des  axes 
tournant  autour  de  O  avec  la  vitesse  variable  '\'(r). 

D'autre  part,  le  travail  de  $  étant  constamment  nul,  l'intégrale  des  forces 
vives  donne,  en  appelant  U  le  potentiel  de  F, 

(2)  i'2-H  -ïU  —  consl. 

Les  équations  (i)  et  (2)  montrent  que  dans  le  cas  de  l'attraction  newlo- 
nienne la  trajectoire  est  une  conique  rapportée  à  des  axes  tournant  avec 
une  vitesse  déterminée  en  fonction  de  r.  Pour  une  planète.  ?-  oscille  entre 
des  limites  assez  rapprochées.  Si  l'on  suppose  alors  négligeables  les  varia- 
tions de  '^(/'),  on  peut  dire  que  la  trajectoire  est  une  ellipse  dont  les  axes 


34o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

tournent  uniformément.  La  condition  pour  que  cette  rotation  soit  de  même 
sens  que  le  mouvement  sur  l'ellipse  est  que  '\'{'')  ait  une  valeur  positive. 

Dans  le  cas  d'un  rayon  lumineux  assimilé  à  une  trajectoire  képlérienne, 
celle-ci  est  une  hyperbole  et  il  devient  nécessaire  de  tenir  compte  des  varia- 
tions de  '^(f).  Voici  comment  on  peut  alors  calculer  la  déviation  totale, 
égale  à  l'angle  des  asymptotes. 

Soit  dy,  l'angle  de  contingence,  c'est-à-dire  l'angle  dont  tourne  la  tan- 
gente pendant  que  r  éprouve  la  variation  c/r.  Soityj  la  dislance  de  O  à  cette 
tangente.  Le  pied  de  la  perpendiculaire  abaissée  de  O  se  trouve  à  la  distance 
\]r'-—p-  du  point  de  contact  de  la  tangente.  La  déviation  d^.  fait  donc 
éprouver  à  p  une  variation  dp  égale  à  y'"^  —  P'  d'x,  d'où 


.  Fpfrnaf  inn  ^  r 

dt 


Comme  pv  =  f'-rr^  l'équation  (i)  peut  s'écrire 


pv  :=  r'-'l[r) -h  consl. 

A  l'infini,  p  prend  une  valeur  limite  p  (distance  de  O  à  l'asymptote)  et  i^ 
devient  la  vitesse  c  de  la  lumière  en  dehors  de  lout  champ  de  gravitation. 
Admettons  que  /*^ '!»(/•)  s'annule  dans  ces  conditions  et  posons,  d'une  façon 
générale. 

Il  vient 

pç  =  pc  +  i. 


D'autre  part,  U  s'annulant  à  l'infini,  la  constante  des  forces  vives  est 

_        pC  -h  c  ' 


égale  à  c-.  On  trouve  ainsi 


d'où 


v/c^-2U' 


d.=  '  u-.^p^+^)_^^) 

y/H(c2_2U)-(pC-r£)-   L  C--2U 


Cette  expression  se  simplifie  si,  vu  la  grandeur  de  c,  on  regarde  comme 
négligeables  2  U  en  présence  de  c-  et  £  en  présence  de  pc.  Il  reste  alors 


dy.  = 


V^ 


c 


La  déviation  totale  0  s'obtient  en  intégrant  cette  expression,  par  rapport 
à  r,  depuis  le  minimum  de  r,  égal  sensiblement  à  p,  jusqu'à  l'infini,  et  dou- 
blant le  résultat. 


SÉANCE  DU  6  FÉVRIER  1922.  34l 

Soit  U  =  —  -  le  potentiel  newtonien.  Si  roii  commence  par  annuler  ^, 
et  par  conséquent  £,  la  déviation  est 


^ 2  /xp     /*  ar         2  pi 


On  sait  que,  d'après  Einstein,  ce  résultat  serait  deux  fois  trop  faible.  Mais 
il  est  clair  que,  d'une  infinité  de  manières,  on  peut  doubler  0  en  imposant 
à  la  fonction  £  l'unique  condition 


(3)  /     -^iî=  =  ii^ 


/■?!. 


Une  solution  particulièrement  simple  consiste  à  poser 


Pu. 

c 


Si  l'on  adopte  cette  solution,  il  vient 

(4)  r-^j{r)  =  -^  et  ,•/(;■)  ::z:   i^,, 

d'où 

c'est-à-dire  que  la  fonction  f  varie  alors  en  raison  inverse  du  cube  de  la 
distance  au  Soleil. 

La  loi  à  laquelle  on  parvient  ainsi  est  semblable  à  celle  de  l'action  d'un 
aimant  sur  une  charge  électrique  mobile,  comme  si  la  force  $  était  due  à 
l'aimantation  du  Soleil.  Cherchons  si  cette  loi  peut  régir  à  la  fois  le  dépla- 
cement du  périhélie  de  Mercure  et  la  déviation  des  rayons  lumineux. 

La  théorie  d'Einstein,  à  peu  près  vérifiée  par  l'observation,  donne,  pour 
le  déplacement  du  périhélie  à  chaque  révolution  de  la  planète,  la  valeur 

,    ,  '    — r-  dans  laquelle  a  désigne  le  demi-^rand  axe  et  e  l'excentricité 

c-a\i  —  c^)  ^  °  ° 

égale,  pour  Mercure,  à  0,20.  Avec  une  erreur  de  4  pour  100  seulement, 
nous  pouvons  remplacer  i  —  c-  par  l'unité.  La  durée  de  la  révolution  est, 

d'après  la  troisième  loi  de  Kepler,  2-1 /  —  '  en  sorte  que  la  vitesse  de  rota- 

3      fû^ 
tion  du  srrand  axe  a  pour  valeur  —  K/—-' 

o  r     ■  c-  \   0-' 


342  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Ici,  noQS  admettons,  pour  cette  même  vitesse,  l'expression  '\^(a)  égale 
à  -^-  Il  faudrait  donc  que  l'on  eût  p  =  -  i /«u.  ou  bien,  en  unités  G. G. S., 

p=z  2,77.10%  tandis  que  le  rayon  du  Soleil  est  réellement  7.10'%  c'est-à-dire 
aS  fois  plus  grand.  Il  y  a  une  difficulté  encore  plus  grave  :  lé  sens  du  dépla- 
cement du  périhélie  exige  que  la  fonction  'j»  soit  positive,  alors  que  l'équa- 
tion (4)  donne  une  valeur  négative.  Cette  divergence  montre  que,  dans  le 
voisinage  immédiat  du  Soleil,  les  phénomènes  sont  plus  compliqués  que 
nous  ne  l'avons  supposé  en  dernier  lieu.  Mais  répétons  que  la  formule  (3) 
laisse  subsister  une  grande  latitude  dans  le  choix  de  la  fonction  t. 

IV.  On  sait  que,  d'après  Hertz,  il  n'existe  pas  d'actions  à  distance  et 
la  Mécanique  se  ramène  entièrement  à  des  mouvements  de  masses,  visibles 
ou  cachées,  assujetties  à  des  liaisons  de  contact,  visibles  ou  cachées,  mou- 
vements qui  vérifient  le  principe  de  moindre  contrainte  établi  par  Gauss. 
Sans  doute,  dans  sa  pensée,  les  masses  cachées  et  les  liaisons  cachées  con- 
cerneraient l'éther,  envisagé  dans  ses  relations  avec  la  matière.  Si  l'on 
adoptait  te  point  de  vue,  les  forces  <P  devraient,  au  même  titre  que  les  forces 
de  gravitation,- être  regardées  comme  des  manifestations  de  la  présence  de 
l'éther,  grâce  auxquelles  les  phénomènes  astronomiques  s'expliqueraient 
par  le  principe  de  moindre  contrainte,  sans  obliger  l'intelligence  humaine  à 
sacrifier  ses  notions  intuitives  de  l'espace  et  du  temps. 


ASTRONOMIE.  —  Sur  la  détermination  interférentielle  des  diamètres  des  étoiles 
dont  r éclat  superficiel  n  est  pas  uniforme.  Note  de  M.  Maurice  Hamy. 

Mes  recherches  (')  sur  la  diffraction  des  images  des  astres  circulaires, 
observées  au  foyer  d'une  lunette  diaphragmée  par  une  fente  rectiligne, 
m'ont  conduit  à  exprimer  analytiquement  l'éclat  du  disque,  en  un  point 
quelconque,  lorsqu'il  diminue  du  centre  au  bord,  par  suite  de  l'absorption 
d'une  atmosphère  symétrique. 

Soit  p  le  rapport,  au  demi-diamètre  de  l'astre,  de  la  distance  angulaire 
d'un  point  du  disque.  On  démontre  que  l'éclat,  en  ce  point,  s'exprime  par 
la  série  convergente 

(i)         E  — A„-t-A,v/i  — p-^4-A2(i-p^)-i- A3(i-p2)i_,.A4(i  — p2)2_|.  ...^ 

(•)  Journat  de  Mathématiques  pures  et  appliquées.  1917  et- 1920;  Bulletin  astro- 
nomique, 1920. 


SÉANCE  DU  6  FPVRIER  I922.  343 

Ao,  A,,  A,,  ...  étant  des  constantes  dépendant  de  la  constitution  de  l'atmo- 
sphère de  l'astre. 

La  formule  (i),  même  limitée  à  quelques  termes,  représente  fort  exacte- 
ment les  faits  dans  le  cas  du  Soleil.  Prenons,  en  effet,  comme  point  de  départ, 
les  déterminations  suivantes  C)  àe  l'éclat  de  la  surface,  le  long  d'un  rayon, 
pour  les  radiations  de  longueur  d'onde  A  =  o^\  5o62  : 

o  00         0,20         o,/io         0,55         0,65         0,75         0,825       0,875       0,92         0,95         0,97 
k'.....     1,0000     0,9891     0.9510     0,8998     o,85i6     0,7871     0,7196     o,66o5     0,5909     0.5289     0,4719- 

Arrêtant  le  développement  (i)  au  terme  en  (i  -  f^j  la  méthode  des 

moindres  carrés  donne 

Aq— -      0,257879, 

A,=:        0,941025^ 

A2=  —  0,255333, 
A3=  0,076874, 
Ai~— 0,019945. 

Les  éclats  calculés  par  la  formule  sont  les  suivants  : 

p  o  00         0,20         0.40         0,55         0,65         0,75         0,825       0,875       0,92         0,95         0,97 

E. ,,0000     0,9883     o,95o5    0,9003     o,852i     0,7866     0,7195     0.6607     0,5911     0,528^     0,4721 

Ils  diflerent  des  données  expérimentales,  résumées  dans  le  premier 
Tableau,  de  résidus  très  faibles  qui  ne  dépassent  pas  l'ordre  de  grandeur  de 
la  précision  des  observations. 

L'expression  (i)  de  E  se  prête  à  une  application  intéressante,  concernant 
les  étoiles  dont  les  diamètres  peuvent  être  directemenl  mesurés  par^la 
méthode  interférentielle  fondée  sur  une  remarque  énoncée  par  Fizeau  (-). 

Cette  méthode  (^)  repose  sur  Tobservation  des  franges  d'Young  qui  se 
produisent  au  foyer  d'une  lunette,  dirigée  sur  une  source  lumineuse  loin- 
taine,  de  faible  diamètre  angulaire  £,  dont  l'objectif  est  recouvert  d'un 
écran  percé  de  deux  fentes  égales  et  parallèles.  La  théorie  et  l'expérience 
montrent  que  la  netteté  des  franges  diminue,  lorsqu'on  augmente  graduel- 
lement la  distance  /  des  centres  des  fentes;  elles  disparaissent  totalement  au 

(1)  C  -G  Arbot  F.-E.  Fowle  and  L.-B.  Ali.rich,  On  the  distribution  of  radiation 
over  the  sun's  disk  and  nea' évidence  of  ihe  solar  variabilily  {Smithsonian  nuscel- 
laneous  collections,  vol.  65). 

(2)  Comptes  rendus,  Rapport  sur  le  prix  Bordin  pour  1868. 

(M  Hamy,  Annuaire  du  Bureau  des  Longitudes  pour  l'an  1919  (noUce  B). 


344  ACADÉMIE   DES   SCIENCES.' 

moment  où  /  atteint  une  valeur  telle  que 


(2)  £  —  I,:22   jy 


\  étant  la  longueur  d'onde  des  radiations  admises  dans  Tœil  de  l'obser- 
vateur. Cette  relation  suppose  d'ailleurs  essentiellement  que  la  source  est 
uniformément  éclairée.  Dans  cette  hypothèse,  la  mesure  de  la  distance  des 
fentes  qui  correspond  à  l'évanouissement  des  franges,  fait  connaître  la 
valeur  du  diamètre  £,  si  cette  distance  est  suffisamment  grande  par  rapport 
à  la  largeur  commune  des  deux  fentes.  La  relation  (2)  montre  qu'il  faudrait 
pouvoir  éloigner  les  fentes  à  plus  de  12"^,  pour  mesurer  un  diamètre  voisin 
deo",oi.  Ea  conséquence,  aucun  instrument  existant  ne  peut  servir  à  étudier 
directement  le  diamètre  de  sources  d'aussi  faible  étendue  angulaire.  Mais  il 
y  a  un  moyen  détourné,  d'application  d'ailleurs  difficile,  de  rendre  une 
lunette  utilisable,  pour  un  pareil  objet.  Il  consiste  à  ramener,  par  des 
réflexions  sur  des  miroirs  plans,  deux  faisceaux  émanant  de  la  source  et 
primitivement  très  écartés  à  pénétrer  parallèlement,  dans  l'instrument, 
avec  une  très  faible  différence  de  marche.  L'écartement  des  faisceaux  pri- 
mitifs joue  alors  le  rôle  de  la  distance  /,  dans  la  formule  (2).  C'est  par  un 
dispositif  de  ce  genre,  organisé  par  A.  Michelson,  que  le  diamètre  de 
l'étoile  a  Orion,  supposée  d'éclat  uniforme,  a  été  mesuré  par  Pease  et 
Anderson,  à  l'Observatoire  du  mont  Wilson. 

L'application  de  la  méthode  interférentielle  peut  s'étendre  aux  étoiles 
entourées  d'une  atmosphère  absorbante  dont  la  surface  n'est  pas  uniformé- 
ment lumineuse.  Jl  est  même  possible  de  déterminer  à  la  fois  la  valeur  du 
diamètre  et  les  variations  d'éclat  superficiel  de  l'astre,  le  long  d'un  rayon, 
en  prenant  comme  point  de  départ  les  valeurs,  supposées  observées,  du 
rapport  des  intensités  des  maxirna  et  ininima  des  franges,  correspondant  à 
des  valeurs  connues  de  l'écartement  des  fentes.  Appelons  /la  distance  des 
fentes  qui  correspond  à  l'évanouissement  des  franges.  Le  rapport  de  l'inten- 
sité des  maxima  à  celle  des  minima  est  alors  égal  à  i.  Désignons  par  K^  le 
rapport  de  ces  intensités,  lorsque  la  distance  des  fentes  a  pour  valeur  /,,  et 

par  a,  le  rapport  connu  -•  Si  l'on  pose  m  =  t:  -r^  et  m,  =  tt  —^  £  étant  le  dia- 
mètre de  l'astre,  on  a  /w,  =  m  a,.  Egalant  à  K^  l'expression  analytique  donnant, 
en  fonctions  des  constantes  A  de  la  formule  (i),  le  rapport  de  l'intensité  des 
maxima  à  celle  des  minima,  pour  la  distance  des  fentes  /,,  on  est  conduit  à 
iine  relation  de  la  forme  suivante,  dans  laquelle  les  fonctions  y  et  F  sgnt 


SÉANCE  DU  6  FÉVRIER  1923.  345 

connues, 

(3)       Ao[/o(/«,)  -  K,F,(m,)]  +  Ai[/,(m,)  -  K,-F,(m,)]  +.  .  .  =  o 

qui  fournit  autant  d'équations  linéaires  auxquelles  sont  assujettis  les  A  que 
l'on  possède  d'observations  du  rapport  K.  L'exemple  donné  ci-dessus,  dans 
le  cas  du  Soleil,  montre  d'ailleurs  que  Ton  peut  réduire  à  quelques  termes 
seulement  l'expression  (1)  deE.  D'une  façon  générale,  si  l'on  possède /zobser- 
valions  du  rapport  K,  on  conservera  Ao,  A,, . ..,  A„_,,  dans  la  formule  géné- 
rale. Ces  n  constantes  qui  ne  sont  pas  toutes  nulles  devant  vérifier  n  équa- 
tions linéaires  homogènes,  le  déterminant  ayant  pour  éléments  les  coeffi- 
cients des  A  est  nécessairement  nul.  Soit  7n=  [x  la  plus  pelite  racine  positive 
de  l'équation  en  m  ainsi  obtenue,  la  relation  a  =  -  ^  fournit  la  valeur  exacte 

du  diamètre  z.  Faisant  m=u.,  dans  les  n  équations  linéaires,  ces  écjuations  se 

'       .  A      A, 

réduisent  à  /?  —  i  distinctes  qui  permettent  d'évaluer  les  rapports  ~>  t^»---» 

-T^^'  Le  problème  est  ainsi  complètement  résolu. 
Ao  ^  . 

La  solution  de  la  question  se  ramène,  en  somme,  à  la  discussion  d'une 

équation  transcendante  en  m.  Cette  équation  ne  peut  fournir  la  valeur  de  u, 

que  par  des  substitutions  numériques  suffisamment  serrées  et  un  calcul 

d'interpolation,  li.  prend  d'ailleurs  la  valeur  i.227ï,  dans  le  cas  où  la  surface 

de  Tastre  est  uniformément  éclairée. 

Les  fonctions  /et  F,  figurant  dans  l'équation  en  m,  dépendent  d'intégrales 

r '   '  ,^- 

de  la  forme  j    (i  —x-)     'cosqxdx,  oiip  est  un  entier  positif  ou  nul  et  q  un 

nombre  peu  élevé.  Toutes  les  intégrales  obtenues,  en  faisant  varier  p, 
s'expriment  en  fonction  de  celles  qui  correspondent  à/)  =  ietà/?  =  o.  Celte 
dernière  a  d'ailleurs  été  mise  en  table;  elle  intervient  dans  la  théorie  de 
la  diffraction  par  une  ouverture  circulaire. 

L'application  des  considérations  précédentes  à  l'étoile  géante  Beltégeuse 
serait  particulièrement  intéressante.  Il  est  en  effet  difficile  a  priori  de  se 
faire  une  idée  de  ce  que  peut  être  l'atmosphère  d'une  étoile  aussi  immense 
et  dans  un  état  de  condensation  aussi  peu  avancé. 


PHYSIOLOGIE  GÉNÉRALE.  —  L' accoutumance  du  ferment  lactique  aux  poisons. 
{Spécificité^  simultanéité  et  alternance).  Note  de  MM.  Charles  Riciiet, 
EuDoxiE  Bachrach  et  Hexry  Cardot. 

Ayant  établi  ce  fait  fondamental,  que  le  ferment  lactique  s'accoutume 
aux  milieux  toxiques  dans  lesquels  on  l'a  ensemencé,  nous  avons  étudié 


346  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

cette  accoutumance  d'une  manière  plus  approfondie,  aux  points  de  vue  de 
la  spécificité,  de  la  simultanéité  et  de  l'alternance. 

1.  Spécificité.  —  L'accoutumance  est  spécifique,  en  ce  sens  que  le 
ferment  accoutumé  à  tel  poison  déterminé  n'est  pas  accoutumé  à  tel  autre. 

Voici,  pris  parmi  beaucoup  d'autres,  des  nombres  qui  le  prouvent  (')  : 

Spécificité  de  f  accoutumance  (-). 

Teneur  de  la  solution 
de  culture 
en  AsO^K^. 

Os,  05.         Oi?,45.  Os,  85. 

Souche  accoutumée  à  AsO^K^ 86  5o  87 

Souclie  accoutumée  à  Tl  NO^ 68  o  o 


□  4 


SurAso-K^   0,05  %o 


0,4-5  %o 


0,85  %o 


Fis.    I. 


Ainsi  les  seuls  ferments  pouvant  pousser  sur  lès  solutions  arsenicales 
toxiques  sont  ceux  qui  sont  accoutumés  à  l'arsenic,  et  il  n'y  a  pour  pousser 


(')  Si  la  lecture  de  ces  cluifies  paraît  ardue,  on  se  reportera  aux  nombreux  gra- 
phiquesque  nous  donnons  ici,  lesquels  rendront  extrêmement  simple  la  compréhension. 

(^)  Les  nombres  indiquent  l'acidité  de  la  liqueur  fernientée  après  22  heures  de 
fermentation.  Ils  sont  toujours  rapportés  à  100,  100  étant  la  quantité  d'acide  produite 
dans  le  même  temps  par  une  souche  normale  ensemencée  sur  milieu  normal.  Les 
quantités  pondérales  indiquées  pour  le  poison  sont  toujours  rapportées  à  i'  de  la 
solution. 


SÉANCE    DU   6    FI'VRIER    I922.  847 

sur  les  solutions  cadrniques  toxiques  que  les  ferments  accoutumés  au  chlo- 
rure de  cadmium. 

Spécificité  de  V accoutumance. 

Teneur  de  la  solution  de  culture 

en  CdCP.  ou  en  AsO'K=. 

Of,2.5.  Ob',  50.  Ce,  25.  0k,50.  l^. 

Souche  normale o               2,. 5  o  o  o 

Souche  arsenicale  (') o                o  60  3i  i/i 

Souche  cadmique 87  4^  o  o  o 


iHM  \    Souche  normale 
^1  2  Souche  arsenicale 
I     I  5  Souche   cadmique 


Sur  CdCP  0,25% 

(22") 


Sur  CdCP  0,50" 

('i-O'^) 


SurAso'K-'  0,25" 
122") 


Fis.  2. 


SurAso'K    0.50-^ 

122") 


I 


SurAso'K'    1  "o 


De  même,  la  souche  habituée  au  thallium  n'est  accoutumée  ni  à  l'arsenic 
ni  au  cadmium.  L'accoutumance  est  étroitement  spécifique. 

II.  Simultanéité.  —  Il  s'agissait  de  savoir  si  le  ferment  peut  s'accoutumer 
simultanément  à  deux  poisons.  La  réponse  a  été  nettement  positive. 


(1)  Nous  appelons,  pour  simplifier,  souche  arsenicale,  la  souche  qui  a  été,  par  une 
longue  série  de  cultures,  accoutumée  à  l'arséniate  de  K;  souche  cadmique,  la  souche 
qui  a  été,  de  même,  accoutumée  au  CdCl-,  etc. 


348 


ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


Simultanéité  de  l'accoulumance  {flg-  3] 


sur  AsOMv^. 


sur  CdCP 


0?,25. 

Souche  normale o 

Souche  arsenicale 60 

Souche  cadmique » 

Souche  mixte,  c'esl-à-dire  simultané- 
ment arsenicale  et  cadmique Sg 


0?,  50. 

o 
3r 


o 
i4 


0^25. 
o 
» 

68 


100- 


SurAsCK'         0,25  %o 


WM  1   Souche  normale 
IH  2  Souche  arsenicale 

1**1  ^    Souche  mixte  [arsenic*  cadmium} 

Cl  4  Souche  alternée  (arsemc  et  caamiumi 
di  s  Souche  cadmique 


2 

I 


lîll    H 


Sur  CdCP    0,25' 


Fig.  3. 

Donc  la  présence  de  Farsenic  ne'  gêne  en  rien  Taccoutunnance  au  cad- 
mium, et  le  ferment  est  accoutumé  simultanément  à  l'arsenic  et  au 
cadmium. 

De  même,  si  au  lieu  de  CdCP  on  ajoute  à  l'arsenic  du  nitrate  de  thallium, 
l'accoutumance  à  l'arsenic  n'est  nullement  oênée. 


Simuitanéité  de  l'accoutumance  (/îg.  4) 
sur  AsO''  K'. 


Souche  arsenicale 

Souche  mixte  (Âs^O*  et  TliNO^), 


0^05. 
86 
86 


5o 
55 


Os,  85. 
38 


39 
36 


SÉANCE   DU   6   FÉVRIER    I922.  3^9 

Déjà  radaptation  héréditaire  du  protoplasma  de  la  cellule  microbienne  à 
un  poison  était  un  fait  très  surprenant,  mais  l'adaptation  à  deux  poisons 
agissant  simultanément  est  plus  extraordinaire  encore. 


SurAso'K^     0  05°ôo 


Hi  2   Souche  arsenicale 

liîJ  3     Souche   mixte  (  sraemc  *  thallwm  ) 
^ÊÊÀ  4-    Souche  alternée   (arsenic  et  thalUum) 


Fii 


III.  Alternance  de  C accoutumance .  —  Après  avoir  prouvé  l'accoutumance 
simultanée  à  deux  poisons,  nous  avons  étudié  l'accoutumance  alternée. 

\  oici  comment  fut  instituée  l'expérience  : 

Après  que  le  ferment  a  végété  pendant  vingt-quatre  heures  sur  de  l'arsé- 
niate  de  K,  on  le  fait  végéter  pendant  le  même  temps  sur  CdCP;  puis  de 
nouveau  sur  AsOUC,  et  l'on  alterne  ainsi  toutes  les  vingt-quatre  heures 
pendant  plusieurs  jours  (  onze  jours). 

Au  bout  de  ce  temps,  on  constate  que  le  ferment  est  encore  habitué  aux 
deux  toxiques,  mais  plus  faiblement  que  lorsque  l'accoutumance  avait  été 
simultanée,  sans  être  interrompue  par  des  alternances. 

Accoutumance  alternée 
A   i^fig.  4)    sur  AsO^K'. 


Souche  mixte  simultanée  (arsenic  et  ihallium).. 
Souche  alternée  (arsenic  et  tliallium) 


0^,05. 
8G 
76 


0^,45. 
55 


0p,85.       le, -25. 
38  36 


35o  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

sur  AsO^K'.  sur  CdCP-. 

•0»,25.  0*^,50.  Is.  ne, -25. 

.Souche  mixte  simultanée  (arsenic  el  CdCl-).  .  .      69  33  12  68 

Souche  alternée  (arsenic  et  CdCl-) 36  9  o  3 

Souche  normale o  f>  <>  '^ 

^__ ^^^ijig.  5) 

sur  AsO'K'  1%„.       sur  CdCl-0e,50Voo. 
Souche  mixte  simultanée  (arsenic  et  GdCl-).  .  .  33  27 

Souche  alternée  (arsenic  et  CdCl- 22  24 

Souche  normale o  2 ,  j 

100 — ..-.- 


(•33    Souche  mixte    lar-semc*  cadmium) 
(5  <f   Souche  alternée  (  arsenic  et  caamiumi 

^Ë1   Souche  normale 


SurAso-K':  r 


SurCdCP:    0.5%u 


Fig.  5   (  *  ). 

(*)  Les  graphiques  ci-joints  se  comprennent  sans  difficulté. 

La  hauteur  des  colonnes  indique  les  proportions  d'acide  lactique  formé. 

La  figure  i  montre  la  spécificité  de  l'accoutumance  à  l'arsenic,  (2)  représente  la  souche  accoutumée 
à  l'arsenic,  (4)  une  souche  accoutumée  au  thallium  ;  on  voit  que  cette  dernière  n'est  pas  accoutumée 
à  l'arsenic. 

La  figure  2  montre  à  quel  point  l'accoutumance  est  forte  pour  CdCl-  et  As  O'K''.  Elle  montre 
aussi  la  spécificité,  puisque  les  souches  qui  ont  poussé  sur  AsO'K^  ne  sont  pas  du  tout  accoutumées 
à  CdCl-,  de  même  que  les  souches  qui  ont  poussé  sur  CdCl-  ne  sont  pas  du  tout  accoutumées 
à  AsOn<^ 

11  est  intéressant  de  constate)'  que,  même  à  des  doses  de  is  d'arséniate  de  K,  le  croit  est  encore  plus 
fort  pour  le  ferment  accoutumé  qu'aux  doses  de  0,^5  pour  le  ferment  non  accoutumé. 

La  figure  3  montre  que  le  mélange  des  deux  poisons  (souche  mixte)  n'empêche  ni  l'an  ni  l'autre 
d'amener  l'accoutumance.  Si  la  culture  a  été  alternée  (c'est-à-dire  ayant  poussé  un  jour  sur  CdCP,  le 
lendemain  sur  AsO^K^,  et  ainsi  de  suite)  il  y  a  encore  accoutumance  —  mais  très  légère  accoutu- 
mance —  ù  l'un  et  l'autre  des  deux  poisons. 

C'est  aussi  ce  que  montre  très  nettement  la  figure  4-  Un  y  voit  très  nettement  que  1  addition  de 
nitrate  de  thallium  n'a  nullement  modifié  l'accoutumance  à  l'arsenic. 

La  figure  5  montre  que  l'alternance  de  deux  poisons  (arsenic  et  cadmium)  est  moins  favorable 
à  l'accoutumance  que  leur  action  simultanée  continue. 

La  ligne  en  traits  interrompus  placée  au  haut  des  figui'es  3,  4i  5  indique  graphiquement  la  pro- 
portion d'acide  lactique  formé  par  la  souche  normale  sur  milieu  normal. 


SÉANCE    DU   6   FKVRIER    1922.  35 1 

Ainsi  l'alternance  d'un  antiseptique,  sans  détruire  tout  à  fait  l'accoutu- 
mance,  la  diminue  notablement.  C'est  là  un  fait  important  au  point  de  vue 
pratique,  puisqu'il  prouve  que  ralternance  des  antiseptiques,  laquelle 
empêche  les  microbes  infectieux  de  s'accoutumer  aux  poisons,  est  un  traite- 
ment antiseptique  de  choix,  comme  l'un  de  nous  l'a  d'ailleurs  indiqué  ('). 

IV.  Conclusions.  —  i"  L'accoutumance  des  microbes  à  tel  ou  tel  poison, 
transmise  par  hérédité,  t^K.  spécifique^  c'est-à-dire  limitée  au  poison  auquel 
ils  ont  été  accoutumés. 

2°  La  cellule  microbienne  peut  %  ?iZQ,o\i\MVi\^^v  simuUanèment  à  deux  poi- 
sons, et  cette  accoutumance  à  chacun  de  ces  poisons  est,  dans  certains  cas 
au  moins,  aussi  facile  et  aussi  complète  quand  il  y  en  a  deux  que  quand  il 
n'y  en  a  qu'un  seul. 

3"  Quand,  au  lieu  de  faire  pousser  simultanément  les  cultures  sur  les  deux 
toxiques  pour  développer  Taccoutumance,  on  alterne  leurs  cultures,  l'accou- 
tumance se  produit  encore,  mais  à  un  degré  moindre  que  si  l'action  des 
toxiques  était  continue,  au  lieu  d'être  interrompue  par  des  alternances  (^). 


PHYSIOLOGIE  PATHOLOGIQUE.  —  Recherches  sur  l'insuffisance  protéopexique 
du  foie  dans  Vhépatite  dysentérique.  Note  de  MM.  F.  Widal,  P.  AbraiMI 

et  J.  HUTISÎEL. 

Après  avoir  fait  connaître,  par  une  série  de  recherches  expérimentales 
dont  les  résultats  ont  été  communiqués  ici  même,  l'existence  d'une  fonction 
nouvelle  du  foie,  à  laquelle  nous  avons  donné  le  nom  de  «  fonction  protéo- 
pexique »,  nous  avons  montré  les  services  que  pourrait  rendre  au  médecin 
l'exploration  de  cette  fonction,  en  lui  permettant  de  dépister  les  moindres 
altérations  de  la  glande  hépatique.  Grâce,  en  efl'et,  à  une  épreuve  des  plus 
simples,  celle  de  l'hémoclasie  digestive,  qui  consiste,  après  avoir  fait  absor- 
ber au  sujet,  à  jeun,  un  verre  de  200^  de  lait,  à  rechercher,  par  quelques 
numérations  successives  de   ses  globules  blancs,  l'existence   ou  l'absence 

{*)  Charles  Hicuet,  De  V emploi  alternant  des  antiseptiques  {Comptes  rendus^ 
l.  163,  1916,  p.  589-591). 

(-)  i\o^  conclusions  ne  sonl  dues  qu'à  rexpérimeiitaliou  sur  le  ferment  lactique  et 
sur  quelques  poisons.  Mais  il  extrêmement  probable  que  ces  faits  peuvent  être  géné- 
ralisés, c'esl-à-dire  étendus  à  d'autres  microbes  et  à  d'autres  toxiques.  Il  serait  dési- 
rable que  les  nombreux  expérimentateurs  qui  s'occupent  de  bactériologie  entreprissent 
cette  étude. 


352  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

d'une  crise  hémoclasique,  on  apprécie  si  le  foie  exerce  ou  non  sa  fonction 
d'arrêt  à  l'égard  des  protéides  incomplètement  désintégrées  que  lui  amène 
la  veine  porte  à  la  suite  de  ce  repas  ;  en  un  mot,  on  décèle  l'intégrité  ou  au 
contraire  l'insuffisance  de  sa  fonction  protéopexique.  Or,  des  recherches 
comparatives  très  nombreues  nous  ont  permis  d'établir  que,  de  toutes  les 
fonctions  du  foie,  celle-ci,  qui  se  prête  le  mieux  à  une  exploration  scienti- 
fique, est  aussi  la  plus  sensible  à  toutes  les  causes  d'altération  de  l'organe 
hépatique.  Nous  avons  fait  voir  que,  non  seulement  l'insuffisance  protéo- 
pexique se  retrouve  toutes  les  fois  que  d'autres  fonctions  du  foie  (la  biliaire  et 
l'uréogénique  en  particulier)  sont  atteintes,  mais  qu'elle  apparaît  dans  bien 
des  cas  isolés,  sans  être  accompagnée  d'aucune  des  réactions  qu'il  est  habi- 
tuel de  rencontrer  au  cours  de  l'insuffisance  hépatique,  et  qu'elle  constitue 
de  la  sorte  le  témoin  le  plus  fidèle  et  le  plus  délicat  de  l'hépatisme  latent. 

Or  il  est  une  affection,  dans  laquelle  la  recherche  de  l'insuffisance  pro- 
téopexique du  foie  présentait  «  ^77on  un  intérêt  tout  spécial  :  c'est  l'ami- 
biase hépatique.  Alors  même,  en  effet,  que  le  parasite  a  déterminé  les  lésions 
massives  de  l'iiépatite  et  provoqué  un  gros  abcès,  l'anatomie  pathologique 
a  montré  depuis  longtemps  qu'il  reste  dans  le  foie  des  régions  indenmes, 
où  l'amibe  n'a  pas  pénétré  et  qui  conservent  leur  structure  normale. 

On  pouvait  donc  supposer  que  la  présence  de  ce  tissu  normal  suffirait  à 
contre-balancer  l'action  destructrice  des  fpyers  d'hépatite,  et  à  assurer,  au 
moins  dans  une  certaine  mesure,  la^persislance  de  la  fonction  protéo- 
pexique. Or  c'est  bien  là  ce  qui  se  produit,  en  réalité. 

Il  était  indiqué,  tout  d'abord,  de  rechercher  l'influence  que  la  dysenterie 
amibienne  peut  exercer  elle-même,  et  en  dehors  de  toute  localisation  appa- 
rente dans  le  foie,  sur  la  fonction  protéopexique.  A  cet  égard,  les  résultats 
ont  été  constamment  négatifs  :  chez  quatre  sujets,  atteints  d.'entérite  ami- 
bienne de  date  plus  ou  moins  ancienne,  et  chez  lesquels  aucun  symptôme 
d'hépatite  n'avait  jamais  été  constaté,  l'épreuve  de  l'hémoclasie  digestive, 
effectuée  à  différentes  reprises,  a  donné  les  mêmes  résultats  que  chez  des 
sujets  normaux.  L'absorption  des  200^  de  lait  n'a  provoqué  aucune  crise 
hémoclasique.  , 

Nous  avons  alors  effectué  la  même  recherche  sur  des  sujets  atteints  d'ami- 
biase non  seulement  intestinale,  mais  hépatique.  L'un  d'eux,  porteur  depuis 
plusieurs  mois  d'une  colorectite  dysentérique  avec  amibes  nombreuses  dans 
les  selles,  présente  en  outre  tous  les  symptômes  d'une  hépatite  non  encore 
suppuj'ée  :  le  foie  est  gros,  douloureux  spontanément  et  à  la  pression,  mais 
la  fièvre  est  absente. 


SÉANCE   DU   G    FEVRIER    1922.  353 

Les  urines  renferment  des  traces  d'urobiline,  pas  de  sels  biliaires. 
L'('prcuve  de  l'iirmoclasie  digestive  est  absolument  néj^ative;  l'ingestion  du 
lait  provoque  au  contraire  une- hyperleucocytose  nette,  élevant  le  taux  des 
globules  blancs  de  id^oo  à  18  000. 

Trois  autres  malades  sont  porteurs  d'abcès  du  foie  en  évolution.  Chez 
l'un  d'eux,  l'opération  a  permis  d'évacuer  200^  de  plus  du  lobe  gauche;  le 
foie  dépassait  de  trois  à  quatre  traces  de  doigt  les  fausses  cotes.  Les  urines 
renfermaient  de  l'urobiline,  sans  sels  biliaires.  L'épreuve  de  l'hémoclasie 
digestive  effectuée  le  matin  même  de  l'intervention,  a  montré  l'intégrité  de 
la  fonction  protéopexique  du  foie. 

Chez  un  second  malade,  Tabcès  forme  une  tuméfaction  volumineuse  sur 
la  face  antérieure  du  lobe  droit;  les  urines  ne  renferment  que  de  l'urobiline. 
L'épreuve  de  l'hémoclasie  digestive  donne  un  résultat  négatif  :  après 
absorption  des  200^  de  lait,  on  note  au  contraire  de  l'hyperleucocytose, 
de  18000  à  21 000. 

Enfin,  chez  un  troisième  malade,  atteint  lui  aussi  d'hépatite  suppurée,  le 
résultat  est  le  même  :  la  fonction  protéopexique  du  foie  est  indemne. 

Ainsi  donc,  non  seulement  l'hépatite  amibienne  non  encore  suppurée 
n'altère  pas  la  fonction  protéopexique  du  foie,  mais  celle-ci  se  montre  nor- 
male, même  lorsqu'une  partie  importante  du  parenchyme  hépatique  a  été 
détruite  par  la  suppuration.  Sur  quatre  malades  atteints  de  complication 
hépatique  amibienne,  quatre  fois  l'épreuve  de  l'hémoclasie  digestive  a  fourni 
des  résultats  absolument  normaux. 

Ces  faits  tendent  à  établir,  ainsi  que  nous  l'avions  indiqué  précédemment, 
que,  dans  les  altérations  du  foie  dysentérique,  on  ne  saurait  mesurer  le 
degré  de  l'adultération  fonctionnelle  à  la  gravité  apparente  des  lésions; 
quelle  que  soit  leur  étendue,  ces  lésions  restent  en  réalité  locales.  L'amibe 
dysentérique  n'agit  pas  par  des  toxines  qui  diffusent  au  loin  ;  elle  exerce 
une  action  de  nécrose  qui  se  produit  uniquement  à  son  contact;  au-delà  des 
foyers  d'hépatite,  même  suppurée,  des  régions  subsistent  dont  les  cellules 
ont  conservé  leur  pouvoir  protéopexique.  Elles  suffisent  à  assurer  la  persis- 
tance de  cette  fonction  importante  du  foie;  et  c'est  pourquoi  la  crise  d'hé- 
moclasie  digestive  fait  défaut  dans  ces  conditions. 

Un  certain  nombre  de  faits  que  nous  avons  observés  chez  ces  sujets 
atteints  de  dysenterie  amibienne  sont  en  outre  de  nature  à  faire  penser  que 
non  seulement,  au  cours  de  cette  maladie,  le  foie  conserve  l'intégrité  de  sa 
fonction  protéopexique,  mais  qu'il  est  même,  fréquemment,  plus  résistant 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T    ili,  N*  6  )  27 


354  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

qu'un  foie  normal  aux  causes  qui,  d'habitude,  altèrent   très  ra[)idenient 
cette  fonction,  il  en  est  ainsi  de  l'action  des  arsénobenzènes. 

Nous  avons  fait  voir  en  effet  que,  parmi  toutes  les  causes  capables  de 
créer  Finsuftîsance  protéopexique  du  foie,  les  arsénobenzènes,  et  en  parti- 
culier le  novarsénobenzol,  occupaient  la  première  place.  Grâce  à  l'épreuve 
de  riiémoclasie  digestive  nous  avons  pu  nous  rendre  compte  que  les  alté- 
rations hépatiques  sont  constantes  au  cours  du  traitement  par  le  914 i 
qu'elles  apparaissent  d'une  façon  très  précoce  et  avec  l'emploi  de  très  faibles 
doses,  et  qu'elles  sont  susceptibles  de  persister  plusieurs  semaines  après  la 
cessation  des  injections.  «  11  semble  même  que  de  toutes  les  fonctions  du 
foie,  la  fonction  protéopexique  soit  une  des  plus  fragiles  à  l'égard  de  l'in- 
toxication par  le  novarsénobenzol;  si,  chez  certains  sujets,  en  efïet,  nous 
avons  constaté,  en  même  temps  qu'une  hémoclasie  digestive,  un  certain 
degré  d'urobilinurie,  une  réaction  de  Hay  positive  ou  un  abaissement  du 
rapport  azotémique,  chez  d'autres,  par  contre,  ces  derniers  signes  faisaient 
défaut,  et,  seule,  l'existence  de  l'insuffisance  protéopexique  témoignait  de 
l'altération  hépatique.  » 

Or  il  est  remarquable  de  constater  que  chez  les  sujets  atteints  de  dysen- 
terie amibienne  que  nous  avons  examinés,  le  foie  supporte,  au  contraire,  le 
plus  souvent  des  doses  parfois  considérables  de  novarsénobenzol  sans 
qu'apparaisse  la  moindre  insuffisance  protéopexique. 

Ainsi,  parjui  nos  quatre  sujets  atteints  d'amibiase  intestinale,  deux  ont 
été  soumis  à  une  cure  novarsénicale,  par  injections  intraveineuses.  L'un  a 
reçu  1^,55  de  914  en  quatre  fois,  à  huit  jours  d'intervalle;  le  second  i^,3o, 
en  trois  fois.  Or,  chez  l'un  et  l'autre,  l'épreuve  de  l'hémoclasie  digestive, 
recherchée  à  maintes  reprises,  pendant  toute  la  durée  du  traitement  et 
après  sa  cessation,  n'a  décelé  aucune  altération  hépatique.  Cependant  le 
produit  dont  on  se  servait  pour  les  injections  (série  E.2384)  déterminait 
dans  le  même  temps  une  insuffisance  protéopexique  manifeste  chez  quatre 
témoins,  à  la  simple  dose  de  o*^,  3o. 

La  même  tolérance  du  foie  à  l'égard  du  914  se  retrouve  chez  noire 
malade  atteint  d'hépatite  non  suppurée  et  chez  lequel  l'hémoclasie  digestive 
est  également  absente,  bien  que  ce  sujet  vienne  de  subir  tout  récemment 
des  cures  intensives  et  prolongées  de  novarsénobenzol. 

Ce  n'est,  semble-t-il,  que  lorsque  l'on  atteint,  dans  le  traitement,  une 
dose  relativement  élevée  de  914,  que  l'insuffisance  protéopexique  fait 
son  apparition.  Ainsi,  chez  un  de  nos  malades  atteint  d'abcès  du  foie  et 


,       SÉANCE    DU    6    1  i:VRIER    I922.  ÔJD 

opéré  le  20  novembre  1920,  l'hémoclasie  digeslive  était  absente  le  8  jan- 
vier, alors  qu'il  venait  de  recevoir  i^,65  de  novarsénobenzol;  trois  semaines 
plus  tard,  la  dose  totale  étant  montée  à  2^,55,  l'iiémoclasie  digestive 
devint  positive. 

11  semble  donc  bien  que  dans  la  dysenterie  amibienne,  non  seulement  le 
foie,  môme  lorsqu'il  est  le  siège  de  lésions  métastatiques  suppurées,  con- 
serve l'intégrité  de  sa  fonction  protéopexique,  grâce,  sans  doute,  à  la  persi- 
stance d'un  grand  nombre  de  cellules  hépatiques  normales,  en  dehors  des 
foyers  malades,  mais  que  sa  résistance  même  soit  augmentée,  puisqu'on  le 
voit  supporter,  sans  dommage,  des  doses  de  certains  toxiques,  comme  les 
arsénobenzènes,  qui,  en  quantité  beaucoup  plus  faible,  suffisent  à  rendre 
d<''ficiente  la  fonction  protéopexique  d'un  foie  normal. 

Les  résultats  ainsi  observés  au  cours  de  l'hépatite  amibienne  s'opposent 
d'une  manière  frappante  à  ceux  que  l'on  obtient  dans  les  hépatites  d'origine 
toxique,  microbienne  ou  même  circulatoire,  où  la  fonction  protéopexique 
de  la  cellule  hépatique  est  au  contraire,  ainsi  que  nous  l'avons  montré,  si 
facilement  altérée.  C'est  ainsi  (jue  dans  tous  les  cas  d'ictères  infectieux  que 
nous  avons  étudiés,  de  même  que  dans  l'asystolie  hépatique  ou  à  la  suite 
de  la  narcose  chloi'oformique,  l'épreuve  de  l'hémoclasie  digestive,  recher- 
chée chez  le  même  sujet  à  différentes  reprises,  s'est  montrée  d'une  con- 
stance, d'une  précocité  et  d'une  persistance  remarquables.  C'est  qu'il  s'agit 
là  de  lésions  diffuses,  dans  lesquelles  l'action  des  poisons,  des  toxines  ou 
des  troubles  circulatoires,  se  fait  sentir  sans  distinction  et  au  même  degré 
sur  toutes  les  cellules  du  parenchyme  hépatique.  Au  contraire,  dans  l'ami- 
biase hépatique,  les  lésions  nécroliques,  quelle  que  soit  leur  étendue, 
restent  toujours  des  lésions  locales,  et  il  reste  toujours  dans  le  foie  un 
nombre  suffisant  de  cellules  normales  pour  assurer,  pour  une  quantité  déter- 
minée d'aliments  azotés,  la  persistance  de  la  fonction  protéopexique.  Tout 
semble  même  se  passer,  nous  l'avons  vu,  comme  si,  par  une  sorte  de  vica- 
riance,  ces  cellules  restées  intactes,  acquéraient  une  résistance  plus  grande 
qu'à  l'état  normal. 


NOMOGRAPlilE.  —  Sur  Vexaincn  comparatif  de  dwi'ises  méthodes 
nomo graphiques .  Note  de  M.  d'Ocagxe. 

Il  ne  saurait  me  convenir  de  prolonger  devant  l'Académie  un  débat  dont 
je  n'ai,  au  reste,  pas  été  l'initiateur,  et  qui  porte  sur  une  question  d'un 


356  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

caractèn?  beaucoup  trop  spécial  pour  retenir  plus  longtemps  son  attention. 
Je  me  contenterai  donc  pour  l'instant,  tout  en  maintenant  exprefsément 
les  termes  de  la  Note  que  j'ai  donnée  récemment  dans  les  Comptes  rendus 
(t.  174,  1922,  p.  146),  de  renvoyer,  pour  de  plus  amples  développements 
sur  le  sujet,  à  la  publication  que  j'ai  annoncée  dans  cette  Note  et  que 
j'aurai,  dès  qu'elle  aura  paru,  l'honneur  d'offrir  à  l'Académie. 


SPECTROSCOPIE.  —  Sur  V évolution  (lu  spectre  du  magnésium  sous  Vinfluencc 
d'actions  électriques  croissantes .  Applications  à  V Astrophysique.  Note(')  de 

MM.  A.  DE  (iRAMONT  et  G. -A.  HeMSALECH. 

Deux  raies  indigo  du  magnésium,  qui  ont  respectivement  pour  longueurs 
d'ondes  internationales  [\l\'6i^i  raie  d'étincelle,  et  435 1,9  (6®  terme  de  la 
série  de  Rydberg),  raie  de  l'arc,  jouent  un  rôle  important  dans  la  classifi- 
cation des  étoiles  et  dans  les  hypothèses  relatives  aux  températures  de 
celles-ci.  Le  contraste  de  ces  raies  est  frappant.  La  raie  X  448 1  considérée 
par  Scheiner  et  par  Lockyer  comme  révélatrice  des  plus  hautes  tempéra- 
tures stellaires,  est,  avec  la  raie  [K]  du  calcium,  une  des  premières  lignes 
métalliques  à  apparaître  dans  les  étoiles  à  hélium  ayant  des  accointances 
avec  les  nébuleuses.  Sa  présence,  comme  raie  brillante,  dans  les  étoiles 
nouvelles,  a  été  récemment  confirmée,  notamment  dans  la  nova  n°  II  des 
Gémeaux  par  M.  F.-J.-M.  Stratton.  La  forte  intensité  de  cette  raie  persiste 
dans  les  étoiles  à  hydrogène,  mais  elle  décroît  dans  les  groupes  suivants  de 
la  série  évolutive,  lorsque  les  spectres  métalliques  apparaissent  et  se  déve- 
lop^Dent.  Elle  finit  par  disparaître,  au  milieu  d'eux,  dans  les  étoiles  du  type 
solaire.  La  raie  A  4352  de  l'arc  est,  au  contraire,  toujours  considérée  comme 
indiquant  des  températures  stellaires  relativement  basses.  Il  nous  semble 
que,  comme  terme  de  comparaison,  la  raie  A  4352  dont  les  variations  sont 
peu  sensibles,  pourrait  être  avantageusement  remplacée  par  la  raie  X  457 1 ,  i 
qui  est  une  raie  de  flamme,  puis  d'arc,  et  enfin  d'étincelle,  où  elle  s'aO'aiblit 
notablement. 

Ces  deux  lignes  A  4352  et  A  4571  s'accompagnent  dans  l'évolution 
stellaire.  Elles  apparaissent  dans  Procyon  (groupe  F5  de  Harvard)  étoile 
intermédiaire  entre  les  étoiles  à  hydrogène,  et  celles  du  type  solaire,  où  les 
raies  renforcées  des  proto-métaux  de  Lockyer  sont  aussi  développées  que  les 
raies  de  l'arc.  On  y  trouve  aussi  les  triplets  [Z>]  X5i84  et  X3838,  qui  ont 

(^'  )  Séance  du  28  janvier  1922. 


SÉANCE  DU  6  FKVRIER  1922.  357 

d'ailleurs  fait  leur  apparition  dans  les  étoiles  à  hydrogène,  de  sorte  que  le 
spectre  du  magnésium,  étudié  dans  le  tableau  qu'on  trouvera  plus  loin,  est 
au  complet  dans  Procyon.  Les  deux  raies  A  4371  et  A  4352  persistent  dans 
les  stades  plus  avancés  de  l'évolution  stellairc  et  sont  bien  marquées  dans  les 
groupes  M.  Il  serait  particulièrement  intéressant  de  tenir  compte  des  faits 
que  nous  allons  présenter  ici,  en  comparant  dans  les  spectres  des  groupes  M 
ceux  des  étoiles  géantes  à  ceux  des  étoiles  naines,  afin  de  chercher  si  les 
raies  du  magnésium  ne  se  comportent  pas  différemment  dans  ces  deux  caté- 
gories opposées. 

Dans  une  Note  antérieure  ('),  nous  avions  attiré  l'attention  sur  ce  fait 
remarquable  que  la  raie  d'étincelle  A4481  s'arrête  brusquement,  ou  tout  au 
moins  accuse  une  chute  subite  et  très  marquée  d'intensité,  à  un  certain 
moment,  pendant  la  deuxième  phase  d'un  arc  à  goutte  Uquide  (voir  figure 
ci-dessous),  tandis  que  toutes  les  autres  raies  du  même  spectre  (raies  d'arc 
et  raies  de  flamme)  continuent,  sans  subir  aucun  changement  dans  leur  émis- 
sion. Nous  avons  démontré  de  plus  que  cet  événement  a  toujours  lieu  quand 
l'intensité  du  champ  électrique  agissant  est  tombé  à  environ  5oo  volts  :  cm; 
nous  en  avons  conclu  que  rémission  de  la  raie  a448i  est  régie  par  des  forces 


Champ 

électrique 

volts/cm 

304 

460 

23000 


i 


y  =   (2'  phase  ) 


couche  liquide 
(I""*  phase) 


-M       00  t^  O     O 

in     _  _  _   o 


oc  -M  C-. 

rï  rî  M 

ce  oc  00 

n  n  n 


Arc  au  magnésium,  avec  goutte  d'eau. 

électriques  et  qu'il  existe  une  valeur  critique  de  cette  force  au-dessous  de 
laquelle  cette  raie  n'est  plus  émise.  Dans  une  autre  série  d'expériences  faites 
avec  des  fours  électriques,  l'un  de  nous  a  mis  en  évidence  un  fait  analogue 
pour  les  triplets  A3838  et  a5i84  (').  Ces  triplets  sont  fortement  émis  dans 
l'espace  au-dessous  de  la  lame  de  graphite  jusqu'au  bord  inférieur  de  la 
frange  rouge  produite  comme  l'on  sait  par  le  courant  thermo-électronique. 
A  cet  endroit  ils  subissent  une  chute  brusque  d'intensité  et  apparaissent 
comme  raies  faibles  dans  la  partie  inférieure  de  l'espace  protégé.  D'un  autre 


(')  A.  DE  Gramont  et  G. -A.  Hemsalech,  Comptes  rendus,  t.  173,  192 r,  p.  5o5. 
(*)  G. -A.  Hemsalech,  Philosophical  Magazine,  t.  VO,  1920,  p.  296. 


358  ACADÉMIE  DES    SCIENCES. 

coté  la  raie  de  la  flamme  X/i^ji  ne  subit  aucun  changement  en  passant  de 
la  surface  inférieure  de  la  lame  vers  le  bas  à  travers  la  frange  rouge.  Le  bord 
inférieur  de  la  frange  marque  ainsi  le  lieu  où  la  chute  de  potentiel  atteint 
une  valeur  critique  au-dessous  de  laquelle  l'émission  des  triplets  ne  s'efTectue 
plus  au  moyen  d'actions  électriques.  La  faible  émission  qui  subsiste  est  pro- 
voquée, comme  dans  les  enveloppes  des  flammes,  par  des  actions  thermo- 
chimiques.  La  résistance  des  vapeurs  du  magnésium  n'étant  pas  évaluable 
à  ces  hautes  températures,  il  n'a  pas  été  possible  de  déterminer  la  valeur 
critique  de  la  chute  du  potentiel.  Cependant  ces  raies  apparaissent  déjà 
avec  un  champ  de  moins  de  5  volts:  cm.  Dans  les  mêmes  conditions  les 
raies  de  la  série  nébuleuse  de  Rvdbers:  sont  absentes.  Nous  les  avons 
obtenues  dans  l'arc  direct  avec  un  champ  moyen  de  70  volts  :  cm. 

La  valeur  critique  du  champ  pour  l'excitation  des  raies  de  la  série  de 
Rydberg  doit  donc  être  comprise  entre  5  et  70  volts  :  cm.  Nous  savons  en 
outre,  d'après  les  observations  de  M.  de  Watteville  ('),  que  la  distinction 
entre  les  raies  de  la  flamme  et  les  triplets  du  magnésium  est  aussi  nettement 
mise  en  évidence,  dans  la  flamme  air-gaz  d'éclairage.  Les  raies  des  triplets 
(raies  d'arc)  s'arrêtent  brusquement  à  la  hauteur  du  cône  bleu,  tandis  que 
les  raies  de  la  flamme  continuent,  sans  aucune  modification  appréciable, 
dans  les  parties  chaudes  de  l'enveloppe  au-dessus  du  cône.  Les  résultats 
donnés  parle  four  concordent  donc  parfaitement,  en  ce  qui  concerne  la 
diflerence  d'origine  des  raies  de  flamme  et  des  raies  d'arc,  avec  ceux  obtenus 
avec  les  flammes. 

Nous  croyons  pouvoir  conclure  de  ce  qui  précède,  que  les  centres  d'émis- 
sion du  magnésium  peuvent  exister  dans  cinq  états  difîérents,  dont  chacun 
est  caractérisé  par  l'apparition  unique,  ou  la  pi-édominance  dans  le  spectre, 
des  types  de  raies  suivants  : 

Premier  état  :   raies  de  la  flamme. 

Deuxième  état  :   raies  d'arc  (triplets  de  série). 

Troisième  état  :  raies  d'arc  (série  nébuleuse  de  Rydberg). 

Quatrième  état  :  raies  d'étincelle  fines. 

Cinquième  élat  :   raies  d'clincelle  élargies. 

Le  dernier  état  correspond  au  proto-magnésium  de  Lockyer.  Comme 
nous  venons  de  le  voir  dans  deux  cas,  le  passage  d'un  état  à  l'autre  avec 
des  forces  électriques  décroissantes  s'accomplit  brusquement,  à  savoir  le 
passage  du  quatrième  au  troisième  et  celui  du  deuxième  au  premier  état. 

(')  C.  i)K  Watteville,  Thèse  de  Doctorat^  Paris,'  1904,  p.  34- 


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SÉANCE   DU   6   FÉVRIER    I922.  3% 


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36o  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

Le  passage  du  cinquième  au  quatrième  état  se  fait  généralement  moins 
subitement  que  les  précédents.  Quant  au  changement  du  troisième  au 
deuxième  état,  le  point  critique  n'a  pas  encore  pu  être  déterminé. 

A  Taide  de  toutes  ces  données  et  de  quelques  observations  de 
MM.  Hartley  et  Ramage  sur  le  spectre  de  la  flamme  oxhydrique  (^)  ainsi 
que  de  celles  de  M.  King  sur  le  spectre  du  four  électrique  (-)  nous  avons 
établi  le  Tableau  ci-dessus,  qui  donne  un  aperçu  général  du  développement 
du  spectre  du  magnésium  à  travers  les  sources  lumineuses  de  nos  labo- 
ratoires. Nous  y  avons  mis  en  évidence  le  rôle  important  joué  par  les  forces 
électriques  dans  l'excitation  des  principaux  types  de  raies. 

On  le  voit,  les  seules  raies  du  magnésium  émises  dans  cette  partie  du 
spectre,  en  l'absence  d'actions  électriques  ou  chimiques  spéciales,  sont  la 
raie  de  la  flamme  X4571  et  les  triplets  des  séries.  Mais,  tandis  que  la  pre- 
mière n'est  pas  sensiblement  influencée  par  les  actions  électriques,  les 
triplets,  au  contraire,  croissent  en  intensité  avec  l'augmentation  du 
champ  électrique.  On  constate,  en  outre,  que  les  actions  chimiques 
spéciales  du  cône  bleu  de  la  flamme  air-gaz  d'éclairage  provoquent  déjà 
l'émission  des  triplets  à  une  température  à  laquelle  des  actions  thermiques 
seules  seraient  encore  incapables  de  l'exciler.  Si,  dans  le  spectre  d'une 
source  de  lumière,  les  triplets  du  magnésium  apparaissent  très  intenses  par 
rapport  à  la  raie  X4571  on  serait  donc  en  droit  de  soupçonner  la  présence, 
dans  cette  source,  d'actions  chimiques  spéciales  (telles  que  la  formation  de 
nitrure  de  magnésium)  ou  d'actions  électriques.  Comme  l'indique  le 
second  groupe  du  Tableau,  les  actions  électriques,  dans  ce  cas,  peuvent 
être  assez  faibles,  pourvu  que  la  vapeur  métallique  soit  à  une  haute  tempé- 
rature. Si  la  source  émet,  outre  ces  deux  types  de  raies,  également  les  raies 
de  la  série  de  Rydberg  et  la  raie  d'étincelle  }.44^i"  il  est  évident,  d'après  lé 
Tableau,  que  les  actions  électriques  dans  la  source  doivent  être  plus  vigou- 
reuses. Si  la  raie  À44i^i  est  élargie  symétriquement  et  si  les  raies  de  la 
série  de  Rydberg  sont  ailées  du  côté  rouge,  on  pourra  en  conclure  que  la 
source  est  le  siège  de  courants  électriques  à  chutes  de  potentiel  rapides, 
provoquées  parla  présence  de  champs  électriques  intenses.  La  température 
des  vapeurs  métalliques  dans  ces  conditions  doit  être  sans  doute  relative- 
ment basse.  Si,  d'un  autre  côté,  X4481  est  une  ligne  fine  et  relativement 


(^)  W.  N.  Hartley  et  II.  Rama(.f,    Transactions   Royal  Dublin  Society^  ■^''  série, 
vol.  7,  1898-1901,  p.  343. 

(■-)  A.  S.  IviN(;,  Asi/'op/tysicdl  Journal,  vol, '18,  J91S.  p.  ^9. 


SÉANCE   DU   6    FÉVRIER    1922.  36 1 

faible  par  rapport  aux  triplcts  et  aux  raies  de  la  série  de  Rydberg,  et  si  ces 
dernières  sont  sans  ailes,  et  assez  bien  définies,  il  est  probable  que  l'émis- 
sion de  ces  radiations  est  causée  par  l'opération,  conjointe  et  simultanée 
dans  la  source,  de  forces  électriques  modérées  et  d'actions  chimiques 
spéciales.  La  température  de  la  vapeur  métallique  dans  cette  source  sera 
plus  élevée  que  dans  le  cas  précédent. 

Ces  considérations  nous  démontrent  que,  si  nous  désirons  tirer  des  con- 
clusions relatives  aux  forces  qui  agissent  dans  une  source  lumineuse  quel- 
conque, nous  ne  devrons  pas  nous  laisser  guider  parle  seul  fait  que  certains 
types  de  raies  sont  présents  ou  prédominent  dans  le  spectre  de  la  source, 
mais  que  nous  devrons  toujours  porter  notre  attention  tout  spécialement 
sur  le  caractère  des  raies.  Il  serait,  de  plus,  également  utile  de  tenir  compte 
de  la  présence  de  certains  gaz,  tels  que  l'hydrogène  et  l'azote  dans  la  source 
lumineuse,  et  de  noter  le  caractère  des  raies  ou  bandes  de  ces  gaz.  Enfin,  il 
sera  important  d'examiner  si  le  phénomène  lumineux  qu'on  observe  est  de 
nature  permanente  ou  transitoire,  avec  des  changements  spectraux  rapides. 

Comme  nous  l'avons  démontré,  les  effets  specti^aux  des  champs  électriques 
intenses  sont  surtout  marqués  dans  V étape  initiale  d' un  phénomène  lumineux 
(arc  ou  étincelle)  quand  la  température  et  la  conductibilité  électrique  des 
vapeurs  sont  encore  peu  élevées.  Au  fur  et  à  mesure  que  la  température 
augmente,  l'émission  qui  dépend  de  la  présence  de  chutes  de  potentiels 
rapides,  diminue  ou  mémo  disparaît. 

En  conséquence,  il  serait  dangereux  de  conclure  qu'une  étoile  possède  une 
haute  température  parce  que  des  raies  d'étincelle  prédominent  dans  son 
spectre,  et  une  telle  conclusion  serait  particulièrement  difficile  à  soutenir 
dans  le  cas  des  premières  étapes  du  développement  d'une  étoile  nouvelle 
ou  nova. 

Il  nous  semble  pouvoir  estimer,  comme  l'un  de  nous  l'a  déjà  fait  (') 
ailleurs,  qu'il  est  possible  de  remplacer,  en  Astrophysique,  les  expressions 
températures  élevées  par  grandes  différences  de  potentiel  et,  étoiles  chaudes 
par  étoiles  à  puissantes  décharges  électriques,  les  raies  des  étoiles  dites  très 
chaudes  étant,  comme  nous  l'avons  vu,  produites  par  des  décharges  élec- 
triques à  grandes  différences  de  potentiel.  Ces  étoiles  pourraient  aussi  être 
désignées  comme  étoiles  à  hautes  tensions. 

(•  )  A.  DE  Gramom,  Sur  les  spectres stellaires  (  Annuaire  du  Bureau  des  Longitudes 
pour  1922). 


362 


ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


GÉOMÉTRIE  INFINITÉSIMALE.  —  Sur  les  réseciux  qui  sont  plusieurs  J ois  Q.^^^^. 

Note  de  M.  C.  Guichard. 

Je  désigne  par  l^,  ^o,  . . .,  ^2„;  y],,  y]2,  •  •  -,  'r\2u  les  paramètres  normaux  des 
tangentes  à  un  réseau  situé  dans  un  espace  d'ordre  in.  On  sait  que  l'on  a 


-T^  ■=  n-f], 


ait 


Cela  posé,  le  réseau  sera  Q„„  (voir  ma  Note  du  i6  janvier)  si  l'on  a 
Si  le  réseau  est  12„o  d'une  autre  manière,  on  aura  aussi 

En  comparant,  on  voit  que  le  rapport  —  est  le  quotient  d'une  fonction 
do  H  par  une  fonction  de  v^  par  un  choix  convenable  des  variables  indépen- 
dantes, on  peut  supposer  m  =  n;  c'est  ce  que  je  suppose  désormais.  Ces 
réseaux  pour  lesquels  m  =  n  seront  appelés  des  réseaux  à  rotations  égales. 
Ou  aura  donc 


av 


du 


=  me, 


(0 

(2)  [.ï,r;]:=:/«[-U+   V].   • 

La  formule  (2)  montre  que  l'on  peut  remplacer  Vi  et  V  par  U  4-  co  et  V4-  w, 
w  étant  une  constante.  D'où  les  conclusions  : 

Tout  réseau  plusieurs  fois  Ù(^Q  est  à  rotations  égales.  Tout  réseau  O^^  à  rota- 
tions égales  est  d'une  infinité  de  manières  Q^o. 

A  chaque  valeur  de  co,  on  peut  faire  correspondre  (Note  du  16  janvier) 
un  déterminant  L.  Je  désigne  pour  L^  et  L,^  les  déterminants  qui  corres- 
pondent aux  valeurs  o  et  w  de  co  ;  enfin  pour  simplifier  l'écriture  je  suppose 
que  les  réseaux  appartiennent  à  un  espace  d'ordre  4-  Je  pose 


Ln=: 


œ\ 

x\ 

cc\ 

x\ 

co\ 

x\ 

•r\ 

xX 

x*. 


L,„: 


ri 

y\ 

y\   y\ 

y\ 

y\ 

y\   y\ 

■y\ 

y\ 

yl   y\ 

y\ 

yï 

y\  y\ 

Je  désigne  par  a^^^  b^  les  valeurs  de  h  et  /  pour  la  ligne  de  rang  X-  du  pre- 
mier déterminant;  par  ^;,,  fj,  les  éléments  analogues  pour  le  second.  On 


SÉANCE   DU   6    Fl.VRIER    1922.  363 


aura 


(;>) 


dau  j  de,, 

db,  ôf, 

au  ou 


r  /.T  r  I  'I 

'^      -^   '  L  U  +  co         V  +  w  ! 

L'équation  (5)  donne  le  résultat  analytique  suivant  : 
SI  un  système  d'équations  à  relations  é orales 

di  df] 

-^  =  m-n,  -7-  =  m:. 

av  au 

admet  m  solutions  ç,,  Ço,  .  .  . ,  ^o„;  y],,  yjo,  •  •  • .  "I27.  telles  que 

elle  admet  une  infinité  de  systèmes  de  in  solutions  possédant  la  même  pro- 
priété. 

Transformation.  —  Je  détermine  X  par  les  équations  compatibles 

(6)  -r  =  «'       -Â-  =  '''-  ^ 

^  au  ov 

ir       oc        !27        in 

Le  point  N  quia  pour  coordonnées  y'  y'  ^l'ic  ^^^^^^  un  réseau;  les 

valeurs  de  h  et  /  pour  ce  réseau  sont  y'  Y"'  ^"  trouve  facilement  pour  les 
paramètres  normaux  |  ^  |,  j  tq  j  de  ce  réseau  les  valeurs 


(7)                               •      \c\  =  l-^ 

Il      ^'  ' 

Je  dis  que  ce  réseau  N  est  Oo,,,  on  a,  en  effet, 

=  ^[^',n  =  Ju, 

=  ^[^'.n]  =  ^V, 

ce  ({ui  caractérise  un  réseau  Ooo-  Les  rotations  |m|.  \n\  de  ce  réseau  se 
déduisent  des  équations  (7).  On  trouve 

(8)  \in\  =  m ^,  \n\=n ^, 


364 

et,  par  conséquent, 


ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


Le  réseau  N  est  donc  plusieurs  fois  ù^o- 

On  forme  facilement  les  déterminants  Lo  et  L^^  qui  correspondent  à  ce 
nouveau  réseau.  La  première  ligne  de  L,,  est  formée  par  les  coordonnées  du 
point  N.  Les  autres  s'obtiennent  à  l'aide  de  quadratures  que  je  ne  dévelop- 
perai pas  dans  cette  Note.  Pour  former  la  première  ligne  du  nouveau  déter- 
minant Lto  je  pose 

On  en  déduit 


(9) 


Les  éléments  |  j|  |,  \yl  |,  |  y.,  |,  |  jj  |  du  nouveau  déterminant  sont 


(10) 


\yl\=A  + 


(0  X 


En  différentiant  l'équation  (lo)  on  trouve,  en  effet, 

à\.rl-\ 


du 


^     Q         \  /  I      C3 


ce  qui  montre  déjà  que  le  point  qui  a  pour  coordonnées  \y\\  décrit  un 
réseau  parallèle  au  réseau  (N).  On  vérifie  ensuite  que  Ton  a 

[|/Mi|]-(^.+  ^|«.)(U  +  o3), 

ce  qui  prouve  que  les  \y\  \  forment  une  ligne  du  nouveau  déterminant  L^^. 
On  détermine  les  autres  lignes  en  se  servant  des  crochets 

[^»,j^],      [.r',jM,      Voc\y'*\ 

Application  a  l'espace  ordinaire.  —  Je  prends  un  système  plusieurs  fois  1},^ 
dans  un  espace  d'ordre  i.  J'ai  les  deux  déterminants 


1 
1 

2 

x\ 

)                ^w  — 

y\ 

y\ 

ï 

a-\ 

y\ 

y\ 

SÉANCE  DU  6  FÉVRIER  I922.  365 

Le  poinl  A  qui  a  pour  coordonnées  x\,  x\^  X  décrit  un  réseau;  les  para- 
mètres normaux  des  tangentes  à  ce  réseau  sont  ^,,  ^o)  ^1  ^^  '^tn  ■^i2>  ^i- 
Je  pose  maintenant 

(11)  y3  =  -  T-i^\  y]- 

Le  point  B  qui  a  pour  coordonnées  y\,  j',  73  décrit  un  réseau  parallèle 
à  A.  Il  en  résulte  que  si,  par  le  point  A,  je  mène  une  droite  D  parallèle  à  la 
droite  qui  joint  l'origine  au  point  B,  cette  droite  D  décrira  une  congruence 
conjuguée  au  réseau  A.  Je  dis  que  cette  congruence  appartient  à  un  com- 
plexe linéaire.  On  a,  en  effet,  d'après  l'équation  (i  i), 

'  La  droite  D  appartient  à  un  complexe  linéaire  ayant  pour  axe  le  troisième 
axe  de  coordonnées  et  pour  paramètre  —  (o.  A  chaque  valeur  de  w  on  fait 
correspondre  une  série  de  congruences  G,  L  conjuguées  au  réseau  A.  Les 
complexes  qui  contiennent  ces  congruences  forment  un  faisceau. 

Réciproquement,  on  obtient  ainsi  tous  les  réseaux  conjugués  à  deux 
congruences  G,  L  appartenant  à  des  complexes  différents. 

Remarque.  —  Si  la  fonction  U  se  réduit  à  une  constante  A,  la  première 
tangente  AR  du  réseau  A  appartient  à  un  complexe  linéaire.  En  effet,  les 
paramètres  directeurs  de  AR  sont  i,,  Ha,  a,  et  l'on  a  (4) 

Si  les  deux  fonctions  U  et  V  se  réduisent  à  des  constantes,  forcément 
distinctes,  les  deux  tangentes  du  réseau  A  décrivent  des  congruences  G,  L. 
On  obtient  ainsi  les  réseaux  de  M.  Wilkinsky. 

PHYSIQUE.  —  Les  points  de  congélation  de  liquides  organiques  purs  comme 
repères  therniométriques  aux  températures  inférieures  «  0°  C.  iNote  (  '  )  de 
M.  Jean  Timmeiuiaxs,  M"*^  II.  Van  dek  IIorst  et  M.  U.  Kamerlixgh 
Onnes. 

La  fixation  d'un  certain  nombre  de  repères  thermométriques,  fournis  par 
la  fusion  ou  l'ébuUition  de  substances  pureSj  a  souvent  été  recommandée 
dans  le  but  d'améliorer  la  concordance  des  résultats  obtenus  par  les  divers 
observateurs  pour  des  phénomènes  variés.  Le  présent  travail  s'occupe  de 


(')  Séance  du  3o  janvier  1922. 


366  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

la  solution  du  problème  ainsi  posé,  en  ce  qui  concerne  les  températures  de 
congélation  inférieures  à  o"C. 

Neuf  températures  de  fusion  de  liquides  organiques  purs  ont  été  déter- 
minées. Lesmesuresonl  été  faites  dans  le  laboratoire  cryogénique  de  Leyde 
dans  un  appareil  cryostatique  où  l'équilibre  thermodynamique  entre  phase 
liquide  et  phase  cristalline  pouvait  être  maintenu  très  longtemps  à  0,0 1  de 
degré  près;  ce  résultat  a  été  obtenu  grâce  à  un  brassage  énergique  de  la 
masse  en  voie  de  congélation  et  à  l'usage  d'une  enceinte  cryogénique  dont 
la  température  pouvait  être  réglée  à  l'aide  d'un  courant  d'air  froid.  Les 
températures  relatives  étaient  déterminées  au  j^  de  degré,  à  l'aide  d'un 
thermomètre  à  résistance  de  platine,  recalibré  par  rapport  à  un  ther- 
momètre à  hélium,  capable  d'indiquer  les  températures  absolues  à 
0,02  degré  près. 

Les  cor[)S  étudiés  ont  été  purifiés  dans  le  Laboratoire  de  Chimie  de 
l'Université  de  Bruxelles  avec  le  plus  grand  soin  ;  la  possibilité^  d'en 
conserver  indéfiniment  des  échantillons  en  tube  scellé  et  de  les  reproduire, 
a  été  vérifiée. 

Pendant  les  mesures  ils  étaient  en  communication  libre  avec  l'air  atmos- 
phérique. La  précision  de  nos  déterminations  dépasse  le  dixième  de  degré. 
Nous  la  considérons  cependant  comme  nettement  inférieure  à  celle  qu'on 
sait  obtenir  dans  les  mesures  avec  le  thermomètre  à  hélium  (0,02  degré). 
Il  s'agira  donc  d'améliorer  encore  les  méthodes  suivies  pour  arriver  à 
connaître  les  points  de  repère  avec  la  précision  de  ce  thermomètre.  De  ce 
point  de  vue  notre  travail  n'est  qu'un  premier  pas  vers  le  but  proposé. 

Voici  les  constantes  physiques  des  corps  que  nous  avons  étudiés  et  la 
valeur  définitive  que  nous  proposons  d'adopter  pour  leur  température  de 
congélation  : 

Tenipéralure 

d'ébullition  TempcraUiie 

Substance.  (760""°).  Densité  0"-'i°  de  C()iii;élulion. 

o  c.  o  c. 

Tétrachlorure  de  carbone 76.75  1  ,63255  —   22,9 

Glilorobenzène 102,00  1,12796  —  45,2 

Chloroforme 61,20  i,  52635  —   63,5 

Acétate  d'éthyle 77^  i5  0,92450  —  83,6 

Toluène 110,70  o, 88445  —  95.  i 

Sulfure  de  carbone 46,25  i  ,  29270  — 111,6 

Isther  éthylique  (forme  stable)..  34, 60  0,73625  — 116, 3 

»              »           (     »       instable).  — 123,3 

Mélhylcyclohexane 100, 3o  0,78640            ,     — 126,4 

Isopentaue 27,95  o, 63960  — 159,6 


SÉANCE   DU    6    FÉVRIER    I922.  367 

Nous  espérons  pouvoir  bientôt,  sous  les  auspices  de  la  première  Commis- 
sion de  l'Institut  International  du  Froid,  mettre  à  la  disposition  de  nos 
Collègues,  des  échantillons  garantis  des  repères  thermomètriques  ainsi 
établis. 

ÉLECTIONS. 

L'Académie  procède,  par  la  voie  du  scrutin,  à  l'élection  d'un  Membre 
de  la  Section  de  Géographie  et  Navigation,  en  remplacement  de  M.  Alfred 
Grandidier^  décédé. 

Au  premier  tour  de  scrutin,  le  nombre  de  votants  étant  57, 

M.  Gustave  Ferrie    obtient 52  suffrages 

M.  Eugène  Fichot  »        2        » 

M.  Jean  Tilho  »        1        » 

M.  Edouard  Perrin        »        i  suffrage 

M.  Gustave  Ferrie,  ayant  réuni  la  majorité  absolue  des  suffrages,  est 
proclamé  élu. 

Son  élection  sera  soumise  à  l'approbation  de  M.  le  Président  de  la 
République. 

CORRESPOND  AIVCE. 

M.  le  Ministre  de  i/'Ixstructiox  publique  invite  l'Académie  à  lui  pré- 
senter une  liste  de  deux  candidats  à  la  chaire  d'Anatomie  comparée  du 
Muséum  d'Histoire  naturelle. 

(Renvoi  à  la  Section  d'Anatomie  et  Zoologie.) 

M.  B.  Berloty  adresse  des  Rapports  relatifs  aux  subventions  accordées 
,à  l'Observatoire  de  Ksara  sur  la  Fondation  Loutreuil  en  1919  et  1921. 

M.  le  Secrétaire  PERPÉTUEL  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1°  Ludovic  Gaurier.  Études  glaciaires  dans  les  Pyrénées  françaises  et  espa- 
gnoles de  1900  à  1909.  Préface  de  Ch.  Radot.  (Présenté  par  M.  le  Prince 
Bonaparte.) 

2*^  Franck  Duroqiier,  La  T.  S.  F.  des  amateurs. 


368 


ACADEMIE   DES    SCIENCES. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  — Remarques  sur  les  fonctions  quasi  analy- 
tiques et  les  fonctions  indéfiniment  dérivahles.  Note  de  M.  3Iaurice 
Gevrey. 

Dans  deux  Noies  récentes  du  plus  haut  intérêt  (  '  ),  MM.  Arnaud 
Denjoy  et  Emile  Borel  ont  énoncé  certaines  propriétés  des  fonctions  quasi 
analytiques  de  variables  réelles,  pour  lesquelles  la  série  de  Taylor  diverge 
en  tout  point  de  leur  domaine  d'existence,  bien  qu'elles  soient  entièrement 
déterminées  par  la  connaissance  des  dérivées  successives  en  un  point. 
M.  Denjoy  a  donné  un  très  beau  théorème  fournissant  un  critère  de  quasi- 
analyticité  par  l'allure  des  dérivées  successives  d'une  fonction  donnée  9(^7) 
dans  un  intervalle  (a,  h)  :  la  condition  est  vérifiée  en  particulier  pour  les 
les  fonctions  dont  la  dérivée  /i''"'"''  admet  la  limitation  (  H7i^/i....(^^,/i)'*  et 
que  M.  Borel  appelle yo/zc^io/?^'  quasi  analytiques  de  catégorie  p.  Ce  type  est 
intermédiaire  entre  les  fonctions  de  classe  i ,  qui  sont  analytiques,  et  les 
fonctions  de  classe  ^  i,  que  j'ai  envisagées  dans  un  Mémoire  antérieur  (-); 
les  fonctions  quasi  analytiques  se  rangent,  en  quelque  sorte,  parmi  celles 
dont  la  classe  est  infiniment  peu  supérieure  à  un. 

Nous  allons  faire  entrer  toutes  les  fonctions  indéfiniment  dérivahles  dans 
la  classification  suivante  :  si  Ion  a,  dans  Tintervallc  (a,  ^), 


d"  o 


dx" 


<M 


co  éldni  une  fonction  positive  monotone^  nous  dirons  que  o  est  de  tyye  [w] 
dans  (a,  b).  Les  types  [w]  et  \Q\  seront  considérés  comme  identiques  si  le 
rapport^  reste  compris  entre  deux  limites  finies;  si,  plus  généralement,  il 

reste  borné  supérieurement,  nous  dirons  que  Q.  est  dominante  pour  co  (') 
et  nous  traduirons  ceci  pur  la  notation  [co]  <  [ilj.  Nous  envisagerons  dans  la 
suite  des  types  de  fonctions  bi  non  décroissantes.  Les  types  [i],  ['^«.  •  • '^;,a/], 
[/i*  ']  donnent  respectivement  les  fonctions  analyticpes,  quasi  analytic|ues, 
de  classe  a. 

Plus  généralement,  si  Ton  a,  en  tout  point  d'un  domaine  D, 


dn. 


,<D 


dx']^ 


dx'l/ 


<M 


(')  Comptes  rendus,  t.  173,  igji,  p.  iSag  et  i/i3i, 
(-)  Annales  de  l'Ecole  ISormaley  1918,  p.  129. 
(^)  Cf.  GouRSAT,  Analyse^  t.  3. 


SÉANCE  DU  6  FÉVRIER  I922.  869 

nous  dirons  que  la  fonction  <l>(a-, .  . . .,  Xp)  est,  dans  D  et  par  rapport  à  t' en- 
semble des  variables  ûo,,  de  type  [w,  |  en  x,  (/  =  i ,  .  ..,/>)•  Si  les  fonctions  w, 
admettent  il  (par  exemple  Tune  d'elles)  comme  dominante,  on  pourra  dire 
que  4>  est  de  type  |0]  en  (x^,  ...,  Xp).  Si  enfin  la  fonction  eu,  admet  les 
autres  comme  dominantes,  on  pouiia  prendre  comme  limitation  do  délini- 
tion 


en  posant 


Mt^^^^,[s<-M-...i-a",.)]'v. 


et  f,j,=z:  (,/,«,  (<=:2,    ..^,J>). 


Celte  seconde  définition,  équivalente  à  la  première  pour  une  classe  étendue 
de  fonctions  w  croissantes,  est  celle  que  nous  pourrons  adopter  pi>iir  los 
fonctions  CD  à  croissance  plus  rapide. 

Cela  posé,  les  propriétés  des  fonctions  analytiques,  étendues  par  M.  Borel 
aux  fonctions  ^Mrt«  analytiques  et  antérieurement  par  nous-mêmes  aux  fonc- 
tions de  classe  donnée,  sont  vraies  é^ailemcnl  pour  les  fonctions  que  nous  venons 
de  définir. 

A.  Dans  une  fonction  <i>(//,.  .. .,  u^)  rem[)larons  les  u  par  des  fonctions 
de  x\(i  =  i,  .-.,/?)  qui,  dans  un  domaine  D,  sont  de  type  |  co,  ]  en  .r,  et 
prennent  des  valeurs  constituant  un  champ  de  variation  où  $  est  de  type 
[co]  5|co,|  en  (w,,  . .  .,  Uç)  :  la  fonction  composée  <P  sera  de  même  type  que 
les  u  dans  D . 

B.  Soient  q  fonctions  implicites  ///,  des  x,  définies  par  F^^j:-,,  ;//,)  =  o, 

avec  /<,  k  =  i,  . . . ,  r/  et  «  =  i , p,  h\  étant  de  type  |  co,]  en  a-,  et  [co]  ;;  [co,| 

en  (u,,)  :  les  u^  sont  de  même  type  que  les  F,, par  rapport  aux  Xi. 

C.  Soit  un  système  d'équations  ditlérentielles  F/, |d7,  >',']  =  o,  avec  A, 

k  =  1, q  eli  =1,  . . .,  71  :  si  les  F;t  sont,  dans  un  domaine  D,  de  type  [co| 

par  rapport  à  l'ensemble  de  leurs  arguments,  tout  système  de  solutions  appar- 
tenant à  D  est  constitué  par  des  fonctions  de  type  [co]^/z  x. 

Les  démonstrations  se  font  par  les  méthodes  employées  dans  notre 
Mémoire,  avec  des  modifications  convenables.  Les  théorèmes  B  et  C  sup- 
posent les  déterminants  fonctionnels  des  F/^  par  rapport  aux  Uf,  ou  aux  v/'^ 
diftérenls  de  zéro. 

Enfin  les  théorèmes  que  nous  a\ons  établis  pour  les  solutions  des  équa- 
tions aux  dérivées  partielles  subsistent  en  remplaçant  dans  les  énoncés 
(p.  i3i  du  Mémoire)  le  mot  classe  par  type   Donnons-en  un  exemple  : 

c.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  6.)  ^° 


:')jO  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

D.   'So\eni  les  deux  équations  elliptique  ei parabolique 

(C)  '  l''(^'f,  .)',  -,  /',  '],  '\  'S  t)  —  o, 

avec  4F[.F^—  F/>  o  etf^f,.^  o,  F  ou/étant,  dans  un  domaine  de  varia- 
tion D  de  leurs  arguments,  ou  de  lype  fco,  |  eu  x  et  [coa]  on  r,  ou  fie 
type  [oj,  I  en  x  et  continues  en  j,  ou  de  type  |  Wo]  en  y  et  continues  en  x^ 
mais  dans  tous  los  cas  do  typo  |  w  |  \^  \  co,]  en  (-,  />,  </,  r,  a-,  /).  />r//25  ces  condi- 
tions^ toute  solution  régulière  appartenant  à  D  est  de  même  nature  que  F  ou  J. 
Toutefois,  pour  («î"),  il  faut  ajouter  la  condition  |/i|f^|a)|. 

En  particulier,  une  équation  du  type  elliptique  {c)  quasi  analytique  a  toutes 
ses  solutions  régulières  quasi  analytiques  en  (a?,  v);  une  équation  (c)  ou  (ff) 
quasi  analytique,  sauf  en  y,  a  ses  solutions  quasi  analytiques  enx.  Si  enfin  / 
est  quasi  analylique,  sauf  en  x,  et  si  la  solution  g  de  (<JP)  se  réduit  à  deux 
fonctions  quasi  analytiques  do  /  sur  deux  cotés  AB,  CD  d'un  rectangle, 
parallèles  à  Oy,  z  est  quasi  analytique  en  y  dans  le  rectangle  cl  même  pro- 
longeable  au  delà  do  AB  et  CD. 

Ces  résultais  s'étendent  au  cas  de  m  variables  et  aux  équations  d'ordre  ip 
complètement  elliptiques  ('  ). 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Lcs  séries  de  fractions  rationnelles 
et  l'intégration.  Note  do  M.  Gaston  Julia,  présentée  par  M.  Emile  Borel. 

1.  Les  fonctions  moiiogènes  non  analytiques  introduites  |)ar  M.  Borel 
n'ont  guère  été  étudiées  jusqu'ici  qu'au  point  de  vue  de  la  dérivation  et  de 
la  représentation  par  des  séries  de  polynômes.  Je  voudrais  montrer  ici,  sur 
un  exemple  particulièrement  simple,  qu'elles  peuvent  conduire,  par  intégra- 
tion^ à  des  conséquences  en  contradiction  avec  un  théorème  imporlant  de 
la  théorie  des  fonctions  selon  Weierstrass  :  le  théorème  de  Poincaré- 
Volterra.  Ce  tïiéorèmo  dit  que  toute  fonction  multiforme  et  analytique  no 
peut  avoir  en  chaque  point  do  son  domaine  d'existence  W  que  des  valeurs 
formant  un  ensemble  dénombrahle. 

(')  Cf.  ma  Noie  des  Comptes  rendus,  t.  158,  1914.  P-  it)52.  Cette  Noie  devait  faire 
l'objet  d'un  second  Mémoire  :  j'ai  différé  sa  publication  pour  pouvoir  utiliser  les  résul- 
tats de  mes  recherches  actuelles  sur  la  fonction  de  Green,  qui  permettent  de  simplifier 
les  démonstrations  primitives. 


SÉANCE    DU   6   FÉVRIER    1922.  87 1 

Or  considérons,  pour  simplifier,  une  sério 


OÙ  les  A,j  sont  tous  positifs  et  les  a„  partout  denses  sur  le  cercle  Irigonomé- 
trique.  Moyennant  certaines  hypothèses  sur  la  décroissance  des  A,^  et  la 
convergence  de  wA„,  la  série  f{z)  et  toutes  ses  dérivées  convergent  unifor- 
mément sur  une  infinité  de  rayons  traversant  le  cercle  trigonoinétrique, 
par  exemple  sur  les  rayons  A  extérieurs  à  des  intervalles  d'exclusion  pris 
sur  le  cercle,  ayant  pour  centres  les  a„  et  décroissant  assez  rapidement.  Ces 
rayons  forment^un  ensemble  (<^)  ayant  la  puissance  du  continu^  puisque  la 
somme  des  longueurs  des  intervalles  d'exclusion  peut  être  prise  arbitraire- 
ment petite.  D'ailleurs  on  peut  choisir  d'abord  les  «„,  puis  les  intervalles, 
puis  les  A,j,  de  façon  que  la  série 

1 

ait  les  propriétés  précédentes.  On  peut  alors  l'intégrer  sur  chacun  des 
rayons  iK  précédents  à  partir  de  l'origine,  dépasser  le  cercle  trigonomé- 
trique,  puis  aboutir  à  un  .point  z  fixé  hors  du  cercle  trigonométrique.  L'in- 
tégration peut  se  faire  terme  à  terme  et 

'^(s)  est  monogène  aux  mêmes  points  que  /{z). 

Mais  9(5) n'est  pas  uniforme  et  si  C,  et  Ca  s'ont  deux  chemins  suivis  pour 
arriver  en  ^,  on  aura 

9c.(-)— 9im(^)  =  '''*"^^^/'> 

la  sommation  étant  étendue  aux  indices/»  ccjrrespondant  aux  a^,  intérieurs 
au  contour  fermé  composé  de  C,  et  C^.  Les  A^,  étant  tous  positifs  on  aura 
toujours  9,;,=^  ^ç,. 

Donc  au  point  z  l'intégrale 


)dz 


a  autant  de  valeurs  distinctes  qu'il  y  a  de  rayons  distincts  issus  de  o  per- 
mettant de  traverser  le  cercle  trigonométrique  sur  lesquels  l'intégration 


372  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

soit  possible.  Et  comme  tous  les  rayons  A  permettent  cette  intégration, 
l'ensemble  des  valeurs  de  '-^(s)  en  chaque  point  extérieur  au  cercle  trigonomè- 
Irique  a  la  puissance  du  continu. 

2.   Le  raisonnement  précédent,  s'étend  immédiatement   aux   fonctions 
monogènes  non  analytiques 

OÙ  les  r/„  sont  denses  dans  une  aire,  les  A„  étant  assez  rapidement  croissants, 
pour  que  /(r)  ait,  dans  le  domaine  G  défini  îi  l'aide  des  <2„,  toutes  les  pro- 
priétés de  monogénéité  relatives  aux  dérivées,  que  M.  Borel  indique,  par 
exemple,  au  Chapitre  V  de  son  livre  sur  les  fonctions  monogènes.  Si  Ton  a 
choisi  les  A,^  positifs,  ou  même  si  on  les  a  astreints  à  la  condition 

2    I  VJ<^|A,l, 

n=:p  +  1 

quel  que  soit  p^  on  reconnaîtra  qu'aucune  somme  Z\^,  composée  d'une 
infinité  de  A^^,  ne  peut  être  nulle  et  cela  suffît  pour  affirmer  que  deux 
valeurs  de 


(o^/V(^' 


)d=. 


sont  distinctes  si  les  chemins  (')  suivis  pour  aller  de  ::„  à  ;  sont  distincts. 
Chacun  de  ces  chemins  pourra  être  composé  de  deux  segments  de  droite 
respectivement  issus  de  ^o  et  z,  et  l'on  reconnaît  aussitôt  ([ue  l'ensemble  des 
directions  admissibles  issues,  par  exemple,  de  z^  a  \a.  puissance  du  continu. 
L'ensemble  des  valeurs  de  o(i)  en' tout  point  z  du  domaine  C  aura  donc  la 
puissance  du  continu. 

3.  L'intégration  des  fonctions  monogènes  uniformes  non  analytiques 
conduit  de  la  manière  la  plus  simple  à  des  fonctions  monogènes  multiformes 
non  analytiques  pour  lesquelles  le  théorème  de  Poincaré-Volterra  n'est  plus 
vrai.  Avec  ce  théorème  disparaît  la  notion  de  surface  de  Riemann  à  une 
infinité  dénombrable  de  feuillets  et  toute  une  série  de  conséquences  en  parti- 
ticulier  celle-ci  :  dans  le  domaine  d'existence  W  d'une  fonction  analy- 
lique/(:;),  l'ensemble  des  racines  de  l'équation  f{z)  =  «(quel  que  soit  a) 
est  toujours  dénombrable.  Notons  en  terminant  la  forme  remarquable  des 

(')  Ces  chemins  sont,  bien  entendu,  intérieurs  au  domaine  Coii/(^)  est  monogène. 


A,. 


SÉANCE  DU  6     FÉVRIER    1922.  373 

séries  VA„  log  (  I —)   que  nous  a  fournies  rintégration  de  la  série  de 

1 

fonctions  rationnelles,  et  celle  des  produits  infinis  associés  1  i  [i ^j 

exemples  simples  de  fonctions   multiformes   monogènes  n(m  analytiques 
dont  Tensemble  des  déterminations  en  cliaque  point  n'est  pas  dénombrable. 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  un  théorème  de  M.  Oenjoy. 
Note  de  M.  Torstex  Carle.ma\,  présentée  par  M.  I*]mile  Borel. 

Dans  une  Note  récente  (*).  M.  Denjoy  vient  de  publier  l'important 
théorème  suivant  : 

«  Si/{x)  est  une  fonction  de  variable  réelle  définie  sur  le  segment  (ah) 
et  y  possédant  des  dérivées  de  tous  les  ordres  et  si,  M„  étant  le  maximum 

de  I  f"H^r)\  sur  le  serment  (ah),  la  série  ^ r-=^  =  V  — — -  est  divero^ente 

et  satisfait  à  certaines  conditions  de  régularité,  f{x)  est  identiquement 
nulle  si  elle  s'annule  avec  toutes  ses  dérivées  en  un  seul  point  du  segment.  » 
Bien  que  le  cas  de  croissance  régulière  de  la  suite  y.(j^)  soit  le  plus 
important  pour  les  applications  (notamment  dans  la  théorie  des  fonctions 
quasi  analytiques  de  M.  Borel).  il  ne  sera  peut-être  pas  inutile  de  faire  voir 
que  le  théorème  de  M.  Denjoy  reste  vrai  sans  aucune  réserve  sur  la  régularité 

(le  la  suite  yNIn- 

Pour  arriver  à  ce  résultat,  il  suffit  de  modifier  la  dernière  partie  de  la 
démonstration  de  M.  Denjoy  en  se  servant  du  lemme  suivant  : 

«  Soit  <5(-)  une  fonction  analytique  de  s  =  j,  h-  iz.-,^  non  identiquement 
nulle,  qui  est  régulière  pour  ::,  ^  o,  |  ^  |  >>  Rf,  et  bornée  dans  le  voisinage  de 
chaque  point  de  l'axe  imaginaire  à  distance  finie.  Posons 

^  =  re'<P,         los|0(:;)l  =  ]ooM(/-,  o)  =  U(/-,  cp), 

logM(r,^)M(,-,  ^--^)  =  .^(r). 
Si  alors 

inf.  1    f'  [|U(/-,  o)|  H-U(/\  9)]cos(p./Q 


Il  m 


(')  Comptes  rendus,  i.  11^3,  1921,'p.  1829. 


374  ACADÉMIE   DES   SCIENCES, 

est  finie  et  si  l'intégrale 

f'Mni±Mndr 


est  convergente  il  en  est  de  même  de 


Jiinhziinjr.,. 


■C 

Cette  proposition  s'obtient  par  la  formule 

en  y   posant  u  =  log|  <!>(-)  \  el  ç  =  fonction  de  Green  du  demi-cercle 

^oS-,  r^Fi,  et  en  faisant  tendre  R  vers  l'infini. 

M.  Denjoy  a  remarqué  qu'il  suffit  de  considérer  des  fonctions /(o^)  qui 
s'annulent  avec  toutes  leurs  dérivées  en  même  temps  en  a  et  en  b.  Dans  ce 
<{ui  suit  nous  allons  utiliser  une  méthode  un  peu  différente  pour  arriver  à  la 
même  conclusion.  En  supposant 

CO  o  =/{a)  =/'(  a)  =  ...  =  /(")  (a)  z=..., 

il  est  évident  que  la  fonction 


F(0=/ 


b~  ^{b--a)[l 


s'annule  avec  toutes  ses  dérivées  pour  t  =  o  el  pour  t  =  i.  (Jn  démontre 
sans  difficullr  (|u'il  existe  une  constante  C  telle  (|ue 

(^•)  |F"')(/)|<G"M,. 

Considérons  maintenant,  en  reprenant  la  méthode  de  M.  Denjoy,  l'inté- 
srrale 

(3)  >  *i^{^)  =  f  e-='F(/)r//, 

et  introduisons  les  constantes 
En  se  servant  de  l'égalité 


on  trouve  que  — =.  reste  borné  (pourvu  (jue  M„  ^  o). 


SÉANCE  DU  6  FÉVRIER  1922.  3')5 

Par   une   intégration  par  parties  et  par  l'application  de  rinégalilé  de 
Schwarz  il  viendra 


(4) 


tf,  =  -  f  P^''-'^{t}V^"-^'>{t)dt^-m,^,m,^,. 


En  supposant  m^  =  i  (ce  qui  ne  restreint  pas  la  généralité),  il  suit  de  là 
que  '\/ml=  ^(n)  est  une  suite  non  décroissante.  Vai  effectuant  dans  l'inté- 
grale (3)  successivement  n  intégrations  par  parties,  il  viendra,  pour  :?,  ^o. 


(5) 


I'ï>(^-)l< 


kt 


F("'(/)|r// 


FÊiiLîT' 


On  peut  compléter,  pour  n  non  entier,  la, définition  de  p(^ï),  de  manière 
il  obtenir  une  fonction  admettant  partout  (pour  w^o)  une  dérivée  continue 
non  négative.  Tl  existe  évidemment  une  solution  n  =  y(/')  toujours  crois- 
sante de  l'équation  r=  i^^Çn).  En  posant,  dans  (5),  n  =:j[JY(r)],  on  trouve, 
pour  7'  suffisamment  grand, 

loe2 


<Piz) 


> 


y(/-). 


11  suffit,  maintenant,  d'appliquer  le  lemme  énoncé  plus  haut  pour  conclure 
(jue  $(s)  est  identiquement  nulle  si 


(^>) 


f^ 


r) 


cl/' 


est  divergente.  En  faisant  ici  le  changement  de  variable  r  =  2^(.v),  nous 
trouverons  l'intégrale 

Par  une  intégration  par  paities  il  viendra 

J„„  e(.v)^  '''  -     ,â(/o  '^  p(,.,)  "^X,.  i^(^)'  — 

étant  borné,  que    l'intégrale  (G)  est  divergente 


d'où  l'on  conclut, 


P(/0 


i  /     -^j-T  diverge,  ce  qui  arrive  1 1^(  s)  étant  monotone  |  si  V  — — -  est  di\  er- 
nte. 
Comme  l'on  a,  d'après  (2),  fl(//)<  (^'(/M^^  <^"  ^^'^  M^^  ^^  divergence 


gente 


376  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

de  y —L=  entraîne  celle  de  V^^-— ^>  et,  par  conséquent,  celle  de  Finlé- 

grale  (G). 

<ï>(  :;)  est  donc  idenli(iueiiienL  nulle  si^^,  — r=  diverge. 


ASTRONOMIE  PHYSIQUE.  —  La  projection  de  1(1  lumière  des  étoiles  doubles 
périodiques  et  les  oscillations  des  raies  spectrales.  Note  (')  de  M.  G.  Sagnac, 
présentée  par  M.  Daniel  Berthelot. 

La  méthode  de  Fizeau  révèle  par  le  spectroscope  associé  au  télescope  la 
vitesse  purement  radiale,  directement  invisible  dans  le  ciel,  que  possède 
un  astre  vers  nous  et  la  mesure  par  le  déplacement  ATv  d'une  raie  vers  le 
violet,  et,  inversement,  mesure  une  vitesse  opposée,  par  un  déplacement 
vers  le  rouge.  A  100  années  de  lumière  de  distance,  par  exemple,  un  astre 

A) 
nous  avertit  par  la  mesure  directe  du   ra|)j)ort  -y,  de  la  grandeur  de  la 

vitesse  radiale  A(%  qui  était  à  cette  époque  reculée,  exactement  identique 

à  la  fraction  -^  dans  son  raiJiiort -r- à  la  vitesse  normale  C  de  la  lumière. 

Cette  vitesse  C  a  été  déterminée  sur  la  directe  traversée  de  l'orbite  terrestre 
par  Rœmer  en  utilisant  les  signaux  périodiques  très  réguliers,  éclipses  ou 
émergences  d'un  des  satellites  de  Jupiter. 

Aujourd'hui  le  développement  de  la  Physique  céleste,  appliquée  avec  de 
puissants  instruments  à  Tétude  des  étoiles  doubles,  nous  invite,  comme 
théoricien  de  la  lumière,  à  apporter  notre  collaboration  à  la  recherche  des 
clartés  que  les  astronomes  aiment  à  introduire  dans  les  grandioses  méca- 
nismes qu'ils  approfondissent  dans  l'Univers  le  plus  éloigné  de  notre  sys- 
tème solaire.  Après  des  théories  d'éclipsés,  peut-être  trop  généralisées  dans 
l'étude  de  périodes  symétriques  d'éclat,  ils  ont  essayé  d'expliquer  les  pério- 
diques variations  d'éclat  devenues  très  dissymétriques  et  anormales  par  rap- 
port aux  éclipses,  que  révèlent  aujourd'hui  les  étoiles  doubles  Céphéides, 
(léminides,  ou  des  amas  d'étoiles.  Le  type  de  [i  Lyre  a  disparu  avec  le 
second  maximum  d'éclat  identique  au  premier  et  caractéristique  d'une 
période  presque  symétrique,  et  il  n'y  a  plus  guère  dans  ces  étoiles,  à  la 
dissymétrie  profonde,  qu'une  seule  ascension  vers  un  maximum  M  d'éclat 

C)  Séance  du  3o  janvier  1922. 


SÉANCE    DU    6    FÉVRIER    I922.  877 

beaucoup  plus  rapidement  atteint  à  partir  du  minimum  m  d'éclat  antérieur 
que  la  durée,  souvent  double,  de  la  descente  lente  terminant  à  un  nouveau 
minimum  m  la  période  P  de  quelques  jours. 

Pour  ces  Céphêides,  c'est  un  f;iit  que  le  maximum  d'éclat  M  coïncide  a 

A/ 
peu  près  a\ec  la  plus  grande  Naleur  du  déplacement-^»  c'est-à-dire  avec  le 

maximum  de  la  vitesse  radiale  totale  dirigée  soit  vers  nous  (déplace- 
ment AX  au  maximum  vers  le  violet),  soit  à  l'opposé  (déplacement  relati- 
vement faible  vers  le  rouge). 

Mais  cette  loi  est  souvent  assez  inexacte  et  je  crois  devoir  attribuer  la 
différence  à  ce  que  la  concentration  de  l'énergie  en  un  maximum  d'éclat 
es(  un  effet  complexe  de  la  projection  de  l'énergie  issue  de  Tétoile  à  cbaque 
instant  avec  la  vitesse  C  -h  Ae  par  rapport  à  la  Terre.  Les  éléments  d'énergie 
successivement  émis  avec  des  vitesses  Ae  par  exemple,  croissantes  quand 
l'étoile  vient  vers  nous,  se  resserrent  en  avant  et  peuvent  se  superposer  ou 
se  dépasser  même.  Cette  inlerversiou  est  cachée  à  l'observateur  au  photo- 
mètre. Elle  est  au  contraire  un  fait  observable  au  spectroscope.  Dans  le 
spectre,  en  effet,  chaque  raie  isole  et  repère  par  sa  position  actuelle  que 

■  précise  -^  l'élément  d'énergie  qui  est  anciennement  ])arti  du  point  de  l'or- 
bite où  la  vitesse  radiale  totale  Ar  satisfait  à  l'identité  de  -^  avec  —  • 

Dès  lors,  il  est  d'une  bonne  méthode  de  rapporter  la  classification  des 
étoiles  Géphéides  et  analogues,  non  à  la  seule  durée  de  l'ascension  du 
minimum  au  maximum  d'ec^//,  mais,  en  liaison  avec  cette  utile  méthode  de 
Ghandler,  à  la  méthode  d'observation  de  la  durée  de  la  variation  complète 
de  la  vitesse  radiale  totale  ^v  entre  son  minimum  et  son  maximum.  Le 
minimum  peut  être  la  vitesse  zéro  et  coïncider  exactement  avec  la  position 
de  la  raie  normale  À  correspondante  d'une  source  de  lumière  terrestre.  Le 
maximum  est  vers  le  violet  ou  le  rouge  et  calculable  dans  la  valeur  maxi- 
mum du  rapport  -^  par  celle  du  rapport  maximum   correspondant  -^ 

mesurée  par  l'observation,  ou  sur  la  plaque  photographique. 

Tin  autre  avantage  de  la  méthode,  qui  est  caractéristique  de  notre  loi 
théorique  de  la  projection,  est  que  la  dissymétrie  de  la  phase  peut  se  calculer 
[)Our  AA  par  un  glissement  z  dont  on  déduira  \ ascension  f  àxi  zéro  au  maxi- 
mum de  la  grandeur  commune  de  -4-  et  de  -^  ;  :^  et  /  seront  exprimés  en  frac- 
tion de  période.  Or  le  glissement,  si  Ar  est  dirigée  vers  nous,  c'est-à-dire  AA 
vers  le  violet,  est  une  avance  par  projection  de  vitesse  maximum  A(^ji  qui 


378  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

diminuerait  le  numéro  des  phases  sur  l'orhito  que  l'on  peut  dessiner  sur 
une  circonférence. 

Les  nombres  successifs  désignent  sur  cette  orlnte  des  phases  équidis- 
tantes  applicables  aux  positions  réelles  de  l'étoile  en  fonction  du  temps  au 
départ,  si  l'orbite  n'a  réellement  aucune  excentricité.  Sur  la  Terre,  le  glis- 
sement de  la  phase  a  été  en  fraction  de  la  période  P,  le  rapport  -y-  iden- 
tique à  -jT-  qu'on  aurait  à  une  distance  de  l'étoile  réduite  à  P  jours  de 

lumière,  multiplié  évidemment  par  le  nombre  considérable  des  périodes  P 

AX  T 
qui  nous  séparent  de  l'étoile  dans  le  temps  de  lumière  T.  Alors  -v-  p  dans 

sa  valeur  maximum  donne  le  glissement  z-  calculé  à  partir  du  temps  T  de 
lumière,  qu'on  peut  admettre  d'après  le  Tableau  qui  fait  correspondre  T  à 
l'éclat  de  l'étoile  unique  d'une  Céphéide,  calculé  dans  sa  valeur  moyenne 
d'après  la;  mesure  de  l'aire  totale  d'une  courbe  d'éclat  le  long  d'une  période 
entière.  Nous  avons  des  exemples  de  ce  calcul  de  r.  et  de  l'ascension  corres- 
pondante/", qui  s'accorde  avec  la  valeur  directement  observée  de  /  dans  le 
spectroscope,  à  l'approximation  modeste  de  la  mesure  de  T.- 

ÉLECTRO-OPTIQUE.     —    Sur  la    série    L    du  spectre    des    rayons  X. 
Note  de  M.  D.  Coster,  présentée  par  M.  K.  l>outy. 

Dans  des  travaux  précédents  j'ai  pu  montrer  qu'on  peut  réunir,  dans  un 
schéma  très  simple,  presque  toutes  les  lignes  qui  ont  été  mesurées  avec  cer- 
titude pour  les  éléments  les  plus  lourds.  Ce  schéma  est  composé  d'un 
niveau  K,  trois  niveaux  L,  cinq  niveaux  M,  sept  niveaux  N.  Les  «défauts 
de  combinaison»  introduits  autrefois  par  Sommerfeld  dans  la  théorie  des 
spectres  de  rayons  X  n'ont  [)as  d'existence  réelle;  ils  ont  seulement  la  signi- 
fication que  le  nombre  des  transitions  entre  ces  différents  niveaux  est  limité 
par  un  «principe  de  sélection  »  très  simple.  Il  était  devenu  désirable  de 
vérifier  ce  même  schéma  pour  les  éléments  plus  légers  et  de  constater  pour 
quels  éléments  et  de  quelle  manière  il  peut  se  modifier.  C'est  dans  ce  but 
que  j'ai  mesuré  de  nouveau  dans  le  laboratoire  de  Lund  les  spectres  d'un 
grand  nombre  d'éléments  (Ta  —  Rb).  En  général  les  nouveaux  résultats 
confirment  les  considérations  des  travaux  précédents;  en  outre,  ils  donnent 
un  appui  à  la  théorie  de  la  structure  de  l'atome  de  Bohr(').  Une  partie  des 
résultats  va  paraître  prochainement  dans  un  autre  Piecueil. 

(')    Voir  IVatiire,  mars  et  octobre  19^1. 


SÉANCE  DU  6  FÉVRIER  I912.  879 

Les  nouvelles  mesures  onl  montré  qu'on  peut  avoir  une  grande  confiance 
dans  les  mesures  de  précision  de  Hjahnar  pour  cette  région.  Pourtant  il 
existe  plusieurs  lignes  moins  fortes  que  Hjalmar  n'a  pas  trouvées  sur  ses  cli- 
chés, et  il  en  a  emprunté  quelques-unes  aux  vieilles  mesures  de  Friman. 
Comme  l'a  remarqué  aussi  M.  Dauvillier,  il  y  a  quelques  erreurs  dans 
ci'lles-ci. 

Quelques-uns  de  mes  résultats  sont  plus  ou  moins  contraires  aux  résultats 
et  aux  considérations  de  M.  Dauvillier  (  '  )  ;  il  peut  être  intéressant  de  résu- 
mer ici  nos  divergences  (-). 

1.  Les  lignes  ^^  et  y.j  non  trouvées  par  M.  Dauvillier  pour  Sb  sont  assez 
intenses  dans  cette  région,  je  les  ai  mesurées  jusqu'au  Rb. 

2.  A  partir  de  Te  on  ne  peut  plus  séparer  les  lignes  ya  (Yt)  et  ya  ;  donc 
la  ligne  2694,6  de  M.  Dauvillier  ne  peut  pas  être  yo  (y^)  de  Sb. 

3.  La  ligne  y,o  n'a  pas  été  trouvée. 

4.  II.  est  très  vraisemblable  que  les  lignes  y^  (y^)  et  ^-  n'existent  plus 
pour  Ce  et  il  est  certain  qu'elles  n'existent  pas  pour  Sb.  La  ligne  2967 , 7  de 
M.  Dauvillier  a  une  plus  courte  longueur  d'onde  que  la  valeur  interpolée 
de  la  longueur  d'onde  de  la  discontinuité  L,  de  Sb.  (J'ai  mesuré  la  disconti- 
nuité L,  de  l'argent). 

5.  Les  lignes  2985 , 5  et  2989  trouvées  par  M.  Dauvillier  pour  Sb  ne  sont 
pas  les  lignes  '^^  (^g)  et  p,o  (j^g)  des  éléments  plus  lourds.  Ce  sont  des 
lignes  qu'on  trouve  seulement  pour  quelques  éléments  plus  légers. 

().   Il  n'est  pas  possible  de  séparer  les  lignes  ^3,,  (|5l")  de  3o  pour  Sb. 

7.  On  ne  peut  pas  séparer  le  satellite  (x.j  chez  Dauvillier)  de  a,.  C'est 
une  bande  d'émission  qui  accompagne  la  ligne  a,  du  côté  des  plus  courtes 
longueurs  d'ondes.  Pour  les  éléments  plus  légers  que  le  cadmium,  ce 
satellite  a  une  structure  plus  compliquée  ('). 

8.  Les  lignes  |3.  et  y,  ont  aussi  été  mesurées  pour  Zr,  elles  disparaissaient 
pour  Y  ou  Sr. 

9.  La  ligue  |^,  est  aussi  accompagnée  d'une  bande  d'émission  du  coté 
des  plus  courtes  longueurs  d'ondes.  A  quelque  distance  de  cette  bande 
il  y  a  une  ligne  très  faible  pour  Sb,  mais  qui  devient  assez  intense  pour 
Sr  et  Rb. 

(^)  Comptes  rendus,  t.  173,  192 1,  p.  14.58. 

(^)  La  notation  employée  ici  est  celle  du  Laboratoire  de  Lund.  Quand  cette  notation 
diffère  de  celle  de  M.  Dauvillier,  j'ai  donné  celle-ci  entre  parenthèses. 

(■')  Les  satellites  des  lii^nes  a,  et  pi  ont  été  étudiés  en  détail  dans  un  article  (|ui 
paraîtra  ailleurs. 


38o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


ÉLECTRICITÉ.  —  Mesure  de  la  constante  diélectrique  des  gaz  et  des  vapeurs  au 
moyen  des  circuits  à  ondes  entretenues .  Note  de  M.  Bedeau,  présentée  par 
M.E.  Boiity. 

Rohmann  en  191 1  utilisa  les  oscillations  électriques  amorties  pour  la 
déterminalion  du  pouvoir  inducteur  spécifique  K  des  gaz.  L'élalonnage 
absolu  des  condensateurs  présenta  des  difficultés  telles  (ju'il  se  borna  à  des 
mesures  relatives.  I^]n  effet,  ])0ur  avoir  K  en  valeur  absolue,  il  faut  mesuier 
deux  capacités  d'ordre  de  grandeur  très  différents;  une  capacité  C  dans  le 
vide,  puis  la  variation  AC  =  (K  —  i)  C  qu'elle  éprouve  lorsqu'on  la  plonge 
dans  le  gaz.  Pour  l'air,  K  étant  de  l'ordre  de  i,ooo(),  il  vient 

AC  =  6C.  10-^ 

Cette  difficulté  avait  déjà  arrêté  Badeker  (1901)  qui  avait  rapporté  ses 
mesures  aux  pouvoirs  inducteurs  spécifi([nes  de  l'air  et  de  l'anhydride  sul- 
fureux. De  même  Tangl  (1908)  faisait  l'étalonnai^e  en  faisant  intervenir  le 
pouvoir  inducteur  de  la  benzine,  supposé  très  bien  connu.  BoUzmann(i874) 
avait  tourné  la  difficulté  en  posant  K  =  i  +  hp  (p  étant  la  pression  et  ^une 

constante).  Il  mesurait  le  rapport  tt'  = 7^:  ayant  b  il  en  déduisait  la 

valeur  de  K  pour  y;  =  i  atmosphère. 

La  mesure  directe  peut  être  faite  avec  précision  au  moyen  de  circuits  à 
ondes  entretenues.  Soient  deux  circuits  A  et  1),  ce  dernier  jouant  le  rôle 
d'hétérodyne;  le  téléphone  d'un  contrôleur  d'ondes  servant  d'appareil  de 
réception  ne  rendra  aucun  son  si  la  fréquence  N  de  A  est  très  différente  ou 
égale  à  celle  de  B,  les  fréquences  de  A  et  B  étant  séparément  inaudibles 
(N  est  de  l'ordre  5. 10^).  Lorsque  la  capacité  C  du  circuit  A  variera  de  AC 

on  entendra  un  son  de  fréquence  AN  =. — ^-  Les  deux  circuits  ayant  été 

réglés  pour  la  mêmelongueur  d'onde  (A  =  700°^)  lorsque  C  est  dans  le  vide, 
l'introduction  d'un  gaz  dans  la  cloche  contenant  C  produira  une  varia- 
tion AC  =  (K  —  i)  C  et  l'on  entendra  au  téléphone  le  son  de  fréquence 

AN= -:t    ==  -(K  — I    . 

2     (.  2 

La  formule  précédente  montre  que  si  N  est  connu  avec  précision,  la 
mesure  AN  donne  (K  —  i).  Au  lieu  d'utiliser  cette  méthode  que  je  me 
propose  d'employer  ultérieurement,  j'ai  mesuré  directement  AC  et  C.  La 


SÉANCE  DU  6  FÉVRIER  I922.  38l 

mesure  n'est  possible  ([uo  si  AN  est  aurlible;  il  faut  donc  que  -\  soit  grand 
puisque  K  —  i  =  0,0006  environ.  11  faut,  d'autre  part,  que  C  soit  assez  grand 
pour  que  AC  ait  une  valeur  mesurable,  une  unité  électrostatique  par 
exemple.  Iji  mettant  un  voltage  convenable  (3oo  volts)  à  la  plaque  de  la 
lampe  génératrice  du  circuit  A.  les  ondes  s'amorcent  pour  une  capacité 


C=:2/;57 


unités  électrostatiques  et  une  self  L  =  ").  lo"^  henrys;  AN  est  alors  de  l'ordre 
de  i3o  vibrations.  Le  circuit  A  comprend,  outre  la  self  L  et  la  capacité  C, 
une  capacité  cvlindrique  variable  C,  telle  que  le  déplacement  de  i""  de 
son  armature  interne  produit  une  variation  de  capacité  d'une  unité  électros- 
tatique environ.  Les  deux  circuits  A  et  B  étant  réglés  pour  la  même  longueur 
d'onde,  lorsque  C  est  dans  le  vide,  on  laisse  rentrer  le  gaz  dans  la  cloche 
contenant  C  et  l'on  agit  sur  C  jusqu'à  rétablir  le  silence.  Si  C  a  été  mesuré 
en  fonction  de  C  on  aura  AC,  d'où  K  —  i.  La  capacité  C  étalonnée  à  l'éta- 
blissement central  de  la  radiotélégraphie  militaire  est  constituée  par  un 
condensateur  à  air  variable  d'une  valeur  maxima,  2457  unités  électrosta- 
tiques. Les  positions  de  l'armature  interne  sont  repérées  par  un  index  se 
déplaçant  devant  un  cadran  gradué  de  o*'  à  180°  La  capacité  C  est  calculable, 
mais  il  faut  tenir  compte  de  la  variation  de  self  résultant  du  déplacement  de 
l'armature  interne;  il  a  paru  préférable  de  l'évaluer  directement  en  fonction 
de  C.  Pour  faire  cet  étalonnage,  C  est  monté  en  parallèle  avec  C,  le  curseur 
étant  à  120*',  et  l'on  règle  le  circuit  B  à  la  même  longueur  d'onde  que  A.  On 
amène  alors  le  curseur  à  123'^;  pour  rétablir  le  silence  au  téléphone  il  faut 
sortir  l'armature  interne  de  C  d'une  longueur  L,  correspondant  à  la  varia- 
tion de  capacité  de  C  entre  120''  et  125*^.  On  recommence  l'expérience  de  5° 
en  D*"  jusqu'à  180°.  La  somme  des  longueurs  L  dans  une  première  série 
d'expériences  a  été  7717™™  et  7704°""  dans  une  deuxième  série.  La  variation 
de  capacité  de  C  entre  1 20°  et  1 80''  étant  connue  (8 1  o  unités  électrostatiques), 
il  en  résulte  qu'un  déplacement  de  1'™  de  l'armature  interne  de  C  vaut  i,o5 
unité  électrostatique.  L'expérience  a  été  réalisée  avec  de  l'air  sec  à  la  tempé- 
rature de  i5°  et  sous  la  pression  de  75*'", 5  de  mercure.  La  moyenne  de 
déplacement  de  l'armature  interne  de  G'  pour  cinq  expériences  a  été  i3™™,7, 

ce  qui  donne 

K  —  i  =  o,ooo586, 

la  précision  étant  de  -pl;^.   La  sensibilité  de  l'appareil  sera  isufiisante  pour 
étudier  l'influence  d'une  pression  inférieure  à  i  atmosphère. 


382  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

PHYSIQUE.  —  Nouveau  mode  de  dé  termina  lion  des  diamètres  moléculaires 
par  la  rotation  èlectromagnclique  de  la  décharge  dans  les  gaz.  Note  (*)  do. 
MM.  C»-E.  GuYE  et  R.  Rudy,  transmise  par  M.  Villaid. 

Si  Ton  applique  au  phénomène  de  la  rotation  de  la  décharge  électrique 
dans  les  gaz  la  théorie  si  féconde  de  l'ionisation  par  chocs,  on  est  conduit 
à  exprimer  cette  vitesse  de  rotation  par  la  formule 

en        •  v=  — • 

Comme  on  le  voit,  cette  vitesse  est  inversement  proportionnelle  au 
nombre  M  de  molécules  par  unité  de  volume,  c'est-à-dire  à  la  pression  du 
«az,  si  le  iïaz  suit  la  loi  de  Mariotle.  A  champ  magnétique  invariable  et 
pour  un  même  gaz  ^  le  produit  de  la  pression  par  la  vitesse  observée  doit  donc 
demeurer  constant. 

Démonstration  de  ta  formule  (I).  Nous  reproduisons  ci-après  la  démonstration 
de  la  formule  (1)  donnée  par  l'un  de  nous  (-). 

Soient  £  et  m  la  charge  et  la  niasse  de  l'ion  positif  soumis  à  l'action  simultanée  de 
deux  champs  uniformes,  Tun  électrique  I'  parallèle  à  l'axe  des  y,  l'autre  magnétique  H, 
parallèle  à  l'axe  des  z\  ce  deinier  champ  entraînera  l'ion  latéralement  suivant  l'axe 
des  X  et  l'on  aura 

(Px        ,,  dy 

En  remniacant  —  par  sa  valeur  "- —  et  en  intégrant  pour  la  durée  9  qui  sépare  deux 
'      '         dt  ^  m 

chocs,  il  vient,  pour  le  chemin  parcouru  latéralement  et  pour  la  vitesse  moyenne  V 
d'entraînement, 

Un  a  d'autre  part 


£îHF0^  ,,       c-HFO'- 

^  bm^  bm- 


-i 


dt  2  m 


En  égalant  cette  expression  au  libre  parcours  entre  deux  chocs;  soit  A —  '  -rn-i^'^ 
M,  nombre  de  molécules  par  unité  de  volume;  ct,   rayon  d'une  molécule  supposé  égal 


(')  Séance  du  *$o  janvier  1922. 

(^)  G.-E.  Cuve,  Arch.  des  Se.  pliys.  et  nat.,  décembre  1917,  p.  489.  —  C.-E.  Glye 
et  A.  RoTHEN,  Arch.  des  Se.  phys.  el  nat.,  septembre-octobre  1921,  p.  466. 


SÉANCE   DU   6    FÉVRIER    I922.  383 

à  celui  de  1  ion  posilif.  il  vient  en  définitive 

cil 

en  \  ^= • 

Un  remarquera  que  la  rotation  de  la  déchariie.  envisaiiée  de  la  sorte,  est  plutôt  une 
rotation  de  la  conductibilité  qui  se  déplace  sous  l'action  du  champ  magnétique  qu'une 
rotation  ellective  d'une  niasse  gazeuse  toujours  la  même. 

Des  expériences  antérieures  ('),  effectuées  plus  particulièrement  sur 
l'azote  et  l'oxygène  dans  le  but  de  vérifier  la  formule  (i),  avaient  montn'' 
que  les  diamètres  moléculaires  obtenus  par  cette  formule  étaient  bien  rhi 
même  ordre  de  grandeur  que  ceux  déduils  des  expériences  de  viscosité;  elles 
avaient  fait  ressortir  en  outre  Fimportauce  fondamentale  qu'il  y  a  d'opérer 
sur  des  gaz  très  purs  si  l'on  veut  obtenir  des  résultats  concordants. 

Nous  avons  donc  repris  récemment  de  nouvelles  séries  de  mesures  sur  des 
gaz,  ti^ès  soigneusement  purifiés,  en  utilisant  l'appareil  même  qui  avait 
servi  aux  expériences  de  MM.  C.-E.  Guye  et  A.  Rothen. 

La  décharge  jaillissait  horizontalement  entre  deux  électrodes  concen- 
triques dorées,  placées  à  l'intérieur  d'un  tube  de  laiton,  fermé  à  sa  partie 
supérieure  par  une  glace  de  façon  à  permettre  l'observation  des  vitesses  de 
rotation.  Le  champ  magnétique  vertical  était  produit  par  une  bobine  en- 
tourant tout  l'appareil. 

Résultats.  —  Lorsqu'on  fait  varier  progressivement  la  pression  du  gaz  à 
l'intérieur  du  tube,  on  constate  d'abord  que  la  décharge  passe  successive- 
ment par  divers  régimes.  Si  l'on  prend  alors  comme  abscisse  la  pression  du 
gaz  et  comme  ordonnée  le  produit  de  cette  pression  par  la  vitesse  de  rota- 
tion observée,  on  trouve  que  ce  produit  n'est  constant  que  pour  un  régime 
déterminé  et  dans  des  limites  généralement  peu  étendues  de  pression.  La 
courbe  obtenue  présente  ainsi  un  palier,  très  caractéristique,  et  c'est  seule- 
ment pour  le  régime  correspondant  à  ce  palier  que  la  formule  (i)  est  appli- 
cable. Dans  ces  conditions,  la  vitesse  de  rotation  est  très  exactement 
proportionnelle  au  champ  magnétique,  comme  le  veut  cette  formule,  ce 
qui  n'est  pas  toujours  le  cas  pour  d'autres  régimes. 

De  même,  si  l'on  emploie  des  gaz  impurs,  la  vitesse  de  rotation  ne  cor- 
respond plus  à  la  formule  (i)i  elle  n'est  plus  proportionnelle  au  champ 
magnétique  et  le  produit  de  la  pression  par  la  vitesse  cesse  d'être  constant; 
ainsi  pour  l'azote  insuffisamment  purifié,  le  palier  tend  à  disparaître. 

Les  résultats  des  ^mesures  sont  réunis  dans  le  Tableau  suivant.  Nous  y 

(')  C.-E.  Guye  et  A.  Rothen,  loc.  cil. 


384  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

avons  fait  figurer  d'une  part  les  vitesses  de  rotation  observées  A  ,,,  et  d'autre 
part  les  vitesses  calculées  V,.  en  introduisant  dans  la  formule  (i  )  les  ravons 
moléculaires,  tels  qu'ils  résultent  des  expériences  de  viscosité  (').  Toutes 
ces  vitesses,  soit  expérimentales,  soit  calculées,  ont  été  ramenées  à  une 
pression  de  i'™  et  un  champ  magnétique  de  i  gauss. 

Les  colonnes  3  et  4  donnent  la  comparaison  entre  les  diamètres  molécu- 
laires déduits  des  vitesses  de  rotation  et  des  expériences  de  viscosité. 


• 

V„  X  10^ 

0^  ... 

8,. 5 

\^.. 

9,6 

co^.. 

4.0 

IP.... 

■2^3,  n 

N-0... 

^,n 

CU'... 

l3.I 

co... 

6,8 

c-  II' . 

(2c7)xl(l''' 

■  Cis'IxlO^ 

\,  X  10-. 

(rolalion  ). 

(  viscosité). 

/>i^',,. 

nic:-'r' 

^;9 

3,25 

3,19 

■>,-'i 

■>.\yj 

?■*' 

:},-iT 

3,27 

.,69 

.,87 

•").(; 

Y.OV 

4,1 

1.-6 

'>. .  96 

■^54.'. 

■2rli 

:^,3S 

5,S6 

3,3'? 

3,9 

kM 

t,i 

1.76 

■> ,  96 

i3,S 

3,70 

3,6 

■>. ,  10 

■>,,89 

8>7 

3,88 

3,36 

I  ,  iji  ) 

■^ ,  1 5 

se  décompose  j»ar  la  déchai'ge 

Contrairement  à  l'opinion  généralement  admise,  la  vitesse  de  rotation 
observée  n'est  pas  inversement  proportionnelle  à  la  densité  du  gaz  (m), 
mais  bien  au  produit  du  carré  du  diamètre  moléculaire  par  cette  densité 
(colonnes  5  et  6). 

Les  résultats  qui  précèdent  ont  été  obtenus  au  moyen  d'une  machine 
électrostatique  dont  le  débit  ne  pouvait  varier  que  dans  des  limites  très 
étroites;  ce  n'est  qu'avec  le  débit  maximum  que  nous  avions  une  rotation 
régulière.  Il  serait  désirable  de  reprendre  dans  des  conditions  plus  varié(^s 
d'intensité  de  courant  l'étude  de  ces  phénomènes. 

CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  la  varialion  des  propriétés  mécaniques  des  métaux 
et  alliages  aux  basses  températures.  Note  de  MM.  Léox  Guillet  et  Jea\ 
CouRNOT,  présentée  par  M.  Henry  Le  Chatelier. 

Nous  avons  effectué  im  certain  nombre  d'essais  en  vue  de  déterminer 
l'influence  des  basses  températures  sur  la  dureté  et  la  résilience  des  pr(j- 
duits  métallurgiques. 

Les  températures  ont  été  :  -1-  20°  (température  ambiante);  —  20" (glace 
-h  chlorure  de  calcium);  —  80°  (neige  carbonique);   —  190"  (air  liquide). 

(')  Becueil  de  constantes  physiques  de  la  Société  française  de  Physique. 


SÉANCE  DU  6  FÉVRIER  I922.  385 

Les  éprouvctles  étaient  maintenues  à  température  pendant  i5  heures, 
avant  essai. 

Les  résultats  obtenus  sont  groupés  dans  le  Taldoan  suivant  : 

Dureits  Brinnell.  Résilioiiccs. 

Ail  Air 

Métaux  ot  alliages  essayés.  -4-20°.  — 20î.  —80».    liquid.'.        -f-20°.       — '^O".       —80°.    liquide. 

Fer  éleclrolylique  recui  t 80       77  77  269  21,2  17, 5  2,5  i,g 

Acier  d'eux  (G  o.  i)  recuit iio  107  11/4  278  3i,9  32,5  22,5  1,8 

-\cier  demi-dur  (C  0,33)  recuit 176  17/4  190  286  i3,i  11,2  10,0  8,7 

Acier  dur  (C  0,79)  recuit 23o  280  281  38o  14,4  11,2  10,0  8,7 

Acier  de  cémentation  au  Ni  (C  0,06;  iSi  2,80) 

recuit i3o  182  i85  280  3i,2  81,2  28,1  8,1 

Acier  Ni-Cr  (Go, 25;  Ni4/-i5;  Gr  1,2)  trempé 

à  l'air 46o  466  444  578  11,2  10,0  11,2  10,0 

Acier  Ni-Gr  (G  o,  1 1  ;  \i  5,74  ;  Gr  1 ,74)  brut..  .  261  269  282  388  11,8  7,0  3,i  1,9 

Ferronickel  à  36,8  "/o  de  nickel 157  171        n  289  ^\  ,1"  86.2^'  "  i"?^ 

n             47                 »           184  192        "  288  82,5  29.4  "  29,4 

»            57,4             »           197  212       ■'  240  26,2  35,0'  '  3 1.8 

»            98,8             »           98  i()3  '/  120  47)5"  46,2''  •'  40)6'' 

Gobait 174       "         "  222             ■'            Il  "           // 

Gui\ re  pur  (99,9 '*/o) oi       52  53  66  20,6  18,7  20,6  20,1 

Laiton  de  décoIletage(Cu  60,4  ;  Zn  89,3;  Pb  0,2).  76       76       76  98  16,2  16,2  17,5  16,8 

Laiton  au  nickel  (Gu  52;  Ni  4;  Pb  1 ,3)  recuit.  .  118  ii4  118  i48           8,1  7,5  8,8  6,9 

Aluminium  pur  (Si  0,25  ;  Fe  0,6) 24       25  24  53  11,2  10.6  11,2  i3,i 

Duralumin  (Cu  3,6;  Fe  0,6;   Mn  o,5;   Si  0.6; 

Mgo,5) 101       96  10 1  129           5,0  5.6  5,0  5,6 

Alliage  Al-Zn  à  i5  0/0  Zn 55       47  48  76  11,2  11,2  10.0  9.8 

»              3o       »      r?9  187  121  192           2,5  2,5  1,9  1,8 

Alliage  Al-Zn-Pb  à  i5  °/o  Zn  et  1 .5  "/o  Pb  . . . . ,  55       5i  49  88  10.0  10.0  10,0  8,1 

Les  conclusions  suivantes  ressortent  de  ces  résultats  : 

i''  Une  augmentation  générale  de  dureté  est  constatée  au  refroidisse- 
ment, ce  qui  corrobore  bien  les  résultats  obtenus  autrefois  par  Rol)in  ('). 

2°  La  fragilité  aux  basses  températures  est  une  caractéristique  de  la  fer- 
rite, la  rapidilé  de  la  chu  le  de  résilience  en  foncLion  de  la  température 
étant  d'autant  plus  grande  que  la  teneur  en  ferrite  est  plus  forte. 

Le  nickel  et  le  cuivre,  au  contraire,  n'amènent  pas  de  fragilité;  l'alumi- 
nium en  grande  proportion  semble  même  produire  une  très  légère  aug- 
mentation de  résilience . 


C)  Reçue  de  Métallurgie  (Mémoires),  1909,  p.  162. 
C    R.,  19Q2,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  6.) 


29 


386  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

L'austénitepure  suffisamment  riche  en  nickel  ne  présente  pas  de  fragilité 
aux  basses  températures  (  '). 

'5°  Les  aciers  spéciaux  perlitiques  au  nickel  présentent  aussi  une  grande 
fragilité  clans  Pair  liquide.  On  remarque  cependant  que  les  additions  de 
nickel  retardent  rabaissement  de  la  fragilité  avec  la  température. 

D'autre  part,  des  mesures  de  dureté  et  de  résilience  après  séjour  de 
i6  heures  dans  Tair  liquide,  puis  revenu  de  24  heures  à  +  20'',  ont  mis  en 
évidence  un  retour  normal  aux  propriétés  à  température  ordinaire. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Relations  entre  les  différents  oxydes  d'uraniimi. 
Note  de  MM.  Pierre  Jolibois  et  Robert  Bossuet,  présentée  par 
M.  H.  Le  Chatelier. 

Les  modes  de  préparation  et  les  conditions  de  stabilité  des  différents 
oxydes  d'uranium  présentent  un  intérêt  très  grand  pour  les  études  dans  les- 
quelles des  radioactivités  faibles  doivent  être  mesurées.  On  sait,  en  effet, 
que  la  radioactivité  de  l'oxyde  U^'O'*  a  été  prise  pour  étalon  dans  un  grand 
nombre  de  mesures. 

D'accord  avec  M.  Paul  Lebeau,  qui  a  entrepris  un  travail  sur  les  oxydes 
d'uranium  dont  les  résultats  sont  décrits  dans  la  Note  suivante,  nous 
avons  appliqué  la  technique  d'enregistrement  photographique  publiée  anté- 
rieurement par  l'un  de  nous,  à  la  fixation  des  domaines  de  stabilité  des 
différents  oxydes  d'uranium. 

1°  Décomposition  de  UO^  —  L'oxyde  UO'  que  nous  avons  employé  a 
été  obtenu  en  calcinant  le  nitrate  d'uranyle  à  5oo°  d'après  le  mode  de  pré- 
paration décrit  par  M.  Lebeau.  Nous  l'avons  chauffé  dans  le  vide  en  enre- 
gistrant la  température  en  fonction  de  la  pression  {fig-  i).  On  voit  ainsi 
que  la  décomposition  de  UO''  est  irréversible,  dans  ces  conditions,  et 
donne  naissance  à  l'oxyde  U'^0^  à  la  température  de  5o2°,  température  à 
laquelle  la  vitesse  de  réaction  prend  une  valeur  sensible  (poids  de  matière 
employé  :  3os). 

2*^  Oxydation  de  UO".  —  Nous  avons  préparé  par  la  méthode  clas- 
sique UO'-  en  réduisant  U^O**  à  haute  température  par  un  courant  d'hydro- 

(')  Ce  résultai  est  confirmé  par  les  essais,  non  encore  publics,  effectués  par  Chève- 
uard  en  1912,  relatifs  à  l'utilisation  des  ferrouickels  dans  les  appareils  de  faijrication 
d'air  liquide. 


S.-ANCE    DU    6    FÉVRIER    I922.  887 

gène  pur  el  sec,  dans  lequel  le  composé  obtenu  a  été  laissé  jusqu  à  refroi- 
dissement complet.  \ous  l'avons  chaufï'é  dans  l'oxygène  en  enregistrant  la 
température  en  fonction  de  la  pression  (/îg.  2). 

La  courbe  obtenue  nous  montre  que  Toxydation  s'efîéclue  rapidemeni 
dans  un  intervalle  de  température  1res  restreint  à  partir  de  i85".  Le 
composé  obtenu  U 'O**  se  forme  donc  à  basse  température  et  l'oxydation  a 
lieu  sans  aucune  phase  intermédiaire  (poids  de  matièie  employé  :  i5^). 


-— ' 

1 

1 

5 

1 

2 

1.  Déconiposilion  de  UO'.  —  'l.  Oxydation  de  Ln-.  —  ,).  Réduction  de  L  <  >'  //«/•  i'/i\droi;r/ir. 
Les  températures  sont  portées  en  ahscisses,  les  pressions  en  ordonnées.  Les  points  de  gauche 
représentent  la  température  de  20°.  Le  point  central  correspond  à  la  température  de  \\-;".  Dans  les 
figures  2  et  3  le  point  de  dépari  de  la  courbe  à  gauelie  correspondra  la  pression  atmospliéri(|ue  75.')°'"'. 
Interruptions  de  la  courbe  toutes  les  10  minutes. 

3°  Réduction  de  h^CY.  —  L'oxyde  que  nous  avons  employé  aélé  préparé 
en  calcinaiil  à  800''  le  iiilrale  d'uranyle  pur.  Nous  l'avons  placé  dans  une 
atmosphère  d'hydrogène  pur  à  l'intérieur  d'un  crcusel  de  Gooch  surunlil  de 
porcelaine  concassée  de  manière  que  la  vapeur  d'eau  formée  puisse  s'éliminer 
par  son  poids  et  venir  s'absorber  dans  de  l'anhydride  phosphorique  placé  à 
la  partie  inférieure  froide  de  l'appareil.  Dans  ces  conditions  }a  variation  de 
la  pression  d'hydrogène  donne  une  image  de  l'allure  de  la  réducliou.  Il  esl 
facile  de  constater  sur  la  courbe  que  la  réduction  commence  dune  manière 


388  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

sensible  vers  ëiij"  el  qu^cUe  csl  lermiiiée  à  ôSo".  Comme  jusqu'à  looo" 
aucujie  autre  réaction  ne  se  manifeste  et  que  le  produit  recueilli  est  UO-  on 
ne  Y>eut  remarquer  la  formation  d'aucun  composé  intermédiaire  entre  UO' 
et  U'0%  conclusion  à  laquelle  l'étude  de  Toxydation  de  UO-  nous  avait 
déjà  conduits  (poids  de  matière  employé  :  7*^,5). 

4"  Dissociation  de  U^O*.  —  Nous  avons,  en  outre,  étudié  la  dissociation 
de  U'O^.  Par  chauffage  de  U^'O**  les  nombres  que  nous  avons  obtenus  sont 
voisins  de  ceux  publiés  pur  Colani  ('),  Nous  avons  constaté  dans  ce  cas  un 
fait  analogue  à  celui  qui  se  produit  dans  la  dissociation  du  carbonate  de 
calcium.  La  réaction  de  réabsorplion  de  l'oxygène  dégagé  se  produit  avec 
une  lenteur  telle  que,  pratiquement,  les  courbes  de  dégagement  el  d'ab- 
sorption de  l'oxygène  sont  éloignées  l'une  de  l'autre.  Nous  avons  fait  le 
vide  à  1000**  sur  ce  corps  pendant  3  heures  en  maintenant  la  pression  à  -^  de 
millimètre  de  mercure  environ.  Après  refroidissement,  nous  avons  retiré 
un  corps  noir  bleuté,  dont  la  réduction  par  l'hydrogène  nous  donnait  une 
perle  de  poids  de  3,57  pour  loo  (théorie  pour  U''0'^  3,8o  pour  loo),  c'est- 
à-dire  U'  O"  ayant  perdu  une  faible  fraction  de  son  oxygène.  Pour  obtenir 
par  simple  dissociation  sans  intervention  d'hydrogène  le  composé  UO", 
nous  avons  dû  calciner  dans  le  vide,  à  une  température  voisine  de  2000",  le 
composé  U'O*^  dans  un   four  spécial. 


CHIMIE  MINÉRALE.   —  Sur  les  oxydes  d'uranium.  Note  de  M.  P.  Lebeau, 
présentée  par  M.  Heniy  Le  Chatelier. 

De  nombreux  travaux  ont  déjà  été  publiés  sur  les  combinaisons  binaires 
oxygénées  de  Turanium,  et  cependant  il  règne  encore  une  assez  grande 
incertitude  sur  la  nature  de  certains  d'entre  eux.  Nous  résumons  dans  la 
présente  Note  les  faits  que  nous  avons  observés  au  cours  de  nos  recherches 
sur  l'uranium,  faits  qui  nous  paraissent  préciser  quelques  propriétés  impor- 
tantes de  ces  composés. 

L'anhydride  uranique  UO'  peut  être  obtenu  pur,  ainsi  que  nous  l'avons 
établi  antérieurement  (-),  lorsque  l'on  maintient  jusqu'à  poids  constant 
dans  un  courant  d'oxygène  l'azotate  d'uranyle  ou  Thydiate  uranique  à  la 
tenipératuie  de  ooo'^.  Nous  avons  reconnu  depuis  que  l'emploi  d'un  courant 


(')  GoLAiNi,  Ann.  Cil.   Ph.,  'è"  série,  t.  12,  1907,  p.  7;. 
(■)  I^.  Lebeau,  Comptes  rendus^  l.  iS^t,  1912.  p.  1808. 


SÉANCE    DU   6    FÉVRIER    1922.  SSc) 

d'oxyj^èiie  n'est  pas  nécessaire  el  que  Ton  peut  opérer  an  contact  de  l'air. 

L'anhydride  uranique  chauffé  à  l'aii'  n'est  pas  altéré  jusqu'à  (ioo".  La 
décomposition  se  produit  nettement  à  700°  et  devient  assez  rapidement 
complète  à  800*^.  Toutes  les  fois  que  la  durée  de  la  chauffe  est  suffisante 
pour  que  toute  la  masse  soit  portée  à  cette  température  de  800°,  on  obtient 
des  produits  pulvérulents,  possédant  une  couleur  gris  noir  très  foncé,  et 
dont  la  composition  correspond  bien  à  celle  d'un  oxyde  U''0'*.  Ils  ne 
changent  pas  de  poids,  lorsqu'on  les  chauffe  même  vers  1000°,  que  leur 
refroidissement  soit  lent  ou  rapide. 

Ces  faits  sont  en  contradiction  avec  ce  qui  est  généralement  admis,  à 
savoir  :  que  la  calcinatiou  de  Tanhydride  uranique  ou  d'un  sel  d'uranyle  à 
acide  volatil  donne  déjà  au-dessous  du  rouge  sombre,  de  l'oxyde  U^O**.  En 
réalité  on  obtient  dans  ces  conditions  des  mélanges  ou,  plus  vraisemblable- 
ment, des  solutions  solides  de  UO'  et  U''0%  présentant  des  couleurs 
variant  du  vert  olive  clair  au  vert  foncé  presque  noir. 

En  raison  du  poids  atomique  élevé  de  l'uranium,  ces  divers  produits  ont 
des  teneurs  en  oxygène  très  voisines.  Ils  se  comportent  néanmoins  de  façon 
un  peu  différente  vis-à-vis  de  certains  réactifs.  En  particulier  ils  s'altèrent 
lentement  au  contact  de  l'air  humide,  mais  cette  altération  est  en  relation 
avec  la  quantité  d'anhydride  uranique  qu'ils  renferment.  On  sait  que 
l'anhydride  uranique  s'hydrate  à  la  température  ordinaire  en  donnant 
Tacide  uranique  hydraté  UO-(OH)^H-0.  Des  observations  qui  nous  ont 
été  communiquées  dès  1919  par  notre  collaborateur  M.  Courtois  nous  ont 
permis  de  constater  très  nettement  sur  de  nombreux  échantillons  cette 
action  de  l'humidité  atmosphérique.  M.  Courtois  ayant  eu  à  analyser  en 
191 4  un  très  grand  nombre  de  sels  organiques  d'uranyle  a  dosé  l'uranium 
par  pesée  de  Toxyde  U'O^  provenant  de  la  calcination  de  ces  sels.  Il  chauf- 
fait ces  composés  dans  un  creuset  de  porcelaine,  placé  dans  la  flamme  d'un 
brûleur  de  Bunsen.  La  température  atteinte  dans  ces  conditions  dépasse 
rarement  65o°. 

Les  oxydes  résultant  de  ces  calcinations  présentaient  tous  sensiblement 
le  même  aspect  au  moment  de  leur  préparation.  Leur  couleur  était  d'uii 
noir  verdàtre  foncé.  En  19 19,  quelques-uns  ont  nettement  changé  de 
couleur  et  sont  devenus  d'un  vert  beaucoup  plus  clair.  Nous  avons  examiné 
de  nouveau  ces  produits  il  y  a  quelques  semaines,  certains  sont  encore 
presque  noirs,  mais  d'autres  sont  vert  jaunâtre  et  ne  paraissent  plus  homo- 
gènes. Au  microscope  l'altération  se  manifeste  pour  tous  les  échantillons 
par  la  présence  sur  leur  surface  d'eftlorescences  jaune  pale  ayant  bien  la 


Sgo  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

couleur  de  l'hydrate  uranique.  Ces  efflorescences  disparaissent  sous  Taction 
d'une  solution  de  carbonate  d'ammonium. 

Dans  une  récente  Communication,  M.  Staehling  (')  a  indiqué  que  des 
préparations  d'oxyde  vert  d'urane,  même  à  un  très  grand  état  de  pureté, 
s'hydratent  lentement  à  l'air  sans  changer  d'aspect  extérieur. 

Il  est  probable  que  ces  observations  sont  du  même  ordre  que  celles 
que  nous  venons  de  décrire  plus  haut.  La  présence  de  l'anhydride  uranique 
dans  les  produits  résultant  d'une  décomposition  incomplète  permet  d'expli- 
quer ces  phénomènes. 

Une  autre  cause  de  l'existence  de  l'anhydride  uranique  dans  ces  mêmes 
corps  qui  s'ajoute  à  la  précédente  résulte  du  fait  que  l'oxyde  U'^0**  préparé 
à  température  peu  élevée  peut  s'oxydera  l'air.  En  chauffant  dans  un  creuset 
de  platine  muni  de  son  couvercle  environ  i5^  d'oxalate  d'uranyle  à  la  tem- 
pérature de  35o°,  il  se  forme  non  pas  l'oxyde  UO-  mais  un  oxyde  d'un  gris 
noir  très  foncé  dont  la  composition  correspond  à  U^O".  Cet  oxyde  main- 
tenu au  contact  de  l'air  pendant  12  heures  à  35o''  s'est  transformé  en  une 
poudre  brun  orange  en  augmentant  de  poids.  Cette  augmentation  de  poids 
correspond  à  la  transformation  à  peu  près  totale  du  produit  en  anhydride 
uranique  (trouvé  101,77  au  lieu  de  101,89). 

Une  solution  de  carbonate  d'ammoniaque  dissout  cette  substance  en  ne 
laissant  qu'un  résidu  excessivement  faible  d'oxyde  U^O**  très  divisé  res- 
tant facilement  en  suspension  dans  le  liquide.  Si  la  calcination  de  l'oxalate 
est  faite  à  800".  l'oxyde  gris  noir  foncé  qui  en  résulte  ne  varie  pas  de  poids 
lorsqu'on  le  chauffe  dans  les  mêmes  conditions. 

La  réduction  de  l'oxyde  U^O*  par  l'hydrogène  commence  au  voisinage 
de  5oo°,  mais  elle  est  encore  incomplète  après  10  heures  de  chauffe  à  cette 
température  en  opérant  sur  deux  ou  trois  grammes  de  produit.  Elle  est  au 
contraire  assez  rapidement  totale  si  l'on  chauffe  à  la  température  de  900°  à 
1000".  Nous  n'avons  pas  observé,  au  cours  de  Tétude  de  cette  réduction,  la 
formation  d'un  oxyde  intermédiaire.  L'oxyde  UO-  que  l'on  obtient  possède 
une  couleur  brun  marron. 

L'oxyde  uraneux  est  décrit  tantôt  comme  une  poudre  noire,  tantôt 
comme  une  poudre  rouge  de  cuivre  ou  brun  cannelle.  Quel  que  soit  son 
mode  de  préparation,  l'oxyde  uraneux  doit  présenter,  lorsqu'il  est  pur,  une 
teinte  brun  marron;  c'est  une  poudre  de  cet  aspect  que  Ton  obtient  par 
pulvérisation  de  l'oxyde  cristallisé. 

(')  Gh.  SiARHLiNr.,  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  1^68. 


SÉANCE  DU  6  FKVRIER  1922.  SqI 

Parmi  les  procédés  de  préparation  de  l'oxyde  cristallisé,  il  y  a  lieu  d'éli- 
miner tous  ceux  dans  lesquels  il  peut  y  avoir  intervention  de  l'oxygi-ne. 
('/est  ainsi  que  le  procédé  donné  par  Ditte(').  consistant  à  chauffer  dans  un 
creuset  de  platine  muni  de  son  couvercle  l'oxyde  U^O**  additionné  de  quel- 
ques gouttes  d'acide  lluorliydrique.  ne  donne  pas  UO",  mais  bien  U^O** 
cristallisé. 

Nous  pouvons  conclure  de  l'ensemljle  de  ces  faits  : 

1°  (}ue  seuls  les  composés  oxygénés  de  l'uranium  UO'.  UM)**  et  LO- 
011 1  une  existence  certaine; 

2"  Que  les  oxydes  de  couleur  gris  foncé,  désignés  parfois  sous  le  nom 
d'oxyde  noir,  correspondent  à  U^0^  Ils  sont  inaltérables  à  Tair  et  peinent 
être  chauffés  jusqu'à  looo*'  sans  décomposition  sous  la  pression  atmos- 
phérique ; 

3°  Que  les  oxydes  vert  olive  plus  ou  moins  foncés  préparés  à  une  tempé- 
rature inférieure  à  800°  renferment  des  quantités  variables  d'anhvdride 
urânique  et  sont  susceptibles  de  s'altérer  au  contact  de  Tair  humide. 

CHIMIE  MINÉRALE.   —  Action  du  sélénium  sur  l'or.  Note  de  M.  H.  Pélabo.v, 

présentée  par  M.  A.  Haller. 

Nous  avons  indiqué  récemment  (-)  les  variations  que  subit  la  résislivité 
du  sélénium  quand  la  température  croît  régulièrement  jusqu'au  point 
d'ébullition  de  ce  métalloïde.  Ces  variations  pouvaient  s'expliquer  par 
l'existerice  de  deux  modifications  a  et  |i,  puisque  les  électrodes  d'or 
employées  ne  variaient  pas  de  poids. 

Ayant  examiné  au  microscope  métallographique  une  lame  d'or  préala- 
blement polie,  puis  maintenae  plusieurs  heures  au  contact  du  sélénium  à 
une  température  voisine  du  point  d'ébullition,  nous  avons  pu  constater  une 
modification  très  nette  de  la  surface  de  la  lame.  Celle-ci  apparaît  comme 
recouverte  d'un  réseau  assez  régulier  à  larges  mailles  dont  les  lignes  courbes 
font  saillie.  Dans  l'intérieur  des  mailles  du  réseau,  l'or  est  souvent  sillonné 
de  lignes  très  fines  parallèles  ;  la  direction  de  ces  lignes  est  différente  dans 
deux  mailles  voisines.  Il  n'y  a  pas  de  doute,  l'or  est  attaqué  et  sa  surface 
est  recouverte  de  plages  formées  de  cristaux  parallèles.  Il  est  probable  que 

(')  A.  DiTTE,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  6«  série,  t.  1,  iSS4,  P-  S^i. 
(■-)  Comptes  rendus,  l.  173,  19.?  t,  p.  i^GG. 


392  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

le  sélénium  déposé  à  la  surface  du  métal  empêche  l'attaque  de  continuer. 
En  augmentant  la  surface  d'attaque,  on  doit  pouvoir  constater  beaucoup 
mieux  le  phénomène.  Nous  avons  donc  chauffé  pendant  plusieurs  jours 
une  large  lame  d'or  dans  du  sélénium  liquide  (610°  environ)  et  nous 
avons  constaté,  même  après  avoir  chauffé  la  lame  dans  la  flamme  du  chalu- 
meau pour  la  débarrasser  du  sélénium  libre,  une  très  faible  augmentation 
de  poids. 

Il  nous  a  semblé  ainsi  que  l'or  fondait  plus  facilement  après  un  tel  traite- 
ment. 

Comme  généralement  les  électrodes  d'or  ne  varient  pas  de  poids,  la  fixa- 
tion du  sélénium  "sur  la  lame  doit  être  compensée  par  une  perte  de  métal. 
Après  avoir  dissous  le  sélénium  dans  l'acide  azotitjuefdans  un  vase  de  verre 
à  parois  très  minces,  nous  avons  placé  celui-ci  sur  la  platine  du  microscope 
métallographi((ue.  En  utilisant  le  plus  fort  grossissement  nous  avons  pu 
apercevoir  par  endroits  de  très  petits  cristaux  d'or  en  forme  de  tétraèdres. 
Ces  cristaux  sont  le  plus  souvent  groupés  pour  former  de  JHagnifî<[ues  étoiles 
à  six  branches  qui  apparaissent  vivement  éclairées  sur  le  fond  sombre.  L'or 
se  dissout  donc  dans  le  sélénium  en  très  faible  quantité  ou  bien  les  deux 
éléments  forment  une  combinaison  instable.  J^ans  tous  les  cas  par  refroidis- 
sement le  métal  se  précipite  en  cristaux  tétraédriques. 

Mais  en  même  temps  qu'on  aperçoit  les  cristaux  d'or  dont  il  s'agit  on  dis- 
tingue de  longues  aiguilles  excessivement  fines  plus  blanches,  qui  traversent 
quelquefois  tout  le  champ  du  microscope.  Ces  aiguilles  sont  probablement 
identiques  à  celles  qui  se  groupent  sur  la  surface  du  mêlai. 

En  résumé,  contrairement  à  ce  qu'on  a  cru  jusqu'ici,  Cor  est  attaqué  par  le 
sélénium^  i\  y  ^  échange  partiel  entre  les  deux  éléments.  Le  métal  fixe  du 
sélénium  qui  s'élimine  difficilement  par  élévation  de  température,  le  sélé- 
nium lui-même  prend  de  l'or. 

Le  sélénium  que  nous  avons  appelé  ^  n'est  donc  pas  un  corps  pur.  La 
faible  résistivité  s'explique  par  la  présence  de  la  poussière  d'or  ([u'il  tient  en 
suspension  et  par  les  aiguilles  de  sélénium  qui  le  traversent. 

11  reste  à  expliquer  pourquoi  ce  sélénium  impur  peut  reprendre  une 
résistivité  très  grande  par  une  série  d'oscillations  de  la  température. 


SÉANCE   DU   6   FJ.VRIER    1922.  3^5 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  quelques  nouveaux  dérivés  de  la  sulfobcnzide. 
Note  (')  de  M.  Eue.  Grandmoukin. 

Dans  une  Note  précédente  (-)  nous  avons  étudié  la  sulfobenzide  ('),  et 
en  particulier  ses  dérivés  diamidés  3.3'  et  4 -AS  surtout  au  point  de  vue  des 
applications  possibles  à  l'industrie  des  colorants  synthétiques.  Incidemmenl 
nous  avions  signalé  quelques  nouveaux  composés  dérivés  de  celte  matière 
première  et  préparés  avec  le  concours  de  M.  B.  Rivetti. 

Si  nous  revenons  aujourd'hui  sur  ces  nouveaux  corps,  dont  Tintérêt  est 
surtout  documentaire,  c'est  plutôt  pour  préciser  les  méthodes  générales  de 
leur  préparation.  On  verra,  une  fois  de  plus,  la  variété  des  procédés  que 
peut  employer  la  synthèse  organique  et  qui  rend  ce  domaine  aussi  attrayant 
et  aussi  fertile. 

En  principe,  la  sulfobenzide  se  prépare  par  action  de  l'acide  fumant 
(chlorhydrine  sulfurique,  chlorure  de  sulfuryle)  sur  le  benzène  et  Ton 
peut  généraliser  cette  réaction  pour  obtenir  des  dérivés  symétriques.  Ainsi 
si,  au  lieu  du  benzène,  on  prend  le  phénol,  on  obtient  une  dioxy&ulfo- 
benzide  4.4'  (  ')'  *^*  ^^^  prépare  de  même  les  dérivés  dichloré,  dibromé  et 
diiodé,  etc.  en  para  (^^). 

L'action  de  l'acide  fumant  sur  le  nitrobenzène  conduit  par  contre  au 
dérivé  dinitré  3.3',  identique  à  la  dinitrosulfobenzide  obtenue  parnitration 
de  la  sulfobenzide  (  '). 

Par  réduction,  on  fait  le  dérivé  diamidé  qui,  par  application  de  la  réac- 
tion de  Sandmeyer,  nous  a  donné  les  dérivés  dihalogénés  correspondants. 
La  3.3'-dichlorosulfobenzide  distille  inaltérée  sous  un  vide  de  8*^'°^;  elle  cris- 


(')  Séance  du  3o  janvier  1959,. 

(-)  Comptes  rendus^  t.  17i,  1922,  p.  168. 

(■*)  La  désignation  de  diphéaylsulfone,  parfaitement  correcte  du  reste,  peut  cepen- 
dant prêter  à  confusion  avec  la  sulfone  du  diphénvle  (voir  notamment  brevets  français 
n°  362140  et  additions). 

(*)  Annahbim,  Ann.  Cheni.^  t.  172,  p.  28. 

(5)  Avec  le  dichlorobenzène  on  obtient  une  tétrachlorosulfobenzide  (Friedel  et 
Crafts,  ^«/î.  Chim.,  Cf-  série,  t.  10,  p.  l\i\).  sans  doute  3..'|.3'.4'<  et  décrite  par 
erreur  comme  dérivé  dichloré  2.2'  dans  Richter  (vol.  2,  p.  23i3). 

C)  Elle  est  décrite  comme  2.2' dans  Richter  (vol.  2,  p.  23i5);  nous  avons  démontré 
dans  notre  Note  précédente  que  c'était  un  dérivé  diméta,  c'est-à-dire  3.3'.  \oir  aussi  : 
MM.  Martinet  et  IIaf.iil,  Compte.'i  rendus,  t.  173,  rgoi,  p.  7-5. 


^94  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

tallise  de  Tacide  acétique  en  cristaux  jaunâtres  (p.  f.  io8°)  (')  (chlore, 
calculé  24,73  pour  100,  trouvé  24,57  pour  100).  La  3 .3 -diiodesulfo- 
benzide  se  sépare  de  l'alcool  en  cristaux  jaunâtres  fusibles  à  i58^  (iode, 
calculé  54,04  pour  100,  trouvé  53,83  pour  100). 

La  préparation  de  ces  composés  avait  été  envisagée  pour  effectuer  la  syn- 
llièse  de  couleurs  à  cuve  par  condensation  avec  des  aminoanthraquinones, 
analogues  aux  dérivés  des  brevets  allemands  '234. VI 8  et  230409,  mais  qui 
sont  restés  sans  applications  industrielles. 

Pour  obtenir  le  dérivé  dinitré  4-4'?  il  faut  employer  par  contre  un  pro- 
cédé indirect;  on  le  prépare  par  oxydation  du  sulfure  de  phényle  dinitré  4-4' 
formé  lors  de  l'action  du  sulfure  de  sodium  sur  le  y?-chloronitrobenzène. 

Le  même  procédé  nous  a  permis  de  faire  la  synthèse  du  dérivé  dinitré  2.2' 
à  partir  du  sulfure  de  phényle  dinitré  en  ortho.  Ce  produit  déjà  connu  se 
lait,  comme  le  dérivé  pai-a,  par  condensation  du  sulfure  de  sodium  avec 
l'o-chlornitrobenzène  (-).  Par  oxydation  avec  le  bichromate  et  l'acide  sul- 
furique,  à  froid,  il  donne  la  2 . 2'-dinitrosulfobenzide  qui  cristallise  de 
l'acide  acétique  en  cristaux  presque  blancs  (p.  f.  189")  et  dont  la  com- 
position fut  vérifiée  par  l'analyse  (N  pour  100  calculé  9,09,  trouvé 
9,00  pour  100)  ('). 

Le  dérivé  diamidé  correspondant  n'a  pas  été  préparé;  il  est  du  reste  à 
prévoir  que,  même  s'il  se  diazotait  normalement,  ce  qui  n'est  pas  certain, 
les  colorants  obtenus  n'offriraient  sans  doute  qu'un  intérêt  assez  mé- 
diocre ('').  Du  reste,  le  mode  d'obtention  de  cette  base  rend  peu  probable 
son  emploi  industriel. 


(')  Le  brevet  français  423913  signale  une  dichtorosulfobenzide  obtenue  par  l'action 
du  chlorure  de  sulfurjle  sur  le  benzène  chloré,  en  présence  du  chlorure  d'aluminium, 
différente  du  dérivé  dipara  (?)  mais  dont  les  constantes  ne  sont  pas  indiquées. 

(-)  NiETZKi  et  BoïHOF,  Ber.,  t.  29,  1896,  p.  2274.  —  Comme  le  rendement  est  insuf- 
fisant, nous  avons  essayé  d'employer  l'ortho-iodonitrobenzène,  mais  sans  amélioration 
sensible.  Des  essais  faits  d'autre  part  pour  l'obtenir  par  action  du  diazo  de  l'o-nitrani- 
line  sur  le  sulfure  de  sodium  ont  du  être  abandonnés  par  suite  de  la  formation  de 
dérivés  diazoïques  explosifs,  même  en  milieu  aqueux. 

(^)  Le  point  de  fusion  correspond  sensiblement  à  celui  du  dérivé  dinitré  de  l'oxy- 
sulfure  (?)  de  Lobry  de  Bruyn,  p.  f.  184"  (voir  aussi  Ber..  t.  20,  1887,  p.  198). 

('*)  I^e  dérivé  correspondant  du  disulfure  de  phényle  se  comporte,  comme  nous 
l'avons  vérifié,  d'une  façon  anormale  lors  de  la  diazotation.  Cette  base  obtenue  primi- 
tivement par  Ilofmann  {Ber.,  t.  13,  1880,  p.  1280)  d'une  façon  peu  commode  se  prépare 
plus  facilement  par  réduction  du  dérivé  dinitré  corresjiondant  par  l'hydrade  d'hydra- 
zine  {Ber.,  t.  45,  1912,  p.  i34)  ou,  comme  nous  l'avons  constaté,  par  le  bisulfure  de 
sodium.  Elle  fond  à  gS". 


SÉANCE   DU   6    FÉVRIER    I922.  3^5 

Tous  les  procédés  énumcrés  jusqu'à  présent  doniienl  des  dérivés  symé- 
triques de  la  sulfobenzide.  Pour  synthétiser  les  dérivés  asymétriques,  il 
existe  diverses  méthodes,  à  partir  des  acides  sulfiniques,  notamment.  Nous 
signalerons  en  particulier  colle  qui  consiste  à  condenser  les  acides  sulfi- 
niques avec  des  dérivés  chloronitrés  des  carbures  aromatiques  (  '). 

Pour  V('Tifîer  si  cette  réaction  pouvait  être  généralisée  nous  avons  pré- 
paré un  dérivé  d'une  sulfone  mixte  :  o-/;-dinitrophényl-[i}-naphtylsu]fone 
par  condensation  du  1.2.4-chiorodinitrobenzène  avec  Tacide  |3-naplitaline- 
sulfînique,  en  milieu  alcoolique  ammoniacal,  à  chaud. 

La  sulfone,  insoluble  dans  l'alcool,  se  sépare  en  cristaux  jaune  pâle;  on 
l'obtient  à  l'état  pur  ])ar  cristallisation  de  l'acide  acétique  (p.  f.  228°).  La 
composition  fut  vérifiée  par  "l'analyse  (N  calculé  7,82  pour  100.  trouvé 
8,00  pour  100).  Ajoutons  que  les  dérivés  dinitrés  2.4,  obtenus  par  ce  pro- 
cédé, fournissent  par  réduction  des  métadiamines  qui,  par  l'action  de 
l'acide  nitreux,  donnent  lieu  à  la  formation  de  colorants  rouge  brun. 

En  résumé,  notre  étude  confirme  à  .nouveau  que  la  sulfobenzide  n'olTre, 
au  point  de  vue  des  colorants  syntliétiques,  qu'un  intérêt  limité,  parce  que 
les  colorants  qui  en  dérivent  ne  présentent  pas  d'avantages  sur  ceux  qui 
sont  préparés  avec  des  bases  plus  accessibles  et  d'un  prix  de  revient 
inférieur. 

Si,  par  nitration  directe,  il  avait  été  ])Ossible  de  préparer  le  dérivé  liexa- 
nitré,  ce  produit  aurait  pu  peut-être  offrir  de  l'intérêt  comme  explosif. 
Mais  comme  nous  avons  démontré  que  la  dinitration  se  fait  en  meta,  on  ne 
peut  dépasser  par  nitration  directe  la  phase  du  tétranitro  (3.  5.  3'.  5').  Le 
dérivé  hexanitré,  seul  intéressant  comme  explosif,  ne  pourrait  se  faire  que 
par  la  voie  indirecte  du  sulfure  de  phényle  hexanitré  correspondant.  Dans 
ce  domaine  encore  les  applications  de  la  sulfobenzide  sont  donc  sans 
intérêt  pour  les  mêmes  raisons  cjui  empêchent  son  emploi  daus  le  domaine 
des  couleurs. 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  5^^/'  /(/  composition  de  Vessence  de  térébenthine  d' Alep. 
Note  de  M.  Georges  Dupo\t,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

M,  Vèzes(^)  a  montré  l'homogénéité  de  l'essence  de  térébenthine  du  pin 
d'Alep  et  conclu  que  la  presque  totalité  de  cette  essence  était  constituée  de 

('  )  ULLMA^N  et  Pasdermadjian,  Bej-.,  t.  3'+,  1901.  p.  i  i5i. 

(^)    VfcZES,  Soc.  des  Se.  de  Bordeaux,  20  juin   ipoq,  ;>  1   mai   191  ■^.. 


396  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

pinône.  M.  Darniois(')  arrive  à  la  même  conclusion  mais  signale  qu'un 
dixième  environ  de  l'essence  ne  distille  qu'à  une  température  notablement 
plus  élevée.  M.  Pariselle  (^)  a  montré  que  ce  pinène  a,  extrait  de  l'essence 
d'Alep,  pouvait  être  considéré  comme  du  pinène  droit  à  peu  près  exempt  de 
racémique.  D'autre  part,  Palazzo(^)  a  vérifié  l'identité  des  essences  d'Alep 
française,  italienne  et  grecque  qui  donnent  toutes  des  caractéristiques  voi- 
sines de  : 

^25  =  0,855,         «0.,,— 1,464,         I  oc  II,  ,,,= +  46°  à +47°. 

Nous  avons  vérifié  qu'en  outre  cette  composition  est  indépendante  de 
l'époque  de  la  récolte.  En  ellet  des  essences  extraites  des  gemmes  de  pin 
d'Alep  des  amasses  successives  pendant  l'année  1921  nous  ont  donné  : 

a,l  C'  ).  d.y^. 

f^  amasse -t-41,92  o,855o 

a"         » +41,93  o,855o 

3«         » -^-4i,i4  o,856o 


--t-  4i  ,29  o,858o 


Ces  faits  viennent  donc  confirmer  que  la  composition  d'une  essence  ne 
déjjend  que  de  la  nature  de  l'arbre  qui  la  fournit. 

Il  nous  a  paru  intéressant  de  recbercher  si  les  queues  de  distillation 
signalées  par  les  divers  auteurs  sont  simplement  des  produits  d'oxydation 
de  l'essence  ou  bien  s'ils  sont  des  produits  normaux  de  la  sécrétion 
résineuse. 

Dans  un  essai  préliminaire,  nous  sommes  parti  d'une  gemme  d'Alep  d'origine 
sûre  {■').  L'essence  obtenue  nous  a  donné,  à  la  distillation,  un  résidu  de  5  pour  100 
environ  ne  distillant  qu'au-dessus  de  iG5°. 

Ce  résidu  est  en  presque  totalité  distillable  et  donne  : 

Température.  Volume.  ^/;..  .  aj. 


fin-' 


i56''-i77° 55  0,8570  -t- 42,79 

!  77°-230°-250° l\i  o ,  9247  +    5 ,  78 

?.5o°-25d° 3o  0,9090  —    7,43 

Résidu i5 

(')  Darmois,  Thèse  de  Doctorat,  Paris,  1910. 

(2)  Pariselle,  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  1496. 

(*)  Palazzo,  La  trenienliae  italiane.  Nota  IV,  Tip.  Ricci,  Firenze. 

('*)  (Zj  rotation  sur  10'"^  pour  la  raie  jaune  de  l'arc  au  mercure  (X  :=:  ol^,  578  ). 

{'")  ^i\.  Carme,  à  Auriol  (  Bouches-du-Rliône),  avait  bien  voulu  faire  sélectionner 
lui  même,  en  forêt,  cette  gemme  en  vue  de  nos  expériences.  Nous  le  remercions  vive- 
ment ici. 


SÉANCE  DU  6  FKVRIER  I922.  397 

Ces  produits  de  queue  existent  donc  normalement  dans  l'essence  d'Alep 
fraîche;  ils  se  présentent  comme  un  liquide  jaunâtre  à  odeur  très  fine. 

Pour  étudier  leur  nature,  nous  avons  pu  nous  procurer  des  essences 
enrichies  en  ces  produits  en  faisant  recueillir,  à  l'usine  même,  le  dernier 
litre  fourni  par  chaque  distillation  de  térébenthine  dans  un  appareil  ordinaire 
à  vapeur.  Cette  essence  contient  \  environ  de  produit  de  queues;  elle  donne 
à  la  distillation  : 

Numéros 
des  fractions.  Volunn-s.      TctiipôriiUires  dcb.  |  aj  ]  ''.;.,'. 

lào looo  l54  -+-42,52  o,851o 

6  et  7 4uo  i55  +42,28  o,854o 

8  et  9 400  >'  +41,75  0,8542 

10  et  11 3oo  i56  -+-89, 5o  0.8548 

12 72  157-210°  +22,91  0,8622 

13 _  37  210-220  +  3,08  0,9043 

14,  et  15 198  220-235  +0,37  0,9320  A 

16  el  17 200  235-25o  —  3,32  0,928 

18 100  250-255  —6,98  0,9114 

19 100  255-258  -8,75  0,9092  B 

20 100  258-265  —11,58  0,9141 

21 36  265-285  —  1,02  0,9206 

22 70  résidus 

Nous  voyons  nettement,  en  dehors  des  têtes  constituées  ])ar  du  pinène, 
deux  fractions,  la  première  A  à  faible  pouvoir  rotatoire  et  à  forte  densité; 
la  deuxième  B  lévogyre  et  à  densité  plus  faible. 

Étude  des  fractions^.  -  Les  fractions  17,  18,  19,  plusieurs  fois  distillées 
sur  le  sodium,  passent  finalement,  en  presque  totalité,  à  253"-254°  et  pré- 
sentent les  caractéristiques  suivantes  : 

^15=0,9096,        <io„==  0,9006,         Nd2o=i>4977- 

L'analyse^  la  ayoscopie,  la  réfraction  moléculaire  montrent  que  ce  consti- 
tuant est  un  sesquiterpène  bicy clique. 

Analyse  :  Trouvé  88,45  (cale.  88,23);  H  trouvé  12,09  (cale.  ii,;6). 

Cryoscopie  :  Trouvé  pour  les  concentrations  limites  M  =  «oS  (cale.  2o3)  Hji  trouvé  : 
66,02;  calculé  :  66, i4- 

Ce  sesquiterpène  est  assez  semblable  au  caryophyllènepar  ses  propriétés; 
toutefois,  il  s'en  distingue  par  le  point  de  fusion  du  nitrosite.  Ce  dérivé, 
obtenu  avec  un  très  faible  rendement,  fonda  i48«-i49°.  Nous  n'avons  pu 
encore  obtenir  d'autre  dérivé  cristallisé  de  ce  sesquiterpène.  Nous  signa- 


398  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Icrons  la  réaction  colorée  que  donne  une  goutte  d'acide  sulfurique  dans  la 
solution  acétique  de  ce  corps  :  coloration  rose  virant  au  violet. 

Étude  de  la  fraction  A.  —  Cette  fraction,  qui  attaque  le  sodium  à  chaud, 
ne  contient  ni  alcool  ni  cétone;  elle  est  riche  en  éther-sel. 

95,2  de  la  fraction  i4  ont  été  traités  par  3o""^  d'une  solution  de  IvOH  alcoolique 
à  ioqs  par  litre,  pendant  4  heures,  à  100».  11  a  disparu  o'"°',oi853  de  KOH,  ce  qui 
correspond  à  39,5  })our  100  détlier,  calculé  en  acétate  de  bornyle. 

Pour  déterminer  la  nature  de  cet  éllier,  nous  avons  saponifié  90S  du  produit.  Dans 
la  solution  aqueuse,  nous  avons  pu  caractériser  l'acide  acétique.  L'huile  saponiliée  a 
été  chauiiee,  à  ir)0°,  10  heures  avec  de  l'anhydride  phtalique,  et  les  éthers  phtaliques 
acides  ont  été  extraits  par  une  solution  de  carbonate  de  soude. 

De  cette  solution,  les  éthers  phtaliques  ont  été  précipités  par  l'acide  chlorhydrique, 
puis  soumis  à  la  saponilication. 

Nous  avons  obtenu  ainsi  du  horiiéol  inactif  tvès  pur  (cristaux  hexagonaux  fondant 
à  2o6°-207°,  phtalate  acide  fondant  à  i55°-i56°). 

D'autre  part,  des  fractions  non  éthériliables  par  l'anhydride  phtalique,  nous  avons 
retiré  une  huile  dont  la  presque  totalité  bout  entre  •260°  et  255°  et  qui  s'identifie  avec 
le  sesquiterpène  que  nous  avons  isolé  de  la  fraction  B. 

Nous  pouvons  donc  dire  que  ces  fractions  de  queue  sont  constituées  en 
presque  totalité  d'acétate  de  bornyle  et  d'an  sesquiterpène. 

Dans  l'essence  de  queue  initiale,  l'indice  de  saponilication  nous  conduit 
à  une  iemmv  en  acétate  de  bornyle  àt^y'ioT^ouY  100  el,  par  suite,  à  une  teneur 
en  sesquiterpène  voisine  de  23  pour  100. 

Dans  les  queues,  débarrassées  dV.-piiiène,  nous  trouvons  : 

Acétate  de  bornyle  .  .  .  , 22,7  pour  100 

Sesquiterpène 77  » 

La  composition  de  l'essence  d' Vlep  fraîche  totale  est  donc  voisine  de  la 

suivante  : 

Pinène  droit 95  pour  100 

Acétate  de  bornyle  inactif i ,  >4       " 

Sesquiterpène 3.8  « 


GÉOLOGIE.  —  Sur  la  limite  oi'ientale  du  massif  graniti<jue  de  Milkxaches. 
Note  de  M.  G.  3Ioujiet,  présentée  par  M.  Pierre  Tcrmier. 

Le  Plateau  de  Millevaches,  qui  foi^me  la  partie  culminante  de  la  région 
du  Massif  Central,  située  à  l'ouest  du  grand  chenal  houiller,  est  occupé  par 
un  massif  de  granité  à  mica  blanc,  au  sein  duquel  affleure  le  granité  por- 


SÉANCE    DU    6    Fl-VRIER    I922.  '5g[) 

phyioïde  à  mica  noir  sur  une  vaste  étendue  au  nord  de  la  haute  vallée  de 
la  Vienne.  Au  Sud,  ce  massif  granitique,  qui  n'atteint  pas  la  localité 
d'Égletons  (Corrèze),  est  limite  par  un  massif  de  granité  également  por- 
phyroïde,  compris  entre  la  région  dliigletons  et  Lssel.  Au  \ord,  il  est 
limité  par  le  massif  de  granité  à  mica  noir  (granité  de  Guéret)  qui  couvre 
la  plus  grande  partie  de  la  Creuse.  A  TOuest,  il  domine  le  plateau  gneis- 
sique  de  Limoges  et  d'Uzerclie.  Enfin,  à  TEsl,  il  est  limité  par  les  gneiss 
d  Aubusson  associés  à  quelques  gneiss  normaux. 

Nous  avons  autrefois  fait  connaître  le  caractère  de  la  limite  occidentale 
du  massif  et  de  ses  annexes,  limite  formée  par  une  fracture  que  jalonne 
une  traînée  continue  de  mylonites  {^fracture  dWrgcntal).  Il  y  a  deux  ans, 
nous  avons  précisé  le  caractère  de  la  limite  septentrionale  (région  de  Pon- 
tarion),  formée  par  une  bande  schisteuse,  déjà  figurée  sur  la  carte  géolo- 
gique de  la  Creuse  par  Mallard  (1866).  Nous  avons  montré  que  cette  bande 
schisteuse  comprend,  là  encore,  une  traînée  prcscjuc  continue  de  mylonites, 
et  ({uelle  est  associée  à  des  roches  laminées,  indices  certains  d'une  autre 
ligne  de  fracture  (fracture  de  Pontarion).  L'objet  de  la  Note  présente  est 
d'exposer  les  résultats  de  nos  explorations  le  long  de  la  limite  orientale 
du  Massif. 

Dans  une  Note  antérieure,  nous  avions  indiqué  que  la  ligne  de  fracture  de 
Pontarion  devait  passer  dans  le  voisinage  du  village  de  la  Borne,  aunord-ouest 
de  Saint-Michel-de-Veisse,et  que  les  mylonites  étaient  distribuées  à  plusieurs 
niveaux,  au  sein  des  couches  schisteuses.  Il  résulte  de  nos  nouvelles  explo- 
rations qu'en  réalité,  les  mylonites  n'occupent  cju'un  seul  niveau,  et  que  la 
ligne  de  fracture  de  Pontarion,  en  partie  masquée  par  des  dépôts  houillers, 
passe,  non  par  la  Borne,  mais  par  Saint-Michel-de-Veisse.  Elle  se  prolonge 
au  delà,  dans  la  direction  du  Sud-Est,  jusqu'à  la  limite  des  feuilles  .4 m6w^^o« 
et  IJsscl,  au  village  de  Vilescot,  et  alors,  là,  elle  change  brusc{uement  de 
direction,  pour  s'infléchir  vers  le  Sud,  amorçant  ainsi  la  limite  orientale  du 
Massif.  Si,  dans  celte  partie,  la  bande  schisteuse  se  maintient  a\ec  conti- 
nuité, il  n'en  est  pas  de  même  des  mylonites,  dont  on  retrouve  cependant 
des  traces  près  de  Treichazeix  et  qui  apparaissent  encore  très  nettes  près 
du  \illage  de  Chambroutière,  à  l'ouest  de  Fellelin.  De  Janaillat,  au  nord- 
nord-ouest  de  Bourganeuf,  jusc|u'en  ce  point,  la  ligne  de  fracture  peut  donc 
se  suivre  avec  certitude  sur  en>iron  4o'''"  de  longueur.  A  oilà  un  premier 
point  établi. 

Le  second  point  concerne  le  prolongement  de  cette  fiaclure  vers  le  Sud, 
c'est-à-dire  vers  Meymac,  sur  une  longueur  également  d'environ  4o'"".  La 


4oo  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

f(^uille  ^5^  ligure  bien  une  faille  formant  la  limite  du  massif  de  granité  à 
mica  blanc,  mais  d'après  nos  explorations,  cette  ligne  de  fracture  doit  être 
reportée  quelque  peu  plus  loin  vers  l'Est.  Les  caractères  de  la  limite  du 
Massif  de  Millevaches,  entre  Saint-Michel-de-Veisse  et  le  hameau  du  Vert,  au 
nord-nord-est,  de  Meymac,  restent  en  effet  les  mêmes  que  dans  la  région 
septentrionale.  La  zone  schisteuse  persiste  ;  elle  forme  encore  ceinture  au 
massif  de  granité  à  mica  blanc;  elle  s'étend  à  son  pied,  en  occupe  le  talus,  ou 
atteint  parfois  le  rebord  du  plateau.  Envahie  plus  ou  moins  par  le  granité 
à  mica  blanc  qui  y  prend  alors  une  structure  gneissique,  elle  se  présente 
avec  une  largeur  variable.  Cette  ceinture  n'est  même  pas  continue  ;  entre 
la  région  de  Clairavaul  et  le  parallèle  de  Saint-Setier,  les  schistes  sont  entiè- 
rement résorbés  et  les  gneiss  d'Aubusson  viennent  au  contact  immédiat  du 
granité  de  Millevaches.  Les  schistes  ne  reparaissent  que  plus  au  Sud,  et  se 
poursuivent  au  moins  jusqu'au  village  du  Vert,  après  quoile  granité  porphy- 
roïde  d'Ussel  et  de  Meymac  vient  au  contact  de  celui  du  massif  considéré. 

Au  sud  de  Chanibroutière  jusqu'au  Vert,  et  au  delà,  nous  n'avons  pu 
observer  de  mylonites  ou  de  roches  apparemment  laminées,  à  moins  qu'il  ne 
faille  attribuer  la  structure  schisteuse  à  un  laminage  ;  s'il  existe  une  fracture, 
et  il  est  difficile  d'admettre  que  la  fracture  de  Pontarion  ne  puisse  pas  se 
poursuivre,  cette  ligne  de  fracture  ne  peut  être  que  la  limite  ou  ligne  sépa- 
ra tive  de  la  zone  schisteuse  et  des  gneiss  situés  plus  à  l'Est  (gneiss  d'Au- 
busson et  autres). 

Les  caractères  qui  font  présumer  une  fracture  sont,  à  défaut  d'une  défor- 
mation ou  d'un  écrasement  des  roches,  les  suivants  : 

1°  La  netteté  et  la  grande  régularité  du  tracé  de  la  limite  du  Massif  de 
Millevaches,  y  compris  la  zone  schisteuse  intimement  associée  au  granité, 
et  l'absence,  autant  que  nous  avons  pu  en  juger,  de  passage  graduel  des 
schistes  de  la  bordure  aux  gneiss  adjacents. 

2"  La  direction  du  plongement  des  couches,  qui  n'est  pas  la  jnême  pour 
le  granité  à  mica  blanc  gneissique  et  les  schistes,  ces  deux  terrains  plongeant 
généralement  vers  TOuesl,  et  pour  les  gneiss  extérieurs,  ceux-ci  plongeant 
plutôl  vers  l'Esl. 

3"  La  constitution  très  dilléreiite  du  Massif  de  Millevaches  et  du  plateau, 
de  niveau  inférieur,  qui  s'étend  à  l'Est,  où  les  schistes  font  absolument 
défaut,  qui  ne  se  compose  que  de  granité  à  mica  noir  et  de  gneiss  de  même 
composition.  Il  y  a  absence  complète  de  filons  de  granulit(^  dans  le  voisinage 
même  du  Massif  de  Millevaches,  et  les  quelques  filons  de  granulite(gTanulite 
à  eonliérite  et  à  grenat)  que  la  feuille  Ussel  figure,  sont  à  grande  distance 


SÉANCE    DU    6    FÉVRIER    I922.  /4OI 

du  Massif;  on  peut  même  dire  que  la  région  en  question  est  exceptionnelle 
par  sa  richesse  en  biolile  et  sa  pauvreté  en  muscovite. 

Dans  la  région  de  Meymac,  la  limite  du  Massif  de  Millevaches  contourne 
ce  bourg  au  Nord.  Elle  est  très  nette,  et  le  filon  de  porphyre  quarizifère 
figuré  sur  la  feuille  Ussel  au  sud-ouest  du  Vert,  répond,  sans  doute,  au 
passage  de  la  ligne  de  fracture.  Il  est  probable  que  celte  ligne  passe  aussi 
dans  le  voisinage  du  petit  bassin  houiller  de  Lapleau,  sinon  même  par  ce 
l)assin  qui,  par  conséquent,  se  trouverait  placé  dans  une  position  identique 
à  celle  des  autres  bassins  houillers  de  cette  partie  du  Massif  Cenlral  : 
bassins  d'Argentat,  de  Corrèze,  de  Mazurat,  de  Bourganeuf  et  de  Saint- 
Michel-de-Veisse.  Celte  situation  du  bassin  de  Lapleau  suggère  des  consi- 
dérations nouvelles  au  sujet  de  son  extension,  car  il  est  recouvert  par  le 
granité,  et,  à  Thypothèse  du  plissement,  imaginée  par  Dufrénoy  pour 
expliquer  le  recouvrement,  on  peut  substituer  celle  du  charriage. 


GÉOLOGIE.  —  Le  bassin  oligocène  effondré  Saint-Flow  (Cantal)- Malzieii 
(Lozère).  La  Truyère  miocène^  affluent  de  V Allier.  Note  de  M.  Pu.  Glan- 
GEAOD,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Lorsque  des  hauteurs  de  Saint-Flour  (900"^)  on  regarde  l'Est  et  le  Sud- 
Est,  on  aperçoit,  barrant  l'horizon  sur  près  de  60''"',  la  masse  sombre  de  la 
Margeride,  chaîne  anticlinale  archéogranitique,  dissymétrique,  dont  l'alti- 
tude s'élève  de  i3oo™  à  iSBZî'",  et  dont  le  rebord  occidental  retombe  brus- 
quement sur  une  fosse  d'efl'ondrement  drainée  par  la  Truyère. 

Cette  fosse  ne  représente  qu'une  portion  d'une  importante  dépression 
oligocène  qui  s'étendait  au  delà;  au  nord  de  la  Margeride,  sur  le  plateau 
surélevé  de  Lastic-Vieillespesse,  et  au  nord  de  Saint-Flour,  où  elle  rejoi- 
gnait la  dépression  de  Neussargues-Murat,  plus  effondrée^  qui  commu- 
niquait avec  le  sud  de  la  Limagne  sur  l'emplacement  de  la  vallée  de  l'Alla- 
gnon.  Elle  parait  bien  s'être  étendue  aussi  sur  le  territoire  compris  entre 
la  Truyère  et  le  Bès,  entre  Fournels,  Saint-Chély,  Aumont,  territoire  qui" 
est  le  premier  échelon  montagneux  vers  l'Aubrac.  La  dépression  fut  rem- 
plie par  200"^  de  sédiments  surtout  détritiques,  effondrés  en  échelons  au 
pied  de  la  Margeride,  mais  relevés  du  Sud  au  Nord  et  déblayés  partiellement 
par  la  Truyère  et  ses  affluents. 

Rames  avait  étudié  TOligocène  des  environs  de  Saint-Flour,  dont  Fouqué 
avait  dressé  la  carte;  et  M.  Boule  a  publié  deux  Notes  sur  la  même  région. 

G.  R.,  192J,  1"  Semestre.   (T.  174,  N"  6.)  3o 


4o2  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Cette  formation  ne  se  présente  plus  que  sous  forme  de  lambeaux  dont 
certains  ont  été  figurés  sur  la  feuille  Mende  par  M.  Boule,  notamment  ceux 
de  Saint-Alban  et  de  Saint-Chély  (Lozère). 

Les  plus  importants  s'étendent  entre  Maizieu  et  Saint-Flour,  car  ils  ont 
été  \ç:'6  plus  effondrés^  ou  ont  èlè  pj'otéges  par  des  coulées  volcaniques  plio- 
cènes,  tels,  ceux  de  Julianges,  d'An^^lards,  de  Villedieu,  du  Foyet  et  de 
FaveroUes,  sous  les  coulées  du  mont  Chanson,  etc.;  tels  aussi  ceux  qui 
longent  le  pied  de  la  grande  f aille  bordière  de  la  Margerides  vers  \asbres, 
Clavières,  Ruines,  Rentière,  etc. 

La  base  de  ces  dépôts  s'' abaisse  du  Sud  au  Nord.  Elle  est  à  io4o"'  à  Saint- 
Chély  et  à  Javols,  930'"  à  Saint-Alban,  860""  au  Maizieu,  83o'"à  Saint-Léger, 
puis  se  maintient  de  83o'"  à  860™  à  l'est  et  au  nord  de  Saint-Flour,  tandis 
qu'elle  s'élève  de  nouveau  à  1020"'  sur  le  territoire  surélevé  au  nord  de  la 
Margeride,  à  Tesl  de  la  faille  bordière,  où  quelques  îlots  ont  été  conservés 
et  où  il  existe  une  pénéplaine  antéoligocène  remarquable  (notamment  vers 
Montchamp),  gauchie  par  places  par  les  mouvements  miocènes  et  acci- 
dentée par  d'assez  nombreux  volcans. 

L'Oligocène  du  bassin  de  Saint-Flour  se  prolongeait  par  celui  du  bassin 
plus  effondré  de  Neussargues,  où  cette  formation  descend  à  760°^  sous 
Servières  et  à  moins  de  700™  sous  Joursac,  où  elle  est  dénivelée  par  deux 
failles  N-0  prolongeant  les  failles  bordières  de  la  Margeride.  La  faille  de 
Joursac  avait  (Hé  signalée  par  M.  Boule.  Une  dizaine  de  volcans,  en  reladon 
avec  ces  failles.,  sont  situés  sur  le  pourtour  actuel  de  ce  bassin  effondré, 

La  coupe  la  plus  complète  de  l'Oligocène  peut  être  observée  entre  Saint- 
Léger  et  Laveyssière.  Elle  comprend  la  série  suivante  à  partir  de  la 
Truyère  : 

6.  Argiles  sableuses  un  peu  ferrugineuses  avec  nombreux  blocs  roulés  des  roches 
de  la  bordure  Margeride  (gneiss  ou  granité  suivant  les  points)  exploitées  pour 
tuileries.  Quelques  h'is  de  lignite  intercalés. 

ôi  Calcaires  en  gros  bancs,  à  silex  panachés,  Zi""- 

h.  Argiles  vertes  feuilletées  avec  rognons  de  calcaire  sublithographique.  16'". 

3.    \rgiles  très  ferrugineuses,  bauxiteuses  par  places,  X™. 

'1.   Argiles  sableuses  fines  exploitées  pour  tuileries,  10"'. 

l.   Poudingues,  à  galets  de  quartz. 

L'ensemble  mesure  environ  160™  d'épaisseur.  Il  est  surmonté  au  Maizieu 
et  à  \erdezun  par  des  grès  grossiers  à  stratification  entre-cîoi.^ée  (avec 
coincements  de  grès  fins  kaoliniques)  jadis  exploités  pour  la  fabrication 
des  meules  et  dans  lesquels  M.  Boule  avait  recueilli  une  flore  oligocène 
comprenant  des  feuilles  et  troncs  de  Palmiers  silicifiés^  Myrica,  Cinnoma- 


SÉANCE  DU  6  FKVRIER  I922.  4^3 

niim^  Platanus^  etc.  Je  rappellerai  aussi  que  les  argiles  sableuses  de  Brons, 
près  Saint-Flour,  avaient  fourni  à  Rames  des  restes  de  tortues  {Ptycho- 
gaster  eniyoides  et  Testndo),  à^ Acerotheriutn  lemanense^  A.  Gaudryi  oX 
Enteledon . 

Des  calcaires  intercalés  au  milieu  d'argiles  sableuses  avaient  éu'  exploites 
jadis  à  Saint- Albàn.  Ces  dépôts  correspondent  vraisemblablement  au 
Sannoisien  et  au  Stampien. 

Sables  à  chaiUes.  —  Sur  cet  ensemble  j'ai  observé  au  Malzieu  (ait.  996'"- 
iood"")  et  à  Polageac,  à  Test  de  Saint-Flour  (ait.  Syc*"),  une  formation 
importante,  ravinant  V Oligocène,  constituée  par  des  sables  quartzeux  fer- 
rugineux, à  galets  de  quarlz  iilonien,  de  granité  et  de  chaiUes  jurassiques 
palinées  de  jaune  brun.  Les  galets  sont  beaucoup  plus  roulés  à  Polageac, 
qui  est  à  25*^'°  en  aval  de  Saint-Flour,  qu'au  Malzieu.  Leur  épaisseur  varie 
de  Tune  à  l'autre  des  deux  localités  de  12™  à  6"". 

La  présence  de  ces  sables  à  chailles  est  des  plus  intéressante^  car  elle 
témoigne  de  l'existence,  postérieurement  à  l'Oligocène  fortement  raviné, 
d'un  cours  d'eau  S-N,  suivant  la  base  de  la  Margeride,  descendant  des  hau- 
teurs les  plus  élevées  du  rebord  archéo-granitique,  dominant  le  territoire 
des  causses  jurassiques  Mende-Marvejols. 

Or,  ce  territoire  est  encore  occupé  par  de  pelits  lambeaux  de  Lias,  dont 
l'altitude  monte  à  i2oo"\  Il  est  donc  logique  de  penser  que  les  chailles  pro- 
viennent de  dépôts  jurassiques  décalcifiés  de  ce  rebord  sud  des  causses 
redressé  au  moment  des  grands  mouvements  alpins  d'âge  oligocène  supé- 
rieur ou  miocène  inférieur,  et  qu'elles  ont  été  charriées  au  Malzieu,  à 
Polageac,  etc.,  par  la  Truyère  et  ses  affluents  de  cette  époque. 

Ce  sont  là  des  faits  analogues  à  ceux  constatés  par  G.  Fabre,  sur  l'autre 
versant  de  la  Margeride,  près  de  Langogne,  par  M.  Boule  dans  le  Yelay  et 
à  ceux  de  la  Limagne  et  de  Givreuil  (Allier)  sur  lesquels  j'ai  attiré  longue- 
ment l'attention. 

Le  cours  de  la  Truyère  de  cette  époque  se  continuait  au  nord  de  Saint- 
Flour,  sous  les  coulées  des  volcans  périphériques  du  Plomb  du  Cantal 
(volcans  d'Alloux  et  de  Talizat,  etc.)  et  débouchait  en  face  de  Joursac  à 
Taltitude  820™  environ  dans  la  vallée  de  l'Allagnon,  qui  n'était  alors 
qu'un  émissaire  peu  important  de  la  rive  droite  de  la  Truyère,  tandis  que 
cette  dernière  constituait  un  affluent  direct  de  l'Allier.  Les  alluvions  de 
Polageac,  qui  ont  peut-être  des  rapports  a\ec  les  graviers  d'Andelat 
(étudiés  par  MM.  Boule.  Marty  et  Lauby),  n'ont  été  conservées  que  grâce 
aux  coulées  du  volcan  de  Mons. 


4o4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Aujourd'hui  la  Truyère,  qui  possède  un  cours  Nl\0  jusqu'au  célèbre 
viaduc  de  Garabit,  tourne  brusquement  à  angle  droit,  vers  le  SO  et  s'encaisse 
progressivement  entre  les  massifs  du  Cantal  et  de  l'Aubrac,  car  elle  a  été 
capturée  à  partir  de  Garabit  par  un  affluent  régressif  du  Lot. 

Je  mentionnerai  sommairement  ici  qu'il,  existe  une  série  de  failles  en 
échelon  sur  le  bord  ouest  du  bassin  de  Saint-Flonr-Malzieu,  avec  regard 
vers  la  Margeride. 

Plusieurs  des  failles  de  ce  bassin  sont  jalonnées  par  des  éruptions.  Les 
volcans  de  Mons,  de  Talizal,  de  Julianges,  elc,  sont  édifiés  sur  certaines 
d'entre  elles,  que  jalonnent  également  de  nombreuses  sources  minérales  émer- 
geant :  d'une  pari,  le  long  de  la  Truyère,  sous  Chauliat,  Paladine,  Garabit, 
Anglards  et  FaveroUes;  d'autre  part,  le  long  de  la  grande  faille  bordière  de 
la  Margeride,. vers  Corcnt,  Vasbres,  etc. 

Le  territoire  synclinal  oligocène  Malzieu-Saint-Flour  oflre  donc  un 
ensemble  d'évéjiements  sédimenlaires,  tectoniques,  volcaniques  et  hydro- 
logiques  qui  s'enchaînent  et  sonL  liés  étroitement  à  l'histoire  du  Massif 
Central. 


GÉOLOGIE.  —  Phases  glaciaires  en  (irèce;  leur  relation  avec  le  morcellement 
de  CÉgéis.  Note  de  M.  Ph.  Négris,  présentée  par  M.  Pierre  Terniier. 

La  découverte  importante  de  vestiges  de  l'époque  glaciaire  en  Grèce  par 
M.  Otto  Maull  (yBeitrâge  zur  Morphologie  des  Pelopones  und  des  sudôst- 
lichen  Miltelgriechenlunds ;  Geogr.  Abhandliingen  von  Prof.  Dr  Albi-echt 
Penck,  Leipzig,  1921)  nous  a  ptrmis  de  tirer  des  conclusions  intéressantes, 
concernant  l'époque  de  la  disparition  de  l'Egéis  et  de  la  formation  de  la 
mer  Egée. 

M.  Maull  a  observé,  sur  les  hautes  montagnes  de  la  Grèce,  les  vestiges 
de  deux  phases  glaciaires,  avec  une  distance  verticale  des  limites  corres- 
pondantes des  neiges  persistantes  de  200™  environ  {loc.  cit.,  p.  119, 
Tableau).  Il  est  naturel  de  penser  que  ces  deux  phases  répondent  aux  deux 
dernières  époques  glaciaires  des  Alpes,  l'époque  wiirmienne  et  Tépoque 
rissienne.  d'autant  plus  qu'aux  Alpes,  la  distance  des  limites  des  neiges 
persistantes  de  ces  deux  époques  est,  d'après  M.  A.  Penck,  ioo'"-20o™ 
{Die  Alpen  im  Eiszeitalter,  p.  256). 

M.  Maull  a  encore  constaté  que,  si  l'on  trace  les  lignes  d'égale  altitude 
pour  les  limites  des  neiges  de  la  phase  la  plus  basse,  ces  lignes  sont  parallèles 


SÉANCE   DU    6   FÉVRIER    192,2.  4o5 

aux  rivages  occidentaux  de  la  Grèce  et  vont  en  augmentant  d'altitude 
d'occident  en  orient,  en  se  recourbant  légèrement  vers  l'Est  par  leur 
extrémité  méridionale. 

C'est  ainsi  que  la  ligne  passant  par  le  Taygète  se  trouve  à  i95o™-i975"', 
celle  passant  par  le  Clielmos  à  2oGo'"-2o8o'",  celle  passant  parle  Parnasse 
à  2i25"\  A  cette  variation  de  la  limite  des  neiges,  de  TOuest  à  l'Est,  corres- 
pond une  variation  dans  Tabondance  des  vestiges,  pour  chaque  groupe 
montagneux  pris  isolément  :  à  TOuest  chaque  groupe  est  plus  fortement 
entaillé  qu'à  l'Est. 

Cette  disposition  des  vestiges  a  conduit  M.  Maull  à  admettre  que  la  cause 
de  cette  variation  d'occident  en  orient  doit  être  attribuée  à  l'existence  du 
Continent  Egéen,  lors  de  la  phase  glaciaire  qui  a  donné  les  limites  de 
neiges  les  plus  basses  :  le  climat  aurait  été  ainsi  à  celte  époque,  continental 
à  l'Est,  maritime  à  l'Ouest,  d'où  la  différence  dans  les  limites  de  neiges. 

Le  Continent  Egéen  n'aurait  donc  disparu  qu'après  la  phase  la  plus 
froide  que  j'attribue  au  Rissien.  Les  vestiges  supérieurs  qui  appartien- 
draient au  Wûrmien  sont  insuffisants  et  ne  permettent  pas  malheureuse- 
ment une  comparaison  entre  l'occident  et  l'orient. 

Les  observations  concernant  la  phase  froide  concordent  avec  la  décou- 
verte faite  par  ^L  Cayeux  de  la  molaire  de  VElephas  antiquus  {Description 
physique  de  r île  de  Délos,  p.  39),  prouvant  qu'à  l'époque  chelléenne,  Délos 
appartenait  encore  au  Continent  Egéen,  et  pouvait  être  visitée  par  les 
grands  herbivores  de  ce  Continent, 

Dans  une  Note  précédente,  nous  avons  fait  mention  des  perforations  de 
Siphnos  qui  existent  jusqu'au  sommet  de  l'île  (700""  environ).  Ces  perfo- 
rations datent  nécessairement  du  morcellement  de  l'Égéis  et  seraient 
donc  posl-chelléennes  et  non  siciliennes,  comme  j'ai  avancé  ailleurs  ('). 
Il  est  vrai  qu'à  l'époque  pliocène  un  bras  de  mer,  probablement  de  faible 
largeur,  ne  pouvant  pas  modifier  le  caractère  continental  de  la  région,  tra- 
versait le  continent  Egéen  et  arrivait  jusqu'au  Pirée,  et  l'on  serait  tenté  de 
rapporter  les  perforations  de  Siphnos  à  cette  époque.  Cette  conjecture  n'est 
pas  admissible,  non  seulement  à  cause  de  la  fraîcheur  des  perforations, 
dont  nous  avons  donné  une  photographie  ailleurs  {Roches  cristallophyl- 
lienneset  Tectonique  de  la  Grèce,  pi.  XXI),  mais  parce  qu'elles  existent  aussi 
bien  sur  les  roches  cristallophylliennes  que  sur  un  calcaire  terrestre  récent 

(')  Comptes  rendus  des  séances  de  la  Société  géologique  de  France,  séance  du 
3  janvier  1919,  p.  ■î2. 


4o6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

avec  hélices^  que  M.  Depéret  serait  disposé  à  rapporter  au  sous-genre  Levan- 
tina.,  de  l'époque  actuelle  (/o<?.  cit..  p.  i85).  Ainsi  donc^  la  mer,  lors  de  la 
submersion  de  l'Egeis,  avait  encore  un  niveau  de  700™  et  plus. 

Ce  résultat  paraît  en  désaccord  avec  ce  qu'on  oI)serve  dans  d'autres 
contrées,  mais  ce  désaccord  s'explique  facilement  par  les  affaissements  des 
côtes  qui  se  sont  produits  un  peu  partout  en  prolongement  des  continents 
submergés.  Comment,  par  exemple,  comparer  Siphnos  aux  côtes  de 
l'Atlantique,  soit  en  Europe,  soit  en  Amérique,  lorsque  l'on  sait  que  les  lits 
des  fleuves  qui  se  jettent  dans  cet  Océan  se  prolongent  jusqu'à  des  profon- 
deurs de  milliers  de  mètres  sous  le  niveau  actuel,  et  qu'il  n'y  a  aucune 
raison  pour  ne  pas  admettre  qu'il  s'agit  d'un  affaissement  continu,  dont  il 
faut  chercher  l'origine  bien  avant  dans  le  continent  actuel  correspondant, 
et  l'on  peut  se  demander  si  cette  origine  ne  se  trouverait  pas,  pour  l'Europe, 
dans  les  Alpes  même,  où  nous  avons  signalé,  dans  une  Note  précé- 
dente ('),  un  affaissement  de  plus  de  600™  depuis  l'époque  wiirmienne 
et   de    ySo""  à   85o"*  depuis  l'époque  rissienne. 


GÉOLOGIE.  —  Les  nappes  dans  le  nord-est  du  Tonkin. 
Note  de  M.  René  Rourret,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Au-dessus  des  divers  massifs  autochtones  du  nord-est  du  Tonkin,  dont 
a  parlé  une  Note  précédente,  sont  conservés  des  éléments  tectoniquement 
plus  élevés  :  à  la  base,  une  série  de  schistes  auxquels  je  donne  le  nom  de 
Schistes  du  Song  Hiem,  et  au-dessus,  des  lambeaux  de  nappes  de  charriage 
dites  Nappes  du  Song  Gam. 

Les  Schistes  correspondent  à  des  formations  antérieurement  reconnues 
dans  le  Nord  sous  le  nom  de  Nappe  du  Song  Mien,  dans  le  Sud  |sous  celui 
de  Système  X;  j'ai  rétabli  la  continuité  entre  les  deux  formations  et  Ton 
peut  maintenant  suivre  les  Schistes  du  Song  Hiem,  depuis  la  région  de 
Yen  Minh  jusqu'au  sud  de  That  Khé,  c'est-à-dire  sur  une  longueur  de  plus 
de  25o'"". 

Partout,  les  Schistes  reposent  par  contact  anormal  sur  les  terrains  sous-jacents. 
Dans  la  région  de  Cao  Bang  en  particulier,  ils  entraînent  des  lambeaux  des  calcaires 
ourailens  qui  débutent  par  des  anticlinaux  encore  attenants  au  subslratum,  et  qui 
s'en  séparent  ensuite  pour  ne  plus  former,  entre  les  lames  des  Schistes,  que  des 
amandes  étirées  de  plus  en   plus  réduites;  les   phases   piogressives  de  ce  phénomène 

(*)  Comptes  rendus,  l.  171,  1920,  p.  728. 


SÉANCE  DU  6  FKVRIER  I922.  ^07 

sont  particLilièremenl  visibles  entre  le  petit  plateau  du  Toc  Lang  et  les  environs  de 
Cao  Bang.  A  la  périphérie  des  massifs  autochtones  et  sur  presque  toute  la  longueur 
du  contact  de  base  des  Schistes,  on  rencontre  des  massifs  plus  ou  moins  iuiporlanls 
de  roches  éruplives  andésitiques,  très  écrasées,  de  structure  variée,  correspondant  à 
celles  que  M.  Jacob,  dans  le  Nord-Annam,  désigne  globalement  sous  le  nom  de 
Porphyriles.  Exceptionnellement,  ces  roches  sont  injectées  dans  le  subslratum  auto- 
chtone (Région  du  Quang  Uyen  et  de  Dong  Khé)  ou  montent  à  la  base  des  nappes 
(  Binh  Lang). 

Les  Schistes  ne  m'ont  fourni  aucun  fossile;  ils  se  prolongent  au  Sud  jusqu'au  voisi- 
nage de  Lang  Son,  où  l'on  trouve  du  Trias  qui  repose,  également  par  contact  anormal, 
sur  le  pays  autochtone,  c'est-à-dire  sur  le  Massif  de  Cao  Bang,  sur  le  Bac  Son  el  sur 
les  rochers  calcaires  établissant  la  jonction  entre  les  deux.  Malheureusement  le  Trias 
ne  passe  pas  aux  Schistes  du  Song  Hiem  et.  suivant  un  arc  formant  hernie  vers  le 
Sud-Est  entre  les  deux  massifs  précédents,  on  peut  voir  les  Schistes  glisser,  par  contact 
anormal,  sur  le  Trias. 

Indépendamment  des  roches  basiques  signalées  ci-dessus,  les  schistes  renferment, 
dans  leur  partie  inférieure,  des  inlercalalions  souvent  très  importantes  de  rhyoliles, 
tantôt  à  quartz  globulaire,  tantôt  pétrosiliceux,  qui  se  rencontrent  également  en  abon- 
dance dans  le  Trias  de  la  région  de  Lang  Son.  Dans  les  deux  formations,  les  rhyolites 
sont  souvent  écrasés.  J'en  trouve  des  galets  dans  un  poudingue  dépendant  des  Schistes 
du  Song  Hiem,  et  je  conclus  qu'ils  sont  antérieurs  au  dépôt  de  ceux-ci  çl  peut-être 
d'âge  triasique. 

J'arrive  maintenant  aux  lambeaux  des  nappes  du  Song-  Gam;  ces  lam- 
beaux, au  nombre  de  trois,  sont  d'étetidues  très  inégaies. 

Le  petit  lambeau  du  Kim  Hi,  à  l'ouest  de  Yen  Lac,  et  celui,  bien  plus 
considérable  du  Binh  Lang,  au  nord-ouest  de  Cao  Bang-,  correspondent  à 
une  seule  nappe  et,  dans  leur  ensemble,  à  une  seule  lame,  celle  du  Col  des 
Partisans,  que  nous  allons  définir  dans  le  ti^oisième  lambeau,  de  beaucoup, 
le  plus  important.  Ce  dernier  est  conservé  suivant  une  grande  dépression 
synclinale,  à  axe  courbe,  qui  prend  place  entre  l'arc  Coc  Xo-Dong  Quan, 
et  le  massif  du  Haut  Song  Chay.  Dans  ce  vaste  lambeau,  qui  fournit, 
avec  tm  entablement  calcaire,  un  des  traits  géographiques  majeurs  du 
nord-est  du  Tonkin.  j'arrive  à  distinguer  deux  nappes,  dont  chacune  est 
constituée  par  plusieurs  lames  distinctes. 

La  nappe  inférieure  correspond  à  deux  lames  séparées  encore  par  des  schistes  iden- 
tiques aux  Schistes  du  Song  Hiem.  Ce  sont  respectivement  :  la  Lame  dite  de  Ha  Giang 
dont  l'étendue  est  considérable  et  occupe  un  vaste  pays  à  l'est  de  la  rivière  Claire,  et 
la  L^meduCol  des  Partisans  qui  forme  la  corniche  principale  de  l'entablement  dont  il 
a  été  question  plus  haut.  La  première  m'a  fourni,  à  l'est  de  la  feuille  de  Bao  Lac,  des 
Faoosilidés  et  un  Spirifer  cf.  cabedanus  \ern.  el  Arch.,  fossiles  qui  impliquent  pour 
cette  lame  un  âge  dévonien.  J'ai  trouvé  dans  les  lambeaux  de  la  seconde,  notamment 
à  Pa  Khao  (Binh  Lang),  la  fanule  suivante,  déterminée  par  M""^  Colani  :  Fusullna 


4o8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Japonica   Gumb,;    Scliwagerina     Verbeecki    Geinitz;    DoUolina    lepida    Schwag.  ; 
Neoscluvagerina  cratlcuUfera  Schwag.,  espèces  du  Permien  inférieur  du  Japon. 

La  nappe  supérieure  comprend  également  deu\  lames,  la  Lame  de  LangCa  Phu  et  la 
Lame  du  Fia  Ya,  dont  l'ensemble  est  conservé  dans  la  dépression  formée  par  la  Lame 
du  Col  des  Partisans.  Cette  nappe  se  distingue  de  la  précédente  par  la  présence,  à  la 
base  de  chacune  des  deux  lames,  d'éléments  cristallins,  tandis  que  les  lames  elles- 
mêmes  sont  formées  de  schistes  et  de  calcaires,  qui,  dans  leur  ensemble,  rappellent  par 
leur  faciès  le  Dévonien  de  Ngan  Son,  sans  qu'il  soit  possible  toutefois  de  les  dater 
d'une  manière  précise.  Les  terrains  cristallins  de  la  Lame  inférieure,  très  écrasés, 
affleurent  principalement  dans  la  région  au  sud-ouest  de  Bac  Me;  ce  sont  des  granités 
et  gneiss  amphiboliques.  Pour  la  Lame  du  Pia  Ya,  c'est  dans  le  splendide  Pic  du  Pia 
^a  proprement  dit,  que  se  rencontre,  avec  Une  épaisseur  de  plus  de  looo™,  un  beau 
granité  porphyroïde  à  mica  noir,  écrasé  à  la  base  et  suivi  de  gneiss  amphiboliques. 

Api'ès  avoir  parlé  des  terrains  cristallins  charriés  des  Nappes  du  Song 
Gam,  je  tiens  à  revenir  sur  ceux  des  massifs  aulochtoncs,  parce  que  j'ai  à 
indiquer  des  granités  qui  ne  sont  ni  anciens  et  autochtones,  ni  charriés,  et 
qui  soidèvent  une  question  délicate  de  la  géologie  indo  chinoise.  Dans  le 
Dôme  autochtone  de  Ngan  Son,  nous  connaissons,  avec  le  gi^anite  du  Phan 
Ngame,  un  élément  du  substratum  qui  est  écrasé,  aussi  bien  que  les  gneiss 
et  les  schistes  ou  les  calcaires  eiféliens  qui  raccompagnent.  Tout  autrement 
se  présente  la  granulite  slannifère  du  Pia  Oac;  elle  forme  un  batholite  qui 
entame  la  bordure  du  Dôme  du  Nui  Tong  Tinh  ;  elle  n'est  pas  écrasée:  elle 
est  entourée  pi^esque  partout  d'une  auréole  de  cornéennes,  qui  cori^espond 
au  métamor[)hisme,  aussi  bien  des  schistes  probablement  dévoniens  du 
substratum  que  des  schistes  charriés  reposant  sur  les  éléments  autochtones 
envisagés  ici.  La  granulite  du  Pia  Oac  aurait  donc  fait  ascension  postérieu- 
rement à  la  mise  en  place  des  nappes  de  la  région. 


GÉOLOGIE.  —  Sur  la  géologie  du  Tonkin  occidental . 
Note  de  M.  LêonDissault,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

J'ai  consacré  les  premiers  mois  de  la  saison  d'hiver  1920- 192 1  à  revoir, 
au  point  de  vue  géologique,  la  partie  du  Tonkin  qui  s'étend  du  Fleuve 
Rouge  à  la  frontière  laotienne,  au  nord  d'une  ligne  qui  irait  de  Yen  Bay  à 
Sop  Gop,  région  où,  soit  comme  officier  topographe  au  Service  Géogra- 
phique, soit  comme  Commandant  du  Territoire  militaire  de  Lai  Chau, 
j'avais  eu  antérieurement,  depuis  1907,  l'occasion  de  séjourner  et  de 
parcourir  de  nombreux  itinéraires 

Géograpbi(jiiement,  Faxt'  de  cette  partie  du  Tonkin  est  occupé  par  une 


SÉANCE   DU   6    FÉVRIER    1922.  409 

ligne  de  plateaux  calcaires  de  direction  Sud-Est,  comprenant  les  Plateaux 
de  Ta  Phing,  de  Sin  Tiai,  de  Son  La,  et  encadrée  par  deux  zones  monta- 
gneuses d'un  caractère  ditTérent  :  au  Sud-Ouest,  ce  sont  les  crêtes  de  topo- 
graphie assez  molle  du  haut  bassin  du  Song  Ma  et  de  la  surface  bordière  du 
haut  Laos  où  se  trouve  le  partage  des  eaux  entre  le  Mékong  et  la  Rivière 
>soire;  au  Nord-Est,  ce  sont  les  massifs,  pourvus  d'une  vigoureuse  indivi- 
dualité, d'entre  Rivière  Noire  et  Fleuve  Rouge  :  Sa  Phin  et  Nam  Kim,  à 
l'Ouest  et  du  côté  de  la  Rivière  Noire,  Fan  Si  Pan  et  Aiguilles  de  Ta  ^  ang 
l^ing,  au  Nord  et  du  côté  du  Fleuve  Rouge.  Ces  traits  géographiques 
trouvent  leur  explication  dans  la  constitution  géologique. 

Le  haut  bassin  du  Song  Ma  et  la  surface  bordière  des  plateaux  du  haut 
Laos  correspondent  à  la  prolongation  vers  le  Nord-Ouest  de  la  province  de 
Sam  Neua.  On  y  rencontre  le  même  substratum  cristallin  de  granité  et  de 
gneiss,  suivant  certaines  bandes  anticlinales,  sur  lequel  repose  une  épaisse 
série  gréso  schisteuse  à  fossiles  triasiques.  « 

J'y  ai  recueilli,  d'après  les  déterminations  de  M.  Mansuy,  près  de  Sop 
Cop  :  Monotis  cmculœformis  Mans.,  Daonella  cf.  indica  Bittner,  Halobia  cf. 
austriaca  Mojs.,  Palœocardita  sp.;  les  mêmes  fossiles  se  retrouvent  près  de 
Dien  Bien  et  il  s'y  ajoute  une  Ammonite  à  cloisons  conservées,  attribuée  au 
genre  Discotropites  du  Trias  supérieur  par  M.  Patte.  Dans  la  série  schisto- 
gréseuse  s'intercalent  des  rhyolites,  à  Sop  Cop,  à  Dien  Bien,  à  l'ouest  de 
Lai  Chau,  auxquelles  s'adjoignent  dans  le  haut  de  la  série,  vers  le  plateau 
de  Son  La,  des  affleurements  dispersés  de  porphyrites.  La  traînée  basique 
profonde  de  Sam  Neua  atteint,  avec  de  splendides  diabases.  la  région  de 
Sop  Cop;  mais  ne  la  dépasse  guère  au  Nord.  Bref,  avec  les  caractères  qui 
viennent  d'èlre  indiqués,  la  Zone  du  Nam  Sam,  définie  dans  Sam  Neua.  se 
prolonge  jusqu'à  l'ouesl  de  Lai  Chau;  si  l'on  y  joint  l'extension  reconnue 
par  ^L  Jacob  jusqu'à  la  côte  du  golfe  du  Tonkin,  cette  zone  est  maintenant 
suivie  sur  une  longueur  de  45o'^™. 

Au  sud-ouest  de  Dien  Bien,  des  calcaires  reposent  sur  la  zone  du  Nam 
Sam  el  semblent  se  poursuivre  au  Laos;  peut-être  faut-il  les  considérer 
comme  un  témoin  des  calcaires  de  Son  La. 

Les  calcaires  des  plateaux  reposent  en  effet  sur  la  Zone  du  Nam  Sam  ;  la 
disposition  est  très  nette  sur  la  bordure;  elle  est  confirniée  par  de  nombreuses 
fenêtres  entaillées  dans  les  plateaux,  où  l'on  trouve  la  série  gchisto-gréseuse, 
parfois  accompagnée  de  porphyrites,  parfois  avec  des  fossiles;  je  cite  des 
Daonelles  écrasées  sur  le  chemin  de  Pac  Ma  à  Dien  Bien,  Myophoria  inœqui- 
costata  Klips,  au  sud  de  Muong  Bu.  Or,  les  calcaires  eux-mêmes  m'ont 


4lO  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

fourni  en  divers  points  des  polypiers  paléozoïques  et  des  Fusulines,  celles-ci 
à  l'ouest  de  Son  La,  ou  bien  encore  au  nord  de  Muong  Tham,  où  elles 
correspondent  à  Doliolina  lepida  Schwag,  du  Permien.  La  superposition  de 
calcaires  ouraloperniiens  à  la  série  gré>oschir-teuse  triasique  prouve  le  char- 
riage des  calcaires  de  Son  La.  Ceux-ci  se  trouvent  du  reste  dans  le  prolonge- 
ment des  masses  calcaires  supérieures,  également  charriées,  du  Mocetde  la 
chaîne  de  Thanh  Hoa.  telles  que  les  a  définies  M.  Jacob;  mais  dans  le 
Tonkin  occidental  elles  sont  paléozoïques,  alors  qu'au  Sud-Est  on  n'y  a 
signalé  jusqu'ici  que  des  fossiles  Iriasiques. 

A  l'est  des  plateaux  calcaires  court  une  bande,  longue  et  étroite,  connue, 
depuis  Van  Sai  et  même  plus  au  Sud,  jusqu'au  Pou  Sam  Cap  à  l'est  de  Lai 
Chau;  elle  est  dite  du  Terrain  Bouge  et  foi-mée  de  schistes,  de  grès  rouges, 
de  poudingues  calcaires  très  particuliers  et  de  calcaires;  ceux-ci  à  Pac  Ma 
sur  la  Rivière  Noire  ont  fourni  des  Térébratules,  d'âge  peut-être  callovien, 
les  mêmes^que  celles  reirouvées  à  Ban  O  dans  Sam  \eua. 

Nous  dépassons  la  Rivière  Noire  el  nous  atteignons  la  Zone  du  Sa  Phin. 
Le  Sa  Phin,  de  même  que  son  prolongeuien!  au  Nord,  le  Nam  Kim,  esl 
formé  de  schistes  triasiques,  à  Megaphyllites  cf.  Lantenoisi  ^AdiW^uy ,  à  Halo- 
bies  et  Daonelles  dans  la  région  de  Than  Huyen,  à  Estheria  minuta  à  l'est  de 
Ta  Bu.  Dans  ces  schistes  se  rencontrent  des  masses  considérables  de  micro- 
granite  et  de  rhyolite,  souvent  écrasées,  avec  en  divers  poinis,  notamment 
vers  la  Rivière  Noire  sur  le  versant  ouest  du  Sa  Phin,  des  porphyrites.  Cette 
Zone  du  Sa  Phin  supporte  les  plateaux  calcaires,  sous  lesc|uels  elle  se  relie 
au  Nam  Sam,  ainsi  que  le  prouvent  les  fenêtres  de  Son  La.  M.  Jacob  a 
étudié  sa  naissance  à  l'esl  de  Ta  Khoa,  sous  les  porphyrites  de  la  Rivière 
Noire;  il  a  retrouvé  son  prolongement  au  Nord  sur  le  chemin  de  Cha  Pa  à 
Binh  Lu.  Nous  la  connaissons  ainsi  sur  une  longueur  de  i5o'''"\ 

Si  enfin  on  pousse  plus  à  l'Est  encore,  pour  gagner  le  Fleuve  Rouge,  on 
trouve  une  jiouvelle  bande,  (jui  sort  sous  le  Sa  Phin,  dans  la  dépression  de 
Nghia  Lo;  elle  est  formée  de  granités  et  de  gneiss  qui  se  relient  à  ceux  de 
la  rive  gauche  du  Fleuve  Rouge.  Cette  bande  prolonge  au  Nord  la  région 
primaire  de  la  Moyenne  et  Basse  Rivière  Noire,  dont  je  n'ai  plus  trouvé 
qu'un  témoin  au  sud-ouest  de  Yen  Bay,  sous  la  forme  de  schistes  avec 
Spirifer  certains  pour  M.  Patte,  mais  indéterminables  spécifiquement.  Au 
Nord,  c'est  cette  bande  qui,  en  se  surélevant,  va  donner  le  Fan  Si  Pan  et 
les  Aiguilles  de  Ta  Yang  Ping. 

En  somme  l'étude  de  la  structure  du  Tonkin  occidental  révèle  une 
symétrie  que  traduisaient    déjà   les  aspects   géographiques.   T3ans   l'axe. 


SÉANCE   DU   6   FÉVRIER    1922.  ill 

correspondant  à  une  dépression  synclinale,  dirigée  Sud-Est,  est  conservé 
un  vaste  lambeau  d'une  nappe  qui  forme  les  plateaux  calcaires,  sous  lesquels 
et  de  chaque  côté  desquels  se  rencontre  une  série  gréso-schisleuse  triasi«]ue 
avec  de  nombreuses  infercalations  éruptives;  c'est,  au  Sud-Ouest,  la  zone 
du  Naui  Sam,  au  Nord-Est  celle  du  Sa  Phiii;  l'une  et  l'autre  ont  glissé  sur 
un  substratum  profond,  cristallin,  qui,  au  Nord-Est,  se  relie  avec  les  gneiss 
du  Fleuve  Rouge. 


CHIMIE    AGRICOLE.    —    Composition    des    betteraves    sauvages. 
Note  de  iM.  E.  Saillard,  présentée  par  M,  L.  Maquenne, 

Nous  avons  eu  l'occasion  d'analvser  des  betteraves  sauvages  qui  ont  été 
i^écoltées  à  Primel-Trégastel  (Finistère). 
•    Elles  nous  ont  été  adressées  sur  la  demande  de  M.  Schribaux. 

Deux  envois  nous  ont  été  faits  :  le  premier  le  26  octobre  :  il  comprenait 
46  betteraves  divisées  en  9  lots;  le  second  le  i4  décembre  :  il  comprenait 
4  lots;  tous  ont  été  analysés  séparément.  * 

Voici  les  résultats  moyens  que  nous  avons  obtenus  pour  les  lots  envoyés 
le  26  octobre  : 

Moyenne.".       Maximunj.      Minimum. 

Poids  des  racines 17  56  10,80 

Matière  sèche  (pour  100) 82,18  35,22  29,64 

Sucre i5,95  19,60  i3,8o 

Cendres i,73  1,98  ^^^^ 

Marc  insoluble " 9,12  10, 48  7,24 

Cendres  carbonalées  dans  le  marc 0,46  o,d6  o,ao 

Azote 0,84  0,98  o,63 

Eau  +  sucre 83, 5o  84,38  82,88 

Composition  moyenne 
des  cendres  caiboriatées 
pour  100 

de  cendres,      de  betteraves. 

Silice 12,45  0,22     „ 

Oxyde  de  fer  et  alumine  (très  peu) 1  ,78  o,o3 

Chaux  (CaO) 3, 80  0,07 

Magnésie  (MgO) 8,87  o,i5 

Potasse  (Iv'^O) 32, 00  o,55 

Soude  (Na^O) 8,56  o,i5 

Chlore  (Cl) 6,o4  0,11 

Acide  sulfurique  (S0^«) 3,i5  o,o5 

Acide  pho^pllorique  (P-^OV) 9>45  0,16 

Acide  carbonique  (C0-) 12,87  0,24 


4 12  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

On  peut  comparer  ces  résultats  à  ceux  que  donnent  les  betteraves  indus- 
trielles ('). 

Les  betteraves  sauvages  qui  nous  ont  été  envoyées  du  Finistère  étaient 
plus  petites,  plus  ligneuses  que  les  betteraves  industrielles. 

Elles  contenaient  pour  loo^  plus  de  matière  sèche  ( 32, 1 8  pour  loo  contre 
22  à  2^|);  plus  de  marc  insoluble  (9,12  pour  100  contre  5);  plus  d'azote 
total  (0,84  pour  100  contre  0,22);  plus  de  matières  minérales  (environ  2,5 
fois  plus);  plus  de  chlore  (0,11  contre  0,02)  ;  plus  de  soude  (0,1 5  contre 
ô,o4);  plus  de  magnésie  (o,i5  contre  0,06);  plus  d'acide  phosphorique 
(0,16  contre  0,08  à  0,10). 

Leur  richesse  saccharine  («4  à  20  pour  100)  était  aussi  élevée  ou  plus 
élevée  que  celle  des  betteraves  industrielles;  leurs  jus  étaient  plus  impurs 
(rapport  du  sucre  à  la  matière  sèche  dans  la  partie  soluble  69  pour  100 
contre  8G  à  88);  la  somme  sucre  +  eau  était  plus  faible  (83,5  pour  100 
contre  92  à  93). 

Quant  aux  échantillons  de  betteraves  sauvages  qui  nous  ont  éié  adressés 

le  i4  décembre,  ils  ont  donné  les  résultats  suivants  : 
% 

Sucre  (pour  100) i  3,oo  à   15,56 

Alatière  sèche '<fî/|0  à   0^8,40 

Cendres  carbonatées 0,98  à      i  ,28 

Azote  total o , 33  à     o , Zjg 

Marc  insoluble 9,00  à     9,90 

Cendres  carbonatées  pour  100  de  marc o,3.^l   à     o/io 

Les  betteraves  des  derniers  lots  contiennent  donc  un  peu  moins  de  sucre, 
de  matière  sèche,  de  marc,  d'azote,  de  matières  minérales  que  les  betteraves 
des  premiers  lots. 

,  Les  résultats  qui  précèdent  montrent  qu'on  trouve  des  betteraves  aussi 
riches  on  sucre  que  les  betteraves  industrielles  parmi  les  espèces  sauvages, 
c'est-à-dire  parmi  des  betteraves  qui  n'ont  été  soumises  à  aucune  sélection 
par  la  main  de  l'homme. 

Cela  ne  veut  pas  dire  que  les  méthodes  de  sélection  sont  inutiles.  Leur 
rôle  est  toujours  de  rechercher  des  racines  répondant  le  mieux  aux  besoins 
industriels  et  pouvant  transmettre  leurs  caractères  à  leurs  descendants. 

(')  Emile  Saillahd,  Comptes  rendus,  t.  166,  1918.  p.  697,  et  l,  MO.,  192'.,  p.  129, 


SÉANCE   DU   6   FÉVRIER    I922.  4^3 


CHIMIE  PHYSIOLOGIQUE.  —  Nouvelles  observations  sur  le  venin  des  fourmis. 
Noie  (M  de  M.  ÎIobert  Stumpeu,  présentée  par  M.  E.-L.  Bouvier. 

Comme  suite  à  nos  premières  recherches  sur  le  venin  des  fourmis  (-), 
nous  avons  tâché  de  déterminer  la  concentration  de  H.COOH  dans  le 
venin  de  ces  insectes.  A  cet  effet,  nous  avons  recueilli  du  venin  de 
Formica  rufa  dans  du  papier  à  filtrer  dont  le  poids  ('lait  connu.  Après  avoir 
titré  l'acide  formique  y  contenu,  nous  avons  calculé  la  concentration. 

Le  Tableau  I  réunit  les  données  expérimentales. 

Tableau  I.  —  Concentration  de  l'acide  formique  (Formica  rufa). 


Coiiceulration 

OuanLilé 

Quantité 

de  H.COOH 

de  sécrétioQ  recueillie. 

de  H.COOH  titrée. 

(en  grammes  pour  lOQs 

s 
0, j336 

0 , 0966 

pour  100 
72,80 

0,0955 

0.0667 

69,87 

0, i35o 

0.0980 

68,43 

0.2892 

0. 1667 

55 ,  80 

0.2496 

.  0.090 

36. 12 

0,060 

0.0128 

21 .35 

0,0102 

0.00598 

58.63 

0 . 0 I 02 

0.00576 

.56,39 

On  voit  que  la  concentration  de  H.COOH  n'est  nullement  constante  : 

elle    varie    de    21    à    -r    pour-  100,    cest-à-dire    des    liqueurs  ^  k  -^^ 

Quelle  est  la  cause  de  ce  phénomène?  Il  est  fort  probable  que  Tétat  de 
sécheresse  et  d'humidité  y  intervienne.  D'autre  part,  la  température  joue 
également  un  certain  rôle.  >ious  avons  pu  vérifier  la  règle  de  vant  Hoff 
pour  la  formation  de  H.COOH  et  nos  expériences  nous  ont  fourni 
Q,c  =  2,i6.  Ce  qu'il  y  a  de  plus  frappant  dans  la  sécrétion  si  abondante 
d'acide  formique,  c'est  que  les  parois  de  la  vessie  et  du  conduit  éjaculateur 
résistent  à  l'action  corrosivc  d'un  acide  si  concentré.  Nous  devons  bi«^n 
avouer  que  Tcxplication  de  ce  fait  nous  échappe  pour  le  moment. 

Dans  une  troisième  série  d'expériences,  nous' avons  déterminé  la  teneur 

(')  Séance  du  3o  jatiAier  1922. 

(-)  îl.  Stumper,  Le  venin  dea  fourmis^  en  particulier  C acide  formique  {^Comptes 
rendus,  t.  \lk,  1922,  p.  %%), 


4l4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

en  acide  formique  dans   différentes   fourmis.    Le   Tableau  II  résume  les 
résultats  obtenus  par  titra tion  d'un  extrait  aqueux  de  ces  insectes. 

Tableau  II.  , 

Ouaiililé 
(ie  H.COOn 
(_)uaiilitr  Poids  contenue 

de  H.COOH       d'une  fourmi       dans  100»' 
Espèce.  par  fourmi.         (moyenne).      de  fourmis. 

I.  Camponotin^  :  . 

1.  Cainponotus  ligniperda  ^ 0,0017  o,o25  7 

2.  Formica   rufa   $ 0,002  0,011  18 

3.  »  pratensis   $ 0,0012  0,01  12, 5 

4.  »  truncicola  "^ 0,00042  0,011  3,8 

5.  »  sanguiiiea    ? o,ooo35  0,0095  3,6 

6.  ))  rufibarbis   $   0,00017  0,0060  2,81 

7.  »  fusca  ^ 0,0001 4  0,0039  3,6 

8.  Lasius  flavus  $    0,00012  0,001 54  7:8 

9 .  ))  »         Q o ,  ooo46  0,019  2,5 

10.  »       fuliginosus  'i 0,0001  o.oo43  2,3 

11.  Cataglyphis  bicolor  ?^ 0,0007  0,0181  3,9 

II.  Myrmicin^  : 

1 .  Mynnica  riibra  '^ o  o 

2.  Tetra  mot  iiini  in  cœspitum o  o 

3 .  Messor  barbants o  o 

i.   Acantholepis  spec.'! o  o 

III.  DOLICHODERINiE   : 

1 .    Tapinoma  erraticum o  o 

L'inspection  du  Tableau  11  nous  démontre  que  : 

I"  La  présence  de  H.COOH  est  constante  chez  les  Camponotinœ. 

2°  Les  Myrmicinœ  et  les  Dolichoderinœ  ne  sécrètent  pratiquement  pas  de 
H.COOH. 

S''  Comme  les  Cainponotinœ  présentent  un  organe  vénénifiqne  à  dard 
rudimentaire  et  à  glandes  bien  développées,  on  est  en  droit  de  dire  que  la 
sécrétion  d'acide  formique  n'est  faite  que  par  ce  type  d'appareil  venimeux 
(glande  à  coussinets  d'après  Forel). 

4°  L'action  toxique  du  venin  des  Camponotinœ  esl  due  à  l'acide  for- 
mique. On  peut  en  distinguer  deux  actions  nettement  différentes  : 

a.  \u' action  corrosive  de  l'acide  concentré;  cet  effet  est  produit  par  les 
calions  H-^  de  H.COOH. 


SÉANCE   DU   6    FÉVRIER    1922.  4l5 

b.  Vaclion  toxique  proprement  dite,  liée  probablomenl  à  l'anion  HCOO" 
qui  exerce  une  inClaenee  nocive  sur  le  système  nerveux. 

Quant  au  venin  des  autres  sous-faniilles  chez  lesquelles  la  présence 
d'acide  formique  n'est  pas  constante  ou  fait  défaut,  notamment  de  ces  espèces 
tropicales  piquantes,  dont  le  venin  est  capable  de  produire  des  troubles  très 
graves  chez  l'homme,  le  chimisme  nous  reste  inconnu.  Ce  sont  probable- 
ment des  toxines  analogues  à  celles  des  serpents  ou  scorpions.  Des 
recherches  futures  permettront  seules  de  résoudre  ce  problème  important. 

PHYSIOLOGIE.  —  IncoagidabUité  du  sang  circulant  provoquée  chez  la  gre- 
nouille par  les  injections  d'acides  nucléiques.  Durée  de  la  phase.  Compa- 
raison avec  divers  anticoagulants.  Note  de  M.  Doyo:v,  présentée  par 
M.  Charles  Richet. 

L'injection  d'une  seule  et  faible  dose  d'acide  nucléique  provoque,  chez 
la  grenouille,  l'incoagulabilité  du  sang  circulant  pendant  plusieurs  jours. 
L'acide  nucléique  n'est  pas  toxique  ou  du  moins  a  une  toxicité  très  faible. 
Son  activité  sur  le  sang  circulant  de  la  grenouille  est  plus  sûre  et  plus  com- 
plète que  celle  de  Toxalate  de  potasse,  du  fluorure  de  sodium,  du  citrate^de 
soude. 

1.  On  injecte  à  des  grenouilles  i^-  à  4''^  d'acide  nucléique  (')  dans  le  sac 
lymphatique  dorsal.  Le  sang  circulant,  recueilli  par  section  d'une  cuisse, 
devient  incoagulable.  La  phase  pendant  laquelle  le  sang  est  incoagulable 
dure  4  jours,  quelle  que  soit  la  dose  injectée  dans  les  limites  indiquées.  Si 
les  grenouilles,  au  lieu  d'être  maintenues  à  la  température  du  laboratoire, 
en  hiver,  sont  placées  à  l'étuve  à  -H  3o°-38o,  [^  pj^^se  pendant  laquelle  le 
sang  circulant  est  incoagulable  ne  dépasse  pas  i[\  heures.  Dans  tous  les  cas 
les  grenouilles  survivent  et  restent  vivaces. 

2.  J'ai  injecté,  à  titre  comparatif,  dans  les  mêmes  conditions  et  aux 
mêmes  doses,  des  solutions  d'oxalate  de  potasse,  de  fluorure  de  sodium,  de 
citrate  de  soude,  dont  les  propriétés  anticoagulantes  sur  le  sang,  in  vitro, 
sont  bien  connues. 

Avec  l'oxalate  de  potasse  il  est  impossible  de  constater  Tincoagulabilité 


(')  J'emploie,  le  plus  souvent,  des  solutions  contenant  5o'S  ou  is  d'acide  nucléique 
provenant  des  ganglions  mé.■^entériques  dans  25*"»^  d'une  solulion  alcaline  faible  (eau 
distillée,  loooi  carbonate  de  soude,  5;  clilorure  de  sodium.  4'l.  Les  solutions  injec- 
tées sont  faiblement,  mais  nettement  acides  au  tournesol. 


4l6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

du  sang-,  si  même  elle  se  produit.  En  moins  d'une  demi-heure  les  gre- 
nouilles deviennent  inertes;  après  quelques  heures  le  cœur  ne  bat  plus.  Je 
n'ai  jamais  pu  obtenir  de  sang  par  section  d'une  cuisse,  à  aucun  moment. 

L'injection  de  fluorure  est  moins  nocive.  Les  grenouilles  résistent  à  la 
température  ordinaire  à  2^^^^',  mais  le  sang  reste  coagulable.  Les  grenouilles 
placées  à  Tétuve  meurent  en  moins  d'une  demi-heure. 

Le  citrate  de  soude  est  très  peu  toxique,  mais  il  est  très  sensiblement 
moins  actif  sur  le  sang  circulant  que  l'acide  nucléique.  Les  grenouilles 
résistent  même  aux  plus  fortes  doses  indiquées.  Passagèrement  elles  peuvent 
devenir  inertes,  mais,  après  quelques  heures,  elles  reprennent  leur  vivacité, 
même  à  l'étuve.  On  observe  des  trémulations  tîbrillaires,  et  des  contractures, 
principalement  lorsqu'on  maintient  les  grenouilles  injectées  dans  la  main 
serrée.  Dans  les  premières  heures  qui  suivent  l'injection,  le  sang,  obtenu 
par  section  d'une  cuisse,  coagule  généralement  en  masse;  le  sang  recueilli 
le  lendemain  peut  ne  pas  se  prendre  en  masse,  mais  on  constate  toujours  la 
présence  de  nombreux  petits  flocons  de  fibrine. 

Au  total,  seules  les  injections  d'acides  nucléiques  sont  réellement  effi- 
caces. 

AiXATOMIE.   —   De  V asymétrie   du  squelette  des  membres  supérieurs. 
Note  de  M.  A. -A.  Mejjdes-Corrêa. 

Comme  suite  à  une  Note  précédente  sur  quelques  diff"érences  sexuelles 
dans  le  squelette  des  membres  supérieurs  ('),  voici  les  résultats  de  quel- 
ques-unes de  mes  observations  sur  les  différ'ences  entre  les  os  des  membres 
thoraci(|ues  des  deux  côtés  du  corps  C-^).  Ces  résultats  s'appuient  sur  le 
matériel  déjà  utilisé  dans  l'étude  antérieure  (92  clavicules,  70  omoplates, 
1 13  humérus,  100  radius  et  88  cubitus). 

J'ai  distingué  les  moyennes  déterminées  sur  les  os  identifiés  (en  ce  cas, 
aussi  sur  les  os  couplés)  de  celles  déterminées  sur  la  totalité  des  séries.  Je 
ne  considère  les  différences  obtenues  dans  celle-ci  comme  établies  que  lors- 
qu'elles sont  d'accord  avec  celles  obtenues  en  excluant  les  os  dont  le 
diagnostic  du  sexe  a  été  fait  par  comparaison  avec  les  os  identifiés.  Je  ne 
considère  pas  non  plus  comme  établies  les  différences  qui  ne  sont  pas  assez 
grandes  par  rapport  aux  écarts-t3^pes  {standard  déviations). 


(')   Comptes  rendus,  t.  172,  192  i,  p.  817. 

("-)  Les  chidres,  trop  nombreux,  seront  publiés  dans  un  autre  Uecueil. 


SÉANCE  DU  6  FÉVRIER  1922.  4l^ 

D'accord  avec  les  constatations  de  Parsons  sur  les  clavicules  des  Anglais  modernes, 
j'ai  trouvé  dans  la  série  portugaise  que  la  clavicule  gauche  est,  en  moyenne,  un  peu 
plus  longue  que  la  droite.  Mais  ces  différences  n'ont  pas  une  valeur  suffisante 
(  cf  liA  =  a""»,  i8;  ;7  =  o.85.  9  :  A  :=  —  o°"",88  ;  arr  o,85)  (').  Les  différences  des 
autres  mesures  linéaires  et  celles  de  l'indice  total  de  l'os  sont  dans  le  même  sens,  mais 
elles  n'ont  pas  non  plus  de  valeur  statistique  parce  qu'elles  sont  très  petites  par  rap- 
port aux.  écarts  respectifs.  L'indice  de  la  diaphyse  ne  présente  pas  de  différences 
concordantes  et  significatives  entre  les  deux  côtés  dans  les  deux  sexes.  L'indice  de 
la  courbure  ne  donne  pas  non  plus  de  différences  importantes.  Par  contre,  la  supério- 
rité du  côté  gauche  est  sensible  dans  l'indice  clavio-numéral,  mais  elle  n'y  est  pas 
non  plus  d'une  valeur  suffisante  : 

(  cf  :  A  =:  —  0,90  ;  a  =  0,63  .  9  :  3=  —  1,77;  o"  =  o,63  ). 

Dans  les  mesures  linéaires  de  l'omoplate  j'ai  trouvé  aussi  quelques  différences  en 
faveur  du  côté  gauche. 

L'humérus  droit  est,  en  moyenne,  plus  long  que  le  gauche,  mais  la  différence  est  à 
peine  sensible,  surtout  chez  l'homme  (  cf  :  A  =  i"™,5o;  0-^0,99.  9  :  A  =  2™°*, 99; 
(7::=  1,2.5).  Les  différences  ne  sont  pas  toujours  dans  le  même  sens  et  pourvues  de 
signification  statistique  pour  les  autres  mesures  linéaires  de  l'humérus.  J'ai  trouvé  une 
proportion  des  cas  de  gauchisme  numéral  plus  grande  que  celle  enregistrée  par 
E.  Roliet  dans  une  Note  à  l'Académie  des  Sciences  (^).  L'indice  de  robustesse,  un  peu 
plus  grand  à  gauche  chez  l'homme,  n'offre  pas  cependant  de  différences  significatives 
des  moyennes  entre  les  deux  côtés  (  cf  :  A  =  —  0,19;  (t:=o,32.  9  :  A=:o,88; 
(7r=o,4i)'  ^^  même  l'indice  huméro-fémural  et  celui  de  la  section  de  la  tête.  Les 
indices  moyens  diaphysaire  et  épicondylo-trochléaire  sont.un  peu  plus  grands  à  gauche, 
mais  ce  résultat  n'a  pas  de  valeur  statistique. 

Pour  le  radius  et  le  cubitus,  la  proportion  de  gauchers  s'accroît  encore  dans  ma 
série  pour  les  deux  sexes,  et  je  ne  trouve  pas  invariablement  des  moyennes  supé- 
rieures du  côté  droit.  La  plupart  des  différences  trouvées  dans  les  mesures  linéaires 
n'ont  pas  de  signification  statistique,  et  il  n'y  a  pas  souvent  de  la  conformité  entre  les 
différences  des  moyennes  fondées  sur  les  os  couplés  et  celles  fondées  sur  la  totalité  de 
la  série.  C'est  le  cas,  par  exemple,  de  la  longueur  du  cubitus  : 

cf  —  Différence  entre  la  gauche  et  la  droite  dans  les  os  couplés — ©"""".ôi 

cf  —  Différence  entre  la  gauche  et  la  droite  dans  tous  les  exemplaires ....  5"",  4 1 

La  longueur  moyenne  du  radius  est  plus  grande  à  droite  pour  le  sexe  masculin  et 
c'est  le  contraire  chez  la  femme,  mais  la  différence  chez  l'homme  est  très  faible 
(o™"',32  pour  la  totalité  des  exemplaires).  Les  différences  dans  les  indices  de  robus- 


(')  A.   différence  entre  la   moyenne  gauche  et  la   droite;  ff,  écart  de  la  différence 
{standard  déviation). 

(*)  Comptes  renduSy  t.  107,  1888,  p.  207. 

C.  R.,  1922,  1"  Semestre.  (T.  174,  N*  6.)  3l 


4i8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

tesse  du  radius  et  du  cubitus,  favorables  à  la  droite  (sauf  chez  l'homme  pour  le 
radius),  n'ont  pas  de  valeur,  ainsi  que  les  différences,  en  des  sens  discordants,  des 
indices  de  l'oleciane  et  de  la  diaphyse  cubitale,  et  peut-être  aussi  de  l'indice  de  la 
courbure  radiale.  Il  faut  cependant  remarquer  une  supériorité  légère  de  la  moyenne 
droite  de  l'indice  de  la  diaphyse  cubitale,  bien  qu'elle  soit  dépourvue  de  signification 
nette.  Plus  nette  est,  chez  la  femme,  la  supériorité  de  l'indice  ante-brachial  gauche 
(  cf  !  A  =r  —  o,4i  ;  0"  ==  o,58.  Q  :  A  =:  —  1)99*,  (7=  0,63).  J'ai  remarqué  des  différences 
importantes  dans  l'indice  delà  diaphyse  radiale  :  elle  est,  en  moyenne,  plus  épaisse  et 
plus  étroite  à  droite  qu'à  gauche  (  cf  :  A:=:  2,23;  !7  =  o,6i.    Q  :  A  =  2,39;  (7=10,79). 

Dans  la  présente  Note,  je  résume  seulement  quelques  résultats  de  mes 
observations.  Ils  suffisent  cependant  à  démontrer  que  le  problème  du  dex- 
trisme  ou  du  sénestrisme  morphologique  dans  le  squelette  des  membres 
supérieurs  n'aboutit  pas  à  des  conclusions  aussi  simples  et  aussi  générales 
qu'on  l'e  supposait.  Sauf  dans  quelques  rares  éléments  métriques,  tels  que 
Tindice  de  la  diaphyse  radiale,  je  n'ai  pas  trouvé  de  différences  concluantes 
entre  les  deux  côtés  :  en  contrôlant  la  plupart  des  différences  des  moyennes 
par  l'application  des  méthodes  statistiques,  on  conclut  qu'elles  n'ont  pas  de 
signification  appréciable.  Certes,  en  soumettant  les  résultats  d'autres 
auteurs  à  une  analyse  critique  semblable,  on  pourra  conclure  de  même  pour 
beaucoup  de  ces  résultats. 

Mes  séries  me  permettront  peut-être  de  remarquer  une  supériorité  sen- 
sible de  la  clavicule  et  de  la  largeur  scapulaire  à  gauche,  et,  tout  en  accor- 
dant, pour  la  plupart  des  mesures  et  des  indices,  une  supériorité  plus 
fréquente  du  côté  droit  sur  le  gauche,  elles  me  permettent  aussi  de  ne  pas 
me  conformer  aux  conclusions  si  catégoriques  de  Rollet  et  d'autres  auteurs. 
La  proportion  de  gauchers  morphologiques  du  squelette  du  bras  et  de 
l'avant-bras  (de  celui-ci  surtout)  est  bien  plus  forte  dans  la  série  portugaise 
que  dans  celle  de  l'auteur  français.  Doit-on  conclure  que  la  proportion  des 
gauchers  fonctionnels  y  est  aussi  plus  forte?  Je  n'ose  pas  le  supposer.  Il 
faudrait  établir  d'avance  une  corrélation  étroite  et  constante  entre  le  déve- 
loppement morphologique  de  chacun  des  membres  supérieurs  et  leur 
activité  correspondante. 


SÉANCE   DU   6    FÉVRIER    1922.  4l9 


ANATOMIE  PATHOLOGIQUE.    —    Sur  V histogenèse  et  l'origine  des  chordomes. 
Note  de  MxVI.  Ale/.ais  et  Peyron,  présentée  par  M.  Quénu. 

Les  néoplasmes  dérivés  de  la  notochorde  (dont  Ribbert  a  apporté,  en 
189 'i,  la  première  étude)  siègent  tantôt  à  l'occiput  où  ils  sont  ordinaire- 
ment bénins,  tantôt  au  coccyx  où  ils  sont  d'une  malignité  incontestable. 
Sur  le  nombre  total  (28)  des  cas  de  cbordomes  observés  jusqu'ici,  nous 
avons  pu  en  reconnaître  personnellement  quatre(')  [dont  un  en  collaboration 
avec  MM.  Bérard  et  Dunet  (-)],  ce  qui  établit  que  le  type  néoplasique  est  très 
souvent  méconnu.  Nous  avons  pu,  d'autre  part,  étudier  cinq  cas  anciens 
dont  les  préparations  nous  ont  été  communiquées. 

1°  La  disposition  histologique  fondamentale,  retrouvée  en  particulier  à  l'examen 
des  neuf  tumeurs,  est  la  vaeuolisation  spéciale  des  éléments  cellulaires,  se  traduisant 
parfois  par  l'aspect  typique  du  physaliphore  et  affectant  à  la  fois  le  cytoplasme  et  les 
espaces  intercellulaires  dérivés  de  Texoplasme.  Elle  constitue  un  caractère  spécifique 
du  tissu  chordal,  et  l'on  doit  tenir  pour  douteux,  tout  cas  dans  lequel  elle  ferait  com- 
plètement défaut. 

La  substance  amorphe  ou  granuleuse  contenue  dans  les  vacuoles  et  qui  constitue 
secondairement  des  plages  ou  des  travées  plus  ou  moins  épaisses,  présente  un  ensemble 
de  réactions  qui  lui  assigne  une  place  intermédiaire  entre  le  mucus  et  les  substances 
fondamentales  conjonctives.  Du  reste,  certains  aspects  hislologiques  sont  favorables  à 
l'hypothèse  de  sa  transformation  directe  en  fibrilles  de  nature  collagène,  suivant  un 
processus  voisin  de  ceux  décrits  par  Baitsell  et  Nageotte  à  propos  des  exsudats  de 
fibrine. 

A  coté  de  ce  type  vacuolaire,  il  existe  d'autres  dispositions  sans  doute  rares  mais 
présentant  un  intérêt  particulier  pour  la  biologie  générale  du  tissu  chordal.  Les  unes 
expriment  l'état  de  dédifférenciation  de  ce  dernier,  les  autres  une  évolution  cellulaire 
spéciale  ou  d'apparence  anormale,  mais  qui  s'explique  par  l'embryologie  :  ce  sont  les 
suivantes  : 

2°  Cavités  régulières  bordées  d'un  épithélium  prismatique  ou  cubique  et,  suscep- 
tibles d'être  homologuées  au  canal  chordal  primitif  de  l'embryon,  mais  qui  n'ont  été 
observées  jusqu'ici  que  dans  notre  cas  de  chordome  occipital.  De  nonvelles  observa- 
tions sont  donc  nécessaires  pour  confirmer  cette  dérivation. 


(')  Alezais  et  Peyron,  Chordome  occipital  {Bull,  de  l'Ass,  franc,  pour  l'étude  du 
cancer.,  191 3). 

(^)  Bérard,  Dunet,  Peyron,  Les  chordomes  du  coccyx  {Ibid.,  décembre  1921.  avec 
bibliographie). 


420  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

3°  Cordons  cellulaires  pleins  de  type  épithélial,  à  cytoplasme  dense,  tantôt  vacuo- 
laire,  tantôt  entre  lesquels  s'interposent  parfois  régulièrement  des  endothéliums  vascu- 
laires  ;  ce  dernier  caractère  anormal  dans  le  tissu  chordal  étant  très  important  ici  pour 
expliquer  la  prolifération.  Cette  variété  assez  rare  du  type  néoplasique  a  été  nette- 
ment reconnue  par  Argaud. 

4°  Présence  d'éléments  cellulaires  de  type  fusiforme  ou  polymorphe  analogues  à 
ceux  des  sarcomes  et  en  rapport  génétique  avec  une  substance  fondamentale  conjonc- 
tive vraie.  Cette  disposition,  jusqu'ici  très  rare  (deux  cas)  et  que  nous  avons  mise  en 
évidence,  a  un  intérêt  particulier  parce  qu'elle  nous  paraît  réaliser  le  passage  du  type 
chordal  des  chordomes  à  un  type  sarcomateux  franc  d'une  malignité  plus  grande  :  elle 
devra  être  recherchée  avec  soin  dans  les  observations  à  venir. 

5°  Développement  d'un  réseau  de  fibrilles  d'une  finesse  remarquable  rappelant 
l'histogenèse  de  la  névroglie  embryonnaire  et  du  gliome.  Sous  son  aspect  typique  il 
est  d'observation  rare  (un  cas).  Il  apparaît  au  niveau  des  zones  vacuolisées  et  coïncide 
avec  une  évolution  syncytiale  qui  fait  disparaître  presque  complètement  les  limites 
cellulaires.  Ces  fibrilles  qui  n'avaient  [)as  été  signalées  jusqu'ici  dans  les  tumeurs  (') 
représentent  un  dispositif  de  soutien  :  elles  ne  doivent  pas  être  confondues  avec  les 
fibrilles  de  nature  collagène  qui  s'individualisent  parfois  à  leur  voisinage  ou  à  leur 
contact  et  qui  correspondent  à  une  phase  plus  avancée  du  syncylium  chordal. 

En  résumé,  nos  observations  sur  les  chordomes  ont  permis  de  retrouver 
dans  les  tumeurs  les  stades  classiques  de  l'évolution  de  l'ébauche  chordale, 
d'abord  creuse  (canal  chordal),  ensuite  pleine,  mais  encore  indifférenciée, 
et  enfin  adaptée  à  un  rôle  de  soutien  (apparition  des  vacuoles  et  des  fibrilles). 
La  genèse  d'éléments  cartilagineux  qui  s'observe  dans  lachorde  des  Amphi- 
biens  et  probablement  aussi  chez  les  Mammifères,  ne  se  retrouve  pas  ici; 
elle  correspond  du  reste  à  des  nécessités  fonctionnelles  bien  déterminées, 
qui  font  évidemment  défaut  dans  les  tumeurs,  mais  le  développement  d'élé- 
ments cellulaires  identiques  à  ceux  du  sarcome  et  d'une  substance  fonda- 
mentale conjonctive,  exprime  un  fait  de  même  ordre. 

Le  mécanisme  du  développement  du  chordome  et,  en  particulier,  le  rôle 
du  traumatisme,  appellent  encore  de  nouvelles  recherches.  Le  tissu  noto- 
chordal  ne  paraît  guère  réagir  aux  états  inflammatoires  ou  infectieux  ;  par 
contre,  il  se  différencie  rapidement  à  la  suite  des  décompressions  ou  her- 
nies traumatiques  et  peut  présenter  alors  des  néoformations  étendues  et 
prolongées.  Il  semble  acquis,  en  particulier  par  l'absence  des  chordomes 
sur  le  trajet  dorso-lombaire  de  la  colonne  vertébrale,'  que  les  tumeurs  pro- 
viennent beaucoup  moins  des  disques  que  des  vestiges  chordaux  spéciaux 

(')  Ai.EZAis  ET  Pevron,  C.  R.  Soc.  de  Biol.^  20  mars  1920. 


SÉANCE   DU   6   FÉVRIER    1922.  4^1 

persistant  au  niveau  des  segments  occipital  et  coccygien.  Pour  le  premier, 
la  topographie  des  vestiges,  déjà  étudiée  dans  les  travaux  de  Williams  et 
de  Tourneux,  se  superpose  précisément  à  celles  des  tumeurs  correspon- 
dantes ;  pour  le  second,  nos  propres  recherches  (faites  sur  une  cinquantaine 
d'embryons  et  de  fœtus  humains  et  destinées  à  être  exposées  prochaine- 
ment) montrent  la  fréquence,  au  niveau  de  la  dernière  vertèbre  coccygienne, 
de  vestiges  chordaux  multiples  correspondant  sans  doute  au  segment  ter- 
minal de  la  chorde  primitivement  contenu  dans  l'appendice  caudal  de 
l'embryon  ;  mais  nous  n'avons  pu  établir  encore  avec  certitude  ni  leur  per- 
sistance chez  l'adulte,  ni  le  point  de  départ  des  tumeurs  à  leur  niveau. 


MÉDECINE.    —  Sur  un  nouveau  procédé  de  diagnostic  de  la  fièvre 
méditerranéenne.    Note    de    M.    E.    Burnet,    présentée    par    M.    Roux. 

On  emploie  actuellement  dans  les  laboratoires  deux  procédés  de  dia- 
gnostic de  la  fièvre  méditerranéenne  :  l'hémoculture  et  la  séro-réaclion.  Ils 
ne  sont  applicables  que  si  l'on  dispose  d'une  installation  convenable.  Or 
dans  beaucoup  de  pays  à  fièvre  méditerranéenne  les  laboratoires  font 
défaut,  ou  sont  trop  éloignés  des  malades. 

Nous  proposons  un  procédé  qui  peut  être  utilisé  par  tout  médecin  dans  sa 
clientèle  :  l'intradermo-réaction  faite  avec  une  goutte  de  filtrat  d'une  culture 
en  bouillon  de  Micrococcus  melitensis. 

A  la  suite  de  cette  inoculation,  on  voit  se  produire  dès  la  sixième  heure 
une  réaction  locale  caractérisée  par  de  l'œdème  et  de  la  rougeur.  L'œdème 
est  le  phénomène  essentiel.  La  rougeur  peut  manquer. 

Chez  le  cobaye,  l'inoculation  peut  se. faire  dans  la  peau  épilée  de  la  patte 
ou  du  flanc,  ou  dans  la  peau  de  l'oreille.  Une  fois  la  réaction  apparue,  on 
sent  facilement  entre  le  pouce  et  l'index  l'épaississement  considérable  du 
pli  de  la  peau.  Si  l'inoculation  a  été  faite  à  l'oreille,  l'oreille  qui  a  réagi  est 
épaissie  et  chaude;  l'oreille  non  inoculée,  qui  est  restée  mince  et  souple 
comme  une  feuille,  fournit  le  meilleur  témoin. 

Le  cobaye  infecté  réagit  au  filtrat  dès  le  huitième  jour  après  l'inoculation 
sous-cutanée  de  o"°'',5  d'une  suspension  louche  de  Micrococcus  melitensis .  Sa 
sensibilité  va  ensuite  en  augmentant.  On  obtient  de  fortes  réactions  à  partir 
du  vingtième  jour. 

Nous  avons  cïierché  s'il  se  produisait  chez  le  cobaye  infecté  une  accou- 


42  2  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

tumance  à  la  réaction  locale  :  il  ne  s  en  produit  pas.  Nous  avons  pratiqué 
chez  le  même  cobaye,  en  huit  jours,  six  inoculations  successives  en  divers 
points  du  corps  :  la  sixième  réaction  valait  la  première.  On  peut  même 
répéter  avec  succès  l'inoculation  dans  un  tissu  qui  a  réagi  une  huitaine  de 
jours  auparavant,  et  il  semble  que  le  tissu  soit  devenu  plus  sensible. 

D'autre  part,  nous  avons  constaté  que  l'inoculation  intracardiaque  ou 
intrapéritonéale  d'une  notable  quantité  de  filtrat  (4'^'°')?  lorsqu'elle  ne  tue 
pas  l'animal  (car  elle  est  toxique  pour  les  cobayes  infectés  de  melitensis), 
supprime  ou  atténue  beaucoup  l'intradermo-réaclion  faite  le  lendemain. 

L'inoculation  sous-cutanée  cause  un  œdème  local,  avec  rougeur  au  point 
d'inoculation  :  réaction  tout  à  fait  comparable  à  celle  qui  suit  une  inocula- 
tion sous-cutanée  de  tuberculine  chez  l'homme  tuberculeux. 

Chez  l'homme  atteint  de  fièvre  méditerranéenne,  la  réaction  positive 
apparaît,  dès  la  septième  heure  après  l'inoculation  du  filtrat,  sous  l'aspect 
d'un  redème  local,  accompagné  de  rougeur,  et  même  d'une  légère  douleur. 
La  zone  de  réaction,  de  4*^™  à  6*^'^  de  diamètre  environ,  est  à  contour  régu- 
lier et  bien  délimitée.  Le  médecin  la  trouvera  très  nette  le  lendemain  de 
l'inoculation.  Elle  persiste  plusieurs  jours. 

Nous  l'avons  observée  chez  tous  les  sujets  (huit)  chez  lesquels  la  fièvre 
méditerranéenne  était  diagnostiquée  par  l'ensemble  des  symptômes 
cliniques,  par  la  séro-réaction  ou  l'hémoculture,  ou  par  ces  deux  réactions  à 
la  fois. 

Ces  réactions  positives  ont  été  obtenues  du  douzième  au  trente-cinquième 
jour  de  la  maladie  (autant  qu'on  pouvait  en  fixer  le  début)  et,  chez  deux 
sujets  guéris,  trois  et  cinq  mois  après  la  fin  de  la  fièvre.  Chez  un  sujet  guéri 
depuis  dix-huit  mois  la  réaction  a  été  négative.  Chez  deux  autres  malades 
suspects  de  fièvre  méditerranéenne  et  qui  n'ont  pas  réagi,  l'hémoculture, 
la  séro-réaction  et  l'évolution  clinique  ont  prouvé  qu'il  ne  s'agissait  pas  de 
fièvre  méditerranéenne. 

Quarante-quatre  sujets  normaux,  huit  tuberculeux,  deuxtyphoïdiques  au 
troisième  septénaire,  sept  paludéens  n'ont  pas  réagi. 

Le  dépôt  d'une  goutte  du  même  filtrat  sur  la  peau  légèrement  scarifiée  ne 
nous  a  pas  donné  de  réaction. 

L'inoculation  sous-cutanée  cause  un  œdème  un  peu  douloureux. 

Nous  avons  constaté  que  le  bouillon  filtré  sur  bougie  Chamberland  L  est 
actif  dès  le  huitième  jour  de  la  culture.  Nous  conseillons  d'employer  dans 
la  pratique  le  filtrat  de  cultures  d'un  mois. 


SÉANCE    DU    6    FÉVRIER    1922.  4^3 

L'activité  du  filtrat  résiste  à  l'ébullition  (une  minute)  qui  l'atténue  seule- 
ment un  peu.  Le  filtrat  phéniqué  à  o,5  pour  100  est  actif  comme  le  filtrat 
non  phéniqué. 

Nous  continuons  l'étude  de  cette  réaction,  en  l'étendant  à  la  chèvre,  pro- 
fitant des  nombreux  troupeaux  de  chèvres  laitières  que  nous  avons  à  notre 
disposition. 

Il  nous  reste  à  fixer  la  durée  de  l'activité  des  cultures;  la  durée  de  la  sen- 
sibilité des  sujets  infectés;  les  conditions  de  conservation  du  filtrat  actif; 
les  caractères  anatomiques  et  physiologiques  de  la  réaction;  ses  rapports 
avec  la  réaction  tuberculinique. 

Nous  croyons  dès  maintenant  que  cette  intradermo-réaction,  sûre,  simple 
et  partout  applicable,  doit  rendre  service  dans  les  pavs  où  la  fièvre  méditer- 
ranéenne sévit  et  où,  faute  de  laboratoire,  elle  risque  d'être  méconnue. 


ÉPIDÉMIOLOGIE.  —  La  Musaraigne,  Crocidura  Stampflii  ei  lapeste  au 
Sénégal.  Note  de  MM.  Marcel  Léger  et  A.  Baury,  présentée 
par  M.  F.  Mesnil. 

Il  est  établi  de  façon  indiscutable,  depuis  les  importantes  constatations 
de  Yersin  à  Hong-Kong  (189/4)  et  de  Simond  aux  Indes  (1897),  que  les 
Muridés,  et  en  particulier  Mus  decumanus^  Mus  l'attus  et  Mus  muscuUis,  sonl 
des  propagateurs  attitrés  [Simond  (*)]  de  la  peste  bubonique. 

Les  faits  observés  au  cours  de  Tenzootie  actuelle  de  Dakar  nous  ont 
convaincu  qu'un  Insectivore,  le  Crocidura  Stampjîii  Jentink,  joue,  au 
Sénégal,  un  rôle  différent  de  celui  des  Rongeurs,  mais  non  sans  impor- 
tance. Cette  musaraigne  africaine  ue  propage  pas  à  distance  la  maladie 
animale,  et  transmet  sans  doute  moins  facilement  la  peste  à  l'homme; 
mais  elle  constitue  un  réservoir  local  de  virus,  capable  de  créer  de  petites 
épidémies  de  cases. 

La  Crocidure  est  un  hôte  familier  des  habitations  indigènes,  géné- 
ralement mal  construites  et  mal  entretenues.  Elle  y  abonde,  partageant 
avec  les  souris  les  recoins  obscurs  et  sales,  élevant  des  portées,  tri  ou 
quadriannuelles,  de  5  à  10  petits.  Quoique  insectivore,  elle  s'accommode  de 


(*)  Simond,  La    Peste   in   Grall   et   Glarac^    Traité    Pathologie   exotique,    t.    6, 
p.  453-648.  Baillière  igiS. 


424  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

débris  alimentaires,  et  fouille  volontiers  dans  les  détritus  divers,  provenant 
d'agglomérations  peu  soucieuses  de  l'hygiène.  L'animal  n'est  pas  migrateur 
comme  les  Rats  et,  en  particulier,  Mus  decumanus  ;  il  s'éloigne  fort  peu  de 
l'endroit  où  il  a  élu  domicile. 

De  fin  septembre  à  fin  décembre  1921,  nous  avons  examiné  861  rats  et 
267  musaraignes,  capturés  dans  la  ville  de  Dakar  par  les  soins  du  Service 
de  Dératisation  dirigé  par  notre  ami,  le  D''  Javelly. 

Le  bacille  pesteux  a  été  décelé  chez  les  Muridés  98  fois,  soit  un  pour- 
centage de  10,8.  La  proportion  de  Crocidiu'a  StampJIii  inîeclés  est  de  9,87 
pour  100. 

Les  Musaraignes  ont  été  trouvées  pesteuses  presque  uniquement  dans  les 
maisons  où  il  y  avait  eu  récemment  des  cas  humains  de  la  maladie.  Elles 
traînent  une  infection  chronique,  avec  très  peu  de  germes  dans  le  sang 
circulant  ;  à  l'autopsie,  sur  frottis  d'organes,  les  bacilles  sont  toujours  rares 
ou  très  rares.  A  quantité  égale  d'animaux,  la  transmission  de  la  Peste  de 
Crocidure  à  Homme  doit  donc  être  moins  commune  que  celle  de  Rat  à 
Homme. 

Crocidura  Stampfîii  héberge,  dans  son  pelage,  des  puces  en  nombre  aussi 
élevé  (4  à  5  par  animal,  en  cette  saison)  que  les  rats,  et  beaucoup  plus 
élevé  que  les  souris.  Nous  n'y  avons  jamais  rencentré  que  XenopsyUa 
(Pulex)  cheopis,  qui  est  la  puce  la  plus  communément  observée  au  Sénégal 
(André  Léger,  92  pour   100  ;  F.  Noc,  «pour  la  plupart»). 

Signalons  enfin  que  des  souris  ayant  été  placées  à  côté  d'une  Musaraigne, 
dans  une  même  cage,  séparées  seulement  par  un  treillis  métallique,  les 
puces  ont  quitté  les  premières  pour  se  réfugier  toutes  sur  la  seconde, 
attirées  sans  doute  par  un  pelage  plus  hospitalier  ou  par  l'odeur  fortement 
musquée  exhalée. 

Nos  constatations  ne  cadrent  pas  avec  la  plupart  de  celles  faites  jusqu'ici. 

Aux  Indes  par  exemple,  les  savants  anglais  ('  )  qui  se  sont  voués  depuis 
i5  ans,  sur  l'initiative  du  Lister  Instilute,kV  étude  delà  peste,  ont  été  frappés 
du  nombre  relativement  élevé  de  Musaraignes,  Crocidura  cœrulea ^  «  Musk 
Rat»,  capturés  par  les  différents  procédés  mis  en  œuvre  contre  les  rats. 
Leur   présence  est  signalée  partout,  aussi  bien  sur  la  Côte  occidentale 


(')  Reports  on  PLague  Investigations  in  India  {Jl  of  Hygiène,  vol.  7,  n"  6, 
décembre  1907,  p.  72^  ;  vol.  10,  novembre  1910,  p.  456  et  Sai  ;  vol.  11,  décembre 
191 1,  ^.j']o  et  207). 


SÉANCE  DU  6  FÉVRIER  1922.  !\1^> 

('Bombay:  •29'i  musaraignes  sur  i3  369  animaux  examinés  ;  environs  de 
f^ombay  :  io43  sur  ')6îî6  ;  Poona,  Belgaum),  que  sur  la  Côte  orientale 
(Madras  :  i253  «  Musk  Rats  »  sur  35744  ;  Dacca  :  2337  sur  9418).  Le 
nombre  de  Crocidura  cœrulea  examinés  aurait  dû  être  plus  élevé,  car  les 
Hindous  tiennent  ces  animaux  en  haute  estime  (in  high  esteem),  et  les 
relâchent  généralement  sans  les  porter  au  laboratoire. 

Mais  les  divers  Missionnaires  qui  se  sont  succédé  aux  Indes  anglaises, 
affirment  tous  que  la  Crocidure  n'a  aucun  rôle  dans  l'épidémie  ou  l'épizootie 
pesteuses.  Quoique,  remarquent-ils,  cet  Insectivore  soit,  par  ses  habitudes 
de  vie,  très  exposé  à  l'infecUon,  ils  n'en  ont  jamais  trouvé  un  parasité. 
Crocidura  cœrulea  serait  réfractaire,  ou  tout  au  moins  très  résistant  à  l'infec- 
tion (highiy  résistant  to  Plague);  l'inoculation  sous-cutanée  «  de  3^  de 
tube  de  culture  sur  gélose  »  d'une  race  pesteuse  virulente  serait  même 
restée  sans  effet. 

Lamb  et  ses  collaborateurs  écrivent,  en  outre,  n'avoir  trouvé  à  Belgaum 
de  Pulex  cheopis  que  sur  les  rats,  à  Texclusiop  des  autres  animaux.  A 
Dacca,  les  musaraignes  hébergeaient  des  Pidex  cheopis^  mais  en  très  petit 
nombre  (0,7  par  animal),  tandis  que  sur  les  rats  ces  puces  étaient  abon- 
dantes (4,  2  par  tête). 

Les  faits  que  nous  apportons  ne  concordent  pas  non  plus  avec  les  obser- 
vations relevées  jusqu'ici  au  Sénégal  par  le  prédécesseur  immédiat  de  l'un 
de  nous  à  la  Direction  de  l'Institut  de  Biologie,  F.   Noc,  ainsi  que  pai^ 
Laveau  (');  mais  leur  examen  avait  porté   sur  un  très  petit  nombre  de 
Musaraignes  (-). 

Par  contre,  nous  nous  trouvons  d'accord  avec  Keiandel  (^).  Bien  que 
n'ayant  décelé  le  bacille  pesteux  que  chez  une  seule  Musaraigne  du  Cam- 
bodge (il  ne  dit  pas  le  nouibre  de  ces  Insectivores  examinés),  notre  distin- 
gué Camarade  n'a  pas  hésité  à  conclure  que  Crocidura  marina  constitue  «  un 
réservoir  de  virus  de  la  Peste  ».  Sa  Musaraigne  hébergeait  des  Xenopsylla 
cheopis. 

De    même    Cadet    (^),   dans  son   élude  de   la  Peste   au   Sud   Annam, 

(')  Laveau,  Bull.  Soc.  Patli.  exotique.,  1919,  p.  291. 

(-)  Rappelons  que  A.  t.eger  a  découvert,  chez  la  même  musaraigne,  un  spirochète 
sangiiicole;  A.  Léger  et  Le  Gallen  ont  montré  qu'il  a  les  caractères  des  spirochètes 
des  fièvres  récurrentes  humaines  {Soc.  Path.  exot.,  1917  et  1918). 

(^)  Kbrandel,  Bull.  Soc.  Path.  exotique,  1915,  p.  5^. 

(*)  Cadet,  Bull.  Soc.  Path.  exotique,  1917,  p-  4i- 

C.  R.,  fgaa,  i"  Semestre.  (T.  174,  N"  6.)  '^^ 


l^1'n  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

remarque  que  Crocidura  murina  donne  asile  à  de  nombreux  X.  cheopis^  et, 
par  conséquent,  doit  être  tenu  pour  dangereux. 

En  conclusion,  la  formule,  que  Simond  a  rendue  classique  :  «  Les 
Muridés  et  les  Tarbaganes  seuls  paraissent  jouer  un  rôle  important  dans 
la  transmission  et  la  conservation  de  la  Peste  »,  mérite  d'être  élargie.  Les 
Musaraignes,  Crocidura  murina  pour  l'Indo-Chine,  Crocidura  Stampjlii ^ouv 
le  Sénégal,  deviennent  facilement  des  porteurs  chroniques  de  virus,  et,  par 
leurs  puces  {Xenopsylla  cheopis)  nombreuses,  contaminent,  sans  conteste, 
d'une  part  l'Homme,  créant  dans  certains  cas  de  petites  épidémies  de  cases, 
d'autre  part  les  Muridés,  qui  disséminent  la  maladie.  Leur  destruction  doit 
donc  être  poursuivie  systématiquement,  avec  la  même  vigueur  que  celle 
des  Rats. 

A  i6  heures  et  demie,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 

La  séance  est  levée  à  17  heures. 

É.  P. 


ERRATA 


(Séance  du  3o   janvier   1922,) 

Note  de  M.  H.  Chaumal,  Sur  la  mesure  des  isolements  par  la  méthode 
dite  d'accumulation  : 


lire 


Page  286,  formule  (3),  au   lieu.de 


SÉANCE    DU    6    FÉVRIER    1922.  ^1'] 


BULLETIN     BIBLIOGRAPHIQUE. 


OUVRAGRS    REÇUS    DANS    LES    SÉANCES    DE    JANVIER     1922. 

Études  sur  l'organisation  et  le  développement  des  Lombriciens  limicoles  thalas- 
sophiles^  par  Jean  Delphy.  Paris,  G.  Doin,  1921;  i  vol.  25*=™.  (Présenté  par  M.  F. 
Me?nil.) 

Cirripeden-Studien  zur  kenntnis  der  Biologie,  Ânatoniie  und  Systeniatik  dieser 
Grappe,  par  Garl-.\lg.  Nilsson-Cantkll.  Uppsala,  Almquist  et  Wiksells,  1921; 
I  vol.  25*=™. 

Triassic  fishes  front  spitzbergen^  par  Erik  A  :  Son  Stehsiô-  Vienne,  Adolf 
Holzhausen,  192 1;  1  vol.  28^'". 

Comptes  rendus  des  séances  de  la  sixième  Conférence  générale  des  Poids  et 
Mesures,  réunie  à  Paris  en  1921  sous  la  présidence  de  M.  Emile  Picard.  Paris, 
Gauthier- Villars.  1921;  i  fasc.  32*=™. 

La  théorie  de  la  relativité  et  ses  applications  à  l' Astronomie^  par  Emile  Picard. 
Paris,  Gauthier-Villars,  1922;  i  fa^c.  18"^™. 

Comité  international  des  Poids  et  Mesures.  Procès-verbaux  des  séances.  Deuxième 
série.  Tome  IX.  Session  de  1921.  Paris,  Gauthier-Villars,  1921;  1  vol.  23'='°.  (Présenté 
par  M.  P.  Appell.) 

Les  récents  progrès  du  Système  métrique.  Rapport  présenté  à  la  sixième  Confé- 
rence générale  des  Poids  et  Mesures,  par  Ch.-Ed.  Guillaume.  Paris,  Gauthier-Villars, 
192 1;  I  fasc.  33'='". 

Détermination  de  l'équation  séculaire  de  la  Terre  dans  la  théorie  d'Arrhenius, 
par  |Emile  Scbwoerer.  Extrait  des  Comptes  rendus  du  Congrès  international  des 
mathématiciens.  Strasbourg,  23-3o  septembre  1920. 

Physique  élémentaire  et  théories  modernes,  par  J.  Villey.  Première  Partie  : 
Molécules  et  atomes.  Paris,  Gauthier-Villars,  1921;  i  vol.  25'='". 

Notice  sur  la  vie  et  les  travaux  d'Emile  Bourquelot,  par  J.  Bougault  et  H,  Hérissey, 
Paris,  Société  générale  d'imprimerie  et  d'édition,  192  i;  1  vol.  21'='". 

Précis  d'arithmétique,  par  J.  Poirée.   Paris,  Gauthier-Villars,  1921;  1  vol.  25'='". 

Animaux  venimeux  et  venins,  par  M""*  Phisalix.  Totnes  1  et  II.  Paris,  Maison 
et  C'",  1922:  2  vol.  25'="°.  (Présenté  par  M.  L.  Bouvier.) 

Turbines  à  vapeur,  par  M.  Poincet.  Paris,  J.-B.  Baillière  et  fils,  1922;  1  vol.  23«'". 
(Présenté  par  M.  L.  Lecornu.) 

Histoire  naturelle.  Les  plantes,  par  J.  Costantin  et  F.  Faideau.  Fa«c  7,  Paris, 
Larousse,  s.  d.;  i  fasc.  SS*^™. 

Le  lait.   Revue  générale  des  questions  laitières.^  pubHée  par  L.  Lindet,  M.  Beau 


428  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

et  Ch.  Porcher.  Première  année,  1921.  Lons-leSaunier,  Lucien  Declume,  1921; 
I  vol.  23'""'. 

Guide  pratique  d'agriculture  tropicale.  Tome  II  :  Les  grandes  cultures.  U Ara- 
chide, le  Cacaoyer,  le  Caféier,  la  Canne  à  sucre,  par  A.  Fauchère.  Paris,  Augustin 
Challamel,  1922;  i  vol.  aS"^". 

homographie  ou  Traité  des  Abaques.  Tome  I  :  Technique  des  Abaques.  Tome  II  : 
Théories  générales,  par  R.  Sokeau.  Paris,  Etienne  Chiron,  1921;  i  \ol.  27="".  (Pré- 
senté par  M.  Ch.  Lallemand.) 

Carte  géologique  provisoire  du  Maroc,  par  Louis  Gentil.  Paris,  Emile  Larose,  1920; 
I  feuille  58'''"-75"='".     (Présenté  par  M.  Termier.) 

Études  de  Lépidoptérologie  comparée,  par  Charles  Oberthur.  Fasc.  XIX,  r^  Par- 
tie. Rennes,  Oberthur,  1922;  i  vol.  25'='".  (Présenté  par  M.  E.-L.  Bouvier.) 

Sur  les  polynômes  de  Laguerre,  par  Félix  Vaney.  Lausanne,  imprimerie  La 
Concorde,  1921;  i  vol.  23'''". 

Alsnô  Hus,  par  Bkngt  Thordeman.  Stockholm,  Norstedt,  1920;  i  vol.  25"=™. 

Die  chinesischen  Handschriflen-und  sonsiigen  Kleinfunde  Sven  Hedins  in  Lou- 
Lan,  par  August  Conradv.  Stockholm,  Generalstabens  litografiska  Anstalt,  1920; 
I   vol.  32'^"'. 

Leçons  d' Électrotechnique  générale,  par  Paul  Janet.  Tome  II  :  Courants  alter- 
natifs sinusoïdaux  et  non  sinusoïdaux  alternateurs.  Transformateurs.  Paris, 
Gauthier-Villars,  1922;  i  vol.  25=". 

La  mécanique  du  cerveau  et  la  fonction  des  lobes  frontaux,  par  L.  Bianchi. 
Paris,  Louis  Arnetle^  1921;  i  vol.  25'='".  (Présenté  par  M.  Charles  Richet.) 

Travaux  du  Laboratoire  de  Géologie  de  la  Faculté  des  Sciences  de  Lyon,  publiés 
sous  la  direction  de  F,  Roman.  Fasc.  1  :  La  montagne  de  Crussol,  étude  stratigra- 
phique  et  paléonlologique,  par  Attale  Riche  et  Frédéric  Roman.  Lyon,  Faculté  des 
Sciences,  1921;  \  vol.  25'='".  (Présenté  par  M.  Cb.  Depéret.) 

Ophidia  taprobanica  or  the  snakes  of  Ceylon,  par  Frank  Wall.  Colombo,  Cottle, 
1921  ;  I  vol.  22'='". 

Précis  de  Muséologie  pratique,  par  A.  Loir  et  H.  Legangneux.  Le  Havie,  Mnsénni 
d'Histoire  naturelle,  s.  d.;  i  vol.  19*='". 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU   LUNDI    15   FÉVRIER   1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


ME3I0IRES  ET  COMMUNICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 


Le  Ministre  de  l'Instruction  publique  et  des  ï5eaux-Arts  adresse 
ampliation  du  Décret,  en  date  du  9  février  1922,  qui  porte  approbation  de 
l'élection  que  l'Académie  a  faite  de  M.  Gustave  Ferrie  pour  occuper,  dans 
la  Section  de  Géographie  et  Navigation,  la  place  vacante  par  le  décès  de 
M.  Alfred  Grandidicr . 

Il  est  donné  lecture  de  ce  Décret. 

Sur  l'invitation  de  M.  le  Président,  M.  Gustave  Ferrie  prend  place 
parmi  ses  Confrères. 

M.  Charles  Richet  présente  son  livre  :  Traité  de  Métansychique  (Paris, 
Alcan,  1922;  in-S",  8i4  pages). 

«  Cet  Ouvrage  est  un  exposé  d'expériences  et  d'observations  que  j'ai 
essayé  d'indiquer  méthodiquement.  Il  m'a  paru  que  les  faits  irréguliers  et 
singuliers,  constatés  par  beaucoup  d'expérimentateurs  probes  et  attentifs, 
—  parfois  illustres,  comme  sir  ^\  illiam  Crookes,  sir  Oliver  Lodge,  Zôllner, 
William  James,  —  devaient  être  soumis  à  une  étude  approfondie,  et  non 
traités  par  les  sarcasmes  ou  les  dédaigneux  silences. 

1)  Le  mot  àcmélapsychique{^)q[xeyA\  Cl èè  pour  désigner  cette  science  des 
choses  occultes,  mot  qui  semble  aujourd'hui  partout  adopté,  indique  que 
les  phénomènes  sont  d'ordre  psychologique,  mais  qu'ils  dépassent  la  psycho- 

(*)  Aristole  avait  appelé  métaphysique  la  science  des  choses  qui  dépassent  la 
physique,  succédant  à  la  science  des  choses  physiques  décrites  dans  le  précédent 
Chapitre. 

C.  R.,  1922,  i»*  Semestre.  (T.  174,  N»  7.)  33 


43o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

logie  commune  classique,  en  agrandissant  énormémenl  le  champ  derinlelli- 
geiice  humaine. 

»  J'aurais  pu  me  laisser  entraîner  à  des  théories  aventureuses,  à  des  hypo- 
thèses prématurées.  Je  m'en  suis  abstenu.  J'ai  cherché  à  rapporter  scrupu- 
leusement, presque  servilement,  avec  commentaires  très  brefs,  les  faits 
dont  j'ai  été  témoin,  les  expériences  que  j'ai  inslituées,  en  même  temps 
que  je  donnais  connaissance  de  la  bibliographie,  déjà  très  vaste,  qui  existe 
sur  ces  problèmes  de  métapsychique. 

»  Si  étranges  que  paraissent  les  faits  que  je  relate  (cryptesthésies  et 
ectoplasmies),  ils  ne  sont  en  contradiction  avec  aucune  des  vérités  scienti- 
fiques actuelles.  Ils  sont  nouveaux;  ils  sont  inhabituels;  ils  sont  difficiles  à 
classer;  mais  ils  ne  renversent  rien  de  notre  édifice  classique  si  laborieu- 
sement construit.  Si  on  les  conteste  a  priori^  c'est  parce  qu'on  n'a  pas  suffi- 
samment réfléchi  à  la  différence  profonde  qui  sépare  Vinhahituel  et  le 
contradictoire. 

»  J'ai  donc  le  droit  de  demander  à  n^ètre  jugé  qu'après  qu'on  m'aura  lu. 

»  Il  n'est  pas  douteux  que  mes  conclusions  seront  vivement  attaquées. 
C'est  un  destin  commun  aux  tentatives  nouvelles,  comme  le  prouve  sura- 
bondamment l'histoire  de  toutes  les  sciences.  Mais  il  m'a  semblé  que  le 
courage  du  savant  n'est  pas  tant  de  s'exposer  aux  virus  et  aux  explosifs  que  de 
dire  tout  haut,  après  une  prolongée  et  vigilante  étude,  ce  qu'il  croit  être  la 
vérité.  » 


M.  Laverax,  par  l'organe  de  M.  Mesnil,  fait  hommage  du  Tome  14, 
n)2i ,  du  Bulletin  de  la  Société  de  Pathologie  exotique. 


Le  Prince  Bonaparte  fait  hommage  à  l'Académie  du  fascicule  10  de  ses 
Notes  ptéridologiques  qu'il  vient  de  publier.  Dans  ce  travail  il  donne  les 
déterminations  faites  par  lui  d'environ  2000  spécimens  de  fougères  prove- 
nant de  TyVfrique  occidentale  française,  du  Cameroun,  de  l'Afrique  équato- 
riale  française,  du  Transvaal,  du  Cap,  de  Madagascar,  de  Sumatra  et  d'Aus- 
tralie. La  collection  la  plus  importante  est  celle  d'Australie,  io3o  spécimens, 
qui  a  été  communiquée  par  la  Direction  de  THerbier  National  de  Victoria. 
Les  espèces  et  variétés  nouvelles  créées  par  le  Prince  Bonaparte  sont  res- 
pectivement au  nombre  de  16  et  de  6.  Elles  ont  presque  toutes  été  trouvées 
à  Madagascar  par  M.  H.  Perrier  de  la  Bâthie. 


SÉANCE    DU    l3    lÉVRIER    1922.  43l 

Sir  J.-J.  TuoMsox,  par  l'organe  de  M.  M.  Brillouin,  fait  hommage 
de  la  traduction,  par  M.  Maurick  Soloyine,  de  son  Ouvrage  :  Eiectiicilé et 
Matière,  avec  une  Préface  de  M.  Paul  Langevin. 

M.  Jules  Axdrade  fait  hommage  de  son  Ouvrage  :  Les  organes  réglants 
des  chronomètres. 

PRÉSEJXTAÏIONS. 

Dans  la  formation  d'une  liste  de  deux  candidats  à  la  chaire  d'Anatomie 
comparée,  vacante  au  Muséum  d'Histoire  naturelle,  pour  la  désignation  du 
candidat  de  première  ligne,  M.  Uaoul  Anthony  obtient  l\5  suffrages.  Il  y  a 
')  bulletins  blancs. 

Pour  la  désignation  du  candidat  de  seconde  ligne,  M.  Henri  Neuville 
obtient  3o  suffrages  contre  /\  à  M.  Lamy. 

11  y  a  2  bulletins  blancs. 

En  conséquence,  la  liste  présentée  à  M.  le  Ministre  de  l'Instruction 
publique  comprendra  : 

En  première  ligne M.  Raoul  Anthony 

En  seconde  ligne M.  Henri  Neuville 


CORRESPOND  AIVCE. 

L'Académie  des  Sciences  de  Lisbonne  adresse  l'expression  de  ses  condo- 
léances à  roccasion  du  décès  de  M.  C.  Jordan. 

M.  le  Ministre  de  la  Guerre  invite  l'Académie  à  lui  désigner  un  de  ses 
Membres  qui  fera  partie  du  Conseil  de  perfectionnement  de  l'Ecole  Poly- 
technique, en  remplacement  de  M.  C.  Jordan  décédé. 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

Théorie  mathématique  des  Assurances ,  par  P.-J.  Rh.haud.  (Présenté  par 
M.  Maurice  d'Ocagne.) 


432  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Les  caractères  des  modules  de  formes  et  les 
systèmes  d'équations  aux  dérivées  partielles.  Note  (^)  de  M.  Maurice 
Janet,  présentée  par  M.  Goursat. 

Je  me  suis  proposé  de  rapprocher  les  résultats  des  théorèmes  généraux 
relatifs  aux  systèmes  d'équations  aux  dérivées  partielles  de  ceux  qui  ont  été 
obtenus  par  M.  Cartan  au  sujet  des  systèmes  d'équations  de  PfafT(-).  J'in- 
diquerai ici  certaines  propositions  de  nature  algébrique,  qui  peuvent  avoir 
leur  utilité  propre,  et  j'en  tirerai  plusieurs  conséquences  relatives  à  la 
théorie  des  systèmes  d'équations  aux  dérivées  partielles  ;  le  parallélisme  des 
énoncés  actuels  et  des  énoncés  de  M.  Cartan  apparaîtra  de  lui-même. 

1.  Soit  un  système  quelconque  donné  de  formes  (F),  d'ordre  /?, 
à  n  variables  a?, ,  a?o,  ...,  x,^.  Soit  cr,  le  nombre  dont  augmente  son  rang  (^?i\i 
sens  de  la  théorie  des  équations  linéaires,  les  monômes  d'ordre  p  étant 
regardés  comme  autant  de  variables  indépendantes)  lorsqu'on  lui  adjoint 
les  produits  d'une  forme  linéaire  déterminée  à  coefficients  arbitraires  par 
tous  les  monômes  d'ordre yj  —  i.  Soit  de  même  (t,  -t-  CTo  -f- ...  H-  ct/,  le  nombre 
dont  augmente  son  rang  lorsqu'on  lui  adjoint  les  produits  respectifs  de 
k  formes  linéaires  déterminées  à  coefficients  arbitraires  par  tous  les 
monômes  d'ordre/)  —  i.  Nous  obtenons  ainsi  un  système  de  n  —  i  entiers(^) 
bien  déterminés 

attaché  au  système  (F)   d'une  manière  invariante  dans   un   changement 
linéaire  homogène  arbitraire  des  variables  indépendantes. 

Soient  (F')  toutes  les  formes  obtenues  en  multipliant  une  forme  (F)  par 
une  variable  {x).  Au  système  (F'),  d'ordre /? -h  i,  sont  attachés  par  la 
définition  précédente  des  nombres  (j\,  cr',,  .. .,  a-',^_j.  On  a  la  relation 

(0  a'i +  a;  +  .  ..+ !7;_i^o-i+ 2cr2  +  .  ..+ (rt  — i)  C7„_i. 

Désignons  par  (F")  les  formes  déduites  de  (F')  comme  les  (F')  l'ont  été 
des  (F),  et  par  (a")  les  nombres  attachés  aux  (F"). 
Si  Végalité  (i)  a  lieu,  on  a  encore  Végalité 

o-'l  -+-  0-2  +  .  .  .  +  (J"„^^  r=  o-'i  +  2 o-',  +  ...+  (/?  —  i) o-'„_i 

(')  Séance  du  6  février  19-22. 

("-)  Annales  scienUJic] lies  de  l'Ecole  Normale,  1901  et  1904. 

C)  Le   iionibie  o-„  ne  pourrait  être  clifférenL  de   zéro  que  si  toutes  les  formes  (F) 
étaient  i<^lenti(j[uetnent  nulles;  nous  excluons  ce  cas. 


SÉANCE    DU    l3    lÉVRIËR    I922.  4^^ 

et,  par  suite, 

(7'j'+  a';+.  .  .  +  o-™_,  =  cr';+  2(7';  4-.  ..+  («  —  0^«-i  — 

D'ailleurs,  dans  ce  cas,  les  (t)  sont  donnés  en  fonction  des  (a)  par  les 
formules 

(j\       =:  (7i  -4-  O-o  +  .  .  .  +  C7„_, , 
(7'.,       =  .  .  .  .  (7o  +  .  .  .  4-  a„_i, 


Les  (a")  se  déduisent  des  (ct')  par  les  mêmes  formules,  etc. 

Le  nombre  des  conditions  indépendantes  auxquelles  on  doit  assujettir  une 
forme  d'ordre  V^p  pour  qu  elle  fasse  partie  du  module  défini  par  les  (F)  est 


ou  encore 


P_n  +  I  (P— /J  +  I        P— />  +  2) 

(7i  +  (7., H  O-^i  ^ h  -  .  . 

'  -  I  1.2 

(P-/?  +  i)(P— y9  +  2)...(P-/j  +  n— 2) 
"^  """-^  1.2. ..(«-2) 

'  ^  I  ^  1.2 

).      (P-/>->-  +  l)...(P-/>->.  +  /^  +  2) 
."^^"-1  1.2...  («  —  2) 

Ce  polynôme  en  P  est  la  fonction  caractéristique  d'Hilbert  par  le  module  (F). 
On  voit  son  lien  avec  les  systèmes  de  nombres  [ct'/',  o-'^',  ...,  a'^'ij  qu'on 
pourrait  appeler  les  caractères  du  module  relativement  à  l'ordre 

/?  +  X        (X  =  o,  1,2,  . . .). 

2.  Étant  donné  un  système  quelconque  de  formes  ($),  0/2  /j^'///  toujours 
trouver  un  entier  yo„  Z^/  ^wé'  le  système  des  formes  d'ordre  donné  p  (/>  quel- 
conque i^/)o)  qui  font  partie  du  module  défini  par  les  ($)  ait  précisément  la 
prop?-iété  des  (F)  supposée  au  n"  1  [égalité  (i)]. 

3.  Considérons  les  formes  d'ordre  inférieur  ou  égal  à  p  du  module  ($); 
dans  ces  formes,  substituons  à  chaque  monôme  la  dérivée  correspondante 
d'MA?e  fonction  inconnue  w;  égalons  à  zéro  les  expressions  obtenues.  Pour 
déterminer  entièrement  une  solution  régulière  quelconque  de  ce  système 
d'équations  aux  dérivées  partielles,  on  pourra  se  donner  les  valeurs  en  un 
pointO  de  a-  dérivées  de  u  d'ordre  inférieur  àjo;  et,.v«/'  certaines  multiplicités 
linéaires  arbitraires  issues  de  O  et  se  comprenant  les  unes  les  autres,  de  cer- 


434  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

taines  dérivées  (F ordre p  de  z/  : 

o-j       dérivées  fonctions  arbitraires  (régulières)  de       l       variable 
CT,  »  »  »  »        ^      variables 

. ,  ))  »  »  ».  )) 

On  pourrait  d'ailletirs  tout  aussi  bien  se  donner  les  valeurs  en  O  de 

a  +  Igi  4-  1rs\  +  .  .  .  4-  lo-'/'-'J  (dérivées  d'ordre  </>  +  \) 

et,  .y//r  certaines  multiplicités  linéaires  arbitraires  issues  de  O  ^;  se  comprenant 
les  unes  les  autres^  de 

c'/'     dérivées  fonctions  arbitraires  de       i       variable 
(tL''  »  »  »       2       variables 


Chacune  des  déterminations  ainsi  obtenues  est  de  forme  invariante  dans 
un  changement  linéaire  homogène  arbitraire  des  variables  indépendantes. 
Setil,  il  est  vrai,  le  dernier  des  a  qui  n'est  pas  nul  est  égal  au  a',  i" ,  ...  de 
même  indice;  les  a  d'indices  inférieurs  ont  pourtant  eux  aussi  une  significa- 
tion effectivement  intéressante  en  ce  qui  concerne  le  degré  de  généralité  de 
la  solution  :  ils  sont,  d'après  ce  qui  précède,  invariants  dans  un  changement 
linéaire  arbitraire  des  variables. 

De  plus,  si  le  système  envisagé  est  susceptible  de  se  mettre  par  simple 
combinaison  linéaire  sous  une  quelconque  des  formes  canoniques  clas- 
siques, et  si,  ce  ([ue  l'on  peut  alors  toujours  faire,  on  se  donne  arbitrai- 
rement en  un  point  les  valeurs  des  dérivées  paramétriques  d'ordre  inférieur 
à  /)  -4-  X  et  les  valeurs  sur  certaines  multiplicités  linéaires  (spécifiées  par  les 
théorèmes  d'existence)  des  dérivées  paramétriques  d'ordre  /? -t- A,  les 
nombres  respectifs  de  fonctions  arbitraires  de  i,  2.,  . . .,  /?  —  i  variables  sont 
encore  les  nombres  précédemment  trouvés  t^^  a-','',  . . .,  T^'i, . 

4.  Un  système  quelconque  d'équations  aux  dérivées  partielles  à  une 
fonction  inconnue  u  étant  donné,  on  sait  que  le  degré  de  généralité  de  la 
solution  est  déterminé  par  la  connaissance  d'un  certain  modulç  de  formes 
algébriques,  le  module  des  formes  caractéristiques  des  équations  du  sys- 
tème. On  voit  dès  lors  que  la  solution  d'un  système  quelconque  pourra 
être  déterminée  sous  la  forme  invariante  qui  vient  d'être  indiquée  pour  les 
systèmes  étudiés  au  numéro  précédent, 


SÉANCE  DU  l3  FÉVRIER  ig22.  435 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  un  point  fondamenUil  de  la  théorie 
du  potentiel.  Note  de  M.  Witold  AVilkosz,  présentée  par  M.  Goursat. 

Dans  la  théorie  classique  du  potentiel,  c'est-à-dire  dans  celle  des  inté- 
grales d'une  équation  aux  dérivées  partielles  de  la  forme 

n 

on  ne  se  borne  pas  à  admettre  qu'en  tout  point  intérieur  au  domaine  que 
l'on  considère,  la  fonction  est  continue  et  qu'elle  vérifie  l'équation  (i)  ;  pour 
légitimer  les  opérations  que  l'on  a  à  effectuer,  on  adopte  toujours  quelque 
hypothèse  additionnelle  relative  aux  dérivées 

,    \  d-u 

(2)  -^         («  =  i,  2,  ...,  «); 

on  suppose  le  plus  souvent  que  ces  dérivées  soient  continues. 

Je  vais  démontrer  que  toute  hypothèse  additionnelle  de  ce  genre  est 
superflue.  A  cet  effet,  supposons  que  la  fonction  u  des  variables  x^^  . . .  ^  x„ 
soit  définie  sans  ambiguïté  à  l'intérieur  d'un  certain  domaine  (D)  et 
bornons-nous  à. admettre  qu'en  tout  point,  intérieur  à  ce  domaine,  elle 
satisfasse  seulement  aux  conditions  suivantes  : 

1°  Elle  est  continue; 

2°  Chacune  des  dérivées  (2)  a  une  valeur  finie  et  bien  déterminée; 

y^  L'équation  (i)  est  vérifiée. 

Je  dis  que,  dans  ces  conditions,  la  fonction  u  sera  régulièrement  analy- 
tique dans  le  voisinage  de  tout  point  intérieur  au  domaine  (D).  Pour 
le  démontrer,  mettons  en  évidence  les  arguments  de  la  fonction  u  en 
posant 

et  considérons  l'expression 

n 

(3)     M^u,h)^'^ j-, 

On  doit  à  M.  Peano  la  forme  suivante  du  théorème  de  Taylor  :  «  Soit  o (a?) 
une  fonction  de  x  définie  sans  ambiguïté  pour  les  valeurs  de  x  vérifiant 


436  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Finégalité 

(4)  |^-al<r 

et  admettant  pour  ces  valeurs  de  x  des  dérivées  déterminées  jusqu'à  un 
certain  ordre/)  inclusivement;  sans  supposer  que  la  dérivée  9'^''*"'H-'z^)  existe 
pour  toutes  les  valeurs  de  x  vérifiant  (4),  admettons  l'existence  de  cette 
dérivée  pour  a?  =  «;  dans  ces  conditions,  on  a 

avec 

lim£( A)  =  o.   » 

En  s'appuyanl  sur  ce  théorème  pour  p  =  i,  on  déduit  de  (3)  et  de  l'exis- 
tence des  dérivées  (2)  qu'en  tout  point  intérieur  au  domaine  (  D ),  on  a 

n 
i 

Donc,  lorsque  l'équation  (i)  est  vérifiée  à  l'intérieur  du  domaine  D,  on  a 

lim  A(«,  /?  )  =  0, 

h=o 

en  tout  point  intérieur  à  ce  domaine. 

Or  M.  Zarcmba  (/)  a  démontré  que  cela  suffît  pour  assurer  l'analyticité 
régulière  de  la  fonction  u  dans  le  voisinage  de  tout  point  intérieur  au 
domaine  (  D  ).  Il  est  donc  prouvé  que  les  trois  conditions  énoncées  plus  haut 
fournissent  bien  une  base  suffisante  à  toute  la  théorie  du  potentiel.  On  pour- 
rait se  demander  si  la  première  des  trois  conditions  précédentes  n'est  pas 
superflue.  Il  est  aisé  de  prouver  qu'elle  est  au  contraire  essentielle.  Posons 

pour  cela  (-)  : 

1^ 

u  =:  partie  réelle  de  e    '^  pour  a;  ^  o, 
w  =  o  pour  a:  z^  o 

ou 


(')  S.  Zaremba,  Contribution  à  la  théorie  d'une  érjuation  fonctionnelle  de  la  Phy- 
sique {Rendic.  di  Palernio,  l.  19,  igoS,  p.  il\']). 

(2)  L'exemple  que  je  cite  m'a  été  indiqué  par  M,  Zaremba. 


SÉANCE  DU  l3  FÉVRIER  I922.  4^7 

La  fonction  u  est  discontinue  pour  x  ^=  y  —  o  et  cependant  j— 7  et  ■— , 

sont  partout  (même  pour  x  =  y  =  o)  bien  déterminées  et  elles  vérifient  la 

condition 

d-  a        0-  Il 

dans  tout  le  plan  des  variables  x  et  y. 


GÉOMÉTRIE.  —Sur  une  définition  géométrique  du  tenseur  d'énergie  d^ Einstein. 
Note  de  M.  E.  Cartan,  présentée  par  M.  Emile  Borcl. 

On  sait  que,  dans  la  théorie  de  la  relativité  généralisée  d^Einslein,  le 
tenseur  qui  caractérise  complètement  l'état  de  la  matière  au  voisinage  d'un 
point  d'Univers  est  identifié  à  un  tenseur  faisant  intervenir  uni([ueinent  les 
propriétés  géométriques  de  l'inivers  au  voisinage  de  ce  point.  Les  dix  com- 
posantes de  ce  tenseur  sont  données  par  des  calculs  plus  ou  moins  compli- 
({ués  qui  sont  loin  d'en  faire  voir  Fessence  géométrique.  Il  m'a  semblé  qu'il 
y  aurait  intérêt  à  donner  de  ce  tenseur  une  définition  qui,  tout  en  ayant 
toute  la  précision  voulue,  pût  s'exprimer  en  langage  purement  géomé- 
trique. 

L  Avant  d'aborder  le  cas  d'un  LInivers  à  quatre  dimensions,  considérons 
le  cas  beaucoup  plus  simple  d'un  Univers  statique  à  trois  dimensions,  c'est- 
à-dire  d'un  milieu  matériel  continu  en  équilibre  sous  la  seule  action  de  ses 
forces  élastiques.  Un  tel  milieu  est  caractérisé  physiquement  par  son  état 
de  tension,  c'est-à-dire  en  somme  par  un  vecteur  appliqué  à  un  élément  de 
surface  orienté  arbitraire  du  milieu  et  indiquant  la  résultante  des  actions 
exercées  à  travers  cet  élément  de  surface  par  la  partie  du  milieu  située  du 
côté  négatif  de  cet  élément  sur  la  partie  du  milieu  située  du  côté  positif. 
En  définitive,  l'état  du  milieu  est  défini  par  un  vecteur  attaché  à  chaque 
élément  de  surface  orienté  de  l'espace,  vecteur  dont  les  composantes  sont 
des  éléments  d'intégrales  de  surface.  Les  composantes  satisfont,  comme 
on  sait,  à  la  loi  de  symétrie;  de  plus,  la  résultante  des  vecteurs  attachés 
aux  différents  éléments  de  surface  qui  limitent  un  volume  donné  est  nulle 
(loi  de  conservation). 

Considérons  alors  un  espace  de  Riemann  à  trois  dimensions,  défini  par 
un  ds-  donné,  forme  différentielle  quadratique  de  trois  variables;  Vétat  de 
courbure  de  cet  espace,  c'est-à-dire  ce  qui  le  différencie  plus  ou  moins  d'un 


438  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

espace  euclidien,  peut  se  caractériser  exactement  de  la  même  manière  que 
l'état  de  tension  d'un  milieu  élastique  en  équilibre.  Si  Ton  décrit  en  effet  un 
contour  fermé  infiniment  petit,  la  divergence  entre  l'espace  considéré  et 
l'espace  euclidien  se  manifeste  sur  ce  contour  par  le  fait  qu'un  système  de  trois 
directions  rectangulaires  issues  d'un  point  du  contour  et  transportées  joora/- 
lèlement  à  elles-mêmes  au  sens  de  Levi-Civita  (^)  ne  revient  pas  coïncider 
avec  lui-même  lorsqu'on  a  parcouru, tout  le  contour  fermé;  il  faut,  pour 
retrouver  le  système  initial,  effectuer  une  certaine  rotation  (infiniment 
petite).  Cette  rotation  peut  se  représenter  par  un  vecteur.  L'état  de  diver- 
gence entre  l'espace  donné  et  l'espace  euclidien  peut  donc  être  traduit  par 
un  vecteur  attaché  à  chaque  élément  de  surface  orienté  de  l'espace.  On 
montre  facilement  que  ce  vecteur,  dont  les  composantes  sont  des  éléments 
d'intégrale  de  surface,  satisfait  à  la  loi  de  symétrie  et  à  la  loi  de  conser- 
vation (la  somme  géométrique  des  vecteurs  attachés  aux  éléments  de  surface 
qui  limitent  un  volume  infiniment  petit  est  nulle). 

Il  résulte  de  ce  qui  précède  qu'on"  peut  expliquer  l'état  d'un  milieu  élas- 
tique en  équilibre  en  admettant  que  l'espace  qui  le  contient  est  déformé  et 
que  l'état  de  tension  du  milieu  traduit  physiquement  cette  déformation 
géométrique.  Un  fluide  parfait  en  équilibre  (et  par  suite  de  pression  cons- 
tante) correspondrait  à  un  espace  non  euclidien  de  courbure  constante,  le 
vecteur  qui  manifeste  la  courbure  de  chaque  élément  de  surface  étant 
normal  à  cet  élément. 

II.  J'arrive  maintenant  à  l'Univers  d'Einstein.  La  généralisation  va  être 
facile  si  nous  définissons  l'état  physique  de  l'Univers  par  un  vecteur 
(à  quatre  composantes)  attaché  à  chaque  élément  de  volume  (à  trois  dimen- 
sions) de  l'Univers  et  satisfaisant  à  la  loi  de  symétrie  :  les  i6  coefficients, 
qui  se  réduisent  à  lo  à  cause  de  la  loi  de  symétrie,  peuvent  être,  comme  on 
le  fait  d'habitude,  regardés  comme  les  coefficients  d'une  forme  quadratique 
à  quatre  variables,  de  même  que  les  9  coefficients  /?^^,  p^y,  etc.  qui  se 
réduisent  à  6,  du  vecteur  qui  définit  la  tension  d'un  milieu  élastique,  peuvent 
être  regardés  comme  les  coefficients  d'une  forme  quadratique  à  trois 
variables. 

Partons  alors  d'un  ds^  donné,  forme  différentielle  quadratique  à  quatre 
variables.  La  différence  entre  l'Univers  défini  par  ce  ds^  et  l'Univers  eucli- 
dien se  manifeste  sur  tout  contour  fermé  infiniment  petit  par  le  fait  qu'un 
système  de  quatre  directions  issues  d'un  point  du  contour  et  transporté 

(')  Rend.  Cire.  Mat.  di  Palertno,  l.  42,  p.  173. 


SÉANCE   DU    l3    FÉVRIER    1922.  4^9 

parallèlement  à  lui-môme  ne  revient  pas  coïncider  avec  lui-même  quand  on  a 
parcouru  tout  le  contour  fermé  :  il  faut,  pour  retrouver  le  système  initial, 
effectuer  une  certaine  rotation  (en  appelant  de  ce  nom  un  déplacement  d'en- 
semble de  l'Univers  euclidien  autour  d'un  point  fixe).  A  chaque  contour 
fermé  infiniment  petit,  ou  à  chaque  élément  de  surface  orienté,  est  ainsi 
associée  une  rotation. 

Cela  posé,  considérons  un  élément  de  volume  de  l'Univers,  et  prenons-le, 
pour  simplifier,  sous  la  forme  d'un  parallélépipède  élémentaire;  soient  O  un 
de  ses  sommets,  OA^,  OA2,  OA3  les  trois  arêtes  issues  de  ce  sommet.  A  la 
première  face  passant  par  O,  ou  plutôt  à  son  contour  parcouru  dans  le  sens 
A3  OAo,  est  associée  une  rotation  infiniment  petite  ;  par  l'effet  de  cette  rota- 
tion, tout  point  de  l'espace  à  trois  dimensions  perpendiculaire  à  OA,  subit  un 
déplacement;  si  l'on  ne  considère  que  la  composante  de  ce  déplacement  qui 
se  trouve  dans  l'espace  à  trois  dimensions  lui-même,  elle  pourrait  être 
obtenue  par  l'effet  d'une  certaine  rotation  de  cet  espace  sur  lui-même, 
rotation  qu'on  pourrait  appeler  \di projection  de  la  rotation  primitive  sur  cet 
espace.  Cette  projection  peut  être  représentée  géométriquement  dans  cet 
espace  (perpendiculaire  à  0A<)  parmi  vecteur  (R,)* 

En  définitive,  à  chacune  des  trois  faces  du  parallélépipède  élémentaire  on 
peut  faire  correspondre  trois  vecteurs  (R,),  (R2),  (R3)  représentant  les 
projections,  sur  les  espaces  perpendiculaires  à  OA,,  OAo,  OA.,,  des  trois 
rotations  associées  aux  trois  faces.  La  somme  géométrique  de  ces  trois 
vecteurs,  multipliés  respectivement  par  les  longueurs  (ou  intervalles)  OA,, 
OAo,  OA3,  définit  le  vecteur  cherché,  tenseur  d'énergie  d'Einstein.  Ce 
tenseur  est  nul  dans  toute  région  vide  de  matière. 

La  définition  géométrique  de  ce  vecteur  peut  être  mise  sous  une  autre 
forme  en  partant  de  la  notion  de  rotations  complémentaires  d'un  espace  eu- 
clidien à  quatre  dimensions  ayant  un  point  fixe. 


ALGÈBRE.  —   Sur  la  résolution  d'une  équation  linéaire  indéterminée. 

Note  de  M.  Auric. 

Nous  avons  en  vue  la  résolution  en  nombres  entiers  de  l'équation 

(l)  ^0^0  +  «l'2^1=  6 

dans  laquelle  les  coefficients  /7„,  a^,  b  sont  des  nombres  quelconques,  réels 
ou  complexes. 


44o  ACADÉMIE    DES    SCIEInCES. 

Lorsque  b  est  nul,  le  développement  en  fraction  continue  du  rapport  — 

permet  de  trouver  des  solutions  de  plus  en  plus  approchées  de  l'équation 
donnée;  mais,  si  6  ^  o,  il  n'en  est  plus  de  même,  car  nous  ne  connaissons 
pas  de  méthode  générale  et  systématique  de  résolution  de  (i);  le  procédé 
indiqué  par  Lejeune-Dirichlet  et  perfectionné  par  Minkowski  devient  en 
pratique  rapidement  inapplicable. 

11  serait  pourtant  très  utile  de  posséder  un  moyen  de  résolution  de  (i)  car 
des  problèmes  de  ce  genre  se  posent  assez  fréquemment  dans  les  recherches 
scientifiques;  si,  par  exemple,  en  physique,  on  connaît  la  partie  décimale  a 
d'une  longueur  représentant  un  multiple  entier  inconnu  X  d'une  longueur 
d'onde  donnée  A,  on  aura  à  résoudre  l'équation  du  type  (i) 

En  prenant  «^  et  «,  comme  éléments  initiaux  et  en  développant  en  frac- 
tion continue  suivant  la  méthode  ordinaire,  on  obtient  la  suite  des  éléments 

«0,     «1,     a,,      «3,      ..-,     ^«-1,     ««,      cin+i         (lima„=:o). 

11  serait  très  avantageux  de  pouvoir  modifier  la  loi  de  formation  de  cette 
suite,  de  manière  que  certains  éléments  continuent  à  tendre  vers  zéro,  tandis 
que  d'autres  ont  une  autre  limite,  h  par  exemple;  car,  dans  ce  cas,  la  solu- 
tion de  (i)  serait  immédiate,  puisque  tout  élément  s'exprime  avec  des 
coefficients  entiers  en  fonction  linéaire  des  deux  éléments  initiaux. 

Or,  il  est  aisé  de  montrer  qu'on  peut  faire  tendre  «3,,  vers  un  nombre 
donné  u.,^  pouvant  varier  avec  /z,  les  autres  éléments  ayant  zéro  pour  limite. 

Ecrivons  en  eil'et  les  équations   successives  de  formation  des  éléments  : 

^hl  —  i^^^  ^-31'        ^3/         ^3i  +  lî 

^^3'        =  ^-S'+l  ^'3/-l-l  '''a/+2î 

^3i+l  ^—  '•31+2  ^-ii+i ^3'-4-3' 

Dans  la  première,  a3,_,  et  a^i^,  tendent  vers  zéro,  tandis  que'  a.;,  tend 
vers  u.,;  il  en  résulte  qu'on  devra  prendre  à  partir  d'un  certain  rang  À;,/=  o 

Dans  la  seconde,  on  procédera  à  la  manière  ordinaire  et  a.^j^.,  sera  le 
reste,  changé  de  signe,  de  la  division  de  «3,  par  «.,/+.,  ;  le  quotient  A^/^., 
augmentera  indéfiniment  et  l'on  aura 

<  -  OU  <  -î— 

2  2 


•SÉANCE    DU    1.3    FÉVRIER    I922.  44 1 

suivant  le  domaine  dans  lequel  on  se  liouvc;  d'autre  part,  cette  inégalité 
prouve  bien  que  ar^j^.,  tend  vers  zéro. 

Dans  la  troisième  équation,  on  prendra  [x,+,  comme  valeur  approchée  de 
«:w+:!5  de  sorte  que  'k^i+i  sera  la  valeur  entière  approchée  de 

^3/-!-l  +  [J-i+X  •^  ,     , 
'■:ii-t-2-T-  'J>1- 

Des  deux  é2:alités 

'^'31-1-1  ~^~  '^3i+3^^^  '-îi-hi^Zi+li 

<^3(+l  +  ['■i+l    =  ('•31+2  +  £/+l  )  <^3/+2i 

on  tire  en  retranchant 

^3(/+l)^=  Fi+1 ^i-{-\<^3i+1i 

\!  "2,  I 

ce  qui  montre  bien  que  a■^^i+^)  tend  vers  l;./_^,,  puisque  |  £/+,  ]  <^  ^—  ou  -  et  «;u+2 

tend  vers  zéro. 

Le  reste  du  développement  se  poursuit  d'une  manière  analogue. 

Il  est  donc  établi  que  les  éléments  «3,,  peuvent  tendre  vers  un  nombre 
donné  u.„,  les  autres  éléments  tendant  vers  zéro  :  on  peut  donc  faire  tendre 
soit  tous  les  a■^J^  vers  è,  soit  les  uns  vers  è,  d'autres  vers  c,  etc.,  ce  qui  per- 
mettrait de  résoudre  simultanément  l'équation 

Gomme  d'ailleurs  l'élément  suivant  a3,j+,  tend  vers  zéro  on  aura  la  solu- 
tion générale  approchée  de  l'-équalion  donnée  en  considérant  l'expression 

^3n+  P^'^3«  +  lj 

p  étant  un  entier  indéterminé  fini.  *" 


ÉLECTRO-OPTIQUE.    —  Sur  les   lignes  Ka  des   éléments   légers.   Note 
de  M.  V.  DoLEJSEK,  présentée  par  M.  E.  Bouty. 

Pour  les  éléments  lourds  on  n'a  pas  mesuré,  en  général,  plus  de  deux 
liglQes  Ka.  Elles  sont  dénotées  le  plus  souvent  par  Ka,  et  Kao.  Pour  les 
éléments  S-Na,.  Hjalmar  (')  a  trouvé  cinq  nouvelles  composantes 
appelées  par  lui  :  a.,,  a.,  a.,  a,.,  et  a'. 

J'ai  mesuré   de  nouveau  les  lignes   Ka  [des  éléments  Zn-Cl   et,  pour 

(')   E.  lIjALMAR,  Zeils.  far  Plivs.,  l.  1,  1920. 


442  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

obtenir  une  plus  grande  dispersion,  j'ai  travaillé  avec  une  fente  de  ©""'"jOS 
à  o™'",o3  de  largeur,  la  tension  étant  d'environ  i^o  - 1[5  IvV.  J'ai  alors 
trouvé  pour  les  éléments  susdits  les  lignes  a..^  et  a,  que  Hjalmar  avait 
mesurées  pour  les  éléments  S-Na.  Elles  sont  inséparables  au-dessus  du 
scandium. 

La  ligne  a',  de  Hjalmar  a  été  aussi  retrouvée  pour  les  éléments  Ca-Cl. 
En  suivant  la  notation  de  M.  Siegbahn,  j'ai  appelé  celte  ligne  a..  J'ai  re- 
cherché cette  même  ligne  pour  les  autres  éléments,  en  particulier  dans  la 
région  Cr-Zn,  où  j'obtenais  de  très  bons  clichés,  cette  ligne  ne  put  être 
observée.  Mes  clichés  du  groupe  Sc-V  n'étant  pas  aussi  bons  ('),  on  ne 
peut  pas  encore  dire  pour  lequel  de  ces  éléments  la  ligne  a.  disparaît. 

En  outre,  un  nouveau  satellite  de  a,  de  plus  courte  longueur  d'onde  a  été 
trouvé.  Pour  les  éléments  Sc-Cl,  ce  satellite  ne  pouvait  pas  être  séparé  de 
la  ligne  a,.  Il  paraît  être  une  bande  d'émission  comme  Coster  (^)  en  a  ob- 
servé pour  les  lignes  a^   et  ^,  de  la  série  L.  La  plus  courte  longueur  d'onde 

de  cette  bande  a  été  dénotée  a' . 

1 

Les  résultats  de  mes   nouvelles  mesures   sont   réunis  dans  le  Tableau 

suivant  : 

Lignes  K  des  éléments  Zn-Cl.U.X. 

a',.  a..  a3.  «3^,.  a,,. 

Zn 1428,8 

Cu i53o,75 

Ni 1647,6 

<^'^o 1777^4 

Fe 1923, 3o 

Mn 2087  ,9 

Cr 2278,3 

V 2484,6. 

Ti 2726,9 

Se 3o?.3  3oo6 

Ga 3349         3339,87  (•■')   3332,3  333o,o 

K 3730         3718,7    («)   3711,0  3708,8 

CI 4712        4702,5  4688  4684 

Je  n'ai  pu  observer  la  ligne  cc^  deDuane  et  Stenstrôm  (  '')  que  ces  au  leurs  ont 


(•)   Les  quantités  disponibles  de  ces  éléments  étaient  très  petites. 
(-)Noii    encore   publié. 

(^)  Ces  deux  valeurs  ont  été  empruntées  à  Hjalmar,  Zeil.  f.  Ph.^  t.  7,  1921. 
(  '*)  DuANE  et  Stenstrôm,  Phys.  Rer.,  192  t. 


SÉANCE   DU    l3    FÉVRIER    192a.  443 

trouvée  pour  le  tungstène  et  qui  devrait  représenter  un  passage  d'électrons 
du  niveau  L3  au  niveau  K.  La  ligne  ag  de  ces  auteurs,  qui  doit  être  située  du 
côté  des  grandes  longueurs  d'onde  par  rapport  à  a,,  n'a  rien  de  commun 
avec  la  ligne  dénotée  par  a.j  dans  ce  travail. 

Les  divergences  avec  les  lignes  a..^  de  cette  région  telle  qu'elles  ont  été 
publiées  autrefois  par  Stensson  (')  sont  dues  à  une  erreur  de  la  constante 
employée  par  M.  Stensson.  Il  est  très  vraisemblable  que  les  lignes  a^  et  a,; 
n'existent  plus  pour  les  éléments  Zn-Gl. 

Ces  rechercbes  vont  être  continuées  pour  les  éléments  S-Na.  En  parti- 
culier, j'étudierai  l'influence  éventuelle  de  la  tension  sur  l'intensité  relative 
des  différents  satellites. 


ÉLECTRO-OPTl(j>UE.  -  Sur  la  complexité  de  la  série  K  des  éléments  légers  et 
son  interprétation  théorique.  Note  de  M.  A.  Dauvillier,  présentée  par 
M.  E.  Bouty. 

L  Dans  une  précédente  Note  (^)  nous  avons  signalé  que  nous  trouvions 
dix  composantes  dans  la  série  K  du  cuivre,  alors  que  quatre  étaient  seule- 
ment connues  jusqu'ici  pour  cet  élément.  Leurs  longueurs  d'ondes,  expri- 
mées en  io~"cm,  en  prenant  comme  référence  une  mesure  de  précision  due 
à  Siegbahn  (a,  =  1 537,35)  sont  réunies  dans  le  Tableau  suivant  : 

(')  N.  Stensson,  Zeits.  f.  Pin  s.,  t.  3,  1920. 

(■-)  Comptes  rendus,  t.  173,  192 1,  p.  647.  M.  Gosier  {Comptes  rendus,  t.  174,  1922, 
p.  378)  pense  qu'il  n'est  pas  possible  de  séparer  les  raies  Lyj  et  Ly^  de  Sb.  Ces  deux 
lignes  constituent  cependant  un  doublet  présentant  une  différence  de  longueur  d'onde 
constante  en  fonction  du  nombre  atomique,  puisque  les  niveaux  Ng  et  N7  forment  un 
doublet  régulier.  Il  en  résulte  qu'avec  une  dispersion  constante,  l'écart  des  deux  com- 
posantes sur  la  plaque  doit  demeurer  constant,  ce  que  vérifie  l'expérience  (environ  i™™ 
sur  nos  clichés  depuis  U  jusqu'à  Sb). 

De  même,  Locs  se  dislingue  d'autant. mieux  de  La,  que  le  nombre  atomique  est  plus 
petit,  car  les  niveaux  iVIi  et  JNlj   forment   un   doublet  irrégulier.  La  différence  entre 

les  l/p-  des  deux  limites  Mj  et  Mj  trouvées  par  Stenstrom  pour  l'uranium  est  exac- 

.tement  égale  à  celle  que  nous  avons  observée  entre  les  niveaux  correspondants  de  Sb. 
La  raie  La,  peut  en  elïet  simuler  une  bande  continue  pour  les  éléments  lourds 
lorsque  la  dispersion  est  faible,  mais  rien  de  semblable  ne  s'observe  au  voisinage 
deLj3i. 


444  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


Raie... 

Tî- 

Longueur  d'onde.  .  . 

1876,0 

Intensité 

faible 

^'^ J  J  ^  J 
for  le 


Raie...  a,,.  a,. 

Longueur  d'onde. . .      i53o,i  i53i,3 

Intensité ass.  forte      ass.  forte      ass.  forte 


i^r 

i-'i" 

i-'j- 

i388,g 

1889,8 

1890., 8 

,r.  forte 

moyenne 

faible 

a.< 

a,. 

a„. 

i535,3 

i53-,35 

I 54 I  ,  2 

ss.  forte 

Ir.  forte 

tr.  forte 

Conformément  à  la  notation  de  Siegbahn  (  *),  nous  adoptons  la  dénomi- 
nation a.  pour  désigner  la  raie  a'^  trouvée  par  Hjalmar  pour  les  éléments 
légers.  Par  contre,  il  nous  paraît  préférable  d'appeler  y,,  comme  le  font  les 
auteurs  américains,  la  ligne  |3^,  les  niveaux  d'origine  de  cette  ligne  et  des 
raies  ^  étant  de  nature  différente. 

Nous  avions  déjà  publié  (-)  les  longueurs  d'ondes  moyennes  des  dou- 
blets a.ja^  du  nickel  et  du  cuivre.  C'est  en  opérant  dans  l'hydrogène  avec 
une  très  grande  dispersion  (  i™'"  =  3.io~"  cm  )  et  une  forte  intensité  que 
nous  avons  trouvé  les  nouvelles  lignes  a-,  7.3,  a.,,  pi.,,  [i'j  et  yo.  Les  raies  ag 
et  a,,  n'étaient  pas  complètement  séparées  sur  nos  clichés  mais  juxtaposées, 
fait  que  nous  avons  reconnu  en  remarquant  que  la  bande  a^a,,  d'opacité 
uniforme,  était  d'une  opacité  égale  mais  d'une  largeur  double  de  celle  de  la 
raie  La,  du  tungstène.  Cette  remarque  a  permis  la  mesure  des  deux  com- 
posantes. 

L'existence  de  la  raie  a^  est  probablement  la  cause  des  divergences 
récemment  trouvées  par  Siegbahn  entre  les  mesures  de  précision  de  a, 
effectuées  en  premier  ordre  et  dans  les  ordres  suivants  :  l'apparition  de  a. 
déplaçait  le  «  centre  de  gravité  »  de  a,  du  côté  des  courtes  longueurs 
d'ondes. 

IL  Nous  avons  étudié,  dans  les  mêmes  conditions  expérimentales,  la 
série  K  du  molybdène,  mais  sans  observer  d'autres  raies  que  celles  trouvées 
par  AV.  Duane.  Les  lignes  a.,  7.3,  a^,  [^3  et  y,  n'existent  plus  pour  cet 
élément.  De  plus,  la  ligne  aa  de  Duane  (pour  W)  n'existe  ni  pour  le  cuivre 
ni  pour  le  molybdène  et,  comme  son  existence  serait  conti-aire  aux  exi- 
gences des  principes  de  sélection,  sa  réalité  apparaît  de  plus  eji  plus 
douteuse. 

Les  lignes  [^,  et  ^(J^  résultent,  comme  on  le  sait,  des  combinaisons  M3  K 


(')  Voir  la  Noie  de  M.  Dolejsek. 

(-)   Comptes  rendus,  t.  173,  i92i,p.  137. 


SÉANCE  DU  l3  FÉVRIER  I922.  44^ 

et  M,  K.  Il  semble  que  fij  corresponde  à  M5K.  D'autre  part,  7,  répond 
plutôt  à  \,;K  qu'à  N-K  et  y^  paraît  provenir  de  N,  ;  mais  ces  combinaisons 
sembleraient  exiger  Texistence  dc-^^  et  de  y.  pour  MO. 

IJl.  Nous  avons  cherché  à  relier  nos  mesures  des  raies  a^,  a,  et  a.,  du 
cuivre  à  celles  de  Ujalmar  pour  les  éléments  Ga-Na.  L'hypothèse  la  plus 
plausible,  pour  expliquer  l'existence  de  ces  sateHites,  consiste  à  admettre 
qu'ils  proviennent  de  combinaisons  entre  de  nouveaux  niveaux  L  de  basse 
fréquence  et  le  niveau  K.,Si  l'on  désigne  par  i^-,  .'^3,  /^ ,  les  niveaux  corres- 
pondants, on  remarque  qu'ils  forment  avec  L^  et  L;,  des  doublels  irrè^idicrs^ 
les  nombres  souslractifs  (Abschirmungszahl  de  Sommerfeld)  étant  les  mêmes 
entre  L^  —  s^.  et  4^7—  C_i.  Nous  interprétons  ce  fait  en  imaginant  que  les 
lignes  a-  et  a.,  sont  excitées  lorsque  l'ionisation  K  a  lieu  dans  un  atome 
ayant  déjà  subi  l'ionisation  L,  à  un  ou  deux  degrés,  le  niveau  L^  étant  alors 
déplacé  respectivemenl  en  .'^7  et  j^..  La  ligne  a^  pi'oviendrait  soit  d'un 
déplacement  diflerent  de  Lo  correspondant  à  une  ionisation  L2»  soit  d'un 
déplacement  de  L3  consécutif  d'une  ionisation  L,  ou  L^.  Le  fait  que  ces 
lignes  n'existent  plus  pour  MO  s'explique  alors  aisément  en  remarquant 
(|ue,  pour  cet  élément,  les  niveaux  L  sont  protégés  de  l'ionisation  due  au 
faisceau  cathodique  par  tous  les  niveaux  N^-N^  et  par  plusieurs  niveaux  O. 
D'autre  part,  Fexistence  de  ces  niveaux  .(^  supplémentaires  explique  la 
complexité  observée  par  Millikan  pour  les  rayons  L  des  éléments  légers. 
Les  lignes  supplémentaires  èX  ne  devraient  pas  apparaître  par  fluorescence 
ni  les  niveaux  t^ comme  limites  d'absorption  dans  les  conditions  normales. 

Le  spectre  ïX  correspondrait  en  quelque  sorte  aux  «  spectres  d'étincelle  » 
de  l'optique,  le  spectre  K  normal  étant  l'équivalent  du  «  spectre  d'arc  ». 
C'est  le  premier  qui  établirait  la  liaison  entre  le  spectre  X  caractéristique, 
de  nature  simple  à  cause  du  petit  nombre  des  niveaux  stables  dans  l'atome, 
et  le  spectre  lumineux,  extrêmement  complexe,  par  suite  de  la  multiplicité 
des  états  possibles  d'ionisation  périphérique. 

ÉLECTRICITÉ.  —  Sur  Vcxlension  de  la  loi  de  Paschen  aux  fluides  polarisés . 
Note  de  M.  C.-E.  Gute,  présentée  par  M.  Daniel  Berthelot. 

Mes  expériences  sur  le  potentiel  explosif  dans  les  gaz  comprimés  m'ont 
amené  à  envisager  la  loi  de  Paschen  sous  une  forme  plus  générale. 

Champ  moléculaire  (  ').   —  Lorsqu'on  soumet  une  masse  gazeuse  à  un 

')  \o'\r  C.-E.  GuYE,  Arch.  des  Se.  phys.  et  nal.,  novembre  1916. 

G.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  7.)  >^4 


446  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

cliamp  électrique  X^,  ^les  molécules,  de  moment  éleclrique  ;j.,  tendenl  à 
prendre  une  orientation  sous  l'action  combinée  de  ce  champ  et  de  l'agitation 
thermique.  Le  moment  de  l'unité  de  volume  a  dans  ce  cas  pour  expression 


(i)  ^  — /^ip. 


,  [J-X,         rT 
col  h  ^ ^ 


n, ,  nombre  de  molécules  dans  l'unité  de  volume  ;  /%  constante  des  gaz  parfaits 
rapportée  à  la  masse  d'une  molécule;  T,  température  absolue  ('). 

Cette  relation  suppose  que  les  actions  mutuelles  entre  les  molécules  du 
gaz  sont  négligeables;  elle  s'applique  par  conséquent  aux  gaz  dilués.  En 
outre,  lorsqu'on  est  loin  de  la  saturation,  la  valeur  de  g  est,  comme  on  sait, 
voisine  de 

Cl  tend  vers  //,;j.  à  la  saturation,  c'csL-à-dire  lorsque  toutes  les  molécules 
ont  pris  l'orientation  du  champ  extérieur  (champ  intense,  température 
basse). 

Lorsque  les  molécules  des  gaz  sont  très  rapprochées  (gaz  comprimés),  on 
ne  peut  négliger  leurs  actions  mutuelles,  mais  on  pourra  remplacer  l'action 
de  l'ensemble  de  toutes  les  molécules  par  un  champ  dit  moléculaire  analogue 
à  celui  dont  M.  Pierre  Weiss  a  fait  usage  pour  l'explication  du  ferromagné- 
tisme. Au  champ  X^  dans  la  formule'  (i)  se  substituera  un  champ 

(3)  \  =  X,+  -\,„,  ^ 

X„j  étant  le  champ  moléculaire  résultant  de  la  polarisation  plus  ou  moins 
complète  du  milieu. 

La  valeur  de  ce  champ  moléculaire  peut  être  évaluée  a[)proximativemenl 
de  diverses  façons. 

Si  on  l'assimile  au  champ  produit  à  l'intérieur  d'une  fente  pratiquée  dans 
le  milieu  polarisé,  parallèlement  aux  armatures  du  condensateur,  il  a  pour 
\aleur  4~ar;  si,  comme  cela  paraît  plus  rationnel,  on  l'identifie  au  champ  au 

sein  d'une  cavité  de  forme  sphérique,  sa  valeur  est  ^r.rr. 

On  peut  d'ailleurs  aisément  établir  la  relation  entre  ce  champ  moléculaire 
et  la  constante  diélectrique.  Dans  les  deux  hypothèses  précédentes,  il  a  pour 

(M  Le  problème  est  identique  à  celui  traité  par  M.  Langevin  dans  la  théorie  du 
paramagnétisme  des  gaz. 


SÉANCE    DU    l3    FKVRIER    I922.  447 

exprnssion  , 

(A)  X,„=47:a=(K_.)\,„ 

X-         4  K  —  I  -^ 

(  0  )  \  ,„  =  -  TTcr  =  - — ^—  X^  , 

en  désignant  par  K  la  constante  diélectrique  du  milieu. 

Jointes  aux  formules  (i)  ou  (2),  ces  relations  permettent  de  calculer 
l'ordre  de  grandeur  du  moment  électri([ue  u.  de  la  molécule. 

Champ  iutermoléculaire.  —  Mais  les  centres  électrisés  sont  soumis  à  la 
somme  des  champs  extérieur  et  moléculaire,  somme  que  nous  appelons 
champ  intermoléculaire,  soit  (3). 

Posons  pour  simplifier  X=  [A]X,.;  on  aura  dans  les  deux  hypothèses 
ci-dessus 

(6)  [A],=  K, 

(7)  [AJ,=  .+  ^. 


Loi  de  Paschen  iiènéralisêe.  —  On  sait  que  le  potentiel  explosif  dans  un 
gaz  peut  être  considéré  comme  une  fonction  du  produit  n,<7,  du  nombre  des 
molécules  contenues  dans  l'unité  de  volume  par  la  distance  des  plateaux 
(champ  uniforme)  : 

(1)  \=z¥{n,n). 

('elle  relation  résulte  de  l'équation  de  condition  du  potenliel  explosif, 
que  l'on  peiil  mettre  sous  la  forme 


log  \"o  Q„  (  ■  '/,,  X)  -  log  \,  y,  (  3  À,  \ 


En  remplaçant  dans  cette  équation  X  par  |  A  |X,,  =  |  \J-  on  obtient  pour 
la  loi  de  l'ascheii  généralisée  (') 
(II)  [A]V=F(,/^,«), 

|A|   est  en   réalité   une   fonction  de  la  pression  du  gaz,  cesl-à-dire  de  /i, , 

(')  Xo  et  X,.  nombre  de  chocs  relatils  à  chacun  des  centres  électrisés  pour  un  par- 
cours de  i'^'";  /n  et  ),],  libres  parcours  niovens  des  centres  électrisés;  sXqX  et 
îAjX,  éneriiies  moyennes  de  choc.  En  tenant  compte  de  la  condition  :  ?,o  et  Ài  inverse- 
ment proportionnels  à  /i,  ;  Xq  et  Xj  proportionnels  à  «,,  on  obtient  finalement  la  rela- 
tion (II). 


44^  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

mais  sa  valeur  peut  être  déterminée  dans  chaque  expérience  par  les  rela- 
tions (6)  ou  (7). 

En  résumé,  pour  vérifier  la  formule  (11),  il  suffira,  dans  chaque  cas  particu- 
lier, do  multiplier  le  potentiel  explosif  observé  par  [  AJ.  Si  les  courbes  ainsi 
obtenues  pour  diverses  distances  se  superposent,  la  loi  de  Pa.schen  généra- 
lisée sera  vériiî('ç. 

Pour  CO-,  à  la  pression  de  4o^""',  on  a  [  V,  J  =  i  ,06,  [  Ajo  =  1,02. 
Les  résultats  corrigés  se  rapprochent  alors  davantage  de  ceux  qu'exigerait 
la  loi  de  Pasclien;  la  concordance  n'est  cependant  pas  complète,  par  suite, 
croyons-nous,  de  l'inégale  répartition  des  ions,  qui  ne  paraît  pas  être  encore 
entièrement  éliminée  dans  les  expériences  sur  ce  gaz  et  dont  les  formules 
précédenlcs  ne  tiennent  pas  compte. 

Il  serait  digne  d'intérêt  de  rechercher  jusqu'à  quel  degré  de  condensation 
de  la  matière  la  relation  (II)  est  applicable. 


ICLECTRICITÉ.  —  Sur  (a  synchronisation  harmonique  des  oscillateurs  électriques . 
INote  de  M.  Mercier,  présentée  par  M.  Brillouin. 

1.  Synchronisation  simple.  —  Le  phénomène  de  la  synchronisatioji  est 
une  propriété  très  générale  qui  appartient  à  tout  ensemble  composé  dé  deux 
systèmes  oscillants  de  même  nature,  mais  quelconques,  ayant  des  fré- 
quences voisines  et  entre  lesquels  il  existe  une  liaison. 

Il  est  caractérisé  ])ar  les  propriétés  suivantes  :  quand  on  essaie  d'amener 
les  deux  oscillateurs  à  l'accord  parfait  en  faisant  varier  progressivement  la 
fréquence  propre  de  l'un  d'entre  eux,  il  se  [)roduit,  à  un  momejit  donné, 
une  disparition  brusque  des  battements.  Les  oscillateurs  sont  synchronisés. 
Ils  se  sont  accrochés.  Il  y  a  toute  une  jjlage  de  synchronisation  dans  laquelle 
ils  sont  rigoureusement  à  la  même  fréquence,  cette  fréquence  commune 
variant  d'ailleurs  quand  on  modifie  légèrement  l'un  d'eux.  Puis  les  batte- 
ments réapparaissent  brusquejnent  si  la  variation  se  poursuit  dans  le  même 
sens.  Mais  si  les  oscillateurs  s'accrochent  pour  une  valeur  déterminée^  de  la 
fréquence  propre  de  l'un  des  appareils,  quand  par  exemple  nous  faisons 
croître  celle-ci,  ils  ne  se  décrocheront  plus,  quand  nous  agirons  en  sens 
inverse,  que  pour  une  fréquence  inférieure  à  celle  trouvée  précédemment. 
Les  oscillateurs  montrent  ainsi  une  tendance  très  accusée  à  rester  au  syn- 
chronisme. 

Nous  avons  pu  mettre  ces  propriétés  en  évidence  d'une  façon  particuliè- 


SÉANCE    DU    l3    FÉVRIER    I922.  449 

rement  nette  en  utilisant  des  oscillateurs  à  lampes  amplificatrices  à  trois 
électrodes  (audions)  dont  la  stabilité  est  très  grande  lorsque  le  régime  est 
établi.  L'observation  est  commode  et  la  facilité  de  réglage  permet  de  suivre 
la  marclie  des  phénomènes  pour  des  liaiscms  même  1res  faibles,  lorsc[ue  la 
synchronisation  ne  se  produit  que  pour  une.  égalité  presque  absolue  des 
fréquences  à  quelques  l)attements  par  seconde  pour  des  fréquences  di' 
l'ordre  de  looooo  par  exemple  (X  =  3*^). 

11  est  notamment  facile  de  faire  varier  la  grandeur  de  la  plage  de  syn- 
chronisalion  en  agissant  sur  la  réaction  mutuelle  des  deux  oscillateurs. 
iNaturellement  la  fréquence  du  son  de  battements  à  la  limite  d'accrochage 
ou  de  décrochage  varie  dans  le  même  sens  que  l'intensité  de  la  réaction. 

2.  Synchronisation  harmonique.  —  Cette  tendance  à  la  synchronisation 
existe  aussi  dans  le  cas  moins  simple  où  l'un  des  deux  oscillateurs  émet  sut 
l'un  des  harmoniques  de  l'autre.  Le  phénomène  présente  exactement  les 
mêmes  caractéristiques  que  précédemment.  Mais,  comme  il  était  à  prévoir, 
cela  nécessite  pour  Foscillateur  à  grande  longueur  d'onde  d'avoir  des  har- 
moniques suffisamment  intenses;  de  plus,  la  réaction  mutuelle  doit  être 
plus  forte. 

Les  deux  oscillateurs  peuvent  également  s'accrocher  sur  un  harmonique 
commun,  qui  sera  d'ordre  d'autant  plus  élevé  que  les  oscillateurs  auront 
des  harmoniques  plus  intenses.  Mais  il  devient  souvent  nécessaire  d'avoir 
une  très  forte  réaction  mutuelle  :  tous  les  dispositifs  du  couplage  par  induc- 
tion ou  par  lampe  que  nous  avons  utilisés  donnent  des  résultats  analogues. 
Le  phénomène  est  général. 

Il  a  lieu  également  quelles  que  soient  les  fréquences  employées;  pour  des 
fréquences  de  quelques  unités  ou  dizaines  par  seconde  et  pour  des  fré- 
quences de  Tordre  de  loooooooo^  (A  =  3™).  Dans  le  cas  des  oscillations  de 
basse  fréquence,  le  phénomène  est  aisé  à  analyser  :  il  suffit  d'inscrire  sur 
du  noir  de  fumée  le  courant  de  l'un  des  oscillateurs  et,  en  agissant  progres- 
sivement sur  la  capacité  de  l'autre,  on  voit  les  battements  se  former,  dimi- 
nuer de  fréquence,  pour  disparaître  brusquement  et  réapparaîire  plus  loin 
d'une  façon  également  brusque. 

3.  Synchronisation  multiple.  —  \ous  avons  alors  cherché  à  étendre  cetle 
propriété  à  plusieurs  oscillateurs  en  cascade,  chacun  d'eux  étant  accroché 
sur  un  des  harmoniques  du  précédent.  Cela  ne  présente  pas  de  difficultés 
particulières,  mais  demande  naturellement  plus  de  soin  pour  le  réglage 
lorsque  le  rang  des  harmoniques  employés  et  le  nombre  des  oscillateurs 
croissent,  car  les  plages  de  synchronisation  deviennent  plus  étroites. 


45o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Le  maxiinum  de  sta])ilité  esl  atteint  lorsque  lu  plage  de  syiiGhronisation 
de  l'un  des  oscillateurs  avec  le  précédent  a  même  centre  que  la  plage  de 
synchronisation  du  même  oscillateur  avec  celui  qui  le  suit.  On  arrive  très 
bien  à  se  placer  dans  ces  conditions  par  approximations  successives  en  agis- 
sant sur  les  diverses  capacités.  Le  contrôle  se  fait  en  recevant  sur  des 
ondemètres  r<''glés  sur  les  différentes  longueurs  d'ondes  employées. 

Nous  sommes  ainsi  arrivés  à  avoir  six  oscillateurs  en  série  synchronisés 
l'un  sur  l'autie,  allant  de  5o  périodes  environ  à  la  seconde  à  Soooooo 
enviroij  (X  =  60'"). 

Nous  réalisons  ainsi  un  multivibrateur  d'un  nouveau  genre,  ayant  un 
nombre  immense  d'harmoniques  de  rangs  très  élevés  el  qui  sont  tous  très 
intenses,  parce  qu'ils  se  trouvent  renforcés  el  créés  à  nouveau  pour  ainsi  dire 
par  chaque  oscillateur  particulier  que  l'on  ajoute.  Si  Ton  agit  sur  l'un 
quelconque  des  oscillateurs  du  système  sans  dépasser  les  limites  de  la  plage 
de  synchronisation  coriespondanle,  on  modifie  la  période  fondamentale  de 
l'ensemble  qui  se  trouve  entraîné  <'n  bioe.  Le  dernier  harmoni(|ue  de  l'oscil- 
lateur de  plus  haule  fréquence  esl  toujours  un  harmonique  exact  de  l'oscilla- 
teur le  moins  rapide. 

C'est  ainsi  que  nous  avons  pu  comparer  le  quinzième  harmonique  du 
dernier  oscillaleur  avec  un  oscillaleur  de  4"^  de  longueur  d'onde.  D'autre 
part,  les  oscillations  de  l'oscillateur  de  plus  basse  fréquence  sont  inscrites 
et  comparées  à  celles  d'une  horloge  dont  la  période  est  de  deux  secondes. 

Ces  deux  comparaisons  se  font  avec  une  précision  dépassant  le  ,^^,',,„„  et 
pei-mettent  d'obteuiravec  une  précision  de  l'ordre  du  ,„„'„,,^  la  période  d'une 
onde  de  quelques  mètres. 

Ou  passe  aiusi  d'une  jx-riode  de  deux  secondes  à  ime  onde  de  4'"  (fré- 
quence 73000000),  c'est-à-dire  à  une  p(''riode  iSooooooo  fois  plus  petite,  cL 
ceci  par  l'intermédiaire  d'un  système  oscillant  unique. 


OPTIQUE.  —  Calcul  des  éléments  qui  déterminent  un  système  centré  formé 
par  un  nombre  quelconque  de  surfaces.  Note  de  M.  R.  Boulouch, 
pi'éseutée  par  M.  M.  Brilloûin. 

Ce  problème,  qui  couduit  à  des  expressious  très  compliquées,  a  été 
abordé,  dans  le  cas  des  systèmes  de  lentilles  infiniment  minces,  par  Cotes, 
Euler,  Lagrange,  etc. 

La  solutiou  suivaute  est  rapide  et  complète;  le  calcul  de  la  convergence 


SÉANCE    DU    l3    FÉVRIER    I922.  45 1 

est  seul  nécessaire,  mais  cette  dernière  notion  doit  être  un  peu  étendue;  les 
milieux  extrêmes  d'un  système  ayant  pour  indices  n,  n\  et  l'équation,  rap- 
portée à  deux  origines  conjuguées  où  le  rapport  do  converg-ence  est  y,  étant 

mise  sous  la  forme  —  —  — ; — ;  =  -r,  la  coiiveroence  C  sera 

C  =  — r-  ou  encore  G  =:  //  \  /":=  —  n'  \  f  \ 

k  I  j  j    ^ 

la  converg-ence  d'un  dioptre  sera  dès  lors 


R 

Soient  p  surfaces  dirimantes.  S,,  S^,  ...,  S^  rencontrant  leur  axe  de 
révolution  connnun  en  A,,  A.,  ...,  A^,  et  séparant  des  milieux  d'indices 
«0  5  'îi,  •••?  np-^  nous  poserons 

T~Â — —  —  '*' . 

Ci^=^    '"7'      est  la  convergence  du  dioptre  S,,  et  C,=  -r^'  Ici  convergence 

du  système  formé  par  les  surfaces  S,,  S._>,  ...,  S,.  Soit  F,  la  valeur  du  rap- 
port de  convergence,  dans  ce  dernier  système,  au  point  A,  considéré  comme 
point-image  dans  le  milieu  /i,;  à  la  distance  ^",de  ce  point  et  dans  le  milieu  «,• 

le  rapport  de  convergence  a  une  valeur  F  telle  que   «,e,  — K,(-p-  —  p- h 

mais  si  en  ce  point  A/+,  se  trouve  la  surface  S,^  , ,  suivie  du  milieu  ///+,, 
le  rapport  de  convergence  F,^.,,  dans  ce  milieu,  du  point-image  A,.^,,  sera 

donné  par  F/+,  =  F — '—■ 

On  tire  aisément  de  ces  relations 

I      ,  I  e,-  1  C,    I 

Hi+^Ti+i  ~  fiïTi       Ki  "^  ///F/       n,  //„' 

de  là  on  peut  déduire 

C,     a 

1  + 1 H 


Calculons  maintenant  la  convergence  d'un  système  résultant  de  deux 
autres  :  le  premier  système  étant  limité  à  /)  —  i  surfaces,  le  deuxième  en 
comportera  q  qui  seront  numérotées  dans  le  sens  du  retour  inverse  de  la 
lumière,  avec  des  lettres  accentuées;  soient  N,  N'  les  deux  points  nodaux 
du  système  total,  et  D  le  centre  optique  des  deux  systèmes,  c'est-à-dire  le 


4^2  ACADÉMIE   DES    SCIENCES, 

point  du  milieu  commun,  d'indice  n  et  d'épaisseurs,  qui  est  image  de  N  par 
rapport  au  premier  système  et  objet  de  N'  par  rapport  au  deuxième;  si  y  est 

le  rapport  de  convergence  de  (^,  il),  -  est  évidemment  celui  de  (12,  N'),  dès 
lors 


I  I     \  ..  .  ,       .  ,  /  1 


et 

7  '  /'-i        *  V 


mais 


d'où 


ne 


et  en  introduisant  les  convergences 

Employons  cette  formule  générale  pour  l'addition  d'un  seul  dioptre  S^ 

C,=  C,_,  +  c„  f  I  +  -11  +  -^  -.-...+  5^V 

Cp  ne  figurant  dans  aucune  convergence  d'indice  inférieur 

dCp Cl  C^_,  _  I      ^ I    dCp 

dcp  rji       ■'■        rjp_i'  f>/.^\        "il   '^C/, 

On  peut,  d'ailleurs,  en  écrivant  les  convergences  d'indice  décroissant  et 
faisant  la  somme,  avoir  une  autre  expression  de 

C  C  _,  C 

C/;=r  c, +  C2  +  .  ..+  CpH i-(a4-.  .  .+  c^)  +.  ..H !LJi(Cp_^-^c,,)-] ^^e„ 

qui  permet  d'écrire  les  convergences  c^,  c.^,  . . .,  r^. 

C,  =  c,,         C,  =  c, -h  C2 -I — ^-^^ 

l  j;(  —  Cl  -f-  Cj  -t-  ':»-+-    -I -h  j 

Q= , 


^  ■  c-,  (  6-.,  H-  C3  -+-...  +  f„  )  t'i  c.,.  .  .    C,, 


vîi  ■flx'O^.Ttj,  •  .  .  "0/>-i 


SÉANCE    DU    l3    FÉVRIER    I922.  453 

les  termes  intermédiaires  de  C,,  peuvent  être  écrits  séparément  en  remar- 
quant qu'il  figure  dans  C„  tous  les  termes  en  —,  en  — ,  c'est-à-dire 

toutes  les  combmaisons  des  Tj,  2  a  2,  3  àJ,...,^  —  ikp  —  2  et  que  les  numé- 
rateurs de  toutes  ces  combinaisons  contiennent  toutes  les  convergences 
associées  de  la  manière  suivante  :  on  écrit  la  suite  Tj,  ■/], 7,3. ..  r,,,_,,  on  sup- 
prime dans  cette  suite  les  n  qui  figurent  au  dénominateur  du  terme  consi- 
déré; puis  on  fait  correspondre  à  chaque  Tj  isolé,  la  somme  de  deux  conver- 
gences qui  figurent  de  part  et  d'autre,  et  à  chaque  groupe  de  r^  contigus,  au 
nombre  de  h,  la  somme  des  A -f- i  convergences  qui  les  comprennent,  on 
fait  le  produit  de  ces  diverses  sommes  et  Ion  achève  le  produit  complet  avec 
les  convergences  qui  ne  figurent  pas  dans  le  produit  partiel. 

C^étantcalculé  on  a  facilement  ~^;  la  distance  frontale  du  foyer  image 
A^  V j,  =  Zip  sera 

9r  - 

et  l'on  aura 


^p    _      fip  âCp 


<^p    àai 


pour  celle  du  foyer-objet  A,  Kj,  =  o,,. 

Le  système  est  donc  complètement  déterminé. 


RADIOLOGIE.  —  Influence  de  la  température  sur  la  sensibilité  des 
émuhions  en  radiographie.  Note  (')  de  M.  A.  Zimmern,  pré- 
sentée par  M.  d'Arsonval. 

La  variation  de  sensibilité  des  émulsions  en  fonction  de  la  température 
est  très  notablement  différente,  selon  qu'on  impressionne  la  plaque  avec  la 
lumière  ou  avec  les  rayons  X. 

Si  l'on  fait  abstraction  des  très  basses  températures  (air  liquide),  pour 
lesquelles  on  sait  que  la  sensibilité  est  annulée,  les  variations  trouvées  pojir 
la  lumière,  notamment  entre  la  température  ordinaire  et  -1-  80°  C.,. parais- 
sent être  assez  faibles. 

D'après  Wallace,  pour  des  impressions  lumineuses  faibles,  la  sensibilité 
croît  légèrement  avec  la  température,  et  ce  serait  le  contraire  pour  les  im- 
pressions lumineuses  fortes. 


(')  Séance  du  G  février  1932. 


454  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

D'après  Padoa  et  Mer\  ini,  le  coefficient  d'accroissement  de  sensibilité 
serait  pour  io°  d'augmentation  de  i,o5',  ce  qui  donne  i,ii5  pour  60"  et  1,37 
pour  85".     , 

D'autres  auteurs  déclarent  n'avoir  pas  constaté  de  différence  sensible. 

Dans  quelques  expériences  de  contrôle,  nous  n'avons  pas  ol)seryéJnon  plus 
de  différence  très  marquée  entre  une  plaque  impressionnée  froide  et  une 
plaque  impressionnée  chaude. 

Nous  avons  observé,  par  con  tre,  que  l'accroissement  de  température  sensi- 
bilise beaucoup  plus  fortement  la  plaque  vis-à-vis  des  rayons  X.  En  exposant 
une  série  de  bandes  découpées  dans  une  même  plaque  portée  à  des  tempé- 
ratures croissantes  de  to°  en  10°,  pendant  le  même  temps  à  une  intensité 
identique  de  rayons  X,  on  obtient  une  série  de  teintes  dont  la  gradation 
d'abord  faible,  mais  déjà  très  appréciable,  s'accuse  de  plus  en  plus.  On  ne 
peut  cependant  que  difficilement  dépasser  Sa^,  car  au-dessus  de  cette  tempé- 
rature se  surajoute  un  voile. 

Le  rapport  des  densités,  comparées  à  l'échelle  de  Scheiner,  donne  en 
moyenne  2,5  entre  i5°  et  85°,  et  2  entre  i5°  et  60°. 

La  comparaison  photométrique  de  la  densité  peut  se  faire  plus  simple- 
ment en  irradiant  simultanément  une  plaque  témoin  laissée  à  la  température 
ordinaire  pendant  un  temps  donné,  et  une  plaque  chaude  pendant  des 
fractions  croissantes  de  ce  temps.    On  observe  alors  que,  vers  60°,  l'égalité 

d'opacité  correspond  à  un  temps  de  pose  inférieur  de  5  environ.  C'est  ainsi 

qu'à  cette  température  une  plaque  ])0sée  i3  secondes  donne  un  noircisst;- 
ment  égal  à  une  plaque  froide  posée  20  secondes. 

Lorsqu'on  se  sert  d'un  écran  renforçateur,  le  renforcement  thermique  ne 
se  produit  plus,  ce  qui  est  évident,  puisque  l'impression  se  fait  presque 
exclusivement  sous  l'action  des  grandes  longueurs  d'onde  du  sel  lumines- 
cent. 

Le  pouvoir  renforçateur  thermique  nous  a  aussi  semblé  réduit  dans  une 
certaine  mesure  lorsqu'on  utilise  des  écrans  métalliques  minces  pour 
augmenter  l'impression  radiographique. 

L'ordre  de  giandeur  du  phénomène  ne  nous  a  pas  paru  subir  de  varia- 
tions importantes  suivant  qu'on  utilise  des  faisceaux  durs  ou  des  faisceaux 
mous.  Il  s'accentue  légèrement  avec  l'emploi  d'émulsions  épaisses  en  usage 
en  radiographie.  Il  semble  enlin,  aux  températures  élevées,  nettement  ])lus 
marqué  poui-  des  impressions  faibles  voisines  du  seuil  que  pour  des 
impressions  fortes. 


SÉANCE    DU    l3    Fl-VRIER    1922.  4^5 

Il  est  donc  intéressant  de  iiolei'  mie  difTéience  aussi  considéi'able  dans  les 
actions  de  la  chaleni-  entre  les  rayons  actiniqnes  dn  spectre  et  les  layons  \. 
Elle  semble  s'accorder  avec  la  présomption  d'une  action  dissemblable  de  la 
lumière  et  du  layonnement  X  sur  l'édifice  atomique  de  l'halogénure  et  qui 
s'accuserait  sons  l'influence  de  l'agitation  thermique. 

Enfin  an  point  de  vue  pratique  le  renfoicement  thermique  des  émulsions 
peut  (Hre  utilisé  en  radiographie  lorsque  l'usage  des  écrans  luminescents  est 
à  éviter,  par  exemple  lorsqu'il  importe  de  ne  pas  modifier  l'idenlité  des 
rayonnements  à  eniegislrei'  sur  la  plaque  (spectrographie). 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  1(1  transformation  de  l'ammoniaque  en  urée.  Note 
de  MM.  C.  Matignon  et  M.  Fhk.iacqiks,  présentée  par  M.  H.  Ee 
Chalelier. 

Dans  une  Note  [)récédente  ('),  nous  avons  montré  que  la  réaction  de 
décomposition  réversible  du  carbamate  d'ammoniaque  en  urée  constituait 
un  système  divariant  à  deux  phases,  une  phase  liquide  et  une  phase  gazeuse, 
et  nous  avons  donné  les  pressions  expérimentales  de  dissociation  maxima 
correspondant  à  cha(|ue  température  : 

o  at 

100 O'^J^ 

122 20,95 

i35 33, i4 

1  .X  ) 55,10 

Nous  exposons  aujourd'hui  les  résultats  complémentaires  de  l'étude 
statique  de  la  réaction  ainsi  que  ceux  de  l'étude  cinétique.  Les  rendements 
en  urée  à  l'équilibre  sont  les  suivants  : 

o 

1 3o •. 39 . 2  "/o        39.4 

134 • 39,92 

i4<' 4i  .4 

145 43.3         --43. 1 

Les  nombres  de  la  deuxième  colonne  ont  été  obtenus  en  partant  du 
système  eau  et  urée. 

L'application  de  la  loi  d'action  de  masse  au  système  en  équilibre  formé 

(•)   Comptes  rendus,  t.  17E  1920,  p.  ioo3. 


456  ACADÉMIE    DES    SCIENCES, 

par  la  phase  liquide,  nous  conduit  à  la  relation 

I 2.Ï" 

r =:  K 

dans  laquelle  r  représonte  la  fraction  de  molécule  urée  formée  à  partir  d'une 
molécule  de  carbamate.  Les  valeurs  de  la  constante  Iv  aux  différentes  tempé- 
ratures ])ermettent  de  calculer  la  chaleur  de  réaction.  iNous  avons  ainsi 
trouvé  —  (j' ''  alors  que  la  va  leur  expérimentale  peut  être  évaluée  à  —  7'"',  7 
avec  une  erreur  de  i'''  à  2'"',  erreur  provenant  de  la  non-connaissance  des 
chaleurs  de  fusion  de  l'urée  et  du  carbamate,chaleurs  qui  ont  été  remplacées 
dans  l'évaluation  de  l'effet  thermique  par  les  chaleurs  de  dissolution. 

L'étude  progressive  de  la  transformation  nous  a  conduit  aux  résultats 
condensés  dans  le  Tableau  suivant,  qui  donne  aux  températures  de  i3o°, 
i34°,  i4o°  et  145°  les  pourcentages  de  transformation  après  des  temps 
variables  mesurés  en  heures  : 

130°.  13i°.  TiO'.  145°. 

5'.....        i.6'>o/^           3" 3'.oi7„  1'......       ^.5»/,,         i' i4.3'Vo 

s 9.  ,3                 .j 8,i'>.             2 9.^>3  •>......  '.5,2 

16 i3.7  4'» 39.7  3 I '1 . '1  3 3<i,9 

24 33 , .5()              19 3,S . 2                5 . 3() . . .  29 ,4  ■"> \ ''■  •  ^ 

39 39.20  i3 27,6  9 38, o  10 4'<-7 

19. 6,27  16 '\o.(>  l() 4?-.  8 

21 25.1  24 4 1  •  1  '  ■'•  '1 13,3 

2() 36, ()  ^  39 )  I  .  '1 


Si  l'on  traduit  ces  résultats  par  des  courbes,  on  constate  que  la  vitesse  est 
accélérée  dans  les  premières  heures  pour  diminuer  ensuite.  Cette  marche 
accélérée  est  en  contradiction  avec  la  loi  des  masses  actives  qui  règle  la 
vitesse.  Nous  avons  trouvé  l'explication  de  cette  anomalie  dans  le  rôle  cata- 
lytique  joué  par  l'eau  formée  en  proportions  croissantes.  Si  l'on  ajoute  en 
effet  au  système  la  quantité  d'eau  qui  correspond  au  point  d'inflexion  de  la 
courbe,  on  obtient  bien  une  vitesse  maximum  au  début. 

Les  nombres  précédents  mettent  en  évidence  le  bénéfice  des  opérations 
réalisées  à  des  températures  de  plus  en  plus  élevées.  C'est  ainsi  qu'après 
quatre  heures  de  chauffe,  on  obtient  les  proportions  suivantes  en  urée  : 

130» l'Vo 

i35°.. 6      . 

1 45° 1 1 

La  transformation  étudiée  étant  une  réaction   de  déshydratation,  nous 


SÉANCE  DU  l5  FÉVRIER  I922.  4-^7 

avons  cherché  à  l'activer  par  l'emploi  de  catalyseurs  hydratants,  tels  que 
la  thoriue,  l'alumine  Bayer,  Talumine  précipitée,  le  kaolin  nalurel  et  le 
kaolin  artificiel,  la  silice,  etc.  Nous  avons  obtenu  des  accélérations  de  vitesse 
fort  intéressantes  aux  basses  températures,  mais  qui  deviennent  sans  béné- 
fice appréciable  vers  IJO". 

Voici  quelques  résultats  obtenus  à  i3o°  (')  : 

4  heures  10  licurcs  16  lieures 

Sans  catalyseur 1      "/„  f\--i"lo  i.î.B"/.. 

Thorine 1,9  6,3  » 

Muinine  tiavcr 2,8  9.<S  » 

kaolin 3,  1  1 1  .8  » 

\luinine  piéci[nlée 3,4  i3,.)  io 

Silice 3,4  i4,2  27.2 

Kaolin 3,4  i5,3  28,6 

SO'Ca 7.-^  12.3 

Nous  avons  vainement  cherché  à  introduire,  dans  le  système,  des  corps 
susceptibles  de  s'emparer  de  Feau  sans  agir  sur  les  autres  constituants,  en 
vue  de  supprimer  l'équilibre  et  de  réaliser  une  iransformation  complète. 
Le  sulfate  de  magnésie,  le  chlorure  de  calcium  anhydres,  etc.,  intervenant 
soit  dans  la  phase  liquide,  soit  dans  la  phase  gazeuse,  n'ont  pas  conduit  au 
résultat  cherché,  car  ils  donnent  une  double  décomposition  avec  le  car- 
bonate d'ammoniaque  et  orientent  par  suite  la  marche  de  la  réaction  dans 
une  direction  opposée  à  la  direction  cherchée. 

L'urée  ainsi  préparée  est  très  pure,  elle  fond  à  133**.  On  la  sépare  rigou- 
reusement du  carbamate  et  des  sels  ammoniacaux  qui  l'accompagnent  par 
une  simple  évaporation  au  bain-marie  :  l'opéjation  est  quantitative. 

La  connaissance  approfondie  de  toutes  les  conditions  qui  règlent  la  trans- 
formation de  l'ammoniaque  en  urée  nous  a  permis  de  déduire  un  mode 
opératoire  logique  pour  la  fabrication  industrielle  de  l'urée,  engrais  azoté 
de  grande  concentration. 


CHIMIE    PHYSIQUE.    —    Recherche   magnéto-chimiguc    des   constUutions   en 
chimie  minérale.   Les  acides  du  phosphore.  Note  de    M.  Paul  Pascalt- 
présentée  par  M.  H.  Le  Chatelier. 

L'analyse  magnétique,  dont  nous  avons  récemment  fait  l'application  à 
l'étude  des  composés  du  soufre,  a  pu  être  utilement  étendue  aux  dérivés  du 

(')  L'ex-posé  conaplet  de  ces  recherches  paraîtra  dans  un  autre  Recueil. 


458  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

phosphore  :  phosphincs,  hypophosphitcs,  phosphilps,  éthers  phosphoreux; 
phosphates,  phosphonates  ;  oxydes  de  phosphincs  et  de  phosphamines 
dérivés  de  l'oxychlorure,  etc. 

Parmi  les  susceptibilités  moléculaires  relevées,  nous  citerons  les  valeurs 
suivantes,  en  face  desquelles  on  a  donné  la  part  contributive,  calculée  par 
additivité,  du  phosphore  ou  des  groupements  oxyphosphorès  : 

Composés.  SusceptibiliU's.  Atomes  ou  radicaux. 

1?(G-J1')^ goo.io"'  I^      =— ioo.ro-'' 

P(C''H')-' 1668  P      — -  —  I  o.-! 

PO^H^p^a 335  P0-^  =  — 185 

PO^HNa'^ -    465  t^O^^  -242 

P(0CM1^)3 -1049  P03=:--24o 

V{0(7-il-'y.... .    -~i836  POs  =  -232 

P  blanc —   263.10"'  i*      =  —  263.10" 

PO(C^H")^ —916  PO  =1-217 

PO(NHG"H')' -   201S  PO  ==  —  229 

CH^  PO  (OC'  II')- 1 529  P0=^  =  -  3 1 3 

PO'.Na^H -566  PO^rz:  — 353 

PO'  H^GMl' -  680  ]'0'  —  -355 

PO'(C?H')' —  ii53        ■  PO^— -;;5:!.5 

L'ensemble  de  nos  déterminations  permet  quelques  remarques  très  géné- 
rales, indépendantes,  une  fois  encore,  de  toute  formule  développée  préalable 
et  de  toute  théorie  de  la  valence  : 

1°  Dans  tous  les  dérivés  incomplètement  saturés,  le  diamagnétisme  du 
phosphore  ou  des  groupements  oxyphosphorès  est  fortement  atténué, 
conforniément  à  la  règle  très  générale  que  nous  avons  formulée  il  y  a 
longtemps. 

2"  Dans  ces  mêmes  dérivés  non  saturés,  le  phosphore  et  les  radicaux  oxy- 
phosphorès possèdent  une  individualité  magnétique  coristanle,  savoir  : 

I^  =  — ioo.io-\         J'0-=r  —  I85.IO-',         P0^= —  237.10-'; 

au  degré  de  précision  des  mesures,  ces  nombres  forment  une  progression 
arithmétique  lacunaire,  dont  la  raison  est  précisément  la  susceptibilité  ato- 
mique (  —  l\6.io~')  de  l'oxygène  des  fonctions  alcool  ou  élher-oxyde.  iNous 
sommes  donc  fondés  à  admettre  la  présence  d'un  atome  de  phosphore  au 
même  degré  de  saturation  dans  les  phosphines,  les  hypophos])hites,  les 
phosphites  métalliques  et  les  éthers  phosphoreux  neutres;  l'oxygène  n'y 
servirait  qu'à  faire  la  liaison  entre  cet  atome  et  les  métaux,  l'hydrogène  ou 
les  radicaux  hydrocarbonés  du  reste  de  la  molécule. 


SÉANCE  DU  l3  FEVRIER  I922.  4^9 

De  même  que  les  phosphines  sont  iiolces  PR%  nous  sommes  donc  conduits 
à  formuler  :  Pri(OH)%  P(OH)',  les  acides  hypophosphoreux  et  phospho- 
reux. 

3"  Si  l'on  rapproche  du  phosphore  lui-même  ses  dérivés  i^aturés,  on  re- 
marque la  constance  des  proprirlés  magnétiques  des  ladicaux  suivants  : 

P  =:— 363.IO-',         P0  =  — 29.0.I0  ',         1^0^— —  3i;;.io   '.       PO'*  =  — 364.10-'. 

Les  trois  derniers  ternies  forment  une  progression  arithmétique  lacunaire, 
de  même  raison  que  précédemment,  et  dont  le  phosphore  esl  exclu. 

Or.  de  ce  dernier  métalloïde  au  groupement  PO,  la  chute  de  diamagné- 
tisme  est  sensiblement  égale  à  celle  que  produit  l'introduction  dans  une 
molécule  organique  d'un  oxygène  cétonique,  ou  mieux  encore  de  l'oxygène 
du  groupe  «  nitroso  »  NO.  11  y  a  donc  dans  les  phosphates,  les  phospho- 
nates  et  les  oxydes  de  phosphines  un  oxygène  qui  joue  le  même  rôle  parti- 
culier. Ses  relations  avec  le  phosphore  rappellent  celles  de  l'oxygène  avec 
le  carbone  dans  les  cétones,  ou  avec  Tazote  dans  les  dérivés  nitrosés;  les 
autres  atomes  d'oxygène  de  la  molécule  |)hosphorée  sont  intimement  appa- 
rentés avec  l'oxygène  des  fonctions  alcooliques. 

Ces  résultats  s'accordent  parfaitement  avec  les  formules  rationnelles 
P(,)  (0H)%  RP()(OH)-  des  acides  phosphoriques  et  phosphoniques. 

L'analyse  magnétique  esl  donc  en  opposition  absolue  avec  les  formules 
H'-PO(OH),  HP0(OH)-que  l'on  propose  parfois  pour  les  acides  hypo- 
phosphoreux et  phosphoreux,  en  les  assimilant  malencontreusement  aux 
dérivés  saturés  de  l'oxychlorure,  pour  ne  faire  apparaître  que  les  groupes  OU 
correspondant  aux  seuls  types  de  sels  possibles. 

La  présence  dans  les  dérivés  oxygénés  du  phosphore  d'un  oxhydryle 
dépourvu  de  propriétés  acides,  comme  dans  les  alcools,  est  cependant  chose 
assez  naturelle.  On  doit  l'admettre  dans  les  éthers  phosphoreux  acides,  qui 
ne  donnent  pas  de  sels  par  les  bases,  mais  un  dérivé  métallique,  hydroly- 
sable  commelesalcoolates,  par  l'action  d'un  métal  alcalin;  on  doit  l'admettre 
dans  l'étude  des  composés  du  type  P(()H)(NHR)',  instables  au  mènic 
litre  que  l'hydrate  d'ammonium,  mais  bien  connus  sous  forme  d'éthers- 
oxydes  :  R'  — O  — P(NHR)'',  d'où  dérivent  facilement  les  élhers-sels  miné- 
raux X— P(NHR)''  ou  les  éthers-sels  organiques  H" GO-0-P(NHRV'. 

Si  dans  l'acide  phosphorique  ou  les  acides  phosphoniques  seulement,  ce 
groupement  fonctionnel  OH  prend  un  caractère  faiblement  acide,  au  même 
titre  que  dans  les  phénols,  il  le  doit  probablement  au  voisinage  du  groupe- 
ment PO,  dont  nous  avons  montré  l'analogie  frappante  avec  les  radicaux 
négatifs  CO  ou  NO. 


V')0  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

(^)uanl  au  passage,  par  double  décomposition,  dos  pliosphites  aux  phos- 
plîonaleSjdont  ou  a  tiré  argument  en  faveur  des  formules  que  nous  rejotous, 
il  s'explique  par  la  formatioji  de  produits  d'addilion  intermédiaires,  mieux 
encore  que  le  passage  des  sulfites  aux  sulfonates,  puisque  dans  le  cas  des 
dérivés  du  phosphore  on  a  pu  souvent  isoler  ces  composés  transitoires  et 
en  étudier  la  Iransfornialion  en  dérivés  saturés. 


CHIMIE  MINÉRALE.  —  Sur  le  râle  des  impuretés  gazeuses  flans  r oxydation 
cataly tique  du  gaz  ammoniac.  Influence  de  r hydrogène  phosphore.  ISote 
de  M.  E.  Decarrière,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

S 
Deux  études  précédemment  parues  (')  montrent  quel  est  le  mode  d'ac- 
tion de  l'acétylène  et  de  l'hydrogène  sulfuré  dans  les  conditions  suivantes  : 
le  catalyseur  est  constitué  par  1^,95  de  platine  en  feuilles  froissées  et  main- 
tenu à  710°  à  l'intérieur  d'un  tube  en  quartz  où  il  occupe  une  longueur 
de  i*^'",  5,  le  mélange  d'air  et  d'ammoniac  à  8,5  pour  100  environ  de  ce 
dernier  gaz  en  volume  est  envoyé  dans  le  tube  à  la  vitesse  de  10'  en  12  mi- 
nutes 3o  secondes  et  les  impuretés  gazeuses  sont  introduites  dans  le  mélange 
à  l'aide  de  tubes  capillaires  étalonnes.  Pour  que  le  caractère  nocif  de  ces 
deux  gaz  se  manifeste  au  cours  d'expériences  de  quelques  heures,  il  faut  les 
admettre  à  la  dose  d'au  moins  o,  i  pour  100  en  volume,  alors  que  le  mélange 
gazeux  industriel  ne  renferme  guère  plus  de  0,02  pour  100  d'acétylène 
et  0,002 pour  100  d'hydrogène  sulfuré  dans  le  cas  défavorable  où  l'on  part 
de  cyanamidesnon  préalablement  mouillées. 

Mais  ce  mélange  renferme  eu  outre  une  proportion  appréciable  d'hydro- 
gène phosphore  qui  dépasse  parfois  celle  de  l'hydrogène  sulfuré.  Les  résul- 
tats qui  font  l'objet  de  la  présente  Note  ont  été  obtenus  dans  les  conditions 
résumées  ci-dessus  avec  des  doses  d'hydrogène  phosphore  allant  de  0,1 
pour  TOC  à  0,00002  pour  100,  cliaque  dose  étant  étudiée  sur  un  nouvel 
échantillon  de  platine  pris  dans  une  même  feuille. 

Première  dose  :  0,1  pour  100.  —  De  go, 8  pour  100  le  rendeiueiiL  lotiibe  immédia- 
lement  à  3, H  pour  100,  valeur  au-dessous  de  laquelle  il  ne  s  est  plus  sensiblement 
abaissé  après  i  heure  3o  minutes  d'action  de  l'hydrogène  phosphore.  En  supprimant  l'H^ 
dans  le  mélange,  la  régénération  s'opère  lentement  :  le  rendement  atteint  28, 3  en  24  heures, 
34,2  en  27  heures.  7/4, 5  en  67  heures. 

Deuxième  dose  :  {)  ,0^  pour  100.  —  Le  rendement  tombe  encore  de  suite  et  se  main- 
tient à  3,9  pour  100  pendant  i  heure  00  minutes,  c'est-à-dire  presque  aussi  bas  que 
précédemment,  mais  la  régénération  est  beaucoup  plus  rapide  ;  on  trouve  déjà  : 

(')  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  i663,  et  t.  173,  1921,  p.  i48. 


SÉANCE  DU  l3  FÉVRIER  I922.  461 

Durée...       2  heures  :',0  miii.         7  heures.  '^n  heures. 

Rendement /ica  64.9  "9,4 

Troisirnie  dose  :  (),0{)a-2  pour  100.  -  l/iiifhieiice  de  IMl'  est  cette  fois  notablement 
moins  brutale  et  moins  durable  :  on  trouve  33,5  après  S  minutes  d'action 
et  60,9,  2  minutes  3o  secondes  après  la  suppression  du  i^az  nocif;  76.1  au  bout 
(le  I  heure  00  minutes. 

En  admettant  de  nouveau  FM'  à  la  même  dose,  ou  relombe  à  32. o  en  5  minutes  et 
laclion  inverse,  qui  s'opère  encore  aussi  l'acilement,  donne  70, 5  en  i  heure  3o  minutes 
et  79,3  en  3  heures. 

Oaatricine  dose  :  0,0000^  pour  100.  —  Les  résultats  obtenus  sont  les  suivants  : 

Pendaiil    Varllon    nocive. 
Durée....      5  minutes.       1  heure  ;50  min.       ;]  heures.       i  heures  :i(J  min. 
Rendement 73,6  71:4  7^?^  7i;6 

Pendant  la  régénéralion. 
Durée....     ."jjniinules.       1  heure  .30  min.        .'1  heures.      10  heures  3(1  mm. 
Rendement 75,5  So,.')  81,1  '^4-4 

Donc,  même  h  la  dose  inlime  de  ~^  \)0\xy  100,  l'hydrogène  phosphore, 
figurant  dans  le  mélange  d'air  et  d'ammoniac  comme  unique  impureté,  se 
comporte  comme  un  poison  redoutable.  Avec  le  dispositif  employé  et  dans 
les  conditions  indiquées,  PH^  à  la  teneur  infime  de  0.00002  pour  100  se 
montre  à  peu  près  aussi  toxique  que  H- S  à  la  dose  de  2  pour  100.  Mais, 
comme  dans  le  cas  do  H-S  et  contrairement  à  ce  qui  a  été  observé  pour 
C-H-,  la  baisse  de  rendement,  d'autant  plus  grande  que  la  dose  est  plus 
forte,  ne  persiste  que  tant  que  l'impureté  est  présente.  Toutefois  le  relève- 
ment du  rendement  est  ici  plus  lent,  et  les  catalyseui^s  industi^iels  du  genr*" 
de  celui  d'Ostwald  pourraient  être  éteints  par  la. présence  momentanée  df 
traces  d'hydrogène  phosphore  sous  certaines  circonstances  favorables. 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  Voxyde  du  cyclohexéne  et  l' ortho-inétfiylcy- 
clohexanoL  Note  de  MM.  Mar<;ei.  (iodchot  et  Pieiire  Bédos,  présentée 
par  M.  Hallcr. 

Les  travaux  de  Biaise  ('),  Grignard  (-),  Louis  Henry  ('),  Tilfeneau  et 
Fourneau  (^),  relatifs  à   l'action  des  organomagnésiens    sur   les   oxydes 

(')  Comptes  rendus,  t.  13i,  1902,  p.  55?.. 

(-)  Bulletin  de  la  Société  chimique,  3''  série,  t.  23,  1903,  p.  944- 

(_*)  Comptes  rendus,  t.  145,  1907,  p.  i54,|4o6,  453. 

(•)   Comptes  rendus,  t.  143,  1907,  p.  437- 

G.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  7.)  35 


462  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

d'éthylène  ont  démontré  que  la  nature  du  principal  composé  obtenu  dans  la 

réaction  était  variable  suivant  l'oxyde  d'éthylène  mis  en  œuvre,  ce  dernier 

pouvant,  suivant  le  cas,  soit  se  transposer  en  aldéhyde  ou  acétone,  soit 

CH-x 
réagir  tel  quel.  Avec  Toxyde  d'éthylène  le  plus  simple  i     ^  j^O,  Grignard, 

puis  Henry  ont  établi  qu'il  se  formail  tout  d'abord  un  produit  d'addition 
qui,  sous  Tinfluence  de  la  chaleur,  en  l'absence  d'élher,  se  transposait  poui' 
donner  ensuite,  par  action  de  l'eau,  un  alcool  primaire  : 

GH-\      /H  GH^^K  CH-  — H 

I       >0<  -     I  '     I   ■ 

11  nous  a  paru  intéressant  d'étudier  l'action  des  organomagnésiens  sur 
certains  éthers-oxydes  hydrocycliques,    en   particulier  tout   d'abord  sur 

GJtP__GH2 

l'éther-oxydeducyclohexène  IPGC^  /^^^\     ,  découvert  par  Brunel('), 

gIP     GH    /^ 
ce  composé  pouvant,  en  effet,  se  comporter  soit  comme  la  cyclohexanone, 

soit  comme  l'oxyde  d'éthylène  lui-même.  Dans  le  premier  cas,  on  obtien- 

GH^    GH^ 

drait  un  alcool  tertiaire,  H- G(^  ^^Xoh  '  ^^   ^^"^   ^^  second   cas,  on 

CÎF~CW- 
dcvrait  isoler  un  homologue  ortho-subtitué  du  cyclohexanol 

GH^_CH^ 

H2G<^  \gH-  h.  . 

gTF~CH  —  OH 

La  présejite  Note  a  pour  but  de  démontrer  que  c'est  cette  deuxième  hypo- 
thèse qui  se  réalise. 

L'éther-oxyde  du  cyclohexène,  mis  en  œuvre  par  nous  dans  ces 
recherches,  a  tout  d'abord  été  préparé  en  suivantles  indications  données  par 
Brunel  :  action  de  l'iode  et  de  l'oxyde  de  mercure  sur  le  cyclohexène  et 
décomposition  parla  potasse  de  l'iodhydrine  obtenue.  Mais,  dans  la  suite, 
nous  avons  aussi  soumis  le  cyclohexène  à  Faction  oxydante  de  l'acide  per- 
benzoïque  signalée  par  Prileschajen  (-)  et  appliquée  par  lui  à  différents 
carbures  éthyléniques  : 

G«Hs  — GO.O.OH +^G=  G<:      ->     G«H^      GO.OH  4-\G C(  . 


(')  Bulletin  de  la  Société  chimique^  3"=  série,  t.  29,  igoS,  p.  i3i. 
(^)  Berichte  der  deutsch.  che/nis.  Gesellachaft,  l.  42,  1909,  p.  481 1. 


SÉANCE  DU  l3  FFVRIER  I922.  463 

Une  solution  chloroformique  de  cyclohexène  ajoutée  à  une  solution  éga- 
lement chloroformique  d'acide  pcrbenzoïque,  en  quantité  calculée  fl 
refroidie  à  o",  fournit,  avec  un  rcndemeni  théorique,  l'éther  oxyde  du 
cyclohexène,  bouillant  à  i3i**-i32°,  identique  à  celui  obtenu  par  Brunel. 

Lorsqu'on  fait  réagir,  à  —10'',  un  organomagnésien,  pai-  exemple  Tio- 
dure  de  méthylmagnésium  sur  cet  éther-oxyde,  on  constate,  en  suivant  les 
indications  données  par  M.  Grignard  (')  à  propos  de  l'éther-oxyde  ordi- 
naire, les  mêmes  phénomènes  signalés  par  ce  savant  chimiste.  Lorsqu'on 
distille  l'éther  au  bain-marie,  avant  de  décomposer  par  l'eau  la  combinaison 
organomagnésienne,  il  se  produit  une  violente  réaction  qu'il  est  nécessaire 
de  modérer  en  refroidissant  extérieurement;  c'est  à  ce  moment  que  se  pro- 
duit la  transposition  moléculaire  mentionnée  plus  haut  : 

CH^GH^-  .  GH^    CH^  GH^    CH' 

ir-G<^        /^"\  /Mgi     '    nu':(^       ^GH-OMgi   ->    ipg<^        ^ghoh 

GH^     G  M      /^^\GH^^  GH^    GH-GH^*  GH^    GH-GH' 

Par  traitement  à  l'eau  acidulée  de  la  masse  visqueuse  restant  dans  le 
ballon,  par  extraction  à  l'éther  et  distillation  fractionnée,  on  isole  finale- 
ment un  alcool,  bouillant  vers  i63''-i64'^,  constitué  par  de  l'orthométhyl- 
(  yclohexanol,  déjà  obtenu  par  hydrogénation  du  crésol  (-).  Oxydé  en 
effet  par  l'acide  chromique,  cet  alcool  fournit,  comme  l'ont  indiqué 
MM.  Sabatier  et  Mailhe,  rorthoniéthylcyclohexanone,  bouillant  à  162"- 
i6'5'^,  et  dont  la  semicarbazone  fond  à  191". 

Cependant  l'orthométhylcyclobexanol  préparé  par  nous,  bien  qu'il 
donne  par  oxydation  la  même  cétone,  est  sensiblement  différent  de  celui 
obtenu  par  hydrogénation  de  l'orthocrésol.  Ce  fait  résulte  des  considéra- 
Lions  sui^antes:  le  phénylurétiiane  de  notre  alcool  fond  à  <Si°-82";  son 
[)htalate-acide  est  fusible  vers  99'^-ioo*'.  Or,  le  phényluréthane  de  l'ortho- 
méthylcyclobexanol, décrit  par  MM.  Sabatier  et  Mailhe,  est  fusible  à 
io4**  (^)  ;  de  même  son  phtalate-acide,  que  nous  avons  préparé  pour  la  pre- 
mière fois,  fond  à  ii';;°-ii8°.  Déplus,  ces  combinaisons  sont  bien  moins 
solubles  que  celles  obtenues  par  nous  avec  l'orthométhylcyclobexanol 
préparé  à  l'aide  de  l'oxyde  de  cyclohexène. 

Pour  expliquer  ces   notables  divergences  dans   les  points  de  fusion  et 


(*)  Bulletin  de  la  Société  chimique^  t.  ^9,  1908,  p.  946. 
(^)   Comptes  rendus^  t.  \kO,  igoS,  p.  35o. 
(*)  MM.  Sabatier  et  Mailhe  ont  indiqué  loy". 


464  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

dans  les  solubilités  de  ces  produits  très  bien  cristallisés  et  caractéristiques, 
nous  pensons  qu'il  est  infiniment  probable  que  nous  avons  obtenu  un  ortho- 
méthylcyclohexanol,  isomère  de  cfIuI  préparé  par  hydrogénation  de  Tortho- 
crésol.  et  que  cet  isomère,  qui  ne  peut  être  qu'un  isomère  de  position,  peut 
être  regardé  comme  étant  l'isomère  cis  ;  l'orthométhylcyclobexanol  décrit 
par  MM.  Sabatier  et  Mailhe  doit,  à  notre  avis,  être  constitué  soit  par  l'iso- 
mère (cis  —  trans),  soit  peut-être  par  la  combinaison  (cis  -+-  cis  —  trans). 
Nous  nous  proposons  de  poursuivre  nos  recherches  en  vue  de  généraliser 
les  faits  que  nous  signalons  aujourd'hui. 


CHIMIE  ORGANIQUE.    —    Composé  organométalligue  mixte  de  l  aluminium,. 
Note  de  M.  V.  Thomas,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

Une  Note  de  M.  Faillebin  (  '  )  m'engage  k  publier  quelques  observations 
remontant  à  une  dizaine  d'années,  concernant  l'action  de  l'aluminium  sur 
riodure  de  méthylène.  Ces  observations  ont  été  faites  au  cours  d'un  travail, 
d'ensemble  relatif  à  la  chimie  du  méthylène,  travail  interrompu  par  suite 
de  la  guerre  et  dont  l'étude  a  été  reprise  récemment  dans  mon  laboratoire. 

I^'aluminium  abandonné  longtemps  au  contact  de  l'iodure  de  méthylène, 
en  l'absence  de  louL  solvant,  est  susceptible  de  réagir  sans  aucun  dégage- 
ment gazeux  appréciable.  Cette  réaction  effectuée  en  présence  d'une  quan- 
tité suffisante  d'aluminium  détermine  la  prise  en  masse  de  tout  le  mélange; 
on  obtient  une  matière  blanche  cristalline  entrant  très  facilement  en  réac- 
tion avec  la  plupart  des  réactifs. 

Je  n'avais  pu  réussir  autrefois  à  séparer  les  produits  formés  dans  la 
réaction.  L'emploi  des  solvants  ne  m'avait  conduit  à  aucun  résultat  net. 
Une  tentative  de  séparation  effectuée  à  l'aide  de  nitrobenzène,  à  tempéra- 
ture relativement  basse,  a  donné  lieu  à  une  décomposition  extrêmement 
vive  qui  se  manifestait  par  un  dégagement  tuniullueux  de  vapeur  d'iode. 

Dans  ces  conditions,  je  tentai  la  réaction  en  présence  d'éther  anhydre. 
I -a  quantité  d'aluminium  que  j'arrivais  ainsi  à  dissoudre  correspondait 
très  sensiblement  à  i"^  d'aluminium  pour  i™"'  d'iodure  de  méthylène. 
Dans  un  essai  effectué  en  partant  de  i^',  5  de  métal  et  12^  d'iodure,  la  réac- 
tion m'avait  fourni  environ  90""'  de  gaz,  absorbable  par  le  brome  et  facile- 
ment attaquable  par  le  permanganate.  Ce  gaz  qui  correspond  à  la   for- 

(*)  Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  112. 


SÉANCE   DU    l3    FÉVRIER    1922.  4^5 

mule  (CH-)",  je  n'avais  pas  cru  pouvoir  l'identifier  avec  l'éthylène,  à  la 
suite  d'un  essai  de  combustion  à  l'eudiomètre.  Cet  essai  semblait  indi- 
quer pour/î  une  valeur  voisine  de  3. 

Le  composé  obtenu  en  présence  d'éther  est  lui  aussi  doué  d'une  grande 
activité  chimique  ot  réagit  en  particulier  avec  un  grand  dégagement  de 
chaleur  sur  le  chlorure  d'acétyle. 

Je  me  propose  d'étudier  l'action  de  l'aluminium  sur  l'iodure  de  méthy- 
lène, en  l'absence  de  tout  solvant  et  celle  des  produits  ainsi  formés.  Je 
liens  également  à  faire  remarquer  que  d'autres  métaux  paraissent  suscep- 
tibles eu.v  aussi  d'attaquer  l'iodure  de  méthylène  en  l'absence  de  solvant 
sans  donner  lieu  à  dégagement  sensible  de  gaz;  c'est  ainsi  en  particulier 
que  se  comporte  le  plomb.  La  réaction  est  en  cours  d'étude. 


CHIMIE    ORGANIQUE.    —   Nouvelle  préparation    d'aminés   cycloforméniques. 
Note  (^  )  de  M.  Alphonse  Mailhe,  transmise  par  M.  Paul  Sabatier. 

On  sait  que  riiydrogéiiation  directe  de  l'aniline,  réalisée  sur  le  nickel 
divisé,  conduit  à  un  mélange  de  trois  aminés  :  la  cyclohexylamine  (b.  i34°), 
la  dicyclohexylamine  (b.  250^*)  et  la  cycloheXylaniline  (b.  273*')  (-).  La 
transformation  de  la  métatoluidine  en  aminés  cycloforméniques  est  plus 
[)énible.  On  obtient  trois  produits  distincts  :  l'un  bouillant  vers  i5o", 
l'hexahydrométatoluidine.  les  autres  distillant  sous2o'"'",  à  i45°et  i75''(-'). 
L'hydrogénation  des  toluidines  ortho  et  para  n'a  pas  été  signalée. 

J'ai  montré,  avec  M.  Murât,  que  l'hydrogénation  des  trois  méthylcyclo- 
hexanoneoximes,  pratiquée  sur  le  nickel  à  i8o'*-20o*',  fournit  pour  chacune 
d'elles  un  mélange  d'aminés  primaire  et  secondaire,  la  méthVlcyclohexvl- 
amine  et  la  diméthocyclohexylamine  (').  Mais,  par  suite  de  réactions 
secondaires,  le  rendement  en  aminés  est  peu  élevé. 

J'ai  essayé  de  préparer  les  aminés  cycloforméniques  par  hydrogénation 
des  cétazines,  des  cétones  cycloforméniques,  suivant  la  méthode  que  j'ai 
fait  connaître  antérieurement  (  "  ).  _ 


(')  Séance  du  6  février  1922. 

("-)  Sabatier  et  Senderexs,  Comptes  rendus,  t.  138,  1904,  p.  4^7 
(')  Sabatier  et  Senderens,  Comptes  rendus,  t.  138,  1904,  p.  laS; 
(')  Mailhe  et  Mlrat,  Bull.  Soc.  chim.,  4*^  >érle,  t.  9,  p.  467. 
(■^)  Mailhe,  Comptes  rendus,  t.  170,  1920,  p.  1120. 


466  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

1°  Cyclohexy lamines.  —  La  cyclohexaiioiie  s'échauffe  assez  fortement  au 
contact  d'hydrate  d'hydrazine.  5os  de  cétone  el  35*^  d'hydrate  d'hydrazine, 
additionnés  d'alcool^  pour  faire  un  mélange  homogène,  sont  maintenues  à 
l'ébulhtion  pendani  six  heures.  Après  séparation  de  l'alcool,  on  isole  par 
(listillaliou  vers  195*',  V hydrazone  de  la  cyclohexanone  (I),  puis  à  270'',  la 
cèlazine  de  la  cyclohexanone  (11).  Celle-ci  cristallise  par  simple  refroidisse- 

CH2    GH^ 


CH^C^  )C=zN.NtP, 


CH2 

Ctl^' 
CFI^ 

S'  —  .\  : 

CH'- 

^It^ 

CH^ 

CH- 

CH2    CH^ 

(I).  (11). 

ment  en  aiguilles  fondant  à  37^. 

En  entraînant  le  mélange  de  l'hydrazone  cl  de  la  cr-tazine  sur  du  nickel 
divisé  chauffé  à  180",  à  l'aide  d'un  fort  courant  d'hydrogène,  on  le  trans- 
forme totalement  sans  aucune  perte  en  un  liquide,  d'où  l'on  isole  par  frac- 
tionnement 6  parties  d'aminé  primaire,  la  cyclohexy  lamine  CH^NH- 
(  b.  134"  )  et  2  parties  à'' aminé  secondaire,,  la  dicyclohexylami ne  (  C*  H'  '  )^NH 
(b.  25o*'-252°),  qui  cristallise  facilement  dans  l'eau  glacée. 

1°  Orthométhylcyclohexylamines.  —  L'hydrate  d'hydrazine  forme,  avec 
l'orthométhylcyclohexanone,  l'hydrazone  CH^C'H"G  —  N  NH-  (  b.  20 1'^- 
210**)  et  la  cétazine  de  l'orthométhylcyclobevanone 

CH3C'H9C  ziz  ^  —  N  =  GMi'CH»         (  b.  276°). 

Le  mélange  de  ces  deux  composés  est  hydrogéné  sui-  nickel  à  180**.  Il 
fournit  deux  aminés,  Vorlhomèthylcyclohexy lamine 

(IMI '"('',  (1).  \:n)'\  10  parties) 

et  la  di-(^orthométhylcyclohexyiyaminc 

('cMli"<^^'"'y.NII  (b.   .-.eS"-^;..»,  1  par 


liel 


La  base  primaire  est  un  liquide  incolore,  à  saveur  amère,  fortement  alca- 
line,au  tournesol;  elle  se  carbonate  très  rapidement  à  l'air  :  D"  =  o,8836. 
Sa  solution  éthérée  fournit  un  chlorhydrate  (  f .  280"). 

L'aminé  secondaire  est  également  très  alcaline.  Son  chlorhydrate  fond 
à  226*'.  Elle  précipite  l'hydrate  de  cuivre  et  l'oxyde  d'argent  des  solutions 
des  sels  de  cuivre  et  d'argent. 


SÉANCE   DU    l3    FÉVRIER    1922.  4^7 

3"  MétaméthyLcyclo/ie.xylaminrs.  —  L'action  de  l'hydrate  d'hydrazine  sur 
la  métamélhylcyclohevanone  n'a  foui  ni  qu'un  seul  produit,  bouillanl 
à  2I5''-:^20°,  la  métacydohexanonehydrazone,  avec  une  faible  quantité  de 
cétazine. 

L'iiydrazone  est  un  liquide  visqueux  qui  s'hydrogène  facilement  sur 
nickel  à  180",  en  donnant  presque  exclusivement  l'aminé  primaire,  la 
métaméthylcyclohexamine ;  elle  bout  à  i52"  sous  700™°^  (  DJ '  =  0,8936  ). 
Fortement  alcaline  au  tournesol,  elle  se  carbonate  à  l'air  moins  rapidement 
que  son  isomère  ortho. 

L'isocyanate  de  phényle  fournit  avec  cette  aminé  uneyV<ewy///m/  (f.  i45"'). 
Dans  les  queues  de  dislillution  de  l'aminé  primaire,  il  reste  des  traces 
d'aminé  secondaire. 

4°  Paraméthylcyclohexylamines.  —  L'ébuUition  du  mélange  d'hydrate 
d'hydrazine  et  de  paraméthylcyclohexanone,  en  solution  alcoolique,  fournit 
l'hydrazone 

cH.-cH<^;j;:™:>c=N.M,=. 

qui  bout  à  21 5*^,  et  la  cétazine  de  la  paraméthylcyclohexanone,  bouillant  à 

28o«-285"  : 

Le  mélange  de  ces  deux  corps  est  hydrogéné  sur  nickel  à  180°.  On  obtient 
ainsi  : 

i"  \^ii  pardméthyicyclohcxylamine,  bouillant  à  iSS**  sous  750™°^; 

D^  =z  0,9007. 
Son  chlorhydrate  est  en  lamelles  brillantes  (f.  24^)'')  : 

riouvé.  Calcult-. 

Cl  pour  100 '..),83  '.! ,  7  I 

Elle  se  carbonate  facilement  à  l'air  humide. 

2"  La  di-{paramélhylcydohexyV)-amine.  distillant  à  275°-278°,  très  alca- 
line, précipite  l'hydrate  des  solutions  de  sulfate  de  cuivre  et  de  nitrate 
d'argent.  Le  chlorhydrate  fond  à  igS''. 

On  voit  que  les  aminés  primaires  cycloforméniques  préparées  par  cette 
voie  s'obtiennent  avec  de  très  forts  rendements;  au  contraire,  la  quantité 
d'aminés  secondaires  est  faible. 


468  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


CHIMIE  INDUSTRIELLE.  —  Action  d'' acides  minéraux  sur  les  celluloses  brutes; 
formation  et  destruction  concomitantes  de  réducteurs .  Utilisation  de  sous- 
produits  de  cette  destruction.  Noie  de  M.  G.  Mf.unier,  pirsentée  par 
M.  L.  Lindel. 

\.  On  sait  que  les  acides  minéraux  attaquenL  en  parlie  les  celluloses  el 
les  Iransfoi  inenl  en  corps  réduisani  les  liqueurs  cupro-alcalines,  el  doni 
plusieurs  soni  fermentescibles.  Sirallaquea  lieu  à  froid  par  HCI  ou  SO''H-, 
la  quanlilé  de  réducleurs formée  est  maxima  el  correspond  presque  exac- 
lemenl  avec  le  poids  de  cellulose  disparu;  mais  il  n'en  esl  plus  de  même 
quand  l'opéralion  se  fait  à  chaud,  car  ces  acides  délruisenl  les  corps  réduc- 
leurs formés.  Lesproduils  résullani  de  celle  deslruclion  sonl  notammenl  : 
les  acides  formique  el  acétique,  du  furfurol,  de  l'alcool  inélh\  li([ue,  de 
l'acétone,  des  acides  lévulique  el  ulmique,  des  résines  el  i\ç<^  matières 
colorantes  brunes. 

2.  C'est  lors  de  fabrications  industrielles,  conduites  selon  mes  procédés, 
tant  en  France  qu  à  l'étranger,  que  j'ai  enlrepiis  des  expériences  sur  le 
sujet;  elles  ont  poité  sui- de  giandes  niasses  des  matières  les  plus  diverses 
qu'on  traitait  par  portions  de  i  à  3  tonnes.  Ces  celluloses  brutes  étaient  éner- 
giquemenl  brassées  en  cours  de  réaclion;  un  courant  de  vapeur  de  débit  el 
de  vitesse  déterminés,  de  température  réglable  par  tension  el  surchaulfe, 
exportait  du  champ  de  la  réaclion  les  corps  enliatnables  au  fui-  el  à  mesure 
de  leur  production.  Celle  vapeur  de  lavage  élail,  avant  condensation, 
dt'barrassée  des  acides  qu'elle  avait  entraînés;  à  cet  effet,  elle  barbotait 
dans  un  lait  de  carbonate  de  chaux  qui  n'agissait  pas  sur  le  furfurol 
présent. 

3.  Les  chiffres  du  Tableau  ci-contre  et  relatifs  au  bois  de  sapin  sont 
rapportés  à  loo'^^  de  matière  calculée  sèche. 

4.  Les  résultats  peuvent  être  traduits  graphiquement  en  portant  les 
temps  en  abscisses  et  les  résultats  loo  —  I  et  loo  -  1  —  |{  en  ordonnées. 
On  obtient  ainsi  deux  courbes  respectivement  de  formation  et  de  destruc- 
tion des  réducteurs.  Leur  ensemble  représente  l'état  d'équilibre  entre  les 
deux  réactions.  Le  réducteur  encore  présent  dans  la  masse  est,  à  chaque 
instant,  mesuré  par  la  portion  d'ordonnée  comprise  entre  les  deu\  courbes. 
Leur  allure  dépend,  notamm<Mit,  pour  une  même  matière  piemière  dans 
le  même  état  [)liysiqne  :  de  la  nature  de  l'acide,  du  poids  et  de  la  concen- 


SÉANCE  DU  l'-J  FÉVRIER  I922. 


469 


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470  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

tration  de  la  solution  d'acide  et  aussi  de  la  loi  suivant  laquelle  ont  varié,  en 
cours  d'expérience,  et  la  concentration  et  la  température  de  la  solution 
imprégnant  la  masse. 

La  variation  déconcentration  était  oblfMiuc  par  injcclion  dans  les  matières 
<'n  cours  de  Iraitenionl  de  quantités  données,  dans  un  temps  donné,  de 
nouvel]<'S  solutions  acides  neutres  ou  saturantes  qu'on  pouvail  additionner 
de  corps  influant  sur  les  vitesses  de  réactions.  Lors  d'au  Ires  expériences, 
non  citées  ici,  on  augmentail  la  concentration  par  séchage  à  l'air  ou  sous 
vide  avec  ou  sans  emploi,  dans  ce  dernier  cas,  d'injection  de  vapeur  sur- 
chauffée.- 

5.  Si  l'on  soumet  à  un  nouveau  Iraitement  l'insoluble  résiduaire  lavé 
provenant  d'un  traitement  antérieur,  on  obtient  de  nouveau  des  réducteurs. 
Le  rendement  total  s'en  trouve  élevé,  ainsi  qu'il  ressort  de  l'examen  des 
résultats  des  expériences  15  et  2  comparées  à  l'c-xpérience  3. 

().  L'intérêt  industriel  de  l'emploi  des  acides  dilués  à  chaud  réside  dans 
le  fait  qu'ils  peuvent  dégrader  les  ligno-eelluloses  aussi  profondément  que 
les  acides  concentrés  à  froid,  cela  avec  beaucoup  moins  d'acide,  dans  un 
temps  phis  court  et  avec  la  faculté  de  faire  varier  dans  de  larges  limites  les 
quantités  absolues  et  relatives  des  réducteurs  et  de  leurs  produits  de  des- 
truction. Ceux-ci  ont  autant  d'intérêt  que  les  l'éducteurs  eux-mêmes  et, 
dans  le  cas  des  acides  acétique  et  formique,  peuvent  être  obtenus  à  un 
rendement  beaucoup  pins  élevé  que  par  la  distillation  pvrogénée. 

7.  Le  furfurol  produit  est  susceptible  d'emplois  intéressants.  J'avais 
antérieurement  signalé  (jue  cette  aldéhyde  dissolvait  la  plupart  des  résines 
et  des  gommes  ainsi  que  les  éthers  cellulosiques,  qu'elle  formait  des  résines 
spéciales  et  qu'en  présence  de  polysulfures  de  sodium,  elle  fournissait  des 
matières  colorantes. 

La  furfuramide  pourrait  avantageusement  être  dissoute  dans  des  alcools 
destinés  aux  moteurs  à  explosion  :  sous  l'influence  de  traces  d'acidité  elle  se 
décompose  en  ammoniaque  et  en  furfurol,  lequel  est  combustible  et  a  un 
pouvoir  calorifique  voisin  de  celui  de  l'alcool. 

8.  La  considération  d'actions  concomitantes  de  formation  et  de  des- 
truction de  réducteurs  pourrait  servir  de  base  à  des  expériences  sur  les 
matières  amylacées  lors  de  leur  saccharification  par  les  acides  et  sur  la 
cuisson  acide  des  mélasses  lorsqu'elle  a  lieu  en  présence  d'acide  minéral 
libre. 


SÉANCE  DU  l3  FÉVRIER  I922.  4?! 

GÉOLOGIE.  —  La  structure  du  Toiikln  méridional.  Note  de  W.  Charles  Jacob, 
[)résentée  par  M.  J^icrre  Termier. 

Par  Tonkin  méridional,  je  comprends  toute  la  région  qui  s'étend  entre 
le  Nord-Annam  et  la  pro\  ince  de  Saui  Neua  d'une  part,  le  Fleuve  Rouge 
dajjs  le  delta  tonkinois  en  aval  de  Phu  Tho  d'autre  paît;  cette  région  fait 
suite  vers  le  Sud-Est  au  Tonkin  occidenlal  de  M.  Dussault.  (léographique- 
ment,  on  y  distingue  la  prolongation  des  plateaux  calcaires  situés  à  l'ouest 
de  la  Rivière  Noire;  avec  la  Chaîne  fie  Tliaiih  Hoa,  nous  savons  qu'ils 
arrivent  à  la  mer  entre  l'Aiinam  et  le  Tonkin  ;  mais  ils  admettent  aussi  une 
dépendance  qui  enveloppe  la  boucle  de  la  basse  Rivière  Noire;  dans  le 
eentre  de  cette  dépendance,  ils  sont  crevés  par  un  massif  schisteux  que 
j'appelle,  du  nom  de  son  point  culminant,  le  Doi  Thoi  ;  puis  ils  viennent 
se  dissocier  au  Nord  sur  la  région  schisteuse  du  Ra  Vi,  équivalent  du  Doi 
Thoi.  A  l'intérieur  de  la  boucle,  enfin,  et  jusqu'au  Fleuve  Rouge,  se  trouve 
la  région  montagneuse  dite  de  la  moyenne  et  de  la  basse  Rivière  Noire.  Ce 
Tonkin  méridional  a  déjà  fait  l'objet  d'importants  travaux.  Les  révisions, 
auxquelles  j'ai  consacré  la  saison  d'hiver  1920-1921,  m'ont  conduit- à  des 
constatations  nouvelles  et  à  des  conclusions  tectoniques  fort  dilFérentes  de 
celles  qu'on  a  ('uoneées  jusqu'ici. 

Nous  savons  que,  du  côté  de  l'Annam,  les  calcaires  des  plateaux  sont 
charriés  sur  les  Schistes  à  porphyrites  du  Thanh  Hoa  et  sur  les  formations 
triasiques  à  rhyoliles  de  la  zone  de  Naiu  Sam.  Des  terrains  très  analogues 
reparaissent  dans  la  région  schisteuse,  dans  \di  fenêtre  du  Doi  Thoi,  où  ils 
sont  connus  sous  le  nom  de  terrains  secondaires  du  Phu  Nho  Quan  ;  ceux-ci 
renferment  les  mêmes  intercalations  éruptives  que  dans  le  Nord-  Vnnam,  avec 
des  rhyolites  et  des  porphyrites,  à  vrai  dire  moins  séparées  que  dans  le 
Thanh  Hoa  et  alternant  entre  elles.  En  dessous  de  cette  série,  les  vallées 
profondes  de  Vinh  Dong  et  de  Kim  Roi  montrent  un  granité  à  mica  noir, 
dont  les  affleurements  sont  tous  localisés  dans  des  bas- fonds  et  forment,  sans 
ambiguité.  le  subslratum  des  poi'[)hvrites. 

La  région  du  Nui  Vien  Nam  et  du  Ra  \  i,  au  nord  de  la  dépression  du 
Col  de  Kem,  montre  la  même  série  schisto-gréseuse  et  les  mêmes  roches 
éruptives  que  le  Nui  Doi  Thoi,  sans  toutefois  que  l'érosion  y  ait  atteint  le 
substratum  cristallin.  Les  masses  calcaires  supérieures,  avec  schisles  inter- 
calés où  Ton  trouve  des  fossiles  triasiques,  reposent  toujours  sur  la  série 
schisto-gréseuse;  elles  sont  découpées  en  lambeaux  irréguliers  et  conservées 


4^2  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

à  la  faveur  de  petites  dépressions  synclinales,  qui  délimitent  des  bombements 
parfaitement  nets;  tel  le  Rocher  Notre-Dame,  près  de  la  Rivière  Noire,  où 
l'on  voit  des  brèches  plaquées  sur  la  retombée  sud-ouest  de  l'anticlinal  du 
RaVi. 

Vers  le  delta  tonkinois,  la  série  à  porphyrites,  avec  lames  des  calcaires 
supérieui's  subordonnées,  s'étend  jusque  dans  les  collines  du  Day,  à  i8'"" 
d'Hanoi;  mais,  si  l'on  va  vers  le  Sud,  les  calcaires,  relevés  le  long-  du  Day, 
reposent,  par  l'intermédiaire  des  collines  schisto-gréseuses  du  Khé  Son,  sur 
les  gneiss  et  micaschistes  à  grenats  du  sud-ouest  de  la  province  de  Nam 
Dinh.  De  même  au  Nord,  les  schistes  à  porphyrites  se  relèvent  vers  Son 
Tay,  mais  n'atteignent  pas  cette  localité,  à  6'*™  à  l'ouest  de  laquelle  j'ai 
irouvé  un  affleurement  de  gneiss  à  pyroxène;  c'est  le  premier  témoin  d'un 
massif  profond  qu'on  peut  suivre  depuis  Viétri  jusqu'à  Phu  Tho,  puis  à 
Tuyen  Quang  ;  et  c'est  le  début  de  la  traînée  des  gneiss  analogues  qui  sont 
connus,  entre  Song  Chay  et  Fleuve  Rouge,  jusqu'à  l'est  de  Lao  Kay. 

Revenons  à  la  Ilivière  ^oire.  Les  masses  calcaires  supérieures  se  relèvent 
vers  elle  tout  comme  vers  le  delta  Loni^^inois  et  reposent  sur  une  traînée 
bordière  de  la  basse  et  de  la  moyenne  Rivière  Noire,  formée  de  schistes 
envahis  par  des  porphyrites,  souvent  bréchoïdes  ou  laminées,  analogues  à 
celles  du  'j'hanh  Hoa.  Siipporlanl  les  Masses  calcaires  supérieures,  la  Série  à 
porpliyrites  repose  à  son  tour  sur  la  Série  primaire  de  la  basse  et  de  la  moyenne 
lûvière  Noire  ;  cette  position  est  très  nette  dans  les  environs  de  Hoa  Binh  et 
dans  ceux  de  Van  Yen.  A  Gho  Bo,  il  y  a  suppression  momenlanée  des 
loches  vertes;  mais  les  calcaires  du  Nui  Chu,  donl  la  base  correspond  aux 
brèches  célèbres  du  Barrage  de  Cho  Bo,  se  relèvent  contre  le  Pii maire  de 
la  Rivière  Noire. 

En  amont  de  Van  Sai,  vers  Ta  Khoa,  un  petit  bombement  de  gneiss 
ramène  au  jour  le  substratum  sous  les  porphyrites.  Dans  cette  région,  sur 
la  route  de  Ta  Khoa  à  Quang  Huy  dans  le  Phu  Yen,  on  voit  entre  gneiss  et 
porphyrites  s'intercaler  des  rhvolites  et  des  microgranites;  c'est  la 
naissance  de  l'ensemble  du  Sa  Phin  que  vient  de  réétudier  M.  Dussault. 
Dans  le  haut  bassin  du  Phu  Yen,  les  rhyolites  du  Sa  Phin,  situées  sous  les 
|)<)rpli>  rites  qui  arrivent  de  Van  Yen  et  de  la  JUvière  Noire,  re]>osentsur  la 
Série  primaire  de  la  Rivière  Noire. 

Relativement  à  celle-ci,  j'apporte  également  des  observations  nouvelles. 
Les  travaux  antérieurs  onl  permis  des  identifications  qui  demeurent,  avec 
de  belles  faunes  pour  le  I)é\onien,  le  Dinantien  el  l'iJuralien,  auxquels  se 
superposent  un  lambeau  de  Trias  supérieur  et  des   témoins  du  Rliétien 


SÉANCE   DU    l3    FÉVRIER    I922.  l^jZ 

marin.  Tons  ces  dépôts  sont  en  succession,  normale;  je  veux  dire  qu'il  n'y  a 
nulle  part  d'inversion  de  série.  Par  contre  j'y  connais  des  suppressions  de 
termes  :  par  exemple,  le  Diiiantien,  bien  représenté  à  lest  de  la  Rivière 
f\oire,  s'étire  à  l'Ouest,  dans  la  région  d'An  Mieng,  entre  le  Dévonien  et 
rOuralien  de  la  région  du  Cham  Chit.  La  Série  primaire  repose  sur  des 
aftleuremenls  profonds,  restreints  en  étendue,  de  terrains  cristallins;  et 
vers  Don  Van,  à  l'Est,  on  voit  des  schistes  paléozoïques  sur  les  gneiss  de 
La  Phu,  au  bord  de  la  basse  Rivière  Noire;  ceux-ci  sont  proches  des  gneiss 
de  IMiu  Tho,  c'est-à-dirr  de  ceux  du  Fleuve  Rouge  et  du  Song  Chay. 

Pour  conclure,  la  Série  primaire  de  la  moyenne  et  de  la  basse  Rivière  JSoire^ 
reposant  sur  un  subsIraLuni  cristallin  qui  prolonge  les  gneiss  du  Fleuve 
Rouge,  apparaît  en  fenêtre^  tout  comme  les  gneiss  de  Nam  Dinh,  ceux  de 
Son  Tay,  le  granité  du  Doi  Thoi  et  les  gneiss  de  Ta  Khoa.  Tous  ces 
éléments  profonds  sont  recouverts  par  là  série  schisto-gréseuse,  à  rhyolites 
dans  le  Sa  Phin,  à  porphyrites  dans  la  Rivière  Noire,  qui  sup[)orte  à  son 
tour  les  masses  calcaires  charriées  des  plateaux  d'entre  Rivière  Noire  et 
Song  Ma.  Avec  des  modalités  de  détail  un  peu  différentes,  la  structure  du 
Tonkin  méridional  est  celle  du  Nord-Annam. 


GÉOGRAPHIE  PHYSIQUE.  —  Vérosion  ris  sienne  dans  les  hautes  vallées  de  la  Cère 
et  du  Goul  (Cantal).  Note  de  M"*'  Yvonne  Boisse  de  Black,  présentée 
par  M.  Emile  Haug. 

L'érosion  rissienne  est  caractérisée,  dans  la  région  que  j'étudie,  par  une 
profonde  modification  des  anciens  axes  hydrographiques.  Au  Glinzien  (' ) 
formazien  et  au  Mindélien  ont  été  tracés  des  réseaux  de  plateau,  sensi- 
blement concordants  entre  eux,  mais  en  grande  partie  discordants  avec  les 
réseaux  des  vallées  actuelles.  Le  premier  des  deux  réseaux  de  vallées,  dont 
le  second  n'est  qu'un  approfondissement,  sans  autre  modification  sensible, 
est  l'œuvre  du  Rissien. 

Au  Rissien,  plusieurs  vallées  centripètes  et  régressives  de  la  bordure  du 
massif  volcanique  (Cère,  Allagnon)  ont  poussé  leur  tête  jusqu'au  contacl 
des  vallées  centrifuges,  progressives,  dont  le  tracé  était  préparé  par  des 
fosses  structurales  (Gère  primitive,  Allagnon  primitif,  Goul,  Malbo),  soit 
par  les  barrancos  qui  sillonnaient  les  pentes  des  volcans  (vallées  de  Salilhes, 

(')  Le  GUnzien  correspond  au  \  illafranchien  de  M.  Haug. 


4^4  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

de  la  Chevade.  <'lc.),  d'où  coudes  de  capture  (Vie,  Mural),  vallées  déca- 
pitées (Gurebourse.  Pigiiou),  migrations  des  eiubouchures  d'un  bassin 
liydrogiaphique  à  l'autre  (Allagnon  du  Lot  à  l'Allier,  Gère  du  Lot  à  la 
Dordogno). 

La  tête  de  l'auge  rissienue  dessine,  dans  la  vallée  de  la  Gère,  le  cirque  de 
rhiézac.  De  ce  point,  des  lambeaux  de  niveau  forment  un  gradin  discontinu 
sur  chacun  des  versants  de  la  vallée,  mais  principalement  sur  son  versant 
gauche.  Les  élargissements  de  ce  plan  constituent  le  gradin  de  Thiézac  et 
celui  du  Pas-du-Luc,  long  de  8000'",  large,  par  places,  de  i5oo'",  et  qui 
s'étend  d'un  point  situé  en  face  de  Vie  à  un  point  situé  en  face  d'Yolet-le- 
Doux.  Ges  plate-formes,  mince  revêtement  de  conglomérat  andésitique  très 
perméable,  reposant,  là  sur  des  trachy-phonolithes  kaolinisécs,  ici  sur  des 
nuirnes  à  pendage  accusé  vers  la  vallée,  ont  été  le  siège  d'une  intense  circu- 
lation souterraine  des  eaux,  qui  en  a  gauchi  et  dénivelé  la  surface,  en  y 
produisant  parfois  des  effondrements. 

Quelques  lambeaux  du  niveau  rissien  sont  visibles  sur  le  versant  droit 
de  la  vallée,  entre  Polminhac  et  Arpajon.  A  ce  niveau  appartiennent 
deux  buttes  isolées,  celle  d'Esmoulès  et  celle  du  vieux  cinjelière  qui,  à  la 
hauteur  de  cette  localité,  surgissent  de  part  et  d'aulre  du  fond  de  la  \allée. 
Par  ces  deux  témoins,  le  thahveg  rissien  de  la  Gère  se  raccorde  manifeste- 
ment, dans  le  bassin  d'Aurillac,  à  la  moyenne  terrasse  de  620'"  ou  du 
Bousquet. 

G'est  dans  les  graviers  iluvio-glaciaires  de  cette  terrasse,  entre  Targiie 
oligocène  dans  laquelle  elle  est  entaillée  et  le  manteau  de  limon  de  ruissel- 
lement quaternaire  qui  la  recouvre,  que  M.  Boule  et  M.  Aymar  ont  trouvé 
un  grand  nombre  d'amygdales  chelléo-acheuléennes  typiques.  Or  ces 
objets,  quand  ils  sont  parfaitement  caractérisés,  ont,  à  l'encontre  de  beau- 
coup d'autres  silex  taillés,  la  valeur  d'un  fossile  caractéristique,  en  l'espèce 
celle  de  molaires  àTJcphas  aiiticjuiis.  Ils  ne  laissent  aucun  doute  sur  râg<' 
pléislocène  inférieur  de  la  formation,  conformément  aux  vues  qu'a  toujours 
soutenues  l'éminent  directeur  de  l'Institut  de  paléontologie  humaine. 

Tandis  que  la  diflèrence  de  niveau  qui  sépare  le  thah\eg  rissien  du 
thalweg  v\  tirmien  ne  dépasse  pas  20™  dans  le  bassin  d'Aurillac,  elle  en 
atteint  100"'  dans  celui  de  Thiézac.  G'est  un  fait  que  je  souligne  dès  à  pré- 
sent, me  réservant  d'en  tirer  les  conclusions  dans  un  travail  ultérieur. 

Observable  dans  toutes  les  vallées  du  Gantai,  glaciaires  ou  non,  le  niveau 
rissien  est  particulièrement  développé  dans  celle  du  Goul.  entre  Jou-sous- 
Monjou,    Raulhac,   le  Mur-de-Barrez  et  Gros  de   Ronesque.   Dans   cette 


SÉANCE    DU    l3    FÉVRIER    I922.  476 

région,  on  voit  une  vaste  pénéplaine  rissienne,  dominée  par  quelques 
buttes-témoins  de  la  surface  mindélienne  et  toute  disséquée  par  un  chevelu 
de  profonds  ravins  wiirmiens. 

Nous  savons  peu  de  choses  de  la  glaciation  rissienne  dans  la  région  que 
j'étudie.  Des  placages  de  boue  glaciaire  à  éléments  moins  altérés  que  ceux 
des  moraines  mindéliennes,  plus  altérés  que  ceux  des  moraines  wiiimiennes. 
existent  dans  la  vallée  du  Goul,  sur  la  route  de  Vie  à  Raulhac,  })rès  du  Mas. 
et  dans  la  vallée  de  la  Gère,  sur  celle  même  route,  au  grand  lacet  entre  Vie 
et  Gurebourse.  Les  alluvions  à  silex  chelléo-acheuléens  de  la  terrasse  du 
Bousquet  ont  nettement  le  caractère  d'un  cône  de  transition  lluvio-glaciaire. 
Enfin  il  existe,  au  versant  gauche  de  la  vallée  de  la  Gère  (le  Bruget,  etc.) 
et  sur  les  deux  versants  de  la  vallée  du  Goul  (Gapels,  le  Bos,  Badailhac), 
des  cirques  glaciaires  suspendus,  à  fond  plat,  avec  palier,  couloir  de 
décharge  en  U,  qui  entaillent  la  plate-forme  mindélienne  et  font  aboutir 
leurs  émissaires  à  la  plate-forme  rissienne,  sans  atteindre  le  niveau 
wiirmien. 

[1  semble  donc,  et  ce  sera  ma  remarque  finale,  que  les  glaciers  rissiens 
des  vallées  de  la  Gère  el  du  Goul  aient  été  en  parlie  des  glaciers  de  cirques 
suspendus,  de  type  pyrénéen. 


SISMOLOGIE.    —  Sur  le  IremblcmerU  de  ieire  italien   du  7  septembre   1920. 

Note  de  M.  P.  Moxxet. 

Une  période  sismique  iiiléressanl  la  Garfagnana.  la  Lunigiana  el 
TApennin  adjacent  aux  Alpes  Apuanes  a  débuté  le  6  septembre  1920  par 
uue  secousse  très  sensible  du  VI^-VIP  degré  Mercalli  à  Villa  GoUemandiiia 
(haute  Garfagnana),  suivie  d'un  Iremblemenl  de  terre  désastreux  le  7  sep- 
tembre 1920,  faisant  de  nombreuses  victiuies  (25o  personnes  tuées). 

Gette  période  sismique  n'esl  pas  encore  terminée.  L'élude  des  lieux 
éprouvés  m'a  permis  de  déterminer  l'aire  pléistoséisle.  Getle  zone,  qui  esl 
circonscrite  par  l'isoséisle  du  IX*"  degré  Mercalli  n'a  pas  de  forme  géomé- 
trique bien  définie,  cependaiil  eHe  ligure  dans  son  ensemble  un  ovale  doni 
le  grand  axe  est  parallèle  à  la  direction  générale  de  l  Apennin  septentrional 
et  est  par  conséquent  SE-NO.  Get  axe,  d'une  longueur  de  5o''™  environ, 
passe  près  des  monts  Giovo,  Prado  el  la  Nuda,  constitués  par  des  roches 
d'âge  Eocène  inférieur  (Macigno).  Il  esl  jalonné  par  le  pli  faible  de  l'Alpe 
de  Mommio  et  de  Cortino,  celui  de  Sassalbo-Gampoiaghena-Passo  dell'- 


476  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Ospedaleccio,  ce  dernier  au  nord  de  Fivizzano.  Ces  plis  perinetlenl  de  voir 
la  nature  du  subsiralum  qui  apparlieiil  aux  Alpes  Apuanes.  De  plus  l'axe 
eu  queslioji  se  confond  presque  avec  la  ligue  sismique  :  Moliualico,  haute 
vallée  de  l'Euza,  haule  vallée  de  la  Secchia,  Monte  Cimone  déterminée  par 
l'étude  des  tremblements  de  terre  antérieurs.  Il  indique  bien  une  zone  de 
moindre  résistance  où  se  trouvent  les  accidents  tectoniques  qui  ont  joué 
lors  de  cette  secousse  désastreuse.  Le  centre  de  la  surface  pléistoséiste  esL 
sensiblement  à  égale  distance  des  monts  Tondo  et  Sillano.  Fivizzano  et 
Villa  CoUemandina,  localités  qui  sont  parmi  les  plus  éprouvées,  sont  situées 
il  une  douzaine  de  kilomètres  de  ce  point,  la  première  àl'ouest  et  la  seconde 
à  l'est. 

Les  zones  successives,  d'intensité  de  plus  en  plus  faible,  devraient 
entourer  complètement  cette  aire  comme  des  auréoles  plus  ou  moins  dila- 
tées dans  certaines  directions,  plus  ou  moins  resserrées  dans  d'autres.  Or, 
s'il  en  est  ainsi  sur  presque  toute  la  périphérie  de  cette  aire,  au  Sud,  au 
contraire,  l'intensité  passe  brusquement  de  Fintcnsité  IX  à  l'intensité  VI. 
CiCtte  région  épargnée,  entourée  de  tous  côtés  par  des  territoires  pins  ou 
moins  éprouvés,  est  celle  des  Alpes  Apuanes  proprement  dites,  comprenant 
le  noyau  permien  et  les  affleurements  successifs  de  terrains  triasiques  et 
rhétiens  qui  environnent  ce  dernier  !  d'une  façon  assez  continue.  Cette 
puissante  masse  de  roches  anciennes,  le  plus  souvent  métamorphiques 
(micaschistes,  gneiss,  grezzoni,  marbres,  schistes  et  calcaires)  a  fait  ponl. 
Il  est  vrai  (jue  les  points  habités  y  sont  rares,  mais  les  localités  d'Equi, 
d'Ajola,  de  Monzone,  de  Vinca,  de  Sagro,  au  nord,  celles  de  Serravezza, 
de  Stazzema,  au  sud  du  massif  apuan,  ont  ressenti  à  peine  la  secousse.  La 
faible  intensité  de  celle-ci  est  attestée  par  le  fait  que  des  maisons  à  trois 
étages  constituées  par  de  simples  pierres  superposées  n'ont  soulfert  aucun 
dommage. 

En  tenant  compte  de  la  vieillesse  et  de  la  mauvaise  construction  des  édi- 
fices situés  dans  les  localités  les  plus  touchées,  on  peut  classer  ainsi  les 
roches  formant  la  zone  pléistoséiste  suivant  une  instabilité  croissante  :  cal- 
caires et  schistes  sénoniens,  calcaires  basiques,  calcaire  compact  de  l'Eocène 
inférieur,  grès  et  pseudomacigno  du  Trias  supérieur,  macigno  (Éocène 
moyen),  schistes  de  l'Eocène  supérieur,  diabase  d'âge  Eocène,  conglo- 
mérats pliocènes,  anciennes  moraines,  alluvions  anciennes  et  récentes.  Les 
roches  du  Permien  (micaschistes  et  gneiss),  la  grande  masse  triasique 
(grezzoni,  marbres,  calcaires  dolomitiques)  qui  atteignent  dans  les  Alpes 
Apuanes  de  grandes  épaisseurs  se  sont  montrées  très  stables. 


SÉANCE  DU  t3  Février  1922.  477 

Ce  tremblement  de  terre  a  été  ressenti  sur  une  aire  dont  l'étendue  n'est 
pas  inférieure  à  100  000'''"'  et  a  été  enregistré  par  presque  toutes  les  stations 
sismologiques  du  globe.  Les  ondes  sensibles  se  sont  propagées  jusque  dans 
le  sud-est  de  la  France  où  elles  ont  été  observées  dans  quelques  localités 
des  départements  des  Alpes-Maritimes,  du  Var  et  des  Basses-Alpes  ('). 
Cependant  feur  intensité  a  été  faible  (degré  III  ou  II  Mercalli)  :  elles  n'ont 
été  remarquées  que  par  les  personnes  situées  à  l'intérieur  des  habitations  et 
principalement  au  deuxième  étage.  Le  séisme  a  donc  pu  passer  inaperçu  en 
certains  points,  d'autant  plus  qu'au  mois  de  septembre,  à  l'heure  où  il  s'est 
produit  (5''55'"  Gr.)  beaucoup  de  personnes  sont  en  plein  air.  Malgré  le 
peu  de  données  dont  nous  disposons,  jnous  pouvons  dire  que  la  Corse  n'a 
pas  été  touchée  par  les  ondes  sensibles;  au  contraire,  dans  le  sud-est  de  la 
France,  ces  ondes  se  sont  propagées  le  long  des  plis  formés  de  terrains 
secondaires  qui  occupent  la  dépression  comprise  entre  les  masses 
cristallophylliennes  de  l'Estérel  et  du  Mercantour.  La  ligne  où  elles  n'ont 
plus  été  sensibles  commence  près  de  la  haute  vallée  de  la  Durance  (ouest 
de  la  Motte  du  Caire),  passe  à  l'ouest  de  Saint-Raphaël  et  à  Test  de  la 
Corse. 


GÉOPHYSIQUE.  —  Phénomènes  électriques  produits  pai  les  gisements  métal- 
liques. Noie  de  MM.  C.  et  M.  Schlumberger,  présentée  par  M.  Pierre 
Termier. 

Dans  une  Communication  antérieure  ('),  l'un  de  nous  a  signalé  que  les 
gisements  pyriteux  produisent  spontanément  des  différences  de  potentiel 
dans  les  terrains  encaissants.  Nous  avons  poursuivi  l'étude  de  ce  phénomène 
sur  de  nombreux  types  de  gisements  différents  d'Europe  et  d'Amérique  et 
constaté  qu'il  est  plus  général  que  cela  n'était  d'abord  apparu. 

La  présence  de  pyrite  n'est  en  effet  pas  indispensable.  Nous  avons  trouvé 
des  différences  de  potentiel  dans  beaucoup  de  cas  où  ce  minéral  n'était  pas 
enjeu,  notamment  sur  des  gisements  de  galène,  de  mispickel,  de  sulfures 
de  cuivre,  de  cuivre  gris,  de  smaltine,  de  pyrolusitc,  d'anthracite,  de 
schistes  anthraciteux,  et  sur  les  canalisations  d'eau  et  de  gaz.  L'ensemble 

(')  Une  enquête  a  été  faitepar  MM.  Labrouste  et  Monnet  dans  les  départements  des 
Alpes-Marilimes,  du  \  ar,  des  liasses-Alpes,  des  Ilautes-Alpeç,  de  la  Savoie  et  de  la 
Corse. 

(')  C.  St'.HLUMBER(;ER,  Comptes  rendus.,  t.  170,  igio,  p.  5 19. 

C.  R.,  1932,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  7.)  36 


478  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

de  ces  constatations  et  nos  expériences  de  laboratoire  nous  conduisent  à  la 
conclusion  suivante  :  Toute  masse  minérale  qui  possède  la  cojicliictibilité  élec- 
trique métallique  continue  sur  une  hauteur  suffisante  et  qui  est  enfouie  dans  le 
sol  de  telle  façon  que  certaines  de  ses  parties  s'élèvent  au-dessus  du  niveau 
hydrostatique,  produit  dans  le  terrain  humide  ambiant  des  courants  électriques, 
observables  par  les  différences  de  potentiel  qiiils  entraînent. 

Pour  qu'un  gisement  produise  ce  phénomène  électrique,  nous  voyons 
d'abord  qu'il  doit  être  constitué  par  un  minéral  qui  possède  la  conducti- 
bilité métallique,  ainsi  que  cela  est  par  exemple  le  cas  de  la  majorité  des 
sulfures  (la  blende  exceptée),  des  arsénio  et  antimonio-sulfures,  des  oxydes 
de  manganèse  et  de  certains  anthracites.  Les  carbonates,  les  silicates, 
Thématite,  la  limonite  sont  donc  exclus,  parce  que  non  conducteurs. 

D'autre  part,  il  faut  que  la  minéralisation  soit  rig-oureusement  continue, 
ce  qui  peut  d'ailleurs  n'être  réalisé  que  par  des  filaments  microscopiques 
réunissant  les  divers  cristaux.  Cette  propriété  est  très  variable  d'un  type  de 
minerai  à  l'autre.  Ainsi  les  sulfures  de  cuivre  sont  généralement  beaucoup 
plus  continus  que  la  galène.  Les  schistes  anthraciteux  jouissent  souvent 
d'une  belle  conductibilité  d'ensemble,  due  aux  fines  paillettes  charbon- 
neuses qui  se  touchent  de  proche  en  proche,  bien  que  la  teneur  totale  en 
carbone  ne  dépasse  pas  quelques  centièmes. 

Les  dilTérences  de  potentiel  s'observent  habituellement  à  la  surface  du 
sol,  au-dessus  du  gisement.  Leur  valeur  maxima  dépend  dans  de  larges 
limites  de  la  nature  de  la  masse  métallique.  Elle  ne  dépasse  pas  en  général 
quelques  centièmes  de  volt  avec  les  minéraux  peu  oxydables  et  elle  peut 
atteindre  un  volt  pour  les  schistes  anthraciteux.  L'étendue  du  terrain 
alfecté  par  le  phénomène  varie  naturellement  beaucoup  avec  les  dimensions 
du  gisement.  Alors  qu'un  petit  filon  ne  donne  des  diJVérences  de  potentiel 
observables  à  la  surface  du  sol  qu'à  une  distance  de  10™  à  20""  de  part  et 
d'autre  de  son  affleurement,  cette  action  peut  s'étendre  à  200°"  ou  3oo™ 
avec  les  grands  amas  pyriteux  et  même  atteindre  plusieurs  kilomètres  dans 
le  cas  des  larges  bancs  de  schistes  anthraciteux. 

L'explication  théorique  de  ces  phénomènes  paraît  êlre  la  suivante.  L'en- 
semble de  la  masse  minérale,  supposée  sensiblement  homogène  sur  toute  sa 
hauteur,  plonge  dans  l'électrolyte  que  constitue  l'humidilé  des  roches 
ambiantes.  Dans  les  parties  voisines  de  la  surface,  l'eau  d'imbibilion  du 
sol  est  riche  en  oxygène.  Elle  en  est  à  peu  près  dépourvue,  lorsque  l'on 
s'enfonce  au-dessous  du  niveau  hydrostatique,  comme  le  montrent  les 
analyses  des  gaz  dissous  dans  l'eau  des  sources  profondes.  Celte  dissymétrie 


SÉA.XCE    DU    l3    FÉVRIER    I922.  /^yg 

de  réleclrolyte  environnant  le  minerai  produit  un  courant  électrique, 
qui  tend  à  rétablir  la  symétrie.  En  ell'et,  nos  observations  montrent  que 
le  sens  du  courant  est  tel  que  celui-ci  s'écoule  de  haut  en  bas  dans 
le  gisement  pour  se  refermer  de  bas  en  haut  par  le  sol.  En  profondeur,  les 
fdetsde  courant  sortent  du  minerai.  lis  y  rentrent  près  du  jour.  L'action 
électrolytique  contre  les  parois  du  gisement  consiste  donc  dans  la  for- 
mation d'oxygène  dans  les  régions  profondes,  où  l'humidité  n'en  contient 
pas,  et  d'hydrogène  dans  les  parties  hautes,  où  le  sol  est  largement  aéré. 
Cet  hydrogène  naissant  sort  du  circuit,  en  se  combinant  à  l'oxygène  dissous 
pour  donner  de  l'eau. 

En  résumé,  on  est  en  [)résence  d^une  vaste  pile  à  gaz,  dont  l'action 
revient  en  définitive  à  diffuser  Toxygène  de  l'atmosphère  à  l'intérieur  de 
la  croule  terrestre.  Grâce  à  l'effet  électrolyticjue,  l'oxygène  s'enfonce  le 
long  des  parois  du  gisement  et,  à  toute  molécule  qui  apparaît  ainsi  en  pro- 
fondeur, correspond  au  jour  une  autre  molécule  qui  disparaît  par  combi- 
naison avec  de  l'hydrogène. 

En  ce  qui  concerne  l'ordre  de  grandeur,  il  semble  qu'un  courant  total 
d'un  dixième  d'ampère,  convenablement  réparti  dans  le  sol,  soit  largement 
suffisant  pour  produire  les  différences  de  potentiel  que  Ton  observe  au- 
dessus  d'un  gisement  de  dimensions  déjà  notables.  Ce  dixième  d'ampère  ne 
transporte  en  profondeur  que  moins  de  i^  d"oxygène  par  24  heures,  ce  qui 
est  une  quantité  relativement  très  faible. 

Pour  que  la  pile  continue  à  fonclionner  et  ne  se  polarise  pas,  il  est  néces- 
saire que  la  dissymétrie  originelle  subsiste,  c'est-à-dire  que  Toxygène,  libéré 
dans  les  parties  profondes,  s'élimine  en  même  temps  qu'il  se  forme.  Il  peut 
pour  cela  soit  se  diffuser  lentement  dans  les  terrains  encaissants,  soit  mieux 
se  combiner  sur  place  en  oxydant  le  minerai  ou  les  corps  immédiatement 
en  contact  avec  lui.  On  voit  donc  que  les  minerais  oxydables  constituent 
eux-mêmes  le  dépolarisant  de  la  pile  et  qu'ils  sont  particulièrement  aptes  à 
produire  des  phénomènes  intenses,  ainsi  qu'on  le  constate  ellèclivement 
pour  les  anthracites  et  les  sulfures  métalliques.  Les  gisements  de  manoir-" 
nèse,  où  de  la  pyrolusite superficielle  se  continue  en  profondeur  par  du  car- 
bonate de  manganèse,  représentent  un  exemple  différent.  La  pyrolusite 
étant  métalliquement  conductrice,  aloi  s  que  le  carbonate  ne  Test  pas,  l'oxy- 
gène se  dépose  dans  la  zone  de  contact  de  ces  deux  minéraux  et  oxyde  le 
carbonate,  qu'il  transforme  peu  à  peu  en  bioxyde. 

D'après  nos  essais,  il  semble  que  la  différence  de  température  entre  le 
fond  et  le  jour  n'intervienne  pas  d'une  manière  importante.  Par  contre,  la 


48o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

pression,  qui  est  considérable  en  profondeur,  doil  jouer  un  rôle  en  faci- 
litant la  dissolution  de  Foxygène  et  sa  combinaison. 

Des  expériences  de  laboratoire  permettent  très  facilement  de  reproduire 
en  petit  l'essentiel  de  ces  phénomènes.  Il  suffit  de  noyer  un  morceau  de 
minerai  au  milieu  de  sable  argileux  humide  dans  un  vase  en  verre,  de 
chasser  soigneusement  Toxygène  libre  par  une  ébuUition  prolongée,  puis 
de  laisser  l'action  de  l'air  s'exercer  lentement.  L'oxygène  se  dissout  peu  à 
peu  dans  l'humidité  du  sable  à  la  partie  supérieure,  la  dissymétrie  de 
l'électrolyte  se  crée  ainsi  comme  dans  le  sol  naturel  et  la  pile  à  gaz  entre  en 
fonctionnement.  Les  différences  de  potentiel  que  l'on  constate  entre  les 
divers  points  du  sable  sont  de  l'ordre  de  grandeur  de  celles  oi)servées  sur 
les  gisements  naturels  et  le  sens  du  courant  électrique  y  est  le  même. 

BOTANIQUE.   —  Le  mucilage  chez  les  Urticées. 
Note  de  M.  Paul  Guérin,  présentée  par  M.  L.  Guignard. 

Parmi  les  Urticacées,  certaines  Ulmacées  sont  connues  depuis  longtemps 
comme  pourvues  de  principes  mucilagineux.  Quant  aux  Urticées  propre- 
ment dites,  elles  n'ont,  à  cet  égard,  donné  lieu  jusqu'à  présent  qu'à  un 
nombre  très  restreint  d'observations. 

Moeller  (')  semble  être  le  premier  qui  ait  remarqué  dans  le  parenchyme 
cortical  de  la  lige  du  Bœhmeria  polyslachya  Wedd.  des  cellules  à  contenu 
visqueux.  Plus  tard,  Engler  (-)  signale  dans  la  moelle  et  dans  l'écorce  des 
Bœhmeria  plcayphylld  Don  et  Hamilt.  et  Piptin^us  argenteus  Hort.  la  pré- 
sence de  conduits  mucilagineux  lysigènes.  En  igoS,  Quanjcr  (^)  mentionne 
de  semblables  éléments  dans  les  grosses  nervures  foliaires  du  Laportea  sti- 
mulans  Miq.  var.  costala.  Plus  récemment,  F.  Schorn  (^)  constate  l'exis- 
tence de  mucilage  chez  le  Pellionia  Daveauana  N.  E.  Br.,  le  Girardînia 
palinata  Gaud.,  le  Split gerbera  japonica  Miq.  {^=  Bœhmeria  biloba  Wedd.) 
et  dans  l'épiderme  des  écailles  membraneuses  des  bourgeons  de  VUrtica 
dioica  L. 

(*)  J.  Moeller,  AnaLomie  der  Baunirinden^  1882,  p.  85. 

(-)  A.  Engler,  Die  iiatiïrL  Pjlanzenf.^  III,  1,  Ufticaceœ,  p.  loi. 

(■*)  Qlanjer,  Anat.  Bouw.^  etc.,  in  Natuurkund.  Verhandel.  Haarlern,  III,  5, 
igo3  {Artocarpus^  Laportea). 

(*)  F.  Schorn,  Ueber  Schleimzellen  bei  Llriicaceen  and  aeber  Schleimcyslolilhen 
von  Girardinia  palmata  Gaad.  (Silzb.  d.  matkeni.  nala/^v.  KL;  116,  I,  1907,  p.  3(jo- 
4i<»,  2  Taf.). 


SÉANCE   DU    l3    FÉVRIER    I922.  481 

En  1910,  nos  rcclierclies  (')  apportaionl  à  cette  élude  un<'  nouvelle  con- 
tribution, en  montrant  que  le  mucilage  était  répandu  non  seulement  chez 
plusieurs  liœhmeria  ôan^^  lesquels  il  n'avait  pas  encore  été  signalé,  mais  aussi 
dans  un  grand  nombre  de  représentants  du  genre  Urera. 

Le  dernier  travail  sur  cette  question  est,  à  notre  connaissance,  celui  de 
N.  Wille  (-)  qui,  en  rQii,  décrit  la  formation  de  canaux  mucilagineux 
chez  \e  Myriocarpa  cordifolia  Liebm. 

Des  recherches  plus  approfondies  nous  ont  permis  d'établir  que  la  répar- 
tition des  cellules  à  mucilage  chez  les  Urticées  est  beaucoup  plus  vaste 
encore  qu'on  ne  Ta  indiqué  jusqu'ici.  Sur  une  quarantaine  de  genres  que 
comprennent  les  Urticées,  35  se  trouvent  actuellement  étudiés,  parmi 
lesquels  16  renferment  des  espèces  pourvues  de  mucilage.  Ces  genres  sont 
les  suivants  : 

Urérées  :  Urtica  (i)  ('),  Nanociiidc  (i),  Gyrotœnia  (i),  Urera  (7), 
Laportca  (6),  Girardinia  {JS^ . 

Procridées  :  Achudemia  (i),  Lecanthiis  (i).  Pellionia  (6),  Etatostema  (8), 
Procris  (  3  ) . 

Bœhmériées  :  Bœhmeria  (6),  Pouzolzia  (5),  Pipturus  (2),  Debregeasia{i), 
Myriocarpa  (4). 

Le  mucilage  ne  semble  pas  exister  chez  les  Pariétariées  et  les  Forskoh- 
léées. 

Les  Urera,  Laporlea,  Girardinia,  Pellionia,  ELatoslema,  Procris,  BœJimeria  et 
Myriocarpa  sont  les  genres  chez  lesquels  le  mucilage  se  rencontre  le  plus  fréquem- 
ment. iMais  alors  que  chez  les  Pellionia,  Procris  et  Myriocarpa,  toutes  les  espèces 
semblent  en  être  pourvues,  dans  les  autres  genres,  au  contraire,  telles  espèces  sont 
riches  en  mucilage,  tandis  que  d'autres  en  sont  totalement  privées. 

Parfois  le  mucilage  semble  n'exister,  dans  un  genre  donné,  que  d'une  façon  tout  à 
fait  exceptionnelle.  Le  Debregeasia  Wallichiana  Wedd.,  par  exemple,  possède  dans 
le  parenchyme  cortical  et  la  moelle  de  la  tige  d'abondantes  et  énormes  cellules  à  muci- 
lage, à  l'inverse  des  D.  velutina  Gaud.,  D.  hypoleuca  Wedd.,  D.  edulis  Wedd.  et 
D.  longifolia  Wedd.  qui  n'eu  renferment  aucune. 

La  répartition  des  cellules  à  mucilage  dans  les  divers  organes  peut  offrir,  dans  le 
même  genre,  d'une  espèce  à  l'autre,  de  grandes  variations.  Tel  est  le  cas,  par  exemple , 
du  genre  Laportea. 


(')  P.  GuÉRiN,  Bull.  Soc.  Bot.  de  France,  t.  57,  p.  899-406,  4  figures. 

(")  N.  Wille,  Biol.  Arb.  tilegn.  Eug.  Warming,  3  novembre  191 1,  p.  265-279, 
\i  figures. 

(')  Le  chiffre  placé  entre  parenthèses,  à  la  suite  de  chaque  nom  de  genre,  indique 
le  nombre  d'espèces  chez  lesquelles  la  présence  de  mucilage  a  été  constatée  jusqu'ici. 


482  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Chez  les  /..  plaLycarpa  Wedd.  et  L.  SchotnbiirgLii  versicolor  Hort.,  le  paren- 
chyme cortical  de  la  tige  est  dépourvu  de  mucilage.  Peu  abondantes  dans  celte 
région,  chez  le  L.  nniolissinia  Miq.,  les  cellules  à  mucilage  y  sont,  au  contraire,  très 
nombreuses,  cliez  le  L.  sLimulaiis  Miq.  La  moelle  de  toutes  ces  espèces  possède  un 
très  grand  nombre  de  cellule,  mucilagineuses.  Dans  le  L.  plaLycarpa  Wedd.  seul,  le 
parenchyme  ligneux  en  est  abondamment  pourvu,  aussi  bien  dans  la  tige  que  dans  la 
racine. 

La  feuille  du  L.  platycarpa  Wedd.  est  complètement  privée  de  mucilage.  Chez  les 
L.  amplissima  M'u\.  et  L.  longifolia  liemsl.,  au  contraire,  cette  substance  abonde 
dans  le  parenchyme  des  nervures  et  dans  de  grandes  cellules  de  Pépiderme  supérieur 
du  limbe  où  elle  se  trouve  isolée,  par  une  cloison  cellulosique,  du  reste  de  la  ca\ité 
cellulaire. 

D'ordinaire  plus  grandes  que  les  cellules  Aoisines,  et  parfois  Aolumineuses,  les 
cellules  à  mucilage  sont  le  plus  sou\ent  isolées.  Lorsqu'elles  sont  accolées,  elles 
peuvent  se  fusionner  et  donner  naissance  à  une  poche  l^'sigène  plus  ou  moins  grande. 
Mais  cette  transformation  ne  s'observe  guère  que  lorsque  les  cellules  à  mucilage  sont 
disposées  en  file.  Dans  ce  cas,  par  suite  de  gélification  de  leur  paroi  transversale,  il 
peut  se  produire,  comme  chez  les  ELatostema  sinuaturn  Hassk.  et  E.  stipiiaLum 
Wedd.,  de  longs  et  énormes  conduits  mucilagineux,  ofïrant  même,  chez  les  Myrio- 
carpa  {M.  cordifolia  Liebm.,  M.  longipes  Liebm.,  M.  slipitala  Benth.,  M.  hetero- 
stachya  3.  Donnell),  l'aspect  de  canaux  à  mucilage. 

Les  cellules  à  mucilage  que  l'on  observe,  en  abondance,  dans  la  moelle  de  la  lige  de 
certains  Pouzolzia  {P.  zeylanica  Beun.,  P.  arabica  Dell.,  P.  guineensis  Benth.,  etc.) 
n'affectent  aucune  forme  distincte  de  celle  des  cellules  voisines.  Mais,  au  lieu  d'appa- 
raître sous  forme  de  strates  apposées  par  le  protoplasme  sur  l'une  des  faces  de  la 
cellule,  le  mucilage  paraît  s'être  déposé  en  couches  successives  autour  d'un  pied  très 
court,  de  façon  à  simuler,  dans  l'ensemlile,  la  disposition  que  F.  Schorn  a  observée 
chez  le  Girardinia  palniala  Gaud.  et  qu'il  a  qualifiée  de  cystolithe  mucilagineux. 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  mucilage  des  Urticées  offre,  dans  tous  les  cas,  les  réactions 
des  mucilages  pectosiques. 

En  résumé,  le  mucilage  se  li^ouve  largement  réparti  chez  les  Urticées,  et 
sa  présence  possible  dans  les  divers  organes  de  ces  planles  constitue  nu 
caractère  de  réelle  valeur,  digne  de  s'ajouter  aux  particularités  anato- 
miqaes  (fibres,  cystolithes)  des  repi^ésentanls  de  cette  tribu. 

En  se  basant  sur  des  caractères  purement  morphologiques,  Weddell, 
cherchant  à  établir  les  affinités  des  Urticées  et  comparant  ces  plantes  avec 
les  Tiliacées,  écrivait  :  «  l'affinité  des  deux  groupes  ne  me  semble  donc  pas 
devoir  être  mise  en  doute  ».  L'existence,  chez  les  Urticées,  de  cellules  à 
mucilage  analogues  à  celles  des  Tiliacées  constitue  itn  nouvel  argument  en 
faveur  de  cette  opinion;  nos  recherches  viennent  confirmer  la  manière  de 
voir  du  savant  monographe  des  Urlicées. 


SÉANCE  DU  l3  FÉVRIER  1922.  483 

BOTANIQUE.  —  Les  Neophloga,  Palmiers  de  Madagascar. 
Note  de  M.  H.  Jumelle,  présentée  par  M.  Gaston  Bonnier. 

L<»s  Neophloga  constituent,  avec  les  Dypsis  et  les  Chrysalidocarpus^  les  trois 
genres  de  Palmiers  qui  sont  le  plus  largement  représentés  à  Madagascar. 
Si  nous  ajoutons  aux  espèces  déjà  signalées  par  d'autres  auteurs,  et  notam- 
ment par  Beccari,  les  espèces  nouvelles  que  nous  avons  pu  reconnaître  en 
ces  dernières  années  et  que  nous  décrirons  ultérieurement,  nous  pouvons 
citer  actuellement  dans  noire  colonie  19  espèces  de  Dypsis^  27  espèces  de 
Neophloga  et  il\  espèces  de  Chrysalidocarpus . 

Les  trois  genres  sont  d'ailleurs  très  voisins,  et  il  n'y  a  même  en  réalité 
que  les  Dypsis  qui  puissent  facilement  être  séparés  des  deux  autres,  grâce  à 
leur  androcée  à  trois  étamines.  Entre  les  Neophloga  et  les  Chrysalidocarpus ^ 
dont  l'androcée  est  à  six  étamines,  il  n'est  pas  de  limite  nette,  puisque 
Beccari  lui-même  reconnaît  que  les  deux  genres  se  distinguent  bien  plus 
par  leur  port  que  par  leurs  caractères  floraux.  On  conçoit  que,  dans  ces 
conditions,  il  puisse  y  avoir  —  et  il  y  a  en  effet  —  quelques  espèces  qui,  inter- 
médiaires entre  les  deux  types,  restent  de  place  un  peu  douteuse. 

Mais,  ces  deux  ou  trois  espèces  mises  à  part,  et  en  ne  retenant  que 
l'ensemble  des  caractères  qui  correspondent  respectivement  aux  deux 
groupes  formés  par  des  espèces  qui  sont  nettement  des  Neophloga  ou  des 
Chrysalidocarpus,  on  peut  réussira  définir  comme  il  suit  le  genre  Neophloga. 

Ces  Neophloga  sont  de  très  petits  Palmiers  poussant  généralement  en 
touffes.  Par  exception,  le  ^V.  Cataiiana,  de  la  forêt  orientale,  est  à  tronc  isolé 
et  sans  rejets.  Les  tiges,  bien  souvent,  ne  dépassent  pas  i"^  de  hauteur.  Les 
espèces  les  plus  élevées  sont  le  A^.  lanceolata  de  l'Analamazaotra  (  1™  à  'j"*) 
et  le  A^.  isaralanensis  (2"^  à  4'")-  Le  N.  procumbens ^  du  bassin  du  Matitana, 
à  1000"'  d'altitude,  a  une  tige  de  4'"  de  longueur  et  de  2""  au  plus  de  dia- 
mètre, mais  ordinairement  couchée  et  appuyée  sur  les  buissons  des  alen- 
tours. Le  N.  mananjarensis  est  à  tronc  de  i™  à  3"\  Le  N.  Poivreana,  de  la 
région  de  Fénérive,  atteint  2"\ 

Toutes  ces  tiges  sont  grêles  et  ont  rarement  plus  de  2*"™  d'épaisseur, 
comme  dans  ces  N.  mananjarensis  et  Poivreana  (S'^"*).  Bien  souvent, 
comme  dans  les  NeopJdoga  lutea,  d'AmbatovoIa,  Thyriana,  de  la  baie 
d'Antongil,  concinna,  de  l'Analamazaotra,  emirnensisy  lucens,  de  la  baie 
d'Antongil,  rhodotricha^  de  l'Analamazaotra,  vers  800"',  elles  ont,  au 
plus,  i'"^. 


484  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Les  feuilles  sont  fréquemment  à  limbe  simple,  exceptionnellement  entier 
et  à  bords  seulement  dentés  dans  le  A^.  intégra,  des  rives  du  Simiane,  à  peu 
près  toujours  plus  ou  moins  profondément  échancré,  comme  dans  les 
N.  simiane nsis,  liicens,  Poivrcana,  liernicriaua  et  lutea. 

Ces  six  espèces  sont,  du  moins,  celles  chez  lesquelles  nous  ne  connais- 
sons jusqu'ici  que  celte  forme,  sans  pouvoir  affirmer  qu'elles  ne  possèdent 
pas,  d'autre  part,  des  feuilles  penniséquées.  Et  c'est  là,  en  effet,  ce  qui  com- 
plique encore  l'étude  des  Neophloga,  comme  des  Dypsis.  Rien  ne  permet  de 
dire  que  ces  Palmiers  à  feuilles  simples  soient  toujours  des  formes  jeunes  de 
Palmiers  a  feuilles  plus  tard  divisées,  car  ils  fleurissent  et  fructifient  nor- 
malement, et  le  A^.  Poi^reana,  une  des  plus  hautes  espèces  du  genre,  semble 
toujours  à  limbe  simple.  11  est  cependant  des  espèces  chez  lesquelles  les 
deux  formes  foliaires  sont  connues,  soit  que  ces  deux  formes  se  trouvent 
sur  le  même  pied,  comme  chez  le  N.  heterophylla ^  du  Centre,  et  le  N.  Majo- 
rana,  soit  qu'elles  soient  portées  par  des  pieds  différents,  .comme  chez  le 
A^.  concinna  et  le  N.  Calaliana.  Il  est  donc  possible  que  des  rapprochements 
ultérieurs  soient  à  faire  pour  certains  de  ces  Palmiers  dont  on  ne  connaît 
actuellement  que  la  forme. à  limbe  simple. 

Une  autre  caractéristique  de  la  feuille  des  Neophloga  est  la  brièveté  ordi- 
naire du  pétiole,  qui  manque  dans  les  N.  lucens,  occidentaJis,  liitea,  Perrieri 
et  procumhens,  et  est  excessivement  court  dans  les  A''.  Peivillci,  du  Nord- 
Ouest,  rhodoiricha,  Thyriana,  concinna,  heterophilla,  emirnensis,  ainsi  que 
dans  le  A^.  H  ncaj-is  du  ^ây  s  Tanala.  Le  pétiole  ne  devient  plus  long-  (7'™  à  8"^^"') 
que  dans  les  A^.  Poivreana,  Bernieriana,  tsaratanensis ,  mananj are  nsis  et  ian- 
ceolata.  Très  exceptionnel  serait,  à  cet  égard,  le  N.  digilata,  de  Mananjary, 
pour  lequel  Beccari  signale  un  pétiole  de  So*^™  à  40''". 

Ce  A^  digitata  est  un  très  petit  Palmier  à  spadice  simple,  et  c'est  ce  qui  le 
fait  ramener  par  Beccari  aux  Neophloga,  car  les  Chrysalidocarpus  auraient 
toujours  un  spadice  une  ou  deux  fois  ramifié.  Au  contraire,  le  spadice  est 
ordinairement  simple  dans  les  A^.  intégra,  simianensis,  lucens,  Poivreana, 
Bernieriana,  digitata,  Penillei^  occidentalis,  Curtisii,  tsaratanensis,  rarement 
bifurqué  dans  le  A^.  Catatiana,  ou  trifurqué  dansle  A^.  rhodotricha.  Il  est  tou- 
jours une  fois  ramifié  dans  les  A^  lutea,  Thyriana,  Majorana,  concinna, 
Perrieri,  procambens  ai majiaTijarensis,  qui  sont  pourvus  de  deux  spathes,  el 
dans  les  A^.  heterophylla,  emirnensis,  linearis  et  lanceolata,  qui  ne  possèdent 
qu'une  spathe.  Le  spadice  est  deux  fois  ramifié  dans  les  A".  Scottiana,  Com- 
mersoniana  et  corniculata . 

Chez  les  Chrysalidocarpus,  ces  inflorescences  toujours  ramifiées  sont,  en 


SÉANCE   DU    l3    FÉVRIER    I922.  485 

oulre,  beaucoup  plus  fortes,  à  rameaux  plus  épais;  et  ce  caractère  est  en 
rapport  avec  tous  les  autres  caractères  du  genre,  dont  tous  les  représentants 
typiques  sont  des  Palmiers  beaucoup  plus  robustes*que  les  Neophloga,  k 
tronc  de  plusieurs  mètres  de  hauteur,  avec  des  feuilles  à  fortes  gaines,  aux- 
quelles succèdent  brusquement  de  longs  pétioles;  et  le  limbe  est  composé 
de  très  nombreux  segments  droits  ou  à  peine  falciformes. 


BOTANIQUE.  —  Sur  la  signification  des  canalicules  de  Holmgren.  Note  de 
MM.  A.  GuiLLiERMOJiD  ct  G.  Ma.vgenot,  présentée  par  M.  Gaston 
Bonnier. 

Sous  le  nom  de  trophosponge^  Holmgren  a  décrit  un  réseau  de  cana- 
licules creusés  dans  le  cytoplasme  de  diverses  cellules  animales;  selon  cet 
auteur,  ces  canaux  représenteraient  des  prolongements  intracellulaires  des 
espaces  conjonctifs  interstitiels,  dans  lesquels  circuleraient  les  c(  sucs  »  du 
milieu  intérieur.  Ces  formations,  connues  aujourd'hui  sous  le  nom  àe  cana- 
licules de  Holmgren^  ont  été  retrouvées  dans  de  nombreuses  cellules  ani- 
males, et  diversement  interprétées.  L'hypothèse  de  Holmgren  paraît  aban- 
donnée; certains  cytologisles  admettent  que  les  a  canaux  du  suc  »  sont  des 
artefacts,  tandis  que  d'aulres  les  considèrent  comme  représentant  des 
vacuoles;  enfin,  on  a  rapproché  ces  formations  de  l'appareil  réticulaire  de 
Golgi. 

On  sait  que  certains  travaux  modernes  ont  démontré  que  les  vacuoles 
des  cellules  végétales  renferment  une  substance  colloïdale  douée  du  pouvoir 
de  fixer  les  colorants  vitaux,  et  que,  à  certaines  phases  du  développement 
cellulaire,  en  particulier  dans  les  cellules  embryonnaires,  les  vacuoles  sont 
réparties  dans  le  cytoplasme,  à  l'élat  d'inclusions  fort  petites,  à  contenu 
très  condensé,  semi-fluide,  et  offrant  Taspect  caractéristique  des  chondrio- 
somes.  Les  grosses  vacuoles  typiques  existant  dans  les  cellules  adultes 
résultent  de  l'hydratation  et  de  la  fusion  de  ces  petites  vacuoles. 

Les  recherches  de  l'un  de  nous  ont  démontré  que  les  formes  mitochon- 
driales  revêtues  à  certaines  phases  [)ar  les  éléments  vacuolaires,  ne  corres- 
pondent pas  à  des  chondriosomes  :  elles  n'ont  aucun  des  caractères  micro- 
chimiques de  ces  organites,  et  s'en  distinguent  surtout  parce  qu'elles  fixent 
les  colorants  vitaux  et  ne  se  colorent  pas  par  les  méthodes  mitochondriales. 
Ces  formations  ne  se  retrouvent  d'ailleurs  pas  dans  toutes  les  cellules  et, 


486  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

dans  de  nombreux  cas,  les  vacuoles  des  cellules  embryonnaires  se  présentent 
sous  forme  de  petits  éléments  ne  rappelant  en  rien  les  chondriosomes.  Par 
contre,  quelles  que  soient  leur  forme,  elles  renferment  toujours  des  subs- 
tances de  nature  chimique  d'ailleurs  variable  (protéine,  composés  pliéno- 
liques,  métachromatine),  susceptibles  de  fixer  les  colorants  vitaux.  Les 
formes  mitochondriales  des  vacuoles  seraient,  d'après  l'un  de  nous, 
à  rapprocher  des  canalicules  de  Holmgren  et  de  l'appareil  réticulaire 
de  Golgi. 

Nous  sig'nalerons  ici  un  Mémoire  déjà  ancien  de  Bensley  ('),  à  peine 
connu  des  botanistes;  le  savant  américain  arrive  à  des  résultats  auxquels  se 
superposent  parfaitement  ceux  obtenus  par  l'un  de  nous.  A  l'aide  de  mé- 
thodes spéciales,  Bensley  a  suivi  l'évolution  du  système  vacuolaire  dans  la 
racine  àWIlium  Cepa.  Il  constate  que  les  grosses  vacuoles  des  cellules 
adultes  résultent  du  gonflement  et  de  la  fusion  de  fins  canalicules  formant, 
dans  ce  cytoplasme  des  éléments  du  méristème,  une  sorte  de  réseau.  Par  les 
mêmes  techniques,  il  met  en  évidence,  dans  certaines  cellules  animales,  des 
forinaLions  analogues  correspondant  aux  canalicules  de  Holmgren  ;  il 
n'hésite  pas  à  assimiler  les  figures  obtenues  dans  V Allium  Cepa  à  celles 
décrites  par  Hohugren  et  leur  attribue  la  signification  de  jeunes  vacuoles. 
Mais  ces  résultats  demeurent  un  peu  incertains,  car  Bensley  n'a  pu  réussir 
à  nettement  contrôler  sur  le  vivant  les  aspects  produits  par  ses  fixations. 

Des  recherches  effectuées,  soit  par  les  méthodes  de  Holmgren,  soit  surtout 
par  celle  de  Bensley,  nous  ont  amenés  à  confirmer  les  résultais  de  ce  der- 
nier et  l'hypothèse  formulée  par  l'un  de  nous. 

Etudions,  pour  résumer  nos  observations,  la  racine  d'Orge.  Dans  les 
cellules  les  plus  jeunes,  le  système  vacuolaire  se  présente  sous  forme  de 
minces  filaments  neutrophiles  onduleux  et  souvent  anastomosés  {fig.  i), 
rappelant  un  chondriome  et,  parfois,  plus  encore,  un  appareil  de  Golgi. 
On  as.siste,  dans  les  régions  plus  différenciées,  à  l'hydratation  et  au  gonfle- 
ment de  ces  éléments  qui,  peu  à  peu,  par  fusion,  constituent  de  grosses 
vacuoles  fluides  dont  le  contenu  ne  se  colore  plus  que  faiblement.  Cet 
objet  ne  permet  pas  l'observation  vitale  du  chondriome,  mais,  dans 
l'épiderme  des  très  jeunes  feuilles  à' Iris  germa nica,  où  existent  les  mêmes 
formations,  on  peut  voir  simultanément  le  système  vacuolaire  teint  par  le 
rouge  neutre  et  le  chondriome,  qui  reste  incolore. 

(')  On  the  canalicular  apparatus  of  the  animal  cells  {Biôlogical  Bulletin, 
vol,  19,   1910). 


SÉANCE  DU  l3  FÉVRIER  1922.  4^7 

Par  la  méthode  de  Regaud,  on  obtient  une  belle  coloration  du  chondriome 
des  cellules  méristématiqaes  de  la  racine  d'Orge;  par  contre,  le  système 
vacuolaire  ne  se  teint  pas,  au  moins  dans  les  préparations  réussies;  mais  il 
est  visible,  dans  les  régions  les  plus  jeunes,  sous  forme  d'un  réseau  de 
minces  boyaux  incolores,  très  semblables  aux  canalicules  de  Holmgren. 


10 


■''1  ^ 


ffUSI^ 


11 


S\5tème  vacuolairf  clans  la  racine  d'orbe. 


La  technique  de  Bensley  reproduit  les  mêmes  aspects,  avec  une  extrême 
netteté.  Dans  les  préparations  obtenues  par  ce  procédé,  le  chondriome  reste 
invisible,  mais  on  retrouve  les  formations  filamenteuses  que  le  rouge  neutre 
teint  sur  le  vivant  :  ce  sont  de  minces  canalicules,  simples  ou  ramifiés,  in- 
colores et  se  détachant,  comme  découpés  à  l'emporte-pièce,  sur  le  cyto- 


488  ACADÉMIE    DES    SCIENCl'S 

plasme  gris  foncé  (yfig.  2  à  9).  En  s'éloignant  du  méristème,  on  voit  que 
ceux-ci  s'anastomosent  et  se  gonflent,  pour  produire,  dans  les  tissus  adultes, 
de  grandes  cavités  aussi  nettement  marquées,  répondant  aux  vacuoles 
depuis  long'temps  connues  i^fig-  10  et  11). 

Tous  ces  faits  nous  permettent  de  conclure  que  les  canalicules  de  Ilolm- 
gren  ne  sont  pas  des  artefacts,  mais  re})résentent  certaines  phases  du  sys- 
tème vacuolaire,  bien  connues  aujourd'hui  dans  la  cellule  végétale,  encore 
ignorées  dans  la  cellule  animale. 


PHYSIOLOGIE  VÉGÉTALE.   —  Action  des  sds  soluhles  de plomh  sur  les  plantes. 
Note  de  M.  Eugène  Boxnet,  présentée  par  M.  Gaston  Bonnier. 

Des  expériences  faites  en  1914  ont  porté  sur  une  série  de  plantes  :  Blé  de 
Bordeaux,  Sarrasin,  Lupin,  Cresson  alénois.  Radis,  Lentille,  Chou,  etc. 
Les  graines,  préalablement  désinfectées  à  l'alcool  absolu,  étaient  mises  à 
germer  dans  une  assiette  contenant  de  l'eau  redistilléc  dans  des  appareils 
de  verre  ('  ).  Elles  étaient  placées  ensuite  dans  des  solutions  titrées  des  sels 
de  plomb,  lorsque  la  racine  avait  atteint  quelcpies  centimètres  de  long.  On 
avait  soin  de  choisir  pour  chaque  expérience  des  plantules  présentant  entre 
elles  des  caractères  extérieurs  aussi  semblaljles  que  possible.  Les  solutions 
employées  étaient  obtenues  en  dissolvant  la  molécule  du  sel  (azotate  de 
plomb  =  33i^;  acétate  de  plomb  :=  379^),  dans  un  nombre  de  litres  d'eau 
redistillée  variant  de  i  à  5ooo.  Le  titre  de  la  solution  est  indiqué  parla 
notation  suivante  :  -N/iSog,  par  exemple,  qui  signifie  que  33i^' d'azolate 
de  plomb  ont  été  dissous  dans  i5oo'  d'eau.  Les  sels  de  plomb  employés 
étaient  purifiés  aU  préalable  par  deux  recristallifations  successives  dans  de 
l'eau  redistillée.  Le  matériel  consistait  en  flacons,  ditsco/^  droits  de  i5o""" 
à  200""',  fermés  par  du  papier  paraffiné,  percé  de  trous  pour  le  passage  des 
racines.  J'ai  de  plus  employé  de  simples  tubes  à  essais,  dont  la  partie  supé- 
rieure, étranglée,  formait  support  })0ur  une  seule  graine. 

Des  nombreuses  expériences  instituées  à  cette  époque,  il  s'est  dégagé  les 
résultats  généraux  suivants  : 

(*)  H.  CoupiN,  Sur  la  toxicité  comparée  des  divers  composés  métalliques  à  V égard 
des  végétaux  supérieurs  ^Ass.  franc,  pour  rAçancement  des  Sciences,  Congrès  de 
Paris,  1900,  p.  63'2  ). 


SÉANCE    DU    l3    FÉVRIER    I922.  48f) 

i"  Les  plantes  soumises  à  une  dose  forte  de  sel  (solutions  déci normales) 
absorbent  le  ploml),  qu'on  décrie  facilement  dans  l'écorce  de  la  racine,  et  là 
seulement.  Ceci  confirme  les  résultats  obtenus  par  Jean  de  Rufz  de 
Lavison  ('  ). 

2°  Le  plomb  disparu  dans  les  solutions  se  retrouve  intégralement  dans 
les  cendres  des  racines  de  la  plante  en  expérience.  On  n'en  trouve  pas  trace 
dans  les  cendres  des  tiges  ou  des  feuilles. 

3"  Les  solutions  décinormales  d'acétate  ou  d'azotate  de  plomb  sont 
toxiques  pour  le  blé  (tué  en  20  jours),  le  sarrazin  (tué  en  7  jours),  le  lupin 
(tué  en  4  jours),  la  balsamine  (tuée  en  2  jours).  Les  sels  de  magnésium, 
potassium  ou  de  calcium  ne  se  sont  pas  montrés  des  antitoxiques  du  plomb, 
aux  doses  employées. 

4°  L'acétate  et  l'azotate  de  plomb  donnent  des  résultats  identiques  sur  le 
blé  et  le  cresson.  Plus  la  plante  est  mise  jeune  en  expérience,  plus  elle  est 
sensible  au  })oison,  pris  à  la  même  dose. 

5°  Plus  la  dilution  du  sel  est  grande,  moins  l'absorption  de  ce  sel  est 
active. 

6°  La  transpiration  a  été  nettement  diminuée  dans  les  plantes  soumises 
aux  sels  de  plomb,  comparativement  aux  plantes  poussant  dans  l'eau  pure. 

7°  Lorsque  l'on  place  pendant  un  temps  variable  des  graines  de  diverses 
plantes  dans  des  solutions  fortes  de  sels  de  plomb  (N/io  à  N/5o)  et  qu'on 
les  met  à  germer,  on  constate  que  certaines  graines  (lentilles)  sont  très 
sensibles  au  poison  :  après  un  jour  d'action,  toutes  les  graines  sont  tuées. 
D'autres  (radis,  cbou)  sont  assez  sensibles  :  elles  sont  toutes  tuées  après 
2  jours  d'action.  D'autres  enfin  (blé)  sont  peu  sensibles  et  peuvent  germer 
même  après  19  jours  d'action  du  sel. 

Les  recherches  de  1921  ont  été  faites  dans  les  mêmes  conditions  expéri- 
mentales qu'en  1914-  Bien  cjn'il  ait  été  démontré  récemment  (-)  que  l  eau 
redistillée  dans  des  appareils  de  verre  n'était  pas  absolument  pure,  j'ai 
néanmoins  continué  à  employer  ce  licjuide  pour  toutes  mes  expériences;  en 
effet,  les  plantes  d'une  même  expérience  se  trouvant  toutes  dans  des  condi- 


(')  Jean  de  Rufz  de  Lavison,  Recherches  sur  la  pénétration  des  sels  dans  le  proto- 
plasma  et  sur  la  nature  de  leur  action  toxique  {Ann.  Se.  nat.  Botanique,  9^  série, 
t.  ik,  191 1). 

(^)  J.  MAQUENNEet  Demoussy,  In/luence  des  matières  minérales  sur  la  germination 
[Annales  de  la  Société  agronomique,  6"=  série,  mai-juin  1921,  p.  i  i3). 


490  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

lions  aussi  identiques  que  possible,  les  résultais  nie  semblent  pouvoir  être 
comparés. 

Les  expériences  ont  confirmé  les  résultats  obtenus  en  191/^,  concernant 
l'absorption  de  plomb  par  les  racines  et  Faction  du  plomb  sur  la  germina- 
tion des  graines.  Elles  ont  aussi  montré  que  les  sels  de  plomb  déterminent 
des  modifications  importantes  dans  la  morphologie  extérieure  de  l'appareil 
radiculaire  (').  Tandis  que,  dans  l'eau  pure,  les  racines  sont  longues  et 
abondamment  ramifiées,  grêles  et  dépourvues  de  poils  absorbants,  dans  les 
solutions  de  plomb  elles  sont  courtes,  épaisses  et  pourvues  de  poils  absor- 
bants nombreux  (blé,  orge).  Les  Tableaux  suivants  permettront  de  préciser 
ces  résultats  en  ce  qui  concerne  les  allongements  : 


Longueui'  des  racines 
(ea  millimètres) 


Longueur  des  tiges 
(  en  milfiiiiélres  ) 


Solutions  employées. 

Blé  (âgé  de  5  jours). 

Eau 3o    iio-ii5 

Azotate  de  plomb  de  N/iooo  à   )    „         o      r- 
-, ,                                  '  }    ûO      60-bo 

JN/2000 ) 

Pois  (âgé  de  4  jours) 

Eau /40  108 

Azolale  de  plomb  N/'iooo..  .  .  4o  46 

»                  N/iooo. ...  4o  43 

»                 N/iooo. ...  [\o  47 


au 

après 

aprés 

après 

au 

après 

après 

après 

début. 

"di- 

17j. 

30j. 

début. 

"j- 

lîj. 

30  j. 

■45 
45 


90 


10 

I  I  2 

10 

90 

10 

5o 

10 

95 

Fèves. 


Eau 

55 

i4o 

170 

3() 

,75 

(?) 

Azotate  de 

ploiii 

1j 

rs'/'^ooo. . . . 

3o 

3o 

» 

N/1700.. . . 

5 

5 

20 

20 

)) 

N/i,5oo 

9 

9 

20 

23 

» 

^/l2oo. . . . 

5 

5. 

10 

10 

» 

^7looo. . . . 

6 

6 

10 

20 

2i) 

100 

1 00 

100 

20 

(?) 

20 

20 

29 

3o 

3o 

24 

24 

24 

24 

29 

3o 

3o 

3o 

3i 

3i 

3i 

32 

On  peut  constater,  d'après  ce  dernier  Tableau,  que,  tandis  que  la  crois- 
sance de  la  tige  est  arrêtée  par  l'action  du  sel  de  plomb,  la  croissance  de  la 


(')   H.    CoupiN,    Action   nocive  du   carbonate   de    magnésium    sur    les    végétaux 
{Comptes  rendus,  t.  166,  1918,  p.  1066). 


SÉANCE  DU  l3  FÉVRIER  1922.  491 

racine  coiUinuc  à  s'eflectuer,  plus  lenlement  que  dans  Teau  pure,  mais  à  peu 
près  dans  les  mêmes  proportions.  On  voit  en  effet  que,  dans  Teau  pure,  la 
racine  a  passé  de  55"'"  à  lyj™'"  (c'est-à-dire  a  environ  triplé),  de  même  dans 
l'azotate  à  N/i5oo  et  à  N/iooo,  la  racine  triple  à  peu  près  de  longueur 
puisqu'elle  passe  de  9  à  23  dans  le  premier  cas,  et  de  6  à  20  dans  le  second. 


PHYSIOLOGIE  VÉGÉTALE.  —  Sur  les  ixiriations  de  la  teneur  en  manganèse  ch s 
feuilles  avec  T âge.  Noie  de  M.  Gabriel  Bertrand  et  do  M'"*^  M.  Rosen- 
BLATT,  présentée  par  M.  Roux. 

Les  feuilles  coniiptenl  parmi  les  organes  végétaux  les  plus  riches  en  man- 
ganèse, ainsi  qu'il  ressort  des  travaux  de  Pichard,  de  Passerini,  de  Jadin  ot 
Astruc,  de  ceux  que  nous  avons  nous-mêmes  récemment  publiés  (').  Mais, 
tandis  que  Pichard  semble  admettre  que  les  plus  jeunes  de  ces  organes  sont 
ceux  qui  renferment  le  plus  de  métal,  Jadin  et  Astruc  émettent  une  opinion 
formellement  opposée  (-). 

Or,  si  l'on  se  rappelle,  d'une  part,  le  rôle  attribué  au  manganèsedans  la 
constitution  de  lalaccase  et  dans  certains  phénomènes  oxydasiques,  d'autre 
part,  la  richesse  plus  grande  en  laccase  des  jeunes  feuilles  que  des  vieilles  ('), 
on  est  conduit  à  supposer  que  ce  n'est  pas  chez  ces  dernières  qu'il  doit  v 
avoir  la  plus  haute  teneur  en  manganèse,  à  moins  qu'il  intervienne  dans 
l'enrichissement  des  feuilles  en  métal  une  raison  physiologique  nouvelle 
dont  il  serait  alors  intéressant  de  déterminer  la  nature. 

Cette  considération  nous  a  engagés  à  examiner  de  très  près  les  variations 
de  la  teneur  en  manganèse  des  feuilles  avec  l'âge.  En  dosant  le  métal,  non 
plus  dans  deux  lots  extrêmes  de  feuilles,  jeunes  et  vieilles,  comme  cela  avait 
paru  suflisant  à  nos  devanciers,  mais  dans  une  série  de  feuilles,  prises  les 
unes  à  la  suite  des  autres  et  au  même  mornent  sur  les  tiges  d'une  plante, 
depuis  la  plus  jeune  jusqu'à  la  plus  âgée,  puis  en  répétant  ces  détermina- 
tions sur  des  espèces  assez  nombreuses  et  bien  différentes,  nous  avons 
trouvé  que  les  variations  de  la  teneur  en  manganèse  des  feuilles  avec  l'âge 
obéissaient  à  des  règles  plus  compliquées  que  celles  apparues  d'abord,  soit 
à  Pichard,  soit  à  Jadin  et  Astruc. 


(^)  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  1118. 
O  Comptes  rendus,  t.  156,  191  3,  p.  2028. 
(^)  Gabriel  Beutrand,  Comptes  rendus,  t.  121,   189.5,  p.  166. 


/|92  ACADÉMIE   DES    SCIENCES^ 

En  rapportant  les  résultats  obtenus  à  la  matière  fraîche  et  à  la  matière 
sèche  de  leurs  feuilles,  les  plantes  que  nous  avons  examinées  se  partagent, 
en  eflet,  en  quatre  groupes. 

Il  y  en  a,  comme  la  betterave,  chez  lesquelles  la  proportion  de  manga- 
nèse semble  maxima  dès  le  début  du  développement  de  la  feuille;  la  propor- 
tion diminue  ensuite  peu  à  peu  avec  l'àgc,  presque  jusqu'à  la  fin,  où  elle  se 
relève  légèrement. 

Il  y  en  a  d'autres,  telles  que  la  rose  trémière,  le  cytise,  le  lierre,  le  tabac 
des  paysans,  l'iris,  le  buis,  l'if,  qui  se  comportent  à  peu  près  comme  la 
betterave,  mais  où  le  phénomène  de  relèvement  final  delà  teneur  en  manga- 
nèse est  plus  rapide  et  peut  devenir  assez  important  (cytise,  lierre,  iris, 
buis)  pour  que  les  feuilles  âgées  arrivent  à  être  plus  riches  que  les  jeunes. 

Un  troisième  groupe  comprend  les  plantes,  comme  le  fusain  du  Japon, 
le  lilas,  le  marronnier  rouge,  le  sureau,  le  seringa,  le  troène,  chez  lesquelles 
la  proportion  du  manganèse  augmente  d'abord  rapidement,  de  telle  sorte 
qu'elle  est  maxima  chez  des  feuilles  encore  jeunes,  puis  va  en  diminuant 
d'une  manière  très  nette,  jusqu'à  atteindre,  dans  certains  cas,  un  chiffre 
inférieur  à  celui  des  plus  jeunes  feuilles, ^Chez  le  lilas,  le  seringa  et  le  troène, 
la  teneur  reste  cependant  plus  élevée  à  la  fin  qu'au  début. 

Enfin  il  y  a  un  quatrième  groupe,  dans  lequel  figurent  la  clématite  des 
bois  et  l'arbre  de  Judée,  où  la  proportion  de  manganèse  paraît  aller  sans 
cesse  en  augmentant. 

Cette  classification  n'est  toutefois  pas  absolue;  certaines  espèces  sont,  en 
quelque  sorte,  à  cheval  sur  deux  groupes.  Ainsi,  l'aucuba  se  range  à  coté 
de  la  betterave  si  l'on  considère  la  teneur  en  manganèse  par  rapport  à  la 
matière  sèche  et  rentre  dans  le  groupe  suivant  si  on  la  considère  par  rapport 
aux  feuilles  fraîches. 

Les  cendres  donnent  lieu  à  des  observations  analogues  aux  feuilles,  mais 
les  variations  de  la  teneur  en  manganèse  n'y  sont  pas  toujours  parallèles 
à  celles  qui  se  produisent  dans  les  organes  d'où  elles  proviennent.  Cela 
tient  évidemment  à  ce  que  les  phénomènes  d'absorption  et  de  migration 
ne  sont  pas  quantitativement  les  mêmes  pour  toutes  les  substances  miné- 
rales. Un  certain  nombre  de  recherches  auxquelles  nos  analyses  apportent 
une  importante  contribution,  tendent  à  établir  l'indépendance  qui  existe 
à  cet  égard  entre  les  divers  métalloïdes  et  métaux  qui  entrent  dans  la  com- 
position des  plantes.  En  ce  qui  concerne  le  manganèse,  nous  avons  trouvé 
(jue  les  jeunes  feuilles,  récollées  dès  le  début  ou  peu  après,  laissent  gêné- 


SÉANCE  DU  l3  FÉVRIER  1922.  49^ 

ralemenl  des  cendres  plus  riches  que  ne  le  font  les  feuilles  âgées.  Ainsi, 
parmi  les  17  espèces  de  feuilles  étudiées  par  nous,  deux  seulement,  celles 
de  cytise  et  de  clématite,  ont  fait  exception  à  cette  règle  ('). 

Il  n'est  pas  impossible,  il  est  même  probable  que  les  différences  indivi- 
duelles, la  saison,  le  terrain,  l'exposition  même,  modifient  dans  une  cer- 
taine mesure  la  marche  et  l'intensité  du  phénomène  d'accumulation  du 
manganèse  dans  les  organes  des  plantes,  que  ces  causes  puissent  aller 
jusqu'à  changer  la  place  de  telle  ou  telle  espèce  dans  les  groupes  que  nous 
avons  distingués.  Mais  ce  ne  sont  là  que  des  questions  de  détail.  Ce  qui  se 
dégage  le  plus  nettement  de  l'ensemble  des  recherches  que  nous  venons  de 
présenter,  c'est  que  la  teneur  en  manganèse  présente  un  maximum  dans  la 
première  période  de  développement  de  la  feuille,  parfois  dès  l'apparition 
de  celle-ci,  d'autres  fois  peu  de  temps  après.  La  teneur  en  métal  subit  dans 
la  suite  un  fléchissement  plus  ou  moins  accentué  et  plus  ou  moins  pro- 
longé; souvent,  enfin,  on  assiste  à  un  relèvement  final,  tantôt  faible,  tantôt 
assez  marqué  pour  que  la  proportion  de  métal  contenue  dans  l'organe  soit 
plus  grande  à  la  fin  qu'au  début.  Il  serait  intéressant  de  déterminer  dans 
quelle  mesure  le  premier  maximum  est  en  rapport  avec  les  fonctions  de  la 
feuille,  par  exemple,  avec  son  activité  respiratoire;  de  rechercher  ensuite 
si  le  second  maximum  ne  correspond  pas  seulement  au  dépôt  d'un  excès 
de  métal  devenu  inutile,  peut-être  même  nuisible. 


CHIMIE  AGRICOLE.  —  La  Stérilisation  partielle  du  sol.  Note  de  Mi\I.  Gustave 
Rivière  et  Georges  Pichard,  présentée  par  M.  L.  Maquenne. 

Lorsqu'on  incorpore  de  l'arséniate  de  soude  à  un  sol  on  constate  qu'il  se 
produit  une  modification  profonde  de  sa  faune  et  de  sa  flore  bactérienne. 

Comme  avec  la  plupart  des  antiseptiques  déjà  essayés,  les  protozoaires 
qui  détruisent  les  bactéries  utiles  périssent  en  grand  nombre  sous  l'influence 
de  ce  sel,  sans  que  les  végétaux  supérieurs  en  souffrent,  à  la  condition,  bien 
entendu,  que  les  doses  d'arséniate  employées  n'atteignent  point  une 
certaine  limite,  qui  est  d'environ  lo^  par  mètre  carré. 

Il  en  résulte  une  action  favorable  sur  la  culture  :  c'est  au  moins  ce  qui 
ressort  des  expériences  que  nous  avons  organisées,    avant  et  depuis  la 


(')  D'autres  détails  et  les  données  analytiques  paraîtront  dans  un  Mémoire  ultérieur. 
C.  R.,  1912,  I"  5emes//«.  (T.  174,  N»  7.)  ^^7 


494  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

g'uerre,  sur  des  surfaces  relativement  importantes  (lo  ares)  et  sur  diverses 
plantes  dans  des  sols  de  compositions  variées. 

Le  Tableau  suivant  donne  quelques-uns  des  résultats  que  nous  avons  ainsi 
obtenus  dans  deux  séries  d'expériences  dont  Tune,  déjà  ancienne,  remonte 
à  190G. 

Arséniate  employé  Rendement  en  grains      Excédents  de  récolte 

par  hectare.  par  hectare.  sur  le  témoin. 

1.  Blé  d' hiver ^  var.  hybride  inversable.  Sol  :  limon  des  plateaux  (1906). 

kg  ^    kg  kg 

o  (témoin) 2o5o  » 

100 2010  — 4o 

II.   Blé  de  printemps^  var.  Chiddam  blanc  de  mars. 
Sol  :  sables  de  Fontainebleau  (1920). 

o  (témoin) 1740  » 

21 2 1 80  44o 

42 2817  677 

III.  Avoine,  var.  blanche  de  Ligowo.  Sol  :  sables  de  Fontainebleau  (1906). 

o  (témoin) 8900  » 

75 .0 4800  4oo 

IV.  Même  expérience  répétée  en  1990. 

o  (témoin) 2877  » 

21 363o  1 253 

42 ^770  1398 

V.  Pommes  de  terre,  var.  dite  de  Saint-Malo  (Fliick). 
Sol  :  sables  de  Fontainebleau  (1920). 

o  (témoin) 14200  ( tuberc.)  » 

20 16200  2000 

3o 16740  2540 

Ce  Tableau  montre  qu'à  la  dose  de  loo''^  à  l'hectare  l'arséniate  de  soude, 
tout  en  détruisant  les  protozoaires,  exerce  une  action  nuisible  sur  la 
récolte  (expérience  I  sur  le  blé);  mais  si  l'on  n'incorpore  au  sol  que  21"*^  à  4^''*^ 


SÉANCE   DU    l3    FÉVRIER    I922.  49^ 

du  même  sel  à  l'hectare,  soit  2.^  à  4^  seulement  au  mètre  carré,  on  constate 
qu'en  faisant  toujours  périr  les  protozoaires  il  favorise  la  multiplication  des 
bactéries  utiles.  Il  exerce  alors  une  action  indirectement  fertilisante  qui  se 
manifeste  très  nettement  sur  les  rendements  de  récoltes  des  plantes  de 
grande  culture,  qui  peuvent  être  ainsi  augmentés  de  20  à  5o  pour  100. 

Aussi,  étant  donné  son  prix  d'achat  peu  élevé,  estimons-nous  que  l'arsé- 
niate  de  soude  pourrait  pratiquement  servir  pour  stériliser  partiellement  un 
sol,  afin  d'en  obtenir  de  meilleurs  rendements,  sans  qu'il  soit  nécessaire, 
temporairement,  d'y  faire  apport  d'engrais  azotés. 


PHYSIOLOGIE.  —  Résistance  des  femelles  en  gestation  aux  chocs  anaphylac- 
tiques et  anaphylactoïdes.  Note  de  MM.  Auguste  Lumière  et  Henri  Coutu- 
rier, présentée  par  M.  Roux. 

En  étudiant  les  rapports  de  Tanaphylaxie  avec  la  grossesse,  Duran 
Reynals  avait  observé  en  1920  (')  que  des  femelles  anaphylactisées  à  l'aide 
d'un  antigène  déterminé  semblaient  perdre  leur  sensibilité  pendant  la  gesta- 
tion. 

Sans  avoir  connaissance  de  ces  travaux,  nous  avions  constaté  l'année 
suivante  (^)  que  des  cobayes  femelles  pleines  étaient  incapables  de  réagir, 
non  seulement  à  l'injection  déchaînante  d'antigène,  mais  aussi  à  toute 
autre  injection  de  substance  inerte  floculée  susceptible  de  provoquer  inva- 
riablement des  phénomènes  de  choc  chez  les  animaux  qui  ne  se  trouvaient 
pas  dans  cet  état. 

Cette  singulière  immunité  correspondait  donc  à  une  résistance  particu- 
lière à  tout  choc,  anaphylactique  ou  anaphylactoïde,  et  non  à  une  désensi- 
bilisation comme  le  supposait  Duran  Reynals. 

Nous  avions  constaté  également  que  le  sérum  de  certains  malades  atteints 
d'épilepsie  capable  de  déterminer  chez  le  cobaye  mâle  des  crises  rappelant 
le  mal  comitial,  pouvait  être  administré  aux  femelles  en  gestation  sans  que 
le  moindre  trouble  nerveux  survienne,  fait  qui  concorde  avec  la  suppression 


(')  J.  Duran  Rey.nals,  Rapports  de  Vanaphylaxie  avec  la  grossesse  {Revue  espa- 
gnole d'Obstétrique  et  de  Gynécologie,  n»  58,  octobre  1920,  p.  458). 

(2)  Auguste  Lumière  et  Henri  Couturier,  Grossesse  et  phénomènes  de  choc  anaphylac- 
tique {Comptes  rendus,  t.  172,  192 1,  p.  772). 


496  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

des  crises  constatée  quelquefois  pendant  la  durée  de  la  grossesse  chez  les 
femmes  épileptiques. 

Cet  effet  curieux  de  protection,  aussi  bien  contre  le  choc  anaphylactique 
que  contre  les  chocs  barytiques  ou  épileptiques,  ne  dépend  pas,  comme 
nous  l'avons  montré,  d'une  propriété  spécifique  transmissible  du  sérum  et 
nous  avions  tout  d'abord  pensé  que  l'on  pourrait  en  attribuer  la  cause  aune 
diminution  de  l'aptitude  aux  phénomènes  réflexes  vaso-moteurs  qui  déter- 
minent la  chute  de  pression  sanguine  dans  les  chocs. 

Les  masses  fœtales,  en  effet,  par  l'encombrement,  les  tiraillements  et  les 
compressions  qu'elles  créent  dans  la  cavité  abdominale,  ne  seraient-elles  pas 
susceptibles  d'émousser  ces  réflexes,  de  retarder  ou  d'empêcher  la  trans- 
mission aux  capillaires  viscéraux  des  excitations  que  les  floculats  provoquent 
en  irritant  les  endothéliums  des  vaisseaux  cérébraux  ?  Ne  pouvait-on  sup- 
poser encore  que  la  compression  des  gros  troncs  vasculaires  abdominaux 
par  les  sacs  fœtaux  était  de  nature  à  entraver  la  variation  brusque  de  la 
pression  sanguine  qui  se  produit  dans  les  chocs  ? 

Ces  hypothèses  ont  été  infirmées  par  des  expériences  dans  lesquelles  ces 
conditions  ont  été  réalisées  artificiellement  en  introduisant  dans  l'abdomen 
de  cobayes  mâles  et  femelles  des  ovules  de  caoutchouc  stérilisés  du  volume 
des  sacs  utérins. 

Ces  essais  n'ont  [donné  aucun  résultat,  la  sensibilité  au  choc  a  persisté 
chez  ces  animaux  au  même  degré  que  chez  les  témoins. 

La  castration  et  l'injection  d'extraits  de  glandes  génitales  se  sont  mon- 
trées tout  aussi  inopérantes. 

Nous  avons  enfin  découvert  la  raison  de  cette  curieuse  immunité  vis-à-vis 
des  chocs  en  considérant  que,  pendant  la  grossesse,  le  volume  de  la  masse 
sanguine  est  notablement  augmenté.  Cette  pléthore  est  une  notion  classique, 
confirmée  en  1920  par  Mahnert  ('),  qui  évalue  l'accroissement  du  volume 
du  sang  pendant  la  grossesse  à  8  pour  100  environ. 

Prenant  alors  un  lot  de  cobayes  en  gestation  résistant  à  tout  choc,  nous 
avons  pratiqué  chez  ces  animaux  une  saignée  préalable  correspondant 
approximativement  au  dixième  du  volume  de  leur  sang;  ainsi  traités,  ces 
cobayes  récupèrent  toute  leur  sensibilité  au  choc,  qu'il  s'agisse  d'injection 
déchaînante  d'antigène  spécifique  chez  des  sujets  anaphylactisés,  d'injec- 
tions barytique,  oléique,  cireuse  ou  de  sérum  d'épileptique. 

(')  Mahnert,  Arch.  fur  Gynecol.,  n°  lli,  J920,  p.  168. 


SÉANCE   DU    l3    FÉVRIER    1922.  ^97 

Par  contre,  les  cobayes  mâles  auxquels  on  injecte  préalablement  du 
sérum  physiologique  dans  les  mêmes  proportions  acquièrent  temporaire- 
ment l'immunité  des  femelles  en  état  de  grossesse. 

Ces  constatations  s'accordent  avec  ce  fait  que  Tintroduction  dans  la  cir- 
culation de  liquides  atoxiques  peuvent  amener  la  guérison  instantanée  du 
choc. 

Si  les  saignées  sont  plus  abondantes,  si  elles  portent,  par  exemple,  sur 
j  du  volume  du  sang,  dans  le  cas  des  femelles  pleines,  et  sur  —  dans  le  cas 
des  mâles,  l'injection  déchaînante  devient  de  nouveau  sans  effet,  pour  une 
autre  cause  :  les  floculats  n'arrivent  plus  alors  brusquement  au  niveau  des 
capillaires  des  centres  nerveux  et  l'excitation  initiale  des  endothéliums 
indispensable  au  déclenchement  des  phénomènes  vaso-moteurs  ne  se  pro- 
duit pliis. 

Il  faut  donc  de  toute  nécessité  que  l'arbre  circulatoire  renferme  une 
quantité  de  sang  normale  pour  que  les  chocs  aient  lieu  quels  qu'ils  soient; 
lorsque  cette  quaulilé  est  augmentée  ou  diminuée  ils  ne  peuvent  plus  être 
provoqués  parles  injections  déchaînantes. 

Ces  nouvelles  expériences  viennent  encore  confirmer  d'une  façon  parti- 
culièrement démonstrative  notre  théorie  physique  des  chocs. 


ZOOLOGIE.  —  Sur  les  conditions  de  la  genèse  de  ïharmozone  sexuelle  chez  les 
Batraciens  anoures.  Note  de  M.  Champy,  présentée  par  M.  Bouvier. 

Il  est  établi  parles  recherchesde  Nussbaum,  Steinach,  Busquet,Harms  (  '  ) 
que  le  développement  des  brosses  copulatrices  des  membres  antérieurs 
chez  les  Anoures  est  sous  la  dépendance  du  testicule.  Etant  donnés  les  faits 
que  j'ai  mis  en  évidence  chez  les  Urodèles  (^),  il  y  alieude  chercher  si  cette 
action  de  la  glande  génitale  peut  être  localisée  à  une  portion  définie  de 
l'organe.  Cette  tentative  est  d'autant  plus  légitime  ici  que  l'action  ne  se 
manifeste  qu'à  un  moment  précis  :  les  grenouilles  n'ont  pas  cette  brosse  en 
été,  età  cette  époque  leur  testicule  n'est  pas  moins  volumineux  qu'en  hiver. 

Les  glandes  génitales  des  Anoures  évoluent    comme  je  l'ai  montré  (^) 

(')  Pour  la  biographie,  voir  Ch.  Champy,  Archives  de  Morphologie.  i92'2  (à  l'im- 
pression). 

(^)  Comptes  rendus,  1921. 

(^)  Archives  de  Zoologie  expérimentale,  iQ'S. 


49^  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

suivant  deux  types  principaux  représentés  assez  bien  par  Rana  lemporaria 
et  Rana  esculenta.  Chez  la  première,  l'évolution  de  la  spérmatogénèse  est 
nettement  temporaire  et  n'a  lieu  qu'en  été;  le  reste  du  temps,  le  testicule  ne 
renferme  que  des  spermalogonies  et  des  spermatozoïdes  mûrs.  Chez  la 
deuxième,  il  y  a  au  contraire  tout  l'hiver  dés  poussées  de  spermatogénèse 
plus  ou  moins  abortive  et  une  poussée  principale  en  été.  L'hiver,  les  sper- 
matozoïdes mûrs  sont  mêlés  de  divers  éléments  delà  spermatogénèse.  C'est 
une  tendance  vers  l'évolution  continue  des  Vertébrés  supérieurs.  Le  tissu 
interstitiel  est  généralement  abondant.  Le  premier  type,  où  les  phénomènes 
sont  nettement  successifs,  est  le  plus  favorable  à  l'analyse. 

Chez  R.  lemporaria^  la  brosse  peut  apparaître  dès  novembre.  Souvent 
mal  développée  chez  les  animaux  qui  hivernent  au  fond  de  l'eau,  elle  se 
développe  très  vite  si  on  les  met  à  une  température  douce  et  persiste  jusqu'à 
avril-mai  chez  les  animaux  bien  nourris  ('  ). 

Pendant  cette  période,  il  n'y  a  dans  le  testicule  que  les  spermatozoïdes 
et  les  spermatogonies,,  plus  les  éléments  sertoliens.  Entre  les  tubes  on 
trouve,  çà  et  là,  quelques  rares  cellules  d'aspect  plus  conjonctif  que  glan- 
dulaire (^). 

A  l'accouplement,  qui  a  lieu  au  tout  premier  printemps  et  dont  on  peut 
faire  varier  expérimentalement  l'époque,  les  tubes  séminifères  se  vident  et 
le  tissu  interstitiel  devient  abondant  ;  les  cellnles  se  multiplient  et  se  char- 
gent d'enclaves  (lécithines).  Ce  développement,  très  variable  selon  les 
individus,  dure  jusqu'à  la  poussée  de  spermatogénèse  qui  débute  en  juillet 
(grosse  poussée  des  spermatocytes).  La  brosse  copulatrice  disparaît  peu 
après  l'accouplement,  bien  plus  lentement  chez  les  animaux  tenus  isolés  et 
qui  ne  résorbent  que  lentement  leurs  spermatozoïdes. 

Cette  évolution  montre  :  i°  qu'i'/  n'y  a  aucune  relation  entre  l'apparition 
de  la  brosse  et  le  tissu  interstitiel;  elle  apparaît  avant  lui,  peut  disparaître 
avant  lui;  2°  que  la  brosse  apparaît  pendant  quil  y  a  des  spermatozoïdes 


(')  L'inanition  entraîne  une  régression  partielle,  notamment  une  dépigmentation 
de  la  brosse,  mais  la  structure  histologique  essentielle  n'est  pas  touchée;  au  contraire, 
en  été,  la  régression  est  histologiquement  totale.  Je  ne  m'étais  pas  rendu  compte  en 
1918  qu'on  pouvait  faire  apparaître  la  brosse  aussi  tôt  en  hiver. 

(^)  J'attire  à  ce  propos  l'attention  sur  ce  qu'il  y  a  d'arbitraire  à  caractériser  une 
cellule  comme  glandulaire  par  le  fait  qu'elle  renferme  des  mitochondries  ou  des 
enclaves  dont  on  n'a  pas  démontré  l'excrétion  ni  la  nature  spécifique.  Quelle  cellule 
n'est  glandulaire  à  ce  sens  ? 


SÉANCE   DU    l3    FÉVRIER    1922.  499 

murs.  (Les  cellules  de  Sertoli  peuvent  être  éliminées,  car  elles  se  différen- 
cient dès  les  premières  spermatides;  les  spermatogonies  durent  toute  l'an- 
née.) Cela  vérifie  exactement,  sur  un  animal  à  tul)es  séminifères  bien  nets, 
les  faits  observés  sur  les  tritons. 

Les  espèces  qui  ont  toute  l'année  les  divers  éléments  de  la  spermatogé- 
nèse  et  du  tissu  interstitiel  (Bufo,  R.  esculenta,  Discoglosse)  ou  bien  dont 
les  périodes  d'accouplement  sont  nombreuses  ou  variables  (Alytes,  Disco- 
glosse, Bombinator),  sont  moins  favorables  à  l'analyse.  Cependant,  les 
ayant  examinées  avec  soin,  j'ai  observé  que  jamais  les  brosses  n  apparaissent 
lorsqu'il  n'y  a  pas  de  spermatozoïdes  mûrs,  et  probablement  lorsqu'une 
certaine  quantité  de  ces  éléments  n'est  pas  atteinte. 

C'est  la  nécessité  de  cette  quantité  minima,  jointe  à  l'influence  de  condi- 
tions thermiques,  qui  paraît  déterminer  la  période  d'accouplement  de 
R.  esculenta,  les  périodes  diverses  d'AIytes  et  Bombinator,  chez  qui  il  y  a 
des  poussées  de  spermatogénèse  efficaces  en  diverses  saisons. 

Chez  le  Discoglosse,  j'ai  suivi  avec  soin  sur  un  lot  d'animaux  observés  au 
laboratoire  (')  les  conditions  de  développement  de  cette  brosse.  L'accou- 
plement s'est  fait  au  premier  printemps.  Chez  certains  mâles,  le  pouce  a 
régressé  peu  après  ;  chez  d'autres,  et  chez  ceux  qui  ne  s'étaient  pas  accouplés, 
la  brosse  a  duré  jusqu'à  juillet  et  plus.  Sa  régression  a  coïncidé  soit  avec 
l'évacuation  de  la  plus  grande  partie  des  spermatozoïdes,  soit  avec  leur 
résorption  qui  précède  la  poussée  de  spermatogénèse  principale  (de  juillet 
à  septembre).  Les  écarts  appréciables  dans  la  date  de  cette  spermatogénèse 
(causés  peut-être  par  les  conditions  anormales)  ont  toujours  coïncidé  avec 
les  écarts  de  date  de  régression  de  la  brosse;  celle-ci  n'a  jamais  persisté 
tout  l'été,  mais  elle  peut  reparaître  fin  octobre,  lorsque  la  spermatogénèse 
est  terminée.  La  régression  histologique  de  la  brosse  en  été  est  très  com- 
plète dans  cette  espèce. 

Ce  qui  fait  l'intérêt  spécial  du  Discoglosse,  c'est  qu'il  n'a  pas  du  tout  de 
tissu  interstitiel  (^)  en  temps  ordinaire,  il  se  développe  quelques  éléments 
chargés  de  graisse  entre  l'extrémité  des  tubes  séminifères  au  moment  du 
début  de  la  poussée  de  spermatogénèse,  alors  que  la  brosse  a  disparu. 


(  ^)  Je  dois  la  plupart  de  ces  animaux  à  M.  le  D""  Genevei. 

(■-)  Les  crapauds,  R.  esculenta,  Alyles,  en  ont  à  peu  près  toute  l'année,  sans 
niavimum  aux  époques  d'accouplement,  et  avec  régression  lors  de  la  poussée  de 
spermatogénèse  (cf.  1918,  loc.  cil.). 


5oo  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Le  tissu  intersliliel  est  ainsi  éliminé  comme  élaborateur  de  Tharmozone 
lesticulaire;  celle-ci  est  en  rapport  ici  avec  la  présence  des  spermatozoïdes. 
Est-elle  élaborée  par  eux  ?  L'absence  de  caractères  sécrétoires  dans  ces  élé- 
ments n'est  pas  une  objection  sérieuse;  cependant  on  peut  admettre  ou 
bien  que  la  résorption  de  spermatozoïdes  soit  comme  le  prétendait  Brown- 
Séquard  la  cause  des  phénomènes  observés,  ou  bien  que  l'harmozone  testi- 
culaire  soit  un  produit  secondaire  de  la  réaction  chimique  complexe  qui 
aboutit  à  la  genèse  des  spermatozoïdes,  produit  qui  n'apparaîtrait  qu'à  la 
période  terminale  de  cette  réaction,  lorsqu'elle  tend  vers  l'équilibre.  Rien 
ne  permet  de  choisir  encore  entre  ces  explications. 


MÉDECINE.  —  Les  gymnastiques  respiratoires  et  les  épreuves  de  Valsalva 
et  de  Muller.  Note  de  M.  Henri- Jean  Frossard,  présentée  par  M.  d'Ar- 
sonval. 

On  lit  dans  \q^. Nouveaux  Eléments  de  Physiologie  de  MM.  Langlois  et  de 
Varigny,  page  243  : 

«  L'épreuve  de  J.  Muller  que  chacun  peut  faire  sur  soi,  mais  qui  n  est  pas 
sans  dangers,  montre  bien  l'influence  de  l'aspiration  sur  la  circulation. 
Expirez  profondément,  bouchez-vous  les  narines  (et  la  bouche)  et  faites 
un  effort  inspiratoire,  le  cœur  se  distend  comme  tous  les  vaisseaux  de  la 
poitrine  du  reste,  mais  tandis  que  l'accès  du  sang  dans  le  cœur  droit  est 
facilité,  son  expulsion  du  cœur  gauche  est  au  contraire  contrariée. 

»  L'expérience  inverse,  dite  de  Valsalva  (iCffort  expiratoire  après 
inspiration  profonde)  détermine  la  compression  du  cœur  et  des  vaisseaux 
thoraciques  :  le  cœur  et  les  organes  thoraciques  sont  relativement 
exsangues. 

»  Dans  les  deux  cas,  mais  par  un  mécanisme  difl'érent,  le  cœur  s'arrête  et 
le  pouls  disparaît.  » 

Mais  MM.  Billard  et  Merle  viennent  de  montrer  avec  M.  Dechambre 
[Le  Journal  Médical  français ^  décembre  1 92 1)  qu'en  réalité  le  cœur  ne  s'arrête 
pas,  mais  que,  dans  ces  deux  expériences,  les  réactions  élastiques  de  l'aorte 
apparaissent  abolies  sous  l'écran  et  que,  par  conséquent,  le  pouls  qui  en  est 
l'expression  palpatoire  disparaît,  pour  n'être  plus  sensible  qu'à  l'oscillo- 
mètre. 

Il  n'en  est  pas  moins  certain  que  : 


SÉANCfc;    UV    l3    FÉVRIER    u^22.  5oi 

1°  Ces  épreuves  diminuent  la  réaction  élastique  de  Taorte  et  très  proba- 
blement aussi  celles  des  autres  artères; 

2°  L'énergie  cinétique  de  la  systole  diminue  singulièrement  puisque  le 
coup  de  bélier  constituant  le  pouls  que  la  rigidité  des  tubes  artériels  devrait 
augmenter,  d'après  les  théories  admises,  est  au  contraire  quasi  annulé, 
sans  que  le  rythme  du  cœur  soit  très  sensiblement  modifié. 

Mais,  au  point  de  vue  gymnastique  respiratoire,  le  seul  que  je  veuille 
traiter  ici,  les  conséquences  de  ces  constatations  sont  considérables. 

En  effet,  on  peut  classer  les  eymnastiques  respiiatoires  en  passives  et 
actives  (  '  ) . 

Les  premières,  où  la  ventilation  pulmonaire  est  la  conséquence  d'un  acte 
volontaire  généralement  violent  tel  que  la  marche,  le  saut,  la  course,  etc., 
en  somme  tous  les  sports,  ne  peuvent  guère  être  recommandées  aux  malades 
chez  lesquels  elles  créeraient  ou  augmenteraient  une  dyspnée  d'effort 
fâcheuse. 

Les  secondes  sont  celles  où  l'on  produit  sans  déplacement  d'autres 
muscles  que  les  muscles  respiratoires,  la  ventilation  profonde  désirée. 

Nous  pouvons  y  placer  la  Spirométrie  avec  ses  variantes,  les  instruments 
de  musique  à  vent,  le  chant  et  sa  variante  la  Phonothérapie,  etc.,  qui 
peuvent  s'adresser  à  des  malades  même  très  atteints  et  impotents. 

Elles  ont  toutes  pour  base  consciente  ou  inconsciente  les  réflexes 
orbiculo-costo-diaphragmatiques  ou  bnccinato-coslo-diaphragmatiques  que 
j'ai  décrit  ailleurs  (-). 

Si,  dans  la  première  classe,  la  dyspnée  d'effort  provoquée  a  justement 
pour  caractéristique  de  créer  un  manque  à  l'inspiration,  c'est-à-dire  une 
dépression  considérable  dans  la  cavité  pulmonaire,  on  a  l'effet  Muller  avec 
tous  ses  inconvénients. 

Si  dans  la  deuxième  classe,  au  contraire,  l'inspiration  se  fait  sous  la 
pression  atmosphérique  ou  presque,  très  calmement  en  général,  l'expira- 
tion, au  contraire,  est  provoquée  et  les  constatations  faites  plus  haut 
obligent  à  un  choix. 

Si  l'expiration  a  lieu  avec  force,  sous  pression,  comme  dans  la  Spiro- 


[  ^)  La  santé  par  le  chant.  Paris,  Fischbacher,  1914-1919. 

(^)  Congrès  international  d'Education  physique^  Paris,   igiS;  Congrès  de  Phy- 
siologie., Paris,  1920. 

C.  R  ,  1922,  i"  Semestre.  (T.  174,  N°  7.)  38 


5o2  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

métrie  et  ses  variantes,  les  instruments  à  vent,  le  soufflage  du  verre,  etc., 
l'eff'et  Valsai  va  apparaît  avec  toutes  ses  conséquences. 

Seule  sera  exempte  de  ces  inconvénients  une  gymnastique  à  aspiration 
lente  sans  obstacles  et  à  expiration  sans  pression  sensible  intrathoracique 
et  sans  vitesse  à  la  sortie  de  la  bouche. 

Le  chant  seul  réalise  ces  conditions,  sous  réserve  que  soient  éliminés  les 
sons  que  j'ai  appelés  athlétiques  et  que,  par  conséquent,  il  soit  rudimentaire 
et  gradué,  comme  dans  la  Phonothérapie,  dont  les  caractéristiques  sont  de 
produire  des  sons  suffisamment  graves,  faibles  et  prolongés. 

Graves  pour  ne  pas  obliger  à  des  contractions  musculaires  que  j'ai  montré 
indispensables  à  l'émission  des  sons  aigus  ('). 

Faibles  pour  ne  pas  nécessiter  de  pressions  intrathoraciques  fortes. 

Prolongés  pour  bénéficier  d'une  vidange  maximades  poumons  et,  par 
conséquent,  d'un  remplissage  également  maximnm  et  aussi  de  l'action 
hyperoxydante  des  respirations  profondes  qu'a  montré  M.  Amar. 

11  est  évident,  en  effet,  que  si  l'effet  Muller  ou  Valsalva  annule  ou  modifie 
l'élasticité  des  vaisseaux  dans  le  sens  de  l'immobilité,  on  ne  saurait  recom- 
mander à  des  artério-scléreux,  par  exemple,  des  gymnastiques  qui 
impliquent  ces  effets  même  atténués. 

De  même  aussi  des  emphysémateux  dont  les  fibres  élastiques  sont 
détruites  par  le  soufflage  du  verre  ou  l'usage  des  instruments  de  musique  à 
vent  ne  peuvent  être  justiciables  d'une  gymnastique  qui  serait  la  continua- 
tion de  leur  blessure  professionnelle  due  au  soufflage  sous  pression,  etc. 

De  même,  l'aspiration  brusque  de  la  dyspnée  d'effort  qui  distend  le  cœur 
exclut  toute  gymnastique  respiratoire  active  (sportive)  aux  cardiaques,  etc. 

Il  faut  donc  conclure  que  l'application  d'une  gymnastique  respiratoire 
autre  que  le  chant  rudimentaire  du  genre  de  la  Phonothérapie  doit  être  le 
résultat  d'un  examen  approfondi  et  avoir  en  vue  un  objet  bien  déterminé, 
car,  n'étant  pas  naturelle  comme  l'émission  de  la  voix  ordinaire,  elle  intro- 
duit des  facteurs  nouveaux  dans  l'organisme,  facteurs  qui  peuvent  être 
nuisibles. 


(')  Théorie  mécanique  de  quelques  tuyaux  sonores  {Comptes  rendus,  t.  153,  191 1, 
p.  176. 


SEANCE  DU  l3  FÉVRIER  ig22.  5o3 


MÉDECLXE.  —  La  radiothérapie  combinée  du  sein  et  des  ovaires  contre  les 
tumeurs  du  sein.  Note  (')  de  M.  Foveau  de  Courmelles,  présentée  par 
M.  d'Arsonval. 

Les  tumeurs  bénignes  du  sein  cèdent  facilement  à  la  radiothérapie;  les 
tumeurs  malignes  sont  plus  difficiles  à  fondre  et  exigent  en  général,  souvent 
pour  une  action  momentanée,  des  irradiations  locales  de  la  tumeur  et  des 
ganglions  axillaires.  Quand  ceux-ci  manquent,  qu'il  existe  encore  de  la 
mobilité,  bien  que  le  sein  rétracté  indique  déjà  la  nature  squirrhe  use,  voire 
même  dans  des  cas  plus  avancés,  on  peut,  en  agissant  à  la  fois  sur  le  sein  et 
les  ovaires^  (deux  milliampères,  20°"  d'étincelle,  5  minutes,  23*'™  de  dis- 
tance à  l'anticathode,  répétés  en  chacun  de  ces  trois  points  ),  obtenir  une 
amélioration  rapide  de  l'état  local  et  général  :  le  mamelon  se  dégage,  la 
tumeur  régresse,  les  douleurs  et  les  élancements  cessent  (5  à  20  séances). 

Deux  cas  de  ce  genre,  soignés  il  y  a  une  quinzaine  d'années  et  six  cas 
récents,  ont  donné  des  résultats  curatifs  rapides  identiques. 

On  peut  ajouter  que  maints  chirurgiens,  même  pour  des  cancers  du  sein 
inopérables,  ont  eu  de  longues  et  supportables  survies  en  se  bornant  à 
enlever  les  ovaires.  L'irradiation  de  ceux-ci  et  de  la  tumeur  mamellaire  est 
donc  à  ajouter  aux  procédés  habituels. 


La  séance  est  levée  à  17  heures  trois  quarts. 

A.  Lx. 


(*)  Séance  du  6  février  1922. 


5o4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


ERRATA. 


(Séance  du  3o  janvier  1922.) 

Note  de  M.  G.  Gouy,  Sur  la  pression  dans  les  fluides  aimantés  ou  pola- 
risés : 

Page  267,  équation  (3),  au  lieu  de 

2  71 1^ 

P  =  — -f-2  7:a'^=  const., 

K  —  I 

lire 

^         2TrP 


T  K  — I 


2  7r<T'*+  const. 


(Séance  du  6  février  1922.) 

Note  de  M.  L.  Lecornu^  Quelques  remarques  sur  la  relativité  : 

Page  338,  ligne  7,  au  lieu  de  sollicité  par  la  force,  lire  sollicité  à  la  fois  par  la  force 
constante  rrnù^r  et  par  la  force. . . . 

Page  339,  ligne  4  en  remontant,  au  lieu  de  la  trajectoire  est  une  conique,  lire 
quand  '\i{r)  se  réduit  à  une  constante  très  petite,  la  trajectoire  est  une  conique. 

Page  340,  ligne  4,  «"  H^u  de  une  hyperbole,  lire  une  courbe  de  forme  hyperbo- 
lique. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE   DU   LUNDI   20   FÉVRIER    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  COMMUNICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 


ANALYSE   MATHÉMATIQUE.    —   Sur  les  fonctions  d'une  variable  réelle 
indéfiniment  dérivahles.  Note  de  M.  Emile  Borel. 

Il  résulte  du  théorème  de  M.  Denjoy,  démontré  d'une  manière  complète 
par  M.  Carleman,  que  si  /(a;)  est  une  fonction  de  variable  réelle  indéfi- 
niment dérivable  et  non  identiquement  nulle  dans  un  intervalle,  cette 
fonction  et  toutes  ses  dérivées  s'annulant  en  un  point  de  l'intervalle  et  si 
Ton  désigne  par  M',^  le  maximum  de  la  valeur  absolue  de  la  dérivée  d'ordre  n 
dans  l'intervalle,  la  série 

est  convergente. 

Considérons  toutes  les  fonctions  ./(.<?)  indéfiniment  dérivables  pour 
o^aj^i  et  telles  que  l'on  ait 

/(o)--/'(o)=...=/<«)(o)=...r=o,         /(i)  =  i. 

Pour  toutes  ces  fonctions,  la  série  cr  est  convergente;  Userait  intéressant  de 
déterminer  la  plus  grande  limite  des  sommes  i.  Une  des  voies  que  l'on 
pourrait  suivre  pour  obtenir  ce  résultat  est  la  suivante.  Supposons  que, 
la  fonctiony*(a7)  admettant  des  dérivées  continues  jusqu'à  l'ordre  n  inclusi- 
vement, on  ait 

/(0)=/'(0)=r=...=r/«(0)=0,  /(l)  =  I. 

Les  sommes 

_   I         I  I  I 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  8.)  ^9 


5o6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

considérées  pour  toutes  les  fonctions  satisfaisant  à  ces  conditions,  ont  une 
plus  grande  limite  A„;  les  A„  ne  décroissant  pas  avec  n  tendent  pour 
n  infini  vers  une  limite  A;  la  plus  grande  limite  des  i  est  égale  à  A.  Je  ne 
possède  pas  de  démonstration  rigoureuse  du  fait  que  A  est  fini,  bien  que 
cela  me  paraisse  vraisemblable.  En  tous  cas,  la  détermination  asympto- 
tique  de  A  —  A„  (ou  de  A„,  si  A  est  infini)  est  un  problème  dont  la  solu- 
tion serait  très  importante  pour  la  théorie  des  fonctions  indéfiniment 
dérivables  de  variable  réelle. 


ASTRONOMIE.  —  Sur  le  calcul  de  la précession.  Note  de  M.  H.  Andoyer. 

L'usage  des  formules  suivantes  pour  le  calcul  de  la  précession  me  paraît 
infiniment  recommandable  :  leur  application,  toujours  simple  et  facile,  ne 
souffre  aucune  exception  et  ne  comporte  aucune  incertitude. 

Appelons,  en  suivant  les  notations  de  la  Connaissance  des  Temps, 
A  et  A'  les  deux  équateurs  moyens  des  époques  l  Qlt'  \  y  et  y'  les  équinoxes 
moyens  correspondants;  M  le  nœud  (ascendant  ou  descendant,  suivant 
que  t'  est  supérieur  ou  inférieur  à  t)  de  A'  par  rapport  à  A;  [j.  la  diffé- 
rence y' M  —  yM,  p  l'arc  yM,  j  l'inclinaison  de  A'  sur  A.  Remplaçons  de 

plus  p  par  90°—  G"  :  la  quantité  t  est  extrêmement  voisine  de  — ?  et  peut 

presque  toujours  être  prise  égale  à  -• 

Soient  encore  P,  P'  les  pôles  de  A,  A';  S  un  point  de  la  sphère  céleste 
dont  l'ascension  droite  a,  et  la  déclinaison  g,  deviennent  a',  0'  à  l'époque  t' . 
La  décomposition  du  triangle  PP'S  en  deux  triangles  rectangles  conduit 
immédiatement  aux  formules  rigoureuses  : 


slno)  ;:=  sin  y  sin(a4-a"), 
langç  ^=  tangy  cos(a  4-  o"), 
tang'ji  =  sinoj    tang  (ô -+- cp), 


tanj 


lan; 


a 

-a-fx- 

:ï 

w            0 
*  2  ';        ''.2 

oj              'i; 
=: —  tan  g  —  tang-i- 

*=  2         ='2 

6' 

2 

—  ô  —  9 

2 

on  a  désigné  par  w,  o,  •];  trois  angles  auxiliaires,  et  l'on  peut  ajouter,  pour 
préciser,  que  le  produit  coscocoscp  est  égal  à  cosy",   et  que  l'angle  4^  est 


compris  entre et  -l 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  1922.  007 

Dans  l'immense  majorité  des  cas,  l'angle  y  est  assez  petit  pour  qu'on 
puisse  le  confondre  avec  son  sinus  ou  sa  tangente;  il  en  est  de  même  alors 

1  a.' ^  y.  —  a  —  'L     0' — ô  —  es       .1,  ,  .         , 

de  w,  o, ! i-, ,  et  1  on  a  plus  simplement 


0)  =r  /  sin(a  +  c),  9  =  /  C03(  a -h  cr), 

tangd;  1=  oj  lang(o  -H  9), 

a  -\-  u.  -\-  'l ojco ,  0  _  0  +  Cû  —  w  tane  —  ; 

'  '         2     '  '  '^  2 


et  si  le  point  S  n'est  pas  rapproché  de  l'un  des  pôles,  on  jjourra  encore 

remplacer  tang'J;  et  tang^  par  -{;  et  -• 

Des  Tables  appropriées  donnant  les  valeurs  de/,  y.,  7  faciliteront  l'appli- 
cation de  cette  méthode. 


GÉOLOCxiE.  —  Le  Nummiditiquc  au  sud  des  Pyrénées. 
Note  de  M.  H.  Dou ville. 

J'ai  montré  précédemment  (*)  que  l'Éocène  inférieur  était  largement 
développé  au  nord  des  Pyrénées,  mais  avec  des  faciès  différents  :  à  l'Est, 
au  fond  du  golfe  aquilanien,  il  est  représenté  par  des  calcaires  à  petites 
Alvéolines  et  à  Fiosculines,  surmontés  par  des  marnes  à  Nummulites 
radiées  (globulus,  atadcus)  et  à  Assilina  Leymeriei;  dans  les  Hautes-Pyré- 
nées, à  Gan  (Bos  d'Arros),  ce  sont  des  couches  marno-gréseuses  avec  les 
mêmes  Nummulites  et  Assilines,  auxquelles  viennent  s'adjoindre  des 
Nummulites  granuleuses  (/.wc<75/,  granifer)  et  des  méandriformes  (/?/r/«M- 
latus,  dislans,  irregulaiis^  Murchisoni)  avec  des  passages  aux  granuleuses 
(aquitanicus).  Ici  comme  plus  à  l'Est,  ces  couches  se  relient  régulièrement 
au  poudingue  de  Palassou  qui  les  surmonte  et  qui  débute  dans  rÉocène 
moyen  :  on  sait  qu'il  présente  des  intercalations  de  couches  d'eau  douce.  - 

Plus  à  l'Ouest,  les  couches  de  base  de  ce  poudingue  sont  remplacées  par 
la  brèche  marine  d'Urcuit,  dont  la  faune  appartient  au  Lutétien  inférieur. 
A  Biarritz  même,  ces  couches  inférieures  font  défaut,  et  le  Lutétienmoyen 
à  N.  aturicus  repose  directement  sur  un  dôme  de  Jura-Trias. 

Immédiatement  au  Sud,  à  Fontarabie,  l'Eocène  inférieur  reparait  avec  le 

(')  VEocène  inférieur  en  Aquitaine  et  dans  les  Pyrénées'  {Métn.  Carte  géoL. 
détaillée  de  la  France.  1919). 


5o8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

faciès  de  Flysch  à  petites  Alvéolines;  il  se  prolonge  sur  la  côte  jusqu'à 
Guétaria  (')  et  reparaît  ensuite  dans  la  région  de  Santander,  où  Mengaud 
a  retrouve  la  série  complète  des  couches  :  à  la  base  le  Thanétien  des  Corbières 
avec  Flosculines,  petites  Alvéolines,  Num.  alacicus^  N.  globalus,  au-dessus 
le  Cuisien  de  Bos  d'Arros  avec  ces  mêmes  Nummulites  puis  N.  planulatus, 
y.  irregularis,  N.  Lucasi,  N.  granifer,  Ass.  granulosa-Leymcriei .  Le  Lutétien 
inférieur  est  représenté  par  des  couches  à  grandes  Assilines  (granulosa, 
exponcns)  avec  A.  uroniensis  et  Alveolina  clongata;  c'est  la  fauiie  d'Urcuit 
et  de  Saint-Barthélémy.  Il  est  surmonté  par  les  couches  bien  connues  du 
Lutétien  supérieur  de  Golombres  à  N.  aturicus  et  yV.  millecaput. 

On  voit  que  sur  tout  ce  rivage  nord  de  la  chaîne,  la  succession  des  cou- 
ches est  établie  d'une  manière  bien  complète.  Il  n'en  est  pas  de  même  sur 
le  rivage  sud  :  les  géologues  qui  l'ont  étudié  d'une  manière  spéciale  (Garez, 
Dalloni)  ont  signalé  principalement  des  couches  à  Alvéolines  et  des  marnes 
à  N.  perforatiis-Lucasi.  Gette  dernière  détermination  a  été  faite  d'après  les 
travaux  de  De  La  Harpe  (jui  confondait  sous  cette  désignation  plusieurs 
couples  de  Nummulites  d'âges  différents  :  A^  Lucasi  K  et  B,  qui,  comme  je 
l'ai  fait  voir,  caractérise  l'Eocène  inférieur,  —  N.  uroniensis  A  et  B,  Ald. 
Heim.  que  De  La  Harpe  avait  considéré  comme  une  variété  urancnsis  de 
\.  perforât  us  et  qui  en  Suisse  est  accompagnée  d'une  faune  caractéristique 
du  Lutétien  inférieur,  —  N.  aturicus- Rouaulli  (perf oratus  auct.)  ({ui  appa- 
raît seulement  dans  le  Lutétien  moyen. 

Il  était  intéressant  de  rechercher  quelles  étaient  parmi  ces  espèces  celles 
qui  avaieni  été  rencontrées  au  sud  de  la  chaîne.  Pour  éclaircir  ce  point, 
M.  Dalloni  a  bien  voulu  me  communiquer  les  récolles  qu'il  avait  faites  dans 
son  exploration  de  TAragon;  j'ai  pu  ainsi  suivre,  pour  ainsi  dire  pas  à  pas 
les  descriptions  si  précises  qu'il  a  données  dans  son  important  Mémoire  (-). 

La  succession  des  couches  est  plus  régulière  que  sur  le  versant  Nord  : 
•partout  en  Aragon,  l'h^ocènc  débute  par  une  couche  de  calcaire  à  Flosculina 
glohosn,  Alveolina  suhpyrenaica,  Orhitolites  complanatus,  Velalcs  Schmiedeli^ 
c'esl  le  faciès  du  Thanétien  des  Gorbières. 

Au-dessus  à  l'Est  sur  la  Noguera  Ribagorzana,  à  Aren,   affleurent  des 
rnarnes  grises  ou  bicuàires  avec  la  faune  habituelle,  N.  atacicus^  N.  globulus-- 
Gucttardi^  Ass.  Leymeriei^  comprenant  en  outre  N.  Lucasi,  Orthophragmina 
Archiaci  et  Ostrea  strictiplicata;  c'est  encore  de  rÉocène  inférieur  et  à  la 


(')  KiNDiîLAN,  Sobre  et  cretaceo  y  et  eoceno  de  Guipuzcoa  {Bol.  d.  Inst.  geol.  de 
Espana,  t.  40,  1919). 

(-)  Lliide  géologique  des  Pyrénées  de  l' Aragon,  1910. 


SÉANCE   DU   20    FKVRIER    1922.  5o9 

partie  supérieure  de  ces  couches  commencent  à  s'intercaler  des   lits  de 
cong"lomérats. 

Dans  la  vallée  de  l'Esera,  entre  Campo  et  Graus,  l'auteur  signale  à  la 
base  le  conglomérat  à  Flosculines,  puis  les  calcaires  à  Vclates  Schmiedrli^  et 
au-dessus  les  marnes  bleues  à  Turritelles,  couronnées  elles-mêmes  par  des 
poudingues.  Vers  la  partie  supérieure  des  marnes,  on  retrouve  la  faune  de 
Bos  d'Arros,  N.  atacicus,  N.  Lucasi^  N.  plannlaUis ^  N.  aquùanicus,  N.  gra- 
nifer,  Ass.  granulosa-Leymcriei.  Au-dessus  de  Paiiillo  des  marnes  sableuses 
sous  la  masse  principale  des  conglomérais  ont  fourni  iV.  iironicnsu  \\  et  A, 
N.  Brongniarli,  Ass.  spira.  C'est  le  Lutétien  inférieur  de  Saint-Barthélemy- 
Urcuit.  Dans  le  Barranco  Santa-Lucia  on  retrouve  une  faune  analogue 
N.  lœvigalm^  N.  gra/iifcr,  Ass.  granulosn,  Ass.  spira,  Ass.  prœspira. 

Au  Mont  Perdu,  Dalloni  signale  les  calcaires  à  Flosculines,  puis  les 
couches  à  N.  alacicus,  N.  glohidus,  N.  Lucasi,  Ass.  granulosa-Leymeriei,  c'est 
la  faune  d'Aren. 

Au  Sud  sur  le  rio  Cinca  apparaissent  des  couches  plus  récentes  avec 
N.  uroniensis,  N.  lœvigalus,  Ass.  granulosa,  Ass.  exponens. 

Sur  le  rio  Ara  (Boltana,  Janovas,  Fiscal)  on  retrouve  une  faune  analogue 
avec  A",  uroniensis  et  Ass.  granulosa,  dans  des  couches  qui  à  leur  partie  supé- 
rieure alternent  avec  les  poudingues. 

A  Biescas  dans  la  vallée  du  Gallego,  l'i^^ocène  inférieur  avec  N.  aUicicus, 
N .  planulaLus ,  N.  Lucasi,  Ass.  granulosa,  commence  à  prendre  le  faciès  de 
Flysch,  tandis  qu'à  Sabinanigo  on  retrouve  les  marnes  bleues  avec  la  faune 
du  Lulélien  inférieur,  N.  uroniensis,  N.  Brongniarti,  N.  atacicus,  N.  globulus, 
Ass.  granulosa;  elles  passent  aux  conglomérais  à  leur  parlie  supérieure. 

La  même  faune  se  développe  à  Jaca  sur  le  rio  Aragon,  et  au  Sud  dans  la 
chaîne  de  Sierras  (Sierra  de  Guara,  Santa-Maria). 

On  voit  que  dans  loule  cette  région,  le  Nummulitique  se  présenle  avec 
les  mêmes  caractères  :  à  la  base  les  deux  niveaux  de  rFocène  inférieur, 
Thanélien  (couclies  à  Alvcolina  subpyrenaica,  Flosculina  globosa,  N.  ata- 
cicus, N.  Lucasi)  et  Cuisien  (couches  à  faune  de  Bos  d'Arros,  A",  atacicuj, 
N.  Lucasi,  N.  planulatus,  N.  aquitanicus),  au  sommel  le  Lutétien  inférieur 
{N.  lœvigatus,  N.  uroniensis)  dont  les  couches  passent  par  allernances  au 
poudingue  de  Palassou.  Celui-ci  a  donc  commencé  à  se  déposer  à  l'époque 
du  Lutétien  inférieur,  comme  sur  le  versant  nord  de  la  chaîne  et  la  mer 
n'aurait  plus  pénétré  en  Aragon  à  partir  du  Lutétien  moyen;  c'est  ce  que 
démontre  du  reste  l'absence  du  N.  aturicus  {perforatus  aucl.)  et  de  la  faune 
qui  caractérise  ce  niveau. 


5lO  .  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

Nous  manquons  de  renseignements  précis  sur  le  prolongement  de  ces 
couches  vers  l'Ouest,  nous  savons  d'après  Larrazet,  que  les  couches  infé- 
rieures à  Alvéolines  et  Flosculines  se  prolongent  jusque  dans  la  province  de 
Burgos,  et  il  est  bien  probable  que  les  marnes  bleues  qui  les  surmontent 
dans  la  Navarre  et  l'Alava  sont  les  mêmes  que  celles  de  l'Aragon.  Il  fau- 
drait en  conclure  que  dans  toute  cette  région  la  communication  avec  la 
mer  aurait  été  coupée  avant  le  Lutétien  moyen,  précisément  par  les  grands 
mouvements  qui  ont  donné  naissance  au  poudingue  de  Palassou  et  qui  ont 
porté  l'Eocène  inférieur  jusqu'au  sommet  du  Mont  Perdu. 

Par  où  se  faisait  la  communication  avec  la  grande  mer?  Actuellement 
les  dépôts  du  Nummulitique  restent  cantonnés  au  sud  de  la  chaîne  et  sont 
séparés  par  celle-ci  des  dépôts  de  la  côte  Atlantique.  Toutefois  Dalloni  a 
déjà  signalé  que  l'Eocène  inférieur  de  TAragon  se  présentait  vers  l'Ouest 
avec  le  faciès  de  Flysch,  ce  qui  conduit  à  le  rapprocher  du  Flysch  de  Fon- 
tarabie  et  du  Guipazcoa.  A  l'époque  de  l'Eocène  inférieur,  le  golfe  de 
Biscaye  se  serait  ainsi  prolongé  à  là  fois  au  Nord  dans  l'Aquilaine  et  au 
Sud  dans  ce  qui  est  aujourd'hui  le  bassin  de  l'Ebre,  des  deux  côtés  du 
noyau  ancien  des  Pyrénées  déjà  émergé.  Les  premiers  grands  mouvements 
de  la  chaîne,  à  l'Eocène  moyen,  auraient  coupé  la  communication  du  côté 
du  Sud.  Je  rappelle  incidemment  que  vers  cette  même  époque  la  mer  avait 
pénétré  jusqu'à  Tolède,  mais  venant  probablement  de  la  Méditerranée  à 
l'Est. 


ÉLECTRICITÉ.   —  Su?'  les  tensions  et  pressions  de  Maxwell  dans  les  aimants  et 
les  diélectriques.  Note  (')  de  M.  G.  Gouy. 

1.  Dans  une  théorie  célèbre,  Maxwell,  développant  les  idées  de  Faraday, 
a  voulu  renoncer  aux  actions  à  distance  et  expliquer  les  effets  magnétiques 
et  électriques  par  des  tensions  et  des  pressions,  existant  dans  les  milieux 
matériels  coniQie  dans  le  vide  lui-même.  Le  milieu  éthéré  qui  remplit  tout 
l'espace  et  contient  la  matière  subit,  de  proche  en  proche,  des  modifications 
de  nature  inconnue,  qui  font  que  les  lignes  de  force  tendent  à  se  raccourcir 
et  à  se  repousser  mutuellement,  et  les  forces  qui  en  résultent  sur  la  matière 
et  l'électricité  doivent  être  équivalentes  aux  forces  à  distance  de  la  théorie 
classique. 


(')  Séance  du   i3  février  1922. 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  1922.  5ll 

Maxwell  a  donné  sur  ce  sujet  deux  énoncés  différents,  où  H  est  le  champ 
et  B  l'induction  : 

a.  [1  Y  a  une  tension  7^  BH  —  ô^H"  suivant  les  lignes  de  force,  et  une 

compression  g^  H-  suivant  les  directions  perpendiculaires;  ce  qui  équivaut 

à  une  tension  7^  BH  suivant  les  lignes  de  force,  et  à  une  pression  p  valant 

■4T. 

en  tous  sens  5-  H-. 

b.  0  y  a  une  tension  s^BH  suivant  les  lignes  de  force,  et  une  compres- 
sion  égale  suivant  les  directions  perpendiculaires,  ce  qui  équivaut  à  une 
tension  ^^BH  suivant  les  lignes  de  force,  et  à  une  pression/)  valant  en  tous 

senSg^BH('). 

Je  me  propose  d'examiner  si  les  énoncés  de  Maxwell  conduisent  aux 
résultats  connus  d'autre  part,  pour  les  fluides  aimantés  ou  polarisés,  sans 
hystérésis,  de  perméabilité  ou  de  pouvoir  inducteur  constants. 

Je  m'occuperai  d'abord  de  l'énoncé  a,  en  le  prenant  sous  sa  seconde 
forme  (tension  et  pression  p).  Tout  ce  qui  suit  s'appliquera  aux  diélec- 
triques comme  aux  aimants. 

2.  Dans  l'intérieur  d'un  fluide  matériel,  considérons  un  élément  de 
volume  dv.  Un  calcul  direct  montre  que  les  forces  de  Maxwell  produisent 
sur  cet  élément  une  résultante,  qui  a  pour  composantes 


di- 


r^a-i(^H-^         .g  (d'-y       d-\       d'X\  àX 

avec  deux  équations  semblables.  Même  s'il  n'y  a  ni  magnétisme  libre  ni 
électricité  libre,  ce  que  nous  supposerons  ('),  il  existe  donc  une  force  pon- 
déromotrice;  elle  tend  à  déplacer  l'élément  ch  suivant  la  direction  où  le 
champ  augmente  le  plus  vite,  s'il  est  paramagnétique,  ou  en  sens  opposé, 
s'il  est  diamagnétique. 


(1)  Dans  son  grand  Traité,  Maxwell  donne  Ténoncé  a  pour  les  aimants  (t.  2. 
Chap.  XI),  et  l'énoncé  b  pour  les  diélectriques  (t.  1,  Chap.  Y).  Il  semble  que 
nUustre  physicien  ait  voulu  ainsi  proposer  deux  solutions  différentes  pour  un  même 
problème.  Depuis  lors,  on  a  donné  le  plus  souvent  la  préférence  à  l'énoncé  b,  .pour 
les  aimants  comme  pour  les  diélectriques. 

(-)  On  a  alors 

dx-        Oy-j  '    àz- 


5 12  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Si  cette  force  agissait  seule,  elle  produirait  dans  le  fluide  une  pression 
hydrostatique  P',  variable  d'un  point  à  un  autre  suivant  l'équation    - 

(2)  P'— tLHiH^-hconst. 

3.  Considérons  maintenant  la  surface  de  séparation  de  deux  fluides  i 
et  2.  Appelons  H,  et  H^  les  forces  du  champ  près  de  la  surface,  0,  et  Oo  les 
anglcsqu'  elles  font  avec  la  normale. 

Occupons-nous  d'abord  des  tensions.  Le  tube  de  la  force  H,,  qui  passe 
par  le  contour  d'un  élément  dsàe  la  surface,  a  pour  section  droite  â?^cos6,  ; 
la  force  de  tension  qu'il  exerce  sur  ds  est  donc  —. — '-  H^  cosO,,  et  sa  compo- 
sante normale  est  —  '-— H^cos-6,,  en  prenant  positivement  les  compo- 
santes dirigées  de  i  vers  2. 

De  même,  la  force  de  tension  sur  ds  provenant  de  Ho  a  pour  composante 

normale  ——-  H:  cos'Oo. 

Les  composantes  tangenticUes  de  ces  deux  forces  sont  parallèles  et  de 
sens  opposés  ;  leurs  valeurs  absolues  sont 

^II!cos0,  sin9,,  ^HHcos5.,sin02; 

elles  se  font  équilibre,  d'après  les  relations  connues 

(3)  [jt-i  Hj  cos9i= /jLoH,  COS025  H]  sin  0,  rr:  II2  siii  Qo. 

Aux  composantes  précédentes  il  faut  ajouter  celles  (|ui  résultent  des 
pressions/?,  qui  donnent  respectivement  les  forces 

L'eiïet  total  est  donc  une  force  P'ds  normale  à  la  surface,  comptée  posi- 
tivement en  allant  de  i  à  2  : 

(4)  '        P"=g^[HUl-2//,COs2Ô,)-H^(l-2fZ,_C0S^Ô.,)]. 

4.  Soient  P',  et  V.,  les  valeurs  des  pressions  P'  de  l'équation  (2)  pour  nos 
deux  fluides.  La  pression  P  exercée  par  le  fluide  i  sur  le  fluide  2  (  ')  sera, 

(')  C'est  la  force  normale,  dirigée  de  2  vers  i,  qu'il  faudrait  ajDpiiquer  à  l'unité  de 
surface  pour  maintenir  l'équilibre. 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  igi2.  5l3 

à  une  constante  près, 

(5)         -P  ==  P"+  P;  -  p;=  ^[^..H^i  -  2  008^9.)  —  ij.,  Hl{i-  2  cos^^O], 

c'est-à-dire,  d'après  (3), 

ou  bien 

{^  ter)     P  =:-^  H][ra,  — 1  +  (pLi^O^cos-^^,]  —  -^Hl[p.2— i  -H  (/jl,— i)^  cos^Ô,]. 

Si  le  fluide  2  avait  la  perméabilité  unité  (vide  par  exemple^,  on  aurait 
donc 


(6) 


P  =  ^  H  ^  I  p,  —  I  +  (  p.,  —  I  y  cos-  ô,  ]  =  2  - 1^  (  — î — i-  cos^  e,  ) , 


I,  étant  l'aimantation. 

C'est  bien  la  valeur  de  P,  d'après  la  formule  de  M.  Liénard,  dont  j'ai 
donné  récemment  une  démonstration  élémentaire  (*). 

Supposons  maintenant  que  les  fluides  i  et  2  soient  séparés  par  une  couche 
très  mince  et  flexible  d'un  corps  3,  de  perméabilité  (juelconque.  Les  rela- 
tions (3)  subsistent.  La  pression  exercée  par  i  sur  3  sera,  d'après  (5  ter), 

celle  qu'exerce  3  sur  2  sera 

g^Hf[fX3— I  +  (^3— i)2cos2  03]—  g^H2[p,— i  +  (j^2— i)2cos-^9o]. 

La  somme  algébrique  de  ces  deux  pressions  est  le  second  membre 
de  (5  ter).  Ainsi  la  pression  (ju'exerce  le  fluide  i  sur  le  fluide  2  est  la  même, 
qu'ils  soient  en  contact  direct,  ou  séparés  par  une  enveloppe  mince  et 
flexible. 

Pour  que  ce  qui  précède  soit  applicable,  il  suffit  qu'on  puisse  regarder  u. 
comme  sensiblement  constant,  ce  qui  est  le  cas  des  liquides,  et  même  des 
gaz  ordinaires,  à  cause  de  leur  faible  susceptibilité. 

5.  Considérons  maintenant  les  changements  de  volume  des  fluides  dans 
un  champ  magnétique.  La  pression  P"  est  une  force  superficielle,  compa- 

(*)  Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  264.  Le  Mémoire  de  M.  Liénard  est  dans  La 
Lumière  électrique,  t.  52,  i8c)4. 


5l4  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

rable  à  la  pression  2710--  sur  un  conducteur,  et  ne  peut  influer  que  par  son 
action  mécanique  (\).  La  pression  P',  au  contraire,  est  une  pression  hydrosta- 
tique interne  qui  doit  produire  les  mêmes  effets  que  toute  autre.  On  pourra 
donc  calculer  la  densité  d'après  elle  en  y  joignant,  bien  entendu,  les  autres 
pressions  internes  résultant,  par  exemple,  de  la  pesanteur  et  de  la  pression 
atmosphérique. 

La  loi  de  compressibilité  peut  dépendre  de  Taimantation,  si  celle-ci  mo- 
difie les  forces  moléculaires.  La  détermination  peut  en  être  faite  en  suppo- 
sant le  fluide  enfermé  dans  une  enveloppe  mince,  dans  le  vide,  de  telle  sorte 
que  le  champ  H,  soit  constant;  on  a  alors  P'=  const.  En  un  point  de  l'enve- 
loppe où  6,  =     j   on  a  P"=o,  et  la  pression  exercée  mesure  la  pression 

interne  du  fluide. 

Pour  les  gaz,  les  forces  moléculaires  ne  sont  pas  modifiées  par  l'aiman- 
tation; cela  est  démontré  par  ce  fait  que  leur  susceptibilité  massique  est 
constante.  Considérons  un  électro-aimant,  placé  dans  le  vide,  et  de  l'oxy- 
gène dans  une  enveloppe  mince.  Celle-ci,  au  début,  était  éloignée;  on 
l'amène  dans  le  champ  uniforme,  on  fait  varier  son  volume,  on  la  ramène 
en  son  lieu  primitif  et  à  son  premier  état.  Le  travail  dans  ce  cycle  isotherme 
étant  nul,  il  en  résulte  que  le  gaz,  dans  le  champ^  suit  la  même  loi  de  com- 
pressibilité qu'au  dehors  (-). 

Supposons  maintenant  que  l'électro-aimant  soit  dans  une  atmosphère 
d'oxygène.  La  densité  dans  le  champ,  comparée  avec  celle  du  dehors,  est 

plus  grande  dans  le  rapport  p-  =  i  ^-  ^-^ —  -p-?  en  appelant  P,,  la  pression 

hors  du  champ. 

D'autre  part,  si,  dans  le  champ,  on  enferme  un  certain  volume  d'oxygène 
dans  une  enveloppe  mince,  qu'on  l'amène  hors  du  champ,  et  qu'on  laisse  le 
gaz  se  dilater  jusqu'à  la  pression  P^,  on  trouve  le  résultat  ci-dessus  par  un 
calcul  énergétique  très  simple. 

Ainsi  f  énoncé  (a)  donne  toujours  des  résultats  exacts,  en  tenant  compte  de  la 
force  pondéromotrice produisant  lap'ression  P'. 

Tout  ce  que  nous  avons  dit  s'applique  aussi  bien  aux  fluides  diélectriques 
qu'aux  fluides  aimantés,  en  remplaçant  la  perméabilité  [x  par  le  pouvoir 
inducteur  K. 


(*)  Par  exemple,  elle  peut  équilibrer  une  partie  de  la  pression  atmosphérique. 
(-)  On  se  rappelle  que,  pour  les  gaz,  \k  —  i  est  très  petit;  P"  est  du  second  ordre, 
et  nous  le  négligeons. 


SÉANCE   DU    20    FÉVRIER    1922.  5l5 

6.  L'énoncé  (A),  soumis  au  calcul  comme  plus  haut,  donne  pour  la  pres- 
sion P  le  résultat  exact;  mais,  chaque  élément  de  volume  à  Tintérieur 
étant  en  équilibre  de  lui-même,  la  pression  hydrostatique  P'  n'existe  pas. 
Les  seules  forces  pondéromotrices  seraient  donc  aux  surfaces.  C'est  là, 
évidemment,  un  point  de  vue  trop  artificiel,  qui  laisse  inexpliqué,  entre 
autres,  ce  fait  que,  dans  une  atmosphère  indéfinie,  le  gaz  se  rapproche  d'un 
corps  électrisé,  ou  bien  d'un  aimant  s'il  est  paramagnétique,  et  s'en  éloigne 
s'il  est  diamagnétique. 

Il  paraît  donc  que  l'énoncé  [a)  de  Maxwell  doit  être  conservé,  bien  qu'il 
faille  sans  doute  renoncer  à  rattacher  ces  forces  à  la  théorie  de  l'élasti- 
cité (').  Elles  restent  comme  un  jalon  pour  la  théorie  qui  pourra  un  jour 
rendre  compte  de  Télectricité  et  du  magnétisme  par  une  action  de  milieu. 

En  attendant,  elles  peuvent  avoir  des  applications  intéressantes,  permet- 
tant de  traiter  simplement  bien  des  problèmes,  notamment  pour  les  corps 
de  faible  susceptibilité,  où  le  champ  intérieur  H  est  immédiatement 
connu. 


M.  Maurice  Hamy  fait  hommage  à  l'Académie  de  V Annuaire  du  Bureau 
des  Longitudes  Y^ouT  1922. 

M.  H.  AxDOYER  s'exprime  en  ces  termes  : 

J'ai  l'honneur  de  présenter  à  l'Académie  un  essai  sur  l'Œuvre  scientifique 
de  Laplace.  Il  serait  superflu  de  rappeler  ici  tout  ce  que  la  Science  doit  à 
ce  puissant  génie  :  c'est  dans  les  Mémoires  de  V  Académie  que  l'on  trouve 
presque  toutes  ses  recherches,  depuis  1773  jusqu'en  1827.^  Je  voudrais 
seulement  rappeler  d'un  mot  que,  si  Laplace  a  fait  d'admirables  décou- 
vertes mathématiques,  son  génie  propre  Téloignait  plutôt  de  la  spéculation 
abstraite  pour  l'incliner  vers  les  problèmes  réels  de  la  philosophie  naturelle, 
entendue  dans  son  sens  le  plus  large  :  ses  Mémoires  sur  la  Physique 
comptent  parmi  ses  plus  beaux  travaux;  et  c'est  avec  son  illustre  confrère  et 
ami  Berthollet  qu'il  avait  fondé  la  célèbre  Société  d'Arcueil,  pour  s'entre- 

(*)  Les  critiques  dont  la  théorie  de  AlaxAvell  a  été  l'objet,  et  qui  lui  ont  valu  un  peu 
de  discrédit,  ont  porté  surtout  sur  l'assimilation  de  ces  tensions  et  pressions  à  des 
forces  élastiques,  ce  qui,  semble-t-il,  était  bien  en  eflet  l'espoir  (non  réalisé)  de 
l'auteur. 


5l6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

tenir  librement  avec  un  petit  nombre  de  savants  plus  jeunes,  choisis  parmi 
les  plus  distingués,  des  plus  hautes  questions  scientifiques,  et  tout  particu- 
lièrement de  celles  qui  relèvent  de  la  Physique  générale. 

Le  Prixce  Bovapaute  fait  hommage  à  l'Académie  du  ii*"  fascicule  de  ses 
Notes  ptéridologiqucs^  qu'il  vient  de  publier.  Ce  fascicule  contient  un 
Mémoire  de  M.  Houard,  professeur  à  l'Université  de  Strasbourg,  sur  les 
Zoocécidies  des  Ptéridophytes  de  l'Ancien  Continent,  qui  est  accompagné 
de  deux  planches  hors  texte. 

ÉLECTIONS. 


Par  la  majorité  absolue  des  suffrages,  M.  H.  Deslandres  est  élu  Membre 
du  Conseil  de  perfeciionnemcnt  de  V Ecole  polytechnique. 


CORRESPONDANCE. 

L'Université  royale  de  Padoue  invite  l'Académie  à  se  faire  représenter 
aux  fêtes  du  septième  centenaire  de  sa  fondation,  qui  auront  lieu  du  \[\  au 
i-^  mai  prochain. 

Le  Département  de  l'Industrie  et  de  i-'AtmicuLTURE  de  l4  République 
et  Canton  de  Neuchâtel  informe  l'Académie  de  l'ouverture  d'un  concours 
de  réglage  de  chronomètres  qui  aura  lieu  à  l'occasion  du  centenaire 
d'ABRAM-LouisBREGUET,  en  1923,  et  communique  les  conditions  du  concours. 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

J.  GuiART.  Parasitologie.  (Présenté  par  M.  Joubin.) 

Jules  Batuaud.  La  stérilité  féminine^  ses  causes^  son  traitement.  (Présenté 
par  M.  Brauly.) 

Th.  MoREUx.  Origine  et  formation  des  mondes.  (Présejité  par  M.  B. 
Baillaud.) 


SÉANCE    DU    20    FÉVRIER    1922.  Si'] 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Les  équations  fonctionnelles  et  In  représentation 
conforme.  Note  de  M.  Gastox  Julia. 

1.  Les  progrès  réalisés  à  la  suite  de  l'introduction  des  fonctions  modu- 
laires et  fuclisiennes  en  Analyse,  notamment  par  la  représentation  paramé- 
trique des  courbes  algébriques  et  l'uniformisation  des  fonctions  multiformes, 
ont  conduit  la  représentation  conforme  à  un  développement  tel  qu'il  est 
possible  de  la  faire  servir  à  la  démonstration  de  ihéorèmes  d'existence 
variés. 

Il  faut,  pour  cela,  prouver  directement  que,  par  exemple,  toute  surface  de 
Riemann  simplement  connexe  est  représentable  conformément  sur  un  cercle 
ou  sur  un  plan  pointé  ou  sur  un  plan  fermé.  Ce  résultat  acquis  permet 
ensuite  d'établir  à  la  fois  l'existence  des  fonctions  fuchsiennes,  des  groupes 
correspondants  et  la  représentation  paramétrique  des  courbes  algébriques 
(une  marche  analogue  donne  les  fonctions  kleinéennes). 

Les  fonctions  fuchsiennes  satisfont  à  des  équations  fonctionnelles  du  type 

^  (y  z  -t-  3 

/[S(  r- )]  =y"(5  )  ou  vS(2)=  f^ — '-•  La  méthode  qu'on  vient  de  ra[)peler 

consiste  à  déterminer,  a  priori^  \e  domaine  des  valeurs  D(Z)  que  prend 
7j=:  f{z)  dans  son  domaine  d'existence  d{z),  d'où  l'on  déduit  d  par  une 
représentation  conforme.  Ce  domaine  D  est  une  surface  de  Riemann  à  une 
infinité  de  feuillets,  composée  d'une  infinité  de  surfaces  de  Riemann  algé- 
briques identiques,  empilées,  et  réunies  par  des  lignes  de  croisement  super- 
posées, judicieusement  choisies.  R  est  possible  de  faire  correspondre  à  un 
point  Z  qui  décrit  D  un  point  Z, ,  toujours  projeté  sur  Z,  qui  décrive  aussi  D 
de  façon  que  Z,{Z)  et  Z(Z,)  soient  des  fonctions  uniformes  analytiques 
sur  D.  La  représentation,  par  Z  ^=f{z  ),  de  D  sur  un  cercle  ou  sur  un  plan, 
pointé  ou  non,  fera  correspondre  à  Z  et  Z,  des  points  z-  et  s,  liés  par  une 
relation  linéaire  z^  = 'S{z)]f['6(z)]  =  f(z).  On  a  ainsi  un  groupe  fuchsien 
correspondant  à  ce  qu'on  peut  appeler  le  i^roupe  des  transformations  uni- 
formes de  D  en  elle-même,  par  superposition. 

2.  Ce  qui  précède  indique  l'avantage  qu'il  y  a  à  déterminer  d'abord  le 
domaine  des  valeurs  D(Z),  d'une  fonction  Z  =fÇz)  satisfaisant  à  certaines 
conditions,  c'est-à-dire  à  déterminer  le  domaine  d'existence  de  la  fonction 
inverse  z  =  o{Z).  Ayant  examiné  dans  cet  esprit  un  certain  nombre 
d'équations  fonctionnelles  étudiées  jusqu'ici  par  des  méthodes  variées,  j'ai 
été  conduit  à  rattacher  leur  solution  à  un  principe  commun  assez  analogue 


5l8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

à  celui  que  j'ai  exposé  ci-dessus.  Il  s'agit  de  déterminer  une  fonction 
^  =/(-)  satisfaisant  à  une  relation  F[f(z),  fiS(z))]  =  o,  z^  =  S(c)  étant 
une  certaine  substitution  linéaire àonnèe^*),  on  à  déterminer,  etF(Z,  Z,)  =  o 
une  relation  donnée.  On  déterminera  une  surface  de  Riemann  D(Z)  sur 
laquelle  la  relation  F(Z,Z,)  =  o  définisse  une  correspondance  (Z|Z,)  qui 
soit  analytique,  et  biunivoquc,  qui  soit  invariante  par  la  transformation 
Z,(Z)  ainsi  définie  et  par  son  inverse.  On  choisira  D(Z)  aussi  étendue  que 
possible  et,  par  la  représentation  conforme  Z  =f(z-)  de  D(Z)  sur  d(z)j  on 
aura/(5)  dans  le  domaine  d'existence  d(z).  J'appliquerai  cette  méthode 
aux  équations 

/(..-)  =  R[/(:;)];         /(.- +  a)  =  R[/(  c)  ]  ;         f[R,{z)]  =  i\,[f{z)]. 

Puis,  modifiant  un  peu  l'idée  précédente  ("),  je  montrerai  qu'on  en  peut 
tirer  des  transcendantes  étudiées  par  M.  Picard  et  montrer  d'une  façon 
intuitive  leur  grande  variété  ;  enfin  on  obtiendra  des  transcendantes 
nouvelles. 

3.   Voici  comment  se  traite  l'équation 

f{sz):=î{[f{z)]         [R,  rationnelle]. 
On  suppose  que 

R(o)=o,         |R'(o)  =  .s|>i, 

et  l'on  cherche  les  solutions  régulières  à  l'origine.  Dans  le  plan  Z,  soit  C^ 
un  cercle  assez  petit  de  centre  O,  (C„)  l'aire  qu'il  enclôt.  La  forme  circulaire 
n'est  utile  que  pour  la  simplicité  de  l'exposition. 

Lorsque  Z  décrit  (Co),  Z,  =  R(Z)  décrit  une  aire  (C,  )  contenant  (Gq), 
Zo  =  R(Z,)  décrit  (Cj)  contenant  (G,),  etc.  On  a  une  suite  d'aires  (G,) 
[  itérées  de  (Go)]  dont  chacune  contient  toutes  les  précédentes  :  A  partir  d'un 
certain  moment,  ce  sont  des  surfaces  de  Riemann  simplement  connexes  dont 
le  nombre  de  feuillets  augmente  indéfiniment,  le  passage  de  (G„)  à  (G„+,) 
se  faisant  toujours  par  prolongement  analytique  à  partir  de  (G„). 

Soit  2  la  surface  de  Riemann  simplement  connexe,  limite  de  G„  pour 
71  =  00,  et  Z^f(z)  la  fonction  qui  la  représente  conformément  sur  un 
cercle  du  plan  z,  ou  sur  le  plan  z,  pointé  à  l'infini,  et,  pour  préciser,  telle  que 

(')  S(c)  pourra  n'être  pas  linéaire;  alors  le  domaine  d'existence  de /(;)  sera  lui- 
même  une  surface  de  Riemann,  invariante  par  ^i  =  S(5),  el  J'{z)  sera  multiforme  en 
général, 

(-)  En  s'inspirant  de  la  notion  de  groupe  kleinéen  (du  tvpe  Schottky),  au  lieu  de 
la  notion  de  groupe  fuchsien  à  cercle  fondamental. 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  1922.  DIQ 

f(o)  =  o,/'(o)  =  I.  Il  résulte  des  théorèmes  généraux  de  la  représentation 
conforme  que  f(z)  est  la  limite,  dans  tout  son  domaine  d'existence,  de  9rt(^), 
telle  que  9,4(0)  =  o,  9l(o)  =  i,  qui  fournit  la  représentation  conforme  de 
(C,j)  sur  un  cercle  (y,j)  de  centre  O  du  plan  z.  On  a,  évidemment, 

avec 

yo=Co         et         y„^i=(.s|y„. 

Les  cercles  y,j  grandissent  indéfiniment.  Donc  H  est  représentable  sur  le  plan 
pointé  (à  l'infini)  par  Z  =^f(^z),  qui  sera  une  fonction  méroinorphe  dans 
tout  le  plan  z  (sauf  l'infini).  Sur  S,  Z,  =  R(Z)  transforme  d'une  façon  biuni- 
voque  (C„)  en  (C,^^.,),  le  point  O,  du  premier  feuillet,  étant  le  seul  point 
double  :  Z,  =  R(Z)  constitue  une  transformation  biuiiivoque  de  I  (')  en 
elle-même  avec  comme  seul  point  double  O,  à  distance  finie.  A  deux  points 
correspondants  Z  et  Z,  de  S,  sont  associés  z  et  z^  par  Z  =  f(^z),  Z,  =f{z^) 
et  la  correspondance  (s  |  :;,  )  est  une  transformation  biunivoque  et  analytique 
du  plan  pointé  en  lui-même  avec  s  =  o  et  2  ^  oc  pour  points  doubles  :  c'esl 
justement  z^  =  sz.  f(z)  est  la  fonction  fondamentale  satisfaisant  à 

f{sz)  =  }\[/{z)]. 

On  aurait  obtenu  toutes  les  solutions  de  cette  équation  (régulières  en  O)  en 
partant  d'un  élément  circulaire  de  surface  de  Riemaun  (C^)  possédant  en  O 
un  point  de  ramification  d'ordre  quelconque. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  le  raccordement  des  lignes  et  la  courbe 
élastique  plane.  Note  de  M.  Georges  J.  Kémou.vdos,  présentée  par 
M.  Hadamard. 

1.  Tout  récemment  (^  )  M.  P.  Appell  a  publié  une  Xote  importante  dans 
laquelle  il  cherche  la  courbe  la  plus  avantageuse,  au  point  de  vue  de  la 
courbure   et    de    la  longueur,   qui  soit  tangente   à  deux  droites  données 

(')  i  est  uti  exemple  simple  de  surface  de  Riemann  transcendante,  admettant  un 
groupe  infini  de  transformations  analytiques  et  biunivoques  en  elle-même;  ZiZ=:R(Z), 
non  biunivoque  dans  le  plan  Z,  le  devient  sur  ^. 

(-)  P.  Appell,  Courbe  de  raccordement  et  élastique  plane  {Bull,  de  la  Soc.  math, 
de  France,  t,  49,  1921,  fasc.  I  et  II). 


520  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

D,  et  D^  en  deux  points  donnés  ]VI,(^,,  j,),  M.j,(x.,,  y.-,)  sans  avoir  de 
points    singuliers, 

M.  Appell,  en  appliquant  une  méthode  qui  rend  minimum  la  courbure 
moyenne  et  conserve  la  longueur,  a  abouti  à  la  conclusion  que  la  courbe 
cherchée  doit  être  une  élastique  plane. 

Or,  le  fait  que  la  courbure  moyenne  est  rendue  mininium  n'est  pas  tout 
à  fait  satisfaisant  pour  le  but  du  problème  (qui  intéresse  surtout  les 
ingénieurs),  puisque  cela  n'empêche  pas  que,  sur  l'arc  M,  Mo,  la  plus 
grande  courbure  soit  trop  grande.  Il  serait  donc  nécessaire  de  compléter 
à  ce  point  de  vue  le  résultat  important  de  l'éminent  géomètre  en  rendant 
aussi  minimum  la  plus  grande  courbure. 

Cette  idée  se  justifie  d'autre  part  par  le  fait  que  l'équation  différentielle 
de  l'ensemble  des  courbes  élastiques  planes  est 

où 

ôc^^^cosc)  —  Isinc»),  y  =  X  sin  r.)  +  Y  cos  w  +  6, 

les  «,  h,  (x>  étant  trois  paramètres  variables. 

L'intégration  de  l'équation  (  i)  donnera  deux  nouveaux  paramètres  c  et  c^ , 
et,  par  conséquent,  l'ensemble  des  courbes  élastiques  planes  dépend  de  cinq 
paramètres,  tandis  que  le  problème  traité  par  M.  Appell  comporte  quatre 
conditions.  Il  reste  donc  un  paramètre  disponible,  que  l'on  peut  utiliser 
pour  le  complément  ci-dessus  indicjué.  Nous  avons  traité  cela  et  le  résultat 
de  nos  recherches  est  le  suivant  : 

2.  Soient  X,  et  Xo  les  coeflicients  angulaires  des  droites  données  D,  et  Do 
et  considérons  la  fonction  elliptique />w  correspondant  aux  invariants 


(.  +  ï)vî 


2C(,A'  — C-) 


-^-  .7 


soient   (X,,  Y,)   et  (X.,  Y.)  les    valeurs  des  X  et  Y   correspondant  aux 
points  donnés  M, (a?,,  7,),  M.^{x^_^  y,)  et  posons 


OÙ  les  nombres  ::,  et  z...  correspondent  aux  valeurs  Y^  et  Y.  moyennant  la 
relation 


I    r  3Yn 


SÉANCE    DU    20    FÉVRIER    1922.  D'il 

Considérons  aussi  les  déterminants  fonctionnels  (jacobiens  )  A,.  A..  !..  A., 
des  fonctions 


(2) 


Yi  y-         /-i-f-tangw    /  Yj 


27.'-         j  I  —  /-i  laiig()j  \2  a- 


2  5C- 


I  —  A,  tanç^nJ  V  2  a- 


et  de  chacune  des  quatre  quantités 


^^-2(\'4/^".+  y).      ^\/-^^(W/>''.  +  ^)'      ^V/-2C 


2C,        -v/2(l  —  C) 

a 

considérées  comme  fondions  des  quatre  paramètres  a,  h^  c,  oj. 

Alors,  notre  théorème  est  le  suivant  : 

Les  meilleures  élastiques  planes,  au  point  de  vue  de  la  courbure,  sont  parmi 
celles  qui  correspondent  aux  valeurs  des  paramétres  a,  h,  c,  co  qui  annulent 
simultanément  les  trois  fonctions  (2)  et  Vun  au  moins  des  jacobiens 
A,,  Aa,  A3,  A,. 

La  seconde  constante  d'intégration  c,  est  utilisée  pour  que  la  courbe 
cherchée  passe  par  le  point  M,  (x^ ,  v,  ). 

Il  faut  donc  résoudre  des  systèmes  de  quatre  équations  à  quatre  inconnues 
pour  trouver  les  meilleures  solutions  du  problème.  Il  faudra  seulement 
constater  si  elles  donnent  des  courbes  réelles.  Il  est  clair  qu'une  discussion 
détaillée  au  point  de  vue  réalité  doit  se  faire  dans  un  Mémoire  étendu. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  quelques  applications  du  calcul  diffé- 
rentiel absolu.  Note  de  M.  René  Lagrange,  présentée  par  M.  Emile 
Borel. 

La  méthode  d'exposition  du  calcul  différentiel  absolu,  que  j'ai  résumée 
dans  une  Note  récente  ('),  m'a  permis  d'obtenir  quelques  résultats  dont 
certains  me  paraissent  nouveaux. 

L'étude  du  déplacement  d'un  vecteur  (£,,  f,,  ...,  ç,^)  le  long  d'une 
courbe  (F)  est  aussi  simple  que  dans  un  espace  cartésien.  En  particulier, 
si  t  est  le  paramètre  du  point  courant  de  (F),  et  si  les  ^,  sont  fonctions  de  /, 

(')  Comptes  rendus,  t.  173,  19-21,  p.  i/^Si. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  8.)  4° 


522  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

on  obtient  la  formule  de  l'aylor  généralisée. 

'dli       {i--  ty-  d-ij 


•/„(^,  ^')_ ->(/)  + (i'—  /) 


dt     '  i  dV- 


(|iii  représente,  en  chaque  pointu),  le  vecteur  obtenu  en  déplaçant  £,(/) 
parallèlement  à  lui-même,  an  sens  absolu,  à  partir  du  point  (z').  ("eLte  for- 
mule se  généralise  aussi  bien  sur  une  variété  d'ordre  quelconque  plongée 
dans  un  espace  d'ordre  n. 

Les  rotations  d'un  système  orthogonal  fonction  d'un  ou  de  plusieurs 
paramètres,  et  les  n  —  \  courbures  d'une  courbe,  dans  un  espace  rieman- 
nien,  ou  même  plus  général  (dans  lequel  les  coefficients  des  formes  de 
Pfafffl^co,  sont  des  intégrales  curvilignes),  s'obtiennent  par  les  mêmes  for- 
mules qu'eu  calcul  ordinaire. 

('eci  s'appli(|ue  sans  changement  au\  cônes,  en  appelant  «  cône  «  toute 
famille  de  vecteurs  issus  d'un  point.  Pour  la  détermination  des  courbures 
d'un  cône,  les  différentielles  absolues  coïncident  avec  les  différentielles 
ordinaires,  car,  dans  l'expression 

dii—  dij  —2^  ''«P  -/^  ^^'^^\''- 

les  r/cop  sont  tous  nuls. 

Cela  revient  à  considérer  un  vecteur  comme  un  élément  géométrique,  tel 
qu'on  le  conçoit  dans  l'espace  euclidien,  plongé  dans  un  espace  euclidien 
intinitésimal  entourant  son  origiue  M.  Cet  espace  euclidien  joue  le  rôle 
d'espace  épreuve  grâce  au(jael  on  explore  l'espace  étudié. 

(Juand  M  décrit  une  trajectoire  quelconque  de  façon  que  tous  les  vec- 
teurs issus  de  M  restent  parallèles  à  eux-mêmes,  au  sens  absolu,  cet  espace 
épreuve  subit  un  simple  déplacement  sans  déformation  (par  exemple,  les 
courbures  d'un  cône  restent  constantes). 

Un  vecteur  unité  {Oj)  étant  donné,  fonclion  d'un  point  courant  d'uu 
espace  !>„,  appelons  directions  principales  toutes  les  directions  orlhogonales 
à  «„  le  long  desquelles  la  vitesse  absolue  de  a,  leur  est  parallèle.  <  >n 
démontre  facilement  qu'il  y  en  a  au  moins  n  —  i,  et  que,  t^i  (a,)  est  normal 
à  une  V,, _,,  ces  directions  principales  sojit  orthogonales  deux  à  deux; 
si  w,  v^  (r,  .,.,  sont  les  paramètres  des  lignes  de  courbure  de  la  V,,_,. 
if,  r,,,  C,  • .  -,  les  directions  principales,  on  a  les  formules  suivantes  : 

Ou  dv 


SÉANCE    DU    20    Fi;VRlER    1922.  I)l3 

avec,  pour  la  \  „_,, 

ds-  =-■  do)l  +  d(j)'-,  H-  . .  .  -i-  (ioj,-j  zzz  A-dfi-  -+-  li^di-  -+-  Q-di\-  4-  ...  ; 

A,,  Xo,  A3,  ...  sont  les  courbures  principales,  de  signification  géométrique 
évidente,  et  l'on  a  encore  le  théorème  d'Euler  pour  la  courbure  normale  le 
long  d'une  courbe  quelconque  (C)  de  la  V„_,. 

L'expression  Q.  =  V  \-\f.{^i:^k),  que  j'appellerai  courbure  totale  externe  ^ 

est  liée  à  la  courbure  totale  (^  =  —^"z'/l  par  la  formule  simple 

i,  A- 


ikht 


OÙ  les  T'I^i  sont  les  symboles  de  Riemann  de  E,j. 

On  a  le  théorème  :  «  Tous  les  espaces,  dans  lesquels  les  deux  courbures 
totales  d'une  V,j  ,  quelconque  sont  égales,  sont  ceux  dont  les  covariants 
doubles  de  Kiemann 

a 

sont  identiquement  nuls.  )> 

Pour  ft  =  3,  un  tel  espace  est  euclidien. 

Comme  conséquences  du  même  calcul,  on  obtient  les  théorèmes  de  Dupin 
généralisés,  dans  un  espace  d'ordre  quelconque  : 

i""  Si  deux  V,j_,,  S  et  1,  sont  orthogonales  le  long  d'une  courbe  (F), 
ligne  de  courbure  de  S,  et  si  la  normale  de  2  est  également  direction  prin- 
cipale pour  S,  (F)  est  aussi  ligne  de  courbure  sur  (I),  et  la  normale  de  S 
est  direction  principale  pour  1; 

2.°  Si  un  système  de  n  familles  de  V„_,  est  /^-orthogonal,  les  sections  de 
ces  variétés  n  ~  i  k  u  —  i  sont  lignes  de  courbure  sur  ces  variétés. 

Si  ces  ligues  de  courbure  sont  de  plus  des  géodésiques  de  E„,  E„  est 
euclidien. 


GÉOMÉTRIE  INFINITÉSIMALE.  —  Correspondance  ponctuelle  entre  deux 
surfaces  avec  échange  des  réseaux  conjugués  en  réseaux  orthogonaux  et 
vice  versa.  Note  de  M.  Bertrand  Gaaibier,  présentée  par  M.  G.  Kœnigs. 

1.   On  sait  l'importance  des  trois  formes  quadratiques  "îldx-,  ^clcdx, 
^dc'-  attachées  à  une  surface  S. 


524  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

J'ai  déjà  signalé  que  certaines  surfaces  S  convenablement  choisies 
peuvent  être  mises  en  correspondance  ponctuelle  avec  une  autre  surface  S, 
de  façon  que  le  rapport  des  deux  premières  formes  S  et  S,  et  aussi  le 
rapport  des  deux  dernières  soient  fonction  uniquement  de  la  position  du 
point  M  étudié  et  non  de  l'orientation  de  l'élément  d'arc  issu  de  M  ;  on  a 
vu  qu'il  peut  se  produire  alors  deux  hypothèses  distinctes  dont  l'une  P,, 
que  nous  retrouverons  plus  bas,  signilie  en  langage  ordinaire  que  les  lignes 
de  longueur  nulle  d'une  part,  les  asymptotiques  d'autre  part  se  con- 
servent (  '  ). 

2.  Un  problèjue  analogue  consiste  à  déterminer  les  couples  S,  S,  tels  que 
la  correspondance  ponctuelle  transforme  les  ligues  de  longueur  nulle  en 
asymptotiques  et  vice  versa.  Un  réseau  soit  orthogonal,  soit  conjugué  sur 
l'ime  des  surfaces  devient  sur  l'autre  un  réseau  soit  conjugué,  soit  ortho- 
gonal; le  réseau  des  lignes  de  courbure  se  conserve.  Prenons  ce  réseau  pour 
réseau  de  coordonnées  et  formons  le  Tableau  : 


S 

S, 

Idc"' 

a-da^  -\-  c'-dv- 

a\  du-  -h  c'\ch'- 

i  de  dx 

a-W  du-  +  c'-H'<^i- 

a\  W^du-  -\-  c'\\ 

\\  dv- 

i  f/,r2 

cÛ\V-du--{-c''\\'^d^- 

a-^\\\du^-^c\\ 

!;v.- 

Les  fonctions  a,  c,  R,  R'  sont  liées  par  trois  équations  aux  dérivées  par- 
tielles bien  connues;  de  même  a,,  c,,  R,,  R, .  Les  conditions  de  notre  pro- 
blème reviennent  aux  deux  équations  complémentaires  : 

R'_  F5,  _fac, 
K        1-5 'i        \C(7] 

Le  système  ainsi  formé  serait  d'étude  directe  assez  pénible,  mais  il  montre 
immédiatement  qu'à  une  surface  S  prise  au  hasard  ne  correspond  en  général 
aucune  surface  S,;  de  plus,  si  diverses  surfaces  S,  correspondent  à  une 
surface  S,  ces  surfaces  S,  sont  entre  elles  en  correspondance  P,  et  l'étude 
déjà  faite  pour  P,  nous  donne  ce  résultat  précis  ({u'à  une  surface  S  solution 
de  notre  problème  actuel,  autre  toutefois  qu'une  sphère  ou  une  surface 
minima,  correspond  une  surface  S,  dépendant  au  plus  de  deux  paramètres 
constants  de  forme  (on  néglige  bien  entendu  une  similitude).  Si  les  surfaces 
correspondantes  sont  réelles  et  en  correspondance  réelle,  les  lignes  asymp- 
totiques sont  imaginaires  de  part  et  d'autre. 

(')  Comptes  rendus,  l.  J73,  1921,  p.  760. 


SÉANCE    DU    20    FKVPiIER    1922.  J2D 

3.  Une  solution  presque  banale  s'obtient  en  prenant  pour  S  une  sphère  : 
on  a  simplement  une  représentation  conforme  de  jdeux  sphères  Tune  sur 
l'autre. 

A  une  surface  minima  S  correspond  une  surface  minima  quelconque  S,  : 
le  problème  revient  au  fond  dans  ce  cas  à  échanger  entre  elles  les  deux 
formes  dir -\-  f/v-  et  dir  —  dv-  et  la  solution  est  rvidente;  mais  les  transfor- 
mations ainsi  obtenues  font  correspondre  à  une  nappe  léelle  une  nappe  ima- 
ginaire. 

On  peut  obtenir  un  couple  formé  soit  de  deux  hélicoïdes,  soit  de  deux 
surfaces  spirales,  soit  d'un  liélicoïde  ou  d'une  surface  spirale. 

A  une  surface  de  révolution  S  quelconque  correspond,  par  trois  quadra- 
tures, une  surface  S,  aussi  de  révolution  dépendant  de  "deux  paramètres; 
les  méridiens  se  transforment  en  méridiens  et  les  parallèles  en  ])arallèles. 

Si  la  surface  S  est  de  révolution  et  de  plus  est  caractérisée  par  la  rela- 
tion R  =  mR',  où  m  est  constant  et  R  désigne  le  rayon  de  courbure  de  la 
méridienne,  on  trouve  d'abord  la  solution  qui  vient   d'être  signalée,  S, 

étant  la  surface  de  révolution  caractérisée  par  R,  =  -  R'j  ;  mais  on  trouve 

une  solution  nouvelle,  spéciale  à  ce  cas,  qui  est  S  elle-même  :  cette  surface 
possède  en  effet  ce'-  auto-correspondances  du  type  actuel,  où  les  méridiens 
s'échangent  avec  les  parallèles  et  inversement. 

4.  J'indique  rapidement,  pour  ces  surfaces  de  révolution  particulières,  la 
démonstration  de  ces  propriétés  qui  reviennent  d'ailleurs  à  des  propriétés 
de  P,  non  signalées  dans  ma  Note  précédente.  .le  puis  écrire,  pour  S, 

ch^'uildc-)       ==  du'-+  dv-, 

ch- u{^  de  dx)  =  {m  r///"- 4- rA'*)R', 

ch'- a {Idx'-)      =  {m'-du'-^  di--')]V\ 

où  R'  est  une  fonction  de  //  que  je  n'ai  pas  besoin  d'expliciter.  On  voit 
aussitôt  que 

définissent  oo-  auto-correspondances  P,  de  S.  Sur  la  surface  de  révolution 
S,  (ttt  =  ^}  en  appelant  ?/,,  r,,  R,,  ?v\,  ~  les  éléments  analogues  à  u,  ç, 
R,  R',  m  de  S,  on  voit  aussitôt  que  les  formules 

définissent  oc-  correspondances  P,  entre  S  et  S,. 


:>26  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Or  on  voit,  non  moins  immédiatement,  que  les  formules 

;/,==:  (',  d  =:  ni-  Il 

appliquées  aux  points  (w,  r)  et  (z/,,  (^,)  de  S  réalisent  une  auto-correspon- 
dance du  type  actuel  sur  la  surface  S;  par  conséquent,  la  composition  de 
cette  auto-correspondance  unique  aveclesco-  correspondances  P,  de  S  avec 
soit  elle-même,  soit  S,,  fournissent  toutes  les  correspondances  annoncées 
échangeant  systèmes  conjugués  et  systèmes  orthogonaux. 

5.  Je  montrerai,  dans  une  prochaine  Note,  les  résultats  intéressants  que 
l'on  peut  obtenir  en  combinant  autrement  les  formes  quadratiques  attachées 
à  deux  surfaces  S  et  S,. 

Je  dois  signaler  que  M.  Ogura  a  effleuré  le  problème  P,  et  le  nouveau 
problème  étudié  dans  cette  INote;  il  a  fourni  l'exemple  des  surfaces  minima 
sans  remarquer  qu'une  nappe  réelle  se  transforme  en  nappe  imaginaire 
{\o\v  TohokumathematicalJournaly  vol.  12,  191 7). 


MÉCANIQUE.  —  Cycloides  de  glissement  des  terres. 
Note  (^^'  )  de  M.  Frontard,  présentée  par  M.  Mesnager. 

Considérons  un  massif  en  terre  cohérente  de  poids  spécifique  A,  cohé- 
sion G,  angle  de  frottement  interne  o,  limité  par  un  talus  rectiligne  d'incli- 
naison «supérieure  à  9.  Supposons,  conformément  à  l'hypothèse  habituelle, 
que  toutes  les  lignes  de  charge  sont,  au  moins  jusqu'à  une  certaine  profon- 
deur, parallèles  à  la  surface  libre  du  talus,  cette  hypothèse  étant  d'ailleurs 
rigoureuse  au  voisinage  immédiat  de  la  surface. 

Prenons  pour  axes  de  coordonnées  :  Ox  ascendant  suivant  la  ligne  de 
plus  grande  pente;  Oy  vertical  descendant  à  partir  du  pied  O  du  talus. 
Soient  M  un  point,  de  coordonnées  .t,  t',  delà  courbe  de  rupture  par  glisse- 
ment; a  l'angle  de  la  tangente  TM  avec  la  direction  O.r. 

Admettons  que  le  glissement  ait  déjà  préludé  sur  une  zone  quelconque  de 
la  courbe,  et  se  soit  propagé  jusqu'en  M.  Nous  nous  proposons  de  rechercher 
comment  il  se  propagera  au  delà  de  M. 

Soit  s  Faction  moléculaire  conjuguée  en  M  à  la  direction  MT;  et  soient  n 
et  t  ses  composantes  suivant  la  normale  à  MT  et  suivant  MT.  Soient,  d'autre 
part,  ^  =  Aj'cos/ l'action  moléculaire  (verticale)  conjuguée  en  M  à  la 

(^)  Séance  du  i3  février  1922. 


SÉANCE   DU    20    FKVRIER    1922.  527 

direction  parallèle  an  talus  Ox;  et  /■  l'action  moléculaire  (parallèle  à  Ox) 
conjuguée  de  la  verticale.  Les  équations  d'équilibre  des  trois  forces  pu,  rv. 
si\-,  agissant  sur  le  triangle  élémentaire  on  M,  de  cotés  11,  c,  ir  sont  les  sui- 
vantes : 

nw  ^~-      pu  cos{a.  —  i)  +  rv>\\\  y.. 

/n'  -3:  —  p/f  sin  (y.  —  /)  -'    /r  cos  y. 
Il  (•  ir 


D'où  l'on  lire 


(■o?(a — /)        sina        cos/ 

cos-(a  —  i)  sin- a 

cos/  cos/ 

sinfa  —  /)cos(a  —  /)  sinacosa 

1  —  —  P ^ '- — : +  /•  -. 

cos/  cos/ 

D"autre  part,  la  direction  MT  étant  direction  de  glissement,  l'action 
moléculaire  conjuguée  .?,  ou  ses  composantes  n  et  /,  répondent  à  la  double 
condition  : 

i''  De  mettre  la  matière  en  état  d'équilibre  strict  suivant  la  direction 
conjuguée,  soit  en  admettant  la  légitimité  de  la  loi  de  Coulomb 

/  —  //  tang  o  =  <  ^  ; 

2°  D'être  la  seule,  autour  de  M,  à  mettre  la  matière  dans  ledit  état 
d'équilibre  strict;  en  d'autres  termes,  d'être  celle  qui  réalise,  autour  de  M, 
le  maximum  de  la  fonction  t  —  «tang-^;  sans  quoi,  le  glissement  s'effec- 
tuerait suivant  une  autre  direction  que  MT.  D'où  la  condition 

dt        dn 

^  tango  — o. 

dy        ily. 

Substituons  l\.  n  el  t  leurs  valeurs  précédemment  déterminées.  On  trouve, 
loutes  simplifications  faites  : 

— p  cos  (a  —  /')  sin  (a  —  /-ho)  +  /•  sin  a  cos  (a  H-  9)  =;  C  cos/ cos  o, 

—  /)  cos  (  2  a  —  2  /■  +  9  )  +  /■  COS  (  2  a  +  'v  )  =::=  O. 

On  en  déduit,  par  élimination  de  la  variable  inconnue  /•  et  en*  rempla- 
r  ant/î  par  sa  valeur  Avcos?',  l'équation  différentielle  de  la  courbe  de  glisse- 
ment, soit  : 

—  cos  (  a  —  /'  )  sin  (  a  —  /'  -h  9 )  cos  ( 2  a  ~r-  9 )  H- 

+  sin  y.  cos  {y.  +  o)  cos  il  y.  —  2  /  +  o  )  r=  -7—  cos  o  cos  (  •>  y.  -\-  o  ). 

Celte    équation   figuie.  bien  qu'entacbée  d'une  erreur  de  signe,  dans 


528  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

l'Ouvrage  de  J.  Résal  sur  les  Terres  cohérentes.  Contrairement  à  ce  que 
croyait  Résal,  elle  est  intégrable.  Elle  peut,  en  effet,  être  simplifiée,  et 
s'écrire 

Q 

-r—  coso  cos(2  a  +  9)  =  cos/[sin  /  —  >'iao  cos(  2  y.  —  /  -t-  o)] 

OU 

Ccoso  cos(2a-i-c/) 


(')  V—    ,  .     .     .         . 

Aco?>i    sin/  —  sin'jcos(>a  —  /-t-o) 

D'où  l'on  déduit 

,  4  c  .  sina  cos(a -f- 'v) 

ar  = -—coso  la  11» «7— — -. ^ —. dy.. 

û  '  [sin/-     .sin©cos(''.a  —  i-ho)\'- 


On  a 


,          cos(/—  ce)    . 
clx  = dy, 


,    .  2C  .r    cos(< -h  o)  +  cos(2a  —  i  +  o)   , 

(2)  X  =:— -—-cos-j  lanm  I      —. — ~ ^ —(h.. 

a  '         "  Ja      *'"' — ^sincpcos(2a — / -f- cp )'^ 

Désignons  par  A  un  angle  auxiliaire  variable,  défini  par  la  relation 


/.  /sin  i  -+-  sin  o  ,  /  — 

lane-  =  4  /-; — : r— ^  tanjr    a 

2        y    sin«  —  sino        °  \  2 

Et  l'équation  (2)  prend  la  forme,  immédiatement  intégrable, 

c  coso  tanof  C'  •  -       - 

^= \ ^ — ■ '  /      (cosi  4- coso  cosA  )  ^//. 

A  si  n  (  i  —  o  )  ysi  n  (  /  —  o  )  si  n  (  «'  -i-  o  )  J;^ 

On  a  finalement 

c  coso  tang/(^o  ces/ H-  coso  sin 7„  —  /,  cosi  —  coso  si  11  À) 


(3)  ,r:= 

(4)  r=r 


A  sin  (  f  —  cp  )  y  sin  (  i  —  o  )  sin  («'-}-  o  ) 
c  cosp  tan  g/ 


—  \  sin  [^i  —  o)  sinu  +  o)  sin/,  -t-  cos<  ces  A 


Asin(<' — o)sin(f-+-o)  Llangt 

La  valeur  'Xp,  correspondant  à  a^  =  y  =  o,  correspond  d'ailleurs  à  une 
valeur  de  a  égale  à  y  —  -  (angle  d'incidence  de  toute  courbe  de  glissement 
avec  une  surface  libre),  et  est,  par  suite,  fournie  par  la  relation 


,  V ,  /.o  /siDi  +  Sin  o 

(0)  tang- 


i  /  ^—. r-^  lang    -  — 

y    sin  i  —  sin  o  \  4 

Ces  équations  définissent  complètement  la  courbe  de  glissement. 

Cette  courbe  n'est  autre,  pour  les  matières  parfaitement  glissantes  d'angle 


SÉANCE  DU  20  1  KYRIER  I922.  629 

0  =  0  (dont  le  beurre,  le  saindoux,  la  glace,  l'argile  donnent  une  idée) 
qu'un  arc  de  cycloide.  Pour  les  matières  d'angle  9  =  0,  cette  cycloïde  se 
déforme  plus  ou  moins. 

On  a  aiïaire.  dans  tous  les  cas,  à  une  cycloïde  déformée  homologique- 
ment. 

MÉCANIQUE  APPLIQUÉE.  —  Travail  dépensé  dans  V usinage  mécanique  du  bois. 
Note  de  M.  J.  Petitpas,  présentée  par  M.  Laubeuf. 

[.  Sciures  et  copeaux.  —  C'est  généralement  d'après  des  données  très 
empiriques  qu'est  évalué  le  travail  dépensé  à  Toulil. 

Les  données  de  la  résistance  des  matériaux  n'apprennent  rien  à  ce  sujet. 
Des  bois  ayant  môme  résistance  à  la  traction  ou  au  cisaillement,  par 
exemple,  peuvent  présenter  des  difTérences  très  notables  dans  le  travail 
dépensé  pour  leur  sciage. 

La  méthode  qui  se  base  sur  le  pesage  des  copeaux  détachés  est  inexacte. 
Le  travail  dépensé  n'est  pas  proportionnel  au  poids  des  copeaux.  C'est  ainsi 
que  pour  60"°'  de  copeaux  enlevés  d'un  bois  blanc  en  une  seconde,  la 
dépense  à  l'outil  est  de  l'-o^^'^  si  l'épaisseur  de  passe  est  de  6"™  et  de  iqo'^s™ 
seulement  si  l'épaisseur  est  de  3"^'°. 

Des  recherches  poursuivies  pendanl  une  douzaine  d'années  ont  fait  con- 
naître que  l'énergie  requise  par  l'usinage  du  bois  peut  être  évaluée  d'une 
manière  rationnelle  et  mise  sous  forme  de  formules  et  de  barèmes  appli- 
cables aux  différents  cas. 

Les  opérations  secondaires  (perçage,  etc.)  étant  éliminées,  tout  le  gros 
usinage  peut  se  diviser  en  deux  catégories  : 

i*^  Le  sciage  sous  toutes  ses  formes; 

1°  Le  rabotage  et  opérations  similaires. 

La  variété  des  essences  de  bois  se  réduit  à  un  petit  nombre  de  cas-types. 

II.  Sciage  en  long.  Étalon.  —  La  puissance  transmise  à  l'outil, 
ramenée  à  l'unité  de  surface  de  sciage,  diminue  d'autant  plus  qu'on  force 
la  rapidité  du  débit. 

Désignons  par  T  le  travail  total  absorbé  à  l'outil,  pour  un  débit  de  s  cm- 
par  seconde,  par  t  celui  réellement  dépensé  à  la  denture  et  par  /,    celui 

perdu  en  frottement  : 

T  :=  ^  4-  ^1  ; 

t  est  toujours  fonction  du  débit.  A  égalité  de  débit,  /,  est  beaucoup  moins 


53o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

grand  pour  les  scies  à  ruban  que  pour  les  scies  circulaires;  /,  a  été  évaluô 
dans  le  premier  cas  en  fonction  de.v,  tandis  (|ue  pour  les  scies  circulaires  il  a 
fallu  introduire  des  facteurs  parliculicrs  à  ce  genre  de  machine  :  coincement 
ou  pression  de  fermeture  du  bois  sur  l'outil;  coefficient  de  frottement. 

On  a  donc,  pour  les  scies  à  ruban  :  T  =  /  -t-  /,  =  fonction  de  v;  pour  les 
scies  circulaires  :  /  :^  fonction  de  .v. 

Oi',  dans  un  cas  particulier  di(  cds  èicdon,  c'est  la  même  fonction  de  .9 
qui,  à  de  très  petites  difï'érences  près,  représente  d'une  part  le  T  des  scies  à 
ruban  et  le  /  des  scies  circulaires.  Cette  fonction  de  s  a  été  désignée  par  0. 

Le  cas  étalon  est  le  suivant  :  Sciage  sur  une  grande  machine  à  grumes,  de 
bois  dur  de  pays,  droit,  non  tortillard  et  à  point,  c'est-à-dire  abattu  à  la 
bonne  époque,  ayant  reçu  les  soins  communémenl  exigés  et  dépouillé  d'une 
partie  de  son  humidité  naturelle, 

La  valeui-  de  0  a  été  représentée  graphiquement  en  fonction  des  valeurs 
du  débit  .V.  La  courbe  obtenue  est  représentée  avec  une  très  grande 
approximation  par  l'équation  du  sciage  : 

log6'  =  o,  585  log.v  +  1 ,6735 , 

où  0  exprime  des  kilogrammètres  par  seconde  el  s  des  centimètres  carrés 
de  surface  de  sciage  par  seconde. 

On  peut,  sur  le  même  graphique,  tracer,  pour  la  scie  à  ruban  et  le  cas 
étalon,  la  courl)e  des  t^  fonction  de  s  et,  pour  ce  cas,  mesurer  /  en  ordonnée, 
par  différence  entre  les  deux  courbes. 

Le  T  des  scies  à  ruban  peut  être  trouvé  par  simple  lecture  du  barème  des 
valeurs  de  0  que  l'on  adapte  à  la  nalure  du  bois,  au  moyen  d'un  coeflicient. 

Dans  la  somme  (/  -h  Z,)  relative  aux  scies  circulaires,  le  terme  t  est  égal 
à  0  et  celui/,,  travail  de  frottement,  esl  évalué  en  fonclion  du  coinc<'ment  et 
du  coefficient  de  frottement. 

in.  Sciage  en  travers  ou  tronçonnage  à  la  scie  alternative.  —  On  constate 
qiu;  la  production  de  toutes  les  machines  de  ce  gt-nre,  dont  les  dimensions 
sont  limitées  par  leur  principe  même,  est  toujours  voisine  d'un  débit  s  cm- 
par  seconde  :  s  est  fonction  de  D,  diamètre  de  la  bille  à  scier.  Lorsque  D 
diminue,  s  augmente  très  rapidement.  Le  travail  à  l'outil  (?  ^r-  /,)  augmente 
avec  D,  mais  très  peu;  il  est  presque  constant.  La  production  diminuant 
lorsque  D  augmente,  le  travail  de  frottement  /,  augmente  rapidement  et 
dans  le  même  sens  que  1). 

En  portant  D  en  abscisses  et  .v  en  ordonnées,  on  obtient  une  courbe 
sinusoïdale  qui  représente  une  foncti(»n  de  fangle  a  dit  angle  de  prise. 


SÉANCE  DU  20   FÉVRIER   1922.  53 1 

Pour  que  la  scie  soit  engagée  ot  que  son  débil  soit  normal,  il  faut  que  sa 
denture  atteigne  la  corde  d'un  certain  segment  du  cercle  de  la  section 
à  opérer,  segment  dont  Tangle  au  centie  <'st  a.  La  valeur  de  a  est  donnée 

par  1    ^  "rmule 

3<Jo 


f>»7  VS  —  I 

S,  en  centimètres  carrés,  est  lu  section  à  tronçonner,  de  diamètre  D.  La 
valeur  de  .v,  débit  par  seconde  en  centimètres  carrés,  est  fixée  par  la  rela- 
tion 

/-         «sina 

v/^=7= — T' 
v/S  +  3(. 

/'z  est  un  coefficient  variable  suivant  la  nature  du  bois.  11  varie  entre  5()o 
pour  les  résineux  et  G80  pour  les  blancs  non  résineux.  Pour  bois  dur  de  pays 
on  a,  en  moyenne,  a  =  6id. 

Quand  (V/sina)  est  maximum,  s  est  très  voisin  de  son  maximum.  Alors, 
a  =  90°  et  D  =  575™™.  Le  rendement  maximum  est  donc  obtenu  au  tron- 
çonnage d'un  arbre  dont  le  diamètre  est  compris  entre  ")5*""  et  60"". 

A  débit  égal,  le  travail  utile  /  est,  en  tronçonnage,  égal  aux  0,62  de  celui 
dépensé  dans  le  sciage  en  long  du  même  bois. 

TV.  Rabotage.  —  On  entend  par  rabotage  tout  usinage  ayant  pour  but  la 
diminution  du  volume  evtérieur  de  la  pièce  à  usiner,  par  enlèvement  de 
copeaux. 

La  dépense  utile  à  l'outil  /  est  directement  proportionnelle  à  la  section 
<r aménage  S 

S  =  \Jliv  X  e, 

on  c  est  l'épaisseur  de  passe  en  centimètres,  h  la  largeur  de  la  pièce  à 
raboter,  v  la  vitesse  d'amenage,  en  centimètres  par  seconde. 
La  formule  générale  de  la  puissance  utile  à  la  coupe  est 

Le  coefficient  c  est  sensiblement  proportionnel,  pour  chaque  essence  de 
bois,  au  coefficient  tic  résistance  à  l'écrasement  dans  le  sens  des  fibres.  Par 
exemple,  pour  les  blancs  non  résineux, 

C:zi4">  et  /:^4'^S. 

Les  bois  très  secs  provoquent,  dans  le  mécanisme  d'amenage,  une  dépense 
moindre  que  les  bois  verts,  mais  ils  absorbent  par  contre  un  plus  important 
travail  t  à  l'outil. 


532  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


BALISTIQUE  INTÉRIEURE.  —  Au  sujet  de  la  vitesse  de  combustion  des 
poudres  colloïdales.  Note  (')  de  M.  Paul  Bourgoix,  présentée 
par  M.  A.  Râteau. 

La  discordance  entre  les  résultats  fournis  par  les  formules  de  la  balistique 
intérieun^  et  ceux  expérimentaux,  notamment  en  ce  qui  concerne  la  position 
du  maximum  de  pression,  vient  d'être  signalée  à  nouveau  par  MM.  Gossot 
et  Liouville  (-). 

A  mon  avis,  cette  discordance  tient  au  fait  essentiel  que  l'expression 
adoptée  pour  la  détermination  de  la  vitesse  de  combustion  ne  tient  pas 
compte  de  la  température  du  milieu  dans  lequel  s'effectue  la  combustion. 
Les  expériences  suivantes  mettent  en  évidence  le  rôle  capital  que  joue  ce 
facteur. 

L  Brûlons  dans  la  bombe  de  Vieille  deux  charges  de  poudre  composées  : 
la  première,  de  iS^  de  nitroguanidine  en  poudre  et  de  17s  de  poudre 
BM,-Do  (Tracé  I);  la  deuxième,  de  i5^'  de  balistite  en  copeaux  très  minces 
et  de  17^'  de  poudre  BM^,  D^  en  lamelles  de  dimensions  identi(pies  à  celles 
composant  la  première  charge  (Tracé  II). 

Les  températures  de  combustion  de  ces  trois  corps  sont  : 

Nitroguanidine kioo^C.  eiiv. 

BMj.;   D2 2()(>(l  )1  ' 

Balistite Soon        » 

Considérons  maintenant  les  deux  tracés  des  pressions  en  fonction  du 
temps,  allérents  à  la  combustion  des  deux  charges. 

Etant  donné  que,  par  suite  de  leur  extrême  division,  la  durée  de  la  com- 
bustion de  la  nitroguanidine  et  de  la  balistite  est  une  fraction  relativement 
courte  de  la  durée  de  la  combustion  du  mélange  dont  ils  font  partie,  on  peut 
délimiter  de  façon  assez  précise  la  partie  du  tracé  afierente  à  la  combustion 
de  la  poudre  BM,,  Dj.  Soient  a^  et  a.,  les  points  limitatifs  de  cette  partie  des 
deux  tracés;  coupons  ceux-ci  par  une  parallèle  à  O^  passant  au-dessus  de  a\ 
soient  m,,  m^  ses  deux  points  d'intersection  avec  les  tracés  I  et  IL 

A  l'instant  où  la  pression  atteint  la  valeur  m,P^  =  moPo,  la  combustion 
de  la  balistite  et  de  la  nitroguanidine  ayant  cessé,  la  poudre  BM,;  brûle 


(')  Séance  du  6  février  1922. 

(-)   Comptes  rendus,  t.  Vih,  1922,  p.  2-. 


SÉANCE   DU    20    lÉVRlER    1922.  533 

seule.  Les  surfaces  d'émissioji  ayant  sensiblement  la  même  valeur  à   cet 

instant  et  les  pressions  étant  égales,  les    '-—    en  m,  et  m,  devraient  être 

égaux  si  la  pression  était  la  seule  variable  du  phénomène. 

Si,  au  contraire,  la  vitesse  de  combustion  est  foncllou  croissante  de  la 

température,  le  -j-  en  m,  de\  ra  êlre  plus  grand  que  le  -^  en  f/i.,.  L'expé- 
rience montre  qu'il  en  est  bien  ainsi,  la  dilVérence  entre  les    -^     des  deux 

tracés  étant,  en  moyenne,  de  l'ordre  de  20  pour  100  du  plus  petit  d'en  Ire  eux. 

La  vérification  ci-dessus  paraîtra  satisfaisante  si  Ton  tient  compte  du 
fait  que  la  poudre  BM,,  s'enflamme  dès  le  début  de  la  combustion. 

IL  Brillons  deux  charges  de  poudre  B  composées  de  lamelles  de 
poudre  de  mêmes  dimensions.  L'une  de  ces  charges  est  constituée  par  de  la 
poudre  B  pure,  l'autre  par  de  la  poudre  recouverte  d'un  vernis  à  l'acétate 

de  cellulose,  dont  le  poids  est  d'environ  le  -z   de  la  charge  totale. 

Il  est  clair  que  la  présence  de  ce  vernis,  qui  d'ailleurs  disparaît  immédia- 
tement, a  pour  effet  d'abaisser  la  température  du  milieu  gazeux  engendré 
par  la  combustion. 

Si,  ayant  établi  les  tracés  de  combustion,  on  les  coupe  comme  précé- 
demment par  une  même  parallèle  à  l'axe  des  temps,  on  trouve  que  les  ^ 
aux  points  d'intersection  diffèrent  de  quantités  atteignant  —   à   —   delà 

valeur  du  plus  petit  d'entre  eux,  qui  est  relatif  à  la  poudre  recouverte  de 
vernis. 

IIL  Brûlons  encore  dans  la  bombe  réglementaire  de  i5o""  de  capacité 
intérieure,  et  sous  la  même  densité ^de  chargement,  deux  charges  de  poudre 
composées  de  lamelles  de  mêmes  dimensions.  Pour  l'une  des  combustions, 
la  bombe  sera  vide.  Pour  l'autre,  elle  contiendra  une  quantité  notable  de 
toile  métallique  en  cuivre  rouge  destinée  à  refroidir  les  gaz  de  la  charge. 

La  lecture  des  deux  (racés  montre  que,  bien  que  les  durées  des  deiix 
tracés  soient  du  même  ordre,  les  pressions  maxima  engendrées  sont  dans 
un  rapport  voisin  de  2  :  i . 

Une  même  poudre  peut  donc  avoir  une  même  vitesse  de  combustion  sous 
des  pressions  différant  du  simple  au  double. 

Toutes  ces  expériences  mettent  nettement  en  évidence  le  fait  que  la  tem- 
pérature est,  au  même  titre  que  la  pression,  l'un  des  facteurs  essentiels  du 
phénomène    de    la  combustion    de  la   poudre.   En   fait,  j'ai   montré  par 


534  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

ailleurs  ('),  en  me  basanl  sur  les  résultats  numériques  des  expériences  de 
Noble,  que  la  loi  de  combustion  des  poudres  cuUoïdalcs  est  la  suivante  : 

«  La  vitesse  de  combustion  d'une  poudre  colloïdale  esta  cliaque  instant  proportion- 
nelle à  la  quantité  de  chaleur  (supposée  uniformément  répartie)  contenue  dans  l'unité 
(le  volume  de  la  capacité  à  l'intérieur  de  laquelle  s'effectue  la  combustion  de  la 
poudre.    » 

De  cet  énoncé  et  du  fait  que  la  mise  en  vitesse  du  projectile  absorbe  une 


fraction  importante  de  la  quantité  de  chaleur  dégagée  par  la  combustion, 
on  déduit  qu'il  est  théoriquement  impossible  d'obtenir  des  résultats 
satisfaisants  en  faisant  usage  de  formules  balistiques  basées  sur  une  loi  de 
combustion  de  la  poudre  dans  laquelle  il  n'est  pas  tenu  compte  de  l'abaisse- 
ment de  température  dû  à  la  détente  adiabatique  de  la  masse  gazeuse  dans 
le  canon. 

En  particulier,  si  l'on  considère  la  courbe  des  pressions  sur  le  culot  du 
projectile  en  fonction  des  espaces  parcourus  par  celui-ci,  courbe  qui  pré' 
sente  un  maximum,  il  est  visible  que  les  vitesses  de  combustion  aux  points 
d'intersection  de  cette  courbe  avec  une  parallèle  à  l'axe  des  espaces  ne 
sauraient  être  les  mêmes,  bieji  que  les  pressions  en  ces  jxùnts  soient  iden- 
tiques. 

C'est  dans  ce  fait  essentiel  qu'il  convient  de  chercher  la  cause  principale 
des  discordances  signalées  par  MM.  Gossot  et  Liouville. 


(')  Les  Poudres  colloïdales.,  Imprimerie  nationale,  igiq- 


SÉANCE  DU   20   FÉVRIER    1922.  535 


7VSTRONOMIE.  —  Sur  une  lunetlc  coudée  destinée  à  P application  de  la  méthode 
des  hauteurs  égales.  Note  de  M.  A.  de  La  Baime  Pluvi.vel,  présentée  par 
M.  B.  Baillaud. 

On  sail  que  la  méthode  des  hauteurs  rgales  de  Gauss  présente  le  grand 
avantage  de  ne  pas  exiger  la  lecture  de  cercles  divisés.  Au  lieu  de  lire  sur 
un  cercle  la  hauteur  d'un  astre  à  un  certain  instant,  ou  note  Theure  à 
laquelle  TasLre  atteint  une  hauteur  arbitraire,  mais  qui  doit  rester  rigou- 
reusement constaute  pendant  le  cours  d'une  série  d'observations  et  quel 
que  soit  l'azimut  de  l'astre  considéré.  Avec  un  instrument  remplissant  ces 
conditions, on  peut  résoudre  deux  ordres  de  problèmes  :  la  détermination 
des  coordonnées  des  astres  et  la  détermination  des  coordonnées  géogra- 
phiques des  points  de  la  Terre. 

L'instrument  qui  fait  l'objet  de  cette  Note  remplit,  avec  toute  la  précision 
désirable,  les  conditions  exigées  pour  l'application  de  la  méthode  des  hau- 
teurs égales. 

Une  lunette  coudée  est  construite  de  manière  que  les  deux  bras  de  la 
lunette  forment  un  \  dont  le  plan  est  vertical  et  dont  les  deux  branches 
sont  également  inclinées  d'un  angle  Z  sur  la  verticale.  Au  point  de  croise- 
ment des  deux  bras  de  la  lunette  se  trouve  la  surface  réfléchissante  d'uu 
bain  de  mercure.  Soient  N  le  point  nodal  arrière  de  l'objectif,  M  le  poiut 
où  les  axes  des  deux  bras  se  rencontrent  sur  le  bain  de  mercure  et  F  la 
croisée  des  fils  du  réticule.  Supposons  que  l'appareil  ait  été  construit  de 
manière  que  les  deux  bras  soient  égaux,  c'est-à-dire  que  NM  =  MF  el, 
qu'en  outre,  le  point  M  se' trouve  au  centre  du  bain  de  mercure.  Il  est  facile 
de  voir,  par  une  simple  construction  géométrique,  que  la  lunette  coudée 
ainsi  établie  jouit  de  la  propriété  essentielle  que  doivent  posséder  les  ins- 
truments destinés  à  l'application  de  la  méthode  des  hauteurs  égales,  à  savoir 
(jue  l'image  d'une  étoile  se  maintient  sur  la  croisée  des  lils  quelles  que 
soient  les  inclinaisons  sur  la  verticale  que  peut  prendre  accidentiîUement 
l'appareil. 

Si  la  longueur  de  l'un  des  bras  de  la  lunelle  diffère  de  la  longueur  de 
l'autre  bras  de  /?,  et  si  le  point  M  est  à  une  distance  A"  du  centre  de  la  surface 
du  bain  de  mercure,  l'erreur  maximum  sur  la  distance  zénithale  d'une 
étoile  qui  peut  en  résulter,  dans  le   cas   où   l'angle   Z    est   de   3o",    est 

g  =  -(h-{-L);  dans  cette  formule,  y.  est  l'angle  dont  l'appareil  a  tourné 


536  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

et /est  la  distance  focale  de  l'objectif.  Etant  donné  que  l'on  peut  toujours 
niveler  l'instrument  à  i'  près,  on  voit,  qu'avec  une  lunette  de  o'",75  de 
foyer,  le  constructeur  pourrait  commettre,  sur // et  >?■,  des  erreurs  de  i™*^^ 
sans  entraîner,  pour  la  distance  zénithale,  une  erreur  supérieure  à  o",i5. 
D'ailleurs,  il  est  toujours  facile  de  régler  l'appareil  de  manière  que  les 
erreurs  instrumentales  restent  bien  inférieures  aux  erreurs  d'observation  : 
il  suffit  de  disposer,  en  avant  de  Tobjeclif  de  la  lunette  coudée,  un  collima- 
teur au  foyer  duquel  se  trouve  une  très  petite  ouverture  éclairée,  formant 
étoile  artificielle.  La  lunette  coudée  peut  être  réglée  de  manière,  qu'en  lui 
donnant  des  inclinaisons  de  lo'de  part  et  d'autre  de  l'horizontale,  on  ne 
puisse  constater  aucun  déplacement  de  l'image  de  l'étoile  artificielle  par 
rapport  à  la  croisée  des  fils. 

L'appareil  doit  être  suffisamment  rigide  pour  que  la  distance  ]NF  du 
point  nodal  arrière  de  l'objectif  à  la  croisée  des  fils  du  réticule  reste  inva- 
riable. Afin  de  ne  pas  avoir  à  exercer  une  pression  sur  l'appareil  pendant  le 
cours  d'une  série  d'observations,  on  laisse  en  place  l'oculaire  à  fort  grossis- 
sement. H  faut  alors  avoir  recours  à  un  chercheur  pour  amener  l'image  de 
l'étoile  dans  le  champ  de  la  lunette.  L'observation  à  faire  consiste  à  noter 
l'heure  du  passage  des  étoiles  aux  divers  fils  horizontaux  du  réticule  ;  on 
en  déduit,  par  les  méthodes  ordinaires,  l'instant  du  passage  au  fil  central. 

Le  bain  de  mercure  doit  être  monté  sur  des  vis  calantes  qui  permettent 
de  l'élever  ou  de  l'abaisser.  On  peut  ainsi  mettre  au  point  l'image  de 
l'étoile  sans  altérer  les  deux  réglages  essentiels  de  Finstrument.  L'appareil 
peut  être  construit  pour  une  distance  zénithale  quelconque  ;  on  pourrait 
même  imaginer  une  lunette  coudée  à  angle  variable. 

Une  première  lunette  coudée  de  o'",o4  d'ouverture  et  de  o'",  4o  de  foyer, 
pour  observer  les  astres  à  3o"^  du  zénith,  a  été  montée  provisoirement  afin 
de  se  rendre  compte  de  la  précision  des  résultats  qu'on  pouvait  obtenir. 
Des  observations  ont  été  faites  avec  cet  appareil  à  l'Observatoire  de  Paris 
par  MM.  .Iules  Baillaud  et  Pourteau.  Les  erreurs  ont  été  de  Tordre  de 
grandeur  auquel  on  devait  s'attendre  étant  donné  le  degré  de  précision  de 
l'enregistrement  de  l'heure  du  passage  des  étoiles  aux  lils  du  réticule. 

Un  instrument  plus  important  de  o"',075  d'ouverture  et  de  0^,75  de 
foyer  est  en  construction. 


SÉANCE    DU    20    FÉVRIER    193.2.  SSy 

ARCHÉOLOGIK.  —  La  reprèsenlalion  matérielle  préhistorique  des  Pléiades  à 
dix  étoiles^  dans  un  bassin  de  rocher  des  Epesses  {Vendée).  INote  de 
VI.  Marcel  Baudouin,  présentée  par  M.  Bigourdan. 

Il  existe,  sur  un  rocher  fixe,  dit  des  Pierres  folles^  à  La  I^'ilouzière, 
commune  des  Epesses  (Vendée),  une  série  de  cavités,  en  forme  de  bassins^ 
creusées  par  l'homme  de  la  pierre  polie,  sur  ce  pointement  de  granulite 
qui  constitue  une  masse  énorme. 

Celui-ci  présente  trois  de  ces  bassins  dont  l'un,  assez  profond,  a  plus 
de  o",5o  de  diamètre  et  se  trouve  au  centre  du  bloc. 

Or  cette  cavité,  la  plus  centrale,  montre,  sculpté  sur  son  fond,  un 
ensemble  de  dix  petits  creux,  ou  cupules,  gravés  aussi  par  les  Néolithiques 
à  une  époque  plus  ou  moins  contemporaine  de  la  confection  desdits 
bassins. 

Etant  supposé  démontré,  d'après  ce  que  j'ai  établi  précédemment  ('), 
qu'une  cupule  représente  une  étoile,  on  peut  supposer  qu'on  a  voulu 
représenter  là  une  constellation  à  astérismes  très  rapprochés. 

En  l'espèce,  on  ne  peut  songer  qu'à  celle  des  Pléiades,  qui,  on  le  sait, 
constitue  un  amas  ou  groupement  serré  d'astres,  dont  sept  sont  très 
visibles  à  l'œil  nu  et  connus  depuis  longtemps,  mais  dont  au  moins  treize 
ou  quatorze  peuvent  être  distingués  quand  on  jouit  d'une  excellente  vue. 
Cette  hypothèse,  que  justifie  le  folklore  mondial,  si  important,  de  cette 
constellation,  et  qui  s'explique,  si  l'on  veut  bien  admettre  que  les  bassins 
sculptés  par  les  Néolithiques  sont  des  représentations  matérielles  du  Soleil 
lui-même,  peut,  dans  le  cas  particulier,  se  défendre,  car  les  dix  cupules 
semblent  correspondre  aux  dix  étoiles  suivantes  des  Pléiades  : 

Bord  nord  de  la  figure  :  Atlas,  Alcyone,  Astérope,  Externe  du  Nord  (n°  18 
de  Flamsteed). 

Bord  sud  :  Externe  du  Sud  (n^  26  de  Flamsteed),  Mérope,  Electre,  Celœno. 
Centre  :  ouest,  Maïa;  —  est,  Taygêle. 

L'orientation  de  l'ensemble,  prise  à  la  boussole,  sur  le  pointement  granu- 
litique,  donne  une  ligne  nord-sud  géographique  passant  par  Mérope  et 
Taygète,  et  une  ligne  équinoxiale  qui  unit  Electre  à  Maïa.  Or  cela  corres- 
pond presque  exactement  à  l'orientation  actuelle  de  la  constellation 
indiquée  par  les  cartes  célestes. 

(^)   Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  635. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  8.)  4l 


538  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

De  plus,  on  admet  qu'en  1880  les  douze  Pléiades  les  plus  brillantes 
étaient  précisément  les  dix  citées  ci-dessus,  plus  Pléione  et  le  n"  28  Bessel. 
Ces  données  concordent  donc  avec  les  faits,  car  les  anciens  ne  pouvaient 
graver  que  les  Pléiades  réellement  visibles  à  Vœil  nu. 

J'ai  observé  sur  plusieurs  rochers,  soit  en  Vendée  (Ile  d'Yeu),  soit  en 
Bretagne,  soit  ailleurs,  des  représentations  matérielles  analogues,  pour  les 
Pléiades  à  sept  étoiles;  mais  aucune  sculpture  ne  m'a  paru  aussi  démonstra- 
tive. Qui  plus  est,  le  fait  des  Epesses  est  unique  en  son  genre,  parce  que  les 
cupules  se  trouvent  gravées  dans  un  bassin^  comme  la  Grande  Ourse  sur  le 
pied  humain  de  Clisson. 

Dans  ce  cas,  il  y  a  certes  quelques  cupules  un  peu  plus  larges  que  les 
autres;  mais  les  différences,  qui  ne  dépassent  pas  i'^™  pour  le  rayon, 
sont  trop  minimes  pour  qu'on  puisse  tirer  de  ces  données  un  renseignement 
quelconque  sur  l'éclat  des  divers  astérismes  à  l'époque  néolithique. 

On  ne  trouve  guère  représentées  sur  les  rochers  que  des  constellations 
zodiacales  ou  boréales,  mais  je  ne  crois  pas  qu'on  puisse  reconnaître,  dans 
le  bassin  des  Epesses,  l'image  d'un  ensemble  stellaire  voisin  du  pôle.  Et  c'est 
pour  cela  que  j'ai  conclu  aux  Pléiades^  malgré  le  nombre  des  étoiles,  qui 
reste  réellement  insolite. 


GÉODÉSIE.  —  Sur  les  différences  d' altitude  des  stations  de  l' arc  méridien 
de  l'Equateur.  Note(')  de  M.  Georges  Perrier,  présentée  par  M.  Bourgeois. 

La  présente  Note  est  destinée  à  faire  connaître  quelques-uns  des  résultats 
obtenus,  relatifs  aux  altitudes  des  stations  du  nouvel  arc  équatorial.. 
Celles-ci  acquièrent  une  grande  importance  dans  notre  triangulation.  En 
effet,  les  stations  sont  d'altitude  très  variable  :  54  d'entre  elles,  les  plus  au 
nord,  sont,  pour  la  plupart  à  35oo'"-4ooo°',  tandis  qu'au  sud,  les  triangles 
s'abaissent  brusquement  jusqu'au  Pacifique.  Toutes  les  fois  qu'intervient  la 
notion  d'altitude,  un  soin  particulier  doit  alors  être  apporté  aux  réductions 
et  discussions. 

Opérations  exécutées,  —  i''  Un  nivellement  trigonométrique  relie  toutes 
les  stations  conjuguées  de  la  chaîne;  2"  Au  centre  de  l'arc,  les  termes  de  la 
base  de  Riobamba  (2786°^),  au  sud  ceux  de  la  base  de  Viviate  (108'")  et  la 
station  astronomique  de  Payta  (72™)  sont  unis  à  la  mer  par  des  lignes  de 
nivellement  géométrique  longues  respectivement  de  378'^™  et  30^°^.  Ainsi, 

(')  Séance  du  3o  janvier  1922. 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  I922.  dSq 

on  pourra  déterminer  dans  la  région  côlière  du  sud  de  l'arc,  rélévation  ou 
l'abaissement  du  géoïde  par  rapport  à  l'ellipsoïde  de  référence  (  '  ). 

Nivellement  irigonomètriquc. —  Les  observateurs  ont  naturellement  été 
dans  l'impossibilité  matérielle  de  procéder  par  distances  zénithales  réci- 
proques rigoureusement  simultanées.  Du  moins  se  sont-ils  appliqués  à 
observer  autant  que  possible  aux  heures  de  réfraction  minima  (en  principe 
à  cinq  réitérations  au  théodolite  à  microscopes).  De  plus,  j'ai  personnelle- 
ment procédé  entre  deux  des  stations  de  l'arc  (Pinllar,  VX  lledondo,  dans  la 
province  de  l'Imbabura)  à  une  étude  de  la  réfraction.  Sgi  couples  de 
distances  zénithales  réciproques  et  rigoureusement  simultanées  réparties 
sur  12  jours  m'ont  permis  de  tracer  avec  exactitude  la  courbe  des  variations 
diurnes  de  la  réfraction  dans  cette  région  (^). 

Calcul  des  différences  iV altitude .  —  Ces  préliminaires  indispensables  posés, 
indiquons  comment  ont  été  calculées  les  différences  d'altitude  des  stations 
conjuguées  de  la  triangulation,  par  rapport  à  l'ellipsoïde  de  référence.  J'ai 
conçu  ce  calcul  comme  il  suit  : 

i**  Réduction  des  distances  zénithales  observées  à  ce  qu'elles  auraient  été 
si  l'on  avait  observé  de  repère  à  repère.  Il  a  été  tenu  compte  pour  toutes  les 
stations  et  tous  les  signaux  excentriques  du  terme  correctif  de  la  forme 

/,   '  '''',,  ou  ^-  '■^''„  (s.  t  distances  horizontales  entre  le  centre  et  le  signal  ou 

Ksini"         Ksini     -   '  ^ 

théodolite  excentriques,  K  distance  des  deux  stations  ). 

2''  Pour  49  côtés  (sur  194)  il  est  permis,  d'après  les  heures  et  dates  des 
observations,  de  considérer  celles-ci  comme  simultanées  et  exécutées  aux 
heures  de  la  réfraction  minima  (ii'^o'"  à  i4''3o'^).  Pour  ces  côtés,  calcul 
des  coefficients  de  la  réfraction  minima  n  et  des  différences  d'altitude  AH. 


(')  Voir  la  définition  de  cet  eUipsoïde,  t.  3,  fasc.  2,  p.  77. 

La  fîvatioii  des  altitudes  définitives  des  sommets  de  la  triangulation  principale  doit 
permettre  aussi,  grâce  à  la  triangulation  secondaire  dont  la  Mission  a  couvert  la  plus 
grande  partie  des  régions  parcourues,  de  donner  des  altitudes  de  départ  pour  la  des- 
cription topographique  du  pays  et  notamment  de  fixer  avec  précision  les  altitudes  des 
sommets  géants  des  Andes,  Ghimborazo,  Cotopaxi,  etc  . ,  dont  on  n'a  le  plus  souvent  que 
des  hauteurs  barométriques  suspectes. 

(-)  Les  distances  zénithales  étaient  accompagnées  d'observations  météorologiques.  J'ai 
trouvé  que  le  coefficient  de  réfraction  peut,  dans  la  région  considérée,  être  représenté 
en  fonction  de  la  densité  de  l'air  par  la  formule  /t  1=  —  1,11  Sog  -1-1,81  840  D.  Cette 
élude  de  la  réfraction  fera  l'objet  d'une  Note  spéciale. 


54o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Formules  employées  (M  : 


AH  =:  ; -f  Ai  1=0,5 


K' 

sin 

(; 

^■2- 

—  z 

.) 

1 

cos 

(^2 

-J_ 

1  + 

?) 

avec 


'''=K-"i^)('-îîT^)- 

(K-    \  . 

I j-^  Y  négligé  dans  la  pratique  habituelle  de  la  géodésie, 

ne  pouvait  l'être  ici. 

3**  Sur  les  i45  autres  côtés  : 

a.   Détermination  des  coefficients  de  réfraction  minima  w; 

h.  Des  coefficients  de  réfraction  aux  heures  d'observation  n,  ; 

c.   Calcul  des  AH. 

a.  Si  un  ou  plusieurs  des  49  premiers  côtés  sont  issus  de  la  station  consi- 
dérée, on  a  adopté  pour  n  à  cette  station  la  valeur  moyenne  fournie  par  ces 
côtés. 

Dans  le  cas  contraire,  on  a  adopté  pour  n  une  valeur  moyenne  régionale 
déduite  des  49  valeurs  de  n  déjà  obtenues  :  régions  de  Quito  (10  côtés  ), 
0,05347;  d'Ambato  (6  côtés),  0,6120;  de  Cuenca  (5  côtés),  o,o454i; 
du  rio  Quinoz  (i  côté),  0,07092;  de  Viviate  (16  côtés),  o,o5622. 

h.  En  chaque  station,  les  zénithales  ont  été  réparties  par  groupes 
réunissant  les  observations  voisines  les  unes  des  autres  dans  le  temps; 
ensuite  on  a  formé  pour  chaque  groupe  les  moyennes  des  zénithales  et 
celles  des  heures. 

Puis  on  a  déduit  les  /i,  correspondants  en  supposant  la  courbe  diurne 
donnant  lés  /î,  (ordonnées)  en  fonction  des  heures  (abscisses),  déterminée 
avec  une  haute  précision  sur  le  côté  (Pinllar-El  Redondo),  décalée  dans  le 
sens  des  ordonnées  de  la  quantité  n  —  0,0407,  0,0407  étant  l'ordonnée  du 
point  le  plus  bas  de  la  courbe  (réfraction  minima  en  Imbabura). 

c.  Enfin  on  a  calculé  les  AH  correspondant  à  chaque  groupe  par  la 
formule  AH  =  K'cot s -f- (/i,  —  0,5)9  ^^  formé  les  moyennes  des  groupes 


(')  K  côté  géodéslque  sur  l'ellipsoïde  de  référence,  K'  corde  de  sa  projection  au 
niveau  de  la  station  la  plus  basse,  z.^^  s,  distances  zénithales  réduites  aux  centres, 
9  angle  des  normales  à  rellipsoïde  de  référence  aux  deux  stations,  R„j  rayon  de 
courbure  de  rellipsoïde  de  référence  à  la  latitude  moyenne  des  stations  et  dans 
l'azimut  du  côté. 


SÉANCE   DU   20   FÉVRIER    I922.  541 

en    leur    attribuant  à  chacun   un  poids    égal   au   nombre  des  zénithales 
composantes. 

Avec  la  méthode  suivie  et  les  précautions  indiquées,  les  résultats  ont  été 
remarquablement  concordants,  comme  l'ont  prouvé  la  compensation  des 
altitudes  et  le  calcul  des  erreurs. 


PHYSIQUE.  —  Sur  les  barovariomètres  à  écoulement  capillaire. 
Note  (')  de  MM.  M.  Courtixes  et  Jean  Villey,  présentée  par  M.  E.  Bouty. 

Il  s'agit  du  dispositif  connu,  constitué  par  une  enceinte  thermiquement 
isolante  (Dewar),  communiquant  avec  l'atmosphère  extérieure  par  un  tube 
capillaire,  et  munie  d'un  manomètre  sensible  qui  décèle  les  variations  de  la 
pression  extérieure. 

Nous  avons  été  amenés  à  étudier  les  conditions  très  diverses  qui  influent 
sur  la  sensibilité  et  la  précision  de  cet  appareil.  La  présente  Note  résume 
très  succinctement  les  indications  principales  de  cette  étude,  qui  seront 
détaillées  dans  une  autre  publication. 

Soient  m  la  masse  d'air  contenue  dans  l'appareil,  c  son  volume,  ^1*  et  5  sa  pression 
et  sa  température  (échelle  absolue),  P  et  T  la  pression  et  la  température  de  l'air 
extérieur  ;/?  = 'J?  —  P  la   différence  de   pression  qui  produit  l'écoulement  capillaire, 

et  s  le  rapport  très  petit  —  • 

L'expérience  montre  que  les  échanges  thermiques  entre  Pair  intérieur  et  les  parois 
internes  du  vase  de  Dewar  (volume  de  l'ordre  de  ioo'^'°^)-sont  assez  rapides  pour  que 
leurs  températures  restent  pratiquement  égales  entre  elles  (soit  5)  :  si  le  capillaire  de 
fuite  est  suspendu  à  l'intérieur  du  vase,  sa  température  est  donc  aussi  égale  à  G. 

Les  grandeurs  qui  interviennent  sont  : 

1°  En  ce  qui  concerne  le  vase  à  fuite  :  son  volume  v^  sa  température  S,  et  le  coef- 
ficient de  débit  en  volume  C,(E)  du  capillaire,  ou  plutôt  son  coefficient  de  débit  en 
masse  : 

Pfi 

C(5)- 


2°   tîn  ce  qui  concerne  le  manomètre   :  son  coefficient  s  de  variation  de  volume  en 
fonction  des  déplacements^  de  l'index  rpanométrique  (soit  dv  =:  sdx),  que  nous  suppo- 

(^)  Séance  du  i.»  février  1922. 


5/i2 


ACADEMIE   DES   SCIENCES. 


sons  indépendant  de  a:;  son  coefficient  de  sensibilité  statique  y  l  soil  da;  =  jdp\, 
que  nous  supposons  également  indépendant  de  x,  et  qui  définit  par  conséquent  la 
force  de  rappel  de  l'index  au  zéro/=:  kxs\  son  coefficient  d'amortissement  (  défini  en 

supposant,  pour  une  position  quelconque  x  de  l'index,  la  force  de  frottement  propor- 

dx  \         , 

tionnelle  à  la  vitesse  ;t- de  la  colonne  \i  qu'on  doit  écrire  sous  la  forme  W{i  -\-  px) 

quand  les  longueurs  des  colonnes  liquides  varient  linéairement  avec  x\  enfin  son  coef- 
ficient d'inertie  qu'on  doit  écrire,  pour  la  même  raison  que  ci-dessus,  sous  la 
forme  M(i -1- p..2?). 

d\* 

Pour  établir  la  relation  générale  entre  -r-  et  x,  il  suffit  de  différentier 
l'équation  des  gaz  parfaits  (Sv  =  Ams  appliquée  à  l'air  intérieur  (supposé 
sec),  et  de  lui  adjoindre  l'équation  des  mouvemenls  du  manomètre 

dx  d^  X 

ip  —  kx)  s  ~  R{i  +  px)  —  +M{i-{-iJ.x)-j^. 

L'expérience  montre  d'ailleurs  que  la  capacité  calorifique  des  parois 
internes  du  Dewar  est  assez  grande  vis-à-vis  de  celle  de  l'air  intérieur,  pour 
que  md(B  soit  négligeable  devant  Sû^m;  et  Ton  arrive  facilement,  en  élîmi- 
nant/7,  à  l'équation 


—  V  -^  =  B  kx 
dt 


[eHi 


px) 


M(i 


iJ-x)  R  (  I 

J h  ('  — 1- 


-t-  ('/.-  4-  P(H-  £).^ 
px 


dx 


t'R     [  dxY 


dt     '      s    '^  \  dt 


d-x 
IF 


M  (  I  +  a  j? )  c?3^       <> M      dx  d^x 


dt^ 


s     ^  dt    df'' 


où  B  représente  AG (  s  )  P  (  1+ -)  • 

En  régime  permanent  (x  =  const.),  cette  équation  se  réduit  à 

_     —  L  1^ 
""■^~  k  B~dt' 

elle  définit  la  sensibilité  globale  de  l'appareil  en  régime  permanent  comme 
le  produit  de  la  sensibilité  j  du  manomètre  par  le  facteur  r-  qu'on  peut 
appeler  la  sensibilité  propre  du  vase  à  fuite.  Quand  on  utilise  l'appareil 
pour   la   mesure   des   vitesses    ascensionnelles  -^  dans    l'air,    la    relation 

f  •  P 

aérostatique   —  dP  ^Drf.dz  donne 


[' 


A.C(s).p(,-^0 


T  Idt' 


] 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  192a.  ^4^ 

et  la  sensibilité  aux  vitesses  ascensionnelles  ainsi  introduite  devient  indépen- 
dante de  la  pression  extérieure  P,  mais  reste  fonction  (à  variation  beau- 
coup plus  lente)  de  l'altitude  par  rinlermédiaire  de  la  température  exté- 
rieure T. 

Les  deux  facteurs  t  et  -^  sur  lesquels  on  peut  agir  séparément  et  très 

facilement  permettent  de  réaliser  des  sensibilités  extrêmement  élevées; 
mais  c'est  au  détriment  des  mesures  en  régimes  variables  {x  variable), 
les  trois  derniers  termes  de  l'équation  générale  prenant  une  importance 
relative  notable. 

Si  Ton  veut  atteindre  des  sensibilités  très  grandes,  le  manomètre  à  tube  incliné 
arrive  à  faire,  avec  le  plan  horizontal,  un  angle  si  faible,  que  la  plus  petite  rotation 
accidentelle  de  l'appareil  autour  d'un  axe  horizontal  perpendiculaire  au  tube  modi- 
fierait sa  sensibilité  dans  des  proportions  inadmissibles.  Pour  éviter  ce  défaut,  il  faut 
que  la  projection  verticale  du  tube  varie  très  peu,  donc  qu'il  soit  lui-même  vertical  : 
cette  condition  peut  être  réalisée  en  utilisant  un  manomètre  différentiel  à  deux 
liquides.  L'alcool  éthyliqiie  (à  90  pour  100  pour  que  sa  densité  soit  stable)  et  le 
pétrole  (à  proportion  de  composants  denses  convenablement  dosée)  permettent  de 
réaliser  des  couples  de  liquides  non  miscibles,  à  différence  de  densités  réglable 
à  volonté,  qui  fournissent  une  surface  de  séparation  bien  mobile  et  très  permanente. 

Le  manomètre  différentiel  permet  aussi  d'éliminer  les  déplacements  de  zéro  dus 
aux  mêmes  changements  accidentels  d'orientation  relative  de  la  pesanteur  (ou,  plus 
exactement,  de  la  pesanteur  apparente)  :  pour  que  les  distances  verticales  entre  les 
centres  de  gravité  géométrique  des  surfaces  libres  ne  soient  pas  altérées  par  les  petites 
rotations  envisagées,  il  faut  et  il  suffit,  en  effet,  que  ces  divers  centres  géométriques 
soient  placés  sur  une  même  verticale;  or  cette  condition  est  réalisable  en  disposant  les 
deux  surfaces  libres  dans  deux  réservoirs  cylindriques  coaxiaux,  et  la  surface  de  sépa- 
ration des  deux  liquides  dans  un  tube   manométrique  prolongeant  leur  axe  commun. 

Quel  que  soit  le  manomètre  utilisé,  sa  sensibilité  statique  j  est  facile  à 
déterminer  expérimentalement;  le  volume  v  du  vase  à  fuite  étant  d'autre 
part  connu  géométriquement,  une  mesure  de  sensibilité  globale  de  l'appa- 
reil en  régime  permanent  permet  de  déterminer  B.  Le  coefficient  s  est 
connu  géométriquement;  et  l'étude  des  mouvements  propres  du  mano- 
mètre isolé,  écarté  de  sa  position  d'équilibre,  permet  de  calculer  ses  coeffi- 
cients d'amortissement  et  d'inertie. 


544  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


PHYSIQUE  MOLÉCULAIRE.  —  Couches  minces  formées  par  des  mélanges 
de  glycérides.  Note  de  M"^  Paule  Collet,  présentée  par  M.  Paul 
Janet. 

On  sait  que  les  glycérides  ont  la  propriété  de  s'étendre  sur  l'eau,  soit 
directement,  soit  par  l'intermédiaire  de  solutions,  dans  la  benzine  par 
exemple.  Les  couches  obtenues  sont  monomoléculaires,  ainsi  que  l'ont 
montré  les  travaux  de  MM.  Devaux  et  Labrouste. 

Les  mélanges  de  glycérides  peuvent  aussi  donner  des  couches  minces  à  la 
surface  de  Teau. 

Pour  les  étudier,  j'ai  préparé  des  solutions  benzéniques  très  étendues  de 
ces  glycérides,  et  des  gammes  de  mélanges  en  proportions  volumétriques 
connues.  J'ai  mesuré  les  surfaces  couvertes  par  un  volume  constant  de  solu- 
tion, afin  d'établir  les  graphiques  des  variations  de  surface  en  fonction  de 
la  composition  du  mélange. 

Les  courbes  obtenues  ne  sont  pas  des  droites.  Par  conséquent,  la  loi 
d'association  de  deux  glycérides  en  une  même  couche  mince  n'est  pas 
purement  additive  (').  Les  graphiques  présentent  soit  un  maximum,  soit 
un  minimum  nettement  caractérisé. 

Lorsque  les  glycérides  mélangés  sont  l'un  solide,  l'autre  liquide,  le 
changement  d'état  physique  de  la  couche  mince  se  produit  au  niveau  du 
maximum  ou  du  minimum. 

L'écart  entre  l'ordonnée  d'un  de  ces  points  et  l'ordonnée  qu'on  mesure- 
rait sur  une  droite  joignant  les  points  extrêmes  de  la  courbe,  peut  atteindre 
32  pour  loo  de  la  surface  initiale  (mélange  de  trimyristine  et  de  tri- 
benzoïne).  Dans  l'ensemble,  les  écarts  importants  sont  surtout  positifs  et  se 
présentent  plutôt  avec  des  glycérides  solides,  tandis  que  les  écarts  moyens 
sont  négatifs. 

De  plus,  dans  les  mélanges  correspondant  à  un  maximum  ou  à  un  mini- 
mum de  la  surface  couverte,  les  nombres  de  molécules  des  glycérides  sont 
dans  un  rapport  simple.  Ce  rapport  est  égal  à  3  pour  les  mélanges  tri- 
benzoïne-trilaurine  et  trilaurine-trimyristine,  qui  donnent  lieu  tous  deux 
à  un  minimum  de  surface.  Pour  le  mélange  trimyristine-tripalmitine,  le 
rapport  est  voisin  de  i  ;  les  deux  mélanges  Iribenzoïne-tripalmitine  et  tri- 

(')  M.  I^abrouste  avait  déjà  constaté  ce  fait  sur  quelques  exemples. 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  1922.  545 

benzoïne-trimyristine  donnent  un  rapport  égal  à  4?  lors  du  maximum  de 
surface. 

Lors  de  la  solidification  d'un  glycéride  en  couche  mince,  il  semble  que 
des  molécules  identiques  s'associent  quatre  par  quatre.  Les  résultats  précé- 
dents nous  conduisent  à  penser  que,  de  même,  dans  un  mélange,  des  molé- 
cules chimiquement  différentes  se  groupent  de  manière  simple,  leur  asso- 
ciation étant  caractérisée  par  une  extension  maximum  ou  minimum  sur 
l'eau. 


MESURES  ÉLECTRIQUES.  —  Sur  la  mesure  des  puissances  en  courants 
alternatifs  dans  les  cas  anormaux.  Note  (')  de  M.  He.vri  Chaumat, 
présentée  par  M.  Paul  Janet. 

On  sait  que  l'emploi  du  wattmètre  pour  la  mesure  des  puissances  en 
courant  alternatif  entraîne  la  nécessité  d'un  facteur  de  correction,  de  sorte 
que  l'on  doit  généralement  écrire 

p^^p^        i-t-tang--? 

I  4-  taogcp  tang<P 

formule  dans  laquelle  P^  est  la  puissance  vraie,  P^  la  puissance  lue  telle 
qu'elle  résulte  de  l'étalonnage  du  wattmètre  en  courant  continu,  ç  le 
déphasage  du  courant  dans  le  circuit  à  fil  fin  par  rapport  à  la  différence  de 
potentiels  aux  bornes  de  l'appareil  d'utilisation,  $  le  déphasage  propre  au 
circuit  d'utilisation  lui-même. 

Cette  formule  ne  tient  pas  compte  de  la  consommation  du  circuit  à  fil  fin, 
qui  est  approximativement  proportionnelle  à  la  différence  de  potentiels, 
et  de  Tordre  de  3  watts  au  plus,  sous  1 10  volts,  dans  les  bons  wattmètres 
modernes. 

On  voit  que  ce  facteur  dépend  de  $,  c'est-à-dire  du  facteur  de  puissance 
de  l'appareil  d'utilisation,  lequel  est  déterminé  à  son  tour  par  des  lectures 
simultanées  au  wattmètre,  au  voltmètre  et  à  l'ampèremètre. 

On  peut  tourner  la  difficulté  par  une  méthode  d'approximations  succes- 
sives évidente,  mais  qui  ne  peut  donner  de  résultats  acceptables  que  pour 
des  valeurs  assez  grandes  du  facteur  de  puissance. 

En  fait,  dans  la  pratique  courante,  tang^  a  une  valeur  tellement  faible 
que  l'on  peut  confondre  la  puissance  vraie  avec  la  puissance  lue  lorsque  le 

(*)  Séance  du  i3  février  1922. 


546 


ACADÉMIE   IDES    SCIENCES. 


facteur  de  puissance  est  supérieur  à  o,5  ou  o,G.  Nous  appellerons  ces 
cas  les  cas  normaux. 

Quelle  solution  faut-il  adopter  dans  les  cas  anormaux,  c'est-à-dire 
lorsque  le  facteur  de  puissance,  cos<I>,  descend  à  des  valeurs  de  Tordre 
de  o,i  ou  même  o,o5  et  moins? 

Ces  cas  anormaux  se  présentent  assez  fréquemment  (mesure  de  puis- 
sances dans  des  transformateurs  à  vide,  essais  de  fer,  mesure  de  la 
puissance  absorbée  par  une  ligne  souterraine  à  vide,  etc.).  Dans  ces  cas 
anormaux,  même  si  9»  est  très  petit,  la  valeur  de  tang  $  est  assez  élevée 
(voisine  de  20  pour  cos<ï>  =  o,o5)  pour  que,  si  l'on  peut  toujours 
négliger  tang'^cp  devant  l'unité  au  numérateur,  on  ne  puisse  plus  négliger 
tang!ptang<ï>  devant  l'unité  au  dénominateur.  P,, diffère  alors  assez  notable- 
ment de  P/. 

Voici  comment  on  peut  résoudre  le  problème.  Entre  les  points  P  et  Q 
se  trouve  en  A  le  circuit  anormal  très  inductif  oii  présentant  de  la  capacité. 
On  peut  couper  ce  circuit  anormal  à  l'aide  de  l'interrupteur  I. 


A 


On  double  ce  circuit  par  un  circuit  non  inductif  PBQ  et  l'on  insère 
entre  les  points  P  et  Q  un  bon  voltmètre  V  et  le  fil  fin  du  wattmètre  D 
en  série  avec  la  résistance  additionnelle  r.  Le  circuit  à  gros  fil  du  vsattmètre 
est  en  S. 

Dans  ces  conditions,  le  circuit  total  entre  P  et  Q  présente,  grâce  à  la 
présence  du  circuit  non  inductif  PBQ,   un  facteur  de  puissance    accep- 


SÉANCE    DU    20    FÉVRIER    1922.  547 

table  et  l'on  mesurera,  d'une  façon  correcte,  au  wattmètre,  la  puissance 
totale  qui  se  dépense  entre  P  et  Q, c'est-à-dire  la  puissance?  qui  se  dépense 
dans  le  circuit  A  (l'interrupteur  I  étant  alors  fermé)  augmentée  de  la 
puissance  qui  se  dépense  dans  le  circuit  PBQ,  de  la  puissance  consommée 
par  le  voltmètre  et  de  celle  consommée  par  le  fil  fin  du  wattmètre. 

Ceci  fait,  nous  coupons  le  circuit  A  et,  ramenant  la  différence  de  poten- 
tiels très  exactement  à  la  même  valeur,  nous  mesurons  encore,  sans  cor- 
rections (le  circuit  étant  alors  très  peu  inductif),  la  puissance  qui  se  dépense 
dans  les  trois  circuits  PBQ,  V  et  D. 

La  puissance  n'étant  fonction  que  de  la  différence  de  potentiels  aux 
bornes,  nous  aurons  la  puissance  P  absorbée  par  A  par  différence.  Mais  il 
faut  que  la  différence  de  potentiels  entre  les  points  P  et  D  soit  ramenée 
très  exactement  à  la  même  valeur  au  cours  des  deux  mesures  succes- 
sives. 

On  objectera  que  la  puissance  P  étant  mesurée  par  différence,  on  peut 
avoir  une  erreur  relative  assez  élevée.  Mais  l'opérateur  prévenu  portera 
toute  son  attention  sur  ce  point  et  cela  vaut  encore  mieux  que  l'incertitude 
où  l'on  se  trouverait  en  n'employant  pas  cet  artifice.  . 

D'ailleurs  il  est  possible  alors  d'employer  des  watlmètres  très  sensibles, 
c'est-à-dire  à  grand  couple  et,  par  suite,  à  fil  fin  notablement  plus 
inductif  qu'à  l'ordinaire.  On  aura  alors  des  lectures  suffisamment  élevées. 

On  remarque  qu'il  n'y  a  pas  lieu  de  tenir  compte  de  la  puissance 
dépensée  dans  le  fil  fin  du  wattmètre  qui  s'élimine,  elle  aussi,  par  diffé- 
rence. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Utilisation  de  la  force  thermo-électromotrice  de  coTitact 
pour  identifier  quelques  aciers.  Note  (')  de  M.  Galibourg,  présentée  par 
M.  H.  Le  Chatelier. 

L'essai  de  dureté  par  bille  Brinell,  sur  métal  recuit,  permet  d'identifier, 
dans  les  ateliers,  avec  une  approximation  suffisante,  les  diverses  catégories 
d'aciers  ordinaires.  Pour  les  aciers  spéciaux,  cet  essai  ne  suffit  plus,  des 
aciers  de  nature  différente  présentant  la  même  dureté.  Cette  considération 
m'a  conduit  à  rechercher  une  méthode  classant  les  aciers  dans  un  ordre  dif- 
férent du  classement  par  dureté,  mais  applicable,  comme  l'essai  Brinell,  à 
chaque  pièce  individuellement. 

Le  dispositif  suivant  {fig.  i),  basé  sur  l'utilisation  des  forces  électromo- 


*)  Séance  du  6  février  1922. 


548  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

trices  de  contact,  répond  à  cet  objet.  Un  bain  de  mercure  est  chauffe  à  120*^ 


'         t         Bohint    «   fliaclAnce 


Boite  de  résisianc 


}lfox^BV 

mobil, 


GalvAno-Tièb^ 


par  une  résistance  électrique  en  nichrome.  Un  fil  de  fer  électrolytique  plonge 

Fig.  2. 


dans  le  bain  et  est  relié  à  l'une  des  bornes  d'un  millivoltmètre.  L'autre  borne 


SÉANCE   DU    20    FÉVRIER    I922.  549 

est  reliée  à  une,  pince  métallique  refroidie  par  circulation  d'eau,  laquelle 
serre  la  pièce  à  essayer.  La  pièce  maintenue  à  une  extrémité,  dans  la  pince, 
est  amenée  à  l'extrémité  opposée,  en  contact  avec  le  bain  de  mercure.  Au 
bout  de  4  à  5  secondes,  l'aiguille  du  miliivoltmèlrc  se  stabilise.  Le  mercure 
a  pour  seule  fonction  de  fermer  le  circuit  en  assurant  une  liaison  électrique 
et  thermique  parfaite  entre  le  fil  de  métal  type  et  la  pièce  à  essayer. 

Un  très  grand  nombre  d'essais  a  été  effectué  dans  le  but  de  déterminer  la 
force  thermo-électromotrice  produite,  dans  ces  conditions,  par  divers  aciers 
ordinaires  et  spéciaux,  pour  les  températures  comprises  entre  20"  et  820". 
Pour  les  températures  les  plus  élevées,  le  mercure  est  remplacé  par  du  plomb. 
Cette  étude  a  été  effectuée  avec  le  montage  représenté  {fig.  2). 

Aciers  au  carbone. 

Force  thermo-électromotrice 

\..  C.  .Mn.  Si.  à  120''.  à  200°.  à  300». 

1 o.o3  0,18  0,06  0,10  0,25  o,3o 

2 0,29  0,47  0,19  0,60  0,90  1,20 

3 0,55  0,26  0,28  o,65  '0,95  1,25 

k 1,10  0,43  0,43  0,90  i,3o  1,80 

Aciers  au  silicium. 

Force  thermo-électroniotrice 

.\...  C.  Mn.  Si.  à  120°.  à  200°.  à  300°. 

1 0,21  o  0,93  1,20  1,65  2,4o 

2 0,18  0,27  1.60  1,55  2,40  3,20 

3 0,42  0,56  1,92  1,70  2,55  3,35 

Aciers  au  nickel. 

Force  thermo-électromotrice 

Xo,.                                 c.  Mn.  Si.  Ni.  ;.  120».  à  200°.  à  300°. 

1 0,08'  0,34  o.i3  2,i5  0,8  1,25  1,70 

2 0,12  (>,oi  o,o5  5,23  1,8  2,80  3,8o 

3 0,12  o.(2  o,o5  7.1 3  2,1  3,4o  4,80 

La  figure  3  montre  Tàspect  des  courbes  obtenues  avec  les  aciers  au  nickel. 

Aciers  au  chrome  tungstène. 

Force  thermo-électromotrice 

\o..  c.  Cr.  W.  Va.  h   120°.         h  200°.  à  300". 

1 0,76  4^28  8.39  i.3o  o,o5  0,1 5  0.10 

2 o,.5o  4,i5         i3,43  0,17  0,20       — o,i5       — u.65 

La  trempe  a  peu  d'influence  sur  l'allure  de  la  courbe  tracée  avec  un  acier 
quelconque.  Exemple  : 

Recuit.  Trempé. 

Force  électromotrice  Force  électromotrice 

à  l^O-r  à  300°.  à  120°.  à  300°. 

Acier  au  carbone o,5o  OjQS  o,55  i,i5 

Acier  au  chrome  tungstène.      o,25  — o,25  o,25  — o,35 


55o  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

Cette  particularité  dispense  de  faire  subir  aux  pièces  examinées  un  trai- 
tement spécial. 


iD' 


Fig.  3. 


7&  n%h  èrâ,  bu  ^&s 


ZOO* 


Conclusion.  —  Les  différences  de  force  électromotrice  entre  les  différents 
aciers  sont  suffisantes  pour  qu'à  la  température  choisie  pour  l'essai  (120*'), 
la  mesure  de  la  force  électromotrice  dans  les  conditions  indiquées  permette 
de  classer  les  aciers  courants  ordinaires  et  spéciaux  dans  un  ordre  différent 
de  celui  qui  donne  l'essai  de  dureté  Brinell,  et  de  donner  par  conséquent 
une  deuxième  équation  (la  première  étant  fournie  par  la  dureté)  pour  pré- 
sumer de  la  nature  d'un  acier  dont  on  ne  peut  faire  l'analyse. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Action  des  j'ayons  rouges  et  infrarouges  sur  les  suif ures 
phosphorescents.  Note  ('  )  de  M.  Maurice  Curie,  présentée  par  M.  Georges 
Urbain. 

Différentes  théories  ont  été  émises  pour  rendre  compte  de  l'action  extinc- 
trice de  la  partie  la  moins  réfrangible  du  spectre  sur  certaines  substances 

(')  Séance  du  i3  février  1922. 


SÉANCE   DU    20    FÉVRIER    1922.  55l 

phosphorescentes.  Parmi  les  dernières  en  date  est  celle  de  MM.  Ives  et 
Lukiesh  (')  basée  sur  une  agitation  supposée  des  atomes  de  soufre  sous 
l'action  des  rayonnements  lumineux  de  faibles  fréquences  ;  je  n'ai  pu  mettre 
en  évidence  cette  agitation  (-).  M.  Perrin  (*)  a  proposé  une  autre  théorie 
qui  n'explique  pas  cependant  pourquoi  l'action  est  surtout  remarquable 
sur  les  composés  sulfurés  ('*);  de  plus.,  cette  théorie  a  dû  être  complétée 
pour  expliquer  que  la  quantité  de  lumière  restituée  sous  l'action  des  rayons 
rouges  est  bien  inférieure  à  celle  restituée  pendant  une  extinction  normale. 

L'explication  suivante  me  paraît  mieux  rendre  compte  du  phénomène  : 
l'action  des  rayons  extincteurs  consisterait  à  rendre  le  milieu  conducteur 
par  détachement  d'électrons  des  atomes  de  soufre. 

Le  Zn  S  phosphorescent,  par  exemple,  renferme  un  petit  nombre  de  grou- 
pements phosphorogènes  contenant  du  Cu  noyé  dans  un  grand  nombre  de 
molécules  de  ZnS.  Adoptant  une  hypothèse  électronique,  on  peut  supposer, 
avec  Lénard,  que  pendant  l'insolation,  un  électron  e^  du  groupement 
phosphorogène  s'est  écarté  du  noyau  positif;  le  retour  de  cet  électron  e, 
vers  sa  région  d'équilibre  sera  accompagné  de  phosphorescence.  Mais  si, 
faisant  agir  un  rayonnement  de  faible  fréquence,  on  détache  d'un  atome 
de  Sun  nouvel  électron  e.^,  plus  rapproché  du  centre  positif  du  groupement 
phosphorogène  que  l'électron  e, ,  cet  électron  e.^  viendra  remplacer  e,  dans 
sa  région  d'équilibre  en  émettant  une  radiation  de  fréquence  moins  élevée, 
infra-rouge  par  exemple. 

La  distance  moyenne  des  centres  des  atomes  de  S  dans  le  ZnS  est  de 
l'ordre  de  3.to~*  cm,  d'après  les  travaux  de  M.  Bragg.  D'autre  part,  même 
pour  le  cas  relativement  simple  d'un  atome  du  Cu  phosphorogène  conçu 
sur  le  modèle  Rutherford-Bohr,  on  ne  peut  calculer  la  distance  de  l'électron 
détaché;  toutefois,  si  l'on  considère  qu'il  s'agit  d'un  électron  superficiel, 
il  semble  bien  que  l'éloignement  de  s,  de  son  centre  positif  puisse  être 

(  '  )  Ives  et  Lukiesh,  Astrophysical  Journal,  191 1 . 

(^)  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  554. 

(^)  J.   Perrin,  Annales  de  Physique,  i9'9- 

{'*)  Maurice  Curie,  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  2-2.  J'ai  depuis  examiné,  avec  le 
dispositif  décrit  dans  cette  Noie,  différentes  substances  :  un  ZnO  fluorescent  à  phospho- 
rogène Cu,  diflférents  échantillons  de  fluorines  et  du  tungstate  de  Ca.  Je  n'ai  observé 
aucun  effet  sous  Faclion  d'un  faisceau  concentré  infrarouge.  Cependant,  le  tungstate 
de  Ca,  préalablement  excité  aux  rayons  X,  semble  légèrement  afl'aibli  après  avoir  été 
soumis  à  l'action  d'un  faisceau  lumineux  très  puissant;  maison  ne  peut  dire  si  la 
quantité  de  lumière  restituée  a  baissé. 


'  ! .  1  ç,  R  A  R 


552  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

supérieur  à  3.io~*  cm  et,  à  plus  forte  raison,  supérieure  à  la  distance  de  e.^ 
à  ce  centre. 

L'augmentation  de  conductibilité  du  S  sous  l'action  de  la  lumière  a  été  signalée 
par  Baies  ('),  qui  a  simplement  observé  une  augmentation  de  la  décharge  spontanée 
d'un  électroscope  à  isolant  de  S  lorsqu'on  le  place  dans  une  vive  lumière  solaire.  Ne 
connaissant  aucune  autre  publication  à  ce  sujet,  j'ai  effectué  quelques  mesures  pour 
voir  l'ordre  de  grandeur  de  cette  conductibilité  et  savoir  si  les  radiations  rouges 
pouvaient  être  actives. 

Le  S,  finiment  pulvérisé,  était  tamisé  eu  une  couche  de  o™"',5  d'épaisseur  environ 
sur  un  plateau  de  métal  porté  à  un  potentiel  élevé  à  l'aide  d'une  batterie  de  petits 
accumulateurs  ;  un  disque  annulaire  de  métal  relié  au  sol  reposait  sur  le  S  et  élait  main- 
tenu par  de  petites  cales  isolantes;  l'intérieur  du  disque  était  occupé  par  une  grille 
circulaire  métallique  eu  relation  avec  un  électromètre  et  portée  par  deux  cales 
d'ambre  vissées  sur  le  disque  annulaire  formant  anneau  de  garde;  la  grille,  de  45""*" 
de  diamètre,  pouvait  être  appliquée  fortement  contre  le  S.  L'éclairage  se  faisait  à  tra- 
vers la  grille  au  moyen  d'une  lampe  tungstène-azote  de  3oo  bougies  à  trois  courtes 
spires  très  resserrées;  on  employait  un  condenseur  optique  et  l'on  plaçait  une  cuve  à 
eau  sur  le  trajet  des  rayons.  Les  mesures  électrométriques  se  faisaient  par  une 
méthode  de  zéro,  la  compensation  étant  obtenue  à  l'aide  d'un  quartz  piézo-électrique. 

Je  ne  puis  donner  ici  que  les  conclusions  de  ces  mesures  :  l'augmentation  de  conduc- 
tibilité est  très  grande  sous  l'action  du  rayonnement  total  de  la  source;  elle  est  bien 
plus  faible  quand  on  interpose  un  écran  rouge,  mais  très  nette  encore.  J'ai  ensuite 
étudié  dans  les  mêmes  conditions  l'augmentation  de  conductibilité  sous  l'action  de  la 
lumière  rouge  du  ZnS  placé  depuis  plusieurs  jobrs  dans  l'obscurité.  Bien  que  le  ZnS 
ne  présente  alors  aucune  phosphorescence,  il  y  a  un  accroissement  considérable  de 
conductibilité,  bien  plus  grand  que  pour  le  S  soumis  à  l'action  du  même  rayonnement. 
Il  est  cependant  possible  qu'il  soit  dû  au  détachement  d'électrons  des  atomes  de  S  qui, 
dans  le  cas  de  S  pur,  se  déplaceraient  avec  une  plus  grande  difficulté  que  dans  le  ZnS. 

J'ai  enfin  cherché  à  comparer  ces  résultats  à  l'augmenlalion  de  conductibilité  que 
présente  le  ZnS  quand  on  le  rend  phosphorescent  par  une  insolation  préalable  au 
moyen  du  rayonnement  total  de  la  source  (^).  Les  mesures,  peu  précises  par  suile  de 
la  conductibilité  propre  du  ZnS,  montrent  que  cet  accroissement  est  de  l'ordre  de 
celui  pris  par  le  ZnS  non  insolé  soumis  à  l'action  de  la  lumière  rouge. 

Tous  les  courants  mesurés  se  polarisent  rapidement. 

Ces  mesures  me  paraissent  établir  la  possibilité  de  Texplication  proposée. 
Cette  explication  permet  de  rendre  compte  du  fait  que  l'action  extinctrice 
n'est  pas  limitée  aux  régions  rouge  et  infrarouge;  on  peut  aussi  concevoir 
qu'il  puisse  exister  au  début  de  Faction  des  rayons  extincteurs  un  faible 

(')  Bâtes,  Journal  «  Le  Radium  »,  191  i. 

(■-)  Vaillant,  Comptes  rendus,  191  t -191 2.  —  Gudden  et  Pohl,  Zeilsch.  fur  Physik, 
1920-192 I. 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  1922.  553 

accroissement  de  luminosité.  Enfin  on  peut  clierclier  à  expliquer  parallè- 
lement l'action  extinctrice  de  certaines  régions  de  l'ultraviolet  sur  divers 
composés  comme  le  CaS  par  une  action  photo-électrique  sur  les  atomes 
de  Ca  ou  d'autres  métaux. 


GÉOLOGIE.  —  Sur  le  prolongement  de  la  fracture  cV ArgenlatiCorrèze)  dans 
la  région  du  Dorât  (^Haute-Vienne  et  Vienne).  Note  de  M.  G.  Mourkt, 
présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Dans  deux  Notes  précédentes  (  '  ),  nous  avons  fait  connaître  (|ue  la  zone  de 
roches  écrasées  ([ui,  à  partir  d'Asprières  (Lot),  délimite  le  vaste  plateau 
gneissique  de  Tulle  et  de  Limoges,  si  riche  en  amphibolites,  se  poursuit 
jusque  dans  la  Haute-Vienne,  non  seulement  au  sein  du  massif  de  granité  à 
mica  blanc  de  Chàteau-Ponsac,  mais  encore  à  l'ouest  de  ce  massif,  où  elle 
reparaît,  toujours  dans  la  même  direction,  en  deux  points  isolés.  L'un  est 
au  nord  de  Magnac-Laval  (carrière  de  Lavaublois),  l'autre  est  au  sud 
d'Azat-le-Ris  (ferme  du  Douhet).  Nous  avons,  en  outre,  émis  la  suppo- 
sition que  la  fracture  devait  se  prolonger  dans  le  département  de  la 
Vienne,  jusqu'au  moulin  d'Ouzilly  sur  la  Gartempe. 

Cette  supposition  se  trouve  vérifiée  par  nos  nouvelles  explorations. 
Celles-ci  nous  ont,  en  effet,  permis  d'établir  (jue  si  une  lacune  subsiste  encore 
dans  la  zone  des  mvlonites,  entre  la  route  de  Chàteau-Ponsac  à  Saint- 
Sornin-Leulac  et  la  limite  occidentale  du  massif  granitique,  cette  zone 
reparait  plus  à  l'Ouest,  et  se  suit  d'une  manière  continue  jusque  dans  la 
Vienne. 

A  l'Ouest,  le  massif  granitique  de  Chàteau-Ponsac  est,  au  sud  de  Dom- 
pierre  (Haute-Vienne),  interrompu  bruscjuement  par  une  zone  de  mica- 
schistes dirigée  au  NNE  et  (jui,  sur  1000'"  à  i5oo™  de  largeur,  sépare  le 
granité  de  Chàteau-Ponsac  des  gneiss  de  Magnac-Laval,  dont  le  type  est 
identique  à  celui  des  gneiss  d'Aubusson. 

C'est  seulement  après  cette  zone  schisteuse  ({ue,  sur  la  route  de  Dompierre 
à  Magnac-Laval,  reparaît  brusquement  la  traînée  des  mylonites,  près  du 
village  de  Grand-Roche.  Cette  traînée  (|ui,  visiblement,  ne  traverse  pas  la 
bande  schisteuse,  sépare  le  massif  de  granité  à  mica  blanc  du  Nord  des 

(*)  Comptes  rendus,  t.  164,  1917,  p-  822  ;  t.  1G9,  1919,  p.  862. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  8.)  4^ 


554  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

roches  de  Magnac-Laval,  très  gneissiques  au  voisinage  du  massif;  elle  se 
suit  sans  interruption  dans  la  direction  du  Nord-Ouest  et  elle  est  particu- 
lièrement développée  à  la  traversée  de  la  vallée  delaSemme;  c'est  dans 
cette  traînée  qu'est  ouverte  la  carrière  de  Lavaublois,  sur  la  route  de 
Magnac-Laval  à  Lussac-les-Eglises. 

Au  delà,  sur  le  plateau  granitique  de  Tersannes,  dont  les  vallonnements 
sont  peu  profonds,  les  observations  deviennent  difficiles.  Cependant,  à  la 
limite  des  gneiss  et  du  granité  à  mica  blanc,  on  observe  encore  des  traces 
de  roches  écrasées  ou  froissées.  Celles-ci,  très  nettes  près  de  la  ferme  du 
Douhet,  sont  encore  plus  développées  dans  le  fond  de  la  vallée  du  Salbron, 
au  sud  de  la  ferme  du  Pin.  Oa  observe  les  dernières  traces  des  mylonites 
au  sud  de  la  Lucasserie.  Au  delà,  la  surface  du  sol  est  parfaitement  plate, 
le  sous-sol  n'est  pas  visible,  et  c'est  à  peine  si  l'on  parvient  à  tracer  la 
limite  du  granité  et  des  gneiss  appartenant  encore  au  type  d'Aubusson. 

Cette  limite,  toujours  rectiligne,  et  dirigée  vers  le  Nord-Ouest,  se  pour- 
suit jusqu'à  la  Gartempe,  un  peu  au  sud  du  Moulin  d'Ouzilly,  disparaissant 
sur  la  rive  gauche  sous  le  manteau  des  dépôts  basiques  ou  tertiaires.  Avant 
de  déboucher  dans  la  vallée  de  la  Gartempe,  elle  suit  le  thalweg  du  ravin 
très  encaissé  qui  passe  au  nord  du  hameau  du  Peu-Peintureau.  Là,  les 
roches  affleurent  nettement,  et  l'on  constate  que,  contrairement  aux  indica- 
tions de  la  feuille  géologique  Poitiers,  la  séparation  des  gneiss  et  du  granité 
coupe  en  ligne  droite  toutes  les  sinuosités  du  ravin,  sans  les  contourner. 
Les  schistes  et  gneiss,  plongeant  vers  le  Sud,  sont  juxtaposés,  en  concor- 
dance, au  granité,  lui  même  lité,  sans  que,  d'ailleurs,  il  y  ait  passage  d'une 
roche  à  l'autre,  mais  aussi  sans  laminage  apparent,  sans  vestige  de  mylo- 
nites, sauf  à  la  naissance  du  ravin  près  de  la  Nouillère  (sud-sud-ouest  de 
Lathus).  Seul  un  filon  de  porphyre  quartzifère  avoisine  la  limite,  et  un 
autre  filon  s'observe  encore  sur  la  rive  gauche  de  la  Gartempe.  Il  est  diffi- 
cile de  croire  que  la  fracture  puisse  cesser  brusquement  à  la  Nouillère;  il 
faut  admettre  plutôt  qu'elle  s'étend  bien  jusqu'au  moulin  d'Ouzilly,  for- 
mant toujours  la  limite  Sud  de  ce  vaste  massif  de  granité  à  mica  blanc  qui, 
de  Montluçon,  s'étend  vers  l'Ouest  jusqu'à  Lathus  (Vienne),  et  se  pro- 
longe peut-être  jusqu'à  Lussac-les-Chàteaux  ou  même  Ligugé. 

La  ligue  de  fracture  traverse  la  vallée  de  la  Gartempe,  puis  elle  est  mas- 
quée par  le  manteau  sédirnentaire  du  plateau.  Elle  ne  reparaît  pas  dans  le 
vallon  de  Mouillebec,  dont  les  eaux  se  rendent  à  la  Gartempe,  et  dont  le 
fond  est  creusé  dans  un  granité  uniforme  à  petits  grains.  Peut-être  est-elle 
noyée  dans  ce  granité,  peut-être  est-elle  déviée  ou  décrochée  au  Nord. 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  1922.  555 

En  résumé,  à  part  une  lacune  de  8'""  vers  Chùteau-Ponsac,  dans  le  gra- 
nité, et  une  autre  entre  le  Celé  et  le  Lot,  sous  le  bassin  tertiaire  de  Saint- 
Santin,  la  fracture  d'Argentat  se  suit  d'une  manière  continue,  d'Asprières, 
dans  le  Lot,  jusqu'au  moulin  d'Ouzilly  sur  la  Gartempe,  dans  la  Vienne. 
Elle  limite  tout  uii  grand  secteur  du  Massif  Central,  secteur  dont  la  surface 
est  environ  le  tiers  de  la  surface  totale  du  Massif. 

Les  probabilités  sont  pour  qu'au  sud  dWsprières  la  lig^ne  de  'fracture  se 
dirige  vers  le  Guépie  (Tarn)  ;  des  études  ultérieures  pourront  sans  doute 
en  décider.  A  l'ouest  du  moulin  dOuzilly,  on  ])eut  être  porté  à  croire  que 
la  ligne  de  fracture  se  dirige  sur  la  Vendée  et  la  Bretagne.  L'affleurement 
granitique  de  Ligugé  se  trouve  exactement  situé  dansle  prolongement  géo- 
métrique de  la  fracture  d'Argentat,  et  le  granité  à  mica  blanc  y  est  accolé, 
au  Nord,  à  des  porphyroïdes,  sortes  de  granité  écrasé.  Mais  la  distance  de 
Ligugéau  moulin  d'Ouzilly  est  de  5o'"",  et  il  n'existe  entre  ces  deux  points 
aucun  affleurement  intermédiaire.  On  ne  saurait  donc  tirer,  de  l'existence 
de  cet  affleurement  de  Ligugé,  aucune  conclusion.  Comme  le  prouve  le 
tracé  d'ensemble  de  la  fracture,  celle-ci  est  susceptible  de  grands  change- 
ments de  direction. 


GÉOLOGIE.    —  Le  T(im  Dao  et  la  région  de  la  basse  Rivière  Claire  (Tonkin). 
Note  de  M.  Léox  Dussault,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Le  Tam  Dao  est  la  crête  de  direction  Nord-Ouest,  longue  de  do^"^, 
large  à  la  base  de  10'^"^  en  moyenne,  qui  s'enlève  avec  une  altitude  dépas- 
sant 1400"^  entre  les  régions  basses  de  l'origine  du  delta  tonkinois  et  la 
partie  inférieure  du  bassin  du  Song  Cau.  Ce  Tam  Dao  n'est  qu'une  masse, 
qu'un  bloc  de  rliyolites  ou  de  microgranites  laminés,  dont  il  était  intéres- 
sant de  préciser  les  relations  géologiques.  C'est  à  quoi  j'ai  consacré  les  mois 
de  février,  mars  et  avril  1921,  en  étudiant  la  terminaison  du  Tam  Dao  au 
Nord-Ouest,  dans  la  région  située  entre  Tuyen  Quang  et  Tliai  Nguyen. 
Plus  récemment,  en  septembre  et  octobre,  j'ai  prolongé  ma  reconnaissance 
jusqu'à  Ha  Giang,  en  remontant  la  Rivière  Claire. 

Le  substratum  du  Tam  Dao,  tant  du  côté  du  delta  qu'au  Nord-Est,  est 
formé  par  des  schistes  cristallins,  avec  granité  subordonné,  comportant 
toute  une  gamme  de  gneiss,  notamment  des  roches  à  pyroxène,  fréquentes 
au  nord  de  Phu  Tho  et  vers  l'amorce  de  la  bande  gneissique  d'entre  Fleuve 
Rouge  et  Song  Chay. 


556  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Au  nord  du  Tarn  Dao  dans  le  bassin  du  Song  Con,  affluent  du  Song 
Cau,  j'ai  trouvé  une  épaisse  série  gréso-schisteuse  avec  poudingues,  dans 
laquelle  je  n'ai  pu  recueillir  aucun  fossile,  et  que  je  nomme  Séi-ie  de  Luc  Ra. 
Cette  série  se  trouve  dans  la  même  position  que  les  rhyolites  du  Tam  Dao, 
c'est-à-dire  sur  les  gneiss;  mais  un  intervalle  la  sépare  de  ceux-ci  et  les  rela- 
tions mutuelles  ne  peuvent  s'établir. 

Si  maintenant  on  se  déplace  vers  l'intérieur,  vers  le  Nord-Ouest,  on  voit 
apparaître  une  nouvelle  série,  manifestement  charriée  sur  tous  les  terrains 
précédents;  je  la  désigne  sous  le  nom  de  série,  ou  mieux  de  Nappe  du  Nui 
Rao.  Elle  est  formée  de  terrains  très  laminés,  dont  le  type  dominant  corres- 
pond à  des  schistes  lustrés,  à  des  schistes  à  sérielle.  Ces  schistes  englobent 
des  lits  calcaires  étirés,  souvent  sériciteux,  reployés  et  étir(''S  avec  les 
schistes.  Localement^  par  exemple  dans  le  canton  de  Dong-Luc,  entre  le 
Tam  Dao  et  la  Rivière  Claire  en  amont  du  confluent  du  Song  Chay,  des 
masses  calcaires  plus  importantes,  entièrement  recristallisées,  s'intercalent 
dans  les  schistes  a  séricite.  Ceux-ci  peuvent  aussi  comporter  à  la  base  des 
lames  de  gneiss  arrachées  au  substratum  et  entraînées  avec  eux. 

Le  repos  de  la  Nappe  du  Nui  Rao  sur  les  rhyolites  s'observe  avec  netteté 
vers  la  terminaison  périclinale  de  ceux-ci,  c'est-à-dire  à  la  périphérie  du 
Thanh  Son,  sommet  terminal  au  nord-ouest  de  l'arête  du  Tam  Dao.  Le 
repos  sur  la  série  de  Luc  Ra  est  bien  visible  à  l'ouest  du  Song  Con,  dans  la 
région  de  Van  Lang.  Quant  au  repos  sur  le  substratum,  il  est  constant  par- 
tout où  les  rhyolites  ou  bien  la  Série  de  Luc  Ra  ne  sont  point  représentées, 
par  exemple,  dans  la  région  de  Tuyen  Quang. 

En  somme,  les  rhy otites  du  Tam  Dao  et  la  Série  de  Luc  Ra,  prises  entre  le 
substratum  cristallin  et  la  Nappe  du  Nui  Rao  ont  une  position  tectonique 
analogue  à  celle  des  rhyolites  et  de  la  Série  du  Sa  Phin,  analogue  aussi  à  celle 
de  la  Série  du  Nani  Sam. 

Cette  question  étant  résolue,  j'ai  recherché  quelle  était,  vers  le  Nord  et 
vers  l'Ouest,  l'extension  du  domaine  de  la  Nappe  du  Nui  Rao. 

Vers  le  Nord,  eu  remoiLtan  l  la  Rivière  Claire  depuis  Tuyen  Quang  jusqu'à 
Rac  Quang,  à  part  une  réapparition  du  substratum  crislallin  au  nord  du 
Rac  Mue,  le  trajet  reste  entièrement  dans  la  Nappe  du  Nui  Rao,  avec  les 
mêmes  sehisles  à  séricite  et  les  mêmes  calcaires  étirés.  Sur  la  droite,  à  l'Est, 
un  énorme  bastion  calcaire  correspondant  au  Nui  Cao  Duong  et  au  Cham 
Chu  domine  à  dislance  et  de  plus  de  looo'"  la  Rivière  Claire  sur  la  rive 
gauche.  Je  n'y  ai  point  accédé;  peut-être  faut-il  y  voir  l'arrivée  et  la  ter- 
minaison vers  le  Sud-Ouesl  de  rentablement  calcaire  des  Nappes  du  Song 


SÉANCE   DU    20    FÉVRIER    1922.  557 

Gam  de-M.  Bourret.  Dans  la  région  de  Bac  Quang,  la  série  des  schistes  à 
séricite  se  relève  sur  le  granité  et  les  micaschistes  du  Pou  Khao  Ao,  dépen- 
dance du  massif  cristallin  autochtone  du  haut  Song  Chay. 

Vers  l'Ouest,  on  dispose  des  Cartes  d'extensions  rooheuses  établies  avec 
les  récoltes  des  officiers  du  Service  Géographique  et  déposées  aux  archives 
du  Service  Géologique,  documents  que  j'ai  moi-même,  en  1907-1910,  con- 
tribué à  établir  pour  la  feuille  de  Yen  Bay.  Les  terrains  du  Nui  Rao  semblent 
pouvoir  se  relier  aux  schistes  à  séricite  et  aux  calcaires  de  Bao  Ngai,  (jue 
MM.  Jacob  et  Bourret  raccordent,  à  l'ouest  du  haut  Song  Chay,  avec  la 
région  de  Pa  Kha.  Ces  terrains  viendraient  aussi  se  coller  contre  les  gneiss 
d'entre  Fleuve  Rouge  et  Song  Chay;  la  limite  passerait  par  Luc  An  Chau; 
formerait  une  pointe  sur  le  Song  Chay  en  amont  de  Phu  ^  en  Binh  ;  puis  elle 
remonte  au  Nord  vers  Bac  Mue,  pour  en\  elopper,  en  gagnani  Tuyen  Quang, 
le  massif  cristallin  du  Nui  La,  qui  n'est  autre  qu'une  digitation  du  subs- 
tratum.  Le  long  de  cette  limite,  je  connais,  à  27"^™  en  amont  de  Phu  \en 
Binh,  un  affleurement  de  rhyolite;  tandis  qu'en  divers  points  sont  signalées 
des  roches  basiques  :  diabases,  gabbros,  porphyrites. 


GÉOLOGIE.  —  Sur  la  formation  du  «  Gouf  de  Cap-Breton  ». 
Note  de  M.  Ch.  Gorceix,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 


Diverses  hypothèses  ont  été  jusqu'ici  émises  pour  expliquer  l'origine  de 
cette  fosse  sous-marine,  perpendiculaire  à  la  cote  sablonneuse  des  Landes, 
où  elle  aboutit  presque,  à  id'^"^^  au  nord  de  l'embouchure  de  l'Adour.  Celle 
qui  paraît  le  plus  généralement  admise,  ou  du  moins  enseignée,  consiste  à 
penser  que  cette  dépression  est  un  ancien  estuaire  de  l'Adour,  submergé 
en  même  temps  que  le  plateau  continental  par  un  mouvement  positif.  La 
carte  à  laquelle  on  se  reporte  pour  appuyer  cette  assertion  est  celle  de 
France,  du  Dépôt  des  Fortifications  à  -— 7175?  sur  laquelle  les  isobathes  sont 
de  10  en  10  jusqu'à  i5o™,  puis  de  1  00  en  100  au  delà  de  200"%  ce  qui  déna- 
ture les  formes  réelles  pour  qui  ne  le  remarque  pas.  L'équidistance  est 
même  portée  à  5oo™  dans  le  voisinage  des  grands  fonds,  où  d'ailleurs  les 
sondes  sont  rares.  C'est  un  figuré  tout  à  fait  inexact. 

Si  l'on  se  reporte  aux  cartes  du  Service  hydrographique  de  la  Marine  les 


558  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

plus  détaillées  (175G  à  environ  j^  et  4991  à  environ  .,^^\^,),  et  si,  par 
interpolation  dos  sondagos,  on  trace  les  isobathes,  on  obtient  la  représen- 
tation approximative  d'un  terrain  qui  n'a  pas  été  modelé  par  l'érosion  sui- 
vant les  règles  connues.  0/-  cet  aspect  du  «  Gouf  y>  n'est  en  rien  celui  cVune 
vallée^  encore  moins  d'un  estuaire. 

Il  n'v  a  pas  de  thalweg-;  les  parois  sont  escar])ées;  le  fond  présente  une 
série  de  bosses  séparant  des  trous  très  profonds  semblables  aux  abîmes  et 
aux  avens ^  comme  forme  générale  (sur  les  dix  premiers  kilomètres,  il  y  en  a 
trois  principaux  descendant  de  i5o™  à  175™  au-dessous  du  fond  qui  est  déjà 
aux  mêmes  distances  dunivean  delà  mer);  enfin,  la  ^enXemoyenne  est  v^sur 
i3''",5,  soit  10  fois  celle  du  cours  inférieur  du  Pihùne.  On  peut  donc  con- 
clure siirement  de  ce  simple  examen,  que  le  creusement  n'est  pas  dû  à  une 
eau  courante  de  surface. 

En  poussant  le  même  travail  le  long  des  cotes  d'Espagne,  où  le  plateau 
continental  est  fort  réduit,  on  trouve  que  la  Fosse  se  prolonge,  dans  les 
mêmes  conditions,  fort  loin,  en  augmentant  de  largeur  et  de  profondeur. 
J'ai  pu  la  suivre  ainsi  jusqu'au  cap  Ortegal,  par  10''  de  longitude  Ouest.  Là 
où  les  sondages  sont  assez  serrés  et  s'éloignent  de  la  côte,  comme  en  face 
de  Bilbao,  où  la  pose  d'un  cable  allant  en  Angleterre  a  nécessité  une  recon- 
naissance plus  précise,  ou  voit  que  ce  terrain  d'aspect  karstique,  à  accidents 
amplifiés,  s'étend  sur  une  largeur  d'au  moins  22  milles  au  delà  desquels  les 
observations  manquent.  Le  «  Gouf  »  n'est  donc  qu'une  infime  partie  d'une 
région  bouleversée  par  un  même  phénomène,  à  peine  :7^,  et  ce  n'est  pas  à 
l'action  d  un  fleuve,  dont  il  faudrait  que  le  niveau  de  base  ait  varié  de  plus 
de  2000"^  qu'on  peut  attribuer  son  origine. 

Une  autre  théorie  qui,  à  la  rigueur  pourrait  par  analogie  expliquer  la 
formation  de  canons  sous-marins,  suppose  l'existence  d'un  fleuve  d'eau  chaude 
souterrain,  puis  sous-marin  venant  de  la  vallée  du  moyen  Adour,  aux 
environs  de  Dax,  et  suivant  une  profonde  faille  ou  diaclase  rectiligne, 
constatée  à  la  limite  de  la  Chalosse.  Les  abîmes  n'auraient  pu  se  former 
comme  à  terre  par  creusement  de  marmites,  mais  proviendraient  d'effon- 
drement des  cavernes  creusées  par  le  fleuve.  Il  est  inutile  de  réfuter  cette 
théorie  toute  locale  étant  donnée  l'ampleur  du  phénomène  telle  que  je  viens 
de  la  montrer.  Des  sondages  de  température  et  de  salure  faits  avec  précision 
peuvent  d'ailleurs  éclaircir  la  question. 

Cependant  il  est  difficile  d'expliquer  autrement  que  par  des  effondre- 


SÉANCE   DU   20    FÉVRIER    I922.  SSg 

ments  ces  séries  d'entonnoirs,  dont  le  kilomètre  est  l'ordre  de  grandeur  et 
dont  certains  en  ont  10  ou  i5,  mais  il  faut  leur  chercher  une  autre  cause 
plus  puissant  e. 

Dans  son  ensemble,  cette  région,  dont  Taxe  est  à  peu  près  le  paral- 
lèle 43"  4^',  est  parallèle  à  la  chaîne  côtière  d'Espagne:  on  peut  donc  penser 
qu'elle  appartient  à  un  même  étage  géologique.  Or,  parmi  les  couches 
particulièrement  afTouillables  qu'on  trouve  sur  le  continent,  à  même  lati- 
tude, se  trouvent  :  les  marnes  de  la  cote  des  Basques,  les  argiles  bariolées 
du  terrain  salifère,  et  surtout  les  couches  de  gypse  et  de  sel  gemme,  le  tout 
recoupé  par  des  épanchements  et  des  filons  d'ophite.  En  1893  j'ai  montré 
à  la  Société  géologique  de  France  que,  dans  les  environs  de  Rayonne, 
l'ophite  et  son  cortège  d'argiles  colorées,  de  gypse  et  de  sel  jalonnaient 
xactement  des  cassures  rayonnant  autour  d'un  point  correspondant  à 
l'angle  NO  du  massif  granitique  du  Labourd  (3°38'io"—  43°25'3o").  Sur 
le  prolongement  de  ces  alignements  on  rencontre  des  pitons  sous-marins  à 
pente  raide  qui  ne  peuvent  être  que  de  Tophite  et  certains  abîmes  les  plus 
rapprochés.  On  retrouve  de  ces  pitons  dans  la  fosse  côtière  d'Espagne,  où 
l'un  d'eux  porte  le  nom  typique  de  Castro  verde;  les  sondages  indiquent  une 
argile  verte. 

Ne  peut-on  pas  conclure  de  tout  cela  qu'on  se  trouve  en  présence  d'une 
vaste  bande  gypso-salifère  longeant  la  chaîne,  dont  les  affleurements  de 
Bayonne,  Salies-de-Béarn,  Saint-Pandelon,  près  Dax,  seraient  l'extrémité 
Est  avec  une  série  de  cassures  intéressant  les  couches  protectrices  du  sel  et  du 
gypse,  et  permettant  l'infiltration  de  l'eau  de  mer.  Celle-ci,  en  dissolvant  le 
sel  et  le  gypse  et  délayant  l'argile,  aurait  provoqué  une  série  d'éboulements, 
en  chapelet,  de  profondeur  et  d'étendue  essentiellement  variables,  en  don- 
nant à  toute  cette  région  sous-marine  l'aspect  extraordinaire  que  révèle 
l'étude  attentive  des  sondages  ('). 

Cela  me  paraît  l'explication  la  plus  probable  àes  faits  observés  en  dehors 
de  toute  théorie  générale. 

Ajoutons  que  cette  fosse  ne  se  comble  pas  à  la  suite  des  mouvements  con- 
sidérables de  sable  allant  du  Nord  au  Sud  parce  que,  sans  doute,  les  cou- 
rants côtiers  ne  se  font  guère  sentir  au  delà  de  4o™  ou  5o™  de  profondeur  et 
qu'alors  il  reste  une  largeur  de  700™  à  <Soo'"  entre  la  fosse  et  la  cote  pour 
permettre  leur  passage. 


(')  Les  «  Cofias  »  de  Cordona,  près  Mauresa  (Catalogne),  offrent  en  petit  cet  aspect  et 
sont  dus  à  la  même  cause. 


56o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


GÉOLOGIE.  —  Su?'  la  géologie  des  environs  d'A.Mi  Tchéou  (  Yiinnan  oriental). 
Note  de  M.  Justin  Fromaget,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Résidant  à  A  Mi  Tchéou,  j'ai  employé  mes  loisirs  à  étudier  les  terrains 
traversés  par  la  voie  ferrée  entre  les  kilomètres  i44  6t  207  de  la  ligne  du 
Yunnau.  Il  s'agit  d'une  large  bande  schisto-gréseuse  de  Trias,  dirigée 
Nord-Nord-Esl  et  comprise  entre  des  massifs  primaires^.  Jusqu'à  ce  jour, 
le  Trias  d'A  Mi  Tchéou  a  été  considéré  comme  un  compartimenl  effondré 
entre  deux  môles  de  calcaires  paléozoïques,  suivant  un  système  de  failles 
parallèles. 

Mon  attention  s'est  portée  principalement  sur  les  trois  régions,  dont  je 
vais  indiquer  les  caractères  : 

1°  Boucle  du  Pa  Ta  Ho  au  nord  d'A  Mi  Tchéou.  —  Elle  enveloppe  un  massif  à 
relief  peu  accidenté,  qui  domine  les  cours  d'eau  de  400"^  à  600™,  et  dont  le  subs- 
tratum,  visible  sur  la  périphérie  et  dans  le  lit  des  ravins,  est  constitué  par  une  série 
presque  verticale  d'écaillés,  poussées  vers  l'Est  et  formées  de  calcaires  en  dalles,  de 
schistes  laminés  et  de  grès^  le  tout  d'âge  triasique.  .J'y  ai  recueilli  des  fossiles.  — 
A.  Dans  plusieurs  gisements  échelonnés  sur  une  même  bande  calcaire  entre  Siun 
Kien  S'seu  et  le  Pont  de  Siao  I^ong  T'an,  j'ai  trouvé  :  Myophoria  inœquicostata  Klip.; 
Avicula  cL  venetianœ  Hauer.  —  B.  Des  schistes  et  grès,  se  répétant  suivant  un  trajet 
transversal  de  Siao  Long  T'an  à  Rwei  Tien,  proviennent  Myoplioria  inœquicostata 
Klip.,  M.  Goldfussi  Alb.,  Palœoneilo  cf.  etliplica  Klip.,  Hœrnesia  cf.  augusta 
Mansuj,  Marmolatella  profunda  Kitll.,  Trachynerita  cf.  quadrata  Stopp.,  Wal- 
dheiniia  cf.  augustd'fornus  Rkh.,  Spiriferina  cf.  Stracheyi  Sait.,  et  T rachyceras 
costulatuni  Mans.  Ces  faunes  avec  des  espèces  du  Trias  moyen  d'Europe,  notamment 
des  calcaires  d'Esino,  paraissent  se  ranger  dans  le  Ladinien. 

Au-dessus  du  Trias  et  en  discordance  très  nette,  vient  un  banc  de  poudingues  à 
éléments  calcaires,  auquel  succède  une  série  puissante  de  calcaires  massifs  blancs  ou 
gris  clairs,  présentant  en  de  nombreux  points  des  traces  de  broyage.  Cet  ensemble, 
peuplissé,  décrit  seulement  quelques  ondulations  à  larges  courbures,  sur  la  tranche 
redressée  des  sédiments  triasiques.  Ici,  je  n'y  ai  trouvé  aucun  fossile;  mais  plus  au 
Nord,  à  i5''°i  environ  de  la  région  étudiée,  le  long  de  la  voie  ferrée,  ces  mêmes 
calcaires,  qui  font  là  déjà  partie  de  la  région  primaire  du  Nord-Ouest,  contiennent 
des  l'usulinidés. 

2°  Bordure  orientale  des  plaines  d''A  Mi  Tchéou  et  de  Ta  Tchouang.  —  Les 
plaines  d'A  Mi  Tchéou  et  de  Ta  Tchouang  sont  bordées  à  l'Est  par  plusieurs  lignes  de 
collines  de  Trias,  presque  toujours  schisto-gréseux,  avec,  comme  dans  la  boucle  du 
Pa  Ta  Ho,  des  écailles  laminées,  redressées  à  la  verticale.  Sur  ce  Trias  vient,  en  discor- 
dance, une  série  calcaire  très  puissante;  elle  débute  par  une  brèche  de  friction,  con- 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  1922.  56 1 

tenant  parfois  des  granités  écrasés  et  toujours  un  gran.d  nombre  d'éléments  arrachés 
au  substratum  triasique,  quelquefois  fossilifères;  elle  se  continue  par  des  brèches 
calcaires  pour  se  tenninei'  par  une  lame  de  calcaires  massifs.  Eu  dessous  de  la  série 
calcaire,  j'ai  noté  dans  les  schistes,  en  divers  points,  des  affleurements  d'andésite. 

La  série  triasique  m'a  fourni  des  fossiles  répartis  sur  des  bandes  généralement 
parallèles.  —  A.  Des  gisements  de  Wan  Kia  Fan  g,  je  citerai  :  Trachyceras  costu- 
lalum  Mansuy,  Trachyceras  Doiii'illeiyians. ,  T/achjce/as  cf.  scnense  ^ïans.,  Ortlio- 
ceras  ci.  politutn  Klip.,  Trauniatocrinus  cf.  pcrjoralus  Mans.,  Halobia  cf.  rugosa 
Giimb.  —  B.  De  trois  gisements  apparaissant  en  fenêtres  dans  l'axe  de  cette  région  et 
sur  un  même  alignement  longitudinal,  proviennent  :  1°  Environs  de  Niou  Ké  :  Ti'a- 
chyceras  costulatum  Mans,  et  Pai-aceratites  cï.  Cricki  Smith.;  2"  Ravin  situé  au 
nord  du  km  2o3de  la  voie  ferrée  :  Halobia  cf.  ragosa  Gi'imb.  ;  Trauniatocrinus  cf. 
perforatus  Mans.,  Trachyceras  afï.  costulatum  Mans,  et  Ceratites  aff.  super  bus 
Mojs.  ;  3°  Village  de  Tseng  Hong  Tchai  sur  les  bords  du  lac  de  Ta  ïchouang  :  I\ucula 
strigilata  Gold.,  Balatonites  cf.  B.  Carinthiacus  Mojs.,  Trachyceras  cf.  Aon 
Mïmst.;  Trauniatocrinus  cf.  perforatus  Mans.  Toutes  ces  faunes,  avec  des  formes 
des  zones  à  1  rachyceras  archelaus  et  à  T.  Aon,  sont  encore  ladiniennes. 

Quant  aux  calcaires,  ils  ne  m'ont  fourni  aucun  fossile déterminable;  cependant  leur 
raccordement  direct  avec  les  calcaires  massifs  du  sud-est  de  Monglzeu,  reconnus 
comme  ouralo-permiens,  conduit  à  leur  attribuer  le  même  âge. 

3°  Bordure  sud-est  du  bassin  de  Monglzeu.  —  Les  calcaires  massifs  de  Ta 
Tchouang  se  suivent  jusqu'à  la  bordure  sud-orientale  de  la  plaine  de  Mongtzeu,  où 
ils  couronnent  le  faîte  orographique  qui  sépare  cette  plaine  du  bassin  du  haut  Nam  Ti. 
Des  fenêtres,  dont  l'une  de  plusieurs  kilomètres  de  longueur  au  nord  de  Dragon  \oir, 
entaillées  dans  les  calcaires  massifs  sur  le  versant  de  Mongtzeu,  laissent  voir  une  série 
calcaréo-schisto-gréseuse,  verticale  comme  piirtout  ailleurs,  mais  contenant  ici  des 
éléments  plus  laminés,  lustrés  et  amygdalaires;  c'est  dans  les  calcaires  de  cette  for- 
mation laminée,  que  Leclère  a  trouvé  jadis  sur  la  roule  de  Kai  Hoa  Fou  des  fossiles 
d'Esino  et  de  la  Marmolata,  c'est-à-dire  toujours  du  Ladinien. 

Au  col  de  Mi  La  Ti  et  dune  façon  générafe  dans  le  bassin  supérieur  du  Nam  Ti, 
apparaît,  également  en  fenêtre  sous  les  calcaires  massifs,  une  autre  série  schisteuf-e, 
peut-être  un  peu  plus  calcaire,  mais  dont  les  faciès  diffèrent  peu  dans  l'ensemble  de 
ceux  du  Trias.  Trois  gisements  trouvés  :  le  premier  à  l'est  de  Dragon  Noir,  dans  la 
vallée  du  Nam  Ti  ;  le  second  au  col  de  Mi  La  Ti  ;  le  troisième  à  Tché  T'souen,  m'ont 
fourni  :  Alvéolites.,  cf.  A.  verniicularis  M.  Cov,  Cyathopliyllum,  aff.  cwspilosuin 
Gold.,  Cyathophyllum  sp.,  Favosites  cf.  F.  Goldfussi  d'Orb.,  ce  qui  fait  attribuer 
ces  schistes  et  calcaires  au  Dévonien.  Ces  formations,  partout  très  plissées,  se  suivent 
vers  le  Sud-Est,  sous  le  recouvrement  calcaire,  et  viennent  se  raccorder  aux  schistes 
de  Ko  Kou  (km  l'ii  de  la  voie  ferrée)  à  Spirifeispeciosus  Schl. 

Le  complexe  calcaire  attribué  à  l'Ouralo-permien  qui  recouvre  en  discordance, 
tantôt  le  Trias  comme  sur  le  versant  de  Mongtzeu,  tantôt  le  Dévonien  comme  sur  celui 
de  Tche-Tsouen,  est  constitué  comme  à  l'est  d'A  Mi  Tchéou;  près  de  la  base,  dans  la 
région  de  Dragon  Noir,  s'y  intercale  un  banc  épais  de  poudingues  calcaires,  identiques 
à  ceux  de  la  Boucle  du  Pa  Ta  FIo. 


562  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

De  ce  qui  précède,  on  peut  conclure  que  la  région  d'A  Mi  Tchéou  cor- 
respond, non  pas  à  un  fossé  tectonique  ayant  effondré  le  Trias  entre  les 
massifs  calcaires,  mais  à  une  vaste  fenêtre  qui  montre  une  série  extrêmement 
complexe  de  Trias,  redressée  à  la  verticale.  Ce  Trias  apparaît  sous  des  cal- 
caires massifs,  probablement  ouralo-permiens,  et  il  semble  disparaître  sous 
eux  vers  sa  bordure  nord-ouest,  c'est-à-dire  vers  la  vaste  région  primaire 
du  Yunnan,  connue  jusqu'au  delà  de  Yunnan  Fou;  tandis  qu'au  Sud-Est 
il  viendrait  s'appuyer  sur  le  Dévonien  du  Haut  Nam  Ti,  lui  aussi  recouvert 
en  discordance  par  les  calcaires  massifs. 

Nous  reconnaissons  en  somme,  dans  la  région  d'A  Mi  Tchéou,  une  nappe 
de  recouvrement  composée  d'une  masse  calcaire,  rigide,  ayant  glissé  sur 
la  surface  du  Trias  qui,  plus  plastique,  s'est  énergiquement  plissé,  en  se 
décollant  de  son  substratum,  dont  le  Dévonien  du  haut  Nam  Ti  paraît 
représenter  une  partie. 


GÉOLOGIE.  —  Sur  la  présence  ^u  Tortonien  à  Valence  (^Espagne). 
Note  (^)  de  M.  Gigmoux,  transmise  par  M.  Ch.  Depéret. 


La  ville  de  Valence  occupe  le  centre  d'un  bassin  néogêne  et  quaternaire 
qu'entoure  un  amphithéâtre  de  montagnes  secondaires  :  Besori,  Sierra. 
Pelenchisa,  Rodana,  monts  de  Liria,  Rebalsadores,  monts  de  Sagunto.  Les 
alhmons  quaternaires  du  Rio  Turia  et  des  torrents  affluents  ou  voisins 
recouvrent  entièrement  la  surface  de  cette  «  huerta  »  richement  cultivée. 

La  base  de  ce  Néogène  est  constituée  par  des  mollasses  plus  ou  moins 
calcaires  ou  sableuses,  formant  des  collines  en  bordure  du  bassin  :  ces  for- 
mations paraissent  monter  jusqu'à  VHelvétien,  car  on  y  trouve  de  grandes 
Ostrea  crassissima  Lmk.  Mais  le  sous-sol  de  la  plaine  quaternaire  était 
jusqu'à  présent  inconnu.  Or  j'avais  remarqué  dans  la  collection  Boscà  à 
Valence  des  fossiles  qui  m'avaient  paru  tortoniens. 

Les  fossiles  en  question  proviennent  de  la  région  dite  Valencia-la-Vella^ 
située  sur  la  rive  droite  du  Rio  Turia,  à  16''™  de  Valence  sur  la  route  de 
Pedralva;  un  «  a  »  du  mot  «  Ribarroja  »  sur  la  Carte  géologique  d'Espagne 


(')   Séance  du  i3  février  1922. 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  I922.  563 

au  75^5^  indique  à  peu  près  la  position  du  gisement  (  '  ).  Là  tout  est  recouvert 
d'alluvions  quaternaires,  mais,  vers  1892,  des  travaux  d'adduction  d'eau 
ont  rencontré  à  (S™  de  profondeur  des  marnes  bleues  fossilifères.  M.  Boscà 
vit  immédiatement  l'intérêt  de  cette  découverte  qu'il  signala  dans  une  brève 
Note  (-);  mais,  faute  de  matériaux  de  comparaison,  il  ne  put  faire  de 
déterminations  spécifiques  précises,  ni  reconnaître  l'âge  de  cette  formation 
(Mallada  en  fait  du  Pliocène  dans  sa  Description  de  la  Carie  géologique 
d'Espagne). 

J'ai  reconnu  dans  cette  faunuleles  éléments  suivants  : 

1°  Espèces  nouvelles,  et  pour  cela  inutilisables  en  stratigraphie:  Fossarus  Boscai, 
Nassa  prœneritula,  N.  obliqua  Hilber,  var.  valentinensis.  lîlles  seront  décrites  et 
figurées  dans  un  travail  ultérieur;  notons  seulement  que  le  groupe  auquel  appartien- 
nent ces  deux  Nasses  est  spécialement  bien  développé  au  Tovlonien. 

2°  Espèces  banales,  communes  au  Miocène  et  au  Pliocène  :  Pleuroloma  asperulala 
Lmk.  (d'ailleurs  surtout  fréquent  au  Tortonien),  Marginella  miliaria  L.,  Mitra  sp., 
Nassa  cf.  recondita  Mayer,  Tritonium  affine  Desh.,  Cerithium  tricinctum  Br., 
Turritella  subangulata  Br.,  Turritella  Archimedis  Brong.  (surtout  Tortonien), 
Calyptrœa  chinensis  L.,  Natica  josephinia  Risso,  Trochus  magus  L.,  T.  zizyphi- 
nus  L.,  Arca  barbata  L.,  C^rdiurn  edule  L.  var. 

3°  Espèces  souvent  citées  comme  caractéristiques  du  Miocène,  mais  si  voisines  de 
leurs  descendants  dans  le  Pliocène  qu'on  ne  peut  guère  les  utiliser  en  stratigraphie  : 
Nassa  obliqua  Ililber,  CoUnnbella  Borsoni  Bell.,  Murex  dertonensis  Mayer, 
M.  inflexus  Dod.,  M.  Hôrnesi  d'Ane.,  Cerithium  turonicuni  Mayer,  Natica  re- 
denipla  Michti,   Trochus  Araonis  Bast.,  Mytilus  Haidingeri  HOrn. 

4°  Espèces  spécialement  caractéristiques  du  Miocène,  car  elles  appartiennent  à  des 
rameaux  qui,  ou  bien  disparaissent  de  notre  mer  avant  le  Pliocène,  ou  bien  y  sont 
représentés  par  des  formes  nettement  différentes  :  Tritonidea  Bredœ  Michti,  var. 
badensis,  H.  et  A.  (ctiste  encore  dans  le  Pliccène,  mais  très  rare),  Cerithium  biden- 
tatuni  Defr.,  C.  lignitarum  Eichw.,  C.  disjunctum  Sow.,  C.  dertocostatum  Sacco, 
Perna  Bollei  Horn.,  Lucina  incrassata  Dub.,  L.  columbelia  Lmk, 

Ces  dernières  suffisent  à  nous  prouver  que  nous  sommes  bien  dans  le 
Miocène  (^).  Les  caractères  paléontologiques  des  étages  successifs  du  Miocène 

(')  D'après  M.  Boscà  la  même  couche  aurait  déjà  été  rencontrée  en  i865,  en  forant 
un  puits  à  84™  de  profondeur,  sur  la  route  de  Liria,  à  ij''™  de  Valence  et  à  G*"™  au 
nord  du  gisement  étudié  ici. 

(-)  Un  yacimiento  de  fôsiles  cerca  de  Valencia  (Actas  de  la  Soc.  esp.  de  Hist^ 
nat.y  2^  série,  t.  1,  1892). 

(^)  11  ne  serait  d'ailleurs  pas  impossible  qu'il  n'y  ait  du  Pliocène  en  d'autres  points 
du  bassin  ;  mais  nous  n'en  avons  pour  le  moment  point  de  preuves. 


564  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

tiennent  snrtont  à  des  différences  de  faciès,  et  il  ne  fant  pas  se  faire  trop 
d'illusions  sur  la  valeur  absolue  de  ces  étages  :  ici,  en  tout  cas,  toutes  nos 
espèces  sont  communes  dans  les  gisements  tortoniens  typiques  (bassin  de 
Vienne,  Cabrières  d'Aiguës,  Italie  du  Nord).  Comme  nous  avons  vu  que  la 
hase  du  Miocène  de  la  région  de  Valence  se  terminait  par  des  couches 
sableuses  encore  helvètiennes ^  on  voit  que  nos  marnes  bleues  de  Valencia- 
la-Vella  sont  un  représentant  typique  de  l'étage  tortonien. 

Le  seul  trait  un  peu  particulier  de  la  faune  est  rabonJance  de  petits 
Céritbidés  saumâlres,  dont  Tun,  le  C.  disjunclum^  ne  semble  même  guère 
exister  en  dehors  du  faciès  sarmatien  de  l'Europe  orientale,  et  dont  les 
autres,  voisins  du  C.  rubiginosum  si  abondant  dans  la  même  région,  restent 
habituellemejit  rares  dans  les  faciès  profonds  typiques  du  Tortonien  :  cela 
nous  indique  déjà  le  commencement  de  la  dessalure  de  la  mer  miocène,  et 
des  affinités  sarmatiqiies.  Il  est  intéressant  de  remarquer  que  ces  affinités 
sarmatiques  ont  été  signalées  depuis  longtemps  par  M.  Depérel  an  sommet 
du  Miocène  marin  de  Catalogne,  et  que  les  petits  Céritbidés  saumâtres 
rappelés  plus  haut  ont  été  retrouvés  par  le  même  auteur  dans  un  Tortonien 
un  peu  saumâtre  de  la  province  d'Oran  ('),  où  ils  ont  été  découverts  par 
M.  Doumergue. 

PHYSIOLOGIE.  —  Sur  la  circulation  entêro-hépaliciue  des  acides  biliaires. 
Note  de  M.  E.  Wertheimer,  présentée  par  M.  Charles  Richet. 

Deux  méthodes  surtout  ont  été  utilisées  pour  vérifier  si  les  acides  biliaires, 
comme  l'a  soutenu  Schiff,  sont  résorbés  dans  l'intestin  et  repris  par  le  foie 
pour  reparaître  de  nouveau,  en  nature,  dans  la  bile.  La  première  consiste  à 
faire  ingérer  à  un  chien  une  quantité  déterminée  d'acide  taurocholique  et  à 
rechercher  dans  quelle  mesure  cet  acide  a  augmenté  dans  la  bile  sécrétée 
par  l'animal.  Cette  méthode  a  été  employée  avec  succès  par  Stadelmann  (-), 
plus  récemment  par  Poster,  Hooper  et  Whipple  (')  et  a  fourni  à  ces  expé- 
rimentateurs des  résultats  qui  ne  peuvent  guère  laisser  de  doutes  sur  la 
réalité  de  l'absorption  des  acides  biliaires.  Cependant  ils  ne  prouvent  pas 

C)  Voir  aussi  Gentil.  Thèse,  igoS,  et  L.  Joleaud,  Bull.  Soc.  géol.  France.,  1908, 
jD.  290.  —  M.  Paul  Fallût  signale  une  faunule  analogue  aux  Baléares  (Thèse  en  cours 
(l'impression). 

(-)  Zeitschr.  f.  Biologie.,  t.  3i,  1896. 

(*)  Jour,  of  Biologie.  Cliemistry.,  t.  38,  1919,  p-  379. 


SÉANCE   DU   20   FÉVRIER    I922,  565 

d'une  façon  décisive  que  ces  acides  sonl  éliminés  tels  qu'ils  ont  été  absorbés. 
Il  est  possible  que  Tacide  taurocholique,  qui  se  décompose  facilement,  se 
dédouble  dans  son  trajet  de  l'intestin  au  foie,  et  que  celui-ci  soit  obligé  de 
le  reconstituer  avec  ses  produits  de  dédoublement  :  ce  qui  impliquerait  un 
nouveau  travail  de  la  glande  et  non  une  excrétion  pure  et  simple  de  l'acide. 

Aussi  la  deuxième  méthode  est-elle,  à  cet  égard,  plus  démonstrative.  On 
fait  ingérer  à  un  chien  de  l'acide  glycocholique  et  l'on  recherche  ce  composé 
dans  la  bile  de  l'animal  où  il  n'existe  pas  naturellement  (' ).  Cette  expé- 
rience a  donné  des  résultats  positifs  aux  uns,  négatifs  aux  autres,  Stadelmann 
le  dernier  qui,  à  ma  connaissance,  l'ait  reprise  croit  pouvoir  affirmer  que  le 
passage  de  l'acide  glycocholique  dans  la  bile  du  chien  est  indiscutable.  Mais 
sa  critique  des  recherches  antérieures,  l'exposé  de  celles  qui  lui  sont  propres, 
et  même  l'épreuve  délicate  sur  laquelle  il  base  sa  conclusion  sont  bien  faits 
pour  montrer  toutes  les  difficultés  de  cette  détermination. 

11  y  a  donc  intérêt  à  signaler  une  expérience  qui  permet  de  démontrer 
d'une  façon  très  simple,  et  en  même  temps  très  frappante,  ce  cycle  de  la 
bile  qui  va  de  l'intestin  au  foie  pour  retourner  à  l'intestin  :  si  bien  qu'elle 
peut  servir  d'expérience  de  cours.  Elle  repose  sur  cette  donnée  que  le  chlo- 
rure de  baryum  ne  précipite  pas  la  bile  de  chien  et  n'y  provoque  qu'un 
faible  Irouble,  tandis  qu'il  produit  dans  la  bile  de  porc  un  épais  précipilé 
d'hyoglycocholates.  On  conçoit  facilement  quelle  sera  la  marche  de  l'expé- 
rience. 

Chez  un  chien  de  5^"  à  S'^s^  chloralosé,  on  introduil  une  canule  dansle  cholédoque, 
après  avoir  lié  le  canal  cjslique.  On  place  aussi  dans  le  duodénum  un  tube  de  verre 
dont  l'extrémité  libre,  munie  d'un  embout  de  caoutchouc,  reste  en  dehors  de 
l'abdomen,  et  par  lequel  se  fera  l'injection  de  bile  de  porc.  On  applique  une  ligature 
sur  le  pylore  pour  empêcher  cette  bile  de  refluer  vers  l'estomac.  On  referme  la  paroi 
abdominale,  qui  ne  laissera  passer  que  lesdeux  canules.  La  solution  de  BaCl-  dont 
on  se  servira  contient  338  de  sel  pour  roo  d'eau. 

On  recueille  la  bile  du  cholédoque  par  périodes  de  dix  minutes.  Après  qu'on  a 
obtenu  deux  échantillons  de  bile  normale,  on  injecte  dans  le  duodénum  120'^"'^  à  i5o'^"*^ 
de  bile  de  porc  et  l'on  continue  à  recevoir  chaque  récolte  dans  un  tube  à  essai  dis- 
tinct. Puis  on  verse  dans  chacun  d'eux  cinq  ou  six  gouttes  de  la  solution  de  BaCl'. 
A  cette  dose,  le  réactif  laisse  ordinairement  à  la  bile  des  deux  premiers  tubes  témoins 
toute  sa  limpidité,  sans  même  y  produire,  si  ce  n'est  à  la  longue,  le  faible  trouble 
dont  j'ai  parlé. 

Il  en  est  de  même  pour  le  troisième  qui  renferme  la  bile  sécrétée  dans  les  dix  pre- 

(^)  Cependant,  d'après  Stadelmann,  la  bile  normale  du  chien  renfermerait  vraisem- 
blablement de  l'acide  glycocholique. 


566  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

mières  minutes  qui  suivent  l'injection.  Mais,  à  peu  près  régulièrement,  clans  le  qua- 
trième tube,  c'est-à-dire  dans  la  bile  recueillie  entre  la  dixième  et  la  vingtième  minute 
après  l'injection^  la  solution  de  BaCP  produit  instantanément  un  précipité  déjà  épais 
qui  ira  encore  s'accentuanl  dans  les  tubes  suivants  ;  de  sorte  qu'il  suffit  alors 
d'une  ou  deux  gouttes  de  réactif  pour  l'obtenir.  Ce  précipité  donne  la  réaction 
de  Péttenkofer. 

On  peut  opérer  de  la  même  manière  avec  une  solution  saturée  de  chlorure  de  cal- 
cium. J'avais  d'abord  cherché  à  utiliser  le  sulfate  de  soude  et  le  chlorure  de  sodium, 
et  j'ai  été  surpris  de  n'obtenir  avec  le  premier  aucun  résultat,  et  des  résultats  peu 
satisfaisants  avec  le  second,  bien  que  ces  deux  sels  soient  couramment  employés  pour 
la  précipitation  des  hyoglvcocholales.  Mais  il  faut  remarquer  que  la  quantité  de  bile 
de  porc  qui  est  éliminée  dans  la  bile  du  chien  doit  être  relativement  faible;  je  me  suis 
assuré  que,  dans  ces  conditions,  la  bile  de  chien  exerce  une  action  empêchante  sur  la 
précipitation  de  la  bile  de  porc  par  les  deux  sels  de  sodium  et  qu'elle  redissout  les 
précipités  qu'ils  ont  formés. 

Les  résultats  de  l'expérience  restent  absolument  les  mêmes  à  la  suite  de 
la  ligature  de  toutes  les  branches  de  Tartère  hépatique.  L'élimination  des 
acides  biliaires  peut  donc  se  faire  exclusivement  par  l'intermédiaire  de  la 
veine-porte. 


PHYSIOLOGIE.  —  Recherches  sur  les  propriétés  physiologiques  et  thérapeutiques 
des  diastases  tissulaires.  —  De  l'existence  des  diastases  synthétisantes. 
Note  (')  de  M.  F.  Maignon,  présentée  par  M.  E.  Leclainche. 

Les  diastases  de  synthèse  existent-elles  ? 

En  ce  qui  concerne  la  synthèse  protéique,  les  expériences  in  vitro 
instituées  en  vue  de  démontrer  leur  existence  ont  toujours  donné  des 
résultats  négatifs. 

Nous  sommes  parti  de  cette  idée  que,  si  ces  diastases  synthétisantes  exis- 
tent, elles  doivent  avoir  une  importance  considérable  puisqu'elles  président 
à  la  création  des  tissus  nouveaux  chez  le  jeune,  à  la  reconstitution  du  proto- 
plasme usé  chez  l'adulte  et  à  l'élaboration  de  tous  les  produits  de  sécrétion, 
externe  ou  interne,  qui  ne  pi^éexistent  pas  dans  le  sang.  Nous  avons  pensé 
que  l'insuffisance  fonctionnelle  des  organes  devait  être  liée  à  une  insuffi- 
sance nutritive  qui  serait  elle-même  la  conséquence  d'une  déficience  de  ces 
diastases  de  synthèse,  et  que,  dans  ce  cas,  l'introduction  dans  l'organisme 
malade  de  ces  agents,  empruntés  à  l'organe  similaire  d'un  sujet  sain,  devrait 

(*)  Séance  du  i3  février  1922. 


SÉANCE   DU    20    FÉVRIER    I922.  567 

relever  immédiatement  Tactivité  nutritive  et  fonctionnelle  de  l'organe  frappé 
d'insuffisance.  C'est  ce  que  nous  nous  sommes  efforcé  de  vérifier  et  c'est  ce 
que  l'expérimentation  clinique,  chez  les  animaux  et  chez  l'homme,  a  confirmé 
d'une  façon  évidente. 

Nous  avons  extrait  en  bloc  les  diastases  tissulaires,  en  adaptant  aux 
organes  animaux  la  méthode  utilisée  par  A.  Lebedeff  pour  l'extraction  de 
la  zymase  alcoolique,  par  simple  macération  de  la  levure  desséchée.  Nous 
avons  fait  macérer  dans  de  l'eau  chloroformée  les  poudres  d'organes,  obte- 
nues dans  le  vide  sulfurique  à  basse  température,  et  précipité  le  filtrat  par 
l'alcool-éther.  Un  second  traitement  nous  a  permis  de  séparer  les  diaslases 
des  albumines  coagulées.  Les.  diastases  ainsi  isolées  peuvent  être  purifiées 
par  une  nouvelle  précipitation,  suivie  d'une  dialyse  contre  l'eau  distillée  qui 
enlève  tous  les  cristalloïdes  précipitables  par  l'alcool.  Les  solutions  de  ces 
diastases  sont  stérilisées  aux  rayons  ultra-violets  et  conservées  dans  des , 
ampoules  également  stérilisées.  Ces  ampoules  de  2''™',  contenant  i"^  de  dias- 
tases, peuvent  être  administrées  en  injections  inlra-veineuses,  intra-muscu- 
laires  ou  sous-cutanées,  sans  jamais  provoquer  de  réaction,  ni  locale  ni 
générale.  Les  résultats  cliniques  obtenus  montrent  d'ailleurs  que  l'ingestion 
produit  les  mêmes  effets  que  l'injection  et  que  ces  diastases  sont  absorbées 
par  la  muqueuse  intestinale. 

Nous  examinerons  successivement  les  résultats  cliniques  obtenus  en  agis- 
sant sur  des  organes  à  sécrétion  interne,  externe,  interne  et  externe,  et  enfin 
sur  des  organes  dépourvus  de  toute  sécrétion. 

Organes  à  sécrétion  interne.  —  Nous  avons  expérimenté  avec  les  diastases 
de  thyroïde,  d'hypophyse,  de  surrénale,  d'ovaire,  administrées  par  injection 
ou  ingestion.  Les  effets  thérapeutiques  sont  ceux  de  l'opothérapie  ordinaire, 
mais  plus  nets,  plus  constants,  et  avec  les  phénomènes  toxiques  ou  hyper- 
fonclionnels  en  moins.  Au  lieu  d'introduire  les  hormones  déficientes  dans 
l'économie,  on  permet  à  l'organe  insuffisant  de  les  sécréter  en  lui  apportant 
les  agents  diastasiques  qui  lui  faisaient  défaut.  Dans  ces  conditions,  la 
médication  thyroïdienne,  par  exemple,  peut  être  maintenue  sans  interruption 
pendant  une  année,  sur  des  enfants,  sans  jamais  occasionner  ni  amaigris- 
sement, ni  trouble  cardiaque. 

Organes  à  sécrétion  externe.  —  Nous  avons  obtenu  avec  des  diastases 
d'estomac  (muqueuse  et  musculeuse  réunies),  par  injection  ou  ingestion,  des 
résultats  rapides  et  très  nets  dans  des  cas  d'atonie  avec  dilatation,  de 
dyspepsie,  d'hyperchlorhydrie.  Il  s'agit  donc  d'une  véritable  action  régula- 


.•)68  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

trice  sur  la  nutrition,  puisque  même  les  troubles  hypersécrétoires  peuvent 

être  combattus  avec  succès. 

Avec  les  diastases  rénales,  action  très  nette  sur  la  nutrition  de  l'organe 
et  sur  sa  perméabilité. 

Organes  à  sécrétion  externe  et  interne.  —  Sur  un  enfant  de  six  ans,  qui 
avait  toujours  eu,  depuis  l'âge  de  deux  ans.  des  selles  grumeleuses,  mal 
digérées,  à  odeur  aigrelette,  l'injection  sous-cutanée  de  diastases  pancréa- 
tiques amena,  dès  le  lendemain,  des  selles  régulières  et  normales,  avec  amé- 
lioration du  teint  et  de  l'état  général. 

Dans  un  très  grand  nombre  de  cas,  nous  avons  vu  les  diastases  de  foie, 
administrées  indifféremment  par  injection  ou  ingestion,  combattre  avec 
succès  des  troubles  hépatiques  variés,  souvent  graves.  Nous  avons  constaté 
maintes  fois  la  diminution  de  volume  de  Forgane,  avec  disparition  complète 
de  sa  sensibilité,  la  disparition  des  troubles  digestifs  et  des  malaises  divers 
liés  à  rinsuffisance  hépatique,  le  relèvement  de  la  nutrition  générale  et  des 

forces,  le  relèvemeni  du  coefficient  d'oxydation  (v^-pn  )  ^^^'^  l'urine  et  le 


^Az  total 

sang.  Ces  résultats  sont  obtenus  en  i5  à  20  jours  et  ramélioration  débute 
généralement  vers  le  sixième  jour. 

Organes  dépourvus  de  toute  sécrétion.  —  Trois  fois  sur  trois,  nous  avons 
vu  la  tension  artérielle  se  Telever  de  plusieurs  centimètres,  en  même  temps 
que  l'énergie  des  systoles,  sur  des  sujets  en  état  de  défaillance  cardiaque 
(asystolie,  coma  urémique),  sous  l'influence  d'injections  sous-cutanées  ou 
intra-veineuses  de  diastases  de  ca:ur.  Enfin,  par  l'administration  de  dias- 
tases pulmonaires  en  ingestion,  età  raison  de  i™«  par  jour,  nous  avons,  dans 
de  nombreux  cas,  sur  des  sujets  atteints  de  bronchite  aiguë  ou  chronique, 
obtenu  en  quelques  jours  la  disparition  ou  la  diminution  très  notable  de  la 
toux,  des  expectorations  et  de  l'essoufflement,  avec  amélioration  de  l'état 
général. 

Ces  résultats  nous  permettent  de  comprendre  l'organothérapie  des 
anciens  et  posent  les  bases  d'une  méthode  thérapeutique  nouvelle,  beaucoup 
plus  précise,  Vorgano-z-yinolhérapie. 

L'action  de  ces  diastases  tissulaires  est  spécifique,  en  ce  sens  que  celles  du 
foie  n'agissent  que  sur  la  fonction  hépatique,  celles  de  la  thyroïde  que  sur 
la  fonction  thyroïdienne,  etc.  La  spécificité  d'organe  de  l'action  thérapeu- 
tique ne  peut  s'expliquer  que  pour  les  diastases  synthétisantes,  auxquelles 
on  est  logiquement  obligé  d'attribuer  les  effets  cliniques  obtenus.  La  spéci- 


SÉANCE   DU    20    FÉVRIER    1922.  Sôg 

ficité  des  diaslases  de  la  synthèse  proléiquc  résulte  de  la  spécificité  des 
albumines  constitutives  de  chaque  organe. 

Ces  diastases  sont  sans  aucune  action  lorsqu'on  les  administre  à  des 
sujets  sains,  dont  l'état  fonctionnel  des  organes  est  normal.  Nous  avons 
injecté  des  doses  massives  de  diastases  cardiaques  ou  pancréatiques  dans 
les  veines  de  chiens  sains,  sans  jamais  produire  aucune  modification  de  la 
tension  artérielle,  des  contractions  du  cœur  ou  de  la  sécrétion  pancréatique. 

L'intensité  des  phénomènes  chimiques  de  la  nutrition  est  liée  non  pas 
à  l'abondance  des  matériaux  ou  agents  nutritifs,  mais  uniquement  aux 
besoins  physiologiques  de  l'organisme.  L'intensité  des  combustions  respi- 
ratoires n'est  pas  augmentée  lorsqu'on  fait  respirer  à  un  sujet  sain  de 
l'oxygène  pur. 


ENTOMOLOGIE.  —  La  dispersion  géographique  des  Silphida'  CatopiiicC 
pendant  le  Tertiaire.  Note  (  *  )  de  M.  Rexé  Jeannel,  présentée  par 
M.  E.-L.  Bouvier. 

Une  révision  des  Silphidœ  Catopinœ  m'a  permis  d'établir  que  les  genres 
de  cette  sous-famille  habitant  Thémisphère  Nord  se  groupent  dans  quatre 
séries.  Les  caractères  de  fdiation  fournis  par  l'appareil  copulateur  mâle 
m'ont  permis  de  suivre  la  phylogénèse  de  ces  quatre  groupes  et  de  reconsti- 
tuer leur  histoire  à  travers  les  temps  géologiques. 

C'est  sur  la  série  phylétique  de  lUomaphagus  que  nous  avons  le  |ilus  de 
renseignements.  Son  centre  de  dispersion  a  été  situé  dans  l'Amérique  tro- 
picale après  le  morcellement  du  continent  africano-brésilien,  c'est-à-dire 
après  la  fin  du  Crétacé,  car  aucune  espèce  n'a  pu  passer  dans  l'Afrique 
tropicale.  C'est  dans  le  nord  de  l'Amérique  du  Sud  que  le  tvpe  Ptomaphagus 
présente  le  maximum  de  variations  et  ce  protéisme  des  Ptomapha giis  sud- 
américains  contraste  avec  la  parfaite  homogénéité  de  ceux  d'Europe. 

Les  Plomaphagus  d'Europe  dérivent  évidemment  d'espèces  existant 
encore  dans  l'Amérique  du  Sud  comme  le  montre  l'éNolution  de  leur  organe 
copulateur  mâle.  Leur  passage  de  l'Amérique  du  Sud  en  Europe  ne  peut 
s'expliquer  que  par  l'existence  d'un  pont  continental  transatlantique  ayant 
uni    l'Antillea   aux   massifs  Tyrrhéniens  par  les  Canaries  et  les  Açores. 

(')  Séance  du  i3  février  1922. 

G.  R.,  1922,  I»  Semestre.  (T.  174,  N»  8.)  43 


5^0  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

poiil  (|ue  M.  K.  Scharir('  )  (p.  280,  carie  14,  et  p.  294,  carte  16)  suppose 
avoir  existé  à  rÉoccne,  jusque  vers  le  milieu  de  r01ii;ocène. 

Alors  les  P/om^//;/i^/i,'7/*  ont  dû  se  répiindrc  d'abord  dans  l'Euiope  médi- 
lerraiiéeiinc  etle  nord  de  l'Afrique  où  ou  les  trou\  e  actuellement  représentés 
par  de  nombreuses  forjucs  dilVérenciées,  Incicoles  ou  m vrmécophiles 
(Synaidus).  Puis  ils  se  sont  largement  répandus  dans  toute  la  région  [»alé- 
arclique  jusque  dajis  le  nord  de  l'Europe.  Une  espèce  fossile  esl  connue  de 
l'ambre  de  la  IJal tique. 

Mais  ce  n'est  pas  tout.  Pendant  le  Miocène,  la  lignée  très  \igoureuse  des 
Plomaphagus  d'Europe  est  passée  dans  l'Amérique  du  Nord  en  jjrenant 
|)Ossession  d<'S  continents  nord-atlantiques.  Elle  a  atteint  le  nord-est  et  l'esl 
de  lAmérique  du  Nord  et  y  a  fait  souche  de  C.di\  &v  w'icoX^s  {Adelops  hù'tiis 
Tellk.,  du  Kentu('kv)  et  aussi  de  Myrmécophiles  (Addojjs  hrachy der us hec, 
A.  parasita  Lee).  L'identilé  absolue  de  l'œdeagus  de  V Adelops  Idiius -Ayac 
celui  des  Ptonmp/ui^us  d'Europe  est  une  pi-euve  ésidente  de  ce  retour  de  la 
lignée  en  Amérique  par  le  nord. 

Au  Pliocène  enfin,  lorsque  les  deux  Amériques,  jusque-là  séparées  par 
des  mers,  se  sont  trouvées  r<'>unies,  beaucouj»  d'espèces  snd-américaines  sont 
p;iss<''es  dans  l'Amérique  du  Nord.  Les  Plomaphagus  ont  snixi  ce  courant 
d'immigration,  car  les  espèces  de  Californie,  du  Texas,  de  Géorgie  semblent 
appartenir  au  même  type  que  celles  du  V(''nézu<''la  et  dn  Bri'sil. 

On  comprend  ainsi  pourquoi  les  Plomaphagus  font  défaut  dans  le  nord- 
ouest  de  l'Amérique  du  Nord,  et  comment  il  se  fait  que  dans  l'est  des  Etats- 
Unis  se  trouvent  côte  à  côte  des  espèces  à  affinités  sud-américaines  et 
d'autres  nettement  apparent<''es  aux  formes  européennes. 

La  série  phylétique  de  Catops  a  eu  certainement  une  toute  autre  histoire 
c|ue  celle  des  Plomaphagus.  Il  n'existe  aucun  Galops  connu  de  V  Vmérique 
du  Sud  et  d'autre  part  certains  indices  sembleraient  indiquer  que  les  Catops 
européens  ont  dû  avoir,  au  Secondaire,  une  origine  commune  avec  les 
Catopinœ.  peuplant  actuellement  FAustralie  et  la  Tasmanie.  En  tous  cas, 
la  souche  des  Catops  existait  dans  les  massifs  méditerrant-ens  dès  le  début 
du  Tertiaire,  car  ils  ont  pu  se  répandre  également  en  Europe  et  dans  le 
nord  de  l'Afrique  et  même  dans  les  îles  Canaries. 

Partis  de  l'Europe  méditerranéenne,  les  Catops  se  sont  largement  répandus 

(')  I^.-l^\  ScHARFF,  DisLribiilion  and  origin  of  UJ'e  in  America  (T.ondon,  Constable 
and  f>,  191  t;  .^,97  pages). 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  I922.  5;! 

dans  la  rég^ion  pal<'arctiqu<.'.  Certaines  esprces  du  nord-est  de  rAm<  riqu<; 
du  Mord  semblent  être  venues  d'Europe  comiiie  la  souche  des  Adclop.s,  par 
la  \  oie  nord-atlantique  ;  mais  c'est  surtout  par  l'Asie  orientale  que  le  groupe 
des  Catops  a  colonisé  l'Amérique  du  Nord,  où  il  s'est  largement  répandu 
dans  le  nord-ouest  et  le  centre,  sans  atteindre  les  régions  tropicales.  La 
preuve  que  c'est  bien  par  l'Asie  et  non  par  les  continents  nord-atlan- 
tiques que  la  majorité  des  Catops  américains  sont  venus  d'Europe  est 
fournie  parla  distribution  actuelle  du  genre  Catoptrichus  (Japon,  Alaska), 
du  genre  Prionochacla  (Japon,  Sibérie  orientale,  Pensylvanie)  et  surtout 
du  sous-genre  Lasiocatops  (Europe,  Caucase,  Mongolie,  Japon,  Alaska, 
Etats-Unis). 

Ce  n'est  pas  au  Crétacé,  comme  les  l'olamobius,  que  les  Catops  se  sont 
répandus  de  l'Asie  vers  l'Amérique  du  Nord,  car  nous  devrions  alors  les 
trouver  actuellement  confinés,  comme  ces  Ecrevisses,  dans  la  partie  occi- 
dentale du  continent  nord-américain.  C'est  plus  tard,  pendant  la  fin  du  Ter- 
liaire,  qu'ils  ont  dû  se  disperser  avec  les  nombreux  groupes  holarctiques  de 
l'aune  froide  qui  ont  émigré  d'Asie  en  Amérique  et  réciproqoaement,  jusque 
pendant  le  Glaciaire. 

Quant  aux  deux  autres  des  quatre  séries  pliylétiques  des  Catopinw  de 
l'hémisphère  nord,  elles  ont  eu  la  même  histoire  que  celles  dont  il  vient 
d'être  question.  Les  Anemadus  se  sont  développés  parallèlement  aux  Ptoma- 
p/iagus,  mais  n'ont  pas  dépassé,  dans  leurs  migrations,  la  région  méditer- 
ranéenne; le  groupe  du  type  Nargus  {Choleva^  \argus,  Catopomorphus)  a  eu 
le  même  centre  de  dispersion  que  les  Catops,  a  effectué  les  mêmes  migra- 
tions dans  la  région  paléarctique,  mais  sans  toutefois  atteindre  l'Asie orien-  ' 
taie,  ni  passer  en  Amérique. 

Un  fait  semble  à  première  vue  se  trouver  en  contradiction  avec  cette 
reconstitution  des  migrations  des  Catopinœ  de  l'hémisphère  nord,  c'est  que 
les  îles  Canaries  et  Madère  abritent  des  espèces  des  groupes  Catops  et  Nargus 
d'origine  européenne  et  ne  nous  fournissent  aucun  représentant  des  groupes 
Ptomaphag'us  el  Anemadus,  supposés  être  venus  de  l'Amérique  tropicale  par 
le  pont  continental  transatlantique  de  Scharfî. 

Mais  la  faune  des  îles  Canaries  et  Madère  ne  montre  guère  de  points 
communs  avec  les  faunes  américaines.  En  ce  qui  concerne  les  Insectes  tout 
au  moins,  c'est  toujours  avec  l'Afrique  du  Nord  que  les  liens  de  parenté  sont 
le  plus  étroits. 

L'étude  de  plusieurs  groupes  de  Coléoptères  canariens  me  donne  à  penser 


5-2  ACADEMIE   DES   SCIENCES, 

que  les  espèces  diverses  citées  par  Scliarlï,  comme  jalonnant  les  restes  de  son 
ponl  continental,  mériteraient  d'être  révisées.  En  tout  cas,  je  pense  que 
riiypothèse  de  Scharff  doit  être  retenue,  car  elle  est  féconde  et  même  néces- 
saire et  semble  bien  fondée.  Mais  il  faut  admettre  soit  que  le  pont  continental- 
éocène  unissant  directement  l'Amérique  tropicale  aux  massifs  méditerra- 
néens ne  passait  pas  par  les  îles  Canaries  et  Madère,  soit  qu'après  le  morcel- 
lement du  ponl  ces  îles  aient  été  submergées  à  rOligocène,  puis  de  nouveau 
exondées  au  Miocène' et  alors  encore  rattachées  à  l'Afrique  du  Nord,  d'où 
elles  ont  reçu  leur  faune  actuelle. 


CYTOLOGIE.  —  Sur  des  phénomènes  de  condensation  de  corps  gras  à  la 
sw  face  des  mitochondries.  Note  de  M.  R.  Noël,  transmise  par 
M.  Henneguy. 

Nous  avons  signalé  récemment  (')  que,  sur  des  préparations  de  foie  de 
Souris  blanche  traitées  par  les  méthodes  de  Kull  ou  d'Altmanu,  après 
fixation  par  le  mélange  osmio-chromique  de  Mèves,  on  peut  voir  en  certains 
points  de  minuscides    granulations   noires    siégeant  à   la    périphérie   des 


mitochondries  teintées  en  rouge. 


^; 


'■•*  O    O  O  ' 


tt     ^ 


Au  stade  initial  de  cette  condensation,  on  ne  voit  qu'une  seule  granulation; 
puis  ces  éléments  augmentent  de  nombre  pour  confluer  enfin  en  une  bande 
qui  cercle  plus  ou  moins  complètement  la  périphérie  du  chondriosome.  La 

(*)  Cf.  NoKL,  Sur  un  mode  d^ élaboration  de  graisse  osmio-réductrice  dans  la  cel- 
lule hépatique  de  la  Souris  hlanche  {Comptes  rendus  df  la  Sùciélé  de  Biologie^ 
3  décemltre  i()'.>.i,p.    io3o). 


SÉANCE  DU  20  FÉVRIER  I922.  ^7'î 

graisse  apparaît  ainsi  d'une  façon  1res  nette,  à  la  jonction  de  la  luilochon- 
drie  et  du  cytoplasme  ambiant. 

Nous  avons  fait  une  étude  systcmaticpie  de  ces  dispositions;  elles  nous 
ont  apparu  constantes  avec  toutes  les  méthodes;  elles  ont  même  aspect 
quelles  que  soient  les  conditions  histo-physiologiques;  néanmoins  elles  sont 
observables  avec  une  particulière  facilité  sur  les  foies  peu  chargés  on  graisse. 
On  peut  en  conclure  que,  morphologiquement,  la  graisse  apparaît  d'abord  à 
la  périphérie  de  la  mitochondrie  sous  la  forme  de  granulations  très  petites, 
qui  ultérieurement  confluent  en  un  anneau. 

Ces  faits  nous  semblent  appeler  les  considérations  suivantes,  au  point  de 
vue  du  mécanisme  pliysico-chimique  de  leur  production.  On  sait  que,  au 
niveau  des  couches  de  passage  (zone  de  surface  )  entre  les  divers  colloïdes  pro- 
toplasmiques,  il  y  a  condensation  de  certains  des  éléments  de  ces  colloïdes, 
en  particulier  des  lipoïdes.  La  plupartdu  temps,  cette  condensation  est  invi- 
sible à  no?  yeux  et  indt'celable  par  nos  réactifs  histo-chimiques;  c'est  un 
phénomène  d'ordre  colloïdal  portant  sur  des  éléments  placés  au  delà  de  la 
limite  de  visibilité  pratique.  Mais  dans  le  cas  présent,  la  condensation  des 
corps  gras  semble  si  accentuée  que  le  processus  atteint  celte  limite  de  visi- 
bilité; et  les  corps  gras  apparaissent  sous  la  forme  des  très  petites  granula- 
tions décrites  plus  haut. 

Cette  expression  histologique  du  phénomène  physico-chimique  de  la  con- 
densation des  substances  au  niveau  des  surfaces  de  contact  entre  éléments  do 
la  cellule  nous  a  paru  mériter  d'être  signalée. 

ANAïOMIE  PATHOLOGIQUE.  ~  Sw  quelques  fondions  du  mègacaryocytc 
tumoral,  en  particulier  sur  son  rôle  raso  formateur.  Note  de  M.  R.  Anr.Aun, 
transmise  par  M.  Hcunoguy. 

Nous  avons  eu  récemment  l'occasion  d'étudier,  chez  l'homme,  deux 
myélomes  spéciaux  formés  exclusivement  de  cellules  à  noyaux  bourgeon- 
nants et  qui  s'étaient  développés,  l'un,  tout  petit,  sur  l'aile  du  nez,  l'autre, 
volumineux,  de  la  grosseur  d'une  tête  d'enfant,  dans  l'épaisseur  de  la 
glande  mammaire.  Ces  tumeurs,  auxquelles  nous  avons  donné  le  nom  de 
mé gacaryocy tomes  {^),  nous  ont  permis,  en  raison  même  de  leur  activité 
génétique,  de  suivre,  dans  les  meilleures  conditions,  l'évolution  des  méga- 

(i)  Annales  de  Dermraoloiiie  et  fie  SYphili'^rapJiie,  t.  -2,  n°  iO,  oclol3i-e  iç)?!. 


574  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

caryocytes  et  certaines  de  leurs  fonctions,  entre  autre  leur  tôle  vasoforma- 
teur  depuis  si  longtemps  controversé. 

ÎVous  avons  d'abord  constaté,  dans  ces  éléments  tumoraux,  toutes  les 
figures  intermédiaires  à  Fétat  embryonnaire  et  à  la  cellule  de  Howel,  avec 
les  formes  les  plus  diverses  :  noyaux  lobés,  incisés  bourgeonnants,  coro- 
naires, sphérulaires,  mûriformes,  déroulés  ou  même  égrenés.  Par  endroits, 
quelques  noyaux  paraissent  entrer  en  caryolyse  après  avoir  figuré  une 
ébauche  caryocinétique,  la  plupart  du  temps  multipolaire,  tandis  que,  ])ar 
gemmation  ou  simple  division  directe,  des  cellules  voisines  donnent  nais- 
sance à  de  nombreuses  cellules  fdles  qui  s'individualisent  dans  différents 
sens. 

Nos  l'echerches  nous  ont  en  outre  amené  à  émettre  les  conclusions  sui- 
vantes au  sujet  de  trois  fonctions  très  importantes  : 

a,  la  fonction  de  soutènement; 

^,  la  fonction  ^  asoformalive  ; 

Y,  la  fonction  sanguiformatixe. 

a.  Fonction  de  soutènement.  —  Le  réticuluni  fibiillaire  de  la  tumeur  est 
entièrement  dû  à  l'activité  des  cellules  à  noyau  bourgeonnant.  La  surface 
des  mégacaryocytes  jeunes  est  dépourvue  de  prolongements,  mais  celle 
des  adultes  émet,  au  contraire,  de  longues  expansions  rameuses  qui  s'anas- 
tomosent d'une  cellule  à  l'autre,  constituant  ainsi  la  trame  fondamentale 
de  la  néoplasie. 

p.  Fonction  vosoformative.  —  Les  noyaux  mûriformes  ou  multilobés  se 
disloquent,  tandis  qu'une  ou  plusieurs  cavités,  creusées  dans  le  proto- 
plasma, se  développent  et  se  fusionnent.  Les  noyaux  isolés  viennent  s'ap- 
pliquer à  la  surface  de  la  cavité,  à  la  façon  des  noyaux  endothéliaux; 
l'ébauche  vasculaire  est  constituée. 

Le  processus  vasoformatif  peut  s'effectuer  avec  (juelques  variantes  :  nous 
vîmes,  parfois,  de  longues  fissures  se  disposer  d'une  façon  concentrique, 
autour  d'une  cavité  centrale  plus  volumineuse,  entraînant  ainsi  une  dispo- 
sition similaire  des  noyaux  Iragmentés.  Il  ne  s'agil  nullement  d'éléments 
multinucléés  si  abondants  dans  les  sarcomes  angioplastiques,  ni  de  plas- 
modes  en  pointes  d'accroissement.  Les  cellules  vasoformatrices  sont  ici 
complètement  indépendantes,  au  débul ,  de  tout  vaisseau.  Ce  sont  des 
mégacaryocN  tes  créateurs  de  capillaires,  d'abord  isolés,  qui  s'unisseni  ensuit;e 
aux  capillaires  voisins  et  suivent  enfin  l'évolution  normale  de  toute  forma- 
tion vasculaire. 


SÉANCE  DU  20  FKVPvIER  I922.  ^;;S 

y.  Fonction  liluhiiliiuène.  —  Ces  rb-nients  soni,  en  même  temps,  sangiii- 
formateurs.  En  effet,  sans  (ju'il  nous  soit,  dès  maintenant,  possible  d'indi- 
(|uer  d'une  façon  prrcise  toutes  les  phases  de  leur  évolution,  nous  avons 
constate  la  présence  intramégacaryocytaire  de  globules  rouges  dont  Tt'loi- 
gnement  de  toute  autre  formation  vasculaire,  la  structure  embryonnaire  et 
les  ('videntes  relations  g(''n<'-ti(|ues  avec  Frlément  incorporant  éloignaient 
toute  idée  de  ])liagoc\  tose.  \ous  avons  parfaitement  observi-  les  phases 
suivantes: 

1°  ^V•sicuh'ltion  du  noyau  d'un  bourgeon  niegacaryocylaire  ; 

1"  Localisation  exclusive  de  la  chromaline  à  la  membrane  nucl<''aire  ; 

j"   Dans  certains  cas,  transformation  de  la  v<''sicule  en  cupule  ; 

4"  Disparition  lente  de  la  clironiaticilc  habituelle  de  la  substance 
nucléaire  ; 

.'>°  Disparition  du  protoplasma  périnucléaire  et  réalisation  lente  de  la 
forme  normale  des  hf-maties. 

Cette  évolution  globuligène  présente  d'ailleurs  d'autres  modalités  et  c'est 
là,  croyons-nous,  une  cause  de  divergence  dans  les  interprétations  qui 
furent  émises. 

En  n-sunK'  : 

i''  Dans  certains  cas  pathologiques,  les  cellules  de  Houel  peuvent  donner 
naissance  à  des  tumeurs  (juelquefois  volumineuses  ; 

1"  Ces  mt'gacaryocytes  tumoraux  constituent,  par  Ti-mission  de  nom- 
breux prolongements  protoplasmiques  anastomoli(jues,  la  trame  fondamen- 
tale de  ces  tumeurs  ; 

3°  Enfin,  par  le  moicellcincnt  du  noyau  vi'giHant  et  r(''parlition  des 
fragments  nucléaires  parfaitement  individualisés,  autour  d'une  cavité 
intraprotoplasmi(|ue  (|ui  s'accroît  progressivement,  le  mégacaryocyte 
devient  vasoformateur.  Il  est  aussi  globuligène. 

MICROBIOLOGIE.  —  Nouvelles  observations  sur  la  culture  du  />.  pyocyamque 
sur  milieux  arli/iciels  définis.  Note  de  MM.  A.  Goris  et  A.  Lioi-, 
présentée  par  M.  Roux. 

Nous  avons  fait  connaître,  dans  une  préci'dente  Communication  ('),  que 
les  sels  ammoniacaux  des  acides  bibasiques  pouvaient  servir  d'aliment  au 

(  '  )  Observations  sur  la  culture  du  B.  pyocyanique  sur  milieux  artificiels  définis 
par  A.  CiORis  et  A.  LiOT  {C"mptes  rendus,  t.  172,  199.1.  p.  lO?.  >.). 


376  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

B.  pyocyanique.  Depuis,  nous  avons  entrepris  de  nombreux  essais  sur  la 
culture  de  ce  microbe  sur  milieux  définis  en  faisant  varier  la  nature  des  com- 
posés azotés  (sels  ammoniacaux,  dérivés  amidt's  ou  aminés)  qui  pouvaient 
lui  être  offerts  comme  aliments. 

Nous  avons  d'abord  essayé  les  amides  des  acides  bibasiques  précédem- 
ment utilisés,  puis  les  dérivés  monoaminés  de  ces  mêmes  acides. 

Comnie  précédcMnment,  nous  avons  cultivé  le  H.  pyocyanique  sur  milieux 
supports  géloses  (gélose  simple  et  gélose  minéralisée)  additionnés  au 
moment  de  l'emploi  d'une  quantité  déterminée  de  substance  azotée. 

Dans  une  première  série  d'essais,  nous  avons  réuni  les  résultats  obtenus 
avec  les  amides.  Il  ne  s'est  produit  ni  culture  ni  coloration  avec  les  corps 
suivants  :  Acide  carbamique.  Urée,  Oxamide,    \cidc  oxamique,  Malona- 
,mide,  Succinamide,  Succinimide. 

L'acétamidc,  la  benzamide,  expérimenlées  par  comparaison,  ainsi  que 
l'acide  cyanurique  et  la  guanidine,  qui  se  rattachent  à  l'urée,  nous  montrent 
également  que  les  dérivés  amides,  en  général,  ne  peuvent  pas  servir  d'ali- 
ments au  B.  pyocyanique. 

Dans  une  seconde  série  d'expériences,  nous  donnons  les  résultats  obtenus 
avec  les  diacides  monoaminés.  Les  acides  aspartique  et  glutamique  ont  été 
des  agents  très  défa^  orables  au  développement  de  la  culture  et  à  la  produc- 
tion de  coloration;  l'asparaginc,  amide  de  l'acide  aspartique,  a  donné,  sur 
gélose  simple,  une  culture  très  maigre  avec  légère  coloration  verte,  et  sur 
gélose  minéralisée  une  culture  légère  avec  coloi'ation  verte  assez  nette.  Si 
Ton  vient  à  neutraliser  les  fonctions  acides  de  ce  corps  par  une  base,  telle 
que  la  soude,  le  corps  obtenu  est  cette  fois  utilisable  par  le  microbe  sur 
gélose  simple  et  sur  gélose  minéralisée. 

Ce  sont  ces  résultats  qui  nous  ont  conduits  à  essayer  les  autres  aniino- 
acides  :  monoacides  monoaminés  et  monoacides  diaminés.  à  réaction 
neutre,  ainsi  que  divers  produits  qui  en  dérivent. 

Ces  résultats  sont  consignés  dans  le  Tableau  suivant  : 


SÉANCE    DU    20    FÉVRIER    I922. 

Monoacides  monoaininés. 
Sur  sélùse  simple, 

Cilvcocolle Pas  de  développemeut  ; 

pas  de  coloralioii. 

\cide  i;lvcoclioli(|iie Id. 

Via  ni  ne Id. 

Leiicine Très  maigre  dévelop- 
pement ;  légère  colo- 
ration violacée. 

Gystine  (ditliiodialanine) Pas  de  développement  ; 

pas  de  coloration. 

Phénylalanine Développementpresque 

nul  ;  Teinte  violacée 
noirâtre. 

Tyrosine  (/>-Oxyphénylalanine)  .  .      Pas  de  développement  ; 

pas  de  coloration. 


Ilistidine  (  3-lmidazolaIanine) .  . . 


Tryptophane  (jj-Indolalanine)  .  .  . 


Id 


Léger  développement  ; 
Teinte  violacée  noi- 
râtre. 


D77 


Sur  gélose  minéralisée. 

Bon  développement  ; 
légère  coloration 
verte. 

Pas  de  développe- 
ment ;  pas  de  co- 

'     loration. 

Bon  développement  ; 
coloration  verte 
intense. 

Bon  développement; 
coloration  verte. 

Légerdéveloppemenl; 
coloration  verte 
pâle. 

Très  bon  développe- 
ment ;  coloration 
verte  intense. 

Pas  de  développe- 
ment ;  pas  de  colo- 
ration. 

Bon  développement  ; 
légère  coloration 
verte. 

Maigre  développe- 
ment  ;  coloration 
verte  noirâtre. 


Arginine, 


Monoacides   diaminés. 

Pas  de  développement  ; 
pas  de  coloration. 


Lvsine, 


Id. 


Maigre  développe- 
ment ;  légère  colo- 
ration ^e^le. 

Maigre  développe- 
ment ;  peu  de  co- 
loration. 


57H  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

On  voit  donc  quo  les  dérivés  amidés  mis  en  expérience  ne  peuvent  servir 
d'aliment  au  B.  pyocyanique.  Au  contraire,  les  acides  aminés  (mouoacides 
moiioaminés  et  diaminés  et  les  diacides  monoaminés  employés  après  neutra- 
lisation) peuvent  ser\ir  au  développement  de  ce  bacille,  mais,  en  général, 
ils  sont  de  moins  bons  aliments  que  les  sels  ammoniacauv  dérivés  des  acides 
bibasiques,  surtout  lorsqu'on  les  emploie  sans  addition  de  substances  miné- 
rales. 

L'emploi  des  divers  acides  aminés  comme  source  d'azote,  pour  la  cul- 
ture du  B.  pyocyanique  n'est  pas  indifférent.  Leur  valeur  nutritive  dépend, 
non  seulement  de  la  présence  d'une  ou  de  plusieurs  fonctions  aminées  dans 
la  molécule,  mais  aussi  de  la  structure  de  la  chaîne  qui  supporte  ces  fonc- 
tions. 


CHIMIE  BIOLOGIQUE.  —  Le  procédé  d' épuration  par J.es  «  boues  actm'rs  »  est-il 
applicable  au  système  séparati f?  Note  de  M.  r.rr.iFx  Cavkl,  présentée  par 
M.  A.  Haller. 


Les  applications  actuellement  existantes  du  procédé  d'épuration  des 
eaux  d'égout  par  les  «  boues  activées  »  sont  faites  sur  des  eaux  d'égout  du 
système  unitaire^  qui  est  le  mode  d'assainissement  des  villes  déjà  âgées. 

Les  cités  plus  jeunes,  ou  celles  dont  l'assainissement  est  plus  récent, 
recourent  au  ^y^^eme  séparatif^  qui  écarte  les  eaux  pluviales  et  d'arrosage. 
Celui-ci  a  sui-  son  aîné  de  réels  avantages  :  la  constance  du  délnt,  une  com- 
position plus  homogène,  un  volume  d'eau  beaucoup  moindre,  et,  j)ar  con- 
séquent, une  constiuction  plus  économique.  Mais  les  eaux  d'un  réseau  sépa- 
ralif  n'étant  pa^  diluées,  sont  très  polluées,  et,  la  conduite  de  leur 
épuration  biologique  est  moins  commode  que  celle  d'un  réseau  unitaire. 
Aussi  la  règle  qui  consiste  à  épandre  i"''  par  mètre  carré  de  lit  bactérien, 
et  par  joui-,  ne  leur  est  généralement  pas  ap])licable. 

Je  me  suis  préoccupé  de  savoir  si  le  procédé  d'épuration  des  eaux  par 
les  «  boues  activées  »  peut  être  employé  par  le  système  séparatif.  et  j'ai 
essayé  d'activer  des  boues,  puisées  dans  son  sein  même.  Je  me  suis 
adressé  pour  cela,  aux  boues  de  la  ville  de  Yilleneuve-Saint-Georges,  qui 
possède,  depuis  8  ans,  un  réseau  d'égout  séparatif  étudié  d'après  les  plus 
heureuses  conceptions. 


I 


SÉANCE   DU    20    FÉVRIER    I922.  ^79 

L'activation  de  ces  boues,  a  été  obtenue  au  laboratoire,  après  47  jours 
d'aération;  puis  on  les  a  fait  agir  sur  les  eau.v  brutes  de  Villeneuve,  dans 
la  proportion  de  33  pour  100  (mesurée  après  2  heures  de  repos),  du 
volume  à  traiter.  Ces  eaux,  ainsi  préparées,  furent  analysées  avant  et  après 
épuration. 

I ^e  Tableau  ei-dessous,  pris  parmi  de  nombreuses  expériences,  indique  les 
résultats  comparés  avant  et  après  2^1  heures  d'aération  ('  ).  Tls  sont  exprimés 
en  milligrammes  par  litre. 

F'aii  avant  aération  Eau  après  épur;itioii 

(eau  hi'uti').  i  eau  épurée). 

Aspect très  trouille               tout  à  fait  limpide 

Matières  en  suspensinn  (^),  totales !j4o  néant 

»                              organique^ •>,86.5  » 

»                             minérales 56,5  » 

Alcalinité  (CO^Ca) 646  <> 

Azote  organique  (A/,)  (^) 58,5  i '1 

Azote  ammoniacal  (Az) 113  o 

Azote  nitrique  (Az) lo.g(^)  111,9. 

Azote  nitreux o  traces 

Oxjclabiiité  (acide.  lomin.  ébiillition  ). .  .  .-.  147, ?-  4o 

Sulfures  (H^S) '4  o 

(  kleur très  putride  inodore 

»       après  -  jours  déluve »  inodore 

Germes  microbiens  par  centimètre  cube..  .  .  92000000  7000000 

La  leeture  de  ce  Tableau  montre  que,  l'alcalinité,  l'ammoniaque,  les 
sulfures  disparaissent  complètement;  et  que  l'oxydabilité  se  trouve  abaissée 
dans  la  proportion  de  72,8  pour  100.  (  hiant  aux  germes  microbiens,  92,4 
pour  100  sont  éliminés.  L'azote  ori^anique,  qui  représente  un  ensemble  de 
composés  très  putrescibles,  se  trouve  aussi  diminué  de  ~i\  pour  100.  Enfin. 
Feau.  est  claire  et  imputrescible. 


(')  Cette  période  peut  être  écourtée. 
(-)  Avant  le  mélange  avec  les  boues  activées. 

(^)  C'est-à-dire  l'azote  obtenu  par  la  méthode  de  Kjeldahl  (après  élimination  des 
nitrates  par  FeCl-),  diminué  de  AzH^  dosé  à  part  par  distillation. 
{'*)  Provenant  des  nitrates  dissous  dans  l'eau  qui  imprègne  la  boue. 


58o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Les  doutes  étaient  permis  au  sujet  de  la  réussite  des  essais  entrepris,  à 
cause  de  la  concentration  des  eaux,  de  leur  alcalinité  atteignant  parfois 
900™^  par  litre;  à  cause  encore  des  sécrétions  microbiennes  d'un  milieu 
aussi  souillé,  capables  de  jjaralyser  la  nitrification. 

Il  n'en  a  rien  été,  et,  d'après  les  nombreuses  expériences  que  j'ai  faites,  il 
m'est  permis  de  dire  qu'on  peut  envisager  la  possibilité  d'appliquer  au 
système  préparatif  le  procédé  d'épuration  par  les  «  boues  activées  ». 

Dans  la  pratique,  il  ne  sera  pas  nécessaire  d'atteindre  la  disparition  totale 
de  l'ammoniaque.  Cette  ammoniaque,  dans  l'effluent  épuré,  n'est  pas  bien 
gênante.  Elle  disparaît  d'elle-même  |)ar  auto-épuration  dans  la  rivière.  Il 
suffira,  par  exemple,  pour  arrêter  le  traitement  des  eaux,  de  s'imposer  une 
limite,  qui  pourra  être  l'instant  où  le  chiffre  de  Foxydabilité  devient  constant. 
Cette  limite  est  généralement  atteinte  avant  la  disparition  complète  de 
l'ammoniaque.  Il  y  aura  ainsi  une  économie  de  temps  et  d'énergie. 


PHYSIQUE  MÉDICALE.  —  L' auscultation  électrique  de  la  respiration  au  début 
de  la  tuberculose  ;  nouvelle  méthode  d' auscultation  pratiquée  à  Vaide  de 
stéthoscopes  microtéléphoniques  amplificateurs.  Note  de  M.  J.  Glover, 
présentée  par  M.  d'Arsonval. 

(^etle  nouvelle  méthode  d'auscultation  que  j'ai  innovée  eu  clinique  en 
191 5  (  '  )  donne  d'importants  résultats  et  se  précise  dans  son  utilité  pratique. 

Les  caractères  propres  et  les  avantages  de  Tauscultation  électrique, 
pratiquée  à  l'aide  de  diverses  variétés  de  stéthoscopes  tétéphoniques  (-) 
qui  ont  été  perfectionnés  depuis,  sont:  V  amplification  sonore  ;  V  auscultation 
rigoureusement  localisatrice  pour  r  auscultation  et  V  exploration  vasculaire,  par 
exemple  ;  l'auscultation  topo  graphique  d'une  région  plus  ou  moins  étendue  ;. 
Visolement  vibratoire  complet  et  nécessaire^  entre  le  malade  ausculté  et  le 
médecin  qui  ausculte  ;  enfin  la  pluri auscultation^  c'est-à-dire  l'auscultation 
simultanée  d'une  même  région  par  plusieurs  élèves  à  la  fois,  à  l'occasion  de 
l'enseignement  à  l'hôpital. 


(')  Jules  Glovi'R.  Comptes  rendus,  t.  IGO,  191 5,  p.  685  ;  De  l'aincultalion  de  la  voix 
solidienne  à  distance  en  clinique  pour  le  dia-gnosùc  précoce  du  début  de  la  tul)er- 
culose  pulmonaire  {Bulletin  de  l' Académie  de  Médecine^  22  février  1916). 

(-)  Jn.KS  Glovku,  Api>areil  électrique  d'auscultation,  d'exploration  clinique 
et  fie  physiologie  expérimentale   [Comptr.'i  rendus,  I.  H»*2,   i*)!*"),   p.  79">). 


SÉANCE   DU    20    FÉVRIER    1922.  58l 

En  ce  qui  Louche  i auscultation  de  la  respiration  en  particulier,  on  a  i^éné- 
ralement  basé,  par  exemple,  le  diagnostic  du  début  de  la  tuberculose  pulmo- 
naire eiilre  aulrcs  signes  stéthoscopiques,  sur  la  diminution  on  même 
l'absence  du  bruit  normal  de  la  respiration,  ainsi  que  sur  certains  caraclèrcs 
et  variations  du  rythme  respiratoire. 

Or  l'emploi  de  mes  stéthoscopes  microtéléphoniques  amplificateurs  pour 
l'auscultation  électrique  permettent  de  reconnaître  et  d'établir  : 

i''  Que  les  résultats  de  l'auscultation  de  la  respiration,  à  l'état  physio- 
logique, semblent  varier  avec  le  type  respiratoire  adopté  par  le  sujet  observé, 
en  raison  de  sa  conformation  llioracique  ; 

2"  Qu'étant  donnée  l'existence  d'une  infinité  des  conformations  squelet- 
tiques  du  thorax,  intermédiaires  entre  les  deux  types  extrêmes,  de  thorax 
à  taille  et  de  thorax  sans  taille,  certains  de  mes  stéthoscopes  mierotélé- 
phoniques  spéciaux,  permettent  de  constater  qu'aux  principales  variétés 
de  conformations  squelettiques  du  thorax,  paraissent  s'adapter  par  l'accou- 
tumance, des  variétés  spéciales  de  types  respiratoires. 

Or,  à  l'observation,  on  remarque  que  les  sujets  à  thorax  à  taille  nette- 
ment définis  ou  de  conformations  approchantes,  ont  tendance  à  adopter  le 
type  respiratoire  costo-claviculaire,  supérieur,  lequel  fournit  avec  un  maxi- 
mum d'efforts,  un  minimum  d'effets;  on  constate  aussi  que  les  sujets  à 
thorax  sans  taille  ou  d'une  venue,  ou  de  conformations  approchantes, 
sont  portés  à  adopter  le  type  respiratoire  costo-latéral  inféiieur,  lequel 
fournit  avec  un  minimum  d'efforts,  un  maximum  d'elîets. 

>[ais  ce  que  l'emploi  des  stéthoscopes  microtéléphoniques,  par  leurs 
propriétés  amplificatrices  et  rigoureusement  locahsatrices,  démontre  de 
plus  important  encore,  c'est  qu'il  semble,  qu'à  l'occasion  de  ces  obser- 
vations, le  médecin  peut  ne  plus  être  induit  en  erreur,  en  ce  cjui  touche 
l'auscultation  des  caractères  de  la  respiration  des  sommets  des  poumons, 
au  début  de  la  tuberculose. 

Il  s'ensuit  en  effet  qu'un  sujet  à  thoiax  sans  taille  peut  présenter,  entre 
autres  signes  st(''thoscopiques,  une  diminution  relative  ou  une  impercepti- 
bilité presque  totale  du  bruit  normal  de  la  respiration  au  sommet  des  pou- 
mons, sans  être  tuberculeux. 

De  même  encore,  un  sujet  à  thorax  à  taille,  gêné  en  quelque  sorte  par 
cette  conformation,  pour  l'adoption  du  type  costo-latéral  inférieur  et  obligé 
à  une  suppléance  respiratoire  à  type  costo-claviculaire  supérieur,  parfois 
assez  accentuée,  peut  n'avoir  pas  de  diminution  du  murmure  vésiculaire 
au  sommet  des  poumons,  tout  en  étant  tuberculeux. 


582  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  —  Les  stomoxes,  propagateurs  de  la  trypano- 
somiase  des  dromadaires.  Note  de  MM.  Edm.  Sergent  (jL  A.  Donatien, 
présentée  par  M.  Roux. 

La  trypanosomiase  des  dromadaires  de  l'Afrique  du  Nord  est  transmise 
par  plusieurs  espèces  de  taons.  Les  nomades  le  savent;  nous  avons  pu  jadis 
le  vérifier  expérimentalement  et  préciser  le  mécanisme  de  cette  transmis- 
sion (*).  Mais  des  constatations  récentes  nous  ont  montré  que  les  taons  ne 
sont  pas  les  seuls  agents  vecteurs. 

Nous  avons  observé,  chez  des  dromadaires  en  stabulation,  une  épizootie 
propagée  uniquement  par  des  stonioxes.  C'est  l'histoire  de  cette  épizootie 
et  des  recherches  expérimentales  qu'elle  a  suggérées  que  nous  rapportons. 

Un  troupeau  de  [)  dromadaires,  parqué  en  automne  1920  dans  un 
paddock,  comptait  8  animaux  indemnes  et  i  infecté  chronique  qui  fit  seu- 
lement 9  rechutes,  de  i  ou  2  jours  de  durée,  dans  le  cours  d'une 
année.  Au  voisinage  de  ce  porteur  de  germes,  et  9  jours  après  l'une  de 
ces  rechutes,  un  dromadaire  sain  présenta  un  accès  typique  de  première 
invasion,  caractérisé  par  une  fièvre  subcontinue  el  la  présence  presque 
constante  de  trypanosomes  dans  le  sang. 

Le  dromadaire  atteint  d'un  accès  aigu  fut  placé  dans  une  case  avec  cinq 
dromadaires  indemnes;  ceux-ci  furent  tous  contaminés  successivement  dans 
l'espace  d'un  mois  et  succombèrent. 

Plus  tard  on  réunit  dans  le  paddeck  i  dromadaire  en  pleine  phase  aigui* 
de  trypanosomiase  inoculée  expérimentalement  et  deux  dromadaires  neufs  : 
une  chamelle  et  son  petit.  Ces  deux  derniers  se  contaminèrent  tous  deux  et 
leur  infection  fut  mortelle. 

Si  l'on  étudie  les  conditions  de  la  contamination,  on  voit  que  le  réservoir 
de  virus  a  été  constitué  dans  chaque  cas  par  des  dromadaires  fortement 
|)arasités.  On  constate  aussi  que  l'inl'eclion  a  dû  s'opérer  à  courte  distance 
<laus  l'espace  el  dans  le  temps  :  la  contagion  en  effet  est  localisée  à  la  case 
du  paddock  où  se  trouvait  le  porteur  de  germes.  La  comparaison  des  dates 
exclut  la  possibilité  d'une  évolution  des  trypanosomes  en  dehors  de  l'oiga- 
nisme  du  dromadaire.  La  contagion  a  été  immédiate. 

(^)  Ann.  Inst.  Pasteur,  t.  19,  janvier  igoS,  p.  17-48;  t-  20,  août  1906,  p.  6-4-<^8i. 
A  finals  of  trop.  Med.  and  Paras. ^  l.  2,  3  février  l'joy,  p.  iiîi. 


SÉANCE   DU    '20    lÉVRlER    I922.  f)83 

Lu  lecherclie  de  Cagenl  transmetl eiir  conàwïX.  ;i  accuseï'  les  slomoxes.  En 
effet,  on  ne  peul  pas  inciiminer  le  contact  direct,  car  des  troupeaux  de  dro- 
madaires comprenant  également  animauv  sains  et  porteurs  de  germes  ont 
vécu  pendant  plusieurs  années  dans  ce  paddock  sans  qu'aucune  contamina- 
lion  se  produisit.  La  seule  diffeience  entre  les  années  précédentes  et  1920 
est  que,  cette  année-là,  le  paddock  était  infesté  par  de  très  nombreux  sto- 
moxes  dont  les  larves  vivaient  dans  la  lili("  le  laissée  pour  empêcher  les  dro- 
madaires de  glisser  sur  le  sol  cimenté.  A  cause  de  la  saison,  il  n'y  avail  ni 
taons,  ni  mousiiqucs,  niphlébolomcSjui  céralopogoniées.  Les  animaux  élanl 
nelloyés,  ils  n'avaicnl  ni  hyppobosques,  ni  liques,  ni  poux.  Le  seul  vcclcur 
animé  préscnl  élail  le  slomoxe. 

Si  Ton  observe  la  façon  doni  les  slomoxes  allaquenl  les  di'omadaires,  on 
voil  qu'ils  réussisseni  1res  raremenl  à  se  gorger  de  sang  dès  leur  première 
piqûre  :  ils  sont  obligés  de  mulliplier  des  essais  de  piqûres,  qui  font  sourdre 
des  goutlelelles  de  saug('),  avani  de  pouvoir  déjouer  les  défenses  d<' 
l'animal,  el  d'arriver  à  se  fixer.  Ces  piqûres  successives  alteignenl  souvent, 
dans  un  troupeau,  des  bêles  différenles.  On  comprend  ainsi  commeni  le 
slomoxe  peul  lransporl<T  le  virus  <'n  piquant  coup  sur  coup  un  dromadaire 
malade,  jmis  un  dromadaire  sain. 

L'expérimentation  a  confirmé  et  précisé  ces  données  de  l'observation. 

Dans  i4  expériences,  25  cobayes  reçoivent,  sans  être  infectés,  les  picjûres 
de  stomoxes  nourris  antérieurement  sur  des  cobayes  trypanosomés,  à 
une  date  remontant  à  i  jour  au  minimum  et  à  66  jours  au  maximum 
(2842  piqûres  au  total).  On  n'a  pu  observer  aucune  évolution  des  trypa- 
nosomés dans  l'organisme  des  stomoxes. 

Par  contre,  6  cobayes  neufs  sur  12  sont  infectés  par  des  piqûres  de 
stomoxes  venant  de  piquer,  immédiatement  avant,  un  cobaye  infecté. 

L'expérience  suivante  uiontre  que  ce  sont  les  trypanosomés  adhérent  à 
la  surface  externe  de  la  trompe  des  stomoxes  qui  transmettent  l'infection 
et  non  ceux  qui  sont  contenus  à  l'intérieur  de  la  trompe.  Nous  avons  fait 
piquer  des  stomoxes  à  travers  une  mousseline  tine  dont  les  mailles  serrées 
essuient  la  trompe  au  passage;  dans  ces  conditions,  nous  n'avons  eu  qmT 
I  cobaye  contaminé  sur  11  (670  piqûres).  Les  mêmes  stomoxes,  piquant 
à  travers  un  tulle  à  larges  mailles,  ont  contaminé,  avec  un  nonjbre  moindre 
de  piqûres  (557),  ^  cobayes  sur  12. 

(')  84  fois  sur  I  2<7  piqûres  observées,  soil  une  goulte  pour  i4  piqûres! 


584  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

En  conclusion,  la  trypanosomiase  des  dromadaires  est  transmise,  dans 
la  nature,  de  deux  façons  : 

i**  En  pleine  campagne,  dans  le  bled,  par  les  taons  dont  les  larves 
foisonnent  dans  le  sable  humide  du  fond  des  vallées; 

2°  Dans  les  lieu\  habités,  dans  les  fondouks  (caravansérails),  par  les 
stomoxes,  dont  les  larves  vivent  sur  le  fumier  pailleux  des  écuries  (').  Le 
transport  des  germes  par  taons  et  stomoxes  est  mécanique;  on  ne  constate 
aucune  évolution  des  trypanosomes  chez  les  insectes,  qui  ne  sont  que  des 
porte-virus,  véhiculant  les  trypanosomes  sur  la  surface  externe  de  leur 
trompe  comme  sur  une  lancette.  Pour  être  infectante,  la  piqûre  de  Tanimal 
trypanosomé  doit  saigner  et  précéder  immédiatement  la  piqûre  de  l'animal 
sain.  La  longue  durée  de  la  trypanosomiase  chez  le  dromadaire  fait  de  cet 
animal  le  réservoir  de  virus. 

A  i6  heures  et  demie,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 

La  séance  est  levée  à  17  heures. 

É.  P. 


E  RM  ATA. 


(Séance  du  6   février   1922.) 

Note  de  MM.  A.  de  Gramont  et  G. -A.  Hemsalech,  Sur  l'évolution   du 
spectre  du  magnésium  sous  l'influence  d'actions  électriques  croissantes  : 

Page  357,  figure,  au  lieu  de  SSag  et  43^5,  lire  5528  el  4352. 

Page   359,  ligne  4,  «m   lieu   de  }.3838  el  },5i84  [&], /f>e  [^^] /,  5i84  el  ?.3838;  «a 
lieu  de  /4704,  lire  /47o3. 

(')  Nous  avons  trouvé  des  slonaoxes  dans  loutes  les  régions  de  l'Afrique  du  Nord  : 
le  littoral,  les  hauts-plateaux,  le  Sahara. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE   DU    LUNDI   27    FÉVRIER    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  COMMUNICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

M.  BiGouRDAN  communique  les  publications  suivantes  qu'il  vient  de  faire 
paraître  : 

Corrections  des  signaux  horaires  déterminées  au  Bureau  international  de 
l'Heure  en  1920  (i'"''  année).  Cette  publication  est  formée  essentiellement 
par  les  six  Tableaux  suivants  : 

1"  Corrections  C^  de  la  pendule  directrice.  Ce  sont  les  données  de 
départ,  fournies  par  l'Observatoire  de  Paris. 

2°  Comparaisons  mutuelles  des  quatre  pendules  garde-temps. 

3°  Valeurs  adoptées  pour  les  corrections  C^  des  pendules  garde-temps, 
pour  chaque  jour  où  l'on  a  effectué  des  observations  méridiennes.  Ces 
valeurs  sont  réduites  au  méridien  de  Greenwich  et  à  2i*'36™,  heure  choisie 
parce  qu'elle  est  généralement  voisine  de  celle  pour  laquelle  on  obtient  la 
correction  de  la  pendule  directrice. 

En  outre,  on  donne  ici  les  corrections  AC'^^  que  les  marches  comparées 
des  garde-temps  ont  indiquées  pour  les  corrections  de  pendule,  avec  la 
méthode  de  discussion  adoptée. 

4°  Valeurs  conclues  des  mêmes  AC^  pour  chaque  jour  et  corrections 
journalières  conclues  de  la  pendule  directrice. 

5°  Corrections  des  signaux  demi-automatiques  de  io''45™  et  de  23''/i5"'; 
qui  sont  ceux  que  reçoivent  le  plus  généralement  les  marins,  les  horlo- 
gers, etc. 

6°  Signaux  rythmés  normaux  de  10'' 3o™,  de  23'' o"  et  de  23''3o'°,  avec 
divers  signaux  rythmés  occasionnels^  qui  avaient  été  demandés  de  plusieurs 
côtés,  pour  la  détermination  précise  de  Longitudes. 

Pour  tous  ces  signaux  rythmés  on  donne  les  heures  provisoires  des  i'*' 

C.  R,,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  9.)  44 


586  ACADEMIE   DES   SCIENCES. 

et  3oo^  signaux  telles  qu'elles  ont  été  radiotéléyraphiées,  et  leur  correction. 
Il  est  évidemment  utile  de  fournir  les  éléments  qui  permettent  de  contrôler 
nos  calculs;  mais,  notamment  pour  les  sifi^naux  rythmés,  cela  n'a  pas  été 
possible  pour  1920,  à  cause  de  divers  intermédiaires  qui  ont  été  supprimes 
en  1921. 

Rappout  annukl  sur  les  travaiiœ  effectués  par  le  Bureau  inlernational  de 
rileureen  1921  (2*  année). 

Ce  Rapport  indique  la  marche  générale  du  service  et  les  tentatives  faites 
pour  l'améliorer.  Il  mentionne  notamment  quelques  recherches  entreprises 
pour  relier  l'origine  de  chaque  seconde  directement  au  balancier  lui-même 
en  évitant  ainsi  les  erreurs  causées  par  les  irrégularités  des  rouages. 

L'enregistrement  a  été  bien  amélioré  en  employant  un  dispositif  de 
MM.  H.  Abraham  et  R.  Planiol;  il  a  permis,  entre  les  pendules  garde- 
temps,  une  comparaison  directe  contrôlant  la  comparaison  faite  par  coïnci- 
dences. 

RiJLi.ETiN  iuJhaikk,  u"  2.  —  O  uumcro  donne  les  corrections  des  signaux 
horaires  de  janvier  1922.  A  partir  du  1*'' janvier  dernier,  le  temps  sidéral  à 
midi  moyen  fXe.  la  Connaissance  des  Temps  a  été  diminué  de  o%o6  afin  qu'à 
l'avenir  nos  résultats  donnés  en  temps  moyen  soient  comparables  à  ceux 
qu'on  obtient  au  moyen  des  Kphémérides  qui  cnq:)loient  les  Tables  solaires 
de  Newcomb. 

On  y  trouve  aussi,  pour  les  signaux  rythmés  de  10'',  les  heures  comparées 
obtenues  à  Greenwich,  Paris  et  Uccle. 


M.  L.  Lecornu  s'exprime  en  ces  termes  : 

J'ai  l'honneur  de  présenter  à  l'Académie  un  Ouvrage  dont  j'ai  écrit  la 
préface,  et  qui  est  intitulé  :  L'éther  actuel  et  ses  précurseurs.  L'auteur, 
M.  E.-M.  Lémeray,  retrace  d'une  façon  attachante  la  succession  des  idées 
et  des  croyances  relatives  à  une  substance  invisible  répandue  dans  l'espace  : 
d'abord  le  souffle  {pneuma)  des  premiers  âges;  puis  l'air  et  le  feu;  ensuite, 
dans  les  temps  modernes,  le  phlogistique  de  Stahl;  le  calorique  sensible  ou 
latent;  le  fluide  électrique;  l'éther  de  Huyghens,  celui  de  Fresnel,  celui  de 
Lorcntz;  celui  d'Einstein. 

Je  signale  en  particulier  le  passage  où  M.  Lémeray  revendique  pour 
Laplace  l'honneur  d'avoir,  le  premier  peut-être,  affirmé  l'équivalence  de  la 


SÉANCE   DU    27    FÉVRIER    1922.  387 

"chaleur  et  du  travail;  Laplace  dit  en  effet,  dans  un  Mémoire  lu  le  18  juin 
1  783  devant  l'Académie  des  Sciences  :  «  la  chaleur  est  la  force. vive  qui  résulte 
(les  mouvements  insensibles  des  molécules  d\in  corps.  »  Ce  texte  précis  mérilai.t 
bien  d'être  rappelé. 

M.  A.  Hallek  s'exprime  en  ces  termes  : 

Le  volume  des  Actualités  de  CJiimic  contemporaine  que  j'ai  rhonneur  de 
présenter  à  rAcadéniie  comprend  une  série  de  neuf  conférences  faites  à  la 
Sorbonne  par  différents  auteurs  sur  des  sujets  à  l'ordre  du  jour.  Deux  d'entre 
elles,  consacrées  à  la  guerre  des  gaz,  permettent  d'avoir  un  aperçu  des 
produits  nocifs  employés  des  le  22  avril  191 5  par  l'Allemagne,  puis,  réci- 
proquement, par  les  Alliés  quelques  mois  plus  tard. 

Les  conférences  suivantes  ont  trait  à  la  micro-analyse  quantitative,  à  la 
synthèse  biochimique,  à  la  solidité  des  liaisons  dans  les  molécules  organiques, 
à  la  naplitaline  au  point  de  vue  scientifique  et  industriel,  aux  cétènes,  nou- 
velle fonction  organique,  et  enfin  à  quelques  complexes  de  l'iridium. 

Le  bon  accueil  réservé  à  ces  conférences  qui  ont  été  publiées  dans  la  Revue 
des  Sciences  pures  et  appliquées,  en  1020  et  192 1,  nous  a  conduit  à  les  réunir 
en  un  volume  qui  fera  suite  à  trois  autres  séries  parues  de  1906  à  1908. 


NOMIJ\ATïOi\S. 

MM.  L,  GuiGivARD,  le  Prince  Bonaparte,  31.  d'Ocagne  sont  adjoints  à  la 
délégation  qui  représentera  l'Académie  aux  fêtes  du  cent-cinquajitième 
anniversaire  de  la  fondation  de  V Académie  royale  de  Belgique. 

M.  Emile  Borel  est  désigné  pour  représenter  l'Académie  aux  fêles  du— 
septième  centenaire  de  la  fondation  de  V Université  royale  de  Padoue. 


ELECTIONS. 

.     Par  l'unanimité  des  48  votants,  M.E.  I.  Fredholm  est  élu  Correspondant 
de  l'Académie  pour  la  Section  de  Géométrie. 


588  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

Par  l\i  voix  contre  8  à  M.  A.  Gnilliermond,  M.  Hknri  Jumelle  est  élu 
Correspondant  de  TAcadémie  pour  la  Section  de  Botanique. 

CORRESPOND  AIVCE . 

M.  le  Mlmstre  de  l'Instruction  publique  invite  l'Académie  à  lui  pré- 
senter une  liste  de  deux  candidats  à  la  chaire  d'Histoire  naturelle  des  corps 
organisés  déclarée  vacante  au  Collège  de  France. 

(Renvoi  aux  Sections  de  Botanique  et  d'Anatomie  et  Zoologie.) 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

The  W lient  plant  ^  a  Monograph  by  John  Percival-. 

M.  le  Directeur  de  l'Ecole  supérieure  d'Aéronautique  et  de  Construc- 
tion MÉCANIQUE  adresse  un  Rapport  relatif  à  l'emploi  qui  a  été  fait  d'une 
subvention  accordée  sur  la  Fondation  Loutreuil  en  1921. 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —    Sur  les  séries  V  _  '  ""     - 
Note  (')  de  M.  Torsten  Carleman,  présentée  par  M.  Emile  Borel. 

Soient  a,,  a.,  ...,  a„,  ...  les  affîxes  d'une  suite  de  points  (dans  le  plan 
des  z)  qui  peut  être  partout  dense  dans  une  partie  du  plan  (ou  dans  le  plan 
entier).  Considérons  la  série 

et  supposons   d'abord    M.=  ^  |  A,]  v*  (a  >  i)    convergente.    Décrivons 
autour  de  chaque  point  a,,  comme   centre  des  cercles  avec  des  rayons 

(')  Séance  du  i3  février  i9'22. 


SÉANCE   DU    27    FÉVRIER    I922.  689 

li\-=h~^.  Appelons  Cl^'  l'ensemble  des  points  qui  restent  après  exclusion 
de  ces  cercles.  Soit  C»  l'ensemble-limile  de  C^'  lorsque  /  tend  vers  zéro.  On 
sait  que  C^^  comprend  tous  les  points  du  plan  sauf  un  ensemble  de  mesure 
nulle,  et  que  la  série  (i)  convcrg^e  partout  dans  Cg,. 

D'après  les  recherches  de  M.  Borel,  les  points  z  =  a.,  sont  certainement 
des  véritables  singularités  pour  la  fonction y(^)  si  la  suite  |A„|  décroît  plus 
rapidement  que  e~*"  .  Nous  verrons  dans  ce  qui  suit  qu'il  suffît  de  supposer 
I  A„  |<  e-^+^""''^"  (  *  ) ,  Dans  sa  Note  (  -  )  :  Remarques  sur  la  Note  de  M.  J.  Wolff, 
M.  Borel  vient  de  poser  d'une  manière  explicite  la  question  dont  nous  nous 
occuperons  ici.  La  Note  de  M.  Wolll'  (-)  contient  un  exemple  intéressant 

de  série  de  la  forme  (0  (  S  _  )  avec  ^  |  A,,  |  convergente,  qui  converge 

en  chaque  point  z  :^  (x.,.  /(z)  étant,  dans  ce  cas,  uniformément  bornée 
pour  z  ^  y..,,  on  peut  en  conclure  qu'il  n'existe  pas  de  série  V  r,  à  termes 
positifs  telle  que  "V  — '  converge  (cette  condition  est  équivalente  à  V  y'A., 
divergente)  •  On  peut,  eu  effet,  démontrer  que  le  terme  "  est  le  terme 
dominant  de  (i)  sur  presque  tous  les  vecteurs  qui  passent  par  a„,  pourvu 
qu'il  existe  une  série  à  termes  positifs  convergente  ^  r„  telle  que  V  ~  con- 
verge. On  déduit  de  là  :  Si  /"(s)  est  uniformément  bornée  sur  un  ensemble 
de  points  obtenu  par  exclusion  d'un  ensemble  de  mesure  nulle,  tous  les  A,^ 


sont  égaux  a  zéro. 


Nous  allons  démontrer  le  théorème  suivant  : 

Si  /(z)  s'annule  sur  un  arc  de  courbe  T  {arbitrairement  petit)  situé  dans 
un  domaine  0^\  et  si 

I  A„  I  <;  g-  *+-'«  lo""  (£  =  nombre  positif  arbitraire), 

les  coefficients  A,,  sont  tous  nuls. 

Soit  OABO  un  contour  simple  fermé  composé  de  deux  lignes  droites  OA 
et  OB  dans  C^f'  et  d'une  partie  AB  de  F.  On  voit  qu'il  est  toujours  possible 
d'enfermer  un  point  quelconque  C  de  C^''  dans  un  tel  contour,  pourvu 
que  r  ne  soit  pas  rectiligne  et  '(  situé  sur  le  prolongement  de  F.  Partageons 
la  suite   a,ao...a„...  en  deux  groupes  [3,  ^o ...  p,j...,   YiT2---T«---   suivant 

(^)  M.  Denjoy  a  démontré  dans  une  Communication  récente  {Comptes  rendus,  t.  174, 
1922,  p.  gS)  qu'il  ne  suffit  pas  de  supposer  |  A„  |  <  e~^^'^~'' , 
(^)  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  io56  et  1057. 


Sgo  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

que  a,,  est  à  l'inlérieur  ou  à  l'extérieur  de  OABO  et  écrivons 

V  =  1  V  =  1 

Il  existe  évidemment  une  fonction  N(v)  croissante  telle  que  Pv=a^,,,. 
Soient  'Co  l'affixe  du  point  (>  et  Oq  l'angle  que  fait  la  bissectrice  de  AOB  avec 
Taxe  réel  et  positif.  En  désignant  par  ktz  la  valeur  de  l'angle  AOB,  on 
voit  que  la  fonction 

a  sa  valeur  absolue  égale  à  i  sur  ()A  et  OB  (et  cela  quel  que  soit  t). 
Posons 

V  =  1  V  =  1 

et  considérons  la  fonction  (régulière  dans  OABO) 

m 

v  =  l 

On  a  sur  OA  et  (  )B,  à  cause  de  l'inégalité 

en  désignant  par  L  le  diamètre  de  OABO 

M 


l\n{z) 


L'". 


D'autre  part,  on  trouve  en  tous  les  points  de  AB,  /(-)  étant  nul  sur  F, 


l/..(^^)l  = 


-[3v 


< 


'Ni;;/) 


ou  1  on  a  pose 


B,=    2    ^'l^v|. 


Finalement,  on  voit  ({ue  l'inégalité 


F    (-)I-Mi. 


i:  T  ;/( 


SÉANCE  DU  27  FÉVRIER  1922.  691 

OÙ  roii  a  posé  N  =  N(m),  est  valable  en  tous  les  points  du  contour  OABO, 
et,  par  conséqueni,  à  son  intérieur.  11  s'ensuit,  de  là, 

(2)  IA(?)l<^(7)\|N)-[M  +  e'*Hx], 

a  étant  une  constante  positive 

i  1  i  ) 

I  «  =  partie  réelle  de  [(^  —  COe-'^^»]^-     et     Z^  =  L^' ( . 

Eu  attribuant  à  o-,  qui  est  une  quantité  positive  arbitraire,   la  valeur 
donnée  par  l'équation 

et  en  supposant  que  Rx,  décroît  assez  rapidement  pour  que 

N(^y(|N)*T'RN<K         (K  =  const.), 


(3)  e^''Rx  = 

on  aurg,  d'après  (2), 

(3)  est  vérifié  si 


b      , 


En  calculant  la  valeur  de  -  on  voit  qu'il  suflit  de  supposer 

en  démontrant,  d'abord,  (fue  /(-)  est  nulle  dans  certains  domaines  dans 
le  voisinage  de  F  et  puis,  de  proche  en  proche,  qu'elle  s'annule  partout 
dans  Ca  ('  ). 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  5///'  un  théorème  de  M.  Landau. 
Note  de  M.  Spiridion  SARANtopouLOs,  présentée  par  M.  Emile  Borel. 

1.  Dans  son  travail  paru  en  1906,  M.  Landau  (^)  a  démontré,  comme 
cas  particulier  d'un  théorème  à  lui,  la  proposition  suivante  : 

(1)  Il  est  possible  d'obtenir  par  la  même  mélliode  des  résultats  analogues  pour  les 
fonctions  quasi  analytiques  de  M.  Borel. 

{-)  Ueber  den  Picardschen  Satz  {Vierteljalirssclirift  der  naturforschenden  Ge- 
■sellschafl  in  Zurich,  t.  51,  p.  252-3 18). 


592  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

«   Toute  équation  trinôme 

I  H-  ,3?  +  a  J7'"=:  o 

a  au  moins  une  racine  dans  un  cercle  ayant  pour  centre  o  et  un  rayon  con- 
stant (indépendant  de  a  et  de  m).  » 

Une  démonstration  de  ce  théorème  très  simple  et  purement  algébrique  a 
été  donnée  par  M.  Hurwitz  que  M.  Landau  cite  dans  son  travail  ci-dessus 
mentionné.  Dans  le  même  travail,  il  a  démontré  aussi  que  l'équation  qua- 
trinome 

(où  I  <  ui  <^  v)  a  au  moins  une  racine  dans  un  cercle  de  rayon  constant  et  a 
trouvé  comme  limite  supérieure  du  rayon  le  nombre  8. 

En  proposant  la  généralisation  de  ce  théorème  pour  une  équation  /.-nome, 
il  dit  qu'il  ne  possède  pas  en  ce  qui  concerne  l'équaition  quatrinome  une 
démonstration  algébrique  simple  telle  que  celle  de  M.  Hurwitz  pour  l'équa- 
tion trinôme,  il  réussit  ce[)endant  à  abaisser  la  limite  supérieure  de  8  à  5|. 

2.  Le  manque  d'une  démonstration  purement  algébrique  m'a  été  indiqué 
par  M.  Georges  Remoundos  qui  m'a  proposé  d'en  chercher  une. 

J'ai  donc  démontré  d'une  manière  algébrique: 

a.  La  proposition  suivante  : 
L'équation 

a  au  moins  une  racine  dans  un  cercle  de  rayon  constant  (indépendant  de  «, 
è,  [j.,  v)  et  j'ai  trouvé  comme  limite  supérieure  le  nombre  8; 

b.  J'ai  fait  la  généralisation  proposée  par  ^L  Landau  en  démontrant  que 
toute  équation  de  la  forme 

dans  laquelle  les  a,,  «o,  . . .,  a,,  sont  quelconques  et  v  ^  v,.>>  v,_,  >.  .  .v,^i 
aussi  quelconques,  a  au  moins  une  racine  dont  le  module  ne  dépasse  pas  un 
nombre  constant  (indépendant  de  a,  «,.,  . .  .,  ^/,  et  v,  v,.,  . .  .,v,,  et  dépendant 
seulement  du  nombre  des  termes  de  l'équation). 


SÉANCE  DU  27  FKVRIER  T922.  693 

GÉOMÉTRIE.  —  Sur  une  généralisatioTi  de  la  notion  de  courbure  de 
Riemann  et  les  espaces  à  torsion.  Note  de  M.  E.  Cartax,  présentée  par 
M.  Emile  Borel. 

Dans  une  Note  récente  ('),  j'ai  indiqué  comment,  dans  un  Univers 
d'Einstein  à  ds-  donné,  on  pouvait  définir  géométriquement  le  tenseur 
d'énergie  attaché  à  chaque  élément  de  volume  de  cet  Univers  ;  c'est  ce  tenseur 
qui,  égalé  à  zéro,  donne  les  lois  de, la  gravitation  dans  toute  région  vide  de 
matière.  La  définition  que  j'ai  donnée  fait  intervenir  la  courbure  de  l'Uni- 
vers par  une  certaine  rotation  associée  à  tout  contour  fermé  infiniment  petit, 
et  cette  rotation  était  introduite  en  s'appuyant  sur  la  notion  de  transport 
par  parallélisme  de  Levi-Civita. 

Cette  dernière  notion  elle-même,  bien  qu'elle  se  soit  présentée  à  son 
auteur  par  des  considérations  géométriques,  est  assez  difficile  à  définir 
d'une  manière  précise  sans  calcul.  Or  il  est  possible,  me  semble-t-il,  d'en 
montrer  la  signification  profonde  en  généralisant  la  notion  même  d'espace; 
cela  nous  conduira  en  même  temps  à  des  images  géométriques  d'Univers 
matériels  plus  riches  physiquement  que  notre  Univers,  au  moins  tel  qu'on 
le  considère  d'habitude;  cela  nous  montrera  aussi  la  vraie  raison  des 
lois  fondamentales  auxquelles  obéit  le  tenseur  d'énergie  (loi  de  symétrie, 
loi  de  conservation). 

Bornons-nous  au  cas  de  trois  dimensions,  la  généralisation  à  quatre 
dimensions  étant  facile.  Imaginons  un  espace  qui,  au  voisinage  immédiat  de 
chaque  point,  ait  tous  les  caractères  de  l'espace  euclidien.  Les  habitants  de 
cet  espace  sauront,  par  exemple,  repérer  les  points  infiniment  voisins  d'un 
point  A  au  moyen  d'un  trièdre  trirectangle  ayant  ce  point  A  pour  origine  ; 
mais  nous  supposerons  en  outre  qu'ils  ont  une  loi  leur  permettant  de  repérer, 
par  rapport  au  trièdre  d'origine  A,  tout  trièdre  de  référence  ayant  son  origine 
A'  voisine  de  A  ;  en  particulier  cela  aura  un  sens  pour  eux  de  dire  que  deux 
directions  issues  Tune  de  A,  l'autre  de  A',  sont  parallèles.  En  définitive,  un 
tel  espace  sera  défini  par  la  loi  de  repérage  mutuel  (de  nature  euclidienne)  de 
deux  trièdres  d'origines  infiniment  voisines. 

Lin  espace  de  la  nature  précédenle  n'  est  pas  complètement  dé f ni  par  son  ds- . 
Le  ds^,  en  effet,  ne  détermine  qu'une  partie  de  l'opération  qui  permet  de 
passer  d'un  trièdre  d'origine  A  à  un  trièdre  d'origine  infiniment  voi- 
sine A',  à  savoir  la  translation  AA';   il  s'y  ajoute,  comme  on  sait,  une 

(')  Comptes  rendus,  t.  ITV,  1922,  p.  437. 


594  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

rotation   qui,   le  ds^  étant  donné,   peut  encore  être   définie   suivant  une 
loi  arbitraire. 

Cela  posé,  quand  on  décrira  un  contour  fermé  infiniment  petit  partant 
d'un  point  A  et  y  revenant,  la  divergence  entre  l'espace  considéré  et  l'es- 
pace euclidien  se  manifestera  de  la  façon  suivante.  Attachons  à  chaque 
point  M  du  contour  un  trièdre  de  référence  ;  pour  passer  du  trièdre  attaché 
à  M  au  trièdre  attaché  au  point  infiniment  voisin  M',  il  faut  effectuer  une 
translation  et  une  rotation  infiniment  petites  dont  on  connaît  les  compo- 
santes par  rapport  au  trièdre  mobile  d'origine  M.  Imaginons  alors  que 
cette  suite  de  déplacements  infiniment  petits  soit  effectuée  dans  un  espace 
euclidien  en  partant  d'un  trièdre  initial  choisi  d'une  manière  quelconque. 
Lorsque  le  point  M  de  l'espace  non  euclidien  partira  de  A  et  y  reviendra 
après  avoir  décrit  le  contour  fermé,  on  ne  retrouvera  pas  dans  l'espace  eucli- 
dien le  trièdre  initial,  mais  il  faudra,  pour  l'obtenir,  efTectuer  un  déplace- 
ment complémentaire  dont  les  composantes  seront  bien  définies  par  rapport 
au  trièdre  initial.  Ce  déplacement  complémentaire  est  du  reste  indépendant 
de  la  loi  suivant  laquelle  on  a  attaché  un  trièdre  à  chaque  point  M  du 
contour. 

En  définitive,  à  tout  contour  fermé  infiniment  petit  de  l'espace  donné  sont 
associées  une  translation  et  une  rotation  infiniment  petites  (de  l'ordre  de 
grandeur  de  l'aire  limitée  par  ce  contour)  et  qui  manifestent  la  divergence 
entre  cet  espace  et  l'espace  euclidien.  La  rotation  peut  être  représentée  par 
un  vecteur  d'origine  A  et  la  translation  par  un  couple.  On  peut  alors 
démontrer  la  loi  de  conservation  suivante  :  Si  l'on  considère  un  volume  inti- 
ment petit,  les  rwcteurs  et  les  couples  associés  aux  différents  éléments  de  sur- 
face qui  limitent  le  volume  se  font  équilibre. 

On  a  ainsi  une  image  géométrique  d'un  milieu  matériel  continu  en  équi- 
libre sous  la  seule  action  de  ses  forces  élastiques,  mais  dans  le  cas  où  ces 
forces  se  manifesteraient  sur  chaque  élément  de  surface,  non  seulement  par 
une  force  unique  (tension  ou  pression),  mais  par  un  couple  (torsion). 

Revenons  maintenant  au  cas  où  Ton  se  donne  simplement  un  ds'.  Un 
calcul  facile  montre  que,  parmi  toutes  les  lois  de  repérage  mutuel  de  deux 
trièdres  d'origines  infiniment  voisines  compatibles  avec  le  ds'-  donné,  il  y 
en  a  une  et  une  seule  pour  laquelle  la  translation  associée  .à  un  contour  fermé 
infiniment  petit  quelconque  est  nulle.  C'est  cette  loi  qui  conduit  à  la  notion 
de  déplacement  par  parallélisme  de  Levi-Civita.  Si  on  l'adopte,  le  couple 
dont  il  est  question  plus  haut  disparaît,  et  c'est  la  raison  pour  laquelle  le  ten- 
seur élastique  satisfait  à  la  loi  de  symétrie. 

Dans  le  cas  général  où  il  y  a  une  translation  associée  à  tout  contour  fermé 


SÉANCE  DU  2y  FÉVRIER  I922.  SgS 

infiniment  petit,  on  peut  dire  que  l'espace  donné  se  différencie  de  l'espace 
euclidien  de  deux  manières  :  i*^  par  une  courbure  au  sens  de  Riemann,  qui 
se  traduit  par  la  rotation  ;  2"  par  une  torsion,  qui  se  traduit  par  la  trans- 
lation. 

Dans  un  espace  à  courbure  et  torsion,  la  méthode  du  trièdre  mobile 
permet,  comme  dans  l'espace  euclidien,  d'édifier  une  théorie  de  la 
courbure  des  courbes  (et  même  des  surfaces).  Une  ligne  droite  sera  carac- 
térisée par  la  propriété  d'avoir  en  tous  ses  points  une  courbure  (relative) 
nulle,  c'est-à-dire  de  conserver  de  proche  en  proche  la  même  direction. 
La  ligne  droite  n  est  plus  alors  nécessairement  le  plus  court  chemin  d'un  point 
à  un  autre  ;  elle  l'est  dans  les  espaces  dépourvus  de  torsion  ;  elle  peut  l'être 
aussi  exceptionnellement  dans  certains  espaces  doués  de  torsion. 

Un  exemple  très  simple  de  ce  dernier  cas  est  le  suivant.  Imaginons  un 
espace  vL'  qui  corresponde  point  par  point  avec  un  espace  euclidien  E, 
la  correspondance  conservant  les  distances.  La  différence  entre  les  deux 
espaces  sera  la  suivante  :  deux  trièdres  trirectangles  issus  de  deux  points 
infiniment  voisins  A  et  A'  de  C  seront  parallèles  lorsque  les  trièdres  corres- 
pondants de  E  pourront  se  déduire  l'un  de  l'autre  par  un  déplacement 
hélicoïdal  de  pas  donné,  de  sens  donné  (dextrorsum,  par  exemple)  ayant 
pour  axe  la  droite  qui  joint  leurs  origines.  Les  droites  de  c  correspondent 
alors  aux  droites  de  E  :  ce  sont  encore  des  géodésiques.  L'espace  6  ainsi 
défini  admet  un  groupe  de  transformations  à  6  paramètres  ;  ce  serait  notre 
espace  ordinaire  vu  par  des  observateurs  dont  toutes  les  perceptions  seraient 
tordues.  Mécaniquement  il  correspondrait  à  un  milieu. à  pression  constante 
et  torsion  constante. 

J'ajouterai  que  les  considérations  précédentes  qui,  du  point  de  vue  méca- 
nique, s'apparentent  aux  beaux  travaux  de  MM.  E.  et  F.  Cosserat  sur 
l'action  euclidienne,  s'apparentent  également  à  la  théorie  des  espaces  géné- 
ralisés de  H.  Weyl  et  peuvent  elles-mêmes  se  généraliser. 


ASTRONOMIE.  —  Mesures  de  parallaxes  stellaires  ci  VObservatoire  de 
Deadborii  (^Etats-Unis).  Note(')de  M.  Philippe  Fox,  présentée  par 
M.  H.  Deslandres. 

Le  Tableau  suivant  présente  les  mesures  de  parallaxe,  faites  récemment 
à  l'Observatoire  de  Deadborn  par  une  méthode  déjà  décrite,  et  est  la  suite 


(*)  Séance  du  io  février  1922. 


596 


ACADEMIE   DES   SCIENCES. 


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co     -^r    m 


e<    yy    SI    (M    -îi    "îi    lî» 


■î-l     ÎO     ■«* 

ce    î^    î^ 


598  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

des  listes  similaires  publiées  dans  les  Comptes  rendus  en  1919,  t.  1(38, 
p.  1095,  et  en  1921,1.  172,  p.  1016. 

Quelques  étoiles  de  ce  Tableau  méritent  une  mention  spéciale.  I)\aprèt> 
la  suggestion  de  Gorlin,  les  étoiles  n°  .5  et  n°  25  feraient  partie  du  courant 
de  la  Licorne.  Le  n"  7  est  une  étoile  faible  à  laquelle  Furuhjelm  a  reconnu 
un  mûuvemenl  propre  égal  à  celui  de  Capella.  Avec  Tétoile  n°  22  nous 
avons  une  nouvelle  détermination  du  mouvemenl  propre  qui  a  été  signalé 
par  Barnard,  et  qui  est  basé  sur  une  série  de  ()laques  plus  importante 
que  dans  nos  publications  précédentes.  Le  n"  21  donne  les  mesures  de  deux 
étoiles  de  ^^2128.  Les  plaques  correspondantes  ont  été  mesurées  par  deux 
observateurs  Hill  et  Fox,  qui  ont  trouvé  des  parallaxes  différentes,  mais 
des  mouvements  propres  identiques. 

Si  cette  différence  des  parallaxes  n'est  pas  réelle,  la  divergence  des 
mesures  ne  peut  être  expliquée  que  par  un  déplacement  anormal  dû  à  la 
proximité  des  images  photographiques. 


ASTRONOMIE.  —  Suf  une  nouvelle  théorie  de  la  formation  des  nébu- 
leuses spirales  et  du  système  solaire.  TVote  (  '  )  de  M.  Th.  Moreux,  présentée 
par  M.  B.  Baillaud. 

Pour  expliquer  le  fait  que  les  Novœ  s'entourent  généralement»  de  nébu- 
losités rappelant  les  branches  spirales  des  nébuleuses,  on  a  émis  l'idée 
qu'une  étoile  peut  rencontrer  des  amas  de  gaz  à  basse  température  ;  mais 
on  se  heurte  ainsi  à  de  graves  objections  et  en  particulier  à  celles  formulées 
par  Maxwell.  Il  m'a  semblé  qu'on  pourrait  tourner  la  difficulté,  en  suppo- 
sant que  la  pénétration  s'effectue  au  sein  d'un  nuage  composé  de  météores, 
c'est-à-dire  de  petites  masses  solides,  non  élastiques. 

Dès  lors,  ces  parties  constituantes  restent  soumises  aux  lois  de  la  gravi- 
tation et  le  problème  relève  de  la  Mécanique  céleste. 

Les  conditions  ne  changent  pas  si  nous  considérons  une  masse  attirante 
M  (soleil  ou  étoile)  immobile  au  sein  de  météores  animés  par  rapport  à 
elle  d'un  mouvement  relatif  k  vitesse  constante  v  et  qui  décrivent  des  trajec- 
toires parallèles. 

On  voit  immédiatement  que  les  météores  peuvent  être  répartis  en  deux 
groupes  :    i"  ceux  qui  abordent  directement  la  masse  stellaire  ;    soit  mM 


(  ')  Séance  du  20  février  1^21. 


SÉANCE  DU  27  FÉVRIER  I922.  699 

leur  trajectoire,  axe  du  faisceau  capté  ;  2*'  ceux  qui,  passant  autour  de  la 
masse  M,  pénétreront  dans  sa  sphère  d'action  de  rayon  r.  Tous  seront 
déviés  et  décriront  des  trajectoires  hyperboliques  plus  ou  moins  tendues  ; 
mais  il  est  à  remarquer  que  les  météores  formant  un  même  angle  A  avec 
certains  vecteurs  /•  (rayon  de  la  sphère  d'action),  décriront  des  courbes 
symétriques  par  rapport  k  mM  et  se  rejoindront  sur  cette  même  droite 
prolongée  en  arrière  de  la  masse  attirante,  à  l'extrémité  d'un  mêmevecteur  ç 
où  des  chocs  auront  lieu.  Si  nous  posons  r  = /i  R  (R  étant  le  rayon  qui 
donnerait  le  mouvement  circulaire),  le  vecteur  p  aura  pour  valeur  : 
p  =  71^  R  (i  —  cos  X)  et  il  est  facile  de  montrer  que  la  variation  des  vitesses  Y^, 
à  l'extrémité  des  différents  vecteurs  p,  p',  p  "  correspondant  aux^divers  A,  sera 

fonction  de ^-  Ces  formules,  ainsi  que  les  valeurs  des  angles  o,  sous 

lesquels  les  amas  aborderont  l'axe  de  symétrie  aux  extrémités  des  vecteurs, 
permettent  de  calculer  la  vitesse  résultante  V,,  après  les  chocs  engendrés 
par  les  rencontres  et  l'on  arrive  à  la  conclusion  que  celte  vitesse  est 
constante  pour  tous  les  amas  ;  elle  répond  à  l'expression  simple  : 


Dès  lors,  chaque  amas  se  trouvera  dans  le  cas  d'un  corps  s'éloignant  en 
ligne  droite  (d'un  mouvement  uniformément  retardé)  à  partir  d'une  dis- 
tance p  fonction  de  A.  Si  l'on  a  V,/>  o,  au  moment  où  un  amas  arrive  à  une 
distance  r  de  M,  celui-ci  est  définitivement  perdu  pour  la  future  nébuleuse 
et  s'éloignera  indéfiniment  de  la  masse  centrale  ;  tous  les  autres,  par  contre, 
retomberont  sur  elfe  après  avoir  parcouru  un  trajet  h,  sous  la  seule  condi- 
tion qu'on  ait  p  H-  h  ^  r:  ce  sera  la  capture  indirecte  pour  ces  météores  et 
la  chute  de  ces  derniers  sera  diamétralement  opposée  à  celle  du  premier 
groupe  capté  directe  nient. 

Supposons  maintenant  la  masse  M  animée  d'un  mouvement  de  rotation 
se  communiquant  de  proche  en  proche,  nous  assistons  à  la  formation  de 
deux  branches  spirales  opposées,  caractéristique  de  la  plupart  des  nébu- 
leuses. L'examen  des  conditions  auxquelles  furent  soumis  les  amas  assez 
éloignés  de  la  masse  centrale  pour  être  plongés  dans  un  milieu  à  faible 
résistance,  conduit  pour  chaque  branche  spirale  à  la  forme  observée  dans 
les  nébuleuses;  elle  répond  à  l'équation  suivante  :  r- 0  =  «-  (const.),  qui 
n'est  autre  que  celle  de  la  spirale  litiius  étudiée  par  Cotes  dès  1722. 

Plus  près  de  la  masse  centrale,  la  résistance  croissant,  la  même  équation 


6oO  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

nous  ramène  à  la  fofme  classique  bien  connue  Sa  =  4i^p«^  qui  exprime  la 
variation  du  grand  axe  des  orbites  après  chaque  révolution. 

Maintenant,  dans  l'hypothèse  envisagée,  deux  cas  peuvent  se  présenter  : 

i"*  Si  la  direction  relative  générale  des  météores  est  perpendiculaire  à 
l'axe  de  rotation  de  la  masse  M,  les  deux  spires  s'enrouleront  autour  de 
l'équateur  de  cette  même  masse.  Dès  lors,  la  condensation  se  continuera 
régulièrement  et  la  totalité  des  amas  sera  précipitée  vers  le  centre;  il  n'y 
aura  donc  aucune  cause  de  formation  de  planètes.  C'est  l'explication  des 
étoiles  simples,  parfois  géantes. 

2"  Mais  les  conditions  changent  du  tout  au  tout  lorsque  le  plan  de  circu- 
lation des  amas  aborde  l'axe  de  rotation  sous  un  ajigle  quelconque.  Les 
premiers  météores  captes  s'enrouleront  bien  encore  autour  des  régions 
équatoriales,  en  raison  de  l'entraînement  rapide,  mais,  la  vitesse  communi- 
quée diminuant  avec  l'éloignement,  les  amas  auront  de  plus  en  plus  la 
tendance  à  rester  dans  le  plan  de  leurs  trajectoires  primitives.  Delà,  forma- 
tion de  deux  ellipsoïdes  de  condensation,  emboîtés  pour  ainsi  dire;  le  plus 
petit,  intérieur,  tournant  suivant  la  même  orientation  que  la  masse  cen- 
trale; le  plus  grand,  extérieur,  ayant  son  grand  axe  en  coïncidence  assez 
approchée  avec  h  direction  générale  du  nuage  cosmique.  Les  spires  mar- 
quant les  régions  de  forte  densité  affecteront  donc  la  forme  de  courbes 
gauches,  rappelant  un  ressort  de  montre  dont  on  écarterait  la  partie  exté- 
rieure du  plan  dans  lequel  a  lieu  l'enroulement  normal. 

Tel  fut  le  cas  qui  se  présenta  sans  doute  pour  notre  système  solaire  où 
nous  constatons  une  déviation  de  5° 48'  du  plan  équatorial  actuel  du  Soleil 
par  rapport  au  plan  du  maximum  des  aires.  Mercure  circule  à  très  peu  près 
dans  ce  même  plan  et  Vénus  s'en  éloigne  peu,  alors  que  les  planètes  exté- 
rieures sont,  par  contre,  restées  au  voisinage  du  plan  principal  du  grand 
ellipsoïde  extérieur. 

Dans  de  telles  conditions,  la  formation  des  planètes  s'explique  très  natu- 
rellement. La  concentration,  en  précipitant  les  particules  extérieures  vers 
le  centre,  a  dû,  dès  l'origine,  et  en  vertu  du  théorème  de  la  composition 
des  rotations,  relever  sans  cesse  l'axe  du  Soleil  ;  les  mouvements  de  bascule 
de  l'équateur  solaire  se  sont  ainsi  communiqués  peu  à  peu  aux  branches 
spirales  et  y  ont  déterminé  des  cassures  successives  où  les  matériaux  se  sont 
de  préférence  accumulés.  De  plus,  ces  cassures  ont  été  forcément  diamé- 
tralement opposées  et  symétriques  dans  chaque  branche;  et  c'est  ce  que 
confirme  remplacement  actuel  des  planètes  par  rapport  au  plan  du  maxi- 
mum des  aires. 


SÉANCE  DU  27  FÉVRIER  I922.  60I 

La  discussion  des  circonstances  dans  lesquelles  les  cassures  se  sont  pro- 
duites au  sein  des  deux  ellipsoïdes,  explique  l'existence  des  grosses  planètes 
loin  du  Soleil,  les  particularités  des  orbites  des  astéroïdes,  ainsi  que  la 
présence  de  ces  mondicules  aux  confins  de  l'ellipsoïde  intérieur.  Elle  fournit 
pour  la  première  fois  une  raison  plausible  des  intervalles  planétaires,  en 
montrant  que  la  série  de  Bode,  taxée  jusqu'ici  d'empirique,  n'est  qu'une 
conséquence  obligée  des  lois  de  la  gravitation  newtonienne  *,  elle  laisse 
enfin  entrevoir  dans  les  accroissements  successifs  du  Soleil  la  véritable 
cause  des  excentricités  variées  des  orbites  planétaires. 

Quant  aux  comètes,  elles  proviendraient,  d'après  ma  théorie,  d'amas 
ayant  échappé  à  la  concentration  générale  et  dont  les  rencontres  ou  les 
chocs  auraient  eu  lieu  en  dehors  de  l'axe  de  symétrie  mM  précédemment 
défini  ('). 


GÉODÉSIE.  —  Compensation  des  différences  (Tahiliide  d' une  chaîne  de  triangles 
de  premier  ordre.  Application  à  la  triangulation  de  l'arc  méridien  de 
Véquateur,  Note  (^)  de  M.  Georges  Perrier, présentée  parM.  R.  Bourgeois. 

Une  compensation  des  différences  d'altitude  de  la  triangulation  de  l'arc 
de  méridien  équatorial(')  s'imposait  afin  1°  d'obtenir  toujours  la  même  alti- 
tude pour  chaque  point  de  premier  ordre  quel  que  soit  le  cheminement 
suivi  pour  la  calculer  et  déposséder  ainsi  un  réseau  d'altitudes  primor- 
diales de  départ  concordantes  pour  le  calcul  des  altitudes  des  triangulations 
secondaires;  2°  d'avoir  une  idée  des  erreurs  du  nivellement  trigonomé- 
trique. 

Une  compensation  d'ensemble  eût  été,  à  cause  du  nombre  des  inconnues 
et  des  équations  de  condition,  un  travail  hors  de  proportion  avec  le  résultat 
à  atteindre.  Aussi  la  compensation  a-t-elle  été  faite  par  figures  successives 
accolées  le  long  d'un  côté  commun. 

N 
Le  poids  de  chaque  différence  d'altitude  a  été  pris  égal  à  p^»  N  étant  le 

nombre  total  de  distances  zénithales  réciproques  observées,  K'  la  longueur 
de  la  corde  du  côté  géodésique  projeté  au  niveau  de  la  station  la  plus  basse. 

(')  Les  détails  de   cette  nouvelle  hypothèse  cosmogonique  sont  exposés  dans  mon 
Ouvrage  :  Origine  et  Formation  des  Mondes. 
(-)  Séance  du  20  février  1922. 
(^)   Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  538. 

C.  R.,  1922,  1"  Semestre.  (T.  174,  N»  9.)  45 


6oi  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

L'unité  de  poids  adoptée  est  donc  le  poids  d'une  différence  d'altitude 
obtenue  par  une  seule  zénithale  sur  un  côté  d'un  kilomètre. 

En  partant  de  l'altitude  de  la  station  astronomique  de  départ,  Loma  de 
Quito,  par  rapport  à  l'ellipsoïde  de  référence  —  1 7'",  789  altitude  qui  résulte 
de  la  définition  même  de  Fellipsoïde,  on  obtient  les  altitudes  définitives  des 
78  points  de  la  triangulation  primordiale  par  rapport  à  cet  ellipsoïde. 

l^our  chaque  figure  les  erreurs  moyennes  M*  de  l'unité  de  poids  ont  été 

/y — ~' 
calculées  par  la  formule  M*  =  ±:  -^ — ?  c  rej>résenlf  la  correction  calculée 

pour  une  différence  d'altitude,  p  le  poids  de  celle-ci,  r  le  nombre  des  équa- 
tions de  condition.  Ces  erreurs,  dans  la  chaîne  primordiale,  ■varient  de 
o"\oio  à  o™,38o  (valeur  anormale).  Leur  moyenne  est  de  o'",ioi. 

Ainsi,  en  moyenne,  les  différences  d'altitude  observées  sont  affectées  des 
erreurs  moyennes  suivantes  : 

km  m  kiij  m  j  m 

I  Zénithale  à     i     dio,io  10  zénilliales  à     i     ±  o,  10  X  -^=  =  o,o3 

,1  »  10    ±:  1,00  10  ))  10    ±:  1 .00  X  -p=.  ::=^  0,02 

I  »  5o    ±5,00  10  )j  5o    ±:5,oox  —=  =  1.58 


\/ 


10 


Les  erreurs  moyennes  M  de  chacune  des  194  différences  d  altitude  obte- 

K' 

nues  ont  été  calculées  par  la  formule  M  =  M*  — =• 

L  objet  essentiel  de  ces  calculs  d'erreurs  était  de  déterminer  l'crreiir 
moyenne  à  craindre  sur  les  altitudes  des  termes  extrêmes  de  chaque  base 
pour  avoir  une  idée  des  erreurs  à  craindre  sur  les  longueurs  des  bases 
réduites  à  l'ellipsoïde,  par  suite  sur  les  longueurs  des  côtés  de  la  triangu- 
lation déduits  de  la  base  centrale  de  Riobamba  et  sur  les  fermetures  des 
bases  de  vérification  nord  (de  San  Gabriel)  et  sud  (de  Viviate). 

Indiquons  par  exemple  comment  le  calcul  a  été  conduit  pour  le  terme 
nord  de  la  base  de  San  Gabriel. 

Il  a  élé  fait  choix  d'un  itinéraire  aussi  court  que  possible  pour  se  rendre 
de  la  station  origine,  Loma  de  Quito,  à  ce  terme  nord.  Cet  itinéraire' com- 
porte dix  côtés  et  traverse  six  figures.  L'altitude  du  terme  est  donnée  par; 
une  expression  de  la  forme 

H=— i7">,78g  + Ai4-A,  4-.  ..-|-A,o.  ' 

Chaque  différence  d'altitude  A  compensée  est  une  fonction  z>  de  tous 


SÉANCE  DU  27  FÉVRIER  I922.  6o3 

les  1  observés  dans  lu  fig-ure  traversée.  Soient  e  l'erreur  moyenne  de  Falti- 
tude  du  tenue,  rj^  l'erreur  moyenne  d'une  fonction  ^k-  ^^  ^ 

e-=  In'à. 

Les  0  ont  été  calculés  par  la  méthode  qui  fournit  dans  chaque  figure 
Terreur  moyenne  d'une  fonction  des  quaiitil('s  cojiipensées  ('  ). 

Le  calcul  de  c  a  été  fait  non  seulement  pour  les  six  termes  des  trois  bases, 
mais  pour  les  stations  astronomiques  de  Quito  (Observaloire),  Tulcan 
(station  extrême  Nord),  Machala  (sur  le  littoral),  Payta  (station  exlrême 
Sud).  On  a  obtenu  : 

e.  Moyennes. 

m 

Base  de  San  Gabriel,  terme  Sud ±1 ,462 


))  »       jNord 1 5 '^17 

Base  de  Riobamba,     terme  Est 0,117 

»  »      Ouest o,  233 

Base  de  Vi\  iate,  terme  ]'>st 3,o23  )       ^   „ 

.)       Ouest 3,635  }       ""'   ^^ 

Quito  (Observatoire) i,2r6 

Tulcan i  ,5i3 

Machala 2,566 

Payta 3, 161 

11  est  aisé  de  voir  qu'une  erreur  de  i™  sur  l'altitude  moyenne  des  portées 
des  bases  de  San  Gabriel,  Riobamba  et  Payta  cause  des  erreurs  respectives 
de  i"'",o4  —  i""",47  —  i""',29  sur  les  longueurs  de  ces  bases  réduites  à 
l'ellipsoïde,  et  de  6,58. io~^  —  45^3. lo""*  -^  5, 28.10"^  sur  leurs  loga- 
rithmes (-).  En  admettant  dans  une  approximation  suffisante,  pour  erreur 
moyenne  de  l'altitude  moyenne  des  portées,  la  moyenne  des  valeurs  de  e 
pour  chaque  terme,  on  en  déduit  pour  l'erreur  moyenne  à  craindre  sur  les 
bases  réduites  : 

in  m      /        ^^  i 

San  Gabriel ; ±  i  ,55  (  -, — 

\4261  177 

/       ±1 

Riobamba ±:  o ,  26  (  — ^ ;r- 

V36079902 

/      ±1 

Pavla ±  4  -  20  ( 

\i  916099 

La  base  de  lliobauiba  ayant  servi  de  base  fondamentale  pour  le  calcul  de 

(■)  Tome  m,  fasc.  2,  p.  87  et  suiv. 

(^)  Tome  III,  fasc.  2,  p.  84-  Les  bases  réduites  ont  respectivement  66o4™, 82850  — 
9880^,78751    ~    8220'",o6355. 


6o4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES^ 

toute  la  triangulation,  on  voit  qu'il  règne  sur  tous  les  côtes,  du  fait  de 

l'erreur  commise  sur  son  altitude,  une  incertitude  de  irp. —-  Pour  des 

360799D2 

raisons  analogues,  les  fermetures  sur   les  bases   de    vérification    de  San 

—  I 

89764 


"o 


Gabriel  et  Viviate  qui  sont  de    —  0",  07358  et    +  o™,  o25G5,  ou 


-\- 1 


et  ^ — j—  (*),  sont  affectées  des  erreurs  moyennes  rt  i""",55  et  ±  4™'")  29, 


ou  T-^ et  -, 

4201  177        1 910099 

La  discussion  ci-dessus  est  le  premier  exemple,  dans  la  géodésie  française 

tout  au  moins,  d'une  compensation  des  altitudes  trigonométriques  suivie 

d'une    analyse    complète    des    erreurs.    Pour    la    réaliser,    MM.    Hasse 

et  Reneaume,  calculateurs  au  Service  Géographique,  ont  assumé  la  tâche 

d'exécuter  sous  ma  direction  une  longue  suite  de  laborieux  calculs. 


PHYSIQUE.  —  Meswe  du  pouvoir  moyen  de  pénétration  d'un  faisceau  de 
rayons  X  par  un  nouveau  procédé  radiochromomètrique .  Note  (^)  de 
M.  MiRAMoxD  DE  Lakoquette,  transmisc  par  M.  Laveran. 

La  mesure  du  pouvoir  de  pénétration  du  rayonnement  d'une  ampoule 
est  utile  pour  tout  travail  radiologiqae  et  indispensable  en  radiothérapie, 
surtout  avec  les  rayonnements  très  différents  et  de  plus  en  plus  pénétrants 
que  l'on  emploie  aujourd'hui. 

Le  procédé  radiochromomètrique  de  M.  Benoist  si  simple  et  si  coni- 
mode,  et  dont  l'emploi  s'est  généralisé,  fournit  d'utiles  indications,  et  son 
échelle  de  pénétration  moyenne  en  degré  B.  a  été  partout  adoptée.  Cepen- 
dant l'expérience  montre  que  les  données  du  radiochromomètre  manquent 
de  précision,  qu'elles  ne  s'appliquent  pas  aux  rayonnements  très  péné- 
trants, et  qu'elles  ne  constituent  pas  une  mesure  réelle  de  la  pénétration. 

Nous  avons  constaté  notamment  les  faits  suivants  : 

1°  Les  divers  radiochromomètres  livrés  dans  le  commerce  ne  donnent 
pas  tous  les  mêmes  indications  :  cinq  radiochromomètres  pris  au  hasard 
et  placés  sur  une  même  plaque,  sous  un  même  rayonnement,  ont  donné  sur 
le  cliché  :  un  VI  B.,  deux  VII  B.  et  deux  VIll  B." 

2*^  Au  delà  d'une  certaine  tension,  environ  70000  volts,  le  radiochro- 

(1)  Tome  III,  fasc.  2,  p.  G.  8. 
(■^)  Séance  du  20  février  1922. 


SÉANCE  DU  27  FÉVRIER  1922.  6o5 

momètre  ne  donne  plus  de  renseignements.  On  ne  peut  guère  obtenir  sans 
filtration  plus  de  VIII  B.,  quelle  que  soit  rélévation  de  la  tension  du  cou- 
rant et  de  la  puissance  du  rayonnement  (fait  déjà  signalé,  notamment  par 
M.  Riquard). 

3*^  L'appréciation  radioscopiqiie  du  degré  B.  est  incertaine  et  varie  d'un 
observateur  à  l'autre,  d'un  degré  en  plus  ou  en  moins.  L'appréciation  de 
l'image  radiographique  prête  aussi  à  discussion,  mais  devient  plus  nette 
et  plus  facile  si  l'on  se  sert  d'un  cache-fenn(''tr('  qui  limite  l'observation  à  un 
seul  secteur  du  radiocliromomètre. 

4°  Pour  un  même  rayonnement,  l'image  radioscopique  et  l'image  radio- 
graphique  ne  sont  pas  identiques;  on  trouve  généralement  un  degré  en 
plus  sur  l'image  radioscopique;  on  a  par  exemple  VII  B.  à  Técran  et  VI  B. 
sur  le  cliché  ou  sur  le  papier  sensible. 

5°  La  même  différence  s'observe  entre  deux  épreuves  radiographiques, 
prises  l'une  avec  écran  renforçateur,  et  Fautre  sans  écran;  il  y  a  donc  à 
distinguer,  dans  l'emploi  du  radiochromomètre,  un  degré  B.  radiogra- 
phique et  un  degré  B.  radioscopique  ou  de  fluorescence,  celui-ci  supérieur 
environ  d'une  unité. 

Ces  constatations  nous  ont  amené  d'abord  à  écarter  comme  moyen  de 
mesure  toute  épreuve  radioscopique,  trop  fugace,  incertaine  et  variable; 
puis  à  remplacer  la  plage  d'argent  du  radiochromomètre  par  un  terme  de 
comparaison  plus  constant,  aussi  simple  à  réaliser,  qui  soit  valable  pour 
tous  les  rayonnements,  et  qui  permette  une  mesure  réelle  milli  ou  centimé- 
trique  de  leur  pénétration. 

Nous  avons  pour  cela  recours  à  deux  séries  de  teintes  radiographiques 
obtenues  simultanément  sous  le  rayonnement  à  mesurer,  les  unes  en  sur- 
face, sans  filtration,  en  des  temps  de  pose  progressifs  et  exactement  chro- 
nométrés, les  autres  avec  un  même  temps  de  pose  total,  mais  sous  diverses 
épaisseurs  de  filtre  dont  la  progression  va  de  o™"^  à  66^"^  d'aluminium. 

Les  teintes  chromométriques  correspondent,  par  exemple,  à  i,  2,  3,  5, 
10,  i5,  20,  3o,  4o,  5o  pour  100  du  temps  total  d'irradiation,  c'est-à-dire 
à  I,  2,  3,  5,  10,  i5,  20,  3o,  4o,  5o  pour  100  de  la  quantité  incidente  totale 
du  rayonnement.  La  comparaison  avec  les  teintes  obtenues  par  filtration 
montre  à  quelles  épaisseurs  de  filtre  correspondent  le  20  pour  100,  le 
10  pour  100,  le  5  pour  100,  etc.,  du  temps  total,  et  par  suite  à  quelles  pro- 
fondeurs parviennent  des  quantités  de  rayonnement  égales  à  20,  10, 
5  pour  100  de  la  quantité  totale  incidente  à  la  surface. 

Le  dispositif  qui  réalise  ce  procédé  est  essentiellement  formé  par  une 


6o6 


ACADEMIE   DES    SCIENCES. 


plaque  de  plomb  percée  de  trous,  d'où  le  nom  de  grille  scléromélrique  que 
nous  lui  avons  donné. 

Sur  un  trou  dessiné  en. rosace  est  fixé  le  radiochromométre  de  Benoist  avec  sa  plage 
centrale  d'argent  et  ses  douze  degrés  d'aluminium  bien  délimités.  Seize  autres  trous 
plus  petits  sont  recouverts  par  des  lames  de  métal  en  nombre  croissant,  dont  le 
pouvoir  de  filtration  se  mesure  en  millimètres  d'aluminium  et  va  jusqu'à  66™"". 


~7ei7itet par  filtmtion  en  rnillim  .  fjf^ 
ht 


1 


Grille  scléromélrique. 

Epreuve  rodiographique  sur  papier  au  j^élatino-bromure  d'argent,  2  niillis. 

Etincelle,    10°"";    hauteur    de    l'anticathode    3o'^'=;    pose    totale,    joo    secondes. 

Sur  un  côté  est  l'échelle  chromomélrique  dont  les  trous  restent  libres,  mais  seront 
recouverts  successivement  par  une  lame  de  plomb  pendant  l'épreuve  radiographique. 

Pour  l'opération,  on  place  la  grille  sur  une  feuille  de  papier  sensible,  sou3  enveloppe 
noire,  anticathode  à  20''™  ou  So'^^™,  intensité  2""»  à  4"™»  temps  de  pose  100  à  200  se- 
condes; les  trous  de  l'échelle  chromométrique  sont  recouverts  après  i,  2,  3,  5,  10,  i5, 
20,  3o,  40,  5o  pour  100  du  temps  total. 

Après  développement,  on  détache  l'échelle  chromomélrique  dun  coup  de  ciseaux  et 
on  les  superpose  à  l'échelle  de  teintes  par  filtration. 

La  grille  peut  être  simplifiée  et  comprendre  seulement  un  radiochromométre  sur  une 
plaque  de  plomb  en  rosace,  avec  3  trous  pour  3  teintes  chromomélriques  principales, 
par  exemple  20,  10  et  5  pour  io<>.  On  peut  même  se  contenter  d'un  seul  trou  pour  le 
10  pour  100,  dont  la  profondeur  suffit  à  caractériser  le  pouvoir  de  pénétration  moyen 
d'un  rayonnement. 

Nous  avons  établi  avec  ce  procédé  une  échelle  de  degrés  de  pénétration  e". 
correspondance  approximative  avec  les  degrés  Benoist,  mais  qui  peut  aller 
au  delà  de  XIIB.  et  s'appliquer  à  tous  les  rayonnements. 


SÉANCE    DU   27    I  ÎIVRIER    1922.  607 

Degrés  Correspondance 
sclérométriques        approvimative  Profondeur  en  millimétrés  d'aluminium 

ou  de  pénétration  avec  les — 1^ — — ^ — 

iiiuyenne.  degrés  Henoist  (').  du  20  °/o.       du  10  °/„.         du  ô"/».  du  i  7.,. 

lA  .  3-5 0,7  1,5  3  5 

A\  4-5 1,3  2,5  -    5  8,5 

VI.  5-7 2  4  7,5  i3 

AU.  6-7 3  5,5         10  17 

VIII.                    7-8 4  7  12,5  21 

IX.                    8-9 5  8,5  i5  26 

X.                    8-9 6  10,5  .18  3i 

XI.                     9-'o 7  12,5  il  38 

Xïl.                   10- Il 9  .i5  25  46 

XIII.                   lo-ii II  17  29  54 

Xn\                   II-X2 i3  19  ■  33  62       " 

La  grille  scl<''rométrique  n'a  pas  seulement  pour  but  d'indiquer  le  degré 
de  pénétration  moyen;  elle  permet  de  suivre  de  millimètre  en  millimètre 
d'aluminium,  ou  approximativement  de  centimètre  en  centimètre  dans  les 
tissus,  l'absorption  du  rayonnement,  ce  qui  est  particulièrement  important 
en  radiothérapie,  où  l'effet  dépend  moins  de  la  quantité  incidente  j:|ue  de  la 
quantité  absorbée  au  point  considéré. 

Enfin  la  comparaison  entre  elles  ou  avec  une  épreuve  étalon  de  diverses 
radiographies  de  la  grille,  obtenue  sous  divers  rayonnements,  dans  des  con- 
ditions identiques  de  temps,  de  distance,  d'intensité  et  de  développement 
donne  une  mesure  à  la  fois  qualitative  et  quantitative  de  ces  rayonnements 
et  par  conséquent  du  débit  des  tubes  et  des  appareillages. 


MESURES  ÉLECTRIQUES.  —  La  mesure  des  puissances  par  V électrodynamo- 
mètre différentiel.  \ote  (  -)  de  M.  Paul  de  la  Gorce,  présentée  par  M.  Paul 
Janet. 

La  méthode  décrite  ici  (^)  sert  au  Laboratoire  central  d'I^^lectricité  pour 
l'étalonnement  des  wattmètres  en  courant  alternatif.  Elle  consiste  essentiel- 

(')  Obtenus  par  llltralion 

(■-)  Séance  du  20  févriei"  1922. 

(*)  Le  principe  de  la  méthode  de  l'électrodjnamomètre  difierentiei  a  été  indiqué 
par  Potier  dès  1902  (voir  A.  Potier,  Mémoires  sur  l' Electricité  et  l'Optique,  p.  89). 
Mais  nous  l'avons  appliqué  dans  des  conditions  différentes  de  celles  qu'avait  suggérées 
l'illustre  physicien. 


6o8 


ACADKMIE   DES    SCIENCES. 


lement  à  équilibrer  la  puissance  à  déterminer,  ou  une  fraction  connue  de 
celle-ci,  par  une  autre  puissance  aisément  accessible  aux  mesures  (puissance 
dissipée  dans  un  circuit  non  inductif  convenablement  réalisé).  A  cet  effet 
on  utilise  un  électrodynamomètre  à  miroir  de  grande  sensibilité  comportant 
deux  bobines  inductrices  fixes  B,  et  Bo,  aussi  identiques  que  possible,  et 
une  bobine  h  mobile.  Le  montage  réalisé  est  celui  de  la  ligure  ci-dessous  : 


r  " 


-AAA^V- 


B, 


r' 


i 


Soient  U  la  tension  du  réseau,  I  le  courant  dans  le  circuit  d'utilisation.  La 
puissance  à  mesurer  a  pour  expression  UI  cosç;.  Dans  le  cas  de  la  figure,  qui 
correspond  à  Tétalonnement  d'un  waltmètre  >V,  cette  puissance  est  une 
puissance  fictive. 

Supposons  d'abord  négligeables  les  inductances  des  circuits  des  bobines  b, 
B,  et  B^,.  Les  bobines  /^  et  B,  sont  alors  parcourues  par  des  courants  en 
phase  avec  la  tension  U  et  la  bobine  B^  par  une  dérivation  du  courant  I  en 
phase  avec  celui-ci.  Admettons  aussi  que  l'appareil  soit  parfaitement  symé- 
trique. Quand  l'équilibre  est  obtenu,  on  [a,  avec  les  notations  de  la  figure, 
les  relations  suivantes  : 

R 


i'  =  l'cOSG  nr  1  COSO 


'  R  -+-  /•' 


OU  sensiblement 


i'z=:  I  COS'O 


R 


B  étant  toujours  très  faible  vis-à-vis  de  r' .  D'autre  part 


U 


/■  + 


,-'r"      ^  /■'■ 
/■'■  +  /■"■ 


Donc 


SÉANCE   DU   27    1  KVRIER    1922.  6 09 


U  /  '  ,  R 


d'où 


/■  +  — ; 

r'  +  r 


L-  r'r"  i 

y  I  cos  9  =  j-f^  X  -, j.  X  -Tj  ' 

r  -i -. T. 


En  définitive,  si  l'on  suppose  connues  les  résistances  r,  /,  r"  et  II,  la 
mesure  de  la  puissance  se  trouve  ramenée  à  une  simple  mesure  de  tension 
qu'on  peut  effectuer  avec  toute  la  précision  et  toute  la  sensibilité  désirable 
à  l'aide  d'un  électromètre. 

Nous  avons  admis  que  les  circuits  des  bobines  ne  sont  pas  inductifs.  11 
est  évident  que  cette  hypothèse  est  inexacte^  Mais  la  méthode  reste  valable 
dans  tous  ses  détails  pourvu  que  les  trois  circuits  considérés  possèdent  la 
même  constante  de  temps.  On  aura  donc  soin  de  monter  en  série  avec  les 
bobines  inductrices  et  induite  des  résistances  et  des  inductances  appro- 
priées de  manière  à  réaliser  très  exactement  cette  condition.  Les  vecteurs 
qui  représentent  les  intensités  dans  les  «'uroulements  de  l'électrodynamo- 
mètre  tournent  alors  du  même  angle  sans  changement  de  leur  position 
relative.  Les  équations  gardent  la  forme  indiquée  sous  réserve  de  substituer 
à  la  résistance  /'  l'impédance  z'.  Moyennant  ces  précautions,  la  méthode 
s'apphque  en  toute  correction  quelle  que  soit  la  fréquence  et  quel  que  soit 
le  déphasage  entre  la  tension  et  le  courant. 

Quant  à  la  symétrie  de  l'appareil  il  est  possible  de  l'obtenir  d'une 
maïuère  complète  avec  l'électrodynamomètre  dont  nous  disposons.  Il  suffit 
pour  cela  d'agir  très  légèrement  sur  les  vis  calantes  de  manière  à  rappro- 
cher la  bobine  mobile  de  l'une  des  deux  bobines  fixes.  D'ailleurs,  si  le  réglage 
n'est  pas  absolument  parfait,  on  peut  éliminer  les  erreurs  de  dissymétrie  en 
interchangeant  les  circuits  des  inducteurs  et  en  prenant  la  moyenne  des 
résultats  ainsi  obtenus. 

La  méthode  est  extrêmement  souple  puisqu'elle  permet  de  mesurer  avec 
le  même  appareil  les  puissances  les  plus  diverses  par  le  simple  changement 
de  la  résistance  R.  Elle  présente  de  plus  une  grande  sensibilité  qui  n'est 
limitée  pratiquement  que  par  l'approximation  avec  laquelle  seront  connues 
la  tension  L  et  les  résistances  (ou  les  impédances)  des  circuits.  Enfin  elle 
offre  tous  les  avantages  des  méthodes  de  zéro,  qui  suppriment  les  erreurs  et 
les  difticultés  inhérentes  à  l'étalonnement  d'un  appareil  à  déviation. 


6lO  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  - —  Solubilité  des  acides  toluiques  isomères  dans  les  trois 
xylènes.  Noie  de  M.  Chapas,  présentée  par  M.  G.  Lemoine. 

Dans  une  première  Note  (  '),  nous  avons  fait  connaître  la  valeur  des  coef- 
ficients de  solubilité  des  nitranilines  isomères  dans  le  m-xylène. 

Nous  avons  ensuite  abordé  l'étude  de  la  solubilité  des  acides  toluiques, 


COM[  CO^H 

dans  le  même  solvant  et  dans  ses  deux  isomères,  l'o-xylène  et  le/)-xylène, 
dont  nous  avons  pu  nous  procurer,  assez  difficilement,  il  est  vrai,  des  échan- 
tillons suffisamment  purs.  Ce  travail  nous  a  permis  d'avoir  une  vue 
d'ensemble  sur  les  relations  entre  la  solubilité  et  la  constitution  des  dérivés 
benzéniques  bisubstitués,  fonctionnant  simultanément  comme  solvants  et 
comme  corps  dissous. 

Dosage  des  solutions  xyléniques.  —  Le  solvant  est  saturé  à  la  température 
du  bain-marie  avec  l'acide  étudié,  puis  abandonné  au  refroidissement  dans 
un  bain  d'eau  à  la  température  ordinaire,  en  agitant  de  temps  en  temps. 

,  Lorsque  l'équilibre  thermique  est  réalisé,  on  filtre  rapidement  \ç,  liquide, 
en  recevant  le  filtrat  dans  un  récipient  taré;  une  pesée  donne  alors  le  poids 
de  solution  employée.  La  prise  d'essai  est  versée  dans  un  entonnoir  à  décan- 

N 
tation  dans  lequel  on  l'agite  avec  un  volume  connu  d'une  lessive  de  soude  —  ; 

après  repos,  on  décante  la  couche  aqueuse  et  on  lave  l'entonnoir  à  l'eau  dis- 
tillée ;  puis  on  titre  l'excès  de  soude  dans  les  liquides  séparés  avec  une  solu- 
tion chlorhydrique  — ?  en  employant  le  phénolphtaléine  comme  indicateur. 

On  réitère  l'extraction  du  xylène  jusqu'à  ce  que  l'on  ne  constate  plus,  au 
titrage,  d'abaissement  du  titre  de  la  soude.  On  obtient  ainsi  la  quantité 
d'acide  toluique  dissous  dans  la  prise  d'essai  et  l'on  en  déduit  le  coefficient 
de  solubilité. 

Ce  mode  opératoire,  très  simple,  a  été  vérifié  pour  les  neuf  solutions  en 
mettant  en  présence  des  xylènes  un  poids  connu  d'acide  toluique. 

Résultats.  —  Quantité  d'acide  toluique  dissous  dans  loo  de  xylène,  à  la 
température  de  il\°  C.  : 

(')  Comptes  rendus,  t.  \1'2,  1921,  p.  538. 


SÉANCE  DU  •l'J    FÉVRIER  I922.  61I 

Ortlioxylùiii'.  Mélax\lciie.  Paraxv  Icne. 

Acide    o-toluique 7)^'  5>78  1  ■>^^ 

Acide /«-toluique 8,63  8,5-  10,83 

Acide  /y-tolui([ue i.o5  0,91  1.47 

La  comparaison  de  ces  coefficients  conduit  aux  observations  suivantes  : 

1°  L'acideyo-toluique  est  trrs  peu  soluljle  dans  les  trois  xylènes.  Nous  avons 
déjà  indiqué  que  la  solubilité  de  la  />-nitraniline  dans  le  ///-xylène  est  très 
faible,  vis-à-vis  de  celle  de  ses  isomères.  Ces  faits  sont  à  rapprocher  de  la 
volatilité  moindre  des  dérivés  parabisubstitués  du  benzène. 

2°  L'acide  w-tolui({ue  possède  les  coefficients  de  solubilité  les  plus 
grands,  mais  néanmoins  assez  peu  écartés  des  coefficients  correspondants  de 
l'acide  o-toluique. 

3°  En  rapprochant  maintenant  les  solubilités  d'un  même  acide  dans  les 
trois  solvants,  on  voit  que  le  /?-xylène  a  le  plus  grand  pouvoir  dissolvant, 
tandis  que  celui  du  m-xylène  est  minimum;  mais  il  ne  semble  pas  que  Tiso- 
mérie  produise  chez  les  solvants  une  variation  notable  de  ce  pouvoir. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Contribution  à  l'étude  de  hi  trempe. 
Note  (  '  )  de  M.  A.  Poucholle,  présentée  par  W.  H.  Le  Chatelior. 

Introduction.  —  Les  expériences  qui  suivent  ont  été  faites  à  l'aide  d'un 
enregistreur  réalisé  pour  les  besoins  de  mon  enseignement,  par  mon  prépa- 
rateur M.  Gueugnon  (-).  Elles  ont  porté  sur  dos  fils  d'acier  au  carbone 
(0,9  pour  100  environ)  de  i'"  de  longueur  et  de  i""™  de  diamètre.  Les  gra- 
phiques ci-joints  se  rapportent  à  la  loi  de  variation  de  la  longueur  du  fil  en 
fonction  du  temps  au  cours  du  refroidissement  à  l'air.  Les  allongements  ou 
contractions  sont  multipliés  par  5.  l  n  certain  nombre  de  résulliits. 
récemment  obtenus  par  MM.  Portevin  et  Garvin.  par  _\L  Chevenard.  ont 
d'abord  été  recherchés  à  litre  de  contrôle  de  la  méthode.  Jai  cru  devoir  en 
faire  figurer  quelques-uns  en  raison  de  l'intérêt  pédagogique  qu'ils 
présentent  et.de  la- netteté  remarquable  des  graphiques  qui  les  traduisenl. 

Notations.  —  Les  points  de  transformation  à  haute  température  (65o°-70o") 

(^  '  )  Séance  du  3o  janvier  iq^^.. 

(-)  Gel  appareil  a  été  réalisé  par  une  li-ansforrnalion  très  simple  de  la  machine 
d'Alwood  ordinaire.  Pour  sa  description,  voir  le  Bulletin  de  l'Union  des  Physiciens 
(février-mars  1919-1920  et  décembre  i9*.  1). 


6l2 


ACADEMIE   DES   SCIENCES. 


et  à  basse  température  (environ  200**)  sont  désignés  respectivement  par  Ar^ 
et  Aro,  les  courbes  où  le  point  A?-,  apparaît  seul  sont  désignées  sous  le  nom 
de  courbes  de  recuit,  celles  où  le  point  Ar.^  a])paraU  seul  sont  appelées 
courbes  de  trempe  (Chevenard). 


Fig.I- Recuit 


Ar, 


FI  g. 2- Trempe 
Fig. 3- Revenu 


Av. 


FigA  et  B-Transformations  dédoublées 
(Trempes  douces) 


Fig.6 et 7- Atténuation  de  l'accident 
de  recalescence  (Acier  dup) 
Fi  g,  8,9  et  iO.Même  phénomème 
(Acisp  doux  ) 


Résultats  d'' expériences.  —  i**  La  trempe  est  caractérisée  par  le  rejet  du 
point  de  transformation  Ar,  à  basse  température.  La  figure  2  illustre  le 
phénomène  d'une  manière  très  caractéristique.  Le  lil  après  s'être  contracté 
en  deçà  de  sa  longueur  primitive  se  dilate  au  cours  du  refroidissement  par 
une  transformation  lente  qui  se  continue  à  la  température  ordinaire.  Fina- 
lement il  en  résulte  un  allongement  permanent  que  le  revenu  fait  disparaître 
(/?£>•.  3);  d'où  lajustification  de  cette  opération.  J'ai  nettement  constaté  que 


SÉANCE  DU  27  FÉVRIER  I922.  6l3 

la  transformation  du  fer  y  en  fer  a,  accusée  par  la  réapparition  du  magné- 
tisme, ne  s'effectue,  au  cours  de  la  trempe,  qu'au  point  A/'o,  c'est-à-dire 
vers  200°.  Dans  l'intervalle  65o°-2oo*'  des  points  Ar,  et  A?\y  les  courbes 
n'accusent  aucune  particularité.  Toutefois,  invariablement  dans  cette  région, 
et  seulement  dans  cette  région,  des  tensions  mécaniques  apparaissent.  Elles 
se  manifestent  sous  forme  de  bruits  secs  et  s'accompagnent  de  la  projection 
de  la  mince  pellicule  d'oxyde. 

2°  Le  point  de  transformation  A/',  s'abaisse  si  le  recuit  observé  suit  une 
trempe.  Parallèlement  la  température  pour  laquelle  on  obtient  la  trempe 
s'abaisse  sensiblement  par  l'effet  de  trempes  successives.  Les  figures  4 
et  5  illustrent  ce  phénomène  :  La  figure  4  a  été  choisie  comme  exemple  de 
trempe  douce  avec  transformation  dédoublée. 

3°  L'amplitude  de  l'accident  Ar,  diminue  :  (a)  par  l'élévation  de  tempé- 
rature jusqu'à  une  valeur  nulle  qui  correspond  au  dédoublement  de  la 
transformation,  [(b)  la  température  restant  la  même,  par  la  durée  de 
chauffe.  Une  durée  de  chauffe  convenable  de  l'ordre  de  20  minutes  peut 
aboutir  à  un  palier  (/%•.  7)  mais  dans  ce  cas,  comparable  à  celui  de  la 
figure  4j  il  n'y  a  pas  de  dédoublement  de  transformations.  Les  figures  8, 
9,  10  montrent  le  même  phénomène  obtenu  avec  un  fîl  d'acier  extra-doux. 
On  remarquera  que  la  courbe  correspondant  à  la  chauffe  prolongée  est 
encadrée  entre  deux  courbes  à  durée  de  chauffe  restreinte  obtenues  l'une 
avant,  l'autre  après.  L'atténuation  de  l'accident  Ar,  ne  peut  donc  être 
causée,  au  moins  uniquement,  par  la  diminution  d'ailleurs  légère  de  la 
teneur  en  carbone  au  cours  de  la  chauffe  prolongée  ;  car,  en  ce  cas,  la 
température  étant  restée  la  même,  l'accident  devrait  être  encore  moins 
accusé  à  la  chauffe  qui  a  suivi  (/ig.  10).  Or  c'est  le  contraire  qui  se 
produit  ('). 

CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Étude  électrométrique  de  V hydrolyse^  sous  V action  de 
la  baryte^  de  quelques  complexes  aminés  du  cobalt.  Note  (")  de  ^L  Paul 
Job,  présentée  par  M.  G.  Urbain. 

J'ai  montré  par  des  mesures  de  résistance  électrique  (')  que,  sous  l'action 
des  alcalis,  l'eau  de  constitution  des  sulfates  roséo-  et  diroséo-  cobaltiques 

(')  Toutes    les    courbes    figurées    sont    celles-là    mêmes    qui    ont   été    tracées    par 
l'appareil. 
(")  Séance  du  i3  février  1923. 
(^)  Comptes  rendus,  t.  170,  1920,  p.  840,  et  Thèse,  1921. 


6l4  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

est  remplacée  à  l'intérieur  de  Pion  complexe  par  le  radical  oxhydryle.  Le 
point  anguleux  observé  sur  les  courbes  de  conductivité,  au  mouient  où, 
après  élimination  .complète  de  l'eau  de  constitution,  il  apparaît  dans  la 
solution  des  ions  OH  libres,  n'est  suffîsanmient  marqué  que  si  l'on  précipite 
peu  à  peu  les  sulfates  par  une  solution  de  baryte.  Pour  étendre  cette 
méthode  à  l'étude  des  complexes  à  radicaux  négatifs  différents,  il  faudrait 
trouver,  pour  chacun  d'eux,  un  sel  insoluble  dont  l'hydroxyde  put  exister, 
en  solution  aqueuse,  à  une  concentration  à  peu  près  dixième  normale.  On 
ne  connaît  pas  en  général  de  sel  répondant  à  ces  deux  conditions.  C'est 
ainsi  que  le  chlorure  de  thallium  est  trop  soluble,  et  l'hydroxyde  d'argent 
trop  peu  soluble  pour  permettre  l'étude,  par  cette  méthode,  des  chlorures 
de  cobaltammines  (^). 

Au  contraire,  la  mesure  électrométrique  de  la  concentration  des  ions  OH, 
au  cours  de  la  précipitation  ménagée  par  la  baryte  (-)  d'une  solution  d'un 
complexe  cobaltique,  doit  rendre  possible  cette  étude  pour  tous  les  sels  de 
cobaltammines. 

Pour  obtenir  la  concentration  des  ions  OH,  on  mesure,  en  général,  la 
différence  de  potentiel  au  contact  de  la  solution  et  d'une  électrode  de  pla- 
tine platiné  saturée  d'hydrogène.  Cette  méthode  n'est  pas  applicable  aux 
complexes  aminés  du  cobalt.  J'ai  en  effet  constaté  une  action  chimique 
profonde  de  l'hydrogène  sur  ces  composés  en  présence  de  platine  platiné. 

Mais  il  est  possible  de  remplacer  l'électrode  d'hydrogène,  soit  par  une 
électrode  d'oxygène,  préparée  de  la  même  manière,  soit  par  une  simple  élec- 
trode de  platine.  Je  me  suis  assuré,  en  effet,  que  le  titrage  électrométrique 
d'une  solution  chlorhydrique  par  la  baryte  donne  au  moins  en  première 
approximation  les  mêmes  résultats,  soit  avec  une  électrode  d'hydrogène, 
soit  avec  un  hl  de  platine.  Les  deux  courbes  représentatives  sont  superpo- 
sables;  elles  sont  simplement  distinctes,  la  différence  de  potentiel  IP  [solu- 
tion étant  inférieure,  dans  les  conditions  où  j'ai  opéré,  de  o^''",  89  environ 
à  la  différence  de  potentiel  Pt|  solution. 

(')  On  peut  cependant  mesurer  les  conduclivdtés  électriques  des  mélanges  de  soln- 

]\    \ 
lion>i  1res  étendues  de  chlorure  roséocobaltique  (environ  )  et  d'Iivdrowde  d'ar"enl 

^       ^  nooo/  "  ■"  ^ 

N    \  ,  .   . 

(environ l-  La  courbe  correspondante  présente  un  minimum  pour  la  précipitation 

totale  du  chlore  et  un  point  anguleux,  très  net  pour  la  précipitation  d'un  seul  des  trois 
atomes  de  chlore  du  sel  roséo. 

(-)  J'ai  préféré  la  baryte  à  la  soude  ou  â  la  potasse  pour  éviter  la  présence  de  car- 
bonate. 


SÉANCE   DU   27    FI.VRIER    1912.  6l5 

J'ai  donc  éliidié  les  variations  de  la  force  élcclromotrice  au  coiilact  d'un 
fil  de  platine  et  de  solutions  de  différents  complexes  cobaltiques,  aux(|uelles 
j'ajoutais  peu  à  peu  une  solution  de  baryte  contenant  o™°',o9i  par  litre.  La 


Volfi 


0.9 


0,8 


0,7 


0.8 


A 


(1  )  Nitrate  sulfata  pen/ammine 
(2)CMorure  roseo 
i3)Ch/orure  diroséo 


\ 


2  ïonsOH pour  une 
molécule  de  sel 


figure  ci-dessus  donne,  à  titre  d'exemple,  les  résultats  obtenus  pour  le  nitrate 


sulfatopentammine 


Co 


(NH^)-^ 


N0-'  (courbe  i,  concentration  :  o™°',ooi  i4 


par  litre),  le  chlorure  roséopentammine: 


^    (NH3)^ 


CP  (courbe  2,  concen- 


tration :    o"^°',oo2   par  litre),   et  pour  le   chlorure  diroséotétrammine 


Co 


{w  oy- 


Gl"'  (courbe  3,  concentration  :  0'"°',  00228  par  litre). 

Les  ordonnées  représentent  les  différences  de  potentiel  mesurées  à  l'aide 
d'une  électrode  au  calomel  et  d'une  pile  étalon  au  cadmium,  et  les  abscisses 
le  nombre  d'ions  OH  ajoutés  pour  une  molécule  de  sel. 

1°  Le  nitrate  sulfatopentammine  ne  contient  pas  d'eau  de  constitution. 
La  concentration  des  ions  OH  croît  régulièrement  quand  on  ajoute  à  sa 
solution  une  solution  de  baryte.  La  courbe  i  a  la  même  allure  que  la  courbe 
obtenue  en  traitant  par  la  baryte,  une  solution  de  chlorure  de  potassium, 
par  exemple. 

2°  Le  chlorure  roséo  contient  une  molécule  d'eau  de  constitution.  La 
courbe  2  montre  que,  par  addition  de  baryte,  la  concentration  des  ions  OH 


6l6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

croît  tout  d'abord  lentement,  pour  augmenter  brusquement  quand  la  molé- 
cule d'eau  a  été  entièrement  chassée  du  complexe  par  le  groupement  oxhy- 
dryle. 

3°  Dans  le  cas  du  chlorure  diroséo,  la  variation  de  la  concentration  des 
ions  OH  est  moins  brusque.  Mais  on  voit  nettement  sur  la  courbe  3  que  les 
ions  OH  ajoutés  n'existent  à  l'état  libre  dans  la  solution,  qu'après  addition 
de  deux  groupements  oxhydryles  pour  une  molécule  de  sel,  c'est-à-dire  après 
l'élimination  des  deux  molécules  d'eau  du  complexe. 

La  méthode  clectrométrique  s'applique  donc  à  tous  les  sels,  alors  que  la 
méthode  des  conductibilités  ne  s'appliquerait  commodément  qu'aux  sul- 
fates. J'ajouterai  qu'elle  permet  en  outre  une  étude  quantitative  du 
phénomène. 

CHLMIE  ORGANIQUE.  —  Préparation  catalytiquc  des  cyclohexanetriols .  Note 
de  MM.  J.-B.  Sendereas  et  J.  Aboulenc,  présentée  par  M.  Georges 
Lemoine. 

Dans  une  Communication  précédente  ('  ),  nous  avons  décrit  la  prépara- 
tion des  cyclohexanediols  par  hydrogénation,  en  présence  du  nickel  et  sous 
pression,  des  solutions  aqueuses  ou  alcooliques  des  diphénols  correspon- 
dants. La  même  technique  nous  a  servi  à  préparer  les  cyclohexanetriols. 

Pyrogallite.  —  Cyclohexanelriol-i  .1  .?>.  —  M.  Brunel  a  décrit  deux 
pyrogallites,  fondant  à  io8°  et  à  124°,  retirées  de  l'éthoxylcyclohexanediol 
par  destruction  de  la  fonction  éther-oxyde  au  moyen  de  HBr(-).  De  leur 
côté,  MM.  Sabatier  et  Mailhe  ont  signalé  une  pyrogallite,  fusible  à  67°, 
qu'ils  obtenaient  en  réduisant,  par  voie  sèche^  le  pyrogallol  en  présence  du 
nickel  (^). 

La  réduction  catalytique  du  pyrogallol, />«/•  voie  humide  et  sous  pression, 
nous  a  fourni  les  résultats  suivants  : 

En  solution  aqueuse  et  mieux  en  solution  alcoolique,  le  pyrogallol  s''hy- 
drogène  rapidement  en  présence  du  nickel  vers  i4o°  et  sous  la  pression  de 
4o'*s  à  5o''^s.  Pour  l'^e  de  pyrogallol  employé,  la  quantité  d'hydrogène 
absorbée,  mesurée  par  le  manomètre  de  la  bombe,  a  été  de  5os,  ce  qui 

(')  Comptes  rendus,  t.  173,  192 1,  p.  i365. 
(^)  Comptes  rendus^  t.  150,  1910,  p.  987. 
(^)  Comptes  rendus,  l.  14G,  1908,  p.  1198. 


SÉANCE  DU  27  FÉVRIER  1922.  617 

correspond  à  l'équation 

COH  CHOH 


CH^    ^COII  CW     VJIOII 

CIK      /COU  (:il\     , 


Cil  011 
CH  CII- 

l'yrogallol.  Pyrugallile. 

Le  produit  obtenu  ne  donne  plus  les  réactions  du  pyrogallol,  ce  qui 
indique  que  la  réduction  est  coniplèle.  Après  expulsion  de  Teau  ou  de 
Talcool,  on  a  un  liquide  qui  distille  de  225°  à  240**  et  qui  par  refroidissement 
se  prend  en  une  masse  fusible  vers  70°.  C'est  un  mélange  de  deux  pyrogal- 
lites  isomères  a,  et  ce.,,  que  leur  inégale  solubililé  dans  l'eau  et  l'alcool 
permet  assez  facilement  de  séparer. 

Si,  en  effet,  on  dissout  à  chaud  le  mélange  précédent  dans  le  double  de 
son  poids  d'alcool  fort  et  que  l'on  concentre  légèrement  la  dissolution,  il  se 
fait  par  refroidissement  un  dépôt  abondant  qui,  après  essorage  dans  le  vide 
et  lavage  à  l'éther  où  il  est  très  peu  soluble,  se  présente  sous  la  forme  d'un 
feutrage  blanc  et  léger  d'aiguilles  microscopiques.  Cette  pyrogallile  a,  fond 
à  145°  et  distille  sans  décomposition  à  290°.  Elle  est  moins  soluble  dans 
l'alcool  que  dans  Teau. 

La  pyrogallite  y..,  est  au  contraire  plus  soluble  dans  l'alcool  que  dans  l'eau . 
Aussi  est-elle  la  première  à  se  déposer  par  l'évaporation  à  l'air  de  la  solu- 
tion aqueuse  du  mélange  des  deux  pyrogallites.  Ce  sont  des  tablettes  rhom- 
biques  qui  fondent  à  90°  et  qui  distillent  sans  décomposition  à  225". 

Les  deux  pyrogallites  a,  et  7..,  se  combinent  avec  3""''  d'acide  acétique 
pour  donner  un  triacétate. 

Le  triacétate  a,,  insoluble  dans  l'eau,  cristallise  dans  un  mélange  d'alcool 
etd'éther  en  longues  aiguilles  qui  fondent  à  47°  ^t  qui  distillent  à  288°. 

Le  triacétate  x.,  est  un  liquide  incolore  qui  bout  à  238*'. 

Phloroglucite.  —  Cycloheooanetriol-i  .3  .  3  .  —  La  réduction  cataly  tique  de 
la  phloroglucine  se  fait  mal  en  solution  alcoolique,  tandis  qu'au  contraire, 
en  solution  aqueuse,  elle  se  fait  aisément  à  i35-'-i4o".  sous  la  pression 
de  4o''^)  et  donne  lieu  à  une  absorption  de  24^,3  d'hydrogène  pour  joo^  de 
phloroglucine  employée,  ce  qui  correspond  à  l'équation 

C«H5(OB)3+3tI2    =    C«HS(OIl)3 

Phloroglucine.  IMiloroglucile. 

On    obtient   de    la    sorte     un    mélange    de    phloroglucites    isomères, 

G.  R.,  1932,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  9.)  4^ 


6l8  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

d'aspect  gélatineux,   qui   distille  à  2/i5°-2()0°,    et   se   combine  avec   3°^°' 
d'acide  acétique. 

OxYiiYnuoQi  iMTE.  —  Cyclohcxanetriol-1 .2.4.  —  Sous  la  pression  de  4o''s  à 
So'^f^,  la  réduction  complète  de  l'oxyhydroquinone  par  l'hydrogène  s'est 
elï'ectuée  à  i35''-i^o"  en  solution  alcoolique,  et  à  ioo"-iio°  en  solution 
aqueuse,  en  donnant,  dans  les  deux  cas,  le  même  mélange  d'oxyhydroqui- 
nites  isomères,  qui  distille  à  260^-280''  et  se  prend  en  une  masse  vitreuse 
par  le  refroidissement. 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  quelques  dérivés  de  la  siibérone. 
Note  de  MM.  Marcel  (jodchot  et  Pierre  Brun,  présentée  par  M.  Haller. 

Dans  de  récentes  Communications  ('),  l'un  de  nous  a  fait  connaître,  en 
collaboration  avec  M.  Taboury,  une  nouvelle  méthode  d'obtention  des 
cétones  bicycliques,  basée  sur  l'emploi,  comme  agent  de  condensation,  de 
l'hydrure  de  calcium.  Ce  procédé  permet  d'obtenir  des  cétones  bicycliques 
aussi  ])ien  en  partant  de  cétones  cyclohexaniques  (cyclohexanone,  méthyl- 
cyclohexanone,  diméthylcyclohexanone)  que  de  cétones  cyclopenlaniques 
( cyclopenlanone,  méthylcyclopentanone,  thuyamenthone).  La  présente 
Note  a  pour  but  de  décrire  quelques  nouveaux  dérivés  de  la  subérone 
obtenus  en  soumettant  cette  cétone  cycloheptanique  à  l'action  condensante 
de  l'h\  drure  de  calcium. 

La  subérone  qui  nous  a  servi  de  matière  première  a  été  obtenue  en  utilisant  la 
technique  indiquée  récemment  par  l'un  de  nous  (  -  )  ;  elle  bouillait  à  180°  sous  la  pres- 
sion atmosphérique. 

Cycloheplj'lidène-cycloheplanone  C'H'-=  G''li'"0.  —  Ce  composé  s'obtient,  avec 
un  très  bon  rendement,  par  action  de  l'hydrure  de  calcium  sur  la  subérone,  en 
utilisant  le  mode  opératoire  décrit  par  l'un  de  nous  en  collaboration  avec  M.  Taboury. 
Celle  nou\elle  céloue  bicyclique  non  saturée  est  constituée  par  un  liquide  à  odeur 
faiblement  mentholée,  bouillant  \  ers  i/iS^-i^S"  sous  8""™;  sa  densité  à  i4°  est  égale 
à  0,993(3,  el  son  indice  de  réfraction,  par  rapport  à  la  raie  D  et  à  la  même  tempéra- 
ture, est  égal  à  i,5i44  (réfraction  moléculaire  :  trouvée,  02,45;  calculée  pour 
Q7  ]|t2  _-  Q7  {|io  Q^  (32  , 1  I  ).  Elle  a  pour  formule  de  constitution  la  formule  suivante  : 


CH^    CH-   CO       CH2   CH^    CM 

CH^^ 


>CH^ 


CH'-   CFP    C  =  C        CH^    CH2 


(')   Comptes  rendus,  t.  109,  1919,  p.  62,  i  168,  et  t.  172,  1921,  p.  688. 
(-)  Comptes  rendus,  t.  171,  1920,  p.  1887. 


SÉANCE  DU  27  FÉVRIER  1922.  619 

Cycloheptyl-cycloheptanol  C'Jl" — C^H'-OII.  —  On  obtient  cet  alcool  secondaire 
par  hydrogénation  de  la  céloiie  précédente,  au  moyen  de  l'alcool  absolu  et  du  sodium. 
C'est  un  liquide  à  odeur  peu  prononcée,  bouillant  vers  iSS^-iGio  sous  20™™  et  ayant 
pour  densité  à  i3°,  0,9908,  et  pour  indice  de  réfraction,  par  rapport  à  la  raie  D, 
et  à  la  môme  température,  i,5i33  (réfraction  moléculaire  :  trouvée,  63,74;  calculée 
pour  CH" — C'H'-OH.  (33,86).  Là  constitution  de  ce  nouvel  alcool  cyclolieplanique 
répond  à  la  formule 

CH^   CH-   CHOU         IPC   CIP   CIP 

y 


H2C< 


)CH-. 


CFP   CiP   en HC     Cil^   GIF 


Nous  n'avons  pu  obtenir  la  phényluréthane  de  cet  alcool  ni  la  semi- 
carbazone  de  la  cétone  qui  se  formo  dans  le  premier  stade  de  la  réduction, 
et  nous  attribuons  cet  insuccès  à  un  empêchement  stcrique  très  souvent 
observé  par  différents  chimistes  et  par  nous-mêmes  dans  le  cas  de  certaines 
cétones  et  de  certains  alcools  cycliques  substitués  en  ortho. 

Par  contre,  en  utilisant  la  technique  indiquée  par  M.  Béhal  (').  nous 

avons  pu  préparer  l'éther  allophanique  du  cycloheptyl-cycloheptanol,  qui, 

après  cristalhsation   dans  l'alcool  absolu,  se  présente   sous  la   forme  de 

belles  aiguilles  blanches,  fusibles  vers  i83°,  et  dont  l'analyse  répond  à  la 

formule 

C>i  W--^—0  -  CO  -  Ml  -  CO  —  NH- 

(N  pour  100  :  trouvé,  9,37;  calculé,  9,45). 

Dibi'omosubérone  C'^ï'^OBr^.  —  Incidemment,  au  cours  de  ces 
recherches,  nous  avons  été  amenés  à  étudier  l'action  du  brome  sur  la 
subérone. 

En  versant  peu  à  peu  le  brome  dissous  dans  un  excès  de  tétrachlorure  de  carbone 
dans  une  solution  tétrachlorocarbonique  de  subérone,  on  constate  un  fort  dégagement 
d'acide  bromln  driqiie,  et  l'on  évite  une  élévation  de  température  en  refroidissant  par 
un  courant  d'eau  froide.  Lorsque  l'on  a  ajouté  environ  4'"^^  de  brome  pour  une  molé- 
cule de  subérone,  la  réaction  est  terminée,  et,  par  évaporation  à  la  température  ordi- 
naire de  la  solution  tétrachlorocarbonique,  on  obtient  un  aJJondant  dépôt  de  cristaux 
baignés  dans  un  peu  d'huile.  Après  essorage  des  cristaux  et  recristallisation  de  ce 
dérivé  dans  la  ligroïne,  on  isole  un  produit  bien  défini,  incolore,  se  présentant  sous 
la  forme  de  très  longues  aiguilles,  fusibles  vers  68". 

L'analyse  etlacryoscopie  nous  ont  montré  que  ce  dérivé  brome  était  une 
dibromosubérone  (Br  pour  100:  trouvé,  09,96;  calculé  pour  C' H'^'OBr-, 

(*)  Bull,  de  la  Soc.  chim.  de  France,  4"  série,  t.  25,  p.  473. 


620  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

69,25.  Cryoscopie  dans  le   ])enz(''ne  :  poids  moléculaire:  trouvé,  2(38,  ()  ; 
calculé,  270). 

Il  est  à  remarquer  que  le  brome  réagit  sur  la  subérone  en  donnant  un 
dérivé  dibromé,  alors  qu'en  bromant  soit  la  cyclohexanone,  soit  la  cyclo- 
pentanone,  on  obtient  un  dérivé  tétrabromé,  ainsi  que  l'ont  démontré  les 
recherches  de  W  allach  ('),  de  Bodroux,  de  Taboury  (-)  et  de  l'un  de 
nous('').  De  plus,  à  l'inverse  de  la  tétrabromocyclopentanone  et  de  la  tétra- 
bromocyclohexanone,  la  dibromosubérone  présente  une  grande  stabilité, 
puisque,  môme  exposée  à  la  lumière,  on  peut  la  conserver  pendant  plusieurs 
mois  sans  altération.  Ce  fait  peut  s'expliquer  en  admettant  que  cette  dibro- 
mosubérone est  constiluéc  par  un  éther  dibromhydriqne  ayant  pour  for- 
mule 

\co. 


Cil-     Cll^     Gllt^r 

Cette  combinaison  est  douée  de  propriétés  sternutatoires  et  vésicantes  assez 
intenses.  Traitée  par  la  soude  diluée  et  à  froid,  elle  fournit  une  substance 
sirupeuse,  très  soluble  dans  les  différents  solvants,  ne  cristallisant  pas, 
même  par  refroidissement  intense,  et  se  décomposant  par  distillation,  même 
dans  le  vide.  Ce  composé  sirupeux  réduit  du  reste  très  facilement  la 
liqueur  de  Fehling  et  il  est  probable  qu'il  doit  constituer  une  cycloheptane- 
diol-onc,  ce  que  nous  nous  proposons  de  confirmer  par  de  nouvelles 
reclu  rchcs. 


CHIMIE  ORGAMQlE.  —   Sur /es  isatines  halogénées. 
Note  (^)  de  iVI.  Eigkxe  Graxdmougi.v,  présentée  par  M.  Béhal. 

L'étude  des  indigos  halogènes  (')  implique  comme  complément  celle  des 
isalines  halogénées.  Pour  établir  la  constitution  des  indigos  substitués  par 
l'halogénation  directe,  nous  avonsemployéle  procédé  classique  d'oxydation 
en  isatine.  Dans  ces  conditions,  l'indigo  substitué  d'une  façon  symétrique 

(')  Liebigs  Ann.  Chemie,  t.  341,  p.  i33. 

("-)  Bull.  Soc.  chiot.,  /)«'  série,  t.  11,  p.  656. 

(^)  IbicL,  4''  série,  t.  Il},  p.  542. 

('*)  Séance  du  6  février  1922. 

(■^)  Comptes  rendus,  t.  173,  igii,  p.  i363. 


SÉANCE    DU    27    FÉVRIEK     Hjll.  6il 

donne  deux  molécules  de  la  même  isalinc;  un  indigo  asyriiélrique.  par 
contre,  fournira  deux  isatines  dillérentcs  dont  la  séparation  pourra  ètieplus 
ou  moins  facile. 

La  constitution  de  Tisaline  elle-même  est  établie  jiar  distillation  avec  un 
alcali  caustique  (  '  )  ;  dans  ces  conditions,  elle  est  décomposée  avec  formation 
d'une  aniline  halogénée  qui  sera  caractérisée  par  ses  constantes  et  celles  de 
son  dérivé  acétylé. 

L'oxydation  des  indigos  halogènes  se  fait  en  milieu  acétique,  à  tempéra- 
ture ordinaire,  par  l'acide  nitrique  ou.  mieux  encore,  par  l'acide  chromique. 
11  importe,  cepeudant,  d'employer  un  indigo  aussi  finement  divisé  que 
possible  et  d'opérer  avec  une  bonne  agitation  pour  faciliter  la  réaction.  On 
dissout  ensuite  l'isatine  brute  ainsi  obtenue  dans  l'alcali  dilué  à  chaud,  on 
sépare  par  filtration  de  l'indigo  inaltéré  et  de  quelques  impuretés,  et  Ton 
reprécipite  l'isatine  sous  une  forme  sensiblement  plus  pure  par  acidification. 
Il  ne  reste  plus  qu'à  la  cristalliser  dans  un  solvant  approprié,  en  particulier 
dans  l'alcool,  l'acétone  ou  l'éther  acétique  pour  l'amener  à  point  de  fusion 
constant.  Dans  le  cas  où  il  se  serait  formé  deux  isatines,  on  les  séparera  en 
utilisant  leur  solubilité  dillerente  dans  les  solvants  organiques. 

En  collaboration  avec  M.  Pierre  Seyder  nous  avons  préparé  ainsi  une 
série  d'isatines  halogt'uées  que  nous  avons  caractéTis(''es  en  outre  par  leurs 
oximes  et  leurs  phénylhydrazones.  On  sait  que,  d'une  façon  générale, 
il  se  forme,  par  action  de  l'hydroxylamine  ou  de  la  phénylhydrazine,  le 
dériv(''  1^  substitué. 

Les  isatines  halogé-nées  sont,  à  l'état  cristallisé,  colorc'-es  en  orange''  ou 
rouge  orangé,  selon  le  degré  de  substitution  et  la  position  de  l'halogène; 
elles  peuvent  être  sublinif-es  sans  altération  et  sont  solubles  en  rouge 
orangé  dans  l'acide  sulfurique  concentré.  Avec  les  alcalis  caustiques, 
à  froid,  on  observe  une  coloration  violette  due  à  la  formation  d'un  sel 
cyclique;  à  chaud,  la  coloration  passe  au  jaune  et  l'on  a  alors  en  solution 
le  sel  alcalin  de  l'acide  isatique  correspondant.  Si  l'on  travaille  en  solution 
concentrée,  ce  sel  se  sépare  même  à  l'état  cristallin  (-). 

Les  [5»-hydrazones  sont  colorées  en  jaune  intense,  mais  n'ont  pas  le 
oaractère    de    colorants,    par    suite    de    leur    insolubilité;    leurs    dérivés 


(')  HoFMA>'x,  A/ifi.  C/iem.,  t.  53,  p.  47' 

(2)  Il  faut  noter  cependant  que  les  isatines  tétrahalogénées  sont  sensibles  à  l'action 
des  alcalis  un  peu  concentrés  qui  les  modiiîenl  profondément. 


62  2  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

sulfonôs  par  contre  teignent  la  laine  et  la  soie  en  jaune  (').  La  solution 
sulfurique  est  rouge  intense;  par  addition  d'eau  on  peut  séparer  Thydra- 
zone  inaltérée. 

Les  ^-oximes  sont  naturellement  moins  colorées  que  les  hydrazones, 
mais  leur  solution  sulfurique  est  rouge  grenat;  on  peut  admettre  dans 
ces  solutions  des  sels  azoniums  ou  oxoniums  qui  sont  dissociés  par 
dilution. 

D'une  façon  g(''nérale  les  oximes  fondent  avec  décomposition,  ce  qui  rend 
le  point  de  fusion  un  peu  incertain. 

Nous  résumons  dans  le  Tableau  suivant  les  principales  constantes  des 
isalines  halogénées  que  nous  avons  étudiées. 

Points  de  fusion  des  : 

Isatines.  isatines.  |i-oximes.  Jj-piiénylhydrazones. 

o  0  o  o 

5.7-dichIori3atine  (^) 228  déc.       255  296-297 

/j  .7-dicl)lorisaline 252  déc.       245  265 

4  chloro-5-bromisatine  (^).  .  .  278-274  déc.  258-254  278 

5.7-dibromisatine  (*) 25o  déc.       272  297-298 

4.5 .7-lribromisaline 257-258                    »  » 

4.5,6.7-tétrachlorisatine  .  .  ,  .  294-290                    »  298 

On  voudra  bien  remarquer  que  la  5-bromisatine  fond  à  225°,  la  5.7-di- 
bromisatine  à  25o°  et  la  4-5.7-tribromisatine  à  257°-258'^,  ce  qui  montre 
que  le  point  de  fusion  seul  est  insuffisant  pour  caractériser  les  isatines 
halogénées. 

Pour  compléter  les  constantes  physiques,  il  nous  a  paru  intéressant  de 
déterminer  Fabsorption  de  ces  composés  dans  l'ultraviolet  à  l'aide  d'un 
spectrographe.  Le  mode  opératoire  est  connu;  on  procède  par  voie  photo- 
graphique en  variant  l'épaisseur  de  la  solution  absorbante  (au  75-^  par 
exemple)  de  5™™  a  65™"\  On  obtient  ainsi  une  image  de  l'absorption  dont, 
à  défaut  de  représentation  graphique,  nous  ne  donnons  que  le  début  de 


(')   Comptes  rendus,  t.  172,  1920,  p.  83o  el  i4i5. 

(2)  Déjà  décrite  [Ber.,  t.  42,  1909,  p.  3663);  le  p.f.  186°  indiqué  par  Dorsch 
{Journ.f.  prakt.  Cliein.^  2*^  série,  t.  33,  p.  5i)  est  erroné. 

(3)  Le  bre\  et  allemand  254-468  décrit  une  4-chloro-5-bromisatine,  p.f.  255°,  obtenue 
par  bromuration  de  la  4-clîlo''isatine  (p.  t.  254°);  cette  indication  paraît  sujette  à 
caution. 

(■*)  Baeyer  et  Oekonomidiîs,  Ber,^  t.  lo,  1882,  p,  2098. 


SÉANCE   DU    27    FÉVRIER    1922.  628 

l'absorption   et  les  sommets,  ce  qui  corres[)on(l  à   la   transposition  de  la 
méthode  de  M.  Formânek  à  la  partie  invisible  du  spectre  ('). 

Absorption  en  solution  alcoolique  aqueuse  {•>.  \  3)  au  yôoirit- 

Epaisseur  : 

Isatincs.  (en  ;j.;j.).  ô""".  "^j""".  50°"". 

5.7-dichlorisatine 233  101  Ji  313  » 

4.7-dicl)lorisatine ^33  '}.-]h  311  » 

4-chloro-5-bromisatiiu' »  202  314  4^5 

5.7-dibromisatine »  260  311  » 

4.5.6.7-iétraclilorisaiine »  245  320  352 

On  verra  que,  d'une  façon  générale,  ainsi  que  nous  l'avons  déjà  observé 
dans  d'autres  groupes  de  corps  colorés,  l'absorption  dans  l'ultraviolet  des 
dérivés  substitués  a  sensiblement  la  même  allure  que  celle  de  la  substance 
mère  (-).  Cela  d'autant  plus  que  l'influence  chromophorique  de  l'halogène 
est  relativement  faible. 

Dans  la  partie  visible  du  spectre  on  observe  une  extinction  de  la  région 
violette  sans  aucun  caractère  spécial.  Nous  pensons  donc  que,  pour  carac- 
tériser les  isalines  halogénées,  la  méthode  chimique,  indiquée  au  début 
de  cette  Note,  paraît  préférable  à  la  détermination  de  la  constitution  par  la 
méthode  physique. 

MINÉRALOGIE.   —  Sur  kl  dcivindùtc,  nouveau  minéral  radioactif  . 
Note  de  M.  Alfred  Sciioep. 

Le  minéral  qui  fait  l'objet  de  cette  Note  provient  de  Kasolo  (Kalanga, 
Congo  belge).  On  l'y  trouve  mélangé  à  la  chalcolite.  Sa  couleur  est  jaune 
canari;  il  est  pulvérulent,  plus  rarement  compact.  Il  imprègne  certains 
morceaux  de  chalcolite  jusqu'à  remplir  tous  les  vides  qui  existent  entre 
les  cristaux  de  ce  minéral.  On  peut,  sans  trop  de  difficulté,  l'en  extraire 
par  quelques  lavages  à  l'eau  distillée.  Mais  il  est  moins  aisé  de  séparer  le 
minéral  jaune  d'une  espèce  de  gangue  blanche  dont  il  sera  question  plus 
loin. 

Au  microscope  on  constate  que  le  minéral  jaune  est  cristallisé  on  pail- 


(M  Grandhougix  et  M™*'  I'avue-Ambrlmyax,  Ber.,  l.  47,  1914.  p.  2127. 
(■-)    Voir  nolarniiient  IvAHRMANV,  Havas  et  (  ii\A-\DMOU(a.\,   Der..   t.  -VG,  iQiS,   p.  2i3i, 
2802;  t.  i7.  19141  P-  '881. 


624  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

lettes  d'un  jaune  pâle,  translucides,  très  minces,  de  forme  généralement 
rectangulaire  ou  carrée.  Le  bord  de  ces  paillettes  ost  souvent  déchiqueté 
comme  si  elles  avaient  subi  un  commencement  de  dissolution  ou  de  cor- 
rosion. Ces  paillettes  cristallines  atteignent  rarement  plus  de  o""",02 
ào'"'",o3  de  côté.  Elles  restent  obscures  entre  niçois  croisés,  mais  si  on 
les  examine  suivant  leur  tranche  on  constate  qu'elles  sont  biréfringentes. 
Leur  indice  de  réfraction  est  plus  élevé  que  celui  de  l'iodure  de  méthylène. 
Leur  densité,  mesurée  à  l'aide  du  pycnomètre,  est  de  l[°,H  à  17°  C. 

Dans  le  tube  fermé,  le  minéral  donne  de  Teau  et  dexient  rouge  brun  à  chaud;  par 
refroidissement  il  reprend  sa  couleur  primitixe.  Examiné  au  microscope  après  calci- 
nation,  il  ne  semble  avoir  subi  aucune  altération;  tout  au  plus  les  cristaux,  sont-ils 
devenus  d'un  jaune  un  peu  plus  foncé.  Sur  le  charbon,  à  la  llamme  oxydante  du  cha- 
lumeau, il  fond  facilement  en  un  globule  noir,  sans  donner  d'auréole.  A  la  flamme 
réductrice,  on  obtient  des  globules  métalliques  de  plomb,  si  le  minéral  a  été  mélangé 
au  préalable  avec  du  carbonate  de  sodium.  Il  se  dissout  dans  l'acide  azotique;  celte 
solution  donne  avec  la  liqueur  molybdique  un  abondant  précipité  jaune  de  phospho- 
molybdale  d'ammonium.  Il  se  dissout  également  bien  dans  l'acide  chlorhydrique 
ainsi  ([ne  dans  l'acide  sulfurique  avec  lequel  il  forme  du  sulfate  de  plomb  insoluble. 
Ces  solutions  sont  colorées  en  jaune  par  l'uranium. 

La  radioacti\  ilé  de  ce  sel  minéral  est  plus  élexée  que  celle  de  la  kasolite. 

En  réunissant  dans  une  seule  colonne  les  résultats  des  diverses  analyses 
chimiques  et  en  calculant  la  moyenne  des  résultats  obtenus,  on  trouve  que 
le  minéral  a  la  composition  suivante  : 

P^O^ 10,01 

UO» 55, 5o 

J'bO 21,74 

Fe-0^ ) 

xi2C\i 1    ^5*^^  (très  peu  de  Fe"-0^) 

CaO 1,32 

MçO 2,75 

H^O 5,82 

Insoluble o,  4o 

99>6o 

Le  minéral  analysé  avait  été  préalablement  purifié  par  lavage  à  l'eau  dis- 
tillée, et  desséché  jusqu'à  poids  constant  à  100°  C. 

Les  morceaux  de  chalcolite,  dans  lesquels  on  trouve  le  minéral  jaune, 
sont  souvent  mélangés  à  une  gangue  blanche,  pulvérulente,  ressemblant 
à  du  talc  impur.  Lorsqu'on  traite  cette  gangue  par  l'acide  chlorhydrique,  k 
chaud,  la  plus  grande  partie  se  dissout;  le  résidu  insoluble  est  de  3o, 34 
pour  100. 


SÉANCE    DU    27    FÉVRIER    1922.  iriJ 

La  solution  renferme  : 

Iioui-  100 

CoO ^.20 

MH:p 33.25 

MgO II ,  Il 

CaO "on  dosé 

SiO^ 6.3. 

Al-0^  Fe-O»^  CaO,  MgO.Co  et  l'insoluble  trouvés  dans  l'analyse  du  minéral  jaune,' 
ont  évidemment  des  impuretés  provenant  de  la  gangue  et  dont  il  est  pratiquement 
impossible  de  débarrasser  le  minéral;  la  somme  de  ces  impuretés  s'élève  à  6,53 
pour  100;  c'est  la  gangue  sèche  mélangée  au  minéral.  Je  n'en  ai  pas  tenu  compte  dans 
le  calcul  de  la  formule  ;  j'ai  soustrait  les  6,53  pour  100  du  total.  Mais  il  faut  noter  que 
la  gangue  renferme  normalement  10,74  poni"  lo*^  d'eau  et  que,  par  conséquent,  toute 
l'eau  trouvée  à  l'analyse,  soit  0,82  pour  100,  ne  provient  pas  seulement  du  minéral 
jaune.  Aux  6,53  pour  100  de  gangue  sèche  correspond  0,78  pour  100  d'eau  (|u'il  faut 
déduire  des  5,82  pour  100  trouvés. 

Dans  le  Tableau  suivant,  la  colonne  I  représente  la  composition  centési- 
male du  minéral  après  déduction  des  teneurs  en  Al-0%  MgO,  etc.,  ainsi 
que  des  0,78  pour  100  d'eau.  Dans  la  colonne  II,  ces  chiffres  ont  été  rap- 
portés à  100.  La  colonne  III  renferme  les  teneurs  théoriques  calculées 
d'après  la  formule  que  j'attribue  au  nouveau  minéral,  savoir  : 

4  Pb 0 . S UO^ .  3 P^ O ' .  1 2 IP O. 

I.  II.                    III. 

PbO 21,74  23,55  24,08 

UO^ 55, 5o  60,  i3  59,30 

P^O'^ 10,01  10, 8)  11,00 

H-  O 5 .  ù  t  5 ,  46                  5 ,  5o 

Je  propose  de  donner  à  ce  nouveau  minéral  le  nom  de  dewindtite,  en  sou- 
venir du  D*'  Jean  Dewindt,  géologue  belge,  élève  de  l'Université  de  Gand, 
noyé  accidentellement  dans  le  lac  Tanganyika. 


GÉOLOGIE.  —   La  structure  du  Nord-Annam  et  du  Tonkîn, 
Note  de  M.  Ch.4ules  Jacob,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Des  Notes  analytiques,  récemment  parues  ici  même,  ont  résumé  les 
résultats  obtenus,  au  cours  des  trois  dernières  années,  par  mes  collabora- 
teurs, MM.  Dussault  et  Bourret,  et  par  moi.  Si  l'on  y  joint  la  considération 


G2()  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

de  toutes  les  donnt^es  accumulées  au  Service  géologique  depuis  sa  fondation 
en  1898,  voici  à  quelle  description  générale  on  aboutit  pour  la  moitié 
orientale  de  l'Indochine  du  Nord. 

Il  y  a  lieu  de  distinguer  trois  ensembles  superposés,  que  je  qualifie  de 
Substratu/n,  de  Série  inlermcdiaire  et  de  Xappes  charriées, 

I.  Le  SithstratuTn.  —  .l'y  reconnais  deux  parties  :  V A^'ant-pays  et  les  Elé- 
ments autochlones,  ceux-ci  en  fenêtres  sous  la  Série  intermédiaire. 

A.  L'Avant-pays  comprend  la  terminaison  de  l'Indochine  méridionale 
et  centrale  vers  la  Porte  d'Annam  et  au  sud  du  Tran  Ninh,  les  massifs 
côtiers  du  Nord-Annam  et  le  massif  côtier  de  l'est  du  Tonkin.  Cet  avant- 
pays  semble  caractérisé  par  des  terrains  secondaires,  triaso-rhétiens,  détri- 
tiques, transgressifs  sur  des  terrains  cristallins  et  paléozoïques  plissés.  Le 
Rhétien  n'y  a  fourni  jusqu'ici  que  des  végétaux  et  des  charbons  maigres. 

B.  Les  Eléments  autochtones  sont  dépourvus  de  la  couverture  trans- 
gressive  de  l'avant-pays.  Ils  comportent  des  terrains  cristallins,  auxquels  se 
superposent  parfois  des  terrains  primaires  :  telles  sont  les  Séries  primaires 
du  Tran  Ninh,  de  la  moyenne  et  de  la  basse  Rivière  Noire,  du  nord-est  du 
Tonkin;  une  mention  spéciale  doit  être  réservée  à  la  Série  primaire  du 
Thanh  Hoa,  qui  est  ramenée  de  la  profondeur  et  poussée  sur  l'avant-pays. 
Comme  éléments  autochtones,  j'indiquerai  :  les  multiples  massifs  cristallins 
qui  affleurent  dans  la  zone  de  Nam  Sam,  Pou  Huât,  Bon  Ginh,  moyen 
Song  Ma,  etc.  ;  les  gneiss  de  Nam  Dinh;  la  grande  bande  cristalline  du  liaut 
Delta  tonkinois,  du  Song  Chay,  du  Fleuve  Rouge  et  du  Fan  Si  Pan  —  c'est 
celle-ci  (jui  supporte  au  Sud-Ouest  la  Série  primaire  de  la  Rivière  Noire  — ; 
le  massif  cristallin  du  haut  Song  Chay;  les  massifs  primaires  du  nord-est  du 
Tonkin. 

II.  La  Série  intenn''diaire.  —  Elle  est  intermédiaire,  tectoniquement, 
entre  les  éléments  autochtones,  sur  lesquels  elle  semble  avoir  glissé,  et  les 
nappes.  Elle  est  formée  de  terrains  secondaires,  principalement  schisto- 
gréseux.  Il  y  est  identifié  du  Trias  moyen  en  de  nombreux  points,  du  Trias 
supérieur,  du  Rhétien  à  fossiles  marins  et  à  charbon  gras,  du  Lias,  et,  dans 
les  calcaires  dits  du  Terrain  Rouge,  du  Callovien.  Cette  Série  intermédiaire 
est  caractérisée  par  de  très  nombreuses  intercalations  éruplives,  correspon- 
dant à  deux  séries  pétrographiques,  cjualifiées  globalement  de  Rhyolithes  et 
de  Porphyriles.  Les  roches  éruptives,  de  même  que  les  couches  encaissantes, 
sont  très  fréquemment  écrasées.  Comme  grosses  masses  de  Rbyolites,  je 
citerai  celles  de  la  Zone  du  Nani  Sam,  le  Sa  Phin,  le  Tarn  Dao,  celles  de  la 
région  de  Lang  Son  et  de  Cao  Rang.  Les  Porphyrîles,  plus  généralement 


SÉANCE    DU    27    KÎ:VRIER    l(j22.  627 

distribuées  que  les  lUiyoliles,  ne  se  présentent  guère  par  contre,  en  impor- 
tantes intercalations,  que  dans  le  Tlianh  Hoa  et  dans  la  lîivière  Noire. 

III.  Les  Nappes  culminent  au-dessus  de  la  Série  intermédiaire.  Deux 
i;rands  ensembles, deux  grands  lambeaux,  en  sont  conservés:  celui  de  l'Ouest 
duTonkinet  celui  du  Nord-Est.  Le  premier  olfre  une  structure  assez  simple; 
correspondant  à  Tentablement  de  la  longue  bande  des  plateaux  <[ui  s'i-tcnd 
de  Lai  Chau  à  la  mer,  il  est  formé  de  calcaires  avec  scbistes  subordonnés; 
le  Trias  y  est  identifié  dans  le  Sud;  TOuralo-permien  dans  le  Nord.  Le 
pa([uet  du  Nord-Est  est  plus  complexe  et  semble  comporter  au  nioins  deux 
nappes  superposées,  formées  de  terrains  paléozoï([ues,  aux([uels  s'ajoutent, 
dans  la  nappe  supérieure,  des  granités  et  des  schistes  ciistallins  écrasés. 

L'origine  des  Nappes  est  loin  d'être  reconnue  à  l'heure  actuelle.  Si,  dans 
le  pa([uet  du  Nord-Est,  la  base,  la  Nappe  du  Nui  Rao  de  M.  Dussault, 
rejoint,  par  l'isthme  de  Bao  Ngay,  la  région  de  Pa  Kha  et  du  Nam  Ti  en 
arrière  du  haut  Song  Chay,  })our  peut-être  s'y  enraciner,  en  revanche  la 
Nappe  supérieure  du  Nord-Est  et  le  vaste  lambeau  de  l'Ouest  se  prolongent 
tous  deux  vers  les  plateaux  calcaires  yunnanais.  L'étude  de  M.  Fromaget 
sur  le  bassin  d'A  Mi  Tchéou  ouvre  des  horizons  nouveaux  dans  cette  direc- 
tion, (^uant  à  la  prolongation  latérale  des  nappes,  leur  domaine  n'est 
actuellement  limité  ni  vei's  le  Kouang  Si,  ni  vers  le  Laos;  et  cette  incerti- 
tude, notamment  du  côté  du  Laos,  porte  à  attendre  de  nouvelles  observa- 
tions avant  de  conclure. 

Dans  le  résumé  ([ui  vient  d'être  donné,  il  a  été  fait  abstraction  des  dépôts 
miopliocènes  d'eau  douce;  ceux-ci  sont  postérieurs  aux  charriages;  ils 
jalonnent  de  longs  synclinaux  Nord-Ouest,  suivant  une  direction  ([ui 
donne  au  Tonkin  et  au  Nord-Annam  la  physionomie,  topographi([uement 
très  apparente,  reconnue  dès  les  premières  observations;  ce  système  de 
plis  récents  n'est,  en  ([uehjue  sorle,  (|ue  surajouté  à  la  slruclure  géologi({ue 
fondameulule,  telle  ([u'clle  vient  d'être  es([uissée  dans  cette  Note. 

GÉOLOGIE.  —  Obsejvations  stratigraphiques  et  tectoniques  à  la  fron- 
tière nord-est  du  Maroc.  Note  (  '  )  de  M.  J.  Savormx,  transmise  par 
M.  Depéret. 

La  région  frontière  algéro-marocaine,  le  long  de  Voucd  Kiss^  est 
demeurée,  au  point  de  vue  géologique,  l'une  des  moins  étudiées  de 
l'Afrique  du  Nord. 


(*)  Séance  du  20  février  1922. 


628  ACADÉMIE    !;):h    SCIENCES. 

C'est  à  Pouyaimc  ('),  puis  à  Pomel  (-),  enfin  à  Gentil  (^)  que  Ton  doit 
ce  qui  en  est  actuellement  connu.  [  Voir  les  caries  géologiques  au  800000*" 
de  l'Algérie  (trois  éditions)  et,  pour  la  zone  marocaine,  dans  la  carte  au 
3ooooo''  des  Béni  Snassen  (^).] 

D'après  ces  documents,  des  roches  éruptives  variées,  des  terrains  sédi 
mentaires  rattachés  au  Sahélien,  ou  à  rHelvétien-Tortonien,  formeraient 
(avec  le  Quaternaire)  tout  le  pays  avoisinant  le  Kiss,  La  structure  de  ce 
pays  m'est  apparue  fort  diOérente  de  ce  schéma.  J'y  ai  fait  les  principales 
observations  ci-après  : 

1°  Berge  du  Kiss  à  Marlimprey .  —  l^a  carte  au  'jooooo'*  indique  ici  du 
«  Miocène  moyen»  supportant  un  minuscule  lambeau  de  «  conglomérats  post- 
helvétiens  ».  Une  s'agit  ni  de  l'une  ni  de  l'autte  de  ces  formations. 

Des  tufs  éruptifs,  projetés  par  les  volcans  andésitiques  des  Menasseb 
Kiss  (Algérie),  forment  toule  la  berge  sous  redoute  de  Martimprey 
(  Maroc),  entre  Ras  el  Ma  et  le  coude  du  fleuve.  Une  corniche  calcaire  s'y 
superpose  directement,  formant  le  rebord  du  plateau  qui  porte  le  village. 
C'est  un  ircwertin  à  empreintes  végétales  parmi  lesquelles  j'ai  reconnu  une 
feuille  de  Ceratonia  siliqua  (nervation  etlimbe  typiques).  Le  Caroubier  est 
d'ailleurs  encore  vivant  dans  la  région.  On  est  ici  en  présence  d'un  dépôt 
d'eau  chaude  incrustante,  représentant  le  phénomène  paléothermal  qui  a 
succédé  au  volcanique. 

Par  comparaison  avec  ce  que  j'ai  vu  sur  les  plateaux  de  Fès  et  Meknès, 
où  s'observent  les  mêmes  phénomènes,  j'attribue  au  Pliocène  supérieur  ce 
calcaire  de  Martimprey,  Il  passe  progressivement,  vers  le  Nord-Ouest, 
d'abord  avec  quelques  intercalations  de  conglomérats,  aux  calcaires 
lacustres  du  Sahel  des  Oulad  el  Hadj-Oulad  Mansour.  Ceux-ci  compre- 
nant deux  assises  principales  que  séparent  quelques  mètres  d'argile  rouge 
(en  partie  produites  par  décalcification)  rappellent  les  formations  pliocènes 
du  plateau  sétifien  en  Algérie  ('').  Ils  renferment  les  mêmes  Planorhis^ 
Melanopsis,  Hélix  que  le  calcaire  lacustre  de  Fès. 

(')  .1.  PouYANMi),  Notice  géologique  sur  la  subdivision  de  Tlemcen  (Ann.  Mines, 
juillet-août  1877). 

(-)  A.  Pomel,  Description  stratlgraphlqae  générale  de  l'Algérie,  suivie  d'une 
étude  succincte  des  roches  éruptives  par  J.  Curie  el  G.  Flamand  (Alger,  1889;  in-8°). 

(*)  L.  Gentil,  Esquisse  géologique  du  massif  des  Benl Snassen  (avec  carte  en  noir 
à  l'échelle  de  Ydo-^^)  {Bull.  Soc.  géol.  Fr.,  4''  série,  t.  8,  p.  Sgi). 

(*)  Cf.  Géologie  du  Hodua  et  du  Plateau  sétifien  {Bull.  Serv.  géol.  Alg.,  1920, 
p.  878  à  876  et  p.  428). 


SÉANCE  DU  27  FÉVRIER  I922.  629 

La  similitude  avec  ce  dernier  est  accentuée  par  le  rôle  hydrologique  :  les 
sources  vauclusiennes  du  nord  des  Trifa  et  de  la  rive  droite  de  la  Moulouya 
(Kas  el  Ma,  Ras  el  Merdja,  Aïn  Beïda,  Ain  Zerga,  Ain  Zebda;  puis  Ain 
Kerma,  Aïn  Salali,  Aïn  Tiffert)  rappellent  exactement  les  belles  sources 
du  Sais,  entre  P'ès  et  Meknès  (Ras  el  Ma,  Aïoum  Blouze,  etc.)  que  j'ai 
étudiées  l'an  dernier  ('). 

Si  l'on  se  dirige  au  sud  de  Martimprey  on  assiste,  inversement,  au  pas-  . 
sage   latéral  du  calcaire  aux  conglomérats  littoraux  du  lac  pliocène  des 
'J'rifa,  que  L.  Gentil  a  reconnus,  par  places,  comme  post-helvétiens. 

2"  Gorges  du  Kiss.  —  On  n'a  jamais  signalé  l'important  affleurement  lia- 
sique  supportant  le  poste  algérien  à'Adjerond  et  le  camp  marocain  (aban- 
donné) de  Saïdia.  Entre  ces  deux  points,  le  Kiss  a  creusé  une  profonde 
gorge.  Les  cartes  ne  figurent  ici  que  du  Miocène  moyen. 

.On  reconnaîl  aisément  les  couches  rouges  de  la  base  du  Lias  moyen  trans- 
gressif  (comme  aux  Béni  Snassen  et  à  Oudjda)  (-).  Elles  sont  au  cœur  d'un 
premier  anticUnal,  sur  la  rive  algérienne,  s'ennoyant  sur  la  rive  opposée. 
Un  autre  pli  convexe  apparaît  en  aval  :  une  grotte  en  haute  ogive  (=*) 
permet  d'entrer  dans  sa  voûte,  sur  la  rive  marocaine.  Ici  la  base  du  Lias 
moyen  serait  à  1 5'"  ou  20™  sous  ledit  actuel  du  fleuve. 

Au  sud  et  au  nord  de  ce  double  pli  liasique,  aux  flancs  ravinés,  se  voit  la 
superposition  directe  du  Sahélien  horizontal. 

3°  Po/V-vS«v  (Algérie).  —  C'est  encore  le  Lias  moyen^  fragmenté  par  des 
failles,  qui  forme  le  petit  cap  de  Koudiat  el  Kelaà,  que  l'on  a  utilisé  pour 
la  création  d'un  petit  port  artificiel  déjà  ensablé.  Le  Sahélien,  avec  marnes 
blanches  caractéristiques,  bancs  à  Lithothamninm,  etc.,  remplit  les  anfrac- 
tuosités  du  Lias. 

Ce  dernier  pointe  encore  à  travers  le  Miocène  supérieur  au  bord  de  la 
plage  quaternaire  :  Ghabet  el  Mrorfa  et  sous  le  point  87.  Ges  jalons 
démontrent  la  continuité  du  Lias  entre  Koudiat  el  Kelaâ  et  Adjeroud. 

4°  Trias  des  Béni  Snassen.  —  Entre  Aïn  Sfa  et  Sefrou,  au  sud-est  des 
Béni   Snassen,   j'ai    vu   le    Trias    argilo.-gypseux   autrefois    signalé     par 


(')  Rapports  fournis  aux  Services  des  Travaux  publics  de  Rabat  et  des  Renseigne- 
ments de  Fès  (juin  192  i). 

(-)  Cf.  L.  Gentil,  loc.  cit. 

(^)  Le  travail  des  eaux  souterraines  a  préparé  la  percée  de  la  gorge  par  le  Kiss,  qui, 
auparavant,  n'était  qu'un  ultime  affluent  de  la  Moulouya  parla  «  vallée-morte  ».  pas- 
sant devant  tiassi  Smia. 


63o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

A.  Brivcs  (').  Il  passe  latéralement  aux  diabases  dont  L.  Gentil  a  défini  le 
rôle  sans  en  préciser  Page  (-).  L'association  de  diabases  ophitiques  avec  le 
Trias  se  voit  ici  en  son  état  orig-inel  :  la  roche  éruptives'interstratifiantdans 
le  dépôt  lacunaire.  Le  tout  est  exactement  à  sa  place  comme  substratum 
du  Lias,  transgressif  mais  subconcordant. 

5°  Remarques  tectoniques.  —  L'examen  des  divers  affleurements  ci-dessus 
mentionnés  écarte  toute  idée  de  phénomènes  de  plissement s'accompagnant 
de  refoulements  horizontaux.  Les  plis  sont  fort  réguliers.  Un  paisible  et 
large  synclinal,  sous  la  plaine  des  Trifa,  sépare  les  anticlinaux  basiques  du 
Kiss  et  des  Béni  Snassen.  Son  remplissage  jurassique  se  voit  à  l'ouest  de  la 
plaine,  où  l'érosion   l'a  respecté. 

Une  structure  aussi  schématiquement  simple,  alors  que  le  substratum 
paléozoïque  de  tous  les  terrains  apparaît  lui-même  très  exactement  à  sa 
place  normale  au  co^ur  des  plis  des  Béni  Snassen,  ne  permet  pas  de  songer 
à  la  possibilité  àe phénomènes  de  charriage  en  cette  région  frontière. 


OCÉANOGRAPHIE.  —  Sur  les  lignes  neutres  de  sédiments  sous-marins  côtiers. 

Note  (')  de  M.  J.  Thoulet. 

Sur  les  cinq  feuilles  lithologiques  dressées  par  moi  de  la  carte  du  golfe 
du  Lion,  depuis  l'embouchure  du  Petit-Rhône  jusqu'au  cap  de  Creus,  j'ai 
pu  apporter  des  faits  nouveaux  concernant  les  lois  de  Lavoisier,  d'Aimé  et 
celles  que  j'ai  formulée,  relatives  à  la  distribution  des  sédiments  sur  le  fond  et 
à  la  ligne  désignée  sous  les  noms  de  ligne  de  moindre  classement,  ligne  neutre 
ou  ligne  critique.  On  sait  que  cette  ligne  neutre  longe  les  plages  à  une  dis- 
tance variable  mais  peu  éloignée  du  rivage  et,  en  partant  de  celle-ci,  les 
sédiments  sont  classés  d'un  côté  vers  la  terre,  dont  ils  suivent  sensiblement 
les  contours,  et  de  l'autre  côté  vers  la  haute  mer. 

On  d(''signera  sous  le  nom  à'' agitation  de  la  mer  la  somme  moyenne  de 
mouvement  des  flots  en  un  lieu  donn*'  due  à  la  fois  aux  vagues,  aux  marées 
et  aux  courants.  Le  coeflicient  de  minéraux  lourds  dans  un  échantillon  sera 
le  pourcentage  de   minéraux   microscopiques   lourds  (densité   supérieure 

(*)  Les  Beat  Snassen  {Maroc)  {Bail.  Soc.  Géogr.  Afrique  du  IVord,  i'"' trimestre 
1908). 
(^)  Loc.  cit. 
(^)  Séance  du  ^o  février  1922. 


SÉANCE  DU   27    FÉVRIER    1922.  63 1 

à  2,8,  tels  que  ampliibole,  pyroxène,  zircon,  péridot,  touniialiae,  etc.), 
contenu  dans  la  portion  dite  sable  très  fin  (ayant  franchi  le  tamis  100  et  été 
arrêtée  par  le  tamis  200;  diamètre  moyen  —  o"'"',i3).  Une  partie  de  mes 
conclusions  s'appuie  sur  ces  deux  variables. 

A  la  suite  de  l'evamen  attentif  des  résultats  des  analyses  détaillées  méca- 
niques et  microscopiques  de  462  échantillons  de  sédiments  marins  récol- 
tés par  moi  entre  l'embouchure  du  Petit-Rhône  et  le  cap  de  Creus,  j'ai 
reconnu  les  faits  suivants  : 

1.  La  mer,  par  son  agitation,  est  un  instrument  de  triage  des  éléments 
minéraux  meubles  qu'elle  contient,  agissant  avec  autant  de  puissance  que 
de  délicatesse  et  de  précision. 

2.  La  permanence  est  complète  en  une  même  localité  d'un  même  genre 
de  fond.  Ce  fait  est  à  rapprocher  d'une  observation  faite  dans  l'Iroise  sur 
des  fonds  décrits  et  représentés  par  de  Roujoux  plus  de  3o  ans  auparavant; 
elle  justifie  l'intérêt  durable  que  présentent  les  caites  bathylithologiques. 

3.  En  se  servant,  pour  la  confection  d'une  carte  bathylithologique.  d'une 
classification  des  sédiments  basée  comme  celle  que  j'ai  établie  et  que 
j'emploie  sur  les  dimensions  et  les  proportions  des  éléments  composants  des 
fonds,  on  obtient  en  même  temps  une  carte  lilhologique  et  une  carte  de  la 
répartition  des  divers  degrés  d'agitation  des  flots,  devenus  mesurables  et 
comparables  en  des  localités  différentes.  \\  existe  donc  une  agitation  carac- 
téristique de  sable,  une  agitation  de  sable  vaseux,  de  vase  très  sableuse,  de 
vase  sableuse,  etc.;  la  seule  variable  est  la  profondeur  de  l'eau  correspon- 
dant à  telle  ou  telle  agitation  spéciale  et  l'on  peut  en  déduire  de  nom- 
breuses conséquences  se  rapportant  aussi  bien  aux  sciences  pures  qu'aux 
sciences  appliquées. 

4.  H  n'y  a  pas  qu'une  seule  ligne  neutre  mais  bien  un  grand  nombre  qui, 
juxtaposées  les  unes  aux  autres,  se  succédant  en  ordre  constant  et  par  degrés 
insensibles  selon  la  loi  de  Lavoisier.  La  ligne  neutre  des  vases  dont  la 
composition,  obtenue  par  une  rapide  analyse  mécanique,  est  d'au  moins 
90  pour  100  de  vase  proprement  dite,  parait  être  le  mieux  appropriée  à 
servir  de  repère  dans  l'étude  des  dépôts  de  plages. 

5.  Plus  les  diverses  lignes  neutres  sont  situées  profondément  et  plus  est 
violente  l'agitation  des  flots;  plus  elles  sont  espacées  entre  elles  et  plus  le 
sol  sous-marin  est  en  pente  douce  et  peu  accidenté;  plus  elles  sont  serrées 
les  unes  contre  les  autres,  plus  au  contraire  le  terrain  est  en  pente  abrupte. 

6.  Les  lignes  neutres  varient  de  position  avec  la  hauteur  des  vagues;  elles 
ne  restent  donc  pas  toujours  rigoureusement  à  la  même  distance  du  rivage. 


632  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Elles  oscillent  et  se  rapprochent  de  la  terre  quand  la  mer  est  calme  et  s'en 
éloignent  quand  elle  est  agitée.  Ces  oscillations  n'ont  d'ailleurs  qu'une 
faible  amplitude.  On  admettra  donc  pratiquement  une  situation  moyenne. 
Cette  ligne  est  d'autant  moins  variable  qu'elle  est  plus  loin  de  terre  et  par 
conséquent  plus  profonde,  motif  qui  doitcontril)uer  encore  à  faire  préférer, 
pour  les  sédiments  côtiers,  la  ligne  des  vases  comme  repère. 

7.  Les  grains  sableux  marins  d'une  espèce  déterminée  présentent  un 
double  mode  de  distribution  longitudinale  et  transversale.  Longitudinale- 
ment,  ils  sont  distribués  parallèlement  à  la  côte,  leur  composition  se 
simplifie  et  leur  quantité  diminue  dans  la  direction  de  l'aval  à  partir  de 
l'embouchure  de  chaque  fleuve  apportant  à  la  mer  ses  eaux  et  ses  sédiments 
spéciaux.  Transversalement,  les  sédiments  appartenant  à  une  ligne  neutre 
déterminée  augmentent  d'abondance  symétriquement  de  chaque  côté  de  la 
ligne  neutre  aussi  bien  vers  la  côte  que  vers  le  large.  C'est  sur  la  ligne  neutre 
que  se  rencontre  le  minimum  quantitatif  du  grain  spécial  considéré. 


CHIMIE  BIOLOGIQUE.  —  Sur  unc  méthode  indicatrice  permettant  d'évaluer  la 
vitalité  des  semences  par  voie  biochimique.  Note  de  MM.  Antonix  Nkmec 
et  Frantisek  Duchox,  présentée  par  M.  L.  Maquenne. 

Dans  une  Communication  précédente  ('),  nous  avons  démontré  que 
l'activité  de  la  catalase  peut  représenter  un  moyen  convenable  pour  évaluer 
rapidement  et  facilement,  en  quelques  minutes,  la  vitalité  des  graines.  Le 
contrôle  des  semences  dans  la  pratique  agricole  a  pour  but  de  déterminer 
l'identité  d'espèce,  leur  variété  et  origine,  leur  purelé  (proportion  des 
graines  étrangères  et  des  matières  inertes)  et  leur  faculté  et  énergie  germi- 
native.  La  détermination  de  la  faculté  vitale  des  graines,  qui  est  le  facteur 
le  plus  important  dans  l'analyse  des  semences,  fut  jusqu'ici  pratiquée  seule- 
ment par  des  essais  de  germination,  qui  sont  souvent  de  longue  durée,  ne 
permettant  d'obtenir  le  résultat  ({u'aubout  de  plusieurs  jours.  Mais  parfois, 
il  s'agit  de  s'orienter  rapidement  sur  la  faculté  germinative  des  semences, 
en  vue  de  distinguer  les  graines  de  haute  vitalité  de  celles  d'une  énergie 
vitale  affaiblie.  Dans  ce  cas,  on  peut  se  servir  de  la  voie  biochimique,  basée 
sur  la  détermination  de  l'activité  de  la  catalase  des  graines. 

Pour  recherclier  l'activité  de  la  catalase  dans  les  graines,  nous  avons 

(^)  Comptes  rendus^  t.  173,  1921,  p.  goS. 


SÉANCE    DU    27    FÉVRIER    1922.  633 

déterminé  le  volume  d'oxygène  dégagé  de  l'eau  oxygénée  et  nous  nous 
sommes  arrêtés  à  la  méthode  suivante  : 

On  mélange  2^'  de  graines  finement  moulues  avoc  20""'  d'eau  distillée 
dans  une  fiole  munie  d'un  bouchon  de  caoutchouc,  percé  de  deux  trous, 
dontTun  est  traversé  par  uu  entonnoir  avec  robinet;  par  l'autre  passe  un 
tube  à  dégagement  deux  fois  recourbé,  plongeant  dans  une  cuve  à  eau  et 
débouchant  sous  une  cloche  à  gaz,  divisée  en  dixièmes  de  centimètre  cube. 
Par  l'entonnoir,  on  introduit  i5'^'"'  d'eau  oxygénée  à  3  pour  100,  neutralisée 
préalablement,  et  l'on  mesure  le  volume  d'oxygène  dégagé  au  bout  de  5  et 
de  i5  minutes. 

Dans  l'expérience  témoin,  nous  avons  opéré  de  même  sur  des  farines 
mises  en  contact  avec  20*"™'  d'eau  distillée,  portées  préalablement  pendant 
20  minutes  dans  un  bain-marie  à  l'ébuUition  et  refroidies. 

Des  nombreuses  séries  d'expériences  que  nous  avons  exécutées  sur  des 
graines  d'espèces  et  origines  diverses,  nous  citons  ici  les  résultats  obtenus 
avec  l'avoine  et  les  pois,  qui  sont  réunis  dans  les  Tableaux  suivants  : 

Expériences  avec  avoine. 

Ôxygi'iK-  dégagé  de  H-O- 
Facullr 
Vnnéc  gerniinalivc 

tic  la  rrcollc.  pour  100. 

1891 o 

1900.. 9 

1904 I- 

1909 32 

1910 44 

1910 57 

1911 66 

1912 70 

1915 8.5 

1917 91 

1919 97 

1920 100 


à  3  pour  100 

au  buul  de 

Ivvpi'iieiuc 

^ 

i^ 

témoin 

Catalase 

.1  minutes. 

15  iiiinules. 

.5  minutcïf. 

0  miiuiles, 

4,1 

cm3 

6,1 

cm' 
3,9 

0,2 

12,0 

18,6 

3,9 

8,1 

•214 

27.8 

3.7 

17-7 

•29,6 

47,2 

3,6 

26,0 

36,1 

43,0 

3-7 

32.4 

44.0 

5i  ,0 

3 .  ■> 

4o,8 

57.1 

58.6 

3.4 

53.7 

69.7 

76.4 

3,3 

66,4 

77\  » 

II 

3,0 

74,1 

77,8 

II 

3.0 

74,8 

78.2 

II 

3,0 

7.5 . 2 

78,6 

•1 

•2,8 

75.8 

C.  B.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  9.)  4? 


634  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Expériences  avec  pois. 

Oxygène  dégagé  de  H*()- 

Faculté                à  3  pour  100  au  bout  de  Expérience 

Année                 gerniinative i           ^ ~  témoin                Calalase 

de  la  récolte.             pour  100.             5  minutes.       15  minutes.  5  minutes.          5  minutes. 

cm^                           cm'  l'ui"                              cm' 

1891 o  6,4  8.0  3,0.  3.'^, 

1906 6  II, o  i3,8  3,o  7,'>. 

1911 27  3t,8  36, o  j,8  9.9,8 

1915.. [^o  43,1  44,9  ^9  40,2 

1916 5i  52,0  59,6  2,7  49,3 

1916 7.5  72,9  89,0  2,4  70^5 

1917 84  88,3  //  2,2  86,1 

1918 90  90,'  "  ii9  88,2 

1919 96  9'2,o  "  1)6  90,4 

1920 98  93,4  .  1,6  91,8 

<  )n  voit  par  ces  données  que  l'activité  de  la  catalase  est  étroitement  liée 
avec  l'énergie  vitale  de  la  graine.  Le  volume  d'oxygène,  dégagé  par  la  cata- 
lase et  mesuré  sous  des  conditions  comparables  de  température,  de  concen- 
tration de  l'eau  oxygénée  et  sur  une  quantité  constante  de  farine,  décroît 
régulièrement  avec  l'affaiblissement  de  la  faculté  germinative  de  la  graine. 
Les  résultats,  traduits  graphiquement,  donnent  une  courbe  régulière,  de 
manière  qu'il  est  possible  de  déduire  du  volume  d'oxygène  dégagé  la  faculté 
germinative  de  la  graine.  On  peut  donc  ainsi  distinguer  nettement  des 
graines  d'une  haute  valeur  agricole  de  celles  d'une  faculté  germinative 
inférieure  ou  nulle.  Pour  la  pratique  il  est  recommandable  de  se  servir  de 
la  méthode,  comparative,  en  opérant  sur  une  quantité  convenable  de 
graines  (pour  les  céréaler  2»,  pour  les  graines  oléagineuses,  riches  en  cata- 
lase, is)  d'une  faculté  germinative  bien  connue  et  en  comparant  dans  le 
graphique,  établi  pour  certaines  conditions  d'expérience,  les  résultats 
obtenus  avec  l'activité  catalasique  de  la  farine  des  graines  examinées. 


CHIMIE  AGRICOLE.  —  Dispanùoii  progressive  de  l'acide  sulfureux  libre  dans 
un  jus  de  pommes  conservé.  Note  de  MM.  AVarcollïer  et  Le  Moal,  pi-é- 
senlée  par  M.  L.  Lindet. 

Pour  satisfaire  certains  consommateurs  de  cidre  «  doux  »,  on  édulcore 
des  cidres  fermentes  avec  des  jus  de  pommes  que  l'on  a  conservés  par 
addition  d'acide  sulfureux. 


SÉANCE   DU   27    FÉVRIER    1922.  635 

Ces  jus,  avant  d'être  sulfites,  doivent  être  l'objet  d'une  clariiicatioii  spon- 
tanée, [)rovoquée  par  la  coagulation  des  matières  pecliqucs  ;  puis  ils  sont 
soumis  à  une  sulfilalion  qui  atteint  au  moins  loo*^  par  liectolilre  et  (|ui 
permet  de  les  mélanger  avec  des  cidres  o  secs  »  sans  provoquer  de  trouble. 
On  peut  les  obtenir  également  par  le  pressurage  et  le  cuvage  d'une  pulpe, 
préalablement  sulfltée  à  20^  par  hectolitre  de  jus  ;  ainsi  appauvris  de  leurs 
matières  pectiqucs,  ces  jus  sont  ensuite  sulfites  à  haute  dose,  sans  que  l'on 
soit  obligé  de  les  déféquer.  Pour  que  les  jus  ainsi  traités  ne  fermentent  pas 
il  est  bon  de  les  soutirer  à  l'abri  de  l'air  quelques  mois  après  leur  prépara- 
tioji  et  avant  les  chaleurs  de  l'été. 

L'expérience  montre  que  les  jus  ainsi  sulfites  perdent,  au  couis  de  leur 
conservation,  une  partie  plus  ou  moins  importante  de  leur  acide  sulfureux 
libre,  qui  passe  à  l'état  d'acide  sulfureux  combiné,  au  détriment  de  ses  pro- 
priétés antiseptiques  primitives. 

Eu  présence  d'insuccès  obtenus  dans  les  cidreries,  où  des  jus  sulfites  à 
i^  par  litre  avaient  spontanément  fermenté.,  nous  avons  été  amenés  à 
rechercher  pourquoi,  dans  ces  cas  particuliers,  l'acide  sulfureux  passait 
presque  en  totalité  à  l'état  combiné. 

Notre  attention  a  été  immédiatement  attirée  vers  les  jus  provenant  de 
pommes  pourries,  et  c'est  l'étude  de  la  sulfitation  des  jus  de  pommes 
pourries  qui  fait  l'objet  principal  de  cette  Communication. 

Nous  avons  d'abord  recherché  quels  étaient  les  constituants  du  jus  de 
pommes  normal  susceptibles  de  se  combiner  à  l'acide  sulfureux,  et  nous 
avons  constaté  que  les  sucres  du  jus  (glucose,  20^;  lévulose,  80^;  saccha- 
rose, 2oSpar  litre),  les  tannoïdes,  3^  à  /jspar  litre,  ne  pouvaient,  en  se  com- 
binant à  SU-,  fournir  que  des  quantités  relativement  faibles  de  SO-  com- 
biné (environ  100'"^  de  SO^  combiné  pour  100^  de  sucres  ).  Nous  avons 
constaté  de  plus  que  les  matières  pecti(|ues,  l'acide  maliquc  du  jus  ne  se 
combinaient  pas  à  SO". 

En  parlant  de  jus  de  pommes  pourries,  nous  avons  constaté  au  contraire 
que,  lorsque  ce  jus  est  sulfite  à  la  dose  de  i»  par  litre,  le  SO^  qu'il  renferme 
passe  très  rapidement  à  l'état  combiné;  la  proportion  de  SO-  combiné  peut 
atteindre  90  kcp  pour  100  au  bout  de  quelques  jours. 

A  l'analyse,  les  moûts  de  pommes  pourries  semblent  avoir  une  composi- 
tion chimique  voisine  de  celle  des  jus  de  pommes  saines.  Toutefois,  ils  s'en 
distinguent  par  les  caractères  suivants  :  ils  ne  renferment  plus  de  saccha- 
rose, celui-ci  ayant  été  inverti;  leur  acidité  fixe  a  beaucoup  augmenté;  ils 
sont  plus  riches  en  matières  pectiques  et  mucilages.  Les  moûts  que  nous 


636  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

iivons  étudiés  ne  renferment  pas,  contrairement  aux  observations  de 
Muller-Thurgaii  et  d'Osterwalder,  d^ildéhyde  éthylique  en  quantité  sen- 
sible; ils  ne  contiennent  pas  non  plus  d'acétone. 

Dans  ces  conditions,  comment  expliquer  la  formation  rapide  de  SO- 
combiné  en  grandes  quantités  dans  les  pommes  pourries? 

Les  diastases  oxydantes  sécrétées  par  les  moisissures  aérobies  des  fruits 
pourris  déterminent  l'oxydation  d'éléments  qui  sont  susceptibles  de  prendre 
des  fonctions  aldéhydiques  ou  cétoniques;  or  on  sait  que  ces  corps  ont  la 
propriété  de  fournir  avec  SO'des  combinaisons  stables.  Il  est  donc  probable 
que  ces  corps  doivent  exister  en  proportions  assez  grandes  dans  les  moûts 
de  pommes  pourries. 

Afin  de  vérifier  cette  hypothèse,  nous  avons  été  amenés  à  étudier  l'action 
de  quelques  oxydants  sur  les  principaux  constituants  du  jus  de  pommes 
normal  et  à  mesurer  en  môme  temps  le  pouvoir  de  combinaison  des  corps 
obtenus  avec  S0-. 

Après  avoir  essayé  un  certain  nombre  de  réactifs  qui  nous  ont  paru  trop 
énergiques,  nous  avons  utilisé  un  oxydant  agissant  d'une  façon  plus 
ménagée,  analogue  en  quelque  sorte  à  celle  des  diastases  oxydantes  du  jus 
de  pommes  pourries. 

Cet  ovydant  est  constitué  par  un  mélange  de  sulfate  ferreux  et  d'eau 
oxygénée;  il  contient,  pour  loo'™',  5^  de  sulfate  de  fer  ammoniacal  et  i*^™ 
d'acide  sulfurique. 

Nous  utilisons  ce  réactif  à  la  dose  de  i""'  à  2""' pour  100""' de  solution  des 
corps  et  ajoutons  une  quantité  variable  d'eau  oxygénée  :  i"'"',  2""',  5*"'"', 
10""',  20'^'"'.  Nous  abandonnons  pendant  24  ou  48  heures  et  faisons  ensuite 
agir  l'acide  sulfureux. 

Action  sur  Tacide  malique  et  le  tanin  :  pas  de  SO"  combiné. 

Action  sur  les  matières  pectiques  :  SO*  se  combine  à  raison  de  5o  pour  100  ; 
en  même  temps  l'acidité  du  milieu  augmente  de  1 00  pour  100. 

Action  sur  les  sucres  :  les  sucres  fixent  des  doses  extrêmement  élevées 
de  SO-  (2S,  3s,  4*^  de  SO^  pour  des  solutions  de  sucres  à  loo^  par  litre). 

Ces  solutions  ne  renferment  ni  aldéhyde  éthylique,  ni  formol,  ni  acétone, 
ni  furfurol  ou  n'en  renferment  que  des  traces.  Il  se  produit  une  légère  des- 
truction des  sucres.  Il  y  a  augmentation  de  l'acidité  totale  du  milieu;  il  y  a 
présence  d'acides-alcools,  acide  gluconique  et  autres  qui  n'ont  pas  été  déter- 
minés. 

Des  jus  de  pommes  normaux  ont  été  soumis  à  leur  tour  à  l'action  du 
mélange  oxydant  (sulfate  ferreux  et  eau  oxygénée);  on  a   constaté   une 


SÉANCE   DU    27    FÉVRIER    1922.  637 

augmentation  d'acidité  du  milieu  et  la  proportion  de  SO-  coml)iné  a 
atteint  90  pour  100. 

En  résumé,  sous  l'action  du  mélange  oxydant,  comme  dans  les  jus  de 
pommes  pourries,  sous  l'aclion  des  diastases  oxydantes  des  moisissures, 
il  se  forme  aux  dépens  des  sucres  et  des  matières  pecliques  des  jus,  de  nou- 
veaux corps,  fort  probablement  de  nature  aldéhydique.ou  cétonique,  aptes 
à  fixer  de  grandes  quantités  d'acide  sulfureux. 

Ces  corps  que  nous  n'avons  pas  encore  caractérisés  pourraient  être  aussi 
constitués  aux  dépens  de  la  glycérine;  car  une  solution  de  glycérine 
soumise  à  l'action  du  mélange  oxydant  se  combine  aussi  à  Tacide  sulfu- 
reux (93  pour  )oo  de  SO"  combiné).  Les  moûts  de  pommes  normaux 
oxydés  acquièrent  des  propriétés  nouvelles  qui  leur  donnent  les  caractères 
des  moûts  de  pommes  pourries;  comme  ces  derniers,  ils  possèdent  une 
grande  capacité  d'absorption  pour  l'acide  sulfureux,  et  leur  acidité  fixe 


augmente. 


La  conclusion  pratique  que  l'on  doit  tirer  de  ce  travail  est  que,  quand  on 
voudra  sulfiter  des  jus  de  pommes  en  cidrerie  pour  les  conserver  à  l'état 
doux  pendant  une  longue  période  (un  an  par  exemple),  il  conviendra  de 
n'utiliser  que  des  jus  sains,  c'est-à-dire  provenant  de  fruits  de  bonne  qualité, 
bien  conservés  et  exempts  de  moisissures. 


BIOLOGIE.  —  Contribution  à  l'étude  de  la  régression  d'un  or":ane  :  les  muscles 
vibraleurs  du  vol  <^'Apterina  pedestris  Meig.  pendant  la  nymphose.  Note 
de  i\L  L.  Mercier,  présentée  par  M.  E.-L.  Bouvier. 

J'ai  montré  (')  que  chez  l'imago  à\\plerina  pedestris  Meig.,  Borboride  à 
ailes  rudimeataires,  les  muscles  vibrateurs  du  vol  n'existent  pas.  Or,  on 
doit  admettre  que  les  ancêtres  à\A.  pedestris  possédaient  la  faculté  du  vol, 
et  que  la  disparition  des  muscles  vibrateurs  n'a  été  réalisée  que  secondaire- 
ment. Aussi,  il  était  intéressant,  non  seulement  pour  ce  cas  particulier, 
mais  encore  à  un  point  de  vue  philosophique  de  portée  plus  générale,  de 
tenter  de  mettre  en  évidence  le  déterminisme  de  l'atrophie  de  ces  muscles. 


(')  L.  MuKCiER,  Aplerina  pedestris  il/e/^.  Les  musclesdn  vol  chez  certains  Diptères 
à  ailes  rudimentaires  ou  nulles  {Comptes  rendus,  t.  172,  19^-1,  p.  7i*j). 


638  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Les  observations  de  Janet  (  '  )  sur  l'anatomie  des  Fourmis  nous  ont  appris 
que.  chez  l'ouvrière,  les  muscles  vibrateurs  existent  à  l'état  rudimentaire 
pendant  la  période  larvaire,  mais  qu'ils  disparaissent  chez  l'imago.  Il  était 
donc  indiqué  de  vérilier  s'il  en  est  de  même  chez  A.  pcdestris  el  de  rechercher 
ces  muscles  pendant  la  nymphose. 

Non  formation  des  muscles  vibraleurs  du  vol.  —  On  sait,  grâce  aux  belles 
reclierches  de  Van  Rees  et  de  Ferez,  que  ce  sont  trois  paires  de  muscles 
thoraciques  larvaires  qui,  échappant  à  l'histolyse,  deviennent  les  premières 
ébauches  des  muscles  du  vol.  D'autre  part  Pérez  (")  a  constaté  que  chez  la 
pupe  de  Callipliora  erythiocephala  de  20  heures,  les  muscles  larvaires  persis- 
tants ont  perdu  leur  striation  transversale,  présenlcnt  une  structure  homo- 
gène et  sont  déjà  entourés  de  nombreux  myoblastes. 

Or,  chez  une  nymphe  d'J.  pedestrîs  parvenue  à  une  phase  de  son  évolu- 
tion correspondant  par  l'ensemble  des  processus  d'histogenèse  à  un  stade 
que  Pérez  fixe  au  douzième  jour  pour  C.  erythrocephnla^  j'ai  encore  cons- 
taté la  présence  des  muscles  thoraciques  larvaires  et,  par  suite,  l'absence 
d'ébauches  des  muscles  vibrateurs.  Les  muscles  larvaires  présentaient  des 
traces  évidentes  d'altération;  mais  leur  striation  transversale  -était  très 
nette  et  à  leur  voisinage  il  n'existait  aucun  myoblaste. 

Il  semble  donc  que  chez  cette  nymphe  les  myoblastes  ne  se  sont  pas 
formés  et  n'ont  pu,  par  conséquent,  donner  l'essaim  initial  constructeur  des 
ébauches  musculaires. 

Foî'mation  com.plète  des  ébauches  des  muscles  vibrateurs.  —  Par  contre,  chez 
une  autre  nymphe  d'.4.  pedestris  prise  au  même  stade  que  la  précédente, 
j'ai  constaté  l'existence  d'ébauches  très  nettes  des  muscles  du  vol.  Les 
muscles  vibrateurs  longitudinaux,  en  particulier,  présentaient  la  même 
disposition  que  chez  Borborus  equiiius  Fall.,  espèce  affine  à  ailes  normale- 
ment développées  et  volant  bien.  J'ai  complé  six  paires  de  faisceaux  muscu- 
laires régulièrement  disposés. 

Les  cas  intermédicdres .  —  Entre  ces  deux  cas  extrêmes,  il  existe  des  aspects 
intermédiaires.  En  effet,  chez  d'autres  nymphes,  les  ébauches  des  muscles 


(')  Ch.  Janet,  Anatomie  du  corselet  et  histolyne  des  muscles  vibrateurs,  après  le 
vol  nuptial,  chez  la  reine  de  la  Fourmi  (Lasius  niger).  Imprimerie  Ducourtieux  -et 
Goût,  T.imoges,  190-. 

("-)  Gh.  Pérez,  Recherches  histologiques sui-  la  uivlamorpliose  des  Muscides  (Galli- 
pliora  eryllirocepliala  Mg.)  {Arch.  zool.  e.vp,,  f)''  série,  l.  '1,  1910,  p.   1). 


SÉANCE  DU  27  FKVRIER  I922.  ()39 

vibrateurs  se  forineul,  mais  elles  présentent  des  anomalies  dans  la  taille  et 
dans  le  nombre. 

C'est  ainsi,  par  exemple,  qu'au  lieu  de  six  paires  de  faisceaux  musculaires 
longitudinaux,  il  peut  n'en  exister  que  cinq  paires,  ou  encore  quatre  fais- 
ceaux d'un  côté  et  cinq  de  l'autre. 

Souvent,  preuve  évidente  d'une  histogenèse  anormale,  les  ébauches 
présentent  des. différences  de  taille  considérables.  Il  semble  donc  que  si, 
dans  certains  cas,  les  myoblastes  constructeurs  des  muscles  du  vol  ont  pu 
essaimer,  ils  n'ont  pas  été  cependant  en  nombre  suffisant  pour  permettre  la 
réalisation  du  plan  d'organisation  typique  et  ancestral. 

Cette  variation  dans  le  nombre  des  faisceaux  musculaires  de  la  nymphe 
d'A .  pcdestris  est  à  rapprocher  de  celle  que  j'ai  signalée  (  '  )  chez  Chersodromia 
hirla  ^^'alk;  il  est  possible  maintenant  de  comprendre  comment  la  variation 
s'est  établie  chez  cette  dernière  espèce. 

Disparition  des  ébauches  musculaires  nymphales.  —  Les  exemplaires 
à'A.pedestris  (\m  viennent  d'éclore  ne  présentent  plus  trace  des  muscles  du 
vol  ;  c'est  donc  que  si  les  ébauches  de  ces  muscles  se  sont  formées,  elles  ont 
disparu  au  cours  des  derniers  jours  de  la  nymphose.  En  effet,  les  ébauches, 
quand  elles  existent,  ne  dépassent  jamais  dans  leur  développement  un 
certain  stade.  Celui-ci  correspond  sensiblement  à  la  fusion  des  myoblastes 
avec  les  inuscles  thoraciques  larvaires  persistants  et  à  l'orientation  des 
noyaux.  Ce  stade  ne  me  parait  pas  devoir  être  franchi,  car'je  n'ai  jamais 
observé  la  pénétration  des  trachées  dans  les  ébauches  musculaires. 

Lorsque  la  nymphe  est  parvenue  à  une  phase  de  son  évolution  caractérisée 
par  la  pigmentation  des  soies  qui  recouvrent  le  corps,  la  dégénérescence  des 
ébauclies  musculaires  commence.  Dans  ses  grandes  lignes,  le  processus  est 
comparable  à  celui  décrit  par  Janet  au  cours  de  l'atrophie  des  muscles 
vibrateurs  du  vol  chez  la  reine  de  la  Fourmi  ;  il  s'agit  d'une  histolyse  sans 
phagocytose.  Or  on  sait  quel  rôle  important  les  amibocy  tes  jouent,  chez  les 
Diptères  en  particulier,  dans  les  remaniements  du  système  musculaire  au 
cours  de  la  nymphose;  aussi,  le  fait  que  les  ébauches  des  muscles  vibrateurs 
d'à.  pèdestris  disparaissent  sans  intervention  de  ces  éléments  méritf-  de 
retenir  l'attention.  A  mon  avis,  ce  processus  de  dégénérescence  particulier 


(1)  L.  Mercier,  Variation  dans  le  nombre  des  fibres  des  muscles  vibrateurs  longi- 
tudinaux chez  Chersodromia  hirta  Wallz.  Perte  de  la  faculté  du  vol  {Comptes 
rendus,  t.  171,  1920,  p.  gSS). 


64o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

montre  bien  qu^'il  s'agit  d'un  phénomène  surajouté  à  la  métamorphose. 

Conclusions.  —  En  résumé,  bien  que  les  muscles  vibrateurs  du  vol  fassent 
défaut  chez  V imago  d^  A.  pedestris,  des  ébauches  de  ces  muscles  peuvent  appa- 
raître chez  la  nymphe.  L'importance  de  ces  ('bauches  est  subordonnée  à 
l'apport  des  myoblastes  constructeurs;  lorsque  ceux-ci  ne  prolifèrent  pas, 
les  ébauches  ne  se  constituent  pas.  Mes  observations  à  ce  sujet  sont  à  rap- 
procher de  celles  faites  par  R.  Poisson  sur  la  série  :  Ranatre,  Nèpe  et  Nau- 
cores.  Chei:  la  Ranâtre  et  la  Nèpe,  où  les  myoblastes  apparaissent  en  nombre, 
les  ébauches  des  muscles  du  vol  sont  importantes;  chez  Naucoris  macula- 
tus  L.,  il  ne  se  forme  plus  de  myoblastes,  aussi  ne  trouve-t-on  plus  trace 
des  muscles  vibrateurs. 

Enfin  la  variabilité  que  présentent  les  ébauches  musculaires  àW. pedestris 
et  le  fait  que  certaines  nymphes  possèdent  des  ébauches  rappelant,  d'une 
façon  frappante,  la  disposition  qui  existe  chez  des  espèces  affines  capables 
de  voler,  nous  laissent  supposer  que  la  régression  des  muscles  du  vol  ne  s'est 
pas  effectuée  par  une  diminution  graduelle  et  rc'gulière,  Aussi,  comme 
Guénot  l'a  magistralement  laissé  pressentir  dans  le  chapitre  «  Panmixie  » 
de  sa  «  Genèse  des  Espèces  animales  »,  j'admets  volontiers  que  la  disparition 
des  muscles  vibrateurs  à\\ .  pedestris  iv  e?,l  pas  due  aux  effets  héréditaires  et 
cumulatifs  du  non-usage,  mais  à  une  mutation. 


ZOOLOGIE.  —  Sur  un  genre  de  Poisson  abyssal  Japonais  très  rare,  noui^ellement 
retrouvé  dans  r  Océan  Atlajitique  Nord-Africain.  Note  de  M.  Louis  Roule, 
présentée  par  M.  L.  Joubin. 

Ce  genre  est  Ijimaia  Sauter  (1903),  dédié  au  distingué  naturaliste 
Ijima,  professeur  à  l'Université  de  Tokyo.  Il  compose,  avec  le  genre  Ate- 
leopus  Schlegel  (^Podateles  Boulenger)  la  remarquable  famille  des  Atéléo- 
pidés'.  Son  unique  espèce,  Ijimaia  Dofleini  Sauter,  a  été  créée  pour  un  seul 
individu  péché  auprès  d'Enoshima,  dans  la  mer  de  Sagami,  en  avril  1905, 
par  700  brasses  de  fond.  Par  contre,  les  exemplaires  qui  font  l'objet  de  la 
présente  relation  sont  au  nombre  de  trois,  et  ont  été  péchés  récemment 
par  un  chalutier  français  à  vapeur,  au  début  de  février,  sur  les  cotes  du 
Maroc,  devant  Agadir,  par  3oo  brasses  environ.  L'un  deux  ne  fut  pas  con- 
servé ;  les  deux  autres  ont  été  offerts  par  l 'Association  rochclaise  de  pêche  à 


SÉANCE  DU  27  FÉVRIER  I922.  641 

vapeur  au  Musée  d'Histoire  Naturelle  de  La  Rochelle  et  au  Muséum  national . 

L'incli\idii  donné  à  ce  dernier  dillère  snffisamment  de  l'exemplaire  japonais  pour 
moti\er  la  création  en  sa  laveur  d'une  espèce  spéciale.,  que  je  nomme  Ijimaia  Loppei, 
pour  rappeler  Tinstigaleur  du  don,  et  son  zèle  de  naturaliste.  L'espèce  atlantique 
s'écarte  de  l'espèce  japonaise,  entre  autres  caractères  :  par  la  difTérenciation  très 
nette  de  son  corps  en  deiiv  parties,  Tune  antérieure  comprenant  la  tète  unie  à  la 
région  préanale  du  tronc,  l'autre  postérieure  comprenant  la  partie  post-anale,  celle-ci 
beaucoup  moins  haute  et  moins  épaisse  que  la  piécédenle,  de  manière  à  donner  a 
l'ensemble  la  forme  d'un  gigantesque  Macruridé  des  grands  fonds;  par  la  tète  plus 
courte  et  plus  massive;  enfin  par  le  nombre  moindre  des  rayons  de  la  nageoire  anale 
(76  seulement). 

L'étude  à' Ijimaia  Loppei  el  sa  comparaison  avec  Ijimaia  Do/Ieini  pevmeilenl,  en 
outre,  de  rectifier  la  diagnose  générique  à'Ijimaia  exposée  par  Sauter.  La  bouche, 
chez  Ijimaia,  est  vraiment  inférieure  et  surmontée  d'un  rostre  court  et  épais  comme 
celle  à'Ateleopus:  elle  n'est  pas  sublerminale.  La  diagnose  générique  réelle  d'//j/??a/a 
doit  donc  porter  :  sur  la  brièveté  et  la  conformation  particulière  des  nageoires  pel- 
viennes; sur  la  brièveté  de  la  tète;  enfin  sur  le  nombre,  égal  à  10,  des  rayons  de 
l'unique  nageoire  dorsale. 

Cette  étude,  que  je  compte  pousser  davantage,  appelle  d'ores  et  déjà 
qnelqties  observations  : 

1°  Sauter  considère  Ijimaia  Dofleini  comme  possédant  une  taille  consi- 
déi^able  parmi  les  Atéléopidés,  son  exemplaire  mesurant  i™,238  de  lon- 
gueur. A  plus  forte  raison  en  est-il  ainsi,  pour  Ijimaia  Loppei^  dont 
l'exemplaire  du  Muséum  atteint  presque  2'"  (exactement  i™,845).  Ces 
dimensions  excessives  expliquent  sans  doute  pourquoi  les  représentants  de 
cette  espèce  n'ont  jamais  été  pris  par  les  nombreuses  expéditions  océanogra- 
phiques qui  se  sont  succédées  dans  la  région  ibéro-mauritanienne,  alors 
qu'ils  peuvent  l'être  maintenant  par  les  puissants  engins  des  chalutiers 
modernes  à  vapeur.  11  est  à  présumer  que  des  trouvailles  de  même  sorte  se 
manifesteront  à  nouveau,  les  grands  chaluts  actuels  pouvant  draguer  parfois 
jusqu'à  5oo™  de  profondeur  et  même  davantage. 

2°  J'ai  déjà  signalé  à  plusieurs  reprises  la  ressemblance  établie,  quanta  la 
faune  ichtyologique,  entre  la  province  japonaise  et  la  province  atlantique 
ibéro-mauritanienne  avec  son  annexe  du  bassin  méditerranéen  occidental. 
11  y  a  là  une  sorte  de  bipolarité,  avec  espèces  communes  ou  avec  espèces 
représentatives  dans  les  genres  communs,  aux  deux  extrémités  actuellement 
séparées  de  l'ancienne   Méditerranée  tertiaire,  eurasiatique.  La  présence 


642  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

dans  les  deux  stations  d'une  forme  aussi  caractéristique  qu'Ijimaia  contribue 
à  accentuer  le  fait. 

3°  La  famille  des  Atéléopidés,  connue  jusqu'ici  par  un  très  petit  nombre 
d'exemplaires,  est  habituellement  placée  dans  l'ordre  des  Blenniformes 
(Acanthopterygiens  jugulaires  des  auteurs).  C.-T.  Regan  (1909)  constitue 
pour  elle,  d'autre  part,  un  ordre  spécial,  celui  des  Chondrobrachii.  A  mon 
avis,  d'après  les  premiers  résultats  de  mon  étude,  les  affinités  les  plus  directes 
sonjt  tournées  vers  les  G«<^{/ormev  (  Anacanthines  des  auteurs)  et  notamment 
vers  la  famille  des  Macrouroididés,  créés  par  Radcliffe  (191 2)  pour  des 
Macruridés  n'ayant,  comme  les  Atéléopidés,  qu'une  seule  dorsale  anté- 
rieure. Je  présume  que  les  Atéléopidés  représentent,  dans  la  nature 
actuelle,  un  type  très  primitif,  se  rattachant  d'une  part  à  des  formes  chon- 
drostéennes  nues,  et,  de  l'autre,  constituant  un  centre  auquel  se  relient  les 
Gadiformes  d'abord,  puis  les  Blenniformes  et  les  Pédicules. 

ZOOLOGIE.  —  Sur  In  morphologie  des  pièces  buccales  chez  le  mâle  c?'Akido- 
gnathia  halidaii  {Bote  and  Weslwood).  Note  ('  )  de  M.  Théodore  Monod, 
présentée  par  M.  Joubin. 

L'absence  chez  le  mâle  de  tout  élément  appartenant  au  mérome  appen- 
diculaire  des  V®  et  VP  segments  céphaliques  était  jusqu'ici  considérée 
comme  un  caractère  distinctif  du  sous-ordre  des  Gnathiidea^  en  en  excep- 
tant toutefois  l'espèce  unique  du  ^enT^Akidognatlda  Stebbing  (-),  chez 
lequel  l'auteur  a  découvert  un  rudiment  qu'il  considère  comme  représentant 
l'appendice  du  V^  segment  (premières  mâchoires). 

C'est  une  modalité  du  même  genre  que  m'a  révélée  la  dissection  minu- 
tieuse des  mâles  de  Paragnathia  halidaii  (Baie  and  Westwood)  (*).  Cette 
paire  d'appendices  maxillaires,  non  encore  remarquée  C),  se  trouve  au 

(')   Séance  du  20  février  1922.  * 

(^)  Akidognathia  œdipus  Steb.  {Proc.  Zoot.  Soc.  London^  '912,  p.  4^,  et  Tram;. 
Zool.  Soc.  London,  vol.  20,  Pari,  k,  igiS,  p.  235,  pi.  XXV). 

(^)  Exemplaires  récoltés  par  moi  à  Lorient  (1920),  Roscofï  (1921),  Courseulles- 
sur-Mer  (1921). 

(*)  A  moins  que  ce  ne  soit  à  ces  éléments  que  Hesse  fasse  allusion  :  «  Je  n'ai  pas 
pu  pénétrer  plus  avant  dans  Tintérieur  de  la  bouche  de  manière  à  en  pouvoir  décrire 
les  mâchoires;  mais  on  les  aperçoit  rangées  autour  de  son  orifice.  »  {Ann.  Se.  nat. 
zooL,  t.  17,  1884,  art.  n°  6,  p.  4). 


SÉANCE   DU   27    rÉVRIER    192a.  ^43 

voisinage  i,nm,.dial  (le  lorilice  buccale,  dans  une  position  symétrique  des 
n.axillinèdes,  par  rapport  au  plan  sagittal.  Chaque  mâchotre  se  compose 
de  deux  articles  hasilaires  paraissant  incomplètement  sépares  le  premier 
d',.ntre  eux  égal  en  longueur  au  double  du  second,  et  d'un  palpe  obscuré- 
ment segmenté  (  '  ).  Ce  dernier  inséré  sur  l'angle  anté.ro-.nterne  de  I  article 
distal  du  pédoncule  est  cylindroïde.  un  peu  arqué,  à  concavit,.  «terne, 
entièrement  glabre  et  dépourvu  d'épines  ou  de  coupling-^pines:  Les  deux 
mâchoires,  séparées  par  l'orifice  buccal,  n'entrent  pas  en  contact  1  une  avec 
Vautre' S'agit-il  ici  de  mr'  ou  de  m:^^  Nous  ne  le  savons  pas  encore  et  .1 
nous  faut  attendre  l'observation  de  la  métamorphose  pour  pouvoir 
attribuer,  à  l'un  ou  à  l'autre  de  ces  éléments,  les  appendices  buccaux  que 

nous  avons  découverts.  r       ■      i,„    i„ 

Rappelons  qu'une  structure  analogue  a  été  décrite  et  figurée  chez  la 
femelle  de  l'espèce  qui  nous  occupe.  Mais,  dans  ce  cas,  le  rudiment  d  ap- 
pendice est  attribué  par  J.  Omer-Cooper  au  septième  segment  cephalique 
maxiUipède);  de  plus,  il  est  temporaire  et  disparaît  quelque  tempsapres 
a  métamorphose  (P).  L'extrême  ressemblance  de  ce  rudiment  avec  1  appa- 
reil maxillaire  du  mâle  chez  lequel  le  maxiUipède  existe,  rend  pro^iable 
leur  homologie.  En  ce  cas,  l'appendice  de  la  femelle,  figure  par  J.  Omer- 
Cooper,  représenterait  une  mâchoire  et  non  un  maxiUipede. 

La  découverte  de  mâchoires  dans  une  espèce  du  genre  Paragnatha 
\V  Omer-Cooper  (')  autorise  la  réunion  de  ce  dernier  genre  au  genre 
A/:Ulo?naMa  Steb.  (')  dont  U  était  principalement  séparé  par  1  existence 
des  inàchoires  dans  Akidognal/ua  (Me  Stebbing)  et  son  absence  dans 
Pnragr^athia.  La  présente  découverte  et  l'identité  pour  ces  deux  genres  de 
la    formule    anlenno-gnathopodique   (')  nous   permet   de   les   considérer 

,.)  Sur  un   mâle  d,  ullle  normale;  longueur   :   preniier  arliole,  o«.,,o  ;  deuxième 

article    o™,o5;  palpe,  o™,o4.  .  .     ,    i- i   ••     •      ir 

e    I.  O«.,:coorr.;,,  On  Cl.  occ.rence  of  M.  I.opod  Paragnall,^  l.ahda,,    ,«  .Vo,- 
fol      ui,h  a  ,U,cripaon  of  ihe  prani.a  .lage  (  Trans.  Nor.  and  Nonuch  Val.  Soc 
v„     10    Pan  3    >q.6-,q,-.  p.  ^3.3,  pi.  1\  .  Rg.  ç,a)  :  «  h  Ihe  aduU  lemale  iherejs  no 
mtimpLr  bu'l  ;!a  afie;  the  final 'moull  a  .mail  and  degenerate  remnan.  may  be 
ob^erved  whicli  appears  lo  be  rapidly  absorbed.  »  .       -,  , 

n  W.  OMBK-CoorE»,  On  ,  Pa,r.gna,lna  -,  a  Genns  of  U.e  Crustaceaa  fan^Uy 
,   Gnailudae  .  (Ann.  Mag.  lYat.   HisC   8-  série,    vol.   18,  july   ,9.6,  p.    .-—, 

pi.  VI). 

i'-\  Loc.  cit.,  note  (2),  p.  235.  ,    ,   .  .     ,  1^ 

(..)  Cette  formule,  base  rationnelle  pour  l'adoption  de  coupures  gener.que.s  dans  le 


644  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

comme  synonymes.  La  diag-nose  actuelle  à'' Akidognathia  renferme  des 
éléments  certainement  dépourvus  de  la  valeur  de  caractères  génériques  :  la 
présence  de  soies  aux  pléopodes,  par  exemple,  non  seulement  n'est  pas  un 
caractère  générique,  mais  n'est  vraisemblablement  même  pas  susceptible 
d'appuyer  une  distinction  spécifique  comme  on  l'a  cru  (').  Nous  avons,  en 
eiret,  observé  un  certain  nombre  d'exemplaires  de  (i.  maxillaj'is  de  prove- 
nances variées  et  présentant  des  pléopodes  tantôt  sétifères,  tantôt  privés  de 
soies,  sans  que  rien  pour  le  moment  ne  nous  autorise  à  ranger  ces  formes 
dans  deux  espèces.  La  diagnose  du  genre  AIddognathia,  tel  que  nous  le 
comprenons,  sera  donc  :  flagellum  antennaire  de  8  articles,  gnalhopode 
du  mâle  composé  de  5  segments;  maie  pourvu  de  rudiments  maxillaires; 
femelle  privée  de  maxillipèdes  développés  (-). 

11  pourrait  se  faire  cependant  que  certaines  espèces  du  genre  Para gnathia 
que  nous  n'avons  pu  examiner  se  montrent  dépourvues  de  mâchoires, 
auquel  cas  il  faudrait  créer,  pour  ces  espèces,  un  genre  nouveau  :  le  géno- 
type du  genre  Paragnathia  devant  passer  dans  le  genre  Akidognathia;  le 
premier  de  ces  genres  tombe  définitivenient  en  svnonymie. 

Indiquons  en  terminant  les  résultats  provisoires  de  notre  révision  : 

Sous-ordre  :  GNATHIIDEA  H.-J.  Hansen  1916. 

Famille  unique  :  GNATHIID.L  Harger  1880. 

Section  L  —  Flagellum  antennaire  de  8  articles  : 

a.  Gnathopode  (=')  de  6  articles  (8  :  6)  {'').  Euneognathia  Steb.  1893. 
Génotype  :  E.  {Anceus)  gigasY^eàà'Avà  i88(). 

b.  Gnalhopode  de  5  articles  (8:5).  Présence  de  rudiments  maxillaires. 
Akidognathia  Steb.  1912  (inc.  Paragnathia  W.  Omer-Cooper  1916).  — 
Génotype  :  A.  œdipus  Steb.  191 2. 

Section  IL  -~  Flagellum  antennaires  de  7  articles. 


sous-ordre  îles  Gnathiidea^  se  compose  du  nombre  darlicles  au  llagellum  antennaire 
et  du  nombre  de  segments  du  gnathojîode  du  màie.  f-es  deuv  caractères  permettent 
de  grouper  en  un  certain  noml)re  de  genres  les  quelques  GnalhUdea  dont  nous  pos- 
sédions une  diagnose  suffisamment  précise. 

(')  A.  Norman  et  Th.  Scott,  The  crust.  of  Devon  and  Cornwall,  1906  :  A   propos 
de  a  Gnatlna  inaxillaris  »  Mont,  et  a  C.  oricy aviva  ».  LiUj. 

(^)  Tout  au  moins  dans  A.  Iiaiidaii. 
.  0  Mâle. 

(*)  Formule  antenno-gnatliopodique. 


SÉA.NCE  DU  27  1  K VKIKR  I922.  643 

a.  Gnatliopodc  de  i  article  (7:1).  Metagxathia  nov.  gcn.  prov.  — 
Génotype  :  M.  (Anccus)  formica  Hcsse  1864. 

(N.  B.  —  Ce  genre,  fondé  sur  une  description  de  Hesse,  ne  peut  rire  que 
provisoire  tant  que  l'espèce  n'aura  pas  été  revue.) 

h.  Gnalhopode  de  2  articles  (7  :  2).  Gîvathia  s.  sir.  Leach.  18  i3  (inc. 
C.KCOGXATHIA  Dollfus  1901).  ~  Génol\pe  :  G.  (cancer)  maxHlaris  Mon- 
tagus  1808. 

c.  Gnalhopode  de  3  articles  (7  :  3).  Peric.xatiiia  iiov,  gen.  —  Génotype  : 
P.  {Anceus)  abyssorilm  {G.-i).^diVs  1871). 

d.  Gnalhopode  de  5  articles  (7:5).  Bathygnathia  Dollfus  1901.  — 
Génotype  :  B.  (Anceus)  bathyhia  Beddard  1886. 

PHYSIOLOGIE.  —  Action  de  la  tcmpéralure  sur  le  chondriome  cellulaiie.  Un 
critérium  physique  des  formations  mitochondriales.  Note  de  MM.  A. 
PoLrcARD  et  G.  MwGENOT,  présentée  par  M.  Roux. 

Dans  un  travail  antérieur,  l'un  de  nous  (')  a  démontré  la  grande  sensibi- 
lité des  mitochoiidries  aux  élévations  de  tempéra lure.  Entre  47°  et  5o"  C., 
les  mitochondries  des  cellules  rénales  et  hépatiques  de  la  Grenouille  dispa- 
raissent comme  par  suite  d'une  sorte  de  fusion,  le* reste  de  la  cellule  demeu- 
rant sensiblement  modifié.  N.-H.  Gowdry  (-)a  confirmé  ces  observations 
pour  les  mitochondries  du  pancréas  et  des  cellules  végétales  (racine  de 
J*ois),  qui  disparaissent  à  une  température  de  48°  à  5o''. 

Nous  avons  repris  ces  recherches  sur  des  objets  d'étude  permettant  l'ob- 
servation directe  des  mitochondries  vivantes  et  de  leurs  modifications  sous 
l'influence  des  élévations  de  la  température  ambiante.  Nous  avons  fait 
porter  nos  expériences  sur  des  filaments  d'une  algue,  Saprolegnia,  les 
cellules  épidermiques  déjeunes  feuilles  d'Iris  et  les  cellules  épidermiques  des 
pélales  de  Tulipe,  variété  blanche  et  jaune.  Sur  tous  ces  objets  d'étude  les 
mitochondries  sont  facilement  observables  sur  les  cellules  vivantes  (Guil- 
lierniond  ).  L'action  de  la  chaleur  a  été  é'iudiée  comparativement  par  examen 
direct  sur  une  platine  chautïante,  et  après  application  des  méthodes  mito- 

(')  A.  PoLicARD,  Sensibilité  des  cliondiiosomes  aux  élévations  de  température 
(C.  li.  Soc.  de  Biol.,  t.  72,  1912.  p.  228). 

(-)  N.-H.  CovvDRV,  A  coniparison  of  niitochondria  in  plant  and  animal  cells 
{Biol.  Bull.,  t.  33,  1917,  p.  220). 


646  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

chondriales  habituelles  (Regaud,  Kiill)  sur  des  fragments  de  tissus  main- 
tenus pendant  lo  minutes  environ  dans  un  bain-marie  à  une  température, 
rigoureusement  réglée. 

Les  résultais  de  nos  recherches  peuvent  être  ainsi  résumés. 

I.  Entre  /^S"^  et  5o°  G.,  les  mitochondries  subissent  une  altération 
brusque.  La  précision  de  cette  disparition  peut  être  utilisée  comme  un  crité- 
rium physique,  une  sorte  de  température  dç  fusion  pour  ces  organiles  cellu- 
laires. Aucun  autre  des  éléments  morphologiquement  apparent  dans  la 
cellule  ne  subit  une  telle  transformation.  On  peut  donc  placer,  à  côté  des 
autres  caractères  morphologiques  et  histochimiques  des  mitochondries,  celui 
de  s'altérer  sous  l'inlluence  d'une  température  de  Zj^°  à  5o". 

II.  On  sait  que  les  formations  mitochondriales  peuvent  subir  la  vacuoli- 
sation.  C'est  là  un  mode  banal  d'altération,  bien  connu  pour  les  cellules 
animales  et  végétales.  Cette  vacuolisation  peut  se  produire  à  la  température 
ordinaire,  avec  une  vitesse  plus  ou  moins  grande,  suivant  des  conditions 
encore  mal  déterminées.  La  température  accélère  manifestement  ce  phéno- 
mène; M.-R.  et  W.-H.  Lewis(')  ont  suivi  de  près  les  modifications  de 
cet  ordre  qui  se  produisent  dans  les  mitochondries  quand  la  température 
s'élève  jusqu'à  48°.  Or  le  mode  typique  de  disparition  des  mitochondries 
par  action  de  la  température  est  d'un  tout  autre  ordre.  Sur  les  cellules 
directement  observées,  ces  forjînations  ne  se  vacuolisent  pas,  elles  parais- 
sent s'évanouir.  Sur  les  préparations  vitales  examinées  directement,  on 
cesse  brusquement,  à  un  moment  précis,  de  voir  les  mitochondries.  Après 
application  des  méthodes  histologiques  spéciales,  leur  coloration  caraclé- 
ristiquc  ne  peut  plus  être  obtenue. 

1 ÏL  La  fixité  de  la  température  de  disparition  des  mitochondries  ne  parait 
absolue  et  identique  rigoureusement  pour  tous  les  éléments.  Nous  avons  pu 
observer  des  variations  de  très  faible  amplitude  dans  les  conditions 
suivantes. 

On  constate,  en  premier  lieu,  des  dilTérences  de  sensibilité  suivant  les 
espèces.  Les  mitochondries  de  Saprolegnia  sont  plus  sensibles  que  celles  de 
la  Tulipe  et  celles-ci  plus  que  celles  de  l'Iris.  Nous  poursuivons  des  recher- 
ches sur  ces  faits  et  les  rapprochements  que  l'on  peut  faire  entre  ces  cons- 
tatations et  le  comportement  biologique  du  végétal. 

(')  R.  Margaret  et  W.-H.  Lewis,  Milochonch'ia  and  other  cyLoplasniic  slntclure 
in  lissue  cullures  {Amer.  Journ.  of  Anat.,  t.  17,  I9i5,  p.  3-4). 


SÉANCE    DU    27    FÉVRIER    1922.  647 

D'autre  part,  dans  une  même  cellule,  il  ne  semble  pas  que  toutes  les 
mitochondries  soient  rigoureusement  identiques  dans  leur  sensibilité  vis-à- 
vis  de  la  température.  Les  unes  semblent  plus  résistantes  que  les  autres, 
mais  dans  des  limites  très  réduites.  Des  faits  identiques  avaient  été  signalés 
pour  les  mitochondries  des  cellules  hépatiques  et  rénales.  Leur  interpréta- 
tion précise  est  encore  impossible.  Dans  des  cellules  maintenues  quelques 
minutes,  cinq,  par  exemple,  à  5o",  on  constate  que  toutes  les  mitochondries 
filamenteuses  ont  disparu  ;  seules  quelques  formations  granuleuses  per- 
sistent encore,  ayant  tous  les  caractères  des  mitochondries  granuleuses.  Ce 
type  de  chondriosome  serait  donc  plus  résistant  que  les  autres.  Mais  cette 
résistance  est  peu  accentuée,  car,  à  52°,  il  ne  reste  plus  aucun  élément  mito- 
chondrial.  Pour  la  feuille  d'Jris  cependant,  il  faut  atteindre  54"  pour  que 
toutes  les  mitochondries  soient  évanouies. 

En  tout  cas,  ces  variations  individuelles  sont  très  faibles.  Elles  ne  nuisent 
en  rien  à  la  valeur  pratique  du  critérium  physique  que  nous  venons  d'm- 
diquer. 

Il  semble,  en  résumé,  que  dans  toutes  les  cellules,  animales  ou  végétales, 
les  mitochondries  ne  peuvent  supporter  sans  disparaître  des  températures 
supérieures  à  4t^°-5o".  En  dehors  de  sa  signification  biologique,  probable- 
ment considérable,  ce  caractère  constitue  un  moyen  précis  et  commode 
pour  se  rendre  compte  de  la  nature  mitochondriale  d'une  formation  cel- 
lulaire. 


MÉDECINE.  —  Sur  un  composé  bismutliique  de  la  série  aromatique  et  son 
activité  thérapeutique.  Note  de  ]VL\L  Henri  Grexet  et  Henri  Drouix, 
présentée  par  M.  Bazy. 

Nous  avons  étudié  dillérents  sels  de  bismuth,  utilisables  en  thérapeu- 
tique antisyphilitique.  Nous  nous  sommes  arrêtés  à  un  dérivé  phénolique. 
Ce  sel,  dont  la  teneur  en  métal  actif,  est  comparable  à  celle  du  tartro-bis-- 
muthate  de  sodium  et  de  potassium,  est  soluble  dans  l'eau  et  peu  toxique  : 
une  injection  intra-veineuse  de  lo'^s  est  bien  supportée  par  un  lapin  de  S'"^. 
Par  sa  faible  toxicité,  il  se  distingue  de  la  plupart  des  sels  de  bismuth  et  en 
particulier  du  tartro-bismuthate. 

Chez  l'homme,  nous  ne   l'avons  encore  employé  qu'à   faible  dose,  ne 
dépassant  pas  10'=*'',  tant  par  la  voie  intra-veineuse  que  par  la  voie  hypo- 


648  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

dermique.  Nous  nous  réservons  d'ailleurs  d'en  étudier  plus  complètement 
la  tolérance. 

L'injection  intra-veineuse  de  lo'^s  ne  détermine  chez  Thomme  aucun 
trouble,  si  ce  n'est  d'une  manière  inconstante,  une  douleur  immédiate,  vive 
et  passagère  dans  la  mâchoire.  Ce  phénomène  n'est  observé  qu'à  partir 
de  8*^";  il  est  propre  au  bismuth,  puisque,  dans  des  essais  antérieurs, 
datant  de  1919,  nous  l'avions  déjà  constaté  avec  d'autres  sels  de  bismuth, 
introduits  dans  les  veines  à  plus  faibles  doses. 

L'injection  sous-cutanée  ou  iiitra-musculaire  de  10^^  dans  2™'  d'eau  est 
à  peine  douloureuse,  ne  détermine  pas  de  nodosités  et  peut  être  répétée  à 
la  même  dose  tous  les  deux  jours. 

Ni  avec  les  intra-veineuses,  ni  avec  les  hypodermiques,  nous  n'avons 
observé  de  stomatite  (à  peine  un  léger  liséré  gingival  chez  les  sujets  à  mau- 
vaise dentition). 

Avec  la  dose  de  10'*^'  répétée  trois  fois  par  semaine  nous  avons  obtenu  la 
disparition  des  lésions  syphilitiques  primaires,  secondaires  et  tertiaires, 
avec  une  rapidité  comparable  à  celle  que  donnent  les  arsénobenzènes.  La 
réaction  de  Bordet-Wassermann  paraît  un  peu  moins  vite  influencée.  Sous 
le  rapport  de  l'activité  thérapeutique,  la  voie  veineuse  ne  semble  pas  supé- 
rieure à  la  voie  hypodermique. 


A  16  heures  et  quart,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 
La  séance  est  levée  à  16  heures  et  demie. 


A.  Lx. 


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ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU    LUNDI   «   MARS    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  C03IMU]\ICATIO]\S 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 


M.  le  Secrétaire  perpétuel  annonce  à  FAcadémie  le  décès,  survenu  le 
i3  décembre  1921,  de  M.  Max  IVœther,  Correspondant  pour  la  Section  de 
Géométrie. 


M.    H.   Jumelle,   élu    Correspondant   pour   la   Section   de    Botanique, 
adresse  des  remercîments  à  l'Académie. 


COMMISSIONS. 

Le  scrutin  pour  la  nomination  des  commissions  de  prix  de  1922,  ouvert 
en  la  séance  du  27  février,  est  clos  en  celle  du  6  mars. 
52  cahiers  de  vote  sont  déposés. 
Le  dépouillement  des  cahiers  de  vote  donne  les  résultats  suivants  : 

L  Mathématiques  :  Grand  prix  des  sciences  mathématiques,  prix  Poncelet, 
Francœur.  —  MiM.  Appell,  Painlevé,  Hadamard,  Goursat,  Borel,  N...; 
Boussinesq,  Emile  Picard,  Lecornu. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM:  Hamy,  Kœnigs. 

IL  Mécanique  :  Prix  Montyon,  Fourneyron,  Henri  de  Pareille.  — 
MM.  Boussinesq,  Sebeit,  Vieille,  Lecornu.  Kœnigs,  Mesnager;  Emile 
Picard,  Appell,  Bertin. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffiages  :  MM.  Râteau,  Borel. 

G.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  10.)  4^ 


65o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

ni.  Astronomie  :  Prix  Lalande^  Benjamin  Vah,  Janssen,  Pierre  Giizman.  — 
MM.  Deslandies,  Bigourdan,  Baillaud,  Hamy,  Puiseux,  Andoyer; 
Boussinesq,  Emile  Picard,  Appell. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  de  Gramont,  Favé. 

IV.  Ctkographie  :  Prix  Delalande-Guérineau,  Gay,  fondation  Tchihatchef, 
prix  Binoux.  —  MM.  Bertin,  Lallemand,  Fournier,  Bourgeois,  Favé, 
Ferrie;  Guignard,  le  prince  Bonaparte,  Douvillé. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Lecomte,  Joubin. 

V.  Navigation:  Prix  de  six  mille  francs^  Plumey.  —  MM.  Boussinesq, 
Sebert,  Berlin,  Vieille,  Lallemand,  Lecornu,  Fournier,  Bourgeois,  Kœnigs, 
Favé,  Mesnager,  Ferrie;  Emile  Picard,  Râteau,  Laubeuf-. 

Ont  ensuite  obtenu  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Gaston  Bonnier,  Borel. 

VI.  Physique  :  Prix  L.  La  Caze,  Kastner-Boursault,  Hébert,  Hughes,  fon- 
dation Clément  Félix.  —  MM.  Violle,  Bouty,  Villard,  Branly,  Daniel 
Berthelot,  Brillouin;  Boussinesq,  Emile  Picard,  Paul  Janet. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Appell,  de  Gramont. 

VII.  Chimie  :  Prix  Montyon  des  arts  insalubres,  Jecker,  L.  La  Caze, 
fondation  Cahours,  prix  Houzeau.  — MM.  Lemoine,  Haller,  Le  Chatelier, 
Moureu,  Béhal,  Urbain;  Schlœsing,  Maquenne,  Lindet. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Roux.  A.  Lacroix. 

VIII.  Minéralogie  et  Géologie  :  Prix  Victor  Raulin.  —  MM.  Barrois, 
Douvillé,  ^Vallerant,  Termier,  de  Launay,  Haug;  A.  Lacroix,  Depéret, 
Kilian. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Maquenne,  le  prince 
Bonaparte. 

IX.  Botanique  :  Prix  Desmaziêres,  Montagne,  de  la  Fons-Mélicocq^  de 
Coincy.  —  MM.  Guignard,  Gaston  Bonnier,  Mangin,  Costantin,  Lecomte, 
Dangeard;  Bouvier,  le  prince  Bonaparte,  Henneguy. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Maquenne,  Flahault. 

X.  Anatomie  et  Zoologie  :  Prix  Cuvier,  fondation  Savigny,  prix  Jean 
Thore.  —MM.   Ranvier,   Bouvier,   Henneguy,   Marchai,  Joubin,   Mesnil  ; 

Laveran,  le  prince  Bonaparte,  Douvillé. 
Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  d'Arsonval,  Charles  Richet. 

XL  Médecine  et  Chirurgie  :  Prix  Montyon,  Barbier,  Bréanl,  Godard,  Mcge, 


SÉANCE    DU    6   MARS    I923.  65 1 

Bcllion,    Lariry.  —  MM.    d'Arsonval,  Laveran,  Charles  Richet,  Quénu, 
Widal,  Bazy;  (iiiignard,  Uoux.  Henneguy,  liranly,  Mesnil. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Leclainclie,  Joubin. 

XII.  Physiologie  :  Prix  Montynn,  L.  La  Caze,  Pourat,  Martin-Damourette, 
Philipraux.  -  MM.  d'Arsonval,  Roux,  Laveran,  Henneguy,  Mangin, 
Charles  Richet,  Quénu. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Widal,  Mesnil. 

XIII.  Fonds  Charles  Bouchard.  -  MM.  d'Arsonval,  Guignard,  Roux. 
Laveran,  Henneguy,  Mangin,  Branly,  Charles  Richet,  Quénu,  Widal. 
Bazy,  Mesnil. 

XIV.  Prix  Montron  de  statistique.  -  MM.  Emile  Picard,  Appell,  Violle, 
le  prince  Bonaparte,  Tisserand,  Lecomte,  Borel. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Boussinesq,  d'Ocagne. 

XV.  Histoire  et  philosophie  des  sciences  :  Prix  Binoux.  — MM.  Boussi- 
nesq, Emile  Picard,  Appell,  Bouvier,  Bigourdan,  de  Launay,  Daniel 
Berthelot. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Violle,  Borel. 

XVI.  Médailles  Ara  go,  Lavoisier,  Berthelot.  —  MM.  Bertin,  Haller, 
Emile  Picard,  A.  Lacroix. 

XVII.  Prix  Gustave  Roux,  Thorlet,  fondations  Lannelongue,  Trémont, 
Gegner,  Hirn,  Henri  Becquerel.  -  MM.  Bertin,  Haller,  Lmile  Picard, 
A.  Lacroix,  Appell,  Guignard. 

XVIII.  Prix  Alhumbert.  —  MM.  Guignard,  Bouvier,  A.  Lacroix, 
Le   Chatelier,  Wallerant,  de  Gramont,  Joubin. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  d'Arsonval,  Roux. 

XIX.  Prix  Bordin.  —  MM.  Guignard,  Roux,  Haller,  A.  Lacroix, 
Douvillé,  Mangin,  Costantin. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Schlœsing,  Lecomte. 

XX.  Prix  Lallemand.  —  MM.  d'Arsonval,  Bouvier,  Henneguy,  Marchai, 
Richet,  Joubin,  Mesnil. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Quénu,  Widal. 

XXI.  Prix  Vaillant.  -  MM.  Guignard,  Bouvier,  A.  Lacroix,  Le  Cha- 
telier, Termier,  Moureu,  Joubin. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Roux,  Douvillé. 


652  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

XXII.  Prix  Houllevigue.  —  MM.  Boiissinesq,  Emile  Picard,  Appell, 
Violle,  Deslandres,  Bij^ourdan,  Lecornu. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  sufTrages  :  MM.  Borel,  Brillouin. 

XXIII.  Prix  Saijitour.  —  MM.  Guignard,  Roux,  Bouvier,  A.  Lacroix, 
Termier,  Marchai,  Mesnil. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Laveran,  Mangin. 

XKIV.  Prix  Henri  de  Panille  (Ouvrages  de  sciences).  —  MM.  Bertin, 
Haller,  Emile  Picard,  A.  Lacroix;  Appell,  Moureu,  Janet. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Boussinesq,  Haller, 
le  prince  Bonaparte. 

XXV.  Prix  Loiichampt.  —  MM.  Guignard,  Roux,  Laveran,  A.  Lacroix, 
Macfuenne,  Mangin,  Charles  Richet. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Leclainche,  Widal. 

XXVL  Prix  Henry  Wilde.  ~  MM.  Emile  Picard,  Guignard,  Violle, 
A.  Lacroix,  Bigourdan,  Kœnigs,  Borel. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Boussinesq,  Appell. 

XXVIL  Prix  Camérê.  —  MM.  Vieille,  Le  Cliatelier,  Lecornu,  Kœnigs, 
Raleau,  Mesnager,  d'Ocagne. 

Ont  obtenu  ensuite  lt*  plus  de  suffrages:  MM.  A.  Lacroix,  Lallemand. 

XXVIIL  Prix  Victor  Raidin.  —  MM.  Violle,  Deslandres,  Bigourdan, 
Hamy,  Lallemand,  Puiseux,  Bourgeois. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  M^L  A.  Lacroix,  Branly. 

XXIX.  Fondation  Jérôme  Pond.  —  MM.  Boussinesq,  Emile  Picard, 
Appell,  Bigourdan,  Villard,  Lecornu.  Kœnigs. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Sebert,  Borel. 

XXX.  Question  à  proposer  pour  le  Grand  prix  des  sciences  physiques 
à  décerner  en  1923.  —  MM.  d'Arsonval,  Guignard,  A.  Lacroix,  Douvillé, 
Le  Ghatelier,  Termier,  Joubin. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Bouvier,  Henneguy. 

XXXL  Question  à  proposer  pour  le  Pïix  Bordin  (sciences  mathéma- 
tiques) à  décerner  en  1925.  —  MM.  Boussinesq,  Emile  Picard,  Appell, 
Bigourdan,  Lecornu,  Kœnigs,  Borel. 

Ont  obtenu  ensuite  le  plus  de  suffrages  :  MM.  Hadamard,  Bourgeois. 


SÉANCE    DU    6    MARS    l<^22.  653 


CORRESPOIVD  AIVCE . 


AXALYSE  MATHÉMATIQUE.  ^  Nouvelles  applications  de  la  représentation 
conforme  aux  équations  fojiclinnne Iles.  Note  de  M.  Gaston  Julia. 

l.  Lorsque  la  substitution  Z,n=U(Z)  a  un  point  double  indifférent  a, 
tel  que  a  =  Pi  (y.),  R'(a)  =  i  [R"(a)^o  pour  siuiplifier],  on  peut  sup- 
poser a  à  rinfini  et  les  axes  tels  que  Z,  =  Z -f- r/ +  p(Z),  a  étant  positif 
et  p(Z)  fonction  rationnelle  de  Z,  nulle  à  l'infini.  L'existence  d'une  fonction 
méromorphe  /(^  )  vérifiant  /(s -h  «)=  R[ /'(^)]  peut  s'établir  par  la 
méthode  indiquée  dans  ma  précédente  ISote  ('  ). 

L'étude  locale  de  l'itération  au  voisinage  d'un  point  double  indifférent 
prouve  que  l'on  peut  déterminer  un  demi-plan  (P„)  |R(Z)  =  a],  tel  que, 
Z  décrivant  (Po),  Z,  décrive  une  aire  (P,  )  contenant  (Po)  à  son  inté- 
rieur (-).  De  proche  en  proche  on  définira  les  aires  (Pa),  (P3),  ...  par 
prolongement  analytique,  telles  que  Z  décrivant  (P„),  Z,  =  R(Z)  décrive 
(P„^.,),  chacune  de  ces  aires  contenant  toutes  les  précédentes.  Lorsque 
n  grandit,  ces  aires  deviennent  des  surfaces  de  Riemann  simplement  con- 
nexes dont  le  nombre  de  feuillets  devient  infini  avec  n  et  qui  recouvrent 
tout  le  plan.  Soit  }il  la  limite  de  (P„)  pour  n  —^•.  c'est  une  surface  de 
Riemann  simplement  connexe.  Essayons  de  la  représenter  sur  un  cercle  ou 
un  plan  pointé.  Choisissons  un  point  fixe  w  sur  Z,  par  exemple  dans  (Pq) 
sur  le  premier  feuillet.  Comme  cercle  (ou  demi  plan)  de  représentation, 
nous  pouvons  toujours  choisir  -ûj,  |  R(  g  )  =  aj,  identique  à  P^,  et  comme 
point  correspondant  à  w,  nous  choisissons  co  lui-même.  Si  l'on  convient 
qu'au  point  à  l'infini  sur  l'axe  réel  négatif  de  z  doit  correspondre  le  point  à 
l'infini  sur  l'axe  réel  négatif  du  premier  feuillet  de  1,  la  fonction  Z  =  9(2) 
qui  fournit  la  représentation  est  parfaitement  définie,  si  elle  existe.  Et 
c'est  la  limite  uniformément  atteinte  dans  û^,  de  la  famille  (^)  des 

(')   Comptes  rendus,  t.  17i,  19^2,  p.  017. 

(^)  Si  a  était  à  distance  finie,  Fq  serait  un  cercle  Cq  passant  par  a,  non  tangent  à 
une  direction  privilégiée,  issue  de  a,  et  de  rayon  assez  petit.  Laire  (C,)  itérée  de  (Cq) 
contiendrait  (G^)  et  son  contour  C,  serait  langent  à  (]„  en  a. 

(^)   9rt(^)  fournit  la  représentation  de  (l*„)  sur  7:0. 


654  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

les  substitutions  S„(^)  ==  a„^  4- ^,j  conservant  le  demi-plan  ti,,,  et  étant 
telles  que  S,, (co)  =  (^i_„,  antécédent  d'ordre  n  de  co  [w  =  R,j(to_„)],  antécé- 
dent intérieur  à  tc^  et  tendant  vers  l'infini,  lorsque  /i  =3o;  alors  o„(co)  =  w. 
Mais  on  reconnaît  que  '^\\iû)  devient  infini  avec  n,  et  ce  critérium  d'impos- 
sibilité prouve  que  S  n'est  pas  représenlable  sur  un  demi-plan  (ou  cercle), 
mais  doit  l'être  sur  un  plan  pointé.  Pour  obtenir  cette  représentation,  on 
peut  considérer  la  suite 

Mz)^-z.,         f,{z)  =  l\[Mz  +  li,)]=S\{z  +  h,),         ...,        Mz)^{K,[z  +  h,,^, 

en  posant  h„  =  w_„  -  w.  Alors /„(co)=  w.  Les/;^(to)  =  Rl(^-«)  =  w  \  s 
forment  cette  fois  une  suite  qui  converge  vers  une  limite  finie  (')  et  :^  o. 
Ov  fJ^{z)  représente  (P,j)  sur  le  demi-plan 

7r„  [A{z.)_y.  —  A{lin)  =  a  +  .'R((,j  —  w_„)  =  a„], 

et  t:,j  a  pour  limite  le  plan  :;  (pointé  à  l'infini).  La  fonction  méromorphe 
Z=^/(^z)  représentaîit  ^  sur  le  plan  pointé  z,  [y(co)  =  co]  sera  la  limite 
de  /,i(z)  dans  tout  domaine  fini. 

Suri,  Z,  —  R(Z)  définit  urte  transformation  analytique  biunivoque  sans 
autre  point  double  que  le  point  a  du  premier  feuillet  (a  est  à  l'infini).  C'est  un 
pointy>-o/i//er^  de  H.  A  deux  points  bomologues  Z  et  Z,  de  Z  correspondent, 
par  Z  =  f(z)  et  Z,  =::/(3,  ),  deux  points  :;  et  :;,  du  plan  pointé;  z^(z)  est 
une  transformation  biunivoque  et  analytique  du  plan  pointé  en  lui-même, 
l'infini  étant  seul  point  double  :  c'est  justement  ^,  =  ^  -i-  «  et  Ton  a  bien 

J\z  +  a)  =  n[J\z)]. 

2.  Si  l'on  considère  maintenant  G[R,(Z)]  =  RJGlZ)),  R,  et  R^  étant 
deux  fractions  rationnelles  et  G  une  fonction  à  déterminer,  bolomorphe 
au  voisinage  d'un  point  double  o,  répulsif  (-  )  de 

[Z|R.(Z)],         [R,(o)  =  o,  lR',(o)=5,|>i], 
telle,  pour  simplifier,  que 

G(o)=o,         G'(o)  =  i         [o  =  R,(o),  R;(o)=r5,], 

la  méthode  utilisée  ici  conduit  :  i°  à  prendre  autour  de  o  dans  le  plan  Z 

(M  On    le    voit  par    une   évaluation   assez    grossière    de    &j„„„  ^  R_„('jj),    montrant 

que tend  vers  —  i  pour  n  =  ce. 

na  ^ 

(^)  Ceci  ne  restreint  pas  la  généralité. 


SÉANCE    DU    6    MARS    1922.  655 

une  petite  aire  circulaire  (C^)  qui,  itérée  indéfiniment  par  [Z|R,(Z)], 
donnera  à  la  limite  une  surface  de  Riemann  1,  simplement  connexe; 
2°  à  opérer  de  même  dans  un  plan  'Ç  en  itérant  indéfiniment  par 
[Z|Ro(Z)]  une  petite  aire  (Fo)  entourant  o,  ce  qui  à  la  limite  donne  une 
surface  de  Riemann  }C..  La  relation  'C  =  G(Z),  G(Z)  étant  la  fonction 
cherchée,  fournira  la  représentation  conforme  de  H.,  sur'L^.  On  la  réalise  en 
représentants,  et  S^  sur  un  plan  auxiliaire  :;  par  les  fonctions  fondamen- 
tales T,  (:;)  et  F,  (s)  : 


r,(6-,3)==H,[r,(s)], 

r,(o)  =  o, 

r,(o)  =  i; 

r,(5.5)  =  R,[r,(^)], 

r,(o)=r,, 

r;(o)  =  i. 

11  est  évident  alors  que  Tof::)  =  G|  F,  (  r  )J.  Donc  G(Z  )  =  Fo| y,  (Z)J, 
Y,(Z)  étant  la  fonction  inverse  de  F,(^)  (  '  ).  En  partant  d'un  élément  circu- 
laire (F,))  de  surface  de  Riemann  ramifiée  en  o  dans  le  plan  'C,  pour  engen- 
drer Zo,  on  aurait  toutes  les  solutions  de  G  [R,(  Z  )]  =  Ro[G(Z)J. 

3.  La  même  méthode,  appliquée  à  Fitération  indéfinie  du  domaine  D^, 
supposé  simplement  connexe,  d'un  point  double  attractif  a  de  R(Z),  fournit 
une  surface  de  Riemann 2  simplement  connexe,  projetée  sur  D^,  limitée  au 
contour  de  D^  parcouru  une  infinité  de  fois  dans  le  même  sens.  I  peut  être 
représentée  conformément  sur  un  demi-plan  I(^)  ^  o  par  une  fonction  uni- 
forme Z  =/(z).  "Envisagée  sur^,  Z,  =  R(  Z)  est  une  transformation  biuni- 
voque  de  ïi  en  elle-même,  sans  point  double  intérieur  àl.[y,,  limite  de  points 
de  ramification  de  I,  n'est  pas  un  point  intérieur  à  S]  ;  il  lui  correspond  une 
transformation  biunivoque  du  demi-plan  I(r.)>o  en  lui-même,  qui  se 
ramène  k  z■^  ^=  ryz  (a  réel  positif).  On  a 

.f{az)  =  ï\[f{z)]. 

Mais,  sauf  dans  le  cas  où  [Z|R(Z)1  est  à  cercle  ou  arc  de  cercle  fonda- 
mental, /{:•)  admettra  pour  coupure  l'axe  réel  l{z)  =  o.  f(z)  pourrait 
s'obtenir  :  i"  en  représentant  Da  sur  un  cercle  du  plan  t  pa;-  Z  =  -^(0; 
2°  en  déterminant  une  fonction  fondamentale  t  =  c^iz)  de  la  transforma- 
tion rationnelle  t^  =  p(t)  déduite  de  Z,  =  R(Z):  o  [cr^J  =  g(  :;  )]  ;  alors 
f(z-)  =  '\^[o(z)\.  f(z)  présente  quelque  analogie  avec  la  fonction  modu- 
laire. Mais  ses  valeurs  restent  intérieures  à  D^,  et  elle  tend  vers  a  quand  z 
tend  vers  l'infini  sur  un  rayon  issu  de  o. 

{^)  Sur  une  classe  d'équations  fonctionnelles  {Comptes  rendus,  l.  173,  1921, 
p.  8i3). 


656  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  un  problème  nouveau  concernant 
les  fonctions  analytiques  et  la  représentation  conforme.  Note  de 
M.  Henri  Villat. 

Dans  un  ensemble  de  recherches  sur  les  mouvemenls  fluides  tourbillon- 
naires,  j'ai  reconnu  que  la  solution  d'un  nombre  considérable  de  questions 
dépendait  du  problème  suivant  : 

«  Déterminer  une  représentation  conforme  faisant  correspondre  à  un 
demi-plan,  par  exemple,  un  domaine  pour  lequel  deux  portions  de  la  fron- 
tière puissent  être  amenées  en  coïncidence  par  une  simple  translation.  » 

C'est  là  un  problème  que  je  crois  entièrement  nouveau,  et  qui  permettra 
beaucoup  d'applications  importantes.  La  question  peut  se  ramener  à  une 
équation  intégrale  pour  la  résolution  de  laquelle  j'ai  pu  obtenir  un  théo- 
rème d'existence.  Dans  certains  cas  la  solution  se  laisse  écrire  explicitement; 
dans  le  cas  le  plus  général,  on  peut  toujours  parvenir  à  une  solution  appro- 
chée, à  défaut  de  la  solution  précise  que  l'on  sait  exister. 

Je  donne  ci-dessous  quelques  indications  concernant  d'abord  le  cas  théo- 
riquement, mais  non  praticjuement,  le  plus,  simple,  où  le  domaine  à  repré- 
senter est  une  bande  indéfinie  comprise  entre  deux  courbes  déduites  par 
translation  l'une  de  l'autre.  Il  est  naturel  de  représenter  ce  domaine  sur  une 
bande  à  bords  rectilignes.  Un  premier  procédé  consiste  à  rechercher  une 
fonction  analytique  se  reproduisant  à  une  constante  près  quand  on  passe 
d'un  bord  à  l'autre,  moyennant  une  correspondance  convenable  entre  les 
points  des  frontières;  on  tombe  ainsi  sur  des  équations  peu  maniables,  sauf 
le  cas  particulier  où  la  correspondance  des  bords  se  fait  par  divisions  sem- 
blables; dans  ce  dernier  cas  on  trouve  l'équatioji  intégrale,  avec  la  fonction 
inconnue  F  : 

■  'F(a)-l^^([3) 


r 


Ax  (  y.—  'p 


doi-zzi  c  {c  ~^  consl.)  : 


cette  équation  est  aisée  à  étudier  :  on  constate  saris  peine  qu'elle  possède 
la  solution 


b  (a)  =  const.  4-  — —\ 

71" 


on  démontre  aussi  qu'elle  n'en  possède  pas  d'autres. 

Ce  cas  particulier  mis  à  part,  pour  surmonter  la  difficulté  du  cas  général, 
j'utiliserai  un  procédé  se  rattachant  à  la  Mécanicpie  des  fluides,  en  suppo- 


SÉANCE    DU    6    MARS    19^2.  Ô-S; 

sant  le  domaine  étudié,  occupé  par  un  courant  liquide,  dont  le  [)olenliel  et 
la  fonction  de  courant  serviront  de  variables  auxiliaires.  Avec  des  unités  con- 
venablement choisies,  le  problème  général  se  ramène  alors  à  la  résolution, 
par  rapport  à  la  fonction  inconnue  B,  de  l'équation  intégrale 


l: 


,  A(a)  —  (P    ,   B(a" 

ih  — tl)  — : 


dy.  =z  T  loi; 


B'(cp) 


A'( 


OÙ  A'  et  B'  désignent  les  dérivées  de  A  et  B. 

Considérons  maintenant  deux  suites  de  nombies,  rangés  par  ordre  d< 
grandeur, 

—  ce,      «,,      a^,       ...,      a,,,      r/      , f/„,      -h  ce 


—  oc,      />i,      h.2, 


-h^. 


et  attachons  aux  intervalles  qu'elles  définissent  les  constantes  A,,,  A,,  A.,  ..., 
A^,  X,j  en  choisissant  \,=  A(rt^).  Puis  écrivons  pour  chaque  valeur  de p  les 
équations 


(2) 


/ 


■  h'-^ 

—  «1 

2 

cl.  '^ 

—  />. 

2 

S  11 

9  —  ''2 

'2 

cl 

0  —  />., 

■i 

do 


.1 


ch 


cil 


<^C2. 


On  peut  démontrer  que  l'ensemble  de  ces  équations  (en  nombre  /i  —  i) 
constitue  une  représentation  approchée  de  l'équation  intégrale  précédente  : 
on  retrouverait  cette  dernière  équation  en  faisant  croître  indéfiniment  le 
nombre  des  intervalles  ci-dessus,  chacun  d'eux  devenant  infiniment  petit. 
Et  une  solution,  supposée  d'abord  existante,  des  équations  (2),  ferait  con- 
naître, en  traduisant  les  choses  géométriquement,  non  pas  la  courbe  cher- 
chée ^  =  B(a),  mais  une  courbe  en  escalier  inscrite  dans  cette  dernièréT^ 

Or  on  peut  faire  voir  que  le  système  des  équations  (2)  est  résoluble,  par 
rapport  aux  inconnues  6, ,  ^o,  . . .,  6„,  et  que  sa  solution  dépend  d'une  con- 
stante arbitraire.  On  en  déduira  donc  une  solution  approchée  de  (1),  et 
cette  solution  pourra  être  aussi  approchée  que  l'on  voudra. 

Le  mécanisme  du  calcul  est  très  analogue  à  l'un  de  ceux  qu'on  utilise 
pour  l'équation  de  Fredholm  de  seconde  espèce.  Mais  ici  les  équations  (2  ) 
qui  remplacent  les  équations  linéaires  de  Fredholm  sont  singulièrement 


658  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

plus  compliquées,  et  ne  permettent  pas  d'espérer  écrire  simplement  la  solu- 
tion explicite  de  (i). 

Le  procédé  employé  ci-dessus  a  l'avantage  de  rendre  aisée  la  solution 
de  la  difficulté  qui  peut  provenir  du  recoupement  éventuel  des  bords  du 
domaine  à  étudier. 

Malgré  les  apparences,  le  cas  où  le  domaine  est  limité  par  deux  ccurbes  G, 
et  Co  égales  par  translation,  et  en  outre  par  d'autres  courbes  D,  n'est  pas 
toujours  plus  compliqué  que  le  cas  envisagé  ci-dessus.  Cependant  la  mé- 
thode hydrodynamique  comporte  alors  l'emploi  de  mouvements  tourbillon- 
naires.  On  trouvera  ailleurs  les  calculs  correspondants.  Ce  qui  intervient 
comme  élément  de  simplification  est  le  fait  qu'on  peut  dans  certains  cas 
reporter  la  difficulté  sur  les  courbes  D;  or,  par  rapport  aux  fonctions  con- 
cernant CCS  dernières  courbes,  les  équations  qui  s'introduisent  sont  des 
équations  de  Fredholm;  il  est  vrai  qu'elles  sont  de  première  espèce,  et  sin- 
gulières; j'indiquerai  ultérieurement  le  parti  qu'on  peut  en  tirer.  Je  signale 
comme  particulièrement  intéressant  le  cas  d'un  domaine  limité  par  quatre 
courbes  formant  une  sorte  de  parallélogramme  curviligne,  à  côtés  opposés 
superposables  par  translation;  ce  cas  comporte  des  développements  spé- 
ciaux et  importants. 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  l'application  des  variétés  d^ ordre  p  dans  un 
espace  x  d'' ordre  n.  Note  de  M.  René  Lagrange,  présentée  par  M.  Emile 
Borel. 

Je  me  suis  proposé  de  déterminer  les  propriétés  métriques  d'une  variété  V^ 
plongée  dans  un  espace  E„,  pour  un  observateur,  parcourant  cette  variété, 
qui  ne  saurait  distinguer  qu'un  élément  tangent  d'un  élément  qui  ne  l'est 
pas.  Le  /i-èdre  orthogonal  d'étude  est  alors  assujetti  à  la  seule  condition 
d'avoir/)  âe  ses  axes  constamment  tangents  à  la  variété. 
"  /• 

Soit  ûf^^  =  V  diii]  le  ds-  de  E)/'  ;  le  long  de  V^,,  ds'-  =  V  du\  et  les  formes 

de  Pfa{î<ito,  sont  des  formes  linéaires  des  formes  du^^  : 

a 

Complétons  les/)  axes  tangents  (^".  .  .^,^)  à  l'aide  de  ^=  n  —  p  axes  nor- 
maux (a*.  .  .«*).  Les  rotations  du  n-èdve  orthogonal  sont  données  par  les 


SÉANCE   DU   6    MARS    1922.  669 

équations 

^^^   _         V  -         :r     ,    V  pg    ^g 


)  { 


11  résulte  de  (0,  r/)w,=  o  que  les  t„,./<  sont  les  symboles  ('  )  de  la  V^,  et 
que,  d'autre  part,  P^,  =  H^,  K^  =  -  K^  • 

Nous  cherchons  les  invariants  pour  les  deux  groupes  orthogonaux 

b  p 

Deux  variétés  V^,  V  étant  dites  «  applicables  dans  K,j  »,  si  l'on  peut 
trouver  deux  observateurs  pour  lesquels  les  équations  (1)  sont  identiques, 
on  peut  dire  que  le  problème  consiste  à  chercher  les  conditions  d'une  telle 
application,  dont  l'application  ordinaire  est  un  cas  particulier  {n  =^p)- 

Les  expressions  qui  interviennent  dans  les  calculs  contenant  des  indices 
d'éléments  tangents  (a,  b,  c,  . . .)  et  d'éléments  normaux  (a,  ^,  y,  . . .),  j'ap- 
pellerai «  différentielle  absolue  le  long  de  V^,  »  l'opération 

;TYai.-a. ^v^'i-*'       V       X^  -r  va,...a,         i_  \^  Ra;,3  v=',...p...g,  1  ^  , 

C  L  '■i'  *?  J 

La  définition  des  dérivées  partielles  absolues  X*;  ;«;/,.  s'en  déduit  immé- 
diatement. Nos  deux  groupes  orthogonaux  introduisent  deux  sortes  de 
covariance,  que  nous  désignerons  par  covariance  (r,  s),  r  se  rapportant  aux 
indices  tangents,  s  aux  indices  normaux. 

Ceci  étant  posé,  les  conditions  d'intégrabilité  de  (I)  donnent  le  système 

(II)     e';,i,=yei6:.z:ae,     p;f.=2^''^''pp^-"     pii>'=y,^'^pl^''^'-- 

de  [3  (Y/  <-Y 

Ces  équations  entraînent  l'orthogonalité  des  b"  et  des  p^.  On  en  déduit  les 
deux  théorèmes  suivants  : 

1°  La  diffèrentiation  absolue  le  long  de  V^,  conserve  la  covariance  ; 

qP  Les  dérivées  partielles  absolues  le  long  de  Yj„  d'ordre  m,  d'un  système 
covariant  (r,  .y),  sont  des  covariants  (r  -h  m,  s). 

Enfin  la  permutation  de  deux  différentiations  successives  introduit  les 

C)  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  iS^S. 


6(So  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

symboles  de  Riemann  t"^  de  V,„  et  des  symboles  analogues  R'fJ,  qui  consti- 
tuent un  système  covariant  (2,  2).  On  pourra  donc  former,  à  partir  de  ces 
trois  sot  tes  de  symboles  P,"^,,,  t;.'J,  R*/^,  trois  séries  de  covarianls  P,  G,  R,  et 
par  suite  les  invariants  de  V^,  d'une  manière  systématique,  à  Taide  des 
transformations  infinitésimales  des  deux  «groupes  orthogonaux  prolongés. 

Or  les  conditions  d'inlégrabilité  de  (  II),  finies  par  rapport  aux  G/J  et  p^, 
consistent  à  écrire  les  covariances  de  nos  symboles;  celles  qui  s'en  dédui- 
sent, également.  Les  conditions  d'application  sont  donc  la  compatibilité 
des  équations  (1),  (I  ),  (II),  et  de  celles  (jui  expriment  les  covariances  suc- 
cessives des  trois  séries  de  covariants  P,  G,  R. 

Courbures  externes  n.   ~    Ce  sont   les  invariants  formés  avec  les   P*/,. 

^1/12  ' — -^  ils  sont   au  nombre  de    N  =  -^— ^ — ^— -: 

-        2  22 

SI  /i  ^  — '— )    [\  =  - — ^ ;    SI  yo  =  /i  —  I ,    [N  =  «  —  I  ;    on 

retrouve  les  /z  —  i  courbures  principales;  si />  =  i,  N  =  i,  et  l'on  a  la  pre- 
mière courbure  de  la  courbe;  si  />  =  2,  N  =  2,  4  ou  5,  suivant  que  ^^3,4 

ou>5.      . 

'/ 
En  posant  P"^^  =  y  (  |>=^^  p^^  __  p^   p^^^)^  qai  sont  des  covariants  (4,  4), 

a=  1 

un  invariant  simple  est  —  2i  ^al^  ^^  ^*  courbure  totale  externe  »  ;  pour/?=  i, 

elle  s'évanouit;  pour  p  =  n  —  i,  c'est  la  somme  des  doubles  produits  des 
courbures  principales  combinées  deux  à  deux. 

Un  autre  invariant  simple  est  la  «  courbure  moyenne  externe  » 


V         a     \    a 

si  ^  =  I ,  c'est  l'invariant  unique;  si  p  =  n  —  i,  c'est  la  somme  des  cour- 
bures principales. 

Relations  avec  respace  E„.  —  Les  conditions  d'intégrabilité  de  (i)  et  (2) 
donnent,  entre  les  symboles  introduits  dans  cette  étude,  et  les  courbures 
de  Riemann  de  E„,  des  relations  dont  voici  quelques  applications. 

Si  une  Vo  quelconque  a  ses  deux  courbures  totales  égales,  E/^est  euclidien; 
si  ceci  a  lieu  pour  lonle  V„„,,  on  retrouve  un  théorème  que  j'ai  énoncé 
récemment  (^  ). 

(')   Voir  Comptes  rendus^  l,  174,  1922,  p.  5oo. 


SÉANCE    DU    6    MARS    I922.  661 

En  appelant  «  développable  »  une  variété  dont  tous  les  P^*  sont  nuls,  on 
voit  que  dans  un  espace  de  courbure  constante,  toute  développable  esta 
courbure  constante  égale,  et;  réciproquement,  toute  V^,  à  courl)ure  cons- 
tante égale  est  développable. 

Si  toute  courbe,  et  une  géodésique  quelconque  normale  à  cette  courbe 
définissent  une  Vo  développable  réelle  engendrée  par  des  géodésiques  nor- 
males, l'espace  E,j  est  nécessairement  à  courbure  constante. 

Une  variété  V^,  «  plane  »,  c'est-à-dire  dont  toutes  les  courbures  exté- 
rieures sont  nulles,  n'a  que /)  dimensions  dans  E„.  Si,  par  tout  point  M 
de  E„,  il  passe  une  V^  plane,  admettant  en  M  un  hyperplan  tangent  arbi- 
traire, E„  est  à  courbure  constante;  et  le  long  de  cette  V^^,  l'espace  normal 
reste  parallèle  à  lui-même  au  sens  absolu. 


GÉOMÉTRIE  INFINITÉSIMALE.  —  Correspondances  ponctuelles  déduites  de  l'étude 
des  trois  formes  quadratiques  fondamentales  de  deux  surfaces.  Note  de 
M.  Bertrand  Gambier,  présentée  par  l\l.  G.  Kœnigs. 

1.  Soient  F,  $,  ^'  et  F,,  <ï>,,  ^ï',  les  formes  quadratiques  fondamen- 
tales I^.r*,  Iidcd.T,  ^dc'^  de  deux  surfaces  Set  S,  en  correspondance  ponc- 

tuelle.  Si  un  rapport  tel  que  -rr^  ou  -r~y  •  ■■>  dépend  uniquement  de  la  posi- 

tion  du  point  M  sur  S  et  non  de  l'orientation  d'arc  issu  de  M,  je  dirai  que  ce 
rapport  est  fonction  de  M. 

Cherchons  toutes  les  correspondances  telles  que  deux  de  ces  rapports 
soient  fonction  de  M.  Le  cas  de  S,  sphère  ou  surface  minima,  est  facile, 
écartons-le.  Mais  alors  le  réseau  des  lignes  de  courbure  de  S  (ou  S,  j  est 
caractérisé  complètement  par  la  propriété  de  diviser  harmoniquement<Yew.r 
des  trois  réseaux  l^dx"^  ==  o,  'Ldcdx  =  o,  'Ldc-  =  o  :  donc  les  lignes  de  cour- 
bure seront  conservées. 

2.  On  constate  aisément  qu'une  surface  S  quelconque  ne  possède  pas  en 
général  de  transformation  ponctuelle  du  type  actuel  en  une  autre  surface  S, . 
Rapportons  S  et  S,  à  leur  lignes  de  courbure  (a,  v)  et  dressons  le  Tableau  : 

s.  Sj. 

i  de- a-  (lu-  -+-  c^  dv-  a\  dii"^  -t-  c\  dv- 

Idcd.r «2H^/«2^c^RVr2  a\Ki  du^  +  c\K^dv^ 

Idx'- «^^2  di(^  +  c-  R-  dv'  a-  ?y\  dir-  +  c\  \\\-  dv- 

Les  ({uatre  fonctions  «,  c,  11.  Il'  satisfont  à  trois  équations  aux  dérivées 


662  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

partielles  bien  connues;  a,,  c,,  R,,  11'^  donnent  trois  équations  homologues 
et  enfin  les  deux  rapports  envisagés  donnent  deux  relations  complémen- 
taires entre  Tcnsemble  de  ces  huit  fonctions.  Je  dresse  le  Tableau  complet 
de  toutes  les  transformations  P  symétriques  par  rapport  à  S  et  S,  et  de 
toutes  les  transformations  Q  non  symétriques  en  S  et  S,,  indiquant  les 
rapports  envisagés  et  les  deux  conditions  résultantes  pour  a,  r,  . ..,  11'^.  Pour 
les  transformations  non  symétriques,  je  n'indicjue  pas  celles  que  l'on  obtien- 
drait en  permutant  S  et  S,  dans  le  Tableau  ci-dessous  : 


Pa, 
Pi- 
P5, 

Q2=p;, 

Qa. 

Qs, 

Qe, 

On  remarquera  que  P5  doit  être  séparée  en  deux  transformations  P,.  ou 
P'!.  suivant  que  -j^  et  ^^  sont  égaux  ou  opposés.  Les  transformations  P  sont 

donc  en  réalité  au  nombre  de  six;  j'ai  étudié  P,  et  P2  aux  Comptes  rendus 
(2  novembre  192 1),  et  P3  le  20  février  1922. 

La  transformation  Q3  appliquée  à  une  surface  S  convenable  donne  un 
seul  type  de  surfaces  S,,  mais  la  transformation  inverse,  —^  appliquée  à  S, 

Vs 
R' 

donne  deux  types  distincts  de  surfaces  S  suivant  que  -^  est  positif  ou  négatif  : 


F 

0 

^ 

R' 

H', 

a 

«1 

f;' 

a>,' 

•*".' 

R 

— ■ 

h;' 

c 

"  t'i 

¥ 

w 

R' 

iM 

a 

a 

f;' 

TÏT' 

"R 

— 

"rT' 

c 

~  c, 

F 

0) 

R' 

R,         fac,' 

2 

â^' 

f;' 

R 

\\\  -  \ca,^ 

)    ' 

0) 

W 

R' 

R,         a^c] 

'F,  ' 

^' 

R 

— - 

r;   ~  c'a\' 

F 

W 

R' 

,      R,              (7C| 

W,' 

f;' 

R 

— -  ■ 

H-       '     —            , 

R',        crt, 

F 

0 

R' 

R7       cûc\ 

f;' 

W/ 

R 

z-zz 

Rf  ~  cVf 

F 

<^ 

w 

R' 

R,         acj 

^' 

^: 

f;' 

"R 

-— 

R,        cox 

W 

F 

R'2 

1^', 

a 

a, 

M~' 

^' 

R^ 

— - 

r;' 

c  " 

~  c, 

F 

<D 

R' 

R',        a'-c] 

â^' 

qT' 

R 

R,  ~  c^af 

F 

W 

R/2 

R,          /ac,^ 

r;      'vc^'.. 

v' 

^' 

fT' 

R^ 

— - 

)' 

<I> 

w 

R' 

R?        a^c? 

w: 

f;' 

R 

— 

\M-~'  c^a\ 

SÉANCE   DU   6   MARS    1912.  663 

on  pourra  appeler  l  .-\-)  et  (  7=^  )   ces  deux  transformations  inverses.  Même 

remarque  pour  Q^.  De  même  Q,  (ou  Q,;)  se  décompose  en  deux  transfor- 

.,   •      .  R' 

mations  Q\  et  Q^'  (ou  Q,,  et  Q|.)  suivant  que  r-^  est  positif  ou  négatif. 

Il  se  trouve  que  Q.  reproduit  P'-  identiquement;  donc  les  transforma- 
tions Q,  avec  leurs  inverses,  définissent  f/untorze  correspondances  parti- 
culières; vingt  au  total,  en  réunissant  les  P  et  (^  :  toutes  ces  transformations 
conservent  les  lignes  de  coubure. 

3.  On  constate  immédiatement  que  deux  surfaces  S,,  S',  distinctes,  cor- 
respondant à  une  même  surface  S  par  la  même  transformation  P  ou  Q,  se 
correspondent  entre  elles  par  P,  0UP2;  j'ai  montré  que,  sauf  cas  réservé 
des  sphères  ou  surfaces  minima,  les  surfaces  correspondant  par  P,  ou  Po  à 
une  même  surface  dépendent  au  plus  de  deux  paramètres  de  forme.  Il  en 
résulte  immédiatement  que  si  une  surface  S  peut  être  tranformée  par  Tune 
de  ces  vingt  transformations,  la  surface  qui  lui  correspond  dépend  au  plus 
de  deux  paramètres  de  forme. 

On  peut  trouver  un  couple  formé  soit  de  deux  hélicoïdes,  soit  de  deux 
surfaces  spirales,  soit  d'un  hélicoïde  et  d'une  surface  spirale. 

Une  surface  de  révolution  S  queico/ique esl  solution-^  la  surface  associée  S, 
s'obtient  par  trois  quadratures  et  dépend  de  deux  paramètres  de  forme  effec- 
tivement, les  méridiens  se  correspondent. 

La  surface  de  révolution  S  particulière,  définie  par -07  —  m  où  m  est  une 

constante,  admet  deux  séries  (ou  quatre)  de  surfaces  associées  :  il  y  a 
d'abord  la  surface  de  révolution  S,  obtenue  à  partir  de  S,  comme  si  S  était 
quelconque,  puis  les  surfaces  déduites  de  S,  par  P,  (ou  Po). 

M.  Ogura,  dont  j'ai  déjà  cité  le  nom,  a  étudié  assez  succinctement  quel- 
ques cas  particuliers  des  transformations  précédentes. 


MÉCANIQUE  APPLIQUÉE.   —  Rendement  organique  des  moteurs  à  combustion 
interne.  Note  de  M.  André  Planiol,  présentée  par  M.  Kœnigs. 

Le  rendement  organique  constitue  dans  la  théorie  des  machines  motrices 
l'une  des  parties  les  moins  connues,  vraisemblablement  en  raison  des  diffi- 
cultés introduites  dans  son  étude  expérimentale  par  la  multiplicité  des 
causes  de  variation  des  pertes  par  frottements  qui  en  fixent  la  valeur. 

Cette  détermination  des  pertes  par  frottement  présente  cependant  un 


664  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

intérêt  tout  particulier  :  elle  constitue  en  eflet  un  critère  précieux  de  la 
qualité  mécanique  de  la  machine. 

On  doit  même  voir  dans  ces  pertes  un  des  plus  importants  facteurs  déter- 
minant les  limites  assignées  par  les  ressources  actuelles  de  la  construction 
mécanique  à  l'accroissement  possible  du  rendement  thermique  des  cycles 
moteurs. 

La  connaissance  des  pertes  par  frottements  a  été  obtenue  pour  les 
machines  à  vapeur  à  piston  soit  par  la  différence  de  la  puissance  indiquée  et 
de  la  puissance  effective  sur  l'arbre,  soit  par  la  mesure  de  la  puissance 
indiquée  en  marche  à  vide. 

La  première  méthode,  utilisable  tant  que  reste  suffisante  la  précision  des 
mesures  à  l'indicateur,  dont  dépendent  les  résultats,  voit  son  champ 
d'action  limité  parles  possibilités  expérimentales  imposées  par  l'emploi  de 
cet  indicateur. 

La  deuxième  pose  en  principe  lidenlité  des  pertes  par  frottements  à  vide 
et  en  charge,  assimilation  aventureuse,  admise  seulement  par  certains 
auteurs  pour  les  machines  à  vapeur,  mais  illégitime  en  ce  qui  concerne  les 
moteurs  à  combustion  interne. 

Appliqué  d'autre  part  à  ces  moteurs,  le  premier  procédé  de  mesures  à 
l'indicateur  a  donné  les  résultats  les  plus  décevants,  à  la  suite  desquels 
M.  Witz  a  pu  écrire  ('),  parlant  précisément  des  difficultés  rencontrées 
par  lui  dans  l'application  de  cette  méthode  : 

«  yVinsi  ...  nous  avons  été  conduits  à  assigner  à  celte  belle  machine  un 
rendement  organique  de  0,984  à  pleine  charge. 

»  Or,  M.  le  professeur  Riedler,  dont  l'habileté  est  connue,  opérant  sur 
un  moteur  de  dimensions  équivalentes  . . .,  n'a  trouvé  que  o,83i.  » 

Les  pertes  relatives  auraient  donc  été  de  0,066  dans  le  premier  cas  et 
de  o,  169  dans  le  second,  soit  presque  triples,  différence  absolument  inad- 
missible pour  de  semblables  moteurs  de  i5oo  chevaux  et  qui  ne  saurait  être 
imputée,  malgré  la  haute  notoriété  des  observateurs,  qu'à  des  erreurs  dues 
à  la  méthode  expérimentale  employée. 

Une  méthode  nouvelle  a  été  proposée  (-),  basée  sur  l'idée  suivante  :  le 
cou})le  résistant  dû  aux  frottements  varie  avec  le  couple  moteur  ou  encore 


(')  Dernière  évolution  du  moteur  à  gaz,  p.  224. 

("^)  G.  LuMET,  Etude  générale  de  l'influence  sur  la  puissance  d'un  moteur  à 
mélange  tonnant  et  sur  la  valeur  de  sa  consommation  spécifique  de  différentes 
modifications  apportées  aux  conditions  de  son  fonctionnement,  p.  25;  Dunod. 


SÉANCE    DU    6    MARS    1922.  665 

avec  la  pression  moyenne  au  diagramme  développé,  pression  dont  il  serait 
une  fonction  linéaire. 

Par  pression  moyenne  ou  diagramme  développé  il  faut  entendre  ici  la 
moyenne  des  valeurs  absolues  des  pressions  relatives  moyennes  indiquées 
aux  quatre  temps  du  cycle,  avec  la  simplificalion  admise  jo^—^^^  o,  façon 
de  poser  le  problème  qui  implique  l'hypolhèse  suivanle  : 

Les  pressions  du  gaz  sont  les  seules  forces  déterminant  la  variation  des 
pertes  organiques  totales  en  fonction  de  la  pression  moyenne  au  diagramme 
développé. 

Les  présentes  recherches  ont  fait  a[>paiaîlrc  la  nécessité  absolue  d'intro- 
duire dans  le  calcul  deux  autres  facteurs  déterminants  de  la  variation  des 
pertes  organiques  qui  sont  les  effets  d'inertie  des  pièces  à  mouvements 
alternatifs,  et  les  pertes  causées  par  les  résistances  à  l'écoulement  des  gaz 
transvasés  de  l'atmosphère  dans  le  cylindre  et  ricc  rersa. 

Reprenant  la  mesure  du  couple  résistant  du  moteur  entraîné  par  une 
énergie  extérieure  : 

i"  Le  cylindre  étant  en  libre  et  constante  communication  avec  l'atmo- 
sphère ; 

2*^  Le  moteur  aspirant,  comprimant,  détendant  et  évacuant  de  l'air, 
nous  avons  été  amené  à  mettre  le  calcul  sous  la  forme  générale  exposée 
ci-dessous. 

En  raison  de  l'existence  des  forces  d'inertie,  dont  la  valeur  peut  s'ex- 
primer sous  la  forme  d'une  pression  d'inertie  -,  rapportée  à  la  surface  du 
piston,  le  diagramme  développé,  tiré  des  tracés  fournis  par  l'indicateur, 
doit  être  modifié  en  ajoiitant  algébriquement,  en  chaque  point,  à  la  valeur 
de  la  pression  des  gaz  û^,.  celle  de  la  pression  d'inertie. 

Soit  û  =  ~:,r-+-  t:,,  la  pression  instantanée  relative  ainsi  définie.  La  pres- 
sion moyenne  au  diagramme  développé,  qui  détermine  les  frottements  et 

que  nous  prendrons  comme  variable  indépendante,  sera  r?  ^         |  '  |  r/^^ prise 

successivement  pour  les  quatre  temps  du  cycle. 

Soient  c^  le  couple  résistant  dû  aux  résistances  de  transvasement  des  gaz 
dans  l'essai  2,  Cf  le  couple  résistant  dû  aux  seuls  frottements  pour  une  valeur 
quelconque  de  t.. 

Dans  les  conditions  de  l'essai  i,  on  a  ■::,=:  -  :  pression  moyenne  due  à 
l'inertie  seule,  les  pressions  -^  des  gaz  étant  constamment  nulles.  Le  couple 
résistant  est  c^,  dû  aux  seuls  frottements. 

Dans  les  conditions  de  l'essai  2  la  pression  est  -o,  mais  le  couple  dû 

G.  R  ,  1922,  I"  Semestre.  (T    174,  N*  10.)  ^9 


666  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

aux   seuls  froUcments  n'est  pas  le  couple  c^  dircctemenl  observé,    mais 
bien  c^  —  c^. 

L'équation  de  la  droite  représentant  les  frottements  dans  le  système  de 
coordonnées  û,  Cf  est  donc 

ff=  c) ^ ^  +  -i L  X  t:  —  rt  +  />-. 

77, Tli  71-2 77, 

C  est  cette  loi  qui  a  été  soumise  aux  vérifications  expérimentales  con- 
sistant à  mesurer  les  valeurs  de  Cf  correspondant  à  des  valeurs  différentes 
de  -  pour  le  plus  grand  nombre  de  cas  possibles  et  par  des  méthodes  entiè- 
rement distinctes  les  unes  des  autres. 

Cette  étude  a  montré  que  l'expression  Cf=  a  ^  b-rz  représentait  d'une 
façon  parfaitement  satisfaisante  les  variations  du  couple  résistant  de  frotte- 
ment pour  des  valeurs  très  différentes  de  la  pression"::. 

Il  est  apparu,  ainsi  que  l'on  s'y  attendait  a  priori,  en  raison  de  la 
précision  de  ces  expériences,  que  le  développement  en  série  de  Taylor  de  la 
fonction  c^  n'avait  aucunement  besoin  d'être»  poussé  au  delà  du  terme  du 
premier  degré  en  û  pour  fournir  une  représentation  correcte  des  résultats 
obtenus. 


HYDRAULIQUE.  —  Sur  les  surfaces  de  discontinuité. 
Note  de  M.  G.  Gamichel,  transmise  par  M.  André  Blonde). 

Cette  Note  est  relative  à  l'étude  expérimentale  des  surfaces  de  disconti- 
nuité des  vitesses  et  des  dérivées  premières  des  vitesses. 

I.  Les  surfaces  de  discontinuité,  mises  en  évidence  expérimentalement, 
comme  je  l'ai  indiqué  dans  les  Notes  précédentes,  peuvent  être  comparées 
à  celles  que  l'on  obtient  par  le  calcul  dans  certains  cas  particuliers,  en  sup- 
posant le  fluide  parfait  et  en  admettant  l'existence  d'un  potentiel  des 
vitesses.  Ce  calcul  a  été  fail,  par  la  méthode  de  Schuarz  et  Ghiistoffel, 
dans  le  cas  d'une  lame  plane  normale  à  un  courant  d'eau  indéfini.  L'expé- 
rience a  été  réalisée  au  moyen  d'une  plaque  de  3'™'de  largeur,  placée  dans 
un  ajutage  ayant  comme  longueur  40*""  et  comme  section  3'""  x  iS*""';  la 
vitesse  moyenne  de  l'eau  avant  Tobstacle  étant,  par  exemple,  i™,48  par 
seconde.  Dans  ce  cas.  la  surface  de  discontinuité  a  une  portion  nette  beau- 
coup plus  restreinte  que  lorsque  la  lame  est  faiblement  inclinée  sur  la 
direction  du  courant.  Bien  que  le  milieu  ne  puisse  être  considéré  comme 
indéfini,  la  concordance  des  premiers  éléments  de  la  surface  de  disconti- 


SÉANCE    DU   6    MARS    lg22.  ^6-] 

nuité  observée  et  calculée  est  remarquable  sur  une  lungucurde  i""  environ. 
Au  delà,  les  tourbillons  mélangent  les  deux  zones  et  la  surface  de  disconti- 
nuité perd  sa  netteté;  mais,  on  peut  voir  que  la  surface  observée  se  détache 
de  la  surface  calculée  et  se  place  à  l'intérieur  de  celle-ci. 

Les  calculs  et  les  détails  de  cette  étude  seronl  publiés  ailleurs. 
II.  Quand  on  fait  pénétrer  de  Tair  à  l'inlérieur  de  la  surface  de  disconti- 
nuité, par  exemple  au  moyen  d'un  tube,  cet  air  se  maintient  derrière 
l'obstacle.  La  surface  ainsi  produite  se  prolonge  jusqu'à  l'extrémité  de 
l'ajutage  communiquant  avec  l'atmosphère:  sur  toute  son  étendue,  elle 
diffère  peu  de  la  surface  de  discontinuité  calculée.  L'expérience  a  été  faite 
avec  le  même  ajutage  et  une  vitesse  du  même  ordre  que  les  précédentes, 
par  exemple  i"'.'22  par  seconde.  On  observe  par  la  photographie  qu'à 
l'extérieur  de  cette  surface  existe  le  régime  hydraulique  non  turbulent.  On 
supprime  par  ce  procédé  les  tourbillons  et  Ton  substitue  au  mouvement  de 
Teau  en  mouvement  sur  l'eau  immobile,  le  frottement  de  l'eau  sur  l'air. 
Ce  procédé  paraît  susceptible  d'être  appliqué  dans  l'industrie. 

•IIL  Dans  une  Note  antérieure,  j'ai  montré  comment  on  peut  conslatei' 
expérimentalement,  dans  les  masses  d'eau  en  mouvement,  l'existence  d'un 
potentiel  des  vitesses.  On  peut  aussi  réaliser,  et  c'est  le  cas  le  plus  général, 
des  masses  d'eau  renfermant  à  la  fois  des  portions  à  mouvement  rotationnel 
et  des  portions  à  mouvement  irrotationnel.  Les  projections  ^,  r,,  Z  du  tour- 
billon sont  alors  des  fonctions  discontinues  de  J",  r,  -:  la  discontinuité  a 
lieu  sur  les  surfaces  de  séparation  des  deux  régions. 

Pour  obtenir  expérimentalement  une  surface  de  celle  nature,  j'ai  éUidi('' 
le  mouvement  de  l'eau  dans  un  cylindre  vertical  muni  à  sa  partie  inférieure 
d'un  orifice;  une  légère  dissymétrie  donnait  à  volonté  un  mouvement  dex- 
trorsum  ou  sinistrorsum.  J'ai  réalisé  ainsi  le  cas  classique  (Traités  de  Méca- 
nique, de  MM.  Vppell,  Lecornu,  etc.)  d'un  tube  de  tourbillon  à  l'intérieur 
duquel  la  vitesse  varie  proportionnellement  à  la  distance  à  l'axe;  à  l'exté- 
rieur de  ce  tube,  la  vitesse  varie  en  raison  inverse  de  la  distance  à  Taxe.  La 
courbe  représentant  la  vitesse  W  d'un  point  en  fonction  de  sa  distance  à 
l'axe,  se  compose  donc  d'une  droite  passant  par  l'origine  et  d'une  branche 
d'hyperbole  écjuilatère.  L'intersection  de  ces  deux  courbes  correspond  à  la 
discontinuité. 

L'expérience  donne  une  courbe  W(/')  présentant  un  maximum  très 
accusé,  par  exemple: 


cm 

2  , 

.  Il 

2,19 

1 

.26 

1  ,2.1 

O 

,90 

f'Q'i 

O 

'7  1 

o.-i 

668  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

W  observé  .  \N   calculé 

*v.  (encm:sec).  /■.  ''A\   observé.     (  \\'/  =  const.'). 

ram  mm 

2,3 3,5  28,8, 

3,7.5 5,0  5i , 2 . 

8,1....; 5,7  67 , 2 . 

ii,o.« ;,S  88.1, 

1 3 , 8 1,0 

Au  lieu  d'avoir  une  véritable  disconlinuilé,  on  a  seulement  une  région 
dans  laquelle  les  dérivées  premières  de  la  vitesse  varient  1res  rapidement. 
Les  surfaces  de  discontiiniité  de  cette  natuie  sont  donc  moins  nettes  que 
celles  des  vitesses  à  une  certaine  distance  de  Taxe,  23""",  dans  l'expérience 
citée,  la  relation   Wr=const.  se  vérifie. 

En  observant  des  poussières  en  sus[)eiision  dans  le  li(|uide,  on  peut  mettre 
très  nettement  en  évidence  le  tube  de  tourbillon.  Quand  on  examine  la 
surface  du  liquide,  la  zone  centrale  apparaît  le  plus  souvent  comme  un 
cercle  conqjlétement  nettoyé. 

(^uand  l'écoulement  est  plus  rapide,  les  tiajectoires  des  particules  sont 
des  spirales  logarithmiques,  comme  M.  Kateau  l'a  montré  (  '  ).  La  vérili- 
cation  se  fait  ég'alenient  d'une  façon  très  satisfaisante. 

IV.  J'ai  étudié  également  le  cas  de  l'écoulement  de  l'eau  dans  une 
chambre  cylindrique  de  3i"",  5  de  dianiètre  munie  suivant  son  axe  d'une 
tige  cylindri<|ue  de  9'""*  de  diamètre.  Dans  ce  cas,  le  maximum  de  vitesse 
est  assez  rapproché  de  la  surface  de  la  tige  et  difficile  à  mettre  en  évidence. 
Voici  le  résultat  d'ujie  expérience  : 

/•. 

mm  cm  inm 

11,9 17,4  »  '\o.b 


2  1.. 


\V   observé 

\\ 

c;ilculé 

(  en  cm: sec). 

(  \N  r 

=  const.). 
cm 

17,4 

)) 

12,2 

)) 

1 1 ,5 

« 

10.3 

)) 

9,3 

9-4 

7,8 

8,1 

47,(3, 

20,14 10,5  ))  54, 1 

'7^3 9,3  9,4  (14 

32,0. 


W  observe. 

W 

calculé, 
cm 

6,3 

6,4 

5,8 

5,7 

5,6 

5,2 

4,6 

/  _ 
4-7 

4,u6 

4  ,o3 

A  partir  d'une  distance  /  =  ^'-i*""'  environ,  la  relation  Wr  =  const.  se 
vérifie  bien. 

V.  Les  expériences  qui  viennent  d'être  signalées  et  celles  qui  ont  été 
indiquées  antérieurement  (-)  montrent  qu'il  existe,  en  général,  un  poten- 

(*)  Bulletin  de  la  Société  de  r  Industrie  minérale^  Saint-Etienne,  1892. 
("^)   Comptes  rendus^  t.  170,  1920,  p.  881. 


SÉANCE    DU   6   MARS    1922.  669 

liel  des  vitesses  dans  la  plus  grande  partie  d'une  masse  d'eau  en  mouve- 
ment ;  d'ailleurs  celle-ci  peut  être,  dans  une  première  approximation,  assi- 
milée à  un  lluide  parfait  ;  on  comprend  donc  l'importance  en  hydraulique 
de  l'usage  des  fonctions  de  variables  complexes. 


ASTRONOMIE  l'HVSiQUE.  —  Observation  d'un  phénomène  singulier  que  pré- 
sente r étoile  0  (le  la  Grande  Ourse.  Note  de  MM.  Charles  Xordmann  et 
Le  Morvan. 

Nos  observations  d'un  certain  nombre  d'étoiles  boréales  au  moyen  du 
photomètre  hétérochrome  de  l'Observatoire  do  Paris  nous  ont  amenés  à 
constater  <|ue  les  étoiles  i  et  0  de  la  (rrande  Ourse  présentent  sensiblement 
la  même  répartition  de  l'intensité  dans  le  spectre.  Une  étude  systématique 
de  ces  étoiles  observées  comparativementdaiis  des  conditions  variées  etd'une 
manière  suivie  au  cours  des  nuits  des  i^'',  9,  20  et  23  février  1922  et  du 
2  mars  1922  ont  confirmé  entièrement  l'existence  de  cette  répartition  iden- 
tique des  intensités,  la<|uelle  nous  était  apparue  on  réduisant  les  observa- 
lions  de  ces  étoiles  faites  antérieurement  dans  la  nuit  du  4  avril  1921 . 

La  moyenne  de  toutes  les  observations  (d'ailleurs  isolément  concordantes) 
de  ces  deux  étoiles  montre  que  si  l'on  désigne  suivant  nos  conventions  anté- 
rieures (')  par  R,  V  et  B  les  valeurs,  à  une  constante  près,  du  logarithme  de 
l'intensité  des  étoiles  désignées,  vues  respectivement  à  travers  les  écrans 
rouge,  vert  et  bleu  (antérieurement  définis)  de  notre  pliotomètre  hétéro 
chrome  on  a  : 

Nom  de  l'étoile.  R.  V. 

(5  Grande  Ourse i  ,020  i  ,i\^o 

'  I.         »  ))     1 .01 G  I  ,?)SG 

Ces  nombres  illustrent  le  fait  constaté,  à  savoir  que  la  répartition  de  l'in- 
tensité dans  le  spectre  des  deux  étoiles  est  sensiblement  la  même  et  qu'en 
particulier  le  rapport  des  intensités  H  et  R  est  prati<juement  identique  dans 
l'une  et  l'autre. 

Cette  identité  est  tout  à  fait  anormale,  car  les  deux  étoiles  considérées 
appartiennent  à  des  types  spectraux  extrêmement  différents.  D'après  les 
déterminations  de  l'Observatoire  de  Harvard  Collège,  6  Grande  Ourse  est 
indiquée  comme  étant  du  type  F8  dans  le  catalogue  H.  R.  et  du  type  FS  p 


15. 

B  — p.. 

1 .858 

0.838 

i.85(i 

0.8^0 

(')   Noir  Comptes  rendus^  t.  17V,  192 j,  p.  ii>i  et  passini. 


670  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

dans  le  catalogue  H.  D.  Vu  contraire,  l'étoile  i  (Irande  Ourse  est  indicjuée 
comme  étant  du  type  A 5  dans  l'un  et  Taulre  catalogue.  C'est  dire  que 
spectralement  cette  dernière  est  une  étoile  à  hydrogène  se  rapprochant  de 
Sirus  et  Véga,  tandis  que  0  (irande  Ourse  est  voisine  du  type  solaire  el 
appartient  à  un  groupe  spectral  beaucoup  plus  évolué. 

Au  premier  abord  on  pouvait  penser  que  le  fait  anormal  constaté  était 
analogue  à  celui  que  nous  avons  signalé  récemment  à  rAcadéniie  (')  et  qui 
concernait  l'i-toile  i3  Céphée.  On  se  souvient  que  nous  avions  observé  que  la 
répartition  de  l'intensité  dans  le  spectre  de  cette  étoile  et  sa  température 
effective  étaient  analogues  à  celles  des  types  V  et  K  des  étoiles,  bien  que 
l3  Céphée  appartienne  d'après  H.  R.  au  type   V5. 

L'étoile  i  (Irande  Ourse  (qui  appartient  elle  aussi  au  type  A 5)  ayant, 
d'après  les  observations  qui  l'ont  l'objet  de  la  présente  Communication,  la 
même  répartition  d'intensité  spectrale  que  l'étoile  0  (îrande  Ourse  (type  F8 
ou  F8jo),  il  semblait  a  priori  naturel  d'attribuer  cette  identité  au  fait 
que  la  répartition  de  l'intensité  dans  le  spectre  de  i  Grande  Ourse  est  due 
(comme  pour  i3  Céphée)  à  une  anomalie  ([ui  lui  donne  une  température 
effective  voisine  de  celle  des  étoiles  des  types  F  el  K. 

Or,  à  notre  grande  surprise,  l'observation  nous  a  démontré  que  cette  expli- 
cation n'est  pas  exacte.  Dans  le  dessein  de  vérifier  celle  ex])lication  nous 
avons  d'abord  comparé  les  étoiles  i  et  0  (Irande  (^urse  à  une  étoile  voisine 
d'elles  par  sa  grandeur  et  sa  position,  l'étoile  H.  K.  3594  (qui  a  le  type  spec- 
tral A  tl'aj)rès  H,  R.  et  A^  d'après  Jl.  D.).  A  notre  étonnenient  les  observa- 
tions toutes  concordantes  nous  ont  montré  que  la  ré])artition  de  l'inten- 
sité dans  le  s|)ectie  de  i  Grande  Ourse  n'avait  rien  d'anormal  et  était 
sensiblement  la  même  que  celle  de  l'étoile  H.  R.  3594  et  de  la  moyenne 
des  étoiles  du  type  A. 

De  nouvelles  observations  faites  en  prenant  comme  étoile  de  comparaisoii 
la  Polaire  nous  ont  conduit  au  même  résullat. 

Il  s'ensuit  avec  évidence  que  si  (i  Grande  Ourse  et  i  Grande  Ourse  ont  une 
répartition  sensiblement  identique  de  Vintensité  dans  leur  spectre,  ce  n'est  pas 
parce  que  la  seconde  (conwie  tel  est  le  cas  pour  i'5  Céphée)  présenle'une  anomalie 
qui,  bien  quelle  appartienne  au  groupe  des  étoiles  à  hydrogène,  lui  imposerait 
une  température  effective  correspondant  aux  étoiles  métalliques  i^oisines  du  type 
solaire.  Cette  identité  provient  au  contraire  de  ce  que  c'est  l'étoile  G  Grande  Ourse 

(  '  )  Ohscrvalion  d'' une  étoile  anormale  au  pliolonièire  Itrirrochronie  de  l'  Observa- 
toire de  Paris  [Comptes  rendus,  l.  17V,  ig'iM,  p.  101  ). 


SÉANCE   DU   6   MARS    1922.  67 1 

qui  est  anormale  et  qui,  bien  que  voisine  du  type  solaire  par  ses  raies  spectrales, 
présente  une  répartition  de  l'intensité,  une  température  effective  roisi/ies  de 
celles  des  étoiles  très  c/iàudes  à  hydrogène.  Ce  cas  est  exactement  l'opposé  de 
celui  de  1 3  Céphée. 

Des  comparaisons  faites  avec  la  polaire  il  résulte  que  si  Ton  adopte  pour 

collo-ti  la  valeur  logp^ — o,844  que  nous  avons  utilisé  dans  toutes  nos 

publications  antérieures,  les  valeurs  correspondantes  de  log  ijpour  i  et  6 

Grande  Ourse  sont  de  l'ordre  de  —  0,9^0  à  —  1,000,  ce  qui  diflére  peu  de 
la  valeur  correspondant,  d'après  nos  mesures,  à  la  moyenne  des  étoiles  du 
type  A,  et  ce  qui  conduit  à  attribuer  à  ces  deux  étoiles  une  température 
effective  très  certainement  supérieure  à  10 000". 

Or,  d'après  son  type  spectral,  l'étoile  0  Grande  Ourse  (type  F8)  devrait 
avoir  une  répartition   de  son  intensité  correspondant    à  une  valeur   de 

log-^  voisine  de  —  0,800  et  une  température  effective  de  l'ordre  de  6000*' 

à  8000°. 

L'anomalie  sans  précédent  que  nos  observations  ont  manifestée  dans 
l'rtoile  0  Grande  Ourse  établit  que  cette  étoile  a  une  «  température 
effective  »  très  élevée,  en  dépit  de  caractères  qualitatifs  de  son  spectre  qui 
tendraient  à  lui  faire  attribuer  une  température  effective  relativement 
basse. 

Ce  cas  est  exactement  l'opposé  de  celui  de  l'étoile  i3  Céphée  qui,  d'après 
nos  observations  quantitatives  antérieures  {loc.  cit.),  présente  au  contraire 
une  «  température  effective  »  relativement  très  basse  et  très  inférieure  à 
celle  que  les  caractères  qualitatifs  de  son  spectre  tendraient  à  lui  faire 
attribuer. 

Ces  faits  démontrent  nettement  c|ue  la  correspondance  existant  entre  les 
caractères  spectraux  des  étoiles  et  leurs  températures  effectives  ne  peut  avoir 
qu'une  signification  moyenne  comportant  de  nombreuses  exceptions  indi- 
viduelles. Cela  est  compréhensible  étant  donné  que  les  raies  du  spectre-ne 
peuvent  fournir  des  renseignements  thermiques-  que  sur  la  «  couche  ren- 
versante »  très  voisine  des  photosphères  stellaires,  couche  entourée  elle- 
même  d'une  atmosphère  plus  ou  moins  absorbante  qui  modifie  plus  ou 
moins  la  «  température  effective  »  de  l'étoile  et  le  rayonnement  quantitatif 
qu'elle  nous  envoie. 


672  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

GÉODÉSIE.  —  Détermination  des  coefficients  dans  le  développement  en  poly- 
nômes de  Laplace  d'une  fonction  de  deux  variables.  Note  (  '  )  de  M.  G. 
Prévost,  présentée  par  M.  Brilloiiin. 

Le  développement  en  série  d'une  fonction  Y  =  f(^,  a)  de  deux  variables 
(par  exemple  le  relief  du  sol,  la  profondeur  des  océans,  l'intensité  de  la 
pesanteur,  les  propriétés  magnéliques,  etc.)  peut  être  mis  sous  la  forme 
d'une  suite  de  polynômes  de  Laplace 

Y  :=  \o  4-  Yi  -h  Y.,  + . . .  +  ^'„  4-  .  . . , 

où  chaque  terme  Y,,  s'exprime  par  des  fonctions  harmoniques  sphé- 
riques  P„^(cosO),  0  étant  la  colatitude,  et  par  des  sinus  ou  cosinus  dr 
multiples  de  la  longitude  a 

"  ♦ 

Y«=2]l\,y(cos6')(A„^  cos/aH- B„y  sin/a)         (,/ =  o,  i,  2,  ...,  n). 

Les  coefficients  A  et  B  se  calculent  par  les  intégrales  doubles 

A„yr-= — j /  /       V  „j{ii)  diifiij.,  a)  co%nad(X, 

^nj  —       f^       I         I        '^\,j{lJ-)(fljf{lJ-,  a)  ^'in  n  ce  doc, 
OÙ  a  =  cosd. 

Pour  le  calcul  numérique,  il  est  commode  (Love)  de  remplacer  les 
intégrales  par  des  sommes,  en  subdivisant  l'intervalle  d'intégiation  en 
parties  assez  petites 


0, 

IJ-l, 

IM,      . 

.,     lJ-;n 

/J-A-t-1,        •  • 

-,           I, 

0, 

a,, 

«2,      • 

-,    «//, 

«/(  +  !,         •• 

-,        '.ill. 

pour  qu'entre  deux  couples  de  valeurs  consécutives  de  [j.  et  de  a  la  fonction 
donnée  /([J-,  a)  puisse  être  regardée  comme  constante,  et  en  choisissant 
les  divisions  de  sorte  que  les  intégrales  définies 

/      p„,iiJ.)diJ.^\HiJ)\     , 

. /  . .  lu, 


co',nadv.  =  \ ,  /  ûntiy.dy.--  cosz/a 

0.1,  I  «/■  i/ai 


«).+  > 


(')  Séance  du  27  février  lyio, 


SÉANCE   DU   6    MARS    I92!2.  678 

prennent  les  mêmes  valeurs  dans  chaque  intervalle.  On  n'a  plus  qu'à  mul- 
tiplier un  même  nombre  par  la  somme  algébrique  des  valeurs  de /(a,  â) 
évaluées  dans  une  suite  de  compartimenls  (a./;,  [J.a+,),  (^-a.  'y-u+d- 

Toutefois,  l'application  à  une  fonction  harmonique  P,;,  présentant  des 
boucles  d'aires  positives  et  négatives  ne  peut  se  faire  qu'approximative- 
nient,  ces  aires  n'ayant  pas,  en  général,  une  commune  mesure  linie. 

La  méthode  nouvelle  aboutit  à  une  solution  à  la  fois  plus  rapide  et  quasi 
rigoureuse.  D.e  chaque  coté  d'un  zéro  de  la  courbe  on  imagine  des  aires 
égales  et  de  signes  contraires  donnant  lien  à  des  intervalles  d'effet  compensé 
ou  nul  que  l'on  pourra  omettre  dans  le  calcul.  Ces  intervalles  sont  des  zones 
Dour  les  P„y,  et  des  fuseaux  pour  les  sinus  et  les  cosinus. 

Soient  des  aires  A,  B,  C  alternativement  positives  et  négatives 
et  m,  n,  p  des  nombres  entiers  représentant  dans  les  conditions  d'approxi- 
mation acceptables,  les  rapports  de  ces  aires.  Désignons  par  a  une  aire 
contenue  m  fois  dans  A  plus  un  reste  x,  n  fois  dans  B  plus  x  plus  y,  et />  fois 
dans  C  plus  y;  on  a  les  relations 

A  =  ma  H-  ,/■,  V>  -=  na  -{-  .r  +  1-,  V,  =  pa  -h  y\ 

d'où 

(B  —  C)ni^X{/i—p)  {\',~X)p-C{n  —  m) 

.r  =  i i ,  y  = -— ) 

/;/  —  n  ~\-  p  "  m  —  n -\-  p 

a?,  y  définissent  les  intervalles  compensés. 

Le  procédé  est  général  pour  un  nombre  quelconque  de  boucles.  Le 
partage  d'une  aire  de  même  signe  en  parties  équivalentes  se  fait  ensuite  par 
interpolation  ;  on  obtient  ainsi  les  \t,j^  et  les  7./,. 

La  recherche  précédente  se  fait  aussi  par  un  procédé  graphique  à  la  fois 
plus  expéditif  et  plus  précis.  On  construit  d'abord  à  l'aide  des  données  des 
tables  numériques  les  courbes  P„y,  puis  on  détermine  les  courbes  dont  les 
ordonnées  représentent  leurs  aires.  On  partage  alors  chacune  des  aires  en 
portions  équivalentes,  en  divisant  en  parties  égales  l'ordonnée  finale  qui 
représente  l'aire  totale  en  valeur  absolue,  on  prolonge  les  divisions  s'il  est 
besoin,  et  [)ar  chacune  d'elles  on  mène  des  horizontales  rencontrant  la 
courbe  des  aires  en  des  |)oints  dont  les  abscisses  donnent  les  valeurs  Uy,  cher- 
chées et  par  suite  les  colatitudes  0;,.  Le  même  procédé  s'applique  avec  pins 
de  facilité  aux  courbes  figurant  les  aires  décos/?  a  et  sin/ia;  on  obtient  lésa/,, 
c'est-à-dire  les  longitudes  des'points  de  division. 

Les  résultats  obtenus  ont  été  consignés  en  Tableaux  indiquant  les  latitudes 
divisionnaires  pour  chacune  des  45  fonctions  P„„,  P,„,  P,,,  P20»  ••••,  ^^i-, 
Pgs,  et  de  même  pour  les  longitudes  relatives  aux  fonctions  sin/ia  et  cos7?a. 


674  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

n  variant  de  o  à  8.  On  prend,  en  général,,  une  vingtaine  de  points  de  divi- 
sion entre  0°  et  90°. 

A  titre  d'exemple,  voici  les  valeurs  nécessaires  au  calcul  du  terme  parti- 
culier As3  cos3a  dans  le  huitième  polynôme  de  Laplace. 


IJi  visions.     Latitude.       Divisions.       Latitude. 


0.. 

\. 

2.  . 
3.. 

k.. 

6.. 

7.. 
8.. 
0 

10.. 

o.  o 
5 .  5q 
S. 20 
10.45 
i3.i5 
i5.5o 
19.25 
22 .20 
25.45 
29.30 
82. 1 5 


11. 
12. 

t:{. 

IV. 
15. 
10. 
17. 
18. 
1î). 
•20. 
21. 


34.45 
37.40 
4o.3o 
40.20 
52 .  10 
55 . 1 5 
58.  i5 
fil . 3o 
64 .  3o 
69.0 
90 


Divisions 

0. 

1. 

•). 
3. 
Y 

o . 
C. 
7 . 
8. 
9. 
10. 


Longitude.     |)ivisions 


O 

3 

C) 

9 
1 2 .  '1  (  1 

16.40 

32.  3o 

3o .  o 
3^ .  3o 
43.20 
47.20 


11.. 
12.. 
13.. 
Vv.. 
15.. 
16.. 
17.. 
18.. 
19.. 
20.. 
21.. 


Longitude. 

o         / 
5o .  5o 

54 

57 
60 

63 

66 

69  10 

72.40 
76.40 
82 .  3o 
9'» 


Le  calcul  numérique  des  subdivisions  a  été  effectué  pour  toutes  les  fonc- 
tions ni'ccssaires  à  un  développement  poussé  jusqu'aux  fonctions  du  hui- 
tième ordre  contenant  (8  -f- 1)''  =  81  coefficients  différents  à  déterminer. 

Les  Tableaux  détaillés  seront  publiés  ailleurs. 

Les  intervalles  marqués  d'un  trait  noir  dans  cha(|ue  Tableau  corres- 
pondent à  des  compartiments  d'effets  compensés  qui  sont  exclus  du  calcul. 
Dans  l'exemple  actuel,  on  n'aura  à  appliquer  la  méthode  de  Love  qu'aux 
trois  quarts  de  la  surface  de  la  sphère  environ. 

Les  aires  des  fonctions  harmoniques  P„y  ont  été  également  calculées  et 
dressées  en  tables  numériques  pour  des  arguments  a  variant  de  1  en  2  cen- 
tièmes. 

Remarque,  —  La  méttiode  graphique  se  prête  avec  facilité  aux  interpolations. 

On  connaît  des  valeurs  discontinues  des  polynômes  de  Legendre  P(/J^),  calculés 
avec  précision  par  Lodge,  de  5  en  5  centièmes  de  \j.  jusqu'à  P2o(F)i  ^'^^  cons- 
truction graphique  des  plus  simples,  appliquée  à  trois  points  consécutifs,  fournit 
très  rapidement  les  points  intermédiaires,  avec  trois  ou  quatre  chiffres  exacts  pour 
leurs  ordonnées. 

Le  procédé  graphique  a  été  aussi  employé  à  déterminer  les  courbes  reprèsentati^es 
des  fonctions  P„  en  réalisant  par  une  construction  la  formule  de  récurrence 

(//  -M)P„+i  —  {in  -hOcoseP,,—  rtP„_,  ; 

au  bout  d'un  certain  nombre  d'opérations  on  perd  en   précision,  mais  on   a   l'allure 
générale  de  la  courbe  pouvant  servir  de  guide  pour  un  calcul  plus  complet. 


SÉANCE    DU    ()    MARS    I922.  676 

OPTIQUE  GÉOMÉTRIQUE.  —  Sur  Vexistcnce  géométrique  d'un  invaruml 
vénérai  des  faisceaux  de  rayons  se  réfractant  suivant  la  loi  de  Descartes,  et 
SCS  applications  à  l'optique  géométrique  et  au  rayonnement.  Note  ('  )  de 
M.  Labussière,  présentée  par  Brillouin. 

Considérons  une  portion  de  surface  S  ne  présentant  pas  de  singularité 
{/ig.  i),  supposons  que  chaque  point  P  de  cette  portion  de  surface  est  le 
sommet  d'un  angle  solide  (o,  que  la  surface  conique  de  Taugle solide 03  varie 
d'une  manière  continue  quand  le  point  P  se  déplace.  L'ensemble  des  droites 
situées  sur  les  surfaces  coniques  constitue  un  complexe  continu.  Nous  appel- 
lerons flux  géométrique  l'eusemble  des  droites  comprises  dans  les  angles 
solides. 


Par  un  point  Q  de  l'espace  passera  un  cône  continu  de  droites  du  com- 
plexe (ou  aucune  droite  du  complexe)  qui  limitera  un  angle  solide  entiè- 
rement occupé  par  toutes  les  droites  du  flux  géométrique  passant  par  le 
point  Q,  Lorsque  la  position  du  point  Q  variera  continûment  dans  l'espace, 
le  cône  variera  continûment. 

Soit  u  l'angle  d'incidence  d'une  droite  du  flux  sur  la  surface  S  (angle  de 
la  droite  et  de  la  normale  au  point  d'incidence);  appelons  L  l'intégrale 

ff/' if £'""""■')■ 

Première  proposition.  -  La  valeur  de  l'intégrale  L  est  la  même,  quelle  que 


(')   Séance  du  27  février  19>.2. 


676  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

soit  la  surface  sécante  considérée,  pourvu  qu'elle  coupe  entièrement  le  flux 
(c'est-à-dire  qu'elle  coupe  tous  les  rayons  un  nombre  impair  de  fois  ). 

Deuxième  proposition.  —  Si  nous  considérons  les  droites  du  flux  comme 
des  rayons  lumineux  au  sens  de  l'Optique  géométrique,  après  réflexion  ou 
réfraction  sur  un  nombre  quelconque  de  surfaces  continues  (suivant  la  loi 
de  Descartes),  si  nous  appelons  n  l'indice  du  milieu  où  se  trouve  la  surface 
sécante  S,  l'expression  /?-L  est  un  invariant  du  flux. 

Troisième  proposition.  —  liéciproquemeiit,  admettant  que  le  rayon 
réfracté  est  dans  le  plan  d'incidence,  dire  que  n-\^  est  une  constante  pour 
tout  flux  de  rayons,  entraîne  la  loi  des  sinus  de  Descartes. 

Il  résulte  de  là  que  l'invariant  le  plus  général  et  le  seul  qui  soit  général 
pour  un  flux  de  rayons  quelconques  se  réfléchissant  ou  se  réfractant  sur  des 
surfaces  optiques  continues  est 


^=n^  i    fdS  f   f  Ce  COS//  dr. 


où  s  est  une  surface  sécante  quelconque  et  où  E  est  une  fonction  continue 
des  coordonnées  de  la  droite  qui  est  l'axe  de  l'élément  d'angle  solide  t/w, 
p(mrvu  que  cette  fonction  K  garde  la  même  valeur  après  réflexion  ou 
réfraction. 

Application  au  rayonnement.  —  Clansius  a  montré,  en  partant  du  second 
])rincipe  de  la  Thermodynamique,  la  constance  de  l'intégrale  <ï>  dans  un  cer- 
tain nombre  de  cas;  on  peut  reprendre  ses  conclusions  en  sens  inverse. 

La  condition  des  sinus  d'Abbe  déduite  des  considérations  énergétiques 
de  Clansius  n'est  autre  chose  que  /îv/L  =  consl.  appliquée  à  des  éléments 
de  surface  image  et  objet  perpendiculaires  à  l'axe  du  système  optique  et 
traversés  par  cet  axe. 

Cas  particulier  relatif  à  dès  rayons  lumineux  situés  dans  un  plan  et  rencon- 
trant des  surfaces  réfringentes  ou  réfléchissantes  normales  au  plan  (par 
exemple  plan  méridien  d'un  système  centré,  on  plan  de  section  droite  d'un 
système  de  surfaces  cylindriques  à  génératrices  parallèles).  Il  existe  alors 
un  invariant  particulier  plus  simple 


It=z  n   I  ds  I       cos//  du, 


v  étant  un  arc  de  courhe  quelconque  coupant  entièrement  le  flux  plan  de 
rayons. 

Application  di?-ecte  à  rOptique  géométrique.  —  Si  dans  un  système  centré 


SÉANCE    DU   6   MARS    1922.  677 

un  élément  de  figure  plane  dS  admet  pour  image  un  éléiiienl  de  ligure 
plane  r/S',  ces  éléments  sont  certainement  perpendiculaires  au  plan  méri- 
dien qu'ils  déterminent  (en  raison  de  rimpossibililé  connue  de  la  corres- 
pondance ponctuelle  entre  deux  régions  d'espace  ù  trois  dimensions);  si 
nous  jippeloMs  «et  u'  les  angles  des  rayons  silués  dans  1<'  plan  méridien  avec 
les  normales  aux  éléments  de  surface,  ds  cl  ds'  les  longueurs  des  éléments 
linéaires  se  correspondant  dans  le  plan  axial,  nous  avons 

//  c/.v  siii  II  =^  II' ds    Mil  n'  -1-  K. 

Cette  condition  jointe  à  l'absence  d'aberration  en  un  [»«>int  de  rélémenl 
r/S'  est  nécessaire  mais  non  suftisante  (invariant  particulier)  pour  la  corres- 
pondance ponctuelle  entre  f/S  et  f/S'. 

Dans  le  cas  plus  particulier  où  l'on  obtiendrait  une  image  plane  sans  dis- 
torsion, perpendiculaire  à  l'axe,  d'un  objet  plan  [)erpendicnlaire  à  l'axe  dé 
dimensions  linies  (problème  de  l'objectif  photographique),  on  aurait  en  dési- 
gnant par  v  et  v' les  distances  à  l'axe  des  points  correspondants  de  Tobjel 
et  de  l'image 

siii  a'  =[  —,  —.  jsiiu/  +  K(r) 

et  la  connaissance  de  la  fonction  K  en  fonction  de  y  [obligatoirement 
K(o)  =  oj  suffirait  à  faire  connaître  complètement  la  correspondance  des 
espaces  image  et  objet  (si  celle-ci  est  possible,  c'est-à-dire  si  l'on  peut  satis- 
faire en  même  temps  aux  conditions  plus  complexes  posées  par  la  considé- 
ration de  l'invariant  général). 

Raison  (les  aberrations  rcnconlrèes  dans  les  systèmes  centrés.  —  L'homogra- 
phie de  Gauss  suppose  ([ue  les  invariants  des  systèmes  de  rayons  seraient 


«-^     «^  s  \  •-'      •-  (il  / 


li^^  n  f  ds  (    f       j-  du 


=  n  i  dsl    / 


où  7  désigne  l'angle  du  rayon  principal  de  l'élément  d'angle  </w  (respecti- 
vement du)  avec  l'axe  du  système  optique  centré. 


678  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


Èr.EGTRicITÉ  INDUSTRIELLI::.  -  Sur  la  transmission  Iclc graphique  dr s  plioln- 
graphies^  drssins  et  écritures.  Note  (')  de  M.  Edouard  Beliiv,  présentée 
par  M.  Maurice  Leblanc. 

La  méthode  téléphotograpJdque  que  nous  avons  proposée  pour  la  première 
fois  en  1907  est  basée  sur  l'utilisation  de  reliefs  que  présentent,  après 
développement,  certaines  épreuves  photographiques  et,  d'une  manière 
générale,  sur  l'utilisation  de  tout  tracé  en  relief. 

Le  problème  se  pose  de  la  manière  suivante  : 

Au  départ,  traduire  les  variations  de  reliefs  en  variations  électriques 
d'intensités  correspondantes. 

A  l'arrivée.,  traduire  les  variations  d'intensités  électriques  en  variations 
lumineuses  correspondantes. 

Enfin,  assurer  le  parfait  synchronisme  des  organes  correspondants  des 
deux  postes. 

Le  poste  de  transmission  comprend  un  cylindre  métallique  sur  lequel  est 
transférée  l'épreuve  à  transmettre.  Cette  dernière  est  une  copie  tirée  du 
cliché  original,  sur  papier  à  la  gélatine  bichromatée.  (Contre  ce  cylindre 
s'appuie  une  pointe  placée  à  Textrémité  d'une  lame  llexible  portant,  du  côté 
opposé,  une  saillie  arrondie  en  contact  pernjanenl  avec  le  centre  delà  mem- 
brane d'un  microphone  spécial. 

Ce  microphone  doit,  en  ed'et,  avoir  une  origine  rigoureusement  fixe,  des  résistances 
intérieures  toujours  semblables  pour  les  mêmes  pressions  et  sa  construction  doit  per^ 
mettre  de  l'employer,  en  régime  permanent,  sous  une  intensité  relativement  élevée. 
Sur  une  plaque  de  fond  en  charbon  est  fixée  une  feuille  de  mica  percée,  excentrique- 
ment,  d'une  seule  ouverture  circulaire  de  [,',  de  millimètre  environ,  0(1  est  logé  un  seul 
granule  de  charbon  dont  le  diamètre  est  de  j''„  à  {J  de  millimètre.  Contre  lui  s'appuie 
la  membrane  montée  sur  le  l^oîtier  de  manière  à  l'immobiliser  complètement. 

Dans  ces  conditions,  l'instrument  est  très  sensible  et  les  variations  de  sa  résistance 
intérieure  sont  pratiquement  proportionnelles  aux  variations  de  pression. 

Le  microphone  étant  relié  à  la  ligne  et  le  cylindre  portant  l'épreuve  en  relief  tour- 
nant d'un  mouvement  uniforme  en  se  déplaçant  parallèlement  à  son  axe,  les  reliefs 
exercent  des  pressions  variables  sur  la  membrane,  et  l'intensité  du  courant  télégra- 
phique traduit  exactement  les  variations  de  transparence  du  cliché  original. 

Le  poste  de  réception  comprend  : 
Un  oscillogTaplie  Blondel. 

(')  Séance  du  20  jan>ier  1922. 


SÉANCE    DU   6    MARS    1922.  679 

La  source  lumineuse  doit  vive  puncllfonue  cL  rigoureusemenl  constanle.  Nous  nous 
servons,  dans  ce  but,  d'une  pelile  lampe  à  arc  en  vase  clos  dont  le  pôle  positif  est  cens- 
lilué  par  une  sphère  métallique;  en  avant  d'une  première  lentille  condensalrice  est 
placé  un  diaphragme  devant  lequel  se  trouve,  immédiatement,  une  seconde  lentille 
formant  objectif.  L'image  réduite  de  la  sphère  lumineuse  se  produit  exactement  sur 
le  miroir  M  de  l'oscillographe,  l'image  du  diaphragme  se  trouvant  elle-même  reportée 
très  au  delà,  sur  le  faisceau  rélléchi;  le  tout  est  disposé  f)0ur  ([ue  ce  dernier  soit  dans 
un  plan  horizontal.  A  l'endroit  où  se  forme  rimai;edu  diaphragme,  le  faisceau  réfléchi 
rencontre  une  lentille  convergente  aplanétique  et  forme  ainsi,  au  delà  de  celte  lentille. 
en  un  point  M',  l'image  du  miroir.  C'est  en  ce  point  M'  que  passent,  suivant  une 
hélice  identique  à  celle  que  décrit  la  pointe  exploratrice  de  transmission,  la  surface 
photographique  sensible  (pellicule  ou  papier)  destinée  à  enregistrer  l'image  récep- 
trice. La  lumière  tombe  d'ailleurs  sur  la  surface  par  un  tube  fermé  par  une  plaque 
d'argent  où  est  pratiqué  un  trou  de  diamètre  égal  au  pas  de  cette  hélice. 

Immédiatement  en  avant  de  la  lentille  L,  est  placé  un  écran  de  verre  d'opacité 
croissante,  allant  de  la  transparence  parfaite  au  noir  absolu.  Si,  en  shuntant  le  galva- 
nomètre, on  a  convenablement  réglé  l'écart  maximun)  du  faisceau  rélléchi,  le  spot 
tombe,  pour  chaque  déviation  du  miroir,  sur  une  région  déterminée  de  cette  iiamme 
de  teintes  G  et  la  lumière  que  reçoit  la  préparation  photographique  est,  par  suite, 
proportionnelle  à  l'intensité  du  courant  transmis.  On  conçoit  aisément  qu'en  retour- 
nant la  gamme  de  teintes  ou  en  employant  une  gamme  double  symétrique  on  puisse 
obtenir  à  volonté,  à  la  réception,  une  épreuve  positive  ou  négative. 

Nous  assurons  actuellement  le  synchronisme  de  nos  appareils  en 
employant  la  méthode  de  remise  à  l'heure. 

Lorsqu'il  s'agit  de  transmettre  seulement  des  tracés  au  trait  ne  compor- 
tant que  du  noir  ou  du  blanc  (dessins,  écriture,  etc.),  le  microphone  de  la 
transmission  est  remplacé  par  un  interrupteur  constitué  par  une  équerre 
rigide,  contre  laquelle  s'appuie  une  mince  lame  de  ressort.  Cette  lame  porte 
à  son  extrémité  la  pointe  explorati^ce  et  le  tout  est  fixé  dans  une'  monture 
rigide  avec  deux  vis  micrométriques,  dont  l'une  a  pour  but  d'avancer  ou 
d'éloigner  tout  le  système  interrupteur  et  dont  l'autre  permet  de  régler  la 
sensibilité  de  l'instrument  en  armant  plus  ou  moins  la  lame  flexible  F  parle 
recul  ou  l'avancement  de  l'é({uerre  E. 

Le  passage  des  traits  en  relief  actionne  Tinterrupteur  et  provoque  l'émis- 
sion brusque  du  courant  sur  la  ligne.  La  batterie  qui  le  fournit  est 
accompagnée  d'une  résistance  pour  éviler  sa  mise  en  court-circuil . 

A  la  réception,  la  gamme  de  teintes  est  remplacée  par  un  diaphragme 
rectangulaire  à  joues  d'écartement  variable  et  dont  le  rôle  est  de  permettre 
à  la  lumière  de  traverser  la  lentille  ou  bien  de  l'en  empêcher.  Là  encore,  la 
position  du  diaphragme  permet  d'obtenir  à  volonté,  soit  une  épreuve 
positive,  soit  une  épreuve  négative. 


68o 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


rSotre  appareil  peut  être  rendu  réversible  et  être  à  volonté  utilisé  comme 
transmetteur  ou  comme  récepteur.  Mais  les  nécessités  du  reportage  nous 
ont  amené  à  réaliser  un  type  d'appareil   seulement  transmetteur  tout  à  fait 


Appareil  liaiisiiicUiiir  (joilalif  en  ordre  de  iiiarclic. 

portatif.  Il  a  Taspect  et  les  dimensions  d^un  phonographe  et  a  permis, 
depuis  quelques  mois,  à  des  reporters  d'un  grand  Journal  parisien  de  trans- 
mettre soit  de  France,  soit  de  l'étranger,  sous  le  nom  de  Helino  grammes  y 
des  photographies  d'actualités  immédiates. 

Indépendamment  de  nombreuses  expériences  poursuivies,  depuis  plu- 
sieurs années,  en  France  sur  divers  circuits  de  l'Administration  des  P. T. T. 
et  sur  la  ligne  particulière  reliant  nos  laboratoire^;  de  Paris  et  de  Lyon -, 
indépendamment  aussi  des  reportages  télépholugraphi<jues  rappelés  ci- 
dessus,  il  convient  de  mentionner  les  expériences  particulières  suivantes  : 

i^  Transmission  de  textes  et  de  photographies  le  il\  novembre  1920 
entre  New-York  et  Saint-Louis,première  transmission  de  cegenre  effectuée 
en  Amérique  ; 

2"  Transmission  d'empreintes  digitales  de  signalements  et  de  clichés 
anthropométriques,  l'été  dernier,  entre  Lyon  et  Paris  ; 

J*'  Transmission,  sur  la  même  ligne,  de  textes  chinois  et  japonais,  dont 
les  caractères  extrêmement  nombreux  ne  se  prêtent  pas  à  la  transmission 
télégraphique  ordinaire. 


SÉANCE   DU   6    MARS    1922.  68 1 

CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  l'élimination  de  la  chaleur  de  réaction  dans  la  syn- 
thèse de  r ammoniaque  par  les  hyperpressions.  INote  (')  de  M.  Georges 
Claude,  présentée  par  M.  d'Aï  sonval. 

J'ai  expliqué  récemment  (-)  que  daus  la  synthèse  de  Tammoniaque  par 
les  hyperpressions,  l'élimination  de  la  chaleur  de  réaction  à  travers  la  paroi 
très  épaisse  des  tubes  de  réaction  développait,  du  fait  de  la  température 
plus  élevée  des  couches  internes  du  métal,  des  pressions  parasites  suffisantes 
pour  provoquer  la  rupture  des  tubes. 

Pour  surmonter  cette  difficulté,  il  suffit,  comme  je  Tai  dit,  d'uniformiser 
la  température  dans  toute  l'épaisseur  de  la  paroi,  en  immergeant  le  tube 
dans  un  calorifuge  approprié,  amiante  ou  kieselguhr  (').  Mais  il  faut  alors 
avoir  recours  à  d'autres  movens  pour  évacuer  la  chaleur  de  réaction. 

Celui  que  j'utilise  est  basé  sur  le  fait  qu'avec  les  coefficients  de  combi- 
naison voisins  de  5o.pour  100  conférés  par  l'emploi  de  pressions  d'un  millier 
d'atmosphères,  la  chaleur  dégagée  par  la  réaction  équivaut  à  un  échauffe- 
roent  voisin  de  5oo^des  gaz  réagissants,  échaullément  d'ailleurs  impossible, 
car  les  conditions  de  l'équilibre  en  seraient  bouleversées.  Mais,  si  la  chaleur 
deréaction  dégagéepar  une  certaine  masse  de  gaz  est  transportée  à  une  masse 
égale  de  gaz  comprimés  frais  prise  à  la  température  ambiante,  elle  sera 
précisément  capable  d'amener  cette  masse  à  la  température  de  réaction. 

Dès  lors,  j'ai  complètement  abandonné  le  procédé  habituel  qui  consiste 
à  échauiler  les  gaz  à  traiter  dans  un  échangeur  de  température  aux  dépens 
de  la  chaleur  des  gaz  sortants,  à  les  amener  ainsi  au  tube  à  réaction,  déjà 
échauffés  à  la  température  de  réaction,  et  à  évacuer  au  dehors,  à  travers  la 
paroi,  toute  la  chaleur  de  réaction.  Dans  ma  méthode  actuelle,  les  gaz  sont 
introduits  dans  le  tube  de  catalyse  sans  avoir  été  échauffés  au  préalable  et 
sont  échauffés  dans  l'intérieur  du  tube  aux  dépens  de  la  réaction^  à  mesure 
de  celle-ci. 

A  cet  effet,  les  gaz  froids  entrants  circulent  dans  l'espace  annulaire 
compris  entre  le  tube  extérieur  épais  et  un  tube  intérieur  mince  contenant 


(*)  Séance  du  ■?.-  février  1922. 

(■-)  Comptes  rendus^  t.  174,  1922,  p.  107. 

(^)  Pour  caractériser  le  rôle  de  cet  isolement,  qui  n'a  pas  pour  but,  à  l'enconlre 
des  pratiques  usuels,  d'éviter  des  pertes  de  clialeur,  je  lui  ai  donné  le  nom  d'isole- 
ment isotherme. 

C.  R.,  J922,  I"  Semestre.  (T.  174,  iN"  10.)  ^^ 


682  ACADÉMIE   DES  ^SCIENCES.' 

la  matière  catalysante,  et  s'échauffent  progressivement  aux  dépens  de  la 
chaleur  de  réaction.  Un  isolement  approprié  du  tube  mince  gradue  cet 
échauffement  de  telle  sorte  que  la  quantité  de  chaleur  enlevée  en  chaque 
point  du  tube  par  les  gaz  extérieurs  entrants  est  justement  égale  à  la  quantité 
de  chaleur  dégagée  en  ce  point  par  la  réaction.  Or,  vers  l'entrée  des  gaz 
froids,  c'est-à-dire  vers  la  sortie  des  gaz  ayant  réagi,  la  différence  de  tempé- 
rature entre  les  deux  courants  de  gaz  est  très  grande  et  la  réaction  peu 
intense  :  l'épaisseur  du  calorifuge  y  doit  donc  rtre  très  grande.  Au  contraire, 
vers  l'entrée  sur  la  matière  catalysante,  l'écart  de  température  est  faible, 
la  réaction  intense  :  l'isolant  doit  donc  être  très  mince  en  cette  région, 
pour  évacuer  beaucoup  de  chaleur  malgré  ce  faible  écart.  On  trouve 
aisément  que,  dans  l'ensemble,  la  section  du  calorifuge  le  long  d'une 
génératrice  doit  être  une  courbe  d'allure  parabolique. 

La  condition  désirée  ainsi  satisfaite,  la  chaleur  de  réaction  étant  trans- 
portée sur  les  gaz  réagissants  à  mesure  de  sa  production,  la  réaction  peut 
ainsi  se  poursuivre  d'un  bout  à  l'autre  du  tube  à  la  température  la  plus 
favorable  pour  concilier  une  forte  vitesse  des  gaz  et  une  bonne  teneur  en 
ammoniaque. 

Les  résultats  pratiques  fournis  par  cette  méthode  sont  excellents,  et  c'est 
ainsi  que,  depuis  plus  d'un  an,  fonctionnent  mes  appareils. 

Si  l'on  veut  cependant  utiliser  des  pressions  moindres  de  looo'"^^'",  il  est 
naturellement  nécessaire  d'échaullér  quelque  peu  les  gaz  à  traiter  avant 
leur  entrée  dans  le  tube.  On  y  arrive  aisément  en  les  faisant  passer  dans  un 
serpentin  plongé  dans  un  bain  d'eau  que  chauffe  un  autre  serpentin  tra- 
versé par  les  gaz  sortants  :  en  renouvelant  plus  ou  moins  vite  l'eau  du  bain, 
on  règle  la  température  d'entrée  à  la  valeur  la  plus  convenable . 

Ainsi  suggérée  par  des  nécessités  toutes  fortuites,  cette  solution  s'est 
trouvée  dotée  par  surcroît  d'avantages  très  précieux.  L'un  des  plus  intéres- 
sants est  que,  les  gaz  arrivant  froids  autour  du  tube  contenant  le  catalyseur, 
et  ne  s'échauffant  que  peu  à  peu,  le  tube  extérieur  ne  doit  supporter  la 
haute  température  —  qui  seule  peut  le  fatiguer  à  la  longue  —  que  tout  à  fait 
au  bout  opposé  à  l'arrivée,  où  il  est  aisé  de  lui  donner  un  supplément 
d'épaisseur.  De  là  une  augmentation  de  la  vie  des  tubes  :  celle-ci  approche 
déjà  de  4ooo  heures  dans  les  appareils  que  j'ai  en  service.  Une  consé- 
quence encore  plus  importante  du  fait  que  le  bout  du  tube  côté  de  l'arrivée 
des  gaz  est  à  peu  près  à  la  température  normale,  c'est  que  toute  difficulté  de 
joint  à  la  tête  mobile  qui  ferme  le  tube  est  supprimée.  On  a  pu  dès  lors 
constituer  de  cette  tête  et  du  tube  renfermant  la  matière  catalysante  un 


SÉANCE   DU   6    MARS    1922.  683 

ensemble  léger  et  facilement  amovible,  qu'on  peut  enlever  quand  cette 
matière  est  hors  d'état  (ce  qui  dès  à  présent  ne  se  produit  guère  que  toutes 
les  200  ou  3oo  heures)  pour  le  remplacer  par  un  autre  tout  identique  plein 
de  catalyseur  neuf  (').  Une  simple  rotation  d'un  quart  de  tour  suffit  à 
assurer  le  joint  grâce  à  un  dispositif  à  filets  interrompus  analogue  à  celui 
des  culasses  de  canon,  et  comme  le  tube  extérieur  reste  en  p'ace,  dans  son 
calorifuge,  à  sa  température,  le  remplacement  de  la  matière  catalysante  se 
fait  avec  autant  de  facilité  que  celui  des  cartouches  d'un  canoi. 


CHIMIE  ANALYTIQUE.  —  Sw  le  closcige  du  soLifre  dans  les  pyrites  de  fer. 
Note  C^)  de  MM.  G.  Chaudron  et  G.  Ju<iE-BoiRARD ,  présentée  par 
M.  H.  Le  Chalelier. 

La  méthode,  généralement  recommandée  pour  le  dosage  du  soufre  dans 
les  pyrites,  consiste  à  le  transformer  en  acide  sulfurique  au  nioyen  de  Tcau 
régale.  Sur  les  conditions  de  cette  réaction,  les  traités  d'analyse  donnent 
des  indications  très  différentes  et  ils  signalent  comme  un  incident  courant 
la  mise  en  liberté  de  soufre. 

Nous  nous  sommes  efforcés  dans  ce  travail  de  déterminer  les  facteurs 
dont  dépend  cette  séparation  accidentelle  du  soufre. 

Le  bisulfure  de  fer  FeS-  existe  sous  deux  formes  :  la  pyrite  cubique  qui 
cristallise  dans  le  système  cubique  et  la  marcassite  ou  pyrite  blanche,  qui 
cristallise  dans  le  système  rhombique.  Los  pyrites  de  fer  renferment  parfois 
des  quantités  notables  de  sulfure  de  cuIn  re  et  de  zinc. 

Nous  avons  fait  l'attaque  avec  des  liqueurs  de  compositions  variant 
depuis  l'acide  nitrique  concentré  (densité  i,4),  jusqu'à  l'acide  nitrique 
additionné  de  trois. fois  son  volume  d'acide  chlorhydrique  concentré  (den- 
sité 1,2). 

Nous  avons  opéré  à  différentes  températures,  obtenues  en  agitant  éner- 
giquement  le  vase  d'attaque,  en  verre  mince,  dans  un  bain  d'eau  maintenue 
à  température  constante. 


(1)  Un  de  ces  ensembles,  pour  chacun  des  quatre  lubes  catalyseurs  d'une  installa- 
tion de  cinq  tonnes  de  NH^  par  jour,  ne  pèse,  matière  calalvsante  etengrenages  compris, 


que  80'^s 


(-)  Séance  du  27  février  1922. 


684 


ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


I.  —  Essais  sur  un  échantillon  de  pyrite. 

Les  essais  ont  été  effectués  sur  os, 5  environ  de  matière  passée  au  tamis  120. 

Le  résidu  insoluble,  inférieur  à  i  pour  loo,  a  été  pesé  avec  le  fer. 


des  essais 
1.. 

2.  . 
3.. 


10.. 
11.. 
12.. 

13.. 


Température 
de  l'attaque. 

15"  environ 


Liqueur  d'attaque. 
io""'NO^H 


io^'"MN03H  +  ^HCI 


60°  environ 


90°  environ 


joCmsl^O^H 


5cm3  jvfO^H 

io""'('n03H+|hC1 

I0cm3  ^Q3ll 


,0cm3(N0^H4-^HCI 


Fe 

■   s 

Observations. 

p.  100. 

p.  100. 

dissol.  en  6  heures,  pas  de  soufre 

46,7 

» 

» 

46,6 

52,3 

)) 

46,8 

52,21 

j                              » 

46,2 

5i,9 

)) 

» 

52,26 

dissol.  en  1  heure,  pas  de  soufre 

46,9 

52,3 

» 

46,36 

5i,4 

» 

47 

52,2 

» 

46,6 

5i,8 

dissol. en  5  min.,  filaments  de  soufre 

48 

5o 

« 

46,4 

50,87 

j) 

» 

49,8 

»  io""MN03H  +  ^HC1 

Les  essais  faits  à  90°  donnent  des  résultats  trop  faibles  en  soufre. 
Nous  avons  toujours  observé  pour  l'eau  régale  et  l'acide  nitrique  concentré 
\n\e  action  identique  sur  la  pyrite. 

II.  —  Essais  sur  un  échantillon  de  inarcassile. 
Les  essais  ont  été  effectués  sur  os, 5  de  matière,  passée  au  tamis  120. 


des  essais. 

15... 


Température 
de  l'attaque. 


Liqueur  d'attaque. 


Observations. 


•Fe 

p'  100. 


19C) 


i5°  environ        10""' (  NO^H  +  ^HCl  j         dissol.  en  i  heure,  pas  de  soufre         46,5 

,0cm3lSJ03H  »  47 

»  dissol. en  5m.,  petits  grains  de  soufre         » 

»  formation  de  globules  de  soufre         46,69 

»  io'='°'(N041 +^HCl)  dépôt  de  soufre  abondant  46,8 

Si  l'on  évite,  dans  l'attaque  à  la  température  ordinaire,  l'accélération  de 


16... 

» 

17... 

60°  environ 

18... 

70°  environ 

S 
p.  100. 

5i,9 

52 

» 
5o,2 

4o,2 


(')  Echantillon  broyé  grossièrement. 


SÉANCE   DU   6    MARS    1922.  685 

la  réaction,  il  n'y  a  pas  de  séparation  de  soufre  libre.  Vers  70°,  au  con- 
traire, le  soufre  s'agglomère;  de  même  le  défaut  de  finesse  favorise  la 
séparation  du  soufre. 

III.  —  Essais  sur  des  échantillons  de  pyrite  de  fer  contenant  d'autres  sulfures^ 
en  particulier  de  la  calchopyrite . 


iX" 

Tenipéralure 

Fe 

S 

des  essais. 

de  l'attaque. 

Liqueur  d'attaque. 

Observations. 

p.  100. 

p.  100 

20.... 

i5° 

io'=°i'('\0'H  +  ^HgA 

pas  de  soufre  libre 

42C) 

47,6 

21.... 

bain-marie 

\                                                       / 

» 

altaq 

ue  en  5  min.,  dépôt  de 

sou 

fre 

41,94 

40,8 

22.  . .  . 

1   attaque  en    \ 
\   1  temps  (2)   \ 

» 

pas  de  soufre  libre 

42,8 

48 

Les  échantillons  de  pyrite,  contenant  des  sulfures  de  cuivre  et  de  zinc,  sont 
tous  très  facilement  attaquables  par  l'acide  nitrique  ou  l'eau  régale.  Ils 
donnent  une  séparation  de  soufre  si  on  laisse  la  réaction  s'accélérer;  cepen- 
dant, après  un  contact  de  quelques  heures  avec  l'eau  régale,  à  la  tempé- 
rature ordinaire,  on  peut,  sans  inconvénient,  terminer  la  réaction  au 
bain-marie. 

Conclusions.  —  Les  variétés  de  pyrite  de  fer  facilement  attaquables,  mar- 
cassite  ou  pyrite  contenant  d'autres  sulfures,  en  particulier  de  cuivre  et  de 
zinc,  donnent  dès  que  la  température  dépasse  ôo**,  une  séparation  de  soufre. 

Si  la  réaction  se  fait  à  froid,  nous  avons  toujours  observé  une  oxydation 
totale  du  soufre;  cette  méthode  est  donc  à  préconiser  malgré  l'inconvénient 
de  la  durée  d'attaque,  variant  de  5  à  12  heures  (attaque  de  o^,5  de  pyrite 
pulvérisée,  passée  au  tamis  120,  par  10""'  d'eau  régale). 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  la  réduction  du  henzoate  d'éthyle  et  de  quelques 
autres  composés  benz-éniques  par  le  sodium  et  l'alcool  absolu.  INote  de 
M.  Hervé  de  PoiMMereau,  présentée  par  M.  Ch.  Moureu. 

J'ai  précédemment  montré  (')  que  la  réduction  de  l'a-naphtoate  d'éthyle 
par  le  sodium  et  l'alcool  absolu  donne  un  dihydrométhylnaphtalène,  et  que 
ce  même  carbure  peut  être  obtenu  en  réduisant  de  la  même  façon  l'alcool 
a-naphtylique. 


(*)   Insoluble  4,2  pour  100. 

C^)  Une  heure  à  froid,  puis  au  bain-marie. 

(*)  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  i5o3. 


686  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Bouveault  et  Blanc  ont  signalé,  d'autre  part  ('),  que  l'alcool  benzy- 
lique  ne  peut  être  obtenu  par  la  réduction  du  benzoate  d'éthyle  au  moyen 
du  sodium  et  de  l'alcool  absolu,  par  suite  de  la  formation  d'un  complexe 
solide  entre  l'éthylate  de  soude  et  l'éther-sel. 

MarkownikofF  (^),  puis  Éinhorn  et  Willstatter  (^),  ayant  réduit  l'ucide 
benzoïque  en  acide  bexahydrobenzoïque  par  le  sodium  et  l'alcool  amylique, 
il  m'a  paru  intéressant  d'étudier  à  nouveau  la  réduction  du  benzoate 
d'éthyle  par  le  sodium  et  l'alcool. 

Lorsque  l'on  fait  couler  une  solution  de  5o^  de  benzoate  d'éthyle  dans  un 
litre  d'alcool  absolu  sur  i4o^  de  sodium,  on  constate  tout  d'abord,  ainsi  que 
Bouveault  et  Blanc  l'ont  signalé,  la  formation  d'un  complexe  solide  ;  mais 
ce  composé  se  redissout  lentement  à  chaud  en  même  temps  que  se  termine 
l'attaque  du  sodium.  Après  saponification  du  mélange  on  trouve  surtout  de 
l'acide  hexahydrobenzoique  et  une  petile  quantité  d'un  alcool  tétrahydro- 
benzylique. 

Cet  alcool  tétrahydrobenzylique  C®H"CH^OH  est  un  liquide  incolore 
bouillant  à  188*^  sous  ySo™"",  il  fixe  deux  atomes  de  brome  et  donne  une 
uréthane  fusible  à  63°  ;  cette  uréthane  peut  également  fixer  deux  atomes  de 
brome  en  solution  dans  le  sulfure  de  carbone. 

Dans  cette  réduction  je  n'ai  pas  trouvé  de  toluène. 

Ces  résultats  sont  comparables  à  ceux  obtenus  par  Einhorn  et  Wills- 
tiitter  ("),  qui,  par  la  réduction  du  salicvlate  d'éthyle  au  moyen  du  sodium 
et  de  l'alcool  amylique,  ont  observé  la  formation,  à  coté  de  l'acide  cyclo- 
hexanol-ortho-carbonique,  d'acide  pimélique,  lequel  provient  vraisembla- 
blement d'une  hydrolyse  d'un  acide  tétrahydrosalicylique  qui  se  formerait 
d'abord. 

Le  benzoate  et  le  naphtoalc  d'éthyle  se  comportent  donc  de  façons  dif- 
férentes vis-à-vis  du  sodium  et  de  l'alcool  absolu. 

Cette  réduction  d'un  composé  benzénique  en  dérivés  tétra-  et  hexahy- 
drogénés,  m'a  conduit  à  rechercher  quelle  pouvait  être  l'influence  de  la 
fonction  fixée  au  noyau  benzénique  sur  la  réduction  de  ce  même  noyau  par 
le  sodium  et  l'alcool  absolu. 

Klages  (^)  a  déjà  montré  que  l'alcool  benzylique  est  ainsi  réduit  en 

(')  Comptes  rendus,  t.  137,  1908,  p.  Go. 
(2)  Berichte,  t.  25,  1892,  p.  3355. 
(■^)  Berichte,  t.  2G,  1893,  p.  391.!, 
(  ■' )  Berichte,  t.  27,  1894,  p.  33 1. 
(')  Berichte.  l.  150,  1906,  p.  258 j. 


SÉANCE   DU   6    MARS    1922.  687 

toluène.  Le  rendement  en  carbure  qu'il  indique  élant  médiocre,  j'ai  exa- 
miné à  nouveau  cette  réduction  et  n'ai  trouvé  que  du  toluène. 

La  réduction  de  l'aldéhyde  benzoïque  m'a  donné  du  toluène  et  de  l'acide 
hexahydrobenzoïque;  cela  était  à  prévoir,  puisque  l'aldéhyde  benzoïque 
forme  avec  l'élhylate  de  sodium  un  complexe  qui  peut  se  décomposer  en 
acide  benzoïque  et  en  alcool  benzylique  (^). 

Le  phénol,  le  phénethol  et  l'aniline  ne  sont  sensiblement  pas  altérés  par  le 
sodium  et  l'alcool  absolu.  ^ 

La  réduction  dans  les  mêmes  conditions  du  nitrobenzène  donne  sur- 
tout de  l'aniline,  avec  une  petite  quantité  d'hydrazobenzène,  lequel,  dans 
les  conditions  de  l'expérience,  s'oxyde  rapidement  en  azobenzène. 

En  résumé,  l'étude  de  la  réduction  par  le  sodium  et  l'alcool  d'un  certain 
nombre  de  composés  benzéniques  (acide  benzoïque,  benzoated'éthyle,  alcool 
benzylique,  aldéhyde  benzoïque,  phénol,  phénethol,  aniline,  nitrobenzène) 
indique  que,  seuls,  les  noyaux  auxquels  est  directement  fixé  un  groupement 
carboxyle  sont  facilement  réduite. 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Hydrogénation  formiqiie  des  sels  quaternaires 
d'hexaméthylênetétramine.  ?s'ote  de  MM.  Marcel  Sommelet  et  Jean 
GuioTH,  présentée  par  M.  Béhal. 

L'hexaméthylènetétramine  (CH-)^iN^  se  rapproche,  par  ses  propriétés, 
des  aminés  tertiaires  ;  elle  s'unit,  par  exemple,  aux  dérivés  halogènes 
ak'ooliques  pour  donner  des  sels  d'ammoniums  quaternaires 

(CIP)«N3^x/^CtP-R 

dont  il  existe,  aujourd'hui,  un  nombre  déjà  grand.  Ces  sels  se  prêtent  à  un 
certain  nombre  de  transformations  caractéristiques  qui  dépendent  de  leur 
peu  de  résistance  à  l'action  des  réactifs. 

L'hexaméthylènetétramine  est,  elle-même,  hydrolysée  facilement  sous 
l'iniluence  des  acides;  on  retrouve  cette  instabilité  chez  ses  sels  quater- 
naires et  M.  Delépine  a  montré  qu'ils  s'hydrolysent  dans  les  mêmes  condi- 
tions. Leur  décomposition  entraîne  alors  la  mise  en  liberté  d'aldéhyde 
formique,  d'ammoniaque  et  de  l'aminé  primaire  R  — CH-— NH-.  Cette 
dernière  prend  naissance  si  simplement  et  en  si  bon  rendement  qu'il  y  a  eu 

{')  Berichte.  l.  20.  1887.  p.  646. 


688  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

là  le  point  de  départ  d'une  méthode  fort  intéressante  de  synthèse  des  aminés 
primaires 

L'un  de  nous  (')  a  constaté,  d'autre  part,  que  certains  sels  quaternaires 
d'hexaméthylèiietétramiiie  étaient  si  peu  stables,  que  le  contact  avec  Teau 
bouillante  suffit  à  les  décomposer  :  il  se  forme,  entre  autres  produits, 
Taldéhyde  R-CHO  qui  correspond  au  résidu  R-CH-  existant  dans  le  sel 
quaternaire.  Cette  transformation  s'effectue  le  mieux  quand  elle  porte  sur 
des  combinaisons  delà  base  enyisagée  avec  des  halogénures  du  groupe  beii- 
zylique  :  on  peut  alors  l'utiliser  pour  l'obtention  d'aldéhydes  de  la  série 
benzoïque. 

Ayant  été  amené  à  rechercher  de  quelle  manière  l'acide  formique  peut 
réagir  sur  l'hexaméthylènetétramine,  l'un  de  nous  avait  constaté  que,  si 
l'on  met  les  deux  corps  en  présence  à  chaud,  il  y  a  production  d'anhydride 
carbonique  et  d'un  mélange  de  bases  où  il  a  pu,  en  collaboration  avec 
M.  Ferrand  (*),  reconnaître  la  présence  de  l'ammoniaque,  de  la  monomé- 
thylamine  et  de  la  triméthylamine,  cette  dernière  prédominant.  La  produc- 
tion de  l'anhydride  carbonique  est  l'indice  que  l'acide  formique  se  décom- 
pose de  la  manière  dont  l'équation  suivante  rend  compte  : 

H-COOH  =  C02-4-lP, 

l'hydrogène,  formé  corrélativement,  se  fixant  sur  les  éléments  de  l'hexamé- 
thylènetétramine pour  engendrer  les  méthylamines. 

Nous  nous  sommes  proposé,  dans  le  présent  travail,  d'examiner  ce  qui  se 
passe  quand,  dans  la  réaction  précédente,  on  substitue  à  l'hexaméthylène- 
tétrauiine  elle-même  l'un  de  ses  sels  quaternaires. 

Lorsqu'on  échauffe  lentement  un  mélange  d'acide  formique  et  de  chloro- 
benzylate  d'hexamétliylènetétramine,  on  observe,  dès  avant  l'ébullition,  de 
même  que  lorsqu'il  s'agit  de  la  base  libre,  un  dégagement  d'anhydride 
carbonique.  Ce  dégagement,  qui  témoigne,  ici  aussi,  d'une  action  hydro- 
génante  de  l'acide  formique,  se  poursuit  assez  longtemps;  quand  il  est 
arrivé  à  son  terme,  on  peut  isoler  comme  l'un  des  principaux  produits  de  la 
réaction  la  IS-diméthylbenzylamine  : 

La  manière  la  plus  simple  de  concevoir  le  phénomène  est  d'admettre  que 

(')   Coinpiea  rendus^  \..  157,  igiS,  p.  182. 

(■-)   liait.  Soc.  c/iim.,  4''  série,  t.  2o.  1919,  p.  457. 


SÉANCE   DU   6   MARS    1922.  689 

le  chlorobenzylale  se  transforme  par  hydrogénation  de  façon  telle  que  le 
chaînon 

fixe  deux  atomes  d'hydrogène;  le  restant  de  la  molécule  donne,  en  même 
temps,  lieu  à  la  production  d'ammoniaque  et  de  méthylamines. 

La  quantité  de  diméthylbenzylamine  ainsi  produite  correspond  à  un  ren- 
dement de  Go  à  70  pour  zoo  du  rendement  théorique;  on  ne  voit  pas  ce 
rendement  se  modifier  de  façon  importante  quand  on  fait  varier  la  concen- 
tration de  l'acide  formique  mis  en  œuvre;  on  a  employé  des  solutions 
aqueuses  contenant  25,  5o  et  80  pour  100  d'acide  réel. 

En  présence  de  ce  mode  nouveau  de  production  d'une  aminé  tertiaire 
diméthylée  à  l'azote,  nous  avons  cherché  à  connaître  son  degré  de  généra- 
lité et,  par  suite,  sa  valeur  pratique.  \ous  l'avons,  dans  ce  but,  appliqué  à 
des  sels  quaternaires  d'hexaméthylènetétramine  appartenant  à  trois  groupes 
différents  :  1°  dérivés  acycliques  :  bromoéthylate,  lodo-fi-  butylale,  iodoal- 
lylate;  2°  dérivés  benzyliques  :  yj-éthylchlorobenzylate,  diméthyl-3.5-bro- 
mobenzylate,  les  trois  nitrobenzylales  isomériques;  3°  dérivés  phénylgras- 
iodophénopropylate,  chlorocinnamylate. 

On  a  pu,  dans  chacun  de  ces  cas  en  dehors  du  premier,  caractériser 
l'aminé  diméthylée  attendue.  Les  rendements  obtenus,  très  faibles  pour  les 
composés  du  premier  groupe,  sont  un  peu  plus  satisfaisants  pour  ceux  du 
troisième,  mais  ne  semblent  intéressants  que  pour  les  sels  quaternaires  du 
groupe  benzylique.  Il  faut  signaler  que  ces  derniers  donnent  lieu  à  une  réac- 
tion parasite  qui  consiste  dans  la  production  d'une  aldéhyde  benzoïque  et  qui 
est  relativement  importante  quand  il  s'agit  du/>-étliylchlorobenzylate  et  du 
diméthylbromobenzylate . 

Les  aminés  tertiaires  diméthylées  à  l'azote  peuvent  être  obtenues  par 
réaction  d'un  dérivé  halogène  sur  la  diméthylamine  ou  par  méthylation 
d'une  aminé  primaire.  La  méthode  que  nous  proposons  pourra,  dans 
certains  cas,  présenter  quelque  avantage  du  fait  qu'elle  ne  nécessite  la 
possession  ni  de  diméthylamine,  ni  de  l'aminé  primaire  à  méthyler. 

GÉOGRAPHIE  PHYSIQUE.  —  Observations  sur  la  sculpture  du  relicj 
par  les  glaces .  Note  de  M.  Axdré  Allix,  présentée  par  M.  Barrois. 

Les  observations  présentées  dans  la  précédente  Note  entraînent  sommai- 
rement les  déductions  suivantes  : 


690  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

i"  Le  glacier  travaille  vite  à  l'érosion  du  sol  encaissant  (sous  la  réserve 
que  cette  action  ne  se  fait  sentir  que  pendant  la  période  de  l'année  où  il  y  a 
dégel  diurne). 

2°  Le  glacier  travaille  d'autant  plus  vite  que  la  période  de  dégel  diurne 
est  plus  longue  et  que  Tamplilude  diurne  de  température  est  plus  grande; 
en  d'autres  termes,  il  travaille  plus  vite  dans  les  parties  basses  et  en  période 
de  décrue  que  dans  les  parties  hautes  et  en  période  de  crue.  Ceci  jus({u';i 
une  limite  inférieure  déterminée  par  l'importance  et  la  durée  du  regel 
nocturne. 

3°  Sur  toutes  les  parties  du  sol  qu'il  travaille  ainsi,  le  glacier  enlève  une 
épaisseur  de  roche  à  peu  près  égale  partout  (ou  du  moins  du  même  ordre  de 
grandeur),  puisque  l'épaisseur  de  la  tranche  rocheuse  enlevée  par  ce  pro- 
cessus est  indépendante  à  la  fois  de  la  pente,  du  volume  et  de  la  vitesse 
d'écoulement  du  glacier.  Son  action  sur  le  relief  n'est  donc  ni  régressive 
ni  progressive^  dans  l'ensemble,  elle  ne  peut  mieux  se  traduire  que  comme 
un  enfoncement  verticdl  sur  place. 

4^  La  rapidité  de  cette  action  par  rapport  à  l'usure  siibaéricnue  des 
versants  rend  compte  du  surcreusement  classique,  c'est-à-dire  de  l'enfon- 
cement, depuis  longtemps  observé,  de  tout  lit  glaciaire  (auge  ou  cirque)  au 
milieu  des  formes  qui  l'entourent. 

5°  L'enfoncement,  sur  place,  de  la  masse  glaciaire  seule,  explique  les 
ombilics  des  fjords  et  des  grandes  vallées  subalpines,  qui  cessent,  en  gros, 
aux  points  mêmes  où  a  cessé  le  stationnement  des  grands  glaciers  quater- 
naires. Ainsi  s'expliquent  aussi  les  ombilics  et  contre-pentes>  du  profil  en 
long  des  auges  glaciaires,  soulignant  peut-être,  au  moins  dans  les  cas  les 
plus  simples,  les  limites  successives  de  cet  enfoncement  sur  place  au  cours 
des  saccades  de  la  dernière  décrue.  Enfin,  ainsi  s'explique  l'existence,  dans 
les  cirques  et  certaines  grandes  auges,  de  parois  verticales,  d'une  netteté 
absolue,  découpant,  comme  au  couteau,  des  roches  dures  non  décomposées, 
sur  une  hauteur  de  plusieurs  centaines  de  mètres  parfois. 

G°  Dans  les  limites  altimétriques  indiquées  plus  haut,  il  existe  deux  cas 
où  le  processus  de  corrosion  n'agit  pas  : 

a.  Partout  où  la  masse  de  glace  est  interrompue,  cas  fréquent  dans  les 
cirques  composites.  Dans  ce  cas,  l'action  d'enfoncement  respecte  certaines 
zones  rocheuses;  au  bout  d'un  temps  suffisant,  elles  demeurent  en  saillie, 
oiigine  des  nunataks  et  peut-être  de  certains  verrous. 

h.  Partout  où,  entre  la  glace  et  la  roche,  s'interpose  une  couche  de 
moraine  de  fond  assez  épaisse  et  assez  continue  pour  jouer  le  rôle  d'isolant 


SÉANCE   DU   6   MARS    I922.  69I 

thermique  et  entraver  les  actions  gélives.  Dans  ce  cas,  il  y  a  encore  une 
action  du  glacier  sur  le  relief,  mais  toute  différente  :  c'est  la  friction  de  la 
roche  par  la  moraine  de  fond,  où  interviennent  cette  fois  le  volume,  la 
pente,  la  vitesse  d'écoulement  et,  pour  tout  dire,  la  pression  du  glacier. 
En  négligeant,  pour  le  moment,  le  travail  des  eaux  de  fond,  c'est  cette 
action  de  friction,  seule,  qui  avait  été  regardée  jusqu'ici  comme  responsable 
du  creusement  par  les  glaces. 

Or,  la  comparaison  des  deux  processus,  évidente  notamment  dans  la 
zone  choisie  du  Glacier  Blanc,  nous  conduit  à  penser  que  la  friction  est 
incapable  de  donner  à  la  roche  autre  chose  que  \e poli  glaciaù-etradilionnel. 
Sous  cette  forme,  le  glacier  agit  comme  une  meule-émeri  pour  polir  les 
formes  (et  seulement  dans  certains  cas,  le  poli  n'étant  pas  un  fait  général); 
mais  ces  formes  ont  été  d'abord  dégrossies,  rabotées  et  sculptées  par  les 
actions  gélives,  c'est-à-dire  par  la  corrosion  sous-glaciaire. 

La  variation  des  conditions  locales  de  détail  dans  les  diverses  zones  d'un 
glacier  peut,  semble-t-il,  expliquer  suffisamment  que  l'un  ou  l'autre 
des  deux  processus,  corrosion  ou  friction,  prédomine  en  tel  ou  tel  point,  et 
permette  ainsi,  sur  les  cas  d'espèce,  de  compléter  l'explication  des  accidents 
particuliers  du  relief  (verrous,  gouttières,  ombilics  complexes,  etc.). 

7°  L'ampleur  topographique  des  formes  glaciaires  et  leur  extension  alti- 
métrique  sont  évidemment  déterminées  par  un  phénomène  climatique,  à 
savoir  l'ampleur  des  masses  glaciaires  qui  les  ont  sculptées.  Dans  le  cas  de 
périodes  de  glaciation  croissantes,  chacune  couvrira  et  débordera  les  formes 
de  la  précédente,  c'est-à-dire,  si  elle  en  a  le  temps,  les  dévorera  sans  en 
laisser  de  traces.  Dans  le  cas  de  périodes  décroissantes,  des  formes  de  plus 
en  plus  petites  et  de  plus  en  plus  perchées  s'enfonceront  au  milieu  des  pré- 
cédentes (').  Les  débris  de  celles-ci  disparaîtront  d'autant  plus  vite  et  plus 
complètement  que  l'on  sera  dans  une  zone  plus  élevée  et  plus  centrale.  Lcr 
formes  vieilles  du  relief  glaciaire,  dans  un  massif  donné,  se  trouvent  donc 
d'autant  plus  vastes  et  d'autant  mieux  conservées  qu'on  s'abaisse  davantage 
vers  la  périphérie  du  massif;  les  reliefs  sont,  malgré  leur  hauteur  crois- 
sante, d'autant  plus  jeunes  (ju'on  se  rapproche  du  centre. 


(')  Il  en  résulte  notamment  que,  sauf  evceplions,  Tépaulement  classique  n'est  le 
reste  d'un  fond  d'ancienne  auge  que  dans  une  zone  très  étroite,  pincée  entre  l'ange 
jeune,  en  bas,  et  les  cirques  jeun-es,  en  haut. 


692  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

BOTANIQUE,  —  Sur  la  signification  de  T appareil  réticulaire  de  Golgi.  Note  de 
MM.  A.  GuiLLiERMOND  ct  G.  Mangenot,  présentée  par  M.  Gaston 
Bonnier. 

Dans  une  Note  précédente,  nous  avons  démontré  que  les  vacuoles  fila- 
menteuses et  réticulées,  à  contenu  semi-fluide  et  colorable  vitalement, 
existant  dans  les  cellules  embryonnaires  de  nombreux  végétaux  (méristème 
de  la  racine  d'Orge  pour  exemple),  sont  analogues  aux  formations  connues, 
dans  la  cellule  animale,  sous  le  nom  de  canalicules  de  Holmgren.  Dans  les 
préparations  obtenues  parles  méthodes  deRegaud,  ces  aspects  particuliers 
du  système  vacuolaire  se  traduisent  par  des  canaux  incolores,  très  sembla- 
bles aux  canalicules  de  Holmgren,  tandis  que  le  chondriome,  qu'il  est 
impossible  de  colorer  sur  le  frais,  apparaît  avec  netteté.  En  appliquant  aux 
mêmes  objets  les  techniques  utilisées  en  cytologie  animale  pour  mettre  en 
évidence  l'appareil  canaliculaire  (méthodes  de  Holmgren,  de  Bensley), 
nous  avons  reconnu  que  les  vacuoles  filamenteuses  se  comportent  comme 
les  canaux  de  Holmgren,  et  nous  avons  cru  pouvoir  conclure  que  ces 
dernières  formations,  jusqu'alors  énigmatiques,  se  rapportent  également, 
dans  la  cellule  animale,  à  certaines  phases  du  système  vacuolaire. 

On  sait  que  de  nombreux  cytologistes  identifient  à  ce  trophosponge  de 
Holmgren  V apparat  reticolare  interno  de  Golgi,  ces  formations  n'étant, 
pour  eux,  que  deux  aspects  d'un  même  système,  provoqués  par  des  tech- 
niques différentes  :  les  méthodes  de  Holmgren  et  de  Bensley  mettraient  en 
évidence  un  réseau  de  canalicules  incolores,  au  niveau  desquels,  à  la  suite 
des  réactions  constituant  la  méthode  de  Golgi  et  ses  nombreuses  variantes, 
l'argent  formerait  un  dépôt  noir.  Cependant  certains  auteurs  prétendent 
avoir  réussi  la  déteclion  simultanée,  dans  une  même  cellule,  des  canalicules 
de  Holmgren  et  du  réseau  de  Golgi,  et  soutiennent  que  ces  deux  systèmes 
sont  différents.  Sur  la  nature  même  du  réseau  de  Golgi,  on  ne  sait  pas 
grand'chose.  Pensa,  à  la  suite  d'études  sur  la  cellule  végétale,  semble 
admettre  que  l'appareil  réticulaire  correspond  à  certaines  substances 
colloïdales,  dont  l'équilibre  physique,  dans  le  cytoplasme,  est  réalisé  sous 
forme  de  filaments  anastomosés.  Enfin,  pour  de  nombreux  cytologistes,  cet 
appareil  ne  serait  qu'un  artifice  de  préparation. 

L'étude  de  la  cellule  végétale,  et  en  particulier  des  cellules  du  méristème 
de  la  racine  d'Orge, nous  a  permis  d'éclaircir  cette  question  si  controversée. 
Nous  avons  utilisé  la  méthode  de  Golgi  et  surtout  celles,   plus  sûres,  de 


SÉANCE   DU   6   MARS    T922.  693 

Cajal  et  de  Da  l^^ano;  cette  dernière  nous  a  donné  des  résultats  particulière- 
ment satisfaisants. 

Dans  les  cellules  indifférenciées  du  méristèrnc,  l'imprégnation  met  nette- 
ment en  évidence  un  appareil  réticulaire  bien  caractérisé  :  dans  tout  le 
cytoplasme,  surtout  dans  les  régions  libres  de  chaque  côté  du  noyau,  on 
voit  des  filaments  colorés  en  noir  intense,  extrêmement  tortueux,  de  largeur 
très  irrégulière,   portant  de  nombreuses  varicosités  parfois  très  volumi- 


Apparcil  réticulaire  clans  la  racine  d'Orge. 


neuses  et  anastomosées  en  réseau.  Cet  apparato  redcolare  se  superpose 
d'une  manière  très  exacte' au  système  canaliculaire  que  met  en  évidence, 
dans  les  mêmes  cellules,  la  méthode  de  Bensley,  et  correspond  sans  nul 
doute,  malgré  quelques  déformations,  aux  éléments  vacuolaires  filamenteux 
et  anastomosés  colorables  vitalement.  D'ailleurs,  si  l'on  observe,  sur  la 
même  coupe,  des  régions  plus  éloignées  de  la  pointe,  donc  plus  différen- 
ciées, on  voit  disparaître  les  réseaux  de  Golgi;  en  même  temps  on  distingue 


694  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

l'existence,  dans  le  cytoplasme  coloré  en  gris  très  pâle,  de  vacuoles  assez 
volumineuses.  Dans  les  cellules  âgées,  à  grandes  vacuoles,  l'appareil  réti- 
culairc  fait  toujours  défaut.  On  voit  donc  ici,  avec  la  plus  grande  netteté, 
que  Vapparato  reticolare  résulte  d'une  abondante  réduction  argentique 
au  niveau  des  canalicules  très  ténus  que  sont  les  jeunes  vacuoles.  On  recon- 
naît, non  moins  nettement,  que  les  systèmes  de  Golgi  et  de  Holmgren  sont 
parfaitement  correspondants  ;  mais,  comme  l'imprégnation  du  système 
vacuolaire  paraît  s'effectuer  sur  les  substances  mêmes  en  solution  dans  les 
vacuoles,  on  comprend  que  ces  dernières  puissent  se  rétracter  sous  l'in- 
fluence des  manipulationset  déterminer  des  espaces  lacunaires  incolores,  sus- 
ceptibles, dans  certains  cas,  d'être  confondus  avec  un  appareil  de  Holmgren. 

Dans  les  cellules  différenciées  où  n'existe  plus  d'appareil  de  Golgi,  rare- , 
ment  dans  les  cellules  embryonnaires,  l'argent  noircit  des  granulations  très 
fines,  des  bâtonnets  extrêmement  ténus,  groupés  par  places  en  grumeaux 
mal  définis  et  qui  paraissent  correspondre  à  un  chondriome  altéré.  Ces 
formations,  qui  se  mêlent  à  Vapparato  reticolare  dans  les  quelques  cellules 
méristématiques  où  elles  se  rencontrent,  ne  peuvent  être,  naturellement, 
confondues  avec  ce  dernier.  Il  est  cependant  vraisemblable  d'admettre  que 
des  éléments  de  même  ordre  ont  été  décrits  à  tort  comme  ap])areil  de  Golgi; 
cette  considération  permet  d'entrevoir  comment  cet  appareil,  typiquement 
réticulé,  et  qui,  selon  notre  conception,  manifeste  un  état  fonctionnel  déter- 
miné des  cellules,  a  été  décrit  absolument  partout,  avec  les  aspects  les  plus 
divers. 

En  dépit  du  peu  de  précision  de  la  métbode  de  Golgi  el  de  celles  qui  en 
ont  été  dérivées,  nos  observations  nous  conduisent  à  admettre  que  l'appa- 
reil de  Golgi,  tout  au  moins  dans  sa  forme  typique,  n'est  pas  un  artifice  de 
préparation;  c'est  bien,  comme  l'admettent  aujourd'hui  Duesberg,  Corti 
et  d'autres  cytologistes,  un  constituant  morphologique  de  la  cellule;  mais 
ces  auteurs  étaient  dans  l'incapacité  de  définir  sa  nature.  Pensa,  en  1917, 
s'est  beaucoup  rapproché  de  ce  qiie  nous  pensons  être  la  vérité,  car  il  a  vu 
que  les  éléments  filamenteux  réticulés  de  nombreuses  cellules  végétales, 
([u'il  imprègne  par  la  méthode  de  Golgi,  sont  distincts  des  chondriosomes 
colorables  vitulement,  et  résultent  de  la  disparition,  sous  des  influences 
expérimentales  diverses,  de  vacuoles  préexistantes.  Mais  le  savant  italien 
ne  pouvait  aller  plus  loin,  car  il  ignorait  l'évolution  du  système  vacuolaire. 
Aujourd'hui,  nous  croyons  être  autorisés  par  nos  recherches  à  considérer 
l'appareil  de  Golgi  comme  superposable  au  trophosponge  de  Holmgren  et 
à  assimiler  ces  deux  formations  à  certaines  figures  de  l'évolution  des 
vacuoles. 


SÉANCE    DU    6    MARS    1922.  696 

CYTOLOGIE  VÉGÉTALE.  —  L'origine  du  centrosomc  et  la  Jormcuion  du  fuseau 
chez  Slypocaulon  scoparium  (/>.)  Kûlz.  Note  de  M.  Pierre  Georgévitcii, 
présentée  par  M.  J.  Costanlin. 

Sur  l'origine  du  centrosome  chez  les  végétaux,  il  existe  encore  des  opi- 
nions contradictoires.  Pour  élucider  cette  question,  nous  avons  fait  de 
nouvelles  recherches  sur  une  Algue  marine  du  genre  Slypocaulon. 

Dans  les  cellules  apicales  de  Stypocauton^  le  centrosome  est  d'origine 
inlranucléaire  et  prend  naissance  de  la  masse  nucléolaire. 

Ce  n'est  qu'après  la  fragnientation  du  nucléole  que  le  centrosome  se 
délivre  du  nucléole,  et  ainsi  délivré  arrive  enfin  jusqu'à  la  membrane  du 
noyau,  avec  laquelle  il  reste  en  relation  intinie.  Ces  stades  de  développe- 
ment sont  très  fréquents,  et  ils  ont  été  observés  par  la  plupart  de  nos  devan- 
ciers. Les  stades  antérieurs  de  l'origine  même  du  centrosome,  ainsi  que  sa 
migration  à  travers  le  noyau  jusqu'à  sa  membrane,  esl  difficile  à  constater, 
et  surtout  sur  les  préparations  insuffisamment  différenciées.  C'est  pourquoi 
les  premiers  stades  étaient  le  plus  souvent  passés  inaperçus,  comme  nous  le 
verrons  dans  la  suite. 

Dans  les  cellules  apicales  de  celle  Algue,  on  trouve  un  grand  noyau  ne 
contenant  qu'un  seul  nucléole  arrondi,  dont  le  centre  est  occupé  par  une 
sphère  assez  grande  de  plasline.  Cette  sphère,  se  colorant  très  faiblement, 
donne  l'aspect  d'une  grande  vacuole.  Sur  la  périphérie  de  ce  nucléole  est 
concenirée  la  masse  chromatique  dans  laquelle  on  voit  un  assez  grand 
nombre  des  vacuoles.  Sur  les  préparations  bien  différenciées,  le  nucléole  est 
séparé  du  réseau  nucléaire  par  une  zone  claire.  En  outre  on  voit  au  centre 
de  la  sphère  de  plastine  du  nucléole  une  granulation  très  chromophile, 
autour  de  laquelle  se  trouve  aussi  une  zone  claire.  Cette  granulation  se 
divise  bientôt  en  doux  parties    égales  qui  prennent  l'aspect  de  baguettes. 

Chacune  de  ces  baguettes  se  divise  au  cours  du  développement  ultérieur 
en  deux  parties  inégales,  sous  forme  de  granulation,  qui  atteignent  bientôt 
les  deux  pôles  du  nucléole.  Ensuite  le  nucléole  s'allonge,  prenant  un  con- 
tour irrégulier.  Dans  sa  masse  apparail  un  grand  nombre  de  petites  vacuoles, 
causant  ainsi  la  fragmentation  du  nucléole  en  plusieurs  parties  ayant  la 
tendance  de  s'étirer. 

Grâce  à  cette  fragmentation  du  nucléole,  les  deux  paires  des  granulations 
chromophiles  se  délivrent  et  atteignent  les  pôles  du  noyau.  Pendant  ce 
temps,  le  nucléole  s'allonge  considé'rablcment  et.  à  cause  delà  vacuolisation 
qui  s'accuse  sans  cesse,  sa  masse  prend  l'aspect  fibrillaire. 


696  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Ce  faisceau  fibrillaire  occupe  le  centre  du  noyau  el  s'allonge  vers  ses 
pôles. 

Ainsi  se  forme  un  fuseau  intranuclraire,  el,  comme  on  le  voit,  d'origine 
nuclrolaire.  Les  pôles  de  ce  fuseau  d'abord  n'alteignenl  pas  la  membrane 
du  noyau.  Sur  les  pôles  Ironqués  de  ce  fuseau  on  voit  deux  granulations 
chromophiles  de  grandeur  inrgale,  autour  desquelles  apparaît  une  radia- 
tion kinoplasmatique.  Ce  n'est  que  plus  lard  que  ce  fuseau  s'allonge  et 
atlcinl  la  membrane  du  noyau,  qui  montre  une  dépression  sur  le  lien  de 
contacl,  et  sur  laquelle  se  trouvent  maintenant  les  centrosomes  bacili- 
formes. 


ZOOLOGIE.  —  Sur  un  lype  nouveau  cl  remarquable  de  Gymnosomes 
(Laginiopsis  n.  g.).  Note  de  M™''  A.  Pruvot,  présentée  par  M.  Joubin. 

Dans  la  collection  de  Gastéropodes  gymnosomes  recueillis  au  cours  des 
campagnes  de  S.  A.  S,  le  Prince  de  Monaco,  dans  la  région  des  Açores, 
se  trouve  un  animal  intéressant  par  le  fait  qu'il  semble  représenter  dans  ce 
groupe  le  terme  extrême  d'une  évolution  aberrante. 

Vivant  d'une  vie  pélagique  ou  batbyp(''lagique,  les  Gymnosomes  sont 
caractérisés,  en  général,  par  la  variété  et  le  développement  parfois  consi- 
dérable des  parties  buccales,  ventouses,  cônes  buccaux,  crochets,  radula. 
Tous  ces  organes  sont  capables  de  se  dévaginer  hors  de  la  bouche  et  d'être 
projetés  au  dehors  pour  happer  la  proie  et  la  maintenir.  Il  est  donc  assez 
surprenant  de  rencontrer  un  Gymnosome,  bien  caractérisé  d'ailleurs, 
conformé  normalement  au  point  de  vue  de  la  forme  extérieure  (corps, 
nageoires,  pied,  tentacules)  et  de  la  plupart  des  organes  internes  (cœur, 
rein,  organes  génitaux),  mais  qui  présente,  d'autre  part,  une  régression 
des  parties  buccales  allant  jusqu'à  la  disparition  complète  de  tous  les 
organes  préhensiles,  et  montre  dans  tout  le  lube  digestif  des  anomalies 
remarquables  qui  ont  leur  répercussion  sur  le  système  nerveux. 

Long  de  i3'"™  ou  1/4"""  jusqu'au  sommet  de  la  tête,  cet  animal,  pour  lequel  je  pro- 
pose le  nom  générique  de  Laginiopsis  {Lagin.  Iriloba  n.  g.,  n.  sp.),  porte  au  point 
où  est  généralement  située  la  bouche,  un  appendice  à  peu  près  long  comme  la  moitié 
du  corps,  rappelant  par  sa  forme  un  pistil  de  Liliacée,  et  ne  ressemblant  en  rien  à  une 
trompe  de  Gymnosome.  Ilélréci  sur  une  certaine  longueur,  cet  appendice  s'épanouit 
au  sommet  en  trois  lobes  charnus,  un  médian  el  deux  latéraux,  au  centre  desquels,  et 
un  peu  dorsaiement,  s'ouvre  l'orifice  antérieur  du  tube  digestif.  Sous  les  lobes  laté- 
raux pend  de  chaque  côté  un  petit  appendice  conique,  effilé.  Sous  la  loupe,  ces  lobes 
ne  contiennent  aucun  organe,  si  ce  n'est  les  deux  ganglions  buccaux,  bien  développés, 


SÉANCE   DU   6   MARS    1922.  697 

et  dont  les  coiineclifs  1res  longs  suivent  le  trajet  du  tube  digestif  jusqu'aux  ganglions 
cérébroïdes  situés  dans  la  partie  céphalique.  L'œsophage,  mince,  incolore,  transpa- 
rent, traverse  l'anneau  nerveux,  et,  aussitôt  après,  s'élargit  dorsalenient  en  une  tubé- 
rosité  qui  remonte  vers  la  partie  antérieure,  puis  se  continue  en  une  vaste  poche  ou 
jabot,  à  parois  toujours  minces  et  non  glandulaires,  qui  s'étend  en  formant  de  nom- 
breux plis  flasques,  jusqu'à  l'extrémité  postérieure  du  corps.  Cette  poche  a  une  capa- 
cité considérable;  il  semble  qu'une  fois  pleine  elle  doit  être  capable  de  distendre  les 
parois  du  corps.  De  sa  partie  inférieure  part  en  remontant  un  conduit  peu  à  peu 
rétréci,  qui  se  rend  à  une  glande  de  couleur  jaune,  assez  grosse,  située  transversale- 
ment dans  la  cavité  abdominale,  peu  au-dessous  de  l'anus.  C'est  là  certainement 
l'équivalent  du  foie  des  autres  Gvmnosomes,  dont  le  débouché  dans  le  canal  alimen- 
taire marque  l'eiiiplacemenl  mor[)hologi(|ue  de  l'estomac;  ici,  il  est  reporté  tout  près 
de  la  terminaison  du  tube  digestif  par  le  développement  de  l'œsophage  et  de  l'énorme 
jabot  dont  je  viens  de  parler.  Et  c'est  tout;  pas  de  bulbe  buccal,  ni  de  glandes  sali- 
vaires;  pas  de  sacs  à  crochets,  de  bras  à  ventouses,  ni  de  ladula. 

l*ar  la  position  des  ganglions  buccaux,  la  direction  (|ue  prennent  les  six  ou 
sept  nerfs  qui  en  partent  et  dont  l'un,  médian,  forme  deux  autres  ganglions 
plus  petits,  il  semble  que  c'est  dans  le  lobe  médian  de  la  trompe  qu'il  faul 
\oir  tout  ce  ([ui  reste  du  bulbe  buccal,  et  dans  les  lobes  latéraux,  ses  annexes, 
les  sacs  à  crochets,  tandis  que  les  petits  appendices  tentaculiformes  seraient 
les  représentants  des  cônes  buccaux.  Tout  cela  serait  définitivement  dé\a- 
giné,  incapable  de  rentrer  désormais  dans  le  corps.  Je  ne  puis  donner  cette 
interprétation  que  comme  une  hypothèse;  mais,  à  mon  avis,  c'est  la  seule 
possi])le. 

Quant  à  assigner  à  cet  animal  une  place  dans  une  des  familles  déjà  exis- 
tantes, cela  paraît  tout  à  fait  impossible.  Par  un  point  important,  l'absence 
complète  d'armature  buccale,  Laginiopsis  s'oppose  à  tous  les  autres  Gymno- 
somes,  dont  les  organes  buccaux,  diversement  dé\  eloppés,  semble  dans  les 
divers  groupes  se  balancer  et  se  suppléer  l'un  l'autre,  l'un  au  moins  étant 
toujours  très  développé.  Or  ces  organes,  qui  dominent  loule  la  biologie  de 
ces  animaux,  sont  ceux  qui  doivent,  semble-t-il,  jouer  le  plus  grand  rôle 
dans  leur  classilication,  et  passer  bien  avant  les  branchies,  et  surtout  avant 
le  pied,  organe  rudimenlaire,  dont  les  variations  n'ont  (|u'uiie  faible  impor- 
tance. Tout  l'effort  de  r(''volution  dans  cet  ordre  de  Mollusque  a  porté  sur 
le  développement  de  ces  organes  préhensiles;  et  cet  effort  a  produit  des 
séries  évolutives  divergeant  à  partir  d'un  type  moyen,  sujet  à  des  flotte- 
ments, à  des  tâtonnements,  pourrait-on  dire,  pour  aboutir  à  quelques  formes 
extrêmes  et  bien  caractérisées  par  Tatrophie  plus  ou  moins  complète  de 
l'un  ou  l'autre  de  ces  organes,  compensée  par  le  développement  exagéré 
d'un  autre,  des  bras  à  ventouses  chez  les  Pneiimoderma  ;  des  sacs  à  crochets 

C.  R,,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  10.)  -'  1 


698  [académie  des  sciences'. 

chez  quelques  Cllone.  les  Cephalobrachia  ;  de  la  lromf)e  chez  Cliopsis ,  et 
\\x?,û  c\\cz  Laginiopsis,  mais  cliez  celui-ci  d'une  façon  toute  ditrérenle. 

Basée  sur  ces  considérations,  la  classilicalion  naturelle  des  Gymnosonies 
sera  alors  élablie  comme  le  montre  le  tableau  suivant  : 

Sous-ORDKE.  —  I.  Radula  à  plus  de  3  dents  par  rangée;  des  sacs  à  cro- 
chets; mâchoire  présente  ou  absente.  8  ganglions  au  système  nerveux 
central  ; 

i'"^  famille  :  Pnrumodermatid.e  (type  :  Pneumoderma  (Juv.).  -  Des  ven- 
touses; pas  de  cônes  buccaux;  trompe  peu  développée. 

'1*"  famille  :  Glionu).!:.  —  Pas  de  ventouses;  des  cônes  buccaux  (manquent 
parfois);  trompe  peu  développée  ou  nulle. 

a.  Sous-famille  :  Nolohranchœhiw  (type  :  No/obranc/ura  Pels.).  —  Radula 
à  deux  sortes  de  dents;  une  mâchoire;  des  branchies. 

b.  Sous-famille  :  Clwm'nœ  (type:  CiionrV^iW.).  —  Radula  à  deux  sortes  de 
dents;  ni  mâchoire,  ni  branchies. 

c.  Sous-famille  :  Thliptodont/nœ  (lypc  :  Thliptodon  Boas).  — Radula  à 
trois  sortes  de  dents;  ni  mâchoire,  ni  branchies. 

3^  famille  :  Cliopsu).e  (type  :  Cliopsis  Trosch.).  —  Ni  ventouses,  ni 
cônes;  trompe  très  développée,  plus  longue  que  le  corps. 

II.  Radula  à  3  dents  par  rangée;  pas  de  sacs  à  crochets;  une  màchoiie. 
7  ganglions  au  système  nerveux  central  : 

4*^  famille  :  iVNOi'Sin.E  (type  :  Anopsia  (iist.,  =  Halopsyche  Kef.). 

m.  Ni  radula,  ni  sacs  à  crochets,  ni  mâchoire,  o  ganglions  au  syslème 
nerveux  central  : 

.5*  famille  :  L.V(;inioi'SI1).e  (type  :  Laginiopsis  u.  g.). 


PHYSIOLOGIE.  —  Utilisation,  des  diastases  tissulaires  pour  la  détermination  de 
l'organe  dont  l'insuffisance  fonctionnelle  est  la  cause  d'un  étal  patholo- 
gique déterminé.  —  Application  de  cette  méthode  cli raque  à  V étude  da  rôle 
physiologique  de  certains  organes.  Note  {  '  )  de  M.  F.  Maignon,  présentée 
par  M.  E.  Leclainche. 

La  spécificité  d'organe  des  diastases  tissulaires,  que  nous  avons  établie 
dans  notre  précédente  Note,  nous  a  permis  de  déterminer,  dans  plusieurs 
cas,  l'organe  dont  l'insuffisance  fonctionnelle  était  la  cause  d'un  état  patho- 


(')  Séance  du  20  février  igssi. 


SÉANCE   DU   6   MARS    1922.  699 

logique  donné.  Nous  examinerons  successivement  le  cas  de  la  maladie  de 
BasedoKV^  de  Veczéma  et  des  troubles  digestifs  d'origine  thyroïdienne. 

Maladie  de  Basedow.  —  Cette  affection,  que  l'on  a  considérée  longtemps 
comme  une  manifestation  d'hyperthyroïdisme,  a  été  attribuée  récemment 
par  Swieciki  à  un  trouble  surrénal  et  ovarien.  Une  première  malade,  âgée 
de  28  ans,  sans  goitre  ni  exophtalmie,  reçut,  pendant  cinq  mois  consécutifs, 
i'"^  de  diastases  thyroïdiennes,  tous  les  deux  jours,  soit  en  injection  sous- 
cutanée,  soit  en  ingestion.  On  obtint  ainsi  une  amélioration  de  l'état 
général,  avec  augmentation  de  poids  et  ralentissement  du  pouls,  mais 
aucune  action  sur  les  signes  nerveux  de  basedowisme.  On  administra 
alors,  pendant  six  semaines  et  quotidiennement,  les  diastases  de  thyroïde, 
d'ovaire  et  de  surrénale  (i'"»  de  chaque)  et,  au  bout  de  trois  semaines,  on 
constata  la  disparition  des  symptômes  nerveux.  Sur  une  deuxième  malade, 
âgée  de  54  ans,  avec  léger  goitre,  les  diastases  thyroïdiennes  amenèrent, 
en  vingt  jours,  une  amélioration  importante  de  Tétai  général  et  de  l'état 
nerveux.  Enfin,  sur  une  troisième  malade,  âgée  de  52  ans,  sans  goitre,  mais 
avec,  exophtalmie,  on  obtint  une  première  amélioration  en  vingt  jours 
d'administration  de  diastases  ovariennes;  puis  cette  an^dioration,  qui 
porta  à  la  fois  sur  Tétat  général  et  nerveux,  s'accentua  beaucoup  avec  les 
diastases  thyroïdiennes,  données  pendant  quatre  mois,  et  se  poursuivit 
encore  avec  les  diastases  surrénales  qui  terminèrent  le  traitement.  La 
malade  augmenta  de  6''S;  le  nervosisme  et  l'émotivité  disparurent  com- 
plètement; l'exorbilisnie  diminua  surtout  avec  les  diastases  surrénales.  Il 
faut  en  conclure  que  la  maladie  de  Basedow  est  un  syndrome  qui  peut 
relever  de  causes  multiples,  dont  la  détermination  est  possible  par  l'emploi 
des  diastases  tissulaires. 

Eczéma.  —  Cerlains  fails  nous  ayant  amené  à  penser  que  le  foie  devait 
jouer  un  rôle  dans  la  nutrition  des  téguments,  nous  en  avons  inféré  que  les 
diastases  hépatiques  donneraient  peut-être  des  résultats  dans  le  traite- 
ment de  l'eczéma,  et  l'expérimentation  clinique,. effectuée  chez  le  chien  et 
chez  l'hornme,  a  pleinement  confirmé  cette  manière  de  voir. 

Nous  avons  expérimenté,  nous  et  nos  élèves,  sur  une  cinquantaine  de 
chiens,  jeunes  et  vieux,  atteints  d'eczémas  à  formes  variées,  humides  ou 
croûleux.  Sur  trois  animaux  seulement,  l'administration  de  diastases  hépa- 
tiques (i°'s  en  injection  sous-cutanée  tous  les  deux  jours)  demeura  sans 
effet.  Dans  tous  les  autres  cas,  vers  le  cinquième  ou  le  sixième  jour,  com- 
mença l'assèchement  de  la  peau  et  la  chute  des  croûtes.  En  i5  à  20  jours, 
la  disparition  complète  des  lésions  fut  obtenue;  les  poils  repoussèrent,  épais 


700  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

et  réguliers.  Dans  le  tiers  des  cas  environ,  les  diastases  hépatiques  laissèrent 
persister  un  peu  de  congestion  du  derme  et  de  prurit  qui  disparurent  par 
remploi  de  diastases  thyroïdiennes. 

Chez  rhomme,  nous  ne  possédons  encore  que  quelques  observations  : 
Une  femme,  âgée  de  45  ans,  atteinte  d'un  eczéma  papulo-vésiculeux  du  dos, 
des  mains  et  des  pieds  remontant  à  12  ans  et  qui  avait  résisté  à  tous  les 
traitements;  cet  eczéma  disparut  en  1 5  jours  d'administration  de  diastases 
hépatiques  (i™s  par  jour  en  ingestion).  Autre  résultai,  tout  à  fait  semblable, 
sur  une  femme  de  5o  ans.  Disparition,  également  en  i5  jours,  d'un  eczéma 
de  la  face  et  du  corps  sur  un  nourrisson  de  i5  mois,  malade  depuis  sa  nais- 
sance, avec  un  mélange  de  diastases  de  foie,  estomac,  intestin,  pancréas. 
Par  contre,  l'eczéma  sec  séborréique  de  l'homme  nous  a  paru  plus  rebelle. 

Il  est  à  remarquer  que  ce  traitement  ne  supprime  pas  les  poussées  nou- 
velles; mais  celles-ci  sont  très  courtes,  comme  avortées,  et  vont  en  s'espa- 
çant  de  plus  en  plus. 

Action  de  la  thyroïde  sur  les  fonctions  digestives.  —  La  glande  thyroïde 
possède  des  fonctions  multiples  que  l'emploi  des  diastases  tissulaires  per- 
mettra de  préciser. 

Sur  un  enfant  de  10  ans,  atteint  de  troubles  intestinaux  depuis  sa  nais- 
sance et  d'une  croissance  ralentie,  l'administration  de  diastases  thyroï- 
diennes, en  même  temps  qu'elle  agit  sur  la  croissance,  amena  très  rapide- 
ment la  disparition  définitive  des  troubles  digestifs. 

Un  jeune  homme  de  i5  ans,  d'une  taille  de  1^,60,  avait  un  développe- 
ment cérébral  insuffisant,  en  même  temps  qu'il  présentait  des  troubles  pro- 
fonds de  la  nutrition  et  de  la  digestion  gastrique,  une  véritable  apepsie. 
L'administration  des  diastases  thyroïdiennes  amena,  en  un  mois,  le  fonc- 
tionnement normal  de  l'estomac,  avec  relèvement  de  l'appétit,  alors  que  les 
diastases  d'estomac  n'avaient  produit  aucun  effet.  Après  trois  mois  de 
médication  thyroïdienne,  le  sujet  avait  pris  G'^s  et  grandi  de  G'™.  Au  bout 
de  six  mois,  l'augmentation  de  poids  était  de  i5''^  et  l'amélioration  de  l'étal 
cérébral  très  importante. 

Irderprétation  de  certains  effets  de  i administration  de  diastases  tissulaires 
dans  des  états  pathologiques  complexes.  —  Nous  avons  montré,  dans  notre 
précédente  Note,  que  les  diastases  tissulaires  ne  peuvent,  en  aucun  cas,  pro- 
duire de  trouble  d'hyperfonctionnement.  Leur  administration  à  des  sujets 
sains  passe  toujours  inaperçue.  Sur  des  sujets  atteints  d'insuffisance  fonc- 
tioimelle  d'un  ou  de  plusieurs  organes,  l'interprétation  des  résultats  peut  être 
compliquée,  du  fait  que  le  rétablissement  fonctionnel  d'un  organe  peut 


SÉANCE    DU   6    MARS    1922.  7OI 

amener  des  troubles  nouveaux  si  l'insuffisance  primitive  avait  été  conij^onsée. 
L'action  compensatrice,  persistant  après  disparition  de  la  cause  qui  l'avait 
provoquée,  peut  à  son  tour  entraîner  une  perturbation,  qui  n'est  générale- 
ment que  passagère,  un  nouvel  équilibre,  plus  normal,  ne  tardant  pas  à  se 
substituer  à  l'ancien. 

L'administration  de  diastases  tbyroïdiennes,  qui  demeure  sans  effet  sur 
les  sujets  sains,  pourra  provoquer  des  troubles  nouveaux  et  passagers  sur 
des  sujets  atteints  d'insuffisance  de  la  glande  lliyroïde,  en  raison  des  cor- 
rélations fonctionnelles  de  cette  glande  avec  d'autres  organes,  corrélations 
qui  aboutissent  toujours  à  l'établissement  d'un  certain  équilibre  dont  le 
traitement  amène  la  rupture.  Chez  certains  sujets,  la  diminution  de  la 
tonicité  et  de  l'irritabilité  de  la  musculeuse  intestinale  peut  rire  compensée 
par  une  exagération  de  l'influx  nerveux  moteur  et  ne  pas  produire  de  cons- 
tipation. On  conçoit  alors  que  l'administration  de  diastases  intestinales 
(musculeuse  et  muqueuse  réunies),  en  rétablissant  la  nutrition  et  l'acti- 
vité fonctionnelle  de  l'organe,  entraîne  une  exagération  du  péristaltisme  et 
par  suite,  de  la  diarrhée,  qui  est,  dans  ce  cas,  la"  conséquence  d'une  exagé- 
ration de  la  commande  nerveuse  et  non  d'un  trouble  hyperfonctionnel  de 
l'intestin. 


PHYSIOLOGIE.  —  Sur  la  conditions-  physiologiques  relatives  à  la  parure 
nuptiale  périodique  chez  les  Oiseaux.  Note  de  \L  J.  Bexoit,  présentée 
parM.Widal. 

Dans  le  but  d'étudier  le  déterminisme  des  caractères  sexuels  secondaires 
chez  certains  Oiseaux,  nous  avons  porté  notre  attention  sur  quelques 
espèces  exotiques  dont  le  mâle  présente  tous  les  ans,  pendant  l'été,  à 
l'époque  de  la  reproduction,  un  changement  de  couleur  très  caractéristique. 
Nous  avons  choisi  le  Pyromelana  franciscana  et  VHypochera  chalybeata, 
vulgairement  appelés,  l'un  Ignicolore  ou  Multicolore,  l'autre  Combussou  ou 
Comhasson. 

Pendant  la  saison  froide,  les  mâles  et  les  femelles  de  ces  deux  espèces  sont 
presque  impossibles  à  distinguer  les  uns  des  autres  :  les  couleurs  du  plu- 
mage sont  identiques  dans  les  deux  sexes.  Sans  entrer  dans  trop  de  détails 
descriptifs,  disons  que,  en  hiver,  l'ignicolore  (mâle  ou  femelle)  porte  des 
plumes  d'une  coloration  noir  brun.  Le  ventre  est  blanc.  Lorsque  appa- 
raissent les  premiers  beaux  jours,  les  couleurs  du  mâle  se  modifient  :  la 


^02  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

tête  et  le  ventre  deviennent  d'un  Jjeau  noir,  et  une  large  et  magnilique  col- 
lerette de  plumes  rouge  vermillon  apparaît  sur  la  nuque  et  la  gorge  de 
Foiseau.  Cette  superbe  parure  de  noce  dure  tout  l'été,  et  régresse  lentement, 
à  la  fin  de  la  période  des  amours. 

Le  Combassou  (mâle  ou  femelle)  présente  aussi  en  hiver  un  plumage 
terne.  Lorsque  le  mâle  entre  dans  la  période  de  reproduction,  son  plumage 
devient  entièrement  noir  bleu  marine,  à  l'exception  de  quelques  plumes  des 
ailes  et  de  bi  queue. 

La  parure  de  noces  du  mâle  constitue  donc,  chez  ces  deux  espèces,  un 
caractère  sexuel  secondaire  à  évolution  cyclique  annuelle.  Nous  basant  sur 
ce  fait  que  chez  tous  les  Vertébrés  l'apparition  des  caractères  sexuels 
secondaires  sont  sous  la  dépendance  de  la  sécrétion  interne  du  testicule, 
comme  M.  Pézard,  notamment,  l'a  montré  avec  une  grande  précision  chez 
les  oiseaux,  nous  avons  étudié  la  structure  histologique  de  cet  organe  chez 
les  Ignicolores  et  les  Combassous,  aux  divers  stades  du  cycle  évolutif  de 
leur  parure  de  noces,  afiu  de  tenter  de  préciser  le  substratum  histologique 
de  la  sécrétion  interne  qui  détermine  ce  caractère  sexuel. 

Nous  avons  évité  d'utiliser  les  techniques  histologiques  banales,  qui  ne 
renseignent  pas  assez  exactement,  pour  des  objets  aussi  délicats,  sur  l'état 
physiologique  des  cellules.  Nous  nous  sommes  servi  d'une  méthode  cytolo- 
gique,  qui  met  bien  en  évidence  les  états  de  repos  ou  d'activité  sécrétoire 
des  éléments  cellulaires. 

Voici  les  faits  que  nous  avons  observés  : 

En  ce  qui  concerne  l'Ignicolore,  nous  avons  étudié  les  testicules  d'Oiseaux 
qui  perdaient  leur  parure,  qui  l'avaient  complètement  perdue  depuis  quelque 
temps,  et  qui  étaient  en  train  de  la  reprendre  depuis  un  mois  (*).  Dans  les 
trois  cas,  les  tubes  séminifères  sont  au  repos  complet  :  ils  renferment  des 
cellules  de  Sertoli  et  de  grosses  spermatogonies  d'hiver.  Le  tissu  interstitiel 
au  contraire  présente  des  différences  marquées  : 

1°  et  2.°  Dans  le  cas  de  l'Ignicolore  en  train  de  perdre  sa  parure  de  noces  et 
de  l'Ignicolore  complètement  dépourvu  de  cette  parure,  le  tissu  interstitiel, 
très  abondant  comparativement  au  volume  des  tubes  séminifères,  est  cons- 

(')  11  est  assez  difficile  de  distinguer  les  Ignicolores  qui  perdent  de  ceux  qui 
acquièrent  leurs  couleurs.  Cependant  les  plumes  des  premiers  sont  complètement 
développées,  et  elles  tombent.  Celles  des  seconds,  au  contraire,  présentent  diverses 
tailles  :  elles  sont  en  voie  de  croissance.  Mais  la  meilleure  garantie  est  encore  de 
suivre  les  Oiseaux  avant  de  les  tuer.  (3n  est  ainsi  certain  que  la  parure  régresse  ou 
progresse. 


SÉANCE    DU    6    MARS    I922.  7o3 

litué  par  de  nombreuses  cellules  à. protoplasme  très  rare,  et  qui  présentent 
tous  les  signes  du  repos  glandulaire  à  peu  près  complet. 

3°  Le  testicule  des  Ignicolores  dont  la  livrée  a  réapparu  depuis  un  mois 
présente,  à  côlé  des  tubes  séminifères  embryonnaires,  un  tissu  interstitiel 
qui  sécrète  très  activement, 

.  Nous  avons  fait  la  même  élude  dans  les  mêmes  condilions,  chez  le  Com- 
bassou  : . 

1°  Gombassou  en  train  de  perdre  ses  couleurs  :  les  tubes  séminifères 
sont  revenus  au  repos.  Le  tissu  interstitiel  est  formé  par  de  petites  cellules, 
sécrétant  peu  ou  pas. 

2''  Combassous  complètement  dépourvus  de  leur  parure  nuptiale.  Dans 
un  cas  :  aucun  phénomène  sécrétoire  dans  le  tissu  interstitiel  abondant. 
Certaines  cellules  interstitielles  sont  bourrées  de  grains  de  pigment.  Dans 
un  autre  cas  :  sécrétion  discrète. 

3*"  Combassous  reprenant  leurs  couleurs  depuis  quelques  semaines  :  la 
livrée  est  bleu  marine.  Il  reste  cependant  encore  sur  le  dos  des  plumes 
brun  jaune,  et  des  plumes  blanches  sur  le  ventre.  Les  tubes  séminifères 
sont  toujours  au  repos  complet.  Certaines  cellules  interstitielles  augmentent 
de  volume,  et  leur  protoplasme  contient  des  vacuoles  de  graisse. 

4°  Combassou  ayant  acquis  la  parure  de  noces  complète.  Les  tubes 
séminifères  sont  un  peu  plus  larges  que  dans  les  cas  précédents.  Dans 
certains  d'entre  eux  apparaît  déjà  une  lumière.  Ils  se  préparent  à  la  sperma- 
togenèse.  Entre  ces  tubes  on  voit  des  cellules  interstitielles  volumineuses. 
Elles  sécrètent  abondamment  et  contiennent  des  grains  fuchsinophiles  et 
osmiophiles. 

5'-  Combassou  ayant  acquis  sa  parure  de  noces,  comme  le  précédent  :  le 
testicule  très  augmenté  de  volume,  est  en  pleine  spermatogenèse:  les  tubes 
séminifères,  très  dilatés,  contiennent  tous  les  éléments  de  la  lignée  sémi- 
nale, jusqu'aux:  spermatozoïdes.  Le  tissu  interstitiel  est  réduit,  dans  les 
carrefours  intertubulaires,  à  quelques  cellules  glandulaires,  volumineuses; 
gorgées  de  produits  de  sécrétion,  et  orientées  autour  des  capillaires  san- 
guins. 

Ces  constatations  nous  amènent  aux  interprétations  suivantes  : 

i*^  Il  existe  une  corréhilion  étroite  entre  rétut  de  la  glande  interstitielle 
testicujaire  et  Vètat  de  la  parure  nuptiale. 

Quand  ce  caractère  sexuel  régresse  ou  est  absent,  les  cellules  intersti- 
tielles présentent  tous  les  caractères  morphologiques  du  repos  fonctionnel 
presque  complet  (très  peu  de  protoplasme  et  absence  presque  totale  de 
produits  sécrétés). 


7o4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Quand  la  parure  nuptiale  fait  son  apparition,  les  cellules  interstitielles 
commencent  à  présenter  les  caractères  cytologiqucs  d'éléments  glandulaires 
(augmentation  nette  du  volume  du  protoplasme  et  élaboration  des  produits 
de  sécrétion). 

Quand  la  parure  nuptiale  est  complètement  développée,  les  cellules  inters- 
titielles sont  volumineuses  et  en  plein  travail  sécrétoire. 

2°  Il  n'existe  (lucime  corrélation  entre  ce  même  caructèrc  sexuel  et  la  glande 
séminale  intratubulaire. 

Chez  les  Oiseaux  dont  la  parure  nuptiale  se  développe,  les  tubes  sémini- 
fères  sont  encore  au  repos  complet;  ils  ne  renferment  toujours  que  les 
cellules  nourricières  et  les  spermatogonies  d'hiver.  Ce  n'est  que  chez  les 
Oiseaux  à  parure  nuptiale  complètement  développée  ou  sur  le  point  de 
l'être  que  la  spermatogenèse  commence  à  s'installer. 

Par  conséquent,  puisque  les  caractères  sexuels  secondaires  se  développent 
alors  que  la  glande  séminale  est  toujours  au  repos,  et  alors  que  la  glande 
interstitielle  est  en  travail  sécrétoire,  nous  avons  le  droit  d'affirmer  que  les 
éléments  sexuels  n'ont  aucune  action  sur  ces  mêmes  caractères  et  que  tout 
se  passe  comme  s'ils  étaient  sous  la  dépendance  de  la  glande  à  structure 
endocrine  intertubulaire.  Ces  oiseaux  rentreraient  donc  dans  la  loi  géné- 
rale établie  tout  d'abord  chez  les  Mammifères,  et  confirmée  chez  les  Oiseaux 
par  des  Cilleuls  et  surtout  par  les  expériences  de  Massaglia. 


BIOLOGIE.  —  Convergence  ou  i^ariation  parallèle  dans  le  genre  Halimede 
(Lépidopt.  Satyridte).  Note  (  '  )  de  MM.  Cn.  Obektiiur  et  C.  Houlbert, 
présentée  par  M.  E.-L.  Bouvier. 

L'examen  de  nombreuses  formes  appartenant  au  genre  Halimede,  tel  que 
nous  l'avons  défini  dans  notre  dernière  Note,  nous  a  montré  que,  si  ce  genre 
est  bien  caractérisé  par  le  dessin  de  ses  ailes  inférieures,  ce  dessin  présente 
néanmoins  des  variations  dont  il  est  utile  de  fixer  l'allure. 

Nous  avons  réuni,  sous  les  n°'  i,  2,  3,  4,  etc.,  de  la  Planche  I,  huit 
exemplaires  à'Halimede  asiatica  Obthr-Houlb.  provenant  des  régions  sud- 
occidentales  de  la  Chine;  or,  quelle  que  soit  la  localité  considérée,  nous 
observons,  dans  le  dessin  de  l'aile  inférieure,  en  dessous,  une  complication 
graduelle  des  lignes  transversales,  laquelle,  partant  de  la  simple  mouche- 
ture du  bord  antérieur  {fig.   i),  aboutit  à  l'élégant  festonnement  de  la 

(')  Séance  du  i-  février  1922. 


SÉANCE    DU    6   MARS    Icj2  2, 


llAMMinii:    ASIATKA. 


noD 


ri.  /. 


Les  perfeclionn.nie.Us  graduels  du  dessin  des  ailes  inféiieiucs  (1   à  8) 
chez  Halimede  asiatica  Obtlir-Houlb. 


7o6 


A.CADEM1E    DES   SCIENCES. 


11ali.\ii:I)e  MKNETniKSf. 


PI.  IL 


I.cs  [K'iiVcliontii'iiieiits  f^i'Hiliiels  du  cles'iin  des  iiilcs  ini'érieui-cs  (1  a 
chez  lluli/iicdc  3/enc/ii:-'s/  <  ibllii -lloulb. 


SÉANCE    DU    6    MARS    1922.  '  707 

figure  S.  lùitie  ces  deux  points  extrêmes  (I  et  8)  delà  variation  nous  pouvons 
placer  tous  les  exemplaires  à' Halimede  asiatica. 

Sur  la  Planche  II,  nous  avons  réuni  de  même  huit  formes  typiques 
d'une  autre  lignée  voisine,  distincte  de  la  première;  ici,  les  exemplaires 
proviennent,  en  majorité,  de  la  Sibérie  orientale  ou  de  la  Mandchourie.  Le 
dessin  des  ailes  inférieures  est  bien  du  même  gabarit  que  le  précédent,  mais 
avec  une  légère  variante;  la  moucheture  transversale  du  bord  antérieur  est 
plus  compliquée;  puis,  dans  l'angle  formé  par  les  nervures  Mo  et  M3  à  leur 
origine,  se  voit  un  petit  arc  noir  convexe,  qui  ne  se  rencontre  jamais  dans 
la  série  précédente.  Nous  nommons  l'espèce  de  Mandchourie  Halimede 
Menctriesi.,  parce  que  c'est  elle  qui  fut  signalée  pour  la  première  fois,  en 
iSSc),  par  Ménétriés.  Cette  espèce  présente,  ainsi  qu'on  peut  le  voir,  un 
schéma  tle  variation  absolument  parallèle  à  celui  à'Halimedc  asiatica. 

Nous  tirons  de  ce  qui  pn-cède  les  conclusions  suivantes  ; 

1.  Pour  deux  espèces  bien  définies,  Hal.  asiatica  et  fiai.  Mcnctriesi^  nous 
avons  deux  schémas  de  variations  parallèles  absolument  concordants. 

2.  On  sait  que  les  espèces  varient,  mais  il  est  souvent  dil'ticile  de  fixer 
l'amplitude  des  variations;  ici,  les  limites  sont  nettes  pour  chaque  série 
entre  les  n"*  l  et  8. 

3.  Les  deux  thèmes  de  variations  que  nous  venons  d'indiquer  ne  sont 
point  spéciaux  au  genre  Halimede;  nous  les  retrouverons  dans  les  genres 
Arge^  Mclannrgia  et  Parce  ;  i\^  répondent  donc  à  une  loi  biologique  géné- 
rale que  nous  nous  proposons  d'étudier  méthodiquement. 


BIOLOGIE.  —  Contribution  à  V étude  des  bouillies  cupriques. 
Note  de  M.  et  M'"*"  G.  Villedieu,  présentée  par  M.  P.  Viala. 

Dans  des  Notes  antérieures  (')  nous  avons  montré  que  les  eaux  de  pluie 
ne  pouvaient  dissoudre  de  traces  appréciables  des  sels  de  cuivre  existant 
dans  les  bouillies  neutres  ou  alcalines  actuellement  employées  en  viticul- 
ture; nous  avons  montré  également  en  faisant  vivre  dans  les  solutions  de 
cuivre  des  zoospores  de  Phytophthora  infestans  (mildiou  de  la  pomme  de 
terre),  que  même  si  des  traces  de  cuivre  étaient  ainsi  solubilisées  elles  ne 
sauraient  entraver  l'éclosion  des  conidies  du  mildiou  et  la  germination  des 
zoospores. 

(')    Comptes  rendus,  L  171,  i;)io,  p.  3G;j  el  l.  172,  19^1.  p.  335. 


-^oS  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

On  peut  facilement  répéter  ces  expériences  en  utilisant  une  solution 
d'acide  carbonique  contenant  5oo°^8de  ce  gaz  par  litre  qu'on  sature  par 
de  l'oxyde  de  cuivre  bleu  hydraté  dit  de  Péligot  bien  exempt  d'alcali;  après 
filtration  on  obtient  un  liquide  riche  en  cuivre  que  l'on  ensemence  avec  des 
conidies  de  phytophthora;  celles-ci  éclosent,  les  zoospores  se  fixent  et 
germent  normalement  à  -h  i4°.  Celte  expérience  infirme  les  théories  actuel- 
lement admises. 

Dans  les  bouillies  bourguignonnes,  où  l'on  fait  réagir  en  proportions 
équimoléculaires  du  sulfate  de  cuivre  sur  du  carbonate  de  soude,  on  obtient 

S0*Gu  +  G0^Na^+3H-^0  =CO='Cu(OH)S  J^■20  +  S0^^a^ 

c'est-à-dire  du  sulfate  de  sodium  et  de  l'hydrocarbonate  bleu  de  cuivre  qui 
en  séchant  à  l'air,  en  présence  du  sulfate  de  soude,  se  déshydrate  et  donne 
de  l'hydrocarbonate  vert  CO^Cu  Cu(OH)-  ou  malachite;  ce  composé  est 
de  tous  les  composés  cupriques  des  bouillies  le*  plus  insoluble  et  son  rôle 
dans  les  bouillies  devient  alors  inexplicaljle. 

Il  nous  a  paru  intéressant  de  rechercher  si  le  sulfate  de  soude  qui  se 
forme  dans  cette  réaction  n'aurait  pas  une  action  sur  les  zoospores  de  mil- 
diou. Ce  sulfate  de  soude,  séché  avec  l'hydrocarbonate  et  retenu  par  lui,  est 
protégé  des  eaux  de  pluie  par  le  revêtement  insoluble  que  forme  le  prc'ci- 
pité  cuprique;  mais,  après  un  orage  où  lors  d'une  rosée,  les  gouttes  d'eau 
qui  séjournent  sur  une  tache  dissolvent  le  sulfate  de  soude  resté  inclus  dans 
le  produit  cuprique. 

Il  nous  a  été  permis  de  constater  qu'une  solution  à  1^,80  pour  1000 
de  SO'Na-  entravait  singulièrement  l'éclosion  des  conidies  de  phvtoph- 
thora  et  qu'une  solution  à  2  pour  1000  l'empêchait  complètement.  Ce 
phénomène  n'est  pas  particulier  au  sulfate  de  soude  :  des  solutions 
à  i,5o  pour  1000  de  KCl,  à  i,5opour  1000  de  Na Cl,  ou  même  à  2  pour  1000 
de  AzO^K,  grossièrement  isoioniques  au  point  de  vue  osmotique,  avec 
une  solution  à  2  pour  1000  de  sulfate  de  soude  arrêtent  complètement  éga- 
lement la  germination  du  mildiou. 

Si  Ton  prend  le  mélange  :  SO'Ca  et  CO'^Ca  qui  constitue  le  résidu  des 
bouillies  bordelaises  neutres  (ou  alcalines,  mais  carbonatées)  en  aj^ant  soin 
de  prendre  du  sulfate  de  chaux  (SO'Ca,  2H'M))  finement  précipité  comme 
celui  des  bouillies  et  mélangé  de  carbonate  de  chaux  au  préalal)le,  et  qu'on 
additionne  ce  mélange  d'une  eau  contenant,  coininc  l'eau  de  pluie,  des  traces 
de  carbonate  d'ammoniaque,  on  obtient,  après  agitation,  contact  et  filtra- 


SÉANCE   DU   6   MARS    1922.  7^9 

lion,  un   liquide   saturé  de  sulfate  de  calcium  dans  lequel  Téclosion  des 
conidies  de  phytophthora  est  singulièrement  entravée. 

Si  une  conidie  vient  par  hasard  à  éclore,  ce  n'est  qu'avec  un  retard  très 
api)réciable,  atteignant  quelquefois  plusieurs  heures,  sur  Téclosion  des 
conidies  d'une  préparation  témoin  sur  Feau  distillée  ou  sur  une  eau  légère- 
ment cuivrée. 

Ceci  explique  les  insuccès  qu'ont  signalés  mainls  auteurs,  et  qu'ils  ont 
déclaré  avoir  éprouvés,  à  faire  germer  du  Plasmopara  rilicola  dans  des 
eaux  de  puits  ou  de  rivières  ou  même  dans  des  eaux  mal  distillées,  conte- 
nant des  sels  divers.  Tous  ont,  par  contre,  reconnu  que  dans  l'eau  de  pluie 
ou  de  rosée  ou  même  dans  l'eau  Ijidistillée,  la  germination  s'effectue  r<'-gu- 
lièrement.  Les  conidies  de  mildiou  semblent,  comme  beaucoup  de  graines, 
être  dans  l'impossibilité  de  germer  dans  des  solutions  salines  suffisamment 
concentrées  :  toutes  les  expériences  faites  jusqu'à  ce  jour  l'ont  fait  prévoir 
et  celles  que  nous  venons  de  signaler  le  démontrent  suffisamment. 

Toutes  les  bouillies,  en  dehors  de  leur  alcalinité  ou  de  leur  acidité, 
peuvent  donc  agir  par  la  simple  solution  des  sels  adjoints  aux  sels  de 
cuivre  :  sulfate  de  calcium  dans  les  bouillies  bordelaises  ou  sulfate  de 
sodium  dans  les  bouilUes  l)Ourguignonnes,  auxquels  viennent  s'ajouter  les 
sels  déposés  par  les  (^aux  ayant  servi  à  leur  préparation. 

Sans  le  concours  problématique  du  cuivre,  ce  simple  fait,  d'ordre  connu, 
suffit  donc  pour  expliquer  l'action  anticryptogamique  de  ces  l)OuiUies. 


BIOLOGIE.  ^  Sur  le  déterminisme  des  caractères  sexuels  secondaires 
chez  les  Urodèles.  Note  (  '  )  de  M.  M.  Aron,  présentée  par  M.  Widal. 

Dans  une  Note  récente  (0,  M.  Champy  tente  de  réfuter  les  observations 
morphologiques  et  expérimentales  que  nous  avons  faites  chez  Triton  cris 
tatus,  et  à  la  suite  desquelles  nous  avons  établi  que  le  tissu  glandulaire 
périodique  du  testicule,  découvert  par  Pérez,  tient  sous  sa  dépendance 
chez  cette  espèce,  le  développement  de  la  parure  nuptiale  (').  Nous  ne 


(*)  Séance  du  27  février  1922. 
(-)   Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  192-195. 

{')  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  5;,  et  t.  17i,  1922,  p.  332:  C.  R.  Soc.  Biol., 
t.  85,  p.  482. 


nio  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

méconnaissions  nullement,  en  nos  communications  précédentes",  les  travaux 
de  M.  Champy.  L'auteur  dans  sa  dernière  Note  ne  fait  que  confirmer  la 
plupart  des  conclusions  auxquelles  il  était  arrivé  antérieurement.  Préci- 
sons les  raisons  sur  lesquelles  s'appuie  notre  opinion. 

A.  Constatations  morphologiques.  —  i°  Formation  et  signification  mor- 
phologique (la  tissu  glandulnire.  —  Nous  venons  d'écrire  que  M.  Champy 
confirme  la  plupart  de  ses  conclusions  antérieures,  non  pas  toutes.  En  effet, 
en  ce  qui  concerne  l'origine  et  la  signification  du  tissu  glandulaire,  on  note 
dans  les  idées  de  M.  Champy  trois  stades  :  a.  Le  tissu  glandulaire,  issu 
de  la  prolifération  des  cellules  de  Sertoli,  comporte  la  signification  d'une 
glande  endocrine  (i9i3)  (').  b.  La  formation  du  tissu  glandulaire  res- 
sortit à  la  phagocytose  des  spermies;  sa  signification  est  celle  d'une  réserve 
de  «  lécithines  »  (1921)  (^).  c  «  Le  tissu  adipeux  provient  de  la  trans- 
formation des  spermies  »  (1922,  loc.  cit.).  Sans  vouloir  revenir  sur  les 
points  établis  au  cours  de  nos  travaux  précédents,  nous  insistons  sur  ce  fait 
que  la  prolifération  des  cellules  de  Sertoli  (d'où  résulte  leur  organisation 
ultérieure  en  un  amas  endocrinien)  est  commandée,  non  par  la  régression, 
mais  par  l'élimination  des  spermies.  Qu&nt  à  l'évolution  glandulaire  des 
éléments  qui  prolifèrent,  elle  est  évidente  (^). 

2°  Concomitance  entre  la  présence  du  tissu  glandulaire  et  V existence  de  la 
parure. 

M.  Champy  la  nie,  et,  pour  la  nier,  s'appuie  sur  le  fait  que  la  parure  de 
noces  apparaîtrait  au  complet  avant  qu'il  n'y  eut  de  tissu  glandulaire  dans 
le  testicule.  L'auteur  base  sa  conclusion  sur  une  centaine  d'autopsies. 
Nous  basons  le  nôtre  sur  un  nombre  presque  égal  d'observations.  Mais 
iM.  Champy  reconnaît  qu'il  a  «  rejeté  »,  dans  ses  investigations,  l'espèce 
cristata  que  nous  avons  étudiée.  Or  nous  avons  précisé  ce  qu'il  faut, 
chez  Molge  cristata,  considérer  comme  caractères  sexuels  périodiques  : 
crête  dorso-caudale,  ligne  argentée  caudale,  développement  et  peloton- 
nement  du   canal  de  Wolff.   Il  y  aurait  grand  intérêt  à  savoir  la  signi- 


(')  Archives  de  Zool.  expér.  et  gén..,  t.  ."iO,  fasc.  2. 

(-)   Comptes  rendus,  t.  172,  192 1,  p.  [\^'?.. 

("')  Les  celldies  deviennent  volumineuses;  leur  abondant  proloplasme  renferme  de 
nombreuses  granulations  milochondriales  et  des  enclaves  ôsmio-réductrices.  Leur 
prolifération  est  suivie  de  la  disparition  de  la  paroi  du  cyste  et  de  leur  mise  en  rap- 
port avec  le  tisiju  conjonctif. 


SÉANCE    DU    6    MARS'  1922.  7II 

fication  réelle  de  ceux  sur  lesquels  M.  Champy  fonde  les  conclusions  tirées 
de  l'observalion  de  l'espèce  alpestris.  Nous  ne  saurions  en  effet  qu'ac- 
quiescer à  ridée  qu'il  y  a  des  caractères  dont  le  délerminisnie  complexe 
peut  échapper  à  l'action  du  testicule.  Si  là  n'était  pas  la  source  de  l'erreur 
de  M.  Champy,  il  faudrait  la  ^rechercher  dans  le  fait  que  le  tissu  glandu- 
laire, à  cause  de  son  étroite  localisation,  n'a  pas  été  intéressé  par  les  coupes 
que  l'auteur  a  examinées. 

Les  caractères  sexuels  périodiques  de  Triton  cristatus  disparaissent 
d'autre  part  en  même  temps  que  ce  dernier  régresse.  M.  Champy  veut 
bien  reconnaître  cette  deuxième  concomitance;  mais,  pour  l'inter- 
préter, il  recourt  à  une  «  survivance  de  l'hormone  fixée  par  le  tissu 
adipeux  »  et  disparaissant  avec  lui.  Si  l'on  néglige  l'hypothèse  de  la 
fixation  de  l'hormone,  cela  revient  à  dire  que  le  prétendu  «  tissu  adi- 
peux »  ('  )  constitue  bien  en  soinme  le  point  de  départ  de  l'action  exercée 
sur  l'organisme.  En  admettant,  comme  M.  Champy,  que  nos  expériences 
de  galvano-puncture  ne  fissent  que  confirmer  les  faits  d'évolution,  elles 
renforceraient  déjà  sérieusement  notre  théorie.  Mais  elles  prouvent  en 
outre  que  les  spermies  —  ménagées  dans!  l'intervention  en  question,  en  de 
nombreux  cystes  intacts  —  ne  jouent  aucun  rôle  dans  le  déterminisme  des 
caractères  sexuels. 

B.  Constatations  EXPKRiMRXTALES.  —  Nous  avons  pratiqué  plus  de  60  inter- 
ventions opératoires.  Les  principales  sont  résumées  dans  nos  Communica- 
tions précédentes.  Toutes  ont  abouti  à  des  résultats  concordants.  M.  Champy 
les  rejette  au  moyen  des  objections  suivantes  : 

1''  La  parure  nuptiale  des  Tritons  est  sensible  au  traumatisme.  —  On 
admettra  aisément  que  nous  nous  soyons,  avant  M.  Champy,  inquiété  d'une 
telle  objeiction.  Nous  avons  pratiqué  de  nombreuses  opérations  témoins.  Or 
en  aucun  cas  nous  n'a\ons  observé  qu'une  opération,  si  grave  et  si  longue 
qu'elle  fût,  pût  entraîner  plus  qu'une  légère  et  passagère  régression  des 
caractères  sexuels,  quand  le  tissu  glandulaire  était  ménagé  bi-  ou  unilatéra- 
lement, et  l'animal  nourri  sitôt  que  possible  après  l'intervention. 

1^  La  parure  nuptiale  des  Triions  est  sensible  à  la  captivité.  —  Le  fait  sui- 
vant nous   dispensera  de  longs   commentaires  :  une  quinzaine  de  tritons 


(')  Celle  expression  de  «  tissu  adipeux  »,  outre  {[u'elie  est  Inexacte,  prèle  à  l'équi- 
voque et  induit  à  la  confusion  avec  le  «  corps  adipeux  »  qu'on  otjserve  cliez  tous  les 
Batraciens  au  voisinage  des  glandes  génitales. 


712  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

mâles,  mainlenus  en  étroite  captivité  dans  une  pièce  bien  chauffée,  de 
septembre  1921  à  février  1922,  mais  soigneusement  alimentée,  ont  présenté 
sans  interruption,  durant  celte  période,  une  parure  magnifique.  Tous  ceux 
qui  ont  été  autopsiés  avaient  dans  leur  testicide  un  tissu  glandulaire  bien 
développé. 

3°  La  parure  nuptiale  des  Tritons  est  sensible  au  jeune.  —  C'est  \rai;  une 
conséquence  de  cette  proposition  est  qu'il  faut  nourrir  les  tritons  en  expé- 
rience. Le  jeûne  provoque  assez  rapidement  une  régression  de  la  parure, 
et  c'est  un  argument  de  plus  en  faveur  de  notre  théorie  :  le  jeûne  suspend  en 
elfet  la  genèse  du  tissu  glandulaire.  Un  jeûne  prolongé  entraîne  même  la 
dégénérescence  graisseuse  du  testicule.  Maison  conviendra  qu'on  ne  saurait 
assimiler  au  tissu  glandulaire  (c"est  ce  que  semble  faire  M.  Champy  si  nous 
comprenons  bien  le  passage  de  sa  Note  relatif  aux  ellets  du  jeûne),  tissu 
spécifique  de  par  son  origine,  son  mode  de  formation  et  son  rôle,  le  produit 
de  la  dégénérescence  graisseuse  d'un  organe. 

En  résumé  les  conclusions  de  nos  précédentes  Communications  sur  le 
déterminisme  des  caractères  sexuels  secondaires  des  IJrodèles  demeurent 
entières. 


CHIMIE  BIOLOGIQUE.  —  SolubiUsation  et  dégradation  diastasique  des  matières 
azotées  du  maïs  ;  application  aux  fabriques  de  levure.  Note  de  M .  P.  Nottin, 
présentée  par  M.  L.  Lindet. 

Les  distillateurs  de  grains  cherchent  aujourd'hui  à  augmenter  les  rende- 
ments en  levure,  au  détriment  du  rendement  en  alcool,  dont  la  vente  n'est 
plus  rémunératrice.  Une  des  conditions  essentielles  est  de  produire  des 
moûts  riches  en  matières  azotées,  solubilisées  et  dégradées.  Cette  solubili- 
sation  et  cette  dégradation  pourraient  être  efféctu,ées  par  la  peptase  et  la 
tryptase  du  maïs  employé;  mais  celui-ci  doit  subir  la  cuisson  pour  mettre 
son  amidoji  en  état  d'être  saccharifié  par  le  malt,  en  sorte  que  les  enzymes 
du  mais  sont  tués  et  que  la  digestion  des  matières  azotées  ne  peut  plus  être 
demandée  qu'aux  enzymes  du  malt. 

L  Pour  caractériser  la  dégradation  des  matières  azotées,  j'ai  dosé  dans 
les  moûts  filtrés  les  matières  azotées  qui  ne  coagulent  pas  par  le  bisulfate  de 
mercure,  dosage  qu'il  faut  distinguer  de  celui  des  matières  azotées  totales 


SÉANCE    DU    6    MARS    I922.  -jlS 

contenues  dans  les  mêmes  moûts  filtrés.  Pour  détruire  les  diastasesdu  mais 
dans  certaines  expériences,  j'ai  eu  recours  à  l'action,  pendant  i  heure,  du 
bisulfate  de  mercure  sur  la  farine  en  suspension  dans  l'eau;  le  réactif  est 
éliminé  ensuite  par  Feau  de  baryte. 

-Matières  azotées 
Pour  100*  (le  farine  employée:  Après:  tfitaie.       non   coagulable. 

A.  Digestion,   ;ui   contact  de  l'eau,   de   maïs 

cru,  privé  de  ses  enzvnies  par  le   bisul- 
fate de  mercure 4«>  o,63  0,4/i 

B.  Digestion,  au   contact   de    leau,    de    maïs 

cru,  contenant  ses  enzymes 45  i  ,98  1,^4 

r>       r^-  •  1.  1  1  1       f   42  1  )  70  0,87 

Li.   Digestion,  au    contact  d  eau   de   malt,   de  S  ' 

.  .  s  4^  2,01  1 ,53 

mais  cru   contenant  ses  enzAnes >     .^ 

(90  2,Di  I ,78 

D.   Digestion,  au   contact  d'eau   de   malt,   de  1  42  ')09  *^')44 

maïs     privé     de     ses     enzymes     par    la     45  1.22  o,58 

cuisson '93  I  ,3o  o,58 

Ce  Tableau  permet  de  constater,  en  comparant  B  et  D,  laction  des  fer- 
ments protéolytiques  du  mais  cru,  agissant  à  60°.  Si  Ton  rapproche  A  et  B, 
on  voit  que  les  matières  azotées  non  coagulables  ont  triplé  sous  l'action  de 
la  tryptase  du  maïs  (l'azote  total  de  A  n'est  pas  comparable  à  celui  de  B, 
le  bisulfate  de  mercure  ayant  certainement  coaj^ulé  de  la  matière  azotée 
en  même  temps  qu'il  détruisait  les  enzymes).  Dans  la  colonne  C,  les  actions 
des  diaslases  du  maïs  et  du  malt  se  superposent  ;  en  comparant  B  et  C,  on 
ne  voit  pas  l'action  du  malt,  tandis  que  l'action  trypsique  est  manifeste, 
la  proportion  de  l'azote  non  coagulable  pour  100  d'azote  total  du  moût 
passant  de  62,6  pour  100  en  l'absence  de  malt  (B)  à  76,1  pour  100  en  pré- 
sence de  malt  (C). 

L'action  prolongée  du  malt  sur  le  maïs  cuit  (D)  ne  favorise  pas  la  disso- 
lution des  protéines  comme  elle  le  fait  sur  le  maïs  cru  (C).  Mais  la  tryptase 

du  malt  agit  sur  les  matières  azotées  solublesdu  maïs  cuit  puisque  la  teneur 

en  matières  azotées  non  coagulables  est  0^,58  dans  un  moût  de  mais  cuit 
saccharifié  par  le  malt  (D),  alors  qu'elle  est  0^,44  dans  ce  même  maïs  en 
l'absence  de  tout  phénomène  diastasique  (A).  Cette  différence,  0^,14,  se 
retrouve  dans  une  autre  expérience.  Là,  je  saccharifié  par  le  malt  séparé- 
ment 80S  de  maïs  cuit  et  20^  de  maïs  cru;  et  je  compare  la  somme  des 
résultats  ainsi  obtenus  à  une  saccharification  du  mélange  80^  de  maïs 
cuit  -h  2osde  maïs  cru.  La  matière  azotée  totale  du  moût  filtré  est  la  même 
dans  les  deux  cas,  montrant  une  action  nulle  de  la  peptase  sur  le  maïs  cuit, 

G.  R.,  1922.  i"  Semestre.  (T.  174.  N»  10.)  ^2 


yi4  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

quelle  que  soit  Torigine  de  cet  enzyme;  la  matière  azotée  non  coagulable 
provenant  du  mélange  dépasse  de  os,i3  la  somme  des  expériences  séparées, 
ce  qui  confirme  l'action  de  la  tryptase. 

II.  Les  expériences  précédentes  nous  amènent  à  conclure  que,  pour  dis- 
poser du  maximum  de  matières  azotées  assimilables  par  la  levure,  il  faut 
éviter  de  tuer  par  la  chaleur  les  enzymes  contenus  dans  le  maïs  cru;  cette 
manière  de  faire  est  en  opposition  avec  la  nécessité  de  transformer  en  em- 
pois l'amidon  que  Tamylase  du  maH  va  saccharifier.  Dans  ces  conditions, 
il  m'a  semblé  que  l'on  peut  concilier  ces  deux  faits  de  la  manière  suivante  : 

La  farine  de  maïs  crue,  sans  malt,  est  laissée  au  contact  de  Teau  à  60°: 
la  matière  azotée  se  dissout  dans  le  liquide;  par  filtration,  la  drèche  est 
séparée  du  liquide  et  cuite;  sur  l'empois,  on  remet  le  liquide  précédemment 
filtré,  puis  on  saccharifie  par  le  malt.  J'ai  recherché  si  cette  méthode  (A) 
permet  d'augmenter  en  effet  le  rendement  en  levure,  en  la  comparant  avec 
e  procédé  o  -dinaire  (B).  c'est-à-dire  cuisson  du  maïs  sans  macération 
préalable. 

Pour  lOlJe  de  farine  de  maïs  :  A.  B. 

Hj'drates  de  carbone  (en  glucose  ) 71,92  72,44 

Matières  azotées  dissoutes  totales • 2,o5  1 ,45 

Matières  azotées  non  coagulabies i  ,o5  0,60 

Rendement  en  levure  sèche 2,3i  i,33 

On  peut  objecter  que  ces  moûts  n'ont  pas  la  même  composition.  Aussi 
ai-je  préparé  deux  autres  moûts,  l'un  de  maïs  cru,  l'autre  de  maïs  cuit  ;  puis, 
par  dilution,  j'ai  égalisé  les  teneurs  en  azote  total,  et;  par  dissolution  de 
sucres  appropriés,  j'ai  uniformisé  la  teneur  en  hydrates  de  carbone.  Un 
même  volume  de  ces  moûts,  ne  correspondant  pas  au  même  poids  de  maïs, 
a  donné  après  fermentation  : 

Pour  300™'  de  moût  :  Maïs  cru.  Maïs  cuit. 

Levure  sèche os,  557  ^°'  ^^^ 

Alcool  en  poids 6s,  4o  5?,  87 

En  résumé,  grâce  au  procédé  proposé  qui  permet  de  conserver  les 
enzymes  de  maïs,  on  obtient  une  meilleure  utilisation  des  protéines  de  cette 
céréale  et  une  augmentation  du  rendement  en  levure  pour  100''°  de  grains. 

La  séance  est  levée  à  i5  heures  trois  quarts. 

K.  P. 


SÉANCE    DU   6    MARS    1922.  7l5 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 


Ouvrages  reçus  dans  les  séances  de  février   1922. 

Études  glaciaires  dans  les  Pyrénées  françaises  et  espagnoles  de  1900  à  1909, 
par  Ludovic  Gaurier.  Pau,  Garet-Haristoy,  1921;  i  vol.  25'^"'.  (Présenté  par  M.  le 
Prince  Bonaparte.) 

La  7.  5.  F.  des  amateurs,  par  Frank  Duroquier.  Paris,  Masson  et  C'^  1922; 
I  vol.  18'='°. 

Calcolo  del  titolo  più  ecotiomico  di  un  gas  niisto  di  gas  ricco  e  povero,  par 
C.  Canovktti.  Extrait  de  VIndustria  del  gas  e  degli  Acquedotti,n°9,  septembre  1921. 
(Présenté  par  M.  Ch.  Lallemand.) 

/Votes  ptéridologiques,  par  le  Prince  Bonaparte.  Fascicules  X  et  XI.  Paris,  chez 
l'auteur,  1920;  2  vol.  20"^™. 

Traité  de  métapsychique,  par  Charles  Ricbet.  Paris,  Félix  Alcan,  1922;  i  vol.  25'='". 

Électricité  et  matière,  par  Sir  J.-J.  Thomson.  Paris,  Gauihier-Villars,  1922; 
i  vol.  16'='". 

Les  organes  réglants  des  chronomètres,  par  J.  Andradb.  Besançon  et  Bienne. 
E.  Magron,  1922;  i  vol.  i9'='°. 

Théorie  mathématique  des  assurances,  par  P.-J..  Richard.  Tomes  I  et  II.  Paris, 
Octave  et  Gaston  Doin.  1922;  2  vol.  28'='".  (Présenté  par  M.  d'Ocagne.) 

Éther  ou  relativité,  par  Maurice  Gandillot.  Paris,  Gauihier-Villars,  1922  ; 
I  vol.  18'='°. 

Nouvelle  méthode  de  calculs  différentiel  et  intégral  à  la  portée  de  tous,  par 
E.-E.  Marchand  Bev.  Première  partie  chez  l'auteur,  1^22;  i  vol.  23'='». 

{A  suivre.) 


7l6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


E  RU  ATA. 


(Séance  du  3o  janvier  1922.) 

Note  de  M.  Armand  Cahen,  Sur  les  équations  différentielles  du  premier 
ordre  à  points  critiques  fixes  : 

Page   2'y8,  avant-dernière  ligne,  au  lieu  ^e  (X  :=o,  ¥=0),  lire  (X=:oo,  Y  r^  o),^ 

Séance  du   i3  février   1922.) 

Note  de  M.  Maurice  Janet^  Les  caractères  des  modules  de  formes  et  les 
systèmes  d'équations  aux  dérivées  partielles  : 

Page  432,  dernière  ligne,  au  lieu  de  0"J,4,i,  lire  'y"„^^. 

Page  433,  ligne  2,  après  a^_,,  remplacer  les  points  par  etc....;  lignes  6  et  8,  sup- 
primer les  points  avant  a,  et  ct,,-!. 

Page  434»  ligne  9,  ajouter  les  mots  :  certaines  dérivées  d'ordre  p  -i- 1  de  u  : 

(Séance  du  27   février  1922.) 

Note  de  MM.  A.  Policard  ç:i  G.  Mangenol,  Action  de  la  température  sur 
le  chondriome  cellulaire.  Un  critérium  physique  des  formations  mitochon- 
driales  : 

Page  645,  ligne  25,  au  lieu  de  une  algue,  Saprolegnia,  lire  un  champignon, 
Saprolegnia. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE  DU   LUNDI    15   MARS   1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  COMMUIVICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 


ASTRONOMIE.  —  Sur  u/ie pi'opriété  des  émulsions  photographiques  et  l'enregis- 
trement des  étoiles^  pendant  les  éclipses  totales  de  Soleil^  en  vue  de  la  vérifi- 
cation de  l'effet  Einstein.  Note  de  M.  Maurice  Hamy. 

Au  cours  d'expérieuces,  nécessitant  un  ciel  très  pur,  amorcées  l'été 
dernier,  à  grande  altitude,  dans  le  massif  du  mont  Blanc,  en  vue  d'étudier 
les  conditions  de  possibilité  de  la  photographie  des  étoiles  en  plein  jour, 
j'ai  constaté  une  propriété  des  émulsions  photographiques  méritant  d'être 
signalée. 

Ces  expériences  font  intervenir  des  étoiles  artificielles  dont  les  images 
projetées  sui-  le  fond  du  ciel,  par  une  glace  transparente,  forment  autant 
d'astres  possédant  des  grandeurs  bien  déterminées.  Ces  astres  sont  photo- 
graphiés, à  travers  un  écran  rouge  foncé,  de  deux  façons  différentes,  sur 
une  émulsion  convenablement  sensibilisée  :  i°  en  arrêtant  la  lumière  du 
fond  du  ciel,  c'est-à-dire  en  opérant  comme  en  pleine  nuit;  2°  en  faisant 
agir  simultanément  la  lumière  des  astres  artificiels  et  celle  du  fond  du  ciel. 
Dans  l'un  et  l'autre  cas,  la  durée  de  pose  est  exactement  la  même  (');  les 
clichés,  pris  sur  une  même  plaque,  sont  d'ailleurs  développés  ensemble. 
Le  phénomène  observé  est  le  suivant  : 

La  durée  de  pose  étant  réglée  de  façon  à  fournir,  dans  le  premier  cas,  une 
trace  perceptible  des  astres,  jusqu'à  la  5''  grandeur,  les  clichés  obtenus, 
dans  le   second  cas,   portent  la    trace  perceptible   des  astres,  jusqu'à  la 

(')  Voir,  pour  les  conditions  expérimentales.  Comptes  rendus^  t.  171,  J920, 
p.  691. 

G.  R-,  1922,  i«'  Semestre.  (T.  171,  N°  11.) 


53 


7l8  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

7'"  grandeur  ou  à  fort  peu  près.  Dans  la  première  hypothèse,  le  fond  des 
chchés  n'est  pas  impressionné;  dans  le  second,  ce  fond,  légèrement  impres- 
sionné par  la  faible  proportion  de  radiations  rouges,  émises  par  le  ciel,  est 
de  teinte  gris  clair. 

Ainsi  la  lumière  résiduelle,  émanant  du  ciel,  a  pour  effet  de  faciliter 
l'inscription  des  images  des  astres  faibles. 

Reste  à  savoir  si  Ton  obtiendrait  un  résultat  équivalent  en  faisant  un 
troisième  cliché  impressionné  successivement  par  le  ciel,  puis  par  les 
astres  seuls,  toujours  avec  le  même  temps  de  pose.  Quoi  qu'il  en  soit, 
l'action  signalée  est  à  rapprocher  du  fait  connu  de  l'augmentation  de  sensi- 
bilité des  plaques,  par  une  exposition  préalable  à  une  lumière  très  faible, 
juste  suffisante  pour  ne  pas  provoquer  un  voile  irrémédiable. 

La  propriété  en  question  tend  d'ailleurs  à  montrer  que  la  photographie 
des  étoiles  autour  du  Soleil,  lors  d'une  éclipse  totale,  en  vue  de  vérifier 
1  edet  Einsten,  doit  être  entreprise  avec  des  temps  de  pose  plutôt  un  peu 
inférieurs  à  ceux  qui  conviennent,  pour  obtenir  leur  inscription  en  pleine 
nuit.  Il  y  aurait,  sous  ce  rapport,  des  expériences  spéciales  à  entreprendre. 


GÉOMÉTRIE  INFINITÉSIMALE.  —  Sur  les  réseaux  qui  sont  harmoniques 
Cl  une  congruence  CL.  et  conjuguée  à  une  autre  congruence  CL. 
Note  de  M.  C.  Glichard. 

Soient  M  un  point  qui  décrit  un  réseau,  G  une  congruence  conjuguée  à  ce 
réseau,  H  une  congruence  ^harmonique.  Je  suppose  que  G  et  H  appartiennent 
respectivement  aux  complexes  Unéaires  T,  et  T..  On  peut  toujours,  par  une 
homographie,  ramener  ces  deux  complexes  à  avoir  le  même  axe  ou  des  axes 
parallèles.  Je  suppose  les  axes  des  complexes  parallèles  au  troisième  axe  de 
coordonnées.  Si  l'on  projette  sur  un  plan  perpendiculaire  à  cet  axe,  le 
réseau  M  a  pour  projection  un  réseau  {m).  Ce  réseau  plan  sera  Qoo, puisque  M 
est  conjugué  à  G;  il  sera  2(2,,,  puisque  M  est  harmonique  à  H. 

Soient  ç,,  ^.  ;  ■/],,  r\.,  les  paramètres  normaux  du  réseau  (m)  qui  satisfont 
aux  équations 

de  du 

Le  réseau  {m)  étant  liQ^,,  les  équations  (i)  admettent  deux  systèmes  de 
solutions  Ç3,  l,  ;  rj3,  r^,  telles  que 


SÉANCE    DU    l3    MARS    1922.  7  HJ 

Les  réseaux  {m)  «'tant  ii„„,  on  aura 

(  3  )  ;,  Ti,  —  £2 '^z  1  =  —  /"  L'  4-  /i  V 

et  par  suite 

(4)  hri^—':.yfiz=m\:  —  n\. 

Il  en  résulte  que  si  un  réseau  plan  {n)  a  pour  paramètres  normaux  de  ses 
tangentes  l,^,  l.,\  7,3,  r,,,,  ce  réseau  {n)  sera  aussi  Oqo  ^t  2Q,,.  Il  en  est  de 
même  des  réseaux  qui  correspondent  à  {rn)  et  (n)  par  orthogonalité. 

Je  détermine  X,,  Xo,  X3,  X^  par  les  équations 

D'après  les  propriétés  des  réseaux  Oq,,  on  aura 

X , 42  -  X, ;  1  r=  /?  U  +  fy , ,  X3 i,  —  X .  Ça  =  -  A U  +  g., 


y,,  r,  d'une  part,  q.,,  r.,  d'autre  part,  sont  des  systèmes  de  solutions  des 
équations  (  i).  Des  é(|uations  (  6)  on  déduit 

(7)  [X,  ;]  =  v,H    r/,=:^,  [X,r,]  =  r,  +  r,z=r. 

Je  détermine  X5  par  les  équations  compatibles 

<^X,       ,  ôX, 

Ou  6/r 

Le  point  de  coordonnées  X,,  Xo,  . . .,  X^  décrit  un  réseau  dans  un  espace 
d'ordre  5.  Soit  0  une  solution  de  l'équation  de  Laplace  du  réseau.  On 
aura 

(9)  1-  =  ''Qî         -y-  =  ni. 
.  du  ^  dv 

Les  foyers  P(Y,,  \ ,,  ...,  Y_;),  Q(Z,,  Z.,  ...,  Z^  )  d'une  congruence 
harmonique  au  réseau  X  sont  donnés  par  les  formules 

(10)  <|  J  (A  =  i,  2,....  4). 

Z/,=  X^. -Y]/, 


720  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

et  Ton  a 
D'après  les  formules  (7  )  et  (2),  oji  a 

Si  l'cj!  fait  maintenant  0  =  \^,  on  aura  Y.j'=  Zo  ==  o  et,  par  conséquent, 
(12)  Y,Z,-Z,Y,=  Z,-Y,. 

On  voit  que  le  réseau  M(X,,  X2,  X5 )  est  harmonique  à  une  congruence 
dont  les  foyers  ont  pour  coordonnées  {Y,,  Y^,  Y,.)  et  (Z^,  Z,,  Zj).  D'après 
la  relation  (12)  cette  congruence  harmonique  appartient  à  un  complexe 
linéaire,  ayant  pour  axe  le  troisième  axe  de  coordonnées  et  pour  module  i. 

Soit  maintenant  (a?,,  x^  )  un  réseau  normal  parallèle  au  réseau  (m).  On 
aura 

du  ■  du  -  .  -^  , 

Si  l'on  pose 
(i4)  Tr=Xi^2 — X^.rj, 

on  aura,  en  tenant  compte  des  formules  (G)  et  (i3), 

(i5)  =a</i.  --=:bri. 

ou  ôv 

Je  détermine  X'.  par  les  équations 
(.6)  __^^A^„         -d;7="^''^' 

to  étant  une  constante.  Le  point  M,  (X,,  X.,  X5)  décrit  un  réseau  parallèle 
au  réseau  décrit  par  le  point  (^,,  se.,,  coT  ).  Il  en  résulte  que  si  par  M,  on 
mène  une  droite  G  qui  a  pour  paramètres  directeurs  x^,  x.^,  o>T,  cette 
droite  C  décrit  une  congruence  conjuguée  à  M,,  et  d'après  la  relation  (i4) 
cette  congruence  appartient  à  un  complexe  qui  a  pour  axe  le  troisième  axe 

de  coordonnées  et  pour  module--  Pour  avoir  les  réseaux  cherchés  il  faut 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I922.  7 21 

que  M,  coïncide  avec  M;  pour  cela  il  faut  et  il  suffit  que 

Si  co  =  I,  les  deux  congruences  appartiennent  au  même  complexe;  dans 
le  cas  contraire  les  complexes  F,  et  T.>  sont  distincts.  Je  vais  d'abord 
prendre  ce  dernier  cas.  Je  pose 

fj.  étant  une  constante.  Dans  l'espace  d'ordre  quatre  il  y  a  des  réseaux 
parallèles  dont  les  tangentes  ont  pour  paramètres  normaux  ^,,  ^o,  ^'3,  ^'^  ; 
Y],,  Y]^,  -^j,  Tj'j.   Ces  réseaux  sont  Ooo,  car 

Je  prends  pour  fonctions  h  et  /  celles  qui  correspondent  à  un  réseau  normal. 
Les  coordonnées  de  ce  réseau  normal  sont  X,,  Xo,  [JlX.,,  uX,,  et  l'on  aura, 
d'après  la  définition  des  réseaux  normaux, 

En  comparant  avec  les  formules  (6),  on  aura 
et  de  même 

r,  +  fi-Torr  O, 

ce  qui  donne 

I 

Si  l'on  veut  maintenant  que  les  cong-ruences  G  et  H  appartiennent  au 
même  complexe,  il  suffit  de  supposer  cj.^  =  r.-,=:  o,  c'est-à-dire  de  prendre 
pour  fonctions  h  et  /celles  qui  correspondent  à  un  réseau  normal  parallèle 
au  réseau  (m). 

Dans  ce  cas  particulier,  on  a  un  très  grand  nombre  de  propriétés  que  je 
me  borne  à  indiquer. 

Les  lignes  asymptotiques  du  réseau  (  M  )  e/  celles  des  surfaces  focales  des 
congruences  G  et  W  se  correspondent. 

Réciproquement,  si  un  réseau  M  est  harmonique  à  une  congrucnce  C.  L.  et 
si  les  lignes  asymptotiques  de  M  correspondent  à  celles  des  focales  de  la  con- 
grucnce, le  réseau  M  est  conjugué  à  des  congruences  C.  L.  qui  appartiennent 
au  même  complexe  que  la  congruence  harmonique. 

Même  propriété  en  intervertissant  les  mots  harmonique  et  conjugué. 


722  ACADEMIE    DES   SCIENCES. 


Les  congruencesGouHsont  celles  qui  ont  été  signalées  par  M.Demoulin. 
Ce  sont  des  congruences  C.  L.  qui  se  transforment  en  congruences  W  par 
l'application  de  la  méthode  de  Laplace. 

M.  Demoulin  a  montré  que  la  recherche  de  ces  congruences  revient  à  la 
détermination  des  surfaces  isothermiques;  donc  : 

La  recherche  des  réseaux  plans  il^^  et  2Ù^^  revient  à  celle  des  surfaces 
isothermiques. 


CHRONOMÉTRIE.  —  Les  problèmes  mécaniques  des  ressorts  réglants. 
Note  (  '  )  de  M.  Jules  Andrade. 

L  Le  problème  de  Mécanique  chronomélrique  abordé  dans  cette  Note 
est  relatif  à  l'évaluation  de  la  précision  que  l'on  peut  espérer  atteindre  par 
l'emploi  de  spiraux-cylindriques  convenablement  associés  dans  celte  pour- 
suite de  l'isochronisme  des  vibrations  des  chronomètres  à  balancier  rigide 
qui  est  aujourd'hui  aulorisée  par  les  grands  progrès  de  la  métallurgie  des 
aciers  au  iiickel  que  décrivait  M.  Ch.-Ed.  Guillaume  dans  ses  trois  Notes 
des  i4  et  28  juin  et  du  12  juillet  de  l'année  1920  sur  la  dilatabilité  et  la 
thermo-élasticité  des  aciers  au  nickel  (-). 

IL  Parmi  les  divers  modes  d'assemblages  de  spiraux  cylindriques,  j'ai 
décrit  les  ajustages  de  doublets  à  spiraux  égaux  ou  symétriques  dont  les 
étendues  angulaires  sont  égales  à  un  même  multiple  impair  de  quarts  de 
tour  comme  dans  le  spiral  de  Pierre  Le  Roy  dont  Caspari  armé  de  la 
méthode  de  Résal  avait  commencé  l'étude. 

Pour  compléter  ces  études  je  m'appuierai  encore  non  seulement  sur  la 
méthode  de  Résal-Gaspari,  mais  encore  et  surtout  sur  une  interprétation 
simple  des  forces  élastiques  traiisverses  transmises  au  spiral  soit  par  l'une, 
soit  par  l'autre  de  ces  deux  attaches  fixe  ou  mobile  :  le  piton  du  bâti  fixe 
ou  la  virole  du  balancier. 

Sans  doute  cette  interprétation  géométrique  nouvelle  était  contenue  im- 
plicitement dans  la  théorie  de  Résal-Caspari,  mais  elle  y  dormirait  encore 
si  un  problème  technique  ne  m'avait,  en  1920,  suggéré  l'idée  de  l'en 
dégager 

Voici  cette  interprétation  aujourd'hui  entièrement  précisée  dans  son 
degré  d'approximatioji  : 

(')  Séance  du  6  mars  1922. 

(^)  Comptes  rendus^  t.  170  et  171. 


SÉANCE    DU    l3    MARS    1922.  728 

III.  Si  un  spiral  cylindrique,  de  pesanteur  négligée,  est  pincé  entre 
l'encastrement  fixe  du  piton  et  VencaLSiromenl  supposé  immobilisé  de  la  virole 
du  balancier;  et  si  ce  balancier,  par  rapport  à  sa  position  naturelle  d'équi- 
libre ou  point  mort  a  tourné  d'un  angle  u  compté  positivement  dans  le  sens  où 
le  spiral  se  ferme,  c'est-à-dire  dans  le  sens  de  son  enroulement  depuis  le 
piton  jusqu'à  la  virole,  les  deux  bouts  de  ce  spiral  supportent  deux  systèmes 
de  forces  qui  se  font  équilibre  ;  chacun  de  ces  systèmes  se  compose  d'ailleurs 
d'un  couple  d'encastrement  et  d'une  force  œmplèmentaire  appliquée  en 
l'extrémité  correspondante  de  sa  fibre  moyenne;  les  projections  sur  un  plan 
transverse  (perpendiculaire  à  l'axe  du  balancier)  de  ces  forces  complémen- 
taires sont  les  mêmes  que  si  ces  forces  complémentaires  constituaient  une 
répulsion  mutuelle  des  deux  bouts  de  la  fibre  moyenne  du  spiral  ;  cette  répulsion 
mutuelle  des  deux  bouts  serait  d'ailleurs  proportionnelle  à  leur  distance  et  à 
une  fonction  de  l'angle  u  précisée  plus  loin  [formule  (i)]- 

L'hypothèse  dite  des  techniciens  conserve  le  même  énoncé  non  seulement 
sur  un  plan  transverse,  mais  dans  l'espace  environnant  le  spiral. 

Si  W,  et  Q,  sont  les  projections  sur  le  plan  transverse  du  bout  virole  W 
et  du  bout  piton  (  ).  la  valeur  de  cette  composante  transverse  est  donnée  par 
la  formule 

o.EI 

Dans  cette  formule, 

—  =  moment  élastique  du  ressort; 

L  =  R|, P  =  longueur  de  la  projection  transverse  de  la  fibre  moyenne  du 

ressort  ; 
Ro  =  rayon  du  spiral  cylindrique  au  repos  naturel  ; 
P   =  son  étendue  angulaire  au  repos  naturel; 
la   —V  -\-  u. 

Dans  cette   formule,  la  parenthèse  facteur  est  évaluée   à  l'ordre  prè^ 

de  r—-   Si  u  est  positif  alors,  en   considérant  W,Q,    comme  un  vecteur 

attractif  appliqué  en  W,  et  dirigé  vers  (^),,  la  formule  (f)  ainsi  interprétée 
représentera  la  force  attractive  transmise  par  le  spiral  au  balancier  et  agis- 
sant sur  cette  virole. 

Ainsi  :  attraction  ou  répulsion  de  la  virole  du  balancier  par  le  piton  du 
bâti,  selon  que  s'ouvre  ou  se  ferme  le  ressort  spiral. 

IV.  Cette  attraction  et  le  couple  qui  la  complète  produisent  autour  de  l'axe 


u 

I  -I 


H, 


724  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

du  balancier  un  moment  mécanique  dont  la  valeur  IS  est 


(2)  ^=-ir" 


:(-^) 


2  il      . 
p^  COSO)  —   p:;  SI  no 


cette  valeur  de  N  est  évaluée  avec  une  erreur  relative   de  Tordre  de  r—', 

F'* 

tandis  que  l'attraction  complémentaire  est  évaluée  à  l'approximation  de  p^- 

Mais  on  ne  doit  pas  s'élonner  de  cette  apparente  anomalie,  car  en  vertu 
de  la  flexion  du  ressort  il  faut,  pour  le  calcul  de  N,  reporter  le  point  d'ap- 
plication de  cette  attraction  au  centre  de  gravité  de  la  projection  du  ressort, 
centre  qui  est  précisément  à  une  dislance  de  Taxe  du  balancier  qui  est  de 

l'ordre  de  -r^- 

V.   L'usage  systématique  des  formules  (2)  et  (1)  sera  alors  le  suivant  : 
Aux  formules  (2)  appliquées  à  deux  ressorts  convenables  on  demande 
les  conditions  d'ajustages  de  ces  ressorts  de  manière  à  produire,  soit  la  dispari- 
tion rigoureuse^  soit  la  disparition  à  l'ordre  de  tj^  des  termes  en  costo  etsinw 

et  leurs  analogues  pour  les  deux  spiraux. 

Aux  formules  (i)  envisagées  dans  les  deux  ressorts  on  emprunte  l'évalua- 
tion des  frottements  de  divers  ordres  et  Ton  s'applique  à  reculer  l'ordre 
d'importance  de  leurs  perturbations  d'isochronisnie. 

C'est  dans  cette  direction  que  l'on  rencontre  des  résultats  pratiques  inié- 
lessants  pour  les  chronomètres  ;  la  petite  difficulté  du  problème  consistant  à 
tenir  compte  de  la  nécessité  de  limiter  à  deux,  le  nombre  des  spiraux  asso- 
ciés, en  raison  de  l'économie  qui  s'impose  dans  la  bauteur  des  organes 
réglants  des  chronomètres  marins.  Je  signalerai  des  réalisations  de  celte 
méthode  dans  une  prochaine  Note. 


MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  —  Vaccination  préventive  par  voie  digestive  chez 
l'homme.  Note  de  MM.  Charles  Nicolle  et  E.  Conseil. 

Quelques  savants,  en  particulier  M.  Besredka,  ont  montré  que  la  voie 
digestive  pouvait  être  utilisée  par  l'immunisation  active  des  animaux  de 
laboratoire.  Par  contre,  aucune  preuve  expérimentale  n'avait  été  apportée 
de  l'efficacité  de  la  méthode  chez  l'homme.  Le  développement  de  certains 
anticorps,  constaté  dans  notre  espèce,  à  la  suite  de  l'ingestion  de  cultures 


SÉANCE    DU    l3    MARS    1922.  720 

mortes,  ne  saurait  rtre  considéré  comme  concluant.  Le  pouvoir  aggluti- 
nant n'a  rien  à  \oir  avec  l'immunité;  la  réaction  de  fixation  sans  doute,  pas 
davantage.  L'immunité  ne  se  prouve  que  par  la  constatation  expérimentale 
de  l'immunité. 

Nous  avons  choisi,  pour  établir  ce  point  important,  deux  infections  rela- 
tivement bénignes,  vis-à-vis  desquelles  la  thérapeutique  est  armée.  Nous 
les  avons  prises  aussi  différentes  que  possible  :  l'une,  la  fièvre  méditerra- 
néenne, est,  chez  l'homme,  une  septicémie,  dont  la  porte  d'entrée  peut  être 
la  peau,  aussi  bien  que  la  muqueuse  digestive;  l'autre,  la  dysenterie  bacil- 
laire, est  une  maladie  purement  locale  et  qui  ne  semble  pouvoir  se  con- 
tracter que  par  voie  digestive. 

Vaccination  préventive  par  i^oie  digestive  contre  la  fièvre  méditerranéenne. 
—  Le  vaccin  est  constitué  par  un  mélange  de  cultures  de  M.  mclitensis  de 
cinq  origines,  stérilisées  par  un  chauffage  d'une  heure  à  "^1°-']^^. 

L'expérience  porte  sur  trois  sujets  volontaires  de  notre  entourage.  Deux 
d'entre  eux  absorbent  trois  jours  consécutifs,  puis  le  cinquième  jour,  une 
même  dose  de  vaccin  (100  milliards  de  corps  microbiens);  ils  ont  été  préa- 
lablement soumis  au  jeûne  depuis  la  veille  au  soir  (soit  pendant  17  heures) 
et  cette  diète  est  prolongée  6  heures  après  l'absorption  du  vaccin.  Le 
16*^  jour,  qui  suit  la  dernière  ingestion,  ils  sont  éprouvés,  ainsi  que  le 
témoin  par  inoculation  sous-cutanée  de  45o  millions  de  M.  melitensis 
vivants  des  cinq  souches. 

Aucun  trouble  chez  les  vaccinés,  dont  le  sang  ne  montre  aucun  pouvoir 
agglutinant.  Le  témoin  contracte  au  17*  jour  après  l'épreuve  une  fièvre 
méditerranéenne  prouvée  par  l'hémoculture  et  bientôt  arrêtée  grâce  à  l'ac- 
tion d'un  vaccin  curatif. 

T^accination  préventive  par  voie  digestive  contre  la  dysenterie  à  bacille  de 
Shiga.  —  S'il  est  aisé  de  vacciner  l'homme  contre  la  fièvre  méditerranéenne 
par  voie  sous-cutanée  (cf.  notre  Note  antérieure,  Comptes  rendus,  26  oc- 
tobre 1920),  l'emploi  de  la  même  voie  ne  va  pas  sans  inconvénients  sérieux 
avec  un  vaccin  constitué  par  le  bacille  de  Shiga.  Celui-ci  en  effet  contient 
des  produits  toxiques,  dont  l'action  se  traduit  par  un  œdème  étendu,  dur, 
douloureux  et  d'une  durée  de  plusieurs  jours.  L'existence  de  cette  impor- 
tante réaction  locale  est  la  raison  pour  laquelle  la  pratique  de  la  vaccination 
antidysentérique  n'a  pu  jusqu'à  présent  être  étendue.  Nous  nous  en  sommes 
personnellement  rendu  compte  pendant  la  guerre,  une  épidémie  extrême- 
ment grave  de  dysenterie,  nous  ayant  contraint  à  utiliser,  faute  de  mieux, 
un  vaccin  sous-cutané  sur  10 18  sujets.  Le  seul  moyen  d'atténuation,  qui 


726  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

nous  ait  donné  des  résultats,  consistait  dans  l'inoculation  de  quelques  cen- 
timètres cubes  de  sérum  antidysentérique,  pratiquée  drs  le  début  de 
l'œdème;  celui-ci  n'apparaît  qu'après  une  incubation  de  48  heures  environ. 

La  voie  veineuse  provoque  une  réaction  violente,  sensiblement  égale 
qu'on  utilise  les  cultures  mortes  ou  vivantes,  et  qui  rendrait  sans  doute  fort 
dangereux  son  emploi. 

D'autre  part,  les  essais  tentés  pour  rendre  atoxiquele  vaccin  altèrent  tel- 
lement celui-ci  qu'il  est  impossible  de  penser  qu'on  puisse  attendre  un 
résultat  utile  d'un  microbe  aussi  modifié. 

Il  y  avait  lieu  d'espérer  un  meilleur  effet  de  la  voie  digestive. 

Deux  difficultés  se  sont  présentées,  lorsque  nous  favons  essayée  et  ont 
retardé  grandement  nos  expériences.  Nous  ne  ferons  que  les  signaler  ici. 
IVous  y  reviendrons,  en  exposant  en  même  temps  le  détail  de  toutes  ces 
recherches,  dans  une  publication  complète.  Ces  deux  difficultés  sont  :  la 
résistance  presque  totale  à  la  dysenterie  de  la  race  indigène  tunisienne, 
vaccinée  sans  doute  dès  l'enfance  par  l'absorption  d'eaux  polluées,  et  la 
fragilité  de  la  virulence  chez  le  bacille  dysentérique.  On  peut  dire  que  la 
conservation  de  cette  virulence  sur  les  souches  entretenues  en  milieux  arti- 
ficiels est  exceptionnelle.  C'est  pour  cette  raison  que  des  savants  de  labora- 
toire, jugeant  la  question  avec  des  échantillons  isolés  depuis  longtemps, 
donc  avirulents,  et  sur  le  lapin,  animal  sensible  aux  poisons  inoculés  mais 
réfractaire,  ont  pu  avancer  que,  pour  le  bacille  de  Shiga,  toxicité  et  viru- 
lence étaient  synonymes. 

En  possession  enfin  d'une  race  virulente,  nous  avons  réalisé  l'expérience 
décisive  de  vaccination  digestive  dans  les  mêmes  conditions  que  pour  la 
fièvre  méditerranéenne  :  cultures  stérilisées  à  73°;  mêmes  doses  de  100  mil- 
liards administrées  aux  mêmes  jours,  mêmes  jeûnes  avant  et  après.  Il  y  eut 
cette  fois  deux  vaccinés  et  deux  témoins  volontaires  appartenant  aux  races 
européennes. 

L'épreuve  par  ingestion  de  cultures  virulentes  (10  milliards  de  bacilles 
de  Shiga)  eut  lieu  aux  quinzième  et  dix-huitième  jours  après  la  dernière  in- 
gestion. Elle  ne  fut  suivie  d'aucun  trouble  chez  les  vaccinés;  pas  plus  que 
du  développement  d'un  pouvoir  agglutinant,  même  après  l'épreuve.  Les 
deux  témoins  contractèrent  par  contre  une  dysenterie  nette,  jugée  par 
l'isolement  du  bacille  de  Shiga  de  leurs  selles  et  immédiatement  arrêtés 
par  le  sérum  antidysenlérique. 

Conclusions.  —  Ces  expériences  prouvent  qu'il  est  possible  de  vacciner 
préventivement  l'homme  par  voie  digestive  contre  la  fièvre  méditerranéenne 


SÉANCE    DU    l3    MARS    1922.  727 

et  la  dysenterie  bacillaire.  Contre  cette  dernière  maladie,  l'emploi  d'un 
vaccin  digestif  est  d'autre  part  la  seule  méthode  applicable. 

Il  paraît  légitime  de  penser  que  la  même  méthode  se  montrera  effective 
vis-à-vis  d'autres  maladies,  comme  la  fièvre  typhoïde  ouïe  choléra,  spéciales 
à  l'homme,  d'origine  intestinale  de  même  que  la  dysenterie,  et  sur  les- 
quelles l'expérimentation  est  dans  notre  espèce  impossible. 


M.  LiNDET  présente  à  l'Académie  un  Livre  qu'il  vient  de  faire  paraître, 
intitulé  :  L'outillage  de  Vindmtrie  chimique,  agricole  et  alimentaire,  ampli- 
fication des  conférences  qu'il  a  professées  à  l'Ecole  de  Physique  et  de  Chimie 
de  la  Ville  de  Paris.  L'Ouvrage  est  destiné  aux  chimistes  qui,  sortant  du 
laboratoire  pour  entrer  dans  l'industrie,  doivent  connaître  les  appareils  à 
grande  puissance  et  à  grands  rendements  qu'ils  devront  substituer  aux 
modestes  outils  qu'ils  employaient.  C'est  la  première  fois  que  l'on  dresse 
un  semblable  inventaire,  méthodique  et  raisonné,  des  appareils  employés 
par  rindustrie  chimique.  Les  figures,  croquis  dessinés  par  l'auteur,  com- 
portent une  même  échelle  {i^)\  ce  Livre  se  termine  par  une  liste  des  prin- 
cipaux industriels  qui  peuvent  fournir  les  appareils  décrits. 

M.  Gaston  Boxnieb  offre  à  l'Académie  le  Tome  V  de  la  Flore  complète  de 
France,  Suisse  et  Belgique,  dont  il  est  l'auteur.  Ce  volume,  qui  est  accom- 
pagné de  425  figures  en  couleurs,  renferme  la  fin  de  la  famille  des  Ombelli- 
fères^  les  Araliacées,  Cornées,  Loranthacées,  Caprifoliacées,  Rubiacées, 
Valérianées,  Dipsacées  et  le  commencement  de  la  grande  famille  des  Com- 
posées. Un  tableàu  synoptique,  accompagné  de  figures  de  détail,  indique 
les  haisons  multiples  que  l'on  peut  établir  entre  les  genres  des  Ombelli- 
fères.  Comme  précédemment,  sont  indiquées  les  applications  agricoles, 
horticoles,  apicoles,  industrielles,  forestières,  médicales  et  de  Chimi<^ 
végétale. 

M.  A.  DE  Gramont  dépose  sur  le  bureau  de  l'Académie  un  Mémoire  dont 
il  est  l'auteur,  en  collaboration  avec  M.  Hemsalech  :  Observations  and  expe- 
riments  on  the  occurrence  of  Spark  Unes  {enltanced  Unes)  in  the  arc  :  L  Lead 
and  tin,  paru  dans  le  Philosophical  Magazine,  vol.  43,  février  1922.  Ce 
Mémoire  est  le  développement,  avec  planches  et  tableaux  numériques 
d'une  Note  parue  dans  les  Comptes  rendus  du  i^'"  août. 


728  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

M.  J.-L.   Breton   fait  hommage   d'un   Ouvrage  de  M.  Albert  Raxc, 

intitulé  :  Les  ingénieurs  et  la  guerre.  La  mobilisation  technique  et  scientifique^ 
dont  il  a  écrit  la  Préface. 

CORRESPOIVD  ANCE . 


M.  IvAR  Fredholm,  élu   Correspondant  pour  la  Section  de  Géométrie, 
adresse  des  remercîments  à  l'Académie. 


M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

i''  J.  GuiÂRT  et  L.  Grimberï.  Diagnostic  chimique,  microscopique  et parasi- 
tologique.  (Présenté  par  M.  L.  Guignard.) 

Qp  Ch.  Frémont.  Essai  mécanique  des  fils  d'acier.  (Présenté  par  M.  L. 
Lecornu.) 

3*^  Léon  Bouthillon.  La  théorie  et  la  pratique  des  radiocommunications. 
\\.  La  propagation  des  ondes  électromagnétiques  à  la  surface  de  la  terre. 
(Présenté  par  M.  Blondel.) 

4°  Ministère  de  l\  Guerre.  Tables  de  balistique  extérieure,  tomes  T,  Il 
et  III. 

ALGÈBRE.  —  Sur  les  eayléens  et  les  bicayléens  anormaux. 
Note  de  M.  Maurice  Lecat. 

Une  cayléenne  C  de  deux  matrices  M,  et  Mo,  d'ordre  /;,  est  une  matrice 
de  cet  ordre  et  dont  certains  déterminants,  les  eayléens  normaux,  expriment, 
suivant  la  règle  de  Cayley-Rice  ('),  le  produit  d'un  déterminant  de  M,  par 
un  déterminant  de  Mo.  Les  autres  eayléens  sont  anormaux .  Si  M,  et  Mo  sont 
identiques,  on  a  affaire  aux  cayléennes  à'une  matrice,  M,  et  les  valeurs 
normales  expriment  alors  les  produits  de  deux  codéterminants . 

Si  M  est  cubique,  les  C  sont  de  classe  4  et  il  y  en  a  six  distinctes.  Les  cay- 

(')  A.  Cavley,  Trans.  Cambridge  Philos.  Soc,  t.  8,  1842-1849, .Part  I,  p.  85-88; 
Papers,  t.  1,  Cambridge  18S9,  p.  75-79.  —  L.-H.  Rice,  Amer.  J.  Math.,  t.  40,  1918, 
p.  250-262. 


SÉANCE   DU    l3    MARS    I922.  729 

léens  anormaux  sont  :  a.  \q per signant  (d'espèce  4,  ou  à  4  signances);  h.  le 
permanent  (d'espèce  o);  c.  les  deux  déterminants,  d'espèce  2,  où  les  deux 
signances  figurent  dans  un  même  facteur,  et  qui  se  réduisent  à  un  seul  si' 
les  deux  indices  sommants  ont  le  même  rang  dans  les  deux  facteurs.  Si  D^, 
désigne  le  déterminant  cubique  dont  a  est  le  rang  non-signant,  P  le  perma- 
nent, TCj, ,  et  Ojj^  le  permanent  et  le  déterminant  de  la  tranche  g  de  rang  a, 
on  obtient  une  valeur  anormale  en  prenant  :  P  pour  chacun  des  facteurs 
éventuels  à  deux  non-signances,  D^  pour  ceux  à  deux  signances,  a  y  étant 
le  rang  sommant;  et  en  ajoutant  au  produit  des  deux  fonctions  trouvées  un 
complément  valant  2''^*  fois  la  somme  en  p  des  produits  de  deux  fonctions 
obtenues  en  prenant  7:^  .^  ou  0,, .,  pour  un  facteur  respectivement  à  2  ou  à  o 
non-signances,  [3  ou  ^  y  étant  le  rang  sommant. 
Exemple.  —  Les  trois  déterminants  : 


2  *^p'  ^"  ^2)  (? 


i'\  r\ 


J 


2 


.0,  £ 


£2)    (^3, 


.£1, 


^2)  V?,  £3,  îj 


d'espèces  respectives  4>  2,  o,  valent  : 


Df 


'2,P' 


2l>-l 


2-. 


2,p  '•!,&• 


p  =  l 


p  =  l 


Ce  résultat  est  susceptible  de  généralisations.  Si,  pour  mettre  sous  forme 
de  déterminant  le  produit  de  trois  codéterminants  cubiques,  on  en  multi- 
plie d'abord  deux  suivant  la  règle  de  Scott-Rice(')  et  qu'on  effectue  ensuite, 
suivant  la  règle  de  Cayley-Rice,  le  produit  parle  facteur  restant,  on  obtient 
des  matrices  de  classe  6,  analogues  aux  C.  Les  valeurs  anormales  sont  celles 
du  permanent,  du  persignant,  des  trois  déterminants  d'espèce  2  où  les  deux 
signances  figurent  dans  un  même  facteur,  et  des  trois  d'espèce  4  où  les  deux 
non-signances  ont  la  même  disposition.  Le  complément  est  ici  2""'''""^*  e:^  N 
fois  la  somme  en  p  des  produits  de  trois  facteurs  obtenus  comme  les  deux 
des  C.  Ainsi  le  permanent 


Z.  V£i,  p,  £2;  Ua,  ?,  ^J  vîii,  P,  EeV 


p  P  =  i 


(*)  K.-F.  Scott,  P/oc.  London,  Math.  Soc,  (1),  t.  11,  1879-1880,  p.  17-29. 
RiCE,  loc.  cit.  Observons,  en  passant,  que  tous  les  scottiens  sont  normaux. 


L.-H. 


73o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

on  obtient,  comme  pour  le  persignant  de  cette  matrice,  une  somme  de 
cubes,  p  ayant  été  mis  partout  au  même  rang. 
Dans  le  cas  de  n  matrices  quelconques,  un  déterminant  anormal 


''    -      -        'A  r\  A  A  \-w-m  .    N 


p  =  1       I  s+l 

.s  n  p  .V  ;; 


f.  =  1  1  .V  +  1 


où  Df  '  désigne  le  déterminant 


P*'^'  étant  le  permanent  qui  lui  correspond,  et  où 


permanent,  de  classe  m.^^  —  t,  de  la  tranche  p  de  rang  [x^  de  la  matrice  t'*""' 
de  classe  m^]  et  de  même  pour  les  déterminants  o.  Les  classes  m^,  ...,mj 
doivent  être  impaires.  Le  complément  se  forme  donc  comme  plus  haut.  Si, 
pour  toutes  les  valeurs  de  g-  et  de  u.,  on  a 

le  persignant  et  le  permanent  donnent  une  somme  de  /i'*"'"''  puissances. 

Une  cayléenne  de  M  et  d'une  de  ses  cayléennes  est  une  matrice  d'éléments 
à  deux  paires  d'indices  sommants,  appelée  bicnyléenne  de  M.  Elle  est  de 
classe  5  si  M  est  cubique. 

Il  y  en  a  27  distinctes,  ayant  cliacune  16  déterminants  distincts  (mais 
dont  certains  ne  sont  pas  inégaux  en  valeur).  Les  4  normaux  sont  d'espèce  2. 
Les  8  quasi-normaux  (4  d'espèce  4  et  4  d'espèce  2)  s'expriment  normalement 
(par  la  règle  de  Cayley)  en  fonction  des  déterminants  cubiques  et  de  leurs 
cayléens  anormaux;  ce  sont  les  seuls  pour  lesquels  le  facteur  F  pourvu  d'un 
indice  sommant  de  chaque  paire  n'a  pas  de  non-signance.  Nous  leur  consa- 
crons un  Mémoire  spécial. 

Les4  bicayléens  anormaux  sont  :  a.  le  permanent;  b.  celui  des  5  détermi- 
nants d'espèce  4  où  la  non-signance  figure  dans  F;  c.  les  2  déterminants 
à  2  signances  figurant  dans  un  seul  facteur.  La  place  manque  pour  donner 
in  exlenso  la  loi  de  formation  de  leurs  valeurs;  du  reste  elle  apparaît  clai- 


SÉANCE  DU    l3   MARS    I922.  78] 

rement  dans  ces  exemples  : 


0) 
(■'.) 


(0 
(II) 


1/'  /'  /'        /'       /' 

;a  =  i  y=:i  !J.=i    Y  =  i       1 

I  p  r  p      p      /' 

/'     /'  /  \  /O      vO  \  /    0  0 

y  =;  1      [J.  =  1 

/'  /'  /'       /'      p 

y\)    PDiD,+ ;/'-'D,VTti,j;,Ô2,f,.-i-a/^-JD,2^2,y^^i,y  +  2/'2  ^n*^'"''"^'  "'^''^'iJ^^i'Y' 
\).  =  i  y  =  i  5J.=i    Y=i      1 

/'  /'         /'       /' 

(II)  V^^  2PP^T.,;,T.,^i+  4^     ^Y\(lJ;l,''>)r:'i,^.-i,r 
1  —  1  u.  =  1    y  =  1      1 

Il  y  a-  en  général  4  groupes  de  termes  :  a.  un  produit  de  déterminants 
(permanent  y  compris);  b,  c.  deux  qui,  rappelant  le  complément  des  cay- 
léens,  correspondent  chacun  à  une  paire  d'indices  sommants  et  sont  iden- 
tiques pour  certains  permanents  (cas  de  II  );  d.  le  groupe  restant,  qui  com- 
porte 2  sommations  et  constitue  une  image  remarquable  de  l'élément  entre 
barres.  Observons  que,  tandis  que  pour  les  valeurs  anormales  F  engendre 
toujours  P,  pour  les  valeurs  normales  il  donne  D^,  si  a  est,  dans  F,  le  rang 
non-signant. 

On  peut  généraliser  comme  dans  le  cas  des  cayléens. 


ANALYSE  MATïHÉMATIQUE.  —  Sw  V équation  générale  du  type  elliptique . 
Note  (  ')  de  M.  Kyrille  Popoff,  présentée  par  M.  Hadamard. 

M.  Picard  (-)  considère  l'équation  générale  du  type  elliptique 

,  ,  d''-u       d'-u  du        ,  du 

ôx^        dy-  dx  dv 

et  cherche  une  intégrale  s'annulant  sur  le  contour  fermé  C  et  continue 

(')  Séance  du  20  février  1922. 

C)  Ann.  Ec.  IVorm.  sup.^  t.  23,  1906,  p.  J09. 


^32  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

à  l'intérieur  de  C,  ainsi  que  ses  dérivées  partielles  du  premier  et  du  second 
ordre.  Il  ramène  le  problème  à  une  équation  intégrale.  Pour  remonter  de 
celle-ci  à  l'équation  (i),  on  a  besoin  de  prouver  que  u  a  des  dérivées  conti- 
nues des  deux  premiers  ordres.  Pour  cela,  M.  Picard  admet  que  rt,  />,  c,  / 
sont  continus  ainsi  que  leurs  dérivées  utiles. 

Nous  nous  proposons  de  ramener  le  problème  à  une  équation  intégrale  ana- 
logue^ dont  la  solution  ri  aura  même  pas  besoin  d^ admettre  des  dérivées 
premières.  Soit 

(2)  A«  =  cp(^,j), 

où  o(x^  y)  est  une  fonction  à  déterminer,  d'où  (u  s'annulant  sur  le  con- 
tour C  ) 

(3)  u{x,  y)——  ~jj  ?(^rfl)C.(^, -fl^-a^,  J)f^^ 


dn 


(G,  fonction  de  Green  ordinaire). 

Pour  que  la  fonction   u(x,y)  ainsi   définie  satisfasse  à  (2),  il  suffit, 
d'après  une  remarque  de  M.  Hôlder  que  cite  M.  Picard  (  '  ),  que 

?(^iji)  — ?(-2t-2y2)<  A/•^ 

A  et  a  étant  deux  constantes  positives  et  ;•  la  distance  de  (.37, ,  7,)  à  (x^,  jo). 
Si  l'on  substitue  la  fonction  u(œ,y)  ainsi  formée  dans  l'équation  (  i  ), 
qu'on  peut  écrire  aussi 

A«  +  ca(a:,  y)  —  ca(.t\  v)  +  «  -^ ^  u V-  eu  z=: J ^ 


on  obtient  l'équation  intégrale  en  ai(j-,  v)  suivante  : 

(4)     o{x,y)-^^J^J 


.^(^-^■^ d^ 

,  ,    .     ,  ^G(t,  Ti,  ne,  y)  ■         „    . 

\-b{x,  y) ^-^ ^  -  c{a-.,y)G{t,  -fi,  JC,y) 


X  9 ( ç,  Y) )  di  dn  —f{x,  y). 


Pour  que  la  fonction  «(a-,  y)  formée  avec  la  solution  0(^,7)  de  cette 
équation  intégrale  soit  l'intégrale  cherchée  de  (i),  il  suffit  que  ç;(x",  y) 
satisfasse  à  la  condition  de  Hôlder.  Pour  cela,  il  suffit  que  a,  b,  c  satisfassent 
à  cette  condition.   Cela  se  voit  sur  l'expression  de   (^(x^y)  au  moyen  du 


C)  Journal,  de  Malh.,  i8go. 


SÉANCE   DU    l3    MARS    1922.  733 

noyau  résolvant.  Considérons  par  exemple  l'intégrale 

celle  qui  présente  les  plus  grandes  difficultés.  On  aura 

-j  J  0.  /(^•-^)^^^ 

Ici,  /"(.r,  y)  satisfaisant  à  la  condition  de  Hôlder, 

/   /  / ( 4-  "^'  )  G  (  ^,  -^,  .7^,  j)  f/^  dn 

admet  des  dérivées  premières  et  secondes,  d'où  il  s'ensuit  que  'l(-x,  y) 
satisfait  aussi  à  la  condition  de  Hôlder  et  que  par  conséquent  l'intégrale  (3) 
vérifie  l'équation  (  1  ). 

On  arrive  au  même  résultat  en  se  servant  d'une  remarque  de  M.  Hada- 
mard,  publiée  par  MM.  Heywood  et  Fréchet,  Décrivons  pour  cela  autour 
du  point  (Xf ,  r,  )  un  cercle  (Si)  de  rayon  deux  fois  la  distance  /•  de  (.r, ,  y^  ) 

à  (^2j  Va)-  L'intégrale   /  /  - —  '  ^' ^' "^  /(^,  ■ri)d;dq  étendue  au  domaine 

extérieur  à  ce  cercle  est  une  fonction  dérivable  de  a?,  j.  Considérons  main- 
tenant les  intégrales 

(6)  /     /  — -L— f  {-_,■(,)  didr\         (/  =  i,2), 

étendues  au  domaine  intérieur  au  cercle  2. 

Pour   ç  =  ^7,  ;/i=:y,  ^— — ^  étant  inhni  comme  -,  ou  0,  est  la 

distance  du  point  (;,  y] )  au  point  (.r,,  v,\  l'intégrale  (G)  sera  de  l'ordre  de 

où  M  est  la  plus  grande  valeur  que  |/('i",.v)|  peut  prendre  en  général. 
Une  homothétie  qui  change  IS  en  un  cercle  Z'  de  rayon  un,  ayant  le  même 

C.  R..  192s.   ."  Semestre.  (T.  174,  N*  11.)  •         54 


734  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

centre,  donne 

M  /  —  —W.ir  /    —, 

OÙ  R,   désigne   la  distance  d'un  point  quelconque  à  Tintérieur  de  -'   au 
centre  de  2',  et  Ra  la  distance  au  point  transformé  de  (-r^.  v^X  qui  est  à  la 

distance  -  du  centre  de  H'.  La  valeur  de   /  -rr  étant  indépendante  du  choix 
des  points  (^,  »  jO  ^^  (^Co?  J2)?  il  s'ensuit  que 


//^ 


dx 


fil,  -fi)  dtdri 


et  par  conséquent  •\^(^x,y)  satisfont  à  la  condition  de  Hôlder. 

Soient  M,  et  ii^  deux  intégrales  de  (i)  qui  s'annulent  sur  le  contour  G  et 
qui  sont  formées  avec  les  fonctions  tp, (a;,  j)  et  cp^C-^ij)-  l^eur  difTérence 
sera  intégrale  de  l'équation  sans  deuxième  membre. 

En  substituant  w,  —  z/o  dans  cette  équation,  on  obtient 


(^/y)  . 


Si  —  n'est  pas  une  constante  caractéristique  du  noyau,  on  aura  identi- 
quement ^,(07,  j)  —  ^2(^5  j)^^o  et  par  conséquente,  et  u^  seront  iden- 
tiques. 

GÉOMÉTRIE.  —  Sur  les  espaces  généi^alisés  et  la  théorie  de   la  Relatwité. 
Note  de  M.  E.  Cartan,  présentée  par  M.  Emile  Borel. 

Dans  deux  Notes  récentes(*)  j'ai  d'une  part  donné  une  définition  géo- 
métrique du  tenseur  d'énergie  d'Einstein,  d'autre  part  introduit  la  notion 
d'espace  doué  de  torsion.  Si  l'on  regarde  l'Univers  comme  un  espace  à 
quatre  dimensions  doué  à  la  fois  d'une  courbure  et  d'une  torsion,  la  défini- 
tion du  tenseur  d'énergie  se  généralise  sans  difficulté;  il  est  maintenant 
constitué  par  un  vecteur  et  des  couples  attachés  à  chaque  élément  de  volume 
de  l'Univers;  le  vecteur  traduit  la  courbure  de  l'Univers  et  les  couples  tra- 
duisent sa   torsion.  Le  nouveau  tenseur  d'énergie  a,  en  chaque  point  de 

(')   Comptes  rendus,  1.  174,  1922,  p.  437  et  SgS. 


SÉANCE   DU    l3    MARS    1922.  78^ 

l'Univers,  Zîo  composantes  numériques,  dont  iT)  pour  le  vecteur  et  24  pour 
les  couples,  tandis  que  le  tenseur  ordinaire  n'en  a  que  10. 

La  loi  de  conservation  pour  le  tenseur  gr-néralisé  d'énerg^ie  exprime  que, 
si  l'on  considère  un  éléjnent  à  quatre  dimensions  de  l'Univers,  le  système 
formé  des  vecteurs  et  des  couples  attachés  aux  différents  éléments  de  volume 
qui  limitent  l'élément  donné  est  géométriquement  nul.  Si  l'Univers  n'a  pas 
de  torsion,  les  24  composantes  qui  traduisent  la  torsion  sont  nulles  d'elles- 
mêmes  :  la  loi  générale  de  conservation  entraîne  alors  comme  double  con- 
séquence :  i"  l'existence  de  (3  relations  linéaires  entre  les  16  composantes  du 
vecteur  (loi  de  symétrie  du  tenseur  d'Einstein)  ;  2°  la  loi  de  conservation 
ordinaire  de  ce  dernier  tenseur. 

L'Univers  d'Einstein  peut  être  regardé  comme  un  Univers  euclidien 
déformé  (mais  sans  torsion).  On  pourrait  considérer,  plus  généralement, 
des  espaces  provenant  de  la  déformation,  non  d'un  espace  euclidien,  mais 
d'un  espace  projectif,  d'un  espace  affine,  d'un  espace  conforme,  etc.  Par- 
tons, pour  fixer  les  idées,  d'un  espace  affine  à  trois  dimensions,  dans  lequel 
les  figures  n'ont  d'autres  propriétés  intrinsèques  que  celles  qui  se  conservent 
par  une  transformation  homographique  laissant  invariant  le  plan  de  l'infini. 
Dans  un  tel  espace  les  notions  de  droite,  de  plan,  de  parallélisme  subsistent, 
mais  non  celles  de  longueur  et  d'angle.  Le  système  de  référence  normal  y 
est  formé  d'un  point  quelconque  et  de  trois  vecteurs  quelconques  (non 
parallèles  à  un  même  plan)  issus  de  ce  point. 

Gela  posé,  imaginons  un  espace  non  affine,  mais  possédant,  au  voisinage 
immédiat  de  chaque  point,  tous  les  caractères  d'un  espace  affine.  Cela 
signifie  d'une  manière  précise  qu'il  existe  une  loi  de  repérage  mutuel  de 
deux  systèmes  de  référence  d'origines  infiniment  voisines.  La  divergence 
entre  un  tel  espace  et  l'espace  affine  proprement  dit  se  traduira  de  la  ma- 
nière suivante  quand  on  décrira  un  contour  fermé  infiniment  petit. 

Attachons  à  chaque  point  M  du  contour  un  système  de  référence  et  con- 
sidérons les  transformations  homographiques  (ou  déplacements  affines)  qui 
permettent  de  passer  du  système  de  référence  attaché  à  chaque  point  JM  au 
système  de  référence  attaché  au  point  infiniment  voisin  M'.  Si  en  partant, 
dans  l'espace  affine  proprement  dit,  d'un  système  de  référence  initial,  on 
lui  faisait  subir  successivement  les  déplace^ients  précédents,  on  ne  revien- 
drait pas  au  système  de  référence  initial  :  un  déplacement  complémentaire 
serait  nécessaire.  Autrement  dit,  à  tout  contour  fermé  infiniment  petit  de 
l'espace  déformé  est  associé  un  déplacement  affine  infiniment  petit.  Dans 
l'espèce,  ce  déplacement  pourrait  se  décomposer  en  une  translation  et  un 


736  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

déplacement  laissant  fixe  Torigine,  qui  traduiraient  la  courbure  (de  nature 
non  euclidienne)  de  l'espace.  Dans  un  espace  affine  déformé,  il  existe  des 
lignes  qui  généralisent  les  droites  de  l'espace  affine  proprement  dit;  seule- 
ment, ce  ne  sont  pas  de'è  géodésiques,  puisque  la  notion  de  distance,  même 
entre  deux  poins  infiniment  voisins,  n'existe  pas. 

Dans  les  espaces  déformés  (au  sens  précédent)  il  y  a  une  loi  générale  de 
conservation^  qui  est  la  suivante.  Considérons  un  élément  de  volume  de 
l'espace  ;  aux  différents  éléments  de  surface  qui  le  limitent  sont  associés  des 
déplacements  (affines)  infiniment  petits  :  la  somme  de  tous  ces  déplacements 
est  nulle.  Il  faut  entendre  par  somme  de  deux  déplacements  infiniment  petits 
la  partie  principale  du  déplacement  résultant;  dans  ce  sens,  l'addition  d'un 
nombre  quelconque  de  déplacements  infiniment  petits  est  commutative  et 
associative.  On  pourrait  représenter  les  déplacements  infiniment  petits  par 
des  figures  géométriques  ou  tenseurs  :  ce  seraient  des  tenseurs  additifs 
[dans  l'espace  euclidien,  à  chaque  déplacement,  on  peut  faire  corres- 
pondre un  système  de  vecteurs  (glissants);  V addition  géométrique  de  ces 
systèmes  de  vecteurs  se  fait  suivant  des  règles  classiques]. 

Les  espaces  généralisés  de  H.  Weyl  rentrent  dans  le  schéma  précèdent  : 
ce  sont. des  espaces  euclidiens  déformés,  mais  en  donnant  à  l'expression 
d'espace  euclidien  un  sens  un  peu  différent  de  celui  que  nous  lui  avons 
attribué  jusqu'à  présent  ;  les  seules  propriétés  intrinsèques  des  figures 
y  sont  celles  qui  se  conservent  non  seulement  par  un  déplacement, 
mais  encore  par  une  homothétie,  c'est-à-dire  par  une  transformation 
par  similitude. 

Les  systèmes  de  référence  normaux  pour  cet  espace  sont  formés  d'un 
point  quelconque  et  de  trois  vecteurs  rectangulaires  égaux  issus  de  ce 
point.  Un  espace  euclidien  déformé  sera  défini  si  Ton  se  donne  une  loi  de 
repérage  mutuel  de  deux  systèmes  de  référence  d'origines  infiniment  voi- 
sines A  et  A',  ou  encore  si  l'on  se  donne  la  translation  AA',  la  rotation  et 
l'homothétie  qui  permettent  de  passer  du  premier  au  second.  A  tout  con- 
tour fermé  infiniment  petit  partant  d'un  point  A  et  y  revenant  sont 
associées  :  i°  une  rotation,  qui  traduira  la  courbure  proprement  dite  de 
l'espace;  2°  une  translation,  qui  traduira  sa  torsion;  3°  une  homothétie, 
qui  traduira  ce  qu'on  peut  appeler  sa  courbure  d'homothétie.  L'Univers  de 
H.  Weyl,  qui  est  naturellement  à  quatre  dimensions,  n'a  pas  de  torsion; 
sa  courbure  d'homothétie  se  traduit,  sur  chaque  élément  de  surface,  par 
l'élément  d'intégrale  double  qui  définit  le  champ  électromagnétique ^  et  qui 


SÉANCE   DU    l3    MARS    192.2.  737 

n'est  autre  que  la  différence  entre  le  rapport  d'homothétie  associé  au  con- 
tour fermé  qui  limite  la  surface  et  l'unité.  La  loi  générale  de  conservation 
s'exprime  ici  en  particulier  par  le  fait  que  l'intégrale  du  champ  électro- 
magnétique étendue  à  la  surface  qui  limite  un  volume  élémentaire  donné 
est  nulle.  Enfin  on  peut  définir  pour  chaque  élément  de  volume  de  FLni- 
vers  un  tenseur  d'énergie;  la  loi  générale  de  conservation  montre  qu'il 
peut  être  décomposé  en  un  tenseur  symétrique  (intéressant  la  matière)  et 
un  tenseur  antisymétrique  (intéressant  l'électricité).  Le  fait  que  les  phé- 
nomènes électromagnétiques  sont  indépendants  de  la  matière  tient  au 
fond,  dans  cette  conception,  à  la  propriété  du  groupe  des  déplacements 
d'être  un  sous  groupe  invariant  du  groupe  des  similitudes. 

L'Univers  de  H.  Weyl  est  une  déformation  de  l'Univers  de  la  Relativité 
restreinte,  dans  lequel  il  n'y  aurait  pas  d'unité  de  longueur  fixée  une  fois 
pour  toutes.  On  peut  se  demander  jusqu'à  quel  point  la  déformation  de 
l'Univers  galiléen^  avec  unités  de  longueur  et  de  temps  non  fixées,  permet- 
trait de  rendre  compte  des  phénomènes  physiques.  La  richesse  des  maté- 
riaux fournis  par  la  Géométrie  ne  serait  pas  moindre  que  dans  l'Univers 
de  H.  Weyl,  puisque  le  groupe  fondamental  de  l'Univers  galiléen  est  à 
II  paramètres  au  lieu  de  10,  le  choix  de  l'unité  de  longueur  n'entraînant 
plus  avec  lui  celui  de  l'unité  de  temps.  Bien  que  la  tentative  mérite  d'être 
faite,  on  peut  concevoir  des  doutes  sur  sa  réussite. 


GÉO.VIÉTRIE.  —  La  géométrie  des  espaces  courbes  et  le  tenseur  d'énergie 
d'Einstein.  iNote  de  M.  E.xrico  Bompiaxi,  présentée  par  M.  Emile 
Borel. 

1.  M.  E.  Gartan  vient  de  donner  (')  une  très  élégante  construction  du 
tenseur  d'Einstein  relatif  à  un  Univers  non  euclidien  à  quatre  dimensions. 

Comme  je  m'étais  occupé  de  la  géométrie  des  espaces  courbes  (-),  juste- 
ment à  propos  de  questions  géométriques  posées  par  la  relativité,  je  me 

(')  Sur  une  définition  géométrique  du  tenseur  d'énergie  d' Einstein  {Comptes 
rendus^  t.  174,  n°  7,  1922,  p.  ^Sj-^Sg). 

('-)  Studi  sugli  spazi  curvi  :  Del  parallelismo  in  una  varietà  qualunque  {Atti 
del  R.  Istit.  Veneto,  t.  80,  1920-1921;  1"  parte,  p.  355-386;  2*  parte,  p.  839-859). 
l^our  d'autres  questions  qui  se  rattachent  au  parallélisme  de  M.  Levi-Cività,  voir  aussi 
Studi  sugli  spazi  curvi  :  la  seconda  forma  fondamentale  di  una  V,„  in  \  „  {Ihid.^ 
p.  1 1  i3-i  i45). 


^38  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

permets  de  donner  un  bref  aperçu  de  quelques  résultais  qui  sont  intimement 
liés  avecla  recherche  de  M.  Cartan. 

2.  Le  point  de  départ  commun  est  la  notion  de  parallélisme  introduite 
par  M.  Levi-Gività  (')  :  si  l'on  déplace  une  direction  sortant  d'un  point 
suivant  un  chemin  fermé  infiniment  petit  (cycle),  on  y  revient  avec  une 
direction  différente;  M.  Pérès  a  donné  les  formules  pour  passer  de  la 
direction  initiale  à  celle  d'arrivée  (^). 

Si  Ton  déplace  d'une  manière  analogue  toute  l'étoile  des  directions  sor- 
tantes d'un  point,  on  y  revient  avec  une  étoile  directement  égale  à  la  pri- 
mitive; l'effet  du  déplacement  est  donc  une  rotation  qui  a  pour  composantes 

tr 

^('>,  Y]''"'  étant  les  paramètres  de  deux  directions  orthogonales  sur  l'élément 
de  surface  qui  contient  le  cycle,  oS  son  aire. 

Tout  ce  qui  se  rapporte  à  cette  rotation  constitue  un  invariant  relatif  aux 
éléments  donnés. 

Dans  un  espace  V„  de  dimension  impaire,  il  existe  toujours  une  direction 
qui  revient  sur  elle-même  au  bout  d'un  déplacement  suivant  un  cycle  donné 
(^axe  de  rotation)  :  ses  paramètres  yf'^  sont  donnés  par 


l»' 


/,y_l^'=  O  (;■  =r  I ,    .  .  ..  // )  ; 


si  n  est  pair  il  n'existe  pas  en  général  un  axe  relatif  à  un  cycle  donné. 

En  particulier,  s'il  s'agit  d'une  variété  V^  (w  =  3),  il  y  a  à  considérer  les 
invariants  suivants  : 

1°  L'angle  que  l'axe  relatif  à  un  cycle  forme  avec  celui-ci; 

2°  La  rotation  de  l'étoile,  c'est-à-dire  l'angle  (rapporté  à  oS)  dont  il  faut 
tourner  l'étoile  autour  de  l'axe  pour  la  porter  sur  sa  nouvelle  position; 

3"  La  rotation  de  l'élément  de  surface,  c'est-à-dire  l'angle  (rapporté  à  SS) 
entre  la  position  initiale  et  finale  de  cet  élément  (auquel  le  cycle  appartient). 

On  a  alors  les  interprétations  cinématiques  suivtintes  de  la  courbure 
riemannienne  :  elle  est  la  projection  sur  l'élément  de  surface  du  vecteur  qui 


(')  Nozione  di  parallelismo,  etc.  {Rend.  Girc.  Mal.  Palerino,  l.  42,  1917)- 
{^)  Le  paraltélisine  de  M.  Levi-Cività^  etc.  {Rend.  Accad.   Lincei,  vol.  28,  191 9, 
p.  425-428). 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I922.  739 

représente  la  rotation  de  l'étoile;  son  carré  est  égal  à  lu  différence  des  cairés 
des  rotations  de  l'étoile  et  de  l'élément  donné. 

Si  l'axe  relatif  à  un  cycle  appartient  à  son  élément  de  surface,  cet  élément 
est  à  courbure  riemannienne  nulle;  s'il  lui  est  perpendiculaire,  c'est  une 
direction  principale  (au  sens  de  M.  Ricci);  et  vice  versa. 

Certains  de  ces  résultats  peuvent  être  généralisés  pour  n  quelconque. 

3.  On  obtient  plusieurs  invariants  (pour  n  quelconque)  en  partant  de  la 
notion  de  déviation  angulaire  d'une  direction  X,  (angle  dont  est  tournée  'C 
rapporté  à  5S)  :  c'est  l'invariant  (  qui  dépend  du  cycle  et  de  w)  mesuré  par 

le  module  du  vecteur  ayant  pour  composantes  ^/>,viC*'. 

Si  V,j  est  à  courbure  constante,  le  rapport  entre  la  déviation  angulaire 
de  "C  et  le  cosinus  de  l'angle  que  X,  fait  avec  l'élément  de  surface  (^,  r^)  est 
toujours  égale  à  la  courbure. 

Si  la  direction 'C  appartient  à  (;,  y]),  la  déviation  angulaire  vient  coïncider 
avec  un  autre  invariant  [courbure  de  direction)  dont  la  définition  géomé- 
trique se  rattache  à  deux  manières  différentes  de  transporter  une  direction 
suivant  une  géodésique  ('). 

La  somme  des  carrés  des  déviations  angulaires,  par  effet  du  même  cycle, 
des  directions  d'une  /i-uple  orthogonale  est  l'invariant  (qui  ne  dépend  nul- 
lement de  ces  directions) 

Par  des  constructions  analogues  j'arrive  à  d'autres  invariants  dont  la  signi- 
fication cinématique  est  évidente  par  la  construction  même;  en  particulier 
à  l'invariant  que  l'on  obtient  en  composant  le  système  covariant  4-uple  de 
Riemann  avec  son  réciproque  par  rapport  à  l'élément  linéaire  de  l'espace  V„. 

4.  Je  vais  indiquer  une  construction  géométrique  du  tenseur 

R,v;  — y  )ih.hlr. 
Il 

de  Ricci  (^)  d'où  l'on  déduit  aisément  le  tenseur  d'Einstein  R/a  —  -gin"^- 
Considérons  une  direction  ^  et  /^  —  i  .directions  r^y  orthogonales  entre 


(*)   Voir  mon  Mémoire,  i"  Partie,  Chapitre  lï. 

(')  Direzioni  e    invarianti  principali,    etc.    {Atti   H.   /st.    Venelo,   t.  63,    190^, 
p.  1233-1239). 


74o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

elles  et  à  ^  (sortantes  d'un  même  point)  et  prenons  sur  chaque  direction  un 
vecteur  unitaire. 

Si  l'on  déplace  par  parallélisme  le  vecteur  de  direction  r,y  suivant  un 
cycle  appartenant  à  l'élément  de  surface  (^,  yjy),  le  déplacement  de  son 
extrémité  libre  a  pour  composantes 

h  hi 

La  somme  géométrique  des  déplacements  ainsi  obtenus  pour  les  «  —  i  direc-. 
tions  y]/  est  le  vecteur  de  composantes 

X,=  V  ^/i  y   ;,/,,/;/;   :^  V  H,,.;<^). 

t  h  I. 

Le  tenseur  (homographie  vectorielle)  R,v;  qui  fait  passer  du  vecteur  \  au 
vecteur  X  est  bien  le  tenseur  de  Ricci. 


MÉCANIQUE.   —  Logoïdes  de  glissement  des  terres.  Note  de  M.  Frontad, 

présentée  par  M.  Mesnager. 

Considérons  un  massif  de  terre  cohérente  et  supposons,  comme  nous 
l'avons  fait  précédemment,  qu'on  a  affaire  à  l'état  d'équilibre  particulier  où 
les  lignes  de  charge  sont  parallèles  à  la  surface  libre  du  talus. 

Nous  adopterons  les  mêmes  notations  que  dans  notre  précédente  Note, 
qui  concernait  les  talus  d'inclinaison  i  supérieure  à  o.  Les  mêmes  calculs 
préliminaires   nous   conduiront  à  des  équations  d'allure  identique,    qu'il 

s'agit  d'intégrer  : 

Cco~c5  cos(2a-f-o) 

(0 


A  cos  i   si  II  /  ^  .-in  o  cos  (2a  -\-  o  —  i 


,  .                                2 G                    .  f    cos(?  +  '^)  +  cos(2a  -f-  9  —  0     , 
(2)  x  = r- cos  9  la  11  ^;   /      -z:—. — r- ; ■ — — ^ -rr-  (ly.- 

Soit  7/  un    angle    auxiliaire   variable,  défini   eu  fonction  do   a   par  la 
relation 

/tt        }/\  /sinxp  +  sin/  /  o  —  i\ 

lang    -  H —  i/-, — ' ^_..  lang     a-H- • 

\4       ,   2    '         V'    -III  o  —  Mil  i  \  2      / 

L'équation  (2)  à  intégrer  prend  alors  la  forme 

C  cosi^  lang/  f     coscp  —  cosi'sin//     ^ 


A 


s  i  n  (  ©  —  /  )  y/s  i  n  (  cp  -+-•/)  si  n  (  ( 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I922, 


741 


On  a  finalement 


(3)    ^  =  T- 


rose»  lang/ 


^  sin(9  —  /  )  \/s\n  (q  —  ?)sin  (o  ~n  i ) 


C(  •  l 


coso(col/.'.—  col  j:'q)  —  COS<  L„;.p 


col  — 

2 


c 

(4)       V-T 


A  cos/-inf  cji — /)?iii(cp-t-<) 

la  valeur  À'^,  étant  d'ailleurs  fournie  par  la  relation 


-  — si  n  f\/.si  n  (c3 — i)>i  n  (o-\-i)  col  À' — si  ncpcosi 


(5) 


/tt        }.!,  \  /sincs  -H-  si  II  <  /t:         <' 


On  peut  encore  simplifier  les  équations  de  cette  courbe  en  adoptant  les 
axes  de  coordonnées  obliques  Ox  et  Oy'  et  en  prenant  pour  paramèue 
variable  un  angle  a'  défini  par  la  relation 


,   71  p. 

laiig  (  -  H-  — 
4  2 


/   Mil 

V   sin 


111  (  o  -1-0  SI  11  a. 


((p  —  l)    COS(à  -r  9) 


Le  résultat  obtenu  est  le  suivant 


col 


cos  o  SlIW 


A  .; 


Il  (  'j  —  "i)  y/si  n  (  cp  —  (  )  si  u  (  cp  -i-  i  ) 


col  p.' —  COl/J-'g  — -  Lnép 


C 

A   siii(' 


V 
lanS'JJ 


co'^C'  siii  i  /  lans'JJ  \ 

^— r-^ ; cosec/j.' ^-V 

un  (  o  —  O  S'il  (  ç> -i- <)  \  '         •laiigf/ 

la  valeur  [\  étant  définie  par  la  relation 


ou  encore 


.ans  I  3  +  E. 


Slll  ]JLq 


_       /si  II  (  9  -I-  0 
y    sin  (9  —  i) 

la  no/ 


là  n  g  ce 


La  courbe  obtenue  comporte  deux  branches,  l'une  pour  l'état  d'équilibre 
strict  supérieur  (à  poussée  maxima)  et  l'autre  pour  l'état  inférieur  (à  poussée 
minima).  Les  directions  asymptotiques  sont  définies  par  l'équation 

sin  t  —  sin  9  cos  (  2  5^  —  /  H-  9)  =  o, 
soit 


1  /sin/ 
a-  :=  —  arc  cos    -: 

2  \  SIM  es 


I  /   SIIl  / 

—  arc  cos 

sin  C9 


742  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Les  deux  branches  dont  il  s^agit  sont  obliquement  symétriques  parallèle- 
ment à  0.3?',  par  rapport  à  la  droite  parallèle  à  Or' ,  d'abscisse 

C  coscpsin/  /'      .     ,         ,  fjf.'u 


.  .        ,- : : ,    COt/J-o    —    L„é,,.  col 

^  sin(9  —  i)  \/5in(cp  —  i  )  SU!  (tp  +  ?)  \ 

où   la  courbe  offre   un  point  de  rebroussement,  d'ailleurs  situé   sur  une 
branche  parasite  extérieure  au  massif. 

Nous  proposons  de  désigner,  pour  plus  de  simplicité,  sous  le  nom  géné- 
rique de  cycloïdes  de  glissement,  les  courbes  d'allure  cycloïdale  naguère 
obtenues  dans  le  cas  «  ^  o;  et  àelogoïdes  de  glissement  les  courbes  ci-dessus, 
correspondant  au  cas  i<^  cp. 

Dans  le  cas  particulier  ï  =  9,  les  équations  générales,  taiit  des  logoïdes 
que  des  cycloïdes,  tombent  en  défaut,  leurs  termes  prenant  la  forme  indé- 
terminée -• 
o 

On  arrive  à  lever  l'indétermination  au  prix  de  développements  en  série 
assez  pénibles,  qui  donnent  finalement  un  résultat  très  simple,  savoir 


!>G 


cos-*(a  -1-9) 

: : —    1 


3  A  siii  5cp 

c         cf)s(  2a  +  ©  ) 
2Asinco  siii^a 


La  courbe  obtenue  est  une  parabole  semi-cubique   ayant  pour  axe  de 
symétrie  oblique  parallèlement  à  Ox'  la  droite  parallèle  à  O/,  d'abscisse 


ni 


o  A  SI  II  2  CÛ 


Les  deux  branches  extrêmes  de  cette  courbe  sont,  comme  pour  les 
logoïdes,  les  solutions  véritables  du  problème,  correspondant  l'une  au  cas 
d'équilibre  strict  supérieur,  l'autre  au  cas  d'équilibre  strict  inférieur;  et  la 
zone  qui  les  sépare,  au  voisinage  du  point  de  rebroussement,  n'est  qu'une 
branche  parasite  extérieure  au  massif. 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I923.  7^3 


MÉCANIQUE  CÉLESTE.  —  Sfir  le  scns  de  rotation  des  lignes  cotidales  autour 
des  points  amphidromiques .  Note  de  M.  E.  Fichot,  présentée  par 
M.   \..  Favé. 

Dans  l'énumération  des  causes  pouvant  contribuer  à  la  formation  d'un 
point  de  marée  nulle,  H.  Poincaré  (')  signale,  en  dernier  lieu,  l'influence 
de  la  force  centrifuge  composée.  «  Dans  l'hémisphère  nord,  dit-il,  une 
onde  de  direction  quelconque  semblera  s'infléchir  vers  la  gauche  et,  par 
suite,  les  lignes  cotidales  se  succéderont  dans  le  sens  contraire  à  celui  des 
aiguilles  d'une  montre.  »  Ainsi  présentée,  cette  conclusion  risque  de 
paraître  erronée,  car,  outre  qu'il  est  peu  légitime  d'assimiler  simplement, 
la  propagation  d'une  ondulation  au  mouvement  d'un  point  matériel, 
l'action  déviatrice  de  la  force  centrifuge  composée  sur  un  tel  mouvement 
s'exerce  précisément  en  sens  contraire.  Il  n'est  donc  pas  inutile  de  justilier 
plus  complètement  dans  chaque  cas  d'espèce  l'intuition  de  Poincaré. 

Nous  envisagerons  ici  le  cas  de  points  amphidromiques  tels  que  ceux  de 
la  mer  du  Nord,  dont  la  production  peut  être  attribuée  au  conflit  de  deux 
ondes  progressives  opposées,  manifestement  aff"ectées  par  la  rotation 
terrestre. 

En  conservant  les  notations  de  Poincaré  et  nous  restreignant  aux  condi- 
tions simples  d'un  canal  de  profondeur  constante,  ouvert  aux  deux  extré- 
mités et  parcouru  dans  les  deux  sens  par  des  ondes  de  même  amplitude  et 
de  célérité  c,  le  mouvement  résultant  dépendra  de  la  fonction 

V      t.it y      \{l, a 

co  représentant  le  produit  de  la  rotation  terrestre  par  le  sinus  de  la  latitude. 
Par  un  choix  convenable  de  l'origine   du  temps  et  de  celle  des  coor- 
données, cette  fonction  peut  se  mettre  sous  la  forme 

en  prenant 


et 


=:    e       H-  e      '    —  2  cos  — — 

„  /    ,    2  0)  7'         /^^\ 

d  r=  arc  tane     tn —  col  —    • 

"V  c  c  J 


(')  Leçons  de  Mécanique  céleste,  l.  3  :  Théorie  des  marées  y  p.  867. 


744  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Tous  les  points  x  =  ^—  (k  entier)  de  l'axe  .7  =  0  seront  des  points 
de  marée  nulle,  et  les  lignes  cotidales,  dont  l'équation  peut  encore  s'écrire 

ch i-tane0  =  sh ^col^ — ? 

c  ce 

passeront  toutes  par  ces  points.  Lorsque  x  varie  de  —■>  la  fonction  'd  ne 

fait  que  changer  de  signe.  Pour  deux  points  amphidromiqucs  consécutifs, 
le  tracé  des  lignes  cotidales  reste  donc  le  même,  mais  il  y  a  inversion  des 
phases. 

Toute  ligne  cotidale  correspondant  à  l'heure  -  du  temps  spécial  de  l'onde 
admet  pour  tangente  au  point  amphidromique  la  droite  de  coefficient 
ang-ulaire  —  tangO.  Lorsque  l'heure  cotidale  croît,  la  rotation  amphidro- 
mique s'effectue  bien,  dans  l'hémisphère  nord,  dans  le  sens  positif  astrono- 
mique, c'est-à-dire  en  sens  inverse  des  aiguilles  d'une  montre,  avec  une  vitesse 

angulaire  — — ^^ ,  variable  avec  Ô.  Deux  lisrnes  cotidales  différant 

1  -H  y-^tang  B 

de6  heures  sont  symétriques  par  rapport  au  point  amphidromique  et  forment 
ainsi  une  courbe  continue  présentant  une  inflexion  en  ce  point. 

Relativement  à  l'axe  du  canal,  toute  ligne  cotidale  d'heure  H  a  pour 
symétrique  la  ligne  cotidale  d'heure  12  —  H. 

Enfin  toute  ligne  cotidale  d'heure  H  a  pour  asymptote  la  droite 

T. 

qui  se  déplace  alternativement  d'un  ventre  à  l'autre  avec  une  vitesse  égale 
à  la  célérité.  Si  l'on  observe  que  dans  la  région  comprise  entre  deux  points 
amphidromiqucs  consécutifs,  la  ligne  cotidale  d'heure  zéro  (ou  VI)  com- 
prend non  seulement  la  portion  de  l'axe  reliant  ces  deux  points,  mais  encore 
la  perpendiculaire  passant  par  le  ventre  médian,  on  aura  ainsi  tous  les 
éléments  essentiels  de  la  propagation  du  mouvement  vertical. 

On  voit  aisément  que  l'axe  du  canal  ainsi  que  ses  perpendiculaires 
menées  des  points  amphidromiqucs  et  des  ventres  intermédiaires  sont  axes 
de  symétrie  pour  les  courbes  d'égale  amplitude.  Celle  de  ces  courbes  qui 
passe  par  les  ventres,  où  elle  admet  comme  tangentes  d'inflexion  les  droites 

de  coefficient  angulaire  ±  —-,  limite  autour  des  points  amphidromiqucs 


2(0 


SÉANCE    DU    l3    MARS    1922.  7^5 

des  régions  intérieures  dans  lesquelles  les  courbes  d'égale  amplitude  sont 
fermées,  orthogonales  à  l'axe  et  se  confondent  sensiblement,  au  voisinage 
des  points  amphidromiques,  avec  des  ellipses  de  plus  en  plus  petites,  dont 
les  axes  restent  respectivement  proportionnels  à  20)  et  [j.. 


ÉLEGïRO-OPTigUE.    —   Sur  le  degré  (V exactitude  de  la  loi  de  Bragg  pour 
les  rayons  X.  Note  de  M.  Maixive  Siegbahx,  présentée  par  M.  Brillouin. 

Dans  des  Mémoires  de  19 19  et  1920,  MM.  Stenstrôm  et  Hjalmar  ont 
montré  que  la  loi  de  Bragg  doit  subir  une  petite  correction.  En  réalité, 
celte  loi  ne  donne  pas  exactement  la  même  valeur  pour  la  longueur. d'onde 
calculée  d'après  des  réflexions  d'ordre  différent.  Bien  que  le  défaut  qui  se 
montre  dans  les  longueurs  calculées  soit  très  petit  et  ne  surpasse  pas  beau- 
coup les  erreurs  expérimentales,  le  caractère  systématique  des  écarts  met 
la  réalité  de  la  correction  hors  de  doute. 

MM.  Stenstrôm  et  Hjalmar  ont  constaté  l'inexactitude  de  la  relation  de 
Bragg  pour  les  cristaux  de  gypse  et  de  sucre.  Pour  reconnaître  de  quoi 
dépend  la  correction  des  longueurs  d'onde,  ces  auteurs  ont  aussi  mesuré 
l'effet  obtenu  en  utilisant  des  raNons  caractéristiques  différents.  Bien 
entendu,  les  rayons  utilisés  furent  choisis  en  vue  d'échapper  aux  complica- 
tions par  non-simplicité  des  lignes  spectrales. 

Le  résultat  que  la  théorie  simple  de  la  réflexion  des  rayons  X  par  des 
milieux  cristallins  n'est  pas  suffisant  pour  des  mesures  très  exactes  était  à 
prévoir.  M.  P. -P.  Ewald  a  donné  une  théorie  plus  complète  de  ce  phéno- 
mène et  l'a  comparée  aux  résultats  expéi  imentauxde  Stenstrôm  et  Hjalmar. 
On  doit  s'attendre  à  ce  que  tous  les  cristaux  montrent  celte  déviation  de  la 
théorie  simple,  pourvu  que  les  mesures  aient  une  précision  suffisante.  Dans 
une  Note  précédente  ('),  j'ai  donné  des  résultats  de  mesures  de  précision 
avec  un  appareil  perfectionné.  Un  des  résultats  mentionnés  dans  cette  Note 
avait  rapport  à  cette  question;  j'ai  pu  montrer  l'inexactitude  de  la  théorie 
de  Bragg  pour  la  calcite.  Ce  fait  a  une  importance  spéciale  en  raison  de 
l'emploi  fréquent  de  ce  cristal  pour  les  mesures  spectroscopiques. 

Dans  une  Note  récemment  publiée  (-),  M.  Dauvillier  a  supposé  que 
l'écart  était  dû  à  la  complexité  de  la  ligne  spectrale  Ka,  utilisée  dans  mes 
mesures.  Je  veux  remarquer  : 

(^)   Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  i35o. 
(^)   Comptes  rendus,  t.  174,  192^^,  p.  443. 


746  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

1°  Que  le  résultat  est  le  même  pour  la  ligne  a,  qui,  d'après  M.  Dauvil- 
lier,  est  simple; 

2"  Que  la  composante  faible  a,  à  côté  de  a,,  aurait,  d'après  M.  Dauvil- 
lier,  une  longueur  d'onde  différant  de  2XU  (io~"  cm)  de  la  ligne  a,.  Avec 
dispersion  de  mon  spectrographe,  deux  lignes  d'une  différence  supérieure 
à  0,4  XU  sont  séparables,  et  la  ligne  a^,  si  elle  existait  dans  mes  spectro- 
grammes,  devrait  être  à  une  distance  considérable  de  la  ligne  a,  qui  a  servi 
dans  mes  mesures.  (D'après  une  remarque  de  la  Note  de  M.  Dauvillier 
j'estime  que,  dans  mes  spectrogrammes,  la  résolution  est  trois  fois  plus 
grande  que  dans  ceux  de  M.  Dauvillier.)  Pour  cette  raison,  je  ne  peux  pas 
attribuer,  dans  mes  résultats,  la  déviation  de  la  loi  de  M.  Bragg  à  une 
autre  cause  que  celle  déjà  reconnue  par  M.  Ewald  ('")  pour  les  résultats 
de  MM.  Stenstrom  et  Hjalmar. 


RADIOACTIVITÉ.  —  Sur  le  poids  atomique  du  chlore  dans  un  minéral  ancien^ 
Vapatitede  Balme.  Note  de  M'^'  Ellen  Gleditscb  et  de  M.  B.  Samdahl, 

présentée  par  M.  A.  Haller. 

Depuis  les  recherches  de  M.  F.-W.  Aston,  on  sait  que  le  chlore  ordi- 
naire, de  poids  atomique  35,46,  comprend  deux  isotopes,  doni  un  a- pour 
poids  atomique  35,  l'autre  87.  Le  rapport  entre  les  deux  est  constant  el 
ne  change  point  dans  le  chlore  de  nos  laboratoire?,  ce  qui  ressort  des  déter- 
minations très  concordantes  de  son  poids  atomique.  Ce  chlore  provient 
sans  exception  des  minéraux  qui  ont  été  déposés  par  l'eau  de  mer. 

Une  question  cependant  s'impose  :  ce  rapport  peut-il  n'avoir  jamais 
varié?  Le  chlore,  dans  des  minéraux  anciens,  cristallisés  du  magma  primaire, 
comprenait-il  déjà  les  deux  isotopes  dans  les  mêmes  proportions?  Pour 
s'en  rendre  compte,  il  faudrait  déterminer  le  poids  atomique  du  chlore  dans 
un  minéral,  qui  n'aurait  pas  été  en  contact  avec  de  l'eau,  un  minéral  où  le 
chlore  serait  un  élément  constitutif.  L'analyse  de  ce  minéral,  généralement 
désigné  comme  un  chloro-lluophosphate  de  calcium,  nous  a  montré  qu'il 
contient  en  effet  5, 61  pour  100  de  chlore,  ainsi  que  des  traces  de  fluor.  A 
Oedegaarden  l'apatite  se  trouve  en  liions  dans  des  gabbros,  qui  appartien- 
nent sans  aucun  doute  à  la  période  archéenne.  L'apatite  d'Oedegaarden, 
étant  formée  du  premier  magma  par  des  vapeurs  ou  des  solutions,  réalise 
donc  les  conditions  exigées. 

(')  Z.  /.  Ph.,  B(l  -2.  1920. 


SÉANCE    DU    I -i    MARS    1922.  747 

\u  cours  de  noire  travail.  M""  Irône  Curie  a  publié  une  Note  (')  sur  le 
poids  atomique  du  chlore  dans  certains  minéraux  anciens,  entre  autres  dans 
l'apatite  de  Bamle. 

Le  plan  que  nous  avons  suivi  était  de  nous  procurer  une  assez  j^^rande 
quantité  d'acide  chlorliydrique,  en  distillant  le  minerai  avec  l'acide  sulfu- 
rique,  puis  de  transformer  l'acide  obtenu  en  chlorure  de  sodium  par  neu- 
tralisation avec  du  carbonate  de  sodium,  ensuite  de  purifier  le  chlorure  de 
sodium  et  de  déterminer  le  poids  atomique  du  chlore  y  contenu.  Vu  les 
expériences  antérieures  sur  les  isotopes,  et  particulièrement  sur  ceux  du 
plomb,  nous  avons  pensé  qu'on  ne  risquerait  certainement  pas  de  changer 
le  rapport  des  isotopes  en  purifiant  le  chlorure  brut;  nous  nous  sommes 
donc  efforcés  d'obtenir  un  cidorure  pur,  où  aucune  trace  d'une  substance 
étrangère,  spécialement  de  brome  ou  d'iode,  ne  pourrait  rendre  les  résul- 
tats douteux. 

Voici  comment  nous  avons  purifié  le  chlorure  : 

I.  Du  chlorure  de  sodium,  préparé  de  l'apatite,  fut  précipité  par  du  nilrate 
d'argent,  le  chlorure  étant  en  léger  excès.  Le  précipité,  après  avoir  été  lavé  et  séché, 
fut  transformé  en  chlorure  de  sodium  par  fusion  avec  du  carbonate  de  sodium  et  de 
l'hydrate  de  soude,  le  chlorure  étant  en  excès.  Le  chlorure  de  sodium  extrait  de  la 
masse  fondue  fut  précipité  de  la  solution  saturée  par  un  courant  d'acide  chlorhjdrique 
gazeux,  provenant  d'un  chlorure  de  sodium  préparé  de  l'apatite.  Le  précipité  fut 
chaulfé  au  rouge  et,  après  dissolution  et  filtration,  fut  recristallisé  douze  fois. 

IL  On  a  dissous  du  chlorure  de  sodium  de  Fapatile,  et  à  la  solution  on  a  ajouté  un 
peu  d'hydrate  de  baryte  pur.  Après  filtration,  l'excès  de  baryum  fut  précipité  par  un 
courant  d'anhydride  carbonique  (provenant  d'un  carbonate  pur  et  de  l'acide  sulfu- 
rique).  Le  liquide  fut  chauffé  à  ébullition  et,  après  filtration,  évaporé  à  cristalli- 
sation. Les  cristaux  furent  dissous  et  le  chlorure  fut  précipité  à  trois  reprises  par 
l'alcool  pur.  Le  précipité  fut  chauffé  au  rouge  et,  après  dissolution  et  filtration,  il  fut 
encore  recristallisé  sept  fois. 

lit.  On  a  préparé  d'un  chlorure  de  sodium  du  commerce  purifié  une  solution 
saturée  et  l'on  y  a  fait  passer  un  courant  de  chlore  pendant  une  heure.  Le  liquide  fut 
chauffé  et  maintenu  à  ébullition  pendant  quelques  minutes;  après  refroidissement  or. 
y  a  fait  passer  un  courant  d'acide  chlorliydrique.  Le  chlorure  de  sodium  précipité  fut 
séparé  du  liquide  et  recristallisé  deux  fois. 

Ces  trois  échantillons  de  chlorure  nous  ont  servi  pour  la  détermination  du  poids 
atomique.  Le  procédé  était  le  suivant  :  Une  petite  quantité  de  chlorure  fut  dissous,  et 
l'on  y  ajouta  du  nitrate  d'argent,  en  ayant  soin  d'avoir  le  chlorure  en  léger  excès  ;  le 
chlorure  d'argent  fut  lavé  et  séché  suivant  les  règles  ordinaires  jusqu'à  pesée  cons- 
tante. Toutes  les  opérations  furent  faites  à   la  lumière  artificielle.  On  pesa  dans  une 

(')    Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p-  1023. 


748  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

petite  nacelle  en  porcelaine  une  partie  du  cblorure  d'argent  absolument  blanc.  La 
nacelle  fut  placée  dans  un  tube  en  verre  d'Iéna  et  l'on  cliaufTa  lentement,  tout  en  faisant 
passer  un  courant  lent  d'hvdrogène.  Après  rédaction  complète,  une  nouvelle  pesée 
donna  le  poids  de  l'argent,  et  la  difTèrence  des  deux  pesées  donna  le  chlore,  enlevé 
par  l'opération. 

Il  convient  de  dire  que  tous  les  réactifs  qui  nous  ont  servi  étaient  des 
produits  purs.  Voici  les  résultats  : 

I.  AgCl  :  pesé  0,9220,  d'oîi  Cl  0,2282.  Le  calcul  pour  un  chlore  de 
poids  atomique  35, 16  donne  Cl  0,2280. 

II.  Ag-Cl  :  pesé  0,8870,  d'où  Cl  0,2194.  Le  calcul  pour  un  chlore  de 
poids  atomique  35,16  donne  Cl  0,2194(2). 

III.  AgCl  :  pesé  0,9024,  d^où  Cl  0,2232,  conforme  au  calcul,  qui 
donne  Cl  o, 2232. 

Les  poids  atomiques  résultant  de  ces  expériences  seront  donc  :  I.  35,49; 
IL  35,45(4);  111.35,46. 

Il  n'y  a  donc  aucun  doute  que  le  chlore  dans  Tapatite  de  Bamle  n'ait  un 
poids  atomique  égal  à  celui  du  chlore  ordinaire.  Les  variations  sont  de 
l'ordre  des  erreurs  expérimentales.  Etant  donnés  l'âge  et  l'origine  du 
minéral  examiné,  nous  pensons  qu'on  peut  conclure  de  nos  résultats  que  le 
chlore,  à  l'époque  de  la  formation  des  minéraux  du  magma  primaire,  com- 
prenait déjà  les  deux  isotopes  dans  le  même  rapport  qu'aujourdhui,  ou 
que  les  deux  isotopes  étaient  alors  formés  en  proportions  constantes. 


MÉTALLURGIE.  —  Sur  le  traitement  thermique  de  quelques  fontes  de  moulage. 
Note  de  M.  Jean  Durand,  présentée  par  M.  (1.  Charpy. 

Il  semble  que  les  traitements  thermiques,  dont  l'emploi  s'est  généralisé 
pour  les  aciers,  soient  au  contraire  peu  pratiqués  pour  les  fontes.  Les 
données  théoriques  actuellement  acquises  sont  cependant  suffisantes  pour 
orienter  ces  opérations.  En  particulier,  les  travaux  de  MM.  Charpy  et 
(jrenet  sur  l'équilibre  des  systèmes  fer-carbone  (*)  et  sur  l'influence  des 
divers  facteurs  de  l'équilibre  peuvent  servir  de  base  à  une  conception  de  la 
constitution  des  fontes  qui  a  été  adoptée  à  plusieurs  reprises  depuis  lors; 
elle  consiste  à  considérer  les  fontes  comme  constituées,  au  point  de  vue 
structural,  par  un  mélange  d'acier  et  de  graphite.  Il  en  résulte  immédiate- 

(*)  Chari'y  et  Grenkt,  Bull.  Soc.  Encour.,    1902,   p.  899.  —   Charpy,  Soc.  Chiin. 
France.,  mai  1908. 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I922.  7^9 

ment  que  les  caractéristiques  mécaniques  de  ces  fontes  seront  afleclées  à  la 
fois  par  Pétat  physico-chimique  de  l'acier  constituant  et  p.ir  la  répartition 
du  graphite,  ce  deinier  jouant  le  rôle  d'inclusions  et  ayant  tendance,  par 
conséquent,  à  diminuer  la  résistance  de  Pensemble. 

Cf.'tte  manière  de  voir  a  été  expo-ée  récemment  par  le  D""  Ilalficld  (')  et 
développée  dans  ses  conséquences  au  pointde  xuede  la  siructure  des  fontes; 
mais  si  des  essais  pratiques,  d'ailleurs  fort  peu  nombreux,  ont  porté  sur 
l'influence  du  recuit  el  ont  abouti  à  des  résultats  conforrnes  à  ceux  qui  sont 
exposés  plus  loin,  il  ne  semble  pas,  par  contre,  qu'il  aient  comporté  des 
trempes  et  des  revenus. 

Les  essais  que  nous  résumons  ici  ont  porté  sur  les  fontes  suivantes  : 


C.  total. 

Graphile. 

Silicium. 

Manganèse. 

Soufre. 

Phosphore, 

A.. 

3,200 

2,720 

1,180 

o,536 

o,o48 

0,208 

B.. 

.      3,25o 

2,500 

1,087 

0,432 

o,o56 

0,  i3i 

G.. 

.      2,960 

2,4oo 

0,823 

o,84o 

o,o48 

o,'49 

D.. 

.      3,060 

2,74o 

1,195 

o,5o4 

o,o4i 

0,257 

Afin  de  pouvoir  comparer  les  résultats  des  traitements  thermiques  effec- 
tués à  ceux  obtenus  en  pi  atique  courante,  les  essais,  et  notamment  les  essais 
de  choc,  ont  été  exécutés  suivant  la  technique  prévue  aux  Spécifications 
techniques  des  Chemins  de  fer  français,  bien  que  ces  essais  ne  fournissant 
pas  des  données  numériques  d'int<Tprétation  facile  et  qu'en  particulier 
l'essai  de  choc  corresponde  à  un  travail  dont  la  valeur  est  d'autant  moins 
précise  que  le  travail  est  plus  élevé.  Les  éprouxettes  de  traction,  par  séries 
de  12  pour  chaque  composition,  étaient  coulées  eh  sable  au  diarnètre  de 
25'"™,  après  traitement  usinées  à  itj"""  et  rectifiées;  l'essai  était  effectué  à 
la  machine  Maillard. 

Les  éprouvettes  de  choc  étaient  coulées  en  sable  aux  dimensions  de 
/jo  X  4o  X  25o'"'°  ;  mode  opératoire:  barreau  placé  sur  deux  couteaux 
distants  de  iGo"™  d'axe  en  axe;  mouton  de  12**^;  hauteur  initiale  de  chute 
o'",35  ;  la  hauteur  de  chute  croît  de  o'°,o5  à  chaque  coup  de  mouton  jusqu'à 
rupture. 

1.  Recuit.  —  Le  traitement  adopté  consistait  dans  un  chauffag-e  à  Qoo'*, 
d'une  durée  de  45  minutes,  dans  un  moufle  électrique,  avec  refroidissement 
dans  le  four;  les  essais  mécaniques  avant  et  après  traitement  sont  résu- 
més ici  : 


(')  Cast  Iron  in  the  Ught  of  récent  resenrch,  r9i8,  p.  i23. 

C.  R,,  igaa,  i"  Semestre.  (T.  174,  N»  11.)  5o 


75o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Résistance  moyenne  Hauteur  de  rupture  moyenne      Travail  total  de  rupture 

(kg  par  mm-).  (en  mètres)  (en  kgiii) 

avant  après  avant  après  avant  après 

traitement.       traitement.        traitement.        traitement.       traitement.      traitement. 

A 23,1  i6,2  o,65  0,60  42,0  34,2 

B 25,4  i5,8  0,55  0,60  27,0  34,2 

G 20,4  16,4  0,55  o,5o  27,0  20,4 

D 25,4  i5,7  o,65  0,60  42,0  .34,2 

On  voit  que  la  résistance  à  la  rupture  est  fortement  afTeclée  par  le  recuit, 
tandis  que  la  hauteur  de  chute  correspondant  à  la  rupture  reste  sensiblement 
constante. 

La  diminution  de  résistance  est  due  à  la  séparation  du  graphite  qui 
s'effectue  au  cours  du  recuit  et  qui  est  mise  en  évidence  par  l'analyse  : 

Teneur  en  graphite 
avant  traitement,  après  traitement. 

A 2,720  2,920 

B 2,5oo  3,000 

G -.  .  .  .  2,400  2,520 

D 2,740  3,o5o    ■ 

La  conséquence  pratique  est  que  le  recuit  des  fontes  grises  doit  s'efTcctuer 
à  une  température  inférieure  à  la  température  de  séparation  du  graphite, 
température  qui  est  d'autant  plus  basse  que  la  teneur  en  silicium  est  plus 
élevée. 

2.  Trempe  suivie  d'un  revenu.  —  Les  essais  préliminaires  ont  montré  que 
le  traitement  le  plus  favorable  pour  les  fontes  étudiées  consistait  dans  une 
trempe  à  l'huile  à  900°  suivie  d'un  revenu  à  65o°. 

Le  résultat  des  essais  est  résumé  dans  le  Tableau  suivant  : 

Résistance  moyenne  Hauteur  de  rupture  moyenne 

(en  kg  par  mm')  (en  mètres) 

avant  après  avant  après 

traitement.  traitement.  traitement.  tiailement- 

A 23,1  3o,6  o,65  1,10 

B 25,4  3o,3  0,55  0,80 

G 20,4  26,5  0,55  0)95 

D 25,4  27,3  0,65  0,80 

L'augmentation  de  la  résistance  et  de  la  hauteur  de  rupture  est  donc  très 
importante;  il  faut  surtout  remarquer  la  variation  du  nombre  de  coups  de 
mouton  subis  avant  rupture  et  celle  du  travail  de  rupture  : 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I922.  761 

Nombre  de  coups  de  iiioiitoii  Travail  de  rupture  (en  kgiii)  Rapport  du  travail 

. „                     ^ ,  —          ^—                   ^11          —  de  rupture 

avant              après  avant                        après  avant  et  après 

traitement,     traitement.  traitement.              traitement.  traitement. 

A. 7  16  42,0  j39,2  3,3 

B 5  10  27,0  69,0  2,5 

G 5  i3  27,0  loi  ,4  3,7 

D 7  10  42,0  69,0  1,6 

L'amélioration  est  plus  faible  pour  la  fonte  D  qui  contient  seulement 
10  pour  100  de  carbone  combiné,  tandis  que  les  fontes  A.  B.  C  en  con- 
tiennent respectivement  20,  20  et  18  pour  100. 

Ceci  est  conforme  à  la  conception  exposée  plus  haut;  il  est  logique  en  elle  t 
que  l'influence  de  la  trempe  et  du  revenu  soit  d'autant  moins  accentuée  que 
l'élément  modifié  par  ce  trailement,  c'est-à-dire  le  carbone  combiné,  est  en 
proportion  plus  faible. 

La  conséquence  de  ces  essais  peut  être  importante  au  point  de  vue  indus- 
triel; ils  démontrent  en  effet  l'influence  d'un  traitement  thermique  con- 
venable sur  les  propriétés  mécaniques  des  moulages  et  notamment  ce 
que  l'on  peut  espérer  en  obtenir  sur  les  projectiles  en  fonle  aciérée. 


CHIMIE  ANALYTIQUE.  —  Sur  la  séparation  de  l'oxyde  ferriq ne  et  de  l'alu- 
mine d'avec  la  chaux  par  la  méthode  des  azotates.  Note  de  M.  Charriou. 
présentée  par  M.  H.  Le  Chatelier. 

La  séparation  de  l'oxyde  ferrique  et  de  l'alumine  d'avec  la  chaux  par  la 
méthode  des  azotates  de  H.  Sainte-Claire  Deville,  (')  est  incomplète  par 
suite  de  l'entraînement  de  la  chaux  par  Toxyde  feriique  et  l'alumine.  .l'aL 
recherché  les  moyens  d'annu'er  ces  entraînements. 

Influence  de  la  température  de  décomposition  des  azotates.  —  Après  le  trai- 
tement par  la  chaleur,  la  masse  était  reprise  avec  So""''  d'une  solution  bouil- 
lante d'azotate  d'ammoniaque  à  4  pour  100  conservée  à  chaud  pendant  une 
heure,  puis.  lavée  à  l'eau  bouillante. 

(»)  Ann.  Ch.  Ph.,  .3«  série,  t.  38,;i853,  p.  5. 


52  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


7J2 


I.  —  Oxyde  ferrique  et  chaux. 

Solution.  Mode  de  décomposilion  des  azotates 

CaO.  Fe'O^  par  la  chaleur. 

i  Jusqu'au  cnminencemenl  <le  décom-  \ 
posilinn    de   l'azoïale  de   c;dcium  > 
(a|ipHiiiinn  des  vapetii  s  nilreuses).  / 
/  Jusqu'à  la  fin  dt^  la  décomposilion  de  j 
o,.56  o,i4i8       I       r^tz'.iale  feirique  (dlsp^iriiioii  des  / 

(       vapeurs  tiiliiquts)  vei>  35o°.  ) 

Ju^qii  à  la  fin  de  la  dérompo-ilion  de 
r;iz(ii;iLe  ferrique  vtrs  aSo". 

i  Jusqu'à  la  fin  de  la  décompo-ilion  de 
l'uzolale  ferrique  vers  i5o°. 

II.  —  Alumine  et  chaux. 


o,56  o,i4 


CaO 

CaO 

entraînée. 

pour  100. 

o,oi6 

11,4 

0,0091 

6,4 

0,007 

5 

0,0057 

3,9 

CaO  CaO 

enlraînée.  pour  100. 


/  Jusqu'à  la  fin  de  la  décomposition  de  \ 

'       riizolale  d'idiiuiiniuni  (disparilion  ^       0,Oo34  2 

(       des  vnppiirs  niiriques)  veis  25-)".     ) 

(  Ju'^nu'à  la  fin  de  1.»  décomposition  de  )  , 

o    166       ^       .,  ,,   .  •  c  \       0,0022  1,4 

'  j       Tazolale  d'aluminium  vers  j5o°.      \         '  '^ 

Influence  de  la  concentration  de  V azotate  d^ ammoniaque.  —  J'ai  clierclié 
à  diiiiimicr  renlrirmcmcnl  en  augincntanl  la  concenlr.ilion  de  lazolate 
d'aiimioniarju'^,  «-l  en  le  l.iissanl  a^ir  pc  nd.int  un  temps  plus  long. 

La  (Jccotnposilion  des  azolalcs  clail  rôali&ée  vers  i5o°  jusqu'à  la  dispari- 
tion (les  vapeurs  iiilriipics. 

1°  l^a  masse  était  reprise  unf»  seule  fols  avec  So'"*'  de  solution  bouillante 
d'azolale  <rainmoiii:iqiie  de  concenlralion  xatiahle  et  laissée  en  présence  à 
cliauil  pendant  un  temps  variable,  puis  lavée  à  Feau  bouillanle. 

Soliilion.^  CaO  CaO 

CyO.  Fe'U'.  enlraînée.  pour  100. 

(  S'ihi'ion  d'azotale  d'ammoniaque   à  )  „ 

0,56  0,142  o  J     .      I        o  °'^°3  -2,1 

'  '    ^  (8  p'>ur  100  pendant  l   lieuie.  \ 

(  Solution  d'iizoïaie  d  ammonijique  à  ) 
0,56  o,i4o4      \  \     ,      \      ^1  \      0)0027  1,9 

'  J   -+  ■+       I       ,f,  pour  100  pendant  1  heure.  ) 

(  Solution   d'iizittate  d';immnnia(iue  à  )  „ 

o  56  o  lAA        \  1        o  1  [      o,ooi5  i 

o,jo  0,144         j       10  pour  100  pendant  3  heures.         \  ' 

On  voit  donc  que  le  traitement  par  une  solution  bouillante  d'azotate 


SÉANCE   DU    l3    MARS    1922.  7^3 

d'ammoninqiie  à   5   pour   100  qui  déharrasse  complèlcmcnt  de  la  chaux 
Toxy  le  ferriqtie  li\dralé  a  éié  ici  insuflisaiit. 

2**  La  masse  était  reprise  ttois  fois  su'  cessivcmenl  avec  fïo'^'"'  de  solution 
boiiiliaiite  d'azotate  d'amrnonijiquc  à  10  pour  100,  la  li'jiieur  ?U'naj:e;irile 
étant  chaque  fois  décantée.  Enfin  lavage  par  décantation  à  l'eau  bjuillanle. 

Solution  I.  Soluiion  II. 

CaO.     ~^"0C  '  CaO.  Al'0\ 

o,56         o, 1^2  0,56        o, 166 

V entraînement  a  été  nul  dans  le  cas  des  deux  sesqidoxydcs  pris  séparément^ 
de  m'orne  dans  le  cas  du  mé'angc  des  deux  sesquioxvdcs. 

3**  La  déconiposilion  des  azolatcs  pir  la  chaleur  en  présence  d'azotate 
d'ammoniaque  (vers  iSo")  peirnct  d'obtrnir  un  euh  aîneincnl  nul,  mais 
cette  inétho  le  n'est  pas  pratiqua,  car  1rs  ses(|uii>x}'dLS  séparés  ainsi  iont 
d'une  fin<?sse  telle  qu'ils  passent  au  travers  des  filins. 

Méthode  de  dessicc.vtion  apiiès  précipitation  pau  l'ammo>'i\que.  — J  ai 
recherché  une  méthode  de  séparation  plus  praiique  que  celle  des  décanta- 
tions successives. 

Solution  I.  Solii'ion  11. 

CaO.  Fo^O'.       i\0'NH«,  CaO.  APO^.        NO' Ml*. 

o,56        o,i4i         2  o,56        0,166  2 

Dans  chaque  soluiion  le  spsquioxyde  élait  précipité  avi^c  2''™'  d'une  solu- 
tion d'ammoniaque  a  ii'"»'  par  litre,  puis  le  tout  était  dessrch"',  sans 
dépasser  i5o°  pour  ne  [las  décomposer  tout  l'azrjtale  d'auimoniafpie.  La 
masse  était  ensuile  reprise  et  lavce  pir  décaniaiion  à  l'eau  bouilliinle. 
L' entraînement  a  été  nul  dans  le  cas  des  deuc  S(  s  juioxydes  pris  sépurémcnt, 
de  mêm,e  dans  le  cas  du  mélange  des  deux  ses(/'noxydfs. 

Les  décanlatlons  et  filtrations,  bien  (pi'ét;int  beaucoup  plus  rapides  que 
dans  le  cas  des  ses([uioxydes  hydratés,  sont  [)ourlarit  a^sez  1<  htes,  lorsqu'il 
y  a  de  l'alumine.  Pour  éviter  cet  inconvénient,  le  résidu  insoluhle  apiès^ 
deux  décantations  peut  être  dissous  dans  l'acide  azotique  bouillant  et  le 
tout  décomposé  par  la  chaleur  vers  200°,  puis  repris  avec  5o'^^'  dUne  solu- 
tion boui  lante  d'azotate  d'ammonia(|ue  à  5  pour  100,  l'alumine  et  l'oxyde 
ferrique  restent  alors  sous  forme  dune  matière  dense  et  grenue  cl  la  conti- 
nuation du  lava'.,^e  par  décantation  est  très  r-apide. 

Il  e>t  très  difficile  de  débarrasser  com[)lèteruent  pendant  le  lavage  la  cap- 
sule de  tout  l'oxyde  qui  y  adhère,  au>si  il  faut  : 

Soit  tarer  au  préalable  la  capsule  et  y  réaliser  la  calcinalion  puis  la  pesée 
des  sesquioxydes; 


754  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Soit  dissoudre  les  parcelles  d'oxydes  avec  un  peu  d'acide  azotique,  puis 
précipiter  par  l'ammoniaque  et  entraîner  le  tout  sur  le  filtre. 

Dans  toutes  ces  expériences  le  lavage  était  tel  que  le  volume  total  des 
eaux  de  lavage  (dans  lesquelles  est  dosée  ensuite  la  chaux)  était  toujours 
deSoG-^"*'. 

J'ai  vérifié  que  les  quantités  d'azotate  d'ammoniaque  introduites  dans  ces 
eaux  n'avaient  aucune  influence  sur  le  dosage  do  la  chaux  à  l'état  d'oxalate 
de  chaux. 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  les  acides  7.-alcoyllévuliques . 
Note  de  MM.  H.  Gault  et  T.  Salomox,  présentée  par  M.  A.  Haller. 


Les  acides  a-a1coyllévuliques  n'ont  été  jusqu'à  présent  l'objet  que  de 
rares  études  et  il  faut  en  trouver  la  raison  dans  les  difficultés  que  soulève 
leur  préparation  par  les  méthodes  actuelles,  en  particulier  par  celles  qui 
sont  basées  sur  l'emploi  comme  matière  première  des  acides  a-alcoylsucci- 
niques('). 

Nous  exposerons  dans  cette  Note  un  procédé  général  de  préparation  de 
ces  acides  qui  repose  sur  le.  cycle  de  réactions  suivantes  : 

La  matière  première  d'où  nous  sommes  partis  est  l'éther  acétonylmalo- 
nique  (I)  que  nous  avons  préparé  avec  de  bons  rendements  par  condensation 
de  la  monobromacétone  avec  Téther  malonique  sodé.  L'éther  acétonyl- 
malonique  fournit  facilement  un  dérivé  sodé  qui,  condensé  avec  les  iodure^ 
alcooliques,  conduit  aux  éthers  alcoylacétonylmaloniques  (II).  Les  acides 
libres  (111)  résultant  de  la  saponification  de  ces  éthers  perdent  une  molécule 
d'anhydride  carbonique  sous  l'action  de  la  chaleur  en  donnant  finalement 
naissance  aux  acides  a-alcoyllévuliques  (IV). 


GOOGMl'5 

GtP- 

-CO  — GH^ 

(I). 

-GH 

GOOG^  H^ 

GOOIi 

GH»- 

-GO-Gtl^ 

—  G  -  R 

(III). 

GOOH 

Na 


Br  — R 


->     GH3-^G0 


GOOGMI« 
CIP_C-R 

COOG^'H' 

(II). 


Cli3_C0  -GH^— GH— GOOH 

I 
R 

(IV). 


(^)  Thorne,  Ch.  Soc,  t.  39,  p.  34o.  —  Fitt[g-Young,  L.  Annal. ^  t.  216,  p.  Sg.  — 
Bentley  et  Perkin,  Cli.  5oc.,  t.  7  3,  p.  57. 


SÉANCE    DU    l3    MARS    1922.  7^5 

Nous  indiq(]erons  uniquement,  dans  cette  Note,  les  résultats  relatifs  à 
l'élude  des  trois  premières  phases  de  ces  transformations  successives. 

I.  Éther  acètonylmnlonique.  —  L'éther  acétonylmalonique  se  forme  par 
condensation  directe  de  Tcther  malonique  sodé  avec  la  monobromacétone. 
Cette  réaction  a  été  signalée  pour  la  première  fois  par  G.  Paul,  K.  Zahn  et 
G.  Kuehne  (')  qui,  s'intéressant  exclusivement  au  bromure  de  sodium  qui 
se  précipite  à  l'étal  colloïdal  au  cours  de  cette  réaction,  n'ont  jamais  cherché 
à  en  isoler  le  terme  principal. 

La  monobromacétone  (i"""')  préparée  à  partir  de  racélone  commerciale  d'après  les 
indications  simplifiées  de  Skolow^ky  (*)  et  distillée  immédialé/7ieni  sprès  préparation, 
est  versée  par  portions  et  en  évitant  tout  écliaufTemeat  dans  600°^  à  800*=°*'  d'élher 
absolu,  tenant  en  suspension  le  malonale  d'éthyle  sodé  (i"°').  La  réaction  s'amorce 
rapidement  et  peut  être  considérée  comme  terminée  après  un  contact  de  deux  à  trois 
jours.  Le  mélange  soumis  à  un  traitement  approprié  fournit  un  liquide  neutre  qui, 
distillé  sous  20"'",  donne,  outre  de  petites  quantités  de  monobromacétone  et  d'élher 
malonique  non  entrés  en  réaction,  deux  réactions  principales  : 

La  première  fraction  E.20  (i45^-i55°)  est  constituée  par  l'élher  acétonvlinalonique. 

La  fraction  supérieure  renferme  un  corps  solide  (F.  7/^°)  qui  est  Téliit-r  étliane- 
tétracarbonique  symétrique  (V),  (produit  de  condensation  bimoléculaire  de  l'éther 
malonique  (^). 

GOOG^H»               COOG^H^  GOOG-H^               GOOG^H' 

11  I                                t 

GH  — Na  +Na  — GH  ^     GH GH 

Il  II 

GOOG-Hs               GOOG'-H'  GOOG^H^               GOOG^H^ 

L'éther  acétonylmalonique  est  une  huile  jaune  pâle  bouillant  à  i5o° 
sous  20™"  sans  aucune  décomposition.  On  l'obtient  avec  un  rendement 
de  65  pour  100. 

Il  fournit  une  phénylhydrazone  extrêmement  instable  (F.  ioS'^-ioq^)  et 
une  semicarbazone  stable  (F.  i25*'-i27*'). 

II.  Éthers   alcoylacétonylmaloniques.   —    Ges    élhers  prennent  facilement  naisi:L_ 
sauce  par  condensation  directe,   eu    milieu  alcoolique,  de  l'éther  acètonylmnlonique 
sodé  avec  les  iodures  alcooliques.  La  réaciion  se  développe  à  température  ordinaire  et 
se  termine  par  chauffage  au  baiu-marie  jusqu'à  neulrali>alion  complète. 

Nons  avons  préparé  : 

L'élher  éthylacélonylmalonique  {renâemenl  86  pouv  100),  huile  indislillable  sans 
décomposition  même  sous  vide  réduit,  Phénylhydrazone  instable  (F,  gg^-ioo"). 

L'élher  isobutylacétonylnialonique  (rendement  72  pour   100),   huile  indislillable 

(')  Ber.,  t,  il,  I,  1908,  p.  32-59;  ^-  ^^'  "909;  P-  277. 

(2)  Ber.,  t.  9,  p.  1687. 

(')  Giovanni  Romeo,  Gaz.  Chim.,  t.  35,  1903,  p.  11 5. 


756  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

sans    décomposilion    complète    sous    pression     réduite.    Phénylhydrazone    instable 
(F.    72"-73"). 

in.  Acides  acélonylmalonicjiies.  —  La  saponification  des  élhers  acéto- 
nylmaloniqiies  ne  s'elTeclue  pas  avec  la  même  facilité  pour  tous  les  termes 
que  nous  avons  isolés  et,  en  pailiculier,  réther  isobutylacélonylmalonique 
s'hydrolyse  plus  difficilement  que  les  termes  à  radical  substituant  moins 
lourd  :  c'est  une  propriété  des  élhers  malonicjues  déjà  fi  é(juemmrnt  mise 
en  évidence  et  qui  peut  être  attribu-'e  à  des  phénomènes  d'empêcliemenl 
stérique  ('). 

Acide  acélonylmahnique.  —  L'éther  acétonylmalonique  peut  être  facile- 
ment saponifié  et  fournit  avec  un  bon  rendement  l'acide  acélon}lina- 
loni(jue  (-)  solide  fondante  i45°  avec  perte  d'anhydride  carbonique.  Phé- 
nylhydtazone  (F.  i27°-i28*'). 

Acide  élhylacétonylmalonique.  —  Dans  les  mêmes  conditions,  l'élher 
élhylacétonylmalonique  .fournit  l'acide  libie  corres[)ondant  qui,  rrcrislal- 
lisé  dans  le  benzène,  fond  à  i22"-i  :3°.  Phénylhydiazone  (F.  i  JG''-i37°). 

Acide  isobiUylacétonylmalonique.  —  L'hydrolyse  complète  de  l'élher 
isobutylacélonylmalonique  est  plus  difficile  et  moins  complèle  que  pour  les 
deux  termes  précédents  :  en  particulier,  la  proportion  d'éiher-acide  qui  se 
forme  au  cours  de  la  saponification  par  les  méthodes  iiabilutl  es  est  rela- 
tivement considérable.  Nous  n'avons  pas  obtenu  jusqu'à  pi  ésent  l'acide  sous 
la  forme  solide. 

IV.  Acides  alcoylléi^uliques.  —  Le>  acides  alcoylacélonylmaloniques 
soumis  à  l'action  de  la  chaleur  perdent  facilement  une  molécule  d'anhydride 
carbonique  en  conduisant  aux  acides  a-alcoyllévuliques  correspondants. 
Dans  les  mêmes  conditions,  les  élhers-acides  qui  résultent  de  Ihydrolyse 
incomplète  des  élhers  acétonylmaloniques  perdent  égalementde  l'anhydride 
carbonique  avec  production  des  éthers  a-alcoyllévuliques. 


CHIMIE  GÉrvÉRALE.  —  Stw  le  rôle  des  impuretés  gazeuses  dans  Voxydation 
calalyliqne  du  gaz  ammoniac.  Note  de  M.  Eugèxe  Uecaruièue,  présentée 
par  M.  A.  llaller. 

Les  résultats  antérieurement  obtenus  à  la  température  de  710"  par  les 
mélanjjes  à  8,5  pour  100  de  gaz  ammoniac  en  volume,  dans  la  catalyse  par  le 

(•)  Weuner,  Lehrbuck  der  Stereochi/nie,  jgo^,  p.  4o3-4o4.  —  A.  Micuaël,  J.  pr., 
2«  série,  t.  72,  p.  537-554. 
(^)  Perkin-Simonsen,  Ch.  Soc,  t.  91,  p.  821. 


SÉANCE   DU    l3    MARS    I922.  757 

platine  en  feuilles  froissées,  pernnettent  de  conclure  que  l'action  nocive  est 
lenle  mais  délinitive  pour  racélylène,  faible  et  passaj^cre  pour  l'hydrogène 
sulfuré,  considérable  mais  passagère  encore  pour  l'hydrogène  phosphore. 
Dans  les  deux  derniers  cas,  le  rendement  baisse,  devient  constant  ou 
s'élève  suivanl*que  la  dose  d'impureté  croît,  est  constante  ou  décroît*  mais 
l'aclion  de  l'hydrogène  phosphore  est  si  forte  que  sans  (')  certaines  circons- 
tances favorables  les  catalyseurs  industriels  genre  Ostwald  pourraient  être 
éteints  par  la  présence  momentanée  de  traces  d'hydrogène  phos[)horé  dans 
le  mélange  gazeux.  Or,  de  môme  que  l'on  a  pu  constater  (^)  que,  dans  les 
conditions  précisées  dans  la  iNote  du  i3  février  19^2,  l'hydrogène  sulfuré 
est  capable  de  neutraliser  en  partie  l'influence  nuisible  de  l'acétylène,  de 
même  on  verra  ci-après  que  le  même  gaz  peut  contre-balancer  celle  pourtant 
si  redoutable  de  l'hydrogène  phosphore. 

Dans  une  première  série  d'expériences,  Tacétylène  est  d'abord  seul  adjoint  à  l'hy- 
drogène phosphore;  on  constate  alors  que  l'acétylène  (essayé  jusqu'à  la  dose  0,34 
pour  100)  n'eni|)êclie  ni  l'action  nocive  par  lliydrogène  phosphore  (à  la  dose 
0,000020 '^  o,ooo(j2.'j  pour  100),  ni  la  régénéralion  par  le  mélange  d'amntioniac  et 
d'air,  tout  en  fatiguant  le  c:italyseur  comme  à  l'habilude. 

Ainsi,  le  rendement  se  trouvant  abaissé  à  60,1  pour  100  en  présence  de  0,000022 
pour  100  d'hydtogène  phosphore  et  o,i25  pour  100  d'acétylène  remonte  en  /jS  minutes 
378,8  pour  100  si  l'on  supprime  l'hydrogène  phosphore  en  laissant  l'acétylène  sub- 
sister dans  le  mélange  gazeux, 

D.ms  une  deuxième  ^éi\Q  d'expériences  effectuées  consécutivement  dans  l'ordre  in- 
diqué avec  un  même  éclianiillon  de  pi  iline  neuf,  l'acétylène,  l'hvdrogène  sulfuré  et 
l'hydrogène  phosphore  agis>enl  d'abord  ensemble,  puis  les  deux  premiers  gaz  sont 
siuiult  inément  ou  successivement  supprimés  afin  de  mettre  en  évidence  leurs  rôles 
respectifs  dans  le  mélange. 

Après  deux  hetires  et  demie  de  catalyse  en  présence  de 

o,  19  pour  100  d'acétylène  -H  0,01  pour  100  d'hydrogène  sulfuré 

+  0,00001  pour  100  hydrogène  phosphore, 

le  rendement  est  de  91,9  pour  100;  il  atteint  92,5  pour  100  après  huit  heures  de  ré- 
génération par  le  mélange  d'ammoniac  et  d'air. 

Après  quitre  heures  d'action  du  mélarige  nocif  précédent  employé  à  la  dose  double, 
de  façon  que  l'hydrogène  phosphore  soit  à  la  teneur  de  0,00002  pour  100  qui  fait 
tomber  le  rendement  371,6  pour  100  environ  quand  ce  gaz  figure  comme  seule  im- 
pureté, on  obtient  89,1  pour  joo. 

(')  Et  non  «  sous  certaines  circonstances  favorables  »  comme  cela  a  été  imprimé 
par  erreur  dans  ma  précédente  Note  {Comptes  rendus,  1. 174,  1922,  p.  461. 
(^)  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  i48). 


^58  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Ce  qui  a  été  dit  plus  haut  à  propos  de  Taddition  de  Tacétylène  à  l'hydrogène  phos- 
phore reste  vrai  en  présence  de  riiydrogène  sulfuré  dont  l'influence  favorable  ressort 
nettement  de  la  suppression  de  ce  dernier  gaz  dans  le  mélange;  dans  le  Tableau  sui- 
vant, les  doses  des  impuretés  sont  soit  zéro,  soit  : 

Pour  Tacétylènc.  I^onr  l'hydrogène  sulfuré.  Pour  l'hydrogène  phosphore. 

o,38  pour  loo  0,02  pour  100  0,00002  pour  100 


ConstilutioD 

du  mélange  d' 

impuretés. 

Durée  d'action 

depuis 

l'expérience 

précédenle. 

Uétylène. 

Hydrogène 
sulfuré. 

Hydrogène 
phosphore. 

en 
pour  100. 

Présent 

Présent 

Présent 

Il       m 

/ 
t 

89,' 

Absent 

Absent 

Présent 

I  .3o 

7^,4 

Présent 

Présent 

Présent 

I 

85,9 

Présent 

Absent 

Présent 

1  .3o 

,  70,9 

Absent 

Présent 

Présent 

I 

80,8 

Après  8''3o'^  de  régénération,  le  rendement  est  remonté  à  88, g  pour  100. 

L'heureux  antagonisme  de  Thydrogène  sulfuré  vis-à-vis  de  l'hydrogène 
phosphore  ne  peut  d'ailleurs  être  attribué  à  l'hydrogène  qu'il  libère  par 
dissociation,  car,  en  ajoutant  l'hydrogène  à  raison  de  0,02  pour  100  à  la 
même  dose  d'hydrogène  phosphore  que  précédemment,  le  rendement 
s'abaisse  à  75,4  pour  100  en  une  heure,  et  on  le  trouve  égal  à  76,4  pour  100 
au  bout  du  môme  temps  en  décuplantla proportion  d'hydrogène;  or  il  suffît 
de  faire  intervenir  en  outre  l'hydrogène  sulfuré  à  la  dose  de  0,02  pour  100 
pour  qu'en  une  heure  le  rendement  soit  remonté  à  84,4  pour  100. 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  les  leucoindigos  acylés  et  alcoylés. 
Note  (^)  de  M.  E.  Grandmougin,  présentée  par  M.  A.  Béhal. 

La  formule  cétonique  de  l'indigo  libre  est  établie  avec  une  assez  grande 
certitude,  mais  comme  dérivé  hélérocyclique  on  peut  envisager  de  nom- 
breuses formes  tautomériques  (aussi  bien  cis  que  trans)  de  ses  dérivés.  11 
en  est  de  même  de  l'indigo  réduit  auquel  on  attribue  cependant  assez  géné- 
ralement, par  suite  de  sa  solubilité  dans  les  alcalis,  la  formule  énolique, 
mais  on  a  décrit  des  dérivés  acylés  de  la  forme  cétonique,  en  particulier  le 
diacétylleucoindigo,  obtenu  en  acétylant  l'indigo  par  l'anhydride  acéùque 
en  présence  de  poudre  de  zinc  et  d'acétate  de  soude  (-). 


(')  Séance  du  27  février  1922. 

(2)  LiEBERMANN  et  DiCKHCTH,  Ber.,  t.  2i,  1891,  p.  /4f3o. 


SÉANCE   DU    l3    MARS    I922.  759 

Ce  composé  est  insoluble  dans  les  alcalis  et  par  oxydation  il  donne  le  dia- 
célylindigo  rouge  qui  est  un  dérivé  N.  acélylé.  La  preuve  en  a  été  fournie 
récemment,  car,  par  oxydation  énergique,  il  fournit  Tacide  acétylanthra- 
nilique;  d'autre  part,  sa  constitution  ressort  également  du  fait  qu'il  a  pu 
être  obtenu  par  oxydation  du  N.  acélylindoxyle  ('). 

A  l'occasion  d'une  étude  sur  Faction  du  chlorure  debenzoyle  sur  l'indigo, 
nous  avons  été  amenés  à  examiner  ces  composés  acylés  du  leucoindigo  et  à 
envisager  une  constitution  énolique  des  leuco  dérivés  acylés. 

Si,  en  effet,  sur  une  cuve  d'indigo,  contenant  donc  le  sel  sodique  du  leu- 
coindigo, on  fait  agir  des  anhydrides  d'acides  ou  des  chlorures  d'acides  on 
obtient  des  dérivés  diacylés  du  leucoindigo  (')  qui,  d'après  leur  niode  de 
formation  et  leur  insolubilité  dans  les  alcalis,  ne  peuvent  guère  avoir  une 
autre  con>titution  que  celle  de  composés  O.  acylés.  D'autre  part,  il  est  abso- 
lument certain  que  les  indigos  correspondants  sont  incontestablement  acylés 
à  l'azote.  Nous  en  avons  fourni  la  preuve  pour  le  dibenzoylindigo  rouge, 
qui,  par  oxydation  chromique,  donne  très  nettement  l'acide  benzoylisatique 
(p.  f.  188°)  déjà  connu  (^)  et  qui,  chauffé  au-dessus  de  son  point  de  fusion, 
se  transforme  en  N.  benzoylisatine  (p.  f.  2oG°)(*). 

11  faut  donc  admettre  que,  lors  de  l'oxydation  du  leuco  dérivé  acylé,  il  y 
a  migration  du  groupe  acylé  de  l'oxygène  à  l'azote  et  transposition  de  la 
forme  énolique  en  forme  cétonique.  Cette  migration  et  cett,e  transposition 
ont  été  également  observées  dans  d'autres  groupes,  notamment  dans  le 
groupe  des  composés  azoïques  qui  sont  les  isomères  phénoliques  des  hydra- 
zones  quinoniques.  On  connaît  dans  ce  groupe  de  couleurs  de  nombreux 
cas  du  passage  du  groupe  acylé  de  l'oxygène  à  l'azote  et  inversement  (^). 

L'observation  suivante,  faite  en  collaboration  avec  M.  Pierre  Seyder  et 
concernant  l'alcoylation  de  l'indigo  blanc,  vient  confirmer  l'interprétation 
que  nous  donnons. 

Si  l'on  fait  réagir  le  sulfate  de  méthyle  sur  une  solution  alcaline  d'indigo 
blanc,  en  maintenant  constamment  la  réaction  alcaline,  il  se  sépare  un  nou- 
veau composé  insoluble  dans  l'alcali  et  qui  est  constitué  essentiellement  par 

(!)  Voi$LAE.\DER  et  J.  V.  PhEiFbERyBer.,  t.  52,  1919,  p.  325. 
(-)  VoRLAENDER  et  Drescher,  Ber.,  t.  3i,  1901,  p.  i858. 
C)  C  ScHOTTEN,  Ber.,  t.  '2k,  1891,  p.  775. 
(*)  G.  Heller,  Ber.,  t.  36,  1908,  p.  2764. 

(^)  ^Oir,  en  particulier,  Willstaetter  et  \'eraglth,  Ber.,  t.  40,  1907,  p.  i432.  — 
K.  AuwERs,  Ber.,  t.  iO,  1907,  p.  2i5/î. 


760  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

le  dérivé  dimélhylé  du  leucoindigo.  Pour  l'obtfnir  à  l'élat  pur,  on  le  cris- 
tallise p!u><ieur.s  fois  du  xylène,  ce  qui  permet  di*  le  séparer  d'une  certaine 
quantité  d'indii^o  qui  a  ('chfippé  à  Li  réaclion.  11  forme  alois  des  cristaux 
faiblement  colorés  en  bleu,  fusibles  à  252°  en  se  décomposant.  L'analyse 
démontre  quM  s'agit  bien  d'un  dérivé  dimétbylé  (N  calculé  9,59  pour  100; 
trouvé  9,55  pour  100). 

Par  oxydation  ménaj^ce  à  Facide  nitreux,  il  régénère  de  l'indigo;  l'oxy- 
dation ciiromiqifE  le  transforme  par  contre  en  isaline  (p.  f.  2o<.°).  Il  n'est 
donc  certainement  pas  mélliylé  à  l'azote,  car  l'oxydation  aurait  donné  en 
ce  cas  d'abord  le  N.  diniétiiylindigo  et,  ultcripurernent,  de  la  N.  mélhyli- 
saline,  qui  sont  connus  les  deux.  Il  ne  peut  donc  être  qu'alcoylé  à  Tliydro- 
xyle  et  la  formule  cétonique  (indigo  blanc)  nous  paraît  certainement 
exclue. 

On  peut  donc  conchire  de  cette  observation  que  l'acylation  qui  est  faite 
dans  les  mêmes  conditions  que  l'alcoylalion  doit  fournir  éga'ement  des 
dérivés  O.  acylés.  Mais  il  y  a  c^nte  dilTcrcnce,  c'est  que  dans  le  cas  des 
étbers  il  n'y  a  p^is,  lors  de  l'oxydation,  migration  du  groupe  alcoylé,  mais 
saponification,  alors  que  pour  le^  d'rivés  acylés,  le  groupe  acylé  passe  de 
l'oxygène  à  l'azote  pour  donner  la  forme  cétonique  stable  de  l'iridigo. 

Il  est  du  reste  connu  que  l'élher  O.  éthyli(|ue  de  l'indoxyle  donne,  lors 
de  l'oxydation  par  le  pt^rclilorure  de  fer,  de  l'indigo  (')  et  non  pas  un 
dérivé  O.  alcoylé  de  ce  colorant,  inconnu  jnsqn'à  présent  (X).  Il  en  est  de 
même  du  reste  des  déiivés  O.  acylés;  si  l'on  oxyde  10.  acélylindoxyle,  il 
se  fait,  non  pas  de  l'indigo  au({iiel  on  aur^  it  pu  s'attendre,  mais,  par  suite 
d'une  réaction  plus  complexe  (formation  partielle  d'isatine),  en  fin  de 
compte,  de  l'indirubine  ("). 

Tous  les  faits  que  nous  venons  d'exposer  nous  paraissent  donc  parler  en 
faveur  de  notre  interprétation  :  l'acylation  ou  l'alcoylation  du  leucoindigo 
donne  des  dérivés  O.  substitués;  les  dérivés  O.  acylés  s'oxydent  en 
dérivés  N.  acylés  de  Findigo,  par  suite  d'une  migration  du  groupe  acylé; 
les  dérivés  alcoylés,  par  contre,  sont  saponifiés  en  régénérant  simplement 
de  Findigo. 

(')  Baeyer,  Ber,^  t.  14,  1881,  p.  17^5. 

(^)  VoRLAANUER    et  J.  V.  Pfeikfer,  Ber.^  t.  52,  1919,  p.  325. 


SÉANCE   DU    l3   MARS    I922.  76 1 


GÉOLOGIE.  —  Les  roches  érupti'ves  de  la  Série  inlermèdiaire  dans  le  Nord- Annam 
et  le  Tonkin.  Note  de  M.  Chaules  Jacob,  présentée  par  M.  Pierre 
Termier. 

A  mainte  reprise,  au  cours  de  Notes  précédentes,  il  a  été  signalé  des 
intercalations  de  roches  éruplives,  dites  pour  sifnplifier  rhyoliles  el  porphy- 
rites^  au  sein  d'une  Série  tfctoniqiiement  inlermédiaire  entre  un  Substratum 
et  des  Nappns  charriées.  Ou  les  rencontre  dans  tout  le  domaine  des  char- 
riages du  NorJ-Annam  et  du  Tonkin  ;  et,  si  Ton  en  juge  par  les  rochps  que 
M.  Dussaulta  rapportées  en  iÇ)i^  de  Luang  Prabang  et  du  Tran  Ninh, 
leur  extension  paraît  se  prolonger  bien  plus  loin  à  fOuest.  L'origine  de  ces 
roches  pose  donc  une  que>lion  capitale  pour  la  compréhension  de  Flndo- 
chine  du  Nor  I,  et,  par  surcroît,  soulève  un  problèuie  ài  géologie  générale. 

Je  donne  d'abord  quelques  rapides  indications  pétrographiques  sur 
les  rhyoliles  et  les  porphyrites,  avant  de  revenir  sur  leur  distribution. 

I.  Série  des  rhyoliles.  —  A  l'élat  mnssif  et  non  écra«ées,  ces  roches  sont  le  plus 
souvent  des  rhyoliles  à  qiiarLz  globulaire  typiques;  c'est  le  cas,  notamment,  dans 
Thauh  Hoa,  dans  Taxe  de  Sam  Neua,  à  la  partie  supérieure  du  Sa  Piiin  et  du  Tarn 
Dao,  dans  Va  région  de  Lang  Son  et  de  Gao  B.ing.  Plus  exceptionnellement,  en  parti- 
culier dans  le  l\.  Doi  T  ici,  se  rencontrent  de  vrais  microgranites  à  microlites 
d'orlhose,  où  le  quartz  peut  même  disparaître  du  second  stade,  la  roche  passant  alors 
au  tracliyte. 

Mais  c'est  surtout  dans  des  roches  écrasées  que  se  rencontre  la  structure  micro- 
gianiiique  avec  des  types  singulier',  abondatus  sur  le  bord  occidenl;il  des  sc'iisles  du 
Nim  Sam  dans  Sam  Neua,  abondants  aussi  dans  le  Sa  Phin  et  dans  le  T.im  Dao, 
A  l'œil  nu,  ce  sont  de  vrais  scliiites  ciislidlins,  oeillés,  dont  les  «  veux  »  sont  assez 
générdiement  des  cristaux  de  leld-ipallis  arrondis,  atteignant  2'^'"'  de  diamètre  au  Tarn 
Dao,  plus  rarement  des  cristaux  de  quartz.  Au  microscope,  les  cristaux  de  feld^paths, 
en  tnicropertliile  altérée,  sont,  de  même  que  ceux  de  qiiarlz.  rongés  et  recomplélé_s 
par  de  la  pàti,  loul  comme  les  plién'iciistaux  du  premier  slade  dans  les  rhvolites  ou 
les  microgranites  normaux.  La  pâle  e^t  liiée,  con^tiluée  par  des  traîni'-es  irrégulières, 
où  le  c+libi-e  des  grains  varie  d'une  traînée  à  laulre;  l'association  comporte  du  quartz 
dominant  avec  de  la  biolile,  plus  rarement  de  la  muscovite;  il  y  a  aussi  des  traînées 
in  lépenJantes,  des  mo  iclies,  de  biolile,  plus  rarement  de  séricite;  les  grands  quartz 
brisés  ont  souvent  des  extinctions  roulantes.  L'hypothèse  qui  donnerait  le  mieux 
l'idée  de  celte  structure  serait,  f)Our  le  second  >lade,  celle  d'une  cristallisation  pro- 
gressive dans  un  milieu  orienté,  lité  par  un  écrasement. 

IL  Série  des  porphyrites.  —  Ces  roches  renferment  toutes  ou  presque  toutes  de 


762  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

l'augite;  les  pyroxènes  rhombiques  el  Tolivine  sont  (oui  à  fait  exceptionnels.  Les 
feldspalhs  correspondent  à  de  l'andésine  (oligoclase  à  labrador  acide).  La  texture  va 
de  types  grenus,  ou  plutôt  opliitiques,  à  des  roches  vitreuses.  Dans  le  lot  considérable, 
recueilli  au  cours  des  dernières  années,  j'ai  reconnu  :  àe?>  diabases  andésàiques,  de^ 
tnicrodiabases  andésiliqaes  à  texture  ophitique\  celles-ci  très  fréquentes,  des  andé- 
sites augitique'i ,  également  très  fréquentes,  des  andésites  non  augitiques ,  à  verre 
opaque  très  ferrugineux,  passant  à  de  vrais  minerais  de  fer,  àe?,  pyroxénolites  et  des 
augitites  fréquentes.  L'altération  la  plus  constante  comporte  de  la  chlorite,  épigéni- 
sant  l'augite;  l'épidote  aussi  est  assez  généralement  répandue. 

Beaucoup  de  ces  roches  sont  écrasées  et  transformées  en  brèches,  disposées  en 
grosses  amandes  ou  en  gros  bancs;  je  signalerai  le  vrai  béton  naturel  mal  consolidé, 
que  décapent  les  travaux  en  cours  pour  le  barrage  de  Bai  Thuong  (Thanh  Hoa)  et  les 
brèches  du  lit  de  la  Rivière  Noire  entre  Van  Sai  et  Van  Yen.  Il  y  a  des  schistes  de 
brèches,  notamment  de  la  région  de  La  Han  (Thanh  Hoa);  et  l'on  aboutit  à  des 
schistes  verts,  dans  lesquels  plus  rien  n'est  reconnaissable  que  des  produits  d'alté- 
ration :  épidote,  calcite,  (|uartz,  etc. 

Quant  à  la  dislribuLion,  les  rhyolites  el  les  porphyrites  se  présentent 
d'une  manière  difîérente. 

Partout  où  elles  accompagnent  des  couches  fossilifères,  les  rhyolites 
ont  été  rencontrées  jusqu'ici  avec  (les  fossiles  du  Trias  moyen  ou  du  Trias 
supérieur;  cette  constatation  vaut  pour  toute  la  longueur  de  la  Zone  du 
Nam  Sam,  pour  celle  du  Sa  Phin  et  pour  les  environs  de  Lang  Son.  De 
plus,  M.  Bourret  trouve  des  galets  de  rhyolite  dans  un  poudingue  qui 
dépend  de  ses  Schistes  du  Song  Hien,  ternie  de  la  Série  intermédiaire;  les 
rhyolites  seraient  donc  antérieures  au  dépôt  d'une  partie  de  celle-ci  et 
l'hypothèse  la  plus  simple  consiste  à  les  inierstralifier  dans  le  Trias.  J'avoue 
que  cette  solution  me  satisfait  incomplètement  :  elle  rend  mal  compte  de 
l'allure  des  rhyolites,  en  masses  souvent  énormes,  comme  au  Tam  Dao  où 
nous  les  connaissons  sur  une  épaisseur  de  i4oo™  et  sur  une  longueur  de 
5o'"",  au  point  qu'il  ne  reste  plus  qu'elles  entre  le  substratum  elles  masses 
charriées;  et  surtout  cette  hypothèse  explique  mal  la  structure  des  types 
microgranitiques  schisteux,  dont  il  a  été  question  plus  haut. 

J'estime  être  plus  avancé  pour  les  porphyrites.  Celles-ci  accompagnent 
dans  la  région  de  Pliu  Nho  Quan  des  couches  liasiques.  Mais,  dans  la  même 
région,  on  les  rencontre  alternant  avec  des  rhyolites  non  écrasées,  rhyolites 
pour  lesquelles  nous  venons  de  supposer  un  âge  triasique.  Dans  le  nord- 
est  du  Tonkin,  elles  montent  jusque  dans  la  Nappe  inférieure.  Enfin,  des 
roches,  sinon  identiques,  tout  au  moins  très  voiirines  des  porphyrites,  avec 
des  gabbros,  des  diabases  et  des  labradoritcs,  se  rencontrent  en  lentilles 


,/,-,   r.vi./"..  I,  174, 


1^? 


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1    «    I    I    i    ;  '    '    ' 


il»  J    i    I 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I922.  703 

dans  la  Série  primaire  de  la  Rivière  Noire  :  il  en  est  connu  dans  le  Dévo- 
nien,  dans  le  Dinantien  et  dans  FOuralien.  Bref,  les  Porphyriles  et  leur 
cortège  de  roches  voisines  n'ont  pas  de  niveau  stratigraphique,  mais  bien 
un  niveau  tectonique  moyen,  ayant  leur  principal  gisement  dans  la  Série 
intermédiaire.  Je  suis  ainsi  conduit  à  les  considérer  comme  contemporaines 
du  charriage.  La  ségrégation  des  masses  le  long  des  surfaces  de  glissement, 
leur  consolidation  lente  ou  brusque,  l'écrasement  des  masses  consolidées 
avant  la  fin  du  mouvement,  seraient  autant  de  circonstances  propres  à 
expliquer  les  variétés  de  composition  et  de  texture,  ainsi  que  les  transfor- 
mations dynamiques,  des  divers  types  rencontrés  dans  nos  porphyrites. 

Il  semble  donc  que  l'Indochine  du  Nord,  où  il  y  a  tout  à  la  fois  tant  de 
roches  éruptives  et  de  si  grands  phénomènes  de  charriage,  soit  susceptible 
de  fournir  quelques  arguments  en  faveur  d'une  hypothèse  autrefois  défen- 
due par  Eduard  Suess,  Thypothèse  d'une  liaison  entre  les  mouvements 
tanerentiels  de  l'écorce  terrestre  et  la  sortie  de  certaines  laves.  Mais  l'étude 
de  cette  question  difficile  appelle  encore  de  nouvelles  observations. 


GÉOLOGIE.   —   Quelques  coupes  sur  la  bordure  orientale  du  massif  du  Vercors. 
Note(')  de  M.  Paul  Corbin,  présentée  par  M.  Emile  Haug. 


Ces  coupes  résument  l'interprétation  tectonique  que  j'ai  donnée  précé- 
demment (-)  de  cette  région.  Elles  ont  été  exécutées  sur  le  plan  directeur  à 
l'échelle  de  j^,  puis  réduites  au  j^. 

Les  nécessités  géométriques  qui  se  sont  manifestées  dans  ces  construc- 
tions précises,  confirmées  par  quelques  faits  nouveaux,  ont  imposé  une 
modification,  sérieuse  mais  très  intéressante,  de  mon  interprétation  primi- 
tive pour  la  région  au  sud  du  col  de  l'Arc.  Les  coupes  1 1,  12  et  i3  montrent 
en  efFet  que  le  régime  tectonique  que  j'ai  reconnu  depuis  l'Itère  jusqu'à  ce 
col,  celui  du  double-pli  couché  vers  l'ouest,  se  continue  jusqu'à  la  Grande 
Moucherolle.  Il  se  poursuit  très  probablement  au  moins  jusqu'au  parallèle 


(')  Séance  du  27  février  1922, 

(*)  Paul  ConBix,  Sur  la  tectonique  du  bord  oriental  du  massif  du  Vercors 
{Comptes  rendus,  t.  173,  ig'?!,  p.  logj);  Obser\'ations  nouvelles  sur  la  bordure 
orientale  des  monts  de  Lans  {Ibid.,  t.  173,  1921,  p.  \Z-]^). 


764  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

de  Clelles  (16^™  au  sud)  et  vraisemblablement  encore  au  delà.  Il  se 
pourrait  donc  qu'un  accident  de  celte  importance,  reconnu  sur  une  telle 
longueur  (37''™),  eût  une  répercussion  au  nord  de  l'Isère  dans  le  massif  de 
la  Chartreuse. 

En  outre,  le  flanc  normal  de  la  partie  synclinale  est  continu,  sans  dis- 
cussion possible,  depuis  Tlsère  jusqu'à  la  Moucherolle,  et  les  coupes  11,12 
et  i3  prouvent  que,  transversalement,  il  ne  fait  qu'un  avec  le  reste  du 
double-pli;  or,  les  autres  coupes  montrant  la  continuité  complète  delà 
partie  anliclinale  vers  le  nord  jusqu'aux  Trois  Pucelles,  l'anticlinal  Mou- 
cherolte-Trois  Pucelles  ne  peut  être  un  lambeau  de  charriage  lointain, 
refoulé  sur  le  pli-faille  de  Sassenage;  mais  il  est,  comme  je  l'ai  montré,  la 
continuation  même  de  ce  pli-faille,  après  cassure  transversale  et  chevauche 
ment  du  bord  sud  de  la  cassure  sur  le  bord  nord,  en  avant  des  anticlinaux 
jurassiques. 


PALÉONTOLOGIE.  —  Les  Turritelles  tertiaires  et  actuelles  :  évolution 
et  migrations  (*).  Note  de  M.  Lduis  Guillaume,  présentée  par 
M.  H.  Douvillé. 

Mode  de  vie.  —  Si  Ton  'met  de  côté  certaines  espèces  australiennes 
(TurriteUa  Goieffroyana  Donald,  etc.)  formant  un  groupe  à  part,  on 
peut  dire  que  les  Turritelles  actuelles  ne  vivent  pas  au-dessous  de  cent  brasses 
de  fond  et  que  les  espèces  dont  la  taille  dépasse  5*™  ne  descendent  guère 
au-dessous  de  cinquante  brasses. 

Les  Turritelles  seraient  donc  des  gastropodes  littoraux  ou  néritiques, 
jamais  bathyaux,  conclusion  en  accord  avec  leur  régime  herbivore  et  du 
plus  haut  intérêt  tant  au  point  de  vue  de  l'élude  de  leurs  migrations  qu'au 
point  de  vue  de  l'appréciation  de  la  profondeur  des  faunes  à  Turritelles  des 
gisements  classiques  (cf.  Tegel  de  Baden). 

L'espèce  australienne,  T,  Gunnii  Rceve  (côtes  méridionales  de  l'Aus- 
tralie) est  vivipare  (-).  De  plus  celle  espèce  présente  un  dimorphisme  sexuel 
assez  net,  la  coquille  du  mâle  étant  en  général  plus  petite,  de  couleur    plus 


(')  Je  ne  donne  ici  que  les  résultais  d'une  élude   entreprise  à  Strasbourg,  et  au 
Brilish  Muséum,  grâce  à  l'hospitalité  de  la  Maison  de  l'Institut  de  France  à  Londres. 
(*)    La  découverte  en  a  été  faite  (septembre  1921)  par  le  lieutenant-colonel  Pelle. 


SÉANCE   DU    l3    MARS    1922.  765 

foncée,  avec  un  angle  apical  plus  faible  et  les  derniers  tours  moins  renflés 
que  chez  la  femelle  ('). 

Classification.  —  Les  caractères  invoqués  par  certains  auteurs  pour  la 
subdivision  du  genre  en  sous-genres  sont  loin  d'avoir  tous  la  valeur  que  ces 
auteurs  leur  attribuent.  La  grandeur  de  l'angle  apical,  le  profd  des  derniers 
tours,  le  détail  de  leur  ornementation  (tout  au  moins  le  nombre  et  l'impor- 
tance relative  des  carènes  secondaires),  la  profondeur  des  sutures  seraient 
dans  beaucoup  de  cas  tout  au  plus  des  caractères  d'espèces  et  même  de 
variétés.  Des  caractères  beaucoup  plus  importants  dont  la  valeur  n'a  d'ail- 
leurs pas  échappé  à  de  nombreux  auteurs  seraient  tirés  du  dessin  des  stries 
d'accroissement,  et  du  profd  et  de  l'ornementation  des  premiers  tours,  véri- 
tables caractères  statifs  —  de  l'allure  générale  de  l'ornementation  —  et  du 
nombre  de  tours,  caractère  évolutif.^  ce  nombre  semblant  en  règle  générale 
augmenter  au  cours  de  l'évolution  en  même  temps  que  l'accélération  dans 
l'accroissement  des  tours  en  largeur  se  ralentit. 

En  s'appuyant  sur  ces  derniers  caractères  ainsi  que  sur  des  considérations 
géographiques  et  stratigraphiques,  on  peut  ranger  les  Turritelles  en  un 
certain  nombre  de  groupes  pouvant  englober  chacun  plusieurs  phylums 
évolutifs.  Tantôt  ces  groupes  sont  en  accord  avec  les  divisions  généralement 
admises  {Zaria.^  Haustator,  etc.),  tant(')t  ils  en  diffèrent  sensiblement.  Les 
principaux  de  ces  groupes  sont  les  suivants  : 

T.  IMBRICATARIA  (^carinifera^  hyhrida^  sulcifera,  etc.),  —  tlrris  (ÀJ'chi- 
medis,  tei'ebra,  ?  commanis)^  —  subangllata  {varicosa,  etc.),  —  terebralis 
{duplicata,  etc.)-  triplicata  Sluder  {bicarinata  Eichwald,  vermicularis,  etc.), 

—  EXOLETA,    —   RUNCINATA,  —  CtC. 

Migrations.  —  Le  groupe  de  T.  imhricataria  en  décroissance  rapide  en 
Europe  dès  la  fin  de  l'Eocène,  se  retrouve  en  Amérique  où  il  est  représenté 
par  des  espèces  pliocènes  ou  actuelles (.4 «//«YerœBose,  pliocène  du  Mexique; 
imhricata,  mer  des  Antilles;  tigrina^  côte  pacifique  de  l'Amérique  cen- 
trale, etc.).  Il  y  a  donc  eu  entre  i Europe  et  i  Amérique  des  rapports  fauniques, 
soit  à  la  fin  de  l'Eocène,  soit  à  l'Oligocène. 

Ces  relations  de  faune  persistent  plus  longtemps  entre  VEurope  et  les 
Indes.  Déjà  à  l'Eocène  inférieur,  T.  halaensis  Cossmann  (Ranikot  séries) 
présente  des  affinités  indiscutables  avec  T.  carinifera  du  bassin  de  Paris,  etc. 
Les  groupes  de  T.  turris  et  de  T.  terebralis,  après  avoir  atteint  leur  maximum 
d'extension  dans  le  bassin  méditerranéen  au  Miocène,   en  disparaissent 

(*)    M.  Iredale  a  fait  de  son  côté  des  observations  analogues. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  11.)  56 


766  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

pendant  le  Pliocène.  Des  représentants  du  premier  orpoupe  {T.  terebra 
Lamarck,  bacillum,  cerea^  etc.)  et  du  second  (  J.  duplicata  Lamarck)  vivent 
encore  dans  les  mers  orientales. 

Enfin  on  retrouve  pour  les  Turritelles  ce  fait  très  général  d'un  déplace- 
ment de  la  faune  vers  le  Sud,  à  la  recherche  de  mers  plus  chaudes,  au  cours 
du  Pliocène  :  c'est  ainsi  que  T.  vermicalans  ne  dépassant  pas  au  Nord  le 
bassin  de  Vienne  disparaît  de  la  Méditerranée  au  Calabrien,  et  l'on  retrouve 
des  formes  apparentées,  T.  torulosa,  sur  les  cotes  de  l'Afrique  occidentale, 
et  trîsulcata^  dans  la  mer  Rouge.  De  même  T.  triplicata  que  l'on  trouve  dans 
le  coralline-crag"  d'Angleterre  ne  persiste  guère  actuellement  que  dans  la 
Méditerranée  et  ne  remonte  pas  au  Nord  des  côtes  du  Portugal. 

Les  Turritelles  australiennes  semblent,  à  part  un  très  petit  nombre 
d'espèces  communes  avec  l'océan  Indien,  être  issues  d'une  souche  particu- 
lière et  avoir  évolué  à  part.  On  ne  peut  cependant  manquer  d'être  frappé  de 
l'analogie  entre  T.  rosea,  Ouoy  et  Gaimard,  vivant  sur  les  côtes  de  la  Nou- 
velle-Zélande, et  l'espèce  oligocène  de  la  Méditerranée,  T.  Desmare&tina 
Basterot. 

Conclusion.  —  En  résumé,  en  ce  qui  concerne  les  Turritelles,  et  autant 
que  l'état  actuel  de  mes  recherches  me  permet  de  conclure,  les  rapports 
entre  l'Europe  et  l'Amérique  ont  cessé  à  TOligocène;  ils  ont  persisté  jus- 
cju'àla  fin  du  Miocène  avec  les  mers  orientales  ;  enfin,  au  Pliocène  les  affinités 
s'établissent  avec  la  faune  actuelle  des  côtes  de  l'Afrique  occidentale  et  à 
un  moindre  degré  avec  celle  de  la  mer  Fiouge. 


BOTANIQUE.  —  Sur  la  détermination  de  la  faculté  germinative  autrement  que 
par  la  germination  des  graines.  Note  de  M.  Pierre  Lesage,  présentée  par 
M.  Gaston  Bonnier. 

Dans  une  Noie  récente  ('  ),  on  peut  lire  :  «  La  détermination  de  la  faculté 
vitale  des  graines,  qui  est  le  facteur  le  plus  important  dans  l'analyse  des 
semences,  fut  jusqu'ici  pratiquée  seulement  par  des  essais  de  germination,  qui 
sont  souvent  de  longue  durée,  ne  permettant  d'obtenir  le  résultat  qu'au 
bout  de  plusieurs  jours.  » 

Je  ne  puis  laisser  passer  cette  assertion  sans  rappeler  que  j'ai  publié  en 

(')  Antonin  i\i:M!:c  et  Frantisek  r)ucHON,  Sur  une  mélhode  indicatrice  permettant 
d'évaluer  la  vitalité  des  semences  par  voie-  biochimique  {Comptes  rendus,  t.  Xlk, 
1922,  p.  632). 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I922.  767 

1911  (')  el  rappelé,  en  les  complétant  en  1917  (^),  les  résultats  d'expé- 
riences d'après  lesquelles  il  était  possible,  en  moins  de  4  heures,  de  savoir 
si  des  graines  de  Lepidium  salivum  avaient  encore  .conservé  ou  perdu  leur 
faculté  germinative,  et,  par  conséquent,  de  déterminer  la  faculté  germina- 
tive  de  ces  graines  autrement  que  par  leur  germination. 

Rappelons  en  quelques  mots  Tessentiel  de  ces  expériences.  Des  graines 
âgées  ne  germant  plus  et  des  graines  plus  récentes,  germant  encore,  placées 
dans  20  solutions  de  potasse  variées  depuis  la  solution  normale  N  jusqu'à  la 

3 
solution  diluée  à  -  2~''N,  colorent  inégalement  ces  solutions  en  jaune  d'œuf: 

les  graines  ne  germant  plus  colorent  toutes  les  solutions,  les  graines  germant 
encore  colorent  les  solutions  fortes  jusqu'à  la  concentration  2~*N  et  ne 
colorent  plus  les  solutions  faibles  au-dessous  de  cette  concentration. 

3 
Les  solutions  comprises  entre  les  concentrations  i~'^  N  et  j  2""  N  pouvaient 

donc  et  ont  pu  me  servir  à  reconnaître  à  l'avance  si  des  graines  devaient  ou 
non  germer  dans  mes  expériences  dont  la  conclusion  se  résume  en  ceci  : 
coloration,  pas  de  germination;  pas  de  coloration,  germination. 

Comme  la  coloration,  signe  de  la  perte  de  la  faculté  germinative,  appa- 
raissait dans  moins  de  4  lieures,  il  y  avait  bien  là  le  principe  d'une  méthode 
de  détermination  rapide  de  la  faculté  germinative  sans  recourir  à  la  germi- 
nation des  graines.  J'ai  ajouté  que  cette  méthode  n'est  pas  applicable  seule- 
ment aux  graines  de  Lepidium  sntiviim,  mais  peut  s'appliquer  à  celles 
d'autres  plantes,  comme  l'ont  fait  prévoir  des  essais  sur  les  graines  de 
18  espèces  avec  des  solutions  de  potasse.  Il  y  a,  dans  ces  faits,  un  départ 
pour  l'étude  physico-chimique  des  graines,  d'un  point  de  vue  théorique, 
pouvant  amener  à  des  résultats  plus  ou  moins  immédiatement  pratiques  que 
je  me  suis  contenté  de  laisser  entrevoir  jus([u'à  présent. 


(')  PiEHKE  Lesage,  GerniLitation  c/c'i  ^rainns  de  cresson  alénois  dans  les  solutions 
de  potasse  et  coloration  de  ces  solutions  {Bull.  Soc.  se.  et  niéd.  de  VOuest., 
0  mars  igi  i);  Sur  l  emploi  des  solutions  de  potasse  à  la  reconnaissance  de  la  faculté 
germinative  de  certaines  graines  {Comptes  rendus,  t.  152,  1911,  p.   6)5). 

(-)  Pierre  Lesage,  Au  voisinage  des  limites  de  la  germination  dans  les  graines 
de  Lepidium  salivum  {Revue  générale  de  Botanique.,  t.  29,  1917,  p.  97). 


768  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


BOTANIQUE.  —  Influence  de  la  météorologie  de  Vannée  1921  sur  le  rougisse- 
ment et  la  chute  des  feuilles.  Note  de  MM.  Joseph  Bouget  et  Ad.  Davy 
DE  ViRviLLE,  présentée  par  M .  Gaston  Bonnier. 

L'année  192 1,  par  sa  forte  chaleur  et  sa  sécheresse  prolongée,  a  été  tout 
à  fait  exceptionnelle,  dans  nos  contrées,  au  point  de  vue  météorologique. 
Les  conditions  climatiques  de  cette  année  ont  eu  un  retentissement  marqué 
sur  la  biologie  des  végétaux  et,  en  particulier,  sur  le  rougissement  et  la 
chute  dçs  feuilles.  Nos  recherches  ayant  été  faites  sur  le  versant  nord  des 
Pyrénées  centrales,  nous  avons  utilisé  les  observations  faites  simultané- 
ment à  l'Observatoire  du  Pic-du-Midi  (altitude  2877™)  et  à  Bagnères-de- 
Bigorre  (altitude  548™).  Les  Tableaux  suivants  résument  les  différences 
constatées  entre  Tannée  1921  et  l'année  1920  qu'on  peut  considérer  comme 
normale.  Ayant  comparé  1921  à  1920,  les  signes  positifs  placés  devant  les 
nombres  indiquent  donc  qu'il  est  tombé  un  excès  d'eau,  ou  que  la  tempéra- 
ture a  été  plus  élevée,  en  192 1  qu'en  1920,  et  les  signes  négatifs  marquent 
l'inverse. 

Ecarts  plaviométriques  entre  les  années   192 1   et  1920. 

Août.            Septembre.           Octobre.  Novembre. 

Pic-du-Midi +29"™, 8       — iSi'"'"       — 93'^'°,7  —35""^', 7 

Bagnères -i-44'"™!^       —    36"""      — 75"'™,8  —  26'"™,9 

Ecarts  entre  les  niininia  absolus  des  années  1921  et  1920. 

Août.           Septembre.       Octobre.  Novembre. 

Pic-du-Midi^ ,    .      -1-0°, 5          +10°,  i          +5°  +8°,  4 

Bagnères —  i°,2          +    4°)  i          —3°  -+- 6°,  7 

Ecarts  entre  les  niaxinia  absolus  des  années   1921   et  1920. 

Août.  Septembre.       Octolire.         Novembre. 

Pic-du-Midi H- 3°,  7         -l-o°,2         -1-4°,  9  -1-2°,  3 

Bagnères -t-i'',7         H- 3"  +  4°,  8         H-o°,8 

Par  suite  les  teintes  automnales  ne  se  sont  pas  produites  ou  ont  apparu 
très  tard  et  les  feuilles  des  arbres  ont  gardé  leur  teinte  verte  jusqu'au 
froid  subit  des  10  à  i /j  novembre.  La  température  s'abaissa  brusquement  : 
le  thermomètre  marquant  de  ■ —  7°,  7  à  Bagnères  jusqu'à  —  22°,  Zj  au  Pic-du- 


SÉANCE    DU    l3    MARS    1922.  769 

Midi.  A  ce  moment  les  feuilles  séchèrent  et  prirent  une  teinte  d'un  gris  pâle. 
Quelques-unes  tombèrent,  mais  la  plupart  demeurèrent  attachées  aux 
branches  et  y  seraient  même  restées  plus  longtemps  si  une  violente  tem- 
pête survenue  le  i*^""  décembre  (pendant  laquelle  la  vitesse  horizontale  du 
vent  atteignit  jusqu'à  iG'^,7  par  seconde  au  Pic-du-Midi)  n'avait  entraîné 
leur  chute  presque  totale.  Le  Châtaignier,  le  Platane,  le  Marronnier,  le 
Piobinier  ne  présentèrent  pas  la  moindre  formation  de  teintes  automnales. 
Mais  si  l'on  observait  les  feuilles  des  Merisiers,  Chênes,  Hêtres,  Tilleuls, 
Cornouillers  ou  Saules,  on  remarquait  le  long  de  la  nervure  médiane,  des 
plages  d'étendue  et  de  couleur  variables  suivant  les  espèces,  premières  indi- 
cation de  ces  teintes  d'automne  dont  la  formation  fut  complètement  intei- 
rompue  par  le  froid  subit  et  \iï. 

Ces  plages  offraient  un  coloris  beaucoup  plu^  intense  sur  les  terrains  cal- 
caires que  sur  les  terrains  siliceux.  L'un  de  nous  ('),  du  reste,  a  montré  que 
normalement  les  teintes  automnales  sont  toujours  plus  vives  et  plus  pré- 
coces sur  les  sols  calcaires  que  sur  les  sols  siliceux,  à  tel  point,  qu'à  l'au- 
tomne, on  peut  déceler  à  distance,  sur  le  flanc  des  basses  montagnes  des 
Pyrénées,  les  bandes  de  calcaire  jurassique  incluses  dans  les  schistes  dé- 
voniens,  par  les  arbres  qui,  sur  le  sol  calcaire,  ont  perdu  presque  toutes 
leurs  feuilles,  alors  qu'ils  les  ont  encore  gardées  sur  le  terrain  siliceux.  La 
crête  de  Bois-Oubac,  vue  des  Plaines  d'Esquiou,  off're  un  exemple  remar- 
quable de  ce  phénomène. 

La  météorologie  anormale  de  l'année  1921  a  également  agi  sur  le  rougis- 
sement des  feuilles  du  Buis. 

Sur  les  basses  montagnes  du  versant  nord  des  Pyrénées  centrales,  on 
observe  deux  types  de  Bu.xiis  sempetvù-ens  L.  Dans  les  terrains  plus  ou  moins 
riches  en  silice,  les  Buis  atteignent  souvent  une  forte  taille;  leurs  feuilles 
sont  d'un  vert  foncé  et  leur  végétation  luxuriante  les  rapproche  des  types 
cultivés,  pour  l'ornement,  dans  les  jardins  (-).  De  plus,  leur  floraison  et 
leur  fructification  sont  toujours  très  peu  intenses.  Ces  Buis  ne  rougissent 
jamais  et  leurs  feuilles  persistent  pendant  tout  l'hiver.  Au  conti-aire,  sur  les 

(')  Joseph  BouGET,  Note  sur  la  végétation  de  la  Bande  septentrionale  des  Ter- 
rains secondaires  dans  les  Pyrénées  {Rev.  gén.  de  Bot.,  t.  22,  1910,  p.  2i3). 

(2)  Monceau,  au  Congrès  de  la  Société  Botanique  de  France  tenu  à  Pau,  en  août  j868, 
proposa  de  distinguer  une  variété  lancifolia^  rappelant  la  forme  que  prennent  souvent 
les  feuilles  du  Buis  développées  dans  ces  conditions  (voir  Bull.  Soc.  Bot.  de  France^ 
t.  15,  p.  xvn  et  liv). 


770  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

terrains  calcaires,  principalement  dans  les  expositions  arides  et  chaudes, 
on  trouve  des  Buis  de  petite  taille,  à  feuilles  d'un  vert  clair,  qui  fleurissent 
et  fructifient  en  abondance.  Par  certaines  périodes,  variables  suivant  les 
années,  on  peut  voir,  au  cours  de  l'hiver,  rougir  brusquement  et  irréguliè- 
rement leurs  feuilles  qui  ont  ensuite  une  tendance  à  tomber,  et  même, 
lorsque  le  rougissement  est  très  accentué,  leur  chute  peut  être  totale  :  ces 
Buis  se  comportent  alors  comme  des  arbustes  à  feuilles  caduques.  Or, 
en  if)2i,  les  pieds  qui,  par  leur  élat  physiologique,  étaient  ainsi  disposés  à 
rougir,  sont  restés  verts  plus  longtemps  qu'au  cours  des  années  normales 
et  lorsque  leurs  feuilles  ont  enfin  commencé  à  se  colorer,  on  a  pu  constater 
une  atténuation  très  marquée  du  rougissement. 

En  somme,  on  voit  que  les  conditions  méléorologiques  exceptionnelles 
réalisées  par  Tannée  1921  ont  influé  notablement,  dans  la  région  des  Pyré- 
nées, sur  le  rougissement  et  la  chute  des  feuilles.  On  a  pu  constaiei-  des 
phénomènes  analogues  dans  beaucoup  d'autres  contrées. 


ENlO.viOLOGili:,  —  L'histogenèse  des  muscles  du  l'ol  chez  la  Ranâtre,  la  Nèpe 
et  les  Naucorises.  Note  (')  de  M.  Raymond  Poisson,  présentée  par 
M.  E.-L.  Bouvier. 

Après  Perrière  (1914),  j'ai  déjà  signalé  (-)  la  série  remarquable  que 
forment  la  Ranâtre,  la  Nèpe  et  les  Naucorises  (A^.  cimicôides  L.  et  N.  macu- 
latiis  Fab,),  en  ce  qui  concerne  la  disparition  progressive  des  muscles  du 
vol.  Or,  jusqu'à  ce  jour,  l'étude  de  ces  muscles  n'a  été  faite  que  chez  les 
Insectes  adultes.  Il  m'a  paru  intéressant  d'en  suivre  l'histogenèse  chez  les 
trois  genres  cités  précédemme,nt  ;  je  résume  ci-dessous  les  résultats  de  mes 
observations. 

1°  Nepa  cinerea  L.  —('et  insecte  présente  six  mues  dont  la  première  se 
produit  à  l'^éclosion  et  il  existe  cinq  stades  larvaires. 

Histogenèse  des  vibrateurs  longitudinaux.  —  C'est  au  cours  du  troisième 
stade  larvaire  qu'apparaissent  les  premières  ébauches  reconnaissables  de 
ces  muscles.   A  ce  moment  des   myoblasies  commencent  à  se  porter  au 


(')  Séance  du  27  févrici-  nyi2. 

(-)   Comptes  rendus,  t.  172,  i9'2i.  p.  i3'?^. 


SÉANCE    DU    l3    MARS    1922.  77 1 

voisinage  des  deux  troncs  trachéens  où  ils  se  différencient  et  s'allongent  en 
fibres.  Les  noyaux  de  ces  fibres  primitives  ne  se  divisent  plus  par  mitose 
mais  continuent  à  le  faire  très  lentement  par  voie  directe.  Ce  processus  se 
poursuit  pendant  le  quatrième  stade. 

Au  cours  du  cinquième  stade  larvaire  de  nombreuses  petites  trachées 
bourgeonnent  du  tronc  trachéen  correspondant  et  commencent  à  s'infiltrer 
entre  les  jeunes  fibres  musculaires. 

Vers  la  fin  du  cinquième  stade  larvaire,  à  Tapproche  de  la  dernière  mue, 
les  processus  d'histogenèse  deviennent  plus  actifs.  On  observe  alors  un 
nouvel  afflux  de  myoblastes  qui  se  collent  sur  les  fibres  déjà  partiellement 
différenciées,  auxquelles  ils  forment  tout  d'abord  un  manchon. Ces  nouveaux 
myoblastes  se  différencient  comme  précédemment. 

Synchroniquement  avec  cette  nouvelle  activité  des  myoblastes  on  observe 
une  active  prolifération  des  trachées.  Jusqu'alors  les  fibres  ne  présentent 
pas  de  striation  transversale. 

Au  cours  de  la  mue  imaginale  (sixième  mue),  les  processus  d'histoge- 
nèse, dont  les  muscles  vibrateurs  longitudinaux  ont  été  jusqu'alors  le  siège, 
changent  brusquement  d'allure.  A  ce  stade  on  n'observe  plus  que  quelques 
rares  myoblastes  autour  des  ébauches  musculaires.  Le  synchronisme  qui 
existait  primitivement  dans  le  développement  des  fibres  et  des  trachées 
cesse  d'exister.  Alors  que  les  myoblastes  et  les  fibres  formées  n'évoluent 
plus  que  très  lentement,  les  trachées  poursuivent  leur  active  prolifération  et 
s'infiltrent  entre  les  fibres  en  les  dissociant.  Les  fibres  musculaires  ne  pré- 
sentent toujours  pas  de  striation  transversale,  celle-ci  n'est  apparue  que 
dans  quelques  fibres  périphériques. 

Pendant  la  fin  de  la  mue  imaginale,  alors  que  l'insecte  ayant  rejeté  son 
exuvie  attend  immobile  le  durcissement  de  ses  téguments,  les  noyaux  de 
beaucoup  de  fibres  périphériques  entrent  en  pycnose.  Cette  dégénérescence 
nucléaire  frappe  toutes  les  rares  fibres  qui  ont  évolué  jusqu'à  la  striation 
transversale  et  seulement  quelques  autres  de  celles  dont  le  développement 
n'a  pas  atteint  cette  différenciation.  A  ce  stade,  de  nombreux  leucocytes 
viennent  se  rassembler  sur  toute  la  face  interne  du  muscle  vibrateur;  les 
fibres  périphériques  en  dégénérescence  se  dissocient  et  sont  phagocytées. 
Puis  des  leucocytes  pénètrent  à  l'intérieur  de  l'organe.  On  constate  alors 
que  le  sarcoplasme  des  fibres  qui  vont  persister  disparaît  et  que  leur  stria- 
tion longitudinale  s'atténue.  Les  leucocytes  ne  paraissent  pas  participer 
directement  au  processus.    Cette   troisième  phase  dans  l'histogenèse  du 


772  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

muscle  est  donc  une  phase  purement  régressive  et  contribue  à  réduire  dans 
de  notables  proportions  le  volume  de  l'organe. 

Finalement,  au  terme  de  leur  évolution,  les  muscles  vibrateurs  longitu- 
dinaux présentent  l'aspect  d'organes  trachéo-parenchymateux  décrits  par 
L.  Dufour  (i833),  Dogs  (1909),  Perrière  (1914),  Brocher  (i9o8-)9i6). 

L'évolution  des  sternali-dorsaux  et  des  latéraux  dorsaux  postérieurs  est  en 
tous  points  semblable  à  celle  des  vibrateurs  longitudinaux;  mais  comme 
il  ne  se  développe  à  leur  intérieur  que  quelques  rares  trachées,  leur  volume 
chez  l'imago  est  extrêmement  réduit.  Ces  muscles  sont  uniquement  consti- 
tués par  de  minces  lames  d'un  tissu  formé  de  longues  fibres  grêles,  accolé 
aux  vésicules  et  sacs  trachéens  correspondants. 

Rcmati^a  linearis.  —  Les  processus  d'histogenèse  sont  presque  identiques 
à  ceux  que  j'ai  décrits  cliez  la  Nèpe.  Je  noterai  cependant  que  j'ai  observé 
chez  les  imagos  à  muscles  vibrateurs  longitudinaux  anormaux  une  structure 
de  l'organe  trachéo-parenchymateux  un  peu  dillérente  de  celle  décrite  par 
Perrière.  Les  fibres  musculaires  ont  presque  toutes  acquis  la  stria tion  trans- 
versale, leurs  noyaux  sont  allongés  et  comparables  à  ceux  de  la  Nèpe;  mais 
elles  sont  pauvres  en  sarcoplasma.  Secondairement,  V  organe  est  envahi  par 
du  tissu  graisseux  qui  se  présente  sous  forme  de  gros  adipocytes  qui  n  adhèrent 
pas  toujours  aux  fibres  avoisinanles  ('  ). 

iV.  cimicoides  L.  ,'—  Le  début  de  l'histogenèse  des  vibrateurs  longitu- 
dinaux est  comparable  à  ce  que  j'ai  décrit  chez  la  Nèpe^  mais  la  diileren- 
ciation  des  myoblastes  est  encore  moins  accusée  et  jamais  aucune  fibre 
n'évolue  jusqu'à  la  striation;  aussi  l'organe  trachéo-parenchymateux  est-il 
moins  volumineux.  Quant  aux  autres  muscles  du  vol,  il  est  très  difficile, 
sinon  impossible,  de  les  dilférencier  chez  l'imago. 

IV.  maculai  us  F  ah.  —  L'histogenèse  est  extrêmement  réduite,  et  au  dernier 
stade  larvaire  quelques  rares  trachées  seules  se  forment  dans  les  ébauches 
très  rudimentaires  des  vibrateurs  longitudinaux.  La  mince  lame  de  tissu 
accolé  au  tronc  trachéen  présente  une  structure  fibro-réticulée  d'apparence 
conjonctive  ;  il  n'y  a  donc  pas  à  proprement  parler  d'organe  trachéo-paren- 
chymateux. 


(')  C'est  vraisemblablement  de  ces  adipocvtes  dont  Perrière  veut  parler,  lorsqu'il 
dit  que  les  fibres  sont  entourées  comme  dune  gaine  par  des  cellules  arrondies  à  gros 
noyaux.  Dans  ce  cas  il  n'aurait  vu  que  le  début  de  la  formation  des  colonnettes  d'adi- 
pocytes. 


SÉANCE   DU    l3    MARS    I922.  778 

Conclusion.  —  Les  muscles  du  vol  chez  la  Ranâtre,  la  Nèpc  et  les  Nauco- 
rises  présentent  le  plus  souvent  une  histogenèse  anormale  qui  aboutit  pour 
les  vibrateurs  longitudinaux,  soit  à  la  formation  d'un  organe  particulier 
(organe  trachéo-pai-enchymateux),  soit  à  la  disparition  presque  totale  de 
ces  muscles.  Cette  évolution  spéciale  est  caractérisée  tout  d'abord  par  un 
arrêt  dans  la  multiplication  et  le  développement  des  myoblastes^  puis  secondai- 
rement par  des  phénomènes  de  dégénérescence.  Dans  la  série  envisagée,  cette 
régression  atteint  son  maximum  chez  A^.  maculatiis  où  les  vibrateurs  longitu- 
dinaux ne  sont  plus  représentés  que  par  une  mince  lame  de  tissu  conjonctij . 


MÉDECINE.  —  Modifications  de  la  chronaxie  des  muscles  squelrltiques  et  de 
leurs  nerfs,  par  répercussion  de  la  lésion  de  neurones  auxquels  ils  sont  fonc- 
tionnellement  associés.  Note  (  '  )  de  M.  Georges  Bourguigxox,  présentée  par 
M.  d'Arsonval. 

Dans  une  Note  antérieure  (-),  j'ai  montré  que  la  lésion  d'un  nerf  périphé- 
rique s'accompagne  d'une  modification  de  la  chronaxie  dans  le  domaine  des 
nerfs  de  même  chronaxie  du  même  membre  ou  du  membre  symétrique. 

De  l'étude  de  la  chronaxie  des  muscles  et  des  nerfs  moteurs  dans  les 
affections  les  plus  diverses  du  système  nerveux,  il  résulte  qneXdi répercussion 
est  un  fait  encore  plus  général  et  que  toute  lésion  d'un  neurone  quelconque 
peut  retentir  sur  les  neurones  moteurs  périphériques  qui  lui  sont  fonction- 
■  nellement  associés.  Diiring,  par  l'étude  histologique  desoxydases,  a  montré 
des  répercussions  analogues. 

Dans  les  répercussions,  la  valeur  de  la  variation  de  la  chronaxie  en  plus 
ou  en  moins,  reste  en  général  comprise  entre  le  \  de  la  valeur  normale  et 
10  fois  cette  valeur.  Sur  les  points  moteurs  des  muscles,  tantôt  la  chronaxie 
diminue  jusqu'à  la  |  ou  le  ^  de  la  valeur  normale,  tantôt  elle  augmente 
jusqu'à  2  à  10  fois  cette  valeur.  Sur  le  nerf,  elle  reste  quelquefois  normale, 
mais,  le  plus  souvent,  elle  augmente  légèrement. 

J'ai  observé  ces  répercussions  sur  le  nerf  et  le  muscle  dans  les  lésions 
suivantes  : 

1°  Lésions  du  neurone  sensitif  périphérique.  —  Zona;  Tabès;  Névralgies 


(')  Séance  du  6  mars  1922. 

(-)  G.  Bourguignon,  Comptes  rendus^  t.  173,  1921,  p.  433. 


774  ACADÉMIE  DES    SCIENCES. 

diverses  sans  troubles  moteurs  ni  des  réflexes  cliniquement  décelables. 
Cest  dans  les  neurones  moteurs  correspondant  aux  neurones  sensitifs 
malades  qu'on  observe  la  répercussion. 

2°  Lésions  du  neurone  moteur  central  (faisceau  pyramidal).  —  Hémi- 
plégies cérébrales,  pédonculaires,  protubérantielles,  bulbaires.  Hémiplégies 
spinales,  monoplégies  et  paraplégies  par  lésions  diverses  de  la  moelle. 

3°  Lésions  des  voies  motrices  centrales  extra-pyramidales  (corps  opto-  striés) . 
—  Maladie  de  Parkin.son,  syndrome  sparkinsoniens,  maladie  de  Wilson,  etc. 
Cette  dernière  catégorie  de  faits  a  été  étudiée  spécialement  dans  uise  série 
de  tra\aux  antérieurs  ('). 

Je  n'ai  pas  encore  eu  l'occasion  d'étudier  à  ce  point  de  vue  les  affections 
cérébelleuses. 

Les  faits  isolés,  publiés  par  certains  auteurs,  de  réaction  de  dégénéres- 
cence au  cours  du  zona  et  d'atrophie  musculaire  du  tabès,  ne  sont  proba- 
blement que  des  cas  extrêmes  du  fait  général  (jue  j'ai  observé. 

Dans  les  affections  du  deuxième  et  du  troisième  groupe,  les  répercussions 
ne  s'observent  que  chez  les  malades  qui  ont  de  la  contracture  ou  de  la  rigi- 
dité musculaire.  Au  contraire,  lorsqu'il  y  a  du  tremblement  ou  des  mouve- 
ments choréiformes,  la  chronaxie  des  nerfs  moteurs  et  des  muscles  reste 
normale. 

En  règle  générale,  dans  la  contracture  (lésions  du  faisceau  pyramidal) 
et  dans  la  rigidité  (lésions  des  voies  motrices  centrales  extra-pyramidales), 
la  chronaxie  diminue  au  point  moteur  des  muscles  contractures  ou  rigides, 
et  augmente  au  point  moteur  des  muscles  non  contractures;  les  muscles' 
à  chronaxie  augmentée  sont,  le  plus  souvent,  les  antagonistes  des  muscles 
contractures  ou  rigides.  C'est  le  cas  le  plus  fréquent  dans  l'hémiplégie 
cérél)rale  et  dans  les  syndromes  parkinsoniens;  au  membre  supérieur,  par 
exemple,  l'attitude  est  alors  celle  de  la  contracture  en  flexion  :  la  chronaxie 
est  inférieure  à  la  normale  aux  points  moteurs  des  fléchisseurs,  et  plus 
grande  que  la  normale  aux  points  moteurs  des  extenseurs. 

(')  \i.  Clalde  et  G.  lîouiîGL'iGNON,  La  forme  de  la  contraclion  et  la  chronaxie 
dans  deux  cas  d'encéphalite  léthargique  :  Société  de  Neurologie,  6  janvier  1921 
{f{evue  neurologique,  n°  1).  —  G.  tiouRGUiGNOX  et  Laignel-LavasïIxNE,  La  chronaxie 
dans  les  syndromes  parkinsoniens  :  Réunion  annuelle  de  la  Société  de  Neurologie, 
3 juin  ip'u  {Revue  neurologique,  n°  6).  —  G.  Bouiîguioon,  La  chronaxie  dans  les 
états  de  rigidité  musculaire  en  général  :  Réunion  annuelle  de  la  Société  de  Neuro- 
logie, 3  juin  1921  {Hevue  neurologique,  n°^  6  et  7-8). 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I922.  775 

Sur  les  nerfs,  la  chronaxie  est,  en  général,  augmentée  et  il  y  a  un  certain 
hétérochronisme  entre  le  nerf  et  le  point  moteur. 

Quelquefois  la  chronaxie  des  points  moteurs  des  muscles  varie  un  peu 
dilTéremment.  Le  cas  le  plus  rare  est  celui  où  la  chronaxie  du  muscle  con- 
tracture reste  normale,  et  celle  de  l'antagoniste  non  contracture  augmenle. 
Plus  souvent,  on  ol)serve  la  diminution  de  la  chronaxie  du  muscle  contrac- 
ture, avec  chronaxie  normale  dans  Tantagonisle  non  contracture.  Dans 
tous  ces  modes  de  variation,  le  résultat  final  est  toujours  le  même  :  le  rap- 
port entre  la  chronaxie  des  fléchisseurs  et  la  chronaxie  des  extenseurs  est  plus 
grand  que  riormalement. 

Dans  quelques  cas,  la  contracture  porte  à  la  fois  sur  les  fléchisseurs  et  les 
extenseurs.  J'en  ai  observé  un  exemple  typique  dans  une  hémiplégie  spinale 
])ar  hlessuie  de  guerre.  Les  doigts  ])rennent  une  attitude  en  grifre  (exten- 
sion de  la  })remière  phalange  et  flexion  des  autres)  et  le  poignet  est  rigide 
dans  le  prolongement  de  l'avant-bras  :  la  chronaxie  était  diminuée  à  la  fois 
dans  les  extenseurs  et  les  fléchisseurs,  et  le  rapport  de  leurs  chronaxies  était 
plus  petit  que  normalement. 

Des  pliénomènes  semblables  s'observent  aux  membres  inférieurs.  Les 
attitudes  que  prennent  les  membres  afTectés  paraissent  donc  liées  au  rapport 
des  chronaxies  des  différents  groupes  musculaires  antagonistes.  Il  en  est  de 
même  d'ailleurs  à  l'état  normal  ('). 

Il  semble  donc  bien  qu'il  y  ait  une  relation  entre  la  chronaxie  du  point 
moteur  musculaire  et  la  tonicité  du  muscle,  au  moins  dans  certaines  con- 
dilions. 

De  ces  faits,  on  peut  tirer  les  conclusions  suivantes  : 

1°  Toute  lésion  d'un  neurone  peut  avoir  une  répercussion  sur  la  chro- 
naxie des  neurones  qui  lui  sonl  fonctionnellement  associés.  Il  semble 
donc  qu'on  pourrait  étendre,  en  pathologie,  le  sens  du  terme  «  réflexe  » 
et  qualifier  de  a  réflexes  »  toutes  les  modifications  observées  dans  un  neu- 
rone par  ré]»ercussion  de  la  lésion  d'un  neurone  (|ui  lui  est  fonctionnelle- 
ment associé. 

2°  Quand  il  y  a  contracture  ou  rigidité,  l'attitude  ])araît  liée  au  rapport 
des  chronaxies  des  extenseurs  e(  des  fléchisseurs,  qui  sonl  modifiées.  Il  paraît 
y  avoir  une  relation  entre  le  tonus  et  la  chronaxie,  à  l'état  jjathologique 
comme  à  Tétat  normal.  Au  contraire,  quand  il  y  a  tremblement  ou  mou- 


(')  G.  l>0UHGurGN0N,  Coiigrès  de  Physioloi^ie^  Paris,  juillet  1920. 


776  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

vements  choréiforines,  la  clironaxie  motrice  péiiphérique  reste  normale  : 
l'activité  dont  le  muscle  est  alors  le  siège  em])êche  proljablement  sa  cliro- 
naxie de  se  modifier. 


MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  —  Sw  les  c/iocs  iraumciUques.  Note 
de  MM.  Auguste  Lumière  et  Hexri  Couturier,  présentée  par 
M.  Roux. 

Les  états  de  dépression  intenses  consécutifs  aux  traumatismes,  qui  ont 
donné  lieu  depuis  la  guerre  à  des  controverses  assez  vives,  relèvent  d'un 
mécanisme  différent  suivant  la  nature  des  lésions  qui  les  déterminent. 

Nous  ne  nous  arrêterons  pas  à  un  certain  nombre  de  types  de  choc  con- 
duisant à  des  accidents  qui  semblent  pouvoir  être  facilement  expliqués:  ce 
sont  ceux  qui  se  produisent  notamment  à  la  suite  d'hémorragies  abon- 
dantes, d'embolie  graisseuse  dans  les  fractures  des  os  longs,  d'excitations 
brusques  d'un  nerf  sensitif,  de  violentes  douleurs,  d'inhalation  de  gaz 
irritants  ou  que  l'on  observe  dans  les  états  émotionnels,  au  cours  des 
anesthésies,  etc. 

Notre  expérimentation  sur  ce  sujet  a  été  limitée  au  choc  traumatique 
proprement  dit,  qui  a  été  l'objet  principal  des  discussions,  choc  dont  le 
syndrome  particulier  se  manifeste  à  l'occasion  de  contusions  graves,  de 
broiements,  d'écrasements  dans  les  chutes,  les  éboulements,  les  accidents 
de  chemins  de  fer  ou  de  mines,  les  plaies  de  guerre,  qu'il  s'agisse  d'un  foyer 
d'attrition  unique  ou  d'une  multitude  de  petits  foyers. 

Rappelons  que  M.  Quénu,  par  la  simple  observation  des  faits  cliniques, 
est  arrivé  à  cette  conclusion,  que  le  facteur  principal  du  choc  est  une  intoxi- 
cation qui  a  son  origine  dans  le  foyer  traumatique  même,  au  niveau  duquel 
il  se  produit  une  résorption  de  substances  toxiques  se  comportant  comme 
le  ferait  une  solution  d'histamine. 

MM.  Duval  et  Grigaut  ont  montré,  d'autre  part,  que  l'on  provoque  un 
choc  mortel  en  injectant,  dans  la  veine  marginale  de  l'oreille  d'un  lapin, 
quelques  centimètres  cubes  d'un  filtrat  aseptique  obtenu  en  broyant  de 
10*''  à  20S  de  muscle  avec  de  l'eau  stériHsée. 

Nos  expériences  personnelles  ont  confirmé  ces  faits  et  nous  ont  permis 
de  nous  assurer  que  les  accidents  ainsi  déchaînés  sont  dus  à  la  floculation 
des  colloïdes  tissulaires  lorsqu'ils  sont  mélangés  par  le  broyage,  de  sorte 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I922.  777 

que  le  choc  traumatique  semble  dépendre  de  la  même  cause  physique  que 
le  choc  anaphylactique. 

On  peut,  en  effet,  vacciner  contre  les  accidents  brusques  provenant  de 
l'introduction  de  suc  musculaire  dans  la  circulation,  au  moyen  d'injec- 
tions subintrantes,  soit  de  ce  suc  lui-même,  soit  de  sulfate  de  baryte  ou 
d'autres  floculats. 

L'hyposulfite  de  soude,  la  ligature  préalable  des  carotides,  les  anesthé- 
siques  suppriment  ces  accidents  tout  aussi  bien  que  ceux  du  choc  anaphy- 
lactique. 

Il  existe  cependant  une  différence  importante  entre  les  deux  phénomènes. 
Quand  on  a  injecté  à  des  cobayes  le  filtrat  musculaire  à  dose  insuffisante 
pour  les  tuer,  ils  paraissent  d'abord  se  rétablir,  puis,  à  des  intervalles 
d'une  ou  plusieurs  heures,  des  rechutes  se  produisent  et  ils  finissent  sou- 
vent par  succomber. 

L'étude  des  modifications  spontanées  qui  se  passent  dans  le  filtrat  nous 
donne  l'expUcation  de  ces  poussées  successives  et  de  l'évolution  fatale  de 
certains  chocs.  Tout  d'abord  l'extrait  musculaire  est  uniformément  louche, 
les  particules  floculées  étant  réparties  régulièrement  dans  le  liquide,  puis^ 
peu  à  peu  ces  éléments  s'accollent  sous  forme  de  gros  amas  qui  tombent  au 
fond  du  récipient. 

Si  à  ce  moment  on  injecte  cet  extrait  musculaire,  il  ne  produit  plus  aucun 
accident,,  même  si  les  masses  granulaires  volumineuses  sont  introduites 
dans  les  vaisseaux  en  même  temps  que  le  liquide  plus  clair  qui  les  entoure. 

En  continuant  à  observer  ce  filtrat,  on  constate  qu'il  devient  le  siège  de 
nouvelles  floculations.  Les  colloïdes  mélangés  par  la  trituration,  réagissant 
les  uns  sur  les  autres,  mûrissent  progressivement  et  précipitent  tour  à  tour. 

Vingt-quatre  heures  après  sa  préparation,  l'extrait  tissulaire,  conservé 
aseptiquement,  est  devenu  définitivement  inoffensif,  alors  que,  pendant  les 
premières  heures,  il  s'était  montré  tantôt  toxique,  tantôt  inactif,  la  toxicité 
apparaissant  au  moment  où  les  floculations  survenaient. 

Le  rythme  des  crises  successives  chez  un  animal  qui  a  reçu  une  injection 
unique  de  filtrat  musculaire  correspond  sensiblement  au  rythme  de  la 
floculation  ;  le  mûrissement  colloïdal  paraissant  s'effectuer  avec  la  même 
vitesse  in  vivo  et  in  vitro. 

Au  début  de  leur  formation,  ces  floculats  sont  capables  de  déterminer  le 
choc;  mais,  quand  ils  ont  dépassé  un  certain  stade  dans  leur  agglomération, 
ils  deviennent  sans  danger. 


77^  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Les  précipités  qui  se  font  dans  le  sang,  à  chaque  phase  de  floculation, 
occasionnent  non  seulement  des  accidents  de  choc  plus  ou  moins  atténués, 
mais  aussi  des  lésious  hémorrag-iques  dans  les  parenchymes,  lésions  dont 
les  eflels  s'ajoutent  et  qui  peuvent  se  terminer  par  la  mort. 

Ces  expériences  donnent  l'explication  du  tableau  symptomatiquc  du  choc 
traumatique  dans  lequel  les  signes  typiques  intenses  du  début  du  choc 
peuvent  passer  inaperçus  en  raison  de  l'absorption  parfois  lente  et  progres- 
sive des  albumines  susceptibles  de  floculer:  l'ensemble  des  accidents  et  des 
lésions  secondaires,  dont  les  précipitations  successives  sont  responsables, 
permettra  de  comprendre  les  alternatives  de  dyspnée,  d'angoisse,  d'agita- 
tion, de  modification  du  rythme  cardiaque,  de  sueurs,  de  diarrhée,  de 
migraine,  d'hématurie,  etc.  et  de  calme  relatif,  qui  caractérisent  ces  chocs 
ainsi  que  leur  issue  parfois  fatale. 


MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  —  Les  Jeuihets  embryonnaires  en  rapport  avec 
les  affinités  du  virus  vaccinal.  Note  de  MM.  C.  Levaditi  et  S.  Nicolau, 
présentée  par  M.  Roux. 

L'un  de  nous  a  émis  l'hypothèse  que  des  relations  étroites  doivent 
exister  entre  l'affinité  des  microorganismes  pathogènes  pour  les  divers  tissus 
des  vertébrés  et  les  feuillets  embryonnaires  d'où  ces  tissus  dérivent  (*). 
«  Les  infections  du  rnésoderme,  les  «  mésodermoses  » ,  sont  engendrées.,  en  général^ 
par  des  bactéries,  des  champignons .,  des  spirilles  ou  des  protozoaires,  en  un  mot, 
par  des  microorganismes  lisibles  et,  pour  la  plupart,  cultivables,  tandis  que  les 
infections  de  V  ecto  derme,  les  a  ectodermoses  y) ,  sont  provoquées  par  des  germes 
dont  la  majorité  sont  des  virus  filtrants  et  invisibles. 

Nous  avons  tenté  de  vérifier  cette  hypothèse  en  étudiant  l'affinité  du  virus 
vaccinal  adapté  au  cerveau  {neurovaccine)  (-),  pour  les  divers  tissus  du 
lapin,  en  tenant  compte  de  l'origine  embryonnaire  de  ces  tissus. 

Dans  10  expériences,  une  émulsion  cérébrale  virulente,  préalablement  centrifugée, 
a  été  injectée  dans  la  veine  de  l'oreille.  Dans  une  autre  l'émulsion  fut  introduite  par  le 
bout  périphérique  de  l'artère  carotide  et  dans  la  dernière  elle  fut  injectée  dans  la  tra- 
chée   du    lapin.    En    même    temps  les   animaux   étaient  épilés    sur   la   peau   du    flanc 


(')  C.  Levaditi,  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  070. 

(^)  G.  Levaditi  et  S.  Nicolau,  Comptes  rendus,  t.  174,  19^2,  p.  249- 


SÉANCE    DU    l3    MARS    19^2.  779 

(Galmelte  et  Guéiin).  Les  lapins  étaient  sacrifiés  du  6«  au  io«  jour,  alors  que  la  peau 
épilée  était  cou\erte  d'une  riche  érupliou  vaccinale.  La  recherclie  du  virus  dans  les 
tissus  était  effectuée  en  inoculant  des  émulsions  sur  la  peau  épilée  et  rasée  de 
lapins  neufs. 

I.  Affinité  tour  f.es  tissus  dérivés  de  l'ectoderme.  —  A.  Ectoderme  pro- 
prement dit.  —  i*^  Peau.  Chez  tous  les  animaux,  la  vaccine  s'est  localisée  à  la 
peau,  surtout  lorsque  l'épiderme  avait  été  irrité.  —  2"  Cornée.  Certains 

I  ipins  ont  fait  de  la  kératite  vaccinale.  —  3"^  Glande  mammaire  en  lactation. 
Présence  du  virus  en  abondance  et  lésions  des  acinis  chez  une  lapine  pleine. 

B.  Segment  hucco -pharyngé  de  V ectoderme.  —  Le  virus  vaccinal  existe  dans 
la  salive  des  animaux  infectés  par  les  veines,  par  la  peau  et  même  dans  le 
cerveau.  Il  y  apparaît,  en  petite  quantité,  dès  le  4^  jour  et,  en  abondance, 
le  ;'■  et  le  8' jour.  Le  germe  ne  provient  pas  de  la  glande  salivaire.  En  eflét 
Tevamen  de  cette  glande  révèle  des  quantités  de  virus  de  beaucoup  infé- 
rieures à  celles  que  contient  la  salive.  Son  origine  est  puremejit  locale.  La 
muqiieu^e  buccale  montre  des  pustules  vaccinales  au  niveau  de  la  langue, 
et  dont  Taspect  macroscopique  et  la  structure  sont  caractéristiques.  Il  en 
résulte  ([ue  la  vaccine  offre  une  affinité  marquée  pour  le  segment  bucco-pha- 
ryngé  de  l'ectoderme,  quelle  que  soit  sa  voie  de  pénétration  dans  V organisme 
du  lapin.  On  peut,  d'ailleurs,  l'ensemencer  directement  sur  la  mu([uetise 
buccale,  en  badigeonnant  cette  muqueuse  avec  du  virus  frais  (pustules  lin- 
guales et  virulence  de  la  salive  dès  le  4'' jour). 

C.  Système  nerveux  central  (^segment  invaginé  de  V ectodermey.  —  Le 
cerveau,  examiné  à  neuf  reprises,  s'est  montré  ou  dépourvu  de  vaccine,  ou 
très  pauvre  en  virus  (i  à  2  pustules).  Comment  se  fait-il  que  la  neurovac- 
cine, si  étroitement  adaptée  au  système  nerveux,  ne  se  localise  pas  dans  le 
cerveau,  quand  on  l'introduit  dans  le  torrent  circulatoire?  Le  virus  vaccinal 
ne  pullule  dans  le  cerveau  qu'après  une  irritation  préalable  de  celui-ci,  de 
même  qu'il  ne  se  développe  abondamment  sur  la  peau  qu'après  épilage. 

II  suffit,  en  efTet,  chez  un  animal  infecté  par  voie  intraveineuse,  d'injecter 
dans  le  cerveau  àeVeau  salée  ou  du  bouillon.,  pour  constater  que,  dans  ces 
conditions,  l'encéphale  devient  une  riche  culture  de  neurovaccine.  V^affi- 
nilé  du  virus  pour  le  système  nerveux  [ectoderme  invaginé)  apparaît  ainsi 
nettement. 

II.  Affinité  pour  les  tissus  dérivés  de  l'endoderme.  —  A.  Foie.  —  L'examen 
du  foie,  pjatiqué  à  cinq  reprises,  a  révélé  la  présence  de  faibles  quantités 
de  virus  (2  à  20  pustules). 


780  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

B.  Il  n'en  est  pas  de  même  du  poumon  qui,  souvent,  s'est  montré  très 
riche  en  germes.  Cet  organe  joue  le  rôle  de  filtre  vis-à-vis  du  virus  injecté 
dans  la  veine  auriculaire  ;  grâce  à  ses  affinités  tissulaires,  il  retient  le  microbe, 
sans  cependant  réagir  par  des  lésions  intenses. 

III.  Affinité  pour  les  tissus  dérivés  du  mésoderme.  —  Contrairement  aux 
organes  de  l'ectoderme  et  de  l'endoderme,  les  tissus  dérivés  du  mésoderme 
sont  ou  totalement  avirulents,  ou  très  pauvres  en  germes.  Il  en  est  ainsi  du 
sang,  de  la  rate  (hypertrophiée),  de  la  moelle  osseuse,  des  ganglions  lympha- 
tiques ('),  des  muscles,  du  rein  (ce  dernier  fut  quatre  fois  stérile  et  deux 
fois  presque  avirulent).  \j  affinité  de  la  neuro^accine  pour  les  tissus  dérivés 
du  mésoderme  est  pratiquement  nulle. 

IV.  Une  place  à  part  doit  être  réservée  aux  glandes  sexuelles,  testicule  et 
ovaire.  Quelles  que  soient  les  conditions  expérimentales ,  l'ovaire  et  le  testicule 
contiennent  des  quantités  considérables  de  vaccine.  Le  germe  apparaît  dans 
l'ovaire  dès  le  deuxième  jour,  alors  que  nulle  manifestation  vaccinale  n'est 
encore  apparue  sur  la  peau  épilée  du  même  animal.  Sa  présence  dans  ces 
organes  se  traduit,  d'ailleurs,  par  des  lésions  de  la  glande  interstitielle 
(ovaire),  ressemblant  à  celles  de  la  vaccine  cutanée.  Ces  lésions  semblent 
indiquer  une  localisation  primitive  de  germe  sur  les  cellules  de  cette  glande. 

Ce  fait,  particulièrement  important,  démontre  l'affinité  du  virus  vaccinal 
pour  le  plasma  germinatif,  sans  distinction  de  sexe  (').  Tout  se  passe 
comme  si  les  cellules  germinatives ,  malgré  leur  origine  mésodermique,  renfer- 
maient à  Vétat  latent  les  caractères  ectodermiques  qui  dominent  les  affinités 
tissulaires  de  la  vaccine. 

V.  Les  capsules  surrénales  ont  fourni  des  résultats  intéressants.  Dans  Ja  moitié 
(les  cas,  elles  renfermaient  autant  de  virus  vaccinal  que  l'ovaire  ou  le  testicule  du 
même  animal.  L'origine  ectodermique  nerveuse  (sympathique)  de  la  substance 
médulaire  pourrait  expliquer  l'affinité  du  germe  pour  les  capsules  surrénales. 

Conclusions.  —  Conformément  à  notre  hypothèse,  la  vaccine,  virus  filtrant 
et  invisible,  offre  une  affinité  élective  pour  tous  les  tissus  dérivés  de  i ectodcrme 
et  pour  certains  organes  de  provenance  endodermique,  alors  que  son  affinité 
pour  les  tissus  d^ origine  mésodermique  est,  pour  ainsi  dire,  nulle.  Les  éléments 


(*)  Exception  faite  du  ganglion  sous-maxillaire,  lequel  contient  le  virus   qui  lui 
parvient  des  pustules  linguales. 

(^)  Le  virus  a  été  trouvé  en  abondance  dans  \  ov  aie  fécondé  intra-utérin. 


SÉANCE    DU    l3    MARS    1922.  78 1 

germinatifsqui,  eux,  renferment,  à  l'état  potentiel,  tous  les  caractères  lissu- 
laires  sans  distinction  d'origine  embryonnaire,  sont  aussi  ceux  pour  lesquels 
le  virus  vaccinal  montre  Taffinité  la  plus  marquée  et  la  plus  constante.  Cer- 
taines cellules  ectodermiques  (épiderme,  cerveau)  nécessitent  une  irritation 
préalable  pour  fixer  le  germe  et  lui  permettre  de  pulluler.  Pour  que  ce 
germe  puisse  s'attaquer  à  un  élément  cellulaire  donné,  il  faut  donc  que  cet 
élément  ait  une  origine  ecto-endodermique  et  que,  de  plus,  il  soit  mis  en 
état  de  prolifération,  de  rajeunissement,  par  une  irritation  préalable.  A 
moins  qu'il  s'agisse  de  cellules  germinatives,  auquel  cas  cette  irritation  est 
inutile,  attendu  que  ces  cellules  remplissent  d'emblée  toutes  ces  conditions 
(caractères  ectodermiques  potentiels,  multiplication  active  et  continue). 
Ces  conclusions  sont  d'accord  avec  nos  recherches  sur  la  culture  du  virus 
vaccinal  dans  les  néoplasmes  épithéliaux  et  conjonctifs  du  rat  et  de  la  souns. 


MICROBIOLOGIE.  —  Action  d'un  suc  gastrique  artificiel  sur  les  fçi^anulations 
pulmonaires  tuberculeuses  du  cobaye.  Note  de  MM.  E.  Fersibich  et 
G.  RoLLiER,  présentée  par  M.  Roux. 

Dans  deux  communications  antérieures  ('),  nous  avons  montré,  par 
quatre  séries  d'expériences,  la  grande  différence  dans  la  manière  dont  se 
comportent  vis-à-vis  d'un  suc  gastrique  artificiel  C)  complet,  ou  de  ses  élé- 
ments pris  séparément,  d'une  part  les  bacilles  tuberculeux  de  culture  (race 
bovine  de  Vallée)  et  d'autre  part  les  granulations  soit  pulmonaires,  soit 
spléniques,  provenant  de  l'inoculation  au  cobaye  de  bacille  de  même  âge 
et  de  même  race. 

Après  un  contact  de  3  heures  à  62"  plus  87  heures  à  i5**  avec  du  suc 
gastrique  complet,  la  diminution  de  la  virulence,  s'il  s'agit  de  bacilles 
de  culture,  se  manifeste  par  une  évolution  ralentie  de  la  maladie,  mais  les 
animaux  meurent  tous  tuberculeux.  Nous  ne  pouvons  cependant  affirmer 


(')  Société  d'Etudes  scientifiques  sur  la  tuberculose,   séances  du  8  janvier  igai  et 
du  i4  janvier  1922. 

(^)  Formule  du  suc  gastrique  artificiel  emplové  : 

Pepsine  en  paillettes  (Billaull) ôo*^? 

HCl  pur. 10  gouttes 

Eau  distillée,  q.  s.  p.  f -0'=™' 

C    R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  11.)  ^7 


782  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

que  ce  ralentissement  de  révolution  soit  le  fait  du  suc  gastrique  lui-même 
plutôt  que  celui  d'un  de  ses  éléments  (pepsine  —  taux  d'acidité),  tempéra- 
ture d'action. 

Au  contraire,  la  virulence  disparaît  entièrement  s'il  sagit  de  granulations'^ 
les  granulations  se  résorbent  in  situ  en  3  ou  4  jours,  sans  laisser  de  trace 
apparente  au  point  d'inoculation,  sans  donner  lieu  à  aucune  manifestation 
tuberculeuse  ultérieure.  Aucun  des  éléments  du  suc  gastrique,  agissant 
séparément  ne  nous  a  donné  les  même  résultats. 

Que  devient  donc  la  virulence  des  granulations  soumises  au  suc  gastrique 
complet,  pendant  la  durée  de  la  digestion?  C'est  ce  que  nous  étudions  dans 
l'expérience  décrite  ci-aprc-s. 

Expérience  du  19  mai  192 1.  —  Des  granulations  pulmonaires,  d'un  cobaye  mort 
le  3  mai,  conservées  à  la  glacière  dans  le  liquide  de  Ringer,  de  pureté  microbienne 
contrôlée,  renfermant  de  45  à  5o  bacilles  par  champ  (oc.  comp.  VI.  Imm.  homog. 
Y5  Stiassnie),  ont  été  divisées  le  17  mai  en  7  lots  dont  6  sont  introduits  dans  le  liquide 
de  digestion,  à  raison  de  20  granulations  ayant  à  peu  près  le  même  volume  pour  i/Jo"^™' 
de  liquide. 

A Témoin  sans  digestion. 

B Contact  de  [^o^         à  i5° 

^^ »  o''  i5™  à  52°  +  89'' /jS'"     » 

D »  o^'Sd"^      »       +  39*'3o'"     » 

1^^ »  i"*  »      -4-  39**  ft 

F »  a»'  »       +38*»  « 

G »  3h  »       +  37!^  » 

Chaque  série  de  granulations,  après  lavage,  est  mise  en  émulsion,  à  raison  de 
5  granulations  pour  2"»'  d'eau  distillée  (dose  par  animal)  et  inoculée  sous  la  peau  de 
l'abdomen  à  7  groupes  de  cobayes  neufs  (2  témoins  pour  A,  4  animaux  pour  chaque 
série,  soit  en  tout  26  animaux). 

Au  i*"''  mars  1922,  soit  q.^[\  jours  après  l'inoculation,  les  résultats  sont  les 
suivants  : 

A.  Les  témoins  sont  morts  dans  les  délais  normaux,  avec  de  grosses 
lésions  de  tuberculose  généralisée. 

B.  La  décroissance  de  la  virulence  est  à  peine  sensible  si  l'on  agit  pen- 
dant 40  heures  à  la  tempéreture  de  i5«  :  évolution  à  peine  ralentie  de  la 
maladie. 

Cette  décroissance  est  déjà  plus  appréciable  dans  les  séries  G  et  D  :  les 
effets  de  l'inoculation  se  traduisent  par  la  formation  de  nodules  sous- 
cutanés  persistants  et  par  des  lésions  ganglionnaires  chez  quelques  ani- 


SÉANCE    DU    l3    MARS    I922.  788 

maux;  dans  la  série  E  seulement  par  la  formation  de  nodules  sous-cutanés 
toujours  persistants,  dont  les  éléments  bacillaires  sont  rapidement  résor- 
bables  par  un  organisme  neuf;  enfin,  dans  la  série  F,  par  des  réactions 
locales  minimes  et  fugaces. 

La  série  G  reste  indemne,  ce  qui  confirme  nos  précédentes  expériences 
et  porte  actuellement  à  18  le  nombre  des  animaux  inoculés  de  la  même 
façon  et  sans  aucun  dommage. 

De  tous  ces  faits,  nous  pouvons  tirer  la  conclusion  suivante  : 
En  traitant  par  un  suc  gastrique  artificiel,  dans  les  conditions  de  tempé- 
rature sus-indiquées,  des  granulations  pulmonaires  dues  à  l'inoculation  au 
cobaye  de  bacilles  tuberculeux  (race  bovine  de  Vallée),  nous  sommes  à 
même  de  constater  que  la  virulence  de  ces  granulations  décroit  à  peu  près  régu- 
lièrement jusqu'à  devenir  nulle^  à  mesure  que  la  durée  du  temps  de  contact 
s'accT'oît. 

A  16  heures  et  quart,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 

La  séance  est  levée  à  17  heures  et  quart. 

A.   Lx. 


ERRATA. 


(Séance  du  6  mars   1922.) 

Note  de  M.  et  M"**^  G.   Villedieu,   Contribution  à  l'étude  des  bouillies 
cupriques  : 

Page  708,  ligne  10,  au  lieu  de 

SO*Cu  +  GO»Na^4-2H20=:CO'Cu(OH)2,  Hî0  4-SO*i\a2, 
lire 

2S0*Gu  ^2CO^\a^-i-2H^O  =  GO'Cu,Gu(OH)SH»0  4-2SO*Na2-+-CO^ 


^84  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 


Ouvrages  reçus   dans  les  séances  de  février   1922  {suite  et  fin). 

Catalogue  of  Double  Stars  froni  observations  made  at  tlie  Royal  Observatory. 
Greenwich  with  the  l'è-inch  refractor  during  the  years  iSgS-igig,  sous  la  direc- 
tion de  Sir  Frank  Watson  Dyson.  London,  Majesty's  stationery  office, -1921  ;  i  vol.  Si'™. 

L'œuvre  scientifique  de  Laplace,  par  H.  Andoyer.  Paris,  Payot,  1922;  i  vol.  15"=". 

Origine  et  formation  des  mondes^  par  l'abbé  Tu.  Moreux.  Paris,  Octave  Doin. 
1922;  I  vol.  23"=™.  (Présenté  par  M.  B.  Baillaud.) 

Précis  de  parasitologie,  par  J.|  Guiart.  Paris,  J.-B.  Baillière  et  fils,  1922; 
I  vol.  i9'^'°,5.  (Présenté  par  M.  Joubin.) 

La  stérilité  féminine, ses  causes,  son  traitement,  par  Jules  Batuaud.  Paris,  Octave 
Douin,  1922;  I  vol.   i8<='",5.  (Présenté  par  M.  Branly.) 

The  ifheat  plant,  par  John  Percival.  Londres,  Duckworth  et  C'*,  192 1  ;  i  vol.  25'"°. 

L'éther  actuel  et  ses  précurseurs,  par  E.-M.  Lémeray.  Paris,  Gauthier-Villars  et  G'*', 
1922;  I  vol.  iS*'™.  (Présenté  par  M.  Lecornu.) 

Les  actualités  de  Chimie  contemporaine,  publiées  sous  la  direction  de  A.  Haller. 
!>■«  série  :  par  R.  Cornubert,  D.  Florentin,  A.  Mailhe,  E.  Bourquelot,  J.  Martinet, 
E.  Noelting,  m.  Sommelet  et  M.  Delépine.  Paris,  Octave  Doin,  1922;  i  vol.  19'=°'. 
(Présenté  par  M.  Haller.) 

Corrections  des  signaux  horaires  déterminés  au  Bureau  international  de  l'heure 
en  1920,  par  G.  Bigourdan.  Paris,  Gauthier-Villars  et  C'^,  1922;  i  fasc.  25''™. 

Rapport  annuel  sur  les  travaux  effectués  par  le  Bureau  international  de  Vheure 
en  1921,  par  G.  Bigourdan.  Paris,  Gauthier-Villars  et  C''^,  1922  ;  i  fasc.  25*=™. 

Ether  ou  relativité,  par  Maurice  Gandillot.  Paris,  Gauthier-Villars  et  C'^,  1922; 
I  vol.  19'='". 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE   DU   LUNDI   20   MARS    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  COMMUAICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

M.  le  Président  soiiliaite  la  bienvenue  à  M.  U.-G.  Aitkex,  astronome  à 
l'Observatoire  de  Lick,  qui  assiste  à  la  séance. 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Nouveoux  caractères  distinctifs  des  trois  propanol- 
i-camphocarbonolidcs  fondant  respectivement  à  i^\°.,  1 1 7**-!  18°  et  89*^-90°. 
Note  de  M.  A.  Haller  et  de  M'"*"  Ramart-Lucas. 

Dans  notre  dernière  Communication  (').  nous  avons  montré  les  condi- 
tions dans  lesquelles  se  forment  ces  olides  qui  nous  paraissent  répondre 

toutes  trois  à  la  formule 

CH^-CK  — GIP 

/  >0 

/G CO 

G»H<  I  . 

\G0 

Rappelons  tout  d'abord  que  deux  d'entre  ces  composés  [F.  i4 1"  et  Sg^'-go*'] 
se  forment  aux  dépens  de  l'allylcamphocarbonate  de  mélhyle  solide  et 
que  l'isomère  à  point  de  fusion  le  plus  bas  ne  se  produit  qu'en  petites 
quantités. 

Soupçonnant  que  sa  formation  pouvait  être  due  à  l'action  ultérieure  de 
l'acide  sulfurique  concentré  sur  l'olide  fondant  à  i4i**,  nous  avons  chauffé 
celte  dernière  olide  (5^)  avec  une  nouvelle  quantité  d'acide  concentré,  pen- 
dant une  heure.  Après  précipitation  de  la  masse  noirâtre  par  de  l'eau,  lavage 

(')  A.  Haller  et  M""  Ramart-Lucas,  Comptes  rendus,  t.  173,  /gai,  p.  ii5. 
C.  R.,  i9«,  1"  Semestre.  (T.  174,  N»  12.)  ^8 


•;86  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

et  cristallisation  fractionnée,  nous  avons,  en  effet,  réussi  à  isoler  os,o5  à 
0^,07  de  l'isomère  fondant  à  Sg'^-go".  Cet  essai  devra  être  répété  sur  de 
plus  grandes  quantités  de  matière. 

Action  de  Valcoolate  de  sodium  sur  les  trois  olidcs  en  solution  dans  V alcool 
absolu.  —  I.  2^,36  de  l'olide  fondant  à  ïZji"  ont  été  dissous  à  froid  dans  une 
quantité  suffisante  d'alcool  absolu  et  additionnés  de  5""'  d'une  solution 
d'alcoolate  de  sodium  à  4,^  pour  100  de  Na.  Le  liquide,  à  peine  louche,  a 
été  ensuite  abandonné  sur  de  l'acide  sulfurique,  sous  une  cloche  à  dessicca- 
tion. Au  bout  de  quelques  jours,  on  a  constaté  la  formation  d'une  masse 
pâteuse  qui  s'est  desséché  peu  à  peu.  Le  tout  a  été  repris  par  l'eau,  agité 
avec  de  l'éther  pour  enlever  les  petites  quantités  d'olide  non  atteinte  par 
l'alcali,  et  la  solution  légèrement  alcaline  fut  enfin  sursaturée  par  de  l'acide 
sulfurique  étendu.  On  a  obtenu  un  précipité  extrêmement  léger  sous  la 
forme  «de  paillettes  blanches  et  brillantes  qui,  lavées  et  séchées,  fondent 
vers  iGo^'-iyo'' en  se  décomposant.  La  formation  de  cet  acide  ainsi  que  sa 
décomposition  sous  l'influence  de  la  chaleur  peuvent  se  traduire  de  la  façon 

suivante  : 

CII-— Ctl  — CH' 

/  y^  /GH-— CHOH.CH^ 

CsHu/V  ^^  _.     cni-(    \COOH 

T.  II.  . 

/Cil  -  CH2  _  GHOtL  CH3 

->     C**H^<  I-  :         +C0-. 

III. 

L'analyse  a  enfin  démontré  que  la  nouvelle  molécule  répond  bien  à  la 
formule  IL  Un  essai  de  décomposition  à  chaud,  réalisé  dans  un  petit  tube 
communiquant  avec  un  autre  contenant  de  l'eau  de  baryte,  a  justifié  le 
dédoublement  de  la  molécule  en  acide  carboniipie  et  en  camphopropanol-2, 
identique  à  celui  qui  se  forme  quand  on  fait  bouillir  une  solution  alcoolique 
de  l'olide  avec  de  la  potasse  (  '  ). 

L'acide  propanol-i-camphocarbonique  est  soluble  dans  l'alcool,  d'où  il 
cristallise  en  petites  tables  dures  et  brillantes.  Peu  soluble  dans  l'éther  et 
l'éther  de  pétrole,  il  se  dissout  dans  les  alcalis  caustiques  et  les  carbonates 
alcalins.  Son  pouvoir  rotatoire  dans  l'alcool  [a]j,  =  h-  33° 5'. 

Pour  le  distinguer  de  son  isomère  décrit  plus  loin,  nous  appellerons  cet 
acide,  acide propanol-i-camphocarbonique  'j.^  cis-trans. 

(' )  Loc.  cit. 


SÉANCE   DU    20    MARS    1922.  787 

il.'  Si  l'on  soumet  la  propanol-2-camphocarbonolide  fondant  à  1 1';"*- 1 18" 
au  même  traitement  alcalin  que  son  isomère,  on  obtient,  par  évaporation 
lente,  un  résidu  solide  qui  se  dissout  intégralement  dans  l'eau.  Mais,  à  la 
différence  de  ce  même  isomère,  quand  on  traite  le  nouveau  propanol-2-cam- 
phocarbonate  de  sodium  formé  par  un  acide,  on  régénère  intégralement 
1  olide  fondant  à  1 17°-!  18"  avec  toutes  ses  propriétés  primitive-  : 


CH--CH  — CH^ 


/CH^-CHOH-CJP 


CH^— GH  — C[{' 

/  >0 

/G- CO 

^GO 

Les  faits  observés  nous  permettent  d'altribiier  à  Tolide  117"  et  à  l'acide 
transitoire  qui  en  dérive  une  configuration  c/i-c/V. 

Nous  avons  m;is  à  profit  cette  lâctonisàtion  spontanée  pour  S(''parer  l'olide 
fondant  à  1 17"-!  18**  de  son  mélange  avec  son  isomère  de  point  de  fusion  i4i". 
Dans  notre  dernière  Communication,  nous  avons  en  effet  appelé  l'attention 
sur  la  difficulté  qu'on  éprouve  à  isoler  la  première  à  Tétat  pur,  étant  donnée 
l'impossibilité  de  préparer  de  1,'allylcamphocarbonate  de  méthyle  exempt  de 
son  isomère  solide .  Le  mélange  d  es  deux  olides  provenant  de  l'action  de  l'acide 
sulfurique  sur  l'éther  liquide  est,  après  purification,  traité  par  la  quantité 
théorique  de  sodium  dans  l'alcool  absolu  et  abandonné  sous  une  cloche  à 
dessiccation.  La  masse  solide  formée  est  reprise  par  l'eau,  filtrée  et  sursa- 
turée par  de  l'acide  sulfurique.  Le  précipité,  recueilli  sur  filtre  lavé  et 
séché,  est  ensuite  épuisé  à  l'éther  qui  dissout  l'olide  fondant  à  117°-!  18**  et 
laisse  l'acide  propanolcamphocarbonigue  a  à  l'état  insoluble.  Nous  devons 
ajouter  que  la  séparation  nest  pas  totale,  soit  que  la  lâctonisàtion  ne  se 
fasse  pas  assez  rapidement,  soit  que  l'acide  a  ne  retienne  obstinément 
l'olide  formée.  Dans  tous  les  cas,  il  convient  de  redissoudre  Facide  dans  le 
carbonate  de  soude,  de  séparer  par  filtration  un  peu  d'olide  1 17"-!  18"  inso- 
luble et  de  le  reprécipiter  une  seconde  fois  par  de  l'acide  sulfurique. 

Dans  tous  ces  traitements,  nous  avons  reniarqué  que  les  eaux,. mères 
acides,  abandonnées  à  elles-mêmes,  laissent  déposer,  au  bout  de  quielque 
temps,  de  fines  aiguilles  également  constituées  par  de  l'olide  fo'ndàht 
à  ii7*'-i  18°,  à  laquelle  se  trouve  mélangées  de  petites  quantités  d'un  aut^e 
corps  de  point  de  fusion  plus  élevé.  '  ^^  ■  • 


^88  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

III.  La  troisième  olide,  fondant  à  Sg^-go",  trouvée  dans  les  liquides  mères 
de  cristallisation  de  l'olide  de  point  de  fusion  141"?  se  comporte  comme 
cette  dernière  quand  on  la  soumet,  dans  les  mêmes  conditions,  à  l'action 
de  l'alcoolate  de  sodium.  La  masse  résiduaire  provenant  de  l'évaporation  à 
froid  de  la  solution  alcoolique,  dissoute  dans  l'eau,  donne  une  liqueur  un 
peu  jaunâtre,  que  l'acide  sulfurique  précipite  en  blanc.  On  recueille  le  pré- 
cipité, on  le  lave  et  on  le  sèche.  Il  constitue  une  poudre  blanche  un  peu 
plus  soluble  dans  l'éther  que  l'acide  propanolcamphocarbonique  a,  dont  il 
est  isomère  ;  il  se  dissout  aussi  dans  l'alcool  et  dans  le  carbonate  de  sodium, 
mais  ses  solutions  alcalines  ne  tardent  pas  à  se  charger  de  petites  paillettes 
brillantes  sur  la  nature  desquelles  nous  ne  pouvons  nous  prononcer,  étant 
donné  le  trop  peu  de  matière  à  notre  disposition.  Pouvoir  rotatoire  dans 
l'alcool [a]„  =  -h  23°, 3.  L'analyse  et  les  autres  propriétés  de  cet  acide  nous 
permettent  de  le  considérer  comme  un  acide  propanolcamphocarbonique  (3 
fusible  entre  i  iS"  et  120°,  en  se  décomposant  en  acide  carbonique  et  en  un 
nouvel  alcool  camphopropanolique.  L'épreuve  de  cette  décomposition  a  été 
faite  comme  celle  de  l'acide  propanolcamphocarbonique  a.  L'alcool  obtenu 
dans  ces  conditions  se  présente  sous  la  forme  de  tables  minces  trapézoïdales, 
très  dures,  solubles  dans  l'alcool,  l'éther,  moins  dans  l'éther  de  pétrole,  et 
qui  fondent  à  loo^-ioi**. 

Son  pouvoir  rotatoire  dans  l'alcool  absolu  [a]D= -t- 61°, 7,  alors  que 
celui,  li({uide,  provenant  de  la  décomposition  par  les  alcalis  des  deux  olides 
fondant  à  i4i°  et  1 17--1 18°  est  de  [a]j,=  +  3i°25'  et  +  3i°G'. 

Gomme  les  deux  propanol-2-camphocarbonolides  isomères,  celle  fondant 
à  Bg'^-go^  se  dissocie  également,  quand  on  la  fait  bouillir  en  une  solution 
alcaline  de  potasse,  en  carbonate  alcalin  et  camphopropanol,  celui-ci  iden- 
tique avec  Talcool  provenant  de  la  décomposition,  sous  l'influence  de  la 
chaleur,  de  l'acide  propanolcamphocarbonique  ^  fusible  vers  ii5°-i20°en 
se  dissociant.  Cet  alcool  fond  en  effet  à  ioo"-ioi°  et  son  pouvoir  rotatoire 

dans  l'alcool  [a]B= -h 62°4'- 

La  phényluréthane  de  cet  alcool  diffère[nettement  de  celle  de  son  isomère. 
Elle  se  présente  en  effet  sous  la  forme  de  cristaux  compacts,  durs  et  brillants 
et  fond  à  120*^- 120°, 5,  tandis  quelaphényluréthane  dérivée  de  l'alcool  cam- 
phopropanolique constitue  des  aiguilles  blanches  et  fines  fondant  à  117°- 
117°,  5,  Le  mélange  des  deux  cristaux  possède  un  point  de  fusion  infé- 
rieur. 

Une  différence  plus  considérable  se  manifeste  dans  le  pouvoir  rotatoire 
de  ces  deux  phényïuréthanes  isomères.  Celle  se  rattachant  à  l'alcool  dérivé 


SÉANCE   DU    20    MARS    I922.  789 

des  deux  olides,  fondant  respectivement  à  i^i''  et  117°-!  18°,  possè<le  le 
pouvoir  rotatoire  moyen  [a]„= +  44°j45,  tandis  que  l'uréthane  obtenue 
avec  l'alcool  isomère,  de  point  de  fusion  ioo°-ioi°,  a  une  rotation  spécifique 

de[a]o+5«47'- 

En  résumé,  des  recherches  que  nous  venons  d'exposer  on  peut  tirer  les 

conclusions  suivantes  : 

1°  Les  deux  propanol-2-camphocarbonolides  fondant  respectivement  à 
i4i'^  et  ii7''-ii8°,  dérivés  des  allylcamphocarbonates  isomères,  possèdent, 
la  première,  la  configuration  d'une  molécule  cis-trans,  et  la  seconde  celle 
d'un  composé  cis-cis. 

2*^  Cette  différence  de  configuration  ressort  du  fait  que  l'olide  du  point 
de  fusion  141"  fournit  un  acide  propanolcamphocarboniqueisolable  comme 
tel,  tandis  que  son  isomère  fondant  à  117°-!  18°  n'est  pas  susceptible  de 
donner  naissance  à  un  acide  alcool  stable,  celui-ci  se  lactonisant  aussitôt  mis 
en  liberté  de  son  sel  de  sodium.  L'attitude  différente  des  deux  olides  nous 
a  fourni  un  moyen  de  les  séparer,  la  première  (F.  i4i°)  à  l'état  d'acide 
propanol-2-camphocarbonique  et  la  seconde  à  l'état  d'olide  primitive 
(F.  ii7°-ii8°). 

3°  La  troisième  olide  (F.  SQ^-go**),  (jui  semble  dériver  de  l'olide 
(F.  i4i**))  soumise  au  même  traitement  que  ses  isomères,  a  fourni  un 
second  acide  propanolcamphocarbonique  (fl)  différant  du  composé  a  et  par 
son  point  de  décomposition  (ii5°-i2o'')  et  par  le  camphopropanol  solide 
(F.  loo^-ioi")  auquel  il  donne  naissance.  La  phényluréthane  de  ce  dernier 
alcool  se  distingue  également  de  celle  de  l'alcool  isomère  et  par  l'habitus 
de  ses  cristaux  et  par  son  pouvoir  rotatoire. 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Lc  théorème  de  Cauchy  sur  l'intégrale  d'une 
fonction  entre  des  limites  imaginaires.  iNote  (')  de  M.  G.  jMittag- 
Lefflek.  ^ 

Les  restrictions  du  théorème  général  que  j'ai  donné  dans  les  Comptes 
rendus  {i.  173,  1921,  p.  io4i),  théorème  d'où  découlent  les  théorèmes  de 
Cauchy  et  de  Laurent,  n'ont  ^^as  été  exprimées  d'une  manière  assez  précise. 
Elles  doivent  être  modifiées  de  la  manière  suivante. 

11  suffit  de  poser 

/(,r)  =  .rF(./);  j- ^  p  e'^ 

et  d'assujettir  y( a;)  à  la  condition  : 

(')  Séance  du  6  mars  1922. 


79» 


ACADEMIE   DES   SCIENCES. 


A',  /{-r)  est  uniforme  et  continue  pour  tout  domaine  appartenant  à  E; 
puis,  eu  posant 

,,  /(p,  g'-.)  — /(o  r'-t)  -    /(p  e">)  -  /(p  e^n  _ 

•        (o.-p)'''"'  pCe-'-e'")         ~'^' 

il  suffit  dé'  supposer  que  p  f'",  p,  e"',  p  t^"'  appartenant  à  E,  il  correspond  à 
tout  nombre  positif  s,  arbitrairement  petit,  des  quantités  positives  g  et  ô, 
telles  que 

tant  que  - 

Ipi— PI<''^'  i  '":— '•1<''^i-  •  ^ 

Le  (héorème  de  Caucliy  découle  de  ces  deux  suppositions. 

On  voit  que  réj^alité  B  peut  être  transformée  dans  Tégalité  suivante  : 

/(pi^'":0— /(pg")  _  /(pp"-.)-/(pe'>)  _  ^^^  (p,-p)e'-^ 
p ,  r"'  —  p  :'"'  p ( r'"'>  —  f.'''' )  p  1  r-""'  —  p  e'" 


ou 


(pi  — p)e" 


tant  que 

Posons  alors 

C.   (r()u'il  coiTespond  à 


Pie"'  — pe"  I        '      ' 
lp,-p|<ô,  h',-f|<o,. 


/(pe-.)-/(?'"0 


p(e''"'— e-'") 
une  quanlité/,'(p{'")  donnée  d'une  manière  univoque  et  telle  que 


p(e'"''—  e"^] 


fUpe'n 


<^  i 


dès  que  h',  —  <^  |  <C  «5, .   » 
On  oblient.  dans  ce  cas, 


/(pie'"')-/(pe''') 


p,  r"''-^  ,ot'' 


■.^:(?''^") 


<5S. 


ou 


1  ).   «  l'>n  mettant 


|pi—  p|<0,  |C,  —  l|<Oi. 

.r  =  pi'""',  A  :=  Pi^"  ' —  p^'"'' 

il    correspond   par   conséquent,  r  appartenant  au  domaine  E,  à  chaque 
nombre  z  un  autre  nombre  positif  /]  tel  que 

/(a+/0-/(.r) 
// 

tant  que  |/.K  "/;.   » 


I 


SÉANCE   DU   20   MARS    1922.  791 

Les  conditions  A,  D  sont  celles  admises,  en  général,  comme  conditions 
de  Cauchy. 

Ma  démonstration,  qui  suppose  les  conditions  A  et  B  au  lieu  de  A  et  D, 
fui  publiée  27  ans  avanl  celle  de  M.  Goursat  qui,  de  son  côte,  au  lieu  de  1), 
présume  seulement 

.    lin,    f^--^"l-f^-^^  =/■(,,, 

1  //  1  =  0  " 

pour  chaque  point  a?  de  E.   » 

La  condition  E  de  M.  Goursat  n'implique  pas  ma  condition  B,  mais 
celle-là,  d^un  autre  côté,  n'embrasse  pas  la  condition  E. 


CHIMIE  VÉGÉTALE.  —  A  propos  des  cfjlorescenccs  duV\\ioàym.e\\rA  palmata; 
présence  d'un  œylane  chez  les  Algues  jloridées.  Note  de  MM.  C.  Sauvageau 
et  G.  Dexigès. 

De  toutes  les  Algues  fforidces  qui  entraient  jadis  dans  l'alimentation  des 
habitants  des  contrées  septentrionales,  le  Rhodymenia  palmata  fut  l'espèce 
la  plus  appréciée.  Ses  propriétés  digestives  ne  peuvent  être  comparées  à 
celles  du  Garragaheen,  ou  des  autres  Floridées  qui  fournissent  une  phyco- 
colle,  puisqu'une  donne  pas  de  matière  gelable  après  ébullition  dans  l'eau; 
elles  ne  peuvent  être  les  mêmes  que  celles  du  Dilsea  edulis,  souvent  employé 
aussi,  sinon  confondu  avec  lui,  dont  les  cellules  sont  bourrées  d'amidon,  car 
on  n'y  voit  pas  d'éléments  figurés  de  réserve. 

Slenliouse,  reprenant  en  1844  le^  observations  de  daullier  de  Claubry  (^),  trouva 
de  la  mannile  chez  les  sept  Fucacées  et  Laminariacées  examinées;  l'anique  Floridée 
étudiée,  \e  R. palmata  récolté  sur  les  côtes  britanniques,  en  renfermait  aussi,  eh  pro- 
portion intermédiaire  entre  celle  de  VAlaria  esculenla  et  celle  du  Fucus  vesicu- 
losus.  Cependant  Kjlin,  qui  a  vu  de  la  niannite  chez  presque  toutes  les  Algues? 
brunes  où  il  l'a  cherchée,  n'a  pu  la  mettre  en  évidence  chez  aucune  Floridée;  par 
contre,  quatre  Floridées,  récoltées  en  juillet  sur  les  côtes  suédoises,  renfermaient, 
selon  lui,  dii  tréhalose  en  proportion  variant  de  14,8  pour  100  du  poids  sec,  chez  le 
/?.  palmata^  à  î  pour  100  chez  \e.  Furcellaria  fastigiala.  Ce  sucre  n'avait  jusqu'alors 
été  signalé  chez  aucune  Algue.  Toutefois  l'auteur  n'a  pas,  à  proprement  parler,  isolé 
ce  tréhalose;  il  en  a  déduit  la  nature  par  le  pouvoir  rotatoire  de  la  solution  en  expé- 
rience, par  la  dffficulté  de  Thydrolyser,  et  par  la  non-formation  d'une  osazone  avant 
hydrolyse;  il   en   a   fait  le  dosage   par   Ja   mesure  du  pouvoir  rotatoire  avant  et  après 

(')  Bibliographie   //*  C.   Sauvageau,  lJUlisaJ,ion  des  Algues  marines,  V^s\cyc\o\>^à\^ 
scientifique  de  Doin,  Paris,  1920. 


'jgi  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

hydrolyse,  et  en  admettant  que  la  solulion  ne  renfermait  aucune  autre  sorte  de  sucre. 
Cette  méthode  indirecte  n'est  pas  à  Tabri  de  toute  critique. 

Ayant  employé  des  matériaux  frais,  Kylin  ne  nous  renseigne  pas  sur  la  nature  des 
efflorescences  du  R.  palniata  auxquelles  les  Islandais  trouvent  un  goût  douceâtre.  Et. 
si  la  détermination  de  Kylin  était  exacte,  cette  saveur  pourrait  être  due  au  tréhalose, 
à  moins  toutefois  (|ue  celui-ci  ne  se  transforme  en  mannite,  pendant  la  dessiccation, 
comme  Bourquelot  Ta  constaté  chez  divers  Champignons. 

Le  R.palmata  que  nous  avons  étudié  provenait  de  RoscofT;  nous  en  avons 
récolté  pendant  deux  étés,  et  la  Station  biologique  nous  en  a  expédié  à 
diverses  saisons.  Séché  au  soleil  ou  à  Tombre,  il  nous  a  fourni  de  très  abon- 
dantes effloi^escences  de  chlorure  de  potassium,  mais  jatnais  de  mannite  ni 
de  tréhalose;  la  sortie  du  KCl  commence  promptement,  parfois  dès  le  len- 
demain, et  elle  peut  se  continuer  durant  plusieurs  mois;  la  plante  ainsi 
séchée  reste  souple.  Puis,  croyant  imiter  le  procédé  employé  par  les  Islandais 
dans  la  préparation  du  «  sol  »,  nous  avons  laissé  dans  l'eau  douce  durant 
im,  deux  et  trois  jours,  en  juillet  et  en  aoiit,  du  R.  p  aima  la  fraîchement 
récolté;  la  plante  ainsi  lavée  a  perdu  tout  son  KCl;  elle  sèche  rapidement, 
devient  raide,  de  consistance  parcheminée,  mais  ne  produit  plus  aucune 
cfflorescence.  Depuis,  nous  avons  appris,  par  l'algologue  Helgi  Jonsson  de 
Reykjavik,  que  la  préparation  du  «  sol  »,  loin  de  comporter  un  lavage, 
demande  même  la  préservation  de  la  rosée  si  une  journée  ne  suffit  pas  à  sa 
dessiccation.  Le  sol  est  une  marchandise  devenue  rare,  car  les  Islandais  en 
ont  perdu  l'usage;  M.  J(')nsson  a  néanmoins  pu  nous  en  envoyer  un  paquet 
obtenu  d'un  commerçant  d'Eyrarbaki;  la  plante  était  garnie  de  cristaux 
de  KCl  (moins  abondants  toutefois  que  sur  nos  exemplaires  de  RoscoiV)  et 
d'une  moindre  quantité  de  cristaux  de  mannite  plus  petits  et  plus  adhérents. 
Le  goût  particulier  de  la  «  hneita  »  est  donc  dû  au  mélange  de  mannite  et 
de  KCl.  La  présence  de  mannite,  indiquée  par  Stenhouse,  dépend  vraisem- 
blablement des  localités  où  eut  lieu  la  récolte;  nous  avons  déjà  constaté  un 
phénomène  comparable  à  propos  des  efflorescences  des  Cystoseira  ('  ). 

Cependant,  des  /?.  palmaf a  jeunes,  adultes  ou  âgés,  que  nous  avions  fait 

(')  C.  Salvageau  et  G.  Denigès,  Sur  les  efflorescences  des  Algues' marines  du 
genre  Cystoseira  [Comptes  rendus,  t.  173,  iQ'îi,  p.  it'^g)-  Le  Rhodymenia  renferme 
une  quantité  considérable  de  KCl;  ainsi,  la  plante  récollée  à  la  fin  de  novembre,  après 
avoir  fourni  des  efflorescences  de  KCl  représentant  6  pour  loo  de  son  poids  sec  (à  io5°), 
en  renfermait  encore  :î5  pour  loo,  soit  en  tout  3i  pour  lOo.  proportion  égale  à  celle 
que  nous  avons  citée  chez  le  Cyst.  concalenata  :  des  exemplaires  récollés  à  Roscoff 
en  mai,  et  ceux  d'Eyrarbaki,  dont  les  efflorescences  n'ont  pas  été  pesées,  en  renfer- 
maient, les  premiers  ^5  pour  loo,  et  les  seconds  g  pour  mo  environ. 


SÉANCE    DU    20    MARS    I922.  798 

sécher  à  Roscoff,  ou  bien  que  nous  avions  reçus  en  vrac  en  bon  état  de  fraî- 
cheur, traités  selon  la  méthode  de  Bourquelot,  ne  nous  ont  donné  ni 
mannite  ni  tréhalose  (').  Nous  avons  alors  cherché  ces  principes,  sans  phis 
de  succès,  dans  un  envoi  de  R.  pnlmald  fructifié,  récolté  en  novembre  et  qui, 
selon  nos  indications,  avait  été  mis  aussitôt  dans  l'alcool  à  94";  aucune 
cellule  végétative  ne  présentait  d'amidon,  tandis  que  l'iode  colorait  les 
tétraspôres  en  brun  acajou  d'autant  plus  foncé  qu'elles  étaient  plus  près  de 
leur  maturité. 

Or,  un  peu  avant  les  Mémoires  de  Kylin,  M'"**  Swartz,  étudiant  la  diges- 
tibilité  de  diverses  Algues,  expérimenta  sur  du  R.  palmata  acheté  aux 
Etats-Unis  et  en  retira  un  pentosane,  soluble  dans  l'eau  chaude,  qui  dis- 
paraît en  presque  totalité  dans  le  tu])e  digestif  de  l'homme.  Nous  nous 
sommes  servi  de  la  conserve  alcooUque  ci-dessus  pour  rechercher  ce  pen- 
tosane en  suivant  point  par  point  le  laborieux  mode  opératoire  méticuleu- 
sement  exposé  par  M™^  Swartz;  or  le  pentosane  obtenu  par  nous  et  l'osazone 
de  son  produit  d'hydrolyse  (point  de  fusion  vers  132°)  ont  tous  les  carac- 
tères qu'elle  a  mentionnés. 


(')  Em.  BoLRyuELOT,  Les  liydraLes  de  ciubone  cliez  les  Champignons  (Bull.  Soc. 
niycol.,  t.  o,  Paris,  1889,  et  Volumes  suivants).  Nous  avons  fait  des  essais  comparatifs 
avec  du  tréhalose  pur,  préparé  par  Bourquelot  et  dû  à  l'obligeance  de  M.  Bougault; 
Tun  de  nous,  qui  s'occupait  plus  particulièrement  du  côté  chimique  de  cetie  Noie,  a 
trouvé  un  procédé  grâce  auquel  la  caractérisation  microscopique  du  tréhalose  devient 
aussi  facile  que  celle  de  la  mannite.  L'artifice  de  Bourquelot.  surtout  employé  pour 
permettre  ultérieurement  la  cristallisation  d'une  masse  importante  de  solution  sucrée, 
et  consistant  à  déposer  une  goutte  de  cette  solution  concentrée  sur  une  lame  de  verre 
préalablement  frottée  avec  un  cristal  de  tréhalose  pur,  se  prête  mal  à  une  caractérisa- 
tion microchimique  nette  de  ce  sucre,  les  cristaux  obtenus  sur  la  lame  étant  confus  et 
enchevêtrés.  L'emploi  de  l'acétone  avec  la  technique  suivante  résout  la  difficulté. 

Une  gouttelette  de  la  solution  à  essayer  est  évaporée  à  une  très  douce  chaleur  sur 
lame  de  verre,  en  s'arrètant  avant  dessiccation  complète  que  la  chaleur  propre  de  !a 
lame  suffit  à  parfaire.  11  reste  un  résidu  amorphe  ayant,  même  avec  le  tréhalose  pur, 
Taspect  d'un  vernis,  que  l'on  raye  dans  tous  les  sens  avec  la  pointe  effilée  d'un  agita- 
teur portant  une  trace  de  tréhalose  cristallisé;  s'il  renferme  de  ce  sucre,  il  s'opacifie 
en  passant  de  l'état  vitreux  à  l'état  cristallin,  mais  des  cristaux  nets  ne  sont  pas  encore 
apparents.  Pour  les  mettre  en  évidence,  on  dépose,  sur  le  résidu  opacifié,  une  goutte 
d'acétone  qu'on  laisse  évaporer  et  l'on  répète  cette  opération  au  moins  trois  ou 
quatre  fois.  Finalement,  la  préparation  présente  de  nombreux  et  volumineux  hexaèdres 
et  octaèdres,  d'autant  plus  apparents  que  la  masse  à  identifier  est  plus  minime.  Celte 
réaction,  des  plus  sensibles,  nous  eût  permis  de  démasquer  le  tréhalose  si  le  /?.  palmata 
de  Roscofi'  en  avait  renfermé. 


794  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Rappelons  que  sa  technique  consiste,  essentiellement,  à  soumettre  l'algue 
à  l'action  de  l'eau  bouillante  pendant  une  douzaine  d'heures,  à  concentrer 
jusqu'à  consistance  sirupeuse  le  produit  de  décoction  et  à  verser  le  sirop 
obtenu  dans  trois  fois  son  volume  d'acétone.  (Jn  purifie  le  précipité  formé 
par  l'alcool  bouillant,  puis  par  l'éther,  et  on  le  dessèche  dans  le  vide.  L'opé- 
ration totale  répétée  sur  le  produit  sec  fournit,  finalement,  une  jtoudre 
d'un  blanc  crème,  offrant  la  réaction  des  pentosanes  de  Salkowski  (préci- 
pité blanc  floconneux  par  la  liqueur  de  Fehling  )  et  donnant,  par  distilla- 
tion en  milieu  chlorhydrique,  du  furfurol  mélangé  de  5  à  6  pour  loo  de 
méthylfurfurol  (jui  indique  le  mélange  d'une  petite  ({uantité  de  méthyl- 
pentosane. 

jyjme  Swartz  n'a  point  déterminé  la  nature  du  sucre  réducteur  pentosique 
qu'elle  a  obtenu  par  l'hydrolyse  de  son  penlosane;  allant  plus  loin  qu'elle 
dans  cette  voie,  nous  l'avons  identifié  avec  le  xylose  par  les  caractères  de 
son  osazone  et  surtout  par  la  formation  de  xylonobromure  de  cadmium. 
L'aspect  microscopique  des  cristaux  obtenus,  aiguilles  groupées  en  masses 
sphéroïdes  radiées  et  surtout  lamelles  losangiques  très  allongées  bien  carac- 
téristiques,, et  leur  formule  chimique  (C^H^O''  —  Cd  —  Br)  h-  H-  O, 
cadrent,  en  effet,  avec  ceux  du  sel  dont  G.  Bertrand  a  si  ingénieusement 
appliqué  la  formation  à  l'identification  du  xylose.  Le  pentosane  du 
R.  palmala  est  donc  un  xylane;  jusqu'à  présent,  ce  corps  n'avait  jamais  été 
signalé  chez  aucune  Algue;  on  le  rencontrera  sans  doute  chez  d'autres 
Fioridées. 

Nous  n'avons  pas  encore  identifié  le  méthylpenlosane  mélangé  au  xylane, 
mais  il  n'est  point  téméraire  de  penser  que  le  méthylpentose  qui  en  dérive 
par  hydrolyse  puisse  être  l'origine  de  la  mannite  trouvée,  dans  certaines 
circonstances,  et  dont  il  ne  diffère  que  parles  éléments  d'une  molécule  d'eau, 
dont  la  fixation,  si  elle  n'a  pu  être  réalisée  in  vi/ro,  n'est  peut-être  point  au- 
dessus  des  ressources  de  l'activité  cellulaire.  Du  reste,  l'absence  de  groupe- 
ments hexosiques,  en  quantité  appréciable,  dans  la  r('serve  hydrocarbonée 
du  /?.  palmata  ne  permet  guère  d'autre  interprétation. 


M.  Emile  Borel  offre  à  l'Académie  un  Livre  qu'il  vient  de  faire  paraître, 
intitulé  :  l'Espace  et  le  Temps.  Ce  Livre  est  une  introduction  élémentaire 
aux  Ouvrages  didactiques  sur  la  théorie  de  la  relativité;  il  est  inspiré  par 
l'idée  que  la  meilleure  manière  de  faire  avancer  la  Science  n'est  pas  d'adopter 
vis-à-vis  des  théories  d'Einstein  une  attitude  négative.   Quelque  part  de 


SÉANCE    DU    20    MARS    1922.  '         ygS 

vérité  que  puissent  renfermer  certaines  objections  théoriques,  un  fait  prime 
en  effet  toutes  les  contestations  :  Einstein,  non  seulement  est  allé  plus  loin 
que  la  physique  du  xix^  siècle  dans  la  coordination  des  phénomènes  connus, 
mais  il  y  a  ajouté  la  prévision  de  phénomènes  nouveaux,  prévision  jusqu'ici 
sanctionnée  par  l'expérience.  Même  si,  en  utilisant  ses  travaux,  on  arrivait, 
par  quelque  artifice  analytique,  à  coordonner  les  résultats  anciens  et  nou- 
\eaux  en  prenant  comme  point  de  départ  les  méthodes  de  la  physique  du 
xiK^  siècle,  cela  ne  suffirait  pas  àppouver  la  supériorité  de  ces  méthodes 
anciennes  sur  les  méthodes  nouvelles,  puisque  ce  serait  seulement  après 
coup  qu'on  aurait  réussi  là  où  les  plus  éminents  savants  du  xix^  siècle  avaient 
échoué.  C'est  seulement  le  jour  où,  en  partant  de  principes  différents,  on 
arrivera  à  prévoir  de  nouveaux  phénomènes  tout  en  coordonnant  aussi  bien 
les  phénomènes  connus,  que  ces  nouveaux  principes  devront  s'adjoindre  à 
ceux  d'Einstein  ou  les  remplacer  s'ils  ne  peuvent  s'y  adjoindre  sans  con- 
tradiction. 

L'auteur  serait  heureux  si  ce  petit  Livre  pouvait  contribuer  à  faire 
disparaître  quelques-uns  des  préjugés  qui  subsistent  encore  contre  les 
nouvelles  théories.  La  discussion  des  points  encore  obscurs  et  le  développe- 
ment de  la  théorie  dans  des  directions  diverses  constituent  en  effet  une 
tâche  assez  grande  pour  qu'il  soit  désirable  de  ne  pas  accroître  encore  cette 
tâch«  en  imposant  aux  relativistes  la  réfutation  continuelle  d'objections 
futiles. 


M.  G.  BiGouRDAx  fait  hommage  à  l'Académie  d'un  Ouvrage  qu'il  vient 
de  pubher  sous  le  titre  :  Gnomonique  ou  Traité  théorique  et  pratique  de  la 
construction  des  cadrana  solaires^  suivi  de  Tables  auxiliaires  relatives  aux 
cadrans  et  aux  calendriers. 


NOMIiVATIOIVS. 

MM.  FouRNiER  et  Favé  sont  désignés  pour  représenter  l'Académie.à  Ja 
réunion  d'été  que  V Institution  of  naval  cnxhitects  tiendra  à  Paris  les  4,  5  et 
G  juillet  i(>'2  2. 


796  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


PRESENTATIONS. 


Pour  Ja  première  ligne  de  la  liste  de  candidats  à  présenter  pour  la  chaire 
à' Histoire  naturelle  des  corps  organisés^  vacante  au  Collège  de  France, 
M.  André  Mayer  obtient  45  suffrages,  contre  l\  à  M.  Maurice  Doyen. 

Pour  la  seconde  ligne,  M.  Maurice  Doyon  réunit  l'unanimité  de  44  suf- 
frages. 

En  conséquence,  la  liste  présentée  à  M.  le  Ministre  de  Flnstruction 
publique  comprendra  : 

En  première  ligne M.  André  Mayer 

En  seconde  ligne M.  Maurice  Doyon 


CORRESPOIVDAIVCE. 


M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1°  Le  principe  de  relativité  et  la  théorie  de  la  gravitation.  Leçons  professées 
à  r Ecole  Polytechnique  et  au  Muséum  d'Histoire  naturelle^  par  M.  Jean 
Becquerel.  (Présenté  par  M.  Emile  Borel.) 

2"  Jacques  Pellegrin.  Les  Poissons  des  eaux  douces  de  r  Afrique  du  Nord 
Jrançaise^  Maroc,  Algérie,  Tunisie,  Sahara.  (Présenté  par  M.  E.-L.  Bouvier.) 

S*'  ^ova  Caledonia.  Recherches  scientifiques  en  Nouvelle-Calédonie  et  aux 
îles  Loyalty  :  Botanique,  rédigé  par  Hans  Schinz  et  A.  Guillaumin.  Vol.  I, 
Livre  III.  (Présenté  par  M.  le  Prince  Bonaparte.) 

4**  Les  régions  polaires  pendant  la  guerre,  par  Charles  Rabot,  précédées 
des  Rapports  sur  les  récentes  expéditions  norvégiennes  au  Spitzbrrg  (191g- 
1921),  par  Adolf  Hoel.  (Présenté  par  M.  Ch.  Lallemand.) 

5**  Société  de  Chimie  physique.  Recueil  des  Procès-  Verbaux  des  Communica- 
tions scientifiques  /ailes  devant  la  Société  depuis  le  8  décembre  igo^jusqu^au 
24  juin  I9i4'  Publié  à  la  mémoire  des  membres  de  la  Société  morts  pen- 
dant la  guerre  1914-191-8.  (Présenté  par  M.  G.  Urbain.) 


SÉANCE   DU   20   MARS    I922.  797 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  la  détermination  des  équations  différentielles 
du  second  ordre  intégrables par  quadratures.  Note  de  M.  Jules  Drach. 

11  s'agit  ici  des  équations  de  la  forme 

(.)  y'=R(y),     »"  /  =  ^'  /'=£^'' 

et  où  R  désigne  une  fraction  rationnelle  de  y'  dont  les  deux  termes  sont  de 
degré  donné  en  y',  leurs  coefficients  étant  des  fonctions  quelconques 
de  X  et  y.  Les  cas  de  réduction  les  plus  importants  sont  ceux  où  l'équa- 
tion (i)  possède  une  intégrale  première  algébrique  (par  suite  rationnelle) 
en  x',  soit  9  =  R,(r'),  et  où  l'équation  dy  —  y'  dx  =  o  correspondante  est 
aussi  susceptible  de  réduction.  Cela  exige  (jue,  pour  l'équation 

^  '  dj;  oy 

l'un  des  éléments 

ou  i  =  ]'\>,  y\,  soit  rationnel  en  y'.  Il  faut  y  joindre  le  cas  où  l'on  peut 
ajouter  une  relation  -^  — p^==o,  où  p  est  rationnel  (ou  algébrique 
à  deux  valeurs)  en  y';  .j;  étant  donné  par  un  système  complet  aux 
variables  x,  y,  cp. 

Lorsque  'J>,  K  ou  J  sont  rationnels  en  y',  (i)  peut  s'intégrer  par  des 
quadratures.  J'ai  réussi  à  former  explicitement  les  types  des  équations  (t) 
qui  présentent  ces  réductions. 

L  La  méthode  sera  précisée  dans  l'hypothèse  où  9,  intégrale  première 
de  (i),  est  entière  en  y  : 


'.•;-.l 


(2)  (^^a^y^-^-a^y 

et  de  degré  minimum,  de  sorte  que  j^  et  ^  "•"  T?/  ^^^^  ^^"^  diviseur 
commun  en  j'. 

Si  l'on  suppose  que  ->[/  est  aussi  un  polynôme  entier  en  y',  de  degré 

m=  {n  -hp)  : 

t\>  —  boy""  +  b, y'"--'  +  .  . .  +  b„„ 

on  aura  à  satisfaire  à  l'identité  en  y'  : 


yç)8  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

C'est  le  système  (I)  d'équations  aux  dérivées  partielles  pour  les  a  et  les  b 
que  l'on  va  intégrer  :  Un  changement  de  la  fonction  j,  donné  par  une  qua- 
drature partielle,  et  un  autre  :  a?,  =:/(^),  de  la  variable,  permettent  de 

poser 

«g— I,  ba=  X         (ou  />„==  i) 

et  donnent  la  condition  immédiate 

/nvoi — n(y -h  bi)  =z\(x). 


Et)  observant  ([ue 


où  A  est  un  polynôme  de  degré  p,  on  aura  (n  —  i)  conditions  algébriques 
entières  entre  les  a  et  les  />,  exprimant  cette  divisibilité. 
Une  intégrale  est  définie  par 

A(À)=.o,  '|(}i)  =  C  m:  const.  ; 

elle  exprime  que  l'équation  '\>{y')  =  C  possède  une  intégrale  singulière. 
Les  intégrales  qui  manquent  résultent  de  l'expression 

•^  ày  dy 

Si  Ui  désigne  l'une  des  (m  —  i  )  racines  de  K(j')  =  o,  on  a 

d;(a/)  =  F,(cp,),         A(/^)=: f— ^^         avec  q(«/)  =  9/, 

où  les  F/  sont  des  fonctions  arbitraires.  Ces  o-,  sont  ici  les  variables  caracté- 
ristiques ci' Ampère  du  système  (-). 

Il  n'y  a  pas  de  difficulté  à  traiter  le  cas  où  Iv  a  des  racines  multiples. 

II.  Précisons  également  la  méthode  lorsqu'il  existe  pour  dy  —  -/  d.r==  o 
où 

(2)  cp=j'"  +  a,j'«-'  +  ....4-r^,— (v'-/J.,  )...(/' -,aj, 

une  intégrale  ]/  avec  un  multiplicateur  K  de  la  forme 

OÙ  les  [3  sont  rationnels,  positifs  ou  négatifs  (ou  même  quelconques,  ce  qui 
correspond  à  J  ratioimel  en  j').  Les  racines  de  -y-^,  =  o  sont  des  pôles  pour 


do' 
La  résolvante  en  K  s'écrit  : 


l'intégrale   , 


SÉANCE   DU    20    MARS    1922.         .  799 


<)o 


et  les  racines  de  ~  =  o  ne  peuvent  rendre  K  nul  ou  infini.  Pour  intéerer 

le  système  (H)  correspondant  on  observera  qu'on  peut  prendre  K„  =  i  et 
ensuite  :   1°  que  o(b-)  ==  ([};=:  const.  est  l'intégrale  de  j'— A/=o;  2°  que 

pour  une  racine  to,  de  ^,  =  o,  ©(w,)  =  0,=  const.  est  l'intégrale  de 


dx  m  o. 

Enfin,  on  a  entre  les  u.,-  et  les  b  la  relation 

■  Ceci  conduit  à  ijitroduire  explicitement,  comme  variables  indépendantes 
les  caractéristiques  d' Ampère  qui  sont  ici  o,  et  <I>/.  En  posant  ia,  =  <I>,  on 
exprime  les  a  et  les  co  algébriquement  en  o,,  <I>;  les  b^  au  moyen  de  o,,  <l>i 
puisque  $  est  algébrique  en  o;,  $/.  Si  l'on  écrit  alors 

/M,  /^AI>,  A,  d(Di  \ 

d'lj  =  K(dY-y'dœ)  =  il[-^ — r^4-...4-     ,'     ■'    +...  K 

où 

o  =  K(/  -  /.,)  ...(/-  b.,)  (/-  o„  )  .  .  .  (/_  r^„_,), 

on  exprimera  que  d'\/  est  une  différentielle  exacte  en  o,,  <P,.  pour  v'  donné 
par  (2  )  :  cela  exige 

OÙ  6  est  la  solution  générale  d'un  système  d'équations  de  Laplace  (T  ),  solu- 
tion qu'on  obtient  par  des  quadratures  en  partant  de  la  solution,  qui  dépend 
du  paramètre  o  : 

U  ne  reste  qu'à  établir  entre  les  variables  9,,  tl>yt,  a'  et  y  autant  de  rela- 
tions ([ue  d'éléments.  Ces  relations  sont  les  intégrales  des  combinaisons 
intégrables,  que  l'on  obtient  aisément,  du  système  aux  différentielles  totales 
obtenu  en  identifiant  les  deux  formes  de  d'\^. 

La  méthode  indiquée  est  l'extension  naturelle  de  celle  qui  m'a  servi  déjà 
à  former  les  intégrales  premières  rationnelles  des  équationsj"  =  F(j-,  r) 
et  de  l'équation  différentielle  des  lignes  géodési([ues.  Elle  sera  développée 
ailleurs,  avec  ses  conséquences  relatives  aux  transformations  de  contact 
en  ce,  y,  y' . 


8oo  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  la  iransformalion  des  substitutions  ration- 
nelles en  substitutions  linéaires.  Note  de  M.  Gaston  Julia. 

1.  Z,  =  R(Z)  étant  une  substitution  rationnelle  donnée,  on  cherche  une 
fonctiony(:;)  satisfaisant  ày'[S(-)J  =  H[/(z)],  S(r)  étant  une  substitu- 
tion linéaire.  Si  l'on  ne  s'astreint  pas  à  la  considération  des  points  doubles 
de  [Z|  R(Z)]  [laquelle  donne  naissance  à  des  fonctions  connues],  il  y  a  une 
infinité  de  manières  de  résoudre  le  problème,  comme  M.  Picard  l'a  indiqué 
dans  plusieurs  Mémoires.  Voici  une  nouvelle  méthode  pour  traiter  la  ques- 
tion. On  part  d'une  petite  courbe  C  du  plan  Z  (premier  feuillet)  limitant  une 
aire  (C)  ne  contenant  aucune  racine  de  R'(Z)  =  o,  pour  simplifier.  Lorsque 
Z  la  décrit  dans  le  sens  positif  Z,  =  R(Z)  décrira  dans  le  sens  positif  une 
petite  courbe  C,,  limitant  une  aire  (C,).  On  suppose  C  et  C,  extérieures, 
ce  qui  aura  toujours  lieu  si  C  est  assez  petite  (')  et  n'entoure  pas  un  point 
double  de  [Z|R(Z)];  de  plus  l'aire  C,  est  supposée  portée  par  un  deuxième 
feuillet,  relié  au  premier  par  une  ligne  de  croisement  intérieure  à  G,.  La 
partie  du  premier  feuillet  extérieure  à  C,  avec  celle  du  deuxième  intérieure 
à  C,,  forme  une  surface  de  Riemann  i^o  à  deux  contours  G  et  C,  dont  la 
connexion  est  celle  de  l'aire  latérale  d'un  cylindre  de  révolution.  [On  aurait 
pu  aussi  bien  {^)  supposer  G,  sur  un  /i'*-""  feuillet,  les  2'^"%  3""'%  ...,  (^  — i)''"'* 
feuillets  étant  des  plans  entiers,  chacun  d'eux  relié  au  précédent  par  une 
ligne  de  croisement,  le  (/z  —  ly*"»  relié  à  l'aire  (G,)  du  /z'*""  par  une  ligne  de 
croisement  intérieure  à  C,.]  Lorsque  Z  décrit  So?  Z»  =  R(Z)  décrit  une 
aire  '^^,  de  même  connexion  que  I^,,  qui  s'ajuste  à  lo  le  long  de  G,, 
Z2  =  R(Z,  )  décrit  Z2  qui  s'ajuste  à  I,  par  une  courlje  G2,  etc.  A  la  limite, 
la  surface  il  =  Zo  H-  2,  4-  -^  +  •••  aura  la  connexion  d'un  cylindre  de  révo- 
lution illimité  dans  un  sens.  Elle  sera  représental)le  conformément  sur  un 
anneau  circulaire  (y,  y')  par  une  fonction  '(  =  9(Z),  qui  à  G  fera  corres- 
pondre un  cercle  y,  et  aux  courbes  G,,  G.,  ...  qui  morcellent  -  fera  corres- 
pondre des  courbes  y,,  y., ...  parcourant  l'anneau  (y y')  et  tendant  unifor- 
mément vers  le  cercle  intérieur  y' pour  n  =  oc.  Les  aires  S^,  S,,  i^o, ...  ayant 
le  même  module  de  représentation  conforme^  le  cercle  y'  devra  se  réduire  à 
un  point  O  centre  de  y. 

(')  La  supposition  que  G  est  assez  petite  n'intervient  que  pour  simplifier  l'expo- 
sition. 

(-)  La  supposition  essentielle  est  que  io>  limitée  par  G  et  Cj,  ait  la  connexion  d'un 
cylindre  fini. 


SÉANCE    DU    -20    MARS    1922,  80I 

Deux  points  Z  et  Z,  qui  se  correspondent  sur  ï  par  Z,  =  lv(Z  )  sont  trans- 
formés en  deux  points  Z  —  o(Z)  et  "C,  —  9(^-1)  intérieurs  au  cercle  7  et  7^  o 
qui  se  correspondent  analytiquement.  La  correspondance  analytique 
Z^  =  '^'C^)  doit  conserver  l'origine  "C  =  oet  par  suite  elle  s'étend  à  Voriginc  : 
•|((C),  holomorphedansy,  nul  pour  ^  =  0,  transforme  l'aire  (y)  en  l'aire  (y,) 
complètement  intérieure  à  (y)  et  la  correspondance  est  biunivoque;  donc 
|f(o)  =  cr|<i. 

Mais  on  sait  qu'il  existe  une  fonction  s  =  0(«Ç),  liolomorphe  dans  (y), 
|0(o)  =  o,  O'(o)  =  i],  telle  que  G  ['|(  r  j]  =  crO(  (I)  et  comme  r  =  '];_,  CC,) 
[fonction  inverse  de  '\>CC)\  est  holomorphe  dans  (y,),  "C  =  '^-<(-)  sera  une 
fonction  holomorphe  de  z  dans  l'aire  simple  (3)  que  décrira  z  quand 
C  décrira  (  y  ). 

En  définitive,  à  Z  etZ,  de  i  correspondront  :;  et  j,  de  {Z  )  liés  par  la 
relation  z^  =  'JZ.  La  fonction  z  =  H[^{Z)\.  uniforme  sur  I,  représente 
d'une  manière  conforme  ii  sur(  z  )de  façon  que  z^  =  0[o(  Z,  )]  =  az.  Inver- 
sement,* Z  zz^  f(z)  sera  uniforme  et  méromorphc  dans  z  et  telle  ([ue 

f{^z)^K{f{z)-\        et        l^|<i; 

seulement  :;  =  o  sera  point  singulier  essentiel  de  f  (z  ) .  En  posant  z  =  e",  la 
fonction  /(e~")  =  F(w)  admet  la  période  i-i^  est  méromorphe  dans  un 
certain  demi-plan  cil(M)^a  et  l'on  a 

avec  w  =  —  loger.  Cette  fonction  est  une  de  celles  qui  ont  été  signalées  par 
M.  Picard.  Elle  dépend  de  la  formation  de  ï„  qui  renferme  une  large  part 
d'arbitraire. 

Si  C  était  un  petit  cercle  entourant  un  point  double  répulsif  et  C,  sur  le 
même  feuillet  que  G  de  façon  que  -0  •^'^^^  simplement  Vanneau  (C^  C,  ),  on 
retrouverait  pourri  z)  les  fonctions  de  Poincaré. 

2.  On  a  ainsi  résolu  le  problème  suivant  :  Représenter  conformément  Iq, 
limitée  par  deux  contours  CetC^,  qui  se  correspondent  d'une  façon  biuni- 
voque et  analytique  par  Z,  =  R(  Z),  sur  une  aire  plane  annulaire  limitée  par 
deux  contours  ô  et  c,  qui  se  correspondent  linéairement  par  z  ^=^  '7z  :  On  a 
linéarisé  la  substitution  entre  les  contours. 

La  résolution  du  problème  particulier  de  l'aire  à  deux  contours  sert  à 
traiter  le  problème  plus  général  suivant  : 

Étant  donnée  une  aire  limitée  par  2/>  contours  qui  se  correspondent  deux 
à  deux  d'une  façon  biunivoque  et  analytique,  la  représenter  conformément 

c.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  12.)  ^9 


8o2  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

sur  une  aire  plane  à  ip  contours  de  façon  que  les/?  suljstilutions  analy- 
tiques entre  les  contours  deviennent  linéaires.  (  Voir  les  travaux  de 
M.  Koebe.  ) 

.  11  est  en  particulier  possible  de  linéariser  simiiUanémenl  p  substitutions 
rationnelles  quelconques.  Décrivons,  sur  un  premier  feuiltet,  p  petits  contours 
deux  à  deux  extérieurs  C,,  C,,  ...,  C^;  leurs  p  transformés  C, ,  C,  ...,  G],, 
respectivement  par  [Z|R,(Z)],  [Z|  R^^Z)],  ...,  [Z  |  Il/,(Z)]  seront  supposés 
tracés  sur  un  2%  un  3®,  ...,  un  (p  h-  ly^^^^  feuillet;  les  aires  (  (1,  ),  ...,  (C^,), 
(C'j),  .,.,  (C^j  étant  supposées  deux  à  deux  extérieures,  on  reliera 
(C,  ),  ...,  (  C^J  au  premier  feuillet  chacune  par  une  ligne  de  croisement  inté- 
rieure; on  aura  ainsi  une  aire  Z^  limitée  par  C,,  G.,  ...,  G,,,  G,,  G'^,  ...,  G',. 
qui  a  même  connexion  qu'une  aire  plane  contenant  le  point  à  l'infini  et 
limitée  par  ip  contours  intérieurs.  Il  est  possible  de  la  re])résenter,  par 
z  =  a)(Z),  sur  une  telle  aire  cr„  limitée  par  y^,  y^^  •••^  Y/;'  T, '  Y^'  T/>-  ^^  ^^ 
telle  façon  qu'aux  couples  |Z,  R/(Z  )]  décrivant  G,  et  G)  correspondent 
des  couples  |  :;|  S/(  ^  )  |  décrivant  y,  et  y/.  S,  étant  une  substitution  linéaire. 
Z  = /(  ^  K  fonction  inverse  de  9(Z),  sera  uniforme  et  mèromorphe  dans 
Faire  cto  à  ip  contours,  et  elle  vérifiera  les/)  équations  fonctionnelles 

/[S,(..)]=:R,[/(::)]  (^-=1,:.,   ...,/>), 

ou       S,U)= '-^^ 

y,z  +0. 
/(  2  )  sera  encore  mèromorphe  dans  tout  le  domaine  déduit  de  g-^  par  les 
substitutions  qui  sont  des  proauits  de  puissances  entières  positives  des  S,.  On  a 
ainsi  pour  /"(r  )  un  domaine  d'uniformité  limité  par  une  infinité  de  courbes 
déduites  des  y,,  y',  par  les  substitutions  précédentes.  Si  Ton  opère  des  sub- 
stitutions où  entrent  comme  facteurs  des  puissances  entières  négatives 
des  S,,  /"(;)  cesse  en  général  d'être  uniforme.  Le  groupe  engendré  par  les 
p  substitutions  S,  et  leurs  inverses  est  kleinéen.  c-„  est  son  domaine  fonda- 
mental; mais  on  ne  choisira  dans  ce  groupe  que  les  substitutiojis  dont  tous 
les  facteurs  ont  des  exposants  positifs  ou  nuls  pour  étendre  de  façon  cer- 
taine, à  partir  de  o-„,  le  domaine  où/(  z  )  reste  uniforme. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  l'intégrale  dé/inic  et  la  mesure  des  ensembles. 

Note  de  M.  Stoïlow. 


I .   L'intégrale  de  Lebcsgue 

/    f{x)dx 


SÉANCE    DU    20    MARS    I922.  8o3 

exprime  la  mesure  superficielle  de  renseinble  de  points  du  plan  xOy  dont 
les  coordonnées  satisfont  à 

[cette  dernière  inégalité  étant  remplacée  par  l'inégalité  inverse  si  /'{-x)  <^  oj. 
Je  vais  montrer  ici  que  Ton  peut  exprimer  par  une  intégrale  simple  con- 
nue (i)  la  mesure  superficielle  d'un  ensemble  quelconque  à  deux  dimen- 
sions, mesurable  au  sensde  Borel-Lebesgue.  On  pourrait  étendre  facilement 
le  raisonnement  au  cas  des  ensembles  à  n  dimensions  et  exprimer  leur 
mesure  par  des  intégrales  n  —  i  fois  multiples. 

2.  Disons  qu'une  propriété  a  lieu  sur  presque  toutes  les  droites  parallèles  à 
une  direction^  si  les  parallèles  où  elle  n'est  pas  vérifiée  coupent  une  transver- 
sale (par  exemple  l'un  des  axes  des  coordonnées)  suivant  des  points  dont 
l'ensemble  est  de  mesure  linéaire  nulle. 

Si  un  ensemble  E,  formé  de  points  du  plan  xOy^  est  mesurable  super- 
ficiellement, il  est  mesurable  linéairement  sur  presque  toutes  les  droites 
parallèles  à  une  direction  donnée  quelconque,  c'est-à-dire  que  les 
ensembles  E^,/,,  partie  commune  entre  E  et  la  droite  (f/)  sont  presque 
tous  mesurables. 

Considérons  en  efYet  toutes  les  droites  parallèles  (<^)  qui  contiennent  au 
moins  un  point  de  E.  Si  E  est  mesurable,  il  existe  un  ensemble  fermé  F 
contenu  dans  E  et  tel  que  E  — F  est  de  mesure  extérieure  plus  petite  que  £% 
aussi  petite  que  soit  la  quantité  positive  z.  Soient  Ey  et  F ,/)  les  parties 
communes  de  E  et  de  F  avec  la  droite  (û^). 

On  peut  montrer  que  si  E  — F<  £-  les  droites  (<^/),  où  l'on  aE.,/)  — F,,^;  >£, 
coupent  l'un  des  axes  en  des  points  dont  l'ensemble  est  de  mesure  linéaire 
inférieure  à  i. 

En  faisant  tendre  F  vers  E,  les  droites  {d)  où  E^^  — F,/;  ne  tendra  pas 
vers  zéro  couperont  l'axe  en  un  ensemble  de  points  de  mesure  linéaire 
nulle. 

3.  Pour  mesurer  E  on  pourra  donc  faire  abstraction  des  ensembles  E,/ 
où  E^,/;—  \\,i,  ne  tend  pas  vers  zéro  ave  £,  c'est-à-dire  où  E  ^^  n'est  pas 
mesurable  linéairement. 

Soit  alors  T  l'ensemble  des  points  où  les  droites  {d)  coupent  l'axe.  Il  y 
aura  dans  T  un  ensemble  de  mesure  nulle  correspondant  aux  E,^,  non 
mesural)les.  Le  reste  de  T  pourra  se  partager  en  deux  ensembles  :  l'un  sera 
la  projection  de  la  limite  des  F  croissants  et  tendant  vers  E,  l'autre  sera  la 
projection  de  certains  E,„  de  mesure  linéaire  nulle.  Le  premier  sera  néces- 


8o4  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

sairement  mesurable,  l'autre  pourra  ne  pas  l'être.  Il  est  clair  que  l'on 
pourra  faire  abstraction  de  tous  les  points  de  E  qui  se  projettent  suivant  ce 
dernier  ensemble,  quand  il  s'agira  de  mesurer  E.  On  pourra  donc  rem- 
placer E  par  un  ensemble  E,,  limite  des  ensembles  fermés  F  qui  tendent 
vers  E. 

4.  Soit  F  un  ensemble  fermé  quelconque.  11  pourra  toujours  être  consi- 
déré comme  limite  d'aires  à  contours  élémentaires  et  il  est  aisé  de  se  rendre 
compte  qu'une  telle  aire,  et  par  conséquent  la  mesure  de  F,  peut  s'exprimer 
par  l'intégrale 


(2)  ■  I        nia)dl 


où  mÇ^)  désigne  la  mesure  extérieure  linéaire  de  la  partie  commune  de  F  et 
de  la  droite  x  =:^.  Il  en  serait  de  même  de  la  mesure  de  E, . 

D'autre  part  si  l'on  envisage  l'intégrale  (2)  pour  l'.ensemble  E,  il  est  clair 
que  la  contribution  de  la  partie  de  E  qu'il  faut  négliger  pour  avoir  E,  est 
nulle  dans  cette  intégrale.  Donc  rintégrale  (2)  appliquée  à  l'ensemble  E 
exprime  la  mesure  de  ce  même  ensemble. 

5.  il  est  à  remarquer  que  m(^)  est  toujours  positive  ou  nulle.  Pour  que 
la  mesure  de  E  soit  nulle,  il  faut  donc  que  la  projection  de  E  sur  un  axe 
soit  de  mesure  nulle,  ou  bien  que  m(^)  =  o,  pour  «  presque  toutes  les 
valeurs  de  ^  ».  Les  ensembles  dont  toutes  les  projections  sont  nulles,  dont 
je  me  suis  occupé  dans  une  Note  antérieure  (  '  ),  satisfont  évidemment  à  la 
fois  à  ces  deux  conditions.  On  pourrait  donc  dire  que  la  mesure  de  ces 
ensembles  est  doublement  nulle,  mais  tous  les  ensembles  de  celte  espèce 
n'ont  pas  toutes  leurs  projections  nulles. 


ASTRONOMIE.  —  Sur  les  observations  de  l'éclipsé  partielle  de  Soleil  du 
i^'  octobre  1921,  faites  à  Buenos- Ayres  (  République  Argentine).  Note  de 
M.  J.  Ubach,  présentée  par  M.  Bigourdan. 

Avec  un  équatorial  Zeiss  (objectif  i3o°'™,  d.  f.  235^™),  je  pris  à 
\  illa  Devoto  (limite  ouest  de  Buenos-Ayres)  44  mesures  micrométriques 
de  la  corde  luni-solaire,  à  des  instants  déterminés,  et  j'observai  les  deux 
contacts.  On  fit,  pendant  quelques  nuits,  de  nombreuses  observations  pour 
l'exacte  détermination  des  constantes.  Les  deux  chronomètres  dont  je  me 

(')  Comptes  rendus,  t.  171,  1920,  p.  SSq. 


SÉANCE   DU    20   MARS    I922.  8o5 

servais  furent  très  soigneusement  contrôlés,  plusieurs  jours  avant  et  après 
rèclipse,  par  radiotélégraphie  avec  les  signaux  du  Service  de  la  Marine  et 
téléphoniquemcnl  avec  la  Stalion  astronomique  du  Bureau  de  Géodésie  de 
l'Institut  géographique  militaire. 

Je  renvoie  à  un  autre  temps  le  calcul  des  44  mesures  des  cordes  et  ne  cal- 
cule actuellement  que  les  contacts,  y  compris  ceux  communiqués  par 
l'Observatoire  de  La  Plata. 

Pour  en  tirer  la  correction  des  coordonnc'es  de  la  Lune,  il  fallait  comparer 
les  observations  des  contacts  avec  les  distances,  tirées  des  Tables,  des 
centres  Soleil-Lune  aux  mêmes  instants. 

En  conséquence  on  tira  rigoureusement  des  Tables  les  lieux  géocentriques 
pour  les  instants  observés;  puis  on  introduisit  parallaxe  et  réfraction  et 
l'on  calcula  la  distance  apparente  àas  centres  à  l'aide  de  la  formule 


(0 


D  =  {a  —  y.'Y  cos2-(o +  0')  +  {0—  0' 


La  distance  observée,  correspondant  à  un  contact,  résulte  de  la  somme  des 
demi-diamètres  aiïectés  de  la  parallaxe  et  raccourcis  par  la  figure  elliptique 
des  disques,  résultant  de  la  réfraction.  La  valeur  du  raccourcissement  aux 
points  des  contacts  était  calculée  par  l'équation  de  l'ellipse,  ce  qui  deman- 
dait des  calculs  préalables,  surtout  de  l'angle  du  rayon  aboutissant  au  point 
de  contact,  avec  l'axe  horizontal. 

La  comparaison  de  la  distance  calculée  et  de  la  distance  observée  a  été 
faille  à  l'aide  de  la  diiïerentielle  de  l'équation  (i),  dans  laquelle  on  introduisit 
aussi  la  correction  du  demi-diamétre. 

Par  ce  procédé,  on  a  obtenu  huit  équations  de  condition,  d'où  l'on  a  tire 
finalement,  pour  la  correction  des  coordonnées  lunaires,  telles  qu'elles 
résultent  des  Tables  dont  se  sert  la  Connaissance  des  Temps  : 

A\.  :  -h  o",Gi  :      —  Décl  :  H 


ce  qui  donne 


o%Gi  ;      —  Décl  :  +  i",  9, 
9",  7  pour  la  correction  en  longitude. 


PHYSIQUE.  —  Micromanomètre  à  sensibilité  réglable. 
Note  (')  de  M.  F.  Michaud,  présentée  par  M.  E.  Bouty. 

L'appareil  se  compose  de  deux  récipients  à  large  surface  (par  exemple, 
deux  grands  flacons  à  tubulure  inférieure),  reliés  par  un  tube  de  verre  de 


(*)  Séance  du  i3  mars  1922. 


8o6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

faible  diamètre  muni  d'un  robinet.  L'ensemble  est  rempli  partiellement 
d'un  liquide  contenant  en  suspension  des  particules  assez  grosses  pour 
échapper  au  mouvement  brownien.  On  pointe  au  microscope  celles  de  ces 
particules  qui  se  trouvent  suivant  l'axe  du  tube,  en  visant  à  travers  une 
lamelle  couvre-objet  de  microscope,  collée  sur  le  tube  par  une  goutte  de 
baume  de  Canada. 

Pour  faire  une  mesure,  on  fait  régner  dans  un  des  flacons  la  pression 
inconnue,  et  l'on  immerge  plus  ou  moins,  dans  le  liquide  de  l'autre  flacon, 
une  aiguille  suspendue  à  un  fil  qui  s'enroule  sur  un  tambour  gradué.  La 
différence  de  niveau  produite  se  calcule  aisément  connaissant  la  longueur 
de  la  partie  immergée  de  Faiguille,  son  diamètre  et  la  section  du  récipient. 
Entrouvrant  alors  le  robinet,  on  juge,  d'après  le  mouvement  des  parti- 
cules, du  sens  dans  lequel  il  faut  agir  sur  le  tambour  pour  arriver  à  l'équi- 
libre. 

Lorsque  la  communication  complète  est  établie,  la  sensibilité  est  loo  fois 
plus  grande  que  celle  du  micromanomètre  de  Henry  (').  Par  une  journée 
très  calme  (l'appareil  est- sensible  aux  moindres  variations  de  la  pression 
atmosphérique),  à  une  heure  où  les  vibrations  du  sol  étaient  réduites  et 
en  utilisant  un  tube  un  peu  large  (5™™  de  diamètre),  pour  diminuer  le  ralen- 
tissement causé  par  la  viscosité,  j'ai  pu  saisir  une  différence  de  pression 
de  ~~  de  barye,  correspondant  à  une  dénivellation  de  ^  de  micron  d'eau. 


PHOTOGRAPHIE.  —  Sut'  un  nouvel  obturateur  crobjeclif pour  la  prise  de  photo- 
graphies (lériennes  œ^ec  les  appareils  à  grand  foyer.  Note  de  M.  A.  Guil- 
lemet, présentée  par  M.  Ch.  Lallemand. 

L'emploi  de  la  photographie  aérienne  au  levé  des  plans  de  précision  et  au 
contrôle  des  indicateurs  d'altitude,  de  direction  et  d'inclinaison  à  bord  des 
avions,  est  conditionné  par  la  précision  obtenue  sur  les  clichés  photogra- 
phiques eux-mêmes. 

Pour  les  grands  oJjjectifs  (foyers  de  o"',5o  et  de  i'",2o),  on  n'a  utilisé 
jusqu'ici  que  des  obturaleurs  de  plaques  :  une  fente  éclairante  se  déplace 
devant  la  plaque,  à  une  vitesse  assez  faible  (temps  total  dépassant  \  de 
seoonde  pour  les  plaques  i8x  24)  et  surtout  à  une  vitesse  variable,  le 
mécanisme  ne  fonctionnant  qu'au  moment  de  la  prise  du  cliché. 


(')  A.  Henry,  Comptes  rendus,  t,  155,  191 2,  p.  1078, 


SÉANCE    DU    20    MARS    1922.  807 

On  obtient  ainsi  le  maximum  de  clart*':  mais,  par  suite  des  déplacements 
de  l'avion  sur  sa  ligne  de  vol  pendant  le  temps  total  de  l'exposition  du 
cliché,  celui-ci  peut  être  déformé  gravement,  et  ne  plus  correspondre,  par 
conséquent,  à  une  perspective  géométrique  du  terrain. 

En  vue  d'annuler  ces  déformations,  j'ai  elTectué  en  1919  l'étude  d'un 
obturateur  d'objectif  ^  susceptible  de  donner  une  clarté  suffisante  et  de  per- 
mettre l'exposition,  pendant  toute  la  durée  d'ouverture,  de  l'rnsemble  de  la 
plaque  sensible. 

Or,  pour  obtenir  le  maximum  de  précision  et  de  netteté,  il  faut  limiter 
à  :7^  de  millimètre  au  maximum  le  déplacemenl,  sur  le  cliché,  de  l'image 
d'un  point  du  terrain  pendant  toute  la  durée  t  du  temps  de  pose.  En  expri- 
mant l'altitude  A  en  kilomètres  el  la  vitesse  v  de  l'avion  en  mètres  par 
seconde,  on  trouve  alors,  pour  l'objectif  de  o™,5o  : 

A 

loc 

On  est  ainsi  conduit  à  l'adoption  d'un  obturateur  donnant  des  temps  de 
pose  compris  entre  — ^  et  j^  de  seconde,  ce  qui  implique  une  durée  maxima 
de  ^  de  seconde  pour  chacune  des  périodes  d'ouverture  et  de  fermeture, 
afin  que  l'objectif  reste  totalement  ouvert  pendant  une  partie  suffisante  du 
temps  de  pose. 

On  ne  peut  songer  à  réaliser  de  pareilles  vitesses  avec  des  pièces  métal- 
liques mises  en  mouvement  juste  au  moment  de  la  prise  du  cliché.  La 
solution  adoptée  est  la  suivante. 

L'appareil  comprend  : 

i**  Un  dispositif  sélecteur  laissant  périodiquement  passer  la  lumière 
pendantune  durée  totale  égale  au  temps  de  pose  désiré  (^  à  ^  de  seconde). 

Ce  dispositif  est  constitué  par  quatre  disques  mélalliques  dont  les  plans  sont  très 
voisins  et  dont  l'axe  commun  est  parallèle  à  Taxe  optique  de  robjectif. 

Les  deux  premiers  disques  sont  échancrés  chacun  sur  un  secteur  de  100"  de  faron  à 
laisser  l'objectif  intégralement  découvert  pendant  les  ^  du  temps  de  pose:  ils  sont 
animés,  en  sens  in\erse,  des  mêmes  vitesses  angulaires  \  ,  qui  doivent  être  comprises 
entre  5o  et  100  tours  à  la  seconde.  La  durée  de  superposition  totale  ou  partielle  des 
échancrures  de  ces  deux  disques  détermine  le  temps  de  pose. 

Les  deux  autres  disques,  échancrés  chacun  sur  un  secteur  un   peu  inférieur  à  60", 

sont  respectivement  animés  des  vitesses  -r  et  t;-:)  de  sorte  que  l'objectif  ne  peut  être 

découvert  ([ue  tous  les  3G  tours  des  disques  les  plus  rapides. 

Par  exemple,  avec  quatre  disques,  dont  les  deux  plus  rapides  tournent  chacun  à 
72  tours-seconde  et  les  deux  autres  tournent  respectivement  à    12   tours-seconde  et 


8o8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES, 

1  1     ■  1,  1        •  ,        ,       I  lOO  1 

a  2  tours-seconde,  on  obtient  une  ouverture  a  une  durée  totale  de  —  x  —pr-  =  —pr- 

~1  3D0  2D0 

de  seconde,  toutes  les  demi-secondes. 

2^  Un  dispositif  d'' armement  très  simple,  qui  permet  d'utiliser,  en  temps 
voulu,  ou  à  intervalles  réguliers  (obturateur  automatique),  l'ouverture  ainsi 
périodiquement  donnée. 

11  consiste  en  un  \olet  recouvrant  l'échancrure  du  plus  lent  des  disques  et  pouvant 
la  démasquer  en  glissant  dans  son  plan;  le  volet  porte  à  cet  elTet  une  butée  qui  peut 
être  arrêtée,  soit  à  intervalles  réguliers  par  l'intermédiaire  d'une  came,  soit  à  volonté 
par  l'intermédiaire  d'un  ergot  mobile  manœuvré  par  un  poussoir.  Le  disque  continue 
son  mouvement  lorsque  le  volet  s'arrête,  et  l'échancrure  se  trouve  démasquée.  Au  mo- 
ment où  l'ouverture  est  maxima,  la  butée  du  volet  est  automatiquement  libérée,  et  le 
volet  est  rappelé  à  sa  position  de  fermeture  par  un  ressort. 

Le  mouvement  des  organes  de  l'appareil  est  entretenu  pendant  toute  la  durée  de 
prise  de  la  série  des  photographies^  soit  au  moyen  d'un  embrayage  sur  une  poulie 
commandée  par  le  moteur  de  l'avion,  soit  par  un  petit  moteur  indépendant;  la  force 
nécessaire  est  Inférieure  à  o,5  HP. 

L'ensemble  de  l'appareil  est  placé  dans  un  carter  en  aluminium  qui  peut  être  facile- 
ment fixé  à  la  chambre  photographique  (devant  l'objectif),  avec  interjDOsillon  d'un 
joint  élastique  pour  éviter  la  transmission  des  vibrations  du  système  rotatif.  Tous  les 
axes  de  rotation  dont  la  vitesse  dépasse  un  tour  à  la  seconde  sont  montés  sur  roule- 
ments à  billes. 

Dans  le  cas  de  l'obturateur  automatique,  on  peut  réglera  diverses  valeurs  l'Inter- 
valle de  prise  de  deux  photographies  successives  par  la  manœuvre  d'un  pellt  engrenage 
balladeur.  Pour  le  régime  des  72  tours-seconde  déjà  indiqué,  les  intervalles  possibles 
sont  8,  12  et  16  secondes. 

Un  appareil  d'étude  a  donné,  au  cours  d'essais  effectués  en  1921,  des  cli- 
chés nets  et  suffisamment  lumineux  dans  des  conditions  passables  de  clarté 
atmosphérique,  et,  malgré  les  vibrations  violentes  imposées  à  l'ensemble  de 
l'appareil  photographique,  on  n'a  constaté  sur  les  épreuves  aucun  flou 
appréciable. 

Le  rendement  lumineux,  caractérisé  par  le  rapport  de  la  quantité  de 
lumière  entrant  dans  l'objectif,  pendant  le  fonctionnement  de  l'obturateur,  à 
celle  qui  y  entrerait  si  l'objectif  restait  intégralement  ouvert  pendant  tout 
le  temps  de  pose  donné  par  l'obturateur,  est  voisin  de  80  pour  100  pour  les 
objectifs  usuels  de  o™,5o. 

L'obturateur  d'objectif  peut  d'ailleurs  être  adapté  à  des  chambres  photo- 
graphiques munies  d'objectifs  quelconques^  le  rendement  lumineux  atteint 
alors,  en  régime  normal  : 

90  pour  100  pour  les  objectifs  de  0^,26  de  foyer; 
60  pour  100  pour  les  objectifs  de  i™,20  de  foyer. 


SÉANCE   DU   20   MARS    I922.  809 

(iràce  à  cet  appareil,  dont  on  étudie  actuellement  l'installation  à  bord 
d'un  avion  d'essai  équipé  en  vue  de  la  réfection  du  Cadastre,  on  est  mainte- 
nant parfaitement  outiillé  pour  prendre  des  clichés  aériens  rigoureusement 
assimilables  à  des  perspectives  géométriques.  Cette  condition  devait  néces- 
sairement être  réalisée  avant  la  mise  au  point  des  appareils  de  restitution 
d^une  part,  et  des  appareils  de  contrôle  du  vol  en  avion  d'autre  part. 

ClKMll^  PHYSIQUE.  —  Spectre  d'absorption  de  la  vapeur  de  benzène  et  gran- 
deurs fondamentales  de  la  molécule  de  benzène.  \ote(')  de  M.  Victor 
Henri,  présentée  par  M.  G.  Urbain. 

L'énergie  d'une  molécule  dépend  de  trois  sortes  de  mouvements  :  celui 
des  électrons,  celui  des  noyaux  atomiques  dans  la  molécule  et  celui  de  la 
molécule  tout  entière.  La  théorie  des  quanta  appliquée  à  chacun  de  ces 
mouvements  conduit,  pour  une  molécule  biatomique,  à  une  expression  de 

la  forme 

El  =  [B  +  (^//)  H-  />'/>*  +  . ..)  -i-  y.fj'^hc, 

où  B  est  une  fonction  compliquée  d'un  entier  t,  b  représente  la  fréquence 
des  vibrations  des  noyaux  atomiques,  et  a  caractérise  le  mouvement  de 

rotation  de  la  molécule  :  a  =  — 5-—,  h  est  la  constante  de  Planck  6,55. 10  -% 

2  --  -3  r 

c  =  3.10'''  et  >,  le  moment  d'inertie  de  la  molécule  par  rapport  à  un  axe 
de  rotation. 

D'après  la  théorie  de  Bohr  une  molécule  absoibe  un  quantum  //v, 
lorsqu'elle  passe  d'un  niveau  énergétique  E,  à  un  niveau  E^  ;  on  obtient 
ainsi,  pour  le  nombre  de  vibrations  d'une  bande  d'absorption  : 

(i)        i.  — A  — B  +  (fl'«  +«'«2  +  ..  .)  —  {bp  +  b' p^  +  .  . .)  +  a(7«2— ^^).  .  ., 

n^  p,  m,  q  sont  des  nombres  entiers  0,   i,  2,  ....  et  en  vertu  du  principe 
de  correspondance  de  Bohr  on  a 

q  rr  m  OU  q  ^=^  rn±^\ . 

Le  premier  exemple  de  molécule  compliquée  que  nous  présentons  est 
celui  du  benzène,  qui  comprend  12  noyaux  atomiques  et  42  électrons. 
Le  spectre  d'absorption  ultraviolet  de  la  vapeur  de  benzène  a  été  étudié 

(')  Séance  du  i3  mars  i9'22. 


8 10  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

par  un  grand  nombre  d'auteurs;  mais  toutes  les  études  faites  jusquici  sont 
très  incomplètes;  en  effet,  on  n'a  mesuré  que  les  positions  des  têtes  de 
bandes,  sans  jamais  obtenir  la  structure  fine  des  bandes. 

En  perfectionnant  la  source  lumineuse,  étincelle  de  haute  fréquence 
d'aluminium  dans  l'eau,  ce  qui  donne  un  spectre  continu  très  intense  jus- 

o 

qu'à  7.  =  1950  A;  en  photographiant  sur  des  plaques  Schumann  ou  sur  des 
plaques  à  grain  très  fin  et  couche  très  mince;  eu  étudiant  la  vapeur  de  ben- 
zène dans  un  très  bon  vide  sous  une  épaisseur  de  So''"  et  à  des  pressions 
variant  graduellement  depuis  o™™,oi  jusqu'à  65""",  nous  avons  pu  obtenir 
la  structure  fine  des  bandes  et  repérer  ainsi  plus  de  35o  bandes  d'absorp- 
tion. 

Les  bandes  les  plus  fortes  sont  visibles  déjà  à  la  pression  de  o™™,oi, 
tandis  que  les  bandes  les  plus  faibles  n'apparaissent  que  pour  la  pression 
de  GS"""".  L'échelle  des  intensités  varie  donc  de  65od  à  i.  Cette  intensité  est 
proportionnelle  au  nombre  de  molécules  qui  subissent  le  saut  d'énergie 
correspondant. 

Résultats.  —  i"  Le  spectre  d'absorption  ultraviolet  de  la  vapeur  de 
benzène  peut  être  rcprésenh'  très  exactement  par  la  formule  (i). 

Ce  spectre  se  compose  de  (juatre  séries  de  bandes  superposées,  obéissant 
aux:  formules  suivantes  : 

(I)  y  —  37703 -f-92i,4rt  — (i59/?+ 2/)^) -h  2(m-— 72), 

(II)  y  =  37  494  +  92i,4«  — (i59/j-i- 2y>-)  + 2(/«2— r/-^), 

(III)  r- =  37613 -h  921  ,4'«  —  ('^/^  +  2/>-)  +  2(/;?2 — q-), 

(IV)  -  =  37^26  +  921  ,4« —    i66/>  +2  (m- — cf). 

OÙ  n  di  les  valeurs  o,  i,  2,  3,  4,  5,  6,  7  ;  /?  =  o,  i ,  2,  3,  4,  5,  G;  q  =■  m  ou 
^  =  7?z  =t  I  et  m  =  i ,  2 ,  . . . ,  I  o . 

Aux  huit  valeurs  de  n  correspondent  huit  groupes  de  bandes  dont  les 
plus  intenses  ont  les  longueurs  d'onde  suivantes  : 

A  =  2667;  B  =  2589;  C=:  2528,5;         0=^2471; 

E  =  2415,9;         ]•'  — 2363,5;         G  =  23214, 4''         11  =  2275,2. 

A  ces  huit  groupes  de  bandes  correspondent  les  huit  bandes  du  benzène 
liquide  ou  dissous. 


SÉANCE    DU    lO   MARS    I922.  «S  II 

Aux  différentes  valeurs  de  p  correspondent  les  positions  des  têtes  de 
bandes  dans  chaque  groupe. 

Enfin  les  valeurs  de  m  donnent  la  structure  fine  de  chaque  bande. 

■2"  L'intensité  des  bandes  est  la  plus  forte  pour  les  valeurs  les  plus  faibles 
de/);  elle  diminue  très  rapidement  lorsque  p  augmente. 

3*  Les  constantes  «  =  921 ,4  et  ?>  =  139  représentent,  d'après  la  théorie 
précédente,  les  nombres  de  vibrations  des  noyaux  atomiques  ou  des 
groupes  d'atomes  dans  la  molécule  II  en  résulte  que  le  spectre  d'absorption 
infrarouge  devrait  s'exprimer  par  la  formule 

(2)  r-  :=  ir?«  —  />/)  =  921  ,4«  —  I'^9/^---; 

Le  spectre  d'absorption  infrarouge  du  benzène  a  été  étudié  par  Cob'entz 
et  Puccianti.  Nous  trouvons  que  ce  spectre  est  très  exactement  représenté 
par  la  formule  théorique  (2)  : 

Combinaisons.  a  calculé.         a  observé.  Combinaisons.  1  calculé.       a  observe. 

a  —  b i3,i  i3,o  ka—ïb 3,2S  ..,2.) 

2a  —  C)b i4,4  n.S  oa  — 66 2,74  2,7.5 


'2a 


56 9.x  9,6  6a— 9b 2,45  2,^9 

^a  —  kb 8.4  8,7  Qa  —  6b 2.19  2.16 

2a-3b 7.3  7-3  8a-9b 1,7»  ''7' 

■ia—2b 6,6  6,7  9a  — 96 1.46  1.44 

3  a  —  6  6 J ,  5  5,4 

4*^  La  structure  fine  des  bandes,  qui  résulte  de  la  rotation  des  molécules, 


h 


H-'r^C 


a  donné  pour  toutes  les  séries  a  =  2 

On  en  déduit  pour  le  moment  d'inertie  de  la  molécule  de  benzène 
p^  =  1,45  .  io~'^ 

5"  On  sait  que  le  benzène  cristallise  dans  le  système  rhomboédrique  en 
donnant  des  bipyramides,  le  rapport  des  axes  étant  égal  à  0,89:  1  :  0,80. 
On  peut  supposer  que  la  molécule  de  benzène  a  la  forme  d'une  bipyrarnide 
qui  diffère  peu  d'un  octaèdre,  les  six  carbones  occupant  les  six  sommets. 
La  valeur  précédente  du  moment  d'inertie  permet  alors  de  calculer  la 
distance  entre  les  atomes  de  carbone;  on  trouve  i,85.io-'  cm  et  par  le  dia- 
mètre de  la  molécule  2,6.10-*^  cm. 

Or  la  distance  entre  les  atomes  de  carbone  est  dans  le  diamant  égale 
à  1,54.10-'  et  dans  le  graphite  i,75.io-«  cm.  Enfin,  à  partir  de  la  visco- 
sité de  la  vapeur  du  benzène,  on  calcule  pour  le  diamètre  de  la  molé- 
cule 3,2.  io~**  cm. 


8 12  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Ces  résultats  montrent  que  la  molécule  de  benzène  est  un  édifice  très 
symétrique,  dont  les  mouvements  obéissent  aux  lois  simples  déduites  pour 
les  molécules  biatomiques.  Il  y  aurait  lieu  de  supposer  que  dans  le  benzène 
les  carbones  sont  liés  trois  par  trois,  la  molécule  serait  formée  de  deux 
moitiés  C^H^  —  C'H'  qui  vibrent  Tune  par  rapport  à  l'autre;  cette  hypo- 
thèse est  appuyée  par  les  expériences  de  J.-J.  Thomson  qui  a  montré  qu'en 
introduisant  du  benzène  dans  un  tube  à  rayons  positifs  on  obtient  des 
groupes  C'H^  chargés  négativement. 

CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Spectre  d' absorption  ultraviolet  du  phénol  dans  différents 
solvants.  Note  de  M.  F.-W.  Klixgstedt,  présentée  par  M.  G.  Urbain. 

Nous  avons  entrepris  l'étude  quantitative  de  l'absorption  des  rayons 
ultraviolets  par  une  série  de  dérivés  du  benzène. 

L'absorption  a  été  mesurée  par  deux  méthodes  suivant  les  techniques  de 
V,  Henri  :  d'une  part  avec  le  spectre  d'étincelle  Fe-Cd  ou  Cu;  d'autre 
part  avec  le  spectre  continu  que  donne  une  étincelle  de  haute  fréquence 
d'aluminium  dans  l'eau.  Les  spectres  continus  ont  été  étudiés  quantitative- 
ment points  par  points  pour  tous  les  demi  ou  même  tous  les  |  de  millimètre 
au  moyen  du  microphotomètre  de  Fabry  et  Buisson. 

Le  spectre  d'absorption  du  phénol  a  été  étudié  dans  des  solvants  diffé- 
rents, ainsi  que  pur,  liquide  ou  solide,  en  couche  très  mince,  égale  environ 
à  -^-^^  de  millimètre,  et  à  l'état  de  vapeur. 

Résultats  : 

1  "  Le  spectre  d'absorption  du  phénol  dissous  dans  le  pentane  ou  l'hexane, 
que  nous  appelons  spectre  normal,  comprend  dans  l'ultraviolet  deux  régions  : 
1°  entre  X  =  28G0  et  2400  A;  2°  entre  X  =  2325  et  l'ultraviolet  extrême, 

que  nous  avons  étudié  jusqu'à  A  =  1944  Â. 

On  trouve  dans  la  première  région  d'abord  trois  bandes  étroites  intenses, 
dont  les  positions  et  les  valeurs  des  coefficients  d'absorption  moléculaires  i 
(défini  par  a  =  A.^.io"''''')  sont  les  suivants  : 

A —  A  irz  2772,  £  t:r:  2^00;       B  —  /.  rr  2-05,  6  =  2000  ;       C À  ^=  2643,  ê  =  I  OOO. 

Puis  une  ou  deux  bandes  faibles  vers  A  '=  255o,  £  =  -oo. 
Dans  l'ultraviolet  extrême  on  observe  deux  bandes  larges  : 

À  :=  2i5o,  t  =  85oo         et         /.  z=  2o4o,  £  r=  io5oo. 

Rappelons  que   le   benzène  dissous  dans  le   pentane  présente   d'après 


SÉANCE   DU    20   MARS    I922. 


8l3 


«^-34000 

m» 

J6000 

v-IKO 

,05C 

1080 

\-W#   .^ 

ai? 

2773 

36000 

MXXW 

WOOO 

42000 

WOOO 

wm 

kSOOO 

IIW 

1170 

1200 

1230 

1260 

1290 

D20 

tSS) 

ZS3I 

2564 

2500 

2W9 

2381 

23Î5 

2273 

sa 

l'h 


8l4  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

V.  Henri  un  premier  groupe  de  huit  bandes  entre  2686  et  2-290,  £  variant 
entre  9  et  234,  ^t  un  deuxième  groupe  de  trois  bandes  entre  20G8  et  1944, 
pour  lesquelles  £  varie  entre  56oo  et  7900. 

2°  Le  spectre  d'absorption  normal  des  solutions  de  phénol  se  déduit  du 
spectre  de  la  vapeur  par  élargissement  et  fusion  des  bandes,  avec  un  déplace- 
ment vers  le  rouge.  La  figure  i  contient  en  trait  plein  le  spectre  d'absorption 
du  phénol  dans  le  pentane,  et  dans  le  bas  le  spectre  de  la  vapeur  mesuré 
par  Witte.  On  voit  que  les  moindres  irrégularités  dans  la  forme  des  bandes 
de  la  solution  correspondent  à  des  bandes  étroites  et  intenses  de  la 
vapeur.  ' 

3°  Le  spectre  d'absorption  du  phénol  en  solution  change  avec  la  nalure 
du  solvant.  Ce  changement  est  plus  ou  moins  profond  suivant  les  solvants, 
que  l'on  peut  diviser  en  deux  groupes  : 

a.  Les  solvants  du  premier  groupe  ne  modifient  pas  l'aspect  général  du 
spectre  d'absorption.  Ils  produisent  seulement  un  déplacement  et  un  élar- 
gissement des  bandes.  Tels  sont  le  GCP,  CHCl%  l'éther,  etc. 

La  figure  2  contient  les  spectres  d'absorption  dans  le  CCP  (i*^),  le  pen- 
tane  (2°),  l'alcool  éthylique  (3°),  l'eau  (4°)  et  le  phénol  liquide  pur  (5*^); 
ces  courbes  ont  été  tracées  les  unes  au-dessus  des  autres. 

Le  Tableau  suivant  donne  les  positions   des  bandes  et  les  fréquences 


( 


en  -  cm~' 

A 


Bande  A.  liandc  B.  Bande  C. 

Phénol  vaj3eur 2750  36364  2686  37301  2626  38o8i 

»        liquide 2772  36075  2706  36968 

Sol.  hexane  et  pentane 2772  36075  2705  36968  26^3  37836 

»    GHCl^ 2778  35997  2710  36900  265i  37722 

»    GCF 2790  358^2  2721  36751  2658  37622 

''    éther 2794  35791  2732  366o3  2673  3741 1 

Le  déplacement  vers  le  rouge  produit  par  ces  solvants  est  presque  le  même 
(sauf  pour  l'éther  )  que  celui  que  l'on  observe  pour  le  spectre  d'absorption 
du  benzène. 

h.  Les  solvants  du  deuxième  groupe  —  alcools  méthylique  et  élhylique, 
eau,  etc.  —  modifient  complètement  le  spectre  d'absorption  du  phénol.  La 
figure  I,  courbe  pointillée,  correspondant  à  la  solution  alcoolique,  el  la 
figure  2.  courbes  3«  et  4",  montrent  nettement  ces  modifications. 

On  n'observe  daus  ces  solvants  qu'une  seule  bande  tivs  large  et  uniforme; 
la  position  du  maximum  est  :  dans  l'eau  X  =  2698,  dans  l'alcool  méthylique 


SÉANCE    DU    20    MARS    1922.  8l5 

A  =  2720  et  dans  l'alcool  ('thylique  A  =  27J8;  le  coefficient  d'absorption  du 
maximum  est  dans  les  trois  cas  égal  à  1400. 

Ces  solvants  ne  modifient  pas  le  spectre  d'absorption  du  benzrne  ou  du 
toluène,  ils  ne  produisent  pour  ces  corps  qu'un  déplacement  des  bandes. 

4°  Le  spectre  d'absorption  du  phénol  pur  liquide  et  solide  occupe  une 
place  intermédiaire  entre  les  deux  types  précédents. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  une  méthode  optique  pour  la  détermination  delà 
solubilité  réciproque  de  liquides  peu  miscibles.  Note  de  M.  C.  Chéxeveau, 
présentée  par  M.  Paul  Janet. 


Il  est  possible  de  connaître  par  une  méthode  optique,  avec  une  précision 
au  moins  égale  à  celle  de  la  méthode  pondérale,  la  solubilité  réciproque  de 
liquides  peu  miscibles. 

Le  procédé  employé  consiste  à  utiliser  la  méthode  d'autocollimation  en 
la  rendant  différentielle.  A  cet  effet,  un  prisme  creux,  dont  l'angle  est  d'en- 
viron 30",  fermé  par  de  bonnes  glaces  à  faces  parallèles,  est  séparé  en  deux 
compartiments  A  et  B  qui  contiennent,  l'un  le  liquide  considéré  comme 
solvant,  l'autre  la  solution  (voir  la  figure).  La  face  réfléchissante  sera,  au 


besoin,  argentée. 


■■Jr 


Si  l'on  appelle  N  l'indice  de  réfraction,  par  rapport  à  la  raie  D,  du  liquide 
qui  se  trouve  en  B,  n  l'indice  de  la  solution  placée  en  A,  en  admettant  que 
l'indice  de  la  solution  soit  inférieur  à  celui  du  solvant,  on  a  les  relations  sui- 


8l6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

vantes  : 

-^         si  ni'  sinr 

I\  =  -: —  j  n  =r  —. —   , 

sin/'  sin/' 

..                 sini  —  sin/'            2       .    i-^i'         i -^ /' 
1>  —  n  =^  ; — =r  — : —  sin cos 


-iti  /•  sin  r2  2 


2sin 

/ 

—  i 

-  =r  2  S  i  n 

y. 

2 

— 

sin  y. 

1 

\  — 

n 

sin  a  00» 

0 

■- 

Or,  si  le  cercle  du  goniomètre,  au  centre  duquel  la  face  antérieure  du 
prisme  est  disposée,  peut  être  eu  traîné  })ar  une  vis  à  tête  graduée  permet- 
tant d'estimer  la  seconde  d'arc,  on  peut  mesurer  avec  précision  la  diffé- 
rence i  —  i'  =z  a.  Comme  a  est  assez  petit  pour  que  cos  -  soit  remplaçable 
par  Funilé,  on  a 

el,  finalement. 

(0 

sin  /• 

Il  est  donc  facile  d'obtenir  la  diffi'-rence  d'indice  du  solvant  et  de  la  solu- 
tion d'une  façon  assez  indépendante  de  la  température. 

Si  l'on  a  déterminé  Tindice  X  du  solvant,  on  déduit  alors  l'indice  n  de  la 
solution  et  ra|)plication  de  la  loi  optique  des  solutions  à  la  solnlion  formée 
par  X  grammes  du  liquide  dissous  dans  ioqs  de  solvant  donne 

(2)  (i()(.-+-.r) 

d,  D,  d^  étant  les  densités  de  la  solution,  du  solvant  et  du  liquide  dissous 
dont  l'indice  est^o-  On  en  déduit  alors  a;. 

J'ai  appliqué,  en  particulier,  cette  méthode  à  l'étude  de  la  solubilité  réci- 
proque de  Taniline  et  de  l'eau.  Voici,  par  exemple,  les  résultats  obtenus 
par  la  formule  (  i),  à  i5'',  pour  la  dissolution  de  l'eau  dans  l'aniline  : 

«■==  50039' 35",         /:=29»23'6",         a:=3<)'39"6, 
N  —  n  =r  0,01  i5o. 

D'autre  part,  d'après  la  formule  (2),  on  peut  déduire  la  solubilité  de 
l'eau  dans  l'aniline  et  celle  de  l'aniline  dans  l'eau  en  grammes  de  corps  dis- 
sous pour  1008  de  solvant. 

Le  Tableau  suivant  permet  de  comparer  les  résultats  de  la  méthode 
optique  et  de  la  méthode  pondérale  et  de  faire  ressortir  leur  bonne  concor- 
dance : 


SÉANCE    DU    20    MARS    I922. 


817 


N 

—  I 

D 

n 

—  1 

d 

Hi 

—  I 

ci. 


Eau  dans  Vaniline. 
Méthode  optique  (f  nr  i5"' 

\  —  /<  :=  0,01  I  5o. 

z=  o, 5750 

=  o ,  564  •'■      '     u-  =  4  ,  68  po  11  r  1 00 

:i=  o,  3338 


Méthode  pondérale  (/=  i4°,6). 
Eau. .  . .       0^,4952 


Aniline.      ioS,5i52 


O-'  rrz  4  ,70  pour  I  OO 


[ni Une  dans  ieau . 
Méthode  optique  (^z:=i6°). 

n  —  N  rr  0,00901  >. 


N 

—  I 

\) 

// 

—  I 

d 

/t, 

—  I 

=:  0  .  .IJJ4 

=  O, 3421 

=  0,0700 


jT  =  3,73  pour  100 


Méthode  pondérale  (  ^  :=  1 5° ,  9) . 


Aniline.       os,8644   ) 


Eau. .  .  .     23°,  37.51   I 


.     X  =  o,  70  pour  100 


Il  est  également  facile  d'établir  que  rabaissement  d'indice  de  l'aniline 
N  —  n  est  proportionnel  à  la  quantité  p  grammes  d'eau  qui  a  été  dissoute 
par  100^  d'aniline.  On  a  trouvé  par  exemple,  pour  la  raie  D,  à  20°, 

i,586o  —  /^  =  0,002-  p. 


MÉTÉOROLOGIE.  —  Sur  V observation  des  nuages  en  prévision  du  temps. 
Note  de  M.  Gabriel  Guilbert. 

De  l'étude  des  nuages  que  nous  avons  entreprise  il  y  a  plus  de  quarante 
ans,  nous  avons  déduit  certains  principes  ou  conclusions  dont  nous  tenons 
à  conserver  la  priorité,  notamment  vis-à-vis  delà  Note  de  MM.  W  erhlé  et 
Schereschewsky  ('). 

C'est  en  1886,  le  6  avril,  que  nous  présentâmes,  à  la  Société  météoro- 
logique de  France,  le  résumé  de  longues  années  d'observations  de 
nuages  (-).  Le  principe  essentiel  exposé  alors  consistait  dans  l'ordre  de 
passage  découvert  dans  l'ensemble  des  météores  aqueux.  Cet  ordre,  nous 
le  présentions  sous  le  nom  de  succession  nuageuse. 

La  succession  nuageuse  comprend  l'ensemble  de  tous  les  nuages  supérieurs 
et  moyens  qui  s'offrent  à  la  vue,  depuis  les  cirrus  les  plus  élevés,  filiformes 
ou    filamenteux  jusqu'aux   nuages    d'orage  (cirro-nimbus),  et  depuis  les 


(')  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  3i4. 

(-)   Annuaire  de  la  Société  météorologi(]ue  de  France,  avril-mai  18S7,  p.  162. 

'    60 


C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N"  12.) 


8l8  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

cil  rus  moutonnés  jusqu'aux  cin-us  pommelés  (  cii-ro-cumulus)  les  plus 
abaissés. 

Nous  présentions  aussi  une  nouvelle  classification  des  nuages  que  nous 
avons  depuis  lors  employée  dans  nos  registres  d'observations  quotidiennes 
(i 883-1 920)  et  dans  le  Bidlelin  méléorologiqiie  du  Cahados  (^i^()i--[^io). 
Cette  classification  se  base  avant  tout  sur  la  nature  des  nuages,  certifiée  par 
les  phénomènes  lumineux. 

Distinguer  l'ordre  de  passage  des  nuages  est  notre  première  acquisition 
météorologique,  mais  en  découvrir  l'ordi-e  de  superposition  est  une  autre 
tâche  que  nous  croyons  avoir  heureusement  remplie.  Nous  avons  reconnu 
que  cet  ordre  de  superposition  est  invariable. 

Nous  avons  découvert  simultanément  que  la  vitesse  des  cirrus  supérieurs 
pouvait  rester  égale  durant  plusieurs  jours,  mais  que  la  vitesse  des  différentes 
couches  nuageuses  pouvait  êli-e  des  plus  inégales  :  des  cirrus  pominelés, 
dans  une  succession  nuageuse,  peuvent  être  rapides  sous  des  cirrus  filamen- 
teux lents  et  inversement. 

Il  s'agissait  ensuite  de  découvrir  les  relations  qui  pouvaient  unir  la 
succession  nuageuse  à  la  dépression  barométrique.  Le  i*'  févriei'  1887,  nous 
exposions  à  la  Société  météorologique  de  France  (  '  )  nos  conclusions  sur  ce 
point  et  nous  établissions,  non  seulement  l'accord,  théorique  et  pratique, 
des  successions  nuageuses  et  des  dépressions  barométriques,  mais  aussi  leur 
«  désaccord  ».  c'est-à-dire  l'indépendance  absolue  des  deux  ordres  de 
phénomènes.  La  «  succession  nuageuse  «  doit  le  plus  souvent  concorder 
avec  le  cyclone  —  et  cette  relation  était  connue  —  mais  nous  établissions, 
fait  nouveau,  que  cette  même  succession  nuageuse  pouvait  précéder,  suivre, 
ou  accompagner  la  dépiession,  comme  elle  pouvait  aussi  exister  sans  elle, 
parfois  même  au-dessus  de  l'anticyclone.  L'individualité  ou  l'autonomie  de 
la  succession  nuageuse  était  donc  mise  hors  de  doute. 

Mais,  si  la  succession  nuageuse  constitue  une  entité  indépendante,  ses 
indications  doivent  nécessairement  parfois  contredire  les  déductions  tirées 
de  la  pression  :  c'est  ce  que  nos  observations  mirent  en  pleine  lumière. 

Dès  1878,  nous  avions  prévu  une  tempête  par  les  nuages  seuls.  A  partir 
de  1887,  nous  nous  appliquâmes  à  prévoir  le  temps  (piotidiennement  par 
les  nuages  et  le  baromètre,  considéré  comme  l'indice  des  dépressions. 

En  1890,  M.  Mascart  présentait  à  l'Académie  le  résumé  de  notre  méthode, 

(')  Annuaire  de  la  Société  météorologique  de  France,  avril-mai  1887,  p.  \*o~. 


SÉANCE    DU    20    MARS    1922.  '819 

principalement  quant  à  la  prévision  des  tempêtes  (').  La  vitesse  des  cirrus 
devenait  l'une  de  nos  bases  principales,  car  nous  établissions  que  cette 
vitesse  était  en  corriMation  avec  l'importance  des  bourrasques  et  que  la 
direction  de  ces  cirrus  supérieurs  indiquait  la  position  du  centre  cyclonicjue, 
et  sa  direction  initiale. 

Nous  avons  donc  créé,  et  nous  tenons  à  ces  acquisitions,  une  méthode 
de  prévision  locale  pour  les  successions  nuaiieuses  (vent  et  baromètre 
observés  en  un  seul  point),  puis,  en  i8r)o-i8()i,  une  méthode  toute  nou- 
velle basée  sur  les  \eiits  comparés  aux  gradients  barométri({ues,  el  enfin 
une  méthode  mixte,  nuages  et  isobares,  que  nous  considérons  encore  comme 
la  vraie  méthode  scientificjue  de  prévision  du  temps.  Cette  dernière  mé- 
thode distingue,  en  la  succession  nuageuse,  plusieurs  parties  constitutiAes. 
Les  cirrus  sont  Cavant-garde  ou  simplement  le  début  ;  le  centre  de  la  succes- 
sion nuageuse  est  constitué  par  le  pallio- cirrus,  plu\ieux  de  4ooo™  à 
6000™  d'altitude  ou  représenté  par  des  bancs  épais  de  cirrus,  ou  encore  par 
des  cirrus  moutonnés  et  pommelés,  plusieurs  par  places.  L'arrière  suit 
avec  ses  cirro-nimbus  d'averses,  au  milieu  d'éclaircies  et.  comme  toute  suc- 
cession nuageuse  est  nécessairement  limitée  dans  l'espace,  nous  avons 
désigné  certains  nuages  :  les  cirrus  genre  filamenteux  et  les  cirrus  irisés, 
comme  caractéristiques  ànbordon  Aq  l'extrême  bord  de  la  succession  nua- 
geuse. 

Ces  noms  sont  discutables,  mais  il  ne  suffit  pas  de  les  modifier  pour  dé- 
couvrir un  fait  nouveau.  C'est  pourquoi  nous  tenons  à  préciser  les  faits 
acquis. 

Nous  signalerons  encore  nos  études  sur  la  superposition  des  successions 
nuageuses,  dont  les  groupes  nuageux  restent  distincts,  principalement 
quant  à  la  vitesse.  Nos  remarques  sur  la  vitesse  future  des  orages  et  des 
grains,  basées  sur  l'inégalité  de  vitesse  des  courants  supérieurs,  les  uns 
très  lents,  presque  immobiles,  les  autres  animés  d'une  vertigineuse  vitesse. 
De  ces  multiples  observations  présentées,  soit  à  la  Société  météorologique  de 
France,  soit  à  V  Association  française  pour  V  Avancement  des  Sciences,  soit  dans 
le  Bulletin  météorologique  du  Calvados,  découlent  des  prévisions  rationnelles 
du  temps  de  chaque  jour,  des  diverses  précipitations,  des  variations  de 
température,  etc. 

Sans  doute,  il  reste  beaucoup  à  faire  dans  l'observation  des  nuages.  Leurs 
modifications,  leurs  transformations  certaines,  la  mesure  des  intervalles  qui 


(')   Comptes  rendus,  t.  111,  1S90,  p.  127. 


820  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

les  séparenl,  en  hauteur  ou  en  étendue,  le  mode  des  précipitations  et  leur 
nature,  la  mesure  exacte  dr  leurs  vitesses  et  de  leur  altitude,  demandent  de 
multiples  observations  simultanées,  mais  ce  ne  sont  pas  de  nouvelles  déno- 
minations qui  sufliront  à  résoudre  ces  problèmes  de  l'atmosphère  et  à 
constituer  de  nouvelles  méthodes  de  prévision. 


GÉOLOGli:  —  Sur  Vcxislcncc  de  phénomènes  de  charridge  à  l'extrémité  orien- 
tale de  la  chaîne  Ibérique^ prés  de Montalban (province de  Téruel,  Espagne). 
Note  de  M.  H.  Joly,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

J'ai  consacré  plusieurs  mois  de  1921  à  l'étude  géologique  des  monlag-nes 
■qui  constituent  ce  que  Ton  a  coutume  d'appeler  la  chaîne  Ibérique  ou  la 
chaîne  Celtibérique,  et  qui  s'étendent  sur  une  largeur  moyenne  de  5o'^'", 
des  environs  de  Burgos  à  l'Ouest  aux  environs  de  Téruel  à  l'Esl.  J'ai  pu 
observer  un  certain  nombre  de  faits  nouveaux,  les  uns  rclalifs  à  la  tectc- 
niquc,  d'autres  à  la  stratigraphie. 

Les  auteurs  espagnols  ou  français,  parmi  lesquels  il  faut  citer  en  pre- 
mière ligne  De  Cortazar  et  M.  Dereims,  qui  ont  écrit  sur  la  constitution 
géologique  des  montagnes  de  cette  chaîne,  n'ont  fait  qu'effleurer  la  partie 
tectonique,  étant  amenés  à  en  signaler  les  anomalies,  uniquement  à  l'occa- 
sion de  leurs  descriptions  stratigraphiques.  Nulle  part  dans  leurs  Ouvrages 
ne  se  trouve  signalée  l'observation  de  charriages,  et  les  plus  grandes 
complications  tectoniques  qu'ils  aient  remarquées  semblent  être  des 
renversements. 

C'est  ainsi  que  dans  la  région  de  Castel  de  Cabra,  vers  l'extrémité  orien- 
tale de  la  chaîne,  De  Cortazar  (' )  signale,  sans  toutefois  y  attacher  d'im- 
portance, une  faille  séparant  le  Jurassique  du  Crétacé  et  qui  fait  apparaître 
les  couches  du  Lias  en  position  verticale,  le  Lias  arrivant  même,  selon  cet 
auteur,  à  être  renversé  sous  des  terrains  plus  récents  aux  environs  de 
Montalban  et  de  Cualrodineros.  M.  Dereims  (-)  réédite  la  même  observa- 
tion, ajoutant  que  l'Infralias  et  le  Lias  se  redressent  et  se  renversent  sur  le 
Crétacé  inférieur  qui  les  surmontait.  «  Ce  renversement,  écrit  M.  Dereims, 
est  facile  à  observer  le  long  du  rio  Adovas,  à  2'^'"  à  l'est  de  Montalban  : 
dans  les  éboulis  qui  couvrent  l'Aptien,  on  trouve  en  abondance  les  ammo- 


(')  De  CouTAZAn,  Bosqaejo  -de  la  provincia  de  Teruel  {Bol.  del  Mapa  Geol.  de 
Espana,  t.  12,  i885). 

(-;  Dkrehis,  Rech.  dana  le  sud  de  V Aragon  ('l'Iièse,  Lille,   190N). 


SÉANCE  DU  20  MAf^S  1922.  82I 

nites  et  les  biachiopodes  du  Toarcien.  )>   Une  coupe  accompagne  cette 
description. 

J'ai  tenu  à  observer  les  mêmes  localités,  et  j'ai  [u  relever  une  belle  coupe 
le  long  du  rio  de  Palomar,  celui  sans  doute  que  M.  Dereims  appelle  no 
Adovas,  en  amont  et  ea  aval  du  pont  pittoresque  par  lequel  la  roule  de 
^[ontalban  à  Castel  de  Cabra  franchit  celle  rivière.  Otle  conjie  e>t  la 
suivante. 


Rio  MARTIN 


Cou|)e  le  long  du  rio  de  Palomar. 

Elle  dessine  uu  vaste  synclinal,  en  champij^non  renverse,  à  liane  sud 
couché  assez  fortement  vers  le  Nord  sous  l'effet  d'une  poussée  d'un  anti- 
clinal crétacé  qui  est  venu  le  surplomber  par  suite  d'une  faille  de  ciiarriage. 
L'axe  de  ce  synclinal  est  occupé  par  une  masse  puissante  de  poudingues 
que  les  auteurs  espagnols  ont  rattachée  au/Pertiaire  inférieur.  Sur  le  flanc 
nord  du  synclinal,  les  couches,  d'abord  redressées,  notamment  pour  former 
près  du  pont  sur  le  rio  de  Palomar  ces  murailles  verticales,  désignées  dans 
le  pays  sous  le  nom  de  Humhrias  (formes  humaines),  se  renversent  bientôt 
avec  le  Crétacé  à  couches  de  charbon,  puis  avec  le  Crétacé  inférieur  (Bar- 
rêmiçn )  à  Ostracés.  Sur  ce  dernier  repose,  par  l'intermédiaire  d'une  faille 
de  chairiage,  du  Jurassique  en  série  normale  ;  Toarcien  à  Diimortiena, 
Grammoceras^  lamellibranches  et  brachiopodes,  surmonté  de  Bajocien  avec 
Cancellophiciis^  puis  de  Balhonien. 

Sur  le  Jurassique  vient  reposer,  par  l'intermédiaire  d'une  nouvelle  faille 
de  charriage,  le  Trias  avec  marnes  bariolées  et  gypse.  Enfin,  à  l'extrémité 
nord  de  la  coupe,  lo  Silurien  repose  sur  le  Trias  (cette  dernière  partie  de 
la  coupe  est  prise  sur  la  rive  droite  du  rio  Martin,  presque  au  pied  du  vieux 
château  de  Montalban). 

Il  semble  que  l'on  puisse  interpréter  la  disposition  des  couches  de  la 
coupe  précédente  dans  le  sens  d'un  bassin  crétacée-tertiaire  relativement 


822  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

étroit  et  fragile  qui  a  été  resserré  sur  lui-même  et  comprimé,  contre  une 
sorte  de  horst  septentrional  silurien,  par  le  refoulement  vers  le  Nord  de 
couches  crétacées  et  tertiaires  exhaussées,  et  s'étendant  d'ailleurs  assez  lar- 
gement vers  le  Sud  en  plateforme.  Deux  accidents  principaux  à  allure  de 
faille  de  charriage  ont  été  la  résultante  de  ce  plissement  :  Tun  au  Nord, 
assez  vertical,  plongeant  vers  le  Nord,  l'autre  au  Sud.  plus  incliné  et  plon- 
geant a  ers  le  Sud.  Le  Silurien  lui-même,  loin  d'être  resté  immobile,  a  été 
affecté  par  les  plis  de  la  même  époque  ;  j'ai  pu  le  constater  en  étudiant  le 
versant  Nord  de  la  bande  primaire  de  Montalban-Segura. 

Un  peu  plus  à  l'Ouest,  à  Montalban  même,  à  hauteur  du  pont  sur  le  rio 
Martin,  on  retrouve  encore  le  Jurassi(jue  redressé  reposant  par  faille  sur  la 
tête  des  poudingues  tertiaires,  mais,  cette  fois,  sans  intercalai  ion  de  Crétacé. 

L'existence  de  déplacements  horizontaux  de  forte  amplitude,  dans  cette 
partie  de  la  chaîne  ïb('Ti(|ue,  semble  donc  un  fait  bien  établi.  Peut-être 
s'exagèrent-ils  jus(|u'à  mériter  le  nom  de  charriages. 

D'autre  part,  la  coupe  ei-dessus  fait  ressortir  un  parallélisme  complet 
entre  les  strates  du  Crétacé  et  celles  du  Tertiaire,  en  opposition  avec  ce 
qui  est  indi(|ué  dans  la  coupe  de  M.  Dereims.  Il  n'est  même  pas  possible 
d'établir  sur  le  terrain  une  séparation  entre  ces  deux  systèmes;  car,  entre 
les  grès  blancs,  jaunâtres  et  versicolores,  alternant  avec  des  argiles  bario- 
lées, qui  appartiennent  bien  nettement  au  Crétacé,  et  la  Jiiasse  des  conglo- 
mérats tertiaires,  on  observe  des  alternances  de  sédiments  gréseux  et  de 
sédiments  argileux  de  mêjue  teinte,  mais  dans  les({uels  s'introduit  de  plus 
en  plus  l'élément  a  conglomérat  l)réchoïdc  »  qui  finit  par  dominer  complè- 
tement. 

Cette  transformation  se  fait  progressivement  sur  une  série  puissante 
de  70'",  et  la  continuité  des  couches  avec  le  mêiiie  faciès  ne  permet  pas 
de  placer  la  lacune  signalée  par  M.  Dereims  s'étendant  à  tout  le  Crétacé 
supérieur  et  qui  semble  aussi  un  fait  bien  établi;  mais  il  m'a  paru  bon  de 
signaler  que,  malgré  la  lacune,  il  n'y  a  pas  eu,  entre  le  Crétacé  et  le  Ter» 
tiaire,  de  phénomène  de  plissements  ayant  laissé  des  traces. 

BOTANIQUE.  —  Détermination  de  /'optimum  dlnimidité  du  milieu  extérieur  . 
chez  les  Oscillaires.  Note  de  M.  Henri  Coupix,  présentée  par  M.  Gaston 
Bonnier. 

On  sait  que  les  Oscillaires,  Algues  du  groupe  des  Cyanophycées,  plongées 
dans  un  récipient  contenant  de  l'eau  douce  (je  ne  parle  que  des  espèces  non 


SÉANCE    DU    20    MARS    1922.  823 

marines,  les  seules  que  j'ai  étudiées),  se  divisent  en  éléments  courts (hormo- 
g'onies),  qui,  en  partie  (  ')  entraînées  par  les  bulles  d'oxygène  provenant  de 
l'assimilation  chlorophyllienne,  gagnent  les  régions  supérieures.  Arrivées 
là,  les  hormogonies  rampent  à  la  surface  de  l'eau,  atteignent  les  bords  et 
s'y  élèvent  sur  une  faible  hauteur  (i^'"  environ),  qui  n'est  jamais  dépassée. 
Le  même  fait  se  produit  dans  les  différents  endroits  où  elles  vivent,  par 
exemple  le  bord  des  marais,  des  ruisseaux,  des  murs,  etc.  On  peut  se 
demander  quelles  sont  les  raisons  de  cette  manière  de  se  comporter  et, 
a  priori,  en  chercher  l'explication  dans  certains  besoins  d'oxygénation,  de 
géogropisme,  de  lumière  ("),  de  nécessités  osmotiques,  de  consistance  da 
milieu,  etc.  Je  ne  chercherai  pas  à  démêler  riniluence  de  tous  ces  facteurs, 
et,  s'ils  agissent  tous  dans  le  même  sens,  à  chercher  quel  est  celui  qui  est 
prépondérant.  Je  n'envisagerai  que  celui  de  la  «  consistance  »  de  milieu, 
ce  qui  revient  à  étudier  sa  plus  ou  moins  grande  richesse  en  eau.  Il  est 
difficile  d'obtenir  des  milieux  plus  ou  moins  humides  et  plus  ou  moins  secs. 
Cependant  j'y  suis  parvenu,  jusqu'à  un  certain  point,  avec  une  exactitude 
qu'il  ne  faudrait  cependant  pas  exagérer,  en  constituant  des  gelées  formées 
d'une  quantité  plus  ou  moins  grande  de  gélose  (gonflée  à  chaud,  puis 
refroidie)  dans  de  l'eau  douce  ou  dans  du  liquide  de  Knop.  Les  Oscillaires, 
semées  à  la  surface,  y  prospèrent  plus  ou  moins  bien. 

Sur  la  gélose  à  o,5  pour  100,  gelée  qui  ne  fait  presque  pas  prise  et  reste  tiès  liquide, 
les  Oscillaires  prospèrent  mal,  et,  souvent  même,  |)as  du  tout,  surtout  si,  en  raison  de 
la  pesanteur,  elles  s'immergent  tant  soit  peu. 

Sur  la  gélose  à  i  pour  100,  les  Oscillaires  se  développent  parfaitement,  aussi  bien 
en  surface  quVn  profondeur,  de  telle  sorte  qu'en  quelques  jours,  les  petits  amas 
ensemencés  se  montrent  entourés  d'un  large  halo  vert,  011  les  hormogonies  sont  bien 
isolées  et  se  déplacent  lentement. 

Sur  la  gélose  à  i  pour  100,  le  développement  est  très  médiocre,  nul  en  profondeur^ 
tandis  qu'eu  surface  les  Oscillaires  se  présentent  en  longs  filaments  appliqués  paral- 
lèlement les  uns  au\  autres  en  «  faisceaux  »  verts,  visibles  à  l'œil  nu. 

Sur  la  gélose  à  3  pour  100  le  développement  est  nul  en  profondeur,  et  à  peu  pus 
nul  en  surface  (filaments  fascicules)  ;  il  le  devient  tout  à  fait  dans  la  gélose  à  plus  de 
3  pour  loo. 


(^)  Ce  point  serait  à  élucider,  car  il  m'a  bien  semblé  constater  l'ascension  d'hor- 
mogonies  en  dehors  de  toute  production  de  bulles  d'oxjgène  (tout  au  moins  sur  les 
parois  du  récipient). 

(^)  De  quelques  observations  superficielles,  il  m'a  semblé  que  les  Oscillaires 
demandent  beaucoup  de  lumière  pour  assinriiler. 


82/4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

On  voit  que,  dans  tous  ces  milieux  plus  ou  moins  aqueux,  le  développe- 
ment optimum  paraît  être  celui  qui  s'efîeclue  dans  la  gélose  à  i  pour  loo 
et  qu'il  est  médiocre,  à  la  fois,  dans  les  milieux  très  humides  (gélose  à 
0,5  pour  100)  et  dans  les  milieux  peu  humides  (gélose  à  2  el  3  pour  100), 
voire  même  nul  dans  les  milieux  très  peu  humides  (gélose  à  plus  de 
3  pour  toc).  La  grande  compacité  du  milieu  (gélose  à  2  ou  3  pour  100) 
amène  les  filaments  à  se  fasciculer. 

Il  semble  donc  que  si  l'humidité  est  indispensable  au  développement  des 
Oscillaires,  ce  qui  n'avait  pas  besoin  d'être  démontré,  il  ne  faut  pas  qu'elle 
soit  ni  trop  forte  ni  trop  faible.  Si,  dans  les  milieux  naturels,  les  Oscillaires 
quittent  l'eau  elle-même,  pour  gagner  les  parois  voisines  et  y  grimper,  c'est 
qu'elles  sont  à  la  recherche  de  l'optimum  de  Thumidité  qui  leur  convient; 
elles  s'arrêtent  dès  qu'elles  l'ont  atteint,  car,  au  delà,  la  sécheresse,  même 
relative,  les  ferait  languir,  puis  périr. 

La  quantité  d'eau  du  milieu  extérieur  apparaît  ainsi  comme  l'un  des  fac- 
teurs importants  de  la  manière  dont  se  comportent  les  Oscillaires,  mais 
peut-être  n'intervient-elle  qu'indirectement  en  agissant  sur  les  besoins  plus 
ou  moins  grands  d'oxygénation  de  ces  Algues  bleues,  si  répandues  partout. 

En  tout  cas,  des  constatations  ci-dessus  résumées,  il  résulte  que,  si  les 
Oscillaires  sont  des  végétaux  normalement  aquatiques,  elles  cherchent,  ce 
qui  est  assez  particulier,  et,  je  crois,  peu  répandu,  à  fuir  l'eau  le  plus  pos- 
sible, jusqu'à  ce  qu'elles  aient  atteint  la  limite  de  la  sécheresse  relative  com- 
patible avec  leur  existence;  il  leur  faut  do  l'eau,  mais  modérément. 


BOTANIQUE.  —  Beproduclion  des  Vaucheria/J*-/;*  zonsporcs  amihoïdes. 
Note  de  M.  A.  de  Pi  ymaly,  présentée  par  M.  P. -A.  Dangeard. 

En  18790  Stahl  mentionnait  chez  V.  geminata  i)C.  une  reproduction 
asexuée  fort  remarquable.  Il  s'agissait,  en  effet,  de  zoospores  amiboïdesqui 
sortent  en  grand  nombre  d'une  cellule  mère,  rampent  quelque  temps,  puis 
s'arrondissent,  s'entourent  d'une  membrane  et  finalement  germent  en 
donnant  chacune  un  nouvel  individu.  Cette  observation,  inattendue  chez 
un  Vaucheria,  semble  être  restée  exceptionnelle,  soit  qu'elle  n'ait  pas  attiré 
l'attention  des  botanistes  autant  qu'elle  le  méritait,  soit  que  les  conditions 


(')  E.  Si'AHL,  Ueber  die  RuhezuUande  der  Vauclieria  geminata  {Bol,  Zeit.^  t,  37, 
'879.  P-  129). 


SÉANCE    DU    20    MARS    1922. 


825 


D 


dans  lesquelles  elle  est  possible  ne  se  trouvent  réalisées  que  très  rarement. 
Or  j'ai  récolté,  en  février,  dans  les  environs  de  Bordeaux,  des  échantillons 
de  K.  hamala  DC,  qui  me  permettent  de  confirmer  et  de  compléter  la 

découverte  de  Slahl.  . 

La  plante  que  j'ai  étudiée,  franchement  aérienne,  formait  a  la  surface 
d'une  terre  sablonneuse  un  lacis  filamenteux  d'un  vert  pâle;  ça  et  la  cepen- 
dant, la  teinte  verte  était  plus  vive.  Les  régions  pâles  montraient  la  struc- 
ture normale  des   Vaucheria,  mais,  dans  les  parties  fortenient  colorées, 
l'aspect  était  tout  autre  :  les  filaments,  pourvus  d'une  ramification  nette- 
•  ment  dichotomique,  étaient  segmentés  en  une  série  d'articles  plus  ou  moins 
é.'aux.  Évidemment,  on  se  trouvait  ici  en  présence  d'une  forme  comparable 
à'celle  que  KiUzing  (Tab.  phycoL,  IV,  pi.  98)  figure  sous  le  nom  de  Go«- 
^rosin,  dichowma  et  que  Stahl  range  dans  le  cycle  de  développement  de 
1-.  ^eminala  (').  Les  articles  ont.  au  début,  la  structure  ordinaire  des 
Vaucheria;  placés  dans  l'eau,  ils  germent  en  émettant  chacun  un  tube  gei- 
minatif;  celui-ci  peut  naître  en  un  point  quelconque  de  leur  surface  et  sa 
direction  est  des  plus  variables.  Mais  ces  articles,  capables  de  reproduire 
la  plante  par  voie  végétative,  sont  en  réalité  l'étatjeune  de  futurs  sporanges. 
Ultérieurement,  en  effet,  leur  contenu  comme  l'a  vu  Stahl   est  le  siège  de 
divisions   simultanées  :    ainsi  s'isolent  un   nombre  variable,   mais  assez 

grand,  de  spores.  ...  .1 

Dans  les  cultures  de  Stahl,  peu  d'articles  germaient  directement;  la 
plupart  donnaient  des  spores.  Cet  auteur  ne  s'est  pas  aperçu  que  ses  com- 
portements différents  dépendent  de  l'état  de  différenciation  où  se  trouvent 
les  articles  lorsqu'on  les  transporte  dans  l'eau,  de  sorte  qu  il  en  a  conclu 
que  la  reproduction  par  spores  est  plus  fréquente  que  la  muUiphcation 
végétative.  Or  j'ai  obtenu  l'une  ou  l'autre  à  volonté  suivant  I  âge  des  élé- 
ments mis  en  expérience  :  au  contact  de  l'eau,  les  articles  âgés,  déjà  trans- 
formés en  sporanges,  fournissaient  des  spores,  tandis  que  les  jeunes,  a 
structure  de  Vaucheria,  ne  se  différenciaient  pas  en  sporanges  et  germaie.u 
directement. 

La   sporogénèse  débute  en  général  dans  les  articles  aplcaux.   A  ^^^f^!^"^''^  ^';^- 
con^pli'    le:  cellules  mères,   ou   sporanges,   perdent  leur  -"^.-'7^^'^f '.J,  i^ 
devenir  dolilformes  e.  finalement  presque  sphér.ques:  en  même  temps,  les  cloisons 


dilTérenl. 


Acluellemenl  le  terme  de  Gongrosira  désigne  un   genre  d'Ulotrichales  bien 


«26  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

transversales  continuent  à  s'épaissir  un  peu,  tandis  que  les  parois  lonollutlinales 
restent  minces  jusqu'au  moment  de  la  déhiscence.  Celle-ci,  dans  mes  cultures,  s"est 
toujours  produite  le  matin,  de  préférence  au  point  du  jour.  Une  ou  deu\  heures 
avant,  la  portion  interne  de  la  membrane,  de  nature  pectique,  se  i;onlle  tellement  que 
les  parois  loni^itudinales  deviennent  sept  à  huit  fois  plus  épaisses  ;  mais  cet  étal  précède 
de  très  près  la  sortie  des  spores  et  n'est  pas  celui  sous  lequel  se  présente  habituelle- 
ment la  forme  Goni;rosira,  comme  pourraient  le  laisser  supposer  les  figures  de  Stahl, 
sur  lesquelles  certains  auteurs,  G. -S.  West  entre  autres  (Algœ,  I.  Cambridge,  191G, 
p.  246),  se  sont  appuyés  pour  attribuer  à  ces  articles  une  membrane  normalement 
épaisse,  ce  qui  leur  donnerait  la  signification  de  kystes.  La  gélification  pectique  qui 
provoque  le  i;onnement  en  question  s'étend,  mais  à  un  degré  moindre,  à  la  partie 
externe  de  la  membrane  qui,  tout  d'abord,  se  distend,  puis  finalement  se  rompt.  C'est 
par  cette  déchirure  que  s'échappe  en  bloc  le  contenu  de  l'article  sous  la  forme  d'un 
sac  allongé,  dont  la  mince  membrane  se  perce,  au  bout  de  quelques  minutes,  d'un 
orifice  étroit,  par  lequel  les  spores  sont  expulsées  une  à  une  et  brusquement.  Ces 
spores  motiles  présentent  des  caractères  singuliers  :  ce  sont  des  masses  protoplas- 
miques  nues,  dont  la  forme  change  à  chaque  instant  et  qui  se  déplacent  à  l'aide  de 
mouvements  amiboïdes.  Entre  chaque  mouvement  de  progression,  cependant,  leur 
contour  est  plus  ou  moins  claviforme;  à  ce  moment-là,  elles  sont  longues  de  iGiV-  à  33H 
et  larges  de  i-iV'  à  \[\V-  au  niveau  de  la  partie  la  plus  renflée.  Leur  extrémité  la  plus 
mince  est  hyaline,  presque  dépourvue  d'inclusions,  tandis  que  le  reste  du  corps  ren- 
ferme des  chloroplastes,  des  gouttelettes  d'huile  et  tantôt  un,  tantôt  deux  novaux  que 
Stahl  n'avait  pu  mettre  en  évidence. 

Contrairement  à  l'affirmation  de  cet  auteur  et  contrairement  à  ce  qu'on  aurait  pu 
supposer  par  analogie  a\  ec  ce  qui  a  lieu  chez  les  zoospores  ordinaires,  la  région  claire 
ne  représente  pas  le  pôle  antérieur  de  la  spore,  mais  bien  sa  partie  postérieure  :  c'est 
toujours,  en  eflfet,  sur  l'extrémité  la  plus  renilée,  riche  en  inclusions,  que  naissent  les 
pseudopodes.  C'est  également  par  celte  extrémité  que  se  fait  la  fixation  des  spores, 
dont  les  mouvements  très  lents  (lo!^-  à  la  minute  en  moyenne),  non  influencés  par  la 
lumière,  durent  souvent  ■<  à  .'i  heures.  En  cessant  de  se  mouvoir,  la  cellule  s'arrondit, 
s'entoure  d'une  membrane,  tandis  que  les  inclusions  émigrent  à  la  périphérie  de  son 
corps  et  qu'une  vacuole,  dont  la  taille  grandit  rapidement,  en  occupe  le  centre.  La 
spore  arrondie,  de  17!^  à  juS^  de  diamètre,  gi'ossit  un  peu  parla  suite,  puis  germe  au 
bout  de  5  à  7  jours  ;  chaque  spore  émet  un  tube  qui  s'allonge  en  un  filament  de 
Vaucheiia. 

Les  deux  espèces  V.  f^eminata  et  F.  hamata,  d'ailleurs  très  voisines,  sont 
les  seules  où  cette ctirieuse  reproduction  soit  connue;  elles  sont  indifférem- 
ment aquatiques  ou  aériennes,  mais  les  individus,  qui  nous  ont  fourni  des 
zoospores  amiboïdes,  à  Stahl  et  à  moi,  croissaient  hors  de  l'eau.  Ce  fait  et, 
en  outre,  mes  expériences,  relatées  plus  haut,  laissent  présumer  que  ce 
mode  de  reproduction  est  incompatible  avec  la  vie  aquatique  et  ne  pour- 
rait s'observer  chez  les  espèces  constamment  submergées.  Quelques  gouttes 


SÉANCE    DU    20    MARS    I922.  827 

de   rosée  d'ailleurs    semblent  suffire    [)Our   produire    la    déhiscence    des 
sporanges. 

Une  étude  plus  détaillée,  accompagnée  de  dessins,  paraîtra  à  ce  sujet 
dans  un  Mémoire  en  préparation  sur  les  Algues  vertes  aériennnes. 


CHIMIE  VÉGKTALlî.  —  Sur  1(1  composition  cliimifiuc  de  F Eri>ot  de  Diss  et  de 
VErgot  d' Avoine.  Note  de  M.  Georges  Tanret,  présenlée  par  M.  L.  Ma- 
quennc. 

De  tous  les  ergots  que  l'on  rencontre  sur  les  Graminées  (ergots  dus,  on 
le  sait,  à  l'infection  de  l'ovaire  par  le  Claviccps puipurea'),  celui  de  seigle  est 
à  peu  près  le  seul  connu,  tanl  au  point  de  vue  chimique  qu'au  point  de  vue 
physiologique.  Des  auti'es,  nous  ne  savons  rien,  ou  presque  rien.  La  ques- 
tion mérite  pourtant  quelques  recherches  :  outre  sou  intérêt  propre  (un 
champignon  pathogène  est-il  capable  de  se  reproduire  sur  difïérents  hôtes 
avec  les  mêmes  caractères  chimiques  que  ceux  qui  l'accompagnent  sur  son 
milieu  habituel),  une  pareille  étude  parait  d'autant  plus  opportune  que  le 
seigle  ergoté  est  devenu,  depuis  la  fermeture  des  frontières  russes,  d'une 
rareté  telle  et  d'un  prix  si  élevé  qu'on  a  pu  craindie  un  moment  sa  dispa- 
rition de  notre  arsenal  thérapeutique.  Il  serait  donc  désirable  de  voir  si 
notre  territoire  national  ne  pourrait  pas  fournir  un  succédané  de  l'ergot 
de  seigle,  permettant  au  besoin  à  la  Fiance  de  s'affranchir  de  sa  dépen- 
dance vis-à-vis  des  marchés  étrangers,  l'Espagne  étant,  à  Theure  actuelle, 
presque  seule  à  en  fournir  le  monde  entier. 

Dans  cet  ordre  d'idées,  j'ai  entrepris  l'examen  de  deux  ergots  que  l'émi- 
nenl  botaniste  d'Alger,  M.  le  Professeur  Trabut,  m'a  signalés  comme  se 
rencontrant,  en  plus  ou  moins  grande  abondance,  sur  le  diss  et  sur  l'avoine. 

1.  Le  Diss  {Ampelodesmos  lenax  Linck)  est  une  haute  graminée  sauvage 
qui  croît  en  abondance  sur  les  terrains  argilo-calcaires  de  l'Afrique  dû 
Nord,  principalement  dans  l'Est- Algérien.  L'Ergot  de  Diss,  dont  la  forme 
rappelle  celle  de  l'ergot  de  seigle,  mais  plus  allongée,  plus  fine  et  plus 
arquée,  a  déjà  fait  l'objet  des  Mémoires  surtout  descriptifs  de  Bourlier  et 
Coudray,  de  Lallemant  (i863)  :  quelques  observations  cliniques  de  ces 
auteurs,  jointes  aux  expérimentations  physiologiques  de  Germaix  (1882), 
semblent  montrer  que  les  propriétés  de  cet  ergot  sont  analogues  à  celles  du 
seigle  ergoté. 


828  '  ACADÉMIE    DEt>    SCIENCES. 

Mes  analyses  ont  porté  sur  une  dizaine  de  kilos  d'ergol,  récoltes  en 
juin  1921,  dans  la  province  de  Constantine. 

L'ergot,  finement  moulu,  est  épuisé  par  l'alcool  à  85°  chaud.  Le  résidu 
de  la  distillation  de  cet  alcool  se  compose  de  deux  parties  :  un  liquide 
aqueux  rouge  et  un  mélange  de  graisses  et  de  résines. 

Celles-ci  ont  été  reprises  par  l'éther,  qui  dissout  les  graisses  :  la  résine, 
rougeâtre  et  pulvérulente,  reste  insoluble.  L'extraction  de  Vergoiininc  en 
est  particulièrement  délicate  et  l'on  échoue  si  on  lui  applique  les  méthodes 
classiques  d'isolement.  Par  un  procédé,  dont  le  détail  sera  donné  dans  un 
autre  Recueil,  j'ai  isolé  o^',  10  à'crgolinine  brute  par  kilo  de  diss,  celle-ci 
étant  formée  d'un  mélange  à  proportions  sensiblement  égales  d'ergotinine 
cristallisée  et  d'ergotinine  amorphe,  dite  aussi  hydroergotinine  ou  crgo- 
îoxine. 

Des  graisses  de  cet  ergot  on  a  de  plus  retiré  de  Vergostérine  (  i^,  20  au  kilo) 
qui  s'y  est  montrée  quatre  à  six  fois  plus  abondante  que  dans  l'ergot  de 
seigle. 

Quant  au  liquide  aqueux  qui  doit  sa  couleur  sang  à  un  pigment  rouge,  la 
sclérérythrine,  analogue  à  celui  du  seigle  ergoté  et  précipitabic  par  SO''H- 
à  4o  pour  100,  on  l'a  déféqué  par  le  sous-acétate  de  plomb  :  après  élimina- 
tion du  plomb  et  de  l'acide  acétique,  on  Ta  concentré  en  sirop  clair  et  repris 
par  l'alcool  à  90°  bouillant  :  par  refroidissement,  l'alcool  a  d'abord  laissé 
déposer  de  la  mannite  (8^,80),  puis  une  faible  cristallisation  de  tréha- 
lose  (o^,  70).  On  a  de  plus  dosé  2^,  80  de  sucre  réducteur  {glucose). 

Dans  l'extrait  alcoolique  privé  de  ses  sucres  on  a  eniin  recherché  la  pré- 
sence do  Vergothionéine.  Celle-ci,  précipitée  à  l'état  de  chloromeicurale 
qu'on  a  ensuite  décomposé  par  H- S,  a  été  obtenue  cristallisée  :  0^,40  |)ar 
kilo. 

IL  L'Avoine  est,  en  Algérie,  assez  souvent  parasitée  par  le  Clmiceps 
piirpuren.  L'ergot  d'avoine,  petit  et  trapu,  a  une  distfibution-  assez  capri- 
cieuse et  se  rencontre  surtout  dans  la  province  d'Oran.  Ses  proportions  sont 
très  variables  selon  les  années  :  les  avoines  ergotées  peuvent,  exceptionnel- 
lement, contenir  parfois  assez  d'ergot  pour  que  les  éleveurs  leur  attribuent 
certains  accidents  observés  par  eux  chez  les  Kquidés,  en  particulier  des 
avortemcnts  chez  les  juments;  mais  la  proportion  qu'elles  en  renferment  est 
en  général  assez  faible  (i5os  environ  au  quintal)  pour  ne  pas  nécessiter  de 
triage  et  ne  pas  attirer  l'attention  des  propriétaires  et  des  vétérinaires, 


SÉANCE    DU    20    MARS    1922.  829 

i><s'  d'ergot  a  fourni  60^  de  graisses  et  18"  de  résines,  desquelles  011 
a  pu  facilement  ol)tenir  i", 80  d'ergotinine  brute  :  celle-ci,  reprise  par 
TalcGol,  a  permis  d'isoler  0^,80  d'ergotinine  cristallisée,  blanche  et  pure, 
à  [a]i,  ==  -f- 369**.  Comme  le  rendement  moyen  des  seigles  ergotes  espa- 
gnols est  de  o^, 4o  a  0^,60  d'alcaloïde  cristallisé  par  kilogramme,  on  voit 
la  haute  teneur  de  l'ergot  d'avoine  en  ergotinine.  La  quantité  d'ergostérine 
(mélange  d'ergostérine  vraie  à  [x],,  —  126"  et  de  fongislérine  à  |a]„ — 22*') 
a  d'autre  part  été  de  o^"^,  70. 

Les  liqueurs  aqueuses  contiennent,  comme  dans  le  cas  précédent,  la  sch'- 
rérythrine  caractéristique  des  ergots.  Concentrées,  après  traitements  con- 
venables, et  reprises  par  l'alcool,  elles  abandonnent  une  abondante  cris- 
tallisation (32^  par  kilogramme)  d'un  mélange  sucré  à  [a]j,+  116°.  Devant 
la  difficulté  de  séparer  celui-ci  en  ses  constituants  par  l'action  des  divers 
solvants,  à  froid  et  à  chaud,  on  l'a  soumis  à  des  précipitations  fractionnées 
par  la  baryte  et  l'alcool  :  quand  les  fractions  de  tête  ont  atteint  -h  i65°, 
on  les  a  reprises  [)ar  l'alcool  à  85*^  chaud  :  en  recueillant  les  cristaux  déposés 
de  l'alcool  encore  tiède,  on  a  obtenu  du  tréhalose  tout  à  fait  pur.  Quant 
aux  fractions  de  queue,  ayant  -h  70",  on  les  a  additionnées  d'une  quantité 
de  molybdate  d'ammoniaque  égale  au  double  de  la  proportion  de  man- 
nite  qu'elles  étaient  supposées  contenir  :  en  même  lemps  qu'on  mesurait 
un  brusque  accroissement  du  pouvoir  rotaloire,  on  ne  tardait  pas  à  voir  se 
déposer  le  complexe  organo-niolybdique  que  j'ai  décrit  antérieurement  ('), 
à  [a]„=  +  52'',  5,  qui,  décomposé  ensuite  par  Ba(OH)-,  a  donné  de  la 
mannite  pure.  Le  mélange  sucré  primitif  était  ainsi  formé  de  70  pour  100 
de  tréhalose  et  de  3o  pour  100  de  mannite  (ergot  vieux  de  huit  mois).  On 
a  dosé  en  outre  14*'?  2  de  sucre  réducteur  (glucose)  par  kilogramme. 

La  quantité  d'ergothionéine  isolée  a  été  de  os,5o. 

IIL  On  voit  par  ces  recherches  que  l'on  retrouve  dans  l'ergot  de  diss  et 
dans  l'ergot  d'avoine  les  mêmes  principes  que  dans  l'ergot  de  seigle.  Mais 
la  proportion  en  est  fort  variable  quand  on  passe  de  Tun  à  l'autre.  En  par- 
ticulier celui  de  diss  est  pauvre  en  ergotinine  cristallisée,  alors  que  celui 
d'avoine  est  plus  riche  que  la  moyenne  des  seigles  ergotes  ordinaires.  Si 


(')  G.  Tanrut,  Comptes  rendus,  l.  172,  j<)2(,  p.  j5oo.  La  cartnctérisalion  de  la 
mannite  par  l'isolement  direct  de  son  complexe  molybdique  a  réussi  d'emblée  sur  une 
cristallisation  à  [scji)  -t~  !43°,  formée  de  8  parties  de  tréhalose  et  de  2  de  mannite. 


83o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

donc  l'ergot  de  diss  ne  paraît,  au  point  de  vue  des  principes  étudiés, 
pouvoir  constituer  un  succédané  de  l'ergot  de  seigle  que  dans  les  années  de 
disette  et  les  périodes  de  crise,  il  n'en  est  pas  de  même  de  l'ergot  d'avoine 
qui  semble  pouvoir  être  substitué  au  seigle  ergoté  dans  tous  ses  emplois.  A 
ce  titre,  la  récolte  de  ces  ergots  pourrait  constituer  pour  nos  provinces 
algériennes  une  source  de  revenus,  et  même  de  richesses,  qu'il  leur  serait 
facile  d'exploiter. 


ZOOLOGIE.  —  Suf  les  relations  du  Cruslacé  et  de  PEporii^e  chez  les  Cirripèdes 
spongicoles.  Note  de  M.  Ch.-J.  Gravier,  présentée  par  M.  E.-L. 
Bouvier. 

Parmi  les  exemplaires  nombreux  d'un  Cirripède  spongicole  nouveau 
[Acasta  armata  Gravier  (')]  que  j'ai  rapportés  de  la  Côte  des  Somalis 
en  1904,  il  en  est  deux  qui  sont  entièrement  remplis  par  l'Eponge  qui  leur 
servait  de  support.  D'après  M.  E.  Topsent,  cette  Eponge  appartient  à  la 
famille  des  Benieridœ,  dont  la  taxonomie  présente  de  grandes  difficultés; 
son  tissu  compact  est  soutenu  essentiellement  par  des  spicules  siliceux  à 
un  axe. 

En  se  fixaht  à  la  surface  de  l'Eponge,  la  larve  du  Cirripède  y  trouve  un 
précieux  support.  Les  Eponges  créent  autour  d'elles,  grâce  aux  mouve- 
ments de  leurs  appareils  vibratiles,  une  circulation  intense  dans  l'eau  qui 
les  baigne,  favorable  à  tous  égards  au  Crustacé.  Autour  de  la  région 
occupée  par  ce  dernier,  l'Eponge  continue  à  croître;  peu  à  peu,  le  Crus- 
tacé s'enfonce  passivement  dans  la  masse  de  son  hôte.  Même  dans  le  cas  le 
plus  favorable,  où  le  Cirripède  est  fixé  normalement  à  la  surface  du  sup- 
port, l'Eponge,  en  grandissant,  finit  par  atteindre  le  niveau  de  l'orifice  de 
la  muraille.  A  ce  moment,  entrent  en  jeu,  chez  V Acasta  armata,  les  épines 
recourbées  vers  l'extérieur,  portées  par  la  muraille,  qui  peuvent  arrêter, 
au  moins  un  certain  temps,  l'envahissement  par  FEponge  de  la  cavité  où 
vit  le  Cirripède.  Ces  soies  robustes  peuvent  être  considérées  comme  des 
organes  de  défense  vis-à-vis  de  l'Eponge;  elles  permettent  aux  cirres  de 
continuer  à  se  mouvoir  et  d'assurer  la  respiration  et  l'alimentation  de 
l'animal.  Mais  quand  les  tissus  de  l'Eponge  se  développent  autour  et 
au-dessus  de  l'orifice  de  la  muraille,  la  vie  du  Crustacé  devient  de  plus  en 

(*)  Cf.  Bull.  Mas.  llisi.  /latur.,  l.  27,  1921,  p.  353. 


SÉANCE  DU    20   MARS    1922.  83) 

plus  pénible,  puis  lout  à  fait  impossible.  Le  Cirripède  meurt  et  l'Eponge 
peut  pénétrer  à  l'intérieur  du  revêtement  calcaire  de  ce  Cirripède. 

Comment  TEponge  pénètre-l-elle  dans  la  cavité  circonscrite  par  le  sque- 
lette externe  du  Crustacé?  L'un  des  exemplaires  signalés  plus  haut  est 
presque  entièrement  rempli  par  les  tissus  de  l'Kponge;  il  reste,  au  sommet, 
une  cupule  remplie  de  débris  variés  qui  sont,  en  partie  au  moins,  formés 
par  ce  qui  reste  de  l'animal.  L'envahissement  a  dû  se  faire  ici  par  la  base, 
dont  il  ne  subsiste  plus  que  quelques  fragments  à  la  surface  du  moule  interne 
constitué  par  l'Epongé.  On  remarque  d'ailleurs,  chez  la  plupart  des  indi- 
vidus de  grande  taille  parvenus  à  l'état  adulte,  que  la  base  est  fortement 
corrodée,  tandis  que  chez  les  jeunes,  en  général,  elle  demeure  intacte  et 
elle  présente  à  sa  surface  de  fines  stries  d'accroissement.  Chez  certains 
exemplaires,  la  base  a  l'aspect  d'une  écumoire  qu\  serait  incomplètement 
percée.  Le  calcaire  de  la  base,  de  consistance  homogène  apparemment,  est 
fort  irrégulièrement  entamé.  Des  plages  relativement  étendues,  avec  leurs 
stries  parallèles  au  bord  libre,  conservent  leur  intégrité,  alors  qu'autour 
d'elles,  tout  est  plus  ou  moins  profondément  creusé.  Il  y  a  aussi  des  perfo- 
rations isolées  dans  des  territoires  bien  conservés.  Il  paraît  très  vraisem- 
blable que  c'est  l'I^ponge  qui,  avec  ses  faisceaux  de  spicules  siliceux  à  un 
axe,  attaque  la  base  calcaire  peu  épaisse  du  Cirripède,  tout  comme  les 
Cliones  percent  les  coquilles  des  Mollusques  et  aussi  les  Madréporaires  des 
récifs,  qu'elles  minent  parfois  assez  profondément  pour  en  provoquer 
l'éboulement  et  l'émiettement.  L'attaque  de  la  base  se  fait  lorsque  le  Cirri- 
pède est  parfaitement  vivant;  on  voit,  en  effet,  des  individus  en  très  bon 
état  et  encore  jeunes,  dont  la  base  est  déjà  toute  corrodée  par  l'Eponge. 
11  est  possible  qu'en  pénétrant  à  l'intérieur  du  squelette  d'individus  jeunes 
des  Cirripèdes  en  question,  l'Eponge  parvienne  à  les  tuer  avant  leur  enfouis- 
sement complet. 

Du  reste,  l'euNabissement  peut  se  faire  par  ailleurs  chez  les  Acasta, 
notamment  par  les  fenêtres  dont  est  percée  normalement  la  muraille  de 
certaines  espèces  et  qui,  chez  l'animal  vivant,  ne  sont  fermées  que  par  une 
mince  membrane.  Déplus,  ch^z  les  Acasta,  la  muraille  paraît  être  simple- 
ment posée  sur  la  base  et  l'Eponge  peut  s'insinuer  entre  ces  deux  parties 
du  test.  Dans  la  masse  de  l'Eponge  qui  servait  de  support  aux  Cirripèdes 
dont  il  est  question  ici,  on  trouve  les  enveloppes  calcaires  de  quelques-uns 
de  ces  derniers,  qui  ont  été  englobés  graduellement  par  leur  substratum 
vivant. 

Parmi    les    exemplaires    à'Acasta    glans   Lamarck    des    collections    du 


832  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

Muséum,  il  en  est  un  qui  est  rempli  par  TEpongc  cornée  servant  de  sup- 
port; le  test  est  intact.  On  aperçoit  très  nettement,  au  niveau  de  la  sépa- 
ration de  la  muraille  et  de  la  base,  des  fragments  du  s(|ueietle  corné  de 
l'Eponge  qui  paraissent  avoir  été  en  continuité  avec  les  fibres  cornées  de 
la  partie  de  l'I^ponge  extérieure  à  la  paroi  calcaire  du  Crustacé-,  il  semble 
bien  que  c'est  parce  lieu  de  moindre  résistance  que  s'est  faite  la  pénétration 
de  TEponge  dans  le  Cirripède.  11  en  esl  de  même  pour  un  spécimen  d'Acasla 
cyathus  Darwin  des  mêmes  collections. 

Chez  une  autre  Éponge  cornée  donnant  asile  à  des  exemplaires  àWcasla 
Icvigala  J.-E.  Gray,  la  plupart  des  Cirripèdes  sont  situés  au  fond  de  puits 
(jui  se  refermaient  peu  à  peu  au-dessus  d'eux  quand  l'Eponge  a  été  recueillie. 
Il  s'est  formé  comme  des  sortes  de  galles  autour  des  Crustacés;  plusieurs 
d'entre  eux  sont  même  enfouis  dans  le  support.  Leur  |)résence  n'est  plus 
indiquée  que  par  une  saillie  à  la  surface;  il  n'y  a  plus  trace  de  l'ouverture 
primitive. 

J'ai  signalé  des  faits  du  même  ordre  chez  les  Madréporaires  des  récifs  de 
Coraux  ('  )  attachés  au  sol  ou  à  des  supports  solides,  comme  les  Éponges, 
et  incapables,  comme  celles-ci,  de  réagir  directement  contre  les  animaux 
si  variés  qui  viennent  se  fixer  à  leur  surface.  Ces  êtres  sédentaires  se 
défendent  cependant,  à  leur  façon,  contre  leurs  hôtes  encombrants,  com- 
mensaux ou  parasites,  qu'ils  enveloppent  finalement  et  auxquels  ils  four- 
nissent d'abord  un  gîte  et,  ultérieurement,  un  tombeau. 

A  i6  heures  et  demie,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 

La  séance  est  levée  à  17  heures. 

É.   P. 

(')  Comptes  rendus,  l.  152.   1911,  p.  2io-2rj. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU    LUNDI   27   MARS    IÎI22. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  COM.MUiXICATIONS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

M.  le  Président  annonce  à  l'Académie  le  décès  de  M.  Louis  Ranvicr, 
survenu  à  Vendranges  (Loire),  le  22  mars  dernier  : 

M.  Henxeguy  donne  lecture  d'une  Notice  nécrologique, 

L'Académie  perd  en  la  personne  de  M.  R.vnvier,  doyen  'de  la  Section 
d'Anatomie  et  de  Zoologie,  l'un  de  ses  membres  les  plus  anciens  et  les  plus 
cminents,  qui  a  grandement  honoré  la  Science  française. 

Né  à  Lyon,  le  2  octobre  i835,  Louis-Antoine  Hanvier",  tout  en  poursui- 
vant des  études  médicales,  fut  de  bonne  heure  attiré  vers  les  recherches  de 
science  pure  et  se  consacra  à  l'Histologie  et  à  l'Anatomie  pathologique. 

L'Histologie,  vers  1860,  sous  l'influence  des  travaux  de  Leydig,  Kol- 
liker,  Max  Schultze,  venait  de  faire  à  l'étranger  de  réels  progrès.  Elle 
n'était  représentée  chez  nous  que  par  Charles  Robin  qui,  disciple  intellec- 
tuel de  Schwann,  professait  des  idées  en  opposition  avec  celles  de  la  jeune 
école  allemande.  Ranvier,  encore  jeune  étudiant,  comprit  que  la  France^ 
patrie  de  Ricliat,  fondateur  de  l'Anatomie  générale,  ne  pouvait  se  laisser 
devancer  par  les  nations  étrangères;  il  eut  la  noble  ambition  de  contri- 
buer par  ses  propres  recherches  à  étendre  nos  connaissances  sur  la  struc- 
ture intime  des  tissus  des  organismes.  Avec  l'aide  de  son  camarade  d'in- 
ternat, Gornil,  il  installa,  rue  Christine,  à  Paris,  un  petit  laboratoire  privé, 
dans  lequel  les  deux  collaborateurs,  tout  en  préparant  leur  Traité  d'Ana- 
tomie pathologique,  qui  devait  rapidement  devenir  classique,  enseignaient 
aux  étudiants  en  Médecine  les  principes  de  l'Histologie. 

Les  premiers  travaux  de  Ranvier  attirèrent  l'attention  de  Claude  Bernard 

C.  R.,  1922,  r"  Semestre.  (T.  174,  N*  13  )  ^' 


834  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

qui,  en  1867,  le  prit  comme  préparateur  de  son  Cours  au  Collège  de 
France,  puis  lui  confia  la  direction  d'un  laboratoire  d'Histologie  de  l'Ecole 
pratique  des  Hautes  l'^tudes,  rattaché  à  sa  chaire,  et  obtenait,  en  18^5,  des 
pouvoirs  publics,  la  cr(''ation  pour  son  collaborateur  d'une  chaire  d'Ana- 
tomie  générale  dans  ce  même  établissement. 

C'est  au  Collège  de  France  que,  pendant  plus  de  3o  années,  Ranvier 
travailla  avec  une  ardeur  inlassable  et  fit  toutes  les  belles  découvertes  qui 
ont  illustré  son  nom.  En  1886,  il  entrait  à  l'Académie  de  Médecine  et, 
l'année  suivante,  notre  Compagnie  l'appelait  à  remplacer  Ch.  Robin  dans 
la  Section  d'Anatomie  et  de  Zoologie.  Il  était  déjà,  à  cette  époque,  corres- 
pondant et  membre  honoraire  de  nombreuses  Sociétés  et  Acad(''mies  étran- 
gères et  docteur  honoris  causa  de  l'Universiu''  de  Wûrzburg. 

Il  est  difficile  de  résumer  l'œuvre  de  notre  confrère  :  elle  comprend  tout 
le  domaine  de  l'histologie.  Il  n'est  pas  de  système  de  tissus  qu'il  n'ait 
étudié  en  soumettant  ses  observations  à  toute  la  rigueur  de  la  méthode 
expérimentale  qu'il  tenait  de  son  maître  Claude  Bernard.  Doué  d'une 
dextérité  manuelle  des  plus  remarquables,  en  employant  des  procédés  de 
dissociation  aussi  simples  qu'élégants,  imaginés  par  lui,  et  des  modes  de 
coloration  nouveaux,  permettant  de  dillérencier  les  éléments  des  tissus,  il  a 
pu  trouver  un  très  grand  nombre  de  faits  nouveaux  des  plus  importants, 
que  n'ont  pu  que  confirmer,  à  l'aide  de  méthodes  plus  compliquées,  les 
histologistes  qui,' après  lui,  ont  étudié  les  mêmes  objets.  A  l'habileté  du 
technicien  il  joignait  l'ingéniosité  de  l'expérimentateur.-  Ranvier  ne  se 
contenta  pas,  en  ellét,  de  décrire  et  figurer  la  structure  des  tissus  et  de 
leurs  éléments,  comme  l'avaient  fait  ses  prédécesseurs,  il  voulut  connaître 
le. fonctionnement  de  ces  tissus  et  des  cellules.  Il  a  créé,  selon  l'expression 
de  Claude  Bernard,  l'histologie  expérimentale,  ébauchée  par  Bichat.  C'est 
en  cela  surtout  que  son  œuvre  se  distingue  de  celle  des  histologistes  alle- 
mands, ses  contemporains. 

Dans  ses  magistrales  leçons,  professées  au  Collège  de  France  et  puljliées 
par  ses  élèves,  sur  le  Système  musculaire^  sur  le  Système  nerveux,  sur  les 
Appareils  nerveux  terminaux  des  muscles  de  la  vie  organique^  la  physiologie 
tient  une  aussi  large  place  que  l'histologie  proprement  dite. 

Les  faits  nouveaux  dont  le  savant  professeur  du  Collège  de  France  a 
enrichi  la  Science  sont  trop  nombreux  pour  qu'on  puisse  seulement  les 
énumérer.  Je  me  bornerai  à  signaler  les  principaux.  Dans  le  domaine  du 
système  nerveux,  la  découverte  des  étranglements  annulaires  lui  a  permis 
de  montrer  que  la  gaine  de  Schwann  des  fibres  à  myéline  est  constituée 


SÉANCE   DU    27    MARS    1922.  835 

par  une  srrie  de  cellules  placées  bout  à  bout.  Il  établit  les  caractères  dis- 
tinctifs  des  fibres  nerveuses  sans  myéline  et  des  fibres  conjonctives.  Ses 
recherches  sur  la  réj^énération  des  terminaisons  nerveuses  dans  la  cornée 
et  les  épithéliums  l'ont  amené  à  admettre  que  la  croissance  des  fibres 
nerveuses  a  lieu  par  bourgeonnement.  Dans  le  système  musculaire,  il  dis- 
tingua les  muscles  rouges  à  contraction  plus  ou  moins  lente  des  muscles 
pâles  qui  se  contractent  plus  rapidement,  et  il  étudia  avec  soin  le  mode  dt 
vascularisation  et  d'innervation  de  ces  muscles.  Pour  le  tissu  conjonctif, 
dont  la  constitution  avait  donné  lieu  à  de  nombreuses  controverses,  il  a 
montré  que  les  cellules,  qu'on  voit  si  nettement  dans  le  tissu  lâche,  se 
retrouvent  dans  ce  qu'il  a  appelé  le  tissa  conjonctif  modelé^  les  ligaments 
et  les  tendons.  Il  convient  enfin  de  rappeler  ses  recherches  sur  le  dévelop- 
pement et  la  constitution  du  système  osseux,  sur  la  structure  de  la  peau  et 
des  corpuscules  du  tact,  sui-  la  rétine,  sur  le  sang  et  le  développement  des 
vaisseaux,  sur  les  glandes  muqueuses  et  le  mécanisme  de  leur  sécrétion. 
Toutes  ces  découvertes  forment  un  ensemble  considérable  et  se  trouvent 
résumées  dans  son  célèbre  Traité  technique  d^llistolot^ic.  Ouvrage  absolu- 
ment original,  qui  fut  traduit  en  plusieurs  langues,  et  qui  est  encore 
aujourd'hui  entre  les  mains  de  tous  les  histologistes. 

Ranvier  n'a  pas  été  un  travailleur  solitaire.  Sa  réputation  mondiale 
attirait  à  son  laboratoire  de  nombreux  élèves  et  d-es  savants  étrangers  qui 
venaient  s'initier  à  ses  méthodes  ou  entreprendre  des  recherches  sous  sa 
direction  et  celle  de  son  dévoué  collaborateur  Malassez.  Il  était  le  chef 
incontesté  de  rÉcole  histologique  française,  et  tous  les  maîtres  actuels  de  la 
médecine,  de  la  physiologie,  de  l'anatomie  pathologique,  comme  de  l'histo- 
logie, peuvent  revendiquer  l'honneur  d'avoir  été  ses  disciples. 

Après  une  vie  de  labeur  incessant,  bien  que  jouissant  encore  de  toutes 
ses  facultés  physiques  et  intellectuelles,  notre  confrère  pensa  qu'il  avait 
droit  à  un  repos  bien  mérité.  Il  abandonna  son  enseignement  du  Collège  de 
France  et  se  retira  dans  sa  belle  propriété  de  Thélys,  non  loin  de  Roanne, 
où,  comme  Cincinnatus,  il  se  consacra  aux  travaux  champêtres.  C'est  là 
qu'il  vient  de  s'éteindre  dans  sa  quatre-vingt-huitième  année.  Depuis  vingt 
ans.  il  avait  cessé  d'assister  à  nos  séances  et  beaucoup  d'entre  nous  ne  l'ont 
pas  connu.  Mais  ceux  qui,  comme  moi,  ont  eu  la  bonne  fortune  d'être  son 
élève,  son  collègue  et  son  ami,  et  de  pouvoir  apprécier  les  qualités  de 
l'homme  privé  en  même  temps  que  la  grande  valeur  du  savant,  conserve- 
ront de  lui  un  souvenir  ému  et  reconnaissant. 

L'œuvre  de  Ranvier  est  impérissable  et  ses  travaux  demeureront  un  titre 
de  gloire  pour  notre  pays. 


836  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  — Sur  unc  théorie  classique  de  Cauchy. 
Note  de  M.  E.GouRSAT. 

Dans  deux  Notes  récentes  ('),  M.  Mittag-Leffler  est  revenu  sur  une 
ancienne  démonstration  du  théorème  de  Cauchy,  pour  la  comparer  avec 
celle  que  j'ai  publiée  en  1900.  Pour  éviter  tout  malentendu,  je  voudrais 
préciser  en  quelques  mots  les  conclusions  de  cette  comparaison. 

La  démonstration  que  j'ai  donnée  suppose  uniquement  l'existence  de  la 
dérivée^  tandis  que  la  plupart  des  démonstrations  antérieures  supposaient, 
plus  ou  moins  explicitement,  que  le  rapport 

/(^  +  /0-/(^) 
h 

end  uniformément  vers /(s)  lorsquT'  \h  \  tend  vers  zéro.  Dans  la  démons- 
tration plus  ancienne  à  laquelle  il  fait  allusion,  M.  Mittag-Leffler  avait 
remplacé  cette  condition  par  une  condition  analogue;  une  expression 
formée  avec  les  valeurs  de  la  fonction  /(g)  en  trois  points  infiniment  voisins 
doit  tendre  uniformément  vers  zéro.  Ma  démonstration  est  donc  la  pre- 
mière, du  moins  je  le  crois  jusqu'à  preuve  du  contraire,  qui  ne  fait  inter- 
venir aucune  condition  de  ce  genre.  C'est  un  point  que  je  tenais  à  préciser, 
parce  que  les  Notes  de  M.  Mittag-Leffler  pouvaient  donner  lieu  à  quelque 
confusion. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  la  fabrication,  de  la  soude  à  P ammoniaque. 
Note  de  M.  H.  le  Chatelier. 

Les  expériences  de  M.  Toporescu,  relatives  à  la  préparation  du  bicar- 
bonate de  sodium,  qui  sont  données  ci-dessous  (-),  permettent  de  formu- 
ler quelques  conclusions  intéressantes  au  sujet  de  la  fabrication  de  la  soude 
à  l'ammoniaque,  en  particulier  de  calculer  le  rendement  théorique  de  l'opé- 
ration, c'est-à-dire  la  proportion  de  NaCl  transformable  en  NaHCO^ 
cristallisé.  La  comparaison  entre  ce  rendement  théorique  et  le  rendement 
pratique  obtenu  dans  les  usines  permet  de  se  rendre  compte  de  la  perfec- 

(')  Comptes  rendus,  l.  173,  1921,  p.  1041,  et  t.  17V,  1922.  p.  789. 
{■'-)    Page  870. 


SÉANCE    DU    27    MARS    1922.  837 

tion  plus  ou  moins  grande  avec  laquelle  sont  conduites  les  opérations  indus- 
trielles. 

Pour  cette  discussion,  j'emploierai  la   représentation  géométrique  sur 
diagramme  carré  {fig.  i),  dont  j'ai  indiqué  l'usage  il  y  aura  bientôt  trente 


B 


BSCO^ 


ans(')  et  dont  j'ai  précisé  récemment  les  conditions  d'emploi  (-V  Dans  le  but 
de  mieux  fixer  les  idées,  je  prendrai  un  mélange  salin  déterminé,  renfermant, 
par  exemple,  o'°°S32  de  NaCl  et  o'^'^^ôS  de  NH'HCO%  représenté 
sur  le  diagramme  par  le  point  figuratif  M,  situé  sur  la  diagonale  CD.  La 
quantité  d'eau  nécessaire  pour  dissoudre  une  molécule  de  ce  mélange  est, 
d'après  les  expériences  de  M.  Toporescu,  de  4oo^. 


(')  Comptes  rendus,  t,  118.  1894,  p-  ^i5, 
(^)  Comptes  rendus^  t.  172,  1921,  p.  345. 


838 


ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


En  évaporant  cette  solution,  le  bicarbonate  cristallise  progressivement 
et,  en  même  temps,  le  point  figuratif  de  la  dissolution  se  déplace  suivant  la 
ligne  MK.  Le  prolongement  de  cette  ligne  passe  par  le  sommet  du  carré  A, 
par^e  que  le  dépôt  du  bicarbonate  ne  modifie  pas  les  proportions  relatives 
de  chlore,  et  d'ammonium  existant  dans  la  dissolution. 


1,0 


Mol,  KaCl  dans  la  solution  Initiale. 


Fij 


Tant  que  le  point  figuratif  n'est  pas  arrivé  en  K,  il  se  dépose  exclusive- 
ment du  bicarbonate.  Pour  avoir  ce  sel  pur,  il  ne  faut  pas  dépasser  la  con- 
centration correspondant  à  ce  point.  Au  delà,  on  aurait  un  dépôt  siniuhané 
des  deux  bicarbonates  d'ammonium  et  de  sodium  ;  le  point  figuratif  suivrait 
alors  la  ligne  KJ. 

On  calcule  graphiquement  la  proportion  de  bicarbonate  cristallisé  au 


SÉANCE    DU    27    MARS    I922.  SSq 

moment  où  l'on  atteint  le  point  K,  en  employant  la  règle  que  j'ai  indiquée 
précédemment  (').  On  joint  le  point  K  au  sommet  D  du  carré,  puis  parle 
point  M  on  mène  une  parallèle  à  cette  droite.  Celte  parallèle  coupe  le 
côté  AD  du  carré  au  point  N  et  le  segment  DN  donne  le  nombre  de  molé- 
cules de  bicarbonate  cristallisé,  la  longueur  du  côté  du  carré  représentant 
une  molécule.  On  trouve  ainsi  une  quantité  de  bicarbonate  égale  à  o'°°',ii. 
Le  rapport  de  ce  nombre  à  la  quantité  initiale  de  chlorure  de  sodium  mise 
en  expérience,  o™"',32,  donne  le  rendement  o,345. 

On  peut,  par  la  même  méthode,  calculer  le  rendement  pour  des  mélanges 
de  composition  initiale  quelconque.  Dans  le  procédé  habituel  de  fabrication 
de  la  soude,  où  l'on  rejette  chaque  fois  les  eaux  résiduaires  après  en  avoir 
récupéré  l'ammoniaque,  les  points  figuratifs  des  divers  mélanges  mis  en 
expérience  se  trouvent  nécessairement  sur  la  diagonale  CD  parce  qu'il  y  a 
toujours  égalité  entre  le  nombre  d'atomes  de  Na  et  de  Cl,  entre  le  nombre 
de  molécules  de  NH'  et  CO^H.  Voici  les  résultats  du  calcul  pour  un  certain 
nombre  de  mélanges.  On  a  donné  dans  la  première  colonne  l'indication  de 
la  quantité  d'eau  nécessaire  pour  dissoudre  i™"'  du  mélange  salin  mis  en 
expérience  et  dans  la  dernière  colonne  la  quantité  d'eau  nécessaire  pour 
dissoudre  1™°'  du  mélange  final. 

Points  E;ui  XaCI  XalICO'  lUndeinent  I^;iii 

du  diagramme.  pour  1™°' sel.      initial.         recueilli.  final.  pour  1'"°'. 

1  —  L 280  o,238  0,000  0,000  280 

2 — MK 4oc)  0.320  0,110  0,345  240 

3 450  o,384  0,200  0,622  ^10 

k 490  0,446  o,3oo  0,6-3  i65 

5 5o5  o,5oo  0,370  0,740  i4o 

6 — OJ 5io  0.626  o,4oo  0.766  127 

7 490  o,6o4  o,35o  0,680  122 

8 — QI 460  0,696  o.3io  0.463  118 

9 4oo  0.782  0,210  0,34./-  i34 

10 161  0,980  0,000  0,000  161 

Ces  valeurs  du  rendement  ont  été  reproduites  graphiquement  sur  la 
figure  2.  On  remarquera  que  le  rendement  maximum  est  placé  au  sommet 
d'un  angle  très  aigu,  de  telle  sorte  <{ue  pour  de  très  légers  changements 
dans  la  composition  initiale,  dans  un  sens  ou  dans  l'autre,  le  rendement 
diminue  très  rapidement.  C'est  là  un  point  essentiel  à  prendre  en  considé- 

(1)  Loc.  cit.,  p.  349. 


84o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

ration  dans  la  fabrication;  il  est  indispensable  de  régler  avec  une  très 
grande  précision  la  composition  des  mélanges  traités. 

Le  mode  opératoire  envisagé  dans  cette  discussion  ne  correspond  pas  aux 
conditions  de  la  pratique;  on  ne  procède  jamais  par  concentration  de  disso- 
lutions initialement  très  diluées.  On  introduit  au  contraire  les  sels  dans  une 
quantité  fixe  d'eau,  qui  reste  invariable  pendant  toute  la  cristallisation  du 
bicarbonate.  Au  point  de  vue  théorique  peu  importe,  car  l'état  final  d'un 
système  en  équilibre  est  indépendant  des  états  intermédiaires  par  lesquels 
il  est  antérieurement  passé.  Cela  suppose,  bien  entendu,  que  toutes  les 
opérations  sont  rigoureusement  réversibles,  qu'il  ne  se  forme  pas,  par 
exemple,  de  croûtes  imperméables  de  bicarbonate  de  sodium  sur  des  sels 
non  encore  dissous,  qui  seraient  ainsi  éliminés  du  champ  de  la  réaction, 
comme  cela  peut  se  produire  si  l'on  introduit  les  deux  sels  NaCl  et 
NH^HGO^  à  l'état  solide  dans  un  volume  donné  d'eau.  Pour  éviter  cet 
enrobage,  il  est  indispensable  de  prendre  les  sels  à  un  très  grand  état  de 
finesse. 

En  faisant  dissoudre  i"'**'  du  mélange  optimum  dans  76^  d'eau,  soit 

Molécules.  Poids. 

Na  Cl o  .  52.5  29 ,  2 

NH'^IICO' 0,475  39,5 

1 , 000  68 , 7  \ 

Dans  eau 76» 

on  doit  théoriquement  retirer,  à  la  température  de  i5°,  Zj^^  de  bicarbonate 
de  sodium  cristallisé.  En  faisant  cette  expérience,  j'ai  obtenu  4i^,S.  Le  sel 
avait  été  lavé  avec  une  solution  saturée  de  bicarbonate  pur. 

Industriellement,  on  part  eu  réalité  d'une  solution  de  chlorure  de  sodium 
plus  ou  moins  voisine  de  la  saturation,  dans  laquelle  on  fait  dissoudre  de 
l'ammoniaque  provenant  de  la  distillation  des  eaux  résiduaires,  puis  on  fait 
passer  de  l'acide  carbonique  de  façon  à  obtenir  le  bicarbonate  d'ammo- 
nium, qui  réagit  au  fur  et  à  mesure  sur  le  chlorure  de  sodium. 

Prenons  le  cas  d'une  solution  saturée  de  chlorure  de  sodium  renfermant 
jinoi  jg  ^Q  ggj^  gQ-j^  58s,  5  dans  i63f^'  d'eau  et  ajoutons-y  1'"°'  d'ammoniaque, 
puis  faisons  passer  l'acide  carbonique  à  saturation.  Il  doit,  d'après  le 
Tableau  précédent,  se  précipiter  o"'°',74  de  bicarbonate.  Il  restera 
omo' _  o™°',74)  soit  i™*^',2G  des  différents  sels  dissous  dans  iG3^  d'eau. 
Cela  correspond  pour  1'"°'  de  sels  à  i()3  :  1,26,  soit  i3os  d'eau.  Ce  poids  est 


SÉANCE    DU    27    MARS    I922.  84 1 

inférieur  à  la  quantité  nécessaire  pour  dissoudre  les  sels  restants,  quantité 
qui,  d'après  la  dernière  colonne  du  Tableau  précédent,  est  de  i/jo^'.  Par 
conséquent,  dans  ce  cas,  le  point  K  du  diagramme  sera  dépassé  et  il  se  dépo- 
sera, en  même  temps  que  le  bicarbonate  de  sodium,  une  petite  quantité  de 
bicarbonate  d'ammonium;  pour  éviter  cet  inconvénient,  il  faudrait  ajouter 
au  début  un  peu  d'eau  à  la  solution  saturre  de  sel,  employer  au  total, 
pour  1™°',    17,5^' d'eau  au  lieu  de  i63^. 

Voici  les  résultats  d'un  calcul  semblable  pour  les  divers  mélanges  "du 
Tableau  précédent,  en  partant  toujours  de  la  solution  saturée  de  1'"°' 
de  NaCl.  La  première  colonne  donne  la  quantité  d'eau  finale,  calculée  pour 
,moi  jgg  ggjg  restants,  en  supposant  que  la  réaction  a  atteint  la  limite  théo- 
rique précédemment  indiquée  et  la  seconde  colonne  donne  la  quantité  d'eau 
qui  serait  nécessaire  pour  dissoudre  réellement  la  quantité  des  sels  restant 
finalement  en  présence  : 

Numéros  Eau  finale         Eau  finale 

et  lettres.  calculée.  nécessaire.  Diiïérence. 

2  — MC 59  240  —181 

3 79  -i  I  o  —  1 3 1 

4. 1 10  i65  —  55 

o 1 3o  1/40  —   10 

6-OJ i43  127  -    -h   16 

7 l48  122  -r-    26 

8  — QI i63  118  +45 

9 1-5  1 34  +  4 1 

Dans  le  cas  des  quatre  premiers  mélanges,  il  seraitindispensable  d'étendre 
la  solution  initiale  de  chlorure  de  sodium  pour  éviter  le  dépôt  de  bicar- 
bonate d'ammonium.  Pour  les  quatre  derniers  mélanges,  au  contraire,  il 
faudrait  ajouter  à  la  solution  saturée  une  certaine  quantité  de  sel  solide 
en  excès  pour  obtenir  le  rendement  théorique. 

Ces  conclusions  ne  peuventpas  être  immédiatement  soumises  au  contrôle 
de  la  pratique  industrielle  parce  que  la  température  est  habituellement 
supérieure  à  3o°  et  parce  que  la  carbonatation  n'est  jamais  complète.  Les 
expériences  en  cours  permettront  de  compléter  ultérieurement  cette  dis- 
cussion. 


842  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

PHYSIOLOGIE  GÉNÉRALE.  —  Études  SUT  la  fermentation  lactique.  Le  souvenir 
chez  les  microbes  (').  iSote  de  MM.  Charles  Richet,  Eudoxie  Bachrach 
et  Henry  Cardot. 

I.  En  poursuivant  nos  études  sur  la  fermentation  lactique,  nous  avons  été 
amenés  à  constater  un  phénomène  imprévu,  c'est  que,  lorsqu'une  intoxi- 
cation, même  très  légère  et  de  courte  durée,  a  louché  un  microbe,  sa  des- 
cendance s'en  souvient  'longtemps  après,  quoiqu'elle  soit  depuis  longtemps 
revenue  en  apparence  à  l'état  tout  à  fait  normal,  au  statu  quo  ante. 

II.  Voici  comment  se  peut  démontrer  ce  souvenir  chez  le  ferment  lac- 
tique. 

Il  peut  y  avoir  souvenir  pour  l'accoutumance  ou  pour  l'anaphylaxie. 

Prenons  d'abord  le  cas  de  l'accoutumance. 

(]elle-ci  commence  dès  le  premier  passage  (24  heures).  Après  avoir  végété 
pendant  24  heures  dans  un  bouillon  de  culture  contenant  de  l'arséniate 
de  R,  le  ferment  est  déjà  quelque  peu  accoutumé  ;  car,  si  on  le  fait  végéter 
sur  milieu  arsenical,  il  pousse  déjà  plus  activement  que  le  ferment  normal 
non  accoutumé,  et  la  différence  est  extrêmement  nette. 

Or  celte  différence,  c  est-à-dire  V accoutumance  à  Varscnic,  se  maintient 
pendant  loni:,temps,  même  si  [l'on  fait  pendant  longtemps  pousser,  sur  milieu 
normal,  ce  ferment  différencié. 

On  verra  nettement  cette  persistance  latente  (souvenir)  de  l'accoutu- 
mance dans  le  graphique  suivant  {^flg.  i). 

Après  passage  de  24  heures  sur  milieu  normal,  le  souvenir  est  très  net. 
Après  9  et  1 5  jours  de  passages  successifs  sur  milieu  normal,  et  même  après 
3o  jours  de  passages,  c'est-à-dire  3o  ensemencements  successifs,  le  souvenir 
apparaît  encore,  quoique  atténué.  Ce  chiffre  de  3o  ensejnencements  repré- 
sente un  nombre  énorme  de  filiations  qui,  quoique  ayant  évolué  dans  un 
milieu  normal,  n'ont  cependant  pas  oublié  qu'une  génération  mère  avait 
il  y  a  longtemps  subi  l'action  passagère  de  l'arsenic. 

Ainsi. il  y  a  persistance  héréditaire  de  la  très  courte  et  légère  accoutu- 
mance à  l'arsenic.  Un  mois  (3o  passages)  ne  suffît  pas  pour  effacer  le  sou- 
venir de  24  heures  (i  passage). 

(')  Le  mol  tiouvenir  ne  signifie  ici  nullenieiit,  bien  entendu,  souvenir  conscient.  Il 
s'agit  seulement  de  la  mémoire  cellulaire,  organique,  élémentaire,  et  sans  conscience, 
qui  est  le  retentissement  prolongé  d'une  intoxication  antérieure  ancienne. 

En  outre,, ce  souvenir  n'est  pas  celui  de  l'individu,  mais  de  la  race. 


SÉANCE   DU    27    MARS    I922.  ^43 

D'ailleurs,  à  tous  points  de  vue  autres  que  l'accoulumance  à  Tarséniate 
de  K,  le  ferment  est  redevenu  identique  au  fenuent  normal,  et  cela  dès  le 
premier  passage. 


400 


U 


Oljjtei      i  joM.t 


^  jours  -{5 JOUIS 

Fis,   I. 


30  ^ou.t', 


III.  On  peut  mener  la  complication  plus  loin,  et  même  très  loin,  c'est- 
à-dire  intoxiquer  le  ferment  non  plus  par  un  seul  poison,  mais  par  trois 
poisons  à  la  fois.  Même  si  cette  intoxication  ne  dure  qu'un  temps  très  court 
(24  heures),  le  ferment  garde,  après  des  ensemencements  successifs  pendant 
une  semaine  et  peut-être,  pendant  plus  longtemps,  le  souvenir  de  chacun  de 
ces  trois  poisons. 

L'expérience  suivante  le  prouve.  Le  ferment  normal  a  été  cultivé  dans  un 
bouillon  contenant  à  la  fois  de  l'arséniate  de  K,  du  sulfate  de  Cd,  et  du  sul- 
fate de  Cu,  à  doses  légèrement  offensives.  Puis  on  a  ensemencé  pendant 
7  jours  (c'est-à-dire  par  7  ensemencements  successifs)  ce  même  ferment 
dans  un  milieu  normal,  et  l'on  a  constaté  qu'il  se  souvient  à  la  fois,  et  très 
nettement,  de  l'arséniate  de  K,  du  sulfate  de  Cd  et  du  sulfate  de  Cu. 

Mais  comme  les  sels  de  cuivre  produisent  la  sensibilisation  anaphylactique 
et  non  l'accoutumance,  le  souvenir  pour  les  sels  de  cuivre  se  traduit  par  une 


SVi 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


diminution  de  l'aclivité,    tandis    que  pour  l'arséniate  de  K.  et  le  sulfate 
de  Cd  qui  donnent  l'accoutumance,  il  y  a  accroissement   d'activité. 

Le  graphique  suivant  (/ig.  2)  montre  le  phénomène  dans  toute  sa  netteté, 
et  il  se  comprend  sans  légende  explicalive. 


□   Soiuke    noimaPe  , 
■  Souche    'soavvrii 


I 


"•^^Zo  "-^"'/uo  O.US'I 

Fig.  2. 

Cle  qui  rend  cette  expérience  spécialement  intéressante,  c'est  qu'elle 
prouve  en  toute  évidence  que  le  souvenir  n'est  nullement  quelque  maladie 
persistante  du  ferment,  soit  un  affaiblissement,  soit  une  exagération  de  sa 
vitalité.  En  effet,  selon  la  nature  des  substances  toxiques  avec  lesquelles 
il  a  été  pendant  24  heures  en  contact,  il  est  à  la  fois  affaibli  et  activé.  Il 
paraît  affaibli  pour  le  cuivre  qui  anaphylactise;  il  paraît  activé  pour  le 
cadmium  et  l'arsenic  qui  accoutument.  En  réalité,  en  milieu  normal,  il  n'est 
ni  affaibli  ni  activé.  Nulle  autre  modification  n'apparaît  que  son  accoutu- 
mance à  certains  poisons,  et  son  anaphylaxie  à  d'autres. 

IV.  La  conclusion  qu'on  en  peut  déduire  au  point  de  vue  de  la  physio- 
logie générale  est  très  importante. 

En  effet,  comme  les  ferments  microbiens  gardent  longtemps  le  souvenir 
d'une  intoxication  aussi  faible  que  passagère,  il  s'ensuit  que  chaque  ferment 
ensemencé,  pris  à  telle  ou  telle  origine,  est  différent  de  tous  les  autres, 
puisque  les  origines  ne  sont  pas  identiquement  les  mêmes.  Il  a  sa  caracté- 


SÉANCE    DU    27    MARS    1922.  845 

ristique,  son  individualité  (').  Il  est  lui-même,  et  non  pas  autre,  de  par  son 
évolution  antérieure,  de  par  les  milieux  dans  lesquels  il  a  vécu,  milieux  qui 
n'ont  jamais  pu  être  identiques  entre  eux. 

Notre  individualité  psychologique  (c'est-à-dire  notre  personnalité)  est 
évidente,  de  par  nos  souvenirs,  nos  volontés  qui  sont  particulières  à  noire 
Tnoi.,  et  qui  ne  nous  permettront  pas  de  nous  assimiler  à  quelque  autre 
personnalité  qui  n'est  pas  nous-même.  Il  semble  qu'il  en  soil  de  même  pour 
l'individualité  microbienne,  comme  aussi  sans  doute  pour  l'individualité 
de  toute  cellule  vivante. 

Autrement  dit,  il  est  prouvé  par  nos  expériences  que  lorsque  deux  cultures 
de  micî'ohes,  de  même  espèce,  ont  vécu,  même  très  peu  de  temps,  dans  des  milieu  j: 
même  très  peu  différents,  elles  sont  différentes  l'une  de  l'autre. 


ÉCONOMIE   INDUSTRIELLE,    —   Su.r  le  salaire  p<waholique. 
Note  de   M.    Ch.   Lallemand. 

Parmi  les  questions  importantes  dont  l'industrie,  dans  les  dernières 
décades,  a  dû  se  préoccuper,  figure  le  mode  de  rémunération  du  travail. 

Pendant  longtemps,  les  seuls  systèmes  en  usage  ont  été,  d'une  part,  le 
salaire  au  temps  (soit  à  l'heure,  à  la  journée,  au  mois  ou  à  l'année)  et, 
d'autre  part,  le  salaire  à  la  tâche.  Sous  la  pression  de  l'expérience,  et  en  vue 
de  mieux  répondre  aux  conditions  du  problème,  on  a  progressivement  été 
conduit  à  substituer  à  ces  deux  systèmes,  relativement  simples,  d'autres 
solutions  un  peu  plus  complexes. 

Dans  une  Note  sur  les  Formules  modernes  de  Salaire,  M.  F.  Bayle  a 
passé  en  revue  les  divers  procédés  successivement  essayés.  D'après 
lui,  le  premier  en  date  serait  le  système  que,  dès  l'année  1888, 
c'est-à-dire  il  y  a  34  ans,  j'avais  imaginé,  sous  le  nom  de  salaire  parabo- 
lique, pour  la  rémunération  des  opérateurs  et  manœuvres  employés  aux 
travaux  du  Nivellement  général  de  la  France.  Il  n'est  peut-être  pas  inu- 
tile d'en  indiquer  sommairement  ici  le  principe,  avec  les  résultats  pra- 
tiques obtenus. 

En  établissant  le  contrat  de  travail,  le  patron  met  en  balance,  d'une  part, 
le  salaire  à  payer  et,  de  l'autre,  le  travail  produit;  de  son  côté,  sciemment 
ou  non,  l'ouvrier  compare  ce  même  salaire  avec  l'effort  correspondant  à 

(')  Nous  disons  individualité  et  non  personnalité:  carie  mot  personnalité  innplique 
la  conscience. 


846  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

dépenser  par  lui,  effort  qui,  à  chaque  instant,  toutes  choses  égales  d'ailleurs 
et  pour  un  même  travail  élémentaire,  croît  avec  la  fatigue  de  l'organisme  à 
cet  instant. 

Le  problème  à  résoudre  était  de  concilier  du  mieux  possible  les  divers 
intérêts  en  présence.  Or,  d'une  part,  le  salaire  au  temps  ne  vise  aucun  des 
deux  facteurs  en  cause  :  dépense  d'énergie,  pour  l'ouvrier;  rendement,  pour 
le  patron.  Et,  d'autre  part,  le  salaire  à  la  tâche,  ne  visant  que  le  second  de 
ces  éléments,  intéresse  plus  l'employeur  que  l'ouvrier. 

J'ai  imaginé  une  formule  mixte,  ayant  pour  objet  d'assurer  automati- 
quement à  l'ouvrier  une  sorte  de  participation  dans  les  bénéfices  de  l'entre- 
prise. Cette  formule  est  basée  sur  les  considérations  suivantes  : 

A.  Cas  (Van  travail  indwidud.  —  Le  salaire  élémentaire  <^S,  correspon- 
dant à  un  travail  très  petit  t/T,  doit  croître,  ai-je  dit,  comme  l'énergie 
dépensée  à  exécuter  ce  travail.  Or  cette  dépense  est  proportionnelle,  d'une 
part,  à  6?T,  et,  de  l'autre,  à  la  fatigue  des'musclesau  même  moment,  fatigue 
elle-même  en  rapport  avec  le  travail  T  déjà  accompli  par  l'ouvrier  depuis 
son  arrivée  au  chantier. 

y.  étant  un  coefficient  constant,  on  a  donc  la  relation  difîérentielle 

f/S  =^  aT  f/T, 
dont  l'intégrale  est 

S„  désignant  le  salaire  minimum,  payé  même  pour  un  travail  nul.  La 
courbe  représentative  du  salaire,  au  lieu  d'être  une  ligne  droite  comme 
dans  le  cas  du  travail  à  la  tâche,  est  ici  une  parabole,  d'où  le  nom  donné 
au  système. 

Soient  maintenant  : 

F,  la  part  des  frais  généraux  afférente  à  la   période  de  temps  (heure,  jour,   mois  ou 

année)  durant  laquelle  a  été  exécuté  le  travail  T; 
TïT.  le  prix  correspondant  de  revient  de  l'unité  de  travail. 

On  a 

F  -^  S  __  F  +  So        a  T 

T  T         '      1 

Les  coefficients  a  et  S„  doivent  être  choisis  de  manière  que,  d'une  part, 
dans  les  plus  mauvaises  conditions,  l'ouvrier  reçoive  un  salaire  convenable, 
et  que,  d'autre  part,  le  prix  de  revient  diminue  à  mesure  que  le  rendement 
augmente.  Ceci  exige  que  la  dérivée  yr,  soit  négative,  tout  au  moins  pour  les 


SÉANCE    DU    27    MARS    1922.  847 

valeurs  de  T  inférieures  au  rendement  maximum  T,„  susceptible  d'être 
atteint,  dans  les  circonstances  les  plus  favorables,  durant  la  période  consi- 
dérée de  temps. 

Or  on  a 

dw  ^       F  -t-  S,j        a 
d^  ~  Y-        ^  a' 

Pour  que  la  condition  précédente  soit  remplie  dans  tous  les  cas,  il  faut  et 
il  suffit  que  les  coefficients  a  et  S„  satisfassent  à  la  relation 

2(F  +  S„) 


a.; 


T; 


les  frais  généraux  F  étant  ici  évalués  à  leur  minimum. 

B.  Cas  d\in  iravail  collectif.  —  La  théorie  précédente  s'applique,  sans 
difficulté,  au  cas  d'un  travail  exécuté  par  une  équipe  formée  d'agents  de 
divers  grades  ou  de  diverses  spécialités;  mais,  dans  ce  dernier  cas,  S  repré- 
sente le  salaire  global  à  partager  entre  les  intéressés. 

Voici  comment  on  peut  faire  ce  partage.  Soient  : 

//),  /?.,,  .  .  .  les  nombres  respectifs  d'agents  des  i''",  1^,  ...  catégories; 
5,,  5o,  .  .  .  les  salaires  individuels  correspijndanls  ; 

.y,,  .Vo,  • .  •  doivent  satisfaire  atix  deux  conditions  suivantes  : 

i'^  La  somme  des  salaires  partiels  doit  être  égale  au  salaire  global  à 

répartir  : 

n  1  fi  H-  vi^-So  + . . .  =  S  ; 

2°  X,,  X%,  ...  étant  des  nombres  proportionnels  aux  salaires  habituels, 
connus,  des  agents  des  diverses  spécialités,  on  doit  avoir  : 

/.  I        /.o  /il  /,  1  -H  n-i  Aj  -h .  .  .         H 

11  étant  une  nouvelle  constante  définie  par  la  condition 

H  — /<iA,H- //oA%,     

D'après  cela,  le  salaire  individuel  des  agents  de  chacune  des  catégories 
est  une  fraction  constante  du  salaire  global  de  l'équipe  : 

Il  suffit  donc  de  déterminer  S  comme  dans  le  premier  cas. 
G.    Application  au  travail  des  équipes  du  Sendce  du  Nivellement  général  de 
la  France.  —  Ce  travail  étant  évalué  d'après  le  temps  normal  nécessaire 


848 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


Abaque  liexagruial  servant  au  calcul  des  primes  et  salaires  des  opérateurs  et  porte-mires 
du  Service  du  Nivellem.ent  général  de  la  France. 
(  1-Iclielle  de  12.) 


L'exemple  représenté  sur  l'abaque  répond  aux  données  suivantes,  pour  un  mois  d'opérations  : 
ii4'""  de  cheminements  doubles,  avec  scellement  préalable  des  repères  [point  Oi  sur  l'échelle  IJ; 
io65  stations  du  niveau  (nivellement  de  2"  ordre)  [point  On  sur  l'échelle  II];  170  repères  scellés 
dans  la  pierre  dure  [point  Om  sur  l'échelle  III]. 

1°  Par  chacun  des  points  Oi,  On,  Om,  on  a  tracé  une  directrice  parallèle  aux  lignes-guides  ponc- 
tuées (...)  entne  lesquelles  se  trouve  le  point  considéré; 

2*  Par  le  point  de  rencontre  des  deux  directrices  de  O,  et  de  Ou,  on  a  mené  une  parallèle  aux 
lignes  ponctuées  constituant  le  troisième  réseau  de  lignes-guides; 

3°  Par  le  point  d'intersection  de  cette  parallèle  avec  la  directrice  de  Om,  on  a  tracé  une  hori- 
zontale coupant  les  échelles  de  salaires  et  de  piimes. 

Sur  ces  échelles,  à  la  rencontre  de  l'horizontale  en  question,  on  lit  finalement  le  salaire  journalier 
des  porte-mires  et  la  prime  journalière  de  l'opérateur,  savoir  : 

1°  i2f%65,  II'"',  25  et  g'',  80,  res^pectivement  pour  les  porte-mires  de  première,  deuxième  et  troi- 
sième classe; 

2"  2^',  20,  Qu  i''%8o-,  pour  la  prime  de  l'opérateur,  selon  qu'il  est  conducteur  ou  commis  des  Ponts 
et  Chaussées. 


SÉANCE    DU    27    MARS    1922.  849 

à  son  exécution,  la  théorie  qui  précède  conduit  à  la  formule  suivante  : 


«=i^ 


■^        (LÀ +  Nv  +  Ro)2 


L  représente  le  nombre  mensuel  moyen  de  kilomètres  nivelés; 

X,  le  nombre  mensuel  moyen  de  stations  du  niveau; 

H,  le  nombre  mensuel  moyen  de  repères  scellés; 

À,  le  nombre  de  minutes  alloué  par  kilomètre  nivelé  (temps  variable  selon  la  nature 

des  opérations  :  cheminement  simple  ou  double,  avec  ou  sans  scellement  préalable 

de  repères) ; 
V,  le  nombre  de  minutes  alloué  par  station  du  ni\  eau  (nombre  variable  avec  Tordre  du 

nivellement); 
p,    le   nombre  de  minutes  alloué  par  repère   scellé  (nombre  variable  avec  la  dureté  de 

la  pierre  dans  la  région); 
5',  le  temps  mensuel  total  correspondant; 
^,  le  temps  journalier  moyen  correspondant; 

K,  un  coefficient  égal  à  g,  8  ou  7,  suivant  la  classe  du  porte-mire; 
H  et  (3,  deux  constantes  respectivement  égales  à  9^44  et  à  108000. 

Mon  adjoint,  M.  Prévôt,  a  traduit  en  un  abaque  hexagonal  reproduit 
ci-contre,  cette  formule  où  figurent,  en  fait,  onze  variables,  savoir  :  six 
données,  L,  N,  R,  /.,  v,  p,  et  cinq  inconnues,  les  salaires  —  d'avant-guerre 
—  des  trois  classes  de  porte-mires  et  les  primes  des  deux  classes  d'opérateurs. 

Sur  les  trois  échelles  binaires  I,  II,  et  III  correspondant  aux  trois  élé- 
ments du  rendement,  on  a  tracé,  une  fois  pour  toutes,  les  droites  corres- 
pondant aux  temps  unitaires  alloués  pour  les  diverses  opérations  élémen- 
taires. 

L'abaque  est  imprimé  sur  les  feuilles  même  de  paie,  de  manière  à  permettre 
aux  intéressés  d'y  contrôler  la  correction  du  tracé  des  lignes  conduisant  à 
l'indication  de  leur  salaire. 

Avec  ce  nouveau  mode  de  rémunération,  le  salaire  des  porte-mires  qui, 
en  1884,  réglé  à  la  journée,  ne  dépassait  pas  6'^'',3o  en  moyenne,  s'est  élevé 
à  12'^'', 25  en  1888,  pendant  que,  simultanément,  le  prix  de  revient  kilomé- 
trique des  nivellements  de  premier  ordre  s'abaissait,  de  4o*^'"  en  1884,  à  33'' 
en  1888. 


M.  A.  DE  Gramoxt  présente  à  l'Académie  un  Mémoire  dont  il  est  l'au- 
teur, intitulé  :  Sur  l  emploi  de  l'analyse  spectvogrophique  en  métallurgie  : 
spectres  de  dissociation  des  aciers  spéciaux^  extrait  de  la  Reçue  de  Métallurgie, 
numéro  de  février  1922. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  13.)  62 


85o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Cette  étude,  accompagnée  de  planches  spectrales,  porte  sur  les  aciers  au 
nickel,  au  chrome,  au  cobalt,  au  molybdène,  au  tungstène,  au  vanadium 
et  au  titane.  Les  alliages  examinés  contenaient  de  deux  à  quatre  de  ces 
éléments  réunis  dans  le  même  acier,  sans  que  leur  détermination  rapide  en 
fût  rendue  moins  aisée. 


CORRESPOND  AIVCE 


M.  A.  ScHusTER  adresse  le  programme  des  travaux  de  la  deuxième 
assemblée  générale  du  ConscilinleiJiational des  Rechcrclics,  qui  se  tiendra  à 
Bruxelles,  du  25  au  29  juillet  prochain. 


M.  le  Ministre  du  Travail  invite  l'Académie  à  lui  désigner  un  de  ses 
Membres  qui  occupera,  dans  la  Commission  supérieure  des  Maludics  profcs- 
sio/mr//es,  la  place  vacante  par  l'expiration  des  pouvoirs  de  M.  Widai, 
rééligible. 


M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

Ministère  des  régions  libérées.  Reconstitution  foncière  et  cadastre.  Emploi 
de  la  photographie  aérienne  aux  levés  cadastraux  et  aux  levés  géographiques. 
Rapport  sur  les  éludes  techniques  effectuées  en  1919  et  1920  sous  la  direc- 
tion de  M.  H.  RoussiLiiE.  (Présenté  par  M.  Ch.  Lallemand.  ) 

Nouvelle  géographie  universelle^  par  Eunest  Granger,  i'*'  Partie. 

ALGÈBRE.    —   Sur  un  théorème  d'algèbre.  Note  de  M.  Paul  Mostel. 
1.  M.  Landau  a  démontré  que  l'équation  trinôme 

a  toujours  une  racine  dorlt  le  module  ne  dépasse  pas  2  et  que  l'équation 
quadrinome 

i  -\-  X  ->r  ax"^-\-  bx'^=z  o 

a  toujours  une  racine  dont  le  module  ne  dépasse  pas  un  nombre  inférieur 


SÉANCE    DU    27    MARS    1922.  85 I 

à  5-^-  lia  posé  la  question  de  savoir  si  Irqualion  à  /•  -4-  i  termes 

1  +  ^  H-  «1^'".+  aiX"'^-\-.  .  .+  rt/,_i.z- '"*—=:  o, 

a  toujours  une  racine  dont  le  module  est  limité  supérieurement  par  un 
nombre  o(A-  )  ne  dépendant  que  du  nombre  dt^s  termes  de  Téquation  ('  ). 

Dans  une  Noie  récente,  M.  Sarantopoulos  a  annoncé  qu'il  avait  obtenu 
une  démonstration  algébrique  de  l'existence  de  ce  nombre  o(^)  (^). 

Je  me  propose  d'énoncer  ici  une  proposition  faisant  connaître  la  valeur 
tout  à  fait  simple  de  o{k)  et  quelques  généralisations  de  cette  proposition. 

On  établit,  par  une  voie  très  élémentaire,  le  théorème  suivant  : 

V équation  à  k  -k-  \  termes 

I  <  "'1  <  /"2  <  •  .  .  <  "l/^^i 

a  toujours  une  racine  dont  le  module  est  inférieur  ou  égal  à  />\  La  râleur 
maximum  de  ce  module  n^'st  atteinte  que  pour  les  racines  de  V équation 

J'Y 

2.  Supposons  que,  au  lieu  de  fixer  le  coefficient  de  x,  on  ait  fixé,  dans 
l'équation,  le  coefficient  de  la  puissance  xP.  On  peut  toujours,  par  le  chan- 
gement de  X  en  A.r,  admettre  que  ce  coefficient  est  égal  à  l'unité;  on  a  alors 
l'équation  à  /•  4-  i  termes 

I  -t-rt,a;"'.-i-  a^x'"^-\-.  .  .  +  x'' -^  .  .  .-\-  fl'/,_,vr '"»-.=  o, 
mi  <  ;«o  < .  . .  < /»  <  .  . .  < /«A-i. 

Une  équation  à  k  -h  i  termes,  dont  le  terme  constant  et  le  coefficient  de  x^ 
sont  égaux  à  V unité,  a  toujours  une  racine  dont  le  module  est  inférieur  ou 
égala  vC/',  en  désignant  par  Cl  le  nombre  des  combinaisons  de  k  objets,  pris 
pàp.  . 


(')  E.  Landau,  Ueber  den  Picardsclien'  Satz  {Vierteljahrsschrifl  der  natiir-- 
forschenden  Gesellschaft  in  Zurich,  t.  51,  190O,  p.  3i--3i8).  —  Sur  quelques  géné- 
ralisations du  théorème  de  M.  Picard  {Annales  de  l'École  IS  or  maie,  o"  série,  t.  24, 
1907.  P-  198-201). 

(-)  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  592. 


852  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

3.   Considérons  maintenant  l'équation  à  /  H-  i  termes 

I  -t-  Jc"-  +  «i  .r'"'  -I-  a.2  œ'"^  H-  ...  -h  a;^_i  .7-"'''-<  =  o  ; 

nous  pourrons  ici  donner  une  limite  supérieure  des  modules  de  deux  racines 
de  l'équation  qui  ne  dépendra  que  du  nombre  /•  et  énoncer  le  théorème  sui- 
vant : 

Une  équation  à  k  -^  \  tenues  dont  les  deux  termes  de  moindre  degré  sont  i 
et  X'  a  toujours  deux  rucines  d(mt  le  module  est  inférieur  ou  è^al  au  nombre 

équations 


=^0.   Le  module  maximum  n'est  atteint  que  pour  les  racines  des 


(-Vl"(-f) 

Pour  l'équation 


2<p<mi<  m^ < . . . <[/Wx_, , 

j'ai  obtenu  des  résultats  moins  précis. 

Une  équation  à  k-\-\  termes  dont  les  deux  termes  de  moindre  degré  sont  i 
et  xP  a  toujours  p  racines  dont  le  module  ne  dépasse  pas  un  nombre  fixe  (ù(j),  k), 
ne  dépendant  que  de  p  et  de  k. 

Je  crois  que  l'on  peut  prendre  o(/?,  /)  =  vGJ;^/_j,  mais  je  ne  l'ai  pas 
démontré  rigoureusement. 

4.   Considérons  enfin  l'équation  à  /.  H-jo  termes 

^pT^^y         /?<m,<.  ..<M^._,, 

dans  laquelle  les  nombres  a,,  a^,  . . .,  a^  sont  fixes.  On  établit  la  proposition 
suivante  : 

Une  équation  à  l;  -\-  p  termes  dont  les  p  -h  i  termes  de  moindre  degré  sont 
fixes  et  dont  le  coe  fficient  de  x''  n'est  pas  nul  a  toujours  p  racines  dont  les  mo- 
dules ne  dépassent  pas  une  linnte  r^(^p^  k,  y.^,  y..,,  .  . . ,  y.^^ne  dépendant  que  des 
entiers  p  et  k  et  des  valeurs  des  coe.fficienis  a,,  a^,  . ..,  a^,,  des  termes  en  Xy 
x^,  ...,  x^,  le  terme  constant  étant  supposé  égal  à  r unité. 


SÉANCE   DU    27    MARS    1922.  853 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  5///'  les  équations  non  linéaires  aux  dérivées' 
partielles  du  second  ordre  du  type  elliptique.  Note  de  M.  Georges  Giraud. 

Les  propriétés  énoncées  dans  ma  dernière  Note  (')  relative  à  l'équation 
du  type  elliptique 

^[d'^u        d-u  ÔUi     Ou  du  \ 

\d^i\    Ud^iOji-2  ax-,„    OJCi  or  m  J 

admettant  la  solution  u  =  o,  appellent  une  rectillcation  et  peuvent  recevoir 
quelques  compléments. 

Tout  d'abord  le  contour  C,  sur  lequel  on  donne 

«=/9(a,,  a.,,  .  . .,  a,„_,  ). 

a  été  supposé  suffisamment  petit  :  or  il  est  au  moins  plus  simple  de  le 
supposer,  en  outre,  convexe,  et  même  à  courbures  principales  en  chaque 
point  assez  fortes.  Ces  conditions  sont  remplies  si  C  est  une  hypothèse.  Le 
rayon  assez  petit,  cas  auquel  je  me  bornerai  dans  ce  qui  suit.  Toute  hypo- 
thèse sur  le  signe  de  F^  devient  alors  inutile. 

Le  fait  que  la  solution  obtenue  est  analytique  à  l'intérieur  du  contour  C 
ne  s'apercevait  pas  directement  sur  les  limitations  données  dans  ma  dernière 
Note.  Pour  éviter  de  recourir  à  d'autres  considérations,  par  exemple 
aux  raisonnements  de  M.  Gevrey  (  -  ),  on  peut  établir  ce  point  comme 
il  suit. 

Supposons  que  l'hypersphère  C  de  rayon  «,  sur  laquelle  on  donne  a^ 
soit  intérieure  à  une  hypersphère  D  de  rayon  «',  telle  que  F  soit  holomorphe 
quand  (a?,,  x.^^  . . .  ^  x^^)  est  dans  D  ou  sur  son  contour,  u  et  ses  dérivées  ne 
sortant  pas  d'un  domaine  Z  assez  petit  et  comprenant  les  valeurs 

du  ^       d^u  

dx^      '  '  '      0^1, 
Soit 

(  2)  :r]  -t-  a\]  -H  .  .  .  H-  x*„  =  (7'- 

l'hypersphère  D.  Introduisons,  au  lieu  de  x^,  a?,,  ...,  ^,„,  des  variables 

C)  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  543.  Jai  cliangé  en  ru  le  nom  du  nombre  des 
variables,  pour  éviter  la  confusion  avec  le  rang  n  des  approximations  successives. 

(^)  Maurice  Guvrey,  Sur  la  nature  analytique  des  solutions  des  équations  aux 
dérivées  partielles  {Annales  scientifiques  de  V Ecole  Normale  supérieure^  t.  35, 
1918,  p.  129),  où  les  résultats  sont  démontrés  pour  /?*  =r  2.  et  annoncés  pour  m  >  2. 


854  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

complexes, 

-/,  =  f'/c  -+-  ijk      '    (/.=  I ,:?.... ,  m  ) , 

et  considérons  le  domaine  linéairement  connexe,  comprenant  l'intérieur 
de  1^,  et  Iimit(''  par  Tenveloppe  des  hypersphères 

(3)  .x\  -H  cv\  +. . .+  xl,-^y\  +  r2  +. . .  + jf„  —  '.ly.-fH  —  iy.f\.—.  ..—  ifn.rim  =  «", 
oîi  "^17  "'^j2>  •  •  •  j  flm  sont  des  paramètres  liés  par  la  seule  relation 

(4)  -/)j  +  -05+.  ..  +  -fl;„  =  6'-. 
Pour  avoir  l'enveloppe,  on  doit  poser 

( ■">)  yk  —  >^-oa         ( /.■  —  ï  ,  2,  . .  . ,  m), 

et  A  est  donné  par  l'équation 

(6)  x\  +  x\^...  +  xi,  +  o.  —  KYir-^cr--^ir-; 

la  portion  utile  de  cette  enveloppe  est  celle  qui  satisfait  aux  inégalités 

(7)  x\-{- xl  + ...+ x-„,''^a'-,         \lo. 

Considérons  le  domaine  analogue  où  a^,  1/  sont  remplacés  par  a  et  par 
le  nombre  h  tel  que  a' b  =  ah' .  Si  a',  h'  et  le  rapport  a'  :  h'  sont  assez 
petits,  le  domaine  complexe  défini  par  les  relations  (5),  (<)),  (7)  peut  être 
substitué  au  domaine  réel  de  ma  Note  précédente;  chaque  fois  qu'on  passe 
d'une  approximation  à  la  suivante,  on  le  remplace  par  un  domaine  plus 
petit,  homothélique  du  précédent,  et  contenant  toujours  C  à  son  intérieur. 
Les  rapports  successifs  {a'  —  a)  ;  a  tendent  vers  zéro  et  jouent  un  rôle 
analogue,  dans  les  limitations,  au  nombre  R  de  ma  dernière  Note.  On 
prouve  ainsi  la  convergence  uniforme  dans  le  domaine  défini  par  les  rela- 
tions analogues  à  (5),  (6),  (7),  où  a' ,  //  sont  remplacés  par  rt,  b.  La  limite 
est  par  suite  holornorphc  à  V intérieur  de  ce  domaine. 

La  démonstration  s'appuie  sur  le  fait  que  les  caractéristiques  des  sphères 

(8)  x\  +  x\  +  .  ,  .-\-xl,^  y\-vy\-\-..  •  + jL— 27iYi,—  2/2  Y)2  —  ...—  iy,„'(i„^  =  a' 
OÙ  les  paramètres  r^, ,  7]2,  . . .,  y]^  sont  liés  par  la  rektion 

(9)  Y)]4-  Yj^  +  .  .  .+  Yi^,  =  C-, 

C  étant  assez  grand,  peuvent  être  substituées  au  domaine  réel  dans  la  solu- 
tion du  problème  de  Dirichlet;  en  effet,  le  conoïde  caractéristique  de 
M.  Hadamard,  relatif  à  un  point  d'une  de  ces  multiplicités,  n'a  alors  abso- 
lument que  ce  point  de  commun  avec  la  multiplicité. 


SÉANCE    DU    27    MARS    1922.  855 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  le  rôle  de  la  loi  de  Gauss  dans  la  théorie  des 
erreurs.  Note  de  M.  Paul  Lévy,  présentée  par  M.  Hadamard. 

Le  rôle  de  la  loi  de  Gauss  dans  la  théorie  des  erreurs  s'explique  par  la  loi 
des  grands  nombres,  qu'on  peut  énoncer  comme  suit  :  des  erreurs  indépen- 
dantes les  unes  des  autres^  très  nombreuses  et  très  petites^  ont  une  somme  qui 
obéit  à  la  loi  de  Gauss. 

Depuis  Bernoulli,  Gauss,  Laplace  et  Poisson,  de  nombreux  auteurs  ont 
montré  l'importance  de  cette  loi.  Mais  il  ne  semble  pas  qu'on  ait  donné  de 
démonstration  à  la  fois  rigoureuse  et  ne  s'appuyant  que  sur  des  hypothèses 
assez  larges  pour  qu'on  puisse  aisément  admettre  qu'elles  sont  vérifiées  en 
pratique.  Poincaré  n'a  considéré  que  le  cas  où  la  fonction  caractéris- 
tique 9(^),  valeur  probable  de  cosjj;  h- ?'sin ::./-,  est  développable  en  série 
de  Taylor;  mais  sa  méthode  a  une  portée  bien  plus  grande  qu'il  ne  l'a" 
indiqué.  J'ai  déjà  donné  des  indications  sur  ce  sujet  dans  mon  cours  de 
l'Ecole  Polytechnique,  et  je  me  propose  d'y  revenir  avec  plus  de  dévelop- 
pements. J'indique  seulement  ici  les  hypothèses  qu'il  faut  faire  sur  les  lois 
de  probabilité  composantes  pour  arriver  au  résultat. 

Désignons  par  F(.ï-)  la  probabilité  pour  que,  dans  (me  de  ces  lois,  l'erreur 
soit  inférieure  à  x,  et  supposons  sa  valeur  probable  (si  elle  est  finie),  ramenée 
à  zéro  par  addition  d'une  constante.  Il  faut  supposer  : 

1°  Que  les  très  grandes  valeurs  de  l'erreur  sont  très  peu  probables;  d'une 
manière  précise  que  l'erreur  quadratique  moyenne  111^  définie  par 


-/ 


.r-  d¥ {x), 


soit  finie  et  que,  si  petit  que  soit  £,  on  puisse  déterminer  un  nombre  c,  le 
même  pour  toutes  les  lois  composantes,  tel  qu'on  commette  sur  l'intégrale 
précédente  une  erreur  relative  inférieure  à  £  en  négligeant  les  valeurs  àear 
supérieures  à  c. 

2^  Qu'aucune  erreur  ne  constitue  une  fraction  appréciable  de  l'erreur 
totale;  d'une  manière  précise,  que  nr  constitue  une  fraction  inférieure  à  t 
de  la  somme  M-  =  Zm-. 

L'importance  de  la  deuxième  condition  est  évidente.  Pour  mettre  en  évi- 
dence celle  de  la  première,  nous  allons  étudier  le  cas  de  lois  pour  lesquelles  m 
soit  infini. 


856  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Considérons  d'abord  la  loi  de  probabilité  définie  par 

(1)  ■  F'(.r) 


Elle  jouit  des  propriétés  suivantes  :  si  deux  erreurs  obéissent  à  cette  loi, 
avec  des  valeurs  «  et  è  du  paramètre,  l'erreur  totale  obéit  à  la  même  loi, 
avec  la  valeur  a  -h  b  du  paramètre.  Si  n  erreurs  obéissent  à  cette  loi,  l'erreur 
totale  obéit  à  la  même  loi,  le  paramètre  devenant  71  fois  plus  grand  (et  non 
y//  fois,  comme  dans  l'énoncé  liabituel  de  la  loi  des  grands  nombres).  La 
précision  ne  peut  pas  être  augmentée  en  prenant  la  moyenne  de  n  mesures, 
à  moins  qu'on  ne  prenne  le  soin  d'écarter,  dans  une  proportion  déterminée, 
les  mesures  ayant  donné  les  plus  grandes  et  les  plus  petites  valeurs;  sans 
cette  précaution,  l'influence  de  quelques  mesures  très  défectueuses  empê- 
cherait d'obtenir  une  bonne  évaluation  de  la  quantité  à  mesurer. 

Ces  résultats  peuvent  s'étendre  à  d'autres  lois.  Si  l'on  cherche  toutes  les 
lois  stables,  c'est-à-dire  tous  les  cas  dans  lesquels  deux  erreurs  obéissant  à 
des  lois  de  même  forme  (c'est-à-dire  se  ramenant  l'une  à  l'autre  par  un 
changement  d'unité)  ont  pour  somme  une  erreur  obéissant  à  une  loi  de  la 
même  forme,  on  trouve  pour  la  fonction  caractéristique  d'une  telle  loi 

(2)  \ogc^{z)~—\az\=',  (o<a<2). 

Pour  a  =  2,  on  a  la  loi  de  Gauss,  et,  pour  a  —  i,  celle  définie  par  la  for- 
mule (i).  La  relation  entre  les  paramètres  des  lois  composantes  et  celui  de 
la  loi  résultante  est 

Si  a^i,on  peutdévelopper  une  théorie  delà  compensation  des  erreurs  iden- 
tique à  celle  déduite  de  la  loi  de  Gauss,  à  cela  près  que  les  poids  des  différentes 

a 

mesures  sont  proportionnels  à  a'"".  Si  a^i,  cela  n'est  pas  possible;  pour 
a<^i  la  précision  des  mesures,  au  lieu  d'augmenter  si  l'on  remplace  plu- 
sieurs mesures  par  leur  moyenne,  diminue. 

Chacune  de  ces  lois  a  un  domaine  cVattraction  composé  de  lois  de  proba- 
bilité pour  lesquelles  elle  joue  le  même  rôle  que  la  loi  de  Gauss  pour  les  lois 
pour  lesquelles  m  est  fini.  Ce  domaine  comprend  les  lois  pour  lesquelles  la 
valeur  probable  de  \x\p  est  finie  sijo  <  a  et  infinie  siy9>»  a. 

Indiquons  enfin  les  circonstances  qui  se  présentent  si  l'on  compose  des 
lois  appartenant  à  plusieurs  domaines  d'attraction  différents,  par  exemple 
p  lois  de  la  forme  (i),  avec  le  paramètre  a,  et  q  lois  de  la  forme  de  Gauss, 


SÉANCE    DU    27    MARS    1922.  857 

avec  le  paramètre  h.  On  trouve  pour  la  loi  résultante 

\o^o{z)=  —  pa\z\~qbz'-, 


d'où 


logol  -]=—  a\z\~ 


r,h 


A  la  limite,  si  p  et  q  sont  du  même  ordre  de  grandeur,  on  trouve  la  loi 
définie  par  la  formule  (  ij.  D'une  manière  générale,  c'est  la  loi  correspon- 
dant à  la  plus  petite  valeur  de  a  qui  l'emporte.  Le  résultat  peut  changer  si/j 
et  ^  ne  sont  pas  du  même  ordre  de  grandeur;  on  remarque  en  particulier 
dans  l'exemple  cité  que  si  ç'  =  c/?^,  on  trouve  à  la  limite  la  loi  définie  par 


qui  n'est  pas  une  loi  stable.  On  peut  être  tenté  de  considérer  comme  évident 
qu'on  ne  peut  obtenir  à  la  limite  qu'une  loi  stable.  Cela  n'est  exact  que  si/> 
el  q  sont  du  même  ordre  de  grandeur,  et,  dans  ce  cas,  la  démonstration  du 
fait  énoncé  est  immédiate. 


GÉOMÉTRIE.    —   Sur  les  espaces  conformes  généralisés  et  VUnivers  optique. 
Note  de  M.  E.  Cartax,  présenrée  par  M.  Emile  Borel. 

D'après  une  définition  générale  donnée  dans  une  Note  précédente  ('), 
un  espace  conforme  généralisé  est  un  espace  qui  jouit,  au  voisinage  de  chaque 
point,  de  toutes  les  propriétés  de  l'espace  conforme  et  pour  lequel  on  a  une 
loi  de  repérage  mutuel  de  deux  systèmes  de  référence  attachés  à  deux  points 
infiniment  voisins.  Je  rappelle  que  dans  un  espace  conforme  les  seules  pro- 
priétés intrinsèques  des  figures  sont  celles  qui  se  conservent  par  une  trans- 
formation conforme  (déplacement,  similitude,  inversion  ou  combinaison 
de  ces  transformations);  la  notion  de  distance  n'existe  pas  (tandis  que  celle 
d'angle  subsiste);  néanmoins  on  peut  parler  du  rapport  des  longueurs  de 
deux  vecteurs  infiniment  petits  issus  d'un  même  point.  Analytiquement,  les 
transformations  conformes  sont  les  transformations  les  plus  générales  qui 
conservent  l'équation  obtenue  en  annulant  une  forme  quadratique  de  difle- 
rentielles  à  coefficients  constants  (l'équation  c^a^'-i- </y- -H  c/:;'*  =  o  pour 
l'espace  conforme  ordinaire).  En  relativité  restreinte  la  propagation  de  la 
lumière  se  fait  d'après  l'équation  dx-  -\-  dy'^  ■+-  dz-  —  c-dt-  =  o  :  cette  équa- 

(')  Comptes  rendus,  t.  ITi,  1922,  p.  -34-736. 


858  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

tion  définit  un  Univers  conforme  à  quatre  dimensions;  les  rayons  lumineux 
jouent  dans  cet  Univers  le  même  rôle  que  les  droites  isotropes  dans  l'espace 
conforme  ordinaire. 

Les  transformations  conformes  qui  laissent  invariant  un  point  donné  A 
forment  un  sous-groupe  du  groupe  conforme  :  par  une  inversion  de  centre  A 
ce  sous-groupe  se  ramène  au  groupe  des  similitudes  (déplacements  et  homo- 
théties);  en  particulier  les  transformations  qui,  par  Tinversion  considérée, 
se  réduisent  aux  translations,  jouissenl  de  la  propriété  de  remplacer  tout 
cercle  passant  par  A  en  un  cercle  tangent;  autrement  dit,  elles  conservent 
toutes  les  directions  issues  de  A  ;  nous  donnerons  à  ces  transformations  parti- 
culières le  nom  Relations.  En  définitive,  il  résulte  de  ce  qui  précède  que 
toute  transformation  conforme  qui  laisse  fixe  un  point  donné  A  peut  se 
ramener  :  i°  à  une  homothélie  de  centre  A;  2"  à  une  rotation  autour  de  A; 
3*'  à  une  élation.  C'est  l'existence  de  ces  élations  qui  distingue  l'espace 
conforme  de  l'espace  euclidien  des  similitudes  dont  TUnivers  de  H.  Weyl 
peut  être  considéré  comme  une  déformation  ('). 

Cela  posé,  atout  espace  conforme  généralisé  correspondra  une  équation 
obtenue  en  annulant  une  certaine  forme  quadratique  de  différentielles  ; 
mais  cette  équation  ne  suffira  pas  pour  définir  l'espace  généralisé,  car  elle 
ne  donnera  qu'une  partie  des  éléments  nécessaires  au  repérage  mutuel  de 
deux  systèmes  de  référence  attachés  à  deux  points  infiniment  voisins. Quelle 
que  soit  cette  loi,  elle  se  traduira,  pour  tout  contour  fermé  infiniment  petit 
partant  d'un  point  A  et  y  revenant,  par  une  transformation  conforme  infini- 
ment petite  associée  à  ce  contour  et  qu'on  pourra  toujours  décomposer  : 
1°  en  une  translation;  2°  en  une  homothétie  de  centre  A;  3°  en  une  rota- 
tion autour  de  A;  4°  en  une  élation  de  centre  A.  L'espace  conforme  géné- 
ralisé aura  ainsi  une  courbure  de  translation  ou  lorsion,  une  courbure 
d'homolhétie,  une  coui  bure  de  rotation  et  une  courbure  d'élation. 

L'équation  obtenue  en  annulant  le  ds-  de  l'Univers  d'Einstein  définit 
une  infinité  d'espaces  conformes  généralisés.  Les  rayons  lumineux  seront 
les  droites  isotropes  généralisées  d'un  de  ces  espaces  si  celui-ci  est  dénué  de 
torsion. 

A  une  équation  ds-  =  o  donnée  correspondent  une  infinité  d'espaces  con- 
formes généralisés  dénués  de  lorsion.  Parmi  tous  ces  espaces  on  peut  en 
trouver  un  et  un  seul  satisfaisant  aux  conditions  supplémentaires  suivantes  : 

i'^  Il  n'a  pas  de  courbure  d'homothétie  ; 

(*)  Loc.  cil. 


SÉANCE   DU   27    MARS    1922.  SSg 

2°  Le  tenseur  de  Ricci  ('  )  est  identiquement  nul. 

Il  est  évident  ([ue  les  propriétés  géométriques  de  cet  espace,  qu'on 
pourrait  appeler  normal,  sont  liées  d'une  manière  invariante  à  l'équation 
ds'-  =  o  donnée. 

Si  l'espace  considéré  est  à  /?  =  3  dimensions,  la  condition  1°  entraîne  la 
suppression  de  la  courbure  de  rotation  ;  toute  direction  issue  de  A  reste 
invariante  par  le  déplacement  associé  à  un  contour  fermé  quelconque 
partant  de  A  et  y  )"evenanl  :  on  peut  dire  que  toules  les  directions  issues 
d'un  point  sont  stables.  Si  la  seule  courbure  d'élation  qu'admet  l'espace 
normal  vient  elle-même  à  disparaître,  Tespace  est  identique  à  l'espace 
conforme  ordinaire. 

Si  /î>3,  la  condition  2°  n'entraîne  pas  en  général  la  disparition  de  la 
courbure  de  rotation.  Mais  si  cette  courbure  est  nulle,  la  courbure  d'élation 
est  aussi  nulle  d'elle-même  et  l'espace  est  identique  à  l'espace  conforme 
proprement  dit. 

Le  cas  /i  =  4  <?st  particulièrement  important.  Nous  pou\  ons  convenir 
d'appeler  Uniçcrs  optique  d' Einstein  l'espace  conforme  généralisé  normal 
défini  en  annulant  le  ds'-  de  l'Univers  d'Einstein.  C'est  conformément  aux 
propriétés  géométriques  de  cet  Univers  optique  que  se  fait  la  propagation 
de  la  lumière.  La  courbure  de  rotation  de  cet  Univers  est  définie  en  chaque 
point  par  dix  quantités  scalaires,  ou  encore  par  une  forme  quadratique 
ternaire  à  coefficients  com  plexes,  qu'un  changement  du  système  de  référence 
transforme  par  une  substitution  orthogonale.  Au  pointde  vue  géométrique, 
la  propriété  suivante  mérite  dètre  signalée.  11  existe  en  chaque  point  A 
quatre  directions  optiques  (cest-à-dire  annulant  le  ds'-)  privilégiées.  Elles 
sont  caractérisées  par  la  propriété  que  si  AA'  est  Tune  d'elles,  elle  se  con- 
serve par  le  déplacement  associé  à  un  parallélogramme  élémentaire  admet- 
tant comme  côtés  AA'  et  une  autre  direction  optique  quelconque  issue  de  A. 
Dans  le  cas  du  c?5"  d'une  seule  masse  attirante  {ds-  de  Schwarzschild),  ces 
quatre  directions  optiques  privilégiées  se  réduisent  à  deux  (doubles)  :  les 
deux  rayons  lumineux  qui  leur  correspondent  iraient  au  centre  d'attraction 
ou  en  viendraient. 

Une  autre  remarque  intéressante  est  fondée  sur  la  relation  entre  le  tenseur 
de  Ricci  et  le  tenseur  d'énergie.  Elle  peut  se  formuler  de  la  manière  suivante  : 
Dans  toute  région  ride  de  matière,  la  courbure  de  l'Univers  matériel  d'Einstein 
est  de  la  même  nature  géométrique  que  la  courbure  de  rotation  d^un  espace 

(')  Cf.  G.  BoMPiANi,  Comptes  rendus,  t.  17i,   1922,  p.  789. 


86o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

conforme  généralisé  normal.  C'est  là  un  énoncé  assez  curieux  de  la  loi  de  la 
gravitation  d'Einstein. 

Je  signalerai  en  terminant  une  propriété  intéressante  du  système  d'équa- 
tions différentielles  qui  définit  les  cercles  généralisés  d'un  espace  conforme 
généralisé  normal.  Si  n  est  quelconque,  on  connaît  sans  intégration  un 
multiplicateur  de  Jacobi  de  ce  système.  Mais  si  n  =  3,  on  connaît  en  outre 
un  invariant  intégral  linéaire  relatif  (ce  qui  ramène  Tintégration  à  celle 
d\in  système  d'équations  canoniques).  Il  est  facile  de  donner  une  interpré- 
tation géométrique  de  cet  invariant.  Considérons  un  pinceau  de  cercles  et 
une  courbe  fermée  quelconque  entourant  le  pinceau.  Imaginons,  dans 
l'espace  conforme  tangent  attaché  à  chaque  point  M  de  cette  courbe,  les 
deux  sphères  (S)  et  (H),  Tune  tangente,  l'autre  normale  à  la  surface  latérale 
qui  limite  le  pinceau,  qui  admettent  un  contact  du  second  ordre  avec  le 
cercle  généralisé  passant  par  M.  La  sphère(S')  attachéean  pointinfiniment 

voisin  M'  fait  avec  la  sphère  (2)  un  angle  très  voisin  de  -,  soit  7  -h  t.  L'inté- 
grale des  quantités  £  étendue  au  contour  fermé  est  indépendante  de  ce 
contour  et  ne  dépend  que  du  pinceau  donné.  Celte  propriété,  qui  est  natu- 
rellement vraie  dans  l'espace  ordinaire,  s  étend  à  tout  espace  normal  à  trois 
dimensions. 


/  MÉCANIQUE  APPLIQUÉE.  —  Étude  des  pertes  par  frottements  dans  les  moteurs 
à  combustion  interne.  Note  de  M.  Axdré  Plamol,  présentée  par 
M.  Cl.  Kœnigs. 

L'étude  de  ces  pertes  a  été  entreprise  dans  l'espoir  de  dégager  une  loi 
régissant  les  variations,  en  fonction  de  la  pression  moyenne  au  diagramme 
développé,  des  frottements  internes  des  moteurs  à  combustion. 

Cette  loi  permettrait  de  déduire  la  valeur  du  rendement  organique, 
pour  une  charge  quelconque,  de  mesures  mécaniques  directes  substituées 
aux  méthodes  méticuleuses  et  incertaines  basées  sur  l'emploi  de  l'indicateur 
de  Walt. 

Il  a  été  reconnu  expérimentalement  qu'une  telle  loi  serait  très  bien 
représentée  par  la  formule  simple 

(i)  C^  —  a  +  bW 

dans  les  cas  étudiés  jusqu'à  présent. 

Les  expériences  ont  été  poursuivies  depuis  deux  ans   sur  un   moteur 


SÉANCE   DU    27    MARS    1922.  861 

expérimental  :  monocylindrique  à  4  temps,  marchant  au  gaz  de  ville, 
construit  par  les  ateliers  de  Winlerlhur:  il  développe  3o  HP  à  200  t:  m  avec 
une  compression  volumétrique 

—-=7,0. 

Ce  moteur,  de  construction  très  soignée,  et  spécialement  établi  pour  les 
recherches,  a  été  progressivement  muni  de  tous  les  dispositifs  expérimen- 
taux nécessaires. 

Les  procédés  mis  en  œuvre  ont  été  les  suivants  : 

a.  Mesure  du  rendement  organique  à  Tindicateur  et  au  frein  de  Prony. 

b.  Entraînement  du  moteur,  tournant  à  vide,  par  différentes  machines 
électriques  étalonnées. 

c.  Mesure  directe  des  résistances  passives  par  la  méthode  cinétique  due  à 
M.  le  professeur  Wilz,  amenée  au  plus  haut  degré  possible  de  préci- 
sion. 

Ces  deux  dernières  méthodes,  Tune  recoupant  l'autre,  ont  en  outre  con- 
duit à  l'étude  des  variations  de  C/  en  fonction  de  la  vitesse  d'une  part,  et 
d'autre  part  en  fonction  de  la  température  de  Teau  de  refroidissement, 
étroitement  liée  à  la  température  de  paroi  du  cylindre,  et,  par  suite,  aux 
conditions  de  graissage  du  piston,  celle-ci  rendue  nécessaire  par  l'influence 
prépondérante  de  cette  température  de  l'eau  sur  les  variations  de  Cf  obli- 
geant au  calcul  de  corrections  de  température. 

Enfin  la  méthode  de  mesures  directes  à  l'indicateur  a  donné  d'excellents 
résultats  grâce  à  la  vitesse  de  rotation  modérée  du  moteur,  grâce  aussi  au 
soin  extrême  apporté  à  l'élimination  des  erreurs  systématiques  accumulées 
dans  ces  mesures. 

Ces  erreurs  sont  de  toutes  sortes,  venant  tant  de  l'indicateur  lui-même 
(jeux  du  mécanisme  amplificateur,  lancés  dynamiques  et  surtout  frotte- 
ments de  tout  l'appareillage  mobile)  que  de  ses  commandes  de  mouvement 
(jeux,  longueur  excessive  des  cordes,  défaut  de  similitude  des  mouvements), 
tant  enfin  que  de  la  communication  de  l'indicateur  avec  le  cylindre  moteur 
(pulsations  de  la  colonne  gazeuse,  résistances  de  passage  excessives). 

Cette  dernière  source  d'erreurs  systématiques  a  pu  être  mise  en  évidence 
d'une  façon  complète  par  un  dispositif  nouveau  de  tampons  interchan- 
geables munis  de  canaux  de  passage  de  "profils  variés  dont  est  muni  le 
moteur  expérimental. 

Les  erreurs  accidentelles  ont  été  éliminées  dans  la  mesure  du  possible 


862  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

par  r usage  de  plusieurs  indicateurs  différents,  employant  des  pistons  et 
ressorts  très  variés,  ainsi  que  par  la  mise  en  œuvre  de  plus  d'un  millier  de 
diagrammes,  portant  sur  près  de  dix  mille  cycles  moteurs. 

L'ensemble  des  résultats  ainsi  obtenus  a  confirmé  d'une  façon  excellente 
les  vues  qui  ont  guidé  ces  travaux,  et  a  montré  que  le  couple  résistant  de 
frottement  du  moteur  expérimental  exprimé  en  kilogrammètres  pouvait 
être  mis  sous  la  forme 

(2)  C/=:l6+4.5II. 

En  aucun  cas  la  différence  entre  les  résultats  expérimentaux  et  les  valeurs 
fournies  par  cette  formule  n'atteint  un  kilogrammètre  de  couple. 

Le  couple  moteur  indiqué  maximum  Ci^  de  ce  moteur  étant  de  i4o''s°' 
environ  on  voit  que  Terreur  n'excède  presque  jamais  un  demi  pour  cent  sur 
le  rendement  organi([ue,  résultat  qu'il  eût  peut-être  été  téméraire  d'es- 
compter a  priori. 

Afin  de  pouvoir  comparer  entre  eux  les  résultats  relatifs  à  des  moteurs 
de  puissance  différente,  il  est  désirable  de  transformer  la  formule  (i)  afin 
de  rendre  à  ses  coefficients  le  même  degré  de  généralité  qu'au  rendement 
organique.  Il  suffit  pour  cela  de  diviser  lesdits  coefficients  par  C/„,  et 
d'écrire 

(3)  C^=:zC„„(a  +  ,3n). 
Dans  ces  conditions,  la  formule  (2)  devient 

(/J)  C/- =  140  (0,1 14  +  OjoSalI). 

Mais  il  importe  de  contrôler  la  généralité  de  ces  résultats. 

Ce  travail,  récemment  entrepris,  se  poursuit  actuellement  par  des  essais 
faits  en  usine  sur  des  moteurs  industriels,  par  les  méthodes  indiquées  dans 
ma  Note  du  6  mars  et  rappelées  ci-dessus,  du  moins  par  celles  qui  sont  appli- 
cables à  chaque  cas  particulier. 

Chacun  de  ces  essais  est  évidemment  beaucoup  moins  complet  et  beau- 
coup moins  sûr  que  ceux  faits  sur  le  moteur  expérimental,  mais  la 
vérification  cherchée  finira  par  se  dégager  de  Taccumulation  des  documents 
ainsi  obtenus. 

Voici,  à  titre  d'indication,  les  coefficients  relevés  sur  un  moteur  S.M.LM. 
de  35  chevaux  à  220  t:  m  au  gaz  pauvre  : 

(5)  a=:o,ii5,         |3  :=  o,o33 

d'autant  plus  remarquablement  concordants  avec  ceux  de  la  formule  (4) 


SÉANCE   DU   27    MARS    1922.  863 

que  ce  moteur,  incomplètement  rodé  lors  de  l'essai,  présentait  certainement 
des  frottements  plus  grands  qu'une  machine  usagée. 

On  voit  donc  que,  si  les  résultats  obtenus  par  la  suite  restent  aussi  favo- 
rables, la  présente  étude  aura  atteint  son  but  pratique  en  instituant  une 
méthode  permettant  de  calculer  le  rendement  organique  des  machines  à 
combustion  sans  avoir  directement  recours  à  l'indicateur. 

Il  n'est  pas  inutile  de  faire  remarquer  que  si  les  mesures  nécessaires  au 
calcul  de  la  pression  moyenne  au  diagramme  développé  II  et  du  couple  de 
transvasement  Q  entraînant  l'emploi  de  l'indicateur,  ces  mesures  se  font 
dans  des  conditions  de  précision  infiniment  plus  favorables  que  dans  le 
calcul  des  pertes  par  différence  entre  le  travail  indiqué  et  le  travail  effectif. 

11  résulte  en  effet  des  phénomènes  mis  enjeu  que,  pour  la  mesure  de  la 
pression  moyenne  ou  diagramme  développé,  la  principale  cause  d'erreur, 
due  aux  frottements  de  l'indicateur,  n'influe  guère  sur  le  résultat,  et  que 
dans  la  mesure  de  C^  elle  n'affecte  qu'un  terme  correctif  toujours  petit  par 
rapport  à  Cy^. 

Si  donc  l'application  de  la  méthode  exposée  ici  rencontre  dans  la  pra- 
tique des  difficultés,  celles-ci  ne  sauraient  provenir  de  l'emploi  de  l'indi- 
cateur, source  principale  des  erreurs  dans  la  mesure  du  rendement 
organique  par  la  méthode  habituelle. 

C'est  en  partie  à  cause  de  ce  i'ait  qu'il  a  paru  intéressant  de  la  signaler. 


TOPOGRAPHIE.  —  Sur  les  applications  de  la  photographie  aérienne  et  de 
i appared  de  photorestitution.  Note  de  M.  H.  Roussilhe,  présentée  par 
M.  Ch.  Lallemand. 

J'ai  montré  (  ')  comment  on  peut  transformer  les  clichés  pris  en  avion  en 
carte  précise^  en  effectuant  d'abord  un  redressement  photographique  à  l'aide 
d'un  appareil  spécial,  et  en  transformant  ensuite  ce  redressement  (pers- 
pective conique)  en  plan  (projection  orthogonale),  par  l'intermédiaire  des 
corrections  de  relief  si  celui-ci  est  connu.  Lorsque  le  nivellement  du  terrain 
est  inconnu,  on  se  sert  des  redressements  de  plusieurs  vues  photographiques 
de  la  même  région,  et  l'on  détermine  la  planimétrie  et  le  relief  comme  en 
topographie  régulière,  par  la  méthode  des  intersections. 

Les  difficultés  d'application  pratiques  sont  nombreuses  :  la  présente  Note 


(  '  )  Anna  les  hydrogr  ap  h  iq  ues,  1 9  '  7  • 


8G4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

a  pour  but  de  montrer  comment  elles  ont  été  résolues,  après  construction  et 
étude  expérimentale  de  l'appareil  de  photorestitution.  Les  essais  ont  porté 
sur  l'emploi  des  objectifs  de  o'",5o  pour  la  rédaction  des  plans  cadastraux 

1°  Le  redressement  photographique  ne  déforme  pas  la  perspective  du 
terrain  si  V  image  du  plan  du  cliché  est  un  plan.  Après  étude  delà  profondeur 
et  de  la  courbure  du  champ,  on  a  constaté  cpje  l'image  du  cliché  est  entiè- 
rement au  point  sur  l'écran  de  projection,  placé  dans  les  conditions  théo- 
riques, si  l'on  opère  à  demi-diaphragme  (ouverture  /:  1 1),  et  si  l'on  agrandit 
le  cliché  original  au  moins  une  fois  et  demie. 

2°  La  projection  photographique  est  assimilable  à  une  ])erspective 
conique  vue  du  point  nodal  d'éjuergence  de  l'objectif,  si  la  distance  des 
points  nodaux  est  inférieure  à  l'écart  probable  de  mise  au  point  sur  l'écran, 
ce  qu'on  vérifie  expérimentalement  pour  la  [)lupart  des  objectifs  de  o™,  5o 
(Krauss,  Zeiss,  Lacour-Berlhiot). 

3"  L'image  photogra])hique  obtenue  })ar  redressement  est  nette  dans 
toute  son  étendue  et  est  identique  à  une  perspective  géométrique  û\ agran- 
dissement des  clichés  varie  entre  i  ,5  et  2,5  et  si  l'objectif  n'a  pas  de  distorsion 
dépassant  o"'"',o5  à  12''™  du  centre  de  plaque.  Cette  dernière  condition  est 
vériliée  expérimejitalement  pour  les  objectifs  courants  de  o™,5o.  On  peut 
donc  redresser  exactement  et  agrandir  à  l'échelle  du  ^7^,  (à  o™™,i  près 
environ)  les  clichés  pris  à  une  altitude  comprise  entre  i5oo'"  et  2500°^. 

4**  Dans  ces  limites  d'emploi,   la  longueur  focale  principale/",   donnée 

par  l'équation  caractéristique  simple  -7  = 1 ?>  est  pratiquement  con- 
stante. Les  abaques  établis,  en  appliquant  la  théorie  des  lentilles  jninces, 
pour  la  détermination  des  coordonnées  de  l'avion  au  moment  de  la  prise  du 
cliché,  sont  donc  applicables,  sous  réserve  des  corrections  à  faire  subir  aux 
résultats  lorsque  la  longueur  focale /s'écarte  iiolablement  de  o'",5o, 

5°  Enfin  le  redressement  photographique  doit  être  effectué  sur  un  sup- 
port indéfoi-mahle  pendant  les  manipulations  au  laboratoire  et  le  séchage. 
On  emploie  à  cet  eflet,  soit  des  cadres  tenseurs,  soit  des  papiers  sensibles 
collés  à/roid  sur  une  plaque  de  verre,  permettant  l'exploitation  ultérieure 
par  transparence. 

Ces  conditions  nécessaires  étant  réalisées,  la  théorie  indique  les  résultats 
suivants,  vérifiés  par  les  expériences  de  191 9-1 920  : 

A.  Le  redressement  photographique  du  terrain  est  une  vue  perspective 
dont  les  éléments  inconnus  sont  :  la  position  de  l'avion,  la  direction  de  la 


SÉANCE   DU    27    MARS    1922.  865 

ligne  de  vol  et  l'inclinaison  du  cliché  au  moment  où  celui-ci  a  été  pris. 
L'appareil  de  photorestitution  permet  de  déterminer  ces  inconnues  (en 
moyenne  en  ^5  minutes),  la  seule  quantité  à  connaître  étant  la  longueur 
focale  de  l'objectif  employé  pour  la  prise  des  photographies.  On  utilise 
d'autre  part,  dans  l'appareil  de  restitution,  un  objectif  à  peu  près  identique 
à  celui  de  l'avion. 

La  méthode  de  restitution  est  la  suivante  :  on  fait  coïncider  les  images,  projetées 
sur  l'écran,  de  trois  points  de  repère  du  cliché,  avec  les  positions  géodésiques  de  ces 
points,  portées  sur  l'écran  (dans  un  système  de  représentation  conservant  les  longueurs 
à  l'approximation  de  y^  de  millimètre  au  plus). 

La  position  normale  de  restitution  s'obtient  après  une  première  approximation 
permettant  de  tenir  compte  des  différences  d'altitude  des  repères. 

On  agit  successivement  sur  les  distances  de  mise  au  point  {p  etjo')  et  sur  les 
angles  (a,  a')  du  cliché  et  de  l'écran  de  projection,  avec  l'axe  principal  de  l'appareil 
(ligne  joignant  le  centre  de  plaque  du  cliché  au  point  nodal  d'émergence  de  l'objectif). 

D'autre  part,  le  cliché  tourne  dans  son  plan  (recherche  de  la  direction  des  lignes 
de  plus  grande  pente  du  cliché)  et  l'objectif  est  décentré^  par  basculement  autour  du 
point  nodal  d'émergence,  afin  d'assurer  la  correspondance  exacte  des  plans  conjugués. 

On  prend  alors  une  épreuve  photographique  de  l'agrandissement  redressé. 

B.  On  mesure  sur  l'appareil  les  longueurs  p,  p'  et  les  angles  a,  a',  et 
l'on  en  déduit,  en  moins  d'une  minute  (par  simple  lecture  des  abaques), 
l'inclinaison  t  du  cliché  (à  0°,  S  près  au  plus),  le  pied  v  de  la  verticale  de  la 
station  photographique  et  l'altitude  A,  ces  deux  éléments  à  moins  de  iQ^ près 
si  le  cliché  est  pris  entre  i5oo™  et  2600™. 

G.  Si  alors  on  combine  plusieurs  clichés  en  traitant  les  stations  photo- 
graphiques comme  des  stations  topographiques  ordinaires,  on  obtient,  par 
irtersections ,  les  positions  planimétriques,  en  moyenne  à  j-^  de  millimètre  près, 
soit,  à  l'échelle  du  ^^,  à  0^^,20 près.  Les  altitudes  sont  déterminées  à  o™,  5o 
près  seulement. 

D.  Enfin,  le  plan  cadastral  ainsi  obtenu  coïncide,  à  j-q  de  millimètre  près, 
avec  un  plan  dressé  par  les  méthodes  ordinaires  delà  topomètrie. 

Si  l'on  observe  que  les  résultats  obtenus  jusqu'à  ce  jour  sont  légèrement 
viciés  par  les  déformations  inhérentes  aux  clichés,  pris  avec  des  obturateurs 
de  plaques  à  vitesse  faible  par  rapport  à  celle  de  Tavion,  on  est  en  droit 
d'espérer  une  approximation  juste  de  l'ordre  de  l'approximation  finale  des 
positions  du  canevas  géodésique,  c'est-à-dire  une  méthode  nouvelle  d'un 
rendement  parfait  en  qualité,  d'un  rendement  considérable  en  quantité. 

Pour  terminer  je  ferai  observer  que  la  pholorestitulion  des  clichés  aériens 
est  actuellement  considérée  comme  le  seul  procédé  précis  et  pratique  pour 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  13.)  63 


866  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

le  contrôle  des  enregistreurs  de  direction  et  d'altitude  en  avion,  l'étude  de 
la  stabilité  de  vo!,  celle  des  appareils  de  lancement  de  bombes,  etc.  Cette 
méthode  est  donc  susceptible  de  très  intéressantes  applications  en  naviga- 
tion aérienne,  civile  ou  militaire. 


MESURES    ÉLECTRIQUES.    —    Sui'   lin   nouveau   wattmètre. 
Note(')  de  M.  II.  Chaumat. 

Les  wattmètres  des  types  Zi()ernosky,  Carpentier,  etc.  (à  couple  de  tor- 
sion appliqué  de  l'extérieur  pour  ramener  la  bobine  mobile  à  sa  position 
d'équilibre  primitive)  ont  pour  eux  Tavantage  d'une  grande  sécurité  théo- 
rique :  ils  sont  rigoureusement  proportionnels  dans  les  limites  où  le  couple 
de  torsion  d'un  ressort  est  proportionnel  à  l'angle  de  torsion.  Il  en  résulte 
une  grande  facilité  de  construction  puisque  la  graduation  peut  être  faite 
a  priori  Qi  nne,  simplicité  d'étalonnage  très  grande  aussi  puisqu'on  peut  se 
borner  à  déterminer  un  point.  Ils  présentent  par  contre  un  inconvénient 
très  grave  en  ce  que  les  moindres  vibrations  extérieures  amorcent  des  oscil- 
lations de  l'aiguille  qui  rendent  incertaine  la  position  d'équilibre.  Ces 
vibrations  extérieures  sont  surtout  dues  à  l'intervention  directe  de  l'obser- 
vateur qui  tourne  le  tambour  de  torsion  :  dans  le  cas  d'un  régime  peu 
constant,  cette  intervention  est  de  chaque  instant  et  la  précision  de  la 
lecture  devient  médiocre  même  entre  les  mains  d'opérateurs  exercés. 

Ceci  explique  la  grande  faveur  dont  jouissent  à  l'heure  actuelle  les  watt- 
mètres  à  lecture  directe  surtout  si  le  système  mobile  est  pivoté  et  non  sus- 
pendu et  si  le  couple  de  torsion  est  donné  par  des  spiraux  et  non  par  des 
ressorts  en  hélice.  Mais  ces  appareils  nécessitent  une  graduation  particulière 
à  moins  qu'ils  ne  répondent  à  une  condition  qui  en  fait  des  appareils  pro- 
portionnels; c'est  le  cas  du  wattmètre  de  Siemens  et  Halske. 

Cette  condition  est  la  suivante  : 

Soit  M  le  coefficient  d'induction  mutuelle  des  deux  circuits  du  wattmètre. 
Soit  a  l'angle  des  deux  plans  d'enroulement  de  ces  deux  circuits.  La  valeur 
du  couple  électrodynamique  développé  par  deux  courants  I  et  /est 

dM 
dcf. 


(')  Extraite  d'un  pli  cacheté  reçu  dans  la  séance  du  20  février  iQoS  et  inscrit  sous  le 
no  6959. 


SÉANCE   DU    27    MARS    1922.  867 

Ce  couple  est  équilibré  par  un  couple  de  torsion  C|3  (^  angle  de  torsion 
du  ressort,  angle  ayant  une  origine  quelconque). 

On  voit  que  si  li  est  proportionnel  à  P  (cas  des  wattmètres  où  P  repré- 
sente la  puissance  à  mesurer)  et  si  d'autre  part 

— —  rziconst., 
d(X 

p  sera  proportionnel  à  P. 

Pour  qu'un  appareil  à  lecture  directe  soit  à  indications  proportionnelles, 
il  faut  donc  que  M  soit  une  fonction  linéaire  de  l'angle  a. 

Or  cette  condition  ne  peut  être  remplie  que  d'une  façon  approximative 
par  des  artifices  de  construction. 

Un  cas  particulier  où  cette  condition  serait  rigoureusement  remplie  et  où 
de  plus  on  aurait  à  toutes  charges  M  ==  o  serait  très  intéressant  d'abord 
pour  la  proportionnalité  et  aussi  parce  qu'il  n'y  aurait  pas  de  correction 
variable  avec  la  charge  provenant  de  M^  o  dans  l'emploi  de  Tappareil  en 
courant  alternatif. 

Le  dispositif  ci-après  réalise  ces  deux  conditions  : 

L'équipage  mobile  à  fil  fin  a  la  forme  d'un  cadre  rectangulaire  D;  il  est 
pivoté  entre  pierres  et  la  position  d'équilibre  ainsi  que  le  couple  de  torsion 
sont  assurés  par  deux  ressorts  spiraux  R  bandés  l'un  contre  l'autre.  Ces 
ressorts  sont  attachés  d'une  part  à  l'axe  et  d'autre  parla  un  point  fixe  du 
socle.  Cet  équipage  porte  une  aiguille  A  mobile  sur  un  cadran  divisé  en 
parties  égales  E. 

Le  circuit  à  gros  fil  S  (circuit  des  ampères  du  Avattmètre)  porte  un  en- 
roulement à  forte  section  et  les  deux  extrémités  du  circuit  aboutissent  à 
deux  bagues  C  et  C  sur  lesquelles  frottent  deux  balais  B  et  B',  Ce  circuit 
n'est  pas  fixe;  on  peut  le  faire  tourner  à  la  main  à  l'aide  de  la  manette  M 
autour  de  l'axe  de  rotation  du  circuit  D  ;  il  porte  un  index  L 

On  procède  ainsi  :  l'appareil  étant  mis  en  service,  on  amène  l'index  I  en 
regard  de  l'aiguille  A.  On  lit  alors  l'angle  de  déviation  de  A  sur  le  cadran, 
soit  ^. 

La  coïncidence  entre  l'aiguille  A  et  l'index  peut  être  assurée  de  façon 
grossière.  Si  a  est  l'angle  d'écart  entre  ces  deux  index,  le  coefficient  d'in- 
duction mutuelle  est  de  la  forme 

■  M  =r  Mgsina, 

(l'index  A  étant  perpendiculaire  au  plan  d'enroulement  de  D,  l'index  1 
dans  le  plan  d'enroulement  de  S). 


868  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Le  couple  électrodynamique  est  donc  de  la  forme 


„2 

KMnCosa  =  KM„  (  i 


Pour  des  angles  d'écart  de  5  à  6  degrés  d'un  côté  ou  de  Tautre,  ce  couple 
variera  de  -^  de  sa  valeur  moyenne. 

En  résumé,  ce  dispositif  et  cette  façon  d'opérer  présentent  les  avantages 
suivants  : 

i"  M  nul  à  toutes  charges  (pas  de  correction  en  courant  alternatif); 

2°  Proportionnalité  rigoureuse; 

3°  L'intervention  de  l'opérateur  se  borne  à  faire  tourner  des  pièces  mas- 
sives  bien  centrées;  il  n'y  a  donc  pas  d'oscillations  à  craindre  :  on  n'agit 
pas  sur  les  points  d'attache  des  ressorts; 

4°  En  cas  de  régime  légèrement  variable  l'opérateur  peut  ne  pas  inter- 
venir puisqu'on  peut  tolérer  pour  a  une  amplitude  de  io°  à  12"; 

5**  L'emploi  de  l'instrument  peut  s'admettre  jusqu'à  des  angles  de  près 
de  360^*  (au  moins  trois  fois  l'amplitude  de  la  graduation  des  appareils  à 
lecture  directe).  Pour  la  clarté  de  la  figure,  la  manette  M  a  été  placée  du 
côté  opposé  à  la  potence  de  support  du  pivotage.  Rien  n'empêche  de  la 
mettre  de  l'autre  côté  et  l'on  pourrait  d'ailleurs  imaginer  de  très  simples 
dispositifs  permettant  plus  d'un  tour  si  les  ressorts  restent  proportionnels. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —   Etude  cinétique  des  solutions  alcalines  d'^iode. 
Note  de  M.  O.  LiÉviiv,  présentée  par  M.  H.  Le  Chatelier. 

L'iode  réagit  sur  les  solutions  alcalines  pour  donner  finalement  un 
iodate;  mais  il  se  forme  d'abord  un  produit  instable.  Schônbein(')  signala 
le  fait,  et  admit  l'existence  d'un  hypoïodite,  analogue  à  l'hypochlorite. 

On  représente  d'ordinaire  le  phénomène  par  les  deux  équations  : 

(I)  P  +  2K0H->     KI+IOK+H^o, 

(II)  3P  +  6KOH  ^  5Kl4-IO^K4-3H20. 

La  deuxième  réaction  serait  lente  et  totale,  mais  la  première  est  réver- 
sible et  équilibrée,  comme  l'a  montré  M.  Péchard  (-), 

(')  ScaÔNBEiN,  Journ.  fiir prakt.  Chemie,  t.  84,  p.  385. 
(^)  Péchard,  Comptes  rendus^  t.  128,  1899,  p.  i453. 


SÉANCE    DU    27    MARS    1922.  869 

Appelons,  avec  cet  auteur  : 

I,  l'iode  ayant  réagi  suivant  (I), 

I2  riode  ayant  réagi  suivant  (II), 

I,  l'iode  resté  libre. 

I,  et  I3  ne  peuvent  être  dosés  avec  exactitude,  car  tout  réactif  agis- 
sant sur  l'iode  ou  Fhypoïodite  déplace  l'équilibre  (');  mais  il  est  facile 
de  déterminer  avec  grande  précision  L,  c'est-à-dire  la  proportion  d'iodate, 
si  l'on  a  d'abord  détruit  I,  et  I3  par  un  réactif  approprié.  On  peut 
employer  à  cet  effet  l'hyposulfite  de  soude,  l'anhydride  arsénieux  ou  l'eau 
oxygénée. 

Etudions  l'évolution  des  mélanges  d'iode  et  de  divers  alcalis. 

Voici  les  résultats  obtenus  avec  la  soude  : 

Soit  le  système  o,oo5P-t-  0,03 Kl  +  aNaOH. 

Si  a  ^0,01  y  l'iode  libre  disparaît  très  vite,  d'autant  plus  vite  que  a  est 
plus  grand;  l'hypoïodite  disparait  aussi  complètement  au  profit  de  l'iodate, 
mais  il  persiste  plus  longtemps  s'il  y  a  plus  de  soude.  Voici  le  temps  z  au 
bout  duquel,  à  13",  la  formation  d'iodate  est  à  moitié  terminée  ; 

a  (mol.  par  litre) .. ,     o,oi4     0,02     0,00     o,o4     o,o5     0,10     0,20     o,4o 
T  (minutes) <  i       <;  2      <  4         5  8  i5         3o         4^ 

L'influence  de  l'iodure  est  aussi  importante  que  celle  de  la  soude  :  ce  sel 
accélère  considérablement  la  formation  d'iodate,  comme  le  montre  le 
Tableau  suivant  : 

Mélanges  :  o,oo5P-i-  bKl  4-  o,2oNaOH  à  10". 

6  (mol.  par  litre) o,o3     o,<>6     0,11      0,21      o,4j 

t(  minutes) 35         18  i3  7  4 

Nous  retrouvons  ainsi  un  résultat  important,  signalé  par  Forster  et  Gyr(-), 
puis  par  Skrabal  ('),  et  assez  inattendu  :  l'iodure  est  le  produit  d''une  réaction 
quil  catalyse  ;  la  soude  retarde  une  réaction  où  elle  est  consommée. 

Il  est  évident,  d'après  cela,  que  le  mécanisme  de  la  transformation  n'est 
pas  simple.  Comme  dans  toutes  les  réactions  d'ordre  élevé,  la  dilution  fait 
baisser  la  vitesse.  Voici  la  valeur  de  t  à  i3°  pour  les  systèmes  répondant  à 
la  composition  : 

(')  BouGALLT,   Comptes  rendus,   t    16i,    '9i7)   P-  949,   et  J.  Ph.  et  Ch.,  7^  série, 
t.  16,  1917,  p.  33. 
(^)  Forster  et  Gyr,  Zeit.  f.  Elektrochemie,  t.  9,  1900,  p.  i. 
(*)  Skrabal,  Monat.  f.  Chem.,  l.  28,  '907,  p.  319. 


870  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

a[o,oo5I--i- o,o2KI -t- o,2oNaOH], 

Valeur  de-a 2  i  o,5  o,a5 

Valeur  de  T ,      16  3o  55  120 

Produit  a.~ 82  3o  27,5  3o 

La  constance  du  produit  cl-  semble  indiquer  qu'il  s'agit  d'une  réaction 
bimoléculaire. 

En  remplaçant  la  soude  par  la  potasse,  on  obtient  des  résultats  en  tous 
points  analogues;  par  contre,  les  mélanges  d'iode  et  de  carbonate  ou  phos- 
phate Iribasique  de  soude  présentent  une  évolution  toute  différente. 

L'addition  d'alcali  accélère  maintenant  la  formation  d'iodate;  l'iodure, 
au  contraire,  la  relarde. 

Enfin  la  dilution  fait  croître  la  vitesse  de  réaction  :  c'est  là  un  fait  nou- 
veau que  les  chiffres  suivants  mettent  en  évidence  : 

Système:  a  [  o,oo5  P  +  o,  12  Kl  +  o,  10  GO'Na-]  à  18°,  5. 

Valeur  de  a. . 2  i  o,  5 

Valeur  de  t So"'"  1 1°'"  3 


mm 


Il  est  à  remarquer  que,  dans  tous  les  cas,  la  concentration  en  iodate  influe 
à  peine  sur  la  vitesse  de  transformation  de  l'iode  en  iodate  :  cela  confirme 
bien  que  cette  transformation  est  intégrale  et  illimitée. 

Conclusion.  —  En  milieu  alcalin,  l'iode  se  transforme  en  iodate  par  des 
mécanismes  bien  différents  suivant  le  degré  d'alcalinité.  L'alcali,  l'eau, 
l'iodure  influent  sur  la  réaction  tantôt  pour  l'accélérer,  tantôt  pour  la 
retarder,  et  l'on  peut  constituer  des  milieux  dont  l'évolution  est  indépen- 
dante de  ces  facteurs,  en  mélangeant  convenablement  des  bases  fortes  et  des 
bases  faibles. 

CHiviiE  PHYSIQUE.  —  Sur  la  préparation  du  bicarbonate  de  sodium. 
Note  de  M.  E.  Toporescu,  présentée  par  M.  H.  Le  Chatelier. 

La  fabrication  de  la  soude  à  l'ammoniaque  n'a  été  jusqu'ici  l'objet, 
malgré  sa  grande  importance  industrielle,  que  de  publications  scientifiques 
très  incomplètes.  L'Ouvrage  classique  de  Schreib  (')  fournit  la  description 

(^)  ScHKEiB,  Traité  de  la  fabrication  de  la  soude  par  le  procédé  à  l'ammoniaque 
(Traduction  de  L,  Gauthier.  —  Béranger,  éditeur). 

Depuis  la  rédaction  de  celte  Note,  j'ai  eu  connaissance  d'un  travail  sur  le  même 
sujet  de  Janecke  {Zeit.  f.  ang.  Chem..,  t.  20,  1907,  p.  i559).  Je  crois  cependant 
devoir  publier  le  résultat  de  mes  recherches,  parce  qu'ils  ne  confirment  pas  seulement 
ceux  de  Janecke,  mais  aussi  les  complètent. 


SÉANCE   DU    27    MARS    I922.  87 1 

détaillée  des  procédés  techniques,  mais  aucun  renseignement  précis  sur  les 

équilibres  auxquels  donne  lieu  la  réaction  chimique  qui  sert'de  base  à  toute 

cetle  industrie  : 

NaCl  +  NH*  IIGO'rr  NatlCO^-h  NH*C1. 

Je  me  suis  proposé  de  combler  cette  lacune  en  déterminant  à  différentes 
températures  les  conditions  d'équilibre  de  chacun  de  ces  quatre  sels  avec 
leurs  solutions  saturées.  Je  donne  aujourd'hui  les  résultats  relatifs  à  la  tem- 
pérature de  i5°. 

Les  différents  sels,  mis  en  contact  avec  une  quantité  d'eau  insuffisante 
pour  les  dissoudre  en  totalité,  étaient  placés  dans  un  therinostatetle  mélange 
était  maintenu  pendant  six  heures  en  agitation  au  moyen  d'une  hélice.  Ce 
temps  est  bien  supérieur  à  celui  qui  est  strictement  nécessaire  pour  atteindre 
la  saturation.  On  laissait  ensuite  reposer  pendant  une  heure  et  l'on  prélevait 
avec  une  pipette  un  certain  volume  de  la  solution  clarifiée. 

Les  nombres  donnés  ci-dessous  sont  chacun  la  moyenne  de  trois  prises. 
Les  écarts  entre  les  mesures  ne  dépassaient  pas  généralement  les  erreurs 
imputables  aux  pesées  ou  aux  mesures  volumétriques.  En  cas  de  diver- 
gences plus  importantes,  de  nouvelles  analyses  ont  été  faites  de 
façon  à  n'utiliser  pour  la  moyenne  que  des  nombres  concordants.  Le 
Tableau  ci-dessous  résume  les  résultats  ainsi  obtenus  à  la  température 
de  i5°. 

Composition  des  solutions  saturées  à  15". 

Grammes 
Nombre    de    molécules  d'eau 

Sels  solides  •  Grammes  pour  100  d'eau.  dans  1"°'  de  mélange.  dissolvant 

en    présence  — -^ -~~ — -— ^ —      —■ ^ — -^ ^  —  1"°° 

delà  solution  saturée.  ClNa.       CINH*.  CO^HNa.  CO'HNH'.      ClXa.       CINH*.  GO'HNa.   CO^HNH*.     de  mélange. 

Cl  Na 35,7  //  V  II  I  1  u  II  i63,3 

CINH* //  35,1  "  V  u  \  n  u  102,8 

CO=*HNa .'/  //  8,9  //             //  '/  I  II  876,8 

COMINH^ //  //             //  18,4  "  "  "  I  424,1 

Cii\a-i-ClNH^ 27,2  20,3           /'  "  o,55  o,45  "  n  118, 5 

ClNa-h  CO^HNa 35,7  u  i,o5  '/  0,98  n  0,02  "  161, 4 

CO^HNa-i-CO^HNH*.  //  n  6,2  19,6  //  «  o,23  0,77  -30-7,7 

C03HNH*+ CINH^..  //  35,4           "  7,02  //  0,88  //  0,12  i38,3 

Composition  des  solutions  aux  deux  points  triples. 

Grammes 
JNombre    de    molécules  d'eau 

Sels  solides  Grammes  pour,  100  d'eau.  dans  1"°°^  de  mélange.  dissolvant 

en    présence ^ — — — -^ ~™^ — — ^ —  l"""' 

de  la  solution  saturée.  Na.  NH>.  Cl.  CO^H.  Na.  NH*.  Cl.  CO^H.        de  mélange. 

ClNa-^CliNH* 

-1-CO^HNa 10,0        6,6       29,3  1,2        o,54      0,46      0,97        o,o3  118,1 

ClNH^-î-GO^HNH' 

^-CO^^HNa 3,4       11,2       24,5  0,9        0,2a       0,78      0,87        0,10  126.6 


872  ACADÉMIE  Ides  sciences. 

Indépendamment  de  ces  déterminations,  quelques  mesures  ont  été  faites 
sur  des  mélanges  en  proportions  variables  des  deux  sels  NaHCO'  et  NH*C1, 
de  façon  à  mieux  préciser  la  courbure  de  la  surface  de  solubilité  du  bicarbo- 
nate de  sodium. 

Nous  avons  représenté  nos  mesures  au  moyen  du  diagramme  carré  de 
M.  H.  Le  Chatelier  (voir  figure). 


M^Cl 


119 


NaCl 


153 


138 


424 


163 
161 


877 


UH^OOS  H     308 


NaHCOS 


L'examen  de  ceMiagramme  permet'de  se  rendre^immédiatement  compte 
de  la  composition  des  solutions  qui  peuvent  par  évaporation  laisser  préci- 
piter du  bicarbonate  de  sodium  pur.  Les  points  figuratifs  de  ces  compositions 
correspondent  à  la  très  grande  surface  comprenant  le  sommet  du  carré 
marqué  NaHGO'.  Sur  les  lignes  du  diagramme,  il  se  précipiterait  au  con- 
traire un  mélange  des  deux  sels,  dont  les  domaines  viennent  se  couper  sur 
cette  ligne.  On  peut  enfin  calculer  par  la  règle  donnée  par  M.  Le  Chatelier 


SÉANCE   DU    27    MARS    1922.  ^78 

la  quantité  des  différents  sels  qui  cristallisent,  quand  on  soumet  à  une  éva- 
poration  progressive  une  solution  de  composition  initiale  donnée. 

Je  poursuis  des  mesures  relatives  aux  températures  de  35°  et  de  5o*', 
températures  qui-se  rapprochent  davantage  des  conditions  de  la  pratique 
industrielle  et  ne  semblent  pas  encore  avoir  fait  l'objet  de  recherches 
complètes.   . 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  la  décomposition  catalytique  de  V acide  oléique. 
Note  (^)  de  M.  Alphonse  3Iailhe,  transmise  par  M.  Paul  Sabatier. 

J'ai  montré  antérieurement  (^)  que  la  décomposition  catalytique  des 
huiles  végétales  sur  cuivre-magnésie  ou  cuivre-alumine,  conduit  à  des  pro- 
duits liquides  partiellement  incomplets  qui  sont  transformés,  par  hydrogé- 
nation su,r  nickel,  en  composés  saturés.  Les  uns,  peu  importants,  sont  de 
nature  acide;  les  autres  sont  constitués  par  des  hydrocarbures  forméniques, 
aromatiques  et  cycloforméniques. 

En  même  temps  que  des  produits  liquides,  il  se  forme  des  gaz  riches,  de 
l'eau  et  de  l'acroléine. 

La  décomposition  des  glycérides  inférieurs,  triacétine,  tributyrine,  triiso- 
valérine  ne  conduit  pas  à  une  réaction  semblable.  Par  contre,  la  myristine 
et  la  palmitine  subissent  une  décomposition  de  même  nature  que  celle  des 
huiles. 

Il  semble  par  conséquent  que  la  production  des  hydrocarbures  est  liée  à 
la  haute  richesse  carbonée  de  l'acide  qui  constitue  le  glycéride.  J'ai  été 
amené  ainsi  à  examiner  la  décomposition  catalytique  des  acides  gras 
élevés. 

Les  vapeurs  diacide  oléique,  dirigées  dans  un  tube  en  cuivre  renfermant 
des  boulettes  de  cuivre-alumine,  chauffées  à  6oo°-65o",  se  décomposent  nor- 
malement en  donnant  des  produits  liquides,  de  l'eau  et  du  gaz. 

Le  gaz  présente  la  composition  suivante  : 

Pour  100. 
CO» 6,7 

CO 10 

C"H2'' xo 

C«H2«+2 38 

GH* II 

H 24 

(*)  Séance  du  20  mars  1922 

(^)  Comptes  rendus,  t.  173,  192 1,  p.  358  et  658. 


874  ACADÉMIE  DES    SCIENCES. 

Les  produits  liquides  sont  acides.  Traités  par  la  soude  diluée,  on  obtient 
un  produit  jaune  ambré  qui  commence  à  distiller  à  4o°-  Les  diverses  frac- 
tions s'échauffent  fortement  par  Tacide  sulfurique  qui  absorbe  plus  de  la 
moitié  du  liquide.  La  portion  distillant  de  \o°  a  5o°  fournit  avec  le  brome 
un  liquide  lourd  qui  bout  à  i9o*'-20o°;  c'est  le  bibromure  d'amylène. 

Au  lieu  de  séparer  les  hydrocarbures  incomplets  par  l'acide  sulfurique, 
j'ai  soumis  tout  le  liquide  neutre  provenant  de  la  décomposition  de  Tacide 
oléique,  à  Faction  hydrogénante  du  nickel  à  i8o**-20o°.  On  obtient  ainsi  un 
liquide  incolore  d'odeur  agréable,  ne  décolorant  plus  le  brome.  Par  rectifi- 
cation, on  peut  isoler  deux  séries  de  produits,  les  uns  bouillant  de  4^»''  à 
i5o°,  les  autres  distillant  de  i5o**  à  250**.  Les  premiers  fournissent  les  frac- 
tions suivantes  : 

D.o-  Dio- 

00  00 

60-  75 o ,  70^7  I  o5-  r  I o o ,  7440 

75-80 0,7154  iio-ii5 0,7477 

80-  85 0,7198  ii5-i20 o,75i4 

85-  90 0,7247  I20-I25 0,7545 

90-95 0,7294  i25-i3o 0,7572 

95-100 0,7825  i3o-i35 0,7601 

ioo-io5 0,7860  i35-i4o 0,7686 

Le  produit  distillant  de  60°  à  75^  est  très  peu  attaquable  par  le  mélange 
sulfo-nilrique;  il  est  surtout  formé  d'hexane. 

Dans  la  portion  85*^-90°,  on  isole  parnitration  de  la  nitrobenzine,  changée 
en  aniline,  et  dans  la  partie  bouillant  à  io5°-i  10",  on  identifie  facilement  le 
toluène  par  son  dérivé  dinitré.  Le  liquide  résiduel,  catalysé  sur  nickel,  fournit 
une  petite  quantité  de  carbures  aromatiques;  si  on  les  sépare,  le  résidu  a 
une  densité  D,o  =  0,7090,  voisine  de  celle  de  Vheptane. 

Le  même  traitement  sur  la  portion  iSo^-iSS"  permet  d'identifier  le 
métaxylène  et  un  liquide  de  densité  0,0  =  0,7310,  voisine  de  celle  du 
nonane,  0,3  =  0,7228. 

La  fraction  distillant  de  i5o^  à  25o"  a  une  densité  D,o  =  o,845o. 

Ces  résultats  montrent  que  la  décomposition  catalytique  de  l'acide 
oléique  conduit  à  des  gaz  riches  et  à  des  produits  hydrocarbonés  liquides 
que  l'hydrogénation  sur  nickel  transforme  en  un  mélange  de  carbures  ali- 
phaliques  et  de  carbures  cycliques  parmi  lesquels  se  trouvent  la  benzine,  le 
toluène  et  le  métaxylène. 


SÉANCE   DU   27    MARS    I922.  876 


MINÉRALOGIE.  —  Suj'  la  stasùe,  un  minéral  nouveau^  dimorphe  de  la  dewindtite. 

Note  de  M.  Alfred  Schoep. 

La  chalcolite  de  Kasolo  (Katanga,  Congo  belge)  est  souvent  imprégnée 
de  divers  autres  minéraux  uranifères.  J'y  ai  trouvé  de  petites  géodes  de  kaso- 
lite  ainsi  que  des  amas  peu  volumineux  et  de  minces  couches  de  dewindtite. 
C'est  également  sur  la  chalcolite  de  Kasolo  que  j'ai  découvert  le  minéral  qui 
fait  l'objet  de  la  présente  Note;  on  l'y  rencontre  quelquefois  en  quantité 
suffisante  pour  le  séparer  des  minéraux  étrangers  dans  un  état  de  pureté 
très  satisfaisant,  supérieur  même  à  celui  dans  lequel  j'ai  pu  obtenir  la  de- 
windtite. 

Ce  minéral,  examiné  à  l'œil  nu,  est  de  couleur  jaune,  plutôt  sale  ;  mais 
au  microscope  on  constate  qu'il  est  formé  de  petits  prismes  très  aplatis  sui- 
vant A'  (  100),  brillants,  transparents,  d'un  beau  jaune  d'or.  Les  plus  longs 
d'entre  eux  atteignent  rarement  o°"^,09  et  leur  largeur  ne  dépasse  guère 
o™™,o4.  Ils  possèdent  suivant  A'  un  clivage  qui  paraît  facile;  ils  sont  nette- 
ment limités  à  l'une  de  leurs  extrémités  par  une  face/)  (001);  mais  à  cause 
de  la  très  faible  épaisseur  de  ces  prismes  on  ne  peut  apercevoir  de/>  que  la 
trace  qui  est  perpendiculaire  à  la  zone  [001].  La  cassure  est  irrégulière  à 
l'autre  extrémité.  Ces  cristaux  sont  biréfringents  et  s'éteignent  suivant  leur 
allongement  qui  est  de  signe  positif.  L'indice  de  réfraction  est  plus  élevé 
que  celui  de  l'iodure  de  méthylène. 

La  densité  du  minéral  déterminée  à  l'aide  du  pycnomètre  est  de  5,o3 
à  i7«C. 

Au  point  de  vue  chimique  il  se  comporte  comme  la  dewindtite.  Dans  le 
tube  fermé  il  donne  de  l'eau  et  devient  rouge  brun  à  chaud;  il  reprend  sa 
couleur  par  refroidissement.  Sur  le  charbon,  à  la  flamme  oxydante  du 
chalumeau,  il  fond  facilement  en  un  globule  noir,  sans  donner  d'auréole. 
Mélangé  à  du  carbonate  de  sodium,  il  donne  à  la  flamme  réductrice  des 
globules  de  plomb.  Il  se  dissout  dans  l'acide  azotique;  cette  solution  donne 
avec  la  liqueur  molybdique  un  abondant  précipité  jaune  de  phosphomo- 
lybdate  d'ammonium.  Le  minéral  se  dissout  également  bien  dans  Tacide 
chlorhydrique,  avec  formation  de  cristaux  de  chlorure  de  plomb,  et  dans 
l'acide  sulfurique  avec  dépôt  d'un  précipité  blanc  de  sulfate  de  plomb.  Ces 
solutions  sont  colorées  en  jaune  par  l'uranium. 


876  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Deux  portions  du  minéral,  différentes  en  qualité,  ont  été  soumises  à  l'analyse. 
Elles  furent  séchées  à  100°  jusqu'à  poids  constant,  et  c'est  sur  la  poudre  ainsi  dessé- 
chée que  les  analyses  ont  été  faites.  Cette  dessiccation  n'altère  pas  le  minéral  au  point 
de  vue  de  sa  transparence,  ni  de  ses  autres  propriétés  optiques  observables. 

La  portion  du  minéral,  la  plus  parfaitement  débarrassée  de  toute  gangue  est  désignée 
par  I;  l'autre,  un  peu  moins  pure,  par  II.  J'ai  fait  sur  la  portion  I  les  dosages  dont  les 
résultats  se  trouvent  dans  les  colonnes  Aj,  B,,  C,,  Dj.  M.  W.  Steinkuhler,  qui  m'assiste 
dans  ces  recherches,  a  fait  plusieurs  analyses  de  la  portion  II;  les  moyennes  en  sont 
données  dans  la  colonne  En. 

A,.  B,.  C.  D,.  E„. 

Insoluble 0,74  o,4o  1,17  »  o,5o 

Perte  par  calcination .  .       6,60  6,71  »  »  6,24 

H^  0  .  . .  . •  »  »  »  5 ,  60  « 

PbO 25,53  26,20  26,08  »  26,20 

VOK...... 56,28  55,77  »  »  56,20 

P^O^..... 10,32  10,62  »  ))  10,60 

GaO j)  ))  o,3o  »  » 

MgO »  »  »  »  » 

(99.47  99>7o  »  »  99>74 

Total )    c>,3o  o,3o  »  «  o,3o 

[99-77  100,00  »  ))  ioo,o4 

La  magnésie  se  trouve  dans  le  produit  analysé  à  l'état  de  traces. 

Dans  le  Tableau  suivant,  la  colonne  i  contient  les  chiffres  moyens  donnés 
par  les  analyses  Aj  et  B,  pour  les  composants  principaux.  Ces  chiffres  sont 
rapportés  à  100  dans  la  colonne  2.  Une  troisième  colonne  reproduit,  en 
regard,  les  résultats  trouvés  pour  la  dewindtitc. 

1.  2.  3. 

PbO 25,86  26,40  23,55 

UO^ 56, 02  57,19  60, i3 

P'0-5 10,47  Ï0.68  10, 84 

H'0 5,60  5,70  5,46 

Les  analyses  du  nouveau  minéral  accusent  pour  celui-ci  une  plus  forte 
teneur  en  plomb  et  une  teneur  moindre  en  uranium.  Mais  pour  l'un  et 
l'autre  minéral  fa  somme  (PbO-hUO')  esta  peu  près  la  même,  83,59 
et  83,68. 

Si  l'on  divise  les  nombres  de  la  colonne  2  par  les  poids  moléculaires, 
on  trouve  : 


SÉANCE    DU    27    MARS    1922.  877 

PbO ;.. ;... o,ii3 

UO3 0,198 

P^O^ 0,075 

H^O 0,817 

ce  qui  conduit  à  la  formule 

4Pb0.8U0^3P20^I2H2  0 

qui  est  celle  trouvée  précédemment  pour  la  dewindtite.  Le  minéral  diffère 
de  celle-ci  par  sa  densité,  sa  couleur,  la  couleur  de  sa  poussière,  la  forme  de 
ses  cristaux  dont  la  symétrie  vraie  n'est  pas  encore  établie. 

Sa  radioactivité  est  un  peu  inférieure  à  celle  de  la  dewindtite. 

Le  minéral  qui  vient  d'être  décrit  est  nouveau.  Je  propose  de  lui  donner 
le  nom  de  stasîte,  en  l'honneur  du  chimiste  belge  J.-S.  Slas.  La  stasite 
et  la  dewindtite  sont  deux  variétés  dimorphes  d'un  même  composé. 

BIOLOGIE  VÉGÉTALE.  —  Hérédité  anormale  de  la  couleur  des  embryons  d'une 
variété  de  Pois  (Pisum  sativum  Z,.).  Note  de  M.  L.  Blaringhem,  présentée 
par  M.  L.  Guignard. 

Dans  les  expériences  classiques  de  Mendel,  la  couleur  jaune  des  em- 
bryons de  Pisum  sativum  domine  la  couleur  verte,  et  la  ségrégation  en 
deuxième  génération  a  provoqué  la  découverte  d'une  proportion  numé- 
rique simple  3J  :  I  V.  Mendel  (i865)  Fa  vérifiée  sur  8028  descendants  dont 
6022  étaient  jaunes  et  2001  verts;  Correns  (1900),  Tschermak  (1900), 
Hurst  (1904),  Bateson  (1900),  Lock  (igoS)  ont  obtenu  des  résultats  con- 
cordants portant  à  53 064  les  embryons  dénombrés,  avec  ségrégation 
en  491 17  jaunes  et  18947  verts,  soit  3, 01  :  i.  Pour  obtenir  ces  résultats,  il 
faut  choisir  les  lignées. 

Bateson  (tqoS,  et  Mendel' s  Principles,  1909?  P-  4o)  signale  des  embryons 
panachés  («  piebald  »  ;  «  en  de  rares  cas,  en  F,,  on  trouve  des  embryons  verts; 
beaucoup  de  variétés  récentes  ont  des  cotylédons  teintés  de  vert  et  de 
jaune  »,  et  il  suggère  que  les  circonstances  de  la  maturation  peuvent  altérer 
la  couleur.  C.  E.  White  (1916)  croit  aussi  à  une  influence  possible  des 
années  humides  où  la  maturation  se  produirait  mal.  Les  conditions  excep- 
tionnelles des  étés  1920  et  1921  fournissent  à  ce  sujet  complète  garantie;  en 
fait,  la  lignée  détermine  les  aberrations;  il  y  a  des  lignées  instables  au  point 


878  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

de  vue  de  V hérédité  de  la  coloration  des  embryons;  il  y  en  a  d'autres,  et  C.  E. 
White  (1916)  l'a  montré  avec  une  grande  netteté,  où  la  dominance  est  ren- 
versée, le  vert  dominant  le  jaune. 

Le  Muséum  d'Histoire  naturelle  me  remit  au  printemps  191 1  une  collec- 
tion de  Pisum  provenant  de  Hohenheim  (Wurtemberg);  mise  en  culture  de 
191 1  à  1914  en  lots  séparés  par  des  parcelks  d'Orges,  je  vérifiai  la  cons- 
tance des  caractères  sur  i5  à  20  plantes  par  génération.  En  1913,  i  plante 
sur  18  de  la  Sorte  Pariser  Gold^  classée  dans  Pisum  sativum  var.  axiphium 
Alefeld,  présenta  une  variation  notable;  alors  que  toutes  les  graines  des 
17  autres  plantes  étaient  d'un  jaune  bien  pur,  comme  les  graines  reçues  et 
celles  de  la  génération  précédente,  la  variante,  qui  fournit  seulement 
5  cosses,  donna  27  graines  jaunes  et  2  graines  vert  jaunâtre.  Plantées 
en  1914,  j'ai  pu  m'assurer  qu'en  cette  année  les  plantes  de  graines  jaunes 
ne  donnèrent  que  des  jaunes  et  les  deux  graines  vertes  que  des  graines 
vertes. 

Les  descendants  veris  de  1914  furent  remis  en  culture  en  1919  sous  le  n°  9  ; 
3o  graines  donnèrent  des  plantes  peu  vigoureuses  dont  11  seulement  fertiles;  tous  les 
embryons  étaient  d'un  vert  pâle  uniforme;  mais  en  1920,  sur  28  plantes  (lot  91), 
25  (dont  les  liguées  911  à  919)  ne  donnèrent  que  des  embryons  verts  et  3  (lignées  921, 
922,  923)  respectivement  17,  12  et  to  verts  pour  5,4  et  11  jaunes  franc. 

Les  épreuves  de  1921  furent  faites  sur  une  vaste  échelle  ;  les  embryons  jaunes 
de  921,  922,  923  ne  donnèrent  que  des  embryons  jaunes,  sauf  une  plante  avec 
i5  embryons  jaunes  et  i  strié  de  vert;  les  descendants  verts  des  mêmes  lignées  se 
disjoignent  et  fournissent  : 


921 
922 
923 


i4  jaunes,     28  verts,        gS  intermédiaires  =  187; 
i5       »  33      »  117  »  c=:  i65  ; 


21        »  1(5      »  49 


la  lignée  923  donnant  en  quelque  mesure  3  verts  pour  i  jaune,  soit  la  proportion 
inverse  du  cas  normal.  Mais  ce  n'est,  sans  doute,  qu'un  exemple  accidentel,  d'autant 
plus  qu'il  est  nécessaire,  pour  analyser  les  descendances  des  lignées  911  à  9l9,  de  sérier 
les  teintes  des  embryons  [  1018]  en  catégories  dérivées  : 

Lignées 911. 

Jaune  blanc  [gS] 4 

Mi-blanc  mi-verl  [189] 27 

Jaune  vert  [890] 52 

Vert  franc  [337] 3i 

Vert  foncé  [7] o 

Comme  dans  la  plupart  des  exemples  d'hérédité  intermédiaire,  quelques  plantes 


m. 

913. 

915. 

915. 

916. 

917. 

918. 

919. 

1 1 

0 

0 

i5 

9 

22 

i3 

2  I 

32 

18 

17 

2  5 

i4 

19 

i5 

22 

47 

4i 

38 

43 

42 

28 

54 

45 

22 

68 

75 

3i 

27 

26 

23 

34 

0 

4 

3 

0 

0 

0 

0 

0 

SÉANCE   DU   27    MARS    1922.  879 

se  distinguent  par  des  particularités  inattendues.  Ainsi,  dans  la  lignée  917,  une  plante 
ne  donne  que  des  graines  jaunes  dans  les  2  cosses  inférieures,  que  des  graines 
vertes  franc  dans  les  3  cosses  supérieure-^  ;  une  autre  donne  de  bas  en  haut  i  cosse 
intermédiaire,  2  jaunes,  i  mi-vert  mi-blanc;  dans  d'autres  lignées,  911,  le  vert  franc 
passe  par  teintes  graduées  aux.  très  rares  jaunes  (3  pour  100).  Il  est  matériellement 
impossible  de  constater  un  schéma  de  disjonction  selon  le  mode  mendélien,  même 
en  décomposant  les  caractères  en  plusieurs  facteurs  indépendants,  selon  le  procédé 
de  Nilsson-Ehle. 

O.-E.  White  (1916)  a,  en  effet,  constaté  que  la  variété  Goldkônîg  du 
Pisum  sativiim  se  comportait  comme  si  la  couleur  des* embryons  dépendait 
de  trois  couples  de  facteurs  G,  Y,  T,  le  facteur  G  (vert)  dominant  Y  (jaune) 
et  I  servant  à  expliquer  les  anomalies.  Mais  il  faudrait  sans  doute  d'autres 
termt^s  pour  rendre  compte  de  la  disjonction  de  la  Sorte  Suttons  non  pareil 
qui,  d'après  Bateson  (iQoa),  donne  souvent  des  Pois  jaunes  avec  des  Pois 
verts.  Bateson  et  Miss  Kelby  (1904)  notent  des  colorations  mixtes  chez 
les  Sortes  Merveille  d^ Am.érique^  Téléphone^  etc.  La  même  Sorte  Merveille 
d' Amérique  se  comporte  dans  les  croisements  de  P.  Baccarini  (191 1)  d'une 
manière  si  irrégulière  qu'il  lui  est  impossible  de  définir  la  couleur  domi- 
nante. Enfin  E.  Zederbauer  (1914),  étudiant  lui  aussi  la  génétique  de 
MerveiVe  d' Amérique^  constate  que  la  valeur  du  caractère  change  au  cours 
de  l'existence  de  l'individu;  en  1917,  il  conclut  que  les  individus  jeunes, 
ordinairement  récessifs,  tendent  dans  les  croisements  avec  les  individus  plus 
âgés  à  prendre  une  condition  de  véritable  dominance.  Nous  sommes  loin, 
dans  ces  exemples,  de  la  loi  simple  de  ségrégation  des  caractères  énoncée 
par  Mendel. 

En  résumé,  certaines  lignées  de  Pisum  sativum  présentent  comme  les 
Hordeum  (Blaringhem,  1909),  comme  les  Lins  (Blaringhem,  1921)  des 
irrégularités  frappantes  dans  la  transmission  des  caractères  discontinus.  Il 
faut  faire  un  triage  sévère  des  lignées  pour  vérifier  rigoureusement  les  lois 
de  Mendel;  elles  seules  constituent  les  véritables  variétés  régressives  utili- 
sables comme  réactifs  pour  l'analyse  mendélienne  de  la  descendance.  Les 
lignées  irrégulières  fournissent  d'autre  part  des  réactifs  sensibles  à  l'action 
du  climat,  de  l'âge  et,  d'une  façon  générale,  des  conditions  particulières  de 
nutrition.  Il  est  intéressant  de  posséder  une  lignée  du  Pisum  sativum  sen- 
sible quant  à  la  coloration  des  embryons,  qui  permet  des  dénombrements 
rapides  et  le  gain  d'une  année  de  culture  à  cause  des  phénomènes  de  xénie. 


88o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


BOTANIQUE.  —  Sur  V élongation  des  racines. 
Note  ('  )  de  M.  H.  Ricome,  présentée  par  M.  Gaston  Bonnier. 

L'élongation  des  racines  est  si  minime  qu'il  est  difficile  de  montrer  que 
la  réaction  à  la  pesanteur  y  est  de  même  sens  que  dans  les  tiges;  la  multi- 
plication cellulaire  masque  cette  réaction. 

Nos  expériences  antérieures  portaient  sur  des  organes  fendus  longitudi- 
nalement  et  pouvaient  paraître  insuffisantes  à  établir  cette  affirmation; 
mais  voici  une  preuve  concluante. 

On  n'a  jusqu'ici  trouvé  d'autre  moyen  d'empêcher  la  racine  de  se  diriger 
vers  le  bas  que  la  roue  de  Knight  et  le  dispositif  pendulaire  imaginé  par 
nous.  Dans  les  deux  cas,  on  ne  fait  qu'égaliser  l'action  de  la  pesanteur 
autour  de  l'axe  de  l'organe.  Dans  l'expérience  actuelle,  la  pesanteur  oriente 
la  racine  verticalement  vers  le  haut. 

Il  est  possible  de  détruire  la  majeure  partie  des  cellules  en  état  de  division 
active,  en  piquant  la  racine  dans  le  sens  de  son  axe  avec  une  aiguille. 
L'expérience  échoue  avec  une  aiguille  à  dissection  qui  fait  éclater  les  tissus 
superficiels.  Elle  réussit  avec  une  fine  aiguille  à  coudre  qui  perfore  les  cel- 
lules voisines  de  l'axe  sans  détériorer  les  autres.  Dans  ce  cas,  un  grand 
nombre  de  cellules  intactes  demeurent  capables  d'élongation.  Si  l'on  enfonce 
l'aiguille  de  2°^"  à  3™™,  on  obtient  régulièrement  une  incurvation  de  la 
racine  vers  le  haut. 

Si  la  racine  ainsi  traitée  est  placée  dans  l'eau  en  position  normale,  il  se 
produit  dès  la  première  heure  une  courbure  affectant  une  longueur  qui 
atteint  parfois  iS"^™.  Cette  courbure  est  due  à  une  modification  de  la  tension 
relative  des  tissus  et  non  à  l'intervention  de  la  pesanteur.  Mais  l'élongation 
se  produit,  et  la  pesanteur  fait  sentir  son  effet  tropique.  Alors  la  courbe  pri- 
mitive se  déforme  de  façon  qu'au  bout  de  quelques  heures  la  racine  est 
redevenue  verticale  descendante  et  que  seul  le  sommet  est  redressé  vers  le 
haut.  La  racine  est  donc  coudée  et  le  coude  est  situé  régulièrement  vers  le 
cinquième  ou  le  sixième  millimètre. 

Si  la  racine  est  placée  en  position  horizontale,  les  mêmes  phénomènes  se 
manifestent.  La  courbure  de  tension  se  produit  en  direction  quelconque  (le 
traumatisme  détruisant  les  cellules  irrégulièrement),  mais  le  coude  résultant 

(')  Séance  du  20  mars  1922. 


SÉANCE  DU  27  MARS  1922.  88 1 

de  réloHg'iilioii  relève  le  soiiiiuel  vers  le  haut.  Le  coude  est  à  la  même  dis- 
tance de  rextréiiiité  que  dans  le  cas  piécédent. 

Ainsi  il  suffît  de  gêner  la  multiplication  cellulaire  en  détruisant  les  cellules 
les  plus  actives  pour  constater  que  l'elVel  de  la  pesanteur  sur  l'élongalion 
est  la  même  que  dans  la  lij^e  et  non  inverse  comme  on  le  croyait. 

Nous  avons  déjà  établi  expérimentalement  que  la  région  des  divisions 
cellulaires  de  la  tige  réagit  eu  se  dirigeant  vers  le  bas.  Ainsi  se  trouve  com- 
plt'iéc  la  démonstration  c\périmenlale  de  l'elVet  inverse  de  l'action  de  la 
pesanteur  sur  les  zones  en  état  de  division  et  en  état  d'élougation,  eilet  dont 
le  résultat  le  plus  fra[>pant  est  l'orienlation  de  la  racine  vers  le  bas  et  Torien- 
lation  de  la  tige  \ers  le  liant. 


PHYSIOLOGIE  VÉ(;ÉTALE.  —  Sw  une  nouvelle  Jcrmeiitalion  adde  jxoduiie par 
le  Sterigmatocystis  nigra.  Note  de  M.  Marix  Molliard,  |)résentée  par 
M.  (iaston  lîonnier. 


Au  cours  de  mes  reclierches  sur  la  production  des  acides  organiques 
libres  par  le  Sterigmatocystis  nigra  j'ai  montré  en  particulier  que  cette 
Mucédinée  était  capable,  dans  certaines  conditions,  de  transformer  en 
aoide  citrique  lAie  partie  du  sucre  mis  à  sa  disposition  ;  c'est  ce  qui  se  passe 
par  exemple  quand  le  développement  du  (Champignon  s'effectue  en 
présence  d'un  milieu  ne  contenant,  en  outre  des  doses  normales  de  sucre  et 
de  sels  minéraux,  qu'tine  (juantité  insuffisante  d'azote. 

(  )n  observe  d'autre  part  fréquemment  que  les  quantités  d'acide  citrique 
et  d'acide  oxalique  libres  produits  (les  deux  acides  apparaissent  par  exemple 
dans  le  cas  où  c'est  le  phosphore  ([ui  est  fourni  en  quantité  insuffisante)  se 
montrent  nettement  inférieures  à  celles  (|ui  correspondent  à  l'acidité  libre^ 
présenlée  par  le  milieu  de  culture;  il  faut  donc  admettre  qu'il  existe  au 
moins  une  autre  substance  acide  s'ajoutant  aux  deux  |)récédentes. 

J'ai  pu  détermirter  la  nature  d'une  telle  substance  dans  un  cas  où  son 
étude  est  rendue  particulièrement  facile  du  fait  qu'elle  apparaît  seule  et  en 
quantité  très  importante.  (Cultivons  le  Sterigmatocystis  nigra  sur  un  milieu 
ne  contenant,  pour  une  dose  normale  de  saccharose  (7^  pour  i5o""'),  pour 
le  ~  d'azote  et  de  sels  minéraux  nécessaires  au  développement  optimum  de 
la  Mucédinée;  la  marche  de  la  culture,  effectuée  à  36",  est  alors  très  spéciale 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  13.)  ^4 


882  ACADÉMIE   DES    SCIENCES» 

et  se  trouve  présenter,  entre  autres  caractères,  ceux  qui  sont  résumés  par 
le  Tableau  suivant  : 

Dui'cL'  PoiJs 

de  hi  culture  du  rnyci'liuiii  acidité         Sucre  con:oniiHc 

(en  jours).  sec  (en  mg).      (en  cni-^  N  ).  (en  nig). 

lo , 779  13.3  5i45 

■;>o.. 845  i3.6  58 12 

3o 99/4  I  '  ■  9  6555 

'10 I  i5o  i»><)  6856 

Au  bout  de  10  jours  le  maximum  d'acidité  est  à  peu  près  réalisi*  et,  à 
partir  de  ce  moment,  la  disparition  du  sucre  est  très  lente;  on  ne  met  en 
évidence  dans  le  milieu  de  culture  ni  acide  oxalique,  ni  acide  citrique;  mais 
le  liquide  présente  d'une  manière  très  intense  la  r(''action  de  iîerg  relative 
aux  acides-alcools. 

Si  l'on  remplace  le  liquide  précédent  par  un  milieu  n'en  dilïerant  que  par 
une  dose  double  de  sucre,  on  obtient  des  résultats  analogues,  mais  avec  une 
exagération  de  l'acidité;  Ir  développement  physiologique  de  la  culture  se 
traduit  de  la  manière  qui  suit  : 

Poids 
Durée  du   mycélium  sec  Acidité  \iide  citrique        Sucre  consommé 

(en  jours,.  (en  mg).  (encm■■■.^).  dosé.  (enmi;;. 

2 288  .8.96  O  » 

4 507  32  o                      » 

6 696  32.8  o                         » 

S 877  36,2  o                         » 

10 1 0 1 5  37.4  o  9216 

2(1 Il  34  38  33(>  '0469 

3o 1 290  36, 4  389  I  1 700 

4o 1299  32,4  289  12762 

Jusqu'au  6''  jour,  il  ne  se  produit  pas  trace  d'acide  citrique;  le  liquide 
reste  limpide  par  addition  d'acétate  de  plomb  et  ne  doAne  pas  la  réaction 
de  Denigès;  ce  n'est  que  vers  le  <S*'jour  qu'on  peut  obtenir  une  réaction 
qualitative  de  l'acide  citrique  et  seulement  vers  le  20*  jour  qu'on  peut  le 
doser  à  l'état  de  citrate  tricalcique.  A  aucun  moment  on  ne  décèle  d'acide 
oxalique.  Kt  cependant  le  maximum  d'acidité  du  liiiuide  se  trouve  presque 
atteint  dès  le  4^  jour. 


SÉANCE    DU    2-    MARS    I922.  883 

Des  cultures   de  la   série   précédente,  prélevées  au  G®  jour,  permettent- 
d'isoler  facilement  à  Tétai  de  sels  de  calcium  ou  de  zinc  l'acide-alcool  produit 
en  si  grande  abondance,  de  le  séparer  ainsi  du  sucre  restant  et  de  le  régé- 
nérer à  l'état  libre  par  la  décomposition  de  ces  sels. 

Il  s'agit  d'un  acide  ne  cristallisant  pas,. mais  restant  sirupeux  ;  son  pouvoir 
rotatoire,  les  caractères  de  ses  sels  (le  sel  de  cinchonine,  en  particulier,  est 
insoluble  dans  l'alcool),  ceux  de  sa  phénylhydrazide,  les  résultats  fournis  par 
l'analyse  élémentaire  du  sel  de  calcium,  m'amènent  à  l'identifier  à  l'acide 
monobasique  r/-giucosique,  que  Léon  Boutroux  a  déjà  signalé  comme  un 
produit  dérivant  du  glucose  sous  l'emploi  de  certains  ferments  acéticjues. 

L'acide  en  question  apparaît  comme  le  produit  le  plus  simple  qui  puisse 
résulter  de  l'oxydation  du  glucose,  et  j'ai  pu  constater  qu'il  constitue  à  son 
tour  un  aliment  pour  le  Sterigmatocystis  nigra  et  peut  subir  une  oxydation 
totale,  au  même  titre  d'ailleurs  que  l'acide  citrique  et  l'acide  oxalique, 
quand  on  fournit  au  milieu  de  culture  tous  les  éléments  nécessaires  au  déve- 
loppement normal  du  Cbampignon. 

La  méthode  des  milieux  déséquilibrés,  outre  qu'elle  montre  le  rôle  im- 
portant et  spécifique  des  différents  éléments  chimiques  dans  les  phénomènes 
biologiques  d'oxydation,  permet  donc  de  mettre  en  évidence  certains  pro- 
duits du  métabolisme  intermédiaire  des  substances  organiques  ;  d'après 
mes  recherches,  les  diverses  substances  dérivant  successivement  de  l'oxy- 
dation du  sucre  interverti  s'accumulent  dans  les  conditions  suivantes  : 

I**  Quand  on  diminue  notablement  les  quantités  de  la  source  d'azote  et 
de  l'ensemble  des  sels  minéraux,  il  s'accumule  de  l'acide  glucosique,  soit 
à  l'état  pur,  soit  d'une  manière  très  prédominante  par  rapport  à  l'acide 
citrique  ; 

2°  Si  l'on  ne  diminue  que  la  dose  de  la  substance  azotée,  c'est  l'acide 
citrique  qui  devient  le  plus  important  ; 

3°  Vient-on  à  faire  porter  la  réduction  sur  le  phosphore,  on  obtient  une 
forte  acidité  libre  résultant  surtout  d'un  mélange  d"acide  citrique  et  d'acide 
oxalique  ; 

4°  Quand  la  réduction  intéresse  le  potassium,  on  assiste  à  une  accumu- 
lation considérable  d'acide  oxalique  ; 

5°  Enfin,  dans  un  milieu  équilibré,  il  n'apparaît  que  des  traces  d'acides 
libres  et  l'on  peut  considi-rer  qu'on  est  en  présence  dupliénomène  respira- 
toire normal. 


884 


ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


ZOOLOGIE.  —  5/^/'  un  nouveau  Poisson  (nrui;le  des  eaux  douces  de  IWfrique 
oecident(de.  Noie  de  M.  jAt:QUEs  Pelleghix  présentée  par  M.  Bouvier. 

La  faune  ichlyologiquc  des  eaux  douces  de  TAfriquc  est  loin  d'être  com- 
piètement  connue  et  peut  nous  réserver  encore  des  découvertes  fortinléres- 
santes.  Tout  récemment,  M.  Houlenger  ( ')  décrivait  comme  le  premier 
l*oisson  aveugle  africain,  un  Barbeau  sans  yeux,  le  Cweoharhus  iieerlsi,  péché 
dans  un  lac  de  la  grotte  de  Tliysville  (Bas-Congo  ). 

M.  le  D''  Bouel,  chargé  d'affaires  de  France  au  Libéria,  a  recueilli  aux 
environs  de  Monrovia  un  Poisson  qui,  bien  qu'appartenant  à  un  groupe  fort 
différent,  présente  (''gaiement  le  caractère  d'être  aveugle  et  constitue  une 
forme  tout  à  l'ail  curieuse.  La  capture  de  cet  échantillon  unique,  mesurant 
233'"'"   de  longueur,   a  été  faite  à  i  i''    du  soii'  dans  un  petit  ruisseau  d'eau 


Typklosynbranchiis  Botie/i  ('lY'U-  vue  en  dessous). 

douce  se  jetant  dans  un  marigot,  à-a''*"  ou  3'""  de  la  mer.  L'étude  de  ce  spé- 
cimen montre  qu'il  s'agit  d'un  genre  nouveau  de  la  famille  des  Synbran- 
chidés,  auquel  je  donne  le  nom  de  Typhlosynhj'unchus,  c'est-à-dire  Syn- 
branche  aveugle,  dédiant  volontiers  l'espèce  au  D'  Bouel  qui  Ta  rapportée 
au  Muséum  de  Paris. 

J^e  i^enre  7^yjj/ilosy/ib/a/ichiiS  se  Irouve  caiacléiist-  par  un  coips  lui,  c\  lindri(|uo, 
exlirmement  allongé,  \ermiiorme,  teiminé  en  pointe  i;ièie  et  sans  tiiice>  de  nageoires. 
Les  yeii\  sont  absents.  La  bouche,  bien  fendue,  est  bordée  de  lèvres  développées.  Les 
dents  sont  coniques,  en  une  seule  rangée,  sauf  en  avant  sur  les  prémaxillaires  et  à  la 
mandibule  ;  les  dents  palatines  sont  unisériées.  L'appareil  brancdiial  se  présente  exté- 


)   /Icvi/c  Z()olo:^iqiic  africaine,  l.  1),  19ÎI,  fasc.  3,  p.  aS').. 


SÉANCE    DU   27    MARS    1922.  885 

lieureiiient  à  la  face  inférieure  de  la  lôte  comme  un  long  pli  médian  loniiitudinal, 
bordé  de  bourrelets  avec  en  arriére  un  orifice  minuscule  uni([ue.  Tnlérieurement  on 
ne  dislingue  pas  de  lamelles  biancliiales  sui'  les  trois  arcs  branchiaux  antérieurs.  L'anus 
est  pla((''  an  peu  après  le  début  du  tiers  postérieur  du  corps. 

Dans  le  T.  lioueti  l;i  liauleur  du  corps  e^t  contenue  \&  fois  en\  iroii  dan>  la  longueur, 
celle  de  la  tête  9.0  fois.  Le>  narines  sont  hien  séparées,  les  antérieures  à  Textiéinité  du 
museau,  les  postérieures  sur  le  soniniet  de  la  tète.  La  teinte  générale  est  noirâtre. 

La  disposition  de  l'appareil  branchial  externe  à  orifice  unique  médian 
permet  de  placer  ce  Poisson  apode  dans  la  famille  des  Synbranclndés,  mais 
il  doit  y  occuper  une  place  Irt's  à  part  à  cause  de  la  forme  et  de  l'étroitesse 
de  cet  orifice  excessivement  réduit,  ovalaire,  tandis  que  dans  les  autres 
espèces  du  groupe  il  y  a  simple  réunion,  à  la  partie  inférieure  de  deux  fentes 
latérales  bien  développées. 

Les  Synbranchidés  sont  des  Poissons  anguillifonnes  dont  on  connaît 
trois  genres  :  Monoplcnis,  Synbninchus,  Chilohranchiis,  répandus  dans  les 
eaux  douces  et  saumPitres  du  sud-est  de  l'Asie,  de  l'Amérique  du  Sud,  de 
l'Australie  et  dont  une  seule  espèce,  le  Syni>/)a///ii.s  a  fer  Houlenger,  a  ét('' 
signalée  jusqu'en  Afrique  occidentale.  Tous  peuvent  vivre  longtemps  hors 
de  l'eau  et  beaucoup  s'enterrent  dans  la  vase  pendant  la  sécheresse. 

Déjà  chez  les  Monopterm^  on  observe  l'atrophie  ou  l'absence  des  lamelles 
branchiales  sur  les  arcs  branchiaux  antérieurs;  d'autre  part  chez  certains 
Synhranchus,  comme  le  S.  caligans  Cantor,  de  Malaisie,  l'œil  est  très  réduit, 
caché  sous  la  peau.  Ces  caractères  se  trouvent  encore  plus  acc(^ntués  chez 
le  Tyi)h]osynl>raTichus  Hoiirii.  Il  faut  sans  doute  chercher  dans  ses  habitudes 
limicoles  l'origine  de  la  cécité  de  ce  Poisson,  qui  doit  passer  dans  la  vase, 
c'est-à-dire  dans  un  milieu  <|uasi  opaque,  une  grande  partie  de  son  existence 
et  qui,  en  outre,  no  sort  peut-êti'e  que  la  nuit  à  la  recherche  de  sa  nour- 
riture. 


BIOLOGIE.  —  Sur  les  caraclrres  d'un  hylmdc  mâle priwciitini  de  l' union  d'un 
Canard  Pileî  mâle  (  Dafila  acuta  L,)  et  d'un  Canard  sauvage  femelle 
(Anas  Boschas  L.).  Note  de  M.  A.  Lécaillox,  présentée  par  M.  Hen- 
neguy. 

Le  Canard  Pilet  et  le  Canard  sauvage  forment,  pour  les  ornithologistes, 
deux  espèces  assez  distinctes  pour  être  rangées  dans  deux  genres  ditïerents. 


886  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Les  femelles  de  ces  deux  sortes  d'Oiseaux  sont  d'ailleurs  assez  ressemblantes, 
mais  les  mâles  se  différencient  très  nettement  l'un  de  l'autre  par  de  nom- 
breux caractères  faciles  à  observer.  Dans  leur  Traité  cV Ornithologie,  qui  date 
de  1867,  Gerbe  et  Degland(')  affirment  que,  parmi  le  gibier  apporté  sur  les 
marchés  de  Paris,  on  trouve  parfois  des  hybrides  de  deux  espèces,  dont  il 
s'agit  ici.  Effectivement  l'hybridation  du  Pilet  et  du  Canard  sauvage  paraît  se 
produire  sans  difficulté.  En  1920,  au  jardin  zoologique  de  Toulouse, 
naquirent  plusieurs  hybrides  résultant  de  l'accouplement  d'un  Pilet  maie 
avec  une  femelle  à'' An  as  hoschas.  L'un  de  ces  hybrides  était  du  sexe  mâle,  et 
dans  la  présente  Note,  je  me  propose  de  faire  connaître  les  caractères  de  cet 
Oiseau  en  le  comparant  avec  les  mâles  de  Pilet  et  à"" Anas  hoschas. 

L'hybride  en  question,  encore  vivant  aujourd'hui,  ressemble  au  Canard 
sauvage  mâle  par  la  couleur  vert  foncé  des  plumes  de  la  tète  et  du  cou  (à 
cause  de  ce  caractère,  le  mâle  de  Canard  sauvage  est  appelé  communément 
Col  vert^.  Cette  partie  du  plumage  est  au  contraire  gris  brunâtre  chez  le 
Pilet  mâle. 

Ses  ])attes  sont  rougeâtres,  comme  celles  du  Canard  sauvage,  alors  que 
celles  du  Pilet  sont  de  couleur  beaucoup  plus  foncée. 

Les  plumes  noires  sus-caudales,  qui  sont  droites  et  très  longues  chez  le 
Pilet  (ce  caractère  l'a  fait  appeler  longicmide  ou  acuticcuidc)  sont  au  con- 
traire enroulées  en  demi-cercle  chez  l'hybride,  et  à  ce  point  de  vue  encore, 
ce  dernier  se  rapproche  du  Canard  sauvage  mâle.  Toutefois,  l'enroulement 
est  moins  marqué  chez  l'hybride  que  chez  le  Canard  sauvage. 

La  taille  de  l'hybride  est  supérieure  à  celle  du  Pilet,  et  de  même  ordre 
de  grandeur  que  celle  du  Canard  sauvage. 

L'hybride  se  rapproche  au  contraire  du  Canard  Pilet  par  les  caractères 
suivants  : 

Il  présente  deux  bandes  blanches  placées  derrière  le  cou  et  montant  vers 
la  région  de  la  tête;  elles  sont  cependant  un  peu  moins  longues  que  chez  le 
Pilet.  Ce  caractère  fait  complètement  défaut  chezle  Canard  sauvage. 

L'hybride  a  un  bec  bleu  noirâtre,  comme  le  Pilet  (le  l)ec  est  rougeâtre 
chez  le  Canard  sauvage). 

Le  miroir  de  l'aile  est  très  semblable  à  celui  du  Pilet  :  il  a  un  reflet  vert 
dans  sa  partie  moyenne,  est  bordé  d'une  bande  roussâtre  du  côté  de  la  base 

(')  Voir  le  tome  2,  pages  .")o8  et  517  de  l'Ouvrage  de  ces  deux  auteurs  {Ornithologie 
européenne,  1867). 


SÉANCE    DU    1~    ^^ARS    1922.  887 

de  l'aile,  et  d"une  bande  noire  puis  blanche  du  côté  opposé.  On  sait  que  le 
miroir  du  Canard  sauvage  a  un  reflet  bleu  violacé  dans  sa  r-égion  moyenne, 
el  est  bordé  de  noir  et  de  blanc  sur  ses  deux  bords  latéraux. 

D'autres  caractères  du  plumage  de  l'hybride  sont  pkis  ou  moins  nette- 
ment intermédiaires  entre  les  caraclères  correspoiidanls  dos  mâles  des  deux 
espèces  parentes.  Je  citerai  seulement  ici  la  couleur  du  devant  de  la  poitrine. 
On  sait  que.  chez  le  Canard  sauvage  mâle,  cette  partie  du  plumage  est  d'une 
belle  couleur  roux  marron  foncé,  tandis  que  chez  le  Pilet  màle  elle  est 
blanche.  Chez  l'hybride  elle  est  blanche  en  majeure  parlie,  mais  des  traces 
de  roux  marron  foncé  s'observent  dans  la  zone  périphérique  de  cette  région 
du  corps. 

On  peut  dire,  en  résumé,  que  l'hybride  mâle  du  Canard  Pilet  mâle  el  du 
Canard  sauvage  femelle  ressemble  davantage,  par  certains  caractères,  soil 
à  l'un,  soit  à  l'autre  des  mâles  des  deux  espèces  desquelles  il  dérive.  Mais 
on  doit  noter  qu'à  d'autres  points  de  vue  il  est  plus  ou  moins  intermédiaire 
entre  ces  deux  animaux.  Ces  conclusions  sont  tout  à  fait  analogues  à  celles 
auxquelles  me  conduisit  l'étude  d'un  hybride  mâle  de  Canard  musqué  et 
d'Oie  d'Egypte  (').  Ces  deux  cas  se  rapportent  à  la  catégorie  des  hybrides 
chez  lesquels  les  produits  directs  de  l'union  des  deux  parents  d'espèces  dif- 
férentes présentent  des  caractères  du  parent  mâle,  des  caractères  du  parent 
femelle  et  des  caractères  nouveaux  ou  plus  ou  moins  intermédiaires  à  ceux 
des  deux  espèces  souches. 


CHIMIE  BIOLOGIQUE.  —  Zinc  el  canccr.  Note  de  M.  Paul  Cristol, 
présentée  par  M.  Widal. 

C.  Delezenne  (^')  a  montr(''  que  plus  un  tissu  est  riche  en  phosphatides  ou 
en  nucléoprotéides,  plus  il  contient  de  zinc.  D'autre  part,  il  a  émis  l'hypo- 
thèse que  le  zinc  y  remplit,  sous  une  forme  appropriée,  le  rôle  de  catalyseur 
dans  les  phénomènes  d'hydrolyse  des  phosphatides  et  des  acides  nucléiques. 
Enfin  il  a  vérifié  une  fois  avec  M.  Pettit  qu'un  animal  intoxiqué  à  dose 


(')  Comptes  rendus^  t.  174,  1922,  p.  68.  (Dans  le  litre  de  celle  Noie,  il  faul  lire 
Chenalopex  au  lieu  de  C henalopes.  ) 

(^)  DelezeniNE,  Le  zinc  constituant  cellulaire  de  l'organisme  animal  {Ann.  Insl. 
Pasteur,  t.  IÎ3,  1919,  p.  68). 


888  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

friible  par  du  venin  de  cobra  (très  riche  en  zinc)  présentait  des  divisions 
caryocinéliques  anormales  des  cellules  nerveuses. 

Ces  fails  nous  ont  incité  à  étudier,  au  point  de  vue  de  leur  teneur  en  zinc, 
les  tumeurs  cancéreuses. 

Nous  axons  eni{)l<)yé  les  lechniques  analytiques  utilisées  par  M.  Dele- 
zenne. 

Voici  les  premiers  lésultats  obtenus  : 

Tumeurs  conj on  clives. 

V.n  pour  11  100 

U-(l  Poids  sec  "  '  ■       -  -■ — ^         ^ 

|)Oiir  100.           jitialvsr.       S*  >''/ii  pesi'.          fini?.  sor. 

-  '"" 

l'ihroine   iilérin  1 Si,i8  \.>.i  •),2  o,n5-  djS^iÔg 

il  )i       2 8i.o5  9j*'9  6,-5  (),<»53  <'-^94 

»  »       2(')..     7/4, 3t»  7,583  6,9  o,(»92  0,869 

Ta  me  tirs  épithcHiales. 

(]anct'r  dt'  riilérti.s. .  .  .  7^.67  5, 00  9, S  "','03  "»79'l 

•  CanciT  ilii  foie 78,16  8,41  ii,i  ">''9  0)'"ji9 

(lancer  du  sein  1 7'>,"i  9''^^*  9'3  0,098  0,424 

Cancer  du  sein  2 74)5''*  6,857  i'>,3  0,^00  0,788 

Cancer  de  la  face 78.-0  7,255  10, 3  0.128  0,57/1 

Ces  chiffres  sont  intéressants,  d'abord  par  la  différence  qu'ils  montrent 
entre  .  les  tumeurs  conjonctives  bénignes  et  les  tumeurs  épithéliales 
malignes. 

D'autre  part,  il  esl  important  de  noler  l'élévation  delà  teneur  de  zinc  de 
la  portion  centrale  du  ^fibrome  ut<''riii.  n"  1.  Or  cette  partie  était  molle  et 
l'examen  histologique  y  a  montré  un  Commencement  de  dégénérescence  sar- 
comateuse, tandis  que  la  partie  périphérique  étail  purement  tibromateuse. 

Enfin  les  deux  canceis  du  sein  cités  étaient  tous  deux  des  cancers  alvéo- 
laires, mais  alors  que  le  second  qui  atteint  un  taux  de  zinc  très  élevé (0^,783 
pour  1000  de  tissu  sec)  était  un  épithélioma  typique,  le  premier  contenant 
seulement  0^,424  pour  1000  de  zinc  était  un  cancer  alvéolaire  dendritique 
avec  forte  réaction  fibreuse  du  type  squirrheux  (examen  histologique  du 
Professeur  (Irunfellt). 


(')  l^arlies  péripliériqnes  et  parties  centrales, dégénérées. 


SÉANCE   DU    27    MARS    1922.  S89 

Ces  premiers  résultais  semblent  montrer  que  la  teneur  élevée  en  ziac  des 
tissus  cancéreux  est  fonction  do  la  prolifération  et  de  l'adivité  cellulaire  et 
nucléaire. 


HISTOLOGIE  COMPARKE.  —  Sur  le  lis.su  lyniphohJc  de  rinlrstin  moyen  des 
MrxJnoùlcs  el  sur  sa  sitinifiration  morphologique.  Note  de  M.  »Ïacoues 
Mawas,  présentée  par  M.  Henneguy. 

L'intestin  moyen  des  Myxinoïdes  présente  une  structure  histologiquc 
remarquable.  Elle  consiste  dans  la  présence,  dans  l'intérieur  même  de  la 
paroi  intestinal»',  d'un  tissu  lymphoïde  abondant,  ordonné  par  rapport  au\ 
vaisseaux  tributaires  de  la  veine  porte.  Il  ne  s'agit  point  ici,  comme  on 
pourrait  le  croire  au  premier  abord,  d'amas  lymphoïdes  banaux,  comme 
on  en  rencontre  dans  tous  les  intestins  des  Vertébrés,  mais  bien,  sinon  d'un 
tissu  spécial,  du  moins  d'une  structure  el  d'un  ordonnancement  caractéris- 
tiques qu'il  nous  s<'nd)le  intéressanl  de  signaler. 

Nous  laisserons  de  coté,  dans  cette  Not<',  l'étude  de  l'épithélium  intestinal 
et  du  ricbe  réseau  capillaire  qui  lui  est  sous-jacent,  pour  porter  notre 
attention  sur  la  paroi  intestinale  proprement  dite.  Cette  paroi  est  limitée 
d'une  part  par  une  puissante  ceintuie  de  faisceaux  conjonctifs  soutenant 
l'épithélium  et,  d'autre, part,  par  le  muscle  circulaire  intestinal,  doublée  de 
Tendothélium  de  la  cavité  générale.  Tout  on  étant  parfaitement  circulaire, 
elle  envoie  des  prolongements  en  l'orme  de  festons  du  cùté  de  l'épithéliuin 
qu'elle  soulève  i-n  plusieurs  endroits,  l'tudiée  au  niveau  ou  entre  les 
villosités,  elle  présente  le  même  aspect. 

On  y  constate  un  tissu  graisseux  spécial  fonné  par  d'immenses  cellules 
dont  les  noyaux  géants  ressemblent  à  un  amas  de  boyaux  chiomatiques  à 
incisurrs  profondes,  contenant  un  ou  plusieurs  nucléoles.  Ces  novaux  ras- 
semblent il  ceux  de  certaines  glandes  d'Invertt'brés  ;  leur  étude  seiail  intc^^ 
Fessante  à  entreprendre  pour  ceux  qui  voudraient  étudier  le  rôle  du  noyau 
dans  l'élaboration  et  la  fixation  des  réserves  graisseuses  dans  ces  cellules 
spéciales,  qui  différent  par  certains  points  de  leur  structure  des  cellules  des 
coussinets  adipeux  sous-épidermiques.  Dans  ce  tissu  graisseux,  et  plus  spé- 
cialement à  sa  périphérie,  règne  un  réseau  de  capillaires,  anastomotiques, 
doublé  d'un  manchon  de  globules  blancs,  plus  ou  moins  épais.  Les  capillaires 
sont  larges,  remplis  de  sang.  Ils  sont  limités  par  un  endothélium  à  cellules 


890  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

plates  et  à  noyaux  allongés.  Autour  de  chaque  capillaire,  on  conslate  des 
amas  plus  ou  moins  abondants  de  cellules  lymphoïdes;  Ces  amas  forment 
de  véritables  manchons  cellulaires  péricapillaires.  Enplusdeces  manchons, 
il  existe  des  cordons  lymphoïdes  pleins.  Ils  réunissent  les  uns  aux  autres  les 
manchons  de  différents  capillaires  éloignés  el  se  continuent  direclement 
avec  eux.  On  se  trouve  donc  en  présence  d'un  système  hémo-lymphatique 
complexe,  essenliellement  composé  par  des  capillaires  sanguins  doublés  de 
manchons  lymphoïdes  el  réunis  les  uns  aux  autres  par  des  cordons  pleins  de 
même  nature.  En  d'autres  termes,  il  existe  dans  l'intérieur  de  la  paroi  inles- 
tinale  des  Myxinoïdes  un  système  de  réseau  lymphoïde  <à  larges  mailles, 
ordonné  par  rapport  aux  vaisseaux  sanguins. 

Quelle  est  maintenant  la  constitution  hislologique  de  ce  tissu?  Elle  est 
très  simple.  Quelle  que  soit  la  région  envisagée,  on  n'y  trouve  qu'une  seule 
espèce  de  cellule  lymphoïde,  avec  des  formes  dégénéralives  ou  évolutives, 
ressemblant  au  grand  mononucléaire  des  Vertébrés.  Ces  cellules  sont  fré- 
quemment en  karyokinèse.  Elles  ne  semblent  jouer  aucun  rôle  dans  la  for- 
mal  iou  des  globules  rouges. 

Quant  à  la  signification  morphologique  de  ce  réseau  hémo-lympliatique 
intra-intestinal,  nous  pensons  qu'il  s'agit  bien  là  d'une  rate  interstitielle, 
diffuse  dans  la  paroi  intestinale.  Ce  serait  chez  Myxine  gliiiinosa  la  forme 
la  plus  simple  et  la  disposition  la  plus  primitive  que  l'on  connaisse  de  cet 
organe  si  compliqué  chez  les  Vertébrés  supérieurs*.  Les  Myxines  nous  offrent 
le  type  idéal  de  la  rate  schématique  :  du  tissu  lymphoïde,  autour  des  capil- 
laires veineux,  a|)partenant  au  système  porte. 


MÉDECINE.  —  Traitement  de  la  contracture  par  V excitation  électrique  des 
muscles  non  contractures  dans  les  lésions  du  faisceau  pyramidal  et  dans  la 
contracture  secondaire  ci  la  paralysie  faciale  périphérique.  Evolution  de  la 
chronaxie  au  cours  du  traitement.  Note  (')  de  M.  Georges  Boukguignox, 
présentée  par  M.  d'Arsonval. 

1.   Dans  une  précédente  Note   (-)  j'ai   montré  que,  en  règle  générale, 
dans  la  contracture  causée  par  les  lésions  du  faisceau  pyramidal,  la  chro- 

(')  Séance  du  '^.o  mars  i9'22. 

(■-)  G.  l>oiîRGi!ir.NON.  Comptes  rendus,  t.  17^1-,  iQ'^a,  p,  --'S. 


SÉANCE   DU   27    MARS    1922.  891 

naxie  diminue  au  point  moteur  des  muscles  contractures,  et  augmente  dans 
leurs  antagonistes  non  contractures. 

Cette  constatation  m'a  suggéré  l'idée  de  reprendre  le  traitement  de  la 
contracture  proposé  par  Duchenne  de  Boulogne  et  d'en  contrôler  les  effets 
par  l'étude  de  la  clironaxie. 

Duchenne  de  Boulogne  avait  proposé  de  traiter  la  contracture  des  hémi- 
plégiques et  des  paraplégiques  par  la  faradisation  des  antagonistes  non 
contractures.  Aprrs  lui,  ce  tiaitement  fui  tour  à  tour  em|)loyé  et  rejeté. 
Actuellement,  la  plupart  des  cliniciens  déconseillent  l'emploi  de  tout  trai- 
tement électri([ue  chez  les  hémiplégiques  et  les  para])légif[ues,  dans  la 
crainte  de  j)rovoquer  ou  d'augmenter  la  contracture.  M'appuyani  sur  la 
connaissance  que  j'avais  acquise  de  la  chronaxie  chez  ces  malades,  j'ai 
essayé  de  traiter  les  muscles  non  contractures  à  chronaxie  normale  ou 
augmentée,  dans  res[)oir  d'augmenter  la  tonicité  des  muscles  non  contrac- 
tures et  de  diminuer  ainsi,  indirectement,  l'hypertonieité  des  muscles  con- 
tractures. L'expérience  a  confirmé  ces  prévisions.  J'ai  choisi  quehjues 
liémi[)légiques  et  quehjues  paraplégiques  présentant  un  écart  notahlement 
plus  grand  que  normalement  entre  la  chronaxie  des  extenseurs  et  des 
lléchisseurs  et  j'ai  fait  des  excitations  à  l'aide  de  chocs  faradiques  espacés 
au  rythme  d'environ  80  excitations  à  la  minute,  sur  les  muscles  à  chronaxie 
augmentée.  Les  excitations  sont  faibles,  donnant  une  contraclion  à  peine 
supérieure  au  seuil.  Dans  chaque  séance,  chaque  muscle  traité  est  excité  i5 
à  20  fois.  Les  séances  ne  se  répètent  que  2  à  3  fois  par  semaine,  avec  repos 
de  traitement  au  bout  de  12  séances.  Je  veille  avec  soin  à  ne  provo(|uer 
aucune  excitation  par  diffusion  dans  les  muscles  contractures. 

Grâce  à  ce  traitement,  j'ai  obtenu,  comme  Duchenne  de  Boulogne, 
l'amélioration  de  la  contracture.  Ainsi,  en  quelques  séances,  un  hémiplé- 
gique contracture  en  flexion  au  membre  supérieur  peut  ouvrir  complète- 
ment la  main;  dans  im  cas  de  maladie  de  Littie,  avec  contracture  du  triceps 
siiral  produisant  un  pied  équin,  l'excitation  des  extenseurs  des  orteils  et  du 
jambier  antérieur  a  relâché  la  contracture  du  triceps  au  point  que  la  malade 
pouvait,  au  bout  d'une  dizaine  de  séances,  appuyer  le  talon  sur  le  sol. 

Eu  même  temps,  j'ai  constaté,  chez  les  malades  améliorés,  que  l'excita- 
tion électrique  fait  diminuer  la  chronaxie  des  muscles  antagonistes  excités, 
alors  que  la  chronaxie  des  muscles  contractures  augmente  :  réquilibre 
normal  entre  la  chronaxie  des  fléchisseurs  et  des  extenseurs  tend  à  se  rétablir. 

TL   Ces  résultats  me  conduisirent  à   étudier  une  contracture  d'origine 


892  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

ti'ès  différente,  celle  qui  siiccèdo  si  soment  à  la  paralysie  faciale  prri- 
phéri(|ue. 

Dans  ce  cas,  la  chronaxio  reste  ('-leNN'c  dans  les  muscles  conlracLurés,  parce 
que  la  contracture  succède  à  la  d(''généiescence.  Ce  qu'on  peul  dire,  c'est 
(|u'on  ne  liou\e  jamais  de  cliroiiaxies  1res  grandes  dans  les  contractures 
secondaires  à  la  paralysie  faciale. 

Dans  les  muscles  du  côté  sain,  on  liouxe  la  chronavie  augment/'C  des 
à  5  fois  la  \  aleur  normale  :  hs  muscles  symétriques  du  côté  sain  se  comportent 
donc  comme  les  muscles  antagonistes  des  muscles  contractures  chez  les  hémi- 
plégiques. Cette  constalation  m'a  donné  l'idi-e  de  traiter  la  contracture 
secondaire  à  la  paralysie  faciale  par  l'excitation  des  muscles  sains.  Chez  la 
totalil(''  des  malades  ainsi  traiLt'S,  actuellement  au  nombre  de  5.  la  contrac- 
ture s'est  améliorée  au  point  que,  pratiquement,  les  malades  n'en  éprou\  eut 
presque  plus  aucune  gène. 

J'ai  appliqué  à  ces  cas  exactement  le  mémo  tiaitement  qu'aux  hémi- 
plégiques et  aux  parapl(''gi(|ues.  Dans  le  traitement  ('lechique  de  la  contrac- 
ture, quelle  qu'en  soit  la  cause,  il  faut  se  garder  de  faire  la  moindre 
excitation  sur  les  muscles  contractures  ou  à  chronaxie  diminuée  :  le 
traitement  échouerait  et  l'on  risquerait  d'aggraver  la  contracture. 

Après  le  traitement  de  la  contracture  secondaire  à  la  paralysie  faciale 
pi'ripliérique,  la  chronaxie  est  revenue  à  sa  valeur  noimale  du  coté  sain, 
et  se  rapproche  de  la  normale  du  cot(''  malade. 

IjCS  résultats  fonctionnels  sont  meilleurs  dans  la  contracture  secondaire 
à  la  paralysie  faciale  périphérique  ([ue  dans  la  contracture  causée  par  les 
lésions  du  faisceau  pyramidal.  C'est  que,  dans  le  cas  de  la  parai  n  sic  faciale 
périphérique  guérie  avec  contracture,  la  contracture  constitue  toute  la 
maladie,  tandis  que  chez  les  hémiplégirpies  et  les  paraplégicpies,  la  dimi- 
nution de  la  contracture  laisse  subsister  la  lésion  du  faisceau  pyramidal. 

De  ces  faits  on  peut  donc  conclure  : 

1°  L'excitation  électrique,  bien  localisée,  des  muscles  non  contractures^ 
à  chronaxie  nornude  ou  augiiicntèc,  constitue  un  excelh.-nl  traitement  de  la 
contracture  d'origine  centrale  des  lésions  du  faisceau  pyramidal,  comme 
l'avait  vu  Duchenne  de  Boulogne. 

•1^  C'est  le  traitement  de  choix,  sinon  le  seul  efficace,  de  la  contracture 
secondaire  à  la  paralysie  faciale  périphérique. 

3°  Les  résultats  de  ces  traitements  s'accusent  non  seulement  clinique- 
ment,  mais  aussi  par  la  tendance  an  retour  à  l'équilibre  normal  des  chro- 
na.xies. 


SÉANCE    DU    27    MARS    1922.  8(>3 

MÉDECLXE  KXl'ÉRLMl.MALi:.  —  Aclioii  préventive  (■/  cLirtiliKt'  dans  la  syphilis 
lin  dérivé  acêlylê  de  r acide  oxyaminophénylursi nique  {sel  de  s<)ude\ 
Noie  (')  de  MM.  C.  Lkvaditi  el  A.  IVavarro  Martin,  présentée  par 
M.    Houx. 

Dans  une  Note  i-i'ccnle  ('  ),  un  de  nous  a  insisté  sur  rutilité  d'une  pro- 
phylaxie de  la  syphilis  par  simple  ingestion  d-\m  niédicameni  spirillicide 
("fiicace,  phis  pralique  que  les  applications  locales  de  poinniades  ou  les 
injections  préventives.  Les  essais  rc-alisés  au  moyen  de  sels  solubles  de 
bismuth  (iaclate),  administrés  préventivem<'nl  parla  b(tuche,  ayant  fourni 
des  résultats  peu  satisfaisants,  nous  nous  sommes  adressés  aux  arsenicaux. 
Parmi  ceux-ci,  le  dérivé  (icèlylé  de  l'acide  o.iyaminophénylarsiniriur  (sel  de 
soude)  (  '')  (désigné  190),  nous  a  paru  le  plus  indicjué.  Ce  sel  est,  en  elïét, 
stable,  facilement  maniable,  très  soluble,  riche  en  arsenic  (M  et  relativement 
peu  toxique  (^).  Son  efticacilé  ihérapeulique  en  injection  sous-cutanée, 
dans  la  ssphilis  ex[)(''rimentale  du  lapin,  est  incontestable,  ainsi  que  nous 
l'avons  montré  antérieurement  ("  j. 

Nous  avons  entrepris  des  expériences  de  prophylaxie  et  de  traitement  par 
1(1  voie  digestive  au  moyen  de  ce  composé.  Les  essais  pro'ventifs  expérimen- 
taux sont  en  cours;  ils  ont  déjà  abouti  à  des  résultats  favorables.  Dans 
cette  Note,  nous  résumons  les  ('(fris  thérapeutiques  sur  i  animal  et  le.s 
([uelques   tentatives  préliminaires    faites  sur  l'homme. 

Dispositif  cxpcriinental.  —  Des  lapins  porteurs  de  lésions  sypliihliqiies  riches  eu 
Irépouèmes,  sont  mis  à  jeiin  pendant  >.'\  heures,  puis  on  leur  administre,  par  voie 
stomacale,  10^"'"'  à  20""'  de  la  solution  de  1!)0  à  10  pour  100.  Evamen  de  l'évolution  de 
la  lésion  el  recherche  des  spirochètes. 

Expérience  1.  —  Lnpin  8-E,  P  =:  i-So-,  poiteur  de  lésions  préputiales  riches  en 
Iréponèrnes  neuroti  opes,  rei'oit,  pcr  os.  ■>."  de  1!>0.  Les  tréponèmes  disparaisseni   le 

(')  Séance  du  22  mars  igvi. 

(-)  Sazerac  et  LEVAurri,  Comptes  rendus,  l.  IT'i,  i\)'i>-i  p.  i<8. 
(^)  Fourneau,  Annales  de  l Institut  Pasteur,  t.  35,  1921,  p.  571. 
('*)   20,3  pour  100  d'arsenic. 

{'')  La  dose  toxique  pour  le  lapin,  en  injection  sous-cutanée,  est  de  o?,5  par 
kilogramme. 

('•)  Levaditi  et  \avauro,     in nales  de  l'Institut  Pasteur,  t.  36.  1922,  p.  46, 


894  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

deuxième  jour;  nouvelle  ingestion  de  ■jf''  du  mênne  produit.  Les  lésions  guérissent 
le  quatrième  jour  et  les  spirocliètes  disparaissent  définitivement.  Dose  totale  =  4''5 
soit  is,5  par  kilogramme. 

Expérience  2.  —  Lapin  5o-B-/,  P  =  SoSo»,  porteur  de  deux  nodules  scrotaux  (dia- 
mètre 7'='", 4  et  i'^"',6)  et  d'un  petit  chancre  riche  en  tréponèmes  dermotropes  (\irus 
Fournier-Schuartz). 

<  )n  administre,  par  la  bouche,  2?  de  190.  f^es  tréponèmes  disparaissent  dès  le  pre- 
mier jour.  Les  nodules  diminuent  progressivement.  Guérison  complète  et  définitive 
le  huitième  jour.  Dose  totale  :  2^, soit  0^^,66  par  kilogi  anime. 

Expérience  3.  ^  Lapin  'i.5-0.  P  =  3i5o»',  porteur  de  lésions  intenses  préputiales  et 
anales,  riches  en  Spirochœta  cuniculi,  reçoit  is  de  lîfO  per  os.  Disparition  des  spiro- 
chètes  le  deuxième  jour  et  guérison  de  la  lésion  le  troisième  jour.  Absence  de  récidive, 
aucune  perle  de  poids.  Dose  totale  :  is,  soit  oS,3o  par  kilogramme. 

Plusieurs  autres  expériences  analogues  faites  avec  des  doses  inférieures  (0*^,1 5  par 
kilogramme)  ont  fourni  des  résultats  identiques. 

Expérience  k.  —  Macaccus  cynomolgus  n°  00,  est  infecté  par  scarification  des 
arcades  sourcilières,  avec  du  virus  d'origine  humaine.  12  jours  après,  lésions  locales 
papulo-érosives  renfermant  des  tréponèmes.  9  jours  après  le  début  de  ces  lésions, 
alors  que  celles-ci  contenaient  de  nombreux  tréponèmes,  ingestion  de  i^',  5n  de  190. 
Les  lésions  se  détergent  le  troisième  jour;  nouvelle  ingestion  de  is  de  190.  Dispari- 
lion  des  spirocliètes  le  troisième  jour,  et  guérison  définitive  le  sixième  jour. 

Ces  expériences  montrent  que  le  190,  administré  par  voie  buccale^  pro- 
voque la  guérison  rapide  et  définitive  des  lésions  syphilitiques .,  tant  chez  le 
lapin  que  chez  le  singe  {même  action  sur  le  Spirochœta  cuniculi).  Les  tré- 
ponèmes disparaissent  dès  le  deuxième  ou  le  troisième  jour,  et  il  n'y  a  pas 
de  récidive. 

Le  médicament  est  toxique jof/-  os.,  à  la  dose  de  0^,66 par  kilogramme;  les 
animaux  succombent  tardivement  (de  19  à  24  jours  après  l'ingestion).  Il 
est,  au  contraire,  bien  toléré  quand  cette  dose  ne  dépasse  pas  o^,3o  ou  o«,  4o 
par  kilogramme.  La  dose  thérapeutique  par  voie  digestive,  difficile  à  éta- 
blir d'une  manière  précise,  se  rapproche  de  celle  qui  a  été  trouvée  par 
voie  sous-cutanée.  Ce  fait,  ainsi  qtie  l'étude  de  l'élimination  de  l'arsenic 
par  l'urine  chez  l'homme  et  chez  l'animal  (M.  et  M*"*  Trefouël)  montrent 
(|ue  le  190  s'absorbe  rapidement  et  en  quantité  notable  par  la  muqueuse 
digestive. 

Action  thérapeutique  chez  Chomme.  —  Nous  avons  traité  par  cette  méthode 
deux  sujets  (A  et  B)  porteurs  de  gros  chancres  multiples  du  fourreau, 
riches  en  tréponèmes.  La  dose  totale  absorbée yoer  os  a  été  de  16^  chez  A  et 
de  i4^'  chez  B,  à  raison  de  i^  à  1^  par  jour,  pris  à  jeun.  Aucun  trouble  n'a 
été  observé  au  cours  du  traitement,  hormis    une  élévation  passagère  de  la 


SÉANCE   DU    27    MARS    1922.  896 

température,  dont  la  vraie  raison  nous  échappe.  Les  tréponèmes  ont  disparu 
défînitivemenL  après  le  premier  gramme  chez  A,  après  le  septième  gramme 
chez  B,  et  les  chancres  se  sont  cicatrisés  rapidement.  Cliez  A,  quelques 
taches  ayant  l'aspecl  de  macules  roséoliques  sont  apparues  12  jours  après 
le  début  du  traitement;  elles  onl  disparu  peu  après. 

MN[.  L.  Fournier,  L.  Guénot  et  A.  Schwarz  ont  entrepris  parallèlement 
des  essais  thérapeutiques  d'après  la  méthode  sus-indiquée,  sur  des  malades, 
aux  diverses  périodes  de  la  syphilis.  Les  résultats  obtenus  sont  conformes 
aux  précédents. 

Action  prèvenlWe  chez  l'homme.  —  A  la  suite  de  cesNdonnées  expérimen- 
tales et  cliniques.  X,  âgé  de  25  ans,  s'est  offert  à  être  scarifié  aux  deux  bras 
avec  du  virus  syphilitique  dermotrope,  le  3  février  1922  (infection  massive). 
Le  même  virus  a  servi  à  inoculer,  aux  arcades  sourcilières,  le  Macaccus 
cynomolgus  n°  L3.  X  reçoit.  2  heures  et  demie  et  16  heures  après  la  scarifi- 
cation, 28  de  190  par  la  bouche  (en  tout  4^')- 

Le  macaque  montre  des  lésions  papuleuses  le  dixième  jour,  lésions  qui 
augmentent  progressivement  dans  la  suite.  X  n'a  présenté  aucun  accident 
local  pendant  47  jours  d'observation.  La  réaction  de  Bordet-Wassermann 
est  restée  continuellement  négative.  Ces  recherches  ont  été  faites  en  colla- 
boration avec  M.  A.  Marie  ('). 

(Conclusions.  —  Le  dérivé  acélylé  de  V acide  oxyaminophénylarsi nique 
(sel  de  soude)  est  un  médicament  qui,  administré  par  [a  bouche,  prévient  la 
syphilis  et  provoque  la  cicatri s  ation  rapide  des  manifestations  syphilitiques ,  tant 
chez  l'animal  que  chez  Vhomme;  mais  il  est  encore  trop  tôt  pour  savoir  si  ce 
uiode  de  traitement  amène  une  guérison  définitive  de  la  maladie. 


A  16  heures  et  demie,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 
La  séance  est  levée  à  16  heures  trois  quarts. 


A.  Lx. 


(')  D'après  les  constatations  de  M.  Navarro,  le  190,  administré  par  la  bouche,  agit 
favorablement  dans  les  trvpanosomiases  expérimentales  (Na;iana  de  la  souris  et  du 
cubave). 


896  ACADÉMIE    DES    SC1ENCI:S. 


ERRATA. 


(Séance  du    12  décembre   1921.) 

Allocution  de  i\l.  Georges  Leinoiitc  : 
Page  1219,  ligne  \  \ ,  au  lieu  de  Geguin,  lire  Seguin. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE  DU   LUNDI   3   AVRIL   1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


MÉMOIRES  ET  COMMUIVICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

M.  le  Président  annonce  le  décès,  survenu  le  27  mars,  de  M.  P.i.-A 
GuvE,  Correspondant  de  l'Académie,  pour  la  Section  de  Chimie,  professeui 
à  l'Université  de  Genève. 

M.  A.  Haller  donne  lecture  de  la  Notice  suivante  : 

Physico-chimiste  éminent,  M.  Ph.-A.  Guye,  professeur  à  l'Université 
de  Genève,  était,  quoique  jeune  encore,  un  des  plus  anciens  Correspon- 
dants de  la  Section  de  Chimie.  Son  œuvre,  aussi  étendue  qu'ongmale,  se 
distingue  par  un  souci  constant  de  la  rigueur  et  de  la  précision. 

Pénétré,  dès  ses  débuts  dans  la  science,  que  des  mesures  n'ont  de  réelle 
valeur  que  si  Ton  s'adresse  à  des  corps  purs  et  chimiquement  définis, 
M.  Ph.-A.  Guye  a  consacré  plusieurs  années  à  des  recherches  qui  lui  ont 
permis  de  se  familiariser  avec  toutes  les  méthodes  en  usage  dans  la  synthèse 
minérale  et  organique,  ainsi  que  dans  l'analyse. 

Bien  armé  au  point  de  vue  de  la  technique  expérimentale,  et  après  avoir 
passé  son  doctorat  à  l'Université  de  Genève,  M.  Ph.-A.  Guye  vint  àia 
Sorbonne  dans  le  laboratoire  de  Ch.  Friedel  où  une  orientation  nouvelle 
fut  donnée  à  ses  travaux. 

C'est  à  Paris  qu'il  commença  ses  importantes  recherches  sur  la  dissy- 
métrie moléculaire,  recherches  qui  font  en  quelque  sorte  suite  à  celles, 
classiques,  de  Pasteur,  Le  Bel,  Van't  Hoff,  etc.  Elles  ont  eu  une  répercus- 
sion considérable  dans  le  domaine  de  l'asymétrie  et  lui  ont  valu  le  prix 
Vaillant  de  l'Académie  des  Sciences.  Joint  à  un  Mémoire  sur  «  le  coeffi- 
cient critique  et  la  détermination  du  poids  moléculaire  au  point  critique  », 

65 

C.  R.,  1922,  1"  Semestre.  (T.  174.  N°  14.) 


898  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

ce  travail  a  fait  l'objet  de  sa  thèse  en  Sorbonne.  Retournant  à  Genève 
comme  professeur  de  Chimie  théorique  et  technique  à  TUniversilé, 
M.  Ph.-A.  Guye  y  continua  ses  recherches,  forma  des  élèves  et  devint,  au 
bout  de  peu  d'années,  un  véritable  chef  d'Ecole. 

Indépendamment  d'études  d'ordre  purement  scientifique  qu'à  aucun 
moment  il  ne  consentit  à  perdre  de  vue,  le  savant  Professeur  aborda  des 
travaux  relatifs  à  l'électrochimie  et  en  rapport  avec  le  développement  des 
industries  électrotechniques  de  son  pays.  Les  uns  concernent  l'électrolyse 
des  chlorures  alcalins,  et  les  autres  la  production  de  l'acide  azotique  synthé- 
tique. Ces  derniers  ont  été,  au  début,  effectués  avec  MM.  Naville  et  Ch.-A. 
Guye  et  poursuivis  plus  tard  par  l'auteur  seul.  Cette  contribution  impor- 
tante, apportée  à  la  solution  d'un  des  problèmes  les  plus  captivants  de  syn- 
thèse industrielle,  a  été  récompensée  par  l'attribution  aux  auteurs  suisses 
de  la  médaille  d'or  de  notre  Société  d'encouragement  pour  l'Industrie 
nationale. 

Les  vingt  dernières  années  de  l'activité  scientifique  de  l'illustre  chercheur 
ont  été  consacrées  au  contrôle  des  poids  atomiques.  Il  est  difficile  de  résumer 
des  travaux  de  ce  genre,  parce  que  leur  intérêt  réside  principalement  dans 
le  soin  apporté  à  la  purification  des  produits  à  étudier,  et  à  l'exécution  de 
tous  les  détails  des  opérations,  ainsi  que  dans  la  critique  judicieuse  des 
expériences.  D'après  Sir  E.  Thorpe,  dont  la  compétence  en  ces  matières  est 
bien  connue,  «  les  méthodes  physico-chimiques,  adoptées  à  Genève  pour 
contrôler  les  poids  atomiques  par  la  densité  des  gaz  corrigée  de  l'écart  à  la 
loi  d'Avogadro,  réalisent,  au  point  de  vue  de  la  précision,  un  progrès  aussi 
important  par  rapport  aux  méthodes  de  Stas  que  celui  accompli  par  ces 
dernières  méthodes  comparées  aux  observations  anciennes  ». 

L'action  de  M.  Ph.-A.  Guye  ne  s'est  pas  bornée  à  celle  du  chercheur 
original  et  ingénieux  dans  le  domaine  qui  lui  était  dévolu.  Désireux  de 
doter  les  pays  de  langue  française  d'un  organe  spécial  où  seraient  publiés 
les  travaux  se  rattachant  à  sa  science  de  prédilection,  il  fonda,  dès  1903,  le 
Journal  de  Chimie  physique ^  qu'il  alimenta  en  grande  partie  par  des  Mémoires 
sur  des  recherches  exécutées  dans  son  propre  laboratoire.  Malgré  les  diffi- 
cultés de  toute  nature  qu'il  a  dû  surmonter,  malgré  une  santé  précaire  due 
à  un  surmenage  intensif,  notre  regretté  confrère  a  tenu  à  assurer  l'existence 
de  cette  précieuse  publication  jusqu'à  sa  mort. 

C'est  dans  le  même  ordre  d'idées  que,  pour  affranchir  les  chimistes  suisses 
de  l'obligation  de  recourir  aux  périodiques  allemands,  il  a,  de  concert  avec 
un  certain  nombre  de  ses  collègues,  créé,  en  pleine  guerre,  les  Helvetica  acta 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  1922.  899 

chimica  destinées  à  recueillir  tous  les  travaux  <lc  chimie  elTectués  dans  les 
laboratoires  disséminés  sur  tout  le  territoire  de  la  République.  Très  attaché 
à  la  France  et  parle  co:;ur  et  par  Fesprit,  M.  Ph.-A.  Guve,  tout  en  étant  un 
patriote  éprouvé,  n'a  cessé  de  préconiser  et  de  défendre  la  culture  et  les 
méthodes  françaises,  afin  de  dég-ager  ses  compatriotes  de  Temprise  alle- 
mande. Il  a  mis  dans  cette  lâche  délicate  une  ardeur  patriotique,  un  tact  et 
une  continuité  tels  que  ses  avis  étaient  très  écoutés,  non  seulement  du  corpç 
enseignant  helvétique,  mais  encore  des  pouvoirs  publics;  auprès  desquels 
son  influence  devenait  sans  cesse  grandissante.  Véritable  animateur  et  en- 
traîneur, il  a  fait  école  et  formé  de  nombreux  disciples  avec  Tespoir  que,  peu 
à  peu,  les  chaires  de  haut  enseignement  pussent  être  confiées  en  majeure 
partie  à  ses  nationaux,  et  certaines  d'entre  elles  à  des  savants  de  formation 
latine. 

J'ajouterai  enfin,  qu'aussitôt  la  guerre  déclarée,  il  a  mis  généreusement 
et  sans  bruit  sa  science  et  sa  grande  pratique  au  service  de  notre  pays  et 
des  alliés.  Nombreux  et  variés  sont  les  conseils  d'ordre  technique  qu'il  a 
bien  voulu  nous  donner,  de  façon  à  hâter  et  à  améliorer  nos  fabrications  de 
guerre. 

La  mort  prématurée  de  notre  confrère  met  non  seulement  en  deuil  sa 
famille,  ses  amis  et  son  pays,  mais  elle  constitue  aussi  une  perte  irréparable 
pour  la  science  chimique  et  pour  notre  propre  pays. 

LITHOLOGIE.  —  Sur  une  syénile  à  corindon  et  sillimanite  formée  par  enclo- 
morphisme  du  granité.  Note  de  M.  A.  Lacroix. 

Madagascar  fournit  annuellement  à  l'industrie  des  abrasifs  plusieurs 
centaines  de  tonnes  de  gros  cristaux  de  corindon  dont  j'ai  déterminé  sur 
place  les  conditions  de  gisement  (')  dans  des  micaschistes  au  contact  du 
granité. 

Dans  un  seul  gisement,  sur  la  rive  gauche  du  ruisseau  Antavy,  près  du 
toby  d'Anjomakely,  au  sud-est  d'Antsirabe,  j'ai  observé  l'injection  de  ces 
micaschistes  par  des  apophyses  granitiques.  Ces  micaschistes  présentent 
alors  le  phénomène  classique  de  la  feldspathisation,  mais  avec  une  parti- 
cularité spéciale;  ils  renferment  en  abondance  du  microcline,  mais  pas  de 
quartz.  La  feldspathisation  est  très  apparente,  même  à  l'œil  nu,  parce  que 

(^)   Comptes  rendus^  t.  loi,  191 2,  p.  797. 


QOO  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

les  cristaux  de  corindon,  au  voisinage  immédiat  du  granité,  sont  cerclés 
d'une  petite  zone  blanche  feldspathique  dépourvue  de  mica,  qui  manque 
loin  du  contact.     , 

Ces  micaschistes  injectés  prennent  un  aspect  gneissique,  puis  leur  texture 
schisteuse  disparaît  et  l'on  passe  ainsi  progressivement  à  une  roche  presque 
exclusivement  feldspathique,  au  milieu  de  laquelle  sont  distribuées  des 
fibres  de  sillimanite  et  de  gros  isoscéloèdres  de  corindon.  J'ai  montré  com- 
ment cette  dernière  roche,  dépourvue  de  quartz,  n'est  autre  chose  que  le 
résultat  de  la  transformation  du  magma  granitique  dont  toute  la  silice  libre 
a  été  saturée  par  l'alumine  non  combinée  du  sédiment  pour  donner  naissance 
à  la  sillimanite,  alors  que  l'excès  d'alumine  a  cristallisé  sous  forme  de 
corindon;  malheureusement  les  échantillons  que  j'ai  recueillis  étaient  telle- 
ment altérés  (transformation  partielle  du  feldspath  en  argile  latéritique), 
qu'il  ne  m'avait  pas  été  possible  de  faire  l'étude  chimique  de  cette  roche 
endomorphe  d'un  type  si  nouveau. 

Depuis  mon  expédition  de  Madagascar,  deux  autres  gisements  ont  été 
découverts  dont  MM.  Michaut,  Chulliat  et  Perrier  de  la  Bàlhie  m'ont 
fourni  de  nombreux  échantillons.  L'un  de  ces  gisements  se  trouve  à  lo'"" 
au  sud-sud-ouest  d'Ambodilaza  (6'*°'  ouest-sud-ouest  de  Tamatave),  l'autre, 
au  milieu  de  la  région  forestière  au  sud  de  Beforona,  dans  un  ravin  de  la 
Sahanialoto,  affluent  de  l'Iaroka;  dans  ces  deux  points,  la  coupe  n'est  pas 
aussi  nette  qu'à  Anjomakely,  on  peut  constater  seulement  que  la  syénite 
à  corindon  est  intercalée  au  milieu  de  roches  schisteuses  très  latéri- 
tisées,  mais  l'identité  des  conditions  de  formation  n'est  pas  douteuse;  on  y 
trouve,  en  effet,  d'une  part  des  types  à  faciès  gneissique,  riches  en  biotite, 
et  d'une  autre,  des  échantillons  pauvres  en  mica  ou  dépourvus  de  mica. 
Lorsque  celui-ci  existe,  les  cristaux  de  corindon  sont  encore  séparés  de  lui 
par  une  zone  exclusivement  feldspathique. 

Je  prendrai,  comme  exemple,  le  gisement  de  la  Sahamaloto,  sur  lequel  je 
suis  le  mieux  documenté.  La  roche,  en  place,  a  été  observée  en  un  point  appelé 
Ambatofolsy.  La  caractéristique  de  ce  nouveau  gisement,  aussi  bien  que  de 
celui  d'Ambodiliza,  réside  en  ce  que  le  corindon,  au  lieu  d'être  gris  et  opaque, 
comme  à  Anjomakely,  est  ronge  (rubis)  et  parfois  translucide;  la  propor- 
tion de  corindon  y  est  souvent  considérable,  et  je  possède  des  séries  d'échan- 
tillons établissant  des  passages  entre  des  roches  ne  renfermant  que  4  ou 
5  pour  loo  de  ce  minéral,  et  d'autres  qui  en  sont  presque  exclusivement 
formées.  Les  types  les  plus  riches  en  corindon  sont  à  grain  fin,  et  ils  ont 
l'apparence  d'une  aplite  dont  le  grenat  serait  remplacé  par  du  corindon,  au 


SÉANCE    DU   3    AVRIL    I922.  901 

milieu  duquel  se  distinguent  des  cristaux  plus  gros  du  même  mi  léral,  avec 
souvent  quelques  petits  cristaux  de  disthène,  tranchant  par  leur  belle  cou- 
leur sur  le  fond  rouge  et  blanc  des  autres  éléments. 

L'examen  microscopique  montre,  comme  à  Anjomakely,  Textréme 
abondance  de  la  sillimanite.  (lelle-ci  devient  localement  prédominante, 
et  l'on  passe  ainsi  progressivement  à  des  roches  singulières  ne  renfermant 
que  peu  ou  pas  de  corindon,  roches  micacées  ou  non,  essentiellement 
constituées  par  des  baguettes  de  sillimanite,  à  clivage  nacré,  longues  de 
plusieurs  centimètres,  au  milieu  desquelles  se  voient,  çà  et  là,  de  gros  cristaux 
noirs  de  spinelle,  ou  bien  des  nodules  uniquement  formés  par  du  corindon 
rose,  finement  grenu,  et  qui,  sous  un  volume  réduit,  sont  identiques  à  une 
roche  qui  va  être  décrite  plus  loin. 

Toutes  ces  roches  sont  parfois  traversées  par  des  veinules  de  damourite, 
soit  en  larges  lames,  soit  en  masses  verdàtres,  crypto-cristallines.  L'examen 
microscopique  montre  que,  dans  les  deux  cas,  ce  mica  résulte  de  Tépigénie 
de  tous  les  minéraux  précités  :  corindon,  sillimanite,  microcline.  On  sait 
que  Genth  a  signalé  jadis  des  pseudomorphoses  de  corindon  de  ce  genre  et 
que  la  damourite  du  gisement  originel  de  Pontivy  accompagne  le  disthène, 
aux  dépens  duquel  elle  s'est  certainement  formée. 

L'analyse  suivante  (M.  Raoult)  donne  la  composition  d'un  échantillon 
de  cette  syénite  endomorphe  que  j'ai  choisi  aussi  pauvre  que  possible  en 

corindon  : 

SiO^ 47,(0 

\V-0' 4o,6o 

Fe-^0^ 0,76 

FeO 1,61 

iMgO o,38 

GaO 0,46 

Na^O • 1,60 

K^O • 5,32 

TiO* i,o3 

H^O  (+) 0,92 

»     ( — ) 0,22 

I 00 , 00 

Cette  composition,  conduisant  aux  paramètres  1.5.1(2).  2,  caractérise 
un  type  lithologique  inconnu  jusqu'ici;  la  composition  minéralogique 
calculée  [47^3  pour  100  de feldspaths (microcline 3 r.i  pour  100.  albite  i3,5 
pour  100,  anorthite  2,5  pour  100),  4^,4  pour  100  de  sillimanite  et  4?» 
pour  100  de  corindon]  correspond  assez  bien  avec  la  composition  réelle. 


902  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Les  contacts  qui  viennent  d'être  décrits  ont  un  grand  inlérêt  théorique 
en  ce  qu'ils  fournissent  un  exemple  incontestable  de  transformation  endo- 
morphe  du  magma  granitique  par  assimilation  d'un  sédiment.  La  composi- 
tion chimique  de  celui-ci  (richesse  eu  alumine)  et  aussi  le  caractère  miné- 
ralogique  exceptionnel  de  la  roche  résultante  en  rendent  facile  l'inter- 
prétation. 

La  caractéristique  des  cristaux  de  corindon  provenant  de  ces  syénites  et 
qui  les  distingue  de  ceux  formés  dans  les  micaschistes  consiste  en  ce  que, 
tandis  que  ces  derniers,  toujours  opaques,  sont  encroûtés  de  biotite  et 
possèdent  par  suite  des  faces  rugueuses,  ceux  dont  il  s'agit  ici,  au  contraire, 
ont  des  faces  planes,  souvent  brillanles,  et  sont  fréquemment  translucides. 
L'existence  de  semblables  cristaux  dans  un  assez  grand  nombre  de  rivières 
do  l'île  me  fait  penser  que  des  recherches  ultérieures  feront  découvrir 
beaucoup  de  contacts  du  genre  de  ceux  qui  sont  étudiés  ('  )  ici,  mais  leur 
forme  prête  à  une  autre  remarque. 

A  la  suite  des  expériences  synthétiques  par  fusion  ignée  de  M.Morozewicz, 
on  a  admis  assez  généralement  que  le  grand  aplatissement  des  cristaux  de 
corindon  était  la  caractéristique  différentielle  de  l'alumine  cristallisée 
dans  un  magma  fondu;  les  cristaux  d'Ambodilaza  et  d'Ambatofotsy 
montrent  qu'une  telle  conclusion  ne  doit  pas  être  généralisée  ;  dans  ces 
gisements,  en  effet,  et  dans  celui  d'Anjomakely,  on  rencontre  toutes  les 
formes  connues  de  développement  cristallographique  du  corindon  et  elles  ont 
été  formées  sous  l'influence  de  conditions  identiques.  A  Anjomakely, 
ce  sont  des  isoscéloèdres  très  aigus,  dépourvus  de  base;  ils  se  rencontrent 
aussi  bien  dans  le  micaschiste  dépourvu  de  feldspath,  et  dans  le  micaschite 
très  feldspathisé,  que  dans  la  syénite  dépourvue  de  mica.  Dans  les  deux 
autres  gisements,  potai-  ces  diverses  conditions,  la  forme  dominante  consiste 
en  tables  hexagonales,  aplaties  suivant  «',  limilées  par  le  prisme  d^ ,  avec 
de  petites  facettes /?.  Dans  les  portions  à  structuie  pegmatiquc,  dépourvues 
de  biotite,  les  cristaux  sont  quelquefois  allongés  suivant  Taxe  vertical, 
avec  une  large  base  accompagnant  un  isoscéloèdre  aigu  (  -).  Il  est  donc  bien 
évident  que  ce  ne  sont  pas  les  conditions  physiques  de  la  cristallisation 
qui  ont  influé  sur  la  forme  des  cristaux  ;  il  faut  plus  probablement  faire 

(')  Ce  sont  eux  qui  ont  certaioement  fourni  les  rubis  transparents  recueillis  dans 
quelques-unes  de  ces  rivières;  ceux-ci  proviennent  donc  d'un  autre  type  de  gisement 
que  les  gemmes  de  Birmanie  et  de  Siam  qui  se  trouvent  dans  des  calcaires  cristallins. 

(-)  A  Anibodilaza  Cette  forme  est  réalisée  aussi  dans  une  pegmatite  un  peu  quartzifère 
renfermant  de  la  mu^covilé  et  des  trapézoèdres  de  grenat  almandin.  ; 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  1922.  9o3 

intervenir,  comme  dans  les  expériences  de  M.  P.  Gauberl  (  '  ),  laction  de  très 
petites  quanti  tés  de  matières  étrangères,  qui  se  manifestent  par  des  différences 
de  coloralion;  en  effet,  les  cristaux  aplatis  sont  toujours  rouges,  les 
cristaux  allongés  et  basés  rosés  avec  taches  bleuâtres,  les  isoscéloèdres 
aigus,  gris  et  opaques. 

Il  me  reste  à  décrire  une  roche  qui  jusqu'ici  n'a  été  recueillie  que  sous  la 
forme  de  blocs  roulés  pesant  jusqu'à  plusieurs  centaines  de  kilogrammes, 
soit  dans  la  Saliamaloto  (-),  soit  dans  d'autres  rivières  de  l'Ile.  Cette  roche 
que  j'appelle  corindonite  est  uniquement  constituée  par  du  corindon,  rose 
ou  gris,  très  finement  grenu  (  ^),  avec,  de  loin  en  loin,  une  très  petite  quan- 
tité de  spinelle  d'un  noir  foncé,  de  tourmaline  et  de  muscovite.  Comme 
cette  corindonite,  extrêmement  dure  et  tenace,  est  accompagnée  de  blocs 
de  la  roche  à  sillimanite  décrite  plus  haut  qui  en  renferme  parfois  des 
nodules,  il  est  fori  vraisemblable  qu'elle  provient  d'un  gisement  analogue, 
mais  la  démonstration  directe  de  cette  hypothèse  n'a  pu  être  faite. 

A  Antohidrano,  sur  la  Sahanangar) ,  affluent  de  droite  de  l'Ivoloina, 
au  nord  de  Tamatave,  un  autre  type  de  corindonite  C)  a  été  recueilli  sous 
forme  de  blocs  non  en  place;  il  est  à  gros  grain,  constitué  par  du 
corindon  gris  perle  dont  les  cristaux  enchevêtrés,  présentant  des  plans  de 
séparation  suivant  />,  ont  en  moyenne  3"'"  à  4'"™  <^e  diamètre.  On  y 
distingue  aussi  quelques  plages  de  muscovite  et  de  biotite  chloritisée,  avec 
de  petites  taches  blanches  terreuses,  représentant  probablement  la  place  de 
feldspaths  disparus. 

Enfin,  pour  compléter  ce  qui  concerne  l'histoire  du  corindon  à  Mada- 
gascar (■'),  je  signalerai  dans  le  voisinage  du  dernier  des  gisements  qui 
viennent  d'être  cités,  l'existence  d'une  roche  à  très  grands  éléments, 
essentiellement  fornK'e   par  des  lames  de  clinochlore,  de  gros  grains  de 

(^)   Comptes  rendusyX..  l47,  190S,  p.  i483. 

(-)  Il  a  été  exploité  environ  3ooo  tonnes  dans  celte  rivière. 

(^)  Une  corindonite  très  analogue  est  connue  dans  Ttnde,  dans  la  province  de 
Rewah,  où  elle  forme  un  banc  épais,  intercalé  entre  un  gneiss  et  une  amphibolite. 

(^)  Cette  corindonite  n'est  donc  pas  comparahle  à  Vémeri^  dans  lequel  la  teneur  en 
corindon  atteint  rarement  plus  de  80  pour  100  èi  reste  généralement  très  au-dessous  de 
celle  valeur. 

(^)  Les  tufs  basaltiques  renferment  fréquemment  (Ankaratra,  Massif  d'Ambre,  etc.) 
des  cristaux  de  corindons  arrachés  en  profondeur  à  des  roches  anciennes;  ils  sont  d'un 
l)leu  foncé  (saphir)  et  par  suite  de  couleur  fort  différente  des  cristaux  étudiés  dans 
celte  Note  ;  je  ne  connais  pas  la  nature  exacte  de  leur  gisement  originel. 


9o4  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

spinelle  hercynite,  avec  accessoirement  du  corindon  gris  bleuâtre;  cette 
roche  me  semble  fort  différente  de  l'origine  de  celle  des  roches  qui  font 
l'objet  de  cette  Note;  elle  offre  au  contraire  une  très  grande  ressemblance 
avec  celle  d'une  roche  qui  constitue  des  filons  ou  des  ségrégations  dans  les 
péridotites  de  quelques  gisements  de  la  Caroline  du  Nord  que  j'ai  eu 
l'occasion  de  visiter  autrefois.  Malheureusement,  je  n'ai  aucune  précision 
sur  les  conditions  de  gisement  des  échantillons  qu'il  m'a  été  possible 
d'étudier. 


ASTRONOMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  la  détermination  du  diamètre  des  étoiles 
par  la  méthode  interfèrent ielle.  Note  (')  de  M,  Maurice  Hamy. 

Dans  une  Communication  antérieure (^),  j'ai  indiqué  la  marche  générale 
à  suivre,  pour  déterminer  le  diamètre  £  d'un  petit  astre,  par  la  méthode 
interférentielle,  lorsque  l'éciat  de  sa  surface  diminue,  du  centre  au  bord, 
par  suite  de  l'absorption  d'une  atmosphère  symétrique.  Cette  méthode  est 
fondée  sur  l'observation  des  franges  d'Young,  visibles  au  foyer  d'une 
lunette  dirigée  vers  l'astre,  lorsque  l'objectif  est  recouvert  d'un  écran,  dans 
lequel  sont  pratiquées  deux  fentes  égales  et  parallèles,  disposées  à  la  dis- 
tance /.  Les  franges,  bien  visibles  lorsque  /  est  suffisamment  petit,  dimi- 
nuent de  netteté,  lorsque  /  croit,  et  disparaissent  au  moment  où  celte 
distance  acquiert  une  valeur  convenable,  en  relation  avec  le  diamètre  £. 
C'est  cette  propriété  qui  sert  de  point  de  départ  pour  évaluer  £  d'après  les 
observations. 

Je  me  propose,  dans  la  présente  Note,  d'indiquer  les  opérations  à  exé- 
cuter, pour  déterminer  £,  en  supposant  que  l'éclat,  le  long  d'un  rayon  du 
disque  de  l'astre,  puisse  s'exprimer  par  la  formule 

E  =  Ao-hA,v/j  — p'+A2(i  — p2)  +  A3(i  -  r?)-i+  \,(i—fy- 

qui  s'applique  exactement  au  Soleil,  comme  je  l'ai  montré  antérieurement, 
p  désignant  le  rapport,  au  demi-diamètre  de  l'astre,  de  la  distance  angu- 
laire d'un  point  du  disque  au  centre,  et  Ao,  A,,  ...  des  constantes. 

Appelons  A  la  longueur  d'onde  des  radiations  qui  pénètrent  dans  l'œil  de 


(')  Séance  du  27  mars  192 1. 

(^)  Comptes  rendus,  t.  \1k^  1922,  p.  342. 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  I922. 


905 


l'observateur  et  posons 


l- 
t. 


n  =  0 


X 


(l  .2  .  .  .«)-  Il  -\-  \ 


u.=2 


X 


(  I  .  2  .  .  .  «  )-  ( «.  -r-  I  )  (  «  -h  2  j  3 


=:   —     /     v/i  —  M-   coi2  ma  du, 

S     /■'  4 

—    /     (1  —  u^)'  C0S2  mil  du, 


„       A„        A,        A,        A3        A. 
2  3  4  o  b 


U. 


C  =      A„  -° 
2 


4-A.3 


ij«i-  \     2  m 

u, 


"T-  -^3  7 7 


I      /  sin  2  m 


—  C0^2//t 


L^ni-  \     im 


3        2»i 


fA.— .i-^^^'i-L^). 


On  démontre  ({iie  les  maxima  d'intensité  des  franges  sont  proportionnels 
à  B  4-  G  et  les  ininima  à  B  —  C,  ou  inversement  suivant  les  valeurs  de  /.  Le 
Tableau  ci-dessous  fournil  les  coefiîcients  de  A^,  A,,  A^,  A3,  A-i,  figurant 
dans  l'expression  de  C,  en  fonction  de  m  : 

Coefficients  figurant  dans  l'expression  de  C. 

Cooflicii.'iit* 


0,0. 
0,1. 
0,2. 
0,3. 

oA. 

0,5 

0,6. 

0,8, 
0,9. 
1 ,0. 
I  .  I . 
1 ,2. 


Lie  A,. 

•  le  V,. 

de  A„. 

de  A.. 

de  A,. 

o,5ooo 

+0,3333 

+o,25oo 

-f  0,2000 

H-O, 1667 

4975 

3320 

2492 

1994 

i663 

4901 

3280 

2467 

1977 

i65o 

4779 

32i5 

2426 

1949 

i63o 

46ii 

3i25 

2369 

1910 

1601 

44oi 

3oi2 

2298 

1861 

i565 

4i53 

2877 

22l3 

1802 

l522 

3871 

2724 

2I16 

1735 

1472 

3562 

2554 

2008 

1609 

1417 

323i 

2371 

1890 

1577 

i355 

2884 

2177 

1764 

^489 

1290 

2027 

1975 

i632 

139.5 

1220 

2168 

1769 

1496 

1298 

1147 

9o6 


ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


g -i-o,oo34 

2,0 —0,01 65 

2,1 o33o 

2,2 

2,3 

2,4 

2,5 

2,6 

2,7 

2,8 

*2<9 

3,0 

3,1 

3,2,.  .  .' 

3,3 

3,4 

3,5 

3,6 

3,7-- 

3,8 

3,9 

4,0 


0061 

f),0052 


oo48- 
— o,oo46 


Désignons  par  /^  la  distance  des  fentes  coi¥espondant  à  révanouissement 
des  franges.  Le  rapport  K  de  l'intensité  des  maxima  à  celle  des  minima  a 
alors  pour  valeur  l'unité.  Appelons  ij.  la  valeur  correspondante  de  m.  Soit/, 
uneautre  valeur  de  la  distance  des  fentes,  supposée  inférieure  à /,  a,  le  rapport 

connu  y,  rii^^  a, a.  le  rapport  -y-  et  K^  la  valeur  observée  du  rapport  K, 

lorsque  les  fentes  sont  placées  à  la  distance  /,.  Sup])osons  que  l'on  possède 
quatre  valeurs  de  K,  correspondant  à  quatre  valeurs  distinctes  de  //.  On  a 


2  C  =  o .  . „ ]*our  / 

(B  +  C),  — Ki(t5~  C),."0 Pour  / 

(1^  +  C)2— K,(13  — C)2  — o 

(B  +  G)3— Tv3(B  —  C),  =0 


/(,  et  m  =r  ij. 

/,  e  t  /?i  =  a ,  [j.   - 
}*our  l  =  1.2  et  tn  =  a^iJ. 
Vouv  I  rr  /..  et  m  =z  c/.r.u- 


(1-5  + G).—  K,(P>-C); 


I*our  /  z=z  /;  el  niz=-  a,^  \j 


SÉANCE   DU   3   AVRIL    1922.  907 

Ces    rquations    linéaires    et    homogAnes,    par   rap|»ort    aux  A,    déler- 

mineiit  a,  —,  x-''  t^'  -r  •  Pour  les  utiliser,  il  convienl  d'en  prendre  quatre 

'      A„     A„     Aq     Aj, 

quelconques,  d'y  rem|)lacer  u.  successivement  par  quelques  valeurs  do  m, 

inscrites  dans  le  Tableau  numérique  ci-dessus,  et  de  résoudre  chacun  des 

1  ,   A,     Ao  Av     /-x  .  -^1 

systèmes  ainsi  obtenus  par  ra|)port  a  -»  .->•••,  ^-  Un  porte  ensuite  cha- 

cune  des  valeurs  de  a  considérées  et  les  valeurs  correspondantes  de  — '  j---?  .— > 
'  ^  A„        A„ 

dans  le  prejiiier  membre  de  la  cinquième  équation.  On  obtient  ainsi  autant 

de  résidus  de' substitution  que  de  valeurs  de  u.  essayées.  La  valeur  de  u,  qui 

répond  à  la  question  se  trouve  en  cherchant,  par  interpolation  entre  les 

résidus  calculés,  celle  qu'il  faut  choisir  pour  avoir  un  résidu  nul.  On  en 

conclut  ensuite,  également  par  interpolation  des  diverses  valeurs  trouvées 

pour  j-S  la  valeur  véritable  de  ce  rapport  qui  correspond  à  la  valeur  exacle 

\,    \      A 
de  u..  On  obtient  de  même  --?  -r^f  —' • 

La  connaissance  de  a  et  de  /„  fournit  le  diamètre  £  par  la  relation 

Celle  des  rapports  —-'  "*'  V^  fournit  la  répartition  de  la  lumière  sur  le 

disque  de  Tastre. 

Dans  les  calculs  indiqués  ci-dessus,  il  convient  de  prendre  comme  point 
de  départ  des  substitutions  de  u.  la  valeur  a  =  i ,  9  immédiatement  inférieure 
à  la  valeur  a  =  i.  916  qui  fournit  le  diamètre,  dans  le  cas  où  la  surface  de 
Tastre  est  uniformément  éclairée,  c'est-à-dire  lorsque  Ai^=A2=A3=A',  =  o. 
On  substituera  ensuite  a  =  2,0,  puis  a  =  2,1,  ,..,  jusqu'à  ce  que  le  résidu 
delà  substitution,  dans  la  cinquième  équation,  change  de  signe.  On  inter- 
polera ensuite  comme  il  a  été  dit  ci-dessus. 

Application  nu  Soleil.  —  En  terminant,  nous  ferons,  des  formules  données 
plus  haut,  une  application  particulière  au  Soleil,  supposé  transporté  dans 
les  espaces  interstellaires.  Ici  le  problème  se  simplifie,  puisque  la  réparti- 
tion de  la  lumière  sur  le  disque  est  connue.  On  a  vu  antérieurement  qu'elle 
correspond  aux  valeurs  suivantes  des  A, 


A,i=      0,257379, 

A3  = 

t>,07l>874 

Ai=      0,941035, 

A,— 

—  0,019945 

A,  =  — •  0 ,  •>.55333, 

li_o   L  i  3  R  A  R 


908  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

11  suffit  d'une  seule  équation  pour  déterminer  £,  par  exemple  celle  qui 
correspond  à  l'évanouissement  des  franges  et  qui  se  réduit  à 

C  =  o.  • 

Cette  équation  est  vérifiée  par  la  valeur 

fi  =    TT  -^  =  2,IO. 

Si,  au  lieu  de  tenir  compte  des  variations  d'éclat,  du  centre  au  bord  du 
disque,  on  négligeait  ces  variations,  on  trouverait  un  diamètre  z'  défini  par 
la  relation 

71 /o£' 

-r—  =i,9ib. 

A 

On  en  déduit 

£'=0,9I£. 

L'erreur  commise,  dans  l'hypothèse  de  l'homogénéité,  atteint  le  dixième 
de  la  valeur  du  diamètre  exact.  Cette  erreur  sérail  naturellement  plus 
importante  pour  les  astres  possédant  une  atmosphère  fortement  absor- 
bante; tel  est  particulièrement  le  cas  des  étoiles  géantes. 


ANALYSE  SPECTRALE.  —  Dosage  du  krypton  et  du  xénon  en  valeurs 
absolues  par  speclrophotométrie .  Note  de  MM.  Charles  Moureu 
et  Adolphe  Lepape. 

1.  La  méthode  spectrophotométrique  de  dosage  du  krypton  et  du  xénon 
que  nous  avons  fait  connaître  en  191 1  permet  de  déterminer  de  minimes 
quantités  de  ces  gaz  très  rares  (de  l'ordre  de  grandeur  de  celles  qui  existent 
dans  l'air  et  les  gaz  naturels  souterrains),  si  l'on  connaît  préalablement 
leurs  proportions  dans  l'air  atmosphérique  ('). 

Elle  repose  sur  l'emploi  de  solutions  titrées  de  krypton  et  de  xénon  dans 
l'argon,  obtenues  en  mélangeant  à  de  l'argon  pur  (rigoureusement  privé  de 
krypton  et  de  xénon)  des  proportions  croissantes  â^argon  brut  de  l'air 
(mélange  des  cinq  gaz  rares  extrait  de  l'air  atmosphérique).  En  traitant 
par  le  charbon  de  noix  de  coco  (o^,  25)  refroidi  à  —  23"  (chlorure  de  méthyle 
bouillant)  un  volume  constant  (4""')  de  ces  diverses  solutions  titrées,  dans 

(^)  Ch.  Moureu  et  A.  Lepape,  Comptes  rendus,  t.  152,  1911,  p.  691;  t.  153,  1911, 
p.  740. 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  I922.  909 

des  conditions  bien  déterminées  et  exactement  renouvelables,  on  enrichit 
en  krypton  et  en  xénon  une  fraction  constante  (absorbée  par  le  charbon) 
du  volume  gazeux  total  mis  en  œuvre.  Ce  volume  d'argon  enrichi  en 
krypton  et  en  xénon  (o''°',o2  environ)  est  ensuite  dégagé  du  charbon  et 
accumulé  dans  un  petit  tube  de  Plùcker  (pression  3™™).  On  note  alors  l'in- 
tensité de  la  raie  principale  du  spectre  visible  du  krypton  (raie  jaune 
À  5870,915)  ou  du  xénon  (raie  bleu  indigo  X  4671,225),  en  utilisant  les 
raies  voisines  de  l'argon  (X  5912,31  et  A  586o,54  pour  le  krypton,  X  4-02, 5 
pour  le  xénon),  appartenant  au  même  spectre,  comme  repères  photomé- 
trlques.  L'examen  speclrophotométrique  est  ainsi  effectué  à  Taide  d'un 
simple  spectroscope  à  vision  directe  (modèle  Jobin  ou  Pellin)  ('). 

Pour  doser  le  krypton  et  le  xénon  dans  un  mélange  gazeux  quelconque, 
il  suffira  d'en  séparer  les  gaz  rares  lourds  (argon -1- krypton  +  xénon)  (""i, 
puis  de  préparer  une  ou  plusieurs  solutions  de  ces  derniers  dans  de  l'argon 
pur  et  de  soumettre  ces  mélanges  aux  mêmes  opérations  que  les  solutions 
titrées  d'argon  de  l'air  (fractionnement  par  le  charbon  à  —  23°  de  4"°'  du 
gaz  et  examen  spectrophotométrique  du  résidu  gazeux  fixé  par  le  charbon). 

De  l'intensité  de  la  raie  principale  du  krypton  ou  du  xénon  on  déduira 
immédiatement  ([uelles  sont  les  solutions  titrées  respectives  d'argon  brut 
de  l'air  équivalentes  aux  solutions  des  gaz  lourds  employées,  et,  par  suite, 
quelles  proportions  de  krypton  et  de  xénon  renferment  ces  derniers,  si  les 
proportions  des  deux  gaz  dans  l'air  sont  supposées  connues  ('). 

2.   Cette  méthode  est  compliquée,  elle  est  délicate,  puisqu'elle  exige, 


(')  Pour  les  détails  du  mode  opératoire,  voir  Ch.  Moureu,  Jouni.  Chimie- Physique^ 
t.  11,  1918,  p.  108,  L'examen  spectrophotométrique  exige  l'absence  de  tout  s[)ectre 
parasite,  et  notamment  de  celui  de  V  hydrogène  ;  il  convient  donc  d'éliminer  complè- 
tement toute  trace  des  gaz  ordinaires  du  gaz  étudié  et  de  purger  très  soigneusement 
les  électrodes  (cuivre)  du  tube  de  PlCcker. 

(-)  Les  opérations  à  eflTectuer  sont  décrites  dans  les  Mémoires  suivants  :  Ch.  Mot- 
REU,  Journ,  Chimie-Physique,  t.  11,  191 3,  p.  63;  Ce.  MouREr  et  A.  Lepape,  Ann.  de 
Chimie^  t.  k,  igiS,  p..  137;  t.  0,  1916.  p.  5  et  p.  22.5. 

(^)  En  vue  de  rendre  minima  l'erreur  inhérente  à  l'appréciation  des  intensités  lumi- 
neuses relatives  des  lignes  spectrales  comparées,  on  s'efforce  de  réaliser  des  m^  langes 
gazeux  tels  que  l'on  obtienne  l'égalité  d'intensité  entre  les  raies  mesurées  et  les  repères 
appartenant  à  l'argon.  Du  fait  que  la  raie  du  krypton  utilisée  est  dans  la  région  j^une, 
tandis  que  celle  du  xénon  est  dans  la  région  bleue  du  spectre,  où  la  sensibilité  de  l'œil 
est  moindre,  il  résulte  que  la  précision  du  dosage  du  krypton  est  nettenienl  supé- 
rieure à  celle  du  dosage  du  xénon.  Nous  pensons  que  l'erreur  commise  dans  le  dosage 
du  krypton  est  de  l'ordre  de  10  pour  100. 


giO  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

dans  toutes  les  expériences,  Fexacte  répétition  de  tous  les  détails  de  la  tech- 
nique opératoire,  et,  surtout,  elle  est  tributaire  de  ia  connaissance  des 
proportions  de  krypton  et  de  xénon  dans  Tair. 

La  préparation  de  solutions  titrées  artificielles  de  krypton  pur  et  de  xénon 
pur  dans  l'argon  pur  nous  a  permis  de  nous  affranchir  de  la  plupart  de  ces 
complications  et  restrictions,  c'est-à-dire  de  simplifier  notre  méthode  primi- 
tive tout  en  la  rendant  absolue. 

Nous  avons  d'abord  purifié  avec  tout  le  soin  possible,  par  fractionnements 
répétés  sur  le  charbon  de  noix  de  coco  refroidi,  des  quantités  importantes 
des  trois  gaz  :  argon,  krypton  et  xénon,  préalablement  privés  de  toute 
trace  de  gaz  ordinaire  (  '),  de  manière  à  obtenir  finalement  environ  2' d'argon 
pur;  5o""'  de  krypton  pur  et  25""'  de  xénon  pur  (^).  Nous  avons  ensuite 
constitué  des  solutions  titrées  connues  d'argon  et  de  krypton  et  d'argon  et 
de  xénon,  en  ajoutant,  à  un  grand  volume  d'argon  pur,  un  volume  très 
exactement  mesuré,  soit  de  krypton  pur,  soit  de  xénon  pur.  A  ces  solutions 
titrées  mères  correspondent  les  données  suivantes  : 

Volumes  à  O'-TliO"'"'. 
Solulioii  Xili'iic.  Aii;on  pur.       Krypton  pur.     Xémin  pur.  Titre. 

De  krypton  dans  l'argon.  ..  .      4'^'^""î'<^         9""\44  "  2,17.10"^ 

De  xénon  dans  l'argon 443*''"". 80  »  9""'.3o  2.09.  io~^ 

En  diluant  dans  l'argon  pur  des  volumes  connus  de  ces  solutions  mères, 
nous  avons  ensuite  obtenu  des  solutions  de  titres  voisins  de  io~^,  io~'',  io"~'. 

(^)  Le  krypton  et  le  xénon  ont  été  extraits  de  l'oxygène  liquide  industriel  par  un 
procédé  que  l'un  de  nous  publiera  prochainement.  L'argon  brut  qui  a  servi  de  matière 
première  pour  obtenir  l'argon  pur  provenait  également  de  l'air;  c'était  de  l'argon 
industriel,  ne  renfermant  que  très  peu  d'oxygène  et  d'azote,  et  seulement  dinfimés 
traces  de  néon,  de  krypton  et  de  xénon. 

(-)  Nous  n'avons  pas  admis,  comme  critère  de  pureté,  la  simple  «  pureté  spectrale», 
car,  dans  les  mélanges  de  gaz  rares  (et  il  semble  en  être  de  même  pour  les  autres 
éléments),  la  sensibilité  spectrale  d'un  composant  est  d'autant  plus  faible  que  son 
nombre  atomique  est  plus  bas.  Un  échantillon  n'a  donc  été  considéré  comme  pur  que 
lorsqu'il  s'est  montré  rebelle  au  fractionnement,  c'est-à-dire  lorsque  les  portions  de  gaz 
libre  et  de  gaz  fixé  par  le  charbon  refroidi  ont  présenté  des  spectres  identiques  (étin- 
celle directe  et  étincelle  condensée).  Les  raies  les  plus  persistantes  (raies  ultimes  de 
M.  de  Gramont)  dont  nous  nous  sommes  servis  pour  rechercher  une  trace  d'impureté 
légère  dans  un  gaz  plus  lourd,  sont  : 

ArÀ48o6,i4;     4760,04;     4228,81  pour  la  recherche  de  Ar  dans  Kr; 
Ivr}i4355;7  pour  la  recherche  de  Kr  dans  Xe. 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  1922.  91I 

L'examen  spectrophotométrique  direct  (  '  )  de  ces  solutions  et  de  solu- 
tions intermédiaires  a  immédiatement  montré  que  les  limites  de  dilutions 
permettant  d'apprécier  convenablement  l'intensité  de  KrXDSyo^gi  ou 
XeX467i,22,  par  comparaison  avec  les  raies  d'argon  utilisées  comme 
repères  photométriques,  sont  les  suivantes  : 

Solutions  de  krvplon  dans  l'argon o,5  à  ^  ,5 .  lO""* 

Solutions  de  xénon  dans  l'argon 2        à8      .1  o~* 

Pour  certaines  dilutions  choisies  entre  ces  limites,  nous  avons  déterminé 
les  intensités  des  raies  Kr  À  0870,91  et  XeX 467 1,2.2  sous  diverses  pressions. 
La  loi  de  variation  de  l'intensité  lumineuse  en  fonction  de  la  pression 
gazeuse  dans  le  tube  de  Pliicker  est,  pour  chaque  solution  titrée,  sensible- 
ment linéaire. 

L'ensemble  des  résultats  relatifs  à  toutes  les  solutions  titrées  étudiées  est 
représenté  par  un  faisceau  de  lignes  (droites)  divergentes,  issues  d'un  point 
voisin  de  l'origine.  Voici  les  valeurs  directement  observées  des  pressions 
gazeuses  (en  millimètres  de  mercure)  auxquelles  correspond,  pour 
quelques-unes  des  solutions  étudiées,  l'égalité  d'intensité  de  la  raie 
variable  avec  chacun  des  repères  photométriques  : 

Solutions  titrées  de  krypton  clans  l'argon. 

Pression  sous  laquelle 
l'intensité  de  Ivr  a  5870.91  égale  celle  de 

Kr 
Titre 


Kr  -t-  Ar 


0,46.  lO^'^ 
0,98.  lO"'^. 
1,18.10-^ 

1,5  .  io~'. 
2,0   .io~^. 

0,9.    .10   •* , 

4,3     .10-'. 


Ar À  5860, 54 

Ar 

A591-2.31 

(intensité  —  "2). 

(intensité  =  6). 

mm 

mm 

12,0       , 

» 

4,8 

1 1 ,5 

4,3 

10 

^.9 

7/+ 

2,3 

6,0 

1 .5 

3,7 

i,^ 

3.0 

(')  Spectroscope  à  vision  directe  modèle  .Tobin;  tube  de  PliicUer  forme  L,  à  élec- 
trodes de  cuivre,  de  S'^"^  environ  de  capacité,  dont  la  partie  capillaire,  observée  «  en 
bout  ».  a  Go'"'"  de  longueur  et  i^^.a  de  diamètre  intérieur.  Décharge  directe  d'une 
forte  bobine  de  Rhumkorff  dont  le  circuit  primaire  est  alimenté  par  le  courant  alter- 
natif du  secteur  (1,8  amp.). 


912  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Solutions  titrées  de  xénon  dans  V argon. 

Pression  sous  laquelle 

Xe  Xe).4671,22=  Ar  a470-2,5 

Titre -— .  ... 

Xe  +  Ar  (  intensité  =  2). 

mm 
2,0.10^^ 12,7 

.4,1.10-^ : 5,6 

5,9-if>"* 2>7 

7>8.io-^ 1,9 

3.  Le  réseau  de  lignes  que  les  données  de  ce  genre  permettent  de  cons- 
truire (')  constituent,  en  réalité,  les  courbes  d'étalonnage  du  dispositif 
spectrophotométrique  (celui-ci  comprend,  en  dehors  du  tube  de  Plucker, 
la  bobine  de  Ruhmkorfî  et  la  source  qui  l'alimente,  ainsi  que  le  spectros- 
cope,  auquel  il  convient  d'ajouter  l'observateur  lui-même),  auquel  on  ne 
doit  faire  subir  aucune  altération  appréciable  pendant  toute  la  série  des 
mesures. 

Le  dosage  du  krypton  ou  du  xénon  dans  un  mélange  argon-krypton  où 
argon-xénon  se  présentera  ainsi,  suivant  sa  composition  centésimale  : 

a.  Le  titre  en  krypton  ou  en  xénon  est  compris  entre  les  limites  indiquées  ci- 
dessus.  —  Dans  ce  cas,  le  simple  examen  spectrophotométrique  direct  du 
mélange  gazeux  étudié  permet  de  déterminer  à  quelle  solution  titrée  il  est 
équivalent  et,  par  suite,  quelle  quantité  absolue  de  krypton  ou  de  xénon  il 
contient. 

b.  Le  titre  en  krypton  ou  en  xénon  est  supérieur  aux  limites  d'examen 
direct.  —  En  diluant  le  mélange  étudié  dans  de  l'argon  pur,  on  se  trouve 
ramené  au  cas  précédent. 

c.  Le  titre  en  krypton  ou  en  xénon  est  inférieur  aux  limites  d'examen 


(*)  En  examinant  le  Tableau  précédent,  on  remarquera,  particulièrement  à  propos 
des  solutions  titrées  de  krypton,  qu'à  intensité  lumineuse  constante,  le  produit  du 
titre  par  la  pression  est  approximativement  constant.  Si  l'on  admet  que  les  inten- 
sités des  raies  d'argon  étalons  restent  constantes  malgré  une  variation  de  pression 
dans  le  tube  de  Plucker  de  i  à  4  (nous  avons  l'impression  que,  dans  les  conditions  de 
nos  expériences,  ces  intensités  varient  peu),  la  constance  de  ce  produit  signifie  que 
l'intensité  de  la  raie  du  krypton  ne  dépend  que  de  la  quantité  absolue  de  ce  dernier  et 
nullement  de  la  quantité  d'argon  qui  l'accompagne.  Le  nombre  des  atomes  de  krypton 
vibrants  serait  donc  sensiblement  proportionnel  au  nombre  total  d'atomes  de  krypton 
présents  dans  la  colonne  lumineuse  et  indépendant  du  nombre  des  atomes  d'argon  au 
milieu  desquels  ces  atomes  de  krypton  sont  noyés  (la  partie  capillaire  du  tube  de 
Plucker  contient  environ  10'^  atomes  d'argon  et  10'^  atomes  de  krypton). 


SÉANCE   DU   3   AVRIL    I922.  9l3 

direct  (gaz  lourds  de  l'air  et  des  mélanges  gazeux  naturels)  ('  ).  -  On  élimi- 
nera une  partie  de  l'argon,  de  manière  à  obtenir,  dans  la  partie  conservée 
des  gaz  lourds,  une  proportion  convenable  de  krypton  ou  de  xénon.  En 
employant  i""'  à  2'"''  de  gaz  rares  lourds,  nous  avons  constaté  qu'un  seul 
fractionnement  à  l'aide  du  charbon  de  noix  de  coco  (o^,  25)  refroidi  à  —  So'', 
j)ermet  d'accumuler  90  pour  100  environ  du  krypton  dans  le  résidu  gazeux 
(^  environ  du  volume  total)  soumis  à  l'examen  speclrophotométnque. 
Dans  ces  conditions,  la  présence  du  xénon  n"empêclie  nullement  l'appré- 
ciation de  rintensité  de  la  raie  jaune  du  krypton;  cependant,  des  propor- 
tions importantes  de  xénon  seraient  gênantes  et  il  conviendrait  d'éliminer 
partiellement  ce  gaz  (par  fractionnement  sur  le  charbon  maintenu  à  la 
température  ordinaire),  avant  de  procéder  au  dosage  du  krypton. 

Le  volume  des  mélanges  argon-krypton  ou  argon-xénon  à  mettre  en 
œuvre  pour  Tapplication  de  la  méthode  ne  dépend  que  des  dimensions 
*du  tube  de  Plûcker  employé.  Quand  il  s'agit  des  gaz  naturels,  il  suffit  d^uti- 
liser  un  volume  de  gaz  lourds  dix  ou  vingt  fois  plus  grand  que  celui  du  gaz 
qu'on  accumulera  dans  le  tube  de  Plucker  pour  la  mesure  speclrophotomé- 
trique;  il  peut  donc  correspondre  à  quelques  centimètres  cubes  seulement  de 

gaz  naturel. 

iNous  estimons  que  Terreur  relative  que  comporte  notre  méthode  d'analyse 
peut  ('tre  inférieure  à  10  pour  100  dans  le  cas  du  krypton  et  à  20  pour  100 
dans  le  cas  du  xénon. 

ZOOLOGIE.  —  L'appareil  maxillaire  t/'Histriobdella  homari  ;  affinités  des 
Histriohdellides  avec  les  Euniciens.  Note  de  MM.  F.  Mesxil  et 
M.  Caui.lery. 

Découvert  en  i853  par  P.  J.  Van  Beneden,  qui  en  donna  une  bonne  des- 
cription en  i858  (-),  réétudié  depuis  par  Ed.  Van  Beneden,  Foetlinger  (^'), 
Cr.  Shearer  (*),  ce  curieux  parasite  qui  vit  sur  les  œufs  et  dans  la  cavité 

(1)  Nos  recherches  antérieures  {toc.  cil.)  ont  établi  que  la  composition  des  gaz 
rares  lourds  (argon  4- krypton  +  xénon  )  est  sensiblement  constante  dans  tons  les 
mélanges  gazeux  naturels  (air,  gaz  de  sources  thermales,  grisous,  gaz  volca- 
niques, etc.). 

(2)  P.  J.  Vais  Beneden,  Bull.  Acad.  roy.  Belgique,  2«  série,  t.  5,  i858,  p.  270. 

(9)  FoETTiNGER,   Ârckives  Biologie,    t.    o,    i884,    p.    ^y^.  —  Kd.    \'an  Beneden   in 

FOETTINGER. 

{'')  Cr.  Shearer,  Quart.  Journ.  of  /nier.  Se,  t.  35,  1910,  p.  287. 
C.  R.,  1922,  1"  Semestre.  (T.  174,  N»  14.) 


9l4  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

branchiale  des  homards,  est  bien  connu  dans  son  anatomie  ;  il  en  est  de 
même  du  type  très  voisin  que  Haswell  (')  a  rencontré  sur  les  branchies 
d'une  écrevisse  australienne  (A.stacopsis  tasmanicas)  et  décrit  en  1900  sous  le 
nom  de  Straliadt-ilas  astaci.  Quant  aux  aflinités  de  ces  formes,  les  o[)inions 
des  auteurs  que  nous  venons  de  citer  sont  assez  divergentes  :  celle  de  P.  J. 
Van  Beneden  qu'il  s'agit  d'une  hirudinée  aberrante  n'a  j)lus  été  reprise; 
pour  les  autres,  il  s'agirait  d'Archiannélides  avoisinant,  soit  ProtodrUus  et 
Polygordius^  soit  les  Rotifères. 

Dès  1900,  à  la  lecture  du  Mémoire  de  Haswell,  nous  avions  eu  Tattention 
attirée  sur  l'appareil  maxillaire  des  Histriobdellides  et  sur  sa  ressemblance 
avec  les  mâchoires  si  caractéristiques  des  Annc'lides  ])olychètes  de  la  famille 
des  Euniciens.  Mais,  faute  d'observations  personnelles,  nous  nous  étions 
contentés  d'indiquer  incidemment  notre  0})inion  que  Histriohdella  est  un 
«Eunicien  dégradé»  (-). 

En  septembre  1921,  ayant  trouvé  Histriobdella  homari  dans  la  cavité 
branchiale  des  homards  péchés  dans  l'anse  Saint-Martin  ou  aux  environs 
(lu  cap  de  la  Hague,  la  ressemblance  de  son  appareil  maxillaire  avec  celui 
des  Euniciens  s'est  immédiatement  imposée  à  nous.  Nous  avons  alors  repris 
l'étude  comparative  de  cet  appareil  et  ce  sont  nos  résultats  que  nous  désirons 
consigner  ici  brièvement. 

L'appareil  maxillaire  des  Histriobdella  est  logé,  comme  celui  des  Euni- 
ciens, dans  un  bulbe  situé  ventralement  par  rapport  à  Tœsophage  et  distinct 
de  celui-ci.  Il  se  compose  de  deux  parties,  une  dorsale  et  une  ventrale, 
correspondant  respectivement  à  la  mâchoire  supi'rieure  M^  et  à  la  mâchoire 
inférieure  M,  des  Euniciens. 

La  mâchoire  supérieure  M^  est  construite  sur  le  type  prionognathe.  Elle 
se  compose  d'une  pièce  médiane  assez  longue  (tige  onmanubrium^  t,  Tràger 
des  auteurs  allemands)  qui  porte,  articulées  à  son  extrémité  supérieure,  une 
série  de  petites  maxilles;  nous  en  comptons  trois  paires  (wi-m^).  La  pre- 
mière paire  (z^/, ),  de  beaucoup  la  plus  développée,  est  articulée,  par  une 
série  de  pièces  qui  rappelle  un  peu  les  os  du  tarse,  avec  le  manubrium;  elle 
porte,  à  son  bord  libre  ou  interne,  une  plaque  munie  de  quatre  ou  cinq  dents 

(')  Hasweli,,  Quart.  Joiirn.  of  micr.  Se,  t.  43,  1900,  p.  agg. 

{"')  In  Recherches  sur  les  Orthonecticies,  Arcli.  Anal,  inicrosc,  t.  4,  1901  (voir 
notede  lapai;e46o). — Nous  a\ons  trouvé  la  même  opinion  exprimée  par  Hatschek  dans 
le  troisième  fascicule,  paru  en  1891,  de  son  Lehrbuch  der  Zoologie  (p.  4i4)-  Haswell 
la  relè\e  en  une  ligne  sans  la  discuter.  Elle  n'a  pas,  à  notre  connaissance,  attiré  l'ât- 
tenlion  d'autres  savants.  Certains  auteurs  oivl  parlé  vaguement  de  Polychètes  déij;radés. 


SÉANCE    DU    3    AVRIL    iq22. 


.910 


bien  rangres  et  sensiblement  de  même  loni;ueur;  se  projetant  sur  c«'tte 
plaque,  on  obscr\ e  des  pirces  chitineuses  particulièrement  fortes  et  de  cou- 


Lettres  communes  à  toutes  les  figures  :  M,,  mâchoire  inférieure;  M/  m  u.choire  supérieure  : 
/,  frein:  t,  tige  ou  manubrium:  ?«,,  ...,  /",,,  maxiltes. 
Fig.  1-3.  —  Appareil  maxillaire  à' Hytriobclella  :   1,  mâchoire  inférieure  vue  du  côté  dorsal;  l,  mâchoire 
supérieure  dont  les  maxilles  sont  écartées  (au-dessous,  eu  grisé,  mâchoire  inférieure):  3.  rnavilles  droites 
avec  une  portion  de  la  tige.  G  =  900  D.  environ. 

Fig.  4.  —  Appareil  maxillaire  de  Aolorirrus  genicidatits  (d'après  Marion  et   Bobretzky);   les  mâchoires 
inférieures  ont  été  disposées  pour  la  commodité  du  dessin. 

Fig.  b.  —  Appareil  maxillaire  de  Labrorost ratas  parasitifus  jeune  (plus  tard,  la  lige  apparaît  double). 
C  =  .')25  D.  environ. 

leur  noire.  Les  deux  autres  paires  de  maxilles  pn-sentent  à  leur  bord  libre 
une  structure  pectince.;  elles  sont  soutenues  par  des  supports  évidemment 
mus,  comme  les  pièces  de  la  première  paire,  [)ar  des  muscles  propres. 


9l6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Toute  celle  mâchoire  supérieure  est  placée  directement  au-dessus  de  la 
mâchoire  inférieure  M,  et  paraît  liée  à  elle  par  l'intermédiaire  de  deux 
pièces  (/)  nommées  freins  (bridles)  par  Ilaswell.  Cette  mâchoire  infé- 
rieure est  formée  de  deux  pièces  allongées,  qui  ont  été  comparées  par 
P.-J.  van  Bejieden  à  des  élytres  de  Coléoptères,  et  dont  chacune  se  termine 
en  avant  par  une  partie  dentée  qui  se  prolonge  latéralement  en  une  forte 
pointe  recourbée  en  forme  de  bec.  Le  tout  constitue  une  sorte  de  gouttière 
relativement  fixe  et  dans  laquelle  vient  glisser  la  mâchoire  supérieure  pour 
se  porter  en  avant.  Dans  ce  mouvement  en  avant,  les  maxilles  s'écartent 
comme  les  branches  d'une  pince  qu'on  ouvre. 

Cet  appareil  maxillaire  (THîsf/'îobdelia  est  donc  construit  tout  à  fait  sur 
le  type  de  celui  des  Euniciens,  particulièrement  sur  le  type  prionognathe 
et  se  présente  avec  des  connexions  identiques.  Nous  représentons  ici  pour 
le  prouver  l'appareil  maxillaire  de  deux  Euniciens  :  celui  d'une  espèce  de 
grande  taille  à  vie  libre,  Notocirrus  gcniculatus,  et  celui  d'un  parasite  de  la 
cavité  ca3lomi(|ue  de  divers  Syllidiens,  Labrorostratus parasiticus  ('). 

Les  mêmes  lettres  indiquent  les  pièces  correspondantes.  Chez  les  uns 
comme  chez  les  autres,  il  y  a  une  mâchoire  inférieure  formée  de  deux  pièces  : 
ces  pièces,  chez  Histriohdella,  sont  d'un  type  un  peu  spécial,  qui  rappelle 
celui  des  Limihriconercis .  Chez  les  uns  comme  chez  les  autres,  les  mâchoires 
supérieures  comprennent  un  manubrium  axial,  simple  ou  double,  qui  porte 
une  série  de  maxilles  :  celles-ci  sont,  chez  Notocirrus,  au  nombre  de 
cinq  paires  armées  de  fortes  dents;  il  n'y  en  a  qu'une  ou  deux  de  chaque  côté 
cIkîz  Labrorostratus  (^).  On  voit  donc  que  Histriobdclla  est  intermédiaire 
comme  nombre  de  maxilles.  La  forme  de  ces  maxilles  d'i/i!>ZAïoè</e//«  diffère  : 
seule  la  paire  inférieure  est  munie  de  dents;  les  autres  présentent  une  iine 
pectination.  Mais  ces  types  de  maxilles  existent  chez  d'autres  Euniciens, 
par  exemple  chez  Ophryotrocha  ('). 

(')  Nous  avons  étudié  ce  dernier  appareil  sur  l'exemplaire  que  nous  avons  recueilli 
en  igiS  {\o\r  Bull.  Soc.  Zoo/.,  1910,  p.  160)  et  aussi  sur  deux  exemplaires  eu   bon' 
état  de  la  collection  de   Saint-Joseph,   conservée    au    Muséiam   d'Histoire  naturelle, 
mis  obligeamment  à  notre  disposition  par  M.  le  professeur  Gra\ier  (jue  nous  remer- 
cions ici, 

(^)  Comme  l'a  déjà  fait  remarquer  de  Saint-Joseph,  ces  maxilles  sont  rudimentaires; 
leur  régression  est  soulignée  par  le  fait  qu'elles  restent  aussi  petites,  quel  que  soit  le 
développement  de  l'annélide,  alors  que  la  mâchoire  inférieure  et  le  manubrium  crois- 
sent régulièrement. 

(^)  Voir  les  excellents  dessins  qu'en  a  donnés  J.  Bonnier  (Bull,  scient.  France 
et  Belgique,  t.  25,  1898,  p.  198,  pi.  II  et  III  en  particulier). 


SÉANCE   DU   3   AVRIL    I922.  917 

Il  résulte  avec  évidence,  des  données  précédentes,  que  Vappareil  maxil- 
'laire  c^'Histiiiobdella,  par  son  plan^  sa  structure  et  ses  connexions^  est  iden- 
tique à  celui  (les  Euniciens^  et  cette  similitude  ne  nous  parait  pas  pouvoir 
s'expliquer  autrement  que  par  des  afjinitès  réelles.  D'autre  part,  les  appen- 
dices céphaliques  rappellent  aussi  les  Annélides  de  cette  famille  (cf.  en  par- 
ticulier Ophryotrocha)  et,  dans  le  genre  Stratiodrilus  Haswell,  ily  a,  en  outre, 
des  cirres  latéraux  métamériques. 

L'ensemble  de  Tanatomie  est  du  type  annélidien  simplifié  (absence 
d'appareil  sétigère  )  et  spécialisé  à  certains  égards.  Le  système  nerveux,  en 
particulier,  est  très  différencié,  ainsi  que  l'appareil  génital.  Ces  faits, 
comme  la  haute  différenciation  et  la  disposition  caractéristique  de  l'ay^pa- 
reil  maxillaire,  ne  sont  guère  compatibles  avec  l'idée  qu'il  s'agirait  d'une 
forme  primitive  (Archiannélide  des  auteurs),  mais,  au  contraire,  imposent 
d'y  voir  un  Eunicien  dégradé,  ainsi  qu'Hastchek  et  nous-mêmes  l'avions 
supposé. 

ÉLECTIONS. 

A  l'unanimité  des  89  suffrages,  M.  F.  Widal  est  désigné  pour  repré- 
senter l'Académie  à  la  Commission  supérieure  des  maladies  professionnelles . 

Par  3i  suffrages  contre  10  à  M.  Jean  Le  Roux,  3  à  M.  Eugène  Fabry  et 
1  à  M.  Einstein.,  M.  Reivè  Baire  est  élu  Correspondant  pour  la  Section  de 
Géométrie  en  remplacement  de  M.  Nœther,  décédé. 


NOMINATIONS. 

M.  JouBix  est   désigné  pour  représenter    l'Académie   iiu    Vif    Congrès 
national  des  Pêches  maiitimes,  qui  se  tiendra  à  Marseille  en  octobre  1922. 


PLIS  CACHETES. 

M.  H.  DE  Bellescize  demande  l'ouverture  de  deux  plis  cachetés  reçus 
respectivement  dans  les  séances  du  21  mars  1921  et  looctobre  1921  etinscrils 
sous  les  n'»^  8854  et  8923. 


91 8  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

.  Ces  plis,  ouverts  en  séance  par  M.  le  Président,  contiennent  des  Notes 
intitulées  : 

Pli  n°  8854  :  Relais  pow  amortir  les  oscillations  libres  des  résonateurs  ; 

Pli  n°  8923  :  Amortissement  des  oscillations  libres  et  développement  des 
oscillations  forcées  dans  les  résonateurs. 

(Renvoi  à  l'examen  de  M.  M.  Leblanc.) 


CORRESPOND  AIVCE . 

M.  Ch.  Lallemaxd,  Président  de  V Union  géodésique  et  géophysique 
internationale^  remet  à  l'Académie  le  programme  de  la  première  Assem- 
blée générale  de  TUnion,  qui  se  tiendra,  du  i  au  lo  mai  prochain,  à  Rome, 
dans  le  Palais  de  l'Académie  des  Lincei. 

Au  cours  de  cette  Confc'rence,  à  laquelle  prendront  part  les  quatre  Sec- 
tions déjà  constituées  et  relatives,  la  première  à  la  Géodésie,  la  deuxième 
à  la  Météorologie,  la  troisième  à  l'Electricité  atmosphérique  et  au  Magné- 
tisme terrestre,  et  la  quatrième  à  l'Océanographie  physique,  ou  doit  orga- 
niser deux  nouvelles  Sectioiis  consacrées  Tune  à  la  Sismologie,  l'autre  à  la 
Vulcanologie. 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1°  E.  Gartan.  Leçons  sur  les  invariants  intégraux.  Gours  professé  à  la 
Faculté  des  Sciences  de  Paris.  (Présenté  par  M.  P.  Appell.) 

2*^  XXV'^-XXIX'^  Bibliographie  Géographique  (1915-1919),  faisant  suite  à 
la  Bibliographie  géographique  annuelle  des  u  Annales  de  Géographie  »•, 
publiée  sous  la  direction  de  Elicio  Golin.  (Présenté  par  M.  R.  Bourgeois.) 

3°  Amet.  La  Houille  bleue. 

4°  E.  Rabaté.  La  destruction  des  mauvaises  herbes.  (  Présenté  par 
M.  P.  Viala.) 

5*^  E.  Râbate.  La  taille  des  arbres  fruitiers  de  plein  rent  (^prunier  d'cnte^ 
reine-claude ^ pêcher ^ pommiei-) .  (Présenté  par  M.  P.  Viala.) 


M.  Kre.mpf  adresse  des  remercîments  pour  la  distinction  que  l'Aca- 
démie a  accordée  à  ses  travaux. 


SÉANCE   DU   3   AVRIL    1922.  919 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —   Sur  la  formule  d'interpolation  de  Stirling. 
Noie  de  M.  j\.-E.  Norlund. 

Dans  la  théorie  des  approximations  numériques,  ks  méthodes  d'interpo- 
lation sont  d'un  grand  secours;  pour  l'Astronomie,  elles  ont  une  importance 
capitale.  On  en  fait  usage  dans  la  construction  des  tables  numériques,  dans 
le  calcul  des  éphémérides  et  encore  quand  on  a  besoin  de  faire  une  différen- 
tiation  mécanique  ou  une  intégration  mécanique.  Le  calculateur  se  sert  le 
plus  souvent  de  la  formule  d'interpolation  suivante 

qui  remonte  à  Stirling  el  qui  a  été  retrouvée  par  Lagrange.  Les  coeflicients 
«s  et  />,  s'expriment  aisément  par  les  valeurs  de  la  fonction  F(:;)  dans  les 

points  z  =  o,   ±1,    ±2,   Comme    cette  série  se  présente  aussi  dans 

plusieurs  problèmes  d'analyse,  je  me  suis  demandé  à  quelle  condition  elle 
sera  convergente. 

Je  démontre  d'abord  que,  si  la  série  converge  au  voisinage  d'un  point 
quelconque,  elle  convergera  uniformément  dans  tout  domaine  fini  du  plan. 
La  série  représente  donc  toujours  une  fonction  entière.  Cette  fonction  est 
d'ailleurs  d'une  nalure  bien  parliculière  comme  nous  allons  le  voir.  La 
série  (i)  diverge  par  conséquent  dans  tous  les  cas  où  l'on  a  fait  usage  de  cette 
formule  d'interpolation.  Il  est  bien  singulier  que,  dans  les  calculs  numé- 
riques, l'on  tombe  si  souvent  sur  des  séries  divergentes. 

Pour  trouver  la  condition  de  convergence,  je  fais  remarquer  que  le  terme 
complémentaire  de  la  série  (i)  est  égal  à  l'intégrale  suivante  : 

•2-1  J    .r{x- —  1-)  (x- —  2'-) .  .  .{jc- —  /*-)  X  —  z 

Posons  x  =  re"'.  Comme  ligne  d'intégration,  je  prends  une  courbe  qui  est 
composée  de  deux  arcs  de  la  lemniscate  de  Bernoulli,  qui  a  pour  équation 
/■-  =  2/î-  cos2f,  rc'unis  par  deux  arcs  d'un  cercle  ayant  l'origine  pour  centre  et 
avec  le  rayon  iogw.Ce  choix  du  chemin  d'intégration  est  un  point  essentieldans 
notre  démonstration.  Il  va  nous  permettre  d'indiquer,  avec  une  très  grande 
précision,  la  condition  qui  assure  la  congruence  de  la  série.  Si  l'on  avait 
cheminé  le  long  d'une  autre  cour])e,  on  aurait  tronvé  une  inégalité  moins 


920  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

précise.  Afin  de  pouvoir  énoncer  la  condition  de  convergence  sous  une 
forme  simple,  je  définis  une  certaine  fonction  '\^(v)  par  les  deux  expressions 
suivantes.  On  aura 

(];(  i')  zn  cosc  log(^cos  2  ('  +  \^2  cosi)"  -f-  2  sin  ('  arc  siii  (  y/g  sin  ç) 

dans  l'intervalle  o^(^5  t'  et  X'f^')  =  7ïsinç^  dans  l'intervalle  7  5pf:  -•  La  fonc- 

lion  ']^(v)  doit  en  outre  être  paire  et  admettre  la  période  t..  On  vérifie  aisé- 
ment que  cette  fonction  est  continue  et  positi\  e  pour  toutes  les  valeurs  de  i^. 

Elle  est  croissante  dans  Tintervalle  o^vli  -  et  décroissante  dans  l'intervalle 

-  SvUt:.  Enfin  elle  satisfait  aux  inésfalités 
2  -    -  ^ 

71 1;  ij;  (  (' )  1;  2  log  (  I  4- y/2  ) , 

et  l'on  aura 

i];(o)  —  ^|;(±:7:•)  =  2log(i  +  \/2), 

Cela  posé,  reprenons  la  série  (i).  On  démontre  que  la  fonction  entière  F(,^) 
qu'elle  représente  satisfait  à  l'inégalité 

|F(/e'^)  I  <  /■e'^'^coosl. 

Mais  cette  inégalité  ne  suffit  pas  pour  assurer  la  convergence  de  la  série. 
Posons 

h{v)  =  \\msup     ^'     ^         ^'- 

Par  une  étude  approfondie  du  reste  (s)  on  démontre  que  la  série  (i)  con- 
verge et  représente  la  fonction  F(^)  si  A((^)  <  4'(^')  pour  toutes  les  valeurs 
de  ('.  D'autre  part  on  démontre  que  la  convergence  de  la  série  entraîne 
que  A((')^!]>(ç').  Mais  on  peut  aller  plus  loin.  Admettons  que  la  fonction 
entière  F(£c)  =  F(re"  )  satisfasse  aux  inégalités 

I  F(^)  +  F(—  ^r)  I  <  Ae'">C^), 

pour  toutes  les  valeurs  suffisamment  grandes  de  v.  L'intégrale  (2)  fait  voir 
que  la  série  (i)  converge  si  [îJi^o,  pj<<i.  Ces  conditions  de  convergence 
ne  suffisent  pas  pour  assurer  la  convergence  absolue  ;  mais  la  série  (i)  con- 
verge absolument  si  fl,<  —  i  et  ^.^<C.o.  Il  arrive  que  A(r)  =  vp(^)  pour 
toutes  les  valeurs  de  v.  Mais  un  cas  particulièrement  intéressant  est  celui  où 


SÉANCE   DU    3    AVRIL    ig22.  g'2I 

l'on  a  h{v)  =  'H^')  dans  un  nombre  fini  de  points  dans  l'intervalle  —~'lv'ir. 
pendant  que  h(^v)  <^  K^)  po^r  toute  autre  valeur  de  v.  En  ce  cas  les  inég-a- 

lités  [3,  <<  ->  |3:,<C  -  entraînent  la  convergence  de  la  serre  (i).  On  démontre 

d'ailleurs  que,   s'il  y  a  un  nombre  fini  de  points  de   contact   entre  les 
courbes  A(t')  et  'l{^'),  ces  points  sont  toujours  situés  à  l'extérieur  des  deux 

intervalles  -A'">^>'7»  —  t!>^'!> r-" 

4  4  q  4 

Remarquons  encore  que  M.  Ogura  ('  )  a  démontré  que  la  série  d'interpo- 
lation de  Stirling  converge  si  F(^)  est  une  fonction  entière  et  paire  qui 
satisfait  à  la  condition 

|F(re''')|  <e'"-,         o<>.<log2. 

Nous  venons  de  voir  qu'on  peut  remplacer  A  par  une  fonction  de  (^  qui  est 
toujours  supérieure  ou  égale  à  log(3  H-  i  \  2). 


GÉOMÉTRIE  INFINITÉSIMALE.  —  Suv/aces  isotlicrmiques  à  représentation 
sphérique  isotherme.  Note  de  M.  Bertrand  Gambier,  présentée  par 
M.  Goursat. 

1.  Les  surfaces  isothermiques  I,  qui  ne  sont  ni  de  révolution  ni  minima, 
et  dont  la  représentation  sphérique  est  isotherme,  n'ont  pas  été  étudiées 
comme  elles  le  méritent.  On  les  obtient  en  déterminant  les  solutions  s(^,j), 
X(^),  "^  (  r)  du  système 

(i)  /•  -H  f  -H  e-—  o, 

(2)  2(X  — Y)5-f-X'^  — Y>=:0. 

On  écarte  la  solution  X  =:  \  =  const.   qui  donne  les  surfaces  minima. 
L'équation  (i)  exprime  que  l'élément  linéaire  e-'\dx-  -\-  dy'-)  convient  à 

la   sphère  unité  et  (2)  que  le  rapport  -5-   des  rayons  principaux  de  I  est 

égal  à  ^/y- 

2.  De  toute  surface  !„  déjà  connue,  on  déduit  par  des  quadratures  de  dij[fé- 
rentielle  totale  une  famille  de  surfaces  I/,  où  la  constante  h  est  un  paramétre  de 
forme,  carz-,  X,  \  étant  une  solution  de  (i)  et  (2),  le  système  s,  X-h^, 

\  -{- h  est  une  autre  solution  :  ce  fait  si  simple  ne  semble  pas  avoir  encore 

(*)  Bulletin  des  Sciences  mathématiques .  ■1'^  série,  t,  45,  1921,  p.  3r-4o. 


92  2  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

été  signalé.  D'ailleurs  chaque  surface  I,,  ou  I/,  est  accompagnée  de  la  surface 
isothermique  associée,  solution  nouvelle  correspondant  au  changement  de 


\/t  «"  V 


•A 


sisrne  de  . ,  ,    —  .,  y 

Les  solutions  classiques  :  quadriques  et  cyclides  de  Dupin,  donnent  ainsi 
de  nouvelles  surfaces,  transcendantes,  dont  les  coordonnées  sont  des  fonc- 
tions algébrico-logarithmiques  de  deux  paramètres, 

3.  Dérivant  (2)  une  fois  en  j?,  ou  j,  puis  deux  fois  en  (a?,  j)  et  élimi- 
nant X",  \  ",  on  obtient 

(3)  2(X  —  1^'  -        '—  ' — 

-f-X' 


âx'-ây-         p  <7 

35/         tr' 

3  y 

</  P. 


'b-f-'Û- 


a,  |3,  Y,  0  désignant  les  dérivées  troisièmes  de  :;.  Il  ya  deux  cas  à  distinguer: 
dans  le  premier  cas,  (2)  et  (3  )  ont  leurs  coefficients  en  X — Y  ,  X'  et  \'  pro- 
portionnels, et  l'on  retrouve  simplement  les  quadriques,  cyclides  de  Dupin 
et  surfaces  qui  en  dérivent  par  la  remarque  du  numéro  précédent;  dans  le 
second  cas,  on  peut  résoudi  e  (  2  )  et  ('3  )  comme  équations  linéaires  en 

X'  —y 

dérivées  premières  de  ^,  =  log(X—  \  ),  et  la  fonction  ::  doit  vérifier  le 
système 

(4)  r  +  I  ^e-=o, 

d'où  l'on  a  éliminé  complètement  X,  Y;  la  solution  générale  dépend  d'un 
nombre  limité  de  constantes,  compris  entre  trois  et  sept.  On  ne  peut  éviter 
parmi  ces  constantes  trois  constantes  parasites  provenant  de  la  substitution 
{x.  r  ;  mx  +  n^  w  v  -h  /^,  )  :  les  autres  sont  des  constantes  essentielles,  aux- 
quelles s'adjoindra  ensuite  h.  La  longueur  des  calculs  rend  la  discussion 
complète  assez  difficile,  mais  on  trouve  aisément  une  solution  particulière  : 
du  pôle  (o,  0,1)  de  la  sphère  unité,  je  fais  la  projection  stéréographiqae 
d'un  faisceau  homofocal  de  coniques  situées  dans  Féquateur  et  ayant  même 
centre  que  la  sphère;  on  obtient  un  réseau  sphérique  isotherme  solution  de 
notre  problème  et  dépendant  d'un  paramètre  essentiel  c,  distance  focale  du 
faisceau  plan.  Les  surfaces  correspondantes  sont  transcendantes,  sauf  une, 


-w- 

c- —  I 

^^- 

C^-f-  I 

2   "' 

^/- 

c-  —  1 

f, 

2 

SÉANCE    DU    3    AVRIL    Ï922.  928 

dont  je   donne  les  équations   paramétriques   en   fonction  de  deux   para- 
mètres M,  c: 


—  2f^  62 -+-3^2  +  35^  —  6      ^ 

:•  =:  -—z ; 2/9 

(c- —  i)-c 

V^/        1    y  zrr  ! — ? ! ^ ■2lL'j. 


4.  Au  lieu  d'éliminer  X,  Y  pour  chercher  le  réseau  sphérique  isotherme, 
ou  peut,  au  contraire,  éliminer  z  pour  chercher  X,  Y.  La  substitution 
(X,  Y;  /?:X  + A,  kX  -\-K)  introduit  avec  ///,  /i,  «,  une  nouvelle  constante 
parasite  k.  Si,  pour  abrég^er,  je  désigne  par  (^,  •/])  soit  le  couple  (X,  Y)  soit 
le  couple  ( yX  -f-  li-  v  Y  H-  A),  on  trouve  que,  dans  le  premier  cas,  les  fonc- 
tions X,  Y  satisfont  à  l'un  des  systèmes 

(a) 


(O 


! 


•-/2  . 

S     — ■ 

A{c- 

-e.)(ç^- 

-e,){l_^ 

-e,) 

Y]'^^- 

-A(-/i- 

-e,)  {-n  - 

-^2)(-^- 

-ea) 

:-/2 

A(;- 

-^.)(-:- 

-e,) 

■/i'^  =  - 

-Ai-n- 

-e;)(ri- 

-<) 

•r'2 

S    — 

A(^- 

-^J 

■(i-  =  - 

-A(-o- 

-^\) 

(a)  donne  les  quadriques,  e,,  e.,,  <?.j  étant  des  constantes  distinctes  ou  non; 

(b)  donne  les  cyclidesde  Dupin  déduites  d'une  ellipse  et  hyperbole  focales, 
les  constantes  e,,  e._,j  e\,  (\  doivent  être  toutes  distinctes;  (c)  donne  les 
cyclides  de  Dupin  relatives  à  deux  paraboles  focales,  ^,  et  e\  doivent  être 
distinctes.  A  est  toujours  différent  de  zéro.  L'exemple  obtenu  comme  solu- 
tion du  second  cas  donne  le  système 

I   \'2  ~_  A(  Y  +  A)  (  v/Y  -h  A  —  É^,)  (v/Y  -^  A  -  e,). 

OÙ  e,  et  c.^  sont  distinctes  ou  non,  avec  la  restriction  *",  -h  e.^,  ^  o.  On 
remarquera  que,  si  dans  (b)  on  fait  e\  =  e,,  c'.,  =  e.,,  et  si  (^,  ;/])  signifie 
(vX  +  /',  v/Y  -h  à),  (b)  coïncide  avec  (d).  J'ai  vérifié  que  le  système  (  t\ 
(2)  est  incompatible  en  z  pour  X,  Y  solutions  de 

X'2=A(X  — e,).         Y'^=:- A(,T— eO 


924  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

Gu  solutions  de 

X'-'=A{X  —  e^){X-e,),         Y"=z-  A{Y  —  e^)  {Y  -  e.) 

et  je  tiens  pour  assez  vraisemblable  que  la  solution  générale  du  second  cas 
est  constituée  par  Fexemple  explicité. 


GÉOMÉTRIE.     —   La  courbure  de  Vespace.   Note  de  M.   .1.   Le  Roux, 
présentée  par  M.   G.  Kœnigs. 

Parmi  les  notions  qui  servent  de  base  à  la  Théorie  de  la  Relativité  géné- 
ralisée d'Einstein,  il  y  en  a  une  qui  paraît  à  première  vue  très  curieuse  et 
très  intéressante.  C'est  celle  de  la  courbure  de  l'espace,  à  laquelle  se  rat- 
tache la  question  de  savoir  si  l'univers  est  fini  ou  infini. 

Malheureusement  cette  notion  repose  sur  une  analyse  inexacte  et  incom- 
plète des  faits. 

Dans  la  théorie  des  surfaces,  la  courbure  totale  est  déterminée  par  la 
forme  analytique  de  l'élément  linéaire.  Il  semble  qu'en  se  donnant  l'élé- 
ment linéaire  d'une  multiplicité  à  plusieurs  variables,  on  doit  donc 
s'attendre  à  trouver  des  invariants  qui  représenteront  des  propriétés  intrin- 
sèques de  la  multiplicité  considérée,  indépendantes  des  variables  aux- 
quelles on  la  rapporte.  Pour  reconnaître  jusqu'à  quel  point  cette  générali- 
sation est  fondée,  il  faut  analyser  le  sens  de  l'expression  élément  linéaire. 

Dans  la  théorie  des  surfaces,  on  entend  par  là  la  forme  que  prend  le  ds- 
euclidien  à  trois  variables  :  ds"^  =  dx^  -f-  dy-  -h  dz-^  quand  on  exprime  les 
trois  coordonnées  en  fonction  de  deux  paramètres  u  et  v.  L'expression  con- 
sidérée implique  donc  une  comparaison  entre  deux  formes  de  différentielles^ 
à  deux  et  à  trois  variables.  De  plus  nous  attachons  à  l'élément  linéaire  eucli- 
dien à  trois  variables  le  sens  concret,  expérimental,  d'une  mesure  effectuée 
à  l'aide  d'une  règle  que  l'on  peut  déplacer  sans  altération  de  longueur. 
C'est  l'invariant  du  groupe  euclidien  des  déplacements. 

En  résumé,  nous  ne  pouvons  arriver  à  la  notion  de  courbure  des  surfaces 
que  par  la  considération  simultanée  de  deux  formes  quadrati(jues  et  l'attri- 
l)ution  à  l'une  d'entre  elles  d'un  sens  physique  déterminé. 

Si  nous  considérons  une  seule  forme,  comme  dans  la  Théorie  de  la  Rela- 
tivité, nous  pourrons  encore  calculer  des  invariants,  (|ui  auront  une  signifi- 
cation analytique,  mais  nous  n'aurons  pas  le  droit  de  faire  correspondre  à 
ces  invariants  une  propriété  de  l'espace.  Cette  conclusion  résulte  nettement 


SÉANCE    DU    3    AVRIL    1922.  9*^^ 

des  considérations  suivantes  dans  lesquelles  je  me  borne  au  cas  de  deux 
variables. 

Dans  un  plan  (P)  j'imagine  un  cercle  réel  (C) 

X-  -\-  y-  —  K-  =r  o 

et  un  cercle  imaginaire  (C) 

^2.+  j2  4-  Rî  =  o. 

Je  construis  un  triangle  rectiligne  ABC  intérieur  au  cercle  (C).  Je 
mesure  les  éléments  de  ce  triangle,  côtés  et  angles,  de  trois  manières  diffé- 
rentes :  d'abord  au  sens  euclidien,  ensuite  au  sens  cayleyen,  en  prenant 
successivement  comme  conique  fondamentale  le  cercle  (C)  puis  le  cercle(C'). 

Premier  cas  [euclidien].  —  L'élément  linéaire  du  plan  est 

ds"'  r=  dx'^  -H  dy^  ; 

les  géodésiques  sont  les  droites  du  plan  ;  la  somme  des  angles  du  triangle  ABC 
est  égale  à  deux  droits.  L'invariant  de  courbure  de  Gauss  est  nul.  Les  bgnes 
droites  peuvent  s'étendre  à  tout  le  plan;  dans  ce  cas,  les  longueurs  croissent 

indéfiniment. 

Deuxième cas\xi\^%m^  cayleyenne,  cercle  fondamental  (C)].-  L'élément 

linéaire  du  plan  est 

,,      ^„  R-Hfl?^-+  dy''  )  —  {JC  dy  —  ydxf 
{R'-  —  x'  —  y-y 

Les  figures  devront  être  limitées  au  disque  intérieur  au  cercle  fonda- 
mental. Les  géodésiques  sont  les  droites  du  plan;  la  somme  des  angles  du 
même  triangle  ABC  est  inférieure  à  deux  droits.  L'invariant  de  courbure 
est  égal  à  —  j^-  La  distance  d'un  point  du  disque  à  un  point  de  la  circon- 
férence du  cercle  (C)  est  infinie.  L'aire  cayleyenne  du  disque  est  elle-même 
infinie.  Les  relations  métriques  entre  les  éléments  sont  celles  de  la  géométrie 
de  Lobatschewsky. 

Troisième  cas  [mesure  cayleyenne,  cercle  fondamental  (C')J.  —  L'élément 

linéaire  du  plan  est 

j  ,      o ,  f^" ( d-TC' -H  dv' )  +  {■'•  dy  —  ydxY- 
ds-  ■=.  W.' TTT, r~ — tt:;  ~~  * 

Les  figures  peuvent  s'étendre  à  tout  le  plan.  Les  géodésiques  sont  encore 
les  droites  du  plan;  la  somme  des  angles  du  triangle  ABC  est  supérieure  à 
deux  droits;  l'invariant  de  courbure  est  égal  à  +  —-  La  distance  de  deux 


926  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

points  est  toujours  bornée.  Si  deux  points  P  et  Q  d'une  droite  s'éloignent 
indéfiniment  en  sens  contraire  (au  sens  euclidien),  leur  distance  cayleyenne 
tend  vers  ttR.  Les  relations  métriques  sont  celles  de  la  géométrie  de 
Riemann.  L'aire  totale  du  plan  est  limitée  et  égale  à  2t:R-. 

Dans  ces  trois  cas,  ce  sont  les  mêmes  éléments  physiques  qui  inter- 
viennent :  c'est  le  même  plan,  les  mêmes  géodésiques,  les  mêmes  segments 
de  droites,  les  mêmes  angles.  Ce  qui  a  changé  c'est  la  métrique,  définie  par 
le  choix  de  la  forme  quadratique.  L'invariant  de  Gauss  fournit  donc  une 
propriété  de  la  forme  quadratique  de  différentielles  que  nous  avons  arbi- 
trairement choisie;  il  ne  peut  traduire  aucune  propriété  intrinsèque  ni  du 
plan,  ni  des  figures  que  nous  y  avons  tracées. 

Suivant  le  mode  de  mesure  adopté,  le  plan  sera  à  courbure  nulle,  néga- 
tive ou  positive,  à  volonté;  les  relations  métriques  seront  celles  de  la  géo- 
métrie d'Euclide,  de  Lobatschewsky  ou  de  Riemann;  une  portion  limitée 
du  plan  pourra  avoir  une  aire  infinie,  ou  bien,  au  contraire,  le  plan  tout 
entier  aura  une  aire  finie. 

Dans  la  discussion  qui  précède,  j'ai  interprété  la  signification  des 
variables  x^  y  de  manière  à  obtenir  toujours  les  mêmes  géodésiques, 
malgré  le  changement  de  forme  de  l'élément  linéaire.  11  est  également  pos- 
sible, par  un  changement  d'interprétation  très  simple,  défaire  correspondre 
au  même  plan  et  au  même  élément  linéaire  des  géodésiques  différentes.  Par 
exemple,  dans  le  second  cas,  on  peut  prendre  comme  géodésiques  les  arcs 
de  cercles  normaux  au  cercle  fondamental,  utilisés  par  Poincaré  pour  la 
théorie  des  fonctions  fuchsiennes. 

Ces  résultats  s'étendent  immédiatement  au  cas  d'un  nombre  quelconque 
de  variables. 

Ils  entraînent  les  conséquences  suivantes  : 

i**  A  un  espace  donné,  il  ne  correspond  a  prioii  aucune  forme  quadra- 
tique qui  s'impose  comme  expression  de  l'élément  linéaire; 

2°  A  un  élément  linéaire  donné,  il  ne  correspond  aucune  propriété  essen- 
tielle de  l'espace  pour  lequel  cette  forme  définit  la  métrique.  Les  invariants 
dits  de  courbure  définissent  des  propriétés  de  la  forme  et  non  de  l'espace  ; 

3°  Il  n'y  a  pas  d'espaces  euclidiens  ou  non  euclidiens,  ni  même,  à  pro- 
prement parler,  de  géométrie  euclidienne  ou  non  euclidienne  :  il  y  a  seu- 
lement des  métriques  qui  sont  euclidiennes  et  d'autres  qui  ne  le  sont  pas; 

4°  Le  problème  de  savoir  si  l'univers  est  fini  ou  infini  n'a  pas  de  sens 
au  point  de  vue  mathématique.  Il  est  à  volonté  fini  ou  infini  suivant  la" 
métrique  choisie; 


SÉANCE   DU    3   AVRIL    1922.  927 

5°  A  un  même  élément  linéaire  peuvent  correspondre  des  géodésiques 
différentes  et  à  des  éléments  linéaires  différents  les  mêmes  géodésiques.  Le 
résultat  dépend  de  l'interprétation  physique  des  coordonnées. 

La  théorie  d'Einstein  parait  fondée,  en  grande  partie,  sur  la  méconnais- 
sance de  ces  principes. 

CALCUL  MÉCANIQUE.  —  Sui  des  balances  à  calcul. 
Note  de  M.  Stanislas  Millot,  présentée  par  M.  d'Ocagne. 

Dans  une  Note  antérieure  (')  sur  une  balance  pour  le  dosage  des  rayons  X 
en  radiographie  et  radiothérapie,  combinée  par  M.  Miramondde  Laroquette 
etnous-même,  il  fut  moins  question  de  la  balance,  simple  instrument  de 
calcul,  que  de  constatations  expérimentales  faites  au  sujet  des  rayons  X. 

Avant  d'indiquer  une  nouvelle  application  du  principe  de  la  balance,  il 
nous  paraît  donc  utile  de  rappeler  ce  principe. 

Supposons  que  le  résultat  cherché  dépende  d'une  équation  de  la  forme 

OÙ/,,  par  exemple,  contiendrait  l'inconnue  ^,. 

Toute  équation  calculable  par  logarithmes  pourra  être  remplacée  par  une 
relation  de  cette.forme  entre  des  logarithmes. 

Sur  un  plateau  bien  plan,  et  suspendu  par  deux  couteaux  de  manière  à 
osciller  librement  autour  d'un  axe  horizontal,  on  pose  des  poids,  tous  égaux, 

à  des  distances  de  l'axe  respectivement  égales  à  /..fs /«'  compte  tenu 

du  signe  de  chaque  fonction. 

Pour  maintenir  le  plateau  horizontal,  il  faudra  placer  un  poids  égal  aux 
précédents  à  une  distance  de  l'axe  qui,  en  vertu  de  (i),  sera  précisément 
égale  à/,. 

Comme  en  nomographie,  les  échelles  simples  de  /',,/o,  ...,  J,,  peuvent 
être  remplacées  par  des  échelles  binaires. 

En  traçant  sur  le  plateau  ces  échelles  simples  ou  binaires,  on  rend  immé- 
diats le  placement  des  poids  relatifs  aux  données  et  la  lecture  du  résultat 
cherché. 

Il  est  loisible,  sous  certaines  conditions,  soit  de  faire  partir  plusieurs 
échelles,  relatives  à  un  même  problème,  de  points  extérieurs  à  l'axe,  soit 
de  diviser  une  échelle  trop  longue  en  plusieurs  tronçons. 

(*)  Comptes  rendus,  t.  172,  ig-îr,  p.  525. 


928  ACADÉMIE   DBS   SCIENCES. 

La  balance  radiologique,  sous  sa  forme  actuelle,  possède  une  échelle  ainsi 
sectionnée,  des  décalages  et  une  échelle  binaire;  comme  elle  fournit  direc- 
tement des  résultats  dépendant  parfois  de  six  données,  c'est  un  bon  exemple 
des  ressources  de  la  méthode. 

On  peut  concevoir  une  balance  à  calcul  qui,  pour  la  résolution  de  pro- 
blèmes généraux,  serait,  à  divers  points  de  vue,  très  supérieure  à  la  règle  à 
calcul  actuellement  en  usage. 

Traçons  sur  le  plateau,  perpendiculairement  à  l'axe  d'oscillation,  des 
échelles  analogues  à  celles  de  la  règle  à  calcul  et  graduées  d'après  les  loga- 
rithmes des  nombres,  des  sinus,  des  cosinus,  des  tangentes,  des  puissances 
décimales  de  10  ou  de  e,  des  logarithmes  naturels  ou  vulgaires,  etc.  Chaque 
échelle,  trac<''e  dans  un  sens  dit  positif,  sera  doubh'e  d'une  échelle  semblable 
dans  le  sens  contraire,  dit  négatif. 

Dans  toute  formule  calculable  par  logarithmes  on  chassera  les  dénomi- 
nateurs pour  n'avoir  dans'chaque  membre  qu'un  produit  de  facteurs. 

Puis  on  appliquera  les  règles  suivantes  : 

Tous  les  poids  relatifs  aux  facteurs  du  premier  membre  seront  mis  sur  les 
échelles  du  sens  positif,  tous  ceux  relatifs  aux  facteurs  du  second  membre 
seront  mis  sur  les  échelles  de  sens  négatif. 

Si  certains  facteurs  sont  des  puissances  entières  ou  des  racines  d'indice 
entier,  on  emploiera,  au  lieu  du  poids  unitaire,  un  poids  double  pour  le 
carré,  triple  pour  le  cube,  moitié  moindre  pour  la  racine  carrée,  etc.,  dans 
la  mesure  permise  par  le  jeu  de  poids  dont  on  disposera. 

Prenons  un  exemple  : 

En  étudiant  un  appareil  de  levage,  nous  a\ons  trouvé  (jue  la  tension,  en  un  certain 
point,  dépendait  du  poids  à  soulever  et  de  sept  angles.  Pour  que  notre  exemple  con- 
tienne un  carré,  nous  supposerons  égaux  deux  de  ces  angles  et  nous  aurons  la  formule 

^.  sina  sin y  sins 

oczzzV ■         /  ^     cosri. 

sin  p  sin^'o 

Le  dénominateur  chassé,  elle  devient 

xsin[3sin^ô=::Psinasinysinc  cosv). 
On  posera  donc  : 

Sur  l'échelle  des  nombres,  sens  négatif,  un  poids  en  P; 

Sur  l'échelle  des  sinus,  sens  négatif,  un  poids  en  a,  un  poids  en  y  et  un  poids 
en  £  ; 

Sur  l'échelle  des  cosinus,  sens  négatif,  un  poids  en  0  ; 

Sur  l'échelle  des  sinus,  sens  positif,  un  poids  en  [3  et  un  poids  double  en  0; 

Sur  l'échelle  des  nombres,  sens  positif,  un  poids  qui,  lorsque  l'horizontalité  du 
plateau  sera  rétablie,  marquera  le  point  de  la  graduation  dont  la  cote  est  la  \aleurdea:. 


SÉANCE    DU    6   AVRIL    I922.  929 

Dans  ce  problème  d'ordre  pratique,  les  trois  angles  a,  [j,  y  nélaienl  pas  lixes,  mais 
\ariaient  entre  certaines  limites  pendant  le  déplacement  du  fardeau  I'. 

lui  manuuivranl  les  poids  relatils  à  y..  [3,  y  et  u\  sans  loucher  aux  autres  poid>,  ou 
verra  très  aisément  pour  quelle  valeur  maxima  de  la  tension  ./■  il  conviendra  de  conso- 
lider l'appareil  de  levage  au  point  considéré. 

Par  la  règle  à  calcul  seule,  il  serait  très  pénible  de  résoudre  un  tel  problème,  qui 
n'est  ([uun  jeu  pour  la  balance,  munie  au  besoin  d'un  régulateur  de  sensibilité. 

Les  propriétés  fondamentales  de  la  balance  ont  été  utilisées  avant  nous 
pour  la  construction  d'appareils  de  calcul;  nous  avons  seulement  voulu 
montret'  comment  on  pourrait  généraliser  l'emploi  de  ce  procédé  de  calcul 
en  donnant  à  la  balance  la  forme  d'un  plateau  oscillant,  sur  lequel  seraient 
placées  diverses  combinaisons  d'échelles,  variables  selon  les  problèmes  à 
résoudre. 

MÉGAMQl  1:.  —  Sur  les  déformali ans  planes 
et  le  problème  de  la  poussée  des  terres.  Note  de  M.  Georges  RÉlmoundos. 

1.  Dans  un  Mémoire  récent  (')  M.  Boussinesq  a  fait  une  étude  du  pro- 
blème général  de  la  poussée  des  terres  (|ui  Ta  amené  au  système 

Ou        ,r^(«cos2w)        <){u  ûni'j->)~\ 

-t-  H-  /.     -^ -. -'  4-  -^ -. =  ^,, 

ax  [  d.v  ÛY         J 

j  Ou  I  à{i(  sinao))        <^(  ;/ cos'.icj)  1  _ 

\  Oy       '  \_         Oj;  ày         }   ~    '' 

oij  //  ==  -  '        "  désigne  la  tension  moyenne,  k  le  sinus  de  l'angle  de  terre 

coulante,  co  l'azimut  de  la  plus  grande  (en  valeur  absolue)  des  tensions 
principales  elles  6,  et  b.^  les  projections  coordonnées  du  poids  spécifique  de 
la  masse  pulvérulente.  M.  Boussinesq  fait  une  élimination  de  u  (|ui  le  con- 
duit à  deux  équations  du  troisième  ordre  en  oj  dont  il  s'exprime  ainsi  : 

«  In  tel  ensemble  si  compliqué  de  relations  aux  dériv<''es  partielles,  et 
même  seulement  l'équation  du  second  ordre  ruf/i  linéaire  relative  au  cas 
d'un  massif  sans  pesanteur,  semblent,  dès  l'abord,  de  nature  à  rebuter 
toute  tentative  un  peu  générale  d'intégration.  De  fait,  on  n'y  a  guère  traité 
que  des  cas  particulièrement  simples.  » 

2.  Je  me  propose  d'indiquer  ici  une  méthode  par  laquelle,  moyennant 


(')  Poussée  des  terres.,  etc.   {A/mates  de  /'Ecole  Normale  supérieure^   3*  série, 
t.  35,  janvier  1918). 

C.  R.,  1932,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  14.)  ^7 


93o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

une  transformation  bien  connue,  je  ramène  le  problème  de  la  poussée  des 
terres  à  des  équations  du  second  ordre  et  linéaires. 
En  écrivant  le  système  (i)  sous  la  forme 

/  d\  u{\  —  /.  cos  ■>  0)  )  1         â\  kii  sin  9.  u)  —  ^1  y  1 

I  _L 1  4_  _1 -U.  —  o, 

1  ox  ay 

(2)  <  . 

i  d I  l(i(  sin  :i  w  —  b.^xA       d\  u(\  —  />  cos 2  w )  1 

f   -Jz :: — ±  -)_   -I — 1 iJ.   n=:  o 

\  (>)^  '  ôy  ' 

et  eu  posant 

-•  ^=  i     \_l<i'  sin  2  0^  —  ^1  J'J  <^*^'i 
j'oblicns  les  équations 

(3)  A//  sin  2  Cri  —  /;,  y  =r  — ^  el  m(i  +  /.■  COS20j)  = -^  +  Y, 

-^        dx  oy 

qui  donnent  la  solution  générale  de  la  première  équation  (2).  Nous  n'avons 
maintenant  qu'à  substituer  cette  solution  dans  la  seconde  équation  (2)  pour 
obtenir  les  équations  suivantes  : 

(4)  R/'  + 2S5+T.^  +  M  =0, 
où 


w 

dp                                     <)<i 

M  rz:  (,  -  A-2)  /j,-  (i  +  k-)\'  ±1^       ('  ), 

oy 

ôz 

ÔZ                    à-'z                     â-z 
^        dj                    0^                    àx  ôy 

â'z 
'  ày- 

Les  équations  (4),  auxquelles  je  ramène  le  problème  général  de  la 
poussée  des  terres,  sont  du  second  ordre  et  linéaires  en  ?-,  s,  t. 

.le  tiens  à  signaler  que  la  méthode  indiquée  dans  cette  Note  est  appli- 
ca])le  non  seulement  dans  le  problème  de  la  poussée  des  terres,  mais  encore 
dans  tout  problème  de  déformation  plane. 

MÉCANIQUE.  —  Loi  de  la  hauteur  dangereuse  des  talus  argileux. 
Note  de  M.  Frontard,  présentée  par  M.  Mesnager. 

Soit  un  massif  en  terre  cohérente,  de  cohésion  C,  angle  de  frottement 
interne  9,  limité  par  un  talus  rectiligne  d'inclinaison  z,  supérieure  à  o.  Con- 

(')   Partielle  par  rapport  à  y  indépendamment  des /j  et  q,. 


SÉANCE  DU   3   AVRIL   1922.  qSi 

servons  les  notalioiis  et  les  axes  de  coordonnées  obliques  précédemment 
définis  dans  nos  Notes  antérieures. 

Nous  avons  déterminé  les  équations  d'une  courbe,  dénommée  cycloïde  de 
glissement,  telle  que,  si  un  cisaillement  de  la  matière  s'amorce  suivant  l'un 
des  éléments  de  cette  courbe,  il  ne  pourra  théoriquement  se  propager  que 
suivant  ladite  courbe. 

Pour  qu'un  élément  de  la  courbe  se  trouve  atteint  par  le  glissement,  il 
faut  et  il  suffit  que  la  poussée  oblique  élémentaire  r  atteigne  la  valeur  cri- 
tique 

COS(2a  —  2iH-  9)  ^  COS(2«  —  2f  +  <p) 

'        cos(2a  +  ©)  '  sin«  —  sin9Cos(2a  —  i-\-'-^) 

tandis  que  la  pression  verticale  conjuguée,  s'exerçant  sur  l'élément  plan 
parallèle  au  talus,  a  pour  valeur 

.         ^  P"-(2«-i-9) 

/V  zz:  A  y  COS  l  ■=.  L  COS  co  -. : : ; •    ,     ,„  V  • 

i  J  '  51IU  —  sin  ç  cos(2a  —  i -h- 9). 

On  se  trouve  ainsi  amené  à  distinguer,  dans  l'arc  de  cycloïde  envisage 
au-dessous  de  la  ligne  de  plus  grande  pente  du  talus,  deux  branches  dis- 
tinctes, savoir  : 

i«  Branche  inférieure  OC,  comprise  entre  le  pied  du  talus  et  le  point  C 

pour  lequel  l'angle  a  a  la  valeur  a  =  7  =  ^  -f-  ï.  Toutes  les  actions  molécu- 
laires sont  ici  des  compressions. 

Au  point  C,  la  poussée  est  nulle. 

Le  point  G  a  pour  coordonnées,  dans  le  système  Oxv, 


2C 


2C  /'tt 


[sin'-i  —  sin  o    H  •  . 

!„=:  —  In  =  —  arc  COS r— —     > 
^              "                          s\ni{\  —  sincp)  J 

sin^i  —  sino     'l 

arc  COS -: : : ^       1 

Sllli  (l  —  Slll  o  )       I 

/sin(i  —  o)  sin  (  i -t-  o)  J 


_sin«(i  —  sin  9)         ^sin(i  —  cp)  sin  (, 


2"  liranchc  CA  prolongeant  supérieurement  la  précédente.  Cette  branche 
ne  fera  pas  partie,  en  général,  de  la  véritable  solution  du  problème,  parce 
que  les  actions  moléculaires  supportées  par  ses  diftérenls  élénicnts  com- 
prennent des  efforts  d'extension,  auxquels  les  terres  sont  incapables  de 
résister,  et  surtout  de  résister  suivant  la  loi  de  Coulomb.  Par  surcroît,  dans 
le  cas  d'un  talus  fortement  incliné,  elle  sort  des  limites  verlicales  du  talus, 
hors  desquelles  les  formules  employées  ne  sont  plus  applicables. 


932  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Rappelons  d'ailleurs  que  la  profondeur  verticale 

2C 


I 


est,  ainsi  que  Resal  l'a  montré,  celle  où  les  terres  sont  normalement 
soumises  à  fissuration  par  le  simple  jeu  des  alternatives  de  sécheresse  et 
d'humidité. 

En  définitive,  la  brandie  supérieure  véritable  CA  de  la  courbe  de  rupture, 
située  entre  la  surface  et  le  point  d'ordonnée y^^  est  de  forme  indéterminée, 
la  fissuration  devant  s'y  opérer  par  extension  sans  qu'un  emplacement 
précis  puisse  lui  être  assigné. 

Soit  A,  le  point  de  la  ligne  de  plus  grande  pente  du  talus,  <]ui  se  trouve 
sur  la  verticale  du  point  C,  et  soit  H  sa  différence  de  niveau  avec  le  pied  O 
du  talus.  On  a 


II  m  OAi  sin  i  =  x^. 
2  C  siil'^i  cos© 


blll  l 

[■  sin-f -^  sin  o     ~\ 
arc  eus—: — -. — ^    1 
coscp                                sin/(j  —  >iiicp)    I 
sinf(i  — sino)        i/sin  (  «  —  ©)  sin(i  +  C3)J 


A    sin(f  — 9)  Lsinf(i  —  sino)        y/sin  («  —  cp)  sin(i  +  cp) 

//  est  dangereux  de  donner  au  talus  d'inclinaison  i  une  hauteur  égale  ou 
supérieure  à  H.  Car  ce  talus  sera  exposé  à  glisser  suivant  la  cycloïde  ci- 
dessus.  El,  au  contraire,  si  l'on  a  affaire  à  un  talus  de  hauteur  inférieure 
à  H,  ce  talus  se  montrera  stable  parce  que  la  place  manquera,  entre  son 
pied  et  la  verticale  de  sa  crête,  pour  tracer  une  cycloïde  de  glissement 
valable. 

Telle  est  la  véritable  loi  des  hauteurs  dangereuses  des  massifs  argileux. 
Elle  se  corrobore  assez  aisément  par  l'étude  plus  approfondie  des  compo- 
santes horizontales  rcosi  des  poussées  r,  dont  l'intégrale 

(^)=r    /   rcosidy 

se  trouve  avoir  loujours  une  valeur  relativement  faible  par  rapport  au  poids 

V=i  Çpdx, 

le  rapport  -p  lendani  même  vers  zéro  dans  les  deux  cas  limites  extrêmes 

l  =  -  Q[    1  =  0. 

Et  elle  donne,  dans  le  cas  des  substances  de  frottement   nul  (beurre, 


SÉANCE   DU   3   AVRII.    1922.  g33 

savon,  voire  argiles),  un  résultat  remarquablemeul  simple,  savoir  : 


H=^(2  +  r--.0. 


Soit,  pour  /  infiniment  |)etil, 


li  =  ^( 


D'où  Ton  déduit  la  loi  suivante  qui  fait  pendant  à  celle  des  uialières 
pulvérulentes  établies  par  Rankine  : 

Étant  donnée  une  matière  cohérente^  de  frottement  interne  nul^  il  est 
impossible  d'en  constituer  un  massif  à  talus  rectiligne  de  hauteur  supérieure  à 
une  limite  déterminée^  si  faible  que  soit  Vinclinaison  dudit  talus. 


ASTRONOMIE  PHYSIQUE.  —  Mesure  de  la  pression  dans  V atmosphère  du  Soleil. 
Noie  de  M.  A.  Perot,  présentée  par  M.  H.  Deslandres. 

Dans  une  précédente  Communication  ( ')  j'ai  indiqué  un  procédé  de 
mesure  de  la  pression  dans  les  masses  gazeuses,  basé  sur  la  variation  avec 
la  pression  du  rapport  des  longueurs  d'onde  de  deux  radiations  émises  ou 
absorbées,  dont  les  coefficients  de  variation  avec  la  pression  sont  différents. 
Ce  procéd*'  donne,  comme  je  l'ai  monlré,  des  résultats  indépendants  de 
toutes  les  causes  dont  l'effet  est  une  variation  relative  de  longueur  d'onde 
constante  pour  tout  le  spectre  (elléts  Doppler,  Einstein), 

J'ai  appliqué  tout  d'abord  cette  méthode  à  la  région  de  l'atmosphère 
solaire,  où  se  produit  l'absorption  des  raies  h  du  magnésium  et  trouvé  la 
pression  sensiblement  nulle. 

Depuis,  M.  Salet(^)  a  appliqué  ma  mc'-tliode  aux  raies  du  fer  dans  les 
atmosphères  du  Soleil  et  de  certaines  étoiles  en  utilisant  des  elichés  spec- 
troscopiques  obtenus  autrefois  par  M.  Hamy,  et  il  a  trouvé  pour  la  pre- 
mière quelques  dixièmes  d'atmosphère. 

La  mesure  de  la  pression  dans  la  couche  solaire  de  renversement  des 
raies  du  fer  présente  un  grand  intérêt  à  cause  de  la  vérification  du  principe 
de  la  relativité  généralisée  d'Einstein;  MM.  Fabry  et  Buisson  utilisant 
d'anciennes  mesures  et  s'appuyant  par  extrapolation,  peut-on  dire,  sur  le 


(')  A.  Perot,  Coinplcs  rendus,  l.  172,  i9<i,  p-  5-8. 
(-)  Salet,  Comptes  rendus,  t.  17i,  19 ^:i,  p-  i^i- 


934  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

résultat  que  j'avais  trouvé  pour  le  magnésium,  ont  montré  récemment  (') 
que  si,  au  lieu  d'évaluer  la  pression  à  quelques  atmosphères,  ils  supposaient 
la  pression  faible,  certaines  anomalies  de  leurs  comparaisons  entre  les  raies 
solaires  et  les  raies  terrestres  disparaissaient  et  que  les  résultats  trouvés 
satisfaisaient  à  la  loi  d'Einstein. 

Gomme  j'avais  annoncé  l'intention  de  le  faire,  je  viens  de  mesurer  la 
pression  dans  la  couche  du  fer  et  ai  l'honneur  de  présenter  aujourd'hui  le 
résultat  de  ces  recherches. 

J'ai  utilisé  5  raies  dont  les  longueurs  d'onde  sont  en  angstrôms  :  4^19,5; 
4227,6;  4233,8;  4236,1  ;  4294,3.  La  première  et  la  dernière  ont  un  faible 
coefficient  de  pression,  les  trois  intermédiaires  en  ont  un  élevé. 

J'ai  commencé  par  déterminer  la  variation  relative  du  rapport  des  lon- 
gueurs d'onde  prises  2  à  2,  la  pression  variant  de  76*''^^  à  4*^™  de  mercure, 
puis  par  la  mesure  correspondante  faite  dans  le  spectre  solaire  et  dans  un 
spectre  terrestre  à  la  pression  atmosphérique,  déterminé  la  pression  dans 
le  Soleil;  les  résultats  trouvés  sont  les  suivants  : 

Haies  4227,6  et  4219,5 Pression  38"^^"' 

»       4233,8  et  4219,5 )'  24 

»       4294^3  et  4236,  !.. »  l\i 

dont  la  moyenne  est  34*^"'  de  mercure. 

La  pression  est  donc  de  moins  d'une  demi-atmosphère,  voisine  de  35'™. 

Les  trois  déterminations  sont  concordantes  aux  erreurs  expérimentales 
près,  la  plus  erronée  sans  doute  s'écartant  de  la  moyenne  de  10^"  de  mercure 
seulement. 

Ce  résultat  est  intéressant,  d'abord  parce  qu'il  donne  à  la  vérification  du 
principe  de  relativité  faite  par  MM.  Fabry  et  Buisson  une  valeur  certaine, 
et  ensuite  parce  qu'il  se  rapproche  singulièrement  des  nombres  trouvés  par 
M.  Salet  sur  l'atmosphère  du  Soleil. 

Je  ferai  en  outre  remarquer  que  dans  un  milieu  dont  la  pression  est  aussi 
élevée  les  électrons  ne  peuvent  se  mouvoir  avec  quelque  vitesse  :  ceci  cadre 
bien  avec  le  fait  que  je  n'ai  pas  trouvé  dans  l'atmosphère  solaire  de  vitesse 
descendante  pour  la  vapeur  de  fer,  et  que  la  loi  de  rotation  de  cette  vapeur 
est  très  voisine,  sinon  identique  à  celle  des  taches. 

(')  Fabuv  et  Buisson,  Comptes  rendus^  t.  172,  1921,  p.  1020, 


SÉANCE   DU   3   AVRIL    1922.  935 


ASTRONOMIE.  —  Observations  de  l'éclipsé  partielle  de  Soleil  du  28  mars  1922 
faites  à  l'Observatoire  de  Lyon  (Saint-Genis- Laval ).  Note  de  M.  .ïea.v 
Mascart,  présentée  par  M.  B.  Baillaud. 

L'état  du  ciel,  très  nuageux  avec  tendance  à  des  ondées  mélangées  de 
neige,  rendait  problématique  la  possibilité  de  voir  le  pbénomène  ;  néan- 
moins, bien  que  plusieurs  observateurs  aient  manqué  le  premier  contact, 
des  trouées  se  sont  présentées  aux  moments  favorables  pour  noter  les 
contacts,  qui  ont  été  observés  de  la  manière  suivante  en  temps  moyen 
de  Greenwicli  : 


Instrument 

Coinmencemenl. 

Fin. 

et   ouverture. 

G 

ross 

issenient. 

Observateurs. 

Il        m       s 
» 

1 
3 

m       s 

3o.4o,5 

Coudé 

m 
0,320 

73 

H.  G. 

I  .  I0.:>5,0 
1  .10.25,5 

» 
» 

4i,5 

38,5 

0, 160 

1 
70    , 

J.  G. 
M.  B. 

» 

» 

39,5 
44,5 

Eicli. 

0,  160 

-    1 

C.  B. 
F.  F. 

» 

» 

25,5 

Clierch 

0 ,  o38 

8 

Ch.  G. 

1 .  1 0 .   7 

3 

.39 

•  9 

)) 

C 

onn.de s  Temps 

et  ces  observations  présentent  un  écart  très  sensible  avec  les  contacts 
prévus  par  la  Connaissance  des  Temps. 

Les  observateurs  étaient,  dans  l'ordre  ci-dessus  : 

MM.  H.  Grouiller,  J.  Guillaume,  M'i«^  M.  Bloch  et  C.  Bach,  MiM.  Ph.  Flajolet 
et  Gh.  Galllssot.  Aux  équatoriaux.  Brimner  et  Lichens,  les  observations  ont  été  faites 
par  projection  de  l'image  sur  un  écran  fixé  à  l'instrument  en  arrière  de  l'oculaire; 
avec  des  moyens  de  fortune,  M.  Ch.  Gallissot  a,  en  outre,  expérimenté  un  disposili 
avec  prisme  qui,  à  la  première  occasion,  sera  utilisé  dans  de  meilleures  conditions 
d'installation. 

Malgré  les  nuages,  qui  ont  gêné  ou  interrompu  fréquemment  les  opératronE, 
80  mesures  de  la  corde  commune  et  de  l'angle  de  position  ont  été  effectuées  à  l'équa- 
torial  Briinner.  Enfin,  à  Lyon  même,  un  des  membres  les  plus  dévoués  de  notre  Asso- 
ciation d'observateurs,  M.  J.  Ellsworth,  a  noté  le  premier  contact  et  eflectué,  à  Taide 
d'un  réfracteur  de  o'",o58,  14  photographies  dont  on  peut  déduire  utilement  des 
mesures  de  corde  commune  (gross.  3o).  Observations  visuelles  par  projection. 

Les  résultats  détaillés  de  ces  mesures  seront  publiés  ultérieurement. 


936  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


ASTRONOMIE.  —  Obse/vation  de  V éclipse  de  Soleil  du  28  mai^s  1922, 
à  rObseivatoire  de  Sfi-ashouri^.  Note  de  M.  Ernest  Esclangon, 
présentée  par  M.  B.  Baillaud. 

L'état  du  ciel  n'a  pas  été  très  favorable  à  l'observation  de  l'éclipsé  du 
28  mars;  il  a  été  presque  entièrement  couvert  par  d'épais  nuages  pendant 
la  majeure  partie  du  phénomène.  Le  vent  était  très  faible. 

L'heuie  du  premier  contact  n'a  pu  être  notée  en  raison  de  ces  circons- 
tances; mais,  dans  une  éclaircie  inattendue,  la  fin  de  l'éclipsé  a  pu  être 
observée  très  correctement  à  l'équatorial  de  lo'"'.  Les  images  étaient 
calmes. 

Voici  les  nombres  trouvés  : 

Dernier  contact.         Observateur. 

Il        m 

Observation  directe  par  projection  ...  .      1.5.26.28  Danjon 

—  (t.m.Gr.) 1.5.26.27  Roiigier 

D'après  la  mesure  des  cordes 1  5.  26.  3 1,2  Danjon 

La  Connaissance  des  Temps  indiquait  pour  le  dernier  contact  i4''26"\7, 
légèrement  en  retard  par  consé(]uent  sur  l'observation. 


ASTRONOMIE.  —  Observations  de  V  éclipse  de  Soleil  du  28  mars  1922. 
Note  de  M.  Th.  Moreî'x,  présentée  par  M.  B.  Baillaud. 

A  l'Observatoire  de  Bourges,  l'éclipsé  partielle  de  Soleil  a  été  favorisée, 
au  moins  pour  sa  première  partie,  par  un  temps  assez  favorable.  Les  obser- 
vations ont  été  faites  à  l'équatorial  de  lôo*"".  soit  visuellement  avec  des 
grossissements  variant  de  i25  à  320,  soit  par  projection. 

A  i3''io™54^  lieure  annoncée  par  la  Contiaissance  des  Temps  (T.  M.  G.)  j'ai  pu 
constater  que  le  premier  contact  n'avait  pas  encore  lieu;  puis  un  faible  nuage  a  inter- 
rompu l'observation  pendant  16  secondes;  mais  à  i3i'ii™iP  le  nuage  étant  disparu, 
j'ai  pu  noter  une  faible  échancrure  du  disque  solaire.  De  sa  grandeur  j"ai  calculé  que 
le  contact  a\ail  du  avoir  lieu  9  ou  10  secondes  auparavant. 

Ainsi  l'heure  du  premier  contact  aurait  été  pour  Bourges  voisine  de  i3'' i  i™o^  à  une 
seconde  près. 

Le  ciel  s'est  couvert  entièrement  20  minutes  après  la  plus  grande  phase  de  Téclipse 
et  a  rendu  inobservable  le  dernier  contact. 


SÉANCE   DU   3    AVRIL    I93.2.  937 


J'HYSIQUE.  —  Détermination  du  point  fV inversion  supérieur  de  la  chaleiw 
spécifique  de  la  vapeur  saturée  de  benzine.  Note  de  MM.  G.  Bruhat  et 
A.  Delaygue,  présentée  par  M.  J.  Violle. 

On  sait  que,  pour  certains  corps,  la  chaleur  spécifique  m'  de  la  vapeur 
saturée  présente  deux,  points  d'inversion.  Aux  basses  températures  et  au 
voisinage  du  point  critique,  m'  est  négatif,  et  le  début  de  la  détente  adiaba- 
tique  de  la  vapeur  saturée  s'accompagne  d'une  condensation  partielle.  Dans 
rintei'valle  de  température  compris  entie  les  deux  points  d'inversion,  m'  est 
positif,  et  c'est  la  com[)ression  adiabatiquede  la  vapeur  saturée  qui  produit 
une  condensation. 

L'existence  des  deux  points  d'inversion  n'a  été  montrée  expérimenta- 
lement, à  notre  connaissance,  que  par  les  mesures  calorimétriques  de 
M.  MathiasC)  sur  le  gaz  sulfureux.  L'existence  du  point  d'inversion  infé- 
rieur a  été  montrée  par  Cazin(-),  pour  la  benzine  et  le  chloroforme,  par 
l'observation  de  la  condensation  par  détente  ou  par  compression.  Nous 
nous  sommes  proposé  d^étendre  cette  dernière  méthode  au  point  d'inver- 
sion supérieur. 

Dispositif  e.rpériniental.  —  Nous  avons  choisi  pour  cette  étude  la  vapeur  de 
benzine,  et  nous  avons  réalisé  les  températures  et  les  pressions  nécessaires  à  l'aide 
d'un  appareil  de  Gailletet.  Le  tube  est  entouré  d'un  manchon  de  verre  rempli  de  gly- 
cérine ;  ce  liquide  est  chaufTé  au  moyen  d'une  résistance  parcourue  par  un  courant 
électrique,  et  la  température  en  est  donnée  par  un  thermomètre.  La  glycérine  reste 
assez  transparente  just|u'au  voisinage  de  sa  température  d'ébullition  (environ  280°) 
pour  permettre  l'observation. 

Pour  faire  une  expérience,  on  maintient  la  températuie  et  la  piession  constantes 
pendant  un  temps  suflisant  pour  (|ue  léquilihre  soit  jjien  réalisé  ;  la  ([uantité  de  ben- 
zine placée  dans  le  tube  a  été  choisie  de  façon  à  ce  (|u'il  reste  un  peu  de  benzine 
liquide  au-dessus  du  mercure.  On  peut  alors  produire  une  compression  en  abaissant 
brusquement  le  levier  de  la  pompe,  ou  une  délente  en  ouvrant,  pendant  un  temps  très 
court,  le  robinet  à  pointeau.  Ces  phénomènes,  très  brusques,  sont  adiabatiques,  et 
chacune  des  deux  phases  se  comporte  comme  si  elle  était  seule  :  on  observe  la  vapeur 
sur  un  point  lixe  de  la  portion  du  tube  ([u'elle  occupe. 

Résultats.  —  Dans  les  expériences  citées  plus  hatit.  Cazin  a  pu  observer 


(')  Mathias,  Journ.  de  Phys..  3'' série,  t.  o,  i!^9(>,  p.  38i. 

(-)  Cazin,  Ann.  de  Chim.  et  de  Phys.,  4"  série,  t.  14,  1868,  p.  874. 


938  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

la  condensation  de  la  vapeur  de  benzine  par  détente  jusqu'à  1 1 5",  par  com- 
pression à  partir  de  i3o°.  Dans  notre  dispositif,  la  vapeur  est  observée  sous 
une  épaisseur  plus  faible,  et  les  détentes  à  basse  pression  sont  moins  brusques; 
par  contre,  les  compressions  peuvent  être  plus  rapides  et  plus  importantes. 
Aussi,  tandis  que  nous  n'avons  pas  pu  observer  le  brouillard  par  détente, 
nous  avons  ])u  observer  le  brouillard  par  compression  à  partir  de  122°. 
Nous  réalisions  une  compression  correspondant  à  toute  la  course  du  levier 
de  la  pompe  :  au-dessous  de  122°,  il  apparaît  seulement  un  dépôt  de  rosée 
sur  les  parois  du  tube,  qui  sont  maintenues  à  température  constante  par  le 
thermostat  ;  à  122'',  un  léger  brouillard  apparaît  à  la  (in  de  la  compression 
dans  toute  la  masse  de  la  vapeur.  La  compression  réalisée  est  d'environ  un 
quart  d'atmosphère  et  la  température  en  lin  de  compression  est  voisine 
de  125";  la  température  du  point  d'inversion  inférieur  est  donc  plus  basse 
que  125°,  et  nos  expériences,  jointes  à  celles  de  Cazin,  permettent  de  l'éva- 
luer à  122**  C. 

A  mesure  qu'on  élève  la  température  au-dessus  de  122'',  le  brouillard 
obtenu  par  compression  augmente.  En  même  temps  le  dépôt  de  rosée  sur 
les  parois  du  tube  devient  un  dépôt  de  gouttelettes  liquides,  et  le  refroidis- 
sement à  volume  constant  qui  suit  l'échaufTement  adiabatique  devient  assez 
rapide  pour  produire  un  brouillard  intense,  qu'il  faut  éviter  de  confondre 
avec  celui  qui  se  produit  pendant  la  compression  même.  En  élevant  la  tem- 
pérature, et  en  ayant  soin,  au  voisinage  du  point  d'inversion  supérieur,  de 
n'effectuer  que  de  ])etites  compressions,  nous  avons  pu  observer  le  brouil- 
lard de  compression  jusqu'à  252°;  la  température  d'inversion  est  donc  supé- 
rieure à  252°. 

Par  délente  adiabatique,  pour  des  temj)ératures  voisines  de  280°,  toute 
la  masse  de  vapeur  s'emplit  d'un  brouillard  qui  a  l'apparence  d'une  fumée, 
et  qui  se  dissipe  très  rapidement  quand  le  tube  revient  à  la  température 
initiale.  Nous  avons  pu,  en  abaissant  la  température,  observer  cetle  fumée 
jusqu'à  267°;  la  température  d'inversion  est  donc  inférieure  à  267°. 

Conclusions.  —  En  résumé,  nous  avons  mon  lié,  par  une  méthode  plus 
directe  que  la  méthode  calorimétrique  de  M.  Mathias,  l'existence  du  point 
d'inversion  supérieur  de  la  chaleur  spécifique  de  la  vapeur  de  benzine 
saturée;  nous  avons  trouvé  deux  limites,  252°  et  267°,  entre  lesquelles  la 
température  est  certainement  comprise.  Comme  le  brouillard  nous  paraît 
plus  facile  à  observer  par  compression  que  par  délente,  nous  admettons 
pour  la  température  d'inversion  la  valeur  258°  G. 

Nous  avons  d'autre  part  fait  l'étude  théorique  de  la  chaleur  spécifique  de 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  1922.  gSg 

la  vapeur  de  benzine  saturée,  en  partant  de  l'équation  caractéristique  de  la 
l)enzine,  prise  sous  la  forme  de  Clausius,  et  de  ses  constantes  calorimétriques, 
chaleur  de  vaporisation  ou  chaleur  spécifique  de  la  vapeur  non  salurée. 
Nous  publierons  dans  un  autre  Recueil  le  détail  de  ces  calculs,  ainsi  que  le 
diagramme  complet  des  adiabatiques  du  mélange  liquide-vapeur.  Nous 
indiquerons  simplement  ici  qu'ils  nous  ont  donné  pour  les  valeurs  des  deux 
températures  d'inversion  12 1«  et  254°  G.,  en  bon  accord  avec  les  valeurs 
expérimentales  122°  et  238°. 


PHYSIQUE.    —  Sur  les  spectres  corpusculaires  des  èlénients. 
Note  de  M.  Maurice  de  Broglie,  présentée  par  M.  E.  Bouty. 

Les  recherches,  précédemment  décrites  (\),  ont  été  poursuivies  avec  un 
appareil  agrandi,  permettant  une  dispersion  plus  considérable  des  spectres 
corpusculaires  enregistrés;  le  diamètre  maximum  des  trajectoires  circu- 
laires, suivies  par  les  corpuscules  dans  un  champ  magnétique,  peut  atteindre 
20*=™,  ce  qui  rend  possible  d'utiliser  pour  la  plaque  photographique  une 
longueur  de  24*''". 

Pour  obtenir  un  champ  étendu  et  uniforme  convenable,  l'emploi  d'un 
solénoïde  sans  fer  a  paru  le  plus  commode  et  le  plus  sûr,  au  moins  tant  que 
l'intensité  de  champ  ne  dépasse  pas  200  unités. 

La  dispersion,  que  l'on  peut  évaluer  en  indiquant  la  différence  de 
quantum  en  nombre  de  volts,  correspondant  à  des  raies  séparées  par  i™"' 
sur  le  cliché,  varie  avec  l'énergie  cinétique  des  corpuscules  et  le  champ 
employé;  mais  on  donnera  une  idée  des  résultats  obtenus  en  disant  que, 
pour  des  corpuscules  ayant  un  quantum  de  i5ooo  volts,  la  dispersion  peut 
atteindre  facilement  i3o  volts  par  millimètre  et,  pour  un  quantum  de 
45  000  volts,  600  volts  par  millimètre. 

Cette  dispersion  peut  devenir  beaucoup  plus  grande  pour  les  corpuscules 
de  faible  énergie  restante. 

Je  crois  intéressant  de  reproduire  schématiquement  ici  la  disposition  de 
quelques  spectres. 

Ces  schémas  indiquent  simplement  la  position  des  lignes  qui  apparaissent 
sur  les  clichés,  sans  avoir  la  prétention  de  donner  l'aspect  de  ceux-ci,  qui 


(»)   Comptes  rendus,  t.  17'2,  19-21,  p.  74^  et  806,  et  t.  173,  p.  ôa;  et  iiS; 


94o  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

seroni   reproduits   dans   une   publication    ultérieure,    avec   des    données 
numéri(|ues. 


] 

2         3 

it 

5 

6 

7 

8 

^ 

^ 

A3            1 

1 

1     1 

1          1 

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2 

3     t*                        fj                                     C 

■X^y 

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i 

Sn                     i 

1 

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1 

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5 

i 

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' 

«=    i- 

■ ' 

1  1 

1 

u 

1 

1 

-^ 

— 

Tous  ces  spectres  corpusculaires  ont  été  excités  par  un  tube  Goolidi;e  à  anlicathode 
de  tungstène,  qui  agit  surtout  par  ses  quatre  lignes  a,,  ao,  [3  et  y  de  la  série  K;  le 
premier  se  rapporte  à  un  radiateur  d'argent  et  le  second  à  un  radiateur  d"étain;  les 
lignes  I,  2  et  iî  sont  les  Ilots  d'électrons  qui  sont  excités  par  les  raies  de  fluorescence 
de  l'argent  et  de  l'étain  sur  les  niveaux  L  et  M  de  ces  éléments,  4  représente  Taction 
de  «,«0  du  spectre  X  incident  sur  le  niveau  K  du  radiateur  et  5  l'action  de  [3  et  de  y 
sur  le  même  niveau,  6  et  ;  montrent  les  flots  qui  correspondent  à  a,  a.  agissant  sur  les 
niveaux  L  et  M  de  l'argent  et  8  se  rapporte  à  [3  et  au  niveau  L. 

Les  deux  derniers  schémas  sont  relatifs  à  des  radiateurs  d'or  et  d'uranium;  ils 
présentent  un  ensemble  complexe  de  lignes  caractéristiques,  qui  s'interprètent  en 
combinant  les  raies  du  spectre  incident  avec  les  niveaux  L  et  M  de  ces  métaux  lourds; 
les  lignes  qui  existent  au  début  du  spectre  de  l'or  correspondent  aux  rayons  L  de 
tkioiescence  de  cet  élément. 

Pour  identifier  l'origine  des  raies,  on  peut  interposer,  entre  la  source  de 
rayons  X  et  l'appareil,  un  écran  sélectif,  ([ui  absorbe  certaines  radiations 
beaucoup  plus  fortement  (jue  d'autres;  c'est  ainsi  (|u'un  écran  contenant 
des  oxydes  de  terres  rares  (néo-ytterbium  N  =  70)  fait  pratiquement 
disparaître  les  raies  p  et  y  du  spectre  K  du  tungstène  et  permet  de  contrôler 


SÉANCE   DU   3    AVRIL    I922.  94 1 

l'évanouissement  correspondant  des  raies  (|ui  sont  le  reflet  de  ces  dernières 
sur  les  niveaux  du  radiateur  employé. 

Après  avoir,  par  divers  dispositifs,  atténué  autant  que  possible  les  causes 
de  voile  de  la  plaque,  j'ai  vérilié  que  le  fond  spectral  continu  restant  était 
bien  du  à  des  rayons  [^  possédant  des  vitesses  variant  d'une  façon  continue  ; 
un  écran  très  mince  d'or  ou  d'argent,  placi-au  voisinage  de  l'émulsion,  per- 
met de  s'en  rendre  compte  et  de  mettre  en  évidence  le  rapide  accroissement 
de  l'absorption  quand  la  vitesse  des  électrons  décroît. 

A  ce  point  de  vue.  il  y  a  lieu  de  penser  que  l'absorption  des  corpuscules 
par  la  matière  doit  être,  à  un  certain  degré,  sélective,  et  présenter  de 
brusques  accroissements  quand  le  quantum  des  rayons  augmente,  puisque 
les  rayons  cathodiques  de  vitesses  croissantes  déclanchent  l'émission  de 
nouvelles  séries  de  rayons  V  quand  leur  énergie  grandit.  Cependant  cet 
eftet  doit  être  très  petit,  vis-à-vis  de  l'absorption  générale,  à  cause  de  la 
valeur  très  faible  que  possède  le  rendement  de  transformation  de  l'énergie 
cathodique  en  énergie  de  rayons  X  ;  en  fait,  je  n'ai  pu,  jusqu'à  présent,  l'ob- 
server avec  certitude. 

Les  plaques  Lumière  sigma  donnent  de  bons  résultais  pour  ce  genre  de 
travail  ;  des  essais  ont  été  également  tentés  avec  des  plaques  Schumann, 
celles-ci  sont  nettement  plus  sensibles,  mais  la  difficulté  de  leur  emploi  et 
rimperfection  que  présentent  souvent  les  émulsions  contre-balancent  j  usqu'à 
un  certain  point  cet  avantage. 


ÉLECTRICITÉ.  —  Sur  V entretien  simultané  d'un  circuit  oscillant  et  de  circuits 
harmoniques .  Note  de  M.  C  Guttox,  présentée  par  M.  G.  Ferrie. 

Lors  de  l'entretien  d'oscillations  électriques  par  une  lampe  à  trois  élec- 
trodes, les  variations  pendulaires  du  potentiel  de  la  grille  ne  produisent 
jias  des  oscillations  pendulaires  de  l'intensité  du  courant  dans  le  circuit  de 
plaque.  A  cause  de  la  forme  courbe  des  caractéristiques  de  la  lampe,  il  n'y 
a  pas  proportionnalité  entre  les  variations  du  potentiel  de  la  grille  et  celles 
du  courant  de  plaque. 

Le  circuit  oscillant  a  une  impédance  très  grande  pour  la  fréquence  fon- 
damentale du  courant  de  plaque  parce  qu'il  est  accordé.  Il  résonne  sur  cette 
fréquence  qui  y  prend  une  intensité  prépondérante. 

L'impédance  du  circuit  oscillant,  pour  les  fréquences  harmoniques,  est. 


942  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

au  contraire,  très  faible  et  les  harmoniques  du  courant  de  plaque  ne  sont 
pas  supprimés  par  le  circuit  oscillant. 

Si  donc,  outre  le  circuit  oscillant  principal,  on  dispose  sur  le  circuit  de 
plaque  un  circuit  accordé  sur  l'un  de  ces  harmoniques,  il  vibrera  en  même 
temps  que  le  premier,  sans  qu'il  soit  nécessaire  de  le  coupler  au  circuit  de 
grille.  * 

Il  est  ainsi  possible  d'entretenir,  simultanément,  par  une  seule  lampe, 
une  oscillation  et  toute  la  série  de  ses  harmoniques.  Chacun  d'entre  eux 
résonne,  dans  un  circuit  distinct,  qui  supprime  l'harmonique  correspondant 
du  courant  de  plaque. 

En  ajoutant  au  circuit  principal  un  seul  circuit  oscillant  de  période 
variable,  on  peut  y  faire  résonner  successivement  tous  les  harmoniques. 

Si  le  circuit  harmonique  n'est  pas  exactement  accordé,  il  est  le  siège 
d'oscillations  forcées  qui  ont,  malgré  le  désaccord,  la  fréquence  exacte  de 
l'harmonique. 

Les  intensités  des  courants  dans  les  circuits  harmoniques  augmentent 
lorsqu'on  fait  croître  le  couplage  du  circuit  principal  avec  les  circuits  de 
grille  ou  de  plaque  de  la  lampe.  Ils  s'exagèrent  aussi  lorsqu'on  baisse  ou 
lorsqu'on  augmente  la  tension  moyenne  de  la  grille  en  intercalant  sur  le 
circuit  de  grille  une  batterie  de  piles. 

'  Ce  sont  justement  les  conditions  pour  lesquelles  la  trajectoire  du  point 
de  fonctionnement,  sur  le  diagramme  des  caractéristiques,  pénètre  profon- 
dément dans  les  régions  très  courbées  ou  horizontales  de  celles-ci. 

Lorsqu'on  diminue  les  couplages  jusqu'aux  plus  petites  valeurs  compa- 
tibles avec  l'entretien  d'oscillations  et  lorsqu'on  fixe,  en  réglant  la  tension 
de  grille,  le  point  de  fonctionnement  moyen  au  voisinage  du  point  d'in- 
flexion d'une  caractéristique,  on  n'utilise  plus  que  les  parties  presque 
rectilignes  de  ces  courbes  et  les  harmoniques  deviennent  faibles. 

L'entretien  simultané  par  une  même  lampe  d'une  oscillation  fondamen- 
tale et  de  ses  harmoniques  fournit  un  moyen  facile  d'obtenir  avec  intensité 
des  oscillations,  dont  les  fréquences  sont  dans  un  rapport  connu,  et  d'appli- 
quer la  méthode  d'étalonnage  des  ondemètres,  imaginée  par  M.  Abraham, 
ou  celle  qui  a  été  récemment  décrite  par  M.  Mercier  ('). 

L'adjonction  à  un  oscillateur  de  circuits,  dont  les  fréquences  sont  des 
sous-multiples  de  la  fréquence  fondamentale,  supprime  les  harmoniques  du 
courant  de  plaque.  Lorsque,  pour  augmenter  la  stabilité  des  oscillations, 

(')    Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.   448« 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  1922.  943 

on  est  obligé  d'utiliser  des  couplages  plus  élevés  que  le  couplage  minimum, 
ou  de  baisser  la  tension  de  grille  afin  d'améliorer  le  rendement,  il  y  a  inté- 
rêt à  se  débarrasser  des  harmoni({ues.  On  constate,  en  effet,  que  leur  sup- 
pression fait  augmenter  Taniplitude  des  oscillations  dans  le  circuit  principal. 
L'intensité  moyenne  du  courant  de  plaque  croit,  il  est  vrai,  un  peu;  mais, 
au  total,  le  rendement  est  amélioré  et,  par  suite,  réchauffement  de  la  lampe 
diminué. 

Pour  les  faibles  couplages  du  circuit  oscillant  et  des  circuits  de  grille  et 
de  plaque,  qui  fournissent  des  oscillations  peu  stables,  la  suppression  des 
harmoniques  fait,  au  contraire,  diminuer  l'amplitude  des  oscillations  et  le 
courant  moyen  de  plaque. 


CHIMIE    PHYSIQUE.  —  Sur  l' hydrolyse  des  sels  rosèocohaUiques . 
'  Note  ('  )  de  M.  P.  Job,  présentée  par  M.  Georges  Urbain. 

Dans  une  précédente  Communication  (  -  ),  j'ai  montré  que  l'on  peut 
suivre,  par  des  mesures  de  force  électromotricc,  l'hydrolyse  des  complexes 
roséocobaltiques  sous  l'influence  de  la  baryte.  Cette  méthode  permet  une 
étude  quantitative  de  la  réaction. 

Si,  en  effet,  la  force  électromotrice  mesurée  est  exactement  déterminée 
par  la  concentration  C,  des  ions  OH  dans  la  solution,  elle  est  liée  à  cette 
concentration  par  l'équation 

(i)  EmE,  —  o,o57logioC  (au  voisinage  de  1 5»), 

E,  étant  la  différence  de  potentiel  qui  correspond  à  une  concentration  des 
ions  oxhydryle  égale  à  l'unité.  Il  est,  d'autre,  part,  facile  d'obtenir  une 
relation  entre  la  concentration  G  et  la  quantité  de  baryte  ajoutée  à  la  solu- 
tion du  complexe  cobaltique.  Si  nous  supposons  la  dilution  assez  grande 
pour  que  ce  complexe  et  la  baryte  soient  totalement  dissociés  en  ions,  les 
réactions  sont  les  suivantes  (^)  : 


H^O 


^"    OH 


H^O, 


H^^_OH---  11^0. 


(')  Séance  du  20  mars  1922. 

(')"  Comptes  rendus^  t.  174,  1922,  p.  61 3. 

(')  Celte  équation  exprime  l'égalité  des  charges  positives  et  négatives. 


944  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Désignons  par  Cg,,,  Cox,  Gh  les  concentrations  respectives  des  ions  rosée,  hydroxo 
et  hydrogène,  dans  la  solution;  l'application  de  la  loi  d'action  de  masse  donne  : 

Gll      X   Cyll  =  £'. 

l'^nlin,  si  T  est  la  concentration  primitive  de  l'ion  roséo,  a  la  proportion  d'ion  011 
ajouté  et  si  la  solution  de  baryte  est  suffisamment  concentrée  pour  que  le  volume 
puisse  être  considéré  comme  invariable  pendant  Topération,  on  a 


'-'ail  +  ^<)\  —  '  1 

3  Ca.|  +  Cii  -h  '>  Cox  -+-  «  r  =  3  r  4-  Cou 

(') 

De  ces  qualité  é<|uatioiis,  on  lire 

(■0                 •               «-     -^         '''  +  ^'. 

^'^                                "-C  +  K     rc^r 

J'ai  eu  recours  à  une  électrode  d'oxygène  (  ^),  et  j'ai  obtenu  des  résultats 
tiès  satisfaisants,  en  me  servant  d'un  lil  platiné  très  fin,  plongeant  de  i™'" 
environ  dans  la  solution  et  autour  duquel  circulait  un  courant  très  lent 
d'oxygène  (quelques  bulles  par  minute).  Il  suffisait,  au  début,  de  quelques 
heures,  et,  après  chaque  addition  de  baryte,  de  quelques  minutes,  pour 
obtenir  une  valeur  constante  de  la  force  électromotrice. 

J'ai  vérifié  que  la  courbe  de  titrage  d'une  solution  - —  d'acide   chlorhy- 

drique  peut  être  calculée  par  les  équations  (i)  et  (  2)  où  l'on  fait 

E,  =0,41.  KrziO.  8-=:  O,  5-  IO~^'' 

(constante  de  dissociation  de  l'eau  au  voisinage  de  i5°.  L'électrode  d'oxy- 
gène donne  donc  une  mesure  correcte  de  la  concentration  des  ions  (  )H  et 
l'on  peut  appliquer  en  toute  confiance  la  méthode  proposée  à  l'étude  de 
l'hydrolyse  d'un  sel  roséocobaltique. 

Le  Tableau  suivant  donne  quelques-uns  des  résultats  obtenus  en  traitant, 
à  16°,  par  la  baryte  (solution  à  o™°',of)52  par  litre),  une  solution  de  sulfate 
roséo  contenant  ^  d'ion  roséo  par  litre  (\).  L'expérience  donne  la  valeur, 
E,  de  la  face  électromotrice,  pour  une  proportion  donnée,  a,  d'ion  OH 


(')  Je  suppose  également  que  le  sel  roséo  est  un  sel  d'acide  fort. 
(^)  Voir,    par   exemple,   Foerster,    Elektrocheniie    wdsseriger    Losungen,    igiS, 
p.  164  et  suiv. 

C^)  La  solution  était  agitée  mécaniquement  pendant  toute  la  durée  de  l'expéiiencc. 


SÉANCE    DU   3   AVRIL    I922. 

ajoutés.  La  concentration  C  se  calcule  à  partir  de  l'équation 
(3)  E  =  o,4i —0,057  logC 

et  la  constante  d'équilibre  à  partir  de  l'équation 


945 


(4) 


^^  ~  C  +  K 
où  le  dernier  terme  est  négligeable. 


0,D  .  10- 
2.  IO~*. 


a. 

E  (volts). 

C. 

K. 

0 

I  ,001 

4,26.io-'« 

6,i5.io->» 

0,2 

0,965 

1,86.10-»» 

6,8 

0,3 

0,954 

2,81.10-'» 

6,25 

0,4 

0,946 

3,97.10-'» 

5,8 

0,6 

0,928 

8,30.10-1» 

5,5 

0,8 

0,900 

2,5i. 10-9 

6,2 

0,9 

0,880 

5,49- '0-^ 

6,1 

Les  valeurs  de  K  sont  très  sensiblement  constantes  et  égales  à  6. 10  '* 


02        03        0>       0,5        0,6        0.7 
Proportion  dîoru  OH  ajoutés 


0.9        1.0 


En  portant  cette  valeur  dans  l'équation  (4),  on  peut  calculer  a  pour  diffé- 
re^ites  valeurs  de  C;  l'équation  (3)  donne  les  valeurs  de  E  correspondantes, 
que  l'on  peut  comparer  aux  valeurs  mesurées.  J'ai  porté  sur  la  figure,  à  côté 


c.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  14) 


68 


94^  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

de  la  courbe  expérimentale,  les  points  ainsi  calculés,  représentés  par  une 
croix  :  on  voit  que  la  concordance  est  excellente  ('). 

Il  est  donc  hors  de  doute  que,  sous  l'influence  des  ions  OH,  les  sels  roséo 
se  transforment  en  sels  hydroxo  selon  la  réaction  que  j'ai  indiquée,  la  cons- 
tante d'équilibre  de  cette  réaction  étant  à  i6°,  voisine  de  6.  lo"'".  On  peut 
en  déduire  la  constante  K'  d'hydrolyse  de  l'ion  roséo 


^^     OH 


Ces  valeurs  auraient  pu  être  obtenues  par  la  seule  mesure  delà  différence 

Q2 

de  potentiel  — ; — ■. — ,  sans  addition  de  baryte.  L'intérêt  de  la  méthode  que 

^  solution  «^  ^ 

j'ai  employée  est  de  se  contrôler  elle-même  et  de  donner  une  base  expéri- 
mentale à  l'interprétation  chimique  des  mesures. 


CHIMIE  INDUSTRIELLE.  —  Su7'  les  monochlortoliiènes.  Note  (^) 
de  MM.  A.  Wahl,  G.  Normand  et  G.  Vermeylek,  présentée  par  M.  Haller. 

On  sait  que  la  chloruration  nucléaire  du  toluène  conduit  à  un  mélange 
d'ortho  et  de  parachlortoluène  dont  la  détermination  des  propriétés  rela- 
tives a  déjà  fait  l'objet  d'un  grand  nombre  de  travaux.  Toutefois,  comme 
les  divers  auteurs  ont  opéré  dans  des  conditions  très  différentes,  il  s'ensuit 
que  leurs  résultats  présentent  entre  eux  une  grande  divergence. 

Ainsi  Seelig  (*)  a  trouvé  dans  le  chlortoluène  préparé  en  présence  de  fer  une  pro- 
portion de  58  à  6o  pour  loo  d'orllio  et  32  à  29  pour  100  de  parachlortoluène.  Cohen 
et  Dakin  (*),  en  chlorant  en  présence  d'aluminium  amalgamé,  ont  obtenu  65  pour  100 
d'orthochlortoluène.  Au  contraire,  en  dégageant  du  chlore  électrolytique  au  sein  du 
toluène,  en  suspension  dans  l'acide  chlorhydrique  bouillant,  Cohen,  Dawson  et  Gros- 
sland(5)  ont  obtenu  surtout  l'isomère  para  (2.5  parties  de  para  pour  i  partie  d'ortho) 

(')  Comme  autre  vérification,  j'ai   mesuré  la  force  électromotrice  correspondant  à 

N        .  ,  '  .  .  . 

une    solution  d'ion    roséo   sans  addition  de    baryte  (a=ro).    Valeur  expérimen- 

1000  j  /  i 

taie  o^^'^jQgS,  valeur  calculée  0,99^. 

(^)  Séance  du  27  mars  1922. 

(•')  Seelig,  Liebig's  Annalen,  l.  237,  1886,  p.  i53. 

{'*)  Cohen  et  Dakin,  Cliem.  Soc,  t.  75,  1892,  p.  898. 

[^)  CoHiîN,  Dawson  et  Crossland,  Ibid.',  t.  87,  1905,  p.  io3/|. 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  1922.  94? 

et  ce  résultai  est  confirmé  par  Fichter  et  Glautzslein  (').  D'autre  part,  B.-L,  Datla 
et  F.-V.  Fernandes  (-)  ont  isolé  surtout  de  l'orlhochlortoluène  dans  la  réaction  de 
l'eau  régale  au  bain-marie.  Enfin  Seyewetz  et  Biot  (»),  en  faisant  bouillir  le  toluène 
avec  du  tétrachlorure  de  plomb  ammoniacal,  ont  obtenu  exclusivement  l'isomère 
orlho.  Excepté  Seelig,  tous  ces  auteurs  ont  dosé  les  isomères  par  oxydation  et  sépa- 
ration des  acides  chlorbenzoïques;  c'est  là  une  méthode  longue  et  fort  délicate. 

Désirant  étudier  la  choruralion  du  toluène  dans  un  but  industriel  il  nous  a  paru 
utile  de  disposer  d'un  procédé  de  dosage  plus  rapide  et  plus  commode  et  nous  avons 
pensé  faire  appel  aux  propriétés  physiques  telles  que  la  densité  et  le  point  de  solidifi- 
cation commençante,  méthodes  qui  avaient  déjà  été  employées  avec  succès  par  van 
'  der  Laar  {'')  dans  l'étude  de  la  bromuralion  du  toluène.  Les  deux  chlortoluènes  purs 
nécessaires  à  ce  travail  ont  été  préparés  au  départ  des   loluidines  pures  et  également 


Courbes  des  points  de  fusion  des  mélanges  des  monochlortoluencs  ortho  et  para. 

par  séparation  du  mélange  technique  par  la  sulfonalion  ménagée.  Les  détails  en  seront 
fournis  dans  un  autre  recueil.  \  oici  les  constantes  des  corps  purs  (M. 


(')  FiCHTEK  et  Glautzstein,  Bericlite.  t.  i9,  191(3,  p.  i^j^-  /; 

(2)  Datta  et  Fernandes,  J.  amer,  cliem.  Soc,  t.  36,  1914.  P-  i"<'7- 
(•*)  Seyewetz  et  Biot,  Bull.  Soc.  c/u'/n.,  t.  -29,  1908,  p.  ?.<2. 
O  Van  der  Laar.  Bec.  trav.  Pays-Bas.   t.  -26,  1905.  p.  i. 

(/)  Les  points  de  fusion  indiqués  sont:  +  7", 4  pour  le  parachlortoluène  (Seubert, 
Berichte,  t.  22,  p.  aSig)  et  —34°  pour  l'ortho  (Haasë,  Ihid.,  t.  26,  1S9.3,  p.  io53). 


948  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Orthochlortoluène  : 

Éb.76o,4  =  i58%4  — i58%7(corr.);         F  =  — 35°,i; 

Parachlortoluène  : 

Eb.759,9  — i6i°,7  —  i52°,2  (corr.);         F=:+    7°, 8;         D|g  =  i,o7i4. 

Nous  avons  alors  établi  la  courbe  des  variations  de  la  densité  prise  à  20", 
en  fonction  de  la  composition  des  mélanges  ;  cette  courbe  se  confond  avec 
une  ligne  droite. 

D'autre  part,  nous  avons  construit  le  diagramme  de  fusion  des  mélanges 
et  nous  avons  obtenu  les  points  suivants  : 

o 

Parachlortoluène  pur H-  7,8 

Mélange  à  19,4  pour  100  d'ortho —   2,4 

»  ÎJ9.9  »  — 14,7 

»  5o,4  "  •••  — 28,1 

»  60 , 2  »  — 33 ,  o 

»  66 , 2  «  — 4o ,  5 

»  71  >3  »  —47,3 

»  73,0  .)  —49,8 

»  75,4  »  —48,4 

»  76,4  »  —47,8 

»  84,8  »  —42,6 

Orthochlortoluène  pur — 35,  i 

Nous  avons  appliqué  ces  données  au  dosage  des  isomères  dans  le  chlortoluène  pré- 
paré en  présence  de  2,5  à  3  pour  100  de  fer.  Le  produit,  lavé,  était  ensuite  soumis  à 
une  série  de  distillations  fractionnées  pour  en  séparer  le  toluène  inaltéré  ainsi  que  les 
dérivés  polychlorés  ;  la  formation  de  ces  derniers  était  partiellement  évitée  en  ne 
chlorant  que  jusque  60  à  70  pour  100. 

Voici  quelques-uns  des  résultats  obtenus: 


!.. 
II. 
III 
IV. 


Point  de 

Composi 

ition 

solidification 

^ — — ». -^ 

—— .^ ^ 

Densité 

Température. 

commençante. 

ortho. 

para. 

Densité. 

calculée. 

0          0 
0  à    5 

—28,5 

56 

44 

1,0789 

1,0786 

10  a  10 

—  3o,2 

57,5 

42,5 

1,0791 

1,0788 

10  à  i5 

-3i,5 

58 

42 

1,0786 

1,0789 

i5  à  20 

— 3o,2 

57,5 

42,5 

I ,0785 

1,0788 

Les  opérations  I,  JI  et  IV  ont  porté  sur  i^s  de  toluène  ;  l'opération  111  a  été  effectuée 
sur  une  dizaine  de  kilogrammes. 

On  voit,  par  ces  chiffres,  que  dans  ces  limites  de  température  la  composition 
moyenne  du  chlortoluène  obtenue  correspond  sensiblement  à  57  à  58  pour  100  d'ortho 
pour  43  à  42  pour  100  de  parachlortoluène.  ^j'influence  de  la  température  est  peu  sen- 
sible, d'ailleurs  des  chlorurations  effectuées  à  des  températures  de  3o°,  4o°,  So"  et  60°, 
ont  fourni  des  résultats  qui  diffèrent  très  peu  des  précédents. 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  1922.  949 

Si  dans  la  chloruration  on  remplace  le  fer  par  l'aluminium,  la  réaction 
s'amorce  brusquement,  la  masse  se  colore  et  à  la  distillation  il  reste  un 
résidu  abondant  de  produits  polymérisés. 

Parmi  l'action  des  catalyseurs,  la  plus  curieuse  est  celle  du  chlorure  de 
plomb.  MM.  Seyewetz  et  Biot  {loc.  cit.)  indiquent  que  l'ébullition  du 
toluène  avec  le  tétrachlorure  ammoniacal  RCl^2NH^Gl  fournit  exclusive- 
ment de  l'orthochlortoluène.  Pour  une  cause  inexpliquée  nous  n'avons  pu 
observer  de  réaction  sensible  dans  ces  conditions.  Nous  avons  alors  chloré 
le  toluène  en  présence  de  PbCJ-,  espérant  qu'il  pourrait  se  produire  transi- 
toirement  PbGl\  susceptible  d'agir  comme  sa  combinaison  ammoniacale. 
La  réaction  du  chlore,  en  présence  de  PbCl%  ne  commence  qu'à  la  tempé- 
rature du  bain-marie;  mais^  tandis  qu'en  l'absence  de  catalyseur,  il  se  forme 
exclusivement  du  chlorure  de  benzyle^  on  constate  qu'en  présence  de  PbCP  la 
formation  du  chlorure  de  benzyle  passe  au  second  plan  et  qu'il  se  forme  sur- 
tout du  chlortoluène .  Celui-ci  est  constitué  par  un  mélange  d'ortho  et  de  para- 
chlortoluène  dans  lequel  la  proportion  d'ortho  est  voisine  de  62  pour  100, 
c'est-à-dire  légèrement  supérieure  à  la  normale. 

L'action  catalytique  du  chlorure  de  plomb  n'avait  pas  encore  été  signalée. 
Elle  permet  d'expliquer  la  formation  du  chlortoluène  que  l'on  observe 
accidentellement  dans  la  préparation  industrielle  du  chlorure  de  benzyle 
lorsqu'il  s'introduit  fortuitement  de  l'humidité  dans  les  appareils.  Celle-ci 
contribue  à  l'attaque  du  plomb  avec  dépôt  abondant  de  chlorure  de  plomb 
qui  catalyse  la  réaction. 

GÉOLOGIE.  —  Observations  tectoniques  sur  les  terrains  secondaires  de  la 
bordure  méridionale  des  Vosges.  Note  de  M"'  G.  Cousin,  présentée  par 
M.  Emile  Haug. 

La  revision  des  contours  des  terrains  secondaires  des  environs  de  Belfort, 
en  vue  de  la  pubhcation  d'une  seconde  édition  de  la  feuille  Lure-Mulhouse 
de  la  Carte  géologique  au  8oooo«,  m'a  permis  de  faire  des  observations 
tectoniques  sur  tout  un  ensemble  auquel  M.  W.  Kilian  a  donné  autre- 
fois (')  le  nom  de  Falaise  sous-vosgienne.  Cet  ensemble  est  constitué  par 
une  bande  de  terrains  allant  du  Trias  inférieur  au  Kimeridgien  et  formant 


(*)  W.  KiLiAN,  Contribution  à  la  connaissance  de  la  Franche-Comté  septentrio- 
nale; les  collines  préjurassiennes  et  le  Jura  du  Doubs  {Annales  de  Géographie^ 
non,  189^,  p.  319-345). 


()5o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

bordure  des  Vosges  dans  leur  partie  méridionale.  Gel  te  bande,  diversement 
fracturée,  se  poursuit  d'une  manière  ininterrompue  du  SW  au  NE,  sur 
plus  de  So'"",  c'est-à-dire,  pour  préciser,  des  environs  de  Rougemont 
(Haute-Saône)  jusqu'à  plus  de  lo'^™  au  delà  de  Belfort. 

Dans  cette  série,  la  dénomination  de  «  falaise  »  peut,  à  vrai  dire,  s'appli- 
quer aux  calcaires  bajociens  et  bathoniens  qui  forment  dans  la  topograpliie 
une  saillie  parfois  escarpée  (la  Côte^  le  Coudrai,  le  Mont,  la  Miotte,  par 
exemple)  entre  les  marnes  calloviennes  et  oxfordiennes,  d'une  part,  et  les 
marnes  liasiques,  d'autre  part.  Sur  son  versant  nord,  cette  série  normale 
de  terrains  secondaires  se  redresse  contre  le  massif  ancien  d'une  manière 
assez  régulière.  Sur  son  versant  sud,  elle  est  en  relation  directe  avec  les 
plissements  jurassiens  du  pays  de  Montbéliard.  Tandis  que  la  partie  méri- 
dionale de  la  falaise  a  une  allure  relativement  tranquille,  avec  pendage  au 
SE  à  peu  près  constant,  la  partie  septentrionale  est  affectée  d'une  série  de 
cassures  et  de  décrochements,  liés,  sans  doute,  à  la  fois  à  la  formation  de  la 
dépression  alsatique  tertiaire  et  à  des  actions  orogéniques  tangentielles 
contemporaines  des  plissements  du  Jura.  J'ai  plus  particulièrement  étudié 
les  accidents  des  terrains  secondaires  au  voisinage  du  massif  ancien,  dans 
la  région  comprise  entre  Chagey  au  SW  et  Saint-Gérmain  au  NE. 

A.  Un  premier  accident  met  en  contact  le  Dévonien  et  le  Permien  des 
Collines  sous-vosgiennes,  qui  forment  les  reliefs  du  Salbert  et  de  l'Arsot, 
avec  les  terrains  secondaires.  C'est  une  grande  faille  dont  le  tracé,  d'après 
mes  observations,  est  le  suivant  :  elle  prend  naissance  dans  le  Permien  des 
environs  de  Chenebier,  passe  au  N  de  Belfort,  coupe  perpendiculairement 
la  vallée  de  la  Savoureuse  et  se  termine  dans  le  Permien  de  la  forêt  de 
l'Arsot.  Elle  prend,  en  quelque  sorte,  la  falaise  sous-vosgienne  en  écharpe. 

Une  sécheresse  particulièrement  intense  m'a  permis  de  suivre  la  faille 
dans  le  lit  de  la  Savoureuse,  et  d'en  voir  d'ailleurs  la  continuation  sur  la 
rive  gauche,  alors  que  la  figuration  précédente  de  l'accident  le  limitait  à  la 
rive  droite,  dans  les  alluvions,  vers  Cravanche.  Le  Permien  qui,  dans  toute 
la  région,  a  une  grande  épaisseur  est  ici  très  réduit.  Redressé,  avec  un  fort  ; 
pendage  au  SE,  il  occupe  une  cinquantaine  de  mètres  seulement  entre  le 
Dévonien  et  le  Grès  Bigarré.  De  la  tranchée  du  chemin  de  fer  stratégique 
au  Champ  de  Mars  de  Belfort,  on  peut  établir  la  succession  suivante  : 

Schistes  et  phyllades  du  Dévonien  avec  pendage  à  (\o°  au  SE,  s'en- 
fonçant  sous  le  Permien  étiré  et  broyé,  puis  immédiatement,  le  Grès  Bigarré 
avec  pendage  et  direction  semblables  au  reste  des  assises  de  la  falaise.  La 
faille  intéresse  ici  non  seulement  le  Permien,  mais  aussi  le  Grès  Vosgien, 


SÉANCE   DU   3    AVRIL    I922.  gSl 

qui  manque  pour  reparaître  ensuite  un  peu  plus  au  Nord  dans  la  forêt  de 
l'Arsot,  quand  l'accident  prend  fin. 

B.  Les  anciens  tracés  figurent  un  grand  décrochement  qui  suit  exactement 
le  cours  de  la  Savoureuse,  de  Danjoutin  à  Giromagny.  Ce  décrochement 
perpendiculaire  à  la  faille  précédemment  décrite  changerait  la  direction  de 
la  falaise  et  repousserait  au  nord  le  Primaire  des  collines  sous-vosgiennes. 
Or  il  y  a  continuité  parfaite  de  direction  entre  le  Dévonien  de  la  rive  droite  et 
de  la  rive  gauche  de  la  Savoureuse  et,  de  même,  continuité  dans  la  bordure 
secondaire. 

Après  la  terminaison  vers  l'E  de  la  grande  faille  Glienebier-Arsot,  les 
termes  de  la  bordure  secondaire  se  trouvent  tous  représentés.  Une  coupe 
prise  entre  le  fort  de  Rudolphe  et  le  village  de  Perouse  montre  une  succes- 
sion normale,  du  Grès  Vosgien  au  Lusitanien.  Malgré  cette  succession 
normale,  la  partie  de  la  Falaise  comprise  entre  la  Miotte  et  le  point  où  la 
route  Belfort-Strasbourg  coupe  le  ruisseau  de  la  Rate,  montre  un  Jurassique 
redressé  à  45°  et  étiré.  Sont  surtout  affectés  par  cet  étirement  le  Lias  et 
l'Oolithique  inférieur.  Sous  le  Lias,  le  Trias  a  un  pendage  assez  faible  et, 
sur  rOxfordien,  le  Séquanien  est  incliné  à  peine  à  25**. 

C.  Du  ruisseau  de  la  Rate  aux  Errues,  j'ai  relevé  une  série  de  décroche- 
ments et  d'affaissements  perpendiculaires  à  la  direction  générale  de  la  falaise. 
De  ce  fait,  la  bordure  secondaire  est  divisée  en  compartiments  poussés 
contre  le  massif  ancien  avec  d'autant  plus  d'intensité  qu'on  se  dirige 
vers  le  N. 

1°  Un  premier  décrochement  va  de  Denney  à  Vétrigne.  Il  redresse  les 
couches  secondaires  contre  le  massif  primaire.  Cet  accident  amène  un 
décalage  des  assises  secondaires  de  part  et  d'autre  de  la  cassure.  Après  le 
Grès  Bigarré  du  fort  de  Roppe,  le  Muschelkalk  et  le  Keuper  sont  extrê- 
mement réduits.  Le  Lias  fait  face  au  Muschelkalk  de  Vétrigne,  le  Bajocien 
et  le  Bathonien  font  face  au  Lias  de  la  vallée  de  la  Rate.  Le  Bajocien 
affleure  dans  la  tranchée  du  chemin  de  fer  électrique,  il  a  encore  un  pen- 
dage SE  d'environ  3o";  mais,  à  une  centaine  de  mètres  plus  au  nord,  ce 
pendage  passe  à  So**,  la  direction  des  couches  -demeurant  sensiblement  la 
même,  SW-NO. 

2°  Un  deuxième  décrochement  va  du  bas  du  village  de  Roppe  à  l'étang 
de  l'Autruche.  Le  Trias  tout  entier  est,  cette  fois,  très  étiré.  L'ensemble 
du  Lias  a  une  centaine  de  mètres  à  peine.  Les  calcaires  du  Bajocien  et  du 
Bathonien,  mis  à  découvert  par  une  série  d'exploitations,  se  montrent  en 
bancs   verticaux,   de   direction   WSW-ENE   et   passent  même,   dans  la 


952  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

partie  NE  de  ce  deuxième  compartiment,  à  un  pendage  NW  voisin  de  70''. 

3*  Un  troisième  décrochement  suit  le  thalweg  supérieur  du  ruisseau  de 
l'Ermite,  entre  la  route  Belfort-Strasbourg  et  le  bois  d'Éguenigue.  Avec  ce 
troisième  accident,  le  rapprochement  du  Jurassique  contre  le  massif  pri- 
maire est  maximum.  Le  Trias  et  le  Lias  sont  tellement  étirés  que  l'Oolithique 
inférieur  de  la  falaise  est  presque  directement  en  bordure  du  Permien 
d'Anjoutey.  Dans  ce  dernier  compartiment,  le  Bajocien  et  le  Bathonien 
présentent  aussi  un  pendage  NW  de  Go''  environ  et  semblent  plonger 
sous  le  Permien  du  bois  d'Eguenigue. 

Sur  le  Jurassique  inférieur  vertical  ou  renversé  de  ces  trois  fractions 
décrochées  reposent,  en  contact  anormal^  les  calcaires  sublithographiques 
du  Séquanien.  Ils  forment  une  grande  table  dont  les  couches  sont  à  peine 
inclinées  au  NE.  Ce  Séquanien  constitue  le  grand  plateau  qui  s'étend  de 
Roppe,  où  l'on  voit  sa  superposition  directe  aux  calcaires  bathoniens  verti- 
caux, à  PhalTans,  à  Menoncourt  et  aux  Errues. 

L'étude  de  ces  divers  accidents  me  conduit  à  l'interprétation  suivante  : 
lors  de  l'établissement  du  golfe  tertiaire  d'Alsace,  les  couches  secondaires 
de  la  bordure  méridionale  des  Vosges  se  sont  infléchies  et  brisées  du  côté 
où  se  produisait  la  dépression.  Puis,  lors  des  plissements  jurassiens,  des 
forces  tangentielles  ont  poussé  les  assises  inférieures  de  la  falaise  jusqu'à  les 
redresser  complètement  contre  le  massif  vosgien.  Plus  loin,  elles  ont  décollé 
le  Séquanien  qui  a  glissé  vers  le  NW  sur  le  Rauracien,  l'Oxfordieti  et  le 
Callovien,  venant  ainsi  recouvrir  directement  les  termes  réduits  et  verticaux 
du  Jurassique  inférieur. 


GÉOLOGIE.  —  Contribution  à  l'étude  du  bassin  tertiaire  du  sud  de  Rennes. 
Découvertes  de  lits  à  Poissons  et  à  Plantes  dans  des  argiles  noires  au  sommet 
du  Chattien.  Note  de  MM.  L.  Dangeard  et  Y.  Milox,  présentée  par 
M.  P. -A.  Dangeard. 

Les  grandes  carrières  de  la  Chaussairie  et  de  Lormandière,  exploitées 
pour  l'alimentation. de  fours  à  chaux  importants,  sont  des  lieux  classiques 
pour  l'étude  du  bassin  tertiaire  du  sud  de  Rennes.  Elles  ont  fait  l'objet 
de  remarquables  travaux  de  la  part  de  Tournouër,  Delage,  Lebesconte, 
Vasseur. 

La  coupe  la  plus  complète  se  voit  à  la  Chaussairie,  où  les  couches  mar- 
no-calcaires  du  Rupélien  et  du  Chattien  sont  ravinées  par  les  /aluns  vindo- 


SÉANCE   DU    3    AVRIL    I922.  gSB 

boniens.  Le  front  de  taille  ouest  de  cette  carrière,  montre  sous  les  bancs  de 
base  des  faluns  {maçonnai  ferré)  et  au-dessus  des  ^prniers  bancs  calcaires 
du  Chattien  (brulemort)  deux  niveaux  argileux  considérés  jusqu'alors  comme 
azoïques. 

L'argile  inférieure  de  couleur  bleue,  épaisse  d'environ  So^^^jCst  traversée 
par  des  racines  fossilisées  sur  place,  verticales  et  ramifiées. 

Une  surface  légèrement  ondulée,  un  délit  un  peu  sableux  où  abondent  les 


DÉCOUVERT    OUEST    DK    I.A   CARIUKHE   DE    I,A   CHAUSSAIRIE. 

A.  Argiles  noires  à  Poissons  et  à  plantes. 

débris  de  plantes,  séparent  l'argile  inférieure  d'une  argile  noire  zonée,  plus 
épaisse  (i"'  en  moyenne)  qui  nous  a  fourni  les  représentants  admirablement 
conservés  d'une  flore  riche,  et  d'une  faune  à  caractère  lagunaire,  nouvelle 
pour  l'Ouest. 

Un  premier  examen  permet  de  distinguer  parmi  les  débris  végétaux  : 
des  rhizomes  de  Nymphéacées,  des  feuilles  de  Fougères,  de  Monocotylé- 
dones  et  Dicotylédones,  montrant  les  plus  fines  nervures;  des  fragments  de 
tiges  ayant,  en  général,  conservé  la  structure  des  tissus;  de  nombreuses 
graines,  et  des  oogones  de  Chara. 

Les  éléments  remarquables  de  la  faune  sont  des  Poissons  délicatement 


9^4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

conservés  dans  les  feuillets  d'argile.  On  peut  distinguer  parfaitement  les 
détails  les  plus  fins  de  leur  squelette,  et  observer  en  place  :  les  écailles,  les 
dents,  les  otolithes.  Parmi  les  nombreux  échantillons  récoltés,  nous  avons 
pu  reconnaître  des  Percoïdes,  appartenant  au  genre  Smerdiss  Agass.  et  à 
un  genre  voisin  de  Properca  Sauv. 

Les  lits  à  Poissons  alternent  dans  Targile  avec  des  lits  à  Ostracodes;  çà 
et  là  existent  des  «  nids  »  à  petits  mollusques  (Limnées,  Potamides,  Pla- 
norbes). 

Nous  avons  retrouvé  les  mêmes  formations  argileuses  à  Poissons  et  à 
Plantes,  dans  la  carrière  de  Lormandière  à  i""™  environ  à  l'ouest  de  la  précé- 
dente. Ces  dépôts  avait  été  rapportés,  avec  doute,  au  Quaternaire  par 
Vasseur  (rAeV^,  1881). 

M.  Kerforne  a  signalé  récemment  la  présence  de  graines,  dans  une  terre 
d'ombre,  à  la  partie  supérieure  des  argiles  noires.  Ces  dernières  nous  ont 
fourni  les  mêmes  fossiles  qu'à  la  Chaussairie,  moins  abondants  et  moins 
bien  conservés  (débris  de  Poissons,  feuilles  et  graines).  On  observe  au-des- 
sous les  mêmes  traces  «  d'ancien  sol  »  avec  racines  en  place  dans  l'argile 
bleue. 

En  résumé,  les  argiles  noires  de  la  Chaussairie  et  de  Lormandière  ren- 
ferment de  précieux  documents  paléontologiques,  leur  étude  fera  mieux 
connaître,  pour  notre  région,  le  régime  des  lagunes,  à  la  fin  de  TOligocène. 


BOTANIQUE.  —  Sur  r hypocotyh  de  la  Mercuriale. 
Note  (')  de  M.  P.  Bugnojî,  présentée  par  M.  Guignard. 

La  théorie  qui  semble  actuellement  la  plus  satisfaisante  pour  interpréter  la 
disposition  de  Tappareil  conducteur  dans  l'axe  hypocotylé  a  été  émise  par 
G.  Chauveaud  (')  et  peut  être  brièvement  résumée  comme  suit  :  la  plupart 
des  stades  de  l'évolution  phylogénique  subie  par  l'appareil  conducteur 
des  Plantes  vasculaires  sont  encore  représentés  dans  la  racine,  tandis  que, 
dans  la  feuille  et  dans  la  tige,  les  derniers  stades  seuls  figurent,  en  apparais- 
sant d'emblée;  mais  on  peut  trouver  au  cours  de  l'ontogénie,  dans  l'axe 
hypocotylé  et  dans  les  cotylédons,  en  s'élevant  à  partir  de   la   première 

(')  Séance  du  27  mars  1922. 

(")  G.  Ghauvkaud,  L'appareil  conducteur  des  plantes  vasculaires  et  les  phases 
principales  de  son  évolution  {Ann.  Se.  nat.,  9*  série  :  Bot.,  l.  13,  191 1,  p.  1 13). 


SÉANCE   DU    3    AVRIL    1922.  955 

racine,  les  divers  degrés  de  celle  suppression  progressive  dos  ])remiers 
stades,  de  celle  accéléralion  einbryogénique  basifuge. 

L'existence  possible  de  bois  centripète  transitoire  dans  Tliypocotyle  et 
jusque  dans  les  cotylédons,  sa  disparition  plus  ou  moins  précoce  suivant 
les  niveaux,  sont  les  deux  faits  essentiels  sur  lesquels  repose  celte  théorie. 

Or,  si  l'on  étjudie  chez  la  Mercuriale  (Mercwialù  annua  L.)  par  exemple, 
la  différenciation  progressive  de  l'appareil  conducteur  dans  l'embryon,  au 
cours  de  son  développement  intraséminal,  on  constate  les  faits  suivants  : 

Un  embryon  jeune,  considéré  au  stade  représenté  en  I  {fig.  i),  offre  déjà  Tébauche 
reconnaissable  de  son  appareil  conducteur,  tant  dans  ses  cotylédons  que  dans  sa  radi- 
cule. Dans  chaque  cotylédon,  il  existe  un  cordon  procambial  médian,  dichotome  vers 
le  haut,  ce  qui  permet  de  le  distinguer  aisément,  et  deux  cordons  procambiaux  laté- 
raux plus  faibles.  Le  médian  est  également  bifurqué  vers  le  bas;  les  deux  branches  de 
cette  bifurcation,  auxquelles  se  rattachent  les  deux  cordons  latéraux,  atteignent  le 
cylindre  central  de  la  radicule  à  la  base  de  celle-ci,  d'ailleurs  très  voisine  de  la  base 
des  cotylédons;  elles  aboutissent  en  deux  points  diamétralement  opposés  du  cylindre 
radical,  dans  le  plan  de  séparation  des  deux  cotylédons  et  se  réunissent  alors  aux 
branches  symétriques  du  cotjdédon  opposé.  L'hypocotyle,  compris  entre  le  niveau  où 
ces  branches  reçoivent  les  cordons  procambiaux  latéraux  des  cotylédons  et  le  niveau 
où  elles  s'accolent  deux  à  deux  à  la  base  du  cylindre  central  de  la  radicule,  est  encore 
réduit  à  quelques  assises  de  cellules  sensiblement  isodiamétriques.  La  continuité  de 
l'appareil  conducteur  cotylédonaire  et  de  l'appareil  conducteur  radical  est  établie  à  ce 
stade. 

Au  cours  des  stades  suivants,  les  cotylédons  s'agrandissent  dans  toutes  les  direc- 
tions, conservant  ainsi  à  peu  près  leur  forme  initiale  presque  circulaire;  leurs  trois 
cordons  procambiaux  primitifs  se  ramifient  peu  à  peu  par  dichotomies  successives, 
mais  en  gardant  sensiblement  la  même  importance  relative  qu'au  début.  La  radicule 
ne  prend  qu'un  faible  développement.  La  région  hypocolylée,  par  contre,  s'allonge 
beaucoup  par  un  intense  accroissement  intercalaire  longitudinal.  Le  contraste  entre 
ce  mode  d'accroissement  de  l'hypocotyle  et  le  mode  d'accroissement  intercalaire  dis- 
persé des  cotylédons  est  particulièrement  net  à  un  stade  jeune  tel  que  celui  qui  est 
représenté  sur  la  microphotographie  de  la  figure  ?.. 

Ainsi,  la  région  hypocotylée,  traversée  par  les  branches  de  bifurcation  des  cordons 
procambiaux  médians  des  cotylédons,  et  qui  est  d'abord  très  courte,  s'étire  considé- 
rablement en  parallélisant  tous  ses  tissus,  y  compris  les  branches  pro.cambiales. 

Dès  le  début  de  la  germination,  l'accroissement  intercalaire  longitudinal  reprend 
activement  dans  l'hypocotyle  et  lui  fait  acquérir  finalement  une  longueur  de  plusieurs 
centimètres.  Une  nouvelle  zone  d'accroissement  intercalaire  longitudinal  intense 
s'établit  en  outre  dans  la  région  d'extrême  base  de  chaque  cotylédon;  cette  zone  reste 
comprise  entre  le  niveau  de  la  jonction  des  cordons  procambiaux  latéraux  avec  les 
branches  de  bifurcation  du  cordon  procambial  médian  et  le  niveau  d'origine  de  cette 
bifurcation;  l'organe  d^Y^^^Xé  pétiole  cotylédonaire^  pouvant  atteindre  finalement  une 
longueur  supérieure  à  i"^™,  dérive  de  cet  accroissement  intercalaire  tardif;  le  sonimet 


956  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

de  ^la  bifurcatien  inférieure  du  cordon  procambial  médian  de  chaque  cotylédon  se 
trouve  dès  lors  reporté  dans  la  base  du  limbe  colylédonaire  adulte  (III,  fig.  i). 


Fi  g.   I.  —  Mercurialis  annua  L. 

I.  Perspective  de  l'appareil  conducteur  d'un 
très  jeune  embryon  d'environ  4/10°"»  de 
longueur  totale;  le  contour  des  cordons 
procambiaux  de  l'un  des  cotylédons  a  été 
figuré  en  pointillé. 

II.  Embryon  adulte.  Gr.  :  80/7. 

III.  Base  d'un  cotylédon  adulte,  après  ger- 
mination; seuls,  les  cordons  vasculaires 
principaux  ont  été  figurés.  Gr.  :  3o/7. 


Microphotographie  d'une  coupe  longitudinale  à 
travers  un  jeune  embryon  de  Mercurialis 
annua  L.,  atieignant  environ  6/10™"  de  lon- 
gueur totale.  Le  plan  de  la  coupe  est  un  peu 
oblique  par  rapport  au  plan  cotylédonaire  de 
sorte  que  l'un  des  cordons  procambiaux  laté- 
raux est  seul  visible.  En  dehors  des  cordons 
procambiaux,  les  cellules  du  cotylédon  sont 
sensiblement  isodiamétriques  et  se  recloi- 
sonnent à  peu  près  également  dans  toutes  les 
directions;  dans  l'hypocotyle,  au  *contraire, 
les  recloisonnements  cellulaires  se  font  surtout 
dans  la  direction  longitudinale.  Gr.  :  200. 

Or  la  différenciation  ligneuse  débute  aussitôt  que  commence  la  germi- 
nation. Les  premiers  vaisseaux  formés  dans  les  régions  où  l'accroissement 
intercalaire  longitudinal  est  intense  deviennent  adultes  et  incapables  de 
s'allonger  activement  avant  que  cet  accroissement  soit  achevé;  ils  sont  donc 
étirés  mécaniquement  par  les  tissus  plus  jeunes,  en  voie  d'allongement,  qui 
les  environnent;  leurs  spirales  d'épaississement  sont  distendues,  brisées 
finalement  en  tronçons,  eux-mêmes  écartés  les  uns  des  autres.  Ces  vais- 


SÉANCE   DU    5   AVRIL    1922.  9^7 

seaux  disparaissent  plus  ou  moins  complètement,mais  pour  la  même  raison 
que  dans  les  longs  entre-nœuds  de  la  tige  des  Graminées,  des  Cucurbi- 
tacées,  etc.,  entre-nœuds  qui  résultent  aussi  d'un  accroissement  intercalaire 
longitudinal  tardif.  Si  les  mêmes  vaisseaux  persistent  dans  la  racine,  c'est 
que  précisément  l'accroissement  intercalaire  ne  joue  qu'un  rôle  très  efïtcé 
dans  l'allongement  de  ce  membre. 

L'accroissement  intercalaire  longitudinal  intense  qui  se  manifeste  dans 
l'hypocotyle  et  dans  la  base  des  cotylédons  de  la  Mercuriale  suffit  donc  à 
expliquer  le  caractère  transitoire  des  premiers  vaisseaux  qui  s'y  déve- 
loppent. D'autre  part,  si  cet  accroissement  ne  se  produisait  pas,  le  passage 
entre  l'appareil  conducteur  des  cotylédons  et  celui  de  la  première  racine 
paraîtrait  s'effectuer  très  brusquement,  sur  une  hauteur  extrêmement 
réduite,  et  G.  Chauveaud,  au  lieu  de  représenter  l'accélération  basifuge 
comme  faible  chez  la  ^Mercuriale,  serait  amené  à  la  considérer  comme  très 
forte. 

Il  paraît  vraisemblable  que  tous  les  cas  de  faible  accélération  basifuge 
signalés  par  cet  auteur  peuvent  être  interprétés  comme  celui  de  la  Mercu- 
riale; or  ce  sont  eux  qui  ont  donné  naissance  à  la  théorie.  Sans  eux,  sans 
l'accroissement  intercalaire  par  conséquent,  la  théorie  de  l'accélération 
basifuge  n'aurait  sans  doute  jamais  vu  le  jour. 

C'est  l'intervention  plus  ou  moins  intense,  plus  oii  moins  précoce,  c'est 
la  localisation  particulière  de  l'accroissement  intercalaire  longitudinal, 
phénomène  secondaire  au  cours  du  développement  ontogénique,  qui 
paraissent  déterminer,  dans  l'hypocotyle  et  dans  les  cotylédons,  les  dis- 
positions vasculaires  variables  interprétées  par  G.  Chauveaud  comme 
l'évidente  manifestation  d'une  accélération  basifuge  plus  ou  moins  forte. 


BOTANIQUE.    —    Un  grand  Palmier  du  Centre  de  Madagascar. 
Note  (*)   de  M.   Henri  Ju.melle. 

Ce  Palmier  de  Madagascar,  dont  nous  allons  voir  l'intérêt  au  point  de 
vue  des  hypothèses  qu'il  est  permis  d'émettre  sur  l'ancienne  flore  du  Centre 
de  l'île,  fut  nommé  en  1907  Chry sali iocar pus  decipiens  par  Beccari,  de 
Florence,  qui,  d'ailleurs,  n'en  connut  que  les  feuilles  et  les  inflorescences. 

Ultérieurement,  en  igiS,  dans  son  bel  Ouvrage  sur  les  Palme  del  Mada- 

(')  Séance  du  27  mars  1922. 


(^58  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

i^a.scar,  le  botaniste  italien  crut  pouvoir  rapporter  à  cette  espèce  celle  que 
nous  venions  de  décrire  sous  le  nom  de  Ncodypsis  basilongus,  Palmier  du 
mont  Vatovavy. 

Les  graines  de  notre  Ncodypsis  étant  toutefois  à  albumen  ruminé 
(puisque  c'est  là  un  caractère  du  genre,  alors  (jue  l'albumen  des  Chrysn- 
lidocarpus  est  homogène),  Beccari,  qui  n'avait  pas  vu  les  graines  de  son 
C.  decipiens^  ne  pouvait  conserver  le  premier  terme  générique  :  il  créa  le 
genre  Mucrophloga  ;  et  le  Chrysalidocarpiis  dccipiens,  englobant  notre  A^ro- 
dypsis  basilongus,  devint  le  Macrophloga  decipiens. 

Nous  avons  toujours  fait  toutes  réserves,  en  dépit  de  quel({ues  similitudes 
de  caractères,  sur  cetle  identification  du  T.  decipiens  et  du  iV.  IxisUongus,- 
et  nous  avions  raison,  car  nous  possédons  aujourd'hui  des  spécimens  com- 
plets de  C.  decipiens  récoltés  par  M.  Perrier  de  la  Bàlhie  dans  le  Manankazo, 
au  nord-ouest  de  Tananarive  et  au  nord-est  d'y\nkazobé,  et  les  graines 
recueillies  avec  ces  spécimens  sont  à  albumen  homogène.  Il  nous  fau^  donc 
faire  disparaître  ce  genre  Macrophloga,  malencontreusement  créé  par  la 
réunion  de  deux  espèces  distinctes,  et  rétablir  le  Chrysalidocarpus  decipiens, 
qui  est  bien  un  Chrysalidocarpus  et  n'est  pas  à  confondre  avec  le  Neodypsis 
Ixisilongus. 

C(i  Chrysa/idocarptis  decipiens,  que  Beccari  croyait  être  plutôt  de  petite 
taille,  est,  en  réalité,  un  très  beau  Palmier,  peut-être  même,  selon  M.  Perrier 
delà  Bathie,  le  plus  beau  Palmier  de  Madagascar.  Son  tronc  grisâtre,  sou- 
vent couvert  de  Lichens,  et  de  lo'"  à  20"  de  hauteur,  est  un  peu  ovoïde  vers 
le  milieu,  où  il  peut  avoir  70'"' de  diamètre.  Les  feuilles  des  pieds  adultes 
ont  de  2"',;")o  à  3'",5o  de  longueur.  Leurs  gaines,  longues  d'au  moins  5o"", 
sont  lisses.  D'où  le  nom  de  madiovozona  que  les  indigènes  donnent  à  l'es- 
pèce, comme  d'ailleurs  au  Neodypsis  bdsdongus  et  au  Chrysalidocarpus 
oleraceus,  et  d'une  façon  générale  aux  Palmiers  dont  le  bourgeon  terminal 
est  comestible,  et  qui,  d'autre  part,  ont  la  gaine  {rozona,  cou)  Ussc  {madio, 
propre)  (').  Au  sommet  de  cette  gaine,  le  pétiole,  court  et  en  gouttière 
(20''"  à  25'^'"),  se  continue  pai-  un  lachis  qui  porte  de  nombreux  segments 
dont  les  deux  basilaires,  très  pendants,  correspondent  aux  deux  segments 
inférieurs,  accompagnés  et  prolongés  par  la  nervure  marginale  qui,  dans 

C)  IMus  exactement,  sans  doute,  pour  les  Malgaclies,  le  «  cou  »  n'est  pas  la  gaine 
foliaire  isolée,  mais,  sur  le  i^almier  entier,  l'ei'isemble  des  gaines  situé  au  sommet  du 
tronc,  au-dessous  de  la  touffe  des  limbes,  qui  est  la  «tète».  Lorsque,  comme  chez  le 
Neodypsis  Laslelleana,  les  gaines  sont  couvertes  extérieurement  d'un  épais  duvet 
rouge,  lecou  est  rouge  {mena),  et  le  Palmier  est  un  me/KH'ozona. 


SÉANCE    DU    3    AVRIL    1922.  969 

la  feuille  jeune  et  non  encore  déchirée,  bordait  le  segment  externe  et  les 
sommets  des  autres  segments.  Tous  ces  serments,  lorsque  la  feuille  est 
épanouie,  sont  plus  ou  moins  iulléchis  vers  le  milieu  et  dirigés  en  divers 
plans,  ce  qui  donne  au  limbe  un  aspect  ébouriffé.  Les  spadices,  insérés  aux 
aisselles  des  feuilles  inférieures,  qu'ils  font  tomber  en  se  développant,  sont 
deux  ou  trois  fois  ramifiés  ;  et  leurs  é[)is  floraux  sont,  comme  dans  toiil  le 
genre,  à  glomérules  normalement  triflores.  Mais  ainsi  qu'on  l'observe 
encore  dans  d'autres  ChrysdUdocdrpus,  Tune  des  trois  ou  quatre  inflores- 
cences que  donne  simultanément  un  pied  ne  porte  que  des  fleurs  femelles, 
par  suite  de  l'avortement  des  fleurs  mâles  latérales,  et,  inversement,  les 
deux  ou  trois  autres  spadices  ne  portent  que  des  tleurs  mâles,  la  fleur 
femelle  médiane  restant  rudimeutaire. 

La  floraison  a  lieu  en  février  et  mars,  et  c'est  vers  juillet  que  mûrissent 
les  fruits,  qui  sont  presque  globuleux  ou  un  peu  plus  larges  (i4"""),  que 
longs  (12°»'"). 

Le  Manankazo,  où  ont  été  récoltés  les  échantillons  qui  nous  oui  permis 
cette  rapide  description,  est,  à  i5oo'"  d'altitude,  une  petite  région  inhabitée 
qui  doit  son  nom  à  la  rivière  qui  l'arrose;  et  le  nom  (manann,  avoir;  hazo^ 
arbre)  est  significatif,  car  il  indique  combien  est  exceptionnelle  la  présence 
d'arbres  dans  cette  contrée.  En  fait,  à  100'"°  à  la  ronde,  il  n'y  a  pas,  dit 
M.  Perrier  de  la  Bàthie,  d'autre  végétation  arborescente  que  ces  quelques 
bois  où,  sur  la  latérite  gneissique,  reste  encore  une  vingtaine  d'exemplaires 
du  C.  decipiens.  Et  c'est,  selon  toute  vraisemblance,  parce  qu'il  n'y  a  pas 
d'habitants,  et,  par  suite,  pas  de  feux  de  brousse,  que  ce  petit  îlot  forestier 
a  persisté. 

Quant  au  C.  drcipims^  on  le  retrouverait  encore  vers  les  sources  de 
l'ikopa,  en  amont  de  Tananarive,  vers  1  .^)oo"' d'altitude  ;  M.  Perrier  de  la 
Bâthie  en  a  vu  un  pied  sur  le  Vavato,  au  sud  de  Betafo,  vers  2000°*;  et  les 
échantillons  d'herbiei-  étudiés  par  Beccari  provenaient  d'Ankafîna,  au  nord 
de  Fianarantsoa,  dans  le  Betsileo  méridional. 

11  n'est  vraiment  pas  possible  d'admettre  que  la  distribution  de  l'espèce 
ait  toujours  été  limitée  à  ces  quelques  localités  éloignées  les  unes  des  autres; 
et  il  doit  apparaître,  au  contraire,  comme  à  i)eu  près  certain  qu'il  fût  une 
époque  où  le  Palmier,  disséminé  dans  le  centre  de  Madagascar,  et  repré- 
senté par  de  bien  plus  nombreux  individus,  qui  reliaient  les  uns  aux  autres 
les  rares  boqueteaux  actuels,  était  l'un  des  éléments  d'une  végétation  doni 
ces  localités  sont  les  deiniers  vestiges.  Or  cette  végétation  ne  pouvait 
être  celle  des  Graminées  cosmopolites  d'aujourd'hui,  puisque  les  graines 


960  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

du  Chrysalidocarpus  decipiens  ne  germent  pas  dans  les  endroits  découverts. 
Le  Palmier  était  donc  accompagné  d'autres  arbres,  comme  il  l'est  au 
Manankazo;  et  ceux  qui  pensent  que  l'Imerina  fut  jadis  boisée  sont  en  droit 
de  trouver  là,  à  l'appui  de  la  thèse  qu'ils  soutiennent,  un  nouvel  argument. 


PHYSIOLOGIE.  — Sur  un  mécanisme  intervenant  dans  la  fixation  des  graisses 
par  la  glande  cortico-surrénale.  Noie  de  MM.  A.  Policard  et  Jui.iana 
Tritchkovitch,  présentée  par  M.  Roux. 

Nous  avons  montré  récemment  que  les  glandes  sébacées  étaient 
capables  de  fixer  directement  les  graisses,  en  circulation  dans  le  sang 
sous  forme  d'hémoconies,  à  la  condition  que  leurs  cellules  soient 
bourrées  de  grosses  vacuoles  adipeuses,  ainsi  que  cela  se  présente  chez  les 
animaux  engraissés. 

Sur  le  même  objet  de  recherche,  c'est-à-dire  sur  des  souris  colorées  vita- 
lement  au  rouge  écarlate  par  mélange  de  cette  couleur  à  la  nourriture,  nous 
avons  pu  faire  des  observations  de  même  ordre  sur  la  glande  cortico- 
surrénale. 

Chez  les  souris,  la  cortico-surrénale  présente  une  teneur  assez  variable  en 
corps  gras  décelables  par  les  réactifs  histologiques  habituels.  Les  unes 
montrent  les  cellules  de  la  zone  fasciculée,  et  spécialement  les  spongiocytes, 
bourrés  de  grosses  vacuoles  de  graisse.  Chez  d'autres,  la  quantité  de  graisse 
est  plus  réduite;  un  des  éléments  essentiels  de  ces  variations  semble  être 
l'état  de  la  nutrition,  les  vacuoles  adipeuses  sont  nombreuses  et  volumi- 
neuses chez  les  animaux  engraissés,  elles  sont  réduites  de  taille  et  de  nombre 
chez  les  animaux  maigres. 

Quel  que  soit  ce  mécanisme,  la  fixation  du  rouge  écarlate,  témoin  de  la 
fixation  des  graisses  alimentaires,  paraît  se  faire  comme  pour  les  sébacées. 
Dans  les  cortico-surrénales  riches  en  grosses  vacuoles  de  graisse,  il  y  a 
fixation  directe  des  hémoconies  porteuses  du  rouge  écarlate  et  la  cortico- 
surrénale  montre  une  zone  moyenne  colorée  en  rose  pâle,  l'intensité  de  la 
coloration  étant  toujours  bien  moindre  que  pour  les  sébacées.  Quand  la 
cortico-surrénale  renferme  seulement  de  fines  vacuoles  de  graisse,  il  n'y  a 
pas  de  coloration.  Il  y  a  un  rapport  constant  entre  la  coloration  vitale  de 
la  glande  et  le  volume  des  vacuoles  de  graisse  histologiquement  figurées. 
Chez  un  animal  amaigri  mais  en  voie  d'engraissement,  par  conséquent 


SÉANCE   DU   3    AVRIL    1922.  961 

élaborant  de  la  graisse,  il  n'y  a  pas  fixation  de  couleur  tant  que  le  volume 
des  enclaves  adipeuses  des  cellules  cortico-surrénales  n'ont  pas  atteint  un 
certain  volume. 

Ces  observations  permettent  deux  considérations..  La  première  concerne 
le  mécanisme  de  la  fixation  de  la  graisse  circulante  par  la  cellule  de  la  cor- 
tico-surrénale.  Cette  fixation  paraît  se  faire  directement  sans  intervention 
d'une  destruction  préalable  de  la  graisse,  à  condition  que  les  vacuoles  adi- 
peuses de  la  cellule" soient  entourées  d'une  enveloppe  protoplasmique  très 
mince  et  au  contact  immédiat  ou  presque  immédiat  avec  le  sang  véhiculant 
les  particules  de  graisse;  ces  conditions  ne  sont  réalisées  que  lorsque  les 
vacuoles  adipeuses  sont  très  volumineuses.  Il  y  a,  pour  cette  glande,  mise 
en  jeu  d'un  mécanisme  identique  à  celui  qui  se  déroule  au  niveau  des 
sébacées. 

Nos  observations  nous  permettent,  d'autre  part,  de  donner  une  interpré- 
tation d'expériences  fort  intéressantes  faites  par  Ponomarew(deTomsk)  (*). 
Cet  auteur,  en  nourrissant  des  souris  avec  de  la  graisse  colorée,  avait  éga- 
lement observé  une  coloration  de  la  corlico-surrénale.  Il  avait  tiré  de  ses 
expériences  la  conclusion  que  cette  glande  devait  être  considérée  comme 
une  glande  adipopexique  et  que,  vis-à-vis  de  la  cholestérine,  elle  jouait  le 
rôle  d'un  organe  fixateur,  non  sécréteur.  La  capacité  de  la  cortico-surrénale 
de  fixer  la  graisse  circulant  dans  le  sang  est  incontestable.  Nos  expériences 
confirment  pleinement  celles  de  Ponomarew.  Mais  elles  montrent  aussi  que 
cette  fixation  n'est  pas  constante  et  paraît  beaucoup  moins  relever  d'une 
propriété  spécifique  de  la  glande  que  d'un  processus  banal,  d'ordre  pure- 
ment physique  et  pouvant  se  manifester  dans  d'autres  organes,  comme  les 
sébacées.  Elle  ne  se  montre  que  si  la  glande  renferme  de  grosses  vacuoles 
de  graisse  capables  de  fixer  au  passage,  par  un  mécanisme  du  reste  encore 
obscur,  les  hémoconies  circulant  dans  le  sang  et  de  les  absorber  par 
fusion,  comme  les  grosses  gouttelettes  d'une  émulsion  qui  se  détruit 
absorbent  les  plus  petites.  Les  faits  de  Ponomarew,  bien  exacts,  ne  per- 
mettent cependant  pas  de  tirer  des  conclusions  sur  le  mode  de  fonc- 
tionnement et  le  rôle  lipopexique  spécifique  de  la  cortico-surrénale,  rôle 
fort  probable  du  reste,  mais  à  notre  avis  plus  complexe  et  restant  encore  à 
démontrer. 


{')  Ponomarew,   Ueber  den   Vrsprung  der  Fettsubslanzen  in  der  Nebennieren- 
rinde  {Beitr.  path.  Ânat.,  t.  59,  1914;  P-  307-349). 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  14.)  69 


962  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

CBIMIE  PHYSIOLOGIQUE.  —  Sur  VéquiUbre  superficiel  du  sérum  et  de  quelques 
solutions  colloïdales.  Note  de  ]M.  P.  Lecomte  du  IVouy,  présentée  par 
M.  Charles  Richet. 

Un  grand  nombre  de  mesures  nous  ont  permis  de  bien  mettre  en  évi- 
dence le  fait  que  la  tension  superficielle  de  la  plupart  des  solutions  colloï- 
dales n'est  point  une  grandeur  constante,  mais  varie  en  fonction  du  temps. 
Cette  propriété,  qui  avait  été  remarquée  pour  Toléate  de  soude  par  quelques 
observateurs,  ne  semble  pas  avoir  été  Tobjet  de  recherches  méthodiques. 
La  raison  de  Tobscurité,  où  cette  question  se  trouve  encore,  est  donnée  par 
l'inapplicabilité  des  méthodes  couramment  employées  pour  mesurer  la 
tension  superficielle  à  ce  problème.  L'emploi  d'un  nouvel  appareil  permet- 
tant de  mesurer  de  minute  en  minute  la  tension  superficielle  de  la  même 
couche  de  liquide  nous  a  conduit  à  une  meilleure  connaissance  du  phéno- 
mène, et  a  mis  en  évidence  des  faits  nouveaux. 

Cet  appareil  est  basé  sur  la  méthode  décrite  par  Weinberg  en  1892,  à 
savoir  l'arrachement  d'un  anneau.  Mais  au  lieu  de  mesurer  l'efTort  néces- 
saire pour  produire  l'arrachement  par  l'addition  de  poids,  ce  qui  rend  la 
technique  difficile,  nous  utilisons  la  torsion  d'un  fil  métallique.  L'effort 
peut  être  ainsi  rendu  aussi  progressif  et  aussi  lent  que  l'on  désire,  en  démulti- 
pliant le  mouvement  au  moyen  d'une  vis  et  d'un  pignon  hélicoïdal.  L'anneau 
(en  platine  iridié)  est  suspendu  comme  un  étrier  à  l'extrémité  d'un  léger 
levier  d'aluminium,  et  nous  avons  pu,  grâce  à  ce  dispositif,  obtenir  des 
chiffres  concordant  absolument  avec  ceux  de  Weinber"-. 

Plus  de  dix  mille  mesures  ont  été  faites.  Nous  allons  résumer  le  plus  rapi- 
dement possible  les  résultats  d'un  premier  groupe  d'expériences. 

La  tension  superficielle,  à  température  constante,  du  sérum  sanguin  et 
de  ses  solutions,  des  solutions  d'oléate  de  soude,  de  glycocholate  et  de  lauro- 
cholate  de  soude,  et  de  saponine,  diminue  en  fonction  du  temps,  spontané- 
ment, très  rapidement  pendant  les  dix  premières  minutes,  puis  plus  lente- 
ment (2''™'  de  solution  placés  dans  un  verre  de  montre  étaient  employés 
pour  les  mesures). 

La  courbe  du  phénomène  est  très  voisine  de  celle  des  phénomènes 
d'adsorption,  et  est  exprimée  d'une  façon  satisfaisante  par  une  équation  de 
la  forme 

L 

•,,     a— ko 

—  70e      , 
Yo  =  tension  initiale,  y  =  tension  superficielle  {t  =  temps  en  minutes). 


SÉANCE    DU   3    AVRIL    1922.  968 

Pour  le  sérum,  en  tenant  compte  de  la  valeur  initiale  de  la  tension,  la 
chute  varie  entre  2  et  5  dynes  en  20  minutes.  Lorsque  le  sérum  est  dilué 
avec  la  solution  isotonique  de  NaCl,  le  phénomène  est  observable  jus- qu'à 
une  dilution  au  iqJouu^  maison  constate  un  maximum  aux  environs  àej^^. 
Pour  cette  concentration,  elle  atteint  12  à  i5  dynes  en  2  heures.  Avec 
Toléate  de  soude,  dans  les  mêmes  conditions,  la  chute  est  de  20  dynes.  Le 
phénomène  donne  des  valeurs  intermédiaires  pour  les  autres  substances 
colloïdales  étudii'-es. 

Quand  la  tension  superficielle  d'un  sérum  a  atteint  âon  équilibre  maxi- 
mum, il  suffit  d'une  très  légère  agitation  pour  le  faire  remonter  presque  à 
sa  valeur  initiale.  Mais  avec  le  temps,  ce  phénomène  diminue  progressive- 
ment et  finit  par  disparaître.  La  chaleur  prolongée,  même  à  56°.  a  pour 
résultat  de  stabiliser  également  la  tension  superficielle  du  sérum. 

En  laissant  s'évaporer  dans  les  verres  de  montre  les  solutions,  on  observe 
les  faits  suivants,  intéressants  au  point  de  vue  physico-chimique  autant 
qu'au  point  de  vue  biologique  : 

Jusqu'à  des  dilutions  variant,  suivant  l'animal,  de  ,,  '  „  à  ,^^^„„„,  les 
cristaux  de  NaCl,  au  lieu  de  se  former  au  fond  du  verre  de  montre,  en 
groupes  bien  définis,  à  l'aspect  géométrique,  comme  cela  a  lieu  dans  le  cas 
du  chlorure  de  sodium  pur,  couvrent  toute  la  surface  concave  du  verre 
d'une  couche  adhérente  et  compacte  de  cristaux  microscopiques  ayant 
l'aspect  d'un  disque  blanc,  avec  une  tache  })lus  claire  au  centre.  Dans  cette 
région  centrale  il  n'y  a  que  de  tout  petits  cristaux  épars.  Ces  phénomènes 
sont  surtout  marqués  aux  dilutions  de  ^7^  à  ^-jj^^.  A  la  dilation  du  ^^  on 
observe  une  formation  circulaire  périodique  de  cristaux. 

La  dimension  de  ces  dépôts  cristallins  étant,  à  très  peu  près,  celle  du 
liquide  avant  évaporation,  il  est  clair  qu'en  s'adsorbant  dans  la  couche 
superficielle,  les  substances  colloïdales  qui  diminuent  la  tension  entraînent 
avec  elles  les  molécules  cristalloïdes  présentes  dans  la  solution.  La  pré- 
sence, dans  cette  couche  concenliée,  d'électrolytes,  explique  que  la  préci- 
pitation aura  tendance  à  s'y  produire.  Quand  le  liquide  s'évapore,  le  sel, 
adsorbé  dans  la  surface  du  liquide,  ne  peut  se  concentrer  dans  la  masse,  et 
se  dépose  progressivement  sur  les  parois. 

Ces  phénomènes  se  produisent  probablement  aux  surfaces  de  séparation 
de  liquides  non  ou  peu  miscibles  ;  on  conçoit  avec  quelle  facilité  se  déve- 
loppent les  membranes  qui  délimitent  les  individus  élémentaires.  Dans  ce 
cas,  le  principe  bien  connu  de  Gibbs  n'est  plus  exact. 


9^4  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 


ENTOMOLOGIE.  —  Sommeil  d'' hiver  cédant  à  V hiver  chez  les  larves  et 
nymphes  de  Muscides.  INote  de  M.  E.  Roubaud,  présentée  par 
M.  E.-L.  Bouvier. 

Beaucoup  de  mouches  passent  Thiver  sous  la  forme  de  larves  ou  depupes 
inactives  qui  donnent  naissance,  au  printemps,  à  la  forme  ailée.  Celte 
hibernation,  larvaire  ou  nymphale,  qui  n'exclut  d'ailleurs  pas,  dans  certains 
cas,  l'hibernation  propre  des  adultes  nés  avant  l'hiver,  est  généralement 
considérée  comme  liée  au  simple  ralenlissement  de  l'activité  métabolique 
sous  l'influence  du  froid.  Les  recherches  (|ui  font  l'objet  de  cette  Note 
montrent  que  le  phénomène  doit  être  considéré  comme  plus  complexe,  au 
moins  dans  nombre  de  cas. 

Pour  beaucoup  d'espèces  de  Muscides,  et  certainement  aussi  pour  bien 
d'autres  insectes,  le  sommeil  d'hiver  n'est  pas  plus  déterminé  par  le  froid 
que  le  sommeil  noclurne  par  la  nuit.  11  résulte  d'un  arrêt  cyclique  de  l'acti- 
vité métabolique,  indépendant  de  l'abaissement  thermique. 

On  peut  distinguer,  chez  les  Muscides  à  plusieurs  générations  annuelles, 
deux  types  différents,  au  point  de  vue  du  métabolisme  des  générations 
diverses  : 

1°  Les  espèces  homodynames,  dont  les  générations  sont  douées  d'une 
activité  biologique  constante,  obéissant  toute  l'année  aux  influences  ther- 
miques. Le  froid  peut  provo(|uer  à  tous  les  stades  de  développement  une 
suspension  momentanée  de  cette  activité,  un  sommeil  hivernal  non  obliga- 
toire, non  nécessaire,  ([ui  cède  immédiatement  à  une  élévation  de  la  tempé- 
rature. Lorsque  celle-ci  est  maintenue  favorable,  les  générations  se  succèdent 
indéfiniment,  été  comme  hiver,  avec  la  même  continuité.  C'est  le  cas  pour 
la  mouche  domesti([ue,  le  Stomoxe  (5î.  calcilrans),  les  Drosophiles,  etc. 
2°  Les  espèces  hétérodynames,  qui  présentent,  dans  leur  cycle  annuel, 
des  générations  d'activité  biologique  dissemblable  :  à  des  générations  douées 
d'évolution  rapide,  obéissant  normalement  aux  influences  thermiques, 
succède  une  génération  brusquement  ralentie  par  une  période  d'inertie 
obligatoire  ou  diapause,  qui  échappe  aux  influences  thermiques. 

La  diapause,  dans  les  espèces  que  j'ai  étudiées,  survient  à  l'automne. 
Coïncidant  avec  l'hiver,  elle  n'est  nullement  provoquée  par  le  froid.  Elle 
n'affecte  qu'une  période  évolutive  déterminée,  tantôt  la  larve  en   fin   de 


SÉANCE   DU    3   AVRIL    I922.  966 

croissance,   tantôt  la  nymphe  ,au  début  de  ses   transformations.   Elle  est 
variable  dans  l'intensité  de  l'inertie  physiologique  qui  la  caractérise. 

A.  Chez  la  mouche  verte  (Lucilia  sericata),  les  larves  mûres  hivernent  en 
diapause.  Placées  à  l'étuve  à  2.o°-id°,  elles  sont  mobiles  et  excitables,  mais 
ne  se  transforment  point.  L'action  prolongée  de  cette  température  pendant 
plusieurs  mois  aboutit  à  la  mort.  Par  contre,  la  diapause  cède  à  de  brusques 
excitants  mécaniques  ou  physiques.  Les  larves,  saignées,  brûlées,  centrifugées 
ou  exposées  pendant  quelques  minutes  à  une  température  incompatible  avec 
la  vie  (45**))  se  transforment  rapidement  et  donnent  un  adulte  normal  en 
quelques  jours.  La  reprise  de  l'évolution  ne  survient  qu'après  un  temps  perdu 
ou  retard  de  deux  à  plusieurs  jours,  sur  l'excitation  provoquée. 

La  diapause  est  également  rompue  par  une  exposition  prolongée  à  basse  * 
température.  Des  larves  soumises  en  glacière  à  -+-  4**  pendant  26  jours,  puis 
portées  à  Tétuve  à  20",  se  pupilîent  en  3  jours  et  éclosent  en  1 1  jours.  Une 
exposition  de  quelques  jours  seulement  au  froid  (3  à  5  jours)  ne  peut  briser 
la  diapause. 

B.  Chez  l'Anthomyide,  Élydœa  platyptera,  les  larves  mûres  des  géné- 
rations d'automne  passent  également  l'hiver  en  diapause.  Leur  évolution 
suspendue  reste  inaclivée,  à  la  fois  par  la  chaleur  et  par  les  excitants  brus- 
ques, mécaniques  ou  physiques.  Seule,  l'action  prolongée  du  froid  fait 
céder  la  diapause,  mais  avec  un  temps  perdu  déplus  d'un  mois.  Des  larves 
ayant  subi  l'action  du  froid  en  novembre  et  décembre,  puis  placées  à  20°, 
n'éclosent  qu'en  février. 

G.  Chez  Sarcophaga  falculata  Pand.,  la  diapause  affecte  la  pupe  nou- 
vellement formée,  en  octobre.  Comme  dans  le  cas  précédent,  ni  la  chaleur, 
ni  les  excitations  brusques  ne  parviennent  à  rompre  le  sommeil  d'hiver  de 
ces  pupes.  Seule,  l'action  prolongée  du  froid  ramène  le  développement 
avec  un  temps  perdu  considérable  :  des  pupes  en  glacière  à  -1-  4**?  du 
8  décembre  au  3  janvier,  n'éclosent  que  deux  mois  et  demi  plus  tard, 
à  20°. 

Les  pupes,  qui  n'ont  point  ou  n'ont  qu'insuffisamment  subi  l'action  du 
froid,  n'éclosent  pas. 

Dans  ces  expériences,  le  froid  apparaît  donc  comme  un  facteur réacftVa/z/, 
indispensable  à  la  vie  de  l'espèce.  Sans  l'intervention  de  ce  facteur,  obliga- 
toire, le  cycle  des  espèces  hétérodynames  à  diapause  hivernale  resterait 
indéfiniment  suspendu.  Il  faut  l'hiver  pour  faire  cesser  le  sommeil  d'hiver. 
On  peut  rapprocher  ces  phénomènes  de  diapause  hivernale   larvaire  ou 


9^6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

nymphale  chez  les  Muscides,  de  la  diapause  embryonnaire  cédant  au  froid, 
observée  chez  certains  papillons  séricigènes  (  *  ). 

On  rétro  IV. 'ra  c^ntainement  chez  nombre  de  mouches  et  d'insectes  de 
tous  ordres,  à  la  base  des  phénomènes  d'estivation  ou  hibernation, 
dont  les  manifestations  sont  si  vaiiées,  des  particularités  physiologiques  de 
même  nature. 


HISTOLOGIE.  —  5«/'  les  fibres  perforantes  de  l'os  des  Mammifères. 
Noie  de  M.  E.  Gkynfeltt,  présentée  par  M.  Henneguy. 

•  Avec  Kôlliker  et  Ranvier,  il  est  actuellement  admis  que  les  fibres  perfo- 
rantes o\\  fibres  de  Sharpey  de  l'os  des  Mammifères  appartiennent  exclusi- 
vement à  Tos  périostique.  Elles  représentent  des  faisceaux  conjonclifs,  plus 
ou  moins  calcifiés,  partiellement  englobés,  au  cours  de  Tossification,  dans 
la  substance  fondamentale  néoformée.  Ces  fibres  perforantes  seraient  donc 
«  un  caractère  exclusif  de  Tos  périostal  »,  suivant  les  termes  de  Tafani,  et 
par  conséquent  on  ne  les  trouverait  dans  les  os  longs  que  dans  les  parties 
qui  procèdent  du  périoste,  c'est-à-dire  «  dans  les  lamelles  fondamentales 
périphériques  et  dans  toutes  les  lamelles  interstitielles  en  connexions 
génétiques  avec  ces  dernières  »  (Kôlliker).  Elles  feraient  totalement  défaut 
dans  les  lamelles  périmédullaires  et  dans  les  systèmes  de  Havers. 

Cette  formule  paraît  exacte,  quand  on  étudie  l'os  par  les  anciennes 
méthodes,  qui  suffisent  pour  mettre  en  évidence  les  grosses  fibres  perfo- 
rantes, soit  sur  de  minces  lamelles  usées  à  la  meule,  soit  sur  des  coupes 
décalcifiées  et  dissociées,  comme  le  faisait  Sharpey. 

Mais  quand  on  emploie  les  méthodes  de  décalcification  actuelles  (celle 
de  Haug  à  la  phloroglucine,  ou  de  SchafPer  par  exemple),  qui  sont  moins 
brutales  et  permettent  d'obtenir  des  fragments  osseux  relativement  faciles 
à  couper,  avec  un  minimum  d'altération  des  tissus  mous,  et  surtout,  quand 
on  traite  ces  coupes  par  les  colorants  électifs  du  collagène  (picro-noir 
naphtol  de  Curtis,  ou  picro-fuchsine  de  Laguesse),  on  met  facilement  en 
évidence  des  fibres  perforantes  dans  toutes  les  parties  de  l'os,  périoslales  ou 
autres.  La  seule  différence  est  que,  dans  les  parties  qui  n'ont  aucun  lien 
génétique  direct  avec  le  périoste,  les  fibres  perforantes  sont  beaucoup  plus 


(')  Diiclauxa  nellemenl  montré  l'influence  du  froid  de  l'hiver  sur  Je  développenient 
de  l'œuf  du  ver  à  soie  de  race  univoltine, 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  I922.  967 

fines.  Ce  ne  sont  plus  de  puissants  faisceaux  conjonctifs,  qui  plongent  dans 
la  substance  osseuse,  comme  dans  l'os  périostique,  mais  de  délicates  fibres 
coUagènes,  qui  entrent  dans  la  constitution  de  la  trame  de  la  moelle.  On 
sait,  d'ailleurs,  qu'elles  sont  plus  nombreuses  à  la  périphérie,  au  contact  de 
la  paroi  des  canaux  de  Havers,  ou  contre  les  lamelles  qui  bordent  la  cavité 
médullaire. centrale  des  os  longs.  Il  en  est  de  même  dans  les  portions  spon- 


f.p.m^ 


fc. 


Section  transversale  d'un  système  de  Havers  au  niveau  de   la  diaphyse  du  5"  'métatarsien 

chez  un  homme  de  35  ans. 

H,  canal  de  Havers;  /,  c,  fibres    conjonctives  de  la    moelle;   /,  p,    ni,  fibres 

perforantes  médullaires;  v,  vaisseau  sanguin. 

gieuses  de  ces  organes  (épiphyses)  ou  dans  les  os  courts,  d'origine  enchon- 
drale  et  non  périostique. 

Ces  fines  fibres  perforantes  ont  été  vues  par  Renaut  dans  les  systèmes 
intermédiaires  haversiens  et  il  les  compare  à  des  fibresde  Sharpey  minuscules. 
Il  est  arrivé  à  les  apercevoir  par  une  technique  assez  délicate,  qui  consiste 
à  déranger  au  pinceau  le  contenu  d'un  canal  de  Havers,  de  manière  à  l'écarter 
de  la  lamelle  osseuse  qui  le  borde.  Alors,  dans  l'intervalle,  il  put  entrevoir 
ces  fibres,  très  fines,  malaisées  à  distinguer  sans  colorations  électives.  Si  l'on 
ajoute  à  cela,  que  ces  fibres  sont  particulièrement  cassantes  et  qu'elles  se 
rompent  tout  près  de  leur  point  de  pénétration  dans  la  lamelle  osseuse,  on 
comprend  que  le  fait  signalé  par  Renaut,  qui  n'en  a  donné  aucune  figure, 
ait  passé  inaperçu.  Avec  les  techniques  de  décalcification  et  de  coloration 
électives  actuelles,  je  le  répète,  elles  sont  au  contraire  d'une  observation 
relativement  facile. 

En  résumé,  je  distingue  dans  l'os  deux  catégories  de  fibres  perforantes  : 


968  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

1°  Les  fibres  perforantes  périostales,  ou  fibres  de  Sharpey  des  classiques, 
en  général  plus  épaisses,  et  qui  n'existent  que  dans  les  portions  de  l'os 
résultant  de  l'ossification  fibreuse  (systènie  des  lamelles  fondamentales 
périphériques  et  systèmes  intermédiaires  d'orig'ine  périostique). 

2°  Les  fibres  per forantes  médullaires,  be.jucoup  plus  fines,  en  continuité 
avec  les  minces  fibres  coliagènes  de  la  tfame  conjonctive  de  la  moelle,  et 
que  l'on  rencontre  à  la  surface  de  toutes  les  lamelles  osseuses  qui  sont  au 
contact  de  cette  dernière  (lamelles  périmédullaires  et  lamelles  des  systèmes 
de  Havers). 

Par  conséquent,  dans  toutes  les  parties  de  l'os,  il  existe  des  fibres  perfo- 
rantes qui  pénètrent  la  substance  fondamentale,  où  elles  sont  plus  ou  moins 
calcifiées  et  noyées  dans  l'osséine.  Elles  se  continuent  hors  des  lamelles 
osseuses  avec  les  fibres  coUagènes  qui  entrent  dans  la  constitution  de  la 
trame  des  formations  conjonctives  ambiantes,  c'est-à-dire  du  périoste  en 
dehors  et  de  la  moelle  en  dedans. 


CYTOLOGIE.  —  Sur  la  conjugaison  pai^allèle  des  chromosomes  et  le  mécanisme 
de  la  réduction  chromatique.  Note  de  M.  P.  lîouix,  présentée  par 
M.  Widal. 

Depuis  que  van  Beueden  a  montré  que  les  cellules  sexuelles  mûres  renferment  seu- 
lement la  moitié  du  nombre  de  chromosomes  caractéristique  de  l'espèce,  des 
recherches  extrêmement  nombreuses  ont  été  poursuivies  pour  expliquer  le  mécanisme 
de  ce  phénomène  si  remarquable.  Les  premiers  auteurs  ont  simplement  admis  que  le 
spirème  des  spermatocytes  1  se  partage,  par  divisions  transversales,  en  un  nombre  de 
chromosomes  égal  à  la  moitié  du  nombre  normal.  D'autres,  comme  Montgomery,  con- 
sidèrent que  les  chromosomes,  après  la  dernière  division  des  spermalogonies,  s'ac- 
colent deux  à  deux  et  bout  à  bout,  lis  pensent  qu'une  division  longitudinale  se  produit 
au  début  de  la  phase  d'accroissement  et  détermine  la  genèse  de  tétrades  constituées 
par  deux  chromosomes  fendus  longitudinalement.  Les  divisions  maturatives  séparent 
les  éléments  constitutifs  de  ces  tétrades  et  déterminent  la  réduction  numérique  des 
chromosomes. 

En  face  de  cette  théorie  de  la  conjugaison  bout  à  bout,  s'en  est  établie  une  autre, 
celle  de  la  conjugaison  parallèle,  due  à  de  Winiwarler.  Cet  auteur  admet  que  les 
chromosomes  apparaissent  en  nombre  normal  au  début  de  la  propliase  des  sperma- 
tocytes 1;  ils  s'allongent  en  filaments  très  fins  (lep(otènes),  qui  s'accolent  deux  à  deux 
dans  le  sens  longitudinal  (filaments  diplotènes)  et  qui  se  soudent  pour  former  des 
anses  épaisses  (filaments  pachytènes).  Le  noyau  renferme  ainsi  un  nombre  de  doubles 
chromosomes,  égal  à  la  moitié  du  nombre  normal  ou  somatique.  La  première  mitose 
de   maturation    sépare   les   chromosomes   doubles   en   chromosomes    simples    (mitose 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  I922.  969 

réductionnelle,  mitose  hétérotypique;  la  deuxième  sépare  des  chromosomes  issus  de 
la  fissuration  longitudinale  des  chromosomes  simples  livrés  par  la  première  division 
maturalive  (mitose  équationnelle,  mitose  homéotypique).  La  réduction  s'opérerait 
partout  selon  le  schéma  précédent,  dit  schéma  hétérohoméotypique  par  Grégoire. 

Bien  que  l'accord  ne  soit  pas  complètement  fait,  la  plupart  des  biologistes  acceptent 
la  théorie  de  la  conjugaison  parallèle.  Mais  une  question  se  pose  à  ce  sujet.  Les  chro- 
mosomes qui  s'accouplent  dans  le  sens  longitudinal  sont-ils  les  mêmes  que  ceux 
fournis  aux  spermatocytes  et  aux  ovocytes  par  la  dernière  division  des  spermato- 
gonies  et  des  ovogonie5?Ce  fait  est  important  à  préciser.  En  effet,  outre  la  démonstra- 
tion définitive  du  mécanisme  de  la  réduction,  des  questions  inléressanles  s'y  trouvent 
rattachées,  comme  celle  de  la  continuité  substantielle  des  chromosomes  et  celle  de  la 
pureté  chromosomiale  des  gamètes,  principale  exigence  de  l'hypothèse  mendélienne. 

Dans  tous  les  cas  observés  jusqu'ici,  un  stade  de  repos  nucléaire  s'interpose  entre  la 
dernière  mitose  des  spermatogonies  et  ovogonies  et  la  prophase  des  spermatocytes 
et  ovocytes,  rendant  impossible  toute  réponse  à  la  question  précédente.  A.  et 
K.-E.  Schreiner  ont  toutefois  observé,  chez  Jomopteris  onisciformis  notamment, 
que  le  noyau  des  spermatogonies  ne  présente  pas  un  stade  de  repos  complet.  Les 
chromosomes  spermatogoniaux  se  résolvent  en  un  réseau  chromatique  où  ils  con- 
servent jusqu'à  un  certain  point  leur  individualité;  ils  sont  encore  reconnaissables, 
bien  que  difficilement,  jusqu'à  la  période  de  maturation.  Mais  ce  cas  ne  satisfait  pas 
Meves,  qui  considère  qu'il  existe  chez  Tornopteris,  entre  la  dernière  division  goniale 
et  la  prophase  de  la  première  cinèse  maturative,  une  série  de  stades  pendant  lesquels 
la  distinction  des  chromosomes  est  impossible. 

C'est  un  cas  analogue  à  celui  de  Tomopteris,  mais  d'une  précision  et 
d'une  netteté  convaincantes,  que  j'ai  constaté  dans  la  spermatogenèse  d'w/ï 
Myriapode,  Scolopendra  cingidata. 

Les  spermatogonies,  chez  la  Scolopendre,  se  trouvent  amassées  dans 
l'extrémité  distale  et  filiforme  du  testicule,  La  dernière  division  goniale 
s'arrête  à  la  fin  de  l'anaphase,  les  deux  cellules  filles  restant  réunies  par  le 
résidu  fusorial,  les  chromosomes,  sous  forme  de  bâtonnets  courts  et  trapus, 
demeurant  nets  et  distincts  dans  la  vacuole  nucléaire.  Ils  sont  au  nombre 
de  vingt-quatre,  plus  un  hétérochromosome. 

Ces  chromosomes  s'allongent  peu  à  peu  en  filaments  minces  qui  s'in- 
curvent en  forme  d'anses  longues  et  grêles,  et  qui  orientent  leurs  extré- 
mités libres  vers  la  région  du  cytoplasme  où  se  trouve  le  centrosome.  Ces 
anses  leptotènes  s'accolent  deux  à  deux  suivant  toute  leur  longueur,  se 
raccourcissent- et  donnent  finalement  des  anses  plus  épaisses  où  toute  trace 
de  leur  double  constitution  a  momentanément  disparu.  Ce  sont  les  anses 
pachytènes.  Quand  elles  se  sont  écartées  les  unes  des  autres,  on  peut  cons- 
tater que  leur  nombre  est  réduit  de  moitié;  il  n'est  plus  que  de  douze.  Les 
anses  pachytènes  se  fissurent  ensuite  suivant  leur  longueur  et  forment  des 


97°  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

chromosomes  doubles  qui  s'allongent  à  nouveau,  qui  s'anastomosent  entre 
eux  et  aussi,  mais  moins  étroitement,  avec  les  autres  chromosomes.  La 
chromatine  se  retire  de  ce  double  réseau  et  s'amoncelle  en  gros  amas  que 
Ton  peut  homologuer  aux  «  chromoplastes  »  de  Janssens.  Quand  le  noyau 
va  entrer  en  première  cinèse  maturative,  les  grains  chromatiques  reprennent 
eur  place  sur  les  filaments  achromatiques  anastomosés  et  très  vite  recons- 
tituent des  doubles  chromosomes  qui  ont  la  forme  classique  en  O,  en  G, 
en  Y,  en  X  et  quelquefois  la  forme  de  fausses  tétrades.  La  substance  des 
doubles  chromosomes  se  rassemble  en  deux  bâtonnets  courts  et  trapus  qui 
se  disposent  sur  le  fuseau  l'un  au-dessus  de  l'autre  et  qui  sans  doute  repré- 
sentent chacun  une  moitié  longitudinale  de  l'anse  pachytène,  c'est-à-dire 
une  anse  leptotène  ou  un  chromosome  spermatogonial. 

Les  deux  chromosomes  de  chaque  figure  chromatique  se  séparent  pen- 
dant Tanaphase  de  la  première  mitose  de  maturation.  La  deuxième  se  fait 
par  fissuration  longitudinale  des  chromosomes  simples  livrés  aux  sperma- 
tocytes  de  second  ordre.  On  peut  la  voir  s'indiquer  dès  la  métacinèse  de  la 
première  division  spermatocytaire. 

Conclusion.  —  Chez  la  Scolopendre,  il  n'existe  pas  d'intercinèse  entre  la 
dernière  division  goniale  et  la  prophase  spermatocytaire.  Les  vingt-quatre 
chromosomes  des  spermatogonies  se  transforment  directement  dans  les 
spermatocytes  en  vingt-quatre  filaments  leptotènes,  qui  se  conjuguent  deux 
à  deux,  longitudinalement,  pour  former  douze  anses  pachytènes.  Après  un 
stade  de  repos  nucléaire,  douze  filaments  doubles  réapparaissent  qui  se 
condensent  en  douze  paires  de  chromosomes  en  forme  de  bâtonnets.  Ceux-ci 
se  divisent  longitudinalement  pour  la  deuxième  cinèse  de  maturation.  La 
maturation  se  fait  donc,  dans  cet  objet,  selon  le  schéma  hélérohoméoty- 
pique  et  la  réduction  numérique  des  chromosomes  est  obtenue,  sans  que 
l'observation  présente  aucun  des  doutes  qui  ont  été  élevés  jusqu'ici  sur  la 
réalité  du  phénomène,  par  la  conjugaison  longitudinale  des  chromosomes 
spermatogoniaux. 


PHYSIOLOGIE  PATHOLOGIQUE.  -  A zotémie  et  hyperprotéido glycémie  expéri- 
mentales. Note  de  Mi\L  H.  Dierry,  F.  Rathery  et  F.  Bordet,  présentée 
par  i\L  Roux. 

Ce  qui  frappe  immédiatement  lorsqu'on  étudie  la  glycémie  chez  les  sujets 
atteints  de  néphrite  grave,  c'est  le  chiffre  élevé  du  sucre  protéidique.  Cette 


SÉANCE  DU  3  AVRIL  I922.  97 1 

élévation  anormale  et  durable  du  taux  du  sucre  protéidique,  dont  nous 
avons  signalé  l'existence  ('),  se  rencontre  chez  les  néphrétiques  avec  azo- 
lémie  marquée.  Ainsi  à  Tazotémie  s'ajoute  un  signe  chimique,  insoupçonné, 
qui  porte  cette  fois  non  plus  sur  l'augmentation  d'un  élément  excrémenti- 
tiel,  mais  sur  la  variation  en  quantité  et  en  quahté  d'un  élément  constituant 
du  plasma  sanguin  et,  tout  de  suite,  l'idée  vient  à  l'esprit  de  voir  dans 
r hyper protéido glycémie  du  breightique  l'exact  pendant  de  l' hyperglycémie 
du  diabétique. 

Quelle  valeur  attacher  à  cette  hyperprotéidoglycémie?  Faut-il  y  voir 
simplement  un  syndrome  plasmatique  marchant  de  pair  avec  l'azotémie, 
ou  faut-il  y  chercher  l'indice  d'une  phase  seconde  dans  l'évolution  de  la 
maladie?  En  accord  avec  les  théories  générales  de  Claude  Bernard  rela- 
tives au  «  phénomène  d'organisation  »  et  à  la  «  constance  »  du  milieu 
intérieur,  nous  n'hésitons  pas  à  reconnaître  dans  la  perturbation  perma- 
nente, apportée  sur  un  des  éléments  constituants  du  plasma  sanguin,  le 
stigmate  chimique  qui  révèle  un  trouble  profond  du  métabolisme,  trouble 
que  nous  préciserons  en  publiant  nos  faits  nouveaux  concernant  le  méca- 
nisme même  de  la  production  et  de  la  destruction  du  sucre  protéidique. 

Il  est  logique,  en  effet,  de  penser  qu'un  fonctionnement  rénal  défectueux, 
aussi  bien  en  ce  qui  touche  les  activités  glandulaires  diverses  du  rein,  qu'en 
ce  qui  touche  la  régulation  du  milieu  intérieur  et  son  épuration,  puisse 
avoir  un  ret.entissement  sur  les  divers  organes,  par  suite  sur  les  nutritions 
locales,  et  entraîner  secondairement  des  variations  dans  les  éléments  cons- 
tituants du  plasma;  variations  qui  peuvent  correspondre,  pour  une  part,  à 
des  nécessités  physico-chimiques  d'équilibre. 

Nos  observations  cliniques  et  nos  expériences  faites  dans  le  but  de  disso- 
cier les  deux  syndromes  plasmatiques  :  azotémie  et  hyperprotéidoglycémie, 
viennent  à  l'appui  de  cette  conception.  Nous  avons,  en  effet,  pensé  à  provo- 
quer, chez  le  chien,  l'un  ou  l'autre  phénomène,  ou  bien  les  deux  successi- 
vement en  notant  le  moment  d'apparilion  et  l'intensité  de  l'un  des  deux" 
phénomènes  par  rapport  à  l'autre. 

Nous  donnons  aujourd'hui  les  résultats  relatifs  à  ce  dernier  mode  opéra- 
toire, il  s'agit  de  la  suppression  brusque  et  totale  de  l'excrétion  urinaiie 
par  la  ligature  des  uretères. 

Choix  des  animaux.  —  Etant  donnée  la  fréquence  de  la  néphrite,  chez  le 

(')  Comptes  rendus  Soc.  Biologie,  18  décembre  1920;  Paris  médical,  i3  août  1921. 


972  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

chien,  nous  n'avons  utilisé  que  des  animaux  placés  en  observation,  au 
chenil,  pendant  6  et  i5  jours,  et  présentant  une  glycémie  protéidique 
normale. 

Ligature  des  uretères.  —  La  ligature  était  faite  en  une  seule  séance  ; 
on  utilisait  hi  voie  dorso-lombaire. 

Prises  de  sang  et  dosages.  —  Dans  certaines  expériences  nous  n'avons  fait 
que  deux  prises  de  sang,  une  avant  ropération,  l'autre  précédant  un  peu  la 
mort  de  l'animal  ;  dans  d'autres  expériences  nous  avons  pratiqué  trois  à  quatre 
saignées.  Nous  nous  sommes  assurés  que  de  telles  saignées  n'avaient  pas  de 
répercussion  sensible  sur  le  taux  du  sucre  protéidique.  Les  analyses  ont 
porté  sur  le ^/«5m<^/  artériel;  nous  avons  déterminé  :  l'eau,  l'urée,  le  sucre 
libre  et  le  sucre  protéidique,  les  diverses  protéines  et  l'azote  de  ces  pro- 
téines. 

Les  dosages  de  sucre  ont  été  faits  en  suivant  les  techniques  indiquées  par 
l'un  de  nous  avec  P.  Portier  et  L.  Fandard,  adaptées  à  de  petites  quantités 
de  plasma.  La  méthode  d'évaluation  des  protéines  fera  l'objet  d'une  Com- 
munication ultérieure. 

Voici,  à  titre  d'exemple,  les  chiffres  d'urée,  de  sucre  libre,  de  sucre  pro- 
téidique, d'azote  des  protéines  globales,  fournis  par  deux  de  nos  expériences  ; 
ces  chiffres  sont  rapportés  à  1000"°^'  d'eau,  pour  le  plasma  artériel  : 

Plasma  artériel  pour  1000™'  d'eau 

N 
Sucre  des  protéines 

Urée.  Sucre  libre.       protéidique.  totales. 

Chien  IV  : 

?  s  R  K 

Avant  ligature  des  uretères.  ..  .        o,54  i,33  ',46  9'/^ 

3o  heures  après  ligature i  jQ^  ^  i^~  i,85  8,28 

Chien    VI: 

Avant  ligature o,56  i  ,o3  1,12  9,62 

2/4  heures  aj3rè- 3 ,38  i  ,23  i  ,82  » 

48  heures  après 3,70  i  ,33  2,04  » 

3  jours  après 4  )4t)  i  ,42  2,07  9,55 

Conclusion.  —  A  la  suite  de  la  suppression  brusque,  chez  le  chien,  de 
l'excrétion  urinaire  ne  permettant  une  survie  que  de  2  ou  3  jours,  l'éléva- 
tion du  taux  du  sucre  protéidique  dans  le  plasma  sanguin  est,  parallèlement  à 
celle  du  taux  de  l'urée,  moins  rapide  et  moins  intense.  Jamais  nous  n'avons 
pu  observer,  chez  nos  animaux,  des  chiffres  de  sucre  protéidique  compa- 


^<^' 


SÉANCE   DU   3   AVRIL    I922.  973 

rables  à  ceux  que  nous  avons  signalés  chez  les  breightiques  ('),  chiffres 
pouvant  dépasser  trois  fois  le  chiffre  du  sucre  protéidique  rencontré  chez 
l'homme  normal. 

Ceci  vient  à  Tappui  de  cette  idée,  que  si  l'azotémie  est  le  témoin  d'une 
élimination  rénale  défectueuse,  comme  l'a  montré  Widal,  l'hyperprotéido- 
glycémie  est  bien  le  stigmate  plasmatique  qui  révèle  un  trouble  progressi- 
vement amené  et  profond  du  métabolisme. 


MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  —  Sur  un  type  d'arthrite  fréquemment  observé 
chez  les  cobayes  infectés  par  le  Micrococcus  melitensis.  Note  de 
M.  Et.  Burnet,  présentée  par  M.  Roux. 

L'arthrite  est  avec  l'orchi-épididymite  la  complication  la  plus  caracté- 
ristique de  la  fièvre  méditerranéenne  chez  l'homme.  Si  intéressant  qu'il 
soit  de  déterminer  sa  cause  des  manifestations  articulaires  dans  les  maladies 
infectieuses,  ces  arthrites  ont  été  peu  étudiées.  Les  traités  signalent  chez 
l'homme  deux  cas  seulement  où  le  Micrococcus  melitensis  a  été  mis  en 
évidence  dans  l'exsudat  articulaire. 

Si,  malgré  les  expériences  déjà  anciennes  de  l'Institut  Pasteur  de 
Tunis  (-),  l'on  ne  s'était  pas  habitué  à  considérer  le  cobaye,  comme  un 
médiocre  animal  d'expérience  pour  l'étude  de  la  fièvre  méditerranéenne, 
on  aurait  pu  observer  chez  lui,  sous  l'action  du  melitensis^  des  arthrites 
fréquentes,  multiples,  graves,  accompagnées  d'ostéite,  et  dont  il  est  facile 
de  mettre  la  cause  en  évidence. 

Sur  une  centaine  de  cobayes  infectés,  depuis  dix-douze  semaines,  de 
M.  melitensis^  soit  par  inoculation  sous-cutanée,  soit  par  ingestion,  nous 
en  avons  trouvé  vingt  qui  étaient  atteints  de  cette  complication. 

Un  présentait  une  arthrite  d'un  genou  ;  un,  d'un  genou  et  d'une  articu- 
lation sterno-costale  ;  un,  d'un  genou  et  d'un  poignet;  un,  des  deux 
poignets  et  de  cinq  articulations  sterno-costales  et  chondrosternales,  avec, 
en  plus,  des  abcès  multiples  à  melitensis  dans  la  corne  gauche  de  l'utérus  ; 


(')  Le  taux  des  protéines  globales  du  plasma  des  breightiques  (  évaluées  en  azote  et 
rapportées  à  looo'^"'  d'eau  pour  le  plasma  veineux)  s'est  montré  voisin  de  la  normale 
dans  certains  cas,  dans  d'autres  nettement  inférieur. 

C^)  Ce.  NicoLLE  et  Conseil,  Le  cobaye  animal  réactif  de  la  fièvre  méditerranéenne 
(Archives  de  Vlnslitul  Pasteur  de  Tunis,  1910,  fasc.  3). 


«o   o 


974  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

les  seize  autres,  de  l'arthrite  d'un  ou  (en  nombre  à  peu  près  égal)  des  deux 
poignets. 

L'arthrite  saute  aux  yeux  ;  le  genou  est  triplé  de  volume  ;  les  poignets 
sont  arrondis  et  les  pattes  antérieures  ont  pris  l'aspect  de  baguettes  de 
tambour.  Les  parties  molles  périarticulaires  sont  œdématiées.  Sous  une 
pression  même  modérée,  l'animal  pousse  des  cris:  ces  arthrites  sont 
toujours  douloureuses. 

Sur  la  radiographie,  elles  apparaissent  comme  des  arthrites  vraies, 
surtout  celles  du  genou,  plus  faciles  à  examiner  à  cause  de  leur  volume.  La 
substance  osseuse  est  raréfiée  et  décalcifiée;  l'image  plus  claire  contraste 
avec  l'image  opa:{ue  de  l'os  sain.  Les  surfaces  articulaires  ont  perdu  leur 
netteté.  De  plus,  le  fémur,  et  le  tibia  sur  presque  toute  sa  longueur,  offrent 
des  lésions  d'une  ostéo-myélite. 

Les  coupes  histologiques  s'accordent  avec  l'image  radiographique  :  on  y 
voit  les  lésions  d'une  violente  ostéo-myélite,  avec  destruction  de  l'os  et  pro- 
pagation aux  surfaces  articulaires  et  aux  parties  molles  périarticulaires. 

Rien  de  plus  facile  que  de  mettre  en  évidence,  dans  ces  arthrites,  le 
M.  melitensis.  Il  n'y  a  qu'à  piquer  avec  une  pipette  l'articulation,  qui  se 
laisse  pénétrer  aisément,  et  à  ensemencer  la  gouttelette  de  sérosité  que  l'on 
aspire;  ou  à  trancher  l'articulation  et  à  faire  un  prélèvement  par  grattage. 
Sur  12  ensemencements  (2  du  genou,  2  d'abcès  costaux,  8  de  poignets), 
10  ont  donné  des  cultures  plus  ou  moins  abondantes  de  rnelitensis.  Les  deux 
cas  négatifs  concernent  un  poignet  (l'ensemencement  avait  été  très  maigre) 
et  un  cas  de  lésions  costales  où  le  pus  était  secondairement  infecté  de  sta- 
phylocoques et  de  colibacilles. 

Sur  75  cobayes  témoins  (t4  cobayes  tuberculeux  et  61  cobayes  ne'ufs), 
I  était  porteur  au  poignet  d'un  petit  abcès  juxta-articulaire  causé  par  une 
blessure  banale;  2  avaient  à  un  poignet  une  arthrite  tout  à  fait  pareille  aux 
arthrites  à  rnelitensis.  Or  le  sang  de  ces  deux  cobayes  a  été  trouvé  aggluti- 
nant pour  le  rnelitensis  (à  ^  et  ^);  le  rnelitensis  a  été  isolé  de  leurs  gan- 
glions inguinaux,  et  l'arthrite  de  l'un  d'eux  a  donné  aussi  une  culture  de 
rnelitensis.  Ces  deux  cobayes  avaient  été  infectés,  soit  dans  leur  élevage 
d'origine  comme  le  fait  a  déjà  été  signalé  ('),  soit  chez  nous  par  contagion 
indirecte.  En  somme,  sur  78  cobayes  témoins,  il  n'existait  pas  un  seul  cas 
d'arthrite,  alors  qu'il  y  en  avait  chez  20  pour  100  des  cobayes  infectés  de 
M.  rnelitensis. 

(')  Charles  Nicolle  et  E._Coivseil,  loc.  cil. 


SÉANCE   DU   3   AVRIL    I922.  975 

Ces  faits  mettent  hors  de  doute  Texistencc  d'arthrites  et  d'ostéites  à 
mclitensis  et  expliquent  la  fréquence  des  complications  analogues  dans  la 
fièvre  méditerranéenne  de  l'homme. 

Puisque,  chez  le  cobaye  infecté,  le  M.  melùensù  esi  toujours  présent  dans 
la  moelle  des  os  longs,  il  faut  penser,  chez  la  chèvre  et  chez  l'homme 
infectés,  à  la  moelle  osseuse  comme  l'un  des  «  gîtes  microbiens  »  dans  les 
périodes  où  \q  mclitensis  est  absent  du  lait  et  du  sang,  et  où,  de  ce  fait,  il 
n'existe  pas  d'autre  preuve  de  Tinfcction  qu'une  réaction  agglutinante  et 
une  intradermoréaction  positives. 


La  séance  est  levée  à  16  heures  et  demie. 

É.  P. 


ERRATA. 


(Séance  du  27  mars   1922.) 

Note  de  M.  Ch.  Lallemand,  Sur  le  salaire  parabolique  : 

Page  849,  ligne  2,  au  lieu  de  H-  (dans  la  formule),  lire  H;  ligne  i5,  au  lieu  de  K, 
lire  k;  lignes  j8,  19  et  20,  au  lieu  de  «  celle  formule  où  figurent,  en  fait,  onze  va- 
riables, savoir  :  six  données,  L,  !V,  R,  A,  v,  p,  et  cinq  inconnues,  les  salaires  — 
d'avant-guerre  —  des  trois  classes  de  porte-mires  et  les  primes  des  deux  classes 
d'opérateurs  »,  lire  «  cette  formule  où  figurent,  en  fait,  huit  variables,  savoir  :  sept 
données,  L,  X,  N,  v,  R,  p  et  A",  plus  une  inconnue,  le  salaire  —  d'avant-guerre  —  de 
chacune  des  trois  classes  de  porte-mires  ou  la  prime  correspondante  de  l'une  des  deii-v 
classes  d'opérateurs.  » 


97^  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 


Ouvrages  reçus  dans  les  séances  de  mars  1922. 

Diagnostic  chimique,  microscopique  et  parasilologique,  par  L.  Guiart  et  L.  Grim- 
BERT.  Paris,  J.  Lamarre,  1922;  i  vol.  i8''™,5.  (Présenté  par  M.  L.  Guignard.) 

Études  expérimentales  de  Technologie  industrielle;  60*  Mémoire  :  Essai  méca- 
nique des  fils  d'acier,  par  Gh.  Fremont.  Paris,  chez  l'auteur,  1921;  i  fasc.  27<=™. 
(Présenté  par  M.  Lecornu.) 

La  théorie  et  la  pratique  des  radiocommunications  ;  tome  II  :  La  propagation 
des  ondes  électromagnétiques  à  la  surface  de  la  Terre,  par  Léon  Bouthillon.  Paris, 
Delagrave,  1921;  i  vol.  25"^^.  (Présenté  par  M.  Blondel.) 

Ministère  de  la  Guerre.  Commission  A.  L.  V.  F.  Tables  de  Balistique  extérieure  ; 
tome  II  :  Notations  et  unités.  Introduction.  Avertissement.  Exemples  d'emploi. 
Tables  de  portées.  Tables  des  coefficients  de  la  formule  d'interpolation  des  portées. 
Tables  des  variations  de  la  portée  et  de  la  dérivation;  —  tome  II  :  Tables  des  durées 
de  trajet.  Tables  des  vitesses  restantes.  Tables  des  angles  de  chute;  —  tome  III  : 
Tables  des  abscisses  du  sommet.  Tables  des  ordonnées  du  sommet.  Table  de  correc- 
tion à  la  loi  exponentielle  de  la  densité  de  l'air  {d'après  le  professeur  Gamba). 
Paris,  1921;  3  voL  lithographies  Sô*"™. 

Les  ingénieurs  et  la  guerre.  La  mobilisation  technique  et  scientifique,  par  Albert 
Ranc.  Paris,  Etienne  Chiron,  1922;  i  vol.  20"^™.  (Présenté  par  M.  J.-L.  Breton.) 

Flore  complète  illustrée  en  couleurs  de  France  {Alsace  et  Lorraine  comprises), 
Suisse  et  Belgique,  par  Gaston  Bonnier.  Tome  V.  Paris,  Orlhac;  s.  d.,  i,vol.  en 
feuilles,  34''"'. 

Observations  and  Experiments  on  the  Occurence  of  Spark  Lines  {Enhanced 
Lines)  in  the  Arc.  Part  I  :  Lead  and  Tin,  par  G. -A.  Himsalech  et  A.  d  Gramont. 
Extrait  de  Philosophical  Magazine,  6^  série,  vol.  43,  11°  254,  février  1922,  Londres. 

L'outillage  de  l'industrie  chimique,  agricole  et  alimentaire,  par  L.  Lindet.  Paris, 
Léon  Eyrolles,  1922;  i  vol.  25*"™. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU   LUNDI    10   AVRIL    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  COMMUNICATIONS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 


M.  le  Président  annonce  à  F  Académie  qu'en  raison  des  fêtes  de  Pâques, 
la  prochaine  séance  hebdomadaire  aura  lieu  le  mardi  i8  avril  au  lieu  du 
lundi  17. 


M.  le  Président  souhaite  la  bienvenue  à  M.  Hisasiii  Ki.mura,  Rigahilia- 
liuslii,  directeur  de  l'Observatoire  de  Latitude  de  Mizusawa,  et  à 
M.  Alphonse  Dejioulin,  professeur  à  l'Université  de  Gand,  Membre  de 
l'Académie  royale  de  Belgique. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Dèft.ni'lîoii  arithmétique  d'une  distribution  de 
masses  s  étendant  à  V infini  et  quasi  périodique,  avec  une  densité  moyenne 
nulle.  Note  de  M.  Emile  Borel. 

Les  conférences  faites  la  semaine  dernière  par  M<  Albert  Einstein  au 
Collège  de  France  ont  attiré  à  nouveau  l'attention  sur  le  problème  de 
l'Univers  fini  ou  infini.  Les  cosmogonies  dans  lesquelles  la  place  particulière 
que  nous  occupons  se  distingue  intrinsèquement  des  autres  régions  de 
l'Univers  ont  quelque  chose  de  peu  satisfaisant;  d'autre  part,  bien  des  objec- 
tions peuvent  être  élevées  contre  un  Univers  sensiblement  homogène,  dans 
lequel  la  densité  moyenne  de  la  matière  serait  supérieure  à  un  nombre  fixe; 
dans  la  théorie  d'Einstein,  un  tel  Univers  ne  peut  être  infini,  en  raison  de 
la  courbure  due  à  la  gravitation.  D'autre  part,  du  fait  que  l'Univers  n'est 
pas  infini,  doit-on  en  conclure  qu'il  se  ferme  sur  lui-même,  sans  recoupe- 
ments et  sans  singularités?  Ce  que  nous  savons  du  problème  de  la  défor- 

C    R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  15.)  '  70 


978  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

mation  des  surfaces,  même  dans  les  cas  les  plus  simples,  fait  soupçonner 
toutes  les  difficultés  d'une  telle  question. 

Il  me  semble  qu'il  est  possible  de  concevoir  un  Univers  infini  dont  la 
structure  ne  donne  lieu  à  aucune  de  ces  deux  objections;  voici  le  principe 
arithmétique  simple  qui  permet  démettre  en  évidence  les  propriétés  essen- 
tielles d'une  belle  structure  (  ^  ). 

Considérons  tous  les  entiers  positifs  ou  négatifs  qui,  dans  le  système 
décimal,  s'écrivent  avec  les  seuls  chiffres  o  et  i,  ils  forment  une  suite  (a) 
qui  s'étend  de  —  co  à  -h  co  : 

(  ...,     — III,    — 110,'  — 101,     — 100,     — II,     — 10, 

(a)  ') 

(  — I,      10,     II,      100,      loi,      110,      III,      1000,      .... 

Il  est  clair  que  le  nombre  des  entiers  de  la  suite  (a)  ayant  moins  de  n 
chiffres  est  égal  à  2"  —  i  ;  le  plus  petit  des  intervalles  qui  contient  ces  entiers 

(de  moins  de  n  chiffres)  est  égal  à  -(10"—  i);  la  densité  moyenne  de  ces 

entiers  dans  cet  intervalle  est  donc  -  ^ et  est  par  suite  inférieure  à  (  77  )      ; 

2  10"—  I  ^  \5/ 

cette  densité  tend  très  rapidement  vers  zéro  lorsque  n  augmente  indéfini- 
ment. La  densité  moyenne  des  points  qui  représenteraient,  sur  un  axe  Oa?, 
les  nombres  de  la  suite  (a)  est  donc  nulle,  lorsque  l'on  considère  l'axe  Ox 
tout  entier. 

Néanmoins,  chacun  de  ces  points  représentatifs  est  tel  qu'il  y  a  sur  Oa?, 
au  moins  d'un  coté,  des  points  qui  en  sont  voisins  ;  d'une  manière  plus  pré- 
cise, il  y  a  un  point  dont  la  distance  au  point  donné  est  au  plus  égale  à  i, 
au  moins  3  dont  la  distance  est  au  plus  égale  à  1 1 ,  au  moins  7  dont  la  dis- 
tance est  au  plus  égale  à  1 1 1,  etc.  On  constate  donc  que  si  certains  de  ces 
points  sont,  de  l'un  des  deux  cotés,  contigus  à  un  grand  intervalle  vide,  ils 
se  rattachent  du  moins  de  l'autre  côté  à  une  région  dont  la  structure  est 
sensiblement  la  même  quelque  soit  le  point  choisi.  Ceci  peut  encore  être 
précisé  ;  portons  d'un  point  A  correspondant,  par  exemple,  au  nombre 
10  100  loi  et  désignons  par  B  le  point  obtenu  en  ajoutant  à  l'abscisse  de  A 
une  puissance  élevée  de  10,  par  exemple  10''^  et  par  B'  le  point  dont  l'ab- 
scisse est  opposée  à  celle  de  B  ;  les  points  B  et  B'  sont  aussi  éloignés  que  l'on 

(*)  On  lrou\'era  dans  une  iNote  intéressante  de  M.  C.  V.  L.  Ciiarliek  [How  an  infi- 
nité world  may  be  built  up  {Arkivfor  Matemalik,  etc.,  t.  16)]  des  précisions  numé- 
riques et  des  évaluations  de  statistique  sleliaire.  Mais  le  savant  directeur  de  l'Obser- 
vatoire de  Lund  se  place  à  un  point  de  vue  plus  concret  que  le  nôtre. 


SÉANCE   DU    lO   AVRIL    19^2.  979 

veut  de  A  et  la  structure  dans  leur  voisinage  est  tout  à  fait  semblable  à  la 
structure  dans  le  voisinage  de  A.  C'est  là  un  caractère  très  net  de  quàsi- 
périodicité  de  la  suite. 

Le  nombre  zéro  joue  dans  la  suite  un  rôle  spécial  (  '  )  ;  enfait,  dans  le  voi- 
sinage de  zéro,  les  étendues  dont  la  densité  est  très  faible  sont,  quelque 
sens  que  l'on  attache  aux  mots  très  faible j  sensiblement  doubles  des  éten- 
dues analogues  obtenues  par  une  translation  suffisamment  éloignée.  La 
suite  est  néanmoins  quasi  homogène  si  Ton  se  place  pour  définir  l'homogé- 
néité, non  en  un  point  arbitrairement  choisi  de  la  droite  (point  qui  tombe- 
rait avec  une  probabilité  égale  à  l'unité  dans  un  grand  espace  vide),  mais 
en  l'un  des  points  définis  par  la  suite  (a). 

Cette  construction  s'étend  à  un  nombre  quelconque  de  dimensions;  il 
suffit  de  considérer  les  points  dont  toutes  les  coordonnées  cartésiennes  sont 
des  nombres  de  la  suite  (a). 

Les  considérations  précédentes  n'ont  pas  d'autre  but  que  de  rendre  for- 
mellement intelligible  un  univers  infini,  sous  une  forme  ([ui  est  simple  au 
point  de  vue  purement  mathématique  et  ([ui  n'implique  aucun  anthropo- 
centrisme peu  satisfaisant  au  point  de-  vue  philosophique.  Il  resterait  à  voir 
si  cette  conception  peut  être  adaptée,  sans  de  trop  grandes  complications, 
aux  conditions  aux  limites  à  l'infini,  qu'entraîne  la  théorie  de  la  relativité 
généralisée.  S'il  n'en  était  pas  ainsi,  Thypothèse  de  l'univers  infini  resterait 
possible,  mais  l'hypothèse  de  l'univers  fini  serait  plus  commode,  au  sens  où 
Poincaré  disait  que  l'hypothèse  héliocentri(jue  est  plus  commode  que  Thy- 
pothèse  géocentrique. 


En  présentant  son  second  Mémoire  (-)  Sur  T approximation  des  fondions 
de  grands  nombres,  publié  dans  le  Tome  57  des  Mémoires  de  l' Académie, 
M.  Maurice  Hamy  s'exprime  de  la  façon  suivante  : 

Nécessité  par  des  recherches  en  cours  sur  la  diffraction  des  images  des 
astres  circulaires  de  grands  diamètres,  dans  les  instruments  astrono- 
miques (*),  le  présent  Mémoire  se  rapporte  à  la  formation  du  dévelop- 

(')  C'est  là  un  fait  qui  mériterait  d'èlre  approfondi  au  point  de  vue  de  la  ihéoriedes 
ensembles,  mais  qui  importe  peu  ici. 

(2)  Le  premier  Mémoire  a  été  publié  dans  le  Journal  de  Mathématiques  pures  et 
appliquées,  1908. 

(*)  Suite  aux  Mémoires  déjà  publiés  sur  la  question  {Ibid,^  1917  et  1920). 


980  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

pement  asymptotiqiie   de    l'intégrale       f(z)o"(z)dz,   où   n  désigne   un 

nombre  élevé,  lorsque  o(z)  représente  E'-"  ou  E~'',  E  étant  la  base  des 
logarithmes  népériens.  La  loi  de  succession  des  termes  du  développement, 
inabordable  dans  le  cas  général,  se  présente  alors  sous  forme  simple. 
L'expression  fournissant  la  valeur  de  Fintégrale  est  liée  à  la  disposition  du 
contour  d'intégration,  par  rapport  à  certains  points  du  plan  de  la  variable  z, 
comme  je  Tai  expliqué  dans  une  Note  antérieure  (').  J'ajoute  que,  dans  cer- 
tains cas,  très  importants  à  considérer  au  point  de  vue  des  applications, 
j'indique  la  marche  à  suivre,  pour  trouver  une  limite  supérieure  de  l'erreur 
commise,  en  s'arrêtant  à  un  terme  de  rang  déterminé,  dans  le  dévelop- 
pement. 

AXALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Une  application  de  la  théorie 
des  équations  intégrales.  Note  de  M.  Ivar  Frediiolm. 

Soit  4>(^)  une  fonction  rationnelle  telle  que  le  demi-plan  supérieur  des  s 
soit  conformément  représenté  sur  un  domaine  fini  D  dans  le  plan  des  u  par 
la  relation  u^^{s).  Considérons  l'équation  intégrale  linéaire  correspon- 
dant au  problème  de  Dirichlet  pour  le  domaine  D.  Cette  équation  s'écrit 

(1)  9(0  +  >^/      ,f{l,s)o{s)ds  =  a{l), 

OÙ 

f(t,s)z=:   .    —log,^^-^ ^^-, 

277^    Os  (D(.ç)_$(^) 

^{s)  étant  la  fonction  rationnelle  qu'on  obtient  en  changeant  le  signe  de  i 
dans  tous  les  coefficients  de  ^{s).  11  s'agit  d'abord  de  calculer  les  noyaux 
itérés.  Cela  peut  se  faire  de  la  manière  suivante.  La  fonction  $(,y)  étant 
supposée  du  degré  71  prend  chaque  valeur  n  fois  et  l'on  peut  diviser  le  plan 
des  s  en  n  parties  que  j'appelle  domaines  élémentaires,  de  sorte  que,  dans 
chaque  domaine  élémentaire,  ^{s)  prend  chaque  valeur  une  seule  fois.  Des 
hypothèses  faites  sur  <^(s),  il  s'ensuit  que  le  demi-plan  supérieur  des  ^  se 
trouve  à  l'intérieur  d'un  des  domaines  élémentaires,  soit  £„.  Le  pôle  a 
de  <I^(.y  )  dans  s^  est  négativement  imaginaire.  On  trouve  maintenant  que  les 
noyaux  itérés   de  l'équation  (i)  sont  des  fonctions  rationnelles  que  l'on 

(')  Comptes  rendus,  t,  172,  19.ii. 


SÉANCE  DU  lO  AVRIL  1922.  981 

obtient  de  la  manière  suivante.  L'équation  *lHu)  =  ^(v  )  a  n  racines 

a  =  s,  u\(5),  ...,  «r,_,(.o, 

où  les  ^F  représentent  des  fonctions  algébriques  formant  un  groupe.  De 
même  l'équation  0(w)  =  ^(s)  a  les  n  racines 

OÙ  les  M"  représentent  un  groupe.  En  considérant  maintenant  les  noyaux 
itérés  /r(t,  s)  comme  fonctions  de  s  leurs  pôles  sont  en  partie  vaiiables  avec  t 
et  en  partie  des  constantes.  Les  pôles  variables  s'obtiennent  en  appliquant 
à  t  successivement  les  transformations  U'  et  W,  et  les  pôles  constants  s'ob- 
tiennent en  opérant  de  la  même  manière  sur  a  et  sa  quantité  conjuguée  a. 
Après  un  calcul  facile,  mais  trop  long  pour  trouver  place  ici,  on  trouve  les 
expressions  suivantes  pour  les  noyaux  itérés.  Posons  pour  abréger 

9,jt,s)=  y u — , 

'1.  ••■>'.•      ' 

il.  ■■■,'t,  ' 

où  les  indices  «',,  «..,  ...,  i\j  parcourent  indépendamment  l'un  de  Taulre  les 
valeurs  i,  . . .,  /^  —  i.  Alors  on  a,  si  /•  est  pair, 

2r.ifr{t,s)=Tîr{l,s)-iXit,s)+^[U,(â,s)-il,ia,s)\-S^[Uj^>,s)^i^^^^^^^ 
et  si  r  est  impair 

;■  7—1 

2r.iMl,  s)  =  -Tîr{t,  s)+ilrU,  S) -\-^lTÏ,{a,  s)-  il,ia,  s)]  _^[ô,^(«,  s)  -  <>,(«.  s)] 

V  =  0  V  =  1 

Par  les  recherches  sur  l'application  des  équations  intégrales  au  problème 
de  Dirichlet,  on  sait  que  /,.(/,  s)  tend  vers  une  limite  w(y)  quand  r  croît 
intiniment  et  que  cette  fonction  nous  donne  la  densité  de  l'électricité  en 
équilibre  sur  un  cylindre  dont  la  section  est  D,  de  sorte  qu'en  appelant  7  la 
longueur  de  l'arc  de  la  directrice  du  cylindre  et  c(a)  la  densité  de  l'élec- 
tricité en  équilibre,  on  a 


9^2  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Du  fait  que  co(.v)  satisfait  à  l'équation 

m{s):=  M{t)f,.{t,  S)dt, 

on  pcul  tirer  la  conclusion  que  ^0(5)  est  une  fonction  uniforme  ne  présen- 
tant pas  d'autres  singularités  que  des  pôles  et  leurs  points-limites. 

Ces  pôles  s'obtiennent  en  appliquant  aux  points  a,  a  toutes  les  transfor- 
mations appartenant  au  groupe  dont  les  transformations  fondamentales 
sont  les  ^F  et  les  W.  Ce  j^roblème  électrostatique  étant  ainsi  résolu,  on  peut 
immédiatement  trouver  la  fonction  F(//)  qui  représente  conformément 
l'extérieur  du  domaine  D  sur  un  cercle.  On  trouve,  en  désignant  par  o(s)  la 
fonction  dont  oj(^  )  est  la  dérivée  logarithmique,  le  résultat 

9(5)=F[<D(.0]. 

De  l'expression  analytique  de  9(^),  qui  découle  facilement  des  expres- 
sions des  noyaux  itérés  données  plus  haut,  on  peut  conclure  que  cp(\y)  jouit 
de  la  propriété  intéressarité  de  se  reproduire  par  toutes  les  substitutions  du 
groupe  formé  par  les  W  et  les  W.  Cette  propriété  peut  aussi  être  démontrée 
en  partant  du  fait  que  F(/^)  réalise  la  représentation  conforme  mentionnée 
plus  haut  et  en  utilisant  les  méthodes  de  Schwartz. 


CHRONOMÉTRIE.  —  Les  problèmes  mécaniques  des  ressorts  réglants. 
Note  de  M.  Jules  Andrade. 

Je  conserve  dans  cette  Note  le  numérotage  des  paragraphes  et  les  nota- 
tions de  ma  dernière  Note;  dans  celle-ci  (i3  mars  1922)  je  posais  le  pro- 
blème de  la  détermination  du  doublet  de  spiraux  le  plus  propice  à  la  réali- 
sation de  l'isochronisme,  en  ayant  égard  aux  divers  frottements  résiduels 
d'un  balancier  réglant  rigide  et  en  nous  efTorçant  de  maintenir  ces  pertur- 
bations dans  un  domaine  d'approximation  comparable  à  celui  que  l'on  peut 
atteindre  dans  la  régularité  du  moment  statique  transmis  au  balancier  par 
ses  ressorts  réglants;  on  sait  d'ailleurs  que  cette  dernière  approximation 
avec  des  spiraux  de  17  tours  peut  dépasser  le  millionième. 

VJ.  Les  frottements  comportent  : 

1°  Sur  la  tète  du  pivot,  le  frottement  né  d'une  pression  génératrice  dont  la 


SÉANCE   DU    lO   AVRIL    I922.  988 

partie  principale  est  le  poids  B  du  balancier,  mais  cette  pression  principale 
est,  tour  à  tour,  renforcée  ou  afTaiblie  par  une  pression  longitudinale  due  à 
l'élasticité  des  deux  spiraux  réglants  associés. 

2"  Les  frottements  dus  à  l'ensemble  des  pressions  complémentaires  trans- 
verses exercées  par  les  spiraux  sur  les  viroles  du  balancier;  ces  frottements, 
par  un  appui  latéral,  s'exercent  surtout  sur  la  petite  circonférence  d' ébats  àe. 
Tappui  supérieur  transverse  de  l'axe  du  balancier. 

3°  Enfin,  les  frottements  latéraux  dus  à  un  petit  écart  transverse  du 
centre  de  gravité  variable  du  système  des  deux  spiraux  et  accidentellement 
à  un  décentrage  du  balancier. 

J'étudierai  dans  cette  Note  les  deux  premiers  frottements,  après  avoir 
tout  d'abord  précisé  le  doublet  que  nous  voulojis  étudier. 

VII.  Les  spiraux  cylindriques  ici  associés  sont  à  enroulements  symé- 
triques, de  même  matière  et  de  même  section  et  â^étendues  angulaires  presque 
égales. 

Ces  spiraux  s'attachent  très  sensiblement  à  une  virole  commune  du 
balancier.  P^  désignant  le  nombre  2Kt:,  où  K  est  l'un  des  entiers  i3,  i4, 
1 5,  16  et  17  ;  l'étendue  angulaire  P  du  premier  spiral  sera 

■  T'  "^  r,     f  ' 

2kTC OU  encore  r,,    i  —  -rrr 

2  \         4IV 

tandis  que  l'étendue  angulaire  analogue  P'  du  deuxième  spiral  sera. 

'  -^Kr.  +  l        ou         n('+4^ 

Dès  lors,  les  deux  pitons  Q  et  Q'  sont  dans  deux  azimuts  opposés  à 
l'égard  de  l'axe  du  balancier. 

Ces  spiraux  travaillent  dans  le  même  sens;  mais,  comme  P'  —  P  =7:,  la 
régularité  du  moment  statique  transmis  par  ces  spiraux  au  balancier  sef^ 
réalisée  à  Tordre  relatif  de  t^>  comme  le  montrera  l'emploi  de  la  formule  (2) 
de  ma  dernière  Note  aux  deux  spiraux  ci-dessus  définis.  Il  nous  reste  à  éva- 
luer les  frottements. 

L'écart  actuel  u  du  balancier  à  son  point  mort  sera  compté  positif  dans  le 
sens  où  nos  deux  spiraux  se  ferment  ensemble;  sur  le  plan  transverse  de  la 
virole  commune  W,  projetons  les  deux  pitons  respectivement  en  Q,  piton 
du  premier  spiral,  et  en  Q,  piton  du  deuxième  spiral. 

L'attraction  transverse  de  la  virole  due  au  premier  spiral,  dirigée  suivant 
le  vecteur  WQ,,  et  l'attraction  de  la  même  virole  due  au  deuxième  spiral, 


984  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

dirigée  suivant  le  vecteur  W(^2i  respectivement  déduites  des  formules  (i) 
de  ma  première  Note,  seront 


F.=: 


2  El  II 


(3)    { 


^^^^K'-^t 


1  -H 


SIM  dJi 


F.>  = 


oVAu 


IV- 


I 


I  -f- 


I 

sin  w.> 


■^-I'-^^k) 


WQ, 


OJi 


3=Pr 


-h  - 
2 


VI [I.  Si  les  spiraux  avaient  des  étendues  angulaires  égales,  les  pressions 
longitudinales  sur  la  virole  commune  s^ équilibreraient  par  raison  de  symétrie. 
Pour  évaluer,  sinon  la  valeur  exacte,  du  moins  Vordre  de  la  résultante  des 
deux*pressioiis  longitudinales  des  deux  spiraux,  il  sera  permis  d'adopler, 
pour  Tévaluation  de  ces  deux  pressions,  Thypothèse  dite  «  des  techniciens  », 
mentionnée  dans  mon  petit  Volume  sur  les  organes  réglants.  Si,  par 
exemple,  le  premier  s|iiral  est  situé  le  plus  bas,  les  pressions  longitudijiales 
évaluées  dans  le  sens  de  la  verlicalc  descendante  seront  respeclivemenl 


(4: 


Il  et  h"  désignent  dans  ces  formules  les  valeurs  sensiblement  égales,  des  dis- 
tances des  deux  pitons  au-dessus  du  plan  transverse  de  la  virole  W. 
La  pression  longitudinale  est  alors  sensiblement 

B  +  H.+  H,, 
et  Ton  a  sensiblement 

/  - .  , ,         , ,         Il  iVA  a  r  //        2  u  cos  a 

le  moment  du  IVoUement  sur  la  tète  du  pivot  sera  donc,  avec  un  rayon 
moyen  p  de  la  base  du  pivol  et  avec  un  coefficient/  de  frottement, 


(i^  +  H,  +  n,)p/s, 


>dii\ 


formule  oii  s  dési| 

3ur  : 
IX.  Analysons  maintenant  la  résultante  des  pressions  élastiques  trans- 


ie on  £  désigne  sgnl  -p  jj  en  adoplant  la  nolalion  sgn«  pour  repre 
senler  un  facteur  =b  1 ,  mais  du  signe  de  a. 


SÉANCE  DU  lO  AVRIL  1922.  98$ 

verses  F,  et  F...  Celte  résultante,  appliquée  à  la  virole  commune  du  balan- 
cier, se  décompose  : 

i"  En  une  attraction  centripète  de  la  virole,  par  Taxe  du   balancier  et 
dont  la  valeur  $  est 


(6)  <i>  = 


2°   En  une  pression  parallèle  au  diamètre  des  pitons,  Q,  Q^?  6t  dont  la 

valeur  -p  est 

'(El  iVA    u  ,     ,    , 

(7)  '\i  z=z  -nTp^  Il  cos u  +  -   ,  ■  ■  2  r  •■      force  faible  comparée  a  (P. 

En  projetant  j-  sur  la  direction  de  <I>,  nous  aurons  la  valeur  approchée  de 
la  pression  transverse  globale  t|)'=  q  —  ];  sinw  et  qui,  en  posant 

3     I 
ib  Iv' 


sera 


(8)  $'=  p2p..  /»'+  TTTTri  (  2"^—  2//  sin//  COS«  —  U  sin«  y 

ri"  1  |]  rv"  1  I,  \ 

X.   En  rappelant  la  constante  de  l'ajustage  des  deux  spiraux 

0  et  Y  les  coefficients  de  frottement  respectifs  sur  le  collier  et  la  tète  de  pivot 
du  balancier,  ^  le  rayon  du  collier,  p  le  rayon  moyen  de  la  tête  du  pivot  de 
l'axe  du  balancier,  élément  géométrique  dont  la  définition  précise  est  d'autant 
plus  malaisée  qu'il  est  plus  réduit  et  qui  représente  le  rayon  d'un  cercle  sur 
lequel  on  peut  supposer  que  s'exerce  le  moment  de  frottement  dû  au  poids  B 
du  balancier  uniformément  réparti  et  qui  serait  les  deux  tiers  du  rayon  réel  si 
la  portée  était  plate;  A  le  moment  d'inertie  du  balancier  et  w-  le  rapport-^» 
l'équation  du  mouvement  de  ce  balancier  sera 

,    ,  clHi  ,  .     .,9'  „    H  +  H,  +  H,    ,        )  ==      ,;\ 

(9)  ^  -  -  --''  -  -n^oa..--  -  ifo ^j .3-.       ^^  ^  ^g,^  ^y 

La  méthode  de  la  variation  des  constantes  nous  permettra,  à  l'approxi- 
mation relative  de  N  (réalisable  au  millionième),  de  réduire  l'équation  pré- 
cédente au  type  beaucoup  })lus  simple 

,     ,  .  .  d-  a  „  r. 

(  q  bis  )  — —  m  —  w-  M  —  ar/c  //  —  ttz  ; 

'^       '  di- 


986  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

a  et  (^  étant  deux  petites  quantités  positives  qui,  avec  w-,  formeront  les 
caractéristiques  de  Fajustage  pour  la  discussion  numérique  du  problème 
posé  et  dont  il  reste  à  dégager  les  conclusions. 

BOTANIQUE.   —    Une  nouvelle  espèce  de  Syncephalastrum; 
aj^nités  de  ce  genre.  Note  (  ')  de  M.  Paul  VuilleiMin. 

Le  genre  Syncephalastrum  fut  créé  par  F.  Cohn  d'après  des  spécimens 
aperçus  par  E.  Frank  en  i883  dans  des  cultures  à' Aspergillus  Oryzœ.  La 
première  espèce,  Syncephalastrum  racemosum  Cohn  fut  publiée  seulement 
en  1886  par  Schrœter  et  rangée  dans  la  famille  des  Piptocéphalidées  de 
Brefeld  à  la  suite  du  genre  Syncephalis.  L'année  suivante  je  décrivais  une 
seconde  espèce,  Syncephalastrum  nigricans  Yuillemin  1887.  Elle  est  hété- 
rothallique  d'après  des  échantillons  qui  me  furent  communiqués  en  1906 
par  M.  Francis  Blakeslee.  J'ai  retrouvé  cette  espèce  en  1916  dans  des  cul- 
tures ensemencées  avec  des  expectorations  humaines  par  les  D'"*  Raymond 
et  J.  Parisot.  Deux  autres  espèces  sont  décrites  par  Bainier,  S.  cinereum 
Bainier  1907  et  S.  fuliginosuni  Bainier  1907.  Les  cultures  de  Bainier 
mettent  en  évidence  des  caractères  moins  apparents  dans  les  deux  pre- 
mières espèces. 

J'ajouterai  une  nouvelle  espèce  qui  se  distingue  de  prime  abord  par  les 
baguettes  sporogènes  en  partie  ramifiées  comme  chez  quelques  Syncephalis. 
Dans  les  précédentes  espèces  elles  sont  toutes  simples.  Je  l'ai  découverte 
en  191 2  dans  des  cultures  ensemencées  avec  des  crachats  humains  à  Tomsk 
(Sibérie)  par  le  D''  Bogolepoff. 

Le  Syncephalastrum  était  parasite  d'un  Rhizopus.  Je  le  nomme  Syncepha- 
lastrum ahizopi.  Il  me  fut  impossible  de  l'isoler  de  son  hôte.  Voici  ses 
caractères  : 

Pédicule  atteignant  i'"""  de  hauteur  avec  un  calibre  de  io^-il\^'-,  terminé 
par  une  vésicule  de  27^^-50''^.  Baguettes  simples  à  deux  spores;  rameau 
latéral  contenant  une  seule  spore.  La  spore  mesure  7'^'-9'^  X  l\^.  Le  pédicule 
est  simple  el  fixé  au  support  par  des  rhizoïdes  dont  l'extrémité  effilée  se 
renfle  l)rusquement  en  suçoir  arrondi  dans  la  membrane  du  Rhizopus.  Ces 
crampons  ne  partent  pas  directement  du  pédicule,  mais  du  mycélium,  qui, 
à  son  voisinage,  est  robuste  et  muni  de  quelques  cloisons.  Coloration  légè- 
rement fuligineuse. 

(')  Séance  du  3  avril  1922. 


SÉANCE   DU    10   AVRIL    192Î.  9^7 

Nous  possédons  des  données  suffisantes  pour  fixer  les  affinités  de  ce  genre 
paradoxal.  J'ai  réservé  la  question  des  affinités  lorsque,  en  1902,  j'ai  placé 
les  Syncephalastriim^d.vm\  les  Céphalidées, section  physiologique  de  l'ordre 
des  Mucorinées.  Le  mycélium  rattache  le  genre  Syncephalastrum  à  la  famdle 
des  Mucoracées,  le  genre  Syncephalis  à  la  famille  des  Piptocéphalidées.  La 
ressemblance  des  deux  genres  résulte  de  l'adaptation  convergente,  non  de 
rhoniologie.  Les  crampons  des  Syncephalis  sont  homologues  des  tubes 
sporophores;  ce  sont  des  branches  de  bifurcation  d'un  système  dicboto- 
mique.  Les  rhizoïdes  des  Syncephalastmm  dépendent  du  mycélium,  de 
l'appareil  végétatif. 

La  famille  des  Mucoracées  se  divise  en  trois  tribus  :  les  Mucorées,  les 
Rhizopées,  les  Absidiées.  Bainier  décrit  chez  le  Syncephalastrum  cinereum 
et  le  5.  fuliginosum  des  stolons  enracinés  qu'il  compare  à  juste  titre  à  ceux 
du  Pseiidoahsidia  Bainier.  Ce  nom  générique  tombe  en  synonymie  de 
Tieghcmclla  de  Toni,  genre  de  la  tribu  des  Absidiées.  Ce  qu'il  importe  de 
retenir,  c'est  que  les  stolons  des  Syncephalastrum  sont  homologues  de  ceux 
des  Absidiées. 

Les  stolons,  résultant  d'une  modification  physiologique  des  appareils 
sporogènes,  ne  suffisent  pas  à  caractériser  une  tribu.  La  systématique 
trouve  un  point  d'appui  plus  solide  dans  la  structure  des  sporocystes, 
appelés  improprement  sporanges  (^  ). 

La  tribu  des  Absidiées  se  distingue  de  celle  des  Mucorées  par  l'apophyse, 
portion  rigide  du  pédicule  annexée  au  sporocyste.  La  columelle  qui,  chez 
les  Mucorées,  possède  le  même  degré  d'élasticité  que  le  pédicule  et  reste 
indéformable  après  la  déhiscence,  est  mince  et  dépourvue  d'élasticité  chez 
les  Absidiées.  Son  ampleur  est  en  général  inverse  de  celle  de  l'apophyse. 
Dans  le  genre  Rhizomiicor,  où  elle  est  volumineuse,  elle  est  souvent  défor- 
mée, étranglée,  aplatie  par  la  masse  sporogène  en  voie  de  croissance  et,  dès 
que  la  turgescence  est  supprimée  par  la  dispersion  des  spores,  elle  se  ride, 
se  chiffonne,  sauf  dans  les  vieilles  cultures  lentement  desséchées  où  un 
épaississement  secondaire  l'envahit  en  même  temps  que  le  pédicule.  La  clié- 
tive  columelle  des  Lichtheimia  s'affaisse  après  la  déhiscence  et  s'eflondre 
dans  Fapophyse  rigide  et  évasée..  L'absence  de  columelle  chez  les  Synce- 
phalastrwn  est  le  dernier  terme  de  la  réduction  de  cet  organe,. dont  Télas- 


(')  Les  Champignons  n'ont  pas,  comme  les  Fougères  par  exemple,  de  sporange 
dont  renveloppe  est  formée  d'un  tissu  Indépendant  des  spores.  La  paroi  du  sporocyste 
des  Pliycomycètes  est  la  membrane  même  du  cénocyte  qui  se  dirise  en  spores. 


988  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

ticité  va  en  décroissant  des  Khizopées  aux  Mucorées  et  des  Mucorées  aux 
AlDsldiées. 

Contrairement  à  la  columelle,  Tapophyse  va  en  croissant  des  Rhizomucor 
aux  Lichlheimùi  et  des  Lichtheimia  aux  Syncephalastrum.  Dans  ce  dernier 
genre,  rénorme  vésicule  d'où  rayonnent  les  baguettes  sporogènes  n'est 
autre  qu'une  apophyse  commune  à  de  nombreux  sporocystes  grêles. 
Comme  l'apophyse  de  plusieurs  autres  Absidiées,  cette  vésicule  est  souvent 
colorée  et  séparée  du  pédicule  par  une  cloison;  chez  le  S.  fuliginosum,  sa 
base  est  évasée  en  entonnoir  comme  l'apophyse  des  Absidia. 

Les  zygospores  du  S.  nigricans  diffèrent  complètement  de  celles  des  Pipto- 
ccphalis  et  des  Syncephalis  ;  elles  sont  ornées  de  dents  coniques,  raboteuses 
et  munies  de  suspenseurs  opposés,  peu  dilatés.  Elles  n'ont  pas  de  fulcres 
comme  celles  des  Absidia,-  mais  le  Mycocladiis  verticillatus  Beauverie,  qui  est 
une  Absidiée,  n'en  présente  pas  non  plus.  L'appareil  de  reproduction  sexuée 
confirme  les  affinités  des  Syncephalastrum  avec  les  Mucoracées;  il  ne  dément 
pas  son  rattachement  aux  Absidiées. 

Le  genre  Syncephalastrum  appartient  donc  à  la  famille  des  Mucoracées  et 
à  la  tribu  des  Absidiées. 


M.  G.  BiGouRDAN  fait  hommage  à  l'Académie  d'une  brochure  intitulée 
L' Astronomie  en  Alsace  et  particulièrement  à  Strasbourg. 


CORRESPOND  AIVCE . 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1°  Edouard  Réitérer  et  Serge  Voronoff.  La  glande  gènitate  mâle  et  les 
glandes  endocrines. 

■2°  S.  BuRT  WoLBACH,  JoHN  L.  ToDD  and  Francis  W.  Palfrey.  The  Etio- 
logy  and  Pathology  of  Typhus. 

.^^  E.  FiCHOT.  Sur  les,  systèmes  gèodèsiques  èquilaières  à  la  surface  du  sphé- 
roïde terre  sti^e. 


M.  A.  Karpinskij  adresse  des  remercîments  pour  la  distinction  dont  ses 
travaux  ont  élé  l'objet. 


SÉANCE   DU    10   AVRIL    1922.  989 


GÉOMÉTRIE.  —  Sui'  la  géométiie  conforme  des  systèmes  de  cercles. 
Note  de  M.  E.  Vessiot. 

On  peut  appeler  géométrie  conforme  Tétude  de  celles  des  propriétés  des 
figures  de  l'espace  que  n'altèrent  pas  les  transformations  dites  conformes. 
De  celte  géométrie  relèvent  des  théories  classiques,  telles  ([ue  celles  des 
systèmes  orthogonaux,  des  systèmes  cycliques,  etc.  La  présente  Note  se 
rapporte  à  la  géométrie  conforme  des  systèmes  de  cercles. 

1.  Invariants  d'un  système  de  deux  cercles.  —  Soient  A  et  B  deux  cercles 
quelconques;  a,  a'  et  ^,^'  deux  couples  orthogonaux  de  sphères  se  coupant 
respectivement  suivant  A  el  B.  Les  angles  ^F  et '^,,  réels.ou  imaginaires, 
définis  par 

(i)  cosi'  r=  cos(a,,3)  cos(a',3')  —  cos(a,  3')  cos(a',3), 

(  2 )  sin2  W^  =  sin-^  (  a,  B )  +  sin^  ( a',  B )  =:  sin^ (  3,  A)  -+-  sin'- (  3' .  A), 

ne  dépendent,  en  fait,  que  des  deux  cercles;  et  sont  égaux  à  l'angle  de 
ceux-ci,  s'ils  se  coupent.  L'un  ou  l'autre  de  ces  angles  pourrait  donc  être 
appelé,  dans  le  cas  général,  angle  des  deux  cercles  A  et  B.  ^L  Kœnigs 
ayant  introduit  sous  ce  nom,  par  une  voie  toute  dilYérente  du  reste,  un 
angle  qui  n'est  autre  que  W y  on  pourra  donner  à  ^",  le  nom  à' inclinaison 
relative  des  deux  cercles.  La  différence  sin-^'',  —  sin-^',  qui  s'annule  quand 
les  cercles  se  rencontrent,  mesure,  au  point  de  vue  conforme,  Vécart  des 
deux  cercles  ('  ). 

Les  angles  W  et  W ^^  étant  deux  invariants^  indépendants  du  système  des 
deux  cercles,  caractérisent  ce  système  et  ses  homologues,  au  point  de  vue 
conforme.  M.  E.  von  Weber  (  -  )  a  introduit,  à  cet  effet,  deux  autres  inva- 
riants o)  et  co',  dont  je  rappelle  la  définition.  Soient  K  et  K'  les  deux  cercles 
perpendiculaires {  ^) communs  à  A  et  B;  co  el  co'  sont  les  angles  sous  lesquels 
se  coupent  respectivement  les  sphères  a  et  b  contenant  l'une  K  et  A,  et 

(' )  Si  l'on  définit  les  cercles  par  leurs  coordonnées  pentasphériques,  on  retrouve  ici 
une  forme  doublement  quadratique  introduite  par  M.  Kœnigs;  et  l'on  constate  immé- 
diatement l'identité  de  ^V  avec  l'angle  de  deux  cercles  de  M.  Kœnigs  {Annales  de 
Toulouse,  1888), 

(■-)  Arkiv  fur  Malhenxatik  und  Pliysik,  iq'm.  L'auteur  indique  la  formule  (1)  et 
la  première  des  formules  (3),  qui  en  résulte. 

(^)  Je  dis  que  deux  cercles  ?,on\.  perpendiculaires  's\\?:  sont  sur  une  même  sphère,  et 
s'ils  sont  orthogonaux. 


990  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

l'autre  K  et  B,  et  les  sphères  ût'  et  h'  contenant  l'une  R' et  A,  et  l'autre 
K'  et  B.  Ceci  rappelé,  on  a  les  relations  immédiates 

(  cosT  =  cosw  cosw',  sin^^i  =:  sin-«  4- sin-w', 

(  o  )  \  ,  . 

(  sin^^Fj  —  sin-W:=  sin^o)  sin-w', 

2.  Pentasphère  et  symétries  du  système.  —  Soient/?  et  ^  les  sphères  bis- 
sectrices du  couple  de  sphères  a,  />;  p'  et  </'  les  sphères  bissectrices  du 
couple  a',  b' .  Elles  forment  avec  r,  sphère  orthogonale  commune  à  A  et  B, 
un  pentasphère  orthogonal  qu'on  peut  appeler  le  pentasphère  du  sys- 
tème A,  B;  car  de  ses  relations  avec  les  cercles  A  et  B  résultent  les  pro- 
priétés du  système.  On  constate,  par  exemple,  que  le  système  A,  B  reste 
invariant  par  les  symétries  (')  effectuées  par  rapport  à  r,  et  par  rapport  aux 
six  cercles  d'intersection  des  sphères  p,  </,  p' ,  q'  \  et  que  quatre  de  ces 
symétries  échangent  les  cercles  A  et  B;  et  de  là  découlent  diverses  pro- 
priétés angulaires  des  sphères  des  faisceaux  A  et  B,  que  j'omets  pour 
abréger. 

3.  Applications  aux  surfaces  cerclées.  —  Si  A  est  cercle  générateur  d'une 
surface  cerclée,  et  si  B  est  le  cercle  générateur  infiniment  voisin,  le  penta- 
sphère du  système  A,  B  devient  un  pentasphère  orthogonal  limite  H,  associé 
au  cercle  générateur  A.  De  la  considération  de  ce  pentasphère  on  déduit  les 
propriétés  conformes  de  la  surface  :  je  me  bornerai  dans  cette  Note  aux 
propriétés  différentielles  du  premier  ordre. 

Soient  H  et  H'  les  positions  limites  des  cercles  perpendiculaires  communs 
à  A  etB;  leurs  pieds  sur  A  s'appelleront  les  deux  couples  des  points  cen- 
traux; les  sphères  passant  par  A  et  H,  par  A  et  H'  seront  les  sphères  cen- 
trales; à  chacune  on  associera  son  adjointe,  orthogonale  à  A  aux  points 
centraux  correspondants.  Le  pentasphère  II  est.  formé  de  sphères  centrales, 
de  leurs  adjointes,  et  de  la  sphère  orthogonale  à  A  et  au  cercle  infiniment 
voisin;  les  points  où  cette  dernière  coupe  A  sont  les  foyers  du  cercle  A^, 
commun  aux  sphères  adjointes,  qui  va  jouer  un  rôle  important. 

Ce  cercle  A^  sert,  en  effet,  à  définir  les  points  de  A  par  une  coordonnée 
invariante  :  c'est  l'angle  6  de  l'une  des  sphères  adjointes  avec  la  demi- 

(')  11  y  a  trois  espèces  de  symétrie  conforme,  ayant  des  propriétés  analogues  aux 
trois  espèces  de  symétrie  euclidienne.  La  symétrie  par  rapport  à  une  sphère  est 
classique.  Je  dis  que  deux  points  sont  symétriques  par  rapport  à  un  cercle  C;  s'ils 
sont  communs  à  deux  cercles  perpendiculaires  à  C;  et  que  deux  points  sont  symé- 
triques par  rapport  à  un  couple  de  points  I,  J,  s'ils  sont  avec  eux  sur  un  même 
cercle,  et  s'ils  sont  conjugués  harmoniques,  par  rapport  à  eux,  sur  ce  cercle. 


SÉANCE   DU    lO   AVRIL    1922.  99I 

sphère  qui  passe  par  Aq  et  le  point  m  considéré.  On  définira,  d'autre  part, 
toute  sphère  s  passant  par  A  au  moyen  de  l'angle  o  qu'elle  fait  avec  la 
sphère  centrale  dont  la  sphère  choisie  pour  origine  des  0  est  radjointe. 

Cela  posé,  pour  que  m  soit  un  des  points  de  contact  de  s  avec  la  surface, 
il  faut  et  il  suffit  que  0  et  o  soient  liés  par  la  formule  de  distribution  (ana- 
logue à  celle  de  la  théorie  des  surfaces  réglées  ) 

(4)  lang9  =  tang/.  tang9,  tangA  =:  lim  — 

Soient  dm  et  dm'  les  parties  principales  de  oj'  et  w.  On  peut  poser 

.  ,  ,    ,^  ,         drs  .     ,        d-n5' 

( o )  f/a-  =:  dm-  +  dru  -,         cos k  =^  -7- ?         sin  A  :=:  -7—  • 

^    '  d<j  di 

On  constate  que  di  est  la  partie  principale  commune  de  ^  et  V,  ;  on  dira 
que  c'est  l'angle  du  cercle  générateur  A  et  du  cercle  infiniment  voisin.  La 
variable  a-,  dont  elle  est  la  différentielle,  sera  associée  à  6,  pour  définir, 
d'une  manière  invariante^  les  points  de  la  surface.  V invariant  différentiel  du 

premier  ordre  k  s'est  introduit  de  lui-même  ;  -j-  est  un  paramètre  différentiel. 


ANALYSE    MATHÉMATIQUE.    —   Sur    les  formes    canoniques   invariantes   des 
systèmes  algébriques  et  différentiels.  Note  de  M.  Maurice  Jaxet. 

1.  On  a  déjà  observé  (')  que  certains  systèmes  algébriques  ne  peuvent, 
par  aucun  changement  de  variables,  être  ramenés  à  la  forme  canonique 
étudiée  par  M.  Delassus  (-),  forme  que  nous  appellerons  (D).  Il  nous 
semble  utile  de  remarquer  de  plus  que  ce  ne  sont  pas  seulement  des 
systèmes  exceptionnels  que  cette  forme  laisse  échapper,  mais  bien  des 
systèmes  d'un  caractère  aussi  simple  et  normal  que  le  suivant  :  deux  équa- 
tions homogènes  du  deuxième  degré  en  x,  j,  z,  ^  (en  langage  géométrique, 
une  biquadratique  de  l'espace  projectif  ordinaire).  La  théorie  classique  du 
résultant  permet  en  effet  de  déduire  des  équations  données  une  équation  du 
quatrième  degré  ne  contenant  pas  ^;  il  y  a  donc,  au  plus,  dans  les  équations 


(')  GuNTHER,  Comptes  rendus,  t.  150.  1910,  p.  1147. —  Robixson,  Comptes  rendus, 
t.  157,  1918,  p.  106. 

(^)  Annales  de  l'École  Normale,  1896  et  1897;  Bulletin  des  Sciences  malhéma- 
ligues,  1897;  Encyclopédie  (t.  1,  vol.  2,  fasc.  1). 


gg2  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

d'ordre  P  que  l'on  peut  déduire  des  équations  proposées  ('), 

équations  indépendantes  par  rapport  aux  monômes  d'ordre  P  contenant  x\ 
or,  il  y  a  en  tout 

monômes  de  cette  espèce,  ce  qui  suffit  à  prouver  le  fait  annoncé,  comme 
on  le  voit  immédiatement  en  se  reportant  à  la  définition  des  «  ensembles 
canoniques  »  de  monômes. 

2.  Les  remarques  que  j'ai  exposées  dans  une  précédente  Note(-)  con- 
duisent tout  naturellement  à  une  forme  canonique  invariante  qui  a  l'avantage 
d'être  tout  à  fait  générale.  Elle  se  rapproche  d'ailleurs  d'une  manière 
curieuse  de  la  forme  (D)  :  pour  les  monômes  d'un  ordre  déterminé  P,  le 
classement  utilisé  dans  l'une  est  inverse  du  classement  utilisé  dans  l'autre. 

Pour  montrer  combien  l'application  de  la  méthode  est  aisée,  reprenons 
rexemple  cité  plus  haut.  Si  les  équations  d'une  biquadra tique  sont  résolues 
par  rapport  à  x-  et  a;r,  autrement  dit  si  ces  équations  peuvent  s'écrire 

A=  x'-h  ay'-  + . .  .=  o, 
B  =  ccy  -\-  by-  +  . . .  =  o, 

les  termes  non  écrits  contenant  l'une  au  moins  des  lettre?  z,  t,  on  formera 

la  combinaison  (') 

C~y\  +  {bY  —  -r)B. 

Le  système  formé  par  A  =  o,  B  —  o,  et  les  équations  obtenues  en  égalant 
à  zéro  les  formes  F^  : 

A^,     Ay,     A  G,     Al,     By,     Bz,     P./, 

est  sous  la  forme  canonique  voulue. 


(')   rj;  représente  le  nombre  des  monômes,  h  n  variables,  d'ordre  P, 

,,,  _  (P-t-i)(P  +  ^>-)...(P  +  /^-i) 
"  ~  i.2...{n  ~-i) 

(^)   Comptes  rendus,  t.  174,  1929.,  p.  432. 

(2)  Nous  supposons,  ce  qui  est  permis,  a  +  b-zzzo;  C=  o  esl  résoluble  par  rapport 

ùr^  •  ... 


SÉANCE  DU  lO  AVRIL  T922.  993 

On  constatera  que  les  nombres  (a)  du  système  F.j  sont  ('  ) 

(7l  =  8,  0-2=4,  0':i=O, 

(7,  -h  2  0-O  H-  3a-;j  se  trouve  égal  el  non  pas  inférieur  au  nombre  des  conditions 
auxquelles  doit  satisfaire  une  forme  d'ordre  4  pour  faire  partie  du  mo- 
dule (F,). 

3.  D'après  ce  qui  précède,  il  convient  de  n'accepter  (|u'avec  quelques 
réserves  les  conséquences  que  Ton  a  tirées,  pour  Tétude  générale  des  sys- 
tèmes, de  la  forme  canonique  (D).  On  peut  se  demander  si,  malgré  cela,  il 
serait  possible  de  conserver  sans  modification pro fonde  l'énoncé  (")  d'après 
lequel  «  si  un  système  algébrique  définit  dans  l'espace  à  «  —  i  dimensions 
(coordonnées  homogènes  .i\.x^,  . . . ,  x,^)  des  multiplicités  (M  )  à  /z  —  2, 
/i  —  3,  . . .,  o  dimensions  de  degrés  respectivement  [x„_,,  a„-2?  •  ■-  (j.,,  la  solu- 
tion (S)  du  système  aux  dérivées  partielles  correspondant (')  dépend  (  '  )  de 
fonctions  arbitraires  de  n  —  i,  n  —  2,  . . . ,  i  variables  en  nombre  respecti- 
vement [J.«_,,  y-n—2j  •••7  î^-i  »•  Les  dimensions  et  degrés  des  multiplicités  (  M  ) 
déterminent-ils  entièrement  le  degré  de  généralité  de  (S)? 

//  n'en  est  pas  ainsi.  On  doit,  il  est  vrai,  pour  l'affirmer,  s'accorder  au 
préalable  sur  le  sens  à  donner  aux  mots  degré  de  généralité  de  la  solution 
d'un  système  différentiel. 

En  raison  de  l'invariance  des  nombres  (a),  il  nous  semble  naturel  de 
considérer  que  les  solutions  de  deux  systèmes  ont  le  même  degré  de  géné- 
ralité seulement  si  les  nombres  (a)  de  même  ordre  P  des  deux  systèmes 
sont  respectivement  égaux  (en  ajoutant,  si  l'on  veut  même,  la  restriction  : 
P  suffisamment  grand),  autrement  dit  si  les  fonctions  caractéristiques  (') 
(d'Hilbert)  des  deux  «  modules  »  sont  les  mêmes.  Or  il  est  bien  connu  que 
la  fonction  caractéristique  d'un  module  ne  dépend  pas  seiûemeni  dea  dimen- 
sions et  degrés  des  multiplicités  correspondantes.  En  nous  bornant  toujours 
à  un  exemple  de  caractère  très  élémentaire,  les  fonctions  caractéristiques 
des  modules  correspondant  à  une  biquadratique  et  à  une  quartique  unicur- 

sale  sont  respectivement  4P  et  4P -t- I- 

4.  Ajoutons  que  la  considération  des  nombres  (cr),  et  de  nombres  ana- 

(')  Voir  Note  du  i3  février  192'.. 
"(^)  Delassus,  Annales  de  l'École  Normale,  1897,  p.  44- 
('j  Obtenu  en  remplaçant  chaque  monôme  par  la  dérivée  correspondante. 
(*)  Outre  des  constantes  arbitraires,  en  nombre  fini. 
(•^^   «  Postulazione  »  des  géomètres  italiens. 

G    R.,  1922,  v  Semestre.  (T.  174,  N*  15.)  7^ 


994  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

logues  dans  le  cas  de  plusieurs  fonctions  inconnues,   pourrait  peut-être 
remplacer  avec  quelque  avantage   celle    des    «   invariants   »    définis   par 

M.  Delassus(*). 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Bèmonstrjiùon  d'un  ihéorèine  de  3L  Borel. 
Note  de  M.  Torsten  Carleman,  présentée  par  M.  Emile  Borel. 

Je  me  propose  de  démontrer  un  théorème  que  M.  Borel  a  énoncé;  comme 
vraisemblable,  sans  en  donner  de  démonstration  (-). 

Considérons  des  fonctions  F(^)  s'annulant,  ainsi  que  leurs  n  premières 
dérivées  pour  r  =  o  et  ^  =  i  ;  posons 

et  supposons  m»  =  i.  On  démontre,  comme  dans  ma  Note  sur  le  théorème 
de  M.  Denjoy  ("),  que  la  suite  (3,,  ^2>  •  •  •?  %i+\  n'est  pas  décroissante. 
Introduisons  la  fonction 


(2)  ^{^)=        e-^'[F{t)y-dt. 

On  a  t[>(o)  =  m„  =  i .  D'autre  part,  en  effectuant  p  intégrations  par  parties 
et  utilisant  l'inégalité  de  Schwarz,  on  obtient 

(3)  logi<D(-i+0-)|^i+/>j_^°f^^;.^,^> 
Marquons  sur  la  droite  'f^(-)  =  —  i,  une  suite  de  points 

~v  =  —  H-i/v  (V  =  I,    2,    .  .  ..    /2   -t-  l), 

tels  que  j  ::v|  =  2^'3v  et  posons 

i  f^(7)  =  o  •      (o<J<J'i)» 

(4)  y-^{y)=P  {yp=y:^yp+i),    . 

(   r_,>(y)  =  «,+i  (j^^,Iy<ao); 

nous  aurons 

(5)  loo|(D(_n-tj)|^,_  w()'). 

La  fonction  ^( :■)  est  régulière  et  bornée  dans  le  demi-plan  a(z)^  i. 

(^)  Annales  de  l'Ecole  Normale^  1908. 
('-)  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  378. 
{■^)  Comptes  rendus^  l.  174,  1922,  p.  5o5. 


SÉANCE   DU    lO   AVRIL    1922.  996 

Posons  M  =  Io'g|tI>(j)|  et  désignons  par  r  la  fonction  de  Green  f  infinie 
en  :;=:o)    qui  correspond    au    demi-cercle  A(z)i;— i;    jj-hi|  =  p;    en 

utilisant    l'intégrale    /("-> Vj-)ds,   tenant  compte  des  singularités 

de   |<IM^)|  et  faisant  tendre  p  vers  l'iiitini,  on  démontre  rinégalité 

(6)  iog|a»(o)|â^J    _L_iog|a»(_i+/^)l^,.. 

En  tenant  compte  de  (5  )  et  de  $(0  )  =  i ,  on  en  conclut 

et  Ton  en  déduit 


^-M. 


(ji{y)  dy         I  1 


r  /i       J2  /„+■ 


le  calcul  de  l'intégrale  étant  aisé  d'après  (4),  Comme  7-,<^2ej3,,,  on  en 
conclut 


c  II  I       ^         /  I 

Ï5«+i  =  o-  +  ^  -+-•••  +  -. yr.e[  n 


La  relation  m^  =  i  entraîne  w,^t:  et,  par  suite,  }'j^  4~"^' —  i?  il  vient 
donc 


(7)  •  S,^ai:e[i+  ^^^_^^=k'.     , 

En  remplaçant  F(j?)  par  G  F(a^),  on  peut  lever  la  restriction  m^  =  i  ;  on 
a,  quel  que  soit  w^, 

(8,  S,„,</,'(,+  ,-l). 

Pour  démontrer  le  théorème  que  nous  avons  en  vue,  il  faut  montrer  que 
l'on  peut  trouver,  indépendamment  de  m„,  une  borne  supérieure  de  S„^., 
lorsqu'on  connaît  une  borne  inférieure  de  [3,.  En  appliquant  la  formule  (8) 
à  F'(;r  )  au  lieu  de  F(^),  on  obtient,  à  Faide  d'un  calcul  élémentaire,  l'iné- 
galité 

S„^oA''(  1+  -L]  -1-1+  -1, 

et,  si  l'on  remarque  que  [^,  est  certainement  plus  grand  que  iM.\  en  dési- 
gnant par  M^,  le  maximum  de  |  F'^^(.r)  j,  il  viendra,  en  raison  de  l'inégalité 


996  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

8^<  sjM.'^  pour  toute  fonction  F(.x)  s'annulanl  pour  ^  =  o  et  x'  =  i ,  ainsi  que 
ses  n  premières  dérivées, 

111  I  /  I 

_;;(2/.'+i)     I 


Pour  démontrer  le  théorème  de  M.  Borel,  il  suffît  d'observer  que,  si  Ton 


pose 


F(^)-/ 


Z|  \j: 


la  condition  F(^)  satisfait  à  nos  conditions  du  moment  que  /(^)  satisfait 
aux  conditions  de  M.  Borel 

D'autre  part,  M,,  étant  le  maximum  de  |/''"(^)|  pour  o<x<  1 ,  un  calcul 
facile  montre  que  l'on  a 

A  cause  de  l'inégalité  M^  =  M^I^i,  on  aura  finalement,  en  tenant  compte 
de  la  valeur  de  /', 


(10)  TT  -^  ^r=i  +  T-^=  4-  ...  H .  < • 


4  71 


■^e-^-ij 


C'est  le  résultat  énoncé  par  M.  Borel,  la  limite  supérieure  obtenue  ne 
dépendant  pas  de  n,  du  moment  que  les  conditions  (9)  sont  remplies. 

Je  ne  me  suis  proposé,  dans  ce  qui  précède,  que  de  démontrer  l'existence 
d'une  borne  supérieure  finie  k  pour  la  somme  (10)  et  je  ne  me  suis  pas 
efforcé  de  trouver  la  plus  petite  valeur  de  /{  que  peut  fournir  la  méthode 
employée. 

Remarques  sur  la  Note  de  M.  Caibma?i,  par  M.  Emile  Borel. 

La  démonstration  donnée  par  M.  Carleman  de  l'énoncé  que  j'avais  induit 
du  théorème  deDenjoy  est  remarquable  par  sa  profondeur  et  par  sa  simpli- 
cité. Il  serait  toutefois  désirable  d'arriver  à  donner  une  démonstration, 
sinon  algébrique  ('),  du  moins  ne  faisant  appel  qu'aux  variables  réelles. 


(')  Le  théorème  de  Carleman,  énoncé  sous  la  forme  de  Tinégalilé  (10),  est  vrai  pour 
une  fonction  quelconque  s'il  est  vrai  pour  un  polynôme,  du  moment  que  l'on  ne 
limite  pas  le  degré  de  ce  polynôme  en  fonction  de  n.  C'est  une  conséquence  de  la 
théorie  de  l'approximation  des  fonctions  continues  par  les  polynômes. 


SÉANCE    DU    lO    AVRIL    1922.  997 

du  théorème  auquel  M.  Carleman  vient  d'attacher  son  nom.  Ce  théorème 
de  Carleman  me  parait  en  effet  devoir  être  considéré,  avec  le  théorème 
de  Denjoy,  comme  l'un  des  théorèmes  fondamentaux  de  la  théorie  des 
fonctions  indéfiniment  dérivables  de  \ariables  réelles. 

La  démonstration  à  laquelle  j'avais  songé  et  que  je  n'ai  pu  arrivera  rendre 
rigoureuse  me  conduisait  à  la  valeur  e  pour  le  nombre  que  M.  Carleman 
appelle  k.  Il  serait  intéressant  de  vérifier  si  cette  indication  est  ou  non 
justifiée  et  en  tout  cas  de  déterminer  plus  précisément  le  nombre  /•.  Il  serait 
encore  plus  intéressant  de  compléter  les  théorèmes  de  Denjoy  et  de  Car- 
leman par  une  étude  asymptotique  aussi  précise  que  possible  des  séries  de 

terme  général  7r^=;  pour  cette  étude,  il  v  aurait  peut-être  avantage  à  subs- 

tituer  à  ces  séries  les  séries  de  terme  général       "  •>  qui  doivent  avoir  les 

^"«-1-1 

mêmes  propriétés  et  qui  sont  peut-être  plus  aisées  à  manier. 


GÉOMÉTRIE.  —  Quelques  propriétés  des  surfaces  réglées  en  liaison  avec  la 
théorie  du  parallélisme  dé  M.  Levi-Cività.  ^iote  de  M .  A.  Myller,  pré- 
sentée par  M.  Appell.  ' 

Considérons  une  surface  (S)  et  une  courbe  (C)  tracée  sur  la  surface.  Soit, 
dans  la  surface,  une  série  de  directions  parallèles  le  long  de  la  courbe  (C) 
et  définissons-les  en  nous  donnant  les  cosinus  directeurs  en  fonction  de  l'arc 
de  la  courbe 

(0  P=(3(-0, 

fy=y(.). 

Ces  directions  pc^uvent  être  considérées  comme  génératrices  rectilignes 
d'une  surface  réglée  tangente  à  (S)  le  long  de  (C).  Cette  surface  réglée  a 
la  propriété  importante  d'avoir  comme  ligne  de  striction  la  courbe  (C).  En 
effet,  soient  M  et  M'  deux  points  infiniment  voisins  sur  la  courbe  (C).  La 
génératrice  par  M  est  fixée  par  (  i),  celle  par  M'  est  fixée  par 

i   !y{s  H-  (h)  =  a(5)  ^  3f'(.«)  ds  -\- .  .  .^ 

(2)  H  (,s-  4-  ch)  -  (3  (.0  +  .3''(.v)  ds-\-..., 

\  y  (.V  -+-  ds  \  —  y  {s)  ^  y' (S)  ds  -^  .  .  . . 

(')  Rendiconti  del  Circolo  inatem.  di  Palernio.  t.  XLII,  1917.  p-  ijS. 


998  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

D'après  M.  Levi-Cività,  cette  génératrice  (2)  doil  faire  avec  une  direction 
quelconque  issue  de  M  dans  le  plan  (T)  tangent  à  (S),  le  même  angle  que 
la  génératrice  (i)  passant  par  M  fait  avec  la  même  direction.  Cela  à  un  in- 
finiment petit  de  second  ordre  près.  On  a  alors 

(3)  aa'+ 6|3'  +  cy'  =  o, 

OÙ  «,  è,  c  sont  les  cosinus  directeurs  d'une  direction  quelconque  dans  le 
plan  (T).  Le  vecteur  dont  les  composantes  sont  aVA,  ^'ds^-^^'ds  est  celui  qui 
ajouté  au  vecteur  (i  )  nous  donne  le  vecteur  (2).  Il  est  d'après  (3)  perpen- 
diculaire au  plan  tangent  en  M.  Par  conséquent  le  plan  (N)  passant  par  la 
droite  (i)  parallèle  à  la  direction  (2)  est  perpendiculaire  au  plan  (T)  tan- 
gent en  M.  Ce  plan  (N )  est  le  plan  tancent  à  la  surface  réglée  au  point  à 
l'infini  de  la  génératrice  (i).  Le  plan  tangent  (T)  étant  perpendiculaire 
à  (N)  est  le  plan  tangent  au  point  central  M.  La  courbe  (C)  est  donc  la 
ligne  de  striction  de  la  surface  réglée, 

La  réciproque  est  évidente.  Les  génératrices  d'une  surface  réglée  sont 
parallèles  dans  la  surface  le  long  de  la  ligne  de  striction. 

Si  nous  faisons  tourner  chaque  génératrice  d'un  même  angle  dans  son 
plan  tangent  autour  du  point  de  contact,  on  sait  que  les  nouvelles  direc- 
tions restent  parallèles  le  long  de  (C).  Il  s'ensuit  un  théorème  de  M.  Pi- 
rondini  (  ')  que  toutes  les  surfaces  ainsi  obtenues  ont  la  même  ligne  de 
striction  (C).  En  particulier  pour  un  angle  de  go'*  on  obtient  la  surface 
conjuguée  de  P.  Serret  (-). 

Supposons  que  la  surface  développable  tangente  à  (S)  le  long  de  (C)  est 
un  cvlindre.  Ce  c>lindre,  ayant  les  génératrices  parallèles,  fait  partie  de  la 
série  de  surfaces  à  génératrices  parallèles  tangentes  à  (S)  le  long  de  (C). 
Les  génératrices  d'une  quelconque  de  ces  surfaces  font  un  angle  constant 
avec  les  génératrices  correspondantes  dune  autre  de  ces  surfaces  et  par 
conséquent  font  un  angle  constant  avec  les  génératrices  du  c>lindre.  Il  s'en- 
suit un  théorème  de  M.  Dini  (^)  que  toutes  ces  surfaces  réglées  ont  un  cône 
directeur  droit  circulaire. 

En  tenant  compte  du  fait  que  les  directions  parallèles  le  long  d'une  ligne 
géodésique  d'une  surface  font  un  angle  cojistant  avec  la  géodésique,  il  ré- 
sulte immédiatement  le  théorème  suivant  de  (_).  Bonnet  ("*)  :  Si  une  courbe 


(')   Giorn.  di  mat.,  l.  23,  iS85,  p.  296. 

(^)  P.  Seiiuet,  Théorie  nouvelle  des  lignes  à  double  courbure  (Paris,  1860). 

(')  Giorn.  di  mat.^  t.  3,  i865,  p.  288. 

(^)  J.  École  Polyt.,  t.  19,  18^8,  p.  71. 


SÉANCE   DU    10   AVRIL    1922.  999 

tracée  sur  une  surface  réglée  possède  deux  des  trois  pro[)riétés  suivantes  : 
1°  être  géodésique  ;  2°  être  ligne  de  striction  ;  3*'  couper  les  génératrices  sous 
un  angle  constant,  elle  possède  aussi  la  troisième. 


CHRONOMÉTRIE.  —  Chronoi^raphe  électrique^  enregislrant^  en  chiffres,  le 
temps  au  centième  de  seconde.  Note  ('/de  MM.  Henri  Chrétien  et  Paul 
DiTisHEiM,  présentée  par  M.  Bigourdan. 

Le  chronographe  imprimant  électrique,  dont  le  premier  exemplaire  est 
mis  sous  les  yeux  de  l'Acadéuiie,  se  compose  de  deux  parties  essentielles 
distinctes: 


Chronographe  imprimant  portatif. 

A.  Un  moteur  électrique  synchronisé,  combiné  pour  imposer  un  mouve- 
ment de  rotation  bien  uniforme  à  un  arbre,  sous  le  contrôle  intermittent 
d'une  horloge  ou  d'un  chronomètre  pourvus  de  contacts  électriques; 

B.  Un  mécanisme  imprimant,  dans  lequel  le  moteur  synchronisé  produit 
l'avance  des  tambours  chiffrés,  dont  l'empreinte  est  prise  en  temps  voulu  à 
l'aide  d'un  mécanisme  de  frappe. 

Les  caractéristiques  essentielles  de  ce  chronographe  sont  les  suivantes  : 
i**  Emploi  exclusif  de  l'électricité  comme  puissance  motrice,  tant  pour  pro- 


(')  Séance  du  3  avril  1922. 


lOOO  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

duire  le  mouvement  de  la  chiffraison  que  pour  les  opérations  d'impression 
proprement  dites  :  frappe  des  types,  avance  du  papier;  etc.  Ceci  permet  de 
réduire  considérablement  les  dimensions  totales  du  chronographe  sans 
accroître  d'une  manière  appréciable  celles  de  la  source  électrique,  indis- 
pensable dans  tous  les  cas.  Un  élément  d'accumulateur  de  4o  ampères- 
heure  de  capacité  du  type  transportable  employé  pour  les  automobiles, 
mesurant  i8  x  12  :<  6  cm  permet  de  faire  fonctionner  le  chronographe  pen- 
dant plus  de  5o  heures  ; 

2°  Dispositif  de  synchronisation  à  vitesse  intermédiaire  constante,  c'est- 
à-dire  assurant  non  seulement  l'uniformité  moyenne  de  la  vitesse,  comme 
cela  a  lieu  dans  les  chronographes  actuels,  à  vitesse  corrigée  (ralentie) 
périodi(juement,  par  la  synchronisation,  et  qui  présentent,  par  suite,  ce 
que  les  astronomes  appellent  une  équation  décimale,  mais  assurant  encore 
l'uniformité  de  la  vitesse  instantanée  elle-même; 

3^  Caractère  isolé  et  discontinu  de  la  chiffraison  imprimée,  de  sorte  que  les 
caractères  se  présentent  sur  une  seule  ligne  et  seulement  ceux  qui  sont 
utiles  pour  la  lecture,  ce  qui  n'est  pas  le  cas  des  chronographes  à  allure 
continue,  où  l'impression  comporte  non  seulement  les  caractères  à  retenir 
mais  encore  ceux  qui  sont  situés  de  part  et  d'autre,  et  où  la  lecture  de 
chaque  chiffre  ne  peut  se  faire  qu'en  considération  du  chiffre  des  unités 
immédiatement  inférieures; 

4°  Immobilisation  complète  des  types  au  moment  de  l'impression,  consé- 
quence nécessaire  du  carac^tère  discontinu  des  impressions,  ce  qui  présente, 
d'autre  part,  l'avantage  d'assurer  la  netteté  ])arfaite  de  celle-ci. 

Principe  de  la  synchronisation  à  vitesse  intermédiaire  constante.  —  Consi- 
dérons un  moteur  électrique  à  courant  continu  dont  la  vitesse  normale  de 
rotation  soit  plus  grande  que  celle  qu'on  veut  lui  imposer  définitivement. 
Au  moyen  d'un  interrupteur  nmltiple  spécial,  àè\\  échappement  électrique,  le 
courant  est  lancé  dans  le  moteur  et  coupé  périodiquement;  les  fermetures 
du  circuit,  commandées  par  le  chronomètre  directeur,  se  succèdent  à  inter- 
valles de  temps  égaux;  les  couvertures  du  circuit,  commandées  par  une  came 
calée  sur  un  arbre  entraîné  par  le  moteur  lui-même  au  moyen  d'un  réduc- 
teur de  vitesse,  se  produisent  à  intervalles  angulaires  égaux,  correspondant 
au  nombre  de  tours  que  le  moteur  doit  faire  dans  chaque  intervalle  de 
temps.  L'échappement  électrique  joue  donc  le  rôle  d'un  échappement 
mixte;  il  fonctionne  comme  échappement  à  temps  pour  la  fermeture  du 
.circuit  et  comme  échappement  de  position  pour  sa  rupture. 

On   conçoit  facilement  que,  dans  ces  conditions,  un  régime  tende  à 


SÉANCE  DU  .10  AVRIL  1922.  lOOI 

s'établir  dans  lequel  l'intervalle  de  synchronisation  se  scinde  en  deux  inter- 
valles, durant  le  premier  desquels  Ténergie  que  la  source  fournit  au  moteur 
est  égale  à  celle  qu'il  dissipe  pendant  toute  la  période.  La  vitesse  de  régime 
aura  donc  une  allure  périodique;  elle  oscillera  entre  deux  valeurs,  12,„  et  O,,, 
atteignant  la  plus  petite  d'entre  elles,  ù„„  au  moment  de  la  fermeture  du 
circuit  par  le  chronomètre  directeur,  et  la  plus  grande,  I2„,  au  moment  de 
la  rupture  du  circuit  par  le  moteur  lui-même. 

Telle  est  la  méthode  de  synchronisation  imaginée  par  M.  W.-P.  Ger- 
rish,  de  l'Observatoire  d'Harvard  Collège  et  appliquée  par  lui  à  l'entraîne- 
ment de  quelques  équatoriaux  de  l'Observatoire. 

On  voit  qu'un  moteur  synchronisé  par  cette  méthode  ne  tourne  pas  avec 
une  vitesse  intermédiaire  constante.  On  peut,  il  est  vrai,  réduire  l'oscilla- 
tion de  la  vitesse  à  telle  valeur  que  l'on  veut  par  l'adjonction  d'un  volant 
de  moment  d'inertie  approprié,  ainsi  que  le  fait  M.  Gerrish. 

Mais  l'emploi  d'un  volant  pour  diminuer  le  coefficient  d'irrégularité  du 
moteur  présente  un  gros  inconvénient  pour  l'application  que  nous  avons  en 
vue  ici;  les  variations  de  vitesse  étant  ralenties,  la  prise  de  régime  est 
longue,  ce  qui  constitue  déjà  un  inconvénient  en  soi,  mais  fait  en  outre  que 
tout  dérangement  intempestif  dans  la  marche  du  moteur  est  lent  à  dispa- 
raître. En  d'autres  termes,  la  liaison  synchronisante  est  trop  lâche.  L'ana- 
lyse mathématique  de  la  question  montre  que  la  rigidité  de  la  synchronisa- 
lion  augmente  quand  on  diminue  le  moment  d'inertie  du  moteur  et  qu'on 
augmente  l'amortissement  par  les  résistances  passives  fonctions  croissantes 
de  la  vitesse.  C'est  une  conclusion  qui  est,  dans  son  domaine,  l'analogue  de 
celle  que  Cornu  a  tiré  de  l'étude  de  la  synchronisation  électromagnétique 
des  systèmes  oscillants  et  qui  pose  un  dilemme  au  problème  de  la  synchro- 
nisation des  moteurs  de  chronographe  par  la  méthode  de  M.  Gerrish. 

Nous  en  sommes  sortis  par  l'artifice  suivant  : 

Par  l'emploi  d'une  force  électromotrice  convenable  et  au  moyen  d'une 
résistance  de  réglage  placée  en  série  avec  l'induit,  on  peut  faire  en  sorte 
qu'en  régime  la  durée  de  la  phase  d'accélération  du  moteur  soit  très  sensi- 
blement égale  à  celle  de  sa  phase  de  ralentissement.  Les  accélérations 
moyennes  pendant  ces  deux  périodes  sont  alors  égales  et  de  signes  con- 
traires. 

Ceci  posé,  considérons  un  deuxième  moteur,  de  tous  points  identique  au 
premier  et  synchronisé  de  la  même  manière,  mais  où  les  époques  de  ferme- 
ture du  circuit  sont  exactement  à  cheval  sur  les  époques  analogues  du  pre- 
mier moteur.  Les  mouvements  de  ces  deux  moteurs  sont  alors  sensible- 


I002  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

ment  en  opposition  de  phase,  la  vitesse  du  premier  s'accélérant  quand  celle 
du  second  se  ralentit,  et  réciproquement.  La  moyenne  arithmétique  de 
ces  vitesses,  que  l'on  recueille  mécaniquement  par  l'emploi  d'un  train 
différentiel,  est  constante  à  un  très  haut  degré  d'approximation,  et  cela, 
même  avec  un  moment  d'inertie  très  faible  et  un  amortissement  énergique. 


MÉCANIQUE  CÉLESTE.  —  Sur  une  coïncidence  remarquable  dans  la  théorie 
de  là  relativité.  Note  de  M.  Maurice  Saucer,  présentée  par  M.  Emile 
Borel. 

Soit  un  astre  de  masse  m;  à  une  distance  /•  le  potentiel  de  gravitation 
newtonien  a  pour  valeur  (en  appelant  G  la  constante  de  gravitation) 

G  m 
r 

Supposons  qu'un  corps  tombe  de  l'infini  en  chute  libre;  il  prendra  un 
mouvement  accéléré  et,  arrivé  à  la  distance  r  de  l'astre,  sa  vitesse  V  donnée 
par  le  théorème  des  forces  vives  sera  égale  à 

V        '--'" 


/iGi 


Sous  l'effet  de  cette  vitesse,  dans  la  théorie  de  la  relativité  restreinte  : 
I**    Le   corps  se  contracte  longitudinalement,  c'est-à-dire  précisément 
dans  la  direction  radiale.  Par  suite  les  règles  de  mesure  sont  raccourcies  et 
leur  longueur  primitive  doit  être  multipliée  par  le  facteur  de  réduction 
de  Lorentz  ici  égal  à 


V/' 


2  G/// 


(c  désignant  la  vitesse  de  la  lumière  ). 

Gonséquemment,  si  nous  mesurons  un  élément  de  ligne  radial  dr,  nous 
lui  trouverons  maintenant  comme  expression 


dr 


s/' 


1 G  m 


2**  Les  dimensions  normales  à  la  vitesse  ne  subissent  aucun  changement 
et  la   longueur   d'un   élément   de    ligne   tangentiel   aura   toujours  pour 


SÉANCE  DU  lO  AVRIL  1922.  IOo3 

évaluation , 

S**  Les  battements  des  horloges  entraînées  sont  ralentis  et,  par  suite,  les 
temps  d'oscillation  allongés.  En  conséquence,  une  durée  dl  sera  estimée 


/         âGm 

dti/  I —  • 

y  rc- 

Associons  maintenant  les  résultats  précédents,  le  temps  étant  pris, 
comme  d'habitude,  sous  une  forme  imaginaire;  il  vient  pour  l'expression 
de  l'intervalle  fondamental  ds  sous  l'effet  de  la  vitesse  acquise  et  en  remar- 
quant que  ces  trois  quantités  sont  portées  par  des  axes  orthogonaux 
(l'élément  de  ligne  tangentiel  est  perpendiculaire  à  l'élément  radial  et  la 
coordonnée  imaginaire  de  temps  est  perpendiculaire  aux  deux  coordonnées 
d'espace  )  : 

ds-  = r. r  +  /•'-  dS'-  —  dl-     i  — 


2G/?i\  \  rc 


rc- 


Coïncidence  remarquable,  nous  retrouvons  précisément  la  formule 
d'Einstein-Schwarzschild  qui  détermine  l'intervalle  fondamental  dans  le 
champ  statique  d'une  particule. 

A  première  vue,  on  pourrait  être  tenté  d'expliquer  ce  résultat  par  le 
principe  d'équivalence  en  considérant  que  les  actions  mécaniques  subies 
par  le  corps  du  fait  de  son  mouvement  sont  les  mêmes  que  celles  produites 
par  la  gravitation  s'il  restait  immobile.  iMais  il  y  a  lieu  d'observer  notam- 
ment que  : 

a.  Les  formules  de  Lorentz  sur  lesquelles  nous  nous  appuyons  ne  font 
état  que  de  l'influence  d'une  translation  à  vitesse  uniforme  et  non  d'un 
mouvement  accéléré  ; 

b.  Que  la  loi  de  Newton  que  nous  avons  admise  pour  l'expression-du 
potentiel  diff'ère  spécitiquement  de  la  loi  d'Einstein,  de  laquelle  est  déduite 
la  formule  de  Schwarzschild  ainsi  retrouvée. 

Tout  porte  à  croire,  en  conséquence,  que  ces  approximations  fournissent 
des  écarts  opposés  qui,  linalement,  se  compensent,  d'où  précisément  la 
coïncidence  observée. 


I004  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


ASTRONOMIE.  —  Eclipse  de  Soleil  du  28  mars  1922,  observée  à  l'Observatoire 
de  Ksara  (Syrie).  Note  de  MM.  Berloty  et  Combier,  présentée  par 
M.  Bigourdan. 

L'éclipsé  était  partielle  ici  et  le  premier  contact  seul  était  observable. 
L'heure  a  été  notée  au  chronomètre  t.  m.  Leroy  (  n*^  1220),  dont  la  correc- 
tion avait  été  déterminée  le  jour  même,  trois  heures  environ  avantréclipse. 
par  comparaison  avec  les  signaux  horaires  de  io''45'°  t.  m.  c.  Gr.  de  la  Tour 
Eiffel. 

Les  heures  indiquées  ci-dessous  le  sont  en  t.  m.  a.  Gr. 

Calcul,  c.  Observ.  0.  O.  — (.. 

Premier  conlacl i''39"3i»,5  l'^Sg^i^-  — i9%5 

On  a  noté  ensuite  les  heures  d'occultation  de  sept  taches  solaires  a,  è,  c, 
d,  e,  f,  g  dont  la  troisième  (c)  assez  grosse,  présentait  de  la  pénombre. 

Disparition.  Iiéappaiitiun. 

b       m       s  II        m       s 

Tache  a 2.22.56,5  2.23.12,2 

»  0 2  3.25,2  » 

pénombre 29. 58;  2  » 

ombre 30.29,0  3o.4<3.7 

cl 31.45,4  » 


c 


e 35.   7, 


'V     /. ." 4-^-  0,5  » 

»         ,A' .'■)  .    7  . 2 1  , 0  » 

La  tache  g  pénétrait  derrière  la  Lune  presque  tangentiellement. 


ASTRONOMIE.  —  Observation  de  l'éclipsé  annulaire  de  Soleil  du  27-28  mars 
1922,  faite  à  r Observatoire  astronomique  de  Valence  {Espagne).  Note  de 
M.  I.  Tarazona,  présentée  par  M.  Bigourdan. 

La  méthode  suivie  et  les  éléments  de  calcul  indispensables  pour  con- 
naître les  époques  H,  et  Ho  des  contacts  extérieurs,  etc.  sont  ceux  indiqués 
dans  la  Connaissance  des  Temps  pour  1922. 

Pour  coordonnées  géographiques  de  l'Observatoire,  on  a  adopté 

9  =  39°28'i7"  N.,         L=:  22'22"z=i»'29%5  W.  Greenwicli. 


SÉANCE   DU    lO   AVRIL    I922.  lOOD 

L'observation  a  été  faite  par  projection  avec  Téqnatorial  Grubb  de 
!'(  )bservaloire,  en  employant  l'oculaire  le  plus  faible. 

Comme  garde-temps  on  a  employé  le  chronomètre  Perez-Seckel,  n**  2092, 
dont  Tétat  et  le  mouvement  ont  été  déterminés  par  comparaison  avec  les 
signaux  du  Bureau  international  de  l'heure,  transmis  par  T.  S.  F. 

Quoique  le  vent  et  les  nuages  aient  altc-ré  parfois  l'azur  du  ciel,  le  temps 
a  été  beau  pendant  presque  toute  l'éclipsé,  surtout  pour  l'observation  des 
contacts.  Les  bords  lunisolaires  oscillaient  fortement  aux  approches  du 
dernier  contact. 

M.  Marti  Orteils  (V.)  a  pris  trois  photographies  de  l'éclipsé  avec  le 
même  équatorial  Grubb  dûment  modilié. 

Voici  les  résultats  de  l'observation  oculaire  : 

L  L'entrée  et  la  sortie  du  bord  lunaire  se  sont  effectuées  aux  points  pré- 
vus par  le  calcul. 

II.   Les  heures  des  contacts,  exprimées  en  temps  civil  moyen  de  Green- 

wich,  sont  : 

Tarazona.  Marti  Orteils. 

Observation.      Calcul.      C  — C.  Observation.       Calcul.      O.  — C. 

Premier  contact. .  .      i2'^5o™3i%5     43%6     — i2%i  i2''5o"'28%5     43%6     — i5%i 

Dernier  coniaci iS^Se'"^!',^     20% 7     — 39%3  i5''36'"54%4     20%7     — 26%3 

M.  de  Benito  (E.  ),  de  la  Faculti'  de  Droit  de  cette  Université,  a  observé 
l'éclipsé  chez  lui  avec  une  petite  lunette  astronomique.  Les  points  d'entrée 
et  de  sortie  lunisolaires,  à  partir  du  point  Nord,  ont  t'-té  ceux  prévus  par  le 
calcul.  Quant  aux  heures  des  contacts,  l'observation  a  devancé  le  calcul, 
notamment  pour  la  sortie  ou  dernier  contact. 

ASTRONOMIE  PHYSIQUE.  —  Observations  du  Soleil,  faites  à  l'Obser- 
vatoire de  Lyon,  pendant  le  quatrième  trimestre  de  1921.  Note  de 
M.  J.  Guillaume,  présentée  par  M.  B.  Baillaud. 

Il  y  a  eu  76  jours  d'observations  dans  ce  trimestre  (  *  )  et  Ton  en  déduit  les 
principaux  faits  suivants  : 

Taches.  —  Le  nombre  des  groupes  de  taches  est  de  19  au  lieu  de  32  (-),  mais  Taire 
totale  est  très  peu  moindre,  par  suite  de  formations  relativement  importantes  :  on  a, 
en  efifet,  24-0  millionièmes  au  lieu  de  2.565. 

(•)  Avec  l'aide  de  M"«  Bloch. 

(-)  \oir  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  i338. 


IOo6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Cette  diminution  des  groupes  a  été  environ  trois  fois  plus  forte  dans  l'hémisphère 
austral^  avec  6  groupes,  que  dans  l'autre  hémisphère,  où  il  y  en  a  eu  i3,  au  lieu  de  i6, 
de  part  et  d'autre,  précédemment. 

Les  jours  sans  taches  ont  été  plus  nombreux  dans  ce  trimestre  que  dans  le  précé- 
dent :  i8  au  lieu  de  lo;  il  en  résulte  une  proportion  de  0,2/1  au  lieu  de  o,  10. 

Les  formations  suivantes  (')  ont  atteint  un  développement  qui  a  permis  de  les  voir 
à  l'œil  nu;  leur  passage  au  méridien  central  s'est  produit  aux  dates  que  voici  : 

Novembre 18, 3  à  la  latitude  de -h  8° 

24,8  »  —6° 

Décembre i5,5  »  -i- 8° 

»         21,7  »  —  5° 

On  en  avait  noté  trois  dans  le  précédent  trimestre. 

Régions  d' activité.  —  Malgré  la  présence  de  quelques  beaux  champs,  les  facules 
ont  diminué  tant  en  nombre  qu'en  étendue  :  il  y  a  eu,  efFeclivement,  77  groupes  et 
une  aire  de  52,i  millièmes,  au  lieu  de  112  groupes  et  76,2  millièmes. 

La  diminution  des  groupes  est,  dans  sa  répartition,  de  10  au  sud  del'équateur,  avec 
34  groupes  au  lieu  de  44 >  ^t  de  25  au  nord,  avec  43  groupes  au  lieu  de  68. 


Tableau  L 


Taches. 


Dates        Nunibre      Pass.        Latitudes  moyennes.      Surfaces 
extrêmes     d'ohser-    au  mér.  n      ^ — .-i  moyenne! 

d'obserT.      rations.     centraL  S.  N.  réduites. 


0 

ctobre 

921 

•  —  o,i9- 

5-  8 

2 

6,7 

- 

-II 

12 

8-14 

5 

12,2 

- 

-   I 

24 

10-19 

8 

i(i,5 

-I-12 

26 

i5-25 

1 1 

20,8 

-H    7 

70 

20-28 

^ 

22,6 

-+-  8 

368 

22-  2 

12 

27,9 

4-  3 

3ii 

28-29 

2 
3ij. 

3o,9 

H-II 

10 

- 

-  G°,o  -H  8°,2 

Novemb 

re. 

—  0,36. 

12-24 

10 

18,3 

+  8 

425 

19-25 

4 

23,8. 

+  4 

62 

19-30 

5 

24,8 

- 

-  6 

5oi 

Dates       Nombre     Pass.     Latitudes  moyennes  Surfaces 

extrêmes    d'obser-    au  mér.    — ■  n       -^ — -»^  moyennes 

d'observ.    valions,    central.           S.                N.  réduites. 

Novembre  (suite). 

3              I        3o,4       —  <>  4 


22  j. 

—  6° 

0  -(-6°,o 

Décembre 

—  0 

1 7. 

3 

I 

2,8 

-+-  9 

3 

6 

I 

10,4 

— 12 

5 

11-14 

4 

10:9 

-i-  8 

27 

9-21 

1 1 

i5,5 

-^  8 

248 

19-24 

5 

18, G 

-+-i\ 

•'9 

10-27 

25 

9 
I 

21,7 

23,7 

—  j 

-hio 

299 
4 

27-29 

0 

29^9 

-t-10 

42 

20  J. 


—  8°, 5  -h  9°,  3 


(')  Il  y  a  lieu  de  remarquer  que  le  premier  et  le  troisième  de  Q.es  groupes  sont  des 
retours  de  celui  qui  a  passé  au  méridien  central  le  22,6  octobre  à  -t- 8"  de  latitude 
(Voir  Tableau  I).  Le  quatrième  est  un  retour  du  second,  qui  a  persisté  et  est  revenu 
pour  la  cinquième  fois  dans  le  présent  mois  de  mars. 


SÉANCE   DU  lO   AVRIL    1922.  IOO7 
Tableau  II.  —   Distribution  des  taches  en  latitude. 

Sud.  Nord.  Suifacos 

, — — ^ -^ ^ — .        ,— — ^ ^^ — _a^ -~  Toldux                   totale? 

1J21.                90*     M'         30°         îO*          10*      0"     Somme.  Somme.    0*        10*         20*       30*         40"       'M'  niciiBUcI».               réduites 

Octobre >•       ■■        -         "2           2  '>          \        >.        ■■       "          -  ;                   821 

Novembre. . .        >•       >■         "      '   "        2           2  1         z "  4                   992 

Décembre...        .,       »        ..         i         i           ■}.  6         'y       i         ..       ..          ..  8                   607 


Totaux...       >.       »        .»         I        5  6  li       10       3        >■       »         >'  19  2470 

Tableau  III.  —  Distribution  des  facules  en  latitude. 


§ 

Bd. 

Somme. 

N 

ord. 

Totiux 

mensuels. 

Surfaces 
totales 
réduites. 

U21. 

90* 

VO" 

_ 

30 

20 

_ 

10* 

0' 

Somme. 

0' 

10* 

ÎO* 

30* 

40 

90* 

Octobre.. . . 

I 

4 

7 

5 

17 

22 

5 

4 

2 

3 

8 

39 

22,9 

Novembre. . 

2 

.) 

2 

0 

5 

II 

14 

7 

3 

.. 

I 

3 

25 

17,6 

Décembre. . 

» 

» 

I 

2 

3 

c. 

7 

5 

I 

» 

). 

I 

i3 

11,6 

Totaux... 

2 

I 

7 

I  I 

i3 

34 

43 

17 

8 

2 

4 

12 

77 

-    02,1 

MESURES  ÉLECTRIQUES.  —  Sur  un  dispositif  permettant  V élimination  et  la 
détermination  du  facteur  'de  'correction  des  wattmètres .  Note  de 
M.  Henri  Chaumat,  présentée  par  M.  Paul  Janet. 

La  valeur  P,,  de  la  puissance  vraie  consommée  par  un  appareil  fonction- 
nant sur  courants  alternatifs  est  donnée,  comme  on  le  sait,  par  la  formule 
suivante  : 

^  '  I  +  tang9  tang<I> 

dans  laquelle  P^  est  la  puissance  lue  telle  qu'elle  résulte  de  Fétalonnage  en 
courant  continu,  0  la  différence  de  phase  entre  la  tension  aux  bornes  et  le 
courant  dans  le  circuit  à  fil  fin  du  wattmètre,  $  le  déphasage  propre  à  l'ap- 
pareil dont  on  mesure  la  puissance. 

Cette  formule  ne  permet  la  détermination  de  la  puissance  vraie  que  par 
une  méthode  d'approximations  successives  qui  ne  donne  pas  d'exactitude 
pour  les  faibles  différences  de  potentiel  ou  les  valeurs  élevées  de  $. 

Dans  les  appareils  courants,  o  est  très  faible  et  l'on  peut  toujours  négliger 
tang-o  devant  l'unité,  si  bien  que  la  formule  (i)  se  réduit  à  la  suivante  : 

P/  P. 


(2) 


I -H  taogo  tang<t»        \-\-x^ 


IOo8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

en  posant 

X  =r  lang  cp  tangO, 

tangç,  quoique  de  valeur  faible,  peut  donner  un  facteur  de  correction 
élevé  si  tang<î>  est  très  grand  comme  c'est  le  cas  pour  des  appareils  d'utili- 
sation ayant  un  facteur  de  puissance  très  faible  (de  l'ordre  de  quelques  cen- 
tièmes par  exemple). 

On  sait  que  tangçi  =  —■,  /étant  le  coefficient  de  self-induction  du  circuit 

à  lîl  fin  du  wattmètre,  co  la  pulsation  du  courant  alternatif,  r  la  résistance 
totale  du  circuit  à  lil  fin  du  wattmètre,  résistances  additionnelles  non 
inductives  comprises. 

Voici  un  procédé  permettant  l'élimination  et  la  détermination  du  facteur 
de  correction. 

Le  cadre  mobile  à  fil  fin  porte  deux  circuits  identiques  isolés  l'un  de  l'autre 
et  superposés,  et  pouvant  être  mis,  par  des  dispositifs  appropriés,  soit  en 
parallèle,  soit  en  série. 

Soit  /  le  coefficient  de  self-induction  Aà  ce  cadre  mobile  quand  les  bobines 
sont  en  parallèle;  il  sera  quatre  fois  plus  grand  si  les  bobines  sont  mises  en 
série.  Si,  quand  on  fait  cette  manœuvre  à  l'aide  de  commutateurs  appropriés, 
on  fait  varier  en  même  temps  les  résistances  additionnelles  en  service  de 
façon  que  la  résistance  totale  du  circuit  à  fil  lin  reste  constante,  on  fera 
varier  par  suite  dans  le  rapport  de  i  à  4  'a  valeur  de  tango  cl  si  Po  est 
la  lecture  faite  lorsque  les  deux  circuits  du  cadre  mobile  sont  en  série,  on  a 

(3  P., 


1  -^  'ax 


Il  convient  de  remarquer  qu'alors  la  constante  de  l'appareil  n'est  plus  la 
même  que  dans  la  première  expérience.  Pour  le  même  courant  i  dans  le 

circuit  à  111  fin,  chaque  spire  est  parcourue  par  le  courant-  lorsque  les  deux 

enroulements  du  cadre  mobile  sont  en  parallèle.  Quand  ces  enroulements 
sont  en  série,  la  résistance  totale  restant  la  mènie,  c'est  un  courant  i  qui 
passe  dans  chaque  spire. 

Le  nombre  d'ampères-tours  du  cadre  mobile  passe  donc  de  i  à  2  de  l'une 
à  l'autre  expérience  et  par  suite  aussi  le  couple  directeur. 

Il  sera  facile  de  tenir  compte  de  cette  variation  de  la  constante  de  l'ins- 
trument. 

On  peut  pourtant  disposer  les  choses  de  façon  que  cette  constante  reste 


SÉANCE    DU    lO    AVRIL    ig!22.  ÏOO9 

la  même.  I*our  cela,  on  disposera  le  circuit  à  gros  fil,  dit  circuit  série  du 
wattmètre,  en  deux  enroulements  pouvant  être  mis  également  en  série  ou  en 
parallèle.  Pour  un  courant  principal  I,  le  nombre  d'ampères-tours  sera  iNÏ 
pour  les  circuits  en  sçrie,  N  étant  le  nombre  total  des  spires.  Ce  nombre 

NI 
d'ampères-tours  du  circuit  à  gros  fil  passera  à  —  lorsque  les  deux  enroule- 
ments seront  en  parallèle  pour  le  même  courant  principal  I. 

On  procédera  alors  de  la  sorte  : 

Première  expérience.  —  Les  deux  enroulements  du  circuit  à  fil  fin  sont  en 

parallèle,  les  deux  enroulements  du  circuit  à  gros  fil  sont  en  série.  On  lit  P^ 

et  l'on  a 

P, 


P.= 


I  -t-  .c 

Deuxième  expérience.  —  Les  deux  enroulements  du  circuit  à  fil  fin  sont 
en  série,  les  deux  enroulements  du  circuit  à  gros  fil  sont  en  parallèle.  On 
lit  Po  et  l'on  a 

d'où 

T,__4P.-P. 


les  deux  constantes  étant  restées  ici  les  mêmes. 

Les  dispositifs  précédents  permettant  de  faire  exactement  la  correction 
quand  elle  est  nécessaire,  on  n'a  donc  plus  à  craindre  l'importance  du  fac- 
teur de  correction;  on  peut,  dès  lors,  employer  des  circuits  mobiles  portant 
plus  de  spires,  donnant  par  suite  des  couples  plus  grands  et  réaliser  ainsi 
des  appareils  plus  robustes  et  plus  sensibles. 

Par  exemple  on  réalise  couramment  des  appareils  où  /  est  de  l'ordre 
de  0,009  henry  (soit  0,01)  et  fonctionnant  avec  une  résistance  totale 
de  4000  ohms  sous  iio  volts.  Même  en  décuplant  cette  valeur  de  la  self- 
induction,  pour  la  fréquence  5o,  tang- oserait  inférieur  à  ^^^   ^  et,  par  suite, 

négligeable  devant  l'unité. 

Ces  dispositifs  permettront  enfin  l'emploi  des  wattmètres  à  des  fréquences 
plus  élevées  que  les  fréquences  industrielles  courantes. 

On  peut  remarquer  en  outre  qu'il  résulte  des  formules  précédentes  que 

l'on  a 

/.  p  —  p 

:i:ilangco  lanott; 


/.  p  p 

4  1  1         X  2 


C.  R.,  1922,  I"  Se/nes/re.  (T.  174,  N«  15.)  '  7^ 


lOIO  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


tango  pouvant  (Hre  exactement  déterminé  à  l'avance,  on  déduira  de  là  $ 
par  sa  tangente,  ce  qui  est  avantageux  pour  les  usages  industriels  et  plus 
précis  quand  on  détermine  le  môme  angle  de  phase  par  son  cosinus. 


ACOUSTIQUE.  —  Sur  le  bruit  des  cmons. 
Note  de  M.  Charles  Dévé,  présentée  par  M.  Râteau. 

Lorsque,  debout  sur  un  terrain  dur  et  à  peu  près  uni,  on  écoute  un  avion 
passer  au-dessus  de  sa  tète,  on  perçoit  un  ronilement  de  tonalité  basse  sem- 
blant dépourvu  de  notes  élevées.  Si  l'on  baisse  la  tête,  la  tonalité  monte-,  en 
plaçant  l'oreille  à  environ  20*^'"  du  sol,  la  tonalité  générale  semble  monter 
de  plus  de  deux  octaves.  L'impression  de  montée  de  la  tonalité  cesse  quand 
l'avion  s'éloigne  à  environ  45°  du  zénith,  elle  ne  se  manifeste  jamais  pour 
un  observateur  placé  à  une  fenêtre  d'un  étage. 

Ce  phénomène  est,  en  apparence,  identique  à  celui  que  produisent 
d'autres  bruits,  tels  que  bruissement  du  feuillage,  bruit  d'une  cascade,  etc. 
Quand  on  écoute  le  bruit  d'une  cascade,  ayant  à  i'"  ou  2^  derrière  soi  un 
mur,  la  tonalité  du  bruit  semble  monter  quand  on  se  rapproche  du  mur; 
c'est  que  ce  bruit  est  formé  d'une  variété  innombrable  de  bruits  de  hauteur 
différente,  qui  se  réfléchissent  sur  le  mur;  tous  les  trains  d'ondes  élémen- 
taires qui  arrivent  à  l'oreille  en  phase  avec  leur  train  réfféchi  donnent  des  • 

sons  renforcés,  qui  satisfont  à  la  relation  /  =  -2(1,  /=  —,  •••5  /=  —,  /étant 

la  longueur  d'onde  et  d  la  distance  de  l'oreille  au  mur.  Tous  ces  sons  ren- 
forcés, formant  une  suite  harmonique  d'un  caractère  musical,  existent  réel- 
lement dans  le  bruit  de  la  cascade,  mais  sont  sélectionnés  par  la  réflexion 
sur  tè  mur.  Au  contraire,  dans  le  cas  de  l'avion,  les  sons  élevés  n'existent 
pas  dans  le  ronflement  perçu  directement,  ou  ne  s'y  trouvent  qu'avec  une 
intensité  relative  très  faible. 

Une  autre  explication  est  donc  nécessaire;  on  peut  la  trouver  dans  la 
forme  des  ondes  du  son  fondamental,  où  domine  la  note  produite  par  les 
explosions  et  surtout  par  les  échappements  du  moteur  (environ  100  explo- 
sions à  la  seconde).  Or,  un  son  simple  de  ce  genre  peut,  par  réflexion  des 
ondes,  donner  la  sensation  de  tonalités  plus  élevées;  l'expérience  suivante 
le  prouve. 

Trois  disques  tournant  à  la  même  vitesse  porlenl  chacun  8  clous,  qui 
produisent  un  bruit  lorsqu'on  les  fait  taper  sur  une  baguette.  Les  clous  de 


SÉANCE  DU  lO  AVRIL  I922.  lOII 

rang-  impair  donnent  des  ondes  qui  représentent  les  ondes  directes  du 
moteur;  ceux  de  rang  pair  engendrent  des  ondes  qui  peuvent  être  assimi- 
lées aux  ondes  réfléchies  des  précédentes.  Les  rapports  des  intervalles  suc- 
cessifs des  clous  sont,  pour  le  premier  disque  ->  pour  le  second  -,,  pour  le 

troisième  ^;  les  trois  disques  produisent  donc  le  bruit  d'un  disque  à  4  clous 

équidistants  combiné  avec  le  môme  bruit  réfléchi  et  plus  ou  moins  décalé. 
Or,  ils  donnent  des  bruits  de  tonalité  nettement  montante;  le  bruit  du  pre- 
mier disque  est  à  peine  plus  élevé  que  celui  du  disque  à  4  clous;  le  troi- 
sième disque  produit  l'octave  du  son  d'un  disque  à  4  clous,  tandis  qu'il 
devrait  donner  le  silence  par  interférence  si  les  ondes  étaient  sinusoïdales. 
Le  phénomène  peut  donc  s'expliquer  parla  forme  caractéristique  des  ondes 
de  percussion,  comparables  aux  ondes  d'explosion. 

Quand  le  front  d'une  onde  réfléchie  arrive  à  l'oreille  avec  un  très  petit 
retard  a  sur  le  front  d'onde  directe,  la  vague  de  l'onde  se  trouve  allongée 
et  sa  distance  b  au  front  suivant  diminuée.  Le  son  b  est  plus  élevé  que  le 
son  fondamental  [1  =  a-^  b),  et  le  son  a  n'est  perçu  que  si  la  longueur  ^/ 
devient  assez  grande  pour  que  les  deux  vagues  d'ondes  soient  distinctes. 
On  se  rend  facilement  compte  du  phénomène  en  composant  graphiquement 
un  train  d'ondes  en  forme  de  vagues  assez  espacées,  avec  un  train  sem- 
blable, mais  amorti,  représentant  le  train  réfléchi. 

Il  faut  tenir  compte  aussi  de  ce  que  le  sol  n'étant  pas  une  surface  géomé- 
trique, l'onde  réfléchie  est  d'autant  plus  floue  que  l'oreille  est  loin  du  sol, 
et  que  les  différences  des  chemins  acoustiques  parcourus  par  différents 
éléments  réfléchis  sont  plus  grandes;  une  même  différence  de  ces  chemins 
affecte  davantage  la  i'ormo  d'une  onde  courte  que  celle  d'une  onde  plus 
grande;  c'est  pourquoi  la  réflexion  des  sons  élevés  n'est  sensible  que  près 
du  sol. 

Lorsqu'un  observateur  immobile  écoute  un  avion,  le  son,  sans  perdre  sa 
tonalité  grave,  paraît,  par  moments,  renforcé,  et  ces  renforcements  n'ont  pas 
de  période  (à  moins  que  l'avion  ait  deux  moteurs  produisant  des  batte- 
ments). Ce  phénomène  peut  s'expliquer  par  la  nature  même  des  ondes. 
Une  onde  unique  suffît  à  donner  une  sensation  de  hauteur;  nul  ne  con- 
fondra le  cla(iuement  d^une  balle  de  fusil  (onde  de  choc)  avec  le  claquement 
produit  par  un  gros  obus  ;  la  sensation  de  hauteur  du  son  paraît  due  à 
la  longueur  d'onde,  qui  est  fonction  de.  la  masse  d'air  déplacée.  Si  une 
seconde  onde  arrive  exactement  après  le  passage  de   Tonde  précédente, 


IOI2  ACADEMIE   DES   SCIENCES. 

l'oreille  doit  être  impressionnée  plus  vivement;  or,  la  distance  des  fronts 
d'onde  dépend  de  la  vitesse  de  rapprochement  ou  d'éloigiiement  de  ravioii. 
L'impression  de  renforcement  doit  être  perçue  quand  la  distance  entre  les 
fronts  de  deux  ondes  consécutives  est  un  multiple  ou  un  sous-multiple  de 
la  longueur  d'une  onde  prise  isolément. 


PHYSIQUE  APPLIQUÉE.    —    Sur  une  méthode  pe/meflant  de  reconnaître  /es 
perles  japonaises  cultivées  (^).  Note  de  MM.  J.  Galibocrg  etF.  Uyziger. 

Plusieurs  moyens  ont  été  préconisés  pour  identifier  les  perles  japonaises 
cultivées.  L'un  d'eux  est  Ijasé  sur  l'emploi  de  la  lumière  fournie  par  l'arc 
au  mercure.  Un  autre  utilise  l'immersion  dans  un  liquide  de  même  indice 
de  réfraction  que  les  couches  superficielles  de  la  perle  cultivée.  Ces  moyens 
nous  ont  donné  des  résultats  irréguliers  (^). 

Il  nous  a  semblé  qu'une  méthode  plus  simple  consisterait  à  examiner 
directement  l'inlérieur  de  la  perle  en  profitant  du  trou  qu'elle  comporte 
nécessairement  pour  être  utilisée  comme  parure  (ce  trou  peut  la  traverser 
de  part  en  part  ou  n'intéresser  qu'une  fraction  de  son  épaisseur). 
,  Pour  cet  examen,  nous  nous  sommes  servis  d'un  microscope  ordinaire 
dont  l'axe  optique  était  situé  dans  le  prolongement  du  trou  de  la  perle. 
Celle-ci  était  éclairée  latéralement  par  transparence  au  moyen  d'un 
faisceau  lumineux  concentré  par  une  lentille.  Pour  rendre  visible  dans  le 
microscope  la  paroi  interne  de  la  cavité,  il  fallait  disposer  à  l'intérieur  de 
celte  cavité  un  miroir  de  très  faibles  dimensions,  étant  donné  que  les  trous 
percés  dans  les  perles  ont,  en  général,  de  deux  à  six  dixièmes  de  millimètre 
de  diamètre.    Un  nettoyage  sommaire  du  trou  assurait  la  netteté  des  vues. 

Dans  nos  premières  recherches,  nous  avons  employé  comme  miroir 
l'extrémité  d'une  aiguille  d'acier  coupée  à  45  degrés,  la  surface  inclinée 
étant  polie  par  le  procédé  utilisé  pour  la  métallographie  microscopique. 

Nous  avons  pu  constater  ainsi  qu'une  différence  d'aspect  très  nette 
existait  entre  les  couches  externes  et  le  noyau  artificiel:  la  séparation  entre 
ces  deux  parties  est  très  accusée,  comme  le  montre  la  photographie  i. 

Des  séparations  se  révèlent  également  entre  cprtaincs  zones  concen- 


(')  Voir  les  ÎNotes  de  M.  L.  Iîoltan,  Comptes  rendus,  t.  17;i,  1921,  p.  78S  el  1021, 
(-)  D'autres    expérimentateurs,   et    nous-mêmes,    avons   essayé   de  différencier  les 

perles  japonaises  cultivées  pai- leur  densité.    Il   ne  semble  pas  que  cette   voie   ait  pu 

donner  mieux  que  d'utiles  indications. 


SÉANCE  DU  lO  AVRIL  I922.  IOl3 

triques  des  perles  .naturelles,  mais  elles  sont  moins  tranchées  (voir  photo- 
graphie 2)  et  se  répètent  un  grand  nombre  de  fois. 

Une  amélioration  sensible  de  la  méthode  d'observation  a  été  obtenue  en 
introduisant  dans  le  trou  de  la  perle  une  goutte  de  mercure  dont  le  ménisque 
constitue  un  evcellent  miroir  convexe  qui  réfléchit  panoramiquement  toute 
la  surface  intérieure  du  trou  située  entre  le  contour  apparent  horizontal  du 
ménisque  et  l'ouverture  du  trou. 


Fig.  I.  —  Perle  cullivée.  —  Vue  prise  à  la  limite 
de  séparation  du  noyau  et  des  couches  d'ap- 
port. Le  demi-cercle  sombre  fait  partie  du 
nojau,  le  demi-cercle  clair  appartient  à  la 
matière  d'apport.  (Miroir  à  4''''  introduit  à 
l'intérieur  de  la  perle.  )  G  x  60. 


Fig.  2.  —  Perle  naturelle.  —  Vue  prise  entre 
des  couches  successives.  La  séparation  entre 
les  couches  est  progressive.  (Miroir  à  4^° 
introduit  à  l'intérieur  de  la  perle.)  Gx  60. 


Fig.  3.  —  Perle  cultivée.  —  Image  réfléchie 
par  une  gouttelette  de  mercure  immpbilisée 
au  tiers  supérieur  du  trou  de  la  perle. 
G  X  60. 


Fig.  4-  —  Ferle  naturelle.  —  ^'^e  prise  dans  les 
mêmes  conditions  que  la  photo  de  la  figure  3. 
G  X  60. 


En  déplaçant  la  goutte  de  mercure  par  une  méthode  quelconque  qui  peut 
être  très  simple,  on  peut  explorer  de  part  en  part  l'intérieur  de  la  perle. 

La  photographie  3  montre  l'un  des  aspects  obtenus  :  on  voit  au  centre 
un  cercle  noir  réfléchissant  l'ouverture  supérieure  du  trou,  entouré  d'un 
anneau  (qui  était  coloré  en  vert  dans  cet  échantillon)  représentant  les 


IOl4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

couches  d'apport  de  l'huître  sur  le  noyau  artificiel,  enfin  autour  de  l'anneau 
s'étend  une  couche  grise,  image  du  noyau. 

Cet  aspect  est  bien  différent  de  ce  qu'on  obtient  avec  une  perle  naturelle 
où  des  zones  concentriques  sont  également  visibles,  mais  sont  moins  brus- 
quement séparées  et  se  suivent  généralement  en  grand  nombre  (photo- 
graphie 4). 

On  pourrait  peut-être  faciliter  les  manipulations  en  remplaçant  la  goutte 
de  mercure  par  une  petite  sphère  solide  obtenue  par  fusion  d'un  fil  métal- 
lique ou  d'un  fil  de  verre  noir,  mais  cette  instrumentati\)n  est  difficile  à 
réaliser  et  jusqu'ici  nous  n'avons  pas  obtenu  la  même  netteté  de  vue  qu'avec 
le  mercure. 

Nous  pensons  que  la  méthode  que  nous  avons  employée  avec  fruit  dans 
l'examen  des  perles  serait  susceptible  d'applications,  en  biologie  par 
exemple,  pour  l'exploration  interne  de  corps  translucides  percés  d'ouver- 
tures ou  creusés  de  cavités. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  la  préparation  du  chlorure  cV ammonium. 
Note  de  M.   P.   3Iondain  Moxval,    présentée  par  M.   H.   Le  (^batelier. 

Dans  la  fabrication  de  la  soude  par  le  procédé  dit  à  l'ammoniaque^  on 
obtient  des  eaux  résiduaires  renfermant  une  forte  proportion  de  chlorure 
d'ammonium.  On  récupère  habituellement  l'ammoniaque  de  ces  solutions 
en  les  traitant  par  la  chaux;  on  peut  également  en  retirer  par  cristallisation 
le  chlorure  d'ammonium.  Ce  dernier  procédé  semble  appelé  à  se  déve- 
lopper comme  corollaire  de  la  fabrication  synthétique  de  l'ammoniaque. 

Il  m'a  semblé  intéressant  d'étudier  les  conditions  de  cristallisation  de  ce 
sel  dans  les  dissolutions  renfermant  à  la  fois  du  chlorure  et  du  carbonate 
neutre  de  sodium  et  d'ammonium.  Par  la  même  occasion,  j'ai  étendu  ces 
recherches  à  la  cristallisation  des  trois  autres  sels  qui  sont  associés  au  chlo- 
rure d'ammonium.  Dans  cette  première  Communication,  je  donne  les 
résultats  de  mes  mesures  pour  la  température  de  i5°. 

Dans  les  expériences,  l'équiUbre  de  saturation  du  sel  ou  des  sels  existant 
au  contact  des  dissolutions  était  assuré  au  moyen  d'une  agitation  prolongée 
pendant  4  heures.  Après  repos  d'une  heure  on  analysait  des  prises  d'essai 
tarées.  Le  CO"  et  NH*  étaient  dosés  par  volumétrie,  le  chlore  et  le  sodium 
pondéralement. 

Le  mode  de  représentation  utilisé   est  celui   du  diagramme  carré  de 


SÉANCE    DU    lO    AVRIL    1922.  I0I3 

M.  Le  Chatelier.  Les  différents  ions  sont  comptés  suivant  les  cotés  du  carré 
et  chaque  point  des  surfaces  de  saturalion  a  pour  ordonnée  perpendiculaire 
au  plan  du  carré  le  poids  deau  en  grammes  dans  lequel  est  dissoute  la 


molécule  totale  du  mélange  des  sels. 


KaCl 


y2C0'[NH'j 


y2  CO'Nc^' 


Les  surfaces  de  saturation  se  coupent  suivant  des  lignes  correspondant 
à  la  cristallisation  simultanée  de  deux  sels.  Ces  lignes  se  coupent  elles- 
mêmes  en  deux  points  triples,  correspondant  au  dépôt  simultané  de  trois 
sels.  Le  domaine  de  cristallisation  du  chlorure  d'ammonium  esl  figuré  par 
la  surface  portant  à  son  coin  ]\H^  Cl  (  i53). 

Seuls,  les  points  les  plus  intéressants  sont  portés  sur  le  diagramme.  Ils 
sont  indiqués  par  un  astérisque  dans  les  Tableaux  suivants. 

Les  courbes  de  niveau  relatives  à  une  même  masse  d'eau  tenant  en  solu- 
tion une  molécule  des  différents  sels  sont  indiquées  de  30*^'  en  So^. 


loi 6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Tableau  1 

relatif  aux  points  situés  sur  les  côtés  du  carré. 

Numrros  Poids  pour  100»  d'eau. 

des  -" — ^ Eau 

solulions.                  Sels  solides.  NaCl.  NH'CI.  iCO'?\n'-.    ^  C0'(NII<)2.    pour  1"°'. 

V.     NaCl 35,-  l  »  l  ,63!o 

2..     NaCl 9.7,2  16.9  »  »  128,3 

o    i^'aci        )  ,  ; 

■  i  NH^Gl          j '^^''  ^**-  "  "  '^^'^ 

4..     NH'^CI i5,7  25,5  .)  ;.  i34,2 

5*.     NIPCI »  35,3  »  »        •     i53,o 

C.     NII'Cl ))  3i,7  »  1-.6  104,2 

^      \  NH^CI  ) 

'    ■  jCOHNH^)M "  ^'''^  "  ^''"  ^^'"^ 

8..     C03(NH')- »  14, 5  >.  61,2  64,7 

9..     G0'(NH^)2 »  ,<,,,  „  61  ;3  68,3 

10'.     C0^^(NPP)2 ,)  »  ,,  62,0  77,0 

II..     CO«(NII^)^ ))  .  4,3  5q,2  75, q 

,^      (CO^(MI*)^/ 

■  j  C03^a^         ) "  "  ^^-9  ^'^'^  ^'^'^ 

13..     GO^Na-^ >>  .  16.3  27,6  ii3,a 

rv.     GO^Na^ »  ,>  16,5  »  321, o 

15..     GO^Na-^ 8,8  »  12,9  »  253, o 

16..     GO^Na^ 18,0  »  i3,4  »  178,5 

,_     (GCP^a-^         )  ■ 

i^    •  j  NaGi               ^9'i  »  i3,7  »  i32,o 

18..     NaGI 33,5  »  4,3  »  i53,o 

ISota.  —  Dans  ce  Tableau  ks  parties  accoladées  représentent  des  points  doubles. 

Tableau  II 

relatif  aux  points  situés  à  r intérieur  du  carré. 

Nuniéros  Poids  pour  100»  d'eau. 

solutions.                Sels  solides.  Ne.  Nll^  Cl.  {CO^.  pour  1°">'. 

19..     NaGl  +  NH*Cl gU  7%  27^8  0^8  i23'o 

^^.     (  NaGl-i-NIPGl       ) 

-^   ■  j      ^GO^Na^           (••••  ^^-^  '"^^  ^"^-^^  ^^'^  ^^'^ 

Point  triple  A  : 

21..     NaGI     ^GO-^Na-^ i3,3  '       6,0  23.3  7,7  110,0 

22..      NH^GI  +  GO^Na^ 12,7  i4,3  28,2  16,6  74,1 

_^,    \  NH^Gl  +  GO^Na^  ) 

-^   -j      +G03(NIP)2      ••••  '^'^  '^9^'+  ^^'^  ^7.^-  33,4 

Point  triple  B  : 

2'i...     NIPGI    +G0^(N1P)2.  i(,,3  35,4  3i,2  46, o  4i,3 

25..     NH^GI    -^r:03(NH^)^  .  2,3  3i,7  21,4  37,7  53, o 

26..     G03Na^-+-GO'(NH^)2.  10,9  38,8  2t,4  60,8  38, o 

27..     NHH:,! 4,1  12,0  23,7  5,4  123,3 

28..     GO^Na^ 10,6  10,7  21,1  i3,8  94,7 

29..     GO^iXa^ 7,9  2,3  4.6  10, 3  210, 5 


SÉANCE   DU    lo   AVRIL    I922.  IOI7 

Pour  utiliser  ces  données  expérimentales  en  vue  de  la  fabrication  du 
chlorure  d'ammonium,  il  faut  remarquer  que  la  cristallisation  de  ce  sel  ne 
se  produit  pas  directement  en  partant  de  la  saumure  d'où  l'on  a  extrait  le 
bicarbonate  de  sodium.  On  transforme  d'abord  par  une  addition  d'ammo- 
niaque les  bicarbonates  en  carbonates  neutres  dont  la  solubilité  est  trop 
grande  pour  qu'ils  puissent  cristalliser  pendant  le  refroidissement  ultérieur, 
nécessaire  pour  la  cristallisation  du  chlorure  d'ammonium.  En  reportant 
la  composition  de  la  solution  ammoniacale  sur  notre  diagramme,  on  peut 
se  rendre  compte  de  la  quantité  de  ce  sel  qui  pourrait  cristalliser  à  la  tem- 
pérature de  i5°. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  la  vitesse  d'absorption  de  i' acide  carbonique 
par  les  solutions  alcalines.  Note  de  Mi  Paul  Riou,  présentée  par 
M.  H.  Le  Chateher. 

Dans  la  fabrication  de  la  soude  par  le  procédé  dit  à  l'ammoniaque^  une 
des  opérations  les  plus  délicates  est  la  carbonatation  de  la  saumure  ammo- 
niacale. La  lenteur  d'absorption  de  l'acide  carbonique  nécessite  des  carbo- 
nateurs  de  dimensions  énormes.  Il  nous  a  semblé  intéressant  de  préciser, 
par  des  mesures  systématiques,  la  vitesse  d'absorption  de  l'acide  carbo- 
nique par  les  solutions  alcalines. 

La  saumure  ammoniacale,  obtenue  en  faisant  dissoudre  dans  une  solu- 
tion de  chlorure  de  sodium,  l'ammoniaque  et  une  partie  de  l'acide  carbo- 
nique récupérés  d'une  opération  précédente,  contient  à  la  fois,  par  suite 
des  équilibres  qui  se  produisent  entre  les  sels  en  présence,  des  chlorures  de 
sodium  et  d'ammonium,  des  carbonates  neutres  de  sodium  et  d'ammonium. 

Dans  ce  premier  travail,  nous  avons  étudié  uniquement  l'absorption  de 
l'acide  carbonique  par  les  solutions  de  carbonate  neutre  de  sodium.  Nous 
comptons  étendre  ensuite  ces  recherches  à  l'absorption  de  l'acide  carbo- 
nique par  l'ammoniaque  et  par  des  mélanges  de  sels  d'ammonium  et  de 
sodium. 

Cette  absorption  de  l'acide  carbonique  est  fonction  d'un  grand  nombre 
de  facteurs  indépendants  dont  il  s'agit  de  mettre  en  évidence  l'influence.  A 
première  vue,  les  facteurs  les  plus  importants  à  étudier  sont  :  la  concentra- 
tion et  la  température  des  solutions  de  carbonate  neutre  de  sodium,  la  pré- 
sence de  sels  étrangers  associés  au  carbonate  neutre,  l'agitation  des 
solutions,  la  dilution  de  l'acide  carbonique  par  des  gaz  inertes,  et  les  chan- 
gements de  pression. 


IOl8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Les  facteurs  étudiés  dans  ce  travail  sont  :  la  concentration  en  carbonate 
neutre  et  en  sels  étrangers,  la  température,  la  concentration  en  acide 
carbonique  et  enfin  l'agitation. 

Mode  opératoire.  —  Pour  déterminer  la  vitesse  d'absorption  par  une  surface  faci- 
lement nnesurable,  nous  nous  sommes  servis  d'un  cylindre  droit  fermé,  communiquant 
avec  une  burette  graduée.  La  partie  supérieure  du  cylindre  laisse  passer  un  agitateur 
et  est  munie  d'un  robinet  pour  l'introduction  du  gaz  carbonique.  Le  liquide  est 
introduit  par  la  burette. 

Pour  la  plupart  des  mesures,  nous  nous  sommes  sei'vis  cependant  d'une  burette  de 
Bunte.  La  burette  étant  remplie  de  gaz  carbonique,  on  met  dans  l'entonnoir  du  haut 
la  solution  de  carbonate;  on  ouvre  le  robinet  supérieur,  celui  du  bas  étant  fermé»  A 
l'aide  d'un  chronomètre,  on  compte  le  nombre  de  secondes  nécessaires  pour  absorber 
un  nombre  déterminé  de  centimètres  cubes  d'acide  carbonique.  Dans  ce  cas,  la  surface 
absorbante  n'est  pas  directement  mesurable.  Nous  avons  fait  l'étalonnage  par  Compa- 
raison avec  l'appareil  précédent  :  La  burette  de  Bunte  convient  parfaitement  pour  les 
vitesses  moyennes;  elle  est  moins  exacte  pour  les  petites  et  les  grandes  vitesses.  Son 
emploi  accélère  beaucoup  la  réalisation  des  expériences. 

Le  Tableau  suivant  donne  les  vitesses  de  véaction  pour  des  concentra- 
tions variables  de  carbonate  neutre  de  sodium  et  pour  des  mélanges  renfer- 
mant 6  pour  loo  de  carbonate  neutre  avec  des  quantités  variables  de 
bicarbonate  et  de  chlorure  de  sodium.  Les  vitesses  V  sont  exprimées  en 
centimètres  cubes  de  gaz  carbonique  absorbés  en  une  seconde  par  centi- 
mètre carré  de  surface  absorbante.  Les  concentrations  sont  exprimées  en 
grammes  de  sel  pour  loo^  d'eau. 


co^ 

.Na-, 

(l'V'„. 

C(J^ 

i\a' 

',  G  :  „. 

CO=Na-. 

\.10''. 

CO^Na-. 

V.IO''. 

CO'Na 

M. 

v.iœ. 

.NaCl. 

^.10^ 

6 

18,75 

i5 

12,50 

2 

1 5 ,  CKj 

4 

18, 64 

S 

18,29 

18 

10, 64 

f 
4 

11,80 

8 

16,66 

]  ) 

16,66 

20 

9,86 

6 

10,00 

12 

12, 5o 

I  i 

-  i4,7'* 

» 

» 

8 

8,91 

» 

» 

Le  deuxième  Tableau  montre  Tinfluence  de  la  température  sur  la  vitesse 
de  réaction. 

TciiipéraluiT.             *           CO\Na-,  (i  "/„.  r.(  )^Na-,  20  V„. 

i5 18,75  9,86 

20 '^4  )  •  9  1 6 ,  34  , 

3o 44,11  24,74 

40 68,94  42,85 

5() 100,00  60.00 

61  • i36,()o  85,71 

70 214,28  i36,36 

8o< 25o,i)(t  200,00 


CO^  Na^  G  Vo  ; 
<;0-']NaH.6»/„. 

CO^\a^G"/„; 

CO^AaH,  sal.; 

AaCl,  6"'o- 

10,00 

» 

1  2  ,  93 

10,00 

19,48 

i3,63 

00,00 

21,43 

4 1,66 

3i  ,20 

57-69     , 

45,45 

83,33 

79, 00 

107, t4 

88,23 

SÉANCE   DU    lO   AVRIL    1922.  ^Oig 

Le  troisième  Tableau  montre  l'influence  de  la  dilution  de  l'acide  carbo- 
nique mélangé  à  l'air,  sur  la  vitesse  de  réaclion  pour  une  solution  de 
CO^Na-  à  6  pour  100. 

Conccntralion  en  CO"  pour  llll). 
Température.  100.  SO.  10.  IC.  10,1.  7.4.  3,8. 

20° 24,19       20,00       i5,62         7,i4       3,12       1,66      0,8.3 

!^o" 78,94       55,55       33,33       14,28       5,55       2,22       i,ii 

Enfin  le  dernier  Tableau  montre  l'influence  de  l'agitation  du  liquide. 

ConceiUration  en  CO-  pour  100 11)0.  50.  ÎO. 

Avec  agitation 18, -5  12,00  5,i4 

Sans  agitation 9i**5  6,00  3,86 

L'agitation  du  gaz  n'a  pas  donné  de  différences  importantes. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Su7'  une  application  de  la  méthode  optique  de  déter- 
mination de  lu  solubilité  d'un  liquide  dans  un  autre.  Note  de  M.  C.  Ché- 
NKVEAU,  présentée  par  i\l.  Paul  Jaiict. 

Imaginons  que  l'on  mette  en  présence  d'aniline  une  solution  aqueuse  d'un 
sel,  minéral  ou  organique,  contenant  P  grammes  de  sel  pour  looos  de 
solution;  admettons  tout  d'abord  que  le  sel,  incapable  d'agir  chimiquement 
sur  l'aniline,  soit  insoluble  dans  ce  liquide.  L'intérêt  de  l'emploi  de  l'aniline 
est  que,  sa  densité  étant  très  voisine  de  celle  de  l'eau,  on  peut  remplacer 

dans  la  loi  optique  des  solutions  les  pouvoirs  réfringents  S])écifiques — ^—- 

(N,  indice  de  l'éfraction  j)Oui'  la  raie  jaune  du  sodium;  D,  densité)  parles 
quantités  N  —  1.  De  l'eau  va  passer  dans  l'aniline,  mais,  inversement,  de 
l'aniline  va  être  dissoute  par  l'eau  (^).  On  peut  cependant  montrer  (\\i  opti- 
quement tout  se  passe  comme  si  cette  solubilité  inverse  n'existait  pas. 

Prenons  un  poids  î:  de  la  solution  saline  aqueuse  considérée  précédem- 
ment qui  contient  un  poids  d'eau  : 

1000 

Si  nous  dissolvons  complètement  cette  eau  dans  l'aniline,  il  va  se  déposer 

un  poids  de  sel  71',  tel  que  'û'  +  E  =  t:,  que  nous  pouvons  éliminer.  Si  la 

(')  Comptes  rendus^  t.  174,  1922,  p.  Si5. 


I020  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

quantité  d'aniline  mise  enjeu  correspond  à  loo^  de  solution  aqueuse  finale, 

F  n' 

la  quantité  d'aniline  dissoute  dans  l'eau  sera  A  =  — ^>  si/»'  esl  le  coefficient 

de  solubilité  de  l'aniline  dans  l'eau.  En  résumé,  on  aura  donc  en  présence 
dans  loo^  de  solution  :  E  grammes  d'eau  dissoute  daiisl'aniline,  A  grammes 
d'aniline  dissoute  dans  l'eau  et  (loo  —  E —  A)  grammes  d'aniline  restante. 
Si  R,  ''?  ''o  sont  les  réfractions  spécifiques  de  l'aniline,  de  la  solution 
aqueuse  d'aniline  et  de  l'eau,  la  loi  optique  des  solutions  donne 

E/-y+ AR -F  (loo  —  E  —  A.)li=ioo/- 
ou 

(2)  E/-y-r-(lOO E)R=IOO/', 

c'est-à-dire  qu'on  obtient  la  même  formule  que  si  la  quantité  d'eau  E  s'était 
uniquement  dissoute  dans  Vaniline.  Et,  puisqu'on  peut  remplacer  les  pou- 
voirs réfringents  spécifiques  i\^  R  et  r,  de  l'eau,  de  l'aniline  et  de  la  solution 
par  les  grandeurs  {n^,  —  1),  (N  —  i),  (/i  —  i),  on  déduit  de  la  formule  (2) 

E(rto—  i)  +  (100 —  E)  (N  —  i)  =  ioo(« —  1), 
ioo(N  — /O  =  E(N-/^,) 

et,  en  remplaçant  E  par  sa  valeur  (i)  : 

(3)  N  — /^=z:  ^^^"~''»^1000-P):=K(1000-P). 

^     '  100000  ' 

V abaissement  d'indice  de  Vaniline  est  proportionnel  à  la  quantité  (Peau 
qui  y  passe. 

Si  le  sel  est  soluble  dans  l'aniline,  comme  NO' Ag  par  exemple,  la  même 
relation  s'applique  encore  si  l'on  a  le  soin  de  tenir  compte,  dans  l'abaisse- 
sement  d'indice  observé,  de  la  part  qui  revient  au  sel  dissous. 

J'ai  vérifié  la  formule  (3)  à  l'aide  de  solutions  contenant  i  molécule- 
gramme  M  de  corps  dissous  pour  looo^  de  solution,  et  j'ai  obtenu  les 
résultats  suivants,  en  n'indiquant  que  les  chiffres  considérés  comme  exacts  : 

Avec  une  précision  de  it  i  pour  100,  on  peut  donc  déduire  les  conclu- 
sions suivantes  : 

1°  Le  rapport  de  V abaissement  d'indice  de  Vaniline  à  la  quantité  d'eau 
dissoute  est  bien  constant  et  le  même  pour  des  solutions  équimoléculaires. 


SÉANCE  DU  lO  AVRIL  1922.  I02I 

7ï  =  3,68  pour  100;  /  =r  i5<' à  20". 

N  —  n 
t.  Sels.  M.  „„„, —  M.  N— n.       K= rr. 

lOOD M 

o  o 

19  à  20 LiCI  42,5  '957,5  0,0086  90.10-'' 

19320 NH^Cl  53,5  946,5  0,0086  90 

20 NaCl  58,5  941,5  o,oo83  88 

20 IvCl  74  <  5  925,5  0,0080  88 

19320 KNO*  loi  899  o,t)o85  94 

20 KBr  119  881  0,0076  86 

16 MgSO^  120  880        ■         0,0080  90 

16 (NH^)2S0^  i32  868  0,0077  ^^ 

19320, Kl  166  834  0,0079  94 

19 AgNO»  170  83o  0,0074  89 

i5 BaCI^  208  792  0,0070  88 

i5 GdBr-  272  728  0,0068  93 

i5 Fb(NO^j'-  33o  670  o,oo64  gS 

20 C'^H^^O''  342           •    658  o,oo58  88 

Moyenne.     90.  lO"? 

20 l'^au  O  1000  0,0091  91.10"' 

Valeur  calculée  par  la  formule  (3) 93.  lO"' 

2°  Si  Fon  désigne  par  ii  l'indice  de  la  solution  où  il  n'y  a  que  de  Teau  en 
présence  d'aniline,  on  a 

/       iM  71  — n'         , 

n  —  /r  =  K  M  o u  — r-j —  --  K, 

M 

c'est-à-dire  que  le  quotient  de  rabaissement  moléculaire  d'indice  par  la  masse 
moléculaire  est  constant. 

3°  On  peut  encore  énoncer  ce  résultat  ainsi  :  V abaissement  d' indice  par 
unité  de  masse  est  le  même  pour  tous  les  sels  inorganiques  ou  les  corps  orga- 
niques sans  action  chimique  sur  Taniline.  Le  phénomène  d'ionisation 
n'intervient  pas. 


CHIMIE  ORGANIQUE  ET  BIOLOGIQUE.  —  Aptitude  de  V aldéhyde  formique 
à  former  V acide  cyanhydrique par  oxydation.,  en  milieu  argentico-ammo- 
niacal.  Note  de  MM.  U.  Fosse  et  A.  Hieulle,  présentée  par  M:  E.  Roux. 

1.  L'acide  cyanique  précède  et  engendre  l'urée,  comme  dans  la  synthèse 
de  Wœhler 

CÔNH.NH^    ^    ^'^Cnh^' 


I022  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

lorsqu'on  traite  par  MnO^K,  en  présence  de  NH%  une  foule  de  principes 
naturels  ou  artificiels  :  protéiques,  acides  aminés,  hydrates  de  carbone, 
glycérine,  formaldéhyde,  cétones,  acides,  aminés,  amides,  nitriles  et 
mélhylcarbylamine  ('). 

Le  précurseur  nécessaire  de  la  carbimide,  l'acide  cyanhydrique,  dont  la 
formation  par  oxydation,  en  présence  d'ammoniaque,  de  corps  sans  azote 
n'avait  pu  être  réalisée,  se  forme,  cependant,  en  quantités  dosables,  parfois 
notables,  lorsqu'on  provoque  la  réaction  oxydante  en  présence  de  sel  d'ar- 
gent ou  de  mercure  (-). 

Voici,  en  effet,  les  rendements  en  GNH  produits  par  loo^  de  matière  : 
alcools  (o«,5  à  1^,6);  phénols  (0*^,6  à  S»,  i);  glycérine  (3^,  6);  hydrates  de 
carbone  (o^, 8  à  \^ ,-j)\  formaldéhyde  (8^, 58)  ('). 

2.  Cette  aptitude  delà  formaldéhyde  à  former  l'acide  cyanhydrique  appa- 
raît avec  beaucoup  plus  de  netteté  encore  dans  les  expérienees  qui  suivent. 

C acide  cyanhydrique^  terme  intermédiaire  instable  précurseur  de  l'acide 
cyamque  e!  de  l'urée^  peut  être  isolé  avec  des  rendements  de  3o  à  d^  pour  100, 
lorsqu'on  traite  par  des  doses  massives  de  MnO'K  de  très  petites  quantités 
de  CH-0,  au  sein  de  l'ammoniaque  cœicentrée,  en  présence  de  sel  d'argent 
et  de  NH' CL 

Expéi^ience.  —  Un  large  tube  à  essais  (diarnelre,  9.2"'™  à  ^S™'")  reçoit:  le])oiyoxymé- 
llijlène  sec  (o?,oi  environ),  pesé  à  la  balance  de  précision,  et  de  l'ammoniaque  con- 
centrée (10'^'"'),  ou  bien  la  solution  ammoniacale  de  ce  corj^s  à  jôVû  (i"'^'"');  '*^  clilorure 
d'ammonium  (ig,5  à  1^7)  et,  après  dissolution,  le  nitrate  d'argent  o"'^',5  à  i""'  de 
liqueur  normale),  puis,  finalement,  en  une  seule  fois,  Je  permanganate  de  potassium 
pulvérisé  (58). 

On  rince  les  parois  du  yase  avec  de  Tammoniaque  concentrée  (10""')  et  l'on  triture  la 
mixture  avec  la  lige  d'un  thermomètre,  en  refroidissant  par  l'eau  de  la  ville,  ou  en 
laissant  la  température  s'élever  spontanément  vers  60°  à  65°.  La  décoloration  du  persel 
est  terminée  en  5  à  6  minutes. 

Après  essorage  et  lavage  du  précipité  à  l'eau  ammoniacale  chaude,  le  filtrat  est  chauOe 
dans  un  appareil  distillatoire  avec  du  zinc  pur  et  de  l'acide  sulfurique  dilué.  On  dose 
GNH  dans  le  distillât  par  la  méthode  de  Denigès,  en  mesurant  avec  une  burette  à  -'„  de 
centimètre  cube  la  liqueur  décime  d'argent  consommée. 


{^)  R.  Fosse,  Comptes  lendas,  t.  168,  1919,  p.  3'.>.o,  908  et  ii64;  t.  169,  1919. 
p.  91;  t.  171,  1920,  p.  635  et  722;  t.  172,  1921,  p.  161  ;  —  Annales  de  V Institut  Pas- 
teur, 1920,  p.  715-762;^^ —  Bulletin  Soc.  ckim.,  1921,  p.  i5S-2o3. — R.  FossE  et 
G.  Laude,  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  68  et  i24<>;  t.  173,  1921,  p.  3i8. 

(-)  R.  Fosse,  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  1370. 

(^)  R.  Fosse  et  A.  Hieulle,  Comptes  rendus,  t.  174-,  1922,  p.  Sg. 


SÉANCE    DU    lO    AVRIL    1922.  1023 


Ainmo-  Liqueur 

CHHl.  niaqur.  N/i  Ag.  NH'Cl. 

g  cm'  cm'  ;; 

0,0100  1 5  0,5  1.7 

0,01075  25  0,5  1,7 

0,01 38  20  0,5  1,7 

0,01 i5  20  2  1,7 

0,01  10  1 ,  1 .7 

0,01  20  I  1,7 

0,01  20  I  ^  ;7 

0,01  20  I  1,7 

O ,  (  )  I  20  I  1,7 

0,01  20  1  1,7 

0,01  20  I  1,5 

0,01  20  I  1,5 


Te  m  p. 

Liqueur 

Rendeme 

()■  K. 

I)ur('C. 

inax. 

N    10  Ai;. 

HCN. 

.1 

min 

7 

0 
67 

cm' 
0,70 

36 

5 

5 

5o 

0  ,  60 

3o ,  I 

5 

8 

52 

0,78 

3o,5 

5 

7 

58 

0,80 

37,5 

5 

6 

55 

o,56 

3o,2 

5 

5 

60 

0,60 

34 

5 

6 

55 

0,60 

32 

5 

6 

55 

o,56 

3o,2 

5 

6 

55 

0,62 

33,4 

5 

5 

(")0 

0,66 

35,6 

5 

5 

62 

0,66 

35,6 

5 

5 

62 

0,67 

36,1 

3.  La  majeure  partie  de  Foxygène  du  permanganate  sert  à  oxyder  de 
l'ammoniaque,  qui  passe  à  l'état  d'acides  nitreux  et  nitrique.  La  trans- 
formation de  l'aldéhyde  formique  et  de  l'ammoniac  en  acide  cyanhydrique 

CH^O  -^  NH^-f-  O  =  2H2O  +  CNH 

n'en  utilise  qu'une  proportion  extrêmement  faible. 

D'autre  part,  la  présence  de  sel  d'argent  dans  le  milieu  oxydant  ne  permet 
pas  d'immobiliser  complètement  l'acide  cyanhydrique  et  de  l'empêcher  de 
se  transformer  en  acide  cyanique  par  oxydation  : 

CiNH+0^0  :  CNH. 

Expérience.  —  Après  avoir  oxydé  l'aldéhyde  formique,  en  milieu  argentico-ammo- 
niacal,  selon  le  mode  opératoire  indiqué  plus  haut,  on  chauffe  le  tube  réaclionnel, 
I  heure,  vers  90°  avec  NH^Cl,  afin  de  transformer  en  urée  le  cyanate  d'ammonium, 
({u'il  peut  éventuellement  contenir;  on  ajoute  de  l'acide  acétique  (10'^'"'),  refroidit  pour 
faire  déposer  les  chlorures,  essore  et  lave  avec  de  l'acide  acétique  (17""')  et  de 
Teau  (4""'}.  Le  filtrat,  additionné  de  i<^™\5  de  solution  de  xanthydrol  dans  l'alcool 
méthylique  à  y,7,  abandonne  la  dixanthylurée,  que  l'on  recueille  le  lendemain. 

1.  CM-0  :  oï.oi3;  urée  dixanthylée  :  o?,0745.  D'où  :  urée  ou  cyanate  d'ammonin«n 
pour  ibo  :  1 01 8,36. 

2.  CH-0  :  os?, 0102;  urée  dixanthylée  :  oS,o635.  D'où  :  urée  ou  cyanate  iTammo- 
nium  pour  100  :  88s,  g3. 

Recherche  de  V iirèe  contenue  dans  la  liqueur  argentico- ammoniacale 
de  GH-0,  après  oxydation  et  avant  cliauffage  :  traces. 


1024  ACADÉMIE    DES    SCIENCES^ 


GÉOLOGIE.  —  Sur  l'allure  et  les  dislocations  de  la  nappe  du  Cheiron  au  sud  du 
haut  Estéron,  jusqu'à  la  haute  vallée  du  Loup  (^ Alpes-Maritimes).  Note  (') 
de  M.  Antoni.v  Lanquine,  présentée  par  M.  Emile  Haug. 

Antérieurement,  nous  avons  résumé,  M.  Léon  Bertrand  et  moi,  les  résul- 
tats de  nos  observations  sur  la  région  frontale  de  la  grande  nappe  pyrénéo- 
provençale  du  Cheiron  (  -  )  dont  nous  avions  indiqué  les  limites. 

A  la  fin  de  Tété  dernier,  j'ai  eu  Toccasion  détudier,  avec  une  attention 
particulière,  la  région  comprise  entre  Saint-Auban  et  Végay,  d'une  part, 
entre  Caille  et  Test  de  Gréolières,  d'autre  part.  Les  profondes  vallées  créta- 
cées du  ruisseau  de  la  Faye  et  de  la  Gironde,  tous  deux  affluents  du  haut 
Estéron,  forment  la  limite  nord  de  cette  sorte  de  rectangle.  La  haute  vallée 
du  Loup,  jusqu'au  coude  brusque  que  fait  ce  cours  d'eau  vers  le  sud  sous  le 
promontoire  jurassique  de  Cipières,  en  forme  la  limite  méridionale.  Mes 
observations  dans  cette  partie  des  Alpes-Maritimes  complètent  et  corro- 
borent les  données  précédemment  acquises  sur  le  front  de  la  nappe  proven- 
çale du  Cheiron  et  fournissent  de  nouvelles  précisions  sur  les  dislocations 
longitudinales  qui  affectent  cette  unité  tectonique. 

Front  de  la  nappe.,  entre  Végay  et  les  Lattes.  —  L'étude  des  versants  sep- 
tentrionaux de  la  Montagne  de  Thorenc  et  de  sa  prolongation  vers  l'ouest, 
la  Montagne  de  Bleine,  montre  la  continuation  constante  du  déversement 
au  nord,  qui  apparaît  si  nettement  dans  la  charnière  anticlinale  de  Végay. 
Quelques  coupes  de  ces  versants  sont,  à  cet  égard,  très  démonstratives.  Au 
nord  et  au  nord-ouest  du  signal  de  Thorenc,  par  exemple,  à  la  montée  du 
col  de  Bleine,  dans  les  pentes  au  sud  du  ruisseau  de  la  Faye,  entre  le  ruisseau 
et  le  col  des  Lattes,  on  voit,  comme  dans  l'enlaille  de  Végay,  le  même  plon- 
gement  au  sud  du  Jurassique  supérieur  dominant  et  entraînant  avec  lui 
TEocrétacé  de  la  nappe.  Les  bancs  du  Jurassique  moyen,  froissés  et  réduits 
dans  le  ^flanc  nord  de  la  digitation  de  Végay,  n'apparaissent  que  dans 
quelques  boutonnières  des  Montagnes  de  Thorenc  et  de  Bleine.  avec  un  pen- 
dage  au  S.,  très  aigu,  ou  une  allure  quasi  verticale.  Mais  le  front,  marquant 
en  direction  la  continuité  de  la  digitation  supérieure  de  Végay,  est  égale- 
ment souligné  par  le  plongement  tantôt  des  calcaires  berriasiens  et  valan- 
giniens,  tantôt  des  calcaires  marneuxde  l'Hauterivien  de  la  nappe.  Verticaux 

(')  Séance  du  3  avril  1922. 

(")  Léon  Bertrand  et  Antonin  Lanquine,  Nouvelles  observations  sur  la  tectonique 
du  sud-ouest  des  Alpes-Maritimes  {Comptes  rendus,  t.  158,  1914,  p.  i46o). 


SÉANCE    DU    fO   AVRIL    1922.  I025 

OU  subverticaux,  en  face  des  quelques  maisons  de  la  Faye  de  Mas,  ces  bancs 
éocrétacés  s'infléchissent  et  plongent  au  sud  sous  l(^.lui'assique  supérieur  du 
col  de  Bleine.  Le  même  mouvement  se  poursuit  au  sud  du  ruisseau  de  la 
Faye  et  du  hameau  des  Lattes,  où  le  Barrémien  plonge  également  sous  les 
termes  les  plus  inférieurs  du  Crétacé. 

^A  ce  bord  frontal  fait  suite,  vers  le  nord  ,  jusqu'au  chevauchement  alpin 
du  signal  de  Harpille  et  de  la- Montagne  de  Cliaramel,le  synclinal  crétacé, 
en  réalité  dissymétri([ue,  dirigé  E.-W.,  dont  le  flanc  méridional  s'incurve 
sous  la  digitation  du  Cheiron.  Dans  le  Sénonien  de  cette  large  dépression, 
qui  forme  le  substratum  de  la  nappe,  j'ai  pu  vérifier  la  continuité  de  la 
saillie  anticlinale  des  calcaires  turoniens  jusqu'au-dessous  du  signal  de 
Saint-Auban. 

Dislocations  de  la  nappe  et  rcpei^cussions  alpines.  —  Des  dislocations  d'ori- 
gine alpine,  dont  la  direction  générale  reste  W.S.W.  —  P'.N.E..  amènent 
la  rupture  de  la  nappe  et  les  chevauchements  vers  le  sud,  ([ui  jalonnent  lé 
contact  anormal  du  Jurassique  sur  le  Crétacé  tout  le  long  du  flanc  nord  de 
la  vallée  de  la  Lane.  Ainsi  les  Calcaires  Blancs  recouvrent  le  Cénomanien 
plongeant  au  nord  au-dessus  de  la  Ferrière,  au  rocher  de  Bleine  et  sous 
l'escarpement  du  Bau  de  l'Aigo.  Au  niveau  du  contact,  le  Jurassique  supé- 
rieur est  parfois  très  dolomitique  et  constamment  broyé. 

Une  rupture  de  même  nature  apparaît  sous  le  chaînon  jurassique,  paral- 
lèle au  précédent,  qui  constitue  la  bordure  septentrionale  de  la  vallée  supé- 
rieure du  Loup.  Dans  la  traversée  du  Bau  Roux,  au-dessus  de  Caille,  de 
même  qu'au  Pas  de  la  Mule,  leszones  broyées  de  la  base  du  Jurassique  supé- 
rieur sont  particulièrement  nettes;  même  constatation,  le  long  de  la  route 
de  Thorenc  au  pont  du  Loup,  au-dessus  de  la  Haute-Valette.  Si  l'on 
examine  d'ailleurs  le  bord  de  l'escarpement  jurassique  depuis  cette  bastide 
jusqu'au  profond  ravin  que  suit  le  vieux  chemin  de  Gréolières  au  Plan  du 
Peiron,  la  rupture  de  la  nappe  vers  le  sud  s'y  montre  accusée  par  un 
broyage  souvent  intense.  En  plusieurs  points  même,  la  répercussion  alpine 
a  déterminé  des  replis  dans  les  calcaires  du  Jurassique  supérieur,  qui 
constituent  des  charnières  surplombantes  au-dessus  du  Cénomanien  du 
flanc  nord  de  la  vallée  du  Loup. 

A  l'ouesl  de  la  dépression  élevée  du  Plan  du  Peiron.  les  deux  segments 
de  la  nappe  du  Clieiron,  séparés  par  la  vallée  de  la  Lane,  se  fusionnent  et 
s'étalent  pour  donner  la  montagne  du  Cheiron.  Les  couches  éocrétacées  du 
Plan  du  Peiron  et  les  bandes  de  même  âge,  plus  ou  moins  divisées,  qui  se 
prolongent  vers  l'est  sur  les  flancs  jurassiques  du  Bas-Cheiron  ,  se    rap- 

C.  R.,  1952,  I"  Semestre.  (T.  174,  N°  15.)  7^ 


I026  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

portent  évidemment  à  des  synclinaux  dans  la  nappe.  Mais  il  semble  pro- 
bable qu'une  notable  partie  du  Cénomanien,  depuis  l'ouest  de  la  Perrière 
jusqu'au-dessous  du  Jurassique  broyé  des  Champs  Gelés,  appartient,  au 
contraire,  au  substratum  de  la  nappe.  La  présence  et  l'allure  des  lambeaux 
de  Crétacé  supérieur,  situés  immédiatement  sous  le  Jurassique  de  la  Mon- 
tagne de  Bleine,  confirment  cette  interprétation.  Eu  outre,  une  autre 
confirmation  résulte  de  la  considération  des  plongements  du  Cénomanien 
et  du  Barrémien  au  voisinage  du  clievauchemcnt  vers  le  sud  du  Jurassique 
des  Champs  Gelés.  Au  nord,  le  Cénomanien  plonge  à  l\^°  sous  les  Cal- 
caires Blancs  broyés;  au  sud,  il  s'enfonce  avec  la  même  inclinaison  sous  le 
Barrémien  et  l'Hauterivien  de  la  nappe.  On  retrouve  donc  ici  le  Crétacé  du 
substratum,  plus  ou  moins  plissé,  comme  à  l'extrémité  occidentale  des 
mêmes  segments  de  la  nappe  provençale  situés  sur  la  feuille  de  Cas- 
tellane('). 

Au  reste,  en  quelques  points  du  flanc  sud  de  la  vallée  de  la  Lane  et  à 
l'entrée  nord  de  la  due  de  Gréolières,  le  Jurassique  supérieur  et  le  Berriasien 
forment  des  charnières  tournées  au  nord  et  surplombant  le  Crétacé  infé- 
rieur. Ces  replis  peuvent  être  rapportés  à  une  digitation  de  la  nappe  située 
en  arrière  de  celle  du  bord  fro.ntal. 

Enfin  plusieurs  accidents  rapprochés  et  continus,  malgré  leur  aspect 
isolé,  jalonnent  l'étroit  chenal  creusé  par  le  Loup  dans  la  partie  haute  de 
son  cours,  entre  Andon  et  Gréolières.  Ils  sont  dus  aussi  à  des  répercussions 
alpines  et  intéressent  la  bordure  nord  d'un  troisième  segmenl,  plus  méri- 
dional encore,  de  la  nappe,  le  chaînon  del'Audibergue.  C'est,  par  exemple, 
le  paquet  jurassique  au  nord  du  Pont-du-Loup;  c'est  la  rupture  située  sous 
la  Haute-Valette,  amenant  une  mince  lame  de  Crétacé  supérieur  sous  les 
bancs  du  Portlandien  chaviré.  L'accident  du  Castellaras  d'Andon,  qui 
apparaît  comme  une  simple  cassure,  se  rattache  à  ces  répercussions  de  faible 
importance. 

L'étude  de  tous  ces  faits  met  en  évidence  la  fragmentation  plus  ou  moins 
accentuée  de  la  nappe  provençale  du  Cheiron  par  les  mouvements  alpins. 
Dans  cette  région,  cependant,  les  répercussions  alpines  ont  conservé  les 
grandes  directions  tectoniques  des  charriages  antérieurs. 

(')  Cf.  W.  KiLUN  et  A.  Lanquine,  Sur  les  complications  tectoniques  de  la  partie 
sud-est  des  Basses-Alpes  {régionde  Castellane)  {Comptes  rendus^  t.  161,  iQiS,  )3.  98). 


SÉANCE    DU    lO   AVRIL    1922.  IO27 

GÉOPHYSIQUE.  —  A  propos  du  (fermer  tremblement  de  terre  provençal. 
Note  de  M.  Adrien  Guébhard. 

Mieux  est  acquise  pour  la  Sismologie  rindépendance  causale  des  mani- 
festations sismiques  et  volcaniques,  plus  est  intéressante  à  vérifier  la  réalité 
de  coïncidence  des  zones  de  tremjjlements  de  terre  avec  les  grandes  lignes 
de  fracture  volcanisées  intéressant  toute  l'épaisseur  de  la  croûte  ter- 
restre ('),  surtout  en  bordure  des  fosses  abruptes  d'effondrement  des 
massifs  éruptifs  anciens  ayant  constitué  les  pièces  de  joint,  à  contours 
stellaires,  des  grands  ovales  élémentaires  dont  la  soudure  plus  ou  moins 
complète  a  laissé  un  certain  jeu  à  la  première  enveloppe  flottante  de  la 
pyro  sphère. 

Or  c'est  précisément  le  cas  (-)  de  l'alignement  en  guirlande  jalonnée  de 
taches  labradoriti([ues  miocènes  qui,  de  Monaco,  par  Biot,  Foulon,  Aix, 
rejoignant  le  Plateau  Central,  constitue  près  de  la  moitié  d'un  grand  ovale 
dont  j'ai,  en  conclusion  d'une  Suite  de  considérations  antérieures  (^),  établi 
le  rôle  méconnu  de  vraie  ligne  directrice  de  toute  Forogénie  des  Alpes  occi- 
dentales. 

C'est  que,  sur  le  flanc  raide  de  l'ancienne  crête  éruptive  arasée  qui  limite 
aujourd'hui  la  seule  moitié  restée  en  activité  de  l'ancien  géosynclinal 
géminé  dont  la  partie  nord  n'est  que  depuis  la  fin  du  Pliocène  totalement 
émergée,  reste  appendu  le  retroussis  de  fond  de  besace  C)  qui,  constam- 
ment tiré  en  bas  par  l'abondante  concentration  des  produits  de  démolition 
torrentielle  des  Alpes,  a  tendance,  dès  que  la  souplesse  vient  à  lui  man-' 
quer  (^)  pour  obéir  automatiquement  aux  sollicitations  de  l'isostasie,  à 
procéder  par  dcrapements  brusques,  décrochements  verticaux,  strictement 

(•)  Voir  ma  Note  du  3  octobre  19^1,  sur  Les  vraies  «  lignes  directrices  »  de  foro' 
génie  terrestre  {Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  592). 

(-)  Voir  la  figure  (p.  698 ),  de  la  Note  précitée. 

(^)  Voir,  notamment,  A  propos  de  l'écorce  résistante  {Comptes  rendus,  t.  IGG. 
1918,  p.  420);  Sur  la  notion  de  géosynclinal  {Ibid.,  p.  498,  i  figure):  A  propos  du 
volcanisme  {Ibid.,  t,  167,  1918,  p.  955,  2  figures).  —  ISotes provençales.  W .  p,  3  et  6- 
VII,  p.  12  ;  etc. 

(*)   Voir  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  455,  fig.  i. 

(^)  Quoique  ces  portions  les  plus  profondes  de  l'écoree  en  restent  aussi  les  plus 
minces,  elles  n'en  obéissent  pas  moins  à  la  loi  d'épaississement  qui,  même  si  elles  se 
rapprochent  du  centre,  les  éloigne  de  l'isogéotherme  de  solidification  et  de  l'état  de 
semi-plasticité  qui  leur  a  permis  très  longtemps  d'obéir  sans  déchirures  aux  poussées 
antagonistes  de  la  dilatation  du  magma  et  de  la  pesanteur  gravitationnelle. 


I02^  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

liiinl(;s  |»;u'  les  oxigences  de  l'équilibre  hydrostaliqnc  La  saccade  a  généra- 
lement un  caraclère  local  sussulloire  et  si  elle  succède  à  un  état  de  faux 
é(inilil)i'e  suflisamnicnl  prolongé,  le  déplacement  relatif  de  la  lèvre  conti- 
nenlalc  allégée  [)ar  rapj)ort  au  niveau  marin  peu  ou  point  changé  est  enre- 
gistré sous  la  l'orme  d'une  de  ces  p/agrs  souhrécs  qui  font  justement  l'objet 
<l('  lanl  (le  belles  éludes. 

I^n  tout  cas,  ce  genre  de  sismes,  à  peine  épirogéniques,  dus  au  dé{)lacc- 
ment  relatif  des  parois  alVrontées  de  géosynclinaux  distincts,  n'a  rien  de 
commun  avec  les  grandes  catastrophes orogéni{|ues  provoquées  (')  à  l'inté- 
rieur (les  cuvettes  géosynclinales  et  en  pleine  masse  sédimentaire  par  la 
chasse  fatale  des  dépôts  plastiques  ou  plastiliables  sous  l'accroissement 
excessif  des  superfétations  su|»érieures.  Le  [)oinl  de  dé|)art  de  ces  sismes-là 
doit  être  le  |)lus  souvent  dans  l'os  fosses  ombilicales  du  large  des  grands 
océans  et  l'atténuation  de  plus  en  plus  grande  des  surchaiges  sédimentaires 
doit  en  lenâie  l'éventualité  de  moins  en  moins  redoulable. 


Ml':'l'É0l50L0(ili;.  —  Ar.v  iirand.v  mouvrments  de  l' atmospltère  et  /((prévision 
(lu  icmps.  Note  de  M.  Paiii-  (iAi<iti<i4>r-LA<;KANc.i<:,  présentée  par 
M.  (ieorgcs  Lemoine. 

Depuis  deux  ans,  nous  suivons  jour  par  jour  les  grands  tnouvemcnts  de 
l'atmosphère  sur  une  surface  aussi  étendue  que  possible  et  nous  les  avons 
toujoui's  trouvés  conformes  à  la  théorie  (jne  nous  avons  exposée  à  diverses 
reprises.  Nous  rappellerons  brièvemenl  les  faits  constatés.  Il  y  a  des  mou- 
vements irensemble  (pii  se  poursuivent  pendant  un  cei  tain  temps  clans  un 
sens  et  avec  une  intensité  nettement  déterminés.  Pendant  un  mois  moyen, 
il  y  en  a  généralement  quatre,  mais  pendant  certains  mois,  notamment  en 
décembre  1921,  il  semble  n'y  en  avoir  que  deux  principaux.  Nous  les  avons 
rapportés  à  la  Lune,  parce  qu'ils  coïncident  moins  avec  les  phases  qu'avec 
les  périodes  de  la  révolution  draconiti(jue.  Ces  mouvemenls  sont  dès  lors 
eux-mêmes  périodicpies.  mais  l'action  lunaire  n'est  point  telle  que  l'on  croit 
généralement.  La  Lune  ne  fait  ni  monter  ni  baisser  aucun  élément  météoro- 
logique, notamment  le  baromètre;  elle  entr.iine  des  zones  entières  de 
l'hémisphère  dans  des  sens  déterminés  et  il  en  est  de  même  de  toutes  les 
actions  extra-terrestres.   Au-dessous   du   3o'"   parallèle,   dans  les  régions 


(')  J'ai  iir-vi'loiipé  cette  lliéorie  |)li>si(|iie  du  (liaslr(i|»lii-iiue  cttrtical  tMi  Icnite  nue 
série  de  Notes  doiil  je  me  Ijorne  à  citer  celle  du  .\  juillet  1919,  Sur  Le  iiiocle  de  ih'cU'ii- 
çhenicnt  du  iliaslroplnsiiw  vorlicol  {ComnWs  rendus,  l.  108,  1919,  p,  i3?,7). 


SÉANCE    DU    lO    AVRir.    Vj12.  I02f) 

inleriropicaies,  le  phc-iiornèiic  est  plus  simple  cl  plus  régulier;  au-dessus 
du  3()'",  il  se  coiiipli(pie,  mais  il  est  encore  très  apparent  sur  les  régions 
lempéiées  et  jiiscprau  'jcf  parallèle,  où  nous  avons  poussé  notre  étude,  nous 
avons  constaté  quatre  mouvements  cpii  se  ressemblent  deux  à  deux,  aux. 
lunistices  et  aux  é(|uilunes. 

Nous  avons  dit,  dans  nos  [)récédentes  ComMuinicalions,(|ue  ratm()S[)lière 
éprouve  comme  une  sorte  de  respiration  cpii  fait  monter  et  descendre 
allernativemeni  des  zones  entiér(!s  de  riiémisphère  cl  ces  inoiivciiicnts  sont 
en  ra[)port  avec  les  déclinaisons  lunaires.  Il  est  peut-être  pi-éléi-ahle,  dans 
nos  régions  et  notamment  sur  le  méridien  de  Paris,  de  parler  du  sens  positif 
ou  négatif  des  transformations  en  appelant  positives  celles  qui  se  produisent 
de  la  droite  vers  la  gauche,  et  négatives  les  Inverses.  Dans  cette  manière 
d'envisagei'  les  situations  successives,  le  mouvement  serait  positif  aux  deux 
lunistices  et  négatif  aux  écpiilunes. 

(^uoi  (pi'il  en  soit,  il  résulte  de  ces  considérations  une  conception  nou- 
velle de  la  prévision  du  temps,  ([m  doit  surtout  déterminer  les  transforma- 
tions générales  de  l'atmosphère  et  les  rattacher  à  leurs  conditions  d'exis- 
tence. Pour  cela  une  carte  bien  tracée  des  pressions  sur  une  surface  aussi 
étendue  ([ue  possible  est  nécessaire;  mais  lorsque  nous  Taurons  établie, 
nous  pourrons  (h'terminer  dans  (piel  sens  se  produiront  les  mouvements 
généraux,  tenant  à  la  prévision  elle-même,  elle  résultera  sur  chaque 
méridien  et  sur  chaque  parallèle  de  la  situation  particulière  déterminée 
par  la  carte  et  de  la  position  des  aires  de  haute  et  basse  pression.  On  pourra, 
d'après  la  carte  et  d'a[)rès  les  principes  (jue  nous  avons  posés,  délinir  dans 
quel  sens  ces  aires  seront  entraînées,  combien  de  temps  chaque  mouvement 
durera  et  celui  par  lecjuel  il  sera  alors  remplacé. 

Les  répercussions  sur  les  autres  éléments  météorologicpies,  tempéialure, 
|)luie,  etc.,  sont  une  suite  de  ces  transformations.  Au  point  de  vue  de  la 
température  notamment,  les  |)rincipales  vagues  de  froid  tpii  ont  marqué 
riiiver  I9'2i-i922  sont  facilement  explicables  :  surtout  rabaissement  du 
début,  vers  le  i''  décembre,  où  le  thermomètre  est  descendu  à  Paris  le 
28  novembre  à  —  9",  2,  alors  cju'il  ne  remontait  l'après-midi  qu'à  —  /\°,i'^ 
l'abaissement  de  février  (|ui  a  été  marcpaé  le  8  par  un  minimum  de  — 9**, 3 
avec  maximum  de  — 3^,6  et  celui  très  sensible  des  enviions  du  20  mars, 
en  tout  semblable,  quoi(pie  moins  fort,  à  celui  du  commencement  de 
l'hiver. 

L'étude  attentive  de  ces  diverses  périodes  montre  (pi'il  faut  faire  sur 
nos  régions  une  grande  différence  entre  les  froids  (pii  nous  viennent  du 
NW,   de  l'Islande  et  du  (iroenland  et  ceux  ipii  sont  dus  au  rattachement 


Io3o  ACADÉMIE   DÈS   SCIENCES. 

du  maximum  de  pression  des  Açores  avec  le  maximum  sibérien.  Les 
premiers,  comme  je  l'ai  montré  à  diverses  reprises,  sont  humides;  ils  ont 
surtout  sévi  au  commencement  de  décembre  et  au  milieu  de  mars.  Les 
seconds  au  contraire  sont  secs  et  influencent  surtout  les  minima.  Ce  sont 
ceux  que  nous  avons  ressentis  en  février,  tandis  que  janvier  a  été  marqué 
par  des  mouvements  peu  intenses. 

Ces  diverses  constatations,  jointes  à  celles  que  nous  avons  faites  anté- 
rieurement, montrent  que  les  mouvements  dus  à  la  déclinaison  de  la  Lune 
se  superposent  à  un  mouvement  plus  général  et  plus  lent  qui  entraîne 
Patmosphère  de  l'Ouest  à  l'Est,  à  raison  de  i**  par  jour.  La  situation  se 
transforme  ainsi  peu  à  peu  et  se  désagrège  lentement,  comme  si  dans  les 
hautes  latitudes  la  Lune  n'avait  pas  une  action  immédiate  et  complète. 

Ces  réserves  faites,  il  est  possible  d'expliquer  les  principaux  mouvements 
de  l'hiver  1 921-1922  et  l'on  eût  pu  prévoir  la  durée  et  le  caractère  des  froids 
que  nous  avons  subis  et  le  réchaufTement  anormal  de  janvier. 

On  eût  pu  également  prévoir  l'arrivée  subite  et  inattendue  le  6  novembre 
192 1,  d'un  minimum  barométrique  sur  le  sud  de  l'Angleterre  et  sur  le 
Danemark;  mais  ici  on  peut  aller  plus  loin  et,  en  comparant  la  situation 
analogue  du  8  mars  dernier,  déterminer  en  quoi  elles  diffèrent  et  comment 
elles  se  résoudront  l'une  et  l'autre.  II  eût  donc  été  possible  de  les  prévoir, 
mais  comme  elles  se  sont  produites  à  deux  périodes  opposées  du  mouvement 
en  déclinaison  de  notre  satellite,  la  première  était  accompagnée  d'un 
mouvement  des  hautes  pressions  descendues  du  Nord,  tandis  que  dans  la 
seconde  les  hautes  pressions  venaient  surtout  du  Sud.  On  eût  donc  pu 
annoncer  le  8  novembre  un  refroidissement  et  à  l'inverse  un  réchauffement 
le  8  mars. 

Je  n'ai  pas  l'intention  d'insister  aujourd'hui  sur  les  mouvements  horaires. 
Je  les  ai  montrés  (Jans  l'étude  de  la  marche  diurne  des  éléments  météorolo- 
giques, corroborés  depuis  notamment  par  la  discussion  des  observations  du 
vent  à  la  Tour  EilFel.  11  y  a  là  des  constatations  très  intéressantes  et  très 
utiles  à  l'aNialion.  Les  cartes  les  plus  complètes  que  nous  avions  à  ce  sujet 
et  qui  se  rapportent  à  la  situation  de  7  heures  du  matin  et  de  G  heures  du 
soir,  gardent  d'ailleurs  la  trace  de  ces  phénomènes,  et  il  me  suffira  de  rap- 
peler à  ce  sujet  les  cartes  du  18  janvier  1922  et  des  jours  qui  précèdent  et 
qui  suivent  dans  lesquels  la  Lune  passe  à  côté  ou  au-dessus  du  méridien  de 
Paris  dans  la  carte  du  matin.  Or  il  est  très  apparent  que  le  mouvement  qui 
est  négatif,  la  Lune  étant  dans  l'équilune  descendante,  est  plus  fort  le  matin 
et  [)lus  marqué  dans  la  carte  de  r  heures  que  dans  celle  de  18  heures. 

En  résumé,  on  peut  conclure  de  nos  constatations  actuelles  et  de  celles 


SÉANCE  DU    10   AVRIL   I922..  Io3l 

que  nous  avons  précédemment  exposées,  que  la  connaissance  des  mouve- 
ments généraux  de  l'atmosphère  permet  de  déterminer  le  caractère  des 
périodes  successixes  au  point  de  vue  nolamment  de  la  dislributioii  des 
pressions  et  des  températures.  Quant  à  la  préxision  proprement  dite,  elle 
permet  de  Tauiéliorer  notablement  en  déterminant  les  transformations  qui 
doivent  se  produire  dans  une  situation  donnée. 

BOTANIQUE.  —  Température  ultra-maxima  supportée  par  les  embryons 
f/'Heliantlms  anhuus  L.  Note  de  M.  Edmo^sd  Gain,  présentée  par  M.  Gas- 
ton Bonnier. 

Nos  recherches  antérieures  ont  montré  que  les  semences  à'' HeUanthus 
annuus,  dé  variétés  diverses,  peuvent  supporter  pendant  \  mois,  une  tem- 
pérature de  60°,  et  donner,  après  semis  en  pleine  terre,  des  plantes  qui  ne 
diffèrent  pas  des  plantes  témoins  (  '  ). 

Des  embryons  de  cette  même  espèce,  âgés  de  8  mois,  et  libérés  de  la 
coque  de  la  semence,  peuvent  supporter,  sans  dommage,  une  tem])érature 
de  85°,  alors  qu'ils  ne  sont  plus  protégés  que  par  une  fine  membrane  sémi- 
nale, intacte  ou  non.  Cette  expérience  répétée  avec  des  semences  fraîche- 
ment récoltées  ne  donne  plus  que  des  résultats  irréguliers,  et  nous  avons  pu 
constater  que  toutes  ces  graines  peuvent  être  tuées  ])ar  un  traitement  direct 
à  85". 

Nous  nous  sommes  proposé  de  vérifier  jusqu'à  quelle  température 
limite  de  la  vie  pouvait  être  conservée  à  l'embryon  lorsqu'on  fait 
varier  les  conditions  de  dessiccation  et  de  chauffage  sec  qu'on  lui  impose. 

Les  résultats  obtenus  nous  permettent  de  conclure  que  la  dessiccation 
graduée  et  le  chauffage  par  paliers,  espacés  par  des  périodes  de  repos  et  de 
refroidissement  de  plusieurs  heures  ou  de  plusieurs  jours,  permettent 
d'élever  la  température  limite  jusqu'à  des  chiffres  qui  nous  paraissent 
déliasser  notablement  ceux  qui  sont  donnés  par  les  travaux  classiques. 

Nous  avons  varié  les  graphiques  de  chauffage  à  l'étuve  Wiesnegg  avec 
un  jeu  de  brûleurs  pouvant  réaliser  un  réglage  d'accroissement  de  la  tem- 
pérature. Les, lectures  de  température  ont  été  faites  simultanément  sur 
deux  thermomètres  à  mercure.  Ceux-ci  au-dessus  de  i3o°  peuvent  accuser 
de  légères  différences  de  2°  ou  3°;  })Our  éviter  une  cause  possible  d'erreur  le 
chiffre  adopté  était  le  plus  faible.  Les  boules  des  deux  thermomètres  verti- 

(')  Edmond  Gain,  Comptes  rendus  Soc.  Biologie,  mai  192 1. 


Io3a  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

eaux  étaient  ])iongées  dans  des  sacbels  en  gaze  lâche  d'abri.  On  n'utilisait 
que  la  partie  haute  de  l'étuve. 

Les  embryons  étaient  d'abord  exposés  à  Tair  libre,  à  la  température  du 
laboratoire  pendant  i  à  200  jours.  Une  exposition  trop  prolongée  est  sou- 
vent défavorable  à  la  résistance  au  chauffage.  Celui-ci  est  réalisé  en  plu' 
.  sieurs  étapes  avec  des  paliers  d'arrêt  sur  80''  et  1 10°.  Un  troisième  chauffage 
permet  de  monter  la  tem])érature  ensuite  jusque  i35°  à  i5o°  avec  maintien 
de  la  vie  et  germination  de  certains  des  embryons  traités. 

Dans  les  cas  les  plus  favorable.,  on  constate  toujours  une  inégale  résis- 
tance individuelle  des  embryons,  choisis  pourtant  parmi  les  bien  conformés. 
Au  fur  et  à  mesure  qu'on  atteint  les  températures  les  plus  élevées,  le  pour- 
centage des  germinations  obtenues  va  en  diminuant,  et  celles-ci  manifestent 
de  curieuses  anomalies.  Les  vai-iétés  de  semences  du  commerce  offrent  un 
matériel  plus  ou  moins  homogène,  et  qui  donne  des  surprises  expérimen- 
tales. Un  facteur  qui  nous  est  encore  inconnu,  mais  qui  doit  tenir  aux  con- 
ditions de  refroidissement  ou  de  l'osmose  au  moment  du  gonflement,  est 
])eut-étre  aussi  la  cause  de  certaines  variations  constatées.  En  mai  192 1,  par 
exemple,  nous  avons  obtenu  des  germinations  après  traitement  ultime  à 
i55",  précédé  d'un  chauffage  de  i5  minutes,  au-dessus  de  i4o°.  Nous 
n'avons  pu  retrouver  depuis  une  seule  résistance  aussi  exce])tionnelle.  Les 
résultats  du  chauffage  dépendent  d'ailleurs  très  nettement  de  l'énergie  ger- 
minative  initiale  des  lots  de  graines  soumis  à  l'expérimentation. 

\otre  dernier  graphique  thoiMiiique  dont  le  tracé  a  été  combiné  en  tenant 
compte  de  nos  observations  antérieures,  vient  d'être  appliqué  à  six  lots 
d'embryons  d'origines  différentes  dont  les  énergies  germinalives  différaient 
avant  toul  traitement  de  chauffage.  Voici  les  résultats  obtenus  : 

Températures  supportées  par  les  embryons  isolés. 

Tempéra  Lu  re.x        N"" 
tJ  'f^e  (!e  cliaiifTagr        des  Nombrr  ilc  ;;eiininalii)ns  oIUimuics. 

Jj  cliaulïji;c.  à  sçc,  prélè- — — «i.»»» "  ___^ 

(iiiinule?).  max.  vcments.        i\"  G6.  N"  G7.       N"  fiS.        .N"  G'.i.        N"  70.      N"71. 

'Il  o 

■"'  (à  110"  )  .  .  .  .  nu  i  '5sur    5  5/5  4/5  lo/io  lo/io  2/10 

20  (iioo-iaô»)..  125  -2  5    »      5  4/5  4/5  i2/i5  19/20  i/io 

7  (i25°-i35°). .  i35  3  i5    »    i5  9/10  7/10  9/15  12/26  o/5 

3  (i35°-i '|5°).  .  145  k  16    »    20  6/10  2/10  1/20  3/25  0/10 

10  (i45'>-i5o°). .  i5o  5  i3    »    25  0/25  0/25  o/i5  o/i5  0/10 

4o  (iio^-i5o°)  Totaux 54  sur  7.0     2^/55     17/55     32/y5     44/95     3/45 

77  Vo       i3Vo    3oVo  .4^7..    46  7o    r.<'/„ 


l'iopoiliini 

des  graines 

qui 

onl  pu 

jeriiici' 

'      - 



- 

36/45 

So 

Vo 

45/60 

75 

/o 

52/80 

65 

/o 

28/95^ 

29 

7o 

i3/i i5 

1 1 

7o 

174/395 

44  "/o 

SÉANCE  DU  lO  AVRIL  I922.  Io33 

Poiii-  le  loi  (ioiiL  réiiergic  geriiiiuative  est  la  meilleure  (loi  11"  (iG)  les 
proportions  de  germes  obtenus  atteignent,  comme  on  le  voit,  80  pour  100 
â  145"  et  encore  5 ■>,  pour  100  à  i5o".  Ce  résultat  est  rarement  obtenu.  Après 
une  année  d'expérimentation,  nous  pouvons  affirmer  (|ae  l'on  obtient  sou- 
vent 2  à  5  pour  100  d'embryons  cboisisdT/e/mwMw^  qui  résistent  à  un  chauf- 
fage en  paliers  qui  atteint  Il\d°. 

Malgré  leurs  anomalies  de  plantules  carencées,  (|ui  apparaissent  d'ail- 
leurs dès  les  traitements  à  100"  ou  i  lO"*,  certains  de  ces  germes  ont  pu  vivre 
et  se  développer  pendant  trois  mois  en  terre.  Ils  n'ont  pas  pris  l'aspect  de 
plantes  normales,  mais  cette  étude  est  continuée  et  nous  reviendrons  sur  ce 
sujet. 

Le  fait  essentiel  c'est  que  des  embryons  peuvent  passer  à  la  vie  active 
après  avoir  subi  des  cliauffages  maintenus  parfois  3o  minutes  au-dessus 
de  130*^,  et  poussés  par  paliers  jusqu'au  delà  de  i5o°. 

Les  notions  classiques  relatives  à  la  résistance  des  mitochondries,  el  aussi 
nos  connaissances  actuelles  sur  certaines  propriétés  physiques  de  la  cellule 
vivante,  semblent  en  discordance  avec  les  résultats  expérimentaux  que  nous 
présentons  ici. 

CHIMIE  VÉGÉTALE.  —  .4  pi'opos  du  «  j'évcit  de  la  lerre  arable  r>. 
Note  de  M.  A.  Petit,  présentée  par  ÎM.  Costanlin. 

Sous  le  titre  :  Le  réveil  de  la  lerre  arable^  M.  A.  Lumière  a  communiqué 
à  l'Académie  des  Sciences  (')  l'observation  suivante  :  ayant  prélevé,  au 
mois  de  novembre,  un  échantillon  de  terreau  utilisé  dans  un  jardin  au  cours 
de  l'été  précédent  el  l'ayant  divisé  en  deux  lots  identiques,  l'un  fut  soumis 
à  des  lavages  répétés  à  l'eau  distillée,  de  façon  à  entraîner  la  plus  grande 
partie  des  produits  solubles  qu'il  pouvait  contenir,  tandis  que  l'autre  fut 
simplement  arrosé  avec  une  eau  distillée  de  même  provenance. 

A  la  température  du  laboratoire,  on  a  vu  apparaître,  en  quelques  jours, 
à  la  surface  de  la  portion  lavée,  et  végéter  avec  une  grande  rapidité,  les 
petites  herbes  qui  se  développent  habituellement  au  printemps,  tandis  que 
la  fraction  de  terreau  qui  avait  été  seulement  abondamment  arrosée  demeu- 
rait stérile. 

Le  lavage  avait  donc  éliminé  des  produits  s'opposant  à  la  germination 
des  graines. 

Je  me  permets  de  rappeler  que  j'ai  mentionné  une  constatation  de  même 

(')   Comptes  rendus^  t.  171,  1920.  p.  8GS-871. 


I034  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

nature  dès  1909,  dans  un  Ouvrage  intitulé  :  Principes  généraux  de  la  cul- 
ture des  plantes  en  pots.  On  peut  en  effet  y  lire  ce  qui  suit  à  la  page  60  : 

Le  terreau  peut  encore  être  préjudiciable  à  la  végétation  par  sa  richesse  en  matières 
solubles,  comme  le  prouvent  les  expériences  suivantes.  Des  Calcéolaires  furent  cul- 
tivées coiïiparativement  dans  du  terreau  de  couches  ordinaire  et  dans  ce  même 
terreau  débarrassé  d'une  partie  de  ses  matières  solubles  par  un  lavage  modéré;  la 
culture  eut  lieu  en  serre,  en  pots  de  17"="  de  diamètre,  et  le  terreau  fut  amené  chaque 
jour,  par  pesée,  à  contenir  une  quantité  d'eau  déterminée,  égale  aux  y^  de  celle  qui 
était  nécessaire  à  sa  saturation.  Voici  les  résultats  obtenus  : 

Poids  de  5  plantes. 

Terreau  ordinaire , 126s 

Terreau  lavé , i5i8 

Un  essai  semblable,  efTeçlué  avec  l'Héliolrope,  mais  dans  lequel  le  lavage  du  terreau 

fut  plus  limité,  a  conduit  aux  résultats  suivants  : 

Poids  de  G  plantes. 

Terreau  ordinaire. 280S 

Terreau  modérément  lavé 3i  is 

Le  préjudice  causé  quelquefois  à  la  végétation  par  l'introduction  d'une  trop  forte 
proportion  de  terreau  de  couches  dans  les  mélanges  terreux  tient  donc  bien,  en 
partie,  à  sa  richesse  en  substances  solubles. 


PHYSIOLOGIE.    —   La  différenciation  des  phénomènes  de  choc  par  contact. 
Note  (')  de  M.  W.  Kopaczewski,  présentée  par  M.  d'Arsonval. 

En  se  déclarant  d'accord  avec  notre  théorie  d'anaphylaxie  et  de  certains 
chocs  par  contact  où  nous  avons  attribué  un  rôle  capital  à  la  floculation 
micellaire,  certains  auteurs  ont  ensuite  généralisé  cette  théorie  et  consi- 
dèrent cette  floculation  comme  cause  de  tous  les  chocs  par  contact.  A  la 
base  de  cette  généralisation  se  trouvent  deux  expériences  :  l'une  sur  le  mé- 
canisme de  l'action  protectrice  de  l'oléate  de  soude  que  nous  avons  signalé 
en  1917  à  propos  du  choc  par  le  sérum  de  la  murène  (^)  et  en  1919  à  propos 
du  choc  anaphylactique  (^)  ;  l'autre,  sur  la  possibilité  de  substituer  les 
substances  floculées  ou  Acculantes  les  unes  aux  autres  pour  réaliser  la  pro- 
tection contre  les  phénomènes  du  choc,  de  sorte  qu'un  animal,  ayant  sur- 
vécu à  l'un  des  chocs  par  contact  résiste  ensuite  aux  chocs  ultérieurs  ('). 

(^)  Séance  du  20  mars  J922. 

(^)  W.  Kopaczewski,  Comptes  rendus,  t.  165,  191 7,  p.  725. 

(^)  W.  Kopaczewski  et  A.  Vahram,  Comptes  j-endus,  t.   169,  1919,  p.  25oi 

(*)  A.  Lumière,  Co?7iptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  53oi 


SÉANCE  DU  lO  AVRIL  1922.  lo35 

A  cette  seconde  affirmation,  on  a  apporté  tout  récemment  (' )  une  res- 
triction, en  supposant  que  cette  protection  mutuelle  n'est  que  passagère 
(d'environ  20  heures),  qu'elle  n'est  qu'une  «  accoutumance  momentanée  ». 
Néanmoins,  durant  ce  court  laps  de  temps,  l'animal  est  protégé,  d'après 
ces  auteurs,  «  contre  tous  les  chocs  ». 

Nous  avons  eu  l'occasion  de  constater  que  cette  affirmation  n'est  pas 
confirmée  par  les  faits. 

Voici  nos  expériences  : 

Un  lot  de  cobayes  est  sensibilisé  par  une  injection  sous-cutanée  de  o'^'"',  01  du 
sérum  antiméningococcique  (Institut  Pasteur);  quarante  jours  après  les  cobayes  témoins 
meurent  en  convulsion  typiques  à  la  suite  d'une  injection  intrajugulaire  de  i''"',o 
de  ce  même  sérum  ;  l'injection  de  o^'"',5  ne  produit  chez  d'autres  cobayes  que  des 
symptômes  dune  anaphylaxie  passagère  (mastication,  démangeaisons,  émissions 
d'urine,  inquiétude,  tremblements,  quelques  sursauts,  convulsions  et  puis  tous  ces 
symptômes  disparaissent  complètement.  Lorsqu'on  injecte  une  heurfe  après  cette 
disparition  dans  la  veine  des  animaux  survivants  soit  i'^'"'  de  Kaolin  à  i  pour  100 
suspendu  dans  unesolution  physiologique, soit  4""'  de  l'hydroxyde  de  fer  colloïdal  pur, 
dialyse  douze  jours  (  K  8,1 .  10-*)  non  stabilisé  et  non  isolonisé,  on  provoque  la  mort 
foudroyante  de  ces  animaux.  Certaines  de  ces  expériences,  faites  au  début  de  1920  avec 
M.  Comandon,  ont  été  enregistrées  cinématographiquement. 

Nous  nous  sommes  assurés  depuis  que  les  animaux  ayant  survécu  au 
choc  anaphylactique  léger  ne  sont  nullement  protégés  contre  les  chocs 
produits  par  l'introduction  de  doses  massives  soit  de  Foléate  de  soude, 
soitde  la  peptone,  soit  des  suspensions  mécaniques,  soit  enfin  de  certains 
colloïdes,  tels  que  l'hydroxyde  de  fer,  brun  dç  Bismarck,  vert  direct,   etc. 

Ainsi  on  ne  peut  pas  substituer  les  unes  aux  autres  les  substances  capables 
de  déclencher  les  phénomènes  de  choc  par  contact,  pour  réaliser  ainsi  une 
protection  mutuelle  contre  les  chocs  ultérieurs. 

Cela  ne  veut  pas  dire  que  certains  chocs  par  contact,  dans  certaines  con- 
ditions, ne  soient  pas  de  nature  à  protéger  certains  autres  chocs  consécutifs  ; 
il  y  a  là  une  spécificité  dont  la  nature  est  loin  d'être  chimique,  comme  on 
suppose,  à  la  suite  d'un  dogme  suranné  de  la  spécificité  chimique  de  ces 
phénomènes.  Les  recherches  que  nous  poursuivons  actuellement  permettront 
peut-être  de  mieux  connaître  cette  spécificité. 

Examinons  les  expériences  concernant  le  mécanisme  de  l'action  protec- 
trice de  l'oléate  de  soude.  Nous  avons  expliqué  ce  mécanisme  par  l'abais- 
sement de  la  tension  superficielle  produit  par  cette  substance  et  le  retard  dans 

(')  A.  LuMiliRE,  loc.  citi,  sub.  o. 


Io36  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

l'apparition  de  ia  floculation  micellaire  (').  Certains  auteurs  considèrent 
quel'oléatede  soude  forme  avec  les  sels  calciques  du  sérum,  des  savons  in- 
solubles et  que  le  prccipilé  ainsi  formé  agit  à  la  manière  de  petites  doses. 
Mais  ces  expérimentateurs  ont  complètement  perdu  de  vue  un  fait  capital  : 
l'hémolyse  intense  que  provoque  l'oléate  de  soude  non  seulement  in  vitro, 
mais  encore  in  vivo.  C'est  par  celte  hémolyse  que  s'explique  tous  les  faits 
cités  par  ces  expérimentateuis,  à  savoir  : 

1°  La  production  du  choc  par  les  fortes  doses  d'oléate  de  soude  en  injec- 
tions intraveineuses  ; 

2°  L'aggraAation  du  choc  [)ar  les  suspensions  mécaniques,  en  piéçence  de 
cette  substance,  et  eniin  : 

3°  L'impossibilité  de  supprimer /oZa/eA/ze/zZ  le  choc  par  l'oléate  de  soude 
par  une  ligature  de  deux  carotides. 

Effectivement,  l'oléate  de  soude  produit  la  mort  par  injection  intravei- 
neuse, nous  l'avons  constaté  avant  d'appliquercette  substance  pour  protéger 
les  animaux  contre  les  chocs  par  le  sérum  de  la  murène  et  puis  contre  le 
choc  anaj)hylactique  (  -  ).  Mais  en  même  temps,  nous  avons  observé  des  faits 
qui  n'ont  pas  été  cités  par  d'autres  auteurs,  et  notamment  : 

Lors(|u'on  injecte  2'''"  ,  .">  d'oléate  de  soude  à  i  pour  loo  à  un  cobaye,  les  symptômes 
morbides  ([u'on  déclenche  ainsi  difTèrenl  sensiblement  du  tableau  symptomalologiqiie 
d'anapliylaxie,  on  y  voit  des  tics  de  tête  très  fréquents  (i5  à  20  par  minute)  des  mou- 
vements autour  d'un  axe,  des  troubles  d'équilibre,  de  la  polypnée,  des  mouvements 
désordonnés  des  yeux  ;  à  une  rémission,  011  l'animal  semble  devenir  normal,  succède 
une  nouvelle  phase  d'excitation  ;  souvent  l'animal  ne  meurt  (|ue  le  lendemain.  A  l'au- 
topsie, on  constate  le  laquage  du  sang. 

Par  conséquent,  au  lieu  de  s'abandonner  aux  hypothèses  de  la  flocula- 
tion des  sels  calciques  du  sang  par  l'oléate  de  soude,  il  est  beaucoup  plus 
plausible  d'invoquer  le  fait  brutal  et  net,  d'hémolyse  des  globules  rouges 
par  les  savons.  Alors,  rien  donc  d'extraordinaire  que  le  choc  par  les  suspen- 
sions soit  aggravé  en  présence  de  l'oléate  de  soude,  grâce  à  Thémolyse  con- 
comittante  intravasculaire  ;  rien  de  surprenant  que  la  ligature  des  carotides 
soit  incapable  de  supprimer  Thémolyse  ailleurs  qu'en  territoire  isolé. 

En  résumé,  les  faits  relatés  constituent  des  arguments  complémentaires  en 
faveur  d'une  différenciation  des  chocs  par  contact  ;  actuellement  déjà,  il  existe 
une  hase  expérimentale  pour  distinguer  parmi  eux  /e  Cfioc  cellulaire  ou  ana- 

(')  W.  KoPACZEwsKi,  Arch,  de  Physique  biol.,  1922. 

(^)   W.  Koi'AcziîwsKi,  Ann.  de  flnstilut  Pasteur  el  loc.  cit.^  sub  2. 


SÉANCE  DU  lO  AVRII.  I92.2.  loSy 

PHYLACTiQUE,  nécessitant  un  temps  d'incubation,  et  un  ciio<;  himorai.  qui  se 
déclenche  immédiatement.  Parmi  les  chocs  humoraux,  on  distingue  le  choc 
FLOCui.ANT,  le  choc  LYiii.uK  et  le  choc  thromrop[.astioui:('). 

PHYSIOLOGHE.  —  La  respiration  maximum  aux  très  hautes  altitudes. 
Note  de  M.  Raoul  Baveux,  présentée  par  M.  Roux. 

La  notion  de  respiration  maximum ,  récemment  introduite  en  physio- 
logie par  i\l.  Pech,  ref)r('sente  le  plus  grand  volume  d'air  instantané  qu'un 
sujet  est  capable  de  débiter  en  une  seconde.  Il  y  a  un  maximum  inspiratoire 
et  un  maximum  expiratoire.  Ces  deux  quantités  peuvent  être  égales  ou 
inégales,  selon  l'état  du  sujet  en  expérience.  Différente  d'un  individu  à 
l'autre,  la  respiration  maximum  est  fixe  pour  chacun  d'eux  en  état  de 
repos. 

Pour  qu'on  la  détermine,  le  sujet,  porteur  d'un  mas([ue  spécial,  effectue 
quelques  mouvements  de  respiration  avec  toute  la  vigueur  dont  il  est 
capable.  Le  volume  de  l'air  ainsi  mis  en  mouvement  est  indiqué  par  un 
manomètre,  relié  au  masque,  et  gradué  en  litres  par  seconde.  NL  Pech  a 
constaté  que,  dans  les  états  congestifs  du  poumon,  la  respiration  maximum 
est  diminuée  à  l'expiration,  ce  qui  signifie  que  le  poumon  se  vide  moins 
activement  qu'il  ne  se  remplit.  La  diminution  aux  deux  temps  peut  même 
exister,  traduisant  une  diminution  de  la  respiration  totale. 

J'ai  pensé  qu'il  serait  intéressant  d'étudier  les  modalités  de  la  respiration 
maximum  pendant  un  séjour  à  une  très  haute  altitude.  A  cet  effet,  au  cours 
de  ma  treizième  ascension  du  mont  Blanc,  j'ai  pratiqué  sur  moi-même  et 
sur  un  autre  sujet  une  série  de  déterminations  qui  font  l'objet  de  la  pré- 
sente Note.  Les  comparaisons  nécessaires  ont  été  faites  à  Chamonix  et  à 
Paris,  au  repos  et  après  des  exercices  sportifs  d'une  durée  égale  et  d'une 
dépense  musculaire  comparable  à  celles  que  réclame  chacune  des  étapes  de 
l'ascension  du  mont  Blanc.  J'ai  voulu  ainsi  faire  la  part  de  la  fatigue  dans 
les  dillérences  constatées  aux  hautes  altitudes. 

M.  Pech  avait  fixé  à  170*^'  la  respiration  maximum  d'un  sujet  de  force 
moyenne.  Ce  chiffre  est  trop  faible  pour  les  sujets  entraînés  aux  sports. 
Or,  je  pratique  l'alpinisme  depuis  près  de  25  ans.  De  même,  Talpiniste 
qui  m'a  servi  de  sujet  avait  déjà  fait  plusieurs  ascensions  du  mont  Blanc 
et  plusieurs  séjours  à  l'Observatoire  Vallot,  Cela  explique  que  nous  ayons 

(')  AV.  KoPACZEwsKi,  Paris  Médical^  ^92'^  n°  i6,  et  Revue  de  Médecine,  mars 
1922. 


Io38  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

fourni  des  chiffres  supérieurs  à  la  moyenne,  en  plaine.  Au  mont  Blanc, 
nous  nous  sommes  sentis  congestionnés  l'un  et  l'autre,  mais  sans  éprouver 
le  grand  mal  de  montagne^  que  j'ai  décrit.  Le  Tableau  suivant  indique  le 
résultat  de  nos  observations. 

Respiration  maximum^  en  plaine,  en  ascension  et  au  mont  Blanc. 

(La   première    des  deux    colonnes   parallèles    indique,    en    centilitres,    rinspiration 
maxinnum  ;  la  deuxième,  l'expiration.) 

Premier  sujet  (D.  R.  l^x). 

1921.   Clianionix.  Observatoire  \allot  (suite). 

3o  Juillet /400  325  3  Septembre 3oo       000 

6  Août 4oo  35o  5  ,         «  3oo       275 

Oxygénation 4oo  ^75  Oxygénation 35o       32.5 

7  Août 400  36o  6  Septembre 35o       325 

8  »     4oo      35o  9  »  .......     325      3oo 

9  »     4oo       35o  II  »  325       325 

^5       »     ^0°       ^75  Chamonix['^tVoxxv). 

Bionassay  {i^hG^).  i4  Septembre 425       425 

18  Août 375       325  Oxygénation 45o       dj^^o 

Tête  Rousse  {Zi-o^^).  19  Septembre 4oo       4oo 

19  /Voûl' 35o       3oo  1922.  Paris. 

.^1  •     ,D    I        \  1*^^'  Janvier 4"0       375 

Chamonix  (Retour).  ^  ' 

20  yVoût 425       425  Après  course  à  bicyclette 

23       )) 4ou       375  (8o>^'"  en  7  heures)  : 

Obser-vatoire  Vnllot{^?,-;o-^),  Le  soir 375       35o 

i3   Mars  (matin) l\00       4oo 

3i    Août 325       275 

i^'  Septembre 325       25o  ^^P^ès  course  à  bicyclette 

2  » 3oo       200  (72k'"  en  7  heures): 

Oxygénation 33o       3oo  Le  soir 4oo       35o 

Deuxième  sujet  (M.  P. -F.  Nr), 

1921.   Chamonix.  Observatoire  Vallot  (suite). 

25  Août 3io       3oo  3  Septembre 225       225 

26  »         325  300  4  «  25o  225 

27  »      Course  en  montagne  5  »  25o       25o 

28  »       35o       325  7  «  Ascension  du  sommet 

Observatoire  Vallot.  d"  '"onl  l^'a"c  (48io»). 

3i  Août 275       25o  8  Septembre 275       275 

I"  Septembre 225       225  1922.  Pans. 


2  »  2  DO 


225  Novembre 3^5       325 


SÉANCE    DU    lO   AVRIL    I922.  loSg 

De  l'ensemble  de  ces  chiffres,  dont  la  régularité  est  notable,  je  crois  pou- 
voir tirer  les  conclusions  suivantes  : 

i^  A  l'altitude,  le  début  respiratoire  maximum  àim'mue.  Cette  diminution 
porte  d'abord  sur  l'expiration  (Chamonix,  io5o™),  pour  affecter  ensuite  les 
deux  temps  à  des  altitudes  plus  élevées  (Bionassay,  Tête  Rousse,  mont 
Blanc).  Plus  l'altitude  s'élève  et  plus  le  débit  maximum  diminue. 

2°  La  fatigue  n'intervient  que  pour  une  part  très  faible  dans  cette  dimi- 
nution. Ainsi,  mon  débit  maximum  était  diminué  aux  deux  temps  au 
Glacier  de  Bionassay  (245o'"),  où  l'on  accède  par  un  chemin  de  fer  à 
crémaillère;  d'autre  part,  les  plus  fortes  diminutions  ont  été  enregistrées 
à  l'Observatoire  du  mont  Blanc,  pendant  le  séjour  à  l'état  de  repos. 

3^  Il  est  notable  que  le  retour  à  une  altitude  plus  basse  (même  avec  la 
fatigue  qu'il  comporte)  donne  au  débit  maximum  une  valeur  plus  forte 
qu'avant  l'ascension  (D.  R.  Bx,  i4  septembre;  M.  P. -F.  Nr,  8  septembre). 
Ce  résultat  concorde  avec  celui  que  j'avais  obtenu  jadis  par  l'étude  des 
valeurs  spirométriques(*). 

4°  Les  injections  sous-cutanées  d'oxygène  ramènent  vers  la  normale  le 
débit  maximum  diminué  par  l'altitude  (I).  R.  Bx,  6  août,  2  et  5  sep- 
tembre). Elles  exagèrent  même  le  débit  extrême  obtenu  au  retour  d'une 
ascension  (D.  R;  Bx,  i4  septembre). 

PHYSIOLOGIE.  —  Nicotine  et  les  nerfs  inhibitoires  du  cœur. 
Note  de  M.  W.  Koskowski,  présentée  par  M.  Roux. 

Nous  ne  croyons  pas  que  des  recherches  aient  été  faites  jusqu'à  présent 
pour  reconnaître  si  les  ganglions  inhibitoires  du  cœur  se  trouvent  en  rap- 
port direct  trophiquc  avec  les  pneumogastriques,  c'est-à-dire  s'ils  repré- 
sentent les  terminaisons  de  ces  nerfs,  ou  bien  s'ils  sont  complètement  indé- 
pendants au  point  de  vue  trophique. 

J'ai  essayé  de  résoudre  ce  problème  chez  le  chien  en  utilisant  les  méthodes 
de  la  dégénérescence  et  delà  nicotine,  cette  dernière  imaginée  parLenglcy. 
Cette  expérience  nécessite  la  section  des  nerfs  vagues  au  cou,  ayant  pour 
but  de  provoquer  la  dégénérescence  de  leurs  terminaisons  cardiaques.  La 
double  vagotomie  au  cou  provoque  toute  une  série  de  troubles  très  dange- 
reux ,  qui  ont  été  observés  tout  d'abord  par  Pawlow  et  ses  élèves,  Kaczkowski 
et  Czeszkow.  L'expérience  citée  ci-dessous  montre  les  difficultés  auxquelles 
on  se  heurte  pour  enrayer  ces  graves  phénomènes. 

(*)  Comptes  rendus,  t.  172,  (92:,  p.  291. 


Io4o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

L'expérience  a  été  faite  en  été  (juin-juillet  1918)  pour  éviter  l'influence 
nocive  du  froid. 

Le  i"""  juin,  j'ai  fait  une  fistule  gastrique  opérant  sous  morpliine  et  chloroforme. 
Le  II  juin  on  a  coupé  le  pneumogastrique  droit,  au-dessous  du  nerf  lai  yngé  inférieur, 
pour  éviter  le  trop  grand  élargissement  du  larjnx  et  la  pneumonie  de  déglutition.  En 
même  temps  on  a  pratiqué  l'œsophagolomie.  Le  22  juin  on  coupe  le  pneumogas- 
trique gauche  dans  le  cou,  sans  narcose,  on  en  enlève  environ  3*^"'  ou  4'^"'-  Dès  ce 
moment  on  prend  toutes  les  précautions  nécessaires  pour  conserver  l'animal, 

aussitôt  après  l'opération,  le  nombre  des  mouvements  respiratoires  est  tombé  à 
six  par  minute,  et  à  trois  quand  l'animal  était  au  repos,  jamais  au-dessous.  Les  repas 
fictifs  ne  donnèrent  pas  de  sécrétion  gastrique  psychique.  l*our  éviter  la  putréfac- 
tion et  neutraliser  l'excès  d'acidité,  on  a  lavé  l'estomac  tous  les  jours  avec  de  l'eau 
légèrement  alcaline.  Pour  obtenir  une  sécrétion  «  secondaire  »  de  suc  gastrique,  on  a 
introduit  dans  l'estomac  du  bouillon  de  viande  ou  un  peu  de  peptone  de  Witte, 

Les  hydrocarbones  n'étant  pas  digérés,  le  chien  était  nourri  exclusivement  de 
viande  fraîche  ou  bouillie,  à  raison  de  loo^  deux  fois  par  jour.  Après  que  l'œsophago- 
tomie  eût  été  pratiquée,  les  aliments  étaient  introduits  par  la  fistule  gastrique  : 
d'abord  1 008  de  viande,  ensuite  /joop  de  bouillon  (i*"?  de  viande  pour  i'  d'eau). 

Avant  la  deuxième  vagotomie,  le  poids  du  chien  était  de  9450°;  après,  le  poids  varia 
entre  SSooS-gjoos, 

Le  9  juillet,  c'est-à-dire  ij  jours  après  la  deuxième  opération,  on  a  fait  l'expérience, 
suivante  : 

Le  jour  de  l'expérience,  le  chien  est  à  jeun.  Poids,  Sooos,  L'artère  fémorale  est 
reliée  avec  le  kyniographion.  Pression  sanguine,  124™'"  Hg,  Battements  du  cœur,  28 
pour  10  secondes. 

L'excitation  des  bouts  périphériques  des  pneumogastriques  par  un  courant  même 
très  fort  ne  provoque  aucun  ralentissement  du  rythme  cardiaque,  ni  aucun  change- 
ment de  la  pression  sanguine. 

On  injecte  dans  la  veine  fémorale  2*''"'  d'une  solution  à  i  pour  100  de  tartrate  de 
nicotine  et  l'on  constate  : 

1  seconde  après  l'injection  de  la  nicotine,  i4  battements  du  pouls  par  10  secondes; 

10  secondes  après,  4  battements  du  pouls  par  10  secondes  (pression  s'approche  à  o)  ; 
20  secondes  après,  4   battements   du    pouls   par  10  secondes   (grande  amplitude  du 

pouls,  pression  près  de  o); 

3o  secondes  après,  7  battements  du  pouls  par  10  secondes  (grande  amplitude  du 
pouls,  pression  i4o"^"^  Hg); 

45  secondes  après,  00  battements'  du  pouls  par  10  secondes  (petite  amplitude  du 
pouls,  pression  184"^""  Hg). 

Après  67  secondes,  la  pression  monte  à  200'""'  Hg.  La  respiration  s'arrête.  2  minutes 
20  secondes  après  l'injection,  la  pression  tombe  à  36"'"^  Hg,  et  après  20  autres  secondes, 
à  o.  Le  chien  meurt, 

A  l'autopsie,  on  trouve  les  bouts  des  vagues  coupés  épaissis  et  bien 
séparés. 

11  est  évident  que,  malgré  la  dégénéresçe^cç  des  pneumoffastriqueson, 


SÉANCE    DU    lo   AVRIL    I922.  1  o./j  I 

obtient,  sous  l'action  de  la  nicotine,  une  courbe  de  la  pression  sanguine  qui 
caractérise  l'action  de  cet  alcaloïde,  ce  qui  prouve  que,  malgré  la  vagotomie 
et  malgré  la  dégénérescence  des  pneumogastriques,  les  ganglions  intracar- 
diaques  ont  conservé  leur  pouvoir  de  réaction. 

Ces  ganglions  ne  peuvent  donc  pas  être  considérés  comme  des  terminai- 
sons des  pneumogastriques,  dont  ils  sont  indépendants  au  point  de  vue  Iro- 
phique. 

En  même  temps,  l'expérience  nous  indique  que  la  nicotine  n'agit  pas  sur 
le  cœur  par  l'intermédiaire  du  pneumogastrique,  mais  directement  sur  les 
ganglions  intracardiaques. 


HISTOLOGIE.  —  Le  tissu  lymphoïde  de  la  valvule  spirale  de  l'inlestin  moyen 
de  /'Ammocœtes  branchialis  et  sa  signification  morphologique.  Note  (') 
de  M.  J.  Mavvas,  présentée  par  M.  Henneguv. 

Nous  avons  décrit  antérieurement  la  disposition  particulière  du  tissu 
lymphoïde  de  l'intestin  moyen  des  Myxinoïdes  autour  des  vaisseaux 
tributaires  de  la  veine  porte.  Nous  avons  montré  qu'il  s'agit  bien  là  d'une 
rate  difluse  intra-intestinale. 

Existe-t-il  un  organe  similaire  chez  les  Pétromyzontes? 

La  question  de  savoir  si  une  rate  existe  chez  les  Cyclostomes  s'est  posée 
bien  des  fois;  elle  a  été  généralement  résolue  par  la  négative,  sa  recherche 
ayant  été  faite  de  préférence  chez  les  animaux  adultes.  Il  nous  a  semblé 
plus  logique  de  faire  d'abord  l'étude  embryologique  de  la  région  où  appa- 
rait  régulièrement  la  rate  chez  les  Vertébrés,  de  suivre  pas  à  pas  le  dévelop- 
pement de  cette  zone  splénique  et  de  voir  ce  qu'elle  devient  chez  l'adulte. 

Déjà  chez  un  Ammocœtes  de  5'""  on.  observe  l'apparition  autour  de  la 
veine  porte  intestinale  d'un  manchon  de  tissu  lymphoïde  indifférencié,  étalé 
dans  le  sens  de  la  courbure  intestinale.  Bientôt,  ce  tissu  lymphoïde  aug- 
mente de  volume  à  tel  point  qu'il  forme  une  masse  lymphoïde  indépen- 
dante, s'étalant  dans  la  profondeur  de  la  paroi  intestinale,  dans  la  région 
où  elle  est  traversée  par  le  canal  cholédoque. 

C'est  sur  les  larves  de  P.  flmiatilis  {Ammocœtes  Br.)  longues  de  lo'""'  à 
20™™,  qu'on  observe  le  mieux  l'évolution  de  ce  tissu  lymphoïde.  Au  stade 
de  20"'™,  l'organe  lymphoïde  est  constitué.  11  demeure  dominé  par  la  veine 
porte  et  par  ses  branches,  il  s'insinue  entre  les  deux  bourgeons  intestinaux, 
n  n'a  plus  alors  qu'à  s'étendre  autour  des  tubes  pancréatiques  qui  viennent 

(')  Séance  du  3  avril  1922. 

C.  R.,  1922,  i"  Semestre.  (T.  174,  N-  15.)  74 


loZjs  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

de  se  détacher  de  FinLestin,  pour  acquérir  sa  forme  définitive.  En  effet,  à 
partir  de  ce  stade,  et  qu'on  l'étudié  comme  nous  venons  de  le  faire,  sur  des 
larves  de  5*^™,  6"^'",  7*"",  lo'^'",  12'"'  et  i4"™,  Forgaue  est  constitué.  11  forme 
la  partie  essentielle  de  ce  qu'on  appelle  depuis  llathke  (1826)  la  valvule 
spirale. 

Cette  valvule  spirale  a  fait  l'objet  d'un  grand  nombre  de  travaux,  parmi 
lesquels  il  convient  de  citer  ceux  de  l'^dinger,  Bizzozero,  Giglio-Tos, 
Neuville,  M'"*'  Drzewina;  mais,  dans  tous  ces  travaux,  les  auteurs  n'ont  eu 
en  vue  que  le  rôle  que  pouvait  jouer  ce  tissu  lymphoïde,  dans  la  genèse  des 
globules  blancs  ou  rouges;  on  l'étudiait  au  même  titre  que  celui  qui  existe, 
par  exemple,  autour  et  dans  le  rein  du  même  animal  (  '  ). 

Analysé  histologiquement,  l'organe  lymphoïde  de  la  valvule  spirale  de 
l'Ammocœte  présente  à  considérer  :  1°  un  tissu  lymphoïde;  2*^  un  système 
de  vaisseaux  et  de  sinus  sanguins;  3"  im  système  conjonctif  cloisonnant. 
L'ensemble  de  l'organe  forme  un  large  cordon,  entouré  par  l'intestin 
invaginé,  et  réuni  au  péritoine,  par  un  mince  tractus  conjonctif.  Le 
tissu  lymphoïde,  essentiellement  constitué  par  des  lymphocytes  du  type 
mononucléaire,  entoure  la  veine  porte  d'un  manchon  volumineux,  de  là 
s'irradient,  vers  la  périphérie  de  l'organe,  une  série  de  cordons  pleins,  ayant 
la  même  structure.  Ces  cordons  s'anastomosent  entre  eux.  L'espace  laissé 
libre  par  le  tissu  lymphoïde  est  occupé  par  des  capillaires  sanguins  en  petit 
nombre  et  surtout  par  des  sinus  caverneux  remplis  de  sang  et  de  cellules 
jeunes,  à  petits  noyaux  très  colorables.  Enfin  entourant  l'organe,  une 
épaisse  paroi  conjonctive,  envoyant  régulièrement  vers  l'intérieur  des 
cloisons  plus  ou  moins  épaisses.  La  paroi  a  une  structure  lamellaire;  entre 
les  lamelles,  il  existe  un  riche  réseau  de  capillaires  sanguins.  Les  lamelles 
détachées  pénètrent  dans  l'intérieur  de  l'organe;  elles  sont  doublées  par 
des  cellules  endothéliales.  Elles  forment  des  cloisons  incomplètes  et  déli- 
mitent les  sinus  sanguins. 

Si  nous  nous  demandons  maintenant  quelle  est  la  signification  morpho- 
logique de  la  valvule  spirale,  l'étude  histologique  et  embryologique  que 
nous  venons  de  faire  nous  autorise  à  répondre  que  la  valvule  spirale  cor- 
respond à  la  rate  des  autres  Vertébrés.  Embryologiquement,  même  origine 
et  même  zone  de  développement.  Histologiquement  même  structure  :  paroi 
et  cloisons  conjonctives,  sinus  sanguins,  cordons  lymphoïdes,  amas  lyni- 
phoïdes,  le  tout  se  développant  autour  de  la  veine  porte. 

La  rate  des  Petromyzontes  est  donc  plus  compliquée  que  celle  que  nous 

(')  Cependant  M  ™«  Drzewina  (1906)  compare  la  valvule  spirale  aune  glande  hémo- 
lymphatique. 


SÉANCE   DU    lo   yVVRIL    I922.  Io43 

avons  décrite  cliez  les  Myxinoïdes,  elle  al  teint  son  plus  haut  degré  de  per- 
fectionnement chez  les  laives  de  10'"'  à  12*''",  pour  rétrograder  ensuite  au 
moment  de  la  métamorphose. 

ZOOLOGIE.  —  Histolyse  et  Phagocytose  musculaires  dans  le  cœlome  des 
Néréides  à  maturité  sexuelle.  Note  de  M.  Armand  Dkhorne,  [)résentée 
par  M.  F.  Mesnil. 

Nos  recherches  ont  été  effectuées  à  la  fois  sur  les  formes  néréidiennes  et 
hétéronéréidiennes  d'un  assez  grand  nombre  d'espèces.  Comme  les  résultats 
obtenus  sont  absolument  identiques  chez  toutes  celles-ci,  nous  ne  croyons 
pas  utile  d'en  donner  ici  la  liste.  Vjoutons  encore  qu'au  point  de  vue  qui 
nous  occupe,  nous  n'avons  relevé  aucune  différence  entre  les  Néréis  mûres, 
mais  ne  présentant  pas  encore  de  métamorphose  externe,  et  les  Hétéro- 
néréis. 

On  trouve  en  liberté  dans  le  cœlome  des  individus  à  maturité  sexuelle  de 
singuliers  fuseaux,  qui  sont  manifestement  de  nature  musculaire.  Ils 
prennent  en  effet  les  mêmes  colorants,  et  dans  la  même  mesure,  (|ue  les 
muscles  du  corps  ;  leur  structure  est  fibrillaire  comme  celle  de  ces  derniers. 
Ce  sont  des  morceaux  de  fibres  des  muscles  longitudinaux  ou  obliques  pro- 
venant de  régions  où  ils  sont  soumis  à  une  destruction  partielle. 

Quelques-uns  sont  particulièrement  volumineux  et  se  laissent  d'autant 
plus  vite  homologuer.  Aucun  noyau  ne  les  accompagne  ;  ils  sont  constitués 
par  un  faisceau  compact  de  tronçons  de  fibres,  chaque  tronçon  affectant 
lui-même  la  forme  fuselée.  On  dirait  qu'avant  de  se  scinder  en  ces  tronçons, 
les  fibres  condamnées  se  transforment  en  une  succession  de  parties  étran- 
glées et  de  parties  dilatées,  les  fuseaux  que  nous  décrivons  correspondraient 
aux  parties  ventrues. 

Mais  nous  ignorons  complètement  de  quelle  manière  et  à  quelle  occasion 
les  fibres  musculaires  se  fragmentent  en  donnant  naissance  à  ces  débris 
fuselés.  Nous  sommes  provisoirement  d'avis  que  leur  production  ne  résulte 
pas  d'une  intervention  précoce  de  leucocytes  sur  les  fibres,  et  nous  admet- 
tons l'idée  d'un  morcellement  spontané  (?)  de  celles-ci  à  la  suite  d'une  dé- 
générescence myolytique  inconnue. 

De  semblables  fuseaux  striés  dans  le  sens  de  la  longueur,  mais  de  plus 
petite  taille  que  les  précédents,  se  rencontrent  à  l'intérieur  de  leucocytes 
qui  les  ont  phagocytés.  Leur  origine  musculaire  n'est  pas  douteuse  ;  dans 
les  coupes  traitées  par  l'hématéine-éosine,  ils  prennent  la  même  coloration 
rose-violet  que  les  muscles  intacts  ;  l'Heidenhain  les  teint  en  noir  comme  les 
fibres  musculaires. 


Io4/i  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

D'autre  part,  les  stries  longitudinales  ne  sont  pas  rectilignes,  en  général, 
mais  plus  ou  moins  ondulées;  ceci  étant  dû  à  la  constitution  même  du 
fuseau  formé  d'une  botte  de  fragments  de  filDres,  fragments  contractés  et 
légèrement  tordus  en  même  temps. 

Enfin,  d'autres  éléments  contenus  dans  le  cœlome  nous  montrent  le  sort 
réservé  aux  fuseaux  musculaires  phagocytés;  ce  sont  les  éléocytes  à  cris- 
talloïdesdeRomieu,  «grandes  cellules  mesurant  de  3oà  /jo  microns,  qui  ap- 
paraissent sur  le  vivant  bourrées  de  gouttelettes  d'un  brun  jaunâtre  »  (*).  A 
leur  intérieur,  on  trouve,  d'après  cet  histologiste,  des  inclusions  cristallines 
amphophiles  avec  tendance  acidophile  et  en  même  temps  remarquablement 
sidérophiles  qui  «  se  présentent  d'abord  sous  la  forme  de  rhombes  minus- 
cules de  2  à  5  microns.  On  les  voit  grandir  et  arrondir  leurs  angles  pour 
s'étirer  en  fuseaux  plus  ou  moins  allongés,  généralement  aigus  aux  deux 
extrémités  et  paraissant  striés  longitudinalement  ». 

Nous  reconnaissons  l'exactitude  des  figures  et  de  la  description  de 
Romieu,  mais  il  nous  semble  qu'il  fait  erreur  en  interprétant  ces  inclusions 
plus  ou  moins  rhombiques  comme  étant  des  cristalloïdes.  Il  s'agit  de  tout 
autre  chose  :  les  éléocytes  sont,  d'après  nous,  des  formes  âgées  de  leuco- 
cytes ayant  phagocyté  auparavant  des  débris^  musculaires  fuselés  du  genre 
de  ceux  que  nous  décrivons  plus  haut.  Ces  formes  leucocytaires  sont  des 
phagocytes  alourdis  en  pleine  digestion;  aussi  les  trouvons-nous  rarement 
en  train  de  flotter  dans  le  liquide  cœlomique;  ils  constituent  le  plus  sou- 
vent un  dépôt,  parfois  fort  épais,  à  droite  et  à  gauche  de  la  ciiaîne  nerveuse, 
à  la  face  interne  des  muscles  longitudinaux  ventraux. 

Au  cours  du  travail  de  myophagie  intracellulaire,  les  tronçons  de  fibres 
constituant  les  fuseaux  peuvent  se  dissocier  et  ceux-ci  se  résolvent  en  un 
certain  nombre  de  fragments  dont  la  forme  est  en  effet  plus  ou  moins 
rhombique.  Parfois,  il  n'y  a  pas  d'éclatement  des  fuseaux,  mais  les  sucs 
diastasiques  les  attaquent  de  telle  sorte  qu'ils  montrent  alors  clairement 
leur  constitution  fibreuse  et  fasciculée.  Peu  à  peu,  ces  débris  sont  solubi- 
lisés à  l'intérieur  du  cytoplasme  de  l'éléocyte,  puis  leur  substance  est 
utilisée  dans  un  sens  ou  dans  l'autre  (graisses,  glycogène?). 

Il  existe  donc  dans  le  cœlome  des  Néréides  à  maturité  sexuelle,  comme 
dans  la  cavité  générale  des  larves  et  des  nymphes  d'insectes,  de  vrais  phé- 
nomènes d'histolyse  musculaire.  Les  éléocytes,  et  les  phagocytes,  dont  ils 
sont  la  forme  digérante,  sont,  selon  nous,  à  rapprocher  dans  une  certaine 
mesure    des    sphères   de    granules   {Kôrnchen-Kugeln)   des    Insectes.   Les 


(')   M.  tioMiKU,  Observations  cytologiqnes  sur  les  leucocytes  de  Perinereis  cultri- 
feia  Grnbe  {C.  Ji.  Ass.  Anatoin.,  i6=  réunion,  1921,  Paris). 


SÉANCE    DU    lO    AVRIL    I922  lo4^ 

fuseaux  à  structure  fihrillaire  sont  des  sortes  de  sarcolytes.  Seulement, 
l'hlstolyse  musculaire  chez  les  Néréides  n'a  [)as  Timportance  de  celle  qu'on 
rencontre  chez  les  insectes  à  métamorphoses  complètes,  et  c'est  d'ailleurs 
pourquoi  elle  a  passé  inaperçue  jusqu'à  présent.  D'autre  part,  chez  les 
Néréides,  les  phénomène?  myolytiques  paraissent  évoluer  lentement  et 
durer  longtemps,  peut-être  pendant  la  plus  grande  partie  de  l'évolution  des 
produits  génitaux,  laquelle  est  particulièrement  longue  chez  les  femell('s('). 

De  nomhreux  leucocytes  liyalins,  généralement  étirés  en  fuseau,  jouent 
aussi  un  rôle  très  actif  dans  la  phagocytose  des  muscles.  Je  les  ai  rencon- 
trés dans  toutes  les  espèces.  On  trouve  à  leur  intérieur  un  ou  [)lusieuis 
faisceaux  de  fihrilles  longues  et  déliées,  dans  un  état  de  dissociation  plus  ou 
moins  avancé.  On  ne  peut  douter  de  la  nature  de  ces  fibres  quand  on  a  eu 
sous  les  yeux  des  préparations  colorées  avec  des  procédés  difl'érents;  en 
ellét,  dans  tous  les  cas,  elles  se  colorent  exactement  comme  les  muscles 
mêmes  de  l'animal.  En  particulier,  dans  des  coupes  provenant  d'individus 
surosmiqués,  elles  se  colorent  aussi  difficilement  et  de  la  même  manière  que 
les  fibres  des  muscles  restés  en  place. 

L'aspect  des  fibres  ingérées  n'est  pas  naturellement  le  même  dans  tous 
ces  leucocytes  étirés.  Tantôt  l'inclusion  fibreuse  occupe  toute  la  longueur 
du  leucocyte  en  forme  de  croissant  et  s'étend  en  arc  d'une  pointe  à  l'autre. 
Tantôt  le  fragment  musculaire  est  long  et  replié  suc  lui-même  diversement. 
En  outre,  j'ai  pu  réunir  plusieurs  stades  montrant  la  progression  de  la  di- 
gestion intracytoplasmique.  Bien  que  je  n'en  puisse  apporter  de  preuve 
formelle,  je  crois  que  ces  inclusions  proviennent  uniquement  des  fibres  cir- 
culaires de  la  musculature  intestinale.  Romieu,  dans  le  travail  déjà  cité,  a 
aussi  décrit  de  semblables  leucocytes  hyalins  avec  fibrilles,  mais  sans  cher- 
cher la  signification  de  ceg  dernières. 

Ainsi  donc,  il  règne,  dans  le  cœlome  des  Néréides  au  cours  de  la  matu- 
ration des  produits  génitaux,  une  activité  phagocytaire  indéniable.  Nous 
n'en  voyons  pour  le  moment  que  la  manifeslation  la  plus  bruyante,  c'est-a- 
dire  la  phagocytose  des  débris  musculaires.  Il  existe,  en  efiet,  bien  avant 
tout  prélude  de  métamorphose  externe,  une  fragmentation  sarcolylique 
de  certaines  fibres,  et  les  sarcolytes  sont,  par  la  suite,  la  proie  des  leucocytes. 
Ces  phénomènes,  de  longue  durée,  ont  lieu  chez  les  maies  comme  chez  les 
femelles,  et  se  poursuivent  sous  le  régime  de  l'épitoquie,  parallèlement  aux 
remaniements  qui  donnent  la  fibre  hétcronéréidienne. 

(*)  R.  Herpin,  Sur  Forigine  et  le  rôle  des  cellules  à  réser^'es  de  la  cavité  générale 
{Comptes  rendus,   l.  173,  192 1,  p.  249)- 


1046  ACADÉMIE    DES    SCIENCEl?. 


HYGIÈNE.  —  /.'Indice  de  toxicité  des  appareils  d'éclairage,  de  chauj- 
fage  et  des  moteurs  à  explosion.  Note  de  M.  Kohn  Abrest,  présentée  par 
M.  d'Arsonval. 

Le  déversement  de  l'oxyde  de  carbone  dans  l'air  nous  préoccupe  à  divers 
points  de  vue  :  toxicologique,  hygiénique,  économique.  Aussi  ce  sujet  est-il 
fréquemment  traité  dans  les  laboratoires. 

La  lecture  des  résultats  publiés  de  divers  côtés  montre  qu'il  est  néces- 
saire d'adopter  l'unité  convenable  pour  le  classement  des  appareils  au  point 
de  vue  de  la  production  de  l'oxyde  de  carbone,  et  pour  év'aluer  ainsi  leur 
toxicité. 

Je  proposerai  à  cet  effet,  comme  il  est  d'usage  en  métallurgie  pour  appré- 
cier la  marche  régulière  des  hauts  fourneaux,  de  ne  tenir  compte  que  du 
rapport  des  volumes  d'oxyde  de  carbone  et  d' acide  carbonique,  produits  par 
la  combustion. 

Une  partie  de  féchantillon  servira  au  dosage  de  l'oxyde  de  carbone;  une 
autre  à  celui  de  Tacide  carbonique  (on  défalquera  bien  entendu. CO"'  atmos- 
phérique). 

1°  Pour  le  prélèvement.  —  Je  conseillerai  d'employer  deux  llacons  d'une  capacilé 
de  4',  au  bouchage  à  l'émeri  et  munis  de  tubulures  à  robinets.  Le  vide  ayant  été  fait 
au  préalable,  on  relie  les  deux  flacons  l'un  à  l'autre  et  on  les  remplit  par  aspiration  dn 
même  échanlillon  d'air.  (Dans  beaucoup  de  cas,  cependani,  des  flacons  de  2'  et  même 
de  i'  suffisent.  ) 

2°  Dosage  de  Coxyde  de  carbone.  —  On  l'eUectuera  sur  l'un  des  flacons,  par  le 
procédé  «  au  sang  »  ('  ).  Le  gaz  prélevé  est  privé  dans  le  flacon  mrme  d'oxygène,  par 
agitation  avec  une  solution  alcaline  d'iiydrosuliite.  (Introduire  par  litre  d'air  prélevé 
environ  60''"'  d'une  solution  aqueuse  à  3o  pour  100  d'hjdrosulfite  de  soude  en  poudre 
et  15^"^'  à  2u^"''  de  lessive  de  soude  à  36°.) 

Après  avoir  rétabli  avec  de  l'eau  la  pression  atmosphérique  dans  le  flacon,  le  gaz 
privé  d'oxygène  est  déplacé  bulle  à  bulle  (à  raison  d'environ  Goo*^™"  de  gaz  par  heure) 
et  toujours  avec  de  l'eau  à  travers  i5""'  d'une  solution  aqueuse  à  i  pour  100  d'un  sang 
quelconque  (porc,  cobaye,  bœuf,  etc.)  placée  dans  un  tube  à  spirale  muni  à  sa  base 
d'une  tubulure  à  robinet.  On  prélève  à  intervalles  convenables,  et  chaque  fois, 
quelques  gouttes  de  la  solution  sanguine,  pour  examen  spectroscopique,  et  l'on  arrêtera 
l'expérience  lorsqu'on  aura  obsei\é  que  la  solution  sanguine  présente  les  caractères 
de  V hémoglobine  oxycarbonée  (persistance  des  deux  bandes  primitives  après  addi- 
tion d'une  goutte  de  sulfhydrate  d'ammoniaque). 

(')  Voir  0(;iER  et  Koun-Abkiîsï,  Ann.  Hyg.  et  Méd.  légale,  1907.  —  Kohn-Abrest, 
Travaux  du.  Laboratoire  de  Toxicologie^  '9i4,  '9'9,  1921,  1922.  —  Kling  et  Flo- 
rentin, Comptes  rendus,  1919.  —  Florentin  et  Vandenberghe,  Bull.  Soc.  chiniicjue, 
1 92 1 .     -  lîtc. 


SEANCE    UU    lO    AVRIL    1922.  1047 

Une  échelle  etnpiiique  donne  alors  la  teneur  volumélriqne  en  ovyde  de  carbone  dn 
gaz  primitif  :  CO  ;:::  rèvô''<  8^^  (exempt  d'oxygène)  déplacé  :  lOD*''"';  CO  =:  yhr)  '■  200'^'"'; 
<-0  =  TTkô:  500^'"^  .GO  =  ^L_:  70O""';  GO  =  ^^^  :  ^2200^™-'  (limite  de  sensi- 
bilité ('). 

•  Atmosphères  o.iyca/bonées. 

Procluclioii  de  CO-  et  de  CO. 


CO 
C0-.  CO.  liapporl-—- 


liidire  de  tovicilc. 
CO 

cœ 


"  Gaz  d'échappement  des  moleurs 

à  essence 4^5-36.5         ÔSo-yGS       p.  iooo'^'"M'essence  liq.  brûlée.  i.4oà2,0() 

1'  d'essence  lit[uide  donne  par 
combustion  4200^  de  gaz  mélangés 

de  35oo' à  1 1  5oo' d'air  en  excès.  ,         109-88  i52-i85       p.  1000' de  gaz  de  combustion 

sans  air. 

2°  Gaz  pauvre 3o-3o  3-o-44o        pour  iO(  10'  de  gaz  primitif.  12  ,3  à  i4  ,'» 

3°  Gaz  de  combustion  des  charbons 

ou  du  coke 

I      combustion 
Gliarbons    maigres     j         vive....  1470  ouo  à  19       pour  1000^  de  charbon  brûlé.         o,ooàu,ui3 

G  8u  pour  100  ]     combustion 

lente....  i25o  180  »  "  o,i44 

combustion 
Gharbon  gras  ]  vive....  1220  196  »  »  0,160 

G  76  pour  100  1     combustion 

1  lente....  i3oo  8.")  »  »  o,o65 

4°  Gaz  d'éclairage i5à3o  65-io()        pour  1000' de  gaz  d'éclairage.  4)3i*-'-*' 

5°  Produits  de  combustion   du  gaz 
d'éclairage  : 

Débil  horaire. 

1 
Becs  Bunzen 110, 

Fourneaux  .simples. ..  .      120  '  53o  o,8à3,7      p.  1000' de  gaz  d'éclair,  brûlé.     o,ooi5ào,oo7 

Becs  papillons 120  ; 

Becs  à  incandescence.  .      iio  52,5  0,837,0  »  »  »  o,ooi5  à  o,oi34 

Radiateurs 35o  à  5ou  620  0,8  à  1 1,1  »  »  »  o,ooi5  à  o,02c3 

Appareils  :  mal  réglés,  brûlant  «  en 
dedans»,  chaufFe-bains ,  défec- 
tueux, elc 48o-36o  24-180  "  "  "  o,(>5  à  0,5 

(•)  (]ette  échelle  est    à  peu   de  chose  près    celle    de   Florentin   et  \  anderberghe, 
toc.  cil. 


I  o48  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

3°  Dosage  de  l' acide  carbonique.  —  Le  gaz  prélevé  est  déplacé  (a\ec  du  mercure) 
ou  bien  aspiré,  à  travers  de  l'eau  de  baryte  (5""'  d'eau  saturée  de  baryte,  placée  dans 
un  flacon  laveur  quelconque;  régime  du  passage  du  gaz  :  environ  i^  en  20  minutes). 
Le  carbonate  formé  est  dosé  à  l'aide  d'une  liqueur  d'acide  nitrique  (juart  normale 
en  présence  d'un  mélange  d'hélianthine  et  de  phénolphtaléine.  Le  volume  de  liqueur 
nécessaire  pour  passer  d'un  virage  à  l'autre  exprime  l'acide  carbonique,,  à  raison 
de  2™', 80  de  CO'  par  centimètre  cube  de  liqueur  nitrique  ('). 

Je   proposerai  de   nommer    indice  de  toxicité  la   valeur  numériqtie   du 

CO     .     .  , 

rapport  ^^  ainsi  trouve. 

Le  Tableau  ci-dessus  résume  les  déterminations  auxquelles  j'ai  procédé 
depuis  une  vingtaine  d'années  et  donne  quelques  «  indices  de  toxicité  » 
intéressants. 

Ce  Tableau  montre  que  pour  les  moteurs  à  essence,  ]'indice  de  toxicité  est 
des  plus  élevés  ;  leurs  produits  d'échappement  sont  donc  dangereux  et  ces 
moteurs  utilisent  incomplètement  le  combustible. 

Pour  les  appareils  à  charbons,  l'indice  varie  d'une  façon  tout  à  fait 
imprévue  selon  la  qualité  du  combustible. 

Les  appareils  à  gaz  habituels  ne  présentent  pas  d'indices  élevés  sauf,  ainsi 
que  l'ont  constaté  Kling  et  Florentin,  certains  becs  à  incandescence  où 
l'indice  dépasserait  0,02. 

Au  point  de  vue  de  l'hygiène  des  habitations  éclairées  ou  chauffées  au 
gaz,  il  suflira  de  veiller  à  la  bonne  aération.  Dans  ces  conditions,  des 
systèmes  dont  l'indice  de  toxicité  atteint  0,01  et  même  0,02  seront  sans 
inconvénient.  J'estimerai  cependant  qu'autant  que  possible,  on  devrait 
exiger  un  indice  inférieur  à  0, 0 1 . 

Cette  notion  de  Vindlce  de  toxicité  me  paraît  devoir  entrer  dans  la 
pratique. 


La  séance  est  levée  à  f6  heures  et  quart. 


')   Voir  Comptes  rendus,  t.  168,  \[)i({).  p.   1019. 


A.    L) 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU    MARDI    18   AVRIL    lî)22. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  COMMUIVICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

MÉCANIQUE.  —  Sur  le  problème  de  la  poussée  des  /erres. 
Note  (' )  de  M .  E .  Goursat. 

Dans  une  Note  récente  (*),  M.  Rémoundos  a  montré  que  le  système 
d'équations  aux  dérivées  partielles  considéré  par  M.  Boussinesq  dans  le  pro- 
blème général  de  la  poussée  des  terres  pouvait  être  remplacé  par  une 
équation  aux  dérivées  partielles  du  second  ordre,  linéaire  en  r,  s,  t. 

Il  me  paraît  intéressant  de  faire  observer  que  le  système  de  M.  Bous- 
sinesq se  ramène  très  facilement  à  une  équation  intégrable  explicitement. 
Ce  système  peut  en  elVet  s^écrire  (voir  la  Note  citée) 

àV       d\       ,  <)\       ()\J 

ax        Oy  Ox        aj 

en  posant 

U  =:  «  (  I  H-  /•  COS  2  OJ  ) ,  V  :=:  A7/  sin  2  co, 

et  Télimination  de  V  conduit  à  l'équation 

ô-\j\      à- U  _âby       ùb, 
àx-  i       ôy''         (jx         Oy 

qui  se  ramène  elle-même  à  la  forme  intégrable 


ai  an 
en  prenant  pour  nouvelles  variables 


=  /^(ç,  -n), 


(^)  Séance  du  lo  avril  1922. 

(')   Comptes  rendus,  l.  174,  1922,  p.  929. 

G.  R.,  1.922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N°  16.) 


lo5o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


PHYSIQUE  MATHÉMATIQUE.  —  Hypolfiéscs  physiques  et  hypothèses  géoinélriqucs . 

Note  de  M.  Emile  Borel. 

Dans  ma  Note  sur  1rs  hypotJièsrs  fondamenlalrs  de  la  physique  rt  de  lu 
géométrir  ('),  j'ai  établi  une  distinction  nette  entre  les  hypothèses  de  la 
physique,  qui  résument  les  résultats  de  nombreuses  expériences  et  les 
hypothèses  de  la  géométrie,  considérée  comme  une  science  abstraite,  qui 
sont  largement  arbitraires.  Poincaré  a  définitivement  établi  cet  arbitraire  ; 
certaines  conséquences  en  ont  été  rappelées  par  M.  Le  Roux  dans  une  Note 
récente  (-)  ;  M.  Einstein,  au  contraire,  se  place  au  point  de  vue  concret  et 
regarde  la  géométrie  comme  une  science  physique;  il  ne  peut  pas  y  avoir 
de  contradiction  entre  ces  deux  points  de  vue  différents  (').  Ce  que  j'ai 
proposé  dans  ma  Note  citée,  c'est  de  les  utiliser  i'un  et  l'autre  en  introdui- 
sant, à  côté  du  ds-  physique  déduit  de  l'expérience,  un  di'-  géométrique 
arbitraire;  j'indiquais  d'ailleurs  que  cette  introduction  est  peut-être  une 
complication  inutile,  mais  peut  être  aussi  un  artifice  analytique  commode. 
C'est  seulement  lorsque  nos  connaissances  sur  la  structure  physique  de 
l'univers,  en  particulier  dans  rinfiniment  petit  et  dans  l'infiniment  grand, 
seront  plus  avancées,  que  l'on  pourra  trancher  cette  alternative.  Je  n'ai 
rien  de  nouveau  à  dire  à  ce  sujet  ;  le  seul  but  de  cette  Note  était  de  chercher 
à  prévenir  les  confusions  qui  se  produisent  encore  entre  les  deux  points  de 
vue  abstrait  et  concret,  comme  on  a  pu  le  voir  aux  séances  de  discussion  du 
Collège  de  France. 


THERMODYNAMIQUE.  —  Sur  le  maximum  de  la  chaleur  de  vaporisation. 

Note  de  M.  E.  Ariès. 

Tous  les  faits  connus  nous  montrent  la  chaleur  de  vaporisation  comme 
allant  en  croissant,  tandis  que  la  température  décroit,  depuis  l'état  critique 

(')  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  189;  celle  Note  a  élé  reproduite  dans  mon 
livre  sur  V Espace  et  le  Temps  (Note  II). 

(-)  Sur  la  courbure  de  Vespace  {Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  92/4). 

(^)  Celte  distinction  entre  les  points  de  vue  abstrait  et  concret,  ou  axiomalique  et 
pratique,  est  indiquée  fort  clairement  dans  une  Note  intéressante  de  M.  Jean  Villey, 
A  propos  de  quelques  livres  sur  la  théorie  de  la  relativité  {Bull.  Sciences  mathém.. 
février  1922). 


SÉANCE  DU  l8  AVRIL  I922.  Io5l 

jusqu'aux  plus  basses  températures  explorées  par  l'expérience,  ce  qui  a 
donné  lieu  à  cette  croyance  très  répandue  qu'il  doit  continuer  à  en  cire 
ainsi  jusqu'au  zéro  absolu,  température  limite  à  laquelle  la  chaleur  de 
vaporisation  atteindrait  sa  valeur  maxima. 

Mais  il  convient  de  remarquer  que  les  plus  basses  températures  explorées 
ne  sont  jamais  descendues  au  delà  de  la  moitié  de  l'échelle  thermomélriqiie 
qui  sépare  la  température  critique  du  zéro  absolu,  et  que,  dans  cette  région 
inconnue  encore  fort  étendue,  il  est  bien  possible  que  la  chaleur  de  vapori- 
sation, après  avoir  atteint  un  maximum,  finisse  par  décroître  jusqu'au  zéro 
absolu.  Or  c'est  précisément  ce  qui  se  produit. 

Pour  le  démontrer,  je  m'appuierai  sur  deux  formules  classiques,  concer- 
nant les  chaleurs  spécifiques  m  et  m!  d'un  liquide  et  d'une  vapeur  maintenus 
à  l'état  de  saturation,  à  une  température  T  et  sous  une  tension  P. 

La  première  donne  indifféremment  m  ou  m'  : 


^/'  ~  '^  (  Trf       :rf  —  ^'/'  ■ 


àTj,,  àT  ''      \<n  ) ,,  a'— a 

Cj„  ( -ïTp  )  OU  C^,,  (-yp)  sont  la  chaleur  spécifique  et  le  coefficient  de 
dilatation  à  pression  constante  à  partir  de  l'état  de  saturation  considéré; 
a  et  u'  sont  les  volumes  spécifiques  du  fluide  à  l'état  entièrement  liquide  ou 
à  l'état  entièrement  de  vapeur. 

La  deuxième  formule  est  celle  de  A\  illiam  Thomson,  qui  résulte  des 
définitions  mêmes  de  m,  m'  et  de  la  chaleur  de  vaporisation  L  : 

Je  ferai  l'application  de  ces  formules  à  un  fluide  pris  à  une  température 
assez  basse  pour  que  sa  vapeur  satur(''e  puisse  être  considérée  comme  un  gaz 
parfait  satisfaisant  à  la  relation  pu'  =  HT. 

La  formule  (i),  appliquée  à  la  vapeur  saturée,  devient,  en  remarquant 
qu'on  peut  y  remplacer  u'  —  u  par  u  , 

(3)  ,n'^q,-^. 

Portant  cette  valeur  de  m'  dans  la  formule  (2),  on  aura 

(4)  -  =  c.,-... 


Io52  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Si  l'on  fait  tendre  la  température  vers  le  zéro  absolu,  le  premier  terme 
du  second  membre  tend  vers  la  valeur  limite  C'  que  prend  la  chaleur 
spécifique  à  pression  constanle  du  corps  réduit  à  Tétat  de  gaz  parfait.  Le 
second  terme  m  tend  à  s'annuler,  comme  on  le  voit  par  la  formule  (i), 
appliquée  à  Tétat  liquide,  et  dans  laquelle  les  deux  termes  s'annulent 
séparément  comme  je  l'ai  déjà  montré  (').  C'est,  du  reste,  une  consé- 
quence du  principe  de  Nernst  que  je  ne  crois  plus  contestable  aujourd'hui. 

La  formule  précédente  devient  alors 

(3)  -TTp  =  L.  pour   J   =:  u. 

Elle  montre  qu'à  partir  du  zéro  absolu  la  chaleur  de  vaporisation  com- 
mence par  croître  et,  comme  elle  doit  s'annuler  à  la  température  critique, 
il  faut  bien  qu'elle  passe  par  un  maximum. 

Je  donnerai  de  la  formule  (5)  une  autre  démonstration  pour  satisfaire 
ceux  qui  ont  encore  des  doutes  sur  le  principe  de  Nernst,  et  sur  les  véri- 
tables valeurs  que  prennent,  au  zéro  absolu,  les  chaleurs  spécifiques  C^, 
et  m  d'un  corps  condensé  à  l'état  liquide,  et  j'établirai  du  même  coup  que 
ces  deux  coefficients  tendent  bien  à  sannuler. 

La  formule  de  Clapeyron,  appliquée  aux  basses  températures,  peut 
s'écrire 

Posons,  pour  les  très  basses  températures,  en  négligeant  les  infiniment 
petits  d'ordre  supérieur  au  premier,  A  étant  une  constante  encore  in- 
connue, 

La  formule  de  (  llapcyroii  j)Ourra  se  mettre  sous  la  forme 

ô'ï  _   Lq  a 

P    ~  IHT-  "^  Kl' 

(jui  donne  par  intégration,  K  étant  une  nouvelle  constante, 

'-"""''  =  - r!T  +  R'-°-T  +  K. 

C'est  la  formule  (  27  i)  donnée  par  M.  Max  Planck  dans  ses  Leçons  de 
(')  Comptes  rendus^  l.  lO'i,  1917,  p.  .ugS. 


SÉANCE    DU    l8    AVRIL    1922.  Io53 

Thermodynamique  {ùàxi.  franc.,  1913.  p.  277).  Mais,  pour  que  l'identifica- 
tion des  deux  formules  soit  complète,  il  faut  que  A  ne  diffère  pas  de  C,  ce 
qui  démontre  la  formule  (5). 

Il  en  résuite,  d'après  la  formule  (/|),  que  m  tend  vers  zéro,  et,  d'après  la 
formule  (i),  que  la  chaleur  spécifique  C^,  tend  aussi  vers  zéro,  puisque  le 
second  terme  s'annule  évidemment  pour  T  =  0. 

L'existence  du  mavimum  mis  en  évidence  par  la  formule  (5),  fait  dispa- 
raître le  principal  argument  qui  avait  conduit  à  assigner  à  la  chaleur  de 
vaporisation  L^  une  valeur  nécessairement  positive  :  elle  laisse  en  suspens 
la  question  de  savoir  si  cette  valeur  est  nulle  ou  finie,  question  importante, 
car,  suivant  le  cas,  on  arrive  bien  vite  à  des  conséquences  qui  diffèrent  con- 
sidérablement. C'est  ainsi  que  l'entropie  de  la  vapeur  saturée  tend  vers  la 
valeur  finie  G'  ou  vers  l'infini,  suivant  que  la  chaleur  de  vaporisation  s'an- 
nule ou  non  au  zéro  absolu. 

Pour  se  faire  une  opinion  sur  ces  deux  hypothèses,  dans  l'état  actuel  ne 
subsiste,  à  ma  connaissance,  qu'un  seul  critérium,  l'effet  produit  par  une 
détente  indéfiniment  prolongée. 

SiL„>>o,  cette  détente  tend  à  produire  une  liquéfaction  complète  du 
fluide  quand  le  volume  augmente  indéfiniment  et  que  la  température  tend 
vers  le  zéro  absolu.  La  quantité  de  liquide  qui  s'accroit  sans  cesse,  conserve 
bien  dans  cette  opération  un  volume  lini,  tendant  vers  le  volume  m„  qu'oc- 
cupe le  fluide  entièrement  condensé  au  zéro  absolu,  tandis  que  la  quantité 
de  vapeur  en  contact  avec  le  liquide  occupe  un  volume  indéfiniment  crois- 
sant, quoique  cependant  cette  quantité  tende  à  s'annuler  avec  la  température. 

Si  L„  =  o,  une  détente  indéfiniment  prolongée  finit  toujours  par  faire 
aboutir  le  lluide  à  l'état  entièrement  gazeux,  et  non  à  l'état  entièrement 
ll(|uide,  ce  qui  s'accorde  mieux  avec  les  idées  généralement  reçues. 

M.  H.  Leco.mte  fait  hommage  à  l'Académie  du  fascicule  3,  Tome  \\\  de 
la  Flore  générale  de  J' Indo-Chine^  publiée  sous  sa  direction  :  Cypéracées {{\n) ^ 
par  E.-G.  Camus;  Gniminées,  par  E.-G.  Camus  et  M^'^  A.  Ca:\ius. 


N03IirVAT10]\S. 

MM.  A.  Lackoix,   II.  IIeslaxdres,   G.   Bigourdan,   B.  Baili.aud,  Cu. 
JiAîj.EMANo,  L.  Favé,  D,  Bertuei-ot,  L,  Joubi\,  g.  Ferrie,  Membres  de 


Io54  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

l'Académie,  et  M.  Emile  Mathias,  Correspondant,  sont  délégués  pour 
représenter  l'Académie  à  la  Conférence  de  VUnion  internationale  d'' Astro- 
nomie^  de  Géodésie  et  Géophysique^  qui  se  tiendra  à  Rome  du  2  au  10  mai. 


CORRESPOIVDAIVCE. 


M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

i**  Arturo  Bruttini.  Ramassage  et  utilisation  des  déchets  et  résidus  pour 
V alimentation  de  l'homme  et  des  animaux,  pour  les  engrais  et  les  industries 
agricoles  (  1 9 1 4- 1 920  ) . 

2°  H.  Ollivier.  Cours  de  Physique  générale.  Tome  II  :  Thermodynamique 
et  étude  de  l'énergie  rayonnante .  (Présenté  par  M.  J.  VioUe.) 

3*^  Observatoire  Jarry-Dksloges.  Sur  les  frontières  de  la  vision.  (Présenté 
par  M.  G.  Bigourdan.) 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  les  fonctions  entières  d'ordre  entier. 
Note  de  M,  G.  Valiro.v,  transmise  par  M.  Emile  Borel. 

Dans  une  pi-écéderito  Noie  (')  j'ai  montré  (jue,  pour  toute  foiiclioii 
entière y(3)  d'ordre  p,  la  série  et  l'intégrale 

Il  ^  ti 

convergent  ou  divergent  eu  même  temps,  et  que  dans  le  cas  de  l'ordre 
entier  la  convergence  de  ces  expressions  enlraîne  que  le  genre  de  la  fonc- 
tion est  0  —  I.  On  complète  aisément  ce  résidtat  en  utilisant  cette  autre 
proposition  (-)  : 

Si  n(y,  j:-) désigne  le  nombre  des  zéros  def(z)  —  x  dans  le  cercle  |-|^j, 

(^)  Comptes  rendus,  t.  172,  i92i,p.  1226.  Celle  Note  est  développée  dans  un  article 
du  Bulletin  des  Sciences  mathématiques^  192  •• 

(-)  Voir  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  753.  Les  résultats  énoncés  dans  celle  Note 
sont  démontrés  dans  un  Mémoire  sur  Le  théorème  de  M.  Picard  dans  la  théorie  des 
fonctions  entières  qui  doit  paraître  dans  un  autre  Recueil. 


SÉANCE    DU    l8    AVRIL    1922.  Io55 

à  tout  nombre  A  inférieur  à  i  correspond  un  nombre  positif  H  tel  que  l'on 

ail 

à  partir  d'une  valeur  de  r,  pourvu  que  a^h. 

En  multipliant  les  deux  membres  de  cette  inégalité  par  -^^^  et  en  inté- 
grant entre  a  et  11  on  obtient,  après  une  intégration  par  parties  du  premier 
membre  el  un  changement  de  variai )les  dans  le  second, 


/ 


> 


K  étant  une  constante  dépendant  de  a,  «,  h. 

Il  s'ensuit  que  si  l'intégrale  (i)  diverge,  il  en  est  de  même  du  premier 
membre  de  cette  inégalité;  il  est  donc  impossible  que  l'intégrale 


f 


^liy^dr 


soit  bornée  pour  deux  valeurs  distinctes  de  .r;  si  r,Xx)  désigne  le  module 
du  /i'*"""  zéro  de/(v)  -  J',  la  série 

ne  peut  converger  que  pour  une  valeur  x  au  plus.  D'où  ce  résultat  : 

Lorsque  l'ordre  p  est  entier  et  que  les  expressions  (i)  divergent,  la  série  (3) 
diverge,  sauf  peut-être  pour  une  seule  valeur  de  x.  En  particulier,  le  genre 
def{z)^x  est  p ,  sauf  peut-êti^e pour  une  valeur  dex. 

On  sait  par  les  exemples  donnés  par  MM.  Wiman,  Lindelôf,  Boutroux, 
que  le  cas  exceptionnel  peut  effectivement  se  présenter,  mais  on  pouvait 
croire,  par  analogie  avec  ce  qui  se  passe  pour  la  régularité  de  la  croissance, 
que  le  nombre  des  valeurs  exceptionnelles  pouvait  être  supérieur  à  i  dans 
certains  cas.  La  proposition  précédente  montre  que  le  genre  comme  l'ordre 
réel  a  une  valeur  normale  qui  ne  dépend  que  des  propriétés  moyennes  des  coef- 
ficients. 

Le  mode  de  démonstration  qui  conduit  à  l'inégalité  (2)  peut  se  généra- 
liser. L'inégalité  (2)  reste  vraie  lorsque  n(y,  a)  et  n(y,  b)  désignent  le 


I056  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

nombre  des  zéros  des  fonctions/,  (::)  =  f{z)  —  l\,(-)el/o(z)  =/('■)  —  l^^-(-)» 
l\i{^)  ^^  ^b(^)  étant  deux  polynômes  non  identiques;  il  suffit  pour  le  voir 
d'appliquer  simultanément  q  fois  la  méthode  classique  de  démonstration  de 
M.  Borel,  en  éliminant  entre  l'identité 

» 

et  ses  q  dérivées,  l'une  des  exponentielles  qui  s'introduisent  dans  /,(-■) 
ety'o(  s).  Par  suite  : 

Toutes  les  fondions  d'ordre  entier  p,  f{z)  —  P(s),  où  f(z-)  est  une  fonc- 
tion donnée  et  P(^)  un  polynôme  arhitj-aire,  sont  du  même  i>enre  p,  sauf 
peut-être  une  uu plus  (fui  est  de  genre  o  —  i ,  ou  bien  elles  sont  toutes  de  genre 
p  —  I,  suivant  que  les  expressions  (i)  relatives  à  f(z)  divergent  ou  convergent. 

ASTRONOMIE.  —  Sur  le  rôle  des  milieux  nébuleux  dans  la  dynamique  des 
systèmes  stellaire  et  planétaire.  Note  (')  de  M.  E.  Belot,  présentée  par 
M.  Bigourdan. 

Dans  une  Note  antérieure  (-),  j'ai  montré  le  rôle  des  rencontres  d'étoiles 
avec  les  nébuleuses  dans  la  formation  des  étoiles  doubles,  multiples,  et  des 
amas  d'étoiles.  Admettons  qu'une  nébuleuse,  ressemblant  à  l'atmosphère 
solaire  dans  sa  partie  la  moins  condensée,  est  formée  de  gaz  très  flilués 
(H,  H^  notamment)  tenant  en  suspension  des  poussières  solides  ou  liquides 
de  densités  variées.  Quand  une  nébuleuse  ainsi  constituée  est  traversée  par 
une  masse  stellaire,  son  attraction  y  condense  les  poussières  dans  l'ordre 
des  densités  décroissantes  en  raison  de  la  résistance  du  milieu  et  sa  radia- 
tion repousse  les  poussières  les  plus  légères. 

Relation  entre  les  vitesses  et  les  types  spectraux  ou  les  masses  stellaires.  — 
Considérons  une  étoile  de  masse  M,  de  rayon  équalorial  ^,  ayant  un  coef- 
ficient balistique  c  (dépendant  de  son  aplatissement  et  delà  direction  de 
son  mouvement  par  rapport  à  l'axe  de  rotation),  une  vitesse  V,,  à  l'entrée 
d'une  nébuleuse  de  densité  i:  K;  d'après  l'équation  donnant  Z  dans  la 
Note  précitée,  la  vitesse  V  au  temps  T  sera  reliée  au  parcours  Z  dans  la 
nébuleuse  par  la  relation 

KM      \o  _  KM       /         cVor/^T 

Lj  -tt-    Jj    I    I  -4- 


ca'-        V         ca-       V  l'^M 


(*)  Séance  du  lo  avril  1922. 

(2)  Comptes  rendus,  t,  173,  J921,  p.  703, 


SÉANCE    DU    18    AVRIL    1922.  10)7 

d'où 


2  KM  6K^\F 

On  sait  que  les  étoiles  diffèrent  beaucoup  moins  les  unes  des  autres  par 
la  masse  M  que  parleur  rayon  «,  c'est-à-dire  par  leur  densité.  Ainsi,  dans 
un  courant  d'étoiles  de  vitesse  A  ^  rencontrant  une  nébuleuse,  les  étoiles 
géantes  de  grand  rayon  a  et  de  faible  densité,  mettront  im  temps  T  plus 
long  à  faire  le  même  parcours  Z  que  les  étoiles  naines  de  forte  densité.  Si 
Z  représente  l'épaisseur  de  la  nébuleuse,  les  géantes  en  sortiront  avec  une 
vitesse  Y  plus  faible  que  les  naines. 

Mais  parce  que  les  étoiles  de  faible  densité  restent  longtemps  dans  une 
nébuleuse,  elles  y  accroissent  leur  masse  plus  que  les  naines,  et  leur  masse 
s'accroît  de  toutes  les  matières,  même  légères,  de  la  nébuleuse,  tandis  que 
les  naines  n'ont  que  le  temps  de  condenser  les  poussières  denses  et  non  les 
matières  les  plus  légères. 

Ainsi  les  étoiles  géantes  accroissent  beaucoup  leurs  masses,  perdent 
beaucoup  de  vitesse,  mais  gardent  leur  faible  densité,  tandis  que  les  naines 
augmentent  peu  leurs  masses,  perdent  peu  de  vitesse,  et  tendent  à  augmenter 
leur  densité. 

Les  nébuleuses  agissent  donc  sur  les  étoiles  d'un  courant  comme  des 
filtres  sélecteurs  des  densités  et  des  vitesses  dans  le  sens  où  l'augmentation 
de  masse  coïncide  avec  la  diminution  de  vitesse,  autrement  dit  comme  si 
Véquipartition  de  l'énergie  selon  Maxwell  (mY^=:const.)  tendait  à  se 
réaliser.  On  comprend  aussi  pourquoi  les  nébuleuses  paraissent  dépouillées 
d'éléments  denses. 

Mais  ce  n'est  pas  tout  :  les  matériaux  captés  étant  différents  pour  les 
géantes  et  les  naines,  le  type  spectral  change  dans  le  passage  des  étoiles 
à  travers  les  nébuleuses  dans  le  sens  où  les  types  dits  les  plus  avancés  (les 
plus  denses)  ont  le  plus  de  vitesse.  C'est  en  quoi  consiste  le  phénomène  de 
Campbell,  qui  a  montré  que  la  vitesse  radiale  augmente  de  9"^'"  à  lô'^'"  en 
passant  des  types  O  et  B  au  type  M.  De  même  dans  la  série  descendante 
de  F  à  M.  la  vitesse  augmente  avec  la  grandeur  absolue  (phénomène 
d'Adams  Stromberg),  parce  que  celle-ci  est  liée  à  la  densité  qui  accélère  la 
condensation. 

Pourquoi  le  milieu  résistant  de  la  nébuleuse  primitive  a  laissé  subsister  une 
loi  des  distances  des  planètes  et  satellites.  —  En  introduisant  la  fiction  d'une 
planète  réduite  à  un  point  mathématique,  une  théorie  classique  semble 
prouver  qu'un  milieu  résistant  diniinue  le  grfind  axe  d'une  orbite.  Mais 


Io58  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

cette  théorie  néglige  la  rotation  de  la  planète  et  les  actions  exercées  sur  sa 
surface  tant  par  la  pression  de  radiation  P,  énorme  à  l'origine,  que  par  la 
matière  nébuleuse  N  attirée  vers  le  Soleil.  Les  pressions  P  et  IS  transfor- 
ment l'énergie  de  rotation  en  énergie  de  translation,  la  première  dans  le 
sens  orbital,  la  seconde  dans  le  sens  radial  tendant  à  augmenter  le  rayon 
de  l'orbite.  Ces  actions  agissent  donc  en  sens  inverse  de  la  résistance  théo- 
rique du  milieu. 

D'ailleurs  la  pression  de  radiation  vide  de  matière  légère  le  centre 
de  la  nébuleuse,  en  sorte  que  les  planètes  ayant  la  plus  grande  vitesse  orbi- 
tale telles  que  Mercure,  circuleront  à  l'origine  dans  une  région  de  faible 
densité. 

De  même  une  planète  capte  par  sa  masse  une  partie  de  la  matière  nébu- 
leuse et  vide  ainsi  de  cette  matière  l'arrière  de  sa  trajectoire  :  par  là  est 
facilitée  la  circulation  de  ses  satellites  les  plus  voisins.  Voilà  comment  on 
peut  expliquer  que  Phobos  et  le  satellite  V  de  Jupiter  aient  pu  subsister 
malgré  le  voisinage  de  leur  planète. 

L' objection  de  Newton  contre  les  tourbillons  cartésiens.  —  Cette  objection 
prononcée  par  Newton  à  la  fin  du  livre  des  Principes  n'est  pas  recevable 
parce  qu'il  néglige  l'action  du  milieu  nébuleux.  Newton  relève  la  prétendue 
contradiction  entre  le  temps  périodique  T  =  «^  (loi  des  aires)  que  suivrait 

un  tourbillon  et  la  troisième  loi  de  Kepler  (T  =  «').  Mais  la  loi  des  aires 
ne  peut  s'appliquer  que  dans  le  vide  et  pour  Descartes  comme  pour  la 
Physique  un  tourbillon  réel  ne  peut  exister  que  dans  un  milieu  plein  de 
matière. 

Soit  MM'  un  élément  de  tourbillon  entraînant  une  orbite  planétaire  qui, 
dans  le  ridc^  tendrait  à  s'éloigner  du  Soleil  avec  sa  force  centrifuge  infé- 
rieure à  l'attraction  centrale  F  =  nr*  Restituons  la  matière  nébuleuse  m  : 

ri" 

attirée  par  la  force  F,  elle  exercera  sur  MM'  une  pression  centripète  P 
ayant  en  général  une  composante  tangentielle  T  qui  tendra  à  augmenter  la 
vitesse  angulaire  oj  de  MM'.  Dans  une  nébulçuse  à  noyau  central,  la 
masse  M  dépend  de  la  loi  des  densités  d  autour  du  centre.  Si  l'on  a 

(0        ■  dz=:-, 

la  force  F  est  constante.  Tl  arrivera  donc  un  moment  où  la  force  centri- 
fuge co-R,  d'abord  inférieure  à  F  sur  l'orbite  théorique  MM'  dans  le  vide, 
augmentera  par  l'action  de  T  jusqu'à  ce  que  F  =  co-R.  Ainsi  l'orbite  réelle 


SÉANCE   DU    l8    AVRIL    I922.  1069 

dans  un  tel  milieu  sera  précisément  une  de  ces  orbites  spirales  centrifuges  à 
gravitation  équilibrée  (ol)-R''  =  M,  R  et  M  variable)  dont  j'ai  démontré 
l'existence  dans  les  milieux  nébuleux  (*).  Finalement,  après  la  condensation 
de  la  nébuleuse,  la  troisième  de  Kepler  sera  réalisée  pour  toutes  les  planètes 
circulant  d'abord  sur  ces  orbites;  et  aucune  contradiction  du  genre  de  celle 
que  visait  Newton  n'est  à  retenir. 

Il  est  à  remarquer  que  l'hypothèse  (i)  sur  d  est  précisément  celle  ([ui  m'a 
permis  de  démonti-er  la  loi  des  masses  dans  le  système  solaire  (^). 

En  résumé,  on  voit  combien  il  est  nécessaire,  dans  les  divers  problèmes  de 
dynamique  stellaire  ou  planétaire,  d'analyser  l'action  des  milieux  nébuleux 
sans  avoir  recours  à  des  hypothèses  simplistes  ne  tenant  pas  compte  des 
réalités. 


CINÉMATOGRAPHIE.  —  Appareil  pour  la  dissociation  rapide  des  images  dans 
la  cinémato graphie  par  étincelle  électrique.  Note  (^)  de  M.  L.  Bull, 
présentée  par  M.  Clharles  Richet. 

L'emploi  de  l'étincelle  électrique  pour  la  cinématographie  des  mouve- 
ments rapides  (/)  a  permis  d'étendre  considérablement  le  champ  d'investi- 
gation de  cette  admirable  méthode  d'analyse.  Et  depuis  une  dizaine 
d'années  les  développements  de  la  télégraphie  sans  fil,  en  fournissant  les 
moyens  de  produire  des  séries  d'étincelles  à  une  très  haute  fréquence,  ont 
permis.de  reculer  encore  les  limites  de  ce  champ.  C'est  ainsi  que  Cranz  et 
Glatzel  (')  ont  pu  obtenir  des  cinématogrammes  allant  jusqu'à  une  fré- 
quence de  92000  images  par  seconde. 

La  difficulté  technique  ne  consiste  donc  plus  aujourd'hui  à  obtenir  une 
fréquence  suffisante  d'étincelles,  mais  plutôt  à  dissocier  les  images  qu'elles 
fournissent  sur  la  surface  sensible  chargée  de  les  recueillir.  Celle-ci  est 
généralement  un  film  enroulé  autour  d'un  cylindre  auquel  on  imprime  un 


(^)   Comptes  rendus,  t.  1(J8,  1919,  p-  ^■^^• 

('-)   Comptes  rendus,  t.  171,  1920,  p.  704. 

(^)  Séance  du  10  avril  1922. 

{'*)  L.  Bull,  Application  de  l'étincelle  électrique  à  la  chronophoto graphie  des 
mouvements  rapides  {Comptes  rendus,  t.  138,  1904,  p.  jSS). 

(')  C.  Cranz  et  Br.  Glatzel,  Die  Verwendung  von  Gleichstrom-Lvschfunkcn- 
slrecken  zur  kinematographischen  Aufnahme  (  Verhandlungen  der  Deutschen 
Physikalischen  Gesellschaft,  3o  mai  1912). 


io6o 


ACADEMIE    DES   SCIENCES. 


mouvement  de  relation  le  plus  rapide  possible,  l'instantanéité  de  l'étincelle 
étant  telle  que  l'image  photographique  qu'elle  donne  est  nette  malgré  le 
mouvement  du  film.  Mais  il  n'est  pas  facile  avec  un  cylindre  tournant  de 
dépasser  beaucoup  une  vitesse  linéaire  de  loo""  par  seconde  et  dans  ces 
conditions  le  film,  lorsque  les  étincelles  se  succèdent  à  des  intervalles 
de  j^^  de  seconde  par  exemple,  ne  se  déplace  que  de  2""™  ce  qui  revient  à 
dire  que  les  images  photographiques  ne  peuvent  avoir  que  2""",  de  large. 
Quoique  celte  étroitesse  d'image  puisse  être  suffisante  dans  certains  cas  où 
le  phénomène  se  développe  suivant  une  seule  direction,  il  en  est  d'autres  où 
il  peut  être  indispensable  d'avoir  des  images  plus  larges. 


Nous  avons  construit  un  appareil  permettant  de  réaliser  ces  conditions. 
Dans  cet  appareil  la  dissociation  des  images  se  fait  de  la  façon  inverse; 
le  film  reste  immobile  et  le  train  d'images,  reçu  d'abord  sur  un  prisme  à 
réflexion  totale,  est  renvoyé,  dissocié  par  une  rotation  rapide  de  celui-ci, 
sur  la  surface  sensible. 


f^a  figure  ci-dessus  moiilie  scliémaliquenienl  le  dispositif  adopté.  Le  film  F,  main- 
tenu par  un  support  métallique,  forme  un  cercle  de  i"*  de  diamètre  autour  du  prisme  P 
et  de  l'objectif  O.  L'a\e  optique  de  l'objectif  est  perpendiculaire  au  plan  du  cercle  et 
le  prisme  est  orienté  de  manière  à  réiléchir  à  angle  droit  sur  le  film,  les  rajons 
venant  de  l'objectif.  L'axe  de  rotation  du  prisme  coïncide  avec  l'axe  optique,  de  sorte 
que,  lorsqu'il  tourne,  il  étale  en  une  seule  révolution  sur  toute  la  longueur  du  film, 
plus  de  3™,  la  série  d'images  fournie  par  l'objectif.  Étant  donné  le  faible  diamètre  de 


SÉANCE   DU    l8    AVRIL    I922.  I061 

la  parlie  mobile  de  l'appareil,  le  prisme,  qui  n'a  que  6"""  de  côté,  il  est  facile  de  le 
faire  tourner,  même  avec  un  petit  moteur  électrique,  à  160  tours  par  seconde.  iJans 
ces  conditions,  les  images  sont  dissociées  sur  le  film  à  une  vitesse  de  5oo™  par  seconde, 
ce  qui  permet  de  leur  donner,  sans  qu'elles  se  recouvrent,  une  largeur  beaucou})  plus 
grande  qu'avec  l'autre  procédé. 

T^e  seul  inconvénient  de  cette  méthode  est  que  les  images  ne  restent  pas 
paiallèles  entre  elles  d'une  extrémité  du  film  à  l'autre;  elles  tournent  sur 
elles-mêmes  en  même  temps  que  le  prisme  et  avec  la  même  vitesse  angu- 
laire. Pour  l'analyse  des  phénomènes,  cette  rotation  n'a  pas  d^iniportance; 
mais  si  l'on  désire  faire  la  synthèse  du  mouvement  par  la  projection,  il  est 
nécessaire,  au  moment  du  tirage  du  positif,  de  rectifier  la  position  des 
imasfes. 


PHYSIQUE.  —  Sur  r action  photogénique  des  ultraradiatioiis.  Note  (  '  ) 
de  M.  Albert  Nodon,  transmise  par  M.  M.  Brillouin. 

Dans  une  précédente  Note,  j'avais  annoncé  que  le  soleil  et  la  liaule 
atmosphère  émettent  des  radiations  très  pénétrantes,  provoquant  la 
décharge  des  corps  éleclrisés. 

Ces  ultra  radiations  manifestent  leur  présence,  après  leur  passage  à  travers 
des  bâtiments  entiers  et  des  parois  métalliques.  Leur  intensité  est  variable 
suivant  l'état  de  la  surface  solaire  et  celui  de  l'atmosphère  terrestre. 

J'ai  mis  en  évidence  l'action  photogénique  de  ces  radiations  à  l'aide  de 
dispositifs  appropriés.  En  entourant,  par  exemple,  la  plaque  radiographiquc 
d'un  carton  noir  absolument  opaque  à  la  lumière,  et  en  disposant  cette 
plaque  en  plein  soleil  pendant  un  temps  prolongé,  on  ne  constate  au  déve- 
loppement aucune  impression  photogénique. 

En  découpant  dans  le  carton  des  ou\ertures  dans  lesquelles  on  adopte 
des  feuilles  métalliques  diverses,  en  fer,  zinc,  aluminium,  magnésium, 
puis  en  exposant  la  plaque  au  soleil,  il  ne  se  produit  aucune  impression 
photogénique  aux  points  de  contact  de  l'émulsion  avec  les  métaux. 

En  remplaçant  ces  métaux  à  faible  valence  par  d'autres  à  valence  élevée, 
tels  que  le  plomb  et  Vuranium,  on  observe,  au  contraire,  une  impression 
photogénique  intense. 

Un  résultat  analogue  est  obtenu  en  fixant  sur  le  carton  noir  des  silhouettes 
en  plomb  ou  en  carton  recouvertes  d'oxyde  d'uranium,  fixé  à  l'aide  d'un 

(')   Séance  du  10  avril  ig'2i. 


1002  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

adhésif.  L'action  phologénique  se  produit,  dans  ce  cas,  à  travers  l'épaisseur 
du  carton. 

Les  principaux  résultats  observés  furent  les  suivants  : 

1°  En  recouvrant  les  silhoueltes  précédentes  de  disques  en  carton,  en 
bois,  en  verre,  en  aluminium,  on  diminue  sensiblement  l'action  photogé- 
nique. On  constate  que  l'impression  produite  par  les  radialions  solaires,  au 
moyen  des  dispositifs  précédents,  varie  dans  de  grandes  proportions  d'un 
jour  à  l'autre,  et  que  ces  variations  sont  du  mcme  ordre  de  grandeur  que 
celles  accusées  par  un  éieclromètre  clos.  Si  l'on  retourne  la  plaque  photo- 
graphique pendant  son  exposition  au  soleil,  de  façon  que  le  plomb  ou 
l'uranium,  ainsi  que  Témulsion,  soient  placés  face  contre  terre,  il  ne  se  pro- 
duit plus  d'action  photogénique  sensible. 

2°  En  disposant  la  plaque  sensible  sous  une  forte  incidence,  on  obtient 
une  impression  très  étendue  et  décroissante.  On  observe  une  impression 
analogue  à  celle  d'une  forte  irradiation,  lorsqu'un  bloc  de  plomb  est  placé 
à  quelque  distance  de  la  surface  insolée. 

Les  résultats  précédents  s'interpréteraient  facilement  en  admettant  que 
le  soleil  émît  des  radiations  possédant  la  propriété,  après  leur  passage  à 
travers  des  substances  à  valence  élevée,  de  traverser  le  carton  et  d'influencer 
les  plaques  photographiques. 

3°  Toutefois,  l'action  directe  d'un  rayonnement  solaire  n'est  pas  la  seule, 
car  en  répétant  les  expériences  précédentes  dans  une  pièce  close  et  obscure, 
on  obtient  des  résultats  analogues,  après  une  exposition  plus  prolongée. 
Ces  résultats  s'observent  également  pendant  la  nuit.  Toutefois,  dans  les 
périodes  de  forte  activité,  on  observe  une  forte  impression  avec  l'uranium, 
après  quatre  heures  seulement  d'exposition  dans  une  pièce  close. 

4*^  Les  phénomènes  précédents  s'interpréteraient  facilement  par  une  action 
provenant  directement  du  soleil  et  indirectement  delà  haute  atmosphère, 
mais  non  du  sol.  Les  actions  photogéniques  observées  sont  du  même  ordre 
de  grandeur  que  celles  accusées  par  l'électromètre. 

CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Action  des  acides  sur  le  niolyhdo-malale  d'ammonium. 
Note  (')  de  M.  E.  Darmois,  présentée  par  M.  Haller. 

J'ai  signalé  deux  composés  distincts  de  MoO'  avec  l'acide  malique;  ils 
correspondent  respectivement  aux  proportions  2MoO%  CH^O^  (dextro- 

(')  Séance  du  lo  avril  Hti2. 


SÉANCE   DU    l8    AVRIL    I922.  Io63 

o-vre)  et  MoO%  aC'H^O'  (Irvogyrc);  ils  donnent  des  sels  d'  Vm  très 
nets;  en  particulier  le  sel  2M0O'.  G'O'H'Am'  est  très  fortement  actif: 
[a]g-s  =  + 22°  environ. 

Ce  sel  est  sensible  àraclion  des  bases  qui  le  convertissent  finalement  en 
mélange  de  molybdate  neutre  et  de  malate  neutre.  Il  est  également  1res  sen- 
sible à  l'action  des  acides.  On  prend  par  exemple  i^  de  sel  {-^  de  molécule 
environ);  on  ajoute  ^^  H  Cl,  on  complète  à  5o""\  on  polarise  sous  2'''°  pour 
la  raie  678  du  mercure.  La  rotation  décroît  très  rapidement  quand  x  croît 
et  tend  vers  une  valeur  limite  égale  à  —  22' (température  18°),  NO 'H 
et  SO'H-  donnent  la  même  valeur  limite. 

La  décroissance  de  a  est  plus  rapide  si  l'on  augmente  la  concentration  du 
sel  ;  on  étend  à  10™'  et  à  5""'  seulement.  Le  Tableau  suivant  donne  quelques 
résultats.  Pour  rendre  les  mesures  comparables,  on  divise  la  rotation  lue 
sous  2''™  par  2  et  par  la  concentration  initiale  du  sel. 


c  = 

■) 

C 

=  lu. 

c.    : 

=  10. 

X. 

^T^'- 

JO. 

hoT 

X. 

~    TT]. 

0 

i  1 1 

0 

218 

0 

221 

2.38 

107,5 

i,'9 

16 1,5 

I.I9 

147 

4,76 

9"> 

2,38 

1 12 

2.38 

92,3 

g. 02 

40, '^j 

3,57 

76 

3.5; 

5o,2 

19,04 

+    2,5 

4^76 

45.5 

4-7^ 

2/4.0 

28.06 

—  8 ,  r  5 

» 

» 

» 

^; 

40 

—  9-7-^ 

20 

—  1 1 . 5 

12.0 

-i3,5 

Une  rotation  limite  est  atteinte  pour  toute  concentration;  elle  est  la  même 
pour  les  trois  acides  HCl,  NO''H  et  SO'H-;  elle  dépend  peu  de  la  concen- 
tration. Elle  correspond  certainement  à  la  formation  d'un  composé  qui 
résiste  à  l'action  ultérieure  de  l'acide.  Tout  s'accorde  à  montrer  que  ce 
composé  est  précisément  l'acide  MoO%  2G''H''0".  Son  pouvoir  rotatoire, 
facilement  calculable,  et  sa  dispersion  rolatoire,  très  supérieure  à  celle  de 
l'acide  malique  on  du  malate  neutre  d'Am,  sont  caractéristiques. 

La  mesure  polarlmétrique  est  un  procédé  très  sensible  pour  déceler  des  quantités 
très  faibles  des  trois  acides.  Exemple  :  5'""'  de  NO'* H  au  titre  o.o3,  ajoutés  à  isdu  corps 
dans  So"^™",  donnent  une  diminution  de  rotation  égale  à  11'  pour  578.  On  peut  facile- 
ment apprécier  3'-4',  soit  ^-~  d'acide. 

J'ai  essayé  si  les  acides  organiques  avaient  une  action  analogue.  L'acide 
acétique  agit  également,  mais  beaucoup  moins.  Il  faut  ^hô  d'acide,  c^esl- 
à-dire  33  fois  plus  pour  produire  dans  les  mômes  conditions  la  même  dimi- 
nution de  1 1'» 


io64  agadémie|'*des  sciences. 

CH^CI.CO-H  a  une  action  beaucoup  plus  nette  |(~~  environ  poui-  ii'). 

GHGl^ .  CO^  H  est  encore  plus  actif  (^^  environ  pour  1 1'), 

Les  trois  acides  se  rangent  ainsi  dans  l'ordre  de  leur  a  force  »,  mesurée 
par  la  conductibilité.  Les  comparaisons  peuvent  se  poursuivre  quantitati- 
vement. 

Pour  GHCl-.CO-H,  depuis  la  teneur  zéro  en  acide  jusqu'à  Jq-j, 
(dans  5o"°\),  la  diminution  de  rotation  est  proportionnelle  à  la  quantité  totale 
d'ions  H.  calculée  par  la  loi  d'Ostwald  (vérifiée  ici  dans  un  grand  intervalle 
de  concentration).  Le  Tableau  suivant  indique  la  diminution  de  |  a  |  (calculé 
comme  ci-dessus)  pour  la  raie  5/(6  du  mercure  : 

Acide  total 

pour  A 

i«  sel  (5ocai'').  Kquiv. /litre.         Scaïc-  Ch  <- totale.       — A[a]v.         C\i  + 

millièincis  niillièuies 

0,2 0,00/4  o,458  0,0916  5  54,5 

0,5 0,01  o.3i5  0,161  10  62 

i 0,02  0,2/12  0,242  16  66,2 

2 o,o4  o.xjSS  0,35-  23  64,5 

4 0.08  o,i3o  o,52o  32  61,5 

10 0,20  o,o84  o.Sqo  53  63,  o 

20 '•,4f'  0,061  1,22  7.5  61,3 

3o 0,60  0,0.5 1  1,53  95  62 

En  moyenne  j~^  ion  H"^  produit  une  diminution  de  62*^  dans  [aj. 

Les  nombres  obtenus  pour  les  deux  acides  CH^CO-H  et  GHCl'.CO-H 
sont  plus  variables;  mais  dans  le  domaine  où  la  loi  d'Ostwald  s'applique  et 
où  les  mesures  gardent  quelque  précision,  le  rapport  obtenu  est  du  même 
ordre. 

Acide  total 

pour  A 

I'  sel  (  5ocni' ).  ]iqui\.  litre.  Scaïc-  Cn+lolal.       — A[a|v.         C||  i 

niillii'iiies  inilliômcs 

CH-'.CO-H     20...       (1,4  0,00675  o.i35  8,5  63 

CHG1-. CO- H  o,  I .       (1,002  ",965  (1,0965  6,0  62,5 

Il  n'est  donc  pas  impossible  que  ce  procédé  très  simple  fournisse  au  moins 
une  estimation  de  la  concentration  en  ions  H  de  certaines  solutions  acides. 

Je  signale  de  suite  que  les  acides  forts  minéraux  se  distinguent  des  acides 
organiques,  de  même  que  les  acides  susceptibles  d'agir  sur  MoO(PO''H^, 
C^O='H%etc.). 

Pour  le  moment  la  réaction  envisagée  fournit  une  méthode  rapide  pour 
déceler  un  acide  minéral  dansl'acide  acétique.  D'après  les  nombres  ci-dessus, 
on  voit  facilement  qu'on  peut  révéler  (rotation  5'),  j^  SO*H'  dans  un 
litre  de  vinaigre  à  60^  d'acide  par  litre. 


SÉANCE   DU    18   AVRIL    I922.  Io65 


MINÉRALOGIE.     —    Nouvelle   méthode  de  recherche   de  l'or   et  de    l'argent 
dans  les  minerais  au  moyen  du  chalumeau.  Note  de  M.  Ad.  Braly. 

La  méthode  généralement  employée,  due  aux  travaux  de  Berzélius, 
Harkort,  Plattner,  Atwood,  consiste  en  une  fusion  avec  excès  de  plomb  et 
borax,  suivie  d'une  coupellation  précédée  ou  non  de  scorification. 

Cette  méthode  est  longue,  délicate  el  impose  l'emploi  de  coupelles  en 
cendre  d'os.  J'estime  plus  pratique  d'effectuer  cette  recherche  par  .ycoT-i/î- 
cation  complète^  en  utilisant  de  petits  scorificaloires  de  2*^^'"  de  diamètre 
existant  dans  le  commerce. 

Pour  les  adapter  à  l'opération,  il  suffit,  au  moyen  d'une  lime,  de  prati- 
quer dans  la  paroi  et  sur  toute  la  profondeur  du  scorificatoire,  une  ouver- 
ture suffisamment  large  pour  permettre  le  passage  de  la  flamme  soufflée  de 
la  lampe  à  paraffine  et  l'évacuation  des  scories. 

Le  scorificatoire  ainsi  préparé,  le  mode  opératoire  suivant  doit  être 
employé  : 

La  charge  (minerai,  flux,  plomb)  est  introduite  en  totalité  ou  par  parties 
dans  le  scorificaloiie;  ce  dernier  est  placé  sur  un  support  en  terre  réfrac- 
taire  en  l'inclinant  légèrement  du  côté  de  l'ouverture.  La  scorification  est 
effectuée  à  forte  flamme  oxydante,  en  laissant  les  scories  formées  s'écouler 
librement  au  dehors.  L'opération  est  continuée  jusqu'à  ce  que  le  bouton 
soit  réduit  à  la  dimension  d'un  grain  de  millet.  Il  est  alors  dégagé  de  la 
scorie  et  déposé  sur  une  plaque  en  terre  réfractaire.  L'action  de  la  flamme 
est  continuée  en  faisant  agir  celle-ci  tangentiellement  au  bouton,  de  façon 
à  le  forcer  à  se  déplacer  et  à  abandonner  derrière  lui  sur  la  plaque  la 
litharge  formée. 

Pour  les  minerais  d'or  et  d'argent  proprement  dits,  l'opération  est  pro- 
longée jusqu'à  obtention  du  bouton  de  métaux  précieux;  pour  les  minerais 
pauvres,  quand  le  bouton  est  réduit  à  la  grosseur  d'un  grain  de  pavot,  il 
faut  achever  l'opération  sur  une  petite  capsule  Le  Baillif. 

Les  boutons  d'or  et  d'argent,  visibles  à  l'œil  ou  à  la  loupe,  sont,  en 
général,  très  nets,  ronds,  et  leur  diamètre  peut  être  mesuré  au  microscope 
au  moyen  d'un  oculaire  micrométrique  quadrillé. 

Cette  méthode,  outre  l'avantage  de  supprimer  les  coupelles  en  cendre 
d'os,  qui  sont  fragiles  et  difficiles  d'emploi,  est  d'une  exécution  beaucoup 
plus  facile  et  plus  rapide  que  celle  employée  jusqu'ici. 

G.  R.,  1922,  i"  Semestre.  <T.  174,  N*  16.)  7^ 


Io66  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


MINÉRALOGIE.  —  La  soddite,  nouveau  minéral  radioactij. 
Note  de  IVI.  Alfred  Schoep. 

La  ciirite  de  Ivasolo  (Katanga,  Congo  belge)  est  souvent  intimement 
associée  à  un  minéral  de  couleur  jaune.  Les  deux  minéraux  forment  des 
agrégats  massifs,  cristallins,  à  grain  très  fin,  auxquels  la  curite  commu- 
nique une  teinte  orangée.  Ces  agrégats  sont  remplis  de  filonnets  dans 
lesquels  on  trouve  soit  des  cristaux  de  curite  brunâtres  ou  rougeâtres,  soit 
des  cristaux  jaunes,  translucides  ou  opaques,  d'un  minéral  nouveau  dont  il 
est  question  dans  la  présente  Note. 

Ces  agrégats  renferment  parfois  de  petites  masses  cristallines^  très  pures, 
du  nouveau  minéral  qu'il  est  aisé  d'isoler.  Sous  cette  forme,  ce  minéral  a 
une  couleur  jaune  terne.  Sa  dureté  est  comprise  entre  3  et  4-  Ses  cristaux 
appartiennent  au  système  rhombique;  ils  ont  rarement  plus  de  quelques 
centièmes  de  millimètre.  Au  microscope,  ils  apparaissent  comme  faible- 
ment colorés  en  jaune  lorsqu'on  les  examine  par  transparence;  quelques- 
uns  ne  sont  parfaitement  translucides  que  vers  les  bords  et  un  peu  troubles 
dans  la  partie  centrale.  On  en  trouve  qui  sont  tout  à  fait  opaques  et  jaunes. 
Ce  qui  donne  à  tous  ces  cristaux  un  même  aspect,  c'est  le  développemjent 
relativement  grand  des  faces  du  prisme  m  (110)  dont  l'angle  (110)  :  (110) 
est  très  petit;  ce  prisme  est  aplati  suivant  l'axe  a\  les  seules  faces  que  l'on 
peut  observer  au  microscope  sont  celles  de  ce  prisme  sur  lesquelles  les 
cristaux  ont  une  tendance  à  se  déposer.  Ces  faces  sont  striées  parallèlement 
à  l'axe  c,  qui  est  la  direction  de  ng. 

Le  plan  des  axes  optiques  est  parallèle  à  (010);  il  n'a  pas  été  possible  de 
déterminer  le  signe  optique. 

A  cause  de  l'uniformité  dans  la  disposition  des  cristaux  sur  la  lame  porte- 
objet,  je  n'ai  pu  mesurer  que  ng  et  Ti,n.  J'ai  trouvé 

i.6.22<  /^„<  1.654  <  Hg<.  1.705. 

Entre  les  niçois  croisés,  ces  cristaux  présentent  les  couleurs  d'interférence 
en  bandes  parallèles  aux  stries  des  faces  du  prisme  w,  ce  qui  est  dû  à  leur 
forme  en  biseau  très  aigu. 

La  densité  du  minéral  déterminée  sur  les  portions  les  plus  pures  a  été 
trouvée  égale  à  4j^-7  à  i7°C.  Dans  le  tube  fermé  le  minéral  perd  de  l'eau 
et  donne  de  l'oxygène;  en  même  temps  il  change  de  couleur;  de  jaune  qu'il 


SÉANCE   DU    l8   AVRIL    1922.  1667 

était,  il  devient  noir  et  ne  reprend  pas  sa  teinte  primitive.  La  poudre  du 
minéral  est  jaune  pâle;  elle  est  infusible  au  chalumeau  et  devient  noire. 

Le  minéral  est  soluble  dans  les  acides  avec  formation  de  silice  gélatineuse. 
La  solution  est  colorée  en  jaune  par  Turanium. 

Les  analyses  ont  donné  les  résultats  suivants  : 

Analyse  1.  Analyse  2.  Analyse  3.  Analyse  i.  Analyse  5. 

Si^O 7,86                   7,88  7,76                   .) 

UO» 85,53              85,  i3  »                    »                    » 

Fe^O^ o,4o                   »  )>                      »                      » 

H»0 »                       »  .  »                   6,13               6,35 

Ces  différentes  analyses  ont  été  faites  sur  le  minéral  séché  jusqu'à  poids 
constant  à  loo**.  La  quantité  d'eau  qu'il  perd  dans  ces  conditions  n'est  que 
de  0,56  pour  100. 

Les  analyses  1,  2,  3  ont  été  faites  sur  o^',5oo  de  matière;  les  analyses  4 
et  5  respectivement  sur  os,3i35  et  sur  0^,6614. 

Les  résultats  du  Tableau  qui  précède  conduisent  aux  moyennes  consi- 
gnées dans  la  colonne  I  du  Tableau  suivant;  la  colonne  II  renferme  les 
chiffres  rapportés  à  100;  la  colonne  III  donne  les  nombres  atomiques 
trouvés,  et  la  colonne  IV  ceux  que  j'ai  pris  pour  établir  la  formule  du 
minéral. 

I.  II.  III.  IV,. 

SiO- 7,83    7>87  o,i3i  0,120 

UO^ 85,33  85,85  o ,  299  o ,  3oo 

H^O. 6,23    6,26  0,347  o,35o 

Celte  composition  peut  s'exprimer  par  la  formule 

I2U0^5Sio^I4H^o 

qui  correspond  aux  teneurs  calculées  suivantes  : 

SiO^=  7,5o  pour  100;         U0^=  86,  lo  pour  100;         H-0  =  6,3o  pour  loo. 

La  radioactivité  du  minéral  est  en  rapport  avec  sa  teneur  élevée  en 
uranium. 

C'est  une  espèce  minérale  nouvelle. 

Je  propose  de  lui  donner  le  nom  de  Soddite^  en  la  dédiant  à  Frédéric 
S  oddy. 


Io68  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


PHYSIQUE   DU  GLOBE.    —    Éruptions    volcaniques   sous-marines  profondes. 

Note  (•  )  de  M.  J.  Thoui.et. 

A  la  suite  de  l'analyse  d'environ  120  échantillons  de  fonds  sous-marins 
récoltés,  entre  600°^  et  6000™,  par  le  Prince  de  Monaco  pendant  ses  nom- 
breuses campagnes,  dans  la  région  éminemment  volcanique  des  îles  du  Cap 
Vert,  des  Canaries  et  surtout  des  Açores,  j'ai  pu  constater  un  certain 
nombre  de  particularités  caractéristiques  des  éruptions  sous- marines  pro- 
fondes. 

Les  échantillons  recueillis  au  tube  Buchanan  ont  la  forme  de  boudins 
cylindriques  de  25™°^  de  diamètre,  sur  une  longueur  variable  qui  atteint 
rarement  une  quarantaine  de  centimètres.  Généralement  leur  structure  est 
sensiblement  homogène  dans  toute  leur  longueur  et  ils  sont  constitués  par  de 
la  vase  à  globigérines  ordinaire.  Dans  le  voisinage  immédiat  des  évents  vol- 
caniques, on  en  observe  déstructure  hétérogène  avec  intercalations  d'une 
ou  plusieurs  couches,  tantôt  planes  et  régulières,  épaisses  de  quelques  milli- 
mètres à  2^^'"  ou  3^™,  tantôt  très  irrégulières  (et  ordinairement  alors  plus 
épaisses),  de  matériaux  volcaniques  de  divers  degrés  de  finesse,  tantôt  cons- 
tituées uniquement  par  les  plus  gros  éléments  des  vases  à  globigérines, 
tantôt  au  contraire  par  de  très  fines  particules  d'une  vase  argilo-calcaire. 

Ces  variations  permettent  de  juger  de  l'agitation  plus  ou  moins  grande 
des  eaux  qui  ont  laissé  déposer  sur  le  sol  ces  sédiments. 

Les  échantillons  hétérogènes  sont  peu  nombreux,  7  sur  120;  ceux  à 
couches  irrégulières  sont  les  plus  rares,  preuve  de  la  grande  localisation 
des  éruptions..  On  n'en  a,  en  réalité,  trouvé  qu'un  seul  remarquablement 
caractérisé  dans  la  fosse  de  THirondelle,  énorme  cratère  dont  la  dimension 
est  à  peine  inférieure  à  celle  du  lac  Léman,  près  de  l'île  Sào-Miguel  des 
Açores  au  voisinage  de  laquelle,  au  siècle  dernier,  apparut  et  disparut 
l'île  de  Sabrina. 

Le  cataclysme  sous-marin  se  produit  brusquement.  Au-dessous  de  730'" 
de  profondeur,  correspondant  à  la  pression  critique  de  l'acide  carbonique, 
ce  gaz  se  diffuse  immédiatement  dans  l'eau  ambiante.  Les  matières  solides 
en  fusion  subissent  un  étonnement  qui  les  réduit  en  particules  très  menues; 
celles-ci,  "après  s'être  élevées  quelque  peu,  retombent  presque  aussitôt  en 
pluie  à   très   courte  distance  des  orilices  d'éjection.  Nulle  part  elles  ne 


(')  Séance  du  3  avril  1922. 


SÉANCE    DU    l8    AVRIL    1922.  I069 

doivent  apparaître  en  roche  massive,  car  jamais  le  tube  Buchanan,  en 
laiton,  n'a  été  signalé  comme  revenu  vide  et  mâchuré,  ce  qui  aurait  eu  lieu 
infailliblement  s'il  avait  heurté  une  roche  dure.  Le  sol  meuble  n'a  été 
remué  que  sur  un  espace  très  restreint  et  le  trouble  même  des  eaux  a  été 
modéré  et  peu  durable,  les  poussières  fines  s'étant  à  peu  près  immédiate- 
ment déposées  sous  la  double  influence  de  la  [)ression  exercée  par  les  eaux 
et  de  leur  salure. 

Il  est  douteux  qu'il  se  soit  établi  de  véritables  courants  oITrant  une  cer 
taine  permanence.  Il  semble  ne  s'être  produit  qu'un  choc  soudain  donnant 
naissance  tout  au  contact  du  sol  à  une  sorte  de  houle  avec  trajectoire  circu- 
laire sur  place  des  molécules  liquides  toute  difl'érente  des  vagues  forcées  de 
la  surface  qui  sous  l'action  du  vent  prennent  un  mouvement  de  translation 
horizontale. 

Les  effets  ressentis  à  la  surface  de  la  mer  par  un  navire  passant  au-dessus 
de  l'épicentre  ont  été  souvent  décrits.  Ils  sont  assez  peu  marqués  et  bien 
des  fois,  surtout  si  l'éruption  est  d'origine  profonde,  ils  demeurent  inaperçus 
et  sont  confondus  avec  l'agitation  habituelle  des  flots.  Leseuleflét  lointain, 
et  qui  peut  même  être  très  lointain,  consiste  dans  cette  houle  de  fond  qui 
produit  les  raz  de  marée,  les  tsunamis  du  Japon  dont  ils  ravagent  les  côtes; 
Il  a  lieu  là  où  le  sol  sous-marin  se  transforme  en  sol  subaérien,  sur  les 
rivages  directement  opposés  aux  centres  de  secousse  et  dont  aucun  obstacle 
continental  ne  les  sépare. 

Si  l'on  joint  par  une  ligne  droite  l'embouchure  de  la  Loire  au  cap  Finis- 
terre  d'h^spagne,  cette  droite  prolongée  passe  non  loin  de  l'archipel  des 
Açores.  Or,  entre  l'entrée  de  la  Manche  et  l'embouchure  de  la  Loire, 
au-dessus  de  cette  ligne,  les  lames  de  fond,  raz  de  marée,  etc.,  ne 
sont  que  trop  souvent  la  cause  de  sinistres  parmi  nos  pécheurs  bretons. 
Au-dessous  de  la  ligne,  les  côtes  françaises  plus  méridionales  et  les  côtes 
nord  de  l'Espagne  protégées  par  la  masse  de  la  Péninsule  Ibérique  sont 
exemptes  de  cette  calamité  à  laquelle  au  contraire  sont  exposées  les  côtes  du 
Portugal  (tremblement  de  terre  de  Lisbonne  de  J755).  Il  se  pourrait  qu'il 
en  fût  de  même  sur  les  côtes  marocaines  où  ces  phénomènes  doivent,  plus 
souvent  qu'on  ne  pense,  venir  superposer  leurs  effets  à  ceux  du  ressac  con- 
tinu sur  les  rivages  atlantiques  de  l'Afrique. 

L'étude  microscopique  des  échantillons  permet  de  découvrir  bien  des 
conditions  qui  ont  certainement  présidé  à  leur  genèse  ;  elle  confirme  ou 
précise  bien  des  hypothèses  résultant  d'autres  indices.  C'est  ainsi,  par 
exemple,  que   le  mélange  intime  de   produits  volcaniques  très  difl'érents 


1070  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

entre  eux  de  nature  et  de  densité,  de  sables  lourds,  de  magmas  basaltiques, 
d'obsidiennes  compactes,  de  fragments  diversement  volumineux  de  ponces 
bulleuses  ou  filamenteuses  ayant  évidemment  fait  partie  d'une  même  pluie 
de  cendres,  montre  que  cette  pluie  ne  s'est  pas  élevée  très  haut  et  qu'elle 
est  retombée  presque  immédiatement  en  masse.  S'il  en  eût  été  autrement, 
il  est  évident  qu'un  triage  aurait  été  effectué  par  la  montée  et  la  descente  à 
travers  l'eau.  Il  est  enfin  une  preuve  de  la  faible  agitation  relative  des  eaux 
ambiantes;  le  mélange  indiquerait  en  môme  temps  la  communauté  d'origine 
de  ces  déjections  et  la  diversité  infinie  des  conditions  physiques  régnantes 
pendant  la  courte  durée  du  phénomène. 


EMBRYOGÉNIE  VÉGÉTALE.  —  Embryogénie  des  Rosacées.  Les  premiers  stades 
du  développement  de  V embryon  chez  le  Geum  urbanum  L.  Note  de 
M.  René  Souèges,  présentée  par  M.  L.  Guignard. 

Chez  le  Geum  urbanum,  l'embryon  se  développe  selon  des  règles  simples, 
assez  constantes  et  très  différentes  de  celles  qui  ont  été  observées  chez  les 
autres  Angiospermes.  On  retrouve,  dans  ce  nouveau  type  de  développe- 
ment, au  stade  octocellulaire,  une  épiphyse  comparable  à  celle  qui  a  été 
rencontrée  chez  le  Myosotis  hispida  Schlecht.  ('  ),  mais  ne  possédant  nulle- 
ment la  même  origine. 

L'oospore  se  segmente  transversalement  pour  donner  deux  cellules  superposées 
ca  et  cb  {fig.  i).  La  cellule  basaie,  c&,  se  divise  peu  après  par  une  nouvelle  paroi 
transversale  en  deux  éléments  7?z  et  ci  {Jig-  2).  La  cellule  apicale,  ca,  se  sépare  ensuite 
par  une  cloison  oblique  en  deux  éléments,  n  et  />,  d'aspect  très  dissemblable 
{jig  3  et  4)-  Ainsi  se  trouve  constituée  une  tétrade  proembryonnaire  ne  différant  de 
celle  que  l'on  rencontre  dans  la  grande  majorité  des  cas  que  par  la  direction  oblique 
de  la  paroi  séparant  les  deux  cellules  supérieures  juxtaposées. 

Aux  stades  suivants,  par  bipartition  de  chacun  des  éléments  de  la  tétrade,  prend 
naissance  un  proembryon  octocellulaire:  la  cellule  m  se  divise  tout  d'abord  par  une 
paroi  verticale  méridienne  {fig.  5)  ;  plus  tard,  la  cellule  inférieure,  c/,  se  sépare  par 
une  paroi  transversale  en  deux  éléments  superposés  n  et  n'  {fig.  7  et  8).  Dansa  et  b, 
les  directions  des  divisions  sont,  comme  dans  les  deux  cellules  précédentes,  nettement 
perpendiculaires  l'une  sur  l'autre  ;  la  paroi  de  segmentation  se  dispose  verticalement 
dans  />,  obliquenaent  dans  a  {fig.  6  et  7). 

(')  R.  SouÈGES,  Embryogénie  des  Boragacées.  Les  premiers  termes  du  dévelop- 
pement de  l'embryon  chez  le  Myosotis  \\\iiT^iàdi  Schlecht.  {Comptes  rendus,  l.  178, 
1921,  p.  726)  ;  Les  derniers  stades  du   développement  {Ibid.,  p.  84^). 


SÉANCE  DU  l8  AVRIL  1922.  107I 

Les  quatre  noyaux  issus  de  ces  deux  dernières  cinèses  viennent  occuper  les  quatre 
sommets  d'un  tétraèdre  s'appujant  par  l'une  de  ses  faces  sur  la  paroi  horizontale  limi- 
tant supérieurement  l'étage  tn.  Au  sommet  du  proembrjon  apparaît  ainsi  une  cellule, 
e,  rappelant,  par  les  processus  de  division  qui  lui  ont  donné  naissance,  par  sa  dispo- 
sition et  par  son  rôle  histogénique,  la  cellule  épiphysaire  que  l'on  a  déjà  rencontrée 
chez  le  Myosotis  hispida.  C'est  cette  cellule,  en  affet,  qui  engendre,  au  sommet  du 
proembrjon,  le  groupe'cellulaire  dont  dérive  le  cône  végétatif  de  la  tige. 


Fig.  1  à  15.  Geuni  urbanum  L.  —  Les  principaux  stades  du  développement  de  l'embryon,  ca  et 
cb,  cellule  apicale  et  cellule  basale  du  proembryon  bicellulaire  ;  m,  cellule  intermédiaire  de  la 
tétrade  ou  étage  du  proembryon  engendrant  rhypocotyle;  ci,  cellule  inférieure  de  la  tétrade; 
q,  étage  supérieur  du  proembryon  donnant  naissance  à  la  partie  cotylée;  a  et  6,  les  deux  cellules 
supérieures  juxtaposées  de  la  tétrade;  e,  épiphyse;  n  et  «',  cellules-filles  de  ci,  représentant  les 
deux  étages  inférieurs  du  proembryon  octocellulaire;  /•  et  t,  cellules-filles  de  n;  0  et p,  cellules- 
filles  de  n';  de,  dermatogène;  pe,  péribième;  pi,  plérome;  h,  hypophyse;  s,  suspenseur  propre- 
ment dit;  iec,  initiales  de  l'écorce  au  sommet  radiculaire.  Gr.  :  35o. 


L'épiphyse  du  Geiim  urbanum  diffère  toutefois  essentiellement  de  celle  du  Myo- 
sotis hispida  par  son  origine.  Chez  cette  dernière  plante,  elle  est  une  unité  de  qua- 
trième génération;  elle  est  issue  d'une  cellule  pelite-fille  de  la  cellule  apicale  du 
proembryon  bicellulaire  et,  si  l'on  veut  lui  trouver  son  homologue,  dans  les  autres 
types  de  développement,  par  exemple  chez  le  Myosurus  niinimus  ou  le  CapseLla 
Bursa-pastoris,  on  doit  la  considérer  comme  correspondant  à  l'un  des  quatre  octants 
dont  se  compose,  chez  ces  plantes,  l'étage  supérieur  /.  Chez  le  Geuni  urbanum, 
l'épiphyse  est  une  unité  de  troisième  génération  ;  elle  est  engendrée  par  la  cellule-fille 
de  la  cellule  apicale  du  proembryon  bicellulaire,  et  son  homologue,  chez  le  Myosurus 
minimus  ou  le  Capsella  Bursa-pastoris,  serait  l'un  des  éléments  désignés  ordinai- 
rement sous  le  nom  de  quadrants.  11  n'y  a  rien,  chez  le  Geum  urbanum,  qui  puisse 
correspondre  aux  octants;  les  deux  étages  supérieurs  /et  /'  du  proembryon  que  Ton 
observe  chez  la  plupart  des  espèces  ne  se  diff'érencient  pas.^A  cet  égard,  cette  forme 
embryonnaire  peut  être  rapprochée  du  Senecio  vulgaris  ou  de  VVrtica  pilulifera; 
comme  chez  ces  deux  dernières  espèces,    en  outre,   l'hypocotyle  et  les   initiales  du 


1072  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

cylindre  central  au  sommet  radiculaire  tirent  leur  origine  de  l'étage /?i  du  proembrjon  ; 
mais  là  s'arrêtent  les  analogies. 

Au  terme  de  la  troisième  génération  (//^.  7),  le  proembryon  du  Geimi 
urhanum  se  trouve  composé  de  huit  éléments,  nettement  distribués  en  quatre 
étages  :  ^,  /w,  n  et  n' .  Les  destinées  de  ces  quatre  étages  peuvent  être  indi- 
quées dès  maintenant  :  Tétage  q  donne  naissance  à  la  partie  cotylée  et  au 
cône  végétatif  de  la  tige;  l'étage  m  engendre  la  parlie  hypocotylée  et  les 
initiales  du  cylindre  central  au  sommet  radiculaire  ;  aux  dépens  de  n  se  dif- 
férencient quelques  éléments  du  suspenseur  proprement  dit  et  une  hypo- 
physe semblable  à  celle  que  l'on  observe  chez  le  CapseUa  Bursa-pastorù, 
c'est-à-dire  s'individualisant  de  la  même  manière  et  donnant  également  les 
initiales  de  l'écorce  au  sommet  radiculaire  et  la  portion  centrale  de  la  coiffe  ; 
enfin,  aux  dépens  de  n'y  se  constitue  la  portion  inférietire  du  suspenseur. 


BOTANIQUE.  —  Le  mycélium  à  boucles  chez  les  Ascomycètes. 
Note  de  M.  et  M™^  Ferxand  Moreau,  présentée  par  M.  L.  Guignard. 

La  présence  de  boucles  ou  anses  chez  les  Champignons,  sur  le  flanc  des 
hyphes,  au  niveau  des  cloisons  transversales,  est  considérée  généralement 
conime  caractéristique  des  Basidiomycètes  et  comme  un  critérium  utilisable 
pour  distinguer  les  Ascomycètes  des  Basidiomycètes.  Or,  nous  venons  de 
rencontrer  chez  un  Ascomycète  des  formations  identiques  aux  anses  des 
Basidiomycètes. 

Nous  les  avons  observées  chez  le  Champignon  d'un  Lichen,  le  Parmelia 
Acetabulum.  Elles  sont  strictement  localisées  sur  le  trajet  de  certains  hyphes 
ascogènes  qui  cheminent  à  la  base  des  paraphysesel  se  redressent  à  l'extré- 
mité pour  former  des  asques. 

Les  hyphes  ascogènes  du  Parmelia  Acetabulum  proviennent  du  dévelop- 
pement d'un  ascogone  enroulé,  cloisonné,  aux  cellules  uninucléées,  parfois 
prolongé  par  un  trichogyne  de  même  structure,  mais  dressé  vers  la  surface 
du  thalle  et  pouvant  faire  légèrement  saillie  au  dehors.  On  accorde  à  cet 
ascogone  une  fécondation  par  une  spermatie  par  l'intermédiaire  du  tricho- 
gyne (').  En  fait,  nous  avons  vu  le  trichogyne  se  flétrir  sans  que  l'ascogone 
nous  ait  paru  avoir  reçu  une  telle  fécondation  et  sans  que  sa   sttucture 

(')  E.  Baur,  Die  Anlage  and  E aUvickelung  einiger  Flechten  apothecien  {Flora^ 
Bd.  88,  1901,  p.  320). 


SÉANCE   DU    l8   AVRIL    I922.  IO73 

semble  modifiée.  Ce  n'est  que  plus  tard  que  les  hyphes  ascogènes  issus  de 
la  ramification  de  Tascogone,  et  d'abord  à  cellules  uninucléées,  acquièrent 
la  structure  binucléée.  Seuls  les  byplies  ascogènes  à  cellules  binucléées 
possèdent  des  anses  sur  le  côté. 

Ces  anses  se  présentent  exactement  comme  celles  des  mycéliums  à 
boucles,  également  à  cellules  binucléées,  des  Basidiomycètes,  dont 
Kniep(')  et  M"''  Bensaude  (-)  ont  fait  connaître  d'une  manière  précise 
l'origine  et  la  structure.  On  les  trouve  au  niveau  des  cloisons  transversales 
des  hyphes  et  elles  présentent,  comme  celles  des  Basidiomycètes,  une 
cloison  dans  leur  région  la  plus  proche  de  l'extrémité  en  voie  de  croissance 
du  mycélium.  Elles  se  font  sur  le  flanc  de  la  cellule  terminale  d'un  hyphe 
au  moment  où  elle  se  divise. 

Après  un  certain  nombre  de  divisions  successives  de  la  cellule  terminale, 
accompagnées  de  boucles,  la  formation  d'une  nouvelle  boucle  est  le  prélude 
de  la  production  d'un  asque. 

A  la  naissance  d'un  asque  la  cellule  terminale  d'un  hyphe  ascogène  voit 
se.  faire  dans  sa  région  moyenne  une  saillie  qui  se  prolonge  en  un  bec 
recourbé  vers  la  base  du  filament;  une  cloison  apparaît  un  peu  au-dessous 
de  la  naissance  du  bec  au  travers  de  l'hyphe;  une  autre  se  fait  à  la  base  du 
bec.  Ces  cloisons  séparent  trois  cellules  :  une  cellule  terminale  binucléée, 
une  cellule  subterminale  uninucléée,  le  bec  uninucléé.  Souvent  le  bec 
s'anastomose  par  son  extrémité  avec  la  cellule  subterminale,  y  déverse  son 
noyau,  la  rend  par  suite  binucléée.  11  se  fait  alors  une  boucle  qui  ne  diffère 
pas  des  boucles  ordinaires.  La  cellule  terminale  devient  un  asque,  siège 
d'une  fusion  nucléaire;  l'asque  est  dans  ce  cas  la  dernière  cellule  d'une 
chaîne  de  dikaryocytes.  Dans  d'autres  cas  il  n'y  a  pas  fusion  entre  la  cellule 
du  bec  et  la  cellule  subterminale.  La  cellule  terminale  binucléée  devenant 
un  asque,  celui-ci  repose  sur  une  cellule  uninucléée  et  reste  flanqué,  près  de 
sa  base,  de  la  cellule  du  bec,  uninucléée.  L'extrémité  du  filament  ascogène 
présente  alors  l'aspect  décrit  par  Dangeard  (^)  sous  le  nom  de  crochet 
ascogène.   La   formation  de  l'asque   «  en  crochet  »   se  présente,   chez  le 


(*)  H.  Kniep,  Beilrdge  zur  Kenntniss  der  Hynienomycelen  IIL  Ueber  die  Konju- 
gierten  Teilungen  und  die  pliylogenetixche  Bedeulung  der  Schnallenbildungen 
{Zeils.f.  Bot.,  Bd  7,  A.  6,  191 5,' p.  369-398). 

(2)  M"«  M.  Bensaude,  Recherches  sur  le  cycle  évolutif  et  la  sexualité  chez  les  Ba- 
sidiomycètes {Thèses  se,  Paris,  1918). 

(^)  P.-A.  Dangeard,  La  reproduction  sexuelle  da  Ascomycètes  {Le  Botaniste, 
4^  série,  1894,  p.  21-58). 


I074  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

Parmelia  Acetabulum,  comme  une  déviation  légère  de  la  formation  d'une 
boucle  sur  le  flanc  d'un  mycélium  à  cellules  binucléées,  ou  comme  la  pro- 
duction d'une  boucle  momentanément  inachevée. 

Mac  Cubbin  ('),  Brown  (-),  Glaussen  (^)  avaient  présenté  comme  [des 
anomalies  de  la  production  des  asques  «  en  crochet  »  des  cas  de  fusion  delà 
cellule  dite  terminale  du  crochet  avec  la  cellule  dite  antépénultième  du  cro- 
chet, nous  dirons  de  la  cellule  du  bec  et  de  la  cellule  subterminale  de 
l'hyphe  ascogène;  c'est  en  réalité  la  production  d'une  boucle  ordinaire,  à 
la  naissance  d'un  asque,  qu'ils  avaient  sous  les  yeux. 

Kniep,  M"''  Bensaude  avaient  déjà  suggéré  le  rapprochement  des  boucles 
des  Basidiomycètes  et  des  crochets  des  Ascomycètes  et  admis  l'homologie 
des  deux  formations.  La  rencontre  de  boucles  sur  le  trajet  d'hyphes  asco- 
gènes  nous  permet  de  dire  qu'il  y  a  non  seulement  homologie  entre  la  for- 
mation d'une  boucle  et  la  naissance  d'un  «  crochet  ascogène  »,  mais  que  les 
deux  phénomènes  sont  essentiellement  identiques. 

Nous  avons  donc  observé  chez  un  Ascomycète,  le  Champignon  du  Par- 
melia  Acetabulum,  la  présence  d'hyphes  ascogènes  dont  les  dernières  rami- 
fications sont  à  cellules  binucléées  et  présentent  sur  leur  flanc  des  boucles 
identiques  à  celles  des  mycéliums,  également  à  cellules  binucléées,  des 
Basidiomycètes.  L'asque  n'est  que  la  cellule  terminale  d'une  chaîne  de 
dikaryocytes;  la  cloison  qui  le  sépare  de  la  cellule  voisine  s'accompagne 
d'une  anse,  comme  toutes  les  cloisons  du  mycélium  ascogène  à  cellules 
binucléées,  et  l'apparence  du  «  crochet  ascogène  »  est  due  à  une  légère 
modification  de  la  production  d'une  anse  ou  à  l'observation  d'une  anse 
encore  incomplètement  formée. 

Ces  faits,  en  identifiant  la  formation  des  asques  avec  celle  de  certaines 
basides  pourvues  d'une  boucle  à  leur  base,  en  montrant  que  les  mycéliums 
à  dikaryocytes  des  Ascomycètes  ofl'rent  des  boucles  comme  ceux  des  Basi- 
diomycètes, c'est-à-dire  possèdent  avec  eux  le  même  mode  de  croissance  et 
de  division,  attestent  l'homologie  parfaite  des  phases  binucléées  dans  ces 
deux  groupes  et  autorisent  leur  rapprochement  phylétique. 


(')  W.-A.  Mac  Cubbin,  Development  of  the  Helvellineœ.  1.  Helvella  elastica 
{Bot.  gaz.,  t.  49,  1910,  p.  195-206). 

(-)  H.  Brown,  The  development  of  the  ascocarp  of  Leolia  {Bot.  gaz.,  t.  50, 
19 10,  p.  443);  The  development  of  the  ascocarp  of  Lachnea  scuteliata  {Bot.  gaz., 
l.  52,  191 1,  p.  275). 

(^)  P.  Glaussen,  Zur  Entwickelungsgeschichte  der  Asconiyceten,  Pyronema 
confluens  {Zeits.  f.  Bot.,  Bd  k,  1912,  p.  i-64). 


c 


SÉANCE   DU    l8   AVRIL    I922.  1076 


HIMIE  BIOLOGIQUE.  —  Injluence  dii  sélénium  el  du  radium  sur  la  germination 
des  grains.  Note  de  M.  J.  Stoklasa,  présentée  par  M.  L.  Maquenne. 


On  ne  s'est  aucunement  préoccupé  jusqu'ici  de  la  présence  possible  du 
sélénium  ou  de  ses  combinaisons  dans  l'atmosphère  et  dans  le  sol.  A  la 
suite  d'expériences  en  date  de  1906,  j'ai  pu  établir  que  ce  corps  existe  dans 
les  émanations  volcaniques,  ainsi  que  dans  les  fumées  résultant  de  la  com- 
bustion de  la  houille  ou  des  pyrites,  et  conséquemment  dans  l'air.  D'ailleurs 
il  tend  à  s'accumuler  dans  le  sol,  par  suite  de  l'emploi  comme  engrais  du 
superphosphate  et  du  sulfate  d'ammoniaque,  fabriqués  avec  de  l'acide  sul- 
furique  sélénifère,  enfin,  éventuellement,  par  oxydation  lente  de  la  pyrite, 
aidée  d'influences  microbiennes. 

On  sait  combien  le  sélénium  est  sensible  à  Taction  de  la  lumière,  qui 
modifie  sa  conductibilité  électrique;  il  était  par  suite  intéressant  devoir 
comment  ses  composés  oxygénés  ou,  ce  qui  revient  au  même,  les  sels  qu'il 
forme  avec  les  bases  vulgaires,  agissent  sur  la  germination  et  ultérieurement 
sur  la  synthèse  végétale  en  présence  ou  en  l'absence  de  lumière,  avec  ou 
sans  radioactivité. 

I.  Toutes  les  expériences  qui  suivent  ont  été  faites  à  la  température  de 

23°-25'*,  à  la  lumière;  elles  ont  porté  sur  six  espèces  différentes  :  Hordeum 

distichum^  Triticum  val  gare  ^  Secale  céréale,  Avena  sativa,  Vicia  faba  et  Poly- 

. gonum  fagopyrum,  cultivées  en  présence  de  sélénite  Na^SeO'  ou  de  sélé- 

niate  Na-SeO*  de  sodium. 

Sous  la  forme  de  sélénite,  le  sélénium  se  montre  déjà  vénéneux  à  la 
dilution  de  lo-*^  P.  M.,  soit  un  millionième  d'atome  de  sélénium  ;  aux  doses 
plus  fortes  de  5.io"®,  7.10"'^  et  io~H^.M.,  la  toxicité  augmente  et 
avec  5.10—^  la  faculté  germinative  de  l'orge  et  du  sarrasin  est  fortement 
amoindrie.  Avec  io~''  elle  est  encore  plus  faible  et  à  la  concentration 
de  5.io~^  P.  M.,  que  nous  n'avons  pas  cru  utile  de  dépasser,  la  plupart  des 
embryons  sont  tués  par  le  sélénite  de  sodium. 

Le  séléniate  se  comporte  tout  autrement  :  à  la  dose  de  lo""  P.  M.,  il  agit 
très  favorablement  sur  la  faculté  et  Ténergie  germinatives;  en  quantité 
cinq  fois  plus  forte  il  est  encore  inofl'ensif,  et  il  faut  élever  la  dose 
jusqu'à  7.10"**  pour  voir  apparaître  un  commencement  d'action  nuisible. 
Cette    action    s'accentue   davantage   avec   fi.io"^    et   à    la   concentration 


1076  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

de  5.TO~''  P.  M.  le  séléniate  de  sodium  devient  fortement  toxique;  en  tout 
cas,  il  l'est  moins  que  le  sélénite  ('). 

II.  Nous  avons  déjà  fait  connaître  rinfluence  favorable  qu'exercent  les 
eaux  naturellement  ou  rendues  artificiellement  radioactives  sur  le  processus 
de  germination  (-). 

Les  expériences  qui  suivent  ont  été  effectuées  à  la  lumière,  à  la  tempé- 
rature de  2.3^-1^°  et  sous  l'influence  d'une  radioactivité  égale  à  3oM.E. 
agissant  en  12  heures  sur  loo^  de  graines  supposées  sèches.  L'action  ayant 
été  le  plus  souvent  prolongée  pendant  i44  heures,  les  semences  ont  ainsi 
supporté  une  dose  de  radioactivité  équivalente  à 

36oM.E.  =  144360.10-"=  o'"s,oooi44 

de  radium.  Sans  sélénium  les  résultats  ont  été  les  suivants;  les  chiffres 
indiquent  le  nombre  des  germinations  observées  sur  100  : 

Sans  émanation.  Avec  émanation. 

En  72''.  En  144''.  En  T2^. 

Ilordeum  distichum •  •  •    ,      36  99                     97 

Secale  céréale 87  99                     82 

Trilicum  vulgare 35  98                     70 

Ai'ena  saliva 36  98                     83 

Vicia  faba 69  9^                      99 

Poly  gonarn  fagopy  r  uni 4^  96                      98 

On  voit  que,  ainsi  que  nous  l'avions  reconnu  antérieurement,  l'énergie 
germinative  est  considérablement  accrue  par  l'eau  chargée  d'émanation  ; 
pour  déterminer  maintenant  l'influence  de  la  radioactivité  sur  la  toxicité  du 
sélénium,  nous  avons  employé  celui-ci  à  dose  défavorable,  c'est-à-dire  à  une 
concentration  au  moins  égale  à  5.  io~^  de  poids  atomique,  sous  la  forme  de 
sélénite  de  sodium,  auquel  on  ajoutait  chaque  jour  de  l'eau  radioactive 
à  3o  M.  E.  Le  Tableau  suivant  indique  le  nombre  des  germinalions  obtenues 
comparativement  avec  de  l'eau  distillée  inactive  et  de  l'eau  chargée  d'éma- 
nation. 

(')  Ce  fait  est  à  rapprocher  de  rinfluence  comparée  de  l'acide  sulfureux  et  de  l'acide 
sulfurique  et,  si  l'on  se  rappelle  que  les  sels  ferreux  sont  plus  nocifs  que  les  sels 
ferii({,ues,  on  pourrait  peut-être  conclure  de  là  que  la  toxicité  des  diflerentes  conf)bi- 
naisons  qu'un  même  corps  peut  former  avec  l'oxygène  est  en  raison  inverse  de  leur 
degré  d'oxydation.  —  L.  M. 

(^)  Stoklasa,  Comptes  rendus^  t.  J55,  1912,  p.  1096;  Sirahlentlierapie,  Band  1, 
1914. 


SÉANCE  DU  l8  AVRIL  I922. 


1077 


Concentration 


0,00005  P.  M. 


0,0001  I'.  M. 


0,0005  P.  M. 


Sans 
émanation. 


Avec 
émanation. 


110". 

Hord.  dist 28 

Tril.  vulg 89 

Secale  cer 89 

Avcna  sat 86 

Vicia  faba 82 

Polyg.  fagop.  .  3o 


uo»-. 
85 

72 

75 
68 

79 
80 


144''. 
89 
9«5 
92 
92 
90 
93 


Sans 
émanation. 

IIO»-. 

29 

36 
33 

34 
85 
3o 


Avec 
émanation. 


110\ 
83 

74 
72 

71 
78 
82 


144''. 
9^^ 

92 

88 

93 
88 

9t> 


Sans 
éman. 

110\ 
3i 

32 

34 
38 
82 
26 


Avec 
éman. 

110''. 


70 

68 
65 

74 


73 


Il  résulte  de  là  qae  la  radioactivité  paralyse  l'efTet  nuisible  du  sélénite  de 
sodium.  On  pourrait  supposer  que  sous  son  influence  ce  sel  est  oxydé  et 
transformé  en  séléniate  moins  vénéneux;  cependant  nous  avons  reconnu  que 
la  même  action  antitoxique  s^exerce  sur  le  séléniale,  employé  à  plus  forte 
dose.  C'est  ce  que  montre  nettement  le  Tableau  suivant;  la  radioactivité 
mise  en  œuvre  correspondait  comme  ci-dessus  à  3oM.E.  par  jour;  dans  la 
dernière  expérience  elle  s^élevait  au  total  à  36oM.E.,  soit  à  o'°s,oooi44  de 
radium  pour  100  de  matière  végétale  sèche. 

Na^SeO*.  Concentration  io~^P.M. 

Sans  émanation.         Avec  émanation. 


Hordeum  distichum 

Triticuni  vulgare 

Secale  céréale 

Avena  sativa 

Vicia  faba 

Polygonum  fagopyruni. 


;niio\ 

En  110''. 

En  144''. 

43 

88 

92 

48 

86 

90 

47 

78 

94 

49 

80 

93 

42 

90 

94 

46 

86 

95 

En  résumé,  nous  pouvons  conclure  de  ce  qui  précède  que  la  faculté  et 
l'énergie  germinatives  des  grains  sont  grandement  favorisées  par  la  radio- 
activité du  milieu,  qui  neutralise  en  majeure  partie  les  effets  toxiques  du 
sélénium,  tant  sous  la  forme  de  sélénites  qu'à  Tétat  de  séléniates  alcalins. 
C'est  là  un  fait  curieux  qui  nous  paraît  de  haute  importance  et  dont  nous 
nous  proposons  de  poursuivre  Tèlude. 


1078  -     ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


CYTOLOGIE.  —  Sur  la  présence  intra-nucUolaire  du  centrosome. 
Note  de  M.  R.  Arc.aud,  présentée  par  M.  Henneguy. 

L'incertitude  qui  plane  encore  sur  l'origine  protoplasmique  ou  nucléaire 
du  centrosome  paraît  résulter,  comme  on  l'a  dit  souvent,  plutôt  d'une 
technique  électivement  insuffisante  que  d'une  existence  peut-être  contin- 
gente et  transitoire. 

Mais,  alors  même  qu'on  lui  accorde,  suivant  la  tendance  actuelle,  la 
valeur  d'un  protoplasma  supérieur,  on  ne  saurait  chasser  de  la  pensée  cette 
image  obsédante  du  balancement  inéluctable  entre  son  apparition  dans  le 
protoplasma  actif  et  la  disparition  simultanée  du  nucléole  dans  le  noyau. 

On  est  ainsi  tenté,  malgré  tout  ce  qui  fut  écrit,  de  chercher,  avec  Lav- 
dowski,  l'origine  du  centrosome  dans  le  nucléole. 

On  sait,  en  effet,  que  le  nucléole  peut  émigrer  dans  le  protoplasma 
(Montgomery).  Ne  renfermerait-il  pas  le  centrosome  et  ne  l'entraînerait-il 
pas  avec  lui  hors  du  noyau? 

C'est,  en  tout  cas,  une  hypothèse  séduisante. 

L'observation  cytologique  suivante  a  précisément  trait  à  la  possibilité 
d'une  semblable  conjecture;  elle  porte  sur  un  myélome  de  la  mamelle,  chez 
l'homme,  tumeur  dont  la  partie  centrale  dégénérée  était  entourée  d'une 
coque  épaisse  en  pleine  activité  génétique. 

Les  préparations  colorées  par  la  méthode  de  Heidenhain,  mais  après  un 
mordançage  de  l\^  heures  dans  l'alun  de  fer  à  8  pour  100,  montrent  des 
détails  structuraux  particulièrement  curieux. 

Dans  quelques  cellules  nécrobiotiques,  la  chromatine  efîritée  vient  se 
tasser  à  la  face  profonde  de  la  membrane  nucléaire  qu'elle  souligne  d'un 
large  liséré  foncé. 

Par  contre,  le  ou  les  nucléoles,  hypertrophiés,  apparaissent  en  plein 
développement  au  sein  d'énormes  vacuoles  nucléaires.  Certains  renferment^ 
et  c'est  le  point  qui  nous  intéresse  tout  spécialement,  un  petit  corps  arrondi, 
légèrement  limité  par  une  ligne  colorée  comme  la  chromatine  et  contenant, 
en  outre,  un  petit  grain  également  teinté. 

Malgré  leur  aspect  de  centrosome,  un  doute  pourrait  naître  sur  la  véri- 
table signification  de  ces  corps  intra-nucléolaires.  On  pourrait  se  demander 
s'il  ne  s'agirait  pas  simplement  des  petits  nucléolini  de  Heidenhain. 


SÉANCE   DU    l8   AVRIL    1912.  I079 

L'examen  des  portions  histogènes  de  la  tumeur  vient  lever  toute  indé- 


cision. 


Dans  quelques  cellules  dont  le  protoplasma  fibro-plastique  élabore  de 
long-s  prolongements  qui  s'insinuent  entre  des  fibres  récemment  formées,  le 
nucléole  disparaît  du  noyau,  mais,  en  revanche,  le  même  objet  à  l'aspect 
de  centrosome  décrit  plus  haut  a  quitté,  lui  aussi,  le  noyau  et  s'est  logé  en 
plein  protoplasma,  à  la  base  de  la  partie  fibro-plastique,  en  pleine  zone 
dynamique  par  conséquent. 


Deux  régions  d'une  coupe  pratiquée  dans  un  myélome  de  la  mamelle  de  l'homme.  Le  dessin  supérieur 
montre,  dans  un  noyau  pycnotique,  un  centrosome  inlra-nucléolaire.  Dans  le  dessin  inférieur,  le 
centrosome  a  quitté  le  noyau  et  s'est  placé  à  la  base  d'une  longue  fibre  protoplasmique. 

Oc.  6.  Zeiss;  im.  ^j  Stiassnie. 

Si  le  nucléole  devient  alors  invisible,  c'est  probablement  parce  qu'il  se 
confond  avec  le  protoplasma  dont  il  se  rapproche  sensiblement  par  ses 
principaux  caractères.  D'ailleurs,  les  sphères  attractives  pourraient  très 
bien  n'avoir  d'autre  origine  que  la  substance  nucléaire  elle-même. 
Cette  observation  nous  paraît  intéressante  à  plusieurs  titres  : 
Elle  indique  tout  d'abord  Findépendance  absolue  du  nucléole  qui  peut 
s'hypertrophier  et  révéler  avec  une  grande  précision  les  détails  les  plus 


108o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

délicats  de  sa  structure,  alors  que  le  noyau  pycnotique  s'effrite  et  devient 
flou. 

Elle  explique,  en  outre,  Talternance  topographique  du  nucléole  et  du 
centrosome  dans  une  même  espèce  cellulaire  envisagée  tour  à  tour  à  l'état 
quiescent  et  à  l'état  dynamique,  comme  aussi  l'exclusivité  apparente  de  l'un 
ou  de  l'autre  de  ces  deux  objets  dans  les  familles  extrêmes  du  monde  végétal, 
exclusivité  encore  généralement  acceptée. 

Au  moment  d'envoyer  celte  Note,  nous  prenons  seulement  connaissance  du  travail 
de  Georgevitch  :  Sur  forigine  du  cenlrosome  et  la  formation  du  fuseau  chez  Stypo- 
caulon  scoparium. 

Nous  sommes  heureux,  de  constater  la  vérification,  chez-  les  végétaux  inférieurs,  de 
l'origine  nucléolaire  du  centrosome  que  nous  venons  d'observer  chez  l'homme. 


MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  —  Vaccinationantityphoïdiq lie  par  scarifications. 
Note  de  MM.  Auguste  Lumière  et  Jean  Ghevrotier,  présentée  par 
M.  Roux. 

A  la  suite  d'expériences  de  laboratoires  qui  démontraient  la  possibilité 
d'immuniser  des  animaux  en  leur  faisant  ingérer  des  substances  vaccinales, 
nous  avons  été  les  premiers,  il  y  a  huit  ans,  à  proposer  un  procédé  de  vac- 
cination antityphoïdique  empruntant  la  voie  gastro-intestinale  ('). 

En  nous  attachant  à  cette  méthode,  notre  but  était  d'éviter  les  incon- 
vénients des  injections  hypodermiques  du  vaccin  qui  s'accompagnent,^ 
comme  on  le  sait,  de  réactions  plus  ou  moins  vives  et  parfois  même  d'ac- 
cidents d'une  certaine  gravité;  grâce  à  l'entérovaccination,  on  pouvait,  en 
outre,  faire  bénéficier  de  l'immunisation  les  sujets  chez  lesquels  les  inocu- 
lations sous-cutanées  étaient  contre-indiquées. 

Bien  qu'aucun  fait  précis  n'ait  été  opposé  à  nos  observations,  notre 
méthode  ne  fut  point  accueillie  favorablement  par  tous  les  biologistes, 
quelques-uns  d'entre  eux  considérant  a  priori  comme  irréalisable  l'im- 
munisation dans  les  conditions  de  vaccination  que  nous  avions  indiquées. 
Ces  vues  de  l'esprit  ont  reçu  depuis,  le  démenti  de  la  pratique  et  plusieurs 
expérimentateurs  ont  apporté  récemment  à  l'appui  de  notre  thèse,  des  faits 

(')  Auguste  Lumièke  et  Jean  Chevrotier,  Sur  la  vaccination  antityphique par  voie 
gastro-intestinale  {Comptes  rendus,  t.  158,  iQJq»  P-  ^97)' 


SÉANCE  DU  l8  AVRIL  1922.  I081 

confirnialifs  cerlains.  Mais,  en  allendanl  que  la  vérilé  se  soil  dégagée  des 
recherches  ([ui  ne  manqueronl  pas  d'être  poursuivies  dans  ce  domaine, 
nous  avons  pensé  que  l'administralion  du  vaccin  par  scarifications  per- 
mettrait peut-êlre  aussi  de  réaliser  l'immunité  conire  les  infections  eber- 
thiennes  et  paratyphiques. 

A  cet  effet,  nous  avons  préparé  des  cultures  sur  agar,  en  fioles  de  Roux,  de  bacilles 
d'Eberth  et  de  bacilles  paratyphiques  A  et  B;  après  36  heures  d'éluve  à  07",  nous 
avons  ajouté  à  ces  cultures  de  l'eau  distillée  stérilisée,  puis  recueilli  aseptiquement 
l'émulsion  microbienne  qui  a  ensuite  été  chauffée  à  60"  pendant  2  heures,  en  agitant 
fréquemment. 

Après  centrifugation,  le  culot  a  été  mélangé  à  de  la  glycérine  stérilisée  dans  la  pro- 
portion d'une  partie  de  bouillie  microbienne  pour  vingt  parties  de  glycérine,  de  façon 
à  avoir  cinq  milliards  de  microorganismes  par  centimètre  cube. 

Des  cobayes  ayant  été  rasés  sur  lun  des  flancs,  et  la  peau  aseptisée  par  savonnage 
et  lavage  à  léther,  on  a  pratiqué  deux  scarifications  au  niveau  de  la  région  ainsi  pré- 
parée. 

Ces  scarifications  ont  été  répétées  à  plusieurs  reprises  à  quatre  jour»  d'intervalle,  et 
en  nombre  de  fois  variable  suivant  les  lots  d'animaux  mis  en  expérience. 

Cinq  jours  après  la  dernière  scarification,  on  a  administré  à  des  cobayes 
témoins,  non  vaccinés,  d'abord  une  injection  sous  cutanée  deau  salée  à 
10  pour  100,  puis  aussitôt  après  2""',o  d'une  culture  virulente  de  bacille 
d'Eberth  et  de  bacilles  paratyphiques  A  et  B.  Tous  sont  morts,  en  moins 
de  24  heures,  d'infection  suraigue. 

Les  animaux  chez  lesquels  dix  scarifications  avaient  été  pratiquées,  ont 
survécu  4^  heures  à  ce  traitement;  ceux  qui  avaient  reçu  onze  scarifications 
n'ont  succombé  qu'au  bout  de  trois  à  cinq  jours,  et  enfin,  à  partir  de  douze 
scarifications,  l'immunisation  a  été  suffisante  pour  que  tous  les  cobayes 
vaccinés  siirvi\ent  à  l'injection  massive  qui  avait  été  rapidement  fatale  chez 
les  témoins. 

De  nouvelles  expériences  sont  en  coiu^s  pour  déterminer  d'une  façon 
plus  précise  les  conditions  de  l'immunisation,  notamment  le  temps  néces- 
saire à  sa  réalisation,  sa  durée,  les  doses  à  employer,  ainsi  que  les  varia- 
tions (|ui  peuvent  survenir  dans  la  résistance  des  sujets  à  l'infection,  au  fur 
et  à  mesui^e  (|ue  l'on  s'éloigne  dti  moment  oii  ils  ont  été  vaccinés,  etc. 

Les  scarifications  ne  s'accompagnent  d'aucun  j)hénomène  réactionnel 
particulier  en  dehors  de  celui  (jui  résulte  du  traumatisme  insignifiant  causé 
par  toute  érosion  de  la  peau. 

A  la  suite  de  ce  traitement,  le  sérum  des  animaux  ne  parait  par  ac(|uérir 

C    H.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  16  )  77 


Io82  ACADÉMIE    DES    SCIENCES, 

de  propriétés  agglutinantes  bien  appréciables  pour  les  cultures  des  micro- 
organismes utilisés,  malgré  le  haut  degré  d'immunité  obtenu. 

La  méthode  des  scarifications  dont  l'efficacité  ne  fait  plus,  depuis  long- 
temps, aucun  doute  lorsqu'elle  est  appliquée  contre  la  variole,  semble 
dépourvue  de  tout  danger  dans  le  cas  de  la  vaccination  antityphoïdique; 
elle  serait  par  suite  mieux  acceptée  par  certains  sujets  qui  redoutent  les 
injections  et  leurs  conséquences,  et  permettrait  d'immuniser  ceux  chez  les- 
quels des  lésions  cardiaques,  rénales  ou  autres,  contre-indiquent  l'emploi  du 
procédé  usuel,  et  en  attendant  tout  au  moins  que  l'entérovaccination  ait 
pu  être  réhabilitée. 


MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  —  Quelques  résultais  acquis  par  ta  méthode  des 
éle<^ages  aseptiques:  \.  Scorbut  expérimental;  11.  Infection  cholérique  du 
cobaye  aseptique.  Note  de  MM.  Cohendt  et  E.  Wollman,  présentée 
par  M.  Roux. 

Dans  une  Note  antérieure  (  '  ),  nous  avons  rapporté  les  premiers  résultats 
de  nos  recherches  établissant  que  les  cobayes  aseptiques  se  développaient 
aussi  bien  ou  même  mieux  que  leurs  témoins  nourris  avec  des  aliments 
stérilisés.  Ces  recherches  ont  été  reprises  après  la  guerre  avec  un  dispositif 
nouveau  permettant  de  manier  les  animaux  et  de  suivre,  par  pesée  directe, 
les  variations  de  leur  poids.  Ce  dispositif,  que  nous  décrirons  ultérieure- 
ment, n'est  pas  encore  entièrement  au  point,  et  des  contaminations  plus  ou 
moins  tardives  se  sont  produites  dans  la  plupart  des  cas.  Toutefois,  étant 
données  la  lenteur  et  la  difficulté  de  ces  expériences,  nous  voudrions,  dès 
maintenant,  signaler  deux  points  intéressants  qu'elles  ont  permis  d'établir- 

Le  premier  a  trait  au  scorbut  expérimental,  le  second  à  l'infection  cholé- 
rique chez  le  cobaye  aseptique  ou  contaminé  par  un  seul  germe  {staphylo- 
coque, ^.  mesentericus). 

l.  Dès  nos  expériences  de  1914  nous  avions  observé,  dans  quelques  cas, 
aussi  bien  chez  des  cobayes  aseptiques  que  chez  leurs  témoins  nourris  avec 
des  aliments  stérilisés,  de  l'affaissement  et  de  la  parésie  du  train  postérieur. 
Or  les  recherches  de  Holst  nous  ont  appris  que  de  tels  accidents  (dus  aux 
hémorragies,  aux  fractures  spontanées)  étaient  caractéristiques  du  scorbut 


(')  Comptes  rendus,  t.  138,  igi/j-p.  1288.   Le   travail   détaillé   annoncé  dans   cette 
xNote  n'a  pas  paru  par  suite  de  la  guerre. 


SÉANCE    DU    l8    AVRIL    I922.  Io83 

expérimental  du  cobaye.  Nous  avons  donc,  dans  nos  nouvelles  recherches, 
porté  Tattention  sur  ce  point  et  nous  avons  retrouvé  chez  nos  cobayes 
aseptiques  ou  tardivement  contaminés  d'autres  signes  notés  par  Holst  : 
relâchement  des  molaires,  fragilité  osseuse  (').  Ces  faits  permettent  de 
faire  définitivement  justice  des  théories  qui  assignent  au  scorbut  une 
origine  microbienne.  Nul  doute  qu'il  n'en  soit  de  même  pour  le  béri-béri 
expérimental  (polynévrite  aviaire),  car  les  accidents  décrits  par  Schottelius 
chez  ses  poussins  aseptiques  ne  sont  autre  chose  ([ue  des  manifestations  de 
cette  avitaminose. 

Si  la  méthode  des  élevages  aseptiques  permet  de  préciser  la  notion  de 
certaines  avitaminoses  en  permettant  d'exclure  toute  participation  des 
microorganismes,  elle  profite  à  son  tour  des  données  récentes  sur  les  vita- 
mines. C'est  ainsi  que  nous  avons  pu,  tout  récemment,  obtenir  pour  la 
première  fois  une  augmentation  de  poids  de  80  pour  100  chez  un  cobaye 
aseptique  (contaminé  vers  le  18^  jour)  en  ajoutant  du  jus  d'orange  stérilisé 
et  de  Fautolysat  de  levure  à  l'alimentation  employée  jusqu'ici. 

IL  Les  petits  cobayes  aseptiques  (ou  contaminés  par  un  seul  germe  : 
staphylocoque,  [i.  mesentericus)  auxquels  on  fait  ingérer,  à  l'âge  de  10  à 
i5  jours,  une  ou  deux  cultures  de  vibrion  cholérique,  présentent  à  leur  mort 
(Gag  jours  après  Tingestion)  un  tableau  plus  ou  moins  caractéristique  : 
intestin  grêle  très  hyperhémié,  c?ecum  rempli  de  liquide.  Le  sang,  ainsi 
que  le  contenu  du  tube  digestif  dans  toute  son  étendue,  donnent  une  culture 
riche  de  vibrions  :  on  en  constate,  du  reste,  l'extrême  abondance  à  l'examen 
direct  du  contenu  intestinal. 

Il  en  est  tout  autrement  des  témoins  non  aseptiques  nourris  avec  des  ali- 
ments stérilisés.  Ici  les  vibrions  ingérés  disparaissent  en  48  et  même  en 
24  heures,  de  sorte  qu'on  ne  peut  plus  les  mettre  en  évidence  par  ensemen- 
cement sur  bouillon  peptoné  ou  sur  gélose.  Même  lorsque  de  tels  témoins 
meurent  de  scorbut  (^)  dans  les  quelques  jours  qui  suivent  l'infection,  l'ense- 
mencement du  contenu  intestinal  et  du  sang  reste  négatif. 

Cette  diflférence  dans  la  façon  de  se  comporter  de  cobayes  aseptiques  (ou 
contaminés  d'un  seul  germe  :  staphylocoque,  mesentericus)  et  de  leurs 
témoins  pourvus  d'une  flore  intestinale  abondante  et  variée  s'explique-t-elle 


(')  L'étude  hislojogique  des  lésions  sera  publiée  ultérieurement. 
(■-)   Nous   ne  voulons  pas,  pour  le   moment,  préjuger  des  causes  de  cette  mort,  les 
conditions  de  nos  expérieuces  ne  permettant  pas  d'exclure  le  scorbut  expérimental. 


I084  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

par  raction  anlagonislc  de  celle-ci,  comme  le  croyait  Metch)iil\olV(  '  )  ?  (  )ii 
bien  faiit-il.  ('laiil  donnés  les  résultais  récents  de  Sanarelli  (  -),  penser  à  une 
action  indirecte  de  cette  flore  intestinale  qui  rendrait  la  muqueuse  plus 
imperméable? 

(^)uoi  (|u'il  en  soit,  il  semble  qu'on  puisse  écaiter,  à  la  suite  de  nos  obser- 
vations, l'idée  d'après  laquelle  l'imj)Ossibilité  de  produire  l'infection  cholé- 
rique chez  les  lapins  à  partir  d'un  certain  Age,  ainsi  que  chez  les  cobayes 
nouveau-nés,  tiendrait  à  «  la  plus  forte  résistance  que  les  parois  intesti- 
nales acquièrent  avec  l'âge  »  chez  les  premiers,  à  l'imperméabilité  de  ces 
parois  dès  le  début  chez  les  seconds  (Sanarelli).  Nos  petits  cobayes,  même 
âgés  de  3  semaines,  succombent,  en  efl'et,  avec  des  vibrions  abondants  dans 
le  contenu  intestinal  et  dajis  le  sang. 


BOTANiQUii.  —  Sur  l'origùie  du  Spartina  Townsendi  et  sur  son  rôle  dans 
la  fixation  des  vases  marines.  Note  (M  de  MM.,L.  Cokiuère  et  Aug. 
CnEVALtKit,   présentée  par  M.   L.   Mangin. 

Le  genre  Spartina  Schreb.,  delà  famille  des  (Iraminées,  renferme  une 
quinzaine  d'espèces,  pour  la  plupart  américaines.  (^)uatre  sont  connues  sur 
les  cotes  d'Europe  :  ^.  stricta  Koth.,  .S.  allernijlora  Lois.,  S.  juncea  Willd. 
et  5.  Townsendi  Gro\es;  mais  elles  vivent  aussi  sur  les  côtes  d'Amérique,  et 
'1.  n'est  pas  douteux  (|ue  les  trois  dernières  au  moins  ont  été  importées  dn 
Nouveau  Monde. 

En  Améri(juc  septentrionale,  ces  quatre  espèces  végètent  d'une  manière 
pres(jue  identique  sur  les  vases  salées  et  elles  constituent  une  formation 
spéciale,  le  Spartinetum  (*),  qui,  au  delà  de  la  zone  occupée  par  les 
Salicornes,  s'avance  souvent  jusque  dans  la  mer. 

Comme  les  palétux  iers'des  régions  tropicales,  les  Spartina  sont  des  agents 
puissanis  de  colmatage. L'espèce  qui  fait  Tobjet  de  cette  Note  en  constitue 
un  exemple  remarquable  pour  les  côtes  de  France. 

Le  S.   Towtiseiuli  fui  découveil  en    1879  à  llylhe  dans  la   l)aie  de  Soulhampton,  à 

(')   Ànn.  hist.  Paslei/r,  t.  8,  1894,  p.  5'i9. 

{')  J/nd.,  l.  34  et  So. 

(')  Séance  du  3  .avril  i9'2''.. 

C"  )   WvRMiNii.  OFJco/ogy  0/  Plants,  p.  281. 


SÉANCE  DU  l8  AVRIL  I922.  loSS 

|)ro\imilé  des  S.  siricla  el  S.  ((llri/u'llora,  el  signalé  en  1881  par  les  frères  .1.  el 
H.  Crroves  qui  le  décrivirenl  comme  espèce  nouvelle  autonome.  Sa  présence  fut  cons- 
tatée ensuite  en  plusieurs  points  des  côtes  sud  de  TA-ngleterre  el  à  lîle  de  Wight. 
Lord  Moritagu  de  Ueaulieu  suggéra  que  celte  graminée  avait  été  apportée  de  l'Argen- 
tine; mais  O.  Stapf,  conservateur  de  l'herbier  de  Kew,  ayant  repris  en  1908  l'étude 
du  S.  Townsendi,  a  rejeté  l'idée  d'une  provenance  étrangère  et  voit  dans  cette  plante 
le  résultat  d'une  hybridation  de  S.  alterniflora  et  5.  stricta.  C'est  aussi  l'opinion  de 
M.  Rouy,  qui,  dans  sa  Flore  de  France,  place  S.  Towmendi  à  côté  de  S.  Neyrauti 
Foucaud,  tout  en  les  difiérenciant.  Ce  dernier.  Spartina,  trouvé  par  M.  Neyraut  en  i885 
dans  le  golfe  de  Gascogne  à  l'embouchure  de  la  Bidassoa,  ;i  été  décrit  dès  l'origine 
comme  un  livhride  de  .S.  alterni/Iora  et  .S",  stricla. 

Pour  la  premièie  fois  en  Fiance,  le  ^.  ToKvnsendi  fut  observé  par  l'un  de 
nous,  en  septembre  1906,  sur  la  commune  de  Hrévands  (Manclie),  aux 
bords  du  canal  de  Garentan  et  à  l'emboucliure  de  la  Vire.  A  cette  époque 
il  n'offrait  (jue  quelques  touffes  espacées,  j)eu  nombreuses,  mélangées,  aux 
bords  de  la  Vire  seulement,  à  des  colonies  de  S.  siricla  beaucoup  plus 
étendues. 

Par  la  suite,  le  S.  Townscndi  a  été  découvert  en  plusieurs  localités  du  littoral  fran- 
çais :  à  Réville.  Morsalineset  Sainl-Vaast-la-Hougue  (Manche);  à  Sallenelles  (Calvados) 
à  l'embouchure  de  l'Orne;  à  Tancarville  (Seine-inférieure)  à  l'embouchure  de  la  Seine; 
à  l'embouchure  de  l'Florn  près  de  Brest;  à  Hendaye,  dans  les  Basses-Pyrénées. 

Sur  tous  ces  points,  il -a  été  considéré  jusqu'à  présent  comme  une  plante 
rare  et  clairsemée.  Telle  était  aussi  notre  croyance  lorsque,  le  29  sep- 
tembre 1921,  nous  entreprîmes  en  commun  une  herborisation  aux  environs 
de  Brévands,  afin  de  récolter  des  échantillons  vivants  de  S.  Townscndi  el 
d'examiner  cette  plante  relativement  à  sofi  hybridité  sup])Osée.  Bientôt 
notre  surprise  fut  extrême  en  constatant  la  prodigieuse  extension  prise, 
en  quinze  années  à  peine,  par  ce  Sparlina.  Il  occupe  aujourd'hui  de  grands 
espaces  dans  la  baie  des  Veys,  principalement  la  région  au  nord  des  polders, 
comprise  entre  les  deux  embouchures  de  la  Tante  et  de  la  Vire,  où  il  s'avance 
dans  la  mer  dans  la  direction  de  Grandcamp,  sur  une  étendue  de  3'^"'  à  1''°' 
de  long  et  au  moins  'i^^  de  large. 

Plus  d'un  millier  d'hectares  sont  densément  envahis  par  cette  espèce,  à 
l'exclusion  de  toute  autre,  et  elle  gagne  de  plus  en  plus  vers  la  mer.  Du  côté 
des  terres,  au  contraire,  elle  se  rabougrit  là  où  la  vase  s'affermit  par  suite 
de  l'exhaussement  du  sol,  et  graduellement  elle  cède  la  place  à  d'autres 
plantes,  telles  que  Glyceria  marilima^  Suœda,  Salicornia,  etc.  Presque  par- 
tout, elle  a  fait  disparaître  sa  congénère  S.  stncta. 


Io86  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

S.  Townsendi  conslitue  un  moyen  de  colmatage  extrêmement  puissant, 
et  il  nous  semble  que  s'il  apparaissait  ou  était  introduit  dans  la  baie  du 
Mont  Saint-Michel,  il  aurait  vite  occupé  toutes  les  vases  meubles  de  cette 
Région. 

Au  fond  de  la  baie  des  Veys  il  est,  à  marée  haute,  complètement  sub- 
mergé par  les  eaux  de  la  mer;  c'est  à  peine  si,  çà  et  là,  apparaissent  les 
extrémités  des  chaumes. 

Sparlina  Tonwnsendi  a  un  pollen  bien  constitué  et  donne,  à  l'automne, 
des  graines  en  abondance,  qui  germent  facilement. 

Par  son  mode  d'envahissement  et  par  sa  fécondité,  le  S.  Townsendi  ne  se 
comporte  point  comme  un  hybride,  et  nous  pouvons  d'autant  moins 
admettix'  l'origine  qui  lui  est  attribuée  par  MM.  Stapf  et  Rouy  que  l'un 
des  parents  supposés,  le  S.  alterniflora,  n'existe  pas  sur  les  côtes  normandes. 

Effectivemenl,  Tun  de  nous,  en  comparant  le  5.  Townsendi  avec  les  divers  Spar- 
tina  exislanl  dans  THerbier  du  Muséum  de  Paris,  a  constaté  que  cette  plante  avait 
les  plus  grands  rapports  avec  le  S.  glahra  Muhlb.  Elle  offre  notamment  une 
extrême  ressemblance  avec  les  spécimens  de  l'Herbier  de  Jussieu  étiquetés  «  S.  glabra 
Amer.  Sept.  (Torrej,  i834)  »  et  ceux  de  l'Herbier  V.  Jacquemont  «  Long  Island 
(Cooper,  1824)  ».  On  observe  la  même  robustesse  de  la  plante,  les  mêmes  feuilles, 
les  mêmes  épis  et  en  aussi  grand  nombre  (3  à  12),  les  épillets  ont  même  forme  et 
mêmes  dimensions,  mais  ils  sont  glabres  dans  la  plante  de  Torrey  et  de  Cooper.  Tou- 
tefois, dans  sa  Monographie  des  Spartina  d'Amérique,  E.  D.  Merrill  (')  a  décrit  un 
S.  glabra  Muhlb.  var.  pilosa  Merill,  à  qui  il  a  donné  comme  synonyme  5.  stricta 
Auct.  Amer,  (non  Roth)  m  S.  stricta  maritima  Scribn.,  qui  a  les  épillets  velus  et 
dont  la  description  correspond  de  tous  points  avec  celle  de  Townsendi.  Cette  variété 
vit  sur  la  côte  Atlantique,  de  la  P.ensvlvanie  à  la  Floride. 

En  comparant  à  ces  mêmes  plantes  le  S.  Neyrauti  Fouc.  du  golfe  de  Gascogne,  on 
constate  qu'il  est  tout  à  fait  identique  au  S.  Townsendi  et  par  conséquent  à  la  plante 
d'Amérique. 

En  résumé  S.  Townsendi  et  S.  Neyrauti  désignent  une  même  plante.  Ce 
n'est  nullement  un  hybride  né  sur  les  côtes  d'Europe,  mais  c'est  une  plante 
importée  de  la  côte  Atlantique  de  l'Amérique  du  Nord,  le  S.  glabra  Muhlb. 
var.  pilosa  Merril  =  S.  alternijiorahoïs.  var.  pilosa  (Merrill)  Hitchcock  (^). 

(')  E.  D.  Merrill,  The  North  American  Species  of  Spartina  {U.  S.  Department 
Agric.  Bur.  PL  Indiistry,  Bull.  n°  9,  1902). 

(■-)  A.  S.  Hitchcock,  The  gênera  of  grasses  of  the  United  States  {U.  S.  Depart- 
ment Agric..,  Bull.  n°  772,  1920).  Pour  lés  auteurs  américains,  S.  glabra  et  5.  altcr- 
niflora  ne  forment  qu'une  seule  espèce  subdivisée  en  plusieurs  variétés. 


SÉANCE    DU    l8    AVRIL    I922.  I087 

Son  appellation,  d'après  les  règles  de  !a  nomenclature,  doit  être  désormais  : 
S.  giabra  Muhlb.  var.  Townsendi  {Gtovqs)  >sobis. 

Son  introduction  accidentelle  a  été,  à  certains  égards,  un  événement 
heureux,  puisque,  grâce  à  son  pouvoii-  colmatant,  plusieurs  milliers 
d'hectares  ne  tarderont  pas  à  être  gagnés  sur  la  mer  dans  la  baie  des  Veys. 
Nous  avons  constaté  également  que  cette  plante  constituait  un  fourrage 
brouté  avec  satisfaction  par  les  bovins.  Enfin,  en  Amérique,  les  Spartina 
sont  regardés  comme  une  source  possible  de  pâte  à  papier. 


M.  R.  GouDEY  adresse  une  Noie  intitulée  :  La  marche  des  pendules  et 
V agitation  microsismique . 


(Renvoi  à  la  Section  d'Astronomie.) 
La  séance  est  levée  à  16  heures. 


A.  Lx. 


ERRATA. 


(Séance  du  27  mars   1922.) 

Note  de  M.  Georges  Giraud,  Sur  les  équations  non  linéaires  aux  dérivées 
partielles  du  second  ordre  du  type  elliptique  : 

Page  853,  ligne  12,  au  lieu  de  hypothèse,  liie  hypersphère. 


Io88  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 


Ouvrages  reçus  dans  les  séances  de  mars   igs'a  {suite  et  fin). 

Jac.  Berzelius.  Lettres,  publiées  au  nom  de  l'Académie  royale  des  Sciences  de 
Suède,  par  H. -G.  Sôderbaum.  Tome  VIII  :  Correspondance  entre  Berzelius  et  Wilhelni 
Hisinger  {i%o\-\^^^'2.).  Uppsala,  A.lmquist  et  Wiksells,  1921;  i  vol.  23*^™» 

Le  principe  de  la  relativité  et  la  théorie  de  la  gravitation^  par  Jean  Becquerel. 
Paris,  Gautliier-Villars,  1922;  i  vol.  25"=™.  (Présenté  par  M.  Emile  Borel.) 

Les  poissons  des  eaux  douces  de  l'Afrique  du  Nord  française  :  Maroc,  Algérie, 
Tunisie,  Sahara,  par  Jacques  Pellegrin.  Paris,  Emile  Larose,  1921;  i  vol.  aS"^"".  (Pré- 
senté par  M.  E.-L.  Bouvier.) 

Nova  Galedonia.  Recherches  scientifiques  en  ISouvelle-Calédonie  et  aux  iles 
Loyalty  ;  Botanique,  par  Hans  Schinz  et  A.  Guillaumin.  Vol.  I,  Livre  III.  Berlin  et 
Wiesbaden,  C.  W.  Kreidel's,  1921:  i  vol.  29'='".  (Présenté  par  M.  le  Prince  Bonaparte.) 

Les  régions  polaires  pendant  la  guerre,  par  Charles  Rabot,  précédées  des  Rap- 
ports sur  les  récentes  expéditions  norvégiennes  au  Spitsberg  (1919-1921),  par  Adolf 
Hoel.  Paris,  Delagrave,  1922;  i  vol.  28'="*.  (Présenté  par  M.  Ch.  Lalleraand.) 

Société  de  Chimie  physique.  Recueil  des  Procès-verbaux  des  Communications 
scientifiques  faites  devant  la  Société  depuis  le  8  décembre  1909  jusqu'au  24  juin 
1914.  Paris,  Hermann,  1920;  1  vol.  22'='".  (Présenté  par  i\I.  Urbain.) 

Gnomonique  ou  Traité  théorique  et  pratique  de  la  construction  des  cadrans 
solaires,  suivi  de  tables  auxiliaires  relatives  aux  cadrans  et  aux  calendriers,  par 
G.  BiGOURDAN.  Paris,  Gauthier-Villars,  1922;  i  vol.  28*^™. 

L'espace  et  le  temps,  par  Emile  Borel.  Paris,  Félix  Alcan,  1921;  i  vol.  i9<^"\ 

The  Danish  ingolf -expédition.  Vol  V,  Part  9.  Àctiniaria,  par  Oskar  Carlgren. 
Copenhague,  Hagerup,  192 1;  i  vol.  33'="\5. 

Nouvelle  géographie  universelle,  par  Ernest  Granger.  Première  Partie.  Paris, 
Hachette,  s.  d.  ;  1  vol.  3i"°. 

Ministère  des  régions  libérées.  Heconstitulion  foncière  et  cadastre.  Emploi  de  la 
pJiotographie  aérienne  aux  levés  cadastraux  et  aux  levés  géographiques.  Rapport 
sur  les  études  techniques  effectuées  en  1919  et  1920,  sous  la  direction  de  M.- II.  Rqus- 
siLHE.  Paris,  Ilallu,  1921;  i  vol.  2ti^"'.  (Présenté  par  M.  Gh.  Lallemand.) 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU    LUNDI   2^   AVRIL    1922. 

PRÉSIDENCE  m  M.  Emile  BERTIN. 


ME3I0IRES  ET  C0M3IUIVICATI0IVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    GORRESPOiNDANTS    DE    L'ACADÉMIE 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Suj'  la  théorie  des  Invariants  inléiiraur. 
Note  de  M.  E.  Gocrsat. 

Dans  un  Ouvrage  récent,  Leçons  sur  les  invariants  intégraux,  M.  Cartan  a 
fait  d'intéressantes  applications  à  la  Mécanique  de  certains  invariants  inté- 
graux qu'il  appelle  complets^  et  où  le  temps  t  figure  non  seulement  dans  les 
coefficients,  mais  aussi  par  sa  différentielle  dt  sous  le  signe  d'intégration.  Il 
a  montré  comment  de  tout  invariant  intégral  absolu,  au  sens  de  H.  Poin- 
caré,  on  peut  déduire  un  invariant  complet,  et  inversement.  Au  premier 
abord,  le  procédé  de  M.  Cartan  paraît  absolument  distinct  des  différentes 
méthodes  indiquées  par  IL  l^oincaré,  et  qui  permettent  de  déduire,  d'un 
ou  plusieurs  invariants  intégraux  connus,  de  nouveaux  invariants.  Mais  un 
examen  plus  attentif  permet  de  montrer  que  le  procédé  de  M.  Cartan  est 
équivalent  en  réalité  à  une  combinaison  des  méthodes  de  H.  Poincaré. 
I.  Je  rappellerai  d'abord  quelques  résultats  biens  connus.  Soit 

un  système  d'équations  dillérentielles,  dont  les  dénominateuis  ne  renferment 
pas  le  temps  ï,  et  soit  I,,  =  /  to  un  invariant  intégral  de  ce  système,  où  co  est 
une  forme  symbolique  de  dillérentielles  (forme  extérieure  de  M.  Cartan), 

OJ  r=  i  Aa ,  a, . , .  a,, d.Vy,^  ,_,dx a,,, 

dont  les  coefficients  ne  dépendent  pas  de  t.  Différents  passages  des  Mémoires 
de  H.  Poincaré  ont  conduit  à  une  méthode  générale  permettant  de  déduire 

G.  R.,  1922,  i' Semestre.  (T.  174,  N*  17.)  7^ 


1090  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

de  l'invariant  1^,  un  invariant  intégral  d'ordre />  —  i,  ly;_,  =  /  to,,  où  co,  est 

une  autre  forme  symbolique  de  degré  p  —  i,  qui  se  déduit  de  co  en  rempla- 
çant successivement  dans  chaque  terme  une  des  différentielles  dœ,  qui  y 
fîg-urent  par  X,  et  multipliant  ensuite  le  coefficient  par  ±  i,  suivant  la  place 
de  la  difFérentielle  c/x,. 

J'ai  appelé  opération  (E)  l'opération  par  laquelle  on  passe  de  l'invariant 
absolu  \^,  à  l'invariant  I^,_,.  Les  invariants  I^,_,  ainsi  obtenus  ne  sont  pas 
quelconques;  ce  sont  aussi  des  invariants  intégraux  pour  tous  les  systèmes 
différentiels  que  l'on  obtient  en  remplaçant,  dans  les  équations  (i),  dl 
par  X(j:;,,  ...,x„)di^  quelle  que  soit  la  fonction  k(.Xf,.x.^,  ...,x„).  Si  7,, 
Va,  ...,  Yn-i  sont  «  —  I  intégrales  premières,  indépendantes  de  /,  du  sys- 
tème (i),  la  forme  co^  s'exprime  uniquement  au  moyen  de  y,,  ...,  /„_,, 
dy,,  ...,  dy„_,.  C'est  ce  que  M.  Cartan  appelle  une  forme  différentielle 
immriunte  du  système  (i  ). 

Supposons  maintenant  que  les  dénominateurs  X,,  et  les  coefficients  de  la 
faune  w,  ou  du  moins  quelques-uns,  puissent  renfermer  l.  Considérons  le 
système  auxiliaire  à  ;?  +  i  inconnues 

-  V     ~  '  '  '  "~    X      ~       i        ~"      ' 

OÙ  X,  désigne  la  fonction  X,,  où  l'on  u  remplacé  t  par  ^„4.,,  et  soit  de  même 
121a  forme  symbolique  qui  se  déduit  de  co  en  remplaçant  /  par  a.„+,  dans  les 

coefficients.  Si  l'intégrale  \j,=  /co  est  un  invariant  intégral  par  le  sys- 
tème (1),  on  vérifie  aisément  que  I^,+  ,  =  iildx^,^^  est  un  invariant  intégral 

pour  le  système  (2),  car  les  deux  systèmes  de  conditions  sont  identiques. 
L'opération  (E),  appliquée  à  cet  invariant  intégral  1^;.^,,  conduit  à  un  nouvel 
invariant  d'ordre y:>,  qui  est  identique  à  l'invariant  complet  de  M.  Cartan, 
quand  on  y  remplace  x,^^\  et  c/x',^^,  par  /  et  dt  respectivement. 

^1.   La  méthode  s'applique  aussi  aux  invariants  relatifs.  Si  J^,  =  /  co  est  un 

invariant  relatif,  au  sens  de  H.  Poincaré,  des  équations  {i)^  ù'dx^^^  est 
un  invariant  absolu  du  système  (2).  L'opération  (E),  appliquée  à  cet 
invariant,  conduit  à  un  nouvel  invariant  d'ordre  />» -h  i ,    /^',5  où  ù\  est  la 

forme  dérivée  d'une  autre  forme  symbolique  U,  de  degré/?.  L'intégrale  / 12, 


SÉANCE  DU  24  AVRIL  I922.  I09I 

est  alors  un  invariant  relatif  du  système  (2),  et,  en  y  remplaçant  a\+, 
eldxn^f  par  /  et  ^//  respectivement,  on  obtient  un  invariant  relatif  complet 
du  système  (i).  C'est  ainsi  que  Tinvariant  linéaire  relatif  complet  de 
M.  Cartàn  peut  se  déduire  de  l'invariant  relatif  de  H.  Poincaré  I-p^dr/^. 


EiNTOMOLOGlE.  —  La  mélamorphosc  des  femelles  et  l' /lypermêuimorphose 
des  mâles  chez  les  Coccides  du  i^roupc  des  Mari^arodes.  Note  de  M.  Paul 
Marciial. 

Giard  et  Valéry  Mayet  ont  attiré  l'attention  sur  les  curieuses  parlicula- 
rités  que  présentent  les  transformations  des  Margarodes  et  en  particulier 
du  Margarodes  viliiim  Gd.,  vivant  au  Chili  sur  les  racines  de  la  vigne. 
Depuis,  plusieurs  auteurs,  tels  que  Green  et  Silvestri,  ont,  pour  d'autres 
espèces,  apporté  des  contributions  diverses  à  l'histoire  de  ces  Insectes. 

On  sait  que  la  femelle  adulte  qui  rappelle  superficiellement,  par  la  forme 
générale  de  son  corps  et  la  pilosité  de  ses  téguments,  certaines  larves  de 
Lamellicornes,  est  surtout  caractérisée  par  l'absence  complète  de  bouche 
et  par  la  conformation  des  pattes  de  la  première  paire,  qui  sont  adaptées 
pour  fouir  et  transformées  en  griffes  puissantes. 

Elles  pondent  des  œufs  en  s'entourant  d'une  masse  filamenteuse  sécrétée 
par  des  glandes  cutanées,  et  de  ces  œufs  naissent  des  larves  primaires  hexa- 
podes, très  différentes  des  adultes,  et  qui  paraissent  assez  variables  suivant 
les  espèces. 

Les  stades  successifs  qui  conduisent  jusqu'à  la  femelle  adulte. n'ont  été 
suivis  que  d'une  façon  incomplète.  On  sait  pourtant  que  la  plus  grande 
partie  de  la  vie  des  Margarodes  se  passe  sous  une  forme  apode  et  sphérique 
à  cuticule  épaissie,  qui  prend  place  entre  la  première  larve  hexapode  et  la 
forme  femelle  adulte  également  hexapode.  C'est  sous  cette  forme  apode, 
rappelant  l'aspect  d'une  pilule,  que  la  Cochenille  grandit,  fixée  aux  racines 
des  végétaux  par  ses  soies  rostrales.  Elle  est  alors  entourée  d'une  enve- 
loppe blanche  et  nacrée,  formée  d'écaillés  sécrétées  par  l'Insecte  et  des  mues 
qu'il  abandonne  au  cours  de  sa  croissance  ('). 

C'est  à  cette  enveloppe  d'aspect  nacré,  dont  Torigine  et  la  nature  sont 
encore  imparfaitement  connues,  que  les  Margarodes,  souvent  appelés  ^e/7e.y 
de  terre,  doivent  le  nom  sous  lequel  on  les  désigne. 

(')  A.  riiARD,  Troisième  Note  sur  tes  Mari^arodes  (  C.  /?<  Soc.  Biol.,  t.  'iG,  1894^       ^„^  -  .....^^^ 
p.  710),  /C^^^'^L 

te --^  ^<ï^ 

Lu»  L  l  s  R  A  R 
\<:^/.   ^17 A  s^- 


1092  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

D'après  Giard,  lorsque  la  larve  qui  se  trouve  à  l'intérieur  de  celte  enve- 
loppe et  qu'il  appelle  lari,'e-pupe  est  arrivée  à  toute  sa  croissance,  l'Insecte 
passe  par  un  véritable  stade  nymphal,  au  cours  duquel  on  peut  observer 
tous  les  phénomènes  d'histolyse  et  d'histogenèse  que  Ton  constate  chez  les 
nymphes  des  Insectes  holométaboles.  Sous  Tinfluence  de  la  sécheresse,  il 
peut  y  avoir,  à  ce  stade,  arrêt  du  métabolisme  (anhydrobiose)  et  l'Insecte, 
semblable  à  un  véritable  kyste,  peut  suspendre  pendant  plusieurs  années 
son  évolution.  En  outre,  suivant  les  conditions  de  nutrition  dans  lesquelles 
se  trouve  la  larve-pupe,  celle-ci  pourrait  se  transformer  en  femelle  adulte  à 
des  tailles  très  différentes.  Certaines  femelles  de  Man^rirodes  ritium  ne 
dépasseraient  pas  2™"",  tandis  que  d'autres  atteindraient  5™°^  à  8™*"  de 
longueur.  Souvent  on  pourrait  ainsi  trouver  des  femelles  adultes  plus 
petites  que  certaines  larves  (  '  ). 

Quant  au  développement  du  mâle,  il  est  resté  jusqu'ici  inconnu,  chez 
toutes  les  espèces  décrites  de  Margarodes. 

N'ayant  pas  observé  le  développement  du  Margarodes  iniium^  je  ne  puis 
me  prononcer  sur  la  nature  des  phénomènes  marquant  les  dernières  phases 
de  la  métamorphose  chez  celte  espèce.  Mais  ce  que  je  puis  avancer,  c'est 
que   chez  une  espèce  nouvelle,   le  Neomargarodcs   Trahuli   (-),   que    j'ai 

(  ')  A.  GiARi),  loc.  rit. 

(-)  Je  dois  tout  le  matériel  concernant  cette  espèce  à  robligeance  de  M.  Bols,  pro- 
fesseur au  Muséum,  et  du  D""  Trabut,  directeur  du  Service  botanique  à  Aliter.  Ils  ont 
recueilli  les  premiers  échantillons  qui  m'ont  été  remis,  à  lil-Arfiane,  près  de  Tougourt, 
dans  le  Sud-Algérien,  sur  une  plante  désertique,  le  Limoniastrum  guyonianum. 
Depuis,  leD'' Trabut  me  fit  des  envois  réguliers  de  rameaux  de  Limon  instiu/n  chargés 
de  kystes  de  Margarodes  aux.  diverses  époques  de  l'année  pour  me  permettre  d  en 
suivre  l'évolution.  Les  kystes  encroûtés  de  sable  occupent  la  base  des  rameaux  et 
toutes  les  parties  qui  sont  plus  ou  moins  couvertes  de  sable  amoncelé. 

Je  donnerai  la  description  sommaire  suivante  de  ce  Margarodidœ  que  je  ratta- 
cherai, tout  au  moins  provisoirement,  au  genre  ISeomarga rodes  de  Green  : 

Neoinargarodes  Trabuti  nov.  sp. 

M\LK.  —  Longueur  4'"™  à  5™™.  Coloration  générale  rosée  avec  sclériles  jaunes  ou 
bruns;  yeux  composés  rouges.  Antennes  de  sept  articles,  les  quatre  premiers  courts 
et  n'égalant  pas  ensemble  la  moitié  de  la  longueur  formée  par  les  trois  suivante; 
quatrième  d'une  longueur  à  peu  près  double  du  iroisième  et  portant  du  cùlé  ventral 
un  appendice  vésicuiaire  garni  de  nombreuses  et  courtes  soies  sensorielles. 

Les  cinquième,  sixième  et  septième  articles,  cylindriques  de  longueur  légèrement 
croissante;  le  cinquième  et,  à  un  degré  moindre,  le  sixième,  se  prolongeant  légère- 
ment du  côté  ventral,  au-dessous  de  l'articulation,  en  s'élargissant  graduellement,  mais 
sans  constituer  des  processus  lamelleux  comparables  à  ceux  que  porte  sur  les  mêmes 


SÉANCE   DU   24   AVRII.    1922.  IO93 

étudiée  sur  un  abondant  matériel  recueilli  en  Algérie,  ces  phénomènes  se 
passent,  sur  divers  points,  d'une  façon  fort  difFé rente. 

Chez  le  Xcomargarodes  Trabuti,  on  constate,  comme  chez  le  Margarodes 
vitiiim  :  1°  l'existence  d'une  larve  primaire  hexapode;  2°  l'existence  d'une 
larve  apode  kystoïdale  entourée  d'une  enveloppe  nacrée,  fixée  sur  la  plante 
par  ses  soies  rostrales  et  qui  s'accroît  par  succion  de  la  sève;  ^°  une  croissance 
s'arrêtantà  des  tailles  très  différentes  de  la  forme  précédente  pour  permettre 
la  transformation  delà  larve  apode  en  une  forme  hexapode  pourvue  de  grosses 
griffes  antérieures  fouisseuses  et  ayant  l'aspect  larvaire  melolonthoide  bien 
connu  des  femelles  adultes  de  Margarodes;  les  petits  exemplaires  sortant 
des  petits  kystes  n'ont  guère  plus  de  2°^"'  de  long,  tandis  que  les  gros  exem- 

articles  Je  type  du  genre  Neomargarodes  {N.  erythrocephala  Green).  Patte  anté- 
rieure robuste  et  conformée  pour  fouir,  le  tibia,  le  tarse  et  la  griffe  étant  fusionnés,  de 
façon  à  former  un  puissant  crochet  terminal.  Ailes  larges,  dépassant  l'abdomen  en 
arrière,  bord  costal  assez  fortement  denté  dans  sa  région  médiane.  Deux  paires  de 
stigmates  thuraciques.  Huit  paires  de  stigmates  abdominaux.  Septième  segment 
abdominal  portant  sur  sa  région  dorsale  une  fente  transversale  sur  les  lèvres  de 
laquelle  débouchent  des  tubes  glandulaires  (7  à  9  sur  la  lèvre  supérieure,  10  à  12  sur 
la  lèvre  inférieure),  donnant  insertion  à  de  longues  baguettes  transparentes  ayant 
l'aspect  de  verre  filé;  groupées  ensemble  elles  forment  une  longue  aigrette  qui  émerge 
de  la  partie  dorsale  de  Tabdomen  et  dont  la  longueur  dépasse  le  double  de  ce  dernier. 
Appendice  copulateur  de  longueur  ensiron  égale  à  celle  de  l'abdomen. 

Femelle.  —  Longueur  8"""  à  lo"""",  OAaIaire.  Téguments  garnis  de  longues  soies 
capillaires  et  jaunâtres.  Antennes  courtes  de  six  articles,  premier  article  large  tron- 
conique,  les  cinq  suivants  de  largeur  graduellement  décroissante;  deuxième,  troi- 
sième et  quatrième  beaucoup  plus  larges  que  longs,  et  annulaires;  quatrième  et 
cinquième  un  peu  plus  longs  que  ceux  qui  précèdent;  le  sixième  et  dernier  presque 
hémisphérique,  chaque  article  portant  un  cercle  de  longues  soies;  yeux  rouges  puncti- 
formes,  en  arrière  des  antennes.  Patte  antérieure  très  large;  fémur  fort  et  quadrangu- 
laire  :  griffe  1res  robuste  et  courte  formée  par  le  tibia,  le  tarse  et  l'ongle  fusionnés,  le 
bord  interne  étant  profondément  sinué  en  forme  de  S. 

Ongles  des  pattes  intermédiaires  et  des  pattes  postérieures  falciformes.  finement 
acérés,  très  allongés,  de  longueur  égalant  en\iron  quatre  fois  celle  du  tarse  et  à  peu 
près  égale  à  celle  du  fémur.  Deux  grands  stigmates  ihoraciques  et  huit  stigrnates 
abdominaux. 

Stades  évolutifs  du  mâle.  -  Lar\e  du  premier  stade  -  Très  analogue  à  celle  de  la 
femelle  (voir  ci-après). 

Larve  du  deu.rième  stade.  —  Très  analogue  à  celle  de  la  femelle  (voir  ci-après). 

Larse  du  troisième  stade.  —  Très  analogue  à  la  femelle  adulte  mais  de  taille  plus 
petite,  pas  d'orifice  sexuel. 

ISymphe.  —  Blanche,  avec  régions  céphalothoracique  et  abdominale  nettement 
séparées  par  un  étranglement;  pattes  et  antennes  bien  développées,  pattes  antérieures 


lOgZj  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

plaires  sortant  des  gros  kystes  peuvent  avoir  jusqu'à  9""".  A  part  la  diffé- 
rence de  grandeur,  ceux  de  petite  taille  et  ceux  de  grande  taille  semblent 
d'ailleurs  identic[ues  et  ont  les  mêmes  allures,  se  déplaçant  par  un  mouve- 
ment d'ondulation  et  de  reptation  rapide.  Mais  la  succession  des  phéno- 
mènes devient  ensuite  très  différente,  suivant  qu'il  s'agit  de  la  petite  forme 
ou  de  la  grande  forme.  En  effet,  tandis  que  cetle  dernière  est  la  femelle 
adulte,  la  petite  forme  qui  lui  est  pourtant  morphologiquement  si  semblable 
n'est  que  le  dernier  stade  larvaire  du  mâle.  Cette  larve, mâle  gynécoïde, 
après  avoir  erré  pendant  quelque  temps,  s'ensable  ou  se  réfugie  sous  un  abri^ 
et  s'entoure  d'une  coque  filamenteuse  dans  laquelle  elle  s'immobilise,  puis 
se  transforme  en  une  nymphe  pourvue  d'antennes,  de  pattes  et  de  moignons 
alaires,  qui  rejette  en  arrière  d'elle  la  mue  larvaire  formée  par  les  tégu- 

fouisseuses  dirigées  en  avant  et  rapprochées  l'une  de  l'aulre  en  semblant  constituer 
une  sorte  de  rostre.  Moignons  alaires  bien  développés  sous  forme  de  palettes  arrondies 
à  l'extrémité. 

Stades  évolutifs  dk  la  femelle.  —  Lar<,'e  de  premier  stade.  —  Antennes  de  six 
articles,  le  dernier  le  plus  long  et  forlement  renflé  en  massue,  tronqué  obliquement 
du  coté  externe  et  portant  à  ce  niveau  quelques  soies  et  bâtonnets  sensoriels.  Pre- 
mière patle  forte,  bien  plus  courte  que  les  suivantes,  hanche  très  courte,  fémur 
large  et  quadrangulaire  dépassant  en  longueur  l'ensemble  des  articles  suivants,  grille 
amincie  vers  la  base,  élargie  et  excavée  vers  l'extrémité.  Deuxième  et  troisième 
patles  longues  et  grêles  terminées  par  une  longue  grifl'e  falciforme,  mais  faiblement 
incurvée,  mesurant  environ  les  |  du  tarse.  Rostre  bien  développé  avec  labium  placé  en 
avant  d'un  tentorium  large  et  robuste^  soies  rostrales  décrivant  une  longue  boucle  à 
l'intérieur  du  corps.  Deux  très  longues  soies  à  l'extrémité  postérieure  du  corps. 

Larve  du  deuxième  stade.  —  Apode  et  sphérique  d'un  diamètre  de  i™™  à  i'""",  75, 
entourée  d'une  coque  écailleuse  et  nacrée,  enrobée  elle-même  de  sable  agglutiné;  colo- 
ration d'un  marron  plus  ou  moins  foncé  et  cuticule  plus  ou  moins  épaisse,  suivant  le 
degré  d'évolution.  Petit  rostre  conique,  soies  rostrales  longues  et  bien  développées; 
antennes  rudimeqtaires  et  représentées  par  deux  j^eliles  tubercides  portant  plusieurs 
papilles  et  deux  ou  trois  courtes  soies.  Taches  oculaires  d'un  rouge  foncé,  apparentes 
surtout  sur  les  individus  jeunes  à  cuticule  peu  teintée.  Deux  paires  de  très  gros  stig- 
mates thoraciqueset  huit  paires  de  stigmates  abdominaux,  le  diamètre  de  ces  derniers 
diminuant  d'avant  en  arrière  et  le  dernier  voisin  de  l'anus  étant  beaucoup  plus  petit 
que  les  autres.  Sur  la  face  ventrale,  de  chaque  coté,  du  deuxième  au  sixième  segments 
abdominaux,  une  série  de  glandes  cutanées  avec  petits  cercles  chitineux  et  une  glande 
semblable  médiane  un  peu  plus  en  avant.  Sur  la  ligne  médiane  dorsale  et  en  arrière, 
une  série  de  huit  petits  cercles  transparents  au  niveau  desquels  la  cuticule  est  amincie. 
Larve  du  troisième  stade.  —  Stade  très  analogue  au  précédent  dont  il  est  séparé 
par  une  mue,  mais  de  taille  plus  forte,  le  diamètre  pouvant  atteindre  G"'™.  Glandes 
ciripares  des  vestibules  stigmatiques  plus  nombreuses. 


SÉANCE    DU    2/|    AVRIL    1922.  1096 

ments  épaissis  du  stade  précédent.  La  nymphe  se  transforme  ensuite,  proba- 
blement au  moyen  de  deux  mues  successives,  en  Insecte  ailé. 

Le  mâle  adulle,  pourvu  lui-même  de  pattes  fouisseuses,  s'accouple  avec  la 
femelle  beaucoup  plus  volumineuse  (|ue  lui,  tantôt  à  la  surface  du  sol. 
tantôt  à  une  faible  profondeur  "dans  le  sable  (|u'il  déplace  rapidemeni  avec 
ses  g^riffcs  antérieures.  Les  femelles  fécondées  s'ensablent  définitivement 
et,  s'enlourant  d'une  sécrétion  filamenteuse,  pondent  un  amas  d'onifs 
blancs  el  ovoïdes. 

Il  résulle  de  ce  ([ui  précède  que  les  Margarodes  mâles. et  femelles  passent 
identiquement  par  les  trois  formes  adaptatives  suivantes  :  1°  larve  primaire 
hexapode  et  migratrice  destinée  à  gagner  la  plante  nourricière;  2°  larve 
apode  el  kystoïdale  consacrée  à  la  croissance  et  secondairement  adaptée  à 
la  vie  fixée  sur  le  végétal;  3"  forme  hexapode,  astome  et  fouisseuse  d'aspect 
larvaire  mélolonthoïde.  Tandis  que  la  femelle  est  néoténique  et  arrête  son 
évolution  à  cette  forme  larvaire,  le  mâle  conlinue  à  évoluer  pour  arriver 
après  deux  ou  trois  autres  mues  à  la  forme  ailée,  en  réalisant  un  exemple 
remarquable  d'hypermétamorphose. 

L'hypermétamorphose  des  Margarodes  est  caractérisée  d'un  côté  par  le 
trimorphisme  larvaire  qui  vient  d'être  décrit,  d'un  autre  côté  par  deux 
phases  d'arrêt  de  l'activité  extérieure,  qui  permettent  la  constitution  de 
nouveaux  organes  et  l'élimination  de  ceux  qui  deviennent  hors  d'usage 
(pièces  buccales,  etc.),  ces  phénomènes  paraissant  toutefois  se  manifester 
d'une  façon  moins  complète  que  chez  les  Insectes  des  ordres  holometa- 
boles  (').  Le  premier  arrêt  correspond  à  la  fin  du  deuxième  stade,  lors(jue 
l'Insecte  cesse  de  se  nourrir  avec  ses  soies  rostrales  et  qu'à  son  intérieur  va 
se  constituer  la  larve  mélolonthoïde  fouisseuse  d'aspect  extérieur  semblable 
à  la  femelle  adulte.  Cet  arrêt,  au  cours  duquel  l'Insecte  se  trouve  dans  les 
conditions  d'un  véritable  kyste,  se  trouve  aussi  bien  dans  révolution  du 
mâle  que  dans  l'évolution  de  la  femelle  (-)  et  tout  au  moins  chez  certaine?" 
espèces  telles  «pic  Margarodes  rilium,  il  est  susceptible  en  frappant  les  phé- 

(')  Sans  avoir  fait  encore  une  étude  complète  des  pliénomènes  internes  de  la  niéta- 
morpliose  chez  les  Margarodes,  j"ai  pourtant  constaté  par  la  dissection  des  larves 
apodes  (troisième  stade  de  la  femelle)  et  des  femelles  adultes  que  la  destruction  des 
organes  est  beaucoup  moins  grande  que  celle  qui  existerait,  d'après  Giard,  chez  le? 
larves  similaires  (larves-pupes)  du  Margarodes  vitium.  Le  tube  digestif,  en  parti- 
culier, persiste  en  entier,  bien  que  la  bouche  fasse  totalement  défaut  chez  l'adulte. 

(■-)  l^our- la  femelle,  en  raison  d'une  mue  de  croissance  supplémentaire,  il  se  trouve 
toutefois  reporté  à  la  fin  du  troisième  stade, 


1096  ACADÉMIK    DES    SCIENCES. 

nomènes  interne^;  du  métabolisme,  de  se  prolonger  pendant  des  années  sous 
l'influence  de  la  sécheresse  (hypnodie,  anhydrobiose).  Chez  le  Neomarga- 
rodes  Trabuti,  il  m^a  paru  se  confondre  avec  la  période  d'hivernalion. 

Le  deuxième  arrêt  ne  se  rencontrant  que  dans  l'évolution  du  mâle  cor- 
respond à  la  phase  de  nymphose  des  Insectes  holomélaboles,  et  est  néces- 
sité par  la  transformation  de  la  larve  mélolonthoïde  en  Insecle  ailé. 

i'liYSi(^)i  E.    —   Cheminement  capillaire,  diffusion  et  déplacement. 
Note  de  M.  Louis  Lumière. 

Lorsqu'on  dispose  verticalement  une  bande  d'un  tissu  quelconque,  préa- 
lablement mouillé,  de  telle  manière  que  son  extrémité  supérieure  soit  repliée 
et  plonge  dans  une  cuvette  contenant  de  l'eau,  on  constate  bientôt  que  cette 
eau,  qui  forme  une  nappe  apparemment  continue,  chemine  dans  les  inter- 
stices capillaires  que  laissent  les  libres  entre  elles,  pour  venir  linalement  se 
résoudre  en  gouttelettes  à  l'extrémité  inférieure. 

On  réalise  ainsi  une  sorte  de  siphon  présentant  cette  particularité  qu'il  ne 
possède  aucune  enveloppe  extérieure. 

Le  phénomène  se  manifeste  avec  toutes  les  substances  poreuses:  tissus, 
papiers,  etc.,  composés  de  fibres  organiques  ou  minérales  et  avec  tous  les 
liquides  susceptibles  d'en  mouiller  les  éléments  constitutifs. 

Ce  cheminement,  aussi  lent  qu'on  le  désire,  d'une  lame  liquide  sui>ant  sa 
surface,  m'a  semblé  susceptible  de  recevoir  diverses  applications  et  l'expé- 
rience, ainsi  qu'on  le  verra  plus  loin,  a  pleinement  justifié  cette  hypothèse. 

Avant  de  déciire  quelques-unes  de  ces  applications,  je  crois  devoir  expo- 
ser les  résultats  de  mesures  de  \itesses  d'écoulement  qui  permettent  de  pré- 
ciser, dans  de  certaines  limites,  les  conditions  de  fonctionnement  de  cette 
sorte  de  siphon. 

11  convient  de  remarquer  que  la  nature,  la  finesse  et  le  degré  de  serrage 
des  fibres  du  support  ainsi  que  la  densité,  la  viscosité  et  la  tension  super- 
ficielle du  liquide  considérés  exercent  une  grande  influence  sur  la  vitesse 
d'écoulement  qui  est  toujours  très  faible  par  rapport  à  celle  qui  correspon- 
drait à  la  chute  libre. 

Le  Tableau  suivant  donne  les  volumes  débités  par  minute  et  par  centi- 
mètre de  largeur  ainsi  que  les  vitesses  linéaires  de  cheminement  en  centi- 
mètre par  minute,  pour  diverses  hauteurs  de  chute,  dans  le  cas  d'un  tissu 
de  coton  croisé  particulièrement  intéressant  et  dans  celui  d'un  papier 
buvard  épais,  le  liquide  employé  étant  de  l'eau. 


SÉANCE    DU    24    AVRIL    1922. 


1097 


Hauteurs  de  cliulc 
en  centimclres. 


io 
'20 
40 


Volume  déliilé  en  cm- 

par  miiiule  Vitesse  linéaire 

el  par  eenliinélre  de  lar?,'cur.         en  centimètres  pur  minute. 

Tissu  de  coton  croisé. 
Épaisseur  apparente  à  sec  =  o™™, 4. 


0,045 
o ,  0.57 
o ,  06 1 
0,061 


i 
1 .3 

1.4'. 


Papief  buvard. 
Epaisseur  apparente  à  sec  =:o™™,3  ('). 


1,0 
3 

6 


o ,  02 

0,026 

0,026 

o  .  •>,26 


0,23 
0,33 
0,33 
0,33 


Fta.l 


1.5  ^ 

<^   1.4-  .. 
1  1.3  L. 

2-1  1 

-!-  -4- 

..^..^-,..^-...---,--r ^— ,_--_^--,--. 

-H^  1     J 

!      1      1 

î  0.9 

"3    OÔ 

'   1   1 

--+— 1 — ; 

^  0.7    . 

1  0.5  . 
•2  04    i 

'    1    i    '    i    '  J    J    i    '    '    !    '    1    '>- 

r  '  '  ■  T  ''  !  !  '  'T '^  r  '  '  1 

-l-  i — 1 

r-;--i--r-:— j-  1    r"!"':'""';'  1   !"  !"•" 

!      !      '      !      !      !      1      {     L     1      i.    J   -i   -•-   -1-   1- 

^.-1 X-..\ 

— .  0.5   ! 
SJ  0  2 

/"'^if>i^FK4i^T-r-;'"'"rtrt-r"L"Tv 

i~~\     1 

Jo'.i    ' 

"2' 4' 

_1_-.1.-J-_L-J-- J--J_i i-_L l_--l_-i-_l._J_— '.  _ 

6  ô  10                  20                 30 

^40"'" 

Hauteurs  de  chute  en  cm 

La  figure  i  traduit  ces  résultats  sous  forme  de  courbes  qui  montrent  que 
la  vitesse  d'écoulement  tend  à  devenir  constante  à  partir  d'une  hauteur  de 
chute  très  faible  qui  est,  pratiquement,  de  20'^'°  pour  le  lissu  et  de  3''^  seu- 
lement pour  le  papier  bu>ard  employés. 

H  ny  aura  donc  aucun  intérêt  à  dépasser  ces  valeurs,  lorsqu'on  utilisera 
ces  substances  coaime  supports  de  la  lame  liquide. 


C)  L'épaisseur  apparente  augmente  beaucoup  par  l'effet  du  mouillage  dans  le  cas 
du  papier  buvard  qui  subit  une  sorte  de  i^ontlement. 


1098 


ACADEMIE   DES   SCIENCES. 


^/? 


Les  vitesses  correspondantes  en  chute  libre  [\=\i2g'/ij  seraient  res- 
pectivement de  igS*^""  ei  'j(j'^°^  par  seconde,  c'est-à-dire  836G  et  i38i8  fois 
plus  grandes. 

Applications.  —  i"  Klimifialion  des  sels  sohiblcs  retenus  par  la  couche  de 
gélatine  des  plaques  photographiques  au  cours  des  manipulations.  —  La 
première  tentative  d'utilisation  se  rapporte  au  lavage  des  phototypes  sur 
verre  au  sorlir  du  bain  de  fixage. 

J'ai,  dans  ce  but,  conslruil  le  dispositif  très  simple  représenté  par  la 
figure  2. 


A    C 


k^mmikmmmm 


\\'\^\^W\\^\\3 


Pg.2 


Fi0.5 


Une  cuvette  métallique  A  présentant  en  B  un  recouvrement  est  divisée 
en  deux  parties  par  la  paroi  incurvée  C  afin  de  constituer  un  petit  réservoir. 
Le  fond  de  la  cuvette  suppoi'le  une  lame  de  verre  D  et  une  bande  de  tissu 
de  coton  E,  assez  longue  pour  plonger  jusqu'au  fond  du  réservoir,  est  appli- 
quée sur  toute  la  surface,  comme  le  montre  la  figure.  Enfin  une  tubulure  G 
permet  le  vidage. 

Pour  utiliser  l'appareil,  on  remplit  d'eau  le  réservoir,  puis  on  applique  le 
phototype  à  laver  F,  la  couche  de  gélatine  en  contact  avec  le  tissu  que  l'on 
a  pris  soin  de  mouiller  préalablement  sur  toute  sa  surface.  Il  convient  aussi 
de  laisser  une  mince  couche  d'eau  sur  le  fond  de  la  cuvette  avant  d'y  placer 
la  plaque,  afin  d'éviter  l'interposition  de  bulles  d'air.  On  relève  ensuite 
l'appareil,  comme  le  montre  la  figure  3.  La  petite  quantité  d'eau  laissée, 


SÉANCE  DU  24  AVRIL  1922.  1099 

ainsi  qu'il  vieni  d'êire  dit,  s'écoule  par  la  tubuluif  G  et  la  plaque  se  main- 
tient en  place  sous  raclion  de  la  pression  atmosphérique  ('). 

L'eau  du  réservoir,  siphonnée  par  le  tissu,  chemine  lentement  en  une 
nappe  mince  qui,  par  diffusion,  se  charge  de  sels  retenus  par  la  couche  de 
gélatine  etl'on  constate  que,  dans  le  cas  d'une  plaque  Q*""  X  i2*="'(S  =  io8c-), 
l'élimination  des  sels  est  pratiquement  complète  après  12  à  i5  minutes,  la 
consommation  d'eau  atteignant  à  peine  '3o""'. 

La  possibilité  d'effectuer  le  lavage  avec  une  quantité  d'eau  aussi  faible 
permettra,  par  l'addition  de  quelques  minimes  fragments  de  glace  dans  le 
réservoir,  d'opérer  à  basse  température  et  d'éviter  les  accidents  fréquem- 
ment observés  pendant  l'été. 

Il  est  facile  de  se  rendre  compte,  de  visu,  du  fonctionnement  du  dispo- 
sitif en  plaçant  dans  la  cuvette  une  plaque  de  verre  recouverte  de  gélatine 
que  l'on  imprègne  d'un  liquide  coloré  n'exerçant  pas  d'action  sur  la  géla- 
tine. Une  solution  concentrée  de  K-Cr-0^  est  dans  ce  cas.  Après  avoir 
relevé  la  cuvette  ainsi  qu'il  est  exposé  plus  haut,  on  voit  s'effectuer  pro- 
gressivement la  décoloration,  et  celle-ci  devient  complète  en  moins  d'un 
quart  d'heure. 

2"  Lavage  des précipilés.  —  A  la  suite  de  nombreuses  expériences,  je  me 
suis  arrêté  au  dispositif  suivant,  qui  me  semble  répondre  à  tous  les  desi- 
derata. 

Sur  une  plaque  de  glace  plane  A  (fig\  4),  on  place  une  bande  B  de  tissu 
de  coton  croisé  par  exemple,  préalablement  mouillé,  dépassant  l'extrémité 
de  la  glace  d'une  longueur  de  20*^°'environ,  qu'on  laisse  pendre  verticalement 
comme  le  montre  la  figure.  On  pose  ensuite  sur  ce  tissu,  en  appuyant  un  peu, 
une  sorte  de  cadre  G  {fig.  5)  en  ébonite,  verre  ou  porcelaine,  de  S""™  à  10°"" 
d'épaisseur  ou  plus,  même.  L'ensemble  constitue  une  cuvette  dont  le  fond 
est  tapissé  par  le  tissu  B  et  dans  laquelle  on  verse  le  liquide  contenant  le 
précipité,  puis  on  étale  sur  le  cadre  une  deuxième  bande  de  tissu  D  dont 
une  extrémité  plonge  dans  la  cuvette  E  contenant  le  liquide  de  lavage.  Le 
niveau  de  celui-ci,  maintenu  constant  à  l'aide  d'un  flacon  de  Mariotte,  doit 
être  à  1''"  au-dessous  du  bord  de  ladite  cuvette  et  à  2^™  ou  3^""  au-dessus  du 
plan  de  la  surface  supérieure  du  cadre.  On  fera  varier  ces  hauteurs  avec  la 
nature  et  l'épaisseur  du  support  de  la  lame  liquide  de  façon  que  la  quantité 
de  liquide  apportée  en  D  ne  soit  jamais  supérieure  à  celle  entraînée  en  B. 


('j  Celle-ci  leiid  à  provoquer,  à  la  surlace  de  la  couclie.  lempreinle  permanente 
des  fibres  du  tissu.  On  évitera  cette  allération  superficielle  en  faisant  usai^e  d'un  bain 
de  fixai;e  aluné  qui  durcira  la  gélatine. 


IIOO 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


h^iiljn,  on  mel  en  place  la  plaque  de  glace  F  (dépolie  pour  l'aciliter  le  mouil- 
lage de  sa  surface),  en  évitant,  autant  que  possilde,  d'emprisonner  de  l'air. 
Le  précipité  se  trouve  ainsi  logé  dans  une  cellule  fermée  et  qui  e^t  tra- 
versée de  haut  en  bas  par  un  courant  très  lent  provoqué  par  la  succion  qui 
s'exerce  du   l'ait  du  cheminement  du  liquide  dans  la  bande  B.  Le  liquide 


D   C        F     A       B 


^^_  l?^^.wi%I^^M^ 


F,è.4 


venant  de  D  se  substitue  petit  à  [)elil,  dans  la  masse  du  précipité,  à  la  solu- 
tion qui  contenait  les  sels  solubles  à  éliminer  et,  lors(|u"il  s'est  ('COulé  un 
volume  corresjiondant  à  deux  fois  environ  la  capacité  de  la  cellule,  le  lavage 
est  pratiquement  complet. 

Il  ne  resie  plus  qu'à  retirer  la  glace  1^"  el  le  tissu  I)  pour  permettre  Tesso- 
rage  du  précipité,  le  li<|uid(^  qui  l'imprègne  étant  asj)iré  assez  énergique- 
ment  jjar  la  nappe  li.  Après  (pielques  inslants,  on  enlève  le  cadre  C  et  Ton 
peut  recueillir  facilement  ce  précipité  sous  forme  d'une  pâte  épaisse. 

Le  volume  de  liquide  consommé  ainsi  que  la  durée  de  l'opération 
varient,  naturel lemenl,  avec  la  nature  du  précipité,  l'épaisseur  et  la  p«^r- 
méabilité  du  tissu  et  la  hauteur  de  chute  adoptées. 

A  titre  d'indication,  une  cellule  de  5""  X  5""  el  de  i*'"  de  hauteur, 
soit  ^T)""  ,  |)ermet,  au  moyen  du  tissu  de  coton  croisé  signalé  précédemment, 
d'obtenir  en  i  heure  et  demi(>  le. lavage  complet  du  préci])ité  remplissanl 
ladite  cellule  et  ce,  avec  une  consommation  d'eau  de  5o""'  environ. 

On  suivia  la  marche  de  l'opération  soit  en  efTectuant  une  réaction  de 
contrôle  sur  le  licpiide  qui  s'écoule  à  l'extrémité  inférieure  de  la  bande  ]>, 
soit  en   faisant  des   touches  sur  le  tissu,  au  sorlir  de  la  cellule,  avec  une 


SÉANCE    DU    24   AVKII.    I922.  iioi 

solution  susceptible  de  donner  une  réaction  colorée,  lors({u'une  telle  réaction 
sera  possible. 

3"  Obtention  d'extraits.  — •  Le  dispositif  représenté  {Jig.  4)  est  également 
applicable  à  l'extraction,  par  un  solvant  approprié,  de  substances  solubles 
accompag-nant  une  matière  solide  quelconque.  Il  convient  de  remarquer 
que  celle-ci  peut  être  préalablement  réduite  en  poudre  très  fine,  ce  qui 
facilitera  l'extraction  sans  présenter  l'inconvénient  de  troubler  la  solution 
recueillie,  le  cheminement  du  liquide  dans  les  interstices  capillaires  de  la 
bande  B  assurani  une  excellente  filtra tion. 

On  réglera  la  durée  de  contact  par  le  choix  du  tissu  ou  du  papier  employé 
ainsi  que  par  la  hauteur  de  chute,  c'est-à-dire  la  longueur  de  la  bande  B. 

Les  quelques  exemples  qui  précèdent  .montrent  l'intérêt  économique  de 
la  méthode. 

Celle-ci  est  facilement  applicable  à  des  opérations  industrielles  à  l'aide 
d'un  matériel  très  simple,  qu'il  suffira  de  modifier  pour  l'adapter  à  cha(|ue 
cas  particulier. 

Le  Prince  Ho.naparte  fait  hommage  à  l'Académie  du  12'  fascicule  de  ses 
Notes  Ptéridologique.s,  qu'il  vient  de  publier  et  qui  contient  un  Mémoire  de 
M.  Chkistexsen,  consacré  à  l'étude  d'un  groupe  de  fougères  d'Afrique,  dit 
Microgonium.  Sur  les  9  espèces  et  3  variétés  étudiées,  6  sont  nouvelles, 
ainsi  que  les  3  variétés;  3o  figures  accompagnent  les  descriptions.  Les 
échantillons  ont  été  récoltés  à  Madagascar  par  un  sagace  collecteur 
M.   H.  Perrier  de  la  Bathie. 


CORRESPOIVD  ANCE . 

M.   René   Baire,  élu   Correspondant  pour  la  Section    de  Géométrie, 
adresse  des  remercîments  à  l'Académie. 

GÉOMÉTRIE.  —  Sur  les  surf  aces  cerclées.  Note  (')  de  M.  E.  Vessiot. 

l.   Invariants  différentiels  d\ine  surface  cerclée.  —  J'ai  défini  précédem- 
ment, pour  chaque  cercle  générateur  d'une  surface  cerclée,  deux  sphères 


(')  Séance  du  10  avril  1922. 


IÎ02  ACADEMIE   DES   SCIENCES. 

centrales  et  leurs  adjointes,  et  associé  à  ce  cercle  le  pentasphère  ortho- 
gonal Il  constitué  par  ces  quatre  sphères  et  par  la  sphère  orthogonale  au 
cercle  générateur  et  au  cercle  infiniment  voisin.  J'ai  de  plus  introduit 
deux  variables  à  caractère  invariant,  dont  Tune,  0,  définit  les  points  d'un 
même  cercle  générateur;  et  dont  l'autre,  a,  qui  a  pour  différentielle  l'angle 
d'un  cercle  générateur  avec  le  cercle  infiniment  voisin,  définit  les  cercles  de 
la  surface.  L'étude  de  la  variation  du  pentasphère  II,  quand  la  valeur  corres- 
pondante de  !7  varie,  conduit  aux  invariants  difTérentiels  fondamentaux  de 
la  surface. 

Pour  le  monlrer,  introduisons  des  coordonnées  pentasphériques  et  des 
notations  vectorielles  :  toute  splière  c,  de  coordonnées  c^,  c.,^  . ..,  c»,  équi- 
vaudra à  un  vecteur  c,  de  composantes  c,,  c^,  . . .,  c^,  et  l'on  supposera 

/. 
le  cosinus  de   l'angle   de  deux  sphères  c  et  c   sera  égal  au  produit  sca- 
laire cc'=  Vc//4-  Si  ces  sphères  varient  d'une  manière  continue, 

dc'-:=z  7  dc'j. 
k 

est  le  carré  de  l'angle  de  c  avec  la  sphère  infiniment  voisine.  Si  c  et  c'  sont 
orthogonales,  c' de  =  ^c'/J^^k  est  le  complément  de  l'angle  que  fait  avec  c' 


la  sphère  infiniment  voisine  de  e.  C'est  ce  qu'on  peut  appeler,  pour  faciliter 
le  langage,  la  rotation  propre  (infinitésimale)  du  couple  (c,  c');  car,  dans  le 
cas  où  les  sphères  deviennent  des  plans,  cet  élément  est  égal  à  la  projection 
orthogonale  de  la  rotation  infinitésimale  (euclidienne)  du  dièdre  qu'ils 
forment  sur  l'arête  de  ce  dièdre. 

Soient  donc  p,  p'  les  sphères  centi'ales,  q,  (f  leurs  adjointes,  /•  la  sphère 
orthogonale.  La  variation  infinitésimale  du  pentasphère  II  est  définie  par  un 
système  différentiel  (analogue  à  celui  que  donnent  les  formules  de  Serret- 
Frenet),  qui  s'écrit,  sous  forme  vectorielle, 

i  ^P  I  ,^^  dp'  ,    ■     ,  ,>  dr  ,,  ,  ,,, 

I         -j^=—pcosA-^(/Q-i-/-l\,  -X  3=  — />'sii!/.— 7yO  + /H'. 

L'invariant  A,  du  premier  ordre,  a  été  défini  dans  ma  première  Note;  les 


SÉANCE   DU    24    AVRIL    I922.  I  Io3 

invariants  P,  Q,  R,  R',  du  second  ordre,  sont  les  vitesses  de  rotation  propre 
(relatives  à  g)  des  couples  (p,  p'),  (q,  q'  )^  (^q,  r),  (q,  r). 

Tous  les  invariants  différentiels  de  la  surface  s'expriment  au  moyen  des 
invariants  fondamentaux  {')  k,  P.  Q,  R,  R'  et  de  leurs  dérivées  successives 
par  rapport  à  a\  et  les  formules  qui  donnent  ces  cinq  invariants  en  fonction 
de  1  sont  les  équations  intrinsèques  de  la  surface  (S).  Ce  sont  là  des  consé- 
quences immédiates  de  l'existence  du  système.  Les  surfaces  qui  corres- 
pondent à  un  même  système  d'équations  intrinsèques  (égales  entre  elles  au 
point  de  vue  conforme)  sont  fournies  par  Fintégration  de  ce  système. 

Ce  système  (S  )  est  un  système  de  Lie,  dont  le  groupe  associé  est  le  groupe 
orthogonal  à  cinq  variables;  on  peut  en  ramener  l'intégration  à  celle  d'un 
système  de  Lie  d'ordre  3,  dont  le  groupe  associé  est  le  groupe  projectif  d'un 
complexe  linéaire.  Dans  le  cas  R  —  R'=  o,  où  les  cercles  générateurs  sont 
orthogonaux  à  une  sphère  fixe,  le  système  (S)  se  réduit  à  un  système 
d'ordre  4»  dont  le  groupe  associé  est  le  groupe  orthogonal  à  quatre  varia- 
bles, et  l'intégration  se  ramène  à  celle  de  deux  équations  de  Riccati  (-). 

2.  Géométrie  sur  une  surface  cerclée.  —  Un  point  m  de  la  surface  étant 
défini  par  ses  coordonnées  curvilignes  1.  0,  ses  coordonnées  pentasphé- 
riques  sont  données  par  la  formule  vectorielle 

/)i  ^z  r  iq  sinO -h  t'q' coi  6, 

et  la  sphère  c  passant  par  le  cercle  générateur,  qui  est  tangente  à  la  surface 
en  ce  point,  est 

p  co?  9  sin  k  -+-  /y  sin  î/cos/ 

avec 

Iv-=  cos-6' sin^  A" -I- sin-^»  cos-X'. 

Toute  la  géométrie  sur  la  surface  est  fondée  sur  les  deux  formes  quadra- 
tiques différentielles  d/n-  et  dmdv.  dont  les  expressions  sont,  en  fonction  des 
invariants, 

dm  -  =  —  Z  -  —  K  -  d'y- , 

avec 

Z  =  11  ^0-  +  6^5,         H  =  O  —  i\\  cos  0  —  /R'  sin  ^. 

dm  dv  =  ——  (  3  sin  /.•  cos  AZ  d^  .-+-  L  d^-). 

(')  Ln  autre  système  d'invariants  fondamentaux,  mais  peu  maniable,  a  été  calculé 
par  intégration,  au  moyen  des  méthodes  de  Lie,  par  M.  Basserve,  dans  sa  thèse 
(  Pari-s,  191.5). 

(.-)  J'ai  étude  ces  questions  d'intégration  dans  une  \ote  des  Comptes  rendus 
(  8  février  iqug). 


IIo4  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

avec 

L  -=  K-P  —  Il  sin  A  cos/.  —  —  sinô  cosô, 

da 

La  forme  dm}  est  proportionnelle  au  ds'-  de  la  géométrie  euclidienne, 
qu'elle  remplace  pour  les  relations  angulaires;  en  particulier,  Z  =  o  est 
l'équation  différentielle  des  Irajecloires  orthoij^onales  des  cercles  générateurs. 

La  forme  dmdv  s'introduit  dans  la  thc'orie  de  la  courbure  :  la  formule 
vectorielle 

dm  dv 

ir:_  p/«  -(-  C.  ou  p-=—  — } — ^r-' 

délinit  la  sphère  de  courbe  normale  h",  c  est-à-dire  celle  qui  passe  en  m  et  a 
pour  centre  le  centre  de  courbure  normale  de  la  courbe  considérée. 

La  formule  qui  donne,  d'une  manière  analogue,  la  sphère  de  courbure 
gêodésique  (passant  par  m  et  ayant  pour  eeiitre  le  centre  de  courbure  géodé- 
sique  de  la  courbe)  ne  fait  intervenir  que  les  coeflicients  de  dm"^  et  leurs 
dérivées.  Elle  se  rattacbe  à  l'équation  des  géodésiques  de  l'élément  dm'. 

Le  faisceau  des  sphères  dm  remplace  les  plans  normaux  de  la  géométrie 
euclidienne;  c'est  ainsi  que  les  géodésiques  du  dm-  sont  les  courbes  qui,  en 
chacun  de  leurs  points,  ont  un  contact  commun  du  second  ordre  avec  une 
de  ces  sphères. 

L'équalion  différentielle  des  lignes  de  courbure  esl 

sin  k  cos  /,(  Z,'' —  K  -  da''  )  -i-  LZ  t/a  =  <>. 

Le  premier  membre  est  le  numérateur  de  l'expression  (dds,  où  (■)  est  la  tor- 
sion gêodésique;  le  dénominateur  est  «K*  sjdm^. 

Cet  élément  %ds  est,  pour  toute  surface,  un  invariant  conforme,  car  c'est 
la  rotation  propre  (infinitésimale)  du  couple  orthogonal  formé  par  la  sphère 
de  courbure  normale  et  la  sphère  de  courbure  gêodésique. 


GÉOMÉTRIE.  —  Sur  les  équations  de  slruclure  des  espaces  généralisés  et 
l'expression  analytique  du  tenseur  d'Einstein.  Note  de  M.  E.  Cartan, 
présentée  par  M.  Hadamard. 

Dans  quatre  JNotes  récentes  ('),  j'ai  indiqué  comment  on  pouvait  étendre 
la  notion  habituelle  d'espace  courbe.  Dans  le  langage  des  géomètres 
modernes,  l'expression  «  espace  euclidien  »  désigne  un  réceptacle  de  corps 

(')  Coniples  rendus,  l.  17Y,  p.  43;,  SqS,  73/1  el  807. 


SÉANCE  DU  24  AVRIL  1922.  IIo5 

dits  rigides,  dont  les  déplacements  forment  un  certain  groupe;  un  des  o-lé- 
ments  essentiels  de  ce  groupe  est  sa  structure:  c'esl  la  loi  de  composition  des 
déplacements.  L'espace  non  euclidien  de  Lobatschefsky  est  de  môme  carac- 
térisé par  un  groupe,  mais  de  structure  difierente.  Si  Ton  considère  main- 
tenant une  surface  plongée  dans  l'espace  euclidien,  c'est  un  conlinuum  à 
deux  dimensions  sur  lequel  il  n'existe  plus  de  déplacements  de  corps  rigides 
(à  deux  dimensions);  néanmoins,  il  est  resté  à  ce  continuum  une  partie, 
mais  une  partie  seulement,  des  propriélés  infinitésimales  de  l'espace  eucli- 
dien :  on  peut  définir  la  distance  de  deux  points  infiniment  voisins  et  l'angle 
de  deux  directions  issues  d'un  même  point.  En  passant  de  l'espace  eucli- 
dien à  la  surface,  la  notion  d'espace,  considéré  comme  support  de  déplace- 
ments se  combinant  suivant  certaines  lois,  s'est  donc  appauvrie  et  il  reste 
trace  de  cet  appauvrissement  dans  la  notion  habituelle   d'espace  courbe. 

M.  Levi-Cività,  en  définissant  le  transport  par  parallélisme  dans  une 
variété  de  ds'-  donné,  a,  au  fond,  donné  un  sens  à  l'expression  «  translation 
infiniment  petite  »,  permettant  ainsi  de  regarder  la  variété  comme  un 
espace,  c'est-à-dire  un  support  de  déplacements  (infiniment  petits);  seule- 
ment ces  déplacements  n'engendrent  plus  un  groupe.  Si  maintenant  on 
définit  ces  déplacements  de  la  manière  la  plus  générale  possible,  le  ds'-  n'en- 
ferme plus  toute  la  réalité  géométrique  de  V espace.  Analytiquement,  dans  l'un 
et  l'autre  cas,  on  peut  définir  l'espace  par  ses  équations  de  structure. 

La  structure  de  l'espace  euclidien,  c'est  la  structure  du  groupe  des  dépla- 
cements euclidiens.  Du  point  de  vue  de  S.  Lie,  elle  s'obtient  par  la  consi- 
dération des  transformations  infinitésimales  du  groupe.  Le  point  de  vue 
que  j'ai  introduit  dans  la  théorie  des  groupes  continus  est  différent  et  peut 
être  présenté  ici  géométriquement.  Imaginons  l'ensemble  de  tous  les 
trièdres  trirectangles  qui  dépendent  de  six  paramètres  a?,,  ...,  ^«j  ^oi^t 
les  trois  premiers  .-r,,  x^,  x^  seront  les  coordonnées  (cartésiennes  ou 
curvilignes)  de  l'origine.  On  peut  passer  d'un  de  ces  trièdres  (T)  à  un 
trièdre  infiniment  voisin  (T')  par  un  déplacement  infiniment  petit,  réduc- 
tible à  une  translation  et  une  rotation.  Les  composantes  w,,  w^,  w^,  suivant 
les  axes  du  trièdre  (T),  de  cette  translation,  et  les  composantes 


(023=:  —  «3-2)  '^Hi ^131 


suivant  les  mêmes  axes,  de  la  rotation  sont,  les  trois  premières,  linéaires 
en  dx^,  dx._,dx^,  les  trois  dernières  linéaires  en  dx^,  ...,  dx^,  les  coeffi- 
cients des  difierentielles  dépendant  eux-mêmes  des  six  variables  X:.  Les 
expressions  de  Pfaff  w,,  to,y  ne  sont  pas  arbitraires;  elles  satisfont  aux  rela- 

C.  R.,  1922.  i"  Semestre.  (T.  174,  N"  17.)  79 


IIo6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

tions  classiques   relatives  aux  déplacements  à   plusieurs  paramètres  ('), 
qu'on  peut  condenser  sous  la  forme  suivante  : 


d(tf; 


;2(«A<  -'4<)^        di^j-of.^!j=^{<^!,<4,~<J;,^!^j), 


(r/,  (5,  symboles  de  différentiation)  ou,  plus  simplement  encore, 

/.  Â- 

Ce  sont  les  équations  de  structure  de  Tespace  euclidien. 

Ces  équations  peuvent  être  interprétées  géométriquement.  Imaginons  un 
contour  fermé  (C)  et  une  surface  (S)  limitée  par  ce  contour.  Attachons, 
suivant  une  loi  arbitraire,  à  chaque  point  de  (S)  un  trièdre  trirectangle  (T) 
dépendant  ainsi  de  deux  paramètres.  On  a  alors,  d'après  (i). 


(2) 


a  première  formule  par  exemple  indique  comment,  au  moyen  d'une  inté- 
grale de  surface  ne  faisant  intervenir  que  les  composantes  du  déplacement 
instantané  à  deux  paramètres  du  trièdre  (T),  on  peut  calculer  l'intégrale  de 
la  composante  w,,  suivant  l'axe  des  ^  mobile,  de  la  translation  instantanée 
du  trièdre  (T);  la  structure  de  l'espace  est  définie  par  la  loi  suivant  laquelle 
interviennent^  dans  les  intégrales  de  surface^  les  composantes  du  déplacement 
instantané.  Il  y  a  groupe  parce  qu  Un'' y  a  que  des  coefficients  constants. 

Cela  posé,  dans  un  espace  euclidien  déformé.,  on  aura,  pour  les  compo- 
santes co^,  w,y,  des  déplacements  infiniment  petits,  des  formules  analogues 
à  (i),  mais  non  identiques.  Elles  sont  modifiées  par  l'adjonction  de  termes 
complémentaires,  qui  traduiront  la  divergence  entre  l'espace  considéré 
et  l'espace  euclidien.  Les  équations  de  structure  prendront  la  forme 

( ' ')  ^' =2  1^ ^'''  ^^'"'^   ^  ^"         ''^'/ =2  ^ ''''■''  ^*^' ^  ^  ^'^' 

OÙ  les  il,  et  les  O^y  sont  des  éléments  d'intégrales  doubles  : 


(')  Dakboux,  Théorie  des  surfaces^  t.  I,  p.  ^9  et  ÇiO». 


SÉANCE    DU    24   AVRIL    1922.  1 107 

Ce  sont  les  composantes  d'une  translation  et  d'une  rotation  infiniment 
petites  associées  à  un  élément  arbitraire  à  deux  dimensions  de  l'espace;  les 
12,  définissent  la  torsion,  les  li/,  la  courbure  de  l'espace.  Si  le  ds-  est  donné, 
la  loi  de  parallélisme  de  M.  Levi-Civila  s'obtient  en  le  décomposant  de  la 
manière  la  plus  générale  possible  en  une  somme  de  carrés  Zoj/  et  en  déter- 
minant les  Wjy=  —  (Oy,,  ce  qui  est  toujours  possible  d'une  manière  et  d'une 

seule,  par  les  conditions  oj^.  =  ^[co;t^A/J- 

A- 

Dans  le  cas  général,  la  loi  de  conservation  s'obtient  en  écrivant  que  les 
intégrales  de  surface  des  seconds  membres  de  (2),  étendues  à  une  surface 
fermée  (S)  limitant  un  volume  (Y),  sont  nulles,  ce  qui  donne 


(3; 


Si  l'espace  est  sans  torsion,  les  seconds  membres  des  trois  premières  for- 
mules sont  nulles  :  cela  exprime  la  loi  de  symétrie  du  tenseur  courbure. 

Dans  l'Univers  d'Einstein,  supposé  sans  torsion,  le  vecteur  qui  repré- 
sente la  quantité  de  mouvement  et  l'énergie  a  pour  composantes 

(4)  n,  =  (o,o,-,+ «,-%■  + oj/<v      (*■  =  !,  2.  3,  4), 

les  indices  i,  y,  /•,  /  formant  une  permutation  paire  des  indices  i,  2,  3,  4-  ^f 
est  remarquable  qu'elles  ne  font  pas  intervenir  explicitement  les  coefficients  k^ 
{symboles  de  Riemann-Christoff'el)  des  formes  Û,^.  F^a  loi  de  conservation  de 
la  quantité  de  mouvement  et  de  l'énergie  se  traduit  par  les  formules 

où  les  intégrales  des  seconds  membres  sont  étendues  à  un  domaine  quel- 
conque à  quatre  dimensions  de  l'Univers,  les  intégrales  des  premiers 
membres  au  domaine  fermé  à  trois  dimensions  limitant  le  premier. 

On  conçoit  que  ce  qui  a  été  fait  pour  le  groupe  euclidien,  dont  les  équa- 
tions de  structure  (i)  sont  déformées  en  (i'),  peut  se  répéter  pour  n  importe 
quel  groupe,  fini  ou  infini. 


Ilo8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  la  formule  d'interpolation  de  Newton. 

Note  (')  de  M.  .\.-E.  IVouLUM). 

Newton  a  fait  remarquer  qu'or»  peut  souvent  représenter  une  fonction 
^{z)  dont  on  connaît  les  valeurs  dans  les  points  -  =  to,  2co,  3oj,  ...  par  une 
série  de  la  forme 

(i)  3{z)=^a,{z.       r„)(..  —  o.,,j).  ..(c-.vc)), 

OÙ  les  coefficients  <7^  ne  dépendent  pas  de  :;.  Cette  série  a  été  étudiée  par 
MM.  Jensen,  Bcndixson,  Pincherle,  Landau  etCarIson.  Soit  w  un  nombre 
positif  et  posons  z  =^  a  +  i'z.  On  sait  que  le  domaine  de  convergence  de  la 
série  est  un  demi-plan,  limité  à  gauche  par  une  droite  parallèle  à  l'axe  ima- 
ginaire. Il  existe  donc  un  nombre  réel  X  tel  que  la  série  converge  si  cr  >  A, 
et  diverge  si  g-<  A.  L'abscisse  de  convergence  1  =  A(w)  dépend  du  nombre 
positif  to.  Dans  une  Note  précédente  (-),  j'ai  étudié  la  formule  d'interpola- 
tion de  Stirling.  f^e  calculateur  préfère,  en  général,  se  servir  de  la  formule 
de  Stirling  parce  que  les  premiers  termes  de  cette  formule  donnent  une 
meilleure  approximation  que  les  premiers  termes  de  la  formule  de  Newton. 
On  pourrait  donc  être  tenté  de  croire  que  la  convergence  de  la  série  de 
Newton  devrait  entraîner  la  convergence  de  la  série  de  Stirling.  Mais  il 
n'en  est  rien.  La  série  de  Newton  converge  dans  des  cas  beaucoup  plus 
étendus  que  ne  le  fait  la  série  d'interpolation  de  Stirling.  On  démontre  que 
la  condition  nécessaire  et  suffisante  pour  (ju'une  fonction  .^(r-)^e représente 
par  la  série  (i),  c'est  qu'elle  soit  analytique  et  holomorphe  dans  un  certain 
demi-plan  a  >-  A  et  y  satisfasse  à  une  inégalité  de  la  forme 

/:  étant  un  nombre  positif.  Au  sujet  de  la  série  de  Newlon,  le  problème  sui- 
vant se  pose  :  De  quelle  manière  le  domaine  de  convergence  dépend-il  de  la 
série  des  propriétés  analytiques  de  la  fonction  qu'elle  représente?  Pour  le 
voir,  considérons  la  fonction  ^(z)  sur  une  droite  parallèle  à  l'axe  imaginaire 
et  passant  par  le  point  cr.  En  prenant  <7  suffisamment  grand,  on  sait  trouver 

(')  Séance  (lu  3  m  ril  \()i>.. 

(■-)    Comptes  rendus,  l.  17'i-,   1922,  p.  919. 


SÉANCE  DU  24  AVRIL  I922.  I  1 09 

un  nombre  positif  /•  tel  que 

Soit  ï  la  borne  inférieure  des  nombres  A  pour  lesquels  cette  équation  est 
satisfaite.  H  =  ^(7)  est  une  fonction  de  cr  qu'il  s'agit  d'étudier.  On  sait 
trouver  un  nombre  réel  a  tel  que,  pour  7  >  7.  4- £,  la  fonction  :^(z)  est 
holomorpbe  et  la  fonction  ^(7)  est  bornée  supérieurement,  pendant  que 
l'une  au  moins  de  ces  conditions  cesse  d'être  satisfaite  pour  a^^a  — £, 
quelque  petit  que  soit  le  nombre  positif  £.  En  tenant  compte  d'un  théorème 
dû  à  MM.  Lindelof  (')  et  l*hragmén,  on  démontre  qu'il  existe  un  nombre 
positif  |î  tel  que,  dans  l'intervalle  a<  '7<  j'i,  la  fonction  ç(7)  est  positive, 
décroissante,  continue  et  convexe  pendant  qu'elle  reste  constante 
pour  (7^  p. 

Cela  posé,  on  démontre  l'existence  d'un  nombre  positif  gj,  tel  que  le 
développement  (1)  subsiste  pour  o<a)<w,,  mais  non  pour  oj>a),. 
Considérons  maintenant  l'équation 

A  la  valeur  w,  de  oj  cette  équation  fait  correspondre  une  certaine 
valeur  y  de  œ.  On  aura  a<Y<[3.  Quand  a  décroît  et  tend  vers  a,  la  fonc- 
tion E(crj  tendra  vers  une  limite  linie,  soit  ^o>  ou  elle  augmente  indéfini- 
ment. Posons  dans  le  premier  cas 

et  dans  le  second  cas 

030  =  O. 

A  chaque  valeur  de  co  dans  l'intervalle  oJo<oj<co,  l'équation  (2)  fait 
correspondre  une  et  une  seule  valeur  de  u  dans  l'intervalle  </.<^G<^y. 
Cette  valeur  de  1  est  égale  à  l'abscisse  de  convergence  À(co)  de  la  série  (+V 
La  fonction  X(a))  est  donc  entièrement  déterminée  par  l'équation 

Des  propriétés  de  la  fonction  ^  on  conclut  que  \(m)  est  une  fonclioti 
continue  et  croissante  à  l'intérieur  de  l'intervalle  ajo<fo<a),.  Mais  elle 
est  discontinue  dans  le  point  co, .  On  aura  en  général  A(  co,  )  >  y  et  il  arrive 

(')  Acta  matkenialica,  l.  'i\,  1908,  p.  38(-4o6. 


IIIO  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

que  A(to,)  est  iniinimenl  grande.  Par  conséquent,  quand  w  décroît  en 
partant  du  point  co,,  l'abscisse  de  convergence  A(w)  fait  d'abord  un  saut 
brusque,  puis  elle  décroît  continuellement  jusqu'à  ce  que  w  arrive  dans  le 
point  Wo,  enfin  elle  reste  constante  et  égale  à  a  dans  l'intervalle  o  <C  (j^Schq. 
Si  (Oq  =  o  l'abscisse  de  convergence  décroît  toujours  vers  a  sans  c^tteindre 
cette  limite  pour  aucune  valeur  positive  de  w. 

Considérons,  à  titre  d'exemple,  la  fonction  entière 


OÙ  X  =  -z  Ji.  On  a  ici  a  =  —  oc  et  l'on  démontre  Que  A(  oj  )  = ^• 


GÉOMÉTRIE  INFINITÉSIMALE.'  —  Sur  les  coiTCspondanccs  ponctuelles  de  deux 
surfaces  et  sur  une  classe  de  surfaces  analogues  aux  su7  faces  isothermiques , 
Note  de  M.  Bertrand  Garibier,  présentée  par  M.  Goursat. 

1.  Dans  trois  Notes  précédentes  ('  )  j'ai  étudié,  sur  deux  surfaces  S  et  S,, 
diverses  correspondances  ponctuelles  suggérées  par  les  formes  quadra- 
tiques 2<^/^-,  Zdcdx,  Hdc"^  ou,  si  l'on  préfère,  par  les  trois  réseaux  :  lignes  de 
longueur  nulle,  lignes  asymptotiques,  courbes  de  contact  des  cylindres  cir- 
conscrits à  génératrices  isotropes;  les  lignes  de  courbure  se  conservent  et 
deux  des  trois  réseaux  indiqués  sur  S  se  transforment  en  deux  quelconques 
des  trois  réseaux  de  S,.  Ces  correspondances  exigent  assez  de  conditions 
pour  ne  pouvoir  s'appliquer  à  une  surface  S  quelconque  :  elles  ofl'rent  donc, 
en  compensation,  le  moyen  de  définir  géométriquement  certaines  classes 
de  surfaces  intéressantes.  Dans  le  même  ordre  d'idées,  en  diminuant  le 
nombre  de  conditions,  nous  pourrons  définir  des  classes  plus  générales  de 
surfaces. 

Imaginons,  par  exemple,  une  correspondance  ponctuelle  conservant 
encore  les  lignes  de  courbure,  mais  transformant  un  seul  des  trois  réseaux 
de  S  en  run  quelconque  des  trois  réseaux  de  S,. 

2.  Diverses  combinaisons  étant  possibles,  envisageons  le  cas  où  les  lignes 
de  courbure  et  les  lignes  asymptotiques  de  S  se  transforment  en  les  lignes 
de  même  nom  de  S,  ;  on  néglige,  bien  entendu,  une  similitude  effectuée  soit 
sur  S,  soit  sur  S,  5  w,  ^^  étant  les  paramètres  des  lignes  de  courbure,  S  est 
définie  par  Jldc-  =  a'-da^  -f-  c-dv"^  et  les  rayons  de  courbures  principaux  R, 

(')   Comptes  rendus,  t.  173^,  192 1,  p.  768;  t.  17i,  1922,  p.  523  et  661. 


SÉANCE  DU  24  AVRIL  1922.  II  II 

R';  ^y,,  c,,  R,,  R',  sont  les  éléments  correspondants  de  S,  et  Ton  introduit 
une  fonction  nouvelle  X  telle  que 

(i)  c'R'=la'}{,         c\}{\=la^^Ri. 

La  surface  S  étant  donnée,  a,  c,  A  sont  connues  et  pour  que  la  surface  S, 
existe  il  est  nécessairefejet  suffisant  qu'il  existe  une  solution  (a,,  c,  )  autre 
que  {a,  c)  du  système 

•)  /  i    dc,\         d  f  i    Ocii  \ 
au  V«i   au  J       àv\ci    dv    ' 

'  *     c]         Jouai'  cil    ^'    ou\    c\  J 

c\  \     d-     ,  1    dci    à  /  cj  \  d-     ■      - 

^"^V^"^''  '^c,   au  âv\a]}.)        duOv^ 

Pour  certaines  surfaces  S  convenablement  choisies,  le  système  (2)  admet 
une  solution  (a,,  c^)  distincte  de  («,  c)  dépendant  soit  d'un  nombre  fini  (ou 
nul)  de  constantes  arbitraires,  soit  de  plusieurs  fonctions  arbitraires  d'une 
variable.  Pour  un  couple  solution  (S,  S,  )  la  correspondance  ponctuelle,  en 
général,  est  unique;  elle  peut,  dans  certains  cas,  dépendre  de  un,  deux, 
trois  paramètres  arbitraires. 

A  une  surface  hélicoïdale  ou  spirale  quelconque  correspondent  indiffé- 
remment soit  ce'  surfaces  spirales,  sjoitoo  '  héiicoïdeset,  en  négligeant,  sui- 
vant convention  faite,  le  glissement  d'un  hélicoïde  sur  lui-même  ou  l'auto- 
transformation  par  similitude  de  la  surface  spirale,  la  correspondance 
ponctuelle  est  unique. 

3.  Il  y  a  lieu  de  définir  ici  une  classe  particulière  de  surfaces  parmi  celles 
que  définit  cette  conception  actuelle.  Cette  classe  est  définie  par  une  équa- 
tion unique  aux  dérivées  partielles  du  quatrième  ordre,  identique,  sauf  un 
coefficient  numérique,  à  l'équation  donnée  par  W'eingarten  pour  les  sur- 
faces isothermiques  (voir  Darboux,  Théorie  des  surfaces,  t.  2,  p.  248);  cette 
classe  renferme  en  particulier  les  quadriques,  les  cyclides  de  Dupin,  les 
surfaces  de  révolution,  les  surfaces  minima,  les  surfaces  à  courbure  totale 
constante  (positive  ou  négative);  en  dehors  de  ces  solutions  très  générales, 
j'ai  mis  en  évidence,  par  Tintégration  d'une  équation  différentielle  du  troi- 
sième ordre,  des  surfaces  spirales  à  quatre  paramètres  de  forme.  La  pro- 
priété caractéristique  est  de  pouvoir  ramener  simultanément  les  équations 
des  lignes  de  courbure  et  des  asymptotiques  aux  formes  respectives 

(  3  )  du  dv  :=  o,         .  du-  ±  dv-  =  o. 


I  I  12 


Ac:aDEM1E    DEb    SCIENCES. 


I^e  changement  de  ç  en  iç  permet  de  prendre   indiflerernment  soit  le 
signe  +,  soit  le  signe  — .  Il  est  bien  clair  que  chacune  des  substitutions 


(  //,  r;    /;///' 
(  //,  r;    /nv' 


mv  H-  /^  ); 
mil' -t-  /<)  ; 


mu 

nu' 


mv 
mit' 


n) 


réalise  une  auto-correspondance  du  type  actuel  pour  une  telle  surface,  de 
sorte  que  deux  surfaces  quelconques  de  ce  type  admettent  quatre  co^  cor- 
respondances ponctuelles  de  Tespc'ce  étudiée  dans  cette  Note,  réelles  si  les 
courbures  totales  ont  le  même  signe,  imaginaires  dans  le  cas  contraire. 

Pou,r  former  l'équation  aux  dérivées  partielles  annoncée,  la  surface  est 
définie  comme  enveloppe  du  plan 

(/|)  (a  4-;5)X  +  «(P --a)Y  + (a,5-i)/ -+-ï  =  (), 

où  ^  est  une  fonction  de  a,  ^  dont/),  </,  /-,  ^,  t  sont  les  dérivées  partielles  du 
premier  ou  second  ordre;  on  pose,  pour  abréger, 


(5) 

et  Ton  obtient  l'équation 


(6; 


à 


-  pu 


V  /•  àa      "  . 


\/rt 


/r    à    ,       z. 


\/rt 


^7, 


Si  l'on  supprime  en  tête  le  facteur  2,  on  a  l'équation  des  surfaces  isother- 
miques donnée  par  Weingarten. 

Sur  une  surface  connue  du  type  actuel,  conformément  aux  principes  bien 
connus  de  Sophus  l.ie,  de  simples  quadratures  fournissent  les  lignes  de 
courbure  et  les  lignes  asymptotiques.  En  prenant  la  forme  r///- —  ofc- =  o 
pour  les  asymptotiques,  la  substitulion  //  =  //,  +  (',,,  v  =  u,  —  ^>^,  établit, 
soit  sur  une  seule  surface  S,  soit  d'une  surface  S  à  une  autre  surface  S, ,  une 
correspondance  ponctuelle  échangeant  cette  fois  les  lignes  de  courbure  en 
asymptotiques  et  inversement. 

4.  Les  surfaces  isothermiques  sont  complètement  caractérisées  par  la  pos- 
sibilité de  ramener  simultanément  les  équations  des  lignes  de  courbure  et 
des  lignes  de  longueur  nulle  aux  formes  respectives 

(7)  rlii  (h'  -^  o,         du-  +  dv--:-  o. 

Si  donc  dans  les  fornmics  (3)  j'adopte  la  forme  du-  -f-  c/i^-  =  o,  je  définis 


SÉANCE    DU    24   AVRIL    I<J-i2.  i  1  l3 

entre  chaque  surface  isolhermique  et  chaque  surface  définie  au  n"  )i  quatre 
:o'  correspondances  ponctuelles  échangeant  les  lignes  de  longueur  nulle  de 
la  première  en  asynipLotiques  de  la  seconde,  autrement  dit  remplaçant  un 
réseau  orthogonal  de  la  première  par  un  réseau  conjugué  de  la  seconde,  et 
conservant  les  lignes  de  courbure. 

Ti'intersection  des  deux  classes  de  surfaces  se  compose  des  surfaces  iso- 
thermiques à  représentation  sphéiique  isotherme,  surfaces  que  j'ai  détermi- 
nées dans  une  Note  précédente  {Comptes  rendus,  \.  174,  i<)'i2,  p.  921). 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  la  polymérisatum  de  la  lévoglucosane.   Note  de 
MM.  Amé  Pictet  etJ.-H.  Ross,  présentée  par  M.  (ieorges  Lemoine. 

L'iniluence  que  la  pression  exerce  sur  la  polymérisation  de  la  glucosane 
a  été  signalée  dans  une  précédente  Note  (').  Kn  étendant  nos  recherches  à 
son  isomère,  la  lévoglucosane,  nous  avons  pu  constater,  d'une  manière  plus 
nette  encore,  cette  même  influence. 

Lorsqu'on  chaufîe  la  lévoglucosane  à  i4o"  en  présence  d'une  trace  de 
chlorure  de  zinc,  la  réaction 

s'effectue  en  quelques  minutes;  mais  elle  aboutit  à  des  produits  dilFérents 
suivant  la  pression  à  laquelle  on  opère.  En  élevant  graduellement  cette 
pression,  on  observe  une  augmentation  concomitante  de  //,  qui  [)rend  suc- 
cessivement les  valeurs  2,  4,  ^  et  8.  Nous  avons  pu  préparer  de  cette 
manière,  par  voie  de  synthèse,  une  série  de  polylévoglucosanes  tout  à  fait 
comparable  et  parallèle  à  la  série  des  polyamyloses,  que  fournit  la  dégra- 
dation progressive  de  l'amidon  sous  l'iniluence  du  liaciUus  macerans. 

A  la  pression  de  i5™"'  de  mercure,  nous  avons  obtenu  une  dilévoglif__ 
co^a/^e  (CH'M)")'-.  Celle-ci  se  distingue  de  la  lévoglucosane  par  son  inso- 
lubilité dans  l'acétone;  on  peut  donc  la  purifier  facilement  en  dissolvant  le 
produit  brut  dans  l'acide  acétique  et  en  versant  la  solution  dans  3  ou  4  lois 
son  volume  d'acétone,  La  dilcvoglucosane  se  précipite  sous  la  forme  d'une 
poudre  blanche,  amorphe,  fusible  sans  décomposition  à  i35"  et  douée  d'une 
saveur  faiblement  sucrée.  Elle  se  dissout  assez  facilement  dans  l'alcool 
à  95  pour  100  et  se  dépose  par  refroidissement;  elle  est  très  soluble  dans 

(')  Comptes  rendus,  l.  173,  1921,  p.  i.')8. 


IIl4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Pçau,  l'acide  acétique  et  la  pyridine,  mais  insoluble  dans  les  autres  dissol- 
vants usuels.  Poids  moléculaire,  déterminé  par  cryoscopie  dans  l'eau  :  822 
(calculé  324).  Pouvoir  rotatoire  +  28*»,  2  (la  polymérisation  de  la  lévoglu- 
cosane  entraîne  donc  un  changement  de  signe  (du  pouvoir  rotatoire). 

La  même  opération,  faite  à  la  pression  atmosphérique,  fournit  presque 
exclusivement  une  létralèvoghicosane  (C^H'^O')*.  On  la  purifie  en  la  dis- 
solvant dans  une  petite  quantité  d'eau  et  en  ajoutant  de  l'alcool.  Précipité 
blanc.  Saveur  fade  et  non  plus  sucrée.  Très  soluble  dans  l'eau,  assez  soluble 
dans  la  pyridine,  mais  insoluble,  même  à  chaud,  dans  les  alcools  méthy- 
lique  et  éthylique,  ainsi  que  dans  les  autres  dissolvants  organiques.  Poids 
moléculaire  GZjo  (calculé  648).  Pouvoir  rotatoire  H-  i  ii°,9. 

Pour  étudier  le  phénomène  à  des  pressions  plus  élevées,  nous  avons 
chauffé  la  lévoglucosane  en  tubes  scellés,  en  présence  d'un  liquide  volatil 
ne  possédant  pas  d'action  sur  la  lévoglucosane  ou  sur  le  chlorure  de  zinc, 
et  dont  la  tension  de  vapeurs  à  la  température  de  i4o°  fût  connue.  \ij\  nous 
servant  de  benzène  (4""", 6),  nous  avons  obtenu  une  hexalévoglucosane 
(G^H'"0'  )^  C'est,  comme  le  polymère  précédent,  une  substance  amorphe, 
blanche,  très  soluble  dans  l'eau,  d'où  l'addition  d'une  faible  quantité 
d'alcool  la  précipite.  Mais  elle  s'en  distingue  nettement  par  son  insolubilité 
dans  la  pyridine,  ainsi  que  par  son  poids  moléculaire  (trouvé  96/i,  calculé 
972)  et  par  son  pouvoir  rotatoire  (+  94",  i  )• 

Enfin,  en  remplaçant  le  benzène  par  l'éther,  dont  la  tension  de  vapeurs 
à  i4o°  est  de  iS^^'^^S,  nous  avons  vu  se  former  un  polymère  d'un  ordre  plus 
élevé  encore,  Voclolévogiucosane  (CH'^O  '  )**.  Mêmes  solubilités  que 
l'hexomère,  mais  poids  moléculaire  i3i8  (calculé  1296)  et  pouvoir  rota- 
toire +  72*^,8. 

Ces  trois  derniers  polymères  ne  présentent  pas  de  points  de  fusion  nets, 
mais  entrent  en  décomposition  vers  i95*'-200°.  Ils  possèdent  la  même  saveur 
fade.  Aucun  d'eux  n'est  coloré  par  l'iode. 

On  voit  par  ce  qui  précède  que,  par  polymérisation  à  une  température 
constante,  mais  sous  des  pressions  croissantes,  la  lévoglucosane  donne  des 
produits  dont  les  propriétés  se  rapprochent  de  plus  en  plus  de  celles  des 
dextrines.  Ce  fait  nous  paraît  présenter  quelque  intérêt  au  point  de  vue  du 
mécanisme  de  la  transformation  du  sucre  en  amidon  dans  les  plantes,  cette 
transformation  ayant  lieu  dans  des  cellules  où  régnent  de  fortes  pressions, 
supérieures  peut-être  à  celles  que  nous  avons  employées  dans  nos  expé- 
riences. 


SÉANCE    DU    24    AVRIL    I()22.  I  1  I  ") 


-MINÉRALOGIE.  —  5///*  les  cristaux  liquides  de  phosphate  de  calcium. 
Note  (')  de  M.  P.  Gaubert. 

Les  rhomboèdres  de  clivage,  obtenus  en  pulvérisant  grossièrement  les 
cristaux  de  calcile,  deviennent  monoréfringents  et  conservent  leur  forme  et 
une  certaine  transparence  quand  on  les  chauffe  au  rouge  pour  chasser  Tacide 
carbonique.  Ils  se  comportent  alors  comme  un  corps  poreux  et  adsorbent 
les  matières  colorant  un  liquide  n'agissant  pas  sur  la  chaux  (indophc*nol  ou 
bleu  de  Java  dissous  dans  le  xylol).  Il  y  a  là,  par  conséquent,  un  fait  com- 
parable à  celui  qui  a  été  observé  avec  certaines  zéolites,  la  biotite,  etc., 
quand  on  leur  enlève  les  bases  ne  laissant  que  la  silice.  Cependant  Tétat 
d'agrégation  des  molécules  de  chaux  n'est  pas  très  constant  :  la  densité  et 
l'indice  de  réfraction  varient  légèrement  et,  en  outre,  il  existe  parfois  des 
plages  biréfringentes  à  la  périphérie  du  rhomboèdre.  Ces  modifications, 
que  j'étudierai  dans  une  autre  Note,  dépendent  surtout  de  la  température 
à  laquelle  les  cristaux  de  calcite  ont  été  portés  et  du  temps  pendant  lequel 
on  les  a  chauffés. 

Ces  rhomboèdres  attaqués  par  l'acide  orlhophosphorique  montrent  les 
particularités  suivantes.  Sur  chaque  face  et  y  adhérant  très  fortement, 
apparaît  une  masse  gélatineuse  lamellaire  dont  l'épaisseur  augmente,  plus 
ou  moins  rapidement,  suivant  le  degré  de  concentration  de  l'acide  employé. 

Avec  l'acide  orthophosphorique  ayant  une  densité  de  i,58,  et  l'observa- 
tion étant  faite  au  microscope  sur  une  lame  de  verre  recouverte  d'un 
couvre-objet,  on  voit  que  les  prismes,  ou  plutôt  les  lames  gélatineuses 
rectangulaires,  atteignent  jusqu'à  un  demi-millimètre  dans  la  direction 
perpendiculaire  à  la  face  de  clivage  dont  la  trace  forme  l'un  des  côtés  du 
rectangle.  Elles  sont  biréfringentes  et,  leur  épaisseur  augmentant  avec  le 
temps,  elles  peuvent  montrer  au  bout  d'un  quart  d'heure  des  teintes  de 
polarisation  atteignant  le  bleu  de  premier  ordre.  La  biréfringence  de  ces 
plages  n'a  pu  être  mesurée  exactement,  elle  semble  toutefois  être  un  peu 
inférieure  à  celle  de  l'apatite. 

Les  lames  ont  en  général  un  contour  légèrement  arrondi  à  leur  extrémité 
libre  et  ont  à  peu  près  la  même  épaisseur  sur  toute  leur  étendue.  Elles 
s'éteignent  perpendiculairement  aux  faces  du  rhomboèdre  qui  les  suppor- 
tent et  c'est  habituellement  le  petit    indice   n^,  qui  est  parallèle  à  cette 

(')  Séance  du  18  avril  1922. 


IIl6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

direction.  Cependant  c'est  quelquefois  n„.  Parfois,  les  deux  sortes  d'orien- 
tation optique  se  produisent  successivement  dans  la  formation  de  la  même 
lame  qui  rappelle  alors  un  cristal  maclé. 

Une  légère  pression,  exercée  avec  une  aiguille,  sur  le  couvre-objet, 
aplatit  la  lame  et  modifie  par  conséquent  les  teintes  de  polarisation.  Si  elle 
n'est  pas  trop  forte,  les  mêmes  couleurs  réapparaissent  de  nouveau*  dès 
qu'elle  cesse  ;  la  lame  de  phosphate  de  chaux  se  comporte  donc  comme  une 
membrane   élastique. 

Quand  tous  les  rhomboèdres  attaqués  sont  dissous,  les  lames  qui  adhé- 
raient fortement  à  ces  derniers  deviennent  libres  et  s'il  n'y  a  pas  trop  d'acide 
phosphorique  en  excès,  elles  se  réunissent  aux  voisines  et  gardent  leur 
orientation  optique  particulière,  ou  prennent  la  même  orientation  suivant 
la  position  qu'elles  ont  l'une  par  rapport  à  l'autre.  L'ensemble  forme  une 
masse  très  molle  pouvant  couler,  mouler  les  bulles  d'air  se  rencontrant  sur 
son  passage  et  former  autour  de  ces  dernières  des  sphérolites  à  croix  noire. 

Mais  ce  liquide  biréfringent  n'est  pas  stable;  alors  qu'au  début  de  leur 
formation,  les  lames  sont  tout  à  fait  transparentes,  homogènes,  elles 
deviennent  peu  à  peu  troubles  par  la  formation  d'un  nombre  considérable 
de  corpuscules,  constitués  probablement  par  des  cristaux  extrêmement 
petits.  Au  bout  de  plusieurs  heures,  des  cristaux  de  phosphate  monocalcique 
hydraté  (CaH^'P-Q'*,  H" G)  étudié  par  Joly  font  leur  apparition. 

Avec  l'acide  orthophosphorique  à  (Jo°  B.  (densité  i,7i3)  le  phénomène 
est  le  même,  mais  il  se  produit  plus  lentement  et  au  début  les  lames,  étant 
très  minces,  semblent  être  isotropes.  Ce  n'est  qu'au  bout  de  quelques  minutes 
que  la  biréfringence  apparaît.  Avec  l'acide  4  >"  B.,  l'attaque  est  beaucoup 
plus  rapide  et  la.  phase  biréfringente  est  de  très  courte  durée. 

Si  l'on  emploie  des  petits  rhomboèdres  de  calcite  intacte,  des  plages  biré- 
fringentes peuvent  être  observées,  mais  elles  sont  beaucoup  moins  nettes  et 
perdent  rapidement  leurs  propriétés  en  passant  à  la  phase  trouble. 

Les  faits  observés  avec,  les  acides  lévulique,  oléique  et  autres  acides  gras 
montrent  une  certaine  analogie  avec  ceux  qui  viennent  d'être  décrits. 

Les  mêmes  rhomboèdres  de  clivage  de  chaux,  attaqués  à  froid  par  l'acide 
lévulique  très  concentré  et  sur  une  lame  de  verre,  s'entourent  d'une  couche 
biréfringente  augmentant  très  lentement  d'épaisseur  contrairement  à  ce  qui 
a  lieu  avec  l'acide  phosphorique.  Cette  couche  adhère  très  fortement  à  la 
chaux  et  quand  les  rhomboèdres  ont  disparu,  on  a  une  masse  gélatineuse  de 
lévulate  de  calcium  beaucoup  plus  biréfringente  que  celle  obtenue  par  le  phos- 
phate. Comme  il  s'agit  de  cristaux  mous,  les  phénomènes  observés  avec  le 


SÉANCE    DU    l[\    AVRIL    I922.  III7 

microscope  polarisant  sont  très  variés,  surtout  si  les  lamelles  biréfringentes 
et  molles  sont  noyées  dans  un  excès  d'acide  lévulique.  Ainsi  des  particules 
biréfringentes,  en  apparence  complètement  isolées  les  unes  des  autres,  pren- 
nent la  même  orientation  sous  Finfluence  d'une  certaine  pression  exercée 
sur  la  lamelle  couvre-objet  et  forment  des  plages  de  plusieurs  millimètres 
carrés  de  surface  ayant  les  mêmes  propriétés  comme  s'il  s'agissait  d'une 
lame  cristalline.  On  peut  ainsi  obtenir  des  plages  rigoureusement  perpen- 
diculaires à  un  axe  optique  positif. 

Les  cristaux  vis(|ueux  de  lévulate  de  calcium  ne  sont  pas  stables,  il  se 
produit  finalenient  les  aiguilles  nionocliniques  bien  connues  de  lévulate 
de  calcium  hydraté  (C"H'0')='Ca,  1WO. 

La  biréfringence  des  sels  de  calcium  considérés  ne  peut  pas  être  attribuée 
à  des  tensions  existant  dans  une  masse  gélatineuse,  comme  le  suppose 
G.  Quincke  pour  certains  précipités  (  '  ).  Elle  est  dans  les  cas  du  phosphate 
et  du  lévulate  beaucoup  trop  élevée  et  en  outie  elle  disparaît  quand  la 
substance,  tout  en  conservant  sa  viscosité,  passe  à  une  autre  forme. 

Ces  cristaux  liquides  ou  mous  doivent  aussi  pouvoir  se  produire  dans 
d'autres  cas,  mais  les  rhomboèdres  de  chaux  que  j'ai  employés  permettent 
de  mettre  leur  existence  en  évidence  en  orientant  les  molécules  cristallines 
et  eu  piovoquant  ainsi  la  formation  de  plages  homogènes  très  étendues 
dont  l'étude  est  possible  au  microscope. 


MAGNÉTISME.   —  Étal  magnétique  de  basaltes  arctiques. 
Note  (-)  de  M.  .I».-L.  Meucaxtox,  présentée  par  M.  le  Prince  Bonaparte. 

A  diverses  reprises  ('),  en  donnant  les  résultats  de  mes  recherches  sur 
l'aimantation  permanente  de  roches  éruptives,  j'ai  souligné  l'intérêt  de 
pareille  étude  pour  l'histoire  du  champ  magnétique  terrestre.  L'examen  de 
deux  séries  de  basaltes  d'âges  très  dilïcrents  vient  de  me  donner  à  nouveau 
des  indications  éminemment  suggestives. 

(')  On  pourrait  aussi  supposer,  bien  que  ce  soit  peu  probable,  .({u'il  se  produit 
d'abord  une  lame  ou  membrane  gélatineuse  isotrope,  devenant  ensuite  biréfringente 
en  se  gontlant  par  suite  de  Tadsorplion  de  l'acide  employé. 

(-)  Séance  du  18  avril  1922. 

(^)  P.-L.  Mercanton,  Aimantation  de  diabases  du  Spitzberi^  {BuU.  Soc.  vaudoise 
des  Se.  nat.,  1910,  p.  v-lxxvi),  et  /liai  niagnélirjue  de  basaltes  groeniandais 
{Archives  de  Genève,  novembre  1917). 


Ill8  ACADEMIE   DES    SCIENCES. 

La  première  série  comprend  quatre  blocs  de  basalte  franc  prélevés  dans 
la  nappe  où  serpente  le  canion  de  la  Rôdelv,  à  Godhavn,  dans  l'île  de  Disco 
(Grônland  occidental),  au  voisinage  de  la  slalion  arctique  danoise  et  au 
bord  de  la  mer.  Cette  nappe  semble  remplir  une  ancienne  vallée  creusée 
dans  le  gneiss  qui  sert  de  soubassement  aux  grands  escarpements  éruptifs 
du  Skarvefjeld  et  du  Blaafjeld.  Elle  est  comme  eux  d'âge  tertiaire. 

Les  blocs  ont  été  prélevés,  à  la  faveur  de  la  diaclase  de  la  roche,  après 
repérage  soigneux  de  leur  position  dans  l'espace. 

Trois  d'entre  eux  soumis,  à  l'état  brut,  au  contrôle  magnétométrique, 
ont  montré  sans  aucune  ambiguïté  des  polarités  sud  de  leurs  faces  infé- 
rieures et  nord  de  leurs  faces  supérieures,  avec  des  polarités  diverses,  mais 
opposées  deux  à  deux,  de  leurs  faces  latérales. 

Le  quatrième  bloc  a  été  taillé  en  cube,  de  7'™  d'arête  environ,  assez  im- 
parfait malheureusement,  mais  suffisant  pour  autoriser  les  mesures.  Il  a 
décelé  une  aimantation  correspondant  à  un  champ  magnétique  incliné 
australement  de  quelque  54°  sous  l'horizon,  donc  pôle  sud  en  bas. 

Ainsi  donc  le  champ  terrestre  parait  avoir  eu,  à  l'époque  du  refroidisse- 
ment de  ce  basalte,  une  inclinaison  australe.  L'hypothèse  d'un  retourne- 
ment de  la  couche  de  lave,  sens  pour  sens,  depuis  sa  réaimantation  du 
refroidissement  semble  en  effet  insoutenable. 

La  seconde  série  de  roches  comprend  trois  blocs  de  basalte  aussi. 
Je  les  ai  prélevés  dans  la  falaise,  haute  de  i5™  environ,  qui  termine  à  la 
mer,  la  nappe  formant  le  plateau  où  se  dresse  la  station  de  T. S. F  de  l'ingé- 
nieur Ekerold,  à  l'est  de  la  baie  de  Jameson,  dans  l'île  arctique  de  Jan 
Mayen.  Cette  coulée  provient  d'un  des  cratères  adventifs  du  Beerenberg, 
au  pied  sud  de  la  montagne  [cratère  Esk  (Vogt  )  ou  son  voisin  immédiat]. 

Ces  échantillons  ont  donné  tous  trois  et  sans  ambiguïté  les  preuves  d'une 
aimantation  pareille  à  celle  qu'une  lave  prendrait  de  nos  jours  en  se  figeant 
dans  le  champ  terrestre  de  Jan  Mayen.  La  face  inférieure  était  nord  et  la 
supérieure  sud  ;  or  la  coulée  de  lave  est  incontestablement  récente  et  ne 
date  vraisemblablement  que  de  quelques  siècles  en  arrière. 

De  l'époque  tertiaire  (basaltes  de  Disco)  à  l'époque  moderne  (basaltes 
de  Jan  Mayen),  l'inclinaison  magnétique  terrestre  paraît  donc  avoir  dans 
les  régions  boréales  changé  de  sens.  La  constatation  est  d'intérêt  majeur  et 
fait  désirer  la  contre-épreuve  par  l'examen  de  laves  de  l'hémisphère  austral. 
Une  collaboration  internationale  serait  la  bienvenue  dans  ce  domaine  vaste 
et  plein  de  promesses. 


SÉANCE  DU  24  AVRIL  1922.  III9 


PALÉONTOLOGIE.  —  Sur  la phyloi^èrùc  de  /'Elephas  antiquus. 
Note  de  M.  Sabba  Stefaxescu. 

Les  paléontologistes  qui  ont  étudié  la  phylogénie  de  VElephas  aniiquiis 
ne  sont  pas  d'accord;  tandis  que  les  uns,  tels  que  Soerg-el  et  Dietrich, 
admettent  qu'il  descend  de  VElephas  meridionalis,  d'autres,  leh  que  Pohlig 
et  Andrews,  par  des  formes  intermédiaires,  le  font  descendre  de  VElephas 
africanus.  Or,  d'après  mes  recherches,  les  trois  espèces  précitées  appartiennent 
à  trois  phylmns  différents  d'éléphants;  elles  ne  sont  pas  liées  par  une  filiation 
généalogique  directe.  Cette  conclusion  est  basée  sur  les  faits  suivants  : 

I.  Georges  Cuvier  (')  a  représenté,  vues  de  face,  des  lames  dentaires 
à'Elephas  africanus  et  à'Elephas  indicus,  afin  de  démontrer  qu'on  ne  peut 
les  confondre.  Falconer  et  presque  tous  les  paléontologistes  qui  ont  étudié 
les  molaires  des  éléphants  n'ont  pas  suivi  la  méthode  de  Cuvier,  mais  der- 
nièrement Soergel  (-)  a  fait  figurer,  vues  de  face,  quelques  lames  dentaires 
à' Elephas  meridionalis,  antiquus,  trogontherii  et primigenius,  pour  démontrer 
que  chacune  d'elles  est  formée  de  trois  piliers  longitudinaux  (en  allemand 
drei  pfeilernj.  A  mon  avis,  cette  conception  est  contraire  à  la  réalité  des 
faits  observés,  car  chaque  lame  dentaire  est  formée  de  deux  tubercules  con- 
génères, différemment  différenciés  et  inégalement  développés,  T^,.  et  T„.. 

IL  Pour  conclure  à  l'origine  de  VElephas  antiquus,  j'ai  étudié  l'organisa- 
tion des  lames  dentaires  de  cette  espèce,  et  j'expose  le  résultat  : 

a.  Quoique  leurs  bords  internes,  normalement  fusionnés,  sont  un  peu 
plus  larges  que  leurs  bords  externes,  les  T^,.  et  T^.,  sont  des  plaques  plus  ou 
moins  rectangulaires. 

b.  Généralement  les  lames  sont  presque  également  larges  depuis  la  base 
jusqu'au  sommet,  mais  quelquefois  elles  sont  beaucoup  plus  étroites  vers  le 
sommet  que  vers  la  base  ;  un  rétrécissement  plus  ou  moins  brusque  sépare- 
les  deux  parties. 

c.  A  partir  du  sommet  vers  la  base,  suivant  les  niveaux,  les  sections 
transversales  formées  par  l'usure  des  lames  dentaires  varient  beaucoup 
d'aspect.  Pourtant  celles  qui  ont  l'aspect  d'unrectangle  allongé,  accom- 
pagné à  chacune  de  ses  extrémités  par  un  petit  cercle,  ellipse  ou  rectangle, 
et  celles  qui  ont  l'aspect  d'un  losange  très  allongé  sont  caractéristiques.  Les 

(^)  Ossements  fossiles,  1821,  p.  ^6,  pL  III,  fig.  5-6. 

(^)  Elephas  trogontherii  and  Elephas  antiquus,  1912,  p.  8-10,  fig.  3- 10. 


ÎI20  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

premières  sont  formées  par  les  lobes  internes  (a,  p,  m)  et  par  les  lobes  ex- 
ternes (e)  des  Tf,.  et  T^,.,  coupés  au-dessus  du  fond  des  entailles  qui  séparent 
les  lobes  externes;  les  secondes  sont  formées  par  les  T^^  et  T^^.  coupés  au- 
dessous  du  fond  des  mêmes  entailles. 

d.  Le  contour  des  sections  losangiques  présentent,  normalement,  deux 
coins  médians  proéminants,  situés  respectivement  dans  le  prolongement  de 
la  petite  diagonale,  qui  est  plus  ou  moins  inclinée  sur  la  grande.  D'autres 
coins  latéraux,  variables  en  nombre  et  en  grandeur,  "normalement  plus 
petits  que  les  médians,  sont  situés  sur  les  côtés  antérieurs  et  postérieurs 
du  losange. 

e.  Chacun  des  deux  coins  médians  correspond  à  une  arête  longitudinale 
proéminente,  qui  de  la  base  monte  au  sommet  de  la  lame.  Ces  deux  arêtes 
sont  les  lobes  antérieur  et  postérieur  (a,  p)  du  T^,..  Normalement  elles  sont 
également  développées,  mais  souvent  l'une  d'elles  reste  rudimentaire  ;  dans 
ce  cas,  la  section  losangique  n'a  qu'un  seul  coin  médian  proéminant. 

f.  Chacun  des  coins  latéraux  correspond  à  un  pli  longitudinal  situé  sur 
la  face  antérieure  ou  postérieure  des  T,,.  et  T^^,  plus  ou  moins  parallèle- 
ment à  l'arête  médiane.  Les  coins  latéraux,  de  même  que  les  plis  qui  leur 
correspondent,  sont  dirigés  plus  ou  moins  obliquement  et  respectivement 
vers  les  bords  externes  des  T^^.  et  T„.. 

g.  Tandis  que  les  arêtes  médianes  s'étendent  de  la  base  au  sommet,  les 
plis  proéminents  sont  localisés  sur  les  deux  tiers  supérieurs  de  la  lame.  Sur 
le  tiers  inférieur,  les  plis  sont  plus  nombreux,  mais  plus  fins  et  plus  régu- 
lièrement parallèles-,  c'est  pourquoi,  à  mesure  que  le  niveau  de  la  section 
transversale  est  plus  près  de  la  base  de  la  lame,  son  contour  est  plus  fine- 
ment et  plus  uniformément  denticulé. 

h.  Les  plis  proéminents  appartiennent  aux  principales  ramifications  ou 
lobes  de  T^,.  et  T^^.;  généralement  ils  sont  réguliers  et  sans  pustules,  mais 
quelquefois  sont  très  épais,  pustuleux  et  monstrueusement  développés. 

i.  Souvent  les  ramifications  du  sommet  des  T„.  et  T„.  n'ont  pas  la  même 
direction,  car  tandis  que  les  ramifications  du  sommet  du  T^,.  se  prolongent 
sans  changer  de  direction,  celles  du  T^.^  se  prolongent  obliquement  vers 
l'extérieur,  comme  si  elles  étaient  renversées;  dans  ce  cas,  les  plis  longitu- 
dinaux des  faces  antérieure  et  postérieure  qui  leur  correspondent  sont 
infléchis  de  la  même  façon.  Cela  nous  montre  que  les  T^,.  et  T^.,  des  lames 
se  rencontrent  par  leurs  bords  internes  et  fusionnent  sans  alterner;  par 
conséquent,  VElephas  antiquus^  de  même  que  VElephas  ajricanus,  est  issu 
des  mastodontes  bunolojjhodontes  dont  les  collines  sont  formées  de  deux 


SÉANCE   DU    24   AVRIL    I922.  II2I 

tubercules  congénères  non  alternes.  Mais  malgré  cette  ressemblance  d'ori- 
gine, ces  deux  espèces  ne  sont  pas  liées  phylogénétiquement,  car  leurs 
lames  dentaires,  bien  que  construites  d'apt*ès  le  même  plan  d'organisation, 
diffèrent  tellement  par  leurs  caractères  morphologiques,  qu'à  première  vue 
on  les  distingue  très  facilement.  Elles  appartiennent  à  deux  phylums  diffé- 
rents d'éléphants,  issus  peut-être  d'un  groupe  ancestral  commun,  mais 
évolués  dans  deux  directions  différentes. 

III.  Soergel  (')  a  rapproché  VElephas  anliquus  de  VElephas  Irogontherii 
et  a  distingué  des  formes  intermédiaires  :  Elephas  anliquus  var.  irogontherii 
et  Elephas  irogontherii  var.  anliquus.  Or,  d'après  mes  recherches,  les  deux 
espèces  en  question  n'appartiennent  pas  à  un  seul  phylum  ;  leurs  lames 
dentaires  diffèrent  tellement  par  leurs  caractères  morphologiques,  qu'il  est 
impossible  de  les  confondre.  Surtout  les  lobes  cunéiformes  des  crêtes  radi- 
cales des  molaires  de  VElephas  anliquus  sont  caractéristiques  de  cette  espèce. 
C'est  pour  la  première  fois  que  la  morphologie  des  lobes  radicaux  et  des 
crêtes  radicales  trouve  application  pratique  en  Paléontologie. 

IV.  Soergel  et  Dietrich(^)  ont  admis  que  VElephas  anliquus  est  le  des- 
cendant de  VElephas  meridionalis .  Mais  ces  deux  espèces  n'appartiennent 
non  plus  à  un  seul  phylum,  car  tandis  que  VElephas  anliquus  est  le  descen- 
dant des  mastodontes  bunolophodontes  à  collines  formées  de  tubercules 
congénères  non  alternes,  VElephas  meridionalis  est  issu  des  mastodontes 
bunolophodontes  à  collines  formées  de  tubercules  congénères  en  apparence 
alternes. 


PALÉONTOLOGIE  VÉGÉTALE.  —  Sur  les  Conifères  et  les  Fougères  du  Wealdien 
de  Féron-Glageon  (Nord).  Note  (^)  de  M.  Alfred  Garpentier,  présentée 
par  M.  Gaston  Bonnier. 

La  flore  wealdienne  du  nord  de  la  France  est  remarquable  par  l'abon- 
dance et  la  variété  des  Conifères  et  des  Fougères,  par  la  présence  de  plusieurs 
genres  de  Cycadophytes  et  de  quelques  Ginkgoinées  (*), 

Conifères.  —  Le  Pinites  Solmsi  Sew.  (ou  une  forme  voisine)  est  représenté 
à  Féron  par  de  longues  aiguilles.  Des  rameaux  garnis  de  feuilles  uninerviécs, 

(')  Op.  cit.,  p.  78,  86,  pi.  I,  fig.  8,  et  pL  H,  fig.  i-5,  7. 

(^)  Stammesgeschichte  des  Elephas  af  ricanas,  p.  66. 

(^)  Séance  du  18  avril  1922. 

(*)  Voir  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  1428,  et  t.  173,  1921,  p.  827. 

C.  R.,  igjî,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  17.)  80 


II22  ACADEMIE   DES   SCIENCES. 

rappelant  celles  du  genre  Taxas ^  se  placent  dans  le  genre  provisoire  Taxites 
Sew.  et  mieux  dans  le  genre  Elatocladus  de  M.  Halle  ('  ).  A  VElatides  curvi- 
folia  (Dunker)  Sew.  il  faut  joindre  une  forme  à  feuilles  plus  trapues  et 
moins  recourbées. 

La  plante  la  plus  fréquente  à  Féron  et  commune  aux  divers  gisements 
étudiés  est  le  Sphenolepidium  kiirrianum  (Danker)  Sew.  Nous  signalons 
spécialement  un  petit  strobilc,  à  écailles  mucronées,  qui  termine  un  ramus- 
cule  infléchi  de  ce  Sphenolepidium.  D'autres  empreintes  d'axes  grêles,  très 
ramifiés,  dont  les  petites  écailles  apprimées  sont  disposées  en  ordre  spirale 
sont  à  ranger  près  du  Cyparissidium  gracile  Heer  ;  le  genre  Cyparissidium  est, 
d'après  M.  Seward,  caractéristique  de  l'Infracrétacé  (^).  Aux  Cupressacées 
se  rapportent  de  petits  rameaux  à  feuilles  écailleuses,  décussées,  semblables 
à  celles  des  Thuya. 

Parmi  les  inflorescences  ou  fleurs  de  Gymnospermes  que  nous  avons 
recueillies,  un  strobile  à  écailles  larges  et  serrées  rappelle  ceux  du  genre 
Cedrus  ou  de  certains  Abies,  A.  webbiana  Lindl.  par  exemple;  une  graine 
ailée  de  Pin  ou  d'une  abiétinée  voisine,  une  écaille  ovulifère  d'Aj-aucaiites, 
une  antre  comparable  à  celle  du  Tsuga  canadcnsis  ou  du  Picea  orientalis 
sont  aussi  à  signaler. 

Mais  ce  qui  augmente  l'intérêt  du  gisement  de  Féron  au  point  de  vue 
botanique,  c'est  la  découverte  de  fleurs  ou  d'inflorescences  mâles.  On  peut 
d'ores  et  déjà  les  rattacher  à  trois  types  :  i"  strobiles  allongés  comme  ceux 
du  genre  Cedrus;  étamines  à  limbe  dilaté  en  écaille  peltée,  portant  les  sacs 
poUiniques  ovoïdes  sur  sa  face  inférieure  de  même  que  dans  les  pins  et  les 
cèdres;  grains  de  pollen  munis  de  deux  ballonnets,  semblables  à  ceux  que 
de  Solms-Laubach  a  trouvé  isolés  dans  une  roche  wealdienne  de  la  Terre 
François-Joseph;  i°  strobiles  de  forme  très  allongée  à  comparer  à  certains 
Masculostrobus  que  MM.  Seward,  Moeller  et  Halle  sont  disposés  à  attribuer 
kVElatides  curvifolia  (^);  sur  l'emplacement  présumé  des  sacs  poUiniques 
des  masses  jaunâtres  contiennent  des  grains  de  pollen  arrondis,  à  exine 

(')  T. -G.  Halle,  The  uiesozoic  F  lova  of  Grahain  Land{  WissenscliaJ'lliche  Evgeb- 
nisse  der  Scluvedischen  Sudpolar-Expediiioii  1901-1908,  Bd  3,  Lief  i4,  p-  83; 
Stockholm,  igiS). 

(')  A.-C.  Seward,  Fossil  plants,  IV,  1919,  p-  444- 

(^)  A.-C.  SuwARD,  Tke  Jiirassic  /lora  of  Sutherland  {Trans.  Roy.  Soc.  Edin- 
burgli^  l.  47,  191 1,  p.  688).  —  Hj.  Mokller  and  T. -G.  Halle,  The  fossil  flora  of  ihe 
coal-bearing  deposits  of  South-EasLern  Scania  {Arkiv  for  Botanik^  Band  13,  11"  7, 
1918,  p.  36). 


SÉANCE  DU  2^  AVRIL  1922.  1123 

réticulée,  semblables  à  ceux  de  V Araucaria  Imbricala;  3"  inflorescences 
dont  les  étamines,  à  filet  consistant,  se  recourbent  en  une  lame  subovale 
dans  leur  région  distale.  A  la  face  interne  de  ces  lames  des  masses  jaunâtres 
sont  constituées  de  grains  de  pollen  à  ailes,  comme  ceux  des  Abiétinées;  la 
longueur  moyenne  des  grains  est  de  'jS^. 

Il  n'est  pas  rare  de  trouver  des  bois  silicifiés  dans  les  sables  vvealdiens 
de  Féron-Glageon  ;  ils  sont  remaniés  dans  les  argiles  glaiiconieuses  d'âge 
cénomanien  qui  recouvrent  immédiatement  le  Wealdien  à  Montfaux,  sur 
la  territoire  de  Glageon.  Certaines  coupes  exécutées  dans  ces  bois  sili- 
ciliés  nous  ont  appris  qu'il  s'agit  de  bois  de  Conifères;  les  zones  dites 
annuelles  sont  bien  marquées,  les  zones  correspondant  aux  trachéides 
automnales  sont  étroites;  les  ponctuations  aréolées  sont  presque  toujours 
unisériées  et  le  bois  est  pourvu  de  cellules  résinifères.  Les  rayons  médul- 
laires, qui  comptent  de  3  à  24  cellules,  ont  tout  à  fait  l'aspect  de  ceux  du 
Cupressinoxylon  Hortii  Stopes  (  '  V  , 

Fougères.  —  Aux  espèces  vvealdiennes  déjà  signalées  en  192 1  nous 
pouvons  ajouter  une  empreinte  de  penne  stérile  qui  nous  paraît  identique 
à  la  fougère  que  Schenk  a  décrite  sous  le  nom  de  Pecopteiis  Geinitzii  Ç^); 
d'autres  fragments  rappellent  le  Pteris  frigida  Heer,  le  Cladophlebis  Brow- 
niana  (Dunker)  Sew.  et  le  Cl.  Dunkeri  (Schimper)  Sew.  Nous  attirons 
surtout  l'attention  sur  les  empreintes  de  deux  Fougères  :  Tune  d'elles  a  des 
frondes  bipennées  et  ressemble  beaucoup  pour  la  disposition,  la  forme  et 
la  nervation  des  folioles  à  certaines  formes  du  Cladophlebis  denticulala 
Brongt.  (^).  D'après  l'organisation  des  sores  elle  se  rapproche  des  Glei- 
chenia;  les  spores  tétraédriques  mesurent  de  21^^  à  25^*  et  chaque  face 
triangulaire  est  entourée  d'un  rebord  épaissi  comme  chez  les  Matonia. 
L'autre  Fougère  est  à  l'état  stérile;  les  folioles  isolées  sont  très  étroites  et 
très  longues;  leur  forme  et  leur  nervation  permettent  de  les  comparer  au 
genre  Andriania  de  Braun  ou  à  certain  Laccopteris  à  nervures  non  anosto-. 
mosées  d'apparition  beaucoup  plus  ancienne  que  le  Wealdien  ('). 

(')  M.  G.  Stopes,  Catalogue  of  the  M eaozoic  plants  in  the  Rritish  Muséum  {The 
Cretaceous  Flora,  Part  II,  pi.  XVIII,  fig.  2;  1900J. 

(^)  Cf.  ScHEXii,  in  Palœontographica,  vol,  29,  fig.  2,  2a;  1871. 

(')  Cf.  A. -G.  SiiWARD,  Catalogue  of  the  Mesozoic  plants...  (  The  Jurassic  Flora-,  I, 
p.  142;  pi.  XX,  fig.  4;  1900). 

(')  Voir  à  ce  sujet  W.  Gothan,  Die  unler-liassische  Flora  (1er  Uingegend  von 
lYiirnberg  {Abhandl.  der  [Salurhistorischen  GeseLlschaft  Niirnberg ,  XIV,  Bd  h, 
S.  12';  Taf.  18,  fig.  1-3;  1914). 


II 24  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Par  ses  affi ailés  à  la  fois  jurassiques  et  infracrétacées  la  flore  de  Féron 
se  place  bien  dans  le  Wealdien,  c'est-à-dire  dans  les  couches  de  passage  du 
Jurassique  au  Crétacé  et  du  Néocomien  inférieur.  Un  Mémoire  détaillé 
précisera  les  affinités  et  les  caractéristiques  de  cette  flore. 


BOTANIQUE.    —    Sur  une  tardwe  régénération  de  Mousse.  Note  de 
M.  Jacques  Maheu,  présentée  par  M.  L,  Guignard. 

La  régénération  des  mousses  à  longue  échéance  n'a  pas,  du  moins  à 
notre  connaissance,  encore  été  signalée  jusqu'ici.  Nous  venons  d'assister  à 
celle  d'un  échantillon  de  Barbula  MuralùHedwig.,  fait  observé  dans  une 
ancienne  culture  en  boîte  de  Pétri,  demeurée  à  sec  durant  i4  ans. 
Toute  trace  de  végétal  ayant  disparu  sur  le  coussinet  de  terre  réhumidifié, 
et  mise  en  pleine  lumière,  la  mousse  se  mit  à  végéter  à  nouveau.  L'étude 
des  différentes  phases  de  développement  a  permis  de  faire  les  observations 
suivantes  : 

Sur  des  fragments  de  vieilles  feuilles,  des  cellules  nématogènes  spnt 
l'origine  de  filaments  protonémiques  pluricellulaires,  chlorophylliens 
(^g-.  i).  Le  dernier  article  s'arrondit,  se  transforme  en  propagule,  fait 
dnjà  observé  par  nous  chez  plusieurs  espèces  de  Barbula  et  AmblysLegium 
leptophylium  Schimp.  (*). 

Bientôt  la  propagule  se  détache  par  contraction  et  désagrégation  de  la 
cellule  sous-jacente.  Elle  germe  {fig-  2),  donne  un  filament  pluri- 
cellulaire  d'abord  fin,  qui  granditet  s'allonge  en  articles  élargis,  puis  rectan- 
gulaires à  parois  épaisses  et  brunes,  mais  remplis  de  chloroplastides.  Il  se 
constitue  ainsi  un  véritable  protonéma  ramifié  fixé  au  sol  par  de  longs 
rhizoïiles  bruns  pluricellulaires,  à  parois  granuleuses,  dépourvus  de  chloro- 
phylle {fig. '5). 

Bientôt  l'une  des  cellules  de  ces  filaments  se  boursoufle  en  une  petite 
hernie  (^^•.  4),  laquelle  se  cloisonne  {fig.  5)  pour  produire  une  sorte  de 
petite  bulbille,  analogue  à  celles  observées  sur  les  feuilles  de  diverses 
espèces  de  mousses  {fig.  (3)  (^)  {Webera,  Encalyptà).  Ces  dernières  ger- 
ment sur  le  protonéma  lui-même.  Les  cellules  de  la  base  s'allongent  en 

(')  J.  Maheu,  Monographie  des  principales  déformations  des  M uscinées  caver- 
nicoles (  Comptes  rendus  Congrès  des  Sociétés  savantes^  Paris,  1906,  p.  11). 

(*)  CoRRENS,  U ntersachungen  ilber  die  Vermehrung  der  Laubmoose  durch  Brut- 
organe  und  S  tecklinge,   1899,  p.  i5S. 


SÉANCE  DU  24  AVRIL  1922. 


II 


25 


Fig.  1.  Protonéma  primaire  propagulifère  né  aux  dépens  d'anciennes  feuilles  (  Barbula  muralis).  — 
Fig.  2.  Germination  de  la  propaguie.  —  Fig.  3.  Protonéma  secondaire  bulbigéne.  —  Fig.  4. 
Cellule  initiale  de  la  bulbille.  —  Fig.  5  et  6.  Sa  différenciation,  —  Fig.  7  et  8.  Sa  germination 
(Gross.  225  diamètres).  —  Fig.  9.  Tige  feuillée  née  de  la  cellule  apicale  de  la  bulbille  (Gross. 
5o  diamètres). 


I  126  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

rhizoïdes  pluricellulaires,  à  parois  brunes,  un  peu  échinulées,  dépourvus  de 
chlorophylle  i^fig.  7).  La  cellule  apicale  se  cloisonne  et  produira  une  petite 
tig-e  feuillée  (^fig.  9). 

La  nouvelle  plantule,  très  petite,  n'excédant  jamais  une  hauteur  de  plus 
de  12™™  à  i5°^™,  présente  tous  les  caractères  d'un  Barhula  vivant  en 
atmosphère  humide  :  tige  longue  étiolée,  feuilles  allongées  dans  toutes  ses 
parties,  dents  oblitérées,  cellules  des  tissus  homogènes,  pas  de  tendance  à  la 
formation  de  nervure  centrale.  Chloroplastides  petits  irréguliers,  disposes 
le  long  des  parois  cellulaires  {fig.  10). 

En  résumé,  il  s'agit  d'un  cas  de  régénération,  sous  l'action  de  l'humidité, 
de  Barhula  muralis  demeuré  i4  ans  à  l'état  de  sécheresse  absolue,  pro- 
duction de  nouvelles  pousses  feuillées  par  le  développement  de  protoné- 
mas  primaires  et  secondaires,  les  premiers  naissant  sur  des  fragments  de 
vieilles  feuilles,  par  allongement  de  cellules  nématogènes  donnant  des  pro- 
pagules  produisant  par  germination  des  protonémas  secondaires  bulbi- 
gènes.  Les  bulbilles  se  transforment  sur  place  en  plantes  feuillées. 

Ce  mode  de  développement  semble  avoir  été  réalisé  par  la  mousse  en  vue 
de  créer  une  méthode  de  multiplication  intensive  \  extension  et  dissémina- 
tion de  la  plante,  celle-ci  une  fois  étendue  et  fixée  pouvant  résister  et 
attendre  plus  aisément  les  conditions  favorables  à  la  formation  des  sporo- 
gones,  devant  assurer  le  maintien  de  l'espèce. 


BOTANIQUE.    —   Des  sy/ianthies,  à  propos  du  Narcissus  Tazetta  L. 
Note  (')  de   M.   G.  IVicolas,  présentée  par   M.  Gaston    Bonnier. 

Gomme  le  disait  déjà  Moquin-Tandon,  en  i84i,  et  quoi  qu'en  ait  écrit 
Glos,  les  synanthies  sont  moins  rares  qu'on  ne  le  pense.  L'exemple  qui  fait 
l'objet  de  cette  Gommunication  est  un  des  plus  frappants  que  j'ai  ren- 
contrés, plus  complexe  encore  que  celui  qui  est  signalé  par  Moquin- 
Tandon  (^);  il  provient  des  environs  de  Garcassonne  où  il  a  été  récolté  par 
M.  Morquer,  seul  au  milieu  d'une  colonie  de  A^.  Tazetta  normaux.  J'ai  cru 
utile  d'insister  sur  cette  synanthie,  à  la  fois  parce  qu'elle  est  une  nouvelle 
confirmation  de  la  théorie  ligulaire  de  la  collerette  des  Narcisses,  et  surtout 
parce  qu'elle  ouvre  des  horizons  nouveaux  sur  la  cause  qui  provoque  ce 
genre  d'anomalies. 

'  (*)  Séance  du  18  avril  1922. 
(^)  Moquin-Tandon,  Eléments  de  tératologie  végétale^  18/41,  p.  266. 


SÉA.NCE   DU    24   AVRIL    1922.  II27 

Normalement,  la  hampe  florale  du  N.  Tazetta  se  termine  par  un  certain 
nombre  de  fleurs  longuement  pédonculées.  Ici,  surmontant  la  hampe  flo- 
rale, un  pédoncule  unique,  circulaire  au  lieu  d'être  vaguement  triquètre  et 
plus  épais  que  les  normaux,  comme,  d'ailleurs,  toute  la  partie  située  au- 
dessous  des  pièces  florales.  Ce  pédoncule  s'épanouit  en  une  masse  qui  a 
l'apparence  d'une  fleur  double,  à  nombreuses  pièces  florales  blanchâtres 
pourvues  de  ligules  orangées,  mais  qui  résulte,  en  réalité,  de  la  non-disso- 
ciation et  de  la  concrescence  de  toutes  les  fleurs  de  l'individu. 

Dans  ce  groupe  floral,  j'ai  distingué  de  l'extérieur  à  l'intérieur  : 

I»  Six  pièces  blanchâtres,  libres,  disposées  normalement  en  deux  verticilles  de  trois, 
légèrement  réfléchies  vers  le  bas  et  pourvues,  sur  leur  face  interne,  d'une  collerette 
orangée  fendue  en  un  point  où  ses  deux  bords  se  recourbent  vers  l'intérieur; 

2°  Six  pièces  blanchâtres,  libres  entre  elles,  munies  chacune  d"une  ligule  orangée 
libre  de  toute  adhérence  avec  les  ligules  voisines;  trois  de  ces  pièces,  situées  un  peu 
à  l'intérieur  des  autres,  portent  sur  leur  face  supérieure  un  petit  bourrelet,  ébauche 
d'anthère  Contenant  du  pollen  ; 

3«  Trois  verticilles  successifs  de  six  pièces  semblables  aux  précédentes,  mais  sans 
rudiments  d'anthères,  et  de  plus  en  plus  petites  à  mesure  que  l'on  se  rapproche  du 
centre; 

4°  Enfin,  au  centre,  trois  pièces  blanchâtres,  sans  ligules. 

Cet  ensemble  correspond  à  la  concrescence  d'au  moins  cinq  fleurs  repré- 
sentées seulement  par  leur  périanthe  ligule,  dont  les  ligules  restent  libres 
ou  se  soudent  pour  donner  une  couronne  presque  complète.  L'origine 
ligulaire  de  la  couronne  des  Narcisses  est  ainsi  démontrée  une  fois  de  plus 
par  la  Tératologie. 

Anatomiquement,  pas  d'ovaire  proprement  dit  à  trois  loges,  mais  une 
paroi  très  épaisse,  entourant  une  cavité  centrale  où  s'entremêlent  les  pièces 
florales  énumérées  plus  haut;  quelques  ovules,  cependant  normalement 
organisés,  sont  répartis  çà  et  là  sur  le  bord  interne  de  cette  paroi.  Dans  le 
parenchyme  qui  la  constitue  et  qui  englobe  de  très  nombreux  faisceaux 
libéro-ligneux  s'observent  trois  boutonnières  orientées  tangentiellement  et 
limitées  chacune  par  un  épidémie  identique  à  l'épiderme  externe,  et  autour 
desquelles  se  trouve,  comme  dans  celui-ci,  une  petite  couche  de  parenchyme 
à  chlorophylle;  ces  trois  fentes  sont  tout  simplement  des  restes  de  la  soudure 
imparfaite  de  quelques-uns  des  bourgeons  floraux.  Cet  aspect  rappelle  tout 
à  fait  ce  que  j'ai  observé  sur  une  fascie  de  Chrysanlhemum  Myconis  L.  ('). 


(')  Nicolas,  Notes  de  tératologie  végétale.  Remarques  sur  les  fascies  à  propos  du 
Chrysanlhemum  Myconis  L..{BuU.  Soc.  Bist.  Nat.  Afrique  A'ord), 


II28  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

Morphologiquement,  il  s'agit  donc  bien  d'une  synanthie  et  non  pas  sim- 
plement d'une  multiplication  des  organes  floraux. 

L'étude  anatomique  comparative  de  la  hampe  florale  m'a  révélé  un  carac- 
tère très  intéressant,  relatif  à  la  répartition,  du  tissu  chlorophyllien.  Dans, 
les  individus  normaux,  sous  l'épiderme,  se  trouvent  deux  assises  palissa- 
diques  bien  nettes,  bourrées  de  chloroplastes,  puis  une  troisième  moins 
allongée,  et,  enfln,  quatre  ou  cinq  assises  de  cellules  arrondies  renfermant 
encore  de  la  chlorophylle;  dans  la  fleur  synanthiée,  une  seule  assise  palissa- 
diqueet  quelques  assises  de  parenchyme  arrondi  bien  moins  riches  en  chlo- 
rophylle; la  même  différence  se  retrouve  dans  les  pédoncules  floraux.  En 
résumé,  la  synanthie  est  caractérisée,  ici,  par  un  moindre  développement  du 
tissu  palissadique  et  de  la  chlorophylle,  tant  dans  la  hampe  que  dans  les  pédon- 
cules floraux.  11  suffit,  pour  montrer  l'importance  de  ce  caractère  différentiel, 
de  se  rappeler  les  belles  recherches  expérimentales  de  Molliard  (  '  ),  qui,  par 
l'addition  de  sucre  à  des  solutions  nutritives,  a  provoqué  un  plus  grand 
développement  du  tissu  palissadique.  Inversement,  ne  peut-on  admettre 
que,  dans  le  Narcissus  synanthie,  le  moindre  développement  du  tissu  palis- 
sadique et  de  la  chlorophylle  est  la  conséquence  d'une  nutrition  insuffisante. 
Dans  ces  conditions,  les  bourgeons  floraux,  insuffisamment  nourris,  n'ont 
pu  se  dissocier,  sont  restés  concrescents,  d'où  synanthie. 

Il  semble  dès  lors  permis  de  considérer  les  synanthies,  les  syncarpies  et 
même  les  fascies,  en  un  mot,  toutes  les  anomalies  caractérisées  par  la  non- 
dissociation  et  la  concrescence  des  bourgeons,  non  pas  comme  provoquées, 
ainsi  qu'on  l'a  dit  si  souvent,  par  un  excès  de  nutrition,  mais  par  un  excès 
de  nutrition  déficiente.  Il  y  aurait  lieu  désormais,  dans  l'étude  de  ce  type 
de  monstruosités,  de  ne  pas  perdre  de  vue  cette  hypothèse. 


CHIMIE  BIOLOGIQUE.  —  V amylocellidose  considérée  comme  composé  d'acide 
siliciqueet  d'amylose.  Notede  MM.  G.  Malfitano  et  M.  Catoire,  présentée 
par  M.  Roux. 

La  fécule  de  pomme  de  terre  et  encore  plus  l'amidon  de  maïs,  quand  on 
s'est  assuré  qu'ils  ne  contiennent  pas  de  sable  ni  de  débris  de  membranes 
cellulaires,  étant  attaqués  par  l'acide  chlorhydrique,  laissent  des  petits  flocons 

(')  Molliard,  Action  tnorphogénique  de  quelques  substances  organiques  sur  les 
végétaux  supérieurs  {Bei'.  gén.  Botanique,  19,  1907). 


SÉANCE   DU    ll\   AVRIL    I922.  II 29 

dont  les  cendres  sont  nettement  siliceuses.  Ménageant  le  chauffage  dans 
l'eau  avec  ou  sans  addition  d'acide,  nous  avons  constaté  que  ce  sont  surtout 
les  membranes  des  grains  de  féculede  pomme  de  terre,  etcomme  des  stromas 
dans  le  cas  des  grains  d'amidon  de  mais,  qui  constituent  la  partie  résistante, 
que  nous  identifions  avec  ce  qu'on  a  appelé  amylocellulose .  Bien  qu'il  ne 
soit  pas  possible  d'obtenir  un  produit  de  composition  constante,  puisque  la 
teneur  de  ce  corps  en  matière  organique  diminue  sans  cesse  pendant  le  trai- 
tement, il  nous  semble  vraisemblable  que  Tintime  liaison  de  Tacide  silicique 
avec  les  molécules  hydrocarbonées  peut  être  'envisagée  comme  constituant 
des  composés  complexes,  trop  variables  pour  être  obtenus  purs,  néanmoins 
théoriquement  représentés  par  la  formule  [Si  O*  (CH'^O^)"]!!^. 

Voici  des  expériences  qui  en  résunnent  beaucoup  d'autres  : 

1.  Fécule  préparée  au  laboratoire  partant  de  pommes  de  terre,  rigoureusement 
exempte  de  matières  terreuses  et  épurée  par  nombreuses  lévigations  des  débris  cellu- 
laires, autant  que  l'a  montré  l'examen  microscopique.  Dans  loo^  de  cette  fécule  dessé- 
chée :  cendres  totales  loi""»,  insolubles  dans  l'eau  8o"s,  insolubles  dans  HCl, 
4"s  presquecomplètement  volatilisés,  par  traitement  avec  NH^Fet  H^SO^  Delà  même 
fécule  900S  dans  5  litres  de  HCl,  o,5  N  après  macération  sont  chauffés  au  bain-marie 
bouillant  pendant  3o  minutes  ;  après  repos  la  liqueur  opalescente  se  clarifie  en  haut  et 
devient  plus  opalescente  en  bas.  Par  décantations  et  lavages  successifs,  on  épuise  ce 
sédiment  très  léger  sans  y  arriver  complètement.  On  évapore  la  liqueur  trouble  dans  la 
capsule  de  platine,  il  reste  4°  environ  de  matière  qui,  incinérée,  laisse  23"«  de 
cendres  dont  ô""?  insolubles  dans  HCl  et  volatilisables  par  traitement  au  fluorure. 

2.  Amidon  de  maïs  du  commerce  purifié  par  lévigation  jusqu'à  ce  que  100& 
attaqués  par  HCl  donnent  un  liquide  limpide  qui  se  trouble  ensuite.  Dans  1008: 
cendres  totales  6i™e,  dont  58™s  insolubles  dans  l'eau  et  9™^  insolubles  dans  HCl  et 
volatilisables,  par  traitement  au  fluorure,  i^^  de  cet  amidon,  traité  comme  dans  l'expé- 
rience précédente,  laisse  un  résidu  de  3s  environ  contenan.t  des  quantités  sensibles  de 
graisse,  après  incinération:  cendres  totales  4'"^  dont  24'°s  insolubles  dans  HCl  qui, 
après  traitement  au  florure,  se  réduisent  à  3'°g  que  l'eau  dissout  complètement.  Dans 
une  expérience  analogue  le  résidu  d'amylocellulose  a  été  recueilli  sur  le  filtre  à  succion 
et  dégraissé  par  l'alcool  et  l'éther  ;  on  a  pesé  2^'  environ  de  matière  qui,  incinérés,  ont 
laissé  44"°  de  cendres,  dont  Z-j  insolubles  dans  HCl,  qui  après  fusion  avec  Na"^  CO*  se 
réduisent  à  29™5  presque  complètement  volatilisés  par  traitement  au  fluorure. 

3.  l'^e  de  fécule  commerciale  a  été  attaqué  par  2  litres  de  HCl,  5N  en  agitant 
violemment;  il  se  forme  une  gelée  qui  se  liquéfie  peu  à  peu  en  un  liquide  sirupeux 
presque  limpide  qu'on  décante  du  fond  contenant  les  matières  étrangères.  Ce  liquide 
au  repos  se  trouble  par  des  flocons  très  légers  se  déposant  très  lentement  et  impar- 
faitement. Le  fond  contenant  la  plus  grande  partie  du  précipité  laisse  par  dessiccation 
3s  de  matière  et  après  incinération  20™s  de  cendres,  dont  8""^  de  SiO-. 

4.  1  ■'S  de  la  même  fécule  est  chauffé  au   bain-marie  dans    2  litres   de  HCl,  5N  et 


Il 3g  académie  des  sciences. 

filtré  à  chaud  à  travers  du  papier  Chardin.  A  la  liqueur  filtrée  parfaitement  limpide 
on  ajoute  2  litres  de  HGI,  10  N;  il  apparaît  ainsi  un  trouble  léger  qui  néanmoins  sédi- 
mente  et  qu'on  peut,  par  décantation  et  lavages  avec  l'eau  alcoolisée,  séparer  impar- 
faitement de  la  partie  soluble.  On  relire  par  évaporalion  6s  environ  de  matière  qui 
laisse  iS^e  de  cendres  dont  4'"^=  de  SiO-" 

5.  aSos  de  la  même  fécule  sont  transformés  en  dexlrines  par  traitement  à  l'acide  et 
dessiccation.  Dissous  dans  i  litre  d'eau  el  filtrés,  on  y  ajoute  i  litre  de  HCl,  loN  ;  il  se 
forme  ainsi  un  trouble  léger  qui,  traité  comme  précédemment,  donne  environ  400™*?  de 
matière,  qui  laissent  6"^"°  de  cendres  presque  totalement  constituées  de  SiO^. 

6.  Amidon  de  maïs  purifié  et  dégraissé  par  portions  de  2^  et  chauffé  à  100°  dans 
des  volumes  différents  d'eau  ou  à  volume  constant  à  température  plus  élevée  :  on 
constate  que  la  partie  résistante,  les  trois  quarts  environ,  ne  varie  pas  avec  levolume 
d'eau  et  diminue  en  chauffant  plus  longtemps  et  à  des  températures  plus  élevées;  elle 
se  réduit,  par  exemple,  à  un  tiers  par  chauffage  à  iSo".  Le  taux  de  la  matière  résistante 
diminue  beaucoup  plus  par  addition  de  HGI  jusqu'à  se  réduire  à  quelques  milli- 
grammes, presque  complètement  constitués  de  sels. 

La  théorie  qui  nous  guide  dans  ces  recherches  est  celle  défendue  déjà  par 
l'un  de  nous  (')  :  les  différentes  matières  amylacées  seraient  des  composés 
d'acide  silicique,  phosphorique,  ou  simplement  d'eau  avec  C  H^ °0^  selon  le 
type  de  complexes  de  complexes,  dont  le  plus  simple  aurait  comme  schéma 
[A  (C®H'"0^)"J  B.  Assurément  les  différences  remarquées  entre  matières 
amylacées  ne  sont  essentiellement  que  de  degrés  de  résistance  à  l'action  de 
l'eau  chaude,  des  acides  et  des  diastases.  Les  hypothèses  de  simple  poly- 
mérisation et  de  condensation  par  élimination  d'eau  ne  s'accordent  pas 
avec  les  faits,  parce  que  la  presque  totalité  de  l'amidon  se  dextrinifie  par 
soustraction  des  matières  minérales  et  par  dessiccation. 

En  tout  cas  ces  expériences  entraînent  notre  conviction  que  la  résistance 
remarquable  de  cette  partie  de  l'amidon  qu'on  appelle  amylocellulose  doit 
être  attribuée  à  la  présence  de  silice.  Il  nous  semble  même  intéressant  de 
diriger  l'attention  sur  le  lien  que,  entre  ces  deux  faits,  il  y  a  dans  les  cellu- 
loses en  général,  à  savoir  :  la  présence  de  silice  et  la  très  grande  résistance 
à  l'hydrolyse. 


(')  Voir  Comptes  rendus,  t.  143,  1906,  p.  4oo. 


SÉANCE  DU   24  AVRIL    1922.  Il3l 


PHYSIQUE  BIOLOGIQUE.  —  Influence  de  la  chaleur  et  de  quelques  dissolvants 
sur  la  viscosité  du  sérum  de  cheval.  Note  de  M.  A.  Vila,  présentée 
par  M.  E.  Roux. 

On  sait  que  la  chaleur  apporte  de  profondes  modilications  aux  colloïdes 
du  sérum;  nous  allons  voir  que  le  contact  des  dissolvants  neutres,  tels  que 
l'alcool  ou  l'acétone,  leur  .fait  subir  des  modifications  comparables. 

Des  mesures  de  viscosité  permettent  de  caractériser  ces  effets  coagu- 
lants. 

-  Ces  mesures  ont  été  faites  en  appliquant  la  méthode  de  Poiseuille  et  en 
utilisant  comme  viscosimètre  le  dispositif  d'Ostwald.  Toutes  les  valeurs 

T 
indiquées  proviennent  de  la  formule  r\  =  T)  r^,  dans  laquelle  rj  figure  la 

viscosité  du  liquide,  D  le  poids  spécifique,  To  le  temps  d'écoulement  de 
Teau  distillée,  T,  le  temps  d'écoulement  du  liquide  étudié;  toutes  les  déter- 
minations étant  faites  à  iS''. 

Le  graphique  reproduit  ci-après  résume  les  expériences  effectuées  en 
vue  de  comparer  les  effets  coagulants  du  chauffage  à  ceux  des  dissolvants. 

Les  déterminations  ont  porté  :  i''  sur  des  sérums  chauffés;  2**  sur  des 
sérums  ayant  subi  le  contact  de  dissolvants;  3°  sur  des  solutions  de  pro- 
téines séparées  par  le  procédé  à  l'acétone. 

L  Le  sérum  a  été  chauffé,  en  tubes  hermétiquement  bouchés,  dans  un 
thermostat.  Aux  temps  indiqués  on  opérait  les  prélèvements  à  mesurer. 
Successivement  les  températures  de  45°,  5o°,  55°  et  62° C.  ont  été  étudiées. 
On  trouvera,  pointés  sur  les  courbes  I,  II,  III  du  graphique,  les  résultats 
observés.  » 

A  45^*0.  la  viscosité  du  sérum  reste  égale  à  celle  du  sérum  normal 
(y]  =  1,90  à  1,95),  même  après  48  heures  de  séjour  dans  le  thermostat. 

Il  faut  atteindre  la  température  de  55° C.  pour  observer  une  variation 
accentuée  en  fonction  du  temps  (voir  la  courbe  II  pour  les  dix  premières 
heures).  Peur  des  durées  plus  longues  on  a  trouvé  : 

T,  à  15.  T,  à  15°. 

m       s 

Après  10  heures  à  55°C 1  .25  2  46 

»      t8       .)  »      .; 1.48  3,10 

»      28       »  »     2.14  3,75 


Il3a  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

A62<'G.  les  variations  sont  très  importantes  (courbe  III  du  graphique). 
II.  Les  effets  des  solvants  neutres  sur  le  sérum  ont  été  étudiés  comme 
suit  : 

Chaque  essai,  sur  25''°''  de  sérum,  a  été  additionné  de  yS""*'  de  dissolvant 


l  10 


9                     I 

/ 

II         iy/ 

Sépum  c/iâuffe    a    4-s  '   et  é  50 

c 

8 

'      / 

'1 

Sérum    acétone    â    Ppoid 

7 

/ 

n 

bemm    chauffe     a   55°  c 

6 

III. 

Sépum   chauffé    à    6S'  c. 

5 

lY. 

Sepum    acétone     a    t8'  c 

4 

m 

3 

1 

^^.^--^ 

^ 

2 

/ 

^ 

-"""'^ 

1 

/     /^ 

1 

// 

2  34  56789  10 

Vijcosiles    ( Eau  dislillét   ilS'Cl) 


pur,  afin  d'insolubiliser  la  totalité  des  protéines.  Celles-ci,  après  filtration 
rapide  sous  vide,  ont  été  aussitôt  malaxées  et  lavées  avec  de  l'éther  sec;  une 
dernière  filtration  donne  une  poudre  blanche  se  gonflant  et  se  dispersant 
aisément  dans  un  faible  volume  d'eau.  En  ajoutant  à  cette  solution  le  résidu 
de  la  distillation  des  solvants,  on  complète  à  25"""'  le  volume  de  la  solution 
aqueuse  des  protéines;  ce  faisant,  les  substances  dont  elles  avaient  été  sépa- 
rées se  trouvent  restituées. 

La  viscosité  des  sérums  acétones  à  des  températures  comprises  entre 
—  10*^  C,  et  o''  ne  s'écarte  pas  sensiblement  de  la  valeur  constante  indiquée 
par  la  ligne  I  du  graphique.  La  courbe  IV  indique  les  variations  observées 
sur  des  sérums  maintenus  en  contact  avec  l'acétone  à  la  température 
dei8«C. 


SÉANCE  DU  24  AVRIL  I922.  I  l33 

Dans  le  Tableau  ci-dessous,  nous  mettons  en  -parallèle  la  viscosité  de 
sérums  alcoolés  et  acétones. 

Sérum 

acétone.  alcoolé. 
Durée  d'action  des  dissolvants.                         ■                                  "h-  ■'!• 

Après  contacl  instantané  à  —  10°  C .■ i  jQ^  " 

»        I  heure  de  contact  à         »        2  » 

»        2  »  »        I  ,  9^  '* 

))       4  »  »       i,9*>  2,56 

»       contact  instantané  à  18"  G i  jQ^  3,48 

On  remarquera  les  viscosités  supérieures  des  sérums  alcoolés. 

III.  Dans  un  dernier  Tableau  notis  indiquerons  les  résultats  des  mesures 
effectuées,  non  plus  sur  des  liquides  contenant  la  totalité  des  éléments  du 
sérum,  mais  sur  des  solutions  de  même  teneur  en  protéines,  débarrassées  des 
substances  minérales  et  des  matières  grasses  du  sérum  par  le  traitement  à 
Tacétone. 

Durée  d'action  de  l'acétone.  D  à  15".  T,  à  15°.         t;  à  15». 

m       s 

(a)    Contact  instantané  avec  le  sérum.  ..  .  1,0175  i.i5,8  2,i4 

(aa)  La  même -{-os,oi5  de  NaCl 1,0210"  1.9,6  1,98 

{b)     Contact  de  3  heures  avec  le  sérum.  .  .  i,oi85  ï.29,8  2,54 

(c)     Contact  de  6  heures  avec  le  sérum.  .  .  1,0129  i .  55  3, 20 

{d)    3'='°' de  solution  (a) +0'='°', 5  H^O »  1.6  i,84 

(e)     S'^™' de  solution  (a)  H- 0"="', 5  acétone.            »  1.27  2,43 

L'expérience  (aa)  montre  l'influence  du  chlorure  de  sodium  sur  la  flui- 
dité des  protéines. 

Les  deux  derniers  essais,  dans  lesquels  -/]  passe  de  1,8  à  2,4,  mettent  net- 
tement en  évidence  Faction  coagulante  instantanée  de  Tacétone  sur  les 
protéines;  action  comparable  à  celle  de  la  chaleur  aux  températures  infé- 
rieures au  point  de  coagulation  massive. 

Conclusion.  —  Il  résulte  de  ces  observations  que  l'action  coagulante' de 
l'acétone,  analogue  à  un  effet  thermique,  peut  être  atténuée,  et  même 
évitée,  en  prenant  certaines  précautions  (abaissement  de  la  température  du 
milieu,  rapidité  des  manipulations  en  présence  du  dissolvant,  élimination 
aussi  complète  que  possible  de  l'acétone). 

Ce  fait  devait  être  signalé;  nous  rappellerons  qu'il  trouve  application 
dans  la  séparation  des  protéines  du  sérum  ('  ). 

(')  M.  PiETTRB  et  A.  ViLA,  Comptes  rendus,  t.  170,  1920,  p.  i466.  ^^.^_--._^^^^^ 


ri34  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


MICROBIOLOGIE.  —  Recherches  histo-microbiologiques  sur  la  paralysie  géné- 
rale. Existence  du  tréponème  dans  le  cytoplasme  des  cellules  nerveuses  de 
récorce  cérébrale.  Note  de  M.  Y.  3Ianouélian,  présentée  par  M.  Roux. 

A  Noguchi  revient  le  mérite  d'avoir  décelé  en  iQiS  le  tréponème  dans  la 
paralysie  générale.  Depuis,  Marinesco  et  Minea,  Levaditi  et  Marie,  Ban- 
kowsky,  Geber,  Benedek  et  Tatar,  Forster  et  Thomacszewsky,  Pulido 
Valente,  etc.  ont  confirmé  la  découverte  de  Noguchi. 

En  1905  nous  n'avions  pas  réussi  dans  nos  recherches  à  cause  de  l'impré- 
gnation massive  des  neurofîbrilles;  nous  avons  repris  depuis  quelques 
années  l'étude  de  la  paralysie  générale.  Nous  l'avons  pu  faire  grâce  à 
l'extrême  obligeance  de  M.  Pulido  Valente  de  Lisbonne,  qui  a  bien  voulu 
nous  envoyer  du  matériel  provenant  des  paralytiques  généraux.  Nous 
avons  utilisé  aussi  des  pièces  provenant  des  services  de  M.  Oettinger  et  de 
M.  Paul  Guiraud. 

Pour  la  technique,  nous  nous  sommes  servi  du  procédé  d'imprégnation 
argentique,  des  méthodes  de  Mann,  de  Nissl,  etc. 

Pulido  Valente  ayant  eu  la  bonne  fortune  d'étudier  à  l'aide  de  la  méthode 
de  Noguchi  un  cas  de  paralysie  générale  où  les  tréponèmes  étaient  extrê- 
mement nombreux  ('),  s'exprime  ainsi  :  «  Les  tréponèmes  se  disposent 
autour  des  cellules  nerveuses  et  y  pénètrent  même.  Dans  les  régions  les  plus 
riches  en  parasites,  c'est-à-dire  où  le  processus  est  en  pleine  évolution,  en 
mettant  au  point  les  divers  plans,  on  constate  nettement  que  les  cellules 
nerveuses  sont  entourées  d'agglomérations  denses  de  tréponèmes  qui  leur 

forment  une  sorte  d'enveloppement  complet A  une  étape  plus  avancée  de 

la  désagrégation  cellulaire,  le  noyau  lui-même  disparaît  et  de  toute  la 
cellule  il  ne  reste  plus  que  des  amas  de  granulations  entourées  de  parasites 
qui  les  traversent  dans  tous  les  sens.  » 

Et  pour  ce  qui  est  des  cellules  névrogliques.  «  Dans  le  voisinage  de  ces 
cellules  nous  avons  trouvé  fréquemment  le  tréponème  qui  paraissait  même 
pénétrer  dans  quelques-unes.  » 


(*)  Sur  deux  préparations  que  M.  Pulido  Valente  nous  a  adressées,  les  tréponèmes 
étaient  plus  nombreux  dans  l'écnrce  -cérébrale  que  dans  la  plupart  des  chancres 
humains. 


SÉANCE   DU   24   AVRIL    I922.  11 35 

Donc  d'après  Pulido  Valente,  les  tréponèmes  s'attaquent  aux  cellules 
nerveuses,  y  pénètrent  même,  ils  finissent  par  les  détruire.  A  la  fin  on  ne 
trouve  à  la  place  des  éléments  nerveux  que  des  parasites  et  des  amas  de 
granulations. 

Nous  n'avons  pas  vu  dans  nos  pièces  une  telle  abondance  de  tréponèmes. 
A  part  certaines  coupes  où  de  rares  vaisseaux  étaient  entourés  par  un 
treillis  de  spirochètes,  les  parasites  étaient  clairsemés. 

Nous  savons  que  dans  l'immense  majorité  des  cas  les  microbes,  surtout 
les  bactéries,  vivent  dans  les  humeurs,  dans  les  éléments  mobileset  fixes  du 
tissQ  conjonctif  et  dans  les  endothéliums  vasculaires;  mais  ils  ne  pénètrent 
pas  dans  les  cellules  des  autres  tissus. 

Excepté  dans  la  syphilis  héréditaire  du  r\o\iYQdi\i-nè\  pantréponémose  où 
le  tréponème  pénètre  dans  les  cellules  nobles  —  les  cellules  hépatiques  sur- 
tout —  ,  le  tréponème  suit  la  règle  générale;  on  ne  le  voit  que  dans  les 
éléments  que  nous  venons  d'énumérer;  il  n'habite  jamais  dans  les  cellules 
des  autres  tissus.  Or,  dans  la  paralysie  générale,  le  tréponème  existe  dans 
l'écorce  cérébrale  :  il  se  trouve  dans  le  lacis  composé  des  dendrites  des 
cellules  nerveuses,  des  cylindres-axes  et  des  prolongements  des  cellules 
névrogliques.  Dans  la  paralysie  générale  le  tréponème  n'est  pas  dans  le 
cerveau  comme  il  l'est  dans  un  chancre^  une  syphilide  ou  une  gomme;  il  se 
trouve  dans  le  tissu  propre  du  cerveau.  Mais  fait  encore  plus  intéressant  :  nos 
imprégnations  montrent  d'une  façon  indiscutable  que  le  tréponème  pénètre 
dans  le  cytoplasme  des  cellules  nerveuses  du  cortex.  Nos  images  sont  schéma- 
tiques :  souvent  dans  nos  préparations  le  pigment  et  les  neurofibrilles  ne 
sont  pas  colorés  :  sur  le  fond  clair  du  cytoplasme  se  détache  seulement  le 
tréponème  en  noir  avec  tous  ses  caractères,  le  noyau  de  la  cellule  nerveuse 
est  bien  visible.  Il  ne  s'agit  point  de  cellules  dégénérées  ou  détruites,  mais 
d'éléments  relativement  bien  conservés. 

C'est  dans  les  deuxième  et  troisième  couches  de  l'écorce  que  nous  avons 
le  plus  souvent  fait  ces  constatations.  Les  cellules  nerveuses  parasitées  sont 
surtout  des  éléments  de  petite  taille  que  les  auteurs  désignent  sous  le  nom 
de  grains. 

A  la  lumière  de  ces  faits,  voici  comment  nous  concevons  le  processus  de 
la  paralysie  générale. 

Le  tréponème  gagne  la  pie-mère,  et,  après  une  période  plus  ou  moins 
longue,  il  passe  par  les  entonnoirs  de  cette  membrane  dans  les  gaines  péri- 
vasculaires  du  cortex,  il  franchit  l'espace  lymphatique,  atteint  le  tissu  ner- 


Il36  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

veux  :  c'est  le  début  de  la  paralysie  générale.  Dans  ce  tissu,  il  se  développe, 
crée  un  foyer  et  lèse  les  cellules  nerveuses.  Il  y  a  successivement  :  ménin- 
gite, lymphangite,  encéphalite  syphilitiques. 

Mais  quelques  tréponèmes  sont  entrés  dans  le  cytoplasme  des  cellules 
nerveuses  de  Fécorce  où  ils  sont  sans  doute  à  l'abri  des  substances  médica- 
menteuses. Et  lorsque  le  foyer  s'éteint,  il  existe  quand  même  des  réservoirs 
à  virus.  A  un  moment  donné,  le  tréponème  sort  de  la  cellule  nerveuse  et  se 
développe  de  nouveau;  ainsi  se  rallument  de  nouveaux  foyers. 

Si  les  tréponèmes  intra-cellulaires  sont  à  l'abri  des  substances  médica- 
menteuses, cela  nous  permet  de  comprendre  aussi  pourquoi  le  traitement 
antisyphilitique  n'a  pas  de  prise  sur  cette  redoutable  maladie. 


La  séance  est  levée  à  17  heures. 

É.  P. 


ERRATA. 


(Séance  du   10  avril   1922.) 

Note  de  M.  Maurice  Janct^   Sur  les  formes  canoniques  invariantes  des 
systèmes  algébriques  et  différentiels  : 

Page  993,  ligne  3,  au  lieu  de  inférieur,  lire  supérieur. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE   DU    LUNDI    1'    MAI    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


ME3I0IRES  ET  COMMUIVICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE 

MÉCANIQUE.  —  La  théorie  classique  et  la  théorie einsteinienne  delà  gravitation. 
Note  (')  de  M.  Paul  Paixlevé. 

1.  Les  discussions  récentes  auxquelles  ont  donné  lieu  les  doctrines  rela- 
tivistes  m'engagent  à  préciser,  sous  une  forme  (jue  je  voudrais  aussi 
positive  que  possible,  les  corrélations  et  les  divergences  qui  existent  entre 
la  théorie  classique  et  la  théorie  einsteinienne  de  la  gravitation. 

L'exposé  qui  suit  est  entièrement  différent  de  ceux  qu'adoptent  les  rela- 
tivistes;  en  particulier  il  ne  suit  aucunement  le  processus  d'idées  qui  ont 
conduit  Einstein  et  ses  disciples  à  leur  audacieuse  et  grandiose  théorie. 
Mais  peut-être  est-ce  le  meilleur  moyen  d'en  faire  bien  comprendre  le  sens 
aux  adeptes  de  la  Mécanique  classique,  en  même  temps  que  de  mettre  en 
évidence  les  postulats  sur  lesquels  repose  la  nouvelle  doctrine. 

Plaçons-nous  d'abord  dans  la  théorie  classique. 

2,  Les  axiomes  de  la  Mécanique  classique. 

Postulat  L   —   Les  solides  naturels^  maintenus  dans  des  conditions  telles 
que  leurs  dimensions  relatives^  comparées  en  un  même  [lieu,  d'ailleurs  quel 
conque,  restent  constantes,  répondent  aux  propriétés  que  la  géométrie  eucli- 
dienne attribue  aux  figures  invariables. 

En  particulier,  un  tel  solide  (le  sol  par  exemple)  étant  regardé  comme  fixe, 
un  autre  solide,  soit  S,  dont  on  fixe  deux  éléments  A  et  B,  peut  occuper 
par  rapport  à  S  une  infinité  de  positions  :  dans  ces  diverses  positions,  une  file 
d'éléments  restent  fixes  comme  A  et  B,  et  la  ligne  qu'ils  dessinent  possède 

(')  Séance  du  24  avril  1922. 

G.  R..  IQ22,  I»'  Semestre.  (T.  174,  N°  18.)  ^I 


II 38  ACADÉMIE 'ÎDES    SCIENCES. 

les  propriétés  de  la  droite  euclidienne.  Nous  adoptons  comme  me/;e  une 
telle  droite  solide  ou  règle,  divisée  en  parties  aliquotes.  Mesurés  avec  un 
tel  mètre,  les  solides  matériels  transportés  avec  lui  dans  l'espace  gardent 
les  mêmes  dimensions.  La  longueur  d'une  courbe  qui  joint  les  points 
A  et  B  d'un  solide  s'obtient  en  portant  bout  à  bout  sur  cette  courbe,  de  A 
jusqu'en  B,  le  mètre  (ou  plutôt  une  partie  aliquote  très  petite  de  ce  mètre); 
la  ligne  de  longueur  minima  qui  joint  A  et  B  est  la  droite  AB,  et  sa  lon- 
gueur définit  la  distance  AB. 

3.  Considérons  maintenant,  dans  l'éther  immobile,  un  astre  très  éloigné 
de  tous  les  autres  corps  matériels  et  immobile,  et  sur  cet  astre  un 
groupe  d'observateurs  qui  rapportent  les  mouvements  de'  l'univers  à  leur 
astre  ou,  si  l'on  veut,  à  des  axes  trirectangles  Oxyz  liés  invariablement  à 
cet  astre  (donc  à  réth6r).Ils  peuvent  mesurer  (au  moins  théoriquement)  la 
distance  de  deux  points  fixes  A  et  B  à  l'aide  de  leur  mètre  et  construire  la 
droite  qui  joint  A  et  B.  Ceci  posé,  la  doctrine  classique  admet  qu'il 
leur  est  possible  de  définir  le  temps  une  fois  pour  toutes  et  en  tout  point 
de  l'espace,  de  façon  que  les-deux  postulats  suivants  soient  vrais  : 

Postulat  IL  —  Un  élément  matériel  très  éloigné  de  tous  les  autres  décrit  une 
droite  avec  une  vitesse  constante.  En  particulier,  il  reste  immobile  si  sa  vitesse 
initiale  est  nulle.  (Principe  de  Kepler.) 

Postulat  IIL  —La  lumière  dans  le  vide  se  propage  en  ligne  droite  avec  la 
même  vitesse  en  tout  point  et  dans  tous  les  sens.  (Postulat  de  Fresnel.) 

Le  temps  t  étant  mesuré  localement  en  un  point  A  de  l'astre  O  parla  répéti- 
tion d'un  phénomène  toujours  le  même  ('),  on  peut  donner  l'heure  en  un  autre 
point  fixe  B  par  l'envoi  d'un  signal  lumineux  de  A  :  si  ce  signal  part  de  A  à 

l'instant  /,  il  est  reçu  par  B  à  l'instant  /  +  t?'  /  désignant  la  distance  AB  el 
V  la  vitesse  de  la  lumière  (-).  Imaginons  qu'on  substitue  à  A  un  autre  point 
fixe  A,  dont  les  chronomètres  sont  réglés  sur  ceux  de  A  par  ce  procédé  : 
l'heure  donnée  par  A,  au  point  fixe  B  quelconque  concordera  avec  l'heure 
donnée  par  A.  Il  en  serait  tout  autrement  si  la  vitesse  de  la  lumière  n'était 
pas  la  même  dans  tous  les  sens. 

(')  On  vérifiera  que  le  phénoniène  se  répèle  idenliquemenl  en  comparant  sa  durée 
à  celle  de  multiples  phénomènes,  qu'on  s'efforce  de  répéter  chacun  dans  des  conditions 
identiques  en  ce  même  lieu  A  :  les  durées  relatives  de  ces  phénomènes  les  unes  par 
rapport  aux  autres  doivent  rester  invariables. 

(")  Cette  vitesse  est  mesurée  par  les  procédés  classiques,  par  exemple  par  la  durée 
(mesurée  en  A)  d'un  certain  nomlire  d'aller  el  retour  d'un  ravon  lumineux  issu  de  A 
et  renvo3^é  en  A  par  un  miroir. 


SÉANCE    DU    I"   MAI    1922.  nSg 

Ceci  est  vrai  quelque  éloignés  que  soient  les  points  A  etB.  En  particulier, 
d'après  les  postulats  précédents,  le  triangle  formé  par  trois  rayons  lumineux 
qui  se  rencontrent,  si  grands  que  soient  ses  côtés,  jouit  des  propriétés  d'un 
triangle  rectiligne  euclidien.  La  somme  de  ses  angles  est  égale  à  deux 
droites. 

.4.  La  gravitation  newtonienne .  —  SoitP  ou  {x,y,z)  un  élément  matériel 
de  très  petite  masse  en  présence  d'un  certain  nombre  de  masses  matérielles 
immobiles,  les  autres  étant  extrêmement  éloignées.  Les  trajectoires  de  P 
dans  l'espace  sont  les  géodésiques  d'un  ds-  de  la  forme 

où  h  est  une  constante  arbitraire  et  U  est  une  fonction  de  x,  y,  z  qui  satis- 
fait à  l'équation  classique  de  Laplace-Clairaut  dans  tout  l'espace  et  qui 
s'annule  à  l'infini,  conditions  qui  la  déterminent.  Le  temps  t  est  donné  par 

(  2  )  •       dt=^ 


\/2(LI  +  /0 


Si,  sans' changer  /,  on  emploie,  au  lieu  des  coordonnées  carté- 
siennes a?,  y,  ;,  des  coordonnées  obliques  ou  des  coordonnées  curvilignes 
quelconques  a;,,  x^,  x^  (indépendantes  de  /),  le  c^cr^  (carré  de  la  distance  de 
deux  points  infiniment  voisins)  devient  une  forme  quadratique  : 

( 3 )  rh'-—^ aju dxj  dxk         ( /,  /:  =  i ,  2,  3 ) 

et  U  une  fonction  U ,  (j?,  ,  x.yX.^  :  les  coefficients  de  «^^(^i ,  •  •  • ,  •x-'k)  satisfont  aux 
conditions  classiques  qui  expriment  que  da'  donné  par  (3)  est  un  ds"^  euclidien, 
et  U,  satisfait  à  l'équation  de  Laplace-Clairaut  en  coordonnées  curvilignes; 
ces  conditions  forment  un  ensemble  d'équations  aux  dérivées  partielles  du 
second  ordre,  linéaire  par  rapport  aux  dérivées  secondes,  et  invariant  dans 
un  changement  quelconque  des  variables  a;,,  x.^,  x^. 

En  particulier,  supposons  que  les  masses  se  réduisent  à  une  sphère  de 
centre  O  formée  de  courbes  concentriques  homogènes,  c'est-à-dire  ayant  du 
point  de  vue  mécanique  comme  du  point  de  vue  géométrique  la  symétrie 
de  la  sphère  :  les  trajectoires  de  P  seront  les  géodésiques  du  ds'- 

ds'^'=  (^  +  h]  \dr'-\-  r-{sin-^9dcû-^-hdd-)  ;, 

A''        / 

r,  0,  !p  désignant  les  coordonnées  polaires  de  l'espace  Oxyz. 

5.  La  gravitation  einsteinienne .  —  ÎNous  ne  pouvons  réaliser  que  diffici- 


Il4o  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

lemenl  et  toujours  ijnparfaitement  les  mesures  théoriques  des  longueurs 
et  du  temps  définies  plus  haut.  D'autre  part,  nos  expériences  (quand  on 
les  analyse  à  fond)  ne  font  jamais  que  constater  la  coïncidence  de  deux  faits, 
au  même  instant,  en  un  même  point  de  l'espace.  Or  cette  coïncidence 
subsiste  quel  que  soit  le  changement  (biunivoque)  qu'on  effectue  sur  les 
quatre  variables  x,  y,  z^  t.  D'où  l'idée  de  modifier  les  équations  de  ki 
Mécanique,  en  particulier  de  la  gravitation,  de  telle  façon  qu'elles  revêtent 
une  forme  invariante  simple,  non  pas  seulement  dans  le  changement  des 
variables  spatiales  x,  y,  z,  mais  dans  le  changement  des  quatre  variables 
espace-temps. 

().  Quand  il  s'agit  du  mouvement  d'un  élément  P  (ou  de  la  propagation 
de  la  lumière)  loin  de  toute  matière,  la  chose  est  immédiate. 

Considérons  en  effet  le  ds^  à  quatre  variables  : 

(  4  )  ds^  —  V2  dt'  —dx'--  dy^  —dz-; 

dans  un  mouvement  quelconque  de  P,  les  coordonnées  x,y,  z  sont  linéaires 
en  /;  autrement  dit,  ces  mouvements  sont  définis  par  les  géodésiques 
du  ds^  précédent;  les  trajectoires  des  rayons  lumineux  sont  les  géodésiques 
pour  lesquelles  ds'-  est  nul.  Si  l'on  fait  sur  x,y,  s,  t  un  changement  de 
variables  quelconques,  le  ds-  prend  la  forme  (^,,  x^,  x^,  x,,  désignant  les 
nouvelles  variables)  : 

(5)  ds-^^Aj/^i^i,  x^,  x-i,  x^)dxjdx;^.  (_/,  A:=  I,  2,  3,  4), 

OÙ  les  coefficients  Ay/^  satisfont  aux  conditions  classiques  (équations  linéaires 
par  rapport  aux  dérivées  partielles  du  deuxième  ordre)  qui  expriment  que 
le  ds'-  donné  par  (5)  est  un  ds'-  euclidien  (à  quatre  variables). 

Donc,  —  quel  que  soit  le  repérage  adopté^  —  loin  de  toute  matière^  les  mouve- 
ments du  point  P  sont  définis  par  les  géodésiques  dhin  ds"^  euclidien  («  quatre 
variables)  et  les  trajectoires  de  la  lumière  par  les  géodésiques  du  même  ds"^, 
pour  lesquelles  ds-  est  nulle. 

Ce  principe  est  une  conséquence  du  principe  de  Kepler  et  du  principe  de 
Fresnel,  mais  il  ne  leur  est  pas  équivalent.  Il  exprime  en  effet  simplement 
que,  par  un  choix  convenable  des  variables  (et  qui  d'ailleurs  est  possible 
d'une  inlinité  de  façons),  le  ds'^  en  question  est  réductible  à  la  forme 
V-fite^  —  dx'^^  —  dx;  —  dxl.  Pour  obtenir  intégralement  les  principes  de 
Kepler  et  de  Fresnel,  il  faut  ajouter  que,  pour  l'un  au  moins  de  ces  choix 
des  variables  privilégiées,  .r,  est  le  temps  et  dx\  +  dx\  +  dx\  le  carré  de  la 


SÉANCE  DU  I*"''  MAI  I922.  ilAl 

dislnnce  de  deux  points  de  l espace  infinimeni  voisins  mesurée  à  l'aide  du 
mètre  matériel. 

7.  Supposons  maintenant,  comme  au  n°  4,  que  P  soit  en  présence  d'un 
certain  nombre  de  masses  matérielles  données.  Nous  sommes  conduits,  par 
ce  qui  précède,  à  admettre  ce  postulai  : 

Postulat  IV.  —  Le  mouvement  d' un  point  matériel  quelconque,  enprésence 
de  masses  données,  sous  la  seule  influence  de  la  gravitation,  est  défini  par  les 
géodésiques  d'un  ds-  de  la  forme  (5),  où  les  Ay^  satisfont  à  un  ensemble  de 
conditions  invariantes  dans  tout  changement  des  quatre  variables  Xf,  x.,,x^,  x,,. 

Les  trajectoires  de  la  lumière  sont  définies  par  les  géodésiques  qui  corres- 
pondent à  ds'-  ^  o. 

Par  analogie  avec  la  Mécanique  newtonienne  et  avec  le  cas  où  toutes  les 
masses  sont  très  éloignées  de  P,  on  admet  en  outre  : 

1°  Que  ces  conditions  doivent  être  des  équations  aux  dérivées  partielles  du 
second  ordre  linéaires  par  rapport  aux  dérivées  du  deuxième  ordre; 

2"  Qu  elles  doivent  laisser  aux  Ay^r  l'exacte  indétermination  nécessaire  que 
comporte  la  question. 

C'est  ainsi  qu'on  parvient  aux  conditions  einsteiniennes  qui  astreignent 
les  Ay^C^i,  X.,,  iP:,,  X;)  dits  potentiels  de  gravitation. 

Quand  les  masses  sont  immobiles,  si  l'on  prend  comme  paramètre  x.,  le 
temps  t,  on  admet  encore  ces  deux  postulats  : 

Postulât  Y.  —  Le  ds-  ne  renferme  pas  t  explicitement.  (Principe  de 
causalité.  ) 

Postulat  VI.  —  Le  ds'-  ne  change  pas  quand  on  change  t  en  —t. 
(Principe  de  la  réversibilité.) 

Le  ds-  est  alors  nécessairement  de  la  forme 

(6)  ds''=  '' -—ch-         (U>o), 

OÙ  di'^  est  de  la  forme  (3),  mais  n'est  plus  euclidien  (à  3  variables). 

On  sait  (de  par  la  corrélation  entre  le  principe  d'Haniilton  et  le  principe 
de  la  moindre  action)  que  les  trajectoires  de  P  sont  alors  données  par  les 
géodésiques  du  ds]  à  trois  variables  ds;  =  (U  -h  A)r/cr-,  h  constante  arbi- 
traire, et  t  par  dt  =        ^'^    ■  Les  trajectoires  de  la  lumière  s'obtiennent  en 

'  ^  ^U  -^  h       ■  _     ' 

faisant  h  =  0,  d'où  alors  dt  =  \[J  di. 

Remarquons  que  le  postulat III (Principe de  Fresnel) est  modifié;  il  n'est 
plus  vrai  que  loin  de  toute  matière;  et  ainsi  modifié  il  rentre  dans  le  pos- 


II 42  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

lulat  IV.  Mais  nous  gardons  jusqu'ici  tous  les  autres  postulats  et  notam- 
ment le  postulat  1. 

8.  Insistons  sur  le  cas  particulier  où  les  masses  se  réduisent  à  une  masse 
unique  ayant  la  symétrie  d'une  sphère  de  centre  O,  et  soit  toujours  r,  0,  '^ 
les  coordonnées  polaires  de  Tespace  Oasyz.  La  symétrie  et  les  conditions 
einsteiniennes  montrent  que  le  ds-  est  nécessairement  de  la  forme  trouvée 
par  Schwarzschild  (les  unités  étant  choisies  de  façon  que  V  =  i) 

(7)  ds-  =  (i— '^)dr--o- {sui' 6  ch'-^dO-)  '^'" 


0 


[X  désignant  une  constante  et  p  une  certaine  fonction  de;-,  fonction  inconnue 
dont  nous  savons  seulement  qu'elle  devient  infinie  avec  /•. 

La  comparaison  avec  les  lois  de  Kepler  et  de  Newton  montre  aussitôt 
que  [X  est  positif  (')  et  diffère  très  peu  de  la  constante  d'attraction  newto- 
nienne,  et  que  p  diflére  très  peu  de  ;•  au  moins  dans  les  limites  de  notre  sys- 
tème solaire.  Si  posant  p  =  r,  on  calcule  l'avance  du  périhélie  de  Mercure  et 
la  déviation  des  rayons  lumineux  par  le  Soleil,  les  observations,  comme  on 
sait,  sont  conformes  au  calcul.  Mais  la  discordance  avec  la  troisième  loi  de 
Ys^e^\QT  {quand  on  suppose  connus  les  grands  axes  des  ellipses  képleriennes)^ 
entraîne  par  siècle  des  écarts,  de  l'ordre  de  lo  minutes  de  temps,  soit  pour 
Mercure  de  Tordre  de  i  minutes  d'angle;  seulement  les  grands  axes  ne  sont 
pas  connus  avec  assez  de  précision  pour  permettre  de  trancher  entre  les  deux 
lois.  Si,  par  la  suite,  le  progrès  des  observations  faisait  ressortir  des  diver- 
gences appréciables  entre  la  réalité  et  les  conséquences  de  la  formule  de 
Schwarzschild  ('),  la  théorie  telle  que  nous  l'avons  exposée  permettrait  d'y 
parer  en  posant  p  =  r  1 1  ■+-  £(/')],  £  étant  une  fonction  de  /•  très  petite  pour  /• 
variant  dans  les  limites  du  système  solaire.  Cette  correction  n'entraînerait 
qu'une  modification  relative  très  faible  de  l'avance  périhélique  et  la  dévia- 
tion du  rayon  lumineux  (*). 

9.  Le  point  de  vue  qui  précède  est  celui  auquel  je  me  suis  placé  dans  mes 
(Jlommunications  antérieures.  Il  copserve  (conformément  aux  conceptions 


(')  A  priori,  /j.,  dans  (8j,  pourrail  èlre  négatif  et  les  trajectoires  de  P  tourneraient 
leur  convexité  vers  O  comme  dans  le  cas  d'une  répulsion. 

('-)  Le  rayon  vecteur  n'est  pas  mesuré  directement  au  mètre,  mais  par  des  observa- 
tions optiques;  l'influence  de  l'incurvation  des  rayons  lumineux,  comme  plus  loin 
l'abandon  de  la  géométrie  euclidienne,  n'entraîne,  dans  la  détermination  des  parallaxes, 
que  des  corrections  actuellement  imperceptibles  à  nos  mesures. 


SÉAPfCE    DU    I*''  *MÀI    1922.  II43 

de  Poincaré)  la  géométrie  euclidienne.  Appelons,  pour  abréger,  la  théorie 
précédente  la  théorie  semi-einsteinienne  de  la  gravitation.  Mais  on  peut 
adopter  un  autre  point  de  vue  qui  consiste  à  renoncer  au  postulat  !  et  à  le 
remplacer  par  le  postulat  I  bis  : 

PosTi;i>AT  I  bis.  —  Lorsque  le  ds-  de  la  gravitation  a  reçu  la  forme  (6;  où  l 
désigne  le  temps,  d<i  mesure  la  distance  de  deux  points  fixes  infiniment  voisins. 

Si  l'on  veut  encore,  le  plus  court  chemin  mesuré  avec  le  mètre  matériel 
entre  deux  points  fixes  A  et  B  de  l'élher  est  une  géodésique  du  da-  :  le  voi- 
sinage d'une  masse  matérielle  influe  sur  les  propriétés  géométriques  des 


solides  naturels. 


La  divergence  entre  les  deux  théories  des  n*''*  7  et  9  est,  dans  le  domaine 
astronomique,  imperceptible  à  nos  mesures  actuelles.  La  théorie  du  n°  9 
coïncide,  dans  ce  domaine,  avec  celle  d'Einstein,  mais  l'exposé  précédent  ne 
fait  intervenir  ni  modification  du  temps,  ni  aucune  considération  de  la 
relativité  restreinte.  Il  reste  à  le  comparer  avec  la  doctrine  intégrale 
d'Einstein  :  ce  sera  l'objet  d'une  prochaine  Communication. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE,   —  Le  théorème  de  Cauchy  sur  r intégrale  d'une 
fonction  entre  les  limites  imaginaires.  iNote  de  M.  G.  Mittag-Leffler. 

Il  parait  que  je  me  suis  mal  exprimé  dans  ma  Note  ('),  puisque 
M.  Goursat  tient  à  préciser  dans  une  Note  (*)  que  sa  démonstration  du 
théorème  de  Cauchy  est  la  première  qui  ne  fasse  intervenir  aucune  condi- 
tion du  genre  de  la  sienne.  Autant  que  je  sache,  c'est  aussi  le  cas,  et  per- 
sonne n'a  plus  que  moi  admiré  cette  belle  démonstration  qui  suppose 
essentiellement  moins  que  la  démonstration  admise  en  général  comme  celle 
de  Cauchy.  Mais  cela  n'empêche  pas  que  j'ai  publié  déjà  en  1873  (')  une 
autre  démonstration  qui  suppose  elle  aussi  moins  que  la  condition  de 
Cauchy.  C'est  seulement  en  ajoutant  à  ma  condition  B  (*)  la  condition  C 
qu'on  obtient  la  condition  D  de  Cauchy.  Voilà  pourquoi  j'ai  pu  dire,  chose 
sans  importance  du  reste,  que  j'avais  publié  une  démonstration  supposant 
moins  que  celle  de  Cauchy  27  ans  avant  M.  Goursat. 


(1)  Comptes  rendus,  l.  174,  1922,  p.  789. 

(■-)  Ihid.,  p.  836.  * 

(*)  Svrnska   Vet.  Ak.,  traduction  allemande  Gottinger  Nachricliten,  1874. 

(■')  Cninptes^j-endus,  \.}\lk,  i9?.2,  p.  790. 


Il44  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

J'ai  désigné  la  condition  de  M.  Goursal  par  E  et  je  nie  snis  permis  une 
remarque  que  je  pense  être  indiscutable,  savoir  que  la  condition  E  de 
M.  Goursat  n'implique  pas  ma  condition  B,  tandis  que  celle-là,  d'un  autre 
côté,  n'embrasse  pas  la  condition  E. 


CHRONOMÉïRIE.   —    Les  problèmes  mécaniques  des  ressorts  réglants. 
Note  de  M.  Jules  Aivdrade. 

En  conservant  les  notations  et  le  numérotage  de  mes  deux  dernières 
Notes  (i3  mars  et  lo  avril  1922)0,  nous  écrirons,  aux  approximations  pré- 
cisées dans  ces  Notes,  l'équation  du  mouvement  du  balancier,  du  type 
simple  (9  bis)  sous  la  forme  réduite  suivante,  à  savoir  : 

(10 )  —  -777  =z—  u  —  nsl  u  —  £/j.  ; 


GO-    dl- 


où  l'on  a  fait 


^jfci'  ,,-VPB  ,._K1/-     ,     4\       El/     ,     4 


La  valeur  de  A  devrait  aussi  contenir  un  terme  dépendant  du  frottement 
sur  le  collier  qui  est  né  du  couple  de  bascule  dû  à  la  force  longitudinale 
appliquée  à  la  commune  virole,  lorsque  l'on  transporte  cette  pression  longi- 
tudinale, à  la  manière  de  Poinsot,  sur  la  tête  du  pivot  du  balancier,  mais  ce 
terme  additionnel,  de  même  type  d'ailleurs  que  le  précédent,  ne  modifie  que 
peu  la  valeur  numérique  de  À. 

XI.  Pour  fixer  les  idées  sur  un  exemple  numérique,  j'envisage  un  doublet 
formé  de  deux  spiraux  à  enroulements  symétriques,  reproduisant  chacun 
sensiblement  les  dimensions  d'un  spiral  provenant  d'un  vieux  chronomètre 
marin,  mais  supposés  attelés  ensemble  au  balancier  de  ce  même  chrono- 


(')  Errata.  —  i3  mars  1922,  tire  la  formule  (2)  ainsi 


^  El 


4  \       4  211  . 


10  avril  1920,  page  98.5,  i5«  ligne,  remplacer  N  par  M  et  lire 


El  /  4  \        El  /  4 

L  W-^pO  +  U     '  +  1^ 


SÉANCE    DU    l'^'    MAI    1922.  I  l45 

mètre;  le  poids  B  de  ce  balancier  est  d'environ  7*^;  l'étendue  angulaire  du 
ressort  est  de  9,;)  tours  seulement. 

En  mesurant,  sur  ce  balancier  et  sur  son  spiral  hors  d'usage,  leurs  diverses 
caractéristiques,  nous  avong  ici 

I  I        ,        ,. 

A  =r  — — —  et  u.:=z—j—     de  radian, 

2800  '         942 

La  représentation  graphique  d'une  oscillation  simple  se  fait  ici  à  deux  . 
échelles  distinctes,  l'une  pour  la  première  moitié  de  l'oscillation  considérée, 
avec  un  décalage  du  point  mort  dans  le  sens  rétrograde  dont  l'étendue  est 
A,=         --;  l'autre  pour  la  seconde  moitié  de  la  même  oscillation  simple 

avec  un  nouveau  décalage  du  point  mort  et  dont  l'étendue  est  Ao  =  ^  -  • 
Ces  deux  points  morts  apparents,  tous  deux  en  arrière  du  véritable  point 
mort,  sont  écartés  l'un  de.l'autre  delà  longueur  A,  —  A^,  c'est-à-dire  de    "^  ''■• 

Les  durées  des  deux  moitiés  géométriques  de  l'oscillation  simple  sont 
inégales. 

Mais,  alors  même  que  cette  oscillation  n'est  pas  entretenue  par  l'échappe- 
ment, la  -durée  de  l'oscillation  est  -  (  i  -h  7X- js  sensiblement,  c'est-à-dire 

[)ra  tique  ment  indépendante  de  Vamplitude  tant  que  celle-ci  n'a  pas  trop 
baissé. 

Dans  le  mouvement  entretenu,  ce  résultat  reste  exact  à  l'ordre  du  rapport 

de  — ^  à  la  semi-amplitude  de  régime;  si  cette  dernière  est  supposée  égale 

àîc,  l'approximation  envisagée  est  de  — ^- 10"  ^ 

XIL  Signalons,  à  titre  de  renseignement  et  d'exercice  pour  laboratoires 
de  chronométrie  se  piquant  de  précision,  la  loi  fort  simple  de  la  réduction 
des  semi-amplitudes  de  la  vibration  (10)  non  entretenue;  cette  loi  intéres- 
sante pour  les  mesures  expérimentales  des  frottements  de  colliers  et  de 
pivot  sur  un  même  balancier  en  marche,  et  qui  se  dégage  immédiatement 
des  graphiques  de  décalage,  est  la  suivante  : 

En  désignant  par  h  le  rapport  \/ —^  l^s  valeurs  arithmétiques  des 
semi-amplitudes  d'oscillations  successives  non  entretenues  sont  liées  par 

la  loi  de  récurrence 

«,-t- A.,  =  («0—  A,)/«. 

Désignons  par  —  0.  l'élément  double  de  cette  substitution  linéaire,  dont 


II 46  ACADÉMIE   DES    SCIENCES, 

la  valeur  est  fournie  par  l'égalité 

n  -  M+A^ 

la  loi  de  récurrence  prend  la  forme  simple 

formule  applicable,  jusqu'à  ce  qu'on  trouve  pour  la  première  fois,  par  son 
application,  u„  négatif  ou  moindre  que  A,,  ou,  ce  qui  revient  au  même  : 
algébriquement  • 

La  formule  (i  i)  rappelle  celle  utilisée  pour  l'interprétation  des  photogra- 
phies des  mouvements  pendulaires  doublement  amortis  et  rendra  ici  les 
mêmes  services. 

XIII.  En  résumé,  les  vibrations  entretenues  du  type  (lo)  assurent,  aux 
approximations  définies  plus  haut,  un  isochronisme  à  peu  près  complet. 

En  d'autres  termes,  cette  loi  de  vibration  assure  que  l'épreuve  habituelle 
d'isochronisme  du  réglage  ne  révélera  rien. 

Par  contre  Tanisochronisme,  appelé  parfois  séculaire,  lié  à  la  vieillesse  des 
huiles,  produira,  par  la  lente  croissance  de  A-  et  de  ut,  un  lent  mais  continu 
retard  du  chronomètre;  on  remarquera  que  cet  effet  est  de  sens  con- 
traire à  l'aisance  aux  petits  arcs  qui,  dans  les  anciennes  perturbations  d'iso- 
chronisme manifeste,  suivant  la  pittoresque  expression  d'un  régleur,  la 
fièvre  qui  précède  V agonie  d'un  chronomètre. 

En  supposant  acquises  avec  certitude  les  méthodes  nouvelles  de  compen- 
sation, il  ne  restera  donc  qu'une  dernière  cause  d'anisochronisme  :  c'est 
l'inertie  du  spiral,  dont  Gaspari  a  commencé  l'étude  pour  un  spiral 
Phillips. 

Pour  achever  l'étude  que  nous  poursuivons  en  ce  moment,  nous  aurons 
à  étendre  le  problème  de  Caspari  au  spiral  cylindrique  et  aux  doublets. 

Il  est  possible,  toutefois,  de  prévoir  dès  maintenant  une  distinction  néces- 
saire entre  nos  deux  classes  de  doublets. 

XIV.  Dans  le  doublet  à  ressorts  symétriques  de  dimensions  presque 
égales,  les  ressorts  associés  travaillent  dans  le  même  sens,  ils  s'ouvrent  ou 
se  ferment  ensemble;  il  est  donc  très  probable  que  pour  ceux-ci,  l'effet  de 
l'accouplement  ne  produira  pas  une  forte  variation  de  la  perturbation  due 
à  l'inertie  des  spiraux,  encore  moins  une  compensation  de  ces  effets. 

Au  contraire,  par  l'emploi  de  spiraux  associés,  mais  travaillant  en  sens 


SÉANCE    DU    I""   MAI    1922.  l  l(\'] 

inverse  Tun  de  l'autre,  on  peut  semble-t-il  envisager  avec  confiance  une 
atténuation  sinon  une  compensation  complète  de  leurs  perturbations  indi- 
viduelles d'inertie. 

J'ai  été  renforcé  dans  cette  opinion  par  celle  de  Téminent  et  regretté 
professeur  Ph.  Guye,  de  Genève,  qui,  il  y  a  trois  ans,  attira  mon  attention 
sur  ce  point  important. 

XV.  Un  dernier  mot  sur  la  comparaison  des  avantages  ou  des  incon- 
vénients relatifs  aux  deux  systèmes  de  doublets  di\i^o\n\,  de  vue  de  l'inlluence 
des  frottements  sur  l'isochronisme  de  l'un  ou  l'autre  doublet. 

Dans  le  doublet  sinusoïdal  et  en  particulier  sur  le  doublet  à  viroles  op- 
posées qui  attira  tout  d'abord  spécialement  mon  attention  et  qui  m'avait 
fourni  une  première  méthode,  les  pressions  longitudinales  exercées  sur  les 
viroles  opposées  étaient  parallèles,  égales  et  de  même  sens,  si  l'on  admet 
l'hypothèse  dite  des  techniciens. 

Les  pressions  élastiques  verticales  qui  font  varier  la  pression  constante 
due  au  poids  du  balancier  sur  la  tète  du  pivot  sont  alors  d'un  ordre  "d'im- 
portance plus  élevé  que  la  pression  élastique  verticale  presque  atténuée  qui 
agit,  dans  le  problème  précisé  dans  ma  dernière  Note,  sur  le  doublet  à  en- 
roulements symétriques. 

La  régularité  d'action  de  cette  pression  longitudinale  élastique  pourrait, 
il  est  vrai,  compenser  son  importance,  du  moins  si  l'on  admet  l'exactitude  de 
l'hypothèse  dite  des  techniciens. 

Le  doublet  à  enroulements  symétriques  est,  lui,  infiniment  plus  indépen- 
dant du  degré  de  validité  encore  mal  établi  de  l'hypothèse  des  techniciens, 
puisque  la  loi  évidente  de  symétrie  y  remplace  l'hypothèse  des  techniciens. 

XVI.  En  résumé,  le  doublet  sinusoïdal  doit  être  préféré,  pour  l'essai 
d'une  atténuation  de  la  perturbation  d'inertie  due  à  un  spiral  unique  ;  mais  le 
doublet  symétrique  a  Favantage  de  se  prêter  à  une  détermination  expéri- 
mentale pratique  de  l'effet  d'inertie  qui  jusqu'ici  n'a  pas  encore  été  évalué 
expérimentalement. 

La  réalisation  de  l'un  et  l'autre  type  de  chronomètres,  moins  coûteuse 
que  des  horloges  élastiques  à  8  spiraux,  ou  même  que  des  balances  spirales 
pour  de  nouveaux  problèmes  de  mécanique  de  précision,  offre  un  intérêt 
scientifique  et  industriel. 


Il48  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

BOTANIQUE.  —  Relations  entre  les  chlamydospores  et  les  boucles  mycéliennes . 

Note  de  M.  Paul  Vuillemin. 

D'après  une  Communication  présentée  récemment  à  l'Académie  par  M.  et 
]y[me  Pernand  Moreau  (*),  les  boucles  souvent  observées  chez  les  Basi- 
diomycètes,  parfois  chez  les  Tubéracées,  se  montrent  sous  le  même  aspect 
dans  les  filaments  ascogènes  du  Parmelia  Acetabulum.  Ces  boucles  sont 
homologues  du  crochet  qui  précède  l'asque  chez  divers  Ascomycètes.  Les 
boucles  ou  leurs  équivalents  sont  donc  répandus  dans  les  mycéliums  à  articles 
binucléés  (dicaryocytes)  qui  caractérisent  la  diplophase  des  Ascomycètes 
et  des  Basidiomycètés. 

La  formation  des  boucles  est  intermédiaire  entre  l'exogamie  et  l'endo- 
gamie  ;  elle  entraîne  comme  ces  procédés  Ja  production  de  dicaryocytes 
dont  les  noyaux  se  fusionnent  dans  l'asque  ou  la  baside.  ISous  ignorons  si 
ce  fut  ainsi  que  se  réalisa  le  premier  passage  de  l'exogamie  à  l'endogamie. 
Actuellement  la  production  des  boucles  n'est  pas  nécessaire  au  développe- 
ment des  asquesoudes  basides  puisque,  sauf  le  cas  du  bec  des  Ascomycètes, 
on  n'observe  pas  de  connexion  directe  entre  les  boucles  et  les  asques  ou 
basides.  Elle  n'est  pas  non  plus  suffisante  pour  déterminer  l'apparition  de 
ces  organes  reproducteurs. 

J'attirerai  l'attention  sur  les  chlamydospores  qui  offrent  avec  les  boucles 
les  mêmes  relations  que  les  asques  et  les  basides.  C'est  ce  que  j'ai  constaté 
depuis  longtemps  chez  Xqs  Nyctalis .  Ditmar  avait  créé  le  genre  Asteropkora 
pour  V Asterophora  lycoperdoides  Ditmar  1809,  qui  appartient  au  iVjc/a/i.y 
Asterophora  Pries  (Aspergilius  lycoperdoides  Bulliard). 

Le  genre  Asterophora,  supprimé  par  Pries,  rétabli  par  Duby  qui  croyait 
les  chlamydospores  indépendantes  del'Agaricacée,  est  définitivement  aban- 
donné puisqu'il  ne  répond  pas  à  la  conception  de  son  auteur. 

Les  chlamydospores  de  Nyctalis  Asterophora  ont  une  membrane  lisse,  sé- 
parée de  la  membrane  primitive  du  filament  qui" s'en  écarte  au  niveau  des 
boursouflures  rayonnantes.  Chez  le  Nyctalis  parasitica,  la  membrane  pri- 
mitive est  difficile  à  distinguer  de  l'épispore  dont  elle  épouse  étroitement 
les  contours. 

J'ai  rencontré  vers  la  fin  de  l'année  igoS,  sur  du  bois  humide,  dans  ma 
cave  à  Malzéville,  des  hyphes  dont  le  calibre  variait  de  !'%  5  à  3i^,  3  ;  chaque 


(')  Comptes  rendus^  t.  ilk,  1922,  p.  1072. 


SÉANCE   DU    l'^''   MAT    1922.  Il49 

cloison  était  accompagnée  d'une  boucle.  Beaucoup  d'articles  intercalaires 
ou  terminaux  se  rendaient;  le  renflement,  isolé  par  deux  cloisons,  devenait 
une  chiamydospore  sphérique,  d'un  jaune  d'or,  mesurant  5!^  de  diamètre. 
La  membrane  primitive  était  appliquée  à  l'épispore  comme  chez  le  Nyctalis 
parasilica  ;  dans  les  vieilles  chlamydospores  pourtant,  la  couche  superficielle 
se  fronce  autour  de  l'endospore  légèrement  contractée.  De  même  sur  les 
filaments  âgés  la  couche  superficielle  se  décolle  du  reste  de  la  membrane 
comme  une  gaine  ridée.  On  ne  peut  invoquer  une  formation  endogène. 

Je  n'ai  trouvé  ni  basides  ni  asques.  Je  considère  ce  champignon  comme 
ime  seconde  espèce  du  genre  Bornetina  Mangin  et  Yiala  1903.  Je  le  nomme 
Bornetina  auiea  Vuillemin  nov.  sp. 

Le  Bornetina  aiirea  diffère  du  Bornetina  Corium  Mangin  et  Yiala  comme 
le  Nyctalis  parasilica  diffère  du  Nyctalis  Asterophora  par  l'étroite  connexion 
de  la  membrane  primitive  avec  l'épispore.  Ses  hyphes  ne  présentent  pas 
la  tendance  à  la  géliiîcation  des  membranes  accentuée  chez  le  B.  Corium. 
Elles  forment  un  mycélium  diffus,  un  lacis  aranéeux  contrastant  avec  le 
cuir  décrit  par  Mangin  et  Viala. 

Je  ne  vois  là  que  des  dilïérences  spécifiques,  comme  dans  la  couleur,  les 
dimensions,  l'ornementation  des  chlamydospores.  J'ajouterai  un  caractère 
spécifique  commun  au  Bornetina  Corium  et  au  B.  aurea.  Dans  les  deux 
espèces  on  rencontre  des  boucles  renflées  à  membrane  affermie. 

Les  caractères  génériques  des  Bornetina  se  réduisent  aux  connexions  des 
boucles  avec  les  chlamydospores,  à  l'exclusion  des  organes  reproducteurs, 
tels  que  les  basides  qui  existent  en  même  temps  dans  les  genres  Nyctalis, 
Collybia,  etc.  Le  genre  Bornetina  réunit  les  Champignons  pourvus  de  chla- 
mydospores sur  des  hyphes  munies  de  boucles,  chez  lesquels  on  ne  connaît 
pas  d'organes  homologues  des  basides  ou  des  asques.  11  comprend  actuelle- 
ment deux  espèces,  Bornetijia  Corium  et  Bornetina  aurea. 


AL  Pierre  Termier  fait  hommage  à  l'Académie  de  son  livre  A  la  gloire 
(le  la  Terre  (in-S'*  écu  de  4oo  pages,  Nouvelle  Librairie  Nationale,  Paris)  et 
s'exprime  en  ces  termes  : 

On  trouvera  réunis  dans  ce  volume  les  Eloges  que  j'ai  consacrés  jadis 
aux  deux  savants  qui  ont  le  plus  contribué  aux  progrès  de  la  science  géolo- 
gique dans  les  trente  dernières  années  :  Eduard  Suess  et  Marcel  Bertrand. 
Je  n'ai  pas  besoin  de  rappeler  ici  que  ces  deux  grands  hommes  ont  été,  et 


Il5o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

seront  toujours,  l'honneur  de  notre  Compagnie.  On  y  trouvera  encore 
TEloge  d'un  autre  savant,  beaucoup  moins  connu,  mais  dont  le  nom  mérite 
cependant  d'être  sauvé  de  l'oubli  :  Hippolyte  Lâchât,  qui  fut,  en  matière 
de  géologie  alpine,  un  véritable  précurseur.  On  y  trouvera  enfin,  groupés 
dans  un  ordre  que  j'ai  voulu  rationnel  et  didactique,  diverses  conférences, 
divers  discours,  divers  articles,  les  uns  résumant  mon  enseignement  (syn- 
thèse des  Alpes,  problèmes  de  la  Méditerranée  occidentale,  question  de 
l'Atlantide,  grandes  énigmes  de  la  Géologie,  histoire  des  océans  à  travers 
les  âges),  les  autres  faisant  connaître,  à  propos  de  Géologie,  quelques  idées 
personnelles  sur  la  science  et  sur  le  monde. 

L'objet  du  livre  est  de  montrer  la  beauté  de  la  Géologie  et  de  lui  recruter 
des  adeptes.  Cette  science  est  encore  toute  pleine  de  mystère  et  l'on  s'y 
promène  au  milieu  des  énigmes;  mais  c'est  précisément  pour  cela  qu'elle 
plaît  aux  jeunes  gens  et  leur  paraît  infiniment  séduisante.  J'ai  voulu  la 
révéler  à  ceux  qui  ne  la  connaissent  pas,  et  attirer  ainsi  à  l'étude  spéculative, 
et  à  la  recherche  désintéressée,  des  esprits  qui  s'ignorent  encore  et  qui  sont 
faits  pour  comprendre  et,  après  avoir  eux-mêmes  compris,  expliquer  aux 
autres  et  aller  plus  avant  dans  la  recherche. 


M.  d'Ocagsje  offre  à  l'Académie  un  travail,  extrait  de  la  Renie  générale 
des  Sciences  (3o  avril  1922),  qui  a  pour  titre  :  Coup  d'œil  sur  les 
principes  fondamentaux  de  la  Nomographie.  En  quels  cas  et  comment 
ils  permettent  de  réduire  à  une  représentation  plane  des  dimensions  en  nombre 
supérieur  à  trois.  Ce  travail  est  celui  dont  l'auleur  avait  dernièrement 
annoncé  la  publication  (^).  En  précisant  la  distinction  entre  les  nomo- 
grammes  ^im/j/^'^  (indécomposables  en  un  enchaînement  de  nomogrammes 
à  un  moindre  nombre  de  dimensions)  et  les  nomogrammes  composés 
(susceptibles,  au  contraire,  de  cette  décomposilion),  il  permet  de 
discerner,  sans  aucune  ambiguïté,  quels  sont  ceux  de  ces  nomogrammes 
sur  lesquels  il  y  a  effectivement  réduction  à  une  représentation  plane  de 
dimensions  en  nombre  supérieur  à  trois.  L'apphcation  de  ce  critérium, 
aussitôt  faite  aux  méthodes  connues,  fait  ressortir  que  c'est,  comme  on  le 
savait  déjà,  celle  des  points  alignés  qui  a,  pour  la  première  fois,  permis  de 
réaliser  une  telle  réduction  effective  à  partir  de  la  quatrième  dimension. 

De  plus,  il  se  trouve  que  nombre  d'équations  rencontrées  en  diverses 

(')  Comptes  rendus^  t.  174,  1922,  p.  147  et  355. 


SÉANCE    DU    1"   MAI    1922.  Il5; 

branches  de  la  Icchniqiie,  qui  11e  seraienl  pas  susceptibles  de  représentation 
pai  enchaînement  de  nomogrammes  à  trois  dimensions  chacun  seulement, 
le  sont  par  des  nomogrammes  simples  à  plus  de  trois  dimensions,  réalisés 
au  moyen  des  points  alignés;  d'où  rimpoitance  de  cette  notion. 


I\0MI]\AT10î\S. 


M.  Maurice  Hamy  est  adjoint  à  la  délégation  qui  représentera  l'Aca- 
démie à  la  réunion  de  V  Umon  intermuionale  (V Astronomie ,  qui  se  tiendra  à 
Rome  du  2  ^lu  10  mai. 


CORRESPOIVD  AIVCE 


(GÉOMÉTRIE  INFINITÉSIMALE.  —  Généralisation  d'un  problème  de  Sophus  Lie 
dans  la  géométrie  des  transformations  de  contact,  iNote  de  M.  E.  O.  Lovett, 
présentée  par  M.  Hadamard, 

Sur  une   surface  quelconque  à  courbure   constante,    les  courbes  dont 
l'équation  différentielle  est  l'équation  du  troisième  ordre 

3 

(i)  j'"— -/~\v"2+ 2o-(.r)  i'^'iA(  v)y'^=o 

admettent  les  transformations  de  contact  proprement  dites  (transformations 
de  contact  qui  ne  sont  pas  seulement  des  transformations  ponctuelles  pro- 
longées) dont  la  fonction  caractéristique  W  a  la  forme 

(9.)         ■  W:=  ■.>.i>(.r,  r)y v'-h  4(.r)j— ru.v),  i>  =  o{x)^(y), 

OÙ  les  éléments  fonctionnels  cp,  ç,  -{>,  r^  satisfont  aux  deux  couples  d'équa- 
tions différentielles  de  la  uiême  forme 

(3)  ^f  =  g-{x-)o,        cc'=i{g^)',        ■l"=h{vyh,        ■n-f)"=2{/rn'-y. 

les  fonctions  gi-^),  ^(v)  étant  des  fonctions  arbitraires,  et  le  système  de  . 
coordonnées  curvilignes  x,  y  étant  choisi  de  façon  que  .r  =  const. ,  y  =  const. 
soient  les  équations  des  courbes  minimales  de  la  surface  donnée,  de  sorte 


Îl52  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

que  rrlément  d'arc  as'  âv  la  surface  a  la  forme 

(  'i  )  Z-  (  .r ,   y  )  ds-  =z  tt.r  dr. 

En  faisant  g  =  h  =  o,  \e  système  {'S  )  devient 

\'  )  "XV—  '"yy  —  s    —  ''     —  "-'i 

système  (^doiit  l'intégration  est  immédiate)  qui  intervient  dans  le  beau 
problème  de  Soplius  Lie  (  '  )  sur  les  cercles  ^éodésiques  de  Minding-. 

Dans  le  cas  où  les  fonctions  g{iv)  et  /i(y)  restent  arbitraires,  on  n'a  pas 
pu  intégrer  complètement  l'un  ou  l'autre  des  deux  types  d'équations  difîé- 
rentielles  formant  le  système  (3).  Mais  on  a  pu  les  intégrer  [)0ur  beaucoup 
tie  formes  particulières  des  fonctions  g  et  h. 

Parmi  ces  cas  particuliers,  les  suivants  ne  sont  pas  sans  intérêt.  Il  suffît 
déconsidérer  les  équations  en  cp  et  ^.  On  remarque  que,  si  i/(j;)  est  une 
solution  de  Téquation  eu  <p,  //-  est  une  solution  de  l'équation  en  ^;  donc,  si 
//,  et  IL,  sont  deux  intégrales  de  l'équation  en  ;p,  on  a  simultanémenl 

(6)  <p  =  rt,  //,  -f    (?.,// .^,  t,^=  (l\l'fllf2-\-  On/t'l   -\-  (li.,lll. 

les  Cl/,  (ijj  étant  des  constantes  arbitraires.  De  plus,  d'une  intégrale  parti- 
culière u  de  Téquation  en  H,  on  peut  déduire  l'intégrale  générale  • 

(7)  c^^=z  a\.,u  +  (txxuc     •.'  "-h  0.22  ne      .'  ", 

OÙ  ^-  =  2a,  a  étant  la  constante  d'intégration  dans 

(8)  2  4^i,^=  Aç'V''^+«  =  4ç"— ^^"+«- 

1    I.   Formes  simples  de  g  en  fonclion  de  œ.  —  V  Pour  les  formes 

^i'  =  ±  m-,  '"îo"  = —  f'>  A'  =  '« ( "i  —  O--*""'» 

le  système  s'intègre  facilement  par  des  fonctions  connues. 

2*^  Si  4^sin-.r  =  ^mim-\-  i)  —  sin-j;,  en  partant  de  l'intégrale  //  =  sina? 
de  Fécpiation  en  ^,  on  peut  écrire  l'intégrale  générale (7)  de  l'équation  en  H; 
si,  en  particulier,  le  nombre  m  est  un  entier  positif,  l'équation  en  <p  prendra 
une  forme  qu'Elliot  (-^  a  intégrée  complètement. 

(')  LiK,  Arch.  for  Math,  og  Naturw,  vol.  1>,  1S84,  p.  40-61.  el  le  premier  vo- 
lume (1896),  le  seul  publié,  de  Lie-Scliellers  sur  la  géomôlrie  des  transformations  de 
contact. 

(-)  i'-LLiOT,  Àcta  math.,  t.  i,  i883. 


SÉANCE   DU    1*'''   MAI    1922.  1 1 53 

3"  Des  deux  problèmes  classiques  de  Frenet,  on  déduit  les  éléments  sui- 
vants d'intégrales  générales  (6) 

dans  les  cas 

_  4  8 

II.  Si  g  est  donné  en  fonction  de  H,  l'équation  en  ^  s'intègre  par  quadra- 
tures; de  même,  l'équation  en  o,  si  ^  est  donné  en  fonction  de  9. 

i"  Exemples  :  g=  2^,  "•  =  7^-,  ^  =  e^  et  il'^ g  =  H  ±  a^",  

4 

2"  En  prenant  pour  g  une  série  de  puissances  quelconque  en  ^,  on  a 

—  n  —n 

En  particulier,  pour  ^  =  g  a^-  +  -^  |3^  +  -^Yj  <^"  ^^^^  ramené  à  l'équation  des 

fonctions  elliptiques  du  second  degré;  et,  comme  autre  exemple,  si 
0-^2  -_  const.,  la  fonction  ^  devient  une  fonction  quadratique  de  x,  et  l'inté- 
gration complète  pour  o  s'accomplit  sans  difficulté. 

3**  On  peut  choisir  la  fonction  g  de  telle  manière  que  l'équation  en  c,  se 
réduise  à  l'une  ou  l'autre  des  équations  du  second  ordre  qui  définissent  les 
fonctions  transcendantes  nouvelles  de  M.  Painlevé  (');  on  trouve 

2g  =  li^  +  '^''fldx,  ^=6^  +  ^; 

III.  Prenons  pour  cp  une  fonction  donnée  de  ^. 
1°  Si  cp  =  me,  +  n,  il  en  résulte  que 

g  =  l{rnl  -  nr\  ^'^^a  +  ^l  -  2  ^^(^^  -  n)-\ 

2«  Si  9  =  ^'",  2m  —  I  ^  o,  la  forme  de  g  s'écrit  aisément,  et  l'intégration 
pour  l  s'effectue  par  quadratures;  si  im  —  1=0,  l'équation  en  l  est  vérifiée 
identiquement  :  donc,  quelles  que  soient  les  fonctions  ^(j?),  ri(y),  l'équation 

(')  p.  Painlevé,  Acta  mathematîca,  t.  25,  1902. 

G.  B.,  igai,  1"  Semestre.  (T.  174,  N*  18.)  o2 


II 54  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

admet  toujours  la  transformation  de  contact 


L'équation  (i)  et,  par  conséquent,  toutes  les  autres  équations  du  troi- 
sième ordre  de  cette  Note  sont  des  cas  particuliers  d'une  équation  du  même 
ordre  caractérisant,  sur  une  surface  quelconque,  les  courbes  qui  ont  leur 
courbure  géodésique  égale  à  une  certaine  intégrale 


/yzy"^[H(^,j)y^-G(^,j)/]^a. 


+  c, 


G(x,  y)  et  H(x,y)  étant  des  fonctions  arbitraires.  Une  forme  assez  géné- 
rale de  cette  intégrale  nous  conduit  au  théorème,  énoncé  plus  haut,  sur 
les  surfaces  à  courbure  constante;  si  celte  forme  d'intégrale  se  réduit  à  une 
constante,  on  retrouve  les  résultats  du  Mémoire  cité  de  Lie.  Déplus,  on 
arrive  encore  à  une  autre  généralisation  en  prenant  les  fonctions  G  et  H 
de  forme  telle  que  la  fonction  Z  ne  paraisse  pas  dans  l'équation  difTéren- 
tielle  des  courbes. 


CINÉMATIQUE.  —  Sur  une  machine  automatique  à  multiplier. 
Note  de  M.  Augustin   Sèguix,  présentée  par  M.  G.  Kœnigs. 

Un  produit  de  deux  facteurs  quelconques,  par  exemple 

a.b.c  X  a' .b' .c' , 
peut  être  réalisé  ainsi. 

Formons  les  cinq  combinaisons  suivantes  : 

,       \c.b.a.  \c.b.a.  \c.b.a.  (       c.b.a. 

^'^    I  a'.b'.c'.  ^'^'    1       a'.b'.c'.  ^^^    \a\b'.c'.  ^^^    ja'.b'.c'. 

I  c.b.a. 

^^    \  a\b'.c'. 

obtenues  en  renversant  l'ordre  des  chiffres  de  l'un  des  facteurs,  puis  en 
écrivant  l'autre  facteur  en  dessous  et  en  le  faisant  glisser  d'un  chifTre 
à  chaque  combinaison.  Puis  faisons,  pour  chaque  combinaison,  la  somme 
des  produits  des  chiffres  des  deux  facteurs  qui  se  trouvent  verticalement  en 
regard;  nous  obtenons  ainsi,  pour  chacjue  combinaison,  les  termes 

(ï)       axa','  ('2)       b>cà'+axb',  (3)       c>:  a' -h  b  x  b' +  a  X  c' , 

(4)       cxb'-hbxc',  (5)       cxc'. 


SÉANCE   DU    I"   MAI    1922.  1 1 55 

Chacun  de  ces  termes  représente  à  son  rang  un  terme  du  produit  et 
l'ensemble  de  ces  termes  représentera  le  produit  définitif  après  report  des 
dizaines,  s'il  y  a  lieu,  d'un  terme  dans  l'autre. 

L'appareil  se  compose  d'un  bàii  traversé  par  iin  arbre  horizontal  X.  Sur  cet  arbre 
sont  enfilés  trois  tubes  concentriques  T  pouvant  tourner  indépendamment  l'un  sur 
l'autre  et  sur  chacun  desquels  sont  montés,  d'une  part  un  cylindre  multiplicateur  A  à 
gauche,  d'autre  part  une  tige  de  butée  B  à  droite    Chaque  tige  B  est   fixée  sur  son 


A 

v>.-.    *.^. 

^                    1 

MmSà 

■ 

■ 

^gm 

iikl^^ff? 

WÊÊÊÊ 

^Tfp^^p^ 

1 

H 

^' 

m 

^r^°*°°^^ 

[^^^i 

tube  T,  alors  que  chaque  cylijidre  peut  être  amené  en  le  tournant  à  la  main  à  prendre 
par  rapport  à  son  tube  10  positions  angulaires  équidislantes,  déterminées  par  un 
ergot  à  ressort  porté  par  le  tube  et  qui  vient  successivement  tomber  dans  10  petits 
trous  équidistants  creusés  sur  la  base  du  cylindre.  Chacune  de  ces  10  positions 
correspond  successivement  aux  chiffres  de  o  à  10  inscrits  sur  la  surface  du  cylindre, 
et  qui  viennent  se  placer  en  regard  d'un  index  fixe  D.  La  position  de  chaque  cylindre  A 
est  ainsi  définie  par  la  position  de  A  par  rapport  à  T  et  par  la  position  de  la  lige  B 
par  rapport  au  bâti.  Celte  dernière  position  est  déterminée  par  la  butée  de  B  poussée 
par  un  ressort  contre  des  tiges  de  butée  C  dont  la  position  est  elle-même  déterminée 
par  leur  déplacement  longitudinal  à  la  main  et  indiquée  par  des  chiffres  de  o  à  10 
portés  par  une  graduation  devant  laquelle  se  déplace  un  index  E  porté  par  chacune^e- 
ces  liges;  le  passage  d'une  graduation  à  une  autre  faisant  tourner  chaque  cylindre  A 
de  j~  de  tour.  Il  y  a  trois  liges  de  butée  C  portées  par  un  support  poussépar  un 
ressort  et  qui  peut  se  déplacer  parallèlement  à  l'axe  X  au  moyen  d'un  échappement  S 
dont  les  actions  successives  font  déplacer  successivement  les  butées  C  en  regard  des 
tiges  B.  Lorsqu'une  lige  B  n'est  en  regard  d'aucune  butée,  elle  bute  sur  le  support 
et  indique  de  la  façon  expliquée  plus  loin  un  produit  par  zéro. 

Le  bâli  porte  une  glissière  guidant  parallèlement  aux  génératrices  des  cylindres  A 
un  chariot  H  portant  l'une  au-dessus  de  l'autre  deux  roues  dentées  R.  Chaque 
cylindre  A  porte  disposées  sur  ses  génératrices  200  crémaillères  dentées  équidislantes, 


II 56  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

loo  commençant  par  la  gauche  du  cylindre  et  loo  par  la  droite  alternativement,  le 
nombre  de  leurs  dents  correspondant  successivement  aux  produits  de  o  par  o,  1,2,  ..., 
9,  de  I  par  o,  1,2,  ...,  9,  etc.  jusqu'à  9  par  o,  1,2,  ...,  9,  les  crémaillères  commençant 
par  la  droite  représentant  les  dizaines  et  celles  commençant  par  la  gauche  les  unités; 
deux  dents  de  dizaine  et  d'unité  ne  se  trouvant  jamais  sur  un  même  parallèle  du 
cylindre.  Lorsqu'un  cylindre  A  marque  un  chiffre  indiqué  par  l'index  D,  et  lorsque  la 
tige  C,  qui  lui  sert  de  butée  à  ce  moment,  marque  un  chiffre  indiqué  par  l'index  E,  les 
roues  R  engrènent  avec  des  crémaillères  correspondant  au  produit  de  ces  deux 
chiffres. 

Le  chariot  H  mène  le  totalisateur  K.  Il  est  à  tambours  à  report  de  dizaines,  chaque 
tambour  portant  un  doigt  appuyé  par  un  ressort  sur  une  came  fixe,  et  qui  ne  vient 
entraîner  le  tambour  des  unités  supérieures  pendant  -j^  de  tour,  que  lorsque  le  doigt 
tombe  dans  un  creux  de  la  came.  Chaque  tambour  porte  des  chiffres  de  o  à  10  servant 
à  lire  verticalement  au  moyen  d'un  index  fixe  F  le  produit  cherché.  Ce  totalisateur  est 
l)orté  par  un  bras  qui  lui  permet  d'osciller  autour  d'un  axe  porté  par  le  chariot  H. 
Le  mouvement  d'oscillation  est  commandé  par  des  butées  à  chaque  extrémité  de  la 
course  de  H  sur  sa  glissière,  il  commande  lui-même  par  un  échappement  P  un  mou- 
vement de  descentes  successives  du  totalisateur,  de  l'intervalle  de  deux  tambours,  et 
vient  successivement  débrayer  et  embrayer  deux  par  deux  les  tambours  qui  sont 
dentés  à  cet  effet,  avec  les  roues  R.  Le  chariot  H  à  fin  de  course  commande  également 
l'échappement  S,  après  avoir  repoussé  au  moyen  d'une  came  fixée  sur  lui  toutes  les 
tiges  B,  de  façon  à  les  dégager  de  leurs  butées  C  et  que  ces  butées  puissent  alors  se 
déplacer  successivement  en  regard  de  ces  liges,  sous  l'action  de  l'échappement. 

Si  alors  un  facteur  a. b.c.  étant  inscrit  au  moyen  des  cylindres  A  et  l'autre  fac- 
teur a' .b' .c' .  au  moyen  des  butées  C,  de  la  façon  que  nous  avons  vue,  nous  impri- 
mons au  chariot  H  cinq  mouvements  d'aller  et  retour  le  long  de  sa  glissière  au  moyen 
d'une  poignée  visible  à  l'extérieur  du  bâti  de  l'appareil  à  droite  et  qui  commande  ce 
chariot  au  moyen  d'une  longue  tige  traversant  le  bâti,  nous  obtiendrons  sur  le  tota- 
lisateur le  produit  a.b  .c .  X  a' .b' .c' .  En  effet, Jes  tiges  B  correspondant  à  chacun 
des  cylindres  A,  mais  la  première  tige  correspondant  au  dernier  cylindre  et  la  der- 
nière au  premier  cylindre  (du  fait  des  tubes  concentriques  T),  ces  tiges  représentent 
renversé  le  facteur  a. b.c.  inscrit  sur  les  cylindres  A,  c'est-à-dire  c.b.a.  A  la  posi- 
tion de   départ,    les   butées  C,   qui   représentent  a'.b'.c' ..,   étant   par  rapport  à  ces 

tiges  B  qui  représentent  c.b.a.^  dans  la  position   relative      *  /         ,   ,  le   chariot, 

d'après  ce  que  nous  avons  vu,  pendant  sou  premier  mouvement  d'aller,  enregistrera 
sur  le  totalisateur  K  la  somme  des  chiffres  correspondant  aux  crémaillères  des 
cylindres  A  qu'il  rencontre  successivement,  c'est-à-dire  cxo-+-^xo-l-«Xa'. 
C'est  notre  combinaison  (i)  du  début  et  le  premier  chiffre  à  droite  du  produit.  Grâce 
au  jeu  en  fin  de  course  du  débrayage  du  totalisateur  et  des  échappetnenls  S  et  P,  la 
course  de  retour  se  fera  débrayée  el  à  la  seconde  course  d'aller,  les  positions  relatives 

de  B  et  de  C   seront     '    ,',,"    ,    elle  totalisateur  enregistrera  sur  les  deux  tambours 
a'.b'.c. 

de  rang  d'unités   suivant  cxo-^~bxa'-\-ax.b'.  C'est  notre  combinaison  (2)  et  le 


SÉANCE   DU    1"   MAI    1922.  Il  57 

second  chiffre  du  produit.  Au  bout  de  cinq  courses,  nous  aurons  ainsi  le  produit  com- 
plet, les  dizaines,  s'il  y  a  lieu,  s'étanl  reportées  automatiquement,  comme  nous  l'avons 
vu,  sur  le  totalisateur. 

Nous  remarquerons  que  cette  machine  suit  pas  à  pas  et  réalise  mécani- 
quement le  théorème  du  début  sur  lequel  elle  est  basée.  Elle  est,  en  outre, 
entièrement  automatique  une  fois  les  facteurs  posés. 


MÉCANIQUE  CÉLESTE.  —  Su7'  les  vérifications  astronomiques  de  la  théorie 
de  la  relativité.  Note  (')  de  M.  Jeax  Chazy,  présentée  par  M.  P.  Painlevé. 

Abandonnant  la  conception  d'un  espace  infini,  Einstein  a  proposé  de 
remplacer  les  dix  équations 

(i)  Gjxv=o 

pour  déterminer  la  loi  de  gravitation  dans  le  vide,  par  les  dix  équations 

(2)  Gjxv— ^^[iv=:0, 

OÙ  \  désigne  une  constante  très  petite.  La  constante  X  est  d'ailleurs  égale 

à  yTy  dans  V Univers  cylindrique  d'Einstein,  et  à  jtj  dans  V Univers  sphérique  de 

de  Sitter,  U  désignant  dans  les  deux  cas  le  rayon  de  V Univers. 

Si  Ton  se  propose  de  déterminer  le  champ  de  gravitation  statique  et 
sphérique  d'un  centre  matériel  à  l'aide  des  équations  (i),  on  obtient  le  ds'^ 
célèbre  de  Schwarzschild.  Si  Ton  se  pose  le  même  problème  à  partir  des 
équations  (2),  l'intégration  exacte  du  système  différentiel  obtenu  est 
presque  aussi  facile,  et  donne  la  formule 

ds-'-^N^-^—  -~  r'-  \  dl\ ^ ^  —  r^dB^  +  cos2  0  ^9»  ), 

où  Y  et  u.  désignent  deux  constantes  d'intégration. 

Cherchons  comment  les  conséquences  de  la  formule  du  ds- ^  prêtant  à  des 
vérifications  astronomiques,  sopt  modifiées  par  l'introduction  des  deux 
termes  en  \,  en  conservant  aux  autres  quantités  la  même  signification  que 
dans  la  formule  de  Schwarzschild. 

L'allongement  de  la  période  de  vibration  des  atomes  quand  ils  se  rap-- 

(')  Séance  du  i[\  avril  1922. 


Il 58  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

prochent  du  Soleil  peut  être  considéré  encore  comme  une  conséquence  de 
la  formule  du  ds-  :  dans  le  même  rapport  physique  en  raison  de  la  petitesse 
de  la  constante  \. 

Les  trajectoires  d'un  point  gravitant  sont  planes  et  admettent  pour  équa- 
tion différentielle  dans  leur  plan  : 


(3) 

A  et  B  désignant  deux  constantes  d'intégration  positives,  dont  la  seconde  B 
est  égale  à -j-^'  Pour  B=:o,  l'équation  (3)  devient  Téquation  différen- 
tielle des  rayons  lumineux. 

La  déviation  des  rayons  lumineux  au  voisinage  du  Soleil  n'est  pas 
modifiée,  et  reste  égale  sensiblement  à  4[J-  *  V-R,  R  désignant  le  rayon  du 
Soleil. 

Comme  avance  des  périhélies  planétaires,  à  chaque  révolution  l'on  doit 

ajouter  au  terme  célèbre   ^, — -^ — -  un  second  terme  ayant  pour  valeur 

quand   l'excentricité    est  faible  tiXa^B,   soit  sensiblement  -~ D'une 

planète  à  l'autre  l'avance  séculaire  produite  par  le  premier  terme  varie  ('), 

1  5 

si  l'on  néglige  les  carrés  des  excentricités,  en  raison  inverse  de  «%  ou  de  T% 
égale  respectivement  pour  Mercure,- Vénus,  La  Terre  et  Mars  à  42", 9; 

(')  Les  astronomes  ont  souvent  insisté  sur  ce  que  la  valeur  43",  donnée  par  New- 
comb  de  l'avance  séculaire  du  périhélie  de  Mercure  non  expliquée  par  la  loi  de 
Newton,  manque  de  précision.  On  peut  remarquer  encore  que  la  discussion  de  New- 
comb  comporte  en  quelque  sorte  deux  stades.  Dans  le  premier  stade,  pexit-ètre  [dus 
voisin  des  observations,  Newcomb  obtient  entre  autres  des  valeurs  séculaires  de  e  6rn 
égales  à  8", 48  ±0", 43  pour  Mercure  et  à  o", 761^0", 35  pour  Mars,  soit  des  valeurs 
de  OST  égales  à  4i"»24±2",io  pour  Mercure  et  8",o4±3",76  pour  Mars,  les  termes 
complémentaires  désignant  les  erreurs  moyennes.  Dans  le  second  stade  de  sa  discus- 
sion, Newcomb  cherche  à  répartir  les  avances  non  expliquées  par  la  loi  de  Newton  des 
périhélies  des  quatre  planètes  Mercure,  Vénus,  La  Terre,  Mars,  en  s'imposant  celle 
condition  (inspirée  de  l'hypothèse  de  Hall  qui  darfs  la  loi  de  Newton  corrigeait  Texpo- 
sant  2)  que  les  avances  séculaires  correspondantes  soient  en  raison  inverse  des 
durées  de  révolution  T;  et  il  obtient  ainsi  les  quatre  valeurs  43", 87;  t6",98;  io",45; 
5", 55.  Si  Newton  avait  voulu  au  contraire  que  les  avances  obtenues  soient  en  raison 

inverse  de  T^,  il  aurait  attribué  sans  doute  une  avance  plus  forte  à  Mercure,  afin 
d'améliorer  l'accord  pour  Mars. 


SÉANCE  DU  l"  MAI  1922.  IiSq 

8",6i  ;  3", 83;  i",35.  Au  contraire  l'avance  séculaire  produite  par  le  terme 
^yaja.^^  est  proportionnelle  à  la  durée  de  révolution  T  delà  planète 
considérée  ('). 

Mais  quel  peut  être  Tordre  de  grandeur  de  cette  nouvelle  avance?  En  ce 
qui  concerne  les  grosses  planètes,  un  nombre  a  été  donné  pour  le  périhélie 
de  Saturne;  des  travaux  de  Le  Verrier  et  de  Gaillot,  Tisserand  conclut  (^) 
avec  des  réserves  à  la  possibilité  d'une  avance  séculaire  de  l\o"  environ, 
non  expliquée  par  la  loi  de  Newton.  Raisonnons  comme  si  cette  avance 
de  4o"  existait  certainement  et  provenait  du  terme  XV^T-  :4";  et,  à  titre  de 
comparaison  entre  les  ordres  de  grandeur  des  deux  quantités,  déduisons-en 
le  coefficient  X  et  le  rayon  de  l'Univers  U  :  on  trouve  une  valeur  de  U 
de  l'ordre  de  lo''  centimètres,  ou  de  1000  années  de  lumière.  D'ailleurs  les 
avances  séculaires  correspondant  à  une  avance  de  f\o"  du  périhélie  de 
Saturne  et  .proportionnelles  aux  durées  de  révolution  des  planètes,  sont 
respectivement  : 

La  Terre.  Afars.  Jupiter.      Saturne.        Uranus.  IVeptune. 

i"34  2"46  16"  4o"  ii4"  224" 

Les  avances  correspondantes  des  périhélies  des  comètes  d'Encke  et  de 
Halley  s6nt  respectivement  de  l'ordre  de  4"  et  de  100". 

D'où  les  conséquences  suivantes  : 

Si  le  rayon  de  l'Univers,  supposé  cylindrique  ou  sphérique,  est  d'ordre 
supérieur  à  1000  années  de  lumière,  la  correction  mise  en  évidence  dans  cette 
Note  des  longitudes  des  périhélies  planétaires  est  impossible  à  observer. 

Si  le  rayon  de  l'Univers  est  de  Tordre  de  1000  années  de  lumière,  la  cor- 
rection considérée  est  presque  comparable  aux  observations  actuelles  (^). 

(')  La  formule  nouv-elle  obtenue  du  r/5-  est  une  combinaison  de  la  formule  de 
Schwarzschild  et  de  la  formule  donnant  le  carré  de  rélément  de  ligne  d'Univers  de 
de  Sitter.  La  nouvelle  avance  des  périhélies  que  nous  mettons  en  évidence  est  indépen- 
dante de  la  masse  du  corps  central,  entre  certaines  limites,  et  correspond  à  une  sorte 
d'entraînement  de  toutes  les  orbites. 

(-)  Cf.  Gaillot,  Comptes  rendus,  t.  120,  i8g5,  p.  3i  ;  et  Tisserand,  Traité  de  Mé- 
canique céleste,  t.  k,  p.  53  i.  Dans  ses  nouvelles  Tables  de  Saturne  {Annales  de  VOb- 
servatoire  de  Paris,  t.  14,  1904,  p.  199),  Gaillotdonne  comme  avance  séculaire  totale 
du  périhélie  de  Saturne  un  nombre  peu  dilTérent  des  nombres  antérieurs,  laissant 
subsister  un  écart  à  la  loi  de  Newton  de  40"  environ,  et  la  conclusion  de  Tisserand. 

(^,)  Ce-,  deux  dernières  conséquences  concernent  plutôt  l'hypothèse  de  de  Sitter,  car 
dans  rUnivers  d'Einstein  les  considérations  classiques  sur  les  distances  à  la  Terre  des 
étoiles  éloignées  conservent  plus  de  valeur,  et  le  rayon  de  l'Univers  semble  nécessai- 
rement supérieur  à  1000  années  de  lumière. 


Il6o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Mais  il  est  impossible  que  le  rayon  de  l'Univers  soit  de  l'ordre  de 
ICO  années  de  lumière,  ou  d'ordre  inférieur,  car  il  en  résulterait  pour  les 
périhélies  de  la  Terre  et  de  Mars  des  avances  séculaires  de  l'ordre  de  loo" 
et  de  200",  incompatibles  avec  les  travaux  critiques  de  Le  Verrier  et  de 
iNewcomb.  Donc,  dans  le  prolongement  cosmogonique  de  la  théorie  de  la 
relativité,  l'étude  des  mouvements  des  périhélies  planétaires  donne,  indé- 
pendamment de  toute  considération  d'astronomie  stellaire,  une  limite 
inférieure  du  rayon  de  l'Univers. 


MÉCANIQUE  CÉLESTE.  —  Les  lois  de  Kepler  et  les  orbites  relativistes . 
Note  (')  de  M.  J.  Trousset,  présentée  par  M.  P.  Painlevé. 

M.  Painlevé,  dans  ses  récentes  Notes  sur  l'application  au  système  solaire 
de  la  loi  de  gravitation  d'Einstein,  pose  la  question  suivante  : 

Les  observations  astronomiques  peuvent- elles  conduire  à  remplacer  dans 
le  ds"^  d'Einstein 

le  rayon  vecteur  r  par  une  autre  fonction  moins  simple  ? 

La  loi  de  Newton  est  actuellement  (sauf  en  ce  qui  concerne  le  périhélie 
de  Mercure)  bien  vérifiée.  Il  convient  donc  de  rechercher  avant  tout  si  les 
formules  einsteiniennes  donnent,  par  rapport  aux  lois  de  Kepler,  des  écarts 
mesurables. 

Première  loi  de  Kepler.  —  On  déduit  de  (i),  en  négligeant  m-, 

I         I  +  e  sinij;        m  e- 


r        a(i  —  e*)         2   a^{i  —  e^Y 
OÙ 

3  m 


COS^  ij/, 


i|>  =  9    I — ■ 


e^)\' 


ia  et  2«e  représentent  la  somme  et  la  difîérence  des  r  maximum  et  mi- 
nimum. 

'j>  —  cp  donne  la  rotation  du  périhélie.  Quant  au  terme  en  w,  il  donne  des 
accroissements  du  rayon  vecteur  inférieurs  à  i'"^. 

Deuxième  loi  de  Kepler.  —  L'orbite  n'est  pas  décrite  rigoureusement  sui- 
vant la  loi  des  aires  puisque  r^  -j-  =  K  (  i '—  \  •  Si  l'on  calculelaposition 

(')  Séance  du  24  avril  1922. 


SÉANCE   DU    l'^''   MAI    I922.  I161 

sur  l'orbite  d'après  les  lois  de  Kepler,  on  aura  deux  causes  d'erreur;  la  pre- 
mière qui  provient  de  ce  que  le  rayon  vecteur  diffère  un  peu  de  celui  d'une 

2  fTt  • 

ellipse;  la  deuxième  qui  provient  de  ce  que  le  facteur  i ;- varie  entre 

deujf  limites  dont  le  rapport  est  i  h ^-— ,  •  Il  en  résulte  un  écart  sur  la 

valeur  de  /  correspondant  à  un  (p  donné,  qui  est  au  maximum  égal  à 
-. jT;  ou  encore,  pour  une  époque  donnée,  un  écart  sur  l'orbite  égal 

au  maximum  km r»  inférieur  à  i''™  pour  tout  le  système  solaire. 

21  —  e^  '■  j  ■ 

Troisième  loi  de  Kepler . —  L'intervalle  de  temps  entre  deux  passages  au 
périhélie  est 

K  étant  constant  (si  l'on  néglige  la  masse  de  la  planète)  pour  tout  le  système 
solaire.  A  cause  de  l'avance  du  périhélie,  la  durée  moyenne  de  la  révolution 
sidérale  est 

(])  \  ai  —  e^ 

îl  suffira  pour  rétablir  l'accord  avec  la  troisième  loi  de  Kepler  de  modifier 
a  de  2  m =^  V^^  x 


I  —  «==  1 — c- 

En  résumé,  en  considérant  non  seulement  la  position,  mais  le  lemp'*, 
l'écart  entre  les  orbites  einsteinierines  et  képlériennes  est  de  l'ordre  du 
kilomètre.  Aux  distances  ordinaires  des  planètes,  un  kilomètre  est  vu  de  la 
Terre  sous  un  angle  de  un  millième  de  seconde  d'arc. 

Tant  que  nous  ne  saurons  pas  observer  avec  cette  précision,  le  mouve- 
ment de  périhélie  de  Mercure  sera  le  seul  argument  en  faveur  de  la  loi 
d'Einstein  comparée  à  celle  de  Newton.  Elles  conserveront  ou  perdront 
ensemble  leur  belle  simplicité. 

Note  (^*)  de  M.  Pain  levé  sur  les  deux  Communications  précédentes. 

Il  y  a  certaines  contradictions  entre  les  deux  Notes  intéressantes  qui  pré- 
cèdent, en  ce  qui  concerne  notamment  le  mouvement  de  Saturne;  elles 
montrent  la  nécessité  d'un   vaste   travail  d'ensemble  qui  reprendrait  les 

(')  Séance  du  24  avril  1922. 


Il 62  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

calculs  de  Le  Verrier,  Tisserand  et  Newcomb  d'après  la  loi  de  Newton,  et 
introduirait  ensuite,  une  par  une  (en  vue  de  comparaison),  les  multiples 
petites  corrections  qu'entraînerait  la  théorie  einsteinienne.  Dans  sa  Note, 
M.  Trousset  se  place  au  point  de  vue  que  j'ai  indiqué  dans  mes  Commu- 
nications antérieures  et  sur  lequel  j'insiste  dans  ma  Communication  d'au- 
jourd'hui (n°  7):  c'est  le  point  de  vue  où  l'on  conserve  la  géométrie 
euclidienne.  Dans  la  doctrine  einsteinienne  intégrale,  le  postulat  géomé- 
trique supprime  la  fonction  arbitraire  de  r  (voir  le  n^  9  de  ma  Note).  La 
conclusion  de  M.  J.  Trousset,  d'après  laquelle  la  mesure  directe  du  millième 
de  seconde  d'arc  serait  nécessaire  pour  trouver  en  Astronomie  entre  la 
doctrine  de  Newton  et  celle  d'Einstein  un  autre  critérium  que  celui  du 
périhélie  de  Mercure,  est  trop  stricte;  car  il  faut  compter  avec  la  puissance 
des  moyennes  et  les  multiples  recoupements  de  la  Mécanique  céleste. 


MÉCANIQUE  CÉLESTE.    —  5w7*  le  mouvement  cVune  planète  dans  un  milieu 
résistant.  Note  (*)  de  M.  P.  Fatou,  présentée  par  M.  E.  Goursat. 

Nous  avons  traité  récemment  (-)  quelques  problèmes  concernant  cette 
question.  Nous  allons  compléter  sur  quelques  points  de  rigueur  les  résultats 
obtenus,  dans  le  cas  d'une  résistance  proportionnelle  à  la  vitesse. 

Appelons  r  et  6  les  coordonnées  polaires,  c  la  vitesse,  k  un  coefficient 
positif  et  E  la  base  des  logarithmes  népériens;  le  centre  d'attraction  esta 
l'origine.  Le  théorème  des  moments  conduit  à  l'équation 

(■)  '■■|=C.E-". 

Le  théorème  des  forces  vives  peut  s'exprimer  par  les  deux  équations 

(.)  .^^^-'±, 

r         a 

0 

a  désignant  le   demi-grand  axe  de  l'orbite   osculatrice    (elliptique)   qui 
décroît  constamment.  On  déduit  de  là  d'abord  l'inégalité 

(4)  ,->^E-2^-' 

'  2/JL 

(')  Séance  du  24  avril  1922. 

(^)  Bulletin  astronomique^  2^  série,  i"""  Partie,  t.  1,  fasc.  6,  1922,  p.  agS-Soi. 


SÉANCE   DU    l'i"   MAI    1922.  I  l63 

qui  montre  que  r  ne  peut  devenir  nul  qu'au  bout  d'un  temps  infini  si  Cq  7^  o  ; 
puis  l'équation  différentielle  du  second  ordre  qui  définit  r  en  fonction  de  t 

(5)  ^+4;+4-ÇiE-«'=o. 

clL^  dt         r-         /•* 

Si  Ton  remarque  que  r  reste  borné  (r<2a„),  on  déduit  de  (5)  que  la 
plus  petite  limite  de  r  est  nulle  pour  /  infini;  voici,  de  ce  fait,  une  démonstra- 
tion plus  rapide  que  celle  de  l'article  cité.  On  a 


(6) 


r' ^  (        /?oE-2^'\^  ,  dr 


,    dr 
r  étant  borné,  —  admet  la  valeur  zéro  comme  limite  d'indétermination;  le 

second  membre  de  (6)  est  donc  borné  pour  certaines  valeurs  infiniment 
grandes  de  /;  si  -  était  borné  comme  r,  l'intégrale  du  premier  membre  ayant 
tous  ses  éléments  positifs  et  jamais  infiniment  petits  serait  divergente  dans 
le  champ  (o,  4- ce);  or,  cela  contredit  ce  qui  précède.  On  voit  même  que  le 

facteur  i  —  ^-^—^ —  doit  traverser  la  valeur  zéro,  ou  s'en  approcher  indéfi- 
niment quand  on  fait  croître  t  vers  l'infini;  r  prend  donc  des  valeurs  de 
l'ordre  E~^^^ 

Ceci  posé,  supposons  main  tenan  t  que  la  pi  us  grande  limi  te  p  de /-pour /infini 
soit  positive;  nous  allons  montrer  qu'on  aboutit  à  une  contradiction.  Décri- 
vons deux  circonférences  de  centre  O,  de  rayons  <  p,  égaux  par  exemple  à  - 

et  j\  il  existera  une  infinité  d'arcs  distincts  de  la  trajectoire,  joignant  deux 
points  appartenant  respectivement  à  ces  deux  circonférences  et  cotnpris 
dans  la  couronne;  comme  r  <^ia  et  que  a  tend  vers  a'  en  décroissant, 
on  a 

p5  2a'<;  2(7. 

En  un  point  de  l'un  des  arcs  de  trajectoire  considérés,  on  a,  par  suite, 

(7)  ,.2  =  -J=  — c:>_r; 

/•  «  p 

Comme  la  longueur  de  chacun  de  ces  arcs  est  ^  y?  l'intégrale   /  ds  étendue  à 

la  somme  de  tous  ces  arcs  est  infinie;  il  en  est  de  même,  d'après  (7),  de 
l'intégrale 

/  V  ds^^   I   v-  dt, 

étendue  aux  mêmes  arcs  ou  à  toute  la  trajectoire.  Mais  alors,  d'après  (3), 


II 64  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

la  limite  a'  de  a  est  nulle,  et  Ton  a  p  -—  o.  La  contradiction  est  manifeste  et 
l'on  en  conclut  que  r  tend  régulièrement  vers  zéro. 

Il  s'ensuit  d'ailleurs  que  a  tend  également  vers  zéro;  on  a,  en  effet. 


r  Un 


d'où 

Ç  i>''dt=  E-2^'  f  (^  -  ^\  E'^'  dt, 

et,  comme  ^  est  infinie  positive  avec  t,  on  déduit  de  cette  formule  qu'il  en 

est  de  même  pour  le  premier  membre.  (On  applique  le  théorème  de  la 
moyenne  en  divisant  le  champ  d'intégration  en  deux  parties.)  Par  suite, 

a  tend  vers  zéro  avec -•  c.  q.  f.  d. 

Pour  étudier  la  forme  des  trajectoires,  remarquons  que  le  rayon  vecteur, 
d'après  (i),  tourne  toujours  dans  le  même  sens,  0  étant  une  fonction  analy- 
tique et  monotone  de  t  et  réciproquement.  La  formule  qui  donne  la  compo- 
sante normale  de  la  force 

«-  "B" 

montre  que  la  courbe  tourne  toujours  sa  concavité  vers  l'origine.  Si,  pour 
t  infini,  le  rayon  vecteur  tendait  vers  une  position  limite  déterminée,  r  ne 
pourrait  admettre  une  infinité  de  maxima  et  de  minima,  sans  que  la  courbe 
ait  une  infinité  de  points  d'inflexion  :  on  le  verra  sans  peine  en  s'aidant 
d'une  figure  (').  Ce  cas  doit  donc  être  écarté  et  il  suffit,  pour  faire  voir  qu'il 
y  a  bien  mouvement  en  spirale,  de  démontrer  la  divergence  de  l'intégrale 


f''=f 


dans  le  eas  où  r  reste  décroissant  à  partir  d'un  certain  moment.  Or,  dans  ce 
cas,  r  reste  constamment  de  l'ordre  de  E— ^^^^5  en  effet,  d'après  (6),  comme 
on  l'a  vu,  r  prend  des  valeurs  inférieures,  par  exemple,  à  2/?oE~^'^',  et  même 
dans  tout  intervalle  de  grandeur  fixe,  t,  suffisamment  éloigné  de  l'ori- 
gine C^).  Or,  si  l'on  avait 

r{t)         <2poE-^-^', 

/i  <  T, 

(')  On  peut  le  démontrer  analjliquement  en  toute  rigueur. 
(*)  Voir  l'article  cité. 


SÉANCE  DU  I**"  MAI  1922.  Il65 

d'où 

£-2A-T  ...  .  . 

en  prenant  b  = >  r(t^  ne  serait  pas  décroissant:  mais  si  r  reste   de 

l'ordre  de  E~-^',  il  est  clair  que  l'intégrale   /  d^  est  divergente  et  le  résultat 
annoncé  est  exact  ('). 


MÉCANIQUE.  —  Sur  l'équilibre  des  talus  en  terre  cohérente. 
Note  de  M.  Gustave  Guillaumi.v. 

I.  Les  particularités  principales  de  l'équilibre  limite  des  talus  indéfinis 
en  terre  douée  de  cohésion  (cas  des  déformations  planes)  peuvent  être 
établies  en  ne  faisant  appel  qu'à  des  propriétés  très  générales  des  matériaux 
constituant  les  massifs.  Suivant  les  notations  de  M.  Boussinesq,  que  j'ai 
adoptées  déjà  dans  un  travail  antérieur  (^),  soient,  en  effet,  d'une  manière 
générale,/)  la  pression  moyenne  et  y^  l'azimut  du  plus  petit  effort  principal 
en  valeur  algébrique.  Soient,  d'autre  part,  q  le  plus  grand  glissement  (ou 
demi-différence  entre  le  plus  grand  et  le  plus  petit  efforts  principaux,  tou- 
jours en  valeur  algébrique),  enfin  e  le  rapport  -  qui  détermine  l'excentricité 

de  la  conique  directrice  des  efforts,  l^es  composantes  du  tenseur  de  ces 

eflbrts  sont 

Ni  =  —  (/?  H-  (7  COS27)  =  —  p{^  +  ecos2x), 

N2  =  — {p  —  g  cos2y)  =^  —  p{i  —  ecos2/), 
T  =  — qsin2y^  =  —  pesir\2y. 

Admettons,  en  suivant  en  cela  les  auteurs  qui  se  sont  occupés  de  la 
théorie  des  déformations  et  en  dernier  lieu  M.  Marcel  Brillouin  (*),  que 
l'équilibre  limite  soit  caractérisé  par  une  certaine  relation 

(i)  e=f{p)         ou         /?  =  -(e), 

tous  les  autres  états  d'équilibre  possibles  devant  répondre  à  la  condition 

(*)  Remarquons  que  les  conclusions  qui  précèdent  ne  peuvent  se  justifier,  comme 
on  le  fait  parfois,  par  l'emploi  des  méthodes  usuelles  de  la  Mécanique  célesle,  suivi 
d'une  extrapolation  abusive. 

(2)  Comptes  rendus,  t.  168,  1919,  p-  818  et  885. 

(*)  Annales  de  Physique,  1920. 


II 66  ACADÉMIÇ    DES    SCIENCES. 

e<^f(p).  D'après  leurs  définitions,  il  faudra,  pour  que  le  massif  plan  ne 
soit  soumis  qu'à  des  pressions,  que  p  soit  positif  et  c  compris  entre  o  et  i. 
L'expérience  conduit  à  admettre  que  /(p)  est  une  fonction  décroissante 
de  p  qui  tend  vers  une  certaine  limite  Z:  =  sino  lorsque/?  augmente  indéfi- 
niment. 

II.  Choisissons  le  talus  montant  pour  axe  des  j',  Taxe  des  x  perpendicu- 
laire dirig^é  vers  l'intérieur  du  massif  et  soit  i  l'inclinaison  du  talus  sur 
l'horizontale.  Prenant  le  poids  spécifique  de  la  matière  pour  unité,  on  a, 
pour  définir  la  solution  Rankine-Lévy  généralisée,  seule  applicable  en  l'es- 
pèce, 

(2)  /?(l  +  COS2;;()  =  ^COSf, 

(3)  pesin2y=: — j^sin/; 

d'où,  pour  déterminer/»,  l'équation  du  second  degré  en  œ  où  e  = /(p) 

(4)  ^^ — 1  px  co?>  i -{- p- [i  —  e-)=:o, 
qui  donne  les  deux  solutions 

^':=/>(cos<  +  \Je^ — .  sin''/),  x-"=p{cosi —  y/e^  —  sin^t). 

A  la  surface  libre,  la  seconde  solution  est  seule  admissible  avec  e(,=  i, 
p^^  =  g(i)  et  y  =  -•  La  première  solution  ne  devient  admissible  que  pour 

(5)  a:Q=  2pocosi  =  2g{i)  cosi, 

avec  y  =  —  i  (grand  axe  de  l'ellipse  directrice  vertical). 

Pour  que  l'équilibre  limite  soit  possible  à  toute  profondeur,  il  faut, 
d'après  (4),  que  p  puisse  prendre  des  valeurs  infiniment  grandes,  donc 
que  i  soit  inférieur  à  o.  Dans  celte  hypothèse,  la  solution  x"  sera  admissible 

dx-" 

dans  tout  le  massif,  car  -j—  y  restera  partout  positif.  La  solution  x'  sera 

également  possible,  tout  au  moins  dans  une  certaine  couche  limitée  supé- 

rieurement  par  x  =  x^,  pourvu  que  -7-  soit  positif  pour  p  =  p^,  c  e^t-à-dire 
que  l'on  ait 

(6)  I  „.(,)!<  îi2!!i. 

Si  i  ^  cp,  a;  ne  peut  être  défini  que  pour  e'^sini  et  il  y  a  une  pression 
moyenne  maximum  ^(sinî).  Si  l'inégalité  (6)  est  satisfaite,  a;' commencera 
par  croître  à  partir  de  p  =  p^;  il  existera  donc  une  profondeur  critique  au 


SÉANCE   DU    l"   MAI    1922.  I167 

moins  au  delà  de  laquelle  l'équilibre  ne  sera  plus  possible,  l'équation  carac- 
téristique (i)  ne  pouvant  être  satisfaite  (rupture  par  glissement).  Enfin,  si 
l'inégalité  (6)  n'est  pas  réalisée,  c'est-à-dire  si  i  est  suffisamment  grand, 
Xq  deviendra  profondeur  critique  pour  un  des  systèmes  de  solutions  au 
moins;  dans  ce  cas,  la  rupture  d'équilibre  au  delà  de  x^  se  ferait  par  exten- 
sion. La  représentation  graphique  des  diverses  formes  de  l'équation  (4) 
éclaire  d'ailleurs  très  simplement  l'exposé  ci-dessus  ainsi  que  le  rôle  des 
diverses  profondeurs  critiques. 

III.  La  discussion  des  valeurs  de  y  se  fait  aisément  au  moyen  de  la  rela- 
tion 

sin(i  4-  27)  H =  o, 


e 


qui  donne  aussi  bien  e  en  fonction  de  y,  et  d'où  l'on  déduit 

^_    g-(e)si'n2x       • 
siii  (t  H-  27) 

Les  équations  diiïérentielles  des  lignes  orthostatiques,  enveloppes  des 
efforts  principaux,  seront  donc  toujours  intégrables  si  g  est  une  fonction 
rationnelle  de  e,  l'ordonnée  y  s'exprimant  en  fonction  de  sin2y,  cos27^  et 
d'arcs  ou  de  logarithmes  cosinus  d'arcs  dont  les  tangentes  sont  fonctions 
linéaires  de  tangy . 

IV.  Les  critiques  que  Ton  peut  faire  à  l'emploi  d'une  relation  limite 
e  =f(p),  bien  déterminée  et  la  même  partout,  sont  bien  connues  et  d'ail- 
leurs extrêmement  importantes.  Les  principales  difficultés  proviennent, 
dans  le  cas  actuel,  de  l'hétérogénéité  certaine,  résultant  souvent  de  la  cons- 
truction même  des  massifs,  de  l'ignorance  dans  laquelle  on  est  de  l'état 
naturel  et  du  fait  que  la  relation  précitée  n'est  théoriquement  déterminée 
que  si  l'on  fait  intervenir  l'hérédité.  Il  serait  donc  toujours  préférable  de 
demander  à  la  seule  expérience  la  loi  suivant  laquelle  varient  les  efforts 
intérieurs  avec  la  profondeur  du  massif  cohérent  supposé  mis  à  l'état 
ébouleux. 


PHYSIQUE  MATHÉMATIQUE.   —  Sur  la  connexion  du  champ  tensoriel. 
Note  de  M.  Paul  Diexes,  présentée  par  M.  Hadamard. 

1.   Dans  la  théorie  de  la  relativité,  on  ne  définit  les  opérations  sur  les 
tenseurs,  comme  par  exemple  l'addition  ou  la  multiplication,  que  pour  des 


Il68  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

tenseurs  attachés  au  même  point.  Uneloi  physique  est,  cependant,  une  rela- 
tion entre  des  mesures  effectuées  en  différents  points  de  Tespace-temps, 
force  nous  est  donc  de  définir  une  relation  entre  les  tenseurs  attachés  à  des 
points  différents.  En  d'autres  termes,  nous  devons  définir  le  «  déplacement» 
d'un  tenseur  le  long  d'une  courbe  fermée  ou  non. 

2.  C'est  M.  Weyl  (')  qui  a  le  premier  défini  une  telle  relation  sous  le 
nom  de  connexion  affine  (=  linéaire  en  clxi),  valable  dans  le  voisinage  d'un 
point. 

Soient  donnés  les  deux  points  P(^/)  et  Çl{xi-hdxi)  et  les  fonctions  arbi- 
traires r^y,it(^,),  nommées  paramètres  de  la  connexion  établie  par  la  for- 
mule 

(1)  A'(Q)  =  A'(P)  +  A^-(P)rUA-(P)  ^^/o 

où  les  fonctions  A'(a7,)  sont  les  composantes  d'un  tenseur  contrevariant. 

3.  La  formule  fondamentale  de  la  théorie  du  déplacement  des  tenseurs 
détermine  la  différence  entre  le  tenseur  initial  A'  et  le  tenseur  final  A', 
obtenu  par  le  déplacement  du  tenseur  le  long  d'un  contour  fermé,  et  elle 
s'écrit  (-)  : 

( 2 )  Â'"  —  A' =2  ^'  ^"'4' ^^i<  ^-^1^ 

s,k,l 

OÙ  les  fonctions 

(  ^  )  ^',Ô,*,/  —  — T- -T^ Zd^       '"'*        '"'    ''"'       *'"•    ' 

s 

sont  les  composantes  du  tenseur  de  Riemann-Christoffel. 

4.  Nous  allons  montrer  par  des  exemples  concrets  que  la  formule  (2)  est 
inexacte. 

L'exemple  le  plus  simple  d'un  contour  fermé  est  le  chemin  PQP.  Comme, 
d'après  (3), 

la  formule  (2)  se  réduit  en  ce  cas  à  A'  =  A'. 

D'autre  part,  en  désignant  par  A'(P$Q)  le  tenseur  A'(P)  déplacé  à  Q, 
et  par  A'(P][Q,  R)  le  tenseur  A'(P$Q)  déplacé  à  R,  nous  aurons, 
d'après  (i), 

A'(P][Q,  P)=A^{PlQ)  —  \HPlQ)n,sAQ)d^fc, 

(')  H.  Weyl,  Raum.  Zeit.  Materie,  3^  édition,  p.  100-102. 
(^)  H.  Weyl,  loc  cit.,  p.  100,  formule  (4i)* 


SÉANCE   DU    I^'    iMAI    1922.  I169 

c'est-à-dire 


4)         A'(P:;Q,P)  =  A'(P)-A-^-(P)[^n,,,(P)r;.,,;,(P)+'^ 


<-/./•/,  dxi^ 


OÙ,    selon   Fusage  général,   nous  avons  supprime''  le  1.  Par  conséquent, 
A'^  A'  de  sorte  que,  dans  le  cas  envisagé,  la  formule  (2  )  n'est  pas  exacte. 

5.  Voici  un  second  exemple  non  moins  instructif.  Prenons  les  trois  points 
P(^V)j  H(-f,+  dxi)  et  Q(-r,-h  d.ri-\-  o.^-^  )  et  calculons  la  dilîérence 

A'(PÏR,0,  I')  -    A'g^). 
D'après  (i), 

A'(  P  ;  H,  Q,  P)  =:  A'(  PrK,  Q)  -  A-(P   H,  (,»)  rj,,„,,(«,>)  (^.r„,+ o^,„), 

puisque  les  coordonnées  de  P  par  rapport  à  (}  sont  —  (  d.v,„  4-  o.r„/). 
D'autre  part, 

A'(P:R,  Q)  =  A'(P5K)  +  A'^(Pi.K)^',^,yi(ll)o^y^ 

=  A'  +  A-'  n,,,  i  d.vi  +  [  A'^  +  A'  r„',,,  dx,  ]  r;;,r,/,  (  ^  )  ^-r, , 

où,  pour  simplilier  l'écriture,  nous  avons  su[»primé  la  lettre  P. 
On  arrive  ainsi  à  la  formule 

(5)  A'(Pai,  Q,  P)-A'(P) 

—  —  A*  "'"''^  -1-  rÔ.^./To.T.A-     {dx,,  dxi-\'  dx„  fiXi-\-  ôa.'„  nx,) 

qui  montre  bien  que  les  cas  de  deux,  trois  et  quatre  points  diffèrent  essen- 
tiellement. / 

6.  Mais  la  vraii'  difficulté  réside  dans  le  fait  que  les  formules  (  4  )  et  (  5  )  sont 
absurdes.  En  effet,  Texpression  dans  le  crochet  n  est  pas  un  tenseur.  On  le 
vérifie  immédiatement  en  se  rapportant  à  la  transformation  des  para- 
mètres To,;/  dans  un  changement  de  variables. 

La  raison  de  toutes  ces  difficultés  est  qu'on  prétend  obtenir  une  précision 
de  second  dogré  au  moyen  d'une  approximation  du  premier  degré.  La 
théorie  de  la  connexion  linéaire  n'est  pas  à  môme  do  nous  renseigner  sur  les 
différences  de  degr»'  supérieur. 

L'étude  du  déplacement  des  tenseurs  conduit  donc  nécessairement  à  Vintro- 
duction  de  la  connexion  quadratique,  etc. 

7.  Définissons  la  connexion  quadratique  par  la  formule 

(  6  )  A'  (  P  $  Q  )  =  A'  (  P  )  4-  A->-  n,,,/,  dxk  -+-  \  k-'h'-'''-^  dxj  dxk 

C    R.,  1922,  i«  Semestre.  (T    174,  N»  18.)  83 


I170  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

et  posons 

A  /,0/f,/ —  ''  '      —  — ] io,/,/ lo.T,/,- 

au-/ 

Un  calcul  simple  donne 
OU,  plus  généralement, 

On  comprendra  l'importante  du  tenseur  nouveau  P-o/.  /  dans  l'interpréta- 
tion géométrique  et  physique. 

8.  Remarquons,  enfin,  que,  malgré  les  affirmations  de  M.  Weyl  et  de 
M.  I^Mdingtou,  la  formule  (  2  ),  ou  n'importe  quelle  formule  analogue,  par 
exemple  (  8),  ne  peut  pas  nous  fournir  la  solution  générale  du  déplacement 
des  tenseurs  le  long  d'une  courbe  fermée  quelconque.  Ces  formules  mon- 
trent plutôt  que  le  tenseur  final  dépend  effectivement  du  chemin  représenté 
ici  par  dx^  et  ox-. 

Pour  prouver  leur  assertion,  les  auteurs  cités  se  servent  de  la  formule  de 
Stokes.  Mais,  d'après  (7),  on  ne  peut  pas  déplacer  un  tenseur  de  P  à  Q  et 
le  repousser  de  ()  à  P  sans  qu'il  soit  changé.  La  décomposition  en  carrés 
ne  permet  donc  pas  de  passer  d'une  intégrale  de  ligne  à  une  intégrale  de 
surface.  Pour  élucider  tous  ces  problèmes  nous  étudierons,  dans  un  travail 
plus  étendu,  la  structure  mathématique  du  Calcul  tensoriel  et,  en  particu- 
lier, le  problème  du  déplacement  des  tenseurs  d'ordre  quelconque. 


ÉLECTRO-OPTIQUE.  —  Sur  un  effet  électro-  et  magnéto-optique  des  liquides, 
qid  tiennent  des  poudres  métalliques  en  suspension.  Note  de  M.  St.  Pro- 
copiu,  présentée  par  M.  M.  Brillouin. 

En  étudiant  la  biréfringence  électrique  du  toluène,  ayant  séjourné  sur 
du  sodium,  j'ai  constaté  que  ce  corps  présentait  une  biréfringence  négative, 
tandis  que  celle  du  toluène  pur  est  positive.  Le  phénomène  présentait  les 
caractères  qu'on  lui  connaît  pour  les  liqueurs  mixtes  :  avec  un  champ 
faible,  quelques  centaines  de  volts,  la  biréfringence  atteignait  rapidement 
une  valeur  de  saturation,  et  ne  disparaissait  que  progressivement  après  la 
suppression  du  champ.  L'effet  observé  doit  être  attribué  à  des  particules  en 
suspension,  car  la  filtration  du  toluène  le  fait  disparaître. 

Ces  faits  m'ont  conduit  à  rechercher  si  les  liquides  qui  renferment  des 


SÉANCE  DU  l*"*^  MAI  I922.  II7I 

poudres  métalliques  en  suspension  présentent  une  biréfringence  dans  le 
champ  électrique  ou  magnétique. 

Le  dispositif  optique  était  celui  décrit  dans  des  Notes  précédentes  (' ). 

Les  métaux  (Hg,  Mg,  Al,  Sb,  Cu,  Zn,  [""e,  Ni,  Cd,  Bi),  en  poudre  fine,  sont  mêlés 
avec  le  liquide  étudié  (benzène,  pétrole,  alcool  benzylique,  etc.).  Après  agitation  du 
liquide  avec  la  poudre  métallique  (dans  le  cas  du  mercure,  avec  une  goutte  de  ce 
métal),  on  laisse  reposer,  on  décante  et  la  liqueur  limpide  est  introduite  soit  dans  une 
cuve  de  Kerr  à  deux  électrodes  verticales,  entre  lesquelles  on  établit  le  champ  élec- 
trique (courant  alternalil  d'un  transformateur),  soit  dans  un  tube  placé  dans  l'entrefer 
d'un  électro-aimant. 

Le  mercure  agité  avec  le  pétrole  ou  le  benzène  donne  des  liqueurs  claires,  facile- 
ment utilisables,  tandis  que  ses  liqueurs  a\ec  l'alcool  homobenzylique  sont  grisâtres 
et  il  faut  les  diluer  fortement  pour  pouvoir  les  utiliser. 

Résultats.  —  1.  Tous  les  liquides  renfermant  des  poudres  fines  métal- 
liques en  suspension  présentent,  soil  dans  le  champ  électrique,  soit  dans  le 
c\\dimT^  magnétique,  une  hiréft^ingencc  iiésiatiçe,  cesl-k-dire  de  même  signe 
que  celle  du  verre  comprimé  suivant  la  direction  des  lignes  de  force. 

Voici,  comme  ordre  de  grandeur,  la  biréfringence  [3  et  le  dichroïsme  0 
en  degrés,  en  lumière  jaune  du  mercure  (578™^^'),  des  liqueurs  obtenues 
avec  l'alcool  homobenzylique  et  l'une  des  poudres  métalliques  suivantes  : 

Champ  électrique  (5oo  volts  :  cm). 


Hg- 

Mg. 

Sb. 

AI. 

Cu. 

Fe. 

M. 

Cd. 

Zn. 

Bi. 

-3°,  6 

—  2°,  I 

—  2° 

-.°,8 

— 1°,5 

—  I» 

—  1° 

-o%4 

— o°,3 

—  0°,  I 

— 0",  5 

— 1°,5 

—  1° 

-00,4 

— o°,5 

~0°,2 

+o°,4 

—  0°,2  ' 

+0°,  I 

0° 

La  saturation  de  la  biréfringence  électrique  est  obtenue  pour  des  champs 
de  l'ordre  de  2oo-5oo  volts  :  cm  pour  tous  les  métaux,  excepté  pour  le  mer- 
cure qui,  à  3ooo  volts  :  cm  n'atteint  pas  encore  la  saturation.  En  outre,  le 
mercure  donne,  avec  le  benzène  et  le  pétrole,  de  fortes  biréfringences  néga- 
tives, de  l'ordre  de  —  10°  pour  3ooo  volts  :  cm. 

La  biréfringence  ne  disparaît  pas  en  même  temps  que  le  champ,  il  y  a  un 
temps  de  relairation  de  deux  ou  trois  minutes,  pour  tous  les  métaux,  excepté 
pour  les  liqueurs  dérivant  du  mercure,  dont  la  biréfringence  disparaît 
presque  instantanément.  Il  est  probable  que  ceci  tient  à  ce  que  les  par- 
ticules de  mercure  en  suspension  sont  plus  petites. 

Dans  le  champ  magnétique,  les  diverges  liqueurs  se  comportent  diffé- 

(')   Comptes  rendus.,  t.  17 L  1920,  p.  ii4'5,  et  t.  172,  ig-'.i,  p.  1172. 


II 72  ACADÉMIE   DES   SCIENCES, 

remmenL.  La  biréfringence  des  liqueurs,  qui  contiennent  du  fer,  prend  la 
valeur  limite  pour  20  gauss,  et  des  liqueurs  qui  contiennent  du  nickel, 

pour  5oo  gauss  environ. 

Champ  magnélique. 

Ji  ô  11   (cliamjj  saliiratiun  ). 

I^'e — i.f)  — Oj4  "^o  gauss 

\i — o.f)  H-o,i  5oo       ); 

Les  autres  métaux,  comme  Gu,  Al,  Sb,  présentent  une  faible  biréfrin- 
gence pour  3ooo  gauss;  mais  ces  métaux  —  analysés  à  une  balance  magné- 
tique, genre  Curie  —  contiennent  des  traces  de  fer.  De  sorte  qu'il  est 
possible  que  l'efTet  soit  dû  à  ces  faibles  traces  de  fer. 

Toutes  ces  liqueurs  métalliques  présentent,  en  dehors  de  tout  cbamp 
électri([uc  ou  magnétique,  une  biréfringence  sponlaiièe positive^  due  proba- 
blement à  la  chute  des  particules. 

2.  Si  l'on  regarde  dans  l'obscurité  la  traînée  du  faisceau  lumineux  dans 
le  tube  de  Kerr,  au-dessus  des  électrodes  ou  dans  un  plan  normal  au  champ, 
on  constate  que  le  liquide  devient  lumineux  entre  les  électrodes  et  que  les 
particules  deviennent  brillantes  au  moment  de  rétablissement  du  champ  et 
pendant  tout  le  temps  que  le  champ  lui  est  appliqué.  Les  particules  restent 
brillantes  deux  à  trois  minutes  après  la  suppression  du  champ  et  s'éteignent 
avec  la  biréfringence  elle-même. 

Le  phénomène  est  plus  intense  dans  le  champ  électrique  avec  les  poudres 
(le  cuivre,  d'aluminium  et  de  magnésium.  Cette  luminosité  est  visible  aussi 
dans  le  champ  magnétique  avec  le  fer,  le  cui\re,  l'aluminium. 

3.  Ces  phénomènes  sont  dus  à  Y  orientation^  des  particules  métalliques 
allongées,  sui\  ant  les  lignes  de  force  du  champ  électrique,  où  elles  forment 
des  fdets.  Dans  le  champ  magnétique  uniforme,  seules  les  j)aiticules  de  fer 
et  de  nickel  subissent  un  couple  d'orientation,  par  suite  de  leur  grand  coef- 
licient  de  susceptibilité  magnétique. 

On  suit  facilement  l'orientation  des  particules  métalli(|ues  dans  le  champ, 
en  observant  les  phénomènes  avec  le  microscope,  mis  au  point  sur  la  cuve  et 
normalement  au  faisceau  lumineux. 

(^uant  à  la  biréfringence  négative,  elle  est  due  probablement  à  la  reflexion 
ou  à  la  diffraction  (*)  de  la  lumière  sur  les  filets  de  particules  (-). 

(')  GouY,  Annales  de  Chimie  et  de  Physique,  t.  8,  1886,  p.  i^. 

(-)  Des  phénomènes  quelque  peu  analogues,  de  biréfringence  magnétique  des 
fumées  métalliques,  ont  été  observés  par  t^LiHU  Thomson,  Nature,  vol.  107,  1921, 
p.  52  r  ;  Gray  et  Speakman,  Ihid.,  p.  O19;  Tieiu,  Ibid.^  p.  778. 


SÉANCE   DU    l^^   MAI    I922.  II73 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Action  du  chlorure  de  thionyle  sur  les  acides- alcools  a. 
Note  de  M.  E.-E.  ïîlaise  et  de  M"*"3Iontagxe,  présentée  par  M.  Haller. 

Au  cours  de  recherches  sur  la  synthèse  des  composés  céloniques  ou 
dicétoniques  au  moyen  des  dérivés  organo-zinciques  mixtes,  l'un  de  nous  a 
été  amené  à  observer  la  formation  de  petites  quantités  de  cor[>s  qui 
paraissent  résulter  de  l'action  du  chlorure  de  thionyle  sur  les  acides- 
alcools  a.  Nous  avons  ainsi  été  conduits  à  étudier  cette  réaction  et  les 
acides-alcools  employés  sont  :  l'acide  glycolique,  l'acide  lactique  et  l'acide 
oxy-isobutyrique.  Les  résultats  obtenus  varient,  comme  on  le  verra  avec 
le  degré  de  la  fonction  alcoolique. 

Dans  tous  les  cas,  l'acide-alcool  a  été  chauffé  doucement,  au  bain-marie, 
avec  deux  molécules  au  moins  de  chlorure  de  thionyle  et  le  produit  oblcnu 
a  été  ensuite  fractionné  dans  le  vide.  En  opérant  sur  l'acide  glycolique.  on 
peut  ainsi  isoler  deux  corps  :  l'un,  bouillant  à  78°-82°  sous  I^)'""^  est  le 
chlorure  du  chlorosulfite  glycolique  Cl  — SO  -  O  -  CH- —  COCl; 
l'autre,  qui  passe  à99°-ioi°  sous  17"'^,  a  pu  être  identifié  avec  le  chlorure 
chloracétylglycolique   CH-Cl  -  CO  -  O  — CH--  COCL 

Le  chlorure  du  chlorosulfite  glycolique  est  un  corps  peu  stable  \is-à-vis 
de  la  chaleur;  vers  180'',  il  se  décompose  en  SO"  et  chlorure  de  chlor- 
acétylc.  Ce  dernier  a  été  caractérisé  par  transformation  en  anilide  fusible 
à  i34".  L'action  de  Teau  donne  de  l'acide  clilorhydrique,  del'acidc  sulfureux 
et  de  l'acide  glycolique.  Avec  l'alcool  méthylique,  on  obtient  du  glycolate 
de  méthyie,  bouillant  à  (i3°  sous  •u'""^  et  qui  a  été  caractérisé  par  sa  phényl- 
uivthane  fusible  à  72^;  'en  même  temps  se  forment   SO-,  CH^Cl  et  HCl. 

Toutes  ces  réactions  vérifient  la  constitution  du  produit  mis  en  œuvre, 
mais  la  transformation  la  plus  curieuse  est  celle  qu'on  observe  en  traitant 
le  chlorure  du  chlorosulfite  glycolique  par  l'aniline,  en  présence  d'éther 
absolu.  (  )ii  obtient  ainsi  un  corps  bien  cristallisé  et  qui  n'est  autre  que  le 
sulfite  de  l'anilide  glycolique  : 

^^/0-CH2— œ-  INH-C«H^ 
'     \0  —  CH-  -  CO      Nil       C4I  ■  ■ 

Ce  corps  fond  à  i4o'^-i^|i''  (fusion  instantanée);  il  est  décomposé  par 
l'eau,  peu  soluble  à  froid  dans  Talcool  et  très  soluble  à  chaud  dans  ce  sol- 
^ant.  Le  sulfite  de  l'anilide  glycolique  est  stable  à  chaud,  dans  l'air  parfaf- 
temeiitsec;  mais,  par  chaulTage  au  contact  de  l'almosphère,  il  se  décom- 
pose   en    |)erdant  de   l'anhydride  sulfureux.  La    même   décomposition   se 


11^4  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

produit  très  rapidement  quand  on  le  chaufïe  au  bain-marie  avec  un  peu 
d'eau;  par  évaporation  à  sec,  on  obtient  un  r(''sidu  d'aniline  glycolique 
pure.  Ce  dédoublement  est  bien  d'accord  avec  la  constitution  proposée; 
celle-ci  a  d'ailleurs  été  vérifiée  en  reproduisant  le  sulfite  de  Fanilicie  glyco- 
lique par  action  du  chlorure  de  thionyle  sur  l'anilide.  Quant  au  mécanisme 
de  l'action  du  chlorure  de  chlorosulfite  glycolique  sur  l'aniline,  il  est  vrai- 
semblablement le  suivant  : 

2CI  -  SO  -  O  -  Gli^-  COCl  +  aCnP—  MT- 
^    S0C1^+S0(0-CH^'-G0-NH  -C«ll>)^      , 
S0CP+C«Ils-~NH2 

.   cnt^— N=:SO. 

Gomme  on  emploie  un  excès  d'aniline,  tout  l'acide  chlorhydrique  passe 
à  l'état  de  chlorhydrate  et,  quand  on  reprend  par  l'eau,  la  thionylaniline 
est  dédoublée  en  aniline  et  SO". 

Nous  avions  également  pensé  à  reproduire  le  sulfite  de  l'anilide  glyco- 
lique en  traitant  cet  anilide  par  le  chlorure  de  chlorosulfite  glycolique  et 
ajoutant  ensuite  de  l'aniline  : 

Cl  -  SO  -  O  —  GH^—  COCl  -h  CH^OH  -  GO  —  NH  -  C^ H  = 

/0-GH''-GOGI 
'"    ^^\0  — GtP— GO  — NH  — G«tP 

/0-GtP-GOGl  +c.FP^NlP 

^^\0-Gir^— GO  — NH  — GHP  ^ 

->     SO(0-GH--GO  — NI1-G«H^)2. 

Or  l'expérience  nous  a  montré  que  l'action  du  chlorure  sur  l'anilide 
donne  directement  le  sulfite  de  l'anilide  glycolique,  sans  addition  d'aniline. 
Ce  fait  s'explique  de  la  manière  suivante  : 

-2GI  -  SO  _  O  —  GH'--  GOGI  =SOGl-^  +  S0(0  -  GH"^-  GOGI)^ 

Le  chlorure  de  thyonyle  ainsi  formé  réagit  alors  normalement  sur  l'ani- 
lide; quant  au  second  produit  du  dédoublement,  traité  par  l'aniline,  il 
doit,  à  son  tour,  donner  le  sulfite  de  l'anilide  glycolique,  ce  que  confirme 
l'expérience. 

Enfin,  nous  avons  pu  reproduire  le  chlorure  chloracétylglycolitjue  en 
traitant  l'acide  glycolique  par  le  chlorure  de  chloracélyle  et  chauffant  le 
produit  ainsi  obtenu  avec  du  chlorure  de  thionyle.  Les  deux  corps  ont  été 
identifiés  par  transformation  en  anilide.  Celle-ci  cristallise  en  paillettes 
fondant  à  1 19°. 


SÉANCE   DU    l*'    MAI    1922.  1176 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  les  quindolines . 
Note  de  M.  E.  Grandmougin,  présentée  par  M.  Béhal. 

En  1877,  M.  P.  Schutzenberger  a  décrit,  sous  le  nom  d'indoline,  une 
base  organique  qu'il  considérait  comme  un  diindol  :  ('."'N''  N-  ou(C'*ir?S)- 
et  qu'il  avait  obtenue  par  action  de  la  baryte  et  de  la  poudre  de  zinc  sur 
l'indigo  à  180°.  en  vase  clos,  puis  en  sublimant  le  produit  de  réaction  formé 
sur  un  excès  de  poudre  de  zinc  (' ). 

Si  les  propriétés  observées  })ar  Tinventeur  se  sont  trouvées  confirmées 
par  la  suite,  il  n'en  est  pas  de  même  de  bi  composition  et  de  la  constitu- 
tion de  l'indoline.  Nous  savons  aujourd'bui  que  cette  base  n'est  pas  un 
diindol  (-),  mais  qu'elle  est  constituée  par  l'association  d'un  noyau  indo- 
lique  et  d'un  noyau  quinoléi([ue  et  correspond  à  la  formule  C'^H'^N". 
Celle-ci  a  été  établie  avec  certitude  par  les  travaux  de  MM.  Fichter  et 
Bœhringer  (')  ainsi  que  de  MM.  Nœlting  etSleuer  (');  c'est  d'accord  avec 
ces  auteurs  que  nous  désignons  cette  base  sous  le  nom  de  quindoline  (|ui 
correspond  mieux  à  sa  structure,  d'autant  plus  que  le  terme  indoline  sert 
actuellement  pour  désigner  le  dihydroindol. 

Le  mécanisme  qui  conduit  de  l'indigo  à  la  quindoline  ne  peut  guère 
s'expliquer  sans  admettre  une  scission  complète  de  la  molécule  de  l'indigo 
et  regroupement  des  produits  ainsi  formés  (aldéhyde  a-indoxylique,  puis 
indoxyle  et  acide  anthranilique  (/)].  Sans  vouloir  toutefois  insister  sur  ce 
sujet,  qui  demanderait  encore  des  recherches,  nous  tenons  à  signaler  la 
formation  de  la  quindoline  et  de  son  homologue,  à  partir  de  l'indigo,  dans 
une  réaction  particulièrement  curieuse  que  nous  avons  étudiée,  jadis,  avec 
la  collaboration  de  feu  M.  Dessoulavy. 

Si  l'on  fait  réagir  sur  l'indigo,  dans  des  conditions  appropriées,  les 
aminés  primaires  phénoliques,  on  obtient  les  indigos  diarylimidés  dont 
nous  avons  décrit  un  certain  nombre  de  représentants  (®).  Le  produit  bleu 
foncé    obtenu    avec  deux  molécules    d'aniline    correspond   à    la   formule 

(^)   Comptes  rendus,  t.  80,  1877,  p.    147- 

(-)  La  substance  mère  de  l'indigo,  le  diindyl  C'^H'-N-  a  été  préparé  depuis  par 
M.  VV.  Madeli'ng,  Ber.,  t.  4.S,  1912,  p.  1128. 

(^)  Ber.,  t.  39,  1906,  p.  SgSa;  t.  i3.  1910,  p.  3489. 

(*)  Ber.,  t.  43,  1910,  p.  35i2. 

(•')  pRiEDL.ïîNDEn  et  ScHWENK,  Ber.,  t.  1.3,  1910,  p.  1971. 

C')  Grandmougin  et  Dessoulavy,  Ber.,  t.  42,  1909,  p.  3638  et  44oi' 


II 76  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

G-^H-"  N*.  C'est  une  base  faible,  dont  on  peut  préparer  cependant  des  sels 
biacides,  colorés  en  bleu  vert,  mais  hydrolysables  par  l'eau.  Si  l'on  cbautîe 
ce  composé  avec  des  acides  minéraux  en  milieu  acétique,  la  solution  primi- 
tivement bleu  vert  passe  an  jaune,  et  l'on  a  alors  en  solution  une  nouvelle 
base  formée  par  Fisomérisation  de  l'indigo  dianilidé  et  que  Ton  peut 
séparer  de  la  solution  acide  par  neutralisation.  Sa  composition  est  donc 
égalenaent  C-*'H-*'\'';  les  sels  jaunes  sont  plus  colorés  que  la  base  et  ne 
sont  plus  hydrolyses  par  action  de  l'eau. 

La  constitution  de  ce  nouveau  composé,  qui  est  aussi  complexe  que  celle 
d'un  alcaloïde  naturel,  peut  être  déduite  des  observations  suivantes  :  On  ne 
peut  plus  l'oxyder  en  isatine;  la  double  liaison  C  :=  C  a  donc  disparu;  par 
hydrolyse  énergique  on  peut  séparer  une  molécule  d'aniline  et  il  se  forme 
une  nouvelle  base  jaune  :  G-^H'^N'O,  formant  des  sels  orangés  (*).  Comme 
cette  base  est  scindée  par  la  fusion  alcaline  en  acide  anthranilique  et  en 
quindoline,  on  peut  en  conclure  qu'elle  est  une  o-aminobenzoyl-5-quin- 
doline  et  que  la  base  primitive  peut  être  considérée  comme  le  dérivé  anilidé 
d'une  5-indoquindolinone. 

Quoique  cette  formule  demande  à  être  confirmée  encore  par  des  méthodes 
d'analyses  moins  énergiques,  on  peut  cependant  en  conclure  qu'une  des 
deux  molécules  d'aniline  fournit  une  partie  des  éléments  pour  le  noyau 
quindolinique  et  que  la  seconde  partie  provient  du  demi-squelette  de 
l'indigo.  On  peut  en  déduire  que,  si  au  lieu  de  transposer  l'indigo  dianilidé, 
on  opère  avec  un  indigo  diarylimidé  homologue,  on  doit  pouvoir  obtenir  la 
quindoline  homologue. 

Nous  avons  vérifié  cette  conclusion  pour  le  produit  de  condensation  de 
deux  molécules  de  paratoluidine  avec  l'indigo  C'*'H-''N''  (^ poids  molé- 
culaire :  44t>)  qui,  traité  comme  le  dérivé  dianilidé,  fournit,  en  fin  de  compte, 
la  3-mêtkyl(/w'ndo/ine  C"*H'-N-.  Celle-ci  ]»résenle  les  caractères  généraux 
de  la  quindoline;  elle  cristallise  de  l'alcool  en  aiguilles  incolores,  fusibles 
à  201°  et  dont  la  composition  fut  vérifiée  par  l'analyse  (N,  calculé  12,06 
pour  100,  ti'ouvé  12,16  pour  looV  Son  dérivé  acétylé,  obtenu  par  ébullition 
avec  l'anhydride  acétique,  cristallise  de  l'alcool  en  aiguilles  très  fines 
(p.  f.  i64°-i65«;. 

Rappelons  ici  que  la  quindoline  même,  ol)tenue  avec  l'indigo  dianilidé, 
fond  à  248''  et  son  dérivé  acétylé  incolore  à  i77''-i78",  conformément  aux 


(^)  L'hydrolyse  par  l'acide  iodhydrique  et  le  phosphore  fournit  la  substance  mère 
Q22p{i7|\3  ^p    f   250°),  faiblement  jaunâtre  et  donnant  des  sois  orangés. 


SÉANCE    DU    l'"''    ^[AI    1922.  II77 

indications  des  ailleurs  antérieurs.   Elle   donne,   comme  son   homologue 
méthylé,  des  sels  jaunes  intenses. 

Nous  ajouterons,  enfin,  qu'à  notre  avis  la  formation  de  dérivés  quindoli- 
niques  à  partir  des  indigos  et  des  isatines  est  plus  fréquente  qu'on  ne  le 
croit  communément.  Rappelons  notamment  que  la  flavindine  de  Laurent  (') 
n'est  autre  chose  qu'un  acide  qnindoline-carhonique  C"'H'"N-0-  isomère 
de  l'indigo. 


CHIMIE  INDUSTRIELLE.  —  Un  nouveau  procédé  de  fabrication  industrielle  de 
la  baryte  pour  le  traitement  des  mélasses  de  sucrerie.  Note  de  MM.  Camille 
Deguide  et  Paul  Baud,  présentée  par  M.  Lindet. 

Depuis  la  découverte  du  sucrate  de  baryte  par  Péligot,  en  i838,  de 
nombreux  industriels  ont  essayé  d'extraire,  sous  cette  forme,  le  saccharose 
retenu  dans  les  mélasses  et  le  problème  tire  son  importance  de  ce  que 
celui-ci  représente  en  moyenne  les  y^  du  sucre  livré  à  la  consommation. 
Préconisée  successivement  par  Dubrunfaut,  Leplay  et  Nugues,  la  sucra- 
terie  de  baryte  n'a  pu  atteindre  le  développement  attendu,  car  le  prix  très 
élevé  de  l'hydrate  Ba(OH)-,  SH^  O  ne  permettait  pas  jusqu'ici  l'emploi  rému- 
nérateur de  cette  base. 

La  décomposition  du  carbonate 

C03  Ba  =  GO^  +  Ha  O         ou         GO»  t?a  4-  9-  G  =  2  GO  +  Ba  O 

présente  en  effet  de  sérieuses  difficultés  :  à  la  température  de  i5oo°,  néces- 
saire aux  réactions  précitées,  le  produit  entre  en  fusion,  attaque  la  paroi 
des  fours  et  provoque  ainsi  une  usure  rapide  du  matériel  ;  de  plus,  une  partie 
importante  de  baryte  se  combine  avec  le  revêtement  de  la  sole  et  ne  peut 
être  récupérée. 

Or,  ayant  observé  que  le  silicate  tribarytique  ne  présente  aucune  trace 
de  fusion  à  la  température  de  sa  formation  et  que,  sous  l'action  de  l'eau,  il 
libère  une  très  forte  quantité  d'hydroxyde,  nous  avons  été  amenés  avoir 
dans  ce  corps  la  base  d'un  procédé  industriel  pour  la  fabrication  de  la 
baryte. 

J^]ii  opérant  d'aliord.  an  laboratoire,  sur  des  produits  chimiquement  purs,  nous  avons 
pu  mettre  en  évidence  deux  lacleurs  essentiels  :  la  finesse  des  matières  premières  et 
la  température.  G'esl  ainsi  (|u'en  cliauffant  un  mélange  constitué  par  Gs,  o4SiO^  et 
Sgs,  2fîG0^Ba,  répondant  à  la  formule  Si  O"^  -i- 3  GO^Ba,  nous  sommes  arrivés  aux  résul- 
tats suivants,  qui  indiquent  la  quantité  de  baryte  récupérable  par  l'eau  chaude. 

(')   Afin.,  t.  1%  1849,  P-  284- 


II 78  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Tempéra  lure.  BnOpourlUU.  Ba(  (  >II  )-,  8  H-0. 

1°  Mélange  passant  au  tamis  50. 

1 1 00° 6,21  I  ^  1 79 

1 1 5o 12, 5o  25 , 7.5 

1200 33,02  '   68,ti2 

i25o 38, 5 1  79i33 

i3o() 4'* -27  82,9.5 

2°  Mélange  passant  au  tamis  150. 

1100° '^6,81  5.5,22 

ii5o 33,85  69.63 

1200 39,50  81,37 

i25o 42,18  86,89 

i3oo 44, 5o  9' '67 

3°  Mélange  passant  au  tamis  200. 

1100° 37,64  77-53 

ii5o 39,84  82,07 

1200.. ■ 4f.i2  84)7^» 

i25o 42,77  88,10 

i3oo 44 -5o  9' -67 

Nous  avons  opéré  ensuite  au  four  à  poteries  ordinaire  avec  chauffage  par  alandiers, 
puis  au  four  rotatif  Sniidth  à  revêtement  alumineux,  en  employant  dans  les  deux  cas 
de  la  silice  fournie  par  des  galets  de  mer,  étonnés  et  broyés,  et  du  carbonate  précipité 
d'une  solution  de  sulfure  (nous  avons  pu  faire  porter  certains  essais  sur  une  masse 
totale  de  ôonoi^s  CO^Ba  pour  600  SiO-).  Au  four  à  poteries,  nous  avons  obtenu  une 
roche,  au  four  Smidth  des  klinkers,  de  couleur  légèrement  verdàtre  et  se  décomposant 
rapidement  au  contact  de  Teau,  la  roche  libérant  71,76  pour  100  de  son  poids  et  les 
klinkers  de  78  à  81  pour  100  de  Ba(OH)^  8H-0,  suivant  les  échantillons. 

Devant  le  résultat  acquis  d'ordre  industriel^  nous  avons  orienté  nos 
recherches  vers  le  traitement  des  mélasses,  nous  réservant  de  reprendre  par 
la  suite  le  détail  des  réactions  qui  peuvent  se  réaliser  lors  de  la  formation  du 
silicate  tribarytique.  Malgré  les  travaux  de  Mitscherlich  (  '),  de  Wahl  ('^), 
de  Pisani  (^)  et  de  Kanter(''),  il  ne  semble  pas  qu'on  puisse  encore  établir 
la  liste  des  différents  silicates  barytiques. 

Quant  à  la  dissociation  au  seul  contact  de  l'eau,  elle  a  été  signalée  à  plu- 

(')  y.  Pralit.  Chem.,  t.  83,  1861,  p.  485. 
(-)  Z.  Kryst.^  t.  36,  1902,  p.  i56. 
(■')   Comptes  rendus,  t.  83,  1876,  p.  io56. 
('*)  Thèse  de  Doctorat,  1903. 


SÉANCE    DU     l'"'    MAI    1922.  II 79 

sieurs  reprises  par  M.  Le  Chatelier  ('  )  pour  les  silicates  Iricalciques  et  le 
silicate  dibarytique. 

Nous  nous  somnies  préoccupés,  après  avoir  vérifié  la  formation  du 
sucrate,  dans  des  conditions  bien  connues  des  techniciens,  et  sa  décompo- 
sition facile  par  un  courant  d'anhydride  carbonique,  de  la  possibilité  de 
faire  revenir  dans  le  cycle  des  opérations  le  résidu  solide,  riche  en 
SiO-,  BaO  et  le  carbonate  CO^Ba  venus,  Tun  des  malaxeurs  où  l'on 
décomposait  les  klinkers,  l'autre  du  bac  de  carbonatation. 

Nous  avons  vérifié  ainsi  ([ue  le  mélange  répondant  sensiblement  à  la  formule 

SiO^BaO  +  oXOMîa    ' 

se  décarbonatait  par  simple  passage  au  four,  la  température  étant  voisine  de  1280°. 
Les  nouveaux  klinkers  repris  par  l'eau  renfermaient  99  pour  100  du  chifTre  indiquant 
la  quantité  de  baryte  solubilisée  lors  de  la  première  cuisson. 

11  y  a  donc  là  un  cycle  fermé  de  réactions  ([ui  doit  intéresser  particulière- 
ment l'industrie  sucrière  française  et  dont  on  peut  résumer  ainsi  les  grandes 
lignes  : 

SiO-,  BaO  +  2G0'*Ba  j 

SiO^  3BaO  +  Aq SiOS  BaO  +  Ba(0H2),  SH^O 

Ci2H220'i  +  Ba0 C'-^H^^oii,  BaO 

C12H220",  BaO  4- GO- CO'Ba  (à  retourner  à  la  cimenterie) 

+  C'-H--0"  (à  diriger  sur  les 
appareils  à  multiple  effet) 

Il  reste  à  noter  que  les  eaux  mères,  séparées  aux  filtres-presses  du  sucrate 
(le  baryte,  permettent  de  récupérer  Tazole  et  la  potasse,  enlevés  au  sol  et 
qui  représentent  sensiblement,  pour  loo'^^  de  mélasses  traitées,  i'^^'  Az 
etë'^^K^O. 


CHIMIE  ANALYTIQUE.  —  Si/r  la  composition  des  vins  de  lies  et  des  lies  de  rin. 
Note  de  M.  L.  Semichon,  présentée  par  M.  Lindet. 

Les  vins  de  goutte  qu'on  sépare  du  marc  au  moment  de  la  décuvaison 
sont  troubles,  quelquefois  même  encore  chauds.  Pendant  quelques  semaines 
ils  se  clarifient  peu  à  peu  et,  au  moment  du  premier  soutirage,  on  retire  un 

(')  Bull.  Soc.  ch.,  t.  4-2,  1884,  p.  82;  Comptes  rendus,  t.  92,  1881,  p.  93i; 
Tiaité  de  Chimie,  de  Henri  Moissan,  etc. 


Il8o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Vin  clair  et  il  resle  an  fond  des  vaisseaux  vinaires  un  liquide  bourbeux  que 
l'on  place  dans  de  petits  récipients  afin  de  décanter  la  partie  claire  quelques 
semaines  plus  lard,  tandis  que  la  bourbe  osl  passée  dans  des  sacs  que  Ton 
exprime  au  pressoir.  On  a  ainsi  :  le  vin  de  soutirage^  et  le  vin  de  lies  dans 
lequel  on  confond  le  vin  de  décantation  et  le  vin  pressé  au  sac. 

Plusieurs  œnologues  ont  sij^nalé  la  composition  spéciale  de  ces  vins  de 
lies,  riches  en  exiraits  et  eu  cendres,  et  pauvres  en  crème  de  tartre. 

D'aulrc  part,  les  loiirteaux  que  l'on  sort  drs  sacs  à  lies  séchés  à  Tair  on 
au  soleil,  ou  dans  des  séchoirs,  constituent  les /i'e^  qui  soni  vendues  princi- 
palement aux  fabricanls  de  crème  de  tartre  et  d'acide  tartrique.  Ces  lies 
sont  riches  en  tartrate  de  chaux  et  l'on  s'est  souvent  demandé  quelle  peut 
être  la  provenance  de  ce  tartrate  de  chaux  déposé  pendant  la  clarification 
de  vins  qui  n'en  contiennent  que  des  traces. 

Nous  avons  procédé  en  191 3  à  l'examen  comparatif  de  la  composition  des 
vins  de  soutirage  el  des  vins  de  lies  obtenus  par  décanlalion  et  par  filtrage 
eu  opérant  sur  une  cuve  de  /joo''"  de  la  cave  coopérative  de  Léziguau. 

Le  Tableau  suivant  donne  la  composition  de  ces  diiïérents  vins  : 

COMPOSITION    DES    VINS    DE    LIES. 

Vins  routes  de  la  coopérative  de  Lézignan  (récolte  iç)r>.9.). 

\'ins  de  Vins  do  lies  Vins  de  lies 

l'Mémenis  dosés.  soutirage.        de  décantation,     de  pros.  au  sac. 

Alcool  pour  100  en  vol.  p.  distillai.  .  .  io°,.55  8°,5<)  8°, 9,5 

\lcool  en  poids par  litre  84», 45  r)8s,o  71^,60 

Acidité  totale  en  SO*H- »  .^So.  5,4o  5,45 

Acidité  fixe  en  SO'^H- »  5,10  5,o  ^-.^o 

Acidité  volatile  en  .S()4H^.  .  .  »  0,40  o,4(»  o,55 

Extrait  sec  à  100" »  ^.  i,'>.7  3>,75  ?>'2.  S'>. 

Kxtrait  sec  réduit »  19,57  3i,(>5  3i,o2 

Matières  réductrices .  )>  ■<,7o  '■!,7o  ?.,8o 

Cendres  totales »  '^,45  ?.  ,0.^)  ?.  ,70 

Cendres  soluliles »  5!,>5  i,9<>  i,85 

(Jendres  insolubles »  0,50  0,70  (j,S.'> 

yVIcalinité  des  cendres  en  Itilartr.tte  de 

potasse par  litre  5, 07  1  ,()o.  i  ,67 

lîitartiate  tie  potasse >■  4^''  i,83  'i.oX 

Acide  tarlrit|ue  total  en  Ijitarlrale  de 

potase par  litre         .^jO.')  '^.39  •> ,  '|5 

I*otasse    totale    en    bitartrate    de    po- 
tasse     par  litre         4 ,59  4,  '4  4,  '7 

Sulfate  de  potasse »  o,;!!  o,3'î  o,35 

Acide  ptiosphoriqiie  en  P-0\  »  0.175  0,4"'  o,455 

Déviation  polarimétrique o  o  o 

Somme  alcool  plus  acide i6,oS  13,90  14,4^^ 

Rapport  alcool  extrait 4''^  2,1  >,3 


SÉANCE  DU  r'  MAI  I922.  I181 

Ces  analyses  montrenl,  d'une  faron  frappanlc,  par  rapporl   au  \in  «le 


soutirage 


t"   Une  diminution  du  litre  alcool  de  près  de  2"  ; 

'2°  La  constance  des  acidités  :  totale,  li\e  et  volatile  ; 

3°   Une  augmentation  de  Texlrait  sec  d'au  moins, 5o  pour  100  ; 

4"  Une  augmentation  légère  dès  cendres  avec  diminution  des  cendres 
solubles  et  augmentation  des  cendres  insolubles; 

5"  Une  diminution  considérable  de  l'alcalinité  des  cendres  allant  jus- 
qu'aux I  du  chiffre  primitif; 

6°  Une  diminution  de  la  crème  de  tartre  et  de  l'acide  tartriqiie  total  de 
plus  de  5o  pour  100.  alors  que  la  potasse  totale  est  diminuée  à  peine  de 
10  pour  100  ; 

7"  L'acide  phosphoriqiie,  au  contraire,  a  augmenté  de  plus  du  double; 

8**  Enfin,  la  somme  alcool  -h  acide  a  très  sensiblement  diminuée,  mais  le 

acide       .  ,  ,  ,    alcool      .,        j-     •        '    j      - 

rapport  -; :  a  auomente:  quant  au  rapport  -^-y  il  a  diminue  de  do 

^•^  alcool  011  rr  extrait 

pour  100. 

Si  l'on  examine  les  choses  de  près,  on  constate  que  le  hilartrate  de  potasse 
disparu  a  été  remplacé  par  du  biphosphale  de  potasse  en  proportions  sensible- 
ment correspondantes  à  leur  poids  moléculaire . 

Ces  caractères  très  spéciaux  des  vins  de  lies  proviennent  de  la  digestion 
pendant  plusieurs  semaines  des  levures  vieilles  en  voie  de  décomposition  qui 
ont  été  entraînées  abondaiument  avec  le  vin  au  moment  du  décuvage  et  qui 
se  sont  déposées  ensuite  en  constituant  la  plus  grosse  partie  des  lies. 

On  sait  que  ces  levures,  pendant  leur  vie  active,  condensent  en  leurs  cel- 
lules des  quantités  très  importantes  de  phos|»hates,  si  bien  qu'elles  peuvent 
arriver  à  extraire,  du  liquide  eu  fermentation,  la  presque  totalité  de  l'acide 
phosphorique  qu'il  contient.  Elles  sont  également  riches  en  chaux  et  en 
magnésie.  Ce  fait  explique  très  nettement  à  la  fois  les  caractères  particuliers 
de  composition  des  vins  de  lies  et  l'origine  du  lartrate  de  chaux  des  lies. 
Pendant  la  période  de  repos  en  petits  récipienls  et  avant  la  décantation,  la 
proportion  des  levures  en  voie  de  décomposition  est  très  grande  par  ra]»- 
l)ort  au  volume  du  vin;  un  échange  moléculaire  s'effectue  entre  les  biphos- 
phates  alcalino-terreux  que  les  levures  diffusent  dans  le  vin  et  le  bitartrate 
de  potasse  que  celui-ci  contient.  Le  bitartrate  de  chaux  qui  se  forme  se 
dépose  et  passe  entièrement  dans  la  lie,  appauvrissant  ainsi  le  vin  en  crème 
de  tartre.  Au  contraire,  le  biphosphate  de  chaux  des  levures  se  transforme 
en  biphosphate  de  potasse  très  soluble  que  l'on  retrouve  dans  la  composi- 
tion du  vin  décanté  et  du  vin  filtré. 


IrS2  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

La  diminution  de  l'alcool  est  due,  en  premier  lieu,  à  l'évaporation, 
puisque  ces  vins  sont  disposés  ainsi  plusieurs  semaines  dans  des  récipi-ents 
ouverts;  ainsi  qu'à  l'action  des  fleurs  du  vin  (Mycoderma  idni)  qui  se  déve- 
loppent toujours  en  surface  dans  des  récipients  ouverts  et  qui  consomment 
une  partie  de  l'alcool,  le  vin  résultant  étant  lui-même  plus  riche  en 
aldéhydes.  Le  tourteau  de  lie  contient  44  pour  loo  d'humidité  et  seulement 
des  traces  d'alcool. 

Quant  à  l'extrait  sec,  le  vin  s'est  enrichi  des  produits  d'autophagie  de  la 
levure,  substances  azotées  que  les  cellules  mortes  ont  diffusées  dans  le  vin. 

On  doit  conclure  qu'il  est  facile  de  reconnaître  les  vins  de  lie  a  leur  com- 
position spéciale,  et  qu'en  pratique,  il  serait  bien  plus  avantageux  dans  les 
installations  vinaires,  de  passer  de  suite  les  lies  bourbeuses  que  laisse  le 
premier  soutirage  dans  un  liltre-presse,  plutôt  que  de  les  laisser  longtemps 
à  digérer  sur  les  bourbes.  Le  vin  ainsi  extrait  au  fdtre-presse  aurait  sensi- 
blement la  composition  du  vin  de  soutirage,  ne  perdrait  pas  d'alcool  ni 
d'acide  tartrique,  et  sérail  marchand  au  même  titre  que  le  vin  normal. 


CRISTALLOGRAPHIE.  —  Sur  V inversion  du  pouvoir  rolaloire  dans  les  liquides 
anisotropes.  Note  de  M.  L.  Rover,  présentée  par  M.  Pierre  Ter- 
mier. 

Certains  liquides  anisotropes  sont  doués  d'un  fort  pouvoir  rotatoire  de 
quelques  milliers  de  degrés  par  millimètre  d'épaisseur.  Il  est  frappant  (]ue 
ce  pouvoir  rotatoire  ne  s'observe  (|ue  dans  les  substances  ayant  la  structure 
à  plans  équidistants  et  réfléchissant  de  ce  fait  de  vives  couleurs.  C'est  ainsi 
que  différents  sels  de  cholestérine  ont  dans  la  phase  anisotrope  un  pouvoir 
rotatoire  énorme.  Quoique  les  plans  ne  soient  le  ])lus  souvent  pas  visibles 
dans  les  sels  purs,  on  est  amené  à  leur  attribuer  la  structure  à  plans  ((ui 
d'ailleurs  se  montre  très  nette  dans  un  grand  nombre  de  mélanges  ('). 
Tous  ces  sels  réfléchissent  en  eflet  des  couleurs.  L'oléate  de  cholestérine 
par  contre  est  un  licpiide  à  coniques;  on  n'y  observe  ni  couleurs  réfléchies 
ni  pouvoir  rotatoire  sensible  dans  la  phase  anisotrope.  Gela  tend  à  confirmer 
(jiie  ce  pouvoir  rotatoire  énorme  des  liquides  anisotropes  n'est  pas  le  pouvoir 
rotatoire  moléculaire  habituel,  mais  bien  un  pouvoir  rotatoire  dû  à  la  struc- 
ture et  lié  à  la  structure  à  plans  équidistants  signalée  pour  la  première  fois 

(^)  G.  Frïedel  el  L.  RoYER,  Comptes  rendus,  l.  178,  1921,  p.  r32o. 


SÉANCE  DU  !*='  MAI  1922.  Il83 

par  Cirandjean  (')  clans  le  cyanbenzalaminocinnaniale  d'amyle  actif.  En 
elTel,  en  sadiessant  aux  mélanges  conLenant  2,5  et  2,73  parties  de  cyan- 
bcnzalaminocinnamate  pour  i  partie  de  benzoate  de  cbolestérine  on  observe 
dans  la  phase  anisotrope  à  basse  température  un  liquide  à  plans  doué  du 
pouvoir  rotatoire  droit,  })uis  à  une  température  plus  élevée  un  liquide  à  fils 
du  type  ordinaire  dépourvu  complètement  de  ce  pouvoir  rotatoire.  et  à 
haute  température  un  liquide  à  plans  avec  pouvoir  rotatoire  gauche.  Le 
pouvoir  rotatoire  apparaît  ici  encore  comme  lié  à  la  structure  à  plans. 

En  étudiant  le  signe  du  pouvoir  rotatoire  de  ces  liquides  pour  les  diffé- 
rentes longueurs  d'ondes  on  observe,  dans  certains  cas,  une  inversion  du 
pouvoir  rotatoire  déjà  constatée  par  Stumpf  (-)  dans  le  cyanbenzalamino- 
cinnamate.  La  rotation  cli^nge  de  signe  pour  une  certaine  longueur  d'onde. 

C'est  ainsi  que  M.  Friedel  et  moi  avons  constaté  que  dans  le  mélange 
contenant  5  parties  d'azoxyphénétol  et  6  parties  de  benzoate  de  cbolesté- 
rine, le  pouvoir  rotatoire  est  gauche  dans  la  partie  violette  du  spectre  et 
droit  dans  la  partie  rouge.  Le  même  phénomène  s'observe  dans  le  mélange 
à  parties  égales  de  benzoate  et  d'acétate  de  cbolestérine.  Il  semble  que  ce 
fait  soit  général  dans  les  liquides  anisotropes;  on  ne  Tobserve  que  dans  des 
conditions  spéciales  parce  qu'à  l'ordinaire  l'inversion  se  produirait  en 
dehors  du  spectre  visible  ou  à  une  température  où  le  corps  serait  isotrope 
ou  cristallisé.  Mais,  par  des  mélanges  convenables,  on  arrive  à  déplacer  ce 
point  d'inversion  de  telle  façon  que  le  phénomène  devienne  observable. 

De  plus,  la  longueur  d'onde  pour  laquelle  l'inversion  se  produit  semble 
coïncider  avec  la  longueur  d'onde  réfléchie.  Cette  inversion  est  donc  pro- 
bablement quelque  chose  de  différent  de  celle  qui  accompagne  la  dispersion 
anomale  découverte  par  Cotton  (^)  dans  certains  liquides  actifs  et  colorés. 
Dans  ceux-ci,  en  effet,  la  dispersion  anomale  est  due  à  la  présence  d'une 
bande  d'absorption;  dans  les  substances  considérées,  par  contre,  il  y  a 
réflexion,  et  cette  réflexion  est  en  rapport  immédiat  avec  i'équidistance  des 
plans,  donc  avec  la  structure. 

Il  paraissait  intéressant  de  rechercher  si,  en  dehors  du  cas  signalé  par 
Stumpf,  d'autres  corps  purs  et  bien  délinis  montraient  cette  propriété 
observée  dans  des  mélanges.  En  reprenant  les  observations  de  Stumpf  sur 
du  cyanbenzalaminocinnamate  d'amyle  actif  préparé  par  Mauguin,  nous 


(')  Grandjean,  Coniples  rendus^  t.  172,  1921,  p-  71. 

(^)  Stumpf,  Diss.  Gôttingen,  1911- 

(*)  Cotton,  Comptes  rendus^  1. 120,  1895,  p.  989  et  1044. 


Il84  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

ne  sommes  pas  arrivés  aux  mêmes  résultats  que  Stuuipf.  Poiir  tout  le 
spectre  visible  le  pouvoir  rotatoire  est  droit;  l'inversion  se  produirait  dans 
l'infrarouge.  Cette  différence  doit  tenir  à  ce  que  Tun  des  deux  produits  est 
impur;  en  etîet,  les  points  de  transformation  de  la  substance  employée  par 
Stumpf  ne  sont  pas  les  mêmes  que  ceux  du  corps  qui  nous  a  servi. 

Par  contre,  on  observe  cette  inversion  dans  le  cinnamylate  de  cholesté- 
rine.  Ce  corps  fond  à  i56°  en  donnant  un  liquide  anisotrope  qui  passe 
à  i()8°  à  l'état  isotrope.  Par  surfusion  on  peut  observer  la  phase  anisotro[)e 
jusque  vers  ii5°.  Le  liquide  anisotrope  réfléchit  des  couleurs  dont  les  lon- 
gueurs d'ondes  se  déplacent  vers  le  rouge  quand  la  température  s'abaisse. 
J'ai  observé  le  signe  du  pouvoir  rotatoire  pour  différentes  températures  et 
diverses  longueurs  d'ondes.  Un  monochromateiir  Tutton  servait  de  source 
de  lumière  monochromati(|ue.  Voici  les  résultats  : 


'  5i5-56o  ^  }    droit    ) 

45o-5i5  I  \  gauche  | 

5 1 5-647  \  i    <l''oit    ) 

\  45o-53o  I  \  gauche  | 
j  56(.-647  r  /    droit    I 

i  450-555  )  (  gauche  ^ 


Liii)y;ueiirs  d'ondes  Sij^uc 

'rcmijéialuns.                                                                  (en   |j.|a).  du  pouvoir  rolali 

ro                                                      \  456-495  I  \  gauche  I 

'9' (  495-560  i  i    droit    ( 

456-5 I 5  I  \  gauche  } 


.76 


(  565-6o5  j  I    droit 

\  45o-53o  )  (  gauche 

"^^ )  590-647  )  i    droit 

\  450-595  I  \  gauche 

(  6o5-645  î  l    droit 

\  45o-6oo  I  \  gauche 

(  610-647  j  \    droit 

On  a  donc  : 

Loni,'ucur  Hdude 
I  ciiiiMMaluic-.  C.imlcur  icllérliir.  d'inversion. 

M)5" bleu  violacé  49^     cnv. 

175°- 180° bleu  verdâlre  5i5 

161" vert  545 

i47°-i55° vert  foncé  56o 

i2o°-i3o° jaune  600 


On  voit  donc  que 


SÉANCE  DU  l"  MAI  1922.  Il85 

Le  cinnamylate  de  cholestériiie  pur  montre  l'inversion  du  pouvoir  rota- 
toire; 

La  longueur  d'onde  pour  laciuelle  se  produit  l'inversion  varie  avec  la 
température;  elle  se  déplace  vers  les  grandes  longueurs  d'ondes  quand  la 
température  décroit; 

La  longueur  d'onde  de  la  couleur  réfléchie  varie  dans  le  même  sens  que  la 
longueur  d'onde  d'inversion; 

Ces  deux  longueurs  d'ondes  semblent  être  identiques. 

GÉOLOGIE.  —  Sur  la  présence  d'écaillés  ou  de  lambeaux  de  charriage  dans  la 
Chaîne  Ccldhériquc  (provinces  de  Saragosse,  Logrono  et  Soria,  Espagne). 
Noie  de  M.  H.  Joly,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

J'ai  signalé  récemment  (')  l'existence  de  phénomènes  de  charriage  à 
l'extrémité  méridionale  de  la  Chaîne  Ibérique  et  j'ai  accompagné  ma  Note 
d'une  coupe  montrant  que  la  structure  tectonique  des  environs  de  Mon- 
Lalban  (province  de  Teruel  )  est  assez  compliquée. 

Il  m'a  été  donné  pendant  mon  exploration  de  la  Chaîne  Celtibérique 
d'observer  aussi  en  d'autres  points  des  phénomènes  du  même  genre,  mais 
accusant  parfois  une  complication  plus  grande  encore.  La  description  de 
trois  d'entre  eux  fera  l'objet  de  cette  Note. 

1°  Environs  de   Torrks  (Sierra  Albarracin,   province  de   Teruel).    — 


SUD 


NORD 


COirPE      MORD-SUD  A    L'EST   DE    TORRES 
Fiff.    1. 


La  route  qui,  de  Teruel,  remonte  la  vallée  du  Rio  Guadalaviar,  s'engage 
à   Albarracin  dans  des  gorges  sauvages  auxquelles  fait  suite  un  défilé  de 


(')  Comptes  rendus,  t.  17V,  1920,  p.  820. 
C.  R.,  1.932,  I"  Semestre.  (T.  174,  N«  18.) 


84 


II 86  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

moins  en  moins  resserré.  La  rivière  traverse  les  couches  en  majeure  partie 
calcaires  et  plissées  du  Jurassique.  Mais  peu  avant  Torres,  à  mesure  que 
le  défilé  s'élargit,  le  Jurassique  fait  place  au  Trias,  puis  au  Silurien.  Par 
suite  des  efForts  de  compression  qu'ont  subis  les  assises  siluriennes  et  tria- 
siques  entre  les  Montes  Universales  au  Sud  et  la  Sierra  d'Albarracin  au 
Nord,  les  couches  se  sont  brisées  et  le  Silurien  a  glissé  sur  les  marnes  à 
gypse  du  Trias,  recouvrant  en  partie  cet  étage.  La  coupe  suivante  prise 
dans  une  direction  sensiblement  Nord-Sud,  à  quelques  centaines  de  mètres 
à  l'est  de  Torres,  montre  clairement  cette  disposition. 

2°  Environs  de  Purroy  (nord  de  Gatalayud,  province  de  Saragosse).  — 
a.  L'Arroyo  Trasmon  qui  se  jette  dans  le  Rio  Jalon  à  Purroy  draine  un 
bassin  où  affleurent  des  terrains  siluriens  au  Nord  et  des  terrains  triasiques 
au  Sud.  Les  ravines  nombreuses  creusées  dans  les  schistes  et  les  grès  per- 
mettent d'observer  assez  bien  les  relations  tectoniques  entre  les  divers 
étages.  Le  Trias,  constitué  par  des  grès  micacés  versicolores  à  teinte  rouge 
dominante  et  par  des  argiles,  est  séparé  des  schistes  siluriens  dont  il 
diffère  nettement  par  une  faille  à  trajet  sinueux  et  inclinée  légèrement,  fai- 
sant reposer  les  schistes  siluriens  assez-  fortement  froissés  sur  les  assises 
gréseuses  triasiques  très  fracturées  et  fort  inclinées.  Cette  disposition  se 
remarque  en  plusieurs  points  de  la  vallée  de  l'Arroyo.  Mais  ce  qu'il  y  a  de 
particulièrement  intéressant  à  noter  et  qui  fait  ressortir  nettement  les  efforts 
tectoniques  développés  dans  cette  région,  c'est  la  présence,  non  loin  de  la 
faille,  d'une  écaille  de  faibles  dimensions  de  schistes  siluriens  très  froissés 
et  contournés,  isolée  au  milieu  des  grès  triasiques  dont  une  bande  de  5o"' 
au  moins  d'épaisseur  la  sépare  de  la  masse  même  des  schistes  siluriens. 

D'après  la  disposition  des  lieux,  il  ne  semble  guère  douteux  que  l'on  soit 
en  présence  d'un  lambeau  de  schistes  arrachés  à  la  masse  silurienne  pen- 
dant le  charriage  et  isolé  d'elle  par  une  autre  écaille  de  grès  triasiques. 

h.  Dans  la  même  région^  on  remarque  plusieurs  autres  accidents  tecto- 
niques démontrant  l'existence  de  phénomènes  de  charriage  plus  ou  moins 
importants  et  dont  je  ne  citerai  que  les  trois  principaux. 

C'est  d'abord  dans  la  montagne  située  au  sud-est  de  Mores,  Une  faille 
inclinée  à  So'^  sur  l'horizontale,  plongeant  au  Sud-Ouest  et  affectant  des 
couches  dolomitiques  triasiques. 

C'est  ensuite  sur  la  route  d'El  Frasno  à  Sabifian,  le  contact  du  Trias  et 
du  Silurien.  Les  couches  du  Trias  y  sont  fortement  redressées  et  sur  leur 
tête  viennent  s'appuyer  en  les  surplombant  les  couches  également  très 
redressées  des  quartzophyllades  du  Silurien- 


SÉANCE    DU    l*"'    MAI    192a.  I  1 8y 

C'est  enfin,  sur  la  route  de  Cataiavud  à  la  Almunia,  peu  après  Aluenda, 
à  la  descente  vers  El  Frasno,  au  contacl  anormal  du  Silurien  et  du  Trias, 
l'inclinaison  très  grande  (3o°  sur  l'horizontale)  vers  le  Sud,  de  la  faille 
amenant  le  Silurien  sur  le  Trias. 

On  est  en  ces  deux  derniers  points  sur  le  bord  méridional  du  bassin  Iria- 
sique  de  Mores  el  l'on  constate  que  ce  bassin  n  été  refoulé  par  une  poussée 
venant  du  SwL  amenant  les  masses  siluriennes  à  chevaucher  le  Trias  avec  plus 
ou  moins  d'intensité  suivant  les  régions. 

3°  Rkgion  d'Ezcaray.  —  Cette  région  esl  située  vers  Textrémité  occiden- 
tale de  la  Chaîne  Celtibérique,  au  pied  du  versant  Nord  de  l'imporlant 
massif  silurien  dé  la  Sierra  de  la  Demonda  qui  a  été  étudié  par  Larrazet  ('). 
La  basse  plaine  tertiaire  de  la  vallée  do  Timbre  vient  se  terminer  assez  brus- 
quement contre  cette  Sierra  qui  la  domine.  La  coupe  ci-dessous  que  j'ai  pu 
observer  à  Ezcaray  et  en  amont  de  cette  localité,  le  long  de  la  vallé  du  Rio 


COUPE  A   E2CARAY  LE  LONG  DU  RIO  OJA 

?  .  Tertiaire  -  T. Trias  -  G.  Grès  et  conglomérats 
Qi-i  Trias.   S»  Schistes  et  quart zit es  silurien^. 

Fig.  2. 

Oja,  montre  qu'ici  encore,  il  y  a  eu  refoulement  du  Sud  au  Nord  el  que  les 
couches  triasiques  et  jurassiques  qui  forment  le  sous-sol  de  la  vallée  de  V Ebre 
ont  été  redressées  et  même  renversées  sous  le  Silurien.  L'intérêt  particulier  de 
cette  coupe  est  de  mettre  en  évidence  la  présence  d'une  écaille  de  charriage 
formée  de  Trias  pincé  entre  deux  masses  de  Silurien.  La  complexité  du  plisse- 
ment a  donc  été  très  grande,  provoquant  des  plis  isoclinaux  couchés  vers  le 
Nord  dont  les  flancs  renversés  ont  disparu  et  sont  remplacés  par  des  failles 
de  glissement. 

Le  phénomène  de  charriage  signalé  dans  ma  précédente  Noie  comme 
existant  aux  environs  de  Montalban  n'est  donc  pas  un  fait  isolé;  il  se  pré- 
sente en  divers  points  repartis  sur  toute  la  longueur  de  la  Chaîne  Celtibé- 
rique. 


(')   Rech.  géol.  sur  la  région  cenltatc  fie  la  province  de  Bureos.,  Lille.  189G. 


II 88  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 


GÉOLOGIE.  —  Sur  la  constitution  géologique  du  territoire  des  Hauts  Plateaux 
et  de  Figuig  (Maroc  oriental).  Note  (')  de  M.  P.  Uusso,  transmise  par 
M.  Ch.  Depéret. 

Durant  les  années  1920,  1921  el  1922,  j\ii  pu  lever  un  millier  de  kilo- 
mètres d'itinéraires  au  Maroc  oriental  dans  le  territoire  des  Hauts  Plateaux, 
et  recueillir  une  documentation  stratigraphique  et  paléontologique  très 
abondante,  qui  permettra  de  mettre  en  lumière  les  rapports  encore  très  mal 
connus  des  terrains  de  cette  région. 

J'en  résume  ici  les  caractères  principaux  : 

1°  Le  territoire  des  Hauts  Plateaux  est  limité  au  Nord  par  les  monts  des 
Zekkara  et  des  Béni  Yala,  à  l'Ouest  par  le  plateau  de  Rekkam  et  les 
chaînons  atlasiens  de  l'Oum  Chokkourt  et  de  ses  annexes,  au  Sud  par  les 
monts  de  la  région  de  Kiguig  et  de  Kenodsa  ;  il  se  continue  à  l'Ouest  avec 
les  Hauts  Plateaux  algériens  et  l'Atlas  saharien. 

Il  présente  deux  portions.  L'une  septentrionale,  large  de  200'"",  de  cons- 
titution subtabulaire,  traversée  seulement  par  quelques  ondulations  à  très 
grand  rayon  de  courbure.  L'autre  méridionale,  large  de  60''"',  formée  de 
plis  appartenant  au  système  de  l'Atlas  saharien,  se  relayant  entre  eux  et 
rejoignant  l'ouest  des  Monts  des  Ksours.  Ces  plis  ont  une  structure 
d'ensemble  en  éventail,  déversés  vers  le  Nord  dans  !<■  nord  du  pays,  et  vers 
le  Sud,  du  côté  saharien. 

2°  La  région  septentrionale,  considérée  généralement  jusqu'ici  comme 
formée  par  des  dépôts  pliocènes,  percés  par  du  Crétacé  ou  du  Jurassique, 
est  en  réalité  entièrement  formée  de  Cénomanien  (et  peut-être,  par  places, 
de  Turonien)  dans  lequel  j'ai  retrouvé  une  forme  voisine  de  celles  d'Oued 
Zem  et  de  Batra  (MM.  A. -F.  Gautier,  Augustin  Bernard,  Savornin  y  ont 
déjà  trouvé  des  Hcmiasler  et  des  Exogyi-a  à  Tendrara). 

La  série  des  assises  est  absolument  conslanle  sur  200''°.  Elle  est  la 
suivanle,  de  haut  en  bas  : 

5  —  calcaires  blancs  fossilifères  à  Ostrea  (i(/'.  afncana^  Pecteii^  l*licatales, 
^M///'e.y  ti  es  abondantes,  et  un  gastéropode  voisin  de  ActeoneUa  giganteaSow . 

4  —  calcaires  rosés  et  jaunes  subcristallins. 

3  —  grès  rouges  et  jaunes. 

2  —  marnes  à  gypse  vertes  et^ouges. 

I  —  alternance  de  marnes  et  grès  rouges  verts  et  blancs. 

(')  Séance  du   '.'1  avril  192'.. 


SÉANCE    DU    I"    MAI    I922.  II 89 

Cette  série  est  visiMe  à  Berguent,  Foum  Aggaï,  Matarka,  Tendrara, 
Tioudadine,  Bel  Ghiada  sud,  Ourak,  Lakhdar,  Tigri,  Crrtes  entre  Ten- 
drara et  Berguent. 

Les  grès  rouges  du  Tigri,  attribués  à  rOIigocrne  et  au  Pliocriie,  sont 
cénomaniens.  Des  failles  compartimentent  le  plateau,  les  principales 
sont  celles  de  Berguent  (  NW-SE),  de  Tendrara  (NI^-SW),  du  Tigri 
(  NE-SW  ).  Cette  dernière  est  jalonnée  par  un  volcan  pliocène  déjà  signalé 
par  W.- A.-F.  Gautier.  De  place  en  place  des  conglomérats  et  grès  pliocènes 
et  des  dépots  ([uaternaires,  dont  des  calcaires  lacustres  à  Melanopsis  et  des 
tufs  à  végétaux,  recouvrent  le  Crétacé. 

3"  La  région  méridionale  plissée  est  formée  d'un  énorme  socle  de  schistes 
et  de  quartzites  paléozoïques  surmonté  de  Jurassique,  qui  est  bien  visible 
dans  la  plaine  de  Tamlelt  et  ses  abords. 

Deux  plis  à  pou  près  droits  traversent  le  pays  d'^^  en  E.  L'axe  de  ces 
plis,  suivi  d'W  en  E.  s'abaisse  en  traversant  le  Tamlelt  qui  se  montre 
comme  une  aire  d'ennovage;  puis  il  se  relève  à  l'est  du  Tamlelt  et  s'abaisse 
de  nouveau  pour  atteindre  l'Algérie  où  les  plis  se  terminent  en  péricli- 
naux. 

On  voit  le  .)urassi(|ue  supérieur  reposer  directement  sur  le  Paléozoïque 
aux  abords  de  Tamlelt;  puis  s'intercalent  successivement  le  Jurassique 
moyen,  le  Lias,  et  tout  à  l'I^st,  le  Trias,  i^n  Algérie,  le  Crétacé  couronne 
le  tout. 

Au  nord  et  au  sud  de  cette  zone  centrale,  se  montrent  deux  synclinaux 
orientés  d'W  en  E  au  delà  desquels  on  voit,  au  Nord,  deux  plis  se  relayant 
vers  Bou  Arfa  tracés  avec  déversement  vers  le  Nord,  du  Djebel  Ourak  à 
l'Arc  de  Forthassa,  et,  au  Sud,  un  pli  à  déversement  méridional  suivre 
l'axe  du  Grouz. 

Le  système  de  plis  du  Nord  olTre  un  noyau  liasique  et  paléozoïque, 
déversé  sur  le  Crétacé  des  Plateaux  et  accompagné  sur  son  flanc  direct  par 
une  ou  deux  écailles  de  Crétacé  variant  de  nomlire  suivant  les  points,  et 
surgies  de  la  plaine  alluviale  du  synclinal  nord  ne  laissent  pas  voir  dans 
la  zone  centrale  les  couches  crétacées  auxquelles  elles  se  rattachent;  léro- 
sion  a  dû  les  détruire. 

Au  Sud,  le  dispositif  est  analogue,  le  pli  principal  du  Grouz  est  accom- 
pagné de  nombreux  plis  accessoires,  et  d'écaillés  sur  son  liane  direct.  Mais 
ces  écailles  sont  jurassiques.  En  outre  le  synclinal  qui  le  sépare  de  la  zone 
centrale  est  accompagné  d'une  faille  importante  parallèle  à  son  axe. 

V  En  résumé,  tout  le  pays  des  Hauts  Plateaux  est  cénomanien:  toute  la 


Iipo  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

région  plissée  qui  le  borde  au  Sud  est  paléozoïque,  triasique  et  jurassique; 
les  plis  de  cette  dernière  région  affectent  la  disposition  en  éventail  et  sont 
orientés  d'W  en  E. 


GÉOLOGIE.   —  La  chronologie  du  Quaternaire  et  les  fouilles  de  Cotencher, 
Note  (')  de  M.  H.  Lagotala,  transmise  par  M.  Ch.  Depéret. 

Les  belles  découvertes  de  M.  A.  Dubois  (-)  dans  la  grotte  de  Cotencher 
(Val  de  la  Reuse,  Neuchatel,  Suisse)  ont  une  importance  capitale. 

M.  A.  Dubois  admet  en  effet  que  les  terrains  qui  contiennent  les  silex 
«  moustériens  »  datent  de  la  fin  de  Tinterglaciaire  Riss-Wiirm.  Cet  auteur 
base  ses  conclusions  sur  les  considérations  suivantes  :  La  couche  à  galets 
qui  contient  la  majorité  des  silex  est  une  moraine  locale.  Les  rares  éléments 
alpins  qu'elle  contient  sont  altérés  et  les  quartzites  prédominent.  Le 
matériel  alpin  a  donc  été  emprunté  aux  dépôts  rhodaniens  du  Riss.  Com- 
parée à  la  moraine  post-wiirmienne  de  Cotendart  laissée  par  le  glacier 
local  du  Val  de  la  Reuse.  elle  présente  mille  fois  moins  d'éléments  alpins. 
M.  Dubois  admet  donc  que  la  couche  à  galets  de  la  grotte  de  Cotencher 
provient  d'une  moraine  locale  préwurmienne. 

Nous  avons  pu  visiter  cette  station;  notre  étude  a  porté  aussi  sur  la  région 
avoisinante.  Il  nous  semble  qu'un  doute  subsiste  et  qu'il  conviendrait  de 
rajeunir  considérablement  ce  dépôt.  Nous  sommes  d'accord  pour  consi- 
dérer la  couche  à  galets  comme  provenant  (peut-être  avec  un  certain  rema- 
niement) d'un  glacier  local.  Les  galets  sont  arrondis,  roulés;  nous  en 
avons  aussi  trouvés  passablement  d'anguleux  (ce  qui  caractérise  assez  les 
formations  glaciaires  locales  du  Jura).  Nous  pensons  cependant  que  la  pro- 
portion de  galets  alpins  ne  signifie  pas  grand'  chose  dans  le  cas  particulier. 
En  effet,  il  s'agit  d'un  glacier  local  encaissé  qui  s'alimentait  par  les  éboulis 
de  toute  une  grande  vallée,  de  même  que  par  les  glissements  de  dépôts 
morainiques  alpins  antérieurement  déposés.  Les  circonstances  locales 
devaient  donc  jouer  un  rôle  prépondérant  dans  la  répartition  du  matériel 
jurassien  et  alpin.  Il  se  trouve  dans  cette  vallée  des  dépôts  morainiques 
uniquement  formés  de  blocs  jurassiens  (Creux  du  Van,  Prépunel),  et  nous 


(')  Séance  du  24  avril  1922. 

(■-)  AuG.  Dubois,  Les  fouilles  de  la  grotte  de  Cotencher  {Actes  Soc.  heh>ét.  des 
Sciences  naturelles  ;  Neuchàtel,  1920;   loi"  session). 


SÉANCE    DU    1''''    MAI    1^2 2.  II91 

avons  pu  voir  maintes  fois  combien,  dans  cette  vallée  de  la  lieuse  et  en 
amont  de  Cotencher,  la  proportion  des  éléments  alpins  et  jurassiens 
variait  (exemple  le  long  de  la  route  du  Roc-Coupé).  Celte  même  consta- 
tation, nous  l'avons  faite  dans  le  Jura  vaudois  et  dans  le  Jura  français,  où  des 
moraines  locales  présentent  des  régions  sans  blocs  alpins  ou,  au  contraire, 
se  trouvent  être  très  riches  en  ces  éléments. 

Il  n'y  a  d'autre  part  rien  d'étonnant  à  ce  que  les  éléments  alpins  soient 
attaqués  et  en  état  de  vétusté.  Indiquons  que  la  moraine  de  Cotendart. 
post-wiirmienne  selon  MM.  Schardt  et  Dubois,  possède  des  granités  com- 
plètement arénacés.  Et  à  propos  de  (Cotendart  nous  ferons  remar([uer  que 
Cotencher  se  trouve  dans  une  vallée  où  le  glacier  était  richement  alimenté 
en  éléments  jurassiens,  tandis  que  Cotendart,  situé  sur  le  flanc  longitudinal 
du  Jura,  devait  recevoir  par  glissements  surtout  les  éléments  morainiques 
laissés  par  le  glacier  rhodanien  ^^  iirmien. 

Quant  à  la  proportion  relativement  grande  de  quartzites,  nous  avons 
constaté  le  même  fait  dans  les  dépôts  morainiques  de  la  vallée.  Les  (|uart- 
zites  roulés  sont  abondants  juste  au-dessus  de  la  grotte. 

Notons.encore  que.  au-dessus  de  la  couche  à  galets,  le  vide  de  la  grotte  et 
de  l'abri  n'a  pas  été  comblé  |)ar  des  dépôts  wiirmiens.  ce  qui  aurait  dû  être 
le  cas  si  ce  dépôt  était  vraiment  préwiirmien,  le  glacier  du  Rhône  s'étant 
élevé  à  l'époque  wiirmienne  à  4oo°^  au-dessus  de  la  grotte  (altitude  de  la 
grotte  659™,  orientation  en  plein  Sud). 

Dans  leurs  travaux  sur  le  val  de  Reuse,  MM.  Schardt  etDubois(')  ne  citent 
nulle  part  un  dépôt  morainique  local  recouvert  par  une  formation  ^vùr- 
mienne  rhodanienne;  mais  les  cas  de  dépôts  morainiques  locaux  recouvrant 
les  dépôts  morainiques  alpins  (ou  fluvio-glaciaires)  wiirmiens  ne  sont  pas 
rares  dans  cette  vallée.  C'est  ce  que  nous  avions  constaté  soit  dans  le  Jura 
français,  soit  dans  le  Jura  vaudois  (-  ). 

Il  nous  paraît  donc  difficile,  dans  l'état  actuel  de  nos  connaissances, 
d'admettre  un  âge  préwurmien  pour  cette  couche  à  galets.  Nous  pensons 
que  ce  sont  là  des  éléments  morainiques  provenant  d'un  glacier  local  indi- 
vidualisé qui  s'est  développé  au   moment  où  le  glacier  du  Rhône  après 

(')  H.  Schardt  et  Aug.  Dlbois,  Description  géologique  de  la  région  des  gorges  de 
l'Areuse  (Jura  neuchàtelois)  {Eclogœ  geologicœ  hehetiœ,  t.  7,  igoS). 

(■-)  H.  Lagotala,  Description  géologique  de  la  région  de  Saint-Cergue-la-Dùle, 
avec  carte  spéciale  n°  88.  Matériaux  pour  la  Carte  géologique  suisse,  nouvelle  série, 
n°  46  (Berne,  1919-1920);  Le  Quaternaire  du  Jiira{emirons  de  Soinl-Cergue)  {Actes 
Soc.  heW.  des  Se.  nat.,  Neufchàtel,  1920). 


TI92  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

roscillation  de  Laufen  progressait  à  nouveau  el  arrivait  dans  la  région  de 
Genève  sans  franchir  le  seuil  de  la  Sarraz('),  donc  sans  venir  s'emboîter 
dans  les  dépôts  morainiques  wiirmiens  du  lac  de  Neuchâtel.  Il  s'agit  de 
l'époque  de  néowurmienne  de  Kilian  (néoglaciaire  d'Aeberhardt).  Les  silex 
moustériens  ont  peut-être  été  façonnés  durant  l'interstadiaire  Wiirm- 
Néowurm  (marnes  à  lignites  el  alluvions  anciennes  du  Bois  de  la  Bâtie  de 
Genève)  —  si  toutefois  ce  sont  bien  des  silex  moustériens? 


PALÉONTOLOGIE.   —  Les  Reptiles  néocomiens  et  albiens  du  Bassin  de  Paris. 
Note  de  M.  G.  Corroy,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Les  dépôts  néocomiens  et  albiens  du  Bassin  de  Paris  renferment  une 
faune  erpétologique  variée.  On  y  rencontre  des  dents  et  des  ossements 
d'individus  marins  :  Sauroptérygiens,  Ichthyoptérygiens;  d'eau  douce  : 
certains  Chéloniens  et  Crocodiliens;  terrestres  :  Dinosauriens;  et  aériens  : 
Ptérosauriens. 

L'étude  de  ces  os  et  de  ces  dents  précise  la  répartition  générale  des 
Reptiles  aux  différents  étages  du  Crétacé  inférieur. 

C'est  d'abord  la  mer  hauterivienne  qui  a  connu  une  survivance  du  déve- 
loppement maximum  des  Sauroptérygiens  au  Jurassique  supérieur.  De 
nombreux  Plésiosaures  en  effet  ont  laissé  leurs  débris  à  Venoy,  Amance 
(Yonne),  Vassy  (Haute-Marne),  Brillon  (Meuse).  J'ai  trouvé  notamment 
dans  cette  dernière  localité  une  quantité  de  vertèbres  de  Plesiosaurus  neoco- 
miensis  Sauvage.  Dans  le  même  gisement,  à  côté  de  cette  espèce,  se  trou- 
vaient des  dents  d'un  Polyptychodon  qui  ont  une  grande  affinité  avec  celles 
àePolyptychodon  interruptus  Owen,  commun  dans  les  sables  albiens.  Avec 
cette  faune  vivait  un  Ichthyosaure,  que  l'on  rencontre  également  à  Bleigny- 
le-Caireau,  La  C.hapelle  (^  onne),  Bettancourt  (Haute-Marne). 

Les  Crocodiliens  qui  avaient  régné  en  maîtres  au  i^ortlandien  sont  en 
décadence  :  nous  ne  pouvons  signaler  que  la  présence  de  quelques  ver- 
tèbres dans  le  Calcaire  à  Spatangues  et  des  dents  que  j'attribue  à  trois 
genres  très  répandus  au  Jurassique  supérieur  :  Teleosaurus,  Machimosaiinis, 
Dacosaunis  (gisement  de  Brillon).  Enfin,  pendant  l'Hauterivien  vivait  un 
Dinosaurien  herbivore,  un  Iguanodon,  comparable  à  celui  d'Angleterre, 


(')  E.  JouKOwsKV  et  H.  Lagotala,  Quelques  obser\ations  sur  la  L^pographie  pré- 
wurmienne  du  bassin  du  petit  lac  {Léman)  {C.  fi.  Séances  Soc.  P/iys.  et  Hist.  nat. 
Genève,  t.  30,  n»  1,  1902). 


SEANCE    DU    l'''   MAI    T922.  IIC)'5 

du  Pays  de  Bray^,  et  de  la  Suisse,  dont  le  Calcaire  à  Spatangues  de  \  ille- 
sur-Saulx  renferme  les  plus  nombreux  ossements. 

La  mer  barrémienne  ne  nous  a  laissé  en  général  que  des  Plésiosaures  : 
Plesiosaiirus  ncocomiensis  'Sauvage,  Plesiosaurus  Bernardi  Owen  à  Egri- 
selles  (Yonne),  Saint-Dizier,  Wassy.  Cornuel  indique  seulement  un 
Tchthyosaure  dans  la  «  couche  rouge  »  de  Wassy;  je  nVn  ai  pas  retrouvé 
dans  ce  gisement  ni  dans  un  autre.  Quelques  dents  de  Crocodiliens  sont 
encore  signalées  à  Auxerre  et  Bettancourt  (Haute-Marne).  Quant  aux 
Cbéloniens,  ils  soni  représentés  par  des  fragments  d'os  el  de  carapace 
d'une  grande  Emyde. 

Dans  la  haute  mer  aptienne,  les  Plésiosaures  dominent  encore.  L'un 
d'eux,  très  répandu,  Plesiosaurus  latispinus  Owen,  a  laissé  ses  débris  osseux 
dans  les  Ardennes,  la  Meuse,  la  Haute-Marne  et  l'Yonne.  Quelques  dénis 
très  rares  révèlenl  la  présence  des  Crocodiliens  à  Gurgv  (Yonne).  Les 
Croûtes  (Aube),  Grandpré  (Ardennes).  Ces  gisements  ont  fourni,  en 
outre,  des  verlèbres  de  Dinosauriens,  dont  un  Théropode  :  Mefçalosaurus 
cf.  superbus  Sauvage. 

Dans  les  eaux  albiennes  du  Bassin  de  Paris,  ont  vécu  :  un  Pliosaure, 
deux  espèces  de  Plésiosaures  (/*.  pachyorniis  Owen,  P.  latispinus  Owen)  et 
deux  Cimoliasaures  {Polycotylus  Cope  el  Colymhosaurus  macrospondylus  Sau- 
vage). \]n  autre  Sauroptérygien  nage  aussi  au  large;  neuf  vertèbres  d'un 
diamètie  moyen  de  r65'""^,  un  tibia,  des  dents  puissantes  et  un  fragment  de 
sacrum  de  Polyptychndon  intermptus  0^^en  trouvés  à  Vaiennes  (Meuse) 
indiquent  en  particulier  un  individu  de  taille  énorme. 

Les  Ichthyosaures,  avant  de  disparaître  au  Génomanien,  semblent  vouloir 
tenter  une  nouvelle  maîtrise  de  la  mer.  Ils  sont  largement  représentés  (en 
particulier  :  Tchthyosaurus  campylodon  Owen)  à  Grandpré,  Varennes,  Auzé- 
ville,  Narcy,  etc. 

Lin  Dinosaurien,  qui  par  ses  dents  fortes  et  taillées  en  biseau  devait  se 
nourrir  de  tiges,  Hylœosaurus  armatus  Mantel,  vivait  également  à  cette 
époque.  Il  était  sans  doute  poursuivi  par  ce  grand  carnassier  riverain  : 
Mei^alosaw'us  superbus  Sauv.,  dont  on  a  retrouvé  les  os  et  les  dents  aux 
Isletles,  à  Varennes  et  à  Grandpré. 

Un  Ptérodactyle  enfin,  Ptêrodactylus  Sedg^vicki  Oaa  en,  parcourait  les  airs. 

Tel  est  laspect  que,  d'après  tous  ces  vestiges,  la  faune  erpétologiquc 
devait  présenler  au  Crétacé  inférieur  dans  le  Bassin  de  Paris.  Après  ral)on- 
dance  extraordinaire  des  Beptiles  en  genres  et  en  espèces  au  Jurassique,  on 


II94  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

assiste  à  la  décadence  de  ces  formes  devenues  en  général  très  puissantes. 
Les  Plésiosaures  sont  encore  ceux  qui  persistent  le  mieux,  tandis  qu'on 
touche  à  l'extinction  du  groupe  des  Ichthyosaures.  Les  Crocodiliens  ont 
perdu  la  place  prépondérante  qu'ils  occupaient  à  l'époque  précédente  et  les 
Dinosauriens,  si  bien  représentés  au  \Yealdien  encore,  s'acheminent  en 
hâte  vers  la  disparition. 

BOTANIQUE.   —  Sur  la  ramification  dicholome  dans  les  cotylédons. 
Note  de  M.  P.  Bugivon,  présentée  par  M.  Gnignard. 

Par  application  de  la  loi  de  Serres,  ou  loi  de  Fritz  Muller,  on  est  conduit 
à  rechercher  dans  les  feuilles  cotylédonaires,  parce  qu'elles  sont  les  pre- 
mières de  la  plante,  des  traits  d'organisation  primitifs,  rappelant  ceux  des 
feuilles  que  les  ancêtres  lointains  portaient  à  l'état  adulte. 
•  Tel  caractère  des  cotylédons  peut  être  considéré  avec  quelque  vraisem- 
blance comme  aucestral  :  i"  s'il  apparaît  de  très  bonne  heure  au  cours  de 
leur  développement  embryonnaire  ;  2°  s'il  ne  semble  pas  en  rapport  avec 
une  adaptation  spéciale  des  feuilles  cotylédonaires  ;  3°  s'il  ne  se  montre 
plus  dans  les  feuilles  végétatives  de  la  même  plante;  If  si  les  ancêtres  loin- 
tains présumés  le  présentaient  dans  leurs  feuilles  à  l'âge  adulte. 

Or  j'ai  attiré  l'attention  récemment  (')  sur  l'existence  du  mode  de 
ramification  dichotome  dans  les  cotylédons  de  la  Mercuriale  (Mercurialis 
annualu.)  :  le  faisceau  libéroligneux  médian  de  chaque  cotylédon  le  pré- 
sente dans  sa  portion  terminale  (fi^-.  i),  et  j'ai  montré  que  la  première 
bifurcation  est  très  précoce.  Les  feuilles  suivantes  de  la  même  plante  n'ont 
plus  ce  caractère,  et  aucune  raison  d'adaptation  ne  semble  pouvoir  expli- 
quer une  telle  dilïérence.  D'autre  part,  si  ce  mode  de  ramification  est  peu 
répandu  chez  les  Plantes  à  graines  de  l'époque  actuelle  (Ginkgv,  etc.),  il  est 
par  contre  commun  chez  les  Ptéridophytes,  tant  actuelles  qu'anciennes, 
parmi  lesquelles  on  s'accorde^  à  situer  la  souche  ancestrale  des  Phanéro- 
games. L'étude  de  ces  plantes  primitives  permet  d'ailleurs  de  comprendre 
comment  a  pu  s'effectuer  la  transformation  de  la  ramification  dichotome  en 
la  ramification  latérale -,  les  grandes  lignes  de  cette  évolution  sont  tracées 
de  manière  très  satisfaisante  dans  la  théorie  du  mériphyte  de  Lignier,  lliéorie 
à  laquelle  de  récentes   découvertes    paléobotaniques  viennent  encore    de 


(')  P.   BvG^o:^, Sur  l'/iypocotyle  de  la  Mercuriale  {Comptes  rendus  ^\..  174,  ig^a, 
p.  954). 


SÉANCE   DU    l^""   MAI    1922.  IigS 

donner  une  nouvelle  confirmation (').  L'étude  ontogénique  comparée  des 
premières  feuilles  chez  les  Fougères  a  conduit  <''galement'Bo\\er(-)  à  consi- 
dérer comme  primitif  le  mode  dichotome  de  ramification  dans  les  limbes 
foliaires.  Vuillemin,  adoptant  partiellement  les  vues  de  Lignier,  a  ét<''  sans 


Fjg.  I.  —  Mercurialis  annua  L.  —  Nervation  principale  d'un  cotylédon  adulte.  Gr.  :  5. 

Fig.  2.  —  Eschscholtzia  californica  Cham.  —  Nervation  principale  d'un  cotylédon  adulte  : 

a,  à  limbe  dichotome;  6,  à  limbe  anormalement  simple.  Gr.  :  a. 

Fig.  3.  —  Raphanus  sativus  L.  [ /?.  Radicida  Per?.].  —  Nervation  principale  :  rt,  d'un   cotylédon 

jeune  normal;   b,   d'un  cotylédon  jeune  à   nervure  médiane  dichotome,  gr.  :  3  ;  r,  d'un  cotylédon 

adulte  également  anormal,  gr.  :  \. 

doute  guidé  par  des  considérations  du  même  ordre  lorsqu'il  a  rangé  les 
cotylédons  parmi  ses  fkondomes  (■^),  p.  i44- 

En  résumé,  le  caractère  considéré  dans  les  cotylédons  de  la  Mercuriale 
paraît  satisfaire  aussi  bien  que  possible  aux  conditions  précédemment  énu- 
mérées;  il  peut  donc  être  interprété  comme  un  caractère  ancestral. 

Si  Ton  recherche  systématiquement  les  cas  de  dichotomie  dans  les  coty- 


(')  Cf.  P.  BuGNON,  L'évolution  phylogénique  des  Plantes  vasculaires  d'après 
Lignier  et  la  nouvelle  classe  des  Psilophy taies  {Bull.  Soc.  Linn.  de  Normandie, 
7«  série,  vol.  4,  1921,  p.  196). 

(^)  F.  O.  BowER,  On  leaf-architecture  as  illuminaied  bv  a  study  of  Pterido- 
phyta  {Trans.  Roy.  Soc.  Edin.,  vol.  51,  1916,  Part  3,  p.  607). 

(=*)  P.  Vuillemin,  L'Aniphigonelle  et  la  phylogénie  des  Atnentales  {Ann.  Sc^ 
nat.,  iC  série,  /?o/.,  t,  1,  1919,  p.  ï39). 


LlIBRARY): 


II96  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

lédons  des  diverses  espèces  végétales,  oh  est  amené  à  certaines  remarques 
importantes,  que  l^s  exemples  suivants  suffisent  à  mettre  en  ('vidence. 

Ciiez  VEschschollzia  californica  Cham.,  non  seulement  la  nervure  mé- 
diane cotylédonaire  est  bifurquée,  comme  dans  la  Mercuriale,  mais  le 
limbe  cotylédonaire  lui-même  est  profondément  bifide  {Jig.  2,  a).  En  exa- 
minant de  nombreuses  germinations,  j'ai  pu  trouver  quelques  individus  dont 
les  cotylédons  ont  un  limbe  simple,  quoique  présentant  encore  un  faisceau 
libéroligneux  médian  dicbotome  {fig.  2,  b). 

L'examen  de  nombreuses  germinations  de  Radis  \Raphanus  snliviis  li. 
(jR.  Radicula  Pers.)]  m'a  permis,  d'autre,  part,  de  constater  la  présence 
accidentelle  de  la  ramification  dichotome  de  la  nervure  médiane  cotylédo- 
naire, habituellement  simple.  Suivant  les  cas,  comme  le  montre  la  figure  3 
(/>,  c),  le  niveau  où  se  produit  la  bifurcation  est  plus  ou  moins  rapproclié  de 
la  base  cotylédonaire.  Ici,  de  plus,  quand  il  y  a  dichotomie  de  la  nervure 
médiane,  le  sommet  du  limbe  cotylédonaire  prend  l'aspect  du  sommet  d'un 
thalle  dichotome,  comme  celui  d'une  Hépatique  par  exemple. 

Ainsi,  la  dichotomie  cotylédonaire,  qui  est  la  règle  chez  VEschschollziti 
californica^  devient  l'anomalie  chez  le  Radis. 

En  généralisant  l'interprétation  donnée  de  ce  mode  de  ramification  à 
propos  de  la  Mercuriale,  on  est  amené  à  regarder  comme  une  anomalie 
progressive  le  limbe  simple  des  cotylédons  anormaux  de  V Eschscholizia  et, 
au  contiaire,  comme  une  anomalie  régressive^  comme  un  phénomène  d'ata- 
visme, les  cotylédons  dichotomes  du  Radis. 

En  considérant  l'organisation  cotylédonaire,  on  est  également  conduit, 
par  exemple,  à  considérer  les  Crucifères,  où  la  dichotomie  de  la  nervure 
médiane  est  devenue  exceptionnelle,  comme  manifestant  un  degré  d'évolu- 
tion ]j1us  avancé  que  la  famille  voisine  des  Papavéracécs,  où  celte  dicho- 
tomie est  encore  la  règle  chez  certaines  espèces. 

En  définitive,  l'existence,  habituelle  ou  anormale,  d'une  ramification 
terminale  dichotome  des  limbes  cotylédonaires,  ou  seulement  de  leur 
nervure  médiane,  peut  être  regardée  comme  un  trait  d'organisation  ances- 
tral  et  qui  mérite  d'entrer  en  ligne  de  com[)te  dans  l'étude  des  rapports 
phylogéniques  des  Plantes  à  graines  entre  elles.  Il  faudra  sans  doute  aussi 
faire  intervenir  ce  caractère  pour  interpréter  le  cotylédon  des  Monocoty- 
lédones,  ainsi  que  j'ai  déjà  eu  l'occasion  de  l'indiquer  à  propos  des 
(iraminées  ('),  p.  92. 


(')   P.  BuGNON,  I^a  feuille  chez  les  (iraminées  {Thèse  Docl.  Se.  na/.^  Paris,    19?.!. 
el  Mémoires  de  la  Soc.  Liiin.  de  [Normandie,  t.  21,  fasc,  '-l). 


SÉANCE    DU    r'    MAI    1922.  l  197 


EMBRYOGÉME  VÉGÉTALE.  —  Embryogénie  des  Rosacées.  Les  derniers  stades 
du  développement  de  Vcmbryon  chez  le  (ieum  urbanuin  L.  Note  de 
M.  René  Souèges,  présentée  par  iM.  L.  Guignard. 

Le  proembryon  octocellulaire,  chez  le  Geumurbanum,  dont  on  a  moiitié 
précédemment  (')  le  mode  de  construction,  est  divisé  en  quatre  étages  : 
</,  m,  n  el  n' . 

L'étage  ^  compi-end  quatre  éléments  dont  l'un,  l'épiphyse  (c,  fig.  7),  occupe  le 
sommet  et  pourrait  à  lui  seul  représenter  une  subdivision  de  l'étage  supérieur.  Cette  cel- 
lule épiplixsaire  donne  naissance  au  c(')nt'  végétatif  de  la  lige  ;  elle  se  segmente  \erli- 
calement  pour  donner  deux  éléments  juxtaposés  {Jig-  10),  lesquels,  par  des  parois 
également  verticales,  normales  à  la  précédente,  se  divisent  pour  engendrer  quatre 
cellules  circuniaxiales  (/î^.  11  et  12).  Dans  ces  quatre  cellules  s'établi>sent  ensuite 
des  cloisons  horizontales  tangentielles,  séparant  deux  groupes  de  quatre  éléments  super- 
posés. Le  groupe  supérieur  représente  les  premières  cellules  de  lépiderme  au  sommet 
de  la  tige,  le  groupe  inférieur  les  premières  cellules  de  l'écorce.  Ces  deu\  groupes 
d'éléments  ne  prennent  plus  tard  que  des  cloisons  anliclines;  ils  restent  toujours  bien 
distincts  durant  tout  le  cours  de  la  vie  proembrvonnaiie  ;  quand  les  cotviédons  com- 
mencent à  s'accroître,  on  ne  peut  ]»lus  reconnaître  la  ligne  de  démarcation  qui  les 
sépare  des  cellules  voisines. 

Les  trois  éléments  de  l'étage  y,  situés  au-dessous  de  l'épiphyse,  se  divisent  par  des 
cloisons  comprises  dans  le  plan  vertical.  Ce  sont  les,  cellules-lilles  de  b  qui  se  seg- 
mentent les  |)remiéres;  la  paroi  de  segmentation  peut  prendre  une  direction,  soit 
radiale,  soit  tangentielle:  celle-ci  ne  sépare  pas  nécessairement,  vers  l'extérieur,  un 
premier  élément  de  dermatogène.  La  cellule-sœur  de  e  se  segmente  ensuite  générale- 
ment par  une  paroi  méridienne  et  les  deux  éléments  qu'elle  engendre  se  divisent  à 
leur  tour  verticalement,  soit  en  direction  radiale,  soit  en  direction  tangentielle.  Les 
cellules,  au  nombre  de  6  à  10  {fig.  10,  .11),  qui  se  sont  ainsi  différenciées,  forment, 
au-dessous  de  l'épiphyse,  une  assise  horizontale  très  nette  {fig.  12,  i3);  les  plus  exté- 
rieures ne  tardent  pas  à  prendre  des  cloisons  anticlines  et  à  s'individualiser  comme 
cellules  de  dermatogène  {fig.  if\)\  les  cellules  sous-épiderraiques  se  segmentent  à  leur 
tour  de  la  môme  manière  et  constituent  les  premiers  éléments  du  périblème  cotylédo- 
naire.  IMus  à  Tintérieur  se  trouvent  les  cellules  représentant  les  initiales  du  méristème 
vasculaire  du  cotylédon  et,  au  voisinage  de  l'axe,  les  éléments  qui  entreront  dans  la 
constitution  du  cylindre  central  de  la  tige. 

L'étage  ni,  dans  le  proembryon  octocellulaire.  comprend  deux  cellules  juxtaposées; 


(')  K.  SoLÈ(iES;  Embryogénie  des  Rosacées.  Les  premiers  stades  du  développement 
de  l'embryon  chez  le  Geum  urbanuin  L.  {Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  1070).  Se 
reporter  au\  ligures  qui  accompagnent  celle  Note. 


1198  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

elles  se  segmentent  par  deux  parois  verticales  méridiennes  pour  donner  quatre  cellules 
circumaxiales  {fig.  8).  Celles-ci  continuent  à  se  multiplier  par  des  cloisonnements  ver- 
ticaux dont  les  premiers  peuvent  être  tangentiels  et  séparer  ainsi  d'emblée  les  premières 
cellules  de  dermatogène.  Les  éléments  primordiaux  des  trois  histogènes  paraissent 
nettement  individualisés  dans  la  ligure  12.  Les  parois  anticlines  ou  transversales  se 
montrent  d'abord  dans  les  cellules  du  dermatogène,  puis  dans  celles  du  périblème, 
tandis  que  les  cellules  du  plérome  semblent  se  cloisonner  encore  longltudinalement  et 
séparent  ainsi  extérieurement  les  éléments  du  péricycle.  Dans  la  figure  i5,  les  trois 
tissus  embryonnaires  sont  distinctement  constitués  au  niveau  de  l'hypocotyle;  on 
peut  reconnaître  les  modes  de  cloisonnement  qui  président  à  la  multiplication  de  leurs 
cellules. 

L'élément  n  se  sépare  transversalement  pour  donner  deux  cellules  superposées 
/•  et  t  {fig.  7  a  12).  Il  est  de  règle  à  peu  près  générale  que  la  cellule  supérieure,  /',  se 
segmente  encore  une  fois  transversalement  avant  de  donner  naissance  à  la  cellule 
hypopliysaire.  Celle-ci  serait  donc  une  cellule  petite-lîUe  de  n  ;  mais  on  observe  de 
nombreuses  exceptions  à  cette  règle,  l'hypophyse  pouvant  se  difFérencier  aux  dépens 
d'une  cellule  d'une  génération  plus  ancienne  (/■,  même  n)  ou  plus  jeune.  L'élément 
n'  {fig.  7,  8),  avec  les  cellules  inférieures  originaires  de  n.,  engendre  un  suspenseur 
composé  finalement  d'un  nombre  très  variable  (4  à  10)  d'éléments  superposés. 

On  peutétablii%  comme  cela  a  déjà  été  fait  dans  d'autres  cas,  les  formules 
de  développement  résumant,  pendant  les  premières  générations,  l'origine, 
la  disposition  et  les  destinées  des  éléments  proembryoïinaires.  Mais,  à  la 
quatrième  génération,  le  nombre  des  éléments  dont  se  compose  le  proem- 
bryon ne  parait  pas  bien  défini,  en  raison  de  l'avance  que  prennent  les 
segmentations  au  niveau  de  Tétage  m  et  du  retard  qu'elles  subissent,  par 
contre,  dans  Tépiphyse  et  dans  les  cellules  n  et  n' . 

L  —  Première  génération. 

Proembryon  à  deux  cellules  \   ca  qui  engendre  pco -\- pvt 

disposées  en  deux  étages  :  ]   cb  »  phy  +  icc  -\-  iec  -^  co  -\-  s 

IL  —  Deuxième  génération. 


n  ,  I.    .       (   ^    qui  engendre  »6o -f- /J('/ 

Proeinbryou  a  quatre  cellules  »  , 

/«  »  i>liy  -\-  ICC 

ci  »  iec  -\-  co  -\-  s 


disposées  en  trois  étages 


111.  —   Troisième  génération. 

i  q  qui  engendre  pco-\-pvt 

Proembryon    à    huit    cellules  j  m  »  p/iy -+- icc 

disposées  en  quatre  étages  '■  ]  n  »  iec  -\-  co  -i-  s  (en  partie) 

\  n'  »  s  (en  partie). 


SÉANCE    DU    l'"'    MAI    1922.  I  I99 

IV.  —  Quatrième  généralion. 

^  ,  ,      ,  •       1    V    qui  enf^endre  pco-\-p\'t. 

Proembryon    a    douze-seize  \  ,  . 

Mil-  •  .     )   m  »  phy  -+-  ICC 

cellules   disposées    en    six  <  '.  ,  •   ^ 

j   /•  »  ?ec -!- co  +  5  ( en  partie) 

*      '  [    /  + o  +  ^  qui  engendrent  5  (en  partie). 

En  somme,  le  Geum  iirbanum  L.  représente  un  nouveau  type  du  déve- 
loppement embryonnaire  qui  ne  peut  être  identilié  jusqu'ici  à  aucun  autre. 
Il  peut  être  rapproché  du  Myosotis  hispîda  par  la  différenciation  d'une 
épiphyse,  dès  les  stades  les  plus  jeunes.  Mais  il  s'apparente  surtout  au 
Senecio  vulgaris  et  à  VUrtica  pilidifrra  par  l'édification  des  deux  parties, 
cotylée  et  hypocotylée,  aux  dépens  des  deux  étages  q  et  m.  Dans  les  deux 
cas  en  effet,  les  termes  des  formules  du  développement,  aux  deux  premières 
générations,  S(mt  exactement  superposables('). 


BIOLOGIE.  — ■  Le  rôle  de  V alcalinité  de  Veau  de  mer  dans  les  fécondations 
hétérogènes.  Note  de  M.  Alphonse  Labbé,  présentée  par  M.  Henneguy. 

Me  proposant  de  préciser  les  conditions  des  fécondations  luétérogènes, 
j'ai  d'abord  cherché  à  vérifier  d'anciennes  expériences  de  J.  Lii'b  (-) 
d'après  lesquelles  une  des  conditions  nécessaires  des  fécondations  hétéro- 
gènes consiste  dans  l'alcalinisation  de  l'eau  de  mer.  Nous  avons  déjàvu(') 
que  cette  condition  n'était  pas  nécessaire;  mais  elle  pouvait  être  avan- 
tageuse. 

Gomme  matériel,  j'ai  employé  les  œufs  d'un  Polychète,  Halosydna  gela- 
tinosa,  commun  au  Groisic,  et  du  sperme  de  Diplasterias  ruhens  ou  de  Lepa- 
dogastes  Gouanii.  Les  spermatozoïdes  de  l'Astérie  et  ceux  du  Poisson  sont 
également  efficaces.  Les  œufs  témoins  fécondés  par  du  sperme  <ï Halosydna, 
après  décollement  de  la  membrane,  émettent  leurs  globules  polaires, 
environ  i  heure  après.  Au  bout  de  24  heures,  il  y  a  déjà  quelques  trocho- 


(')    Voir    R.   SouÈGES,  Développement   de   Vernbryon    chez   /'Urtica   pilulifera   L. 
{Bull.  Soc.  bot.  France,  t.  68,  192 1,  p.  290). 

(^)  Voir  notamment  J.  Lckb.   Jubilé  Metchnikof  {Ann.  Inst.   Pasteur,  t.  31.  1917, 

p.  437).  ^  .  ,        ,       ' 

(•^)  Alphonse  Labbé,  Sur  des  fécondations  hétérogènes  {Comptes  rendus,  t.  173, 
1921,  p.  942). 


I200  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

sphères,  et  en  3o  heures,  presque  tous  les  œufs  sont  transformés  en  larves; 
résultats  cohcordant  avec  ceu\  observés  chez  Sahellaria^  Nereis  et  autres 
Polychètes. 

Toutes  les  expériences  ont  été  faites  à  la  lem[)érature  du  laboratoire  qui 
ne  dépassait  pas  9" -  1 1"  G. 

Dans  l'eau  de  mer  normale,  a\ec  Halosydna  p  >'  Diplaslerias  cT,  au  bout  de 
36  heures,  j'ai  obtenu  quelques  trochosphères  nageantes,  mais  la  plupart  des  œufs  en 
seginenlalion  se  sont  arrêtés  avant  ce  stade.  Tous  les  œufs  montraient  une  membrane, 
mais  il  y  avait  beaucoup  de  cytolyses  en  boule.  Aucune  cytolyse  noire. 

Dans  l'eau  de  mer  alcalinisée  à  l'aide  de  la  solution  décinormale  de  JNaOll 
(  i™'ir:  o,oo<)4  NaOH),  la  plupart  des  œufs  sont  déformés  j)ar  plasmolyse,  et  les 
résultats  varient  avec  le  degré  d'alcalinité  de  la  solution.  C'est  ce  qu'indique  le  Tableau 

suivant  : ' 

I^ourceiiUiye 
des  u.'ufs 
l'our  lOO'^'"'  ciiu  de  mer.  transformés 

Nature  de  la  solution.  en  trochosplicics. 

Eau  de  mer  normale 4 

i^"''Na<)H 2 

t'"'\2oNaOH 5 

i""',4(.NaOH .  iS 

j"''',45NaOH ïà 

-      I  ^■'"",  5oNa  011 19 

i""\6oNaOH 6 

i""%65NaOH <> 

Conformément  aux  résultats  de  Lœb,  l'alcalinité  de  l'eau  de  niera  donc  un  avantage 
indiscutable.  Pour  les  nufs  à^ Halosydna.  au  Croisic,  et  à  une  température  moyenne 
de  10°  C,  l'optimum  se  trouve  nettement  entre  i'^°'',4o  et  i""\5o  de  la  solution  déci- 
normale de  NaOH,  pour  loo*^^'"' d'eau  de  mer.  Un  milieu  hyperalcalin  empêche  le 
développement. 

Or  j'ai  pu  constater  que  l'alcalinité  avait  un  rôle  important  dans  la  péné- 
tration du  spermatozoïde,  et  c'est  là  une  explication  des  variations  dans 
Factivalion  de  l'œuf. 

Dans  l'eau  de  mer  normale,  le  spermatozoïde  étranger  ne  pénètre  pas, 
et  lorsqu'il  y  a  activatiou,  elle  se  produit  par  simple  contact.  Jl  en  est 
de  même  dans  l'eau  de  mer  faiblement  alcaline.  En  revanche,  entre 
i,4o  et  i,5o  pour  100  de  NaOH,  le  spermatozoïde  pénètre,  la  tête  se 
gonfle;  mais  néanmoins  le  pronucleus  cf  reste  petit  en  comparaison  du 
pronucleus  p  ,  il  ne  se  forme  pas  de  spermaster;  et  le  pronucleus  cf ,  qui  a 
pénétré  plus  ou  moins  profondément  dans  le  cytoplasme  ovulaire,  reste 


SÉANCE  DU  I"  MAI  1922.  I20I 

inerte  et  disparaît;  il  est  rare  qu'on  le  retrouve  dans  Tun  des  deux  pre- 
miers blastomères.  Je  n'ai  jamais  observé  de  copulation  des  pronuclei. 
A  1,65  pour  100  de  NaOH,  le  spermatozoïde  ne  pénètre  plus,  et.il  n'y  a 
pas  d'attraction  sexuelle. 

Le  rôle  de  l'alcalinité  dans  les  fécondations  hétérogènes  étant  ainsi 
démontré,  d'autres  facteurs  doivent  intervenir,  en  particulier  dans  la  trans- 
formation complète  du  spermatozoïde  étranger  en  pronucleus  cf  et  l'appa- 
rition du  spermaster.  En  fait  le  pronucleus  cf  subit  un  début  d'évolution 
qui  est  inhibé.  Comme  l'œuf  est  activé,  il  y  a  là  une  séparation  nette  de 
l'activation  et  de  l'amphimixie. 

D'autres  auteurs,  Lœb,  Kupelwieser,  Godlewski,  sur  d'autres  animaux, 
ont  pu  voir  des  copulations  de  noyaux  avec  élimination  plus  ou  moins  tar- 
dive des  chromosomes  paternels.  Dans  mes  expériences,  nous  nous  trouvons 
en  présence  d'une  phase  intermédiaire,  ce  qui  montre  que  la  question  des 
fécondations  hétérogènes  est  plus  complexe  qu'on  ne  le  croyait  jusqu'ici. 

Les  alcalis  sont  des  liquéfiants,  augmentant  la  perméabilité  pour  les 
ions  OH,  et  diminuant  la  tension  superficielle;  leur  emploi  correspond  au 
deuxième  temps  du  procédé  de  Delage  dans  la  parthénogenèse  expérimen- 
tale. 

Mais,  après  l'emploi  des  alcalis,  le  développement  du  pronucleus  cf  est 
arrêté  ;  l'activitation  se  fait,  mais  il  n'y  a  pas  d'amphimixie. 

Comme  dans  la  parthénogenèse  expérimentale,  une  deuxième  opération 
est  donc  nécessaire  pour  activer  le  spermatozoïde  étranger  et  permettre  la 
copulation  des  noyaux.  C'est  cettedeuvièmephaseque  nousétudierons  dans 
un  travail  ultérieur. 

Enfin  il  n'est  pas  impossible  qu'une  troisième  phase  soit  nécessaire  pour 
empêcher  l'élimination  de  la  chromatine  paternelle  et  permettre  une  véri- 
table hybridation,  qui  doit  suivre  les  règles  de  Mendel,  et  éclairerait 
vivement  le  mécanisme  de  l'hérédité. 


BIOLOGIE.  —  Théonc  de  l'action  des  parasites  entomophages.  Les  formules 
mathématiques  du  parasitisme  cyclique.  Note  ('  )  de  M.  W.-R.  Thompson, 
présentée  par  M.  Paul  Marchai. 

Les  études  entreprises  de  nos  jours  sur  l'utilisation  des  parasites  ento- 
mophages semblent  mettre  en  évidence  que  le  rôle  de  ces  auxiliaires  de 

(')  Séance  du  2^  avril  1922. 

C.  R.,  1922,  i^'  Semestre.  (T.  174,  N*  18.)  o^ 


I202  ACADEMIE   DES   SCIENCES. 

l'homme  acquiert  son  maximum  d'importance,  lorsqu'un  Insecte  nuisible 
a  pu  s'accroître  numériquement  jusqu'à  devenir  un  véritable  fléau,  un  ou 
plusieurs  facteurs  d'équilibre  naturel  faisant  défaut.  L'expansion  de  l'espèce 
nuisible  produit  alors  automatiquement  un  accroissement  numérique  de 
son  parasite  ;  génération  par  génération,  ce  nombre  augmente  aux  dépens 
de  celui  de  l'hôte,  l'égale,  puis  le  dépasse,  jusqu'à  ce  que  dernier  soit  presque 
annihile,  mais  ensuite,  par  excès,  la  population  parasitaire  disparaît  en 
grande  partie  d'elle-même,  la  nourriture  faisant  défaut. 

Sur  le  rôle  des  parasites  entomophages,  le  D^' Howard,  dans  une  des  pre- 
mières contributions  importantes  à  cette  étude,  a  écrit,  en  effet  :  «  With  ail 
very  injurions  Lepidopterous  larvae we  constantly  see  a  great  fluctua- 
tion in  numbers,  the  parasite  rapidly  increasing  immediately  after  the 
increase  of  the  host  species,  overtaking  it  numerically  and  reducing  it  to 
the  bottom  of  another  ascending  period  of  development.  » 

Toutes  choses  égales  d'ailleurs,  l'effet  déterminé  par  l'action  des  Insectes 
parasites  est  donc  une  variation  rythmique  ou  cyclique  dans  le  nombre  de 
l'hôte.  Comme  on  l'a  remarqué  pour  certains  cas,  cette  variation  peut  être 
d'une  régularité  assez  nette,  Tlnsecte  nuisible  agissant  en  fléau  destructeur 
à  des  intervalles  déterminés. 

Celte  périodicité  des  invasions  indiquerait  alors  la  possibilité,  dans  cer- 
tains cas  tout  au  moins,  de  représenter  mathématiquement  la  marche  du 
cycle  parasitaire;  nous  pourrions  ainsi  aborder  les  divers  problèmes  de  l'uti- 
lisation des  parasites  entomophages  avec  des  moyens  plus  précis  que  ceux 
dont  nous  disposons  actuellement. 

Evidemment  l'élément  mathématique  ne  suffît  pas;  l'étude  du  cycle 
parasitaire  exige  surtout  des  observations  approfondies  sur  la  succession 
des  événements  dans  la  nature  et  la  connaissance  précise  de  ces  phénomènes 
peut  seule  nous  renseigner  sur  la  concordance  qui  existe  entre  la  théorie  et 
les  faits,  dans  chaque  cas  particulier. 

Mais,  et  cela  ne  semble  pas  moins  logique,  l'étude  du  rôle  des  parasites 
entomophages  ne  peut  atteindre  l'état  d'une  science  exacte,  sans  prendre 
pour  base  une  représentation  mathématique  des  événements  considérés  ; 
cette  représentation  pouvant  seule  nous  donner  une  idée  précise  du  carac- 
tère essentiel  du  cycle  parasitaire  dans  des  conditions  déterminées. 

Il  est  préférable  de  développer  les  formules  mathématiques  du  cycle  en 
considérant  seulement  les  facteurs  fondamentaux  qui  entrent  en  jeu.  Or, 
toutes  choses  égales  d'ailleurs,  la  suite  des  événements  dépend  surtout  de 
quatre  facteurs  :  le  nombre  initial  d'hôtes  au  début  de  l'époque  considéré. 


SÉANCE    DU    1"    MAI    1922.  I 2o3 

le  nombre  de  parasites  à  cette  même  époque,  la  puissance  reproductrice  de 
l'hôte  et  la  puissance  reproductrice  du  parasite. 

Admettons  que  : 

i*'  Le  nombre  initial  d'hôtes  =  n\ 

2°  Le  nombre  initial  de  parasites  =  /?; 

3**  La  multiplication  de  l'hôte  par  génération  =  h\ 

4"*  La  multiplication  du  parasite  par  génération  =  s. 

Il  est  évident  que  si,  par  génération,  la  multiplication  de  l'hôte  et  du 
parasite  dépend  du  nombre  de  femelles  produites,  le  nombre  d'hôtes 
détruits  dépend  du  nombre  total  de  larves  parasites  ;  ou  encore,  si  la  multi- 
plication de  l'hôte  par  génération  =  A,  le  nombre  total  d'individus  sera  Ih^ 
l  étant  un  nombre  qui  dépend  de  la  proportion  des  sexes  dans  l'espèce  consi- 
dérée ;  de  la  même  façon,  le  nombre  total  de  parasites  sera  fs,  où  f  est  un 
facteur  numérique  semblable. 

Donc,  si  le  parasite  ne  dépose  qu'un  seul  œuf  dans  chaque  hôte,  et 
n'attaque  que  les  hôtes  non  parasités,  nous  aurons  dans  la  première  géné- 
ration : 

y?  x/5=/>/s  parasites, 

donlfs,  seront  des  femelles,  et 

n  X  Ih  :^  n  Ih  hôtes, 

dont  nh,  seront  des  femelles.  Le  nombre  d'hôtes  venant  à  maturité  dans  la 
première  génération  sera  donc 

dont  I .  ^     I  sont  des  femelles. 

Dans  la  deuxième  génération,  nous  aurons 

ps  X  fs  ^=ips'  f  parasites, 
dont y05- sont  des  femelles,  et 

\  n  Ih  —  p  fs)       ,,       ,     ,,.,         ^  ,  ^  1  . 

■   ^      \  X  Ih  ■=  (n  Ih-  —  pfsh)  hôtes. 

\  l  \  ^  rj       j 

Le  nombre  venant  à  maturité  dans  la  deuxième  génération  sera  donc 

HM2  =  (  n  lh--~  pfs  h  —  ps"^/), 

dont  (  nh-  —  psh  j  —  ps^  j  j  sont  des  femelles. 


I2o4  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Dans  la  troisième  génération,  nous  aurons 

/?5- X /s  =: /J5^/ parasites, 

dontjD^'  sont  des  femelles,  et 

] '       •' — —  ■  >c  lh-=  {/ih^l  —  ps  h-f  —  ps-f)  hôtes. 

Le  nombre  venant  à  maturité  dans  cette  génération  sera  donc 

HM,=  {nlh^  —  psfh-'  —  ps^hf-ps'/), 

le  nombre  d'hôtes  dans  cette  génération,  avant  l'élimination  des  individus 
parasités,  étant  ¥1^  =  (nl/i*  —  ps/h^ —  ps^fh),  et  le  nombre  de  parasites 
étant  P3  =■  ps^  f. 

Sans  continuer  le  processus,  il  est  évident  que,  d'une  façon  générale,  le 
nombre  d'hôtes  dans  la  t'*"""  génération  sera 

(i)  iii={nh'l  —  psh^-^f  —  ps'h'-^f,  ...,kt  termes); 

et  le  nombre  venant  à  maturité, 

(2)  n\it=[nh^  —  psh'-'f  —  ps-h'--f,  ...,  à  (f  —  1)  termes]  ; 

et  le  nombre  de  parasites, 

(3)  Pc^ps'f. 

Il  est  évident  que  les  séries  (i)  et  (2)  sont,  à  l'exception  du  premier 
membre,  des  séries  géométriques  qui  ne  diffèrent  que  par  le  nombre  de 
termes,  et  peuvent  donc  être  écrites  d'une  façon  plus  condensée.  En  faisant 
la  somme  de  ces  séries  au  nombre  de  termes  donné,  nous  aurons 

—  h'- 


(4)  .  H,     =^^nh'l~pshf^- 

(5)  nM,=  \  nhU-psf   [^^_/^^j 


{s -h) 
'—h 


Si  les  proportions  des  sexes  sont  les  mêmes  chez  l'hôte  et  son  parasite, 
nous  écrirons  1=^/^  si  le  parasite  est  parthénogénétique  thélytoque,  nous 
avonsy"=  i;  si  l'hôte  est  parthénogénétique  thélytoque,  nous  avons  /=  i; 
si  les  deux  sont  parthénogénétiques  thélytoques,  nous  avons  enfin  /=y=i. 
Ces  formules  fondamentales  constituent  la  base  de  l'étude  théorique  de 
l'action  des  parasites  entomophages. 


SÉANCE  DU  l*"^  MAI  I922.  I2o5 


ZOOLOGIE.  —  Une  Haplosporidie ,  Haplosporidium  Caulleryi  nov.  sp.^ 
parasite  de  Nereilepas  fucata  Sai'.  Note  de  MM.  L.  Mercii-r  el  Kaymoxd 
Poissov,  présentée  par  M.  F.  Mesnil. 

En  examinant  un  lot  de  Nereilepas  fucata  Sav.,  recueillis  au  large  de 
Luc-sur-Mer  (Calvados)  ('),  nous  avons  constaté  qu'un  certain  nombre 
d'exemplaires  étaient  largement  infectés  par  un  Protiste  que  nous  rappor- 
tons au  genre  Haplosporidium  et  auquel  nous  donnons  le  norn  à'Haplospori- 
dium  CauUeryi  nov.  sp.,  dédiant  l'espèce  à  l'un  des  deux  auteurs  qui,  les 
premiers,  nous  ont  fait  cennaître  ce  groupe  de  parasites  {^). 

Les  Annélides  infectées  se  reconnaissent  facilement  après  une  immersion 
dans  l'alcool  à  70°.  Ce  traitement  fait  apparaître,  au  bout  de  quelque  temps, 
chez  celles-ci,  de  petits  points  noirs  atteignant  jusqu'à  2™™  dans  leur  plus 
grande  dimension.  Ces  points  peuvent  s'observer  sur  toute  l'étendue  du 
corps,  même  sur  les  parapodes;  ils  correspondent  aux  kystes  du  parasite. 

L'étude  de  coupes  de  Nereilepas  infectés  ^nous  a  permis  d'étudier  quel- 
ques-unes des  phases  du  cycle  évolutif  d'/7.  CauUeryi. 

Pl.vsmodes  et  sporulation.  —  Les  parasites  ayant  atteint  leur  taille  maxima 
se  présentent  sous  l'aspect  de  plasmodes  multinucléés  ou  de  kystes  renfer- 
mant des  spores  à  différents  stades  de  développement. 

Les  plasmodes  (/z^.  3  et  4)  mesurent  en  moyenne  de  80"  à  100^,  mais 
ils  peuvent  atteindre  jusqu'à  25ot^;  ils  renferment  de  nombreux  noyaux. 
Dans  chaque  plasmode,  les  noyaux  sont  sensiblement  de  même  taille  ;  mais 
dans  des  plasmodes  différents,  les  noyaux  sont  souvent  de  dimensions  iné- 
gales. La  membrane  limitante  des  plasmodes  est  toujours  très  délicate. 

Les  kystes  sont  de  forme  plus  ou  moins  irrégulière.  Ils  sont  limités  par 
une  envelopppe  très  nette  et  épaisse  (40^^  à  5o!^).  Cette  enveloppe,  après 
action  des  réactifs  fixateurs,  est  d'un  brun  acajou  ;  nos  observations  nous 
conduisent  à  supposer  qu'elle  est,  au  moins  partiellement,  le  résultat  d'une 
réaction  des  tissus  de  l'hôte.  Les  kystes  renferment  soit  des  spores  mûres, 

(')  Nereilepas  fucata  est  une  Annélide  Polychète  qui  se  rencontre  fréquemment 
dans  le  dernier  tour  de  spire  des  coquilles  de  Buccinum  undatum  L.,  habitées  par 
Eupagurus  Bernhardus  L.  Nous  n'avons  pas  encore  observé  sur  la  côle  du  Calvados 
la.  forme  Hétéronéréidienne  signalée  par  Giardà  Wimereux  {Feuilles  des  jeunes  Nat., 
3^  série,  36"  année,  igoS,  n°  k'ii,  p.  xi). 

(^)  Gaullery  et  Mesnil,  Recherches  sur  les  Haplosporidies  {Arch.  Zool.  exp., 
4*  série,  t.  h,  igoS,  p.  101). 


I2o6 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES, 


soit  des  spores  en  voie  d'évolution.  Les  spores  mûres  contenues  dans  un 
même  kyste  sont  toujours  isolées  les  unes  des  autres  ;  mais  certains  aspects 
que  nous  avons  observés  permettent  de  supposer  qu'elles  peuvent  prendre 
naissance  par  quatre  dans  des  pansporoblastes  {fig.  7). 

Les  spores  ont  la  forme  d'une  urne  à  base  élargie  5  elles  mesurent  de  i3i^ 


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Haplosporidiitm  Caulleryi  x  ii5o.  —  1,  formes  libres  uoinucléées;  2,  forme  libre  binucléée;  3  et 
4,  deux  plasmodes;  5,  spores  en  voie  de  développement;  6,  éléments  binucléés  dans  un  plasmode; 
7,  pansporoblastes  montrant  la  formation  des  spores  par  groupe  de  quatre;  8,  spores  mûres. 

à  i5!*  environ,  suivant  leur  grand  axe  et  lo^^  à  12^^,  dans  leur  plus  grande 
largeur.  Elles  présentent  une  double  membrane,  l'externe  mince  et  Tin- 
terne  plus  épaisse.  Ces  spores  sont  munies  d'un  clapet  dont  la  charnière 
d'articulation  correspond  à  une  petite  arête  {fig.  8).  Elles  renferment  un 
noyau  et  quelquefois  un  corps  chromatoïde  situé  soit  au  voisinage  du 
clapet,  soit  en  un  point  quelconque  du  cytoplasme  de  la  spore.  Quand  ce 
corps  chromatoïde  existe,  il  est  particulièrement  bien  net  dans  les  spores  en 
voie  de  développement  {fig.  5). 

Indépendamment  de  ces  siades  caractéristiques,  nous  en  avons  encore 
observé  d'autres.  Ce  sont  : 

i"  Des  formes  libres  uninucléées  {fîg.  i);  ces  formes,  généralement 
allongées,  mesurent  \i^  environ.  Elles  possèdent  un  cytoplasme  grenu  et 
un  noyau  suboval  renfermant  un  gros  caryosome  et  quelques  travées  chro- 
matiques peu  visibles. 


SÉANCE    DU    I"   MAI    1922.  1 207 

2°  Des  formes  libres  binucléés  mesurant  de  g^  à  12^',  leur  cytoplasme 
granuleux  est  très  colorable. 

3"  Des  états  du  parasite  succédant  d'une  façon  indiscutable  à  des  stades 
plasmodiaux  et  où  l'on  observe,  sous  la  membrane  du  plasmode,  de  petits 
éléments  de  8^^  à  ii^^  environ,  renfermant  parfois  un  seul  noyau,  mais  le 
plus  souvent  deux  noyaux  intimement  accolés  {/iff.  6) 

Tous  les  stades  que  nous  venons  de  décrire  s'observent  soit  dans  l'épais- 
seur de  la  gaine  musculo-cutanée,  soit  dans  l'épithélium  cœlomique;  notons 
cependant  que  nous  avons  rencontré  quelques  stades  unicellulairesà  la  base 
de  l'épithélium  intestinal. 

Dans  cette  Xote  préliminaire,  nous  nous  sommes  contentés  d'indiquer  les 
stades  les  plus  caractéristiques  d'^.  Caullej-yi,  sans  tenter  de  retracer  son 
cycle  évolutif  complet.  En  effet,  le  cycle  des  Haplosporidies,  tel  que  l'avait 
esquissé  Granata  ( '),  vient  d'être  remis  en  question  par  Debaisieux  (-),  et 
de  nouvelles  recherches  sont  encore  nécessaires  pour  préciser  certains  points 
mis  en  discussion.  ?séanmoins,  les  aspects  que  nous  venons  de  décrire,  ne 
laissent  aucun  doute  au  sujet  des  affinités  du  parasite  de  N.  fiicala.  11  s'agit 
bien  d'une  Haplosporidie  appartenant  au  genre  Haplosporidium  tel  qu'il  a 
été  défini  par  Caullery  et  Mesnil. 

H.  Caulleryi  se  ditférencie  nettement  par  sa  spore  des  quatre  Haplospori- 
dium parasites  de  Polychètes  connus  jusqu'à  ce  jour.  En  efl'et,  cette  spore 
ne  présente  pas  les  appendices  caractéristiques  de  celle  d'^.  heterocirri  C. 
et  M.  ;  elle  est  nettement  plus  volumineuse  et  de  forme  différente  de  celles 
à' H.  scolopli  C.  et  M.  (10^  sur  6^),  d'//.  Marchouxi  C.  et  M.  (lo^^  à  12^^,  sur 
&■  à  7^")  et  d'fl'.  polamillœ  G.  et  M.  (i  21^  sur  6i"  à  8!^). 

Aid  heures  trois  quarts,  l'Académie  se  forme  en  Gomité  secret. 

La  séance  est  levée  à  16  heures. 

É.  P. 


C)  Granata,  Ricerce  sul  ciclo  evolativo  di  Haplosporidium  limnodrili  Gr.  {Arch. 
Protist.^  t.  35,  191 4)  P-  47-7'-^)- 

(-)  Debaisieux,  Haplosporidium  (  Minchinia  )  chitonis  Laink.:  Haplosporidium 
nemertis  no\,\  sp.  et  le  groupe  des  Haplosporidies  {La  Cellule,  t.  30,  1920,  p.  298). 


I2o8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 


Ouvrages  reçus  dans  les  séances  d'avril   1922. 

Leçons  sur  les  invariants  intégraux,  par  E.  Gartan.  Paris,  Hermann  el  fils,  1922; 
I  vol.  25'"".  (Présenté  par  M.  P.  Appell.) 

La  houille  bleue,  par  le  Vice-Amiral  Amet.  Ex^lrait  de  \d,  Revue  maritime.  Paris, 
Chaliamel,  1922;  i  vol.  24*^". 

L%  destructio-i  des  mauvaises  herbes,  par  E.  Rabaté.  Paris,  librairie  agricole  de  la 
Maison  rustique,  s.  d.  ;  i  vol.  18''™,  5.  (Présenté  par  M.  Viala.) 

La  taille  de^  arbres  fruitiers  de  plein  vent  {prunier  d'Enté,  Reine-Claude^ 
pêcher,  pommier),  par  E.  Rabaté.  Paris,  librairie  agricole  de  la  Maison  rustique, 
s.  d.;  I  vol.  i8<^™,  5.  (Présenté  par  M.  Viala.) 

Association  des  géognphes  français.  X.YV-.Y  YhY"  bibliograjhie  géographique 

191.5-1919,  publiée  sous  la  direction  d'ELicio  Colin.  Paris,  Armand  Colin,  1921;  i  vol, 

25'"".  (Présenté  par  M.  le  général  Bourgeois.) 

{A  suivre.) 


ERRATA. 


(Séance  du   10  avril  922.) 

Notes  de  M.  Emile  Borel  (p.  978  et  997)  : 

Page  978,  ligne  6,  au  lieu  de  belle  structure,  lire  telle  structure;  ligne  11,  au  lieu 
de  —i,  10,  II,.. .,  lire  —  i,  o,  i,  10,  1 1,. ..  ;  ligne  28,  aa  lieu  de  portons,  ///-e  partons. 
Page  997,  ligne  7,  au  lieu  de  indication,  lire  induction. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE  DU   LUNDI   8   MAI    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Émilk  BEKTIN. 


MEMOIRES  ET  COMMUIVICATIONS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE 

M.  le  Présidext  annonce  à  l'Académie  le  décès  de  M.  René  Benoit,  Cor- 
respondant de  r  \cadémie  pour  la  Section  de  Physique  générale,  et  celui 
de  Sir  Patrick  IUanson,  Correspondant  pour  la  Section  de  Médecine  et 
Chirurgie. 

M.  Em4LE  Picard  s'exprime  en  ces  termes  : 

M.  Reivê  Benoît,  dont  M.  le  Président  vient  d'annoncer  la  mort,  était  Cor- 
respondant de  la  Section  de  Physique  générale  depuis  igoS.  Son  nom  reste 
à  jamais  inscrit  dans  l'histoire  du  Bureau  international  des  Poids  et  Mesures, 
dont  il  a  été  Directeur  durant  vingt-cinq  ans.  Il  a  été  Tinitiateur  de  la 
plupart  des  travaux  entrepris  pendant  ce  temps  au  Pavillon  de  Bieleuil,  et 
il  collabora  avec  M.  Michelson  dans  les  belles  recherches  sur  la  mesure  du 
mètre  en  longueurs  d'onde.  Sa  puissance  de  travail  et  sa  grande  habileté 
technique  dans  les  mesures  métrologiques  ont  (ait  l'admiration  de  tous  ceux 
qui  l'ont  connu.  M.  Benoît  avait  demandé  en  191 5  à  être  déchargé  de  ses 
fonctions,  et  il  était  resté  Directeur  honoraire  de  la  célèbre  maison  de 
Sèvres,  où  s'était  écoulée  une  grande  partie  de  sa  fructueuse  carrière. 

L'Académie  envoie  ses  condoléances  émues  à  la  famille  de  son  regretté 
Correspondant. 

M.  F.  Mesnil  donne  lecture  de  la  Notice  nécrologique  suivante  : 

Sir  Patrick  Manson  a  succornbé  le  9  avril  dernier;  il  était  né  le 
3  octobre  1844  dans  le  comté  d'Aberdeen,  en  Ecosse. 

G.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  19.)  86 


I2IO  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Pendant  une  vingtaine  d'années,  jusqu'en  1892,  Manson  a  exercé  la 
médecine  en  Extrême-Orient,  sur  les  côtes  de  Chine.  C'est  là  qu'il  s'initia 
à  la  pathologie  spéciale  aux  tropiques,  de  laquelle  on  savait  si  peu  de  choses 
à  Tépoque  de  ses  débuts.  Vivement  intéressé  par  tout  ce  qu'il  découvrait, 
il  chercha  à  approfondir  l'étiologie  de  quelques  maladies  et  il  s'attaqua  au 
problème  de  la  filariose.  Il  eut  l'idée  que  les  embryons  sanguicoles  de  la 
filaire  ne  pouvaient  normalement  quitter  l'organisme  humain  qu'à  la 
faveur  de  leur  absorption  par  quelque  insecte  suceur  de  sang.  Et  ayant 
constaté  la  périodicité  nocturne,  pour  la  circulation  périphérique,  de  ces 
microfilaires,  il  pensa  à  un  rôle  des  moustiques  qui  avaient  une  périodicité 
analogue  quant  à  leurs  heures  de  piqûres.  L'hypothèse  se  vérifia  et,  en 
découvrant  l'évolution  du  nématode  chez  le  moustique,  Manson  posait  le 
premier  jalon  solide  de  l'Entomologie  médicale,  qui  a  pris  depuis  une  si 
grande  extension. 

Cette  découverte,  qui  remonte  à  1877,  devait  avoir,  en  })arliculier,  une 
répercussion  directe  sur  le  problème  de  la  transmission  du  paludisme.  En 
1884,  dans  son  Traité  des  fièvres  palustres ,  notre  illustre  confrère  M.  Laveran 
posait  nettement  le  problème  sous  cette  forme  interrogative  :  «  Les  Mous- 
tiques jouent-ils  un  rôle  dans  la  pathogénie  du  paludisme  comme  dans 
celle  de  la  filariose?  La  chose  n'est  pas  impossible;  il  est  à  noter  que  les 
Moustiques  abondent  dans  les  localités  palustres.  »  Et  il  y  revenait  avec 
plus  de  force  encore  en  1894.  Manson,  dans  un  article  paru  en  1894, 
formule  le  même  programme  de  recherches  et  son  disciple,  le  major  R. 
(maintenant  sir  Ronald)  Ross,  s'attache  à  le  mener  à  bonne  fin.  On  sait 
comment  il  y  réussit  en  établissant,  toujours  sur  le  conseil  de  P. Manson, 
qu'un  hématozoaire  aviaire,  extrêmement  voisin  de  l'hématozoaire  de 
Laveran,  ingéré  par  un  moustique,  y  accomplit  une  évolution  et  est  réino- 
culé à  l'homme  par  la  piqûre  de  l'insecte. 

C'est  encore  sur  les  initiatives  de  Patrick  Manson  qu'une  mission  fut 
envoyée  dans  la  campagne  romaine  en  1900  et  que  des  moustiques,  infectés 
sur  des  paludéens  et  expédiés  à  Londres,  y  transmirent  la  maladie  :  preuve 
cruciale  de  leur  rôle. 

On  voit  donc  toute  la  part  qui  revient  à  sir  Patrick  dans  cette  question, 
d'une  si  grande  importance  hygiénique,  de  Tétiologie  du  paludisme. 

Ces  titres  ne  pouvaient  manquer  d'attirer  l'attention  de  l'Académie  et, 
en  1910,  elle  attribuait  au  doyen  de  la  pathologie  tropicale  une  place  de 
Correspondant  dans  la  Section  de  Médecine  et  Chirurgie,  apportant  ainsi  sa 
consécration  à  l'œuvre,  d'une  si  grande  portée,  de  sir  Patrick  Manson, 


SÉANCE    DU    8    MAI    I922.  121 1 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Déshydi'alation  du  inéthyl-l-phényl-i-propanol-i 
et  du  diméthyl-1.1-phènyl-'^-prop<lnol-\.  Note  de  M.  A.  Haller  et  de 
M'"*^  Ramart. 

Dans  une  Communication  précédente  (')  l'un  de  nous,  en  collaboration 
avec  M.  E.  Bauer,  a  décrit  les  alcools 

/  ,  / 

C«H>CH2C-GH'-0H         et         CH^C  —  CH^'OH. 

Ces  molécules  présentent  un  grand  intérêt  à  cause  des  transpositions 
^moléculaires  qui  se  produisent  quand  on  les  déshydrate  et  qu'il  ne  se  forme 
pas  de  chaîne  triméthylénique.  Par  perte  d'une  molécule  d'eau,  ces  alcools 
peuvent  respectivement  donner  naissance  aux  carbures  : 


A. 


B. 


CH^C— CH^OH 

\gh5           I 

(i)     C«H5C  =  CH-CH' 
'         (2)     C«H3CH  =  G(CH3)^ 

/CH3 
C^H'CH^C— CH^'OII 
\CH3 

/ 
/          (3)     G^H^CH^G     -ÇA\ 

\         (4)    G«H»CH»GH=zG- 

cw 


(GH3)2 


suivant  que  le  groupe  migrateur  est,  pour  A,  le  méthyle  ou  le  phényle,  et, 
pour  B,  le  méthyle  ou  le  benzyle. 

Cette  étude  avait  été  commencée  sur  le  mèthyl-i-phényl-i-propanol-i  avec 
notre  regretté  collaborateur  (-).  Nous  avons  repris  ce  travail  dans  le  but  de 
préciser  le  sens  de  ces  transpositions  suivant  le  mode  de  déshydratation 
employé.  Nous  avons  préparé  les  carbures  de  la  façon  suivante  : 

Carbure  a.  —  En  faisant  passer  les  vapeurs  de  l'alcool  sur  des  agglomérés 
de  terre  d'infusoires  à  une  température  de  3oo°  à  4oo°. 

Carbure  b.  —  Par  action  de  SOCl^  sur  l'alcool  avec  ou  sans  pyridine. 

Carbure  c.  —  En  traitant  le  chlorure  que  l'on  obtient  en  même  temps  que 
le  carbure  b  par  de  la  pyridine. 

L'analyse  assigne  à  chacun  de  ces  carbures  la  formule  brute  C'"H'-. 

(*)  Ann.  de  Physique  el  Chimie,  g*^  série,  t.  9,  p.  5. 
(^)  Loc.  cit.,  p.  10. 


12 12  ACADEMIE    DES   SCIENCES. 

Nous  devons  dire  que  dans  chaque  cas  nous  avons  observé  les  deux 
transpositions  indiquées  plus  haut,  mais  l'orientation  de  la  transposition 
varie  quantitativement  suivant  les  conditions  expérimentales. 

Carbure  a.  Déshydratation  du  rnèthyl-n-phènyl-i-propaiiol-^ ,  —  Comme 
il  a  été  indiqué  plus  haut,  cette  déshydratation  a  été  effectuée  en  faisant 
passer  les  vapeurs  de  Talcool  sur  des  agglomérés  de  terres  d'infusoires.  Le 
produit  condensé  a  été  rectifié  et  l'on  a  recueilli  un  liquide  qui  distille 
à  iSi^-iSS"  sous  760™"'.  Ce  produit  décolore  immédiatement  le  brome, 
réduit  à  froid  MnO^K.  et,  traité  par  le  nitrite  de  sodium,  en  présence 
d'acide  acétique,  il  donne  un  nitiosite  de  formule  C'H'^O'^-  fondant 
a  \'ôO^ . 

Carbure  b.  Action  de  SOCP  sur  le  mèthvl-i-phényl-i'propanol-i .  — 
1.  Sans  pyridine.  On  fait  tomber  à  froid  SOCl-  sur  l'alcool  à  une  tempéra- 
ture voisine  de  0°.  On  abandonne  plusieurs  heures  le  mélange  et  l'on  chasse 
l'excès  de  SOCl-  dans  le  vide.  Après  plusieurs  rectifications  nous  avons 
isolé  un  carbure  bouillant  à  i8i°-i8c)°  el  un  chlorure  distillant  à  io4"-io5" 
sous  i8™"\ 

iSous  avons  vérifié  que,   contrairement  à   ce  que  nous  avions  d'abord 

(GH3)2 

supposé  ('),  ce  chlorure  est  bien  le  chlorure  primaire  C'H^C--  CH'Cl. 
En  effet,  traité  par  de  l'acétate  d'argent  en  tube  scellé,  à  une  température 
de   120",  ce  chlorure  donne  un  acétate,  et  cet  acétate,  saponifié,  fournit 

l'alcool  C^H'C  —  CH-OH  primitif  ({ue  nous  avons  caractérisé  par  sa  phé- 
nyl méthane  fondant  à  Sg". 

IL  La  même  opération  a  été  faite  en  présence  de  pyridine  et  les  résultats 
obtenus  ont  été  les  mêmes,  mais  nous  avons  eu  trop  peu  de  carbure  pour 
pouvoir  le  séparer  totalement  du  chlorure.  Nous  avons  traité  le  mélange 
carbure-chlorure  par  de  la  pyridine  en  tube  scellé. 

Carbure  c.  Action  de  lapyiidi ne  sur  C^W^C—CH- Ci.  —  Ce  chlorure  a  été 

chauffé  à  120°  en  tube  scellé  avec  un  excès  de  pyridine.  Le  carbure  que 
Ton  obtient  ainsi  distille  à  iBo^'-igo",  mais  avec  un  palier  important  à 
iHy'^-iQo". 

Identification  de  ces  différents  carbures.  —  Une  oxydation  préliminaire 

(')  Loc.  cil. y  p.  i'\. 


SÉANCE  DU  8  MAI  I922.  I2l3 

nous  avait  donné,  comme  prodiiils  d'oxvdalion,  de  l'acide  benzoique,  de 
l'acétone,  de  l'acétopliénone  et  de  l'acide  acétique.  Nous  étions  donc  con- 
duits à  considérer  nos  carbures  connme  formés  d'un  mélange  des  car- 
bures (i)  et  (2).  Le  carbure  (i)  que  nous  avons  reproduit  en  déshydratant 
l'isopropylpliénylcarbinol  nous  a  donné  un  nitrosite  fondant  à  ido^,  iden- 
tique à  celui  du  carbure  a.  Le  carbure  (1)  ne  nous  a  pas  fourni  de  nitrosite. 

Ces  deux  carbures  (1)  et  (2)  avaient  déjà  été  préparés  par  AL  Klages  (') 
et  par  M.  Tiffenoau  (-)  et  les  points  d'ébullition  mentionnés  par  ces  savants 
étaient  pour  le  (i)  179*^-181°  et  pour  le  (2)  1 86°- 187''  d'après  M.  Tifleneau 
et  i89°-i9i°  d'après  M.  Klages.  La  séparation  de  ces  carbures  par  distilla- 
tion fractionnée  n'était  guère  possible,  étant  donnée  la  quantité  de  produits 
dont  nous  disposions.  Nous  avons  pu  cependant  avoir  une  idée  approxi- 
mative de  la  composition  du  mélange  dans  chacune  des  opérations  en 
pesant  la  semi-carbazone  de  Tacétophénone  obtenue  en  oxydant  dans  les 
mêmes  conditions  les  carbures  des  différentes  origines. 

Cotte  oxydation  a  été  faite  au  moyen  de  CrO'  en  solution  acétique  à  une 
température  inférieure  à  ôo'';  dans  chaque  cas,  nous  avons  employé  5»  de 
carbure,  7^  de  CrO^  (  léger  excès)  et  So^  d'acide  acétique.  Nous  avons  tou- 
jours régénéré  du  carbure  ayant  échappé  à  l'oxydation. 

Voici  les  poids  de  semi-carbazone  de  l'acétophénone  obtenue  comme  il 
vient  d'être  dit  : 

Semi- 
rarbazoïic. 

Carbure  a  ( a^çi^lomérés) traces 

Carbure  h  (SOCI^  sans  pvridine) u,5 

»  (S(  >C1-  avec  pvridine) i  ,5 

Carbure  c  (chlorure  +  pvridine)..  . ^• 

CH^ 

/ 
Carbun-  C/'  l(»C  =  CH  Cli^  (pur) 3 

(Il  n'y  a  pas  d'acide  benzoïque  par  oxydation.) 

(')  M.  Klages  les  a  obtenus  en  traitant  les  chlorures 

CH' 

C«H>CC1  — Cir^CH=     et    C«H^CHC1-CH  — (CH^)- 

par  de  la  pyridine  {B.  Bet .,  t.  3o.  p.  ^6.^  r  et  35o7  ;  t.  37.  p.  ijm). 
(-)  M.  Tifleneau  a  déshydraté  Ic'^  alcools 

CH^ 

G'H^C  — on  — CH-CH^     et     C'H^CHOH  -  CH  —  (CIP)^ 

par  de  Tacide  oxalique  {Ann.  Pliys.  et  Chi/n.^  H"  série,  t.  10.  p..3r>.>,). 


i:il4  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

Nous  voyons  donc  que  le  carbure  a  est  composé  presque  exclusive- 
ment de 

et  que  le  carbure  formé  en  présence  de  pyridine  ou  par  l'action  de  la  pyri- 
dine  sur  le  chlorure  est  composé  en  majeure  partie  de 

/ 
C«IPC  =  CH-CH^ 

iJéshydratation  du  phènyl-Z-dimèthyl-i.'i-propanol-x .  —  Ici  encore  la 
transposition  se  fait  dans  les  deux  sens  et  varie  avec  le  mode  d'obtention 
du  carbure.  Cependant,  les  résultats  ont  été  moins  précis,  car  nous  avons 
éprouvé  une  certaine  difficulté  à  obtenir  le  chlorure.  D'autre  part,  la  benzyl- 
méthylcétone  ne  se  prête  pas  aussi  facilement  que  l'acétophénone  à  une 
détermination  quantitative  par  suite  de  la  facilité  avec  laquelle 

C^H^CH^GO.CFP 

s'oxyde  en  acide  benzoïque  et  acide  acétique  (avec  MnO'K  cette  oxydation 
est  rapide). 

Carbure  d.  Déshydratation  au  moyen  des  agglomérés  de  terre  d' inj usoires . 
—  Le  liquide  obtenu  dans  les  conditions  déjà  décrites  distille  à  i98°-202'' 
sous  760°"°.  Il  présente  tous  les  caractères  d'un  carbure  non  saturé.  Traité 
par  le  nitrile  d'amyle  et  Tacide  azotique  il  donne  un  nitrosate  de  for- 
mule G"  H'^O^N-  fondant  à  iSg^-iôo"  en  se  décomposant.  L'analyse  de  ce 
carbure  lui  assigne  la  formule  C* H'*. 

Carbure  e.  Action  de  SOGP  sur  le  phényl-?>-diméthyl-i.i-propanol-i.  — 
Au  lieu  d'obtenir  seulement  le  mélange  de  chlorure  et  de  carbure  comme 
dans  le  cas  précédent  nous  avons  obtenu  en  assez  grande  quantité  un  pro- 
duit blanc  cristallisé  insoluble  dans  l'éther  fondant  à  lyG^-iy^''  dont  nous 
poursuivons  l'étude. 

L'action  du  pentachlorure  de  phosphore  sur  le  même  alcool  ne  nous  a 
pas  donné  de  meilleurs  résultats  et  le  produit  principal  de  la  réaction  est 
une  huile  ne  distillant  pas  encore  à  180°  sous  18™'". 

Nous  avons  alors  réuni  les  mélanges  de  carbure  et  d'alcool  obtenus  dans 
ces  deux  réactions  et  nous  les  avons  traités  par  de  la  pyridine  en  tube  scellé 
à  i2o°-i3o°.  Nous  avons  isolé  un  produit  distillant  à  i98''-2o3°.  C'est  un 
carbure  de  forniule  C'H'*  (nous  n'avons  pu  obtenir  de  nitrosate). 


SÉANCE   DU    8    MAI    1922.  1211 

Oxydation  des  carbures  d  et  (' .  —  L'oxydation  a  été  faite  dans  les  mêmes 
conditions  que  les  carbures  précédents  et  nous  avons  isolé  dans  les 
deux  cas  : 

i"  De  l'acétone  caractérisée  par  sa  transformation  en  CHl'; 

2^*  De  l'acide  benzoïque; 

3''  De  la  benzylméthylcétone  caractérisée  par  sa  semi-carbazone  fondant 
à  196°- 197''. 

Dans  l'oxydation  du  carbure  rf  (  '  )  la  quantité  d'acide  benzoïque  et  d'acé- 
tone est  élevée,  alors  qu'avec  le  carbure  fie  poids  d'acide  benzoïque  obtenu 
est  faible  et  celui  de  la  semi-carbazone  de  (?H'CH^CO  —  CH'  relative- 
ment fort. 

Nous  sommes  donc  amenés  à  considérer  le  carbure  d  comme  formé  en 
très  grande  partie  de  C/H '(]H^(]H  =  C(CH')-  qui  par  oxydation  donne 
de  l'acétone  et  de  l'acide  benzoïque  (l'acide  phénylacétique  s'oxydant  en 
acide  benzoïque).  _ 

Le  carbure  e  contient  presque  exclusivement  du  carbure 

en» 

C«H5GH2Ci=CH.CH=' 
qui  par  oxydation  fournit 

C«H^CH2CO.CH3+  CH^COOH. 


GÉOMÉTRIE  INFINITÉSIMALE.  —  Sur  les  lignes  asymptoliques  des  surfaces. 
Étude  d'un  cas  particulier .  Note  de  M.  C.  Guichard. 

Je  prends  les  six  coordonnées  d'une  ligne  droite  sous  la  forme  symé- 
trique, c'est-à-dire  que  la  somme  des  carrés  des  six  coordonnées  est  nulle. 
Je  considère  un  réseau  N  (réseau  dont  le  ds-  est  nul)  dans  un  espace 
d'ordre  6;  je  désigne  par  $,,  H,,  ...,  H^  les  paramètres  normaux  de  la 
première  tangente  à  ce  réseau;  par  j, ,  J25  •••5/0  ceux  de  la  seconde  tan- 

(')  Ce  carbure  a  été  préparé  par  M.  Klages  en  faisant  agir  la  pyridine  sur 

C;«|i'ÇH^CH2CCl 

{Chëm,  Centr,^  1904,  p.  217). 


I2l6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

gente.  On  a  les  équations 
àl 

(I)  {     '  {ll^=llj  =  ^j^  =  o). 

Ou 

On  vériliera  facilement  quo 


de  sorte  que  par  un  choix  convenable  des  variables  u  et  v  on  peut  supposer 
que  l'on  a 

On  voit  facilement  que  Ton  a 

Cela  posé,  il  existe  une  droite  AT  ayant  pour  coordonnées  r,,  Js»  •••^Je 
et  une  droite  AS  dont  les  coordonnées  sont  l^,  ^.,  . . . ,  Hf,.  La  surface  {A) 
est  rapportée  à  ses  asymptotiques;  AT  est  la  première  tangente  asympto- 
tique,  AS  la  seconde.  Ce  résultat  est  une  conséquence  immédiate  de  la 
théorie  des  douze  surfaces  de  M.  Darboux. 

Il  résulte  de  là  qu'à  foute  propriété  métrique  des  réseaux  N  correspond 
une  propriété  dualo-projertive  des  asymptotiques  d'une  surface  et  réciproque- 
ment. 

Je  vais  appliquer  cette  remarque  à  l'étude  des  deux  problèmes  suivants 
qui  se  déduisent  l'un  de  l'autre  par  une  transformation  dualistique. 

a.  Déterminer  les  surfaces  A  telles  qu'un  point  M  de  AT  décrive  une  surface 
rapportée  à  ses  asymptotiques.  La  première  tangente  MG  de  M  sera  dans  le 
plan  TAS. 

p.  Déterminer  les  surfaces  A  1  elles  qu'un  plan  u, passant  par  AT  enveloppe 
une  surface  rapportée  à  ses  asymptotiques. 

La  première  tangente  de  l'enveloppe  est  une  droite  AH  passant  par  A. 

Une  droite  A  située  dans  le  plan  tangent  en  A  ou  passant  par  A,  en 
excluant  les  droites  qui  appartiennent  au  faisceau  AT,  AS,  a  pour  coor- 
données des  quantités  \,,  Xo,  ...,  X^  de  la  forme 

\    I   '  .  v./  ^^^^  J^, 


SÉANCE   DU    8    MAI    I922.  1217 

OÙ  P  et  Q  sont  des  fonctions  quelconques  deueiv.ie  signe  -i-  correspond, 
par  exemple,  aux  droites  du  plan  tangent;  le  signe  —  aux  droites  qui 
passent  par  A.  On  vérifie  en  effet,  en  tenant  compte  des  équations  (1), 
(2),  (3),  que  les  quantités  X  sont  les  coordonnées  d'une  droite  et  que  celte 
droite  rencontre  AT  et  AS. 

Cela  posé,  si  l'on  écrit  que  les  six  fonctions  \  satisfont  à  une  même  équa- 
tion de  Laplace,  on  trouve  que  cette  .équation  est  forcément  une  équation 
de  Moutard.  Deux  cas  peuvent  alors  se  présenter  : 

i"  Les  deux  expressions 

2(1)'  2(§y 

sont  différentes  de  zéro.  La  droite  A  décrit  une  congruence  W  à  invariants 
égaux,  la  surface  A  est  une  de  ces  surfaces  qui  ont  été  étudiées  par 
MM.  Demoulin  et  Tzitzeica  et  qu'ils  ont  appelés  une  surface  R.  Dans  ce 
cas,  le  réseau  N  qui  correspond  à  A  est  3o. 

2°  L'une  de  ces  expressions  est  nulle;  dans  le  cas  où  à  coïncide  avec  MG 

ou  avec  AH,  on  doit  avoir 

âX 

du 


c'est  le  cas  qui  nous  occupe.  Je  suppose  que  la  propriété  a  existe;  la  sur- 
face A  possède  par  rapport  à  la  surface  M  la  propriété  fl;  donc  les  six  coor- 
données de  AT  satisfont  à  une  équation  à  invariants  égaux.  Or,  dans  le  cas 
général,  cette  équation  est 

à-  y  i    dm  à  y 

iL-  z=  —   -r h  //lit  Y' 

du  dv        m    dr    du 

Si  cette  équation  est  à  invariants  égaux,  on  pourra  réduire  m  à  l'unité. 
Les  quantités  )'  satisferont  à  une  équation  de  Moutard 

d-  y 
du  d\- 


telles  que 


>.  r-  =  fN         /_. 


Cela  revient  à  dire  que  la  seconde  tangente  du  réseau  N  décrit  une  con- 
gruence C.  La  réciproque  s'établit  facilement  : 

Soient  N  un  réseau  possédant  la  propriété  indiquée,  NA  sa  première  tan- 
gente, \B  la  deuxième,  qui,  par  hypothèse,  décrit  une  congruence  C.  Il 


I2l8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

existe  une  infinité  de  réseau  O  harmoniques  à  NB,  la  première  tangente  de 
ce  réseau  O,  étant  conjuguée  au  réseau  N,  décrit  une  congruence  J  (con- 
gruence  applicable  sur  une  congruence  située  dans  un  espace  d'ordre  2); 
il  existera  donc  une  deuxième  congruence  N'B'  harmonique  à  ce  réseau  O 
et  possédant  la  même  propriété  que  la  congruence  NB.  A  ces  droites  NB, 
N'B'  correspondent  dans  l'espace  ordinaire  deux  droites  qui  ne  se  ren- 
contrent pas  et  qui  sont  les  premières  tangentes  de  surfaces  rapportées  à 
leurs  asymptotiques.  Maintenant,  d'après  la  loi  d'orthogonalité  des  élé- 
ments à  la  congruence  M3  qui  est  C,  correspond  la  congruence  NA  qui 
est  H  (congruence  applicable  au  deuxième  degré  sur  une  autre  congruence 
située  dans  un  espace  d'ordre  6).  Il  y  a  donc  un  autre  réseau  nul  N,  (il  y  en 
a  même  une  infinité)  tel  que  sa  première  tangente  N,A,  forme  une  con- 
gruence applicable  au  second  degré  sur  la  congruence  NA.  Je  coupe  N,  par 
un  plan  isotrope,  il  y  correspond  sur  N  une  congruence  PQ  qui  est  une 
congruence  I  et  dont  le  deuxième  réseau  focal  Q  est  un  réseau  R  (réseau 
applicable  au  deuxième  degré  sur  un  réseau  de  l'espace  d'ordre  4). 

Je  coupe  maintenant  le  réseau  N,  par  un  planisoirope  perpendiculaire 
au  précédent.  Il  y  cori-espond  sur  N  une  congruence  P'Q'  analogue  à  Vi), 
Le  point  O,  intersection  de  PQ  et  de  P'Q',  décrit  un  réseau  de  O  dont  la 
première  congruence  focale  est  .T.  A  ce  réseau  O  sont  harmoniques  deux 
congruences  analogues  à  NB  et  à  N'B';  les  paramètres  directeurs  de  ces 
di^oites  sont  évidemment  de  la  forme  (4).  A  Tune  d'elles  correspond  une 
droite  telle  (|ue  MG,  à  l'autre  une  droite  telle  que  AH,  donc  : 

Les  deux  propriétés  (aj  e^  (fi)  existent  simultanément;  quand  elles  existent^ 
elles  existent  d'une  infinité  de  manières.  Pour  cela,  il  faut  et  il  suffit  que  l'équa- 
tion de  Laplace  à  laquelle  satisfont  les  six  coordonnées  de  AT  soit  à  invariants 
égaux.  Dans  ces  conditions,  les  sur/aces  déduites  de  (A)  par  les  opérations  (a) 
ow  (P)  possèdent  la  même  propriété  que  la  surface  (A). 

Soient  maintenant  A  une  surface  satisfaisante,  0,,  60,  63  les  paramètres 
directeurs  de  la  première  tangente  AT;  les  fonctions  6  satisfaisant  à  une 
équation  à  invariants  égaux,  il  existe  une. surface  (A'),  rapportée  à  ses 
asymptotiques  et  dont  la  normale  est  parallèle  à  AT.  Ou  voit' facilement 
qu'il  y  a  réciprocité  entre  les  surfaces  (A)  et  (A'),  donc  le  problème  posé 
est  équivalent  au  suivant  : 

Trouver  deux  surfaces  (A)et(\')  sur  lesquelles  les  asymptotiques  se  corres- 
pondent et  telles  que  la  normale  à  l'une  soit  parallèle  à  (a  pretnière  tangente 
asymptotique  à  l'autrç. 

Je  suppose  maintenant  cjue  l'on  projette  le  réseau  N  satisfaisant  à  la 


SÉANCE  DU  8  MAI  1922.  I219 

question  sur  un  espace  d'ordre  3.  On  obtiendra  un  réseau  G  dont  la 
deuxième  congruence  focale  est  à  invariants  égaux;  il  est  clair  que  d'un  tel 
réseau  G  on  pourra  remonter  au  réseau  N;  donc,  le  problème  posé  est  équi- 
valent au  suivant  : 

Trouver  un  réseau  G  dont  la  deuxième  congruence  focale  est  une  congruence 
de  Ribaucour . 

Je  prends  un  réseau  point  parallèle  à  ce  réseau  G;  soient  Oa  et  0|î  les 
tangentes  de  ce  réseau  point;  il  existe  une  infinité  de  congruences  PQ 
harmoniques  à  ce  réseau  qui  sont  des  congruences  O;  le  premier  réseau 
focal  P  de  cette  congruence  est  un  réseau  formé  d'une  famille  de  géodé- 
siques.  Ge  réseau  étant  conjugué  à  0|3  est  à  invariants  égaux;  il  est  clair 
que  la  réciproque  est  exacte.  On  a  donc  le  problème  équivalent  suivant  : 

Trouver  un  réseau  à  invariants  égaux  au  point  de  vue  ponctuel  et  compre- 
nant une  famille  de  gèodésiques. 

M.  E.  GouRSAT  fait  hommage  à  l'Académie  d'un  Ouvrage  ([u'il  vient  de 
publier  sous  le  titre  ;  Leçons  sur  le  problème  de  Pfajf. 


NOMIIVATIONS. 


L'Académie  charge  M.  Bazy  de  la  représenter,  le  i4  mai,  à  l'inaugura- 
tion du  monument  élevé  à  la  mémoire  de  M.  Lucas  Championnière^  à  l'Hôtel- 
Dieu. 


M.  F.Mesxil  est  adjoint  à  la  délégation  qui  réprésentera  l'Académie  aux 
fêtes  du  cent-cinquantième  anniversaire  de  V Académie  Royale  de  Belgique. 


CORRESPOIVDAXCE. 

M.  Ed.  Retterer  prie  l'Académie  de  vouloir  bien  le  compter  au  nombre 
des  candidats  à  la  place  vacante,  dans  la  Section  d'Anatomie  et  Zoologie, 
par  le  décès  de  M,  Ranvier, 


12-20  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


ALGÈBRE.  —  Sur  H7i  nouveau  théorème  d' Algèbre .  Note  de  M.  Paul  Montel. 

1.  J'ai  établi  récemment  quelques  propositions  fixant  une  limite  supé- 
rieure des  modules  des  zéros  des  polynômes  assujettis  à  certaines  condi- 
tions (^).  Je  me  propose  d'indiquer  maintenant  un  théorème  général  de  la 
même  nature. 

Supposons  que  l'on  lixe  les  valeurs  d'un  polynôme  P(.r)  et  de  certaines 
de  ses  dérivées  en  //  points  déterminés  x^,  x.^,  ...  ^  x,^\  par  exemple,  suppo- 
sons donnés  les  nombres 


Si 

a,  ^-  CK.,  -f-  .  .  .  4-  a/,  —  /?  -1-  I . 

ces  nombres  déterminent  un  polynôme  Q(^ï)  dont  le  degré  est  effective- 
ment/), à  moins  que  les  valeurs  données  ne  vérifient  une  relation  particu- 
lière. Si  l'on  pose 

R(ir)  =  (^  —  x,Y^  {.X  —  a?.)*'^ . .  .  (.r  —  ^/,)°"s 

le  polynôme  P(-^)  pourra  se  mettre  sous  la  forme 

(i)     P(./')  =  Q(j-)  +  R(.r)(a,.r"'  +  r/.,A-"=-H.  ••+  ff/.-r'"-)       (o, ,«,</?.,<.  ..<«/,). 

On  peut  alors  énoncer  la  proposition  suivante  : 

Un  polynôme  P(^),  assujetti  à  prendre,  ainsi  que  certaines  de  ses  dérivées, 
des  i^aleurs  données  en  des  points  donnés.,  ces  valeurs  étant  en  nombre  suffisant 
pour  déterminer  un  polynôme  effectivement  de  degré  p^  a  toujours  p  zéros  dans 
un  cercle  de  centre  origine  dont  le  rayon  ne  dépend  que  des  données  et  du 
nombre  li-  des  paramètres  arbitraires  qui  figurent  dans  le  polynôme  P(.i)  mis 
sous  la  forme  (i). 

Dans  le  cas  particulier  où  h  =  \  et  a,=/?  +  i,  on  retombe  sur  le 
théoi'ème  signalé  précédemment  et  correspondant  à  des  polynômes  dont 
on  a  lixé,  à  l'origine,  la  valeur  ainsi  que  celles  de  leurs  p  premières 
dérivées  (-  ). 

2.  Le  théorème  qui  précède  est  à  rapprocher  de  la  proposition  suivante  : 


(')  Comptes  rendus,  t.  17'».,  19'.'^,  p.  S5o. 
(2)  Loe.  cil. 


SÉANCE  DU  8  MAF  I922.  I22I 

dans  les  conditions  indiquées  au  paragraphe  1,  l'un  des  polynômes  P(jo) 
ou  l*(^)  —  1  a  7>  zéros  dans  un  cercle  de  centre  origine  dont  le  rayon  ne 
dépend  que  des  données  et  non  du  nombre  ^'  (  '  ). 

Comme  on  peut,  dans  le  théorème  énoncé  au  paragraphe  précédent, 
remplacer  P(a.:)  par  P(xv)  —  i,  on  voit  que  la  différence  entre  les  deux  pro- 
positions réside  dans  le  fait  de  supprimer  Talternative  «  \^{x)  ou  P(.x)  —  i  » 
et  d'introduire  le  nombre  l:  dans  l'expression  du  module  maximum  des 
p  zéros  de  plus  petits  modules. 

Ainsi,  à  chaque  théorème  formant  une  généralisation  du  théorème  de 
Picard  sur  les  valeurs  exceptionnelles,  correspond  une  proposition  qui, 
appliquée  à  des  polynômes,  fait  disparaître  l'alternative  entre  les  fonctions 
P{j')  et  P(x)  —  I,  mais  fait  apparaître  le  nombre  des  termes  ou  des  arbi- 
traires figurant  dans  le  polynôme. 

3.  Lorsque  le  polynôme  P(.r  )  satisfait  à  une  relation  fonctionnelle  telle 
que,  à  chaque  zéro  de  P(^),  corresponde  un  zéro  de  P(^) — i  de  module 
au  plus  égal  à  celui  du  premier,  les  théorèmes  des  deux  groupes  deviennent 
identiques. 

Il  en  sera,  en  particulier  ainsi,  lorsque  les  exposants  des  monômes  qui 
constituent  P(x)  forment  une  progression  arithmétique.  On  obtient  alors 
le  théorème  : 

Le  polynôme 

F(.c)  —  1  +  0:'^+  ai.v"+'/  +  ...-{-  «/,_, ^"+ '•-"'? 

a  toujours  p  zéros  dont  les  modules  ne  dépassent  pas  un  nombre  Jixe  indépendant 
de  q  et  du  nombre  k  des  termes  du  polynôme,  à  condition  que  p  ne  soit  pas 
divisible  par  q. 

Si  le  nombre/;  varie  en  restant  supérieur  à  un  entier  lixe/?',  il  existe 
toujours/)'  racines  de  l'équation  P(  j:)  =  o  dont  les  modules  ne  dépassent 
pas  un  nombre  lixe  qui  ne  dépend  que  de/>'. 

Ce  théorème  s'étend  immédiatement  à  une  fonction  analytique  f(x) 
délinie  par  le  développement  de  Taylor 

/(.r)  =  1  -t-  xi'  +  a^xi'+'i  +  .  .  .  +  ai^ai'+'"i  +  .  .  .  {p'  ^p). 

H  existe  un  cercle  de  centre  origine  dont  le  rayon  ne  dépend  que  de  p' ,  tel 
que  toute  fonction  holomorphe  dans  ce  cercle  y  admette  p'  zéros. 

(*)  P.  MoNTEL,  Comptes  rendus,  t.  \lk,  1922,  p.  i43.  —  Sur  les  familles  quasi 
normales  de  fonctions  holomorphes  {Mémoires  de  V  Académie  royale  de  Belgique, 
1922,  p.  33). 


1222  ACADEMIE   DES   SCIENCES. 

Si  Ton  prend,  en  particulier,  p'  =i,  le  rayon  du  cercle  a  une  valeur 
numérique  fixe  et  l'on  retrouve  un  théorème  déjà  démontré  par 
M.  Landau  ('). 


MÉGANIQUE  APPLIQUÉE.  —  Sur  une  démonstration  et  la  généralisation 
du  théorème  de  Menabrca.  Note  (^)  de  M.  J.  Sudria,  présentée  par 
M.  G.  Kœnig^s. 

Deux  démonstrations  du  théorème,  énoncé  en  1868  par  le  général  Mena- 
brea,  ont  déjà  été  données  par  M.  Liénard  et  par  M.  Bertrand  de  Font- 
viol  ant  (^). 

La  démonstration  simple  suivante  suggère  des  généralisations  diverses  : 

1.  Position  du  problème.  —  Etant  donné  un  système  hyperstatique  soumis 
à  des  forces  F,,  Fo,  . . .,  F„,  si  on  le  rend  isostatique  et  si  on  lui  applique  de 
nouvelles  forces  R,,  Rj,  . . .,  R^  égales  aux  forces  de  liaison  surabondantes 
ainsi  supprimées,  le  potentiel  du  système  est  une  fonction  quadratique 
des  F  et  des  R  et  Ton  peut  écrire 

Ç)  étant  une  fonction  du  premier  degré  de  ces  réactions,  et  du  second  degré 
par  rapport  aux  F. 

Le  général  Menabrea  avait  remarqué,  en  partant  du  théorème  de  Casti- 
gliano,  que  les  R  satisfont  aux  équations 

^'^  W,=W.=---=-dK,=''         ••"         c/n(K.,R„...,R,)=:o. 

n  avait  énoncé,  sans  démonstration,  que  les  valeurs  que  prennent,  en 
fait,  les  R  rendent  H  minimum. 

2.  Démonstration.  —  Les  conditions  du  premier  ordre  (  i  )  étant  satisfaites, 
il  suffit  de  montrer  que  6/^n(R,,  Ro,  . . .,  R,,)  est  positif;  or, 

d^\{—-ct-l  (  bu  Wf  +  2  bij  R,-  Ry  )  =  1  bu  1m]  +  2  bij  o'R,  .^R  ; . 

(')  Sur  quelques  généralisations  du  théorème  de  M.  Picard  {Annales  scientifiques 
de  l'Ecole  Normale  supérieure,  3"  série,  t.  21,  1907,  p.  189). 
(^)  Séance  du  i*''  mai  1922. 
(^)   Bull,  des  Sciences  matJi.,  octobre  1921. 


SÉANCE   DU   8    MAI    1922.  1223 

C'csl  Texpression  de  2II,  dans  laquelle  on  a  remplacé  les  valeurs  des 
forces  appliquées  par  zéro,  et  les  réactions  par  leurs  différentielles. 

La  fonction  II  étant  positive  pour  toutes  les  valeurs  des  R  et  des  F  il  en 
est  de  même  de  cPIl.  c.  o,  f,  d. 

3.  Remarque.  —  Le  théorème  de  Menabrea  est  une  application  de  la  pro- 
position générale  suivante,  qui  n'est  que  Textension  dune  propriété  du 
trinôme  du  second  degré  : 

«  Etant  donnée  une  fonction  du  second  degré,  de  plusieurs  variables,  non 
nécessairement  quadratique,  mais  dont  l'ensemble  des  termes  de  second 
degré  constituent  une  fonction  quadratique  définie  positive^  la  fonction  passe 
effectivement  par  un  minimum  pour  les  valeurs  des  variables  satisfaisant 
aux  conditions  de  premier  ordre,  pour  un  extrémum.  » 

La  démonstration  est  identique  à  la  précédente. 

4.  Généralisation.  —  Soit  un  système  de  corps  isotropes  ou  à  libre 
moyenne,  isostalique  ou  hyperstatique,  soumis  à  des  forces  appliquées. 
Supposons  que  sous  l'influence  de  ces  forces,  le  corps  se  déformant,  cer- 
tains points  viennent  à  être  arrêtés  par  des  obstacles  avant  que  la  déforma- 
tion totale  ne  soit  atteinte.  Soient  R,,  R.,  ...,  R,,  les  réactions  de  ces 
obstacles  quand  le  corps  est  en  équilibre,  A,,  Ao,  ...,  A^  les  projections 
respectives,  sur  les  forces  R,  des  déplacements  des  points  ainsi  arrêtés 
(quelques-uns  de  ces  déplacements  pouvant  être  nuls,  cas  des  obstacles 
agissant  dès  le  début  de  la  déformation).  Les  valeurs  que  prennent,  en  fait, 
les  R  rendent  minima  l'expression 

/  =  /' 

considérée  comme  fonction  des  R. 

En  effet,  d'après  le  théorème  de  Castigliano  ^^j^- =  A,  Oii^j^  =  o;  les 

conditions  de  premier  ordre  pour  l'extrémum  étant  remplies,  le  théorème 
montre  que  0  passe  par  un  minimum. 

.).   Théorème  corrélatif  du  théorème  de  Menabrea.  —  Dans  le  cas  d'un 

nombre  fini  de  forces,  les  équations  X,  =  -^peuvent  se  résoudre  par  rap- 
port à  ces  forces  ;  le  déterminant  est  le  discriminant  d'une  fonction  quadra- 
tique définie  positive,  il  est  donc  différent  de  zéro. 
On  a  ainsi 

F;  =  a;,  À,  +  b',il.  -I-  ...  -h  /'',„  >.„ 


1224  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

et  le  potentiel  interne  s'écrit 

d'où  un  premier  résultat  corrélatif  du  théorème  de  Castigliano 

(Considérons  encore,  comme  dans  le  théorème  de  Meiiabrea  généralisé, 
des  points  du  système  supportant  des  forces  inconnues  ayant  des  dépla- 
cements imposés  A,,''^2?  ...,  A„  et  d'autres  supportant  des  forces  connues  Fa, 
Fp,  .. .,  Fv.  Les  déplacements  que  prennent  ces  derniers  points  ont  des  pro- 
jections (sur  les  forces  respectives)  qui  rendent  minima  l'expression 

considérée  comme  fonction  des  A„,  Ap,  . . .;  A.,. 

On  a,  en  ellét,  d'après  le  théorème  corrélatif  de  celui  de  Castigliano, 

_^  ^  —  r  '^^^  —  I 

ou 

o^_  (m__     _  ôQ  _ 

et  la  proposition  générale  déjà  invoquée  montre  que  8  esl  minimum  pour 
les  valeujs  que  prennent  effectivement  X^,  Ap,  . . .,  A^. 

C'est  le  théorème  corrélatif  du  théorème  de  Menabrea  généralisé. 

Il  peut  s'interpréter  ainsi,  dans  le  cas  où  les  seules  charges  sont  les  forces 
connues  :  De  tviites  les  déformations  virtuelles  que  l'on  peut  concevoir  pour  un 
système  de  corps  soumis  à  des  forces  données,  celle  qui  correspond  à  V équilibre 
est  la  déformation  par  laquelle  la  somme  algébrique  des  travaux  virtuels  des 
forces  extérieures  et  intérieures  [il(F"A)  —  II],  ou  V  énergie  cinétique  virtuelle,  est 
minima.  Une  analyse  plus  complète  et  d\dlleurs  nécessaire  permet  d^ étendre  ce 
théorème  au  cas  de  charges  continues  quelconques. 

HYDRODYNAMIQUE.  —  Sur  quelques  cas  de  mouvements  plans  des  fluides 
autour  de  solides  avec  tourbillons.  Note  de  M.  D.  RiabouchixNski, 
présentée  par  M.  G.  Kœnigs. 

Considérons  le  mouvement  d'un  liquide  autour  de  deux  plans  minces, 
orthogonaux  au  courant,  dans  le  cas  où  deux  tourbillons  de  rotations  oppo- 


SÉANCE  DU  8  MAI  1922.  1225 

sées  sont  disposés  entre  eux,  sur  l'axe  de  symétrie.  On  obtient  entre  les 
variables  w  =  o -h  i']/ ei  "C  =  ^'  en  introduisant  la  variable  auxiliaire  t,  la 
relation  suivante  : 

Aux  valeurs  e  =  o,  i,  6;,  c],  a\  2a=^sin'(i,  2a^cos^^,  correspondent  res- 
pectivement, sur  le  plan  z  :  le  point  M  d'intersection  de  la  ligne  de  courant 
réunissant  les  arêtes  avec  l'axe  imaginaire,  les  arêtes  des  plans  minces,  les 
points  5  =  G  et  s  =  00,  les  points  de  vitesse  maxima  sur  les  plans  minces,  les 
points  médians  sur  les  faces  extérieures  et  intérieures  des  plans  minces  ;  b  est 
un  paramètre  qui  définit  l'unité  de  longueur;  q^  et  ^,  les  vitesses  à  l'infini 
et  au  point  M.  En  posant 

en  faisant  le  changement  de  variables 

(3)  t-^a^ticosi^-^i),  t,—  -^^—-^ B,  h  — pu, 

et  en  désignant  par  /,  d,  A,  P,  z,  p  la  largeur  des  plans  minces,  la  distance 
qui  les  sépare,  la  distance  entre  les  tourbillons,  la  résultante  des  pressions 
hydrodynamiques  sur  les  plans  minces,  la  circulation  et  la  densité  du  fluide, 
on  trouve 

/  2(B  —  G)r^  ,  ^         ;s      .       '  P'^0        1 

^^>  b         y/B+Â    L  2p(^o-ejJ 

d         B  — G    6  71  h       2(B— G)  b.^  .  ,,.  X  b 

P     _  2 6 

^  p(ll^~~  (B'-— i)v/B  +  A  ^ 

f/.R       r       pV\a)Ç^-i-/]    ,    B(B-Grp-^i^-i 
x[(3B-G-^j— j^r;— -^        (B-G)p-. 

Dans  ces  formules 

P(''o+co')  =  n-g4-c'       "  ==  HfTÂ  "^  bT7 "^  B^TT 

1  —  k^  I  2/^2—1  I 


e,  =::       .-^.       :=:  /i  —  -r: r  >  -^2  —   — ÔV? —  —  '^  — 


tf"-"~bTâ*      ^^-    3>.^   -"    B  +  r 

I  -f-  A-*  _  I 

"^"=--3Â^-"~B^^' 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N«  19.)  °7 


1226  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

et 

(9)  A=  /       .^     ^      >  o, 

(  H  -t-  I  )  A  -  —  2 


(10)  A2_    l^{3-2_j)^2^ 

(11)  B 


2 

-  A- 


On  obtient  encore,  entre  les  coefficients  A,  B,  C,  en  exprimant  que  les 
points  médians  des  deux  faces  des  plans  minces  coïncident  sur  le  plan  r,  la 
relation  (12  ) 

n         E  I 


(12) 

(i3)  )} 


2A-^(K  ^E)(E  — A-^M<) 
[(K-K)--  (R-A'^K)f 


Nous  avons  considéré,  dans  un  autre  travail,  le  cas  particulier  où  les 
vitesses  sur  les  plans  minces  deviennent  maxima  sur  leurs  arêtes.  On  a,  dans 
ce  cas,  «  =  I ,  C  =  o,  et  la  relation  (i3)  entre  le  multiplicateur  A  et  le  mo- 
dule k\  (9),  (10  )  et  (i3)  permettent  d'exprimer  les  formules  (Zj),  (5),  (6), 

en  fonction  du  paramètre  k  =  sin  a.  a  variant  de  o  à  -  ^  B  et  y  varient  de  oo 
à  I  et  y  de  oc  à  o.  A  a  =  80"  correspondent,  par  exemple,  les  rap- 
ports-r  =  1,1 5  et  y  =  2,3 1.  Lorsque  -j  croît  indéfiniment,  le  rapport  j  tend 

i 
vers  — -• 

V'3 
A  propos  du  travail  mentionné  ci-dessus,  M.  H.  Villat  a  fait  l'importante 
remarque  suivante.  Le  mouvement  considéré  ne  peut  être  permanent  que  si 
l'équation  (i4)j  où  z^  désig^ne  l'affixe  du  tourbillon,  est  satisfaite 

('4)  lim    f^- 


2ir.{z  —  c„) 


Cette  équation  détermine,  en  raison  de  (2),  la  relation  3B  —  A  =  o. 
Nous  pouvons  démontrer  que  cette  condition  n'est  satisfaite  pour  aucune 
valeur  du  module  k.   Pour  le  prouver,  il  suffit  évidemment , de  faire  voir 

que^^i,  ou,  en  raison  de  (9),  que  /'"  =  70 y,',.  (ïo)  et  (i3)  permettent 

de  ramener  cette  dernière  égalité  à  la  suivante  E>A:'K,  qu'on  démontre 
facilement.  Dans  le  mouvement  permanent,  le  maximum  de  la  vitesse  n'a 
donc  pas  lieu  sur  les  arêtes. 


SÉANCE    DU    8    MAI    1922.  1227 

Pour  un  rapport  '-  donné  il  n'existe,  comme  nous  le  démontrons  plus  bas, 

qu'une  seule  valeur  du  rapport  -  où  la  condition  (i4  )  est  remplie,  mais  il  en 

existe  une  infinité,  où  elle  ne  l'est  pas.  De  là  la  grande  mobilité  des  tour- 
billons qu'on  voit  naître,  dans  les  fluides  réels,  au  contact  des  solides  et  qui 
s'en  détachent  aussitôt.  Pour  rendre  le  mouvement  permanent,  dans  tous 
les  cas,  il  faut  considérer  l'une  quelconque  des  lignes  de  courant  fermées  S 
comme  une  paroi  rigide  fixe.  Si  «  <  1 ,  ces  parois  sont,  en  général,  convexo- 
concaves.  Pour  calculer  la  résultante  Q  des  pressions  sur  S,  remarquons 
que,  dans  le  voisinage  immédiat  du  tourbillon,  on  peut  écrire 

»'=  — ^  loii(G  —  ;„)  H-  ;/o ^- «o(-— -0) -H- •  • 

OÙ  nous  considérons  la  ligne  de  courant  ,};  =  —  00  comme  une  circonférence 
de  rayon  évanouissant  r.  En  appliquant  la  formule  de  Lord  Kayleigh,  on 
peut  alors  écrire  Q  =  —  ^ii^y^\  en  raison  du  théorème  d'Euler,  Q  aura  la 
même  valeur  sur  toutes  les  parois  S. 

Dans  le  cas  général  (le  paramètre  a  a  une  valeur  quelconque),  on  trouve 

3B  — A— 2C 


-I  V  1^-  —  I 

La  condition  (i4)  de  M.  H.  Villat  détermine,  par  conséquent,  la  relation 
oC  =  3B  —A.  En  éliminant  A,  C  et  /-  de  cette  équation  et  des  équa- 
tions (9  ),  (  io),  (12),  on  a 


(i5)  3B3X-2 


2  V. 

D(2~/.M--j^ 


B'- 


2  (  •a  —  /,  ■-  )  —  /.  4        4  K  (  2  —  k"- 
1?^  K  V" 


B-f 


(2-/.-^)  +   -^ 


L'équation    (i5)    a    trois    racines   réelles.    L'une    des    racines    positives 

est  <  ^  '7./    et  l'autre  est  >  ^-r^; —   C'est  celte  dernière  qui  convient  au 

problème  du  mouvement  permanent  en  raison  de  (11).  Les  formules  (4), 
(5"),  Co)  peuvent  être  ainsi  exprimées  en  fonction  du  paramètre /•.  En  faisant 

varier  >(:  de  o  à  i ,  on  fait  varier  ?>  et  -  de  :c  à  i ,  7  de  oc  à  o  et  7  de  \/3  à  o. 

'  e  l  II 


1228  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 


PHYSIQUE  MATHÉMATIQUE.  —  Champ  électromagnétique  compatible 
avec  le  champ  gravifique  correspondant.  Note  de  M.  Th.  De  Donder. 


Annulons  la  variation  de  l'intégrale  quadruple 


(1)  yj^(a+^,C)s/-^-+D-^W 


dxi  dx^  dxz  dx,,, 


étendue  à  une  portion  quelconque  de  l'espace-temps  {x^,  x<^,  x^,  x^). 
Dans  cette  intégrale,  a  ei  b  sont  des  constantes  universelles; 
G  est  l'invariant  de  courbure  de  Gauss; 

D^l  V  V  (—  i)'*'^^'^' M^pM*'^  est  la  fonction  qui  caractérise  le  champ 

a        P_ 

électromagnétique  de  Maxwell; 
a  est  la  densité  de  l'électricité; 

^E^y^  «"$";  la  vitesse  de  l'électricité  a  pour  composantes  w";  le  poten- 

a 

liel  électromagnétique  a  pour  composantes  $g(  (a  =  i.  ...,  4); 


a       ? 


La  fonction -^caractérise  l'action  due  à  l'électricité. 

Si  l'on  fait  subir  des  imriations  og^^  aux  potentiels  gravifiques  ^«p?  on 
obtient  les  équations  du  champ  gravifique  et  du  champ  électromagnétique  cor- 
respondant; à  savoir  :         . 


2 


«        p 


Le  théorème  du  tenseur  asymétrique  ou  de  la  force  totale  généralisée 
devient  ici 

a       p  a 

{i  —  i,  2,  3,  4). 

En  tout  point  où  la  densité  électrique  est  nulle^  ces  équations  sont  identi- 
quement satisfaites.  En  tout  point  où  cr  est  différent  de  zéro,  on  aura,  grâce 
à  (3),  le  mode  de  mouvement  de  l'électricité  dans  le  champ  considéré. 


SÉANCE   DU   8    MAI    I922.    .  1229 

Si  l'on  fait  subir  des  variations  6$^  aux  potentiels  électromagnétiques  O^» 
on  obtient  les  équations  du  champ  électromagnétique  de  Maxwell- Lorentz. 

En  résumé,  ['introduction  du  facteur  W  dans  (i)  permet  de  construire  un 
champ  électromagnétique  et  gravifique,  sans  V intervention  de  forces  ou  de 
tenseurs  appliqués^  et  sans  V intervention  d'un  champ  massique. 


PHYSIQUE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  V Èlectrodynamique  des  milieux 
homogènes  et  isotropes  en  repos.  Note  de  M.  Louis  Roy,  transmise 
par  M.  E.  Gosserat. 

On  sait  que  la  théorie  électrodynamique  de  Helmhollz  fait  intervenir 
une  constante  purement  numérique  X,  laissée  arbitraire  et  appelée  co/î^to/îïe 
de  Helmhollz.,  assujettie  seulement  à  ne  pas  être  négative,  sans  quoi  l'équi- 
libre électrique  et  magnétique  du  système  serait  instable.  Se  basant  sur  les 
expériences  de  M.  Blondlot  relatives  aux  phénomènes  de  propagation  le 
long  d'un  fil  conducteur,  P.  Duhem  avait  cru  pouvoir  en  conclure  que  la 
constante  À  est  le  produit  du  pouvoir  inducteur  spécifique  du  vide  par  sa 
perméabilité  (').  La  présente  Note  a  pour  but  d'établir  que  cette  affirma- 
tion de  P.  Duhem  ne  saurait  être  conservée. 

Rappelons,  tout  d'abord,  comment  P.  Duhem  a  été  conduit  à  son  affir- 
mation. 

Soient  —  la  constante  fondamentale  des  actions  électrodynamiques;  £,  t' 

les  constantes  fondamentales  des  actions  électrostatiques  et  magnétiques, 
c'est-à-dire  les  coefficients  des  lois  de  Coulomb  dans  des  milieux  impolari- 
sables;  /c,  x  les  coefficients  de  polarisation  et  d'aimantation  d'un  corps 
homogène,  de  sorte  que  le  pouvoir  inducteur  spécifique  K  et  la  perméabi- 
lité fx  de  ce  corps  sont  les  nombres  abstraits  définis  par  les  formules 

Il  résulte  de  la  théorie  de  Helmholtz  développée  par  P.  Duhem  que  la 
vitesse  T  de  propagation  des  perturbations  électromagnétiques  transver- 
sales et  celle  L  des  perturbations  électromagnétiques  longitudinales  sont 


(')  P.  DuBEM,  Notice  sur  ses  travaux  scientifiques,  p.  io3;  Bordeaux,  igiS. 


I23o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

données  par  les  formules 

(.0  T^--:^:; ' , 

(2)  L^=       '  ^ 


:\K  K-i 
—  /. 


Or,  dans  le  vide  où  la  vitesse  de  la  lumière  est  r,  l'expérience  donne  T  =  c; 
d'autre  part,  l'équation  de  passage  des  unités  électrostatiques  aux  unités 
électromagnétiques  étant 

(3) 


l'indice  o  se  rapportant  au  vide,  la  formule  (i)  montre  que  T  ne  peut  être 
égal  à  (^  dans  le  vide  que  si  K^  —  i  se  confond  sensiblement  avec  Ko-  De  là, 
en  remarquant  que  K„  est  le  plus  petit  des  pouvoirs  inducteurs  spécifiques 
connus,  la  nécessité  du  postulat  suivant  appelé  par  P.Duhem  hypothèse  de 
Faraday- Mos.so/ti  :  le  pouvoir  inducteur  spécifique  d'un  corps  quelconque  est 
très  grand  par  rapport  à  V unité. 

Moyennant  cette  hypothèse,  la  formule  (2)  se  réduit  sensiblement  à 

(4)  L^=3T-> 

—  >. 

de  sorte  que  L  est  constant  pour  tous  les  corps.  Or,  P.  Duhem  voyait  dans 
les  expériences  de  M.  Blondlot  la  preuve  que  les  ondes  longitudinales  se 
propagent  le  long  d'un  fil  conducteur  avec  la  vitesse  de  la  lumière;  d'où  la 
conséquence  L  =  p,  exigeant  qu'on  ait  À  =  KoU-„,  d'après  les  formules  (3  ) 
et  (4). 

Montrons  maintenant  pourquoi  cette  dernière  égalité  est  inadmissible. 

Soient  à  l'instant  t,  en  un  point  {x,  y,  z)  du  système,  ( X,  Y,  Z)  le  champ 
électrique,  {§,  g,  je)  le  potentiel  vecteur  total,  (//,  v,  w)  le  courant  de 
conduction,  (A,  B,  C)  l'intensité  de  polarisation  diélectrique,  p  la  résisti- 
vité,  e  la  densité  électrique  cubique,  1  la  densité  électiique  superficielle  en 
un  point  d'une  surface  séparative  S  de  deux  corps  contigus;  le  potentiel 
électrique  en  un  point  est 

/Y  '*-     ''-     ''-'\ 


SÉANCE  DU   8    MAI    1922.  I2:3l 

et  l'on  a  les  relations 


{X,Y,Z)^~B 


à{^r,y,z)        ^2  dt 


dv       ôy        àz  \f^    dt 

p(«,  (>,  iï^)  =  (X,  Y,  Z),         (A,  B,  C)  =  /;-(X,  Y,  Z), 

(9'/        (^i'        t)iT'        de 
dx        ôy        ôz        dt 

...       ,     /  dl^       d^        dC\ 

\  dx       dy        dz  ) 

S-i     ji      .               .A        d\.        d\        dTj   .       ..  1         ,  ,, 

Oit,  a  autre  part,  ^= h-; h-r-  la  divero^ence  da   champ   elec- 

^  dx        dy        dz  °  ^ 

trique;  les  équations  précédentes  donnent  aisément 

(5)  0:^_sAV  +  ?.—  ^, 

2     di- 

d^\       ,     [B       ,  de\ 


dt  \p  dt 

d'où  l'on  déduit,  en  éliminant  AV, 

47:;.     ,-  dO     ,  32  dn^ 

p  c*^  2     dr 

Mais,  dans  l'hypothèse  de  Faraday-Mossotti,  qui  reste  indispensable  pour 
concilier  la  formule  (i)  avec  l'expérience,  le  potentiel  V  vérifie  l'équation 

0    \  2     dt^  )  dt\  -2     dt' 

qui  devient  d'après  l'équation  (5) 


5  -r-  K  —  =  O, 

p  dt 

.    ~  d^\' 
de  sorte  que  l'équation  (6)  exi^e  qu'on  ait  A -7-^  =0. 

Or  on  ne  peut  satisfaire  à   cette  condition  en  posant  -3-5-  =  o,  car  le 

potentiel  électrique  V  serait  alors  une  fonction  parabolique  de  t,  donc 
deviendrait  infini  ou  resterait  invariable;  on  doit  donc  avoir  nécessairement 
A  z=  o,  d'où  il  résulte,  d'après  la  formule  (4),  qu'il  n'y  a  plus  d'ondes  longi- 
tudinales. 

La  théorie  de  Helmholtz,  complétée  par  l'hypothèse  de  Faraday-Mossotti 


I23a  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

et  où  la  constante  X  était  laissée  arbitraire,  conduisait  déjà  à  des  équations 
du  champ  magnétique  identiques  à  celles  de  Maxwell;  mais,  en  ce  (jui 
cojicerne  le  champ  électrique,  le  potentiel  vecteur  et  le  potentiel  électrique, 
la  discordance  subsistait.  La  constante  ^  étant,  en  outre,  particularisée 
comme  nous  l'avons  dit,  la  concordance  devient  complète.  La  théorie  de 
Helmholtz,  qui  a  l'avantage  de  se  développer  suivant  les  règles  d'une  logique 
impeccable  et  de  ne  point  briser  la  tradition,  constitue  ainsi,  selon  nous,  la 
véritable  démonstration  des  équations  de  Maxwell,  dont  l'établissement 
laissait  jusqu'ici  fort  à  désirer,  de  l'avis  même  de  leurs  plus  ardents  défen- 
seurs. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  KaoUns,  argUes,  bauxites^  etc.  ('). 
Perte  au  feu  et  porosité.  Note  (-)  de  M.  A.  Bigot,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

Les  kaolins,  argiles,  bauxites,  etc.,  expérimentés,  sont  sous  forme  de 
morceaux  bruts  compacts  tels  qu'on  les  trouve  dans  les  carrières,  ou  bien 
on  leur  fait  subir  un  broyage  pour  les  amener  en  poudre  fine,  passant  au 
tamis  n°  200.  Ces  poudres  fines  sont  façonnées,  soit  en  pâte  molle,  soit  en 
poudre  humectée;  dans  ce  dernier  cas  on  les  a  soumises  à  une  pression 
de  377*'^  par  centimètre  carré  pour  fabriquer  les  éprouvettes. 

Les  éprouvettes  sont  séchées  à  l'air  libre,  puis  on  les  pèse,  on  prend  un 
échantillon  de  chaque  série  et  l'on  détermine  la  porosité  par  la  méthode  de 
la  balance  hydrostatique  (pourcentage  d'eau  absorbée). 

Parmi  ces  matières  premières,  les  morceaux  de  bauxite  brute  sont  les 
seuls  qui  ne  se  délitent  pas  dans  l'eau;  les  kaolins,  argiles,  etc.  à  l'état  biut, 
ou  après  broyage  et  agglomération,  se  délitent  dans  l'eau.  Pour  prendre 
leur  porosité  nous  avons  employé,  au  lieu  de  l'eau,  un  pétrole  de  densité 
connue.  Les  chiffres  trouvés  ont  été  divisés  par  celui  de  la  densité  du 
pétrole. 

Il  faut  avoir  soin  de  faire  séjourner  l'éprouvette  pendant  quelques  heures, 
dans  le  pétrole,  sous  la  cloche  de  la  machine  pneumatique,  dans  le  vide 
partiel,  pour  expulser  l'air  occlus  dans  les  pores.  Nous  avons  en  effet 
observé  que  la  plupart  de  ces  matières,  après  immersion  dans  le  pétrole  ou 
dans  le  tétrachlorure  de  carbone  pendant  i[\  heures,  à  la  pression  ordinaire, 


(')  Comptes  rendus,  t.  172,  igo.i,  p.  854. 
(*)  Séance  du  i"""  mai  1922. 


SÉANCE  DU  8  MAI  I922.  1233 

contenaient  encore  de  l'air  occlus  qui  ne  disparaît  que  sous  l'effet  du  vide 
partiel. 

Après  chauffage  à  200°  on  observe  que  la  couleur  des  éprouvettes  a 
varié,  par  suite  de  la  décomposition  partielle  des  matières  organiques 
qu'elles  renferment  toutes.  Ces  matières  organiques  ne  disparaissent 
qu'après  chauffage  prolongé  au  rouge  en  atmosphère  oxydante. 

Jusqu'à  300°  la  perte  au  feu  est  peu  sensible  pour  les  argiles,  les  kaolins 
et  les  bauxites.  Toutefois,  on  observe  que  la  bauxite  de  Maussannes,  qui 
contient  25  pour  100  d'eau  de  combinaison  en  perd  près  de  la  moitié, 
tandis  que  la  bauxite  du  Var  qui  contient  i5  pour  100  d'eau,  n'a  perdu 
que  I  pour  100  (eau  hygrométrique). 

Le  kaolin  d'Algérie  qui  contient  23  pour  100  d'eau  perd  également  une 
quantité  d'eau  notable  à  la  température  de  300". 

Après  chauffage  a  3oo°  les  éprouvettes,  faites  avec  les  matières  broyées 
puis  agglomérées,  se  délitent  encore  lorsqu'on  les  met  dans  l'eau.  Mais 
entre  300"  et  400°  ces  éprouvettes  agglomérées  subissent  une  transforma- 
tion spéciale.  Elles  deviennent  dures,  ne  se  délitent  plus  ni  dans  l'eau 
froide,  ni  dans  l'eau  bouillante,  que  cette  eau  soit  additionnée  ou  non 
d'une  petite  quantité  d'acides  ou  d'alcalis.  On  peut  dire  qu'elles  sont 
céramisées . 

Les  courbes  représentées  dans  la  figure  i  ci-après  représentent  les  pertes 
au  feu  des  matériaux  suivants  : 

V,  bauxite  du  Var;  C,  kaolin  des  Eyzies;  A,  kaolin  d'Algérie  (région 
de  Bône);  M,  bauxite  de  Maussannes. 

On  voit  par  ces  courbes  que  ces  différentes  matières,  à  la  température 
de  600",  perdent  à  peu  près  la  même  quantité  d'eau  de  combinaison, 
soit  i3  à  i4  pour  100.  Celles  qui  contiennent  une  plus  grande  proportion 
d'eau  de  combinaison  la  perdent  vers  3oo''.  Il  y  a  donc  pour  les  bauxites, 
comme  pour  les  kaolins,  un  même  hydrate  fixe  qui  se  décompose  à  600°  et 
qui  renferme  \l\  pour  100  d'eau. 

La  courbe  M  6  est  celle  d'un  morceau  de  bauxite  de  Maussannes  brute;  la 
courbe  M/)  est  celle  de  même  bauxite  pulvérisée  et  comprimée  à  377''^;  la 
courbe  Mm  est  celle  de  la  même  bauxite  broyée  et  préparée  en  pâte  molle; 
la  courbe  Cp  est  celle  d'une  éprouvette  en  kaolin  des  Eyzies,  préparée  en 
poudre  humide  à  la  pression  de  377''S;  la  courbe  Cm  est  celle  du  même 
kaolin  préparé  en  pâte  molle. 

Il  faut  retenir  de  ces  expériences  deux  observations  nouvelles  : 

i**  Les  substances  (argiles,  kaolins,  bauxites)  qui  renferment  plus  de 


1234 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


i4  pour  loo  d'eau  de  combinaison  perdent  l'excès  de  cette  eau  vers  ^oo"  et 
avant  600°. 


900" 

Soo' 

y  00" 

eoo" 

w 

<v 

500' 

5 

«te 

p  ^ 

f-» 

Soo" 

é 

200° 

100" 

o 


v| 

c 

• 
A 

M 

J 

) 

/  y 

-^y 

/ 

i^ 

< 

^                        -* 

v/    c 

/A 

/m 

/ 

Fi^.  1. 

\j  / 

5  10  15  20  25 

Pertes    au  feu    ^L 


10        15  20       25         30       35         A-O      ^S 

Porosi  iés    y^ 


2°  Ces  substances,  qui  sont  plasliT|ues,  à  des  degrés  divers  (ainsi  que  les 


SÉANCE  DU  8  MAI  1922.  1235 

silices  d'infusoires),  durcissent  vers  4oo*»  avant  la  déshydratation  normale 
lorsqu'elles  ont  été  agglomérées  au  préalable;  alors  elles  ne  se  délitent  plus 
dans  Teau  ordinaire  ni  dans  l'eau  alcalinisée  ou  acidulée,  soit  à  froid,  soil  à 
Tébullition. 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Étliers  liomocamphoriques  neutres  et  leurs  produits 
de  réduction.  Note  de  M.  Palfray,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

Dans  une  Note  précédente  ('),  nous  avons  étudié  les  cyanocampholates 
de  crésyle  et  leur  produit  de  réduction  qui  est  Valcool  v.-amino-homocam- 
pholique. 

Le  simple  rapprochement  des  deux  acides  cyanocampholique  et  homo- 
camphorique,  montrent  quils  possèdent  un  carboxyle  identiquement  placé 
et  particulièrement  difficile  à  réduiic  : 

\  ^^  "    \œOH  ^  "   \COOH 

Acide  cyanocampholique.         Acide  hoinocamphorique. 

Il  nous  a  paru  intéressant  de  rechercher  comment  se  comporteraient,  à  la 
réduction,  les  éthers-sels  de  ce  dernier. 

L'homocamphorate  de  diéthyle,  déjà  décrit  par  M.  A.  Haller  (-),  devait, 
par  voie  de  réduction,  nous  donner  le  glycol  correspondant  : 

En  fait,  il  nous  a  fourni  un  corps  qui,  bien  que  distillant  à  température 
fixe,  s'est  montré  à  l'analyse  être  un  mélange  de  glycol  et  d'éther-alcool, 
d^où  nous  n'avons  pu  isoler  le  glycol  qu'à  la  suite  de  grandes  difficultés. 

Aussi,  nous  inspirant  d'une  observation  faite,  dans  un  cas  du  même 
genre,  par  M.  A.  Haller  et  M'"^  Ramart-Lucas  ('),  nous  avons  préparé  un 
éther  mixte  d'éthyle  et  de  phényle  qui,  grâce  à  son  point  d'ébuUition  plus 
élevé,  a  pu  être  séparé  par  simple  distillation. 

Éther  homocamphoriqur  mixte  i'éthyie-phényie.    -    Pour  préparer  cet 


(')  Comptes  rendus,  l.  172,  1921,  p.  y8o 
(2)  Comptes  rendus,  t.  109,  1889,  p.  ii3. 
{^)-  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  683. 


1236  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

élher,  nous  sommes  parti  de  l'éther  homocamphorique  acide  : 

\COOH 

obtenu  lui-même  suivant  la  méthode  décrite  par  M.  A.  Haller  ('  ). 

Par  l'action  de  SOCP  sur  cet  éther-acide,  on  obtient  directement  le 
chlorure  d'acide  correspondant. 

Au  moyen  d'un  entonnoir  à  brome,  ce  corps,  dissous  dans  G*H^,  est  versé,  goutte  à 
goutte,  sur  du  phénate  de  sodium  en  léger  excès.  Après  un  court  chaufTage  au  bain- 
marie,  la  réaction  est  terminée,  ce  qui  se  reconnaît  à  la  dissolution  du  phénate  solide. 
On  reprend  alors  par  l'eau,  puis  par  CO^Na^.  La  solution  benzénique,  isolée  par 
décantation,  est  sécliée.  On-  chasse  le  benzène  et  distille  dans  le  vide.  Au  voisinage 
de  ioo°  le  phénol  en  excès  passe  en  grande  partie,  mais  les  dernières  traces  ne  s'éli- 
minent que  vers  200°.  Enfin  la  portion  principale  distille  à  22i°-224°  sous  la""*-!/^"""- 
A  partir  de  ioob  d'homocamphorate  acide  nous  avons  obtenu  iiSe  d'homocamphorate 
mixte 

\C02C«H6 

sensiblement  pur,  soit  82  pour  100  de  la  théorie.  En  dissolvant  ce  corps  dans  l'alcool 
et  en  le  précipitant  par  un  peu  d'eau,  on  achève  la  purification.  Enfin,  par  redissolution 
dans  l'alcool  absolu  et  évaporation  lente,  nous  l'avons  obtenu  en  belles  tablettes  très 
allongées,  fondant  à  5i°-5i°,5.  Le  pouvoir  rotaloire,  dans  l'alcool  absolu,  pour  une 
concentration  c  =:=  9,642,  est  [a]â^  =  -t-  27°35'. 

Cet  élher  mixte  a  été  soumis  à  la  réduction  par  le  sodium  et  l'alcool  anhydre.  Puis 
l'alcool  ayant  été  chassé,  la  liqueur  alcaline  a  été  épuisée  par  l'éther.  Par  distillation 
de  la  solution  éthérée,  nous  avons  obtenu  le  glycol  cherché  :    " 

XCH^OH 

La  liqueur  alcaline  sursaturée  par  SO*H^   nous  a  fourni  un  acide-alcool  : 

^^        \COOH 

Glycol  homocamphorique  :  C^H'*  <('p„.^^„  •  —  La  portion  éthérée 

dont  nous  venons  de  parler,  dûment  séchée  et  finalement  soumise  à  la  dis- 
tillation dans  le  vide,  nous  a  donné  immédiatement  un  corps  passant 
à  174**- 175**  sous  12°^'^.  Les  vapeurs  se  condensent  en  un  liquide  incolore, 
extrêmement  visqueux,  qui,  frotté  au  moyen  d'une  baguette  de  verre,  sesoli- 

(*)  Comptes  rendus^  t.  109,  1889,  p.  11 3. 


SÉANCE  DU  8  MAI  1922.  1287 

difie  et  durcit  presque  instantanément.  Le  rendement  atteint  60  pour  100. 

Ce  glycol,  dont  la  composition  a  été  vérifiée  par  l'analyse,  est  très  soluble 
dans  l'alcool  et  Téther;  il  est,  au  contraire,  à  peu  près  insoluble  dans  G"H^, 
même  à  l'ébuUition. 

Par  évaporation  très  lente  de  la  solution  éthérée,  on  l'obtient  en  beaux 
cristaux  fondant  à  ôS'^-ôS^jS. 

Pouvoir  rotatoire  dans  l'alcool  absolu  pour  c  =  5,549  • 

r.'L'      I     'L         j       i       j     r-8TJM/CH2-CH2_0  — C0NH-C«H5 
Dipnenyiuretnane  du  glycoL  :  L.  ri     Xpu  j      q  _  /^o  \H  _  r«  H»  '    " 

Obtenue  par  action  de  l'isocyanate  de  phényle,   en  chauffant   pendant 
quelque  temps  son  mélange  avec  le  glycol.  Cristallise  dans  Falcool  absolu 
en  belles  houppes  nacrées  et  soyeuses,  fondant  à  i  lÔ"-  i  iS^jS. 
Pouvoir  rotatoire  dans  l'alcool  absolu  pour  c  =  5, '7 16  : 

[a]5'=:  +  3i°29'. 

Dérive  di-acetyLe  du  giycot  :  W  n^  i^y,,     ^^2      P„3        •— Prépare  par 

action  du  chlorure  d'acétyle,  en  présence  de  pyridine.  Liquide  assez  mobile, 
distillant  à  i82°-i83'',  sous  iS""". 

Pouvoir  rotatoire  dans  l'alcool  absolu,  pour  c  =■  13,370  : 

[a]g»=rr  +  52°36'. 

Derwe  di-benzoyie  du  glycoL  :  Lr  W  içyj^     rn^rsH^  *    ~    irend 

naissance  par  l'action  du  chlorure  de  bénzoyle  en  présence  de  pyridine. 
Exige  un  chauffage  beaucoup  plus  prolongé  que  pour  le  dérivé  acétylé. 
Liquide  très  visqueux,  sans  tendance  à  solidification,  même  à  —  15°. 

E,2-. 295°  Soo" 

Eo- ^ 276'»-277° 

Pouvoir  rotatoire  dans  l'alcool  absolu  pour  c  :=  9,  226 

Acide-alcool  :  G^H'^y  „^„  .  —  La  liqueur  sodique  provenant  de 

la  réduction  de  Thomocamphorate  neutre  est  précipitée  par  l'acide  sulfu- 
rique  ou  chlorhydrique.  Dans  !e  cas  de  l'homocamphorate  d'éthyle-phényle 
on  est  gêné  par  la  présence  du  phénol.  Dans  le  cas  de  l'éther  diéthylique, 


1238  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

au  contraire,  on  obtient,  par  repos  de  la  liqueur  acidiiiée,  un  feutrage  de 
fines  aiguilles  qui  peuvent  atteindre  jusqu'à  3^='"  ou  4*""  de  longueur.  Après 
recristallisalion  dans  l'éther  et  finalement  dans  l'alcool  absolu,  le  point  de 
fusion  se  fixe  à  i3o*'-i3i*'. 

La  composition,  vérifiée  par  l'analyse  élémentaire  et  par  un  dosage  acidi- 
métrique,  répond  à  la  formule  ci-dessus. 

Pouvoir  rotatoire  dans  l'alcool  absolu  pour  une  concentration  c  ==  7,  SSg  : 


CFIMIE  ANALYTIQUE.  —  Sur  le  dosage  de  l'azote  ammoniacal  dans  les  matières 
organiques  azotées^  et  particulièrement  dans  les  matières  protèiques  et  leurs 
produits  de  dédoublement.  INote  (  '  )  de  M.  J.  Froidevaux,  présentée  par 
M.  Lindet. 

Le  dosage  de  i'azole  ammoniacal,  en  présence  d'azote  organique  et 
principalement  d'azote  protéique,  utile  par  exemple  dans  les  recherches  des 
altérations  de  produits  alimentaires,  a  toujours  été  considéré  comme  un 
problème  délicat  ;  il  est  en  efiet  presque  impossible,  quelles  que  soient  les 
méthodes  employées,  d'éviter  une  légère  attaque  de  la  molécule  protéique 
et,  l'ammoniaque  provenant  de  cette  dégradation,  venant  s'ajouter  à  l'azote 
ammoniacal  préexistant,  fausse  les  résultats  d'une  façon  très  appréciable. 
Nous  avons  fait  antérieurement,  avec  la  collaboration  de  M.  H.  Yanden- 
berghe,  des  essais  qui  nous  ont  permis  de  doser  l'azote  ammoniacal  dans  la 
cyanamide  calcique,  d'une  façon  suffisamment  exacte;  nous  avons  donc 
pensé  appliquer  ces  principes  à  la  détermination  de  l'ammoniaque,  en 
présence  des  matières  protéiques,  de  leurs  produits  de  dédoublement,  ainsi 
que  de  queUjues  autres  CQrps  appartenant  également  à  la  fonction  amide, 
et  dont  nous  n'avions  pas  encore  étudié  l'influence  sur  ce  dosage. 

Nous  avons  été  ainsi  amené  à  examiner  l'action  qu'exerce  la  soude 
concentrée,  lorsqu'elle  se  trouve  en  contact  avec  une  solution  d'une  matière 
prot'éique  renfermant  de  l'azote  ammoniacal  libre  ou  combiné;  nous 
nous  sommes  lendu  compte  qu'à  la  température  ordinaire,  l'azote  prove- 
nant de  l'ammoniaque  libre,  des  sels  ammoniacaux  ou  des  aminés,  pouvait 
être  considéré  comme  entièrement  dégagé  au  bout  de  8  heures,  dans  les 
conditions  de  l'expérience.   L'azote  protéique,  au  contraire,  ne  se  libère 

(')  Séance  du  i*""  mai  1922. 


SÉANCE  DU  8  MAI  I922.  Il3g 

qu'extrêmcmeiiL  lentement  ;  quant  aux  amino-acides,  la  soude  ne  possède 
sur  eux  qu'une  action  presque  nulle.  L'atta(]ue  de  la  molécule  protéique 
est  évaluée  à  l'aide  d'un  graphique,  qui  permet  de  tenir  compte  de  l'azote 
organique  dégagé  au  cours  de  l'opération  ('  ). 

Le  dispositif  de  l'appareil  que  nous  préconisons  présente  certaines  analogies  avec 
l'appareil  de  Folin  ( ').  T^'air  aspiré,  à  la  vitesse  d'environ  i5o  à  200  bulles  par  minute, 


S  22 

I  16 

-S 
o 

|io 

•^    4 


, 

B    . 

. — 

-r  " 

^ 

^ 

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/ 

/ 

0      2      ^.      6      8      10      It      It     16     18     20     22     Ih     26     ZÇ,  ,30 
Temps  en  heures 

Abscisses  :  temps  eu  heures. 
Ordonnées  :  Azote  libéré  par  la  soiule,  en  milligrammes. 

barbote  tout  d'abord  dans  une  solution  dacide  sulfurique  étendu,  dans  laquelle  il  se 
débarrasse  des  traces  d'ammoniaque  qu'il  est  susceptible  de  contenir,  puis  il  pénètre 
dans  le  flacon-laboratoire,  où  nous  avons  introduit  au  préalable  i.5""'  de  la  solution  à 
analyser  et  35'='°^  de  soude  à  60  pour  100  (600s  de  soude  pure,  en  plaques,  par  litre). 
A  la  sortie  de  ce  flacon,  le  courant  d'air  entraînant  l'azote  ammoniacal  dégagé  passe 
par  un  tube  recourbé  de  4o'""  de  hauteur,  lequel  est  destiné  à  arrêter  les  projections 


(')  Différents  auteurs  oui  utilisé  dans  leurs  travaux,  des  graphiques  mettant  en 
valeur  les  différences  de  vitesses  de  deux  phénomènes  superposés  de  même  nature 
(soit,  par  exemple,  des  différences  de  \itesses  de  volatilisation,  soit  des  dilTérences 
de  vitesses  de  réaction)  :  M.  Marqueyrol,  Dosage  du  camphre  dans  les  poudres  sans 
fumée  {Annales  de  Chimie  analytique,  l.  IG,  1911,  p.  209).  —  D.  Florentin  et 
II.  Vandenbkrghe,  Méthodes  de  dosage  des  carbures  aromatiques  dans  les  essences 
de  pétrole\Bullelin  de  la  Société  chimique,  t.  27,  1920,  p.  iSg).  —  J.  Froidevaux  et 
H.  Vandenberghe,  Dosage  de  l'azote  ammoniacal  dans  les  engrais  complexes  à  base 
de  cyanamide  calcique  et  de  sels  ammoniacaux  {Journal  «  Chimie  et  Industrie  », 
vol.  k,  n°  o,  1920,  p.  61  ,î), 

(■-)  Cependant,  contrairement  à  cet  auteur,  nous  n'opérons  jamais  à  une  tempéra- 
ture supérieure  à  la  température  ordinaire. 


I24o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

de  soude  qui  pourraient  se  produire,  puis  il  arrive  dans  un  flacon  laveur,  contenant 
un  volume  déternainé  d'acide  sulfurique  décinormal. 

L'opération  dure  environ  3o  heures,  on  l'in Le r rompt,  à  différentes  reprises  et  à 
plusieurs  heures  d'intervalle,  pendant  quelques  minutes,  afin  de  changer  les  flacons 
laveurs,  et  prendre  le  titre  de  la  liqueur  acide  qu'ils  renferment. 

Lorsqu'on  fait  réagir  la  soude,  dans  ces  conditions,  sur  des  matières  protéiques,  il 
sera  facile  d'en  déduire  l'azote  ammoniacal  qu'elles  contiennent.  Il  suffira  de  cons- 
truire les  courbes  représentatives  des  pertes  totales  d'azote,  en  fonction  du  temps,  et 
dont  la  forme  générale  est  représentée  par  le  tracé  ci-dessus. 

La  partie  CD,  de  la  courbe  ABCD,  correspond  à  la  perte  en  azote  ammoniacal,  la 
partie  CB  à  une  perle  d'azote  ammoniacal  et  d'azote  protéique,  la  partie  AB  à  une 
perle  d'azote  protéique.  L'ordonnée  correspondant  aux  points  de  rencontre  des  deux 
droites  AB  et  CD  indique  la  teneur  en  azote  ammoniacal. 

En  suivant  le  mode  opératoire  qui  vient  d'être  exposé,  nous  avons  efiectué  des 
dosages  d'azote  ammoniacal  en  présence  des  corps  menlionnés  dans  le  Tableau  ci-des- 
sous, auxquels  il  avait  été  ajouté  des  quantités  déterminées  de  sulfate  neutre  d'ammo- 
nium : 

Les  essais 
ont  été  elFectués  Azote  ammoniacal 

sur  08,5  de  chacun  SO^NH'')'        — „■ ■ '■ 

des  corps  suivants  :  ajouté.  préexistant.  total.  trouvé. 

g         '  g  g       .  s 

Ovoalbumine.  . o,i4  o,oo34  o,o33i  o,o33i 

Picptone o,io  o,oo34  0,02^6  0,0246 

Tyrosine 0,11  o  o,0233  o,o232 

Tryptophane 0,12  o  o, 025^5  o,0255 

Phénylalanine 0,10  o  0,0212  0,0210 

Chlorhydrate  d'histidinp ..  .  0,09  o  0,0191  0,0191 

Créatine OjOg  o  0,0191  0,0189 

Urée 0,06  o  0,0127  0,0126 

»     o,io  o  0,0212  0,0212 

»  0,12  o  0,02545  0,0255 

»  0,16  o  o,o339  o,o334 

Acide  urique 0,11  o  o,o233  o,023i 

»           o,i3  o  0,0275  0,0272 

»           o ,  1 5  o  o ,  o3 1 8  o ,  o3 1 9 

Cette  méthode  permet  de  tenir  compte  de  l'azote  organique  hydrolyse  pendant  l'opé- 
ration ;  grâce  à  cette  circonstance,  on  peut  donc  considérer  les  résultats  obtenus 
(l'erreur  moyenne  étant  d'environ  ±  o,5o  pour  100  de  l'azote  ammoniacal)  comme 
très  voisins  des  chiffres  théoriques. 


MINÉRALOGIE.    —  Sur  la  becquerélùe,  nouveau  minéral  radioactif. 
Note  de  M.  Alfred  Schoep. 

Certains  morceaux  de  pechblende  prorenanl  de  la  mine  de  Kasolo,  au 
Katang^a  (Congo  belge),   sont  entourés  d'une  croûte  cristalline,  parfois 


SÉANCE  DU  8  MAI  I922.  124l 

assez  épaisse,  de  couleur  jaune  serin  dans  les  parties  directement  en  contact 
avec  la  pechblende  et  se  teintant  d'orange  dans  celles  qui  s'en  écartent 
davantage.  Cette  croûte  est  formée  d'un  minéral  se  clivant  facilement. 
L'état  du  clivage  se  rapproche  de  celui  du  clivage  de  la  calcite. 

Ce  minéral  jaune  remplit  jusqu'aux  moindres  fissures  de  la  pechblende. 
Je  l'ai  trouvé  également  dans  de  petites  cavités  de  celle-ci  à  l'état  de  cris- 
taux assez  bien  formés,  Jiiais  très  petits,  ayant  de  o™™,'!^  à  o"'",oG,  d'un 
jaune  brunâtre,  à  l'éclat  résineux,  à  côté  de  cristaux  de  curite,  de  soddile 
et  de  quelques  rares  aiguilles  d'anglésitc 

L'anal N  se  microchimique  de  ces  cristaux  et  de  la  croûte  cristalline 
révèle  la  présence  de  l'uranium  et  du  plomb.  Ce  dernier  élément,  dans  les 
fragments  de  couleur  jaune  serin,  n'existe  qu'à  l'état  de  traces  infinité- 
simales. 

Je  n'ai  pu  trouver  jusqu'ici  qu'un  seul  cristal  assez  grand  pour  être 
mesuré  au  goniomètre.  Mais  à  l'aide  des  autres  cristaux,  j'ai  pu  déterminer 
<|uelques-unes  de  leurs  principales  propriétés.  Ils  appartiennent  au  système  . 
rhombique  et  possèdent  deux  clivages  parfaits,  suivant /?  (001)  et  sui- 
vant m  (110).  Les  lamelles  de  cUvage  (001)  montrent  une  belle  figure  d'axes 
optiques;  elles  sont  perpendiculaires  à  la  bissectrice  aiguë.  Ces  cristaux 
sont  optiquement  négatifs. 

L'angle  mm  (110)  :  (iîo)  est  \oisin  de  62°  et  l'angle  m^»  (110)  :  (010),  de  59°. 
Une  macle  polysynthélique,  analogue  à  celle  de  l'aragonite,  est  très  fréquente.  Les 
lamelles  (001)  n'ayant  que  quelques  centièmes  de  millimètre  d'épaisseur,  sont 
dichroïques  :  jaune  foncé  suivant  rig.  et  jaune  pâle  suivant  n,„.  Les  deux  indices  de 
réfraction  /i,,  et  n,„  sont  supérieurs  à  celui  de  l'iodure  de  méthylène  employé  et  dont 
rindice  de  réfraction  était  de  1,756.  Les  lamelles  (110)  présentent  un  dichroïsme 
beaucoup  plus  intense,  surtout  lorsqu'elles  sont  très  minces  (o™"',oi);  on  trouve 
alors  qu'elles  sont  incolores  suivant  np  et  jaune,  perpendiculairement  à  /i/,.  J'ai 
trou\é  que  «/,  était  sensiblement  égal  à  i  ,706  et  que  la  biréfringence  était  comprise 
entre  o,oi5  et  0,019. 

L'analyse  chimique  d'une  portion  très  pure  du  minéral  a  donné  : 

AïKilysc  1.  Vnal\sc  '2.  Movcnnes. 

H-O 5,82  5,82  5,82 

UCP 86.33  86,70  86, 5i 

Fe^O-* 0,54  0,54  o,5'f 

PbO ...." 0,29  5,22  5,25 

SiO- 0,98  0,68  o,83 

SO^ i.oo  1,02  1,01 

Total 99 ,  96  99  >  98  99  •  9^^ 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  19.)  ^"-^ 


1242  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Ces  deux  analyses  ont  été  faites  sur  du  minéral  réduit  en  poudre  et  séché  à  loo* 
jusqu'à  poids  constant.  Le  dosage  de  l'eau  a  été  effectué  sur  o?,25o6  ;  celui  de  l'anhy- 
dride sulfurique  sur  os,25o  ;  les  autres  éléments  ont  été  dosés  sur  os,5oo. 

Les  5,82  pour  100  d'eau  trouvés  ne  représentent  qu'une  partie  de  l'eau  contenue 
dans  le  minéral.  Celui-ci,  séché  à  l'air  (  17°  C.)  pendant  plusieurs  jours,  perd  à  l'éluve, 
à  100°,  /il  21  pour  loo  d'eau  après  5  heures  3o  minutes  de  chauffe,  puis  reste  constant. 
Le  minéral  renferme  donc  l\,i\  4-  5,82  =  10, o3  pour  100  d'eau. 

On  peut  considérer  SiO^  et  Fe-0'  comme  des  impuretés  ;  une  partie  de 
PbO  et  SO'  correspondent  à  quelques  aiguilles  d'anglésite  qui  n'ont  pu 
être  éliminées. 

Le  minéral  pur  est  donc  un  hydroxyde  d'uranium  dont  la  composition 
chimique  déterminée  sur  la  poudre  sécliée  à  l'air  donnerait  : 

H^O 10, o3 

UO^ 83.01  ('). 

En  rapportant  ces  chiffres  à  100,  on  trouve  : 

A'oiiilire  moléculaire. 

H^O 10,78  0,598 

UO^ 89,21  o,3io 

ce  qui  conduit  à  la  formule 

U0^2H20. 

Sa  radioactivité  diffère  peu  de  celle  de  la  pechblende. 
Ce  minéral  est  nouveau.  Je  propose  de  lui  dojiner  le  nom  de  becquerélile, 
en  l'honneur  de  A. -Henri  Becquerel. 


GÉOLOGIE.  —  De  V  origine  fluviale  delà  baie  du  Lévrier, 
Note  de  M.  A.  Gruvel,  présentée  par  M.  L.  Mangin. 

La  baie  du  Lévrier,  la  plus  belle  rade  naturelle  de  la  côte  occidentale 
d'Afrique,  dans  laquelle  est  en  train  de  se  développer  le  grand  centre  de 
pêcheries  de  Port  Etienne,  a,  comme  on  sait,  la  forme  d'un  vaste  triangle 
rectangle,  dont  l'hypoténuse  serait  représentée  par  la  ligne  unissant  le 
fond  de  la  baie  de  l'Archimède  au  cap  Saint-Anne,  l'un  des  cotés  de  l'angle 
droit  réunirait  le  cap  Saint-Anne  au  cap  Blanc  et  l'autre  côté  serait  formé 
par  la  réunion  du  cap  Blanc  à  la  baie  de  l'Archimède. 

(')  Correspondant  à  86.5i  pour  100  du  minéral  séché  à  100"» 


SÉANCE   DU   8    MAI    192a.  1243 

Nous  avons  été  parmi  les  premiers  à  faire  connaître  la  constitution  géo- 
logique de  la  "presqu'île  du  cap  Blanc  qui  ferme  la  baie  à  l'Ouest  et,  après 
l'étude  de  la  direction  générale  et  de  la  constitution  de  ses  falaises,  nous 
avions  émis  l'hypothèse  que  cette  magnifique  baie  était  probablement 
l'ancien  estuaire  d'un  grand  fleuve  saharien. 

Mais  les  preuves,  recherchées  cependant  avec  beaucoup  de  ténacité,  nous 
avaient  manqué  jusqu'ici.  Il  nous  avait  été  impossible,  en  effet,  de  retrouver, 
aussi  bien  dans  les  vases  de  la  baie  que  dans  le  sable  des  rives,  un  animal 
d'eau  douce  quelconque,  et  nos  successeurs  dans  ces  recherches  :  notre 
regretté  ami  Chudeau  et  Henry  Hubert,  qui  ont  tant  contribué  à  la  con- 
naissance géologique  de  l'Afrique  occidentale  française,  n'ont  pas  été  plus 
heureux  que  nous. 

Or,  dans  une  magnifique  collection  de  mollusques,  recueillie  avec  beau- 
coup de  peine,  pendant  un  séjour  d^e  quatre  ans  à  Port  Etienne,  par  le 
Médecin  des  Colonies  et  M™*'  Soing,  et  qui  nous  a  été  remise  pour  le  Muséum, 
nous  avons  eu  la  chance  de  rencontrer  quelques  échantillons  sub-fossi/es, 
recueillis  dans  le  fond  de  la  baie  de  l'Archimède,  de  Potamides  fuscatus  L., 
qui  est,  par  excellence,  avec  une  forme  voisine  :  Potamides  radiila  L.,  une 
forme  à' estuaires  africains. 

Le  doute  n'est  donc  plus  possible  et  la  baie  du  Lévrier  est  bien,  comme 
nous  l'avions  supposé  dès  le  début,  l'ancien  estuaire  d'un  grand  fleuve,  tout 
comme,  certainement,  la  baie  du  Rio  de  Oro. 

On  rencontre,  actuellement  vivantes,  dans  l'estuaire  du  Sénégal,  et  en 
très  grande  quantité,  ces  deux  mêmes  espèces  de  Potamides. 

GÉOLOGIE.  —  Sur  la  limite  du  Bathonien  et  du  liajocien  en  Lorraine. 
Note  de  M.  PaulThiéry,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Tous  les  géologues  (')  qui,  jusqu'ici,  ont  étudié  la  région  lorraine  ont 
été  d'accord  pour  considérer  comme  couches  terminales  du  Bajocien  les 
calcaires  à  polypiers  qu'ils  rangent  dans  une  zone  à  C.  llumphriesi  et 
C.  Blagdeni. 

(^)  Terquem  et  JouRDY,  Monographie  de  l'étage  Bathonien  dans  le  département 
de  la  Moselle  {M.  S.  G,  F.,  2''  série,  t.  9,  1869).  —  Rolland  et  Nicklès,  Explication 
de  la  Carte  géologique  de  Metz^  1900.  —  Joly,  Le  Jurassique  inférieur  et  moyen 
de  la  bordure  nord-est  du  Bassin  de  Paris,  1908.  —  Nicklès,  Explication  de  la 
Carte  géologique  de  I^ancy,  191 3. 

Je  ne  mentionne  pas  le  travail  de  Braconnier  dans  lequel  ont  été  établis  des  étages 


1244  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Le  Batlionieii  esL  alors  divisé  en  : 

Bathonien  supérieur  :  Calcaires  oolithiques  (Dalle  dEtain)  passant  laté- 
ralement à  un  faciès  marneux.  Marnes  à  Ostrea  Knorri  surmontant  des 
bancs  puissants  de  calcaires  bleus,  devenant  jaunes  par  altération  et  ren- 
fermant :  ]Vaid/ieimia  lagcnalis,  Perisphinctes proccrus,  Rynchonella  varians . 
A  la  base,  des  marnes  à  Ostrea  acuminata. 

Bathonien  moyen  :  Caillasses  à  Anabacia  orbidi/es  ei  Ostrea  cosiata  sur- 
montant,  dans  la  région  de  Jarn\ ,  une  assise  marneuse  (Marnes  du  Jarnisy) 
à  Waldheimia  ornilhocephala^  Ostrea  acuminata;  au-dessous  existe,  dans  la 
région  de  Metz,  un  assez  grand  développement  de  calcaires  blancs,  à 
oolitlies  miliaires  (Ooiithe  de  Doncourt),  qui  reposent  sur  un  massif  de 
marnes  colorées  avec  grosses  oolithes  ferrugineuses  (Marnes  de  (iiavelotte) 
avec  Ostrea  costata. 

Bathonien  inférieur  :  Calcaires  oolithiques  jaunes,  tendres,  généralement 
sableux  (Ooiithe  de  Jaumont),  surmontés  par  des  alternances  de  calcaires 
durs  lumachelliques  et  de  marnes  parfois  très  fossilifères  avec  Ostrea  aca- 
ndnata  abondantes,  Paridnsonia  Paridnsoni,  Echinobrissus  clunicularis.  Au- 
dessous  de  rOolithe  de  Jaumont  existe  un  niveau  de  marnes,  parfois 
sableuses  (Marnes  de  Longwy),  avec  Ostrea  acaminata. 

Celte  classification  a  été  étabhe  en  partant  du  fait  que  TOolithe  de 
Jaumont  présente  de  fausses  stratifications  semblables  à  celles  que  Ton 
observe  dans  les  Stones/îeld  Siates,  en  Angleterre;  du  moment  qu  il  y  avait 
identité  de  faciès,  il  fallait  rapporter  TOolithe  de  Jaumont  au  FuUersearth, 
bien  que  les  couches  subordonnées  renferment  des  fossiles  qui,  partout 
ailleurs,  sont  considérés  comme  bajociens. 

MM.  Haug  (')et  Lissajous  (-)  ont  fait  observer  qu^lne  partie  des  couches 
du  Bathonien  lorrain  devaient  être  rangées  dans  le  Bajocien  supérieur;  ces 


(désignés  par  des  lettres  et  des  appellations  locales)  (|ui,  le  plus  souvent,  ne  corres- 
pondent pas  à  ceux  qui  sont  employés  courammenl. 

.le  crois  devoir  signaler  l'ouvrage  de  M.  Rollier  :  Les  faciès  du  IJog;^er  ou  Ooti- 
thique  dans  te  Jura  et  les  régions  voisines,  191 1,  dans  lequel  l'auteur  a  créé  bien 
inutilement  un  étage  Batkien,  qui  correspond  au  Bathonien  inférieur  des  géologues 
lorrains,  tout  en  rangeant  l'oolithe  ferrugineuse  de  Bayeux  dans  le  Bajocien. 

(')  Haug,  Les  chaînes  subalpines  entre  Gap  et  Digne  {B.  C.  G.  F.,  t.  3^  1892, 
p.  72). 

(-)  Lissajous,  Couches  à  Ostrea  acuminata  et  Fullers'earth  {B.  S.  G.  F.,  4"  série, 
l.  10,  lyio,  p.  2.56). 


SÉANCE  DU  8  MAI  1922.  1245 

remarques  semblent  être  restées  ignorées  des  auteurs  qui  onl  étudié  la 
région. 

Si  l'on  considère  le  Bajocien  comme  se  terminant  avec  les  calcaires  à  poly- 
piers, cet  étage  présente  une  lacune;  en  rangeant  ces  calcaires  à  polypiers 
dans  une  zone  à  C.  Humphriesi  et  C.  Blagdeni,  on  croit  les  assimiler  à 
Toolithe  ferrugineuse  de  Bayeux  :  il  n'en  est  rien,  car  C.  Eunwhriesi  n'existe 
plus  dans  cet  horizon  et  il  ne  se  trouve  associé  à  C.  Blagcleni  que  dans  la  zone 
à  Wilchellia  Romani.  Les  calcaires  à  polypiers  du  Bajocien  lorrain  se 
trouvent  donc  situés  au-dessous  d'un  horizon  qui  doit  correspondre  à 
Toolithe  de  Bayeux. 

Celle-ci  est  représentée  par  le  Balhonien  inférieur  et  par  une  partie  du 
Bathonien  moyen,  tels  qu'on  les  comprend  actuellement,  ainsi  que  le 
prouvent  les  céphalopodes  recueillis  dans  ces  horizons.  Les  Marnes  de 
Longwy  ont  fourni  :  Cosmoceras  lojigoviciense,  espèce  très  voisine  de  Cosmo- 
ceras  Garanti,  Strenoceras  suhfuvcatum  (  =  niortrnse)^  Stepheoceras  Blagdem. 
Dans  les  Marnes  de  Gravelotte,  situées  au-dessus  de  l'Oolithe  de  Jaumont, 
on  a  recueilli  :  Parlànsonia  Parkinsoni ^  Neuffensisy  Tessoni,  Perisphinctcs  Mar- 
tinsi.  Cette  association  d'ammonites  prouve  bien  que  les  couches  auxquelles 
elles  appartiennent  font  partie  de  la  zone  à  Cosmoceras  Garanti^  c'est-à-dire 
du  Bajocien  supérieur.  Il  y  a  lieu  d'ajouter  que,  dans  la  région  lorraine, 
cette  zone  comporte  souvent,  à  sa  partie  inférieure,  un  horizon  coralligène 
plus  ou  moins  développé  :  c'est  le  calcaire  à  Clypeus  Ploti  et  polypiers,  qui 
est  l'équivalent  des  Clypeus  grit  des  Cotleswolds  ;  quant  au  calcaire  blanc 
qui  surmonte  cet  horizon,  il  correspond  au  white  freestone  du  Dorsel  et  au 
ragstone  de  Cheltenham. 

De  ce  qui  précède,  il  résulte  q-u'on  doit  seulement  faire  commencer  le 
Bathonien  avec  les  Caillasses  à  Anahacin  porpitcs  ('),  Paricinsnnia  Wiirttent- 
hergica,  Prcten  vagans^  Zeilleria  digona,  qui  constituent  le  Bathonien  infé- 
rieur (zone  à  Opptdia  fusca) . 

Quant  au  Bathonien  supérieur  (zone  à  Oppelia  nspidoidcs),  il  comprend 
des  calcaires  blancs  oolilhiques  (Dalle  d'Etain)  à  Pcrisphinctes  snbhackeriœ, 
proceriis,  Lyonsia  peregiina,  Pleuromya  seciiriformis,  Trigonia  elongata, 
Echinohrissus  clunicularis,  qui  passent  latéralement  aux  marnes  et  ovoïdes  à 
Lyonsia pcregrina  de  la  région  deToul.  La  base  de  cette  zone  est  constituée 


(•)  Anabacia  porpites  VV.   Smith    iSiG  {Madreporo)  =  Anabacia  complanala 
Defrance  \^-?.o  {Fiingia)  =  Anabacia  orbuliles  I>amouroux  iSn  (Fiingia). 


1246  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

par  des  marnes  noires  ou  grises  avec  lits  de  calcaires  terreux  ou  de  calcaires 
ferrugineux  renfermant  :  Perisphinctes  proeerus^  Sphaeroceras  Ymir^  Ostrea 
lotharingica  ('),  Rhynchonella  Alemanica  (^),  Waldheimia  lageiialis,  etc. 


GÉOLOGIE.  —  Sur  les  températures  à  différentes  profondeurs  de  la  fosse 
du  Cap-Breton.  Note  de  M.  J.-B.  Charcot,  présentée  par  M.  Pierre 
Termier. 

Dans  une  Note  ('  )  sur  la  formation  du  Gouf  de  Cap-Breton,  M.  Gh.  Gor- 
ceix  regrette  que  des  températures  n'y  aient  pas  été  prises  à  différentes 
profondeurs  avec  des  instruments  fiables. 

Nous  sommes  en  mesure  de  donner  satisfaction  à  M.  Gorceix,  après 
avoir  dépouillé  les  observations  rapportées  par  le  Pourquoi  Pas?  sous  notre 
commandement,  en  juin  1913,  puis  en  juillet  j9i4- 

La  décroissance  de  la  température  en  allant  vers  le  fond,  dans  les  quatre 
coupes  océanographiques  de  191 3  et  les  cinq  de  1914?  est  absolument 
normale  et  régulière. 

En  juin  1913,  la  température  de  surface  étant  de  16*^,  et  en  juillet  1914 
de  21^  dans  les  neuf  observations  des  deux  années,  la  température  à  5o™  ne 
varia  que  de  12",  3  à  12'',  9;  à  100°',  de  11°, 9  à  12*';  à  200'",  de  11", 4 
à  I  i°,6;à  3oo"\  de  11°  à  11'',  4  et  à  650"",  elle  était  de  10°,  4. 

Ces  températures  ont  été  prises,  en  suivant  une  technique  rigoureuse, 
avec  le  même  thermomètre  à  renversement  Richter,  contrôlé  et  étalonné. 
Elles  concordent  avec  les  prévisions  de  M.  Gorceix  et  semblent  confirmer 
sa  thèse. 

Par  contre,  ces  observations  qui  avaient  été  répétées  à  i3  mois  d'intervalle 
pour  mieux  contrôler  les  hypothèses  et  recherches  de  M.  P.-E.  Dubalen, 
permettent  d'affirmer,  grâce  à  la  perfection  des  instruments  employés  et 


(*)  OsLrea  lotharingica  de  Grossouvre  =r  Ostrea  Knorri  Voltz  in  Zieten,  non  in 
d'Orbigny  (voir  de  Grossouvre,  Sur  le  système  oolithique  inférieur  dans  la  partie 
occidentale  du  Bassin  de  Paris  {B.  S.  G.  F.,  3^  série,  t.  15,  1887,  p.  5i6). 

(-)  Les  échantillons  de  Rhynchonella  varians  pris  comme  types  par  Schlotheim 
{Petrefactenkûnde,  1820,  p.  267)  provenant  de  l'Hauterivien,  M.  Rollier  (/oc.  cit., 
p.  218)  a  proposé  de  donner  le  nom  de  R.  Alemanica  à  l'espèce  bathonienne  rap- 
portée à  tort  à  R.  varians  (voir  IIaas  et  Pétri,  Z>«e  Brachiopoden  der  Juraformation 
von  Elsass-Lothringen,  p.  229;  pL  VI,  fig.  i2-i3). 

(^)  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  557. 


SÉANCE    DU    8    MAI    1922.  1 247 

à  la  rigoureuse  méthode,  que  les  anomalies  de  température,  12°  a  3o™ 
et  29°  à  200'"  qui  ont  fait  dire  à  ce  chercheur  que  la  fosse  du  Caj)-Breton 
était  le  prolongement  de  la  faille  à  eaux  chaudes  de  Dax  ('),  provenaient 
vraisemblablement  de  l'emploi  de  thermomètres  défectueux,  ou  d'une 
méthode  insuffisamment  précise,  d'autant  plus  que  quelques-unes  de  nos 
coupes  ont  été  pratiquées  aux  points  indiqués  par  M.  Dubalen  lui-même. 


GÉOGRAPHIE  PHYSIQUE.  —  Le  Wùrmien  dans  les  hautes  vallées  de  la  Cêre 
H  du  Goal  (Cantal).  Note  de  M"''  Yvon.ve  Buisse  de  Black,  présentée  par 
M.  Emile  Haug. 

I^bauché  dès  le  Rissien,  le  réseau  hydrographique,  qui  draine  aujourd'hui 
le  Cantal,  doit  son  creusement  à  Térosion  wiirmienne.  A  la  fin  du  cycle 
de  Wiirm,  les  thalwegs  ont  été  abaissés  à  leur  niveau  actuel  et  même  plus 
bas,  car,  sur  certains  points,  il  y  a  eu  remblaiement.  Cette  érosion  a  été  très 
intense.  Elle  a  poussé  les  têtes  des  ravins  jusque  dans  certains  cirques 
rissions  et  même  mindéliens.  Elle  a,  par  places,  complètement  arasé  les 
reliefs  de  l'aug^e  rissienne. 

Certaines  vallées  ^viirmiennes  du  Cantal  ont  été  occupées  par  des  glaciers  ; 
d'autres  ne  l'ont  pas  été,  d'où  des  profils  très  différents  pour  des  vallées 
parfois  voisines. 

L'auge  wiirmienne  du  (îoul  conserve,  jusqu'à  su  tote,  un  profil  en  V  à 
biseau  très  aigu.  Le  placage  de  boue  glaciaire  de  son  thalweg,  au  pont  de 
Cropières,  est  incompatible  avec  sa  topographie;  sans  doute  s'agit-ii  là  de 
l'elfondrement  d'un  lambeau  de  terrasse  rissienne. 

Le  contraste  entie  la  vallée  du  Goul  et  celle  de  la  Cère  est  frappant. 
L'auge  wiirmienne  de  cette  dernière,  de  Vie  à  Carnéjac,  montre  un  profil 
en  U  des  plus  nets.  En  amont  de  Vie,  par  contre,  les  traces  glaciaires  sont 
peu  évidentes.  On  y  rencontre  deux  cirques  emboîtés  :  le  cirque  rissien  de 
Thiézac,  le  cirque  mindélien  de  Saint-Jac({ues,  qui  ont  dià  servir  de  réser- 
voir névéen  au  glacier  wiirmien  de  la  Cère.  Ainsi  donc,  ce  glacier,  de  type 
alpin,  se  serait  étendu,  sur  une  longueur  de  i5''™,  de  Vie  à  Carnéjac. 

Vers  son  extrémité  inférieure,  il  paraît  avoir  débordé  l'auge  rissienne  et 
atteint  une  puissance  de  près  de  loo'"  (Puy  de  Gaillac).  Le  glacier  a  été 


('  )  P.-E.  DuBALEX,  Eaux  thermales  des  Landes  et  la  fosse  du  Cap-Breton  (Extraits 
des  Procès-verbaux  de  la  Société  linéenne  de  Bordeaux^  janvier  191 2), 


1248  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

arrêté  par  buttement  contre  lextrémité  nord-ouest  de  ce  puy,  (|ui  a  joué,  à 
travers  la  vallée,  le  rôle  d'un  verrou. 

La  structure  de  son  appareil  frontal  présente  plusieurs  particularités 
intéressantes.  Dans  cette  région  existent,  parallèlement  à  la  Gère  et  sur  sa 
rive  gauche,  deux  vallons  décapités  par  la  Gère  rissienne  :  celui  de  Mon- 
teidou  et  celui  de  Vézac;  un  vallon  mindélien  non  décapité,  celui  de  Lagane, 
se  réunit  aux  deux  autres  près  de  Yézac.  Le  glacier  wiirmien  de  la  Gère  a 
envahi,  par  le  haut,  les  deux  premiers  de  ces  vallons  et  édifié  des  moraines 
terminales  sur  les  seuils  qui  les  séparent  de  la  Gère.  La  plus  importante  de 
ces  moraines  est  celle  de  Louradou.  Il  a,  en  outre,  envoyé  un  diverticule 
dans  le  vallon  de  Lagane  et  l'a  obstrué  d'un  tampon  morainique  en  amont 
duquel  s'est  formé  un  lac  temporaire  de  barrage.  A  la  hauteur  de  Garnéjac, 
la  Gère  recevait,  comme  affluent  de  droite,  le  vallon  de  Giou-de-Mamou, 
parallèle,  lui-môme,  à  celui  de  Boussac.  Un  diverticule  du  glacier  wiirmien 
de  la  Gère  ayant  obstrué  par  sa  moraine  la  partie  inférieure  du  premier  de 
ces  vallons,  son  ruisseau  s'est  déversé  dans  le  second  à  la  faveur  d'un  col. 
Il  y  a  là  un  cas  de  migration  très  clair. 

Les  saillies  du  verrou  de  micaschiste  sur  lequel  repose  l'appareil  fronto- 
terminal  ont  été  transformées  en  buttes  moutonnées  (Runhac,  Salés).  La 
moraine  frontale,  mélange  à  éléments  très  frais  de  boue  glaciaire  et  de  blocs 
striés  pouvant  atteindre  s>o'"',  forme  un  rallum  en  arc  de  cercle  de  2  5"'  de 
puissance  et  de  i5oo"  de  développement,  entre  Garnéjac  et  Roquette.  Eu 
amont  s'arrondit  l'amphithéâtre  pré-morainique,  en\ahi  par  des  prés  maré- 
cageux à  fond  plat,  où  la  Gère  déroule  ses  méandres.  Gelle-ci  coupe  la 
moraine  par  un  étroit  chenal  de  25""  de  profondeur,  qui  représente  son 
travail  érosif  post-vs'iirmien.  En  aval  de  la  moraine  frontale  s'étend  en 
éventail  un  cône  de  transition  fluvio-glaciaire  qui  se  prolonge,  dans  le 
bassin  d'Aurillac,  par  les  cailloutis  de  la  basse  terrasse  de  6oo'"  ou  terrasse 
de  la  Ponétie.  Les  moraines  latérales  sont  peu  visibles,  masquées  par  les 
éboulis  des  pentes,  les  rideaux  de  solifluction,  \es  frane.  La  moraine  pro- 
fonde, observable  dans  le  lit  de  la  Gère,  est  une  glaise  blanche,  d'origine 
trachy-phonolithique,  clivée  par  pression. 

Le  glacier  de  la  Gère,  lors  de  sa  fusion,  a  formé  les  moraines  frontales 
de  retrait  de  Polminhac  et  de  (]oml)lat,  qui  correspondent  peut-être  aux 
stades  de  Biihl  et  de  Daun. 

Les  eaux  de  fusion  du  glacier  de  la  Gère  ont  remanié  la  surface  de  ses 
moraines  frontales  et  déposé,  tant  en  aval  de  Garnéjac  qu'entre  cette  loca- 
lité et  Vie,  une  nappe  continue  de  cailloux  roulés,  sur  laquelle  s'étend  un 


SÉANCE    DU    8    MAT    1922.  I2/19 

manteau  de  limon  laccordé  aux  dépôts  des  pentes.  Dans  la  nappe  de  cail- 
loux roulés,  M.  Marty  a  découvert,  à  Arpajon,  des  restes  de  Cheval,  de 
Renne  et  de  Lion  des  Cavernes.  Ces  mêmes  cailloutis  lui  ont  livré,  entre 
Carnéjac  et  Vie,  de  nombreux  silex  aurignaciens,  pointes  à  cran,  becs  de 
canard,  lames  à  dos  rabattu,  etc.  De  la  masse  du  limon,  il  a  retiré  quelques 
lames  magdaléniennes.  La  partie  supérieure  de  limon  lui  a  livré  une  indus- 
trie campignienne,  et,  de  la  tourbe  qui  recouvre  celui-ci,  il  a  extrait  une 
hache  polie  à  section  biconvexe. 

Ainsi,  le  dernier  glaciaire  de  la  vallée  de  la  Cère  s'intercale  stratigraphi- 
quement  entre  les  alluvions  à  silex  chelléo-acheuléens  de  la  terrasse  du 
Bousquet,  qu'il  ravine,  et  les  alluvions  à  faune  du  Renne,  qui  le  recouvrent. 

C'est  là  un  fait  d'une  netteté  absolue  et  du  plus  haut  intérêt.  Il  est  en 
concordance  complète  avec  la  chronologie  de  M.  Boule,  qui  rattache  au 
Moustérien  la  dernière   glaciation  de  l'Europe  occidentale. 


OCÉANOiGrRAPHIE.  —  Distribution  du  calcaire  dans  les  globisèdiments  profonds. 

Note  de  M.  J.  Thoulkt. 

La  distribution  du  calcaire  a  élé  étudiée  sur  109  boudins  de  globisèdi- 
ments profonds  récoltés  par  le  Prince  de  Monaco  dans  la  région  volcanique 
des  Açores,  des  Canaries  et  des  îles  du  Cap  Vert.  On  y  a  dosé  d'abord  les 
éléments  composants,  sable  et  vase,  pai-  lévigalion  et  tamisages,  puis,  après 
une  attaque  à  l'acide  suivie  d'une  nou\elle  analyse  mécanique,  le  sable  el 
l'argile  décalcifiés  ainsi  que  le  calcaire  par  diiVérence.  Les  fins-fins,  pour 
des  motifs  expliqués,  ont  dû  être  joints  à  l'argile  décalcifiée  désignée  alors 
sous  le  nom  de  7'ase  argileuse.  Tous  ces  sédiments  provenaient  de  profon- 
deurs comprises  entre  611'"  et  6o35"'. 

Les  divers  fonds  ont  été,  en  premier  lieu,  classés  à  la  manière  habituelle 
selon  leurs  proportions  respectives  de  sable  et  de  vase  el  ont  donnée  les 
résultats  suivants  : 

Sable  S  =0;  sable  vaseux  SV  =  3;  vase  très  sableuse  ^  tS  —  *>;  vase 
sableuse  VS  =  84  et  vase  V  =  17  échantillons;  total  109. 

La  prédominance  excessive  des  vases  sableuses  empêche  d'adopter  la 
grosseur  des  grains  comme  base  unique  d'une  classification  et  d'une  carte 
lithologique  des  globisèdiments.  Cette  classification  a  néanmoins  son  utilité 
car  l'observation  montre  que  les  variétés  de  fonds  rares  se  rencontrent  le 
plus  souvent  au  voisinage  immédiat  d'un  accident  important  du  sol  sous- 


I230  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

marin  tel  qu'un  centre  d'éruplion  volcanique  ou  d'un  haul-fond  dont  elles 
signalent  ainsi  la  présence. 

Si  l'on  considère  la  teneur  en  calcaire  des'divers  fonds  examinés  et  qu'on 
en  calcule  la  valeur  moyenne  pour  chaque  zone  successive  d'océan  épaisse 
de  1000°^,  entre  611™  et  6000™,  on  trouve  les  valeurs  suivantes  :  Entre 
611"^  et  1000'"  =-41  pour  100;  et  pour  les  autres  zones  de  plus  en  plus 
profondes,  l\6, 4  ;  53,  i  ;  4^,8  ;  68, 8  et  48,6  pour  100. 

La  loi  de  la  diminution  régulière  du  carbonate  de  chaux  avec  la  profon- 
deur est  donc  très  médiocrement  vérifiée  dans  celle  région  volcanique  des 
Açores  où  cependant  les  eaux  du  fond  plus  que  nulle  part  ailleurs  auraient 
chance  d'être  chargées  d'acide  carbonique  au  conlacl  du  sol.  On  sait  que  la 
diminution  du  calcaire  a  été  principalement  attribuée  à  cette  cause. 

En  revanche  le  pourcentage  en  calcaire  permet  de  classer  chacun  d'eux  dans 
l'une  quelconque  des  cinq  catégories  :  I,  faiblement  calcaires  (o-5  pour  100), 
II,  médiocrement  calcaires  (5-23  pour  100),  III,  calcaires  (25-5o  pour  100), 
IV,  très  calcaires  (30-75  pour  100)  et  V,  extrêmement  calcaires  (75- 
100  pour  100),  La  répartition  des  divers  fonds  esl  alors  beaucoup  plus 
régulière,  ce  qui  était  à  prévoir  par  suite  du  calme  des  eaux  profondes.  En 
prenant  cette  donnée  pour  base  d'un  sous-classement  des  globisédiments, 
deux  cartes  lithologiques  sous-marines  ont  été  dressées,  l'une  étant  une 
esquisse  de  la  région  des  Açores  au  ^^J^^^,  la  seconde,  en  quatre  feuilles,  de 
l'archipel  des  Açores  seul,  au  7^7^.  Malgré  l'extrême  inégalité  de  densité 
des  sondages  très  abondants  dans  certains  parages  et  très  espacés  dans 
d'autres,  la  simple  inspection  de  ces  cartes  permet  de  faire  les  remarques 
suivantes  : 

Nulle  part  on  n'a  trouvé  de  fonds  faiblement  calcaires  notés  I. 

Les  autres  fonds  notés  II,  III,  IV  et  V  sont  partout  franchement  et 
souvent  même  très  brusquement  délimités;  ils  possèdent  respectivement 
des  teneurs  en  calcaire  très  voisines,  différant  à  peine  de  quelques  centièmes. 
Sur  l'emplacement  supposé  du  banc  Chaucer,  4  échantillons  sur  un  espace 
de  1°  carré  environ,  de  profondeur  comprise  entre  2700  ~  2180  =  570™  de 
différence  ont  donné  81,  81,  81  et  80  pour  100  de  carbonate  de  chaux  et  le 
fait  semblerait  plutôt  affirmer  l'existence  du  banc.  Au  banc  Hayward 
entre  2419*"  et  690"^  avec  différence  =::i729™,  7  sondages  où  les  sables 
décalcifiés  manifestaient  des  caractères  bien  volcaniques,  ont  fourni  56, 
57,  57,  62,  52,  60  et  57  pour  100  de  carbonate  de  chaux.  Il  en  est  de  même 
à  la  fosse  de  la  Princesse  Alice,  à  la  fosse  de  l'Hirondelle,  au  banc  José- 
phine, à  la  fosse  Monaco,  etc, 


SÉANCE  DU  8  MAI  I923.  I25l 

La  profondeur  ne  semble  donc  pas  avoir  une  influence  très  importante 
sur  la  composition  élémentaire  des  grands  fonds  constitués  essentiellement 
de  calcaire  provenant  des  dépouilles  des  globigérines  vivant  dans  les  eaux 
tout  à  fait  superficielles  sus-jacentes.  En  outre  de  la  preuve  qu'ils  apportent 
du  peu  de  mouvement  des  eaux  profondes,  l'uniformité  de  leur  teneur  en 
carbonate  de  chaux  témoigne  de  l'abondance  plus  ou  moins  grande  mais 
régulière  des  foraminiferes  du  dessus,  c'est-à-dire  de  l'ensemble  plus  ou 
moins  favorable  des  conditions  de  vie  de  ces  êtres  :  température  et  densité 
des  eaux,  nature  du  climat,  etc.  Il  appartient  à  la  zoologie  de  découvrir  ces 
conditions  et  de  les  faire  connaître.  Cette  observation  océanographique 
qu'un  sédiment  marin,  quelle  que  soit  la  profondeur  de  son  gisement,  est  le 
reflet  de  la  surface  qui  lui  est  sus-jacente  intéresse  la  lithologie  des  mers 
anciennes  dont  les  fonds  sont  aujourd'hui  représentés  par  des  couches  de 
roches  stratifiées. 

OCÉANOGRAPHIE.  —  Sur  les  variatiom  de  composition  chimique  de  V eau  de  mer 
et  l' évaluation  de  la  salinité.  Note  de  MM.  Gabriel  Bertrand,  Freuxdler 
et  M"*  MÉNAGER,  présentée  par  M.  A.  Béhal. 

La  salinité  de  l'eau  de  mer,  c'est-à-dire  le  poids  en  grammes  des  sels  tenus 
en  dissolution  dans  un  kilogramme  de  cette  eau,  est  une  donnée  de  grande 
importance,  non  seulement  parce  qu'elle  sert  de  base  dans  l'étude  du  dépla- 
cement des  masses  océaniques,  mais  encore  parce  qu'elle  influe  dans  une 
large  mesure  sur  la  composition  et  sur  l'abondance  du  plankton. 

Malheureusemeot,  il  n'est  pas  possible  de  la  mesurer  directement  par  évapcration 
et  pesée.  Si  Ton  opère  à  froid,  une  quantité  d'eau  variable  est  retenue  par  le  résidu 
hygroscopique  et  l'on  obtient  des  chifTres  trop  forts.  Si  l'on  chaufTe,  les  sels  de  magné- 
sium se  décomposent  et  l'on  obtient,  au  contraire,  des  chifTres  trop  faibles.  On  ne 
peut  pas  songer  à  faire  une  analyse  cliimi([ue  complète  de  l'eau  de  mer  pour  addi- 
tionner ensuite  tous  les  résultais  trouvés  :  la  composition  de  cette  eau  est  trop  cotyi- 
plexe,  les  méthodes  de  dosage  parfois  insuffisantes,  et  l'analyse  serait,  en  tout  cas, 
beaucoup  trop  longue. 

On  a  donc  été  obligé  de  recourir  à  des  moyens  indirects  :  on  détermine,  soit  la  den- 
sité de  l'eau  de  mer,  soit  la  proportion  d'argent  qui  précipite  exactement  les  halogènes 
combinés  et,  dans  la  supposition  d'une  relation  constante  entre  les  chiffres  ainsi 
obtenus  et  la  composition  chimique,  on  calcule  la  salinité  en  se  servant  de  Tables,  en 
particulier  de  celles  publiées  par  Knudsen  ('). 

(*)  Hydrographische  Tabellen,  d'après  les  mesures  de  C.  Forch,  J.  P.  Jacobsen,  . 
M.  Knudsen  et  S.  P,  L.  Sôrensen:  Copenhague  et  Hambourg.  1901. 


1252  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Les  rapports  qui  existent  entre  les  divers  sels  tenus  en  dissolution  dans  la  mer 
sont-ils  assez  constants  pour  justifier  cette  manière  de  faire  ?  Nous  avons  eu  des  rai- 
sons d'en  douter,  malgré  l'opinion  classique,  et  c'est  pour  cela  que  nous  avons  entre- 
pris les  recherches  dont  nous  donnons  aujourd'hui  les  premiers  résultats. 

Ces  résultats  se  rapportent  à  la  différence  de  composition  chimique  rela- 
tive qui  existe  entre  l'eau  de  l'Atlantique  et  l'eau  de  la  Méditerranée. 

Nous  n'avons  pas  dosé  la  plupart  des  éléments  contenus  dans  ces  eaux, 
mais  seulement  les  corps  pour  lesquels,  après  des  expériences  de  contrôle 
sur  des  mélanges  ou  eaux  de  mer  synthétiques,  nous  avons  reconnu  pos- 
sible d'atteindre  un  degré  de  précision  assez  grand  :  l'ensemble  des  halo- 
gènes, le  calcium  et  le  magnésium.  Nous  n'avons  pas  cru  pouvoir  compter 
suffisamment  sur  le  dosage  du  sodium,  et  nous  avons  laissé,  cette  fois,  celui 
du  potassium.  Quant  au  dosage  de  l'acide  sulfurique,  nos  expériences  sur 
les  eaux  de  mer  synthétiques  ont  montré  qu'il  était  trop  largement  influencé 
par  la  masse  des  sels  présents  ('). 

On  connaît  le  grand  degré  de  précision  du  dosage  des  halogènes  par  le  titrage  argen- 
tique.  Pour  établir  celui  des  dosages  du  calcium  et  du  magnésium  par  les  méthodes 
dont  nous  nous  sommes  servis,  nous  avons  opéré  sur  des  eaux  de  mer  synthétiques 
ayant  à  très  peu  près  la  composition  de  l'eau  de  TOcéan.  Voici  les  résultats  que  nous 
avons  obtenus  : 

Calrium  introduit  Différences 

par  litre  Calcium  pour  100 

de    solution.  trouvé.  de    calcium. 

I o",^f)5  08,455  0,0 

Il os,  |56  QK,  455  0,2 

Magnésium  introduit  Diilérences 

par  litre  Magnésium  pour  100 

de  solution.  trouvé.  de  mai;nésium. 

I l",-?.'-2  I»,38o  0,6 

Il J",:<70  i^iSo  0,3 

Nous  avons  alors  appliqué  ces  méthodes  à  l'examen  d'un  échantillon 
récollé  dans  l'Atlantique,  au  large  d'Ouessant,  et  sur  un  échantillon  de  la 
Méditerranée  prélevé  au  large  de  Banyuls.  Nous  avons  trouvé,  par  litre  : 

Atlantique.  Méditerranée. 


Chlore 19^60  ^^0,96 

Calcium 0,410  0,447 

Magnésium i ,  235  i ,  355 


(')   l.es  détails  de  nos  expériences  paraîtront  dans  un  Mémoire  ultérieur 


SÉANCE    DU    8    MAI    1922.  I2.V> 

Si  les  deux  écliantillons  n'avaient  différé  l'un  de  l'autre,  sui\anL  la 
notion  classique,  ([ue  par  la  concentration,  les  mêmes  sels  auraient  dû  s'y 
rencontrer  dans  les  mêmes  rapports  et,  en  passant  de  l'eau  de  rAtlanti(|ue 
à  celle  de  la  Méditerranée,  noiis  aurions  trouvé  dans  cette  dernière,  en  cal- 
culant d'après  le  chlore  : 

Dill'éiences  p.  100 
au  lieu  de  :  fie  iin'-tal. 

Calcium ()S,438  ©s.  44?  2>o 

Magnésium •.  .  .      18,826  18, 355  2.3 

De  telles  différences,  de  beaucoup  supérieures  à  celles  (|ui  peuvent  résulter 
de  l'emploi  des  méthodes  analyti([ues  dont  nous  nous  sommes  servis, 
montrent,  au  moins  en  ce  qui  concerne  l'Atlantique  et  la  Méditerranée,  que 
la  composition  cliimiijue  relative  des  eaux  de  mer  n'est  pas  aussi  constante 
qu'on  l'admet  d'habitude  en  Océanographie  ('). 

Par  suite,  la  méthode  actuelle  d'évaluation  de  la  salinité,  établie  d'après 
une  seule  composition  chimique,  n'est  pas  valable  pour  toutes  les  mers  et 
doit  être  considérée,  en  général,  comme  approximative  (^  ).  Cette  méthofle 
peut  suffire  pour  les  besoins  de  la  pêche  et  de  certaines  recherches  biolo- 
giques; mais,  ne  permettant  pas  de  pousser  avec  certitude  le  degré  d'ap- 
proximation jusqu'à  la  limite  de  précision  atteinte  par  la  prise  de  la  densité 
ou  même  par  le  titrage  des  halogènes,  elle  doit  s'effacer  devant  ces  deux 
déterminations  lorsqu'il  s'agit  d'étudier  les  courants  marins. 


(>)  Il  faut  probablement  étendre  cette  conchision  même  auK  diverses  régions  d'un 
seul  Océan.  D'après  les  analyses  de  Thoulet,  publiées  dans  le  fascicule  2'2  des  Résul- 
tats des  Campagnes  scientifiques  accomplies  par.  Albert  /"  (Monaco,  1902),  et  por- 
tant sur  une  série  d'échantillons  recueillis  dans  l'Atlantique,  les  différences  obtenues 
en  calculant  la  chloruration  à  l'aide  des  Tables  de  I\nudsen.  1°  d'après  le  titrage  à 
l'argent,  et  2°  d'après  la  densité,  varient  de  —08,07  à  -+-05,07  par  litre.  M.  Chevalier 
se  demande  à  celte  occasion  si  ces  écarts  ne  s'expliqueraient  pas  par  «  l'hypothèse^que 
les  eaux,  de  même  densité  ne  contiennent  pas  toujours  la  même  ((uantité  de  chlore  ou, 
en  d'autres  termes,  ne  présentent  pas  exactement  la  même  composition  chimique  ». 

(^)  i:)ans  une  \otice  publiée  dans  le  Bulletin  des  Pèches  de  Madrid  (  juillel-aoùt 
1919),  J.-F.  Hernandez  signale  la  différence  entre  la  densité  réelle  de  l'eau  de  la 
Méditerranée  et  celle  calculée  à  l'aide  des  Tables  de  knudsen  d'après  le  titrage  du 
chlore.  Cette  différence  tient  évidemment  à  ce  que  les  Tables  ont  été  établies  d'après 
une  composition  chimique  ne  s'appliquant  pas  à  l'eau  de  la  Méditerranée. 


1254  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


PALÉONTOLOGIE.  —  La  faune  villa frcinchienne  des  Sables  de  Chagny 
{Saône-et-Loire) .  Note  (')  de  M.  Lucien  Mayet,  transmise  par 
M.  Gh.  Depéret. 

Depuis  le  moment  où,  en  1893,  Ch.  Depéret  décrivait  de  façon  détaillée 
la  faune  pliocène  des  Sables  de  Chagny  (-),  trois  espèces  sont  venues 
s'ajouter  à  celles  déjà  signalées  dans  cet  important  dépôt  alluvial  :  Trogon- 
therium  Cuneri  Fischer,  Elephas  planifrons  Falconer,  Cerviis  aivernensis 
Croizet  et  Jobert. 

Trogontheriiim  Cimeri  est  représenté  par  une  demi-mandibule  droite 
figurée  par  Ch.  Depéret  sous  le  nom  de  Castor  issiodorensis  Croizet  et 
Jobert;  par  une  demi-mandibule  gauche  provenant  d'un  lambeau  des 
Sables  de  Chagny  existant  à  Curtil  près  Pommard;  par  un  fémur  droit 
trouvé  dans  ce  même  gisement.  L.  Collot  a  montré  (^)  que  ces  divers 
ossements  fossiles  devaient  être  rapportés  à  Trogontherium  Cimeri  Fischer. 

Elephas  planifrons.  —  A  cette  mutation  ancienne  du  rameau  phylétique 
se  terminant  par  E.  meridionalis  Nesti,  se  rapporte  le  squelette  mis  au 
jour  à  Bellecroix,  près  Chagny,  en  juin  1920  et  sur  lequel  nous  avons, 
avec  MM.  Pierre  Nugue  et  J.  Dareste  de  La  Chavanne,  attiré  l'attention 
de  l'Académie  (');  une  dernière  molaire  inférieure  droite  donl  le  moulage 
est  au  musée  de  Beaune  (original  dans  la  collection  du  regrellé  D^"  Loy- 
dreau);  une  dernière  molaire  inférieure  droite  conservée  à  FEcole  Natio- 
nale des  Mines  et  diverses  autres  dents  trop  incomplètes  pour  qu'il  puisse 
en  être  fait  état. 

Cervus  arvernensis  est  cité  d'après  un  fragment  de  bois  trouvé  au  contact 
du  squelette  d'iS".  planifrons  de  Bellecroix.  Le  type  de  ce  grand  cerf 
élaphoïde  est  du  Pliocène  le  plus  récent,  sinon  du  Pléistocène  le  plus  ancien 
d'Auvergne  :  Perrier?,  Malbattu,  près  Issoire.  Sur  notre  pièce  de  Chagny, 
qui  comprend  la  meule,  le  bas  de  la  perche  et  l'origine  du  premier 
andouiller,  se  retrouvent  les  caractères  de  l'espèce  :  bois  rond,  sillonné, 
avec  premier  andouiller  prenant  naissance  au  contact  de  la  meule,  ayant 

(')  Séance  du  i'^''  mai  1922. 

(^)  DelafoNd  et  Depéret,  Les  terrains  tertiaires  de  la  Bresse  (Paris,  Imprimerie 
Nationale,  1898). 

(')  Revue  Bourguignonne^  t.  16,  1906,  n°  3e 
(*)  Comptes  rendus,  t.  171,  1920.  p.  3o8, 


SÉANCE   DU    8    MAI    1922.  1255 

une  disposition  proclive  tout  à  fait  caractéristique,  car  il  se  trouve  déjeté 
vers  le  bas,  en  avant,  presque  parallèlement  au  front  de  l'animal. 

La  liste  des  espèces  constituant  la  faune  des  Sables  de  Gbagny  se  pré- 
sente actuellement  comme  suit  : 

Equus  Stenonis  Cocchi.  —  Tapiras  arvernensis  Croizet  el  .loberl  (  =:  T.  inlcrnie- 
c^<«5  Jourdan  ;  T.  Vialetti  Xymdirà',  T.  minor  Gervais).  —  Hhinoceros  etruscus  Fal- 
coner.  —  Cervus  {A.ris)  pardinensis  Croizet  et  Jobert.  —  Cervus  {Elaphus)  aiver- 
nensis  Croizet  et  JoberL  {=  C.  jRoberti  Pomel;  C.  polignacus  Robert).  —  Cervus 
{Elaphus)  etueriarum  Cioizel  et  Jobert.  (=:C.  rusoides  Pomel).  —  Cervus  (Ela- 
phus) perrieri  Croizet  et  Jobert.  —  Cervus  iCapreolus)  cusanus  Croizet  et  Jobert 
(=:  C.  platycerus  Pomel;  Cervulus  cusanus  de  Serres;  Cervus  buladensis  Depérel). 
—  Cervus  {Polycladus)  Douvillei  Depéret.  —  Gazella  burgundina  Depéret.  — 
Bos  {Leptobos)  elatus  Croizet  et  Jobert.  —  Mastodon  arvernensis  Croizet  et  Jobert 
{^=1  Anancus  macroplus  Aymard;  Mastodon  dissimilis  Jourdan).  —  Mastodon  Bor- 
soni  Hays  {=  M.  vellavus  Aymard;  ?J/.  Vialetli  Aymard).  —  Elephas  planifrons 
Falconer  {=:  E.  meridionalis  Nesti  pro  parte).  —  Trogontherium  Cuvieri  Fisclier 
(zn  Castor  issiodorensis  Croizet  et  Jobert  pro  parte:  C  plicidens?  Forsyth  Major, 
espèce  non  décrite  psfr  cet  auteur).  —  U.  arvernensis  Croizet  et  Jobert  {-^z  E.  mini- 
mus  Devèze  et  Bouillet;  U.  minutus  P.  Ger\ais).  —  Hyaena  perrieri  Croizet  el 
Jobert  (r=:  H.  topariensis  Major).  —  Machairodus  crenatidens  Fabrini  (=r  M.  sain- 
zelli  Aymard). 

Par  celle  faune  nombreuse  de  Mammifères,  l'âge  villafranchien  dessables 
de  Chagny  se  trouve  confirmé  de  façon  précise.  Ils  se  parallélisent  bien  avec 
les  alluvions  ponceuses  de  Perrier  et  leurs  affinités  paléomammalogiques 
sont,  malgré. la  présence  de  certaines  espèces  à  tendance  évolutive  vers  le 
Pleistocène,  nettement  pliocènes. 

Aussi  nous  paraîl-il  difficile  d'admettre  l'opinion  récemment  exprimée 
par  M"""  "ïvonne  de  Boisse  de  Black  (*),  qui  regarde  la  faune  de  Perrier 
comme  étant  une  faune  de  passage  du  Plaisancien  à  l'Astien  et  celle  de 
Ghagny,  comme  une  faune  de  passage  de  l'Astien  au  Sicilien. 

Ces  deux  faunes  sont  contemporaines.  Elles  caractérisent  l'une  et  Tautre 
des  alluvions  sensiblement  de  même  âge  et  qui  appartiennent  au  Villafran- 
chien. 


(')   Comptes   rendus  de   la  Société  géologique  de   France,    ii    novembre    19^1, 
p.  201. 


1256  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

CHIMIE  BIOLOGIQUE.  —  Influence  du  sélénium  sur  l'évolution  végétale,  en 
présence  ou  en  l'absence  de  radioactivité.  Note  de  M.  J.  Stoklasa, 
présentée  par  M.  L.  Maquenne. 

Pour  étudier  cette  question  nous  avons  employé  la  méthode  de  culture 
en  solutions  aqueuses.  Les  plantes  étant  placées  d'ailleurs  dans  les  condi- 
tions les  plus  favorables,  nous  avons  examiné  l'inlluencé  qu'exercent  sur 
leur  développement  et  la  production  de  la  chlorophylle  les  sélénites  et  les 
séléniates  alcalins,  dans  des  liqueurs  nutritives  chargées  ou  non  d'éma- 
nation. 

Dans  les  expériences  dont  nous  allons  parler,  la  concentration  en  sélé- 
nium a  varié  de  5.IO  %  io"%  5.io~%  io~%  5.io"%  io~^  et  5.  lo-' jusqu'à 
lo'^^  d'atome-gramme  par  litre  de  solution  ;  celle-ci  fut  renouvelée  tous  les 
(|uinze  jours  pour  éloigner  les  produits  de  réduction  qui  s'y  formaient. 

On  a  étudié  spécialement  six  espèces  différentes  :  Hordeum  distichurn, 
Zea  maïs,  Polygonum  fagopyrum^  Vicia  Jaha,  Soja  hispida  et  Lupinus 
angustifolius. 

Le  seul  examen  des  cultures  décèle  immédiatement  Tinfluencc  dépri- 
mante du  sélénium,  le  sélénite  de  sodium  se  montrant  toujours  plus 
toxique  que  le  séléniate.  Il  arrive  même  (juc  la  production  végétale  est 
augmentée  par  les  très  faibles  doses  de  séléniate  de  sodium,  par  exemple 
S.io"""  et  jusqu'à  lo  "  P. M.  par  litre  ;  il  se  produit  là  un  effet  stimulant  qui 
a  élé  surtout  sensible  avec  le  mais. 

L'action  toxique  augmente  d'intensité  à  mesure  que  la  concentration  en 
sélénium  devient  plus  forte;  avec  o,oi  d'atome-gramme,  sous  la  forme  de 
sélénite  de  sodium,  dans  i'  de  solution  nutritive,  le  maïs,  le  sarrasin,  la 
fève  et  le  lupin  dépérissent  peu  à  peu  et  finissent  par  mourir. 

Pour  reconnaître  l'influence  de  la  radioactivité  sur  le  développement  de 
nos  plantes,  nous  avons  opéré  de  la  même  manière  que  dans  notre  étude 
de  la  germination;  chaque  pot  de  culture  renfermait  3500*"'  de  liqueur 
nutritive,  normale  ou  additionnée  d'eau  radioactive,  à  raison  de 

i4M.E.  =  o"'s,oooou56 

de  radium  par  plante  et  par  jour.  Toutes  choses  étant  égales  d'ailleurs,  les 
expériences  se  trouvaient  être  ainsi  rigoureusement  comparables. 

Les  nombres  inscrits  dans  le  Tableau  suivant  font  connaître  les  poids  de 
matière  végétale  élaborée  dans  ces  conditions  par  dix  sujets  semblables 


SÉANCE    DU    8    MAI    I922.  12.57 

en  12  à  16  semaines  de  culture,  dans  des  liqueurs  renfermant  5.io-*  P. M. 
de  sélénite  de  sodium  par  litre,  dose  reconnue  antérieurement  nuisible  en 
Tabsence  d'émanation. 

Durée  Sans  Avec 

de  Icxpérieiicc.        émanation.         émanation. 

Hordeum  distichani 99  J*^"'"^  ^'^ '°9  00, oZ 

Zeamais f  i  >•      >'  66,20  ii4,6o 

Polygonuin  fagopyriim 84     »  o,36  5, 06 

Lupitius  angustifoliua 99     *'  ^'^^  21,89 

Vicia  faba 99     >'  ^'^  •  '  "  ^^  'Q"^' 

Ces  résultats  sont  très  instructifs;  ils  nous  montrent  que  la  radioactivité 
du  milieu,  entretenue  journellement  à  i4  M.  E.,  soit  o™^ooooo56  de 
radium  par  plante,  neutralise  presque  complètement  la  nocivité  du  sélénite 
de  sodium  sur  les  plantes  en  voie  d'accroissement.  C'est  le  même  effet  que 
nous  lui  avions  déjà  reconnu  au  cours  de  nos  recherches  sur  la  germma- 
tion  et  Ton  peut  l'attribuer  de  même  à  une  influence  oxydante  de  l'éma- 
nation, qui  changerait  le  sélénite  en  séléniate;  il  nous  semble  pourtant  que 
cette  explication  n'est  pas  suffisante  et  qu'à  côté  de  cette  action  il  doit  se 
produire  d'autres  phénomènes  capables,  même  en  présence  de  sélénium, 
d'activer  les  échanges  intracellulaires,  avec  ou  sans  chlorophylle. 

Il  est  intéressant  de  remarquer  que  la  toxicité  du  bioxyde  de  sélénium 
est  beaucoup  plus  puissante  que  celle  du  bioxyde  de  soufre.  A  la  dose 
de  o^°\ooi  pour  100  d'anhydride  sélénieux  tous  les  sujets  expérimentés 
sont  morts  en  une  ou  deux  heures,  tandis  qu'avec  l'anhydride  sulfureux  ils 
n'étaient  que  peu  attaqués.  A  la  lumière,  le  bioxyde  de  sélénium,  à  la  con- 
centration de  o^°',ooo5  pour  100,  est  moins  actif  qu'à  l'obscurité  :  la 
chlorophylle  ne  se  détruit  plus  aussi  facilement  et  la  photosynthèse  ne 
s'amoindrit  pas  autant  qu'avec  une  dose  égale  d'anhydride  sulfureux,  qui 
est  déjà  fort  nuisible.  L'explication  de  cette  différence  est  simple. 

A  la  suite  de  nombreuses  recherches  nous  avons  reconnu  que  le  sélénium 
absorbé  par  la  plante  y  est  ramené,  sous  l'influence  de  la  lumière,  à  l'état 
de  corps  rouges  de  nature  colloïdale  (le  sélénium  élémentaire  n'est  pas 
nuisible  à  la  végétation);  la  cellule  vivante  à  la  lumière  et  particulièrement 
sous  l'influence  de  la  radioactivité,  possède  donc  la  faculté  de  réduire  et 
par  conséquent  de  rendre  inoffensives  les  combinaisons  solubles  du  sélé- 
nium. Nous  avons  fait  à  ce  sujet  des  expériences  tout  à  fait  démonstratives 
dans  des  milieux  contenant  des  sélénites  ou  des  séléniatos,  avec  ou  sans 
émanation,  à  la  lumière  et  à  l'obscurité. 

C.  R.,  "^22,  i"  Semestre    (T    i"4.  N"  19  )  -^ 


1258  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

En  résumé,  rémanation  du  radium  exerce  une  action  des  plus  avan- 
tageuses sur  la  synthèse  végétale  qui,  à  la  lumière,  se  traduit  notamment 
par  la  disparition  à  peu  près  complète  des  propriétés  toxiques  du  sélénium. 

Nous  nous  proposons  d'étudier  d'une  manière  plus  approfondie  les 
curieux  efTets  photochimiques  que  produit  le  sélénium  en  présence  du 
radium. 


CHIMIE  PHYSIOLOGIQUE.  —  Sur  l'équilibre  suocr/iciel  du  sèruni  el  de  ceitaincs 
solutions  colloïdales.  Note  de  M.  V\  Leco.hte  du  IVouy,  présentée  par 
M.  Charles  Richet. 

Dans  une  première  Note  nous  avons  résumé  les  résultats  obtenus  en  mesu- 
rant à  de  courts  intervalles,  de  Tordre  de  la  minute,  la  tension  superficielle 
d'une  même  couche  liquide,  et  nous  avons  signalé  l'action,  dans  de  cer- 
taines conditions,  de  substances  colloïdales  organiques,  principalement  du 
sérum,  sur  la  cristallisalidn  de  NaCl. 

La  même  technique  nous  a  permis  d'étudier  un  phénomène  contraire;  à 
savoir  le  rétablissement  de  la  tension  superficielle  du  sérum  et  d'autres 
solutions  après  l'abaissement  causé  par  l'addition  d'une  substance  fortement 
surface-active. 

Lorsqu'on  ajoute  à  du  sérum  une  petite  quantité  d'oléate,  de  glycocho- 
late  ou  de  taurocholate  de  soude,  en  poudre  ou  en  solution,  la  tension  super- 
ficielle s'abaisse  brusquement,  de  60  à  38  dynes  par  exemple,  mais  remonte 
immédiatement,  aussitôt  qu'un  certain  minimum  est  atteint.  L'appareil 
dont  nous  nous  servons  permettant- des  mesures  de  3o  en  3o  secondes  et 
même  moins,  nous  avons  pu  établir  la  courbe  du  phénomène,  qui  res- 
semble aux  courbes  typiques  d'adsorbtion.  En  'quelques  minutes,  la  tension 
initiale  est  rétablie,  et  souvent  momentanément  dépassée.  Ensuite,  la  chute 
normale,  en  fonction  du  temps  se  produit,  en  général,  moins  considérable 
qu'elle  ne  l'eût  été  sans  l'adjonction  de  substance  étrangère. 

Ce  phénomène,  transporté  dans  l'organisme,  devient  un  phénomène  de 
défense,  lorsque,  dans  la  jaunisse,  d'importantes  quantités  de  glycocholate 
et  de  taurocholate  de  soude  sont  répandues  dans  le  sang.  Une  hémolyse 
fatale  se  produirait  si  la  tension  n'était  pas  rétablie  rapidement  par  cette 
action  antagoniste  des  particules  colloïdales.  Cette  action  du  sérum  a  déjà 
été  signalée  par  quelques  auteurs,  sans  qu'aucune  explication  de  son  méca- 
nisme ait  été  donnée. 


SÉANCE    DU    8    MAI    1922.  IsSg 

Le  phénomène  diminue  en  l'onction  de  la  dilution,  et  devient  très  peu 
sensible  pour  une  dilution  du  ^^,  lorsque  la  concentration  de  roléatc  de 
soude  est  7^^-  Les  courbes  sont  de  la  forme  y  =  «6*-^,  et  en  général 
parallèles  pour  le  même  animal,  lorsqu'elles  sont  portées  sur  papier  semi- 
logarithmique.  La  chaleur  (sérum  chauffé  à  56°)  affecte  le  phénomène  en 
augmentant  la  vitesse  de  rétablissement  au  début,  puis  en  la  diminuant  de 
telle  sorte  (|ue  la  courbe  représentant  le  rétablissement  d'un  sérum  chauffé 
coupe  celle  du  sérum  non  chauffé,  entre  la  cinquième  et  la  dixième  minute, 
en  général,  et  demeure  finalement  bien  au-dessous  de  celle-ci. 

En  faisant  les  mêmes  expériences  avec  des  solutions  de  gomme  arabique, 
de  gélatine,  d'albumine  d'œuf,  en  se  plaçant  dans  les  conditions  conve- 
nables, on  observe  les  mêmes  faits,  mais  moins  marqués. 


PSYCHOLOGIE.  —  Élude  des  temps  de  réactions  psycho-motrices  tactiles 
chez  C homme  normal.  Note  de  MM.  P.  Béjiague  et  J.  Bevxe,  présentée 
par  M.  Charles  Richet. 

L'appareillage  pratique  que  nous"  avons  réalisé  pour  eff^ectuer  la  mesure 
des  réactions  psycho-motrices,  détermine: 

1°  Des  excitations  suffisamment  éloignées  du  seuil  pour  obtenir  le  temps 
de  réactions  minimal; 

2°  Des  excitations  dont  la  quaUté  et  la  quantité  demeurent  fixes; 

3°  Des  excitations  auditives  et  visuelles  relativement  intenses; 

4°  Des  excitations  tactiles  qui,  d'une  part,  sont  produites  de  manière  à 
ne  mettre  enjeu  que  la  sensibilité  cutanée  pure,  à  l'exclusion  des  sensi- 
bilités profondes,  et  qui,  d'autre  part,  sont  assez  fortes. 

Dans  ces  conditions  expérimentales,  nous  avons  examiné  un  grand 
nombre  d'hommes  de  18  à  25  ans,  paraissant  entièrement  normaux  à  tous 
l<-s  points  de  vue.  Sur  chaque  sujet,  dix  déterminations  au  moins  ont  sefv'i 
à  établir  une  moyenne  arithmétique  pour  chaque  nature  d'excitation. 

Les  durées  des  réactions  psycho-motrices  visuelles,  auditives  et  tactdes, 
chez  ces  sujets,  sont  représentées  par  les  courbes  suivantes. 

Il  ressort  de  ces  courbes  que,  chez  nos  sujets,  les  temps  de  réaction  se 
répartissent  dans  certaines  zones  et. que  les  zones  correspondant  aux  temps 
les  plus  fréquemment  observés  s'étendent: 

Pour  les  réactions  visuelles,  entre  1 5  et  19  centièmes  de  seconde; 

Pour  les  réactions  auditives,  entre  i3  et  16  » 

Pour  les  réactions  tactiles,  entre  18  et  21  » 


niai  jBSlKÎSSSt  ■*■■•■•■  •<  '\  -r  Jiaai  lattiiSl 

i||liliiili!l|Siii[l 


i»»»iss»:»BR»;  h:::»»;  t  :»  j:»i:s»^ 


«jaMSrSSâSi.ÎMÏSÎM  •■•«Zïf'îiSi  ■••  \i.àâiîi'âMSSfS«S*3S3SS  tSM 

SkiSHs"  tSSaStSââSSjT  iSàâSââiS  •■^'t  «•£««  'SkSi 

SBi'v'ï ••■>>*••<•••  ••MÎap»  ■■■•i.Msua:  •■■■ 


Courbe  I.  —  Temps  de  réacLions   psyclio-moliices 
visuelles. 


Courbe   11. 


Temps   de  réactions  psycho-molrices 
auditives. 


En  abscisses  :  les  temps  de  réaction   en  centièmes  de  seconde.  En   ordonnées  :  le  nombre  des  Jsujets 
donl  les  temps  de  réactions  correspondent  aux  durées  exprimées  en  abscisses. 


Courbe  111.  ^—  Temps  de  réactions  psycho-motrices  tactiles. 
En  abscisses  :  les  temps  de  réaction  en  centièmes  de  seconde.   En    ordonnées  :   le   nombre  de 
sujets  dont    les   temps    de    réactions   correspondent    aux    durées    exprimées   en    abscisses. 
Trait  plein  :  excitations  par  pinceau.  Trait  interrompu  :  excitations  par  marteau. 


SÉANCE   DU    8   MAI    1922.  1261 

L'un  de  nous  a  déjà  montré  combien  ces  notions  de  zone  des  temps  de 
réaction  le  plus  souvent  observés  étaient  mieux  adaptées  à  l'utilisation 
pratique  que  celle  de  la  moyenne  des  temps  -,  nos  graphiques  montrent 
précisément  que  la  moyenne  arithmétique  ne  s'inscrit  pas  nécessairement 
au  centre  de  la  zone  des  durées  les  plus  fréquentes. 

Pour  ce  qui  est  des  réactions  visuelles  et  audilives,  nos  résultats  sont  très 
comparables  à  ceux  qui  ont  été  déjà  recueillis. 

Les  résultats  des  expériences  relatives  à  la  durée  des  réactions  tactiles 
peuvent  se  répartir  en  deux  groupes  :     ' 

L'un,  dont  les  durées  moyennes  des  temps  de  réaction  oscillent  autour 
de  i±  de  seconde  (Camus   et  Nepper,   Maublanc  et  Ratié,   Guillain   et 

Ambard); 

L'autre,  comprenant  les  temps  de  réaction  dont  les  moyennes  arithmé- 
tiques ^  de  seconde  (Piéron,  Kiésovv,  Herlitzka). 

Nous  nous  sommes  efforcés  de  réaliser  des  excitations  tactiles  purement 
cutanées,  en  utilisant  comme  excitant  un  pinceau  effleurant  la  peau;  dans 
ces  conditions  nos  temps  de  réactions  tactiles  se  sont  répartis  dans  une  zone 
comprise  entre  18  et  21  centièmes  de  seconde,  avec  une  valeur  moyenne 
de  19,06,  très  voisine  de  celle  du  deuxième  groupe  d'expériences. 

Par  contre,  lorsque  nous  avons  employé  comme  excitant  une  masse  cho- 
quant un  plan  osseux,  nous  avons  retrouvé  des  valeurs  de  temps  de  réac- 
tions se  rapprochant  nettement  de  celles  du  premier  groupe. 

Cette  différence  systématique  d'environ  5  à  6  centièmes  de  seconde  entre 
les  deux  groupes  de  résultats  est  d'interprétation  difficile. 

Nous  pensons  qu'il  s'agit  d'une  différence  imputable  à  ce  que,  dans  les 
expériences  du  professeur  Herlitzka  (')  comme  dans  les  nôtres,  les  excita- 
tions ne  mettent  certainement  en  jeu  que  la  sensibilité  cutanée  pure.  Et  la 
durée  de  f;^  de  seconde  représenterait  alors  la  moyenne  des  temps  de  réac- 
tions «  tactiles  vraies  ». 

Cette  hypothèse  aurait  pour  elle  les  données  actuelles  de  la  neuuo- 
logie  qui  ont  établi  combien  sont  distinctes  Tune  de  l'autre  les  sensibilités 
cuUnée  et  profonde.  Nombreux  sont  les  malades  qui  présentent  une  sensi- 
bilité yj/'o/o/^^e  très  altérée  avec  une  sensibilité  cutanée  intacte  (non-percep- 
tion des  vibrations  d^un  diapason  et  sensation  nette  des  flocons  d'ouate)  et 


vice  versa. 


De  l'ensemble  de  nos  recherches  il  paraît  résulter  que  : 


(')   Les  excitations  tactiles,  réalisées  dans  nos  expériences  par  le  frôlement  d'un 
pinceau,  l'étaient  dans  le  dispositif  du  professeur  Herlitzka  par  un  courant  d'air. 


1^62  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

1°  La  mesure  des  réactions  psycho-motrices  exige  un  déterminisnie 
expérimental  rigoureux,  reaidant  comparables  entre  elles  les  expériences 
effectuées  par  des  observateurs  différents;  en  particulier  les  excitations  de 
contact,  suivant  qu'elles  sont  faibles  et  ne  mettent  en  jeu  que  la  sensibilité 
cutanée,  ou  fortes,  excitant  tous  les  modes  sensitifs,  provoquent  des  réactions 
de  durées  nettement  différentes; 

2°  Les  valeurs  physiologiques  des  temps  de  réactions  oscillent  non  point 
de  part  et  d'aulie  d'une  moyenne,  mais  dans  une  zone  un  peu  plus  étendue 
que  ne  le  ferait  croire  la  notion  de  «  temps  moyen  »  ;  el  dans  cette  zone 
certaines  valeurs  moins  fréquentes  semblent  néanmoins  physiologiques; 

3"  Les  valeurs  des  temps  de  réactions  chez  un  même  sujet  sont  moins 
fixes  que  ne  l'ont  admis  certains  auteurs  et  présentent  des  évolutions  légères 
à  l'intérieur  de  la  zone  physiologique,  suivant  les  jours  et  les  heures;  de  ce 
fait  les  réactions  psycho-motrices  rentrent  dans  la  loi  générale  des  fonctions 
biologiques. 


ZOOLOGIE.  —  Sur  Vonlogenêse  des  Poissons  Scomhri formes  apparlenanl 
à  la  famille  des  Luvaridés.  Note  de  M.  Louis  Houle,  présentée 
par  M.  Bouvier. 

Cette  famille  a  été  créée  par  Gill  (1879),  aux  dépens  des  Stromateidés, 
pour  Liwarus  imperialis  Rafinesque,  espèce  bathypélagique  rare  de  la 
Méditerranée  et  de  la  région  atlantique  européo-maurilanique.  On  doit 
adjoindre  à  cette  espèce  Astrodermiis  elegans  Risso,  qui,  rangée  parmi  les 
Coryphénidés,  n'est  autre  cependant,  selon  Giglioli  et  Day  (1880-1884), 
qu'une  forme  jeune  de  l'espèce.  Les  individus  que  j'ai  eu  l'occasion  d'étu- 
dier récemment  me  permettent  de  compléter  la  documentation  enlogé- 
nitique. 

A.  La  phase  la  plus  jeune  est  offerte  par  une  larve  appartenant  à  la  collection 
recueillie  dans  ses  croisières  par  S.  A.  S.  le  Prince  de  Monaco  (Station  1786, 
année  1904;  filet  à  grande  ouverture,  o-5oo™;  Archipel  des  Canaries,  non  loin  de 
Palnia).  Cette  larve,  transparente,  mesure  seulement  7™™  de  longueur.  Elle  présente 
toutefois  ceriaines  particularités  caraclérisliques  de  !'es|)èce  :  corps  conipiime  laiéia- 
lement,  bouche  petite,  dorsale  à  28  rayon.-,  anale  à  i-  rajons.  La  dorsale  et  Tanale 
SDnt  confluenles  à  la  caudale;  les  nageoires  pelviennes  consistent  en  ébauches  minus- 
cules, distantes  de  l'anus.  La  nageoire  dorsale  commence  au-dessus  de  la  part  posté- 
rieure de  la  tète. 

B.  La  phase  suivante  mérite,  à  mon  avis,  d'être  distinguée  par  le  terme  coryphé- 
niforme,  en   raison  de  la  persistance  de  la   disposition  larvaire  qui  place  le  début  de 


SÉANCE  DU  8  MAI  1922.  1263 

la  nageoire  dorsale  au-dessus  de  la  tèle,  comme  chez  les  Coryphénidés.  L'individu 
s'accroîl  fortement  pendant  cette  phase,  et  revêt  progressivement  les  caractères  de 
l'adulte.  La  caudale  s'isole,  devient  autonome,  se  munit  de  son  pédoncule  caudal 
caréné.  L'anus  se  rapproche  des  pelviennes  et  s'écarte  à  cet  efïet  du  début  de  l'anale. 
Les  téguments  se  couvrent  de  leurs  fines  scutelles,  donnant  à  la  peau  un  aspect  ru- 
gueux. Cette  phase  comprend  trois  périodes  successives  : 

1°  La  première  d'entre  elles  est  celle  que  Day  a  déjà  figurée  par  un  dessin  au  trait. 
J'ai  eu  l'occasion  d'en  étudier  un  représentant,  pris  à  Nice  en  septembre  1921,  que  le 
Musée  d'Histoire  naturelle  de  cette  ville  m'avait  confié  pour  le  déterminer.  Il  mesure 
loS"™  de  longueur  totale.  Ses  caractères  essentiels  lui  sont  donnés  par  sa  pigmenta- 
tion et  par  la  conformation  de  ses  nageoires  pelviennes.  Le  tronc  est  entièrement 
recouvert  de  nombreuses  taches  noires,  circulaires,  presque  égales,  rappelant  celles 
clés  Lamprididés  par  leur  disposition.  Chacune  des  pelviennes  est  munie  d'un  long 
rayon  étiré  en  filament  qui  s'étend  en  arrière  jusqu'au  niveau  du  pédoncule  caudal. 
Cette  période  peut  donc  se  qualifier  comme  phase  cor yphénifornie  tachetée  à  longues 
pelviennes.  La  nageoire  dorsale  compte  23  rayons,  et  l'anale  17. 

2"  La  période  suivante  difl'ère  de  la  précédente  par  la  réduction  des  pelviennes  en 
longueur.  C'est  elle  que  les  auteurs  ont  décrite  sous  diverses  appellations,  dont  la  plus 
correcte  est  celle  d'Astrodermus  elegans  Risso.  Valenciennes  (i833)  en  a  donné  une 
excellente  description,  accompagnée  d'une  bonne  figure.  L'individu  décrit  par  lui, 
conservé  dans  les  collections  du  Muséum  national  d'Histoire  naturelle,  mesure  343°"" 
de  longueur  totale.  La  qualification  en  serait  de  phase  coryphéniforme  tachetée  à 
courtes  pelviennes.  La  nageoire  dorsale  porte  de  22  à  23  rayons,  et  l'anale  17  ou  18. 

3°  La  troisième  et  dernière  période  de  cette  phase  se  caractérise  par  la  disparition 
des  taches  pigmenlaires.  L'individu  revêt  alors  la  livrée  de  l'adulte,  dont  il  difière 
encore  par  l'extension,  en  avant,  sur  la  moitié  antérieure  du  corps,  des  nageoires  dor- 
sale et  anale.  Sa  qualification  serait  de  phase  coryphéniforme  non  tachetée  à  courtes 
pelviennes.  Les  Collections  du  Muséum  en  contiennent  deux  exemplaires,  dont  le 
plus  petit  mesure  4i5™™  de  longueur  totale,  et  le  plus  fort  620"™.  Le  premier  porte 
23  rayons  à  la  dorsale  (2  +  21),  alors  que  le  second  n'en  a  plus  que  19  (5  +  14)  avec 
une  anale  dont  les  quatre  premiers  rayons  ont  diminué. 

C.  L'individu  passe  ensuite  à  la  forme  définitive  adulte,  tout  en  continuant  à 
grandir,  et  revèl  la  structure  caractéristique  de  Luvarus,  dont  les  quelques  exem- 
plaires connus  mesurent  i""  à  i™,5o  de  longueur.  Les  parties  antérieures  des  nageoires 
dorsale  et  anale  ont  cessé  de  croître,  de  telle  sorte  que  ces  nageoires  finissent  par  être 
représentées  seulement  par  leurs  régions  moyenne  et  terminale,  reléguées  dans  la 
moitié  postérieure  du  tronc  et  munies  seulement  de   i3  ou  i4  rayons  bien  développés. 

Cette  remarquable  famille  des  Luvaridés,  outre  ses  particularités  si 
spéciales  de  structure,  montre  donc,  par  surcroît,  dans  son  ontogenèse, 
des  dispositions  tout  aussi  intéressantes.  D'abord,  les  jeunes  individus 
commencent  par  ressembler,  non  pas  à  leurs  reproducteurs  adultes,  mais 
aux  représentants  d'autres  familles  de  Scombriformes,  les  Coryphénidés  en 
premier  lieu,  puis  les  Lamprididés  et  les  Stromatéidés .  Ensuite  la   meta- 


1264  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

morphose,  qui  leur  donne  progressivement  Taspect  définitif,  est  de  durée 
fort  longue,  car  ses  principales  étapes  ont  lieu,  non  pas  chez  l'alevin  de 
première  jeunesse,  mais  chez  des  êtres  assez  avancés  dans  leur  développe- 
ment pour  qu'on  ait  pu  les  considérer  comme  formant  un  genre  distinct 
dans  une  autre  famille  que  la  leur. 


ANATOMIE   PATHOLOGIQUE.     —    Sur  ihistogénèse   des  épithéliomas  baso- 
cellulaires.  Note  de  M.  F.  Ladreyt,  présentée  par  M.  Charles  Richet. 

D'une  façon  générale,  on  considère  l'assise  épidermique  basale  comme 
la  matrice  des  épithéliomas  baso-cellulaires  ;  la  cytologie  et  l'évolution  de 
ces  néoplasmes  nous  permettent-elles  d'accepter,  sans  restrictions,  cette 
conclusion? 

A  côté  des  lobules  et  des  tubes  caractéristiques  des  épithéliomas  malpi- 
ghiens,  j'ai  observé,  dans  plusieurs  cancers  cutanés,  des  groupements  cellu- 
laires dont  la  morphologie  et  l'évolution  sont  assez  particuhères  :  je  les 
désigne  provisoirement  sous  le  nom  de  formations  atypiques.  Dans  cer- 
taines régions,  les  plages  atypiques  —  amas  et  tubes  compacts  ou  centrés 
par  une  cavité  que  limite  une  paroi  unie  ou  pluristratifiée  —  sont  localisées 
dans  des  alvéoles  conjonctives  et  réalisent  le  schéma  général  du  carcinome; 
d'autres  fois,  les  éléments  épithéliomateux  constituent  des  masses  volu- 
mineuses ou  des  traînées  d'infiltration  dont  les  éléments  arrondis,  globu- 
leux, fusiformes,  etc.,  sont  assez  comparables  aux  cellules  des  épithéliomas 
baso-cellulaires.  J'ajoute  qu'il  existe  tous  les  intermédiaires  entre  les  élé- 
ments très  polymorphes  et  les  cellules  cylindriques,  cylindro-cubiques. 
polyédriques,  etc.,  dont  sont  constitués  certains  amas  atypiques  au  début 
de  leur  évolution  néoplasique.    ' 

Quelle  que  soit  leur  morphologie,  les  éléments  des  amas  atypiques  pré- 
sentent un  chondriome  localisé,  sous  forme  de  grains  ou  de  courts  bâton- 
nets, dans  le  voisinage  immédiat  du  noyau  ou  à  la  base  de  la  cellule;  cet 
appareil  est  donc  très  difïerent  du  chondriome  basai  ou  malpighien  auquel 
les  filaments  d'Erxheimer  confèrent  un  faciès  si  caractéristique.  On  ne 
saurait  objecter  que  le  chondriome  des  éléments  atypiques  pourrait  être 
un  appareil  milochondrial  épidermique  modifié  par  le  processus  cancé- 
reux :  les  épithéliomas  spino-cellulaires  ne  possèdent-ils  pas  un  chon- 
driome épidermique  typique?  Les  seules  formations  auxquelles  il  nous 
soit  permis  de  comparer  les  chondriosomes  des  éléments  atypiques  sont 


SÉANCE  DU  8  MAI  1922.  1265 

les  granulations  et  les  bâtonnets  qui  constituent  le  chondriome  des  appa- 
reils pilo-glandulaires.  D'autre  part,  si,  au  début  de  leur  cancérisation, 
les  amas  et  tubes  atypiques  présentent  tous  les  caractères  cytologiques  des 
organes  pilo-glandulaires,  à  la  fin  de  leur  développement,  leur  morpho- 
logie se  modifie  à  un  tel  point  que  ce  n'est  plus  à  ces  formations  que  nous 
pouvons  les  homologuer,  mais  aux  cellules  dont  sont  constitués  les  épithé- 
liomas  baso-cellulaires. 

En  résumé^  l'appareil  pilo-glandulaire  de  la  peau  donne  naissance  à  des 
formations  néoplasiques  dont  la  cytologie  et  l'évolution  rappellent  si  étroi- 
tement la  morphologie  et  le  développement  des  éléments  qui  constituent 
les  épithéliomas  baso-cellulaires  que  nous  croyons  pouvoir  considérer 
l'épithélioma  baso-celfulaire  comme  un  des  types  néoplasiques  le  plus 
habituel  des  cancers  pilo-glandulaires. 

A  côté  des  types  néoplasiques  épithéliaux  et  conjonctif,  se  différencient, 
dans  r hypoderme  périkystique,  des  masses  adipeuses  dont  l'ensemble  pré- 
sente tous  les  caractères  d'un  fibro-lipome.  1^'étiologie  de  cette  néofor- 
mation me  paraît  relever  d'une  sorte  de  suractivité  trophique  consécutive  à 
la  «  surdilatation  »  vasculaire  d'origine  inflammatoire  provoquée  vraisem- 
blablement par  le  voisinage  des  néoplasmes  épithéliaux  et  conjonctif. 

Les  phénomènes  qui  traduisent  l'évolution  cancéreuse  et  hyperplasique 
de  la  paroi  kystique  et  de  l'hypoderme  périkys.tique  semblent  présenter 
une  filiation  naturelle  :  c'est  ainsi  qu'une  phase  irritative  caractérisée  par 
la  dyskératose  mono  et  pluricellulaire,  la  dégénérescence  hyaline,  les 
réactions  vasculo-conjonctives,  etc.,  paraît  précéder  la  différenciation  de 
l'épithélioma  malpighien  comme  l'hyperplasie  des  appareils  pilo-glandu- 
laires, l'infiltration  lympho-conjonctive,  la  dilatation  et  la  congestion  vas- 
culaire, etc.,  constituent,  semble-t-il,  les  phases  prénéoplasiques  du  lym- 
phocytome  dermique  ou  prénéoformatives  du  fibro-lipome  hypodermique. 


MICROBIOLOGIE.  —  Contribution  à  l'étude  de  la  culture  in  vitro 
du  virus  de  la  vaccine.  Note  de  M.  Harry  Plotz,  présentée  par  M.  Roux. 

Depuis  que  Jenner  attira  en  1798  l'attention  sur  l'importance  de  la  vacci- 
nation antivariolique,  de  nombreuses  tentatives  ont  été  faites  pour  cultiver 
le  virus  de  la  vaccine.  En  dehors  de  son  intérêt  propre,  la  culture  de  be 
virus  aurait  l'avantage  de  supprimer  les  infections  secondaires  dues  aux 
microbes  contenus  dans  la  pulpe  vaccinale. 

C.  R.,  1922,  !•»  Semestre.  (T.  174,  N*  19  )  9^ 


1266  ACADÉMIE    DES    SCIENCES.      * 

Au  cours  des  recherches  que  nous  avons  entreprises  avec  M.  Besredka 
sur  le  mécanisme  de  l'infection  et  de  l'immunité  dans  la  vaccine,  il  a  été 
observé  le  fait  suivant  :  chez  le  lapin  inoculé  avec  de  la  pulpe  vaccinale,  sur 
une  grande  étendue  de  la  peau,  on" constate,  au  bout  de  quelque  temps,  la 
présence  du  virus  dans  le  cerveau.  La  propagation  du  virus  ne  pouvant 
s'effectuer  que  par  la  voie  sanguine,  nous  avons  essayé  de  le  cultiver,  en 
prenant  comme  point  de  d-épart  le  sérum  du  hipin  inoculé. 

Sur  la  peau  épilée  de  l'abdomen  d'un  lapin  neuf,  lavée  à  l'eau  savonneuse, 
on  pratique  de  multiples  incisions  superficielles.  On  frictionne  ensuite  la 
peau  avec  quelques  gouttes  de  pulpe  vaccinale  ou  mieux  encore  avec  de  la 
pulpe  non  glycérinée.  Après  72''-96^,  le  lapin  est  saigné  à  blanc,  et  son 
sérum  est  porté  à  la  dose  de  2'™'-3''™',  dans  des  tubes  à  essai  renfermant  le 
milieu  de  Smith-Noguchi. 

Ce  milieu,  réparti  en  tubes  de  20*^™  de  longueur  et  de  i*^°^,5  de  diamètre, 
est  préparé  avec  du  bouillon  glucose  à  i  pour  100  et  un  gros  fragment  de 
rein  exsangue,  fraîchement  prélevé  chez  un  lapin  neuf.  Les  tubes  renfer- 
mant 10'™'  de  liquide,  recouverts  d'une  bonne  couche  d'huile  de  vaseline, 
sont,  après  ensemencement,  portés  à  l'étuve  à  Sq^-^o^  G. 

Les  réensemencements  sont  fails  dans  10"™'  d'un  milieu  composé  d'un 
mélange  de  sérum  de  lapin  normal  (une  partie)  et  de  bouillon  glucose 
à  I  pour  100  (trois  parties),  renfermant  un  fragment  de  rein  de  lapin  fraî- 
chement prélevé  et  recouvert  également  d'une  couche  d'huile  de  vaseline 
de  3'''"'  de  hauteur.  Chaque  réensemencement  est  fait  avec  i"""'  de  liquide. 

Au  bout  de  2/4  heures  d'étuve,  le  milieu  devient  opalescent;  Je  léger 
nuage  du  début  s'épaissit  dans  les  trois  à  cinq  jours  qui  suivent.  Parfois 
on  n'aperçoit  rien  à  Fœil  au  commencement;  ce  n'est  qu'au  cours  des  réen- 
semencements qu'une  opalescence  nette  apparaît.  Laissé  à  la  température 
du  laboratoire,  le  milieu  s'éclaircit  el  forme  au  fond  du  tube  un  précipité 
blanc  assez  abondant. 

C'est  surtout  dans  ce  précipité,  étalé  sur  lame,  séché  à  l'étuve  et  coloré 
pendant  5  minutes  à  chaud  au  bleu  de  Lôffler,  que  l'on  peut  quelquefois 
voir,  à  l'examen  microscopique,  de  toutes  petites  formes  rondes,  sorte  de 
cocci,  tantôt  isolés,  tant  réunis  en  amas.  Ces  cocci  mesurant  o^^,  2  à  o^,3  ne 
prennent  pas  le  Gram.  On  ne  distingue  rien  de  net  à  l'ultramicroscope. 

Inoculées  au  niveau  de  la  peau  du  lapin,  les  cultures  du  cinquième  passage 
ainsi  obtenues  produisent  des  lésions  comparables  à  celles  que  donne  la 
pulpe  vaccinale  :  après  quatre  à  cinq  jours  d'incubation,  on  voit  apparaître 
de  petits  nodules  qui  ne  tardent  pas  à  devenir  rouges,  puis  à  se  transformer 


SÉANCE    DU    8    MAI    1922.  l  ^t)7 

en  pustules  avec  centre  cratériforme-,  la  lésion  se  dessèche  dans  la  suite, 
se  desquame;  puis  la  peau  reprend  son  aspect  normal.  Les  pustules  ont 
d'ordinaire  3°"^  de  diamètre;  nous  en  avons  vu  qui  avaient  jusqu'à  S*^™. 
Des  pustules  caractéristiques  ont  été  obtenues  avec  du  liquide  dilué  à  77^. 
Des  lésions  typiques  ont  été  obtenues  au  niveau  de  la  cornée  chez  le  lapin 
et  chez  le  cobaye  :  l'œil  devient  enflammé,  l'ulcération  apparaît,  et  la  cornée 
devient  trouble  et  le  demeure  pendant  une  quinzaine  de  jours. 

Lorsqu'on  injecte  un  peu  de  culture  dans  la  veine  d'un  lapin  neuf  et  que 
Ton  rase  ensuite  la  peau  du  ventre,  en  se  conformant  au  procédé  mdiqué 
par  Calmette  et  Guérin,  on  voit  apparaître  une  éruption  caractéristique. 
Sur  coupes,  la  lésion  cutanée,  aussi  bien  que  celle  de  la  cornée,  ne  diffère 
en  rien  de  celles  produites  par  inoculation  de  la  lymphe  vaccinale  :  dans  les 
deux  cas  on  voit  apparaître  une  zone  inflammatoire  avec  des  corpuscules  de 
Guarnieri. 

Bien  que  ces  lésions  obtenues  avec  les  cultures  diffèrent  un  peu  par  leur 
aspect  de  celles  que  domie  l'inoculation  de  la  pulpe  vaccinale,  nous  estimons 
que  nous  avons  affaire,  quand  même,  à  la  culture  du  virus,  pour  les  deux 
raisons  suivantes  : 

1°  Les  animaux  ayant  reçu  de  la  culture  au  niveau  de  la  peau  ou  de  la 
cornée,  sont  vaccinés  vis-à-vis  du  virus  de  la  pulpe  vaccinale; 

2«»  Le  sérum  des  lapins  injectés  avec  de  la  culture  donne  une  réaction  de 
fixation  positive  en  présence  de  l'antigène  préparé  avec  de  la  pulpe  vacci- 
nale. 

Il  a  été  fait  jusqu'à  présent  i4  passages  de  tube  à  tube,  tous  strictement 
anaérobies.  Il  semble  de  quelques  expériences  faites  avec  des  cultures  du 
dixième  passage,  que  leur  virulence  est  diminuée  en  comparaison  avec  celles 
des  premiers  passages. 

Notons  que  le  sérum  du  lapin  qui  servit  de  point  de  départ  à  tous  les 
ensemencements  en  série  est  incapable  par  lui-même  de  donner  lieu  à  une 
lésion,  lorsqu'il  est  inoculé  à  la  peau  ou  à  la  cornée.  Force  nous  est  donc  de 
conclure  que  le  virus  contenu  dans  ce  sérum  donne  lieu  à  de  véritables  cul- 
tures dans  le  milieu  que  nous  avons  employé.  Il  nous  reste  à  voir  si,  pour 
obtenir  la  culture  du  virus,  on  ne  saurait  trouver  des  conditions  plus  favo- 
rables. 


M.  R.  deBouy,  de  Poitiers,  adresse  un  Mémoire  de  M.  Des  Perrières, 


1268  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

un  de  ses  ancêtres,  daté  du  20  novembre  1770,  intitulé  :  Projet  d'un  bâtiment 
de  mer  pouvant  naviguer  entre  deux  eaux.  (Présenté  par  M.  L.  Bertin.) 

La  séance  est  levée  à  16  heures  et  quart. 

É.  P. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 


Ouvrages  reçus  dans  les  séances  d'avril  1922  {suite). 

Semicentennial  publications  of  the  University  of  California,  1868-1918  : 

—  Tlie  binary  stars,  by  Robert  Grant  Aitken.  NeAv-York,  Douglas  G.  Me.  Murtrie, 
1918;  I  vol.  23'='". 

—  Catalogue  of  the  heiniplera  of  america  north  of  Mexico.,  excepting  the  aphi- 
didœ,  coccidœ  and  alearodidœ,  bj  Edward  P.  Van  Duzee.  Berkeley,  University  of 
California  press,   1917;  i  vol.  26''™. 

—  Electrical  phenomena  in  paraUel  conductors.  Vol.  I  :  Eléments  of  trans- 
mission., by  Frederick  Eugène  Pernot.  New-York,  John  Wiley,  1918;  i  vol,  24'^'". 

—  The  fondamental  équations  of  dynamics  and  ils  main  coôrdinate  septems 
vectorially  trealed  and  illwitrated  from  rigid  dynamics,  by  Frederick  Slate.  Ber- 
keley, University  of  California  press,  1918;  i  vol.  22"^™. 

—  The  gaine  birds  of  California.,  by  Joseph  Grinnell,  Harold  Child  Brvant  and 
Tragy  Irvlv  Storiîr.  Barkeley,  University  of  California  press,  1918;  i  vol.  26°'". 

—  Logarithme  of  hypirbolic  fanctions  to  twelve  significant  figures.,  by  Frederick 
Eugène  Pkrnot  and  Baldwin  Munger  Woods.  Berkeley,  University  of  California  press* 

1918  ;  I  vol.  26"=". 

—  The  physical  chemistry  of  the  proteins.,  by  Brailsford  Robertson.  New -York, 
Longmans,  Green  and  Co.,  1918;  i  vol.  23"=™. 

—  7he  theory  of  the  relalivity  of  motion.,  par  Richard  C.  Tolman.  Berkeley,  Uni- 
versity of  California  press,  1917;  i  vol.  24*"". 

—  Typhoid  fever,  cousideréd  as  a  problem  of\scientific  medicine^  by  Frederick 
P.  Gay.  New-York,  The  Macmillan  Company,  1918;  i  vol.  24'='". 

—  Studies  of  the  nebulœ  made  at  the  Lick  Observatory,  University  of  California, 
at  Mount  Hamilton,  California  and  Santiago,  Chile.  University  of  California  press, 
1918;  I  vol.  3i'='". 

—  Miscellaneaus  studies  in  agriculture  and  biology.  University  of  California 
press,  1919;  I  vol.  26*=™. 

{A  suivre.  ) 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE   DU   LUNDI   lo   MAI    1922. 


PRESIDENCE  DE  M.  Albin  H  ALLER. 


MEMOIRES  ET  COMMUNICATiOiNS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE 

\[.  le  Président  souhaite  la  bienvenue  à  M.  Waddell,  Correspondant 
pour  la  Section  de  Mécanique,  qui  assiste  à  la  séance. 


PHYSIOLOGIE  VÉGÉTALE,    —    Influence  de  la  chaux  sur  le  rendement  des 
graines  pendant  la  période  germinative .  Note  de  MM.  L.  Maquenxe  et 

R.   CERIOnELLI. 

On  sait,  d'après  les  recherches  de  MM.  Maquenne  et  Demoussy  ('),  que 
le  calcium  est  indispensable  à  la  germination  normale;  des  quantités  même 
très  faibles  de  cet  élément  suffisent,  par  exemple,  à  tripler  la  longueur  des 
racines  de  pois  dans  l'espace  de  6  jours,  temps  au  bout  duquel  l'évolution 
est  complètement  arrêtée  dans  l'eau  pure. 

Dans  le  présent  travail  nous  nous  sommes  proposé  de  confirmer  ces 
premiers  résultats  par  des  mesures  pondérales  et,  pour  cela,  nous  avons 
employé  les  mêmes  méthodes  qui  ont  été  antérieurement  décrites. 

Les  graines  étaient  d'abord  soigneusement  triées,  puis  pesées,  soit  par 
lots  de  lo  lorsqu'elles  étaient  bien  homogènes,  soit  une  à  une  dans  le  cas 
contraire;  ensuite,  après  plusieurs  lavages  et  trempage  dans  l'eau  stérile 
pendant  24  heures  (les  graines  de  maïs  ont  été  préalablement  stérilisées 
par  immersion  d'une  demi-heure  dans  le  sublimé  à  2  pour  1000),  elles  étaient 
mises  à  germer  sur  du  sable  mouillé  d'eau  pure  (préparée  au  réfrigérant  de 
quartz  et  conservée  dans  le  quartz  ou  le  platine). 


(•)  Comptes  rendus,  t.  164,  1917,  p.  979,  et  t.  165,  1917,  p.  45. 

C.  R.,  1932,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  20.)  9^ 


1270  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Après  deux  ou  trois  jours  de  germination,  à  l'obscurité,  vers  20",  12  de 
ces  graines,  qui  avaient  alors  une  radicule  de  lo"""  à  20""",  choisies  parmi 
les  plus  semblables,  étaient  enfin  placées  individuellement  sur  autant  de 
tubes  de  quartz,  dont  six  étaient  remplis  d'eau  pure  el  les  six  autres  d'une 
solution  de  sulfate  de  chaux  à  lo™^  par  litre. 

Les  cultures  ont  porté  sur  les  graines  de  pois  gris,  de  blé,  de  lentille,  de 
capucine,  de  radis,  de  sarrasin  et  de  maïs;  elles  ont  été  continuées,  toujours 
à  l'abri  de  la  lumière  et  à  la  même  température  de  20°,  jusqu'au  moment 
où  les  plantules  avaient  cessé  de  s'accroître  dans  les  tubes  à  sulfaté  de 
chaux;  dans  l'eau  pure  tout  développement  s'était  déjà  depuis  longtemps 
arrêté,  l'évolution  des  graines  dans  un  pareil  milieu  ne  pouvant  se  pour- 
suivre que  pendant  cinq  à  six  jours. 

A  la  fin  de  chaque  expérience,  on  mesurait  la  longueur  des  pousses 
formées,  puis  on  les  séparait  de  la  graine  et  on  les  pesait,  après  dessiccation 
dans  l'étuve  à  110°,  en  même  temps  que  ce  qui  restait  des  réserves  non 
utilisées  (y  compris  les  téguments). 

Connaissant  le  poids  initial  des  graines,  supposées  sèches,  on  avait  ainsi 
tous  les  éléments  du  calcul  nécessaire  pour  faire  connaître  la  perte  de 
poids  globale  qu'elles  avaient  subie  au  cours  de  la  germination,  ainsi  que 
leur  rendement  en  matière  végétale,  évalué,  soit  par  rapport  au  poids  pri- 
mitif de  la  semence,  soit  par  rapport  à  la  perte  de  poids  des  cotylédons  ou 
de  l'albumen.  C'est  cette  dernière  sorte  de  rendement  que  M.  Mazé  avait 
en  vue  dans  ses  Recherches  sur  le  mode  d'utilisation  des  aliments  ternaires  par 
les  végétaux  et  les  microbes  (  '  ). 

Parallèlement  à  ces  premières  expériences,  mais  pour  quelques  graines 
seulement  (pois  gris,  lentilles,  radis),  nous  avons  poursuivi  les  germina- 
tions en  soucoupes  sur  du  sable  additionné  d'eau  pure  on  d'une  solution 
étendue  de  sulfate  de  chaux  (i™^  SO^Ca  par  soucoupe  renfermant 
10  graines);  les  mesures  en  longueur,  les  pesées  et  les  calculs  ont  été  exé- 
cutés de  la  même  manière  que  ci-dessus. 

Nos  résultats  sont  exposés  dans  les  deux  Tableaux  suivants,  l^e  Tableau  I 
a  pour  unique  intérêt  de  vérifier  à  nouveau,  en  les  étendant  à  de  nouvelles 
espèces,  les  conclusions  déjà  formulées  par  MM.  Maquenne  etDenioussy  ;  le 
Tableau  II  fait  connaître  les  pertes  centésimales  de  poids  et,  calculés 
comme  il  vient  d'être  dit,  les  rendements  en  matière  végétale  des  graines 
soumises  à  la  germination. 

(*)  Ann.  Inst.  Pasteur^  t.  16,  1902,  p.  204. 


SÉANCE   DU    l5    MAI    1922. 


I2'-I 


I.  —  Longueur  des  pousses  dans  Veau  pure  ou  additionnée 
de  10"»^  SO'Ca  par  litre. 

L'urée  Itaciiies  Tiges  ou  a\es 

expériences.       siinsCaO.  ave(:r.a(J.     sansGaO.  avecCaO. 
mm  mm  mm  mm 

Pois  gris  sur  l'eau 20  jours  3-  io5  18  i45 

»         sur  sable 10  »  28  65  18  34 

Lentilles  sur  leau 12  »  28      ^        07  17  3i 

'>          sur  sable 11  »  2.j  oi  18  25 

Radis  sur  l'eau 11  »  i\  65  iq  67 

))      sur  sable. . 8  »  \.>  36  14  17 

Capucine  sur  l'eau 12  »  26  57  27  "5 

Blé  sur  l'eau .  -^ 20  »  4^  288  86  1 74 

Sarrasin  sur  l'eau. . i4  "  18  09  4-+  111 

Maïs  sur  l'eau 24  »  42  77  80  124 

L'aclion  favorisanle  de  la  chaux  se  manifeste  parloul  avec  une  égale 
énergie  et  particulièrement  sur  l'élongalion  des  racines  qui,  à  ces  très 
faibles  concentrations,  sont  plus  sensibles  que  les  tiges  (').  Il  semble  donc 
bien  qu'elle  présente,  comme  on  pouvait  le  prévoir,  une  grande  généralité. 

II.  —  Rendement  des  graines  en  matière  végétale  sèche. 

Uendement 
pour  lOU 
Rendement  de  la  perte 

Perte  pour  100  pour  100  de  poids 

du  poids  initial     du  poids  initial         des  réserves 

des  sans        avec  sans        avec  sans        avec 

expériences.  Ca  G.       CaO.  CaO.      Ca<>.  CaO.       Ca(J. 

Pois  gris  sur  l'eau 20  jours  12  27  i4  33  53  55 

»         sur  sable 10  »  10  i3  12  17  53  56 

Lentilles  sur  l'eau 12  »  11  10  9  16  45  62 

»         sur  sable if  »  20  20  n  16  36  44 

Radis  sur  l'eau 1 1  »  7  17  22  4i  76  ~i 

«      sur  sable 8  »  16  18  22  28  58  56- 

Capucine  sur  l'eau....  12  »  8  i3  i5  28  65  64 

Blé  sur  l'eau 20  »  24  33  27  46  53  58 

Sarrasin  sur  l'eau i4  »  27  87  24  29  4"  44 

Maïs  sur  l'eau 24  »  n  6  10  i  i  48  64 


(')  La  quantité  de  chaux  contenue  dans  nos  solutions  correspondait  à  environ  J^  de 
celle  que  renferme  l'eau  de  source  à  Paris,  après  ébullition  et  filtralion  :  quantité  du 
même  ordre  de  grandeur  que  celle  qui  se  trouve  dans  l'eau  pure,  après  chauffage  dans 
un  vase  de  verre. 


1272  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Par  l'examen  de  ces  nombres  nous  avons  été  conduits  à  formuler  les  con- 
clusions suivantes  : 

1°  D'une  manière  générale,  la  perte  globale  est  plus  grande  pour  les 
graines  venues  en  présence  de  chaux  que  pour  celles  qui  ont  germé  sur 
l'eau  pure.  Il  devait  bien  en  èlre  ainsi,  car  cette  perte  est  due  à  la  respiration, 
naturellement  plus  active  là  où  les  nouveaux  organes  présentent  le  plus 
grand  développement.  Le  mais  semble  faire  exception  à  celte  règle,  mais  il 
faut  remarquer  que,  sans  doute  à  cause  des  dimensions  de  sa  graine,  son 
évolution  s'arrête  à  un  stade  beaucoup  moins  avancé  que  pour  les  autres 
espèces,  ce  qui  rend  la  comparaison  incertaine. 

2°  Le  rendement  rapporté  au  poids  sec  initial  est  toujours  beaucoup  plus 
fort  pour  les  cultures  faites  en  présence  de  chaux  que  pour  celles  faites  dans 
l'eau  pure. 

3**  Quant  aux  rendements  rapportés  à  la  perte  de  poids  des  réserves,  ils 
sont  très  variables,  ce  qui  est  conforme  aux  anciennes  observations  de 
M.  Mazé.  Pour  le  pois,  le  blé,  la  lentille  et  surtout  le  maïs  qui,  comme  nous 
venons  de  le  dire,  est  un  peu  exceptionnel,  les  rendements  sont  plus  élevés 
en  présence  de  chaux,  ce  qui  semble  indiquer  une  meilleure  utilisation  des 
matières  de  réserve;  mais,  à  part  encore  le  maïs,  les  différences  sont  peu 
importantes.  Pour  la  capucine,  le  radis  et  le  sarrasin,  elles  s'observent  en 
sens  inverse,  mais  toujours  assez  faibles  pour  qu'on  puisse  les  rapportera, 
des  erreurs  expérimentales  ou  à  des  influences  physiologiques,  les  deux 
séries  d'expériences  étant  naturellement  effectuées  avec  des  graines  diffé- 
rentes. 

On  peut  donc  dire  que,  le  plus  souvent,  la  chaux  n'a  qu'une  faible 
influence  sur  l'organisation  des  réserves,  ce  qui  suppose  en  même  temps 
qu'elle  n'agit  pas  ou  n'agit  que  très  peu  sur  la  respiration.  Ce  ne  serait 
donc  pas  parce  qu'elle  facilite  l'oxydation  de  la  graine  qu'elle  favorise  sa 
germination. 

En  résumé,  et  c'est  à  notre  avis  la  plus  importante  des  conclusions  que 
l'on  peut  tirer  de  ces  recherches,  l'action  favorisante  de  la  chaux  se  fait 
sentir  sur  le  poids  des  organes  élaborés  pendant  la  germination  aussi  bien 
que  sur  leurs  accroissements  en  longueur. 


SÉANCE   DU    l5    MAI    1922.  12'j3 


CHIMIE  PHYSIQUE.  — Sur  l'étude  de  la  pénétration  de  la  trempe  dans  C acier. 
\ote  (M  de  MM.  Georges  Charpy  et  Louis  Grexet. 

La  plus  ou  moins  grande  facilité  avec  laquelle  l'influence  de  la  trempe 
sur  les  propriétés  mécaniques  se  fait  sentir  à  une  certaine  distance  de  la 
surface  soumise  au  refroidissement  est  une  caractéristique  très  importante 
des  différents  aciers,  et  présente,  en  particulier,  une  influence  prépondé- 
rante dans  le  traitement  des  pièces  de  forte  épaisseur.  Ce  phénomène  de 
pénétration  de  la  trempe  n'a  cependant  fait  l'objet  que  d'un  nombre  très 
restreint  d'expériences,  sans  doute  parce  que  le  découpage  de  barreaux  et 
d'échantillons  dans  l'épaisseur  d'une  pièce  massive  entraîne  des  difficultés 
et  des  dépenses  considérables.  Nous  croyons  donc  utile  d'indiquer  un  pro- 
cédé que  nous  avons  employé  depuis  longtemps,  mais  dont  nous  n'avons  pas 
jusqu'ici  publié  la  description. 

Ce  procédé  consiste  à  chauff'er  à  une  température  uniforme  un.e  barre 
prismatique  du  métal  que  l'on  veut  étudier  et  à  la  refroidir  en  arrosant  seu- 
lement une  base  du  prisme  et  en  évitant  au  contraire  le  refroidissement  par 
les  faces  latérales.  Ce  résultat  est  obtenu  très  facilement  en  entourant  com- 
plètement le  prisme  d'une  épaisse  couche  d'amiante,  sauf  sur  la  base  qui 
sera  refroidie;  l'amiante  peut  être  maintenue  par  une  enveloppe  en  tôle 
mince.  L'échantillon  ainsi  préparé  est  chauffé  dans  un  four  pendant  un 
temps  suffisant  pour  que  sa  température  devienne  uniforme.  Quelques 
mesures  préalables  avec  pyromètres  électriques  permettent  de  déterminer 
le  temps  de  chauffage  nécessaire.  Lorsque  l'échantillon  est  chaud  on  le 
retire  du  four  et  on  le  place  verticalement  sur  un  support  qui  dégage  la 
base  inférieure  sur  laquelle  on  dirige  un  jet  d'eau  de  pression  et  de  débit 
bien  réguliers. 

Dans  ces  conditions  le  métal  se  refroidit  sensiblement  de  la  même  façon 
que  s'il  faisait  partie  d'une  plaque  épaisse,  refroidie  seulement  par  une  de 
ses  faces;  quand  le  refroidissement  est  terminé,  on  dépouille  le  prisme 
d'acier  de  son  enveloppe  et  l'on  peut,  en  effectuant  des  empreintes  de  bille 
sur  les  faces  latérales,  déterminer  la  variation  de  la  dureté  à  partir  de  la 
surface  trempée  sans  avoir  à  effectuer  aucun  travail  d'usinage;  le  découpage 
dans  une  masse  solide  ne  serait,  d'ailleurs,  généralement  pas  possible  avec 


(')  Séance  du  8  mai  1922. 


1274  ACADÉMIE  DES    SCIENCES. 

les  métaux  qui  prennent  fortement  la  trempe  et  deviennent  pratiquement 
inattaquables  à  l'outil.  On  voit  facilement  que  la  méthode  peut  s'appliquer 
à  plusieurs  prismes  juxtaposés,  solidement  assemblés  par  un  lien  qui 
maintient  en  contact  les  faces  latérales,  dont  on  refroidit  seulement  l'une 
des  bases  et  que  l'on  sépare  après  refroidissement  pour  étudier  la  variation 
des  propriétés  en  fonction  de  la  distance  à  la  face  refroidie. 

L'échantillon  trempé  peut  être  ensuite  soumis  au  revenu,  et  comme  il 
reste  trois  faces  disponibles  pour  les  empreintes,  on  peut  déterminer  la 
variation  de  dureté  après  réchauffage  à  trois  températures  différentes. 

Voici,  à  titre  d'exemple,  quelques  résultats  obtenus  par  la  méthode  que 
nous  venons  d'indiquer  sur  des  aciers  d'usage  courant;  les  échantillons 
eii visages  étaient  des  barres  carrées  de  iS™""  de  côté  et  de  120™'"  de 
longueur. 

I.  Le  Tableau  suivant  donne  les  chiffres  de  dureté  (  nombre  de  Brinell 
ou  charge  par  millimètre  carre  de  la  surface  de  Tempreinte)  sur  un  acier  de 
nuance  demi-dure  contenant  : 

Carbone 0,45 

Silicium o,35 

Manganèse 0,60 

Nickel 1,10 

Soumis  à  divers  traitements  thermiques. 


Distance 

de 

l'empreinle 

à  la  face 

trempée. 

mm 

3 

ÏO 

20 

3o 

4o 

5o 

60 . 

7-"> 

9'^ 


Métal 

trempé  apré? 

Métal 

trempé 

après 

a^oir 

été  cl 

laufl'é 

Métal  trempé  après 

avoir 

été  cil 

aulfé 

à  gOf)" 

puis  r 

efroid 

avoir  été  chau 

(Té 

à  900° 

pais  refroidi 

à  750°  et  revenu 

JUS 

800°. 

qu  a  : 
900". 

950^ 

800°. 

jusqu'à 

750-. 

.700». 

|usqu  a 

1  : 

750°. 

150°. 

250°. 

400°. 

437 

5  60 

58o 

570 

557 

56i 

3  06 

282 

3o8 

249 

244 

284 

3oo 

370 

288 

282 

280 

252 

255 

247 

227 

279 

285 

288 

276 

267 

268 

242 

240 

240 

216 

260 

270 

270 

265 

254 

262 

235 

232 

239 

21 1 

254 

264 

26S 

262 

243 

254 

232 

23o 

235 

206 

235 

257 

260 

243 

235 

245 

224 

226 

227 

201 

228 

^4- 

25o 

238 

229 

2  3o 

221' 

218 

220 

193 

217 

234 

242 

227 

219 

210 

212 

210 

2l4 

187 

206 

223 

234 

226 

2o5 

208 

202 

201 

206 

Le  même  métal  recuit  et  refroidi  lentement  donnait  une  dureté  de  180 
environ. 

On  sait  que  la  décroissance  de  dureté  est  beaucoup  moins  marquée  dans 


SÉANCE   DU    l5    MAI    I922.  I"^;^ 

les  aciers  qui  contiennent  une  certaine  proportion  d'éléments  tels  que  le 
nickel  et  le  chrome,  par  exemple,  avec  un  acier  contenant  : 

Carbone o ,  2D 

Silicium o,oo 

Manganèse 0,26 

Chrome o .  70 

A'ickel 2,7<. 

la  dureté  sur  échantillon  trempé  après  avoir  été  chauffé  à  800°,  varie  seu- 
lement de  387,  à  S"""  de  distance  à  la  face  refroidie,  à  180,  à  90"""^  de  dis- 
tance. Pour  un  acier  voisin  de  ceux  que  Ton  désigne  généralement  sous 
le  nom  à' auto-trempants ^  contenant  : 

Carbone o,  02 

Silicium o-O'^ 

Manganèse o,.")0 

Chrome i  w*^ 

Xickel •  3,80 

on  obtient,  après  trempe  à  800°  une  dureté  très  sensiblement  uniforme  sur 
toute  la  longueur  de  Féchantillon,  les  valeurs  observées  aux  mêmes  dis- 
tances que  dans  l'exemple  cité  plus  haut  étant  respectivement  : 

Dislance  à  la  face  trempée  (en  mm).  3  10  20  3o  \o  5o  60  7J  90 
Dureté "^oô     609     5o6     5o6     509     507     5oi     5o3     5o3 

II.  Nous  avons  pu  constater,  dans  quelques  cas,  que  les  résultats  obtenus 
par  notre  méthode  coïncidaient  sensiblement  avec  ceux  que  1  on  peut 
observer  sur  un  fragment  découpé  après  trempe  dans  une  pièce  épaisse. 
Par  exemple,  nous  avons  découpé  une  tranche  d'une  plaque  de  i5o°^°^ 
d'épaisseur  fabriquée  avec  un  métal  de  composition  analogue  à  celle  de 
l'acier  indiqué  en  premier  heu  et  trempé  par  immersion  dans  l'eau  à  8oo'\ 
Les  chiffres  de  dureté  observés  ont  été  les  suivants  : 

Distance  à  la  face  trempée  (en  mm) 5         10       20       3o       f^o       5o       60       70 

j3upeté 475     262     2^2     224     210     2i3     210     210 

La  courbe  ([ui  représente  la  variation  de  dureté  en  fonction  de  la  dislance 
à  la  face  trempée,  présente  exactement  la  même  forme  que  celle  qui  corres- 
pond à  l'essai  effectué  sur  petit  échantillon  isolé  thermiquement.  La  diffé- 
rence des  valeurs  absolues  tient  à  un  léger  écart  de  nuance  et  aux  conditions 
de  refroidissement  de  la  surface  ([ui  ne  sont  pas  les  mêmes.  Il  suffit, 
d'ailleurs,  pour  justifier  l'emploi  de  la  méthode  indi((uée,  qu'elle  conduise  à 


1276  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

classer  les  métaux  les  uns  par  rapport  aux  autres  de  la  même  façon  que  les 
essais  sur  pièces  massives;  la  concordance  numérique  des  essais  n'ayant 
aucune  importance  pratique. 

III.  La  méthode  que  nous  avons  indiquée  s'applique  évidemment  aux 
métaux  qui  ne  sont  pas  homogènes;  elle  permet,  en  particulier,  l'étude  de 
l'influence  de  la  cémentation  sur  les  plaques  épaisses,  sans  qu'il  soit  besoin 
de  découper  des  fragments  après  la  trempe,  ce  qui  présente  de  réelles  diffi- 
cultés. Dans  le  cas  des  plaques  de  blindage,  par  exemple,  on  peut  prélever 
dans  la  pièce  cémentée  mais  adoucie  par  un  recuit  une  éprouvette  prisma- 
tique perpendiculaire  aux  faces  et  la  soumettre  à  la  trempe  dans  les  condi- 
tions indiquées  plus  haut  en  arrosant  la  face  trempée;  l'exploration  à  la  bille 
des  faces  latérales  permet  de  déterminer  la  loi  de  variation  de  la  dureté 
suivant  l'épaisseur  que  l'on  peut  obtenir  par  la  trempe  de  la  placjue  elle-même. 

En  opérant  de  cette  façon,  on  observe,  dans  certains  cas,  que  la  dureté 
de  la  partie  située  en  arrière  de  la  région  cémentée  est  moindre  que  celle 
qu'on  obtient  sur  un  barreau  de  même  composition  trempé  dans  les  mêmes 
conditions,  mais  ne  présentant  pas  de  région  cémentée.  Cela  s'explique  si 
l'on  tient  compte  que  le  dégagement  de  chaleur  correspondant  à  la  reca- 
lescence,  que  la  trempe  modérée  ne  fait  pas  disparaître  complètement,  est 
beaucoup  plus  accentu<''e  dans  le  métal  cémenté  et  produit,  par  suite,  un 
ralentissement  dans  le  refroidissement  des  régions  situées  au  delà.  On 
comprend  ainsi  pourquoi,  dans  une  plaque  cémentée  d'un  seul  côté  et 
trempée  sur  les  deux  faces,  on  peut  observer  un  minimum  de  dureté  en 
arrière  de  la  partie  cémentée,  fait  qui  avait  été  observé  mais  semblait 
correspondre  à  une  anomalie. 

Enfin,  on  peut  signaler  que  réchaufTemenl  des  échantillons  isolés  ihermi- 
quement  sur  les  faces  latérales  donne  lieu  aux  mêmes  obser\atioDS  que  le 
refroidissement  par  aspersion  d'une  base,  et  permet,  ])ar  suile,  de  déduire 
d'expériences  faites  à  échelle  réduite,  les  lois  d'échaufTement  des  pièces 
massives. 


M.  Ch.  Barrois  présente  à  l'Académie  (')  un  Mémoire  sur  les  Faunes  siluro- 
dévonienncs  de  Liévin  et  de  V Artois.  Ce  Mémoire  écrit  avec  la  collaboration 
de  MM.  P.  Pruvost  et  G.  Dubois,  et  comprenant  8  planches  et  plusieurs 
tableaux  synoptiques,  termine  la  monographie  de  ces  formations  |»oursuivie 


(')  Séance  du  i*""  mai  1922. 


SÉANCE  DU  l5  MAI  1922.  I277 

depuis  plusieurs  années  par  le  Laboratoire  de  Géologie  de  Lille  :  il  en  pré-  . 
sente  les  conclusions  générales.  Il  fait  connaître,  d'après  des  documents 
inédits  rencontrés  dans  les  sondages  et  puits  profonds  des  houillères  du  Pas-  1 
de-Calais,  la  composition  et  la  succession  des  faunes  qui  ont  évolué  dans 
les  régions  profondes  de  ce  bassin,  tandis  que  sur  ses  bords  se  produisaient 
les  discordances  qui  avaient  permis  d'assigner,  dans  le  massif  ardennais, 
une  limite  tranchée  entre  les  systèmes  siluriens  et  dévoniens. 


ELECTIOIXS. 


Par  la  majorité  absolue  des  suffrages,  M.  D.  Berthelot  est  élu  membre 
du  Conseil  de  la  Fondation  Loutreuil  en  remplacement  de  M.  C.  Jordan^ 
décédé. 


PLIS  CACHETES. 


M.  M.  Gaxdillot  demande  l'ouverture  d'un  pli  cacheté  reçu  dans  la 
séance  du  i*^''  mai  1922  et  inscrit  sous  le  n°  8995. 

Ce  pli,  ouvert  en  séance  par  M.  le  Président,  contient  une  Note  intij 
tulée  :  Véritable  interprétation  des  théories  relativistes . 


CORRESPOND  AIVCE. 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

i**  G.-B.  DE  ToNi.  Le piante  e  gli  animali  in  Leonardo  da  Vinci. 
2**  Georges  Couanox.  Les  vins  et  eaux-de-vie  de  vin  de  France. 
3°  Plusieurs  brochures  relatives  à  diverses  questions  de  mathématiques, 
de  M.  ZoEL  Garcia  de  Galdeano. 


1278  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


MÉCANIQUE.  —  Sur  les  équations  de  l'équilibre  limite  des  corps  cohérents. 
Note  de  M.  Gustave  Guillaumix. 

I.  Une  loi  schématique,  caractérisant  l'équilibre  limite  des  massifs  ter- 
reux cohérents  ou,  plus  généralement,  des  corps  isotropes  au  delà  de  la 
période  «''lastique  ou  au  début  de  la  rupture  par  déformation  homogène,  et 
plus  spécialemeut  applicable  au  cas  des  déformations  planes,  est  celle  indi- 
quée en  1874  par  M.  Boussinesq, 

(0  ^  =  /'•/>-+-/, 

q  désignant  le  plus  grand  glissement  etyo  la  pression  moyenne.  Cette  loi  ne 
préjuge  en  rien  de  la  manière  dont  s'opèrent  la  rupture  ou  les  glissements 
permanents.  En  admettant,  à  cet  égard,  la  loi  simple  bien  connue  de  Cou- 

lomb-Duguet 

T+  N  tango  <  G, 

OÙ  o  est  l'angle  de  frottement  et  G  la  cohésion,  on  est  conduit  à  poser, 
dans  (i),  /•  ^  sino  et  /  =  Gcoso,  ainsi  que  le  montrent  des  propriétés  clas- 
siques de  la  conique  directrice. 

Les  équations  générales  de  l'équilibre  limite  des  massifs  plans  cohérents, 
qu'on  peut  sans  inconvénient  continuer  à  appeler  état  ébouleux,  s'écrivent 
alors 


(I) 


l  (1  +  k  coS2y)-f-  -\-  /c  sin2y  -f-  +  2(/o  +  /)  (  cos2y  -—  —  sin27-^  )  =  X, 
)  '  du:  dy  \  ^  dy  cLc  J 

1    /    •  ^P  ,  .dp  ,  ,-.    [  dy  .  dy  \        .. 

(   />^---/^+('-/'■cos2x)^^+.(Ay.+y)(co,2y.^  +  sln2x^j^^, 


OÙ  X  et  Y  désignent  les  composantes  de  la  force  appliquée  (en  volume)  et 
y  l'azimut  de  la  plus  grande  pression  principale.  Le  système  (I)  se  trans- 
forme, par  le  changement  de  variable  kp  -\-  f  =:^  //>',  en  celui  du  problème 
de  l'état  ébouleux  des  massifs  pulvérulents  auquel  le  problème  général  de 
l'équilibre  des  massifs  cohérents  se  trouve  ainsi  ramené.  Lorsque  /•  est  nul, 
le  système  (I)  caractérise  le  problème  de  l'équilibre  plastique  suivant  la  loi 
de  Tresca-Saint-Venant  dans,  le  cas  des  déformations  planes.  On  déduit 
alors  de  ce  système  une  équation  aux  dérivées  partielles  du  deuxième  ordre 
en  "/  facile  à  écrire  dont  l'intégration  a  été  abordée,  dans  certains  cas,  par 
Maurice  Levy  et  M.  Boussinesq  ( '). 

{})   Comptes  rendus^  t.  71,  G  novembre  187  i,  et  t.  74,  29  janvier  1872. 


SÉANCE  DU  l5  MAI  I922.  I279 

II.  La  relation  (4)  de  ma  dernière  Note,  définissant  la  solution  Rankine- 
Levy  dans  le  cas  des  massifs  cohérents,  s'écrit  ici 

(2)  œ-  —  2 p X  coi i  -\- p""-  coi,' o  —  i-l^pj — /^^=  o. 

Dans  le  plan  (^,/j),  cette  équation  représente  une  conique  dont  l'étude, 
suivant  les  valeurs  respectives  de  i  et  de  o,  donne  très  simplement  toutes  les 
propriétés  de  la  solution  Rankine-Levy  indiquées  par  Jean  Résal  au  début 
de  son  livre  sur  les  terres  cohérentes.  On  voit  d'ailleurs  facilement,  d'après 
la  remarque  ci-dessus,  que  le  problème  des  massifs  cohérents  indéfinis, 
limités  par  une  surface  libre  plane  et  obéissant  à  la  loi  de  Goulomb-Duguet, 
est  réductible  au  problème  des  massifs  pulvérulents  à  talus  chargé  unifor- 
ment.  dont  j'ai  étudié  déjà  un  cas  singulier  (').  Le  problème  est  même  ici 
plus  simple,  car  le  talus  doit  être  supposé  chargé  normalement,  la  charge 

étant  T-  Cette  réduction   est  encore  possible,  moyennant  l'introduction 

d'une  densité  et  d'un  angle  de  talus  fictifs,  dans  le  cas  où  la  cohésion,  au 
lieu  d'être  constante,  est  supposée  varier  linéairement  avec  la  profondeur. 
Pareille  hypothèse  trouve  son  application  dans  l'étude  de  la  stabilité  des 
digues  en  terre  sur  laquelle  divers  accidents  récents  ont  attiré  l'attention. 

IIL  J'ai  donné  antérieurement  l'équation  caractéristique  des  lignes  de 
glissement  dans  l'état  ébouleux,  savoir 

•  dp  d'h  cos(î>  — £9) 

(3)  -/ 2cy[?tang9  -^  =  F- —  (£  =  ±l), 

ds  /  o  ,    ^^  C0S9 

OÙ  '^  est  l'azimut  de  la  tangente  à  la  ligne  de  glissement,  orientée  dans  le 
sens  des  arcs  s  croissants,  et  il  l'angle  de  la  tangente  avec  la  force  appli- 
quée F,  d'ailleurs  quelconque.  Pour  les  massifs  cohérents  obéissant  à  la  loi 
de  Coulomb-Duguet,  on  obtient,  en  appliquant  encore  la  remarque  du  pre- 
mier paragraphe, 

ds  \/         o  .  /  ^i^  coso 

On  déduit  aisément  de  là.  pour  le  cas  particulier  de  la  solution  Rankine- 
Levy,  l'équation  intrinsèque  des  lignes  de  glissement 

ds  4^G  siiw'co-^o  sm(<l;  —  £9) 


d'h        n  [sin  f -!- £  A- co3(2'J>  —  eoh-/)]- 


(')   Comptes  rendus,  t.  168,  1919,  p-  S19. 


I28o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

OÙ  n  représente  le  poids  spécifique.  M.  Frontard  vient  de  donner,  en 
termes  finis,  l'équation  d'un  des  systèmes  de  lignes  de  glissement  en  ques- 
tion (*). 

Remarquons  simplement  que  pour  ©  —  o  (corps  plastique),  on  obtient 
l'égalité 

d^  Ilsinf 

qui  définit  évidemment  deux  systèmes  de  cycloïdes  (coupant  le  talus  sous 
l'angle  de  45°)  dont  la  base  de  roulement  est  parallèle  au  talus  et  dont  le 

cercle  générateur  a  pour  rayon  „  .    .?  ce  qui  les  détermine  sans  ambiguïté. 

IV.  La  relation  différentielle  (4)  peut  présenter  un  intérêt  qui  n'est  pas 
seulement  théorique.  On  ne  connaît  guère,  en  effet,  du  problème  de  Tétat 
ébouleux  des  massifs  cohérents,  que  la  solution  simple  type  Rankine-Levy, 
alors  que  cette  solution  est  loin  d'être  la  seule  réalisée  dans  la  nature.  Mais, 
si  l'expérience  a  permis  de  préciser,  dans  des  cas  bien  déterminés,  l'allure 
générale,  môme  schématique,  des  lignes  de  rupture,  l'équation  (4)  permettra 
de  déterminer  les  valeurs  approximatives  de  p  par  des  calculs  algébriques 
ougraphiques  très  simples. 


MÉCANIQUE  CÉLESTE.    —   Sur  le  mouvement  d'une  planète  dans  un  milieu 
résistant.  Note  de  M.  Jeax  Chazy,  présentée  par  M.  Goursat. 

L'action  d'un  milieu  résistant  sur  le  mouvement  d'une  planète  ou  d'une 
comète  a  été  étudiée  notamment  par  Tisserand  afin  d'expliquer  (-)  l'accé- 
lération séculaire  du  moyen  mouvement  de  la  comète  d'Encke,  et  par 
Poincaré  pour  développer  (')  l'hypothèse  cosmogonique  de  See.  Tisserand 
et  après  lui  Poincaré  ont  introduit  les  éléments  osculateurs  du  mouvement 
de  la  comète  ou  planète  considérée.  Récemment  M.  Fatou  a  rectifié  sur  un 
point  les  conclusions  de  Tisserand,  et  a  montré  (*^),  qu'il  peut  y  avoir 
intérêt  à  considérer  dans  le  problème  les  coordonnées  cartésiennes  ou 
polaires.  En  particulier  M.  Fatou  a  démontré  que,  si  l'on  admet  une  loi  de 
résistance  proportionnelle  à  la  vitesse,  et  si  le  mouvement  osculateur  initial 

(*)  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  526  et  -f\o. 
(^)  Traité  de  Mécanique  céleste^  t.  4,  p.  217-282. 

(^)  Leçons  sur  les  hypothèses  cosniogoniques,  p.  117-129.  Paris,  Hermann,  igiS. 
(*)  Bulletin   astronomique,   2^  série,   Mémoires,  t.  i,  1922,  p.   agS-Soi  ;  Comptes 
rendus^  t.  174,  1922,  p.  1162, 


SÉANCE    DU    l5    MAI    1922.  1281 

est  elliptique  (la  vitesse  initiale  étant  extérieure  à  la  droite  joignant  la 
planète  au  Soleil),  la  planète  tend  vers  le  Soleil  quand  le  temps  croît  indé- 
iiniment. 

J'ai  appliqué  au  problème  considéré  différents  procédés  de  calcul  qui 
m'ont  permis  récemment  d'étudier  (')  certains  mouvements  du  problème 
des  trois  corps,  et  j'ai  obtenu  des  résultats  analogues  à  ceux  de  M.  Fatou 
dans  des  hypothèses  plus  larges. 

Faisons  seulement  sur  la  résistance  de  milieu  les  hypothèses  suivantes  : 
7- désignant  la  distance  du  point  mobile  M  au  point  fixe  O,  et  v  la  valeur 
absolue  de  sa  vitesse,  la  résistance  de  milieu  est  une  force  directement 
opposée  à  la  vitesse  du  point  M,  dont  la  valeur  absolue  R  est  une  fonction 
de  la  vitesse  v^  de  la  distance  /-  et  peut-être  de  la  direction  du  rayon  vecteur, 
de  la  direction  de  la  vitesse  et  du  temps,  mais  dépend  nécessairement  de  la 
vitesse  r.  Nous  supposons  que,  pour  un  système  de  valeurs  données  de  r  et 
quelconques  des  autres  variables,  la  fonction  positnc  R  est  infiniment  petite 
si  V  est  infiniment  petit,  et  au  contraire  est  supérieure  à  une  quantité  fixe 
si  V  est  supérieur  à  une  quantité  fixe. 

Dans  ces  hypothèses  le  mouvement  du  point  M  est  plan,  et  j'ai  démontré 
que  ce  mouvement  peut  prendre  seulement  trois  allures  finales  différentes  : 
1°  Ou  bien  le  point  M  choque  le  point  O  au  bout  d'un  intervalle  de  temps 
fini; 

2°  Ou  bien  le  mouvement  dure  indéfiniment  et  le  point  M  tend  vers  le 
point  O  quand  le  temps  croît  indéfiniment  ; 

3''  Ou  bien  le  mouvement  dure  indéfiniment,  et  la  distance  OM  tend  vers 
r  in  fini  avec  le  temps. 

Les  hypothèses  considérées  comprennent  en  particulier  la  loi  de  résis- 
tance R  =  hv'^r'^,  où  h  et  a  désignent  deux  constantes  positives,  et  fJ  une 
constante  négative  ou  positive,  loi  considérée  par  Encke  (pour  a  —  2, 
^  =  —  2)  et  par  Backlund,  et  les  lois  admettant  pour  expression  une 
somme  de  termes  de  la  forme  précédente. 

Les  résultats  énoncés  sont  valables  si  la  fonction  R  est  seulement 
continue,  sans  avoir  de  dérivées  partielles  continues,  ni  remplir  les  condi- 
tions de  Lipschitz  :  s'il  y  a  un  faisceau  d'orbites  qui  satisfont  à  la  fois  aux 
équations  différentielles  du  second  ordre  entre  les  coordonnées  et  aux 
conditions  initiales,  ils  s'appliquent  à  chacune  des  orbites  de  ce  faisceau. 
En  ce  qui  concerne  la  comète  d'Encke,  Backlund  a  même  été  conduit  à 


(')  Annales  de  l'École  Normale,  3<=  série,  l.  39,  1922,  p.  29-180. 


1202  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

admettre  que  la  résistance  de  milieu  R  peut  être  discontinue  :  nos  résultats 
sont  encore  valables  avec  une  telle  loi  de  résistance,  pourvu  que  la  fonc- 
tion R  vérifie  d'autre  part  les  hypothèses  énoncées  précédemment. 

Enfin  l'on  peut  aller  plus  loin,  et  supposer  cjue  la  dernière  de  ces  hypo- 
thèses est  vérifiée,  c'est-à-dire  que  la  fonction  R  est  supérieure  à  une  quan- 
tité fixe  pour  f-  supérieur  à  une  quantité  fixe,  sur  une  partie  seulement  de 
V orbite  du  point  M.  Si  autour  du  point  O  jusqu'à  une  certaine  distance 
existe  un  milieu  résistant  vérifiant  les  hypothèses  énoncées  et  qu'au  delà 
s'étende  le  vide,  et  si  les  conditions  initiales  du  mouvement  sont  telles  C[ue 
le  point  M  repasse  indéfiniment  (')  dans  le  milieu  résistant  (pouvant  a/>7-ïo/7 
en  sortir  indéfiniment  aussi),  il  est  encore  démontré  (^)  que  le  point  M  tom- 
bera sur  le  point  O  ou  tendra  vers  le  point  O. 


PHYSIQUE.  —  La  rigidité  des  gelées.  Note  de  M.  F.  Michaud, 
présentée  par  M.  E,  Bouty. 

1.  Les  expériences  bien  connues  de  Schwedoff  (^)  ont  été  effectuées  sur 
une  solution  de  gélatine,  à  5  pour  looo,  prise  en  g-elée  par  refroidissement. 
Le  module  de  rigidité  trouvé  est  égal  à  o,535.C.G.S.  Il  était  intéressant 
de  chercher  comment  la  rigidité  d'un  gel  varie  avec  sa  concentration.  J'y 
suis  arrivé  en  utilisant  une  méthode  plus  sensible,  et  aussi  plus  simple,  que 
celle  de  Schwedoff. 

2.  Considérons  un  tube  horizontal  rempli  de  la  substance  à  étudier. 
Lorsqu'on  maintient  une  faible  différence  de  pression  entre  les  deux  extré- 
mités, il  se  produit,  non  pas  un  glissement,  car  le  gel  adhère  à  la  paroi, 


(')  D'après  un  résultai  fondamental,  la  constante  des  forces  vives  du  mouvement 
osculateur  décroît  constamment  en  valeur  algél^rique  :  si  le  mouvement  osculateur 
initial  est  elliptique  et  a  pour  grand  axe  2a,  et  s'il  ne  conduit  pas  à  un  choc,  on  est 
assuré  que  la  distance  OM,  d'une  part,  reste  indéfiniment  inférieure  à  2«,  et,  d'autre 
part,  prend  indéfiniment  des  valeurs  inférieures  à  a. 

(2)  Dans  l'hypothèse  cosmogonique  de  See,  les  mouvements  des  planètes  tendent, 
quand  le  temps  s'écoule,  vers  des  mouvements  circulaires,  mais  l'atmosphère  se  raréfie 
tout  le  long  des  orbites,  et  la  résistance  de  milieu  en  chaque  point  tend  vers  zéro, 
tandis  que  la  vitesse  reste  supérieure  à  une  quantité  fixe  :  notre  dernière  hypothèse 
n'est  pas  vérifiée. 

(*)  Schwedoff,  Journal  de  Physique,  t.  8,  1889,  p.  34i;  t.  9,  1890,  p.  334;  '•  L 
1892,  p.  49'  Voir  aussi  J.  Coli>,  Comptes  rendus,  t.  IIO,  1898,  p.  i25. 


SÉANCE    DU    l5    MAI    1922.  1283 

mais  une  déformation  élastique.  IVousallonsétablir  une  relation  entre  la  dif- 
férence de  pression  P,  la  longueur  /  du  tube,  son  rayon  intérieur  R,  le  dépla- 
cement X  des  molécules  qui  se  trotivent  sur  l'axe  et  le  module  de  rif^idité  a 
du  gel. 

Isolons  par  la  pensée  un  cylindre  de  rayon  r<R,  coaxial  au  tube.  La 
résultante  des  forces  appliquées  aux  deux  extrémités  de  ce  cylindre  est  r.r-P. 
L'équilibre  est  maintenu  par  les  forces  tangentielles  qui  proviennent  de  la 
déformation  du  milieu.  Soit  x  le  déplacement  d'un  point  de  la  surface  du 
cylindre,  à  partir  de  la  position  d'équilibre;  l'angle  de  cisaillement 
est  —  -T-,  la  forcé  tangentielle  par  unité  de  surface  est  —  u.  — •  On  doit 
donc  avoir 


_  ..9 1")  7      Cl^ 


Simplifions  et  intégrons  de  o  à  R;  on  obtient 


4X7' 


Il  est  facile  de  mesurer  P,  R  et  /.  Pour  avoir  X,  il  suffit  de  mettre  en  sus- 
pension dans  le  gel  quelques  particules  solides,  par  exemple  des  grains  de 
gomme-gutte.  On  utilise  un  tube  de  verre,  et  l'on  vise  au  microscope  micro- 
métrique une  particule  située  suivant  l'axe  du  tube.  L'appareil  est,  en  somme, 
très  analogue  au  micromanomètre  que  j'ai  présenté  récemment  ('). 

3.  J'ai  étudié  par  cette  méthode  i5  solutions  aqueuses  de  gélose,  de  con- 
centrations espacées  régulièrement  entre  0,4  et  6  pour  1000,  à  des  tempé- 
ratures qui  sont  restées  comprises  entre  i4°et  i5«.  Trois  tubes  ont  été  utilisés 
[ï  :  /=i9'^'",3.  R  =  o'"™,485;  II:  /^iS'"",  t{  =  i^'^,og:  III:  /=i2^™,2.  R^i^-.gS], 

Les  mesures  donnent  des  points  qui  se  placent  bien  sur  une  même  courbe, 
sans  écarts  systématiques.  L'équalion  démontrée  plus  haut  est  donc 
vérifiée. 

Les  solutions  étaient  introduites  chaudes  dans  l'appareil  ;  on  laissait 
ensuite  refroidir  pendant  au  moins  G  heures.  Avant  de  faire  la  mesure,  on 
assouplissait  le  gel  en  le  soumettant  à  de  légères  variations  alternatives  de 
pression. 

Dans  ces  conditions,  les  déformations  sont  bien  élastiques.  Abandonné  à 
lui-même,  le  milieu  reprend  sa  forme  initiale  environ  an  :^  près.  Lorsque  la 

(')   Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  3o5. 


1284  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

différence  de  pression  dépasse  une  certaine  valeur,  on  observe  une  disloca- 
tion qui  se  manifeste  par  une  hétérogénéité  :  certaines  régions  deviennent 
liquides,  et  se  glissent  entre  des  morceaux  restés  solides  ;  puis  le  gel  se 
décolle  de  la  paroi,  et  tout  est  entraîné. 

C.                                ;Jobs.                           [J.calc.                                           C. 
0,5 O , OO4  0 , 0043  2 


0,6 o,o36  0,087  "2,5. 

0,8 0,32  0,33  3. . , 

1 1 ,23  1 ,23  3,5. 

1,5 8,9  8,9  4.. 


IJ-obs. 

I-i-calc. 

27 

3o 

67,8 

74 

145 

i49 

282 

265 

525 

435 

c  est  le  nombre  de  grammes.de  gélose  pour  looo^du  mélange;  p-^^^  est  le 
module^de  rigidité  en  unités  C.  G.  S.,  déduit  de  la  courbe  expérimentale; 
[j.çaie.  est  la  rigidité  calculée  au  moyen  de  la  formule  empirique 

[j.  ^6,32(c  —  0,39)'-^ 
qui,  comme  on  le  voit,  est  satisfaisante  pour  les  concentrations  très  petites. 


ÉLECTRICITÉ.  —  Su7^  une  nouvelle  méthode  d^ émission  doublant  le  rendement 
des  stations  de  télégraphie  sans  fil.  Note  de  MM.  Hexri  Abraham  et  René 
Plamol,  présentée  par  M.  Brillouin. 

On  a  déjà  cherché  à  augmenter  le  rendement  des  grands  postes  de  T. S. F. 
en  envoyant  simultanément  deux  télégrammes  par  la  même  antenne.  Mais 
cette  augmentation  de  rendement  était  toujours  obtenue,  jusqu'ici,  au 
détriment  de  la  portée  des  transmissions,  parce  que  les  procédés  employés 
reposaient  toujours  sur  le  partage  entre  les  deux  émissions  de  la  puissance 
disponible  dans  le  poste  transmetteur.  La  transmission  étant  faite  ainsi  à 
puissance  réduite,  la  portée  du  poste  se  trouvait  nécessairement  diminuée. 

La  nouvelle  méthode  que  nous  venons  de  soumettre  au  contrôle  de 
Texpérience,  permet  au  contraire  de  transmettre  deux  télégrammes  en 
même  temps  en  utilisant,  pour  chacun  d'eux,  toute  la  puissance  de  l'émission 
sans  que  l'envoi  de  l'un  des  télégrammes  trouble  la  transmission  de  l'autre, 
et  en  conservant,  par  conséquent,  à  la  double  transpiission  exactement  la 
même  portée  qu'à  une  transmission  simple  ordinaire.  Ce  résultat  d'appa- 
rence paradoxale  est  obtenu  sans  difficulté  par  de  simples  variations  dans 
la  longueur  d'onde  des  émissions. 

Le  premier  télégramme    est  transmis  en   principe   sur   une  longueur 


SÉANCE   DU    l5    MAI    I922.  1285 

d'onde  A,  le  second  sur  une  longueur  d'onde  B;  mais  les  choses  sont  dis- 
posées de  telle  sorte  que  lorsque  les  deux  clefs  de  manipulation  se  trouvent 
en  même  temps  sur  leur  position  de  travail,  rémission  se  fait  sur  une  troi- 
sième longueur  d'onde  C.  Chacune  des  émissions  A,  B,  C,  est  faite  avec 
toute  la  puissance  du  poste. 

Les  signaux  du  premier  télégramme  se  trouvent  ainsi  transmis,  tantôt 
sur  la  longueur  d'onde  A  et  tantôt  sur  la  longueur  d'onde  B.  Le  poste 
récepteur  auquel  ce  télégramme  est  destiné  doit  donc  recevoir  indifférem- 
ment des  émissions  de  longueurs  d'ondes  A  ou  C  à  l'exclusion  de  toute  autre. 
Il  suffit  pour  cela  de  disposer  à  la  station  réceptrice  deux  groupes  de  circuits 
résonnants  convenablement  accordés  sur  les  fréquences  utilisées.  Ces 
circuits  actionnent  finalement  un  instrument  récepteur,  qui  peut  être  soit 
un  écouteur  téléphonique,  soit  un  appareil  enregistreur. 

Lès  études  faites  pour  la  mise  au  point  de  ce  procédé  de  radiotélégraphie 
multiplex  ont  été  entreprises  avec  le  concours  du  Service  d'études  et  de 
Recherches  techniques  des  Postes  et  Télégraphes  et  de  la  Radiotélégraphie 
militaire,  grâce  à  une  subvention  de  la  Caisse  des  Recherches  scientifiques. 
Elles  viennent  d'aboutir  à  un  essai  industriel  effectué  en  collaboration  avec 
le  Département  de  la  Marine. 

Les  émissions  étaient  faites  à  Xantes,  par  le  grand  poste  à  arc  de  la 
Marine,  qui  envoyait  à  pleine  charge  deux  télégrammes  en  même  temps. 
La  réception  se  faisait  à  Paris,  soit  par  inscription,  soit  par  écoute  à 
l'oreille.  Les  résultats  satisfaisants  de  ces  expériences  semblent  indiquer 
que  la  radiotélégraphie  diplex  à  pleine  charge  peut  dès  maintenant  entrer 
dans  la  pratique. 

Ce  nouveau  procédé  permet,  sans  augmentation  de  dépense,  de  doubler 
l'intensité  du  trafic.  Un  poste  transmetteur,  équipé  comme  il  a  été  dit,  fera 
exactement  le  même  service  que  deux  stations  distinctes  de  même  puissance. 
En  outre,  les  changements  constants  dans  la  longueur  d'onde  des  émissions 
assurent  d'une  manière  très  efficace  le  secret  de  la  correspondance. 


CHIMIE  INDUSTRIELLE.  —  Sur  1171  comburimètre  et  un  contrôleur  pour  le 
gaz,  système  Grebel-V citer .  Note  de  M.  A.  Grebel,  présentée  par 
M.  G.  Charpy. 

Quand  le  gaz  de  ville  servait  surtout  à  l'éclairage  par  flamme  auto-éclai- 
rante,  on  définissait  la  qualité  du  gaz  par  l'intensité  lumineuse  horizontale, 

c.  R.,  1932,  V  Semestre.  (T.  174,  N«  20.)  9^ 


llS6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

donnée  par  un  certain  bec  annulaire  à  cheminée  en  verre,  brûlant  un  nombre 
déterminé  de  litres  à  l'heure.  Le  «  pouvoir  éclairant»  ainsi  défini  est  une 
caractéristique  extrinsèque  du  gaz  qui  dépend  de  l'appareil  servant  à  la 
mesurer. 

Pour  le  continle  permanent  de  la  fabrication  et  de  l'émission  dans  les 
usines,  on  se  servait  surtout  d'appareils,  improprement  appelés  «  photo- 
mètres à  jet»,  et  basés  sur  le  principe  approximatif  suivant:  si  l'on  brûle, 
sous  pression  constante  en  colonne  d'eau,  dans  un  bec-bougie,  des  gaz  de 
compositions  peu  différentes,  la  hauteur  des  flammes  variegénéralementdans 
le  même  sens  que  le  «  pouvoir  éclairant  ». 

Parmi  les  caraclérisli([ues  du  gaz,  la  densité,  qui  est  fonction  delà  teneur 
en  hydrocarbures  lourds,  a  une  influence  marquée  sur  la  hauteur  de  la 
flamme.  Aussi  avait-on  créé  des  densimètresindustriels(Bunteparexemple). 
L'éclairage  par  becs  à  incandescence  et  la  cuisine  au  gaz  s'étant  beaucoup 
développés,  on  se  préoccupa  ensuite  du  pouvoir  calorifique  du  gaz,  qui  est 
adopté  maintenant  comme  critérium  de  la  qualité  utilitaire  du  gaz. 

Dans  ces  derniers  temps,  les  emplois  du  gaz  aux  chaufl'ages  domestiques 
et  industriels  ont  pris  une  importance  prédominante.  Nous  avons  montré 
que,  si  l'on  veut  réaliser  la  combustion  optima  d'un  combustible,  il  faut, 
avant  tout,  connaître  la  quantité  de  comburant  nécessaire  à  sa  combustion 
théorique  complète,  quantité  que  nous  appelons  «  pouvoir  comburivore». 
Il  nous  suffira  de  rappeler,  par  exemple,  ([ue,  pour  utiliser  au  mieux  les  gaz 
industriels  de  gazogènes  et  de  hauts  fourneaux,  la  connaissance  de  cette  ca- 
ractéristique intrinsèque  est  bien  plus  importante  que  celle  du  pouvoir  calo- 
rifique dont  on  n'est  pas  maître  et  qui  ne  peut  renseigner  sur  le  réglage  à 
faire  subir  aux  admissions  d'air  des  brûleurs.  Dans  le  cas  particulier  d'un 
gaz  brûlé  avec  de  l'air,  ce  «  pouvoir  comburi\ore»  est  le  nombre  de  volumes 
d'air  nécessaires  à  la  combustion  parfaite  d'un  volume  de  gaz;  c'est  un 
rapport,  si  l'on  a  soin  de  ramener  ces  volumes  à  la  même  température  et  à 
la  même  pression,  déduction  faite  de  la  tension  de  la  vapeur  d'eau. 

Notre  «  comburintètre  »,  appareil  permettant  de  mesurer  le  «  pouvoir 
comburivore  »,  comprend  essentiellement:  une  chambre  de  combustion, 
où  la  flamme  trouve  un  espace  libre  pour  son  entier  développement,  puis 
une  chambre  de  contrôle,  où  les  gaz  brûlés,  convenablement  brassés,  sont 
mis  en  présence  d'un  révélateur  approprié.  Les  deux  chambres  forment  les 
deux  compartiments  d'un  petit  four  vertical  surmonté  d'une  cheminée 
métallique  entourée  d'un  manchon  en  verre  et  percée  d'un  trou  qui  permet 
de  surveiller  le  révélateur.  Le  gaz,  qui  peut  être  mesuré  dans  un  compteur, 


SÉANCE   DU    l5    MAI    1922.  1287 

arrive,  sur  le  côté  de  l'appareil,  par  le  robinet  pointeau  du  brûleur  annu- 
laire, genre  bunsen.  L'air  total,  qui  arrive  au  bas  de  l'appareil,  peut  être, 
soit  insufflé  et  mesuré  avec  un  compteur,  soit  aspiré  par  l'ellét  assez  cons- 
tant du  tirage  de  la  cheminée,  à  travers  une  soupape  dont  le  degré  d'ouver- 
ture est  repéré,  si  l'on  se  contente  de  mesures  relatives  ;  cet  air  total  se 
divise  en  air  primaire,  admis  à  l'injecteur  du  brûleur,  et  en  air  secondaire, 
admis  à  l'intérieur  et  à  l'extérieur  de  la  flamme  annulaire. 

M.  H.  Le  Gliatelier  avait  employé,  comme  témoin  de  la  combustion  par- 
faite, un  dépôt  de  cuivre  sur  un  corps  réfractaire,  léché  par  les  gaz  brûlés, 
et  dont  la  coloralion  variait  avec  son  état  d'oxydation  ou  de  réduction. 
Nous  utilisons  le  ternissement  d'un  petit  miroir,  formé  de  })lomb  fondu, 
placé  dans  une  coupelle  absorbante,  phénomène  net  et  brutal  facile  à  obser- 
ver. La  neutralité  de  la  combustion  correspond  à  la  disparition  complète 
des  langues  irisées  et  mobiles  de  litharge,  qui  se  forment  (|uand  il  y  a  excès 
d'air. 

Si  le  comburimètre  est  le  complément  indispensable  du  calorimètre,  il 
ne  peut,  pas  plus  que  ce  dernier,  même  sous  la  forme  d'appareil  enregis- 
treur, servir  à  la  vérilication  pratique  continue  de  la  nature  du  gaz  fabriqué 
et  émis.  Les  photomètres  à  jet  ne  correspondent  plus  aux  besoins  actuels. 

Le  gazier  moderne  doit  se  préoccuper  de  fournir  du  gaz  : 

1°  De  qualité  assez  constante  pour  ne  pas  troubler  le  fonctionnement  : 

a.  Des  brûleurs  bunsen  employés  aux  divers  chauffages  ou  à  l'éclairage 
et  parmi  lesquels  certains  sont  réglés  pour  que  la  proportion  d'air  primaire 
suffise  simplement  à  supprimer  la  luminosité,  tandis  que  d'autres,  plus  sen- 
sibles au  retour  de  flamme  à  l'injecteur,  fonctionnent  avec  une  quantité 
d'air  primaire  voisine  du  pouvoir  comburivore  ; 

h.  Des  quelques  becs  papillons  qui  subsistent  encore  ; 

2**  Satisfaisant  aux  exigences  du  cahier  des  charges  comme  puissance 
calorifique. 

Si  l'on  observe  l'aspect  de  la  flatnme  d'un  bunsen  dont  la  hauteur 
diminue  avec  l'accroissement  de  l'admission  d'air  primaire,  on  constate 
qu'une  zone  interne,  d'abord  éclairante  et  de  grand  volume,  est  entourée 
d'une  zone  bleue  légèrement  pourprée  où  s'achève  la  combustion  du  gaz  à 
l'eau  formé  dans  cette  zone  interne;  quand  on  admet  beaucoup  d'air  pri- 
maire, le  cône  intérieur,  dont  la  couleur  varie  du  bleu  au  vert,  est  de 
volume  très  réduit;  lorsque  la  flamme  devient  oxydante,  les  perles  collées 
sur  la  grille  de  la  tête  du  brûleur,  qui  ont  finalement  remplacé  le  cône, 
virent  du  vert  au  violet. 


1288  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Nous  avons  choisi,  comme  critérium  de  la  qualité  utilitaire  du  gaz,  deux 
régimes  stables  de  la  flamme  hétérogène  du  bunsen  : 

1°  La  flamme  peu  aérée  comporte  un  grand  cône  intérieur,  dont  le 
sommet  arrondi  lumineux  est  débarrassé  de  toute  protubérance  moins 
éclairante  ; 

2°  La  flamme  moyennement  aérée  comporte  un  cône  intérieur  bleu  très 
net  dont  le  sommet  est  légèrement  arrondi. 

On  constate  que  les  diminutions  de  hauteur  de  ces  cônes  avec  l'appau- 
vrissement du  gaz  sont  amplifiées  par  rapport  à  celles  du  cône  vert  qui  sert 
à  mesurer  la  vitesse  de  propagation  de  flamme.  L'évaluation  de  ces  varia- 
tions de  hauteur,  dont  la  correspondance  avec  les  fluctuations  des  pouvoirs 
calorifique  et  comburivore  s'établit  pratiquement  par  des  essais  parallèles, 
est  par  suite  beaucoup  facilitée  pour  le  personnel  ouvrier. 

Le  contrôleur  se  compose  essentiellement  : 

i"  D'un  régulateur  de  pression  à  balancier,  très  précis,  muni  d'un  mano- 
mètre ; 

a°  De  deux  brûleurs  avec  cheminée  en  verre,  réglés  chacun  au  débit  de 
Qo  litres  à  l'heure  environ,  mais  la  flamme  de  l'un  présentant  le  cône  à 
sommet  lumineux  et  celle  de  l'autre  présentant  le  cône  bleu.  L'air  total  est 
appelé  dans  la  gaine  de  chaque  bunsen,  à  la  fois  par  le  jet  de  gaz  à  l'injec- 
teur  et  par  le  tirage  assez  énergique.  L'admission  d'une  partie  de  cet  air 
total  comme  air  primaire  est  commandée  par  la  rotation  d'une  bague  à 
trous  triangulaires,  dont  les  déplacements  sont  repérés  par  une  aiguille. 
Un  index  annulaire,  placé  entre  le  verre  et  l'écran  demi-circulaire,  noirci, 
qui  l'entoure,  sert  à  viser  les  sommets  des  cônes  internes  de  la  flamme. 

Basé,  au  fond,  sur  la  détermination  d'une  caractéristique  essentielle  des 
gaz  combustibles  (la  vitesse  de  propagation  de  flamme),  ce  petit  instrument 
indique,  une  l'ois  taré,  quelles  rectifications  il  faut  apporter  à  la  qualité  du 
gaz  pour  satisfaire  les  consommateurs  et  se  tenir  dans  les  limites  des  cahiers 
des  charges. 


SÉANCE   DU    l5    MAI    I922.  1289 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Étude  de  deux  propiophénones  aa  .  [i'^  -  substùuées  et 
de  leurs  produits  de  dédoublement  par  Vamidure  de  sodium.  Note  de 
M™^  Ramart  et  de  M.  G.  Albesco,  présentée  par  M.  A.  Hallcr. 

•  Le  but  de  ce  travail  a  été  de  préparer,  d'après  la  méthode  à  l'amidure  de 
sodium,  des  cétones  substituées  du  type 

(C«H^)'-CH-C(R)^C0-C«H5        et        ^^^|^^'>GH  —  C(R)^COC"ll' 

non  encore  connues,  de  les  soumettre  à  l'action  de  ce  même  amidure, 
à  l'effet  de  provoquer  leur  scission  en  appliquant  la  réaction  imaginée  par 
MM.  A.  Haller  el  Ed.  Bauer.  Rappelons  que  cette  réaction  peut  s'effectuer 
de  la  façon  suivante  : 

(I)  (C«H»>CH— C(R2)COC«H^+NH2i\a     -^     (OH^j^CH  — CR''G0NH^4-C«H^ 

(II)  (C«H5)^CH-C(R2)COG«H^+NH2Na     -^     (G«H')2CH  —  GHR^ 

=  G«H3G0NH^ 

Si  elle  a  lieu  suivant  le  schéma  (1),  nous  possédons  ainsi  une  méthode 
générale  de  préparation  des  amides  et  des  acides  propioniques  aa-dialcoylés 
et  p[3-substitués  dont  jusqu'ici  un  seul  terme  était  connu. 

Nous  avons  effectué  la  synthèse  de  ces  cétones  en  condensant  les  dérivés 
organo-magnésiens  mixtes  sur  les  benzylidène-acétophénones.  Dans  ces  con- 
ditions, M.  Kohler  ('),  puis  MM.  Haller  et  Bauer  (-).  ont  montré  que  la 
réaction  se  passait  suivant  l'équation 

^  ArGH  =  GH  — G0G«H5+ RMgX    -^     ^""^GH  -  GH-GOC^H^. 

Nous  avons  ensuite  alcoylé  ces  cétones  au  moyen  de  l'amidure  de  sodium. 
La  première  substitution  se  fait  facilement;  par  contre,  la  deuxième  est 
assez  pénible. 

Les  cétones  aa.  [3  !îJ-substituées  ont  été  ensuite  soumises  à  l'action  de  l'ami 
dure  de  sodium,  et  nous  avons  pu  constater  que  la  scission  se  fait  dans  les 
deux  sens  indiqués. 

Nous  nous  bornerons  ici  à  décrire  la  préparation  et  la  coupure  de  la 
^^-diphényl-aa-diméthylpropiophénone  et  de  la  p-phényl-aa.[3-tnéthylpro- 
piophénone. 

O  Kohler,  Am.  Cheni.  Jour.,  i.  31,  p.  O42  ;  t.  33,  p.  21,  35.  i53,  3i4. 
("-)  Haller  el  Bauer,  Comptes  rendus,  t.  Ii2,  1906,  p.  971. 


1290  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Préparation  et  coupure  de  la  [i^-diphényl-aia.-diméthylpropiophénone.  —  Nous 
avons  mélliylé  la  j3,3-diphényIpropiophénone  au  moyen  de  l'amidure  de  sodium  et  de 
l'iodure  de  mélhyle  au  sein  du  benzène.  Nous  avons  obtenu  tout  d'abord  la  [3(3-diplié- 
nyl-a-mélhylpropiophénone  fondant  à  loS"  (n.  c.)  et  identique  au  produit  obtenu  par 
M.  Kohler(')  en  faisant  agir  le  bromure  de  phénylmagnésium  sur  le  benzalpropio- 
phénone. 

Nous  avons  méthylé  de  nouveau  celte  cétone  et  nous  avons  isolé  un  produit  cris- 
tallisant en  beaux  prismes  incolores  de  P.  F.  90°  et  auquel  l'analyse  assigne  la  formule 

(CH3)2 

/ 
(C^H^)2  CH  —  G  —  CO  —  C"  H^ 

Action  de  Vamidure  de  sodium  sur  ce  composé.  —  La  coupure  s'est  faite  au  sein 
du  xylène  suivant  la  méthode  indiquée,  par  MM.  Haller  et  Bauer.  Nous  avons  isolé  les 
composés  suivants  : 

i°De  i'isopropyldiphénylméthane  (^11^)2  011.011(011^)-,  liquide  incolore,  bouillant 
à  i45"  sous  i3™";  ce  carljure  n'est  pas  signalé  dans  la  littérature; 

2°  De  la  benzamide  et  de  Tacide  benzoïque  fondant  respectivement  à  128°  et  121°; 

3°  De    Tacide    ,3^-diphényl-aa-diméthylpropionique,     prismes    incolores    fondant 

ài34°('.); 

4"  De  raa-dimétlîyI-(3j3-diphénylpropionamide  (P.  F.  122°); 

5°  Du  tétraphényléthane  dont  nous  ne  nous  expliquons  pas  la  formation. 

Préparation  et  coupure  de  la  '^-phényl-ot.y..^-lriéthylpropiophénone.  —  Nous 
avons  éthylé  la  [3-phényl-{3-élhylpropiophénone  au  moyen  de  l'amidure  de  sodium  et 
du  bromure  d'éthyle  au  sein  du  benzène.  La  (3-phényl-a.|3-diétliylpropiophénone  cristal- 
lise en  fines  aiguilles  fondant  à  68°.  Nous  avons  préparé  la  même  cétone  en  conden- 

O^H^^ 

sant  la    benzalbutyrophénone   CM1^0H  =  0  — 00  —  O^H^  avec  le  bromure  d'éthyl- 
magnésium.  Les  deux  produits  sont  identiques. 

Oette  cétone,  éthylée  de  nouveau  dans  les  mêmes  conditions,  donne  un  produit 
huileux  bouillant  à  180°  sous  io""°,  auquel  l'analyse  assigne  la  formule  de  la  |3-phényl- 
aot.^-triéthylpropiophénone.  Oependant,  comme  nous  n'avons  pas  réussi  à  puriller  cette 
cétone  par  cristallisation  et  que  la  distillation  fractionnée  ne  nous  a  pas  permis  de  la 
séparer  entièrement  de  son  homologue  inférieur,  nous  faisons  quelques  réserves  sur  sa 
pureté. 

Action  de  l'amidure  sur  ce  composé.  —  Après  avoir  traite  par  un  excès 
d'amidure  de  sodium  au  sein  du  xylène  la  [5i-phényl-aa.^-triéthylpropio- 
phénone,  nous  avons  pu  isoler  les  composés  suivants  :  . 


(')  Loc.  cil. 

(-)  Cet  acide  a  déjà  été  préparé  par  un  autre  procédé,   par  1\L  Nef,   qui  indique  le 
même  P.  F.  134»  (Nef,  Ann.  Chem.  Jour.,  t.  33,  p.  89). 


SÉANCE  DU  l5  MAI  1922.  I29I 

i"  Du  3-pliényl-4-élhylhe\ane  l!.yCH  —  CH(G-H^)2  bouillant  à 'îo^"  sous  740™"', 

inconnu  jusqu'à  ce  jour; 

2"  De  lacide  benzoïque  fondant  à  121°; 

3"  De  l'acide  [3-phéiiyl-aa.3-triéthylpropionique  fondant  à  S?.",  après  cristallisation 
dans  un  mélange  éther-élher  de  pétrole.  Cet  acide  est  également  nouveau. 

En  résumé,  nous  voyons  que  Tamidure  de  sodium  provoque  une  scission 
des  cétones  décrites  suivant  les  schémas  I  et  U,  et  cela  en  proportions  sen- 
siblement égales. 

L'un  de  nous  continue  ce  travail  sur  toute  une  série  de  propiophé- 
nones-aa.^S^-substituées.  Le  Mémoire  sera  publié  prochainement  dans  un 
autre  recueil. 


CHI.MIE  ORGANIQUE.  —  Sur  V auto-oxydalion  des  composés  sid fnrés organiques . 
Note  de  M.  Marcel  Delépine,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

Il  y  a  une  dizaine  d'années,  j'ai  découvert  qu'un  nombre  assez  considé- 
rable de  composés  organiques  sulfurés  possédaient  la  singulière  propriété 
de  s'oxyder  spontanément  à  l'air,  à  la  température  ordinaire,  avec  produc- 
tion de  fumées  et  de  lumière  visible  dans  l'obscurité  (').  Ces  combinaisons 
ont  toutes  du  soufre  doublement  lié  S  :  C  :  ou  S  :  P  :  ;  on  peut  aussi 
admettre  que  le  soufre  et  l'élément  voisin  y  possèdent  des  valences  libres, 
ce  qui  leur  permet  de  s'adjoindre  de  l'oxygène  pour  former  une  sorte 
d'ozonide  contenant  du  soufre  : 

RR'G  :  S  —  RR'C  -  S  -f-  O^  ->  RR'C  —  S  : 

Il  II 

0  —  0 

cet  ozonide  se  détruirait  ensuite  en  RR'CO  et  SO,  ce  dernier  s'oxydant  à 
son  tour  (-). 

Cette  auto-oxydation  s'exerce  dans  des  conditions  fort  singulières,  à 
propos  desquelles  j'avais  commencé  à  cette  époque  (^)  de  nombreuses 
expériences,  dont  quelques-unes  n'ont  été  achevées  que  récemment.  Je  vais 
les  résumer  très  brièvement. 

(^)  M.  Delépine,  Comptes  rendus,  t.  150,  1910,  p.  876,  1607;  t.  153,  191 1,  p.  279; 
t.  154,  191 2,  p.  1 171. 

(2)  M.  Delépine,  Bull.  Se.  Pharniacolog.,  t.  17,  1910,  p.  5oi. 

(*)  M.  Delépine,  Résumé  des  Travaux  du  Congrès  de  l' Association  française 
pour  l'Avancement  des  Sciences  (Dijon),  191 1.  p.  63. 


1292  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

L'auto-oxydation,  quoique  spontanée,  présente  ce  caractère  étrange  de 
n'intéresser  qu'une  très  faible  quantité  de  vapeur  sulfurée;  elle  s'arrête 
aussitôt,  sans  que,  certainement,  aucun  équilibre  réversible  puisse  être 
invoqué.  Toutefois  M.  Billeter  et  ses  élèves  (  '  )  ont  montré  que  la  présence 
des  alcalis  fixes  pour  les  éthers  sulfocarbamiques  et  celle  de  l'ammo- 
niaque pour  la  plupart  des  autres  corps  sulfurés  [types  SC(OR)(OR'), 
SG(OR)-,  S:CC1(0CH'),  S  :  CCI']  permettent  de  pousser  l'oxydation 
à  son  terme,  sans  que,  d'ailleurs,  on  puisse  permuter  avec  succès  ces  agents 
basiques  et  tirer  de  ces  expériences  une  explication  plausible  du  phéno- 
mène de  limitation  à  l'air  seul,  phénomène  qu'on  peut  confirmer  par  une 
multitude  d'expériences. 

Un  mélange  d'air  et  de  vapeur  qui  a  lui  et  fumé,  devenu  transparent,  luit  et  fume 
de  nouveau,  si  on  le  déverse  dans  l'air  ou  si  l'on  y  insuffle  de  l'air  frais,  etc.  Si  l'on 
répand  des  vapeurs  dans  de  grands  vases  (3'  à  10'),  oii  peut  récolter  des  quantités 
appréciables  d'acide  sulfurique  (avec  de  l'acide  sulfureux)  et  constater  que  la  dose 
formée  ne  correspond  qu'à  une  faible  quantité  de  matière  oxydée;  celle-ci  augmente  à 
peine  si  l'on  augmente  beaucoup  la  quantité  de  corps  sulfuré,  malgré  que  l'oxygène 
de  l'air  soit  toujours  en  grand  excès.  L'absorption  d'oxygène  n'est  que  de  quelques 
millièmes  du  volume  de  l'air.  Une  expérience  qui  montre  bien  cette  petitesse  de 
l'oxydation  consiste  à  mettre  i"'s  de  CS(0CH3)  (SCIP)  dans  un  i^  d'air  en  vase  clos; 
l'ouverture  du  tlacon  après  quelques  jours  donne  encore  un  nuage. 

La  pression  d'oxygène  nécessaire  à  l'oxyluminescence  est  très  faible  dans  la  plupart 
des  cas  :  ô-^""  pour  CSCI%GH^CS.0CH3,  ^-n^  pour  CS(OCIP)  (SCIP).  2.5°"" 
pour  (CH3)2?«J.CSOCIP,  etc.  Il  ne  semble  pas  que  la  vapeur  d'eau  soit  nécessaire  ou, 
plus  exactement,  il  suffirait  de  l'humidité  de  l'air  enfermé  dans  les  petites  ampoules 
qui  ont  servi  aux  expériences  {o'"^',5  d'air,  soit  o™",oo.5  de  vapeur  d'eau  au  plus), 
car  lorsqu'on  rompt  une  ampoule  de  CS(0CH3)  (  SCIP)  ou  GS(0CIP)N(CII3)-^  dans 
un  volume  d'air  de  i^5  desséché  par  l'anhydride  phosphorique,  l'illumination  se 
produit. 

Si  l'on  détend  de  l'air  ayant  servi  à  autoxyder  des  composés  tels  que  CSCP, 
CSCl(OCtP),  CS(OCtP)(SCH='),  SPC1(0CB3)^  SP(OCIP)',  CIPCSOGH^  en  ajus- 
tant un  ballon  vide  à  un  ballon  dans  lequel  a  eu  lieu  l'auto-oxydation,  on  constate  une 
nouvelle  lueur  dans  le  ballon  où  l'air  se  rend;  cet  air,  détendu  à  son  tour  dans  un  troi- 
sième ballon,  l'illumine  encore.  Par  contre,  dans  le  cas  de  CS(OCfP)N(CIP)%  c'est 
dans  le  ballon  d'où  l'air  sort  que  la  lueur  prend  naissance.  De  l'air  frais,  en  rentrant 
dans  ces  ballons  à  air  plus  ou  moins  raréfié,  produit  généralement  de  nouvelles  lueurs 
en  pénétrant  jusqu'à  la  pression  atmosphérique. 

Toutes  ces  expériences  sont  concordantes  pour  démontrer  qu'il  n'y  a  qu'une  très 
petite  quantité   de  vapeur  organique  oxydée  chaque  fois.  Cette  petite  quantité  peut 

(^)  O.  Billeter,  Ber.  d.  d.  ckem.  Gesellsch.,  t.  43,  1910,  p.  i853.  —  O.  Billeter  et 
B.  Wavre,  Helvetica  chim.  Acta,  t.  1,  1918,  p.  167. 


SÉANCE  DU  l5  MAI  I922.  1 293 

encore  êlre  diminuée  ou  même  réduite  à  néant.  Diverses  substances,  dont  réllier  ordi- 
naire, l'aldéhyde,  l'essence  de  térébenthine,  l'éther  de  pétrole,  l'acétone,  la  pyridine, 
le  sulfure  de  carbone,  le  gaz  sulfureux,  l'acide  sulfhydrique,  empêchent  les  fumées  et 
la  luminescence,  à  des  doses  d'ailleurs  fort  inégales;  quelques  millii;iammes  d'éther 
ou  d'aldéhyde  au  litre  suffisent  pour  jouer  ce  rôle  d'antioxygène  (le  chlorosulfure  de 
carbone  fait  exception,  il  peut  même  faire  exploser  un  mélange  de  sa  vapeur  avec 
l'éther,  dans  des  conditions  déterminées).  L'auto-oxydation  n'est  que  suspendue;  l'am- 
moniaque la  fait  reprendre  aussitôt.  Toutefois  avec  beaucoup  d'éther,  on  peut  empê- 
cher l'ammoniaque  d'agir,  en  mettant  ainsi  en  conflit  deux  actions  contraires  qui  se 
contrebalancent.  D'autres  substances,  alcools,  phénol,  créosote,  etc.,  sont  sans  effet. 

Fait  curieux  et  inattendu,  l'acide  acétique,  l'acide  formique,  l'acide  propionique, 
l'acide  butyrique,  l'acide  valérianique  favorisent  la  plupart  de  ces  auto-oxvdations  ; 
introduits  même  à  doses  très  minimes  dans  un  flacon  dont  les  fumées  se  sont  déposées, 
ils  provoquent  l'apparition  d'un  nouveau  nuage  fort  opaque. 

Des  tubes  contenant  de  l'air  ou  de  l'oxygène  avec  un  excès  de  corps  sulfuré,  scellés 
en  1911-1912  et  ouverts  récemment,  n'ont  pas  donné  d'absorption  sensible  et  conte- 
naient encore  presque  tout  leur  oxygène  (sauf  dans  le  cas  de  CSCl-  avec  O  pur).  Ces 
faits  établissent  la  permanence  de  larrêt  de  l'auto-oxydation. 

Il  y  a  tout  lieu  d'attribuer  la  cause  de  cet  arrêt  à  la  substance  sulfurée 
elle-même;  elle  serait  son  propre  antioxygène,  ce  mot  étant  entendu  dans 
le  sens  que  MM.  Moureu  et  Dufraisse  lui  attribuent,  mais  ce  pouvoir 
s'exercerait  seulement  à  partir  d'une  certaine  limite  de  concentration  de  la 
vapeur,  au-dessous  de  laquelle  l'auto-oxydation  serait  possible  et  spontanée  ; 
au-dessus  de  cette  limite,  certainement  inférieure  à  la  tension  de  vapeur 
saturante,  l'auto-oxydation  s'arrêterait  indéfiniment;  des  dilutions  ulté- 
rieures, au  contraire,  la  feraient  reprendre  comme  le  montrent  nombre 
d'expériences  relatées  plus  haut.  A  priori^  il  n'y  a  rien  qui  s'oppose  à  ce  que 
la  vapeur  organique  sulfurée  joue  le  rôle  de  l'éther  ou  de  l'aldéhyde.  Cer- 
taines substances,  comme  l'acide  acétique,  changeraient  cette  limite. 

D'autres  considérations  de  l'aspect  de  ces  auto-oxydations  permettent,  en 
outre,  de  penser  ({u'elles  ont  lieu  par  explosion  de  mélanges  de  vapeurs  et 
d'air  dont  la  caractéristique  est  la  pauvreté  extrême  en  coi^ps  combustible, 
explosion  n'ayant  lieu  qu'entre  certaines  limites  de  composition,  comme 
pour  les  mélanges  gazeux  ordinaires.  11  y  aurait  là  un  rapprochement  avec 
la  phosphorescence  du  phosphore  qui.  dans  certains  cas,  donne  des  lumines- 
cences rythmées  ('),  mais  il  y  a  aussi  bien  des  différences  sur  lesquelles  je 
ne  puis  insister  ici  et  qui  font  de  l'auto-oxydation  des  composés  organiques 
sulfurés  un  type  bien  spécial. 

(')  M.  CenTxNekszwer,  Z.  /,  physik.  Chein.,  t.  26,  1898,  p.  -2-.  —  W.-P.  Jokissen, 
Hec.  Tr.  chim.  Pays-Bas^  t.  39,  1920,  p.  -iS;  t.  iO,  1921,  p.  53g. 


1294  -         ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


PSYCHO-PHYSIOLOGIE.  —  Loi  de  la  vitesse  d'établissement  des  processus  chro- 
matiques fondamentaux  en  fonction  de  V  intensité  de  V excitation  lumineuse. 
Note  de  M.  Henri  Piéro.v,  présentée  par  M.  Henneguy. 

Lorsqu'on  étudie  la  période  d'établissement  d'une  sensation  provoquée 
par  une  excitation  lumineuse  monochromatique,  il  est  difficile  de  dissocier 
l'accroissement  progressif  de  luminosité  de  l'accroissement  de  la  couleur; 
mais  il  se  trouve  qu'un  phénomène,  aujourd'hui  classique,  réalise  une 
dissociation  de  la  clarté  et  du  chroma,  et  cela  en  lumière  l)lanche,  celui  des 
couleurs  subjectives  de  Fechner-Benham. 

J'ai  pu  montrer  que  ces  colorations  des  anneaux  gris  continus,  engendrés, 
dans  la  rotation  de  disques  à  secteurs  blancs  et  noirs,  par  des  fragments 
d'anneaux  noirs  disposés  sur  le  secteur  blanc,  étaient  dues  au  déclenchement 
par  l'excitation  lumineuse  (que  représente  le  passage  du  secteur  clair)  des 
processus  chromatiques  fondamentaux  évoluant  avec  des  constantes  de 
temps  propres,  différentes  les  unes  des  autres.  Et  j'ai  formulé  ainsi  la  loi  du 
déséquilibre  chromatique  initial,  quiesl  la  base  du  phénomène. 

«  Sous  l'influence  d'une  excitation  lumineuse  de  la  rétine  par  un  rayon- 
nement complexe  à  résultante  incolore,  il  se  produit  au  début  un  déséqui- 
libre chromatique,  avec  prédominance  successive  de  nuances  allant  du 
rouge  au  bleu  dans  l'ordre  des  couleurs  spectrales,  par  suite  d'une  inégale 
vitesse  d'établissement,  jusqu^à  l'atteinte  du  stade  hypermaximal,  transi- 
toire, des  processus  chromatiques  fondamentaux  déclenchés  »  ('). 

C'est  successivement,  en  effet,  que  chacun  des  processus  passe  par  cette 
phase  hypermaximale  qui  est  de  règle  dans  l'élablissement  d'une  sensation 
rétinienne  (Broca  et  Sulzer)  avant  le  régime  stable,  et  les  couleurs  sub- 
jectives de  Fecher-Benham  sont  engendrées  par  la  succession  des  phases 
hypermaximales,  avec  intervention  du  phénomène  de  la  prépondérance  de 
la  diffusion  chromatique  que  j'ai  mis  également  en  évidence. 

L'augmentation  d'intensité  lumineuse  accélère  le  processus  de  l'excita- 
tion dans  toutes  ses  phases;  il  raccourcit  la  latence  liminaire,  il  accélère  à 
la  fois  l'établissement  et  l'évanouissement. 

J'ai  déjà  précisé  les  lois  qui  relient  la  latence  de  la  sensation  à  l'intensité 
excitatrice,  résultant  de  l'intervention  de  trois  processus  indépendants  (-). 

(')  C  R.  Soc.  de  Biologie,  t.  80,  1922,  p.  922. 
('-)  Cf.  Année  Psychologique,  t.  22,  1922,  p.  58. 


SÉANCE  DU  l5  MAI  1922.  129$ 

Pour  rétablissement  de  la  sensation  et  pour  la  persistance,  diverses 
expressions,  d'allure  voisine,  ont  et»'  proposées.  J'ai  recherciié  comment  se 
composait  la  durée  de  la  période  d'établissement  de  la  sensation  chroma- 
tique jusqu'à  la  phase  hypermaximale  par  le  procédé  indirect  du  retard 
spécitique  des  diverses  couleurs  subjectives  de  Fecher-Benham,  en  modi- 
fiant les  vitesses  de  rotation  du  disque,  grâce  à  un  appareil  ([ue  j'ai  fait 
construire  et  qui  m'a  donné  toute  satisfaction,  et  en  déterminant,  d'après 
ces  vitesses,  les  constantes  de  temps  de  chaque  couleur  pour  un  éclairement 
donné,  puis  pour  des  éclairements  plus  ou  moins  intenses,  obtenus  par 
éloignement  ou  rapprochement  de  la  même  source  lumineuse. 

Comme  l'augmentation  d'intensité  accélère  les  processus,  les  couleurs 
pour  les  différents  anneaux  de  Benham  sont  respectivement  modifiées  comme 
si,  à  éclairement  constant,  on  avait  ralenti  la  vitesse  de  rotation;  il  faut  donc 
accélérer  celle-ci  pour  rétablir  les  couleurs  initiales  modifiées  par  Tapproche 
de  la  source.  Les  modifications  des  constantes  de  temps  des  différentes 
couleurs  se  montrent  sensiblement  identiques. 

En  appelant  i  l'intensité  la  plus  faible  employée  pour  chaque  couleur  et 
en  faisant  égal  à  100  le  temps  d'établissement  hypermaximal  correspondant 
(indiqué  en  millièmes  de  secondes),  voici  les  résukats  obtenus  pour  les 
diverses  intensités  I,  avec  trois  couleurs  : 

I.  Vert.  Jaune.  lîoiige. 

1 49î7    =100  4o    =100  23,6    =100 

2,2- 4O  r=r    80 . .")  3o ,  8  ^    77  » 

7 »  »  i5 ,25  =   66 

9,1 28,5     =    57,3  22        zr:    55  » 

3'6  ,  4 20 ,  25  =:    4  i  "  » 

J'ai  comparé  à  ces  chiffres  observés  (  /,)  ceux  que  pouvait  donner  l'inter- 
polation par  le  calcul  au  moyen  de  deux  types  de  formules,  celui  de  type 
logarithmique,  et  celui  correspondant  à  la  loi  de  Charpentier  pour  la  durée 
d'établissement  de  la  sensation  lumineuse,  d'après  laquelle  celle-ci  est 
fonction  inverse  de  la  racine  quatrième  de  l'intensité  excitatrice  (^t.,  et  /.,)  : 

Iof3  ,■.  ion 

I.  t..  t„  =  -, 71Z •        LcarLs.  /   =  •  Ecarls. 

■       log(Ix  10)  ;  I 

1,0 100,0  106,0  -1-6,0  100. I)  o 

2.27 78.7  78,5  —0,2  81.4  -1-2,7 

7.11 66.0  57,4  —8.6  61.5  — 4-5 

9.1 56.2  54.  f>  — 2,2  57,5  -h  1.3 

36,4 4'jO  4i)3  -1-0,3  40,']  — 0,3 

Écart  moyen  "/„  :  Ecart  moyen  "/o  • 

0,0  2.5 


1296  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

La  loi  de  Charpentier  s'applique  à  nos  résultats  de  façon  très  satisfai- 
sante, davantage  même  qu'à  ses  propres  résultats  sur  l'élablissement  de  la 
sensation  lumineuse,  comme  elle  vaut  encore  pour  les  résultats  plus  anciens 
d'Exner.  Dans  les  trois  cas,  la  formule  de  type  logarithmique  s'écarte 
davantage  des  données  empiriques. 

Voici,  en  effet,  ce  que  donne  la  comparaison  des  deux  types  de  formule 
pour  ces  résultats  (z,  représente  les  temps  observés;  t^  et  ïg,  respectivement, 
les  temps  calculés  d'après  la  formule  logarithmique  et  celle  de  Charpentier), 
en  adoptant  pour  ceux  d'Kxner  la  moyenne  de  ses  deux  séries  de  chiffres  : 

A.  —  Hésullals  de  Charpenlier .  B.  —  Résultats  cTEiner. 

I.  t^.  t.,.  ty  I.  t^.  t...  fj. 

1,00 62  62,0  62,0  1 27,18  27,18  27,18 

6,2,5 42  34,0  39,2  2 23, 18  20,75  22,90 

25,00......     23  25,0  27,7  4 18,72  16,90  19,22 

100,00 17  20,6  19,6  8 i3,48  '4,28  16, i5 

225,00 12  18,5  16,0  t^carts  mojens'Yo.        G,l  4,1 

Ecarts  moyens  "/q.  12,0  9,0 

Ainsi  la  vitesse  du  processus  d'établissement  (réciproque  de  la  durée), 
aussi  bien  pour  la  sensation  lumineuse  d'après  les  méthodes  de  comparaison 
pholométrique  directe,  que  pour  les  processus  fondamentaux  des  sensations 
chromatiques  d'après  la  détermination  du  temps  des  couleurs  subjectives 
de  Fechner-Benham,  paraît  donc  bien  proportionnelle  à  la  racine  quatrième 

de  l'intensité  d'excitation.  Si  l'on  écrit  V  =  -,  on  a  V  =  A.P'-^ 

Or  des  expériences  poursuivies  dans  des  conditions  techniques  suffi- 
samment précises  sur  la  persistance  apparente  des  impressions  rétiniennes, 
m'ont  donné  des  résultats  pour  lesquels,  en  ce  qui  concerne  l'excitation  des 
cônes,  c'est  cette  même  loi  qui  se  montre  valable  (*). 

Je  puis  donc  conclure  que  la  loi  V  =  A.I"^'  s'applique  à  la  vitesse  du 
processus  psycho-physiologique  déclenché  par  l'excitation  lumineuse  —  du 
moins  pour  une  catégorie  d'éléments  récepteurs,  les  cônes  —  aux  deux  ver- 
sants de  l'établissement  et  de  l'évanouissement,  les  augmentations  d'inten- 
sité accélérant  dans  la  même  proportion  les  phases  initiale  et  terminale. 


(')  La  loi  logarillimique  de  Ferry-Porter  n'esl  pas  satisfaisante  quand  on  l'applique 
aux  résultats  mêmes  des  deux  auteurs  qui  ont  proposé  ce  type  de  loi  et  à  ceux  des 
auteurs  qui,   comme   Allen,    ont   déclaré  la  confirmer. 


SÉANCE    DU    l5    MAI    1922.  1297 

BIOLOGIE.  —  Vaclùmtiondii  sperinalozoïde  dans  les  fécondations  hélèrogènes. 
Note  1')  de  M.  Alphonse  Labbé,  présentée  par  M.  Henneguy. 

Dans  deux  Notes  antérieures  (-),  nous  avons  déterminé  quelques  points 
importants  dans  le  conditionnement  des  fécondations  hétérogènes.  Nous 
avons  observé  que  Tactivation  de  l'œuf  pouvait  résulter  du  contact  ou  de  la 
pénétration  du  spermatozoïde  étranger,  et  que  la  pénétration  était  en  rap- 
port avec  une  alcalinité  optima  de  l'eau  de  mer. 

Mais  si  l'activation  de  Tœuf  par  le  spermatozoïde  étranger  peut  rentrer 
dans  le  cadre  de  la  parthénogenèse  expérimentale,  nous  n'avons,  en  re- 
vanche, aucune  idée  des  facteurs  propres  à  Famphimixie,  à  la  copulation 
des  noyaux  d^  et  p  ,  qui,  seule,  pourrait  fournir  des  hybrides  entre  les 
espèces  en  expérience.  Dans  tous  les  cas  où  cette  copulation  a  été  observée, 
les  chromosomes  paternels  sont  plus  ou  moins  rapidement  éliminés,  et  le 
produit  possède  exclusivement  les  caractères  maternels. 

Il  faudrait  donc  trouver  les  agents  capables  d\ictiver  le  spermatozoïde 
étranger  dans  les  fécondations  hétérogènes,  activation  qui  n'est  pas  paral- 
lèle de  l'activation  de  ra:'uf. 

Dans  mes  expériences  antérieures,  le  spermatozoïde  étranger,  après  avoir 
pénétré,  se  gonfle  un  peu,  mais  ne  détermine  pas  d'aster,  et  son  dévelop- 
pement s'arrête.  Il  s'agit  de  déterminer  le  conditionnement  physico-chi- 
mique qai  lui  permettrait  de  continuer  son  évolution  jusqu'au  stade  de 
pronucleus  normal. 

D'après  ce  que  nous  connaissons  des  phases  cellulaires  dans  la  féconda- 
tion normale,  le  gonflement  de  la  tête  et  l'irradiation  doivent  être  sous  la 
dépendance  d'une  augmentation  de  la  perméabilité,  permettant  une 
absorption  d'eau,  et  peut-être  de  sels.  Les  alcalis  augmentent  bien  la  per- 
méabilité pour  les  ions  Ôîï,  mais  nous  avons  vu  que  leur  action,  quoique 
utile,  n'est  pas  suffisante.  On  pourrait  essayer  le  calcium;  ce  que  je  n'ai 
pas  fait,  pensant,  avec  Delage,  que  la  question  doit  être  plus  physique  que 
chimique.  Dans  la  tête  du  spermatozoïde,  il  existe  évidemment  une  certaine 
pression  osmotique  interne,  et,  d'autre  part,  une  pression  externe  jointe  à 

(1)  Séance  du  8  mai  (922. 

(2)  Alphonse  Labbé,  Sur  des  fécondations  hétérogènes  {Comptes  rendus,  t.  1/J, 
1921,  p.  942);  Le  rôle  de  V alcalinité  de  Veau  de  mer  dans  les  fécondations  hétéro- 
gènes {Ibid.,  t.  174,  1922,  p.  1199). 


1298  '       ACADÉMIE   DES   SCIENCES^ 

la  tension  superficielle  :  de  ces  deux  forces  antagonistes,  la  première,  accrue 
par  les  alcalis,  domine  au  début  ;  puis,  il  se  fait  un  équilibre,  d'oùTarrêt  du 
développement.  Il  s'agit  donc  de  produire  à  nouveau  un  déséquilibre,  en 
augmentant  la  pression  osmotique  interne. 

Le  moyen  le  plus  simple  m'a  paru  de  faire  agir  une  solution  hypertonique. 

Utilisant  les  œufs  du  Polychète  Ualosjdna  gelatinosa  et  du  sperme  d'Astérie,  je 
traite  d'abord  ces  œufs  par  la  solution  de  NaOH  à  i"^™\5  de  la  solution  décinormale 
pour  100'''"'  d'eau  de  mer.  Ce  traitement,  qui  constitue  le  premier  temps  de  l'expé- 
rience, est  poursuivi  jusqu'à  l'émission  du  deuxième  globule  polaire.  A  ce  moment,  je 
porte  les  œufs  dans  une  solution  hypertonique  de  NaCl  (2s  pour  100™^  d'eau  de  mer), 
ce  qui  constitue  le  deuxième  temps.  Trois  heures  après,  je  reporte  les  o;ufs  ainsi 
traités  dans  l'eau  de  mer  normale. 

J'ai  pu  constater  que  mon  hypothèse  se  vérifiait  :  dans  les  (t'ufsoù  le  spermatozoïde 
d'Astérie  avait  pénétré,  le  pronucleus  cf  était  presque  aussi  volumineux  et  })lus  net 
que  le  pronucleus  p  ;  à  son  contact  s'était  irradié  un  aster,  H  y  avait  en  outre  dans 
le  cytoplasme  un  à  trois  autres  petits  asters  accessoires,  ce  qui  n'a  rien  détonnant, 
le  procédé  étant  le  même  que  celui  dont  se  sont  servis  Norman,  Morgan  et  autres  pour 
provoquer  dans  des  œ'ufs  vierges  des  astrosphères  artificielles. 

Lss  mauvaises  conditions  climatériques  du  mois  d'avril,  au  Croisic,  et  le  peu  de 
temps  dont  je  pouvais  disposer  ne  m'ont  pas  permis  de  pousser  plus  loin  ces  expé- 
riinces.  Elles  doivent  être  à  nouveau  vérifiées,  et  je  ne  puis  ni  généraliser,  ni  discute? 
leur  conditionnement.  Il  est,  d'ailleurs,  vraisemblable  que  les  procédés  dont  je  me 
suis  servi  pourront  être  modifiés. 

Néanmoins,  un  résultat  reste  acquis  :  l'évolution  du  pronucleus  cf  et  la 
formation  de  Tirradiation  dans  les  fécondations  hétérogènes,  même  entre 
animaux  d'espèces  très  éloig-nées,  peuvent  s'effectuer  par  un  traitement  en 
deux  temps  :  traitement  alcalin  par  une  solution  de  NaOH;  traitement  [)ar 
une  solution  hypertonique  de  NaCI,  puis  report  dans  Teau  de  mer  normale. 

On  remarquera  que  Loeb  a  employé  avec  succès  cette  méthode  pour 
obtenir  la  parthénogenèse  expérimentale  chez  le  Strongylocentrotas .  Il  est 
curieux  de  constater  que  l'activation  du  spermatozoïde,  dans  l'œuf  activé 
par  lui,  puisse  réussir  par  le  même  procédé  qui  pourrait  activer  l'œuf. 
Peut-être  la  superposition  de  ce  traitement  parthénogénitique  et  de  la 
fécondation  diminue-t-elle  la  vitalité  des  produits.  Il  est  certain  que  l'opé- 
ration doit  agir  sur  l'œuf  activé  autant  que  sur  le  spermatozoïde  étranger, 
ce  que  prouve,  du  reste,  l'apparition  d'asters  accessoires. 

Néanmoins,  il  n'est  pas  illogique  de  poursuivre  le  développement  de 
cette  méthode,  et  d'essayer  de  maintenir  une  chromatine  paternelle  active 
dans  les  cellules  du  produit,  ce  qui  amènerait  chez  celui-ci  la  manifestation 
des  caractères  paternels.  C'est  ce  qu'il  sera  intéressant  de  chercher,  sans 


SÉANCE    DU    IJ    MAI    I922.  1 299 

préjuger  en  rien  de  cette  question  tliéoritjue,  que  la  chromatine  soit,  ou 
non,  porteur  des  caractères  liéréditaires. 

Chacune  des  espèces  en  présence  dans  une  fécondation  hétérogène  pos- 
sède son  rytlime  particulier  de  mitose,  et  lune  ou  l'autre  sont  en. retard 
pour  faire  coïncider  leurs  phases  mitotiques  dans  une  mitose  commune. 
C'est  ce  ([ue  suppose  Herlant  (  ').  iVIais  il  est  possible  d'accélérer  la  retar- 
dataire. On  peut  toujours  agir  sur  la  perméabilité,  la  tension  superficielle 
et  les  échanges,  qui  restent  les  facteurs  les  plus  importants  des  cycles 
cellulaires. 


ZOOLOGIE.  —  Sur  la  formation  de  fuseaux  myolytiques  et  sur  leur  phagocy- 
tose dans  le  cœlome  de  Lipobranchus  intermedius  de  Saint- Joseph.  JNote 
de  M.  Armand  Dehorne,  présentée  par  M.  Mesnil. 

On  se  procure  le  Lipobranchus  intermedius  en  conservant  dans  un  cristal- 
lisoir  rempli  d'eau  de  mer  des  vieilles  écailles  d'huîtres  gisant  sur  les  fonds 
marins  et  ramenées  parla  drague.  Il  habite  en  effet  entre  les  lames  feuille- 
tées des  écailles.  Dès  que  l'eau  du  cristallisoir  commence  à  s'altérer,  il 
abandonne  sa  retraite  profonde,  et  on  peut  le  recueillir  facilement,  soit 
pendant  qu'il  nage,  soit  sur  les  bords  du  récipient.  En  général,  les  indi- 
vidus ainsi  récoltés  n'ont  pas  le  temps  de  pâtir.  Pourtant,  un  exemplaire  de 
ce  Polychète,  fixé  vivant,  avec  toutes  les  apparences  de  l'état  normal,  a 
révélé  à  l'analyse  microscopique  des  phénomènes  marqués  d'histolyse. 

Le  tissu  musculaire  est  le  plus  frappé;  les  libres  longitudinales  et  les 
fibres  obliques,  surtout  ces  dernières,  ont  le  plus  souffert.  Elles  se  sont 
rompues  en  de  nombreux  tronrons,  sans  qu'on  puisse  trouver  les  preuves 
morphologiques  d'une  action  cellulaire,  telle  que  l'intervention  des  leuco- 
cytes. Le  processus  de  rupture  n'a  d'ailleurs  pu  être  suivi  d'une  façon  satis- 
faisante, et  d'autres  recherches  seront  faites  sur  un  matériel  nouveau  pour 
établir  si  le  tronçonnement  a  lieu  brusquement  ou  d'une  manière  progres- 
sive. Toutefois,  nous  avons  relevé  dans  nos  coupes  plusieurs  indices  de  la 
transformation  préalable  des  fibres  musculaires  en  une  succession  départies 
dilatées  et  de  parties  contractées,  de  ventres  et  de  nœuds.  Ces  phénomènes 
se  produisent  dès  le  début  de  l'altération  de  la  substance  des  myofibrilles 
et  ne  seraient  provoqués  que  par  cette  dernière. 

(')  \I.  Herlam',  Sur  quelques  acquisitions  nouvelles  dans  l'étude  de  la  fécon- 
dation {Bev.  Univ.,  Bruxelles,  igin,  p.  567-773). 


l3oo  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Les  tronçons  musculaires  sont  de  toutes  tailles,  beaucoup  cependant  ne 
dépassent  pas  t 5  ou  20  microns.  Fait  intéressant,  sur  lequel  nous  attirons 
Tattention,  un  grand  nombre  d'entre  eux  présentent  une  forme  en  fuseau 
caractéristique.  On  a  des  fuseaux  très  larges,  trapus  et  ovoïdes,  dans 
lesquels  les  fibrilles  contractées  offrent  une  sorte  de  striation  transverse 
grossière  et  imparfaite,  semblable  à  celle  qu'on  a  décrite  pour  les  fibres 
musculaires  dorso-ventrales  des  Trématodes  et  que  nous  avons  rencontrée 
aussi  chez  la  Planaire  blanche.  En  vérité,  les  fibrilles  ainsi  rayées  n'ont 
nullement  la  structure  striée  ;  mais  leur  substance,  au  cours  de  l'ultime 
contraction,  s'est  concentrée  selon  des  raies  transversales,  régulièrement 
disposées  tout  le  long  de  la  fibre.  D'autres  fuseaux  sont  élancés  avec  les 
extrémités  très  pointues;  d'autres  enfin  ont  une  forme  intermédiaire  en 
navette. 

Ces  débris  sont  en  suspension  dans  la  cœlome  immense,  dépourvu  de 
dissépiments,  et  se  trouvent  ainsi  mélangés  à  quelques  ovocytes  et  aux 
abondants  leucocytes  cœlomiques.  Or  ces  derniers  jouent  un  rôle  phago- 
cytaire  actif  qui  s'exerce  précisément  sur  les  tronçons  musculaires  précé- 
demment décrits;  la  plupart  des  leucocytes  renferment  en  effet  des  inclu- 
sions musculaires  à  tous  les  degrés  de  digestion.  Beaucoup  de  corps  en 
fuseau  s'y  retrouvent  ;  les  uns,  ayant  gonflé,  laissent  voir  leurs  fibres 
constituantes  plus  ou  moins  dissociées,  tandis  que  les  autres  ont  conservé 
leur  forme  nette  et  presque  cristalline.  Enfin,  des  fragments  de  fibres  plus 
longs  se  présentent  à  l'intérieur  des  leucocytes  comme  des  mèches  de 
cheveux  enroulées  en  spirale. 

L'état  pathologique  de  cet  exemplaire,  provoqué  parla  toxicité  du  milieu, 
le  manque  de  nourriture  et  un  commencement  d'asphyxie,  était  déjà 
prononcé.  Cependant  nous  avons  rencontré  d'assez  nombreuses  mitoses 
dans  l'épithélium  digestif  et  dans  les  massifs  ovogoniaux,  preuve  que  l'ani- 
mal était  encore  bien  vivant  lors  de  sa  fixation.  D'autre  part,  outre  cette 
poussée  caryocinétique  réactionnelle,  l'activité  phagocytaire  des  leucocytes 
parle  encore  dans  le  même  sens  ;  il  est  vrai  que  l'autonomie  physiologique 
relative  de  ces  derniers  explique  suffisamment  qu'ils  aient  conservé  leur 
vitalité,  alors  qu'une  partie  de  la  musculature  a  subi  ce  délabrement. 

Il  ressort  de  tout  ceci  que  les  muscles  présentent  une  sensibilité  toute 
particulière  aux  facteurs  de  dégénérescence  ;  et  il  est  curieux  qu'ils  soient, 
parmi  les  organes  les  plus  différenciés,  ceux  qui  sont  le  moins  résistants  ; 
il  serait  intéressant  d'en  connaître  la  raison  chimique.  Il  nous  semble,  en 
outre,  que  la  crise  traversée  par  notre  Lipobranchus ^  au  moment  où  il  a  été 


SÉANCE    DU    l5    MAI    I922,  l3oi 

tué,  rappelle,  dans  un  certain  sens,  les  métamorphoses  à  phénomènes 
myolytiques  considérables,  du  type  de  celles  des  Endoptérygotes.  Peut- 
être  les  mitoses  de  l'épithélium  intestinal  sont-elles  l'équivalent  d'une 
manifestation  histogénétique  de  larve  ou  de  nymphe  d'insecte. 

Conclusions .  —  i*^  Les  fibres  musculaires  lisses  en  s'altérant  se  fragmentent, 
et  leurs  fragments  se  présentent  presque  tous  sous  la  forme  de  corps  en 
fuseaux,  réguliers,  striés  dans  le  sens  de  la  longueur.  La  forme  fuselée  est 
tout  à  fait  caractéristique  des  sarcolytes  de  ces  fibres  lisses. 

1°  Les  sarcolytes  fuselés  de  Lipobranchus  rappellent  de  près  les  corps  en 
fuseaux  rencontrés  dans  le  cœlome  des  Néréides  à  maturité  sexuelle  ('). 
Ils  offrent  en  particulier  une  étroite  ressemblance  avec  ceux  qu'on  trouve 
chez  Eunereis  longissima,  espèce  chez  laquelle  les  fuseaux  sont,  aussi  de 
plus  grande  taille  que  chez  les  autres  Néréides. 

BACTÉRIOLOGIE.  —  Variétés  de  bacilles pyocyanoides.  Note  de  M,  C.  Gessakd, 

présentée  par  M.  E.  Roux. 

J'ai  appelé  (j)  pyocyanoides  des  bacilles  pyocyaniques  dégénérés.  Ils  ont 
gardé  la  plupart  de  leurs  propriétés  originaires;  mais  il  leur  manque,  pour 
être  identifiés  avec  les  bacilles  pyocyaniques  proprement  dits,  la  propriété 
essentielle,  qui  est  de  faire  de  la  pyocyanine.  Ce  pigment  spécifique  n'appa- 
raît dans  aucun  des  milieux  où  se  cultivent  les  bacilles  pyocyanoides. 
Ceux-ci  sont  pourtant  dérivés,  par  dégradation  progressive  (  '),  de  germes 
de  la  variété  pyocyanogène  Pe,  laquelle  fait  au  contraire  de  la  pyocyanine 
dans  tous  les  milieux  de  culture.  Dans  les  milieux  à  base  de  peptone  il  s'y 
mêle  une  petite  quantité  d'un  autre  pigment,  le  pigment  jaune  verdâtre, 
rouge  par  vieillissement.  Ce  rouge  a  disparu  en  même  temps  que  le  bleu,  et 
les  cultures  peptonées  des  bacilles  pyocyanoides  connus  jusqu'à  présent 
sont  tout  à  fait  incolores. 

J'ai  étudié  au  même  point  de  vue  la  variété  érythrogène  E.  Avec  cette 
variété,  à  l'inverse  de  la  précédente,  c'est  le  pigment  rouge  qui  prédomine, 
dans  l'eau  peptonée  par  exemple  où  se  caractérisent  nos  variétés  pyocya- 
niques. La  pyocyanine  ne  s'y  trouve  qu'en  faible  quantité,  décelable  seule- 

(')  A  Deborne,  Ilistolyse  et  phagocytose  musculaires  dans  le  cœlome  des  Néréides 
à  maturité  sexuelle  {Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  io43). 

(^)  Sur  les  bacilles  pyocyanoides  {Comptes  rendus,  t.  170,  1920,  p.  298). 
(')  Sur  une  culture pyocyanique  {Comptes  rendus,  t.  171,  1920,  p.  SaS). 

C.  R.,  1922,  1"  Semestre.  (T.  174,  N»  20.)  9^ 


l3o2  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

ment  à  l'extraction  par  le  chloroforme.  La  fonction  pyocyanogène,  à  tel 
point  réduite,  paraissait  d'autant  plus  facile  à  supprimer.  On  pouvait  se 
demander  en  revanche  ce  qu'il  adviendrait,  au  cours  de  cet  essai,  de  la 
fonction  érythrogène  et  de  son  pigment.  Le  germe  qui  a  servi  à  mes  expé- 
riences, désormais  seul  représentant  de  la  variété  dans  nos  collections,  a 
perdu  de  longue  date  le  pouvoir  de  faire  de  la  pyocyanine  dans  le  bouillon 
simple,  où  se  distinguent  nos  races  pyocyaniques.  Il  n'y  donne  que  de  la 
fluorescence  verte,  s'avérant  ainsi  de  race  F  :  germe  EF  de  ma  nomencla- 
ture (').  J'ai  trouvé  dans  une  de  ses  cultures,  un  peu  ancienne,  un  produit 
de  dégradation  encore  plus  avancée  et  propre  à  servir  d'amorce  à  une 
transformation  plus  profonde. 

C'est  un  germe  qui  ne  sécrète  plus  de  pyocyanine  même  dans  l'eau  pep- 
tonée,  non  plus  que  dans  le  produit  de  la  solidilication  de  celle-ci  par  la 
gélose,  la  gélose-peptone.  Ces  deux  milieux  ne  montrent  que  du  rouge, 
sans  trace  du  bleu  qui  y  était  primitivement  associé.  Toutefois  la  pyocya- 
nine reparaît  dans  le  dernier  milieu,  si  l'on  y  ajoute-5  gouttes  de  glycérine 
par  5''°''.  C'est  aussi  bien  l'action  favorisante  de  la  glycérine,  anciennement 
connue,  et  le  milieu  gélose-peptone  glycérinée,  efTectivement  réalisé  par 
l'addition  susdite,  lui  doit  de  rétablir  couramment,  comme  dans  le  cas 
présent,  la  fonction  pyocyanogène  déchue  par  ailleurs. 

J'ai  dès  lors  approfondi  l'action  de  la  glycérine.  Je  l'ai  expérimentée 
dans  l'eau  peptonée;  j'ai  usé  de  doses  variées.  J'ai  reconnu  ainsi  qu'une 
quantité  assez  forte  était  compatible  avec  la  vie  du  microbe.  Seulement,  à 
partir  de  lo  gouttes,  d'une  pipette  qui  débite  2.3  gouttes  au  gramme,  dans 
5*™'  d'eau  peptonée,  le  germe  ne  donnait  plus  son  pigment  rouge.  11  était 
d'autre  part,  comme  j'ai  dit,  originairement  incapable  de  produire  du  bleu 
dans  l'eau  peptonée.  Il  en  résultait  une  culture  incolore. 

Elle  s'est  perpétuée  telle  dans  une  série  à  proportions  croissantes  de 
glycérine,  jusqu'à  concurrence  de  26  gouttes  de  celle-ci,  où  le  dévelop- 
pement même  du  bacille  a  pris  fin.  Or  un  germe,  prélevé  dans  la  culture 
la  plus  glycérinée,  immédiatement  antérieure  à  ce  terme,  n'a  plus  jamais 
donné  de  pyocyanine,  ni  perceptible  à  la  vue,  ni  décelable  par  le  chloro- 
forme, dans  les  milieux  les  plus  favorables,  même  glycérines  aux  taux  qui 
favorisent  le  plus  la  sécrétion  de  ce  pigment,  comme  gélose-peptone, 
pomme  de  terre,  blanc  d'œuf  coagulé.  Cependant  le  microbe  y  recouvrait 

(')    Technique  d'identi/ication   des  germes  pyocyaniques   {Ann.  Inst.  Pasteur^ 
t.  34-,  1920,  p.  88). 


SÉANCE  DU  l5  MAI  1922.  l3o3 

le  pouvoir  de  sécréter  du  pigment  ronge,  et  sa  fonction  érythrogène  s'est 
ainsi  maintenue  sans  mélange  après  un  grand  nombre  de  passages  alter-  . 
natifs  dans  ces  divers  milieux. 

En  résumé,  et  pour  nous  restreindre  aux  milieux  de  culture  les  plus 
habituels,  à  ceux  dont  les  réactions  colorées  servent  à  classer  les  germes 
pyocyaniques,  ni  le  bouillon,  ni  l'eau  peptonée,  niia  gélose-peptone  glycé- 
rinée,  ensemencés  avec  le  germe  transformé,  n'oflrent  plus  trace  de  la  fonc- 
tion pyocyanogène,  cependant  que  subsistent  les  autres  propriétés  du 
bacille  pyocyanique,  telles  que  forme,  pouvoir  liquéfiant  de  la  gélatine, 
production  de  la  fluorescence  verte  en  bouillon.  Ce  sont  là  proprement 
les  caractères  que  nous  avons  reconnus  aux  bacilles  pyocyanoïdes.  Mais 
d'un  autre  côté,  en  milieux  peptonés,  le  même  germe  continue  de  produire 
le  pigment  rouge  qui  caractérise  la  variété  érythrogène  du  bacille  pyocya- 
nique. A  l'exemple  de  celui-ci,  le  nouveau  bacille  pyocyanoïde,  en  tout 
comparable,  doit  être  dit  de  variété  érythrogène,  resté  d'autre  part  de 
race  F  à  faire  toujours  de  la  fluorescence  yerte  dans  le  bouillon.  En  regard, 
les  bacilles  pyocyanoïdes  antérieurement  décrits,  dépourvus  de  tout  pig- 
ment dans  les  milieux  peptonés,  représentent  la  variété  achromogène, 
superposable  aussi,  par  l'ensemble  des  caractères  communs,  à  la  variété 
pyocyanique  de  même  nom. 

Variations  des  germes  pouvant  aller  jusqu'à  la  perte  du  caractère  spéci- 
aque  à  l'égard  de  tous  les  milieux  de  laboratoire,  même  les  plus  propres 
à  manifester  ce  caractère  :  telle  est  la  notion  qui  se  dégage  des  résultats 
énoncés  ci-dessus;  notion  qui  s'illustre  ici  du  jeu  des  colorations  chan- 
geantes, mais  dont  l'intérêt  dépasse,  semble-t-il,  l'espèce  chromogène  où 
elle  est  fondée.  Elle  implique  en  tout  cas,  pour  cette  dernière,  que  sa  variété 
mélanogène  aussi  pourrait  être  dépossédée  de  la  fonction  pyocyanogène, 
d'où  ressortirait  l'existence,  pour  chacune  des  variétés  pyocyaniques,  d'une 
variété  correspondante  en  pyocyanoïde. 

MICROBIOLOGIE.  —  Sur  la  présence  de  microbes  acètonogènes  dans  la  flore 
intestinale  des  diabétiques..  Note  de  M.  Albert  Bertheloï  et  de 
M™*"  St.  Danysz-Michel,  présentée  par  M.  E.  Roux. 

L'un  de  nous  a  montré  récemment,  en  collaboration  avec  M"«  E.  Ossart, 
que  les  microbes  aérobies  et  anaérobies  facultatifs  producteurs  d'acétone 


l3o4  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

sont  très  répandus  dans  la  nature  (').  Il  a  insisté  également  sur  l'intérêt 
qu'il  y  aurait  à  les  rechercher  dans  le  contenu  intestinal  des  individus  sains 
ou  malades  et  à  préciser  quelle  action  peuvent  avoir  ceux  qui  parviennent  à 
se  maintenir  dans  le  tube  digestif.  C'est  ce  que  nous  avons  entrepris 
depuis  1919  en  employant  la  méthode  de  sélection  biochimique  des  germes 
de  la  flore  intestinale,  maintes  fois  appliquée  par  l'un  de  nous  (-). 

Nous  comptions  poursuivre  encore  longtemps  nos  recherches  avant  d'en 
rapporter  les  premiers  résultats,  mais  la  publication  toute  récente  d'un 
intéressant  travail  de  A.  Renshaw  et  de  Th.  Fairbrolher  ('),  nous  oblige  à 
exposer  dès  maintenant  les  faits  que  nous  avons  déjà  observés. 

En  nous  servant  de  bouillie  de  pommes  de  terre  et  de  milieux  acétones, 
nous  avons  étudié  les  matières  fécales  de  32  sujets  bien  portants  ou  atteints 
d'affections  chroniques,  mais  non  diabétiques.  Jusqu'ici  nous  n'avons  trouvé 
dans  les  flores  intestinales  de  cette  origine  aucune,  espèce  produisant  de 
l'acétone  aux  dépens  de  l'amidon. 

D'autre  part,  nous  avons  examiné  avec  les  mêmes  milieux  le  contenu 
intestinal  de  11  diabétiques  présentant  une  glycosurie  allant  de  4^j75 
à  3 18s  en  24  heures;  quelques-uns  de  ces  malades  étaient  nettement  acéto- 
nuriques.  /Vvec  de  telles  matières,  à  l'aide  des  mêmes  milieux,  nous  avons 
pu  dans  17  cas  isoler  des  microbes  acétonogènes. 

Nous  n'avons  pas  encore  étudié  à  fond  la  morphologie  et  les  propriétés 
biochimiques  de  ces  germes,  mais  cependant  nous  avons  déjà  établi  qu'ils 
appartiennent  à  de  multiples  espèces  (gros  bacilles,  diplocoques,  coccoba- 
cilles,  etc.).  La  plupart  donnent  des  spores  et  leur  pouvoir  acétonogène  est 
très  variable.  Ils  possèdent  le  caractère  commun  de  résister  à  une  très  forte 
proportion  d'acétone  dans  les  milieux  de  culture.  De  plus,  pour  une  même 
flore,  nous  avons  souvent  trouvé  plusieurs  microbes  capables  de  produire 
de  l'acétone  aux  dépens  soit  de  l'amidon,  soit  des  sucres. 

On  trouve  donc,  très  fréquemment  et  en  abondance,  des  microbes  acéto- 
nogènes dans  les  matières  fécales  de  diabétiques,  alors  que  ces  mêmes 
germes  paraissent  se  maintenir  bien  rarement  dans  l'intestin  de  personnes 
non  glycosuriques.  Il  y  a  là  une  particularité  intéressante,  mais  rien  ne 
nous  permet,  pas  plus  qu'à  MM.   Renshaw  et   Fairbrother,    d'affirmer 


(')  Comptes  rendus^  t.  173,  1921,  p.  792. 

(^)  A.  Berthelot,  Comptes  rendus  et  Annales  de  VInslilul  Pasteur,  191 1  à  1918. 

(*)  British  Médical  Journat,  28  avril  1922,  p.  674. 


SÉANCE   DU    l5    MAI    I922.  l3o5 

qu'elle  ne  résulte  pas  simplement  de  la  présence  constante  de  glucose  dans 
le  contenu  des  dernières  portions  du  tube  digestif  des  diabétiques,  portions 
où  l'on  ne  décèle  presque  jamais  de  sucre  chez  les  sujets  normaux  ('). 

Les  deux  auteurs  anglais  ne  semblent  pas  avoir  songé  à  cette  interpré- 
tation. Nous  pensons  qu'ils  auraient  eu  intérêt,  comme  nous  allons  le 
montrer,  à  multiplier  leurs  isolements  et  à  ne  pas  fonder  leurs  conclusions 
uniquement  sur  des  faits  et  des  considérations  d'ordre  chimique. 

En  effet,  dès  que  nous  avons  été  convaincus  de  la  présence  des  germes 
acétonogènes  chez  les  diabétiques,  nous  avons  essayé  l'action  de  quelques- 
uns  de  ces  microbes  sur  le  lapin,  nourri  de  son  et  surtout  de  pommes  de 
terre  crues  et  cuites.  Malgré  cette  alimentation  hydrocarbonée, nin  lapin 
témoin,  gardé  en  expérience  trois  mois  et  demi,  n'a  présenté  qu'à  six 
reprises  des  traces  de  glucose  dans  l'urine.  Au  contraire,  un  animal  rece- 
vant chaque  jour  une  forte  dose  (une  boîte  de  Roux)  d'un  acétonogène, 
isolé  sur  un  oignon,  a  présenté  de  la  glycosurie  (")  au  bout  de  vingt  jours; 
celle-ci  a  persisté  jusqu'à  l'interruption  de  l'expérience  (cinq  mois  et  demi) 
et  a  été  accompagnée  très  fréquemment  de  diacéturie.  Un^seul  jour,  il  y  a 
eu  de  l'acélonurie. 

Un  autre  lapin  a  été  infecté  pendant  le  même  temps  avec  un  microbe 
acétonogène  très  actif  et  très  amylolytique  isolé  sur  des  pommes  de  terre 
gâtées;  pas  un  seul  jour  les  urines  n'ont  contenu  de  glucose  ou  d'acide 
diacétique.  Deux  autres  animaux  ont  ingéré  un  bacille  acétonogène  isolé 
des  matières  d'un  diabétique.  Un  de  ces  lapins  a  présenté  de  la  glycosurie 
au  bout  de  onze  jours;  un  peu  plus  tard  des  hématuries,  sans  doute  oxalu- 
riques,  sont  apparues  et  l'animal  a  succombé  au  bout  d'un  mois;  l'autre 
animal  a  éliminé  du  sucre  dès  le  sixième  jour,  il  a  été  gardé  deux  mois  et 
demi  avec  glycosurie  presque  constante  et  diacéturie  fréquente. 

Il  y  a  donc  des  microbes  acétonogènes  qui  peuvent,  chez  le  lapin,  ali- 
menté surtout  d'hydrocarbonés,  déterminer  par  ingestions  répétées  une 
glycosurie  persistante  accompagnée  fréquemment  d'un  certain  degré  d'aci- 
dose.  Parmi  les  nombreux  acétonogènes  que  nous  avons  isolés  il  s'en  trouve 
qui  ne  peuvent  rendre  le  lapin  diabétique  bien  qu'ils  soient  très  amyloly- 
liques.  Nous  ne  savons  pas  encore  si  beaucoup  d'espèces  sont  capables  de 


(•)  Au  sujet  de  l'élimination  intestinale  du  glucose  chez  les  diabétiques,  voir 
notamment  les  travaux  de  Heller,  Rossler  et  surtout  de  Rénon,  Charles  Richet  fils  et 
Grigaut  (12"  Congrès  de  Médecine,  Lyon,  191 1). 

(^)  Maximum  dosé  :  78,4  de  glucose  par  litre. 


l3o6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

déterminer  de  la  glycosurie  et  de  l'acidose  dans  les  conditions de.nos  expé- 
riences, mais  aucun  des  deux  germes  qui  nous  ont  donné  un  résultat  positif 
ne  semble  être  le  B.  amyloclasticiis.  Tous  deux  étaient  nettement  aérobies, 
donnaient  un  voile  abondant  sur  les  milieux  liquides  sucrés  et  produi- 
saient des  spores. 

Les  quelques  faits  ci-dessus. relatés,  de  même  que  les  constatations  de 
Renshaw  et  Fairbrolher,  montrent  l'intérêt  que  présente  l'étude  des 
microbes  acétonogènes  du  contenu  intestinal  des  diabétiques,  mais  il  faudra 
encore  de  nombreuses  expériences  avant  que  de  pouvoir  se  prononcer  sur 
leur  rôle  dans  l'étiologie  de  certains  diabètes  ou  de  certaines  acidoses.  L'état 
actuel  de  nos  connaissances  sur  la  pathogénie  et  le  traitement  du  diabète 
s'accorde  mal  avec  l'idée  d'une  origine  microbienne,  mais  nous  ne  pouvons 
oublier  que  celle-ci  a  été  admise  par  certains  auteurs,  notamment  par 
M.  Teissier  (').  M.  Bréaudat  y  a  fait  allusion  dans  son  intéressant  Mémoire 
sur  un  microbe  producteur  d'acétone  (  -)  ;  Toepfer  et  Freund,  Hammerschlag 
et  Kaufmann  (^)  ont  même  réalisé  des  glycosuries  expérimentales  avec  des 
fèces  de  diabétiques.  Enfin  Metchnikoff  était  convaincu  que  certains  dia- 
bètes sont  causés,  directement  ou  indirectement,  par  des  microbes  de 
l'intestin;  dans  les  dernières  années  de  sa  vie  il  avait  entrepris  de  le  prouver 
et  avait  maintes  fois  engagé  Fun  de  nous  à  étudier  cet  important  sujet.  C'est 
en  nous  inspirant  de  ses  conseils  que  nous  avons  abordé  l'examen  de  la 
flore  intestinale  des  diabétiques  et  que  nous  continuons  nos  recherches. 


MICROBIOLOGIE.  —  Réactions  de  défense  et  d'immunité  provoquées  par 
injection  intradermique  de  microbes  vivants  ou  tués  par  la  chaleur.  Note  de 
MM.  M.  Breton  et  V.  Grysez,  présentée  par-  M.  Roux. 

Une  récente  Note  de  MM.  Lumière  et  Ghevrolier  a  attiré  l'attention  des 
biologistes  et  des  cliniciens  sur  la  possibilité  d'utiliser  les  vaccins  microbiens 
par  voie  intradeimique  et  par  la  méthode  des  scarifications  cutanées. 

Cette  Note  nous  délermine  à  rapporter  le  résultat  d'expériences  de  même 
ordre,  que  nous  avons  entreprises  depuis  plus  de  six  mois. 

Une    première    série    de    12  lapins   est   inoculée   dans   le  derme  avec  les  microbes 

(')  Teissier,  Congrès  de  Médecine  de  Lyon,  1894. 

(-)  Bréaudat,  Annales  de  l'Institut  Pasteur,  t.  20,  1906,  p.  87/+. 

(^)  Cités  par  Roger,  Digestion  et  nutrition,  p.  288. 


SÉANCE  DU  l5  MAI  1922.  1807 

vivants  ci-apiès  :  Staphylocoque,  Bacillus  coli^  Bacillus  proteus  el  Streptocoque. 
Oji  injecte  o'^°'',5  d'une  émulsion  d'une  culture  sur  gélose  dans  lo*^"''  d'eau  physiolo- 
gique. Dès  le  lendemain,  une  rougeur  locale  apparaît.  Le  second  jour  l'induration 
est  nette,  il  se  produit  ensuite  une  escharre  ou  un  pelit  abcès.  Le  pus  de  cet  abcès  est 
presque  constamment  amicrobien  ;  largement  ensemencé  sur  gélose,  au  cours  de  nos 
expériences,  il  est  toujours  resté  stérile  quand  il  s'agissait  d'injections  faites  avec  le 
staphylocoque,  le  streptocoque  ou  le  proteus  ;  en  ce  qui  concerne  le  coli  il  n'a  donné 
que  de  rares  colonies  deux  fois  sur  cinq  expériences. 

A  ces  réactions  locales  se  borne  Teffel  des  injections  mici'obiennes  viru- 
lentes et  uniques  dans  le  derme  du  lapin  ;  jamais  nous  n'avons  observé  de 
septicémie  ni  de  réactions  générales. 

Nous  avons  recherché  dans  le  sérum  de  nos  animaux  la  présence  d'anti- 
corps (précipitines,  agglulinines  et  sensibilisatrices). 

Parfois  dès  le  quatrième  jour,  toujours  dès  le  septième,  on  met  en  évidence  des  pré- 
cipitines qui  persistent  jusqu'au  vingtième  jour  au  moins. 

Les  agglutinines  apparaissent  plus  tardivement  mais  sont  plus  durables  ;  générale- 
ment le  neuvième  jour  nous  avons  une  agglutination  positive  au  yh)  dont  le  taux  croît 
ensuite  et  atteint  le  -^u^  le  dix-septième  jour,  le  t~  le  quarantième  jour. 

Enfin  la  recherche  des  anticorps,  pratiquée  suivant  la  méthode  Galmette-Massol, 
montre  que,  le  neuvième  jour,  dans  trois  essais,  o'^^^S  de  sérum  dévie  au  moins  trois 
doses  minima  d'alexine,  dans  trois  autres  essais  deux  doses,  et  dans  un  seul  cas  une 
dose  unique.  Cette  présence  d'anticorps  est  encore  décelée  quarante  jours  après  l'ino- 
culation. Nous  avons  un  animal  qui,  après  plus  de  cinq  mois,  contient  encore  des 
anticorps  dans  son  sérum. 

Cette  première  série  d'expériences  montre  donc  la  possibilité  de  provo- 
quer des  réactions  humorales  et  de  les  rendre  persistantes  par  le  seul  fait 
d'inoculer  dam  le  derme  0""^%  5  d'une  émulsion  d'une  culture  dans  lo'^'"'  d'eau 
salée. 

Elle  prouve  aussi  l'action  de  résistance  élective  du  tissu  dermique  qui, 
dans  presque  toutes  nos  expériences,  a  limité  le  foyer  d'infection  et  l'a 
combattu  en  provoquant  la  formation  d'un  pus  stérile  et  en  empêchant  la 
septicémie. 

Ces  réactions,  tant  locales  qu'humorales,  accompagnent  ou  traduisent  un 
état  d'immunité;  une  de  nos  expériences  le  prouve. 

En  utilisant  unjDrofew.y  recueilli  dans  notre  laboratoire  et  particulièrement 
virulent  pour  le  lapin  puisqu'il  tue  l'animal  à  la  dose  de  {  de  culture  sur 
gélose  par  inoculation  sous-ctitanée,  de  ^  lorsqu'il  est  injecté  dans  le  péri- 
toine, de  4^  par  voie  intra-veineusCj  nous  avons  réalisé  une  intradermo- 
réaction  vaccinante.  Neuf  jours  après,  l'animal  reçoit  sous  la  peau  une  dose 


l3o8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

trois  fois  mortelle,  en  même  temps  qu'un  témoin.  Ce  dernier  succombe 
après  deux  jours;  l'animal  vacciné  résiste. 

Enfin,  une  seconde  série  d'animaux  est  inoculée  avec  une  émulsion  de 
chacune  de  nos  cultures  microbiennes  de  même  richesse  que  celles  précé- 
demment employées,  mais  tuées  par  la  chaleur.  Les  réactions  locales  con- 
sistent en  rougeur  et  œdème;  jamais  on  n'observe  ni  purulence  ni 
escharre. 

Neuf  jours  plus  tard  apparaissent  successivement  les  précipitines,  les 
agglutinines  et  les  anticorps. 

Des  expériences  en  cours  nous  renseigneront  sur  leur  état  d'immunité. 

En  résumé,  nous  avons  constaté  l'exceptionnelle  propriété  de  défense 
que  présente  chez  le  lapin  le  derme  vis-à-vis  des  microbes  qui  y  sont  inoculés 
et  nous  avons  pu  provoquer  les  réactions  humorales  qui  accompagnent 
l'immunité,  par  injection  unique,  dans  le  derme^  de  divers  microbes  vivants 
ou  tués  par  la  chaleur. 

La  séance  est  levée  à  i6  heures  et  quart. 

É.  P. 


ERRATA. 


(Séance  du   lo  avril   1922.) 

Note  de  M.  Maurice  Janet,  Sur  les  formes  canoniques  invariantes  des 
sytèmes  algébriques  et  différentiels  : 

Page  992,  avant-dernière  ligne,  ajouter    C. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE   DU    LUNDI   22    MAI    1922. 


PRESIDENCE  DE  M.  Albin  HALLER. 


MEMOIRES  ET  C03IMU]\ICATIOKS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

M.  le  Président  souhaite  la  bienvenue  à  MM.  Dodweix,  de  l'Observa- 
toire d'Adélaïde;  Baldwyn,  de  rObservaloire  de  Melbourne;  Saint-John, 
de  l'Observatoire  du  Mount  \\  ilson,  qui  assistent  à  la  séance. 


M.  le  Président  prononce  les  paroles  suivantes  : 

L'Académie  vient  à  nouveau  d'être  frappée  par  la  perte  d'un  de  ses 
membres  titulaires  qui  lui  faisait  le  plus  d'honneur.  M.  Lavfran  s'est 
éteint  en  son  domicile,  à  Paris,  jeudi  dernier,  i8  mai,  à  l'âge  de  77  ans. 

Notre  confrère  appartenait  à  une  des  dernières  promotions  de  l'Ecole  de 
santé  militaire  de  Strasbourg,  et  fut  pendant  longtemps  professeur  au  Val- 
de-Grâce.  Son  œuvre  est  très  étendue  et  très  variée.  Elle  comporte  des 
observations  professionnelles  consignées  dans  des  ouvrages  comme  son 
Traité  des  maladies  des  armées,  un  Traité  de  pathologie  interne  (en  collabo- 
ration avec  le  professeur  Teissier,  de  Lyon),  un  Traité  des  fièvres  palustres, 
un  autre  d'hygiène  militaire,  ainsi  que  de  nombreux  Mémoires  d'nn  grand 
intérêt  sur  des  questions  de  clinique  médicale,  d'hygiène,  d'anatomie 
pathologique  et  de  parasitologie. 

C'est  en  qualité  de  médecin  militaire  de  l'hôpital  de  Bône  qu'il  entreprit, 
en  1878,  ses  recherches  originales  sur  le  paludisme,  recherches  qui  devaient 
lui  assurer  une  place  de  premier  rang  en  parasitologie.  Il  les  poursuivit 
à  Constantine  où  il  constata,  dans  le  sang  des  palustres,  l'hématozoaire 
spécifique  de  la  maladie.  Définitivement  caractérisé,  il  fallait  chercher 
l'origine  du  parasite.  Le  D''  Laveran  soupçonna  sa  présence  dans  le  mous- 

C.  R.,  195a,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  21.)  9^ 


l3lO  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

tique.  Ardemment  combattue,  son  hypothèse  fut  confirmée  par  plusieurs 
savants,  en  premier  lieu  par  Ronald  Ross,  par  Patrick  Manson,  etc.  11 
n'existe  actuellement  plus  aucun  doute  sur  la  cause  et  le  mode  de  transmis- 
sion de  la  malaria.  M.  Laveran  a  réuni  en  un  Volume  devenu  classique  et 
intitulé  Traité  du  paludisme  l'ensemble  de  ses  travaux  sur  cette  affection 
endémique. 

Ces  recherches,  qui  lui  valurent  le  prix  Bréant  de  l'Académie  des  Sciences, 
ne  sont  pas  les  seules  auxquelles  notre  confrère  attacha  son  nom. 

Poursuivant  ses  investigations  sur  les  hématozoaires  el  les  sporozoaires, 
il  en  a  décrit  de  nouvelles  espèces,  notamment  des  hématozoaires  endoglo- 
bulaires  des  oiseaux  et  de  la  fièvre  du  Texas.  En  collaboration  avec 
M.  Mesnil,  il  a  en  outre  signalé  des  détails  nouveaux  sur  la  structure  des 
sarcosporidées  et  en  a  retiré  la  sarcocystine,  première  toxine  extraite  des 
sporozoaires. 

Une  autre  série  de  recherches  non  moins  digne  d'attention  est  celle  qu'il 
a  consacrée  aux  trypanosomes  du  rat,  du  Nagana  ou  maladie  de  la  mouche 
Tsetsé  et  de  la  maladie  du  Sommeil.  Les  résultats  en  furent  consignés  dans 
un  beau  Volume  qui  porte  pour  titre  Trypanosomes  el  trypanosomiases ^  et 
ne  le  cèdent  en  rien,  comme  importance,  à  ceux  déjà  publiés  par  Fauteur. 

Ce  travail  achevé,  notre  savant  confrère  aborda  l'étude  des  maladies  pro- 
voquées par  des  protozoaires  du  genre  Leishmania^  chez  l'homme  et  les 
animaux,  car  à  aucun  moment  de  sa  laborieuse  carrière,  son  activité  ne 
s'est  ralentie.  Les  observations  recueillies  furent  l'objet  de  la  publication 
en  pleine  guerre  (1917)  d'un  nouveau  Volume  intitulé  Les  leishmaniose  s. 

Telle  est,  en  raccourci,  l'œuvre  originale  et  féconde  de  notre  regretté 
confrère.  Elle  lui  a  valu,  ajuste  titre,  en  1907,  le  prix  Nobel  pour  la  Méde- 
cine, mais  les  bienfaits  que  l'humanité  a  retirés  de  cetle  œuvre  vaudront 
à  son  auteur,  désormais  illustre,  une  récompense  plus  élevée  et  plus  pré- 
cieuse, celle  de  la  reconnaissance  publique. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  ~  Extraction  el purijication  du  scandium  de  la  thorveitiie 
de  Madagascar.  Note  de  MM.    Pierre  Urbaix  et  G.  Urbaix. 

La  thorveitite  de  Madagascar  a  été  décrite  par  M.  Lacroix  et  analysée 
par  MM.  G.  Urbain  et  Gh.  Boulanger. 

Ge  minéral  renferme  42  pour  100  de  scandine.  W  se  laisse  attaquer  aisé- 
ment par  la  soude  fondue  ;  ce  qui,  lors  de  la  reprise  par  l'eau,  élimine  la 


SÉANCE    DU    22    MAI    I922.  I.SlI 

silice  dans  les  liqueurs.  Le  résidu  insoluble  est  lui-même  traité  par  l'acide 
sulfurique,  et  la  solution  des  sulfates,  aussi  peu  acide  que  possible,  est  addi- 
tionnée d'un  excès  d'acide  fluorbydrique  qui  précipite,  sous  forme  gélati- 
neuse, le  scandium  et  les  Terres  Rares,  à  l'état  de  fluorures.  Le  lavage  des 
fluorures  est  long"  et  difficile.  Il  n'est  pas  complètement  efficace,  dès  qu'on 
opère  sur  des  quantités  notables.  Les  fluorures  sont  ensuite  décomposés  par 
l'acide  sulfurique  en  excès,  de  telle  sorte  que,  lors  de  la  reprise parl'eau,  on 
obtient  dans  des  liqueurs  concentrées  et  très  acides  un  abondant  précipité 
cristallin  de  sulfate  acide  de  scandium. 

Si  les  manipulations  en  quantités  notables  de  liqueurs  très  acides  ne  pré- 
sentaient des  inconv^énients  difficilement  surmontables,  il  y  aurait  là  le 
principe  d'une  bonne  purification. 

On  sait  depuis  les  recherches  de  Nilson  ('  )  que  le  scandium  donne  avec  le 
sulfate  de  potassium  un  sel  double  très  peu  soluble  dans  une  solution  saturée 
de  ce  réactif.  Parmi  les  Terres  Rares  il  n'y  a  que  les  premiers  termes  de  la 
série  qui  donnent  des  précipités  semblables,  et  l'on  sait  depuis  les  travaux 
de  Marignac  que  les  sulfates  des  derniers  termes  de  la  série  sont  moins 
solubles  encore  que  leurs  sulfates  doubles  potassiques.  Or  d'après  les  obser- 
vations spectrographiques  de  M.  de  Gramont,  les  seules  Terres  Rares 
observables  dans  la  Thorveitite  de  Madagascar  sont  le  scanditim,  le  néo- 
ytterbium  et  Pyttrium.  Nos  propres  obser\ations  portant  sur  des  produits 
concentrés  n'ont  ajouté  à  cette  liste  que  le  lutécium.  Les  diverses  recherches 
entreprises  dans  notre  laboratoire  ont  prouvé  que,  dans  ce  minéral,  le 
rapport  de  ces  terres  yttriques  à  la  scandine  est  inférieur  à  j^. 

Ces  diverses  circonstances  font  du  sulfate  de  potassium  un  réactif  com- 
mode et  peu  coûteux  pour  la  purification  du  scandium  de  la  thorveitite. 

Le  scandium  précipité  par  ce  réactif  est  d'une  remarquable  pureté,  mais 
la  précipitation  n'est  pas  complète.  La  quantité  de  scandium  qui  reste  dans 
les  eaux  mères  est  dailleurs  faible,  et  comme  elle  est  proportionnelle  au 
volume  des  liqueurs,  on  a  avantage  à  opérer  avec  des  liqueurs  concentrées. 
Il  y  a  intérêt  d'autre  part  à  utiliser  des  liqueurs  aussi  peu  acides  que  pos- 
sible. 

Pour  obtenir  ce  double  résultat,  les  sulfates  primitifs  out  été  transformés 
en  nitrates  en  passant  par  lintermédiaire  des  hydroxydes  que  donne  l'am- 
moniaque. La  solution  des  nitrates  est  évaporée  et  maintenue  longtemps  au 
bain-marie  pour  éliminer  l'excès  d'acide  libre.  Des  solutions  relativement 

{')  Nilson,  Sv.   V.  A.  F.,  1880,  n°  6. 


l3l2  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

concentrées  de  ces  nitrates  sont  additionnées  d'un  excès  de  sulfate  potas- 
sique pulvérisé,  de  telle  sorte  que  le  précipité  baigne  dans  une  solution 
saturée  de  ce  réactif. 

Ces  liqueurs  ont  une  tendance  marquée  à  la  sursaturation.  Il  conyient  de 
laisser  durant  deux  ou  trois  jours  le  précipité  au  contact  des  liqueurs  pour 
que  la  précipitation  soit  aussi  complète  que  possible.  Après  filtration,  les 
lavages  doivent  être  effectués  rapidement  avec  des  solutions  saturées  de 
sulfate  potassique.  Les  terres  qui  restent  dans  les  eaux  mères  et  les  eaux 
de  lavage  sont  précipitées  par  l'aninioniaque;  les  hydroxvdes  transformés 
en  nitrates.  On  recommence  la  précipitation  par  le  sulfate  potassique  en 
restreignant  considérablement  le  volume  des  liqueurs.  De  la  sorte  on  récu- 
père la  presque  totalité  du  scandium  alors  que  les  Terres  yttriques  se 
concentrent  dans  les  dernières  eaux  mères. 

Il  y  a  lieu  de  signaler  (jue  l'ammoniaque  ne  précipite  jamais  d'une  liqueur 
scandifère  la  totalité  du  scandium.  Des  liqueurs  filtrées,  on  peut  toujours 
précipiter  le  scandium  resté  en  solution  en  ajoutant  du  phosphate  d'ammo- 
nium; la  précipitation  du  phosphate  de  scandium  étanl  ([uanlitative  en 
milieu  ammoniacal,  en  Tabsence  de  carbonate  d'ammonium. 

D  autre  part,  la  facilité  avec  laquelle  le  scandium  forme  des  scando-^ 
carbonates  «d'ammonium  solubles  est  précieuse.  Le  carbonate  d'ammo- 
nium paraît  dissoudre  tous  les  précipités  que  forme  le  scandium,  y  compris 
le  phosphate,  ce  qui  dans  un  grand  nombre  de  cas  est  avantageux.  En  parti- 
culier nous  avons  utilisé  cette  propriété  pour  transformer  les  sulfates  doubles 
potassiques  de  scandium  en  hydroxycarbonates,  insolubles,  denses  et  en 
conséquence  faciles  à  laver. 

Les  dissolutions  des  composés  de  scandium  dans  des  solutions  de  carbo- 
nate ammoniaque  sont  di'composées  par  la  chaleur  qui  détermine  dans  la 
majorité  des  cas  la  précipitation  des  hydroxycarbonates.  Il  faut  d'ailleurs 
éviter  une  ébullition  trop  prolongée  de  ces  solutions,  car  l'hydroxyde  de 
scandium  risquerait  de  décomposer  les  sels  ammoniacaux  concentrés  dans 
les  liqueurs  mères  et  de  provoquer,  de  la  sorte,  soit  la  redissolution  d'une 
partie  du  scandium  déjà  précipité,  soit  son  retour  aux  précipités  primitifs. 

Les  Terres  yttriques  scandifères  qui  se  concentrent  dans  les  eaux  mères 
des  précipités  des  sulfates  doubles  potassiques  sont  transformées  par 
l'ammoniaque  en  hydroxydes.  Ceux-ci  sont  finalement  traités  par  un  léger 
excès  d'acétylacétone.  Une  trace  seulement  de  scandium  se  retrouve  dans 
les  liqueurs  mères,  le  reste  des  Terres  se  présente  sous  forme  d'acétylacé- 
tonates  cristallins.  Le  traitement  de  ces  sels  par  le  chloroforme  permet  la 


SÉANCE  DU  22  MAI  I922.  l3l3 

dissolution  de  la  totalité  de  racrtylaci'tonate  de  scandium  ('  )  et  laisse  un  léger 
résidu  d'acétylacélonates  yttriques.  Enfin,  de  ces  divers  acétylaci'tonates, 
celui  de  scandium  étant  seul  volatil,  la  séparation  est  achevée  par  une 
sublimation  dans  le  vide  vers  200°.  iSous  avons  trouvé  ainsi  que  le  rapport 
des  Terres  Rares  au  scandium  était,  dans  la  thorveitite  de  Madagascar, 
inférieur  à  :j-^. 


ANATOMIE  VÉGÉTALE.  —  Sur  les  croix  dc  Malte  présentées  par  les  bois  soumis 
à  des  traumatismes.  Note  de  M.  J.  Costantix. 

Dans  un  Ouvrage  en  cours  de  publication,  M.  Faideau  et  moi  (-)  avons 
fait  reproduire  des  photographies  de  tiges  qui  présentent  sur  leur  section 
une  croix  de  Malte  d'un  brun  noirâtre,  simulacre  étrange  se  retrouvant 
dans  toutes  les  coupes  de  la  partie  ligneuse.  La  superstition  pourrait  songer 
à  exploiter  ce  phénomène  et  donner  à  ces  bouts  de  bois  un  caractère  de 
fétiche.  Il  paraît  donc  utile  de  donner  une  explication  de  ces  formations 
singulières  et  des  conditions  dans  lesquelles  on  les  produit  à  coup  sûr  expé- 
rimentalement. 

C'est  avec  les  bois  de  Châtaigniers  que  la  croix  de  Malte  apparaît  le  plus 
nettement.  On  va  voir  qu'avec  d'autres  essences  comme  Sycomore  {Acer 
Pseudo-Platanus\  F^rable  plane  {Acer plat anoid es).  Bourdaine,  Cornouiller. 
Staphylier  ou  Faux-Pistachier  {Staphylea pinnata),  Chêne,  Frêne,  Sorbier 
le  même  phénomène  est  seulement  ébauché.  C'est  en  vue  d'obtenir  des 
cannes,  des  manches  de  parapluies  ou  d'ombrelles,  des  manches  de  porte- 
plume  (avec  les  fines  tiges  de  Cornouiller)  que  les  tiges  de  ces  végétaux 
sont  soumises  à  un  traitement  agricole  el  industriel  dont  le  déterminisme 
expérimental  est  rigoureusement  précisé.  Grâce  à  un  outillage  mécanique 
très  ingénieux,  on  arrive  à  produire,  avec  une  grande  promptitude  et  une 
parfaite  régularité,  sur  les  branches  d'arbres  recépés  un  très  grand  nombre 
de  cicatrices  superficielles  de  l'écorce. 

Ces  plantes  présentent  donc  des  plaies  semblables  à  des  intervalles  rigou- 
reusement égaux  (par  exemple  5™"')  le  long  de  quatre  génératrices. 
L'ensemble  des  cicatrices  constitue  sur  la  tige,  après  décortication,  une 
ornementation  ofTrant  un  intérêt  au  point  de  vue  de  la  vente.  A   chaque 

(^)  R.-J.  Meyer  et  H.  ^^  inter,  Z.  fur  anorg.  Chent..  t.  67,  p.  .\i5. 

(^)  Hist.  nat.  illustrée,  I,  p.  28.  .,'<T7^~J^ 


V, 


l3l4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

outil,  correspond  un  résultat  artistique  distinct  et  les  modèles  ainsi  obtenus 
portent  commercialement  des  noms  différents. 

Le  traitement  mécanique  des  tiges  à  l'aide  de  ces  instruments  est  fait  par 
les  ouvriers  habiles  qui  s'en  servent  avec  une  très  grande  promptitude; 
avec  quelque  pratique  du  métier,  le  praticien  arrive  à  traiter,  en  très  peu 
de  temps,  un  nombre  considérable  de  plantes,  de  sorte  que  le  nombre  des 
cannes  préparées  dans  une  exploitation  peut  s'élever  à  des  centaines  de 
mille.  Le  perfectionnement  de  l'outillage  est  d'autant  plus  nécessaire  que 
la  période  pendant  laquelle  s'effectue  le  traitement  est  de  très  courte  durée. 
C'est  avant  le  départ  de  la  sève  qu'il  doit  avoir  lieu  [en  général  de  la 
deuxième  quinzaine  de  mars  à  la  deuxième  quinzaine  d'avril  (')].  Après 
cette  courte  période,  si  l'on  veut  faire  subir  aux  plantes  le  même  traite- 
ment, la  sève  s'épanche  dans  les  plaies,  les  tiges  s'étiolent  et  se  dessèchent 
sur  place  (-). 

Si  l'on  suit  les  effets  des  traumatismes  pendant  la  fin  de  Faimée  où  l'opé- 
ration a  été  effectu(''e  (c'est  en  général  quand  les  pousses  ont  3  et  4  ^^ns 
qu'elles  sont  traitées),  on  voit  les  plaies  s'accuser  sur  l'écorce.  Etudie-t-on 
une  ligne  de  cicatrices,  on  remarque  que  l'assise  génératrice  libéroligneuse 
est  lésée  suivant  un  arc  plus  ou  moins  étendu,  en  face  chaque  blessure, 
d'après  la  nature  de  l'outil  et  d'après  la  souplesse  plus  ou  moins  grande  de 
l'ouvrier. 

On  constate  aisément,  en  examinant  la  surface  des  cannes,  que  les  actions 
ont  été  plus  ou  moins  intenses,  les  cicatrices  plus  ou  moins  étendues  en 
longueur  et  en  profondeur.  Si  la  pression  a  été  assez  forte,  il  en  résulte  un 
décollement  de  l'assise  génératrice  de  Tanneau  ligneux  sous-jacent  suivant 
un  arc  correspondant.  Il  en  découle  cette  conséquence  que  le  bois  de 
l'année  précédente  se  trouve  séparé  du  bois  nouveau  qui,  malgré  sa  sépara- 
tion, va  continuer  à  se  produire  en  dehors  de  la  fente.  Cette  séparation 
entraîne  pour  les  parties  profondes  une  altération  des  membranes  lignifiées, 
elles  brunissent  et  ce  changement  de  couleur  (')  s'étend,  en  section  trans- 

(')  II  y  a  des  variantes,  suivant  Télal  de  la  végétation.  En  particulier,  le  tatouage 
des  liges  a  été  terminé,  en  1921,  le  20  avril;  en  192'.,  le  tra\ail  a  continué  jusqu'au 
5  mai. 

(^)  La  description  de  la  technique  a  d'ailleurs  déjà  été  donnée  dans  le  Larousse 
mensuel^  H,  p.  5/^7  (igii-igiS)  :  Fahjeau,  Sylviculture  pour  cannes  et  manches 
d'' ombrelles. 

(^)  Parfois  aussi,  les  cellules  ligneuses  sont  remplies  d'une  substance  jaune 
brunâtre,  comme  la  gomme  dans  les  blessures  des  plantes, 


.SÉANCE  DU  22  MAI  1922.  l3l5 

versale,  dans  tout  le  secteur  limitr  exlrrieurement  par  l'arc  de  décollement; 
le  brunissement  gagnant  jusqu'au  centre  de  la  tige,  il  en  rrsullé  quon  voit 
apparaître,  en  coupe,  quatre  secteurs  bruns  superposés  aux  quatre  généra- 
trices de  blessures  et  c'est  ainsi  que  se  trouvent  constituées  les  croix  de 
Malte  mentionnées  plus  haut. 

Il  peut  arriver  que  les  blessures  soient  inégalement  profondes,  alors,  au 
lieu  d\ine  croix  à  quatre  branches,  on  pourra  voir  apparaître  une  figure  à 
une,  deux,  trois  branches;  et  l'on  se  rendra  compte,  par  l'examen  de  la 
fente  de  décollement,  que  l'action  suivant  les  secteurs  non  colorés  a  été  très 
faible,  quelquefois  nulle.  Si  le  nombre  des  blessures  a  été  multiplié  le  long 
de  huit  génératrices  au  lieu  de  quatre,  par  des  instruments  différents,  plus 
compliqués,  on  pourra  avoir  une  croix  à  huit  branches  au  lieu  de  quatre. 

On  remarque  parfois,  même  avec  le  Châtaignier  qui  donne  d^ordinaire 
et  régulièrement  les  croix  les  plus  nettes,  que  le  phénomène  ne  se  produit 
pas  ou  du  moins  reste  à  l'état  d'ébauche.  Il  y  a  bien  eu  quatre  arcs  de  décol- 
lement, mais  le  brunissement  ne  s'est  pas  étendu  en  profondeur,  il  est  resté 
superficiel.  Cela  peut  dépendre  des  conditions  climatériques  de  l'année. 
Ainsi  la  sécheresse  excessive  de  1921  a  nui  à  la  formation  des  croix  de 
Malte  qui  ont  été  avortées. 

C'est  d'ailleurs  à  ce  dernier  stade  que  s'arrête  normalement  l'évolution 
du  phénomène  dans  le  Staphylea,  la  Bourdaine,  TErable  plane,  l'Erable 
Sycomore,  le  Cornouiller.  Une  particularité  mérite  d'être  signalée  dans  la 
Bourdaine,  l'ébranlement  du  système  ligneux  qui  a  amené  le  décollement 
de  la  dernière  assise  génératrice  se  transmet  au  bois  profond  qui  a  une 
tendance  à  se  fendre  circulairement  un  peu  irrégulièrement,  quand  ou  le 
coupe,  suivant  les  lignes  de  séparation  des  couches  annuelles  (ce  sera  par 
exemple,  l'assise  limitant  le  bois  de  première  année  qui  se  décollera  de 
la  suivante,  les  autres  de  deuxième  et  troisième  années  restant  adhérentes). 

Le  bois  nouvellement  formé  par  l'assise  génératrice,  après  qu'elle  a  été 
blessée,  a  des  caractères  très  particuliers.  D'abord  sur  la  face  interne^,  à 
l'endroit  décollé,  il  brunit  d'une  façon  intense  comme  dans  les  tissus  cica- 
triciels et  ce  changement  de  teinte  s'étend  plus  ou  moins  loin  vers  l'extérieur 
et  tangentiellement.  Après  le  tissu  brun,  on  voit  apparaître  un  tissu  irrégu- 
lier, qui  n'est  plus  disposé  en  files  radiales.  Les  cellules  sont  plus  grandes 
que  celles  qui  se  produisent  normalement  sur  les  arcs  non  blessés;  mais  ce 
qui  distingue  surtout  la  partie  exlérieiu^e  à  lare  de  décoUemenl,  c'est  qu'on 
n'y  observe  pas  de  vaisseaux.  Il  y  a  des  variantes  suivant  les  espèces,  mais 
la  disparition  des  vaisseaux  est  constante,  surtout  au   milieu  de  l'arc  et 


l3l6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

suivant  le  rayon  qui  correspond  à  ce  point,  c'est-à-dire  là  où  la  pression  a 
été  la  plus  forte.  A  partir  de  cette  ligne  médiane,  on  peut  voir,  à  droite  et  à 
gauche,  les  vaisseaux  reparaître  progressivement,  mais  parfois  ils  manquent 
complètement  dans  tout  le  secteur  externe. 

Dans  le  Slaphylea,  l'épaisseur  de  la  couche  ligneuse  de  nouvelle  forma- 
tion est  beaucoup  plus  grande  suivant  les  quatre  arcs  blessés  que  suivant 
les  quatre  autres  intacts.  Dans  le  système  extraligneux,  les  paquets  fibreux 
sont  plus  épais,  plus  gros  qu'ailleurs  (dans  les  régions  non  blessées). 

Dans  la  Bourdaine,  la  blessure  est  si  profonde  que  le  bois  nouveau  ne  se 
reforme  pas  au  milieu  des  arcs  décollés,  il  y  a  alors  deux  bourrelets  laté- 
raux de  système  ligneux  irrégulier  à  la  partie  interne,  rayonnant  d'abord 
obliquement  avec  des  rayons  qui  se  redressent,  peu  à  peu,  vers  les  bords  de 
la  fente  pour  reprendre  la  direction  normale  (  ^). 

Dans  le  cas  du  Sycomore,  les  files  de  cellules  de  parenchyme  ligneux 
d'abord  irrégulières,  puis  en  série  arquées,  à  la  fin  de  la  saison,  reprennent 
la  croissance  rayonnante  normale  et  les  vaisseaux  à  large  calibre  peuvent 
reparaître.  L'action  du  traumatisme  ne  se  fait  plus  sentir  alors  dans  les 
parties  périphériques. 

Dans  les  manipulations  variées  auxquelles  la  canne  est  soumise,  redres- 
sement pour  la  rendre  rectiligne,  recourbement  du  sommet  pour  faire  la 
crosse,  etc.,  il  peut  arriver  que  le  cylindre  constitué  par  le  bois  de  dernière 
année  se  décolle  du  bois  sous-jacent  (ce  phénomène  se  conçoit  aisément 
par  tout  ce  qui  précède).  Dans  ce  cas,  on  voit  très  bien,  par  exemple  dans 
un  Erable,  des  boutonnières  obliques  très  brunes  à  la  surface  du  cylindre 
formé  par  le  bois  antépénultième,  entourées  d'une  ellipse  brun  clair  à  des 
distances  de  i*^™  sur  une  génératrice,  alternant  d'ailleurs  d'une  génératrice 
à  l'autre  (-). 


(')  Parfois,  dans  d'autres  espèces,  la  boutonnière  de  décollement,  étendue  tangen- 
tiellement,  s'augmente  d'une  amorce  de  fente  radiale  vers  l'extérieur,  dans  la  zone 
de  plus  forte  pression. 

(^)  J'adresse,  en  terminant,  tous  mes  remercîments  à  M.  Camus,  sylviculteur,  pour 
tous  les  documents  et  renseignements  qu'il  a  bien  voulu  me  fournir,  concernant  la 
curieuse  industrie  dont  il  est  le  créateur. 


SÉANCE   DU    22    MAI    1922.  l3l7 

MÉGANIQUE.    —  Sur  trois  classes  de  mouvements  vibratoires  non  entretenus. 
Note  (')  de  M.  Jules  Axurade. 

I.  TJn  problème  chronométrique  exposé  dans  une  précédente  Note  de 
Chronométrie  (-)  nous  a  conduit  au  mouvement  vibratoire  à  deux  frotte- 
ments, défini  par  l'équation  suivante  : 

,  .        i    d-  u  ^  /  du     -  I  I    \ 

^  '      m'   dt^-      ■  1  \^  s       '  b    ^f,  2800    '         900/ 

II.  Dans  chacun  des  cas  particuliers  extrêmes  où  l'une  des  quantités  A 
ou  [X  s'annule  il  y  a,  jusqu'à  extinction  complète  du  mouvement,  isochro- 
nisme  absolu  à  partir  de  l'amplitude  de  départ;  dans  le  cas  de  X  =  o  les 
amplitudes  décroissent  en  progression  arithmétique;  dans  le  cas  de  u,  =  o, 
elles  décroissent  en  progression  géométrique. 

III.  Lorsque  aucun  des  coefficients  X  et  [x  ne  s'annule,  le  mouvement, 
beaucoup  plus  complexe,  perd  toutes  ces  propriétés  remarquables. 

Posons 

(.)  A.=  ^,      A.=  ^      h  =  ^,  +  ^,^-^,■n  =  ^,~^,^-% 

I  —  A  i-l-A  \  i  —  /-  I  —  A- 

nous  obtenons  pour  la  loi  de  réduction  des  demi-amplitudes  u„,  u,,  . . .,  w„ 
successives  la  formule 

,      «?  +  «1  i'  —  «1 T/  _  I  —  /. 


u.t  —  u.n 


Si  l'on  veut  observer  n  oscillations  successives  n^3o°,  en  partant,  par 
exemple,  d'une  semi-amplitude  initiale  //(,  =  tï,  on  pourra,  à  une  approxima- 

tion  relative  de  l'ordre  de  ■—-,  c'est-à-dire  de  l'ordre  de  ^-^  io~%  adopter  la 

1/  Il  0,6 

formule  plus  simple 

,  ul-\-Uti         i  —  l 

(4)  —^ '-  = — —7' 

k;—  «0;       I  ^  A     . 

mais  celle-ci  est  encore  d'un  emploi  difficile  et  la  méthode  ne  convient  pas 
aux  mesures  de  précision  élevée  portant  sur  X  et  [x  à  la  fois. 

IV.  En  revanche,  parmi  les  vibrations  à  deux  résistances  passives,  j'étu- 

(')  Séance  du  i5  mai  1922. 

(*)  Comptes  rendus,  t.  17i,  ig^a,  p.    ii/jA' 


l3l8  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

dierai  prochainement  les  vibrations 

,  K  V  \    d-u  ^  du  • 

(  0  )  — ;    —j-r  =  —   «  —  rj£A  U  q  —r- 

^  M-   dt-  '   dt 

{q  coefficient  positif,  y]  et  £  gardant  leurs  significations),  les  moyens  de  les 
réaliser,  et  leurs  conséquences  pour  la  métrologie  des  résistances  passives, 
des  fins  roulements  et  des  viscosités. 

M.  A.  DE  Gramont  présente  en  hommage  à  l'Académie  un  Mémoire  dont 
il  est  l'auteur,  en  collaboration  avec  M.  G. -A.  Hemsalech,  et  intitulé  : 
Observations  and  experimenls  on  the  occurrence  of  spark  Unes  (enhaïiced  Unes) 
in  the  are.  Part  II  :  Magnésium,  zinc  and  cadmium,  paru  dans  le  Philoso- 
phical Magazine,  vol.  43,  May  1922. 

Ce  Mémoire  est  le  développement,  avec  cinq  planches  de  spectres  et  de 
nombreux  Tableaux,  de  deux  Notes  des  mêmes  auteurs  parues  dans  les 
Comptes  rendus  du  26  septembre  1921  et  du  6  février  1922. 


M.  d'Ocagne  fait  hommage  à  l'Académie  d'une  brochure  intitulée  :  Vue 
d' ensemble  sur  les  machines  à  calculer,  extraite  du  Bulletin  des  Sciences 
mathématiques  (mars  1922).  C'est  un  résumé  de  ce  qu'on  pourrait  appeler 
r  «  anatomie  comparée  »  des  machines  à  calculer.  Ce  genre  d'étude, 
inauguré  par  l'auteur  dans  ses  conférences  de  1893  au  Conservatoire  des 
Arts  et  Métiers,  l'a  amené  à  considérer  comme  organes  essentiels  des 
machines  arithmétiques  :  le  chiffreur  qui  fait  apparaître,  dans  les  lucarnes 
où  s'inscrivent  données  et  résultats,  les  chiffres  voulus;  Vactionneur  qui 
permet  d'imprimer  au  chiffreur  la  rotation  qu'exige  l'opération  elVectuée  ; 
le  reporteur  qui,  lorsque,  sur  un  chiffreur,  Tintervalle  de  9  à  o  franchit  la 
lucarne,  détermine  une  avancée  d'une  unité  pour  le  chilVreur  suivant; 
Veff'aceur  qui  permet  la  remise  à  zéro  en  bloc  de  tous  les  chilVreurs;  enfin, 
dans  certaines  machines  seulement,  Ventraineur  permettant  la  comjuande 
simultanée  de  tous  les  actionneurs,  chacun  pour  le  mouveiuent  limité  qu'il 
doit  accomplir. 

Les  machines  arithmétiques  peuvent  se  diviser  en  deux  grandes  familles 
suivant  qu'elles  n'ont  pas  d'entraîneur  ou  qu'elles  en  ont  un,  et,  dans 
chacune  de  ces  familles,  on  peut  les  répartir  en  genres  d'après  la  nature 
de  leur  actionneur,  chacun  de  ces  genres  comportant  lui-même  de  multiples 
Yariélés, 


SÉANCE  DU  22  MAI  1922.  iSlQ 

On  peut  remarquer  que,  dans  cette  brochure  (p.  45),  se  trouve  déjà 
signalée  la  machine  de  M.  A.  Seguin  qui  vient  d'être  récemment  décrite 
par  son  inventeur  dans  une  Note  insérée  aux  Comptes  rendus  (t.  174,  1922, 
p.  ii54).  Cette  machine  est  fondée  sur  une  idée  nouvelle,  celle  d'effectuer 
mécaniquement  la  multiplication  par  le  procédé  de  Fourier,  qui  revient  à 
appli(juer  la  règle  de  la  multiplication  des  polynômes  lorsque  les  chiffres 
d'un  nombre  sont  regardés  comme  les  coefficients  d'un  polynôme  ordonné 
suivant  les  puissances  de  10. 

Une  des  principales  curiosités  du  sujet,  au  point  de  vue  scientifique,  est 
constituée  par  l' ariUnnomètre  éleclromécanique  de  Torres  Quevedo,  capable 
d'effectuer  automatiquement  une  opération  arithmétique  quelconque  sur  la 
seule  commande  d'une  machine  à  écrire  ordinaire,  au  moyen  de  laquelle  on 
inscrit,  en  se  servant  des  signes  ordinaires  de  l'algèbre,  l'opération  à  effec- 
tuer. 

C'est  encore  à  cet  illustre  Correspondant  de  l'Académie  que  l'on  doit  les 
machines  algébriques  dans  lesquelles  les  nombres  ne  s'inscrivent  plus  sur 
des  compteurs  mais  correspondent  aux  points  de  certaines  éc.helles  graduées 
(affectant,  en  général,  la  forme  de  ce  que  M.  Torres  a  appelé  un  arithmophore 
logarithmique),  reliées  mécaniquement  au  moyen  d'organes  nouveaux, 
également  imaginés  par  M.  Torres,  sous  le  nom  à^  fusées  sans  fin.  De  telles 
machines  permettent  d'obtenir  non  seulement  les  racines  réelles  d'équa- 
tions algébriques  de  degré  quelconque,  mais  encore  leurs  racines  imagi- 
naires (par  leurs  modules  et  leurs  arguments).  Elles  jouent,  dans  l'ordre 
du  calcul  mécanique,  le  même  rôle  que  les  nomogrammes  dans  celui  du 
calcul  graphique. 

COKRESPOrVDAIVCE. 


M.  Élie  Cartax  prie  l'Académie  de  vouloir  bien  le  compter  au  nombre 
des  candidats  à  la  place  vacante,  dans  la  Section  de  Géométrie,  par  le 
décès  de  M.  Camille  Jordan. 


M.   le    Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1°  Camille  Flammarion  :  La  mort  cl  son  mystère.  Tome  I  :  Avant  la  mort: 
Tome  II  :  Autour  de  la  mort:  Tome  III  :  Après  la  mort. 


l320  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

qP  Résultats  des  campagnes  scientifiques  accomplies  sur  son  yacht,  par 
Albert  P*",  prince  souverain  de  Monaco.  Fascicule  LX  :  Hydroïdes  ;  Pluma- 
ridœ,  par  Maurice  Bedot.  Fascicule  LXI  :  Tomoptérides ,  par  A.  Mâlâquin  et 
F.  Carin. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  les  fonctions  croissantes  positives. 
Note  de    M.    Spyridion   Sakantopoulos,   présentée  par  M.    Hadamard. 

1.  M.  Borel,  dans  son  célèbre  Mémoire  ('),  a  démontré  sur  une  fonction 
croissante  la  formule  suivante  : 


M 


où  a  est  positif  et  aussi  petit  que  l'on  veut  et  z  également  positif.  Cette  iné- 
galité est  vérifiée  à  partir  d'une  valeur  de  x^  sauf  peut-être  dans  quelques 
intervalles  exceptionnels  d'étendue  finie.  M.  Borel  a  considéré  le  nombre  £ 
comme  constant.  Je  me  propose,  à  ce  point  de  vue,  de  faire  connaître  ici 
une  extension  de  son  résultai. 

J'ai  établi  le  théorème  suivant  : 

2.  Théorème  J.  —  Etant  donnée  une  fonction  o(œ)  décroissante,  telle  que 
l'on  ait  lim[,r  i^(>r)J  =  ce,  et  une  fonction  croissante  quelconque  M(j),  Viné- 
galité 

(  [log  m  (.r)  lr(-o  j        L 

se  vérifie  toujours,  sauf  peut-être  dans  quelques  intervalles  exceptionnels 
d'étendue  totale  finie,  a  étant  un  nombre  constant  mais  aussi  petit  que  l'on 
veut.  , 

Supposons  que  pour  les  valeurs  suivantes  : 


jZ'j  —  j:'o      + 


[logM(^o)]^'"">' 


(2)  '      '         '  [logM(:ri)]^ 


9>a:,) 


Xy/  J^V— 1    '^ 


[logM(^v-i)F-^- 


(')  Acta  mathematica,  1897. 


SÉANCE   DU    22    MAI    I922. 

l'inégalité  (i)  ne  soit  pas  vraie.  Les  égalités  (2)  donnent 


l32ï 


(3) 


^';  —  t3^Q  — i~ 


[logM(xo)]?'-"°'  [logM(^;o)]?'^v-,) 

Supposons  maintenant  que  le  nombre  des  valeurs  (2)  qui  ne  satisfont  pas 
à  l'inéeralité  (1)  soit  infini  et  considérons  la  série     7  n — ^r-, — t-tïtt-i  *   ^^^ 


rapport  A.,  est 


logM(a--v_i) 


9(-^'v-.> 


Mais  à  cause  de  l'hypothèse  laite,  on  a 

logM(^-,-i) 
JogM(^-v) 

on  aboutit  donc  à  la  relation 


< 


I  -i-  « 


d{i  +rt)?'-^v-.) 


où  6  reste  plus  grand  que  l'unité  et  a  pour  limite,  peut-être,  l'unité.  Soit 

lim  6  =  1;  on  a  (  '  ) 

'     I  .'.  1 

I. 


Nous  écrirons 


lim >.,,==  lim  ;^lim — — — : 

9        (i -h  «X^'-^v-,) 


X,= 


6{i-h  ci)^^^''->^         I  +  a./ 


c'est-à-dire  «,,  =  0(1  + rt)'f*'v,)_  i  et  nous  appliquons  la  règle  de  Raahe  et 
Duhamel  bien  connue;  on  a  «,,>  o  et  limav=  o- 
La  formule  de  \ewton  donne 

I  'j(./*v_,  ) 


ou 


rtv=:  Ôcp(  J'v_,  )a 


kh-v-6  —  l, 


où  k  est  positif  et  lim  X:  =  o.  On  a  donc 


vav>  v^9(J?v-i)«(  I—  - 


(>)  Si  l'on  a  lim  5  >  1 ,  la  série  sera  sûrement  convergente.  Si  9(.r.._i)  est  constante 
visiblement  on  retombe  au  théorème  de  iW.  Borel;  on  aura  Iim/.v<  i. 


l322  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

La  reialion  (3)  donne  x,,  —  x^^<C^^  car  chaque  terme  est  plus  petit  que 
l'unité;  il  en  résulte  a  fortiori 

OU  encore,  puisque  ç>(^v-)  )  ^  'f  (^"v)? 

v«v>  V  9(^v)«(  I )  —  j:'o9(  J-v)«(  I ■  I  • 

Maintenant,  pour  que  nous  ayons  vrtv!>  i  pour  loute  valeur  de  «'^constante 
mais  aussi  petite  qu'on  veut,  il  suffit  que  l'on  ait  lim[a;o(£j7v)]  =  ^,  c'est- 
à-dire 

lim  [.r  a)(.r  )]  =  x. 

Alors  la  série  \  t-j — rj- — -r;r^^^  est  convergente  :  la  valeur  .x\  tend  donc 
vers  une  limite  linie.  Mais  ceci  est  en  contradiction  avec  le  fait  que  x^  tend 
vers  l'infini  en  même  temps  que  v,  comme  il  rc'sulte  des  relations 

M(x,)>[M(.r,.0]'-^- 
qui  donnent 

logM(.r,)>(i  +  ./)MogM(^-o).  ^ 

On  démontre  facilement,  maintenant,  que  l'étendue  totale  de  ces  inter- 
valles exceptionnels  est  finie  et  ég"ale  au  nombre  représent(''  par  la  série 
convergente  ^{x,-x,)=^j^~-^^^',  elle  ne  dépasse  danc  pas  le 

nombre  donné  par  la  série  t—^ V ',,,     . 

3.  L'extension  que  je  doime  au  théorème  de  M.  Borel  est  remarquable 
parce  qu'elle  nous  donne  le  droit  d'ajouter  à  la  variable  x  des  quantités  plus 
grandes  qui  tendent  vers  zéro  moins  vite  que  la  quantité       ^   '  •  On  s'en 

persuade  facilement  si  l'on  prend  's^{x)  =  hx-^  où  h  et  S;  sont  constantes 
et  o  <;  Sr  <^  I.  On  peut  encore  lui  donner  les  formes  suivantes  : 

IL  Etant  donnée  la  fonction  croissante  M(7-)  et  une  autre  o{x')  décrois' 
santé  {ou  constante)  et  telle  que  lim  [cp(a7)/^]  =  ce,  l'inégalité 


M[^.é'ii»sM,.v)]-f(-'J  <[M(^)J' 


se  vérifie,  sauf  peut-être  dans  quelques  intervalles  exceptionnels  d'étendue  totale 
finie;  a  est  un  nombre  positi  "^  et  aussi  petit  que  Von  veut. 
IIL   Toute  fonction  croissante  de  la  forme 


,— 10g7«(  V) 


SÉANCE  DU  22  MAI  1922.  l323 

OÙ  k(œ)  croît  moins  vite  que  x  et  m(x)  est  une  fonction  croissante  mais  quel- 
conque, vérifie  V inégalité 


M 


ni{x) 


<  [M  (.r )]'+«, 


sauf  dans  quelques  intervalles  exceptionnels  d'étendue  totale  finie;  a  est  un 
nombre  positif  aussi  petit  qiCon  veut. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  quelques  théorèmes  de  M.  BorcL 
Note  de  M.  Th.  Varopoulos,  présentée  par  M.  Emile  Borel. 

En  ulilisant  systémaliquemenl  le  théorème  suivant  : 

Etant  donné  un  nombre  ^  positif  et  supérieur  à  i unité  quelconque^  s^it  existe 
des  valeurs  de  r  ne  satisfaisant  pas  à  V inégalité 

<OlJ.{r), 


I0gp.(/-)l0g2p.( /•)...  lo-,/^(/-)" 


a  ^  I  quelconque,  et  v  un  nombre  entier  aussi  grand  que  Von  veut  mais  fixe ^ 
ces  valeurs  exceptionnelles  remplissent  des  intervalles  d'étendue  totale  finie^ 
qui  n'est  pas  aulre  chose  que  le  théorème  classique  de  M.  Borel,  sur  les  fonc-. 
tions  croissantes,  perfectionné,  j'ai  obtenu  de  nouveaux  résultats  qui  pré- 
cisent certaines  propriétés  des  fonctions  entières. 

Le  but  de  cette  Note  est  de  communiquer  ces  résultats,  qui  sont   les 
suivants  : 

1,   Si  les  coefficients  d  une  fonction  entière 


f{z)  =  a,- 
satisfont  à  l'inégalité 


i«»i<4f' 


à  partir  d'une  valeur  de  \z\  =  r  oii  [J'{r)  est  une  fonction  quelconque  crois- 
sante, nous  avons  Vinégalité 

M(/-)  <  ^rix^r)  log/j.(r)  log,f^(/-) . ..  log, a (/■)'+-, 
où 

M(/-)  =  I  a„  I  +  I  a,  !/■  -+-  .  . .  4-  I  fl-^  l/-"  +  . .  . , 

£  ^  o  quelconque  et  (I  un  nombre  supérieur  à  l  unité  quelconque. 

IL  Si  q(f)  est  une  fonction  croissant  plus  vite  que  toute  puissance  de  r  [finie 


l324  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

pour  toute  valeur  assez  grande  de  r,  nous  avons  l'inégalité 

M(/-)  <  QriJ.(r)g{r)  log^(r)  \o^^q{?)  . .  .  log,g'(r)'+' 

partout,  sauf  peut-être  quelques   intervalles  exceptionnels   d'étendue  totale 
finie. 

Nous  en  concluons  les  inégalités 

I 
M(/-)  <  QrK{r)  logA(r)  \o%,k{r) .  . .  log,A(r)'+S 

M(/-)<5/-B(r)logB(/)log2B(/)...log,B(/-)'+% 

où  A(/-),  —  B(;-)  désignent  le  maximum  et  le  minimum  de  la  partie  réelle 
de  la  fonctiony(  ::).  .. 

III.  Soit  une  fonction  entière 

SI  nous  avons 

|««k"<F(/-), 

le  module  maximum  m,  (r)  de  la  dérivée  f  {z)  satisfait  à  r  inégalité 

m,{rXQr^{r)q{r)\o^q{rY, 

OÙ  a^i  quelconque  et  q(r)  la  fonction  ci-dessus  mentionnée. 

IV.  Si  pour  I  :;  I  =:  ;•  nous  avons  l' inégalité 

le  nombre  n  des  zéros  dont  le  module  est  inférieur  ou  égal  à  r  vérifie 
V  inégalité 

/i<Ô/-Xr)P(/-)logP(r)«, 

<2  >  2  quelconque  et  P(r)  désigne  une  fonction  croissante  arbitraire  assujettie 
à  la  condition  de  croître  plus  vite  que  \o^r.  S'il  existe  des  intervalles  excep- 
tionnels, leur  longueur  est  négligeable. 

V.  Si  la  fonction  décroissante  fj(r)  décroît  moins  vite  que 

•og3f^(^)  +  log4/z(/-)  +.  .  .4-  (i  +  £)IogvjuL(r) 

lJ.(r)  étant  une  fonction  croissante  quelconque,  l'inégalité 

+  log^{ry('-^     </^('')^         {9  >i  quelconque) 

est  véri^ée  partout  sauf  peut-être  quelques  intervalles  exceptionnels  d'étendue 
totale  finie. 


SÉANCE    DU    22    MAI    1922.  l325 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  Ics  relations  r/iii  existent  entre  l'ordre  de 
croissance  dune  fonction  inonof^éne  et  la  densité  de  ses  zéros.  Note 
rie  M.  RoLF  Nevanunna,  présentée  par  M.  Emile  Borel. 

Soityf^)  une  fonction  nionogène  rie  la  variable  complexe  ^  — re''^,  régu 
lière  en  tout  point  fini  de  Tangle 

et  qui  y  jouit  des  propriétés  suivantes  : 

i**  Sur  les  côtés  de  cet  angle  on  a  les  inégalités 

a,^/')  et  y-^i/)  désignant  des  fonctions  continues  et  positives  d'ordre  au 
plus  égal  à  r^,  de  sorte  que,  pour  tout  £  >  o,  on  a 

oc^(/-)  <  /■^■+'         ((^  =  I,  2) 

à  partir  d'une  certaine  valeur  de  ;*. 
2°  A  l'intérieur  de  l'angle  (i),  on  a 

log|/(/'e'?)|<m(/'), 

l'ordre  de  croissance  de  m(/')  n'étant  pas  supérieur  à  r^ . 

3"  La  fonctiony(\i^)  s'annule  en  une  infinité  de  points  de  l'angle  (1) 

x^—  r^e'^n  {n  =1.2,  .  ..), 

tendant  vers  Tinfini  et  tels  que 

lim  Slip.  I  cp«|  =  Oo<  ~- 

Soit  encore  ^(n)  une  fonction  positive  croissante  telle  que  r„<'^(n) 
à  partir  d'une  valeur  finie  de  r. 

Dans  ces  conditions  on  aura,  pour  tout  point  x  ^=  r  de  [l'axe  réel  positif , 
Vinégalité 

,.^     I      1/7    \x<^''\i    r-  CK^(u)-\-  y.,(ii)  r^'      du  ^m{p)\ 

(A)     logL/(r)|^-'|A-j^^    ;;^T. "%     m^'  ^  ~y^  ]  ' 

OÙ  z  peut  avoir  une  valeur  quelconque  ^  r  et  où  p^  désigne  une  constante  posi- 
C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  21.)  9^ 


l326  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

tive  (<^  p),  C  une  quantité  qui  ne  dépend  pas  de  p  et  enfin  X„  la  quantité 

Âf,  =  lirn  inf.  cosÂ:cp„  pour  /i^rj^^ 

laquelle  tend  vers  cosX:^,,  lorsque  p„  augmente  indéfiniment. 

A  l'aide  de  ce  théorème  assez  général,  que  nous  avons  tiré  de  l'intégrale 
de  Poisson,  on  peut  établir  facilement,  en  y  choisissant  convenablement  les 
fonctions  a,(/-),  cc^Ç?-),  fn(?'),  S(/i),  un  grand  nombre  de  propositions  inté- 
ressantes, soit  nouvelles,  soit  précisant  des  propositions  déjà  connues, 
comme  nous  le  ferons  voir  dans  un  Mémoire  qui  paraîtra  bientôt.  Ici,  nous 
nous  contenterons  d^indiquer  certaines  conséquences  immédiates  de  Tiné- 
galité  (A). 

On  aura  à  distinguer  deux  cas,  suivant  que  l'intégrale 


(2)  ■  f 


; — : (fit 


converge  ou  non.  Dans  le  premier  cas  on  aura  ce  théorème  : 

Soit  J\x)  une  fonction  mono  gêne  jouissant  dans  l'angle  (i)  des  propriétés 
énumérées  plus  haut.  Si  l'intégrale  (2)  converge  et  si,  en  outre ^ 

m{r) 
lim  — j-^  ^=  o, 

la  série 

1 
sera  converiiente. 

Si,  en  particulier,  /(.x-)  esl  une  fonction  enlière,  on  retrouve  une  propo- 
sition donnée  récemment  par  M.  Valiron. 

Dans  le  cas  où  l'inLégrale  (2)  diverge,  on  est  conduit  à  ce  théorème  : 
Les  hypothèses  générales  restant  les  mêmes  quau  début ^  admettons  en  parti- 
culier qu'on  ait 


et  d'autre  part 


m{r)^e{r)r''  I     -^1-2— —^1-1  du , 

«1  \n'' )  +  a.,  \n'') 


(j  désignant  une  constante  positive  et  i(r),  t{n)  des  expressions  tendant  res- 
pectivement vers  zéro  avec  -et  -• 


SÉANCE   DU    22    MAI    1922.  1827 

Dans  ces  conditions^  on  aura  nécessairement 

à  moins  que  la  fonction  f{x)  ne  s'évanouisse  identiquement. 

En  faisant,  en  parliculier,  a,  (r)  =  a^fr)  =  r*,  on  trouve  le  résullal  sui- 
vant, qui  généralise  en  différentes  directions  le  théorème  connu  de  M.  P'rilz 
Carlsson  : 

Soit  J\x)  une  fonction  monogène,  régulière  dans  V angle  {i)  et  qui  y  jouit 
des  propi'iétès  suivantes  : 

1°  l/v^     -*y' I  <  const.  e''; 

2"  |/(/-e'?)|<e^"''-'' '"-'•; 

S''  f{x)  s'annule  aux  points 
dont  les  modules  et  arguments  vérifient  respectivement  les  conditions 

V 

rn  <  «7«[i  +  c(n)],  limsup.  |'f„|  =  ?o<  -y- 

Cela  étant,  si  la  râleur  de  la  constante  a  est  inférieure  à  û  cos^'^^,  la  Jonc- 
tion f(r)  s\innule  identiquement. 


MÉCANIQUE  APPLIQUÉE.  —  Sur  la  forme  optimum  à  donner  aux  hélices  pro- 
pulsives. Note  de  M.  Eugène  Pagezy,  présentée  par  M.  Râteau. 

Nous  adopterons  les  définitions  et  notations  que  les  profonds  travaux  de 
M.  Râteau  ont  rendues  classiques  et  dont  on  trouvera  le  détail  dans  son 
Ouvrage  intitulé  :  Théorie  des  hélices  propulsives  marines  et  aériennes  et  des 
avions  en  vol  j^ectiligne  (^GdiWÛneT-VWX'ATS,  1920). 

Les  théories  actuelles  semblent  montrer  que  le  pas  analytique  de  l'hélice 
optimum  varie  avec  la  distance  à  l'axe  et  augmente  légèrement  quand  on  se 
rapproche  du  bout  des  ailes. 

La  présente  Note  a  pour  objet  d'établir  qu'il  n'en  est  pas  ainsi  et  que 
la  véritable  hélice  ontimum  est  celle  dont  le  pas  analytique  reste  rigoureusement 
constant. 

Considérons  un  élément  d'hélice  CD,  de  surface  s^^  compris  entre  les 
cylindres  de  rayon  r,  et  ri^^ . 


i328 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


L'air  attaque  rélément  CD  avec  une  vitesse  relative  W,  qui  est  la  résul- 
tante de  la  vitesse  propre  de  Tavion  v  et  de  la  vitesse  de  rotation  de  rélé- 
ment CD,  iT^îiri  (fi  nombre  de  tours  par  seconde). 


ZT^nvi 


Sa  vitesse  relative  de  sortie  est  représentée  par  le  vecteur 

CB  =  W,(i-£/). 
En  enroulant  le  vecteur  CB  sur  le  cylindre  de  rayon  /■,,  on  obtient  un 

(  )H 

élément  d'hélice  dont  le  pas,  H,  ==  — >  n'est  autre  que  le  pas  analytique . 

M.  Râteau  a  montré  que  cet  élément  d'hélice  pouvait  étie  considéré 
comme  invariablement  lié  à  Télément  Si.  Il  attaque  l'air  sous  un  angle 

que  M.  Rai  eau  appelle  angle  de  déviation, 

BA,  différence  géométrique  des  vecteurs  GA  et  CB,  représente  la  vitesse 
absolue  que  l'élément  Si  imprime  à  l'air.  Si  û^M  est  la  masse  d'air  influencée 
par  seconde,  la  réaction  exercée  par  l'air  sur  l'élément  s^  a  pour  valeur 

f/M  X  AB. 
M.  Râteau  a  montré  que  r/iVi  peut  s'exprimer  par  la  formule 


SÉANCE  DU  22  MAI  I922.  l329 

La  réaction  r/M  x  AB  a  pour  composante  utile 

/,  rr:  dM  X  AE  =:  k^,  W,  (l  —  c,  )  X  AE. 

Le  travail  élémentaire  dépensé  est 

ti=:  277/1/-,  X  d\l  X  EB  =  2r.nr,KstW,(i  —  s,)  x  EB. 

La  perte  élémentaire  de  travail  est 

Pi  =  h  —  ifi- 

Ces  prémisses  posées,  donnons-nous  : 

les  élémenls  de  surface  Sj, 

les  vitesses  c, 

le  nombre  de  tours  //, 

d'où  résulte  qu'à  chaque  rayon  r^  correspond  un  angle  |3,  bien  déterminé. 

Proposons-nous  d'obtenir  un  certain  effort  total  I/^  et  demandons-nous 
quelle  est  la  meilleure  façon  d'incliner  les  divers  éléments  ^,,  c'est-à-dire 
quelle  est  la  meilleure  série  d'angles  co,  donnant  naissance  à  cet  effort 
total  ï/,. 

Cette  série  optimum  est  celle  qui  rend  minimum  la  perte  de  travail 
totale  ^Pj. 

On  devra  donc  avoir  : 

y  p,  a(,)iz=  o  '  "  — 


/>,^03,=  o,  U^<--,/,^^. 


pour  tous  les  systèmes  de  dcû,  satisfaisant  à  la  relation 

^//â?oj,=  o,  {/''—  ;/~^  —^/Voj,  différentielle  totale  de  T^/A 


d'où 

P 


-  r=  const. 


OU,  en  remarquant  que  pi  =  t,'  —  c/]', 


.,  =  const. 


Le  diagramme  nous  montre  d'ailleurs  que 

EB  =  W,-  cos[3/—  W,(i  —  £/)  cos((3,--h  w/), 


d'où 


t',=  -7-^  =  aTT/J/'/Ks/Wf  (i  —  £/)-  sin(S/+  co,)  f/co,-, 


l33o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

et  que 

AE  =  \V,. ( I  —  £, )  sin ( [3,-  +  w,)  —  W/  sln;3  , 

d'où 

//  =  K  Si \\f  (  I  —  c,- y  COS (  (5,  +  GO,-  )  f/w„ 

L'Iiélice  optimum  est  donc  caractérisée  par  la  relation 

tan  g  a/        «H, 


const.. 


a  ou 

H,=  const. 


MÉCANIQUE  CÉLESTE.  —  Sur  le  mouvement  d'une  planète 
dans  un  milieu  résistant.  Noie  de  M.  P.  Fatou,  présentée  par  M.  Goursat. 

Nous  avons  indiqué  récemment  (')  quelques  propriétés  du  niouvemenl 
d'un  point,  attiré  par  un  centre  fixe  suivant  la  loi  de  Ne^vton,  et  soumis 
d'autre  part  à  une  résistance  proportionnelle  à  la  vitesse;  certains  des  résul- 
tats obtenus  peuvent  s'étendre  à  des  lois  de  résistance  plus  générales.  Con- 
servant les  notations  de  la  Note  précédente  et  désignant  par  R  la  résistance 
opposée  à  la  vitesse,  nous  avons  : 

(2) 


r         a' 


(3)  ^^ii  4_  /     XX,,  dt 


^  =  ^  +  f  lir 


Nous  simplifierons  la  discussion  en  supposant  que  —  reste  finie  pour  c  =  o, 
-  restant  borné,  de  sorte  que  d'après  (i)  la  vitesse  ne  devient  jamais  nulle 

au  bout  d'un  temps  fini,  en  dehors  du  centre  attractif  (-).  En  oulre  on  sup- 
pose que,  V  restant  supérieure  à  une  quantité  positive,  il  en  esl  de  même 


(^)   Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  1 162-1 165. 

(^)  Si  l'on  ne  fait  pas  celte  hypothèse,  il  peut  arriver  que  v  devenant  nul  au  bout 
d'un  temps  fini,  le  mobile  tombe  ensuite  en  ligne  droite  sur  le  centre  attractif  :  le 
mouvement  n'est  pas  régulier. 


SÉANCE  DU   22   MAI    I922.  l33) 

de  R;  ces  hypothèses  sont,  vérifiées,  par  exemple,  pour 

R— /.c'^r-;^         (a     i.3>o). 

Nous  resterons  dans  le  cas.  seul  intéressant,  où  l'orbite  osculatrice  initiale 
est  elliptique  et  C^,  >  o. 

Il  est  impossible  que  /  tendant  vers  T  (finie  ou  infinie)  la  position  limite 
du  mobile  soit  indéterminée  : 

i**  Si  r  possède  deux  Hmites  d'indétermination  distinctes,  le  raisonne- 
ment de  la  Note  précédente  montre  que  l'on  aboutit  à  une  contradiction. 

■2°  Si  r  tend  vers  ;•,  ^  o,  et  si  0,  qui  croît  constamment,  tend  vrrs 
l'infini,  comme  a,  qui  décroît  constamment,  tend  vers  a,,  v-  tend 
vers  — J-  —  —  ou  i^'].  Si  v^^o.  on  constate  que  le  raisonnement  rappelé 
plus  haut  s'applique  encore.  Si  i^]  =  o,  on  applique  le  lemme  que  voici  : 
«  Si  fi^x),  continue  ainsi  que  ses  n  premières  dérivées,  admet  an  moins 
une  limite  d'indétermination  finie  pour  x  infini,  les  dérivées  en  question 
admettent  la  limite  d'indétermination  zéro.  »  Or,  l'une  des  équations  intrin- 
sèques du  mouvement  s'écrit  : 

Uj  —  —  --' 

p  -\-  Ç)  r 

en  posant  p  =  -,  et  désignant  par  des  points  les  dérivées  par  rapport  à  0; 
G  tendant  vers  —  pour  0  infini,  s  admettrait  la  limite  zéro,  et  —  aurait  une 

limite  d'indétermination  au  moins  égale  à  —  >>  o  :  il  y  a  contradiction. 

Enfin  il  est  impossible  que  pour  t  infini,  r  tende  vers  ;-,  >>  o,  et  0  vers 
6,  finie;  on  le  démontre  en  se  servant  du  lemme  précédent  et  de  l'équation 
du  mouvement  projeté  sur  le  rayon  vecteur  limite. 

En  résumé,  le  mobile  tombe  sur  le  centre  attractif  au  bout  d'un  temps 
lini  on  iidini;  tant  qu'il  n'y  a  pas  choc,  le  mouvement  se  poursuit  régulière- 
ment et  l'on  a  — 

/R 
—  dt  étendue  à  toute  la  trajectoire  est  diver- 
gente. Ceci  a  pour  conséquence  que  le  demi-grand  axe  a  tend  vers  zéro; 

-dt  étant  divergente, 

Rc  dt  le  serait  a  fortiori,  ce  qui  implique,  d'après  (3),  que  a  -^o. 


/ 


l33a  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

En  ce  qui  concerne  la  trajectoire  :  i"  on  peut  supposer  que  pour /--^o, 
0-^0,,  valeur  finie.  Le  fait  que  la  trajectoire  est  concave  vers  l'origine 
montre  qu'au  voisinage  de  ce  point  rest  fonction  décroissante  de  0,  et  que 
la  longueur  de  la  trajectoire  est  iinie  (');  2^  on  peut  supposer  que  pour 
/■^^o,  0->a3  (mouvement  en  spirale).  On  démontre  que  dans  ce  cas  (Mie 
reste  pas  bornée.  C'est  cette  deuxième  circonstance  qui  se  présente  pour 
une  résistance  proportionnelle  à  la  vitesse  ou  au  carré  de  la  vitesse. 

Dans  le  premier  cas  (  R  =  /v),  une  étude  plus  serrée  de  l'équation  diffé- 
rentielle du  second  ordre  en  r  et  Z  considérée  dans  la  Note  précédente 
permet  d'établir  la  double  inégalité 

pour  un  cboix  convenable  de  l'instant  initial  (-). 

Notons  enfin  cette  propriété  générale  des  trajectoires,  conséquence 
de  (4);  à  partir  de  l'instant  où  l'orbite  osculatrice  est  elliptique,  /-cos^'-p 
varie  dans  le  même  sens  que  ?•,  -p  désignant  l'angle  de  la  normale  et  du 
rayon  vecteur. 

ASTRONOMIE.  —  Observations  de  la  comète  SkjeUerup  (1922  a)^  faites  à  l'équa- 
torial  coudé  de  l'Observatoire  de  Besançon.  Note  de  M.  P.  Chofardet, 
transmise  par  M.  B.  Baillaud. 

Nombre 

Dates.        Temps  moyen  de         Ascension  droite  Log.  fact.         Dist.  polaire  Log.  fact. 

X'èl'l.  de  Besançon.  \Âo.  A'T.  compar.  apparente.  parallaxe.  apparente.  parallaxe.   ■* . 

h        m       s  m       s  in  h        m        s  o         ,         „ 

ai  19....     9.39.   8     +0.45,20     —  4-3o,7        9:9        8.   4-26,43         9,628         68.35.17,8         0,752^     a 
»    20....      9.43.11      — 2.   4)21      4-4-   3,0        9:6        8.  9.26,74         9,682         67.39.33,0         o,75o„     b 

Positions  moyennes  des  étoiles  de  comparaison. 

Réduction  Héduction 

*.  Gr.  --.l,  1922,0.  au  jour.  <î  192-2,0.  au  jour.  Autorités, 

h        m       s  s  0         /         ,;  ,/ 

a lo  8.    3.40,66       +0,57       68.39.38,6       +9,9         •  rap.  à  .^  .G.  Berlin  B,  3241 . 

b 8,3       8.1 1  .3o,36        +0,59       67.35.20,5        +9,5         A.  G.  Berlin  B,  33i4. 

(')   Pour  avoir    un  exemple  de  ce  cas,  il  suffit  de  prendre  R= cos^';  en  pre- 

nant  ensuite  Mq  dans  le  premier  (juadrant  et  choisissant  convenablement  la  vitesse 
initiale,  M  décrit  l'arc  de  cercle  M^O  langent  en  O  à  Ox.  D'ailleurs,  si  en  O  la  trajec- 
toire est  régulière  et  de  courbure  non  nulle,  R  est  toujours  de  l'ordre  de  c*. 

(-)  On   démontre  même  que  /E'^'  tend  \  ers  zéro,  ce  qui  entraîne  que  r  tend  vers 
l'iniini. 


Date. 
1922. 


Mai     19 .  . 


SÉANCE  DU  22  MAI  1922.  1 333 

Remarques.  —  Comète  faible,  de  grandeur  12. 5,  large  de  1'  au  maximum,  conden- 
sation assez  incertaine  et  décentrée. 


ASTRONOMIE.  —  Observation  de  la  comète  Schjellerup  (1922  b),  faite  à  Véqua- 
torial  coudé  de  V Observatoire  de  Nice.  iNote  de  M.  A.  S<;haumasse,  pré- 
sentée par  M.  B.  Baillaud. 


Nombre 

Temps  moyen 

de 

Log.  fact. 

Déclinaison 

Log.  fact. 

de  Nice. 

Aa\. 

A(D.              comp. 

ai  apparente.        parall. 

apparente. 

parall.      • 

)•  • 

h        ras 

..     9-44.47 

m 

+  0. 

3/ 

,21 

H-   o.r3,o      18:10 

h         m        s 

8.24.26,79     9,656 

0       ,       „ 

+21 .24.01 ,4 

0,727      1 

Position  de  r  étoile  de  comparaison. 

Réduction 

Réduction 

m. 

moyenne                au 

Déclin,  moyenne              au 

•  . 

Gr. 

1922,0.                 jour. 

1922,0.                   jour. 

Autorités. 

1. 

9>5 

h 

8. 

m       s                            s 

3.49,02       +o,56 

0           1           n                               II 
+  21.24.48,3            —     9,9 

|(Parispli.Cl 

595,  Hr  83  ; 

Cl  4Ô2,  îf  562). 


Remarque.  —  La  comète,  de  grandeur  12,  est  formée  par  une  nébulosité  dilhise 
de  2'  environ  d'étendue,  présentant  dans  la  partie  s.  f.  une  faible  condensation  qui 
ressort  très  peu.  Le  ciel  est  brumeux  à  cette  hauteur. 


PHYSIQUE.  —  Sur  les  imriations  de  C opalescence  critique  avec  la  température  et 
la  longueur  d'onde  de  la  lumière  incidente.  Note  de  M.  A.  A\d.4i\t, 
présentée  par  M.  E.  Bouty. 

MM.  K.  Onnes  et  Keesom  ont  publié  en  1908  (')  les  résultats  des  pre- 
mières mesures  spectrophotométriques  de  Topalescence  critique,  faites  par 
eux  sur  l'éthylène  (t.  crit.  1 1°,  18  C). 

J'ai  effectué  de  telles  mesures  dans  des  conditions  plus  variées  sur  cinq 
liquides  à  températures  critiques  élevées  (éther,  acétates  de  méthyle, 
d'éthyle,  de  butyle  et  d'isobutyle). 

La  méthode  de  remplissage  des  tubes  est  celle  que  j'ai  employée  au  cours 
de  recherches  précédentes  (-).  Les  liquides,  après  distillations  fractionnées  à 
l'abri  de  l'air,  sont  introduits  dans  l'appareil  de  remplissage,  où  l'on  achève 


(>)  K.  Onnes  et  Keesom,  Leiden  Comm.,  n°  lOi  b,  1908. 
C^)  Voir  Comptes  rendus,  t.  170,  1920,  p.  1573. 


l334  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

c 

la  purification  par  des  congélations  fractionnées  dans  le  vide.  Les  liquides 
ne  sont  en  contact  qu'avec  du  verre  et  du  mercure. 

Les  tubes  sont  chauffés  dans  une  étuve  électrique  où  la  température  peut 
varier  très  lentement  (de  un  degré  en  5o  ou  60  minutes).  La  mesure  des 
températures  se  fait  avec  des  thermomètres  à  mercure  de  Baudin  et  des 
couples  thermo-électriques.  L'étuve  peut  être  retournée  bout  pour  bout. 

Les  mes-ures  d'opalescence  ont  été  faites  en  comparant  l'intensité 
d'un  faisceau  lumineux  traversant  le  brouillard  critique  (ou  diffusé  par 
celui-ci)  à  celle  d'un  faisceau  venant  de  la  même  source  et  affaibli  de  façon 
connue  par  trois  prismes  de  Nicol. 

Pour  les  cinq  liquides  étudiés,  l'opalescence  se  manifeste  avec  une  très 
grande  intensité;  au  moment  du  maximum,  le  tube  éclairé  de  côté  a  l'ap- 
parence d'une  baguette  d'ivoire  polie.  Je  pense  qu'il  faut  séparer  l'opales- 
cence bleuâtre  ou  légèrement  blanche,  du  trouble  opaque  et  blanc  qui  lui 
succède  immédiatement  avant  la  réapparition  du  ménisque. 

Nous  ne  nous  occuperons  ici  que  des  mesures  faites,  par  exemple  sur 
l'éther,  à  températures  décroissantes,  pour  un  tube  à  remplissage  critique, 
et  portant  uniquement  sur  la  quantité  de  lumière  transmise  par  le  trouble 
critique.  Les  mesures  faites  dans  ces  mêmes  conditions  sur  les  autres  liquides 
donnent  des  résultats  analogues. 

L  Influence  de  la  température.  —  L'opalescence  commence  à  3°  au-dessus 
de  la  température  de  réapparition  du  ménisque  T^,  passe  par  un  maximum 
à  o°,o5  de  T^.  et  s'évanouit  à  o°,5o  après  la  réapparition.  Le  liquide  n'est 
alors  presque  plus  opalescent,  la  vapeur  le  restant  très  légèrement. 

La  construction  des  courbes  représentant  la  variation  de  la  quantité  de 
lumière  absorbée  (ordonnées)  avec  la  température  (abscisses)  permet  de 
déterminer  avec  précision  la  température  T^,  du  maximum  d'opalescence 
(d'opacité). 

Depuis  le  début  de  l'opalescence  jusqu'à  o°,2o  au-dessus  de  Tj,,  le  pro- 
duit de  l'intensité  d'opalescence  par  la  température  cojnptée  à  partir  de  la 
température  du  maximum  est  sensiblement  constant.  Les  courbes  expéri- 
mentales obtenues  pour  les  cinq  liquides  étudiés  ont  la  même  forme  (|ue 
celles  se  rapportant  à  léthylène  et  se  confondent  de  façon  très  satisfaisante 
avec  des  arcs  d'hyperboles  équilatères.  La  théorie  de  Smoluchowski- 
Einstein  qui  prévoit  la  proportionnalité  de  l'opalescence  à  (T  —  6)~'  est 
vérifiée,  mais  jusqu'à  0°,  20  environ  de  6  seulement.  Les  autres  théories  qui 
entraînent  une  proportionnalité  à  (T  —  0)--  doivent  être  complètement 
abandonnées,  la  contradiction  expérimentale  s'étendant,  dans  les  limites 


SÉANCE    DU    11    MAI    1922.  Iv335 

précédentes,  sur  six  températures  critiques  comprises  entre  11"  et  3o('>°  C. 

II.  Influence  de  la  longueur  d'onde.  — L'étude  de  la  variation  de  Topales- 
cence  avec  la  longueur  d'onde  de  la  lumière  incidente  a  été  faite  pour  les 
quatre  raies  visibles  du  mercure  (678,  S/^f),  492,  4"^^>)  et  une  radiation  rouge 
voisine  de  635. 

Au  cours  de  la  variation  de  l'opalescence  avec  la  température,  l'influence 
de  la  longueur  d'onde  apparaît  en  deux  phases  distinctes,  mais  continues. 
Si  les  mesures  s'étendent  depuis  le  début  de  l'opalescence  jusqu'à  o°,i5  en- 
viron du  maximum  et  si  l'on  porte  en  ordonnées  log  1  (lumière  absorbée^ 
et  en  abscisses  log  A,  les  points  observés  à  une  même  température  pour  les 
différentes  longueurs  d'onde  se  placent  de  façon  très  satisfaisante  sur  des 
droites  de  coefficient  angulaire  —  4- 

La  loi  de  variation  est  immédiate  : 

Si  les  mesures  sont  effectuées  dans  le  dixième  de  degré  qui  précède  la 
température  du  maximum  d'intensité,  on  constate,  en  construisant  les 
diagrammes  logarithmiques,  que  les  points  observés  se  placent  toujours  sur 
des  droites,  mais  que  le  coefficient  angulaire  de  celles-ci  passe  de  façon 
continue  de  —  4  à  —  2.  Au  moment  du  maximum,  on  a 

La  théorie  d'Einstein  (1910)  prévoit  la  loi  enX~^  Vérifiée  jusqu'à  o",  i5 
du  point  critique,  elle  est  insuffisante  au  voisinage  immédiat  de  celui-ci. 

Une  formule  plus  approchée  a  été  donnée  par  Ornstein  et  Zernike  (') 
qui  prévoient,  au  point  critique  même,  une  intensité  de  lumière  opales 
cente  proportionnelle  à  X  -. 

Les  résultats  résumés  très  succinctement  ici  apportent  à  cette  formule  le 
premier  appui  expérimental,  dans  le  cas  d'un  fluide  homogène. 

PHYSIQUE.  —  Sur  le  champ  électromagnétique  des  trajectoires  stationnaires 
de  Bo/ir.  Note  de  M.  Edmond  Bauer,  présentée  par  M.  Brillouin. 

On  trouvera  ici  quelques  réflexions  très  élémentaires  sur  Vatome  de 
Bohr  qui  se   réduisent,   en   somme,  à   poser  d'une  façon    particulière   le 

(')  Ornstein  et  Zernike,  Proceedings  of  tke  Royal  Academy  Amsterdam,  26  sep- 
tembre 19 14. 


l336  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

problème  des  quanta,  mais  c'est  là  un  sort  commun  à  tous  les  travaux 
publiés  jusqu'à  présent  sur  ce  sujet. 

Dans  la  théorie  classique  de  Lorentz,  l'onde  lumineuse  émise  pendant 
qu'un  électron  subit  des  accélérations  a,  entre  autres,  pour  rôle  de  signaler 
aux  régions  éloignées  de  l'espace  les  variations  de  la  vitesse  du  centre 
électrisé.  Tant  que  cette  vitesse  c  reste  constante,  les  champs  électrique  et 
magnétique  en  un  point  P  sont  donnés  par  les  lois  de  Coulomb  et  de 
Laplace  généralisées  : 


(I) 


^(•-Ç)^'         H  =  £(,--)[P^xîJ, 


r  étant  la  distance  de  P  à  la  position  actuelle  de  l'électron,  ;'"  un  vecteur 
unité  parallèle  au  rayon  vecteur  r,  et  c  la  vitesse  de  la  lumière. 

Après  une  accélération  qui  a  porté  ç  à  la  valeur  v -h  Av,  les  champs 
électromagnétiques  qui  suivent  l'électron  dans  son  mouvement  ont  changé; 
leur  valeur  nouvelle  correspond  à  la  vitesse  (^  +  Av. 

C'est  pendant  le  passage  de  l'onde  lumineuse  que  s'effectue  ce  change- 
ment. C'est  elle  (jui  apporte  l'énergie  nécessaire  (^). 

Il  en  résulte  que,  si  les  trajectoires  stationnaires  de  Bohr  n'émettent  aucune 
onde^  leurs  champs  à  grande  distance  doivent  être  constants. 

Voici  un  autre  raisonnement  aboutissant  à  la  même  conclusion  :  Toutes 
les  théories  actuelles  admettent  la  validité  absolue  des  équations  de 
Maxwell-Hertz  loin  des  atomes.  Les  retouches  portent  seulement  sur  la 
liaison  entre  l'éther  et  la  matière.  Or,  les  orbites  stationnaires  des  électrons 
sont  périodiques  ou  quasi  périodiques.  Les  champs  à  grande  distance  ne 
peuvent  être  que  constants,  périodiques  ou  quasi  périodiques.  Mais  dans 
ces  deux  derniers  cas,  il  se  produirait  nécessairement  d'après  les  équations 
fondamentales  des  effets  d'induction  périodiques,  c'est-à-dire  des  ondes. 
Ces  champs  sont  donc  constants. 

Les  quanta  ont  donc  pour  effet  de  produire  à  une  certaine  distance  de 
l'atome  un  régime  permanent,  une  organisation  des  lignes  de  force  en  tubes 
invariables,  analogues  à  des  tourbillons  stationnaires  en  hydrodynamique. 

Les  conclusions  ont  une  importance  particulière  au  point  de  vue  de  notre 
conception  du  champ  magnétique.  Dans  la  théorie  de  la  relativité,  ce  der- 
nier ne  se- distingue  pas  essentiellement  du  champ  électrique;  il  se  com- 
porte en  gros  comme  un  vecteur  auxiliaire.  La  théoiie  des  quanta  lui  rend 

(')  Cf.  par  exemple  Langevin,  Journal  de  Physique. 


SÉANCE  DU  22  MAI  I922.  l337 

une  réalité  physique  propre,  elle  nous  conduit  à  imaginer  des  tubes  d'in- 
duction stables  multiples  d'un  tube  unité  correspondant  au  maj'néton. 
Malheureusement,  comme  on  le  sait,  le  magnétoii,  ainsi  calculé,  est  égal 
à  cinq  fois  environ  la  valeur  expérimentale. 

Le  champ  à  grande  distance  et  rénergie  (jiril  contient  ne  participant  pas 
au  mouvement  de  l'électron  sur  ses  orbites  stalionnaires,  sa  masse  ini- 
tiale m^  doit  y  être  inférieure  à  celle  qu'il  possède  à  l'état  libre  m^. 

Or,  l'expérience  nous  apprend  que  ces  deux  grandeurs  sont  très  voisines. 
Elles  coïncident  certainement  à  quelques  millièmes  près.  Il  en  résulte  que  la 
majeure  partie  de  l'énergie  du  champ  suit  l'électron  dans  son  rnouvemont, 
kii  faisant  un  sillage  identique  à  celui  qui  l'accompagne  lorsqu'il  est  libre. 

Si  l'on  admet,  comme  on  le  fait  d'habitude,  que  ce  sillage  est  d'origine 
électromagnétique  (les  champs  étant  donnés  par  les  formules  (i)  jusqu'au 
voisinage  immédiat  de  l'électron)  on  peut  calculer  une  limite  inférieure  de 
la  distance  p,  au  delà  de  laquelle  s'étend  la  région  de  champs  constants. 

Le  rayon rt  de  l'électron  est  voisin  de  2.  iq-'^*  cm.  Posonsm'o  =  a/Zo(i  — c), 

nous  trouvons  immédiatement  p  =  -  environ. 

£ 

Si  l'on  fait,  par  exemple,  £  =  — ^,    on, a   p  =  1000,  «  =  2.10-'^'  cm, 

'1  r      '  1000  ' 

valeur  comparable  au  diamètre  des  premières  orbites  de  l'uranium.  Mais  il 
est  possible  que  p  soit  plus  grand  encore,  de  l'ordre  des  diamètres  ato- 
miques, soit  lo**  cm.  Les  mesures  du  rapport  ^  ne  permettent  pas  encore 

d'assigner  au  nombre  t  une  valeur  précise. 

Voici  donc  comment,  dans  ces  hypothèses,  on  peut  s'imaginer  la  distri- 
bution des  champs  dans  un  atome  d'hydrogène  : 

D'abord,  au  voisinage  immédiat  de  l'électron,  mêmes  champs  que  s'il 
était  libre  et  animé  d'une  vitesse  constante  égale  à  sa  vitesse  actuelle.  Ceci 
reste  vrai  quelle  que  soit  la  nature  de  ces  champs,  qu'ils  obéissent  aux  lois 
classiques  ou  à  d'autres  encore  inconnues.  Puis  vient  une  zone  intermédiaire 
dont  nous  ne  savons  rien.  Enfin,  à  partir  d'une  distance  p  s'étend  jusqu'à 
l'infini,  la  région  de  champs  constants.  Il  est  probable  que  dans  ces  deux 
dernières  régions  intervient  aussi  le  champ  du  noyau  et  qu'il  contribue  à  la 
création  d'un  régime  permanent. 

Ce  qu'on  vient  de  voir  justifierait  les  calculs  de  Bohr  et  de  Sommerfeld, 
qui,  pour  déterminer  l'influence  des  électrons  internes  de  l'atome  sur  le 
mouvement  de  l'électron  lumineux,  admettent,  en  première  approximation, 
que  les  premiers  sont  immobiles  et  que  leur  champ  électrique  est  constant. 


l338  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Mais,  pour  les  mêmes  raisons,  il  ne  me  paraît  pas  légitime  d'étendre  à  la 
dynamique  interatomique,  les  calculs  de  perturbations  de  la  Mécanique 
céleste.  L'insuccès  partiel  (au  point  de  vue  quantitatif)  de  la  tentative  de 
Lande  sur  l'hélium  provient,  non  seulement  de  la  faible  approximation  des 
calculs,  mais  aussi  d'hypothèses  inexactes  sur  les  champs. 


ÉLECIRICITÉ.  —  Étude  eœ périme nlcde  sur  les  pertes  d'énergie  dans  (fueUjues 
diélectriques  industriels.  Note  de  M.  Augustin  Frigon,  présentée  par 
M.  Paul  Janet. 

Malgré  les  nombreux  travaux  qui  ont  été  faits  sur  les  pertes  d'énergie 
dans  les  diélectriques,  on  ne  sait  rien  de  précis  sur  la  nature  du  phéno- 
mène et  l'on  ne  sait  pas  grand'chose  sur  ses  particularités.  Les  quelques 
lois  qualitatives  que  l'on  a  pu  émettre  ne  s'appliquent  qu'à  des  cas  parti- 
culiers et  les  lois  quantitatives  sont  encore  à  établir  d'une  façon  satis- 
faisante. 

La  question  est  donc  loin  d'être  épuisée  et  ce  n'est  (|u'en  accumulant  les 
constatations  expérimentales  que  Ton  parviendra  à  serrer  la  vérité  de  plus 
près  et  à  fournir  aux  théoriciens  les  matériaux  nécessaires  à  l'établissement 
de  lois  plus  précises.  En  attendant,  les  résultats  ainsi  obtenus  peuvent 
être  utilisés  pour  les  besoins  de  l'électrotechnique.  dans  les  limites  impo- 
sées par  l'étendue  des  travaux  d'où  ils  sont  tirés. 

Nous  nous  sommes  donné  pour  objet  l'étude  des  pertes  d'énergie  dans 
les  diélectriques,  considérées  dans  leur  ensemble,  par  une  méthode  de 
mesure  aussi  simple  et  aussi  directe  que  possible,  à  des  gradients  de  potentiel 
élevés  et  pour  des  variations  importantes  de  tension  sinusoïdale,  de  tempé- 
rature, de  fréquence  et  d'épaisseur. 

A  cet  ellet,  nous  avons  utilisé  un  électrodynamomètre  très  sensible,  à 
miroir,  employé  directement,  sans  circuit  de  compensation,  sans  trans- 
formateur de  tension,  avec  simple  résistance  ohmiquc  dans  le  circuit 
potentiel.  L'appareil  que  nous  avons  employé  a  une  sensibilité  d'environ 
7  X  io~"R  watts  par  millimètre  (R  résistance  du  circuit  dérivé).  Nous 
avons  ainsi  obtenu  de  très  bons  résultats.  J^a  méthode  ne  présente  pas 
d'inconvénients  insurmontables,  mais  elle  exige  une  vérilication  expéri- 
mentale très  soignée  des  conditions  de  fonctionnement  du  montage. 

Nous  nous  sommes  servi,  pour  ces  vérifications,  de  condensateurs  à  air 
formés  de  plateaux  semblables  à  ceux  des  électromèlres  Abraham- Yillard 


SÉANCE  DU  22  MAI  1922.  l33ç^ 

de  grand  modèle.  On  peut  adineltrc  que  Ton  dispose  ainsi  diin  condensa- 
teur presque  parfait  et  que  Tangle  de  déphasage  qu'ils  produisent  est  prati- 
quement de"  90".  En  reliant  des  boîtes  de  résistance  connue  en  série,  on 
obtient  le  déphasage  que  l'on  veut. 

L'influence  de  l'induction  mutuelle  entre  les  dilVérentcs  parties  du  mon- 
tage et  celle  <le  la  capacité  du  circuit  dt-rivé  par  rappoi't  au  sol,  sont  consi- 
dérables. Après  quelques  tâtonnements,  nous  avons  trouvé  la  disposition 
la  plus  appropriée  à  donner  aux  circuits.  Nous  avons  dû,  par  exemple, 
suspendre  les  boites  de  résistance  du  circuit  potentiel  dans  une  pièce 
voisine  de  celle  où  nous  expérimentions  et  à  une  hauteur  d'environ  3'" 
du  sol. 

Jusqu'à  présent  nous  avons  opéré  sur  des  éprouvettes  de  papier  imprégné 
de  vaseline  et  de  résine,  tel  qu'il  est  employé  pour  Tisolemenl  des  câbles 
électriques  pour  basse  tension.  Ces  éprou\ettes  axaient  une  foiine  cylm- 
driquepour  diminuer  le  plus  possible  l'intluence  des  effluves.  Leur  longueur 
moyenne  était  de  40'"'"  et  leur  diamètre  de  20"^"^ 

Voici,  en  résumé,  les  principaux  résultats  que  nous  a\ons  obtenus 
jusqu'à  présent  : 

i''  Dans  le  cas  d'éprouvetles  cylindriques  comme  les  nôtres,  les  pertes 
par  effluves  introduisent  une  erreur  qui  ne  doit  pas  dépasser  3  à  4  pour  100, 
pour  des  tensions  de  l'ordre  de  20000  volts. 

2°  Les  pertes  ne  sont  pas  rigoureusement  constantes  par  rapport  au 
temps.  Il  n'est  pas  rare  de  t^ou^er  des  écarts  de  10  pour  100  entre  deux 
lectures  faites  dans  des  conditions  identiques. 

3°  Les  pertes  par  efî'et  Joule  sont  négligeables  devant  les  pertes  cycliques, 
à  toutes  températures  et  à  toutes  tensions  (de  o"  à  i25^  et  de  5ooo 
à  20000  volts).  Ceci  découle  de  mesures  de  résistances  que  nous  axons 
faites  en  haute  tension,  au  moyen  d'un  redresseur  thermo-ionique. 

4°  En  fonction  de  la  température,  les  pertes  peuvent  s'exprimer  par  une 
fonction  de  la  forme 

pour  certaines  limites  de  température.  Dans  notre  cas  on  a  : 

De  0°  à  23°  G., 

De  70"  à  125°  C, 

P  =  bT'^\ 

La  courbe  entière  a  un  minimum  vers  4o". 


l34o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

5°  En  fonction  de  la  tension,  on  trouve  de  même 

Dans  notre  cas,  et  pour  des  gradients  de  potentiel  supérieurs  à  35oo  vimm 
et  à  la  température  de  56°,  on  obtient 

L'exposant  varie  de  2,7  à  1,9  lorsque  la  température  passe  de  i5"  à  i20*'C. 

6°  Pour  fixer  les  idées,  nous  pouvons  dire  que  nous  avons  obtenu,  à  i\o°  C 
et  pour  un  gradient  de  25oo  v:mm,  une  perte  de  0,2  watt  par  mètre  de 
longueur  d'une  éprouvette  de  20"""  de  diamètre  et  de  2'"™  d'épaisseur. 

'j°  La  capacité  augmente  légèrement  avec  la  température.  Elle  varie  légè- 
rement avec  la  tension,  mais  pas  suivant  une  loi  simple.  (  Nous  avons  calculé 

la  capacité  par  la  formule j^-  Le  courant  était  mesuré  au  moyen  d'une 

résistance  et  d'un  électromètre  Moulin. 


S*'  En  fonction  de  la  température,  le  facteur  de  puissance  varie   de  la 

même  façon  que  les  pertes.  On  obtient,  pour  un  gradient  de  2^000  v  :  mm  : 

de  o*^  à  25°, 

cos©  =  pT~'>'^;  ■ 

de  70**  à  120°, 

coscp  =  ^T^'. 

9"  Pour  des  températures  inférieures  à  ioo°G.,  le  facteur  de  puissance 
augmente  proportionnellement  à  la  tension.  Pour  des  températures  plus 
élevées,  il  diminue,  le  plus  souvent,  par  rapport  à  ta  tension-,  quelquefois  il 
augmente  ou  il  présente  un  minimum. 

10"  Lorsque  l'épaisseur  diminue,  les  pertes  augmentent  si  la  tension 
reste  constante;  elles  diminuent  si  le  gradient  reste  constant.  Il  existe  donc 
une  épaisseur  optima  pour  laquelle  les  pertes  sont  minima  pour  toutes  les 
tensions. 

1 1°  Lorsque  l'on  augmente  le  rayon  de  courbure  de  l'éprouvette  (le  dia- 
mètre dans  notre  cas),  les  pertes  diminuent  tout  d'abord,  puis  elles  aug- 
mentent pour  atteindre  un  maximum  lorsque  le  rayon  est  suffisamment 
grand. 

12°  Les  pertes  augmentent  en  proportion  directe  de  la  fréquence  ou 
légèrement  moins  vite. 


SÉANCE    DU   22    MAI    I922.  l  34 1 


CHIMIE  PHYSIQUE.    —   Sur  la  réduction  des   oxydes  par  F  hydrogène. 
Note  de   M.    E.    Berger,   présentée   par   M.    G.   Lemoine. 

Dans  une  Note  de  1914  ('),  j'avais  public  une  courbe  de  la  vitesse  de 
réduction  de  l'oxyde  de  nickel,  par  Thydrogène,  accusant  un  coude  net  à 
5o  pour  100  de  la  réduction.  Ce  résultat  était  en  désaccord  avec  celui  de 
MM.  Sabatier  et  Espil(-)  qui,  par  un  mode  opératoire  difTércnt,  avaient 
troavé  un  coude  vers  75  pour  100  et  conclu  à  la  production  d'un  oxyde 
intermédiaire  de  formule  probable  Ni^O,  alors  que  ma  courbe  aurait 
attribué  à  ce  sous-oxyde  la  formule  Ni-0. 

Ne  doutant  pas  de  l'exactitude  des  expériences  de  MM.  Sabatier  et  Espil 
et  confiant  aussi  dans  les  miennes,  j'ai  pensé  que  la  divergence  constatée 
pouvait  être  due  à  la  nature  différente  des  oxydes  utilisés.  J'ai  donc  repris 
cette  étude  sur  des  oxydes  de  nickel  d'origine  diverse. 

Le  mode  opératoire  pour  la  détermination  de  la  masse  d'hydrogène, 
entrée  en  réaction,  en  fonction  du  temps,  est  resté  le  même  ;  les  détails 
expérimentaux  qui  ne  peuvent  trouver  place  ici  seront  donnés  dans  un 
travail  d'ensemble  ultérieur. 

Les  nouvelles  expériences  ont  porté  sur  les  échantillons  suivants  : 

I.  Hydrate  d'oxyde  précipité,  expérimenté  déjà  en  1914. 

II.  Le  même  oxyde  déshydraté,  par  BaO,  dans  le  vide  de  la  trompe  à  mercure,  en 
176  heures  à  209°, 5,  de  couleur  très  foncée,  presque  noir. 

III.  Le  même  oxyde  calciné  à  1000°  dans  le  vide  de  la  trompe  :  vert  olive. 

IV.  Oxyde  provenant  du  nitrate  pur  (méthode  de  Copauv)  chaufïé  10  heure?, 
à  25o°,  jusqu'à  disparition  de  la  réaction  à   la  diphénylamine  sulfurique. 

V.  Oxyde  provenant  de  la  calcination  à  55o°  du  même  nitrate;  analogue  à  l'oxyde 
étudié  par  MM.  Sabatier  et  Espil. 

VI.  Oxyde  provenant  d'un  peroxyde  préparé  par  précipitation  du  nitrate  parla 
potasse  en  présence  de  brome.  Le  peroxyde  noir  très  divisé  et  colloïdal  a  dû  être  lavé 
un  mois  au  sox.hlet  pour  être  débarrassé  de  sels  alcalins;  il  renfermait  alors  environ 
un  tiers  d'atome  d'oxygène  actif,  en  sus  de  la  formule  NiO,  et  a  été  ramené  à  cette 
formule  par  chauffage  dans  l'hydrogène  à  100°. 

La  réduction  de  tous  ces  échantillons  d'oxyde  de  nickel  a  été  effectuée  à 
209°,  5  (température  d'ébullition  du  nitrobenzène). 


(')  E.  Bkrger,  Comptes  rendus,  t.  158,  igi^i  P-  '798- 

(^)  Sabatier  et  Espil,  Comptes  rendus,  1. 158,  1914,  P»  668,  et  t.  159,  19141  P-  137. 
C.  R.,  1922,  i"  Semestre.  (T.  174,  N«  21.)  9^^ 


l342  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

,  Fiésiihats.  —  Deux  expériences,  au  moins,  ont  été  faites  sur  chaque  échan- 
tillon; on  constate  qu'en  faisant  abstraction  des  irrégularités  au  départ,  les 
courbes  relatives  à  un  même  échantillon  coïncident  pratiquement.  En  parti- 
culier, les  courbes  de  réchanlilloni,  en  1920,  sont  identiques  à  celles  que  j'ai 
publiées  en  1914.  Mais  la  vitesse  de  réduction  et  la  forme  de  la  courba 
varient  avec  l'origine  de  l'oxyde.  La  ligure  i  représente  la  fraction  de  NiO 
réduite  en  fonction  du  temps,  en  lieures;  on  voit  que  la  rcduclion  totale 
demande  moins  de  100  heures  pour  les  échantillons  I,  II,  VI;  plus  de  20!) 
heures  pour  IV  et  V;  pour  l'oxyde  III,  la  réduction  était  à  H")  pour  100 
au  bout  de  1000  heures. 


Heures 


Fif 


0.?  0.1.  06  0.8  1 

Fractiom  du  temps  neceaaire  g  lareduclicn  s  30% 


Fis. 


Dans  le  but  de  mieux  comparer  les  formes  des  courbes  de  réduction,  on 
les  a  reproduites  dans  la  figure  2  en  modifiant  pour  chacune  l'échelle  des 
abscisses  de  façon  à  leur  donner  deux  points  communs  :  l'origine  et  le  point 
de  réduction  à  90  pour  100.  On  a  préféré  prendre  90  pour  100  et  non  100 
pour  100,  car  l'abscisse  du  point  de  réduction  totale,  atteint  tangentielle- 
ment,  est  assez  incertaine. 

On  constate  sur  la  tigure  2  que  toutes  les  courbes  présentent  un  coude 
(marqué  d'une  croix);  mais  le  résultat  important  est  que  les  ordonnées  de 
ces  coudes  sont  différentes  et  ont  à  peu  près  les  valeurs  suivantes  :  Ech.  I, 
0,50;  Éch.  II,  0,70;  Éch.  III,  0,70;  Éch.  iV,  0,.^6;  Éch.  V,  0,63; 
Écli.  VI,  0,82.  Le  chiffre  de  l'échantillon  V  se  rapproche  de  celui  des  pre- 
mières déterminations  de  MM.  Sabatier  et  Espil. 


SÉANCE  DU  22  MAI  192a.  l343 

Concluions.  —  La  disconlinuité  observée  dans  les  courbes  de  vitesse  de 
réduction  de  Toxyde  de  nickel  se  produisant  à  des  étapes  de  la  réduction 
variables  de  0, ')0  à  0,(S2  avec  Torigine  de  Téchantillon,  il  paraît  impossible 
d'admettre,  comme  MM.  Sabatier  et  Espil  et  moi-même  l'avions  fait  en 
igi4,  que  son  explication  puisse  se  trouver  dans  la  formation  d'un  oxyde 
intermédiaire.  La  formule  de  cet  oxyde  serait,  en  effet,  non  pas  incertaine, 
car  le  même  oxyde  donne  toujours  le  même  coude;  mais  variable,  ce  qui 
est  inadmissible. 

Cette  discontinuité  doit  avoir  pourtant  une  signification.  On  pourrait 
imaginer  des  explications  d'ordre  pbysique,  par  exemple  :  mélange  de 
deux  polymères  d'activité  différente;  mélange  de  grains  de  grosseur  diffé- 
rente (');  existence  d'une  épaisseur  limite  dans  la  perméabilité  à  l'hydro- 
gène de  la  couche  de  nickel  réduit,  etc.  Toutes  ces  hypothèses  devraient 
être  soumises,  si  possible,  à  l'expérience. 

En  résumé,  la  courbe  de  vitesse  de  réduction  d'un  oxyde,  lorsqu'il  existe 
des  oxydes  intermédiaires,  stables  à  la  température  de  T expérience ,  peut  pré- 
senter des  coudes  au  passage  de  ces  oxydes  :  MM.  Glaser,  Sabatier  et  Espil 
l'ont  constaté;  je  l'ai  moi-même  observé  sur  différents  oxydes. 

En  particulier,  pour  l'oxyde  ferrique,  dans  la  réduction  à  209",  5,  il  y  a  un 
coude  accentué  au  passage  de  Fe'(>^;  par  contre,  il  n'y  a  aucune  disconti- 
nuité dans  la  courbe  au  passage  de  FeO.  Nous  pouvons  en  déduire  cjue  FeO 
ne  se  produit  pas  dans  la  réduction  de  Fe-0'  à  209^,5  et  nous  savons,  en 
effet,  depuis  M.  Chaudron  (-),  que  FeO  est  instable  à  cette  température. 
Il  semble  que  Ton  puisse  énoncer  la  même  conclusion  pourCu'O,  la  réduc- 
tion de  CuO  à  Cu  se  faisant  sans  discontinuité  à  basse  température  ('*). 

Par  contre,  l'existence  d'un  coude  dans  la  courbe  de  vitesse  de  réduction 
ne  paraît  |)as  signifier  forcément  la  formation  d'un  composé  intermédiaire. 
C'est  le  cas  de  NiO  et  l'existence  des  sous-oxydes  de  nickel  doit  être,  à  mon 
avis,  remise  en  question. 


(')   Pour  tous  les  échantillons  étudiés,  les  grains  sont  trop  fins  pour  que  l'on  ait  pu 
distinguer  leur  forme  au  plus  fort  grossissement  du  microscope. 
(-)  Chaudron,  Comptes  rendus,  172,  1921,  p.  iSa. 
(^)  E.  Berger,  Sabatier  et  Espil.  loc.  cit. 


l34/i  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  V allotropie  «  dynamique  »  du  tellure.  Noie  de 
M.  A.  Daiviiens,  présentée  par  M.  Le  Chatelier. 

MM.  Cohen  et  Krôner  (')  ont  appliqué  au  Lellure  une  théorie  de  l'allo- 
tropie dite  «dynamique»,  d'après  laquelle  toute  phase  homogène  d'un 
corps  donné  pourrait  se  composer  de  plusieurs  espèces  de  molécules  en 
équilibre.  Les  constantes  physiques,  se  rapportant  à  un  tel  état  d'équilibre, 
pourraient  varier  avec  les  traitements  subis  par  l'échanlillon,  elles  ne 
seraient  donc  pas  définies,  et  elles  devraient  même,  la  théorie  étant  admise, 
«  être  i-ayées  de  la  littérature  ». 

Pour  justifier  une  telle  conclusion  dans  le  cas  du  tellure,  ces  auteurs  ont 
chauffé  à  une  même  température  (vers  35o",  au  point  d'ébullition  du  mer- 
cure) et  dans  l'azote,  des  produits  de  densités  différentes,  puis  ils  les  ont 
trempés.  Si  la  théorie  est  exacte,  toutes  les  densités  doivent  tendre  vers  une 
même  valeur,  correspondant  à  l'équilibre  à  35o°  : 

Densité  iiviinl      Vprès  .'5  jours  Après  Après 

Origine  el  n;ilure  du  produit.  la  chauffe.  à  350".  '2  ;-cniaines.       6  semaines. 

1.  Tellure  fondu,  refroidi  el  pul- 

vérisé (cristallisé) 6,287  6,281  6,228  6,2o3 

2.  J'ellure  fondu,  refroidi  el  pul- 

véiisé  (cristallisé) 6,222  »  6,225  6,208 

3.  Tellure  amorphe  (pp.  par  SO- 

dans  une  solution  d'un  sel 

de  tellure) 6,i5o  6,180  6,200         tube  cassé 

4.  Tellure  amorphe  (pp.  par  SO^ 

dans  une  solution   d'un   sel 

de  tellure) 6,i5o  »  6,854  » 

Les  densités  des  trois  premiers  produits  ont  bien  tendu  vers  un  même 
chiffre,  les  deux  premières  en  diminuant,  la  troisième  en  s'accroissant.  Par 
contre,  la  quatrième  est  discordante,  car  elle  a  dépassé  ce  chiffre  ;  il  eût  été 
important  de  connaître  la  densité  du  troisième  après  quatre  semaines,  pour 
savoir  si,  ayant  atteint  ce  que  M.  Cohen  considère  comme  la  limite,  elle  ne 
l'aurait  pas  dépassée  à  son  tour. 

De  plus,  il  est  bon  de  faire  remarquer  que  dans  les  expériences  3  et  4,  il 
s'agit  de  la  transformation  du  tellure  amorphe  en  tellure  cristallisé.  Il  est 

(')  Cohen  et  Kroneh,  Z.  ph.  Ch.^  t.  82,  1918,  p.  587. 


SÉANCE  DU  22  MAI  I922.  l345 

normal  que  la  densité  soit  accrue  par  le  fait  même,  mais  il  est  incom- 
préhensible qu'elle  dépasse  celle  de  ce  dernier. 

Le  phénomène  serait  réversible. 

En  raison  de  l'intérêt  de  la  question  soulevée,  nous  avons  repris  l'élude 
de  l'allotropie  du  tellure,  non  seulement  par  l'examen  des  densités,  mais 
aussi  par  celui  des  courbes  thermiques  et  de  la  calorimétric. 

Nous  avons  utilisé  un  produit  très  pur,  distillé  dans  l'hydrogène,  puis 
dans  le  vide.  Il  fondait  dans  le  vide  à  453°.  Les  courbes  d'échauffement  et 
de  refroidissement  ont  été  régulières  :  île  tellure  cristallisé  ne  subit  donc  à 
Fabri  de  l'air  aucune  transformation  comportant  un  effet  thermique  me- 
surable. 

Des  mesures  précises  de  densités  ont  été  faites  sur  du  tellure  cristallisé 
de  diverses  manières.  Nous  utilisions  la  méthode  de  MM.  Le  Chatelier  et 
Bogitch  ('),  légèrement  modifiée  pour  obtenir  une  précision  plus  grande. 
Voici  les  valeurs  observées  :  6,236  pour  le  tellure  fondu  et  refroidi  lente- 
ment; 6,233  pour  le  tellure  cristallisé  dans  le  tétrachlorure  fondu;  6,3io 
pour  le  tellure  en  aiguilles  obtenues  par  vaporisation. 

La  densité  du  tellure  obtenu  par  vaporisation  (6,3io)  est  invariable  à  toute 
température.  Chacune  de  ces  aiguilles  est  formée  d'un  cristal  unique,  sans 
cavités,  et  la  densité  est  la  densité  vraie  du  tellure  cristallisé.  La  densité  des 
deux  autres  ^v oàmls paraît  plus  faible,  parce  que,  en  raison  de  leur  mode 
de  production,  ils  sont  légèrement  poreux.  Par  chauffage  dans  le  vide  à  la 
même  température  que  dans  l'expéiience  de  MM.  Cohen  et  Kroner,  et  par 
trempe  ultérieure,  leur  densité  s'accroît,  mais  faiblement  et  ti^ès  lentement, 
d'autant  plus  vite  que  la  température  est  plus  élevée.  Voici  quelques 
chiffres  : 

Durée 
Tempéi'ature.  de  chaulle. 

Produit  d'origine 

i65°  434  heures. 

175°  173         » 

265°  173        » 

370°  '  gi         » 

Près  fusion  non  déterminée.. 

La  trempe  du  tellure  liquéfié  en  tubç  de  quartz  a  donné  des  produits  de 
densités  6,2^3;  6,287;  6,276,  correspondant  à  des  accroissements  de  0,64; 
0,8);  0,66  pour^îoo. 

(')  Le  Chatelier  et  Bogitch,  Rev.  Met.,  1918,  p.  514. 


Densité  en  lin 

Accroissement 

doxpérietice. 

pour  100. 

6,236 

» 

6,269 

0,55 

6,268 

o,56 

6,268 

o,56 

6,267 

0,02 

6,277 

0.68 

l346  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Dans  ces  cas  où  la  densité  s'accroît  par  chauffage,  la  variation  constatée 
est  toujours  de  mrme  sens.  Elle  est  de  plus  irréversible  :  on  n'observe  pas 
d'abaissement  sensible  de  la  densité  lorsque  Ton  abaisse  la  température  de 
chauffe  d'un  produit.  Nous  pensons  que  cette  faible  variation  de  densité  est 
due  à  une  recristallisation  lente,  dont  l'effet  est,  sinon  d'annuler,  du  moins 
de  diminuer  des  cavités  intercristallines. 

On  ne  saurait  pas  voir  ici  un  phénomène  d'équilibre,  comme  le  voudrait 
la  théorie  dynamique. 

Quant  au  tellure  amorphe,  préparé  et  manipulé  à  l'abri  de  l'air,  il  a  pour 
densité  5,85-5,87.  Chauffé  de  même,  il  se  transforme  en  tellure  cristallisé 
«wc  dégagement  de  chaleur^  ce  qui  est  contraire  aux  conclusions  de  Ber- 
thelot  et  Fabre  (').  La  poudre  amorphe  se  contracte  beaucoup  en  se  trans- 
formant et  le  produit  obtenu  est  extrêmement  poreux.  Aussi,  sa  densité 
reste-t-elle  plus  faible  quenelle  du  tellure  cristallisé;  cette  densité  apparente 
varie  d'ailleurs  beaucoup  avec  la  grosseur  des  grains,  comme  le  montrent 
les  chiffres  suivants,  obtenus  après  trois  heures  de  chauffe  progressive 
entre  20°  et  4oo°  : 

D. 

Grains  traversant  le  tamis     5o 6,o63-6,o64 

»  1 00 6  )  1 70 

»  120 6,174-6,175 

En  chauffant  de  nouveau  ce  produit  dans  le  vide,  il  continue  à  s'agglo- 
mérer, sa  porosité  diminue,  et  sa  densité  atteint  sensiblement  celle  du 
tellure  cristallisé  (6,23i  après  i44  heures  à  35o°). 

Nos  expériences  ne  confirment  donc  pas  celles  de  MM.  Cohen  et  Krôner. 
Tous  les  phénomènes  observés  s'expliquent  aisément  sans  faire  intervenir 
une  théorie  nouvelle.  La  seule  densité  vraie  du  tellure  cristallisé  est  celle 
du  produit  le  plus  compact,  et,  contrairement  aux  conclusions  de 
MM.  Cohen  et  Kroner,  les  constantes  physiques  du  tellure  gardent  leur 
signilication  classique. 

(')  Bkrthelot  et  Fabre,  Ann,  de  Chiin.  Phfs.,  Q"  série,  t.  14,  1888,  p.  (^2. 


SÉANCE  DU  22  MAI  1922.  l 347 


CHIMIE  PHYSIQUE.  ~  Sur  les  séries  \^  du  Jutécium  el  de  Vyllerhium  et  sur 
l'identification  du  celtium  avec  rélément  de  nombre  utomique  72.  Note 
de  M,  A.  Dauvillieii,  présentée  par  M.  G.  Urbain. 

Depuis  la  publication  des  résultats  de  notre  étude  des  séries  L  des  élé- 
ments exécutée  au  cours  de  l'an  dernier  (')  avec  un  spectrographe  de  M.  de 
Broglic,  nous  avons  pu  améliorer  considérablement  notre  dispositif  expé- 
rimental en  plaçant  la  feule  collimatrice  à  l'intérieur  du  tube  au  voisi- 
nage immédiat  deTanlicalhode.  Celte  disposition,  qui  décuple  l'intensité  du 
rayonnement  tombant  sur  le  cristal  a,  en  outre,  l'avantage  de  protéger  la 
fragile  fenêtre  transparente  des  radiations  issues  du  foyer.  Nous  pouvons 
ainsi,  par  des  poses  ne  dépassant  pas  quelques  dizaines  d'heures,  obtenir 
des  clichés  présentant  le  noircissement  optimum  avec  des  éléments  étudiés 
sous  forme  d'oxydes  ou  de  sels  possédant  une  très  faible  conductibilité 
thermique  et  ne  supportant  pas,  sur  l'anlicathode,  une  puissance  supérieure 
à  une  dizaine  de  watts  par  millimètre  carré  sans  destruction  rapide.  La 
dispersion  correspond  à  6  unités  X  (  lo""*'  cm)  par  millimètre. 

I.  Grâce  à  cette  technique  nous  avons  pu  étudier  en  détail  les  séries  L  du 
lutéciumet  de  l'ytterbium,  contenus  à  l'état  d'oxydes  dans  une  préparation 
de  M.  Urbain  déjà  utilisée  par  M.  deBrogiie  (-)pouises  mesuresdes  limites 
d'absorption  K  de  ces  éléments.  Une  petite  quantité  de  ce  mélange  fut 
agglutinée  sur  l'anticalhodc  de  cuivre  au  moyen  d'un  peu  d'anhydride 
borique  fondu.  La  tension  constante  fut  réglée  à  l\o  kv  et  la  puissance  à  une 
vingtaine  de  watts. 

Friman  et  Hjalmar  avaient  déjà  tiouvé  une  dizaine  de  raies  dans  le 
groupe  des  terres  rares.  Nous  en  avons  identifié  vingt-six  pour  le  lutécium 
qui  possédait  la  plus  forte  concentration,  toutes  raies  déjà  j-econnues  par 
nous  pour  des  éléments  plus  lourds.  Leurs  longueurs  d'ondes,  exprimées 
en  unités  X  et  mesui'ées  par  rapport  aux  lignes  K  du  cuivre  (Siegbahn) 
sont  réunies  dans  le  Tableau  suivant.  Elles  sont  exactes  à  ±o,3  unité  X 
près,  sauf  peut-être  pour  quelques  raies  y  de  l'ytterbium  qui  coïncident 
avec  des  lignes  du  lutécium  ou  du  tungstène. 


(')  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  910,  i35o,  i65o;  t.  173,  1^21,  p.  35,  187,  647, 

77,  i458. 

(M  Comptes  rendus^  t,  170,  1920,  p.  725. 


l348  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Longueurs  d'ondes  des  raies  L  des  éléments  Lu  et  Yb. 

Combinaison.  Raie.  Lu.  Intensilé.  Vb.  Inlensité. 

OiJiL, yj  i!4i,4  ass.  forte  1182,6  (y^Lii) 

NiLj yg  1160,5  ir.  faible  1201,6  (y^Lu) 

NgL:, y,  1176,5  forte  1219,14  (yiLu) 

N7L3 y-  1182,6  (y^Yb)  1226,2  forte 

OjaL, y2  1196,9  ir.  faible  j24o,5  (^-jW) 

N2L2 ye  1201,6  (ycYb)  1248,8  tr.  faible 

N3L2 y,„  1211,9  tr.  faible  I256,8  (yjLu) 

N5L2 y,  1219,4  (y.jYb)  i265,o  tr.  forte 

NgL, y;  12.56,8  ass.  forte  i3o3.8  ass.  forte 

MjLj [3g  1 333,0  mov.  n               u 

O12L1,  M.2L3.  (Sj,  [Sj  1339,8  rnoy.  //                // 

NjL,,  O5L,..     (31,  p,  (doublet)  i346,6  moy. 

N3L, jSj  13.57,9  nioy.  i4o5,9  'ïioy. 

N4L, [32  i366,8  tr.  forte  '4 12, 4  Ir.  forte 

N5L1 [3;  i368,5  moy. 

XM3L3 [33  1398,4  forte  i448,8  forte 

NgLi [3g  "                /'  1462,4  ass.  forte 

M2L2 [3i  1420,5  tr.  forte  1472,6  tr.  forte 

M4L, [3^  1437,2  forte  1488,6  forte 

M5L0 r\  1675,4  ass.  forte 

MjL, «3  1612,2  ass.  forte 

M',  Li a,  1617,6  tr.  forte 

Les  lignes  (Sg,  [Sg,  ^-^  et  [S,  de  rytterbium  se  confondent  avec  les  lignes  Iv;3  et  Ky 
du  cuivre  et  la  ligne  j3|i  avec  le  groupe  K  a.  i\os  mesures  s'accordent  à  quelques  unités  X 
près  avec  celles  de  Friman  et  Hjalmar.  Cependant  les  valeurs  de  tj  données  par  ces 
auteurs  pour  Ta,  \b,  Er  et  Tb  sont  beaucoup  trop  faibles.  Par  contre,  les  chiffres 
relatifs  à  iX'^cf.^_  et  /  sont  corrects.  La  ligne  1422  signalée  comme  étant  [3-;  de  Yb  est  en 
réalité  [3,  de  Lu . 

Comme  pour  les  éléments  plus  lourds,  à  l'exception  de  Turanium,  il  sul)siste  un 
défaut  de  combinaison  pour  les  lignes  Ma  et  Mj3  de  ces  deux  éléments  lorsque  l'on 

pose  r/ ^/7o/7'  i /k  (^12)^^  1-   Ce  défaut  semblerait   indiquer  que  les   fré(iuences  des 

limites  L  sont  un  peu  plus  grandes  (|u"on  ne  le  croit  généralement,  et  serait  sans  doute 
à  rapprocher  de  l'existence  des  raies  L  d'absorption  que  nous  avons  signalées. 

U  est  à  remarquer  que  la  raie  y2  du  lutécium  est  beaucoup  plus  faible  que  celle  du 
tungstène  et,  comme  les  lignes  jSj  et  y^  de  l'uranium  sont  nettement  plus  intenses  que 
celles  de  l'or,  il  semble  exister,  en  outre  du  gros  phénomène  d'accroissehienl  d'intensité 
entre  W  et  Ft  que  nous  avons  étudié  l'an  dernier,  une  faible  croissance  régulière 
depuis  Ce  jas([u'à  LI. 

Enlin,  les  lignes  (3^  et  [3',  qui  semblent  confondues  au-dessous  de  l'osmium,  le  sont 
probablement  par  suite  du  croisement  des  niveaux  O;;  et  N,2  entre  Os  et  Lu. 


SÉANCE  DU  22  MAI  1922.  l349 

II.  Outre  les  raies  du  lutécium  et  de  l'ytterbium,  nous  avons  reconnu 
Texistence  de  très  faibles  lignes  démontrant  la  présence  d'une  trace  de 
tluilium  qui  est  un  élément  pour  lequel  on  ne  connaissait  pas  encore  de 
raies  de  haute  fréquence.  Ce  sont  :  y-  =  i2y2,i  ;  y,  =  i3i  i,3et  ^^  ~  i456,3. 
[i,  se  confondrait  avec  Ka-g,,  du  cuivre.  De  plus,  deux  lignes  extrêmement 
faibles  démontrent  l'existence  d'une  trace  de  celtium  et  lui  assignent  le 
nombre  atomique  72.  Ce  sont  :  [^2  =  i3i9,4  et  a,  =  i56i,8.  Cet  élément  a 
été  découvert  par  M.  G.  Urbain  (')  dans  la  préparation  que  nous  avons 
étudiée,  grâce  à  l'apparition  d'un  groupe  de  lignes  inconnues  dans  le 
spectre  d'arc.  Ses  lignes  yi  et  |^,  se  confondraient  respectivement  avec 
y.,  et  ^2  ^^  lutécium.  La  ligne  [îl^  ne  saurait  être  simulée  par  y/  de  l'er- 
bium,  caries  fortes  lignes  ^,  et  [îo  de  cet  élément  ne  sont  pas  visibles.  La 
raie  a,  du  celtium  ne  saurait  non  plus  être  due  à  la  présence  d'une  trace 
d'holmium  ([iJo),  car  la  ligne  [5l,  de  cet  élément  n'est  pas  apparue.  Toute 
autre  impureté  du  groupe  des  Terres  Rares  est  exclue.  Nous  trouvons  enfin 
la  raie  a,  du  plomb  dont  la  présence  était  inattendue,  la  fente  coUimatrice 
étant  en  fer. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Lcs  numéros  atomiques  du  néo-ytterbium,  du  lutécium 
et  du  celtium.  Note  de  M.  G.  Urbain. 

Les  observations  faites  par  M.  A.  Dauvillier  avec  mes  produits  celtifères 
présentent  une  importance  théorique  qui  n'échappera  à  aucun  de  ceux  qui 
ont  suivi  le  récent  mouvement  scientifique  relatif  aux  éléments  chimiques 
et  à  leur  constitution  atomique. 

Il  est  acquis  désormais  que  l'élément  de  numéro  atomique  72  s'identifie 
avec  le  celtium.  Il  en  résulte  que  la  niasse  atomique  du  celtium  est  com- 
prise entre  in5  (lut(''cium)  et  181, 5  (tantale).  Le  celtium,  caractérisé  par 
deux  ensembles  de  lignes  spectrales  (arc  et  spectre  de  haute  fréquence)  et 
un  ordre  de  grandeur  de  sa  masse  atomi(]ue.  a,  de  la  sorte,  définitivement 
acquis  droit  de  cité  parmi  les  éléments  chimiques  définis. 

Ainsi,  d'un  point  de  vue  strictement  élémentaire,  la  question  des  consti- 
tuants de  l'ancien  ytterbium  de  Marignac  est  réglée.  La  méthode  des 
spectres  de  haute  fréquence,  si  significative,  et  dont  on  peut  dire  qu'en 
matière   d'éléments  chimiques  elle  doit  avoir  le  dernier  mot,  s'est  pro- 

(')   Comptes  rendus,  t.  152.  1911,  p.  1  4' • 


l35o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

noncée  en  faveur  des  résultats  que  j'avais  obtenus  par  des  moyens  plus 
pénibles  et  peut-être  moins  probants,  au  cours  d'un  travail  de  plus  de 
lo  années  sur  l'ancien  ytterbium.  Mes  efforts  n'ont  abouti  qu'à  des  sépara- 
tions bien  imparfaites,  mais,  seules,  elles  ont  été  suffisantes  pour  permettre 
aux  spectres  de  haute  fréquence  d'attribuer  sans  ambiguïté  aux  trois  consti- 
tuants que  j'ai  découverts  leurs  numéros  atomiques  :  (néo)  ytterbium  :  70; 
lutécium  171;  celtium  :  72. 

Ces  résultats  étant  acquis,  je  voudrais  esquisser  rapidement  une  partie, 
encore  inconnue  du  public  savant,  de  l'histoire  de  ces  trois  éléments. 

A  l'époque  où  j'ai  annoncé  l'existence  du  celtium,  la  loi  de  Moseley  sur 
les  numéros  atomiques  était  inconnue.  Après  qu'elle  fut  trouvée,  il  semblait 
évident  que  les  trois  éléments  du  groupe  ytterbique  devaient  pouvoir  être 
caractérisés  par  des  spectres  de  haute  fréquence.  Moseley  fit  lui-même 
l'hypothèse  que  le  celtium  s'identifiait  peul-être  avec  l'élément  inconnu  de 
nombre  atomique  72.  D'autre  part,  Moseley  avait,  dans  ses  premiers 
numérotages  des  éléments,  sur  la  foi  de  M.  Auer  von  VVelsbach,  admis 
l'existence  de  deux  thuliums,  alors  que  mes  recherches  conduisaient  à  n'en 
admettre  qu'un. 

Pour  résoudre  ces  différentes  questions,  je  me  suis  rendu,  en  juin  191 4? 
en  compagnie  de  Ramsay,  à  Ovford,  au  laboratoire  du  professeur  Town- 
send,  où  tra\  aillait  Moseley.  Il  s'agissait  d'examiner  par  la  méthode, 
unique  alors,  de  ce  jeune  savant,  les  divers  termes  de  mes  fractionnements 
d'ytterbiums. 

Nous  reconnûmes  qu'il  n'existait  qu'un  seul  thulium  de  numéro  ato- 
mique 69,  un  seul  (néo)  ytterbium  de  numéro  atomique  70;  un  lutécium 
de  numéro  atomique  71.  Les  spectres  obtenus  par  Moseley  étaient  pauvres 
en  raies;  il  fut  impossible  d'observer  de  lignes  attribuables  à  l'élément  de 
numéro  atomique  72.  Les  premiers  de  ces  résultats  sont  connus  depuis  plu- 
sieurs années;  et  ils  le  furent,  sans  qu'il  y  ait  de  réclamation  de  priorité 
possible,  par  des  recherches  indépendantes  des  nôtres.  C'est  que  Moseley 
s'était  chargé  de  leur  publication,  et  qu'il  a\  ait  conservé,  dans  ce  but,  les 
documents  iudispensableSi  Or,  avant  qu'il  ait  eu  le  loisir  de  rédiger  son 
Mémoire,  la  guerre  éclatait.  Moseley  fut  des  premiers  à  s'engager,  et  il 
devait  malheureusement  périr  aux  Dardanelles. 

Sir  Rutherford  qui  fit  l'éloge  funèbre  de  son  élè\e,  m'écrivit  au  sujet  des 
derniers  travaux  de  Moseley  que  j'avais  assisté.  Je  crus  devoir  renoncer  à 
faire  appel  à  mes  seuls  souvenirs  pour  publier  des  résultats  que  je  ne  pou- 
vais appuyer  d'indications  précises. 


SÉANCE   DU    22    MAI    192a.  l35l 

Les  observations  de  M.  A.  DauA illier  complètenl  les  résultats  primitive- 
ment obtenus  à  Oxford.  Ils  montrent  que  le  résultat  négatif  relatif  au  cel- 
tium,  parla  méthode  de  Moseley,  tenait  seulement  à  son  défaut  de  sensi- 
bilité, car  la  matière  examinée  par  M.  A.  DauA  illier  est  celle-là  même  qui 
avait  été  expérimentée  dans  le  propre  tube  de  Moseley. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Floculation  du  sulfure  d'arsenic  colloïdal.  Influence  de 
la  concentration  du  colloïde,  de  l'agitation  et  de  la  température.  Note  de 
MM.  A.  BouTARic  et  M.  Vuillaume,  présentée  par  M.  Daniel  Berthelol. 

Par  la  méthode  que  nous  avons  décrite  antérieurement  ('),  nous  avons 
pu  préciser  Tinfluence  d'un  certain  nombre  de  facteurs  sur  la  vitesse  de  flo- 
culation du  sulfure  d'arsenic  par  divers  électrolytes. 

1.  Influence  de  la  concentration  du  colloïde.  —  A  5o""'  d'une  solution  de 
sulfure  d'arsenic,  de  concentration  variable,  ajoutons  5o""'  d'une  solution 
d'un  électrolyte  donné,  de  concentration  déterminée. 


t  (mia!) 


<o  ,20 

I  (min.) 


Fis.    1. 


Pour  quelques-uns  des  électrolytes  que  nous  avons  étudiés,  (KCl,  BaCP, 
MgCl-,  MnCl"),  la  vitesse  de  floculation  augmente  avec  la  concentration  du 
colloïde.  Pour  GdCl-  et  AICT',  la  vitesse  de  floculation  diminue  quand  la 
concentration  augmente. 

La  figure  i  reproduit  les  graphiques  relatifs  à  la  variation  d'opacité  (dans 


(')  A.  BouTAKic  el  M.  Vuillaume,  Comptes  rendus,  t.  1(2,  1921,  p.  1293.  et  t.  173, 
1921,  p.  229. 


l352  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

une  cuve  de  i'™  d'épaisseur)  pour  diverses  concentrations  du  colloïde,  avec 
KCl  et  AlCP.  Les  concentrations  en  As-S'  sont  : 

pour  les  courbes  a  ei  a' 6%  par  litre 

»  b  ei  b' 3,1  » 

»  c  et  c' • 1 ,55       ), 

Les  concentrations  des  solutions  électrolytiques  employées  sont  i4-— 

1  r      .  ^ ICO 

N 
pour  KCl  et  i?  77;^-^  pou^  AlCP.  Pour  KCl,  l'opacité  limite  est  atteinte 

d'autant  plus  vite  que  la  concentration  du  colloïde  est  plus  grande.  C'est  le 
contraire  pour  AlCP  :  au  bout  de  plusieurs  heures,  la  solution  de  colloïde 
à  6^,2  par  litre  est  encore  très  loin  de  l'opacité  limite,  tandis  qu'une  solu- 
tion de  concentration  5  fois  moindre  (à  18,2  par  litre)  l'atteint  en  une  minute 
et  flocule  presque  instantanément  (*). 

2.  Influence  de  Vagitation.  —  Nous  avons  fait  des  mesures  comparatives  : 
d'une  part,  en  agitant  le  mélange  du  colloïde  et  d'électrolyte,  quelques 
secondes  seulement,  pour  en  assurer  l'homogénéité;  d'autre  part,  en  l'agi- 
tant continuellement,  avec  une  baguette,  jusqu'à  la  floculation. 

1°  Les  courbes  d'opacité  se  superposent  sensil)lement; 

2°  Pour  KCl,  la  floculation  de  la  solution  agitée  se  produit  seulement 
après  que  l'opacité  limite  a  été  atteinte.  Pour  BaCl-  et  AlCP,  la  solution 
agitée  flocule  avant  que  l'opacité  limite  soit  atteinte. 

3.  InJJuence  de  la  température.  —  La  solution  de  colloïde  et  celle  d'élec- 
trolyte sont  prises  à  la  même  température  /  et  mélangées.  Si  la  tempéra- 
ture t  n'est  pas  très  éloignée  de  la  température  ambiante,  et  si  l'expérience 
est  de  courte  durée,  la  température  du  mélange  demeure  sensiblement 
invariable. 

La  vitesse  de  floculation  varie  en  sens  inverse  de  la  température  pour 
KCl,NaCl,NH^CI,  LiCl.  Elle  varie  dans  le  môme  sens  pour  Ba  Cl-,  CaCP, 
SrCl-,  MgCl-,  CdCl-.  Elle  dépend  peu  de  la  tetupératnre  pour  A1C1\ 

Les  courbes  de  la  figure  2,  relati\es  à  la  floculation  observée  en  mélan- 
geant So"^™'  de  solution  colloïdale  (à  3s,  1  de  As^S^*  par  litre)  et  5o^'"'  de 


C)  L'uiiluence  de  la  concentialiou  du  .  olloïdo  a  tté  àiidiLe  notamment  par  Birton 
et  BisHOP  (./.  of  physical  Chemistrr,  t.  24,  1920.  p.  701)  et  par  Bukton  et  IMac  Innés 
{ibid.,  t.  2o.  1921,  p.  517).  Leurs  résultats  n'ont  pas  la  même  signification  que  les 
nôtres,  car  ils  ont  été  obtenus  par  une  méthode  toute  difîérente;  mais  ils  ne  les  contre- 
disent pas. 


SÉANCE  DU  22  MAI  I922. 


l353 


solution  d'électrolvte    à  11  —  pour  KCl  cl  16 — ^ —  pour  Ba  Cl-  )  montrent 

\  100  '^  10  000  ^  / 

que  le  temps  mis  à  atteindre  l'opacité  limite  augmente  a\ec  la  température 


DC-Xq 
50 


Ib 


r. 

13^^^ 

KCL 

^ 

0 

i — . 

— 

10 


X    (mia) 


Fil 


pour  KCl  el  diminue  quand  la  température  s'élève  pour  BaCl".  La  flocu- 
lation, pour  les  métaux  alcalins,  est  très  sensible  à  l'influence  de  la  tempé- 
rature. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Essciis  de  fabrication  synthétique  des  nacres  par  produc- 
tion de  réseaux  chimiques.  Note  de  MM.  Clémlxt  et  Rivière,  présentée 
par  M.  Daniel  Berthelot. 


Nous  basant  sur  les  données  acquises  dans  la  constitution  physique  et 
chimique  de  la  nacre,  nous  avons  chei  ché  à  reproduire  par  synthèse  les 
aspects  nacrés. 

Les  phénomènes  de  nacrage  se  produisent  avec  une  intensité  considé- 
rable sur  les  feuillets  élémentaires  fabriqués.  Si  l'on  imagine  un  empilage 
d'un  nombre  considérable  de  ces  feuillets,  on  obtiendra  un  morceau  de 
nacre  de  coquille.  Ces  feuillets,  s'ils  sont  disposés  selon  les  plans  équato- 
riaux  d'une  sphère,  donneront  un  ensemble  nacré  qui  est  la  perle  fine. 

Constitution  physique  et  chimique  de  la  nacre.  —  Le  professeur  Raphaël 


l354  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Dubois  (')  a  montré  que  la  nacre  possède  une  charpente  alvéolaire  cons- 
tituée par  un  albuminoïde  :  la  conchyoline.  Le  carbonate  de  calcium  se 
dépose  entre  les  montants  de  celte  charpente.  Pour  la  perle,  la  charpente 
alvéolaire  rayonne  autour  du  centre  et  le  carbonate  est  empilé  dans  ces 
sortes  de  nids  d'abeille. 

Chimiquement,  voici  une  composition  moyenne  de  nacre  ou  de  perle  : 

AlburDinoïtle  (concliyoline) 5  pour  loo 

Carbonate  de  calcium ^5  » 

l'^au 2.5  » 

FormalioTi  du  carbonate  de  calcium  en  milieu  colloïdal.  Production  des 
apparences  nacrées.  —  Il  était  donc  intéressant  de  voir  si  en  opérant  la  pré- 
cipitation du  carbonate  de  calcium,  en  milieu  colloïdal  albuminoïdique,  on 
obtiendrait  une  masse  nacrée.  L'expérience  prouve  que  sous  certaines  con- 
ditions qui  paraissent  assez  serrées  il  en  est  bien  ainsi. 

Une  gelée  de  gélatine,  par  exemple,  contenant  en  dissolution  des  sels  de 
calcium  en  très  forte  proportion  étant  mise  en  contact  avec  une  dissolution 
aqueuse  de  carbonate  de  sodium  en  milieu  colloïdal  se  nacre  très  fortement. 

Une  dissolution  de  gélatine  ainsi  composée  : 

Eau 8o  jîour   loo 

Gélatine 5  » 

Sel  de  calcium i5         » 

est  étalée  en  couche  régulière  sur  un  support  tel  qu'une  plaque  de  verre. 
Lorsque  la  prise  en  gelée  est  faite,  on  laisse  couler  lentement  et  régulière- 
ment sur  la  surface  de  celle  plaque  une  dissolution  de  la  formule  suivante  : 


Eau 8o 

Carbonate  de  sodium g, 6 

Phospliate  trisodique 12,4 

Albumine,  caséine,  gélatine  ou  albuminoïde  analogue..  .        8 


'1  s^  

100 


Après  20  ou  3o  minutes  de  contact,  on  lave  la  plaque  à  l'eau  et  on  la 
sèche.  La  plaque  est  nacrée  quelquefois  d'une  façon  intense,  avec  des  irisa- 
tions magnifiques  et  de  superbes  tons  métalliques.  Au  microscope,  la  plaque 
apparaît  composée  d'une  série  de  files  parallèles  de  carbonate  calcique.  Ces 
files   très  serrées  forment  un  réseau  optique   (jui  donne  les  phénomènes 

(')  Contribution  à  l'étude  des  perles  fines  et  de  la  nacre.,  1909. 


SÉANCE  DU  22  MAI  1922.  l355 

interférentiels  expliquant  les  apparences  nacrées,  La  microphotographie 
ci-dessous  montre  ce  réseau  qui  contient  environ  1000  traits  au  millimètre 
(grossissement  570). 


Moulage,  G  =  570. 


Si  le  réseau  est  peu  serré,  l'aspect  de  la  plaque  est  simplement  argenté. 
Plus  le  réseau  est  serré,  plus  l'aspect  argenté  devient  chatoyant,  soyeux  et 
irisé.  On  peut  produire  à  volonté  ces  différents  aspects  et  retrouver  tous  les 
genres  de  nacrage  depuis  la  coquille  blanche  de  l'huître,  jusqu'à  la  coquille 
irisée  des  mollusques  nacriers.  Le  nacrage  produit  sur  une  sphère  gélatinée 
donne  l'aspect  irisé  de  la  perle  et  nous  avons  appliqué  cette  expérience  à 
l'irisation  des  perles  fausses  obtenues  à  l'aide  d'écaillés  d'ablettes. 

Ces  plaques  sont  des  nacres  synthétiques  obtenues  sur  un  feuillet  élémen- 
taire. La  superposition  de  deux  feuillets  augmente  beaucoup  l'aspect  nacré. 

La  plaque  nacrée,  desséchée  longtemps  à  l'étuve  à  do'',  s'opacifie  par 
déshydratation.  Il  en  est  de  même  avec  la  nacre  ou  la  perle  que  l'on  dessèche 
fortement  et  qui  «  meurt  »  selon  l'expression  consacrée. 

Le  mécanisme  de  la  formation  de  ces  réseaux  paraît  se  rattacher  aux  phé- 
nomènes de  précipitations  périodiques  déjà  signalés  par  plusieurs  auteurs  : 


l356  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

S.  Leduc,  Liesegang,  etc.  Il  s'agit  là  de  phénomènes  osmotiques  en  parois 
semi-perméables  (voir  expériences  S.  Leduc). 

Moulage  des  réseaux  nacrés.  —  Les  aspects  nacrés  que  nous  obtenons  ne 
sont  bien  dus  qu'aux  phénomènes  optiques  des  réseaux.  On  peut  le  démon- 
trer en  coulant  à  la  surface  de  ces  plaques  nacrées  un  collodion  de  nitrocel- 
lulose  ou  d'acétocellulose,  on  détache  par  séchage  une  pellicule  d'éther  cel- 
lulosique parfaitement  nacrée  :  elle  reproduit  tous  les  aspects  de  la  plaque 
originelle  dont  elle  est  un  moulage. 

Conclusion.  —  Par  superposition,  ces  empilages  de  réseaux  calciques 
donnent,  il  est  facile  de  le  concevoir,  une  structure  alvéolaire  qui  se  rap- 
proche étrangement  de  la  structure  ado})tée  pour  la  nacre  naturelle, 

Nous  pensons  que  ces  expériences  éclairent  et  vérifient  les  théories 
admises  pour  la  composition  [)l)y.sique  et  chimique  de  la  nacre  et  de  la  perle 
fine. 

CHIMIE  MINÉRALE.  —  Sur  h  suif ure  de  zinc phosphorescent.  Note 
de  M.  A. -A.   Gu.vTz,  présentée  par  M.  A.  Ilaller. 

Le  sulfure  de  zinc  phosphorescent  préparé  pour  la  première  fois  par  Sidot 
en  distillant  au  rouge  blanc  de  la  blende  dans  un  courant  de  gaz  inerte  est 
un  produit  cristallisé  (wurtzite)  présentant  une  phosphorescence  verte.  Il 
est  chimiquement  identique  à  la  blende,  mais  cristallise  dans  le  système 
hexagonal. 

Le  sulfure  de  zinc  est  en  effet  dimorplie  et  d'après  L.-A.  Allen  et  J.-L. 
Grenshawn,  la  blende  ou  sphalérite  est  la  forme  stable  en  dessous  de  1020°, 
tandis  que  la  wurtzite  est  la  forme  stable  aux  températures  élevées. 

Nous  avons  préparé  ces  deux  variétés,  phosphorescentes  toutes  deux, 
par  chauffage  du  sulfure  précipité  conformément  aux  observations  de  L.-A. 
Allen  et  J.-L.  Crenshavvn  ('). 

Au  microscope  les  deux  variétés  se  distinguent  aisément,  la  wurtzite  se 
présente  sous  la  forme  de  petits  cristaux  octaédriques  très  réfringents,  agis- 
sant fortement  sur  la  lumière  polarisée.  La  sphalérite,  au  contraire,  est  en 
lamelles,  sans  action  sur  la  lumière  polarisée. 

Les  analyses  donnent,  pour  les  deux  variétés,  des  chiffres  concordants  : 

\\  urlzile.  Splialérile.         Calculé  pour  ZnS. 

Soufre 32,79  32,96  32,90 

Zinc 67,08  67,01  67,10 

(')  L.-A.  Allen  et  J.-L.  Crenshawn,  Z.  anorg,  Ch.,  l.  79,  p.  25. 


SÉANCE  DU  22  MAI  1922.  l357 

Nous  avons  pris  les  densités  dans  l'acétate  d'amyle,  car  l'eau  mouille  assez 
mal  ces  poudres  cristallines. 

Wurtzile.     '      Sphalérite. 
D!/ 4,093  4,084 

La  différence  est  faible,  à  la  limite  des  erreurs  d'expériences. 

Notons  que  la  densité  obtenue  pour  la  wurtzite  diffère  de  celle  de  3,98 
donnée  par  Mourlot  (*),  nmis  les  chiffres  que  nous  obtenons  sont  sensi- 
blement d'accord  avec  ceux  donnés  par  Allen  et  J.-L.  Crenshawn,  pour  des 
produits  naturels  : 

Blende.  \\  lut/ile. 

D^-^ • 4,090  4,087 

La  phosphorescence  ne  se  développe  qu'en  présence  d'une  trace  de  métal 
lourd.  Avec  le  cuivre  comme  phosphorogène  à  la  dose  de  7^—};,  la  lumière 
émise  est  verte  dans  les  deux  variétés,  mais  la  durée  de  la  luminosité  est 
différente. 

.  La  phosphorescence  de  la  wurtzite  est  plus  persistante,  celle  de  la  blende 
est  moins  durable;  lorsque  Faction  excitatrice  est  faible  les  différences  sont 
moins  tranchées,  car  la  blende  s'illumine  plus  facilement. 

Nous  avons  mesuré  la  variation  de  l'intensité  de  la  lumière  de  phospho- 
rescence après  insolation  à  la  lumière  du  jour  ou  par  un  ruban  de  magné- 
sium. La  température  était  de  9". 

Les  résultats,  exprimés  en  millionièmes  de  bougie  par  centimètre  carré, 
sont  résumés  dans  le  Tableau  suivant,  où  les  valeurs  au  temps  zéro  sont 
obtenues  par  extrapolation  : 

Éclat 

de  la  de  la 

Temps.  wurlzite.  sphalérite. 

o 7000  4ooo 

2  secondes 1760  472 

5         »        .- 535                    "        1 18 

10         »        210  5o 

3o         »        69  i3,2 

I  minute 4i  6,6 

10  minutes 3,9  0,41 

1  heure o,36  o,o47 

2  heures o,t3  0,018 

L'examen  de  ce  Tableau  montre  nettement  que,  même  pour  la  wurtzite, 
la  décroissance  de  l'intensité  lumineuse  est  extrêmement  rapide. 

(')   Mourlot,  Comptes  rendus,  t.  123,  1896,  p.  56. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N«  21.)  97 


l358  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Placées  dans  les  différentes  régions  du  spectre,  la  wurtzite  et  la  sphalé- 
rite  ne  présentent  pas  de  différences,  à  part  la  durée  de  phosphorescence. 
Dans  l'infrarouge,  elles  donnent  le  même  phénomène  d'extinction,  précédé 
d'une  légère  recrudescence  d'éclat. 

Sous  l'action  de  la  chaleur  et  du  choc,  les  deux  variétés  sont  extrême- 
ment thermoluminescentes  et  triboluminescentes. 

Les  rayons  a  des  composés  radioactifs  agissent  également,  mais  la  blende 
cependant  y  paraît  un  peu  plus  sensible. 

Les  rayons  X  provoquent  comme  la  lumière  la  luminescence,  mais  les 
deux  variétés  ne  présentent  plus  alors  cette  différence  caractéristique  dans 
les  durées  respectives  de  la  phosphorescence. 

En  résumé,  la  structure  cristalline  du  sulfure  de  zinc  paraît  jouer  un  rôle 
important  dans  le  phénomène  de  la  phosphorescence,  rôle  mis  en  évidence 
par  la  durée  différente  de  la  luminosité  des  deux  variétés  etpar  le  fait  connu 
que  leur  pulvérisation  supprime  presque  totalement  leur  émission  lumi- 
neuse. 


CHIMIE  GÉNÉRALE.  —  Essai  d'extension  systématique  de  la  préparation 
des  organométalliqaes .  Application  à  l'iodure  de  fer  étiiyle.  Note  (')  de 
MM.  André  Job  et  René  Reicii,  présentée  par  M.  Charles  Mourcu. 

L'organomagnésien  de  Grignard  n'a  pas  seulement  donné  pour  la  syn- 
thèse organique  les  prodigieux  résultats  que  Ton  sait,  il  a  fourni  une 
méthode  générale  commode  pour  préparer  les  autres  composés  organomé- 
talliques  déjà  connus  et,  par  extension,  il  a  permis  d'atteindre  des  composés 
organométalliques  nouveaux  :  ceux  de  l'or  et  du  platine  (Pope,  Pcachey 
et  Gibson)  et  ceux  du  chrome  dans  la  série  phénylée  (Hein).  Or  ces  éléments 
se  trouvent  précisément  dans  des  séries  de  la  table  périodique  où  l'on  ne 
connaissait  pas  encore  de  tels  composés. 

La  question  se  pose  maintenant  de  savoir  si,  en  vérité,  tous  les  éléments 
ne  sont  pas  susceptibles  de  donner  des  organométalliques  et  si  les  insuccès 
rencontrés  jusqu'ici  ne  sont  pas  dus  simplement  au  choix  du  réactif.  Le 
magnésien  est  caractérisé  ])ar  la  rapidité  de  son  action.  Il  en  résulte  la 
plupart  du  temps  un  dégagement  de  chaleur  très  vif  et  c'est  ainsi  que  les 
préparations  des  composés  de  l'or,  du  platine  et  du  chrome,  malgré  une 

(*)  Séance  du  S  mai  1922. 


SÉANCE   DU    22    MAI    I922.  iSSf) 

réfrigération  énergique,  ne  donnent  que  de  faibles  rendements.  Dans 
d'autres  cas,  très  nombreux,  il  y  a  décomposition  totale  de  lorganoma- 
gnésien  sans  qu'il  apparaisse  aucun  organométallique  nouveau.  Témoins 
les  essais  de  Kondirefî  et  Fomin  sur  les  sels  de  fer,  cuivre,  nickel,  cobalt, 
molybdène,  qui  n'ont  donné  d'autres  résultats  que  des  synthèses  de  carbures 
d'hydrogène.  L'emploi  de  l'organomagnésien  se  trouve  ainsi  fort  limité  et 
l'on  est  logiquement  conduit  à  chercher  un  réactif  moins  violent.  Nous 
l'avons  trouvé  dans  l'organozincique  mixte  que  Biaise  a  si  heureusement 
utilisé  et  qu'il  a  préféré  à  l'organomagnésien  précisément  pour  ses  réactions 
plus  ménagées.  L'organozincique  présente  encore  un  autre  avantage  qui, 
à  nos  yeux,  est  de  premirre  importance.  Tandis  que  le  magnésien  n'est 
compatible  qu'avec  les  milieux  éther  et  carbures  d'hydrogène,  l'organozin- 
cique s'accommode  d'autres  milieux  et,  en  particulier,  de  l'acétate  déthyle 
qui  dissout  un  assez  grand  nombre  de  chlorures  métalliques. 

iSous  avons  observé  la  réaction  de  l'organozincique  sur  un  grand  nombre 
de  chlorures  anhydres  et  nous  avons  acquis  la  conviction  que  les  organo- 
métalliques  existent  dans  toutes  les  séries  et  probablement  sans  exception. 
Nos  essais  ont  porté  sur  les  chlorures  de  fer,  nickel,  cobalt,  chrome,  molyb- 
dène, tungstène,  uranium,  vanadium,  thorium,  sur  les  chlorures  de  terres 
rares  et  sur  le  chlorure  de  cuivre  ('). 

Dans  la  présente  Note  nous  ne  traiterons  que  du  fer  pour  donner  la 
démonstration  de  notre  méthode.  Mais  auparavant,  nous  signalerons  une 
réaction  intermédiaire  intéressante  que  nous  avons  rencontrée  en  étudiant 
l'action  du  chlorure  cuivreux.  Il  réagit  sur  C-H^Znl  suivant  la  formule 

aOH'Znl  +  Cu^CP  =  aOH^ZnCl  +  Cii^P. 

Cette  réaction  intermédiaire  se  fait  lentement  et  elle  montre  combien 
l'action  de  l'organozincique  est  plus  ménagée  que  celle  de  l'organomagné- 
sien. De  la  même  manière  on  peut  obtenir  des  organozinciques  brome  et 
cyané,  et  c'est  un  moyen  commode  de  préparer  tous  ces  composés  quil 
était  impossible  d'obtenir  directement. 

L  Préparation  de  Viodure  de  fer  élhyle  C"H"^FeL  —  Notre  point  de 
départ  est  une  solution  éthérée  d'iodure  ferreux  FeL  préparée  directement 
en  agitant  un  excès  de  fer  réduit  en  présence  d'iode  et  d'éther  anhydre.  Il 


(')  Nous  avons  constaté  que  la  même  méthode  s'applique  utilement  à  la  préparaiion 
des  organométalliques  déjà  connus.  Nous  nous  proposons  de  reprendre  surtout  les 
préparations  pour  lesquelles  le  magnésien  donne  les  plus  faibles  rendements. 


l36o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

est  important  de  préserver  à  tout  instant  la  solution  du  contact  de  l'air.  On 
la  filtre  et  on  la  fait  passer  sous  pression  de  CO"  dans  le  ballon  où  se  fera  la 
réaction.  .On  opère  sur  100"°''  contenant  environ  ^  de  molécule  de  Fe  I-. 
On  y  verse  en  une  seule  fois  5o*™'  (soit  également  j^  de  molécule)  d'une  so- 
lution éthérée  de  C-H'Znl,  La  solution  reste  limpide  ;  on  élève  la  tempé- 
rature jusqu'à  l'ébuUition   de  l'éther  et  on  l'y  maintient  pendant  (3  heures. 

Si  le  zincique  avait  subsisté,  en  reprenant  par  l'eau,  nous  formerions  de 
l'hydroxyde  de  zinc  avec  un  dégagement  correspondant  d'éthane.  (^)uand 
on  applique  cette  épreuve  au  liquide,  on  obtient  en  réalité  un  précipité  vert 
qui  est  uniquement  composé  d'hydrate  ferreux.  Il  n'y  a  donc  plus  d'organo- 
zincique.  Mais  on  constate  en  même  temps  un  dégagement  abondant 
d'éthane.  Il  reste  donc  bien  un  organométallique  dans  la  liqueur  :  il  est 
logique  de  penser  que  le  fer  s'est  simplement  substitué  au  zinc. 

Si  l'on  mesure  l'éthane  dégagé  et  si  l'on  dose  l'hydrate  ferreux  précipité, 
on  trouve  en  elïet  qu'ils  correspondent  rigoureusement  à  la  réaction 

C2H»Fel4-H20  =  G^H«  +  Fe((^^     . 

L'existence  de  G"ll^FeI  se  trouve  donc  démontrée.  Il  s'est  fait  simplement 
par  la  réaction 

CMl>Znl  +  FeP  — C-'H^Fei-i-ZnP. 

Nous  avons  d'ailleurs  examiné  ce  qui  se  passe  au  cours  de  cette  réaction.  On 
voit  progressivement  par  le  dosage  à  l'eau,  la  quantité  de  Zn(OII)'-  dimi- 
nuer et  celle  deFe(OH)^  s'accroître.  La  réaction  est  complète  au  bout  de 
6  heures. 

La  solution  de  C-H'^Fet  ainsi  oblenue  possède  des  réactions  analogues  à 
celles  de  l'organozincique.  Elle  réagit  en  particulier  sur  l'alcool  absolu, 
avec  dégagement  d'éthane  et  formation  d'iodoéthylate  ferreux.  C'est  la 
première  fois  que  l'on  obtient  un  composé  de  ce  genre.  Il  est  intéressant 
par  son  oxydation  et  nous  en  reparlerons  dans  une  Note  spéciale. 

Notons  également  que  l'iodure  de  fer  éthyle  est  lui-même  un  réactif 
modéré,  plus  modéré  sans  doute  que  le  zincique,  et  qui  donnera  lieu  à  son 
tour,  dans  la  série  des  éléments,  à  de  nouvelles  possibilités  de  réaction. 

IL.  Action  du  chlorure  ferrique  sur  Vorgano zincique.  —  En  prenant 
comme  point  de  départ  une  solution  éthérée  de  FeGl^  on  observe  d'abord 
sa  réduction  instantanée  et  quantitative  à  l'état  de  FeCP  suivant  la  formule 

2Fe Cl»  -\~  C H-^Zn  1  =  2  Fe  GP  -+-  C-  H^^  1  +  Zn  Gl^ 


SÉANCE   DU    22    MAI    1922.  l36l 

La  réaction  continue  ensuite  lentement  entre  FeCl-  et  lorganozincique  en 
excès  et  il  se  forme  du  C-H^FeCl. 

Nous  nous  préoccupons  maintenant  d'étendre  la  même  méthode  à  la 
série  phénylée  et  aussi  d'atteindre  les  organométalliques  complets  des 
types  FeR' ou  FeRR'. 

Ainsi  s'ouvre  un  nouveau  Chapitre  de  la  chimie  du  fer  où  Ton  pourra 
observer  dans  des  conditions  inusitées  le  jeu  des  valences  et  la  formation 
des  complexes.  Il  en  sera  bientôt  de  même  pour  tous  les  éléments.  C'est, 
croyons-nous,  une  acquisition  importante  pour  la  systématique. 

MAGNÉTISME  TERRESTRE.  —  Perturbations  de  la  déclinaison  magnétique  à 
Lyon  pendant  Vannée  de  1920-192 1 .  Note  de  M.  Fi.ajolet,  présentée  par 
M.  Raillaud. 

Les  relevés  des  courbes  du  déclinomètre  enregistreur  de  l'Observatoire 
pendant  l'année  1920-192  [  fournissent  la  répartition  suivante  des  jours 
perturbés  :  ,     ■        , 

*■  Avec  perturbations  de  : 

Mois.  Calmes.        1' à  3'.         :r  à  7'.        7' à  15'.       l.V  à  30'.       >  30'. 

Décembre   1920 7  n  ^^  ^                ' 

Janvier  192 1 7  14  8  o               2 

Février  (') 4  i5  6  i 

Mars. ..! 6  i4  5  6 

Avril 69861 

Mai ^  ",  ^r  3                ^ 

Juin 10  I4  4  2 

Juillet 6  i5  10 

Août 4  9  '^  5 

Septembre 12  7  8                3 

Octobre 3  i5  7  6 

Novembre 7  9  ^                ^                '              _ 


Total 


80  143  94  36  8-2 


La  comparaison  avec  l'année  précédente  montre  une  diminution  très  sen- 
sible des  perturbations.  En  effet,  on  a  enregistré  228  jours  calmes  ou  très 
faiblement  perturbés  (2i3  en  1919-1920)  et  seulement  i3o  jours  avec  des 
perturbations  comprises  entre  3' et  i5'  (année  précédente  i^-j).  Enfin,  on 
n'a  observé  que  10  jours  avec  des  perturbations  fortes. 


(^)   L'enregistrement  a  été  interrompu  pendant  48  heures  pour  réparations. 


IJ562  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


AGRONOMIE.  —  Sur  la  nociiité  du  terreau  du  fumier.  Note  de  M.  A.  Pktit, 

présentée  par  M.  Costantin. 

Il  a  été  montré,  dans  une  précédente  Note  ('),  que  le  terreau  du  fumier 
devient  plus  fertile  lorsqu'on  lui  fait  subir  un  lavage  préalable. 

Il  est  toutefois  des  végétaux,  comme  Primula  ohconica,  par  exemple,  qui 
tirent  peu  de  profit  de  ce  traitement,  et  il  en  est  de  même  d'autres, 
comme  la  Cinéraire  hybiude,  qui  en  souffrent,  du  fait,  sans  doute,  qu'il  les 
prive  de  matières  alimentaires  çolubles.  Voici,  en  elï'et,  les  résultats  de  la 
culture  de  ces  deux  plantes  : 

Poids 
de  5  plantes 
Expérience  avec  Primula  obconica. 

Terreau  lavé 117  grammes 

Terreau  non  lavé 116         » 

Expérience  avec  la  Cinéraire  hybride. 

Terreau  lavé 108  » 

Terreau  non  layé 182  » 

Mais  il  a  été  observé,  avec  cette  dernière  plante,  que  l'action  du  terreau  dépend 
beaucoup  de  son  degré  de  décomposition  et  qu'il  est  surtout  pçrnicieux  lorsqu'il  est 
de  formation  récente  et  renferme  encore  des  débris  de  paille  peu  altérés.  On  sait  d'ail- 
leurs que,  dan?  cet  état,  les  fei-menls  dénitrificateurs  y  sont  actifs.  Voici  les  résultats 
d'une  culture  de  Cinéraire  hybride  poursuivie  comparativement  dans  du  terreau  pré- 
paré de  longue  date  (celui   des  expériencps  précitées)  et  dans  un  Icneau  qui  n'avfiit 

que  six  mois  d'existence  environ  : 

Poids 
de  j  ])lanles. 

E.vpérience  avec  la  Cinéraire  hybride. 

N'ieux  terreau i32  grammes 

Terreau  nouveau 81  » 

Certaines  plantes  redoutent  beaucoup  le  terreau  de  fumier  et  souffrent 
nettement  de  son  addition,  même  à  faible  dose,  à  la  terre  de  culture;  c'est 
surtout  le  cas  des  Ericacées  (Bruyères,  Azalées,  Rhododendrons,  etc.),  <jui 
sont  essentiellement  calcifuges. 

Le  terreau  de  fumier  renferme  ordinairement  un  peu  de  carbonate  de 
calcium  ;  les  terreaux  que  j'ai  utilisés  dans  mes  essais  en  contenaient  respec- 

(')  Comptes  rendus,  t.  174,  192a,  p.  io33. 


SÉANCE   DU    22   MAI    1922.  '363 

tivernenl  1,08,  i,i5  et  1,21  pour  100.  Et  comme  ce  calcaire  est  très  dissé- 
miné dans  la  masse  et  partant  très  actif,  on  est  tenté  de  lui  allnhuer  tout  le 
dommage  causé  par  le  terreau  aux  plantes  calcifuges. 

En  réalité,  ce  dommage  est  du  en  partie  aussi  à  la  présence  de  substances 
solubles  nuisibles,  comme  le  prouvent  à  la  fois  les  expériences  mention- 
nées dans  la  Note  précédente  et  les  observations  suivantes  : 

Si,  par  exemple,  on  compare  l'action  du  terreau  de  fumier  sur  deux  plante^  qui 
redoutent  un  petit  excès  de  calcaire,  la  Cinéraire  hybride  et  la  Calcéolaue  hvbnde, 
on  constate  que  la  première,  qui  est  la  plus  sensible  au  calcaire,  peut  supporter  une 
dose  de  terreau  beaucoup  plus  élevée  et  souffre  de  son  lava;;e,  qu.  est,  au  contraire, 
très  favorable  à  la  seconde. 

La  Galcéolaire  rugueuse  est  devenue  clilorotique  dans  du  terreau  de  fumier  conte- 
nant I  21  pour  100  d?  calcaire,  tandis  qu'elle  est  restée  verte  dans  un  mélange  de  sol 
superficiel  de  forêt  riche  en  humus  et  de  calcaire  renfermant  2  .3b  pour  100  de  celte 

dernière  substance.  1      •  •     1 

Outre  la  Galcéolaire  rugueuse,  l'Hortensia  {Ilydrangea  /,or?e«./s)  devient  égale- 
ment chlorotique,  lorsqu'on  le  cultive  dans  le  terreau  de  fumier. 

Si  on  lave  le  terreau,  ces  deux  plantes  y  poussent  beaucoup  mieux  et  leurs  ieuiiles 
restent  vertes,  d'un  vert  pâle  toutefois,  car  le  lavage  les  prive  d'aliments  azotes  assi- 
milables. Mais,  dans  la  suite,  ces  plantes  tendent  à  devenir  chloroliques,  ce  qu.  conduit 
à  supposer  que  cette  affection  est  provoquée  par  une  substance  soluble  qui  prend 
naissance  dans  la  décomposition  du  terreau. 

Si  au  terreau  non  lavé,  on  ajoute  du  sulfate  de  fer,  à  la  dose  de  2  à  3  pour  1000, 
les  deux  plantes  en  question  reverdissent  et  deviennent  plus  vertes  que  celles  du 
terreau  lavé.  Mais,  dans  la  suite,  elles  ont  également  tendance  à  jaunir,  ce  qui  confiru.e 
la  conclusion  précédente.  Une  nouvelle  application  de  sulfate  de  fer  permet  de  pre- 
venir  la  chlorose. 

Cette  action  favorable  est  due  à  l'intervention  du  fer,  car  divers  autres 
sulfates  expérimentés  comparativement,  les  sulfates  de  potassium,  d\ilumi- 
nium  et  de  manganèse,  se  sont  montrés  inefficaces;  le  sulfate  de  manganèse 
a  même  nettement  accentué  l'état  chlorotique  des  plantes. 

Si  Ton  dilue  le  terreau  de  fumier  avec  du  sable  lavé,  en  les  mélangeant 
par  parties  égales  par  exemple,  on  ne  diminue  pas  sa  nocuité;  bien  au  con- 
traire, dans  un  tel  mélange,  la  Galcéolaire  rugueuse  devient  très  chlorotique 
et  pousse  misérablement,  malgré  la  richesse  du  terreau  en  substances  ali- 
mentaires. , 

Le  mélange,  par  parties  égales,  avec  tine  terre  de  bruyère  acide,  n  a  pas 

non  plus  prévenu  la  chlorose. 

Au  contraire,  le  mélange,  dans  les  mêmes  proportions,  du  terreau  de 
fumier  avec  une  terre  argileuse  s'est  montré  très  propre  à  la  culture  de  la 


l364  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Calcéolaire  rugueuse,  qui  s'y  développe  normalement  et  y  reste  bien  verte. 

Il  est  donc  à  penser  que  l'argile,  qui  possède  un  pouvoir  absorbant  élevé, 
a  la  faculté  de  fixer  la  substance  nuisible  du  terreau  et  de  la  rendre  ainsi 
inoffensive  pour  les  plantes. 

Accessoirement,  ces  expériences  montrent  l'importance  que  peut  avoir 
parfois  la  constitution  physique  des  terres  que  l'on  fait  intervenir  dans  la 
composition  des  mélanges  terreux  où  doit  entrer  le  terreau  de  Jumier. 

PHYSIOLOGIE.  —  Swr  la  fixation  directe  des  graisses  par  les  glandes  sébacées. 
Note  de  M.  A.  Policard  et  M"'  Juliana  Tritchkovitch,  présentée  par 
M.  Roux. 

En  mélangeant  à  la  nourriture  d'un  animal  du  rouge  Soudan  ou  du 
rouge  écarlate,  substances  exclusivement  solubles  dans  les  graisses  et  par 
faitement  inoffensives,  on  peut  colorer  sur  le  vivant  divers  organes  adi- 
peux (Daddi),  et  en  particulier  les  glandes  sébacées.  Mais  la  coloration  de- 
ces  glandes  est  variable,  très  nette  dans  certains  cas,  nulle  dans  d'autres. 
La  recherche,  chez  la  souris  blanche,  des  raisons  de  ces  ditlérences,  nous  a 
permis  de  préciser  certains  points  du  mécanisme  de  la  fixation  des  graisses 
par  les  sébacées. 

Il  existe  un  rapport  constant  entre  la  coloration  vitale  de  la  glande  et  le 
volume  des  gouttelettes  de  graisse  qu'elle  renferme.  Ce  volume  varie  sui- 
vant l'état  d'engraissement  de  l'animal.  Chez  les  sujets  maigres,  les  séba- 
cées peu  développées  ont  des  vésicules  adipeuses  petites  et  placées  sur- 
tout au  centre  de  la  glande  ;  pour  elles,  la  coloration  est  nulle.  Chez  les 
sujets  gras,  les  sébacées  volumineuses  ont  des  vésicules  adipeuses  énormes 
et  s'étendant  jusqu'à  la  périphérie,  au  contact  même  des  capillaires  sanguins  ; 
la  graisse  de  ces  glandes  est  toujours  colorée.  Celte  coloration  est  très 
rapide,  se  faisant  quelquefois  en  moins  de  24  heures  ;  elle  n'est  accompa- 
gnée d'aucun  phénomène  cytologique  apparent. 

Nous  pensons  que  ces  faits  ne  peuvent  être  expliqués  que  par  l'intervention 
d'un  processus  de  fixation  directe  de  la  graisse  sanguine,  se  déroulant  de  la 
façon  suivante. 

La  matière  colorante  est  véhiculéedans  le  sang  sous  forme  dissoute  dans 
les  particules  adipeuses  ou  hémoconies  qui  cheminent  dans  le  sang  (^Gage). 
Ces  particules,  arrivant  au  niveau  des  glandes  sébacées,  semblent  être  fixées 
directement  par  ces  glandes,  sans  intervention  d'une  dislocation  préalable 
qui  mettrait  la  couleur  en  liberté.  Mais  cette  fixation  semble  conditionnée 
par  l'existence  d'un  état  spécial  des  cellules  sébacées. 


SÉANCE  DU  22  MAI  I922.  l365 

On  sait  que  dans.une  cellule  qui  renferme  pou  de  graisse,  le  protoplasme 
offre,  au  point  de  vue  physico-chimique,  deux  phases  :  des  micellcs  adipeuses 
sont  dispersées  dans  un  milieu,  ou  phase  externe,  constitué  par  un  mélange 
protéique  aqueux.  Quand  la  teneur  en  graisse  dépasse  une  certaine  \aleur. 
il  y  a  rupture  de  l'équilibre  et  interversion  de  ce  système  colloïdal  ;  lapliase 
adipeuse  devient  le  milieu  de  dispersion  et  le  mélange  protéique  aqueux, 
la  phase  interne,  oumicelles.  Ce  sont  là  des  faits  bien  connus,  spécialement 
dans  l'histoire  de  la  dégénérescence  graisseuse  du  protoplasma.  Or,  il  y  a 
lieu  de  penser  qu'au  niveau  des  glandes  sébacées  un  tel  phénomène  se  produit 
au  cours  de  leur  surcharge  adipeuse,  spécialement  au  niveau  des  éléments 
périphériques. 

C'est  après  cette  transformation  structurale  que  les  cellules  deviennent 
aptes  à  se  colorer  vitalement,  c'est-à-dire  capables  de  fixer  directement  les 
hémoconies  colorées.  Tant  que  la  couche  périphérique  des, sébacées  n'a  pas 
pris  ce  type  de  structure  colloïdale,  cette  fixation  directe,  donc  la  colora- 
tion, ne  paraît  pas  possible,  La  fixation  directe  de  la  graisse  sanguine  paraît 
liée  à  l'interversion  colloïdale. 

Ces  observations  permettent  les  considérations  histophysiologiques  sui- 
vantes : 

Deux  mécanismes  semblent  intervenir  dans  le  fonctionnement  des 
glandes  sébacées.  Comme  l'admet  la  théorie  classique,  il  semble  qu'une 
partie  de  la  graisse  de  ces  organes  est  élaboréepar  la  cellule  au  cours  de  son 
évolution.  A  cette  adipogènêse  semblent  participer  les  mitochondries,  dans 
une  suite  compliquée  de  transformations.  D'autre  part,  à  côté  de  ce  pro- 
cessus complexe  d'élaboration  adipeuse,  intervient  un  phénomène  cytolo- 
giquement  plus  simple  de  fixation  directe  de  la  graisse  véhiculée  par  le  sang. 
Cette  adipopexie  ne  se  produit  que  lorsque  les  cellules,  extrêmement 
chargées  de  graisse,  ont  acquis  une  structure  colloïdale  spéciale,  analogue 
à  celle  des  éléments  du  tissu  adipeux  et  caractérisée  morphologiquement  par 
l'existence  de  vésicules  adipeuses  périphériques  et  volumineuses.  Cette  adi- 
popexie n'est  accompagnée  d'aucun  phénomène  cytologique  visible. 

L'existence  d'une  fixation  directe  permet  de  comprendre  pourquoi,  dans 
certaines  conditions,  la  sécrétion  sébacée  présente  les  caractères  chimiques 
des  graisses  de  l'alimentation  (travaux  de  Kossmann,  de  de  Jong,  de  Plato 
et  Rôhrmann  sur  la  glande  sébacée  des  Oiseaux,  dite  glande  du  croupion  ; 
travaux  de  Buschke  et  Frankel  sur  les  glandes  de  Meibomius).  Cette  ana- 
logie de  composition  chimique  est  le  témoin  de  la  fixation  directe,  sans  dis- 
location préalable,  des  graisses  absorbées  au  niveau  de  l'intestin. 


l366  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


PHYSIOLOGIE.  —  Variation  de  la  pression  osmotique  du  sang  des  Poissons 
Téléostéens  d'eau  douce  sous  V  influence  de  V  (iccvoissement  de  salinité  deV  eau 
ambiante.  Note  de  MM.  Paul  Portier  et  Marcel  Duval,  présentée 
par  M.  Henneguy. 

On  sait  que,  chez  les  Poissons  d'eau  douce,  le  milieu  intérieur  a  une  pres- 
sion osmotique  très  supérieure  à  celle  de  l'eau  qui  les  entoure.  C'est  ainsi 
que  le  sang  de  la  Carpe  que  nous  avons  choisie  pour  nos  expériences  se 
congèle  à  j— 0^,49;  le  point  de  congélation  de  l'eau  douce  élant  de — :o°,02. 

Pour  obtenir  la  pression  osmotique  en  valeur  absolue,  il  suffit  de  multi- 
plier l'abaissement  du  point  de  congélation  par  le  facteur  124.  La  pression 
osmotique  de  l'eau  douce  est  donc,  en  valeur  absolue,  voisine  de  2™, 48 
d'eau  distillée,  tandis  que  celle  du  milieu  intérieur  du  Poisson  atteint  la 
valeur  de  60™, 76. 

Il  est  remarquable  que  le  tissu  délicat  de  la  branchie,  qui  permet  les 
échanges  gazeux  entre  l'eau  ambiante  et  le  sang,  maintienne  constante, 
pendant  toute  la  vie,  cette  importante  dénivellation  de  pression  osmotique 
entre  le  milieu  extérieur  et  le  sang  du  Poisson. 

Mais  qu'arrivera-t-il  si  l'on  enrichit  progressivement  en  chlorure  de 
sodium  l'eau  dans  laquelle  vit  le  Poisson?  Telle  est  la  question  que  nous 
avons  essayé  de  résoudre  expérimentalement  ('). 

Des  Carpes  de  poids  variant  de  [\oo'^  à  8oof^  sojit  placées  dans  nn  récipient  contenant 
environ  i3^  de  la  solution  saline  dont  on  veut  étudier  les  eflels.  Elles  y  séjournent 
de  3  à  5  heures.  Dès  qu'elles  sont  sorties,  on  prélève  leur  sang  dont  on  détermine  la 
pression  osmotique  en  prenant  le  point  de  congélation  au  y^  de  degré. 

Les  résultats  obtenus  sont  réunis  dans  le  Tableau  ci-contre  et  le  graphique  qui 
l'accompagne. 

L'examen  de  ces  documents  montre  que  : 

1°  La  pression  osmoti(|ue  du  sang  de  la  Carpe  augmente  à  mesure  (|ue 
l'eau  environnante  s'enrichit  en  sels;  mais  elle  augmente  moins  vite  que 
celle  du  milieu  extérieur.  11  en  résulte  que  cette  pression,  très  supérieure 
au  début  à  celle  de  l'eau,  est  devenue  inférieure  pour  les  fortes  concen- 
trations. 


(^)  Quelques  recherches  ont  été  faites  déjà  dans  cette  voie  par  Bottazi,  Léon 
Fredericq  et  Quinton;  mais  ces  expérimentateurs  ne  semblent  pas  avoir  étudié  la 
question  précise  (|ui  nous  occupe. 


SÉANCE   DU    22    MAI    I922. 


l367 


Teneur  en  sels 
(lu  milieu  extérieur. 


Point  de  congélation     l^iiiil  de  congélation 
du  milieu  extérieur.       du  sang  de  la  Carpe. 


Eau 

01 

p 

■d 

5U 

in  a  ire. 

3s,  5 

V  1000 

8g, 0 

» 

10^0 

» 

I2S.O 

» 

I  os ,  0 

» 

1 6s ,  0 

» 

172,0 

» 

— 0,02 

—0.28 
—0,42 
-0.61 

—0.68 
—0,88 

—  I  ,02 

—  i,o4 


—0,49 
—0,54 
— o,58 
-0,61  (') 
-o,64 
-0,71 
—0,82 
—0,87 


Perte  de  poids 

pour  100 
de  la  Carpe. 

O 
0,67 
0,92 
1,6 

2 , 2 
4,3 

3.5  ('-) 

3.6  (^) 


Obseriations.    —    (*)    Point    d'équilibre    osmolique    avec    le    milieu     extérieur; 
C^)  Diminution  de  la  perte  de  poids. 


g=Fm 


Le  Poisson  est  incapable  de  maintenir  sa. pression  osmotiqiie  à  un  nivean 
constant  comme  le  feraient  un  Mammifère  ou  un  Oiseau,  mais  il  possède 
cependant  déjà  une  tendance  à  la  régulation  très  manifeste. 


l368  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

2"  Si  l'on  trace  la  bissectrice  OB  de  l'angle  droit  des  axes  de  coordonnées, 
on  voit  que  c'est  le  lieu  des  points  d'égale  pression  osmotique  du  sang 
du  Poisson  et  du  milieu  extérieur. 

Or,  cette  bissectrice  coupe  la  courbe  représentative  des  variations  de  la 
pression  osmotique  du  sang  en  un  point  qui  correspond  à  la  température  de 
—  o°,6i.  En  plaçant  une  Carpe,  dans  une  solution  saline  de  concentration 
correspondante,  nous  avons  pu  vérifier  que  la  pression  osmotique  de  son 
sang  était  bien  devenue  égale  à  celle  du  milieu  extérieur  (à  -^  de  degré 
près). 

3°  Le  poids  du  Poisson  diminue  à  mesure  que  la  teneur  en  sels  du  milieu 
augmente.  La  diminution  de  poids  va  d'abord  en  s'accentuant  régulière- 
ment avec  Faccroissement  de  la  salinité. 

Mais,  à  partir  d'une  teneur  en  sels  de  i5  pour  1000,  la  diminution  de 
poids  s'atténue.  Il  semble  que,  à  partir  de  ce  point,  la  branchie  soit  forcée, 
car  le  Poisson  présente  des  troubles  qui  le  conduisent  rapidement  à  la 
mort. 

Nous  étudions  les  modifications  produites  par  le  séjour  du  Poisson 
dans  l'eau  distillée  ou  dans  l'eau  de  faible  salinité  et  dépourvue  de  sels  de 
calcium. 


PHYSIOLOGIE.   —    Le  réflexe  lin  g  uo- maxillaire  (ultimum  reflex).  Note  de 
MM.  He\ry  Cardot  et  Henri  Laugier,  présentée  par  M.  (>h.  Richet. 

Nous  avons  appelé  réflexe  li  n  g  uo-inaxi  II  ai re  nn  réflexe  non  encore  décrit, 
que  nous  avons  d'abord  observé  chez  le  chien  et  qui  consiste  en  ceci  :  quand 
on  pince  d'une  façon  énergique  et  rapide  le  bord  de  la  langue,  dans  la 
région  de  la  pointe,  on  obtient  un  abaissement  brusque  de  la  mâchoire 
inférieure  ;  le  mouvement  est  généralement  très  net  et  très  ample  ;  il  s'observe 
avec  une  particulière  facilité  sur  le  chien  morphine  (l'-s  de  chlorhydrate  de 
morphine  par  kilogramme).  Ce  réflexe  peut  être  recherché  également  par 
des  excitations  électriques  et  peut  être  déclenché  par  l'application  d'un 
choc  électrique  unique  (onde  d'induction  portée  sur  la  pointe  de  la 
langue). 

Bien  que  le  mouvement  obtenu  ne  puisse  guère  être  rapporté  à  une  exci- 
tation directe  provoquée  par  la  diffusion  du  courant,  la  preuve  expérimen- 
tale du  caractère  réflexe  de  ce  mouvement  méritait  d'être  donnée. 

i"    Preuve  indirecte.   —    Sur  un   chien   préalablement  morphine,    deux 


SÉANCE  DU  22  MAI  I922.  1 369 

('lectrodes  sont  placées  sur  la  pointe  de  la  langue;  on  excito  par  des  chocs 
d'induction.  Dans  ces  conditions,  pouL'  des  intensités  convenables,  on 
observe  à  chaque  choc,  d'une  part,  des  contractions  locales  sous  rélectrode, 
contractions  des  muscles  de  la  pointe  de  la  langue,  et,  d'autre  part,  un 
mouvement  d'ensemble  de  la  mâchoire  inférieure.  On  recherche  le  seuil 
pour  la  contraction  directe  sous  l'électrode  et  pour  le  mouvement  d'en- 
semble présumé  réflexe;  si  l'on  anesthésie  alors  profondément  l'animal,  on 
voit  que  le  seuil  de  la  contraction  directe  ne  présente  aucune  variation  en 
rapport  avec  Tanesthésie,  tandis  que  le  seuil  pour  le  mouvement  de  la  mâ- 
choire s'élève  considérablement,  comme  le  montrent  les  chiffres  ci-dessous. 
Chien  de  ii'^s^  ayant  reçu  i  i*^s  de  chlorhydrate  de  morphine.  Excitation 
par  la  bobine  d'induction  : 

Seuil  des  contrac-  Seuil  des  cunlrac- 

tions  locales.  lions  réflexes. 

Quantités  Quantités 

d'électricité.  d'électricité. 

Avant  anesthésie  chloroformique 8  6g 

Première  anesthésie 8,7  354 

Après  anesthésie 8,7  1 1 3 

»  '.  .  . 10,6  8'2 

Deuxième  anesthésie 10,6  4^^ 

Après  anestliésie i2,o5  96,5 

qP  Preuve  directe.  —  Elle  est  donnée  par  l'étude  des  voies  nerveuses  du 
réflexe. 

La  voie  sensitivc  est  constituée  par  les  nerfs  linguaux  :  la  section  de  ces 
deux  nerfs  abolit  complètement  le  réflexe;  l'excitation  du  bout  central  des 
linguaux  sectionnés  provoque  le  réflexe  avec  beaucoup  de  netteté. 

Voie  motrice.  —  Le  mouvement  que  l'on  observe  est  essentiellement  dû  à  la 
contraction  des  muscles  digastriques.  La  voie  motrice  est  constituée  par  les 
filets  nerveux  qui  innervent  ces  muscles  :  a.  Nerf  mylohyoidien,  branche 
du  maxillaire  inférieur  (trijumeau);  b.  Filets  du  facial.  La  section  du  nerf 
mylohyoidien  et  la  destruction  du  facial  à  sa  sortie  du  crâne  suppriment 
le  réflexe. 

Ce  réflexe  présente  un  intérêt  spécial  :  c'est  qu'il  disparait  jdans  l'anes- 
thésie  plus  tard  que  les  réflexes  patellaire,  oculo-palpébral  et  même  que  le 
réflexe  labio-mentonnier  de  Dastre.  Sa  disparition  indique  donc  une  intoxi- 
cation plus  profonde  par  l'anesthésique  que  celle  qui  correspond  à  la  dispa- 
rition des  autres  réflexes. 


l370  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


PHYSIOLOGIE.  —  Compas  d''orientalion  du  pied. 
Note  de  M.  Gabriel  Bidou,  présentée  par  M.  Daniel  Berlhelot. 

L'art  le  plus  difficile  qui  soit,  celui  qui  doit  réparer  la  machine  humaine 
et  en  récupérer  les  fonctions,  est  le  seul  à  ne  point  avoir  ses  instruments 
de  mesure  spéciaux.  Je  me  suis  efforcé  de  combler  cette  lacune. 

J'ai  établi  à  la  base  même  de  ma  méthode,  dite  de  Récupération  fonction- 
nelle^ une  série  d'instruments  de  mesure  qui  permoltent  d'obtenir  d'une 
façon  absoliiQient  précise,  les  données  des  problèmes  de  récupération  qui 
nous  sont  soumis.  Celle  conceplion  nouvelle  donne  à  celle  méthode  un 
intérêt  vraiment  scientifique. 

Le  compas  d'orientation  du  pied  est  un  de  ces  appareils. 

Etant  donné  que  la  première  condition  pour  placer  un  paraplégique  sur 
ses  pieds,  ou  pour  corriger  une  déformation  paralytique  du  pied  ou  de  la 
jambe,  est  d'appuyer  l'appareillage  prothétique  sur  une  base  de  sustcnla- 
tion  solide,  il  s'ensuit  qu'il  devient  de  la  plus  haute  importance  de  repérer 
quelles  sont  les  difformités  ou  déviations  en  tous  plans  de  cette  base  natu- 
relle formée  par  les  deux  pieds.  n 

But.  — .L'appareil  que  nous  présentons  a  donc  pour  but  de  fixer  l'oricn- 
tatioii  du  pied  dans  ses  trois  plans  :  frontal,  vertical  et  horizontal,  d'en 
donner  par  lecture  directe  sur  des  rapporteurs  ou  des  règles  graduées  les 
angles  et  les  rapporls. 

Description.  —  11  se  compose  (cf.  figure)  :  d'une  semelle  S,  fixée  à  sa  partie  antérieure 
par  une  rotule  dans  une  genouillère  G.  Celle-ci  coulisse  à  volonté  dans  la  saignée 
d'une  pièce  G,  à  courbure  selon  le  ravon  d'une  circonférence  dont  le  centre  serait  au 
milieu  de  l'axe  malléolaire.  L'ascension  ou  la  descente  de  la  genouillère  dans  sa  j^lis- 
sière  permet  toutes  attitudes  de  la  semelle  dans  le  plan  frontal,  soit  en  talus  ou  en 
équin.  La  semelle  S  est  également  oscillante  selon  le  plan  vertical,  par  son  support  s, 
dans  la  douille  B,  ce  tjui  permet  les  mouvements  de  rotation  du  pied  en  valgus  ou  en 
varus.  Enfin,  la  semelle  S  peut  encore  osciller  selon  le  plan  horizontal,  du  fait  que  sa 
fourchette-support  F  pivote  dans  la  colonne  soutien  de  l'appareil.  Gelle  fourchette 
est  munie  d'une  aiguille  V,  mobile  sur  un  rapporteur  Z,  qui  indique  l'angle  d'oscilla- 
tion latérale. 

L'aplomb  horizontal  et  vertical  de  la  semelle  est  assuré  par  un  niveau  d'eau  à 
double  direction,  N. 

Enfin,  sur  le  côté  gauche  de  l'appareil  déjà  décrit  se  trouve  une  colonne  D,  sup- 
portant une  équerre  \,  mobile  sur  un  rapporteur  R.  Sur  la  branche  oblique  de 
l'équerre  est  artfculé  un  index  Y. 


SÉANCE  DU  22    MAI  1922.  l37I 

Utilisation.  —  Soit  rutilisation  du  compas  pour  Ja  mesure  des  angles 
d'un  pied  bot  varus  cquin,  en  rotation  interne. 

Nous  disons  en  rotation  interne,  car  la  rotation  interne  coexiste  fata- 
lement avec  le  varus,  sans  (juoi  nous  assisterions  à  une  dissociation  des 
malléolles,  qui  sont,  anatoniiquement,  sur  le  même  axe  oblique. 


Le  pied  difforme  du  malade  est  posé  sur  la  semelle  S  dont  tous  les  ser- 
rages ont  été  lâchés.  Les  différentes  pièces  mécaniques  prendront  donc  les 
orientations  du  pied  et  quand  le  contact  sera  parfait  en  tous  points,  l'ap- 
pareil sera  immobilisé  par  ses  écrous  de  serrage.  L'index  Y  sera  abattu  de 
façon  à  se  profiler  vers  le  troisième  espace  interdigital  et  son  passage 
devant  le  secteur  gradué  R  sera  noté. 

Et  nous  lirons  les  indications  de  la  faron  suivante  : 

Équin  par  le  trusquin  mobile  T. 

Varus  devant  le  double  niveau  iN,  se  trouve  (non  figuré)  un  secteur  gradué  soli- 
daire de  ce  niveau.  Sur  la  talonnière  de  la  semelle  S,  est  une  ligne  verticale.  I/angle 
décrit  entre  cette  ligne  et  le  zéro  du  rapporteur  donne  l'angle  du  varus. 

Rotation  interne.  —  L'aiguille  V  fixée  sur  la  rourchette  F  en  se  déplaçant  sur  le 
secteur  Z  a  donné  l'angle  d'oscillation  latérale  du  pied. 

Attitude  du  pied  par  rapport  à  l'axe  de  la  jambe.  —  L'index  Y  nous  l'indique. 
On  sait  que  le  pied  est  orienté  à  aS"  par  rapport  à  l'ave  vertical  de  la  jambe,  la  dilTé- 
rence  entre  l'indication  donnée  par  l'abaissement  Y  sur  le  secteur  R  et  l'angle  physiolo- 
gique est  la  déviation  pathologique. 


l372  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Conclusion.  —  Ainsi  le  compas  d'orientation  du  pied  mesure  : 

i"  Les  attitudes  du  pied  par  rapport  à  la  jambe  ; 

2^  Les  variations  d'angles  en  trois  plans  :  horizontal,  vertical  et  frontal. 
Ce  qui  permettra  de  rétablir  pour  le  malade  une  base  de  sustentation  physio- 
logique, par  la  correction  appropriée  des  difformités  établies  scientifîque- 
menl. 

C'est  la  première  condition  indispensable  à  la  récupération  de  tout 
impotent  des  membres  inférieurs. 

Cet  appareil  n'est  qu'un  exemple  particulier.  Mais  les  mêmes  principes 
m'ont  permis  d'établir  d'autres  appareils  de  mesure,  tels  qu'un  muscu- 
lomètre  artificiel,  un  trusquin  de  repérage  daxes  et  de  longueurs  de 
leviers,  et  d'autres  instruments  d'enregistrement  des  réflexes  de  la  contrac- 
tion musculaire,  etc. 

Ils  guident  ainsi,  par  leurs  indications  et  leur  contrôle,  la  méthode  de 
récupération  fonctionnelle  dans  une  voie  absolument  scientitîque. 

ENTOMOLOGIE.  —  Relations  entre  le  sani^'  et  la  coloration  du  cocon  chez  le 
Bombyx  mori.  Note  de  MM.  Clément  Vaney  et  Jean  Pelosse,  présentée 
par  M.  E.-L.  Bouvier. 

Dans  le  but  d'élucider  le  problème  de  l'origine  de  la  coloration  des 
cocons  du  Bombyx  mori^  nous  avons  examiné  comparativement  le  sang 
d'un  certain  nombre  de  races  de  vers  à  soie. 

Nous  nous  sommes  adressés  à  des  races  dites  à  «  cocons  blancs  »  (race 
Bagdad  blanc  et  race  japonaise  Akasiku)  et  à  des  races  à  cocons  colorés 
dont  les  unes  avaient  des  cocons  verdàtres  (race  japonaise  Jo,,  de  Saku- 
Uchi)  et  dont  les  autres  donnaient  des  cocons  jaunâtres  (race  Var  rayé) 
ou  jaune  vif  (race  Chine  dorée). 

Déjà  L.  Blanc  (1886),  R.  Dubois  (1890),  A.  Conte  et  D.  Levrat  (1904) 
avaient  successivement  observé  ([ue,  dans  les  races  de  Bombyx  mori  à 
cocons  jaunes,  le  sang  du  ver  présentait  la  même  coloration  que  le  cocon. 
La  matière  colorante  était  pour  R.  Dubois  une  sorte  de  carotine  d'origine 
animale,  tandis  que,  pour  Conte  et  Levrat,  ce  pigment  coloré  serait  de  la 
xanthophylle  provenant  des  feuilles  de  mûrier. 

Cette  coloration  n'est  pas  spéciale  au  sang  des  vers  à  cocons  jaunes.  Le 
sang  des  vers  de  toutes  les  races  de  Bombyx  mori^  que  nous  avons  examinées, 
est  plus  ou  moins  coloré  en  jaune  ou  jaune  verdâtre.  Le  sang  des  vers  des 


SÉANCE    DU    22    MAI    1922.  l3']3 

races  à  cocons  blancs  est  beaucoup  moins  teinté  que  celui  des  vers  à  cocons 
colorés.  La  matière  colorante  dans  tous  les  cas  est  soluble  dans  l'alcool 
à  90°.  Cette  solution  alcoolique  et  le  sang  examinés  comparativement  au 
spectroscope  présentent  sensiblement  les  mêmes  caractères  pour  toutes  les 
races,  avec  une  bande  d'absorption  assez  étendue  dans  la  portion  la  plus 
réfrangible  du  spectre,  du  violet  au  bleu.  Cette  bande  d'absorption  est  un 
peu  moins  étendue  pour  le  sang  des  vers  à  cocons  blancs  que  pour  celui  des 
races  à  cocons  colorés. 

Quant  aux  cocons  de  toutes  les  races  examinées,  ils  sont  tous  plus  ou 
moins  colorés,  même  ceux  de  la  race  Bagdad  blanc  sont  très  légèrement 
teintés  en  vert  jaunâtre.  Pigorini  (1920)  et  Magliardi  (1921)  avaient  déjà 
fait  cette  remarque.  La  matière  colorante  des  cocons  de  ver  à  soie  est 
soluble  dans  l'alcool  à  90°;  pour  les  cocons  blanchâtres  la  solution  s'ob- 
tient plus  facilement  en  ajoutant  de  faibles  quantités  de  carbonate  de  so- 
dium. Les  solutions  alcooliques  sont  jaune  vif  avec  les  races  à  cocons  colo- 
rés; avec  les  cocons  blanchâtres,  la  solution  est  faiblement  teintée  en  vert 
jaunâtre,  virant  au  jaune  après  l'addition  de  Na-CO\  Ces  dissolutions 
alcooliques  de  la  matière  colorante  des  cocons  des  différentes  races  de 
Bombyx  mori  se  comportent  vis-à-vis  du  spectre  de  la  même  façon  que  les 
solutions  alcooliques  du  pigment  coloré  du  sang  du  ver. 

De  cette  étude  comparative  il  résulte  que  la  matière  colorante  de  la  soie 
du  Bombyx  mori  paraît  dériver  du  sang.  Le  transport  possible  du  colorant 
du  sang  sur  la  bave  a  été  prouvé  expérimentalement  par  la  coloration  arti- 
ficielle des  cocons,  en  faisant  absorber  aux  vers  à  soie  des  feuilles  de  mûrier 
recouvertes  de  certaines  matières  colorantes  soit  d'origine  végétale  :  indigo, 
garance  [Bonafous  (1841)],  soit  dérivées  de  l'aniline  :  rouge  neutre  [Conte 
et  Levrat  (1904),  Quajat  (1904)],  Soudan  III  et  bleu  de  méthylène  [Quajat 
0904)].  Nous  avons  obtenu  des  cocons  violacés  ou  rougeâtres  en  faisant 
absorber  à  des  vers  du  cinquième  âge  de  l'orcéine  ou  du  rouge  neutre. 
Cette  teinte  artificielle  se  superpose  à  la  couleur  naturelle  du  cocon.  Les 
vers  à  cocon  blanc  homogène,  par  exemple  ceux  de  Bagdad  blanc,  après 
l'absorption  d'orcéine,  fournissent  un  cocon  uniformément  violacé.  Pour 
la  race  japonaise  J20,  dont  les  cocons  verdàtres  sont  beaucoup  plus  clairs  à 
l'intérieur,  les  vers  ayant  ingéré  de  l'orcéine  fournissent  un  cocon  à  enve- 
loppes ou  vestes  externes  jaune  grisâtre  et  à  vestes  internes  violacées. 
Cette  coloration  artificielle  se.  produit  avec  toutes  les  races  examinées;  il 
n'existe  pas  pour  elles  de  différences  de  perméabilité  intestinale  pour  les 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N"  21.)  9^ 


l374  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

colorants  comme  le  présumaient  Levrat  et  Conte.  La  plupart  des  colorants 
ingérés  sont  assez  toxiques  pour  le  Bombyx  mori  et  occasionnent  une 
grande  mortalité  chez  les  vers. 

Parmi  les  vers  qui  ont  absorbé  soit  de  l'hématéine,  soit  de  Torcéine  ou 
du  bleu  de  méthylène,  près  de  la  moitié  meurent  alors  que  les  autres 
continuent  à  évoluer  normalement.  Le  rouge  neutre  paraît  n'avoir  aucune 
action  nocive  ;  les  vers  à  soie  de  toutes  les  races  expérimentées  l'absorbent 
en  très  grande  quantité  sans  subir  le  moindre  trouble.  Ils  prennent  alors 
une  teinte  générale  rouge  légèrement  violacé  -,  tous  les  organes  internes 
sont  imprégnés  du  colorant,  sauf  le  système  nerveux,  les  trachées  et  la 
couche  de  chitine  externe.  Cette  coloration  se  maintient  pendant  toute  la 
métamorphose  et  se  retrouve  chez  le  papillon,  dont  la  base  des  nervures 
des  ailes  et  les  diverses  articulations  du  corps  apparaissent  fortement  tein- 
tées. La  dissection  montre  que  les  organes  internes  sont  aussi  colorés.  Les 
œufs  pondus  par  les  femelles  colorées  ont  un  contenu  rosé;  s'ils  sont 
fécondés,  ils  se  développent  normalement;  la  matière  colorante  se  localise 
d'abord  dans  le  blastoderme,  puis,  chez  le  jeune  ver  fraîchement  éclos,  elle 
se  retrouve  dans  les  cellules  adipeuses  avoisinant  la  double  chaîne  nerveuse 
ventrale.  Le  rouge  neutre  a  donc  été  transmis  du  ver  à  sa  descendance, 
mais  la  teinte  du  colorant  paraît  s'être  atténuée. 

Si  les  vers  de  toutes  les  races  examinées  de  Bombyx  mori  semblent  avoir 
la  même  perméabilité  intestinale  vis-à-vis  de  certaines  matières  colorantes 
soit  naturelles,  soit  artificielles,  leur  sang  présente  des  différences  bien 
marquées  au  point  de  vue  de  son  brunissement  à  l'air.  Le  sang  des  vers  à 
cocons  blanchâtres  noircit  très  rapidement  à  l'air,  tandis  que  celui  des  vers 
à  cocons  colorés  ne  subit  dans  le  même  temps  qu'un  faible  brunissement 
superficiel.  Ce  brunissement  est  dû  à  l'action  d'une  diastase  oxydante,  la 
tyrosinase,  sécrétée  par  les  éléments  du  sang.  Le  sang  des  vers  à  soie  à  cocons 
blanchâtres  contient  beaucoup  plus  de  tyrosinase  que  celui  des  vers  à  cocons 
colorés.  C'est  là  une  différence  des  plus  intéressantes  permettant  d'expli- 
quer les  variations  de  coloration  des  cocons  observées  chez  les  vers  à  soie  et 
qui  servent  souvent  à  caractériser  les  diverses  races  de  Bombyx  mori. 


SÉANCE   DU    11   MAI    I922.  iSyS 

CHIMIE  BIOLOGIQUE.  —  Conslitation  de  Vœuf  de  Truite  (Trutta  fario). 
Note  de  M.  E.  Fauré-Fremikt  et  de  M"''  H.  Garrault,  présentée  par 
M.  Henneguy. 

L'oocyte  de  Truite  examiné  pendant  la  période  décroissance  montre  dans 
son  cytoplasma,  indépendamment  des  granulations  mitochondriales  extrê- 
mement fines,  deux  sortes  d'éléments  figurés  :  ce  sont  des  gouttelettes 
d'huile  et  des  gouttelettes  vitellines.  M.  Henneguy  a  montré  que,  au  moment 
où  Toocyte  mûr  tombe  dans  la  cavité  générale,  sa  structure  se  modifie 
profondément;  les  gouttelettes  vitellines  confluent  et  forment  une  masse 
homogène,  visqueuse,  insoluble  dans  Peau,  tandis  que  le  cytoplasma, 
englobant  les  gouttelettes  huileuses,  forme  une  couche  périphérique, 
située   immédiatement  au-dessous  de  la  membrane  ou  zona  radiata. 

La  composition  chimique  globale  de  Fœuf  des  Salmonidés  a  été  étudiée 
par  quelques  auteurs  tels  que  Tangl  et  Farkas  (Truite),  Greene(Saumon),etc. 
Mais  bien  avant,  Valencienne  et  Fremy  avaient  isolé  de  l'œuf  de  Saumon  la 
substance  vitelline  visqueuse,  qu'ils  avaient  précipitée  au  contact  de  l'eau, 
lavée  à  l'alcool  et  à  l'éther,  et  décrite  sous  le  nom  à'Ichtuline,  après  avoir 
montré  qu'elle  renferme  de  l'azote,  du  phosphore  et  du  soufre. 

Nous  avons  repris  l'étude  des  constituants  de  l'œuf  de  Truite  mûr  et  nous 
résumons  ici  les  résultats  obtenus  à  partir  de  600^  d'œufs  prélevés  au 
moment  de  la  ponte. 

Composition  centésimale.  —  Nous  avons  obtenu  les  chiffres  moyens  sui- 
vants : 

Eau 58,5 

Substances  proléiques  (N  total  X  6,25) 29,81 

Corps  gras  (acides  gras  X  i,o46) 9?  '^ 

Hydrates  de  carbone <> , 84 

Cendres '  5  ^^    ■ 

Total 99>o6 

Vitelline  (ichtuline).  —  Nous  avons  séparé  la  vitelline  en  broyant  des 
œufs  frais  avec  quelques  cristaux  de  NaCl,  en  filtrant  sur  toile,  dans  un 
entonnoir  de  Buchner,  la  bouillie  obtenue  et  en  lavant  le  résidu  avec  un  peu 
d'eau  salée  à  8  pour  loo(').  On  recueille  ainsi  un  Uquide  filant,  visqueux, 

(1)  Cette  méthode  est  analogue  à  celle  employée  par  Levene  pour  la  séparation  de 
richtuline  du  Cabillaud. 


1376  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

jaune  pâle  contenant  de  nombreuses  gouttes  d'huile,  tandis  que  le  résidu 
demeuré  sur  le  filtre  est  formé  par  les  membranes  auxquelles  la 
Couche  protoplasmique  demeure  généralement  accolée;  la  séparation  de  la 
vitelline  n'est  pas  quantitative,  mais  il  est  préférable  de  ne  pas  chercher  à 
épuiser  les  résidus  ovulaires,  pour  éviter  l'entraînement  des  débris  proto- 
plasmiques. 

Après  lavage  à  l'éther  dans  une  ampoule  à  décantation,  la  vitelline  peut 
être  directement  précipitée  par  l'alcool,  ce  qui  donne  un  produit  brut 
insoluble,  ou  par  dilution  dans  3o  à  5o  volumes  d'eau  distillée.  Ce  dernier 
procédé  ne  peut  être  considéré  comme  quantitatif,  mais  il  permet  de  redis- 
soudre dans  l'eau  salée  le  précipité  obtenu  et  recueilli  par  centrifugation,  et 
de  purifier  la  vitelline  par  plusieurs  précipitations  successives;  la  vitelline 
est  ensuite  traitée  par  l'alcool,  par  l'éther  et  séchée;  elle  se  présente  alors 
sous  l'aspect  d'une  poudre  blanche  dans  laquelle  nous  avons  trouvé  pour 

100  parties  : 

Azote 14,28 

Phosphore 0,57  (') 

Cendres • 2,17 

Nous  avons  pu  séparer  de  r32*?  d'œufs,  32^,8  de  vitelline  sèche,  soit  24^,8 
pour  100. 

La  vitelline  de  Truite  fraîchement  précipitée  est  soluble  en  milieu 
alcalin  et  précipitable  par  neutralisation  ou  acidification  légère;  elle  est 
coagulable  par  la  chaleur;  elle  ne  nous  a  donné  par  hydrolyse  acide  aucun 
produit  réducteur  soluble. 

La  vitelline  ou  ichtuline  forme  dans  l'œuf  mûr  une  masse  hydratée,  vis- 
queuse, sorte  de  solution  aqueuse  très  concentrée  puisqu'elle  renfermerait 
au  minimum  43  parties  de  substance  sèche  pour  100  parties  d'eau.  Or  cette 
solution  ne  peut  être  diluée  que  par  des  solutions  de  Na  Cl  à  la  concentration 
minima  de  8  pour  100,  concentration  qui  n'est  certainement  pas  réalisée 
dans  l'œuf.  Nous  avons  constaté,  d'autre  part,  que  la  vitelline  est  plus 
soluble  en  présence  de  chlorures  de  métaux  bivalents  et  particulièrement 
de  CaCl-  qu'en  présence  de  KCl  ou  NaCl.  C'est  ainsi  qu'une  solution  à 

(')  Fremy  et  Valencienne  avaient  trouvée, 6  pour  100  de  phosphore,  mais  leur  chiffre 
d'azote,  i5,2  pour  100,  est  supérieur  au  nôtre  (14,28),  lequel  est]  analogue  à  celui 
trouvé  p^r  Levenne  pour  l'ichtuline  du  Cabillaud  (i4,o3);  il  faudrait  donc  multiplier 
par  un  coefficient  très  voisin  de  7  le  chiffre  d'azote  total  de  l'œuf  pour  avoir  celui  des 
substances  protéiques  qui  serait  un  peu  supérieur  de  ce  fait  au  chiffre  indiqué  ci- 
dessus. 


SÉANCE  DU  22  MAI  1922.  1877 

N  N 

3  pour  loô  reste  stable  en  présence  de  NaCl  — (1,16  pour  100)  ou  de  CaCl  — 

(0,11  pour  100);  or  nous  avons  trouvé  dans  Toeuf  total  0,27  de  calcium 
pour  100  parties  de  substances  sèches;  et  nous  avons  retrouvé  une  bonne 
part  de  ce  métal  dans  les  cendres  delà  vitelline  brute  directement  précipitée 
par  l'alcool  (0,137  pour  100  de  substances  sèches).  La  vitelline  précipitée 
plusieurs  fois  par  dilution  n'en  contient  au  contraire  que  des  traces. 

Corps  gras  (*).  —  Le  fractionnement  de  l'extrait  éthéré  total  de  l'œuf  de  Truite 
nous  a  donné  les  résultats  suivants  : 

Glycérides  (environ) 10  pour  100     du  poids  sec  total 

Phosphatides  (minimum) ...  .        8,2     pour  100  »  » 

Cholestérine i  ?  ^7  pour  1 00  »  » 

Les  phosphatides  nous  ont  donné,  après  lavage,  45O4  pour  100  de  phosphore;  l'indice 
d'iode  de  leurs  acides  gras,  assez  élevé  par  rapport  à  leur  poids  moléculaire  moyen, 
indique  la  présence  de  composés  moins  saturés  que  l'acide  oléique.  Au  point  de  vue 
cytologique,  on  peut  considérer  les  phosphatides  comme  étroitement  unis  aux  éléments 
du  cytoplasma  tels  que  les  mitochondries.  1 

Les  glycérides  peuvent  être  séparés  et  purifiés  en  raison  de  leur  faible  solubilité 
dans  l'alcool  ;  ils  forment  une  huile  blonde  assez  fluide  dans  laquelle  nous  avons  carac- 
térisé la  glycérine  et  les  acides  oléique  et  myristique.  La  détermination  de  l'indice 
diode  indique  la  présence  cV environ  (-)  deux  molécules  d'acide  oléique  pour  une  mo- 
lécule d'acide  myristique. 

Le  ou  les  glycérides  oléo-myristiques  correspondent,  au  point  de  vue  cytologique, 
aux  gouttes  huileuses  intracytoplasmiques,  dont  M.  Henneguy  a  constaté  la  faible 
solubilité  dans  l'alcool  et  la  résistance  aux  bases  diluées. 

Hydrates  de  carbone.  —  Nous  n'avons  pas  pu  déceler  la  présence  de  glycogène 
dans  l'œuf  de  Truite,  mais  nous  avons  trouvé  une  faible  quantité  (o,34  pour  100)  de 
sucre  réduct.eur,  que  nous  avons  dosé  en  glucose.  Greene  a  signalé  dans  l'œuf  du 
Saumon  0,18  pour  100  de  glucose  seulement. 

Composés  minéraux.  —  Nous  avons  dit  que  les  cendres  de  l'œuf  de  Truite  ren- 
ferment une  quantité  appréciable  de  calcium.  D'autre  part,  l'œuf  total  sec  contient 
1 ,27  pour  100  de  phosphore.  Le  phosphore  de  l'ichtuline  ne  peut  guère  dépasser  la  quan- 
tité iotale  de  o,44  pour  100  et  celui  des  phosphatides  peut  atteindre  celle  de 
0,33  pour  100;  il  reste  donc  environ  o,5  pour  100  de  phosphore  combiné  sous  une 
troisième  forme. 


(1)  Une  étude  plus  détaillée  paraîtra  prochainement  dans  un  autre  Recueil. 
(')  La  présence  de  traces  d'acides  moins  saturés  que  l'acide  oléique  provenant  des 
phosphatides  rend  difficile  une  détermination  plus  exacte. 


1378  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

CHIMIE  BIOLOGIQUE.  —  L'' attaque  .des  minerais  par  les  bactéries.  Oxydation 
de  la  blende.  Note  de  MM.  André  Helbroniver  et  W.  Rudolfs,  présentée 
par  M.  A.  Haller. 

Certains  auteurs,  tels  que  Kappen  et  Quensell,  Van  Bemmelen  et  Mac 
Intire  assignèrent  à  l'oxydation  du  soufre  dans  le  sol  un  processus  d'ordre 
chimique;  mais  Boulanger,  Demolon,  Lippmann  et  ses  élèves  démontrèrent 
d'une  façon  péremptoire  que  cette  oxydation  est  due  aux  bactéries  du  sol. 
Winogradsky,  d'ailleurs,  avait  signalé  dès  i883  un  groupe  de  bactéries 
réduisant  l'hydrogène  sulfuré  en  soufre  libre  et  capables  aussi  d'oxyder  le 
soufre  en  acide  sulfurique. 

Lippmann,  d'autre  part,  décrivit  récemment  un  procédé  déjà  entré  dans 
le  domaine  de  la  pratique,  qui  consiste  à  mélanger  du  phosphate  de  chaux 
tricalcique  avec  du  soufre  et  à  inoculer  le  mélange  avec  des  bactéries  oxy- 
dantes; le  phosphate,  par  action  de  l'acide  sulfurique  formé,  se  trouve 
transformé  ainsi  en  phosphate  soluble. 

Nous  avons  utilisé  dans  nos  essais  des  cultures  contenant  un  groupe  varié 
de  bactéries  oxydant  le  soufre  et  réussi  à  obtenir  finalement  une  culture 
capable  d'attaquer  lentement  le  sulfure  de  zinc  précipité;  au  moyen  de  cette 
culture  sélectionnée  nous  avons  ensuite  ensemencé  un  mélange  de  terre 
stérilisée  et  de  blende  pulvérisée;  la  culture  ainsi  obtenue  a  servi  aux  diffé- 
rents ensemencements. 

La  blende  employée  contenait  /\^i  pour  100  de  zinc;  l'on  maintint  une 
température  de  28°  durant  le  cours  des  opérations  et,  dans  le  mélange,  un 
état  d'humidité  correspondant  à  60  pour  100  environ  de  sa  capacité 
d'absorption  pour  l'eau.  Une  agitation  assez  fréquente  fut  effectuée  pour 
permettre  une  aération  convenable. 

Le  Tableau  ci-dessous  résume  les  essais  effectués  sur  cinq  échantillons 
différents  : 

Zinc  solubilisé  après  18  semaines 

Mélanges.    __^_^_^. sur  jQs  du  mélange. 

Inoculation  Zinc 

Terre.        Minerai.       Soufre.  par  :  SO^  Zinc.  solubilisée 

^    s  g  K  -  ihk  m%  «/o 

1 200  75  ))  aucune  5o,6  18  1,67 

2 25o  75  »  terre  142,2  88  8,82 

3 25o  75  10  soufre  ^77, 8  190  i9î'7 

4 245  7,5  10  blende  364;  2  "192  '7,57 

5 240  75  25  terre  5 18,1  869  87,56 


SÉANCE   DU    22    MAI    19^2.  1^79 

Le  soufre,  comme  on  le  voit,  favorise  grandement  l'oxydation  de  la 

blende. 

Cette  première  étude  conduisit  à  étudier  la  sulfatation  bactérienne 
d'autres  minerais  de  zinc,  tels  que  la  willemilc  ZnSiO',  la  smithsonite 
ZnCO%  et  un  silicate  de  zinc  à  faible  teneur  en  zinc.  Le  résultat  de 
quelques-uns  de  ces  essais  est  résumé  dans  le  Tableau  suivant  : 

Pour  100  de  zinc  solubilisé 
après  18  semaines. 

Silicate 
Inoculation  de  250='  de  terre 

et  75^  de  minerai  par:  WiUemite.  Smithsonite.      à  basse  teneur. 

Non  inoculé... 'N^i  1^02                 2,1 

5s  de  terre  inoculée 0,28  i,i4                  2,06 

108  de  soufre  inoculé .• i5,53  16, o3  74, 9^ 

5s  de  blende  et  los  de  soufre. 6,81  19,73  47,27 

los  de  terre  inoculée  et  25s  de  soufre 9,99.  22,67  68,44 

L^acide  sulfurique  obtenu  par  l'oxydation  du  soufre  transforme  donc  ces 
différents  minerais  en  sulfate  de  zinc. 

Au  point  de  vue  pratique  le  traitement  de  la  blende  semble  plus  rationnel 
que  celui  des  autres  minerais,  surtout  en  faisant  usage  d'une  bactérie 
oxydante  ne  réclamant  que  peu  de  soufre  libre  et  même  pas  du  tout;  il 
existe  d'ailleurs  des  quantités  considérables  de  minerais  sulfurés  à  basse 
teneur,  inutilisables  jusqu'ici,  et  qui  semblent  pouvoir  être  justiciables  de 
la  méthode  bactérienne. 

La  blende,  d'autre  part,  renferme  généralement  une  quantité  plus  ou 
moins  grande  de  plomb  jusqu'à  former,  dans  certains  cas,  des  minerais 
contenant  parties  égales  de  zinc  et  de  plomb;  nous  avons  donc  cru  utile 
de  faire  porter  également  nos  essais  dans  cette  direction. 

5o  parties  de  terre  inoculée,  5o  parties  de  blende  et  5o  parties  de 
galène  ont  été  mélangées  :  après  12  semaines  24,5  pour  100  de  zinc  était 
solubilisé  dans  les  cultures  contenant  du  soufre  libre  et  10,1  pour  100  dans 
celles  n'en  contenant  pas;  d'autre  part,  on  ne  put  déceler  aucune  solubilisa- 
tion  du  plomb.  Après  3o  semaines  72,4  pour  100  de  zinc  était  solubilisé 
dans  les   cultures  sans   soufre   sans  qu'il  y   ail  encore  solubilisation    du 

plomb. 

En  résumé  :  i"  certaines  bactéries  convertissent  la  blende  en  sulfate  de 
zinc;  2°  le  zinc  solubilisé  n'empêche  pas  l'action  ultérieure  des  bactéries; 
3°  la  présence  du  soufre  favorise  l'oxydation;  4°  les  bactéries  de  Lippmann 


l38o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

produisent  suffisamment  d'acide  sulfurique  pour  solubiliser  les  silicates  et 
le  carbonate  naturels  de  zinc;  5°  dans  les  minerais  de  zinc  et  de  plomb,  le 
zinc  est  solubilisé  à  l'exclusion  du  plomb,  d'où  une  méthode  de  séparation 
des  deux  métaux. 


MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  -  Action  préventive,  dans  la  syphilis,  du  dérivé 
acétylé  de  V acide    oxyaminophénylarsinique   {sel  de    soude).    Note    de 

MM.    L.    FOURNIER,    C.    LevADITI,   A.    ]\aVARRO-3IaRTIN   et    A.   SCHWARTZ, 

présentée  par  M.  Roux. 

Levaditi  et  Navarro  (')  ont  montré  précédemment  (27  mars  1922)  que 
le  dérivé  acétylé  de  l'acide  oxyaminophénylarsinique  (sel  de  soude,  ou 
190),  administré  par  la  voie  buccale,  exerce  une  action  curative  dans  la 
syphilis  humaine  et  expérimentale.  De  plus,  les  auteurs  annonçaient  des 
expériences  en  cours,  concernant  l'action  préventive  de  ce  médicament 
dans  la  même  maladie.  Ils  relataient,  en  collaboration  avec  M.  Marie,  une 
observation  démontrant  que  cette  action  préventive  per  os  se  manifestait 
chez  l'homme  soumis  à  une  infection  tréponémique  massive. 

Nous  apportons  aujourd'hui  les  résultats  de  nos  expériences  de  prophy- 
laxie, poursuivies  de  concert  à  l'Institut  Pasteur  et  à  l'hôpital  Cocliin. 

Dispositif  expérimental.  —  Des  lapins  étaient  infectés  par  scarification  du  pré- 
puce avec  notre  virus  neurotrope,  ou  par  scarification  et  insertions  scrolales  avec  le 
tréponème  dermotrope  {Souches  1  riiffi  et  Fournier-Scluvartz).  A  des  intervalles 
plus  ou  moins  rapprochés,  on  administrait  à  ces  animaux,  à  jeun  depuis  24  heures, 
par  la  voie  gastri((ue,  des  doses  variables  de  190.  D'autres  lapins,  non  traités,  ser- 
vaient de  témoins.  En  outre,  on  accouplait  pendant  3  à  4  jours  des  lapins  mâles 
infectés  (virus  Pg)  avec  des  femelles  neuves;  les  femelles  soumises  à  la  contagion  par 
simple  contact  sexuel  recevaient,  le  lendemain  de  l'accouplement,  le  190  par  la  voie 
stomacale. 

Résultats.  —  Expérience  faite  à  V Institut  Pasteur  :  I.  Procédé  de  la  scarifica- 
tion ou  de  l'insertion  scrotale.  —  Trois  séries  avec  le  \  irus  Pg,  deux  séries  avec  le 
virus  Truffi. 

1°  Virus  Pg.  —  Dans  W  première  série,  deux  animaux  ont  reçu,  l'un  0^,70  de  190 
par  kilogramme,  2  heures  après  l'infection;  l'autre  ig,4  par  kilogramme,  en  deux 
fois,    2   et  24   heures   après    la    scarification.    Le  témoin    montre   des    tréponèmes    le 


(')  Lhvaditi  et  Navarro-Marti.n,  Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  898. 


SÉANCE  DU  2  2  MAI  1922.  l38l 

24®  jour,  les  deux  animaux  traités  préventivement  restent  indemnes  (60  jours  d'obser- 
vation ). 

Dans  la  seconde  série^  un  lapin  reçoit  os,  16  par  kilogramme  après  6  heures,  deux 
autres  0^,33  par  kilogramme  après  le  même  laps  de  temps.  Le  témoin  s'infecte  le 
28<' jour,  les  trois  lapins  traités  ne  contractent  pas  la  maladie. 

Dans  la  troisième  série,  deux  lapins  reçoivent  oe,  26  par  kilogramme  après 
5  heures,  trois  autres  la  même  dose  après  23  heures.  Le  témoin  montre  des  spiro- 
chètes  le  22^  jour,  les  animaux  traités  préventivement  restent  indemnes. 

2"  Virus  T ru ffi.  —  Dans  la  première  série,  deux  animaux  reçoivent  oS,i8  et  oo,23 
par  kilogramme  après  2  heures;  deux  autres  os,2i  et  00,22  après  19  heures.  Aucun  ne 
montre  de  lésions  spirochétiennes  (43  jours  d'observation). 

Dans  la  seconde  série,  qui  comporte  trois  lapins,  la  quantité  donnée  fut  de  os,i  par 
kilogramme  après  24  heures  :  même  résultat. 

II.  Procédé  de  l^ accouplement.  —  Quatre  femelles  ont  été  accouplées  avec  des 
mâles  porteurs  de  belles  lésions  spirochétiennes,  puis  traitées  préventivement  avec 
os,5,  is  et  2?  de  190  per  os.  Aucune  d'elles  n'a  contracté  l'infection  (35,  4^  et  64  jours 
d'observation). 

Expériences  faites  à  V hôpital  Cochin.  —  Huit  lapins  ont  été  infectés  par  scarifi- 
cation au  scrotum,  avec  le  virus  Fournier-Schwartz;  deux  d'entre  eux  ont  reçu  peros, 
48  heures  après  la  scarification,  os,35  par  kilogramme;  deux  autres  la  même  dose 
7  jours  après.  Les  animaux  traités  sont  restés  indemnes,  tandis  que  trois  témoins  ont 
montré,  4  et  6  semaines  après,  des  lésions  scrotales  riches  en  tréponèmes. 

Observation  humaine  {en  collaboration  avec  M.  Marie).  —  Un  sujet,  âgé 
de  32  ans,  n'ayant  jamais  eu  la  syphilis  et  dont  la  réaction  de  Bordet-Was- 
serinann  est  négative,  s'offre  bénévolement  à  être  inoculé  par  scarifications 
aux  deux  bras  avec  du  virus  syphilitique  (une  scarification  analogue  est 
pratiquée  au  même  moment,  aux  arcades  sourcillières  d'un  Macaccus  cyno- 
molgus  n°  il).  Cinq  heures  après,  on  lui  administre  par  la  bouche  2§  de  190 
(aucun  trouble). 

Résultat.  —  Le  Macaccus  cynomolgus  montre  une  lésion  spirochétienne  le 
onzième  jour  :  le  sujet  traité  préventivement  est  indemne  de  toutes  lésions^ 
après  6S  jours  d'observation.  Son  Bordet-Wassermann  est  encore  négatif  le 
cinquante-unième  jour . 

Observations  Fournier-Schwartz  :  M""'  C..,  dont  le  mari  présente  un  chancre 
syphilitique  du  prépuce,  âgé  de  3  semaines  (nombreux  tréponèmes),  a  eu  avec  lui  des 
rapports  sexuels.  A  l'examen  clinique,  aucune  lésion  suspecte  chez  elle  (Bordet- 
Wassermann  négatif).  On  lui  administre  en  deux  séries  de  trois  jours,  76  de  190,  à 
raison  de  is  à  is,5o  par  jour.  Aucun  accident  par  la  suite.  Bordet-Wassermann 
négatif. 

jyjme  /)^..^    chancre    syphilitique  du  prépuce  chez  le   mari,   avec  lequel  elle   a   eu 

C.  R.,  1922,  i"  Semestre.  (T.  174,  N»  21.)  99 


l382  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

plusieurs  rapports  sexuels.  Aucune  lésion  à  l'examen,  Bordet-Wassermann  négatif. 
On  lui  administre  6^'  de  190  en  5  jours.  Aucun  accident  par  la  suite.  Bordet-Wasser- 
mann reste  négatif. 

Conclusions.  —  Les  expériences  sur  les  animaux,  au  nombre  de  21, 
montrent  que  le  190,  administré  «  per  os  »,  1  heures^  5  heures,  6  heures, 
12  heures,  i(\  heures,  2  jours  et  même  7  jours  après  l'infection  spirochétienne, 
agit  préventivement  (dose  minima  essayée  :  0^,1  par  kilogramme). 

Son  efficacité  prophylactique  apparaît  également  chez  le  lapin  soumis  à  la 
contamination  par  simple  contact  sexuel. 

Les  essais  sur  V homme  confirment  ces  données  expérimentales .  Ils  prouvent 
que,  à  la  dose  de  2«,  administrée  5  heures  après  une  infection  massive,  le  190, 
pris  par  la  bouche,  met  à  l'abri  de  la  contamination.  Dans  les  deux  cas  de 
contagion  par  contacts  sexuels  répétés,  une  cure  de  6^  à  7^,  pendant  5  et 
6  jours,  a  prévenu  la  maladie  qui,  sans  ce  traitement,  se  serait  très  vraisem- 
blablement déclarée. 

Les  doses  que  nous  avons  employées  chez  Thomme  dépassent  certaine- 
ment celles  qui  suffiront  pour  écarter  l'infection  dans  les  conditions  oii  elle 
s'opère  liabiluellement,  c'est-à-dire  par  les  quelques  tréponèmes  qui,  à  la 
faveur  d'une  écoixhure,  pénètrent  dans  l'organisme.  Or,  même  aux  doses 
relativement  élevées  que  nous  avons  administrées  à  des  syphilitiques  (lo^  à 
128,  à  raison  de  i^  par  jour  en  moyenne),  le  médicament  a  été  bien  sup- 
porté. Les  seuls  accidents,  rarement  observés,  ont  été  une  élévation  ther- 
mique passagère  et  de  légers  érythèmes. 

Quelques  faits  d'arsénorésistance  dans  le  traitement  de  la  syphilis  par 
le  190,  comme  d'ailleurs  par  les  autres  arsenicaux,  commandent  une  cer- 
taine réserve  au  sujet  de  la  constance  du  pouvoir  prophylactique  et  abortif 
de  ce  composé.  Néanmoins,  les  résultats  expérimentaux  et  les  faits  cliniques 
suffisent,  nous  semble-t-il,  à  faire  conseiller  son  emploi,  à  la  fois  facile  et 
inolTensif,  dans  tous  les  cas  où  la  contagion  paraît  probable.  La  pratique 
permettra  d'établir  avec  précision  les  doses  à  utiliser,  suivant  les  cas. 


A  16  heures  trois  quarts,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 


SÉANCE    DU    22    MAI    iy22. 


i;-583 


COMITÉ    SECKET. 

La  Section  de  Géométrie,  par  l'organe  de  son  Doyen,  présente  la  liste 
suivante  de  candidats  à  la  place  vacante  par  le  décès  de  M.  C.  Jordan  : 

En  première  ligne M.  Hexri  Lëbesgue 

En  deuxième  ligne  ex  œquo  \  MM.  Elie  Cartan 

el  par  ordre  alphabétique i  Jules  Drach 

En  troisième  ligne,   ex  œquo  j  MM.  Claude  Guiciiard 

et  par  ordre  alphabétique I  Ernest  Vessiot 

Les  titres  de  ces  candidats  sont  discutés. 
L'élection  aura  lieu  dans  la  prochaine  séance. 


La  séance  est  levée  à  17  heures. 


E.  P. 


ERRATA. 


(Séance  du   i^^  mai    1922.) 

Note   de    M.   Jules.   Arîdrade,   Les   problèmes    mécani^iues  des  ressorts 
réglants  : 

Page  1145,  le  paragraphe  XII  est  vicié  par  une  faute  de  calcul;  la  Noie  de  Méca- 
nique de  ce  jour,  du  même  auteur,  corrige  ladite  faute  par  l'équation  (3). 


1384  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 


Ouvrages  reçus  dans  les  séances  d'avril  1922  {suite et  fm). 

La  glande  génitale  mâle  et  les  glandes  endocrines,  par  Edouard  Réitérer  et 
Serge  Voronoff.  Paris,  Doin,  1921;  i  vol.  20'='°. 

The  etiology  and  pathology  of  typhus,  by  S.  Burt  Wolhach,  John  L.  Todd  and 
Francis  W.  Palfrey.  Cambridge,  Mass.,  Harvard  University  press,  1922;  i  vol.  26*='". 

L'Astronomie  en  Alsace  et  particulièrement  à  Strasbourg,'i^2ir  G.  Bigourdan. 
Extrait  des  Comptes  rendus  du  Congrès  des  Sociétés  savantes  en  1920,  Sciences; 
I  fasc.  24''™. 

Sur  l'approximation  des  fonctions  de  grands  nombres^  par  Maurice  Hamy. 
Extrait  des  Mémoires  de  l' Académie  des  Sciences.  Tome  57,  1922;  i  fasc.  28*="". 

Observatoire  Jarrv-Desloges.  Observations  des  surfaces  planétaires.  Extrait  du 
fascicule  VI  :  Sur  les  frontières  de  la  vision.  Abbeville,  F.  Paillart,  1922;  i  fasc. 
nb"'^.  (Présenté  par  M.  G.  Bigourdan.) 

Institut  international  d'Agriculture.  VII*  assemblée  générale,.  Ramassage  et  utilisa- 
tion des  déchets  et  résidus  pour  l'alimentation  de  l'homme  et  des  animaux,  pour 
les  engrais  et  les  industries  agricoles  (1914-1920),  par  Arturo  Bruttini.  Rome, 
Imprimerie  de  l'Institut  international  d'Agriculture. 

Cours  de  Physique  générale^  par  H.  Ollivier.  Tome  second  :  Thermody namique 
et  étude  de  V énergie  rayonnante.,  par  J.  Hermann,  1922;  i  vol.  25'=°'.  (Présenté  par 
M.  J.  Vielle.) 

Teoria  cosmologica  cicloidal,  par  Scipion  E.  Llona.  Tomo  primero.  i^  Parte  : 
Movimienlos  cicloidales  Algunas  de  las  pruebas  astronômicas.  Lima-Peru,  Berrio, 
1918;  I  vol.  24'^'". 

Flore  générale  de  V Indo-Chine.,  publiée  sous  la  direction  de  H.  Lecomte.  Tome  VII, 
facicule  3  :  Cypéracées,  par  E.-G.  Camus;  Graminées,  par  E.-G.  Camus  et  M^'»  Camus. 
Paris,  Masson  et  C'%,  1922;  i  vol.  24"". 

Sur  les  systèmes  géodésiques  équilatères  à  la  surface  du  sphéroïde  terrestre,  par 
E.  FiceoT.  Extrait  des  Annales  hydrographiques,  1921.  Paris,  Imprimerie  nationale, 
1921;  I  fasc.  24'^'°. 

/\otes  ptéridologiques,  par  le  Prince  Bonaparte.  Fascicule  12.  Copenhague, 
imprimé  par  l'auteur,  1920;  i  fasc.  28'=". 

Ministère  de  l'Agriculture.  Direction  ,  générale  des  Eaux  et  Forêts.  Service  des 
grandes  forces  hydrauliques  (région  du  S\xà-0\iQ9i\.).  Résultats  obtenus  pour  le  bassin 
du  Salât.  Tomes  II  bis  et  VII. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU    LUNDI   *i9   MAI    1022. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Albin  HALLEU. 


MÉMOIRES  ET  COMMUNICATIONS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

M.  le  Président  annonce  à  rAcadémie  qu'en  raison  des  fêtes  de  la  Pen- 
tecôte, la  prochaine  séance  hebdomadaire  aura  lieu  le  mardi  6  juin  au  heu 
du  lundi  5. 

M.  le  Président  souhaite  la  bienvenue  à  M.  3Iourei.o,  professeur  à  l'Uni- 
versité de  Madrid,  et  au  D'"  Ri<:hari>  Bishop  Moore,  chimiste  en  chef  du 
Bureau  des  Mines  des  États-Unis,  qui  assistent  à  la  séance. 

M.  le  Président  s'exprime  en  ces  termes: 

A  la  liste  funèbre  de  nos  disparus  de  cette  année,  nous  avons  le  doulou- 
reux regret  d'ajouter  le  nom  de  l'éminent  industriel,  du  grand  philanthrope, 
M.  Ernest  Solvay,  qui  vient  de  mourir  à  l'âge  de  84  ans.  Né  à  Rebecq- 
llognon,  en  Belgique,  notre  confrère  a  eu  la  carrière  la  mieux  remplie  et  la 
pk^s  féconde  qu'un  homme  d'action  puisse  souhaiter.  C'est  dans  une  usine 
à  gaz,  dirigée  par  un  de  ses  oncles,  qu'il  entreprit  ses  premières  recherches 
sur  la  fabrication  de  la  soude  à  l'ammoniaque.  Mieux  favorisé  par  les  cir- 
constances que  nos  compatriotes  Th.  Schlœsing  et  Rolland,  qui  poursui- 
vaient le  même  problème,  il  a  réussi,  en  collaboration  avec  son  frère  Alfred 
Solvay,  à  asseoir  sur  des  bases  solides,  parce  que  scientifiques,  cette  fabri- 
cation, un  des  tronçons  les  plus  importants  de  la  grande  industrie  chimique. 
Il  a  mis  dans  cette  œuvre  une  énergie  et  une  ténacité  qualifiées  par  lui- 
même,  dans  sa  modestie,  «  d'entêtements  industriels  de  sa  jeunesse  »,  et 
qu'on  pourrait  donner  en  exemple  à  bien  des  débutants. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N'  22.)  ^^^ 


l38(J  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

La  lutte  entre  le  nouveau  procédé  et  l'ancien,  en  l'espèce,  le  procédé 
Le  Blanc,  fut  longue  et  âpre,  mais  la  victoire  appartint,  et  appartiendra  tou- 
jours, aux  procédés  à  meilleurs  rendements  et  à  exploitation  plus  écono- 
mique, malgré  les  perturbations  momentanées  qu'ils  introduisent  dans  la 
production  générale. 

A  partir  du  moment  où  le  succès  vint  couronner  ses  efforts,  M.  Ernest 
Solvay,  désormais  libéré  de  tout  souci  matériel,  se  consacra  à  des  études 
d'ordre  social  et  économique. 

Les  problèmes  qu'il  souleva  et  les  solutions  qu'il  préconisa  dans  ce 
domaine  si  complexe  de  l'exploitation  industrielle  et  commerciale,  sont 
tous  marqués  au  coin  de  l'esprit  le  plus  positif  et  le  plus  généreux.  Il  a 
consigné  dans  deux  opuscules  parus  sous  les  noms  de  Principes  d' orientation 
socKilc  et  de  Questions  d' énergétique  sociale^  la  plupart  des  articles  qu'il  a 
publiés  sur  ces  captivants  sujets. 

Estimant  qu'une  partie  de  la  fortune  acquise  devait  servir  à  des  amélio- 
rations sociales  et  à  des  encouragements  à  la  science,  il  créa  plusieurs 
Instituts  à  l'Université  de  Bruxelles,  et  dota  largement  les  Instituts  de 
Chimie  et  d'Electrotechnique  de  Nancy,  ainsi  que  l'Institut  de  Chimie 
appliquée  de  l'T  niversité  de  Paris. 

Sa  dernière  création  ne  l'ut  pas  la  moins  originale  ni  la  moins  réussie.  11 
s'agit  de  ces  Instituts  internationaux  de  Physique  et  de  Chimie  où  périodi- 
quement, tous  les  trois  ans,  il  réunissait  pendant  huit  jours,  dans  un  des 
établissements  du  parc  Léopold  dépendant  de  l'Université,  des  savants  de 
différents  pays  dans  le  but  de  «  discuter  et  de  fixer  une  série  de  points  con- 
troversés des  théories  physiques  et  chimiques  modernes  ». 

Bien  que  déprimé  par  la  lutte  constante  qu'il  eut  à  soutenir,  pendant 
quatre  ans,  comme  Président  du  Comité  de  ravitaillement  belge,  contre  un 
ennemi  barbare  et  implacable,  il  nous  convoqua  il  y  a  un  mois  à  peine, 
dans  un  de  ces  congrès  privés,  où  entre  confrères  de  pays  alliés  et  neutres, 
nous  abordâmes  les  questions  de  Physico-Chimie  et  de  Chimie  qui  pas- 
sionnent depuis  quelques  années  les  chercheurs  et  tout  le  monde  pensant. 

M.  J^rnest  Solvay  avait  une  foi  profonde  dans  l'action  civilisatrice  de  la 
science,  et  accueillait  avec  faveur  toute  suggestion,  toute  requête  intro- 
duite dans  un  but  de  propagande  et  de  production  scientifique. 

Aussi  sa  déconvenue  fut-elle  grande  quand,  en  I9i4,il  prit  connaissance 
du  manifeste  des  98  approuvant  l'envahissement  de  son  pays  et  excusant  les 
atrocités  que  les  hordes  allemandes  y  avaient  commises  et  continuaient  à  y 
commettre.  Patriote  ardent  et  convaincu,  il  ne  parlait  de  ces  heures  Ira- 


SÉANCE  DU  29  MAI  I922.  1887 

giques  que  d'une  voix  frémissante  où  perçaient  sa  désillusion  et  sa  mésestime 
à  l'égard  des  ennemis  de  son  pays. 

Belle  el  noble  figure  de  l'industrie  contemporaine,  M.  Ernest  Solvay 
laissera  un  souvenir  impérissable,  non  seulement  comme  industriel  nova- 
teur, mais  encore  comme  sociologue,  comme  philanthrope,  et  comme 
bienfaiteur  de  rintellectualité  à  tous  les  degrés. 


PHYSIOLOGIE   VÉGÉTALE.    —    Su7'   fa  véi^étation  dans  des  milieux  pauvres 
en  oxygène.  Note  de  MM.  L.  Maouenxe  et  E.  Demoussy. 

Nous  avons  déjà  insisté  sur  ce  fait  que  les  plantes  peuvent"  se  contenter 
pour  vivre  d'une  très  petite  quantité  d'oxygène,  celle  par  exemple  qui 
se  trouve  en  dissolution  dans  l'eau  ou  que  la  fonction  chlorophyllienne 
dégage,  pendant  le  jour,  de  l'acide  carbonique  émis  par  la  respiration  noc- 
turne (').  Nos  recherches  ultérieures  nous  ont  fait  voir  que  cette  faculté  est 
d'ordre  très  général,  qu'elle  s'exerce  dès  la  germination  des  grains  et  se  pour- 
suit même,  à  la  lumière,  chez  les  plantes  terrestres  que  l'on  maintient 
immergées  ou  que  l'on  conserve  dans  le  vide.  Il  en  résulte,  comme  on  va 
le  voir,  quelques  conséquences  nouvelles  et  assez  imprévues. 

L-  Évolution  des  graines  immergées.  —  On  sait  depuis  plus  de  40  ans  que 
les  graines  peuvent  germer  dans  l'eau  courante  quand  celle-ci  est  conve- 
nablement aérée;  l'expérience  ne  réussit  d'ailleurs  qu'avec  les  graines  de 
petites  dimensions,  dont  la  surface  relativement  grande,  par  rapport  à  leur 
volume,  permet  à  l'oxygène  dissous  de  pénétrer  jusque  dans  les  profon- 
deurs des  réserves  en  quantité  suffisante  pour  subvenir  aux  besoins  de  leur 
respiration. 

A  l'aide  de  l'appareil  à  circulation  continue  que  nous  avons  décrit  dans 
la  Note  précitée  nous  avons  pu  faire  les  mêmes  observations  en  milieu 
rigoureusement  aseptique  (-)  et,  de  plus,  en  prolongeant  Texpérience  en 
plein  jour,  faire  évoluer  les  graines  à  l'état  de  plantules  d'apparence  nor- 
male, sauf  la  petitesse  de  leurs  feuilles,  qui  s'allongent  rapidement,  ver- 


(^)  Maquenni'  el  Demolssy,  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  è-'o. 

(-)  Les  germinations  se  font  ainsi  aussi  vite  que  sur  sable  ou  sur  terre  humides.  On 
remarquera  d'ailleurs  que  ce  dispositif  expérimental  permet  non  seulement  d'aérer  l'eau 
d'une  façon  parfaite,  mais  encore  d'en  chasser  mécaniquement  les  produits  volatils 
toxiques  qui  peuvent  s'y  former. 


l388  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

dissent  et  s'orientent  dans  l'eau,  sans  s'injecter,  comme  si  elles  étaient  dans 
l'air. 

Ces  plantules,  qui  peuvent  atteindre  jusqu'à  o'"  ,  20  et  o" ,  3o  de  longueur 
totale,  sont  bientôt  atteintes  de  chlorose,  même  dans  une  solution  nutritive 
(liqueur  de  Detmer  étendue,  glucosée  ou  non),  ce  qui  naturellement  met 
un  terme  à  leur  évolution;  elles  n'en  sont  pas  moins  douées,  pendant  les 
quelques  semaines  que  dure  leur  croissance,  d'une  capacité  d'assimilation 
qui  les  rend  comparables  à  une  plante  normale.  Lorsqu'on  termine  l'expé- 
rience on  trouve,  en  effel,  si  l'on  a  eu  soin  d'ajouter  à  l'air  qui  circule  à 
travers  l'appareil  quelques  centièmes  d'acide  carbonique,  que  le  poids  de 
matière  sèche  ainsi  obtenue  esl  supérieur  ou  au  moins  égal  à  celui  de  la 
graine  primitive.  Avec  le  radis  et  le  colza  nous  avons  pu  avoir  de  cetle 
manière,  ainsi  que  le  montre  le  Tableau  suivant,  des  récoltes  pesant  respec- 
tivement une  fois  et  demie  et  près  de  huit  fois  plus  que  la  semence.  C'est  la 
première  fois,  croyons-nous,  qu'on  obtient  un  pareil  résultat  dans  des  condi- 
tions aussi  spéciales,  et  en  même  temps  la  preuve  que  la  petite  quantité 
d'oxygène  que  l'eau  aérée  renferme  en  dissolution  suffit,  non  seulement  à 
faire  germer  les  graines  de  petit  volume  j  usqu'à  épuisement  de  leurs  réserves, 
mais  encore  à  entretenir  la  respiration  des  plantes  terrestres  immergées 
aussi  bien  que  celle  des  plantes  aquatiques. 

Longueur  Poids             Poids 

Durée              — -^ — ^ — ^ des                  de 

de                      des           des  tiges  plantules  la  semence 

l'expérience.       racines.         ou  axes.  sèches.  primitive.      Rapport, 

mm                      mm  raj;                       m  g 

Pois(') 3o  jours  280  65  128  128  1,0 

Radis 14     »  90  35  17                10, 3  1,6 

Blé(-) ..  25     »  »  »  53               54  1,0 

Colza 24     »  80  25  18,6             2,5  7,4 

»     (3) i5     »  200  8,8  2,5        3,5 

][.  Mouvement  des  gaz  (tans  la  racine  des  plantes  immergées.  —  Quand  on 
expose  au  soleil  une  jeune  plante  issue  de  graine  immergée  et  immergée 
elle-même  dans  l'eau  saturée  d'air  et  chargée  d'acide  carbonique,  on  voit 
les  feuilles  émettre  de  l'oxygène  en  abondance,  ce  qui  témoigne  de  leur 

(')  Très  nomlireuses  petites  feuilles.  Cotylédons  épuisés. 
(■-)   Grain  complètement  vide. 

(^)  La    plante    s'était    étiolée,    faute    de    lumière,    pendant   les   premiers   jours   de 
l'expérience. 


SÉANCE   DU    29   MAI    1922.  iSSg 

activité  clilorophyllienne,  et,  en  outre,  se  produire  sur  la  racine,  en  un  ou 
deux  points  situés  souvent  à  plus  de  10''"  du  collet,  quelquefois  même  au 
voisinage  de  la  coiffe  terminale,  un  dégagement  de  fines  bulles  gazeuses, 
toutes  semblables  à  celles  qui  s'échappent  de  la  tige  d'une  plante  aquatique 
sectionnée;  le  phénomène  est  particulièrement  net  avec  les  pois  et  le  colza. 

Ce  gaz,  que  nous  n'avons  pas  pu  recueillir  en  quantité  suffisante  pour  en 
faire  l'analyse,  n'est  sûrement  pas  de  l'acide  carbonique,  qui,  dans  ces  con- 
ditions, ne  manquerait  pas  de  se  dissoudre  dans  le  liquide  ambiant;  il  ne 
peut  guère  être  formé  non  plus  d'azote,  dont  on  ne  s'expliquerait  pas 
l'origine;  c'est  donc  encore  vraisemblablement  de  l'oxygène.  D'ailleurs  son 
dégagement  est  bien  en  rapport  avec  la  fonclion  chlorophyllienne,  car  on 
le  voit  cesser  dès  qu'on  place  un  écran  devant  les  feuilles  pour  repartir 
aussitôt  qu'on  leur  rend  la  lumière. 

Si  d'autre  part  on  remarque  que  le  dégagement  en  question  se  produit 
aux  points  où  plus  tard  il  doit  apparaître  une  radicelle,  ce  qui  exige  un 
apport  de  matériaux  plastiques,  on  est  conduit  à  admettre  ({ue  les  plantes 
sont  le  siège  d'un  mouvement  de  gaz  qui  se  déplacent  à  l'intérieur  de  leurs 
tissus  dans  le  même  sens  et  suivant  le  même  chemin  que  la  sève  nourricière. 
C'est  là  un  fait,  non  encore  signalé  au  cours  de  la  végétation  normale,  qui 
nous  paraît  de  réelle  importance  en  ce  qu'il  nous  fait  connaître  un  nouveau 
mode  de  transport  dans  la  plante  d'un  élément  qui  lui  est  nécessaire. 

Il  va  sans  dire  que  cette  émission  d'oxygène  à  la  surface  des  racines  ne 
peut  s'eiléctuer  que  si  ce  gaz  y  arrive  en  quantité  supérieure  à  celle  dont 
elles  ont  besoin;  c'est  pourquoi,  dans  l'expérience  précédente,  on  ne 
l'observe  que  sous  de  forts  éclairements. 

Remarquons  enfin  qu'on  peut  tirer  de  là  un  argument  sérieux  en  faveur 
de  cette  idée  que  l'oxygène  chlorophyllien  prend  naissance  à  Textérieur  de 
la  cellule  assimilatrice,  dans  la  sève  même,  par  décomposition  catalytique 
de  quelque  peroxyde  élaboré  comme  elle  par  les  chloroplastes,  et  chassé  en 
même  temps  qu'elle  dans  la  circulation  libérienne. 

III.  Vitalité  des  feuilles  vertes  en  V  absence  d'oxygène.  —  Nous  avons  déjà 
fait  observer  (Joe.  cit.)  que  certaines  feuilles,  comme  celles  d'aucuba  et 
de  poirier,  se  conservent  intactes  pendant  plusieurs  semaines  et  même 
plusieurs  mois  dans  le  vide,  à  la  lumière  ordinaire  du  jour.  C'est  là  une 
propriété  qui  est  loin  d'être  générale  et  sur  laquelle  il  est  nécessaire  d'ap- 
porter quelques  précisions;  elle  est,  en  effet,  assujettie  à  un  certain  nombre 
de  conditions  dont  la  présente  Note  a  pour  objet  de  définir  les  plus  impor- 
tantes. 


l390  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

En  fait,  la  durée  de  conservation  des  feuilles  vertes  dans  le  vide,  à  la 
lumière,  est  extrêmement  variable  avec  leur  nature,  depuis  à  peine 
24  heures,  par  exemple,  pour  l'oseille,  dont  le  jaunissement  témoigne 
d'une  altération  rapide,  jusqu'à  plus  d'un  an  pour  l'aucuba  qui,  malgré  la 
facilité  avec  laquelle  il  noircit  sous  la  moindre  influence  abiotique,  garde 
pendant  tout  ce  temps  son  aspect  primitif;  il  conserve  même  toutes  ses 
propriétés  physiologiques,  car  une  feuille  de  cette  espèce,  maintenue  sous 
vide,  en  tube  scellé,  en  face  d'une  fenêtre  qui  ne  recevait  que  la  lumière 
diffuse  du  jour,  depuis  le  6  mai  1921  jusqu'au  5  mai  1922,  a  pu  encore 
décomposer  en  6  heures,  au  soleil,  2""', 4  d'acide  carbonique.  D'un  autre 
tube,  renfermant  un  morceau  de  feuille  d'aucuba  d'environ  5""'  de  super- 
ficie, mais  n'ayant  que  6  mois  d'âge,  on  a  pu  extraire,  après  insolation, 
o''"',5  d'oxygène  pur  ('),  sans  trace  d'acide  carbonique,  ce  qui  est  une 
nouvelle  preuve  que  la  fonction  chlorophyllienne  s'y  était  accomplie  régu- 
lièrement. Ajoutons  que  la  même  feuille  qui,  dans  l'expérience  précitée, 
avait  décomposé  plus  de  2""'  de  gaz  carbonique  après  un  an  de  conserva- 
tion, a  noirci  dans  l'espace  de  deux  jours  quand  on  l'a  de  nouveau  soumise 
au  vide,  à  l'obscurité;  c'est  donc  bien  l'influence  de  la  lumière  qui  l'avait 
maintenue  vivante  jusqu'alors. 

Entre  ces  extrêmes  il  doit  y  avoir  nécessairement  une  infinité  d'intermé- 
diaires qu'il  serait  fastidieux  de  rechercher;  signalons  seulement,  parmi  les 
feuilles  susceptibles  d'une  longue  conservation,  celles  du  laurier-tin,  dont 
un  fragment,  gardé  sous  vide  à  la  lumière,  pendant  six  mois,  a  décomposé 
en  un  jour  o""',5  de  gaz  carbonique  et  dégagé  la  quantité  correspondante 
d'oxygène.  Des  feuilles  de  laurier-cerise,  de  troène  et  de  fusain  (très  jeunes) 
étaient,  au  contraire,  mortes  peu  de  temps  auparavant. 

Les  raisons  de  ces  diflerences  sont  multiples;  il  y  en  a  cependant  quelques- 
unes  qui  sont  faciles  à  saisir.  Pour  qu'une  feuille  détachée  se  conserve  dans 
de  pareilles  conditions,  il  faut  nécessairement  (]ue  les  matériaux,  gazeux  ou 
solides,  qu'elle  consomme  en  respirant  pendant  la  nuit  soient  intégrale- 
ment régénérés  pendant  le  jour  par  la  fonction  chlorophyllienne;  en 
d'autres  termes,  qu'il  ne  se  forme  aucun  produit  fixe  tel  que  la  cellulose;  ce 
seront  donc  les  organes  ayant  atteint  leur  maximum  de  développement  qui 
seuls  seront  capables  de  satisfaire  à  cette  condition.  Il  faut  ensuite  que  la 


(' )  Le  lube  en  question  ayant  environ  lu""'  de  capacité,  l'oxygène  s'y  trouvait  sous 
une  pression  tle  j^^  J'atuiosplière,  soit  à  peu  près  le  (|uart  de  celle  qu'il  possède  dans 
l'air  commun. 


SÉANCE   DU    29    MAI    1922.  iSgi 

feuille  renferme  une  réserve  de  substance  combustible  suffisante  pour 
fournir,  sans  en  être  affectée,  le  volume  de  gaz  carbonique,  par  conséquent 
d/'oxygène,  qui  lui  est  nécessaire  au  début;  autrement  elle  serait  frappée 
d'épuisement,  ce  qui,  comme  nous  l'avons  montré  autrefois,  est  un  signe 
de  dégénérescence  sénile.  Cette  condition  exige,  comme  la  précédente,  que 
l'organe  étudié  ait  cessé  de  s'accroître;  c'est  donc  parmi  les  feuilles  adultes 
et  surtout  les  feuilles  persistantes,  dont  la  respiration  se  maintient  à  peu 
près  constante  dans  l'espace  d'une  nuit,  qu'il  faut  cbercber  celles  qui  se 
conservent  le  plus  longtemps  à  l'abri  de  l'air.  Le  Tableau  suivant  montre 
bien,  en  effet,  qu'il  existe  sous  ce  rapport  une  énorme  diiïérence  entre  les 
feuilles  d'oseille  et  celles  d'aucuba.  C'est  surtout  la  respiration- intracellu- 
laire qui  est  touchée,  à  ce  point  qu'après  quelques  heures  seulement  le 

rapport  -r;  des  deux  intensités  respiratoires,  interne  et  normale,  est  devenu 

presque  nul  chez  l'oseille,  alors  que  chez  l'aucuba  il  n'a  perdu  qu'une  faible 
fraction  de  sa  valeur  primitive  ( '  ). 

CO-  dégagé 

pai-  100s  de  feuilles 

en   1  lieure. 

Durée ^ — -^-^ — — ^ 

de  Respiration  liespiralion 

l'expérience.                   intracellulaire.         normale, 
cm»  cm' 

/   Après  4  heures 6,2  19,1 

Oseille.  »       encore  4  'leures  ...  .  0,7  1/4,7 

(  ))        encore  16  heures.  .  .  0,0  8,0 

I    Après  4  heures '-^7? 5  5i  ,5 

Aucuba.  »       encore  4  heures.  ..  .  28,7  47,5 

'  »       encore  16  heures  ..  .  9,7  '^3,7 

Remarquons  enfin  que,  pour  que  les  deux  fonctions  adverses  de  la  feuille 
se  compensent  exactement,   il    est    nécessaire    que    le    quotient    respira- 

toire  -^  soit  au  moins  égal  au  coefficient  chloropliyllien  réel,  c'est-à-dire 

égal  ou  supérieur  à  i,ce  que  nous  savons  être  le  cas  général  pour  les 
organes  verts  en  bon  état  physiologique. 

En  résumé,  les  feuilles  sont  capables,  chez  certaines  espèces,  de  con- 
server leur  vitalité  en  l'absence  d'air  pendant  un  temps  qui  peut  être  fort 


(^)  Les  intensités  des  deux  respirations,  intracellulaire  et  normale,  ont  été  déter- 
minées simultanément,  à  la  môme  température,  sur  des  feuilles  aussi  semblables  que 
possible. 


{appiirl 

I 

n" 

0 

,33 

G 

,o5 

0 

,00 

0 

,53 

0 

,  5(» 

0 

,4i 

1892  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

long,  puisqu'il  arrive  à  dépasser  celui  qu'emploient  les  plantes  annuelles  à 
parcourir  le  cycle  entier  de  leur  évolution.  C'est  là  un  fait  nouveau  et' 
inattendu  qu'il  nous  a  paru  intéressant  de  signaler  :  il  nous  montre  que  les 
graines  ne  sont  pas,  comme  on  le  croit  généralement,  les  seuls  organes  qui 
puissent  vivre  longtemps  encore  après  qu'on  les  a  séparés  de  la  plante  qui 
les  a  produits. 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  ' —  Sur  Ics  figures  intégrales  singulièi-es  des  sys- 
tèmes partiels  du  premier  ordre  auxquels  s^anplique  la  méthode  d'intégration 
de  Jacohi.  Note  ('  )  de  M .  Riquier. 

1.  Considérons  un  système  partiel  du  premier  ordre  auquel  s'applique  la 
méthode  de  Jacobi  généralisée  (-),  par  exemple  le  système 

l  du  ^.        „    Ou  „   du  Ov  ..        „    Ov  „    Or  Oiv  ,,,        ^^    0^v  „    (?tr 

\  Or  Os  Ot  Or  Os  Ot  Ox                      Os  Ot 

du  ,,        ^   Ou  ,^  On  f9p  ,.       ^    Ov  ™    Je  Ow  ,,,       „    Oi\'  „    Osv 

^    '   \0y  ^       ^  Os  ^  Oi  Oy  ■        ^  Os  Oc  Oy          '        ■   Os  ^  Ot 

f  Ou  Ou  Ou  Ov  Ov  Or  O^r  ,,,         ^,    0*^'  ^   Ow 

\  Oz  Os  Ot  Oz  Os  Ot  ôz                      Os  Ot 

dans  ces  formules,  //,(',  (r  désignenl  des  fonctions  inconnues  de  ,r,  y,  ^, 
.y,  t,  et 

(2)  U.„  U,,  U„  V,,  V,,  V„  w,.,  w,-,  w,,  s,,  s,,  S„  T.,,  T,,  T, 

des  fonctions  connues  de  x,  y,  g,  s,  t,  u,  c,  w,  ces  dernières  salisfaisanl 
aux  conditions  voulues  pour  que  le  système  (i  )  soit  passif.  Celle  passivité 
entraîne  d'ailleurs  celle  du  système  différentiel  total 

Os  _      o 
Ox 

(3)  |^=-S„ 
I  Os    ç^ 

où  5,  t,  U,  ç',  W  désignent  cinq  fondions  inconnues  de  x,  y,  z. 

(Considérons  mainlenanl,  au  lieu  du  système  (3),  un  système,  {3  bis) 

(^)  Séance  du  i5  mai  1922. 

(-)   KiQUiER,  Les  systèmes  d ''équations  aux  dérirées  partielles,  n°  206. 


Ot 

dx-      ^' 

Ou 

Ox  -  ^"' 

Oy  -      '- 

Oy 

Oz  -         -' 

^  =  "=. 

Ox  ~  '^•^■' 

Ox  -  ^-^^ 

Oy  -     ■^' 

%  =  ->^ 

^  -y 

Oz  ~    '' 

1  =  ^^=. 

SÉANCE   DU   29   MAI    1922.  l39"3 

identique  à  (3)  quant  à  l'écriture,  mais  où  les  fonctions  inconnues  5,  /,  ;/, 
(',  »■  seront  supposées  dépendre,  non  plus  seulement,  comme  dans  (>  ), 
de  .a?,  r,  z^  mais  encore  de  cinq  variables  adjointes,  qui  ne  figurent  dans  les 
équations  du  système  ni  par  elles-mêmes,  ni  par  l'intermédiaire  d'aucun 
symbole  de  dérivation  :  ce  système  (3  bis)  esl  nécessairement  passif 
comme  (3  ).  Désignons  ensuilc  par  *"„,  Vq,  ^„,  v,,,  /„,  z/,,^  ^'o^  <^"o  des  valeurs 
numériques  de  ce,  y,  z,  s,  l,  11,  v,  iv  n'excédant  pas  les  limiles  où  les  fonc- 
tions (2)  sont  toutes  analytiques  et  régulières;  par  a,  ^,  y,  0,  A  les  cinq 
nouvelles  variables,  adjointes,  comme  il  a  élé  dit,  à  ^,  y,  -;  par 

(4)  a,aH- ^,i3  +  c,-7  +  f//j +  /,>. +  ^,         («  =  i,  2,  3,  4,  5) 

cinq  fonctions  linéaires  de  a,  [i,  y,  0,  X  à  coefficients  constants,  telles  que  le 
déterminant  formé  avec  les  coefticients  des  variables  soit  différent  de  zéro  ; 
par  a^,  ^„'  T07  ^»i  ^0  les  valeurs  numériques  de  a,  [i,  y,  0,  X  qui  vérifient  les 
relations  obtenues  en  égalant  respectivement  à  i',,,  /o-  ifo,  t'o,  ^^'0  ces  cinq 
fonctions  linéaires;  et  par 

s  =S   {a;,  y,  z,  a,  [3,  y,  0,  l), 
t.   =S  (^,  J,  -,.a,  (3,  y,  rj,  >.), 

(5)  Ju  =  l-)(.r,  7,  .-,  a,  |3,  y,  0,  A), 

r  =\''(^',  j,  ,-:,  a,  3,  y,  ô,  A), 
(V  =  \^';(.r,  y,  j,  a,  [3,  y,.  0,  l) 

la  figure  intégrale  (ordinaire)  du  système  (3  bis)  déterminée  par  la  con- 
dition initiale  que,  pour  ce,  y,  z  =  x,,,  r,,,  ^0?  l^s  inconnues  s,  t,  u,  v,  (ï-  se 
réduisent  respectivement  aux  fonctions  linéaires  (4  )• 

Finalement,  traçons  dans  l'espace  [[.r,  j,  ^]j,  à  partir  de  (a;,,,  Vo»  ^o)? 
un  arc,  ^^,.^.(jo,  ...),  dépendant  d'un  groupe  d'indéterminées  (réelles), 
/j,  ...  (');  puis,  dans  l'espace  [[a,  |i,  y,  0,  À]],  àpartirde(a„,  |3o,yo,Oo,  A„), 
un  arc,  =itoa,iB.Y,ô,)XV-  •  •  •)'  dépendant  d'un  deuxième  groupe  d'indéterminées 
(réelles),  q,  ...,  qui  n'ofïre  aucune  indéterminée  commune  avec  le  groupe 
/>,...:  si  l'on  suppose  que  l'intégrale  (5)  du  système  (3  bis)  soit  calculable 
par  cheminement  sur  l'arc 

(6)  [^x.y,z{P^    ■■•)^       -'-a.p.YÀXC'/'    •••)]>  * 

le  point  de  l'espace  \\s,  t,  w,  r,  w\\  défini  par  (5)  décrit  dans  ce  chemine- 

(')  Loc.  cit.,  n°  37. 


l3gl[  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

ment,   à   partir  de  (^<,,  /„,  //o,  ^o-  »'o)i  un  arc,   cl,,„„.„(/?,  ...,q,  ...),  qui 

dépend  à  la  fois  des  indéterminées/),  . .  .et  des  indéterminées  g, 

Cela  posé,  et  le  groupe  >î,  ç,  tl,  V,  \^^  des  fonctions  (5)  étant  supposé  calcu- 
lable par  cheininement  sur  l'arc  (6),  pour  que  le  i^roupe  des  fonctions  (2)  soit 
lui-même  calculable  sur  l'arc 

[.iL,,,,,(/>,  .  .  .)-      =^kv7.„.,.,H.(/>,  ..-,  q.  ■■  .)]■ 

il  faut  et  il  suffit  que,  sur  Varc  (6  ),  le  déterminant  différentiel  ^—-r — f —    .'  -  , 
-'  •'-'      ^       '  ^     ^  •''  (?(a,  p,  y,  0,  A) 

reste  constamment  différent  de  zéro. 

Cette  propriété,  que  Ton  peut  établir  avec  une  entière  rigueur,  suggère, 
pour  la  recherche  des  figures  intégrales  singulières  du  système  (i),  telles 
que  nous  les  avons  définies  dans  une  Note  antérieure  (  '),  un  procédé  indi- 
rect, basé  sur  la  connaissance  des  formules  (5).  Adjoignant  à  ces  formules 

,  ,    ..         (){>>.  G,  X),  V),  ■^))  ,,.      .  .       ,  . 

la  relation  —7- — ^ ^  ^    ■  =  o,  on  elimmera  entre  ces  six  équations  trois 

^(a,  p,  y,  0,  /)  '  ^ 

des  constantes  arbitraires,  y,  0,  A  par  exemple;  on  obtiendra  ainsi,  dans 
un  espace  à  huit  dimensions,  une  famille  de  figures  à  cinq  dimensions 
dépendant  des  indéterminées  a,  [55.  On  examinera  alors  si  l'attribution  à  a, 
^  de  telles  ou  telles  valeurs  convenablement  choisies  peut  fournir  des  figures 
intégrales  du  système  (i). 

II.  Considérons  actuellemenl  une  figure  intégrale  (ordinaire),  (5),  du 
système  (3  bis),  lellc  que  les  fonctions  /s(a,  |3,  y,  c.  A),  ft{y.,  p,  y,  f).  A), 
/„(a,  fl,  y,  0,  A),/,,(a,  3,  y,  0,  A),  /,,(a,  p,  y,  0,  A),  auxquelles  se  réduisent 
respeclivemcnl,  pour  a;,  y,  z  =  ^y,  r^,  z^^  les  inconnues  s^  t,  u,  v,  tr,  satis- 
fassent aux  simples  conditions  d'avoir  comme  valeurs  initiales  respeclives^,,, 
^05  "o»  <'o?  ^0^  6^  de  présenter,  par  rapport  aux  arbitraires  ce,  [îi,  y,  0,  A,  un 
déterminant  différentiel  à  valeur  initiale  non  nulle.  Une  semblable  inté- 
grale de  (3  bis)  étant  connue,  il  suffirait,  pour  en  obtenir  une  appartenant 
au  type  spécifié  ci-dessus  (I),  d'opérer  sur  les  arbitraires  la  transformation 
définie  par  les  formuh^s 

/,(«,  (3,  7,  à,  À)  =  a'.        /({a,  {3,  y,  0,  l)  =  [5', 
./„(a,  ,3,  y,  â,  >.)  =  ■/,         .A(^,  P:  7,  ô,  >.)=:a'         /...(a.  ^  y,  ô,  À)-^/.'; 

toutefois,  comme  les  deux  équations 

à{s,  G,  r),  v,  VÎT')  £;(.s,  G,  r),  'v;^  vv») 


d(a,  i5,  y,  0,  À)  '         à{ci'.  ^',  f,  o\'/.') 


=:  O 


(•)   Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  jG3i 


SÉANCE   DU    29    MAI    1922,  ^^9^ 

ne  diffèrent  l'inK' de  l'aulre  que  par  un  facteur  indépendant  des  diverses 
quanlitésa?,  y,  r,  .y,  l,  w,  p,  <r,  on  pourra  se  dis])enser  d'effectuer  la  trans- 
formation, et  procéder  à  la  recherclie  des  intégrales  singulières  comme 
dans  le  cas  déjà  examiné. 

PHYSIQUE.  —  La  chaleur  de  vaporisation  cl  la  ili(férence  m'  —  m  des  chaleurs 
spécifiques  à  F  état  de  saturation  pour  V  argon,  V  oxygène,  l'azote  et  l'hydro- 
gène.   Note  de   MM.   E.  Mathias,    C.-A.    Crommelix    et    H.   Kamer- 

LIIVGH    OnNES. 

Dans  une  Note  antérieure  ('),  nous  avons  montré  la  possibilité  de  cal- 
culer la  chaleur  de  vaporisation  L  et  la  différence  rn' — m  des  chaleurs 
spécifiques  de  la  vapeur  saturée  et  du  liquide  saturé  à  T°  pour  Targon, 
Toxygène,  l'azote  et  Thydrogène,  à  l'aide  de  nos  mesures  de  densités  et  des 
données  relatives  aux  tensions  de  vapeur  déterminées,  comme  les  densités, 
au  Laboratoire  cryogène  de  Leyde,  mais  par  divers  expérimentateurs  (-). 

Les  chaleurs  de  vaporisation  sont  données  par  la  formule  de  Clapeyron- 
Clausius  : 

où  J  est  l'équivalent  mécanique  de  la  calorie,  0  et  0'  les  densités  du  liquide 
et  de  la  vapeur  saturée  à  la  température  absolue  T'',  pour  laquelle  la  pres- 
sion de  vapeur  des  phases  coexistantes  est  jo. 

Les  densités  de  vapeur  relatives  à  des  températures  réduites  basses,  qui 
ne  se  prêtaient  pas  bien  à  une  détermination  directe,  ont  été  calculées  en 
partant  des  tensions  de  vapeur  p  et  d'une  équation  d'état,  due  au  profes- 
seur Kanierlingh  Onnes,  et  d'une  forme  telle  qu'elle  s'adapte  à  toutes  les 
exigences  de  l'expérience  (^). 

La  dérivée  ~  a  été  obtenue  en  partant  des  formules  empiriques  aux- 
quelles nous  nous  étions  arrêtés  pour  représenter  les  mesures  de  p  à  Leyde 
pour  les  diverses  substances  étudiées. 


(»)  Comptes  rendus,  l.  172.  1921,  p.  261. 

(2)  Comptes  rendus,  t.  loi,  1910,  p.  2i3;  t.  156,  1918,  p.  129  ;  t.  IGO,  191.5,  p.  287; 
et  Communications  from  ihe  pliysical  Laboralory  at  Leiden,  n°^  115,  138  c,  145  b, 
145  d,  15-2  «,  152  d. 

(')   Comm.,  n"  156  a. 


1396  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Les  formules  empiriques  des  tensions  de  vapeur  varient  d'un  corps  à 
l'autre;  cela  tient  seulement  à  la  manière  dont  on  a,  chaque  fois,  com- 
mencé les  calculs. 

Les  températures  auxquelles  ces  formules  se  rapportent  ont  été  mesurées 
dans  une  échelle  parfaitement  définie  et  qui  s'approche  très  étroitement  de 
l'échelle  absolue.  Cette  échelle,  dont  on  se  sert  à  Leyde  et  qui  est  appelée 
échelle  Kelvon  internationale  provisoire^  nous  en  avons  fait  usage  également 
dans  nos  mesures  relatives  à  la  courbe  des  densités. 

Nous  avons  fait  le  calcul  de  L  pour  toutes  les  températures  qui  se  rap- 
portent à  nos  mesures  de  densités,  et  nous  avons  réuni  les  résultats  relatifs 
à  chaque  corps  à  l'aide  d'une  formule  empirique. 

L  une  fois  connu  comme  fonction  de  la  température,  on  obtient  m' — m 

par  la  formule  classique 

d\.       L 

Il  est  à  mentionner  que  les  résultats  sont  finalement  plus  précis  pour  les 
hautes  valeurs  de  la  température  réduite  que  pour  les  petites,  car  si  la 
mesure  de  V  offre  des  difficultés  aux  basses  températures,  il  en  est  de  même 
pour  /j,  d'où  il  résulte  que  les  valeurs  de  -^,  sont  aussi  moins  précises. 

Dans  ce  qui  suit,  les  formules  empiriques  font  connaître  les  tensions  de 
vapeur  en  atmos|)hères  internationales.  Celles  qui  sont  relatives  à  l'argon 
et  à  l'hydrogène  ont  déjà  été  publiées  dans  les  articles  cités.  Les  autres 
formules  sont  données  ici  pour  la  première  fois. 

Pour  le  calcul  de  plusieurs  de  ces  formules  empiriques,  nous  avons  eu  le 
précieux  concours  de  M.  le  professeur  J.-E.  Verschaffelt,  à  qui  nous  adres- 
sons ici  nos  sincères  remercîments. 

Dans  les  formules  suivantes,  T,,  désigne  la  température  critique  absolue 

et  jDc  la  pression  critique. 

Argon. 

I        ■      /  o-   90       634, Soi         30769,09        1076/464 
log/?  =  -4,83o33 ^^^  H -TfT^ -^^T^' 

L^  rz:  4  i,59246(T^-T)  —  o,448963(T^—T)2+ 0,0026163  (T,—  T)^ 

Oxygène. 

Tlos/-^r^Tloo/,,-o,72o4T,+  2,3.95(T-o,7T,)-i-^l^^i^(T-o,7T,y^ 

1  c 

,    1.5833            ^  ^T  ^î      Liii^/T       ^  nT  N4      3,3333 
-^ T^— (  A  —0.71c)' ^^3—  (1  —  0,71  J* ___(T  — o,7T,.)■'• 
L==I8I,9•.^34(T,.— T)— ;o,99282(T,— T)2+o,oo522o5(T^— T)^ 


SÉANCE    DU    29   MAI    I922.  1897 

Azote. 
log/)  Tz: -^ h  i2,38i  —  o,  12696T  -h  o,ooo83o2T- —  0,000001997573, 

1.2=89,9621(1,— T)  — 1,47242  (T,.-T)^+ 0,01  i666(T,—  T)'. 

Hydrogène. 
log/j  = ^p h  3 .8oi5  —  o,  io458T  -t-  o,oo332i  T- —  o.oooo32 19T'. 

L^'  =  i974,48(T,— T)-ii6.093(T,-T)2+2,396io6(T,,-T)^ 

La  chaleur  latente  L,  multipliée  par  —,  où  A  est  la  densité  critique,  donne 

la  chaleur  de  vaporisation  réduite,  laquelle,  considérée  comme  fonction  de  la 
température  réduite,  conduit,  pour  les  diverses  substances,  à  des  courbes  qui 
s'emboîtent,  ainsi  qu'on  pouvait  s'y  attendre  d'après  le  résultat  fourni  par 
les  courbes  des  densités  réduites.  Il  y  subsiste,  toutefois,  des  particularités  qui 
demandent  à  être  approfondies  par  des  expériences  ultérieures. 

Quant  à  la  différence  ni  —  m  des  chaleurs  spécifiques  de  la  vapeur 
saturée  et  du  liquide  saturé,  on  trouve  que  sa  valeur,  fortement  négative 
près  du  point  critique,  est  plus  petite  en  valeur  absolue  aux  températures 
réduites  plus  basses,  tout  en  restant  toujours  nettement  négative;  il  s'ensuit 
que  m'  est  négatif  pour  toutes  les  températures  du  domaine  de  l'état  liquide. 

Aux  températures  réduites  les  plus  basses,  m—  m  passe  par  un  maximum  ; 
mais  le  degré  de  précision  des  données  fait  désirer  que  ce  point  soit  établi 
d'une  façon  plus  nette  par  des  mesures  ultérieures. 

Dans  le  cas  de  l'hydrogène,  pour  lequel  nous  connaissons  des  valeurs  de 
la  chaleur  spécifique  du  liquide  m,  (ju'oii  peut  représenter  par  la  formule 
772  =  m^  -t-c/  ('),  on  peut  en  déduire  la  valeur  de  la  chaleur  spécifique  de 
vapeur  saturée  ni .  Dans  le  Tableau  suivant,  les  températures  sont  celles 
auxquelles  nous  avons  fait  des  déterminations  de  densités  : 

T.  m' —  m.  ni.  m' . 

o 
20.41 — 6,06  2,28  — 3,78 

17,90 — 6,5i  2,02  —4,49 

i5,86 — 7,36  1,81  — 5,55 


(')  Comni.  n°  133  a  et  A.  Eucken,  Verh.  d.  phys.  Ges.,  l.  18,  1896,  p.  4. 


iSgS  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

M.  B.  Baillauo  fait  hommage  à  l'Académie  du  Rapport  relatif  aux 
signaux  horaires  émis  de  l  Observatoire  de  Paris  par  le  poste  radiotélégra- 
phique  de  la  Tour  Eiffel  depuis  iC)io  jusqu'à  la  fin  de  19 19  et  aux  signaux 
horaires  émis  par  le  poste  l'adio  télé  graphique  de  La  Doua  à  partir  du  27  août 
1918,  qu'il  a  rédigé  avec  le  concours  de  M'"*"  Chaxdox,  de  M.  Pourteau  et 
de  M"*^  MicHAUD. 


M.  Ch.  Lallemand  fait  hommage  à  l'Académie  de  diverses  brochures 
dont  il  est  l'auteur,  relatives  au  Nivellement  général  de  la  France^  Rux-Nivel- 
lements  de  précision  et  de  haute  précision^  à  V  Elasticité  du  globe  terrestre^  au 
Nivellement  des  vallées  des  Alpes  et  à  la  Question  du  litre. 


ELECTIONS. 

L'Académie  procède,  j)ar  la  voie  du  scrutin,  à  Télection  d'un  Membre 
de  la  Section  de  Géométrie,  en  remplacement  de  M.  C.  Jordan^  décédé. 
Au  premier  tour  de  scrutin,  le  nombre  de  votants  étant  5/|, 

M.  Henri  Lebesgue  obtient 44  suffrages 

M.  Ernest  Vessiot         »        5        »- 

M.  Jules  Drach  »         3        » 

JM.  Elle  Cartan  »        2        » 

M.  Henri  Lebesiiiuë,  ayant  réuni  la  majorité  absolue  des  suffrages,  est 
proclamé  élu. 

Son  élection  sera  soumise  à  l'approbation  de  M.  le  Président  de  la 
République. 

CORRE  SPOND  AIVCE . 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1"  Camille  Cavallier.  Notes  économiques  d'un  métallurgiste.  (Extraits.) 


SÉANCE    DU    29    MAI    I922.  ^^99 

2.^  GusTAVK  LvMiîERT.  Son  piojcL  de  royagc  au  pôle.  Sa  mort.  (l*résenté 
par  M,  G|^igourdan.) 

3°  Le  fascicule  XIX,  2^  Partie,  des  Éludes  de  Lépidoptéroloi^ie  comparée, 
par  Charles  Oberthur.  (Présenté  par  M.  E.  Bouvier.) 

GÉOMÉTRIE.    —  Sur  le  tracé  des  arcs  de  cercles  de  iirand  rayon. 
Note  de  M.  F. -H.  Murray,  présentée  par  M.  Hadamard. 

Dans  les  dessins  du  génie  civil  et  ailleurs,  il  est  souvent  nécessaire  do 
construire  avec  exactitude,  à  l'encre,  un  segment  d'un  cercle  de  rayon  rela- 
tivement grand.  Au  lieu  du  compas  ordinaire  on  emploie  alors  habituelle- 
ment un  appareil  si  grand  que  le  maniement  en  devient  difficile,  d'où 
résultent  des  erreurs  de  tracé. 

On  peut  résoudre  le  problème  avec  un  instrument  basé  sur  un  principe 
mécanique  très  élémentaire,  et  qui  possède  les  dimensions  du  compgs 
ordinaire. 

Soient  Urt  un  système  de  corps  rigides  A,,  A^,  ...,  A„,  et  L  un  axe  fixe  dans 
l'espace.  Dans  chaque  corps  A,  supposons  deux  axes  /,',  /  ■  fixes  par  rapport 
à  A,,  et  se  coupant  au  point  O/.  Si  les  corps  A,,  A,+  ,  sont  assujettis  à  pivoter 
l'un  par  rapport  à  Tautre  autour  de  Taxe  /•'  =  / 1,^,,  de  manière  à  faire  coïn- 
cider les  points  O,,  O^^,,  (i  =  i,  2,  ...,  /i  —  i),  tandis  que  A,  est  assujetti  à 
pivoter  sans  glissement  autour  de  L,  alors  dans  un  mouvement  quelconque 
du  système  chaque  corps  A,  décrira  un  mouvement  d'un  corps  rigide 
autour  du  point  fixe  O,. 

Un  instrument  commode  peut  être  construit  avec  un  tel  système  de  deux 
corps.  Soit  A2  un  bras  qui  porte  un  tire-ligne,  pivotant  autour  de  l'axe  l'^\ 
A,  possède  deux  jambes  dont  les  bouts  P,,  P^  sont  aiguisés,  et  un  méca- 
nisme avec  une  échelle  pour  ajuster  Taxe  l.,.  L'axe  /',  est  la  ligne  qui  con- 
tient les  points  P , ,  P2 . 

Pour  tracer  un  arc  de  cercle  de  rayon  R,  on  ajuste  l'axe  i.^  de  façon  tf 
obtenir  la  lecture  R  sur  l'échelle;  les  points  P,,  P^  étant  posés  convenable- 
ment sur  un  plan  M,  on  donne  au  système  un  mouvement  dans  lequel 
P,,  Po  restent  fixes,  et  le  tire-ligne  décrira  sur  M  un  arc  de  cercle  dont  le 
rayon  aura  très  approximativement  la  valeur  exigée. 

Comme  dans  le  compas  ordinaire,  le  plan  défini  par  le  bout  du  tire-ligne 
satisfait  à  la  condition  nécessaire  de  rester  perpendiculaire  au  plan  M  et 
tangent  à  la  courbe  si  cette  condition  est  satisfaite  pour  un  point  quel- 
conque de  la  courbe. 


l4oo  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  la  loi  dc  Gauss.      ^ 
Noie  de  M.  J.-W.  Lindeberg,  présentée  par  M.  Emile  Borel. 

1,  Supposons  que  l'erreur  a  soit  la  résultante  d'un  grand  nombre  n  d'er- 
reurs partielles,  indépendantes  les  unes  des  autres  : 

a  =  Ui  +  «,  +  ...+  u„. 

Nous  désignerons  par  U^Ja.-)  la  probabilité  pour  que  la  valeur  de  l'er- 
reur 11^^  soit  <  J7,  par  U(^')  la  fonction  correspondante  relative  à  Terreur 
résultante  //,  et  nous  admettrons  que  ces  fonctions  sont  telles  que  les  quan- 
tités 


jj.  =  1,  ...,  n) 


(les  intégrales  étant  prises  dans  le  sens  de  Stieltjes)  sont  toutes  finies. 
Posons  enfin 

n  n 

Ceci  posé,  on  peut  tirer  de  certains  résultats  établis  par  LiapounofF  (  '  )  le 
théorème  que  voici  : 

Le  nombre  positif  'b  étant  donnè^  on  pourra^  à  tout  nombre  t'^o^  faire 
correspondre  un  autre  nombre  positif  r\,  dépendant  uniquement  de  'b  et  de  z, 
tel  que  l' inégalité 


(0 


u{a  -\-  rx )  —  /      — ^  dl 


est  vérifiée  toutes  les  fois  qu^on  a 


<£ 


II 


!J.  =  i 


2,  Supposons  en  particulier  «,  =  «o  =  . . .  =  «„=  o  et  admettons  en  outre 
que  les  erreurs  partielles  t/, ,  . . .,  u^  soient  bornées^  de  sorte  que  |  w,  |,  ...,  |«„| 
restent  inférieurs  à  une  limite  finie  a.  Dans  ce  cas  on  pourra,  du  théorème 
ci-dessus,  tirer  la  conséquence  suivante  : 

(*)  A.  LiAPOUNOFF,  Nouvelle  forme  du  théorème  sur  la  limite  de  probabilité 
{Mémoires  de  V Académie  de  Saint-Pétersbourg,  t.  12,  1901). 


SÉANCE    DU    29    MAI    1922.  l4oi 

Pour  tout  î(  ^  o)  il  existe  un  nombre  q  tel  que 


Il  {a:)—  /      j=rlt 


< 


toutes  les  fois  que 

c/.<in  r. 

C'est  bien  là  le  sens  exact  de  l'affirmation  classique  :  «  la  somme  d'un 
grand  nombre  de  petites  erreurs  suit  sensiblement  la  loi  de  Gauss  ». 

3.  Revenons  aux  hypothèses  énoncées  au  début  de  cette  Note.  A  l'aide 
d'une  méthode  qui  nous  semble  à  la  fois  plus  simple  et  plus  naturelle  que 
celles  dont  on  s'est  servi  jusqu'ici  dans  cette  théorie,  nous  avons  réussi  à 
étendre  comme  il  suit  le  théorème  du  numéro  1  (')  : 

A  tout  £  0  o)  correspond  un  nombre  positif  'q  tel  que  l'inégalité  {1)0  lieu 
toutes  les  fois  qu'on  a 


f  "^"2  f     ^'^^Ujj.(«iJ.+  /--2?)>i- 

«/il  t    _- 


Nous  ferons  remarquer  que  ce  théorème  ne  renferme  aucune  hypothèse 
relative  à  la  manière  dont  se  comportent  les  fonctions  l^^ii-r)  pour  les 
grandes  valeurs  de  |  j?|,  en  dehors  de  celles  admises  au  n°  1. 

4.  Dans  une  Note  récente  (  -  )  M.  Paul  Lévy,  en  traitant  la  question  qui 
nous  occupe,  a  indiqué  deux  conditions  générales  qui,  selon  lui,  seraient 
suffisantes  pour  assurer  la  convergence  vers  la  loi  de  Gauss.  Cependant 
l'assertion  de  M.  Paul  Lévy,  si  nous  l'avons  bien  compris,  n'est  pas  exacte, 
comme  lé  montre  l'exemple  suivant. 

Admettons  que  —  i ,  o  et  +  i  soient  les  seules  valeurs  que  puissent 
prendre  les  erreurs  partielles  u^,  ...,  w„,  qui  sont  par  suite  bornées,   et 

soient  —  »  i  —  -  et  —  les  probabilités  de  ces  valeurs.  On  aura  alors,  pour 

toute  valeur  de  (j., 


L 


'  n 


(1)  Voir  notre  Mémoire  :  Ueber  das  Exponentialgesetz  in  der  Walirscheinlich- 
keitsrechnung  {Annales  Acad.  scient.  Fenn.,  t.  16,  1920),  ainsi  qu'un  travail  de 
nous  qui  paraîtra  dans  la  Mathematische  Zeitschrift. 

C)  Sur  le  rôle  de  ta  loi  de  Gauss  dans  la  théorie  des  erreurs  {Comptes  rendus, 
1,174.,  1922,  p.  855-857). 

C.  R.,  1922,  1"  Semestre.  (T.  174,  N*  22.)  'O' 


l4o2  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

et  l'on  en  conclut  que  les  deux  conditions  énoncées  par  M.  Paul  Lévy  sont 
bien  remplies.  Et,  malgré  cela,  la  fonction  M(j7)  ne  tend  évidemment  pas 
vers 


X 


lorsque  n  croît  indéfiniment,  puisque,  pour  une  valeur  donnée  de  /?,  elle 
garde  une  valeur  constante  entre  deux  entiers  consécutifs  quelconques. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  les  fonctions  autoniorphi's  de  plusieius 
variables  indépendantes.  Note  de  M.  P.~J.  Myrberg,  présentée 
par  M.  Emile  Borel. 

1.  Dans  un  Mémoire  qui  paraîtra  dans  un  autre  Recueil,  nous  avons 
étudié  cerLaines  classes  de  fonctions  automorphes  de  deux  variables,  et 
tout  particulièrement  les  singularités  essentielles  de  ces  fonctions.  Nous 
indiquerons  dans  cette  Note  comment  nos  résultats  s'étendent  aux  fonc- 
tions d'un  nombre  quelconque  n  de  variables  indépendantes  ('). 

Considérons  un  groupe  F  de  substitutions  linéaires  à  coefficients  réels 

(  I  )  A/  = ■ (  «  =  I ,  .  .  . ,  /i  ) 


•a+X.iv^*^ n  ' 


qui  transforment  Thypersphère 

(2)  x\~\- x\-\- ..  .-\- x\^=.\ 

en  elle-même.  Nous  supposons  le  déterminant  des  coefficients  a,;;  égal 
à  ±1 1  et  nous  admettrons  que  le  groupe  F  ne  renferme  pas  de  substitution 
infinitésimale. 

Pour  l'étude  de  ces  groupes  et  des  fonctions  automorphes  correspon- 
dantes, on  aura  à  résoudre  ce  problème  général  : 

Trouver  V ensemble  des  points  d'accumulation  (-)  des  transformées  par  le 
groupe  V'd'une  multiplicité  algébrique  quelconque  à  in  —  1  dimensions. 

On  démontre  d'abord  que  les  transformées  d'un  point  réel  quelconque  P, 

(')  Une  exposition  détaillée  de  nés  recherches  sur  ce  sujet  paraîtra  dans  un  autre 
Recueil. 

(-)  C'est-à-dire  les  points  tels  que,  par  toute  hypersphère  a\^ant  l'un  d'eux  comme 
centre,  passe  une  infinité  de  transformées  de  la  multiplicité  en  question. 


SÉANCE   DU    29   MAI    I922.  l4o3 

pris  à  l'intérieur  de  l'hypersphère  (2),  s'accumulent  vers  les  points  d'un 
certain  ensemble  (m),  situé  sur  la  surface  de  cette  hypersphère,  et  qui  ne 
dépend  pas  du  choix  du  point  P.  Par  tout  point  (a,,  ûo»  ••■)  ^«)  ^^  {"^) 
menons  le  plan  tangent  à  la  sphère  en  question 

et  désignons  par  (M)  Tensemble  de  tous  ces  plans  qui  sont  des  multiplicités 
à  2/1  —  2  dimensions  puisque  ic,,  .t^,  .. .,  a7„  sont  des  variables  complexes. 
A  l'aide  de  considérations  qui  ne  sauraient  trouver  place  ici,  on  arrive  à  la 
solution  suivante  du  problème  posé  ci-dessus  : 

Les  transformées  par  le  groupe  T  d^ une  multiplicité  algébrique  quelconque 
à  in  —  1  dimensions  qui  ne  comprend  aucun  point  de  (m)  admettent  comme 
points  d'accumulation  l'ensemble  des  points  des  plans  (M). 

Il  résulte  de  ce  théorème  que  les  transformées  d'un  point  quelconque  de 
l'espace  ne  faisant  partie  d'aucun  des  plans  (M)  admettent  les  points  de 
l'ensemble  (m)  comme  seuls  points  d'accunmlation. 

2.  Considérons  maintenant  la  classe  des  fonctions  automorphes,  corres- 
pondant au  groupe  F,  qui  sont  représentables  par  des  quotients  de  séries  de 
la  forme 


(3) 


e=y5e(\^,^,. ..,.-)    ^^'^'•••'^)1 


où  3e  désigne  une  fonction  rationnelle,  séries  qui  convergent  dès  que  l'expo- 
sant/- dépasse  une  certaine  limite. 

En  admettant  que  les  fonctions  X  qui  entrent  dans  les  séries  en  (juestion 
restent  fmies  aux  différents  points  de  l'ensemble  (m),  il  résulte  du  théorème 
ci-dessus  que  les  singularités  essentielles  des  fonctions  automorphes  de  la  classe 
considérée  sont  constituées  par  l'ensemble  des  points  des  plans  (M).  Il  faut 
noter  que  ces  plans  dépendent  uniquement  du  groupe  donné,  de  même  que 
les  singularités  essentielles  dans  le  cas  d'un  groupe  automorplie  à  une 
variable. 

II  existe  des  groupes  pour  lesquels  l'ensemble  (m)  comprend  tout  point 
réel  de  la  multiplicité  (2);  tels  sont,  par  exemple,  les  groupes  formés  par 
des  substitutions  (i)  à  coefficients  entiers.  Pour  ces  groupes,  si  le  nombre  n 
des  variables  est  >>  2,  les  points  des  plans  (M)  remplissent  un  domaine  con- 
tinu à  2.n  dimensions,  défini  par  l'inégalité 

(  4  )  œt  .r,  X.2  5^2  4-  .  .  .  4-  .c„  .v„  —  i^\  a-]  -j-  xj  -\-  .  .  .  -i-  xj,—  i  \ 

{xi  désignant  le  conjugué  du   nombre  x,).  Par   suite,   toute  expression 


l4o4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

formée  à  l'aide  des  séries  (3)  représente  une  seule  fonction  monogène 
existant  dans  le  reste  de  l'espace,  c'est-à-dire  dans  le  domaine 

jr,^i  ^-  x.,x.2^.  .  .-4-  x„x„—  I  <  I  .rj  +  ^2_^  .  .  .  ^x\—\  |. 

Pour  «  =  2,  on  aura  des  résultats  tout  différents.  Les  points  des  plans  (M) 
forment  une  multiplicité  continue  à  in  —  i  dimensions,  définie  par  Végalàé 

(4')  ^iXi-{-  .r^x.,—  l=l\x^^  +  xl  —  i], 

cette  multiplicité  divise  l'espace  àin  dimensions  en  trois  domaines  distincts, 
et  toute  série  (3)  représente  trois  fonctions  monogènes,  existant  chacune 
dans  l'un  de  ces  domaines. 

Un  autre  cas  extrême  est  celui  où  (m)  est  un  ensemble  discret  de  points. 
Toute  série  (3)  définit,  dans  ce  cas,  une  seule  fonction  monogène,  dont  le 
domaine  d'existence  comprend  tout  l'espace  à  2 /z  dimensions,  sauf  les  points 
des  plans  (M). 

Lorsque  n'^  2,  i\  y  aura,  entre  ces  deux  cas  extrêmes,  des  cas  intermé- 
diaires où  les  points  de  l'ensemble  (m)  forment  un  domaine   continu   à 
moins  de  n  —  i   dimensions.  En  particulier,   il  existe  des   groupes  pour 
lesquels  (m)  est  un  continuum  linéaire;  on  démontre  que  l'ensemble  (M), 
qui  est  alors  à  in  —  i  dimensions,  divise  l'espace  en  trois  domaines  distincts. 


ASTRONOMIE.  —  Sur  les  déviations  des  rayons  lumineux  passant  au  voisinage 
d'un  astre.  Note  de  M.  Fkrrier,  présentée  par  M.  Painlevé. 

Il  n'est  question,  dans  ce  qui  suit,  que  des  déviations  produites  par  la 
réfraction  de  la  lumière  à  travers  l'atmosphère  gazeuse  qui  entoure  l'astre 
(en  fait,  la  Lune  lors  d'une  éclipse  de  Soleil).  Il  nous  a  en  effet  paru  utile  de 
rechercher  dans  quelle  mesure  ces  déviations  parasites  peuvent  se  super- 
poser à  l'effet  Einstein  et,  le  cas  échéant,  en  masquer  la  loi  véritable.  Car, 
dans  l'effet  Einstein,  le  rayon  d'une  étoile  passe  près  du  bord  du  Soleil 
éclipsé  par  la  Lune,  donc  passe  également  près  de  la  Lune  et  subit  la 
réfraction  de  l'atmosphère  lunaire. 

Nous  n'étudions  ici  que  la  portion  de  l'atmosphère  où  la  loi  ^  =  RT 
qui  relie  la  pression  et  la  masse  spécifique  du  gaz  à  sa  température  absolue 
reste  valable.  Nous  admettons  que,  dans  la  région  où  la  température  tombe 
au-dessous  de  quelques  degrés  absolus,  Tatmosphère  de  l'astre  cesse 
d'exister. 


SÉANCE   DU   29   MAI    I922.  l4o5 

Admettons  encore,  pour  simplifier  les  calculs,  et  en  l'absence  de  tout 
renseignement  meilleur  sur  la  température  du  gaz  à  grande  distance  de 
l'astre,  que  cette  température  absolue  est,  à  la  distance  r  du  centre, 


To  étant  le  rayon  de  l'astre,  et  To  la  température  du  gaz  dans  les  environs 
de  sa  surface. 

Si  g  est  l'intensité  de  la  pesanteur  à  la  distance  r  du  centre, 


Lorsque  Tatmosphère  est  en  équilibre,  sa  pression  en  chaque  point  satis- 
fait à  la  relation 


^P  =-F^o(yj   dr 


ou 


d'où  Ton  déduit 


et 


p 

go ''a  dr 
RTo    /•  ' 

p_  _ 

Po 

(7) 

ii  — 

distance  r  : 

n  —  I 

//•oV^»     ' 

«0— I 

'\~ 

Considérons  un  rayon  lumineux  passant  à  une  distance  /•  du  centre  de 
l'astre.  Il  subit,  par  réfraction,  une  petite  déviation  z. 

La  déviation  élémentaire  di,  lorsque  le  rayon  passe  d'une  couche  d'in- 
dice n  dans  une  couche  d'indice  n  -1-  dn,  est,  si  i  désigne  son  angle  d'inci- 
dence, 

dt  =  tangiW/2, 

n  restant  très  voisin  de  i .  On  trouve  aisément  que  t  est  de  la  forme 

A 


A  désignant  une  constante. 


-') 


l4o6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

On  a  donc 


r\ 


'        n  —  I  /j. 

Voyons,  par  des  exemples  numériques,  comment  varie  £  lorsque  le  rayon 
passe  de  plus  en  plus  loin  du  bord  de  l'astre.  Pour  la  Terre,  admettons 
queTo  =  3oo°  absolus.  Calculons  R  en  prenant  comme  unités  le  kilogramme, 
le  mètre,  la  seconde  : 

W  =  p  —• , 

TA)        9.7.1 

p  est  la  pression  de  l'air  normal  en  kilogrammes  par  mètre  carré;  tn  le  poids 
d'un  mètre  cube  d'air  normal  : 


^  riz  io3oo'''S,  C7=:l'*S,  29, 

^>o  X  6600OOÛ  X   1,29  X  278 


RTq  ^0  X  loSoo  X  3oo 


758, 


£0        V  r 


On  trouve  ainsi  qu'à  une  distance  du  bord  de  la  Terre  égale  à  0,0062  r^, 
soit  34'"",  la  déviation  est  100  fois  plus  faible  que  pour  le  rayon  rasant. 

On  voit  ainsi  que  l'observation  de  l'effet  P^instein  au  voisinage  d'un  astre 
analogue  à  la  Terre  ne  sera  qu'insensiblement  modifiée  par  la  réfraction. 
La  déviation  d'Einstein  obéit  en  effet  à  la  loi 


qui  ne  prête  à  aucune  confusion  avec  la  précédente. 

Pour  appliquer  les  formules  établies  ci-dessus  à  un  astre  quelconque,  il 
faut  faire  une  hypothèse  sur  sa  température,  et  sur  la  densité,  par  rapport 
à  l'air,  du  gaz  qui  constitue  son  atmosphère. 

Cas  de  la  Lune.  —  Nous  admettrons  que  la  température  de  la  Lune  est 

celle  qui  a  été  adoptée  pour  la  Terre,  et  que  l'atmosphère  est  constituée  par 

.  de  l'hydrogène.  Calculons  l'exposant  de-,  en  admettant  que  la  masse  de 

la  Lune  est  ^-j-  de  celle  de  la  Terre,  et  son  rayon  0,27  rayon  terrestre  : 


HT, 


—  X  758 

I 

I 
X  

0,27 

£ 

(-) 

1,3 

«0 

vv 

SÉANCE  DU  29  MAI  1922.  1407 

L'exposant  est  voisin  de  celui  de  la  formule  d'Einstein;  refTct  de  réfrac- 
tion est  difficilement  séparable  de  la  déviation  de  gravitation. 

Si  la  loi  précédente  est  approximativement  juste,  et  si  la  valeur  de  £„ 
n'excède  pas  2"  comme  les  observations  d'Airy  ont  paru  le  montrer,  on  se 
rend  compte  que  cette  atmosphère,  qui  est  capable  de  modifier  profondé- 
ment l'effet  Einstein  au  moment  des  éclipses  de  Soleil,  aurait  pu  passer 
inaperçue  jusqu'ici  :  la  déviation  croit  très  lentement  lorsqu'on  approche 
de  l'astre,  et  il  ne  se  passe  rien  de  particulier  au  moment  des  occultations. 


ASTRONOMIE.  —  Observations  de  la  comète  Skj'ellcrup ,  faites  à  l'équatorial 
coudé  de  l'Obsenntoire  de  Lyon.  Note  de  M.  J.  Guillaume,  présentée 
par  M.  B.  Baillaud.  " 

Observations  de  la  comète. 


<> 

* 

Nombre 

Dates 

1922. 

Temps  moyen 
de  Gi-eenwich. 

de 
compar. 

Lnf.  fa  et. 

Log.  fact. 

Aa. 

Ao. 

a 

apparente. 

parall. 

s  apparente. 

parall. 

• 

h        m        s 

m 

,       „ 

1 

m     s 

0      .      „ 

Mai  19. . 

9-4443 

+0.  l3 

,53 

4- 

1 .55 

,8 

6:  8 

8 

4.32,95 

+9,644 

2  I  .26.    2,0 

+0,755 

a 

20. , 

9.18.59 

4-0. 20 

99 

— 

3.   2 

I 

10: 10 

8 

9.26,20 

4-9,640 

22.20.32,8 

+0,731 

c 

21. . 

9.48.45 

-HO.  25 

Ç,Q 

4- 

2.    I 

3 

10: 10 

8. 

14.43,92 

4-9, 65o 

23.19.     8,7 

+o,638 

cl 

22. . 

9.   4.3o 

—  0.  20 

81 

4- 

4.53 

6 

1 0 :  10 

8 

i9--''7,93 

+9,612 

24. 16.35,4 

+  0,734 

f 

23.. 

9.33.26 

-0.17 

34 

4- 

3.12 

7 

10: 10 

8. 

25.43,07 

+9,654 

25,22.     7,9 

+0,725 

g 

24.. 

9.43.38 

—  0.27 

,3i 

4-10.    I 

•7 

1 0  :  T  2 

8 

3i .36,70 

+9,659 

26.22.23,9 

+0,728 

i 

Désignation. 

Anon.  10"', 5  .  . 
BD  +  21°, 1769  . 
BD  +  2  2°,iS84. 
Anon.  16™, 6. .  . 
BD  +  23°,i939. 
BD  +  24°,  1920  . 

Anon.  1 1'" 

BD  +  25°,i937 
BD  +  26»,i8o9 


Positions   moyennes   des  étoiles  de  comparaison. 

Réduction  0  moyenne,         Réduction 

au  jour.  1922,0.  au  jour. 


a  moyenne, 
1922,0. 


8.  4-i8,84 
8.  4-55,02 
8.  9.  4,63 
8.14.17,68 

8.17. l5,02 

8.20. 18, 1 4 

8.25.59,81 
8.26.50,71 
8.32.   3,39 


4-0,58 

+  o,.58 
+o,58 

+0,60 
+  0,60 

+  0,Ô2 


21 . 24 . 16,0 
21 .35.48,2 
22.23.44,4 
23.17. 16,6 
23.12.    4,6 

24. I I .5o.6 
25.19.  3,6 
25.14.39,3 
26 .12. 3() ,  2 


—  9'8 

—  9,5 

—  9.2 

—  8,8 

—  8,4 

—8,0 


Autorités. 

rapp.  à  b 

A. G.  Berlin,  3280 
BD,  IV  +  22°,  1884 
rapp.  à  e 

A. G.  Berlin,  335o 
»  3369 

rapp.  à  h 

A. G.  Cambridge,  4563 
»  4601 


Remarques.  —  La  comète  est  vaguement  circulaire,  d'environ  une  demi-minute 
d'arc,  sans  condensation  marquée.  Le  19  el  le  24  elle  paraissait  de  ii«  grandeur;  aux 
dales  intermédiaires,  à  cau?e  de  la  difl'usion  atmosphérique,  sans  doute,  elle  semblait 
plus  faible  d'une  demi-grandeur  les  20  et  22,  et  les  21  el  23  elle  était  de  i2«  grandeur. 
Le  23,  les  images  étaient  très  instables. 


l4o8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

ASTRONOMIE.  —  Observation  de  la  comète  [922  h  (Skjellerup)^  faite  à  l'Obser- 
vatoire de  Marseille  (^équatorial  d^Eichens  o'",26  d'ouverture).  Note  de 
M""^  O.  Jasse,  présentée  par  M.  Bigourdan. 


Date. 

Temps  moyen 

Log.  fact. 

Log.  fact 

1922. 

de  Marseille. 

A.î\. 

ACD. 

,î\  apparente. 

parall. 

(t)  apparente. 

parall. 

/lai  24. 

.     9''2o"'58'* 

— o™39',66 

+8' 8",  7 

8h3l™24%32 

9,662 

+  26°2o'3o",9' 

o,663 

Etoile  de  comparaison. 

ZR  moyenne  Héduclion  (D  moyenne  Réduction 

•k.  Gr.  1922,0.  au  jour.  1922,0.  au  jour.  Autorité. 

1...     7,8        S»» 32™  3% 37         4-o%6i         +26''i2'3o",5        — 8",o        Cbr.  E.,  4601 

Remarque.  —  La  comète  est  faible  et  assez  étendue.  Elle  présente  une  condensa- 
tion de  1 1"  grandeur. 


ASTRONOMIE  PHYSIQUE.   —   Sur  une  nouvelle  méthode  interférentielle  pour 
la   mesure  du  diamètre  apparent  des    étoiles.   Note  de   M.    A.  Danjon, 

présentée  par  M.  B.  Baillaud. 

La  méthode  interférentielle  indiquée  par  Fizeau  et  employée  par 
Michelson  pour  la  mesure  d'u  diamètre  apparent  des  étoiles  présente  deux 
inconvénients  : 

i'*  Elle  exige  une  distance  considérable  entre  les  deux  faisceaux  interfé- 
rents,  distance  qui  atteint  12™  pour  un  astre  de-pj^  de  seconde  d'arc. 

2°  Les  franges  qu'on  oi3serve  s'évanouissent  progressivement  jusqu'à 
leur  disparition  complète,  sans  qu'on  fasse  sur  leur  netteté  des  mesures 
quantitatives. 

A  ces  deux  points  de  vue,  la  méthode  que  je  présente  dans  cette  Note 
constitue  un  progrès.  Les  essais  actuellement  en  cours  à  l'Observatoire  de 
Strasbourg  ont  donné,  au  laboratoire,  des  résultats  satisfaisants.  Malheu- 
reusement, le  mauvais  temps  a  contrarié  jusqu'à  présent  les  observations 
sur  le  ciel. 

Considérons  un  appareil  interférentiel  du  genre  des  lames  de  Jamin, 
fournissant,  en  lumière  blanche,  des  franges  localisées  à  l'infini.  Négli- 
geons pour  le  moment  leur  irisation,  comme  on  est  en  droit  de  le  faire  au 
voisinage  de  la  frange  centrale  si  l'on  dispose  devant  l'œil  un  verre  rouge 
(ou  encore  sur  la  frange  centrale  elle-même  si  elle  est  noire).  Si  l'on  exa- 


SÉANCE    DU    29    MAI    I922.  1409 

mine  an  fond  éclairé  à  travers  l'appareil,  les  franges  rectilignes  et  paral- 
lèles occupent  une  certaine  rég-ion  du  champ.  Supposons  maintenant  qu'on 
regarde  le  ciel  obscur,  et  qn'uiic  étoile  apparaisse  dans  la  région  du  champ 
où  se  voyaient  tout  à  l'heure  les  franges  d'interférence.  Si  Tétoile  se 
déplace,  son  éclat  passera  par  un  minimum  chaque  fois  (ju'elle  traversera 
une  frange  sombre,  et  par  un  maximum  cliaque  fois  qu'elle  traversera  une 
frange  brillante. 

Si  l'étoile  n'a  pas  de  dimensions  apparentes  sensibles,  elle  s'éteindra 
complètement  en  passant  sur  le  centre  des  franges  sombres.  Au  contraire, 
si  l'étoile,  tout  en  restant  petite  par  rapport  à  la  largeur. des  franges,  a 
cependant  un  disque  appréciable,  tous  les  points  de  ces  disques  ne  s'étein- 
dront pas  à  la  fois  :  l'extinction  ne  sera  totale  que  le  long  d'une  corde 
coïncidant  avec  le  centre  de  la  frange  sombre;  de  part  et  d'autre  de  cette 
corde,  de  la  lumière  subsistera.  L'extinction  sera  incomplète,  et  l'étoile  à 
son  minimum  d'éclat  sera  d'autant  plus  brillante  que  son  disque,  toutes 
choses  égales  d'ailleurs,  sera  plus  grand  par  rapport  à  l'interfrange. 

Dans  le  cas  d'un  disque   circulaire  uniformément    brillant,   le    calcul 

donne,  pour  le  rapport  du  minimurn  au  maximum  d't'clat  global,  l'expression 

suivante 

I  — J 

J  étant  la  série  connue 

I    n-         I       n- 


3  i^.^r 


dans  laquelle  n  est  le  produit  du  nombre  -n:  par  le  rapport  du  diamètre 
angulaire  de  l'étoile  à  l'interfrange.  La  détermination  du  diamètre  est  ainsi 
ramenée  à  celle  du  rapport  y,  c'est-à-dire,  en  définitive,  à  la  mesure  pho- 
tométrique des  éclats  extrêmes  que  prend  l'étoile  vue  dans  l'interféromètre. 

C'est  l'observation  seule  qui  peut  renseigner  sur  la  valeur  de  la  méthode; 
en  particulier,  on  nepeutprévoirl'influence  de  l'agitation  atmosphérique  sur 
les  mesures,  et  le  mauvais  temps  persistant  n'a  pas  permis  d'en  faire  l'étude 
expérimentale.  Mais  divers  autres  points  importants  ont  pu  être  complè- 
tement élucidés  par  des  expériences  de  laboratoire. 

L'interféromètre  employé  comprend  deux  miroirs  argentés  et  deux  lames 
plan-parallèles,  montées  d'une  façon  particulière  qui  permet  d'obtenir  à 
volonté  des  franges  de  largeur  quelconque,  localisées  dans  le  plan  de  l'étoile 
artificielle.  Les  mesures  qui  ont  porté  sur  des  disques  de  20"  à  90",  avec  des 
interfranges  très  divers,  ont  été  faites  à  l'œil  nu.  Elles  vérifient  la  formule 


l4lO  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

ci-dessus,  convenablement  corrigée  pour  tenir  compte  de  divers  points 
négligés  en  première  approximation  :  la  lumière  employée  n'est  pas  mono- 
chromatique,  les  deux  faisceaux  n'ont  pas  rigoureusement  lamême  inten- 
sité, etc.  Pour  ces  raisons,  l'extinction  n'est  jamais  rigoureusementcomplète, 
même  pour  n=.  o.  Le  calcul  montre  qu'on  en  tient  compte  en  ajoutant  au 
numérateur  de  Y  un  termes,  qui,  pour  un  appareil  bien  établi,  et  si  l'on 
opère  près  de  la  frange  centrale,  ne  doit  pas  atteindre  ^.  Les  mesures 
de  £  pour  l'interféromètre  employé  ont  effectivement  donné  la  valeur  0,006, 
qui  témoigne  de  la  perfection  des  pièces  optiques  travaillées  par  la  maison 
Jobin,  et  du  soin  particulier  apporté  à  l'argenture  des  miroirs. 

En  introduisant  cette  valeur  de  £  dans  la  discussion  de  la  formule  qui  relie 
Y  et  n,  on  arrive  aux  conclusions  suivantes.  La  précision  absolue  des  mesures 
reste  voisine  du  cinquantième  de  l'interfrange.  Elle  est  maximum  quand  le 
diamètre  à  mesurer  vaut  un  dixième  d'interfrange,  mais  on  peut  mesurer 
jusqu'au  vingtième  d'interfrange.  Dans  la  méthode  de  Fizeau,  le  diamètre 
à  mesurer  vaut  1,22  fois  l'interfrange  ;  le  gain  est  sensible.  Ainsi  pour  me- 
surer Bételgeuse  (a  Orion)  dont  le  diamètre  est  voisin  d'un  vingtième  de 
seconde,  il  suffit  de  produire  des  franges  d'une  seconde,  ce  qui  s'obtient 
avec  un  écart  de  lo*^^""  seulement  entre  les  deux  faisceaux,  au  lieu  de  3"\ 

Pour  les  mesures  stellaires,  l'instrument  est  utilisé  avec  une  lunette 
astronomique  qu'on  peut  d'ailleurs  monter  avant  ou  après  l'interféro- 
mètre. 11  est  clair  qu'on  a  intérêt  à  la  placer  en  avant,  puisqu'on  bénéficie 
alors  de  son  grossissement,  et  qu'on  peut  réduire  encore  les  dimensions  de 
l'interféromètre.  Ainsi,  en  utilisant  un  grossissement  de  20  fois,  il  suffirait, 
pour  mesurer  Bételgeuse,  de  produire  des  franges  de  20",  ce  qui  est  réali- 
sable avec  l'interféromètre  en  service.  L'expérience  sera  tentée  dès  le 
retour  de  la  constellation  d'Orion,  avec  une  lunette  de  iG*^"'  d'ouverture. 

Il  serait  facile  de  construire  un  interféromètre  de  quelques  centimètres 
carrés  de  surface,  qui,  monté  sur  les  grands  télescopes  modernes,  permet- 
trait d'atteindre  le  —  de  seconde,  à  moins,  toutefois,  que  notre  atmo- 
sphère n'y  mette  irrémédiablement  obstacle. 


MÉGANIQUE.  —  Sur  les  lignes  de  glissement  planes  des  corps  pulvérulents^ 
cohérents  ou  plastiques.  Note  de  M.  Gustave  Guillaumin. 

L  J'ai  obtenu  antérieurement  l'équation  différentielle  caractéristique  du 
double  système  des  lignes  de  glissement  des  massifs  pulvérulents  plans  en 


SÉANCE    DU    29   MAI    1922.  l4ll 

recherchant,  suivant  les  méthodes  classiques,  les  multipUcités  d'exception 

pour  le  problème  de  Cauchy.  L'équation  dilTérentielle  en  question,  jointe  à 

cette  autre  évidente 

dy  :=  lang  J;  dx^ 

représente  les  caractéristiques  (d'ordre  nul),  toujours  réelles,  du  système 
fondamental  des  deux  équations  aux  dérivées  partielles  du  premier  ordre 
définissant  l'équilibre.  Les  lignes  de  glissement  sont  le  support,  ou  la  pro- 
jection, dans  le  plan  (a?,  j),  des  systèmes  caractéristiques;  c'est  ce  qui  leur 
permet  de  jouer,  dans  la  construction  des  solutions,  le  rôle  des  lignes  de 
discontinuités,  introduites  pour  la  première  fois  par  M.  Boussinesq,  ainsi 
que  je  l'ai  montré  dans  ma  Note  des  Comptes  rendus  du  5  mai  191 9.  De 
même  que,  suivant  une  remarque  de  M.  Hadamard,  il  est  impossible  de 
traiter  de  la  dynamique  des  gaz  sans  faire  intervenir  des  discontinuités,  de 
même  il  sera  en  général  impossible  de  construire  des  solutions  de  l'état 
ébouleux  sans  introduire  certaines  discontinuités  délimitées  par  une  ou 
plusieurs  lignes  de  glissement.  On  peut  d'ailleurs  montrer  que  cette  pro- 
priété des  lignes  de  glissement  est  générale  et  s'applique  également,  même 
dans  le  cas  de  corps  hétérogènes,  à  l'équilibre  limite  défini  par  une  loi 
de  Coulomb  quelconque  F  (T,  N)  =  o.  Ce  qui  paraît  digne  de  remarque, 
c'est  que  les  discontinuités,  dont  l'existence  est  subordonnée  à  la  réalité  des 
caractéristiques,  s'introduisent  généralement  en  dynamique,  alors  qu'elles 
apparaissent  ici,  en  dehors  de  toute  singularité  du  champ  des  forces  appli- 
quées, dans  un  problème  de  pure  statique. 

IL  L'équation  caractéristique  des  lignes  de  glissement,  rappelée  dans  ma 
dernière  Note,  peut  s'écrire,  sous  la  forme  intrinsèque, 

dp        '2/;lang9  _ 

('^  'ds~^      n      -^^•' 

p  désignant  toujours  la  pression  moyenne,  o  l'angle  de  frottement  etR  le 
rayon  de  courbure  de  la  ligne  de  glissement  considérée,  compté  positi- 
vement lorsque  le  centre  de  courbure  se  trouve  du  même  côté  que  la  direc- 
tion positive  de  l'axe  principal  portant  la  plus  grande  pression  par  rapport 
à  la  direction  positive  de  la  tangente  à  la  ligne  de  glissement,  les  directions 
en  question  étant  choisies  de  manière  à  faire  un  angle  aigu,  d'ailleurs 
toujours  inférieur  à  45*^.  (^uant  à  F„  c'est  ce  qu'on  peut  appeler  la  compo- 
sante oblique  de  glissement  de  la  force  appliquée  F  sur  la  tangente  à  la  ligne 
de  glissement  considérée  ;  c'est  en  eft'et  la  composante  de  cette  force  sup- 


l4l2  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

posée  décomposée  suivant  les  directions  des  tangentes  aux  deux  systèines  de 
lignes  de  glissement,  qui  font  entre  elles  l'angle ç». 

III.  Lorsque  les  forces  appliquées  sont  négligeables,  on  obtient  la 
relation 

(2)  log—  =  2£(-/  —  7o)  tango, 

Po 

qui  donne,  sur  chaque  ligne  de  glissement,  la  loi  de  variation  de  p  en 
fonction  de  l'inclinaison  y  de  la  plus  grande  pression  principale,  bissectrice 
intérieure  des  deux  lignes  de  glissement;  £  =  ±i  suivant  le  système  de 
lignes  de  glissement  choisi. 

Si  l'on  considère  le  quadrilatère  curviligne  constitué  par  quatre  arcs  quel- 
conques du  double  faisceau  des  lignes  de  glissement,  on  déduit  de  la  relation 
ci-dessus  les  deux  égalités  suivantes  (  '  )  : 

(3)  />0/>2=/>l/>3, 

(4)  Zl  —  Z0  =  Z2—  Z3- 

IV.  Les  équations  précédentes  s'appliquent  aux  corps  cohérents.  Il 
suffit,  suivant  une  remarque  de  ma  dernière  Note,  d'y  remplacer  p 
par/}  -h  Gcot<p,  G  étant  la  cohésion.  En  particulier,  la  relation  (3),  ainsi 
modifiée,  et  la  relation  (4)  expriment  deux  propriétés,  l'une  mécanique, 
l'autre  géométrique,  des  lignes  de  Liiders-Hartmann  dans  l'hypothèse  du 
schème  mécanique  de  Coulomb-Duguet,  appliqué  au  cas  des  déformations 
planes. 

Dans  le  cas  des  corps  plastiques,  l'équation  (i)  s'écrit 

¥  g  représentant  évidemment  ici  la  projection  de  la  force  appliquée  sur  la 
tangente  à  la  ligne  de  glissement  considérée.  Si  la  force  appliquée  dérive 
d'une  fonction  de  forces  U,  on  a,  le  long  de  chaque  ligne  de  glissement,  la 
relation  suivante,  correspondant  au  principe  de  Pascal, 

(6)  p  —  U  —  2£G'Jj  z=  consl. 

Quant  à  la  relation  (3),  elle  dégénère  en  la  suivante  : 

(3)'  p^^p.^—p^^p.^, 

(')  Les  indices  de  p  et  de  /  correspondent  aux  sommets  consécutifs  du  quadrilatère. 


SÉANCE   DU    29   MAI    I922.  l4l3 

V.  Revenons  aux  corps  pulvérulenls  [et  envisageons  le  cas  d'un  écou- 
lement permanent  plan  limite,  dans  lequel  les  grains  soient  censés,  par 
hypothèse,  suivre  les  lignes  de  glissement.  Il  suffit  alors,  dans  (i),  de  rem- 
placer F  par  F  —  pYi  ?  désignant  la  densité  et  7  l'accélération,  pour  en 
déduire  la  relation  suivante,  valable  sur  tout  filet  semi-fluide,  qui  généralise 

le  théorème  de  Bernoulli, 

/-^  ^  (P    ,    ^^"'\       '^^^"g?  (P    ,    W-^\       F.S- 

où  W  représente  la  vitesse  d'écoulement.  Cette  relation  explique  bien, 
qualitativement,  certains  phénomènes  constatés  dans  l'écoulement  des  ma- 
tières sèches  par  filets  quasi  rectilignes. 

VI.  Il  est  possible,  comme  je  me  propose  de  le  montrer  ailleurs,  d'appli- 
quer avantageusement  les  propriétés  des  lignes  de  glissement  au  problème 
des  murs  de  soutènement.  Je  montrerai  également  comment  on  peut,  en 
abandonnant  le  terrain  analytique,  rattacher  les'  propriétés  de  ces  lignes  à 
la  géométrie  intrinsèque  de  la  statique  plane  des  milieux  continus,  géo- 
métrie qui  joue,  comme  on  sait,  un  rôle  important  dans  l'application  de  la 
méthode  théorico-expérimentale  de  M.  Mesnager,  pour  la  détermination 
des  tensions  élastiques  sur  modèles  réduits.  A  cette  méthode  s'apparente 
d'ailleurs  l'étude  expérimentale  proposée  à  la  fin  de  ma  dernière  Note. 


GÉODÉSIE.  —  Expériences  relatives  à  la  marche  d'un  pendule  et  d'un  chro- 
nomètre, effectuées  à  Chamonix  et  à  V Observatoire  du  mont  Blanc,  du 
i**^  août  au  10  septembre  1921.  Note  de  M.  Jean  Lecarme,  présentée 
par  M.  Painlevé. 

Ces  expériences  font  suite  aux  études  que  j'ai  entreprises  pour  la  pre 
mière  fois  en  1899 ('),  à  l'Observatoire  de  M.  J.  Vallot,  situé  sur  l'arête 
rocheuse  du  sommet  du  mont  Blanc.  Leur  but  principal  était  de  déterminer 
les  conditions  d'établissement  d'un  poste  récepteur  de  T.  S.  F.,  afin  de 
connaîtie  l'heure  exacte,  sans  laquelle  il  est  impossible  de  réaUser  la  plu- 
part des  expériences  de  physique,  en  vue  desquelles  l'observatoire  a  été 
destiné.  Les  divers  essais  tentés  dans  ce  but  m'avaient  prouvé  que  ce  pro- 


(')  Comptes  rendus,  t.  129,  1899,  p.  854. 


l4l4  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

blême  présentait  de  grandes  difficultés.  Parmi  les  principales,  il  faut  citer 
la  violence  des  tourbillons  de  vent,  accompagnés  d'électricité  sous  forme 
d'effluves  ou  de  foudre,  la  rupture  fréquente  des  fils  extérieurs  par  suile  de 
leur  enrobement  de  glace  pendant  les  tempêtes,  le  froid  intense  qui  règne 
en  permanence  à  ces  altitudes,  et  enfin  les  troubles  physiologiques  résul- 
tant de  la  faible  pression  atmosphérique  (H  :  44"")  et  du  manque  d'oxy- 
gène, provoquant  chez  les  opérateurs  de  Tanémie  cérébrale,  rendant  tout 
travail  extrêmement  pénible. 

Ces  difficultés  ont  été  tournées  en  partie  de  la  manière  suivante  :  les  fils 
extérieurs  ont  été  encastrés  dans  la  neige,  qui  est  un  bon  isolant,  au  lieu 
d'être  tendus  au-dessus  du  sol.  En  ce  qui  concerne  les  effluves  électriques, 
déjà  très  atténuées  par  cette  disposition,  j'ai  introduit  dans  le  circuit 
antenne-terre  un  tube  cylindrique  en  verre,  muni  de  deux  électrodes  à 
grande  surface,  et  contenant  un  gaz  raréfié,  à  une  pression  correspondant 
au  minimum  de  résistivité  électrique.  Ces  tubes  pouvaient  supporter  en 
régime  normal  un  courant  de  25  milliampères  sous  une  tension  de  5o  kilo- 
volts.  De  ce  fait,  les  parasites  furent  très  atténués,  et  l'éclairement  du  tube 
au  moment  du  passage  des  nuages  électrisés  prévenait  l'opérateur  tout  en 
le  garantissant,  les  décharges  passant  de  préférence  dans  le  gaz  raréfié, 
dont  la  self  est  moindre  que  celle  des  circuits  du  récepleur. 

Quant  aux  troubles  physiologiques,  les  injections  sous-cutanées  d'oxygène 
gazeux,  que  nous  a  pratiquées  le  D^Bayeux,  produisent  une  grande  amélio- 
ration de  l'état  général.  Grâce  à  ces  perfectionnements  j'ai  pu,  cet  été, 
installer  et  utiliser  un  poste  récepteur,  malgré  une  violente  tempête  de 
neige  quia  duré  pendant  tout4e  séjour  à  l'observatoire  (i8  au  26  août). 
Disposant  ainsi  de  la  réception  des  signaux  horaires  de  la  Tour  Eiffel, 
j'ai  tenté  d'étudier  par  ce  moyen,  (jui  n'avait  pas  encore  été  appliqué  au 
mont  Blanc,  les  variations  de  marche  d'un  pendule  battant  la  seconde 
à  Paris,  ainsi  que  celle  de  deux  chronomètres. 

A  cet  efïét,  j'ai  transporté  à  l'Observatoire  de  M.  J.  Vallot,  outre  le 
matériel  de  T.  S.  F.,  un  pendule  constitué  par  une  tige  de  i"  de  lon- 
gueur, en  métal  invar,  compensée,  et  comportant  une  masse  lenticulaire  de 
lo'^s.  Ce  pendule,  entretenu  électriquement,  commandait,  au  moyen  d'une 
came  en  platine,  montée  sur  saphirs,  une  horloge  avec  cadran  à  secondes,  le 
courant  étant  produit  par  3  piles  Féry,  seules  utilisables  à  cette  altitude.  Le 
réglage  de  cet  instrument  avait  été  préalablement  effectué  à  Paris,  pen- 
dant plusieurs  mois,  avec  une  précision  de  ±  2" par  mois.  Son  transport  au 
mont  Blanc  a  été  effectué  avec  le  plus  grand  soin,  afin  d'éviter  tout  déré- 


SÉANCE   DU    29   MAI    1922.  l4l5 

glage.Les  mêmes  expériences  ont  (Hé  ensuite  reprises  à  Chamonix  (io5o'"), 
au  laboratoire  de  M.  J.  Vallot,  pendant  un  mois  et  demi.  Le  résultat  de 
ces  expériences  est  résumé  par  le  Tableau  ci-dessous  : 

Calcul  de  g  cV après  les  expériences. 

Jour  solaire  moyen  =  864oo"  de  temps  moyen. 
Pendule  à  Paris  :  86^00  oscillations  par  jour  moyen. 
Pendule  à  Chamonix  :  864oo —  45  =  86355  oscillations. 
Pendule  à  l'Observatoire  du  mont  Blanc  :  86/400  —  j(iz=8633o. 

86400" 


Valence  d'une  oscillation  :  Paris, 


864oo''«'' 


rx  ■  86400"  „  ^  ,       r.r.  ■  86400"  „  „        ,, 

Uhamonix,  ^      ^    ■     z=  i',ooot)2i  io4;  Observatoire,  t^f^ — "  i  ,o<)o8i()84j. 

Valeur  de  ^^  à  Paris  :  Mesure  faite  à  l'Observatoire,  980.94. 

Calculée  au  moyen  de  la  formule  gi  =  9^8,  1  (1  -\-  0,0001  sin'-l)  avec  /  =  48"5<)' 

sin48°5o'rz:  0,762;         sin-/  =  0.535;         o, 0062  x  o, 535  ^  o,oo'2-8 ; 
978, 1  X  I  .00278  =  980,819;  soit  980,82. 

Valeur  de  ^1  a  Chamonix,  théorique,  pour  A„  =  o,  /  =  45''45'  : 

sin45''45'=o,7i6;         sin-/=:  o,5i2656;         sin-/  x  o.oo52  =  0,002666; 
978,  I  X  1 ,002666  rzi  980,687;  soit  980,64. 


looo        ^    , 
— - —  =  0  .  .5 . 


V^aleur  donnée  par  Hansky,  980,665. 

\aleur  de  ^'i  pour  Chamonix,  théorique,  pour  A  =  io5o™,  /=45°45' 

o 
D'après  le  nombre  calculé  par  Hansky,  980,666  —  o,35  =  980,315. 

D'après  le  nombre  calculé  plus  haut  :  980.64  —  o.35  =  980.29. 

Moyenne  :  980,0  environ. 

Valeur  calculée  au  moyen  du  pendule  : 

tl  980.65 

01  =  007^  = 7— 7-  =979,626;         soit  979,63. 

Lq        1,00104247  ^'^ 

Valeur  de  g,  pour  l'Observatoire  du  mont  Blanc,  pour  //  =  4365".  /  =  45"45'  : 
Calculé  daprès  la  formule  980 ,  65  —  i ,  45  =  979 ,  20  ; 
Calculé  d'après  la  marche  du  pendule, 

_       tl  980,65 

^^-^"71=  1.00,622337  =9"9'^^- 

Valeur  de  g^  calculée  pour  le  sommet  du  mont  Blanc,  pour  h  =  48io™,  /  =  45°45' 

980,665  —  i,6  =  979,o65; 


l4l6  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Calculée  par  extrapolation  du  résultat  des  expériences  du  pendule;  à  l'Observatoire 
Vallot  : 

979,08  —  0,15  =  978,93     ('). 

Les  chronomètres  ont  subi  également  un  retard  moyen  de  3o"  par  jour, 
fait  difficilement  explicable,  qui  fait  Fobjet  de  nouvelles  expériences. 

Nota.  —  Je  tiens  à  remercier  M.  J.  Vallot,  directeur  de  l'Observatoire  du  mont 
Blanc,  d'avoir  bien  voulu  mettre  à  ma  disposition  son  observatoire  pendant  -20  ans, 
ainsi  que  de  sa  collaboration  dans  plusieurs  séries  d'expériences. 


PHYSIQUE  THÉORIQUE.   —  Sur  la  conception  relativisle  de  l'espace. 
Note  de  M.  S.  Zaremba,  présentée  par  M.  G.  Kœnigs. 

Dans  une  Note  récente,  M.  Le  Roux  (-)  a  fait  lemarquer,  avec  raison, 
que  la  simple  attribution  d'un  ds"^  déterminé  à  l'espace  constitue,  non  pas 
une  hypothèse  concernant  la  nature  de  celui-ci,  mais  seulement  une  con- 
vention qui  détermine  ce  que  l'on  doit  entendre  par  distance  de  deux  points. 
En  revanche,  et  au  point  de  vue  de  la  théorie  de  la  relativité,  il  y  a  intérêt 
à  joindre  cette  remarque  à  celle  de  M.  Le  Roux,  on  formulerait  une  hypo- 
thèse susceptible  de  vérification  expérimentale,  du  moins  au  cas  où  l'on 
adopterait  la  conception  traditionnelle  de  l'espace-temps,  si  l'on  affirmait 
que,  potir  une  certaine  forme  déterminée  du  ds-  de  l'espace ,  les  corps 
appelés  communément  corps  solides  jouissent  de  la  propriété  que  les  dis- 
tances géodésiques  mutuelles  de  leurs  points,  estimées  au  moyen  du  ds- 
considéré,  sont  indépendantes  du  temps  dans  certaines  conditions  (cons- 
tance de  la  température  et  des  forces  sollicitant  le  corps). 

Ne  pourrait-on  pas,  en  profitant  de  cette  remarque,  attribuer  un  sens  aux 
assertions  de  la  théorie  de  la  relativité  relatives  à  la  nature  de  l'espace  et 
discutées  par  M.  Le  Roux  ? 

Cette  (juestion  comporte  une  réponse  franchement  négative.  En  efîet,  on 
admet  dans  la  théorie  de  la  relativité  que,  parmi  les  divers  systèmes  de  réfé- 
rence aux({uels  l'espace-temps  peut  être  rapporté,  il  y  a  des  systèmes  de 
référence  normaux  x^.,  x^,  x^,  t  où  l'une  des  coordonnées,  soit  ?,  représente 


(')  Une  seule  tentative  de  mesure  de  ^   a  été  effectuée,  en  1898,  par  M.  Hansky, 
dans  l'ancien  Observatoire  de  M.  Janssen   {Compter  rendus,   t.  127,    1898,  p.  947). 
(^)  Le  Roux,  La  courbure  de  V espace  {Comptes  rendus^  t.  174,  1922,  p.  924). 


SÉANCE  DU  29  MAI  I922.  l4l7 

le  temps.  Soit 

(  I  )  2  ^"^"  ^^'  '^^''  ^  2  ^'i'-*  ^■^'î'-  ^^^  "^  »  '  •  "^^^ 


i,k  =  \ 


la  forme  métri(|ue  de  Pespace-temps  pour  un  certain  système  de  référence 
normal.  A  une  époque  donnée  t  =  ^„,  le  ds-  de  l'espace  sera  donné  par  la 

formule 

3 

( 2  )  ds-z=:^{gii,)i^,^  dxi  dx^ . 

Soient  A  et  B  deux  points  physiques;  leur  caractère  de  points  physiques 
fera  que  chacun  d'eux  conservera  son  individualité  à  travers  le  cours  du 
temps.  Appelons  distance  des  points  A  el  B,  estimée  à  répo([ue  /  =  /„  dans 
le  système  de  référence  considéré,  leur  distance  géodésique  correspondant 
à  l'expression  (2)  du  ds-  de  l'espace.  Il  pourra  arriver  que  cette  distance  soit 
indépendante  de  l'époque  à  laquelle  elle  se  rapporte,  mais  cette  circons- 
tance ne  constituera  une  propriété  intrinsèque  des  deux  points  A  el  B  (jue  si 
elle  se  conserve  au  passage  du  système  de  référence  considéré  à  n'importe 
quel  autre  système  de  référence  normal  (  '  ).  En  examinant  si  cette  condition 
est  vérifiée,  on  ne  devra  pas  oublier  qu'à  des  positions  simultanées  des 
points  A  et  B  dans  un  système  de  référence  normal  correspondront,  en  géné- 
ral, des  positions  non  simultanées  dans  un  autre  système  du  même  genre. 
Cela  posé,  on  constate  aisément  que,  selon  la  nature  de  la  forme  (i),  de 
deux  choses  l'une  :  ou  bien  la  constance  de  la  distance  de  deux  points  phy- 
siques ne  peut  pas  être  une  propriété  intrinsèque  de  ces  deux  points,  ou  bien, 
si  elle  peut  l'être,  ce  n'est  qu'à  la  condition  que  le  nombre  de  degrés  de 
liberté  de  l'ensemble  des  deux  points  soit  inférieur  au  nombre  5. 

Je  prouve  en  particulier,  dans  un  Mémoire  qui  paraîtra  prochainement, 
que,  dans  le  cas  de  la  théorie  de  la  relativité  restreinte,  les  coordonnées 
x'î"^  et  xf'  des  points  A  et  B  sont  liées  entre  elles  par  des  formules  de  la 

forme 

^'A'  z=Vit  +  ai,         xf-  —  Vil  +  bc         ( /  =  1 ,  2,  3 ), 

OÙ  les  Vi,  les  n^  et  les  h^  sont  des  constantes.  Dans  ce  cas,  le  nombre  de 
degrés  de  liberté  du  système  de  deux  points  est  donc  égal  à  zéro. 

Il  résulte  de  ce  qui  précède  qu'un  système  de  points  physiques  de  la 


(^)  Dans  deux  systèmes  de  référence  difterents,  la  distance  des  points  A  el  B  peut 
être  différente,  quoique  indépendante  du  temps  dans  chacun  d'eux. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T,  174,  N*  22.)  I02 


ï4ï8  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

naLure  considéré,  même  s'il  existait,  ne  pourrait  pas  servir  d'étalon  de 
longueur.  Par  conséquent,  le  procédé  que  nous  venons  de  discuter  ne 
permet  pas  d'attribuer  un  sens  aux  assertions  de  la  théorie  de  la  relativité 
relatives  à  la  nature  de  l'espace;  pour  y  arriver,  il  faut  autre  chose,  mais 
ce  qu'il  faut  semble  bien  malaisé  à  trouver. 


ÉLECTRICITÉ.  —  Sur  les  diagrammes  circulaires  des  systèmes  triphasés 
déséquilibrés  et  la  définition  de  leur  degré  de  déséquilibrage.  Note  (^)  de 
M.  Louis-G.  Stokvis,  transmise  par  M.  A.  Blondel. 

Dans  une  Note  précédente  (-),  nous  lavons  expliqué  que  l'on  peut  rem- 
placer un  système  triphasé  déséquilibré  par  deux  systèmes  équilibrés;  l'un 
tournant  avec  le  champ  excitateur  (système  synchrone  J^),  l'autre  tournant 
en  sens  inverse  (système  inverse  J;).  C'est  le  système  synchrone  qui  représente 
la  marche  normale  de  la  machine  et  celle-ci  absorbe  ou  développe  le  même 
couple  que  si  elle  débitait  ou  absorbait  le  courant  du  système  symétrique  J,. 
Par  un  raisonnement  analogue  à  celui  développé  dans  notre  Note  précé- 
dente, nous  obtenons,  en  posant  l'équation  vectorielle 

J]  4-  J2  -h  J3=  O 

et  en  désignant  par  J,,  le  courant  synchrone  circulant  dans  la  phase  I 
{\j —  I  =7),  l'expression 

./J,,,V^=:-J3-J,[+-^+,/^]- 

Nous  avons  obtenu  précédemment,  en  désignant  par  J,,  le  courant  inverse 
passant  dans  la  phase  I, 

yJa\/3=:+ J3  +  J,     +^  +y  V    • 

Nouspouvonsdoncobtenir  (voir  la  ligure)  le  courant  synchrone  J,,  (au  fac- 
teur/v3  près)  comme  la  résultante  du  courant  —  J,  et  du  courant — J,  retarde 

de  ^  •  Nous  faisons  donc 


M,0=-J 


H^m- 


(*)  Séance  du  22  mai  1922. 

(^)  Comptes  rendus,  t.  159,  19145  P-  4^. 


SÉANCE   DU    29   MAI    1922.  l4l9 

Nous  avions  obtenu  le  courant  inverse  J,,  (au  facteur /v3  près)  comme  la 
résultante  de  J3  et  du  courant.!,  avancé  de  ^-  Nous  faisons  donc 

Considérons  maintenant  le  courant.!,  fixe,  pour  servir  de  vecteur  de  réfé- 


rence. En  avançant  ce  vecteur  de  -,-  ou  en  le  reculant  du  même  ansrle,  les 


points  M,  et  Mo  devront  également  rester  fixes. 
Nous  obtenons  ainsi  les  relations 


=y  v3Jm. 


M,Q  =  -  Ja-f-  M,0  =  -  J3-  J,  \—  i  +// 

QM,r=+J3  +  OM.,  =  -+-J3+J,    H-^  +./V3    =./v/3Ja, 
M,M,  = : 


Faisons  maintenant  trois  hypothèses  distinctes  sur  les  conditions  de  fonc- 
tionnement : 

j°   Posons  la  condition  que  le  courant  synchrone  reste  constant,  ce  qui 


l420  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

revient  à  dire  :  supposons  la  constance  du  couple  (').  Alors  il  est  évident  que 
le  point  Q  se  meut  sur  un  cercle  de  centre  M,  et  de  rayon  M ,  Q  =  sj"]  J^  =  r^ . 
2°  Posons  la  condition  que  le  courant  inverse  reste  constant,  ce  qui 
revient  à  dire  :  exigeons  que  les  harmoniques  3  développées  gardent  une 
amplitude  constante.  La  Note  citée  plus  haut  nous  apprend  que  le  point  Q 
se  meut  alors  sur  un  cercle  de  centre  M.,  et  de  rayon  M^Q  =  y/'iJ,  =  /v,. 

3**  Définissons  maintenant  le  degré  de  déséquilibrage  £  comme  le  quotient 
de  la  composante  synchrone  (c^est-à-dire  utile)  par  la  composante  inverse 
(c'est-à-dire  nuisible);  donc 

_  J.  _  /J.\/3  _  QM, 
'~J/~yJ,V3~QM2' 

Posons  la  condition  que  £  soit  constant,  ce  qui  revient  à  dire  :  cherchons 
toutes  les  positions  de  Q  qui  donnent  lieu  au  même  degré  de  déséquili- 
brage. En  langage  géométrique,  cela  revient  à  dire  que  nous  cherchons  le 
lieu  géométrique  du  sommet  d'un  triangle  (M<  MoQ)  dont  la  base  est  cons- 
tante (M,  Mo  =y  v'5J|)  et  dont  le  quotient  des  deux  côtés  est  également 
constant  (^^  =  £). 

Ce  lieu  géométrique  est  un  cercle  dont  le  rayon  est 


et  dont  le  centre  se  trouve  sur  la  droite  M,  M.  à  la  distance  a  de  M^  ou 

En  résumé,  pour  un  système  triphasé  déséquilibré,  on  peut  tracer  trois 
diagrammes  circulaires  : 


Un  cercle 


couple  '   "     ]                 ,         1  ^^Ii  1  .       (  V  3  J^- 

-^i^^^..,.^.^  _  /        ayant         l  '  J  et      ^     _ 

un  uçicie          ^    harmonique  3  J  l  pour  centre  <  ^^2  {  pour    )  V'^  J/ 

d  équivalence  de   j                                 l       1         •           J  (  1  ^■"■"•--i  /      e      \ 

I  déséquilibrage   \      le  point  M3  \  rayon  f  MiMjl  -; j 


(')  Cette  propriété  Jécoule  directement  d'un   théorème  de  M.   Blondel   (voir    son 
Ouvrage  Synchronous  Motors). 


SÉANCE   DU   29   MAI    1922.  ll\il 

CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Influence  du  facteur  temps  sur  V interpénétration  des 
solides  par  réaction  chimique.  Note  de  MM.  II.  Weiss  et  P.  Henky, 
présentée  par  M,  H,  Le  Chatelier. 

Dans  une  Note  précédente  ('),  nous  avons  déterminé  la  loi  d'influence 
du  facteur  température  sur  la  vitesse  d'homogénéisation  à  l'état  solide  des 
alliages  Ag -h  1 4  pour  100  Sb  hors  d'équilibre.  Des  études  faites  sur  les 
bronzes  à  8  pour  100  d'étain  nous  ont  donné  la  même  loi  avec  des  coeffi- 
cients légèrement  dillérents  (t^  =  1,8  .io~'^ .  I  ,o37()'). 

Nos  nouvelles  expériences  ont  pour  but  de  déterminer  la  loi  d'influence 
du  facteur  temps  sur  ce  genre  de  phénomènes.  Réservant,  pour  des  expé- 
riences actuellement  en  cours,  l'étude  plus  délicate  de  la  véritable  dill'usion 
à  l'état  solide  entre  deux  métaux  formant  une  série  d'alliages  à  solutions 
solides  sans  lacune  de  miscibilité,  nous  nous  sommes  placés  d'abord  dans  le 
cas  particulier  d'une  interpénétration  de  deux  métaux,  par  formation 
d'une  zone  de  composé  défini  à  partir  de  leur  surface  de  contact,  et  nous 
avons  mesuré  la  loi  d'augmentation  de  Fépaisseur  de  cette  zone  avec  le 
temps  à  diverses  températures  constantes.  Nous  nous  sommes  adressés  à 
deux  couples  de  métaux  donnant  un  composé  défini  soit  coloré  naturelle- 
ment, soit  facilement  colorable  pour  un  réactif  approprié.  Ce  sont  les 
couples  Ag-Sb  et  Cu-Sb. 

Les  métaux  étaient  coulés  en  cylindres  de  6"""  de  diamètre,  leurs  bases 
dressées,  polies  et  forcées  l'une  contre  l'autre  à  coups  de  marteau  à  l'intérieur 
d'un  tube  en  fer  sans  soudure,  dont  la  paroi  intérieure  était  recouverte  de 
papier  d'amiante  pour  éviter  les  réactions  possibles  du  fer.  Les  échantillons 
ainsi  préparés  étaient  placés  dans  un  tube  de  verre  où  l'on  faisait  le  vide  de 
la  trompe  à  vapeur  de  mercure  et  chauffés  dans  des  thermostats  pendant 
des  temps  déterminés.  Pour  l'examen,  on  sciait  en  deux  les  cylindres  sui- 
vant un  plan  passant  par  leur  axe;  l'épaisseur  de  la  couche  était  mesurée 
par  le  déplacement  de  la  platine  du  microscope  nécessaire  pour  amener 
successivement  les  limites  des  zones  devant  le  réticule  de  l'oculaire. 

Pour  grouper  les  résultats  obtenus  nous  avons  été  guidés  par  l'idée  théo- 
rique suivante.  Le  temps  r/0  nécessaire  pour  produire  une  augmentation 
d'épaisseur  dx  de  la  zone  se  divise  en  deux  parties  :  1°  la  durée  de  la 
réaction  chimique  une  fois  les  molécules  des  deux  métaux  mises  en  contact, 

(')  Comptes  rendus,  t.  174,  195(2,  p.  292. 


l422  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

durée  qui  est  évideinment  indépendante  de  l'épaisseur  de  la  couche  déjà 
formée; 

2°  Le  temps  nécessaire  aux  molécules  pour  traverser  la  couche  déjà 
formée,  temps  proportionnel  à  son  épaisseur.  Ceci  nous  donne  l'équation 

différentielle 

dd  =z  {m  +  nœ)  dcc, 
d'où 

2 

Toutes  les  expériences  que  nous  avons  faites  ont  conduit  à  l'adoption 
d'une  expression  de  la  forme 

2 

ce  qui  semble  montrer  que  la  durée  de  la  réaction  chimique  est  négligeable 
devant  la  durée  de  traversée  de  la  couche  déjà  formée. 

Nous  n'avons  pas  constaté,  à  partir  d'une  certaine  épaisseur  de  la  couche 
formée,  le  ralentissement  signalé  hypothétiquement  par  certains  auteurs  à 
propos  de  la  pénétration  du  phosphore  dans  le  cuivre  ('). 

Les  points  expérimentaux  que  nous  avons  obtenus  à  chaque  température 
se  placent  presque  tous  sui-  deux  courbes  distinctes,  qui  sont  nettement  en 
relation  avec  l'intensité  des  coups  de  marteau  avec  lesquels  on  a  établi  le 
contact  des  deux  métaux.  Presque  aucun  point  ne  vient  se  placer  dans  l'inter- 
valle situé  entre  les  deux  courbes.  L'écrouissage  par  le  choc  et  la  pression 
de  contact  jouent  certainement  un  rôle  dans  le  phénomène,  mais  nous 
sommes  plutôt  tentés  d'attribuer  ces  variations  discontinues  dans  les  résul- 
tats obtenus  à  des  vitesses  différentes  de  traversée,  selon  l'orientation  par 
rapport  au  clivage  de  l'antimoine.  Les  cristaux  d'antimoine  auraient  une 
facilité  plus  grande  à  s'orienter  suivant  deux  directions  déterminées  par 
rapport  à  ce  clivage. 

Voici,  à  titre  d'exemple,  le  tableau  de  nos  résultats  pour  le  couple 
Ag-Sb  à  47,5°  : 

9  (en  heures) 2  12  72       36o  i\         48         36o 

X  observé  (en  mm).  .  .     o,38       0,98       2,i5     4.9  1,0       i,4       8,76 

a;  calculé  (en  mm)...      0,876     0,920     2,26     5,o4  0,97     1,87     8,75 


l4,2  25,7 


n 


Rapport  des  - i.l 


(')  Kdwards  et  MuRPHY,  Inst.  of  Metals,  9  mars  J922. 


SÉANCE  DU  29  MAI  1922.  l423 

Des  tableaux  analogues  ont  été  dressés  pour  le  couple  Cu  -  Sb  à  44o"' 
Les  deux  valeurs  trouvées  pour  -  sont  96  et  207. 

Nous  avons  vérifié  d'autre  part  que  n  est  une  fonction  de  la  température 

de  la  forme  r — 7'  (i  étant  le  même  pour  les  deux  familles  de  courbes,  mais 

différent  pour  les  deux  couples  de  métaux  (1,02  pour  Ag-Sb;  1,018  pour 
Gu-Sb). 

La  figure  représente  les  courbes  calculées  par  les  formules  ci-dessus  indi- 
quées pour  le  couple  Ag-  Sb.  Les  points  marqués  sont  les  points  observés. 


^/£  2i. 


tçmp.i  en  Àearej 


Les  expériences  classiques  de  Sir  Roberts  Austen  sur  la  pénétration  de 
l'or  dans  le  plomb  sont,  ainsi  que  nous  l'avons  vérifié  directement,  des  in- 
terpénétrations de  cette  nature.  A  200''  il  se  forme  en  24  heures  une  couche 
du  composé  Au-Pb  épaisse  de  j^  à  -|-^  de  millimètre.  A  218°  (3  degrés 
au-dessus  du  point  eutectique),  l'alliage  eutectique  se  forme,  fond  et  la 
pénétration  s'accélère  énormément.  En  un  quart  d'heure  elle  est  déjà  de 
l'ordre  du  millimètre.  Ces  résultats  expliquent  pourquoi  la  pénétration  de 
l'or  dans  le  plomb  trouvée  par  Sir  Roberts  Austen  à  260^  est  de  beaucoxrp 
supérieure  à  celle  que  von  Hevezy  assigne  comme  limite  supérieure  à  la 
pénétration  du  plomb  par  son  isotope  radioactif  à  28o''('). 


(  V)  Ann.  der  Pliysik,  n"  11,  19^1. 


ll\l/\  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Étude  de  quelques  cyanures  de  henzyle  dialcoylés 
ainsi  que  des  alcools,  amides^  aminés  et  acides  correspondants.  Note(') 
de  M,  Joseph  Bloivdeau,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

MM.  Haller  et  Bauer  et  M.  Haller  et  M"*"  Ramart(2)  ont  étudié  dans 
différentes  conditions  la  déshydratation  du  méthyl-2-phényl-2-pro- 
panol-i  CH^  —  G(CH-^)^CH-OH  qui  s'effectue  avec  transposition  molé- 
culaire. Voulant  généraliser  les  résultats  qu'ils  ont  obtenus,  nous  avons 
préparé  différents  homologues  supérieurs  de  cet  alcool  répondant  à  la 
formule  o-énérale  C«H''C(RR,)CH-OH,  R  étant  égal  à  C^H^  et  R,  à  CH% 

Nous  avons  obtenu  ces  alcools  en  partant  des  dérivés  disubstitués  du 
cyanure  de  benzyle  de  formule  générale  CH\G.(R,.Ro)CN.  Ces  nitriles 
ont  été  hydratés  pour  être  transformés  eu  amides,  puis  les  amides  ont  été 
réduites  en  alcools  correspondants  au  moyen  du  sodium  et  de  Falcool. 

Préparation  des  nitriles  :  C'H''.  C(RRj).GN.  —  Pour  préparer  ces  corps  nous 
avons  employé  la  méthode  de  MM.  Bodroux  et  Taboury  (■')  et  de  MM.  Haller  et 
Bauer  (/>). 

Nous  ne  parlerons  pas  du  diéthylcyanure  de  benzyle  qui  a  déjà  été  obtenu  par 
MM.  Bodroux  et  Taboury  (^)  ainsi  que  ses  dérivés  aniide  (•')  et  acide  ("). 

Méthyl-i-phényl-i-biitane-nitrile-i  ou  méthyléthylcyanure  de  benzyle 

G«1P— C(CtP)(G-ll-')CN. 

Pour  préparer  ce  nitrile  on  a  traité  l'éthylcyanure  de  benzyle  en  présence  d'éthei- 
par  les  quantités  théoriques  d'amidure  de  sodium  et  d'iodure  de  méthyle.  Le  produit 
de  la  réaction,  après  avoir  été  séché  a  été  ensuite  de  nouveau  traité  par  moitié  des 
quantités  théoriques  d'amidure  de  sodium  et  d'iodure  de  méthyle  afin  de  se  rappro- 
cher le  plus  possible  d'une  méthylation  totale.  Le  méthyléthvlcyanure  de  benzyle  ne 
peut  en  eflTel  être  séparé  de  l'étliylcyanure  de  benzyle  par  distillation,  ces  deux  corps 
bouillant  à  la  môme  température. 

(')  Séance  du  i5  mai  1922. 

('-)  Haller  et  Bauer,  Comptes  rendus,  t.  153,  191?.,  p.  108/4;  Haller  et  M""'  Bamart. 
Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  121 1. 

(^)  Bodroux  et  Taboury,  Comptes  rendus^  t.  150,  1910,  p.  53i. 
('')  Haller  et  Bauer,  Comptes  rendus^  t.  155,  1912,  p.  i58i. 
(^)  Bodroux  et  Taboury,  Comptes  rendus,  t.  150,  1910,  p.  1241. 
(')  Bodroux  et  Taboury,  Bull.  Soc.  chim.,  if  série,  t.  7,  p.  670. 
(")  Bodroux  et  Taboury,  Bull.  Soc.  chim..,  4''  série,  t.  7.  p.  847. 


SÉANCE   DU    29   MAI    I922.  14^5 

Le  méthyléthylcyanure  de  benzyle  est  un  liquide  incolore  bouillant  à  ii9°-irîo°  sous 
i5™™  et  à  289°  n.  c.  à  la  pression  ordinaire. 
Phényl-i-beazyl-i-butane-nitrile-i  ou  étliylbenzylcjanure  de  benzyle 

C«H5— C(C2H5)(CH'--C«H»)GN. 

Nous  l'avons  préparé  en  benzylant  l'élliylcyanure  de  benzyle.  C'est  un  liquide  très 
visqueux,  bouillant  à  201°  sous  ij'"". 

Saponification  des  nitriles.  —  La  saponification  de  l'étliylcyanure  de  benzyle  elTec- 
tuée  au  moyen  de  la  potasse  et  de  l'alcool  amylique  donne  l'amide  correspondante 
avec  seulement  des  traces  d'acide.  Le  diéthylcvanure  de  benzvie  se  comporte  de 
même.  Le  méthyléthylcyanure  de  benzyle  donne  au  contraire  un  mélange  d'amide  et 
d'acide.  Nous  avons  pu  obtenir  cette  amide  avec  un  bon  rendement  en  saponifiant  le 
nitrile  par  Facide  sulfurique  à  85  pour  mo  à  la  température  de  100". 

La  méthyl-i-phényl-i-balyraniide  ou  méthylélhylphénylacétamide 

G«  H-^  —  G  (  CH3  )  (  G^  H-^  )  —  GONIi- 

forme  de  petites  aiguilles  blanches  fondant  à  "4°.  Elle  est  très  solubie  dans  la  plupart 
des  solvants  organiques. 

La phényl-i-benzyl-i-hulyramidc  ou  éthylphén} Ibenzylacélamide 

G«H5G(G-^H-^)(Gir^— G«H-5)GONH2 

constitue  des  cristaux  fondant  à  119".  Elle  est  assez  peu  solubie  dans  la  plupart  des 
solvants  organiques. 

V acide  niéthyl-2-phényl--2-buLanoL(jiie  ou  acide  méth\  létln  Ipliéiivlacélique 

G«H^C(GI1')(G^H5)G0MI 

fond  à  60°.  Il  est  très  solubie  dans  la  plupart  des  solvants  organiques.  Etliérifié  par 
saturation  de  sa  solution  alcoolique  au  moyen  de  l'acide  chlorhydrique  gazeux,  il 
donne  avec  l'alcool  méthvlique  un  étlier  niélhylique,  liquide  incolore  bouillant  à  120° 
sous  16™"°.  Avec  l'alcool  éthylique  on  obtient  un  étJier  éthylique,  liquide  incolore 
distillant  à  I24°-I25°  sous  i^™"". 

L'acide  phényl-1-benzyl-i-batanoicjue  ou  acide  éthylphénylbenzylacétique 

G«H^G(G^H5)  (GH^— G^H^)  GO^H 

a  été  obtenu  avec  un  rendement  théorique  par  saponification  de  l'amide  correspon- 
dante par  l'acide  chlorhydrique  en  solution  acétique  et  en  tube  scellé.  Il  fond  à  i^o". 
Des  essais  d'éthérification  de  cet  acide  par  saturation  de  ses  solutions  alcooliques  au 
moyen  de  l'acide  chlorhydrique  gazeux  ne  nous  ont  donné  aucun  résultat.  Nous  avons 
cependant  obtenu  un  élher  inélliylique  en  passant  par  le  ciilorure  acide.  Get  élher 
distille  à  i96°-i97°  sous  16™"  et  forme  des  cristaux  fondant  à  61°. 

Réduction  des  amide  s.  —  Nous  avons  réduit  au  moyen  du  sodium  et  de 
ralcool  absolu  les  deux  amides  que  nous  avons  décrites  ci-dessus,  ainsi  que 
la  diélliylpliénylacétanilde. 


14^6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Uéthyl-i-phényl-i-butanoL-x  ou  alcool  diélhylphényléthjlique 

C6HS  — C.(C2HS)2.CH20H, 

obtenu  avec  un  rendement  de  45  à  5o  pour  loo  par  réduction  de  la  diélhylpliénylacé- 
tamide,  est  un  liquide  visqueux,  bouillant  à  iSô^-iSt"  sous  i3™™  et  à  26o°-26i°  n.  c. 
à  la  pression  ordinaire. 

Traité  par  le  chlorure  de  ben/.oyle  en  présence  de  pyridine,  il  fournit  un  dérivé 
benzoylé,  liquide  très  visqueux,  distillant  à  210°  sous  iS'""*.  Avec  l'isocyanate  de  phé- 
nyle  il  donne  une  phényluréthane  qui  forme  de  petites  aiguilles  blanches  fondant 
à  70°. 

Le  inéthyl-i-phényl-i-bulanol-\  ou  alcool  méthyléthylphényléthylique  primaire 
CH*  —  C.(GH*)(C-n^)CH-OH  est  obtenu,  avec  un  rendement  de  55  pour  100,  par 
réduction  de  l'amide  correspondante.  C'est  un  liquide  visqueux  bouillant  à  i38°  sous 
23mm  gj  ^  246°  n.  c.  à  la  pression  ordinaire. 

Cet  alcool  fournit  un  dérivé  benzoylé  qui  distille  à  202°-2o4°  sous  12™™  et  forme 
de  gros  cristaux  fondant  à  46°.  Sa  phénylurétiiane  est  un  produit  extrêmement 
visqueux. 

Le  phényl-2-benzyl-i-butanol-\  ou  alcool  éthylphénylbenzyléthylique  primaire 
C«H3  —  C.(C2H^)(CII2  —  C«H"*)Cir^OH  est  obtenu  avec  un  rendement  de  83  pour  100 
par  réduction  de  l'amide  correspondante.  C'est  un  liquide  très  visqueux  bouillant  à 
11°  sur  17™™.  Son  dérivé  benzoylé  n'a  pas  cristallisé.  Sa  phvtiylurélhane  forme  de 
petites  aiguilles  fondant  à  117°. 

AJ élhy l-2-phéiiyl-i-ba I ane  aminé  ou  diéthylphényléthylamine 

G  6  H-5  —  C  (  C-  H^  f  CH2  NH2 

se  forme  en  très  petite  quantité  dans  la  réduction  de  l'amide  correspondante.  Nous 
l'avons  obtenu  également  par  réduction  du  diéthylcyanure  de  benzyle  au  moyen  du 
sodium  et  de  l'alcool  absolu.  C'est  un  liquide  incolore,  d'odeur  plutôt  agréable,  absor- 
bant fortement  l'anhydride  carbonique  de  l'air,  distillante  i37°-'i39°  sous  23™'".  On 
obtient  son  chlorhydrate  par  passage  d'un  courant  d'acide  chlorhydrique  gazeux 
dans  sa  solution  éthérée.  On  peut  faire  cristalliser  celui-ci  dans  l'alcool  absolu. 
La  méthyl-i-phényl-i-bulane  aniine  ou  méthyléthylphényléthylamine 

C«H5_C(CH^)(CMP)CH^NIP 

s'est  formée  avec  un  rendement  de  2,5  pour  100  dans  la  réduction  de  l'amide  corres- 
pondante. Elle  distille  à  ii2°-n3°  sous  ii"'"\  Ses  propriétés  et  celles  de  son  chlor- 
hydrate sont  analogues  à  celles  de  l'aminé  précédente. 

La  phényl-1-benzyl-i-butane  aminé  ou  éthylphénylbenzyléthvlamine 

G^HS— C(CM1')(CH-— C«H5)CH-NH^ 

a  été  obtenue  avec  un  rendement  de  4  pour  ioo  dans  la  réduction  de  l'amide  corres- 
pondante. C'est  un  liquide  incolore  bouillant  à  igS"  sous  10™™.  Nous  avons  obtenu 
son  chlorhydrate  de  la  même  façon  que  les  précédents. 


SÉANCE   DU    29   MAI    1922.  1427 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  SurVaclioii  de  V acétylène  sur  les  célones  sodées  et  la 
préparation  des  dialcoyléthinylcarbinols.    Note  (')  de  MM.    l\.  Locquix 
et  ScNG  WorsEXG,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

Divers  auteurs,  dont  MM.  lluzicka  et  Fornasir  (^),  ont  déjà  signalé  qu'il 
se  forme  des  alcools  tertiaires  acétyléniques  quand  on  fait  passer  de  l'acéty- 
lène dans  quelques  méthylcétones  en  solution  dans  un  solvant  indifférent  et 
en  présence  d'un  agent  de  condensation  comme  l'éthylate  ou  Tamidure  de 
sodium. 

Un  des  inconvénients  de  cette  manière  d'opérer  est  que  la  plus  grande 
partie  du  gaz  acétylène  s'échappe  avec  l'ammoniac  qui  se  dégage.  D'autre 
part,  en  raison  du  manque  d'homogénéité  de  la  masse,  l'opération  est 
extrêmement  lente  :  il  faut  des  semaines  pour  obtenir  une  quantité  appré- 
ciable de  produit. 

Nous  avons  pensé  qu'il  devait  être  possible  d'améliorer  le  mode  opéia- 
loire  en  préparant  d'abord  le  dérivé  sodé  des  cétones  et  en  faisant  ensuite 
agir  sur  lui  le  gaz  acétylène. 

Le  résultat  a  pleinement  confirmé  notre  attente,  surtout  à  partir  dé 
la  pinacoline  ou  des  cétones  qui,  conformément  aux  observations  de 
M.  Haller  (*),  donnent  aisément  et  régulièrement  un  dérivé  sodé 

en  milieu  éthéré  ou  benzénique. 

Ayant  préparé  de  cette  manière  le  dérivé  sodé  de  différentes  cétones,  nous  avons 
soumis  la  bouillie  brute  elle-même  à  l'action  de  Tacétylène  purifié.  Il  est  avantageux 
d'agiter  violemment  et  continuellement,  de  rester  à  une  température  voisine   de  0°  C 

et  d'opérer  en  vase  clos  sous  une  pression  d'au  moins  —  atmosphère  en  sus  de  la  pres- 
sion atmosphérique.  Dans  ces  conditions,  l'acétylène  est  rapidement  absorbé:  on  peut, 
en  fixer,  sans  perte,  jusqu'à  11'  par  heure  sur  une  molécule-gramme  de  pinacoline 
sodée  en  suspension  dans  environ  aSo""''  d'éther  anhydre. 

Quand  l'absorption  du  gaz  est  terminée,  on  verse  la  masse  dans  l'eau  glacée,  etc.  et 
sépare  finalement  par  rectification  l'alcool  tertiaire  acétylénique  qui  a   pris  naissance 

(')  Séance  du  22  mai  1922. 

(■-)  RuziCKA  et  Fornasir,  Helvelica  chimica  Acla,  t.  2,  fasc.  2,  1919,  p.  182. 
(^)  A.  Haller,    Comptes   rendus,    t.    130,    1910,   p,   582.    Voir    aussi    t.   liO,  14-8, 
li9,  etc. 


l428  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

conformément  aux  équations 

^,)cO  +  NH^Na     -.     R._cH)G_0Na  +  NH3, 


Les  alcools  ncétyléniques  tertiaires  ainsi  obtenus  (que  nous  appellerons  dialcoyl- 
élkinylcarbinols)  sont  des  liquides  mobiles,  étliérifi;d>les,  caraclérisables  parfois  par 
\e\irs  phénylurélhanes  et,  mieux  encore,  par  leurs  alloplianates  préparés  selon  les 
indications  de  M.  Hébal  ('),  Ces  alcools  donnent  instantanément  un  dérivé  argentique 
inaltérable  dans  l'eau  bouillante.  Hydrof;énés  en  présence  de  noir  de  platine  ou  de 
nickel. réduit,  ils  conduisent  à  l'alcool  tertiaire  saturé  identique  à  celui  que  fournit 
directement  l'action  du  bromure  d'étliyle  magnésium  sur  la  cétone  considérée. 

Remarque.  —  En  dehors  des  djalcoyléthinylcarbinols  en  question,  qui  constituent 
le  produit  principal  de  la  réaction,  on  recueille  un  peu  de  carbure  et  de  cétone  inal- 
térée ou  régénérée,  ainsi  qu'une  certaine  quantité  des  produits  de  condensation  de 
cette  dernière,  sur  elle-même  quand  il  y  a  lieu,  puis  viennent  des  y-glycols  biler- 
tiaires  acélyléniques  du  type 

JJ,)c(0n)_G  =  C-C(OIT)<(J^, 

existant  généralement  sous  deux  modifications  stéréoisomériques  «  et  h.  Ils  sont  iden- 
tiques à  ceux  qu'on  obtient  par  la  méthode  de  Totsich  ('-)  en  condensant  les  dibromo- 
magnésiens  de  l'acétylène  avec  les  mêmes  cétones  initiales. 

On  trouvera  dan$  le  Tableau  ci-dessous  les  constantes  des  principaux  produits  que 
nous  avons  obtenus  : 

Cétones  initiales.  Produits  obtenus. 

IMéthylisohexyléthinylcarbinol  :  Éb.]o=  83°- 85°  et  i87°-i88° 
sous  760""".  Son  allophanate  fond  à  1  i4°-i  i5°.  —  Méthyléthyl- 
isohexylcarbinol  :  Éb.15  =  gs^-gS".  Son  allophanate  fond  à 
I  io°-r  1  1°.  — y-glycols  bilerliaires  acétyléniques  :  Éb.i,^  iSS"- 
184°.  {et)  fond  à  66°-68°;  {b)  fond  vers  35°  sans  netteté. 

,f..,     ,          ,          (  Méthylnonyléthinylcarbinol  :  Eb.,i=:  1 27°-! 28<\  Son  allophanate 

MethyinonvI-       \  ,                 „/.  1     ,     .     ,                 1  . 

y  est  pâteux.  —  Melhylethylnonylcarbinol  :  Eb.,,:=  iSi^-iSA". — 

cétone              {  1        1      .••-.,      •                  t^, 

,,s.               o            ^    i  y-glycols     bitertiaires    acetyleniques     :     Eb.,,,  =r  287°- 238". 

(Eb.H,=  io8"-iio«  .  I  .    w      1-              n    /i^c     j< 

\  {a)  tond  a  91  "-92°;  {b)  fond  a  '-o°-7i°. 


(')   A.  BfiHAL,  Bull.  Soc.  chim.,  4''  série,  t.  25,  1919,  p.  q52  à  ^78. 
(-)    loTSicii,  Extrait  Bu/l.  Soc.  c/tini.,  3"  série,  t.  :iO,  190.5,  p.  210. 


Mélhyllert.  biitvl- 
célone 


SÉANCE  DU  29  MAI  1922.  1429 

Célones  initiales.  Produits  obtenus. 

Dipropylélhinylcarbinol     :     Eb.,2  =    69"-7i°.     Dj  =:    0,8691; 

,,.  ,    .  i       N;  =  i,/1443.  K.  M.  obs.  =  /ï3,28;  R.  M.  cale.  =  43,3?..  Son 

Dmropylc.'tone      )         ,       ,  ,      ,<     ,0  r^-  i-.    .       u-      i    ."-u  o 

,j^.    _        ^  '        allophanate  fond  a  143".  —  Dipropylethylcarbinol  :  i!>b.,r,:=7<S''- 

I       79"-  Son  allophanate  fond  à  I24".  —  y-glycol  acélylénique  bi- 

1        tertiaire  unique  :  l'^b.i^^:  174°  fondant  à  ii8''-ii9''. 

j    Méthyllert.  butylélliinylcarbinol  :  l'>b.  =  i42<'-i44°.  D'^=z 0,8806; 

N;,=  i,444i.   R.  m.  obs.  =  38,o2;   H.  M.  cale.  =  38,66.   Son 

alioplianale  fond   à   i.'>6*'.  —  Mélhyltert.  butylélhylearbinol  : 

,„,  ,         ^        ,       Eb.=ri52".  Son   allophanate   fond  à   i34**-i35".  —  y-glvcols 

(Eb.z=.-io4^-io5").   i       ,.         .    .  .     ,.    •  ,'^u  /o       -  /     /r      j     • 

'1       bitertiaires    acetyleniques   :    Lb.n=  i48''-i.'30''.    (a)    lond    a 

'        88"-89°;  (6)  fond  à  78°. 


BIOLOGIE  VÉGÉTALE.  —  Sur  riièvédité  du  sexe  chez  hi  Lyc/inide  dioique 
(Lychnis  vesperlina  Sibthorp).  Note  de  M.  L.  Blarimghem,  présentée 
par  M.  L.  Guignard. 

Les  néomcndéliens  soutiennent  une  théorie  de  la  répartition  des  sexes 
ciiez  les  espèces  dioïques  obéissant  aux  règles  numériques  de  l'hérédité 
mendélienne.  Les  zoologistes  (L.  Doncaster,  11.  Goldschniidt,  T. -H. 
Morgan  et  beaucoup  d'autres)  en  trouvent  des  exemples  devenus  classiques 
chez  les  Papillons  et  les  Mouches;  le  botaniste  Correns  (1907)  a  réalisé 
l'expérience  fondamentale,  répétée  par  Bateson  (1909)  d'après  laquelle 
tous  les  ovules  de  Bryonia  dioica  sont  à  tendance  femelle,  les  pollens  mi- 
partie  à  tendance  femelle,  mi-partie  a  tendance  mâle.  La  preuve  en  est 
donnée  par  la  fécondation  de  Bryonia  dioica  femelle  avec  le  pollen  de  B.  alha 
hermaphrodite;  en  première  génération,  tous  les  hybrides  sont  femelles; 
les  hybrides  étant  stériles,  on  n'a  pu  suivre  la  deuxième  génération. 

Les  conclusions  sont  discutées  par  Strasburger  (191  o),  surtout  à  propos 
d'une  série  de  travaux  de  G.  Shull  (1909-1914)  concernant  la  transe- 
mission  des  sexes  à  partir  d'une  mutante  hermaphrodite  du  Lychnis  vesper- 
lina. Shull  prétend  qu'ici  encore  les  individus  femelles  sont  homozygotes 
et  à  ovules  femelles,  les  mâles  et  hermaphrodites  à  pollen  mi-partie  mâles, 
mi-partie  femelles.  Strasburger,  Correns,  E.  Baur  et  d'autres  ont  étudié  la 
transmission  de  la  sexualité  chez  cette  dernière  espèce  sans  aboutir  à  une 
conclusion  précise.  Le  fait  que  VUstilago  antherarum  provoque  l'apparition 
d'étamines  chez  la  femelle  (castration  parasitaire  de  A.  Magnin,  A.  Giard), 


> 


1^30  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

dont  Strasburger  a  fait  une  étude  anatomique  remarquable,  inquiète  ceux 
qui  voudraient  ne  trouver  aucune  tendance  à  la  masculinité  chez  les  indi- 
vidus homozygotes  femelles.. 

Les  essais  que  j'ai  tentés  de  19 lo  à  191 2,  à  l'imitation  de  Gorrens,  avec 
la  Lychnide,  n'ont  rien  de  probant;  comme  ceux  de  Gorrens,  do  Strasbur- 
ger,  de  ShuU,  ils  donnèrent  des  pourcentages  variables,  dont  l'interpré- 
tation pouvait  être  discutée,  lieprenant  ces  reclierches  en  1920,  j'ai  eu  la 
chance  d'opérer  avec  un  individu  femelle,  LycJinis  l'esperlina  Sibthorp,  du 
Laboratoire  de  Ghimie  végétale  de  Meudon,  qui  se  comporte  à  peu  près 
comme  la  Bryone  de  Gorrens,  mais  dont  la  descendance  hybride  est  fertile, 
ce  qui  me  permet  d'examiner  le  problème  sous  un  jour  nouveau. 

Le  6  mai  1920,  j'isolai  une  treii laine  de  ileurs  slrictemeul  femelles;  le  21  mai,  j'en 
fécondai  5  avec  le  pollen  de  1  fleurs  mâles,  rouges,  d'un  Lychnis  sylvestre  Roehl  du 
Muséum,  et  3  avec  le  pollen  de  2  fleurs  hermaphrodites  du  Lychnis  viscosa.  Les 
8  ovaires  gonflèrent  et  prirent  la  taille  normale;  seules,  les  fécondations  par  le  5>7- 
vestre  donnèrent  de  bonnes  graines  [environ  4oo  (lot  A)  pour  5  fruits,  alors  que  5  fruits 
à  fécondation  libre  donnent  600  graines]. 

Le  23  juillet  1920,  la  même  plante  mère  fut  fécondée  avec  le  pollen  d'un  Melan- 
drium  rubriim  mâle,  récolté  à  Varangeville  (Seine-Inférieure)  et,  de  3  fruits  noués, 
j'obtins  environ  120  graines  (lot  B);  à  la  même  date,  je  fécondai  4  fleurs  avec  le  pollen 
d'une  même  fleur  de  L.  vespertino  croissant  près  de  la  plante  mère;  j'en  obtins  plus 
de  aSo  graines  (lot  G). 

Une  partie  des  graines  fut  semée  sur  couche  froide  en  mars  1921;  le  i5  juillet,  je 
notai  avec  élonnement  que  toutes  les  plantes  en  fleurs  (environ  4o)  de  ces  expériences 
étaient  femelles.  Je  mis  immédiatement  en  culture  la  majeure  partie  des  graines 
encore  disponibles,  et  la  plupart  fleurirent  en  novembre,  confirmant  le  fait;  les  statis- 
tiques définitives  n'ont  pu  être  faites  qu'au  début  de  mai  1922  : 

Loi.  Semées. 

A.  L.  cespertina  x  L.  sylvestre.  . .      25o 

B.  >■>  X  M.  ru  bru  m  ...      1 14 

C.  »  X  L.  vespertina..      i85 

Deuxième  génération,  —  Les  plantes  du  premier  semis  A  donnèrent  leurs  pre- 
mières fleurs  en  juillet  1921,  et  toutes  étaient  femelles;  j'isolai  et  fécondai  artificiel- 
lement 5  hybrides  à  fleurs  roses  et  5  à  fleurs  blanches  avec  le  pollen  de  3  plantes 
vespertina  croissant  à  l'emplacement  même  de  la  femelle  utilisée  en  1920;  les  graines 
furent  récollées  à  part,  semées  fin  octobre  1921  et  les  plants,  protégés  sous  châssis, 
sont  tous  actuellement  en  fleurs;  sur  SgS  plantes  dérivées,  423  sont  femelles,  472  sont 
mâles.  Les  pourcentages  de  femelles  oscillent  pour  les  10  séries  entre  3i  et  66,  sans 
liaison  marquée  ni  avec  les  coloris  des  fleurs  (rose  ou  blanc)  des  ascendants  Fj,  ni 
avec  les  parents  mâles  vespertina  au  nombre  de  3. 


(■piquées. 

$• 

5. 

$   pour  100. 

i4o 

ii4 

I 

99+ 

9'> 

72 

3 

96 

I  20 

7' 

4 

95 

SÉANCE  DU   29   MAI    J922.  l43ï 

Il  apparail  d  autre  part  clairement,  d'après  la  variété  des  tons  roses  et 
les  pourcentages  des  blancs  et  des  roses  en  F,  et  Fj,  que  le  caractère  couleur 
de  la  corolle  ne  suit  pas  dans  sa  transmission  une  ségrégation  mcndeliennc 
simple  (fait  déjà  no-té  par  Correns  et  par  Sliull).  Il  ne  subsiste,  dominant 
tout  le  phénomène,  que  la  presque  complète  production  de  femelles  dans  la 
descendance  immédiate  de  la  plante  isolée  en  1920, 

Tout  se  passe. chez  ce  Lychnis  respertina  comme  chez  certains  individus 
femelles  de  Satureia  hortensis  (Correns).  L'hérédité  du  sexe,  chez  le  Lychnis 
dioica  et  chez  plusieurs  autres  Caryophyllées  d'ailleurs  {Silène,  Dianthus)^ 
est  une  propriété  de  lignée;  certaines  plantes  ne  donnent  que  des  descen- 
dants femelles  ou  presque;  croisées  avec  d'autres,  la  tendance  s  évanouit 
immédiatement  ou  presque.  Mais  il  ne  paraît  pas  impossible  de  fixer  des 
lignées  à  tendance  marquée  femelle,  ou  même  à  tendance  hermaphrodite 
(mutation  hermaphrodite  du  Lychnis  dioica  de  Shullj,  ou  à  tendance 
presque  exclusivement  mâle.  Les  déductions  tirées  de  l'expérience  de  Cor- 
rens avec  Hryonia  dioica  x  B.  alba  ont  paru  très  simples  parce  que,  cet 
hybride  étant  stérile,  on  n"a  pu  en  étudier  la  descendance;  mais  il  parail 
dangereux  d'en  faire  le  prototype  d'un  mode  général  de  la  transmission  des 
sexeSy  alors  quil  nest  qiCun  cas  particulier. 


BIOLOGIE.  —  Sur  la  fécondité  des  Hybrides  obtenus  par  le  croisement  du 
Canard  Pilet  mâle  (Dalila  acuta  L.)  et  du  Canard  sauvage  femelle  (Anas 
boschas  L.).  Note  de  M.  A.  Lécaillon,  présentée  par- M.  Henneguy. 

Dans  une  Note  récente  (')  j'ai  décrit  les  caractères  d'un  Hybride  mâle 
résultant  du  croisement  d'un  Canard  Pilet  mâle  et  d'un  Canard  sauvage 
femelle.  A  Télat  libre,  les  deux  espèces  dont  il  s'agit  s^accouplenl  facile- 
ment, tout  comme  lorsqu'elles  sont  en  captivité.  Dans  l'Ouvrage  d'André 
Suchetet  (-),  il  est  donné,  en  effet,  une  liste  d'une  trentaine  d'exemplaires 
d'Hybrides  semblables  à  celui  que  j'ai  décrit  et  qui  sont  répartis  dans  les 
Musées  ou  les  collections  particulières  d'Italie,  de  Belgique,  de  Hollande, 
de  Russie,  d'Angleterre  et  d'Amérique.  Le  Muséum  de  Paris  en  possède 
deux  exemplaires,  dont  l'un  depuis  l'année  i838,  et  l'autre  depuis  i854. 


(')  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  885. 

(^)  Les  Hybrides  à  l'état  sauvage,  t.  1,  p.  117,  Lille,  1896. 


l432  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Mais  ces  Hybrides  présentent  un  caractère  remarquable  au  sujet  duquel 
je  n'ai  trouvé  jusqulci  aucune  indication  dans  les  Ouvrages  qui  ont  signalé 
leur  existence,  et  que  mes  observations  ont  mis  en  relief,  ils  donnent,  en 
s'accouplant  avec  le  Canard  sauvage,  de  nouveaux  Hybrides.  Et  ceux-ci, 
en  s'accouplant  entre  eux,  produisent  de  même  une  troisième  catégorie 
d'Hybrides.  On  sait  qu'en  général  les  Hybrides  animaux  sont  inféconds,  et 
que  ce  cas  est  aussi  celui  des  Mulards  (provenant  de  Taccouplement  du 
Canard  de  Barbarie  et  du  Canard  domestique).  Les  Hybrides  de  Canard 
Pilet  et  de  Canard  sauvage  font  donc  exception  à  la  règle  générale  et  ce 
sont,  par  suite,  des  sujets  particulièrement  précieux  pour  l'étude  des  phé- 
nomènes d'hérédité. 

Les  produits  dérivés  de  l'accouplement  primitif  entre  un  mâle  de  Pilet  et 
un  Canard  sauvage  femelle,  que  j'ai  obtenus  jusqu'ici,  au  Jardin  zoologique 
de  Toulouse,  et  dont  j'ai  pu  étudier  les  caractères  morphologiques  externes 
et  les  caractères  éthologiques,  se  répartissent  en  trois  catégories  : 

i"  Hybrides  issus  directement  de  l'accouplement  des  deux  parents  d'es- 
pèces différentes  :  trois  exemplaires,  dont  un  mâle  vivant  encore  actuel- 
lement; 

2''  Hybrides  provenant  de  l'union  du  mâle  hybride  précédent  avec  la 
femelle  de  Canard  sauvage  ci-dessus  :  12  exemplaires,  dont  6(3  mâles  et 
3  femelles)  encore  vivants  aujourd'hui; 

3"  Produits  provenant  de  l'accouplement  entre  eux  des  Hybrides  de- 
deuxième  catégorie  :  plusieurs  pontes  ont  eu  lieu  cette  année  ou  sont 
actuellement  en  cours.  Je  me  suis  assuré  que  les  (leufs  nouvellement  pondus 
étaient  fécondés,  puis  qu'après  une  période  d'incubation. ils  contenaient  des 
embryons. 

Enfin  l'éclosion  d'une  ponte  a  déjà  eu  lieu  et  donné  cinq  jeunes 
Hybrides  de  troisième  catégorie. 

On  pourrait  se  demander  si  le  Canard  Pilet  et  le  Canard  sauvage,  qui 
donnent  ainsi  entre  eux  des  produits  féconds,  ne  constituent  pas  en  réalité 
simplement  deux  races  d'une  même  espèce.  En  zootechnie,  où  l'on  a  géné- 
ralement l'habitude  de  regarder  comme  espèce  unique  toutes  les  races  qui 
donnent  entre  elles  des  produits  féconds,  on  donnerait  le  nom  de  métis 
aux  produits  que  j'appelle  ici  hybrides.  Mais  les  objections  à  cette  manière 
de  voir  ne  manquent  pas  ;  en  particulier  on  peut  faire  valoir  le  fait  que,  entre 
les  Canards  Pilet  et  les  Canards  sauvages,  des  différences  importantes  et 
constantes  s'observent  toujours,  à  tel  point  qu'on  les  range  ordinairement 


SÉANCE   DU   29   MAI    I922.  l433 

dans  deux  genres  distincts.  Pour  l'étude  de  Thérédité,  les  produits  qui 
dérivent  de  Tunion  de  ces  deux  sortes  d'Oiseaux  ne  pourraient  d'ailleurs 
rien  perdre  de  leur  importance  suivant  que  Ton  définirait  Tespèce  et  la  race 
d'une  manière  ou  d'une  autre. 


ENTOMOLOGIE.  —  Etude  malhéinaliquc  de  l  action  des  parasites  entomophages. 
Durée  du  cycle  parasitaire  et  accroissement  de  la  proportion  d'hôtes  para- 
sités. Note  de  M.  AV.-R.  Tho.mpsos,  présentée  par  M.  P.  Marchai. 

J'ai  démontré  dans  une  première  Note  ce  qui  suit  :  en  admettant  que  le 
nombre  initial  d'hùtes  soit  n  ;  le  nombre  initial  de  parasites,  ^;  la  puissance 
reproductrice  de  l'hôte  par  génération,  h\  la  puissance  reproductrice  du 
parasite  par  génération,  ^;  le  nombre  total  d'hôtes  produits  par  généra- 
tion, ///,  où  /  est  un  nombre  dont  la  valeur  dépend  de  la  proportion  qui 
existe  entre  les  sexes  ;  le  nombre  total  de  parasites  produits  par  géné- 
ration,/5,  où/ est  un  facteur  numérique  semblable  à  /;  en  admettant  enfin 
que  le  parasite  ne  dépose  qu'un  seul  œuf  dans  chaque  hôte  attaqué  et 
n'attaque  que  les  individus  non  parasités;  alors,  le  nombre  d'hôtes  dans  la 
^ième  génération  est  donné  par  la  formule 

(i)  Ht=:  {nh^  —  psh'~^f — ps'-/i^~-f  — ...  à  (  termes) 

OU  bien 

(2)  Rt=\nhH  —  pshf 


ç^-i_A^-t 


{s-h)  \y 

le  nombre  de  parasites  étant  donné  par  la  formule 

(3)  Pr-P^'/- 

Si  la  puissance  reproductrice  du  parasite  eSt  égale  à  celle  de  l'hôte,  nous 
devons  écrire  dans  la  formule  (i),  5  =  /?;  cette  formule  devient  alors 

(4)  ï{^  =  [nhH-ph'f{t- 1)1 
Nous  avons  aussi 

(5)  P.=M'/- 

Maintenant,  si,  dans  ce  dernier  cas.  nous  désirons  savoir  combien  de 
générations  il  faudra  pour  que  le  parasite  arrive  à  exterminer  son  hôte, 

C.  R.,  1922,  I-  Semestre.  (T.  174,  N"  22.)  Io3 


l434  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

nous  n'avons  qu'à  poser  H,  =  P^,  et  ensuite  déterminer  ï,  c'est-à-dire 

ph^f=[nhn-ph^J{t-i)l 


d'où 

(6) 


t  = 


nl_ 
Pf 


Si  la  puissance  reproductrice  du  parasite  est  supérieure  à  celle  de  l'hôte, 
nous  pouvons  écrire,  dans  les  formules  (i)  et  (3),  s  ^=  ah,  où  a  est  un  cons- 
tant numérique  supérieur  à  i;  substituant  dans  les  formules,  nous  obtenons 
enfin 


(7) 
(8) 


H,  =  h'\nl-p/ 


a  — - 1 
P,  =  pa'h[f. 


(9) 


En  posant  H^  =  P^,  nous  avons  à  la  fin  de  l'opération 

(nia  —  ni  -{-  pfa 
log( 

1=2    -^ 


pfa 


loga 


Si  la  puissance  reproductrice  du  parasite  est  inférieure  à  celle  de  l'hôte 
nous  écrirons,  de  la  même  façon,  sa  =  A,  d'où 


(lo) 

et,  enfin. 

(Il) 


H,=  ^' 


'nla^-Ef^-^lZD.-\ 
a  —  I  J 


loe 


Pf 


il  -\-  pf —  nia 
loga 


Les  formules  qui  donnent,  dans  ces  divers  cas,  le  pourcentage  de  parasi- 
tisme (a)  dans  la  Z'*"""  génération  peuvent  être  obtenues  facilement  : 

Si  la  puissance  reproductrice  est  égale  à  celle  de  l'hôte,  nous  avons 
de (4) et (5) 


(12) 


nl-pf{t-xy 


si  la  puissance  reproductrice  du  parasite   est  supérieure  à  celle  de  l'hôte, 
nous  avons,  de  (7)  et  (8), 

1 00  pa^f 


(i3) 


ni  —  pf 


a{  a'~* —  i' 


SÉANCE  DU  29  MAI  1922.  l435 

OU,  enfin,  si  la  puissance  reproductrice  du  parasite  est  inférieure  à  celle  de 
l'hôte,  de  (3)  et  (10), 


CHIMIE  BIOLOGIQUE.  —  Le  rendement  énergétique  dans  la  croissance  de 
/'Aspergillus  niger.  Note  de  MM.  Emile-F.  Terroine  et  Rexé  Wurmser, 
présentée  par  M.  Guignard. 

Dans  une  Note  précédente  ('),  nous  avons  désigné  sous  le  nom  de 
«  rapport  d'utilisation  »  le  rapport  du  poids  sec  d' Aspergillus  formé  au  poids 
de  glucose  disparu  du  milieu  de  culture.  Ce  rapport  reste  constant,  au 
voisinage  de  o,  44^  tant  que  l'on  fait  varier  la  vitesse  dans  des  limites  rela- 
tivement étroites,  en  modifiant  la  température.  Il  n'en  est  plus  de  même 
quand  on  réussit  à  faire  varier  bien  plus  largement  la  vitesse.  Nous  mon- 
trerons plus  loin  le  parti  que  l'on  peut  tirer  de  ce  fait  dans  l'étude  du  déve- 
loppement de  V Aspergillus  au  point  de  vue  énergétique. 

La  disparition  de  is  de  glucose  est  accompagnée  de  la  formation  de  os,44  de  mycé- 
lium. Supposons  tout  d'abord  que  le  glucose  soit  complètement  brûlé;  nous  pouvons 
calculer  le  rendement  énergétique,  de  manière  approchée,  au  moyen  des  données 
thermochimiques.  La  combustion  à  la  bombe  du  mycélium  dégage  4*^*^,8  par  gramme; 
la  combustion  du  glucose  3'^^''',76  par  gramme  :  le  rendement  énergétique  semble  donc 

j,       .         4,8x0,44         .         r^ 
être  d  environ — >  soit  o,5o. 

3,70 

En  fait,  la  combustion  du  glucose  contenu  dans  le  milieu  de  culture  n'est  pas  com- 
plète. On  trouve  dans  le  liquide,  après  le  développement,  des  acides  organiques,  de 
l'urée,  etc.  11  est  donc  nécessaire  de  mesurer  directement  l'énergie  U  disparue  du 
milieu.  Nous  avons  brûlé,  avant  et  après  le  développement,  l'extrait  sec  du  milieu  de 
culture;  la  différence  représente  l'énergie  U.  Le  mycélium  recueilli  s.ur  filtre  est  séché 
et  brûlé;  soit  U'  le  nombre  de  calories  dégagées.  Enfin  on  recueille  dans  de  la  baryte 
titrée  le  gaz  carbonique  qui  se  dégage  pendant  le  développement;  le  nombre  de  centi- 
mètres cubes  dégagés,  multiplié  par  0,000,  donne  en  calories  l'énergie  U"  correspon- 
dant à  la  formation  de  CO-  aux.  dépens  du  glucose.  Le  Tableau  ci-dessous  indique  les 
résultats. 

Combustion 

'- — — — CO-  dégagé 

du  milieu  en 

initial.  du  résidu.  U.  U'.        centimètres  cubes.       U".         U  —  (U'-l-U"). 

6,46  o,5io  5.95  3,55  4o8,8  2,04  o,36 

6,00  o,T25  5,87  3,48  4oi)0  2,00  0,39 

(^)   Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  482. 


l436  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Il  est  donc  possible  de  calculer  le  rendement  énergétique,  lequel  est 
représenté  par  le  rapport  entre  l'énergie  emmagasinée  dans  le  mycélium  U' 
et  l'énergie  métabolisable  U.  Ce  rendement  est  respectivement  dans  les 
deux  expériences  rapportées  ci-dessus  de  59,(3  et  59,2  pour  100. 

Mais  il  est  évident  qu'un  tel  calcul  ne  donne  qu'un  rendement  apparent, 
en  ce  qui  regarde  la  croissance.  Pour  atteindre  le  rendement  réel,  il  faut 
défalquer  de  la  quantité  totale  d'énergie  disparue  du  milieu  celle  qui  a 
servi  à  couvrir  la  dépense  d'entretien,  dépense  obligatoire  même  en 
l'absence  de  tout  développement. 

Dans  ce  but,  nous  avons  tenté  de  distinguer,  dans  la  totalité  du  CO^ 
produit,  la  part  qui  représente  la  dépense  d'entretien,  de  celle  qui  doit  être 
réellement  attribuée  aux  processus  de  croissance. 

Si  l'on  place  un  mycélium  dans  un  milieu  de  Gzapek  uniquement  salin, 
sans  carbone  ni  azote,  il  ne  peut  se  développer,  mais  continue  à  dégager 
du  CO".  En  recueillant  le  gaz,  nous  avons  trouvé  que  la  respiration 
d'entretien,  à  36°,  est  en  moyenne  de  3'™'  par  gramme  de  mycélium  sec 
et  par  heure.  Retranchant  de  U  l'énergie  R  correspondant  à  cette  production 
de  GO^,  on  trouve  que  le  rendement  devient  o,63  et  0,67.  Mais  nous 
n'avons  ici  qu'une  valeur  minima  de  l'énergie  d'entretien  de  V Aspergillus ; 
car  le  mycélium,  sur  milieu  non  nutritif,  paraît  entrer  dans  un  élat  de  vie 
ralentie. 

Nous  avons  obtenu  la  mesure  du  CC^  correspondant  à  l'entretien,  dans 
les  conditions  mêmes  de  la  croissance,  en  faisant  varier  considérablement 
la  vitesse  du  développement.  En  milieu  très  acide  (P„  =  i,5  environ),  le 
mycélium  croît  très  lentement;  le  rapport  d'utilisation  s'abaisse.  La 
consommation  du  glucose  est,  en  effet,  à  tout  instant,  la  somme  de  deux 
termes  : 

I**  Un  ternie  proportionnel  à  la  vitesse  du  développement  et  qui  repré- 
sente la  quantité  de  glucose  qui  doit  disparaître  pour  que  se  forme  la  subs- 
tance du  mycélium;  2.^  un  terme  proportionnel  au  poids  du  mycélium  déjà 
formé  à  ce  moment,  et  qui  représente  la  consommation  d'entretien.  On 
déduit  immédiatement  (')  que  la  quantité  de  glucose  consommée  au  bout 
d'un  temps  /  est  représentée  par  la  relation 


'-bt 
1 


(')  Nous  considérons,  ce  qui  esL  exact  en  dehors  des  premières  heures  du  dévelop- 
pement, que  le  poids  du  mycélium  formé  est  proportionnel  à  l'âge  de  la  culture, 


SÉANCE   DU   29   MAI    1922.  l^^J 

oùp  est  le  poids  sec  récolté,  et  a  et  ^  des  constantes  dont  l'une  représente 
la  consommation  nécessaire  pour  former  i^'  de  mycélium,  et  b  la  consom- 
mation d'entretien  par  gramme  de  mycélium  et  par  heure.  Soit  alors  c,  la 
consommation  qui  accompagne  la  production  dejo  grammes  de  mycélium 
en  Z,  heures,  et  Cj  le  chifVre  correspondant  à  la  production  du  même  poids^ 
en  t.,  heures,  on  a 


0  ^=2 


La  moyenne  de  cinq  expériences  a  fourni  pour  b\a  valeur  de  8"""', 2  GO- 

U'  , 

par  gramme  de  mycélium   et  par  heure.   Le   rendement  j- rj,  calculé 

d'après  cette  donnée,  atteint  66  pour  100  et  70  pour  100  ;  c'est  dire  que  le 
rendement  énergétique  réel  de  la  croissance  de  V Aspergillus  est  extrême- 
ment élevé.  Le  fait  que  Fingerling,  Kôhler  et  Reinhardt  ont  obtenu  des 
valeurs  du  même  ordre  de  grandeur  dans  le  cas  de  la  croissance  du  Porc, 
amène  à  se  demander,  et  nos  recherches  se  poursuivent  dans  ce  sens,  si  tous 
les  êtres  hétérotropes  n'obéissent  pas  à  une  même  loi  énergétique. 


MÉDECINE.  —  Expériences  sur  V introduction  de  Vion  iode  par  électrolyse  chez 
r homme,  et  son  élimination  par  les  urines.  Note  de  MM.  Georges  Bour- 
GuiGNOiv  et  CoNDUciiÉ,  présentée  par  M.  d'Arsonval. 

-En  étudiant  la  libération  des  cicatrices  adhérentes  par  l'introduction 
électrolytique  de  l'ion  iode,  l'un  de  nous  (')  a  montré  que  les  résultats  les 
meilleurs  sont  obtenus  en  localisant  le  plus  possible  le  courant  au  foyer  de 
la  blessure.  Il  a  constaté,  en  outre,  que  l'amélioration  se  poursuit  quelque 
temps  après  l'arrêt  de  l'ionisation  et  que,  sur  les  sujets  porteurs  de  cicatrices 
multiples,  le  traitement  localisé  à  une  seule  cicatrice  améliore  en  même 
temps,  quoique  à  un  degré  moindre,  toutes  les  autres. 

Pour  étudier  le  déterminisme  de  ces  phénomènes  nous  avons  cherché 
comment  s'élimine  chez  l'homme  normal  Tion  iode  introduit  quotidienne- 
ment par  électrolyse,  et  quelle  quantité  peut  en  introduire  un  courant 
rigoureusement  déterminé. 

Négligeant  l'élimination  par  la  salive  qu'a  démontrée  Brillouet  par  des 
expériences    purement    qualitatives,    nous    avons    d'abord    recherché    un 

(')  G.' Bourguignon  et  M.  Cwiray,  Société  niéd.  des  hùp.,  1 3  octobre  i»)i6-;  Presse 
médicale,  3  août  1916. 


l438  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

procédé  de  dosage  de  l'iode  dans  les  urines  :  qne  calcination  en  milieu 
basique  constitue  un  procédé  sensible  et  précis,  qui  permet  de  détruire 
toute  la  matière  organique. 

L'iode  est  mis  en  liberté  par  quelques  gouttes  de  sulfate  de  nitrosyle  en  solution 
sulfurique  et  on  l'extrait  par  le  sulfure  de  carbone.  La  coloration  violette  permet  de 
reconnaître  l'iode  q.u'on  peut  doser  par  décoloration  avec  une  solution  d'hyposulfite  de 
concentration  croissante.  Pratiquement,  on  peut  ainsi  doser  moins  de  jq  de  mg  d'iode 
par  litre  d'urine.  Nous  avons  contrôlé  notre  méthode- à  plusieurs  reprises  en  ajoutant  à 
une  urine  normale  quelques  milligrammes  d'iode,  à  l'état  d'iodure,  que  nous  avons 
retrouvés  sans  pertes.  L'urine  normale  de  l'un  de  nous,  sujet  des  expériences,  ne  con- 
tenait que  des  traces  d'iode  inférieures  à  -^  de  milligramme  par  2^  heures,  variant 
légèrement  avec  l'alimentation. 

Dans  les  expériences  d'ionisation,  la  vessie  est  vidée  immédiatement  avant  chaque 
séance,  l'urine  des  2/4  h.  est  recueillie  exactement  dans  l'intervalle  des  séances  etl'iode 
y  est  dosé  tous  les  jours.  Chaque  séance  dure  3o  minutes.  L'intensité  est  maintenue 
constante  à  10  niA.,  grâce  à  une  résistance  en  série  de  loooo". 

L'électrode  positive  est  constituée  par  une  plaque  de  charbon  et  20  à  25  rondelles 
de  papier-filtre  à  analyse,  de  j"""  de  diamètre,  mouillées  d'eau  distillée;  elle  était 
placée  à  la  face  postérieure  de  l'avant-bras  gauche.  L'électrode  négative  était  une 
électrode  semblable,  mouillée  d'une  solution  de  Kl  à  i  pour  100  et  placée  à  la  face 
interne  du  bras  du  même  côté  dans  une  1™  série  (6  séances);  dans  une  2^  série 
(14  séances)  elle  était  constituée  par  un  crislallisoir  contenant  une  quantité  mesurée 
au  ballon  jaugé  (  i5o'^™^)  d'une  solution  de  Kl  à  i  ou  2  p.  1000.  Le  sujet  plongeait  le 
poing  dans  le  cristallisoir  où  le  courant  arrivait  par  une  plaque  de  charbon.  Il  s'est 
éliminé  de  6'"g,3  à  8™s  d'iode  par  jour  dans  la  1™  série  et  5"s  à  7™?, 6  dans  là  2^  En 
calculant  la  quantité  totale  d'iode  introduite  dans  les  urines  en  prenant  pour  les 
vitesses  des  ions  I  et  K  à  travers  la  peau,  les  valeurs  de  5,6  et  4,8  qui  résultent  des 
données  de  Stéphane  Leduc,^  l'iode  retrouvé  dans  les  urines  représente  65  pour  100  de 
la  quantité  introduite  dans  la  première  série  et  42,6  pour  100  daris  la  deuxième. 

Pour  contrôler  ce  rapport,  nous  avons  cherché,  dans  notre  deuxième  série,  à  subs- 
tituer à  ce  procédé  de  dosage,  un  peu  hypothétique,  un  dosage  direct  de  l'iode  disparu 
à  l'électrode  négative. 

En  étudiant  la  courbe  ci-jointe  de  Télimination  de  l'iode  avec  des  séances 
quotidiennes  d'ionisation,  on  voit  qu'il  faut  deux  séances  pour  arriver  à 
une  élimination  sensiblement  constante  tous  les  jours;  après  la  dernière 
séance,  l'élimination  s'est  continuée  plusieurs  jours  (4  à  5  jours).  On  dis- 
tingue donc  trois  phases  :  i«  une  phase  d'élimination  croissante;  2°  une 
phase  d'élimination  en  plateau-  3°  une  phase  d'élimination  décroissante. 
Le  dosage  de  l'iode  disparu  n'a  jamais  donné  moins  de  5"'»  et  jamais  plus 
de  7™s,6  d'iode  dans  l'urine  des  24  heures;-  à  ja  période  de  plateau  nous 
avons  trouvé  de  5"^  à  7'°%4  d'iode  disparu.  Il  y  a  donc  une  concordance 


SÉANCE    DU    29   MAI    1922.  l439 

très  satisfaisante  entre  l'iode  disparu  et  Tiode  éliminé  dans  les  urines  des 
24  h.  Kn  comparant  les  quantités  d'iode  disparues  à  Téleclrode  négative, 
et  éliminées,  on  voit  que  l'on  retrouve  dans  les  urines  environ  70  à  80  p.  100 
de  l'iode  introduit.  Voici  un  exemple  de  cette  expérience  : 

29  JUIN".  —  Iode  disparu  du  cristallisoir  après  une  séance  de  3o  minutes 
avec  10  m  A  =  7™',  6. 

30  JUIN.  —  Iode  trouvé  dans  l'urine  des  24  heures  =  6""^  soit  79  p.  100. 
Si  Ton   applique  à   cette   expérience  le  calcul  de  Stéphane  Leduc,  on 


SJmrtvuomiw     tv 


trouve  10"%  i  d'iode  introduit.  Il  y  a  un  écart  de  33  pour  1 00  entre  le  calcul 
et  le  dosage  direct,  et  le  rapport  entre  l'iode  introduit  ainsi  calculé  et  l'iode 
éliminé  est  de  Sg  pour  100  au  lieu  de  79  pour  100.  Le  dosage  direct  est  donc 
le  seul  qui  permette  de  connaître  réellement  la  quantité  introduite.  Pour  le 
même  nombre  de  coulombs,  cette  quantité  varie  avec  les  régions  de  la 
peau  et  peut-être  avec  d'autres  conditions  à  préciser  expérimentalement. 
Nos  expériences  démontrent  aussi  que  la  plus  grande  partie  de  l'iode 
introduit  par  électrolyse  s'élimine  par  les  reins  (f  à  }  environ). 

Nous  avons  aussi  essayé,  dans  quelques  expériences,  de  voir  si  l'on  peut 
extraire  de  l'iode  à  l'électrode  positive.  De  fait,  en  mouillant  les  papiers- 
filtre  de  l'électrode  positive  avec  de  Tempois  d'amidon  fait  avec  de  1  eau 
distillée,  nous  n'avons  le  plus  souvent  obtenu  aucun  bleuissement.  Ce  résultat 
est  en  accord  avec  les  expériences  des  auteurs  qui,  avant  nous,  ont  fait  la 
même  expérience  dans  des  conditions  rigoureuses.  Mais,  à  deux  reprises,  il 
s'est  produit  une  petite  brûlure  sous  l'électrode,  et,  dans  ces  deux  expé- 
riences, aussi  rigoureusement  préparées  que  les  autres,  le  papier  à  l'empois 
a  bleui  sur  une  surface  de  même  grandeur  et  de  même  forme  que  la  brûlure. 

Si  l'empois  ne  bleuit  pas,  en  général,  ce  n'est  donc  pas  parce  qu'on  n'ex- 
trait pas  d'iode,  mais  parce  que  les  quantités  extraites  sont  en  trop  faible 


l44o  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

concentration.  Dans  le  cas  de  la  brûlure,  la  densité  du  courant  est  plus 
grande  au  niveau  de  la  petite  lésion,  et  la  concentration  de  l'iode  qui  sort  à 
ce  niveau  devient  suffisante  pour  que  la  réaction  s'y  produise. 

En  résumé,  nos  expériences  démontrent  que  dans  l'introduction  électro- 
lytique  de  Tiode,  il  se  constitue  une  réserve  d'iode  qu'on  peut  supposer 
•s'accumuler  dans  le  corps  thyroïde  et  qu'ensuite  il  s'établit  un  équilibre 
entre  l'iode  qui  entre  au  pôle  négatif  et  qui  sort  au  pôle  positif  pendant  la 
séance,  celui  qui  est  en  circulation,  celui  qui  est  en  réserve  et  celui  qui  s'éli- 
mine parles  reins  dans  l'intervalle  des  deux  séances.  A  l'arrêt  de  l'ionisation, 
la  réserve  s'élimine  en  quelques  jours.  Ces  faits  permettent  de  faire  une 
hypothèse  plausible  sur  le  mécanisme  d'action  de  la  thérapeutique  par  ioni- 
sation d'iode,  et  d'expliquer  les  faits  cliniques  observés  par  l'un  de  nous. 
L'élimination  plus  lente  de  l'iode  introduit  par  électrolyse,  que  de  l'iode 
introduit  par  la  bouche,  montre  que  sous  cette  l'orme  l'iode  s'incorpore 
mieux  à  l'organisme.  En  même  temps  elle  explique  la  prolongation  des 
améliorations  pendant  les  arrêts  de  traitement. 

La  présence  d'iode  en  circulation  (extraction  à  l'électrode  positive) 
explique  l'action  à  distance  et  permet  de  comprendre  l'action  locale 
prépondérante. 

Puisqu'il  est  démontré  (Stéphane  Leduc  et  autres  auteurs)  que  l'ion 
introduit  passe  dans  la  circulation  et  ne  pénètre  que  peu  profondément 
dans  la  peau,  l'action  locale  ne  peut  s'expliquer  que  par  l'électrolyse  inter- 
polaire de  l'iode  en  circulation  sur  le  trajet'des  lignes  de  force.  L'ionisation 
agirait  donc  en  deux  temps  :  Premier  temps,  introduction  de  l'ion. 
Deuxième  temps,  localisation  sur  le  tissu  à  traiter  de  l'ion  libéré  par 
électrolyse  de  celui  que  contient  la  circulation. 

Ces  faits  justifient  la  technique  de  l'ionisation  avec  petites  électrodes  et 
localisation  du  courant  aussi  étroite  que  possible  au  foyer  de  la  lésion. 


La  séance  est  levée  à  i6  heures  trois  quarts. 

É.  P. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU   MARDI   (>   JUIN    1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Emile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  COMMUNICATIOIVS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 


M.  le  Ministre  de  l'Ixstructiox  publique  et  des  Beaux-Arts  adresse 
ampliation  du  Décret,  en  date  du  r^^  juin  1922,  qui  porte  approbation  de 
l'élection  que  l'Académie  a  faite  de  M.  Hexri  Lebesgue  pour  occuper, 
dans  la  Section  de  Géométrie,  la  place  vacante  par  le  décès  de 
M.  C.  Jordan. 

Il  est  donné  lecture  de  ce  Décret. 

Sur  l'invitation  de  M.  le  Président,  M.  Hexri  Lebesgue  prend  place 
parmi  ses  Confrères. 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  présente  le  tome  57  des  Mémoires  de  l' Aca- 
démie des  Sciences  et  annonce  qu'il  est  en  distribution  au  Secrétariat. 

M.    le    Présidext    souhaite  la    bienvenue    à    M.    Farid  Boclad  Brv, 

membre  de  l'Institut  d'Egypte. 

M.  B.  Baillaud,  président  de  VUnion  astronomique  internationale,  et 
M.  Ch.  Lallemaxd,  président  de  VUnion  internationale  de  Géodésie  et  de 
Géophysique,  rendent  compte  des  travaux  du  Congrès  qui  vient  de  se  tenir 
à  Rome. 


c.  R,,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N"  23.)  ÏC)4 


l442  '  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

MINÉRALOGIE.  —  Sur  la  composition  et  les  caractères  chimiques  de  la  thortveitite 
de  Madagascar.  Note  de  MM.  Ch.  Boulanger  et  G.  Urbain. 

M.  A,  Lacroix,  auquel  on  doit  une  description  minutieuse  de  la  Thort- 
veitite (\)  de  Madagascar,  nous  a  remis  obligeamment  plusieurs  centaines 
de  grammes  de  ce  minéral,  dont  un  lot  qu'il  avait  pris  soin  de  purifier.  Nos 
analyses  ont  porté  sur  divers  échantillons  de  ce  dernier  lot. 

Les  résultats  obtenus  sont  consignés  dans  le  Tableau  suivant  : 

I.  II.  III.  IV.  V.  Moyennes. 

SiO- 44,1  43,9  43,7  44,5  44,2  44,1 

Sc^O^ 41,7  4i,8  _    42,6  42,8  43,4  42,4 

Zr  O'^ 9,9  7,4  7  »  8  »  »  8,4 

Al'^O^ 2,6  -3,5  3,8  ))  ).  3,3 

Fe-O'^ 2,2  2,0  1,8  »  »  2,0 

100,5         98,6        99,7  »  »  100,2 

La  scandine  obtenue  dans  ces  dosages  renfermait  une  petite  quantité  de 
terres  yttriques  reconnues  tout  d'abord  par  M.  A.  de  Gramont  (')  à  leurs 
lignes  spectrales.  La  proportion  de  ces  terres  est  d'ailleurs  infime,  ce  qui 
est  la  particularité  intéressante  de  la  thorlveitite  de  Madagascar.  En  effet, 
des  minéraux  analogues  d'origine  norvégienne  analysés  (-)  par  Schetelig, 
Tauchert,  Sterba  contenaient  des  proportions  de  terres  yttriques  comprises 
entre  17,7  et  4526  pour  100,  alors  que  le  minéral  de  Madagascar  n'en  ren- 
ferme guère  que  o,5  pour  100,  Ces  terres  yttriques  ont  pu  être  séparées  du 
scandium  par  deux  méthodes  dont  I(.-J.  Meyer  et  H.  Winter  ont  donné 
les  principes  (^). 

Dans  la  première,  les  acétylacétonates  mixtes  sont  soumis  à  la  distillation 
dans  le  vide  :  l'acétylacétonate  de  scandium  distille  seul.  Cette  méthode 
nous  a  donné  des  nombres  légèrement  inférieurs  à  i  pour  100  en  oxydes 
yttriques,  mais  manifestement  trop  élevés,  car  le  résidu  de  la  distillation 
renfermait  encore  une  très  notable  proportion  de  scandium  résultant  d'une 
décomposition  partielle  de  son  acétylacétonate. 

La  deuxième  méthode  qui  consiste  à  précipiter  le  scandium  sous  forme 
de  fluosilicate,  alors  que  les  terres  yttriques  restent  en  solution,  nous  a 
donné  le  nombre  o,3  pour  100  qui  paraît  être  un  peu  faible. 

(')   Comptes  rendus^  t.  171,  1920,  p.  421. 

(-)  lYors/x.  Geol.  7^f(i.,  juillet  1920. 

(^)  Zeits.  fiir  anorg.  Chem.^  t.  67,  1910,  p.  398. 


SÉANCE   DU   6   JUIN    1922.  l443 

Nous  n'avons  pu  observer  jusqu'ici  dans  ces  terres  yttriqiies  que  la 
présence  de  l'x  ttrium,  du  néoytterbium  et  du  lutécium. 

L'alumine  obtenue  dans  ces  analyses  révèle  au  spectrographe  la  présence 
d'une  trace  de  glucine. 

iSous  avons  d'autre  part  observé,  au  cours  des  opérations,  la  présence  de 
traces  très  faibles  de  manganèse,  d'étain,  d'antimoine  et  de  plomb.  Une 
tentative  faite  pour  doser  l'étain  qui,  de  ces  impuretés,  nous  a  paru  être  la 
principale,  nous  a  donné  le  nombre  o,o5  pour  100  qui  ne  saurait  représenter 
que  l'ordre  de  grandeur. 

Les  difficultés  cjue  présentait  cette  analyse  tiennent  principalement  à  la 
nature  du  minéral;  la  thortveitite  de  Madagascar  n'est  attaquée  ni  par 
l'acide  chlorhydrique,  ni  par  l'acide  azotique,  ni  par  l'acide  sulfurique. 
Même  à  haute  température,  les  bisulfates  l'attaquent  mal.  L'acide  fluo- 
rhydric[ue  et  surtout  le  fluorure  d'ammonium  donnent  des  résultats  un  peu 
meilleurs  encore  que  l'attaque  soit  très  lente. 

Avec  la  soude  fondue,  la  désagrégation  est  plus  rapide;  mais  après  la 
reprise  par  l'eau,  il  est  nécessaire  d'attaquer  le  résidu  une  seconde  fois.  Une 
troisième  fois  est  parfois  indispensable.  Ces  attaques  successives  nuisent 
certainement  à  la  précision  des  résultats.  Nous  n'avons  pas  cru  devoir 
donner  plus  d'un  chiffre  décimal,  l'expérience  nous  ayant  appris  que  la 
deuxième  décimale  n'avait  généralement  aucune  signification. 


HYDROLOGIE.   —  Etudc  (les  caux  des  glaciers  d' Argentière  et  des  Bossons, 
Note  (*)  de  MM.  d'Arsoxval,  Bordas  et  Touplvix. 

Les  recherches  les  plus  récentes  de  l'hydrogéologie  ont  montré  que  les 
règles  jusqu'ici  admises  touchant  la  constance  de  composition  et  la  pureté 
microbienne  des  eaux  de  sources  étaient  loin  d'être  aussi  absolues  qu'on  le 
supposait. 

Les  épidémies  d'origine  hydric|ue  et  les  études  bactériologiques  des  eaux 
d'alimentation  qui  en  furent  la  conséquence,  démontrèrent  que  les  sources, 
de  la  craie  en  particulier  pouvaient  être  contaminées  par  des  eaux  de  ruis- 
sellement et  que  dans  de  nombreux  cas,  des  sources  à  débit  important 
n'étaient  que  des  résurgences  de  ruisseaux  ayant  cheminé  plus  ou  moins 
longtemps  dans  le  sous-sol  sans  avoir  subi  la  moindre  filtration. 


(')  Séance  du  29  mai  1922. 


l444  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Ces  faits  ont  été  mis  en  lumière  par  les  travaux  de  Martel,  le  Goupey  de 
la  Forest,  Dienert,  etc.  Depuis  lors  les  hygiénistes  ont  une  médiocre  con- 
fiance dans  la  pureté  des  eaux  de  sources;  certains  d'entre  eux,  et  nous 
sommes  de  ceux-là,  considèrent  qu'elles  sont  toutes  contaminables. 

Les  recherches  que  nous  poursuivons  à  l'Institut  d'Hydrologie  et  de 
Climatologie,  en  vue  de  réaliser  des  méthodes  d'investigation  permettant 
de  suivre  et  d'enregistrer  les  variations  de  la  composition  chimique  des 
sources  hydrominérales,  nous  ont  amenés  à  étudier  les  torrents  issus  des 
glaciers  et  à  les  considérer  comme  de  véritables  sources. 

Les  observations  de  Faraday,  de  Tyndall,  de  Forbes,  d'Agassiz,  de 
Dessor,  de  Dollfus,  de  Charles  Martins  et  de  Roland  Bonaparte, permettent 
d'expliquer  le  mécanisme  de  la  formation  des  glaciers  ainsi  que  les  condi- 
tions qui  en  amènent  la  lente  progression  vers  les  vallées  inférieures. 

Nous  avons  dirigé  nos  recherches  sur  les  eaux  des  torrents  issus  des 
glaciers  des  Bossons  et  d'Argentière;  le  premier,  qui  descend  comme  on 
le  sait,  dans  la  vallée  de  Chamonix,  est  alimenté  par  les  névés  du  mont  Blanc, 
du  Dôme  du  Goûter,  du  mont  Blanc  du  Tacul,  du  mont  Maudit  et  de 
l'Aiguille  du  Midi.  Il  possède  un  bassin  d'alimentation  bien  homogène.  Il 
n'en  est  pas  de  même  du  glacier  d'Argentière;  ce  dernier  était  autrefois 
plus  important  qu'à  l'heure  actuelle,  puisqu'il  se  joignait,  sur  sa  rive  droite, 
au  glacier  du  Tour  et  réunissait  sur  sa  rive  gauche  deux  glaciers  latéraux 
aujourd'hui  disparus,  et  un  troisième  un  peu  indépendant,  en  quelque  sorte 
suspendu,  celui  de  Lognan,  qui  laisse  couler  des  eaux  sur  des  prairies 
alpestres  avant  de  pénétrer  sous  la  partie  terminale  du  glacier  d'x\rgen- 
tière. 

Les  échantillons  ont  été  recueillis  directement  à  la  sortie  du  glacier  jjar  une  belle 
journée  chaude  du  mois  de  septembre  1921,  à  raison  de  deux  pour  chaque  glacier  et  à 
i5  minutes  d'intervalle.  Les  eaux  des  deux  glaciers  avaient  la  même  température  de  4°- 
Elles  étaient  louches  et  contenaient  des  substances  solides  en  suspension  dont  la  gros- 
seur et  la  densité  étaient  diflférentes.  Les  unes  gagnaient  assez  rapidement  le  fond  du 
vase;  d'autres  mettaient  plusieurs  jours  pour  s'y  déposer;  des  particules  plus  fines 
encore  ne  pouvaient  en  ètie  séparées  que  par  filtration,  d'autres  enfin  restaient  en 
suspension  indéfiniment  à  Fétat  colloïdal. 

L'examen  microscopique,  fait  en  lumière  directe  et  en  lumière  polarisée,  a  permis 
de  caractériser  le  quartz,  le  feldspath  et  le  mica. 

L'ultramicroscope  a  révélé  la  présence  de  particules  extrêmement  fines  de  formes 
irrégulières  animées  de  mouvements  browniens;  certaines  d'entre  elles  en  traversant 
le  pinceau  lumineux  reflétaient  vivement  la  lumière  avec  production  d'anneaux  irisés 
dont  la  coloration  variait  suivant  leur  nature. 

Les  indices  de  réfraction  à  17°, 5  et  la  cryoscopie  n'ont  pas  permis  de  constater  de 


SÉANCE    DU   6   JUIN    I922.  l445 

différences  entre  les  échantillons  prélevés  au  même  glacier  ni  entre  ceux  provenant 
des  glaciers  d'Argentière  et  des  Bossons.  11  n'en  a  pas  été  de  même  pour  la  résisti- 
vité. électrique. 

Substances  solubles  Glacier  d'Argentière.  Glacier  des  Bossons. 

ou  — — ^ — -^ m^Êm- -*  — — ^ 

à  l'état  colloïdal.  1.  ';i.  1.  2. 

Résistivilé  électrique  à    18°. 

Sur  liquide  reposé !       28.35o"'""^        56.700°'""'  29. 565"'""^       23.o85"'""' 

Sur  liquide  fihré 20.272  5o.22o  28.35o  23.o85 

Conductibitilé  spécifique. 

Sur  liquide  reposé 3,5xio~'        1,7x10"'       3,3x10"'         4)3xio~* 

Sur  liquide  filtré 3,9x10"'         1,9X10"^        3,5  X  io~'         4)3  X  10' 

Nous  voyons  par  ce  Tableau  que  la  conductibilité  spécifique  peut  accuser 
une  différence  du  simple  au  double  entre  deux  échantillons  prélevés  au 
même  torrent  et  à  un  quart  d'heure  de  distance.  Les  variations  dans  la 
composition  chimique  peuvent  s'expliquer  par  lafflux  de  quantités  d'eau 
plus  ou  moins  pure. 

Il  suffit  de  se  rappeler  que  les  apports  d'eau  provenant  soit  de  la  fonte  de 
la  neige  ou  des  névés,  soit  de  la  partie  superficielle  du  glacier  peuvent  par 
des  irruptions  plus  ou  moins  brusques  dans  le  lit  du  torrent  sous-glaciaire 
augmenter  ou  diminuer  la  minéralisation  de  l'eau  ;  ces  afflux  subits 
augmentent  le  débit  du  torrent  en  accroissant  l'action  mécanique  exercée 
sur  les  roches  ou  sur  le  sol. 

L'analyse  chimique  nous  a  permis  de  différencier  très  nettement  les  eaux 
du  glacier  des  Bossons  de  celles  d'Argentière. 

Pour  100  ds  matière  minérale  : 

Argentière.  Bossons. 

Silice . .         77)^9  53,60 

Oxyde  de  ter  et  alumine i4>49  39586 

Chaux 2)93  4)07 

Magnésie 0,18  2,89 

Potasse 2 ,  98  4  )  80 

Cet  examen  montre  des  écarts  sensibles  dans  la  minéralisation  générale 
des  eaux,  et  l'on  remarquera  particulièrement  la  faible  quantité  de  magnésie 
contenue  dans  Téchantillon  provenant  d'Argentière  comparativement 
avec  celui  prélevé  au  glacier  des  Bossons  ;  ces  premières  observations,  qui 
seront  poursuivies  dans  la  suite,  laissent  entrevoir  la  possibilité  de  connaître 


l446  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

la  nature  géologique  des  terrains  recouverts  par  des  glaciers  plus  ou  moins 
importants,  grâce  à  l'analyse  physico-chimique  des  eaux  des  torrents  qui 
en  sont  issus. 

On  peut  même  prélever  des  échantillons  d'eau  à  diverses  altitudes  dans 
les  crevasses  profondes  d'un  glacier  et  connaître  ainsi  les  variations  de 
composition  du  sol  sur  lequel  il  repose. 

Enfin,  une  dernière  conclusion  s'impose,  c'est  que  les  torrents  issus  des 
glaciers,  véritables  sources,  comme  nous  l'avons  dit,  ont  une  composition 
encore  plus  variable  que  les  sources  ordinaires.  On  a  comparé  avec  juste 
raison  un  glacier  à  une  éponge  qui  exprime  son  eau  soit  par  compression, 
soit  par  circulation  libre  à  travers  ses  crevasses  et  son  lit  ;  d'autre  part,  le 
sol  dans  lequel  circulent  les  sources  peut  être  également  comparé  à  une 
éponge,  mais  ici  les  phénomènes  de  compression  n'existent  pas  et  quant  à 
ceux  dus  à  la  gravité,  ils  sont,  bien  entendu,  moins  accentués.  Toutes  ces 
raisons  expliquent  parfaitement  les  inégalités  si  marquées  et  si  rapides 
constatées  dans  les  eaux  de  torrents  glaciaires. 

M.  Daniel  Berthelot  fait  hommage  à  l'Académie  d'un  Ouvrage  qu'il 
vient  de  publier  sous  le  titre  :  La  physique  et  la  métaphysique  des  théories 
(V  Einstein. 

M.  le  Pr^sidext  fait  hommage  à  l'Académie  de  deux  mémoires  pos- 
thumes de  M.  J.  BouLviN,  ancien  Correspondant  pour  la  Section  de  Méca- 
nique, intitulés  :  Tirage  induit  par  trompe  aspirante  et  A  propos  de  V  étude  des 
machines  à  vapeur  parie  diagramme  entropique, 

NOMIIVATIOIVS. 

MM.  A.  Lacroix,  Ch.  Barrois,  P.  Termier,  Em.  Hacg  sont  délégués  au 
XTIP  Congrès  géologique  international  qui  se  tiendra  à  Bruxelles  au  mois 
d'août  prochain. 

CORRESPONDANCE. 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

Une   brochure    intitulée  :   Jules   Carpentier  (i85i-i82i)  in  memoriam. 


SÉANCE    DU   6    JUL\    1922.  1/447 


ASTRONOMIE  T'IIYSIQUE.  —  Détermination  du  champ  magnéli(]uc  extérieur  du 
Soleil  par  la  structure  de  la  couronne  du  Soleil  et  les  constantes  des  aurores 
boréales.  Note  de  M.  Carl  Stormer,  présentée  par  M.  Deslandres. 

Dans  une  Note  Su?^  la  structure  de  la  couronne  du  Soleil  (  '  ),  parue  en  1 9 1  r , 
j'ai  trouvé  une  relation  entre  le  moment  M  du  champ  magnétique  extérieur 
du  Soleil  et  le  produit  caractéristique  H^  des  corpuscules  électriques  causant 
Taurore  boréale.  Ici 

où  m  est  la  masse,  e  la  charge  en  unités  électromagnétiques  et  (»  la  vitesse 
du  corpuscule.  H  et  p  sont  le  champ  magnétique  et  le  rayon  de  courbure  ; 
le  champ  est  supposé  identique  à  celui  d'une  sphère  magnétisée  d'une 
manière  homogène,  c'est-à-dire  identique  à  celui  d'un  aimant  élémentaire. 
La  relation  trouvée 

(l)  1^  =  3,02.10", 

qui  n'est  qu'approximative,  fut  déduite  en  supposant  que  les  corpuscules  qui 
causent  l'aurore  boréale  sur  la  Terre  sont  les  mêmes  qui  causent  les  rayons  de  la 
couronne  solaire  extérieure .  Enfin,  la  relation  doit  correspondre  à  la  période 
de  Vacti^fité  mijùmum  du  Soleil. 

Depuis,  j'ai  réussi,  par  l'étude  des  matériaux  recueillis  dans  mon  expé- 
dition d'aurore  boréale  à  Bossekop  en  iQiS  (^),  à  déterminer  le  produit 
H.^  des  corpuscules  causant  l'aurore. 

En  effet,  les  aurores  boréales  sont  le  mieux  ^expliquées  en  les  supposant 
causées  par  des  rayons  cathodiques  correspondant  à  la  valeur 

Hr  =  ~oo  environ, 

c'est-à-dire  à  une  vitesse  de  l'ordre  de  120000''™  par  seconde,  obtenue  en 
passant  par  une  chute  de  potentiel  de  40000  volts. 


(*)  Comptes  rendus^  t.  152,  191 1,  p.  \^o. 

(-)  Geofysiske  Publikationer^  Christiania^  vol.  1,  n"  5,  p.  219. 


l448  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

En  substituant  cette  valeur  dans  la  relation  (i),  on  trouve 

M=2.I02^ 

Comme,  d'autre  part,  la  force  magnétique  le  long  de  l'axe  et  dans  le  plan 
équatorial  de  l'aimant  élémentaire  sont  respectivement,  en  gauss. 


9,  Al 

M 

et 

r' 

r' 

OÙ  r  est  la  distance  en  centimètres  à  l'aimant;  on  en  tire  près  de  la  surface 
du  Soleil,  où  r=  7.10'"  cm,  les  valeurs  respectives 

1,2, lo"''     et     0,6. lo"', 

c'est-à-dire  des  valeurs  du  même  ordre  que  celles  trouvées  en  191 1  par 
M.  Deslandres  par  la  méthode  des  vitesses  radiales  (  '). 

On  est  ainsi  arrivé,  par  deux  méthodes  ditTérentes,  au  même  résultat 
relatif  au  champ  magnétique  extérieur  du  Soleil. 

Il  semble  que  ce  champ  extérieur  est  essentiellement  différent  du  champ 
beaucoup  plus  fort  découvert  par  M.  Haie  à  l'aide  de  l'effet  Zeeman  et 
situé  plus  profondément  dans  l'atmosphère  solaire  (^). 


PHYSIQUE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  Ics  actions  électromagnétiques 
dans  un  système  isotrope.  Note  (')  de  M.  Louis  Roy,  transmise 
par  M.  E.  Gosserat. 

Les  actions  électromagnétiques  qui  s'exercent  dans  un  système  isotrope 
ont  été  données  autrefois  par  P.  Duhem  (^);  mais,  ainsi  qu'il  le 
fait  remarquer,  son  analyse  suppose  essentiellement  que  les  courants  soient 
distincts  des  aimants,  car  elle  fait  intervenir  dans  des  intégrales  triples  les 
dérivées  secondes  par  rapport  aux  coordonnées  de  l'inverse  de  la  distance 
d'une  particule  aimantée  à  un  élément  de  courant.  La  présente  ÏNote  a  pour 
but  d'établir  que  les  formules  données  par  P.  Duhem  subsistent  dans  le  cas 
général  où  les  courants  circulent  dans  la  substance  magnétique. 

(^)  Comptes,  rendus,  t.  152,  1911,  p.  571. 

C^)  Comparer  la  Note  de  M.  Deslandres  dans  les  Comptes  rendus^  t.  lo7,  igiS, 
p.  517. 

(')  Séance  du  29  mai  1922. 

(*)  P.  Duhem,  Les  actions  électrodynamiques  et  électromagnétiques  {Annales  de 
la  Faculté  des  Sciences  de  Toulouse^  i"""  série,  t.  8,  1894). 


SÉANCE   DU   6   JUIN    I922.  1449 

Soient,  à  l'instant  t,  (f,  g-,  h)  le  courant  total  en  un  point  (.r,  y,  z)  d'un 
élément  de  volume  â?GJ  du  système;  (<ï>,  W,  il)  le  potentiel  vecteur  de  Tai- 
mantation  du  système  au  même  point;  —  ?  t'  les  constantes  fondamentales 
de  TElectrodynaniique  et  des  actions  magnétiques;  le  travail  élémentaire 
des  actions  électromagnétiques  relatif  au  déplacement  virtuel  o(x,  y,  z)  de 
chaque  point  du  système  est 

^    /-y  r\  j-f -^^       ^àox       .j,ddy       ^<?oz\  I   , 

l'intégration  s'étendant  au  système  entier  et  le  signe  |     |  désignant  une 
somme  de  trois  termes  analogues  à  celui  qui  est  écrit. 

Soit  (-i,  aii),  3)  rintensité  d'aimantation  au  point  (^,  ■/],  'Ç)  où  se  trouve 
un  élément  de  volume  drs'  du  système;  si  l'on  pose 

rintégration  s'étendant  au  système  entier,  avec  /•- =  |(;  —  •^)^|>  ^^  ^ 

ây  âz  dz         ôx  '"  ôx         ôy  ' 

d'où,  pour  la  variation  virtuelle  de  <I>, 


Ô<I»  = 


-—  o.r 

OX 


do' ^Xj        ôo'dK 


dv  âz 


les  variations  0'  étant  relatives  aux  seules  variations  o(ç,  r^,  Z)  des  coor- 
données de  r/cj'.  En  transformant  certaine  intégrale  triple  en  intégrale  de 
surface  étendue  à  chaque  surface  S  séparative  de  deux  corps  contigus  i  et  2, 
en  désignant  par  a,,  [i,,  Yi  ;  «25  r*^?  7^  les  cosinus  directeurs  des  normales 
à  S  intérieures  à  chacun  des  deux  corps  et  en  remarquant  que  o'(4^,  Oit,  3^) 
sont  des  fonctions  de  x,  y,  z  continues  dans  tout  l'espace,  on  a  ainsi 

(3)  J/o^a)|^^=y*|/(^oa.4-^ôj  +  ^ô.)|.te  +  0, 

en  posant 

(4)  0  =f\  (3,/i  +  3,/,)  ô'Ob  -  (y,/,  -X-  y,f,)è'0\1\dS 


f 


ôy  dz  I 


Or,  on  ne  changera  évidemment  pas  la  nature  des  forces  électroma- 
gnétiques  en    considérant,   avec   P.   Duhem,   une   modification  virtuelle 


i45o 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


OÙ  chaque  particule  dm'  se  déplace   à  la  façon  d'un   solide,   auquel   le 
vecteur  (ai,  ii",,  2)  soit  invariablement  lié;  dans  une  telle  modification, 

on  a 

ô'  d-u5'  =  o 
et 

ô' Jlo  =  S  o'  —  iIÎj  w'',  ô'  \)1>  =  d\>  (xi"  —  S  Cl),  0'  B  =z  ijl)  fjo  —  oiU  cù'. 


(co,  co',  co")  étant  la  rotation  moyenne  correspondante  de  la  particule  rfe'; 
d'où,  d'après  (2), 

(5)  o  L^    /      \  ^ ^-^ 


ai 


drn' , 


variations  qui  ne  dépendent  de  x,  y,  z  que  par  l'intermédiaire  de  r.  Si 
donc  on  considère  les  fonctions  'i*,  ^,  A  de  ^,  "/],  '(,  t  définies  par  trois 
égalités  telles  que 


V/2  J     \(^J  ^^/     /■      "^   ^/â  J 


(3,  //j  +  S./i,—  7,  A',  —  y.A'î 


2^r/S, 


qui  deviennent  par  une  transformation  évidente 


f(£,  rj,  C,  0=--- 


l'expression  (4)  devient,  d'après  (5), 


(6) 


I— / 


^' 


c>œ  0^  dA  .  .. 

o;  dç  ai  ' 


cIth' 


et  l'égalité  (i),  d'après  (3)  et  (6)  et  après  une  intégration  par  parties, 


k,r= 


^ v/^'  f{\Ac^-i\\^ o>, I  + 1  /, «, II 0) ôx, I ) ds 


'IL 


dw 


ai 


dA 
di 


(DWii  — e3)&^ 


dx^', 


les  deux  intégrales  triples  s'étendant  au  système  entier.  Nous  retrouvons 
ainsi  l'expression  donnée  par  P.  Duhem,  mais  affranchie  des  restrictions 
qu'elle  supposait.  Les  forces  électromagnétiques  s'en  déduisent  immédia- 
tement :  par  exemple,  les  composantes  de  la  force  par  unité  de  volume  due 
aux  courants  et  appliquée  en  un  point  du  milieu  aimanté  sont  les  coefficients 
de  S(î,  ri,  'C). 


SÉANCE    DU   6    JUIX    1922.  l45l 

PHYSIQUE.  —  Sur  un  nouveau  rayonnement  et  son  application  à  f étude 
de  r ultraviolet  de  Millikan  et  de  Lyman.  Note  de  M.  G.  Reboul,  présentée 
par  M.  E.  Bouty. 

Un  corps  peu  conducteur  de  Télectricité,  parcouru  par  un  courant  dans 
des  conditions  convenables;  impressionne  une  plaque  photographique. 
Les  particularités  de  cette  impression  amènent  à  supposer  que  le  corps, 
quand  un  courant  le  traverse,  est  le  siège  démission  d'un  rayonnement  très 
absorbable.  J'ai  indiqué  précédemment  (*)  les  expériences  mettant  hors  de 
doute  l'existence  de  ce  rayonnement  et  permettant  de  déterminer  les  lon- 
gueurs d'onde  des  radiations  qui  le  forment. 

I.  Les  coefficients  d'absorption  du  rayonnement  par  l'air  ou  par  diverses 
substances  se  déterminent  facilement  en  opérant  comme  il  a  été  indiqué 
précédemment. 

En  prenant  le  centimètre  pour  unité  de  longueur,  on  trouve  pour  les 
coefficients  d'absorption  par  Tair  des  valeurs  variant,  suivant  les  conditions 
expérimentales,  entre  12  et  17.  La  comparaison  de  ces  résultats  avec  ceux 
qu'a  donnés  M.  Hohveck  amènerait  à  attribuer  aux  radiations,  qui  corres- 
pondent à  ces  coefficients  d'absorption,  des  longueurs  d'onde  variant 
de  40  à  5o  Angstroms. 

Malheureusement,  les  résultats  publiés  par  M.  Hohveck  (')  ne  donnent 
qu'une  partie  de  la  courbe  qui  lie  les  variations  du  coefficient  d'absorption  à 
la  longueur  d'onde  -,  or  l'expérience  montre  que,  dans  la  région  des  rayons  X 
mous,  ce  coefficient  augmente  avec  la  longueur  d'onde,  au  contraire  dans 
l'ultraviolet  extrême,  il  diminue  à  mesure  que  la  longueur  d'onde  croît;  la 
courbe  de  variation  présente  donc  une  branche  ascendante  dans  la  région 
des  rayons  X  mous,  puis  une  branche  descendante  quand  on  se  rapproche 
de  l'ultraviolet  de  Schumann.  Il  s'ensuit  qu'à  une  valeur  du  coefficient 
d'absorption  correspondent  au  moins  deux  valeurs  de  la  longueur  d'onde, 
l'une  dans  la  région  des  rayons  X,  l'autre  dans  l'ultraviolet  de  Lyman  ou 
dé  Millikan. 

M.  Hohveck  a  donné  pour  l'absorption  par  le  celluloïd  des  résultats  plus 
complets,  la  courbe,  liant  les  coefficients  d'absorption  par  cette  substance 
à  la  longueur  d'onde,  s'étend  des  rayons  X  à  l'ultraviolet  de  Schumann,  elle 

(')  G.  Keboul,  Comptes  rendus,  t.  173,  iç^n ,  p.  1162. 
(-)  F.  HoLWECK,   Thèse  de  doctorat,  Paris,  igji. 


l452  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

présente  un  maximum  dans  le  voisinage  de  35o  Angstrôms.  Il  était  donc 
possible,  en  déterminant  les  coefficients  d'absorption  par  le  celluloïd  du 
rayonnement  étudié,  de  faire  disparaître  toute  ambiguïté. 

Les  pellicules  avec  lesquelles  on  a  opéré  ont  été  préparées  comme  Ta  déjà 
indiqué  M.  Holweck;  la  détermination  du  coefficient  d'absorption  est 
facile,  l'expérience  donne  des  valeurs  voisines  de  1,75. 10',  ces  valeurs  sont 
très  rapprochées  de  la  valeur  maxima  que  M.  Holweck  a  trouvée  pour  les 
radiations  de  longueur  d'onde  voisine  de  35o  Angslrôms.  Les  radiations 
qui  forment  le  rayonnement  étudié  appartiendraient  donc  à  l'ultraviolet  de 
Millikan  et  auraient  des  longueurs  d'onde  voisines  de  3oo  à  35o  Angstrôms. 

IL  La  facilité  avec  laquelle  on  obtient  ces  radiations  permet  d'en  déter- 
miner aisément  les  propriétés  principales. 

Leur  principal  caractère  est  leur  grande  facilité  d'absorption  par  toute 
substance.  Leur  coefficient  d'absorption  par  l'air  est  voisin  de  i5;  pour  le 
celluloïd,  il  se  rapproche  de  1,7.  io\  Les  autres  substances  essayées  ont 
été  l'alun,  le  sel  gemme,  le  spath,  le  gypse,  le  mica,  le  quarlz  et  la  fluorine. 
Cette  dernière,  seule,  se  laisse  traverser  de  manière  appréciable  par  le 
rayonnement  et  permet  de  déterminer  la  valeur  du  coefficient  d'absorption, 
on  le  trouve  égal  à  io5.  Malheureusement,  il  est  difficile  d'obtenir  la  plu- 
part de  ces  substances  en  lames  suffisamment  minces  :  une  lame  de  quartz 
de  o'""^  I  ne  laisse  pratiquement  rien  passer;  étant  donnée  la  sensibilité  des 
appareils  employés,  on  peut  en  déduire  que  le  coefficient  d'absorption  par 
cette  substance  n'est  pas  inférieur  à  lo^  Pour  le  mica  que  l'on  veut  avoir 
en  lames  très  minces,  ce  coefficient  d'absorption  est  certainement  supérieur 
à  io\ 

Nous  avons  déjà  indiqué  que  la  plaque  photographique  est  impressionnée 
par  ces  radiations  ;  en  employant  des  cellules  comme  celles  qui  ont  été  pré- 
cédemment décrites,  l'action  sur  la  plaque  se  fait  sentir  après  quelques 
minutes  de  pose,  on  peut  même  obtenir,  au  bout  de  quelques  heures  de 
pose,  le  noircissement  d'une  substance  aussi  peu  sensible  que  le  papier  au 
citrate  d'argent.  Dans  le  voisinage  d'une  cellule  en  fonctionnement,  il  y  a 
une  assez  forte  odeur  d'ozone;  des  métaux  fraîchement  polis,  comme  le 
cuivre  ou  le  laiton,  noircissent  au  bout  d'un  certain  temps  d'exposition, 
probablement  par  suite  d'une  oxydation  superficielle.  11  semble  également 
y  avoir  une  légère  action  sur  les  tissus  organiques. 

L'étude  de  la  forme  des  courbes  que  l'on  obtient  pour  le  courant  de  satu- 
ration correspondant  à  ce  rayonnement  montre  qu'en  même  temps  qu'ioni- 
sation du  gaz  traversé  parle  rayonnement,  il  doit  y  avoir  production  d'effet 


SÉANCE    DU    6    JUIN    1922.  l453 

photo-électrique  ou  de  rayonnement  secondaire  par  les  parties  métalliques 
atteintes  par  ces  radiations. 

Enfin  on  constate  que,  dans  des  conditions  convenables,  ces  radiations 
sont  susceptibles  de  produire  des  actions  analogues  à  la  coliération,  quand 
elles  tombent  sur  des  électrodes  très  rapprochées  l'une  de  l'autre. 

III.  Les  résultats  qui  précèdent  ont  été  obtenus  avec  des  cellules  à 
rayonnement  constituées  comme  il  a  été  indiqué  dans  la  Note  citée  plus 
haut;  en  opérant  avec  le  même  appareil,  mais  dans  des  conditions  exj)éri- 
mentales  différentes,  nous  avons  pu  obtenir  des  radiations  moins  absor- 
bables  que  les  précédentes  et  qui  se  placeraient  dans  la  partie  de  l'ultraviolet 
étudiée  par  Lyman. 

PHYSIQUE.  —  Thermostats  à  enceintes  multiples. 
Note  de  M.  A.  Tian,  présentée  par  M.  G.  Urbain. 

Au  cours  d'expériences  sur  l'hydrolyse  lente  des  sels  ('),  ayant  dû 
maintenir  constante  pendant  longtemps  la  température  de  solutions  salines, 
j'ai  été  amené  à  perfectionner  la  construction  habituelle  des  thermostats. 
J'ai  cherché  à  éviter  l'agitation  continue  indispensable  dans  les  appareils 
actuels;  en  outre,  j'ai  étudié  d'une  manière  générale  le  réglage  des  ther- 
mostats en  vue  de  leur  donner  une  disposition  plus  rationnelle.  Je  vajs  seu- 
lement décrire  ici  succinctement  le  nouveau  type  de  thermostat  auquel  j'ai 
été  conduit  et  en  donner  les  principales  propriétés  (-). 

Dans  les  thermostats  à  enceintes  multiples  la  température  n'est  pas  systé- 
matiquement répartie  d'une  manière  uniforme,  mais  au  contraire  on  cherche 
seulement  à  réaliser  l'équilibre  thermique  dans  chacune  des  enceintes  con- 
centriques, isolées  les  unes  des  autres,  qui  les  composent.  En  outre,  ces 
appareils  ne  nécessitent  aucune  agitation. 

L'enceinte  centrale  est  constituée  par  un  vase  de  cuivre  fermé  contenant 
le  bain  thermostatique,  et  isolé  sur  toute  sa  surface  extérieure  par  une 
couche  de  feutre.  Ce  vase  est  placé  dans  une  ou  plusieurs  boîtes  également 
en  cuivre,  fermées  et  isolées  entre  elles  de  la  même  manière.  La  boîte  exté- 
rieure reçoit  le  chauffage  et  dissipe  la  chaleur;  c'est  avec  elle  que  le  thermo- 
régulateur est  en  relation  calorifique  aussi  bonne  que  possible,  ce  qui  con- 

(')  Journal  de  Chimie  physique,  .1.  19,   1921,  p.  190;    Comptes  rendus,  t.   172. 

1921,  P-  1179- 

(')   Un  exposé  étendu  de  mes  recherches  sur  la  Thermo>-tatique  sera  publié  dans  un 

autre  Recueil. 


l454  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

duit  à  immerger  ce  dernier  dans  un  bain  de  mercure  auxiliaire,  lui-même 
en  contact  calorifique  excellent  avec  la  boîte  extérieure  (').  Il  est  très  utile, 
comme  j'aurai  l'occasion  de  le  montrer  ailleurs,  de  disposer  un  deuxième 
bain  de  mercure  identique  au  premier  et  symétriquement  placé,  destiné  à 
recevoir  un  thermomètre  dont  la  constante  de  refroidissement  est  la  même 
que  celle  du  régulateur,  afin  de  permettre  la  détermination  correcte  de  la 
température  de  réglage,  la  mesure  de  la  sensibilité  propre  du  régulateur  et  de 
\di  sensibilité  apparente  du  réglage  et  enfin,  s'il  y  a  lieu,  la  correction  ther- 
mostatique. 

Le  volume  du  bain  doit  être  assez  grand  pour  que  le  dégagement  de  cha- 
leur qui  peut  résulter  d'une  réaction  chimique  ne  détermine  pas  une  éléva- 
tion sensible  de  la  température  du  bain.  En  Chimie,  les  expériences  qui 
exigent  la  plus  grande  précision  dans  la  constance  de  la  température  sont 
celles  relatives  aux  mesures  de  vitesses  de  réaction  :  pour  ces  mesures,  une 
précision  de  o°,oi  est  parfois  nécessaire.  Afin  de  rester  dans  cette  limite,  on 
serait  amené  à  adopter  pour  des  réactions  très  exothermiques  et  rapides  (la 
chaleur  ne  pouvant  alors  se  diffuser  hors  du  bain)  des  volumes  qui 
pourraient  paraître  excessifs  :  par  exemple  loo  à  200  fois  le  volume  du 
système  en  expérience.  En  fait,  les  mesures  précises  de  dynamique  ne 
s'effectuent  que  sur  des  réactions  relativement  lentes,  ayant  presque  tou- 
jours une  faible  thermicité.  Enfin  les  procédés  physiques  si  souvent 
employés  pour  suivre  l'évolution  d'un  système  ne  nécessitent  qu'une 
masse  très  petite,  tout  à  fait  négligeable  si  le  bain  comporte  un  à  deux 
litres  d'eau.  L'emploi  d'un  thermostat  à  enceintes  multiples  ne  semble  donc 
présenter  en  aucun  cas  de  véritable  difficulté. 

Une  expérience  devant  être  réalisée  à  une  température  à  peu  près  déter- 
minée T,  on  opérera  comme  suit  pour  obtenir  rapidement  cette  tempé- 
rature (en  chauffant  le  bain  avec  une  source  extérieure,  par  exemple)  avec 
une  précision  comparable  à  celle  que  l'on  obtiendra  ultérieurement  dans  la 
constance  de  la  température  :  après  un  chauffage  préalable  à  une  tempéra- 
ture T'  aussi  voisine  que  possible  de  T,  on  modifiera  le  régulateur  pour 
qu'il  maintienne  la  température  à  la  valeur  T'  :  l'équilibre  thermique  défi- 
nitif sera  ainsi  obtenu  en  quelques  minutes.  La  modification  exercée  sur  le 
régulateur  consistera  par  exemple  à  soulever  progressivement  le  fil  de 
platine  qui  établit  le  contact  électrique  avec  le  mercure,  en  suivant  la  varia- 

(')  Les  tubes  de  fer  contenant  les  deux  bains  de  mercure  sont  soudés  sur  toute 
leur  longueur  à  deux  génératrices  opposées  du  cylindre  constituant  la  boîte  extérieure. 


SÉANCE    DU    6    JLIN    1922.  l455 

lion  de  la  température  de  réglage  sur  le  thermomètre  dans  le  second  bain 
auxiliaire  do  mercure. 

Les  principales  propriétés  de  ces  thermostats  sont  les  suivantes  : 
i«  V amortissement  des  oscillations  thermiques  dues  au  jeu  du  régulateur 
est  pratiquement  complet.  Ainsi,  dans  un  thermostat  à  trois  enceintes, 
l'amplitude  des  oscillations  était  réduite  à  moins  du  millième  de  sa  valeur, 
de  sorte  qu'avec  un  régulateur  donnant  dans  l'enceinte />77/??«?>e  des  varia- 
tions atteignant  quelques  dixièmes  de  degré,  les  fluctuations  du  tertiaire, 
inférieures  à  o°,ooi,  étaient  insensibles. 

oo  On  réalise  sans  difficulté,  même  avec  des  écarts  de  plusieurs  dizaines 
de  degrés  sur  la  température  ambiante,  Vuniformité  thermique  du  bain  ther- 
mostatique. La  variation  de  température  avec  le  niveau  a  été  de  quelques 
millièmes  de  degré  dans  un  thermostat  à  deux  enceintes,  et,  dans  un  autre 
à  trois  enceintes,  n  a  pu  être  décelée.  Toutefois  le  liquide  du  bain  ne  doit 
pas  être  volatil  à  la  température  utilisée,  ou  il  faut  éviter  soigneusement  la 
diffusion  de  sa  vapeur,  car  toute  évaporation  créerait  une  cause  permanente 
de  déséquilibre  thermique. 

30  La  température  thermostatique  est  à  très  peu  près  indépendante  de  la 
température  ambiante;  le  bain  est  en  effet  soustrait  à  tout  échange  direct  de 
chaleur  avec  l'extérieur  (;).  Sans  doute  le  thermostat  ne  sera  fidèle  que  si 
le  régulateur  l'est  lui-même,  mais  toute  cause  d'altération  de  la  tempéra- 
ture thermostatique,  étrangère  au  thermostat,  est  pratiquement  éliminée. 

4«  Grâce  aux  très  bonnes  relations  thermiques  entre  le  régulateur  et  la 
partie  externe  qui  supporte  le  chauffage  et  le  refroidissement,  grâce  à  la 
faible  capacité  calorifique  de  cette  enceinte,  la  sensibilité  du  réglage  est  peu 
inférieure  à  la  sensibilité  propre  du  régulateur.  On  obtient  ainsi  très  facile- 
ment avec  des  régulateurs  relativement  peu  sensibles  une  constance  remar- 
quable de  la  température:  ainsi  la  fixité  à  o^OI  qui  suffit  pour  les  expé- 
riences les  plus  précises  de  Chimie,  s'obtient  avec  un  régulateur  comportant 
quelques  centimètres  cubes  de  mercure  et  une  tige  à  peine  capillaire. 

5°  Enfin,  comme  on  se  l'était  proposé,  l'emploi  de  ces  thermostats  évite 
toute  agitation  permanente. 

Je  dois  ajouter  encore  que  la  construction  des  thermostats  à  deux  ou  trois 
enceintes,  qui  paraissent  suffisants  au  moins  pour  les  expériences  de  Chimie, 
ne  présente  aucune  difficulté. 


(')  Il  est   d'ailleurs  possible  de  faire  une   correction   thermostatique,  ainsi  qu' 
sera   indiqué  ailleurs,   pour  supprimer  complètement  l'influence  de   la  températm 


u'il 
e 


ambiante. 


l456  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


SPECTROSCOPIE.  —  Sur  les  spectres  d' étincelles  dans  V eau. 
Note  de  MM.  Léon  et  Eugène  Bloch,  présentée  par  M.  M.  Brillouin. 

Les  spectres  d'étincelles  métalliques  en  milieu  liquide  ont  été  examinés 
sommairement  par  Wilsing,  Haie,  Lockyer,  et  d'une  façon  plus  détaillée 
par  Konen  et  Finger.  Nous  avons  repris  cette  étude  d'une  façon  systéma- 
tique pour  les  métaux  suivants  :  zinc,  cadmium,  mercure  ('),  calcium, 
magnésium,  aluminium,  thallium,  cuivre,  argent,  fer,  élain,  plomb,  anti- 
moine et  bismuth  (-).  Nos  observations  ont  porté  sur  la  région  5ooo- 
2200  A.  Elles  ont  toutes  été  faites  dans  les  mêmes  conditions  de  réglage 
optique  et  de  régime  électrique.  L'étincelle  est  oscillante,  la  fréqueïice 
mesurée  est  voisine  de  570000. 

Nos  observations  concordent  avec  celles  de  nos  prédécesseurs  sur  un  cer- 
tain nombre  de  points,  elles  les  corrigent  ou  les  complètent  sur  beaucoup 
d'autres.  Voici  le  résumé  des  conclusions  auxquelles  nous  arrivons  : 

!*•  Le  spectre  continu  intense  qui  accompagne  la  production  des  étincelles 
dans  l'eau,  et  qui  semble  à  peu  près  indépendant  du  métal  employé, 
s'atténue  et  disparaît  quand  la  fréquence  diminue  progressivement.  Ce 
spectre  paraît  dû  à  l'hydrogène  et  prend  naissance  dans  le  trait  de  feu 
central. 

2°  Les  raies  métalliques  se  classent  très  nettement  en  deux  catégories  : 
les  raies  noires  ou  raies  d'émission  et  les  raies  renversées  ou  raies  d'absorp- 
tion. Les  raies  noires,  qui  présentent  les  phénomènes  connus  d'élargisce- 
ment  vers  le  rouge  (effet  Stark),  prennent  elles  aussi  naissance  dans  la 
partie  centrale  de  l'étincelle.  Les  raies  renversées  sont  dues  à  l'absorption 
du  spectre  continu  par  la  couche  de  vapeur  enveloppant  l'étincelle. 

3°  L'augmentation  de  la  self,  en  même  temps  qu'elle  fait  disparaître  le 
spectre  continu,  fait  apparaître  en  émission  les  raies  qui  étaient  d'abord 
renversées. 

4°  En  règle  générale,  lés  raies  d'émission  sont  toujours  des  raies  d'étin- 
celle, les  raies  renversées  sont  toujours  des  raies  d'arc,  et,  à  cet  égard,  les 
spectres  d'étincelles  sous  l'eau  fournissent  un  critérium  précis  et  commode. 
Exceptionnellement,   certaines  raies  d'étincelle    très    intenses  (Ca,   Mg) 


(')  Sous  forme  d'amalgame  de  cadmium. 

(^)  Ces  deux  mélaux  n'ont  pas  été  examinés  par  nos  prédécesseurs. 


SÉANCE    DU    6    JUL\    1922.  14^7 

peuvent  apparaître  partiellement  renversées  ou  certaines  raies  d'arc 
(Zn,  Hg)  sont  à  la  fois  renversées  et  émises. 

5°  Il  apparaît  dans  Tétincelle  sous  leau  des  raies  d'arc  (renversées)  qui 
n'existent  pas  (ou  existent  très  faiblement)  dans  l'étincelle  à  l'air.  Le 
spectre  d'étincelle  sous  l'eau  du  fer,  par  exemple,  donne  par  ses  raies  ren- 
versées le  «  négatif  »  du  spectre  d'arc  ordinaire  du  fer. 

6°  Le  spectre  d'étincelle  sous  l'eau  présente  avec  une  netteté  et  une 
intensité  exceptionnelle  parmi  ses  raies  renversées  les  raies  caractéristiques 
du  spectre  de  flamme  (de  Watteville).  Ce  sont  les  raies  iS-ijOj  ^^  zinc,  du 
cadmium  et  du  mercure  (aSo-ô,  8261,  2536),  les  raies  iS-iP  du  calcium 
et  du  magnésium  (X4227,  2832),  etc.  D'une  façon  générale  il  y  a  une 
analogie  complète  entre  les  spectres  de  raies  renversées  de  l'étincelle  sous 
l'eau  et  les  spectres  de  flammes  étudiés  par  M.  de  ^^  atteville. 

La  photographie  des  étincelles  métalliques  sous  l'eau,  par  la  séparation 
qu'elle  fait  automatiquement  entre  les  raies  d'arc  et  les  raies  d'étincelle,  et 
par  les  différences  d'aspect  qu'elle  donne  entre  les  raies,  paraît  un  moyen 
assez  puissant  de  recherche  des  régularités  spectrales. 

Nous  l'avons  mise  à  profit  pour  isoler  dans  le  spectre  d'étincelle  del'étain, 
quatre  doublets  à  différence  de  fréquence  constante  : 

A.  Av.  >..  Av.  A.  Av.  \.  Av. 

3487,3     ^   ,   0/          3352,47     ^  „    ,.  2488,0     .   ,   „.  1979-8     a   ' 

^,  '       624.84        ^  00^     620.40         7,         624,86         ^:r  r-    624,90 
3412,9       ^      -      3283,60         ^         2449,9  1900,6         ^ 

et  pour  caractériser  dans  le  spectre  d'arc  du  cuivre  diverses  raies  de  combi- 
naison nouvelles.  C'est  ainsi  qu'on  a  entre  les  fréquences  a  et  ^  des 
raies  2618,45  et  5io5,75  la  relation  a  —  p  =  iû,  —  2-,. 


ÉLECTRICITÉ.    —   Amortissement  des  oscillations  des  résonateurs  de  T.  S.  F. 
Note  de  M.  de  Bellescize  (-)  (résumé  par  M.  Maurice  Leblanc). 

Les  appareils  récepteurs  de  T.  S.  F.  comportant  une  antenne  associée  à 
un  amplificateur  à  résonance  donnent  souvent  naissance  à  des  phénomènes 
complexes. 

M.  de  Bellescize  en  a  recherché  les  causes  et  a  remis  à  ce  sujet  deux  plis 
cachetés  à  l'Académie  des  Sciences;  il  s'était  proposé  d'étudier  ce  qui  se 

(  '  )  Voir  pour  les  notations  A.  Fowler,  Report  on  Séries  in  Line  speclra,  p.  1 1 1 . 
{"-)  Plis  cachetés  n°*  8851  du  21  mars  1921  et  8923  du  10  octobre  1921. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  2.3)  Io5 


1458  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

passe  lorsque  l'antenne  est  soumise,  soit  à  une  onde  d'amplitude  et  de  fré- 
quence constante,  soit  à  une  onde  parasite  et  apériodique. 

Dans  une  nouvelle  Note,  résumant  les  précédentes,  il  déclare  que  l'expé- 
rience a  justifié  ses  prévisions  dans  le  premier  cas,  mais  non  complètement 
dans  le  second. 

Considérons  un  amplificateur  comportant  n  étages  de  résonance,  l'an- 
tenne tenant  lieu  du  premier  étage.  L'étage  de  rang  p  est  un  circuit  fermé 
comprenant  une  self-induction  L,,,  une  capacité  C^,  une  résistance  R^. 

Soit  (Mj,—  -—==  sa  pulsation  propre,  o^,  son  décrément  logarithmique, 

(),  la  différence  de  potentiel  totale  aux  bornes  de  C^. 

Ces  étages  spnt  reliés  par  des  lampes  à  trois  électrodes. 

L'antenne  est  supposée  soumise,  d'une  pari  à  la  force  électromotrice 
Esinw^  des  ondes  hertziennes,  d'autre  part  à  une  force  électromotrice  de 
réaction  due  à  Finduction  du  courant  de  plaque  de  la  /i"'""  lampe;  de  telles 
léacliojis  peuvent  être  voulues,  mais,  la  plupart  du  temps,  elle  existent  sans 
qu'il  soit  possible  de  les  éviter. 

ç»,  =  Vsin(co^  +  o)  désignant  la  différence  de  potentiel  exercée  par 
l'antenne  sur  la  première  lampe,  la  force  électromotrice  de  réaction  peut 
être  représentée  par  KVsin(coi-4-  9  +  •];),  tout  au  moins  tant  que  les 
lampes  travaillent  dans  la  partie  droite  de  leur  caractéristique. 

On  a  donc  l'équation 

dont  la  solution  graphique  conduit  à  l'expression 

E 


Y  = 


v/ 


—  )  —  K  cos'J> 


0 ,      (j\ 

r.   oj, 


K  si  ni; 


Lorsque  la  condition  i  —  (~\  ==  \<^ cos'h  sera  remplie,  il  y  aura  réso- 
nance, la  réactance  de  l'antenne  étant  annulée  par  la  composante  déwaltée 
de  la  réaction;  il  faut  aussi  faire  en  sorte  que  le  terme-  —  —  Ksini;  ait 
une  valeur  faible  mais  positive. 

La  différence  de  phase  'h  est  la  somme  de  deux  termes  'h,„  et  ^  (i/>);  le 

2  il  II 

premier  ];,„  représente  le  déphasage  généralement  voisin  de  =b  -,  qui  existe- 


SÉANCE   DU   6   JUIN    I922.  l4^9 

rait  si  tous  les  résonateurs  étaient  accordés  sur  ronde  à  recevoir;  le  second 
est  la  somme  des  déphasages  dus  aux  désaccords  dos  circuits  successifs,  et 
l'on  a 


'xi 

I 
tangc„  = 


De  même,  le  rapport  K  est   le   produit  .      "'  .—    de  deux 

termes;  l'un  K,„,  valeur  de  ce  rapport  si  tous  les  circuits  ('talent  accordés; 
l'autre,  affaiblissements  dus  aux  désaccords. 

Le  fonctionnement  du  récepteur  peut  être  étudié  graphiquement  comme 
suit  :  Représentons  le  potentiel  v,  en  grandeur  et  phase  par  un  vecteur  Ov^ 
que  nous  prendrons  comme  origine,  et  la  fonction  K  par  un  autre  vecteur 

K  de  phase  'l.  Lorsque  le  rapport  —  varie,  le  lieu  des  extrémités  du  vec- 
teur K  est  la  courbe  a;  si  l'on  faisait  varier  l'importance  de  la  force  électro- 
motrice  de  réaction,  c'est-à-dire  K,„,  le  lieu  décrit  serait  une  autre  courbe 
a,  7.0 . . .  homothétique  de  a  par  rapport  au  point  O. 

Considérons  maintenant  un  nouveau  vecteur  numériquement  égal  à 


I  — 


et  faisant  avec  le  vecteur  07,  un  angle  -h;  le  lieu  de  son  extrémité  sera  la 
courbe  ,3,  et  il  y  aura  résonance  pour  les  points  où  la  courbe  |5  rencontrera 
l'une  des  courbes  a. 

Traçons  la  droite  xx  parallèle  au  vecteur  Oc,  et  distante  de  lui  d'une 

longueur  -^-  ■ 

Eii  un  point  de  fonctionnement  B,  le  décrément  total  tt^^  —  K  sin'^j  du 

premier  résonateur  est  obtenu  en  multipliant  par  -  la  ^aleur  numérique  Bû 
de  la  distance  du  point  B  à  la  droite  xx. 

Le  graphique  renseigne  sur  Timportance  à  donner  à  la  réaction  ainsi  que 
sur  les  désaccords  à  créer  entre  la  pulsation  du  signal  et  celle  des  divers 
résonateurs,  pour  que  la  réception  soit  assurée  dans  de  bonnes  conditions. 

Les  points  d'intersection  des  courbes  a  et  ^  déterminent  aussi  les  pulsa- 
tions pour  lesquelles  la  différence  de  potentiel  composante  {y,),  due  à  la 
réaction  est  en  phase  avec  la  différence  de  potentiel  totale  <^,.  Cette  condition 


l46o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

caractérisant  un  élat  d'équilibre,  les  pulsations  propres  au  récepteur 
doivent  correspondre  à  un  ou  plusieurs  points  d'intersection  BaB'^...  du 
graphique. 


l,ol- 


D'où  les  conclusions  suivantes  que  rexpérieiice  vérifie  : 
Si  Tun  des  points  B  se  trouve  au-dessus  de  la  droite  xx,  l'appareil  donne 
naissance  à  des  oscillations  enl retenues. 

Lorsqu'une  perturbation  est  assez  énergique  pour  saturer  une  ou  plusieurs 
lampes  de  l'amplificateur,  le  rapport  K  diminue  :  l'oscillation  libre  s'éteint 
avec  un  amortissement  élevé  et  sa  fréquence  est  différente  de  celle  du  signal. 


CHIMIE  MINÉRALE.   —  Sur  les  numelles  propriétés  du  sulfate  vert  de  chrome. 
Note  de  M.  A.  Recoura,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

J'ai  établi  autrefois  que  le  sulfate  vert  de  chrome,  que  j'ai  obtenu  par  la 
déshydratation  partielle  du  sulfate  violet  solide  par  la  chaleur,  est  un  com- 
plexe, qui  a,  en  outre,  la  propriété  de  s'unir  avec  les  sulfates  métalliques, 
en  donnant  de  nouveaux  complexes,  les  chromosulfates,  dans  lesquels 
l'acide  sulfurique  du  sulfate  métallique  est  également  dissimulé,  une  molé- 
cule de  sulfate  vert  pouvant  dissimuler  trois  molécules  de  sulfate.  Depuis 


SÉANCE   DU   6   JUIN    I922.  l46l 

mes  recherches,  Colson  ('  )  a  établi  que  le  sulfate  vert,  immédiatement  après 
sa  dissolution  dans  l'eau,  y  existe  sous  une  forme  condensée  [Cr^3S0']^, 
qui,  à  la  température  de  0°,  se  dépolymérise  lentement,  de  sorte  qu'au  bout 
de  24  heures  environ,  la  dissolution  renferme  la  molécule  simple  Cr-3S0*, 
qui  est  toujours  le  complexe  vert.  Ce  n'est  qu'ultérieurement  qu'appa- 
raissent les  ions  SO^  décelables. 

Ce  sont  certaines  propriétés  de  celte  forme  condensée,  passagère,  du 
sulfate  vert  que  je  me  propose  d'étudier  dans  cette  Note.  Je  vais  montrer 
que,  sous  cette  forme,  le  sulfate  vert  poss<''de  vis-à-vis  des  sulfates  métal- 
liques un  pouvoir  dissimulateur  presque  illimité  et,  qu'alors  que  sous  sa 
forme  simple  une  molécule  de  sulfate  vert  ne  peut  dissimuler  que  trois 
molécules  de  sulfate  métallique,  sous  sa  forme  condensée^  une  molécule  de 
suljate  vert  peut  dissimuler  des  centaines  de  niolécules  de  sulfate. 

Mais  ces  énormes  complexes  formés  par  l'union  d'une  molécule  de  sul- 
fate vert  avec  un  grand  nombre  de  molécules  de  sulfate  métallique  sont, 
bien  entendu,  très  fragiles  et,  pour  pouvoir  constater  leur  existence,  il  faut 
se  placer  dans  des  conditions  que  je  préciserai  plus  loin,  en  étudiant  les 
divers  facteurs  qui  influent  sur  leur  stabilité.  Toutefois,  je  dirai  dès  main- 
tenant que,  comme  cela  a  été  reconnu  déjà,  pour  bien  d'autres  complexes 
imparfaits,  c'est  à  o'*  et  en  liqueur  acide  qu'il  convient  de  les  étudier. 
Toutes  les  expériences  que  je  vais  décrire  ont  ('-té  faites  en  prenant  comme 
dissolvant  une  liqueur  décinorraale  d'acide  azotique  et  comme  sulfate 
métallique  opposé  au  sulfate  vert  le  sulfate  de  potassium.  Comme  réactif 
des  ions  SO'*,  j'ai  employé,  suivant  les  circonstances,  tantôt  la  benzidine, 
tantôt  le  chlorure  de  baryum.  Comme  l'ont  signalé  MM.  Kling  et  Flo- 
rentin, quand  il  s'agit  de  doser  les  ions  SO*  précipitables,  la  benzidine 
donne  des  résultats  plus  corrects.  Mais  quand  il  s'agit  de  constater  l'absence 
totale  de  précipité,  le  chlorure  de  baryum  est  plus  sûr,  parce  que,  dans  les 
liqueurs  acides  comme  celles  que  j'ai  employées,  le  sulfate  de  benzidine  est 
sensiblement  soluble  et  peut  donner  des  solutions  sursaturées^  de  sorte  que 
l'on  ne  peut  pas  conclure  avec  sûreté  d'une  absence  de  précipité.  Quoi  qu'il 
en  soit  et  quel  que  fût  le  réactif  employé,  pour  chaque  expérience,  jai 
toujours  déterminé,  par  une  mesure  spéciale,  la  correction  à  ellectuer  du 
fait  de  la  solubilité  du  sulfate  (ie  benzidine  ou  du  sulfate  de  baryum,  dans 
les  conditions  de  lexpérience. 

Je  vais  d'aboid  établir  le  fait  fondamental,  qui  est  l'influence  de  Télat  de 

(1)  Ann.  Chiin.  et  Phvs.,  S"  série,  t.  \'2. 


l462  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

polymérisation  du  sulfate  vert  (c'esL-à-dire  Tage  de  la  dissolution)  sur  son 
pouvoir  dissimulateur.  Je  vais  décrire,  à  titre  d'exemple  du  mode  opéra- 
toire employé,  une  des  nombreuses  expériences  que  j'ai  faites.. 

Je  fais  une  dissolution  titrée  de  sulfate  Vert,  que  je  conserve  à  o°.  Je  réalise  aus- 
sitôt le  mélange  :  i'^"'  sulfate  vert  +  i4o"°^  SO^K-  +  1/40™°'  benzldine,  de  façon  que  la 

solution  finale  soit  vt^  normale  en    — et  décinormale  en  acide  azotique.  Je  con- 

serve  ce  mélange  pendant  une  demi-heure  en  agitant  énergiquement  de  temps  en 
temps,  puis  je  dose  le  sulfate  de  benzidine  précipité.  Je  répète  ensuite  celte  expérience 
à  plusieurs  reprises  en  employant  la  même  dissolution  de  sulfate  vert,  d'âge  croissant. 
Voici  les  résultats  obtenus  dans  cette  série  d'expériences  : 

Age  Nombre 

de  la  dissolution  de  sulfate  vert  de  molécules  SO'  K- 

ajoutée  ~  dissimulées 

an  sulfate  de  potassium.  par  l"'"^  de  sulfate  vert. 

mol 

o  heure^ 68 

9.  heures 4  ' 

5        »         27 

8       » ,      19 

24       »        9 

3  jours G 

Ces  expériences  établissent  d^une  façon  indiscutable  l'influence  du  degré 
de  polymérisation  du  sulfate  vert  sur  ses  propriétés  dissimulatrices, 
puisque,  pendant  les  premières  24  heures,  le  sulfate  vert,  d'après  les 
mesures  de  Colson,  s'est  dépolymérisé,  sans  cesser  d'être  complexe. 

Je  vais  maintenant  indiquer  les  circonstances  qui  influent  sur  la  stabilité 
de  ces  complexes.  Un  premier  facteur  qui  intervient,  c'est  l'acidité  de  la 
liqueur,  qui  s'oppose  à  l'hydrolyse.  C'est  ainsi  que,  tandis  que' dans  l'expé- 
rience <{ue  j'ai  décrite,  qui  était  réalisée  en  liqueur  acide  décinormale, 
jmoi  jg  sulfate  vert  dissimulait  68"^°',  dans  une  expérience  analogue  faite 
dans  l'eau  pure,  j'ai  trouvé  que,  dans  les  circonstances  les  plus  favorables, 
jmoi  ^Q  sulfate  vert  condensé  ne  dissimule  que  G™"'. 

Mais  le  facteur  qui  a  la  plus  grande  influence  sur  la  fragilité  du  complexe, 
c'est  la  concentration  de  la  dissolution.  Plus  la  dissolution  est  concentrée, 
moins  les  réactifs  respectent  l'existence  du  complexe.  C'est  ainsi  que, 

tandis  que  dans  une  dissolution  ^  normale  en i™**^  de  sulfate  vert 

dissimule  68"*''  SO^K^,  dans  une  dissolution  -^  normale  elle  n'en  dissi- 
mule que  18™°'  et,  dans  une  dissolution  -^  normale,  7"'°'  seulement. 


SÉANCE    DU    6    JUIN    1922.  l463 

Pour  les  dissolutions  de  SO'Iv-  plus  étendues  que -^  normales,  je  n'ai 
pu  employer  la  benzidine  comme  réactif,  en  raison  de  la  solubilité  trop 
g^rande  du  sulfate  de  benzidine.  J'ai  employé  le  chlorure  de  baryum  ;  mais 
alors,  pour  les  raisons  déjà  indiquées,  au  lieu  de  doser  la  proportion  de 
SO'K-  précipité  par  le  réactif  dans  un  mélange  de  sulfate  vert  et  de  SO'K^ 
en  excès,  j'ai  cherché  à  réaliser  des  mélanges  ne  précipitant  pas  du  tout  par 
le  chlorure  de  baryum.  J'ai  pu  ainsi  constater  que  la  résistance  du  complexe 
croît  très  rapidement  avec  la  dilution  dans  des  proportions  énormes.  ^  oici 
par  exemple  une  expérience  frappante.  A  une  dissolution  t-^  normale  de 

on  ajoute  la  quantité  minuscule  de  sulfate  vert  récent  nécessaire  pour 

réaliser  le  mélange  :  Une  molécule  sulfate  vert  -4-  deux  mille  quatre  cents  molé- 
cules SO^K-,  puis  on  y  verse  la  quantité  équivalente  d'une  solution  r^  nor- 
male de  chlorure  de  baryum  et  Ton  abandonne  la  liqueur  à  o".  Au  bout  de 
5  heures,  il  n'y  a  encore  aucun  précipité,  alors  que,  si  l'on  fait  la  même 
expérience  en  employant  du  sulfate  vert  âgé  de  trois  jours,  on  constate 
qu'au  bout  de  5  heures  la  totalilé  de  SO^K-  a  été  précipitée  (compte  tenu 
de  la  solubilité  du  sulfate  de  baryum). 

Tous  ces  faits  établissent  qu'il  y  a  une  profonde  différence  entre  les  pro- 
priétés du  complexe  vert  condensé  [Cr^3S0^J-  et  celles  du  complexe 
simple.  Malheureusement,  en  raison  de  la  teneur  élevée  des  liqueurs  en 
acide  étranger,  il  n'est  pas  possible  de  les  soumettre  à  des  mesures 
physiques. 


CHIMIE  MINÉRALE.  —  Sur  la  vitesse  d' absorption  de  Vacide  carbonique  par 
les  solutions  alcalines.  Note  de  M.  Paul  Riou,  présentée  par  M.  H.  Le 
Chatelier. 

Avant  d'aborder  l'étude  de  l'absorption  de  l'acide  carbonique  par  les 
solutions  ammoniacales,  j'ai  cru  qu'il  serait  intéressant  de  déterminer  la 
vitesse  d'absorption  de  l'acide  carbonique  par  les  solutions  de  carbonate 
neutre  de  potassium.  Cette  étude,  étant  donnée  Tallure  générale  du  phéno- 
mène, permet  de  préciser  certaines  parties  de  la  courbe,  qui  n'avaient  pu 
être  déterminées  pour  le  carbonate  neutre  de  sodium. 

J'ai  étudié  les  mêmes  facteurs  que  dans  le  travail  précédent  (*),  Ce  sont  : 
la  concentration  en  carbonate  neutre  de  potassium,  en  bicarbonate  et  en 

(')  Comptes  rendus^  t.  174,  1922,  p.  1017. 


l464  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

chlorure  de  potassium,  la  température  et  la  concentration  en  acide  carbo- 
nique. 

Les  concentrations  en  carbonate  neutre  de  potassium  et  en  sels  étrangers 


:> 

r 

^\^^\-^ 

3^ 

V     \ 

1     \ 

2^ 

\ 

H- 

^-^. 

\ 

0             cf.6                                       \l% 

Qo^R^ 

c3?-? 

0                  Ç^                QORH 

0                                    \0- 

5a       C^/Ç 

iMt 


sont  exprimées  en  centièmes  de  molécule-gramme  dans  loo^  d'eau.  Les 
vitesses  V  sont  données  en  centimètres  cubes  de  gaz  carbonique  absorbés  en 
I  seconde  par  centimètre  carré  de  surface  absorbante.  Les  variations  de  la 
vitesse  avec  la  concentration  sont  données  dans  le  Tableau  suivant  : 


C03  K= 

.5,6. 

C.O'  K= 

5,6. 

CO-  K^ 

\  X  10''. 

CO'K-. 

\  y  W\ 

CO^KH. 

Vx  10''. 

KCl. 

VxlO^ 

o,47 

24,60 

i4,i 

36,59 

2,3 

25, 00 

6,9 

40,54 

o,94 

36, 5q 

18,8 

32, 4o 

4,7 

19,73 

i3,8 

38,46 

2,8 

42,85 

22,6 

27,80 

7.1 

10,37 

20,7 

35,71 

5,6 

42,85 

28,1 

22,39 

9,4 

i4,56 

9,4 

40,54 

37^7 

i5,37 

SÉANCE   DU   6   JUIN    1922. 

Le  deuxième  Tableau  montre  l'influence  de  la  température. 

CO^K'  5.6. 


(l.'iT. 


Tt'inpératurc. 

o 

i5 24 .60 

3 1  ,  25 


■iO. 

3o. 
4o. 
5o. 
60. 


.J7.(38 

78,9^ 
88,23 


Co'K- 

â,6. 


42, «0 
55 ,  55 

88,23 

1 20 .00 

18-, 5o 
25o,oo 


18,8. 


32 ,3o 

39>47 

57,68 

88,23 

i36,36 

I 87 . 5o 


Ct  >'  w- 

37.7. 


i5,37 
20 ,  00 
3o,oo 

46,87 

71  .l\2 

100, 78 


CO^KH 

2.. 38. 


2D  ,  00 

3o,6i 

46,87 

68,18 

100.00 
i5o,oo 


CO'KH 

7.1. 


15,37 
20,54 
3o.6i 
42,85 

67,18 
89.23 


COMvH 
7.1. 
F<Cl 

10..3. 


19.23 
28,30 
4i,66 
60 .  00 

83,33 


iZi65 


GO'K' 
0.94. 

CO'KH 
7.1. 
KCI 
10,3. 


6, 12 
12,93 
18,75 

27  ,27 
38,66 


^^    TEMPÉRATURES     '^^ 


^'5'     60 


Fis.  2. 


l466  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Le  dernier  Tableau  montre  l'influence  de  la  dilution  de  Tacide  carbo- 
nique  par  l'air. 

co-  p.  lUO..  100.  78.  64.  4-5.  18. .3.  11.6.  6,3. 

2o° 55, 5o         4''^.3o         35, 6o         25         io,oo  4^50         1,90 

4o° 125,00       109.00         81,60         52         19^00         11,00         4)7o 

Il  y  a  proportionnalité  à  peu  près  rigoureuse  entre  la  vitesse  d'absorption 
et  la  concentration  de  l'acide  carbonique. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Sur  la  préparQ,twn  de  l azotate  (T ammoniaque. 
Note  de  M''*'  WuriMser,  présentée  par  M.  H^nry  Le  (^batelier. 

M.  Rengade  a  essayé  de  préparer  pratiquement  l'azotate  d'ammoniaque 
en  utilisant  la  double  décomposition  (^) 

,\H*C1  +  NO'Na  =  NO^'NIP -H  Cl Na. 

En  partant  des  données  expérimentales  publiées  par  ce  savant,  M.  H.  Le 
Chatelier(^)  a  représenté  sur  un  diagramme  carré  les  états  d'équilibre  entre 
la  solution  des  quatre  sels  et  les  sels  solides  k  i6°. 

Avec  l'assentiment  de  M.  Rengade,  j'ai  continué  l'étude  de  ce  problème 
et  j'ai  construit  le  diagTamme  pour  la  température  de  100°.  J'ai  essayé 
d'en  déduire  la  possibilité  théorique  d'une  séparation  de  l'azotate  d'ammo- 
niaque pur  et  de  calculer  le  rendement  de  l'opération. 

J'ai  pour  cela  déterminé  divers  points  du  diagramme  à  la  température 
de  100°  et  obtenu  les  résultats  suivants  : 


°'      Sels  solides  en  équilibre 
avec  la  solution 

ClNa  +  GlNH* 
ClNa  +  NO^Na 
NO^Na  +  NO^N'H* 
NO^NH^  +  CINH^ 
ClNa  +  ClNH*  +  NO^Na 
Cl  NH*+NO^NH^-f-NO^  Na 


Masse  de 

sel 

Is  dissous 

TVom 

lire 

dans  100s 

d'eau. 

de  mol 

lécules  dans 

\ma\    du    nié 

lange. 

Masse  d'eau 
nui   Hî^e^rtiit'  T™ 

CLNa. 

Cl -Ml'. 

^'a^Na. 

NO'NTr. 

NH'. 

NO'. 

Na. 

Cl. 

(|UI 

de 

mélange. 

19.5 

61,5 

0,776 

0 

0,  224 

1 

67,5 

'9 

169 

0 

0.86 

I 

o,i4 

43 

333 

1233 

0^797 

I 

o,2o3 

0 

5,2 

•  97>2 

1000 

I 

0,734 

0,784 

0,873- 

0,786 

o,865 

0 
0,266 
0,216 

0. 127 

0,2l4 

0,  i35 

7 

21 
6,5 

(')  Comptes  rendus^  t.  172,  1921,  p.  218. 
C)   Comptes  rendus^  t.  172,  1921.  p.  345. 


SÉANCE   DU   6   JUIN    1922.  i^6j 

A  cause  de  la  volatilité  de  Tazotale  et  du  chlorure  d'ammonium  les  .quan- 
tités d'eau  ont  dû  être  dosées  par  différence,  d'où  une  légère  incertitude 
pour  les  points  tels  que  J  où  la  masse  d'eau  est  extrêmement  faible 
vis-à-vis  de  la  masse  de  sels  dissous. 

Le  diagramme  suivant  traduit  les  résultats  obtenus. 


.  HHti 

(151)  GS 


{^■'.'^^ 


CîNa 


5;^     (35) 


NONc 


i^. 


ciqT-CLTn-fnÉ    a 


a    -iG' 


Picifj"»  CLT/i'^Tu:   a     "1  00 


On  voit  que  les  courbes  à  100**  et  à  16*'  ont  sensiblement  la  même  allure. 
Peut-on  déduire  de  leur  comparaison  la  possibilité  d'une  séparation  de 
l'azotate  d'ammoniaque. 

Par  concentration  à  loo*'  d'une  solution  contenant  chlorure  d'ammonium 
et  nitrate  de  soude,   on  peut  obtenir  la  composition  correspondant  au 


l468  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

point  J.  Le  point  J  se  trouvant  dans  la  zone  de  cristallisation  de  Tazotate 
d'ammoniaque  à  i6°,  si  Ton  refroidit,  rai:otale  d'ammoniaque  cristallisera 
d'abord,  puis  d'autres  sels.  Pour  empêcher  la  cristallisation  de  ces  der- 
niers, on  doit  éviter  de  dépasser  le  point  E  du  diagramme;  pour  cela  il 
faut,  suivant  la  méthode  de  M.  Schlœsing  ('),  ajouter  à  la  solution  avant 
de  la  laisser  se  refroidir  une  quantité  d'eau  qu'on  peut  facilement  calculer 
si  l'on  admet  que  la  courbe  dans  l'espace  qui  joint  les  points  B'  et  J'  se 
confond  avec  une  droite. 

En  effet,  en  partant  de  cette  hypothèse,  on  peut  aisément  déterminer  les 
coordonnées  du  point  E  intersection  de  la  droite  projection  dans  le  plan  de 
B'  J'  avec  la  droite  qui  joint  J  au  sommet  voisin  du  carré. 

On  trouve  pour  la  composition  d'une  solution  unimoléculaire  en  E 

ot^,  i58Cl,  01^,249  Na, 

0(^,842  N0^       o^75I  NH*. 

Nous  pouvons  en  déduire  la  quantité  d'eau  qui  dissout  une  molécule  de 
sels  en  E,  soit  32^,3. 

Calculant  alors  la  fraction  de  molécule  de  NO*NH*  qui  cristallise  le 
long  de  JE  lorsqu'on  part  d'une  molécule  du  mélange  en  J,  on  trouve 
o^I58de  NO'NH\ 

Il  doit  donc  rester  en  1^]  0^^,842  de  sels  dissous,  ce  qui  nécessite  en  E  la 
présence  d'une  quantité  d'eau  égale  à  32,3  x  0,842  =  27*',  2.  Il  faudra  donc 
ajouteravantrefroidissement  une  quantité  d'eau  égale  à  27,2  —  6,5  =  20^, '7. 

Ce  calcul  permet  aussi  de  se  rendre  compte  du  rendement  de  l'opération 
puisqu'en  partant  d'une  molécule  de  sels  en  J  qui  contient  01^,865  de  N0% 
on  obtiendra  le  dépôt  de  o^^,  i58  ou  12*^,7  de  NO^NH\ 

J'ai  pu  obtenir  ainsi  de  l'azotate  d'ammoniaque  presque  rigoureusement 
pur  par  lavage  des  cristaux  obtenus,  avec  une  solution  saturée  de  nitrate 
d'ammoniaque. 

On  pourrait  ajouter  de  nouveau  des  sels  à  la  solution  en  E,  reconcentrer 
à  100''  et  recommencer  une  cristallisation  de  NO^NH'. 


(')  Comptes  rendus,  t.  171,  1920,  p.  977. 


SÉANCE   DU    6   JUIN    I922.  *  1469 

CHIMIE  ORGANIQUE.  — Sur  la  furfural-y.-méthylcyclohexanone  et  quelques- uns 
de  ses  dérivés  et  sur  les  mono-  et  difurfuralcyclohexanones.  Note  de 
]y[iie  ]Y^  WoLFF,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

Dans  des  Comunications  précédentes  (')  nous  avons  décrit  la  formation 
du  furfuralcamphre  et  de  quelques-uns  de  ses  dérivés  et  nous  avons 
donné  leurs  constantes  optiques.  Dans  le  présent  travail  nous  exposerons 
le  résultat  de  la  condensation  du  furfurol  avec  Fa-méthylcyclohexanone  et 
avec  la  cyclohexanone  et  nous  décrirons  la  furfural-a-méthylcyclohexanone 
et  quelques-uns  de  ses  dérivés,  la  mono-  et  la  difurfuralcyclohexanone. 

Les  méthodes  de  préparation  ont  été  les  mêmes  que  celles  que  nous 
avons  employées  dans  la  série  du  camphre,  nous  avons  seulement  subs- 
titué Téther  au  benzène  comme  solvant. 

Furfural-<y.-méthylcyclohexanone.  —  Le  produit  de  l'action  du  furfurol 
sur  l'a-méthylcyclobexanone  se  présente  sous  la  forme  de  cristaux  jaunes 
fondant  à  Si"  auxquels  l'analyse  assig'ne  la  formule  G'^H'^O".  Les  condi- 
tions dans  lesquelles  ce  corps  a  été  obtenu,  ses  propriétés  et  l'analyse  nous 

permettent  de  lui  attribuer  la  formule 

O  ^^ 

CH^  C  =  CH  —  C^\CH 


\ /  ('H 

CH^  CHGH^ 


CH 


FurYl-OL-méthylcydohexanone.  —  Contrairement  au  furalcamphre,  la 
furfural-a-méthylcyclohexanone,  soumise  à  la  réduction  par  l'amalgame  de 
sodium,  fixe  2^*^  d'hydrogène  sur  la  double  liaison  qui  unit  les  deux  noyaux. 
Ce  produit  de  réduction  est  constitué  par  une  huile  jaune  distillant 
à  146°  sous  16'"™.  L'analyse  correspond  à  la  formule 


O 


CH'  GH  — CtPc/^CH 


CH^  GH.GH^ 


G  H' 


G  H 


Traité  par  les  dérivés  organomagnésiens,   bromures  de  phényl  et  de 
^-toIylmagnésium,la  furfural-x-méthylcyclohexanone  se  combine  avec  ces 

(^)  Comptes  rendus^  t.  172,  1921,  p.  135"  et  i4o4. 


1^70  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

radicaux  organiques  comme  le  furalcamphre  pour  donner  naissance  aux 
phényl  et  p-tolyl-OL-méthylcyclohcxanone-méthanes 


CH2  CH 


Ar 
CH 


O 


CH-< 


)C0 


CH^  CH.CH^ 


CH 


-CH 


La  phènylfuryl-a.-méthylcYclohexanone-méthaneesi\i\\Q  huile  épaisse  de 
couleur  jaune,  bouillant  à  206°  sous  16™™. 

Lap-tolyl-x-nièlhylcyclohexanone-mélhanet'&i  une  huile  plus  épaisse  encore 
que  la  précédente  et  bouillant  à  220°  sous  16'"™. 

La  condensation  du  furfurol  avec  la  cjclohexanone,  dans  les  mêmes  con- 
ditions, fournit,  comme  on  peut  le  prévoir,  deux  dérivés  différents  :  la 
mono-  et  la  difurfuralcyclohexanone 


O 


O 


C  =  CH  -  C 


CH^ 


;C0 


CH 


CH 
CH 


CH2 


CHfC  =  CH  —  C 

/  \     : 

CH 


CH^  C\\- 


\ / 

CH^     C 


co 

CH 


CH 

CH 


-C 
CH 


O 


CH 
CH 


qui  peuvent  être  séparés  par  distillation  fractionnée  et  par  leur  solubilité 
très  différente. 

La  monofuralcyclohexnnone  est  un  corps  cristallisé  de  couleur  jaunâtre, 
fondant  à  47°.  Elle  est  très  soluble  dans  Péther,  Talcodlet  l'éther  de  pétrole. 

La  difiiralcyclohexanone  cristallise  en  aiguilles  d'un  jaune  vif  et  fond 
à  145^.  Elle  est  soluble  dans  le  benzène,  mais  à  peine  soluble  dans  l'éther, 
l'alcool  et  l'éther  de  pétrole. 

Les'  réfractions  moléculaires  de  ces  corps  sont  en  accord  avec  celles  du 
furalcamphre  et  de  ses  dérivés. 

Les  mesures  ont  été  faites  en  solution  toluénique  o,i5-o,4  normale; 
celles  de  la  difuralcyclohexanone,  seulement,  à  cause  de  sa  très  petite  solu- 
bilité, en  solution  o,o5-o,o6  normale.  Nous  avons  tenu  à  déterminer  les 
réfractions  de  ce  corps  dans  le  même  solvant  que  celles  des  précédents, 
mais  nous  ne  garantissons  pas  leur  exactitude  et  nous  les  referons  plus  tard 
dans  un  autre  solvant. 

Nous  donnons  ici  un  Tableau  des  nombres  que  nous  avons  obtenus. 


SÉANCE    DU    6    JUIN    I922. 


147I 


MRa 

Nom  de  la  sulistance.  Foi'inule.  trouve,     calculé. 

Fural-a-méthylcjclohexanone C^'II"^0-  |l^  58, 3o     53,  i3 

Furjl-a-mélhylcyclohexanone C*-H'"0-|l*  53, 60     53,63 

Pliénjlfuiyl-a-méthylcjclohexanone-métiiane C'^IP^O^  |l.*  79j03     77,54 

yo-ToIylfuryl-a-mélhylcyclohexanone-mélliane C*^H--0^|l''  82,96     82,14 

Monofuralcyclohexanone G»*H>202|iî  52,86     48,54 

Difuialcyclohexanone C'^Hi^O^^I;^  78,39     69,48 

Nom  de  la  substance.  Formule.  trouvé. 

Fural-a-mélliylcyclohexanone C'^H'^0^  fr^  61,21 

Furyl-a-méthvlcyclohexanone C'-H*''0- jl'  54,82 

PJiénylfuryl-a-mélhylcyclohe\anone-méthane C^H^^O- jl''  80,70 

/>-Tolylfuryl-a-mélliylcyclohexanone-mélhane C'*H-^0^  |l*  86,61 

AIonofuralcyclol)exanone C"  H*^0-  |l^  ^7  5^>-* 

Difuralcyclohexanone G''"'H'*0^  |l^  95,4^ 


M  RS 


calculé. 
54,23 
54,63 
80, 19 
84.8j6 
49,56 
71,10 


M  II  D 

trouvé,  calculé. 

.58,96  53,47 

53.92  53,93 

:9>39  78,04 

84.52  82,66 

54.69  48,85 

85, 81  69,98 


trouve. 
2,9.) 
I  ,22 
1  ,62 

3,o5 

4.76 

7 ,  02 


calculé 
I  ,  I  o 
I  ,00 
2,65 
2,72 
1 ,02 
1 ,62 


CHIMIE  APPLIQUÉE.  —  Sur  uiw  lampe  à  formol. 
Note  de  M.  E.  Berger,  présentée  par  M.  G.  Lemoine. 

La  lampe  à  formol,  proposée  par  Trillat  (' )  puis  par  Tollens  (-),  malgré 
divers  perfectionnements  ultérieurs  ('),  n'a  pu  être  jusqu'ici  effectivement 
employée  à  la  désinfection  de  locaux,  dans  les  conditions  réglementaires 
fixées  par  le  Conseil  supérieur  d'Hygiène.,  Il  faut  en  chercher  la  raison 
dans  son  rendement  et  dans  son  débit  trop  faibles;  on  préfère,  soit  pulvé- 
riser la  solution  de  formol,  soit  dépolymériser  le  trioxyméthylène. 

Tl  a  semblé  intéressant,  pour  éviter  des  transformations  préalables  coû- 
teuses, de  chercher  à  établir  une  lampe  à  formol  de  fort  débit  et  de  rende- 
ment suffisant,  de  ftiible  encombrement,  et  d'un  prix  de  revient  modéré. 

Le  problème  du  rendement  a  été  résolu  en  remarquant  que  dans  les  modèles 
connus  jusqu'ici,  la  proportion  d'air  et  de  vapeurs  d'alcool  méthylique 
passant  sur  le  catalyseur  était  trop  riche  en  air;  une  fraction  importante  de 
l'alcool  subissait  la  combustion  totale;  déplus,  le  contact  du  mélange  gazeux 
et  du  catalyseur  était  souvent  par  trop  imparfait.  Il  fallait  donc  augmenter, 


(')  Trillat,  Brevet  allemand  81023,   18  oclol)re  1894. 
(-)  Tollens,  Ber.  cheni.  Gésells.^  t.  28,  1S95,  p.  2()i, 
(^)  BouuAiu>,  Brevet  franrais  412501,  3  mal  1910. 


l472  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

pour  un  tirage  donné,  la  quantité  d'alcool  évaporée,  c'est-à-dire  employer 
une  plus  grande  partie  de  la  chaleur  de  la  réaction  à  échauffer  la  mèche  qui 
alimente  la  lampe.  A  cet  effet,  le  modèle  établi,  analogue  comme  disposi- 
tion générale  à  un  dispositif  de  M.  Trillat,  comporte  comme  perfectionne- 
ment essentiel  l'emploi  d'un  panier  bon  conducteur,  en  toile  de  cuivre, 
contenant  le  catalyseur  et  muni  d'une  base  massive  qui  repose  directement 
sur  la  mèche,  de  grande  surface,  et  l'échauife. 

De  plus,  la  cheminée,  qui  sert  de  chambre  de  réaction,  est  calorifugée 
pour  réduire  les  pertes  de  chaleur. 

Le  débit,  déjà  fortement  augmenté  par  le  chauffage  de  la  mèche,  est 
amélioré  par  l'emploi  d'une  cheminée  supplémentaire. 

Description.  —  L'appareil  comporte  un  bocal  A,  de  forme  basse,  de 
5oo*^™,  renfermant  l'alcool  méthylique.  Ce  bocal  est  fermé  par  un  bouchon 
de  liège, B,  vernissé,  traversé  par  une  cheminée  de  cuivre  rouge  C.  La  che- 
minée, percée  au-dessus  et  près  du  bouchon,  de  huit  orifices  D,  est  calori- 
fugée par  un  revêtement  de  papier  d'amiante.  Une  mèche  annulaire  F,  en 
coton  tressé,  est  fixée  dans  la  cheminée,  sa  partie  supérieure  au  niveau  des 
orifices;  elle  est  bourrée  d'une  masse  de  coton  hydrophile  G,  plongeant 
dans  le  bocal. 


Oitalys, 


Un  panier  en  toile  de  cuivre,  muni  d'un  prolongement  inférieur,  égale- 
ment en  toile  de  cuivre,  peut  glisser  dans  la  cheminée  ;  il  contient  le  cata- 
lyseur. Une  cheminée  amovible  K,  en  carton  ou  en  métal  mince,  se  fixe  à 
frottement  sur  la  cheminée  de  cuivre. 


SÉANCE   DU   6   JUIN    I922.  l[\'J^ 

Catalyseur.  —  Deux  catalyseurs  différents  ont  été  expérimentés.  Le  pre- 
mier est  constitué  par  un  comprimé  cylindrique,  composé  de  80  pour  100 
de  noir  de  fumée  et  20  pour  100  d'oxyde  de  cuivre.  Le  second,  entière- 
ment en  carton  d'amiante  argenté,  est  formé  d'un-e  surface  latérale  cylin- 
drique cloisonnée  intérieurement  par  deux  croisillons  superposés  et  décalés 
de  45°,  de  façon  à  former  chicane  au  passage  du  gaz.  Le*  dispositif  est 
argenté  par  trempages  successifs  dans  le  nitrate  d'argent  ammoniacal  et  le 
formol  tiède. 

FoNCTiOî^NEMENT.  —  i^  Av 6 c  Ic  comprimé.  —  On  allume  le  comprimé  cata- 
lyseur sur  sa  circonférence  de  base  en  le  présentant  à  une  flamme.  On 
l'introduit,  la  partie  incandescente  en  bas,  dans  le  panier,  et  Ton  fait  tomber 
le  toutdaiis  la  cheminée;  on  place  la  cheminée  amovible.  Le  dégagement 
de  formol  s'effectue  aussitôt,  jusqu'à  épuisement  de  l'alcool.  Le  catalyseur 
en  action  ne  s'altère  pas;  le  charbon  ne  brûle  que  lorsque  l'alcool  est  épuisé. 

2°  Avec  le  cylindre  argenté.  —  L'ensemble  panier-catalyseur,  tenu  avec 
une  pince,  est  chauffé  au  rouge  sombre  sur  une  flamme,  puis  introduit  rapi- 
dement dans  la  cheminée;  on  place  la  cheminée  amovible.  La  partie  infé- 
rieure du  cylindre  reste  incandescente;  il  n'y  a  pas  d'extinctions. 

^Résultats.  —  Le  débit,  mesuré  par  pesées  successives  de  la  lampe,  est 
voisin  de  100^  à  l'heure;  l'appareil  se  vide  donc  en  4  heures. 

La  mise  au  point  a  nécessité  une  centaine  de  dosages  de  formol  effeclués  comme 
suit  :  De  Pair,  aspiré  à  la  trompe,  traverse  d'abord  la  lampe,  dont  la  cheminée  est 
munie  d\in  bouchon  et  d'un  tube  abducteur,  puis  le  mélange  gazeux,  après  réaction, 
se  rend  dans  un  .réfrigérant  descendant  suivi  de  trois  barboteurs  successifs  contenant 
de  l'eau,  puis  dans  un  compteur  à  gaz.  On  note  la  peile  de  poids  de  la  lampe  pendant 
l'expérience  ainsi  que  le  débit  du  compteur;  on  dose,  à  l'iode,  le  formol  du  liquide 
des  barboteurs. 

On  a  eu  soin  de  régler  l'aspiration  de  façon  que  le  débit  de  la  lampe,  en  tirage 
forcé,  soit  voisin  de  celui  qu'elle  donne  en  tirage  naturel. 

On  constate  que,  pour  un  même  catalyseur,  le  rendement  maximum  est  atteint 
lorsque  les  caractéristiques  de  l'appareil  sont  telles  que  le  mélange  gazeux  contienne 
un  peu  moins  d'air  que  ne  l'exigerait  l'équation  de  la  réaction  théorique.  I£nlre  80 
et  9,5  pour  100  de  l'air  théorique,  le  rendement  est  sensiblement  constant. 

Avec  les  comprimés  à  l'oxyde  de  cuivre,  le  rendement  est  voisin  de 
20  pour  100  et  n'a  jamais  dépassé  3o  pour,  100;  et  à  condition  seulement 
que  l'oxyde  de  cuivre  soit  très  pur,  celui  qui  donne  les  meilleurs  résultats 
est  l'oxyde  Cu-0  précipité  de  Tacétate  par  le  glucose. 

Avec  l'amiante  argenté,  le  rendement  moyen  est  de  35  à  40  pour  100, 
on  a  obtenu  jusqu'à  45  pour  100.  Il  n'est  pas  possible  d'aller  plus  loin  à 
C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N'  23.)  ÏOO 


l474  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

cause  du  contact  imparfait  des  gaz  et  du  catalyseur;  lorsqu'on  cherche  à 
diminuer  Fespace  offert  au  gaz  dans  la  traversée  de  ce  dernier,  le  tirage 
naturel  de  la  lampe  devient  impossible. 

Applications.  —  L'appareil  décrit  a  été  appliqué  à  la  désinfection  en  sur- 
face des  locaux.  Les  expériences  ont  été  effectuées  par  le  Laboratoire  du 
Conseil  supérieur  d'Hygiène  publique  de  France  dans  les  conditions  régle- 
mentaires qui  comportent  notamment  la  stérilisation  des  crachats  secs 
tuberculeux.  Elles  ont  conclu  à  Tefficacité  de  la  lampe  présentée  ('), 
employée  à  raison  d'une  lampe  de  5oo""'  par  20'"'  de  local  à  désinfecter. 

Avec  les  comprimés  au  cuivre  et  de  l'alcool  méthylique  pur  (dénaturé 
par  3  pour  100  de  formol),  le  contact  nécessaire  est  de  i5  heures. 

Avec  le  catalyseur  en  amiante  argenté,  on  a  pu  employer  le  méthylène 
commercial  et  le  contact  a  été  réduit  à  8  heures;  ce  dernier  a  donc  été  défi- 
nitivement adopté,  bien  qu'il  nécessite  un  chauffage  préalable,  alors  que 
les  comprimés  fonctionnent  par  simple  allumage. 

GÉOLOGIE.  —  Suf  ValUiî^e  lectoniqiic  des  couches  crétacées  cl  tertiaires  aux 
environs  de  Haro  (province  de  Logrono,  Espagne).  Note  de  M.  H.  Joly. 

Au  début  de  mes  recherches  sur  la  Chaîjie  Geltibérique,  j'ai  entrepris  de 
relier  les  plissements  de  ces  montagnes  avec  ceux  de  la  Chaine  Hespéri(|ue 
par  l'étude  de  la  région  deTéruel,  Albarracin,  Montalban,  ce  qui  me  permit 
de  découvrir  des  phénomènes  de  charriage.  J'ai  constaté  ensuite,  rà  et  là,, 
tout  le  long  de  la  chaîne  et  jusqu'aux  environs  d'Ezcaray,  de  semblables 
phénomènes  tectoniques.  Il  devenait  intéressant  dès  lors  de  rechercher,  au 
moins  à  titre  de  comparaison,  quelle  pouvait  être  aussi  l'allure  tectonique 
des  contreforts  les  plus  méridionaux  de  la  Chaîne  Pyrénéenne,  contreforts 
faisant  pendant  au  Nord  de  la  vallée  de  l'Ebre,  aux  montagnes  de  la  Sierra 
de  la  Demanda,  brusquement  dressées  au  Sud. 

J'ai  pu  observer  assez  en  détail,  un  peu  en  amont  de  Haro,  le  défilé  pitto- 
resc[ue  des  gorges  de  l'Ebre.  Le  fleuve  s'est  créé  un  chemin  au  travers  des 
calcaires  crétacés  fortement  redressés,  en  cheminant  à  contre-pendage,  car 
les  couches  plongent  au  Nord  et  le  fleuve  coule  vers  le  Sud. 

Une  des  premières  particularités  qu'il  importe  de  faire  ressortir  est  pré- 
cisément la  direction  du  pendage  des  couches.  J'ai  fait  remarquer  dans  mes 

(')  Autorisation  n"  146  du  Ministère  de  l'Hygiène,  de  l'Assistance  et  de  la  Pré- 
Voyance  sociales,  novembre  1920. 


SÉANCE   DU   6   JUIN    I922.  l475 

Notes  précédentes  (voir  ici  même,  Notes  du  20  mars  el  du  i*"mai  1922)  que 
dans  toute  la  longueur  de  la  Chaîne  Ibérique,  le  pendage  général  des  cou- 
ches était  dirigé  vers  le  Sud,  au  moins  dans  les  accidents  tectoniques  révé- 
lant de  puissants  efforts  de  plissements.  A  Ezcaray  notamment,  localité 
située  directement  au  Sud  et  à  une  trentaine  de  kilomètres  de  Haro,  les 
accidents  tectoniques  démontraient  une  forte  poussée  venant  du  Sud, 
déterminant  les  chevauchements  et  les  écailles  dont  il  a  été  parlé.  Or  Ezca- 
ray se  trouve  au  pied  du  versant  Nord  du  massif  imposant  de  la  Sierra  de 
la  Demanda  (prolongement  Nord-Ouest  de  la  Sierra  de  Moncayo,  et  ren- 
flement comme  cette  dernière  Sierra,  de  la  Chaîne  Celtibérique)  et  en  bor- 
dure méridionale  de  la  plaine  tertiaire  et  quaternaire  de  la  vallée  de  l'Ebre. 

Il  est  au  moins  curieux  de  voir  se  dresser  au  Nord  de  ce  point,  de  l'autre 
coté  de  la  vallée  de  l'Ebre,  et  précisément  à  Fendroit  où  cette  vallée  se  res- 
serre, des  montagnes,  où  l'inclinaison  des  couches  et  les  phénomènes  tecto- 
niques démontrent  un  sens  de  poussée  orogénique  directement  opposé  à 
celui  constaté  au  Sud. 

La  poussée  est  venue  cette  fois  du  Nord,  mais  on  n'est  plus,  il  est  vrai, 
dans  la  Chaîne  Celtibérique;  on  entre  dans  les  contreforts  méridionaux  de 
la  Chaîne  Pyrénéenne  qui  se  signalent  ici  comme  des  chaînons  ou  bourre- 
lets courant  de  l'Est  à  l'Ouest. 

Ainsi,  schématiquemcnt,  la  valiez  de  l'Ebre  se  présente  comme  une 
plaine  d'effondrement,  où  se  sont  accumulés  les  sédiments  tertiaires  et 
quaternaires,  qui  fût  resserrée  assez  récemment  et  comprimée  entre  des 
mâchoires  dressées  l'une  vers  l'autre,  la  mâchoire  du  Sud  ayant  tendance  à 
se  déverser  vers  le  Nord  et  celle  du  Nord  ayant  au  contraire  tendance  à 
se  déverser  vers  le  Sud. 

Une  deuxième  particularité  à  signaler  est  la  forme  spéciale  de  l'accident 
tectonique  des  gorges  de  Haro.  Le  dessin  suivant,  schématisé  d'après  une 
photographie  panoramique,  montre  la  disposition  des  assises  et  rend 
compte  de  l'accident  tectonique  : 

Le  Crétacé,  violemment  et  brusquement  redressé  vers  le  Sud,  chevauche 
par  l'intermédiaire  d'une  faille  presque  verticale  F'  F',  donnant  lieu  à  une 
magnifique  muraille  calcaire  (à  gauche  de  la  ligne  F' F')  les  couches  de 
mollasse  inclinées  d'abord  dans  le  même  sens,  c'est-à-dire  renversées  sur 
elles-mêmes  (suivant  le  trait  plein  en  noir).  La  molasse  que  certains 
auteurs  rapportent  au  Miocène,  mais  que  Larrazet  attribue  à  l'Oligocène, 
reprend  bientôt  une  allure  plus  doucement  ondulée  et  dégénère  à  5oo™ 
environ  au  Sud  de  la  faille,  en  une  belle  voûte  anticlinale  déversée  vers  le 


ll\'j6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Sud.  De  plus,  chevauché  par  le  Crétacé,  mais  reposant  par  rintermédiaire 
d'une  faille  horizontale  (tracée  en  pointillé  FF)  sur  cette  molasse,  se  dresse 
un  imposant  noyau  de  conglomérats  tertiaires  (Eocène  supérieur  ou  Oligo- 
cène inférieur).  11  dessine  un  pli  dissymétrique  irrégulier,  témoignant  par 
son  allure  des  efforts  de  compression  subis.  Ce  noyau  de  conglomérats, 


C  RÊ  TACÉ 


Dessin-coupe  sur  photograpliie,  prise  légèrement  en  aval  des  Gorges  de  Haro, 
de  la  rive  droile  vers  l.i  rive  gauche. 

charrié  sur  la  molasse  et  pincé  sous  le  Crétacé,  joue  le  rôle  d'une  écaille  ou, 
à  mieux  dire,  d'un  lambeau  de  poussée,  arraché  au  flanc  renversé  du  syn- 
clinal tertiaire   de  TEbre   refoulé  vers  le  Sud  par  la  masse  crétacée  du 
chaînon  des  Pyrénées. 

Les  plissements  ont  donc  été  de  grande  intensité  au  Nord  de  la  vallée  de 
ri']bre  comme  au  Sud,  et  les  phénomènes  de  charriage  auxquels  ils  ont 
donné  lieu  y  sont  du  même  ordre,  tout  en  étant  de  sens  opposé.  Ils  ont 
provoqué  le  resserrement  de  la  vallée  de  l'Ebre. 


GÉOLOGIE.  —  5///'  les  stades  glaciaires  et  sur  un  vallon  enregistreur  des  stades 
(Bèdinaty  Chaîne  de  Bclledonne).  Note  (  '  )  de  M.  P.  Lorv,  présentée  par 
M.  W.  Kilian. 

Durant  les  temps  qui  se  sont  écoulés  depuis  l'apogée  de  la  dernière 
glaciation,  l'enneigement  et  l'étendue  des  glaciers  alpins  sont  passés  par 
une  série  de  maxima  secondaires  :  ce  sont  les  stades  d'A.  Penck.  Leur 
ampleur,  beaucoup  moindre  dans  l'espace  et  surtout  dans  la  durée,  diffé- 


(')  Séance  du  29  mai  1922. 


SÉANCE   DU    6   JUIN    1922.  1^77 

rencie  les  stades  et  les  phases  interstadiaires  d'avec  les  glaciations  et  les 
périodes  interglaciaires.  Dans  la  sinusoïde  complexe  des  oscillations  gla- 
ciaires, les  «  stades  »  se  placent  entre  les  «  glaciations  »  et  les  «  pulsations  », 
sans  que  l'on  sache  bien  si  les  plus  récents  d'entre  eux  se  confondent  avec 
les  «  variations  pluriséculaires  »  constatées  dans  les  temps  historiques,  ou  si 
celles-ci  constituent  encore  un  ordre  distinct.  Un  stade  est  défini  par  sa 
place  dans  la  série  des  oscillations  de  même  ordre  et,  pour  un  glacier 
donné,  par  l'étendue  de  celui-ci  et  par  l'altitude  de  la  limite  locale  des 
neiges  persistantes  à  l'époque  correspondante. 

Il  semble  qu'un  moyen  direct  de  déterminer  ces  éléments  doive  être  fourni  par 
l'étude  de  vallées  où  tous  les  stades  aient  existé  dans  des  états  comparables  et  aient 
laissé  des  traces  nettes.  Mais  ces  conditions  ne  se  sont  presque  jamais  réalisées:  ou 
bien  l'érosion  a  détruit  certaines  des  moraines,  ou  aux  stades  anciens  le  glacier  était 
coalescent  avec  un  tronc  plus  important  et  par  suite  on  n'a  pas  son  front,  ou  les  stades 
récents  manquent  par  insuffisance  d'altitude  des  crêtes,  ou  enfin,  si  la  valléeest  rami- 
fiée, les  confluences  et  disjonctions  de  bras  glaciaires,  variant  de  phase  en  phase, 
faussent  la  comparaison  entre  les  stades. 

En  fait,  notre  connaissance  des  stades  reste  encore  très  fragmentaire  et 
trop  peu  précise:  la  contribution  que  je  désire  lui  apporter  ici  en  tire  un 
certain  intérêt. 

Dans  le  bassin  hydrographique  de  l'Isère,  lors  des  stades  que  l'on  peut 
appeler  «  finiwurmiens  »,  —  ceux  qui  se  placent  entre  le  maximum  de  la 
dernière  glaciation  et  le  grand  retrait  qui  l'a  suivie,  — les  glaciers  locaux 
continuaient  presque  tous  à  rejoindre  les  troncs  des  gi^andes  vallées,  lesquels 
s'allongeaient  encore  jusqu'au  bord  des  Alpes.  Dans  une  telle  coalescence, 
il  est  impossible  de  reconstituer  les  états  correspondant  à  chacun  de  ces 
stades;  seul  le  dernier  d'entre  eux  pourrait  être  défini,  en  reprenant  une 
tentative  d'A.  Allix,  pour  les  glaciers  du  bord  interne  du  Vercors,  disjoints 
à  ce  moment  d'avec  le  glacier  du  Drac  par  le  retrait  de  celui-ci. 

Durant  les  stades  «  postwurmiens  »  ,  au  contraire,  un  grand  nombre 
d'appareils  glaciaires  sont  isolés;  en  outre,  des  dépôts  bien  nets  ont  été 
laissés  en  beaucoup  de  vallées.  Ces  conditions  facilitent  les  recherches. 
Elles  ont  surtout  porté,  jusqu'ici,  sur  le  nombre  de  Ces  maxima  :  successi- 
vement a  été  établie  l'existence  dans  ce  bassin  de  deux  stades  extrêmes 
(P.  Lory,  stade  d'Eybens  et  stade  des  moraines  patinées  d'Arsines),  puis 
de  stades  intermédiaires  (Ch.  Jacob,  Grandes  Rousses;  W.  Kilian  et 
J.  Revil,  Maurienne  et  Haut-Grésivandan  ;  (^h.  Pussenot,  moyenne  Mau- 
rienne  et  Doron  de  Bozel). 


l47^  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Mais  aucune  vallée  jusqu'ici  décrite  n'a  conservé  complète  la  série  des 
stades  postwurmiens;  or  c'est  là  ce  que  nous  fournit  un  vallon  occidental 
de  Belledonne,  celui  de  Bédinat,  qui,  avec  une  direction  0-N-O,  excave 
l'extrémité  sud-ouest  du  massif  d' Al levard  (Carte  au  ,-37^,  région  de  Mou^ 
tiers,  feuille  XVI,  3). 

C'est  un  pur  type  de  vallée  glaciaire  simple. 

Un  seul  cirque  en  occupe  le  haut;  les  crêtes  latérales  sont  à  peu  près  rectilignes  et 
perpendiculaires  à  celle  du  fond  (2422")  ;  jusque  vers  i45o"\  c'est  la  structureen  gra- 
dins, avec  les  paliers  de  2100™  (seuil  du  cirque),  igio'"  (habert  ruiné),  lyôS'",  lôec» 
(Bédinat- desïus).  Sauf  dans  les  parties  les  plus  abruptes  des  barres,  de  la  moraine  de 
schistes  cristallins  recouvre  tout  ce  tronçon;  très  perméable^  elle  absorbe  toutes  les 
eaux  :  grâce  à  cette  suppression  de  l'érosion  torrentielle,  les  bourrelets  se  sont  con- 
servés intacts.  De  1/420™  jusqu'à  Bédinat-dessous  s'allonge  un  «plan  des  eaux». 
Puis  des  ])ourreIets  réenvahissent  le  lit  glaciaire;  le  ruisseau  s'échappe  par  une 
dépression  de  la  moraine  de  gauche  <jui,  se  relevant,  dépasse  le  débouché  du  vallon 
dans  la  cuvette  des  Adrets,  lobe  de  la  bordure  basique  du  Grésivandan,  et  se  termine 
en  un  beau  vallum  latéro-frontal,  dont  le  pied  est  à  9S0'".  La  moraine  wurmienne  du 
Grésivandan,  caractérisée  par  ses  granités,  tapisse  tout  le  fond  des  Adrets  ainsi  que, 
jusque  vers  1200™,  les  croupes  encadrant  le  débouché  de  Bédinat;  les  bourrelets  dont 
elle  s'accidente  sont  à  peu  près  orthogonaux  au  vallum  local.  L'indépendance  des  deux 
formations  glaciaires  est  donc  complète  :  on  est  en  présence  d'un  vrai  stade,  où  le 
glacier  local  a  fortement  empiété  sur  l'aire  qu'occupait  auparavant  le  glacier  du 
Grésivandan.  Ce  stade  a  pour  homologues,  au  même  liane  de  Belledonne,  celui  de  la 
Boutière  (900™),  dans  le  vallon  adjacent,  et  celui  de  la  Combe  Lancey  (5oo"')  au 
sommet  du  gradin  de  conduence  de  celte  vallée  :  il  s'agit  donc  du  stade  d'Eybens. 

Ainsi  le  glacier  néowarmien  de  Bédinat  avait  sensiblement  même  lon- 
gueur que  ce  vallon,  dont  sa  pointe  dépassait  légèrement  le  débouché.  Le 
pourtour  de  sa  langue  peut  être  tracé  sans  trop  d'incertitude.  Des  bour- 
relets marquent  des  ari^êts  dans  le  début  du  recul. 

L'ensemble  des  moraines  qui  revêtent  le  ti^onçon  supérieur  est  tout  à  fait 
indépendant  de  ce  grand  stade,  On  y  distingiie  cinq  systèmes,  le  vallum  le 
plus  avancé  du  système  supérieur  recouvrant  et  recoupant  chaque  fois  les 
bourrelets  du  précédent.  Ce  sont  donc  autant  de  maxima  importants, 
aulant  de  stades.  Nombi^e  d'états  de  retrait  des  langues  sont  en  outre 
dessinés. 

L'avant-dernier  système  ne  dépasse  le  cirque  que  par  une  langue  étroite, 
à  vallum  demi-gazonné.  Dans  le  cirque  même,  où  des  taches  de  neige 
pei^sistent  jusqu'en  fin  juin,  il  n'y  a  que  des  éboulis  de  névé,  frais,  dessi- 
nant un  arc  au  bas  des  principaux  talus  d'avalanches;  à  ces  névés  se  sont 
réduites  les  neiges  permanentes  du  maximum  du  xix^  siècle.  Par  d'autres 


SÉANCE    DU    6    JUIN    I922.  l479 

cirques  de  ce  versant,  nous  savons  qu'aux  expositions  favorables  la  limite 
des  neig-es  se  trouvait  alors  vers  2450'". 

Pour  les  autres  stades  il  est  possible  de  tracer  sur  la  Carte  au  ^„,'„„  le 
contour  approximatif  du  glacier,  donc  aussi  d'en  planimétrer  la  surface. 
Mais  dès  lors  la  limites  des  neiges  correspondant  à  chaque  stade  peut  être 
déterminée  par  la  «  méthode  de  Bruckner  »  (courbe  d'e  niveau  de  la  surface 
du  glacier  limitant  le  quart  de  la  projection  horizontale  à  partir  du  front)  : 
on  sait  que  sur  les  gdaciers  actuels  la  comparaison  des  résultats  de  ce  procédé 
ernpirique  avec  ceux  de  l'observation  directe  est  assez  satisfaisante. 

Voici  le  Tableau  des  données  numériques  sur  les  stades  de  Bédinat  : 

.  Projection  horizontale.                  Altitude  Limite  locale 

— ■ — — ». —  - — — ^- — -~~  la  plus  basse  des  neiges 

Stade.                              Longueur.             Surface.                du  front'.  (  Mélli.  Bruckner). 

m                                ha                                    m  m 

I.   Eybens  (Néowurm.) 4000  288  980  i36o 

II jySo  106  1420  1770 

m • i45o                   89  1600  1860 

IV io4o                   62  1760  1970 

V 520                   20,5  i94<^  2160 

VI.  (Max.  du  XIX"' siècle.).  . .  270                      ?  2110  ? 

Grâce  à  ce  vallon  enregistreur,  on  possède  désormais  une  base  de  compa- 
raison assez  précise  pour  tout  l'ensemble  des  stades  postwurmiens. 


GÉOGRAPHIE  PHYSIQUE.  —  Le  système  glaciaire  du  Beerenberg  de  Jan  Mayen. 
Note  de  M,  P.-L.  Mercanton,  présentée  par  le  prince  Bonaparte. 

Le  revêtement  presque  continu  de  neige  et  de  glace  qui  habille  le  grand 
volcan  éteint  de  Jan  Mayen,  le  Beerenberg,  et  qui  fait  de  cette  montagne 
arctique  l'exemple  probablement  le  plus  parfait  du  volcan  englacié  (le  mont 
Rainier,  en  Californie,  en  serait  la  réplique)  n'avait  guère  été  étudié 
jusqu'à  présent  systématiquement,  bien  que  de  nombreux  navigateurs,  les 
Scoresby,  les  Charcot,  les  savants  norvégiens  du  Yoringen  et  la  mission 
autrichienne  Wohlgemuth,  entre  autres,  y  aient  déjà  recueilli  une  docu- 
mentation abondante,  documentation  d'autant  plus  précieuse  que  la  glacia- 
tion de  Jan  Mayen  semble  avoir  éprouvé  dans  les  temps  modernes  des 
modifications  très  fortes, 

La  connaissance  complète  de  la  distribution  des  masses  glaciaires  suppo- 
sait d'ailleurs  l'ascension  du  cône  terminal  du  Beerenberg,  exploration 
tentée  en  1882  par  la  mission  autrichienne  mais  sans  succès. 


l48o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES, 

Grâce  à  l'extrême  complaisance  de  l'ingénieur  Ekerold,  qui  s'en  allait 
créer  à  Jan  Mayen  la  station  météorologique  et  radiotélégraphique  qui 
vient  de  rendre  de  si  utiles  services  à  la  navigation,  j'ai  pu  passer  quatre 
semaines  de  l'été  1921  dans  l'île  et  y  obtenir  aussi  le  concours  efficace 
et  bienvenu  d'un  petit  groupe  de  naturalistes  britanniques  qui  profitait  des 
mêmes  facilités. 

Accompagné  de  MM.  J.-M.  Wordie,  professeur  à  l'Université  de  Cam- 
bridge etTh.  Lethbridge,  étudiant  à  la  même  Ecole,j'ai  réussi  le  11  août  1921 
à  atteindre  le  rebord  du  cratère  et  le  point  culminant  du  Beerenberg  (en- 
viron 25oo™).  L'ascension  s'est  faite  directement  de  la  baie  de  Jameson  et 
en  deux  étapes.  La  première  nous  a  conduit  en  3  heures,  par  la  vallée  Eke- 
rold à  un  bivouac  aménagé  en  marge  du  glacier,  vers  760™  d'altitude  ;  la 
seconde  étape,  en  8  heures,  de  ce  point  au  sommet,  par  la  base  peu  inclinée 
du  volcan  d'abord  et  jusqu'à  iGoo"",  puis  par  les  pentes  très  raides  et  très 
crevassées  du  flanc  SW  jusqu'au  rebord  du  cratère  vers  2400™,  et  enfin  à 
son  culmen  occidental.  En  dépit  du  temps  peu  favorable  nous  avons  pu 
constater,  pour  la  première  fois,  que  ce  cratère  formait  un  cirque  large  de 
|km  environ,  aux  parois  abruptes,  profondes  de  20.0™  à  3oo'"  et  égueulé 
vers  le  Nord.  Cet  égueulement  laisse  fuir,  dans  une  descente  abrupte  vers 
l'Océan,  les  glaces  qui  remplissent  la  caldeira  et  qui  représentent  le  vé- 
ritable collecteur  du  glacier ^^'eyprecht.  Cepointest  ainsi  acquis. 

Mes  observations  au  cours  d'un  périple  du  Beerenberg,  corroborées  par 
les  documents  antérieurs  et  tout  particulièrement  par  les  précieuses  photo- 
graphies du  D'"  Charcot,  permettent  en  outre  de  tracer  une  esquisse  suffi- 
samment précise  du  système  glaciaire  du  Beerenberg  tel  qu'il  se  présentait- 
en  1921  : 

Ce  système  comprend  quatre  parties  distinctes.  En  faisant  le  tour  du 
Beerenberg  par  le  jiord-est,  à  partir  du  glacier  Weyprecht,  on  a  : 

1.   Le  groupe  du  glacier  Weypracht,  qui  comprend  : 

a.  Le  Weyprecht  lui-même,  qui  seul  provient  du  cratère; 

b.  Les  deux  amas  de  glace  inférieurs  qui  s'alimentent  dans  le  cirque  limité  par 
l'arête  rocheuse  descendant  du  sommet  oriental  du  volcan. 

Tous  ces  courants  atteignent  la  mer. 

IL  La  collerette  glaciaire  septentrionale  du  Beerenberg,  qui  comprend  : 

a.  Le  glacier  Kjerulf,  très  individualisé  encore  et  qui  s'avance  dans  la  mer; 

b.  Le  glacier  Svend  Foyn  qui  en  fait  autant; 

c.  Les  franges  de  glace  qui  dévalent  les  abrupts  cùtiers  entre  le  Svend  Fovn  et  la 
baie  orientale  de  la  Croix; 

d-  Les  lobes  glaciaires  qui  se  dissipent  sur  le  terrain,  en  arrière  du  cratère  Sars  ; 


SÉANCE    DU   6   JUIN    1922.  l48l 

e.   Les  lobes  du  glacier  DufTerin,  sur  la  face  Es^t,  dominant  les  Ilots; 
/.   Les  deux  afiluents  composant  le  glacier  Friele,  ((ui  atteint  la  mer. 

III.  Le  groupe  du  ciirjue  orientât^  qui  comprend  : 

a.  Le  glacier  Grieg,  principalement; 

b.  L'affluent  septentrional  du  glacier  Wille. 
Ces  deux  courants  de  glace  atteignent  la  mer. 

IV.  La  collerette  glaciaire  mi-ridionale-occidenlale  du  Beerehberg,  qui  com- 
prend :  ' 

a .  L'affluent  sud  du  glacier  Wille,  lequel  affluent  descend  de  la  croupe  neigeuse 
constituant  l'arête  SE  de  la  montagne  ; 

b.  Les  lobes  du  glacier  Petersen,  au-dessus  de  la  mer; 

c.  Les  deux  franges,  peu  étendues,  au  revers  sud  de  Tarète  SE; 

d.  Le  très  important  glacier  du  Midi,  qui  descend  jusqu'au  voisinage  des  flots; 

e.  L'ensemble  de  lobes  frontaux  peu  découpés  qui  s'étend  jusqu'au  lobe  ou  glacier 
occidental; 

/.  Ledit  glacfer  occidental,  descendant  à  l'est  de  la  baie  occidentale  de  la  Croix, 
mais  n'atteignant  pas  la  mer; 

g.  L'étroit  courant  de  glace  atteignant  la  mer  à  l'est  du  Cap  NW. 

Il  ne  semble  pas  y  avoir  de  glaciers  en  dehors  du  massif  du  Beerenberg. 
Peut-être  cependant  doit-on  considérer  comme  une  formation  de  ce  genre 
■  les  remplissages  typiques  du  haut  des  barrancos  du  vieux  cratère  Bombelles, 
dans  le  sud-ouest  de  Jan  Mayen. 

D'ailleurs,  la  glaciation  du  Beerenb(M^g  semblait  partout  en  décroissance  : 
les  appareils  Weyprecht,  Kjerulf  et  Svend  Foyn,  sur  la  cùte  Nord,  non 
plus  que  les  glaciers  atteignant  la  mer  sur  la  face  Est,  ne  vêlaient  pas  du 
tout,  en  dépit  du  crevassement  de  leurs  fronts.  Certains  lobes  cessaient  de 
parvenir  au  bord  de  l'eau  même,  où  ils  n'avaient  laissé  que  des  lambeaux 
de  glacier  mort  fortement  recouverts  de  détritus  rocheux.  Quant  &u  glacier 
du  Midi,  il  n'avait  qu'une  vitesse  d'écoulement  frontal  d'un  demi-centi- 
mêtre  par  jour  et  a  ceitainement  reculé  depuis  1882. 

Il  est  très  remarquable,  d'aulrc  part,  que  les  importants  appareils  de  la 
côte  Nord,  de  même  que  le  glacier  si  étendu  du  Midi,  ne  sont  Tohiet 
d'aucune  mention  antérieure  au  milieu  du  xix*^  siècle.  Leur  importance 
était-elle  donc  si  atténuée  auparavant? 


l482  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


MÉTÉOROLOGIE.  — Sur  la  coloration  ocre  que  présentèrent  en  mars  1922  les 
neiges  du  Briançounais.  Note  (')  de  MM.  Pons  et  Bémy,  transmise  par 
M.  Ch.  Depéret. 

Le  12  mars  dernier,  les  habitants  de  la  haute  vallée  de  la  Durance 
voyaient  avec  surprise  que  la  neige  de  leurs  montagnes,  jusqu'alors  d'une 
blancheur  immaculée,  avait  subitement  pris  une  teinte  ocre,  coloration 
variable  d'ailleurs,  plus  claire  ou  plus  foncée,  plus  grise  ou  plus  rougeatre 
suivant  les  régions,  sans  doute  à  cause  de  Tinégale  épaisseur  de  la  couche 
colorée. 

De  plus,  fait  curieux,  la  base  comme  les  hauts  somnieLs  des  montagnes 
avaient  gardé  à  peu  près  leur  aspect  naturel,  comme  si  le  dépôt  formé  était 
dû  à  des  courants  atmosphériques  qui  régnaient  à  certaine  altitude. 

Les  jours  suivants  la  couleur  ocreuse  parut  encore  plus  accentuée,  en 
raison  vraisemblablement  du  contraste  quelle  offrait  avec  de  récentes 
avalanches  de  neige  parfaitement  blanches. 

Enfin,  les  20  et  21  mars,  des  chutes  déneige  rendaient  au  pays  son  aspect 
accoutumé. 

Quelle  était  la  nature  de  ce  dépôt  coloré?  Etait-il  organique  ou  minéral? 
Etait-ce  là  des  algues  unicellulaires  semées  par  les  vents,  des  poussières  de 
pollen,  ou  plus  simplement  une  poudre  d'ocre?  Et  enfin,  quelle  pouvait 
être  son  origine  ? 

Le  ig  mars,  un  prélèvement  de  neige  colorée  était  eflectué  sur  les  pentes  du  Gondran, 
vers  2350™  d'altitude,  par  le  poste  militaire  de  skieurs  de  la  Seyte,  descendu  à  Brianron 
et  remis  à  l'un  de  nous  aux  fins  d'analyse. 

Le  dépôt,  séparé  par  centrifugation  de  l'eau  de  neige  à  laquelle  il  était  mélangé,  se 
présente,  après  dessiccation  à  100°,  sous  forme  de  pondre  impalpable  jaune  grisâtre 
qu'on  ne  saurait  mieux  comparer  qu'à  la  terre  de  Sienne  naturelle  utilisée  en  pein- 
ture. 

Au  microscope,  à  un  grossissement  de  3oo-4oo  diamètres,  c'est  une  poussière  formée 
de  particules  amorphes  ou  cristallines,  à  cristaux  le  plus  souvent  très  fragmentés;  ces 
particules  sont  incolores  ou  colorées  en  gris,  en  jaune,  en  brun  plus  ou  moins  foncé. 
On  peut  y  reconnaître  des  paillettes  miroitantes  de  mica  et  des  grains  anguleux  de 
quartz.  Enfin,  certaines  particules  informes  sont  organiques  et  se  colorent  par  les 
réactifs  ordinaires. 

A   la   calcination.    la  poudie   charbonne    liés   légèrement,   preuve   quelle    renferme 

(')  Séance  du  29  mai  1922, 


SÉANCE    DU    6    JUIN    I922.  l483 

quelque  peu  de  matière   organique,   et  perd  au  rousse  vif  un  dixième  de  son  poids; 
elle  apparaît  alors  plus  foncée  qu'auparavant,  de  teinte  plus  brune. 

La  poudre  calcinée  ne  paraît  guère  attaquable  par  les  acides.  Après  décomposition 
par  fusion  à  l'aide  de  carbonates  alcalins,  l'analyse  chimique  y  révèle  en  abondance  : 
l'acide  silicique,  l'alumine  et  le  fer. 

Nous  en  conclurons  que  le  dépôt  couleur  ocre  est  un  silicate  d'alumine, 
c'est-à-dire  une  argile,  mélangé  à  de  fines  particules  de  mica  et  de  quartz, 
coloré  par  de  l'oxyde  de  fer  et  renfermant  une  faible  proportion  de  poussières 
organiques.  Notons  toutefois  l'absence  complète  de  débris  d'organismes 
microscopiques  :  algues  ou  foraminifères  siliceux  (diatomées,  radiolaires) 
si  facilement  reconnaissables. 

L'analyse  chimique,  si  elle  nous  renseigne  exactement  sur  la  compo- 
sition de  cette  poudre  impalpable  répandue  sur  le  Briançonnais,  ne  nous 
donne  malheureusement  guère  d'indications  au  sujet  de  son  origine,  car  les 
terrains  argileux,  qui  ont  pu  lui  donner  naissance,  abondent  dans  la  nature. 
Là,  nous  en  sommes  réduits  aux  conjectures.  Disons  tout  de  suite  que  toute 
hypothèse  à  cet  égard  peut  être  infirmée  ou  confirmée  par  des  renseigne- 
ments météorologiques  généraux.  Or  nous  savons  seulement  que  les  \ents 
dominants  de  notre  région  venaient  à  ce  moment  du  Sud-Ouest. 

Les  habitants,  tant  soit  peu  instruits,  n'hésitaient  pas  à  attribuer  au 
dépôt  qui  nous  occupe  une  origine  vésuvienne.  Cette  hypothèse  est  peu 
plausible  en  raison  de  l'absence  des  inclusions  vitreuses  caractéristiques 
des  poussières  volcaniques.  Les  déserts  d'Afrique,  dont  les  dunes  sont  sans 
cesse  sculptées  par  l'érosion  éolienne,  semblent  bien  ca])ables  d'avoir  fourni 
aux  courants  atmosphériques  une  telle  quantité  de  particules  infinitési- 
males qui,  en  certains  endroits,  paraît-il,  formaient  sur  la  neige  une  couche 
de  2™™  à  3°^™  d'épaisseur.  On  peut  aussi,  avec  plus  de  vraisemblance, 
émettre  l'hypothèse  (')  (jue  ces  particules  minérales  proviennent  simple- 
ment de  la  région  du  Yaucluse  où  en  certaines  localités  (Apt,  Villes,  etc.  ) 
on  prépare  très  en  grand  des  ocres  industriels.  Un  vent  violent  du  Sud- 
Ouest  a  pu  soule\er  les  dépôts  d'ocre,  en  disséminer  les  éléments  dans 
l'atmosphère,  qui,  transportés  ensuite  par  les  courants  aériens,  sont  venus 
s'abattre  dans  une  zone  déterminée  de  nos  Alpes.  Les  exemples  abondent 
de  fumées  volcaniques,  de  sables  ou  de  poussières  transportés  par  les  vents 
à  pareille  distance  et  nous  ne  voyons  là  aucun  mystère,  si  d'aventure  les 
plus  fines  poussières  vauclusiennes  se  sont  transformées  en  un  voile  d'ocre 
jeté  sur  nos  montagnes. 

(•)  Cette  hypothèse  nous  a  été  suggérée  par  M.  Depéret, 


l484  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

ANATOMIE  VÉGÉTALE.  —  V organisaùsn  libèroligneiise^  chez  la  Mercinnale, 
rcproduil-elle  une  disposition  ancestrale?  Note  (')  de  M,  P.  Bugno\, 
présentée  par  M.  (ruignard.  • 

J'ai  montré  récemment  {-)  que  la  ramification  terminale  dichotome  du 
faisceau  libéroligneuv  médian,  dans  les  cotylédons  de  la  Mercuriale  (^Mer- 
cu?ialis  annuah.),  pouvait  être  considérée  comme  un  caractère  ancestral. 
Parmi  les  arguments  fournis  en  faveur  de  cette  interprétation,  je  rappel- 
lerai les  suivants  :  le  caractère  envisagé  ne  se  retrouve  pas  dans  les  feuilles 
végétatives  de  la  même  plante  et,  cependant,  il  ne  semble  pas  en  rapport 
avec  une  adaptation  quelconque  des  feuilles  cotylédonaires. 

Or  Torganisation  de  la  base  du  faisceau  libéroligneux  cotylédonaire 
médian  a  été  regardée,  elle  aussi,  comme  reproduisant  une  disposition 
ancestrale,  notamment  par  M.  G.  Chauveaud. 

Cette  organisation  difTère-t-elle  donc  fondamentalement,  comme  cet 
auteur  Tadmet,  de  celle  de  la  base  du  faisceau  correspondant  des  feuilles 
végétatives?  Ses  caractères  propres  ne  tiennent-ils  pas  simplement  aux 
conditions  spéciales  d'insertion  des  feuilles  cotylédonaires  ?  C'est  à  Texamen 
de  ces  questions  que  la  présente  Note  est  consacrée. 

1°  Feuilles  végétatives.  —  Le  faisceau  libéroligneux  médian  d'une  feuille  végéta- 
tive de  Mercuriale  se  continue  seul,  en  fin  de  compte,  dans  la  tige,  pour  y  constituer 
la  trace  de  celte  feuille. 

Dans  la  partie  supérieure  du  nœud  de  la  feuille  sous-jacenle  (disposition  pliyllo- 
taxique  opposée-décussée),  après  avoir  traversé  deux  entre-nu'uds  par  conséquent,  et 
en  face  de  la  base  d'un  bourgeon  axillaire,  cette  trace  est  bifurquée;  ses  deux 
branches  se  raccordent  promplement,  dans  l'épaisseur  du  même  nœud,  avec  les 
deux  groupes  de  faisceaux  qui  correspondent  au  bourgeon  axillaire  {fig.  i,  I)  (■^). 

Pour  les  deux  premières  feuilles  \égétati\es  au-dessus  des  cotylédons,  lesquelles 
n'ont  pas  d'autres  feuilles  directement  au-dessous  d'elles,  une  bifurcation  semblable  de 
la  trace  foliaire  s'observe  néanmoins;  mais  ses  branches  viennent  se  raccorder  latéra- 
lement aux  moitiés  correspondantes  des  traces  cotylédonaires,  dans  la  région  supé- 
rieure de  l'hypocolyte  ;  et  c'est  après  avoir  traversé  seulement  un  entre-no'ud  que  le 
faisceau  considéré  présente  sa  bifurcation  {Jig.  i,  II). 

(^)  Séance  du  29  mai  1922. 

(■-)  P.  BuGNON,  Sur  la  ramification  dichotome  dans  les  cotylédons  {Comptes 
rendus,  t.  17'+,  1922.  p.  1194). 

(")  Au  cours  de  cette  Note,  je  n'accorderai  qu'un  sens  purement  descriptif  aux 
termes  de  bifurcation  et  de  raccord. 


SÉANCE    DU   6   JUIN    I922.  l485 

Ainsi,  tous  les  faisceaux,  médians  des  feuilles  \égélatives  se  raccordent  par  une 
bifurcçition  avec  l'appareil  conducteur  sous-jacenl;  mais  la  disposition  de  ce.  dernier 
inlhie  sur  les  modalités  du  raccord  et  sur  le  niveau  où  la  bifurcation  se  produit.  Ce 
niveau  est  d'ailleurs  très  voisin,  à  l'origine,  de  la  base  foliaire  correspondante,  car  le 
raccord  existe  avant  que  les  entre-nœuds  et  les  périoles  soient  constitués  par  accroisse- 
ment intercalaire. 


Fig.  I.  —  Mercurialii  annua  L. 

I  :  Schémas  :  1"  du  parcours  de  la  trace  foliaire  (M^^^)  d'une  feuille  végétative  (F  ^^)  et  de  son 
raccord  avec  les  faisceaux  (x^)  du  bourgeon  axillaire  de  la  feuille  sous-jacente  (F„i,  au  nœud  de 
celle-ci;  1°  des  coupes  transversales  au  niveau  de  la  base  du  nœud  des  feuilles  F,,,^,  [ab),  au 
niveau  de  la  base  du  nœud  des  feuilles  F„^j  (a'b'),  au  niveau  de  la  région  supérieure  i a"  b" }  et 
de  la  région  inférieure  {à"  b'"  )  du  nœud  des  feuilles  F„.  M„,  faisceau  médian  d'une  feuille  I-",,  ; 
X,  faisceau  anastomotique  dans  la  composition  duquel  entre  une  moitié  de  la  trace  M,,^,- 

II  :  Schéma  du  parcours  de  la  trace  foliaire  (Mj)  d'une  des  feuilles  végétatives  (F,)  suivant  im- 
Miédiatement  les  cotylédons  et  de  son  raccord  avec  les  traces  cotylédonaires  dans  la  région 
supérieure  de  l'hypocotyle. 

III  et  IV  :  Schémas  comparés  du  raccord  avec  l'appareil  conducteur  sous-jacent  :  1°  dune  trace 
de   feuille  végétative;  2°  d'une  trace  de  feuille  cotylédonaire.  — 

Si  l'on  étudie,  d'autre  part,  les  transformations  progressives  du  faisceau  d'une  trace 
foliaire  aux  di\  ers  niveaux  de  sa  bifurcation,  à  partir  du  point  où  il  est  encore  simple, 
on  constate,  fait  important^  que  la  direction  de  la  différenciation  ligneuse  subit  elle- 
même  une  bifurcation  et  que  ses  branches  s'incurvent  en  divergeant:  cette  rotation 
est  nécessitée  par  le  raccord  latéral  avec  des  faisceaux  orientés  difléremment  {fig.  1,  III). 

2°  Feuilles  cotylédonaires.  —  La  portion  inférieure  du  faisceau  libéroligneux 
médian  des  feuilles  cotylédonaires  présente,  comme  celle  du  faisceau  correspondant 
des  feuilles  végétati^es,  l'aspect  d'une  bifurcation.  Celle-ci  est,  toutefois,  située  dans 
la  base  même  du  limbe  cotylédonaire  et  les  deux  branches  divergentes,  au  lieu  de  se 
raccorder  latéralement  à  d'autres  faisceaux  du  même  type,  qui  n'existent  pas  à  un 


l4S6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

niveau  inférieur,  sont  aboutées  avec  le  cylindre  central  de  la  première  racine,  dont  la 
base  est  d'ailleurs  très  voisine,  à  l'origine,  des  bases  cotylédonaires  ('). 

Si,  à  partir  du  point  on  le  faisceau  colylédonaire  médian  est  simple,  on  étudie  ses 
transformations  progressives  aux  divers  nixeaux  de  la  bifurcation,  on  constate  que 
tout  se  passe  comme  pour  le  faisceau  médian  des  feuilles  végétatives.  Mais,  du  bois 
centripète,  continuant  exactement  l'un  des  cordons  ligneux  centripètes  de  la  racine, 
se  différencie  entre  les  deux  branches  de  la  bifurcation,  et  avant  les  vaisseaux  propres 
à  ces  branches  {fig.  i,  IV);  il  reste  néanmoins  séparé  d'elles  par  du  pai'^nchyme  con- 
jonctif,  sauf  vers  la  base  de  l'hypocotyle  (^);  il  disparaît  enfin  de  bonne  heure  par  le 
fait  de  l'accroissement  intercalaire  longitudinal  qui  affecte  avec  une  grande  intensité 
cette  région  de  raccord.  Le  même  accroissement  rend  aussi  très  aigu  l'angle  de  la 
bifurcation  et  en  allonge  considérablement  les  branches  ('). 

L'analogie  avec  le  faisceau  médian  des  feuilles  végétatives  est  ainsi  d'autant  plus 
étroite  que  l'on  considère  les  faisceaux  à  un  stade  plus  jeune  et,  notamment,  avant 
l'entrée  en  jeu  de  l'accroissement  intercalaire  longitudinal,  auquel  l'hypocotyle,  les 
entre-mruds  et  les  pétioles  doivent  leur  importance  tardive.  D'autre  part,  l'étude  du 
raccord  des  faisceaux  médians  des  feuilles  végétatives  avec  l'appareil  conducteur 
sous-jacent  nous  a  conduit  à  conclure  que  la  disposition  variable  de  ce  dernier  inilue 
sur  les  modalités  mêmes  du  raccord  et  sur  le  niveau  où  la  bifurcation  se  produit.  Nous 
sommes  donc  amené  tout  naturellement  à  interpréter  Torganisalion  de  la  base  du 
faisceau  cotylédonaire  médian  comme  un  raccord  du  même  type  général  que  celui  du 
faisceau  médian  des  feuilles  végétali\es,  à  attribuer  ses  caractères  propres  (place  de 
la  bilurcation,  présence  de  bois  centiipète  entre  ses  branches)  aux  conditions  parti- 
culières auxquelles  ce  raccord  est  astreint.     ' 

En  définitive,  l'étude  anatomique  et  onlog-énique  comparée  de  la  base 
du  faisceau  médian  dans  les  cotylédons  et  dans  les  feuilles  végétatives  de 
la  Mercuriale  y  révèle  une  organisation  libéroligneuse  identique  dans  ses 
traits  principaux;  les  différences,  d'importance  secondaire,  peuvent  être 
rapportées  :  i'^  à  l'organisation  variable  de  l'appareil  conducteur  sous- 
jacent,  avec  lequel  les  faisceaux  médians  se  raccordent  par  leur  base;  2*^  à 
l'intervention  et  à  la  localisation  d'un  intense  accroissement  intercalaire 
longitudinal.  L'organisation  libéroligneuse  de  l'hypocotyle,  même  chez  la 
Mercuriale,  cas  cependant  considéré  par  G.  Ghauveaud  comme  l'un  des 
plus  favorables  à  sa  théorie,  ne  semble  donc  pas  satisfaire  aux  conditions 
nécessaires  pour  qu'elle  puisse  être  interprétée  avec  vraisemblance  comme 
une  disposition  ancestrale. 


(*)  P.  BuGNON,  Sur  Vhypocolyle  de  la  Mercuriale  {Comptes  rendus,  t.  17i,  1922, 
p.  9^4). 

(-)  G.  Ghauveaud,  L'appareil  conducteur  des  plantes  vasculaires  et  les  phases 
principales  de  son  éçolution  {Ann*  Se.  nat.^  9®  série,  Bot.,  t.  13,  1911-  p.  !i3). 
Voir  les  figures  62  à  74. 


SÉANCE    DU    6    JUIN    1922.  \ ^H"] 


BOTANIQUE.  —  Lcs  principales  variations  du  dévcloppcmcnl  rascidaire  dans 
les  premières  phyllorhizcs  des  Phanérogames  ne  sont  pas  déterminées  par 
r accroissement  intercalaire .  Note  (')  de  M.  Gustave  Ciiauvfaud,  présentée 
par  M.  E.  Bouvier. 

Nous  croyons  devoir  présentera  l'Académie  quel»  (ues  remar(|ues  au  sujet 
d^'une  Note  récente  sur  l'hypocotyle  de  la  Mercuriale  (-). 

La  constitution  vasculairc  typique,  d'après  nos  recherches,  comprend  : 
i"  des  vaisseaux  alternes;  1^  des  vaisseaux  intermédiaires;  3"  des  vaisseaux 
superposés.  Cette  constitution  typique  se  trouve  réalisée  dans  la  tig^e  en- 
tière des  Cryptogames  fossiles,  telles  <(ue  les  Sphénophyllées.  Elle  est  réa- 
lisée également  dans  la  racine  des  Phanérogames  et  souvent  aussi  dans  la 
partie  primitive  de  leur  tige. 

Chez  la  Mercuriale,  par  exemple,  on  la  trouve  dans  l'hypocotyle  et  dans 
la  base  des  cotylédons.  Sa  réalisation  y  est  plus  rapide  que  dans  la  racine 
et  d'autant  plus  rapide  qu'on  s'élève  davantage.  Ainsi  les  vaisseaux  alternes, 
les  vaisseaux  intermédiaires  et  les  premiers  vaisseaux  superposés  sont  diffé- 
renciés à  un  certain  niveau  des  cotylédons  avant  que  les  vaisseaux  alternes 
aient  achevé  leur  dilTérenciation  dans  la  base  de  la  racine.  Le  développe- 
ment vasculaire  présente  donc  dans  celte  plante  une  accélération  basifuge 
très  accentuée.  Par  conséquent,  cette  accélération  est  un  fait  et  non  pas 
seulement  une  théorie.  Si  l'on  s'élève  davantage,  l'accélération  se  manifeste 
encore  :  1°  par  la  suppression  graduelle  de  la  première  phase  du  dévelop- 
pement vasculaire  correspondant  aux  vaisseaux  alternes  qui  ne  sont  plus 
représentés;  2°  par  la  suppression  graduelle  de  la  seconde  phase  corres- 
pondant aux  vaisseaux  intermédiaires,  qui  cessent  à  leur  tour  d'être  repré- 
sentés. A  partir  de  cette  hauteur  dans  la  première  phylle  et  dans  toutes  les 
phylles  suivantes,  les  vaisseaux  superposés  correspondant  à  la  troisième 
phase  sont  seuls  représentés  et  apparaissent  par  conséquent  en  premier  lieu. 

Chez  le  Ricin,  ces  derniers  vaisseaux  apparaissent  en  premier  lieu  dès  la 
base  de  l'hypocotyle;  et,  à  son  sommet,  les  cloisonnements  qui  vont  pro- 
duire de  nouveaux  vaisseaux  superposés  se  montrent  avant  que  les  vais- 
seaux alternes  aient  achevé  leur  différenciation  dans  la  base  de  la  racine. 


(^)  Séance  du  2g  mai  1922. 

C')  Comptes  rendus,  t.  ITi,  1922,  p.  954. 


l488  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

Le  développement  vasculaire  présente  donc,  dans  le  Ricin,  une  accélération 
basifuge  plus  grande  encore  que  dans  la  Mercuriale. 

Tels  sont  les  faits  (|ue  nous  avons  établis,  il  y  a" longtemps  déjà,  et  qui 
ont  été  souvent  confirmés  depuis  lors.  Ces  faits,  nous  les  interprétons,  en 
disant  :  chez  les  Phanérogames,  le  développement  vasculaire  se  réalise 
dans  la  racine,  comme  il  se  réalisait  dans  la  tige  fossile  des  Cryptogames, 
tandis  que  dans  leur  tige  il  subit  une  accélération  basifuge  plus  ou  moins 
grande.  Relativement  peu  considérable  chez  la  Mercuriale  où  ses  pre- 
mières phases  sont  encore  représentées  dans  l'hypocotyle  et  dans  la  base  des 
cotylédons,  il  est  au  contraire  considérable  chez  le  Ricin  où  ses  premières 
phases  ne  sont  plus  représentées  ni  dans  les  cotylédons,  ni  dans  l'hypo- 
cotyle. 

A  cela,  on  vient  d'opposer  une  interprétation  différente  qui  se  résume 
dans  la  conclusion  suivante  :  «  C'est  l'intervention  plus  ou  moins  intense, 
plus  ou  moins  précoce,  c'est  la  localisation  particulière  de  l'accroissement 
intercalaire  longitudinal,  phénomènes  secondaires  au  cours  du  développe- 
ment ontogénique,  qui  paraissent  déterminer  dans  l'hypocotyle  et  dans 
les  cotylédons  les  dispositions  vasculaires  variables  interprétées  par 
G.  Chauveaud  comme  l'évidente  manifestation  d'une  accélération  plus  ou 
moins  forte.  » 

D'après  cette  conclusion,  on  doit  do,nc  substituer  raccroissement  inter- 
calaire à  l'accélération  basifuge  qui  tout  simplement  disparaît. 

Or  l'accroissement  intercalaire  est  un  phénomène  relativement  tardif 
en  eflet.  11  exerce  sur  les  vaisseaux  déjà  lignifiés  une  action  mécanique  qui 
peut  amener  leur  dislocation  et  servir  par  conséquent  à  expliquer  leur  sup- 
pression. Mais  cette  suppression  des  premiers  vaisseaux  est  une  partie  seule- 
ment du  phénomène  qu'il  s'agit  d'interpréter. 

Quand  nous  avons  fait  connaître  l'évolution  vasculaire,  la  présence  des 
vaisseaux  alternes  dans  les  cotylédons  était  un  fait  nouveau  qu'il  importait 
d'abord  de  faire  accepter.  C'est  pourquoi  nous  avons  dû  beaucoup  insister 
sur  la  suppression  hâtive  des  vaisseaux  alternes  qu'on  ne  trouve  plus  dans 
les  cotylédons,  si  l'on  examine  des  planlules  trop  âgées. 

Aujourd'hui^  la  présence  des  vaisseaux  alternes  dans  les  cotylédons  n'est 
plus  contestée.  Mais  on  ne  veut  pas  encore  admettre  que  ces  vaisseaux 
appartiennent  à  la  constitution  primitive  des  cotylédons.  On  ne  veut  pas 
davantage  admettre  que  les  vaisseaux  alternes  qui  se  trouvent  dans  toute 
la  longueur  de  l'hypocotyle  appartiennent  à  la  constitution  primitive  de  la 
tige  dont  cet  hypocotyle  représente  cependant  la  partie  la  plus  primitive. 


SÉANCE    DU    6   JUIN    192.2.      *  1489 

On  essaie  d'attribuer  la  présence  des  vaisseaux  alternes  dans  ces  parties  de 
la  plante  à  l'intervention  d'un  «  phénomène  secondaire  au  cours  de  l'évo- 
lution ontogénique  ».  En  faisant  intervenir  ainsi  raccroissement  interca- 
laire, on  espère  sans,  doute  pouvoir  rattacher,  de  cette  manière,  les  vaisseaux 
alternes  à  la  racine.  Dans  ce  cas,  il  faudrait  prouver  non  seulement  que  les 
vaisseaux  alternes  ont  été  amenés  par  l'accroissement  intercalaire  de  l'hypo- 
cotyle  jusque  dans  les  cotylédons,  mais  qu'ils  avaient  été  déjà  amenés 
pareillement  de  la  racine  jusque  dans  Thypocotyle. 

Supposons  que  cette  double  preuve  puisse  être  fournie,  il  y  aurait  alors 
à  expliquer  pourquoi  la  différenciation  de  ces  vaisseaux  alternes  précède 
toujours  la  différenciation  des  vaisseaux  superposés,  c'est-à-dire  pourquoi 
les  vaisseaux  provenant  de  la  racine  se  différencient,  dans  l'hypocotyle  et 
dans  les  cotylédons,  avant  les  vaisseaux  qui  représentent  la  constitution 
primitive  de  cet  hypocotyle  et  de  ces  cotylédons. 

Une  telle  démonstration  ne  suffirait  même  pas. 

H  resterait  à  expliquer  pourquoi  la  différenciation  des  premiers  vaisseaux 
et  l'apparition  des  premiers  cloisonnements  secondaires  sont  plus  hâtives 
dans  le  cotylédon -que  dans  l'hypocotyle  et  plus  hàti^  es  dans  le  sommet  de 
l'hypocotyle  que  dans  sa  base  et  dans  la  base  de  la  racine. 

Par  conséquent,  si  l'on  veut  expliquer  les  principales  modifications 
vasculaires,  surtout  les  plus  primitives',  on  ne  peut  pas  substituer  l'accrois- 
sement intercalaire  à  l'accélération  basifuf;e. 

L'accroissement  intercalaire  avait  d'ailleurs  été  invoqué  déjà  pour  expli- 
quer la  présence  des  vaisseaux  alternes  dans  l'hypocotyle.  Van  Tieghem,  qui 
n'envisageait  pas  alors  leur  présence  jusque  dans  les  cotylédons,  avait 
même  proposé  de  donner  le  nom  de  rhizclle  à  la  partie  de  l'hypocotyle  où 
l'on  trouve  les  vaisseaux  alternes. 

Seulement,  depuis  qu'il  avait  proposé  cette  solution.  Van  Tieghem  a  fait 
un  rapport  à  l'Académie  pour  décerner  le  prix  Bordin  au  Mémoire  dans 
lequel  nous  avons  précisément  décrit  Taccélération  basifuge  qui  a  reçu  de 
ce  fait  une  consécration  doublement  significative. 


C.  R.,  1922,  i"  Semestre    (T.  174,  N«  23.)  IO7 


l490  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


PHYSIOLOGIE  GÉNÉRALE.  —  Mécanisme  des  échanges  entre  la  cellule 
et  le  milieu  ambiant.  Note  Ç)  de  M.  Louis  Lapicque,  présentée  par 
M*  d'Arsonval. 

Mes  recherches  sur  les  algues  marines,  commencées  en  191 7  dans  le  but 
pratique  d'en  déterminer  la  valeur  alimentaire,  m'ont  amené  rapidement  à 
reprendre  la  question  générale  de  l'équilibre  osmotique  entre  la  cellule  et 
son  milieu.  Les  algues  offrent  pour  cette  étude  des  conditions  particulière- 
ment favorables,  d'autant  plus  intéressantes,  qu'à  certains  égards  ces 
conditions  se  rapprochent  de  celles  où  vivent  les  cellules  des.  animaux 
supérieurs. 

Voici  les  faits  que  j'ai  observés  : 

1°  La  pression  osmotique,  mesurée  par  rabaissement  A  du  point  de 
congélation  (dans  un  bouillon,  tout  calcul  fait),  est  eu  général  voisine  de 
1'^.  5o,  contre  2'',o5  pour  Teau  de  mer  (Manche).  En  hiver,  les  sels  en  for- 
ment la  plus  grande  partie  et  présentent  une  concentration  plus  grande  que 
celle  de  l'eau  de  mer.  Le  bulbe  de  Saccorhiza  bulbosa  recueilli  en  décembre- 
janvier  est  particulièrement  démonstratif  à  cet  égard;  on  trouve  dans  le  suc 
de  l'algue,  pour  la  somme  des  sels  dissous,  un  excès  de  concentration  de 
20  pour  100  sur  l'eau  de  mer  recueillie  au  même  uiomeut  et  au  même 
endroit.  Or  il  s'agit  d'un  tissu  jeune,  en  voie  d'accroissement  qui,  par 
conséquent,  a  dû  accumuler  ces  sels  contre  la  diffusion  et  contre  une 
pression  effective  (turgescence)  d'au  moins  S'"*^"™. 

La  doctrine  classique,  qui  assimile  la  cellule  à  un  osniomètre  et  traite 
implicitement  l'utricule  protoplasmique  comuie  une  membrane  inerte,  ne 
peut  rendre  compte  du  phénomène. 

2°  Quand  on  observe  au  microscope,  dans  l'eau  de  mer,  des  fragments 
d'algue  marine  filamenteuse  {Ectocarjjus),  la  turgescence,  qui  résulte  de 
l'excès  de  concentration  de  la  cellule  sur  son  milieu,  se  manifeste  aux  yeux 
par  le  bombement  de  la  cloison  entre  une  cellule  intacte  et  une  cellule 
ouverte.  Dans  l'eau  de  mer  additionnée  de  sel  ou  de  sucre  de  façon  à  en 
élever  le  A  de  2°,  i5  (Méditerranée)  à  3°  environ,  la  turgescence  disparaît 
et  même  quelques  cellules  sont  plasmolysées,  phénomène  classique.  Cette 
plasmolyse  disparaît  assez  rapidement,  ce  qui  est  également  classique  et 
s'expliquerait  par  la  diffusion  à  travers  une  membrane  imparfaitement 

(')  Séance  du  jg  mai  1922. 


SÉANCE   DU   6    JUIN    1922.  l/jgi 

semi-perméable.  Mais  il  y  a  plus  :  en  quehjues  heures,  le  bombement 
caractéristic|iie  de  la  turgescence  réapparaît;  les  cellules  peuvent  donc 
reconstituer  rapidement  un  excès  de  pression  osmotiquc  sur  leur  milieu; 
elles  effectuent  ce  travail  à  l'obscurité  comme  à  la  lumière. 

3"  Il  est  bien  connu  que  les  algues  d'eau  douce  ont  un  excès  de  pression 
osmotique  sur  leur  milieu.  Cliez  Spirogyra  à  l'état  naturel,  j'ai  trouvé,  par 
la  méthode  du  bouillon,  des  \  compris  entre  o°,4o  et  o",5o,  le  A  de  l'eau 
ambiante  étant  0°, 02.  Les  sels  fournissent  la  plus  grande  partie  de  cette 
concentration  moléculaire.  D'autre  part,  si  l'on  place  ces  Spirogyres  12  ou 
24  heures,  à  l'obscurité,  dans  un  bain  salé  constitué  en  ajoutant  à  l'eau  de 
leur  bassin  natal  une  certaine  proportion  (équimoléculaire)  de  NaCl  et 
de  KCl,  leur  A  s'élève  en  fonction  de  celui  du  bain,  croissant  toutefois 
moins  vite  que  celui-ci.  Leur  teneur  en  cendres  solublesetleurconductivité 
électrique,  mesure  de  leur  teneur  globale  en  électrolytes,  s'accroît  pari 
passa. 

Ainsi  les  cellules  des  algues  possèdent  la  propriété  de  réagir  suivant  la  concentra- 
tion de  leur  milieu  pour  maintenir  leur  turgescence  par  une  augmentation  de  leur 
propre  concentration.  Cette  conclusion  est  en  accord  avec  une  sécie  d'observations  et 
d'expériences  éparses  (EscHE>nAGE.\,  1889;  Dhews,  1896;  Van  Rysselberghe.  1898; 
Pamanelli,  1904),  qui  n'ont  pas  attiré  l'atlenlion  autant  que  le  méritait  l'importance 
de  la  question. 

Nous  ajoutons  la  précision  suivante  :  cette  réaction  consiste,  pour  une  bonne  part, 
dans  l'accumulation  de  sels  au  delà  de  la  concentration  ambiante. 

Une  telle  accumulation,  où  n'interviennent  ni  insolubilisalion  ni  évaporation,  est 
incompatible  avec  le  fondement  de  la  doctrine  classique,  à  savoir  que  (formule 
récente  —  1920  —  d'un  des  champions  de  cette  doctrine)  «  tous  les  échanges  des  cellules 
sont  déterminés  par  les  lois  de  l'osmose  ».  Je  considère,  au  contraire,  comme  assuré 
que  les  échanges  des  cellules, _^solt  en  eau,  soit  en  substances  dissoutes,  s'accomplissent 
par  un  travail  physiologique  où  la  dilfusion  et  la  pression  osmotique  interviennent 
plus  souvent  comme  résistances  que  comme  forces  agissantes  ;  telle  la  pesanteur  par 
rapport  aux.  déplacements  d'un  animal.  Les  arguments  divers  par  lesquels  on  a  voulu 
réduire  à  ces  phénomènes  physiques  simples  les  innombrables  accumulations  consTâ- 
tées,  ne  sont  valables  que  pour  certains  cas  spéciaux.  On  est  obligé  de  reconnaître 
l'existence  dans  la  cellule  d'une  fonction  vitale  dépensant  de  l'énergie  pour  surmonter 
les  équilibres  physiques,  comme  une  pompe  surmonte  les  équilibres  liydrostatiques. 
Je  propose  d'appeler  cette  fonction  épictèse  (acquisition  en  excédent). 

On  peut  concevoir  le  mécanisme  de  Vépictèse  en  rapprochant  les  deux  faits  sui- 
vants. 

4°  L'utricule  protoplasmique  est,  non  une  membrane  inerte,  mais  un 
liquide  continuellement  en  mouvement.  Cette  consistance  et  cette  agitation, 


l492  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

gétiéralement  admises,  sont  pourtant  discutées;  elles  sautent  aux  yeux  dans 
un  phénomène  spécial  aux  Spirog'yres  et  que  j'y  ai  découvert  par  hasard. 
Au  microscope  à  fond  noir  (ultramicroscope),  on  voit  le  protoplasma  de 
chaque  cellule  fourmillant  de  paillettes  qui  scintillent  et  s'éteignent  tour  à 
tour  en  de  vifs  mouvements  de  rotation  et  de  déplacement  capricieux.  Le 
mouvement  brownien  ordinaire,  résultant  de  l'agitation  moléculaire  banale, 
ne  pourrait  être  que  bien  plus  lent  en  ce  milieu  visqueux;  d'autre  part, 
réchauffement  ou  le  refroidissement  active  ou  ralentit  le  phénomène  bien 
plus  que  proportionnellement  à  la  température  absolue.  C'est  le  proto- 
•  plasma  lui-même  qui  bouillonne  sous  l'effet  de  la  combustion  respiratoire; 
il  est  invisible,  mais  les  paillettes  entraînées  dans  ses  remous  en  révèlent 
les  tourbillons.  Ce  bouillonnement  transporte  chaque  parcelle  de  proto- 
plasma d'une  face  à  l'autre  de  la  membrane,  et  met  ainsi  cette  parcelle  en 
contact,  tantôt  avec  l'eau  ambiante,  tantôt  avec  le  suc  cellulaire. 

5°  Or  l'eau  douce,  comme  l'eau  de  mer,  est  alcaline  (P.  H.  variable  aux 
environs  de  8);  le  suc  cellulaire  est  acide  (P.  H.  égal  au  plus  à  5  dans  le  cas 
de  mes  Spirogyres).  En  examinant  au  microscope  l'effet  de  solutions  très 
légèrement  alcalines  ou  très  légèrement  acides  sur  le  protoplasma  des 
algues  (jeunes  rameaux  de  Cladophoj'a  d^ean  douce  ou  de  Callithamnium 
marin),  on  voit  ce  protoplasma  se  rétracter  fortement  dans  l'acide  et  se 
gonfler  dans  l'alcali. 

Chaque  parcelle  d'un  protoplasma,  siège  de  l'agitation  vitale,  doit  donc 
se  comporter  comme  une  éponge  qui  s'imbiberait  dans  le  milieu  extérieur, 
puis  se  trouverait  comprimée  dans  le  milieu  intérieur. 

Un  tel  mécanisme,  dans  lequel  l'énergie  est  fournie  par  la  combustion 
respiratoire,  rend  compte  de  la  poussée  radiculaire  (pleurs  de  la  vigne)  qui 
cesse  quand  on  prive  les  racines  d'oxygène.  D'autre  part,  on  aperçoit,  dans 
l'étude  comparative  des  propriétés  d'adsorption  du  protoplasma  successi- 
vement en  milieu  alcalin  et  en  milieu  acide,  une  voie  nouvelle  pour  expliquer, 
non  seulement  l'accumulation  de  sels,  mais  l'accumulation  élective. 


SÉANCE   DU   6   JUIN    1922.  l49^ 


PHYSIOLOGIE.  —  Variation  de  la  pression  osmotique  du  san<x  des  Sélaciens 
sons  V influence  de  la  modification-  de  la  salinité  de  l'eau  de  mer  environ- 
nante. Note  de  MM.  Paui.  Poutiep.  et  ^Jarcei-  Duval,  transmise  par 
S.  A.  S.  le  prince  de  Monaco. 

Dans  un  travail  récent  ('  )  nous  avons  étudié  les  modifications  de  la  pres- 
sion osmotique  du  sang-  d'un  Téléostéen  d'eau  douce  sous  l'influence  de  la 
variation  de  salinité  du  milieu  extérieur. 

Les  circonstances  ne  nous  ont  pas  encore  permis  de  faire  la  même 
recherche  sur  un  Téléostéen  marin.  Mais  nous  pouvons  dès  maintenant 
indiquer  les  résultats  d'une  étude  analogue  faite  sur  un  Sélacien  (ScyUium 
canicula). 

Les  poissons  utilisés,  en  captivité  depuis  peu  de  jours  dans  les  aquariums 
du  Musée  de  Monaco,  étaient  en  parfait  état.  Leur  poids  oscillait  entre  3oo^ 

et  4oo^- 

Après  un  séjour  de  2  à  6  heures  dans  plusieurs  litres  d'eau  de  mer  diluée 
ou  au  contraire  sursalée  dans  des  proportions  variables,  le  poisson  était 
saigné  au  moyen  d'une  incision  faite  à  la  partie  supéro-interne  de  la  ligne 
d'implantation  d'une  nageoire  pectorale  (").  On  obtenait  ainsi  facile- 
ment 3""'  de  sang,  quantité  largement  suffisante  pour  faire  une  détermina- 
tion cryoscopique  précise  avec  l'appareil  spécial  dont  nous  disposions. 

La  pression  osmotique  des  solutions  dans  lesquelles  le  poisson  séjournait 
a  varié  de  ~  o°,4^à  —  4"  environ.  Le  point  de  congélation  de  cette  solution 
à  —  4"  la  plus  concentrée  n'a  pu  être  déterminé  avec  l'approximation  habi- 
tuelle, la  graduation  de  notre  thermomètre  ne  s'y  prêtant  pas. 

L'eau  de  mer  des  aquariuins  du  Musée  de  Monaco  se  congelait  à — 2°,  08. 

Les  principaux  résultats  de  ces  expériences  sont  consignés  dans  le  tableau 
elle  graphique  ci-après  : 


(*)  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  i366, 

(^)  Cette  technique  nous  a  été  obligeamment  indiquée  par  M.  Ladreyt  que  nous 
assurons  de  notre  gratitude. 


1^94                                            ACADÉMIE  DES    SCIENCES. 

l^iint  de  ci>iii;élalion 

(if  la  solution  Point  État  du  poissnn 

Durée  du  séjour                               (eau  de  mer  .    de  congélation             au  moment  de  sa  si)rti< 

dans  la  solution.                         diluée  ou  suisaléc).  du  sang.  de  la  solution, 

h       m                                                              o  o 

3.3o — 0,46  — 1  .44  très  mauvais 

5 — o  ,74  — 1,58  mauvais 

3.3o — ijO-  — 1,7*>  evcellent 

6.20 — 1)47  — 1>87  assez  bon 

Eau  de  mer  normale..        — 2,08  — a»!"  excellent 

3,45 — 2, go  — 2,46  très  mau/ais 

•  1 .40 — 3  ,3o  — 2  ,.jo  très  mauvais 

2  .  20 — 4  — 2  ,»5o  très  mauvais 

-Ti  - 


-■i°t 


iti;;^a;nîH{s;;ili;3?;aHat-:t:;î;nHfe;;':i;;tëj;i;^ 


-r 


-y 


On  voit  donc  que  : 

1°  La  pression  osniotique  du  sang-  du  Sélacien  {Scylliiun  canicahi)  n'est 
pas,  comme  l'ont  annoncé  plusieurs  expérimentateurs,  tout  à  fait  égale  à 
celle  de  l'eau  de  mer  environnante.  Nous  l'avons  toujours  trouvée  supérieure 
d'environ  -~  de  degré  (eau  de  Monaco  —  2°,  08;  sang- du  Sélacien  — 2'',  17). 

qP  Pour  des  concentrations  inférieures  à  celle  de  l'eau  de  mer,  lapression 
osmotique  du  sang  du  poisson  diminue  régulièrement  avec  celle  du  milieu 
ambiant,  mais  moins  vite  que  celle-ci. 


SÉANCE    DU    6    JUIN    1922.  l^^S 

3°  Pour  des  concentrations  siipérieuies  à  la  normale,  la  pression  osino- 
tique  du  Sélacien  augmente  d'abord  régulièrement  de  manière  à  prolonger 
la  courbe  obtenue  dans  l'eau  diluée.  Mais  bientôt  l'efficacité  du  mécanisme 
régulateur  s'accentue  et  la  pression  osniotique  reste  à  peu  |)rès  constante 
lorsque  la  pression  du  milieu  extérieur  varie  de  —  3"  à  -  4"- 

4*^  L'observation  des  phénomènes  présentés  par  les  poissons  au  bout  d'un 
certain  temps  de  séjour  dans  les  diverses  solutions  montre  que  nos  Sélaciens 
supportent  beaucoup  rftieux  la  dilution  de  Teau  de  mer  que  son  enrichisse- 
ment en  sel. 

5°  D'une  manière  générale,  la  «  tendance  à  la  régulation  »  ('),  c'est-à-dire 
l'indépendance  du  milieu  intérieur  est  moins  accentuée  chez  le  Sélacien  que 
chez  le  Téléostéen.  Ceci  s'accorde  bien  avec  le  fait  généralement  accepte 
que  le  Sélacien  est  inférieur  en  organisation  au  Téléostéen,  qu'il  se  trouve 
situé  à  un  degré  inférieur  de  l'échelle  animale. 

CHIMIE  BIOLOGIQIE.  —  ConstitiUion  de  Vœuf  ovarien  de  Carpe  (Cyprinus 
Garpio).  Note  de  M.  E.  Fauré-Fremiet  et  M"*^^  H.  Garrault,  présentée 
par  M.  Henneguy. 

Cytologie  de  Vœuf  ovarien.  —  L'œuf  ovarien  de  Carpe  arrivé  près  du 
terme  de  sa  croissance  montre  une  vésicule  germinative  assez  volumineuse 
entourée  d'une  couche  cytoplasmique  chromatique  très  développée;  le 
reste  du  cytoplasme  renferme  de  fines  granulations  mitochondriales  et  deux 
sortes  d'éléments  vitellins;  les  uns  apparaissent  in  vivo  comme  des  vési- 
cules renfermant  un  ou  deux  globes  hyalins;  les  autres,  assez  réfringents, 
se  montrent  le  plus  souvent  sous  l'aspect  de  cristalloïdes  rappelant  les 
tablettes  vitellines  des  Batraciens;  mais  au  contact  de  l'eau  distillée,  ils  se 
gonflent  rapidement  puis  se  désagrègent  et  semblent  se  dissoudre. 

Valenciennes  et  Fremy  ont  décrit  ces  deux  sortes  d'éléments  vitellins 
comme  «  des  gouttelettes  de  graisse  »  et  des  a  granules  transparents  en 
tablettes,  qui  rappellent  ceux  du  vitellus  de  la  Raie  ».  Mais  ils  montrent, 
en  ce  qui  concerne  ces  derniers,  que,  malgré  l'analogie  de  forme,  leur 
solubilité  dans  l'eau  exclut  toute  comparaison  avec  1'  «  Ichtine  »  insoluble 
des  œufs  de  Poissons  cartilagineux  et  de  Batraciens;  ces  auteurs  nomment 
«  Ichtidine  »  la  substance  constituant  ces  tablettes. 


(*)  On  pourrait  l'apprécier  au  moyen  de  la  pente  générale  de  la  courbe. 


1496  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Lexamen  microchimique  des  œufs  de  Carpe  montre  un  fait  paradoxal  : 
les  globes  hyalins  qui  correspondent  aux  «  gouttelettes  de  graisse  »  de 
Valenciennes  etFremy  se  comportent  comme  des  substances  albuminoïdes, 
et  les  tablettes  cristalloïdes  se  teignent  par  les  colorants  des  lipoïdes  tels 
-que  le  rouge  Soudan  et  le  bleu  de  Naphtol  (technique  d'Arthur  Meyer), 
même  après  passage  dans  V  alcool,  le  chloroforme,  le  xy  loi  et  la  paraffine;  on 
n'observe  pas,  d'autre  part,  de  graisse  osmioréductrice. 

Au  moment  de  la  ponte,  les  tablettes  d'  «  Ichtidine  »  disparaissent,  et  il 
ne  reste  plus  dans  l'œuf,  d'après  les  mêmes  auteurs,  qu'un  liquide  vitellin 
«  fortement  albumineux  »  tenant  en  suspension  de  la  «  graisse  phosphorée  ». 

Composition  centésimale  des  œufs  ovariens.  —  L'étude  des  ovaires  de 
Carpe  prélevés  deux  mois  avant  l'époque  du  frai  nous  a  donné  les  chiffres 
moyens  suivants  : 

Eau... • 66,3 

Substances  protéiques  (N  total  x  6,2.5)..  .  25,7 

Corps  gras  (acides  gras  x  i  ,o46) <),•>. 

Cholestérine • o,4') 

Hydrates  de  carbone 0,0 

Cendres 2,0 

Total 100, 65 

Sépai'ation  des  éléments  vitellins.  —  Nous  avons  broyé  des  ovaires  avec  de 
l'eau  salée  à  9  pour  1000  qui  n'altère  pas,  ou  très  faiblement,  les  globules 
vitellins  de  l'œuf;  l'émulsion  obtenue  étant  filtrée  sur  une  toile  qui  retient 
les  membranes  vitellines  et  les  débris  de  tissus,  on  recueille  une  suspension 
d'éléments  vitellins  qui  peut  être  centrifugée;  au-dessous  d'un  liquide 
trouble  contenant  de  fines  granulations,  on  recueille  alors  : 

1°  Uiie  couche  verdâtre  constituée  par  les  vésicules  et  les  globes  hyalins; 

2°  Un  culot  jaune  rosé  constitué  par  les  tablettes  cristalloïdes  plus 
lourdes  (Ichtidine);  la  séparation  et  les  lavages  sont  faciles. 

Globes  hyalins.  —  Traités  par  l'eau  distillée,  les  globes  hyalins  donnent 
un  important  résidu  insoluble  et  une  solution  opalescente  précipitable  par 
l'alcool. 

Nous  avons  trouvé  pour  la  fraction  insoluble  14,82  pour  100  d'azote 
eto,4i7  pour  100  de  phosphore;  la  fraction  soluble  précipitée  et  séchée 
nous  a  donné  0,457  pour  100  de  phosphore.  Les  globes  hyalins  sont  donc 
constitués  par  des  phosphoprotéides,  par  des  «  vitellines  ». 

Tablettes  d^Ichtidine.  —  Centrifugées  à  grande  vitesse  après  plusieurs 
lavages,  les  tablettes  d'Ichtidine  confluent  et  forment  une  masse  pâteuse; 


SÉANCE    DU   6   JUIN    I922.  I^Ç)^ 

traitée  par  une  très  petite  quantité  d'alcool,  cette  masse  se  gonfle  et  devient 
visqueuse;  si  l'on  augmente  la  proportion  d'alcool,  il  se  ])roduit,  au  con- 
traire, un  abondant  précipité  blanchâtre  et  l'alcool  se  teinte  en  jaune.  En 
épuisant  pendant  dix  heures  par  l'alcool  bouillant  (dans  l'appareil  de 
Kumagawa)  5^,4  du  précipité  obtenu,  nous  avons  séparé  3^,829  de  subs- 
tance blanche  insoluble  et  i^',563  d'un  extrait  lipoïdique  dont  les  deux  tiers 
au  moins  sont  formés  par  des  lécithines  précipilables  par  l'acétone. 

La  fraction  insoluble  nous  a  donné  i4,64  pour  100  d'azote  et 
0,573  pour  100  de  phosphore. 

L'((  Ichtidine  »  de  l'œuf  de  Carpe  peut  donc  être  considéré  comme  un 
complexe  de  deux  substances,  une  «  vitelline  »  et  une  lécithine,  difficiles  à 
séparer  l'une  de  l'autre,  ce  -qui  assure  aux  éléments  figurés  qu'elles  cons- 
tituent des  propriétés  microchimiques  contradictoires  en  apparence. 

Il  est  possible  que  les  vitellines  des  globes  hyalins  et  des  tablettes  d'((  Ich- 
tidine »  ne  soient  qu'une  seule  et  même  phosphoprotéide;  si  l'on  compare, 
dans  ce  cas,  les  analyses  de  Frémy  et  Valenciennes,  de  Gobley,  de  Walter 
et  les  nôtres,  on  voit  que  cette  vitelline  ne  diffère,  en  première  approxi- 
mation, de  r«  ïclituline  »  des  œufs  de  Salmonidés  que  par  ses  caractères 
de  solubilité  en  présence  de  l'eau  distillée  ou  salée. 

Corps  gras.  —  Le  fractionnement  de  l'extrait  éthéré  total  de  l'œuf  de 
Carpe  donne  un  très  abondant  précipité  de  phosphatides  et  un  extrait  qui 
renferme  la  cholestérine  et  des  glycérides.  En  calculant  les  lécithines 
d'après  le  chilïre  de  phosphore  lipoïdique  total  (')  nous  avons  trouvé  les 
chiffres  suivants  : 

Phosphatides  (P  x  25,76) 12,  33  pour  100  du  poids  sec  total 

Glycérides  (par  différence) 6,08  »  » 

Cholestérine i ,  34  »  » 

Résidu  insaponifiable 0,8  »  » 

A  l'inverse  de  ce  que  nous  avons  constaté  chez  l'œuf  de  Truite,  ce  sont 
les  phosphatides  qui  prédominent  dans  le  vitellus  de  l'œuf  de  Carpe. 

La  sépai^ation  des  glycérides  est  difficile  (-);  d'autre  part,  bien  que  nous 


(')  Corrigé  d'après  la  perte  subie  après  lavage  des  phosphatides. 
(2)  Nous  axons  pu  caractériser   la   glycérine,  l'acide  mvristique  et  un  acide  liquide 
non  saturé. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  23.)  I08 


1498  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

ayons  pu  séparer  par  cristallisation  une  fraction  renfermant  la  cholestérine 
et  des  acides  gras,  il  semble  que  cet  alcool,  dont  la  plus  grande  partie  est 
directement  précipitable  par  la  digitonine,  ne  soit  pas  éthérifié. 

Hydrates  de  carbone.  —  La  recherche  du  glycogène  nous  a  donné  des 
résultats  négatifs;  Walter  avait  également  reconnu  l'absence  de  cet  hydrate 
de  carbone. 

Composés  minéraux.  —  Les  cendres  contiennent,  comme  celles  de  l'œuf 
de  Truite,  une  proportion  importante  de  calcium.  Le  phosphore  total 
atteint  1,2  pour  100;  si  Ton  additionne  le  phosphore  probable  des  vitel- 
lines  et  le  phosphore  des  lécithines,  il  reste  environ  o,i4  pour  100. 


MICROBIOLOGIE.    —  Sur  la  pluralité  des  virus  aphteux. 
Note  (*)  de  MM.  H.  Vallée  et  H.  Carré,  présentée  par  M.  E.  Roux. 

Nous  avons  précédemment  posé  le  problème  de  la  pluralité  des  virus 
aphteux  (^)  et  démontré,  par  des  expériences  appropriées,  qu\me  imnmnité 
solide  contre  un  virus  originaire  du  département  de  l'Oise  (virus  O)  reste 
sans  valeur  à  l'égard  d'un  virus  d'origine  allemande  (virus  A). 

1.  Poursuivant  nos  expériences,  nous  constatons  par  réciprocité  que  dix 
génisses  guéries  d'une  infection  par  virus  A  depuis  34,  36,  49,  52,  60  jours 
et  réfractaires  à  une  nouvelle  inoculation  de  ce  même  virus,  s'infectent  toutes 
par  le  virus  O. 

L'infection  est  également  bien  obtenue  par  cohabitation  avec  un  malade 
ou  par  inoculation  sous-cutanée  de  sang  virulent.  La  gravité  de  la  récidive 
à  si  courte  échéance  est  de  tous  points  comparable  à  celle  de  l'infection 
initiale. 

Il  est  donc  acquis  que  chacun  des  virus  O  et  A,  s'il  vaccine  contre  lui- 
même,  ne  confère  aucune  résistance  appréciable  à  une  infection  croisée. 

2.  On  ne  saurait  attribuer  la  sensibilité  croisée,  à  l'un  des  virus  O  ou  A, 
des  animaux  guéris  d'une  première  infection  A  ou  O,  à  une  défaillance 
pure  et  simple  de  l'immunité.  Une  première  atteinte  de  la  maladie  O  ou  A, 
suivie  d'une  épreuve  d'inoculation  avec  des  doses  massives  du  virus  même 


(*)  Séance  du  29  mai  1922. 

C^)  Bulletin  de  la  Société  de  Médecine  vétérinaire  pratique,    11  janvier   1922, 
p.  II-  17,  et  8  février  1922,  p.  47-30;  Comptes  rendus^  t.  174,  1922,  p.  207, 


SÉANCE    DU    6    JUIN    1922.  l499 

qui  l'a  provoquée,  laisse  le  sujet  parfaitement  résistant  à  toute  récidive  à 
bref  délai  par  le  même  virus.  L'immunité  solide,  totale,  ainsi  conférée,  cède 
à  une  réinoculation  d'un  vii  us  différent. 

Par  contre,  l'évolution  successive  de  deux  infections  provoquées,  Tune 
par  le  virus  O,  Tautre  par  le  virus  V,  confère  à  l'organisme  l'immunité 
contre  ces  deux  types  virulents. 

La  dualité  des  virus  O  et  V  est  donc  un  fait  démontré.  Nous  tenons  à  la 
disposition  des  chercheurs,  aux  lins  de  contrôle,  des  échantillons  de  ces 
deux  origines. 

IIL  Doit-on  considérer  les  virus  O  et  A  comme  deux  types  microbiens 
totalement  distincts,  déterminant  chacun  une  maladie  propre,  et  convient-il 
de  décrire  dorénavant  une  fièvre  aphteuse  liée  à  l'évolution  de  O  et  une 
fièvre  para-aphteuse  provoquée  par  le  virus  A  ? 

Faut-il,  au  contraire,  regarder  les  formes  virulentes  O  et  V  comme  deux 
races  d'un  même  virus,  ne  se  distinguant  entre  elles  que  par  leur  inaptitude 
à  une  vaccination  croisée? 

Pour  notre  part,  nous  n'osons  encore  conclure.  Aucune  distinction  ne 
peut  être  établie  dans  les  manifestations  cliniques  provoquées  par  l'un  et 
l'autre  type.  Les  virus  O  et  A  sont  également  pathogènes  pour  le  bœuf,  le 
porc,  le  mouton.  L'un  et  l'autre  sont  inoculables  dans  les  mêmes  conditions 
au  cobaye.  Le  cheval  est  réfractaire  à  tous  deux.  Quant  à  l'inoculation  à 
l'homme  qui  ne  pouvait  être  tentée  que  sur  nous-mêmes  et  notre  personnel, 
nous  n'y  avons  point  eu  recours.  Manipulant  depuis  de  longues  années  des 
virus  aphteux  d'origines  fort  diverses,  nous  ne  représentons  point  le  terrain 
favorable  à  une  semblable  tentative. 

Les  modes  de  contagion  de  O  et  de  A  sont  identiques;  leur  inoculation 
s'établit,  dans  toutes  les  formes  possibles,  dans  les  mêmes  conditions,  en- 
core que  la  durée  de  l'incubation  soit  d'ordinaire  plus  longue  pour  O  que 
pour  A.  Les  deux  virus  se  comportent  de  la  même  manière  aux  épreuves  de 
filtration  et  se  conservent  également  bien,  durant  des  mois,  en  sang  défi- 
briné  au  frigorifique  entre  —  1°  et  4-2°. 

Pour  notre  part,  nous  n'osons  encore  conclure  et,  tout  en  penchant  en 
faveur  de  la  pluralité  d'un  même  type  de  virus,  notre  opinion  se  réserve  ('). 

IV.   Tout  au   moins    nos    constatations    éclairent-elles    la    question,   si 


(^)  Les  notions  résumées  en  cette  îNole  feront  l'objet  d'un  Mémoire  qui  paraîtra 
dans  un  autre  Recueil, 


l5oO  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

obscure  jusqu'ici,  des  récidives  de  la  fièvre  aphteuse  et  appellent-elles,  avec 
une  étude  comparative  des  virus  des  diverses  origines,  une  réforme  com- 
plète des  méthodes  d'étude  de  la  redoutable  épizootie(*). 


La  séance  est  levée  à  i6  heures  et  demie. 

A.   Lx. 

(')  (^)u'il  s'agisse  en  fait  de  deux  infections  distinctes,  que  la  clinique  seule  ne 
permet  point  de  diflérencier,  ou  d'une  seule  infection  tributaire  d'au  moins  deux  races 
de  virus  distinctes,  il  y  a  lieu  de  remarquer  que  la  pratique  de  l'aphtisation,  telle  que 
divers  auteurs  la  conseillent  ou  que  nous  l'avons  préconisée  nous-mêmes  avec  M.  le 
D''  E.  Roux,  doit  être  totalement  modifiée.  Nous  poursuivons,  pour  notre  part,  des 
reclierches  sur  l'association  des  divers  types  de  virus. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SÉANCE   DU    LUNDI    12   JUIN   1922. 

PRÉSIDENCE  DE  M   Emile  BERTIN. 


MEMOIRES  ET  C0M3IUNICATI0I\S 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 


CHIMIE  PHYSIQUE.    —  Su?'  la  représentation  géométrique  des  équilibres  salins. 
Note  de  M.  Henry  le  Chatelier. 

Dans  un  fascicule  récent  du  Chemiker  Zeilung  ('  ),  le  professeur  Jaenecke 
élève  une  très  vive  réclamation  de  priorité  au  sujet  d'une  Note  que  j'ai  publiée 
en  192 1 ,  dans  les  Comptes  rendus,  sous  le  lilre  :  Sur  les  doubles  décompositions 
salines  et  sur  leur  représentation  géométrique  (^).  Il  se  plaint  que  je  n'aie  pas 
rappelé  ses  travaux  de  iQoS  (^)  et  des  années  suivantes  relatifs  à  l'emploi  du 
diagramme  carré  pour  la  représentation  géométrique  des  équilibres  salins. 

Je  ne  connaissais  pas  les  travaux  du  professeur  Jaenecke,  ceux-ci  n'ayant, 
que  je  sache,  été  reproduits  dans  aucune  publication  française.  Le  diagramme 
carré,  dont  il  revendique  la  propriété,  a  été  publié  par  moi  dans  les  Comptes 
rendus,  en  1894  (^),  c'est-à-dire  10  ans  avant  le  commencement  de  ses 
recherches  ;  il  m'appartient  donc  complètement.  Je  l'avais  appliqué  alors  à 
l'étude  delà  fusibilité  d'un  mélange  de  quatre  sels  pouvant  échanger  deux  à 
deux  leurs  constituants  par  voie  dédouble  décomposition.  M.  Jaeneckea 
utilisé  la  même  construction  géométrique  pour  représenter  la  solubilité  de 
mélanges  de  quatre  sels  et  il  l'a  fait  sans  jamais  citer  mon  nom.  Sa  réclama- 
tion actuelle  semble  donc  peu  justifiée. 

(')  Chemiker  Zeitung,  t.  46,  1922,  p.  36 1. 
(2)   Comptes  rendus^  l.  172,  1921,  p.  345. 
(^)  Zeit.  fur  anorg.  Cliemie,  \.  51,  1906,  p.  i32. 
(*)  Comptes  rendus^  t.  118,  189:»,  p.  4i5. 

C.  K.,  1922,  1"  Semestre.  (T.  t7i,  N«  24  )  1^9 


I302  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


GÉOLOGIE.    —    Essai  de  coordinalion  chronologique  générale 
des  temps  quaternaires.  Note  (')  de  M.  Charles  Depéret. 

Je  continuerai  mon  étude  du  Quaternaire  marin  du  nord  de  l'Europe 
par  les  contrées  qui  entourent  le  massif  fenno-scandinave  :  Hollande^ 
Danemark^  Allemagne  du  Nord.  On  retrouve  dans  ces  pays  riverains  de  la 
mer  du  Nord  et  de  la  Baltique  les  diverses  glaciations  et  étages  marins 
interglaciaires  que  j'ai  décrits  dans  les  Iles  Britanniques  (^) 

1.  J'ai  déjà  exposé  (^)  les  caractères  du  plus  ancien  étage  quaternaire 
marin  du  Danemark  et  de  l'Allemagne,  l'étage  S/«7/e/i  ou  O'ommV/n'ntercalé 
{premier  inter glaciaire)  entre  la  glaciation  scanienne  (^)  et  la  glaciation 
saxonienne-mindélienne.  Il  comprend  une  assise  inférieure  laguno-lacustre, 
parfois  ligniteuse,  avec  faune  tempérée  analogue  au  Forest-bed  àe  Cromer, 
et  une  assise  supérieure  de  mer  assez  profonde  avec  faune  arctique  (argiles 
à  Yoldia  arctica  et  Astarte  borcalis. 

2.  C'est  après  le  dépôt  de  ces  argiles  que  se  produit  le  maximum 
d'invasion  de  l'inlandsis  Scandinave.  De  la  côte  du  Norfolk  la  calotte  gla- 
ciaire saxonienne  traversait  la  mer  du  Nord,  peut-être  sous  forme  d'une 
banquise,  atteignait  la  Hollande  au  sud  d'Amsterdam,  et  par  Utrecht  et 
Nimègue  gagnait  l'Allemagne.  Arrêtée  au  Sud  par  le  Harz,  le  Thuringer 
Wald,  la  Bohême  et  les  Carpathes,  elle  s'étalait  sur  les  plaines  russes  en 
trois  immenses  lobes  sur  le  Dniester,  le  Don  et  la  Kama  pour  remonter  au 
Notd  vers  l'Océan  Arctique.  Dans  ce  long  trajet,  la  limite  de  l'inlandsis  est 

(')  Séance  du  29  mai  1922. 

(-)  Comptes  rendus,  t.  171,  1920,  p.  212. 

(^)   Voir  Comptes  rendus,  I.  170,  1920,  p.. 169. 

(*)  L'existence  de  la  glaciation  scanienne  est  maintenant  contestée  par  les  géologues 
danois  au  moins  pour  la  Scanie  et  le  Danemark.  Mon  savant  confrère  INL  Madsen 
m'écrit  en  effet  que  «  les  dépôts  glaciaires  de  la  Scanie,  que  Geikie  rapporte  à  la  pre- 
mière glaciation  ne  sont  pas  aussi  anciens  et  appartiennent  en  réalité  à  la  dernière 
glaciation  mecklenbourgienne  ou  wiirmienne  ».  De  même  sur  la  côte  du  Jutland,  les 
dépôts  morainiques  les  plus  profonds  d'Esbjerg  doivent  être  rattachés,  selon  Madsen, 
à  l'époque  de  maximum  de  glaciation  saxonienne,  et  non  à  une  glaciation  plus 
ancienne.  Il  ne  resterait  donc  pour  représenter  cette  première  glaciation,  di\.Q  scanie  une, 
que  les  dépôts  morainiques  profonds  de  Hambourg  et  de  la  basse  Yistule,  sur  lesquels 
les  géologues  allemands  sont  loin  d'être  d'accord.  D'après  ces  données  nouvelles,  il 
n'y  aurait  donc  en  Danemark  comme  en  Angleterre  que  trois  glaciations  :  1°  saxonienne- 
mindélienne;  2°  polonienne-rissienne;  3°  mecklenbourgienne-wiirmienne. 


SÉANCE   DU    12    JUIN    I922.  l5o3 

marquée  non  par  de  véritables  moraines  frontales,  mais  par  une  nappe  de 
boue  glaciaire  à  blocs  et  éléments  d'origine  Scandinave. 

3.  Ensuite  le  glacier  fond  et  se  retire  au  Nord  jusqu'à  une  distance 
inconnue  (deuxième  phase  inter glaciaire).  La  mer  envahit  la  Hollande,  le 
sud  du  Danemark  et  la  basse  vallée  de  la  Vistule.  Elle  dépose  en  Hollande 
des  sables  grossiers  avec  galets  et  blocs  Scandinaves  empruntés  au  glaciaire 
sous-jacent,  notamment  dans  la  Gueldre  ou  vallée  d'Eem,  d'où  le  nom 
à'étage  Eemien  donné  par  Harting  (')  dès  iSyS  à  ces  couches  de  faciès  1res 
littoral.  En  Danemark  et  en  Prusse,  les  dépôts  Eemiens  sont  en  général 
argileux,  indiquant  une  mer  plus  profonde,  mais  on  y  observe  à  la  base 
des  sables  avec  tourbe  et  coquilles  d'eau  douce  répondant  au  début  de  la 
transgression. 

La  faune  Eemienne  est  une  faune  de  mer  très  tempérée.  On  y  trouve 
un  mélange  de  formes  nordiques  {Mya  truncata,  Zirphœa  crispala,  Cyprma 
islandica)  et  de  formes  plus  méridionales,  les  unes  de  la  mer  du  Nord  et  de 
la  Manclie  {Lacina  dimricata,  Gastrana  fragilis,  Cardium  tuberculatum, 
C.  papillosum,  Haminea  navicula),  d'autres  des  côtes  atlantiques  françaises 
[Mytilus  minimus,  Syndesmya  ovata)  et  enfin  de  deux  espèces  méditer- 
ranéennes {Mytilus  tineatus\i  Tapes  senescens  Dod.  =  Tapes  aiireus.  var. 
Eemiensis  Nordm.  {')  =  Tapes  Dianœ  Loc).  L'analogie  est  saisissante  avec 
les  faunes  tempérées  du  Holderness  et  du  Norfolk  qui  occupent  la  même 
position  intergiaciaire  entre  les  glaciations  saxonienne  et  polonienne. 

Mais  tandis  qu'en  Angleterre,  ces  sables  interglaciaires  dessinent  une 
ligne  de  rivage  constante  à  Faltilude  de  3o--33-,  l^élage  Eemien  de  Hol- 
lande et  du  Danemark  n'affleure  nulle  part  au-dessus  du  niveau  de  la  mer; 
il  n'est  connu  que  par  des  sondages,  sauf  dans  les  points  du  Danemark  où  des 
lambeaux  d'argiles  à  Cyprina  islandica  ont  été  remontés  à  des  hauteurs  va- 
riables par  la  poussée  du  glacier  (Langeland,  Erô,  Fionie,  Slesvig,  etc.)  {'). 
Il  est  donc  difficile  de  déterminer  [^altitude  de  la  ligne  de  rivage  à  l'époque 
Eemienne.  En  Hollande  on  ne  peut  guère  douter  d"un  afl^aissement  poste- 
émien,  car  le  faciès  de  l'étage  est  très  littoral  et  sa  cote  supérieure  s'abaisse 


(')    Harting,  Le   système   Eemien    {Arcli.    néerland.  d.  se.  exactes  et  naturelles, 

t.  10,  1875,  p.  443).  ■       ■    ^     A 

(2)    NORDMAXN.    Tapes   senescens    og    Tapes    aureus  Gm.    var.   eemiensis   i\ordm. 
{Sœrkyk  of   Vidensk  Meddei  fra  Dansk  naturlo   Foren    191 3,    i-Go)    (r«-^sume   en 

anglais). 

(*)  Madsen,  Nordmann  et  Hartz,  Eemzonerme  [Danniarks  geologiske  Inderso- 

gelse,  1908,  n"  17),  résumé  en  français. 


l5o4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

de  —  8"  à  l'Est  à  —  82™  à  l'Ouest  vers  la  mer  (  '  )  En  Danemark  l'affaisse- 
ment n'est  pas  aussi  évident,  car  le  faciès  est  de  mer  plus  profonde  et  la  cote 
supérieure  oscille  dans  le  Slesvig  occidental  de  — 9,7  à  —  i5,4,  chiffres 
très  conciliables  avec  l'existence  d'une  tranche  d'eau  de  4o™  à  5o™  au 
moment  du  dépôt.  La  question  demeure  douteuse. 

En  tous  les  cas,  ce  qui  me  paraît  certain,  c'est  l'équivalence  exacte  de 
l'étag-e  Eemien  avec  les  sables  interglaciaires  à  faune  tempérée  de  la  côte 
est  de  l'Angleterre,  avec  les  dépôts  à  faune  chaude  du  Sussex  et  aussi  avec 
l'étage  Tyrrhénien  de  la  Méditerranée  (couches  à  Strombes). 

4.  Alors  intervient  une  nouvelle  glaciation  Scandinave  qui  recouvre  en 
divers  points  du  Danemark  et  du  Slesvig  les  formations  Eemiennes.  La 
limite  de  ce  glacier polonien-rissien  est  moins  étendue  vers  le  Sud  que  celle 
de  la  glaciation  précédente.  Il  couvre  encore  le  nord  de  l'Angleterre,  tra- 
verse la  mer  du  Nord  pour  atteindre  l'Allemagne  vers  l'embouchure  de 
l'Elbe,  passe  au  sud  de  Berlin  et  de  Varsovie  et  se  recouibe  au  Nord  vers  la 
mer  Blanche;  mais  la  séparation  des  moraines  de  fond  de  ces  deux  glaciers 
n'est  pas  partout  facile. 

5.  Puis  une  période  de  réchauffement  amène  encore  une  fois  la  retraite 
du  glacier  (  troisième /;mo(^e  inter glaciaire).  La  mer  revient  sur  l'empla- 
cement occupé  parla  glace,  mais  cette  fois  ses  dépôts  ne  sont  connus  que  dans 
l'extrême  nord  du  Jutland,  dans  l'île  Vendsyssel.  C'est  l'épaisse  formation 
marine  de  Skœrumhede  (120™)  (-),  divisée  par  les  géologues  danois  en  trois 
zones  de  bas  en  haut  :  \°  zone  à  Turritella  terebra  k  faune  boréo-lusitan- 
nienne;  1°  zone  à  Ahra  nitida  à  faune  boréo-arctique;  ?>°  zone  à  Portlandia 
arctica  à  faune  arctique.  Le  refroidissement  de  la  mer  est  progressif  de  la* 
base  au  sommet  de  Tétage. 

L'altitude  de  la  ligne  de  rivage  est  aussi  difficile  à  fixer  que  pour  l'étage 
Eemien.  La  cote  supérieure  du  dépôt  n'a  été  observée  qu'au  sondage  de 
Skœrumhede  (—34°').  Y  a-t-il  eu  affaissement  ou  bien  le  dépôt  s'est-il 
formé  à  son  niveau  actuel  sous  une  grande  épaisseur  d'eau  ?  Les  deux  hypo- 
thèses sont  soutenables. 

Quelle  que  soit  la  solution  adoptée,  je  considère  l'étage  de  Skœrumhede 
comme  contemporain  de  la  terrasse  de  100  pieds  d'Ecosse  qui  appartient 


(')  Henseignetnents  obligeamment  transmis  par  M.  le  professeur  Lorié  d'Utrecht. 

('^)  Jessen,  MiLTHfciRS,  NoRDMANN,  Hartz  et  Hesselbo,  En  Boring  gennem  des 
quârtere  Lag  ved  Skœrumhede  {Danm.  geol.  Undersôgelse^  1910,0°  25),  résumé  eu 
anglais. 


SÉANCE   DU    12    JUIN    192Î.  1 5o5 

au  même  inter2;'laciaire  et  contient  aussi  une  faune  arctique.  Je  les  attribue 
l'un  et  l'autre  à  la  fin  de  l'étage  Tyrrhénien. 

6.  Nous  arrivons  enfin  à  la  dernière  invasion  quaternaire  du  glacier  Scan- 
dinave sur  la  région  germano-danoise  (giacialion  'mec/ilenbourgienne-^ur- 
nienne).  C'est  l'époque  des  moraines  balti(/ues  c^m  dessinent  au  sud  du  rivage 
de  cette  mer  des  traînées  sinueuses  de  moraines  frontales  très  fraîches  à 
travers  la  Prusse,  la  Poméranie,  le  Mecklenbourg,  s'infléchissant  au  Nord- 
Ouest  dans  le  Slesvio:-Holstein,  puis,  au  Nord  à  travers  le  Jutland  jusqu'à 
hauteur  de  Viborg  où  un  crochet  brusque  à  l'Ouest  les  amène  au  Skager- 
Rack  et  amorce  leur  raccord  avec  les  moraines  de  la  cote  norvégienne.  Au 
nord  du  Jutland,  à  Vendsyssel,  cette  glaciation  recouvre  la  formation 
marine  précédente. 

7.  Après  la  retraite  de  ce  glacier,  nous  n'avons  plus  à  indiquer  comme 
dépôts  marins  que  l'invasion  postquaternaire  de  la  mer  à  Yohiia  qui  atteint 
seulement  la  pointe  du  Danemark  et  intéresse  surtout  la  Scandinavie  où 
nous  la  retrouverons. 


THERMODYNAMIQUE  APPLIQUÉE.  —  Sur  V emploi  de  l' air 
com,me  agent  frigorifique.  Note  de  M.  Maurice  Leblanc. 

Il  y  aurait  les  plus  grands  avantages,  dans  l'industrie  du  froid,  à 
employer  l'air  comme  agent  frigorifique.  On  n'y  est  pas  parvenu  écono- 
miquement jusqu'ici  et  nous  allons  chercher  les  moyens  d'y  arriver. 

Pour  fixer  les  idées,  nous  supposerons,  dans  ce  qui  va  suivre,  qu'on 
veuille  fabriquer  de  la  glace  en  disposant  d'eau  de  refroidissement  à  la 
température  de  10°  G.,  qu'on  rejettera  à  celle  de  so**  C.  et  comparerons 
l'emploi  de  l'air  à  celui  de  la  vapeur  saturée  d'ammoniac. 

Par  quelles  températures  conviendra-t-il  de  faire  passer  V  ammoniac  et  fair? 

L'air  étant  inoffensif,  on  n'aura  jamais  à  interposer  entre  lui  et  les  corps  à  refroidir 
un  intermédiaire,  tel  que  la  saumure,  comme  avec  l'ammoniac. 

La  température  de  l'ammoniac,  dans  son  condenseur,  sera  constante  et  supé- 
rieure de  3°  environ  à  celle  de  l'eau  de  refroidissement  à  sa  sortie,  soit  de  28°. 
L'air  sortira  d'un  refroidisseur  à  contre-courant,  à  une  température  peu  supérieure  à 
celle  de  l'eau  à  son  entrée  et  voisine  de  i3°. 

D'autre  part,  la  température  de  l'ammoniac,  dans  son  réfrigérant,  sera  constante  et 
inférieure  de  8°  environ  à  celle  de  la  saumure  à  — 5°  qui  congèlera  l'eau  dans  des 
mouleaux,  soit  Je  — 13°.  On  fera  circuler  directement  l'air  autour  d'un  cylindre,  dont 


i5o6 


ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


les   parois  seront   tapissées  de  couclies  de  glace  de  moins  en  moins  épaisses  et  dont 
l'extrémité  contiendra  de  l'eau  à  +  io°. 

De  l'air  à  4- 2°  pourra  refroidir  de  l'eau  à  4-10".  Nous  l'extrairons  donc  du  réfri- 
gérant à  -+-  2°.  Le  rendement  théorique  des  machines  diminuera  à  mesure  que  nous 
ferons  pénétrer  l'air  dans  le  réfrigérant  à  une  température  plus  basse,  mais  leur  ren- 
dement mécanique  s'élèvera  et  elles  seront  mieux  utilisées.  La  température  la  jjius 
favorable  paraissant  être  de  ^  3o°,  nous  l'adopterons. 

Cycle  des  machines  a  air.  —  Nous  dirons  Tair  à  l'état  P,  V,  T,  lorsque  sa 
piession  sera  P,  son  volume  spécifique  V  et  sa  température  absolue  T. 

Le  cycle  qu'il  doit  décrire,  dans  une  machine  frigorifique,  est  représenté 
sur  la  figur.^  i.  On  le  fait  passer  successivement  :  1°  de  l'élat  1\  V,T,  à 
Tctal  P^^^/i-  6a  le  détendant  adiabatiquement;   2°  de   l'élat   P.VaTo  à 


Kig.    I. 

Tétat  P2V3T.J  en  TéchaulYant  à  pression  contante;  3°  de  Tétat  P^VitT.,  à 
l'état  P,V,, Tj  en  le  comprimant  adiabatiquement;  tf  de  l'état  P,V,, T,,  à 
son  état  initial  P,  V,T,  en  le  refroidissant  à  pression  constante. 

Soit  Cp  sa  chaleur  spécifique  à  pression  constante  (c,j=  0,2375),  Chaque 
kilogramme  d'air  parcourant  le  cycle  gagne  c^^ÇY^  —  To)  calories  et  en 
perd  Cj,(T ^  —  T,).  Le  travail  G  qu'il  absorbe  est 

f j[\ 

G  — 42/^C/,(T.J— T2)  -^^ — '-• 
A  2 

Le  rendement  du  cycle  est  celui  dhin  cycle  de  Cnrnot  décrit  entre  les  tempé- 
ratures T,  et  To. 

Dans  le  cas  de  la  fabrication  de  la  glace,  nous  devrons  faire  normale- 
ment, d'après  ce  qui  précède  :  T,  =  28G,  T.  =  243,  T^  =  275.  Il  en 
résulte  : 

T4=z324         et         Pa^OjOyioP]  [on  a  Pi  Vi=:  29,272Ti]  ; 

V,^i,4S8V,,         V,=  i,684Vi,         V;— i,i32V,  ;         fo  =  57o''8"^,22. 


SÉANCE    DU    12    JUIN    1922.  1 5o7 

Rendements  théorique,  thermique,  mécanique  et  réel.  Cycles  théorioii:  et  réel 
d'une  machine  frigorifique  : 

Nous  appellerons  dans  tous  les  cas  : 

Rendement  théorique  :  celui  d'un  cycle  de  Carnot  décrit  entre  la  température  T, 
du  fluide,  à  la  sortie  de  son  refroidisseur  ou  de  son  condenseur  et  sa  température  Tj 
à  l'entrée  du  réfrigérant; 

Rendement  thermique  :  le  rapport  de  l'aire  du  cycle  de  Carnot  précédent  décrit 
par  i''6  de  fluide  à  celle  du  diagramme  relevé  dans  les  cylindres,  également  rapportée 
au  kilogramme  de  lluide; 

Rendement  mécanique  :  le  rapport  du  travail  indiqué  dans  les  cylindres  au  travail 
dépensé  sur  les  arbres; 

Rendement   réel  :  le  produit  des  trois  rendements  précédents; 

Cycle  théorique  :  la  succession  de  changements  d'état  que  nous  désirons  faire  subir 
à  chaque  kilogramme  de  fluide  ; 

Cycle  réel  :  le  diagramme  relevé  dans  les  cylindres  rapporté  au  kilogramme  de 
fluide.. 

Le  cycle  théorique  de  la  machine  à  air  est  celui  de  la  figure  i.  Son  rende- 
ment est  égal  au  rendement  théorique. 

Son  cycle  réel  diffère  très  peu  de  son  rendement  théorique.  D'après  des  diagrammes 
relevés  sur  des  compresseurs  d'air,  les  courbes  de  compression  et  de  détente  sont 
parfaitement  adiabatiques  et,  à  la  condition  d'imputer  au  rendement  mécanique  les 
pertes  de  force  vive  dans  les  orifices  des  cylindres,  nous  pouvons  dire  : 

Le  rendement  thermique  de  la  machine  à  air  est  égal  à  son  rendement 
théorique. 

Dans  une  machine  à  ammoniac  :  l'^s  d'ammoniac  liquide  occupant  un  volume  (g  à  la 
température  T2  est  vaporisé  sdus  la  première  constante  Pj  égale  à  sa  tension  de  vapeur 
à  la  température  T'^.  Le  kilogramme  de  vapeur  produit  est  comprimé  adiabatiquement , 
jusqu'à  ce  qu'il  ait  atteint  la  pression  Pj  égale  à  sa  tension  de  vapeur  à  la  tempé- 
rature T'j.  La  vapeur  se  surchauffe,  pendant  sa  compression,  et  arrive  ainsi  à  la  tem- 
pérature T"  supérieure  à  la  température  T, .  Elle  se  refroidit  d'abord  dans  le  conden- 
seur, puis  se  liquéfie  à  la  température  T'j ,  et  son  volume  redevient  sensiblement  t'o. 
Le  kilogramme  de  liquide  est  ramené  à  une  température  Tj  peu  différente  de  ceHe-de 
l'eau  de  condensation,  à  son  entrée  dans  le  condenseur,  et  finalement  lenvoyé  dans 
le  réfrigérant. 

Non  seulement  le  rendement  du  cycle  théorique  de  la  machine  à  ammo- 
niac est  inférieur  au  rendement  théorique,  mais  son  cycle  réel  diflère  beau- 
coup de  son  cycle  théorique  et  a  un  rendement  bien  plus  faible. 

En  fait,  le  rendement  thermique  des  meilleures  machines  à  ammoniac  ne 
dépasse  pas  les  o,65  du  rendement  théorique.  Cela  est  dû  à  r action  des 
parois,  qui  est  sensiblement  nulle  avec  l'air. 


l5o8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

En  revanche,  le  rendement  mécanique  d'une  machine  à  air  est  très  infé- 
rieur à  celui  d'une  machine  ù  ammoniac,  qui  atteint  facilement  0,92. 

En  effet,  si  nous  faisons,  d'après  ce  que  nous  avons  dit  :  Tj  r:r  286,  Tj  ::;=  248  et. 
T3  =z  275,  la  différence  Tj  —  T,  esl  petite  par  rapport  à  Tj,  le  cvcle  eil  très  étroit  et 
le  travail  S  par  kilogramme  d'air  est  seulenaent  égal  à  Syc^^s'",  alors  qu'il  serait  d'en- 
viron 21  ooo'^sm  pour  i^o'^  d'ammoniac^  avec  T'j  ^=  296  et  T^  =  260. 

Or  le  fluide,  en  décrivant  son  cycle,  devra,  par  deux  fois,  sortir  des  cylindres  de  la 
machine,  pour  y  rentrer  après  avoir  traversé  un  échangeur  de  chaleur.  Il  devra  donc 
franchir  successivement  quatre  orifices  étranglés,  et  la  force  vive  qu'il  y  aura 
acquise  sera  consommée  en  remous. 

Acceptons  une  perte  de  ipo''''''"  par  kilogiamme  de  fluide  pour  ces  quatre  orifices. 
Elle  affectera  à  peine  le  rendement  de  la  machine  à  ammoniac,  tandis  qu'elle  limilera 
à  0,85  celui  de  la  machine  à  air. 

D'autre  part,  le  travail  absorbé  par  l'air  sera  la  différence  de  deux  travaux,  l'un  de 
compression  Qc,  l'autre  de  délente  S^  et  celui  consommé  par  les  résistances  passives 
de  la  machine  croîtra  avec  la  somme  (fFc+K^).  Avec  l'ammoniac,  s'il  y  a  un  travail 
de  détente,   il  est  très  petit  par  rapport  à  la  différence  (îjf —  Grf). 

Le  rendement  mécahiqiie  d'une  machine  à  air  sera  donc  toujours  notablement  infé- 
rieur à  celui  d'une  machine  à  ammoniac. 

C'est  pour  raméliorer  que  nous  avons  abaissé  à  243  la  température  To, 
bien  que  le  rendement  théoi^ique  de  la  machine  à  air  ne  soit  plus  alors  que 
les  0,78  de  celui  de  la  machine  à  ammoniac. 

Ne  tenons  pas  compte,  dans  les  deux  cas,  du  réchauffage  des  machines  par  le  milieu 
amb'iant. 

Si  la    machine   à   ammoniac  avait  un  rendement   égal  à  son    rendement  théorique, 

la     production     d'une    frigorie    coûterait     58''S"i,5.     Elle     coûtera,     en     réalité,     au 

58  5 

moins ^ — 7  =:  qS''^'^.    Si    la    machine   à    air    avait   le   même    rendement    réel, 

0,92  X  o,bo 

chaque  kilogramme  d'air  jjroduisant  7,6  frigories,  la  dépense  de  travail  par  kilo- 
gramme d'air  devrait  être  de  745''s™,  dont  100  seraient  absorbés  par  les  pertes  de 
force  vive  dans  les  orifices.  Le  travail  qu'il  utiliserait  serait  de  57o''s™. 

Le  travail  absorbé  par  les  résistances  passives  de  la  machine  ne  devrait 
être  que  de  76''^™  par  kilogramme  d'air  et  égal,  ainsi,  aux  o,  10  environ  du 
travail  total  dépensé. 

Pareil  résultat  ne  pourra  être  obtenu,  avec  les  appareils  les  plus  perfec- 
tionnés que  si  le  travail  ç,.  est  peu^élevé  par  rapport  à  la  différence  (5^  —  s,/). 

Or,  jusqu'à  présent,  on  a  réalisé  le  cycle  de  la  figure  i  en  le  considérant  comme  la 
superposition  des  deux  cycles  de  la  figure  2  parcourus  en  sens  contraires.  Le  premier 
était  réalisé  dans  un  compresseur,  le  second  dans  un  délenteur  disposé  comme  une 
machine  à  vapeur  ordinaire. 


SÉANCE    DU    12    JIL\     1922. 


1.509 


D.ins  ces  conditions,  si  l'on  fait  T,  =  286.  T.,  =  243,  7-^=2-0,  on  irouve  que  la 
somme  des  volumes  (V-^  +  Va),  (|ne  doivent  engendrer  les  pistons  des  machines, 
est  4.62  fois  plus  grande  que  le  volume  (V3 — V,)  dont  varie  celui  de  l'air  décrivant 

F*  (7- 

le  cycle  de  la  figure  i  et  que  l'on  a  ^:r^^ ^  :=  16,89.  La  puissance  loUile  des  machines 

^c ^(1 

employées  est  alors  16, 3g  fiis  plus  grande  que  celle  réellement  communiquée  à  l'air. 


Fig.  2. 

Cela  conduit  à  l'emploi  d'un  matériel  monstrueux  et  de  très  mauvais  rendement. 

Ce  système  ne  peut  convenir  que  pour  la  production  de  très  basses  températures, 
j)our  faire  de  l'air  liquide,  par  exemple,  parce  que  le  travail  5^  est  alors  très  petit  par 
rapport  au  travail  G^.  Si  l'on  s'en  est  servi  pour  produire  de  petites  diflTérences  de  tem- 
pératures, c'est  qu'il  fournissait  un  moyen  commode  de  faire  circuler  lair  dans  le 
refroidisseur  et  le  réfrigérant,  qu'il  suffisait  de  brancher  entre  le  compresseur  et  le 
détendeur. 

Mais  nous  pouvons  échanger  l'air  contenu  dans  un  cylindre  en  faisant 
balayer  cekii-ci  par  de  Pair  plus  chaud  ou  plus  froid,  provenant  dVin  léfri- 
gérant  ou  d'un  refroidisseur  et  mû  par  un  ventilateur,  en  laissant  le  piston 
immobile. 

Cela  permet  de  réaliser  le  cycle  de  la  figure  i  en  n'engendrant  que  le 
volume  V3  —  V,.  Si  Ton  fait  T,  =  286,  T^  —  2^3  et  T.,  =  276,  le  travail  è^ 
est  seulement  égal  à  2,29  {^c—*^',i)  et  il  devient  possible  de  faire  une 
machine  à  air  dont  le  rendement  réel  équivaille  à  celui  d'une  machine  à 
ammoniac. 

Nouvelle  m.\chine  a  air.  —  Nous  pouvons  considérer  le  cycle  de  la  figure  i 
reproduit  sur  la  figure  3  comme  la  superposition  des  deux  cycles  des 
figures  4  et  5.  Dans  celui  de  la  figure  4»  Tabscisse  du  point  d'ordonnée/?  de 
la  courbe  de  compression  est  égale  à  la  différence  des  abscisses  des  points 
ayant  même  ordonnée  des  courbes  de  compression  et  de  détente  du  premier 
cycle.  Les  aires  de  ces  deux  cycles  sont  égales.  Le  second  est  semblable  au 


i5io 


ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

diagramme  qu'on  relèverait  dans  un  compresseur  ordinaire.  Nous  le  réali- 
sons avec  un  tel  compresseur  à  clapets  automatiques  dit  compresseur  watié^ 


T,     T, 


V      0 


(-v.  -  ^-d 


Balayages 


VV^ 


Fio-.  3. 


1^1 

I      I 

1V4-V, 


Fig. 


Vo-V. 


parce  que  tout  le  travail  qu'il  absorbe  est  communiqué  à  Tair,  sans  avoir  à 
être  récupéré  partiellement. 

Le  cycle  de  la  figure  5  se  compose  de  deux  courbes,  l'une  de  détente, 
l'autre  de  compression,  infiniment  voisines;  elles  reproduisent  la  courbe  de 
détente  du  cycle  de  la  figure  i.  Son  aire  est  nulle. 

En  décrivant  ce  cycle,  on  détend  de  l'air  pris  à  l'état  P,  V,  T,  et  Tamène 
à  l'état  P,.V/r,,.  Un  balayage  lui  substitue  un  égal  volume  d'air  à  l'état 
^^^2^0X3.  Celui-ci  est  comprimé  et  amené  à  l'état  P,V,,T,.  Un  nouveau 
balayage  lui  substitue  un  égal  volume  d'air  à  l'état  initial  P,Y,T,... 

Nous  le  réalisons  au  moyen  d'un  détendeur  spécial  dit  détendeur  déwatté^ 
parce  qu'il  restitue  intégralement  à  l'air  le  travail  fourni  par  celui-ci. 

Il  fait  passer  constamment  de  l'air  du  refroidisseur  dans  le  réfrigérant, 
mais  cet  air  est  repris,  à  la^sortie  du  réfrigérant,  par  le  compresseur  watté, 
qui  le  renvoie  à  l'entrée  du  refroidisseur. 

Le  volume  engendré  par  les  pistons  des  deux  appareils  par  kilogramme 
d'air  décrivant  le  cycle,  est  seulement  égal  à  V3  —  V, . 

Une  machine  composée  d'un  compresseur  watté  et  d'un  détendeur 
déwatté,  a  été  construite  et  a  bien  fonctionné.  Nous  la  décrirons  dans  une 
prochaine  Note. 


SÉANCE  UU  12  JUIN  I922.  l5ll 


ur 


MÉCANIQUE  APPLIQUÉE.  —  Théorie  générale  du  Larbo-compresse 
pour  moteurs  d'avions.  Note  ('  )  de  M.  A.  Kateat. 

On  sait  que  le  turbo-compresseur  que  j'ai  créé  pour  la  suralimentation 
des  moteurs  d'avions,  et  qui  permet  d'en  accroître  considérablement  la 
puissance  dans  les  vols  à  grande  altitude,  se  compose  d'une  turbine  motrice, 
actionnée  par  les  gaz  d'échappement  du  moteur,  et  d'un  ventilateur  centri- 
fuge dont  la  roue  mobile  est  calée  sur  le  même  arbre  que  la  roue  de  la 
turbine. 

Le  ventilateur  aspire  l'air  de  l'atmosphère  environnante  et  le  refoule  au 
moteur  après  en  avoir  élevé  la  pression,  au  double  à  peu  près  avec  les  appa- 
reils actuellement  en  service. 

La  turbine  reçoit  la  totalité  ou  seulement  une  partie  des  gaz  d'échappe- 
ment du  moteur,  suivant  que  l'on  veut  l'action  maximum  ou,  à  basse  alti- 
tude, un  renforcement  modéré  de  la  puissance  du  moteur. 

Dans  cette  Note,  je  me  propose  de  donner  la  théorie  générale  du  fonc- 
tionnement de  la  machine  et  d'établir  la  formule  fondamentale  qui  relie 
entre  elles  les  diverses  quantités  qui  s'y  rapportent.  On  verra,  ainsi,  qu'il 
est  aisé  de  remettre,  à  n'importe  quelle  altitude,  le  moteur  dans  les  condi- 
tions de  fonctionnement  au  sol,  sauf  peut-être,  à  cause  des  fuites,  une  contre- 
pression  d'échappement  légèrement  plus  forte. 

Appelons  : 

p    la  pression  de  l'atmosphère  environnante  ; 

T    la  température  absolue  de  l'air  aspiré  par  le  ventilateur; 

p^  la  pression  de  refoulement  du  ventilateur,  ou  plus  exactement  la  pression 

de  l'air  à  l'entrée  des  carburateurs  ; 
Pi  la  pression  moyenne  d'échappement  des  gaz  du  moteur  à  l'entrée  dans 

le  corps  de  la  turbine  ; 
T,  la  température  absolue  de  ces  gaz. 

La  formule  s'obtient  en  écrivant  que  le  travail  utile  donné  par  la  turbine 
est  égal  au  travail  réclamé  par  le  ventilateur. 

1°    Ventilateur.  —  Pour  comprimer  i''*^  d'air  de/?  à/),,,  il  faut  dépenser  le 

travail 

EC(To-T) 


(,)  W 


p. 


(')  Séance  du  6  juin  1922. 


13  12  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

I]    étant  l'équivalent  mécanique  de  la  calorie  ( E  =  427  )  ; 
C   la  chaleur  spécifique  de  Tair  à  pression  constante; 
Tp  la  température  finale  en  compression  adiabatique; 

p^  le  rendement  du  ventilateur,  par  rapport  à  ladite  compression  adiaba- 
tique, y  compris  les  pertes  de  charge  dans  les  tuyauteries  et  lés  radia- 
teurs destinés  à  rafraîchir  l'air  avant  son  arrivée  aux  carburateurs. 
Mais 

\^)  TF  =    —  avec  A-  =r  ^ , 

r      \p  j  7 

Y  étant  le  rapport  des  chaleurs  spécifiques  de  l'air,  G  à  pression  constante 
et  c  à  volume  constant. 
D'où,  comme  connu. 


3)  W  = 


KCT 


ECT 


[/•'■-,], 


en  appelant  /le  rapport  de  compression  du  ventilateur,  r  =  —■ 

Pour  l'air,  aux  températures  voisines  de  o°C,  d'après  les  déterminations 
les  pins  récentes,  il  faut  adopter 

0  —  0,2887,         -/  =  r,4o34     C),         d'où         A  =  ().'=!S75,         C  A  =z-^  0,0686. 

2°  Turbine.  —  Dans  l'action  complète  de  la  turbine,  le  tiroir  d'échap- 
pement à  l'atmosphère  étant  entièrement  fermé,  la  turbine  reçoit  la  totalité 
des  gaz  issus  du  moteur,  c'est-à-dire  aussi  la  totalité  de  l'air  envoyé  par  le 
ventilateur,  augmentée  de  l'essence  ajoutée  par  les  carburateurs,  mais  dimi- 
nuée des  fuites  par  les  fissures  de  la  tuyauterie  et  par  les  garnitures  des 
pistons  du  moteur. 

Désignons  par 
e  la  quantité  relative  d'essence,  en  poids,  voisine  de  5,5  "/„  habituellement  ; 
/la  proportion  des  fuites  par  rapport  au  poids  d'air  débité. 

On  a,  pour  expression  du  travail  utile  donné  par  la  turbine,  par  analogie 
avec  le  cas  du  ventilateur,  en  appelant 

C'  la  chaleur  spécifique  à  pression  constante  des  gaz  d'échappement; 
k'  le  rapport  des  deux  chaleurs  spécifiques  de  ces  gaz; 
pt  le  rendement  de  la  turbine,  y  compris  les  frottements  de  paliers, 


(4)  W'=  (14-e -/)EC'Ï, 


.-(i^ 


u 


?t. 


(')  J.  K.  Partington,  Proc.  of  ihe  Rojal  Society,  oclohie  1921 


Ib 


SÉANCE   DU    12   JUIN    lf)2l.  l5l3 

Egalant  W  et  W,  nous  obtenons 


,-(/:"■■ 


Px 


C 


avec 

(6)  r=(.  +  e-/)pîl, 

C  =  o,,Oc  étant  le  rendement  d'ensemble  du  groupe  turbo-ventilateur. 

11  nous  faut  estimer  C  et  k'  pour  les  gaz  d'échappement  à  la  température 
moyenne  de  700**C.  qui  est  celle  qui  se  présente  habituellement. 

J'admets  que  l'air  se  compose,  en  poids,  de  77  d'azote  et  23  d'oxygène 
et  que  l'on  fournisse  6  pour  100  d'essence  de  composition  moyenne  C"H^". 
En  combustion  supposée  complète,  il  se  forme  7,7  de  vapeur  d'eau  et  18,9 
d'anhydride  carbonique,  et  il  reste  2,4  d'oxygène  libre.  J'adopterai  les 
dernières  déterminations  de  C  et  de  y  (en  extrapolant  parfois  un  peu), 
pour  Az-  et  C0%  par  H.-B.  Dixon,  C.  Campbell  et  A.  Parker  ('),  et, 
pour  H^O,  par  O.  Knoblauch  et  E.  Raisch  (-).  Le  y  de  la  vapeur  d'eau 
à  700*^  a  été  calculé  en  admettant  que  la  différence  des  deux  chaleurs  spé- 
cifiques moléculaires  est  égale  à  1,985,  comme  pour  Az-  et  CO",  ce  qui  ne 
doit  certainement  pas  être  éloig^né  de  la  vérité. 

Je  suis  donc  parti  des  valeurs  suivantes  pour  C,  y  et  k  à  700**  C.  et  aux 
pressions  partielles  de  chacun  des  gaz  du  mélange  : 

c. 

Az' 0.2558 

O^ ..,2238 

H^O '),54o 

CO' 0.^487 

Tenant  compte  des  poids  relatifs  de  ces  différents  corps  dans  les  gaz 
d'échappement,  je  trouve  ainsi,  pour  la  température  de  700°C.  : 

(7)  C'=o,2745;  A'=o,256i;  G' A' =  0,0708; 
d'où 

fi'  a       o  C'A' 

(8)  -=0,8908;  -^T^  =  I.02_n. 

Les  exposants  k'  et  k  étant  à  peu  près  inversement  proportionnels  aux 

C)  Proc.  of  the  Royrtl  Society .  octobre  1921. 
(■-)  Ver.  Deutschen  Ingenieure,  29  avril  1922. 


y. 

/,. 

1.383 

0,2769 

1,383 

0,2769 

1 .2D7 

0 , 2042 

1 ,221 

0 . 1 900 

l5l4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

chaleurs  spécifiques  C  et  C,  nous  pouvons  en  profiter  pour  simplifier  nota- 
blement la  formule  (5).  La  fonction  C    i  —  (—)      >  en  effet,   ne  change 

pas    beaucoup    de    valeur    si   l'on    y    remplace    respectivement  C   et   k' 
par  C  et  k. 
Posons 

.Pi, 


;^'="' 


d'où 


=  il -uy 


k' 


en  remplaçant  j  par  i  —  £  pour  réduire  les  écritures;  il  vient,  par  dévelop- 
pement en  série, 


(7) 


1+  -u  -^ - 

2  2.3 


«/  -f-  , 


Comme  £  est  petit,  égal  à  0,(09,  ^^  qu'il  en  est  de  même  de  u,  qui  ne 

dépasse   pas  0,37,   même  pour  —  = -,  qui  ne  se  présentera  que  pour  les 

turbo-compresseurs  de  l'avenir  qui  auront  un  rapport  r  de  compression 
supérieur  à  4,  on  voit  que  la  parenthèse  du  second  membre  ne  diffère  de 
l'unité  que  d'une  petite  quantité,  inférieure  à  0,024.  Nous  pouvons  donc 
remplacer,  dans  (5), 


C 


Pi 


par      G 


(.  +  ■0, 


,   C'A' 


s  étant  une  quantité,  relativement  petite,  égale  à  -j^ i  =  0,0244  aug- 

mente  de  la  valeur  approchée  des  termes  en  u  de  la  série,  valeur  qui  s'ap- 
préciera aisément  à  l'aide  des  quelques  chiffres  suivants  : 


1-  .  .  .  =:   0,0106 

2 

S =  o,o35 


1 

3* 

o,oi65 
o,o4i 


k 
0,0206 

0,045 


5 
0,0286 

o,o48 


Dès  lors,  l'équation  (5)  devient,  en  posant 


(8) 
(9) 


El) 
PJ 


T 


y 


SÉANCE   DU    12    JUIN    1922.  l5l5 

Telle  est  la  relation^, fondamentale  des  turbo-coinpresseurs.  Elle  est  tra- 
duite graphiquennent'par  la  figure,  pour  des  valeurs  de  r  allant  jusqu'à  2,2, 
et  des  valeurs  de  t  comprises  entre  0,9  et  i  ,3. 


lif 


ti 


^A^ 


I 


0,9 


/ 

/ 

/ 

/ 

/ 

1/ 

T    0 

T,  ,,,  . 

:  ^i\ 

r 

f\ 

r 

/ 

!            y 

X 

1     / 

/ 

Oty 

/ 

>■ 

X 

-i'^ 

,^ 

\    ^ 

X 

^/ 

y 

y 

5^ 

^ 

-^ 

^^ 

.^ 

^^ 

^  1.!^ 

^,^ 

— 

,„^--^ 

cr< 

^ — 

— ^ 

1^ 

— ^^ 

""^ 

^^^^Z^ 

1 

rj.3 

___^ 

~    — - — -_ 

/.•^ 


Rappcrt  ^ 


Applications .  —  Pour  que  la  pression  d'échappement  />,  de  la  turbine 
puisse  être  juste  égale  à  la  pression /?o  d'alimentation,  c'est-à-dire  pour  que 
y  =  I ,  il  faut  que,  d'après  (9),  t  =  a;.  Voyons  quel  est  le  rendement  p  de  la 
machine  qui  est  nécessaire  dans  les  hypothèses  principales  que  l'on  peut 
faire . 

Supposons  d'abord  qu'il  n'y  ait  pas  de  fuites,  /^  o,  et  admettons  que  la 
carburation  apporte  5,5  pour  100  d'essence  et  que  les  gaz  d'échappement 
arrivent  à  la  turbine  à  la  température  de  727°  C,  soit  T,  =  1000. 

Premier  cas.  —  -^  =  2,  le  ventilateur  double  la  pression; 

T  =  248°,  température  de  l'air  à  6000'"  d'altitude; 


l5l6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

alors 


De  (8)  on  tire 


!7r:rl,22o5,  5  =  0,o35. 

o,3o3 

p  ^=  =  o ,  27b . 

1,09 


Deuxième  cas.  —  —  =  4,  le  ventilateur  quadruple  la  pression; 


Alor 


T=  219",  température  de  l'air  dans  la  stratosphère. 

,Q  r-  0,826 

=  a:=  1,409-,  .s  r=  0,0-4  0,  p  z=  —=0,290. 


Ces  rendements  d'ensemble,  de  0,278  610,296,  sont  aisément  réalisables, 
car  le  ventilateur  et  la  turbine  ont,  même  avec  des  formes  très  imparfaites, 
séparément,  des  rendements  voisins  de  o,55  et,  d'ailleurs,  dans  le  second 
cas,  la  compression  devant  être  faite  en  deux  fois,  on  intercalerait  un  radia- 
teur pour  abaisser  la  température  de  l'air,  ce  qui  accroîtrait  très  notable- 
ment le  rendement  p,,  de  l'appareil  estimé  par  rapport  à  la  compression 
adiabatique  totale. 

Si  l'on  peut  faire  a  priori  une  évaluation  des  fuites,  la  formule  permet 
d'en  tenir  compte.  Supposons,  par  exemple,  que  ces  fuites  compensent 
exactement  l'effet  de  c  et  de  s,  ce  qui  correspond  à  9  pour  100  de  fuites 
dans  le  premier  cas  et  à  10  pour  100  dans  le  deuxième,  et  admettons  les 
mêmes  rendements  que  ci-dessus,  ce  qui  donne  à  t  les  valeurs  1,121 
et  i,36i,  respectivement.  On  déduit  alors,  de  la  formule  (9), 

(  I ,0200,  n,       i  I ,071 ,  .  (  0,071 , 

[   I  ,0483,  /?o        /  1 ,  179.  (  o,  179. 

Dans  ces  lijpothèses,  le  ventilateur  rétablissant  la  pression  barométrique 
au  sol,  il  suffit  que  la  contre-pression  au  moteur  la  dépasse  de  0,071 
ou  0,179  kg:  cm^  respectivement,  pour  que  l'énergie  des  gaz  d'écbappe- 
ment  permette  le  fonctionnement  envisagé. 

Si,  en  marche  etTective,  on  est  obligé  de  consentir  des  contie-pressions 
plus  fortes,  c'est  donc  que  les  fuites  sont  réellement  plus  grandes  que 
9  pour  Too,  et  il  faut  les  rechercher  et  les  réduire. 


SÉANCE   DU    12   JUIN    I922. 


l5l7 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  les  figures  intégrales  singulières  des  systèmes 
passifs  du  premier  ordre  n  impliquant  quune  seule  fonction  inconnue. 
Note  (')  de  M.  Riquier. 


L^examen  de  cette  question  conduit  à  des  résultats  diftërents,  suivant  que 
le  système  considéré  est,  ou  non,  linéaire  par  rapport  aux  dérivées  de  la 
fonction  inconnue. 

I.  Le  système  étant  non  linéaire^  supposons,  pour  fixer  les  idées,  que  la 

fonction  inconnue,  w,  qui  s'y  trouve  engagée,  dépende  des  cinq  variables 

oc.,  y.,  ^,  ^,  ï,  et  que  le  système  soit  résolu  par  rapport  aux  trois  dérivées 

du    du    du  ]      .      ^  1       j  j  '   •    •  .1      ^"    '^''^    1 

-T-->  -r-'  -T-  •  en  adoptant,  pour  les  deux  dérivées  restantes  --^  -r-'  les  nota- 

ôjc    ay    oz  I  '  r  ^)c     /)/ 

tions  respectives  //^,  //^,  il  est  de  la  forme 


ds     di 


(0 


—  r:z  F^(.c,  y,  Z,  S,  t,  U,  Us,  Ui), 

^"  17      /  ,  N 

{  -j-^  —  Fr(-î^,  J,  -,  s,  l,  »,  «„  ui). 


du 


-  =  F;  {x,  y,  z,  s,  t,  u,  «,,  ui), 


où  F,.,  F^,  F,  désignent  trois  composantes  connues,  telles  que  le  système 
soit  passif.  Cette  passivité  entraine,  comme  on  peut  Fétablir,  celle  du  sys- 
tème différentiel  total 


(2) 


ds_ 
dx 
ds_ 
dy 
ds_ 
dz 


dF,. 
du  s 

dFy 

du  s 
dF, 
du, 

dus 
dx 
du, 

'ày 

dus 
dz 


dt^ 
dx 
dt 

dt 

~    ds 

_  ^ 
~    ds 

dF, 


dui 

dut 
dF.^ 
dut 


dF, 


du 
dx 


F. 


du. 


du       „  c^F, 

-—  —Fy—  us^-^  —  u^ 

dy         ^  du, 

du 


dj^^ 
dut 

dFy 
du  i 
dF, 


^F, 
dz  du,  dui 


du 

dFy 

du 
dF, 
du 


"s, 


dui 

dut 
dy 
dui 
dz 


àF^ 

dt 

dF, 


dF,, 


du 


dF, 
dt  du 


dF, 
dt 


dF, 
du 


(  '  )  Séance  du  29  mal  1922. 

C.  R.,.1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  24.) 


I  JO 


l5l8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

OÙ  S,  i,  //,  u^,  Ut  désignent  cinq  fonctions  inconnues  de^,  j,  :;.  Soient 

!  s    —è    (jf,  7,  z,  a,  |3,  y,  d,  /,), 

^  t   =^    {x,  y,  z,  a,  [3,  y,  ô,  X), 

(3)  '  a  ='-0  (^,  j,  :;,  a,  [3,  y,  ô,  À), 

^  ;<,=r  ^.(j^,  j,  ^,  a,  |3,  y,  ô,  ?.), 

Ui—Vi{.x,y,  z,  a,  j3,  y,  ô,  /.) 

les  intégrales  générales  du  système  (2). 

Cela  posé,  on  pourra  procéder  comme  il  suit  à  la  recherche  de  l'intégrale 
singulière  du  système  (i). 

Entre  les  cinq  équations  (3)  et  la  relation 

(^(a,  i3,  y,  a,  }.)      -""' 

on  éliminera  les  cinq  constantes  arbitraires  a,  (3,  y,  0,  X  ;  on  obtiendra  ainsi 
une  relation  de  la  forme 

(4)  \l(x,y,  z,  s,  t,  u,  u,,  Ut)  =  o, 

et  l'on  examinera  s'il  existe  quelque  fonction  a  de  x,  y,  z,  .v,  t  vérifiant,  en 
même  temps  que  le  système  (i),  l'équation  aux  dérivées  partielles  (4). 
IL    Lorsque   le   système  passif  (i)    a   ses   seconds  membres   linéaires 

par  rapport  aux  dérivées  -y-,  —,  la  méthode  d'intégration  de  Jacobi  lui  est 

applicable,  et  l'on  pourra,  dès  lors,  procéder  à  la  recherche  de  l'intégrale 
singulière  de  la  façon  indiquée  dans  une  Note  récente  (*);  on  sera  ainsi 
conduit  à  adjoindre  au  système  proposé,  non  plus,  comme  dans  le  cas  pré- 
cédent I,  une  relation  différentielle,  mais  une  relation  finie  entre  x,  y,  z, 
s,  t^  u^  et  il  restera  à  examiner  si  la  figure  définie  par  cette  dernière  est  une 
intégrale  du  proposé. 

II L  Le  cas  d'une  équation  aux  dérivées  partielles  unique  et  linéaire  du 
premier  ordre  présente  une  particularité  géométrique  qu'il  convient  de 
noter.  Considérons,  par  exemple,  l'équation 

(5)  ^  =  U  +  Y^VZ^  +  S^+Ï^, 
ncc  dy  âz  ds  âi. 

où  u  désigne  une  fonction  inconnue  de  x,  7,  z^  5,  t^  et  U,  Y,  Z,  S,  T  des 
fonctions  connues  de  x^y,  z,  s,  t,  u.  Pour  procéder,  suivant  la  méthode 

(')  Comptes  rendus^  t.  174-,  1922,  p.  i3g2. 


SÉANCE  DU  12  JUI\  1922.  l5iy 

rappelée  dans  l'alinca  II,  à  la  recherche  do  Fintéji^rale  singuHère,  on  consi- 
dérera le  système  des  équations  différentielles  ordinaires 

dy  __y.  f^  —  _  y  f^ s  ii^  —  _  T  —  —  L' 

dx  dx  '  dx  ^  '  dx  '  dx 

et  l'on  en  formera  les  intégrales  générales 

y  =  :J(a',  a,  (3,  y,  ^,  À), 

^  r=  5b  (x,  a,  j3,  y,  ô,  A), 

(6)  [  s  -=S  {x,  a,  (3.  y,  0,  ?.)^ 

^  =  C  (^,  a,  ;3,  y,  0,  À), 
(t  =  V){x,  a,  p,  y,  0,  l), 

aux(|uelles  on  adjoindra  la  relation 

en  éliminant  entre  les  équations  (6)  et  (7)  les  constantes  arbitraires  a,  3,  y? 
0,  A,  on  tombera  sur  une  figure  de  l'espace  [f/t".  Y,  -,  S  t,  ii\^  définie  par 
une  équation  unique,  et  qui  pourra  être  ou  ne  pas  être  une  intégrale  de  (5). 
Mais,  quoi  qu'il  en  soit,  si  Von  considère  les  figures  à  une  dimension  de  la 
famille  (6),  aux  cinq  paramétres  a,  j^,  y,  g,  X,  la  figure  à  cinq  dimensions 
obtenue  comme  il  vient  d'être  dit  en  est  V enveloppe;  cette  enveloppe  ne  touche 
d'ailleurs  qu'en  un  simple  point  chacune  des  ligures  enveloppées. 


MÉGANIQUE  ET  CHRONOMÉÏRIE.  —  Trois  classes  de  vibrations  isochrones  non 
entretenues  et  trois  types  de  machines  horaires  jixes.  Instruments  nouveaux 
pour  l'étude  expérimentale  des  viscosités.  Note  ('  )  de  INI.  Jules  A^DKADE. 

I.  Étudions  tout  d'abord  la  vibration  non  entretenue  du  type 

,   ,  I    d- a  .  du 

^   '  (0^   dt-  '  dt 

(  du     .  ,  •  •       \ 

I  T;  =  sgn  «;  £  zir  sgn  —  ;  r  el  q  deux  constantes  positives  1 . 

Ce  mouvement,  toujours  réalisé  comme  mouvement  angulaire,  s'inter- 
prète avec  avantage  comme  mouvement  rectiligne.  Ainsi  envisagée,  une 

(*)  Séance  du  6  juin  1922. 


i:)20  ACADEMIE    DES    SCIENCES. 

oscillation  simple  se  partage  en  deux  moitiés  se  réalisant  respectivement  de 
part  et  d'autre  du  point  mort;  la  première  moitié  se  termine  à  ce  point 
mort,  l'autre  commence  au  même  point;  ces  deux  mouvements  sont  respec- 
tivement deux  projections  obliques  distinctes  de  deux  mouvements  spiraux 
uniformes  ayant  le  point  mort  pour  pôle  commun.  Les  constantes  carac- 
téristiques de  ces  trajectoires  spirales  schématiques,  savoir  : 

V  = a E^ angle  caractéristique  de  la  spirale; 

N,  vitesse  (en  radians  par  seconde)  du  rayon  vecleur; 

m  =  vitesse  d'amortissement  de  ce  rayon  vecteur  par  rapport  à  sa  rotation 

angulaire; 
seront,  en  séparant  la  première  moitié  et  la  deuxième  moitié  de  l'oscillation 
simple,  résumées  dans  les  Tableaux  respectifs  suivants  : 

Pour  Pour 

la  première  inuilië  de  l'oscillation  simple  :  la  seconde  moilié  de  l'oscillation  simple  : 

sinai=r ; •  sina2  = 


2  fi)  ^  I 1  2  OJ  y/ 1  -t-  ?v 

N,  =  0),  cosai  ;         wi=zr,)y/i  —  }i  ;  JNj  =  0J2  cos a^  ;         w.2  =  w\/i4-À. 

IL  La  durée  d'une  oscillation  simple  a  pour  valeur 

— \-  a, a.-, 

o  ■  o  " 

(2)  T=: 


W,  N., 

HL  La  semi-amplitude  initiale  Ui_f  et  la  semi-amplitude  finale  //,  de 
la  i"'""^  oscillation  simple  sont  unies  par  la  relation 

—  m,( — i-a,  )       /i  —  /     —III.J a») 

(3)  u,  =  u^^,c    ^^      y-TT/.' 

(e^rbase  des  logarithmes  naturels). 

IV,  Ces  vibrations  non  entretenues  sont  rigoureusement  isochrones; 
avec  elles,  résumons  les  principaux  types  de  vibrations  non  entretenues 
qui,  tant  qu'elles  durent,  restent  isochrones  en  vertu  d'une  force  pendulaire 
et  de  diverses  résistances  simples.  Ce  sont  :  i°  les  vibrations  troublées  par 
un  frottement  pendulaire,  c'est-à-dire  proportionnel  à  la  valeur  absolue  de 
l'écart  au  point  mort;  2°  celles  troublées  par  une  résistance  visqueuse 
(proportionnelle  à  la  vitesse);  3°  les  vibrations  où  s'associent  les  deux 
résistances  qui  précèdent  (problème  résumé  plus  haut);  4°  les  vibrations 


SÉANCE   DU    12   JUIN    1922.  1021 

pendulaires  troublées  par  une  n-sistance  visqueuse  et  un  frotlenicnl  simple 
constant  ;  S*'  les  vibrations  pendulaires  troublées  par  un  frottement  constant 
pendant  chaque  oscillation  simple,  quel  (|ue  soit  son  sens. 

Les  trois  premières  ont  des  semi-amplitudes  décroissant  en  progression 
géométrique. 

La  quatrième  a  pour  loi  de  réduction  des  semi-amplitudes  «„,  lt^,  . . . ,  n-, 
la  loi 


(//,+,  +  4))  =(«/+(I»)H,  a)>o     et     II  <i;  ^ 


H 


/  étant  le  décalage  du  point  mort  du  au  frottement;  l'oscillation  de  rang  / 
est  la  dernière  si  le  z/,  calculé  par  cette  relation  est  le  premier  pour  lequel 
on  ait  algébriquement  Ui<^f^  et  l'avant-dernière  si  z/^  positif  est  précisément 
égala/. 

Toutes  les  vibrations  précédentes  se  prêtent  à  un  enregistrement  photo- 
graphique de  leurs  successions,  enregistrement  qui  concourt  aux  détermina- 
tions du  ou  des  deux  coefficients  de  frottements  d'espèces  dllférenles. 

V,  On  doit  retenir  toutefois  que  Tassociation  d'un  frottement  constant  et 
d'un  frottement  pendulaire  trouble  l'isochronisme  de  la  vibration //o/z  entre- 
tenue^ bien  que  sous  une  amplitude  do  régime  suffisamment  étendue  la 
vibration  entretenue  ne  manifeste  aucune  perturbation  sensible  à  l'épreuve 
d'isochronisme  du  réglage. 

On  en  voit  un  exemple  dans  le  calcul  approché  de  la  ckirée  de  la  vibra- 
tion entretenue  du  doublet  à  enroulements  symétriques;  celui-ci  se  com- 
porte en  effet  en  régime  normal  comme  si  le  frottement  constant  était 
accompagné  d'un  décalage  moyen  unique  dont  la  valeur  serait  la  moyenne 
arithmétique  des  deux  décalages  très  peu  différents  respectivement  propres 
à  la  première  moitié  et  à  la  seconde  moitié  de  l'oscillation^cn  cours. 

VL  Au  point  de  vue  d'une  ciassitication  rationnelle  des  cinq  types 
de  vibrations  ci-dessus  énumérés,  il  y  a  lieu,  dans  l'emploi  de  l'organe 
réglant,  de  signaler  comme  particulièrement  précieuse  la  circonstance 
suivante  : 

Cas  d'un  organe  réglant  à  coefficients  de  frottements  fixes.  —  Les  frotte- 
ments intérieurs  à  l'organe  réglant  proprement  dit  ont  leurs  coefficients 
constants  non  seulement  durant  une  vibration j  mais  encore  dans  la  suite 
du  temps;  c'est  ce  qui  arrive  par  exemple  si  les  frottements  considérés  ^c 
produisent  à  sec  et  si  leurs  coefficients  varient  peu  avec  la  température.  En 
ce  cas,  nous  n'aurons  à  envisager  que  Teffet  de  la  vieillesse  des  huiles  sur 
l'échappement  et  sur  le  gros  rouage,  et  l'effet  indirect  transmis  ensuite  à 


l522  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

l'organe  réglant  par  le  choc  réparaLeur  de  l'échappement,  et  son  influence 
sur  le  rythme  de  la  vibration. 

A  ce  point  de  vue,  nous  mettrons  à  part  les  trois  classes  d'organes  réglants 
qui  conservent  Fisochronisme  de  leurs  oscillations  non  entretenues, 
à  savoir  : 

Première  classe.  —  Organes  réglants  dont  les  frottements,  perturbateurs 
d'une  vibration  sans  eux  sinusoïdale,  comportent  :  soit  une  résistance  vis- 
queuse, soit  un  frottement  pendulaire,  soit  les  deux  résistances  réunies. 

Deuxième  classe.  —  Organes  réglants  dont  les  frottements  perturbateurs 
comportent  :  soit  un  frottement  simple  unique,  soit  une  résistance  vis- 
queuse, ces  deux  résistances  gardant  d'ailleurs  leurs  coefficients  presque 
constants. 

Troisième  classe.  —  Organes  réglants  dont  les  frottements  perturbateurs 
comportent  une  combinaison  des  résistances  passives  de  l'un  et  l'autre 
groupe  de  la  classe  précédente. 

VIL  Propriétés  des  machines  horaires  dont  Vorgane  réglant  appartient  à 
Vimc  des  trois  classes  précédentes .  —  Les  propriétés  que  nous  allons  énoncer 
ne  visent  théoriquement  que  le  cas  où  l'action  de  l'échappement  peut  être 
assimilée  à  une  action  instantanée  produisant  le  choc  réparateur  destiné  à 
l'organe  réglant. 

a.  Pour  un  organe  réglant  de  la  première  classe,  recevante  son  point 
mort  l'action  de  l'échappement,  la  vibration  entretenue  restera  isochrone 

MALGRÉ  LES  IRRÉGULARITÉS  DANS  l'iNTENSITÉ  DU  CHOC  RÉPARATEUR. 

b.  Pour  un  balancier  de  la  deuxième  ou  de  la  troisième  classe,  recevant 
l'action  de  l'échappement,  non  pas  dans  la  situation  précise  qui  correspond 
au  point  mort  du  ressort  réglant,  mais  dans  la  situation  qui  correspond  à  un 
décalage  convenable  du  point  mort^  en  sens  inverse  de  l'oscillation  en  cours, 
la  vibration  ainsi  entretenue  restera  lsochrone  malgré  les  uirégularités  dans 
l'intensité  du  choc  réparateur. 

Pratiquement,  ces  propriétés  précieuses  ne  seront  valables  en  toute 
sécurité  (eu  égard  à  la  non-instantanéité  du  choc  réparateur)  que  jusqu'à 
une  semi-amplitude  minima,  au-dessous  de  laquelle  on  s'interdira  de 
descendre,  ce  minimum  est  lié  à  ce  point  de  la  vieillesse  des  huiles  mises  au 
gros  rouage  qui  ne  devra -pas  être  atteint;  et  il  est  inutile  de  chercher  à 
prolonger  au  delà  l'agonie  du  chronomètre. 

VIII.  En  toute  rigueur,  les  propriétés  précédentes  ne  peuvent  pas  être 
appliquées  sans  précaution  à  un  chronomètre  portatif  muni  de  deux  spi- 
raux réglants  seulement,  mais  il  est  aisé  de  les  réaliser  sur  des  chronomètres 


SÉANCE   DU    12    JUIN    1922.  l523 

fixes,  soit  naturellement,  soit  en  appuyant  l'organe  réglant  sur  un  flotlcur 
convenable. 

IX.  Je  n'ai  pas  la  prétention  d'affirmer,  pour  le  nionietit,  dans  la  pour- 
suite de  ces  réalisations  expérimentales,  aucune  maturité  industrielle  immé- 
diate, mais  en  revanche  je  crois  que  l'on  peut,  sur  elles,  fonder  une  soluli(m 
prochaine  de  ce  problème  physique  : 

Les  résistances  passives  qui  se  rattachent  à  la  viscosité  des  liquides  se  rédui- 
sent-elles à  une  simple  résistance  visqueuse  on  couiportcnt-elles  encore^  associée 
à  la  précédente,  la  résistance  à' un  frottement  spécial  ayant  des  lois  assez 
analogues  à  celles  que  l'on  rencontre  dans  le  glissement  relatif  des  solides? 

L'emploi  de  balances  spirales,  et  leurs  oscillations,  étudiées  à  la  fois 
photographiquement  et  chronométriquementy  donnera  l'instrument  propre  à 
recevoir  la  réponse  à  la  question  que  nous  venons  de  poser. 

Si  cette  réponse  est  affirmative,  le  même  instrument  convenablement 
préparé  nous  fournira  les  lois  de  ce  frottement  supplémentaire  de  la 
viscosité. 


CRISTALLOGRAPHIE.   —  Sur  les  liquides  à  plans  équidistants  de  Grandjean. 
Note  (  '  )  de  MM.  G.  Friedel  et  L.  Royer. 

La  structure  à  plans  équidistants  découverte  par  Grandjean  dans  le  cyan- 
benzalaminocinnamale  d'amyle  se  retrouve  dans  beaucoup  d'autres  cas  et 
paraît  caractériser  d'une  manière  tout  à  fait  générale  les  liquides  biréfrin- 
gents à  couleurs  épipoliques  et  grand  pouvoir  rolaloire.  Nous  l'avons 
reconnue  notamment  dans  le  cinnamate,  le  cinnamylate  et  le  caprylate  de 
cholestérinc,  dans  le  para-méthylphénone-méthylol,  et  dans  un  grand 
nombre  de  mélanges  des  sels  de  choleslérine. 

Les  liquides  susceptibles  de  prendre  cette  structure  ne  l'afTectent  pas 
toujours.  Quand  ils  la  présentent,  ils  sont  pourvus  d'un  pouvoir  rolatoire 
énorme,  se  comptant  par  dizaines  de  tours  par  millimètre.  En  même  temps, 
et  dans  les  mêmes  conditions,  ces  liquides  réfléchissent  des  couleurs  spec- 
trales dont  la  longueur  d'onde  résulte  de  l'équidistance  des  plans  et  qui  se 
montrent  chaque  fois  que  cette  longueur  d'onde  est  comprise  dans  le  spectre 
visible,  mais  qui  peuvent  passer  dans  l'infrarouge  ou  dans  l'ultraviolet 
lorsque  l'équidistance  des  plans,  souvent  très  variable  notamment  avec  la 
température,  est  trop  grande  ou  trop  petite. 

Cette  réflexion  offre  des  caractères  très  singuliers.  D'une  part,  elle  porte 

(')  Séance  du  G  juin  1922. 


l524  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

exclusivement  sur  Tune  des  vibrations  polarisées  circulaires,  Tautre  n'étant 
absolument  pas  affectée.  D'autre  part,  elle  présente  ce  caractère  inattendu 
que,  contrairement  à  ce  qui  a  lieu  dans  la  réflexion  ordinaire,  le  rayon  cir- 
culaire se  réfléchit  sans  changer  de  sens.  Ainsi,  dans  le  cyanbenzalamino- 
cinnamate  d'amyle,  les  plans  réfléchissent  exclusivement  le  rayon  circu- 
laire droit,  et  ils  le  réfléchissent  sous  forme  d'un  rayon  circulaire  droit. 
Dans  le  cynnamylate  de  cholestérine,  c'est  le  rayon  gauche  qui  est  réfléchi 
gauche.  Il  est  facile  de  vérifier  cette  propriété  sur  une  préparation  quel- 
conque à  couleurs  épipoliques  et  à  structure  bien  régulière  (ce  qui  se 
reconnaît  à  ce  que  les  couleurs  sont  totalement  éteintes  par  un  analyseur 
circulaire)  :  le  même  analyseur  circulaire,  gauche  pour  le  cyanbenzalami- 
nocinnamate,  droit  pour  le  cinnamylate  de  cholestérine,  éteint  complète- 
ment aussi  bien  la  couleur  réfléchie  que  la  couleur  complémentaire  trans- 
mise. 

Le  liquide  peut  très  bien  ne  pas  présenter  la  structure  à  plans  parallèles. 
Même  confuse,  comme  elle  se  montre  dans  beaucoup  de  sels  de  cholesté- 
rine, cette  structure  s'accompagne  toujours  de  couleurs  réfléchies,  qui 
seulement  varient  d'un  point  à  l'autre  de  la  préparation.  Mais  elle  peut 
aussi  manquer  tout  à  fait.  Le  liquide  se  montre  alors  composé  de  petites 
plages  à  noyaux,  grises  entre  niçois,  et  qui  ne  difl'èrent  pas  de  celles  des 
liquides  à  fils  ordinaires.  C'est  ce  qui  arrive  souvent  lorsque  la  phase  appa- 
raît, soit  qu'on  l'obtienne  par  refroidissement  du  liquide  isotrope,  soit 
qu'on  y  parvienne  en  élevant  la  température  à  partir  de  l'état  cristallisé  ou 
d'une  autre  phase.  La  structure  à  plans,  qui  n'est  d'ailleurs  jamais  régu- 
lière que  dans  les  petites  épaisseurs,  s'établit  parfois  spontanément  ensuite. 
Mais  dans  la  plupart  des  cas  il  est  nécessaire,  pour  l'obtenir,  d'imprimer 
des  mouvements  au  couvre-objet,  et  l'on  peut,  en  évitant  ces  mouvements, 
conserver  longtemps  la  structure  à  petites  plages.  Il  est  remarquable  que, 
tant  qu'il  conserve  cette  structure,  le  liquide  ne  montre  ni  pouvoir  rota- 
toire  ni  réflexion  de  couleurs.  Les  deux  phénomènes,  qui  se  montrent  ainsi 
évidemment  connexes,  sont  liés  à  la  structure  à  plans  équidislants. 

La  structure  à  petites  plages,  sans  pouvoir  rotatoire  ni  couleurs  épipo- 
liques, a  souvent  été  prise  pour  une  phase  distincte.  C'est  ainsi  que  Stumpf 
a  décrit  comme  phases  différentes,  dans  le  cyanbenzalaminocinnamate 
d'amyle,  ces  deux  structures  d'une  même  phase;  en  réalité  elles  ne  cons- 
tituent pas  plus  deux  phases  distinctes  que,  par  exemple,  la  structure  à 
noyaux  et  la  structure  en  plages  normales  à  l'axe  qui  s'observent  dans  la 
plupart  des  liquides  à  fils. 

D'autre  part,  vStumpf  a  montré  le  premier,  par  l'étude  du  cyanbenzal- 


SÉANCE    DU    12    JUIN    I922.  1^25 

aminocinnamate  d'amyle,  que  le  pouvoir  rolaloire  de  ce  corps  change  de 
signe  de  part  et  d'autre  d'une  certaine  longueur  d'onde  qui  paraît  coïncider 
exactemenl  avec  la  longueur  d'onde  réHrcliie.  Pour  cette  longueur  d'onde 
d'inversion  \,  le  rayon  droit  étant  totalement  réfléchi,  le  pouvoir  rolaloire 
ne  se  manifeste  plus.  De  part  et  d'autre,  lorsque  la  longueur  d'onde 
approche  de  À,,  le  pouvoir  rotatoire  augmente  considérablement,  et  ne 
montre  aucun  indice  de  diminution  avant  de  disparaître  lorsque  la  lon- 
gueur d'onde  atteint  A,.  Il  est  droit  du  côté  du  violet,  gauche  du  côté 
du  rouge.  De  l'extrême  rouge  jusqu'à  A,,  il  croît  constamment;  au  delà, 
il  décroît  d'abord  très  rapidement,  passe  par  un  minimum,  puis  croît  de 
nouveau  plus  lentement  vers  le  violet. 

Au  signe  près,  ces  mêmes  caractères  paraissent  se  retrouver  d'une 
manière  absolument  générale  dans  tous  les  liquides  à  couleurs  épipoliques, 
qui  se  répartissent  ainsi  en  deux  types  distincts  :  Dans  le  premier  type 
(cyanbenzalaminocinnamate),  le  pouvoir  rotatoire  est  droit,  à  partir  de  A,, 
du  côté  des  petites  longueurs  d'onde,  gauche  du  côté  des  grandes;  le  rayon 
circulaire  réfléchi  est  le  droit;  les  dessins  en  forme  de  virgules  signalés  par 
Grandjean  sur  les  bords  des  gouttes  à  surface  libre  ont  la  forme  convexe 
vers  la  droite  pour  l'observateur  placé  sur  le  bord  de  la  goutte;  les  franges 
noires  vues  dans  les  mêmes  conditions  entre  niçois  se  déplacent  d'un 
mouvement  continu  vers  les  grandes  épaisseurs  quand  on  fait  tourner 
les  niçois  dans  le  sens  direct  (ou  la  préparation  dans  le  sens  rétrograde). 
Dans  le  deuxième  type  (cinnamylate  de  cholestérine),  le  pouvoir  rotatoire 
est  gauche,  à  partir  de  A,-,  vers  les  petites  longueurs  d'onde,  droit  vers 
les  grandes;  le  rayon  circulaire  réfléchi  est  gauche;  les  virgules  sont 
convexes  vers  la  gauche  pour  l'observateur  placé  sur  le  bord  de  la  goutte; 
les  franges  noires  vont  vers  les  épaisseurs  croissantes  quand  on  fait  tourner 
les  niçois  dans  le  sens  rétrograde.  A  tous  égards,  les  deux  types  de  liquides 
sont  l'image  l'un  de  l'autre  dans  un  miroir. 

Il  faut  ajouter  que  c'est  probablement  par  erreur  que  les  plages  bien 
orientées,  réfléchissant  des  couleurs  polarisées  circulaires  et  bien  homo- 
gènes^ ont  été  décrites  (notamment  par  Stumpf)  comme  ayant  leur  axe 
optique  normal  à  la  préparation.  Il  n'y  a  rien  là  qui  soit  comparable  aux 
plages  normales  à  l'axe  que  l'on  observe  dans  les  liquides  à  fils  ordinaires 
ou  dans  les  corps  à  coniques.  Tous  les  faits  s'accordent  au  contraire  pour 
faire  considérer  leur  pouvoir  rotatoire  comme  étant  du  à  la  même  cause  que 
cette  sorte  de  pouvoir  rotatoire  achromatique  si  particulier  qui  s'ajoute  à  la 
biréfringence  dans  l'azoxyphénétol   ou    l'azoxyanisol  et  que   Mauguin   a 


l526  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

expliqué  parla  torsion  accidentelle  de  plages  non  normales  à  l'axe.  Tant 
que  la  torsion  est  relativement  faible  (cône  de  roulement  sur  l'équateur  de 
la  sphère  de  Poincaré  très  aigil),  les  faits  doivent  bien  être  ceux  que  l'on 
observe  dans  les  plages  accidentellement  tordues  de  Fazoxyphénétol,  Quand 
la  torsion  est  beaucoup  plus  forte  (cône  de  roulement  dont  l'ouverture 
approche  de  180*'),  la  rotation  de  la  vibration  incidente,  tout  en  changeant 
de  sens,  prend  exactement  les  caractères  d'un  pouvoir  rotatoire  ordinaire, 
avec  forte  dispersion,  tel  que  celui  qu'on  observe  dans  les  lic|uides  à  plans. 
Cela  rend  très  probable  que  la  cause  du  pouvoir  rotatoire  énorme  de  ces 
liquides  réside  dans  la  structure,  et  plus  spécialement  dans  une  très  forte 
torsion  spontanée  qui  se  manifeste  dans  les  minuscules  intervalles  compris 
entre  deux  plans  de  Grandjean  successifs.  Les  liquides  des  deux  types 
paraissent  ne  différer  entre  eux,  qualitativement,  que  par  le  sens  de  cette 
torsion. 

Nous  montrerons  dans  une  prochaine  communication  que  d'autres  faits 
viennent  à  l'appui  de  ces  conclusions. 


M.  G.  BiGouRDAx  fait  hommage  à  l'Académie  d'une  brochure  intitulée  : 
Union  astronomique  internationale  (U.  A.  /.).  31  —  Commission  de  r heure 
(C.  /.  //.  ).  Corrections  des  signaux  horaires  déterminées  au  Bureau  interna- 
tional de  r  Heure  (//.  /.  //.)  en  1921  (2*^  année),  et  du  fascicule  3,  tome  1  du 
liuUctin  horaire  du  Bureau  international  de  l'Heure  (/i.  /.  //.  ). 


M.  Cb.  Lallemand  présente  à  l'Académie  : 

i"  Un  cxcm])laire  de  son  Rapport  au  Congrès  géodésiquc  de  Rome  sur  les 
travaux  exécutés  pur  le  Service  du  Nivellement  de  la  France  de  191 2  à  1922 
et,  en  particulier,  sur  le  rattachement  au  réseau  français  des  opérations 
allemandes  effectuées  en  Alsace-Lorraine  durant  l'occupation.  Les  correc- 
tions atteignent  17*^™  à  Thioii ville  au  Nord  et  36''"  à  Montreux-Yieux,  près 
Belfort,  au  Sud.  La  totalité  des  nivellements  exécutés  à  ce  jour  s'élève 
à  i3oooo  kilomètres,  représentant  la  moitié  du  travail  à  effectuer  sur 
l'ensemble  du  territoire. 

2°  Une  brochure  intitulée  :  V anarchie  monétaire  et  ses  conséquences  éco- 
nomiques^ où  se  trouvent  développées  les  idées  exposées  par  lui  dans  une 
Notice  de  V Annuaire  du  Bureau  des  Longitudes  pour  192.2,  sur  les  Monnaies 
et  le  Change.  Ajjrès  avoir  montré  les  néfastes  effets  de  l'abandon  de  l'or 


SÉANCE   DU    12    JUIN    1922.  1527 

comme  étalon  monétaire,  au  cours  de  la  guerre,  et  de  son  remplacemcnl 
par  des  monnaies  de  papier,  dépourvues  de  gage  réel  et  néanmoins  dotées, 
par  la  loi,  d'une  pleine  valeur  libéraloire,  M.  Lallemand  émet  l'avis  que, 
seul,  le  retour  graduel  au  pair  des  monnaies  les  moins  avariées  ramènera  la 
vie  à  un  coût  supportable  pour  les  classes  moyennes,  constituant  l'armature 
des  nations. 


M.  J.  CosTANTiN  présente  à  l'Académie  les  lascicules  8  à  26  {fin)  de 
VHistoirc  natiireUe  illiislrée  :  I.  Lr.s  Plantes,  publiée  en  cjllaboralion  avec 
M.  F.  Fajdeau. 


CORRESPOND AXCE. 

M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

1°  E.  Doublet.  L''a.stronome  Lalandc  et  la  Géographie.  (PréseniépavM.  G. 
Bigourdan.) 

2"  E.  Doublet.  Histoire  de  T Astronomie.  (Préseniépav  M.  G.  Bigourdan.) 

3''  Emile  Belot,  Exposition  synthéticjiie  de  l'origine  dualistique  des  mondes. 
Présenté  par  M.  Bigourdan.) 

4°  Félix  Migilvud.  Rayonnement  et  gravitation.  (Présenté  par  M.  D. 
Berthelot.) 

5°  Carie  du  Sud  de  la  mer  du  Nord,  dressée  spécialement  pour  les 
pêcheurs,  publiée  par  le  Service  hydrographique  de  la  marine,  d'accord 
avec  rOflice  scientifique  et  technique  des  pêches.  (Présentée  par  M.  Joubin.) 

ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Sur  les  séries  asymptotiqiies.  Note 
de  M.  ToRSTEV  Carleimav,  présentée  par  M.  Emile  Borel. 

Soit  /"(5)  une  fonction  analytique  de  la  variable  z  = /-e'^^  régulière  dans 
le  domaine  r^  R, — a-  <[  0  <]  a  —  et  représentée  asymptotiquement  dans 

ce  domaine,  au  sens  de  Poincaré,  par  la  série  V  -^• 

On  sait  qu'à  une  fonction  /(-)  donnée  ne  peut  correspondre  qu'une 


l528  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

seule  série  asymptotique.  D'un  autre  côté,  il  existe  toujours  une  infinité  de 
fonctions  admettant  le  même  développement  asymptotique.  C'est  un  pro- 
blème important  de  trouver  des  conditions  supplémentaires  (S)  par  les- 
quelles la  fonction  y(^)  devient  déterminée  d'une  manière  unique  par  sa 
série  asymptotique.  Pour  exprimer  que  f(z)  admet  la  série  asympto- 
tique 2]  ::^  et  satisfait  aux  conditions  (S),  nous  allons  utiliser  le  symbole 

v  =  l 

v  =  o 

M.  Watson  a  démontré  que/(::)  est  déterminée  d'une  manière  unique  si 
l'on  suppose 

(2)  \fn{z)\<b"\iJ.cAn,         (o</j-<i), 

b  étant  une  constante  (').  On  a  posé  : 

Les  conditions  (S)  doivent  être  telles  que  les  relations 

entraînent  les  suivantes  : 

(3) 

1  p  =  0 

Finalement  la  relation  (i)  doit  être  équivalente  à  f{z)  =y  ^  si  la  série 
est  convergente. 

Je  me  propose  ici  de  démontrer  que  les  inégalités 

(^)  IA(0|<-— ^^[p(/0?" 

(où  ^  et  m  sont  des  constantes  positives  qui  peuvent  varier  d'une  fonction  à 

(')  M.  Nevanlinna  a  perfectionné  ce  théorème  en  montrant  qu'on  peut  remplacer  p. 
par  I  dans  l'inégalité  (2)  {Zur  Theorieder  asymptotischen  Polenzreihen,  tielsingfors, 
1918). 


SÉANCE   DU    12    JUIN    I922. 

une  autre)  constituent  un  système  de  conditions  (S)  5« 


ID29 


n  =  0 


est  une  série  divergente  à  termes  positifs  décroissants.  Supposons,  par  impos- 
sible, qu'il  existe  une  autre  fonction  g(z)  ayant  la  même  série  asympto- 
tique  quey(3  )  et  remplissant  en  outre  la  condition 


\8n{-^)\< 

On  en  déduit,  pour  la  fonction 

F(.)=/(.)-^(: 

une  inégalité  de  la  forme 


A? 


[^('0]*". 


f„{z.)-gr,{z.) 


P,(  •!  ^X  1  n 


?(«) 


|F(=)l<^-4v 
1  cos  — 

\     «./ 

En  prenant  \l  suftîsamment  grand,  il  s'ensuit  aisément,  pour  la  fonction 

(5)  G(^)  =  ti^t/^  (^^  -  2)^-  F(^)  dx. 

la  limitation 


|G(.)1<A 


.[^ 


En  utilisant  la  transformation  Z  =  s*,  il  s'ensuit,  par  un  raisonnement 
utilisé  dans  ma  Note  Sur  un  théorème  de  M.  Denjoy  (  ' ),  que  (y{z.)  est  identi- 
quement nul.  Il  en  est  donc  de  même  de  ¥{z)  en  vertu^de  (5).     c.q.f.d. 

On  vérifie  facilement  les  relations  (3)  en  utilisant  le  fait  que  ^{n)  est  une 
suite  croissante.  Par  contre,  la  monotonie  de  la  fonction  ^{n)  n'est  pas 
indispensable  pour  établir  l'unicité  dey(:;). 

Remarquons  qu'on  pourrait  obtenir  le  même  résultat  au  moyen  du  théo- 
rème de  M.  Denjoy  en  considérant  la  fonction  indéfiniment  dérivable 


«—(a 


e''V{s)ds. 


(')  Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  SjS. 


'   •    o  < 

1^  L  t  3  R  A  R 


lS3o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Comme   application,   prenons    le   problème  de  déterminer   une    fonc- 
tion ol(x)  non  décroissante,  satisfaisant  aux  relations 

/     x'' da{jc)  ^=  Cl         (v  =  o,  I,...  ) 
(problème  des  moments).  En  considérant  la  fonction 

qui  admet  V  ziri  comme  série  asymptotique  avec  |/^,;^.,  (:;)  |  ■<  -^'  on 
trouve  ainsi  :  Le  problème  des  moments 


i: 


,x^' da{x)  z=i  Cl         (  V  rz:  (),  I ,  .  .  .  ) 


n  admet  qu'une  seule  solution  si  \    .,         diverse. 

Pour  le  problème  de  Stieltjes      /     x^dy.(œ)  =  c,   ,  il  suffit  de  supposer 

L  <-•  0 

\    -.;  divergente,  ce  qu'on  peut  encore  énoncer  comme  il  suit  :  Si  la 

Âmmà    '  s]  I  C,  I 

série  y,      .v+i   "'  ^idmet  une  fraction  continue  de  Stieltjes  correspondante^  on 


V  =0 


est  sur  (tue  cette  fraction  continue  converge  si  ^  ,.,  diverse. 

Je  suis  arrivé  à  une  autre  démonstration  (purement  arilhniéti(jue)  de 
cette  proposition,  qui  permet,  comme  je  le  ferai  voir  dans  un  autre 
Mémoire,  de  trouver  une  nouvelle  démonstration  (basée  sur  la  théorie  des 
fractions  continues)  des  théorèmes  de  JNI.  Denjoy  et  de  M.  Bore)  sur  les 
fonctions  indéfiniment  dérivables. 


TUJ:orie  des  nombres.  —  Sur  la  méthode  d' approximation  d'Hermite. 
Note  de  M.  G.  Valiron,  présentée  par  M.  h^mile  Borel, 

La  considération  des  réduites  des  formes  quadratiques  binaires 

/=(x-«Yr--Hl^, 

où  co  est  constant  et  A  une  vat^iahle  continue,  a  conduit  Hermite  à  démontrer 


SÉANCE  DU    12   JUIX    I922.  l53l 

l'existence  d'une  suite  de  fractions  p  :  q  approchant  d'une  irrationnelle 
donnée  co,  l'approximation  étant  au  moins  égale  k— — (' ).  Humbert  a 

développé  la  méthode  d'Hermite  en  utilisant  la  division  modulaire  du 
demi-plan  et  a  étudié  la  relation  entre  ces  fractions  d'Hermile  et  les 
réduites  du  développement  de  w  en  fraction  continue.  D'une  manière  paral- 
lèle, Humbert  introduisit  une  représentation  géométrique  très  remarquable 
des  réduites  du  développement  en  fraction  conlinue  de  w  au  moyen  de  la 
division  du  demi-plan  en  triangles  de  Stephen  Smith.  3  =  a;  -h  «j  étant  la 
variable  complexe,  les  triangles  de  Smith  se  déduisent  du  triangle  fonda- 
mental de  côtés  ^  =  o,  y  ^o;  .t  =  i,j>o  ;  s  —  -  = -,j> G  par  les  subs- 
titutions du  groupe  modulaire:  ces  triangles  ont  leurs  sommets  aux  points 
d'abscisse  rationnelle  de  l'axe  réel  et  ont  pour  côtés  des  demi-circonférences. 
Chaque  point  d'abscisse  rationnelle  non  entière  p  :  q  de  cet  axe  est  sommet 
intermédiaire  d'un  triangle  T(p,  q),  sommet  gauche  d'une  suite  de  triangles 
dont  l'un,  le  premier,  est  adjacent  à  T(/j,  q)  et  sommet  droit  d'une  autre 
suite  dont  \q premier  est  adjacent  à  T(/?,  q).  Pour  que  p  :  y  soit  une  réduite 
de  w,  il  faut  et  il  suffit  que  les  deux  côtés  aboutissant  en  ce  point  dans  l'un 
des  triangles  de  Smith  de  sommet  p  :  q  coupent  la  droite  a;  =  w  (et  alors 
cette  circonstance  se  produit  pour  l'un  des  premiers  triangles). 

Si  Ton  considère  les  hauteurs  des  triangles  de  Smith  limitées  aux  som- 
mets et  à  leur  point  de  concours   (  c'est-à-dire  les  homologues  des  arcs 

x=  -,  y>^-;  \z\=  I,  o<r<^;  |:^  -  i|  =  i,  o<y<^),on  voit  que  la 
condition  nécessaire  et  suffisante  pour  que/?  :  7  soit  fraction  d'Hermite  est 
(jue  la  droite  .r  —  w  coupe  l'une  des  hauteurs  aboutissant  en  ce  point  dans 
les  triangles  de  Smith  de  sommet/?  :  q.  Pour  que  cette  circonstance  se  pro- 
duise, il  est  nécessaire  et  suffisant  que  .r  =  w  coupe  la  hauteur  aboutissant 
enp'.q  dans  l'un  des  deux  premiers  triangles  de  Sjnith  de  sommet/;  •.(/. 
Il  en  résulte  de  suite  que  toute  fraction  d'Hermite  appartient  à  la  suite  des 
réduites  ordinaires,  que  sur  deux  réduites  consécutives  l'une  au  moins  est 
fraction  d'Hermite,  et  la  condition  nécessaire  et  suffisante  pour  que  p  '.q 
soit  fraction  d'Hermite,  donnée  également  par  Humbert,  s'obtient  immé- 
diatement. 


(')  Voir  HiiRMiTE,    OEu\ves,  l.  1,  p.   i64;  \.vo\i>   Mémoires  à^  \\\:y\v.\\\\\.  Journal  de 
Math..  1916,  et  une  Noie  de  M.  Emile  Borel,  Comptes  rendus,  l.  1U3,   1916,  p.  Sgô. 


l532  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Mais  il  est  clair  que  l'on  peut  remplacer  les  hauteurs  des  triangles  de 
Smith  par  d'autres  lignes  brisées  aboutissant  aux  sommets  pourvu  rpie  toute 
droite  x  =^  m  (co  non  rationnel)  coupe  une  infinité  de  ces  lignes.  Ce  n'est 
encore  qu'appliquer  la  méthode  de  réduction  continuelle.  On  peut  prendre 

dans  le  triangle  fondamental  de  Smith  le  point  z  =  i,  arg  z  =^  f)  (^^^)' 

joindre  ce  point  au  point  à  l'infini  par  une  parallèle  à  Oy  et  à  l'origine  par 
un  arc  de  cercle  tangent  à  Oj,  puis  prendre  les  homologues  de  cette  ligne 
brisée  dans  les  deux  substitutions  modulaires  laissant  invariant  le  triangle 
fondamental.  On  obtient  dans  chaque  triangle  de  Smith  trois  lignes  brisées 
formées  de  deux  segments  joignant  les  sommets  deux  à  deux.  Pour  l'une 
au  moins  p  ;  (/  de  deux  réduites  consécutives  la  droite  x  ■=  cm  coupera  l'un 
des  segments  aboutissant  en  ce  point,  et  inversement,  tout  sommet  p  :  q 
d'un  segment  coupé  par  â?  =  w  donne  une  réduite  ordinaire.  La  suite  des 
fractions  ainsi  obtenues  est  d'ailleurs  extraite  de  celle  d'Hermite  et  donne 

l'approximation  — : — tt-s- 

Dans  le  cas  particulier  simple  où  l'on  part  des  deux  segments  déterminés 
sur  Oy  par  le  point  d'ordonnée  i,  on  obtient  une  suite  de  fractions />: 7 

extraite  de  celle  d'Hermite  donnant  l'approximation  — ,  •  Gomme  on  passe 

des  réduites  ordinaires  aux  fractions  de  cette  deuxième  suite  d'Hei-mite  en 
supprimant  l'une  au  plus  de  deux  réduites  consécutives,  on  obtient  un 
développement  de  w  en  fraction  continue  semi-arithmétique  (les  numéra- 
teurs sont  ±  i)  analogue  au  développement  hermitien  considéré  par  Hum- 

bert,  mais  donnant  l'approximation  — -'  La  condition  nécessaire  et  suffi- 

santé  pour  quey:>:y  appartienne  à  cette  deuxième  suite  est  aisée  à  former. 
On   est    ensuite  conduit  à   considérer   les   réduites  p:q   telles    que   la 

droite  j;  =  oj  coupe  deux  des  segments  aboutissant  en  ce  point  (  et  corres- 
pondant à  0  =  -  j-  On  obtient  encore  une  suite  extraite  de  la  précédente  et 

qui  se  déduit  de  la  suite  des  réduites  ordinaires  en  supprimant  au  plus 
deux  réduites  sur  trois  consécutives.  Ces  fractions  donnent  l' approximation 

canonique  _  ^-  On  peut  remplacer  la  condition  de  couper  deux  segments 
homologues  du  segment  ^c  =  o,  j  >>  i  par  celle  de  couper  un  homologue  du 
segment  x  =  ->  y^-^,  ce  qui  est  moins  restrictif  et  donne  la  même  approxi- 


SÉANCE   DU    12   Jl  L\    I922.  I  533 

mation.  Les  fractions  de  celte  troisième  suite  cVUermite  sont  encore  extraites 
de  la  deuxième  suite.  La  condition  pour  qu'une  fraction  appartienne  à 
cette  suite  est  aisée  à  obtenir. 

Dans  le  cas  de  Tapproximalion  des  irrationnelles  quadratiques,  les  suites 
obtenues  sont  périodiques,  cela  résulte  de  suite  du  mode  de  démonstration 
d^Humbert.  Si  l'on  considère  une  forme  quadratique  binaire  indéfinie  à 
coefficients  entiers,  on  voit  qu'il  existera  toujours  des  réduites  dont  la 
circonférence  représentative  coupera  le  segment  considéré  ci-dessus,  et  par 
suite  des  réduites  dont  la  circonférence   représentative   coupera   Tare  de 

cercle  |  s  |  =  i/ -  compris  entre  les  points  d'abscisses  ±  -;  le  nombre  de  ces 

réduites  canoniques  est  en  relation  avec  le  nombre  des  fractions  de  la  troi- 
sième suite  d'Hermite  appartenant  à  une  période  des  irrationnelles  obtenues 
en  annulant  la  forme  considérée. 


MÉCANIQUE  APPLIQUÉE.  —  Sur  le  problème  général  de  la  poussée  des  terres. 
Note  de  M.  Georges  Rémouxdos. 

Dans  une  Note  récente  ('),  j'ai  montré  que  le  problème  général  de  la 
poussée  des  terres  se  ramène  à  une  équation  à  dérivées  partielles  linéaire 
à  /',  s,  t  et  du  second  ordre.  Quelques  jours  après,  M.  Goursat  (-)  a  commu- 
niqué une  autre  solution  du  problème. 

Or  je  dois  faire  observer  que  M.  Goursat  a  pris  les  équations  de  M.  Bous- 
sinesq  avec  une  faute  typographique  qui  a  été  faite  dans  ma  Note.  Les  équa- 
tions exactes  de  M.  Boussinesq  sont  les  suivantes  : 


Ou 

or 

^  +  /.- 

dy 


d  {  Il  00^2  fj))  à  {  If  i^in  2  rj)) 

au:  ày 

à{u  si  11  2  (j)  )  â{  Il  côs  2  (1)  ) 
(Jjc-         '  l)j 


tandis  que  dans  ma  Note  imprimée  le  signe  —  a  été  remplacé  par  le  signe  -h . 
C'est  pour  cela  que  la  solution  de  M.  Goursat  ne -se  rapporte  pas  au  pro- 
blème de  la  poussée  des  terres;  on  voit,  d'ailleurs,  immédiatement  que,  si 
les  équations  de  M.  Boussinesq  avaient  la  forme  parue  dans  ma  Note  impri- 

(  •  )  Sur  les  clé/or  m  a  lions  planes  et  le  problème  de  la  poussée  des  terres  (  Comptes 
rendus.,  t.  M'a,  1922,  p.  929). 

(^)  Sur  le  problème  de  la  poussée  des  terres  {Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  1049). 
C.  R.,  1932,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  24)  I  I  I 


l534  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

mée  et  dans  celle  de  M.  Goursat,  la  solution  donnée  par  M.  Goursat  serait 
immédiatement  visible  et  n'aurait  pu  échapper  à"M.  Boussinesq. 

Ma  méthode  et  mon  résultat  se  rapportent  aux  équations  exactes  de  M.  Bous- 
sinesq et,  par  conséquent,  au  problème  général  de  la  poussée  des  terres. 


ÉLASTICirÉ.  —  Sur  la  déformation  élastique  d'un  corps  isotrope. 
Note  de  M.  Sudria,  présentée  par  M.  G.  Kœnig-s. 

Une  précédente  Note  a  établi  un  théorème  corrélatif  du  théorème  de 
Ménabréa  généralisé;  ce  théorème  s'énonce  ainsi  : 

«  De  toutes  les  déformations  virtuelles  que  l'on  peut  concevoir  pour  le 
système.de  corps  isotropes  chargés  brusquement,  celle  pour  laquelle  l'énergie 
cinétique  virtuelle  (somme  des  travaux  des  forces  appliquées  et  des  forces 
moléculaires)  est  maxima,  est  la  déformation  d'équilibre.  » 

Le  théorème  a  été  établi  par  un  procédé  qui  ne  s'applique  qu'à  un 
nombre  fini  de  points  chargés  (résolution  d'un  nombre  égal  d'équations 
linéaires).  On  peut  justifier,  ainsi  qu'il  suit,  l'extension  au  cas  des  charges 
continues  : 

Considérons  l'intégrale  étendue  au  volume  total  (2  du  système  : 


-(£x+£r+2=)'+F-(2l-^-4+^')  +  \^fyz-^yl»:-^-nr') 


dx  dy  dz 


[  ^>.r  £ar  +  V ,-  £ ,.  +  V;  £;:  +  "/j  c  T_,.;  +  y^^;  z-^,  +  y^ ,.  T^  ^  ]  dx  df  dz, 
ù 


dans  laquelle  les  £  et  les  y  sont  les  paramètres  de  la  déformation  élastique 
au  point  x,  y,  z  (avec  la  convention  de  signes  du  Tj'aité  de  Mécanique  de 
M.  Appell)  ;  X  et  [j.  sont  les  constantes  d'isotropie  ;  v^,  . . . ,  ly^,  ...  les  fatigues 
normales  et  tangenlielles  au  moment  de  l'équilibre,  sous  les  forces  données. 
Cette  intégrale  est  minima,  pour  les  valeurs  des  e  et  des  y  correspondant 
à  cet  équilibre;  en  effet,  dans  l'élément  différentiel,  le  facteur  de  dxdy  dz 
contient,  comme  ensemble  de  termes  du  second  degré,  une  fonction  quadra- 
tique définie  positive  c7  et,  d'après  une  proposition  rappelée  dans  la  pré- 
cédente Note,  il  suffit,  pour  établir  l'existence  du  minimum,  de  vérifier  que 
les  conditions  du  premier  ordre  sont  remplies.  Or,  on  sait  qu'au  moment  de 
l'équilibre  on  a  bien  : 

Interprétons  maintenant  ce  résultat;  dans  l'intégrale  ô  la  seconde  ligne 


SÉANCE  DU  12  JUIX  1922.  l535 

peut  s'écrire,  en  exprimant  les  paramètres  au  moyen  des  composantes  du 
déplacement  du  point  et  en  intégrant  par  parties  : 


-m 


dx 

(«Vj 

+  ^''xy 

'+'""^5^ 

) 

à 

(«T, 

y-^VVy 

+    iVZy: 

) 

[  "( 

dx 

àf 

dz 

) 

...( 

dx 

â'Jy 

"  oy 

dz 

) 

•■(fe-^-è)]"^''^*' 


La  formule  d'Ostrogradsky  permet  de  remplacer  la  première  intégrale 
de  volume  par  l'intégrale  étendue  à  la  surface  2  limitant  le  système  : 

/    /  [{ii'^x+  «'T^r-f-  wz^y)ot  +  {uz-,y-hvVy-\-  H'Zy.)  (3  +  { u ^ y ^ ^  i' ^ -^  +  w V .)  y ]  d<7 


ou  encore 


—    /     /    [«Xe+  ('Ye+  t'f'Z^]fl'(7, 


Xg,  Yg,  Zg  étant  les  composantes  de  la  force  unitaire  appliquée  à  l'élé- 
ment d(j,  OL,  |3,  Y  les  cosinus  des  angles  des  axes  de  coordonnées  avec  la 
demi-normale  positive  à  cet  élément. 

Cette  intégrale  de  surface  est  donc  le  travail,  changé  désigne,  desforces 
appliquées  extérieures. 

Reste  la  dernière  intégrale;  elle  s'écrit  encore,  d'après  les  équations  clas- 
siques de  l'élasticité  : 

p  (  it  Xi  -\-  r  Y,-  4-  u'Z,)  cIm, 


-ffl 


pXj,  pY,,  pZ,  étant  les  composantes  de  la  force  unitaire  appliquée  à  l'élé- 
ment de  volume  da).  On  obtient  ainsi  le  travail,  changé  de  signe,  des  forces 
appliquées  intérieures. 

Les  deux  résultats  précédents  ajoutés  donnent  donc  ~  F«,  travail  de  toutes 
les  forces  appliquées,  changé  de  signe.  Si  l'on  tient  compte  de  ce  que, 
dans  l'intégrale  Ô,  la  première  ligne  est  le  potentiel  interne  du  corps,  c'est- 
à-dire  le  travail,  changé  de  signe,  des  forces  moléculaires  —  s„j,  on  trouve 
bien  que  la  somme  —  (s«-f-5,„)  est  minima,  ou  encore  que  le  travail 
total  Sa -h  S,„  (énergie  cinétique  virtuelle)  est  maxima  pour  la  déformation 
d'équilibre. 


l536  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


ASTRONOMIE.  —  Observations  de  la  comète  igiia  (Skjeilerup)  faites  àVéqua- 
torial  de  49*^"*  ^^  i' Observatoire  de  Strasbourg.  Note  de  M.  A.  Daxjon, 
présentée  par  M.  B.  Baillaud. 

Observations  de  la  comète. 

Nombre  _                    * 

Dates                                                                                               de  Log.  fact.                                     Log-  fact. 

19'22.               T.  m.  St.               A(Â>.                    A^P.            compar.       -Ao  apparente.  parall.         "j?  apparente.           parall.          :*r 

h        m        s               m        s                           in                                        h        m       s  o        >        „ 

22  mai...     10.52.   n     — o.   6,   7     —  7.44,0       5.5         8.20.12,    i  9,627       65.4o.34,o      0,754 /i      o. 

28  »   ...      10.45.19     +0.35,66     —  5.5r,2       5.5         8.58.   7,25  9,656       59.   7.59,8       0,761/1.     b 

29  »...     11.   5.44     +4 -29, 80     —   0.40.6       5.5         9.   5.38,87  9,659       57.56.29,1       0,772/1       c 

Etoiles  de  comparaison. 

Réduction  Réduction 

au  au 

*.                                         Gr.                .Â.  1922,0.                jour.                  ^P  1922,0.  jour.                                 Autorités. 

Il        m      s                               s                            0,1,  I, 

a 7,5         8.20.18,  i4         +0,59        65.48.   9,4  +8,8         A.  G.  Berlin  8869 

b in,o          8.57.80.94          +0,68          59.18.44,4  +6,1          Oxford    Aslrogr.    3i°22958 

c 9,0         9.    I.    7,98         +0,64         57.57.   4,1  +5,6        A.  G.  Leiden  8751 

Remarque.  —  Comèle  faible,  avec  une  condensation  jie^   marquée  le  22,  plus  faci- 
lemenl  visible  les  28  et  29. 


ASTRONOMIE.  —  Sur  le  calcul  des  coordonnées  héliographiques .  Note 
de  M.  E.  .Merlin,  présentée  par  M.  H.  Andoyer. 

L'étude  des  mouvements  que  révèle  la  surface  du  Soleil  se  poursuit 
chaque  jour  plus  précise.  Aussi,  dans  la  détermination  des  coordonnées 
curvilignes  d'un  point  de  cette  surface  par  rapport  à  un  système  de  réfé- 
rence lié  au  Soleil,  convient-il  de  conduire  le  calcul  de  façon  à  conserver 
tout  le  bénéfice  d'une  mesure  de  haute  précision.  Il  faut  donc  éviter  l'intro- 
duction d'erreurs  supérieures  à  celles  qu'amènent  naturellement,  d'une 
part  l'approximation  de  la  mesure  elle-même,  d'autre  part  celle  des  don- 
nées numériques  qui  sont  fournies  par  les  éphémérides. 

Rappelons  que  la  parallaxe  solaire  présente  une  incertitude  de  quelques 
millièmes  de  seconde  d'arc  et  que  la  Connaissance  des  Temps  donne  l'ascen- 
sion droite  et  la  déclinaison  du  Soleil,  la  première  à  o%oi,  la  seconde  à  o",i 
près.  D'ailleurs,  grâce  aux  dimensions  et  aux  perfectionnements  des  instru- 


SÉANCE    DU    12    JUIN    1922.  1 537 

ments  astronomiques  et  des  appareils  de  mesure,  il  est  aujourd'hui  possible 
de  connaître  la  distance  angulaire  de  deux  points  d'une  môme  image  du 
Soleil,  avec  une  précision  de  quelques  centièmes  de  seconde  (Farc.  On  en 
conclut  que,  dans  le  calcul  qui  nous  occupe,  il  est  nécessaire  de  tenir  compte 
de  la  parallaxe. 

Gela  étant,  soient  9'  la  latitude  géocentrique  du  lieu  O'  d'observation, 
p  le  rayon  vecteur  correspondant,  rapporté  au  rayon  équatorial  comme 
unité,  l  l'heure  sidérale  locale  au  moment  de  l'observation,  a  et  o  l'ascen- 
sion droite  et  la  déclinaison  géocentriques  du  Soleil  au  même  instant, 
y^  l'angle  de  position  d'un  détail  Q,  par  rapport  au  centre  c  de  la  calotte 
solaire  vue  de  O',  a  la  distance  angulaire  de  c  à  Q,  du  même  point  de  vue  O'. 
Désignons  encore  parp'  la  distance  angulaire  de  O'  à  Q  vue  du  centre  S  du 
Soleil  et  par  /  le  demi-diamètre  apparent  géocentrique  de  cet  astre. 

Le  calcul  prouve  que  les  formules  suivantes,  où  u.  et  v  sont  des  angles 
auxiliaires  et  ro  la  parallaxe  solaire  horizontale  équatoriale,  respectent  les 
conditions  d'approximation  imposées  plus  haut  : 

tangfj!.  =:  colcf>' cos(  /  —  a), 

cosv  ^  ipcT  siii  <p'  sin  (0  +  f;. )  séc/L«.  sin  i', 

sin  (/>'+  cr)  =  v'2  sin  g  coséci'  sin  -  • 


Elles  font  connaître  />'  sans  incertitude,  car  o.  est  compris  entre 

et  -h  ->  V  est  voisin  de  -  et  p'  +  cr  est  compris  entre  o  et  -• 
Les  corrections  de  parallaxe  sont  d'ailleurs 

Aa  :=  — — coso  sec  ô  sin  (^ — ai, 
10  ^ 

A5  ^=.  pccT  coscp'  sin6cos(^  —  a)  —  pcTsincp'cos(5. 

Imaginons  une  sphère  céleste  I  coïncidant  avec  la  surface  du  Soleil. 
Par  S  menons  une  demi-droite  parallèle  au  demi-axe  de  rotation  de  la 
Terre,  une  demi-droite  perpendiculaire  au  plan  de  l'écliptique  moyen  et  le 
demi-axe  de  rotation  du  Soleil,  ces  trois  demi-droites  étant  dirigées  dans 
l'hémisphère  nord.  Soient  P",  ti  et  'î'  les  points  de  rencontre  de  ces  demi- 
droites  avec  1,  et  C  la  projection  héliocentrique  sur  I  du  centre  de  la  Terre. 
Appelons  a,  et  x  respectivement  les  angles  cP"Q  et  P"GQ,  comptés  dans  le 
sens  direct  poui  un  observateur  extérieur  à  la  sphère,/)  et  a  respectivement 
les  arcs  CQ  et  P"Q  compris  entre  o  et  -.  Les  triangles  P"cQ  et  P"CQ  con- 


l538  ACADÉMIE   DES    SCIENCES, 

duisent  aux  formules  suivantes  : 

msinM      rrr      sinp'cos'/,  nsinN        =       sin  a  cos(a, -h  Aa), 

wcosM      =      cos/)',  «cosN        =— /n  sin(â  + Ao  —  M  ), 

sinasina,  =  —  sin/j'siny,  •        sin/)  sin  z  = — sina  sin  (a,  +  Aa), 

sinacosai=       /«  cos(â  +  Aâ  —  M)  ;  sinjocosx=       /icos(o  —  N), 

cosjD  ^^ — /?sin(ô  —  N); 

m  et  n  étant  deux  nombres  positifs  dont  les  logarithmes  seuls  doivent  être 
calculés,  M  et  N  des  angles  auxiliaires. 

Les  coordonnées  bipolaires  a  eip  du  détail  considéré  rattachent  celui-ci 
à  l'orientation  du  vecteur  héliocentrique  SC  passant  par  le  centre  de  la 
Terre  et  à  l'orientation  de  l'axe  de  rotation  terrestre.  Elles  sont  propres 
à  mettre  en  évidence  l'influence  de  la  Terre  sur  le  détail. 

Désignons  par  4^  la  longitude  du  nœud  ascendant  de  Téquateur  solaire 
sur  l'écliplique  moyen,  comptée  à  partir  de  l'équinoxe  moyen  de  la  date 
considérée,  par  i  l'inclinaison  de  l'équateur  solaire  sur  l'écliptique  moyen 
et  par  £  l'obliquité  moyenne  de  la  même  date.  Les  formules 

.     £  ~  i                                                                    s  —  i 
,,    sin  ,  cos 

'— 1 i    t  Q  n  o-  ^ I  a  11 1,  LJ l    t  o  n  n-  ^ 


tang' =—  tang-^ :,  tan"  '-^ = —  tan»  ^ 

2  "^   2       .      £  -i-  l  '^  2  ^   2  £  -{-  l 

sin cos 

2  2 

.     £  +  /  . 

,,     Sin 

.     «1  (  2 

sin  —  =  cos 


2                   2           U.\  —  V, 
cos  ■ 


définissent  sans  ambiguïté   deux  angles  — — ^   et  — — ^'  compris  entre 


o  et et  un  arc  a^  compris  entre  o  et  ir.  Le  triangle  P"7i$  donne  immé- 
diatement la  signification  de  ces  éléments. 

Désignons  par  B  et  L  la  lalitude  et  la  longitude  héliographique  du  détail 
considéré,  en  prenant  pour  origine  de  cette  dernière  le  nœud  ascendant  de 
l'équateur  solaire  sur  l'écliptique  et  pour  sens  le  sens  direct.  Nous  aurons 

......  .     ,  sinrt  cos  (v,  +  a +  «1  +  Aa) 

/  sin  J  —  sinasin  (v, -h  a  +  a,  -f-  Aa),  tan£;fji,=: rW^ r-' > 

/  sin  (rt,  —  J  ) 

ycos  J  =  — 7?zsin  (ô  +  Aâ  —  M),  tiing  B  =  col  (r/i  —  J)  cos /jij, 


SÉANCE    DU    12    JUIN    1922.  iSSq 

sina^  étant  de  même  signe  que  cos  (v,  -h  a  +  7.,  -f-  Aa)  et  B  étant  comprise 

entre et  h 

2  2 

Si  L'  représente  la  longitude  héliograplilque  comptée  dans  le  sens  direct 
à  partir  du  méridien  solaire  passant  par  le  nœud  ascendant  de  Téquateur 
solaire  sur  Técliptique  à  l'époque  lo  et  n'  la  vitesse  angulaire  diurne  de  la 
rotation  du  Soleil  autour  de  son  axe, 

L'=L-n'(T-ro), 

T  —  To  étant  l'intervalle  de  temps,  exprimé  en  jours  moyens,  séparant  c^  de 
l'époque  t  de  l'observation. 

Ces  formules  n'utilisent  que  des  données  contenues  dans  la  Connaissance 
des  Temps.  Elles  ne  laissent  régner  aucune  incertitude  sur  la  valeur  des 
inconnues  et  fournissent  ces  dernières  avec  le  maximum  d'approximation 
que  permettent  les  mesures.  Des  tables  appropriées  en  faciliteraient  l'usage. 


OPTIQUE  GÉOMÉTRIQUE  SUPÉRIEURE.  —  Sur  la  réfraction  cPun  pinceau 
lumineux  dans  le  cas  général.  Note  de  ^I.  Duroun,  présentée  par 
M.Appell. 

La  méthode  dont  nous  donnons  ici  le  résumé  permet  d'obtenir  les  trois 
équations  qui  définissent  le  pinceau  réfracté  (')  en  faisant  intervenir  l'inva- 
riant optique  du  premier  ordre  n  cos  i  di. 

Soient  Z  la  surface  optique;- S  et  S' les  surfaces  de  l'onde  incidente  et  de 
l'onde  réfractée;  A,  L  et  L',  la  normale,  le  rayon  incident  et  le  rayon 
réfracté  en  I  ;  Q  le  plan  d'incidence  en  I  ;  R  le  plan  mené  par  A  perpendicu- 
lairement à  Q,  et  P  un  plan  quelconque  passant  par  A.  Les  mêmes  lettres 
affectées  de  l'indice  o  se  rapporteront  au  point  d'incidence  !„  du  rayon 
central  du  pinceau.  Nous  pouvons  écrire  l'équation  de  P  sous  la  forme 

P=:A,()  +  /.-.,K  =  o, 

où  1^^  et  k-i  sont  des  paramètres  convenablement  choisis.  Ce  plan  P  est  infi- 
niment voisin  du  plan  Pq  ayant  pour  équation 


(^)  Cf.  BouASSE,   Optique  géométrique  supérieure,  Paris  1907,  p.  178,  ou  Heath 
Geometrical  Optics^  Cambridge  iSgS,  p.  182. 


l54o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Remarque.  —  Si  nous  projetons  P  sur  P^,  l'angle  d'une  droite  quelconque 
de  P  avec  sa  projection  est  un  infiniment  petit,  et  son  cosinus  ne  diffère  de 
l'unité  que  d'un  infiniment  petit  du  second  ordre.  Par  suite,  les  relations 
entre  quantités  finies  et  les  relations  du  premier  ordre  établies  entre  des 
longueurs  et  des  angles  d'une  figure  quelconque  de  P  se  conservent  aux 
infiniment  petits  du  second  ordre  près  pour  les  projections  de  cette  figure 
sur  P(,. 

Nous  nous  appuierons  sur  le  théorème  suivant  :  Les  angles  que  font  avec 
la  normale  les  projections  respectives  d'un  rayon  incident  L  et  du  rayon 
réfracté  L'  sur  un  plan  quelconque  passant  par  la  normale  au  point  d'inci- 
dence obéissent  à  la  loi  de  la  réfraction,  si  l'on  prend  pour  indices  les  pro- 
duits respectifs  des  indices  des  deux  milieux  par  le  cosinus  de  l'angle  w  ou 
w'  de  L  ou  L'  avec  P  ('). 

1.  La  remarque  faite  plus  haut  nous  permet  de  transformer  ce  théorème 
et  de  dire  :  Les  projections  de  L  et  L'  sur  un  plan  quelconque  P„  mené  par 
la  normale  au  point  d'incidence  du  rayon  central  du  pinceau,  font  avec 
cette  normale  des  angles  qui  suivent  la  loi  de  la  réfraction  si  l'on  prend  pour 
indices  les  produits  n  cosco  et  n'  cosco'.  Si  Pq  se  confond  avec  Qo  ou  avec 
Rq,  nous  obtenons  comme  cas  particuliers  le  théorème  de  Lippich. 

2.  Soienta-,5  et*' ,  r>^^,s^  ç.ls'^  les  tangentes  des  intersections  de  2,  S  et  S'  avec 
PetPo.  Les  projections  de  a,  ^et*'  surPo  se  confondent  avec  o-^,  ^^'êt^'^,  si 
nous  négligeons  les  infiniment  petits  d'ordre  supérieur  au  second.  Quand 
P  se  confond  avec  Q  ou  avec  R,  P,,  se  confond  avec  Q^  ou  avec  Rq. 

L  et  L'  étant  perpendiculaires  à  5  et  s\  les  projections  /q  et  /„  de  L  et  L' 
sur  Pp  sont,  au  second  ordre  près,  perpendiculaires  à  *o  et/^,.  Autrement 
dit,  /„  et  /J  qui  ne  sont  pas  des  normales  aux  surfaces  S  et  S',  sont  normales 
aux  sections  de  S  et  S'  par  Q^  et  Rq,  et,  d'après  ce  qui  a  été  dit  au  para- 
graphe 1,  /q  et  /y  sont  conjuguées.  Nous  sommes  donc  ramenés  à  étudier 
dans  un  plan  la  réfraction  d'une  onde  circulaire  sur  un  cercle  (-). 

L'expression  analytique  de  l'invariant  optique  du  premier  ordre  au  voisi- 
nage de  lo  dans  les  plans  Q„  et  R^  nous  donne  les  deux  premières  des  trois 
équations  qui  définissent  le  pinceau  réfracté. 


(')  Ce  théorème  est  une  conséquence  immédiate  des  propriétés  du  triangle  splié- 
rique  rectangle,  mais  on  peut  en  donner  une  démonstration  tout  à  fait  étémenlaire. 
Cf.  Heath,  loc.  cit.,  p.  21. 

(^)  Cf.  DuFOUR,  Les  focales  du  dioptre  sphérique  {BulleUn  de  l'Union  des  Phjsi- 
c/e/î5,  avril-mai  1917). 


SÉANCE    DU    12    JUIN    I922.  iS^I 

3.  Quand  nous  passons  du  point  I^  au  point  I,  la  normale  à  -  tourne 
d'un  angle  égal  au  produit  de  rélément  llo  par  la  torsion  géodésicjue  de  I^ 
le  long  de  IIo  (  '  ),  et  les  angles  dont  tournent  les  rayons  incident  et  réfracté 
sont  donnés  par  des  expressions  analogues.  Les  angles  i  et  i'  sont  donc 
fonctions  des  torsions  géodésiques  de  Z,  S  et  S'  le  long  de  lï„,  et,  comme  ils 
sont  liés  par  la  loi  de  Descaries,  les  trois  torsions  géodésiques  ne  sont  pas 
indépendantes.  La  façon  la  plus  simple  de  trouver  la  relation  qui  existe 
entre  elles  est  de  choisir  Ho  perpendiculaire  à  Qo  :  alors  a-g,  s^^  et  s'^  se 
confondent,  A,L  et  L'  sont  parallèles  à  Q^  et  les  trois  angles  de  rotation 
sont  parallèles  à  Qo-  Si  nous  projetons  L  et  L'  sur  Q^,  la  variation  de 
Tangle  d'incidence  en  passant  de  I  à  I^  est  égale  à  la  somme  ou  à  la  diffé- 
rence des  angles  dont  le  rayon  incident  et  la  normale  ont  tourné  à  partir 
du  point  lo,  suivant  que  ces  rotations  sont  de  même  sens  ou  de  sens 
contraire  (-).  Si.  dans  l'expression  analytique  de  l'invariant  optique  du 
premier  ordre  au  voisinage  de  I^  dans  le  plan  Rq,  nous  introduisons  les 
valeurs  des  trois  torsions  géodésiques  le  long  de  IIq,  nous  obtenons  la  troi- 
sième équation  définissant  le  pinceau  réfracté. 

La  méthode  qui  précède  nous  semble  intéressante,  en  ce  qu'elle  met  en 
évidence  le  rôle  de  certains  rayons,  tandis  que  le  procédé  habituel,  qui  fait 
intervenir  le  chemin  optique,  prend  en  bloc  tous  les  rayons  du  pinceau 
sans  faire  connaître  à  quels  rayons  particuliers  il  faudrait  appliquer  la  loi 
de  Descartes  pour  obtenir  les  trois  équations  du  pinceau. 


PHYSIQUE.  —  Sur  les  vaiiations  de  V opalescence  critique  avec  le  remplissage 
des  tubes  et  la  nature  des  liquides  étudiés.  Note  de  M.  A.  Axdant,  pré- 
sentée par  M.  E.  Bouly. 

Dans  une  INote  précédente  ('),  j'ai  montré  comment  l'opalescence  cri- 
tique varie  avec  la  température  et  la  longueur  d'onde  de  la  lumière  inci 
dente.  Je  me  propose  d'exposer  aujourd'hui  une  partie  des  résultats  de 
recherches  expérimentales  entièrement  nouvelles  sur  l'influence  du  rem- 
plissage des  tubes  et  de  la  nature  des  liquides  sur  l'opalescence  critique. 

(*)  Cf.  la  définilion    de   la    torsion    géodésique   donnée     par   Demartres    dans   son 
Cours  de  Géométrie  infinitésimale^  Paris,  1918,  p.  261. 
C)  DcFOUR,  loc.  cit. 
(^)  Com.ptes  rendus,   t.  Yïk,  1922,  p.  i333. 


l542  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Les  résultats  résumés  ici  ne  se  rapportent  qu'aux  mesures  faites,  à  tempéra- 
tures décroissantes,  en  lumière  monochromatique  transmise  (raie  verte  du 
mercure). 

Pour  les  séries  d'expériences  dont  les  résultats  doivent  être  comparés, 
les  tubes  proviennent  de  la  même  coulée  de  verre  d'Iéna  et  sont  choisis 
bien  réguliers.  Ils  sont  fixés  à  l'appareil  de  remplissage  par  des  joints  à  la 
glu  marine  recouverte  de  mercure  qui  permettent  la  détermination  exacte 
des  remplissages  par  pesées  directes.  Les  tubes  d'une  série  doivent  être 
étudiés  l'un  après  l'autre  dans  des  conditions  optiques  et  thermiques  rigou- 
reusement identiques.  On  fait  descendre  les  tubes  dans  leur  support  à  l'in- 
térieur de  l'étuve  au  moyen  d'un  fil  fin  et  on  les  retire  de  même.  Dans  ces 
conditions  rien  ne  change  dans  le  montage  optique  quand  on  passe  d'un 
tube  à  un  autre.  Les  résultats  sont  rendus  encore  plus  comparables  par  une 
séHe  d'expériences  imbriquées. 

L  Influence  du  remplissage  des  tubes.  —  Le  remplissage  des  tubes  est 
défini  par  le  rapport  D  mesuré  à  j8°  du  volume  du  liquide  au  volume  de  la 
vapeur  contenus  dans  le  tube.  Le  remplissage  critique  correspond  à  la 
valeur  o,  5o  de  ce  rapport. 

L  La  température  T'^  de  réapparition  du  ménisque  dans  un  tube  de 
Natterer  est  une  fonction  parabolique  du  remplissage  D  de  ce  tube.  Une 
série  d'observations  faites  sur  six  tubes  à  élher  dont  les  remplissages  sont 
compris  entre  0,42  et  0,71  permet  de  relier  T'^  et  D  par  la  relation 

T'^  =:  190°,  o4  +  12,760  —  i2,5oD-. 

La  construction  des  courbes  de  variation  de  l'opalescence  avec  la  tempé- 
rature, faite  pour  les  six  tubes  en  question,  montre  qu'il  existe  entre  T'^.  et  la 
température  du  maximum  d'intensité  T,i  un  écart  dont  la  valeur  passe  par 
un  minimum  (o**,o2)  pour  les  remplissages  voisins  de  o,5o.  Cet  écart  est 
de  o°,o6  pour  D  =  0,42  et  de  0^,09  pour  D  =0,71. 

2.  Le  phénomène  de  l'opalescence  n'est  pas  visible  avec  les  moyens 
employés  lorsque  le  ménisque  disparaît  vers  le  fond  ou  vers  le  haut  du  tube 
bien  avant  la  vraie  température  critique.  Faible  dans  les  tubes  à  remplissage 
un  peu  inférieur  au  remplissage  critique,  l'intensité  du  phénomène  passe 
par  un  maximum  pour  les  remplissages  voisins  de  o,5o  et  décroît  lentement 
à  mesure  que  D  augmente.  Pour  deux  tubes  ayant  des  remplissages  plus 
grand  ou  plus  petit  que  D  de  la  même  quantité,  les  intensités  de  lumière 
absorbée  ne  sont  pas  égales. 

Ces    variations    de    l'intensité    de    l'opalescence   avec    le    remplissage 


SÉANCE   DU    12   JUIN    192a.  l543 

expliquent  nettement  que  l'opalescence  ait  une  durée  moindre  pour  les  tubes 
à  faible  et  à  fort  remplissage. 

Pour  un  tube  à  éther  de  remplissage  0,42,  l'opalescence  commence  à  i°,5o 
avant  le  maximum;  pour  D  =  o,56,  elle  commence  à  3°  avant  Tj,  et, 
pour  D  =  o,  7 1 ,  à  2°  seulement  au-dessus  de  T„. 

II.  Influence  de  la  nature  des  liquides.  —  J'ai  étudié  systématiquement  les 
opalescences  relatives  des  quatre  acétates  de  méthyle,  d'éthyle,  debutyle  et 
d'isobutyle,  contenus  dans  des  tubes  ayant  même  remplissage,  très  voisins 
de  o,5o. 

Pour  les  deux  derniers  liquides,  qui  sont  deux  isomères,  aucune  diffé- 
rence nettement' accusée  n'est  apparue  dans  les  quantités  de  lumière 
absorbée.  Mais  l'opalescence  est  nettement  plus  intense  et  son  domaine 
plus  étendu  quand  on  passe  du  premier  au  quatrième  terme  de  la  série  des 
éthers  acétiques. 

Les  intensités  augmentent  plus  rapidement  lorsque  la  température 
décroît  pour  l'acétate  d'isobutyle  que  pour  celui  de  méthyle.  Jusqu'à  o°,20 
environ  de  la  température  du  maximum  d'intensité,  elles  sont  sensiblement 
proportionnelles  aux  carrés  des  poids  moléculaires  des  liquides  étudiés.  Au 
voisinage  immédiat  du  point  critique,  cette  proportionnalité  ne  se  vérifie 
plus. 

Dans  la  Note  précédente,  nous  avons  vu  que  la  loi  régulière  de  variation 
de  l'opalescence  avec  la  température  et  la  longueur  d'onde  subit  une  forte 
perturbation  au  voisinage  immédiat  de  la  température  critique.  La  loi  de 
variation  avec  la  nature  du  liquide  subit,  elle  aussi,  une  déformation  très 
nette  dans  les  mêmes  limites.  Ainsi  se  confirme  l'idée  qu'il  faut  séparer  la 
vraie  opalescence  du  trouble  très  accusé,  caractéristique  du  passage  au 
point  critique  et  que  certains  auteurs  ont  appelé  très  justement  le  «  blan- 
chisse ment  ». 

ÉLECTRO-OPTIQUE.  —  Sur  la  mesure  précise  des  niveaux  d'énergie  de  l'atome 
de  baryum  et  sur  V apparition  du  spectre  L  d'' ionisation.  Note  de 
M.  A.  Dauvillier,  présentée  par  M.  E.  Bouty. 

Grâce  à  la  technique  indiquée  dans  notre  dernière  Note  ('),  nous  avons 
pu  étudier  d'une  manière  approfondie  le  spectre  de  haute  fréquence  du 
baryum  qui  est,  entre  l'argent  et  les  terres  rares,  l'élément  à  la  fois  le  moins 

(')   Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  1847. 


l544  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

fusible  et  le  plus  aisément  isolable  à  l'état  de  pureté.  Une  petite  quantité 
de  ce  métal,  obligeamment  préparée  par  M.  Guntz,  a  été  fondue  dans  le 
vide  sur  une  anticathode  de  cuivre,  de  manière  à  constituer  un  alliage  con- 
ducteur et  peu  fusible.  L'absorption  de  la  vapeur  de  mercure  a  été  prévenue 
par  condensation.  Les  spectres,  très  intenses  et  très  dispersés,  nous  ont 
montré  l'existence  de  plusieurs  nouveaux  phénomènes  importants. 

L  Nos  clichés  présentent  deux  raies  blanches,  L,  et  Lj,  dont  la  posi- 
tion coïncide  avec  celle  des  limites  d'absorption.  Ces  raies  sont  immédia- 
tement suivies,  du  côté  des  grandes  longueurs  d'ondes,  par  deux  faibles 
lignes  noires.  La  largeur  des  raies  blanches  et  noires  est  la  même  : 
environ  o^'^,^,  et  la  distance  de  leurs  centres  est  voisine  de  o™™,5.  Les 
secondes  ne  sauraient  être  ^5  et  Y2  du  baryum,  car  nous  pensons  que  le 
niveau  0,2  débute  seulement  au  praséodyme,  élément  pour  lequel  les  huit 
corpuscules  diquantiques  périphériques  du  xénon  (qui  garnissaient  les  trois 
niveaux  O5,  O,  et  O3)  deviennent  triquantiques  par  suite  du  passage  de  la 
couche  N'  de  3  à  4  quanta.  Ces  raies  sont  les  homologues  des  raies  de 
l'or  ^'g  (io3G,o)  et  y'^  (899,0)  et  répondent  aux  combinaisons  PL,  et  PL2. 
Elles  sont  probablement  excitées  dans  la  couche  de  vapeur  issue  du  foyer. 

L'existence  du  phénomène  linéaire  d'absorption  fait  qu'il  est  possible 
(pour  la  première  fois  pour  un  élément  autre  que  l'uranium)  de  mesurer 
d'une  façon  précise  l'énergie  des  niveaux  de  basse  fréquence.  Nous  trouvons 
ainsi,  pour  le  niveau  F,  7,0  ±  o,3  volts,  alors  c|ue  le  potentiel  d'ionisa- 
tion (P)  de  la  vapeur  de  baryum  a  été  trouvé  égal  à  5,2  volts.  La  différence 
doit  être  due  au  fait  que  nous  avons  affaire  à  des  ions  positifs,  alors  que  les 
mesures  de  potentiels  d'ionisation  sont  exécutées  sur  des  atomes  normaux. 

IL  On  savait  jusqu'ici  que  les  éléments  lourds  possèdent  tous  un 
doublet  YsY^  formé  par  deux  fortes  lignes  d'égale  intensité,  présentant  une 
différence  de  longueurs  d'ondes  constante.  Cependant  nous  avions  déjà 
reconnu  que  pour  l'antimoine  y^  était  beaucoup  plus  intense  que  y^.  Pour 
le  baryum,  pour  lequel  les  clichés  sont  meilleurs  et  les  raies  beaucoup 
moins  diffuses,  nous  avons  observé  le  même  effet.  De  plus,  ces  deux  raies, 
qui  sont  déplacées,  possèdent  chacune  un  satellite  de  plus  grande  longueur 
d'onde  (y;  et  y;). 

Nous  trouvons  aussi  deux  raies  faibles  :  221 1,2  et  2371,  7,  formant  un 
doublet  de  Sommerfeld  et  qui  ne  sauraient  être  y,  et  ^',,  le  niveau  N, 2  devant 
débuter  seulement  au  praséodyme.  Nous  pensons  qu'il  s'agit  des  Ugnes  O3L2 
et  O5L,  dont  la  seconde  seule  était  connue  (^7)  pour  les  éléments  lourds. 

III.  Nos  clichés  montrent  encore  un  certain  nombre  de  raies  faibles  qui 


SÉANCE    DU    12    JUIN    I922.  l545 

sont  des  satellites  de  haute  fréquence  des  raies  principales  telles  que  y,, 
y,,  ^2-  Celui  de  ^,  se  confond  avec  le  second  ordre  de  la  raie  (3,  du  tungs- 
tène. Celui  de  a,  n'est  pas  net  par  suite  de  l'aspect  diffus  de  cette  raie. 
Les  raies  y^  et  y^  en  sont  dépourvues.  Il  s'agit,  à  notre  avis,  de  l'apparition 
du  spectre  d'  «  étincelle  »  dans  la  série  L,  comme  nous  l'avons  signalé  (') 
dans  la  série  Iv  pour  le  cuivre,  c'est-à-dire  dans  le  même  domaine  de  fré- 
quences. 

En  particulier  le  satellite  de  y^  a  exactement  le  même  aspect  que  la  raie  Kya 
du  cuivre.  Il  vérifierait,  il  est  vrai,  la  combinaison  PL,  (');  mais,  comme  il 
n'existe  pas  pour  les  éléments  plus  lourds,  il  ne  s'agit  là  que  d'une  coïnci- 
dence et  sa  véritable  origine  doit  être  recherchée  dans  un  déplacement  du 
niveau  03,4  (que  nous  venons  de  dédoubler  pour  l'uranium)  consécutif  d'une 
ionisation  O.  Cette  raie  n'a,  non  plus,  aucun  rapport  avec  notre  y8(P,,2  L,) 
de  U.  Nous  proposons  pour  ces  lignes  d'ionisation  la  notation  suivante  : 

yl.    7'n    P;.,    •••• 

IV.  Le  Tableau  suivant  renferme  les  résultats  de  nos  mesures.  Celles-ci 
ont  été  faites  en  prenant  comme  références  les  lignes  y,,  fl,  et  fl.  de 
Hjalmar.  L'approximation  est  la  même  que  pour  nos  précédentes  mesures. 

Longueurs  d'ondes  des  raies  L  du  baryum  (10''  cm). 

Combinaison.  Raie.          Longueur  d'onde.  Intensité. 

y[  2067 , 5  faible 

O3  4L3 7i  2071.3  assez  forte 

NiLs 79  2098,9  faible 

NgLs 73  2129,1  ferle 

_ y'j  21 34, 3  assez  forte 

IV, L3 '/-!  2i4o,6  assez  forte 

_ y'.  2  1^3,8  très  faible 

_     L.,  2199,0  assez  forte 

PL, 72  2201,6  faible 

O5L2 ..    .  7ii  2211,2  très  faible 

_     -                    2218,6  très  faible 

_    y\  2232,4  moyenne 

jNj^L, 7i  (2236,2)  très  forte 

1" -  2283,4  faible     • 


(')  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  443. 

(2)   L'énergie  du  niveau  L3  est  prise  égale  à  -  cr44i,3,  les  valeurs  de  Hertz  et  de 
Lindsay  étant  un  peu  trop  grandes  comme  le  montrent  les  lignes  79  et  (Ss. 


l546  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Longueurs  d'ondes  des  raies  L  du  baryum  (lo-"  cm)  {suite). 

Combinaison.  Raie.          Longueur  d'onde.  Intensité. 

-    -  2288 , 2  très  faible 

Ng  L2 ys  2808 , 6  assez  forte 

-    -  2844 , 7  moyenne 

-     -  235 1,1  faible 

-    Li^  2356, o  ferle 

PL, (3;  2359,5  faible 

O5L1 j37  2871,7  faible 

M  j  Lj (Sg  2875 , 5  moyenne 

N3L1 (S'j  2881,8  moyenne 

jS'g  2895,4  moyenne 

N4L1 ^2  (2899,8)    •  très  forte 

NsLi [Se  2477,6  (a.HgO 

M3L3 j33  25 11,6  forte 

M;L3 j34  2549,9  forte 

M2L2 [3i  (2562,2)  très  forte 

M5L3 (3i,  (?)  263i,5  très  faible 

-  2782 ,7  moyenne 

MjLi as  2755,4  (7GU2) 

M\  Lj a,  2768 , 5  très  forte 

M2L1 «2  2777,7'  (jSiCu,) 

M5L2 ■(]  2841,3  assez  forte 

Il  est  à  remarquer  que  nos  clichés  ne  montrent  ni  (^g  ni  y, p.  En  outre,  un 
certain  nombre  de  lignes  nouvelles  sont  apparues  qui  ne  peuvent  encore 
être  attribuées  avec  certitude  au  baryum.  Ainsi  les  raies  2288,4  et  2288,2 
pourraient  être  le  doublet  K  a,  ao  du  chrome  et  2344» 7  le  second  ordre  de  La, 
du  plomb.  La  ligne  2681, 5  s'identifie  mal  avec  ^^^  qui  deviendrait  M5L3 
au  lieu  d'être  M3L0.  La  raie  2782,7,  qui  est  assez  intense,  semble  difficile- 
ment être  LajUj  ou  Lj^jLua.  De  nouvelles  recherches  répondront  à  ces 
questions. 


ÉLEGTRO -OPTIQUE.  —  Sur  lin  nouveau  phénomène  d' absorption  observé  dans  le 
domaine  des  rayons  X.  Note  de  MM.  M.  de  Broglie  et  X.  Dauvillier, 
présentée  par  M.  E.  Bouty. 

Nous  avons  déjà  signalé,  il  y  a  quelque  temps  ('),  l'existence  de  raies 
d'absorption  au  voisinage  des  limites  de  haute  fréquence.  Ce  phénomène,  qui 

(*)  M.  DE  Broglie  et  A.  Dauvillieh,   Comptes  rendus,  t.  171,   1920,  p.  626,  et  A. 
Dauvillier,  Comptes  rendus^  t.  173,  1921,  p.  35. 


SÉANCE  DU  12  JUIN   1922.  1 54';; 

était  connu  pour  celles  de  grandes  longueurs  d'ondes,  a  été  interprété  théo- 
riquement par  Kossel  et  correspondrait  au  passage  des  électrons  intra- 
atomiques  sur  les  orbites  optiques.  C'est  un  effet  de  faible  intensité  et  tout  à 
fait  secondaire  par  rapport  aux  discontinuités  d'absorption,  à  tel  point  qu'il 
est  demeuré  longtemps  insoupçonné  dans  ce  domaine  et  que  seules  des  con^ 
ditions  photographiques  exceptionnelles  ont  pu  le  faire  apparaître  d'une 
manière  indiscutable. 

Dans  toutes  ces  expériences,  c'est  sur  un  spectre  cf  absorption  que  ces  raies 
étaient  observées,  qu'il  s'agisse  de  celui  des  atomes  lourds  contenus  dans 
l'émulsion  photographique  ou  de  celui  des  éléments  constituant  l'écran 
absorbant.  Or  l'un  de  nous  (voir  la  Note  précédente),  étudiant  le  spectre 
d'émission  L  du  baryum  a  obtenu,  sans  l'interposition  d'aucun  écran,  des 
clichés  montrant  de  telles  raies,  d'ailleurs  beaucoup  plus  apparentes  et  sans 
qu'aucune  bande  d'absorption  soit  visible.  Il  s'agit  donc  d'un  phénomène 
différent  des  précédents  et  dont  le  siège  est  l'anticathode. 

On  conçoit  d'abord  aisément  que,  pour  une  même  vitesse  d'électrons 
cathodiques,  les  phénomènes  d'absorption  produits  au  foyer  deviennent 
d'autant  plus  accentués  que  le  nombre  atomique  de  l'élément  qui  le  constitue 
est  plus  petit.  Les  coefficients  d'absorption,  pour  les  corpuscules  excitateurs 
et  pour  les  rayons  caractéristiques  excités,  varient  en  effet  rapidement  et  en 
sens  contraires  en  fonction  du  nombre  atomique. 

Les  raies  blanches  observées  ne  s'étendent  toujours  pas  sur  un  domaine 
spectral  appréciable,  car  elles  ont  la  même  largeur  que  les  faibles  raies  du 
spectre  d'émission.  L,  est  plus  claire  que  Lo  ;  L3  n'est  pas  visible  et  n'existe 
probablement  pas.  L'interposition  d'écrans  contenant  du  baryum,  sur  une 
partie  de  la  hauteur  du  spectre,  les  laisse  faiblement  subsister  sans  parvenir 
encore  à  faire  apparaître  les  bandes,  pour  les  temps  de  pose  employés. 
Nous  trouvons  pour  longueurs  d'ondes  de  ces  lignes  :  L,  =  2356,  o.  io~"cm 
etLo=  2199,0,  en  très  bon  accord  avec  Lindsay  (')  qui  a  plutôt  mesuré 
les  discontinuités  et  qui  a  obtenu  2307,7  et  2199,0,  mais  en  désaccord 
avec  Hertz  (-)  qui  a  trouvé  2348  et  2194  et  dont  les  mesures  paraissent 
moins  précises. 

Il  semble  que  l'apparition  de  ce  phénomène  soit  liée  à  l'état  d'ionisation 
intense  dans  lequel  se  trouvent  les  atomes  du  baryum  occupant  le  foyer 


(*)   iMesures  d'absorption  effectuées  à  Lund  avec  un  spectrographe  à  vide  de  Siej 
balin  et  non  encore  publiées. 

(2)  Zeistchr.  fur  Phys.^  t.  3,  19^0,  p.  19-25. 


l548  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

(4o  kilovolts,  200  watts/mm^)  elqu""!!  doit  aussi  se  manifester  pour  tous  les 
éléments  plus  légers  placés  dans  les  mêmes  conditions. 

Il  ne  s'agit  pourtant  pas  là  d'un  effet  de  recombinaison  des  ions  porteurs 
de  charges  multiples  formés,  car,  si  un  grand  nombre  d'atomes  du  foyer 
subissaient  simultanément  des  ionisations  O,  par  exemple,  les  raies  issues 
des  niveaux  O  seraient  renversées.  Or  aucun  efï'et  de  ce  genre  n'est  visible  : 
y^,  en  particulier,  est  aussi  intense  que  pour  les  éléments  lourds  pour  les- 
quels la  probabilité  d'ionisation  O  est  beaucoup  plus  faible.  L'effet  intéresse 
seulement  le  domaine  optique,  mais  sans  posséder  aucun  des  caractères  du 
phénomène  de  Kossel. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  — -  Sur  la  cristallisation  du  tellure  amorphe. 
Note  de  M.  \.  Damiexs,  présentée  par  M.  Le  Chatelier. 

Deux  théories  sont  aujourd'hui  discutées  contradictoirement  sur  la  nature 
des  corps  amorphes.  Les  uns  considèrent  ces  corps  comme  étant  en  un  état 
métastable,  où  leur  vitesse  de  cristallisation  est  nulle.  D'autres  pensent  avec 
Tammann  que,  sous  une  pression  donnée,  l'état  cristallin  est  limité  aux  basses 
températures  par  l'état  solide  amorphe  qui  y  serait  aXors  stable ,  comme  il 
l'est  aux  températures  élevées  par  l'étal  liquide. 

L'étude  des  relations  thermiques  entre  les  corps  amorphes  et  les  mêmes 
corps  cristallisés  doit  permettre  de  lever  le  doute,  le  sens  de  l'effet  ther- 
mique permettant  de  définir  les  conditions  de  stabilité  relative  des  variétés 
allotropiques,  dans  l'échelle  des  températures,  par  application  de  la  loi  du 
déplacement  de  l'équilibre.  Or  on  observe  toujours,  sauf  dans  le  cas  du  tel- 
lure, que  la  cristallisation  d'un  corps  solide  amorphe  est  un  phénomène 
exothermique,  ce  qui  justifie  le  premier  point  de  vue,  généralement  adopté, 
en  raison  de  ce  fait  qui  est  presque  général.  Il  est  intéressant  de  chercher 
la  raison  pour  laquelle  le  tellure  fait  exception.  D'après  les  mesures  calori- 
métriques de  MM.  Berthelot  et  Fabre,  la  relation  suivante  existerait  entre 
le  tellure  cristallisé  et  le  tellure  amorphe  : 

Te  cristallisé  =  Te  amorphe  H-  1 2^^',  096  (  pour  64^), 

soit  pour  un  atome  (127S,  5)  : 

34*""',  09. 

Les  auteurs  sont  arrivés  à  celte  conclusion  en  étudiant  la  chaleur  de 
réaction  du  tellure,  pris  sous  différentes  formes,  sur  un  mélange  de  brome 


SÉANCE    DU    12    JUIN    1922.  l549 

et  d'eau  de  brome.  Le  tellure  solide  obtenu  par  trempe  du  tellure  fondu 
serait  un  mélange  de  tellure  amorphe  et  de  tellure  cristallisé,  et  il  y  aurait 
là  lin  point  de  rapprochement  avec  le  soufre,  élément  de  la  même  famille. 

Or  nos  recherches  antérieures  (')  sur  l'allotropie  du  tellure  nous  ont 
montré  que  la  transformation  ne  s'observe  jamais  dans  le  sens  de  l'équation 
précédente,  qui  doit  être  inversée  pour  répondre  aux  faits  observés  réelle- 
ment, et  de  plus  nous  avons  constaté  qualitativement  que  le  tellure  amorphe 
cristallise  par  chauffage  à  l'abri  de  l'air  avec  dégagement  de  chaleur,  ce  qui 
est  contraire  aux  résultats  précédents.  Ce  désaccord  nous  a  conduit  à  faire 
de  nouvelles  déterminations  calorimétriques  sur  la  chaleur  de  réaction  du 
tellure  préparé  de  diverses  manières. 

Nous  avons  pu  constater  tout  d'abord  que  le  mélange  de  brome  et  d'eau 
de  brome  utilisé  par  Berthelot  et  Fabre  n'attaque  que  très  imparfaitement 
le  tellure  cristallisé  pur  :  les  fragments  de  tellure  mouillés  par  l'eau  sont 
très  difficilement  attaqués  par  le  brome  liquide.  Déplus  le  tétrabromure- 
qui  se  forme  est  hydrolyse  en  partie,  de  sorte  que  l'état  final  du  système  est 
mal  défini.  Nous  avons  donc  adopté  une  autre  technique. 

Nous  avons  utilisé  comme  liquide  d'attaque  une  solution  de  brome  dans 
de  l'acide  chlorhydrique  assez  concentré,  qui  dissout  le  tétrabromure  formé, 
et  de  cette  manière  les  liquides  correspondant  à  l'état  initial  et  à  l'état  final 
sont  homogènes  et  limpides.  Nous  avons  utilisé  la  solution  suivante  : 

Acide  chlorhydrique  concentré  pur 4oo 

'  Eau  distillée 4oo 

Brome , f\o 

Le  tellure  cristallisé  est  attaqué  très  rapidement  :  il  suffit  de  le  projeter 
et  d'agiter  vivement.  Le  tellure  amorphe  est  instantanément  dissous  :  nous 
l'introduisons  sous  forme  d'une  pâte  avec  l'eau,  préparée  et  manipulée 
entièrement  à  l'abri  de  l'air  (-).  Dans  ce  dernier  cas,  il  y  a  addition  d'eau 
avec  le  tellure,  d'où  nécessité  de  déterminer  préalablement  la  chaleur  de 
dilution  du  réactif  par  des  quantités  d'eau  variables  et  de  faire  la  correction 
utile.  Nous  avons  dû  en  outre  déterminer  la  chaleur  spécifique  des  diffé- 
rentes solutions. 

Nous  avons  opéré  sur  400*="^'  de  réactif.  Voici  les  chiffres  trouvés  pour  ces 
déterminations  préliminaires  : 

(')  A.  Damiens,  Comptes  rendus,  l.  174,  1922,  p.  i3^4- 

(^)  Le  tellure  est  dosé  dans  ce  cas,  après  la  détermination,  par  pesée  à  l'état  de  sul- 
fate basique. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  24.)  1 12 


l55o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

l'.aii    ajoutée'  à   4oo""'    de 

i-éaciif o  i4  23  29  45  54  57  66  76  83 

Glialeur    spécifique    après 

di  lu  lion 0,702     0,702  »  0,699     Oj^go  »  »         o,6g5         »  » 

Chaleur    de    dilution    par 

gramme    d'eau    ajoutée 

(cal) r,        8,3i       8,21       7,90      7,75      7,38       7,29      7,28        6,44      6,4o 

A  l'aide  de  ces  données,  nous  avons  pu  faire  des  mesures  comparatives 
assez  précises. 

Des  nombreuses  mesures  faites,  on  peut  tiier  les  valeurs  moyennes  sui 

vantes  pour  chacun  des  produits  examinés  : 

c 
Te  crist.  fondu  et  refroidi  lentement 44^64 

Te  crisl.  fondu  et  trempé 44)88 

Te  crist.  dans  le  télraclilorure 44» 80 

Te  en  aiguilles  obtenues  par  vaporisation 44,79 

Te  amorphe 47, 4 1 

11  y  a  donc  identité  entre  les  quatre  premiers  produits  cités.  Le  tellure 
amorphe  se  distingue  par  une  chaleur  de  réaction  plus  élevée.  Entre  le 
tellure  cristallisé  et  le  tellure  amorphe,  nous  mettons  en  évidence  la  relation 
irréversible  suivante  : 

Te  amorphe  =  Te  cristallisé  ■+-  2^"', 63. 

En  résumé,,  ces  i^echerches  confirment  nos  prccédenles  conclusions  lirées 
de  l'étude  des  courbes  d'échaulïement  et  de  celle  des  densités.  Le  tellure 
cristallisé  obtenu  de  diverses  manières,  même  par  trempe  du  liquide,  est 
toujours  identique  :  il  se  distingue  seulement  du  tellure  amorphe. 

Nos  résultais  conduisent  à  faire  rentrer  le  tellure  amorphe  dans  la  règle 
générale  :  c'est  une  forme  métastable,  pour  laquelle  toutes  les  températures 
où  le  tellure  est  solide  sont  inférieures  à  celles  où  il  peut  être  stable.  Si  le 
point  de  vue  de  Tammann  trouvait  jusqu'ici  dans  Tunique  exemple  du  tel- 
lure une  justification,  il  semble  devoir  être  abandonné  aujourd'hui. 

Toutes  les  analogies  que  l'on  a  voulu  mettre  en  évidence  entre  le  tellure 
et  le  soufre,  par  la  comparaison  des  phénomènes  d'allotropie,  ne  doivent 
plus  être  retenues.  Le  tellure  se  différencie  nettement  par  l'existence  d'une 
seule  forme  cristalline  et  par  l'identité  du  produit  trempé  et  du  produit  non 
trempé. 


SÉANCE    DU    12    JUIN    1922.  l55l 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  la  préparation  dr.s  dialcoyh'inylcarhinols. 
Noie  de  MM.  K.  Locquiix  et  Sux(i  Wouseng,  présenlce  par  M.  A.  lia  lier. 

Dans  une  précédente  Note  ('),  nous  avons  décrit  quelques  nouveaux 
dialcoyléthin^'lcarbinols  RR' — C(OH)  —  CeeeeCH  préparcs  en  apportant 
certaines  modifications  de  détail  au  mode  opératoire  employé  par  d'autres 
auteurs. 

Les  composés  acétyléniques  de  ce  genre  présentent  un  réel  intérêt  au 
point  de  vue  de  certaines  synthèses  en  raison  de  leurs  multiples  aptitudes 
réactionnelles. 

Parmi  ces  dernières,  il  en  est  une  qui  n'a  pas  échappé  à  certains  cher- 
cheurs (^).  C'est  la  possibilité  d'arriver  par  hydrogénation  partielle  aux 
alcools  éthyléniqucs  tertiaires  correspondants,  du  type 

HR'-C(OH)  — CH  =  CH% 

transformation  qui  a  déjà  permis  à  MM.  Ruzicka  et  Fornasir  de  réaliser  la 
synthèse  du  linalol  racémique. 

Dans  le  but  de  préparer  et  d'étudier  quelques-uns  de  ces  alcools  éthylé- 
niqucs tertiaires,  nous  avons  expérimenté,  sur  plusieurs  dialcoyléthinyl- 
carbinols,  Faction  des  différents  agents  d'hydrogénation  actuellement  en 
usage  et  voici  les  conclusions  auxquelles  nous  sommes  arrivés  : 

Le  procédé  d'hydrogénation  partielle  donnant  de  beaucoup  les  meilleurs  résultats 
consiste  à  soumettre  les  alcools  acétyléniques  en  solution  alcooli(iue  à  l'action  de  l'iiy- 
drogène  en  présence  de  métaux  finement  divisés. 

L'emploi  du  platine  ou  du  palladium,  extrêmement  onéreux  dès  qu'on  fait  inter- 
venir des  masses  de  catalyseur  susceptibles  de  fixer  à  l'heure  un  volume  d'hydrogène 
au  moins  égal  à  5oo™%  présente  en  outre  l'inconvénient  de  provoquer  des  scissions 
de  la  molécule  avec  régénération  de  la  cétone  initiale.  Aussi  vaut-il  beaucoup  mieux 
s'adresser  au  nickel  réduit,  employé  selon  les  indications  de  ^L  Brochet  (^)  à  la  pres- 
sion et  à  la  température  ordinaires  dans  la  proportion  d'environ  ici  pour  100  du  poids 
de  la  substance  à  hydrogéner  dissoute  elle-même  dans  approximati\ement  son  volume 
d'alcool  méthylique. 

(')  R.  LocQUiN  et  SuNG  WoL'SEisG,  Comptes  rendus,  l.  Vtk,  1922,  p.  1/427. 

(-)  Voir  entre  autres  :  Brevets  de  la  Farbenfab.  von  Baeyer  und  C"  {Centratblatt, 
1910,  II,  p.  1223,  etc.),  puis  Ruzicka  et  Fornasir,  Ilelvetica  Chimica  Acta,  t.  2, 
fasc.  2,  1919,  p.  182. 

(^)  A.  Brochet,  Comptes  rendus,  t.  158,  1914,  p.  i35i,  et  JJull.  Soc.  chini.,  i.'lo, 
1914,  p.  554  et  586,  puis  t.  17,  (9i5,  p.  55  à  5S,  etc. 


l552  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Dans  ces  conditions  l'absorplion  de  l'hydrogène  est  très  rapide  et  s'accompagne  d'un 
notable  dégagement  de  chaleur  :  elle  peut  atteindre  lo  litres  de  gaz  à  l'heure  par 
0,5  molécule-gramme  d'alcool  acétylénique  placé  dans  une  simple  bouteille  d'un  litre 
de  capacité  attachée  sur  une  machine  à  secousses  fréquentes  et  énergiques. 

On  arrête  l'opération  dès  que  la  quantité  calculée  d'hydrogène  a  été  fixée,  ce  dont 
on  est  parfois  averti  par  une  chute  brusque  de  la  vitesse  d'absorption.  11  est  indispen- 
sable de  ne  pas  dépasser  cette  limite,  sous  peine  de  donner  naissance  aux  alcools  ter- 
tiaires saturés  déjà  mentionnés  dans  notre  précédente  Note. 

On  filtre,  chasse  le  dissolvant  et  agite  le  résidu  avec  une  solution  aqueuse  de  nitrate 
d'argent  à  20  pour  100,  ce  qui  a  pour  effet  de  transformer  en  dérivé  argentique  les 
traces  d'alcool  acétylénique  ayant  échappé  à  la  réduction.  L'buile  surnageante  est 
alors  soumise  à  l'action  d'un  courant  de  vapeur  d'eau  qui  laisse  intact  le  dérivé  argen- 
tique, tandis  qu'il  entraîne  l'alcool  éthylénique  qu'on  décante  et  rectifie.  Le  rende- 
ment net  est  en  moyenne  de  70  à  7.5  pour  100. 

Les  alcools  clhyiéniques  tertiaires  ainsi  formés,  que  nous  appellerons 
dialcoylvinylcarbinol.s,  sont  des  liquides  mobiles,  bouillant  sensiblement  au 
même  point  que  les  alcools  tertiaires,  acétylénique  ou  saluiT,  auxquels  ils 
correspondent.  On  ne  peut  jamais  les  obtenir  de  cette  manièi^e,  à  l'état 
rigoureusement  pur,  car,  d'une  part,  ils  renferment  toujours  une  faible 
quantité  d'alcool  saturé  provenant  d'une  hydrogénation  trop  avancée  prati- 
quement inévitable  et,  d'autre  part,  ils  ont  une  grande  tendance  à  retenir 
de  l'eau  avec  laquelle  ils  forment  des  hydrates  plus  ou  moins  stables.  Le 
meilleur  moyen  de  les  dessécher  est  de  les  distiller  à  plusieuis  reprises  sur 
de  la  potasse  solide  ou  même  sur  du  sodiutn  métallique,  qu'ils  n'attaquent 
sensiblement  que  lors  du  premier  traitement.  Ils  possèdent  toutes  les  pro- 
priétés de  la  fonction  éthylénique.  Leur  caractère  alcoolique  tertiaire  ne 
semble  pas  devoir  être  mis  en  doute.  Ils  sont,  en  effet,  aisément  déshydra- 
tables  avec  formation  d'hydrocarbures  sur  lesquels  nous  reviendrons  dans 
la  suite  et,  d'autre  part,  versés  sur  du  méthyliodure  de  magnésium,  au  sein 
d'oxyde  d'isoamyle,  ils  donnent  lieu  à  un  dégagement  de  méthane  en  quan- 
tité sensiblement  théorique. 

Pour  des  raisons  que  nous  exposerons  ultérieurement,  ils  ne  sont  pas 
éthérifiables  dans  des  conditions  satisfaisantes,  mais  fournissent  cependant, 
quoique  assez  péniblement  (comme  c'est  d'ailleurs  le  cas  du  linalol),  des 
allophanates  cristallisés  qu'il  est  difficile  d'amener  à  f'état  de  pureté  par- 
faite par  suite  de  la  présence  du  composé  saturé  qu'on  ne  peut  éliminer. 

On  trouvera  ci-dessous  les  principales  constantes  physiques  des  nouveaux 
corps  que  nous  avons  particulièrement  étudiés. 

Métliylisohexylvinylcarbinol  G'^H'^O  :  Éb,,  =  89°-9i°. 


SÉANCE    DU    12    JUIN    1922.  l553' 

Dipropylvinylcarbinol  C4^W^()  :  Kb,2  =  75"-7G*'.  Son  allopliuiuiLe  fond 
à  1 12°  sans  décomposition  mais  sans  netteté. 

Mét/iY/jjsnidobutyhiiiylcarbinolCW-O:  Kb.  -—  i4()"-i47°,  D  ','  =  0,8576; 
NV  =  1,4132;  K. M. cale.  40,20;  K.M.obs.  —  39,^7,  donne  un  allophanate 
fondant  en  se  décomposant  à  iG7°-iG8°  sur  le  bain  de  mercure. 

CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Action  du  chlorure  de  thionyk  sur  les  acides- 
alcools  ol.  Note  de  M.  E.-E.  Blaise  et  de  M""'  3Ioxta<;.\i:,  présentée 
par  M.  Haller. 

Dans  une  Note  antérieure,  nous  avons  indiqué  les  résultats  obtenus  par 
action  du  chlorure  de  ibionyle  sur  un  acide  à  fonction  alcool  primaire  : 
l'acide  glycolique.  Cette  étude  a  été  étendue  depuis  aux  acides  lactique  et 
a-oxyisobutyrique. 

Il  est  remarquable  que,  dans  le  cas  de  ces  deux  acides,  on  n'obtient  pas 
de  chlorosulfîte  de  chlorure  d'acide;  par  contre,  on  observe  la  forniationde 
corps  d'un  type  nouveau  et  que  nous  appellerons,  faute  de  mieux,  des 
«  anhydrosulfiles  d'acides-alcools  ».  Leur  production  est,  selon  toute  vrai- 
semblance, imputable  au  fait  que  les  chlorosultites  d'acides,  d'abord  formés, 
sont  instables  et,  perdant  HCl,  se  transforment  en  anhydrosultites.Dans  le 
cas  de  l'acide  a-oxyisobutyrique,  par  exemple,  on  aurait  les  transformations 
suivantes  : 


CH 


OH  0-SO.Cl 


O 


O 


SO 


L'anhydrosulfite  lactique  est  liquide  et  bout  à  72°-74°  sous  19'"",  tandis 
que  l'anhydrosulfite  oxyisobulyrique  distille  à  63''  sous  21"'"'.  Le  second 
bout  donc  plus  bas  que  le  premier,  bien  que  son  poids  moléculaire  soit  plus 
élevé.  On  sait,  d'ailleurs,  que  le  même  fait  se  reproduit  pour  les  éthers-sels 
des  deux  acides.  Ces  deux  anhydrosuKitcs  sont  relativement  peu  stables 
vis-à-vis  de  la  chaleur;  tous  deux  se  décomposent  régulièrement  vers 
i2o*'-i25'',  sous  la  pression  atmosphérique,  avec  dégagement  d'anhydride 
sulfureux.  On  pourrait  s'attendre  à  ce  que  le  reste  de  la  molécule  donnât 
naissance  à  un  lactide;  mais,  en  fait,  on  obtient  des  polylactides.  Ceux-ci 
constituent  des  masses  blanches,  neutres,  et,  traités  par  les  alcalis,  à  l'ébul- 
lition,  ils  régénèrent  les  acides-alcools  correspondants. 


l554  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Les  anhydrosulfites  sont  excessivement  sensibles  à  l'action  de  rhumidité. 
Si  on  laisse  de  l'anhydrosulfite  lactique»au  contact  de  l'air,  il  se  recouvre  de 
beaux  cristaux,  fusibles  vers  90°,  et  qui  disparaissent  rapidement.  Fina- 
lement, il  ne  reste  que  de  l'acide  lactique,  l'hydratation  de  l'anliydrosulfite 
paraît  donc,  dans  ce  cas,  s'effectuer  en  deux  phases  et  l'on  aurait  : 


GH^-CH 
O 


co 


b 


so 


CH^- 


CH  — CO^H 
0-SOOH 


ou 


CH^-CHOH-CO— O— SOOH 


S0-4-CH3-GH0H-C00!- 


Au  contraire,  avec  l'anhydrosulfite  oxyisobutyrique,  il  est  impossible  de 
saisir  aucune  phase  intermédiaire. 

Les  alcools  réagissent  sur  les  anhydrosulfites  avec  une  extrême  facilité  et 
l'on  obtient,  quantitativement,  les  élhers-sels  des  acides-alcools  correspon- 
dants, avec  dégagement  de  S0-.  Le  lactate  de  méthyle  a  été  caractérisé  par 
transformation  en  phényliiréthane  fusible  à  67"-68°;  de  même,  l'oxyisobu- 
tyrate  de  méthyle  a  donné  une  phényluréthane  fusible  à  78^-79°,  déjà 
obtenue  par  M.  Lambling. 

Les  arylamines  transforment  quantitativement  les  anhydrosulfites  en 
amides  des  acides-alcools  correspondants,  avec  dégagement  de  SO^  L'ani- 
lide  a-oxyisobutyrique  cristallise  dans  le  benzène  en  lamelles  micacées 
fusibles  à  i3o°-i3i°.  Dans  le  cas  de  l'anhydrosulfite  lactique,  l'aniline  ne 
donne  pas  de  dérivé  solide,  mais  on  obtient  aisément  l'a-naphtylamide  lac- 
tique, fondant  à  107°,  et  déjà  décrite  par  Bischoif  et  Walden. 

Tandis  que  les  anhydrosulfites  réagissent  sur  les  arylamines  par  leur 
groupement  acide-alcool,  ils  réagissent,  au  contraire,  sur  la  phénylhydra- 
zine  par  leur  groupement  sulfureux.  Dans  ce  dernier  cas,  en  effet,  on 
obtient  de  la  thionylphénylhydrazine,  avec  régénération  de  Facide-alcool  : 


(GH5)^C 
O 


CO 

O     +C«H5— NH-NH^  =  (GH3)2G(OH)-G02H+G«H^— Nil— N-SO 


SO 

Quand  on  traite  l'acide  lactique  par  le  chlorure  de  thionyle,  on  obtient, 
outre  l'anhydrosulfite,  le  chlorure  a-chloropropionyllactique 

GH^— GHGI- GOO  — GH(GH3)— GOGI, 

qui  bouta  ioo°-io3°,  sous  19°^'".  Ce  corps  a  été  caractérisé  par  transfor- 


SÉANCE  DU  12  Ji:i>r  1922.  i555 

mation  en  anilide,  qui  fond  à  116°,;);  il  a,  en  outre,  été  reproduit  synthéti- 
quement  par  action  du  clilorure  dV.-chloropropionyIe  sur  Tacidc  lactique  et 
traitement  du  produit. obtenu  par  le  chlorure  de  tliionyle.  De  même,  dans 
l'action  du  chlorure  de  thionyle  sur  l'acide  a-oxyisobutvrique,  on  obtient 
du  chlorure  d'a-chloroisobutyryle  et  du  chloiure  a-chloroisobulyiyl-a-oxy- 
isobutyrique 

(CH^)^GGi  — CO  — O  — G((:iP)-^— COCI. 

Le  premier  bout  à  i  i3°-i  14"  sous  la  pression  atmosphérique  et  donne  une 
anilide  fusible  à  ()Ç)'^-'](f'^  le  second  bout  à  99*^-101",  sous  ly""";  il  a  été 
reproduit  synthétiquement  et  son  anilide  fond  à  1 1^^. 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  la  chlovhydrine  de  V oxyde  de  mésilyle  et  sa 
transformation  en  chlorhydrine  de  la  télraméthyl glycérine.  Note 
de  MM.  Pasïureau  et  Henri  Bernard,  présentée  par  M.  Béhal. 

Nous  avons  préparé  Tiodhydrine  et  la  chlorhydrine  de  Foxyde  de  uiési- 
tyle,  dans  le  but  d'étudier  certaines  réactions  qui  seront  publiées  ultérieu- 
rement. 

La  chlorhydrine  de  l'oxyde  de  mésityle 

^"3  >C-CH-CO-CH» 
OH  Cl 

réagit  normalement  sur  les  composés  organomagnésiens  mixtes.  Elle  donne, 

avec  riodure  de  magnésium  méthyle  CH^Mgl,  une  combinaison  soluble 

dans  l'éther 

CH3\  /CW^ 

OMgl    Gl        OMgl 

qui,  décomposée  par  Teau,  conduit  à  la  chlorhydrine  de  la  tétraméthyl- 

giycérine 

CH^\„      ^„      ^/GH^ 

OH    Gl        OH 

Préparation  de  la  chlorhydrine  de  l'oxyde  de  mésityle.  —  Nous  avons 
obtenu  facilement  la  chlorhydrine  de  Toxyde  de  mésityle,  en  fixant  sur  la 


l556  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

double  liaison  de  cette  acétone  non  saturée 

ç.^,)C  =  CH  -  CO  -  GIP 

l'acide  hypochloreux,  obtenu  par  la  méthode  de  Baeyer,  Lauch,  Bamberger 
(action  de  l'acide  borique  sur  l'hypochlorite  de  calcium  en  solution)  : 

3oo8  de  chlorure  de  chaux  du  commerce  ont  été  épuisés  par  l'eau,  environ  2i,5oo. 
On  ajoute  i5oe  d'acide  borique  et  l'on  complète  à  3'  avec  de  l'eau. 

Dans  ce  mélange,  dont  le  titre  en  chlore  actif  varie  de  2.  à  3  pour  luo,  on  ajoute 
100"  d'oxyde  de  mésityle. 

Il  se  produit  alors  un  abondant  précipité  de  borate  de  calcium,  et  le 
mélange,  qui  s'échauffe  peu  à  peu  jusque  vers  5o°,  est  agité  fréquemment. 

Après  12  ou  i5  heures  de  contact,  on  épuise  le  mélange  à  l'éther,  on  lave 
à  l'eau  l'éther  d'épuisement  et  on  le  dessèche  sur  du  sulfate  de  sodium 
anhydre.  On  récupère  l'éther  par  distillation  au  bain-maiie  et  le  résidu  est 
soumis  à  la  distillation  fractionnée  sous  pression  réduite. 

La  chlorhydrine  passe  à  81°  sous  lo""'";  on  obtient  ainsi,  dans  une  pre- 
mière opération,  5oe  de  produit  pur.  En  réalité,  le  rendement  est  plus 
élevé,  car  toutes  les  fractions  du  liquide  distillé  contiennent  de  la  chlorhy- 
drine. 

Le  produit  est  constitué  par  un  liquide  huileux  incolore,  d'odeur  cam- 
phrée un  peu  piquante,  qui  se  colore  en  violet  à  la  lumière. 

Dosage  du  chlore  par  la  méthode  au  sodium  alcool  et  titrage  volumétrique  du  chlo- 
rure alcalin  : 

Poids  de  la  substance  :  06,1722;  Cl,  o°,o4io;  Cl  pour  100,  23,8;  théorie,  23,58. 

Action  de  la  chlorhydrine  sur  l'iodure  de  magnésium  méthyle.  —  On  pré- 
pare l'iodure  de  magnésium  méthyle  avec  16^  de  magnésium  et95sd'iodure 
de  méthyle.  On  ajoute  peu  à  peu  5o"  de  la  chlorhydrine  précédente  dis- 
soute dans  deux  fois  son  volume  d'éther  anhydre.  (Ces  proportions  sont  de 
^moi  j^g  dérivé  magnésien  pour  1'"°'  de  chlorhydrine.) 

La  réaction  est  vive,  on  la  modère  en  refroidissant  s'il  y  a  lieu. 

On  obtient  ainsi  un  liquide  limpide  qui,  après  12  ou  i5  heures,  est  décom- 
posé par  l'eau  glacée  suivant  la  technique  habituelle.  La  couche  éthérée  est 
fractionnée  dans  le  vide,  après  élimination  de  l'éther. 

On  recueille  à  part  sous  200™'"  la  Iraction  io8"-ii5«  avec  fixe  à  iio**. 
Cette  portion,  i5"°'  environ,  est  constituée  par  un  liquide  visqueux  qui  se 
colore  en  brun  à  la  lumière  et  qui  donne  peu  à  peu  d'abondants  cristaux 


SÉANCE    DU    12    JUIN    1922.  l557 

incolores  et  brillants,  qui  constituent  la  chlorhydrine  de  la  tétraméthyl- 
glycérine. 

Ces  cristaux  fondent  à  Go"  au  bloc  de  Maquenne,  ils  sont  solubles  dans 
l'eau,  plus  solubles  dans  l'alcool  et  dans  l'étlier. 

Dosage  du  clilore  (méthode  au  sodium  alcool)  : 

Poids  de  la  substance  :  ok,i3i5;  Cl,  ofc'jOsS^;  Cl  pour  100,  21, 5;  théorie,  21, 3. 

Cette  réaction  présente  un  certain  intérêt,  car  sa  généralisation  donnera 
vraisemblablement  des  chlorhydrines  de  la  forme 

CH'/V~T  |\CH3 

OH  Cl        OH 

susceptibles  d'être  transformées  en  glycérines  correspondantes 

GHVV~T  |\CH3 

OH  OH      OH 


BOTANIQUE.  —  Sur  la  résistance  comparalne  à  la  chaleur  des  points  véi:,étaUjs 
de  l'embryon  du  Grand-Soleil.  Note  (')  de  M.  Edmond  Gain,  présentée 
par  M.  Gaston  Bonnier. 

Comme  nous  l'avons  indiqué  récemment  (-)  l'embryon  du  Grand-Soleil 
(Helianthus  annuus),  extrait  de  la  semence,  peut  supporter  des  tempéra- 
tures de  145°  à  i5o"  pendant  10  minutes,  et  garder  sa  faculté  germinative. 

L'activité  germinative  d'une  semence  normale  se  manifeste  en  divers 
points  végétatifs  localisés  ou  diffus  dans  certains  tissus.  On  peut  distinguer 
d'abord  les  deux  points  végétatifs  situés  vers  les  deux  extrémités  de  Taxe  : 
point  végétatif  radiculaire,  point  végétatif  gemmulaire.  Interviennent 
ensuite  trois  régions  d'accroissements  intercalaires  :  axe  bypocotylé,  base 
des  cotylédons,  masse  générale  des  cotylédons. 

L'action  d'une  température  sècbe  de  100°  à  i:"».^"  peut  atteindre  plus  ou 
moins,  dans  leur  vitaUté  propre,  ces  divers  points  qui  doivent  jouer  un 
rôle  actif  dans  le  développement  de  la  plantule.  Aux  températures  qui  avoi- 
sinent  la  température  ultra-maxima  compatible  avec  la  vie,  certains  de  ces 


('  )  Séance  du  6  juin  1922. 

(-)  Comptes  rendus,  t.  ITi,  1922,  p.  loSi 


l558  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

points  d'accroissement  peuvent  être  tués  on  paralysés  gravement  dans  leur 
activité  ou  en  état  d'inhibition.  Ils  résistent  inégalement  au  chauffage.  S'il 
faut  supposer  que  la  conduclibilité  des  tissus  secs  doit  les  amener  à  une 
température  sensiblement  identique,  il  y  a  néanmoins,  pour  chaque  point 
végétatif  encore  au  repos,  des  conditions  d'abri  qui  sont  diflérentes  :  alors 
que  le  point  gemmulaire  est  profondément  protégé  par  les  deux  masses 
charnues  des  cotylédons,  le  point  radiculaire  est  situé  dans  un  cône  proémi- 
nent à  l'extérieur.  L'expérience  indique  que  ce  dernier  présente  la  moindre 
résistance  à  la  chaleur  excessive.  S'il  est  détruit  ou  inhibé,  son  activité  est 
remplacée  partiellement,  au  point  de  vue  fonctionnel,  par  des  cellules 
embryonnaires  restées  vivantes  de  l'axe  hypocotylé.  Toujours  le  point 
gemmulaire  résiste  davantage  que  le  point  radiculaire;  mais  il  peut  aussi 
être  détruit.  Dans  ce  cas,  il  ne  subsiste  plus  d'éléments  pouvant  contribuer 
immédiatement  à  la  formation  de  la  tige  épicotyléc.  Nous  n'avons  pas 
encore  vu  se  produire  des  bourgeons  axillaires  normaux  de  remplacement  à 
l'aisselle  des  cotylédons  surchauffés,  tandis  que  des  racines  adventives 
peuvent  se  développer  sur  des  nodosités  soit  de  la  base  des  cotylédons,  soit 
de  l'axe  hypocotylé.  Dans  le  cas  de  destruction,  ou  d'inhibition  de  la  gem- 
mule, l'activité  de  celle-ci  est  remplacée  par  celle  de  la  base  des  cotylédons. 
Il  s'y  produit  parfois  une  sorte  de  renflement.  Le  cotylédon  peut  se  déta- 
cher au-dessous  de  cette  nodosité  qui  développe  des  racines  adventives.  Des 
quatre  points  d'activité  organique  dont  il  vient  d'être  question,  c'est  donc 
celui  de  la  base  des  cotylédons  qui  résiste  le  mieux. 

Un  stade  de  destruction  végétative  plus  accentué  encore  peut  se  mani- 
fester. C'est  dans  le  cas  où  il  ne  subsiste  que  l'activité  végétative  de  la 
masse  générale  des  feuilles  cotylédonaires,  sans  différenciation  à  la  base. 
Dans  ce  cas,  l'écartement  puis  le  verdissement  des  deux  cotylédons  sont 
les  premiers  indices  d'activité  végétative.  Ce  verdissement  est  périphé- 
rique et  il  part  des  bords  amincis  des  cotylédons  pour  gagner  vers  le  centre. 
Ces  cotylédons  s'accroissent  peu  à  peu  en  surface,  mais  ne  reconstituent 
pas  facilement,  dans  ce  cas  extrême,  les  organes  de  nutrition  indispensables 
à  une  survie  prolongée  :  ils  sont  ordinairement  atteints  par  des  altérations 
putrides  qui,  d'un  point  limité,  généralisent  l'infection  au  bout  de 
quelques  semaines. 

En  résumé,  parmi  les  embryons  soumis  au  chauffage,  il  en  est  qui 
gardent  cinq,  quatre,  trois,  deux  ou  un  seulement  des  divers  points  végéta- 
tifs dont  il  vient  d'être  parlé.  La  résistance  relative  de  ces  points  de  crois- 
sance est  d'autant  plus  grande  qu'on  s'éloigne  du  point  radiculaire  pour 


SÉANCE    DU    12    JUIN    I922.  l559 

passera  l'axe  hypocotylé,  à  la  i^emmule,  à  la  base  des  cotylédons,  puis  au 
bord  libre  des  feuilles  cotylédonaires. 

Nos  observations  ont  porté  sur  plusieurs  centaines  de  plantules  ayant 
subi,  avant  leur  germination,  un  t'Iiaudap^e  de  1 10''  à  i55"G.  Les  recherches 
de  Téodoresco  sur  la  résistance  des  diastases  des  tissus  desséchés  et  tri- 
turés (')  se  trouvent  confirmées  par  nos  expériences  sur  les  embryons 
intacts. 


BOTANIQUE.  —  La  ciriêse  somaliquc  dans  la  lige  aéu'enne  c^'Equisetum 
arvense  L.  Note  de  M.  Maurice  Lrnoir,  présentée  par  M.  Gaston 
Bonnier. 

Je  n'ai  trouvé  que  deux  Mémoires  ayant  trait  au  sujet  de  cette  Note,  l'un 
de  M.  Bargagli-Petrucci  (iQoS)  (-),  Tautre  de  R.  Béer  (i9i3)(^);  mais 
la  question  de  la  cinèse  somatique  de  VEquiselum  est  loin  d'être  résolue. 

Voici  brièvement  les  conclusions  auxquelles  m'ont  conduit  mes  observa- 
tions sur  la  division  du  noyau  dans  la  tige  de  VEr/uisetiim  aivense  : 

I.  Interphase.  —  Le  noyau  en  période  d'interphase  est  constitué  par  les 
éléments  suivants  : 

1°  Un  réseau  périphérique  dont  les  mailles  polygonales  sont  formées 
d'anastomoses  peu  visibles  présentant  des  granules  chromatiques  aux 
angles. 

2°  Un  plexus  fibrillaire  chromatique  reliant  les  nucléoles  au  réseau. 

3°  Des  nucléoles  en  nombre  variable,  cinq  à  six  ordinairement. 

IL   Prophase.  ~  On  observe  : 

1°  Un  spirème  formé  d'un  filament  apparemment  continu  portant  des 
granules  chromatiques.  Le  spirème  doit  son  origine  à  la  rétraction  des 
anastomoses  transversales  entre  les  filaments  parallèles.  Il  ne  semble  à 
aucun  moment  présenter  de  fente  présageant  la  division  métaphasique. 

2°  Une  mise  en  contact  direct  d'éléments  du  spirème  et  des  nucléoles. 


(')  E.-G.  Téodoresco,  Températures  mortelles  pour  quelques  diastases  (fiev.  gén. 
de  Botanique,  t.  25  bis,  191^7  P-  ■'>99)- 

(-)  G.  Bargagli-Petkucci,  l  nucleoli  durante  la  cariocinesi  nelle  cellule  merislo- 
mali  d'E(\u\?,&\.y\m  arvense  {Nuovo  Giornale  Bot.  Slal.,  N.  S.  vol.  12,  igoS). 

(^)  R.  Béer,  Studies  in  spore  development  :  IIl.  The  premeiotie  and  meiotie 
nuclear  dii'isions  0/  Equiseluin  arvense  {Ann.  of  Bot,,  t.  27^  I9i3). 


l56o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

peut-être  par  suite  de  la  rétraction  des  fibrilles  intra-nucléaires.  Le  contact 
étant  établi  étroitement,  la  matière  nucléaire  se  répand  dans  le  cordon  spi- 
rématique. 

3°  A  la  fin  de  la  prophase,  le  spirème  est  formé  d'une  gaine  de  chromatine 
et  d'un  axe  nucléolaire.  Les  granules  du  spirème  ont  la  même  composition. 
Le  spirème  a  ses  anses  orientées  en  outre  assez  bien  dans  le  sens  des  fibrilles 
du  fuseau  achromatique;  certaines  anses  enlacent  étroitement  les  nucléoles-, 
ceux-ci  sont  rangés  dans  le  plan  équatorial. 

[\°  Le  fuseau  se  développe  peu  à  peu  sous  forme  de  deux  calottes  en  deux 
points  opposés  du  noyau  qui  de  sphéroïde  devient  ovoïde,  l'aplatissement 
se  faisant  sentir  généralement  au  contact  des  calottes  fusoriales  en  voie  de 
développement. 

IIL  Métaphasc.  —  i°  Aussitôt  après  la  disparition  de  la  membrane 
nucléaire,  les  nucléoles  sont  entièrement  absorbés  par  le  spirème  qui  pré- 
sente, outre  ses  granules  très  gonflés  de  nucléoline,  des  hernies  gorgées  de 
la  même  substance. 

1^  La  division  a  lieu  immédiatement  après,  elle  se  fait  dans  le  plan  pas- 
sant, pour  une  anse  déterminée  du  cordon  chromosomique,  par  les  deux 
branches  dont  les  portions  proximales  sont  dans  le  plan  de  la  plaque  équa- 
toriale,  la  partie  libre  convexe  étant  tournée  vers  les  pcMes. 

3°  Pendant  la  division  du  cordon  chromosomique  celui-ci  expulse  ses 
granules  chromo-nucléolaires  de  toute  taille  dans  le  cytoplasme  après 
passage  dans  le  fuseau.  Seuls  sont  conservés  les  granules  qui  serviront  de 
centre  de  condensation  chromosomique. 

4°  Les  anses-filles  du  cordon  chromosomique  constituent  chacune  un 
chromosome. 

S*'  Chaque  anse-fille  se  contracte  autour  d'un  granule  chromo-nucléolaire 
situé  dans  le  plan  équatorial. 

6"  Au  moment  où  la  condensation  chromosomique  est  presque  achevée, 
il  existe  dans  le  plan  équatorial  un  double  spirème  à  filaments  plus  ou 
moins  parallèles  portant  de  gros  granules  envoyant  des  anastomoses  vers 
les  granules  voisins. 

Ces  granules  semblent  se  correspondre  à  peu  près  deux  à  deux.  De  toute 
façon  ils  sont  évidemment  groupés  en  séries  parfaitement  définies. 

7°  Lorsque  les  chromosomes  ont  achevé  leur  condensation,  ils  se  pré- 
sentent sous  forme  de  corps  massifs  spliéroïdes,  anastomosés  entre  eux;  vue 
du  pôle,  la  plaque  équatoriale  présente  un  aspect  fenestré  caractéristique.  Les 
chromosomes  sont  formés  d'une  couche  externe  de  chromatine,  le  centre 


SÉANCE    DU    1:2    JUIN    I922.  l56l 

étant  constitué  par  une  masse  de  nucléoUne.  On  peut  compter  environ 
5iS  chromosomes  à  la  plaque  équatoriale. 

IV.   Anaphase.  —  L'émission  chromo-nucléolaire  est  terminée. 

i«  Les  chromosomes  se  séparent  en  deux  groupes  dans  deux  plans  super- 
posés. Les  anastomoses  reliant  les  chromosomes  des  plans  anaphasiques  se 
tendent  pendant  la  plus  grande  partie  de  Fanaphase  sans  se  rompre. 

2«  Les  anastomoses  se  brisent  libérant  entièrement  les  deux  groupes  1  un 

de  l'autre. 

3«  Presque  au  début  de  la  séparation  des  deux  groupes  de  chromosomes, 
leurs  anastomoses  en  voie  de  distension  semblent  exsuder  des  gouttelettes 
très  fines  de  nucléoline.  Ce  phénomène  continue  jusqu'à  épuisement  com- 
plet de  la  nucléoline  qui  se  trouve  au  centre  du  chromosome  et  dans  l'axe 
des  anastomoses.  Les  gouttelettes  paraissent  se  fusionner  le  long  des 
anastomoses  brisées  précédemment,  et  peu  à  peu  colles-ci  se  condensent  en 
sphérules  nucléolaires  sous  le  chromosome  correspondant  devenu  exclusi- 
vement chromatique. 

4«  Les  anastomoses  brisées  se  rétractent. 

5«  Les  anastomoses  interchromosomiques  continuent  à  exister  dans 
chaque  groupe  anaphasique. 

V.  Tèlophase.  -  Le  début  de  la  télophase  est  marqué  par  l'existence  de 
deux  réseaux  de  nature  différente  : 

a.  Un  réseau  externe  chromatique  portant  des  granules  de  taille  relati- 
vement petite. 

b.  Un  réseau  interne  nucléolinien  dont  les  sphérules  sont  peul-ètre  le 
résultat  de  l'agglomération  des  gouttelettes  exsudées  par  les  anastomoses 
de  liaison  des  deux  groupes-fils  de  chromosomes  anaphasiques.  Ces  sphé- 
rules nucléoliniennes  sont  reliées  par  des  tractus  de  même  nature. 

i«  Pendant  le  reste  de  la  télophase  le  réseau  chromatinien  garde   sa 

structure . 

2°  Le  réseau  nucléolinien  se  condense  en  une  masse  nucléolaire  unique. 

3°  La  masse  nucléolaire  sécrète  une  pellicule  épaisse  de  chromatine. 

4°  La  pellicule  chromatique  appliquée  intimement  contre  le  réseau  chro- 
matique et  faisant  corps  avec  lui  se  vacuolise  fortement  formant  un  néo- 
réseau  chromatique. 

5°  Le  suc  nucléaire,  d'origine  cytoplasmique  probablement,  décolle  la 
pellicule  chromatique  de  la  masse  nucléolaire  qui  se  résout  en  nucléoles 
séparés  dont  le  volume  est  inférieur  à  celui  de  la  masse  primitive,  ceci 
prouve  qu'il  y  a  bien  eu  un  travail  de  sécrétion  chromatique  intense. 


l562  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

6°  L'origine  des  fibrilles  intra-nucléaires  peut  être  regardée  comme  un 
étirement  de  substance  chromatique  provenant  tant  de  la  pellicule  sécrétée 
que  de  la  couche  faible  toujours  adhérente  aux  nucléoles;  mais  ce  n'est  là 
qu'une  hypothèse. 

Il  n'y  a  pas  d'alvéolisation  des  chromosomes  qui  persistent  individuelle- 
ment d'une  division  à  la  suivante. 

Il  n'y  a  pas  non  plus  de  dissolution,  le  noyau  interphasique  possédant 
une  structure  déterminée. 

En  résumé,  il  semble  résulter  des  faits  précédents  que  /a  substance  fon- 
(lamenlale  du  chromosome  est  la  nucléoline  (=  pyrénine  ou  plastine  des 
auteurs)  ;  la  chromatine  en  dérive. 


BOTANIQUE.   —  Analomie  des  fleurs  d'une  même  espèce  à  diverses  altitudes. 
Note  de  M"*  Marguerite  Larbau»,  présentée  par  M.  Gaston  Bonnier. 

La  dimension  des  fleurs  varie  peu,  en  général,  avec  Taltilude,  mais 
comme  l'appareil  végélatif  aérien  a  des  dimensions  de  plus  en  pins 
restreintes  à  mesure  que  Faltitude  croît,  il  en  résulte  que  la  fleur  présente, 
en  montagne,  un  développement  bien  plus  considérable  qu'en  plaine  si 
on  la  compare  à  la  plante  qui  la  porte.  Ainsi,  pour  prendre  un  exemple 
moyen,  une  fleur  de  Silène  inflata  Sm.  oftre  à  peu  près  les  mêmes  dimen- 
sions en  plaine  et  à  2000'",  altitude  niaxima  où  cette  plante  croît  sponta- 
nément; mais  à  cette  altitude  Tappareil  végétatif  aérien  étant  de  3  à  5  fois 
plus  réduit  qu'en  plaine,  la  fleur  a  une  importance  de  3  à  5  fois  plus  consi- 
dérable si  on  la  compare  à  l'ensemble  de  la  plante.  Mais  si  la  fleur  conserve 
à  peu  près  la  même  dimension  aux  difl'érentes  altitudes,  les  inflorescences 
ou  les  groupes  d'inflorescences  présentent  un  moins  grand  nombre  d'élé- 
ments. Ainsi,  en  plaine,  les  inflorescences  du  Silène  inflata  ont  de  nom- 
breuses fleurs,  tandis  que,  vers  2000'",  il  n'y  a  plus  que  3  à  4  fleuis  par  inflo- 
rescence. M.  Gaston  Bonnier  a  montré  (')  qu'au  delà  de  cette  altitude, 
vers  23oo'",  on  peut  faire  germer  des  graines  dt  Silène  inflata;  alors,  les 
inflorescences  sont  encore  pins  réduites  et  l'on  obtient  quelquefois  des  tiges 
ne  portant  qu'une  seule  fleuj-. 

Les  poils  sont  plus  nombreux  en  montagne  qu'en  plaine,  plus  gros  et 
plus  serrés  sur  les  pédoncules  et  sur  les  sépales.  J'ai  même  remarqué  chez 

(')  G.    Bonnier,    Recherches    expérimentales   sur    l'adaptation    des  plantes    an 
climat  alpin  {Annales  des  Sciences  naturelles,  7=  série,  t.  20,  1895). 


SÉANCE   DU    12    JUIN    1922.  1 563 

VHieracium  Piloseila  L.  où  l'on  rencontre  deux  sorLes  de  poils,  les  uns 
étoiles,  les  autres  pluricellulaires  en  forme  de  cône,  que  ces  derniers,  plus 
gros  que  les  autres,  sont  plus  fréquents  en  montagne,  tandis  que  dans  la 
fleur  de  plaine  la  forme  étoilée  domine. 

La  protection  est  encore  assurée  par  les  épidémies  des  pédoncules  et  des 
sépales.  Ces  épidémies  ont  une  cuticule  plus  épaisse  chez  les  fleurs  de  mon- 
tagne. La  forme  des  celljles  épidermiques  offrent  souvent  aussi  une  diffé- 
rence :  tandis  que  ces  cellules  sont  à  peu  près  isodiamétrirjues  dans  les 
épidémies  de  plaine,  en  montagne,  elles  présentent  généralement  un  allon- 
gement dans  le  sens  radial,  ce  qui  donne  au  tissu  épidcrmique  une  cohé- 
rence et  une  épaisseur  relative  plus  marquées  que  dans  les  fleurs  de  la 
même  espèce  récoltées  en  plaine. 

Les  épidermes  des  pétales,  dans  les  boutons  floraux,  sont  constitués, 
à  toute  altitude,  par  des  cellules  à  contenu  très  dense;  or,  le  plus  sou- 
vent, chacune  de  ces  cellules  montre,  en  coupe  transversale,  une  légère 
saillie  arrondie  sur  la  face  externe.  Cette  saillie  proémine  de  plus  en 
plus  à  mesure  que  révolution  de  la  fleur  s'opère,  et  elle  linit  par  former, 
lorsque  la  fleur  est  épanouie,  une  papille  à  base  plus  ou  moins  renflée  et  à 
pointe  allongée.  L'ensemble  de  ces  papilles  forme  le  «  velouté  delà  fleur». 
La  différence  d'éclat  entre  la  corolle  dans  le  bouton etdanslafleurcpanouie 
provient  de  cette  difl^érence  histologique  dans  l'épidernie  à  ces  deux  stades 
de  l'évolution  de  la  fleur.  C'est  aussi  par  la  forme  de  ces  papilles  qu'on  peut 
expliquer  la  différence  d'éclat,  si  souvent  observée,  entre  les  fleurs  de 
plaine  et  les  fleurs  de  montagne.  En  effet,  dans  un  pélale  d'une  fleur  de 
montngpe,  les  papilles  sont  plus  serrées,  plus  allongées  et  plus  étroites  que 
dans  un  pétale  d'une  fleur  de  plaine  de  la  même  espèce. 

Dans  le  pédoncule  delà  plante  de  montagne,  le  cylindre  cortical,  formant 
un   tissu  de  protection,   est  plus  développé,  et  la  moelle  plus  réduite. 

On  rencontre  souvent  des  assises  de  tissu  palissadique  sous  les  épidermes 
des  pédoncules  et  des  sépales.  Ce  tissu  palissadique  est  toujours  plus  déve- 
loppé en  montagne  qu'en  plaine. 

Dans  plusieurs  cas,  j'ai  pu  remarquer  que  l'ouverture  des  anthères  est  plus 
précoce  en  montagne;  les  grains  de  pollen  y  sont  en  général  un  peu  plus 
petits  qu'en  plaine.  Je  n'ai  pas  encore  pu  observer  de  caractère  différenciel 
pour  les  pistils;  ceux-ci  semblent  conserver  la  même  structure  à  toute 
altitude. 

Enfin,  il  reste  encore  à  noter  une  différence  générale  dans  la  forme  et  les 
dimensions  des  éléments  cellulaires.  En  montagne,  les  cellules  sont  généra- 


l564  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

lement  plus  petites;  le  rapport  entre  leurs  dimensions  en  montagne  et  leurs 

dimensions  en  plaine  est  souvent  égal  à  ^  et  même  à  -•  Les  tissus  des  fleurs  de 

plaine  sont  moins  compacts,  leurs  cellules  sont  très  souvent  arrondies, 
laissant  entre  elles  des  méals  et  même  des  lacunes.  Les  tissus  des  fleurs  de 
montaj^ne  sont  plus  denses,  leurs  cellules  sont  plus  souvent  polyédriques, 
les  méats  moins  nombreux,  plus  petits,  et  les  lacunes  tendent  à  dispa- 
raître. On  peut  attribuer  sans  doute  ce  caractère  des  tissus  de  montagne  à 
rinfluence  de  l'état  liygrométiique  de  l'atmosphère.  En  effet,  l'air  est  plus 
sec  en  montagne  qu'en  plaine,  d'où  la  présence  de  tissus  moins  lacuneux  et 
plus  denses  dans  les  plantes  des  hautes  altitudes. 


PHYSIOLOGIE.  —  Muscidométrc  artificiel. 
Note  de  M.  («abriel  Bidou,  présentée  par  M.  Daniel  Berthelot. 

J'ai  eu  l'honneur,  lout  récemment  ('),  de  présenter  à  l'Académie  un 
compas  d'orientation  du  pied. 

Ce  compas  n'est  qu'un  exemple  particulier,  pris  dans  une  série  d'appa- 
reils analogues,  n'utilisant  pour  obtenir  les  données  nécessaires  à  la  Récu- 
pération fonctionnelle,  que  des  mesures  purement  géométriques  d'angles 
ou  de  longueurs. 

L'appareil  que  je  présente  aujourd'hui  appartient  à  une  seconde  caté- 
gorie qui,  à  coté  de  mesures  géométriques,  fait  appel  aux  mesures  dyna- 
mométriques. Je  l'ai  dénommé  Muscnlornétre  artificiel. 

Le  but  de  la  Récupération  fonctionnelle  étant  de  remplacer  ou  de 
suppléer  un  segment  du  membre  humain  déficitaire,  il  s'ensuit  que  l'étude 
de  la  force  nécessaire  à  la  commande  artificielle  devant  remplacer  ou 
suppléer  la  musculature  humaine  est  une  des  questions  primordiales  de 
cette  méthode. 

Pour  trouver  le  muscle  utile,  il  faut  connaître  le  poids  du  membre  à 
commander. 

Le  Musculomètre  artificiel  permet  de  déterminer  et,  en  même  temps, 
d'étalonner  le  ressort-muscle  artificiel  de  remplacement. 

Cet  instrument  se  compose,  en  effet,  de  deux  parties  distinctes,  jouant  en 
réalité  le  rôle  de  deux  appareils  différents  accouplés. 

La  pre-mière  partie  comporte  un  dynamomètre  à  ressorts,  travaillant  en 

(')  Comptes  rendus^  t.  174,  1922,  p.  1870. 


SÉANCE  uu    12  jui.x   1922.  l565 

cascade,  actionné  par  un  levier  se  déplaçant  devant  un  secteur  gradué.  Ce 
dynamomètre  commande  le  membre  ou  le  segment  de  membre  à  étudier. 

Pour  faciliter  la  description,  nous  supposerons  qu'il  faille  soulever  le 
membre  inférieur  du  sol. 

L'extrémité  inférieure  delà  jambe  sera  reliée  au  dynamomètre  par  un 


D,  D',  D",  tlyiianionièlres;  L,  levieis;  T,  lige  à  laquelle  sera  reliée  pur  un  càbic  le  mcuiljrc 
à  éludicr;  C,  S,  secteurs  gradués;  B,  réglette  graduée;  A,  aiguille;  X.  frein;  R,  ressort; 
Z,  barème  des  dislances. 

câble    et    l'opérateur,    actionnant  le    levier   de  commande,   soulèvera   le 
membre  à  la  bauteur  voulue,  [.e  dynamomètre  inscrira  l'effoi  t,  l'aiguille 
du  levier  se  déplaçant  sur  le  secteur  donnera  Tangie. 
Et  nous  aurons,  par  exemple  : 

Longueur  du  levier  I)uinain  (grand  Irochanler  au  sol).     80'-''" 

Angle  décrit iO° 

lllfTort  dynamomètre S'^'S 

Ces  renseignements  seront  notés;  et,  retournant  l'appareil,  nous  en  utili- 
serons la  seconde  partie. 

Deux  dynamomètres  sont  juxtaposés  et  peuvent  être  commandés  respec- 

C.  R.,  ig'a,  I"  Semestre.  (T.  17'»,  N»  24.)  ^  ^-^ 


l566  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

tivement  par  le  même  levier,  se  déplaçant  devant  un  secteur  gradué.  L'un 
décale  à  loo^'  et  va  jusqu'à  lo'^f'  et  l'autre  décale  à  lo''^'  et  va  jusqu'à  5o''s. 

Choisissant  un  ressort  à  boudins  de  x  centimètres  de  longueur,  d'un 
mandrinage  j>^  et  d'une  section  de  fil  z-,  nous  le  placerons  entre  le  dynamo- 
mètre et  le  levier. 

Pour  que  ce  ressort  étudié  soit  celui  qui  conviendra,  comme  muscle 
artificiel,  il  faudra  que  le  levier  marquant  20*',  le  dynamomètre  3''^,  l'écar- 
tement  des  spires  n'ait  pas  dépassé  en  -^  les  limites  d'élasticité  normale. 

Admcltons  que  Tensemble  des  desiderata  soit  obtenu.  On  notera  l'écar- 
tcment  des  spires  à  la  jauge  et  le  muscle  artificiel  sera  trouvé. 

Si  l'une  des  conditions  n'était  pas  réalisée,  on  choisirait  un  autre  ressort 
de  mandrinage  ou  de  section  difi"érents. 

Utilisation  pratique  du  muscle  trouvé.  —  Le  ressort -muscle  artificiel  sera 
attaché  à  la  ceinture  d'une  part  et  à  l'avant-pied  d'autre  part.  Il  sera  tendu 
d'une  façon  telle  que  l'écartement  des  spires  corresponde  à  celui  noté  à  la 
jauge. 

Dans  ces  conditions,  il  suffira  que  le  malade  se  libère  de  l'adhérence  au 
sol  et  supprime  ainsi  le  freinage  du  ressort,  pour  que  celui-ci,  revenant  sur 
lui-même,  propulse  le  membre  d'une  amplitude  de  20*'. 

Et  nous  savons  que  le  levier  humain  étant  de  80*^'°,  l'angle  de  20**,  la 
distance  linéaire,  autrement  dit  le  chemin  parcouru  par  le  membre,  sera  : 

sin  20  X  80""  =:  27'="',  20. 

Ce  que  nous  venons  de  dire  pour  le  groupe  musculaire  fléchisseur  du 
membre  inférieur  sur  le  bassin,  peut  s'appliquer  à  tout  autre  muscle  ou 
groupe  musculaire  humain. 

L'application  de  ce  système  permet  aux  amputés  de  cuisse,  d'équilibrer 
le  poids  de  leur  appareil  de  prothèse,  aux  hémiplégiques  de  marcher,  etc. 


ENTOMOLOGIE.  —  Origine  de  la  coloration  naturelle  delà  soie  chez  lelàomhyx 
mori.  Note  (')  de  MM.  Clément  Vaney  et  Jean  Pelosse,  présentée 
par  M.  E.-L.  Bouvier. 

Dans  une  Note  précédente  nous  avons  montré  que  le  sang  des  vers  et  les 
cocons  de  toutes  les  races  de  Bombyx  mori,  que  nous  avons  examinées,  étaient 
colorés.   Cette  coloration  est  très  atténuée  chez  les  races  dites  à  cocons 

(')  Séance  du  6  juin  1922. 


SÉANCE    DU    12    JUIN    1922.  iSb'J 

blancs;  elle  est  bien  nelle  chez  les  races  à  cocons  colorés  où  elle  varie  du 
jaune  vif  au  jaune  verdalrc.  La  lualière  colorante  du  cocon  parait  la  même 
que  celle  du  sang  et  en  dérive  très  probablement. 

La  substance  colorante  du  cocon  et  du  sang  rappellent  beaucoup  la  xan- 
tophylle  des  feuilles  du  innrier,  car  leurs  caractères  sont  sensiblement  iden- 
tiques et  leur  solution  alcoolique  examinée  au  spectroscope  présente  une 
même  baiide  d'absorption  dans  la  partie  la  plus  réfrangible  du  spectre. 

Comme  il  est  démontré  que  certains  colorants  d'origine  végétale  ou 
dérivés  de  l'aniline  peuvent  dialyser  à  travers  la  mu(jueuse  intestinale, 
pénétrer  dans  le  sang  et  de  là  se  fixer  sur  le  brin  de  soie  des  vers  de  toutes 
les  races  examinées,  il  est  très  probable  ({u'il  en  est  de  même  de  la  xautho- 
pliylle  des  feuilles  de  mûrier,  dont  certains  dérivés  sont  solubles  dans  l'eau 
et  la  liqueur  physiologique. 

La  coloration  du  sang  du  ver  et  par  suite  du  cocon  ]iroviendrait  ainsi  de 
certains  pigments  colorés  de  la  feuille  de  mûrier.  Ce  qui  semble  confirmer 
cette  manière  de  voir  c'est  que,  lors  de  leur  éclosion,  les  jeunes  vers  des 
races  dites  à  cocons  blancs,  de  la  race  Bagdad  par  exemple,  n'ont  pas  de 
sang  coloré.  Les  jeunes  vers  fraîchement  éclos  de  races  à  cocons  jaunes, 
comme  ceux  de  la  race  Chine  dorée,  ont  un  sang  très  faiblement  teinté  en 
verdàtre,  dont  la  coloration  extrêmement  atténuée  est  bien  différente  de 
celle  du  sang  des  mêmes  vers  ayant  absorbé  des  feuilles  de  mûrier. 

Ces  faits  viennent  confirmer  Thypothèse  que  Conte  et  Levrat  ont  émise 
en  1904  et  d'après  laquelle  la  coloration  des  cocons  des  séricigènes  déri- 
verait des  pigments  de  la  feuille  servant  à  alimenter  les  vers.  Mais  pour  eux 
les  variations  de  coloration  des  cocons  chez  le  Bombyx  inori  dépendraient 
des  difTérences  de  perméabilité  de  l'intestin  des  vers  à  soie  aux  diverses 
substances  colorantes  de  la  feuille;  pour  les  races  à  soie  blanche  aucun 
pigment  coloré  des  feuilles  ne  passerait  à  travers  la  paroi  de  l'intestin  de  la 
chenille,  alors  que  chez  d'autres  vers  à  soie  le  pigment  jaune  ou  vert  dialy- 
serait  avec  plus  ou  moins  de  facilité  et  l'on  obtiendrait  suivant  les  cas  des 
cocons  jaunes,  des  cocons  verts  et  des  cocons  contenant  à  la  fois  du  jaune 
et  du  vert.  Or,  nous  avons  remarqué  que  la  dialyse  des  colorants  artificiels 
à  travers  la  paroi  intestinale  s'opérait  de  même  pour  tous  les  vers  à  soie 
et  n'était  nullement  fonction  de  la  race. 

Il  semble  que  les  produits  xanthophylliens  doivent  traverser  de  la  même 
façon  la  paroi  intestinale  des  vers,  quelle  que  soit  la  race.  Le  sang  de  tous 
les  vers  serait  ainsi  coloré  avec  la  même  intensité  au  moyen  de  certains 
pigments  provenant  de  l'ingestion  des  feuilles  de  mûrier.  Mais  ces  colorants 


l568  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

végétaux  vont  se  trouver  en  présence  d'un  milieu  intérieur  plus  ou  moins 
riche  en  diastase  oxydante  :  le  sang  des  vers  à  cocons  blancs  renferme 
beaucoup  plus  de  tyrosinase  que  le  sang  des  vers  à  cocons  colorés  et  cela 
dès  le  plus  jeune  âge. 

Il  est  très  probable  que  ces  dilTérences  de  teneur  en  tyrosinase  vont 
permettre  des  oxydations  plus  ou  moins  profondes  des  pigments  xantlio- 
phylliens  qui  sont  ainsi  parvenus  dans  le  sang  par  la  voix  digeslive.  L'oxy- 
dation va  être  relativement  faible  chez  les  vers  à  cocons  colorés;  elle  sera 
plus  grande  chez  les  vers  à  cocons  blanchâtres. 

On  peut  se  faire  une  idée  approximative  du  résultat  de  ces  oxydations 
progressives  en  traitant  un  extrait  aqueux  bien  filtré  de  feuilles  de  mûrier 
par  de  l'eau  oxygénées  ou  une  solution  diluée  de  permanganate  de  potasse. 
Avec  une  très  faible  quantité  de  ces  corps  oxydants  on  aura  un  liquide 
jaunâtre;  si  l'on  augmente  légèrement  la  dose  de  réactif  on  obtient  une  solu- 
tion de  teinte  vetdâlre  très  claire. 

La  coloration  du  sang  du  ver  et  des  cocons  du  liomhyx  mori  paraît 
provenir  des  pigmejits  xanthophylliens  de  la  feuille  de  mûrier  qui,  après 
avoir  dialyse  à  travers  la  paroi  intestinale  du  ver,  pénètrent  dans  le  milieu 
sanguij]  où  ils  subissent  une  oxydation  plus  ou  moins  profonde  sous 
riiifluence  de  la  tyrosinase  sécrétée  par  les  leucocytes.  Suivant  les  degiés 
de  cette  oxydation  il  en  résultera  des  colorations  diverses  :  jaune  si  l'oxy- 
dation est  faible,  jaune  verdâtre  si  elle  est  plus  grande  et  blanc  jaunâtre  ou 
verdâtre  lorsqu'elle  est  beaucoup  plus  accentuée. 

La  coloration  des  cocons  sert  souvent  à  caractériser  les  diverses  races  de 
vers  à  soie.  Ce  caractère  se  trouve  en  relation  avec  une  sécrétion  plus  ou 
moins  abondante  de  tyrosinase. 


ANATOMIE.  Sur  le  développement  des  caraclcrcs  sexuels  primaires  chez  les 
Urodêles.  Hypothèse  sur  son  déterminisme.  Note  de  M.  M.  i\.Ro.v,  pré- 
sentée par  M.  Widal. 

Chez  Triton  cristatiis^  le  màle  jeune  reste  jusqu'à  une  période  assez  lardi\  e  du  déve- 
loppemenl  (correspondant  à  une  longueur  de  6'^°^  à  8""  environ),  identique  à  la  fenieile 
de  même  longueur.  La  crête  que  présente  le  màle  à  maturité  n'existe  pas  encore.  Sur 
la  face  dorsale  de  l'animal  règne,  au  niveau  du  rachis,  une  ligne  pigmentée  jaunâtre 
semblable  chez  les  deux  sexes.  Des  chromalocjtes  à  pigment  blanc  en  nombre  sensi- 
blement égal  chez  le  màle  et  la  femelle  sont  disposés  sur  les  parties  latérales  de  la 
queue.  Bref  les  caractères  extérieurs  ne  permettent  pas  le  diagnostic  du  jeune  Triton. 


SÉANCE  DU  12  JUIN  1922.  l569 

A  la  dissection,  les  glandes  génitales,  au  stade  dont  il  s'agit,  ont  sensiblennent  même 
forme  et  même  volume  chez  le  mâle  et  chez  la  femelle.  Les  conduits  excréteurs  — 
canal  de  WofT  et  canal  de  Millier  —  sont  rectilignes,  extrêmement  fins.  Seul  l'examen 
histologique  de  la  glande  génitale  indique  une  différenciation  déjà  fort  avancée  :  exis- 
tence, ch.z  le  mâle,  de  gonies  primitives  et  secondaires,  de  jeunes  ovocytes  chez  la 
femelle.  Celui  des  canaux  montre  (jue,  chez  le  mâle,  canal  de  WolfTet  canal  de  ÎVluller 
coexistent,  tous  deux  à  l'état  rudimentaire  de  minces  tubes  épilhéliaux,  daus  une 
gaine  connective  commune,  mais  que,  chez  la  femelle,  le  canal  de  Millier  n'est  pas 
accompagné  d'un  canal  wolffien.  En  somme,  le  Triton  mâle  jeune  ne  présente  aucun 
caractère  sexuel  autre  que  la  gonade,  alors  qu'à  un  stade  approximativement  correspon- 
dant la  femelle  possède,  comme  tel,  un  canal  de  Millier  déjà  évolué. 

A  une  période  du  développement  susceptible  de  varier  quelque  peu  — 
en  moyenne  pour  une  longueur  totale  de  8^'"  de  l'animal  —  on  voit  chez 
le  mâle,  dès  lors  extérieurement  identifiable,  la  ligne  pigmentée  dorsale 
disparaître  et  sitôt  après  faire  place  à  un  rudiment  de  crête,  d'abord  sous 
la  forme  d'une  saillie  linéaire  à  peine  perceptible,  puis  sous  celle  d'un  faible 
soulèvement  très  légèrement  denticulé.  L'examen  des  conduits  génitaux 
pratiqué  à  ce  stade  révèle  un  développement  sensible  du  canal  de  WolfF.  Le 
canal  de  Muller  persiste  à  son  côté,  dans  son  état  rudimentaire  initial.  Rien 
n'est  alors  changé  dans  le  testicule  en  ce  qui  concerne  les  éléments  de  la 
lignée  germinale,  réduits  encore  aux  gonies  primitives  et  secondaires.  Mais 
en  un  point  limité,  au  niveau  du  futur  bile  de  l'organe,  on  constate  l'exis- 
tence d'un  tissu  chargé  d'enclaves  lipoïdiques  qui,  au  stade  précédemment 
envisagé,  n'était  pas  encore  observable.  Ce  tissu  résulte  de  la  prolifération 
assez  discrète,  dans  la  zone  en  question,  d'un  certain  nombre  des  cellules 
folliculeuses  entourant  les  gonies  primitives  et  de  leur  transformation  en 
éléments  volumineux  riches  en  granulations  osmio-réductrices,  cependant 
qu'à  leur  tour  les  cellules  conjonctives  voisines  prolifèrent  et  se  chargent 
d'enclaves.  Des  vaisseaux  nombreux  envahissent  la  région  considérée. 

Le  développement  de  cette  zone  glandulaire  est  le  seul  fait  morpholo- 
gique nouveau  qui  se  manifeste  au  moment  de  la  ditlérenciatioh  des  carac- 
tères sexuels  primaires  :  ébauche  de  la  crête,  canal  différent.  On  a  donc 
des  raisons  de  penser  qu("  l'apparition  de  ces  caractères  peut  être  condi-, 
tionnée  par  la  formation,  dans  le  testicule,  d'un  tissu  glandulaire  endo- 
crinien. 

Les  caiactères  ainsi  développés  se  modifient  peu  jusqu'à  la  maturité 
sexuelle,  c'est-à-dire  jusqu'à  l'établissement  de  la  spermiogénèse.  On  sait 
que  l'élimination  des  spermies  s'accompagne  ensuite  de  la  production,  dans 
les  cystes  vidés,  d'un  nouveau  tissu  glandulaire  de  signification  différente 
qui  conditionne  la  poussée  des  caractères  sexuels  secondaires  périodiques. 


iSyO  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

entre  autres  celle  de  la  crête,  les  phénomènes  de  sécrétion  et  de  proliféra- 
tion dans  le  canal  de  Wolff('). 

En  résumé,  les  Urodèles  nous  présentent  une  évolution  dissociée  et  fort 
nette  des  caractères  sexuels.  Les  caractères  sexuels  primaires,  chez  le  mâle, 
apparaissent  relativement  très  tard,  alors  que  la  glande  génitale  est  depuis 
longtemps  différenciée.  Il  est  donc  inexact  d'admettre,  comme  le  font  cer- 
tains auteurs,  que  la  genèse  de  ces  caractères  se  produit  lors  de  la  première 
flexion  des  gonocytes.  Ce  que  par  contre  l'on  constate,  c'est  que  leur  déve- 
loppement est  accompagné  et  paraît  conditionné  par  la  formation,  dans  le 
testicule,  d'un  tissu  glandulaire  particulier.  Et  sans  être  autorisé  à  inférer 
des  Vertébrés  inférieurs  aux  supérieurs,  on  est  cependant  amené  à  supposer 
que  le  mécanisme  physiologique  est  vraisemblablement  unique  dans  la 
série  et  les  caractères  sexuels  primaires  si  précoces  des  Mammifères  déter- 
minés par  la  glande  interstitielle  du  testicule  embryonnaire,  d'apparition 
également  fort  précoce  (-), 

Nous  avons,  au  début  de  cette  Note,  écrit  qu'avant  l'installation  des 
caractères  sexuels  primaires  le  mâle  jeune  demeure  morphologiquement 
identique  à  la  femelle.  Cette  constatation  ne  saurait  être  enregistrée  en 
faveur  de  l'hypothèse  d'une  forme  embryonnaire  commune  aux  deux  sexes, 
et  dite  «  asexuée  »,  qu'à  la  condition  de  ne  considérer  que  les  caractères 
externes  et  d'excepter  la  glande  génitale.  Nous  croyons  en  effet,  —  et  les 
Urodèles  témoignent  en  faveur  d'une  telle  idée  —  que,  si  le  soma  reste  en 
apparence  plus  ou  moins  longtemps  asexué,  la  gonade  est  différenciée  d'une 
manière  précoce,  et  sans  doute  fixée  dès  l'origine  du  développement.  A  une 
période  variable,  selon  les  classes  et  les  espèces  de  Vertébrés,  le  testicule 
devient  vraisemblablement,  par  l'intermédiaire  d'un  tissu  endocrinien,  le 
point  de  départ  de  l'action  générale  qui  aboutit  à  la  première  différen- 
ciation sexuelle  du  soma. 


(')  Nous  avons  envisagé,  en  des  Communications  antérieures  (C  R.  de  la  Société 
de  Biologie^  l.  85,  p.  48^,  et  Comptes  rendus,  t.  J73,  1921,  p.  67;  l.  174,  1922, 
p.  332),  la  significalion  et  le  rôle  de  ce  tissu  glandulaire  de  deuxième  [ormalion. 
Nos  résultais,  confirmés  par  de  nombreuses  observations  et  des  expériences  mul- 
tiples, feront  l'objet  d'un  prochain  travail  in  extenso. 

(^)  La  glande  interstitielle  embryonnaire  des  Mammifères  possède  une  signification 
morphologique  difterente  de  la  glande  endocrine  du  testicule  à  maturité  sexuelle, 
comme  Bouin  et  Ancel  l'ont  montré  chez  le  cheval,  et  nous-mème,  plus  récemment, 
chez  d'autres  Mammifères  (Porc,  Mouton).  Cette  dualité  du  tissu  endocrinien  du 
testicule  complète  l'homologie  qu'on  peut  établir  entre  Batraciens  et  Mammifères. 


SÉANCE   DU    12    JUIN    1922.  iSyi 


EMBRYOGÉNIE.  —  La  dipyiénie  des  spermies  dans  certaines  doubles  sperma- 
logénèses  est  obtenue  par  une  mitose  hétérotypique  qui  se  produit  au  cours 
du  développement.  Note  de  M.  P.  Bouiiv,  présentée  par  M.  Widal. 

L'existence  des  spermatogénèses  doubles  est  connue  depuis  assez  long- 
temps. Elle  a  été  signalée  chez  divers  ordres  d'animaux,  chez  les  Proso- 
branches  (v.  Brun,  Stéphan,  Meves,  v.  Kemnitz,  etc.),  chez  certains 
Insectes  (Meves,  v.  Kemnilz,  Montgomery,  etc.),  chez  divers  Myriapodes 
(P.  Bouin  chez  Scolope/idra,  P.  Bouin  et  P.  Ancel  chez  Scutigera,  M.  Aron 
chez  Cryptops).  Ces  spermatogénèses  doubles  peuvent  être  distinguées  en 
deux  catégories  :  les  unes  évoluent  aux  dépens  de  spermatogonies  qui  sont 
communes  aux  deux  lignées  spermatogénétiques  ;  le  dimorphisme  des 
spermies  s'obtient  au  cours  des  mitoses  de  maturation.  Les  autres  é^^oiuent 
à  partir  de  deux  sortes  de  spermatogonies,  qui  sont  différentes  par  la  consti- 
tution de  leur  appareil  chromosomien. 

L'étude  des  doubles  spermatogénèses  de  cette  deuxième  catégorie  est 
très  instructive,  parce  qu'elle  tend  à  révéler  la  signification  réelle  du  pro- 
cessus de  maturation  et  en  particulier  de  la  première  division  maturative 
ou  hétérotypique.  C'est  en  me  plaçant  à  ce  point  de  vue  que  j'ai  repris 
l'étude  des  doubles  spermatogénèses  des  Myriapodes,  en  particulier  Sco- 
lopendra  et  Scutigera  coleoptrata. 

J'ai  signalé  antérieurement  qu'il  existe  chez  la  Scolopendre  deux  sortes 
de  lignées  spermatogénétiques  qui  se  poursuivent  parallèlement  dans  des 
logettes  testiculaires  contiguës.  Elles  ont  pour  cellules-mères  deux  sortes 
de  spermatogonies  qui  possèdent  des  chromosomes  en  nombre  égal  (24), 
mais  de  taille  différente.  Les  unes  renferment  des  chromosomes  en  forme 
de  gros  bâtonnets  courts  et  trapus;  les  autres  présentent  des  chromosomes 
semblables,  mais  plus  petits.  Les  spermatocytes  issus  des  spermatogonies 
à  gros  chromosomes  deviennent  très  volumineux  et  donnent  naissance, 
après  deux  mitoses  maturatives  qui  se  passent  selon  le  schéma  hétéroho- 
méotypique  de  Grégoire,  à  des  spermies  géantes  qui  renferment  chacune 
douze  chromosomes.  Les  éléments  de  la  petite  lignée  montrent  exactement 
les  mêmes  processus,  et  chaque  petite  spermie  reçoit  douze  petits  chro- 
mosomes. 

Chez  la  Scutigère,  il  existe  aussi  une  double  spermatogénèse  qui  se  passe 
dans  deux  territoires  différents  de  la  glande  germinative  mâle,  comme 


l572  ACADÉMIû    DES    SCIENCES. 

P.  Ancel  et  moi-même  l'avons  signalé  antérieurement.  L'une  des  sperraa- 
togénèses  est  caractérisée  par  des  éléments  très  volumineux  qui  forment 
des  spermies  géantes;  l'autre  spermatogénèsc  est  constituée  par  des  élé- 
ments très  petits  qui  élaborent  des  spermies  naines.  Les  mitoses  de  matu- 
ration se  passent  d'une  manière  identique  dans  les  cellules  séminales  de  la 
grande  et  de  la  petite  lignée  spermatogénétique.  Mais  la  dipyrénie  des 
deux  sortes  de  spermatozoïdes  est  obtenue  ici  par  le  moyen  de  chromo- 
somes particuliers.  Ceux-ci  sont  très  gros  dans  les  éléments  de  la  grosse 
lignée  et  beaucoup  moins  volumineux  dans  ceux  de  la  petite  lignée.  Ils 
subissent  des  divisions  équationnelles  pendant  les  divisions  maturatives  et 
sont  distribués  à  toutes  les  spermies,  les  spermies  géantes  étant  toutes 
munies  d'un  gros  chromosome  spécial,  les  spermies  naines  étant  toutes 
pourvues  d'un  petit  chromosome  spécial. 

La  dipyrénie  des  spermies  est  donc  obtenue,  chez  la  Scolopendre,  par  le 
volume  différent  des  chromosomes  dans  chaque  lignée  spermatogénétique, 
et  chez  la  Scutigère,  par  la  présence  d'un  gros  chromosome  spécial  dans 
la  grosse  lignée  et  d'un  petit  chromosome  de  même  nature  dans  la  lignée 
naine.  Comme  cette  dipyrénie  existe  déjà  dans  les  spermatogonies,  il  faut 
qu'elle  ait  été  réalisée  avant  l'établissement  de  la  spermatogénèse,  au 
cours  du  développement,  pendant  l'évolution  de  la  lignée  germinale.  Il  est 
à  présumer  que  la  mitose  hétérotypique  est  subie  par  la  cellule  germinative 
primordiale,  laquelle  mitose  distribue  à  chaque  cellule-fille  les  éléments 
chromosomiens  que  nous  retrouvons  dans  les  cellules-mères  des  deux  lignées 
spermatogénétiques.  Cette  division  sépare,  chez  la  Scolopendre,  les  gros  et 
petits  chromosomes,  et  chez  la  Scutigère,  le  grand  et  le  petit  chromosomes 
particuliers  contenus  dans  l'œuf  qui  doit  avoir  été  fécondé  par  une  spermie 
naine.  Les  deux  cellules-filles  de  cette  première  mitose  hétérotypique 
évoluent  parallèlement  au  cours  de  la  lignée  germinale,  se  multiplient  par 
mitoses  homéotypiques  et  fournissent  aux  gonades  de  Scolopendre  et  de 
Scutigère  les  deux  sortes  de  spermatogonies  que  nous  y  avons  observées. 

Conclusion.  —  Dans  la  plupart  des  spermatogénèses  étudiées  jusqu'ici,  la 
première  mitose  de  maturation  conditionne  en  même  temps  la  réduction 
numérique  des  chromosomes  et  la  dipyrénie  des  spermies,  celle-ci  étant  due 
à  l'évolution  de  l'hétérochromosome  qui  passe  dans  une  seule  cellule-fille  de 
cette  première  division  maturative.  Ces  deux  processus  se  trouvent  dissociés 
dans  les  doubles  spermatogénèses  des  Myriapodes  :  la  réduction  numérique 
est  toujours  obtenue  par  le  moyen  de  la  première  division  de  maturation; 
mais  la  dipyrénie  des  spermies  est  le  résultat  d'une  mitose  hétérotypique 


SÉANCE    DU    12    JUIN    1922.  l573 

qui  ne  peut  s'être  produite  qu'au  cours  de  la  lignée  germinale.  La  dipyrénie 
étant  réalisée  avant  la  spermatogénèsej  il  apparaît  que  le  grand  et  le  petit 
chromosome  spéciaux  de  la  Scutigère  doivent  être  considérés  comme  des 
hétérochromosomes  de  taille  différente,  qui  ont  opéré  leur  disjonction  d'une 
façon  précoce  et  qui,  dès  lors,  doivent  se  comporter  comme  des  chromo- 
somes ordinaii^es  au  cours  des  mitoses  spermatogénétiques. 


BIOLOGIE  GÉNÉRALE.  —  Notion  de  a  seuil  différentiel'»  et  explication  humorale 
du  gynandromorphisme  des  oiseaux  bipartis.  Note  de  M.  A.  Pkzard, 
présentée  par  M.  E.-L.  Bouvier. 

Plusieurs  biologistes  et  notamment  le  regretté  A.  Giard  ont  allégué  que 
la  théorie  des  hormones  sexuelles  est  impuissante  à  expliquer  clairement  le 
cas  des  oiseaux  «  bipartis».  Il  s'agit  de  sujets  chez  lesquels  le  plumage  est 
partagé  en  deux  moitiés  différentes  suivant  le  plan  de  symétrie  du  corps  : 
l'une  d'aspect  mâle,  l'autre  d'aspect  femelle.  L'autopsie  révèle  des  particu- 
larités intéressantes  concernant  les  glandes  reproductrices.  Ainsi,  le  pinson 
décrit  par  Max  Weber  en  1890  présentait,  à  droite,  un  testicule  correspon- 
dant au  demi-plumage  mâle,  â  gauche  un  ovaire  correspondant  au  demi- 
plumage  femelle. 

DifTérentes  explications  ont  été  proposées.  A  la  suite  de  nos  premiers  travaux  sur  les 
Gallinacés,  nous  avons  parlé  d'une  spécificité  chimiqLie  sexuelle  de  chaque  demi-soma, 
idée  qui  a  été  défendue  également  par  Abderlialden.  —  Max  Weber  a  mis  en  cause 
le  système  nerveux.  —  A  vrai  dire,  ces  explications  ne  peuvent  être  retenues  étant 
donnée  l'action  directe  et  non  conditionnelle  des  hormones  chez  les  Vertébrés  et  la 
généralisation  de  l'action  empêchante  de  l'ovaire  sur  le  plumaj;e  des  femelles  d'oiseaux. 
Par  contre,  nos  récentes  recherches  sur  la  loi  du  «tout  ou  rien»,  complétée  par  la 
notion  de  «  seuil  différentiel  »,  nous  suggèrent  une  interprétation  qui  a  tout  au  moins 
le  mérite  d'être  en  complet  accord  avec  les  faits  établis.  

i''  Loi  du  «  toit  ou  rien  »  1'  —  A  partir  d'un  certain  minimum  au-dessous  du- 
quel V  effet  morpho  gène  est  nul,  un  accroissement  très  petit  de  tissu  génito-enao- 
crine  fait  apparaître  les  caractères  sexuels  secondaires  mules  et  assure  leur 
développement  total.  Nous  avons  démontré  ailleurs,  par  voie  indirecte,  que 
cette  loi  est  applicable  à  l'action  de  l'ovaire  chez  les  Gallinacés;  enfin 
Knud-Sand,  puis  Al.  Lipschiitz  l'ont  vérifiée  chez  les  Mammifères. 

2°  Notion  de  seuil  différentiel.  —  Au  cours  de  nos  recherches  sur  les  Galli- 
nacés, il  s'est  trouvé,  dans  plusieurs  expériences,  que  le  minimum  efficace 


l574  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

de  tissu  testiculaire  s'est  strictement  maintenu  :  nous  avons  observé  alors 
une  dissociation  des  caractères  sexuels  secondaires  mâles  (organes  san- 
glants, instinct  sexuel  et  combatif,  chant,  utilisation  des  graisses);  l'en- 
semble de  ces  caractères  forme  donc  un  complexe(').  Et  ces  observations 
nous  conduisent  à  énoncer  les  trois  propositions  suivantes,  qui  s'appliquent 
également  à  la  poule  : 

a.  Le  minimum  Micau  n'est  pas  le  même  pour  tous  les  caractères  dépen- 
dant des  glandes  reproductrices. 

b.  Les  différences  de  seuil  sont  infimes,  pour  ainsi  dire  insensibles  à  la 
balance,  mais  suffisantes  pour  échelonner  X^'s,  départs  des  différents  carac- 
tères, et  même  fractionner  la  poussée  du  plumage- 

c.  La  détermination  directe  des  seuils  différentiels,  pratiquement  très 
difficile,  se  ramène,  en  définitive,  à  l'observation  des  temps  d' apparition. 

Les  travaux  de  Knud-Sand  sur  l'hermaphrodisme  expérimental  et  sur  la  transplan- 
tation des  gonades  conduisent  à  une  discrimination  du  même  genre.  Il  observe  en 
effet  que  les  caractères  sexuels  des  Mammifères  sont,  à  divers  degrés  «  homono- 
sensibles  »,  c'est-à-dire  qu'ils  apparaissent  sous  l'influence  de  quantités  voisines  mais 
différentes  de  tissu  endocrinien. 

3°  Pinson  de  Max  Weher.  —  Toute  interprétation  doit  tenir  compte  du 
fait  essentiel  suivant  :  le  plumage  soi-disant  mâle  des  oiseaux  est,  en  réa- 
lité, un  plumage  neutre,  puisque  les  castrats  le  conservent  et  que  les 
femelles  à  ovaire  enlevé,  malade  ou  atrophié,  l'acquièrent  intégralement. 
Chez  le  pinson  précité,  il  ne  s'agit  donc  pas  d'expliquer  pourquoi  le  testi- 
cule a  agi  à  droite,  mais,  plus  exactement,  pourquoi  l'ovaire,  qui  a  exercé 
à  gauche  son  action  empêchante,  ne  l'a  pas  exercée  à  droite.  Cela  posé,  et  en 
raison  des  différentes  modalités  de  la  loi  du  «  tout  ou  rien  »,  l'explication 
plausible  est  la  suivante  :  Au  moment  de  la  mue  précédente,  qui  a  déclenché 
son  plumage  biparti,  le  pinson  de  Max  Weber  présentait  un  ovaire  réalisant  le 
minimum  efficace,  et  se  trouvant  entre  deux  seuils  différentiels  :  celui  de  la 
pairie  droite,  plus  élevé  ;  celui  de  la  partie  gauche,  plus  petit.  Le  fait  que  deux 
conditions  exceptionnelles,  fuiie  hormonique,  l'autre  soinatique,  doivent 
coïncider,  explique  pourquoi  la  réalisation  de  tels  sujets  demeure  extrême- 
ment rare. 

Voici  les  raisons  qui  appuient  cette  manière  de  voir  : 

a.  Une  foule  de  travaux  portant  sur  les  paramètres  physiologiques  et 

(')  Pour  les  détails,  cf.  Journal  de  Phys.  et  Path.  gén.,  1922. 


SÉANCE   DU    12    JUIN    I922.  I^yS 

sur  les  mensurations  anatomiques  des  parties  droite  et  gauche  du  corps 
chez  les  Vertébrés  ont  montré  qu'il  existe  des  différences  entre  elles. 

Cela  n'a  rien  d'étonnant  puisqu'il  s'agit  de  deux  lignages  ayant  évolué 
parallèlement,  mais  séparément.  Le  plus  souvent  même,  ces  différences 
sont  supérieures  à  celles  que  supposent  les  deux  seuils  différentiels  du 

pinson. 

b.  Max  Weber  signale  que  l'animal,  autopsié  le  i*^''  avril  1890,  avait 
un  ovaire  de  structure  normale  (nous  ajouterions  fonctionnel),  avec 
follicules  développés,  mais  beaucoup  plus  petit  qu'un  ovaire  prélevé,  le 
même  jour,  chez  une  femelle  de  même  espèce  (3--,5x2--  au  lieu 
de  4°'",5  X  3'"'", 5)  (')  •  nous  sommes  en  droit  d'inférer  que  l'ovaire  du 
pinson  biparti  était  également  inférieur,  lors  de  la  mue  précédente. 

c.  Les  explications  données  jusqu'à  ce  jour  se  trouvent  en  défaut  s'il  n'y 
a  pas  correspondance  rigoureuse  entre  chaque  demi-soma  et  la  glande  qui 
paraît  le  commander.  Par  contre,  notre  interprétation,  qui  n'exige  pas 
cette  condition,  conserve  alors  toute  sa  valeur.  Or  chez  les  Sélaciens, 
A.  Vayssière  et  G.  Quintaret  ont  décrit  une  Roussette  possédant  des 
organes  génitaux  bipartis  et  seulement  un  testicule  impair  soudé  à  l'ovaire 
(à  droite  dans  le  genre  Scylliorhinus).  Mieux  encore  :  Max  Weber  signale 
le  cas,  décrit  par  Cabanis,  d'un  Picidé  américain.  Colapies  meœicanus 
biparti,  mais  retourné  (umgekehrt)  :  plumage  mâle  à  gauche  (où  se  trouve 
l'ovaire  chez  les  oiseaux);  plumage  femelle  à  droite;  l'éminent  zoologiste 
allègue,  d'après  la  description,  que  la  partie  droite,  d'apparence  femelle, 
doit  être  en  réalité  considérée  comme  infantile.  Suggestion  très  plausible, 
mais  qui  pose,  sous  une  forme  indirecte,  la  question  du  seuil  différentiel. 

L'explication  humorale  ch.  gynaudromorphisme  biparti  appa.aît  donc  comme  liée 
à  ridée  nouvelle  de  seuil  différealiel.  Si  cette  idée  n'a  pas  encore  donne  chez  les 
oiseaux,  tout  ce  qu'on  est  en  droit  d'en  espérer,  son  application  éventuelle,  aux 
Insectes,  conduirait  aux  résultats  fort  intéressants  obtenus  par  Goldschmidt  sur  les 
inlersexués.  «  L'ordre  de  fréquence  de  l'apparition  de  l'inlersexualité,  d'après  Goids- 
chmidt,  est  l'inverse  de  l'ordre  de  différenciation  au  cours  du  développement.  »,Or, 
si  les  caractères  se.uels  d'un  animal  sont  conditionnés  par  des  seuils  croissants  a,  U,c, 
l'involution  de  la  cause  agissante  les  modifiera  dans  l'ordre  c,.^  «,  qui  ourni.a 
l'ordre  de  fréquence.  Toutefois  E.-W.  Sexton  et  J.-S,  Huxley  objectent  que  la  lo.  de 
Goldschmidt  n'est  pas  toujours  applicable  et  qu'il  faut  tenir  compte  du  degré  de  chi- 
linisation.  L'exemple  des  Gallinacés  nous  apporte  ici  une  explication  :  la  loi  de  Golds- 


(1)  Le   testicule,    par  contre,  était  infantile  (unreif),  ce  qui  est   normal   en   avril, 
pour  le  pinson. 


1676  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

chmidl,  dans  le  cas  où  il  y  a  inversion  des  causes  agissantes,  ne  peut  s'appliquer  qu'à 
des  caractères  immédiatement  réversibles  ou  constamment  influençables.  Mais  si,  à 
l'exemple  du  plumage  de  la  poule,  les  caractères  sexuels  ne  sont  sensibles  à  l'hormone 
que  périodiquement,  l'ordre  de  sensibilité  doit  se  substituer  à  l'ordre  c,  b,  a. 

On  pourra  arguer  ici  que  rexpérimentation  paraît  soustraire  les  caractères  sexuels 
secondaires  des  Insectes  à  l'action  des  hormones.  N'est-il  pas  troublant,  néanmoins, 
de  constater  que  Goldschmidi  a  été  obligé,  pour  relier  les  faits,  d'imaginer  des  fac- 
teurs enzjmoïdes  (andrase  et  gvnase),  très  précoces,  sans  doute,  mais  agissant  par 
des  hormones,  et  de  leur  supposer  une  valence;  enfin  d'introduire  la  notion  de  point 
critique,  «  turning  point  »  qui  est  assimilable  à  notre  «  seuil  diftérentiel  »? 


PHYSIOLOGIE  PATHOLOGIQUE.  —  Régime  équilibré  et  acidose  diabétique. 
Note  de  MM.  A.  Desgrez,  H.  Bierky  et  F.  Kathery,  présentée  par 
M.  F.  Widal. 

Nous  avons  montré  (')  la  nécessité  d'un  équilibre  entre  les  divers  cons- 
tituants de  la  ration,  pour  que  l'animal  puisse  tirer  un  parti  convenable  des 
matériaux  apportés.  Etendant  ces  recherches  à  l'homme  diabétique  (^), 
nous  avons  tout  d'abord  recherché  dans  quelles  limites  les  différentes 
espèces  alimentaires  peuvent  se  suppléer  sans  provoquer  de  phénomène 
d'acidose. 

Comme  le  diabète  peut  se  traduire  par  un  trouble  de  la  nutrition  qui 
porte  non  seulement  sur  le  métabolisme  des  hydrates  de  carbone,  mais 
encore  sur  celui  des  graisses,  des  protéines  et  des  sels  minéraux,  il  y  avait 
lieu  de  faire  une  première  distinction  entre  les  sujets  qui  éliminent  cons- 
tamment des  «  corps  acétoniques  »  en  assez  grande  quantité  et  ceux  qui  n'en 
élinàinent  que  de  façon  intermittente.  Enfin,  on  devait  ranger,  dans  une 
troisième  catégorie,  les  diabétiques  présentant  une  azoturie  confirmée.  En 
ce  qui  regarde  les  malades  de  la  première  catégorie,  une  difficulté  se  pré- 
sentait pour  établir  des  points  de  repère.  Nous  avons  songé  à  prendre, 
dans  un  certain  nombre  de  cas  de  ce  genre,  comme  base  de  comparaison, 
la  quantité  de  glucose  et  de  «  corps  acétoniques  »  éliminée  pendant  le  jeûne 
(diète  hydrique)  et  correspondant  au  deuxième  jour.  Nous  avons,  en  effet, 
constaté  qu'au  bout  de  ce  temps,  les  effets  du  jeûne  se  sont  surtout  fait 


(')   Comptes  rendus,  t.  171,  1920,  p.  1 898  ;  t.  172,  1921,  p.  1068. 
(-)  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,    p.   244;   Comptes  rendus,  Soc,  de  Biologie, 
4  février  1922. 


SÉANCE    DU    12    JUIN    1922.  ï5']'] 

sentir  et  que  l'élimination  du  glucose  et  des  «  corps  acétoniques  »  a  subi 
une  diminution  marquée  ('). 

Les  malades  étaient  ensuite  soumis  à  une  ration  type,  équilibrée,  com- 
prenant des  protéines,  des  graisses  et  des  liydrates  de  carbone,  en  propor- 
tions d'abord  réduites  et  telles  que  «  l'acétonurie  »  fût  sensiblement  devenue 
celle  du  jeune.  La  quantité  d'un  hydrate  de  carbone  déterminé  restant 
fixe,  nous  augmentions  successivement  les  albumines,  puis  les  graisses  de 
la  ration. 

Les  analyses  ont  porté  sur  le  carbone  tolal,  l'uzole  sous  ses  clifTérenlcs  foimes  : 
azote  total,  urée,  ammoniaque,  etc.,  le  glucose,  les  corps  céloniques  (acétone  et 
acide  acélvlacéliqiie),  l'acide  cétogène  (|3-o\ybiitjriqiie)  (-).  Les  méthodes  em- 
ployées ont  fait  l'objet  d'une  étude  critique  préalable.  Certaines  expériences  ont  été 
poursuivies  pendant  i5  et  18  jours. 

A  défaut  de  tableaux  d'analyse  qui  ne  peuvent  trouver  place  ici,  nous  donnons, 
comme  exemple,  les  variations,  en  2^  heures,  des  acides  cétonique  et  cétogène,  chez 
un  malade  d'abord  soumis  au  jeûne,  puis  à  un  régime  équilibré. 

Glucose 
auli  ycirc. 

Avant  jeûne 8o5 

Jeûne,  i<='' jour 89 

))        2^"  jour 16,60 

Régime  équilibré,  1^' jour /i'-^'OO 

»                   2"  jour 38, 00 

))                   3'^  jour 39,00 

Même  régime,  plus  supplé     (   2^  jour...  28,90 

ment  dégraisse.                   (   3'"  jour...  53, 00 

Autre  exemple  emprunté  à  une  deuxième  séi  ie  : 

Corps  Acide  N. 

Glucose.       cétoiiii]ues.     cclogèiie.      Urée.     Atl'en  N.     Ml- eu  N.        total. 

s  g  "  ^  s  s  s  s 

Avant   régime  équilibré 23, 60  i,o5  i  ,  5o        ^9,^7       0,71  0,17  10, 65 

i4,5o  0,80  0,68        17,80       0,24  0,16  10, 3o 


(^nrps 

Acide 

céloni(jues. 

|i-oxyljulyri(|ne. 

S 

1,90 

6'5o 

1,80 

3,4o 

2,10 

-2,30 

2,4o 

3,5o 

2,3o 

2,90 

2,3o 

2,80 

3,00 

6,4o 

3,60 

7,3o 

egime  équilibre i  o  ,-  -  ^      -  /  o 

"  ^  j     ii,3o  o,bo  0,70       15,9.')       o,f\2  0,1b 

ême    régime,     p 
ment  de  graisse 


9.17 


,  ,,1     i3.oo  o,65  0,89       17.80       0,22  0,09         10, -)0 

Même    régime,     plus    supple-  I       ^  ^  „  „'  ,„  /• 

j  .'  ''  i5,oo  o,oo  0,93        18,90       0,4b  0,10  '0,70 


23,60  0,37  I , 3o       i5,4o       0,47  o, i5  8,90 


(^)   Comptes  rendus,  t.  173,  192 1,  p.  259. 

(^)  On  a  employé,  pour  ce  dosage,  la  méthode  de  Scliaffer  et  Marriott,  modifiée  en 
ce  qui  regarde  l'élimination  du  glucose  et  la  distillation. 


1578  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Si  l'équilibre  de  la  ration  est  rompu  par  un  supplément  convenable  de 
protéines,  on  peut  observer  une  diminution  ou  un  relèvement  des  «  corps 
acétoniques  »,  S'il  est  rompu  par  une  augmentation  des  corps  gras,  ou  voit 
le  taux  des  acides  cétonique  et  cétogèue  monter  progressivement  et  même 
atteindre,  pour  certaines  graisses,  un  chiffre  très  élevé  en  quelques  jours. 
11  suffit  alors  de  donner  un  sucre  bien  déterminé,  dans  des  conditions  et  à 
une  dose  où  son  utilisation  soit  encore  possible,  pour  voir  baisser  l'élimi- 
nation des  «  corps  acétoniques  ». 

Le  diabétique  réagit  donc,  à  ce  point  de  vue,  comme  l'homme  normal. 
Dans  certaines  expériences,  un  supplément  d'enquête  a  été  obtenu  par 
l'étude  du  quotient  respiratoire. 

Les  divers  sucres  ne  sont  pas  équipollents  dans  leur  pouvoir  anlicclogé- 
nique;  les  diverses  graisses  :  beurre,  graisse  de  porc,  huiles,  lécithines, 
sont  plus  ou  moins  cétogènes.  Les  résultats  observés  à  la  suite  de  l'ingestion 
de  graisses  animales  nous  ont  amenés  à  considérer  l'apport  de  ces  aliments 
en  facteur  liposoluble  et  à  suivre  les  effets  dus  à  ce  facteur,  soit  seul,  soit 
asssocié  aux  vitamines  B  et  C,  sur  la  glycosurie  et  l'acidose.  Nous  revien- 
drons sur  ce  sujet.  L'étude  du  carbone  urinaire  nous  a  permis  de  mettre 
en  évidence  le  rôle  prépondérant  des  acides  acétylacétique  et  ^-oxybu- 
tyrique  dans  l'acidose.  L'élimination  de  ces  deux  acides  étant  loin  d'être 
toujours  parallèle,  le  dosage  de  chacun  d'eux  est  indispensable. 

Des  sels  alcalins  ont  été  introduits,  à  certains  moments,  dans  la  ration. 
L'examen  des  urines  a  été  alors  complété  par  l'évaluation  de  l'acidité^e 
titration,  de  COMibre  et  combiné,  et  de  l'acidité  ionique  (Ph  de  Sorensen). 

Conclusion.  —  Avec  une  ration  bien  équilibrée  et  adaptée  à  chaque  cas, 
l'élimination  du  glucose  et  des  «  corps  acétoniques  »  peut,  chez  le  diabé- 
tique acidosique,  tomber  à  un  taux  voisin  de  celui  du  jeûne,  à  condition  de 
donner,  progressivement  et  sans  la  dépasser,  la  quantité  maxima  d'hydrates 
de  carbone  qui  peut  être  assimilée.  C'est  dans  cette  voie  qu'il  convient, 
selon  nous,  de  chercher  la  solution  du  problème  diététique  pour  le  diabé- 
tique, et  non  dans  la  suppression  exclusive  des  protéines,  des  graisses,  ou 
même  des  sucres,  comme  l'ont  proposé  divers  auteurs. 


SÉANCE   DU    12    JIJIX    1912.  l579 


BACTÉRIOLOGIE.  —  Physiologie  microbienne  cl  facteur  accessoire 
de  la  croissance.  Note  de  M.  Pierre  Goy,  présentée  par  M.  Roux. 

Nous  avons,  au  cours  d'une  Communication  précédente  ('),  résumé  les 
résultats  de  nos  premières  recherches  sur  le  rôle  des  facteurs  accessoires 
dans  l'évolution  et  la  physiologie  des  végétaux  inférieurs.  Ayant  repris  à 
nouveau  l'étude  de  cette  question,  nous  nous  sommes  servi  comme  réactif 
biologique  d'une  levure  de  brasserie  ne  proliférant  en  liquide  de  M ayer  qu'à 
la  condition  d'y  trouver  du  saccharose  du  commerce,  car  au  cas  où  cet 
hydrate  de  carbone  est  purifié,  son  développement  s'en  trouve  excessive- 
ment ralenti  ;  phénomène  d'ailleurs  identique  pour  divers  microbes  aérobies 
hétéro trophes  que  nous  avons  eu  l'occasion  d'étudier.  Il  faut  cependant 
observer  que  l'action  d'un  tel  facteur  est  beaucoup  moins  nette  lorsque  les 
cultures  de  levures  sont  faites  en  anaérobiose. 

Le  principe  actif  que  nous  avons  extrait  d'une  culture  de  mucor  et  agis- 
sant sur  la  levure,  ne  semble  pas  être  identique  au  facteur  B,  car  il  est 
dyalisable  sur  collodion  et  papier  parchemin,  soluble  dans  l'eau,  l'alcool  et 
Tétlier,  et  n'est  point  précipitable  par  l'acide  phosphotungstique  ;  de  plus 
cette  substance  est  résistante  à  la  chaleur,  son  action  n'étant  nullement 
affaiblie  même  par  le  chauffage  de  i  heure  3o  à  i3o°,  aussi  bien  en  solution 
acide  (3*^,26  en  SO'H^)  que  neutre  ou  alcaline  (3s,4o  en  KOH)  ;  bien  plus, 
le  Tableau  ci-dessous  montre  l'importance  du  chauffage  à  80°. 

Age  des  cultures. 

Cullures  de  saccharomyces  effectuées  eu  :  4'  jour.  6"  jour. 

Liquide  de  Mayer,  témoins o  o 

Liquide  de  Mayer  plus  2  unités  de  solution  accélératrice 

non  chauffée "  + 

Liquide  de  Maver  plus  2  unités  de  solution  accélératrice 

chauffée  2  minutes  à  80° +  +  -I-  -t--4--t- 

Liquide  de  Mayer  plus  i  unité  de  solution   accélératrice 

non  chauffée,  plus  i  unité  chauffée  2  minutes  à  80°.  .  .  -f-  +-1- 

Ges  dernières  propriétés  (résistance  à  la  chaleur  et  indifférence  à  la  réac- 
tion du  milieu)  ont  une  certaine  importance  pratique  dans  la  confection  des 
milieux  de  culture. 

Certains  auteurs* ayant  pensé  qu'il  serait  peut-être  possible  de  titrer  la 

(')  Comptes  rendus,  t.  172,  1921,  p.  242. 


l58o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

substance  B  en  substituant  précisément  la  levure  aux  êtres  supérieurs,  nous 
avons  fait  quelques  expériences  pour  nous  rendre  compte  de  la  valeur  du 
procédé  en  nous  basant  sur  les  conclusions  obtenues  par  la  commission 
anglaise  ('),  qui,  elle,  a  recherché  la  présence  des  facteurs  A,  B  cl  G  dans 
différentes  substances  plus  ou  moins  actives  envers  les  animaux. 

Or  les  résultats  que  nous  avons  obtenus  ne  sont  nullement  superposables 
à  ceux  de  la  commission  britannique,  car,  si  les  extraits  d'o:!ufs  frais,  ou  de 
levures  sèches  par  exemple,  contiennent  à  la  fois  le  facteur  Ben  abondance 
et  une  vitamine  des  plus  actives  pour  la  levure,  par  contre  les  jus  de  citrons 
ou  d'oranges,  riches  surtout  en  vitamine  C,  se  sont  montrés  comme  l'extrait 
de  viande  conservée,  dépourvus  de  tout  facteur  de  croissance  nécessaire 
aux  animaux  supérieurs,  bien  que  très  actifs  néanmoins  vis-à-vis  des  saccha- 
romyces.  Même  remarque  pour  le  sang  de  cobaye  mort  d'avitaminose  expé- 
rimentale et  pour  l'extrait  de  culture  d'amylomucor  [^  (Delemar). 

Conclusion.  —  Il  nous  semble  impossible  de  titrer  le  facteur  B  en  étudiant 
son  action  sur  la  prolifération  d'une  culture  de  levure. 


MÉDECINE  VÉTÉRINAIRE.  —  La  durée  de  la  période  contagieuse  dans  la  fièvre 
aphteuse.  Note  de  M.  Charles  Lebailly,  présentée  par  M.  Roux. 

Les  traités  classiques  et  l'opinion  courante  s'accordent  à  reconnaître  que 
la  lièvre  aphteuse  est  contagieuse  pendant  plusieurs  semaines.  Aussi  les 
règlements  de  police  sanitaire  inq30sent-ils  une  quarantaine  d'au  moins 
quinze  jours  après  la  guérison  du  dernier  cas  de  fièvre  aphteuse  apparu 
dans  une  exploitation.  Or,  il  est  très  important  pour  la  lutté  contre  l'épi- 
zootie  de  déterminer  aussi  exactement  que  possible  l'étendue  de  la  période 
pendant  laquelle  les  animaux  atteints  sont  susceptibles  de  transmettre  leur 
maladie.  Cette  notion  présente  aussi  un  intérêt  capital  pour  l'expérimen- 
tateur. 

Les  expériences  dont  je  vais  rapporter  les  résultats  ont  été  faites  à 
l'étable,  principalement  sur  des  bovins  de  race  normande,  jeunes  ou  adultes, 
à  l'exclusion  des  femelles  en  période  de  lactation,  sur  lesquelles,  pour  des 
raisons  matérielles,  il  ne  m'a  pas  encore  été  possible  d'expérimenter.  Le 
virus  dont  je  me  sers  provient  d'une  exploitation  des  environs  de  Caen,  où 

(')  Report  on  the  présent  slate  of  knowledge  concernitig  Accessory  food  factors 
{v'ilixminei)]  spécial  report  séries,  n°  38,  Londres,  1919. 


SÉANCE    DU    12    JUIN    I922.  l58l 

il  a  été  recueilli  au  cours  d'une  épidémie  en  décembre  1920.  Je  l'entretiens 
par  passages  sur  animaux  sensibles. 

La  maladie  ainsi  provoquée  éclate  du  troisième  au  septième  jour. 

Si,  depuis  le  moment  où  la  température  commence  à  s'élever  jusqu'à 
celui  où  a  lieu  la  rupture  des  aphtes,  je  mets  en  contact  du  bovin  malade 
un  bovin  réceptif,  celui-ci  prend  infailliblement  la  maladie.  Sa  température 
s'élève  au  bout  de  48  à  72  heures,  il  fait  une  infection  classique. 

Si,  au  contraire,  je  laisse  s'écouler  4  jours  après  l'apparition  du  premier 
aphte,  qui  en  général  suit  de  près  l'accès  fébrile  initial  et  se  traduit  exté- 
rieurement par  l'apparition  de  la  bave,  et  qu'à  ce  moment  j'introduise  dans 
l'étable  un  animal  réceptif,  celui-là  ne  s'infecte  pas.  Cependant  le  contact 
avec  l'animal  malade  est  complet,  tous  deux  sont  attachés  au  même  anneau 
pendant  6  heures,  ils  mangent  au  même  râtelier  et,  dans  la  même  man- 
geoire, ils  s'abreuvent  au  même  récipient  et  partagent  la  même  litière, 
l'animal  neuf  continue,  après  les  6  heures  de  contact,  à  occuper  la  place  du 
malade.  Enfin,  il  n'est  fait  usage  de  désinfectants  d'aucune  sorte.  Mes 
étables  ressemblent  à  celles  en  usage  dans  les  fermes  où  la  maladie  se  donne 
libre  cours,  mes  animaux  soumis  à  la  contagion  ont  toute  facilité  pour 
recueillir  sur  les  murs,  les  boiseries  et  les  restes  de  litière  datant  des  jours 
précédents,  les  germes  de  la  fièvre  aphteuse. 

D'autre  part,  l'animal  malade  présente,  durant  cette  période  de  contact, 
l'aspect  lamentable  et  classique  :  ses  aphtes  ulcérés  sont  recouverts  en 
partie  d'un  enduit  grisâtre,  des  lambeaux  d'épiderme  se  détachent  encore, 
une  écume  mousseuse  sort  de  sa  bouche,  et  il  fait  entendre  périodiquement 
le  mouvement  de  succion  caractéristique. 

L'opinion  courante  est  que  cet  animal  à  ce  stade  est  très  contagieux, 
qu'il  faut  le  désinfecter  lui-même  et  désinfecter  les  objets  qu'il  a  pu  souiller. 
Or,  depuis  huit  mois,  dans  les  locaux  où  j'expérimente,  j'ai  supprimé  com- 
plètement l'usage  des  désinfectants;  mes  animaux  neufs  sont  introduits 
dans  les  étables  des  malades  dès  le  quatrième  jour  après  l'apparition  des 
aphtes.  Pourtant  je  n'ai  jamais,  dans  ces  conditions,  observé  de  cas  de 
contagion.  Il  va  sans  dire  que  mes  animaux  neufs  sont  bien  réceptifs, 
éprouvés  quinze  jours  à  un  mois  plus  tard  par  inoculation  du  virus  ou  par 
contagion  directe  à  la  période  virulente  de  la  maladie,  ils  se  sont  toujours 
infectés. 

Aussi  nous  apparaît-il  que  dans  l'évolution  de  la  fièvre  aphteuse  on  doit 
distinguer  deux  périodes.  La  première  période  sournoise,  impossible  à 
dépister  par  l'observation,  est  d'autant  plus  redoutable  qu'on  ne  peut  la 

C.  R.,  iqî2,  !•'  Sp.mestre..  (T.  t74,  N*224.)  1  l4 


l582  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

déceler  qu'en  recherchant  l'élévation  thermique.  Dès  le  début  de  cette 
ascension  thermique,  ne  fût-elle  que  de  quelques  dixièmes  de  degrés, 
l'animal  sème  la  contagion  partout  où  il  passe  et  transmet  sa  maladie 
insoupçonnée  à  d'autres  qui  la  disperseront  de  la  même  manière. 

La  deuxième  période,  au  contraire,  celle  qui  frappe  et  attire  l'attention 
des  observateurs  les  moins  prévenus,  ne  mérite  nullement  la  terreur  qu'elle 
inspire.  Ce  stade  de  la  maladie  est  pour  les  animaux  le  plus  douloureux, 
mais  lorsqu'ils  bavent  depuis  quatre  jours  ils  sont  incapables  de  trans- 
mettre la  fièvre  aphteuse. 

La  conclusion  qui  ressort  de  mes  expériences  c'est  que  la  propagation  se 
fait  par  les  animaux  malades  aux  seules  périodes  d'incubation  et  d'invasion 
et  pendant  un  temps  très  court.  Ces  constatations  expliquent  l'impuissance 
des  mesures  sanitaires  appliquées  lorsque  les  épidémies  ont  déjà  pris  un 
certain  développement.  Celles  de  ces  mesures  qui  paraissent  les  plus  radi- 
cales, comme  l'abatage,  ne  peuvent  donner  rien  de  plus  que  la  surveillance 
et  la  séquestration  des  premiers  foyers. 

En  période  épidémique  il  faut  se  méfier  beaucoup  moins  des  animaux 
qui  bavent  depuis  quatre  jours,  car  alors  ils  sont  inoffensifs  puisque 
le  virus  de  la  fièvre  aphteuse  meurt  surplace,  que  de  ceux  en  apparence 
sains. 

A  ceux-ci  on  devrait  toujours,  au  contraire,  imposer  une  quarantaine 
avant  de  les  introduire  dans  un  troupeau  indemne. 


M.  F.  Bayle  adresse  une  Note  (')  consacrée  à  l'étude  des  Formules  per- 
mettant d'établir  les  salaires  ouvriers  d'après  des  régies  rationnelles .  Il  rappelle 
les  travaux  antérieurs,  notamment  les  formules  paraboliques  de  salaires,  de 
M.  Charles  Lallemand.  Se. plaçant  à  un  point  de  vue  très  général,  il  arrive 
à  conclure  qu'il  n'y  a  pas  de  bons  ni  de  mauvais  tarifs,  mais  des  tarifs  mal 
appliqués.  Il  souligne  ainsi  la  nécessité  d'effectuer  une  étude  spéciale  pour 
chaque  cas  particulier  et  donne  les  principes  généraux  qui  peuvent  faciliter 
ces  études. 


A  i6  heures  et  quart,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 


(')  Séance  du  27  mars  1922. 


SÉANCE   DU    12   JUIN    1922.  l583 


COMITÉ    SECKET. 

La  Section  d'Anatomie  et  Zoologie,  par  l'organe   de  son  Doyen,  pré 
sente  la  liste  suivante  de  candidats  à  la  place  vacante  par  suite  de  la  mort 
de  M.  Ranvier  : 

En  première  ligne M.  Jules  Gravier 

En  deuxième  ligne M.  Maurice  Caullery 

1    MM.  Raoul  Anthony 

En  troisième  ligne,   ex  œquo  et  par  ordre  \  Louis  Lapicque 

alphabétique Edouard  Retterer 


Louis  Roule 


Les  titres  de  ces  candidats  sont  discutés. 
L'élection  aura  lieu  dans  la  prochaine  séance. 


La  séance  est  levée  à  17  heures  et  quart. 

É.  P. 


l584  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 


Ouvrages  reçus  dans  les  séances  de  mai  1922. 

A  la  gloire  de  la  Terre^  souvenirs  d'un  géologue^  par  Pierre  Termier.  Paris,  Nou- 
velle librairie  nationale,  1922;  i  vol.  20'='". 

Coup  d'œil  sur  les  principes  fondamentaux  de  la  Nomographie,  par  M,  d'Ocagne. 
Extrait  de  la  Revue  générale  des  sciences  du  3o  avril  1922.  Paris,  Doin;  i  fasc.  29''™. 

Ménrjoires  de  la  Société  géologique  du  INord.  Description  de  la  faune  siluro-dévo- 
nienne  de  Liévin,  par  J.  Gosselet,  Ch.  Barrois,  M.  Lericbe,  A.  Crépin,  P.  Pruvost, 
G.  Dubois.  Tome  Vl-II  (2*  fascicule).  Lille,  Imprimerie  centrale  du  Nord,  1920. 

Leçons  sur  le  problème  de  Pfaff,  par  Edouard  Goursat.  Paris,  J.  Hermann,  1922; 
I  vol,  25'='". 

Les  vins  et  eaux-de-vie  de  vin  de  France^  par  Georges  Couanon.  Tomes  I  et  II. 
Paris,  Payot,  1920;  2  vol.  19*^™. 

Le  pianteegli  animali  in  Leonardo  Da  Vinci,  par  Giambattista  de  Toni.  Bologna, 
Nicola  Zanichelli,  1922;  i  vol.  24*"". 

Les  Ouvrages  suivants  de  M.  D.  Zqel  Garcia  de  Galdeano  : 

—  Las  modernas  generalizaciones  expresadas  por  el  àlgebra  simbôlica  las  geo- 
metrias  no-Euclideas  y  el  concepto  de  hiper-espacio.  Madrid,  Moreno  Ruzado,  1896; 
I  fasc.  1']"'^. 

—  Exposicion  sumaria  de  la  teorias  matemàlicas.  Zaragoza,  Emilio  Casanal,  1907. 

—  Algunos  conceptos  fundamentales  en  un  curso  de  Anâlisis  malemàtico  y  de 
las  funciones.  Zaragoza,  Casanal,  191 1;  i  fasc.  22*^'". 

—  Ensayos  de  sintesis  matematica  y  nuevo  metodo  de  ensenanza  niatemdtica. 
Zaragozo,  Casanal,  191 1;  i  fasc.  22"=™. 

—  Nuevo  método  de  ensenanza  niatemdtica.  Zaragoza,  Casanal,  191 1  ;  i  fasc.  22=". 

—  Sumario  de  mis  cursos  de  calculo  infinitésimal  con  arreglo  al  nuevo  método 
de  ensenanza  (1912  à  1914)-  Zaragoza,  Casanal,  1918;  i  vol.  22"='°. 

—  Anuario  de  propaganda  matematica  (1914).  Zaragoza,  Casanal,  1914;  i  fasc. 

22'^'". 

—  Razonamiento  de  mi  curso  elemental  de  cdlculo  infinitésimal.  Zaragoza, 
Casanal,  1915, •  i  fasc.  22'=". 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE   DU   LUNDI   19   JUIN   4922. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Émii.e  DERTIN. 


3IEMOIUES  ET  C03IMUIVICATI0]\S 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

GRAVITATION  EINSTEINIENNE.  —  Champ  isotropc.  Sphère  fluide  hétérogène. 
Note  de  M.  Marcel  Bkillouin. 

1.  Scliwarzschild  a  obtenu  en  191(5  les  potentiels  de  gravitation  d'une 
niasse  liquide  sphérique,  tant  à  rexlérieur  de  la  sphère  de  densité  maté- 
rielle Oy  que  dans  tout  Tintérieur  (  '). 

Je  me  propose  de  montrer  comment  cette  solution  pcimet  de  passer  de  la 
sphère  homogène  à  la  sphère  formée  de  couches  concentriques  homogènes 
de  densités  diflérentes,  et  même  .à  la  sphère  dont  la  densité  varie  d'une 
manière  continue  du  centre  à  la  surface,  soit  suivant  une  loi  de  densité 
donnée  à  l'avance,  soit  comme  conséquence  de  la  loi  physique  de  compres- 
sibilité  du  milieu. 

2.  Je  commence  par  rappeler  les  résultats  de  Sch^Ya^zschild  en  chois^is- 
sant  des  notations  qui  se  prêtent  à  l'écriture  des  calculs  ultérieurs.  Dans  ce 
problème  statique,  isotrope,  il  est  commode  d'employer  les  coordonnées 
sphériques  :  cônes  circulaires  d'angle  zénithal  0,  autour  d'un  axe  lié  à  la 
matière;  plans  méridiens  d'angle  azimutal  cp  à  partir  d'un  plan  lié  à  la 
matière  ;  sphères  concentriques  de  paramètre  R  égal  au  quotient  de  la  tjir- 
conférencc  de  grand  cercle  par  ir..  Il  importe  de  remarquer  que  R,  qui 
convient  pour  toutes  les  mesures  effectuées  sur  la  surface  de  la  sphère,  ne 
convient  plus  pour  les  mesures  effectuées  suivant  le  rayon  ;  ce  n'est  pas  la 
distance  d'un  point  de  la  sphère  à  son  centre.  On  a  alors 

ds"'  —S,{^)  dL-  -  ,;',  ( R )  d\\^  —  R- ( d^l'  +  si n^ 9  >lo^ ). 


(>)  Sitz.  Ber.  Kôn.  Preiiss.  Akad.der  Wissensch.,  p.  189  et  4?.4. 
C.  B.,  1922,  i"  Semestre.  (T.  174,  N»  25.) 


Il5 


l586  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Dans  l'espace  extérieur  indéfini,  on  a 


(") 


fls'- 


r-^)./.^- 


a 


dW'~lV'{d9'+s'iu^6df-), 


et  dans  la  masse  liquide,  de  densité  uniforme  %,  qui  occupe  tout  l'intérieur 
de  la  sphère  R^, 

Ces  formules  ne  diffèrent  de  celles  de  Schwarzschild  que  par  les  notations. 
La  pression/),  nulle  à  la  surface  Rs?  est  donnée  par 


p  =  ào 


\^-i 


3      /  a  x       1  a\V-      ' 


elle  croît  jusqu'au  centre,  où  elle  reste  finie  pourvu  que  R^  soit  supérieur 

'   9 
a^«. 

Pour  obtenir  ces  formules,  Schwarzschild  a  écrit  que  «, ,^,,  sonl  continus 
à  la  surface  R^,  et  que  p  y  devient  nul,  Au  contre,  gf,  g,,  cl  p  sonl  finis 
71 071  /mis. 

3.  Avant  d'être  particularisée  par  les  conditions  fronlicre,  la  solution 
obtenue  par  Schvvaizschild  dans  la  masse  homogène  s'écrit  avec  /nés  nota- 
tions de  la  manière  suivante  :  pour  une  couche  homogène  de  rang  2y  à 
partir  du  centre,  comprise  entre  les  rayons  Ro/_,  intérieur  et  Roy^i  exté- 
rieur : 


(A) 

en  posant 
(B) 


R 

^1  =  -' 


iP^^.Ali^^^Uj)^l 


^:^>,.^^.+  r;_l!Z_^Rî, 


r"     R' 

=  /       3  i^  ^R, 


SÉANCE    DU     19    JUIN    Kj"!^.  I  ^87 

X  est  la  conslanle  de  la  gravitation  universelle; 

Oay  est  la  densité  de  la  couche  homogène  ; 

Aoy,  y.^j,  11,1  sont  des  constantes  introduites  par  Tintégration  des  équations 

différentielles  qui  définissent  ^,  et  g,,  dans  la  théorie  d'Einstein. 

Ce  sont  ces  constantes  qu'il  s'agit  de  déterminer  par  les  conditions  de 
continuité. 

On  reconnaît  facilement,  avec  SchvvarzschilJ,  qu'il  faut  prendre  pour  la 
couche  centrale  A„  =  o,  Yq.  Ho  finis  non  nuls. 

4.   Milieu  formé  de  n  couches  distincles.  —   J'écris  maintenant  les  équa- 
tions de  continuité  à  la  suiface  H^y+i,  fournies  par  0-,^  g-,^  dp  • 

I  y  y  *' 

(C)  y2y+2H,y+,  =  y.,,(Uy^,+  H,,), 

—  rî         -4-  ^i  /^V^  _!_-       ,^      ,    Q  t  /f^2y+i  ' 

—  '^27+2  H \  /  Ti —  —  O2  /  -T \  /  ï ; — iT 


2/ 


avec 


On  en  tire  facilement 


ainsi  que 


>-2y+2  =  3  Ozy-^  2  Riv+1  —2]  3  ^^''  ^  ^^'''+'  ~  ^2'^-' ^ ' 


■/,j+^-yij     /H^y+i        y2y— y2y-2     /1^2y-i  _  ■/- , 
O2/+2  —  ^ij  V    ^j->2y+i        ^2y  —  02y-2  V    f^2y-i        '^ 


Gv 


Ayant  y,  on  obtiendra  H  de  proche  en  proche  par  la  seconde  équation. 
On  peut  d'ailleurs  écrire  la  valeur  finale  sous  forme  de  fraction  continue. 

5.  A  la  surface  libre,  Ro^+m  ^^  delà  de  laquelle  la  pression  et  la  densité 
deviennent  nulles,  et  les  g  sont  ceux  de  la  formule  (i)  (§  2),  la  continuité 
donne 

—  il ' 

R2«H  1  '*2/(-rI 


(Cs)  {  a,,,  ;^ (!,„-., +  H,„)i/^  =  i, 

1  o  V      *»2rt-|-l 

La  première  de  ces  équations  détermine  a  en  fonction  de  toute  la  distri- 
bution des  densités  0.  Les  deux  autres  déterminent,  en  réalité,  y^  et  Ho  par 
rinterniédiaire  de  $o„  et  ya^  ainsi  que  des  formules  (G). 


i588 


ACADEMIE    DES    SCIENCES. 


Toutes  les  autres  grandeurs  intéressantes,  en  particulier  les  longueurs 
radiales,  les  volumes  des  couches,  les  propriétés  optiques  à  toute  profon- 
deur, etc.,  peuvent  être  ensuite  facilement  obtenues. 

6.  Milieu  conlinn  hétérogène.  —  Lorsque  l'épaisseur  des  couches  homo- 
gènes devient  infiniment  petite,  le  passage  à  la  limite  donne  facilement  les 
résultais  suivants  : 


(3) 

(4) 

(3) 

puis,  l'équation  en 

(6) 

(7) 

et  enfin 

(8) 


co  =  H  — /.  r    ô(R)U-</H, 


w  /  do  \  \â\\ 


\V- 


H(R) 


6 


A^ 


A'.(R) 


m' 


Lorsque  o  est  donné  en  fonction  de  R,  toute  la  difficulté  est  ramenée  à 
l'intégration  de  l'équation  dilTérentielle  (6),  qui  est  linéalte  du  deuxième 
oïdie  à  coefficients  variables.  On  obtient  ensuite 


(9) 


:  —  0  +  y 


(Il 

dy 


Les  deux  constantes  introduites  par  l'intégration  de  l'équation  (G)  seront 
déterminées  par  les  conditions  (C^)  à  la  surface  libre,  qui  prennent  la 
forme 


(lO) 
(M) 


K  \di\Js' 


SÉANCE    DU    19   JUIN    1922.  l5Sç) 

Le  problème  se  présente  alors,  en  gravitation  einsteinienne,  sous  un 
aspect  tout  à  fait  semblable  à  celui  qu'il  a  en  gravitation  nevvtonienne,  et 
de  même  difficulté. 

7.  Loi  de  compressibilité  donnée  :  p  =y(o).  —  Toujours  comme  en  gravi- 
tation newtoniennc,  le  problème  général  prend  un  aspect  beaucoup  plus 
difficile  si  Ton  se  donne,  au  lieu  de  la  loi  de  <5  en  R,  la  loi  physique  de  com- 
pressibilité. 

Aux  équations  (4)  et  (6),  il  faut  alors  joindre,  au  lieu  de  (9),  l'équa- 
tion 

et  entreprendre  l'intégration  de  ce  système  d'équations. 

En  outre,  la  loi  de  compressibilité  force  à  distinguer  deux  cas,  celui  des 
fluides  denses  et  celui  des  atmosphères. 

J'appelle  y7//iV/^  dense  celui  dont  la  densité  reste  finie  sous  une  pression 
pratiquement  nulle.  Dans  ce  cas,  on  peut  encore  enfermer  la  matière  dans 
une  sphère  de  paramètre  R^  fini,  à  la  surface  de  laquelle  s'appliquent  les 
conditions  (10)  et  (i  i). 

J'appelle  almosphère  un  fluide  dont  la  pression  ne  s'annule  que  si  la  densité 
s'annule  elle-même.  L'atmosphère  ne  peut  pas  être  limitée  par  une  sphère 
Unie  Us-  H  faudrait  discuter  les  conditions  à  l'infini,  suivant  la  manière  dont 

varie -^  lorsque  o  tend  vers  zéro.  Le  ds'-  ne  devient  généralement  pas,  au 

loin,  celui  d'un  Univers  de  Minkowski. 

La  question  des  atmosphères  parait  donc  plus  difficile  qu'en  gravitation 
newtoniennc. 

(S.  On  trouvera  ailleurs  quehjues  développements  utiles,  tant  sur  le  pro- 
blème sim[)lc  de  Schwarzschild  que  sur  les  problèmes  de  densité  donnée 
en  R,  soit  continue,  soit  discontinue,  et  ceux  où  la  donnée  est  la  loi  de 
compressibilité. 


TUERMO-DYAAMIQil^  APPLIQUÉE.    —   Sur  une  nouvelle  mach' ne  frigorifique 
à  air.  Note  de  M.  Maurice  Leblanc. 

Le  principe  de  la  nouvelle  machine  frigorifique  à  air  a  été  décrit  dans 
notre  Note  du  12  juin,  dont  celle-ci  est  la  suite. 

Elle  est  constituée  {fig.  i)  parla  réunion  d'un  compresseur  {vatté^  d'un 
détendeur  déwaué^  d'un  refroidisscur,  d'un  réfrigérant,  et  de  deux  ventila- 


lOQO  ACADÉMie    DES    SCIENCES. 

leurs  W,  et  W..  La  figure  2  est  une  vue  en  plan  et  coupe  du  détendeur 
déwatté,  tel  qu'il  a  été  ré  ilisc. 

Il  se  compose  de  deux  cylindres  jumelés  A,  A',,  Aj  A'^  (y?^''.   i),  symé- 


Compnesseur  Watté 
Figr.  I. 


triques  par  rapport  à  l'axe  de  la  machine.  Ils  sont  à  double  effet;  leurs  fonds 
A,  et  A.  communiquent  entre  eux,  de  même  leurs  fonds  A'i  et  A'^.  Dans 
leurs  parois  sont  pratiquées  des  lumières  c,,  c',  et  d,  po  '^^  ^'^  premier;  Oo, 
c^  et  d.  pour  le  second.  Elles  se  développent  le  long  de  circonférences  :  les 
lumières  c,  et  c^  sont  situées  à  la  mêjue  dislanqc  de  la  lumière  </,  — 

Dans  les  cylindres  se  meuvent  ensemble  deux  pistons '^idenliques,  dont 


SÉANCE  DU  19  JUIN  I922.  iSqI 

les  liges  sont  reliées  à  l'cxlérieur  et  commandées  par  une  même  bielle. 

Chacun  d'eux  a  aussi  deux  lumières  développées  le  long  de  circonfé- 
rences et  dont  la  distance  est  égale  à  celle  des  lumières  c,  et  d^.  Elles  com- 
muniquent individuellement  avec  les  fonds  de  cylindre  les  plus  voisins 
d'elles,  par  des  canaux  pratiqués  à  l'intérieur  des  pistons. 

Le  schéma  de  la  figure  i  montre  les  liaisons  du  détendeur  déwatté 
avec  le  refroidisseur  et  le  réfrigérant,  la  disposition  des  ventilateurs  et  celle 
du  compresseur  watté. 

Les  pistons  sont  représentés  à  leur  fin  de  course  de  droite.  Alors,  leurs 
lumières  de  droite  sont  en  face  des  lumières  c\  et  c'.,  et  leurs  lumières  de 
gauche  en  face  des  lumières  d^  et  r/.  ;  les  lumières  c^  et  c^  sont  obturées  par 
les  parois  des  pistons. 

Entre  les  lumières  c\  et  c'.,  est  branché  un  circuit  comprenant  le  refroidis- 
seur R,  et  le  ventilateur  W,  dont  le  courant  d'air  pénètre  dans  la  machine 
par  la  lumière  c\  et  en  sort  par  la  lumière  c'^.  Il  chasse  l'air  contenu 
entre  elles  et  le  remplace  par  de  l'air  sortant  du  refroidisseur  R,  à 
rélatP,V,T,. 

Entre  les  lumières  d^  et  r/o  est  branché  un  autre  circuit  comprenant  le 
réfrigérant  R^  et  le  ventilateur  Wo  dont  le  courant  d'air  pénètre  dans  la 
machine  par  la  lumière  d.,  et  en  sort  par  la  lumière  d^.  Il  chasse  l'air  con- 
tenu entre  elles  et  le  remplace  par  de  l'air  sortant  du  refroidisseur  R^  à 
l'état  P.V^T,. 

Lorsque  les  pistons  vont  de  leur  fin  de  course  de  droite  à  leur  fin  de 
course  de  gauche,  ils  ferment  d'abord  les  lumières  c',,  c.,^  d^,  d^.  L'air  à 
Tétai  P,V,T,  contenu  dans  les  fonds  de  cylindre  de  droite  se  détend  et 
arrive  à  l'état  PaVjTo  quand  les  pistons  découvrent  les  lumières  <7,,  Wj, 
c,  etc.,  les  lumières  c,  et  c'.,  demeurant  recouvertes.  En  même  temps,  l'air 
à  l'état  P2V3T3  contenu  dans  les  fonds  de  cylindre  de  gauche  s'est  com- 
primé et  est  venu  à  l'étal  P,  V,,Tj.  De  nouveaux  balayages  remplacent  l'air 
à  l'état  P,V,T,  par  de  l'air  à  l'état  PoVjTa  et  l'air  à  l'état  P,Y,,T,  parde 
l'uirà  rétat'p,V,T,,  .... 

Le  détendeur  déwatlé  fait  constamment  passer  de  l'air  du  refroidisseur 
dans  le  réfrigérant,  mais  celui-ci  est  repris,  à  la  sortie  du  réfrigérant,  par  le 
compresseur  watté  qui  le  refoule  à  l'entrée  du  refroidisseur. 

Le  balayage  doit  être  fait  avec  précision  et  les  ventilateurs  doivent  faire 
passer,  à  chaque  ouverlure  des  lumières,  un  volume  d'air  égal  à  celui  con- 
tenu dans  les  cylindres. 

Si  le  balayage  à  haute  pression  était  insuffisant,  tout  l'air  à  la  tempéra- 


Fig.  2. 


SÉANCE    UU    19    JUIN    I922.  l593 

ture  T,,  ne  serait  pas  remplacé  par  de  l'air  à  la  tempéraliire  T,  el  la  tempé- 
rature To,  à  la  fin  de  la  détente,  serait  supérieure  à  celle  prévue.  Un  excès 
de  balayage  amènera  une  dépense  de  travail  de  ventilation  inutile,  mais 
n'élèvera  pas  la  température  To. 

Un  balayage  à  basse  pression  trop  énergique,  après  avoir  extrait  du 
détendeur  à  la  température  T^,,  enverrait  dans  le  réfrigérant  de  l'air  à  la 
température  T3. 

Il  convient  donc  de  régler  plutôt  par  excès  le  balayage  à  haute  pression 
et  par  défaut  celui  à  basse  pression. 

Le  volume  d'air  à  balayer  par  seconde  étant  proportionnel  à  la  vitesse 
de  rotation  du  détendeur  déwatté,  il  convient  de  faire  commander  celui-ci 
et  les  ventilateurs  par  un  môme  moteur  auxiliaire  à  vitesse  constante. 

Le  compresseur  watté  pourra  être  éloigné  du  détendeur,  auquel  il  n'aura 
à  être  relié  que  par  des  conduites  de  petit  diamètre.  Il  sera  conduit  parle 
moteur  principal. 

La  pression  Pj  S-'ra  maintenue  constante,  malgré  les  fuites,  par  un  petit 
compresseur  analogue  à  ceux  qui  desservent  les  freins  des  voitures  élec- 
triques, se  mettant  en  roule  ou  s'arrêtant  de  lui-même. 

Knfin  l'on  réglera  la  vitesse  du  compresseur  watté,  de  manière  à  maintenir 
la  pression  P,  à  la  valeur  voulue. 

Le  syslème  de  distribution  du  détendeur  déwatté  ne  comporte  aucun  organe  de 
mouvement  spécial  et  permet  de  donner  une  grande  seclion  aux  lumières  qui  peuvent 
occuper  les  trois  quarts  de  la  circonférence  le  long  de  laquelle  elles  se  développent. 

On  voit,  sur  la  figure  2,  la  tète  de  bielle  commandée  par  un  relais  d'engrenages  :  il 
fait  décrire  au  centre  de  la  tète  une  épicycloïde  aplatie,  au  lieu  d'une  ciiconférence. 
Alors  la  vitesse  des  pistons  est  très  ralentie  aux  fins  de  leurs  courses  et  accélérée  dans 
leurs  milieux.  Celle  disposition  double  la  durée  du  balayage,  à  égalité  de  hauteur  des 
lumières,  mais  elle  devra  être  éprouvée  par  une  mise  en  service  prolongée. 

En  faisant  conduire  les  pistons  par  un  simple  mouvement  de  bielle  et  manivelle, 
nous  aurons  réglé  la  hauteur  des  lumières  de  manière  qu'elles  commencent  à  s'ouvrir 
et  achèvent  de  se  fermer  lorsque  la  manivelle  fait  avec  l'horizonlale  des  angles  égaux 
à  — 45°  et  H-  45°. 

Si  l'on  prend  pour  unités  de  longueur  el  de  temps  le  mètre  et  la  seconde  el  désigne 
par  R  le  rayon  des  cylindres,  /■  celui  de  la  manivelle,  y.  la  vitesse  en  tours  par  seconde 
du  détendeur  déwatlé,  W  la  vitesse  du  courant  d'air  de  balayage  à  basse  pression,  les 
ventilateurs  ayant  un  rendement  de  0,7  :  pour  ne  perdre  que  loo*""™  par  kilo- 
gramme d'air,  dans  les  orifices  de  la  machine,  dont  8  dans  ceux  du  compresseur 
watté,  on  trouve  qu'il  faut  avoir  : 

Ra  zi:  o,  176  m  :  sec,  W  =  20,8  m  :  sec. 

D'autre  part,  nous  avons   dû  faire  /■  =  0,866  R.   Alors  la  course  utile  des  pistons, 


l594  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

c'est-à-dire  celle  qu'ils  effectuent  en  comprimant  ou  détendant  l'air  et  non  en  rem- 
plissant le  rôle  de  tiroirs,  est  égale  à  r\/i  z=  1,22.5  R  et  Ton  a  : 

Volume  engendré  par  seconde  o,352 

Volume  engendré  pendant  la  course  utile  des  pistons  R 

Par  rapport  à  sa  puissance,  la  machine  est  d'autant  plus  légère  et  moins  encom- 
branle  que  ce  rapport  est  plus  grand.  Il  convient  donc  de  donner  de  petits  cylindres 
au  détendeur  déwalté,  quille  à  multiplier  leur  nombre  en  les  associant,  au  besoin, 
comme  ceux  d'un  moteur  d'automobile. 

Cela  ne  présente  aucun  inconvénient,  grâce  à  la  faiblesse  des  échanges  de  chaleur 
entre  l'air  et  les  parois  qui  renferment.  Au  contraire,  il  en  résulterait  une  grande 
diminution  de  rendement  thermique,  pour  une  machine  à  ammoniac. 

Nous  pouvons  ainsi  faire  une  machine  frigorifique  à  air  capable  de  rivaliser,  à  tous 
les  points  de  vue,  avec  les  machines  à  ammoniac. 

Dans  une  pi'ochaine  Note,  nous  ferons  connaître  les  résultais  fournis  par 
la  première  machine  de  ce  genre  construite  et  actuellement  en  essais. 


GÉOLOGIE.    —    Essai  de  coordinalion  chronologique  générale 
des  temps  quaternaires .  Note  (  '  )  de  M.  Chaiîles  Depéret. 

Je  terminerai  mon  étude  des  formations  quaternaires  marines  du  nord  de 
TEurope  par  un  court  aperçu  sur  Thistoire  du  bouclier  Scandinave. 

Massif  fenno-scandinave.  —  Le  bouclier  Scandinave  a  été  le  centre  de 
dispersion  des  grands  inlandsis  qui  ont  envahi  à  diverses  reprises  le  nord  de 
rp.urope  à  Fépoque  quaternaire.  Le  massif  a-t-il  perdu  totalement  ou  en 
partie  sa  couverture  de  glace  aux  époques  de  vèc\mu(ïemQni  interglaciaires  ? 
Cela  est  possible,  sans  qu'on  ait  pu  reconnaître  jusqu'ici  en  Scandinavie 
des  dé[)ôts  mai'ins  d'âge  franchement  quaternaires,  comparables  à  ceux  des 
lies  Britanniques,  de  Hollande,  du  Danemark  et  de  rAllemagne. 

Il  faut  arriver  jusqu'après  la  retraite  du  glacier  mecklembourgien-wur- 
mien  pour  voir  la  mer  pénétrer  sur  les  côtes  et  dans  l'intérieur  du  massif  au 
fur  et  à  mesure  de  la  fonte  des  glaces. 

Bien  qu'il  s'agisse  de  faits  qui  sortent  déjà  du  Quaternaire,  je  ne  puis 
m'empècher  de  donner  au  moins  un  aperçu  de  ces  invasions  marines  post- 
quaternaires et  de  leurs  relations  avec  les  phénomènes  de  submersion  et 
d'exhaussement  reconnus  par  les  i^emarquables  travaux  des  géologues  scan- 

(')  Séance  du  6  juin  1922.  jc 


SÉANCE    DU    19    JUIN    I922.  l5gD 

dinaves,  finlandais  et  danois  :  B.rôggci-,  de  Geer,  Mnnllir,  Hogbom, 
Scdci'holm,  Ramsay,  Madsen,  \ordmann,  de. 

Ces  pavants  ont  reconnu  trois  étapes  marins  de  l)as  en  haut  : 

1.  Argile  à  Yoldia  arclica  et  Arca  glacial^  {mer  à  Yohlia,  faune  arc- 
tique). 

2.  Couches  à  Tapes  decussata  :  faune  mixte  arctique  et  tempérée,  ayant 
pour  équivalent  latéral  dans  la  région  ballique  les  sables  à  Ancylus  Jîuvia- 
tiiis  (lac  à  Ancylas). 

3.  Argiles  et  sables  à  Litlorina  liltorea  {mer  à  Litlorines,  faune  tempérée). 
Les  lignes  de  rivage  atteignent  des  maxima  d'altitude  décroissante  :  276  '" 

pour  la  mer  à  Yoldia^  100*"  pour  le  lac  à  Ancyla.s,  80'"  pour  la  mer  à  Lillo- 
rines. 

On  a  généralement  interprété  ces  faits  par  un  affaissement  du  massif 
Scandinave  antérieur  ou  contemporain  de  la  mer  à  Yoldia,  suivi  d'un 
exhaussement  en  trois  échelons,  répondant  aux  altitudes  indiquées. 

Tels  sont  les  faits.  Nombreuses  ont  été  les  théories  pour  les  expliquer. 
J'indiquerai  seulement  les  suivantes:  ï"  Déformation  de  la  surface  marine 
par  Tatlraction  des  masses  glaciaires;  2°  Contraction  des  roches  par  le  froid 
et  dilatation  ultérieure  par  la  fonte  du  glacier  (Drygalski);  3*^  Surélévation 
du  niveau  de  la  mer  par  la  restitution  de  l'eau  de  fonte  des  glaciers  de 
Tensemble  du  globe  (  Pcnck);  4*^  Affaissement  du  massif  par  la  surcharge 
de  masses  de  glace  de  plusieurs  kilomètres  d'épaisseur  et  décompression  à 
la  fonte  du  glacier  (théorie  isostasique)]  5°  Enfin,  simples  mouvements 
d'ensemble  épeirogéniques. 

Les  trois  premières  théories  se  sont  montrées  inadéquates  à  la  valeur 
numérique  des  changements  observés  et  les  opinions  acluellesdesgéologues 
se  partagent  entre  Visostasie  et  Vèpeiro génie.  Je  me  rallie  nettement  à  l'hy- 
pothèse isoslasique  pour  les  raisons  suivantes  : 

i"^  Les  mouvements  d'affaissement  et  d'exhaussement  du  massif  fenno- 
scandinave  sont  extrêmement  récents.  L'étage  à  Littorines  appartient  à  l'âge 
du  bronze.  L'étage  moyen  à  Tapes  a  fourni  en  haut  des  haches  polies 
néolithiques  et  à  sa  base  les  grands  tranchels  (Skivespaller)  du  début  du 
Néolithique.  Enfin  l'argile  à  7o/r/«'«  est  postérieure  aux  moraines  baltiques  ou 
viirmiennes.  Il  paraît  peu  vraisemblable  que  des  mouvements  épeirogéniques 
de  cette  importance  aient  pu  se  produire  à  une  époque  à  peine  préhistorique 
et  contemporaine  de  l'homme  néolithique. 

2^  Ces  mouvements  épeirogéniques  sont  d'autant  plus  invraisemblables 
que  la  région  fenno-scandina\  e  estun //oz/cV/e/  de  très  ancienne  consolidation, 


iSgÔ  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

remarquable  par  sa  fixité  et  sa  résistance  aux  transgressions  pendant  la 
durée  presque  entière  des  périodes  géologiques. 

3°  Un  argument  1res  fort  en  faveur  de  Thypothèse  isoslasiqne  est  la 
remarquable  concordance  entre  les  régions  de  maximum  d'exhaussement 
du  massif  d'une  part  et  de  plus  grande  épaisseur  des  masses  glaciaires  de 
l'autre.  Les  cartes  des  courbes  isobases  àe.  \?i  mer  à  Fo/Vm  publiées  par  De 
Geer,  Sederlhom  et  Ramsay  montrent  un  centre  maximum  de  soulèvement 
(275'")  dans  la  région  orientale  de  la  Suède,  à  l'entrée  du  golfe  de  Bothnie. 
Autour  de  ce  centre,  les  courbes  isobases  s'ordonnent  en  lignes  concen- 
triques à  niveau  décroissant  jusqu'à  la  ligne  O,  qui  enferme  l'ensemble  du 
massif,  en  atteignant  au  Sud  la  pointe  du  Jutland  et  les  rives  allemandes 
de  la  Baltique.  Les  géologues  s'accordent  pour  admettre  que  c'est  aussi 
dans  la  région  de  maximum  de  surélévation  que  l'inlandsis  a  acquis  son 
épaisseur  maximum  de  plus  de  3ooo'",  comme  le  démontre  le  passage  long- 
temps maintenu  des  bras  du  glacier  se  dirigeant  vers  l'Atlantique  par  les 
cols  de  la  chaîne  Scandinave.  Cette  superposition  des  deux  phénomènes  ne 
peut  être  l'effet  du  hasard,  d'autant  plus  que  les  courbes  isobases  de  la  mer 
à  Littorines  se  superposent  à  celles  de  la  mer  à  Yoldia  avec  un  maximum 
de  80™  seulement. 

On  a  objecté  à  l'hypothèse  isostasique  que  la  pénétration  de  la  mer  à 
Yoldia  en  Norwège  (Brôgger)  s'est  faite  par  étapes,  accompagnant  le  progrès 
de  la  fonte  du  glacier  et  amenant  les  lignes  de  rivage  à  des  niveaux  de  plus 
en  plus  élevés  à  mesure  que  Ton  monte  dans  la  série  des  couches.  Dans 
l'hypothèse  de  Taffaissement  par  le  poids  du  glacier,  le  maxinuim  de 
dépression  aurait  dû  être  au  début  et  non  à  la  fin  de  cet  étage. 

Mais,  contrairement  à  ces  conclusions,  De  Geer  a  montré  qu'en  Suède  le 
pays  avait  déjà  subi  son  maximum  d'affaissement  au  moment  où  il  portait 
la  calotte  glaciaire  et  que  la  fonte  du  glacier  a  été  accompagnée  d'un  sou- 
lèvement saccadé  et  non  d'un  affaissement. 

Xous  retiendrons  de  cet  exposé  le  fait  capital  et  impressionnant  que  le 
mouvement  d'exhaussement  qui  a  allecté  le  bouclier  fenno-scandinave  à 
l'époque  postquaternaire  se  décompose  en  trois  étapes  progressives  qui 
coïncident  avec  la  fonte  de  plus  en  plus  accusée  du  grand  inlandsis. 

4"  Des  faits  analogues  ont  été  observés  sur  le  pourtour  du  bouclier  cana- 
dien (Labrador,  Nouvelle-Ecosse,  Terre-Neuve)  et  c'est  aussi  à  l'hypolbèsc 
isostasique  que  se  rallient  maintenant  la  majeure  partie  des  géologues  amé- 
ricains, tels  que  Barrell,  Fairchild,  Daly  et  beaucoup  d'autres. 

Observations   gomplémf.ntairks   sur  lks  lignes  de   rivage   quaternaires.   — 


SÉANCE   DU    19   JUIN    1922.  1597 

Depuis  la  publication  de  la  série  de  mes  Notes  sur  les  formalions  quater- 
naires marines,  quelques  observations  nouvelles  sont  venues  étendre  et 
confiiiner  les  conclusions  de  mon  travail  : 

1.  Maroc.  —  Les  plus  intéressants  de  ces  faits  nouveaux  ont  trait  à  la 
côte  atlantique  marocaine.  Aux  environs  immédiats  de  Casablanca,  M.  Le- 
cointre  (')  nous  a  fait  connaître  trois  étages  marins  à  faune  distincte  : 

1°  Le  niveau  le  plus  ancien  et  le  plus  élevé  est  un  calcaire  gréso-tufîacé 
qui  contient,  avec  une  faune  méditerranéenne  banale,  deux  espèces  Iropi- 
cales  :  Calyptrœa  radians  ham .  des  îles  du  Cap  ^  ert  et  Acanthina  crassila- 
hrum  Lam.  des  côtes  du  Chili  et  du  Pérou.  L'altitude  maximum  de  cet 
affleurement  est  de  80*"  (carrière  de  Maarif)  et  la  ligne  de  rivage,  qui  élait 
cerlaineinent  un  peu  plus  élevée,  se  rapproche  beaucoup  de  l'altitude  nor- 
male de  l'étage  Sicilien  (90'"- 100'"  ).  Au  même  étage  il  convient  de  rattacher 
deux  autres  gisements  :  («)  les  calcaires  saccharoïdes  de  Dar  Sidi  Abderha- 
nane  atteints  par  un  puits  à  +  57'"  et  {Jj)  les  calcaires  compactes  d'Anfa 
exploites  pour  pierre  de  taille  à  la  cote  maximum  h-  29™.  Ces  deux  gise- 
ments qui  ont  fourni  aussi  Calyptrœa  radians  et  Acanthina  rrassilabruni 
doivent  être  regardés  comme  des  dépôts  plus  profonds  de  la  même  mer 
sicilienne. 

2°  Une  terrasse  topographique  plane  de  poudingues  marins  qui  surmonte 
le  calcaire  d'Anfa  s'élève  à  la  cote  H-  So"^  cl  représente,  à  n'en  pas  douter, 
la  terrasse  marine  thyrrhènie nne . 

3°  Aux  Roches  Noires,  la  fabiique  de  ciment  Le  Palmier  exploite  des 
calcaires  gréseux  avec  Purpura  hœmastoma  L.,  Patella  safiana  Lam.,  Sipho- 
naria  Algesirœ  Quoy  et  (îiaimard  (où  ^L  Lecointre  a  recueilli  à  la  base  des 
débris  â' Elephas  du  groupe  anliquus-iolensis) .  Le  sommet  de  la  carrière  est 
à  --h  20"^  et  doit  représenter,  à  peu  de  chose  près,  le  niveau  de  la  ligne  de 


rivage  monasterienne. 


4"  Entin,  M,  Lecointre  signale  le  long  de  la  côte,  en  plusieurs  points  (  El 
Hang,  îlot  de  Fedhala,  Ain  D'ab,  Ain  Mazi,  Aïn  Rouman),  des  dépôts 
malins  échelonnés  de  la  côte  +  12'"  à  la  côte  +  G'",  avec  faune  marocaine 
actuelle  et  indiquant  sans  doute  une  ou  plusieurs  lignes  de  rivage  un  peu 
plus  récentes. 

La  concordance  est  frappante  de  ces  lignes  de  rivage  de  la  côte  atlantique 
marocaine  avec  trois  des  lignes  de  rivage  classiques  de  la  Méditerranée. 

2.   Côte  française  de  la  Manche.  —  MM.  Dautzenberg  et  Dollfus  (-)  ont 


(')  Liîi^oiiNTiiE.  Comptes  rendus,  t.  167,  1918,  p.  875  el  896. 

(^)   Dautzknberg  el  Dollfus,  Comptes  rendus,  t.  168,  1919,  p.  169. 


iSqS  académie  des  sciences. 

découvert  près  de  Saint-Malo,  au  hameau  de  Saint-Joseph,  à  près  de  S*"" 
de  la  mer,  un  dépôt  de  sables  et  graviers  marins  de  i™,2o  d^épaisseur, 
contenant  une  faune  de  4^  espèces  de  Mollusques,  toutes  de  la  Manche 
actuelle.  L'altitude  du  dépôt  est  seulement  de  5""  à  6™  au-dessus  des  plus 
hautes  eaux,  mais  la  ligne  de  rivage  était  sans  doute  un  peu  plus  élevée  et 
se  rattachait  peut-être  à  celle  du  cordon  littoral  avec  banc  d'Huîtres  à  H-  io°^ 
signalé  par  Gênée  aux  Polders  de  Dol. 

Je  signalerai  aussi  un  autre  gisement  marin  à  l'extrémité  nord  du  boule- 
vard maritime  du  Havre.  Ce  gisement,  déjà  indiqué  par  Lennier(')  et 
Passy  (-)  (comme  me  l'a  fait  aimablement  savoir  M.  Julien),  consiste  en 
une  série  de  sables  et  d'argiles  tourbeuses  reposant  sur  le  Kimméridgien  : 
la  base  descend  à  o"^,  5o  au-dessus  des  plus  hautes  marées  et  le  sommet 
atteint  +9^,60.  La  faune  est  identique  à  celle  de  la  Manche.  Le  niveau 
exact  de  la. ligne  de  rivage  ne  peut  être  établi. 


météorologie.    ~    Pressions  et  poids  spécifiques  de   l'air   en  atmosphère 
normale.  Note  (^)  de  M.  A.  Râteau. 

Toutes  les  forces  qui  prennent  naissance  dans  un  aéroplane  (sustentation, 
résistance  à  l'avancement,  pressions  sur  les  pistons  du  moteur,  traction  de 
l'hélice)  sont  proportionnelles  au  poids  spécifique  de  l'air  dans  lequel  il  vole. 
Il  est  donc  d'une  utilité  primordiale  de  connaître  aussi  exactement  que 
possible  les  variations  de  ce  poids  spécifique  avec  l'altitude,  tout  au  moins 
en  atmosphère  moyenne  dans  nos  climats. 

Des  indications,  à  ce  sujet,  ont  été  données  déjà  par  le  professeur  Gamba 
de  Pavie,  par  M.  R.  Soreau,  d'après  4o  observations  faites  par  ballons 
sonde  au  cours  du  premier  semestre  ic)i2(''),  et  par  M.  Lapresle,  d'après 
21 5  observations  faites  à  l'Observatoire  de  Lindenberg,  près  Berlin,  de 
1906  à  1916  (^). 

Les  résultats  de  M.  Soreau  et  ceux  de  l'Observatoire  de  Lindenberg 

(^)  Lennikk,  Etudes  géologiques  et  paléontologujues  de  i embouchure  de  la 
Seine.  1872,  p.  280. 

(-)  Passy,  Description  géologique  du  département  de  la  Seine-Inférieure ^  1882, 
p.  84. 

(^)  Séance  du  i3  juin  1922. 

(*)  Comptes  rendus.,  t.  169,  1919,  p.  818,  et  Aérophile,  i-i5  décembre  1919. 

(^)  Aérophi/e,  i-i5  mars  1920. 


SÉANCE    DU    19    JUIN    I922.  iSgg 

paraissent  à  première  vue  quelque  peu  divergents;  mais  une  analyse  appro- 
fondie m'a  montré  qu'ils  s'accordent  parfaitement,  en  sorte  que  nous  pou- 
vons préciser  mantenant  les  conditions  de  ralmosphère  normale  mieux  qu'on 
ne  l'a  fait  jusqu'ici. 

Étudions  d'abord  la  décroissance  des  pressions. 

i**  Pressions.  —   La  variation  dp  de  la  pression  atmosphérique  est  liée  à  la 


24 


23 


22 


21 


20 


19 


Atmosphère    normale 

.  Z--A/oq    A 

' 

Z  --B loq  -^ 

"x::; 

S\ 

~ 

I 

\ 

^ 

\ 

\  < 

'^ 

^   \ 

», 

N 

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^,^ 

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n;^ 

V 

X 

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1 

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^'-'•»^ 

.<j 

V: 

■- 

" 

4j 

" -^ 

^__^^ 

^ 

1        1 
Altitudes 

Z  e 

1 

n  Km. 

10 


20 


variation  correspondante  dL  de  l'altitude  Z,  comptée  en  kilomètres  à  partir 
du  niveau  de  la  mer,  et  au  poids  spécifique  nr  de  l'air  à  cette  altitude  par  la 
formule 


(I) 


dp  zrz. —  xsdTj. 


i6oo 


ACADEMIE    DES   SCIENCES. 


Si  la  température  était  constante,  ce  qui  est  à  peu  près  réalisé  dans  la 
stratosphère,  au-dessus  de  li'^'",  cj  serait  proportionnel  à  /),  et  l'on  aurait, 
en  intégrant  (i), 


(2) 


mo  p 


Posons,  le  logarithme  étant  maintenant  pris  avec  la  base  lo, 


(3) 


Z= — A  log|j(,         avec         jj.  =  — . 

Po 


Dans  la  stratosphère,  où  la  température  moyenne  est  —  54*^,  on  aurait 


-0. 


-^  1 

1 1 

il 

A 

denbt 

'^ 

v^-- 

c    . 

/^ 

Sorei 

Lf       -, 

^^^ 

/ 

\; 

/ 

1 

X 

•a- 

r 

i 

N 

\ 

1 

0 

\ 

\ 

'=^ 

/ 

///7i/ 

ies  i 

Z   en 

Kn 

7. 

\^ 

10 


Fis. 


A  =14,76,  Z  représentant  une  différence  d'altitudes  et  u.  le  rapport  des 
pressions  à  ces  altitudes. 

Voyons,  d'après  les  moyennes  des  observations,  comment  varie  en 
réalité  le  coefficient  A  avec  l'altitude,  à  partir  de  la  mer.  Sur  le  graphique 
{fig-  1)  (Z  en  abscisse,  A  en  ordonnée),  j'ai  marqué  les  points  qui  corres- 
pondent aux  chiffres  donnés  par  M.  Soreau  (courbe  i)  et  aux  chiffres  de 
Lindenberg  (courbe  2). 

Nous  constatons  que,  jusqu'à  Z  =  ii''",  les  points  expérimentaux  se 
rangent  assez  bien  sur  des  droites,  d'ailleurs  convergentes,  comme  cela  doit 
être,  sur  un  point  de  l'axe  des  Z,  et  ce  point  est  Z  =  87'".  Les. écarts  entre 


SÉANCE    DU    19    JUIN    I922.  160I 

les  points  expérimentaux  et  les  droites 

(4)  A  ==19,  12.5  —  o,cî2i  Z  pour  ^indenbe^^^ 
(4')                                 A  :r=  18,965  —  o,2i8Z         pour  Soreau 

ne  dépassent  pas  0,17  et  o,i/j  pour  100,  respectivement. 

J'ai  marqué,  pour  y  voir  plus  clair,  les  écarts  absolus  sur  la  figure  2,  où 
les  ordonnées  sont  considérablement  amplifiées.  On  voit  bien  ainsi 
l'accord  remarquable  entre  les  deux  séries  de  chiffres.  Les  courbes  réelles 
serpentent  sensiblement  de  la  même  manière  autour  des  droites  moyennes. 

Au-dessus  de  1 1'"",  comme  on  est  en  stratosphère,  les  droites  de  la  figure  i 
se  prolongent  par  des  arcs  d'hyperbole,  asymptotes  à  la  droite  A  =  lAj?^ 
parallèle  à  l'axe  des  Z.  L'écart  de  i,3  pour  100,  entre  les  chiffres  deSoreau 
et  ceux  de  Lindenberg  provient  évidemment  d'une  certaine  différence 
entre  les  températures  moyennes  (probablemeet  3^,6  au  sol)  pour  les  deux 
séries  d'observations;  et,  en  effet,  les  résultats  utilisés  par  M.  Soreau  ont 
tous  été  obtenus  en  hiver  ou  au  printemps,  tandis  que  ceux  de  Linden- 
berg se  répartissent  mieux  sur  l'ensemble  de  l'année,  et  de  plus  ils  se  rap- 
portent à  des  lieux  où  les  températures  moyennes  annuelles  ne  sont  pas  les 
mêmes. 

1°  Poids  spécifiques.  —  Pour  les  poids  spécifiques,  posons  de  même  : 

(5)  Z  =  —  B  losrX  avec  >.  = 

Puisque,  d'après  (1),  gt  est  la  dérivée  de  p  par  rapport  à  Z,  X  peut  se  déduire 
de  a  et  B  de  A.  En  particulier,  si  A  suivait  exactement  la  loi  linéaire, 
comme  (4),  A  —  A'( i  —  ^Z),  on  aurait,  en  partant  de  (i), 

(6)  >.  irz,a(i- 6log,a)S 

et,  ensuite,  par  développement  en  série,  en  supposant  le  coefficient 

A'^  18,965, 

par  exemple,  correspondant  aux  résultats  de  Soreau, 

(7)  B::z:  23,4(i  —  1 ,  12^- +  o,  I  37-  +  .  .  .)  avec  :r  =  — • 

Cette  équation  représente  une  courbe  qui,  dans  les  limites  de  notre  gra- 
phique, est  très  peu  différente  de  la  droite  3  {fig.  i),  dont  l'équation  est 
B  =  23,4  —  o,295Z. 

Mais,  en  fait,  la  courbe  de  A  serpente  autour  de  la  droite  moyenne  ;  il  doit 

G.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  25.)  I  I^ 


l602  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

en  être  de  même  pour  B,  avec  des  écarts  relatifs  plus  larges  puisque  cr  est 
la  dérivée  de  p.  Les  écarts  les  plus  importants  correspondent  aux  points 
d'inflexion  de  la  courbe  des  A  et  les  écarts  nuls  aux  écarts  maximum  de  A. 
C'est  bien  ce  que  Ton  constate  pour  la  partie  au  delà  de  Z  =  5. 

La  courbe  4  suit  les  points  ronds  qui,  jusqu'à  Z  =  i4,  correspondent 
exactement  aux  chiffres  de  poids  spécifiques  de  Lindenberg;  au  delà  de 
Z  =  i3,  je  l'ai  prolongée  par  un  arc  d'hyperbole,  comme  cela  doit  être  en 
stratosphère  à  température  constante. 

Les  points  marqués  par  des  croix  traduisent  les  chiffres  que  j'ai  déduits 
des  pressions  données  par  M.  Soreau,  non  pas  par  différentiation,  mais  par 
les  différences  finies,  de  kilomètre  en  kilomètre.  Avec  un  tel  mode  de  calcul, 
il  faut  s'attendre  à  des  écarts  considérables.  On  constate,  néanmoins,  un 
accord  satisfaisant  avec  la  courbe  4  déduite  des  chiffres  de  Lindenberg, 
sauf  entre  0*^°^  et  5'"",  où  les  croix  paraissent  se  rapprocher  plus  de  la  droite  3 
que  de  la  courbe  4-  A  ces  basses  altitudes,  on  sait  que  les  températures  de 
l'air  sont  peu  stables  et  les  observations,  par  conséquent,  très  irrégulières. 

Si  l'on  voulait  que,  entre  o"^*"  et  5"*",  la  courbe  de  B  corresponde  bien  à 
celle  de  A,  il  faudrait  la  remonter  et  lui  donner  la  forme  sinueuse  indiquée 
en  l\\  qui  se  rapproche  davantage  des  points  résultant  des  données  de 
Soreau. 

De  cette  analyse,  en  résumé,  il  me  paraît  découler  que  la  courbe  4,  ou  l\' 
au-dessous  de  5'^'*^,  représente,  à  quelques  millièmes  près,  4  ou  5  au  plus, 
les  variations  relatives  du  poids  spécifique  moyen  de  l'air  avec  l'altitude, 
dans  nos  régions.  De  nouvelles  observations  permettront  de  la  préciser 
davantage,  sans  la  déformer,  sans  doute,  au  delà  de  ce  que  j'indique  ci- 
dessus.  Nous  possédons  donc  maintenant  une  bonne  base  pour  les  calculs 
relatifs  à  l'atmosphère  normale. 

Mais,  malheureusement,  cette  courbe  ne  paraît  pas  susceptible  d'être 
mise  en  équation  sous  forme  simple,  et  il  faut  nécessairement  se  servir  du 
graphique  pour  procéder  aux  calculs  numériques. 

Formules  binômes.  —  On  représente  parfois  la  pression  relative  moyenne 
par  une  formule  binôme  telle  que 

(8)  /jL=:(i  — aZ)'«. 

Le  poids  spécifique  relatif  X,  étant  la  dérivée  de  la  pression,  doit  être,  dès 
lors,  représenté  par 

(9)  ).  ■=(i-aZ)'"-'. 

Ces  formes  sont,  dans  certains  cas,  commodes.  Elles  seraient  rigoureuses  si 


SÉANCE  DU  19  JUIN  1922.  l6o3 

la  décroissance  de  la  température  de  l'air  était  exactement  proportionnelle 
à  Taltitude;  mais,  comme,  en  réalité,  il  n'en  va  pas  ainsi,  les  valeurs  qu'elles 
donnent  s'écartent,  du  moins  pour  les  poids  spécifiques,  des  valeurs  vraies 
de  quantités  allant  jusqu'à  plus  de  3  pour  100.  C'est  trop. 

Déterminons,  par  exemple,  a  et  m  par  la  condition  que  la  formule  (8) 
concorde  avec  la  première  des  formules  (4),  relative  aux  observations  de 
Lindenberg-,  pour  Z,  =  i  et  pour  Zo  =  8  qui  sont  des  altitudes  où  les  résul- 
tats de  Soreau  et  de  Lindenberg  s'accordent  parfaitement  entre  eux.  C'est 
assurément  ce  que  nous  pouvons  faire  de  mieux. 

L'exposant  m  se  calcule  par 

7  / 

(10) 


—  A,  log(i — aZ.2)        — Al  log(i  —  aZ,) 

après  avoir  calculé  le  coefficient  a  par  l'équation 

(u)  (I  — «Z2•)■^^^'=(l-«Z,)•^-z^- 

qui,  dans  le  cas  choisi,  est 

(11  6«)  I  — 8»  =  (  I  — a)8-''. 

Nous  obtenons  ainsi  m  =  0,396,  a  =  0,022210,  que  l'on  peut  plus  sim- 
plement remplacer  par  m  ^  5,4,  «  =  0,0222,  sans  erreur  sensible. 

Avec  ces  chifTres,  on  trouve,  pour  écarts  entre  la  formule  (8)  et  la  for- 
mule (3),  complétée  par  (4),  les  valeurs  indiquées  à  la  deuxième  ligne  du 
Tableau  ci-après  : 


à  Z 

.  .=: 

0. 

1. 

A'- A,.. 

.  ^T 

— o,oo5 

0 

B' 

.= 

23,58 

28,82 

+0,012 
22,24 


8. 

10. 

1^. 

0 

— 0,0 i8 

— 0 ,  (>49 

21  ,42 

20 ,  85 

20 ,  27 

Ces  écarts  sont  traduits  sur  la  figure  2  par  la  courbe  C  en  pointillé  mixte. 

On  constate  par  là  que  la  forme  binôme,  avec  l'exposant  et  le  coefficient 
ci-dessus,  suit  les  déterminations  de  la  pression  à  moins  de  0,14  pour  100 
près,  jusqu'à  Z  =  1 1''™,  un  peu  mieux  que  la  forme  logarithmique  (3). 

Pour  les  poids  spécifiques,  cela  va  moins  bien.  La  troisième  ligne  du 
Tableau  indique  les  valeurs  de  B  déduites  du  rapprochement  des  for- 
mules (5)  et  (9).  Ces  valeurs  sont  trop  fortes.  L'écart  avec  les  chiffres 
observés  atteint  3,i  pour  100  à  Z  =  3  et  i,5  pour  100  à  Z  =  1 1  (').  Il  est 

(•)  Pour  amener  la  courbe  résultant  de  la  forme  (9)  à  coïncider  avec  la  droite  3  dans 
la  région  avoisinant  Z  =  5,  il  faudrait  élever  l'exposant  m  —  i  à  4,46,  au  lieu  de  4)4- 


i6o4  agadémie'^des  sciences. 

donc  préférable  de  recourir  aux  courbes  des  graphiques  que  j'ai  donnés  et 
qui  résultent  des  observations  elles-mêmes.  D'ailleurs,  au  delà  de  ii'^™,  les 
formules  en  question  ne  conviennent  plus  du  tout. 

ANALYSE   MATHÉMATIQUE.    —   Sur  r élimination  des  constantes  arbitraires. 

Note  de  M.  Uiquieu. 

I.  Considérons  un  système  difTérentiel,  S,  impliquant  les  /c  fonctions 
inconnues  u^  ...  des  h  variables  indépendantes  ic,  ...  et  remplissant  les 
conditions  A  et  B,  formulées  ci-après  : 

A.  Le  système  S  est  résolu  par  rapport  à  diverses  dérivées  des  fonctions 
inconnues.,  et  ses  seconds  membres^  analytiques  et  réguliers  entre  certaines 
limites^  sont  indépendants  de  toute  dérivée  principale  (').  De  plus,  en  attri- 
buant aux  variables  indépendantes  et  aux  inconnues  des  cotes  (-)  respectives 
convenablement  choisies  sous  la  restriction  expresse  que  la  cote  de  chaque 
variable  indépendante  soit  supérieure  à  zéro,  chaque  second  membre  ne  con- 
tient^ outre  les  variables  indépendantes,  que  des  quantités  (inconnues  ou 
dérivées^  dont  la  cote  ne  surpasse  pas  celle  du  premier  membre  correspondant. 

Désignant  alors  par  o  la  cote  minima,  et  par  A  la  cote  maxima  des  pre- 
miers membres  du  système  S,  prolongeons  indéfiniment  ce  dernier  par  toutes 
les  difîérenliations  possibles  d'ordres  o,  1,2,...  exécutées  conformément 
à  l'algorithme  des  fonctions  composées,  et  partageons  les  relations  résul- 
tantes en  groupes  successifs,  Sg,  83+,,  ...,  Sa,  Sa4-,  ,  ...,  d'après  les  cotes 
croissantes  de  leurs  premiers  membres  :  chacun  de  ces  groupes,  désigné  par 
une  notation  où  figure  un  indice,  comprend  un  nombre  de  relations  essen- 
tiellement limité,  au  moins  égal  au  nombre  des  dérivées  principales  de  cote 
égale  à  cet  indice.  Gela  étant,  nous  adjoindrons  à  l'hypothèse  A  la  sui- 
vante : 

B.  Dans  les  limites  où  les  seconds  membres  de  S  sont  tous  analytiques  et 
réguliers,  et  en  imposant,  éventuellement,  aux  valeurs  numériques  des 
quantités  qui  y  figurent  telles  ou  telles  restrictions  d'inégalité,  on  peut,  des 
groupes  successifs  (en  nombre  illimité)  Sg,  83+, ,  . . .,  S^,  . . .,  dont  chacun  est 
linéaire  par  rapport  aux  dérivées  principales  de  cote,  égale  à  son  indice, 
extraire  respectivement  des  groupes,  /g,  îg^,,  ...,  /c?  •i  ^^l^  ^"^  ^'"'^  quel- 
conque d'entre  eux,  /<-,  composé  de  relations  en  nombre  exactement  égal  à  celui 

(*)  RiQuiER,  Les  Systèmes  d' équaùons' aux  dérivées  partielles,  n°  90. 
(*)  Ibid..  no  102. 


SÉANCE    DU    19    JUIN    1922.  l6o5 

des  dérivées  principales  de  cote  C,  soit  résoluble  par  rapport  à  celles-ci  (confor- 
mément à  l'algorithme  de  Cramer).  Nous  désignerons  par  '^g,  '>pç+,,  •  • .,  'j'c 
les  formules  obtenues  en  résolvant  l'ensemble  des  groupes  ?§,  Zg^,,  ..  .,  ïc(où 
C  est  quelconque)  par  rapport  aux  dérivées  principales  de  cotes  0,  0+  i,  ...,C: 
l'expression  qui  en  résulte  pour  l'une  quelconque  de  ces  dernières  ne 
contient,  outre  les  variables  x,  . . .,  que  des  quantités,  inconnues  ou  dérivées 
paramétriques,  de  cote  inférieure  ou  égale  à  C,  à  l'exclusion  de  toute  dérivée 
principale. 

II.  Les  conditions  A  et  B  étant  supposées  remplies,  nous  dirons  que  le 
système  S  esi passif ,  lorsqu'il  satisfait  en  outre  à  la  suivante  :  Si^après  avoir 
résolu  r ensemble  des  groupes  ^g,  /g^_, ,  . . .,  tf,  (où  C  est  quelconque)  par  rapport 
aux  dérivées  principales  de  cotes  0, 0  4-  i ,  . . . ,  C,  o/i  substitue  à  ces  dernières,  dans 
les  équations  restantes  de  Sg,  Sg+,,  . . .,  Se,  les  expressions  fournies  par  les  for- 
mules de  résolution  j/g,  j/g^., ,  . . .,  j/,,  les  relations  résultantes  sont  vérifiées  pour 
toutes  valeurs  numériques  des  variables  x,  . . . ,  des  inconnues  u,  . . .,  et  des  déri- 
vées paramétiiques  de  cote  inférieure  ou  égale  à  C,  considérées  pour  un 
instant  comme  autant  de  variables  indépendantes  distinctes  ('). 

Les  systèmes  de  cette  espèce  jouissent  de  la  propriété  suivante  : 
Nommons  fonction  formelle  des  variables  :;,...  une  série  entière  en  s,  ..,, 
admettant,  ou  non,  quelque  système  de  rayons  de  convergence  :  cela  étant, 
le  système  S,  supposé  passif ,  admet  une  figure  intégrale  formelle,  et  une  seule, 
répondant  à  des  conditions  initiales  données.  Dans  cet  énoncé,  les  le  incon- 
nues «,  ...  sont  considérées,  indifféremment,  soit  comme  dépendant  seule- 
ment des  h  variables  X,  ...,  soit  comme  dépendant  en  même  temps  d'autres 
variables,  en  nombre  quelconque,  qui  ne  figurent  dans  les  équations  du 
système  ni  par  elles-mêmes,  ni  par  l'intermédiaire  d'aucun  symbole  de 
dérivation. 

III.  Le  système  S  étant  supposé  passif,  désignons  par  0  un  entier  (algé- 
brique) au  moins  égal  à  A,  et  considérons,  dans  le  groupe  formé  par  les 
inconnues  u,  . . .  et  leurs  dérivées  paramétriques  de  tous  ordres,  les  diverses 
quantités  dont  la  cote  ne  surpasse  pas  0.  Soient  q  le  nombre  des  quantités 
ainsi  envisagées;  v^^  ..  .,  p^  ces  quantités  elles-mêmes;  (S,  0)  un  système 


C)  Un  exemple  de  système  différentiel  remplissant  les  conditions  A  et  B  est  fourni 
par  les  systèmes  orthoïques,  que  nous  avons  étudiés  dans  un  Mémoire  ayant  pour  titre  : 
Sur  une  question  fondamentale  du  Calcul  intégral  {Acta  niathematica,  t.  23). 
Cette  élude  contient,  notamment,  la  réduction  des  conditions  de  passivité  d'un  système 
orlhoïque  à  un  nombre  essentiellement  limité  d'entre  elles. 


l6o6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

d'équations  aux  dérivées  partielles,  identique  à  S  quanta  l'écriture,  mais  où 
les  k  inconnues  «,  . . .  seront  supposées  dépendre,  non  plus  seulement  des  h 
variables  ir,  . . .,  comme  dans  S,  mais  en  même  temps  de  q  autres  variables 
a,,  . . .,  a^.  Considérons  alors  le  groupe  des  li  fonctions  formelles 

(i)  //=rU[.r  — .»'"),  ...,a,  — a\"  ,  ....a,,  —  q\^  ],.... 

dépendant  des  h-\-  q  variables  a:-, ...,  a,, . .. ,  a^,  aux  valeurs  initiales  respec- 
tives £r"*',  ...,  a',"',  ...,  a^*"  ;  puis,  prolongeant  indéfiniment  le  système  (i)  par 
toutes  les  différentialions  possibles  d'ordres  o,  i,  2, ...  relatives  aux  seules 
variables  X ^ ... ^  extrayons  du  système  ainsi  prolongé  les  q  relations  ayant 
pour  premiers  membres  respectifs  i^, ,  . , . ,  c  , 

^  ,',  =  V,  [x  —  ^■'»),  . . .,  a,  -  (x\"\  . . .,  a,/—  a^;' J, 

(2)  i    ' 

[Nous  supposons  expressément  que  les  termes  constants  des  seconds 
membres  de  (2),  associés  aux  valeurs  a?*"',  ...  de  a?,  . . .,  n'excèdent  pas  les 
limites  spécifiées  dans  la  condition  B.J 

Considérons  enfin,  parnii  les  dérivées  principales  (\e'à  inconnues  m,  ...  du 
système  S,  celles  dont  la  cote  ne  surpasse  pas  0;  désignons  leur  nombre 
par  p^  ces  quantités  elles-mêmes  par  (v, ,  . . .,  (t'^,;  puis,  du  système  (1),  indé- 
finiment prolongé  comme  ci-dessus,  extrayons  les  p  relations  ayant  pour 
premiers  membres  respectifs  n\  ,  . . .,  c^'^,, 

,    .vi  =  W,[.r  —  ^'O',  ...,  «1  — a;'\  ...,  3(,/— a;^'"], 

(3)  

(   ^^^,,  —  ^Np[x  —  x'''\  ...,ai— a',«  ,  ...,  «,/—«</"]. 

Cela  posé,  la  propriété  qui  fait  l'objet  de  la  présente  Note  se  formulera 
comme  il  suit  :  Le  principe  général  des  fonctions  implicites  étant.,  comme 
il  est  possible  de  le  faire,  étendu  au  inonde  des  fonctions  formelles.,  et  le 
groupe  des  relations  (^1^  étant  supposé  résoluble  par  rapport  aux  constantes 
arbitraires  a,,  .. .,  a,^  conformément  à  ce  principe.,  pour  que.,  dans  V espace 
à  k  -\-  h  -\-  q  dimensions  Uu,  .  . ,,  x,  .  .  .,a,,  . . .,  a^)l,  la  figure  (i),  à  h  -\-  q 
dimensions,  soit  une  intégrale  du  système  (  S ,  0  ) ,  il  faut  et  il  sujfit  quen  rempla- 
çant, dans  (3),  a, ,  . . .,  a^  parleurs  valeurs  tirées  de  (^1^,  on  retombe  sur  celles 
d'entre  les  relations  'j/g,  '^g^, ,  'j/g^.,,  ....  qui  ont  pour  premiers  membres  respec- 
tifs «->, ,  . . . ,  (Vp,  c  est-à-dire  sur  les  relations  'spj,  •j'8+, ,  . .  . ,  ^0. 

Cet  énoncé  renferme  comme  .cas  très  parliculiers  deux  propriétés  clas- 


SÉANCE    DU    19   JUIN    1922.  1607 

siques,  relatives,  l'une  aux  intégrales  générales  d'un  système  différentiel 
total,  l'autre  aux  intégrales  complètes  de  Téquation  aux  dérivées  partielles 

t)u  .  ,  Ôll  \ 

ô.v       ''  \  ()y 


CRISTALLOGRAPHIE.  —  Sur  les  liquides  à  plans  équidistants  de  Grandjean. 
Note  (  '  )  de  MM.  G.  Fkiedel  et  L.  Royer. 

Nous  avons  montré,  dans  une  récente  Communication,  que  la  inflexion 
des  couleurs  dites  «  épipoliques  »  et  le  pouvoir  rotatoire  paraissent  liés, 
dans  les  liquides  à  plans  équidistants,  à  la  structure  particulière  qui  se 
manifeste  par  Fexistence  de  ces  plans.  Voici  deux  faits  nouveaux  qui  nous 
semblent  établir  définitivement  cette  conclusion  : 

Les  mélanges  de  cyanbenzalaminocinnamate  d'amyle  (liquide  du  pre- 
mier type)  et  de  benzoate  de  cholestérine  (liquide  du  second  type)  tenant 
de  2,5  à  2,75  du  premier  corps  pour  i  du  second,  montrent  à  basse  tempé- 
rature, au  voisinage  du  point  de  fusion  des  cristaux,  toutes  les  propriétés 
d'un  corps  du  premier  type,  comme  le  cyanbenzalaminocinnamate  pur;  la 
longueur  d'onde  d'inversion  est  seulement  rejelée  dans  l'infrarouge  et  les 
plans  beaucoup  plus  espacés  que  dans  le  corps  pur.  Aux  températures 
élevées,  au  voisinage  de  la  fusion  isotrope,  ils  ont  toutes  les  propriétés  d'un 
corps  du  second  type,  comme  le  sel  de  cholestérine  pur,  avec  également  la 
longueur  d'onde  d'inversion  rejetée  dans  l'infrarouge  et  les  plans  très 
espacés.  Le  changement  se  fait  à  une  certaine  température  6,  d'autant  plus 
élevée  que  la  proportion  de  sel  de  cholestérine  est  plus  faible,  et  qui  pour 
les  mélanges  à  3/[  dépasse  déjà  la  température  de  fusion  isotrope,  de  même 
que  pour  les  mélanges  à  2,25/i  elle  reste  inférieure  à  la  température  de 
cristallisation.  En  approchant  de  6,  on  assiste  à  la  transformation  d'un 
corps  du  premier  type  en  un  corps  du  second.  Le  pouvoir  rotatoire  qui, 
aux  températures  inférieures  à  0,  est  droit  et  décroissant  du  violet  au  rouge, 
devient  gauche  et  reste  décroissant  dans  le  même  sens;  les  virgules,  qui  ne 
se  voient  nettement  qu'à  une  certaine  distance  de  G  de  part  et  d'autre, 
changent  de  sens;  le  déplacement -des  franges  noires  par  rotation  des 
niçois  s'inverse. 

En  approchant  de  0,  aussi  bi«n  par  refroidissement  queparéchaulTement, 

(')  Séance  du  6  juin  1922. 


l6o8  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

on  voit  les  plans  de  Grandjean  s'espacer  de  plus  en  plus,  et  très  rapidement 
au  voisinage  immédiat  de  6,  leurs  distances  pouvant  croitre  dans  la  propor- 
tion de  I  à  3  ou  4  et  plus  sans  qu'ils  cessent  d'être  visibles.  Puis  ils  dispa- 
raissent, leurs  bords  devenant  de  plus  en  plus  semblables  aux  fils  qui  carac- 
térisent les  liquides  à  fils  ordinaires  et  qui  sont,  comme  on  sait,  des  axes 
d'enroulement  de  la  structure;  à  G,  il  n'y  a  plus  de  trace  de  plans,  et  les 
bords  des  anciens  plans  ne  diffèrent  plus  des  fils.  Les  virgules  se  sont  ella- 
cées.  Si  l'on  observe  entre  un  verre  plan  et  un  verre  convexe,  on  voit  les 
anneaux  de  pouvoir  rotatoire  s'évanouir  sans  notable  déplacement.  Puis, 
la  température  0  dépassée  dans  un  sens  ou  dans  l'autre,  on  voit  reparaître 
les  plans  de  Grandjean,  d'abord  très  espacés,  puis  de  plus  en  plus  serrés  à 
mesure  que  la  température  s'éloigne  de  6.  Les  virgules  se  reforment,  changées 
de  sens;  les  anneaux  de  pouvoir  rolatoire  se  rétablissent,  de  plus  en  plus 
nets.  Mais  à  la  température  6,  il  n'y  a  plus  ni  plans,  ni  virgules,  ni  pouvoir 
rotatoire;  on  a  affaire  à  un  liquide  à  fils  ordinaire  sous  forme  de  plages  à 
noyaux  et  à  fils,  jamais  normales  à  Taxe  d'ailleurs  et  ne  différant  pas  des 
plages  à  noyaux  de  l'azoxyphénétol.  A  la  température  6,  les  détails  de  la 
face  inférieure  de  la  préparation  se  voient  nettement  à  travers  lépaisseur 
minime  du  liquide;  mais  dès  qu'on  s'en  écarte  et  que  les  plans  apparaissent, 
aucune  mise  au  point  n'est  plus  possible  à  travers,  ne  fût-ce  qu'un  seul  de 
ces  plans. 

Il  paraît  résulter  de  là  qu'à  la  température  0,  la  structure  à  forte  torsion 
liée  à  l'existence  des  plans,  et  qui  est  cause  du  pouvoir  rotatoire,  disparaît; 
au-dessus  de  0,  la  torsion  est  dans  un  sens;  au-dessous,  dans  l'autre;  en 
approchant  de  0,  elle  diminue  par  l'espacement  des  plans;  à  0,  elle  semble 
disparaître.  Le  passage  d'un  corps  du  premier  type  à  un  corps  du  second  se 
fait  par  simple  changement  de  sens  de  la  torsion,  et  par  l'intermédiaire 
d'un  liquide  sans  torsion  spontanée  qui  ne  diffère  en  rien  des  liquides  à  tils 
ordinaires. 

Le  second  fait  est  le  suivant  : 

S'il  est  vrai  que  la  longueur  d'onde  d'inversion  du  pouvoir  rotatoire  soit 
précisément  celle  du  rayon  réfléchi  par  les  plans,  et  qui  est  définie  par 
l'équidistance  de  ces  plans,  cette  longueur  d'onde  doit  dépendre  de  l'inci- 
dence comme  en  dépendent,  il  est  facile  de  le  constater  et  cela  est  connu 
depuis  longtemps,  la  longueur  d'onde  de  la  couleur  épipolique  réfléchie  et 
la  couleur  complémentaire  transmise.  C'est  ce  que  nous  avons  constaté  en 
effet.  L'emploi  du  monochromateur  permet  de  déterminer  aisément  la  lon- 
gueur d'onde  d'inversion  en  observant  les  anneaux  du  pouvoir  rotatoire 


SÉANCE    DU    19    JUIN    I922.  ï^09 

entre  verre  plan  et  verre  convexe.  Si  Ton  dispose  les  choses  de  façon  à  pou- 
voir faire  tourner  la  préparation  autour  d'un  axe  horizontal  pénétranl 
dans  le  four  électrique  où  la  préparation  est  maintenue  à  température  cons- 
tante, on  constate  que  la  longueur  d'onde  d'inversion  varie  avec  Tinclinai- 
son,  et  est  d'autant  plus  petite  que  Tinclinaison  de  la  préparation  par  rap- 
port à  la  platine  du  microscope  est  plus  grande.  Les  mesures  précises  des 
longueurs  d'onde  réfléchies,  qui  seront  nécessaires  pour  la  comparaison, 
n'ont  pas  encore  été  faites,  maison  peut  d'ores  et  déjà  affirmer  que  la  varia- 
tion de  la  longueur  d'onde  d'inversion  est  dans  le  sens'  et  de  l'ordre  de 
grandeur  prévus.  Il  est  extrêmement  probable  que  la  longueur  d'onde 
d'inversion  coïncide  avec  la  longueur  d'onde  réfléchie,  non  seulement  sous 
l'incidence  normale,  mais  aussi  sous  des  incidences  quelconques. 

Dans  les  préparations  dont  les  plans  de  Grandjean  n'offrent  pas  parlout 
un  parfait  parallélisme  avec  la  surface  du  support,  cas  très  fréquent,  on 
observe  d'un  point  à  l'autre  de  notables  variations  du  pouvoir  rotatoire  et, 
en  même  temps,  de  la  couleur  réfléchie.  Il  n'est  pas  rare  qu'au  voisinage  de 
la  longueur  d'onde  d'inversion  l'on  trouve  des  parties  de  la  préparation  qui 
montrent  un  pouvoir  rotatoire  droit  pendant  que  d'autres  ont  le  pouvoir 
rotatoire  gauche.  Il  en  résulte  que  toutes  les  mesures  portant  soit  sur  le 
pouvoir  rotatoirejj  soit  sur  la  longueur  d'onde  d'inversion,  soit  sur  les  lon- 
gueurs d'onde  réfléchies  ou  sur  les  indices,  ne  peuvent  être  faites  utilement 
que  sur  des  préparations  parfaitement  organisées,  qui  ne  sont  pas  toujours 
aisées  à  obtenir  sur  verre,  et  que  l'on  reconnaît  à  ce  qu'elles  réfléchissent 
une  couleur  bien  homogène  et  totalement  polarisée  circulaire.  Ces  faits 
s'expliquent  tout  naturellement  à  la  suite  de  la  constatation  précédente  : 
les  variations  locales  du  pouvoir  rotatoire  et  de  la  longueur  d'onde  réfléchie 
(d'inversion)  sont  dues  aux  régions  de  la  préparation  où  les  plans  de 
Grandjean  font  des  angles  trop  importants  avec  le  plan  normal  au  rayon 
lumineux  observé.  La  loi  de  variation  de  la  longueur  d'onde  réfléchie  avec 
l'inclinaison,  aisée  à  calculer,  montre  d'ailleurs  que  fort  heureusement 
l'effet  de  l'inclinaison  est  négligeable  quand  celle-ci  n'est  que  de  quelques 
degrés. 

Pour  toutes  ces  raisons,  il  nous  paraît  hors  de  doute  que  le  pouvoir  rota- 
toire énorme  qui  caractérise  les  liquides  à  plans  est,  au  même  titre  et  en 
même  temps  que  la  réflexion  des  couleurs  par  ces  liquides,  déterminé  par 
la  structure  très  particulière  liée  à  l'existence  de  ces  plans.  De  cette  struc- 
ture, nous  ne  savons  encore  que  peu  de  chose.  Nous  pouvons  présumer 
qu'elle  comporte,  d'un  plan  à  l'autre,   des  torsions  extrêmement  fortes, 


l6lO  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

pouvant  aller  probablement  à  quelque  go"  par  intervalle  de  plans,  soit  un 
millier  de  tours  par  millimètre  dans  les  cas  ordinaires;  et  nous  savons 
qu'elle  présente,  à  intervalles  réguliers,  des  discontinuités  qui  sont  les  plans 
de  Grandjean,  dont  les  bords  paraissent  être  des  lignes  d'enroulement  de 
la  structure  comparables  aux  fils.  Ces  plans  ont  la  propriété,  encore  inex- 
pliquée, de  réfléchir  Tun  des  rayons  circulaires  à  Texclusion  de  Tautre  ; 
mais  cette  propriété  étant  donnée,  Féquidistance  de  ces  plans  nous  permet 
de  calculer  (les  indices  étant  supposés  connus)  la  longueur  d'onde  réfléchie 
et  ses  variations  avec  l'inclinaison,  et  par  suite  la  longueur  d'onde  d'inver- 
sion du  pouvoir  rotatoire.  Tous  ces  faits,  ainsi  que  la  variation  anomale  du 
pouvoir  rotatoire  au  voisinage  de  la  longueur  d'onde  d'inversion,  s'expli- 
queront d'un  seul  coup  lorsqu'on  connaîtra  la  structure. 

Il  va  de  soi  qu'une  structure  dans  laquelle  interviennent  des  torsions 
spontanées  qui,  dans  un  même  corps,  sont  toujours  de  même  sens,  doit  être 
déterminée  par  l'asymétrie  de  la  molécule.  Mais  ce  n'est  pas  directement 
cette  asymétrie  de  la  molécule  qui  détermine  l'énorme  pouvoir  rotatoire 
des  liquides  à  plans. 


M.  Paul  Painlevé  dépose  sur  le  Bureau  de  l'Académie  un  Ouvrage 
intitulé  :  Les  axiomes  de  la  Mécanique^  examen  critique  (Paris,  Gauthier- 
Villars),  dont  il  est  l'auteur. 

Dans  la  première  Partie  de  cet  Ouvrage,  ajoute  M.  Painlevé,  u  j'ai 
reproduit  l'expose  et  la  discussion  des  axiomes  de  la  Mécanique,  tels  que  je 
les  ai  enseignés  depuis  de  longues  années  et  qui  se  prêtent  d'eux-mêmes  à 
la  comparaison  avec  la  doctrine  einsteinienne. 

«  Le  premier  Chapitre  delà  seconde  Partie  est  relatif  à  la  propagation 
de  la  lumière  et  aux  différentes  explications  possibles  et  compatibles  de 
l'expérience  de  Michelson,  de  l'aberration  et  de  la  formule  de  Fizeau- 
Fresnel.  Le  second  Chapitre  se  rapporte  au  principe  de  l'action  et  de  la 
réaction  :  les  propriétés  attribuées  par  Newton  au  mouvement  absolu 
n'entraînent  pas  sous  sa  forme  stricte  le  principe  classique  de  l'action  et  de 
la  réaction,  mais  sont  compatibles  avec  une  forme  plus  étendue  du  prin- 
cipe où  la  force  n'est  plus  égale  à  my,  {m  quantité  de  matière,  y  accéléra- 
tion absolue),  mais  est  définie  de  la  manière  suivante  :  soient  y^  et  y„  les 
projections  de  y  sur  la  tangente  et  sur  la  normale  principale  à  la  trajec- 
toire ;  la  force  F  est  la  somme  des  deux  vecteurs  ni/{^)'fc  et  mcp((^)y„, 
où  f(v)  et  (p(ç')  sont  deux  fonctions  positives  de  la  vitesse  absolue  (^,  les 


SÉANCE    DU     19    JUIN     1(,22.  161I 

mêmes  pour  tous  les  éléments  matériels,  et  égales  à  l'unité  pour  v  =  o.  On 
peut  appeler  m  la  masse  statique,  mf(v)  la  masse  cinétique  longitudinale 
eimz>{v)  la  masse  cinétique  transversale.  On  construit  ainsi  une  Mécanique 
ayant  les  mêmes  points  de  départ  que  la  Mécanique  newlonienne,  qui 
coïncide  avec  celle-ci  ipouv  f(v)^z>(i^)^r,  et  qui  se  raccorde  avec  la 
Mécanique  einsteinienne  pour  un  choix  convenable  (adopté  une  fois  pour 
toutes)  des  fonctions  /(r)  et  o(i^).    » 


ELECTIOIXS. 


L'Académie  procède,  par  la  voie  du  scrutin,  à  l'élection  d'un  Membre 
de  !a  Section  d'Anatomie  et  Zoologie,  en  remplacement  de  M.  Ranviei-. 
décédé. 

Le  nombre  de  votants  étant  og, 

M.  Charles  Gravier      obtient 37  suffrages 

M.  Maurice  Caullery  »       10         » 

M.  Louis  Lapicque  »       10        » 

M.  Edouard  Retterer  »       i  suffrage 

Il  y  a  un  bulletin  blanc. 

M.  Charles  Gravier,  ayant  obtenu  la  majorité  absolue  des  suffrages,  est 
proclamé  élu. 

Son  élection  sera  soumise  à  l'approbation  de  M.  le  Président  de  la  Répu- 
blique. 

CORRE  SPOND  AXCE 


M.   le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

Primera  réunion  nacional  de  la  Sociedad  Argentina  de  Ciencias  n'aturales. 
Tucuman,  1916. 


l6l2  ACADÉMIE    DES    SCIENCES, 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  —  Des  équations  aux  dérivées  partielles  du  second 
ordre  intégrables  par  la  méthode  de  Darboux.  Note  de  M.  Gosse,  pré- 
sentée par  M.  Goursat. 

Si  Ton  désigne  par  m^  et  m.^  les  racines  deTéquation  caractéristique 

-    ,  àf      df 

os        àt 

relative  à  Téquation  aux  dérivées  partielles 

E  =  /■  +/(./•,  r,  z,  p,  q,  s,  t)  =  o, 

on  peut  énoncer  les  résultats  suivants  : 

I.  Si  l'équation  E  admet,  pour  le  système  i  de  caractéristiques,  un  inva- 
riant d'ordre  supérieur  à  3,  sans  en  admettre  d'ordre  inférieur,  ou  bien  elle 
admet  une  involution  d'ordre  3,  ou  bien  la  racine  m^  vérifie  la  relation 

dl  as 

II.  Une  équation  E  qui  n'est  en  involution  avec  aucune  autre  d'ordre  3 
et  qui  admet,  pour  chaque  système  de  caractéristiques,  un  invariant 
d'ordre  supérieur  à  3,  est  une  équation  de  Mon  g-e- A  m  père. 

En  particulier,  toute  équation  de  la  première  classe  qui  n'admet  aucune 
involution  d'ordre  inférieur  ou  égal  à  3  se  réduit  à  une  équation  de  Monge- 
Ampère. 

L'étude  générale  de  la  méthode  de  Darboux  met  donc  d'elle-même  en 
évidence  l'importance  de  cette  catégorie  d'équations,  et  il  est  naturel  de 
chercher  à  déterminer  celles  d'entre  elles  qui  sont  de  la  première  classe. 

J'ai  résolu  le  problème  dans  les  deux  cas  les  plus  simples  : 

1°  Il  y  a  une  intégrale  intermédiaire  du  premier  ordre  pour  chaque  sys- 
tème de  caractéristiques. 

Toutes  les  équations  de  la  première  classe  de  cette  catégorie  se  déduisent 
par  une  transformation  de  contact  des  équationsdu  type  j^  z=:y(a:,  y,  s,  p,  q), 
classées  et  intégrées  par  M.  Goursat  ('). 

2°  Chaque  système  de  caractéristiques  admet  deux  invariants  d'ordre  au 
plus  égal  à  2. 

(')  Voir  Goursat,  Annales  de  la  Faculté  de  Toulouse,  2'^  série,  t.  1,  1899,  et  ma 
Thèse  de  Doctorat  (chez  Privai,  Toulouse,  1921). 


SÉANCE  DU  19  JUIN  I922.  l6l3 

Ce  cas  se  ramène  au  précédent. 

3°  L'étude  du  problème  général  exige  une  longue  discussion. -Dans  tous 
les  cas  que  j'ai  pu  traiter  complètement,  et  en  me  bornant  aux  équations 
non  linéaires,  j'ai  été  ramené  aux  seules  équations  que  je  viens  de 
signaler  (M. 


GÉOMÉTRIE  iNFIiNlTÉSiMALE.  —  Surfaces  applicables  avec  égalité  des  rayons 
de  courbure  principaux.  Note  de  M.  Bertrand  Gambier,  prés-entée 
par  M.  G.  Kœnigs. 

1.  Ossian  Bonnet  (-),  puis  M.  Hazzidakis  (')  ont  étudié  les  surfaces  S, 
S'  applicables  avec  égalité  des  rayons  principaux  aux  points  homologues. 
Me  bornant  au  cas  où  S  admet  une  déformation  continue  de  cette  espèce 
à  un  paramètre,  j'ajouterai  quelques  remarques.  On  sait  que  ce  cas  donne  : 

a.  La  surface  minima  ou  à  courbure  moyenne  constante  la  plus  générale. 

b.  Une  famille  de  surfaces  à  un  paramètre  comprises  dans  les  surfaces 
représentant  le  ds- 

(I)  d^--^  0^^^\ dudv, 


où  U  est  fonction  arbitraire  de  u  et  V  de  v. 

c.  Une  certaine  surface  contenant  trois  paramètres  de  forme  et  un  autre 
d'iiomothélie.  Ces  quatre  paramètres  fixés,  on  a  une  surface  unique^  qui 
nest  ni  de  révolution^  ni  hélicoïdale ,  répondant  au  problème  grâce  à  ses 
co'  auto-applications. 

2.  Une  circonstance  curieuse,  non  signalée  jusqu'ici,  est  que  les  types 
[b),  (c)  ne  peuvent  fournir  aucune  surface  réelle  ;  néanmoins,  comme  par  un 
choix  convenable  des  fonctions  ou  constantes  arbitraires,  on  peut  obtenir 
c3o'  surfaces  S  lieu  d'un  point  M(œ,y,  iz),  oùx,y,  z  sont  réelles,  et  que 
le  ds^  définit  alors  une  infinité  d'autres  surfaces  S,  applicables  sur  S  (sans 
conservation  des  rayons  principaux)  réelles,  telles  que  le  point  M,  homo- 
logue de  M  soit  réel,  on  obtient  pour  chaque  couple  S,  S,  un  système 
cyclique  réel,  un  système  triple  orthogonal  réel,  comme  je  l'ai  expliqué  en 
particulier  au  Bulletin  des  Sciences  mathématiques ,  19-I  • 

Pour  le  type  (ji)  une  partie  de  ces  résultats  subsiste;  on  peut  trouver  des 

(')  Loc.  cit. 

(^)  Journal  de  l'École  Polytechnique,  cahier  42,  1867. 

(^)  Journal  de  Crelle,  t.  117,  1897. 


l6l4  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

surfaces  minima  ou  à  courbure  moyenne  constante  réelles,  mais  on  peut 
trouver  des  surfaces  imaginaires  donnant  des  systèmes  cycliques  ou  sys- 
tèmes orthogonaux  réels. 

M.  Hazzidakis  a  pu  donner  en  termes  finis  les  équations  paramétriques 
des  surfaces  du  type  (è);  en  dégageantes  formules  des  constantes  de  dépla 
cernent,  on  a 


(3) 


(r  +  0(«— 0 


W/c  .  r    l^du  «  -I-  i' 


t  est  une  constante  représentant  le  paramètre  de  déformation. 

Il  suffît  que  U,  V  soient  respectivement  fonctions  complexes  conjuguées 
des  variables  complexes  conjuguées  u,  v  et  que  t  soit  imaginaire  pure,  pour 
obtenir  les  propriétés  énoncées. 

Un  cas  où  le  ds^(i)  est  de  révolution  s'obtient  pourU  =  iu'^  et  V=  —  iV, 
c'est  le  ds^  caractéristique  des  développées  de  surfaces  minima.  Les 
formules  donnent  ce'  surfaces  transcendantes,  sauf  celles  obtenues 
pour  /  =  o  ou  /  =  ce,  qui  sont  algébriques  et  réglées,  d'équation  respective 

,,^  \     3{a-  -^  iz)  {a:  ~  izY-h  y*—o, 

(  4  ) 

/  ^h  {x  +  iz){œ  —  izY-}-  i^j  {œ  —  izY-^  i  =  o. 

Associées  à  la  développée  de  la  surface  minima  d'Enneper,  elles  four- 
nissent des  systèmes  cycliques  algébriques;  les  systèmes  orthogonaux 
correspondants  sont  algébriques  pour  la  première  et  comprennent,  pour  la 
seconde,  une  famille  algébrique,  deux  familles  transcendantes, 

3.  Pour  le  type  (c),  Ossian  Bonnet  trouve  une  surface  S  qui  n'est  ni 
l'évolutive  ni  hélicoïdale;  le  ds"^  de  S  est  de  révolution  et  les  auto-applications 
de  S  conservent  les  rayons  principaux.  Or,  ni  Ossian  Bonnet,  ni  M.  Hazzi- 
dakis ne  remarquent  que  leurs  formules  définissent  en  outre  une  certaine 
surface  hélicoïdale  1.  unique  et  bien  déterminée  quand  S  est  obtenue;  cette 
surface  2  est  applicable  sur  S  avec  conservation  des  rayons  principaux  et 
doit  être  considérée  comme  une  auto-déformèe  à  la  limite  de  S. 

Je  dois  donner  quelques  explications  sur  un  paradoxe  qui  peut  se  pro- 
duire pour  toute  surface,  ni  révolutive  ni  hélicoïdale,  dont  le  ds"^  est  de 
révolution  :  il  n'est  pas  nécessaire  que  cette  surface  S  soit  du  type  étudié 


SÉANCE    DU    19    JUIN    1922.  l6l5 

par  Ossian  Bonnet.  Traçons  sur  S  le  réseau  |î}  =  consl.  des  méridiens, 
01.  =  const.  des  parallèles^  c'est-à-dire  des  courbes  devenant  méridiens  et 
parallèles  quand  S  est  déformée  en  surface  de  révolution.  Je  suppose  que  a 
est  l'arc  du  méridien  et  |ÎJ  celui  du  parallèle  a  =  o.  Sur  S  les  bandes 


où  /est  une  longueur  arbitraire  (qui  ne  joue  aucun  rôle),  sont  toutes  des 
déformées  de  l'une  d'elles;  la  bande  de  rang  n,  pour  n  ^=  00,  peut  ou  devenir 
asymptote  à  une  certaine  surface  hélicoïdale  ou  révolutive,  ou  rester  à 
distance  finie  sans  posséder  de  surface  asymptotique,  ou  s'éloignera  linfini, 
mais  peu  importe  :  on  peut,  par  un  déplacement,  faire  coïncider  avec  Ox^ 
Oy  les  tangentes  au  méridien  et  au  parallèle  issus  du  point  (0,^0  +  7^—  1  /). 
Cette  bande  de  rang/i  déplacée  peut,  dans  certains  cas,  tendre  [)0ur/2  =  ce 
vers  une  certaine  position  limite  S  bien  déterminée;  cette  surface  2  a 
même  ds-  que  S  et  doit  être  considérée  comme  une  auto-déformée  à  la 
limite  de  S,  et  cela  bien  que  S  et  Z  «e  soient  pas  superposables  par  un  dépla- 
cement fini . 

Pour  la  surface  S  du  type  (c)  dOssian  Bonnet,  cette  circonstance  se 
présente  et  fournit  une  surface  2  hélicoïdale  oubliée.  Dans  le  type  (è), 
pour  U  =  m-  et  Y  =  — ïV%  le  ds'^  est  encore  de  révolution,  mais  pour 
chaque  surface  S  obtenue  les  auto-déformations  changent  les  rayons  de 
courbure  principaux,  de  sorte  que  dans  ce  cas  précis  on  n'obtient  comme 
solution  de  notre  problème  ni  surface  de  révolution,  ni  surface  hélicoïdale. 


ÉLECTRICITÉ.  —Sur  la  polarité  de  l'arc  électrique.  Note  de  MM.  L.  Duxoyer 

et  P.   Toulon. 

Il  est  aujourd'hui  classique  que  l'émission  d'éleclrons  par  la  cathode  est 
indispensable  au  fonctionnement  de  l'arc  électrique  et  que,  par  conséquent, 
si  l'une  des  électrodes  est  systématiquement  refroidie,  il  est  naturel  qu'elle 
fonctionne  comme  anode.  A  ce  point  de  vue,  l'arc  Garbarini,  qui  fonctionne 
habituellement  entre  le  charbon  positif  porté  à  très  haute  température  et 
une  couronne  métallique  négative  énergiquement  refroidie  par  un  courant 
d'eau,  peut  paraître  paradoxal.  Paradoxal  également  le  fait  que  dans  un 
redresseur  à  vapeur  de  mercure  il  est  possible,  sans  nuire  à  la  qualité  du 
redressement,  de  faire  rougir  les  anodes  alors  que  le  mercure  cathodique 
reste  à  une  température  bien  inférieure  à  36o°. 


l6l6  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Les  expériences  dont  il  va  être  rendu  compte  confirment,  d'ime  part,  la 
doctrine  classique  du  fonctionnement  de  l'arc  et  montrent  comment  le 
paradoxe  peut  être  expliqué;  elles  ont,  en  même  temps,  donné  lieu  à 
la  réalisation  d  un  dispositif  extrêmement  simple  qui  permet  d'obtenir 
un  courant  pulsatoire  à  sens  unique,  équivalent  dans  beaucoup  de  cas  à 
du  courant  continu,  au  moyen  de  courant  alternatif. 

M.  Blondel  a  montré  jadis  (  '  )  que  l'arc  jaillissant  entre  une  électrode  de 
charbon  et  une  électrode,  métallique  sous  une  forme  électromotrice  alter- 
native peut  présenter  deux  régimes  :  l'arc  «  court  »  passe  dans  les  deux 
sens,  tandis  que  l'arc  «  long  »  est  polarisé  et  ne  laisse  passer  le  courant  que 
dans  le  sens  métal-charbon. 

On  pourrait  se  demander  si  cette  polarisation  est  due  au  fait  que  l'une 
des  électrodes  est  métallique.  Il  est  facile  de  montrer  qu'en  réalité  le  phéno- 
mène est  dû  exclusivement  à  ce  que  l'électrode  métallique  est  toujours, 
grâce  à  sa  conductibilité,  à  une  température  plus  basse  que  l'électrode  de 
charbon.  Si,  en  effet,  on  remplace  l'électrode. métallique  par  un  tube  de 
graphite  énergiquement  refroidi  par  un  courant  d'eau,  on  constate,  comme 
avec  le  métal,  que  l'arc  passe  uniquement  de  l'électrode  froide  à  l'électrode 
chaude  ;  la  nature  de  l'électrode  ne  joue  donc  pratiquement  aucun  rôle  dans 
le  phénomène. 

Les  arcs  «  longs  »  polarisés  de  M,  Blondel  sont  d'ailleurs  assez  instables, 
avec  une  tendance  marquée  soit  à  s'éteindre,  soit  à  se  transformer  en  arcs 
«  courts  ».  Nous  avons  obtenu  des  arcs  polarisés  d'une  parfaite  stabilité  en 
associant  à  l'électrode  froide  deux  électrodes  entre  lesquelles  jaillit  un  arc 
d'entretien.  L'électrode  froide  est  constituée  par  un  tube  conducteur,  d'une 
substance  d'ailleurs  quelconque,  refroidi  par  un  courant  d'eau.  L'arc  d'en- 
tretien jaillit  entre  des  électrodes  de  charbon  ;  cet  arc  d'entretien  peut  être 
alimenté  en  courant  continu,  mais  également  en  courant  alternatif,  ce  qui 
est  évidemment  beaucoup  plus  intéressant.  Le  schéma  des  monljagnes  sera 
indiqué  ailleurs. 

L'étude  oscillographique  du  courant  polarisé,  ainsi  que  la  comparaison 
des  indications  d'appareils  à  courant  continu  et  d'appareils  à  courant  alter- 
natif placés  sur  le  circuit  de  ce  courant,  nous  ont  montré  que,  dans  les  con- 
ditions de  nos  expériences,  la  polarisation  du  courant  est  pratiquement 
parfaite  pour  des  tensions  alternatives  inférieures  à  5oo  volts;  mais  pour  des 
tensions  plus  élevées,   par  exemple  900   volts,  la  polarisation  se  montre 

(')  A.  Blondel,  Comptes  rendus^  t.  128,  1899,  P-  727-731. 


SÉANCE    DU    19   JUIN    1922.  1617 

moins  bonne.  Quant  à  l'intensité  moyenne  qu'il  est  possible  d'obtenir  pour 
le  courant  redressé,  il  semble  que  rien,  a  priori^  ne  doive  la  limiter.  En  fait, 
avec  une  tension  alternative  de  220  volts  qui,  théoriquement,  ne  peut  donner 
pour  le  courant  polarisé  qu'une  tension  moyenne  de  90  volts  au  maximum, 
nous  avons  obtenu  90  ampères  sous  86  volts  aux  bornés  de  l'arc  polarisé.  Les 
charbons  de  l'arc  d'entretien  avaient  12""™  et  16™™  de  diamètre,  et  l'élec- 
trode froide  était  un  tube  de  cuivre  rouge  de  i5"™de  diamètre,  refroidi  par 
circulation  d'eau. 

Ces  expériences  confirment  donc  que,  s'il  n'y  a  pas  contact  entre  les 
électrodes,  il  n'y  a  jamais  allumage  de  l'arc  (au-dessous  d'une  tension 
limite),  même  au  sein  d'un  gaz  très  conducteur,  si  l'électrode  froide  est 
cathode  -,  il  y  a,  au  contraire,  allumage  certain  si  elle  est  anode.  Il  faut 
donc,  pour  l'allumage  de  l'arc,  que  l'une  des  électrodes  émette  des  élec- 
trons. En  effet,  quand  l'électrode  froide  est  cathode,  elle  n'en  émet  pas 
parce  qu'elle  est  froide,  et  l'électrode  chaude  n'en  émet  pas  parce  qu'elle 
est  positive  ;  si,  au  contraire,  l'électrode  chaude  est  négative,  elle  émet  des 
électrons  et  l'arc  s'allume. 

Mais  s'il  y  a  contact  entre  les  électrodes,  l'arc  s'allumera  toujours  en 
courant  continu,  même  si  la  cathode  est  refroidie  dans  son  ensemble.  En 
effet,  le  contact  qui,  dans  la  réalité,  ne  donnera  lieu  au  passage  du  courant 
qu'en  quelques  points  isolés,  y  produira  une  élévation  locale  de  tempéra- 
ture, suffisante  pour  que  l'émission  électronique  se  produise  en  ces  points. 
L'étendue  des  régions  de  très  haute  température  pourra  être,  du  reste, 
beaucoup  trop  petite  pour  donner  lieu  à  aucune  incandescence  visible. 
C'est  donc  la  température  de  cette  région  d'émission  électronique  qu'il  faut 
prendre  en  considération,  et  non  pas  la  température  d'ensemble  de  la 
cathode. 

Par  exemple,  dans  l'arc  Garbarini,  la  température  des  régions  catho- 
diques, qui  jouent  véritablement  un  rôle  dans  le  fonctionnement  de  l'arc, 
n'est  donc  nullement  la  température  du  métal  refroidi,  mais  une  tempéra- 
ture certainement  supérieure  à  celle  du  cratère  positif  de  l'arc. 

De  même,  le  fait  que  l'on  peut  faire  fonctionner  un  redresseur  à  vapeur 
de  mercure  avec  des  anodes  fortement  rougies,  montre  que  la  petite  tache 
lumineuse  qui  se  déplace  sur  la  cathode  est  à  une  température  certaine- 
ment supérieure  à  1000°. 


C.  R.,  1932,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  25.)  1 17 


l6l8  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 


ÉLECTRICITÉ.  —  Sur  un  nouvel  électromèlre  à  index  rigide  destiné  à  la  mesure 
des  radiations.  Note  de  M.  K.  Szilard,  transmise  par  M.  J.  Violle. 

Les  électromètres  transportables  que  j'ai  étudiés  il  y  a  quelques 
années  (^)  sont  des  appareils  dont  l'aiguille  est  à  pivots  et  à  spiral.  Depuis 
j'ai  reconnu  qu'un  autre  système  de  suspension  difTérent  du  premier  permet 
également  l'emploi  d'une  aiguille  indicatrice  longue  et  rigide.  Avec  ce 
nouveau  montage  l'instrument  reste  également  transportable  et  sa  sensibi- 
lité se  trouve  considérablement  augmentée  par  rapport  à  l'électromètre  à 
spiral. 

Principe.  —  L'aiguille  servant  à  la  fois  d'équipage  mobile  et  d'index 
rigide  est  électriquement  reliée  à  la  cage;  elle  est  attirée  par  un  «  cadran  » 
de  forme  spéciale,  isolé  et  chargé  d'électricité  au  moyen  d'une  minuscule 
machine  à  frottement.  L'aiguille  est  suspendue  par  un  ruban  fin,  tendu^  dont 
la  torsion  sert  de  couple  antagoniste. 

Description.  —  Un  ruban  très  fin  en  bronze  R,  long  de  25*"^,  est  tendu 
verticalement  entre  deux  ressorts  à  boudin  B.  A  égale  distance  de  ces  extré- 
mités, le  ruban  supporte  l'aiguille  A  à  laquelle  il  est  solidaire.  Grâce  à  cette 
suspension  élastique  l'appareil  est  transportable  et  ne  nécessite  pas  d'être 
placé  dans  une  position  parfaitement  horizontale. 

Afin  d'avoir  un  équipage  mobile  aussi  léger  que  possible,  l'aiguille  est 
découpée  de  sorte  qu'en  une  pièce  elle  serve  à  la  fois  d'organe  d'attraction 
et  d'indicateur.  Dans  cet  effet,  l'une  de  ses  extrémités  C  est  circulaire  for- 
mant un  secteur  de  cercle  évidé,  l'autre  est  droite  et  pointue. 

Le  cadran  N,  de  forme  et  de  surface  aussi  réduites  que  possible  (afin  de 
lui  donner  une  capacité  électrique  mini  ma),  se  trouve  dans  le  prolonge- 
ment du  secteur  G  de  l'aiguille,  concentriquement  à  celui-ci.  Ge  cadran  est 
composé  de  deux  paires  de  secteurs  d'anneaux,  rivés  concentriquement 
ensemble.  Grâce  à  cette  forme,  l'aiguille  est  attirée  toujours  dans  le  sens  de 
la  circonférence.  Supporté  par  une  petite  colonne,  le  cadran,  seul  organe 
porteur  de  charge,  se  prolonge,  à  travers  un  bouchon  d'ambre,  dans  la 
chambre  d'ionisation  J,  disposée  au-dessous.  Entre  ses  paires  de  segments, 
à  égale  distance  des  deux,  se  trouve  l'aiguille  engagée  sous  un  angle  de 
i5°  environ,  lorsqu'elle  est  au  repos;  des  vis  de  réglage,  servant  de  points 


(•)  Comptes  rendus,  t.  136.  igiS,  p.  779,  et  t.  157,  1918,  p.  768. 


SÉANCE    DU    19    JUIN    192:2.  1^19 

d'attache  aux  ressorts  B  sont  disposées  en  K  et  permettent  de  régler  les 
positions  verticale  et  horizontale  de  Taiguille. 


Chargeur  automatique.  —  En  face  du  cadran,  mais  suffisamment  éloigné 
de  celui-ci,  se  trouve  un  dispositif  permettant  de  le  charger  à  un  potentiel 
voulu.  Ce  chargeur  consiste  en  un  tube  d'ébonite  E  dans  lequel  coulisse  une 
petite  brosse  circulaire  I  en  crin.  Le  frottement  des  crins  contre  l'ébonite 
(sur  un  parcours  de  i*^™  à  2"™)  produit  de  l'électricité  en  quantité  suffisante 
pour  fournir  la  charge  nécessaire  au  cadran. 

Remise  à  zéro.  —  Il  convient  souvent  de  ramener  l'aiguille  exactement 
sur  une  même  division  servant  de  zéro.  Pour  faciliter  cette  opération,  un 
levier  L  peut  faire  contact  avec  le  secteur.  Ce  levier  étant  construit  en  ma- 
tière peu  conductrice,  il  y  introduit  une  légère  fuite  :  une  fois  l'aiguille 
arrivée  à  la  division  voulue,  on  rompt  son  contact. 

Lecture.  —  Elle  se  fait  aisément  au  moyen  de  V aiguille  et  son  échelle  fixe  ; 


l620  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

la  grande  sensibilité  de  l'appareil  dispense  de  VemY)\oi  du  microscope.  D'autre 
part,  les  déplacements  de  l'index  étant  amortis  et  d'une  régularité  parfaite, 
on  peut  utiliser  pour  la  lecture  un  microscope  à  court  foyer  ;  le  microscope 
pouvant  approcher  l'aiguille  à  quelques  millimètres  près  pourra  être  for- 
tement grossissant  et  fournira  une  image  d'une  netteté  tranchante  et  irré- 
prochable (non  pas  comme  Cimage  conjuse  d'une  feuille  d'or). 

Le  microscope  est  monté  sur  l'axe  même  de  l'aiguille,  permettant  de  suivre 
celle-ci  tout  le  long  de  l'échelle  et  de  choisir  la  région  la  plus  convenable  au 
point  de  vue  du  régime  de  voltage  ou  de  sensibilité.  Une  division  du  micro- 
mètre correspond  ào™™,i  de  déplacement  réel  de  l'aiguille.  Les  divisions 
du  micromètre  sont  pratiquement  proportionnelles  entre  elles  dans  presque 
toute  la  longueur  de  l'échelle. 

Sensibilité.  —  En  disposant  dans  la  chambre  d'ionisation  o^.oi  d'oxyde 
noir  d'uranium  fraîchement  préparé  (exempt  d'uranium  X),  on  obtient  un 
déplacement  visible  à  Vœil  nu  sur  l'échelle.  Dans  le  micromètre  ce  mouvement 
correspond  à  i  division  par  seconde.  Or  ce  courant,  d'après  Me  Coy  ('), 
est  égale  à  1,7.  io~'  U.  E.  S.,  soit  à  5,7.10—''  ampère.  Des  petites  fractions 
de  ce  courant  sont  encore  bien  mesurables.  Le  régime  de  voltage  est  entre 
35o  et  45o  volts. 

Emploi.  —  L'appareil  est  parfaitement  transportable;  on  peut  le  déplacer 
et  même  le  retourner  sans  crainte.  Aucun  réglage  préalable  n'est  nécessaire 
pour  sa  mise  en  marche  ;  la  charge  se  fait  automatiquement  et  une  remise  à 
zéro  permet  des  lectures  dans  des  conditions  identiques  entre  elles.  L'ins- 
trument dispense  de  l'utilisation  du  microscope,  son  système  de  lecture  étant 
semblable  à  celui  d'un  ampèremètre  ordinaire,  mais  l'emploi  d'une  lecture 
micrométrique  est  d'autant  plus  justifié  que  l'image  de  l'aiguille  est  d'une 
netteté  parfaite.  Cet  appareil  rendu  supérieur  aux  électroscopes  à  feuille  par 
sa  robustesse,  sa  commodité  d'emploi,  sa  constance  et  sa  sensibilité  est  ap- 
pelé à  les  remplacer  en  tous  leurs  usages. 


ÉLECTRICITÉ.  —  Sur  une  propriété  curieuse  d'un  montage  spécial  des  machines 
électriques  excitées  en  série.  Note  de  M.  F.  Guéry,  présentée  par  M.  Paul 
Janet. 

Considérons  n  machines  électriques  identiques,  à  courant  continu,  exci- 
tées en  série,  montées  en  zigzag,  et  entraînées  mécaniquement  à  la  même 

(*)  Me  GoY,  Phil.  Mag.,  t.  11,  1906,  p.  177. 


SÉANCE   DU    19   JUIN    1922.  162I 

vitesse.  Par  montage  en  zigzag  nous  entendons  que  l'induit  d'une  des 
machines  est  monté  en  série  avec  l'inducteur  de  la  voisine  et  que  tous  ces 
ensembles  d'un  inducteur  et  d'un  induit  sont  mis  en  parallèle  les  uns  avec 
les  autres.  Les  induits  de  ces  machines,  numérotés  i,  2,  . ..,  zi,  sont  par- 
courus par  des  courants  I|,  I2,  •  •  -,  I». 

D'une  manière  générale,  abstraction  faite  de  la  saturation  magnétique,  la 
différence  de  potentiel  aux  bornes  d'une  machine  excitée  en  série  a  pour 
expression 

u  =  a-{-  k\  -f-^j — , 
al 

<2,  constante  tenant  compte  du  magnétisme  rémanent; 

kj  constante  positive  ou  négative  suivant  le  sens  de  l'enroulement  inducteur  ; 

^,  inductance  de  l'inducteur. 

Négligeant  la  résistance  des  circuits,  l'inductance  des  induits  et  l'induc- 
tion mutuelle  des  inducteurs  et  des  induits,  nous  pouvons  écrire 


(  I1+  12  +  .  .  .-1-I„=0. 

En  posant 
(2) 


ii  = 


^  =  'n, 

(^n ^1      I     T  T  ■    ^n—\         ^n  t  t 

-, ri,  —  I2,  ...,  In —  r -1-  in —  ^Ij 


et  retranchant  deux  à  deux  les  relations  (i),  on  a 

(3)  h -7- =  o,  ...,  h -7- =  o. 

^    '  m        dt  m        dt 

On  a,  de  plus,  identiquement 

2 f  =  fi  +  4  +  •  •  •  -1-  4  =  o. 

Enfin  les  I  sont  donnés  en  fonction  des  i  par  les  relations 

/            4  -t-  2  «3  +  .  .  .  4-  (  n  —  i)  t„ 
Y'=  n ' 

(4)  ; 


La  solution  générale  des  relations  (3)  est  de  la  forme 


l62  2  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Par  substitution  dans  les  relations  (  3  ),  on  obtient  les  valeurs  de  i^,  . . . ,  î„ 
et  la  relation  de  condition 

(— i)"-*(mp)«4- I  =  o 

dont  les  racines  fournissent  les  valeurs  des  n  coefficients  exponentiels. 
Une  racine  de  cette  équation  en  mp  est  de  la  forme 


XtT  I .      ÂTT 

cos hv  —  isin  —  ; 

n        ^  n  ■ 


les  valeurs  de  X  correspondant  aux  différentes  racines  sont  les  nombres  pairs 
de  o  à  2/1  —  2,  si  71  est  pair,  et  les  nombres  impairs  de  i  à  2«  —  i ,  si  /i  est 
impair.  Dans  le  premier  cas,  les  racines  réelles  correspondent  à  X  =  o 
et  À  =  /ï;  dans  le  deuxième  cas,  la  racine  réelle  est  donnée  par  \  =  n. 

En  tenant  compte  de  la  relation  Si  =  o,  on  voit  facilement  que />owr/i /)««>, 

t 
lii  se  réduit  à  la  somme  des  termes  correspondant  à  la  racine  en  e   '". 

Le  coefficient  de  ces  termes  doit  donc  être  nul. 

t 

Mais  le  coefficient  de  Tautre  terme  réel,  en  e  '",  n'est  pas  nécessairement 
nul.  Pour  que  le  régime  puisse  être  stable,  il  est  donc  nécessaire  que  k  soit 
négatif,  c'est-à-dire  que  les  connexions  soient  celles  qui  correspondraient  à 
la  marche  des  machines  en  génératrices  sur  un  circuit  extérieur.  Mais  cette 
condition  ne  sera  pas  suffisante  en  général,  car  les  termes  imaginaires  don- 
nant lieu  à  un  régime  pulsatoire  n'auront  pas  nécessairement  un  coefficient 
nul,  et  ceux  de  ces  termes  qui  correspondent  à  un  exposant  ayant  une  partie 
réelle  positive  croîtront  indéfiniment  avec  t. 

Le  montage  avec  un  nombre  pair  de  machines  n'est  donc  pas  toujours 
nécessairement  stable,  même  si  les  connexions  sont  convenablement  établies. 
11  l'est  toujours  avec  deux  machines,  puisqu'il  n'y  a  pas  dans  ce  cas  de 
racines  imaginaires. 

Le  cas  de  quatre  machines  est  tout  à  fait  particulier;  les  deux  racines 
imaginaires  sont  du  type  imaginaire  pur  et  correspondent  par  conséquent  à 
un  régime  oscillatoire  non  amorti. 

La  période  T  a  pour  valeur  2-n:  ^-  En  désignant  par  N  le  nombre  de  tours 

par  seconde  de  l'induit,  /i,  le  nombre  de  conducteurs  périphériques  de  l'in- 
duit, n^  le  nombre  de  spires  total  de  l'inducteur,  l'expression  de  la  période 
peut  se  mettre  sous  la  forme 

J\/ll   * 


SÉANCE    DU    19   JUIN    1922.  1023 

Celte  expression  appliquée  à  des  moteurs  de  traction  de  types  connus 
fournit  des  valeurs  variant  d'une  demi-seconde  à  quelques  secondes. 

On  voit  aisément  que  la  puissance  demandée  à  chacun  des  moteurs  est 
alternative,  avec  une  fréquence  double  de  celle  du  courant. 

Certains  phénomènes  observés  pratiquement  sur  des  moteurs  montés  en 
zigzag,  fermés  sur  un  circuit  extérieur  assez  résistant  relativement  à  celui 
des  moteurs,  et  jouant  par  suite  un  rôle  négligeable  dans  la  distribution  des 
courants,  paraissent  correspondre  à  ce  fonctionnement  spécial  et  très 
curieux. 

Pour  n  impair,  on  voit  facilement  que  les  coefficients  des  différents  termes 
de  î  peuvent  n'être  pas  nuls,  tout  en  donnant  une  somme  nulle  dans  2i.  La 
stabilité  n'est  jamais  assurée  dans  ce  cas.  Par  suite,  on  peut  dire  que,  prati- 
quement, le  montage  en  zigzag  est  applicable  seulement  à  deux  machines. 


ÉLECTRICITÉ.  —  SuT'  la  transmission  de  l'écriture  et  des  dessins  par  T.  S.  F. 
Note  (*)de  M.  Edouard  Belin,  présentée  par  M.  Maurice  Leblanc. 

Dans  deux  précédentes  Notes,  nous  avons  exposé  notre  système  de  trans- 
mission téléphotographique  de  Técriture  et  des  images  entre  deux  postes 
reliés  par  un  fil  au  moyen  de  courant  continu  ou  alternatif.  Depuis,  nous 
sommes  parvenus  à  transmettre  sans  fil  l'écriture  et  le  dessin  après  avoir 
résolu  deux  séries  de  problèmes  relatifs,  les  uns  à  l'émission  et  la  réception 
des  signaux,  les  autres  à  la  synchronisation  des  appareils  des  deux  postes. 

Nous  avons  utilisé  les  ondes  entretenues  pour  la  transmission,  sans  rien 
changer  aux  dispositions  ordinaires  :  l'-s  manipulateurs  des  stations  étaient 
simplement  manœuvres  par  des  relais  actionnés,  eux-mêmes,  par  le  tra- 
ducteur de  nos  transmetteurs  habituels. 

A  la  réception,  nous  avons  substitué  au  téléphone  notre  galvanomètre 
enregistreur  (oscillographe  ou  galvanomètre  à  corde)  en  amplifiant  d'abord, 
dans  le  cas  des  transmissions  à  très  grande  distance,  les  courants  à  basse 
fréquence. 

Pour  la  synchronisation,  les  appareils  transmetteurs  et  récepteurs  ont  eu 
leur  vitesse  réglée  par  des  horloges,  dont  les  différences  de  marche  étaient 
pratiquement  négligeables  pendant  la  durée  d'une  transmission  et,  pour 
rendre  leurs  mouvements  de  même  phase,  nous  leur  avons  fait  émettre  des 

(*)  Séance  du  i3  juin  1922. 


1624 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


signaux  périodiques  spéciaux,  au  moment  de  leur  mise  en  route;  leur  pério- 
dicité permettait  de  les  distinguer  nettement  dans  un  téléphone  et,  à  Taide 
d'un  dispositif  mécanique,  on  pouvait  donner,  à  volonté,  un  mouvement 
d'avance  ou  de  retard  à  l'un  des  deux  de  manière  à  faire  coïncider  les  signaux 
émis  par  eux. 

Une  première  expérience  a  été  tentée  en  juin  1921  à  la  station  Lafayette 
de  la  Croix  d'Hins. 

Un  de  nos  transmetteurs  portatifs  ^installé  au'^Gentral  Radio  de  la  rue 


Froidevaux  commandait,  par  fil^  laîstation|Lafayette  et  celle-ci  émettait  des 
ondes  enregistrées  à  notre  laboratoire  de  Malmaison. 

Les  résultats  furent  de  suite  concluants. 

La  seconde  série  d'expériences  eut  lieu  en  juillet  et  août  192 1,  entre 
l'Amérique  et  la  France.  La  transmission  était  faite  de  la  station  de  la 
Marine  américaine  d'Annapolis  à  la  station  de  Malmaison,  où  la  réception 
se  faisait  sur  antenne  connectée  à  un  amplificateur  à  lampes. 

C'est  ainsi  qu'a  été  reçu,  de  manière  tout  à  fait  satisfaisante,  un  premier 
message  téléphotographique  dans  la  nuit  du  4  au  5  août.  Ce  radio-télépho- 
togramme  était  le  premier  de  ce  genre  qui  ait  jamais  été  lancé  par-dessus 
l'Atlantique. 

La  troisième  série  d'expériences  a  été  effectuée  en  octobre  1921.  Le  poste 


SÉANCE    DU    19* JUIN    I922.  1626 

de  réception  de  la  Marine  américaine  a  reçu  des  messages  aulographiques 
envoyés  de  France,  tel  celui  que  nous  reproduisons  ci-contre. 

Comme  pour  les  premiers  essais,  l'appareil  transmetteur  était  à  Paris  et 
commandait,  par  fil,  la  station  radio  de  Croix  d'Hins. 

Pour  la  transmission^Morse,  dès  que  les  parasites  sont  un  peu  nombreux 
et  intenses,  ils  coupent  les  longues  en  les  transformant  en  plusieurs  brèves, 
ou  de  plusieurs  brèves  font  une  longue,  ou  de  plusieurs  longues  un  trait  con- 
tinu sans  aucune  signification. 

Envisageons  maintenant  l'inscription  autographique. 

Ici,  les  signaux  ne  se  succèdent  plus  dans  un  ordre  dont  la  parfaite  régu- 
larité peut  seule  assurer  la  lisibilité  et  l'exactitude  du  texte.  Les  émissions 
se  succèdent  dans  un  ordre  tout  à  fait  irrégulier,  selon  la  fantaisie  de 
l'auteur  du  texte  original.  Mais,  si  les  appareils  sont  bien  synchronisés, 
chaque  point  vient,  à  l'enregistrement,  s'inscrire  à  la  place  qui  lui  est 
assignée,  l'ensemble  de  tous  les  points  juxtaposés  formant  le  tracé  d'une 
lettre  ou  d'un  caractère. 

Qu'un  parasite  intense  survienne  au  moment  précis  ou  doit  s'enregistrer 
un  point,  c'est-à-dire  en  concordance  parfaite  avec  l'émission  d'un  signal. 

S'il  est  de  même  intensité  que  le  signal  lui-même,  il  reste  sans  effet. 

Si  son  action  a  pour  efTet  d'augmenter  ou  de  réduire  la  course  du  galva- 
nomètre, le  point  considéré  ne  s'enregistre  pas  et  le  tracé  du  caractère  se 
trouve  coupé  par  une  petite  hachure  blanche.  Or,  quand  même  ces  hachures 
seraient  assez  nombreuses  sur  une  série  de  caractères,  ces  derniers,  pour 
être  striés,  resteraient  parfaitement  lisibles. 

Quant  aux  parasites  qui  surviennent  entre  les  signaux,  ils  n'ont  pour  effet 
que  de  parsemer  le  fond  du  télégramme  de  petits  points  noirs,  qui,  parfois 
innombrables,  donnent  seulement  aux  documents  l'aspect  d'un  texte  noir 
tracé  sur  un  fond  grisé. 

RADIOACTIVITÉ.  —  Précipitation  par  la  soude  du  nitrate  d'uranyle.  Radioac- 
tivité du  précipité.  Note  (  '  )  de  MM.  Pierre  Jolibois  et  Robert  Bossuet, 
présentée  par  M.  H.  Le  Chatelier. 

Nous  avons  entrepris,  au  moyen  de  l'appareil  mélangeur  décrit  précé- 
demment par  l'un  de  nous  (^),  l'étude  de  la  précipitation  du  nitrate  d'ura- 

(')  Séance  du  i3  juin  1922. 

(*)  Comptes  rendus,  t.  169,  1919,  p.  logS  et  ii6j. 


1626  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

nyle  en  solution  étendue  par  la  soude.  Le  principe  de  la  méthode  employée 
consiste  à  mélanger  aussi  rapidement  que  possible  une  solution  contenant 
^  de  molécule  d'uranium  par  litre  à  l'état  de  nitrate  avec  une  solution  de 
soude  d'un  titre  connu  et  variable  à  chaque  expérience. 

Suivant  les  proportions  de  soude  introduite  il  se  forme  un  précipité 
total,  un  précipité  partiel  ou  simplement  il  se  produit  un  changement  de 
coloration.  Quand  cela  était  possible  nous  avons  recueilli  le  précipité  que 
nous  avons  séparé  du  liquide  surnageant  et  nous  y  avons  dosé  l'uranium  et 
Ja  soude  après  l'avoir  lavé  et  desséché  à  140°.  D'autre  part,  nous  avons 
-  dosé  dans  le  liquide  soit  l'uranium,  soit  la  soude. 

Pour  certaines  teneurs  nous  avons  remarqué  le  phénomène  suivant  :  le 
précipité  se  dépose  en  deux  temps;  tout  d'abord  une  certaine  portion  de 
ruranium  précipite  sous  forme  d'un  produit  jaunâtre  gélatineux  difficile 
à  filtrer.  Le  liquide  restant  diffuse  la  lumière  et  possède  les  caractères 
d'une  solution  colloïdale.  Soumis  à  l'éblillition,  un  nouveau  précipité  se 
dépose.  Nous  désignerons  ultérieurement  par  P,  le  précipité  se  formant 
spontanément  et  par  P2  le  précipité  obtenu  à  la  suite  de  l'ébuUition, 

Le  Tableau  ci-dessous  rend  compte  des  résultats  obtenus  dans  nos  expé- 
riences. 

Analyse 
Solution  Précipité  P,  du 

en  molécules  Précipité  P,  obtenu  liquide  surnageant, 

par  litre  de  par  ébullition  — 

- — ■*■- ^ — —       ---  premier  dépôt.  après  dépôt  de  Pj.  Molécules  par  litre 

N^OSIJO'.  NaOH  UO' V».       Na^O»/,.  00'%.        Na'0%.  de  U.  de  NaOH. 

1..      0,0275  0,2  87,42         7,8  pas  de  précipité  o  0,068 

2..     0,0275  o,io5  88,0  8,o3  id.  o  0)019 

3..     0,0275  0,076  88,4  7  id.  o  0,001 

4...     0,0275  0,07  89,15         5,90  90,0  6,6  o  traces 

5..     0,0275  0,06  traces  92» 7  3,i  o  traces 

6..     0,0275  o,o55  92,8  1,6  98,5  1,2  0,00089  o 

7..     0,0275  o,o5  93,02         1,3  91)7  1)5  o,oo33  o 

8..     0,0275  0,045  92,9  1,5  93,1  1,2  u  o 

9..     0,0275  o,o4  pas  de  précipité  92,7  i,3  0,0072  o 

10..      0,0275  o,o35  id.  traces  de  précipité  0,0106  o  ' 

"  o,o3  id.  pas  de  précipité  o,oi3o  o 

Les  analyses  des  précipités  montrent  que,  bien  que  desséchés  à  i4o°,  ils 
contiennent  une  proportion  importante  d'eau;  nous  avons  vérifié  ce  fait  par 
des  expériences  qualitatives.  Déplus,  nous  avons  constaté  l'absence,  dans  le 
précipité,  de  quantités  pondérables  d'azotates  (résultats  négatifs  de  la 
méthode  Schlœsing). 


SÉANCE    DU    19   JUIN    1922.  1627 

Les  conclusions  que  l'on  peut  tirer  de  ces  analyses  sont  les  suivantes  : 

I**  La  précipitation  du  nitrate  d'uranyle  N^O^UO'  en  solution  étendue 
ne  commence  que  lorsque  l'introduction  d'une  quantité  équimoléculaire  de 
soude  est  complète.  Le  liquide  contient  alors  les  sels  NO^Na  et  soit  un  sel 
basique  NO'LiO%  soit  une  solution  de  UO'  dans  N'^O'.UO'.  Bien  que 
l'expérience  montre  qu'il  convient,  pour  obtenir  la  précipitation  commen- 
çante, d'ajouter  environ  une  molécule  exacte  de  soude,  fait  qui  milite  en 
faveur  de  l'existence  d'un  sel  basique,  nous  croyons  qu'il  vaut  mieux  adopter 
la  seconde  hypothèse;  en  elTet,  les  solutions  de  nitrate  d'uranyle  saturées 
de  UO'  à  chaud  laissent  déposer  UO'  par  refroidissement. 

2°  Le  précipité  qui  se  produit  soit  par  précipitation  spontanée,  soit  par 
coagulation  de  sa  solution  colloïdale  est  formé,  tant  qu'il  n'y  a  pas  excès  de 
soude,  par  de  l'hydrate  de  UO^  impur  contenant  plus  de  i,5  pour  100  de 
soude.  Ceci  explique  pourquoi  on  ne  peut  songer  à  employer  cette  méthode 
pour  préparer  UO'.  Il  est  à  remarquer  que,  contrairement  à  ce  que  l'on 
pouvait  penser,  il  ne  se  forme  aucun  nitrate  basique  insoluble. 

3°  Dès  que  la  quantité  de  soude  introduite  dépasse  deux  molécules,  la  pré- 
cipitation est  totale  et  le  précipité  fixe  une  quantité  beaucoup  plus  impor- 
tante de  soude  qui  atteint  très  vite  la  limite  d'environ  7,8  pour  100  de  Na^O. 
Cette  teneur  ne  correspond  à  aucune  formule  simple.  La  formule  du  corps 
de  la  composition  simple  la  plus  voisine  serait  2lJ0^H-0Na-0  qui  corres- 
pond à  9, 5  pour  1 00  Na'  O .  Etant  donnée  la  facilité  avec  laquelle  Ij  O^  entre 
en  solution  colloïdale,  il  y  a  plutôt  lieu  de  penser  que  nous  sommes  en 
présence  d'une  adsorption  de  soude  par  UO'.  Cette  adsorption  serait  irré- 
versible dans  les  conditions  de  l'expérience  puisqu'une  teneur  notable  de 
soude  persiste  dans  le  précipité  même  en  présence  de  nitrate  d'uranyle  libre. 

Radioactivité  du  précipité.  —  Nous  avons  au  moyen  de  l'appareil  Curie  et 
Laborde  comparé  la  radioactivité  des  précipités  à  celle  d'un  étalon  de  U'O* 
pur  préparé  depuis  plus  d'une  année  et  conservé  à  l'abri  de  l'humidité.  Nous 
n'avons  constaté  aucune  anomalie  dans  la  radioactivité  des  corps  provenant 
de  nos  expériences.  L'intensité  du  rayonnement  est  en  rapport  avec  la  quan- 
tité d'uranium  révélée  par  l'analyse.  Il  nous  a  paru  intéressantde  distinguer 
l'uranium  X  en  étudiant  plus  spécialement  le  rayonnement  ^  grâce  à  la  fîl- 
tration  des  particules  a  au  moyen  d'un  écran  en  aluminium  de  -^  de  milli- 
mètre d'épaisseur. 

Dans  tous  les  cas  nous  avons  constaté  que  le  premier  précipité  qui  se 
forme  entraîne  une  partie  très  imporlanle  de  l'uranium  X. 


1628  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

La  coiirbe^ci-dessous  donne  la  variation  de  la  radioactivité  avec  le  temps 
des  produits  de  l'expérience  7. 


r 

) 

\ 

S 

V 

^ 

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^(I) 

-^ 

-^ 

.cr^^ 

(2) 

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— © 

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Y 

( 

KJ 

15 


1,6 


\S 


l.Z 


1.      .^ 

o 
<^ 

0,8    o 
0.6 


OA 
0,2 


0  50 

Nom  6 ne  de  Jours 
Rayonnement  p  des  précipités  (expérience?). 

Le  poids  de  l'étalon^employé  était  de  3^,5  U'O*. 

Le  poids  des  précipités  soumis  à  Pexpérience  était  de  2^. 

La  courbe  (i)  correspond  au  précipité  P,,  (2)  au  précipité  Pa,  (3)  au 
produit  de  Tévaporation  de  l'eau  mère  après  calcination  à  800**. 

Les  courbes  obtenues  avec  les  autres  précipités  sont  analogues. 

On  peut  en  tirer  la  conclusion  suivante  :  l'oxyde  d'uranium  X  est  moins 
basique  que  l'oxyde  d'uranium. 


SÉANCE   DU    19   JUIN    ly22. 


1629 


CHIMIE  MINÉRALE.  —  Sur  V adsorption  du  fer  par  les  précipités  de  bioxyde 
de  manganèse.  Note  (')  de  M.  Max  Geloso,  présentée  par  M.  H.  Le 
Chatelier. 

Le  précipité  obtenu  en  liqueur  acide,  par  Faction  du  persulfate  d'ammo- 
niaque sur  un  sel  de  manganèse,  se  présente  sous  la  forme  MnO*~*,  £  variant 
suivant  la  teneur  en  fer  de  la  solution  (-).  Le  précipité  gélatineux  renferme 
du  fer. 

Pour  doser  le  fer  ainsi  entraîné,  on  l'a  séparé  du  manganèse  par  précipi- 
tation au  moyen  du  Gupferron  ('). 


Tableau  I. 


n  ■  ,  ,■        (Mn... 

Loncentrations  en  moi.-nigr  par  litre.  <  crutij 


Fe 


ajouté 

restant  en  solution 

à  la  solution. 

(par  différence). 

adsorbé 

0 

0 

0 

0,498 

o,o33 

0,465 

•         0,997 

0,129 

0,868 

i>99 

0,77 

1 ,22 

2,74 

ï,39 

1,35 

3,48 

',99 

1,49 

4,98 

3,19 

ï,79 

7,47 

5,35 

2,12 

12,44 

9,74 

2,70 

24,90 

21,27 

3,63 

45,73 

41,07 

4,66 

9^70 

86,01 

5,69 

123,43 

117,40 

6,o3 

162,76 

146,43 

6,33 

23i ,42 

224,46 

6,96 

302 , I 2 

354,75 

7,37 

5i5,85 

5o8,33 

7,52 

10,695 

10 

-I 

mol.-mgr 

i5o,5 

10 

-3  1 

par  litre. 

Précipité 

mai 

ganique. 

Mn'^ 

Mn". 

(par  différence) 

0,  l32 

10,563 

0,090 

io,6o5 

0,072 

10,623 

o,o5o 

10,645 

o,o4o 

io,65o 

o,o35 

10,655 

0,0275 

10, 663 

0,020 

10,676 

0,012 

10, 683 

o,oo5 

10,690 

0,002 

10,693 

(')  Séance  du  i3juin  1922. 

(')  NicoLARDOT,  Geloso  et  Réglàdb,  Comptes  rendus.,  t.  170,  1920,  p.  808.  Voir  aussi 
Ann.  de  Chimie  anal..,  i5  mars  et  i5  avril  1922. 

(')  O.  Baudisch,  Chem.  Zeitg.,  t.  33,  1909,  et  t.  35,  191 1. 


-CNVv 


'M 


uJ  L  1  S  F: 

^0^ 

^^ 

fe 

0 

l63o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

Les  deux  premières  colonnes  du  Tableau  indiquent  les  concentrations 
en  Mn"  divalent  et  Mn'^  tétravalent. 

On  voit  que  Mn"  est  déplacé  par  le  fer  adsorbé,  mais  les  premières  por- 
tions de  fer  adsorbé  déplacent  des  quantités  de  Mn"  relativement  beaucoup 
plus  fortes  que  les  dernières. 

Tableau.  II. 

,    ^  j     n      '  I-   '    {  ^^ io,6q5  ) 

Influence  de  l  acidité.  <  p  «>     8/  [  mol. -mgr  par  litre. 

Fe  Précipité  manganique. 

restant  au  sol 
SO*H'.  (par  différence).  adsorbé.  Mn".  Mn". 

o  Précipitation  de  sulfate  basique  à  l'ébuUition 

3o,i  1,454  3,83  \ 

i5o,5  3,444  1,84  / 

376,2  4,4i4  .,17         C         ^'^^^^  ''*'^^'* 

762,5  4,544  0,74         ) 


1  Précipitation  incomplète  de  manganèse 

La  quantité  de  fer  adsorbé  varie  en  raison  inverse  de  l'acidité,  mais  celte 
variation  ne  peut  être  exprimée  sous  forme  linéaire,  elle  peut  l'être  par  une 
fonction  exponentielle. 

Tableau  III. 

SO*IP...    i5o,5       )  mol.-mgr 


Variation  de  la  concentration  de  Vadsorhant.   ^  ^  y     ^r   c 

Fe 5,284  )    par  litre 

Fe  restant  en  solution 
Mn.  (par  difl'érence).  Fe  adsorbé. 

2,i4  4,801  o,483 

10,69  3,444  1,84 

21,39  2,334  2,95 

32,08  1,684  3,60 

62,78  1,284  4>oo 

La  quantité  de  fer  adsorbé  croît  avec  l'adsorbant  mais  n'est  pas  une  fonc- 
tion linéaire  de  celui-ci. 

Influence  du  sulfate  d'ammoniaque.  —  Le  sel  de  fer  étant  introduit  sous 
forme  d'alun  ammoniacal,  j'ai  étudié  l'influence  du  sulfate  d'ammoniaque. 
Elle  est  négligeable. 

Solution  Solution 

additionnée  de  SO'Am'  sans  addition 

(25s  par  litre).  de  sel. 


Fer  adsorbé. 


06,0426  oB,o4o8 

08,0430  OK,  o4l2 


SÉANCE  DU    19   JUIN    1922.  l63l 

Considérations  générales  sur  le  phénomène.  —  Il  existe  donc  un  parallé- 
lisme étroit  entre  l'hydrolyse  du  sel  ferrique  et  son  adsorplion. 

L'hydrolyse  du  sulfate  ferrique  augmente  avec  la  dilution.  De  même, 
avec  la  diminution  de  Tacide  libre  en  excès.  Les  substances  (sulfate  d'ammo- 
niaque) qui  n'ont  pas  ou  peu  d'influence  sur  l'hydrolyse  sont  presque  sans 
action  sur  l'adsorption. 

Constitution  moléculaire  du  sel  adsorbé.  —  Le  fer  adsorbé  se  trouve  en 
majeure  partie  à  l'état  d'hydrate  et  non  de  sulfate,  la  quantité  de  soufre 
décelée  à  l'analyse,  variant  avec  le  nombre  de  lavages,  tandis  que  la  propor- 
tion de  fer  ne  change  pas.  Voici  quelques  chiffres  obtenus  sur  des  précipités 
peu  lavés  : 

Fe  adsorbé 0»,0459.  0»,0826.  0»,108.  0«,129. 

c     j     .  j        ,        .  '   •..  \     o,oo3q         o,ooq4         0,0121         o,oi64 

S.  dose  dans  le  précipite {  z.  Z  ^r^  ^ 

(     0,0025         0,0120         0,0108         0,0161 

A  chaque  nouveau  lavage,  les  précipités  perdent  de  l'acide  sulfurique, 
mais  cet  acide  peut  provenir  de  l'hydrolyse  du  sulfate  ferrique.  En  opérant 
de  même  sur  le  précipité  manganique,  en  l'absence  de  fer,  j'ai  trouvé  : 

„„-,,,  (       Mn" 06,002Q 

qS,  200  Mn  se  décomposant  en  :   <      ,,   ,„  „ 

^  I     Mni^ os,23oi 

ç,      ,      ,      j     Après  lavages  énergiques 0^,0007 

1     Après  petit  nombre  de  lavages  .. .     oe,ooi3 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  L' action  des  alcools  sur  V oL-bromobenzalacétophénone . 
Note  de  MM.  Ch.  Dcfkaisse  et  P.  Gérald,  présentée  par  M.  Ch. 
Moureu. 

Nous  avons  établi  (')  que  l'a-bromobenzalacétophénone  peut  fixer  une 
molécule  d'alcool  élhylique  pour  donner  un  dérivé  saturé  : 

_L.  rsHs  OH 

G«H5_C0  — GBrnzCH-Cnis  ^         >   C^H^— CO  — CHBr  — CH(OC»H«)  — C«H^ 

Ce  dérivé  perd  ensuite  HBr  sous  l'influence  des  alcalis,  en  donnant  nais- 
sance à  un  composé  éthylénique  : 

C«  11^—  GO  —  Gll  Br  —  CH  ( OG^ H- )  -  G« IP  —X  GMl-^-  GO  — Gll  =r (0G=  H^)  -  G" H« 

11  y  avait  lieu  de  supposer  que  d'autres  alcools  pourraient,  dans  des  condi- 
tions analogues,  donner  ces  deux  réactions,  tout  comme  l'alcool  éthylique. 

(*)  Gii.  DuFRAissE  et  P.  Gérald,  Comptes  rendus^  t,  173,  1921,  p.  985. 


l63l  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Cependant  Abell  (  '  ),  malgré  de  minutieuses  expériences,  n'avait  pas  réussi 
à  obtenir  à  l'état  cristallisé  le  dérivé  éthylénique  correspondant  à  l'alcool 
méthylique.  Ce  fait  singulier  nous  imposait  de  tenter  à  notre  tour  la  prépa- 
ration, non  seulement  des  dérivés  méthoxylés,  mais  aussi  de  quelques 
homolog-ues.  Outre  l'intérêt  qui  s'attache  toujours  à  la  solution  d'un  pro- 
blème délicat,  ces  nouvelles  recherches  offraient  l'avantage  de  soumettre  à 
l'épreuve  de  l'expérience  les  théories  que  nous  avons  émises  sur  la  réaction 
de  Wislicenus. 

Plus  heureux  que  nos  devanciers,  nous  avons  réussi  avec  d'autres  alcools 
le  même   couple  de  réactions  qu'avec  l'alcool   éthylique.   Nous  croyons 
même  être  en  mesure  de  donner  la  raison  pour  laquelle  le  composé  éthoxylé 
C«H?— CO  — GH  =  C(OC'H«)  — C«Hs 

est  particulièrement  facile  à  isoler  :  ce  corps  a,  en  effet,  un  point  de  fusion 
sensiblement  plus  élevé  que  ceux  de  ses  homologues,  il  aura  donc  plus  de 
chances,  toutes  choses  égales  d'ailleurs,  de  cristalliser  spontanément,  sans 
amorçage,  dans  un  mélange  réactionnel  plus  ou  moins  complexe. 
Voici  le  Tableau  des  composés  obtenus  : 

A.  Type  SATURÉ  :  C«H«-CO-CHBr—CH(OR)  —  C«H«. 

Fusion. 

I.  Chaîne  normale.  —  Composés  où  R  est  un  groupement  : 

o  o 

i*>  Méthylique cristaux  blancs  76-77 

2°  Elhjlique »  60-61 

3"  Propvlique »  95-96 

4°  Bulylique »  81-82 

II.  Chaîne  ramifiée.  —  Composé  où  R  est  un  groupement  : 

5°  Isobutylique cristaux  blancs  iio-iii 

B.  Type  éthylénique:  C^H^— CO  — CH  =  C(0R)  — C«H\ 

Fusion. 

I.  Chaîne  normale.  —  Composés  où  R  est  un  groupement  : 

o        o 

1°  Méthylique cristaux  blanchâtres  65-66 

2°  Éthylique. »  77~78 

3°  Propylique »  59-60 

4°  Butylique liquide  jaunâtre 

II.  Chaîne  ramifiée.  —  Composé  où  R  est  un  groupement  : 

5°  Isobutylique cristaux  blanchâtres         55-56 

III.  Chaîne  normale.  —  Composé  où  R  est  un  groupement  : 

6°  Propylique  secondaire cristaux  blanchâtres         49-5o 

L'obtention  de  ces  divers  composés  établit  avec  certitude  le  bien-fondé 
de  l'interprétation  que  nous  avons  donnée  de  la  réaction  de  Wislicenus. 

(')   Chem.  Soc,  l.  101,  1912,  p.  998. 


SÉANCE    DU    19   JUIN    I922. 


l633 


CRISTALLOGRAPHIE.  —  Etude  spectrale  de  la  triboluminescence  du  saccharose. 
Note  de  M.  Hk;\ri  Longciiambon,  présentée  par  M.  F.  Wallerant, 

Quelques  rares  expériences  ont  été  faites  par  divers  auteurs  pour  déter- 
miner la  composition  spectrale  de  la  lumière  émise  par  triboluminescence 
et  éclaircir  ainsi  la  nature  de  ce  phénomène.  Les  spectres  obtenus,  notam- 
ment celui  émis  par  le  sucre  (  '  ),  furent  trouvés  continus. 

En  reprenant  des  expériences  de  ce  genre,  j'ai  pu  m'assurer  (jue  le  spectre 
émis  par  ce  corps  est  en  réalité  nettement  discontinu. 

Cette  détermination  a  été  faite  en  br  isani  du  sucre,  placé  dans  l'air  à  la 
pression  atmosphérique,  devant  la  fente  d'un  spectrogra[)hc  à  équipage  en 
quartz,  et  ceci  d'une  façon  presque  continue  durant  plu!>ieuis  heures. 

Comme  le  montre  la  reproduction  ci-dessous,  le  spectre  obtenu  dans  ces 
conditions  est  constitué  uniquement  de  bandes  très  étroites  et  bien  séparées. 


I.  Spectre  du  fer. 
II.  Spectre  de  triboluminescence  du  sucre  (gr.  3  fois). 
III.  Spectre  d'un  tube  de  Pliicker  à  azote. 

Le  cliché  original,  obtenu  après  4  heures  10  minutes  de  pose  et  avec  une 
fente  de  o"°',5  de  largeur  environ,  montre  23  bandes  de  longueurs  d'ondes 
moyennes  suivantes  : 


IJ 

, 

jj. 

V- 

V-  ^ 

V- 

V- 

0 

,296 

o,3i6 

0,337 

0,367 

o,388 

0,414 

298 

827 

35o 

37'- 

3895 

420 

3l2 

33j 

3535 

3755 

394 

427 

3i4 

334 

358 

38o5 

4oo 

C'est-à-dire  qu'on  retrouve  presque  toutes  les  C()n>tituaiit<s  du  s.  cond 


{})  J.  BuRKE,  Rep.  Brit.  Ass.,  1898. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N«  25.) 


ij8 


l634  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

pectre  positif  de  bandes  de  l'azote,  et  uniquement  des  éléments,  de  ce 
spectre. 

La  comparaison  avec  le  spectre  d'un  tube  de  Pliicker  à  azote  (et  à  parois 
de  verre)  obtenu  avec  le  même  spectrographe  met  ceci  immédiatement  en 
évidence. 

D'autre  part,  Teffluve  dans  l'air  à  la  pression  ordinaire  donne  régulière- 
ment le  même  spectre. 

La  triboluminescence  du  sucre  serait  donc  due  à  une  effluve  s'eflectuant 
dans  l'air  entre  deux  particules  solides  qui  viennent  d'être  séparées  brus- 
quement et  se  trouvent  chargées  électriquement.  Cette  apparition  de 
charges  électriques  n'a  rien  de  bien  surprenant  étant  données  les  propriétés 
pyroélectriques  du  sucre.  Rien  ne  permet  cependant  de  dire  que  la  tribo- 
luminescence du  sucre  soit  un  effet  de  sa  pyroélectricité. 

Le  fait  "^que  la  triboluminescence  du  sucre  est  due  à  une  effluve  peut  être 
vérifié  en  observant  l'influence  sur  l'intensité  lumineuse  de  la  pression  de 
l'air  dans  lequel  ce  corps  est  placé.  Dans  ce  but  j'ai  brisé  du  sucre  en  le 
heurtant  contre  les  parois  d'un  récipient  en  verre  où  se  faisait  un  vide 
progressif.  Entre  des  limites  de  pression  de  l'ordre  de  4*"°*  et  o'^'",!  de  mer- 
cure, la  luminosité  est  notablement  plus  intense  que  sous  la  pression  atmo- 
sphérique et  forme  une  auréole  beaucoup  plus  large  autour  du  point  de 
rupture.  Elle  décroît  ensuite  et  dans  un  vide  très  poussé  devient  beaucoup 
plus  faible  qu'à  la  pression  atmosphérique. 

Ces  observations  confirment  donc  l'hypothèse  émise  plus  haut. 

D'autre  part,  j'ai  eu  Toccasion,  dans  ces  dernières  expériences,  de  cons- 
tater le  phénomène  suivant  : 

Le  récipient  en  verre  contenant  des  cristaux  de  sucre  ayant  été  violem- 
ment agité  de  façon  à  produire  de  fines  poussières  de  sucre,  on  le  laisse  au 
repos  et  l'on  produit  une  brusque  compression  ou  décompression  de  l'air, 
tout  en  restant  au-dessous  d'une  pression  de  quelques  centimètres  de 
mercure.  On  observe  alors  une  illumination  vive  de  toute  la  masse  gazeuse 
particulièrement  intense  au  voisinage  des  morceaux  de  sucre  et  des  régions 
de  la  paroi  où  se  sont  déposées  des  poussières  de  ce  corps,  et  d'autant  plus 
intense  que  la  variation  de  pression  est  plus  brusque.  Ce  phénomène 
paraît  dû  à  une  triboluminescence  des  poussières  de  sucre  qui  sont  agitées 
par  les  remous  du  gaz,  ce  dernier  se  trouvant  sous  une  pression  particu- 
lièrement favorable  à  une  émission  lumineuse  intense  par  effluve. 

On  constate  de  plus  que  de  l'air  chargé  de  ces  poussières,  dirigé  sur  un 
électroscope,  le  décharge  très  rapidement. 


SÉANCE   DU    19   JUIN    1922.  l635 


PHYSIOLOGIE  VÉGÉTALI'.  —  Sw^  la  j'épaitition  des  anthocyanidines  dans 
les  organes  colorés  des  plantes.  Note  de  M.  St.  Jonesco,  présentée  par 
M,  Gaston  Bonnier. 

En  1920,  M.  O.  Rosenheim  (')  a  publié  un  travail  sur  les  anthocya- 
nines.  Dans  ses  recherches  l'auteur  met  en  évidence  l'existence  d'une 
anlhocyanidine  à  l'état  liljre  dans  les  feuilles  jeunes  de  Vitis  vinifera.  11  a 
obtenu  ce  pigment  à  Tétat  cristallisé,  et  il  en  a  étudié  tous  les  caractères.- 

En  1921,  sans  avoir  connaissance  de  ce  Mémoire,  nous  avons  fait,  sur  le 
même  sujet,  des  recherches  qui  ont  porté  sur  plusieurs  espèces  déplantes 
et  dont  nous  avons  publié  les  résultats  (-).  Rappelons  que  nous  avons 
trouvé  des  anthocyanidines,  à  l'état  libre,  dans  les  fruits  de  Ruscus aculeatus 
et  de  Solanum  Dulcamara^  dans  les  feuilles  rouges  de  Prunus  Pissardi ei dans 
les  fleurs  de  Papaver  et  de  Pelargonium. 

Depuis,  nous  avons  recherché  si  ce  pigment  est  généralement  répandu 
dans  les  organes  des  plantes  colorés  en  rouge,  violet  ou  bleu.  Nous 
avons  expérimenté  sur  les  feuilles  rouges  à'' Ampélopsis,  les  feuilles  d'un 
rouge  violet  de  Betterave,  les  tigelles  rouges  de  Sarrasin  argenté,  les  fleurs 
violettes  de  Gladiolus  et  de  Cobœa  scandens,  les  fleurs  rouge  pourpre  de 
Canna  et  d'une  variété  cultivée  de  Rose;  eniin  sur  les  fleurs  bleues  de  Bleuet 
( Centaurea  Cyanus) .  j  1 

En  employant  la  méthode  d'extraction  par  l'alcool' amylique,  comme 
nous  l'avions  fait  précédemment,  nous  avons  obtenu  des  résultats  qui  dif- 
fèrent suivant  la  coloration  de  chaque  organe.  Dans  ces  dernières  recherches 
nous  n'avons  trouvé  d'anthocyanidines,  comme  pigment  coloré,  que  dans 
les  feuilles  à' Ampélopsis  et  dans  les  tigelles  rouges  de  Sarrasin.  Les  antho- 
cyanidines d\impelopsis  présentent,  dans  l'alcool  amylique,  une  coloration 
d'un  rouge  grenat,  et  celles  des  tigelles  de  Sarrasin  une  coloration  d'un 
jvse  violacé. 

L'extrait  acide  obtenu  avec  les  autres  plantes  (Betterave,  Gladiolus, 
Cobœa,  Canna,  Rose,  Bleuet)  a  toujours  une  belle  coloration  rouge,  avec  des 
nuances  violettes  qui  varient  suivant  l'espèce.  Mais  en  lavant  par  l'alcool 
amylique  ce  pigment  ne  passe  qu'en  très  petite  quantité  dans  l'alcool,  et  il 

(')  Otto  Rosenheim,  Observations  on  Anthocyanins  :  I.  The  Anthocyanins  of  (lie 
young  leaves  of  the  grape  vine  {Riochem.  Journ.,  l.  I4,  1920). 
(-)  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p.  168  et  426. 


l6]6  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

en  esl  relire  enlièreracnt  par  deux  lavages  successifs  avec  de  Teau  sulfurique 
à  7  pour  loo.  L'alcool  amylique  garde  alors  une  bcUe  coloration  jaune 
intense.  ' 

Cet  alcool,  coloré  en  jaune,  lavé  plusieurs  fois  avec  de  l'eau  acidifiée  et 
enfin  avec  de  l'acétate  de  sodium,  conserve  toujours  celle  même  coloration 
jaune  qui  ne  s'atténue  pas  par  des  lavages  successifs  à  l'eau  sulfiirique  et  à 
l'acétate  de  sodium.  Donc,  il  y  a,  dans  l'extrait  acide  primitif  coloré  en 
rouge  violet,  un  pigment  jaune  qui  est  cédé  liés  facilement  à  l'alcool 
amylique. 

Après  avoir  obtenu  par  liiti-ation  Texlrait  acide  dont  nous  venons  de 
parler,  il  reste  sur  le  filtre  un  résidu  formé  des  débris  de  plantes  mélangés 
avec  du  sable  et  du  talc.  Si  nous  traitons  ce  résidu  par  l'alcool  amylique 
comme  nous  avons  fait  pour  la  préparation  des  antbocyanidines,  cet  alcool 
se  colore  en  r()uge  violet.  Or,  après  lavage  avec  de  l'eau  sulfurique  pour 
eidever  le  pigment  ronge,  il  reste  dans  l'alcool  un  pigment  jaune  qui  est 
semblable  à  celui  obtenu  précédemment  avec  l'extrait  acide,  mais  d'une 
coloration  beaucoup  plus  intense. 

Par  conséquent,  dans  les  organes  étudiés  de  ces  six  espèces,  il  n'existe 
pas  d'antbocyanidines  à  l'état  libre,  comme  pigment  coloré  en  rouge.  11  y  a, 
au  contraire,  un  pigment  jaune  intense  qui  semble  remplacer  les  anthocya- 
nidines;  ce  pigment  se  rencontre,  comme  elles,  à  coté  du  pigment  violet 
ou  bleu  (pii  colore  divers  organes. 

Si  l'on  cbauffe  avec  de  Taride  cldoihydi  ique  dilué  à  20  pour  100,  ce 
pigment  jaune  ne  se  colore  pas  en  rouge,  mais  accentue  seulement  l'inten- 
sité de  sa  coloration.  Il  ne  peut  donc  être  considéré  comme  une  pseudo- 
base d'une  antbocyanidine,  car  on  sait  que  ces  derniers  corps  ont  la  pro- 
priété caractéristique  de  se  colorer  en  rouge  dès  qu'ils  sont  chauffés  avec  un 
acide.  Pour  le  moment,  nous  nous  bornons  à  signaler  la  présence  de  ce  pig- 
ment spécial  qui  fait  partie  des  corps  colorants  à  l'ensemble  desquels  on 
donne  le  nom  d'antliocyane. 

Les  organes  des  plantes  dans  lesquels  on  rencontre  des  pignienls  anlho- 
cyaniques  peuvent  donc  être  divisés  en  deux  catégories. 

L  Certains  organes  sont  d'un  rouge  pur  caractéristique  :  fleurs  de  Pelar- 
gonium  et  de  Papaver^  feuilles  rouges  A'' Amnelopsis^  tigelles  rouges  de  Saj-- 
rasin.  (Nous  faisons  rentrer  dans  cette  catégorie  les  feuilles  de  Prunus  Pis- 
sardi  où.  la  couleur  extérieure  est  d'un  rouge  biunâlre  à  cause  de  la  présence 
de  la  cbloiophylle,  mais  qui  donnent  des  solutions  d'un  rouge  pur.)  Dans 
ces  organes  il  existe  :   i"  un  pigment  antliocy unique  rouge;  2"  un  pigment 


SÉANCE    DU    19    JUIN    I922.  1687 

launâlre  parfois  nuancé  d'orange  pâle  qui  est  une  pseudo-base  d'anthocya- 
nidine,  car  cliaufîî  avec  Facide  chlorhydrique  il  se  co'ore  en  rouge;  3*^  une 
anlhocyani'linc,  à  l'état  libre,  dont  l'existence  a  été  démontrée. 

II.  D'aiiUvs  p'antes  (Betterave,  Gladiolm,  Cobœa,  Canna^  Rose,  Bleuet) 
ont  des  colorations  rouge  pourpre,  ronge  violacé  ou  des  colorations  bleues. 
Dans  les  organes  étudiés  de  ces  plantes,  il  n'y  a  pas  d'antbocyanidines 
libres,  mais  seulement  un  pigment  anthocyaniqiie,  dont  \à  coloration 
varie  suivant  clia(jue  espèce  de  plante,  et  \\w  pigment  coloré  en  jaune  franc 
très  intense,  qui  se  dissout  dans  Talcool  amylique  comme  les  aiitbocva- 
nidines,  mais  qui  n'est  pas  une  pseudo-base. 

En  résumé,  les  anthocyanidines,  en  tant  que  pigment  coloré  et  à  l'état 
libre,  n'existent  pas  clans  tous  les  tissus  colorés  qui  contiennent  de  l'antho- 
cyane.  Elles  semblent  caractéristiques  des  organes  d^un  rouge  pur,  tandis  que 
l'on  trouve  à  leur  place  un  pigment  jaune  dans  les  organes  colorés  en  bleu,  en 
violet  ou  dans  ceux  d'un  rouge  pourpre^  chez  lesquels  les  anthocyanidines 
font  complètement  défaut. 


PHYSIOLOGIE.  —  Influence  de  V avitaminose  sur  la  lactation^ 
Note  de  MM.  E.  Wollman  et  31.  Vagliano,  présenlée  par  M.  Roux. 

On  sait,  depuis  les  recherches  de  ^P  Collum  et  Simmonds  ('),  que  les 
petits  rats  à  la  mamelle  ne  se  développent  pas  lorsque  la  nourriture  de  la 
mère  est  privée  de  vitamines.  D'après  M*^  Collum  et  Simmonds,  ce  résultat 
s'expliquerait  uniquement  par  l'absence  de  vitamines  dans  le  lait,  celui-ci 
étant,  par  ailleurs,  quantitativement  et  qualitativement  suffisant;  ils  en  ont 
conclu  que  la  nourrice  est  incapable  de  faire  la  synthèse  des  étamines.  Il 
nous  a  semljié  intéressant  d'étudier  la  question  de  plus  près. 

Dans  une  première  expérience  un  rat  blanc  femelle,  placé  sur  régime 
avitaminé  (riz  glacé,  caséine  puriliéc,  mélange  salin,  —  le  tout  stérilisé 
à  120°),  mettait  bas  3  jours  plus  tard.  Les  petits  furent  aussitôt  divisés 
en  deux  lots  de  deux  rats  chaque.  Le  lot  I  ne  reçoit  que  du  lait  de  la  mère; 
le  lot  II,  en  plus,  des  vitamines  A  et  B  (sous  forme  d'extraits  de  levure  et 
de  beurre). 

La  figuru'  montre  que  pendant  une  première  période  de  8  jours  environ 
le  développement  se  fait  de  façon  normale  pour  les  rats  des  deux  lots;  puis 


(')  Amer,  Journ.  PhysioL,  t.  ii-G,  1918,  p.  275. 


l638  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

le  poids  baisse  et  cela  aussi  bien  pour  les  petits  rats  recevant  des  vitamines 
que  pour  ceux  qui  en  sont  privés  :  au  bout  de  i5  jours  il  ne  reste  dans 
chaque  lot  qu'un  petit.  Ce  résultat  ne  s'explique  qu'en  admettant  soit  que 
le  lait  est  devenu  insuffisant  autrement  que  par  manque  de  vitamines,  soit 
que  les  petits  à  la  mamelle  sont  incapables  d'utiliser  ces  substances  sous  la 
forme  inaccoutumée  sous  laquelle  elles  leur  sont  fournies.  Or,  la  figure 
montre  qu'en  ajoutant  (en  X)  du  lait  avitaminé  (  '  )  aux  deux  lots,  la  courbe 
du  lot  II  se  redresse  aussitôt  et  redevient  normale  :  les  petits  j  ats  utilisent 
donc  parfaitement  les  vitamines  qui  leur  sont  fournies.  Par  contre,  le 
poids  du  rat  I  reste  stationnaire  et  l'animal  meurt  vers  le  vingt-cinquième 
jour. 


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Temps  enjour^ 


Va        28 


Dans  une  deuxième  expérience  un  rat  femelle  placé  au  régime  avitaminé 
met  bas  7  jours  plus  tard.  Les  petits  rats  sont  répartis  en  trois  lots  recevant 
chacun,  en  plus  du  lait  de  la  mère,  du  lait  avitaminé.  Un  des  lots(I)  reçoit, 
en  outre,  des  vitamines  A  et  B. 

Pen  lant  une  première  période  dii  8  jours  le  développement  est  normal 
pour  les  trois  lots;  à  partir  de  ce  m  )inent  il  se  ralentit  beaucoup  pour  les 
lots  n  et  m  (ne  recevant  pas  de  vitamines).  A  partir  du  vingt-quatrième 
jour  on  ajoute  de  la  vitamine  A  au  lot  II  ^ans  que  l'allure  de  la  couibe  en 
soit  changée.  Au  trente-sixième  jour  les  lats  du  lot  III  (ne  recevant  que  du 


(')   Passaij^e  d'oKvgèae  à  chaud  (80")  peiiilaiil  24  heures  el  sléiilisalion  à  120°. 


SÉANCE    DU    19    JUIN    1922.  1689 

lait  avitaminé)  étant  morts  on  ajoute  de  la  vitamine  13  au  lot  11  :  la  courbe 
fie  croissance  se  relève  aussitôt  [jour  se  ra|)procher  de  la  normale. 

Ces  résultats  montrent  que  : 

1°  Conformément  aux  expériences  de  M*^  Collum  et  Simmonds,  la  nour- 
rice est  incapable  de  réaliser  la  synthèse  dos  vitamines  de  croissance; 

2°  Mise  à  un  régime  avitaminé,  elle  continue  à  fournir  pendant  quelque 
temps  (8  jours  environ  pour  le  rat)  du  lait  de  qualité  et  en  quantité  suffi- 
santes pour  assurer  le  développement  des  petits.  Plus  tard,  la  sécrétion 
lactée  devient  insuffisante  ;  cette  insuffisance  ne  porte  pas  que  sur  les  vita- 
mines, car  Tadjonction  de  celles-ci  à  ralimentation  ne  change  rien  aux 
résultats; 

3°  Les  petits  rats  à  la  mamelle  sont  capables,  dès  les  premiers  jours  de 
leur  vie,  d'utiliser  les  vitamines  d'origine  étrangère  (sous  la  forme  d'extraits 
de  levure  et  de  beurre).  Ce  fait  présente  un  intérêt  pratique  au  point  de  vue 
de  l'aliu.entation  du  nourrisson. 


PHYSlOLOGitî.  —  Sur  r auto-immunisation  contre  les  rrs^imes  carences. 
Note  (')  de  MM.  G.  Mouriquand  et  P.  Michel  (de  Lyon),  présentée 
par  M.  Widal. 

Un  certain  nombre  d'auteurs  qui  ont  reproduit  le  syndrome  d'Eykman 
chez  le  pigeon  par  Talimentation  exclusive  aux  graines  décortiquées  ou 
stérilisées  ont  dans  certains  cas,  d'ailleurs  assez  rares,  i-emarqué  le  phéno- 
mène suivant  : 

Après  une  période  de  paralysie  plus  ou  moins  affirmée,  on  assiste  (*), 
sans  que  le  régime  ait  été  modifié,  à  une  véritable  régression  des  troubles 
névritiques.  On  peut  ainsi  observer  plusieurs  rechutes  successives  avec 
guérison  apparente  de  quelques  jours  entre  chacune  d'elles.  Tout  se  passe 
dans  ces  cas  comme  si  l'organisme  semblait  s'immuniser  partiellement, 
passagèrement,  contre  l'aliment  carence,  générateur  de  troubles  nerveux 
par  avitaminose. 

Ces  faits  n'auraient  guère  retenu  notre  attention  si  nous  ne  les  avions 
retrouvés  avec  plus  de  fréquence  et  de  netteté  dans  un  autre  syndrome  de 
carence  :  le  scorbut  expérimental. 

(^)  Séance  du  i3  juin  1922. 

(-)  Weill  et  MouurQUAXD.  Revue  de  Médecine,  n"  1,  1916:  elc. 


l64o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

A  ce  point  de  vue,  nos  recherches  nous  ont  permis  de  distinguer  deux 
sortes  de  scorbut  : 

Le  scorbut  aigu  (Holst  et  Frolich),  facilement  provoqué  par  une  alimen- 
tation exclusive  aux  grains  de  céréales  (orge,  'avoine,  etc.),  s'arrête  excep- 
tionnellement dans  son  évolution.  Il  ne  présente  donc  pas  un  moyen  favo- 
rable pour  l'étude  des  phénomènes  envisagés  ici. 

11  n'en  est  pas  de  même  du  scorbut  chronique  que  nous  sommes  arrivés  à 
déterminer  presque  à  coup  sûr  grâce  à  une  technique  plus  loin  indiquée. 

Tous  les  cobayes  atteints  de  scorbut  chronique  n'évoluent  pas  régulière- 
ment vers  la  cachexie  et  la  mort  comme  ceux  atteints  de  scorbut  aigu.  La 
plupart,  après  avoir  présente  des  manifestations  scorbutiques  typiques, 
recouvrent  un  état  normal,  sans  qu'aucun  changement  ait  été  apporté  à 
leur  régime  qui  reste  rigoureusement  celui  qui  a  déterminé  les  premières 
manifestations  scorbutiques. 

Tout  se  passe  dans  ces  cas  comme  si  l'organisme  avait  acquis  une  sorte 
d'immunité  vis-à-vis  de  l'aliment  carence,  comme  il  l'acquiert  vis-à-vis  de 
certaines  intoxications  ou  infections. 

Cette  immunité  est  d'ailleurs  variable  suivant  les  sujets  :  dans  certains 
cas,  elle  est  extrêmement  prolongée  (plus  de  ico  jours);  dans  d'autres,  on 
observe  des  rechutes  successives  alternant  avec  des  périodes  où  tous  les 
signes  locaux  disparaissent  pendant  i5  jours  et  plus  (*).  Ces  périodes 
d'adaptation  s'accompagnent  parfois  même  d'une  restitutio  ad  integrum  du 
squelette,  (^ette  adaptation  peut  être  telle  que  la  reproduction  s'effectue 
normalement. 

Certaines  conditions  sont  nécessaires  pour  que  puisse  s'installer  cette 
sorte  d'auto-immunisation  plus  ou  moins  durable  de  l'organisme  contre  la 
carence  alimentaire.  Et  tout  d'abord  il  faut,  comme  nous  l'avons  déjà 
indiqué,  comme  l'a  signalé  d'autre  part  H.  (iodlewski,  que  le  régime  ne 
soit  que  partiellement  carence. 

Dans  le  régime  du  type  Hulst  et  Frolich  (avoine  seule)  non  seulement 
manque  la  substance  antiscorbutique,  mais  également  certains  éléments 
indispensables'à  la  nutrition,  bien  spécifiés  par  Mac  Colluin  :  sels  minéraux, 
lipsoluble,  amino-acides,  etc.  C'est  donc  un  régime  à  carences  multiples 
qui  entraine  une  déchéance  trop  rapide  de  l'organisme  pour  qu'il  lui  soit 
posssible  d'apporter  la  moindre  résistance  à  l'aliment  nocif. 

Si,  comme  certains  auteurs  américains,  on  ajoute  du  foin  au  grain  de 

(•)  Société  de  Biologie^  i8  avril  1921. 


SÉANCE    DU    19    JUIîs^    1922.  16/ÎI 

céréale  (avoine  +  foin  ou  orge  -f-  foin)  les  niani'cstalions  osseuses  ne  sont 
guère  retardées  mais  la  déchéance  générale  est  moins  rapide  et  moins 
profonde 

Mais  dans  ces  cas  mêmes  on  n'observe  peu  ou  pas  d'arivtdans  l'évolution 
du  scorbut. 

Ce  régime  ne  paraît  guère  être  déficient  qu'en  substance  antiscorbulique. 

En  ellet  si  on  lui  ajoule  de  5""'  à  10""'  de  jus  de  cilron  cru,  la  nutrition  et 
la  croissance  des  cobayes  deviennent  normales.  Nos  animaux  à  ce  régime 
ont  été  sacrifiés  au  i^So*"  jour  en  pleine  santé. 

Nous  nous  sommes  demandé  si  la  stérilisation  (i  heure  et  demie  à  120°) 
de  ce  jus  de  citron  cru  n'atténuerait  pas  son  pouvoir  antiscoibuii(|ue  et  ne 
permettrait  pas  d'obtenir,  nou  plus  rapidement  mais  à  longue  écliéance,  un 
syndrome  scorbutique  chez  le  cobaye. 

Holst  et  Frolich,  et  nombre  d'auteurs  après  eux.  ont  pensé  que  celle  stéri- 
lisation n'atténuait  que  peu  ou  pas  la  valeur  antiscorbulique  du  jus  de 
citron. 

Le  fait  que  nous  ayons  pu  provoquer  par  l'adjonction  de  10"°'  de  jus  de 
cilron  stérilisé  au  régime  foin  +  orge  un  scorbut  apparaissant  vers  le 
80*"  jour  ou  plus  tard  semble  indiquer  que  les  expériences  des  auteurs  pré- 
cités n'ont  pas  été  assez  longtemps  poursuivies. 

Quoi  qu'il  en  soit,  la  technique  signalée  ci-dessus  permet  d'obtenir  tardi- 
vement chez  le  cobaye  un  scorbut  à  évolution  très  lente  (la  [)ériode  scorbu- 
tique proprement  dite  a  duré  dans  nos  cas  de  2  à  8  semaines). 

Dans  ces  cas,  la  carence  ne  portait  à  peu  près  que  sur  la  substance  anti- 
scorbutique (les  hydrates  de  carbone,  les  albumines,  les  graisses,  le  liposo- 
luble,  les  sels,  la  substance  anlinévritique  étant  apportés  par  les  céréales  et 
le  foin). 

C'est  donc  là  un  type  de  carence  partielle  élective  permettant  longtemps 
une  nutrition  voisine  de  la  normale  (le  poids  de  la  plupart  de  nos  animaux 
a  augmenté  jusqu'à  une  période  avancée  du  scorbut)  et  une  auto-immunisa- 
tion plus  ou  moins  durable  contre  l'aliment  carence  que  parait  interdire Jes 
carences  multiples. 

Ce  type  de  carence  est  assez  exactement  reproduit  par  certains  nourris- 
sons mis  pendant  de  longs  mois  au  lait  stérilisé  et  conservé  (déficient  en 
antiscorbutique  et  contenant  par  ailleurs  toutes  les  autres  substances  indis- 
pensables). 

Ces  nourrissons  opposent  souvent  au  régime  scorbutigène  une  résistance 
qui  a  pu  faire  douter  de  son  pouvoir  nocif. 


l642  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Ils  ont  eux  aussi  des  périodes  de  «  fléchissement  organique  »  qui  peuvent 
aboutir  au  scorbut  confirmé,  mais  aussi  se  traduire  par  de  simples  troubles 
de  précarence  (Weill  et  Mouriquand)  :  anémie,  troubles  osseux,  modifica- 
tions de  la  marche  qui,  dans  certains  cas,  régressent  spontanément  sans 
changement  de  régime  par  un  phénomène  d'auto-immunisation  de  leur 
organisme  comparable  à  celui  qui  apparaît  avec  tant  de  netteté  dans  le 
scorbut  chronique  expérimental. 

L'extension  du  régime  qui  survient  vers  le  9''  mois  écarte  généralement 
toutes  manifestations  d'une  carence  qui  dans  ses  formes  frustes  échappe  au 
diagnostic  du  médecin  non  averti. 

Nous  ajouterons  que  chez  le  cobaye,  certaines  substances  (extrait  thyroï- 
dien :  Société  de  Biologie^  20  décembre  1920;  certains  corps  gras  :  Société 
de  Biologie^  22  mai  1922),  dans  des  circonstances  que  nous  cherchons  à  élu- 
cider, semblent  s'opposer  à  ces  tentatives  d'auto-immunisation  et  précipiter 
l'évolution  du  scorbut. 


PHYSIOLOGIE.    —  Les  a  donneurs  de  sang  "i)  en  niédecine  vétérinaire.  Note  de 
MM.  L.  Paxisset  et  «ï.  Verge,  présentée  par  M.  E.  Leclainche. 

Si  l'on  met  en  contact  des  sangs  de  même  espèce,  mais  provenant  d'orga- 
nismes différents,  il  peut  survenir  soit  l'agglutination,  soit  la  lyse  des 
hématies.  Ces  phénomènes  ont  été  particulièrement  bien  étudiés  chez 
l'homme  pendant  la  guerre  (travaux  des  auteurs  américains  ;  de  Jeanbrau, 
de  Giraud,  en  France,  etc.). 

A  la  lumière  de  ces  recherches,  on  a  classé  tous  les  hommes  en  quatre 
groupes  sanguins  (Moss).  Nous  avons  recherché,  à  notre  tour,  chez  les 
équidés  et  chez  les  bovidés,  s'il  fallait  opérer  une  discrinjination  dans  le 
choix  des  donneurs  avant  de  pratiquer  la  transfusion  du  sang.  Nous  avons 
donc  essayé  de  reconnaître  si  ces  actions  réciproques  d'agglutination  et 
dliémolyse  pouvaient  survenir  dans  les  organismes  animaux  avec  la  même 
fréquence  que  dans  les  organismes  humains. 

I.  Choix  des  donneurs  chez  les  équidés.  —  Nous  avons  opéré  sur  de  nom- 
breux sérums  et  de  nombreux  globules  rouges.  La  récolte  du  sérum  se  fait 
par  les  méthodes  classiques  ;  l'obtention  des  hématies  résulte  des  lavages 
et  de  la  cenfrifugation  du  sang  défibriné.  Les  globules,  ramenés  au  volume 
initial  du  sang,  sont  dilués  alors  au  vingtième,  en  sérum  physiologique. 

Dans  des  tubes  à  agglutination,    on   place    10   gouttes   de  la  dilution 


SÉANCE    DU    19    JUIN    I922.  164 3 

d'hémalies  du  donneur.  On  ajoute  ensuite,  selon  les  tubes,  10,  20  et 
3o  ^-ouïtes  du  sérum  à  essayer,  provenant  du  rrcepteiir.  On  agite,  on  laisse 
au  contact  une  deiui-lieure  et  on  lit  les  K'sultats  du  point  de  vue  de  l'agglu- 
tination. 

Au  bout  de  2  Iieures  de  contact,  on  peut  apprécier  l'hémolyse.  Ces 
deux  réactions  :  agglutination  et  lyse.  sont  donc  faciles  à  interpréter/^ /v'/z-o. 

Ces  ph('iiomèncs  sont  rarement  observés  chez  le  cheval  et  il  est  impossible 
d'esquisser,  comme  Moss  le  fit  pour  l'espèce  humaine,  un  classement  des 
équidés  eu  plusieurs  gioupes.  Les  sérums  normaux  équins  agglutinent  peu 
les  globules  rouges  équins  :  21  fois  seulement  sur  171  essais,  et  toujours  cette 
floculation  est  légère. 

Bien  plus,  un  sérum  d'âne  et  un  sérum  de  mulet  ne  présentèrent  que  ra- 
rement, dans  nos  expériences,  la  qualité  agglutinante  à  l'égard  des  hématies 
de  cheval  (4  lois  sur  23  essais).  Encore  est-il  nécessaire  d'ajouter  que  cette 
hémoagglutination  fut  toujours  peu  marquée. 

Il  nous  apparaît  par  conséquent  à  peu  près  inutile,  et  une  longue  expéri- 
mentation clinique  avait  confirmé  par  avance  ces  recherches  théoriques,  de 
se  préoccuper  des  actions  réciproques  d'agglutination  et  de  lyse  chez  le 
cheval  et  de  pratiquer  de  tels  essais  avant  de  transfuser. 

Cependant,  il  est  l)on  de  se  méfier  lorsque  le  sujet  récepteur  a  déjà  été 
transfusé  plusieurs  fois.  Nous  possédons  au  laboratoire  un  cheval  ayant 
reçu  du  sang  citrate  homologue  à  maintes  reprises.  L'étude  des  pouvoirs 
agglutinant  et  lytique  de  son  séruui  à  l'égard  d'hématies  de  sujets  sains  a 
mis  en  évidence  des  actions  manifestes  agglutinantes  et  hémolytiques.  Il 
semble  donc  qu'en  ces  cas,  mais  en  ces  cas  seulement,  la  recherche  des 
épreuves  révélatrices  soit  indiquée;  si  ces  essais  sont  impossibles,  ou  tàtera 
la  sensibilité  du  récepteur  [)ar  la  méthode  de  Besredka  des  injections  su- 
bintrantes. 

11.  Choix  des  donneurs  chez  les  bovidés.  —  Nous  avons  appliqué  aux 
bjvidés  les  procédés  (jui  précèdent.  Mais,  dans  cette  espèce,  aussi  bien 
entre  les  individus  de  même  race  qu'entre  les  organismes  de  races  diffé- 
rentes, ou  observe  des  manifestations  typiques  dagglulinalion  et  cTe  IvbC. 

Certains  séiums  agglutinent  tous  les  globules  rouges  qui  leur  sont  pré- 
sentés, même  leurs  piopres  hématies.  Ces  animaux  sont  dès  lors  particu- 
lièrement sensibles  aux  transfusions. 

Cette  fréquence  relative  des  actions  agglutinantes  et  l>ti(jues  chez  les 
bovidés  expliquerait  peut-être  [)ourquoi  les  transfusions  sanguines  sont 
parfois  si  dangereuses  ici.  Lt  les  symptômes  qui  traduisent  au  dehors  l'in- 


l64/i  ACADÉMIE    DES    SCIENCES^ 

toxication  de  l'organisme  transfusé  :  dyspnée,  œdème  aigu  du  poumon, 
collapsus  cardiaque,  hémoglobinuiie...,  sont  sans  doute  le  fait  des  poisons 
hémolytiques. 

Quoi  qu'il  en  soit,  sur  36  expériences  effectuées  en  notre  laboratoire, 
i5  fois  —  soit  environ  i  fois  sur  2  —  Tagglutinalion  des  hématies  fut 
intense. 

Est-ce  à  dire  qu'il  faille  rejef^r  la  transfusion  du  sang  citrate  chez  le 
bœuf?  Nous  ne  le  croyons  pas;  d'ailleurs,  les  obsei\ allons  de  Dosliens,  de 
Van  Saceghem  prouvent  que  la  méthode  est  souvent  inofifensive.  Mais,  au 
moment  de  prati(|uer  l'opération,  on  ne -sera  jamais  assuré  de  sa  béni- 
gnité; on  redoutera  toujours  une  issue  fâcheuse  chez  le  récepteur,  et  le  prati- 
cien devra  être  prêt  à  parer  à  toute  éventualité. 

En  résumé,  les  dangers  de  Tagglutination  et  de  l'hémolyse  sont  peu  à 
craindre  chez  le  cheval.  Ils  apparaissent  beaucoup  plus  redoutables  cliez  le 
bœuf,  mois  il  sera  toujours  possible  de  les  éviter  en  pratiquant,  avant  toute 
transfusion,  les  épreuves  simples  que  nous  venons  d'indiquer. 


PROTOZOOLOGIE.  —  Gregarina  S;enuridis  KùlL  et  son  hôte. 
Note  de  M.  Jean  Delpuy,  présentée  par  M.  F.  Mesnil. 

Cette  Grégarineaété  décrite  et  fort  bien  figurée  par  Kôlliker  en  1848  (') 
et  n'a  jamais  été  revue  depuis,  autant  que  je  i-ache  (mais  j'ai  lout  lieu  de 
croire  qu'il  en  est  bien  ainsi).  Elle  est  cependant  extrêmement  abondante, 
au  moins  sur  les  côtes  de  la  Hougue  et  notamment  de  l'île  Talihou,  dans 
un  Lombricien  limicole  marin,  lui-même  1res  abondant.  Dans  un  lot 
de  i5o  individus  de  ce  ver,  pris  absolument  au  hasard  et  r.ipidemenl  exa- 
mmés,  j'en  compte  au  moins  1 1»3  certainement  panisités,  soit  82  pour  100. 
Je  m'en  tiendrai  dans  la  présente  Noie  aux  observations  qui  peuvent  èlre 
faites  sur  le  vivant,  soit  in  situ,  soit  après  dilacéralion  sur  lame,  et  qui 
permettent  déjà  de  préciser  cci  tains  points. 

I.  L'hùte,  nomnié  par  Kôlliker  «  Sœnuris  variegnta  Holl'm.  {Lumbricus 
variegatus  G.  Miill.)  »,  est  le  Pachydrilus  verrucusus  C'ap.  L'idenlilé  parfaite 
de  divers  stades  de  la  Grégariue  avec  la  description  et  les  figures  de  Kôlliker, 
la  spécitjcité  absolue  de  ce  parasite  vis  à-vis  de  son  hôte,  ne  peuvent  laisser 
aucun  doute  à  cet  égard. 


(«)  Zeitschr.f.  wiss.  ZooL,  I,  1,  p.  12-16,  lig.  21-28  (pi.  II  et  III). 


SÉANCE    DU    19   JUIN    1922.  l645 

II.  il  n'est  pas  exact  que  le  parasite  soit  confiné  aux  organes  génitaux 
mâles  des  plus  grands  individus  de  Thote. 

Quel  que  soit  leur  âge,  tous  les  Pachydriles  verruqucux  peuvent  être 
atteints.  Certains  d'entre  eux  ont  leur  cavité  générale  bourrée  de  kystes 
presque  d'un  bout  à  Tau  ire  de  leur  corps.  Toutefois,  je  n'ai  jamais  observé 
de  trophozoïtes  en  avant  des  organes  génitaux;  les  kystes  sont  plus  rares 
dans  cette  région  qu'ailleurs,  mais  on  en  peut  trouver,  quoique  rarement, 
jusque  dans  le  tritomcrido,  à  proximité  même  du  cerveau. 

in.  Dans  un  lot  de  Pachydriles  parasités,  les  individus  qui  présentent 
des  trophozoïtes  forment  toujours  une  très  faible  minorité. 

Comme  le  supposait  justement  Kôlliker,  on  trouve  des  Grégarines  toute 
l'année.  Il  ne  p  irait  pas  y  avoir  d'époque  particulièrement  favorable  à  leur 
développement.  Dans  un  même  ver,  toutes  les  Grégarines  sont  très  géné- 
ralement à  peu  près  au  même  stade.  La  rareté  des  trophozoïtes  tient 
certainement  à  ce  que  le  parasite  en  question  ne  reste  que  peu  de  temps  en 
cet  état. 

IV.  Quand  on  en  trouve,  les  trophozoïtes  sont  très  souvent  en  syzygie  en 


Toutes  les  figures  à  la  cliambre  claire. 
A,  B,  C  :  X  200  environ;  D  :  x  600  environ. 


opposition  {fig'.  A,  A').  Suivant  que  l'union  des  deux  individus,  toujours 
de  tailles  légèrement  différentes,  est  plus  ou  moins  solide,  leurs  noyaux  sont 
plus  ou  moins  rapprochés  l'un  de  l'autre.  Ce  n'est  certainement  là  que  la 
phase  finale  de  la  vie  végétative,  prélude  à  la  conjugaison,  à  l'enkystement 
et  à  la  sporulation. 


l646  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

En  effet,  on  trouve,  dans  des  cas  favorables,  des  individus  isolés,  com- 
plètement libres  dans  la  cavité  g-énérale  {fig.  B).  Dans  ceux-ci,  il  peut  ar- 
river, mais  il  est  rare,  que  le  noyau  occupe  une  position  centrale;  le  plus 
souvent  il  est  un  peu  plus  près  de  Fune  des  extrémités. 

Enfin  on  trouve  encore  des  individus  isolés  presque  complètement  libres 
dans  la  cavité  g-énérale  de  Fhôte,  mais  dont  Tune  des  extrémités,  enfoncée 
entre  les  cellules  chloragogènes  jusqu'au  niveau  de  l'épithélium  intestinal, 
est  fixe.  Le  noyau  est  toujours  alors  plus  près  de  cette  extrémité.  Quand  on 
met  de  tels  individus  en  liberté  par  dihicéralion,  on  voit  que  Textrémilé 
proche  du  noyau  est  munie  d'un  véritable  épimérite  épi-  et  sarcocytiquc 
{fig^  C). 

Ces  derniers  individus,  ainsi  que  les  individus  accouplés,  ne  se  déforment 
pas  sensiblement  quand  ils  sont  mis  en  liberté  dans  l'eau  de  mer,  tandis  que 
les  individus  B  y  subissent  une  plasmolyse  assez  rapide.  Il  arrive  assez  fré- 
quemment qu'en  libérant  des  individus  ei  r.yzygie,  on  les  sépare  ;  mais  on 
n'en  trouve  jamais  de  tels  in  situ. 

V.  Ainsi  donc,  la  Gregarina  Sœnuridis  Kôil.  passe  par  un  stade 
Monocystis,  puis  par  un  stade  Zygocystis.  Dès  1848,  effectivement,  A. 
von  Frantzius  la  rapporta  à  ce  dernier  genre,  d'autant  plus  que  Kr)lliker 
ne  l'avait  décrite  qu'à  ce  stade  et  aux  stades  ultérieuis. 

VI.  Comme  l'a  bien  démontré  Ed.  Hesse  (1909)0,  elle  est  très  diilé- 
rente  de  VUrospora  Sœnuridis  Ray  Lankester,  parasite  du  Tubifex  des  ruis- 
seaux. Ses  spores  {fig.  D)  ne  sont  en  effet  pas  appendiculées  et  rappeHent, 
en  plus  petit,  celles  de  la  Monocystis  Michœlseni  Edm.  liesse. 

VII.  Il  semble  bien  qu'il  puisse  y  avoir  des  enkystements  solitaires  et  il 
y  a  certainement  des  enkystements  doubles  sans  conjugaison,  mais  ces  cas, 
surtout  le  premier,  sont  en  somme  assez  rares. 

VIII.  Dans  aucun  des  stades  ici  envisagés,  la  Grégarine  du  Pachydrile 
verruqueux  n'est  animée  de  mouvements  propres. 

IX.  Les  mêmes  vers  ou  des  individus  qui  paraissent  indemnes  de  Gréga- 
rines  peuvent  héberger  dans  Tintestin  V Anoplophrya  Pachydrili  (Clap.)  et 
dans  le  cœlome  une  nouvelle  Anoplophrya  que  je  décrirai  très  prochainement 
sous  le  nom  d'vl.  elongata. 


(')  Cet  auteur,  qui  n'a  pas  observé  \a  Zygocystis  Sœnuridis,  \ni  àonne  ^our  ho\.e 
le  Lumbricuius  variegalus  MiilL,  trompé  par  une  synonymie  illusoire  et  fallacieuse. 


SÉANCE    DU    19   JUIN    192 2.  1647 

PARÀSITOLOGIE.  —  Élude  de  quelques  cas  simples  de  parasitisme  cyclique 
chez  les  insectes  entomophages.  Note  de  M.  W.-R.  Thompson,  présentée 
par  M.  P.  Marchai. 

Dans  des  Notes  antérieures  ('  )  je  me  suis  contenté  de  développer  les  for- 
mules qui  représentent  à  mon  sens  ce  qu'il  y  a  d'essentiel  dans  le  phéno- 
mène du  parasitisme  cvclique.  Tl  faudra  étudier  plus  lard  un  certain 
nombre  de  modalités  du  processus,  qui  résultent  de  rintervention  de  fac- 
teurs non  encore  considérés.  Car,  par  suite  de  la  multiplicité  et  de  lirrégu- 
larité  dans  l'action  des  facteurs  agissant  dans  la  nature,  le  phénomène  du 
parasitisme  cyclique  doit  être  toujours  plus  ou  moins  déformé,  quehjuefois 
méconnaissable.  Cependant,  toute  étude  entreprise  sur  ce  phénomène  doit 
nécessairement  avoir  comme  point  de  départ  la  considération  approfondie 
des  cas  les  plus  simples,  où  les  facteurs  essentiels  entrent  seuls  en  jeu.  11 
paraît  logique,  en  effet,  d'admettre  que  ces  cas  constituent  des  moyennes 
autour  desquelles  se  produisent  les  variations  que  nous  constatons  dans  la 
nature.  Et  s'il  en  est  ainsi,  nous  aurons  plus  de  chances  de  faire  œuvre 
utile,  en  essayant  de  comprendre  les  divers  aspects  du  mouvement  idéal, 
(|u'en  étudiant  avec  minutie  n'importe  quel  cas  spécial  s'écartant  notable- 
ment de  la  moyenne,  bien  qu'il  puisse  se  rencontrer  plus  fréquemment  dans 
la  nature. 

Parmi  lis  conclusions  que  l'on  peut  tirer  de  l'étude  des  formules,  il  en  est 
que  la  simple  réfleclion  rendent  assez  évidentes.  J'ai  tenu  néanmoins  à  les 
justilier  en  partant  d'une  base  théorique  bien  définie. 

Prenons  d'abord  les  équations  qui  donnent  le  nombre  d'hôtes  et  le 
nombre  de  parasites  dans  la  /'*"*  génération  lorsque  /z  =  le  nombre  initial 
d'hôtes,  p  =  le  nombre  initial  de  parasites,  A  =  la  puissance  reproductrice 
de  l'hôte  par  génération,  5  =  la  puissance  reproductrice  du  parasite  par 
génération,  Is  et  l/i  le  nombre  total  de  parasites  et  d'hôtes  produit  par 
génération,  la  proportion  des  sexes  étant  la  même  chez  l'un  et  l'autre. 
Soit  donc 

H,=  n  /i'  /  —  pshf         ^_^^         , 
Pi  =  ps'l. 

Mettons  n  =  1000,  p  =  10,  .y  =  3,  h  =  2,  /—  2,  nous  aurons  alors  les 
valeurs  suivantes  pour  H  et  P  : 

(*)  Comptes  rendus,  t.  164,  1917,  p.  1201  et  i433. 


l648  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

/...        1.  2.  3.  4.  5.  6.  ■  7.  8.  9.  10. 

H,..     4000     7880     i5  4oo     29720     56200     102680     176200     264920     267^00     o 
P,..         60       180          540       1620       4860       i4  58o       43740     i3i  220     398660 

Comme  le  faisait  remarquer  P.  Marchai  dans  une  Note,  présentée  à  la 
Société  de  Biologie  en  1(897  ('),  où  il  voyait  déjà  nettement  ce  qu'il  y  a 
d'essentiel  dans  le  phénomène  du  parasitisme  cyclique,  Tespèce  parasite 
présente  une  courbe  d'évolution  numérique  qui  lui  est  propre  et  qui  côtoie 
celle  de  l'hôte  pendant  la  période  ascendante;  il  arrive  un  moment  où  la 
courbe  du  parasite  rencontre  celle  de  Thôte  et  il  en  résulte  une  chute 
brusque  verticale  des  deux  courbes  confondues  qui  marquerait  l'extermina- 
tion de  l'hôte  entraînant  celle  du  parasite,  si  l'hôte  ne  possédait  pas  une 
grande  variabilité  dans  la  durée  nécessaire  au  développement  de  l'individu; 
grâce  à  cette  variabilité  il  y  a  toujours  des  réserves  échappant,  en  majeure 
partie,  à  l'action  destructive  des  parasites  et  permettant  à  l'espèce  de 
reprendre  sa  progression,  après  être  descendue  à  un  tuux  numérique  très 
bas. 

Dans  un  cas  de  parasitisme  cyclique,  comme  le  fait  voir  l'étude  des 
chilTres  donnés,  la  présence  du  parasite  n'empêche  pas  l'hôte  de  s'accroître; 
il  devient  même  de  plus  en  plus  nuisible  pendant  un  temps  considérable; 
puis  peut  rester  en  nombre  stationnaire,  deux  générations  dans  le  cas  exa- 
miné; le  maximum  d'abondance  est  alors  atteint;  mais,  à  ce  moment, 
brusquement  s'accomplit  le  résultat  du  travail  parasitaire,  l'hôte  disparaît 
presque  complètement;  après  quoi  il  peut  rester  à  l'état  relativement 
inoffensif  pendant  une  longue  période,  comme  on  l'a  démontré  pour  cer- 
tains insectes  nuisibles. 

Dans  son  travail  sur  l'utilisation  des  insectes  auxiliaires  entomophages 
P.  Marchai  fait  ressortir  aussi  cette  particularité  du  phénomène  dont  il 
s'agit  en  donnant  plusieurs  exemples  saisissants  de  la  disparition  d'un 
insecte  au  moment  où  il  a  atteint  son  maximum  d'abondance  (^). 

A  l'inverse  des  méthodes  de  lutte  directe  par  les  moyens  mécaniques  et 
chimiques,  qui  déterminent  chaque  année  une  diminution  nette  et  percep- 
tible du  nombre  de  l'insecte  nuisible,  et  apportent  au  cultivateur  un  soula- 
gement appréciable,  mais  en  général  d'effet  passager,  l'utilisation  des  para- 
sites entomophages  peut  ne  donner  aucun  résultat  évident,  pendant  un 
temps  assez  long;  mais,  lorsque  son  effet  se  produit,  il  dépasse  tout  ce  qu'il 

(')   C.  fi.  Soc.  BioL,  10"  série,  l.  i,  a°  4,  p.  129  et  i3o;  Paris,  1897. 
(2)  Ann.  Insl.  Nat.  Agr.,  2"  série,  vol.  6,  pi.  Il;  Paris,  1907. 


SÉANCE    DU    19    JUIN    1922.  1649 

est  possible  d'accomplir  par  les  moyens  mécaniques  et,  dans  la  plupart  des 
cas,  le  soulagement  déterminé  est  de  longue  durée. 

Pendant  toute  cette  période  d'attente,  si  la  multiplication  du  parasite 
n'empêche  pas  celle  de  l'hôte,  et  ne  donne  aucun  résultat  perceptible  à 
Tobservateur  ordinaire,  il  n'en  est  pas  moins  vrai  qu'elle  a  un  effet  utile  en 
déterminant  un  ralentissement  dans  la  multiplication  de  l'hôte.  Ainsi,  à 
côté  des  valeurs  pour  H^  que  nous  avons  obtenues  dans  la  table  ci-dessus, 
mettons  celles  de  l'équation 

qui  représente  le  cas  où  l'hôte  se  reproduit  librement.  Nous  avons  alors  : 


H,.... 

4  000 

7880 

i5  4oo 

29  720 

H,.... 

4  000 

8  000 

16  000 

32  000 

<.... 

6. 

7. 

8. 

9. 

H,... 

102680 

176  200 

264  920 

267  4oo 

H,... 

128000 

256  000 

5i2  000 

I  024  000 

5. 
56  200 
64  000 

10. 
o 
2  o48  000 

Ceci  nous  fait  voir  que  dans  le  cas  où  la  présence  du  parasite  n'empêche 
pas  l'hôte  de  progresser  en  nombre  et  en  activité  destructive,  elle  produit 
au  moins  un  léger  ralentissement  de  cette  augmentation,  ce  ralentissement 
pouvant  à  un  certain  momeni  aboutir  à  l'anéantissement  de  l'hôte.  Il  serait 
facile  de  montrer,  par  la  simple  élude  des  équations,  que  cette  affirmation 
a  une  valeur  générale. 


MÉDECINE  EXPÉRIMENTALE.  —  Vaccine  et  néoplasmes. 
Note  de  MM.  C.  Levaditi  et  S.  Nicglau,  présentée  par  M.  Roux. 

Il  nous  a  été  possible  de  cultiver  le  virus  vaccinal  pur  [neurovaccine  (')] 
dans  les  néoplasmes  épithéliaux  du  rat  et  de  la  souris  (^).  Cette  Note  a  pour 
objet  l'exposé  de  nos  résultats  concernant  les  rapports  entre  ce  virus  et  les 
cellules  néoplasiques  des  cancers  et  des  sarcomes  expérimentaux. 

1°  Épithéliome.  —  Nous  nous  sommes  servis  de  tumeurs  épithéliales  du 
rat  et  de  la  souris,  mises  aimablement  à  notre  disposition  par  M.  Regaud  et 


(')  Levaditi  et  Nicolau,  Comptes  rendus,  t.  173,  1921,  p..  870. 

(*)  Levaditi  et  Nicolau,  Comptes  rendus,  t.  ilk,  1922,  p.  778,  et  C.  R.  Soc.  de 
Biol.,  t.  86,  1922,  p.  928. 

C.  R.,  11)12,  I"  Semestre.  (T.  174,  N*  25.)  I  ^9 


l65o  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

M"*  Ledebt.  Lorsqu'on  injecte  dans  un  néoplasme  bien  développé,  o*""',  2  à 
o"'*',4  d'une  émulsion  stérile  de  neurovaccine,  on  constate,  les  jours  sui- 
vants, une  augmentation  du  volume  de  la  tumeur  .  Excisée  du  6*  a  u 
10®  jour  et  inoculée  sur  la  peau  d'un  lapin  neuf,  cette  tumeur  provoque 
une  éruption  vaccinale  intense  et  confluente.  Il  s'ensuit  que  le  virus  vaccinal 
se  cultive  abondamment  dans  les  néoplasmes  épithêliaux  du  rat  et  de  la  souris. 
.  2**  Sarcome.  —  Il  n'en  est  pas  de  même  du  sarcome.  La  vaccine,  inoculée 
dans  une  tumeur  sarcomateuse  (mêmes  espèces  animales)  y  est  totalement 
détruite,  ou  bien  y  végète  mal.  Chez  la  souris,  le  sarcome  se  montre  du 
cinquième  au  dixième  jour,  stérile  ou  très  faiblement  virulent  pour  le  lapin. 
Dans  la  tumeur  sarcomateuse  du  rat,  la  pullulation  du  germe  est  plus 
marquée  que  chez  la  souris,  quoique  de  beaucoup  plus  faible  que  dans 
répithéliome  de  la  même  espèce  animale. 

L'épithéliome  et  le  sarcome  se  comportent  donc  différemment  quant  à 
leur  affinité  pour  le  virus  vaccinal  :  le  cancer^  d'origine  ecto-en<lodermique^ 
constitue  un  excellent  milieu  de  culture,  tandis  que  le  sarcome.,  d^origme  méso- 
dermique, empêche  le  développement  du  germe  de  la  vaccine. 

3°  Le  résultat  est  le  même  si,  au  lieu  d'injecter  la  neurovaccine  dans  la  tumeur,  on 
'inocule  dans  la  circulation  générale  d'un  rat  porteur  de  néoplasme.  Deux  rais 
carfcéreux.  reçoivent  la  vaccine  dans  la  veine  caudale  et  sont  sacrifiés  6  et  8  jours  après. 
La  tumeur,  ainsi  que  certains  organes,  sont  inoculés  sur  la  peau  rasée  de  lapins  neufs. 
Le  testicule  et  le  poumon  se  montrent  l'un  stérile.  Vautre  très  pauvre  en  germes^ 
tandis  que  répitliéliome  renferme  une  riche  culture  vaccinale.  Par  contre,  chez  un 
rat  femelle,  porteur  d'un  volumineux  sarcome  et  injecté  de  la  même  manière,  l'ovaire 
contenait  de  nombreux  éléments  vaccinaux^  alors  que  le  néoplasme  sarcomateux 
en  était  totalement  dépourvu. 

Il  s'ensuit  que,  même  lorsque  la  vaccine  est  ititroduite  dans  le  sang,  les 
tumeurs  d'origine  embryonnaire  diverse  se  comportent  ditTéremment  à 
son  égard  :  l'épithéliome  l'absorbe,  s'en  imprègne  et  facilite  sa  culture, 
alors  que  le  sarcome  la  détruit,  sans  pour  cela  entraver  son  dévelop- 
pement dans  l'ovaire  du  môme  animal.  Ces  données  confirment  l'affinité 
spécifiquedu  virus  vaccinal  pour  les  cellules  ecto-endodermiques  et  germi- 
natives,  en  état  de  prolifération  karyocinétique  intense,  contrastant  avec 
l'affinité  nulle  de  ce  virus  pour  les  tissus  mésodermiques  (Levaditi  et 
Nit^laur). 

4"  Dans  la  plupart  des  cas  (4  fois  sur  7  chez  la  souris,  3  fois  sur  3  chez 
le  rat),  le  cancer  épithélial,  inoculé  de  vaccine,  perd  définitivement  ses 
propriétés  de  greffe.  Malgré  la  présence  de  cellules  néoplasiques  vivantes 


SÉANCE    UU    19   JUIN    I922.  1^5 I 

(mitoses  abondantes),  répithéliome,  riche  en  virus,  greffé  sur  plusieurs 
animaux  neufs  (5  à  6),  ne  se  reproduit  plus.  Le  greffon  se  nécrose  et  finit 
par  se  résorber.  Mais  dans  d^aulres  cas,  plus  rares,  la  tumeur  réussit  a 
se  développer  par  greffe.  Quelle  est  alors  la  sensibilité  des  greffons  a 
l'égard  du  virus  vaccinal?  L'expérience  prouve  que  les  éléments  neopla- 
siques  de  ces  greffons  continuent  à  être  réceptifs  (').  Ils  n'ont  acquis  aucune 
immunité  antivaccinale,  et  ceci  est  vrai,  non  seulement  pour  les  greffes  de 
seconde  et  de  troisième  génération,  mais  aussi  pour  les  premiers  greffons. 
Cette  persistance  de  la  réceptivité  permet  d'arrêter  les  greffes  successives 
d'un  épithéliome,  lorsque  l'arrêt  n'a  pu  être  obtenu  d'un  seul  coup.  Nous 
avons  réussi  à  réaliser  cette  stérilisation  en  faisant  agir  la  vaccine  sur  les 
greffons  de  la  seconde  ou  de  la  troisième  génération  (-). 

5oL'épithéliome  qui,  pendant  un  certain  temps,  vit  en  symbiose  avec  la  vaccine, 
finit  par  se  ramollir,  se  nécroser  et  s'éliminer.  Certains  animaux,  guéris  de  leur  tumeur, 
meurent  en  général  d'infection  secondaire.  Toutefois,  nous  avons  obtenu  dans  trois 
cas  (épithéliome  du  rat)  la  guérison  définitive,  en  injectant  la  vaccine  dans  la  c.rcn- 
lation  générale,  2  et  1 3  jours  après  la  grefte. 

6°  Lorsqu'on  greffe  l'épithéliome  à  un  rat  vacciné  par  la  peau  contre  la 
vaccine,  la  tumeur  se  développe  normalement.  L'expérience  prouve  qu'une 
telle  tumeur  ne  tolère  plus  la  culture  du  virus  :  ensemencée  abondamment, 
elle  se  montre  avirulente  pour  le  lapin.  Or  il  n'en  est  pas  de  même  de  ses 
greffons  •  ceux-ci  récupèrent  vite  leur  réceptivité.  Tout  se  passe  comme  si 
les  éléments  nêoplasiques  qui  se  développent  dans  un  organisme  immunisé  lui 
empruntaient  ses  qualités  réfraciaires  aussi  longtemps  qu'ils  sont  héberges  par 
lui  Sitôt  qu'ils  changent  d'hôte  pour  donner  lieu  à  de  nouvelles  générations  de 
cellules- fdles,  l'immunité  d'emprunt  cesse;  les  cellules  retrouvent  leur  sensibilité 
initiale. 

D'autre  part,  chez  le  rai,  un  épithéliome  qui,  au  cours  de  son  évolution,  a  i^çu 
deux  injections  de  vaccine  en  l'espace  de  2^  jours,  est  encore  sensible  au  même  virus 
injecté  une  troisième  fois,  le  trentième  jour  (culture  abondante).  Il  s'ensuit  que  dans 
un  espace  de  temps  largement  suffisant  pour  la  création  de  l'immunité  cutanée  che^un 
animal  neuf,  le  cancer  n'a  pas  acquis  d'état  réfractaire  propre.  Ce  fait^  rapproche  des 
précédents,  montre  que  les  néoplasmes  ont  une  vie  à  part  assez  différente  de  cette 
des  tissus  de  V organisme-hôte.  Us  sont  incapables  d^acquérir  Vimmanite,  comme 
le  font  Vépiderme,  la  cornée  ou  le  cerveau  des  animaux  neufs. 

(>)  Certaines  de  ces  greffes  peuvent  contenir  des  quantités  appréciables  de  la 
vaccine  injectée  dans  la  tumeur  mère. 

(2)   L'expérience  réussit  moins  bien  avec  le  sarcome. 


l652  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Conclusions.   i°  L'origine  embryologique  des  néoplasmes  domine  leur 

affinité  pour  la  vaccine  :  les  tumeurs  épithéliales  ecto-endodermiques  permettent 
la  culture  du  virus  vaccinal,  à  rencontre  des  tumeurs  sarcomateuses  mésoder- 
miques qui,  elles,  détruisent  ce  virus. 

2°  La  vaccine  fait  perdre  aux  cellules  néoplasiques  épithéliales  leur  pouvoir 

de  greffe. 

3"  Vépithéliome,  contaminé  par  la  vaccine.^  subit  une  excitation  néoforma- 
tive  avant  de  se  ramollir,  de  se  nécroser  et  de  s'éliminer. 

4''  La  cellule  cancéreuse  emprunte  à  V organisme  qui  V héberge  Vétat  rèfrac- 
taire  vaccinal  conféré  à  ce  dernier.  Elle  est  cependant  incapable  de  se  vacciner 
pour  son  propre  compte,  ce  en  quoi  elle  diffère  des  éléments  cellulaires  normaux. 
Il  s'ensuit  que  toute  cellule  qui,  pour  des  raisons  encore  inconnues.,  devient 
élément  néoplasique,  acquiert,  de  par  ce  fait,  des  aptitudes  nouvelles. 


La  séance  est  levée  à  i6  heures. 

A.  Lx. 


ACADÉMIE    DES    SCIENCES 

SÉANCE   DU    LUNDI   2(>   JUIN    11)22. 

PRÉSIDENCE  DE  M.  Émjle  BERTIN. 


MÉMOIRES  ET  C0M3IUNICATI0XS 

DES    MEMBRES    ET    DES    CORRESPONDANTS    DE    L'ACADÉMIE. 

M.  le  Ministre  de  l'Instruction  publique  et  des  Beaux- Arts  adresse 
ampliation  du  Décret,  en  date  du  23  juin  ic)2i>,  qui  porte  approbation  de 
l'élection  que  l'Académie  a  faite  de  M.  Cu.  Gravier  pour  occuper,  dans 
la  Section  d'Anatomie  et  Zoologie,  la  place  vacante  par  le  décès  de 
M.  Ramier. 

Il  est  donné  lecture  de  ce  Décret. 

Sur  l'invitation  de  M.  le  Président,  M.  Charles  Gravier  prend  place 
parmi  ses  Confrères. 

M.  Maurice  d'Ocagne  donne  lecture  d'une  notice  sur  la  vie  et  les  travaux 
de  Jules  Carpeiitier,  Académicien  libre. 

CYTOLOGIE.  —  Recherches  sur  la  structure  de  la  cellule  dans  les  Iris. 
Note  (')  de  M.  P. -A.  Dangeard. 

Le   cytoplasme  de  la  cellule   végétale  renferme   toujours  d'après  mes^ 
observations  antérieures  trois  systèmes  d'stincts  d'éléments  figurés  (-)  : 

i"  Le  racuome,  formé  par  les  métachromes  et  les  vacuoles  ordinaires  :  ce 
système  donne  naissance  aux  corpuscules  métachromatiques,  à  l'anlhocyane 
et  aux  tanins; 


(>)  Séance  du  19  juin  1922. 

(2)  P. -A.  Dangeard,  Sur  la  distinction  du  chondriome  des  auteurs  en  vacuome, 
plastidome  et  spliérome  {Comptes  rendus,  t.  169,  1919,  p.  ioo5). 

C.  R.,  1922,  i"  Semestre.  (T.  174,  N»  26.)  ^^^ 


lG54  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

2°  heplasiidome,  constitué  par  rcnsemble  des  plastes,  mitoplastes,  amy- 
loplaslcs,  chloroplastes,  etc.,  dont  la  fonction  est  de  produire  les  pigments 
chlorophylliens  et  Tamidon  ; 

3°  Le  sphérome,  comprenant  de  nombreux  globules  d'aspect  réfringent  : 
ce  sont  les  microsomes  qui  au  moins  dans  certains  cas  paraissent  en  relation 
avec  la  production  de  substances  oléagineuses. 

Cette  distinction  était  importante,  car  elle  allait  à  Tencontre  d'une 
théorie  séduisante  qui  admettait  que  les  diverses  sécrétions  de  la  cellule, 
corpuscules  métachromatiques  et  amidon,  anthocyane  et  chlorophylle, 
huile,  tanin  et  glycogène  provenaient  d'un  seul  élément,  la  mitochondrie ^ 
susceptible  de  se  transformer  en  chondriocontes  et  chondriomites . 

Cette  théorie  est  maintenant  abandonnée  :  quelques-uns  de  ses  anciens 
partisans  essaient  encore  cependant  de  conserver  la  notion  du  chondriome, 
en  réunissant  sous  ce  nom  les  éléments  du  plastidome  et  ceux  du  sphérome 
qu'ils  désignent  indifféremment  sous  le  nom  de  mitochondries  et  de  chon- 
driocontes ;  ils  invoquent  comme  prétexte  que  ces  éléments  se  colorent  de  la 
même  façon  avec  certaines  méthodes  histologiques  dites  mitochondriales. 

Cette  opinion  pouvait  à  la  rigueur  se  soutenir  à  l'époque  encore  récente 
où  l'on  ignorait  que  ces  éléments  n'ont  au  cours  du  développement  de  la 
plante  aucune  relation  d'origine  ou  de  parenté  :  comme  cette  indépendance 
est  maintenant  bien  établie  ('),  l'expression  de  chondriome  n'a  plus  aucun 
sens  lorsqu'il  s'agit  de  la  cellule  végétale  :  à  deux  formations  cellulaires  indé- 
pendantes, il  faut  deux  noms  différents;  à  deux  catégories  d'éléments 
distincts  qui  se  transmettent  parallèlement  dans  les  cellules  au  même  titre 
que  les  noyaux,  la  désignation  commune  de  mitochondries  et  de  chondrio- 
contes, voire  de  chondriomites  ne  saurait  que  perpétuer  la  confusion  sans 
profit. 

Le  genre  Iris  se  prête  merveilleusement  à  une  étude  d'ensemble  du  plas- 
tidome et  du  sphérome,  ainsi  que  je  vais  essayer  de  le  montrer  dans  cette 
Note  : 

Feuilles  adultes.  —  Prenons  une  feuille  d'Iris  germanica  par  exemple; 
enlevons  avec  la  pointe  d'un  scalpel  un  lambeau  d'épiderme  :  ce  lambeau 
emporte  presque  toujours  avec  lui  une  assise  intacte  des  cellules  sous- 
jacentes  du  mésophylle.  Il  nous  est  loisible  alors  d'étudier,  sur  le  vivant, 
trois  sortes  de  cellules  qui  présentent  des  caractères  différents  :  cellules 

(')  P. -A.  Dangeard,  Plastidome,  vaciioine  et  sphérome  dans  Selaginella  Kiaussiana 
{Comptes  rendus,  l.  170,  ig^o,  p.  3oi). 


SÉANCE   ÛU   26   JUIN    1922.  l655 

vertes  du  mésophylle^  cellules  épidenniques  incolores^  cellules  vertes  stoma- 
tiques. 

Dans  les  cellules  vertes  du  mésophylle^  le  plastidome  est  constitué  par  de 
gros  plastes  situés  d'ordinaire  au  contact  de  la  membrane  :  ils  sont  aplatis 
en  disques  et  imprégnés  de  chlorophylle  :  ces  c/doroplastes,  pour  la  plupart, 
montrent,   à  leur  surface,   un  ou    plus    rarement   deux  globules  oîéagi- 


Fig.  I.  —  Plastidome  et  spliérome  dans  les  cellules  du  mésopliylle  de  la  feuille  d'Iris  gernianha. 

neux  (fig-  i,  EV,  quelquefois,  en  pleine  p5^ode  végétative,  ils  renferment 
de  nombreuses  granulations  oléagineuses. 

Dans  ces  mêmes  cellules  vertes  du  mésophylle,  le  sphérome  est  formé  de 
nombreuses  sphérules  incolores  de  moyenne  réfringence,  toutes  de  même 
grosseur  {ftg.  i,  E)  :  ce  sont  les  rnicrosomes  qui,  à  l'enconlre  des  plastes,  ne 
peuvent  être  caractérisés  sur  le  vivant  que  par  leur  forme  :  ce  sont,  si  Ton 
veut,  des  sphérosomes . 

Le  cytoplasme  des  cellules  du  mésophylle  forme  sous  la  membrane  une 


l656  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

couche  mince  qui  est  reliée  à  celle  qui  entoure  le  noyau  par  de  fins  cordons 
qui  se  déplacent  et  se  déforment  plus  ou  moins  rapidement  :  c'est  dans  ces 
cordons  que  circulent  continuellement  les  microsomes,  comme  s'ils  étaient 
emportés  par  un  courant;  ces  cordons  peuvent  s'étaler  en  nappe  pour  se 
reconstituer  ensuite  sous  d'autres  formes. 

Le  transport  des  chloroplastes  d'un  point  à  un  autre  de  la  cellule  est 
beaucoup  plus  difficile  à  observer  directement  :  ces  éléments  n'ont  comme 
les  microsomes  qu'un  rôle  passif,  mais  leur  grosseur  est  un  obstacle  à  leur 
circulation  normale  à  lintérieur  des  cordons  cytoplasmiques  :  ce  sont  ces 
derniers  qui,  en  se  contractant  et  aussi  en  changeant  de  place  comme  les 
pseudopodes  d'une  amibe,  les  amènent  d'un  point  à  un  autre  de  la  cellule  : 
en  réalité,  les  chloroplastes  ne  sont  pas,  comme  on  Tenseigne  parfois,  des 
éléments  phototactiques  :  ils  sont  entraînés  passivement,  par  exemple 
quand  ils  semblent  quitter  une  face  trop  éclairée,  pour  se  réfugier  sur  une 
autre  qui  l'est  moins. 

Examinons  maintenant  les  cellules  épidermiques  :  celles-ci  sont  très 
allongées  et  incolores. 

Le  plastidome  est  constitué,  dans  ces  cellules,  par  des  plastes  incolores 
qui  ont  fréquemment  la  forme  de  rubans  plus  ou  moins  contournés  :  ce 
sont  au  point  de  vue  de  la  forme  des  mitoplastes  {ftg.  2,  E)  :  ils  renferment 
de  nombreux  petits  globules  oléagineux,  ce  qui  en  fait  des  mitoplastes  oléi- 
fères. La  question  de  la  forme  des  plastes  est  d'ailleurs  tout  à  fait  secon- 
daire car,  il  en  existe,  dans  les  cellules  épidermiques,  particulièrement  à  la 
base  de  la  feuille  et  à  sa  face  interne  de  complètement  sphériques  qui  sont 
également  bourrés  de  granulations  graisseuses  (Jîg.  2,  F). 

Le  sphérome  montre  de  très  nombreux  microsomes  un  peu  plus  petits  en 
général  que  ceux  des  cellules  du  mésopbylle  :  ils  paraissent  aussi  plus 
réfringents  :  leur  mouvement  de  circulation  à  l'intérieur  des  trabécules  ou 
des  cordons  cytoplasmiques  est  également  plus  rapide  que  dans  les  cellules 
du  mésopbylle  {fig-  2,  E,  F). 

Les  cellules  slomatiques  possèdent  des  caractères  particuliers  :  elles  ren- 
ferment des  chloroplastes  arçjndis,  contenant  des  grains  d'amidon  :  le 
sphérome  ressemble  à  celui  des  autres  cellules  et  montre  de  nombreux  mi- 
crosomes. 

La  distinction  des  plastes  amylifères  et  des  plastes  oléifères  se  fait  facile- 
ment à  l'aide  de  la  solution  iodée  et  de  l'acide  osmique  :  il  est  beaucoup 
plus  délicat  d'établir  l'origine  des  globules  d'huile  de  taille  variable  qui 
existent  parfois  dans  le  cytoplasme  des  feuilles  adultes. 

En  ce  qui  concerne  les  cellules  du  mésopbylle  atteintes  d'une  sorte  de 


SÉANCE   DU   26   JUIN    I922.  l657 

dégénérescence  graisseuse,  il  semble  que  ces  globules  se  détachent  de  la 
surface  des  chloroplastes  pour  émigrer  dans  le  cytoplasme  où  ils  peuvent  se 
fusionner  en  corpuscules  plus  gros.  Il  en  est  de  mêine  pour  les  cellules  épi- 
dermiques,  avec  celte  différence  que  les  mitoplastes  sont  parfois  envahis  et 
déformés  par  des  corpuscules  oléagineux,  les  uns  très  gros,  les  autres  plus 
petits  :  un  plus  ou  moins  grand  nombre  sont  abandonnés  dans  le  cyto- 
plasme. L'origine  de  l'huile  est  certainement  diflerente  dans  les  cellules 


Fig.  2.  -  Plastidome  et  sphérome  dans  les  cellules  épidermiques  de  la  feuille  A' Iris  gennanica. 

stomatiques,  car  les  plastes  y  renferment  toujours  de  Famidon  :  à  voir 
toutes  les  transitions  qui  relient  ces  globules  aux  microsomes,  on  pourrait 
croire  que  ce  sont  ces  derniers  qui  subissent  eux-mêmes  la  dégénérescence 

graisseuse.  ^     -i       " 

Cette  étude,  faite  sur  la  cellule  vivante,  nous  a  fourni  des  détails  très 
précis  sur  les  éléments  qui  y  sont  contenus  :  complétons  par  Femploi  des 
méthodes  dites  à  tort  mitochondriales.  Depuis  longtemps,  ainsi  que  je  l'ai 
indiqué,  j'emploie  la  méthode  de  coloration  à  l'hématoxyhne  ferrique  après 
fixation  au  liquide  de  Regaud,  ou  au  liquide  de  Laguesse.  Cette  dernière 
fixation  a  mes  préférences,  car  j'ai  observé  qu'avec  le  fixateur  Regaud,  les 
éléments  du  sphérome  se  déforment  fréquemment  et  se  présentent  alors 


l658  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

SOUS  l'aspect  de  bâtonnets  et  même  de  filaments  :  ce  dernier  cas  peut  se 
produire  par  fixation  défectueuse  avec  une  chaînette  de  plusieurs  sphéro- 
s.omes  au  contact  :  c'est  sans  doute  ce  qui  explique  l'erreur  de  plusieurs 
chondriomistes  qui,  parmi  leurs  «  mitochondries  inactives  »,  ont  fréquem- 
ment décrit  des  filaments  qu'ils  désignent  sous  le  nom  de  chondriocontes  : 
en  réalité,  la  forme  normale  des  microsomes  est  celle  d'une  boule  de  billard  et 
la  seule  déformation  constatée  est  celle  en  court  bâtonnet. 

Dans  les  préparations  fixées  avec  le  liquide  de  Laguesse  et  colorées  par 
l'hématoxyline  ferrique,  les  plastes  et  les  microsomes  se  voient  avec  une 
netteté  admirable,  par  le  fait  même  que  les  uns  et  les  autres  sont  colorés  en 
noir  intense  sur  le  fond  incolore  du  cytoplasme  {fig.  i,  F)  :  ces  éléments 
partagent  donc,  avec  le  noyau,  un  pouvoir  électif  considérable.  On  admet, 
en  histologie,  que  cette  propriété  élective  est  due  à  la  présence  d'une  subs- 
tance particulière,  la  chromatine,  qui  jouerait  un  grand  rùle  dans  la  cellule; 
mais,  tandis  que  la  chromatine  du  noyau  et  des  plastes.  tantôt  s'accumule, 
tantôt  disparaît  plus  ou  moins,  il  semble  qu'elle  reste  toujours  extrêmement 
abondante  dans  les  microsomes  qui  sont  à  cet  égard  de  véritables  chromati- 
nosomes  permanents.  La  fonction  des  microsomes,  encore  inconnue,  me 
semble  liée  à  un  échange  réciproque  de  chromatine  avec  le  cytoplasme, 
s'effectuant,  grâce  à  la  circulation  active  de  ces  éléments,  dans  l'ensemble 
de  la  tîellule;  je  pense  aussi  que,  dans  certains  cas,  ces  éléments  peuvent 
subir  une  dégénérescence  graisseuse. 

Feuilles  jeunes.  —  L'étude  des  jeunes  feuilles  présente  un  grand  intérêt 
au  point  de  vue  du  métabolisme  cellulaire  :  j'ai  pu  en  examiner  un  grand 
nombre  depuis  la  longueur  de  i'"""  jusqu'à  celle  de  lo'""  environ. 

Dans  les  cellules  épidermiques  de  toutes  ces  feuilles,  on  ne  rencontre 
jamais  d'amidon  et  les  plastes  deviennent  de  bonne  heure  oléifères 
{fig.  2,  B)  :  ils  contiennent  de  petites  gouttelettes  oléagineuses;  on  les 
distingue  alors  facilement  des  microsomes  :  ils  sont  fréquemment  groupés 
autour  du  noyau,  mais  se  dispersent  vile  d'une  façon  irrégulière  dans  la 
cellule;  dans  des  feuilles  qui  n'ont  encore  que  2'"™  à  5'°'".  certaines  cellules 
ne  renferment  que  des  plastes  filamenteux  ou  mitoplastes  {fîg.  2,  D); 
d'autres  cellules  ne  contiennent  que  des  plastes  arrondis  ou  sphéroplastes 
(  fig.  2,  C);  dans  quelques-unes,  mitoplastes  q\.  sphéroplastes  sont  mélangés. 

Les  microsomes  présentent  dans  Tépiderme  de  ces  jeunes  feuilles  leurs 
caractères  ordinaires  :  leur  déplacemennt  à  Tintérieur  du  cytoplasme  peut 
R.observer  de  très  bonne  heure. 

La  distinction   des  plastes  et  des  microsomes  au  sommet  des  jeunes 


SÉANCE   DU   li6   JUIX    in'22.  1669 

feuilles  présente  parfois  sur  le  vivant  une  réelle  difficulti',  paice  que  les 
plastes  ont  encore  une  structure  homogène  comme  les  microsornes  :  on  ' 
arrive  cependant  à  reconnaître  les  plastes  à  leur  taille  un  peu  plus  grande 
{fig.  2,  A)  :  partout  ailleur?,  aucune  confusion  nVsl  possible,  car  les 
plastes  deviennent  granuleux  et  oléifcres;  après  fixation  et  coloration,  celte 
difficulté  n'existe  plus  au  môme  degré. 

L'évolution  des  plastes  dans  les  cellules  du  mesophylle  est  plus  compli- 
quée :  dans  les  feuilles  de  1°'°',  la  plupart  sont  homogènes  tout  au  moins 
vers  le  sommet  {fig-  i,  A)  :  mais,  vers  la  base,  on  rencontre  presque 
toujours  déjà  une  zone  amylifère  :  l'amidon  apparaît  ensuite  dans  la  partie 
subapicale  :  dans  les  feuilles  de  2°^'°  à  3"'"\  il  existe  en  général  de  nom- 
breux amA,loplastes  vers  le  sommet  et  vers  la  base  de  la  feuille;  sur  les 
feuilles  de  i*™  les  amyloplastes  sont  nombreux  partout  :  chaque  cellule  en 
renferme  40  à  Go  entourant  le  noyau  (  fig.  i ,  B  j. 

Sur  les  feuilles  de  i*"™  à  lo*^"',  on  assiste  à  la  disparition  progrcssi\e  de 
l'amidon  dans  les  cellules  du  mesophylle  :  les  aujyloplastes  persistent 
seulement  vers  la  base  :  sur  une  feuille  de  S*""  à  mi-hauteur,  on  peut  ren- 
contrer des  cellules  ayant  60  ou  80  plastes  encore  remplis  d'amidon  en  gra- 
nules, mais  présentant  déjà  une  teinte  verdâtre  :  au  même  niveau,  sur  une 
feuille  de  8*^™,  on  voit  ces  plastes  encore  group;''S  autour  du  noyau  qui  ne 
possèdent  plus  d'amidon  {fig.  i,  C),  mais  dont  la  teinte  jaune  verdâtre  est 
plus  accentuée  :  vers  le  sommet  de  cette  même  feuille,  les  cellules  du  meso- 
phylle contiennent  des  chloroplastes  ordinaiies  aplatis,  disposés  sous  la 
membrane  (/%..  i,  D)  :  sur  des  feuilles  de  10'™  on  peut  constater  que  ces 
chloroplastes,  comme  dans  les  feuilles  adultes,  ont  déjà,  à  leur  surface,  un 
ou  deux  corpuscules  oh-agineux  {fig.  i,  E). 

BOTANIQUE,  — Sur  l'hérédité  acquise.  Note  de  M.  J.  Cosiaxii.v. 

Quelques  conséc|uences  découlent  d'une  des  plus  remarquables  concep- 
tions de  Noél  Bernard  qu'une  recherche  récente  vient  de  confirmer  (')  : 
dans  les  espèces  vivaces,  l'association  avec  les  champignons  souterrains 
produit  une  symbiose  durable  et  stable  ;  chez  les  espèces  annuelles,  au 
contraire,  le  consortium  ne  s'établit  pas  et  les  filaments  fungiques  qui 
pénètrent  dans  le  système  radical  sont  phagocytés.  Or  on  sait  depuis 
longtemps  que  le  caractère  de  pérennité  chez  une  plante  herbacée  résulte 

(')  -Magucu,  Svinbiosi  et  tttbérisalio:i  {A/i/i.  se.   nat.  Bot.,   lo*"  série,  l.  3,    if)"^!)- 


l66o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

de  l'action  des  climats  froids,  alpins  ou  septentrionaux,  on  doit  donc  penser 
qu'ils  agissent  favorablement  pour  l'établissement  d'une  symbiose  solide  et 
permanente. 

On  sait  que  s'il  y  a  Go  pour  loo  de  plantes  annuelles  et  bisannuelles 
entre  200"^  et  600™  d'altitude,  il  n'y  a  que  6  pour  100  au-dessus  de  1800'" 
et  G  pour  100  dans  le  domaine  arctique.  Ces  résultats  sont  confirmés  par 
les  variations  de  la  même  espèce  [Poaannua,  Linaria  alpina,  etc.  (*)]. 

La  découverte  du  dimorphisme  saisonnier  faite  par  Wettstein  complète 
heureusement  ces  données  pour  les  petites  espèces  précoces  et  tardives  (^) 
qui  gardent  leurs  caractères  par  des  semis  successifs  à  Prague.  Il  a  montré, 
en  même  temps,  que  les  types  précoces  avaient  une  tige  simple  ou  peu 
ramifiée;  la  ramification  de  la  tige  était,  au  contraire,  un  caractère  des 
formes  tardives.  Or  des  différences  tout  à  fait  semblables  ont  été  constatées 
expérimentalement  à  l'aide  des  mycorhizes  dans  les  deux  séries  suivantes  : 
Solarium  tuberosum  à  tubercule  normal,  Orobus  tuberosum,  Mercurialis 
perennis^  Loroglossum  et  Orc/iis  normaux  d'une  part  et  Solamim  tuberosum 
sans  tubercule  (dégénéré),  Orobus  coccineus^  Mercurialis  annua  (iMagrou), 
Loroglossum  et  Orchis  ramifiés  (Fabrc  et  Bernard)  d'autre  part.  Il  y  a  donc 
parallélisme  entre  les  types  précoces  et  les  types  à  symbiose  stable.  Mais  le 
caractère  précoce  est  certainement  lié  au  climat  alpin  ou  septentrional; 
cela  apparaît  nettement  dans  les  cas  de  trimorphisme  saisonnier  étudiés  par 
Murbeck(^).  Ces  données  confirment  donc  bien  ce  qui  a  été  énoncé  plus 
haut. 

On  est  amené  à  appliquer  ces  remarques  à  la  Pomme  de  terre  cultivée  qui, 
par  suite  du  mode  de  multiplication,  a  perdu  ses  mycorhizes  que  possédait 
le  type  sauvage  dont  elle  a  pu  dériver  (Solanum  Maglia)  (  ').  Or,  c'est  sur 
les  hauts  ])latcaux  des  Andes  que  la  Pomme  de  terre  était  cultivée  avant  la 
découverte  de  l'Amérique;  c'est  donc  bien  une  espèce  montagnarde  (vivant 
presque  jusqu'à  4000"").  Ce  caractère  alpestre  se  manifeste  par  la  dégéné- 


(^)  Bonnier  a  donné  d'ailleurs  à  ces  premiers  résultats  une  ampleur  extraordinaire, 
après  trente-cinq  ans  d'expérimentation  dans  les  Alpes  {Comptes  rendus,  t.  170, 
1920,  p.  i356). 

(^)  Euphrasia  montana  Jordan,  précoce;  F.  Rostkoviana  Hayne,  tardif. 

(^)  Gentiana  campestris,  espèce  de  Linnée  détriplée  en  :  hallica  annuel;  saesica 
précoce,  localisé  dans  la  presqu'île  Scandinave;  germaniœ  des  plaines  de  l'Europe 
centrale  (ces  deux  dernières  formes  étant  bisannuelles). 

(*)  M"^^  NoUl  Bernard  et  Magrou  (/t/i«.  se.  nal.  Bot.,  (f  série,  t.  IV,  p.  202). 


SÉANCE   DU    2b   JUIN    I922.  1661 

rescenoe  eq  Algéri.e  (,',),  et  sous  Tcquateur  la  culture. n'est  possible  qu'aux 
très  hautes  altitudes  (-  ).  Il  découle  de  ces  constatations  que,  pour  maintenir 
cette  plante  dans  la  direction  évolutive  produite  dans  Tespèce  primitive  par 
les  champignons  des  racines,  il  faut  la  cultiver  dans  les  pays  froids,  à  haute 
altitude  ou  latitude  élevée.  Dans  ces  conditions,  la  force  héréditaire 
acquise  l'emportera  (').  A  Alger,  climat  beaucoup  trop  chaud,  la  dégéné- 
rescence pourra  atteindre  60  pour  100  [pour  la  variété  Up  to  date  (^)].  Les 
caractères  héréditaires  se  maintiennent  intacts  si  la  plante  est  placée  dans 
les  conditions  climatériques  qu'elle  exige  et  qui  0})èrent  dans  le  même  sens 
que  les  mycorhizes  :  c'est  pour  cela  que  la  Pomme  de  terre  continue  à  tubé- 
riser,  bien  que  sans  champignons  (puisqu'on  la  propage  par  tubercules 
indemnes  de  toute  espèce  symbiotique  et  qu'on  l'ensemence  dans  un  terrain 
quelconque).  On  peut  donc  en  conclure  que  si  les  Solanum  tuberosum  cul- 
tivés continuent  à  donner  des  Pommes  de  terre  ce  n'est  pas  grâce  à  l'art  du 
sélectionneur,  c'est  tout  simplement  par  Teffet  du  climat  septentrional  (^) 
dont  l'action  est  parallèle  à  celle  de  Vhèrèdilè  acquise.  Il  y  a  là  une  hypothèse 
de  travail  qui  pourra  probablement  intéresser  les  praticiens,  non  seulement 
dans  les  pays  septentrionaux,  mais  surtout  dans  les  régions  tropicales  [sereh 
de  la  Canne  à  sucre,  nécrose  libérienne  du  Caféier  ('),  frisure  du  Tabac  ( ')]. 

(')  CosTANTiN  et  Gérôme,  Bull.  Mas.  Jlist.  nat..,  i9'8>  P-  542;  1919,  p.  i. 

(-)  Gapus  et  Bois,  Produits  coloniaux^  p.  io5. 

(^)  Ceci  s'accorde  avec  le  fait  noté  par  Viichling  {Bot.  Zeit.,  t.  00,  1902),  que  le 
froid  fa\orise  la  tubérisation,  résultat  en  harmonie  a\  ec  celui  annoncé  par  Livingston 
{Bot.  Gaz.,  t.  20  et  22,  1900,  190.5),  qu'un  abaissement  de  température  agit  comme 
une  élévation  de  la  concentration  osmotique,  déterminant  l'apparition  de  formes  pal- 
melloïdes  au  lieu  de  formes  filamenteuses  {Stigcocloniuni). 

{'*)  Or  celte  variété  écossaise  a  pu  être  cultivée  et  maintenue  sans  changement  pen- 
dant vingt-cinq  ans  sur  les  hautes  terres  d'Ecosse,  sans  dégénérescence  :  Cotton  {Soc. 
path.  vég.  France^  1922,  p.  85;  Congrès  de  la  Pomme  de  terre.,  Londres,  no- 
vembre 1921).  Le  cliifiVe  de  60  pour  100  se  rapporte  à  la  dégénérescence  totale  (il  y 
a,  en  plus,  la  dégénérescence  partielle,  petits  tubercules). 

(^)  On  a  remarqué  depuis  longtemps  [Anderson  (1-88),  Chaucey  (1794), 
Pryce  (1796),  Sutton  (1906) ,  iMacoun  (1918)  au  Canada,  Martinet  en  Suisse,  Cot- 
ton (1922)  en  Ecosse]  que  les  milieux,  froids,  les  districts  élevés  de  la  montagne, 
étaient  meilleurs  pour  la  I^omme  de  terre.  Le  cas  exceptionnel  des  Hautes-Pyrénées 
[Picot  de  Lapeyrousse  (1895),  Ducomet  (1922)]  paraît  devoir  s'expliquer  par  l'in- 
lluence  d'une  basse  latitude  [Dl'comet  {Journ.  Soc.  /tort.,  4"  série,  t.  22,  p.  255;  Soc. 
palli.  cégét.  France,  '9^^»  P-  3'^)]- 

('■)  Stahel  Gekold,  Bull.  40,  Départ,  agric.,  Surinam,  mars  1920;  Agricult. 
Nesvs,  192 1 ,  p.  126. 

(■)  TniLLAKD,  Agr.  Coloniale.^  d"  série,  1921,  p.  194. 


l662  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

On  voit,  par  ce  qui  vient  d'être  exposé,  que  le  caractère  cnigmalique  et 
mystérieux  de  l'hérédité  acquise  disparaît,  dans  le  cas  envisagé,  puisque, 
après  la  suppression  de  la  cause  initiale  qui  a  déclenche  la  variation,  on  voit 
se  substituer  à  elle  un  autre  facteur  qui  la  remplace  et  produit  le  même 
effet. 

MÉDECINE.  —  Sur  la  Vaccination  préopératoire. 
Note  de  MM.  Pierre  et  Louis  Bazy. 

Les  opérations  que  l'on  pratique  sur  des  organes  ou  des  régions  infecté?, 
même  quand  elles  sont  purement  libératrices  et  ne  consistent  qu'en  des 
débridements,  peuvent  donner  lieu  à  des  accidents  sérieux,  peuvent  même 
déclencher  des  phénomènes  de  la  plus  haute  gravité,  analogues  à  ceux  de 
l'anaphylaxie  mortelle,  si  bien  étudiés  et  décrits  par  M.  Ch.  Richet. 

Ces  accidents  étaient  bien  connus  des  anciens  et  attribués  par  eux  à  l'ou- 
verture par  l'instrument  tranchant  de  nouvelles  bouches  pour  l'absorption 
de  produits  septiques.  Aussi  avaient-ils  proposé  de  remplacer  l'instrument 
tranchant  par  le  fer  rouge  qui,  tout  en  faisant  les  incisions  nécessaires,  fer- 
mait toute  bouche,  toute  surface  absorbante. 

Il  serait  intéressant  de  prévoir  quels  sont  les  cas  qui  peuvent  donner  lieu 
à  ces  phénomènes  anaphylactoïdes. 

Si,  dans  une  région  qui  a  été  le  siège  d'une  infection  et  qui  semble 
refroidie,  on  peut,  grâce  à  V intra-dermo -ré action  imaginée  par  Tun  de 
nous  ('),  savoir  si  une  infection  est  ou  non  en  activité,  dans  d'autres  cas 
où  l'infection  existe,  on  ne  peut  pas  à  l'avance  savoir  si  cette  infection 
latente  ne  se  réveillera  pas  et  si  ce  réveil  ne  sera  pas  foudroyant. 

Les  nombreuses  blessures  de  la  guerre  ont  montré  que  ce  danger  existait 
très  réel  et  malheureusement  très  fréquent.  Aussi  s'est-on  efforcé,  et  l'un  de 
nous  y  a  contribué  pour  sa  part  (-),  de  parer  à  ces  dangers  et  de  les  pic- 
venir  par  l'injection  préventive  de  sérums  antiinfectieux  et  notamment  du 
sérum  de  Leclainche  et  Vallée  qui  a  donné  de  si  beaux  résultats. 

Or  ces  résultats  peuvent  et  doivent  être  obtenus  dans  la  pratique  civile, 
où  heureusement  on  a  moins  fréquemment  l'occasion  de  les  rechercher, 
mais  où  il   faut  néanmoins   transporter  les  méthodes  de  la  chirurgie  de 

(')  Louis  Bazv,  Valeur  diagnostique  et  pronostique  de  la  bactériolhérapie  dans 
les  infections  chirurgicales  des  viscères  abdominaux,  ^appendicite  en  particulier 
{Soc.  de  C/iir.,  12  mars  1919,  p.  4^8). 

(■^)  Louis  Bazv,  Le  sérum  de  Leclainche  et  ]  allée  dans  la  pré\'ention  désinfec- 
tions post-opératoires  {Soc.  di  i'hir.,  21  mars  J917,  p.  8o3  el  28  mars  1917,  p.  824). 


SÉANCE    DU    26    JUIN    1922.  1  G'j^^ 

guerre.  On  ne  peut  en  effet  resLer  indifférent  et  n'être  pas  fortement  rmii 
de  voir,  à  la  suite  dune  simple  incision,  d'un  simple  déhridement  de 
phlegmon  diffus  périurélral,  éclater  des  accidents  rapidement  mortels, 
analogues,  ainsi  que  je  Tai  déjà  dit,  à  ceux  de  certains  états  anaphylac- 
tiques parmi  les  plus  graves. 

La  sérothérapie  préventive  doit  donc  être  appliquée  aux  cas  urgents,  à 
ceux  où  Fintervention  ne  souffre  pas  de  délai;  mais  dans  ceux  où  l'inter- 
vention peut  être  différée,  il  y  a  avantage  à  remplacer  la  sérothérapie  pré- 
ventive par  V auto-vaccination préventne,  grâce  à  quoi  l'organisme  fabrique 
lui-raême  les  moyens  de  défense  strictement  spécifiques  contre  les  infections 
diverses  dont  les  effets  sont  temporairement  annihilés  par  les  conditions 
mêmes  de  leur  localisation,  mais  qui  peuvent  l'assaillir  au  moment  où,  })ar 
une  intervention  chirurgicale,  on  leur  ouvrira  des  portes,  des  voies 
d'absorption. 

Les  affections  des  voies  urinaires  réalisent  ces  conditions  très  fréquem- 
ment :  les  infections  sont  localisées  dans  le  bassinet,  dans  la  vessie,  dans 
l'urètre  dont  la  muqueuse,  tant  qu'elle  n'est  pas  traumatisée,  oppose  à 
l'invasion  microbienne  une  l)arrière  longtemps  efficace  mais  néanmoins  pas 
complète,  ni  absolue.  De  plus,  on  peut,  plus  facilement  que  dans  les  plaies 
anfractueuses,  connaître  les  microl)es  variés  qui  contribuent  à  l'infection. 

Mais,  si  ces  infections  urinaires  restent  longtemps  localisées  et  sont,  en 
apparence,  inoffensives,  elles  n"en  sont  pas  moins  dangereuses  le  jour  où 
Ion  change  les  conditions  de  leur  existence  et  de  leur  évolution.  C'est  pour 
éviter  ces  dangers  éventuels  et  qu'on  peut  même  dire  probables  que  nous 
avons  pensé  à  faire  l'auto-vaccination  de  ces  sujets  infectés. 

Ainsi  donc,  dans  ces  cas  d'infection  plus  ou  moins  étendues  ou  localisées 
de  l'appareil  urinaire,  où  une  intervention  était  nécessitée  par  ces  lésions 
compliquées  ou  non  de  corps  étrangers  tels  que  calculs,  nous  avons  eu 
ridée,  après  avoir  reconnu  le  ou  les  microbes  infectant  les  voies  urinaires. 
de  pratiquer  une  auto-vaccination  préopératoire . 

Nous  avons  fait  préparer  des  auto-vaccins  soit  simples,  soit  composés, 
suivant  qu'on  se  trouvait  en  présence  d'un  seul  ou  de  plusieurs  microbes  et 
les  avons  injectés  à  nos  malades  à  la  dose  progressivement  croissante  de 
200  millions  à  i,  3,  5,  7,  10  milliards. 

Or  ces  malades  ont  retiré  un  bénéfice  rapide  de  ces  injections,  lutine 
s'améliorant,  les  microbes  diminuant  de  quantité  ou  même  disparaissant, 
l'état  général  se  remontant  rapidement,  la  sensation  de  bien-être,  l'appétit 
et. les  forces  renaissant  :  ce  qui  prouve  que  l'infection,  quoique  atténuée, 


l6G4  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

existait  bien  réellement.  Puis  les  opérations  que  nous  ayons  dû  pratiquer, 
lithotritie,  taille,  opérations  dites  de  prostatectomies,  etc.,  se  sont  com- 
portées comme  si  nous  avions  opéré  dans  un  milieu  rigoureusement  asep- 
tique, la  guérison  étant  survenue  dans  un  délai  minimum,  12,  il\,  1 5  jours. 
Quel  que  soit,  en  effet,  le  soin  que  Ton  mette  à  éviter  la  contamination 
des  tissus  incisés  par  Furine  microbienne,  on  ne  le  peut  littéralement  pas 
dans  certains  cas;  dans  d'autres,  elle  est  très  difficile;  de  plus,  si  l'on 
réfléchit  que  dans  les  régions  où  l'on  opère,  les  moyens  de  défense  des  tissus 
contaminés  sont  très  faibles,  on  ne  peut  s'empêcher  d'être  frappé  de  la  sim- 
plicité avec  laquelle  s'opère  la  guérison.  La  réunion  par  première  intention 
dans  certains  cas,  la  réunion  secondaire,  dans  les  cas  qui  ne  comportent  pas 
la  réunion  primitive,  s'opère  dans  des  conditions  de  rapidité  qui  excluent 
toute  idée  d'infection,  ou  du  moins  les  réunions  des  tissus  incisés  se  font 
comme  si  l'infection  n'existait  pas,  comme  si  l'action  des  microbes  était 
annihilée. 


NOMOGRAPHIE.  —  Sur  les  nomo grammes  à  transparent  orienté. 
ÎNote  de  M.  Maurice  d'Ocagne. 

Le  grand  intérêt  des  iiomogrammes  de  M.  W.  Margoulis,  récemment 
présentés  à  l'Académie,  réside  dans  le  fait  que,  sans  dissociation,  par  suite 
sans  introduction  de  systèmes  ramifiés,  et  sans  introduction  non  plus  de 
systèmes  surabondants  relatifs  aux  variables  qui  entrent  dans  l'équation 
donnée,  ils  permettent,  pour  certaines  équations  d'une  forme  se  rencon- 
trant assez  souvent  dans  les  applications,  d'atteindre  jusqu'au  nombre  de 
neuf  variables,  alors  que,  comme  on  sait,  ce  nombre  limite,  dans  les  mêmes 
conditions  (c'est-à-dire  sans  dissociation  ni  systèmes  surabondants),  est  de 
trois  pour  les  nomogrammes  à  hgnes  concourantes  et  de  six  pour  ceux  à 
points  alignés.  Cette  circonstance  a  l'immense  avantage  de  permettre 
(comme  je  l'ai  fait  voir  pour  certains  nomogrammes  à  points  alignés  com- 
parés à  d'autres  comportant  nécessairement  pour  les  mêmes  équations  des 
systèmes  surabondants)  de  suivre  à  vue  les  variations  des  solutions  pour 
certaines  variations  des  données  et  d'obtenir,  en  conséquence,  également  à 
vue,  certains  maxima  ou  minima  dont  la  connaissance  importe  grandement 
en  pratique  et  qui  ne  sauraient  être  déterminés  analytiquement  qu'au  prix 
de  calculs  fort  compliqués.  C'est  ce  qui  a  permis  à  M.  Margoulis  de 
traiter  nomographiquement,  d'une  façon  si  remarquable,  certaines  équa- 


SÉANCE   DU    26    JUL\    1922.  lC65 

lions  fondamentales  de  la  mécanique  de  l'aviation,  qui,  pour  la  raison  que 
je  viens  de  dire,  eussent  échappé  aux  méthodes  de  l'usage  courant. 

Lidée  même  de  recourir  à  des  transparents  orientés  munis  de  systèmes 
cotés  s'est  déjà  présentée  à  divers  auteurs,  mais  dans  des  cas  particuliers 
beaucoup  plus  simples.  Je  citerai  le  capitaine  Batailler  (tué  pendant  la  der- 
nière guerre),  (jui,  il  y  a  une  quinzaine  d'années,  a  donné  une  série  de 
nomogrammes  de  ce  genre  pour  les  formules  balistiques  de  Siacci  (')  et  le 
professeur  Mehmke  dont  les  nomogrammes  à  images  logarithmiques  pour 
la  résolution  de  certaines  équations  algébriques  d'ordre  supérieur,  rentrent 
aussi  dans  ce  type  (-).  Mais  nul  n'avait  abordé  avant  M.  Margoulis 
l'adaptation  de  ce  genre  de  nomogramme  à  des  équations  de  forme  plus 
compliquée. 

Ces  nomogrammes  appartiennent  à  la  catégorie  de  ceux  comportant, 
d'une  manière  générale,  un  plan  mobile  à  deux  degrés  de  liberté,  auxquels 
est  consacrée,  dans  la  deuxième  édition  de  mon  Traité  (p.  l\io),  la  Sec- 
tion II  B  du  Chapitre  VI. 

Il  peut  n'être  pas  sans  intérêt  de  faire  voir  a  posteriori  ici  comment  ils  se 
rattachent  à  la  théorie  morphologique  générale  qui  m^a  permis,  comme  on 
sait,  de  prévoir  et  de  classer  d'avance  tous  les  types  possibles  de  nomo- 
grammes, envisagés  sous  le  rapport  de  leur  structure. 

Le  plan  fixe  II  et  le  plan  mobile  H'  (transparent)  que  comporte  le  nomo- 
gramme étant  rapportés  respectivement  aux  axes  rectangulaires  O.r  et  O  v, 
d'une  part,  O' x'  et  O'j',  de  l'autre,  il  suffît  de  prendre,  comme  inter- 
venant dans  le  contact  entre  éléments  constants,  le  point  xl  à  l'infini  sur 
O' x' ^  et  l'axe  Ox,  pour  que  le  type  (6.)  de  ma  dernière  classification  (  ') 
fournisse /é:  (ry^e  le  plus  général  de  nomogramme  à  transparent  orienté.  Le 
plus  souvent,  d'ailleurs,  dans  les  occasions  oùce  type  trouve  à  être  employé, 
l'un  des  éléments  intervenant  dans  chacun  des  trois  autres  contacts  se 
réduit  à  un  point.  Un  tel  contact  est  dit  ponctuel. 

Le  nombre  des  cotes  attachées  à  un  élément,  ligne  ou  point,  appartenant 
à  un  système  quelconque,  pouvant  être  indéfiniment  accru  par  le  moyen 
des  systèmes  ramifiés  (^),  c'est-à-dire,  en  somme,  au  moyen  de  certaines 

(')  Cités  dans  mon  Calcul  graplivjiie  et  Noinographie  (  i""''  éd.,  p.  36o  ;  2"=  éd., 
p.  364). 

(^)  Traité  de  Noinographie  (1'''  éd.,  p.  385;  2"  éd.,  p.  !\'io).  On  renconlie  encore 
un  transparent  orienté  dans  quelques  exemples  isolés  comme  le  tokomèlre  de 
M.  Kraïtcliik  destiné  à  certains  calculs  iinanciers. 

(^)    Traité  de  ISomographie,  2^  édition,  p.  488. 

(*)  Jbid..  p.  i33. 


l666  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

dissociations,  nous  nous  contenterons  ici  de  considérer  les  systèmes  les 
plus  généraux  cotés  sans  l'intermédiaire  d'aucune  ramification,  soit  à  une 
cote  pour  les  lignes  et  à  deux  pour  les  points. 

Faisons  encore  la  remarque  que,  lorsque  les  plans  II  et  H'  ont  une  orien- 
tation fixe  l'un  par  rapport  à  l'autre,  on  peut,  à  une  symétrie  près  par  rap- 
port aux  origines  respectives  O  et  0',  permuter,  de  l'un  à  l'autre  plan,  deux 
systèmes  mis  en  contact.  Cela  tient  tout  simplement  à  ce  que  si,  pour  une 
certaine  position  relative,  le  point  (œ,  y)  de  II  coïncide  avec  le  point  Çx' ,  y') 
de  II',  il  en  est  de  même  des  points  (  —  x',  —y'  )  de  II  et  (—  x,  — y)  de  II'. 
Cette  remarque  permet,  sans  que  cela  nuise  à  la  généralité,  de  supposer  que 
les  points  intervenant  dans  chacun  des  trois  contacts  appartiennent  tous  au 
môme  plan,  II'  par  exemple. 

Cela  dit,  appelons  P'^^,  P.,,,  Pj^  les  points  à  deux  cotes  envisagés  sur  II', 
respectivement  définis  parles  réseaux  (s,,  z.,),  (^3,  3^),  (z^,  z^^)-^  les  coor- 
données de  ces  points  P',   seront  données  par  des  formules  telles  que 

De  même,  soient  L-,  L^,  l.g  les  lignes  à  une  cote  tracées  sur  II.  Chacune 
d'elles,  L„,  sera  définie,  en  fonction  de  sa  cote  r,^,  par  une  équation  telle 
(|ue 

J n{^ >  y^  ^n  )  ^^  O. 

Dans  ces  conditions,  la  notation  symbolique  du  nomogramme  étant, 
suivant  nos  ordinaires  conventions  ('), 

<-o.r,      P',,-L„      p;,-L„      p;e-u, 

on  voit  que  si  a  et  (^  sont  les  coordonnées  de  O'  par  rapport  à  Ox  et  Or  les 
trois  derniers  contacts  s'expriment  par 

(/7(/l2+a,   gv2  +  ^,    Z-,)  =  0, 

(0  ■    /s (/s;  +  a,  .^34  +  13.  -^8)  =  O, 

Il  suffît  d'éliminer  les  paramètres  a  et  [^  entre  ces  trois  équations  pour 
avoir  l'équation  à  neuf  variables,  de  z^  k  z,^^  représentée  par  cette  méthode, 
sans  dissociation  ni  systèmes  surabondants. 

On  ne  saurait,  dans  le  cas  général,  expliciter  le  type  de  cette  équation. 
Il  faut,  pour  cela,  que  deux  des  trois  équations  (1)  aient  une  forme  particu- 
lière qui  permette  d'en  tirer  a  et  p;  c'est  ce  qui  a  lieu  dans  le  cas  (qui  semble 

(')  Traité  de  ISomogrophie,  2«  édition,  p.  432. 


SÉANCE  DU  26  JUIN  1922.  1667 

être  celui  qui  s'est  le  plus  fréquemment  offert  à  M.  Margoulis)  où  les  deu.v 
premiers  contacts  cotés  se  rédui>ent  à  une  coïncidence  de  deux  points  ('). 
Ce  cas  se  produit  lorsque  les  systèmes  de  points  P',^  et  P,^  se  réduisent  k 
un  seul,  auquel  cas  un  point  de  ce  système  unique  est  mis  en  coïncidence 
avec  le  point  P^g  du  réseau  formé  par  les  faisceaux  L^  et  L^.  Dans  ces  condi- 
tions, les  variables  z^  et  z,,  disparaissant,  on  peut,  pour  plus  de  régularité, 
effectuer  le  changement  de  notation  consistant  à  substituer  les  indices 
3,  4?  7  aux  indices  7,  8,  9  ci-dessus.  Dès  lors,  la  uolalion  symbolique  du 
nomogramme  devenant 

<-oa;,      p;,aP.;,      p;o-L„ 

les  contacts  entre  éléments  cotés  s'expriment  simplement  par 

(f  1-2=  Ai  —  oc, 
(2)  ■  j    ^-,2=^34—  S, 

et  l'élimination  de  a  et  [^  entre  ces  équations  peut  s'expliciter  sous  la  forme 

Une  telle  équation  ne  serait,  on  le  voit,  représentable  par  entre-croise- 
ment que  par  introduction  de  systèmes  ramifiés  correspondant  aux  fonc- 
tions — /, 2+/3i  H-/o6  6t  —  o-,^ -I- ^3,,  4- ^5,.,  chacun  d'eux  étant  équivalent 
à  une  dissociation  en  cinq  équations,  grâce  à  l'introduction  de  quatre 
variables  auxiliaires  auxquelles  correspondent  autant  de  systèmes  de 
liaison.  De  plus,  une  telle  dissociation  introduirait  un  système  surabondant 
pour  chacune  des  six  premières  variables,  ce  qui  rendrait  le  nomogramme 
absolument  inutilisable. 

Tout  nomogramme  à  transparent  orienté  et  à  contacts  ponctuels  pourra 
se  déduire  du  type  général  se  traduisant  par  les  équations  (i)  ci-dessus 
moyennant,  au  besoin,  le  remplacement  de  certaines  des  variables  qui  y 
interviennent  par  des  constantes  et  la  particularisation  des  supports  de  cer- 
taines des  échelles.  C'est  ainsi,  par  exemple,  que  Ton  retombe  sur  le  type 
des  nomogrammes  du  capitaine  Batailler,  rappelés  au  début  de  cette  Note, 
lorsqu'on  remplace  par  des  constantes  les  cinq  variables  z-.,,  z,,,  z^,  c-,  z^,  et 
que  l'on  prend  pour  supports  des  échelles  (:^i),  (^3)  et  (^j),  les  axes  O'jc', 
O'y'  et  une  droite  également  inclinée   sur  ces   axes,   et  pour  éléments 

(')   Traité  de  i\omographie^  2*=  édition,  p.  434,  Rem.  II. 


fi  =  o, 

/si  =  o, 

h  =  k. 

/sG^y., 

ë"'^  ^T> 

é'si^ys) 

^8=<>, 

^36=  C— /s, 

1668  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

constants  en  contact  avec  (:;,)  et  (:?3),  les  axes  Oj^etOy.  Pour  réaliser 
toutes  ces  conditions,  qui  font  ranger  le  nomogramme  dans  la  classe  (^o), 
il  suffit  de  faire,  dans  les  équations  (i), 

c  étant  une  constante. 

Cela  réduit  ces  équations  à 

/,  +  a  =  o, 

F(/ô+c',  c— /, +  ,3,  59)  =  0, 
et,  par  suite,  le  résultat  de  l'élimination  des  paramètres  a  et  [51  à 

r'(/.— /h  C-/5-/3,  r9)  =  o, 

ou,  en  changeant  les  indices, 

Dans  les  nomogrammes  à  points  alignés,  le  transparent,  sur  lequel  peut 
être  tracé  l'index  rectiligne  servant  à  la  lecture,  change  d'orientation  en 
même  temps  que  de  position.  Ces  nomogrammes  ne  se  rattachent  donc  pas 
directement  à  ceux  que  nous  envisageons  ici.  On  ne  peut  arriver,  par  voie 
indirecte,  à  effectuer  ce  rattachement  qu'en  se  donnant  la  possibilité  de 
réaliser,  au  moyen  d'un  transparent  d'orientation  fixe,  un  alignement  de 
direction  quelconque,  ce  qui  ne  peut  avoir  lieu  que  si  l'on  dote  le  plan  II' 
d'un  faisceau  de  droites  D'  rayonnant  à  partir  d'un  point  quelconque,  O'par 
exemple,  ce  point  O'  devant  être  mis  en  coïncidence  avec  un  des  points 
cotés  du  plan  II.  Encore  convient-il  d'observer  qu'en  général  l'alignement 
servant  à  la  lecture  ne  sera  déterminé  dans  ce  cas  que  par  une  interpolation 
à  vue  à  travers  le  faisceau  rayonnant  au  lieu  d'être  effectivement  réalisé  par 
un  index  comme  dans  le  procédé  normal. 

On  aperçoit  d'ailleurs  immédiatement  qu'au  point  de  vue  morphologique 
les  deux  variantes  appartiennent  à  des  types  distincts. 

La  variante  à  faisceau  rayonnant  de  droites  D'  se  dénote,  en  effet  ('), 
si  O'  est  mis  en  coïncidence  avec  le  point  (^, ,  z.,^^ 

(  ')  Ibid.,  p.  43o. 


SÉANCE    DU    26   JUIN    I922.  1669 

qui  appartient  au  type  (52)de  la  classification  générale,  alors  que  le  pur 
nomogramme  à  points  alignés  rentre  dans  le  type  (3,). 

Aux  nomogrammes  à  transparent  orienté  ne  possédant  qu'un  degré  de 
liberté,  que  constituent  les  règles  à  calcul  considérées  sous  leur  forme  la 
plus  générale,  M.  Margouiis  \ient  d'en  ajouter  une  nouvelle  classe,  non 
moins  importante  pour  les  applications,  avec  transparent  orienté  à  deux 
degrés  de  liberté. 

Il  resterait  maintenant  à  découvrir  des  cas  où  l'on  put  pratiquement 
recourir  à  des  systèmes  mobiles  au  troisième  degré  de  liberté.  Théorique- 
ment, ils  sont  prévus  d'avance  parla  classification  générale  ((ue  j'ai  rappelée 
plus  haut,  où  ils  viendraient  se  ranger  dans  les  classes  ne  comportant  aucun 
contact  entre  éléments  constants.  Mais  on  n'a  jusqu'ici  rencontré,  que  je 
sache,  aucun  type  d'équation  fourni  par  les  applications  pratiques,  qui  soit 
réductible  aux  formes,  nécessairement  assez  compliquées,  qui  corres- 
pondent à  ces  classes. 

AVIATION.  —  Calcul  des  variations  du  plojond  d'un  aéroplane  dues  à 
une  variation  de  son  poids  ou  à  V emploi  d'un  turbo-compresseur.  Note  (  ') 
de  M.  A.  Râteau. 

Les  précisions  (|ue  j'ai  données,  en  ce  qui  concerne  les  pressions  baromé- 
triques et  les  poids  spécifiques  de  l'air  en  atmosphère  normale,  dans  ma 
dernière  Note  à  l'Académie  (^),  permettent  de  faire  les  calculs  des  variations 
du  plafond  d'un  aéroplane  avec  beaucoup  plus  de  justesse  qu'auparavant. 
Déjà,  dans  ma  Note  du  23  juin  1919,  j'avais  présenté  des  indications  à  ce 
sujet;  mais  j'ignorais  à  cette  époque  les  résultats  obtenus  dans  les  observa- 
tions par  ballons-sonde,  et  je  m'étais  borné  à  prendre  pour  coefficient  B  de 
la  formule  logarithmique,  reliant  le  poids  spécifique  cr  à  l'altitude  Z,  la 
valeur  constante  21,6,  qui  ne  s'éloigne  pas,  il  est  vrai,  de  la  vérité  pour  des 
altitudes  comprises  entre  3''°^  et  7'"",  ce  qui  était  suffisant  jusqu'à  ces  der- 
niers temps. 

Au  delà  de  7*"",  il  faut,  sous  peine  de  commettre  de  fortes  erreurs,  tenir 
compte  de  la  décroissance  rapide  de  ce  coefficient  B.  Je  vais  donc  reprendre 
la  question.  Pour  les  notations,  je  renvoie  à  mes  Notes  antérieures  du 
10  juin  i9i()  (•■*)  et  du  i  2  juin  1922  (^). 

(*)  Séance  du  19  juin  1922. 

(^)  Comptes  rendus,  l.  174,  i92'2,  p.  i5ii. 

(•^)  Comptes  rendus^  t.  1G8,  1919,  p-  1142. 

C.  R.,  i9«,  1"  Semestre.  (T.  174,  N»  26.)  121 


lG~0  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

En  vol  horizontal,  la  puissance  propulsive  utile  ^r.nVp  (n  étant  la  vitesse 
de  rotation  du  moleur,  F  son  couple  utile  moyen,  p  le  rendement  de  riiélice) 
est  égale  à  la  puissance  ré>istanle  de  TairXrar^  sur  Tcnscmble  de  l'avion  : 

Remplaçons,  dans  celte  expression,  la  vitesse  v  par  sa  valeur  tirée  de  la 
relation  de  sustentation  P  =  Ygt^'-,  nous  obtenons  : 

(2)  2TïnTp  =  —  — . 

Pour  un  avion  détciminé,  au  plafond,  les  fonctions  X  et  Y  de  la  seule 
incidence  a  sont  aussi  déterminées,  car  Tincidence  a,,  au  plafond  est  tou- 
jours la  même;  j'ai  démontré  encore  qu'il  en  est  de  même  du  recul  de 
l'hélice  et  par  conséquent  de  son  rendement.  Dès  lors. 


2-p^  =  '+ 


(3) 

est  dcterniinc,  ct-il  vient 

(4)  ^nTzfi—V''. 

C  est  cette  relation  simple  qui  permet  de  voir  clairement  comment  varie  le 
plafond  quand  on  change  le  poids  total  de  l'avion  ou  le  couple  F  du  mo- 
teur. 

1°  Action  des  variations  du  poids.  —  Supposons  que,  pour  des  change- 
ments d'altitude  modérés,  le  couple  F  soit  proportionnel  à  tô,  et  po- 
sons F  =  cIîtt;  alors  (4)  devient 

D'ailleurs,  avec  la  même  hypothèse,  (i)  devient 

(^)  2r.A.np  =  Xi'\ 

Comme,  au  plafond,  n  est  proportionnel  à  ^,  puisque  le  recul  de  l'hélice 
est  déterminé,  on  voit  de  suite  par  celte  relation  que  la  vitesse  i),  d'un  avion 
au  plafond,  ainsi  que  la  vitesse  de  rotation  n^^du  moteur  (carburation  réglée 
de  la  même  manière)  sont  indépendantes  du  poids  total  P.  La  précédente 
montre  ensuite  que  cr  est  proportionnel  à  P.  Donc,  si  l'on  compare  les  pla- 
fonds Z,  et  Z.  correspondant  à  deux  poids  dilTérenls  P,  et  P^  du  même 


avion,  on  a 

(7) 


SÉANCE   DU    26   JUIN    1922. 

I 


167I 


el,  en  prenant  les  logarithmes  et  utilisant  la  relation  (5)  de  ma  Note  du 
12  juin  1922, 

(8) 


^P, 


n  suffit  de  se  reporter  au  graphique,  figure  i  de  ladite  \ote,  qui  donne  B 
en  fonction  de  Z  pour  calculer  l'abaissement  du  plafond  qui  correspond  à 


z.uuu 

/ 

. 

j 

1 

L 

.^.,^ 

Sure 

:hâri^_20% 

1              i 

1    ^ 
1 

\ 

i 

1 

•^  1.500 

\ 

1 

^ 

1 

j 

Sure 

har^e  15% 

1 

\ 

1 
1 

-0 

. 

0 

**- 

Q. 

i 

"^i^ 

1     ^ 

^~^i — - 

1 

!    ^ 

1 

^^ 

1000 

) 

/ 

■  ■ 

Sure 

har<^e    !C 

L% 

I"" — 

1 

-I-» 

/  ~~^ 

^ 

! 

c 
E 

1 

^^^ 

^-^ 

M 

;    1 

1 

(0  500 

< 

Sure 

*,«   c 

0/ 

! 

t- 

1 

1 

i               ~"^        ■ 

—  '  J 

/ 

1 

f— 
1 

1     1 

5.000  10.000 

Plafond    initial   en  mètres 
Fij;.   1. 

P> 


5.000 


une  surcharge  relative  ^p — -■  A  cet  effet,  Z,  étant  donné,  on  a  immédiate- 
ment B,  par  la  courbe,  puis  B,  et  Z.  par  Tintersection  de  cette  courbe  avec 


la  droite^  =  j^  -  log|r 


1G72  ACADÉMIE   DES  SCIENCES. 

Le  graphique  ci-dessus  (//o.  i)  donne  le  résultat  de  ce  calcul  pour  des 
surcharges,  échelonnées,  de  5,  10,  1 5  et  20  pour  100,  et  pour  des  plafonds 
initiaux  allant  jusqu'à  iS*"".  On  voit  que,  au-dessus  de  ô""",  les  abaissements 
du  plafond  vont  en  décroissant,  conséquence  de  la  diminution  du  coeffi- 
cient B. 

Si  l'on  tenait  compte  de  la  constante  qu'il  faut  pour  plus  de  rigueur  faire 
figurer  dans  l'expression  du  couple,  comme  nous  allons  le  voir  dans  le  cas 
suivant,  on  trouverait  des  abaissements  du  plafond  légèrement  plus  petits. 

1^  Action  du  turho-compresseiir.  —  Ici  les  variations  du  plafond  sont  si 
grandes  que,  pour  bien  suivre  la  réalité  des  choses,  il  est  indispensable  de 
ne  pas  négliger  le  terme  constant  v,  voisin  de  0,12,  qui  entre  dans  la  for- 
mule du  couple.  Nous  poserons  donc  maintenant 

(9)  V  =  .V{U5--J). 

Nous  supposerons  bien  entendu  que,  quand  on  adapte  le  turbo-compres- 
seur  au  moteur,  on  change  aussi  l'hélice  de  manière  à  ramener  la  vitesse  de 
rotation  n  du  moteur  aux  mêmes  chiffres.  Il  faut  alors  en  augmenter  très 
notablement  le  pas  (et  un  p^u  le  diamètre).  Le  rendement  de  l'hélice  s'en 
trouve  légèrement  amélioré;  mais  nous  négligerons  cette  circonstance  favo- 
rable, dont  on  ne  peut  d'ailleurs  apprécier  exactement  l'influence  que  dans 
chaque  cas  d'espèce.  Dès  lors,  le  facteur  '\/n  de  la  formule  (4)  doit  être 
considéré  comme  étant  le  même  pour  l'avion  avec  ou  sans  turbo. 

Pour  l'avion  sans  turbo,  on  a,  d'après  (4), 

(10)  '^rt.t'(CTi—  v)CTJ=:Pi 

Pour  l'avion  avec  turbo,  deux  cas  principaux  sont  à  envisager: 
a.  Le  turbo  est  calculé  pour  rétablir  exactement  le  poids  spécifique  cj^,  du  sol 
lorsque  V  avion  se  tj^ouçe  au  nom^eau  plafond.  Alors  (4)  devient 

(11)  ^nX'{TJ3o—'->)^l  —  'P'^' 

Nous  prenons  le   même  poids  P.  pour  avoir  l'influence  spécifique  du 
turbo;  on  calculera  ensuite  le  déchet  dû  à  la  surcharge  qu'il  impose. 
En  comparant  (10)  et  (i  i),  nous  avons 


(12) 


57o  —  ^  J 


d'où  l'altitude  Zo  correspondante  en  se  servant  de  la  courbe  des  B. 


SÉANCE   DU   26   JUIN    I922.  1673 

On  trouve  ainsi  qae  Z,  est  un  peu  plus  grand  que  3Z,  aux  basses  altitudes 
et  au  contraire  un  peu  plus  petit  que  3Z,  aux  grandes  altitudes. 

b.  Le  turbo  est  calculé  pour  augmenter  le  poids  spécifique  de  Vair  envi- 


10 


Lxhaussements   du  plafond  pour  un  rapport  de  compression -^^=  m 


E 

c 

OJ 

T3 

C 

o 

Q_ 

C 

«; 

E 

0) 
M 

CO 

X 
X 
aJ 


i 

—- 

rn  =  4 

i 
1 

--- 

m  =  3 

^ 

-^ 

-^^ 

1 

-^ 

r/n  =  4 

'— 

"-^.-^^ 

m^ 

-~ 

m=Z 

. 

m  =  2  ! 

\ 

! 
1 

1 

0  5  •  iÛ 

Plafond    initial  en   Km. 
Fig.  2. 

roniiant  toujours  dans  le  même  rapport  m,  à  partir  de  r altitude  où  il  touj-ne  à 
sa  vitesse  maximum. 

Alors  la  relation  (4)  devient 

1        2. 

(i3)  ^iiAo'{mTxii — v)c7^=:P-: 

d'où,  en  comparant  (10)  et  (i3),  et  supposant  que  le  poids  P  reste  le 
même. 


(•4) 


{niu5i—  y)-z;!y.,^=  {r^i  —  v)-c7i, 


équation  du  troisième  degré,  par  rapport  à  l'inconnue  ût^,  qu'il  est  facile  de 
résoudre.  On  trouve  ensuite  Z,  par  la  courbe  des  coefficients  B. 


1674  ACADÉMIE  DES   SCIENCES. 

Le  graphique  {fig.  2)  donne  les  résultats  du  calcul,  pour  trois  valeurs  de 
/;? (2,  3  et  4)  et  en  admettant  V  =  G,  1 2. 

On  voit  que,  à  cause  de  la  décroissance  de  B,  les  exhaussements  du 
plafond  dus  au  turbo-compresseur  diminuent  à  mesure  que  le  plafond  initial 
s'élève. 

Exemple,  —  Supposons  m=  2,  qui  est  réalisé  avec  nos  turbo-compres- 
seurs  actuels,  et  Z  =  6''™,  où  gt,  =  0,661 ,  avec  c>o  =  i ,  248. 

L'équation  (i4)  donne  m^=.  o,4o55,  auquel,  d'après  le  graphique,  cor- 
respond, en  atmosphère  normale,  Zj  =  ioo45"\  D'autre  pari,  l'adaptation 
du  turbo  occasionne  une  surcharge  de  5  pour  100,  à  laquelle  correspond, 
d'après  la  figure  i,  un  abaissement  du  plafond  de  36o"'.  Le  gain  net  est 
donc,  dans  ce  cas,  de  4o45  —  36o  =  3(j85™. 


BOTAXIQUE.   —  Le  groupe  du  Ghrysalidocarpus  lutescens. 
Note  (  '  )  de  M.  Henri  Jumelle. 

Nous  avons  déjà  plusieurs  fois,  dans  nos  études  antérieures  sur  la  végé- 
tation de  Madagascar,  fait  remarquer  à  quel  point  cette  flore  malgache, 
avec  ses  nombreuses  formes  de  transition,  est  de  celles  qui  rendent  tout 
particulièrement  difficile  une  délimitation  précise  de  l'espèce  linnéenne. 
Nous  avons  notamment  rencontré  de  grandes  difficultés  à  cet  égard  à 
propos  du  genre  Mascarenhasia  parmi  les  Apocynées;  nous  retrouvons  des 
difficultés  analogues  pour  certains  Palmiers  de  la  grande  île. 

Autour  du  Ghrysalidocarpus  lutescens^  par  exemple,  se  groupent  plusieurs 
espèces  qui  pourraient  tout  aussi  bien  n'en  être  que  des  modifications 
locales,  provoquées  par  les  conditions  de  milieu  (altitude,  sol,  exposition, 
humidité,  etc.),  puis  fixées  par  hérédité.  Quelques  caractères  peuvent  bien 
permettre,  en  efl"et,  de  distinguer  ces  diverses  formes,  mais  ils  sont  tels  que, 
si  l'on  considère,  d'autre  part,  le  port  général  et  les  autres  grands  carac- 
tères de  ces  plantes,  on  a  bien  plutôt  l'impression  de  se  trouver  en  présence 
de  différentes  modalités  d'un  type  unique.  On  n'éprouve  aucune  difficulté 
à  séparer  du  Ghrysalidocarpus  lutescens  le  Gh.  rivularis  ou  le  Gh.  oleraceus, 
dont  les  segments  foliaires,  très  larges  dans  le  Gh.  rivularis^  sont  par  groupes 
le  long  du  rachis,  tandis  qu'ils  sont  isolés  dans  le  Ch.  lutescens;  mais  nous 
ne  trouvons,  ni  dans  les  feuilles,  ni  dans  les  inflorescences,  aucune  sépa- 


(')  Séance  du  19  juin  1922. 


SÉANCE   DU   26   JUIN    I922.  lÔyS 

ralioii  aussi  nette  entre  les  représentants  de  ce  que  nous  appelons  le  groupe 
du  Chrysalidocarpus  lutesccns.  ^ 

Ce  C/i.  luiescem  est  un  des  l^almiers  les  plus  anciennement  et  les  mieux 
connus  de  Madagascar.  Il  est  de  longue  dale  cultive  dans  nos  serres  sous 
le  nom  àWreca  lutescens;  et  l'ancienneté  de  son  introduction  en  Europe 
tient  à  son  habitat  dans  son  pays  d'origine.  Formant  un  peuplement  continu 
sur  les  dunes  littorales  de  TEst  de  Madagascar,  entre  la  mer  et  les  lagunes, 
depuis  Maroantsetra  jusqu'à  Forl-Dauphin ,  il  devait  être  tout  de  suite 
remarqué  par  les  voyageurs  abordant  la  côte;  et  il  était  facile  de  se  pro- 
curer et  d'expédier  des  fruits  ou  des  plants. 

A  l'état  spontané,  ce  lafahazo  des  Betsimisaraka,  le  rehazo  des  Tanala, 
est  un  Palmier  à  port  robuste,  poussant  en  touffes  de  six  à  dix  troncs,  et 
davantage,  ces  troncs  ayant  de  4"'  à  10™  de  hauteur  et  jusqu'à  12^"  de  dia- 
mètre. Les  six  à  sept  feuilles  qui  couronnent  chaque  stipe  sont  à  gaine  et 
pétiole  jaunâtres  (d'où  le  nom  de  lutescens)  dans  les  endroits  découverts; 
à  l'ombre,  la  teinte  est  plus  verte.  Les  nombreux  segments  foliaires,  plus 
ou  moins  équidistants,  sauf  parfois  ceux  de  la  base,  ont  en  moyenne  6o*™ 
de  longueur  sur  i5'"'"  à  20'"'^  de  largeur;  les  inférieurs  ne  sont  pas  sensible- 
ment plus  courts  que  les  médians.  L'inflorescence,  assez  longuement 
pédonculée,  est  trois  fois  ramifiée  à  la  base;  les  fruits  mûrs  sont  assez  régu- 
lièrement ovoïdes,  un  peu  atténués  aux  deux  extrémités,  à  stigmate 
basilaire. 

Or  la  répartition  assez  régulière  des  segments,  leur  étroitesse,  la  longueur 
presque  égale  des  segments  inférieurs  et  médians,  l'aspect  d'ensemble  de 
l'inflorescence  sontautant  de  caractères  qui  contribuentà  donner  à  peu  près 
le  même  port  au  Ch.  Baronii,  qui  est  Xt  farihazo  du  Centre,  où  il  croît,  au- 
dessus  de  800'",  dans  les  bois  à  Lichens  des  cimes,  au  Ch.  propinquus,  qui, 
dans  l'Analamazaotra,  se  rencontre  auprès  de  ce  Ch.  Baronii,  mais  dans  les 
endroits  moins  ombragés,  et  au  Ch.  onilahensis ,  à  peu  près  des  mêmes 
altitudes,  mais  sur  le  versant  occidental,  dans  le  bassin  de  l'Onilahy. 

Les  seules  différences  d'aspect  de  ces  Palmiers  sont  leur  plus  ou  moins 
grande  gracilité.  Le  Ch.  lutescens,  du  littoral,  est  le  plus  robuste;  le  Ch, 
omlahensis  est  le  plus  grêle;  les  deux  autres  sont  intermédiaires.  Mais  tous 
poussent  par  touffes,  qui  se  composent  de  3  à  4  troncs  de  2'"  à  6™  de  hau- 
teur, avec  un  diamètre  de  (3'"'  à  lo^"",  dans  le  Ch.  Baronii.,  de  4  à  5  troncs 
de  2"^  à  3°^,  avec  un  diamètre  de  S*^""  à  lo^"",  dans  le  Ch.  onilahensis.  Quant 
aux  segments  foliaires,  ils  ont,  sur  la  plus  grande  longueur  du  rachis,  25*^''" 
à  35'°^  sur  lo™"^  dans  le  Ch.  Baronii,  23-^'"  sur  S'""*  dans  le  Ch.  propinquuSy 


1676  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

/jo'^'"  à  5o"'  sur  10™'"  à  i5™'"  dans  le  C'A.  onilahensis.  Les  inflorescences  de 
ces  trois  espèces  ne  paraissent  jamais  que  deux  fois  ramiliées,  mais  cette 
moindre  ramification,  comparée  à  celle  du  Ch.  lutescens^  coïncide  avec  la 
moindre  robustesse. 

Quelles  sont,  dès  lors,  les  dilTérences  qui  nous  empêchent  de  réunir  tous 
ces  Palmiers  en  une  seule  espèce  ?  C'est  déjà,  indépendamment  des  dimen- 
sions des  segments  foliaires,  qui  ne  sont  pas  tout  à  fait  les  mêmes,  la  lon- 
gueur du  pétiole,  qui  est  très  court  ou  même  nul  dans  le  Ch.  propinquus,  très 
court  encore  (4*'"'  à  ô"™)  dans  le  Ch.  onilahensis^  plus  long  (jusqu'à  25"") 
dans  le  Ch.  Baronii,  où  il  reste  toutefois  plus  court  que  la  gaine,  et  long  (au 
moins  20"")  dans  le  Ch.  lutesccns^  où  il  est,  au  contraire,  ordinairement 
plus  long  que  cette  gaine.  Mais,  même  à  ce  point  de  vue,  si  l'on  remarque 
encore  que  les  longueurs  de  la  gaine  et  du  pétiole  peuvent  dépendre  de 
l'âge  de  la  plante,  de  la  hauteur  du  stipe,  de  la  plus  ou  moins  grande  vigueur 
de  croissance  du  pied,  on  ne  peut  pas  attacher  une  trop  grande  importance  à 
ces  dimensions. 

Analomiquemcnt,  d'autre  part,  les  mérislèles,  dans  les  segments,  sont 
sensiblement  difterentes.  Elles  n'occupent  pas  toule  l'épaisseur  des  nervures 
et  n'atteignent  pas  l'épiderme  supérieur  dans  le  Ch.  propinqiius ^  alors 
qu'elles  correspondent  à  toute  l'épaisseur  de  la  nervure  dans  les  trois  autres 
espèces  :  dans  le  Ch.  lutcscens.,  où  elles  sont  vaguement  elliptiques,  avec  un 
très  court  et  très  léger  rétrécissement  vers  le  haut;  dans  le  Ch.  Baronii,  où 
elles  sontplutôt  pirifornies,  avec  un  long  rétrécissement  supérieur;  dans  le 
Ch.  onilahensis,  où  elles  sont  grossièrement  turbinées,  la  pointe  vers  le  bas. 
En  outre,  dans  le  parenchyme,  foliaire,  il  n'y  a  que  quelques  îlots  scléreux, 
au  voisinage  des  nervures,  dans  le  Ch.  propinquiis,  et  ces  îlots  sont  aussi  très 
rares  ou  même  manquent  dans  le  Ch.  Baronii,  tandis  qu'ils  sont  très  nom- 
breux dans  le  Ch.  lutescens,  ainsi  que,  surtout  vers  l'épiderme  supérieur, 
dans  le  Ch.  Baronii. 

Enfin  il  est  à  remarquer  encore,  au  point  de  vue  de  la  morphologie 
externe,  que  l'orifice  de  la  gaine  non  encore  déchirée  est  très  oblique  dans 
le  Ch.  liaroniiy  où  ses  bords  se  continuent  presque  insensiblement  avec  les 
bords  du  pétiole,  tandis  que  le  même  orifice  fait  un  angle  obtus  avec  le 
pétiole  dans  le  Ch.  lutescens  et  un  angle  presque  droit  dans  le  Ch.  onilahensis 
et  le  Ch.  propinquus . 

Et  il  nous  faut  bien  tenir  compte  de  ces  caractères,  car  nous  constatons 
que,  chez  le  Ch.  lutescens,  aussi  bien  la  structure  anatomique  de  la  feuille 
que  la  disposition  et  la  forme  de  l'orifice  de  la  gaine  sont  absolument  iden- 


SÉANCE    DU    26   JUIN    1922.  1677 

tiques  dans  des  spécimens  récoltés  sur  les  dunes  littorales,  dans  un  autre 
spécimen  qui  nous  a  été  adressé  du  Jardin  d'Essais  de  Tlvoloina  et  sur  des 
pieds  provenant  de  nos  serres,  c'est-à-dire  dans  des  exemplaires  qui,  tout 
en  ayant  pour  origine  première  le  même  peuplement  littoral,  se  sont  cepen- 
dant trouvés  ensuite  soumis  à  des  conditions  assez  différentes  de  végétation, 
surtout  quand  il  s'agit  des  individus  cultivés  dans  nos  serres. 

Ce  dernier  fait  indique  évidemment  une  certaine  fixité  des  caractères 
spécifiques  correspondant  à  un  peuplement;  cette  fixité  pourtant  ne  serait 
pas  telle  que,  à  la  longue,  d'autres  facteurs  plus  puissants,  comme  l'altitude, 
le  sol,  etc.,  ne  soient  en  état  de  déterminer  des  modifications  progressives, 
qui  se  fixent  à  leur  tour.  De  là  sans  doute  résultent  ces  formes  que  nous 
n'osons  pas  affirmer  être  des  variétés  d'une  même  espèce  et  que  nous  consi- 
dérons comme  espèces  affines,  mais  dont  l'ensemble  forme,  en  tout  cas,  dans 
le  genre,  un  groupe  qu'il  est  intéressant  d'établir,  car  on  atténue  ainsi  ce 
que  peut  avoir  de  trompeur,  lorsqu'on  le  prend  au-  sens  linnéen,  le  terme 
d'  «  espèce  »,  dont  la  trop  grande  précision  apparente  a  bien  le  défaut, 
qu'on  lui  a  maintes  fois  justement  reproché,  de  ne  pas  toujours  corres- 
pondre certainement  à  la  réalité. 

M.  .1.  Hadamard  fait  hommage  à  l'Académie  des  Leçons  d'Analyse  fonc- 
tionnelle professées  au  Collège  de  France  par  Paujl  Lévy,  pour  lesquelles  il 
a  écrit  une  Préface. 

ÉLECTIONS. 

Par  42  suffrages,  contre  2  à  Sir  Robert  Hadfield  et  i  à  Sir  William  Pope, 
M.  AMi'i  PicTET  est  élu  Correspondant  pour  la  Section  de  Chimie,  en  rem- 
placement de  M.  Ph.-A.  Giiye,  décédé. 


PLIS  CACHETES. 

MM.  Paul  Sacerdote  et  Pierre  La.mrert  demandent  Touverture  d'un 
pli  cacheté  reçu  dans  la  séance  du  23  avril  191 7  et  inscrit  sous  le  n°  8383. 

Ce  pli,  ouvert  en  séance  par  M.  le  Président,  contient  une  \ole  inti- 
tulée :  Nouveau  procédé  pour  déceler  la  présence  d'un  sous-marm. 

(Renvoi  à  l'examen  de  M.  Berlin.) 


l6:8  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 


CORRESPOIVDAIVCE. 


M.  le  Ministre  de  l'Ixstuuciion  publique  et  dis  ï»eaux-Arts  invite 
l'Académie  à  lui  désigner  huit  de  ses  Membres  qui  occuperont  les  places 
que  Texpiration  des  pouvoirs  rendra  prochainement  vacantes  dans  la  Com- 
mission technique  de  la  Caisse  des  recherches  scientifiques. 


M.  le  Secrétaire  perpétuel  signale,  parmi  les  pièces  imprimées  de  la 
Correspondance  : 

Jacques  Rurff.  Des  sciences  physiques  aux  sciences  morales.  (Piéscntc  par 
M.  Emile  Borel.) 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.    —    Sur  certaines  équations  fonctionnelles   algé- 
briques. Note  de  M.  H.  Mineur,  prcsentce  par  M.  Goursat. 

I.  Soit  o- un  groupe  continu  de  transformations  birationnelles  à  j' varia- 
bles défini  par  5  transformations  infinitésimales  indépendantes  : 

/,  =  i 

Nous  supposons  que  g  est  simplement  transitif,  le  déterminant  ù  formé 
avec  les  c.,.,  n'est  donc  pas  identiquement  nul;  désignons  par  (0)  le  lieu  qui 
a  pour  équation  0=0. 

Soit 

une  relation  algébrique  entre  .y  +  i  variables,  dans  l'espace  à  ^  H-  i  dimen- 
sions; elle  définit  une  multiplicité  algébrique  Oli  à  s  dimensions. 

Dans  ce  (jui  va  suivre,  nous  supposerons  toujours  les  r  liés  par  celte  rela- 
tion (I).  Soit  (j  un  groupe  continu  à  s  paramètres  de  transformations  bira- 
tionnelles  sur  Oit  et  laissant  OU  invariante.  Nous  supposons  (j'  simplement 
transitif,  sauf  sur  une  multiplicité  (A)  tracée  sur  OU.  et  isomorphe  à  g. 

D'après  la  théorie  de  Lie,  il  existe  un  système  de  5 -t- i   fonctions  j',, 


SÉANCE   DU    26    JUIN    1922.  1679 

Xa,  ■•-,  Ys+i  de  a?,,  j?2,  ...,  Xs,  vérifiant  (I),  prenant  en  un  point  ^r."  des 
valeurs  données  et  telles  que  si  Ton  considère  ces  fonctions  comme  définis- 
sant une  iransformalion  r  —f(x),  le  groupe  CJ  est  le  transformé  de  if  par/. 
En  d'autres  termes  y  =/(^)  ^st  définie  par  l'équation  fonctionnelle 

(II)  /l^]  =  (J[f]' 

II.  ?sous  allons  étudier  les  fonctions/  des  variables  x  ainsi  définies  : 

i"*  Posons  ^R  =  cr\^  -+-  ixl,  les  fonctions  y  se  comportent  comme  des  fonc- 
tions ratioimelles  dans  tout  domaine  fermé  de  l'espace  x\,x^,  x'^,  x_,,  . .., 
x'^,  x]  de  connexion  linéaire  égale  à  Tunité  et  ne  contenant  aucun  point 
de  (0). 

2°  Si,  lorsque  le  point  x\,  x\,  .. .,  x]  décrit  un  contour  fermé,  les  fonc- 
tions y,  reprennent  des  valeurs  y,  différentes  des  valeurs  primitives,  la  trans- 
formation qui  fait  passer  des  7,  aux  y^  est  permutable  avec  toutes  celles 
de  g. 

Ces  deux  théorèmes  sont  encore  vrais  si  Ton  échange  entre  eux  g  et  g, 
les  X  et  les  y. 

III.  Deux  cas  peuvent  donc  se  présenter  : 

1°  Toutes  les  transformations  de  i^  sont  permutables  entre  elles;  en  pre- 
nant pour  ^^- le  groupe  x'-  =  x^-h  a^  (i  =  i,  2,  ...,s),  on  obtient  pour  les  j 
des  fonctions  uniformes. 

2°^  n'admet  aucune  transformation  infinitésimale  distinguée;  si  g  est 
tel  que  par  un  choix  convenable  des  paramètres,  les  équations  de  ^• 
dépendent  birationnellement  de  ces  paramètres,  les  fonctions  y  sont  uni- 
formes dans  un  domaine  quelconque.  De  plus,  la  correspondance  établie 
par  (II)  entre  les  transformations  finies  de  o- et  g  est  l)iuniforme,  ce  qui 
n'a  pas  lieu  lorsque  g  est  permutable. 

IV.  Soit  x'  =  ^.{x)  une  transformation  à  s  variables  telle  que  Ton  ait 
symboliquement  f[^{x)]  =  /[r].  Nous  dirons  que  z  appartient  au 
groupe  (^')  de /.  On  obtient  facilement  (g')  en  considérant  les  y  comme 
des  variables  et  les. r  comme  des  fonctions  et  l'on  arrive  au  résultat  suivant  : 

(g')  est  un  sous-groupe  discontinu  du  groupe  g'  formé  des  transforma- 
tions permutables  avec  toutes  les  transformations  de  g. 

Les  substitutions  de  («')  sont  de  deux  sortes  :  les  unes,  analogues  aux 
périodes  cycliques  des  intégrales  abéliennes.  proviennent  des  contours 
tracés  sur  DXU  qui  ne  peuvent  être  réduits  à  un  point  par  une  déformation 
continue;  les  autres,  analogues  aux  périodes  polaires,  proviennent  de 
contours  infiniment  petits  entourant  un  point  de  S. 


l68o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

On  voit  qu'à  chaque  structure  de  groupe  simplement  transitif  correspond 
une  classe  de  transcendantes  uniformes.  Les  fonctions  elliptiques  et  abé- 
liennes  correspondent  à  la  structure  (X^,  X^)  =  o  et  la  théorie  précédente 
consiste  à  les  définir  par  leur  théorème  d'addition. 


ANALYSE  MATHÉMATIQUE.  — ^  Sur  le  problème  des  moments. 
Note  de  M,  Torstk.v  C.vrleman,  présentée  par  M.  Emile  Borel. 

Etant  donnée  une  suite  de  constantes  réelles  Co,  C,,  . . .,  C,,,  . . .,  propo- 
sons-nous de  déterminer  une  fonction  '\>{oc)  non  décroissante  (à  une 
infinité  de  points  de  croissance)  qui  satisfasse  aux  relations 

(l)  /       X'  Ch]^{x)  —  C.,  (vmo,    I,   2,    ..  .). 

Ce  problème  qui  généralise  le  problème  des  moments  de  Stielljes  a  récem- 
ment été  l'objet  d'importantes  recherches  de  M.  Hamburger  (vl/r///?.  Ann.^ 

«/      '"  \o 

1920,  1921).  Il  suit  de  l'inégalité  évidente   /     l   ^  Vv^'  |   r/'j/(.r)^o  que 
les  formes  quadratiques  ^C/,^,/J>X7  doivent  être   positives  définies.   Ces 


/'.  '/ 


^      Cv 


conditions  entraînent  que  la  série  —  \  ^7^  peut  cire  développée  (formel- 
lement)  en  fraction  continue  de  la  forme 

Désignons  par  Sv  la  substitution  linéaire 
(3)  .   T=- 


En  comparant  So,  S,,  ...,  S„_,  on  trouve 


S,S,...S„_.(0  = 


I  <■/,  —  [x         I  a.,  —  [j.  '        I  '!„  —  [J.  —  t 


Supposons  pour  préciser  I[al  >  o,  I|  aj  désignant  la  partie  imaginaire 
de  [X.  11  suit  de  {^)  que  l'inégalité  I[/ 1  >  o  entraîne  I[T]  >  o.  On  en  con- 


SÉANCE   DU   26   JUIN    1922,  1681 

dut  que  la  transformation  ^  — S„S,  ...  'S,^_^(t)  transforme  le  demi-plan 
supérieur  des  l  en  un  cercle  C„{[j.)  situr  entièrement  au-dessus  de  l'axe  réel 
dans  le  plan  des  H,  et,  en  outre,  que  chaque  Cn([J.)  contient  tous  les  Cv([J^) 
d'indice  supérieur.  La  suite  des  cercles  C,(l;.),  C.,{[j.),  ...,  C„(a),  .  ..  tend 
donc  ou  vers  un  cercle  limite  C(tjL)  ou  bien  vers  un  seul  point  p(u!-).  Dans 
le  second  cas  nous  dirons  avec  M.  Hamburger  que  la  fraction  continue  est 
complètement  convergente. 

Citons  maintenant  le  lemme  suivant  : 

«  Soit  'l'o(^)  une  fonction  non  décroissante  telle  ([ue  tous  les  moments 
correspondants  existent.  Alors  on  a 


/_ 


r  — z — v' 

"   — 00  * 

où  l'on  a  posé 

yo=/      a']>o{j^),         ïoai=/      a:^/'|o(^i').  1       X  —  z' 

'|,(^)  étant  une  fonction  de  même  nature  que  '|o(^)-  " 

'f'^  _    est  égal 


Av 


V  - — ^(Av^  o).  La  proposition  générale  s'en  déduit  par  un  passage  à 


V  =  I 


la 


limite  en  approchant   /       '^         par  des  expressions  de  la  forme 

2j  ■~^^^~ : H -^^^ : \-^^^ 3—. 

••■■  X^i —  C  ^—m         -^  •^' m  -' 

V  =  —  ni 

Soit  maintenant  '\{^x)  une  solution  quelconque  de  (i).  Par  application 
répétée  du  lemme  que  nous  venons  d'énoncer,  on  voit  que  la  valeur  de  /, 
solution  de  l'équation 

ç=r  î^iM=s.s,...s„_,(o 

est  de  la  forme  i=  1    ij^ii^fl.  '\/,^(x)  étant  non  décroissante,  on  trouve 

I[/]  ^  o.  Le  point  H  est  donc  situé  à  l'intérieur  du  cercle  C„(a).  Ceci  ayant 
lieu  quel  que  soit  /?,  on  voit  que  ^  appartient  au  cercle  C([j.).  D'où  le 
résultat  :  5/  'j'(ï')  est  une  solution  quelconque  du  problème  des  moments  (i), 


l682  ACADÉMIE    DES    SCIENCES, 

on  a  S 


ï(^)-/   î 


d^i^) 


F- 


I([J.)  étant  le  centre  du  cercle  C(u.)  et  p([J.)  S07i  rayon. 

En  supposant  p([Ji-)  =  o,  on  obtient  comme-cas  particulier  le  théorème  de 
M.  Hamburger  :  Si  la  fraction  continue  (2)  est  complètement  convergente 
le  problème  des  moments  (i)  est  déterminé. 

Signalons  encore  le  théorème  suivant  facile  à  démontrer  :  Pour  que  '\^(a') 
soit  une  solution  du  problème  des  moments  (i),  il  faut  et  il  suffit  qu  il  existe 
une  suite  de  fractions  limitées 


gnii^)  =  .Jn  ' ,.  -  I..'  ' ,.  -  ,j:r"„     (/-/'  >o), 


telles  que  Von  ait 

lim  6[j'"=:  &JJL,  Yim  a\j!^  =i  y.^         (jjl  =  o,  1,2,...), 


Il  m  o- 


"^^^^r^.  (ït^^^^)- 


CALCUL  DES  PROBABILITÉS.  —  Sur  la  loi  de  Gauss.  Note  de  M.  Paul  Lévy, 

présentée  par  M.  Hadamard. 

Dans  une  Note  présentée  le  27  mars,  j'ai  indiqué  des  conditions  dans 
lesquelles  on  peut  affirmer  que  la  somme  d'un  grand  nombre  d'erreurs  très 
petites  obéit  à  la  limite  de  la  loi  de  Gauss.  I  ne  erreur  de  rédaction  m'a  fait 
écrire,  dans  Ténoncé  de  la  première  condition,  les  mots  valeurs  de  x  supé- 
rieures à  d  en  valeur  absolue,  alors  que  je  voulais  écrire  supérieures  à  Cm. 
L'énoncé  ainsi  faussé  était  inexact,  comme  l'a  fait  remarquer  M.  Lindeberg 
dans  sa  Note  du  29  mai  1922. 

Voici  brièvement  indiquée  la  démonstration  de  la  proposition  ainsi 
rectifiée. 

Considérons  d'abord  ce  qu'il  est  commode  d'appeler  z//ze/oiV/r/>ro//(7^////e 
réduite.,  c'est-à-dire  pour  laquelle  on  ait 


(I) 


/        xdV{x)z=o,  1)1'^=  1         x''-d\  {x)  ■=:\. 


F(a7)  désignant  la  probabilité  pour  que  la  variable  considérée  soit  iîifé- 
rieure  à  x.  Une  loi  de  probabilité  peut  être  réduite  par  un  changement 


SÉANCE   DU    2(j   JUIN    1922.  l683 

d'origine  et  un  changement  d'unité,  pourvu  que  Tintégralc  rn^  soit  finie. 
Étant  donné  un  nombre  i  positif  arl)itrairement  petit,  on  peut  déterminer 
un  nombre  C  tel  que 


£ 


x-^dV{x)  >i 


En  posant 

oiz.)—  f       e'-'-'  d¥{x),  (.){z)=  f      e'-^x-^  cl  F  (  x) , 

g(^)  étant  donc  \à  fonction  raraclérislique,  on  a  évidemment 

l9"(-^)  4-Gj(c)I  <-^,         |w'(..)|<C,         |o.(c)-^j(o)|<Clrl, 
d'où  Ton  déduit,  en  observant  que  0(0  )  =  i,  'f'i  t)  )  =  o,  o  (  o  )  =  —  i, 


.(--)-!  + 


2  D 


On  peut  donc  déterminer  h  positif  tel  que  \z\<^h  entraîne 

(2)  -|(^)=z:log9(--)  =  -^'[l  +  £5(.)]  (-i<0<.). 

Il  suffit  d'ailleurs  de  connaître  l'expression  de  C  en  fonction  de  £  pour  en 
déduire  celle  de  h.  Si  donc  on  a  un  ensemble  de  lois  réduites  pour  lesquelles 
les  intégrales  qui  définissent  nr  convergent  également  vers  l'unité,  on  peut 
déterminer  h  de  manière  que  la  formule  (2)  s'applique  à  toutes  ces  lois. 

Ceci  posé,  supposons  que  les  lois  de  probabilité  qu'il  s'agit  de  composer 
vérifient  la  première  condition  (i),  que  les  valeurs  de  la  moyenne  quadra- 
tique m  soient  toutes  inférieures  à  un  nombre  très  petit  r,,  et  que  les  lois 
réduites  correspondantes  constituent  une  famille  de  la  nature  que  nous 
venons  de  considérer  (ce  qui  équivaut  aux  conditions  de  ma  précédente 
Note,  en  tenant  compte  de  la  rectification  indiquée  ci-dessus).  Pour  toutes 
ces  lois,  Tj  I  s  j  <^  A  entraîne 

'i^{z)  =  \o^f       ei--''dV{x)=—'^^^[i  +  zB{z)\ 

Pour  mettre  en  évidence  Tallure  de  la  loi  composante,  il  faut  bien  en- 
tendu la  supposer  réduite,  c'est-à-dire  que  Iw-  =  i .  Pour  cette  loi,  le  loga- 
rithme de  la  fonction  caractéristique  est  alors,  pour  r,  ]::!<//,  de  la  forme 

W{z)=^l^]j{z)=-—[\->rZe,{z)],  (-I<5:<l). 


l684  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

En  choisissant  d'abord  £,  puis  •/)  aussi  petit  qu'il  est  nécessaire,  on  voit 
que,  dans  tout  intervalle  fini,  ^X^)  diiïère  aussi  peu  que  Ton  veut  de  —  ^> 
valeur  qui  caractérise  la  loi  de  Gauss. 

Ce  résultat  me  paraît  suffisant  pour  que  l'on  puisse  dire  en  termes  peu 
précis  que  Ton  a  à  la  limite  la  loi  de  Gauss.  Il  serait  préférable  d'établir  que 
pour  la  loi  composante,  supposée  réduite,  on  a 


\l'2.%  J_.„ 


<£ 


Bien  que  je  n'aie  pu  y  parvenir  jusqu'ici,  je  crois  qu'il  est  possible  d'y 
arriver  sans  nouvelle  hypothèse. 

NOMOGRAPHIE.  —  Les  abaques  à  transparent  orienté.  Note  (') 
de  M.  W.  Margoulis,  présentée  par  M.  Ch.  Lallemand. 

Le  transparent  orienté  a  fait  sa  première  apparition  systématique  en 
i885,  dans  les  abaques  hexagonaux  de  M.  Ch.  Lallemand. 

J'ai  réussi  à  généraliser  largement  cette  méthode  de  façon  à  pouvoir 
représenter,  soit  sous  leurs  propres  formes,  soit  sous  des  formes  difl'ércntes, 
toutes  les  équations  représentables  par  les  autres  systèmes  d'abaques,  ainsi 
qu'un  certain  nombre  d'équations  rebelles  à  ces  derniers  systèmes. 

Depuis  1914?  j'ai  établi,  principalement  en  vue  de  la  solution  de  différents 
problèmes  intéressant  l'Aviation,  une  trentaine  d'abaques  de  cette  nature. 

Ces  abaques  conviennent  surtout  à  la  résolution,  par  une  seule  opération 
et  sans  systèmes  surabondants,  d'une  ou  de  plusieurs  équations  à  grand 
nombre  de  variables;  ils  se  prêtent  particulièrement  à  la  discussion  nonio- 
graphique  des  équations. 

FORMES    CANONIQUES    d'ÉQLATIONS   KEPRÉSENTABLES   PAU   LES    ABAQUES    A    TRANSPARENT    OBIENTÉ. 

L'abaque  de  l'équation  F(X,  \  ,::.)=  o,  où 

comprend  un  fond  sur  lequel,  dans  un  système  d'axes  OXY,  après  éli- 
mination de  z^  et  z.;,  entre  les  équations  x  =  y,o,  7  =  i,',,25  of*  trace  le 
réseau  de  points  à  deux  cotes  (^z^^  z.,),  ainsi  que  le  faisceau  {z.). 

(')  Séance  du  19  juin  1922. 


SÉANCE    DU    26    JlIN    I922.  l685 

Le  transparent,  d'autre  part,  porte,  dans  un  sxslènie  d'axes  0,XY, 
parallèles  aux  axes  OXY,  le  reseau  (-.,,  z-.,),  obtenu  par  Télimination  de  z^ 
et  z,  entre  les  équations  x=  —  j\  .^^y  =  —  g^  ,,  ainsi  que  le  réseau  (z.,  z-^,) 
tracé  au  moyen  des  relations  .r  =/:5,07  y  =  ©  ,.o- 

Si,  dans  l'équation  ci-dessus,  /,  ^  =  <t>(i,'-,.o),  ....  le  fond  portera  les 
échelles  binaires  (:?,,  z^)  et  {z.,,  z,,),  le  réseau  des  lignes  à  deux  cotes 
(^^.2^  ^h.;)  et  le  faisceau  (z,,).  Sur  le  transparent  seront  tracées  les  échelles 
binaires(;,3,  =„),(--,  -g),  (-95  -.0)  et  (:;, ,, -11;),  ainsi  que  les  réseaux  (A,„6,/i,,») 

e t  (  " 9 , ( 0 5  '^\  \ ,{-2 )• 

Pour  résoudre  un  système  d'équations  du  genre  ci-dessus,  se  prêtant  à 
l'emploi  de  la  méthode,  on  superposera  les  échelles  des  variables  com- 
munes. Ainsi,  pour  deux  équations  à  huit  variables,  on  utilisera  :  1°  un 
fond  portant  le  réseau  {z^,  z.,)  et  les  faisceaux  (z^),  (z^);  2°  un  transparent 
avec  un  point  fixe  et  deux  réseaux  (z.,,  z,),  (z-^,  z,,),  ou  bien  un  fond  et  un 
transparent  portant  chacun  deux  réseaux. 

Le  même  procédé  s'applique  à  une  seule  équation  :  par  l'introduction  de 
variables  auxiliaires,  on  la  divise  en  plusieurs  équations  et  l'on  élimine 
ces  variables  par  la  suppression  d'un  réseau  ou  par  sa  réduction  à  un 
faisceau. 

TYPES    d'abaques    POUR    FORMES    CANONIQUES    DE    LA    MÉTHODE    DES    POINTS    ALIGNÉS. 

On  peut  considérer  les  abaques  à  points  alignés  comme  des  cas  particuliers  des 
abaques  à  transparent  orienté;  il  suffit,  en  etVet,  de  diviser  l'équation  |/,^,/j,|=  o 
en  trois  équations  de  la  forme 

\   =XZn,  ou        \=- h),        A  _  — r 

et  d'accoler  les  trois  abaques  par  l'éclielle  commune  (7). 

Mais  si,  pour  des  équations  d'ordre  3  et  4,  on  ne  procède  pas  par  division,  et  que, 
pour  des  ordres  supérieurs,  on  emploie  la  division  et  l'anamorphose  logarithmique, 
on  obtient  des  abaques  de  formes  différentes. 

Ainsi,  les  équations  d'ordre  3,  à  3  termes,  sont  représen tables  par  un  abaque 
à  3  échelles  et  3  index  droits,  formant  entre  eux  un  angle  quelconque  (cas  particulier  : 
abaque  hexagonal). 

L'abaque  des  équations  d'ordre  3,  à  4  termes,  et  d'ordre  4,  à  3  et  4  termes,  est  une 
espèce  d'abaque  hexagonal  généralisé,  comportant  3  échelles  et  3  index,  qui  peuvent 
être  tous  courbes. 

L'ordre  5  donne  un  abaque  à  2  échelles  courbes  ou  droites,  une  échelle  droite,  un 
index  courbe  et  un  index  droit.  L'ordre  6  conduit  à  3  échelles  courbes  ou  droites  et 
un  index  courbe. 

L'équation   générale   à   quatre  variables   donne   un   abaque  à  double  index  courbe 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  26.)  ^'^^ 


l686  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

or/en^e,  comportant  quatre  échelles  courbes  ou  droites  et  un  faisceau  d'index  courlîes 
équidistants. 

Les  autres  formes  canoniques  peuvent  être  représentées,  en  remplaçant  les  échelles 
par  des  réseaux. 

Parmi  les  équations  traitées  par  M.  Mehmke,  Téquation 

aj.-"'y"  4-  bx/'yi-^-  cx''y^+  i  =  o 

peut  être  représentée  plus  simplement  (sans  variable  auxiliaire)  par  un  fond,  portant 
les  réseaux  («,  b)^  (c,  d)  et  réchelie  (r)  et  par  un  transparent  à  trois  index.  De  même 
les  équations  complètes  de  degré  3  et  4  peuvent  être  traduites,  par  l'emploi  de  points 
à  deux  côtés,  au  moyen  d'un  transparent  unique. 

DESCRIPTION    SOMMAIRE    DE    QUELQUES    ABAQUES    A    TRANSPARENT    ORIENTÉ. 

I.  Choix  de  la  voilure  (Vun  avion  ou  d'un  hélicoptère.  —  Trois  équations  à 
neuf  variables  : 

P 

,^^^mi^,  V.=  -J^;  K,=/(]v). 

II.  Montée  d'un  avion.  —  Trois  équations  entre  huit  variables  : 


J\h)-\r^{hy  -         I    /(/0-Ya)(/0' 


où  h  désigne  l'altitude;  H,  le  plafond;  X,,  X  et  Y,  des  fonctions  des  élé- 
nicnls  ci-après,  savoir  :  la  charge  par  cheval  et  par  mètre  carré  de  sur- 
face portante,  le  rendement  de  Thélice,  le  nombre  de  tours  du  moteur,  la 
vitesse  ascensionnelle  et  le  temps  de  montée. 

III.  Abaque  généi^al pour  rétablissement  d'un  projet  d'avion  ou  d'hélicop- 
tère. —  L'abaque  réunit  avec  les  six  équations  des  deux  précédents  abaques 
les  équations  des  poids  constitutifs  de  l'avion  ou  de  l'hélicoptère;  il  résout 
ainsi  un  ensemble  de  huit  équations  comprenant  treize  variables  au  total. 

IV.  Convoi  remorqué  par  une  locomotive  (formule  Frank-Vaës).  —  J'ai 
traduit  cette  formule  par  un  abaque  à  sept  variables,  sans  systèmes^surabon- 
dants,  et  qui  permet  d'obtenir  par  une  opération  unique  le  résultat  cherché. 


SÉANCE   DU   26   JUIN    1912.  1687 


ASTRONOMIE.    —  La  loi  de  Ricmnnn,  le  périhélie  de  Mercure  et  la  déviation 
de  lalumière.  Noie  de  M.  Gastox  Bertkand. 

1.  Loi  de  Ricmann.  —  D'après  la  loi  cleclrodynamique  de  lUemann, 
légèrement  modifiée,  les  équations  du  mouvement  relatif  d'une  masse 
m(.x,y,  z)  attirée  par  une  autre  masse  sont 

d^œ /Mj?  /m    d  /i  (lx\        a/ M  ^i'' 

~dF  ^  r^  '^  ~c^  dt  \r  'dt  )         2 c-      r* 

et  les  deux  analogues  eny  et  z. 

c,  vitesse  de  la  lumière;  f,  coefticient  d'attraction;  -M,  masse  fictive  de  la 
masse  attirante;  c,  vitesse  de  la  masse  attirée;  a,  paramètre  indéterminé 
qui  rend  plus  simple  la  loi  de  Riemann. 

On  voit  aisément  que,  quelles  que  soient  les  conditions  initiales,  le  mou- 
vement est  plan  et  que  l'on  a  : 

L'intégrale  des  aires 

dt  \  c^  r  J 

L'intégrale  des  forces  vives 

/        3t/M\       2 /'M 


c- r  r 


2.  Equation  delà  trajectoire  et  rotation  du  périhélie.  —  Une  fois  posé 


.„      .  a/M  I 

/M  =  A.  -^      =  u.,  -  =  u, 

•'  c-  '  r 


l'équation  de  la  trajectoire  sécrit 


du-  (  2/u.  \     ^        9/t.-\-'j.h  II 


Pour  une  trajectoire  voisine  d'une  ellipse  on  a 
et,  par  conséquent, 


I j^  >  o.  A  <  o 


2P— 4>,v- 
'-  =  2  /.  +  /j. 


h  +v/(2À  — /JLAy'+4/'r-cos4/i  — ^(5  — 5o). 


l688  ACADÉMIE    DES   SCIENCES, 

le  rayon  vecteur  est  minimum  quand 


2  A  a. 
I  —  -p^  =  2  /«  TT , 


(9,-0o)y^ 

ce  qui  donne  pour  la  rotation  du  périhélie  pendant  une  révolution 

012=27:    Il pi-)      ~'     • 

Dans  le  cas  actuel  y^  est  infiniment  petit 


V 

r^ 


et,  comme  le  mouvement  a  lieu  sensiblement  suivant  les  lois  de  Kepler,  on 
obtient  finalement  la  formule  cherchée 


012  =  8a 


c-T2(i  — e2) 


ï,  durée  de  la  révolution;  a,  demi-grand  axe;  e,   excentricité. 

3.  Déviation  de  la  lumière.  —  On  peut  assimiler  un  rayon  lumineux  à  la 
trajectoire  d'une  particule  électrisée  qui  part  de  l'infini  avec  la  vitesse  c  et 
vient  passer  à  la  distance  minimum  K  du  centre  du  Soleil. 

On  a  alors  les  deux  équations  du  mouvement 


dB 

F/ 

dt  ~' 

/•  +  p. 

t,ï  — 

c-  /•  H-  2  >. 

avec 

D'où  la  trajectoire 


P=(c2R  +  2A)(R+p.)- 


2K 

r 


—  ■'-^{i  +  a) 


c- 


2\u 


a.)    cos  1  /  I 
iûcf-M- 


^(5    %). 


,WH+i^Vu       "''* 


Or,  =^  est  approximativement  égal  à  i''™,  5  et,  pour  un  rayon  qui  rase  la 


SEANCE   OU   26   JUIN    1922.  1689 

surface  du  Soleil,  1  • 

R  =  695  Soo''"'  ; 

^T~  est  donc  du  second  ordre  en  ^Vrr  et   Ton   trouve  pour   la    déviation 
cherchée 


2C- 


ou  tout  simplement 

'='-^^ 

4.  Résumé  et  conclusion.  —  Formules  d'Einstein  : 

0-1.2(1  —  e-)  c-  ï\ 

Loi  de  Riemann  modifiée  : 


cM  -  (  I  —  e-  )  c-  K 


Loi  de  Ne^Yton  (a  =  o)  : 


2fM 


L  Si  l'on  adopte  42",  9  pour  la  rotation  séculaire  du  périhélie  de  Mercure, 
on  doit  prendre  a  =  3  et  la  déviation  d'un  rayon  lumineux  est 

c'est-à-dire,  pour  un  rayon  rasant  la  surface  du  Soleil,  2",  2  au  lieu  de  i",75 
déduite  de  la  formule  d'Einstein. 

IL  Si  l'on  adopte  les  calculs  de  Grossmann  qui  attribuent  38"  tout  au 
plus  à  Mercure,  le  nombre  a  qui  caractérise  le  champ  électrique  solaire  ç%i 
égal  à  2,6  environ  et  l'on  a  pour  0 


//  faudra  donc  des  mesures  d'une  extrême  précision  pour  décider  entre 
Einstein  et  Riemann. 


1690  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 


ASTRONOMIE  PHYSIQUE.  —  Observations  d'étoiles  du  type  N  et  notamment 
d'une  étoile  à  température  effective  extrêmement  basse,  au  jnoyen  du  photo- 
mètre hétérochrome  de  l'Observatoire.  Note  de  MM.  Charles  IVordmann  et 
Le  Morvan. 

Nous  avons  étudié,  au  moyen  du  pliotonièlre  hétérochrome  fixé  au  petit 
équatorial  coudé  de  l'Observatoire  de  Paris,  la  répartition  de  l'intensité  dans 
le  spectre  de  plusieurs  étoiles  du  type  spectral  N  de  Harvard.  On  sait  que 
les  étoiles  (en  nombre  assez  limité)  appartenant  à  ce  type  sont  toutes  d'assez 
faible  grandeur  et  comme  telles  inaccessibles  aux  méthodes  speclrophoto- 
métriques  habituelles, même  avec  desinstrumenls  puissants. 

Nos  observations  ont  porté  spécialement  sur  les  liois  étoiles  suivantes  : 
1°  l'étoile  4195  H.  R.  qui  est  indiquée  par  Harvard  Revised  Photometry 
(H.  R.)  comme  étant  de  grandeur  (>, 32,  et  qui,  par  une  singulière  anomalie, 
ne  figure  pas  dans  le  récent  catalogue  de  Harvaid,  Heni'i  Draper  Mémorial 
(H.  D.);  2''  l'étoile  484^)  H.  R.  indiqué  pai'  H.  R.  comme  étant  de  gran- 
deur 5,53  el  qui  porte  dans  H.  D.  le  numéro  1 10914  avec  Findicalion  d'une 
variabilité  oscillant  entre  les  grandeurs  4,8  et  6,0;  cette  étoile  porte  aussi 
le  nom  de  Y  Canum  venaticorum ;  3°  l'étoile  H.  D.  1 12359  qui  porte  aussi  le 
Xiom.  à.ç.  R  Y  Draconi s  ei  que  H.  D.  indique  comme  variant  enti^e  les  gran- 
deurs 6,1  el  7,1. 

Nous  avons  observé  systématiquement  ces  trois  étoiles  notamment  dans 
les  soirées  des  20,  22,  23  el  27  mai  1922  en  les  rapportant  aux  étoiles  de 
comparaison'];  Ursœ  majoris^  x,  et  v..,  Bootis^  4^9^  et  479^  H.  R.  Nous  avons 
au  cours  d'autres  soirées  rattaché  ces  étoiles  de  comparaison  à  la  Polaire. 

Pour  celle-ci,  rappelons-le,  si  l'on  désigne  respectivement  par  R,  V  et  B 
les  intensités  observées  à  travers  nos  trois  écrans  rouge,  vert  et  bleu,  anté- 
rieurement définis,  nous  avons  adopté  la  valeur  log^  =  —  Oj844)  à  laquelle 

correspond  la  température  effective  de  8200°  absolus. 

Dans  le  Tableau  ci-après,  on  donne,  d'après  nos  observations,  qui  sont 
extrêmement  concordantes  d'une  soirée  à  l'autre,  les  valeurs  par  rapport 

à  la  Polaire  de  logp  et  de  log-rr  pour  les  trois  étoiles  du  type  N  considé- 
rées et  leurs  températures  effectives  déduites  de  ces  valeurs  par  la  loi  de 
Planck. 


SÉANCE  DU  26  JUIN  1922.  169I 


•ostt  Polaire 

V 

log  —  Polaire 

Nom  de  l'étoile. 

JR  1000,0. 

(0  1900.0. 

.       fi  .     -, 

—  log  — étoile. 

-Io,-..,o,i,.. 

Température 
cllei  ii\e. 

4195  H.  R.. 

h        III 

I0.38,:? 

+67"  56 

-0,448 

—(^^46 

344'»    absolus 

110914  H.  D.. 

12.40,4 

+45,58 

-..^•568 

— 0,242 

3oi<)         )' 

112559  H.  D.. 

12. 52, 5 

+66,32 

—  0.936 

—0,594 

2164         » 

La  signification  de  ce  Tableau  es!  claire.  Par  exemple,  le  fait  que  pour  la 

troisième  étoile  logp  Polaire  —  lo»  g  étoile  =  —  0,936  signifie  que  l'étoile 

étant  ramenée  à  avoir  la  même  intensité  que  la  Polaire  dans  le  rouge,  son 
intensité  dans  le  bleu  est  inférieure  à  celle  de  la  Polaire  dans  un  rapport 
dont  le  logarithme  égale  — 0,936.  Autrement  dit,  la  Polaire  et  Téloile 
1 12559  H-  ^-  étant  ramenées  à  être  identi([iies  si  on  les  observe  à  travers 
l'écran  rouge  du  photomètre,  Téclat  de  la  Polaire  sera  8,63  fois  plus  grand 
([ue  celui  de  Tétoile  si  on  les  observe  ensuite  à  travers  l'écran  bleu,  c'est- 
à-dire  dépassera  l'éclat  de  l'étoile  de  2,34  grandeurs  stellaires.  L'interpré- 
tation des  autres  nombres  du  Tableau  est  aussi  simple. 

Si  l'on  se  reporte  aux  températures  elTectives  que  nous  avons  déterminées 
antérieurement  par  le  même  procédé  pour  un  certain  nombre  d'étoiles 
(voir  notamment  Comptes  rendus,  6  décembre  1909,  11  avril  1921, 
II  juillet  1921,  etc.),  on  constate  que  diverses  étoiles  du  type  M  (notam- 
ment p  Persée,  Bételgeuse,  r\  Gémeaux)  ont  des  températures  effectives 
qui  sont  inférieures  à  celles  des  deux  premières  étoiles  du  type  N  du 
Tableau  précédent,  ou  du  même  ordre  de  grandeur.  De  cela  une  remarque 
importante  se  dégage  d'abord  :  Contrairement  à  une  opinion  répandue,  la 
température  effective  des  étoiles  du  type  ÏN  {étoiles  carbonées)  ri  est  pas  toujours 
inférieure  à  celle  des  étoiles  du  type  M  [et  même  du  type  K,  puisque  d'après 
nos  déterminations  antérieures  {loc.  cit.)  Aldébaran  a  une  température 
effective  à  peu  près  égale  à  celle  de  l'étoile  419^  H.  R.]. 

Par  contre,  la  troisième  étoile  du  Tableau  ci-dessus,  1 12559  H-  ^-^  possède 
la  température  effective  la  plus  basse  que  nous  ayons  jamais  déterminée  parmi 
les  étoiles  :  2160°  absolus,  c'est-à-dire  1887°  C.  C'est  une  température  effective 
à  peine  supérieure  à  celle  de  la  partie  lumineuse  de  la  flamme  du  pétrole. 

La  comparaison  des  nombres  obtenus  ci-dessus  montre  d'ailleurs  que 
parmi  les  étoiles  de  la  classe  N  [de  même  que  nous  l'avons  établi  pour  celles 
des  autres  classes  spectrales  (loc.  cit.)\  on  observe  des  températures  effec- 
tives assez  dissemblables,  ce  qui  provient  sans  doute  d'absorptions  inégales 
des  atmosphères  stellaires. 


1692  ACiVDÉMIE    DES   SCIENCES. 

Nous  nous  proposons  de  comparer  ces  absorptions  atmosphériques 
stellaires. 

P. -S.  —  M.  Coblentz  a  déterminé  récemment  (/'/•oc.  of  the  National  Acad . 
of  Sciences^  U.  S.  A.,  vol.  8,  n**  3,  p.  49)  les  températures  effectives 
de  16  étoiles  en  mesurant  au  moyen  de  piles  thermo-électriques  ultra- 
sensibles la  répartition  de  l'énergie  dans  leurs  spectres. 

Il  est  intéressant  de  comparer  ces  résultats  à  ceux  que  nous  avions  nous- 
mêmes  obtenus  antérieuremenl  pour  celles  de  ces  16  étoiles  qui  avaient 
été  étudiées  par  nous  au  moyen  du  photomètre  hétérochrome.  Cette  compa- 
raison est  faite  dans  le  Tableau  suivant  : 

Température  elTective 
Temprralure  anlérieiireinent 

elTecti\e  clélerniinée 

d'après  par  Cli.  ÎV'ortlinann 

Nom  lie  l'étoile.  Spectre.  Coblentz.  et  Le  Morvan  ('). 

o  0 

a  Lyi'œ Ao  8000  12200 

a  Can.    maj Ao  8000  19,200 

y.  Can.   min F5  6000  6800 

a  Aurigfe Go  6000  4700 

a  Tauri K5  35oo  35oo 

a  Orionis Ma            '          3ooo  .2750 

(3  Androm Ma  4ooo  3-oo 

IJ.  Geminorum Ma  35oo  32oo 

L'accord  on  le  voit  est  excellent,  sauf  peut-être  pour  les  deux  premières 
étoiles.  Il  est  assez  curieux  que  Rosenberg  dont  les  résultats  obtenus  par 
une  méthode  photographique  étaient,  pour  toutes  nos  autres  étoiles  com- 
munes, en  très  bon  accord  avec  ceux  que  j'avais  obtenus  avant  lui,  a  donné 
pour  ces  deux  étoiles  des  chiffres  (22000°  pour  a  Lyrae)  qui  divergent  encore 
plus  des  nôtres,  et  d'ailleurs  en  sens  inverse,  que  ceux  de  Coblentz  (-).  Cette 
divergence  isolée  et  jus([u'ici  inexpliquée  étant  mise  à  part,  tout  cela  tend 
à  prouver  que  pour  être  la  première  en  date  des  méthodes  de  pyrométrie 
stellaire,  et  celle  qui,  pour  un  instrument  donné,  s'applique  aux  étoiles  les 
plus  faibles,  la  méthode  du  photomètre  hétérochrome  n'en  voit  pas  moins 
ses  résultats  confirmés  par  les  autres  procédés  qui  ont  été  établis  postérieure- 
ment pour  le  même  objet. 

f^(*)  Comptes    rendus,     6    décembre     1909;     i4     mars     1910  ;     9     janvier     191 1  ; 
1 1  juillet  1921. 
(^)  Comptes  rendus,  t.  156,  i9i3,  p.  i3i5. 


SÉANCE    DU    26   JUIN    1922.  1698 


PHYSIQUE  MOLÉCULAIRE.  —  Nouvelle  évaluation  de  la  pression  interne  des 
liquides.  Critérium  de  V association  des  molécules  dans  un  liquide.  Note  (') 
de  M.  IV.  Vasii.esco  Karpex,  présentée  par  M.  Paul  Janet. 

L'existence  de  la  pression  interne  des  liquides  introduite  pour  la  pre- 
mière fois  par  Laplace,  pour  expliquer  les  phénomènes  capillaires,  ne  sau- 
rait plus  faire  de  doute  aujourd'hui.  La  considération  de  cette  giandeur  a 
été  le  point  de  départ  des  célèbres  travaux  de  Van  der  Waais,  qui  en  a 
montré  l'intérêt  et  déterminé  la  valeur,  pour  différents  liquides,  en  parlant 
de  son  équation  d'état. 

Voici  une  nouvelle  manière  d'évaluer  la  pression  interne  que  Laplace 
désigne  par  la  lettre  K. 

Lorsque  le  fluide  se  dilate,  la  pression  p  exécute  le  travail  extérieur  utilisable;  la 
pression  K  le  travail  intérieur,  en  faveur  de  l'énergie  potentielle  mutuelle  des  molécules 
qui  augmente. 

Soientyj,  v.,  T  la  pression,  le  volume  et  la  température  absolue  du  fluide. 
Produisons,  par  une  décompression  isotherme,  une  augmentation  dv  du 
volume,  et  soit  dÇl  la  chaleur  reçue  par  le  fluide.  On  a 

dQ  =  ldi', 

/  étant  la  chaleur  latente  d'expansion  à  température  constante.  D'un  autre 
côté,  le  travail  accompli  par  la  pression  totale  est  (p  ■+■  K.)dv. 

Si  nous  admettons  que,  dans  la  décompression  à  température  constante, 
les  molécules  du  fluide  sont  restées  les  mêmes,  c'est-à-dire  que  leur  masse  et 
leur  énergie  individuelle  n'ont  pas  changé,  on  doit  avoir,  J  étant  l'équiva- 
lent mécanique  de  la  chaleur  : 

Remplaçant  /  jiar  sa   valeur  donnée   par   la    formule  de  Clapeyron,  on 
obtient 

(■)  k  =  t{± 

Lorsque  le  coefflcient  de  pression  à  volume  constant  (  -j  j   n'est  pas  direc- 


(')  Séance  du  iSjuin  19-22. 


1694  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

temerit  connu,  on  peut  le  remplacer  par  le  rapport  ^>  du  coefficient  de  dilata- 
tion a  au  coefficient  de  compression  u.  et  la  formule  précédente  devient 

(2)  K==T--/.. 

Le  Tableau  suivant  contient  les  valeurs  de  K  calculées  pour  quelques 
liquides  choisis  parmi  ceux  dont  la  dilatation  thermique  et  la  compressi- 
bilité  ont  été  étudiées  dans  un  domaine  plus  étendu. 

Teni-  K  h  l;i  Iciii-  Ailleurs 

pi-ratuie         pi'ralure  des 

Tempe-       coiies-  roiies-  K  k  d'après  données 

Liquides.  rature,     pniidanle.  puiidanle.  F,        V.  dc-r  Waais.  expérimentales. 

Ellier 168  o  1900           53  iqûo                   Amagal 

Alcool  élliylique.  .  90  '.in  33oo            62  2/400                            » 

Eau 200  102  io3oo           5 1,5  10700                        » 

Chlorure  d'éthjle.  H  8  2700  '    5o  2o4o  *                 » 

Alcool  méthj'lique.  20  27  3900            5o  »  Amogal,  Pierre  (a) 

I  i35  o  1740           ^2  » 


Isopentane '     .,     ^,  _.  ,'  .     >  S.Youn<r 

'■  i  '87,'^  o  i;)bo  Z|8  lemp.  cril.  '  ^ 

'       8  0  2200  67  ?  )) 

Mercure  à  192",  K  =:  17000 Carnazzi  (|j.) 

La  première  colonne  du  Tableau  conlienl  la  température  à  laquelle  K  a  été  calculé 
à  l'aide  de  la  formule  (2),  cette  tempéralure  est  la  plus  haute  à  laquelle  a  et  jj.  ont  été 
déterminés;  la  seconde  colonne  contient  la  température  du  liquide  correspondant  à 
l'^éther  pris  à  0°;  la  troisième  contient  la  valeur  de  K  ramenée  à  la  tempéralure  cor- 
respondante   (les   pressions   correspondantes    étant    toutes   voisines    de   la    pression 

atmosphérique),   en   admellant  que  Iv  est  proportionnel   à   — ;   la  quatrième  colonne 

contient  le  rapport  de  K  à  la  pression  critique  P,.,  ce  rapport  doit  être  à  peu  près 
constant,  il  constitue  une  vérification  de  l'exactitude  de  Tévaluation  de  K;  la  cin- 
quième colonne  contient  les  valeurs  de  K  données  par  Van  der  Vaals,  ces  valeurs  sont 
d'environ   un   quart  moindres  que  celles  que  j'ai    trouvées,   sauf  pour  l'eau,  et  c'est 

précisément  pour  Peau  que   Van   der  Vaals  avait  constaté    l'écart    du    rapport    p-; 

enfin,  la  sixième  colonne  contient  l'indication  des  auteurs  dont  les  expériences  m'ont 
servi  au  calcul  de  K. 

Pour  l'isopentane  j'ai  calculé  K  en  prenant  le  liquide  à  des  températures 
différentes,  et  Ton  voit  que,  à  la  température  relativement  basse  de  8°, 

l'écart  de  p-  est  considérable.  J'ai  constaté  un  écart  semblable  pour  presque 


SÉANCE    DU    2G   JUIN    1922.  lÔgS 

tous  les  liquidas  don l  j'ai  voulu  calculer  K;  il  provient  certainement  du 
fait  que  les  molécules  du  liquide,  à  température  relativement  basse,  sont 
associées  (comme  cela  a  été  remarqué  par  différents  auteurs)  et  qu'elles  se 
dissocient  par  la  dilatation,  ou  ()ar  une  élévation  de  la  température.  Dans 
ce  cas  les  formules  (i)  ou  (2)  ne  sont  plus  applicables,  et  c'est  la  raison  pour 
laquelle,  pour  calculer  R,  j'ai  pris  les  liquides  à  baule  température. 

•Lorsque,  à  la  température  considérée,  les  molécules  sont  associées  et  se 
dissocient  par  la  décompression,  il  faut  introduire  la  chaleur  dcj  absorbée 
par  la  dissociation  des  molécules.  La  formule  (2)  devient  alors 

(3)  j_^j__K_^, 

dans  laquelle  K  est  la  valeur  de  la  pression  inlerne  calculée  à  haute  tempé- 
rature, ramenée  à  la  température  considérée,  et  vérifiée  par  la  valeur  du 

rapport  p-  ou,  en  absence  des  données,  déduite  de  ce  rapport. 

La  formule  (3)  constitue  un  critérium  de  Tassocialion  des  molécules  dans 

un  liquide.  Les  molécules  seront  associées  si  -~  est  différent  de  zéro. 

La  clialeurr/^  est  généralement  positive. 

Pour  l'eau  dq  est.   au  contraire,  constamment  négatif;  on   a  en   effet  T—  ■<  io3oo 

pour  toutes  les  températures  au-dessous  de  200°,  y.  étant  nul  à  4°  et  négatif  au-dessous 
de  4°, 

Il  faut  en  conclure  que,  au-dessous  de  aoo",  les  molécules  de  l'eau  sont  associées,  et 
que  leur  dissociation  se  fait  avec  dégagement  de  chaleur,  explicable  par  la  transfor- 
mation de  la  vitesse  de  rotation  ou  d'oscillation  des  molécules  associées,  en  vitesse  de 
translation  des  molécules  composantes  devenues  libres. 


RÂDIOAC'IIVITÉ.  —  Sur  le  dosage  direct  de  très  faibles  quantités  de  radium 
par  les  rayons  pénétrants.  Note  de  M.  B.  S/ilard,  présentée  par 
M.  Daniel  Berthelot. 

En  apportant  quelques  perfectionnements  à  l'éleclromètre  récemment 
décrit  (*),  j'ai  réalisé  un  appareil  d'une  sensibilité  non  encore  atteinte  par 
un  instrument  transportnble,  fonctionnant  sans  battei^ie  de  haute  tension  ni 
miroir  de  projection. 

(')   Comptes  rendus^  t.  174,  1922,  p.  1618. 


1696  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

Principe.  —  J'ai  remarqué  que  la  capacité,  la  force  antagoniste  et  l'inertie 
de  l'équipage  mobile  ne  sont  pas  les  seuls  facteurs  qui  déterminent  la  sensi- 
bilité de  l'électromètre;  la  position  des  cadrans  par  rapport  àraiguillcpeut 
jouer  un  rôle  considérable.  Pour  s'en  rendre  compte  il  suffit  d'excenlrer  la 
position  des  secteurs  fixes  /(voir  la  figure)  par  rapport  au  secteur  mobile  a 


de  l'aiguille,  soit  en  substituant  les  secteurs  fixes  par  d'autres,  de  rayon  infé- 
rieur à  celui  de  l'aiguille,  soit  simplement  en  déplaçant  leur  centre  par  rap- 
port à  l'aiguille.  Celte  dissyniétrie  créera  des  régions  où  l'angle  de  dévia- 
tion de  l'aiguille  ne  sera  plus  une  siuiple  fonction  de  la  charge  électrique. 
Pendant  que  la  force  antagoniste  (torsion)  restera  proportionnelle  à  l'angle, 
l'attraction  correspondant  à  chaque  élément  d'angle  du  cadran  décroîtra 
rapidement.  Il  en  résultera  pour  l'aiguille  un  déplacement  angulaire  sensi- 
blement plus  grand  que  celui  qui  correspondrait  normalement  à  la  variation 
du  potentiel.  Cet  effet  peut  être  accentué  à  volonté,  et  pour  une  forte  dissy- 
métrie peut  se  traduire  par  une  instabilité  complète  de  l'aiguille.  Entre 
cette  dernière  position  et  la  position  normale  se  trouvent  tout  une  gamme 
de  positions  correspondant  chacune  à  un  régime  de  sensibilité  propre  et  bien 
définie. 

Montage.  —  Afin  de  pouvoir  doiineià  l'instrument  la  sensibilité  désirée,  nous  avons 
construit  un  éleclromètre  à  cadran  réglable,  qui  tout  en  restant  éleclriquemenl  isolé 
peut  tourner  autour  d'un  centre  c  difTérent  de  celui  de  l'aiguille. 

L'ambre  e  supportant  le  secteur  se  trouve  noyé  dans  une  roue  dentée  k  solidement 
encastrée  dans  la  platine.  Cette  roue  peut  être  commandée  au  moyen  d'un  pignon  in\ 
le  secteur  /peut  s'excentrer  ainsi  à  volonté  vers  la  tangente  de  Taiguille. 


SÉANCE   DU   26   JUIN    192a.  1697 

Grâce  au  piolongemenl  de  l'aiguille  h  et  de  réchelle  fixe  /,  linsli  umenl  permet  des 
lectures  directes,  sans  microscope;  la  charge  électrique  est  fournie  automatiquement 
par  le  petit  appareil  p,  n,  r,  comme  pour  l'instrument  antérieurement  décrit  (')  et 
duquel  celui-ci  dilïère  par  son  long  fil  de  suspension  (/io'"<)  et  sa  chambre  d'ionisation 
qui  est  complètement  close.  L'ensemble  est  monté  sur  un  trépied  à  vis  calantes,  per- 
mettant de  régler  la  distance  entre  le  fond  et  un  socle  plan. 

Réglage  et  mesures.  —  On  fournit  la  charge  au  cadran  l  en  poussant 
simplement  r  jusqu'au  fond;  l'aiguille  A  dévie.  Pour  régler  l'appareil  à  la 
sensibilité  désirée,  on  place  sur  le  socle,  au-dessous  de  la  chambre  d'ionisa- 
tion, un  disque  métallique  sur  lequel  on  a  fixé,  au  moyen  d'un  vernis,  i*'' 
à  2^'  d'oxyde  d'urane. 

Les  rayons  pénétrants  de  cette  substance  provoquent  un  courant  qui  se 
traduit,  pour  une  faible  dissymétrie  du  secteur,  par  un  mouvement  d'ai- 
guille visible  à  Cœil  nu.  En  tournant  le  pignon  m,  on  cherche  ensuite  la 
position  convenable  du  secteur,  pour  donner  l'ordre  de  sensibilité  voulu 
et  l'on  examine  au  fur  et  à  mesure  l'allure  de  la  décharge.  Cette  sensibilité, 
du  reste,  Ticst  limitée  que  par  la  fuite  spontanée  de  V instrument  due  aux  ions 
habituellement  présents  dans  Vair. 

Avec  quelque  habitude  on  arrive  même  à  régler  à  une  sensibilité  telle 
que  la  fuite  spontanée  donne  un  déplacement  visible  dans  le  microscope;  évi- 
demment une  telle  sensibilité  n'a  d'intérêt  que  dans  des  cas  spéciaux  comme 
l'étude  de  la  radiation  pénétrante  de  la  terre,  la  radioactivité  des 
roches,  etc. 

Le  réglage  une  fois  obtenu,  l'appareil  conserve  pour  longtemps,  sans 
variation,  la  même  sensibilité. 

Étant  donnée  la  possibilité  de  faire  de  rapides  observations  de  fuite  spon- 
tanée et  vu  la  précision  des  mesures,  même  de  cet  ordre,  une  augmentation 
de  quelques  pour-cent  de  cette  valeur  peut  déjà  fournir  des  données 
bonnes  et  certaines. 

Grâce  à  cette  sensibilité  on  peut  utiliser  pour  les  mesures  les  rayons 
pénétrants  seuls  et  être  ainsi  à  l'abri  de  toute  erreur  due  à  l'état  de  division 
et  teneur  en  émanation  de  la  substance  étudiée. 

Pour  le  dosage  on  place  la  substance  à  examiner  (minerais,  roches,  sédi- 
ments, médicaments,  etc.)  dans  une  boite  étanche  (afin  d'engendrer  l'éma- 
nation) et  en  la  plaçant  au-dessous  de  l'appareil  on  la  compare  avec  un 
étalon  identiquement  confectionné. 

Sensibilité.  —  L'instrument  muni  d'un  microscope  peut  être  réglé  sans 

(')  Loc.  cit. 


1698  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

peine  à  une  sensibilité  telle  qu'une  division  du  micromètre  par  seconde  cor- 
responde à  lO-^U.E.S.  C'est  Tordre  de  grandeur  du  courant  que  pro- 
voque 0^,001  U'O**  placé  dans  l'appareil. 

Des  minerais,  des  résidus  de  fabrication,  des  sables  monazités  contenant 
par  gramme  lO'^'gdeRaou  d'autres  substances  (U,  Th,  MeTh,  etc.)  de 
rayonnement  équivalent,  enfermés  en  quantité  convenable  dans  une  boîte 
métallique  et  disposés  au-dessous  de  la  chambre  d'ionisation,  peuvent 
donner,  parles  rayons  pénétrants,  un  courant  analogue  et  deviennent  ])ar 
conséquent  facilement  dosables.  Des  essais  effectués  avec  5oo^  de  produit 
contenant  10  "  g  de  Ra  par  gramme  nous  ont  permis  des  dosages  avec  une 
erreur  de  2,  5  pour  100.  On  sait  qu'un  produit  de  telle  teneur  est  déjà  au  delà 
de  la  limite  de  l'exploitation  pratique;  ces  mesures  sont  néanmoins  très  impor- 
tantes et  pour  le  contrôle  de  fabrication  et  pour  la  prospection,  d'autant 
plus  qu'elles  peuvent  être  exécutées  sur  place  en  quelques  minutes. 


CHIMIE  PHYSIQUE.  —  Recherche  magnétochimique  des  constitutions  en  chimie 
minérale.  Les  acides  de  l'arsenic.  Note  de  M.  Paul  Pascal,  présentée  par 
M.iJH.  Le  Chatelier. 

L'étude  magnétique  des  dérivés  de  l'arsenic  fournit  l'occasion  de  rappro- 
chements suggestifs  avec  les  acides  du  phosphore  et  du  soufre. 

En  déterminant  la  susceptibilité  moléculaire  des  composés  les  plus  variés  : 
arsines,  cacodyles,  arsénites,  cacodylates,  arsonales,  arséniates,  dérivés  de 
Tarsénobenzène,  etc.,  on  a  recueilli  les  chiffres  suivants,  en  face  desquels  est 
inscrite  la  part  contributive,  calculée  par  additivité,  de  l'arsenic  ou  des 
groupements  oxyarsénieux  : 

Composés.  Susceptibilités.  lîadicaux. 

As(C'*H')^ —1769.10-"  As       =  —  206.  lO"'' 

(CH3)2Âs— As(CIP)'' '     —1000  As      =  — 204 

(C«H')^AsCl —1455  As      =  —  212 

(CH-^j-^AsCOCMl') -1826  AsO  =  -25o 

As(0C»H-5)s —1950  As03=  — 348 

(As03)2Ba3 —1842  AsO^=  — 354 

[(NH3Cl)(OH)G'MPAs=]-,2H-0...  -2461  As      =-2i4 

(G«Il3)3As(OH)-^ — 2I05.IO-'  As      —  -43o.io-" 

(G«H=^)3AsO — 1991  AsO=~428 

(CH3)'-AsO(011) —799  AsO-^=— 474 

CH='AsO(ONa)2,IPO —1068  AsO-^=-ai4 

AsO(ONa)%i2H20 —2400  AsO^nz  — 523 


SÉANCE  DU    26   JUIN    1922.  l(>99 

On  peut  en  tirer  les  remarques  suivantes,  indépendantes  encore  de  toute 
formule  développée  et  de  toute  théorie  de  la  valence.  '■ 

1"  Dans  les  dérivés  incomplètement  saturés,  le  diamagnétismc  de  l'arse- 
nic et  des  groupements  oxyarsénieux  est  fortement  atténué,  comme  on 
devait  s'y  attendre,  mais  ces  groupements  ont  une  individualité  magnétique 
constante  d'un  composé  à  l'autre,  savoir  : 

As  rz:  —  009.  H)"^',  .\sO=r  — 25o.IO"',  AsO^i^  — O.H.k»-'. 

Au  degré  de  précision  des  mesures,  ces  nombres  forment  ime  progres- 
sion arithmétique  lacunaire  dont  la  raison  est  la  susceptibilité  (~  46.  io~"  ) 
de  l'oxygène  des  fonctions  alcool  ou  éther-oxyde,  comme  il  arrive  dans  la 
série  des  acides  du  soufre  ou  du  phosphore.  Nous  sommes  donc  amenés  à 
conclure  à  l'existence  d'un  atome  d'arsenic  de  mémo  degré  de  saturation 
dans  les  arsines,  les  oxyarsines,  les  dérivés  de  l'arsénobenzol,  les  arsénites 
organiques  et  minéraux;  l'oxygène  ne  servirait  quà  faire  la  liaison  entre 
le  métalloïde  et  les  métaux,  rhydrogène  ou  les  radicaux  organiques  du 
reste  de  la  molécule. 

De  même  que  les  arsines  sont  notées  AsR%  il  faudrait  écrire  sous  la 
forme  AsR-(OR),  As(OM)%  les  formules  des  oxyarsines  et  des  arsénites. 

2°  Dans  les  dérivés  de  l'arsenic  au  maximum  de  saturation,  on  remarque 
la  constance  du  diamagnétisme  des  radicaux  suivants  : 

As  r:^  —  43o.io~',  AsO  =  —  4^8.  IO~', 

AsO^=  —474.  10-'.         AsO''  — —  5i8.io-": 

or  les  trois  derniers  termes  forment  presque  rigoureusement  une  progres- 
sion arithmétique  de  même  raison  que  précédemment,  mais  dont  l'arsenic 
est  exclu. 

On  doit  donc  admettre  dans  les  oxydes  d'arsines,  les  cacodylates,  les 
arsonates  et  les  arséniates  la  présence  dun  atome  d'oxygène  particulier 
nettement  apparenté  à  l'oxygène  des  cétones  et  des  aldéhydes,  puisqu'il 
déprime  à  peine  le  diamagnétisme.  Il  en  résulte  pour  ces  corps  les  formules 
développées  R^  AsO,  R=^AsO(OH),  RAsO(OH)%  AsO(OH)%  qui  rappel- 
lent tout  à  fait  celles  des  acides  phosphoniques  et  phosphoriques  retrouvées 
par  l'analyse  magnétique. 

Le  passage  des  arsénites  As(OAI)'  aux  arsonates  RAsO(0\i)-  ne  peut 
alors  s'expliquer  par  simple  échange  de  radicaux  et  il  faut  admettre  dans 
cette  transformation  la  production  de  composés  d'addition  intermédiaires, 
comme  dans  le  passage  des  phosphites  aux  phosphonates,  des  sulfites  aux 
sulfonates. 


1700  ACADEMIE   DES   SCIENCES. 

L'arsenic  combiné  possède  donc  deux  susceptibilités  atomiques,  suivant 
le  degré  de  saturation  de  ses  composés;  nous  avions  déjà  trouvé  cette 
propriété  pour  le  phosphore,  et  la  chose  peut  être  généralisée  aux  autres 
cléments  de  même  famille.  Voici  en  elTet  quelques  susceptibilités  atomiques 
observées,  la  valeur  minima  correspondant  à  la  saturation  incomplète  : 

Susceplihilités 
Composés  moléculaires.  atomiques. 

F^Sh —  455.1 0-'  Sb"'=-263.io-^ 

((:''|[s)"Sb —1822  Sb"'  =  -259 

(C«H-')='Sb(011)-2 —2383  Sb^'  =  -669 

(G'"'H'*)3Bi —1969.10-^  I^i"'=— 406.1  o-^ 

(C'-'H^)M-5i(N0^^)=' -2545  BP=-69S 

Nous  avions  trouvé  précédemment  que  les  propriétés  du  phosphore  com- 
biné correspondaient  dans  une  molécule  saturée  à  celle  du  phosphore 
blanc;  celles  de  l'antimoine  saturé  voisinent  avec  la  valeur  moyenne  des 
déterminations  faites  sur  le  métalloïde  lui-même;  il  n'est  pas  inutile  enfin  de 
signaler  que  la  susceptibilité  de  l'arsenic  pentavalent  coïncide  rigoureu- 
sement avec  le  chiffre  que  nous  calculions  a  priori  il  y  a  douze  ans  pour  le 
métalloïde  pur. 

Cette  dernière  valeur  avait  été  déterminée  en  admettant  la  règle  généra- 
lisée depuis,  d'après  laquelle  le  logarithme  de  la  susceptibilité  atomique  d'un 
élément  est  une  fonction  linéaire  du  poids  atomique  dans  chaque  famille 
naturelle.  A  la  faveur  des  chiffres  précédents,  celte  règle  trouve  une  illus- 
tration nouvelle  dans  l'exemple  des  éléments  de  la  troisième  famille  de 
métalloïdes,  mais  elle  se  dédouble  pour  tenir  compte  des  deux  valences  pos- 
sibles. On  la  vérifie  alors  exactement  pour  le  groupe  du  phosphore,  de 
l'arsenic  et  de  l'antimoine  pentavalents,  et  pour  le  groupe  de  l'arsenic,  de 
l'antimoine  et  du  bismuth  trivalents,  mettant  ainsi  en  évidence  la  parenté 
plus  étroite  de  l'arsenic  et  de  l'antimoine. 


CHIMIE  PHYSIQUE.   —  SiŒ  1(1  dissociation  du  chloroplntinaie  de  baryum. 
Note  de  M.  G.  Gire,  présentée  par  M.  H.  Le  Chatelier. 

Dans  son  Mémoire  sur  les  réactions   formant  des  systèmes   monova- 
riants('),  M.  Matignon  a  prévu  la  réversibilité  de  la  décomposition  bien 

{})  Ann.  de  Chini.  et  de  Phys.^  8"^  série,  t.  14-,  1908,  p.  64- 


SÉANCE    DU    26   JUIN    I922.  1  yOI 

connue  du  chloroplatinate  de  potassium  et  montré  plus  tard  l'exactitude  de 
cette  prévision  (  '  ). 

Je  me  suis  proposé  de  faire  l'étude  expérimentale  delà  dissociation  de 
certains  chloroplatinates  et  notamment  du  chloroplatinate  de  baryum 

-(PtCI\BaCI%oi)=  -Ptsoi.+  BaCl-soi.-HCl\-az. 

2  '       1 

Dans  ce  but,  le  sel  était  disposé  dans  le  réservoir  d'un  thermomètre  en 
porcelaine  placé  horizontalement  dans  un  four  électrique.  Le  tube  du  ther- 
momètre communiquait  d'une  part  avec  une  trompe  à  mercure  que  l'on 
pouvait  isoler  du  système  à  l'aide  d'un  robinel  :  d'autre  part,  avec  un  lube 
vertical  plongeant  dans  une  cuvette  de  mercure  portant  déjà  un  tube  baro- 
métrique. 

L'équilibre  une  fois  établi,  la  différence  des  hauteurs  du  mercure  dans  les 
tubes  manométrique  et  barométrique,  mesurée  au  calhétomèlre,  donnait  la 
tension  cherchée.  La  température  était  donnée  par  un  couple  Le  Chatelier 
platine-platine  rhodié. 

Pour  éviter  l'attaque  du  mercure  par  le  chlore,  un  peu  d'acide  sulfurique 
était  introduit  au-dessus  du  mercure  dans  le  tube  manométrique.  La  correc- 
tion relative  à  cet  acide  était  faite  au  début  de  l'expérience. 

Les  résultats  des  déterminations  sont  réunis  dans  le  Tableau  suivant  : 


Températi 

ire 

en  degi-és  C. 

al)Solue. 

428 

701 

458 

73. 

486 

7^9 

5i4 

787 

537 

810 

556 

829 

565 

838 

574 

847 

584 

857 

595 

868 

617 

890 

632 

905 

645 

9,8 

655 

928 

665 

938 

Tensions 

mesurt'cs 

en  mm  de  Hg. 

calculées. 

4,6 

3,8 

9.8 

8.4 

i4,B       • 

16,8 

3i  ,2 

32.2 

54,8 

53,3 

80,3 

-80,3 

95.0 

96.6 

114,9 

116,0 

i4i,3 

i4i,6 

172,2 

175,9 

268.5 

268,5 

3o2,6 

352,6 

434,7 

445,1 

53o,7 

53i,3 

616.7 

632, 0 

(1)  Zeit.  fur  Eleklrochemie,  1910,  n°  18. 

C.  R.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174,  N»  26.)  1^3 


I^02  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

En  Utilisant  les  pressions  mesurées  à  556",  617'',  (J32°  pour  déterminer  les 
coefficients  de  l'équation  d'équilibre,  j'ai  trouvé 

3446,316  \       r^  f    ra 

logP  =z h  7,702  logT  — 17,41669 

(T  représentant  la  température  absolue  de  dissociation,  Pla  tension  en  cen- 
timètres de  mercure). 

Pour  les  différentes  températures,  les  tensions  calculées  à  l'aide  de  cette 
équation  sont  sensiblement  égales  à  celles  trouvées  expérimentalement 
(4^  colonne  du  Tableau). 

La  dissociation  du  chlomplatinale  de  baryum  est  un  équilibre  du  genre 


»'• 


sol.  +  O. 


Toutes  les  courbes  de  dissociation  représentant  de  tels  systèmes  sont  sen- 
siblement homologues.  Si  T  et  T'  représentent  les  températures  absolues 
pour  lesquelles  deux  quelconques  de  ces  systèmes  ont  une  même  tension  de 
dissociation,  on  doit  avoir  approximativement 

Z  -  Q. 

T'  ~  Q'' 

Q  et  Q'  étant  les  chaleurs  de  réactions  des  deux  systèmes  pour  la  mise  en 
liberté  d'une  molécule-gramme  de  gaz. 

J'ai  comparé  la  courbe  de  dissociation  du  chloroplatinate  de  baryum 
à  celles  de  certains  composés  ammoniacaux, 

|(AlC1^9NH3)^^(ÂlCl^6NH3)  +  NH3-   ^'%-     ('), 

ZnCi^4l^H^        —  ZnGl^3NtP       +NtP— 11,90     C^), 
LiCP.3NH3        :^LiCl2.2NH-^        +NIi^— 11,09     (')' 

en  prenant  comme  tension  caractéristique  la  pression  atmosphérique  (760"™ 
deHg). 

Le  premier  de  ces  systèmes  atteint  cette  pression  à  la  température 
absolue  de  258°,  4,  le  deuxième  à  363°  et  le  troisième  à  332°. 

L'équation  d'équilibre  du  chloroplatinate  donne  948°  pour  la  température 
absolue  correspondant  à  cette  même  tension. 

(')  Baud,  Ann.  de  Cliim.  et  de  Phj'S.,  8"  série,  t.  1,  1904,  p.  8. 

(^)  IsAMBERT,  Ann.  de  l'Ecole  Normale,  1868,  p.  129. 

(')  BoNNEFOi,  Ann.  de  Chini.  cL  de  Phys.,  7''  série,  t.  33,  1901,  p.  317. 


SÉANCE    DU    26   JUIN    I922.  1 7o3 

On  en  déduit  pour  la  chaleur  de  réaction  les  valeurs  3o"'34,  3i'*'o8, 
3i"'67  à  partir  de  chacun  des  systèmes  considérés. 

Si  l'on  calcule  cette  même  chaleur  de  réaction  à  partir  de  Téqualion 
d'équilibre  par  la  formule 

Q  =  —  (17  X  4,571)  +  2^T, 
a  el  b  étant  les  coefficients  en  ^,  et  logT  dans  cette  équation,  on  obtient 


pour  la  température  normale  94^°?  valeur  sensiblement  égale  aux  précé- 
dentes. 

Je  me  propose  de  vérifier  cette  valeur  par  une  mesure  expérimentale  de 
la  chaleur  de  formation  du  chloroplatinate  de  baryum. 

CHIMIE  INDUSTRIELLE.  —  Sur  les  élèmenls  accessoires  des  scories 
de  déphosphoration.  Note  (')  de  M.  A.  Demolon,  présentée  par  M.  Lindet. 

Les  scories  de  déphosphoration  apportent  au  sol  une  quantité  de  chaux, 
de  magnésie  et  de  manganèse  qui  n'est  pas  négligeable.  Nous  avons  étudié 
à  ce  triple  point  de  vue  un  certain  nombre  d'échantillons  de  scories  Thomas 
livrées  à  TAgriculture. 

I.  Chaux.  —  Nous  nous  sommes  préoccupé  de  déterminer  principale- 
ment la  chaux  susceptible  d'intervenir  dans  la  réaction  du  sol.  Les  détermi- 
nations effectuées  ont  été  les  suivantes  : 

1°  Cliauv  caustique  soluble  dans  l'eau  dislillée  pure  (tilrage  alcalimétrique)  ; 

2°  Chaux  soluble  dans  l'eau  sucrée  à  5  pour  100  (tilrage  alcali  métrique)  ; 

3°  Chaux  soluble  dans  l'eau  sucrée  après  décorbonalalion  par  chauflage; 

4°  Chaux  soluble  dans  l'acide  phénique  à  2  pour  100  (procédé  Lindel); 

5°  Chaux  déplacée  par  une  solution  neulre  d'humale  d'ammoniaque  (lilrage  à  i'élat 
de  CaO  après  calcination); 

6°  Chaux  soluble  dans  le  chlorhydrate  d'ammoniaque  à  froid  à  diverses  concentra- 
tions (tilrage  de  l'ammoniaque  mise  en  liberté); 

7°  Chaux  déplacée  par  l'acide  carbonique  en  solution  saturée  (titrée  alcalimétri- 
quement); 

8°  Chaux  totale  soluble  dans  les  acides  minéraux. 

Avant  de  donner  les  résultats  analytiques  ainsi  obtenus,  il  est  intéressant 
(*)  Séance  du  19  juin  1922. 


1704  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

de  noter  comment  secompoi'leiit  les  réactifs  ci-dessus  en  fonction  du  temps. 
L'allure  des  phénomènes  étant  la  même  dans  tous  les  cas,  nous  nous  borne- 
rons à  donner  les  courbes  calculées  pour  Téchantillon  n°  6. 

Les  réaclions  obtenues  comportent  deux  pliases.  La  première  au  cours  de 
laquelle  une  certaine  quantité  de  chaux  variable  avec  les  réactifs  passe  en 
solution  en  un  temps  relativement  court.  La  seconde  dans  laquelle  il  y  a 
mobilisation  lente  et  continue  observée  pendant  cinq  jours  dans  nos  essais. 

Les  chilTics  que  nous  donnons  sont  donc  conventionnels,  mais  nos  condi- 
tions opératoires  sont  telles  qu'ils  représentent  la  chaux  facilement  mobili- 
sable correspondant  à  la  première  phase  de  nos  courbes. 

Kfui  sucréi.'  5  "/„ 

après  Aciilo             neutre                                       CO" 

scorie          tlécarbo-  pliéni(|iic  d'Iiumalc  Nn''Cl.j°/„  en  solulion 

'^t^'iclil                                    Eau                   brûle           naUitioii  ■2°/,,  tl';inirnon.  à  froid            saturée 

employé.                         distillée  (' ).            (-).                 (  =  ).  (3).                (i).  (i).                  (S).          Chaux  totale.      .MgO. 

NM.. o,67<V„  '.'7  3,2o  3,24  3,32  8,73  10,69  47, «^5  4,48 

2 i,5t  2,35  4,20  4.59  4,46  9,18  9,63  47,10  3,17 

3 0,16  0,22  0,92  0,45  J,25  3,92  8,5i  44,50  4,29 

^'' 3,75  4,42  5,60  6,49  7,02  10,97  11,92  48, 4o  2,70 

3 2,24  3,24  6,20  5,88  5,63  9,29  10, 52  47,26  3,92 

^' 4,08  5,07  5,73  6,o4  5,25  i3,io  12,32  46, 8f  8,12 

^ 3,08  4,17  4,78  7,56  5,52  10, 4i  11,64  43,70  7,74 

8 1,12  1,45  2,19  2,46  2,83  11,53  7,67  44,25  4,38 

9 2,12  2,35  3,36  8,28  5,76  12,88  9,29  4i,i5  9,o5 

10 3,3o  5,16  6,94  8,62  6,96  11,87  7'39  47,72  3,73 

ISoLa.  —  (')  Scorie,  1?;  eau,  200""'.  Diuve  cragitation  :  i  Iieure.  —  (-)  iJtirée  d'agilalion  :  i  heure.  — 
(3)  Scorie,  is;  réactif,  100™'.  Durée  d'agitation:  1  heure.  —  (^)  Scorie,  iS;  réactif,  100""',  renfermant  og,  3oo 
humâtes.  —  (^)  Scorie,  os,  5  ;  deux  traitements:  200''"''  (i  heure)  et  200""'  (1/2  heure). 

Des  résultats  ci-dessus  on  peut  tirer  quelques  conclusions  générales  : 
I"  La  chaux  caustique  proprement  dite  n'existe  qu'en   faible  quantité 
(i  à  3  pour  100  en  moyenne)  dans  les  scoiies  ;  elle  diminue  d'ailleurs  par 
carbonatation  spontanée  à  Tair. 

2°  Il  existe  dans  les  scories  des  silicates  complexes  susceptibles  de  libérer 
de  la  chaux  assez  lentement  sous  l'action  de  l'eau  pure,  plus  facilement  sous 
l'action  de  l'eau  sucrée,  d'une  solution  d'humate  d'ammoniaque  ou  d'acide 
phénique.  En  présence  de  sels  ammoniacaux  ou  d'acide  cai^bonique  en  solu- 
lion saturée,  la  mobilisation  de  la  chaux  se  fait  en  deux  temps  :  dans  une 
première  phase,  il  y  a  mobilisation  rapide  d'environ  les  |  delà  chaux  labile, 
le  phénomène  se  continuant  ensuite  beaucoup  plus  lentement.  La  chaux 


SÉANCE    DU    26    JUIN    1922^.  17o5 

caustique  libre  ne  représente  donc  qu'une  faible  partie  de  la  chaux  des  sco- 
ries contribuant  à  Falcalinisation  du  sol.  On  sVxplique  en  outre  que  les 
scories  puissent  manifester  à  cet  égard  un  effet  presque  ini médiat,  d'autre 
part  une  aclioii  d'une  certaine  durée. 


Si  l'on  établit  le  rapport  du  nombre  de  molécules  de  GaO  et  MgO  com- 
binées à  la  silice  au  nombre  de  molécules  SiO',  l'acide  phospliorique  étant 
supposé  à  l'état  de  phosphate  tribasique,  on  trouve  un  chiffre  compris 
entre  2  et  3  et  généralement  voisin  de  3.  Il  est  par  conséquent  vraisem- 
blable, comme  M.  Le  Chatelier  l'a  suggéré  pour  les  produits  hydrauliques, 
d'admettre  que  l'on  a  afl'aire  à  une  solution  solide  de  chaux  et  de  silicate 
dicalcique,  ce  dernier  élant  décomposable  à  froid  par  CO-  et  les  sels  ammo- 
niacaux. L'hypothèse  du  phosphate  tétracalcique  conduirait  au  contiaire  à 
des  silicates  inexistants,  intermédiaires  entre  le  silicate  monocalcique  et  le 
silicate  dicalcique. 


1706  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

II.  Magnésie.  —  Nous  avons  rencontré  de  la  magnésie  en  quantité 
notable  et  d'ailleurs  assez  variable  dans  toutes  les  scories.  I^^lle  provient  des 
matériaux  réfractaires  employés  pour  le  garnissage  des  fours  et  des  conver- 
tisseurs. Nos  dosages  ont  oscillé  entre  3  et  i5  pour  100  avec  une  moyenne 
de  8,  90  pour  25  échantillons.  Cette  magnésie  se  trouve  à  Tétat  de  combi- 
naisons silicatées. 

III.  Manganèse  —  Les  scories  renferment  à  Télat  d'oxyde  du  manganèse 
provenant  des  ferromanganèses  introduits  dans  les  convertisseurs.  La  quan- 
tité de  manganèse  totale  est  assez  constante  et  voisine  de  4  et  5  pour  100. 
Ce  manganèse  est  facilement  solubJe  dans  l'acide  citrique  à  2  pour  100,  et 
partiellement  soluble  dans  tous  les  réactifs  faibles  signalés  plus  haut. 
On  peut  donc  considérer  que  les  scories  sont  susceptibles  d'apporter  au 
sol,  sous  une  forme  facilement  assimilable,  le  manganèse  qui  peut  lui 
manquer. 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Siw  V oxydation  par  les  mélanges  d'acide  salfurique 
et  de  chromâtes.  Note  de  M.  L.-J.  Simox. 

Les  mélanges  oxydants  renfermant  l'anhydride  chromique  ou  les  chro- 
mâtes ont  été  souvent  employés  pour  déterminer  le  carbone  dans  les  sub- 
stances qui  en  renferment.  Différents  auteurs  ont,  dans  cette  intention, 
mesuré  le  volume  du  gaz  carbonique  dégagé.  En  collaboration  avec 
M.  Joseph  Guyot,  nous  avons  utilisé  cetle  technique  à  l'analyse  des  éthers 
de  l'alcool  méthylique  auxquels  elle  s'applique  particulièrement  bien.  Son 
emploi,  un  peu  empirique,  impose  des  prescriptions  auxquelles  il  est 
d'ailleurs  aisé  d'obéir  :  en  particulier,  il  convient  d'élever  la  température 
jusqu'à  100°  en  un  temps  donné  (environ  3o  minutes)  et  de  maintenir  à 
cette  température  pendant  un  temps  fixé  (exactement  4  minutes)  la  fiole 
laboratoire  où  s'efiectue  l'oxydation.  Les  proportions  d'acide  sulfurique  et 
d'anhydride  chromique  ou  de  chromâtes  ne  sont  pas  non  plus  indiflerentcs. 
Moyennant  ces  précautions,  cette  méthode  se  prête  très  commodément  et 
très  rapidement  à  l'analyse  d'un  grand  nombre  de  substances  organiques 
ternaires.  Le  Tableau  suivant  en  montre  l'application  aux  biacides  acy- 
cliques  à  chaîne  linéaire. 


SÉANCE    DU    26   JUIN    1922.  17^7 

C  pour  100 

Nom  de  la  substance.  trouve.  caleule. 

Acide  oxalique  (hydraté) iQ^^J     ,  '9>o^ 

Oxalate  d'ammonium iG,6  10,9 

Acide  succinique 39,6       39,63  40>7 

Succinate  d'ammonium 3i  ,7  01,0 

Glutarate  de  baryum  (hydraté) 16,08      16, 55  16,78 

Acide  adipique 49.8^     49,^2  ^9>^^ 

»       pimélique •     5i,85     5i,8i  52, 5o 


subérique 54,43     54,48  ^3,17 

azélaïque ^7,09     56,64  57,42 

sébacique 08,62     58,54  59'4o 


Cette  méthode  s'applique  également  à  tous  les  membres  du  groupe  des 
sucres  à  Texception  des  méthylpentoses  et  de  leurs  dérivés,  à  la  plupart  des 
phénols  et  acides  aromatiques,  sauf  ceux  qui  sont  méthylés  sur  le  noyau 
aromatique.  Cette  méthode  se  présente  donc  avec  un  caractère  assei: 
général.  Une  exception  importante  est  celle  de  l'acide  acétique. 

Soumis  à  l'action  de  l'anhydride  chromique  et  de  l'acide  sulfurique  con- 
centré dans  les  conditions  précitées,  il  ne  donne  aucun  signe  d'oxydation. 
Il  en  est  à  peu  près  de  même  de  ses  sels.  Cependant,  en  prolongeant  la 
durée  de  chauffe  à  ioo«,  il  se  produit  avec  les  sels  un  léger  dégagement 
gazeux  variable  avec  chacun  d'eux.  Le  classement  qui  en  résulte  a  mani- 
festé l'influence  favorable  de  l'oxyde  d'argent  et  a  conduit  à  un  perfection- 
nement de  la  méthode  qui  a  permis  de  faire  fentrer  l'acide  acétique  et  ses 
dérivés  dans  la  règle  générale. 

Ce  perfectionnement  consiste  à  chauffer  la  substance  avec  un  mélange 
d'acide  sulfùriquc  concentré  et  de  chromate  d'argent.  Les  proportions  à 
employer  ont  été  fixées  par  des  expériences  systématiques  et  l'on  ne  doit 
pas  s'en  écarter  trop  si  l'on  veut  retirer  de  l'emploi  de  ce  procédé  tout  ce 
qu'il  peut  donner.  Pour  brûler  environ  o°,i  de  substance,  on  emploie 
environ  i5^°^'  d'acide  sulfurique  concentré  et  12s  de  chromate  d'argent.  Je 
n'ai  pas  cru  utile  de  reproduire  les  nombreux  résultats  relatifs  à  la  com- 
bustion de  l'acide  acétique;  mais  il  m'a  semblé  intéressant  de  comparer  les 
résultats  obtenus  par  l'emploi  de  l'anhydride  chiomique  d'une  part  et  du 
chromate  d'argent  d'autre  part  sur  un  certain  nombre  de  dérivés  acétylés. 


1708  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

C  pour  100 
trouvé 

Nom  de  la  substance.  CrO'.  CrO^Ag^.  calculé. 

Acétine  (mono)  de  la  glycérine 25,-5  4^,5  44^8 

»        (di)  de  la  glycérine 22,8  45,3  47^7 

»        de  rérylhi'ite 18, 3  49,3  49^6 

»       de  la  dulcite 18,  i5  49)6  49, 7^ 

»        de  la  mannile 18, 3  4^,9  49)7^ 

»       de  l'inosite 18,2  48,6  5o 

»        du  glucose 21, o5  49,6  49^2 

»        du  cellose  (a) 22,1  48,4  49,6 

»       du  cellose  ([3) 22,1  48,7  49)6 

»        du  tréhalose 21, 3  48,8  49)6 

Acélale  de  cellulose  n°  1 26,5  48,7  5o 

Acétate  de  cellulose  n°  2 26,4  48,  t5  5o 

Acide  acétylsalicylique 47^3  60,2  60 

De  ce  Tableau  il  résulte  : 

i*'  que  par  Temploi  du  mélange  d'acide  sulfurique  et  d'anhydride  chro- 
mique  Tacide  acétique  combiné  résiste  presque  complètement  à  l'oxydalion  ; 

2°  qu'il  est  presque  complètement  brûlé  par  l'emploi  d'acide  sulfurique 
et  de  chromate  d'argent. 

Le  rôle  du  chromate  d'argent  paraît  spécifique  ;  il  ne  peut  être  remplacé  par 
le  chromate  de  plomb-  l'emploi  de  sels  de  mercure,  de  nickel,  de  cobalt 
n'a  pas  conduit  non  plus  à  des  résultats  comparables. 

Les  homologues  de  l'acide  acétique  et  les  alcools  primaires  correspon- 
dants ne  sont  pas  complètement  brûlés  par  l'emploi  de  l'anhydride  chro- 
mique,  mais  on  peut  y  parvenir  par  l'emploi  du  chromate  d'argent. 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  Sur  faction  du  chlorohromure  de  trirnéthyléne  sur 
(juelques  cétones  de  la  série  grasse.  Note  de  M"*"  Hélèxe  Billon,  présentée 
par  M.  A.  Haller. 

Par  l'action  du  chlorobromure  de  trirnéthyléne  sur  les  dialcoylacéto- 
phénones  sodées  au  moyen  de  l'amidure  de  sodium,  MM.  Haller,  Bauer(') 
et  M,  A.  Haller  et  M"»'  Ramart  (^)  ont  obtenu  des  cétones  §  chlorées  de  la 

(*)  A.  Haller  et  E.  Bauer,  Comptes  rendus,  t.  152,  191 1,  p.  i64i. 
(2)  A.  Haller  et  M-"*  Ramart,  Ann.  de  Chimie,  g^  série,  t.  8,  p.  11. 


SÉANCE    DU    26    JUIN    I922.  I 709 

forme 

/^' 
C«  H5  -  C  —  G— CH2  -  CIP  -  CIP Cl 

Il  \j^, 

et  en  même  temps,  dans  le  cas  de  l'isopropylphénylcétone  du  2.5-diIjcn- 
zoyl-2.5-diméthylheptan('. 

Nous  avons  étendu  cette  réaction  aux  cétones  de  la  série  grasse. 

Action  du  chlorobromure  de  trimélhylènc  sur  Visobulyrone.  —  A  1™*^'  d'iso- 
butyrone  sodée  au  moyen  de  Tamidure  de  sodium  en  solution  élhérée,  nous 
avons  ajouté  1°^°'  de  chlorobromure  de  triméthylène  à  froid.  Il  se  produit 
immédiatement  un  précipité  de  bromure  de  sodium.  On  chauffe  5  à  6  heures 
pour  achever  la  réaction.  On  décompose  le  produit  par  l'eau,  on  décante  la 
couche  éthérée  qui  est  lavée  et  séchée.  Après  avoir  évaporé  l'éthcr  on 
rectifie  le  liquide  à  la  pression  atmosphérique.  On  recueille  un  peu  d'iso- 
butyrone  inaltérée  (P.  E.  i24°-i25°),  et  du  chlorobromure  n'ayant  pas 
réagi  (P.  E.  i45°).  On  distille  alors  le  résidu  sous  une  pression  de  20™™. 
On  obtient  après  rectification  un  liquide  incolore,  bouillant  à  120''- 122° 
sous  20™™,  auquel  l'analyse  assigne  la  formule  de  la  triméthyl-2.4-4-chloro- 
7-heptanone-3, 

(CH^)^— CH  -  C  -  C— CH='—  CH^—  CH'^CI. 

l      \cn. 

Nous  avons  eu  aussi  une  portion  passant  de  i45°à  i5o°  que  nous  pensions 
être  constituée  par  le  dichlorure.  Soumis  à  une  seconde  distillation  ce  pro- 
duit a  subi  une  décomposition. 

Action  du  chlorobromure  de  triméthylène  sur  la  dinièthylpinacoline .  —  Nous 
avons  effectué  cette  opération  dans  les  mêmes  conditions,  mais  en  substi- 
tuant le  benzène  à  Féther  comme  solvant. 

Nous  avons  ainsi  obtenu  un  liquide  incolore  distillant  à  iio°-ii2'^ 
sous  12"^'"  qui,  à  l'analyse,  a  donné  des  chiffres  correspondant  à  la  télra-- 
mèlhyl-'i .  2.[\.\-chloro-'j-heplanone-i , 

CIP— C-C  — C— CtP-CH^  — CH'GI. 

La  létraméthyléthylcétone,  préalablement  sodée  par  l'amidure  de  sodium 
au  sein  du  benzène,  nous  a  donné  avec  le  même  chlorobromure  la  télramé- 


l'jlO  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

thyl-3.3.5.3-chloro-^-oclano7ic-fi  (P .  E.  124°  sous  16™™), 

Clp-^G  —  C  —  G— CH2—  CH2—  CIl^CI. 

Nous  n'avons  obtenu  dans  aucun  cas  de  dicétone. 

Avec  lapinacoline,  et  en  opérant  absolument  comme  pour  Fisobutyrone, 
nous  avons  isolé  un  liquide  incolore  distillant  à  97°  sous  i  ^'""^  et  qui  ne 
contient  pas  de  Cl.  L'analyse  lui  assigne  la  formule  brute  G"  H-'  O  qui  en 
fait  un  isomère  de  Yallylpinacoline. 

La  présence  de  ce  dernier  composé  pourrait  s'expliquer  en  admettant 
qu'il  y  eût  départ  d'acide  chlorhydrique  au  cours  de  la  distillation,  comme 
le  fait  a  été  observé  avec  le  benzoyl-2-méthyl-2-chloro-5-pentane  ('). 
Toutefois  les  propriétés  physiques  et  chimiques  du  composé  obtenu  ne 
coïncident  pas  avec  celles  de  TaHylpinacoline  préparée  par  allylation  directe 
de  la  pinacoline  (-).  Ce  corps  ne  décolore,  en  effet,  pas  l'eau  bromée; 
d'autre  part,  sa  densité,  sa  réfraction  moléculaire  et  sa  semicarbazone  la 
différencient  nettement  de  cette  dernière  cétone.  Nous  sommes  portée  à  le 
considérer  comme  àw pivaloyltéti amélhylène 

(GH3)3_  G  _  G  —  GH  -  GH^ 

Il  I  i 

O      GH^-GH^ 

Action  de  la  diméthylamine  et  de  la  diéthy lamine  sur  les  cétones  0  chlorées 
obtenues  dans  la  réaction  précédente.  —  Dans  chaque  cas  le  chlorure  est 
chauffé  à  200°,  dans  un  autoclave  avec  un  léger  excès  de  diméthylamine  ou 
de  diéthylamine  en  solution  benzénique,  pendant  un  jour. 

Le  produit  de  la  réaction  est  acidifié  par  HCl  et  agité  avec  du  benzène. 
La  solution  benzénique  contient  la  cétone  qui  n'a  pas  réagi.  La  liqueur 
chlorhydrique  est  évaporée  en  partie  puis  traitée  par  de  la  soude  concen- 
trée. La  base  ainsi  mise  en  liberté  est  extraite  par  de  l'éther  puis  distillée. 

Toutes  ces  amino-cétones  se  carbonatent  très  rapidement  au  contact  de 
l'air.  Elles  donnent  chacune  un  chlorhydrate  cristallisant  en  beaux  feuillets 
nacrés. 

Nous  avons  obtenu  ainsi  : 


(1)  A.  Haller  et  M-^-^  Ramaht,  loc.  cit. 

(■-)  A.  Haller  et  E.  Baler,  Comptes  rendus.,  l.  158,  1914?  P-  829. 


SÉANCE    DU    26    JUIN    I922.  I71I 

La  diméthylamino-i-trimèthyl-[\.l\.'j-heptanonc-S 

(Cll-^)2-CH  — CO— C<^|^^|f  ^'-GIP— Cir-N(CH3)2          (Kb.    120»  sous  ^a-"-)  ; 
La  dièthylamino- 1 -triméthyl-[\.l\.'j-heplnnone-b 

(GH^)^—  CM  -  CO  -  (:<^^^"'^'_Gir^-  CI|2iN(Cni">)-     (i:b.  1 26-- 128" sous 20™™); 
La  dimélhylamino- 1 -tètrarnélhyl-\ . 4 •  7 •  ']-hcptanonc- 5 

(Cir*j3-C-C0-G<^J^^|f  ^'-Gil^-.CH2i\(GH3)^       (Éb.  126"-! 38°  sous  20™-"); 

La  dimélhylamino- 1 -tétraméthyl-[\ .4.6 .'ô-octanone-5 

CGH^^-\  /('GH^i- 

C2H5/^~^^^  "  ^\GH2      —  GH-^-  GfPNCCH')-^        (Eb.  i38°-i4o°  sous  20™"). 


CHIMIE  ORGANIQUE.  —  5///'  la  Uaiisjormation  des  alcools  ètkylèniques  ter- 
tiaires (genre  linalol)  en  alcools  éthyléniques  primaires  (genre  géraniol). 
Note  de  MM.  R.  Locquin  et  Sixg  Wouseng,  présentée  par  M.  A.  Haller. 

C'est  lin  fait,  signalé  pour  la  première  fois  il  y  a  longtemps  déjà,  par 
^L  Ph.  Barbier,  que,  dans  différentes  conditions,  le  linalol 

(G'-'H")  (GM3).G(0II)-GH:=:GH-^ 

peut  être  transformé  en  géraniol  (C^ H"  )  (CH^)  —  C  =  CH  —  CH-  OH. 

Il  était  intéressant  de  rechercher  si  une  semblable  isomérisation  d'un 
alcool  tertiaire  en  un  alcool  primaire  constituait  une  exception  imputable 
aux  propriétés  souvent  très  spéciales  des  composés  terpéniques  ou  bien 
si,  au  contraire,  on  pouvait  la  reproduire  à  partir  de  n'impoi  te  quel  alcool 
éthylénique  tertiaire  possédant  le  groupement  terminal  particulier 

>G(0I1)-GH  =  GH2 
qui  existe  dans  le  linalol. 

Cette  étude  n'a  jamais  été  entreprise  faute  de  matière  première.  Il  nous 
a  été  possible  de  l'aborder  dès  que  nous  avons  eu  à  notre  disposition  des 
quantités  notables  de  dialcoylvinylcarbinols  du  type  général 

RR'.G(OH)-GH  =  GH% 


1^12  ACADÉMIE    DES    SGIEl>GES. 

alcools  qui  possèdent  précisément  le  groupement  terminal  en  question  et 
dont  nous  avons  exposé  le  mode  d'obtention  dans  une  précédenle  Note  ('). 
Voici  le  résumé  de  nos  observations  :  les  dialcoylvinylcarbinols  sur  les- 
quels ont  porté  nos  expériences  n'ont  pas  été  modifiés  dans  le  sens  désiré 
par  action  de  l'eau  surchauffée,  même  à  220^  pendant  3o  heures.  Par  contre, 
ils  ont  tous  pu  êlre  isomérisés  en  alcools  primaires  correspondants  sous 
l'influence  de  réactifs  acides  en  général  (anhydride  acétique  à  120°;  acide 
acétique  bouillant;  gaz  chlorhydrique  ou  bromhydrique,  etc.),  et  c'est  là 
une  des  causes  pour  lesquelles,  comme  nous  l'avons  signalé  précédemment, 
l'éthérification  de  ces  alcools  tertiaires  n'est  pas  convenablement  réalisable. 

L'isomérisalion  s'est  efTecluée  pour  le  mieux  en  chaiiiranl  au  bain  d'huile  à  i  io°-i  i5°, 
pendant  au  moins  i5  heures,  les  dialcoylvinylcarbinols  avec  une  fois  et  demie  à  deux 
fois  leur  poids  d'acide  acétique  cristallisabie.  Itnsuite,  on  précipite  par  l'eau,  traite 
l'huile  surnageante  par  la  soude  alcoolique  pour  saponifier  les  acétates  formés,  extrait 
à  nouveau  et  rectifie  enfin  le  produit  obtenu. 

Au  début,  distille  une  quantité  variable  d'hydrocarbures  résultant  d'une  déshydra- 
tation partielle  ;  puis,  le  point  d'ébullition  s'élève  et  dépasse  plus  ou  moins  rapidement 
celui  de  l'alcool  tertiaire  initial.  Pour  se  débarrasser  des  hydrocarbures  restants,  de 
l'alcool  tertiaire  éthylénique  non  transformé,  de  l'alcool  tertiaire  saturé  préexistant,  etc., 
on  traite  alors  le  résidu  par  l'anhydride  phtalique  en  milieu  benzénique,  en  se  con- 
formant exactement  aux  prescriptions  de  Sléphan  (^),  car  on  sait  que,  dans  ces  con- 
ditions, seuls,  les  alcools  primaires  ou  secondaires  donnent  un  phtalate  acide.  Après 
séparation  et  saponification  du  phtalate  acide  qui  a  pris  naissance,  on  obtient 
finalement,  avec  un  rendement  variable  suivant  la  nature  du  corps  mis  en  jeu,  un  alcool 
très  pur,  bouillant  à  point  fixe  à  2.5"  au  moins  au-dessus  du  point  d'ébullition  de  l'al- 
cool tertiaire  dont  on  est  parti. 

Les  alcools  fournis  par  les  transpositions  de  ce  genre  appartiennent  cer- 
tainement, comme  on  s'en  rendra  compte  par  l'examen  de  l'ensemble  de 
leurs  propriétés,  à  la  série  des  alcools  3.3  (o//  ^[^)  didlcoylallyliqiics  du  type 
général  RR'C  =  CH  —  CH-OH,  série  dont  on  ne  connaît  actuellemenl  que 
trois  termes  à  savoir  :  l'alcoal  [î[3-diméthylallylique,  le  géraniol  et  son' 
isomère  le  nérol. 

Ce  sont  des  liquides  plus  visqueux  que  les  alcools  tertiaires  dont  ils  déri- 
vent; ils  sont  éthérifiables  et  fournissent  des  allophanates  très  caractéris- 
tiques, Par  oxydation  suffisamment  énergique,  leur  molécule  est  coupée 


(')  R.  LocQULN  et  SuNG  WoL'SENG,  Comptes  rendus,  t.  174,  1922,  p.  i53i  ;  voir  aussi 
p.  1427. 

(^)  Stéphan,  Joarti.  f,  prakt,  Cheni.,  2*^  série,  t,  60,  1899,  p.  a/jS. 


SÉANCE    DU    26    JUIN    I922.  »7l3 

avec  régénération  de  la  cétone  R  —  CD —  II',  ce  qui  situe  la  position  de  la 
liaison  éthylénique.  Par  oxydation  chromique  ménagée  ils  donnent  norma- 
lement les  aldéhydes  élhyléniques  correspondants  ou  ^^-dialcoylacro!éincs 
RIV  —  C  =  CH  -  CHO;  mais  nous  ferons  dès  maintenant  remarquer  que 
ce  dernier  résultat  ne  saurait  être  suffisant  pour  constituer  à  lui  seul  une 
preuve  irrécusable  de  la  présence  d'une  fonction  alcoolique  primaire.  Aussi 
avons-nous  établi  le  caractère  primaire  de  cette  fonction  par  d'autres 
moyens. 

Les  indications  ci-dessous  rassemblent  les  principales  données  qui  jalon- 
nent notre  travail. 

1'^  En  pai-lanl  du  inélliylisoliexylvinylcarbinol  (Eb,;,..- =  89°-9i°.)  nous  avons  obtenu, 
avec  un  rendemenl  net  de  20  pour  100,  Valcool  ^-mél/ijl-S>-isohexylallylique 
C'«H2oO  (Eb,,,„„i=ziio'')  et  fournissant,  par  oxydation,  la  |3-méthyl-[3-isohe\ylacroléine 
(Ebi,„,„  =:  95°  à  io5")  dont  la  semicarbazone  fond  à  164*'.  Par  hydrogénation  calaly- 
tique  à  froid  (Pt  ou  Ni  ),  le  même  alcool  3-métliyl-3-isohe\yIallylique  conduit  au 
télraliydrogéraniol  déjà  connu  et  dont  l'alloplianate  fond  à  117". 

2°  Èa  parlant  du  dipropylvinylcarbinol  (El)i2".".=  75°-76'')  nous  avons  obtenu,  avec 
un  rendemenl  de  20  pour  100,  Valcool  Çjp-dipropvlc'llrUr/iie 

C'-'H"*0(Eb,,..— 99'^-ioi") 

dont  l'alloplianate  fond  à  1/47°- '48°  sur  les  bains  de  Hg. 

Cet  alcool  allylique  disubstitué  nous  a  fourni  par  oxydation  la  [3,3-dlpropylacroléine 
dont  la  semicarbazone  fond  à  i7i"-i73°,  tandis  que  par  hydrogénation  (H-hPt),  il 
nous  a  conduit  à  un  alcool  saturé  dont  l'allophanate  fond  à  i33''-i34"  et  la  semicar- 
bazone du  pyruvate  à  116"  après  séchage  à  l'étuve. 

Ce  dernier  alcool  saturé  est  Identique,  par  ses  propriétés  et  par  celles  de  ses  dérivés, 
à  l'alcool  j3[3-dipropylpropylique,  indubitablement  primaire,  que  fournil  la  réduction, 
par  le  sodium  et  l'alcool  absolu,  du  |3|3-dipropylacrylale  d'élhyle  (Eb,o»"=  122°- 128°) 
obtenu  lui-même  par  déshydratation  de  l'oxyéther  formé  dans  la  condensation  clas- 
sique de  la  bulyrone  avec  le  bromacélale  d'élhyle. 

3°  En  partant  du  mélhylterl.bulylvinylcarblnol  (Eb  =  i46°-i:i7°),  nous  avons  pré- 
paré, avec  un  rendement  supérieur  k  5o  pour  100,  Valcool  pmélliyl-'^-lert.butylal- 
/y/«(7weG»H'«0(Eb,2-.=  84°)donl  l'allophanate  fond  à  77°.  L'aldéhyde  correspondant, 
ou  j3-métliyl-^-lert.butylacrolélne,  bout  de  75°  à  78°  sous  iS"""'  et  sa  semicarbazone 
fond  à  2o4"-2o5";  son  oxydation  (à  l'air  ou  par  AgOH)  conduit  à  l'acide  p-mélhyl- 
|3-tert.bulylacrylique  fondant  cà  85"  et  transformable,  par  léger  chauffage  avec  de 
l'acide  sulfurique,  en  une  lactone  saturée  CMP^Q-^  bouillant  à  110°  sous  i4'°'^"  et 
fondant  à  98"'-99°  déjà  décrite  par  Pelschnlkow. 


I714  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 


GÉOLOGIE.  —  Sur  les  roches  paléozoïques  draguées  par  le  Pourquoi-Pas?  en 
1921  dans  la  Manche  occidentale.  Note  de  MM.  F.  Kerforne  et  L.  Dan- 
GKARD,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

Dans  une  Note  récente  à  l'Académie  des  Sciences  ('),  MM.  Paul  Lemoine 
et  René  Abrard  ont  étudié  les  roches  crétacées  draguées  en  1921  par  le 
Pourquoi-Pas?  M.,  le  D^'Charcota  rapporté  également  du  fond  de  la  Manche 
une  grande  quantité  de  roches  sédimenLaires  paléozoïques,  de  roches  érup- 
tives  et  métamorphiques,  recueillies  à  bord  par  M.  Hamel. 

La  plupart  des  échantillons  se  présentent  à  l'état  de  galets  de  taille 
variable  dépassant  parfois  iS*^™;  certains  blocs  ont  une  forme  anguleuse  ou 
irrégulière  ;  deux  seulement  semblent  avoir  été  arrachés  au  substratum. 

Étant  donnée  la  profondeur  à  laquelle  ils  ont  été  dragués  (20'°  à  iio™), 
ils  paraissent  dans  beaucoup  de  cas  provenir  d'affleurements  sous-marins 
peu  éloignés,  auxquels  ils  ont  pu  être  empruntés  à  des  époques  diverses. 

Sans  parler  des  roches  éruptives  et  métamorphiques  dont  l'étude  n'est 
pas  encore  achevée,  la  liste  des  roches  identifiées  est  longue.  Les  grès 
dominent  de  beaucoup  :  grès  rosés  du  type  des  grés  d'Erquy^  grès  blancs 
rappelant  le  grès  armoricain,  grès  sombres  et  quartzites  noirs  analogues  à 
ceux  du  Gothlandien,  etc. 

Dans  quatre  stations,  dont  trois  entre  Cancale  et  Chausey,  on  a  trouvé 
des  roches  briovériennes  typiques;  enlin  la  drague  a  rapporté  au  sud  de 
Guernesey  du  minerai  de  fer  type  Normandie  et  entre  Serk  et  Carteret 
plusieurs  échantillons  de  calcaire  primaire,  sans  doute  dévonien. 

Les  grès  du  type  d'Erquy  ont  été  recueillis  en  abondance  dans  18  sta- 
tions sur  3o.  Leur  grande  répartition  dans  le  golfe  normanno-breton  et 
jusque  dans  la  fosse  centrale  donne  à  ce  faciès  une  importance  que  l'on  ne 
soupçonnait  pas,  étant  donnés  les  afdeurements  peu  considérables  qui 
existent  sur  la  côte,  et  serait  en  accord  avec  l'hypothèse  émise  par  l'un  de 
nous  (-)  que  les  grès  d'Erquy  constitueraient  une  formation  à  caractère 
transgressif,  supérieure  au  Dévonien,  peut-être  permienne. 

Il  faut  noter  l'existence  de  galets  du  même  grès  au  nord  de  Cancale,  à 


(•)  Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  2^3. 

(^)  F.  Kerforne,  Sur  la  géologie  des  Cotes-du-Nord  {Bull.  Soc.  se.  et  méd.  de 
l'Ouest,  t.  22,  n»  2,  igiS). 


SÉANCE   DU    26   JUIN    19^2.  I7l5 

peu  de  dislance  du  gisement  quaternaire  du  Mont  Dol  où  les  fragments  de 
grès  d'Erquy  se  rencontrent,  ainsi  d'ailleurs  que  des  silex  crétacés. 


9  Autres  roches 
séàiïï\entàireç, 


A,^  "Iw— v.J 


51 


La  présence  de  galets  de  roches  sédimentaires  au  nord  de  Taxe  cristallo- 
phyllien  du  Léon,  jusqu'au  large  d'(3uessant,  fait  espérer  qu'on  retrouvera 
la  trac3  de  synclinaux  paléozoïques  immergés  qu'il  y  aurait  intérêt  à 
rechercher  par  des  dragages  effectués  entre  Ouessant  et  les  iles  Scilly. 

C'est  encore  la  drague  qui  permettra  sans  doute  d'élucider  le  problème 
des  relations  des  synclinaux  du  Cotentin  avec  ceux  de  Bretagne,  relations 
qu'il  est  difficile  d'imaginer  actuellement. 

Les  résultats  de  la  campagne  de  1921  sont  donc  intéressants  et  montrent 
Futilité  de  nouvelles  explorations  sous-marines.  Ces  crosières  apportent 
une  aide  précieuse  à  l'étude  du  Massif  armoricain  et  à  la  solution  de 
problèmes  stratigraphiques  et  tectoniques  qu'il  est  difficile  de  résoudre 
sans  connaître  le  fond  de  la  Manche. 


iyi6  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 


GÉOLOGIE.  —  Sur  la  découverte  du  Silurien  à  Graptolithes  et  du  Bèvonien  à 
Tentaculites  aux  Beni-Afeur  (sud  de  Djidjelli,  Algérie).  Note  (')  de 
M.  F.  EiiRMAN.v,  transmise  par  M.  Ch.  Depéret. 

La  région  des  Beni-Afeur  (Douar  Djimila),  où  affleure  le  Primaire,  est 
située  à  25''™  au  sud-sud-est  de  Djidjelli,  à  environ  55''°'  au  nord-ouest  de 
Conslantine,  et  à  i  5''°'  au  sud  de  Taher,  sur  la  bordure  ouest  du  massif 
ancien  de  CoUo. 

Ce  pays,  d'un  abord  et  d'un  parcours  difficiles,  est  sauvage,  boisé,  très 
peu  peuplé,  entrecoupé  de  gorges  profondes  aux  contreforts  abrupts,  offrant 
parfois  des  dénivellations  de  plus  de  iooo"\  Les  explorations  géologiques 
y  sont  malaisées  et  il  n'y  a  rien  d'étonnant  à  ce  que  cette  découverte  n'ait 
pas  été  faite  plus  tôt. 

Les  couches  primaires,  peu  puissantes  (quelques  centaines  de  mètres) 
affleurent  sur  prés  de  8'""  sur  les  flancs  sud  et  ouest  du  dj.  Kelaa  (1248™- 
i25o™)  où  elles  sont,  dans  l'ensemble,  faiblement  inclinées  vers  le  Nord  et 
l'Est,  avec  plongement  sous  cette  montagne.  Les  affleuremenls  primaires 
forment,  aux  environs  de  l'altitude  900™,  une  croupe  à  arête  sud-ouest 
circonscrite  par  le  confluent  de  l'oued  Zatout  (rivière  des  ramiers)  et  de 
l'oued  Djinedjène,  un  peu  en  aval  du  coude  brusque  que  forme  cette  oued, 
lorsque,  empruntant  le  couloir  ^ud-nord  d'un  axe  anticlinal  du  massif 
*îancien,  il  abandonne  sa  direction  Ouest-Est  pour  prendre  la  direction  Sud- 
Nord  qu'il  conservera  jusqu'à  son  embouchure  dans  le  Sahel  de  Taher. 

Dans  une  reconnaissance  de  cette  région  (août  1921),  j'avais  découvert 
des  conglomérats ,  arkoses^  grauwackes^psammites^  schistes^  calcaires  marmo- 
réens à  Orthoceras  et  calschistes  à  Tentaculites  que.  vu  le  faciès,  je  rapportai 
au  Dévonien. 

Cet  étage  géologique  n'ayant  jamais  été  signalé  paléontologiquement 
dans  le  nord  de  l'Algérie  et,  d'autre  part,  les  fossiles  recueillis  me  semblant 
insuffisants,  je  n'avais  pas  cru  devoir  publier  cette  découverte. 

Ayant  pu,  en  avril  dernier,  consacrer  quelques  jours  à  l'étude  des  Beni- 
Afeur^  un  heureux  hasard  m'a  permis  de  découvrir  quelques  débris  de 
Graptolithes  (Monograptus)  dans  des  schistes  qui  me  semblent  appartenir  à 
une  assise  discordante  sous  la  série  signalée  ci-dessus. 

(*)  Séance  du  19  juin  1922. 


SÉANCE   DU    26    JUIN    1922.  1717 

D'autre  part,  de  nouveaux  fossiles  :  Polypiers,  Crinoùies,  Céphalopodes, 

Tenincidites,  Styliolina,  etc..  ainsi  que  le  faciès  typique  des  grauwackes, 

psammites,  calschistes.   marbres  colorés  en   particulier,  confirment  Tâge 

dévonien  d'une  partie  des  assises  primaires  des  Beni-Afeur. 

Les  schistes  à  graptolithes  et  schistes  graphitiques  surmontent  une  série 
puissante  de  gneiss,  phyllades,  granidites,  calcaires  cristallins  et  cipolins, 
schistes  divers  plus  ou  moins  métamorphiques,  avec  intercalations  de  con- 
glomérats et  quartzites.  Cet  ensemble  pourrait  représenter  le  Précambrien. 
le  Cambrien,  et  aussi  le  Silurien. 

Dans  cette  Note,  je  ne  donnerai  que  la  succession  des  différentes  assises 
primaires  à  partir  des  schistes  à  graptolithes,  d'après  une  coupe  SW-NE, 
suivant  Féperon  du  dj.  Kelaa,  passant  par  la  Mechtat  Zouararane  et  le 
marabout  Kedit  Salem.  On  observe  de  bas  en  haut  : 

I"  Schistes  à  graptolithes,  schistes  gris  bleu  satinés  et  schistes  graphi- 
tiques. 

2°  a.  Grès  schisteux  verts,  grès  verts  grossiers,  quartzites,  arkoses  et 

poudingues. 

b.   Schistes  violacés    à   veines  de  quartz   blanc,   lits    de    conglomérats 

bigarrés  et  brèches  schisteuses. 

3°  Poudingues,  brèches  et  arkoses,  discordants  sur  l'assise  précédente. 

40  a.  Schistes  modifiés  avec  lentilles  de  grès,  quartzites  et  petits  lits  de 
conglomérats,  de  calschistes  et  de  grauwackes  à  Tentacidites. 

b.  Schistes  à  Tentaculites  et  Styliolites  {Styliolina  clavulus). 

c.  Grauwacke  d'un  brun  terreux,  à  fossiles  indéterminables. 

d.  Grès  calcarifères  durs,  gris  bleu  foncé,  à  empreintes  mécaniques. 

5°  Schistes  violacés,  gris  bleu,  jaunes,  avec  nodules,  lentilles  ou  pla- 
quettes calcaires  ainsi  que  des  lentilles  de  grès,  quartzites,  conglomérats. 

Une  lentille  de  calcaire  marmoréen  a  fourni  des  polypiers  {Alvéolites, 
Cyathophyllum,  etc.). 

6°  Schistes  violacés,  psammites,  grauwackes,  fer  ohgiste. 

7°  Assise  calcaire  discordante  sur  les  précédentes  et  comprenant  : 

a.  Calcaires  bréchoïdes,  marmoréens  gris  bleu  à  Orthocératidés  et  Cri- 

noides  (Rhipidocrinus). 

b.  Calschistes  à  lentilles  de  marbres  bariolés  rougeàtres  dans  l'ensemble, 

avec  Crinoïdes,  Tentaculites  scalaris,  Coleoprion  gracilis,  etc. 

c.  Calcaires  marmoréens  à  Orthocératidés  abondants. 

11  est  intéressant  de  noter  certaines  analogies  de  faciès  avec  le  Dévonien 
du  Sahara,  de  la  Sardaigne,  ainsi  que  la  remarquable  analogie  pétrogra- 

C.  R.,  1922,  i"  Semestre.  (T.  174,  N»  26  )  ^^^ 


1718  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

phique  des  arkoses,  grauwackes,  psatntnites,  calschistes  et  marbres  avec 
ceux  de  Belgique  et  du  pays  rhénan. 

Toute  cette  série  primaire  est  couronnée  en  discordance  par  une  puis- 
sante assise  détritique  tertiaire  (conglomérats,  grès  et  marnes  à  Lépido- 
cyclines). 


GÉOGRAPHIE   PHYSIQUE.    —    Reparution  de  la   température   dans  Le  lac  du 
Bourget.  Note  de  M.  Ch.  Gorceix,  présentée  par  M.  Pierre  Termier. 

La  température  d'un  lac  étant  fonction  de  l'espace  et  du  temps,  lorsqu'on 
parle  de  répartition,  il  est  sous-entendu  que  c'est  à  un  instant  donné,  ou 
tout  au  moins  pendant  un  temps  assez  court  pour  que  les  variations  soient 
négligeables. 

Avec  les  thermomètres  à  renversement  les  opérations  sont  longues; 
réparties  sur  un  temps  assez  long,  les  mesures,  si  elles  sont  nombreuses,  ne 
donnent  que  de  grossières  moyennes. 

Un  appareil  que  je  viens  de  réaliser,  avec  le  concours  pécuniaire  de  la 
Direction  des  Recherches  scientifiques  et  des  Inventions,  permet  au  con- 
traire de  recueillir  en  un  temps  excessivement  court  un  nombre  suffisant 
d'observations  pourarrivcràdesconclusions  précises.  Il  vientdemepermettre 
de  réaliser  en  28  heures  de  travail  près  de  5oo  mesures  de  température 
à  o°,2  ou  o°,3  près,  réparties  en  6^  stations  sur  les  45"""'  du  lac  du  Bourget. 
En  marche  normale,  on  peut  compter  sur  3o  lectures  à  l'heure,  y  compris 
les  déplacements. 

L'appareil  devant  être  docril  dans  un  aulre  recueil,  je  me  borne  à  indiquer  qu'il 
est  basé  sur  la  mesure  des  variations,  avec  la  température,  de  la  résistance  électrique 
d'un  fil  de  cuivre  fix-é  au  bout  d'un  câble  qui  se  déroule  sur  un  treuil.  Ce  câble  com- 
prenant, outre  une  àme  en  acier,  trois  conducteurs  en  cuivre,  permet  de  transporter 
jusqu'à  la  résistance  thermique  un  sommet  convenable  du  pont  de  Wlieatstone  et 
d'annuler  ainsi  l'ellet  des  varialions  calorifiques  du  câble.  Un  galvanoscope  de  mani- 
pulation Garpenlier,  suspendu  à  trois  caoutchoucs,  et  un  rhéostat  à  deux  décades 
donnent  les  varialions  de  résistance  à  o,o5  ohm. 

Un  dispositif  à  contact  de  mercure  indique  l'arrivée  de  la  sonde  au  fond.  En  raison 
de  la  conductibilité  et  de  la  pression  de  l'eau,  les  détails  de  construction  sont  très 
importants. 

Les  résultats  que  j'ai  obtenus  concernent  la  période  du  i5  mai  au 
7  juin  1922.  Ce  fut  une  période  de  forte  chaleur  succédant  à  une  période 


SÉANCE  DU  26  JUIN  1922.  I719 

de  pluie  qui  avait  fait  déborder  le  lac.  i.e  i5  mai  il  occupait  à  peu  près  son 
lit  majeur;  jusqu'à  fin  maison  niveau  avait  baissé  alors  que  celui  du  lihône 
montait,  de  sorte  que  dans  les  premiers  jours  de  juin  ce  fleuve  était  sur  le 
point  d'y  déverser  ses  eaux,  comme  il  le  fait  pendant  3  mois  environ  tous 
les  ans;  le  lac  était  presque  fermé. 

Au  début  le  lac  était  donc  froid.  La  température  à  la  surface  oscillait 
autour  de  12",  6  pour  descendre  à  cf,l\  à  10'"  et  7*^,3  à  3o"\ 

Les  mesures  eflfectuées  les  i5  (soir),  16.  19,  11  où  la  température  à  la 
surface  s'éleva  à  19". (J  montrent  que  raugnientalion  fut  surtout  superfi- 
cielle: à  9" il  n'y  avait  aucun  changement;  le  3o  mai  (matin  )  la  tempéra- 
ture moyenne  à  la  surface  atteint  20'', 9.  La  couche  chaude  a  gagné  forte- 
ment en  épaisseur,  à  4™  on  a  20^,2,  mais,  à  partir  de  là,  la  décroissance  est 
rapide,  à  9"^  on  n'a  plus  que  1 1"  et  Tuniformité  ne  se  produit  plus  qu'à  i  2™ 
ou  i4". 

Le  2  juin,  un  orage  et  une  violente  tempêle  ayant  agité  les  eaux,  on  trouve 
le  3  juin  une  courbe  à  décroissance  plus  régulière;  la  chaleur  a  gagné  en 
profondeur  :  2"  à  10™,  o°,5  à  20^". 

Le  fail  capital  ressortant  des  observations,  c'est  l'identilé  des  formes  des 
courbes  de  répartition  suivant  la  verticale,  en  tous  les  points  du  lac,  et  le 
peu  d'écart  qu'elles  présentent  entre  elles  le  même  jour.  La  forme  est 
connue;  le  point  d'inflexion  correspondant  à  la  couche  du  saut  de  Richter 
s'abaisse  au  fur  et  à  mesure  de  l'emmagasinement  de  la  chaleur. 

Une  remarque  assez  générale,  c'est  que  les  courbes  de  deux  points  à 
températures  superficielles  inégales  se  coupent  de  façon  à  présenter  sensi- 
blement des  aires  égales,  c'est-à-dire  que  la  quantité  de  calorique  par  unité 
de  surface  est  à  peu  près  constante.  C'est  une  sorte  à'isoslasie  calorifique 
qui  se  traduit  par  un  courant  superficiel  et  un  courant  de  profondeur 
moyenne  en  sens  inverse  du  premier,  avec  région  calme  à  la  hauteur  du 
point  d'intersection  (10™  pour  l'époque  considérée).  Je  crois  que  c'est  là 
l'explication  de  ces  courants,  difl'érents  de  ceux  produits  par  le  vent,  qu'on 
observe  dans  le  lac. 

Pour  l'étude  de  la  répartition,  on  peut  se  borner  à  opérer  tous  les  mètres 
entre  0°^  et  lo'",  puis  à  20™  et  3o"\  et  ne  faire  par  jour  qu'une  ou  deux 
mesures  au  delà. 

En  novembre  1919  j'avais  trouvé  une  ligne  de  puits  dont  la  température 
variait  de  12''  à  ilf,']  au  lieu  de  11°,  allant  de  Saint-Simon  à  Puer  en 
passant  par  La  Fin;  je  pensais  que  le  courant  chaud  se  prolongeait  dans  le 
lac.  Je  n'en  ai  pas  trouvé  le  moindre  indice;  il  est  vrai  que  l'été  est  mal 


i;20  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

choisi  pour  ces  recherches,  la  couche  où  peiivenL  se  trouver  ces  sources 
étant  à  la  même  température  ou  à  peu  près. 

En  traçant  les  courbes  journalières  de  répartition  on  peut  facilement 
déduire  de  l'aire  qui  les  sépare  la  quantité  de  calories  emmagasinées  ou 
perdues,  dans  le  laps  de  temps  considéré.  Ce  calcul  fait  pour  la  période 
de  i4  jours  du  i5  au  3o  mai  1922  m'a  donné  le  chiffre  de  25  x  10"  grandes 
calories,  soit  celui  que  produirait  la  combustion  de  35710  wagons  de 
10  tonnes  de  houille,  dégageant  7000  calories,  ou  une  couche  uniforme  sur 
le  lac  de  6™"', G.  Entre  le  plus  grand  hiver  et  Tété  le  plus  chaud  on  trouve- 
rait une  quantité  10  fois  plus  grande. 

Les  deux  bassins  ne  jouissent  pas  du  même  climat  :  celui  du  Nord  est  plus 
méridional,  c'est  un  fait  connu.  Les  courbes  montrent  qu'en  ell'et  le  lac  y 
est  plus  chaud  de  ()°,5  environ.  J'attribue  ce  fait  un  peu  à  la  plus  grande 
largeur  et  à  la  disposition  des  bords  du  lac  qui  prolongent  l'insolation  et 
surtout  au  déversement  du  Rhône  qui,  par  application  du  paradoxe  cité 
pnr  Foret  dans  le  Léman,  en  raison  de  l'accroissement  de  densité  de  ses 
eaux  limoneuses,  apporte  au  lac  la  même  quantité  de  chaleur  que  5  ou  G  jours 
d'été  de  plus  que  dans  le  bassin  du  Sud. 

11  serait  intéressant  de  poursuivre  ces  études  sur  au  moins  une  année 
entière,  en  y  consacrant  2  ou  3  jours  par  mois. 


PHYSIOLOGIE  VÉGÉTALE.  —  Stir  le  mécanisme  de  Vaclion  parasitaire  du 
Pénicillium  glaucum  LiiikcL du  Mucor  stolonifer  Ehih.  \ote  de  M.  Pif.kre 
NoBÉcouiiT,  présentée  par  M.  Guignard. 

Le  Pénicillium  glaucum  Lk  et  le  Mucor  stolonifer  ¥\\vh .  sont,  on  le  sait, 
deux  champignons  vivant  très  communément  en  saprophytes  sur  des  subs- 
tances très  diverses.  Mais,  outre  ce  mode  de  vie,  ils  peuvent  parasiter  un 
certain  nombre  de  fruits  mûrs  ou  encore  verts  et  en  amener  la  pourriture 
plus  ou  moins  rapidement. 

C'est  Davaine  (  ')  qui  le  premier  a  montré  que  la  pourriture  des  fruits  est 
occasionnée  par  le  développement  du  mycélium  de  divers  champignons  et 
non  pas,  comme  on  le  croyait  alors,  par  une  altération  chimique,  une 
exagération  de  la  maturité.  Mais  l'illustre  biologiste  n'avait  pas  indiqué  par 


(')  Davainii:,   Recherches  sur  la  pourrilare  des  fruits  {Comptes  rendus,   t.  63, 
1866). 


SÉANCE    DU    26    JUIN    I922.  1 7 j I 

quel  mécanisme  les  champignons  incriminés  produisent  les  modifications 
que  Ton  constate  dans  les  fruits  infectés.  Nous  avons  repris  Tétude  de  cette 
question  et  voici  les  premiers  résultats  que  nous  ont  fournis  nos  recherches. 

Nous  inoculions  artificiellement  des  fruits  avec  des  spores  provenant  de  cultures 
pures  de  Penicilliiini  ou  de  Mucor.  La  surface  du  fruit  à  inoculer  était  préalablement 
lavée  à  l'alcool  (parfois  même  llambée)  afin  d'en  assurer  l'asepsie:  puis,  avec  une 
aiguille  ou  une  lame  llambée,  on  faisait  une  plaie  nu  fruit,  dans  laquelle  étaient 
déposées  les  spores  provenant  de  la  culture  pure.  La  poui  riture  se  propageait  alors 
plus  ou  moins  rapidement  autour  du  point  d'inoculation,  suivant  l'espèce  de  fruit  sur 
lequel  on  opérait.  Les  Tomates,  même  vertes,  sont  très  rapidement  [envahies  [par  le 
Mucor  stolonifer,  et  plus  lentement  par  le  PeAJi'c////«/«  glaiicum:  les  Poires  sont 
également  très  sensibles  au  premier  de  ces  champignons  ;  au  contraire,  les  Pommes 
sont  plus  facilement  attaquées  par  le  second. 

Ajoutons  qu'après  pourriture  complète  des  fruits,  on  prenait  soin  de  vérifier  que 
celle-ci  était  bien  due  au  champignon  inoculé. 

Les  fruits  ainsi  infectés  sont  plus  ou  moins  ramollis,  leurs  tissus  désorganisés  n'of- 
frant plus  de  cohérence  par  suite  de  la  dissolution  des  lamelles  mitoyennes  unissant 
les  cellules  entre  elles.  L'examen  microscopif[ue  permet  de  constater  que  le  proto- 
plasme, recroquevillé,  granuleux  et  opaque,  est  mort. 

On  peut  exprimer  facilement  le  suc  des  fruits  ainsi  ramollis.  Après  fillration,  les 
sucs  obtenus  se  présentent  sous  laspecl  de  liquides  d'un  jaune  plus  ou  moins  pâle, 
légèrement  opalescents,  à  réaction  acide.. En  y  plongeant  des  fragments  de  tissus  végé- 
taux diveis  (fragments  de  Pomme,  de  Poire,  de  tige  de  Fève,  de  tubercule  de  Topi- 
nambour, de  Carotte,  de  bulbe  d'Oignon,  etc.),  nous  avons  pu  constater  qu'au  bout 
d'un  certain  temps  ces  tissus  étalent  ramollis  et  avaient  leurs  cellules  plasmolysées  et 
tuées,  c'est-à-dire  présentaient  les  mêmes  phénomènes  que  les  tissus  des  fruits  para- 
sités par  les  champignons  dont  nous  nous  occupons. 

La  meilleure  manière  d'observer  ces  faits  consiste  à  faire  des  coupes  épaisses  de 
tissus  végétaux  et  de  les  immerger  dans  les  sucs  à  étudier.  En  examinant  de  temps  à 
autre  ces  coupes  sous  le  microscope,  on  peut  suivre  la  marche  des  efl'ets  produits  et 
constater  qu'ils  sont  identiques  à  ceux  produits  par  les  champignons  eux-mêmes. 

Un  exemple  particulièrement  net  est  fourni  par  le  suc  que  l'on  peut  extraire  des 
Poires  attaquées  par  le  Mucor  slolonifer.  En  y  plongeant  immédiatement  après  sa 
préparation  des  coupes  de  tissus  végétaux, on  constate  qu'elles  se  ramollissent  progres- 
sivement, en  même  temps  que  la  plasniolyse  de  leurs  cellules  se  produit  et  s'accentu 
de  plus  en  plus.  Le  temps  nécessaire  pour  obtenir  une  désorganisation  complète  de 
ces  coupes  est  variable  suivant  la  nature  des  tissus  employés,  leur  épaisseur  et  aussi 
la  température.  A  20°,  des  coupes  de  carotte  épaisses  de  iCoH-  sont  complètement 
ramollies  et  ont  leurs  cellules  tuées  en  3  heures  environ. 

La  courte  durée  de  ces  expériences  montre  que  les  effets  constatés  sont  bien  dus  à 
des  substances  présentes  dans  les  sucs  utilisés  et  non  à  des  microorganismes  qui  s'v 
seraient  développés  postérieurement  à  leur  pré))aration.  D'ailleurs  les  mêmes  effets 
se  produisent  encore  et  dans  le  même  laps  de  temps,  si  l'on  additionne  ces  sucs  de 
corps  susceptibles  d'empêcher  la  pullulation   microbienne,  tels  que  le  chloroforme  ou 


1^22  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

le  toluène.  Nous  avons  en  outre  vérifié  que  des  sucs  extraits  de  Pommes,  Poires  ou 
Tomates  saines  ne  désorganisent  point  les  tissus  végétaux  qu'on  y  plonge. 

Nous  pensons  donc  avoir  démontré,  par  cet  ensemble  d'expériences,  que 
Faction  nuisible  exercée  sur  les  fruits  par  le  P.  glaiicum  et  le  M.  slolonifer 
est  due  à  des  substances  sécrétées  par  ces  champignons  et  qui,  diffusant 
dans  la  chair  du  fruit  parasité,  se  reliouvent  dans  le  suc  que  l'on  peut  en 
extraire. 

Quelle  est  la  nature  de  ces  substances?  Nous  croyons  pouvoir  affirmer 
qu'elles  sont  de  nature  enzymoïde.  En  effet  les  sucs  en  question,  chauffés 
vers  60°  pendant  un  quart  d'heure,  perdent  déiinilivement  leur  action  des- 
truclrice  sur  les  tissus  végétaux,  tandis  que,  refroidis  aux  environs  de  0°, 
ils  voient  leur  action  temporairement  suspendue  jusqu'à  ce  que  la  tempé- 
rature soit  redevenue  plus  favorable.  Or  ces  deux  propriétés  sonl  précisé- 
ment caractéristiques  des  enzymes. 

De  plus,  ces  substances  peuvent  être  extraites  des  sucs  actifs  en  traitant 
ceux-ci  par  plusieurs  volumes  d'alcool  fort  :  on  obtient  ainsi  des  précipités 
floconneux,  blancs  ou  jaunâtres,  que  Ton  peut  recueillir  par  filtration  ou 
centrifugation.  Ces  précipités  se  redissolvent  presque  totalement  dans  l'eau 
et  ces  solutions  exercent  sur  les  fragments  de  tissus  végétaux  les  mêmes 
effets  que  les  sucs  à  partir  desquels  on  les  a  obtenues. 

Notons  que  Cl's  substances,  que  nous  pourrions  qualifier  de  toxines  fon- 
gi({ues,  n'agissent  qu'en  milieu  acide.  Sil'on  alcalinise  avec  du  bicarbonate 
de  soude  les  sucs  en  dissolutions  qui  les  contiennent,  les  coupes  de  végé- 
taux (|ue  l'on  y  plonge  ultérieurement  conservent  leur  aspect  normal. 

Nous  avons  essayé  d'obtenir  ces  toxines  en  cultivant  nos  champignons 
sur  bouillon  de  carotte,  dans  des  ballons  à  fond  plat.  Mais,  même  après  un 
abondant  développement  du  mycéiium,  nous  n'avons  pu  constater  d'effet 
destructeur  appréciable  du  liquide  de  culture.  Toutefois,  en  retirant  le 
mycélium  de  il/wco/- i/o/o/«'/e/' de  son  milieu  de  culture  et  en  le  mettant 
macérer  pendant  plusieurs  jours  dans  de  l'eau  stérilisée,  nous  avons  obtenu 
un  li([uide  doué  de  la  propriété  de  désorganiser  les  tissus  végétaux. 

Remarquons  enfin  que  les  toxines  sécrétées  par  le  P.  i>iauciim  et  le 
M.  slolonifer  aghsent  même  sur  les  tissus  de  plantes  c[ue  ces  champignons 
sont  incapables  de  parasiter  (Carottes,  Topinambours,  Fèves,  etc.).  On 
semble  eu  droit  d^en  conclure  que  l'immunité  dont  jouissent  ces  plantes 
envers  ces  champignons  n'est  pas  due  à  la  résistance  de  leurs  tissus  aux 
sécrétions  de  ces  parasites,  mais  à  d'autres  causes  que  nous  essayons  d'éta- 
blir par  des  recherches  actuellement  en  cours. 


SÉANCE    DU    26    JUIN    1922.  17^^ 

BIOLOGIE  VÉGÉTALE,  —  Observations  sur  l'oplimnin  d'aUiludc  pour  la  colo- 
ration des  Jlcnrs.  Note  de  M.  .Iosepm  Rouget,  présentée  par  M.  Gaston 
Bonnier. 

L'Hépatique  {Hepatica  iriloba  Cliaix)est  une  plante  montagnarde.  Sur  le 
versant  nord  des  Pyrénées  centrales  où  ont  été  faites  mes  observations,  on 
ne  la  trouve  guère  au-dessous  de  4oo"^  d'altitude,  mais  elle  peut  remonter 
jusqu'à  2000'".  Les  fleurs  sont  blanches,  roses  ou  bleues,  ou  d'une  couleur 
intermédiaire  entre  ces  trois  teintes.  Les  pieds  à  fleurs  blanches  perdent 
généralement  leurs  feuilles  chaque  année,  tandis  que  ceux  à  fleurs  roses  ou 
bleues  ont  tendance  à  les  conserver.  Or,  les  pieds  qui  portent  les  fleurs  les 
plus  brillamment  colorées  se  trouvent  toujours,  dans  des  stations  ombra- 
gées, sur  les  versants  exposés  au  Nord,  entre  700"^  et  1000'".  Plus  haut,  ces 
vives  couleurs  s'atténuent,  et,  à  la  limite  supérieure  d'extension  de  cette 
espèce,  tous  les  pieds  portent  des  fleurs  blanches.  A  cette  même  altitude  de 
700-"  à  1 000"".  la  couleur  des  fleurs  se  dégrade,  dans  les  stations  ensoleillées, 
jusqu'au  blanc  le  plus  pur. 

J'ai  pu  reproduire  expérimentalement  les  variations  de  coloris  observées 

dans  la  nature.  De  fortes  toufl'es  d'Hépatiques,  prises  dans  les  endroits  où 

les  fleurs  étaient  vivement  colorées,  ont  été  transplantées,  à  l'exposition 

Nord,  dans  la  Station  de  Pène-Blanque  (ait.  200o'")et  au  jardin  de  l'Obser- 

■  vatoire  du  Pic  du  Midi  (ait.  oSSo""). 

L'année  suivante,  ces  pieds  portèrent  des  fleurs  complètement  blanches. 
Et  même  les  Hépatiques  de  la  Station  de  Pène-Blanque,  plantées  dans  les 
endroits  abrités  par  les  Rhododendrons,  s'y  sont  très  bien  adaptées  et 
continuent  à  donner  des  fleurs  blanches,  comme  celles  du  type  spontané 
qu'on  peut  encore  trouver  à  cette  haute  altitude.  D'autre  part,  des  Hépa- 
tiques, également  choisies  dans  les  endroits  où  les  fleurs  sont  les^  plus 
colorées,  entre  700°^  et  looo'",  ont  été  transplantées  à  diverses  expositions 
entre  5oo™  et  600"".  Partout  où  les  fleurs  ne  se  sont  pas  développées  à 
une  exposition  Nord,  leurs  teintes  ont  plus  ou  moins  pâli  ou  même  ces 
fleurs  sont  devenues  complètemenl  blanches.  Suivant  la  durée  de  l'inso- 
lation, la  décoloration  a  été  plus  ou  moins  accentuée. 

D'autres  espèces  m'ont  donné  des  résultats  analogues  à  ceux  que  j^ai 
obtenus  avec  l'Hépatique.  Ainsi  le  Ramondia pyrenaicaWich.  elYHorminum 
pyrenaicum  L.  ont  des  fleurs  violettes  dans  leurs  stations  naturelles;  ces 
deux  espèces  ont  été  cultivées  d'une  partà  Bagnères-de-Bigorre  (ait.  548"), 


1724  î^GADÉMlE    DES  (SCIENCES. 

et  y  ont  donné  des  fleurs  d'un  violet  pâle;  d'autre»  part,  au  sommet  du 
Pic  du  Midi  où  la  décoloration  a  été  encore  plus  accentuée  et  où  les  fleurs 
sont  devenues  incomplètement  blanches.  Par  contre,  à  Pène-Blanque,  les 
fleurs  ont  toujours  été  dun  violet  très  intense. 

De  même,  une  forte  touff'e  à' Alliiun  fallax  Don,  cultivée  à  Bagnères-de- 
Bigorre  où  les  fleurs  étaient  d'un  rose  clair,  a  été  divisée  et  les  fragments 
ont  été  plantés,  les  uns  à  Pène-Blanque,  les  autres  au  sommet  du  Pic  du 
Midi.  A  285o™,  les  fleurs  furent  d'un  rose  clair  comme  dans  la  plaine, 
tandis  qu'à  2000"  elles  devinrent  pourpres.  Cette  altitude  de  2000'"  est 
donc  voisine  de  l'optimum  pour  la  coloration  des  fleurs  de  ces  trois  espèces. 

XJ'Aconilum  Napellus  L.,  V Ac]uilegia  vidg'aris  h.,  le  Brunclla  grandijhra 
Jacq.,  cà  fleurs  violettes,  rarement  blanches;  le  Géranium  pyrenaicuinW  \\\à. , 
à  fleurs  d'un  rose  lilas,  ont  été  cultivés  au  Jardin  de  TObservaloire  du  Pic 
du  Midi.  Ces  plantes  y  ont  toujours  donné  des  fleurs  décolorées,  bleuâtres 
ou  blanchâtres. 

Chez  Iqs  Ficaria  ranunculoides  Mœnch.,  (altha  palustris  Willd.,  Geum 
pyrenaicnin  Willd.  et  biivaticum  Pourret,  Lilium  pyrenaicuni  (ïouan,  Fri- 
lillavui  pyrenaica  L.,  à  fleurs  jaunes  ou  jaunâtres,  j'ai  aussi  constaté  une 
atténuation  très  marquée  de  la  coloration  lorsqu'on  cultive  ces  espèces  dans 
les  mêmes  conditions  que  précédemment. 

Certaines  espèces  paraissent  se  comporter  autrement  que  les  précédentes. 
Ainsi  V Alliiim  Sphœnoprasum  L.  est  une  plante  à  fleurs  roses;  cultivée  à 
Pèn€-Blanque  et  au  sommet  du  Pic  du  Midi,  celte  espèce  donne  des  fleurs 
violettes,  et  même  d'un  violet  intense  dans  cette  dernière  station.  Les  fleurs 
de  Thalictum  aqiiilegifolium.  L.,  qui  sont  roses  ou  blanchâtres  à  Bagnères- 
de-Bigorre,  deviennent  d'un  rose  foncé  à  Pène-Blanque  et  d'un  rouge  violacé 
au  sommet  du  Pic  du  Midi.  Le  Pinguicula  vulgaris  L.  a  toujours  des  fleurs 
d'un  bleu  intense  au  sommet  du  Pic,  alois  que,  plus  bas,  les  fleurs  de 
cette  espèce  varient  du  bleu  au  blanc.  On  peut  dire  que,  pour  la  colora- 
tion des  fleurs  de  ces  espèces,  il  n"y  a  pas  d'optimum  d'altitude,  cette  colo- 
ration augmentant  d'éclat  et  d'intensité  jusqu'à  la  limite  extrême  de  leur 
aire  altitudinale. 

Ces  expériences  et  ces  observations  ajoutent  de  nouveaux  exemples  à 
ceux  qui  avaient  été  doiméspar  M.  Gaston  Bonnier  sur  l'optimum  d'altitude 
pour  la  coloration  des  fleurs  (' ),  et  montrent,  par  des  faits  précis,  à  quel 
point  cet  optimum  est  variable  suivant  les  espèces. 


(*)  G.  BoNMER,  Recherches  expérimenlales  sur  Vadaptalion  des  plantes  au  climat 
alpin  {Ann,  des  Se.  tiat.  :  Bot.,  "j"  série,  t.  20,  iSgS). 


SÉANCE    DU    2(3    JUIN    19^2. 


1-25 


BOTANIQUE.   —  Stir  la  tiiniéfacUoii  et  la  tubérisalion. 
Xole  de  M.  Jeax  Dlfrexoy,   présentée  par  M.  L.  iMangin. 

La  présence  de  tumeurs,  accidentelle  et  pathologique  chez  la  plupart  des 
plantes,  peut  devenir  habituelle  chez  certaines  espèces  :  chez  diverses 
Eucalyptus,  le  collet  de  la  plantuïe  se  dilate  toujours,  par  prolifération  des 
bourgeons  axillaires  des  cotylédons  et  des  premières  feuilles,  qui,  en  se 
fusionnant,  englobent  les  premiers  entre-nœuds  de  la  tige,  Taxe  hypocolylé 
et  la  base  de  la  racine  (');  ainsi,  se  forme  un  tubercule  pourvu  de  racines 
et  de  nombreux  bourgeons,  noyant  des  entre-nœuds  caulinaires  dans  un 
parenchyme  ligneux  :  de  larges  rayons  médullaires  y  séparent  des  paquets 
de  fibres  torses  (fig.  i). 


y\„_  ,.  _  Tumeur  du  Collet  d'Eucalyptus  eugenoïdes  (envoi  Hookcr,  Tcclinological  Muséum, 
Sydney).  A  droite,  bois  caulinaire  normal;  à  gauclie,  bois  de  tumeur  de  la  même  coupe  trans- 
versale. (Pliotomicrographie;   x  76.) 

Des  tumeurs  homologues  dilatent  la  base  de  nos  J<>icacées  arborescentes 

{ftg-  2). 

Des  nodules  apparaissent  au-dessous  du  collet  de  la  plupart  des  jeunes 

Arbutus  Unedo  des  Pinada  d'Arcachon,  et  augmentent  de  volume  à  mesure 

que  Tarbre  grossit  :  sur  sa  souche  fortement  dilatée,  l'arbre  adulte  forme 


(M  Fletchkh  and  MissoN,  Shoot  beariiig  tumours  of  Eacalypls  aiid  Angophoras 
{Proc.  Lmn.  Soc;  A'.  S.  U'aies.  avril  1918). 


1726  ACADÉMIE    DES    SCIe'nCES. 

des  tiges  puissantes.  La  cause  de  ces  dilatations  reste  obscure:  dans  les 


\^' 


Fig.  2.  —  Coupe  transversale  de  tumeur  du  collet  d'un  jeune  Arbiftus  Unedo.  En  bas,  bois  normal 
de  1920;  en  liaut,  bois  de  lunieur  formé  en  i;)2i,  avec  rayons  médullaires  hyperplasiés  (/•). 
(Photomicrographie;    x  7').) 


Fig.  3.  —  Coupe  transversale  dans  une  tumeur  du  Collet  de  jeune  Arbutus  Unedo  (déc.  ig-^i)-  X,  bois 
d'automne  1920;  x.^,  bois  de  printemps;  x'.,,  bois  réaclionnel  de  la  tumeur;  RM,  rayon  médullaire 
hyperplasié  dont  les  cellules  sont  bourrées  d'auiyloleucites  («);  C,  assise  cambiale  fonctionnelle; 
P,  P',  détail  des  ponctuations  des  cellules  ligneuses  de  la  tumeur;  1\  aspect  exiérieur  de  la  tumeur 
principale;  T.M,  tumeur  mélaslasi(]ue  ;  XY,  plan  de  la  coupe  transversale. 


i^égions  cambiales  et  pbellodermiques  des  tumeurs  (TArbutii.s,  de  très  rares 


SÉANCE  DU  26  JUIN  1922.  1727 

bactéries  peuvent  être  mises  en  évidence,  mais  leur  culture  sur  gélose  ou 
carotte  n'atteint  qu'un  développement  insi<^ni(iant  ( '). 

Ces  rendemMits  ne  paraissent  pas  indispensables;  certains  .4/'A/////.y  jeunes 
en  sont  privés  et,  par  germination  aseptique,  la  plantule  forme  ses  coty- 
lédons sans  hypertrophier  aucune  de  ses  parties. 

Ces  tumeurs  accumulent  en  automne  et  en  hiver,  dans  leurs  rayons 
médullaires  hypertrophiés  et  hyperplasiés  {fîg.  3),  de  grosses  quantités 
d'amyloleucites  :  elles  ont  donc  la  signification  anatomiquc  et  ph\siolo- 
gique  de  tubercules,  tubercules  peu  perfectionnés,  oiVrant  un  exemple  de 
transition  entre  la  tuméfaction  et  la  tubérisation. 


PHYSIOLOGIE.  —  Perméabililé  ionique  élective  des  éléments  cellulaires.  Note 
de  MM.  AV.  Mestrêzat,  Pierre  Girard  et  V.  Morax,  présentée  par 
M.  E.  Roux. 

Les  belles  recherches  de  Hamburger  sur  les  globules  rouges  ont  défini- 
tivement établi  la  perméabilité  des  membranes  cellulaires  aux  électrolytes. 
Nous  n'avons  cependant  que  peu  de  renseignements  sur  la  modalité  de 
cette  perméabilité,  dont  dépend  d'une  façon  étroite  le  chimisme  proloplas- 
mique.  Les  ions  des  différentes  molécules  dissociées  franchissent-ils  les 
parois  cellulaires  en  proportions  moléculaires  chimiquement  équivalentes 
ou  bien  les  anions  et  les  cations  sont-ils  l'objet  d'un  triage  sélectif  au  niveau 
de  la  paroi,  comme  le  laisserait  entrevoir  la  difTérence  de  composition  miné- 
rale des  tissus  et  des  sécrétions  de  l'organisme? 

Les  difficultés  rencontrées  par  les  auteurs  qu'ont  préoccupé  ce  problème 
nous  ont  paru  tenir  davantage  au  test  choisi  par  eux  qu'au  caractère  délicat 
des  essais  poursuivis. 

Les  quelques  expériences  de  Hamburger  sur  ce  sujet  appellent  des  réserves; 
celle  réalisée  par  AL  MoUiard  avec  le  Sterigniatocystis  nigra  et  le  cblorure 
d'ammonium  est  déjà  démonstrative.  Il  nous  a  semblé  que  la  cornée,  mem- 
brane de  nature  conjonctive,  recouverte  sur  sa  face  externe  parl'épithélium 
stratifié  de  la  conjonctive  bulbaire  et  sur  sa  face  interne  par  l'endothélium 
de  la  chambre  antérieure,  constituait,  par  la  double  barrière  do  cellules 
soudées  qu'elle  présente,  un  objet  d'études  exceptionnel. 

Si  l'on  cherche  à  déterminer  chez  le  lapin  et  le  chien  la  perméabibté  de 

(')  E.  Sinilli  rapporte  avoir  isolé  le  Bacteriuin  lumefaciens  d'une  îumeiir  de 
VA.Unedo,  qu'il  considère  comme  une  galle  en  couronne. 


1728  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

dedans  en  dehors  de  celte  membrane  aux  ions  de  différents  sels,  on  est 
frappé  du  fait  que  les  anions  et  les  calions  d'une  même  molécule  dissociée  ne 
traversent  pas  la  cornée  en  proportions  chimiquement  équiçalenles.  Nos 
expériences  ont  porté  sur  divers  sels  alcalins  et  alcalino-tcrreux.  Voici 
(|uelques  chiffres  relatifs  à  Ca  (NO)  et  MgSO.  Les  rapports  (NO'):(Ca) 
et  (SO''):(Mg),  évalués  en  ions-milligrammes  par  litre  dans  le  Tableau  sui- 
vant et  dans  Thumeur  aqueuse,  après  irenle  minutes  de  contact  de  l'cpilhé- 
lium  externe  de  la  cornée  avec  des  solutions  de  ces  deux  sels,  ont  varié, 

dans  les  expériences  rapportées  ci-dessous,  de  — ^  à  -^  et  de  —^  à     '    . 

o,oc5      o,o\  0,09      o,65 

M  i  1 1  igra  m  m  es-ions 


Concen- 

dilTusrs 

par  litre. 

tration 

. -»^_ 

---^— 

bain 

Anions. 

Calions. 

Rapport 

j-Ca  .4  Acj. 

ext. 
p.  100. 

R('aclion. 

Dun'e 
e\p. 

(NO^)'. 

(Ca)". 

anions 

(  NO^ 

cations 

1921 

26  nov, .  . 

4 

n eu  Ire 

3o' 

3,657 

0,061 

2/0, o3 

28  déc. . . 

4 

neutre 

3o 

2,756 

o,48i 

2/0 , 34 

1922 

16  févr  .  . 

5 

pW 

3o 

i4,634 

1.249 

2/0,  10 

8  mars. . 

5 

pn  :6,8 

3o 

14.297 

3,890 

2/0 , 54 

s  G" 

Mg.TAq. 

(SO'')". 

(Mg)". 

1921 

18  juin     . 

2 

neutre 

3o 

3,5i4 

2.290 

i/o, 65 

9  nov .  . 

4 

neutre 

3o 

'.•769 

0.600 

i/o, 38 

18. juin.. 

2 

lé^.  aie. 

3o 

2 , 3 1 2 

2,170 

1/0,93 

20  juin  .  . 

4 

acide 

3o 

2.4«2 

0,975 

i/o,4o 

26  cet.  .  . 

4 

neul re 

3o 

62.828 

0,466 

1/0,07 

Observations. 

Lapin. 

(  Réunion  3  lapins). 

(Acid.    lég.    citr.)   opal. 

lég.  épilh.  corn. 
(Acid.  citr.)  cornée  nor- 
male (réun.  3  lapins). 

I.ajiin. 
Lapin. 
La  pin. 

Lapin  (ac.  tarlrique). 
Courant  de   3   miliiamp. 
(anode  à  la  nuque). 


L'acidification  légère  du  milieu  par  un  acide  organique  (citrique  ou  tar- 
lrique) augmente  la  perméabilité  générale  sans  modifier  l'effet  de  dissocia- 
tion observé.  L'usage  d'un  courant  électrique  de  3  milliampères,  quand  il 
favorise  la  pénétration  des  anions  dans  la  chambre  antérieure,  exagère  d'une 
façon  considérable  le  phénomène. 

Si  l'effet  sélectif  au  niveau  de  la  cornée  est  seul  en  cause  dans  les  expé- 
riences précédentes,  les  molécules  salines  injectées  dans  la  chambre  anté- 
rieure d'yeux  énucléés  doivent  demeurer  inchangées.  C'est  ce  que  l'on 

observe,   en   effet,   comme    en    témoionent    les    rapports   ''J^l   de  -^, 

°  ^  ^  (Ca)  1 ,02 

2  2 

7732  '  7^'  °bf*^"^s  après  une  demi-heure  dans  des  expériences  de  contrôle. 


SÉANCE    DU    26   JUIN    I922.  17^9 

Lorsque  rinjeclion  est  faite  dans  la  chambre  antérieure  dun  œil  en  place 
sur  l'animal  vivant,  une  résorption  sanguine  élective,  ionique,  de  sens 
inverse  de  celle  observée  à  travers  la  cornée,  intervient.  Les  ions  qui  ont 
diffusé  le  plus  vite  d'une  solution  extérieure  à  l'œil  dans  l'humeur  aqueuse 
sont  aussi  les  premiers  à  quitter  celle-ci.  On  observe  un  phénomène  con- 
traire, en  apparence,  à  celui  que  nous  signalions  à  l'instant.  Ce  sont,  cette 
fois-ci,  les  cations  qui  s'accumulent  dans  la  chambre  antérieure.  Le  rapport 
des  anions  aux    cations,   dans    une  expérience   faite   avec    le    sulfate    de 

magnésie,  a  alteinl,  de  la  sorte,  la  valeur  remarquable  de— • 

Au  cours  de  ces  échanges  ioniques,  la  loi  de  l'équilibration  des  charges 
demeure  intangible.  La  pénétration  en  excès  d'anions  dans  l'humeur 
aqueuse  s'accompagne  d'une  sortie  correspondante  d'anions  compensateurs, 
qui,  comme  dans  le  cas  des  dialysats  du  plasma  étudiés  par  Tun  de  nous, 
sont,  en  partie  du  moins,  constitués  par  des  ions  (Cl;. 

En  résumé,  les  dissociations  que  nous  avons  observées  dans  le  passage  des 
ions  d'une  même  molécule  à  travers  une  barrière  cellulaire  ou  seulement 
endothéliale  montrent  que  la  perméabilité  des  cellules  aux  électrolytes  est 
xxwQ perméabilité  ionique  et  que  cette  perméabilité  est  élective  ;  nous  en  avons 
eu  une  doub'e  preuve  dans  la  filtration  cornéenne  et  la  résorption  au  niveau 

des  vaisseaux. 

L'importance  qu'acquièrent  ces  données  au  point  de  vue  du  chimisme 
cellulaire  ne  peut  manquer  de  retenir  l'attention.  Les  groupements  ioniques 
qui  seront  réalisés  de  l'autre  côté  d'un  septum  électivement  perméable  aux 
ions  se  trouveront  différents  de  ceux  du  milieu  initial  et  nous  pouvons  envi- 
sager dès  aujourdliui  la  possibilité  de  voir  se  réaliser  dans  le  protoplasme 
de^nouveaux  équilibres  et  des  groupements  ioniques  entièrement  différents 
de  ceux  des  humeurs  ou  de  ceux  que  pourrait  faire  prévoir  le  seul  jeu  des 
lois  de  l'affinité. 

PHYSIOLOGIE.  —  Rapprochement  des  effets  des  acides  nucléiques  et  de  l'an- 
tithrombine  du  plasma  de  peplone  sur  la  coagulalnlilé  du  sang  circulant 
chez  la  grenouille.  Note  de  M.  Dovox,  présentée  par  M.  Roux. 

I.  J'ai  prouvé  (')  que  l'injection  d'une  seule  et  très  faible  dose  d'acide 
nucléique  provoque,  chez  la  grenouille,  l'incoagulabililé  du  sang  circulant, 

(')   Comptes  rendus,  t.  17i,  1922,  p.  \\^. 


I73o  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

pendant  plusieurs  heures  et  même  plusieurs  jours.  J'ai  constaté  que  Panti- 
thrombine  pliosphorée  (antithrombine)  anticoag'ulante  qui  passe,  chez  le 
chien,  dans  le  sang,  sous  l'influence  des  injections  depeptone,  possède  des 
propriétés  comparables  à  celles  des  acides  nucléiques  sur  la  grenouille. 

II.  Exemple.  —  On  injecle,  dans  la  veine  libiaie,  à  un  chien  de  forte  taille,  une 
solution  de  peptone  Wilte  [o",  2  par  kilogramme,  dans  20*^™^  d'eau].  Après  trois  mi- 
nutes on  recueille,  dans  des  tubes  de  centrifuge,  aSo^  de  sang  carotidien  environ. 
[Si  la  saignée  est  trop  copieuse,  les  dernières  portions  ont  tendance  à  se  coaguler.] 
On  centrifuge  à  grande  vitesse.  On  isole  le  plasma.  55*^™^  de  plasma  sont  chaufTés 
au  bain-marie  bouillant,  pendant  dix  minutes,  dans  un  tube  de  centrifuge  en 
pyrex.  Lorsque  le  coagulum  a  été  bien  formé  et  dilacéré  avec  un  agitateur,  on 
centrifuge.  Le  liquide  est  recueilli  dans  un  tube  de  centrifuge,  puis  additionné  de 
vingt  gouttes  environ  d'acide  acétique  au  dixième  et  chauffé  au  bain-marie  bouillant 
pendant  quelques  minutes  jusqu'à  séparation  des  nucléo- protéides.  Le  précipité  est 
isolé  par  centrifugalion,  lavé  deux  fois  de  suite  dans  le  tube  de  centrifuge  avec  une 
petite  quantité  d'eau  distillée,  puis  redissous  dans  5*^"^'  d'une  solution  alcaline  faible 
(eau  distillée,  1000;  chlorure  de  sodium,  4;  carbonate  de  soude,  5).  On  injecte  à  une 
grenouille  de  3os  environ,  i'^"''  de  la  solution  des  nucléo-proléides  actives  [antithrom- 
bine]  dans  le  sac  lymphatique  dorsal.  Une  demi-heure  plus  tard  on  saigne  la  gre- 
nouille par  section  d'une  cuisse.  Le  sang  recueilli  ne  se  coagule  pas,  les  globules  se 
déposent  spontanément.  La  phase  pendant  laquelle  le  sang  circulant  est  incoagnlalile 
dure,  dans  ces  conditions,  plus  de  deux  heures.  Le  sang  recueilli  est  incoagulable 
pendant  plusieurs  jours.  L'injection  de  o'^'"\5  de  la  solution  est  inefficace.  Je  rappelle 
que  l'antithrombine  est  activée  in  vitro;  si  l'on  saigne  une  grenouille  en  laissant 
tomber  le  sang  sur  quelques  gouttes  de  la  solution,  le  mélange  ne  se  coagule  pas. 

III.  Expérience  de  contrôle.  —  On  prélève,  sur  un  chien  de  forte  taille,  25os  de  sang 
carotidien  sur  os,  5  d'oxalate  de  potasse  dissous  dans  10'^"''  d'eau.  On  centrifuge  le 
mélange  incoagulable;  on  prélève  .dS*"'"^  de  plasma  et  l'on  isole  les  nucléo-protéides 
contenues  dans  ce  plasma,  exactement  dans  les  mêmes  conditions  que  dans  l'expérience 
précédente.  On  redissout  les  nucléo-protéides  isolées  dans  5*^™'  de  la  solution 
alcaline  faible.  On  injecte  à  des  grenouilles  un  ou  plusieurs  centimètres  cubes 
de  la  solution.  Le  sang  circulant  ne  devient  pas  incoagulable.  De  plus,  la  solution 
est  absolument  inactive  in  vitro.  Le  ?ang  normal,  dont  on  a  isolé  le  plasma  au  moyen 
d'un  artifice  (emploi  de  l'oKalate),  contient  donc  des  nucIéo-protèides,  mais  celles-ci 
sont  inactives;  il  ne  contient  pas  d'antithrombine. 

IV.  Je  considère  que  l'antithrombine  phosphorée  du  plasma  de  peptone 
provient  des  noyaux  cellulaires  et  doit  son  activité  au  groupement  phos- 
phore qu'elle  contient.  Il  m'a  paru  intéressant  de  rapprocher  les  effets  des 
injections  des  acides  nucléiques  des  efl'ets  des  injections  de  l'antithrombine 
sur  le  sang  circulant  chez  la  grenouille.  Avec  un  peu  d'habitude  mes  expé- 
riences peuvent  être  faites  pendant  le  temps  généralement  consacré  à  un 
cours. 


SÉANCE  OU   26   JUIN    19^2.  I73l 


PHYSIOLOGIE.  —  Idiosyncrasie  et  anaphylaxie.   Note  de  MM.  L.  Panisset 
et  J.  Verc.e,  présentée  par  M.  E.  Leclainche. 

La  sensibilité  d'un  organisme  à  l'égard  de  certaines  substances  liétérogènes 
peut  être  spontanée  (idiosyncrasie)  ou  acquise  (anaphylaxie).  La  sensibilité 
d'un  organisme  à  l'égard  d'injections  intra-veineuses  de  sang  homologue  est 
plus  rare.  Nous  l'avons  observée  sur  un  cheval  et  nous  sommes  parvenus  à 
établir  que  cette  idiosyncrasie  naturelle,  indifTérenciable  cliniquement  de 
l'anaphylaxie,  est  le  premier  phénomène  par  lequel  s'affirme  l'hypersensi- 
bilité, L'anaphylaxie  vraie  dépend  d'une  sensibilisation  antérieure  et  repré- 
sente un  stade  plus  avancé  et  plus  complet  de  cette  anaphylaxie. 

Aoiis  prélevons  à  un  cheval  suspect  d'anémie  infeclieuse  loo'^"''  de  sang  que  nous 
injectons  aussitôt  dans  la  veine  jugulaire  d'un  cheval  sain. 

Deux,  heures  après  cette  transfusion  se  déclenche  chez  le  sujet  sain  une  crise  anaphy- 
lactique intense.  Elle  se  traduit  par  une  vive  accélération  des  mouvements  respiratoires 
14.5  en  moyenne  par  minute  au  lieu  de  12  à  i5)  et  cardiaques  (80  pulsations  au  lieu 
de  35  à  40).  La  dyspnée  est  profonde,  le  flanc  discordant,  les  muqueuses,  violemment 
congestionnées  ;  chaque  respiration  s'accompagne  d'une  plainte,  longue  et  répétée.  Les 
masses  musculaires  de  la  croupe  sont  soulevées  par  des  mouvements  synchrones  de 
l'expiration. 

Quatre  heures  après  la  transfusion,  le  pouls  demeure  vite,  filant,  presque  incomplabie. 
Du  jetage  séro-muqueux.  souille  l'entrée  des  cavités  nasales. 

Ces  phénomènes  de  choc  s'atténuent  bientôt.  Pour  ne  pas  être  tenté  de  les  rapporter 
à  une  toxicité  particulière  du  sang  injecté,  nous  inoculâmes  20*^™^  du  sérum  du  même 
donneur  dans  la  veine  auriculaire  d'un  lapin.  Celui-ci  ne  manifesta  aucun  trouble, 
immédiat  ou  tardif. 

Seule,  donc,  l'idiosyncrasie  était  en  cause.  Six  jours  après  cette  première  transfu- 
sion, nous  transfusons  à  nouveau  dans  la  veine  jugulaire  du  même  animal  2  litres  de  sang 
citrate  à  4  pour  1000.  provenant  d'une  jument  saine.  Le  choc  se  déclencha  immédiate- 
ment et  non  plus,  comme  dans  l'expérience  primitive,  après  une  certaine  période 
d'incubation. 

Le  récepteur  est  en  proie  à  une  vive  anxiété,  cœur  et  respiration  s'accélèrent  et 
bientôt  apparaît  une  réaction  cutanée  intense  :  toutes  les  parties  du  corps,  sauf  les 
membres,  sont  recouvertes  de  boutons  saillants,  avec  horripilation  à  ce  niveau. 

L'échauboulure  (urticaire  é([uine)  est  surtout  marquée  au  niveau  de  l'encolure  et 
de  la  croupe. 

On  assiste  ensuite  à  une  sédation  des  phénomènes  généraux  et  l'animal  reprend  peu 
à  peu  son  aspect  normal. 

Est-ce  de  l'hémoanaphylaxie  qui  s'est  manifestée  dans  ce  cas?  Il  semble 
que  oui;  le  raccourcissement  de  la  période  d'incubation  des  accidents,  leur 


1732  ACADÉMIE    DES    SCIENCES. 

symptomatologie  précise,  leur  disparition  rapide  plaident  en  faveur  de  cette 
hypothèse.  L'apparition  de  l'urticaire  rappelle  à  n'en  pas  douter  les  poussées 
urlicariennes  qui,  en  certains  cas,  suivent  les  injections  sériques  chez 
l'homme.  Nous  nous  trouvons  ici  en  présence  de  manifestations  de  même 
nature,  dont  l'explication  serait  dans  les  réactions  vaso-motrices  qui 
accompagnent,  chez  le  récepteur,  la  pénétration  du  sang  transfusé  (Jean- 
brau  et  Giraud). 

L'expérimentation  sur  ce  cheval  ne  s'arrêta  pas  là.  Toute  transfusion 
était  immédiatement  suivie  de  phénomènes  plus  ou  moins  graves  traduisant 
l'hypersensibilité  du  sujet.  Or  il  est  impossible  d'incriminer  la  vitesse  de 
l'acte  opératoire  puisque,  dans  la  règle,  cinq  minutes  nous  étaient  néces- 
saires pour  transfuser  5oo""'  de  sang  citrate. 

En  outre,  lorsque  deux  transfusions  égales  en  quantité  étaient  pratiquées 
à  24  heures  d'intervalle,  les  symptômes  morbides  déclenchés  par  la  seconde 
étaient  beaucoup  plus  atténués  que  ceux  dus  à  la  première.  Le  choc  initial 
vaccine  pour  ainsi  dire  contre  le  choc  du  lendemain;  il  se  produit  une 
désensibilisation  marquée,  quoi((ue  incomplète,  de  l'organisme.  C'est  en 
quelque  sorte  une  immunité  par  épuiseinenl. 

Aussi  appliquâmes-nous  dans  la  suite  à  ce  cheval  hypersensible  le  pro- 
cédé des  injections  subintrantes  de  Besredka.  i^es  phénomènes  do  choc 
disparurent  à  peu  prés  complètemeni . 

Nous  avons  essayé  de  déceler  expérimentalement  cette  isohémo- 
anaphylaxie  par  des  réactions  locales. 

Dans  le  derme  de  la  p:iiipière  inférieure,  nous  injeclions  à  ce  clieval,  à  droite  j^  de 
centimètre  cube  de  ses  propres  globules  lavés,  à  gaiiche  -^  de  centimètre  cube  des 
globules  lavés  de  la  jument  qui  nous  avait  servi  de  donneur. 

Aucun  œdème,  aucune  conjonctivite  ne  survinrent  dans  les  heures  consé- 
cutives à  nos  essais  d'intra-dermo-réaction.  Nous  avons  abouti  également  à 
un  échec  complet  en  remplaçant  les  injections  de  globules  rouges  par  des 
injections  d'auto-  ou  d'iso-sérum,  faites  aux  mêmes  doses  et  dans  les 
mômes  conditions. 

En  résumé,  nous  avons  observé,  chez  un  cheval,  des  phénomènes  mor- 
bides manifestes  à  la  suite  de  transfusions  de  sang  homologue  citrate.  Les 
phénomènes  avaient  l'allure  clinique  du  choc  anaphylactique. 

L'observation  est  intéressante  en  ce  sens  qu'une  première  transfusion 
peut  donner  naissance  à  des  manifestations  typiques  d'hypersensibilité. 
Idiosyncrasie  et  anaphylaxie  sont  impossibles  à  différencier  cliniquement; 


SÉANCE   DU    26   JUL\    1922.  1733 

mais  les  méthodes  d'antianapliylaxie  permettent  en  tous  les  cas  de  pallier 
aux  symptômes  fâcheux  qui  peuvent  survenir  au  cours  des  transfusions, 
uniques  ou  répétées. 

Quel  est  le  mécanisme  intime  de  ces  accidents  dramatiques,  qu'ils  tra- 
duisent ridiosyncrasie  ou  l'anaphylaxie?  Les  travaux  récents  du  profes- 
seur Widal  permettent  de  les  rapporter  à  une  instabilité  de  l'équilibre  col- 
loïdal des  humeurs  et  des  tissus. 

Dans  le  cas  qui  fait  Tobjetde  cette  Note,  Téquilibre  colloïdal  plasmatique 
devait  rtrc  particulièrement  instable,  puisque  la  transfusion  d'un  sang 
homologue  déclenchait  un  bouleversement  profond;  or,  chez  le  cheval,  la 
transfusion  est  une  opération  presque  toujours  bénigne. 

CIUMIE  PHYSIOLOGIQUE.  —  L'acide  cyanùjue  existe-il  dans  le  sang? 
Note  de  MxVI.  Maurice  jVicloux  et  Georges  Welter,  présentée 
par  M.  Widal. 

Les  travaux  très  importants  de  Fosse  (')  ont  démontré  d'une  manière 
indiscutable  les  deux  points  suivants  : 

L  L'oxydation  par  le  permanganate  de  potasse,  en  présence  ou  non 
d'ammoniaque,  des  matières  protéiques  et  des  acides  aminés,  fournit  de 
Turée.  Il  en  est  de  même  de  l'oxydation  par  ce  même  persel,  en  présence 
d'ammoniaque,  des  autres  principes  carbonés  contenus  chez  les  êtres 
vivants  :  la  glycérine,  constituant  des  corps  gras,  les  hydrates  de  carbone, 
glucose,  lévulose,  saccharose,  dextrine,  inuline,  amidon. 

IL   Le  terme  intermédiaire  de  cette  oxydation  est  l'acide  c\ani(|ue. 

Il  était  dès  lors  logique  de  se  demander  si  les  processus  d'oxydation, 
que  met  en  jeu  l'organisme,  ne  fourniraient  pas  aussi  de  l'acide  cyanique, 
lequel  se  transformerait  ultérieurement  en  urée,  question  d'une  importance 
capitale  au  point  de  vue  de  la  genèse  de  l'urée.  On  était  par  ailleurs  d'au- 
tant plus  incité  à  se  poser  ainsi  cette  question,  qu'une  certaine  quantité 
d'azote  sanguin  non  albuminoïde,  Vazoie  résiduel,  n'a  pas  encore  été  iden- 
tifié jusqu'ici  et  que,  a  priori,  on  pouvait  penser  que  tout  ou  partie  de  cet 
azote  pouvait  être  représenté  par  l'acide  cyanique. 

(')  Voir  un  des  Mémoires  de  brosse,  intitulé  :  Recherches  sur  le  mécanisme  de  la 
formalion  de  l'urée  {Bulletin  de  la  Société  de  Chimie  biologique,  t.  11,  1920, 
p.  4-12).  On  y  trouvera  la  bibliographie.  Voir  aussi  Comptes  rendus,  1912,  t.  loi 
et  155  ;  igiS,  t.  I06  et  157  ;   1914,  t-  158  et  159  ;  1919,  t.  168. 

C.  R.,  1922,  1"  Semestre.  (T.  174,  N°  26.)  1^5 


1734  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

Telle  est  rorigine  de  notre  travail. 

L/expérimentation,  des  plus  simples,  a  été  menée  de  la  façon  suivante  : 

i.  Expériences  sur  le  cyanate  de  potassium  en  solution  aqueuse.  —  Des  volumes 
CJiinus  d'une  solution,  préparée  extemporanément,  de  cyanale  de  potassium  à 
1  pour  1000,  ont  été  additionnés  de  chlorure  d'ammonium  en  solution  saturée  et  main- 
tenus pendant  plusieurs  heures  à  35°,  en  présence  de  vapeur  d'eau  saturante  pour 
éviter  l'évaporation.  A  la  fin  de  l'expérience,  le  liquide  était  additionné  d'acide  acé- 
tiiiue  et  de  xanthjdrol  et  l'urée  dosée  en  suivant  la  micro-méthode  déjà  décrite  ('). 


Soluti 
iiatc 

ion 

e 

Durée 
de 

de  nya 

salure 

Te  tri- 

(le [lulas 
I 

si  11  m. 

um-' 

de 

NH' 

cm' 
0,1 

Cl. 

l'expérience. 
1  2  heures 

P' 

era  turc 
0 
10 

I 

0,  I 

1 2       » 

35 

I 

0,  I 

48      » 

35 

I 

0 

12       » 

35 

Dosa 

ige  de  l'i 

urée 

\anthyl- 

Rendement 

urée. 

Urée. 

pour  100. 

0,64  I 

rag 
0,09 

12 

1,858 

0,265 

36 

3,993 

0,57 

77 

0 

0 

0 

Celte  pi^emière  série  d'expériences  montre  que,  dans  les  conditions  de 
l'expérimentation  physiologique  (température  ne  dépassant  pas  35"),  le 
cyanate  de  potassium,  en  présence  de  chlorure  d'ammonium,  se  transforme 
en  urée  avec  un  très  bon  rendement,  à  la  condition  de  prolonger  le  séjour  à 
Tétuve  pendant  12  heures  au  moins. 

II.  Expériences  sur  le  plasma  sanguin.  —  Nous  avons  recueilli  directement,  sur 
du  papier  oxalaté,  du  sang  de  chien  pris  dans  l'artère  fémorale. 

Après  centrifugation  immédiate,  nous  avons,  d'une  part  dosé  l'urée  dans  le  plasma, 
d'autre  part  mesuré  5""'  de  ce  plasma  auquel  ont  été  ajoutés  p'^™\5  d'une  solution 
saturée  de  chlorure  d'ammonium. 

Nous  avons  pris  ensuite  trois  tubes  à  essai  (^),  dans  chacun  desquels  a  été  intro- 
duit i^'"'  de  ce  mélange;  puis  nous  avons  versé,  dans  le  dernier  seulement,  ©""^i  d'une 
solution  de  cyanate  de  potassium  à  i  pour  1000,  soit  o'"s,i,  afin  de  démontrer,  par 
l'augraenlalion  ultérieure  du  taux  de  l'urée,  la  possibilité  de  déceler  la  présence  d'une 
aussi  faible  quantité  de  cyanate. 

Les  tubes,  fermés  par  des  capuchons  de  caoutchouc,  ont  été  placés  dans  une  étuve 
à  35<',  et,  après  une  période  d'attente  variable,  les  dosages  ont  été  elTectués  et  ont 
donné  les  résultats  suivants  : 

(/)  Maurice  Nicloux  et  Gkorges  Welter,  Micro-analyse  quantitative  gravimé- 
trique  de  Vurée,  Application  au  dosage  de  Vurée  dans  i""'  de  sang  {Comptes 
rendus.,  t.  173,  1921,  p.  i490î  6l  Bulletin  de  la  Société  de  Chimie  biologique^  t.  h, 
1922,  p.  128-142). 

(-)  Tous  les  objets  employés  :  tubes  de  centrifugeur,  tubes  à  essai,  pipettes,  papier 
oxalaté,  etc.,  ont  été  naturellement  stérilisés  avec  le  plus  grand  soin. 


SÉANCB   DU    a6    JIH.N     I922.  1735 

Urée 
Urée  (  iiig  par  cm' 

(mg  par  cm'),     flu  pl;isiiia  initial  ). 

rlasma  initial  :  i  •"'"  .  Dosage  immédiat ■ 

'  o,a56  (^)  0.256 

Tiilje  1,  plasma  après  36  liouies  à  35" 0,228  o,254 

Tube  2,  »  60  »  0,232  o,258 

Tube  3,  plasma  +  cyanate,  après  36  heures  à  35".       0,263  0,293 

Ces  chiffres,  exacts  à  ±0,01  près,  sont  identiques,  qu'il  s'ag^isse  rlu 
plasma  initial  ou  du  plasma  additionnr  de  chlorure  d'ammonium;  de  plus, 
le  dernier  montre  que  la  faible  quantit(''  de  o"^^',  i  de  cyanate,  introduite  dans 
le  tube  3,  s'est  traduite  par  une  augmentation  sensible  du  taux  de  l'urée. 

m.  Expériences  sur  la  lymphe.  —  i\ous  avons  poursuivi  nos  reclierches  en  opérant 
sur  la  lymplie  dans  les  mêmes  conditions,  c'est-à-dire  :  i"  en  efTectuant  le  dosage 
immédiat  de  l'urée  dans  la  lymphe;  2"  en  ajoutant  à  4""'  de  lymphe,  o^"'%2  de  la 
solution  saturée  de  chlorure  d'ammonium  et  portant  le  mélange  à  l'étuve  à  35°.  Nous 

avons  obtenu  : 

Urée 
(mg  par  cm' 
,  Lréc  de  lyinplie 

(  tiig  par  cm).         initiale). 

Lymphe  initiale  :  i""',  dosage  immédiat o,546  0,5^6 

Lymphe  initiale  dzNH'^Gl  :  i™'',  dosage  après  12*"  à  35°..  .      0,52  0,546 

Tels  sont  les  faits.  Ils  sont  indubitablement  négatifs.  L'acide  cyanique 
n'existe  pas  dans  le  sang  et  dans  la  lymphe  à  l'état  normal;  du  moins  nos 
procédés  d'analyse  actuels,  pourtant  suffisamment  précis,  ne  peuvent  l'y 
déceler.  Ceci  veut-il  dire  qu'il  ne  s'en  forme  pas?  Nous  ne  saurions  sur  ce 
point  être  affirmatifs.  Rien  ne  s'oppose  en  effet  à  admettre  que  l'acide 
cyanique  aussitôt  formé  est  aussitôt  détruit,  ou  transformé  en  urée.  11 
serait  un  exemple  de  plus  de  ces  nombreux  corps  du  métabolisme  intermé- 
diaire dont  on  saisit  avec  la  plus  grande  difficulté  la  présence,  même  en 
mettant  en  jeu  les  procédés  analytiques  les  plus  délicats.. 


(')  Ce  dosage,  qui  sert  de  contrôle,  a  été  edectué  sur  le  sérum  obtenu  après  coagu- 
lation (24  heures)  du  sang  du  même  animal,  recueilli  au  même  instant  que  le  sang 
oxalaté. 


1736  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

BIOLOGIE.  —  Influence  sur  le  dévelopuemcnt  des  œufs  d'un  Batracien  d'une 
substance  extraite  de  la  fertilisine  des  œufs  d'un  Poisson.  Note  de 
M.  A.  Weber,  présentée  par  M.  Henneguy. 

Les  recherches  récentes  de  biologistes  américains  ont  montré  que  les 
œufs  nu\rs  et  non  fécondés  d'un  certain  nombre  d'Invertébrés  ou  de  Ver- 
tébrés inférieurs  exsudent  dans  Teau  une  substance  que  F.-R.  Lillie  a 
nommée  fertilisine.  L'éloignement  de  cette  fertilisine  par  lavage  des  œufs 
empêche  la  fécondation;  en  ajoutant  aux  œufs  un  peu  de  cette  substance, 
puis  du  sperme  de  la  même  espèce,  les  phénomènes  normaux  de  la  fécon- 
dation sont  à  nouveau  rendus  possibles.  Les  œufs  mûrs  d'un  certain 
nombre  d'invertébiés,  mis  au  contact  d'une  fertilisine,  présentent  le  phéno- 
mène d'autoparthénogenèse  et  poursuivent  leurdévelo[)pement  (O.  Glaser, 
A.  Woodward). 

Les  recherches  de  Miss  Woodward  sui'  la  sécrétion  ovulaire  ont  mis  en 
évidence  dans  la  fertilisine  deux  substances,  une  agglutinine  et  une  lipoly- 
sine.  L'agglutinine  oriente,  agglutine,  puis  paralyse  les  spermatozoïdes. 
La  lipolysine  est  Tagent  parthénogénétique  non  spécifique  de  la  fertilisine; 
sous  son  influence  le  diamètre  de  gouttelettes  graisseuses,  émulsionnées 
dans  Teau,  diminue. 

Il  se  pourrait  qu'il  y  ait  seulement  là  un  phénomène  de  dissolution  de  la 
graisse;  aussi  pour  ne  pas  préjuger  de  son  action,  je  ne  parlerai  de  celte 
lipolysine  que  sous  l'autre  dénomination  qui  a  été  proposée  par  Miss  Wood- 
ward, celle  d'agent  parthénogénétique  de  la  fertilisine.  La  substance  en 
question  déclencherait  le  développement  en  modifiant  les  acides  non  saturés 
de  l'œuf;  ainsi  ces  derniers  cesseraient  leur  inhibition  vis-à-vis  des  enzymes, 
dont  la  mise  en  action  correspond  à  l'activation  de  l'œuf.  Je  dois  ajouter 
que  F.-R.  Lillie  n'admet  pas  sans  restriction  cette  théorie  de  l'autoparthé- 
nogenèse,  développée  par  Miss  Woodward. 

Quoi  qu'il  en  soit,  l'agent  parthénogénétique  de  la  fertilisine  se  comporte 
comme  un  modificateur  des  corps  gras,  de  même  qu'un  certain  nombre 
d'agents  parthénogénétiques  chimiques  :  éther,  chloroforme,  hydrate  de 
chloral,  etc.  On  sait  d'autre  part  que,  tandis  que  chez  certains  Invertébrés 
le  sang  de  la  même  espèce  inhibe  la  fécondation  (F.-R.  Lillie),  il  se  trouve 
dans  le  sang  d'espèces  différentes  (Friedenthal)  et  même  de  Mammifères 
(T.-B.  Robertson)  des  substances  cytolysantes  de  l'œuf  ou  oocytases  qui 
sont  des  agents  parthénogénétiques. 


SÉANCE   DU    26   JUIN    1922.  '7^7 

Il  m'a  semblé  qu'il  eLail  possible  d'établir  un  rapprochement  entre  ces 
différentes  considérations  et  les  faits  que  j'ai  observés  en  greffant  des  œufs 
de  Batraciens  dans  la  cavité  péritonéale  d'adultes  de  même  espèce  ou 
d'espèces  différentes.  J'ai  été  amené  à  supposer  que  le  milieu  intérieur  des 
Urodèles  possède  vis-à-vis  des  œufs  fécondés  une  double  action  narcotique 

et  cytolysante. 

Les  phénomènes  de  narcose  se  traduisent  surtout  par  un  très  î^rand 
ralentissement  du  développement  ou  bien  par  la  possibilité  d'une  pénétra- 
tion secondaire  de  nombreux  spermatozoïdes  restés  à  l'intérieur  de  la 
coque,  à  la  surface  de  l'œuf;  il  se  produit  ainsi  une  polyspermie  qui  peut 
être  très  abondante.  Lorsque  l'action  du  milieu  intérieur  est  prolongée  ou 
plus  marquée,  l'œuf  est  profondément  altéré.  La  cytolyse  semble  atteindre 
d'abord  le  noyau  pour  se  propager  ensuite  aux  plaquettes  vitellines  du 

cytoplasme. 

11  m'a  paru  intéressant  de  rechercher  comment  agirait,  sur  des  œufs 
fécondés  de  Batraciens  Urodèles,  l'agent  parthénogénétique  extrait  d'une 
fertilisine.  Je  me  suis  servi  de  la  substance  exsudée  par  les  œufs  d'un 
Gardon  {Leuciscus  mtiliish.)  connu  à  Genève  sous  le  nom  de  Vengeron.Les 
œufs  de  ce  Poisson,  retirés  par  pression  du  corps  de  la  femelle,  sont  laissés 
une  demi-heure  dans  un  peu  d'eau  douce.  Le  liquide  devient  laiteux  et 
trouble;  il  agglutine  les  spermatozoïdes  de  Vengeron  en  6  à  7  minutes. 
Traitée  par  les  procédés  de  T.-B.  Robertson  et  de  Miss  Wood^vard,  avec 
quelques  légères  modifications  que  je  ferai  connaître  ultérieurement,  cette 
fertilisine  donne  une  substance  qui  se  dissout  dans  l'eau  en  la  rendant 
légèrement  laiteuse. 

J'ai  placé  dans  cette  solution  des  œufs  fraîchement  pondus  de  Triton 
alpestris.  Au  bout  de  i5  heures,  tandis  que  les  œufs  témoins  se  sont  plu- 
sieurs fois  divisés  et  qu'il  devient  difficile  de  compter  à  la  loupe  les  cellules 
de  segmentation,  les  œufs  en  expérience  n'ont  pas  dépassé  le  stade  de 
quatre  blastomères;  leur  évolution  ne  va  guère  plus  loin,  ils  meurent  rapi- 
dement. 

Chez  les  œufs  fécondés  de  Triton  alpestris  soumis  à  l'agent  partlienoge- 
nétique  de  la  fertilisine  de  Leuciscus  ruti/us,  le  développement  ne  s'est  pro- 
duit qu'avec  une  grande  lenteur;  la  segmentation  n'a  commencé  «lu'après 
un  retard  considérable.  La  soi-disant  lipolysine  s'est  comportée  comme  un 
narcotique;  elle  ne  semble  pas  avoir  cytolyse  les  œufs  de  Triton,  mais  elle 
a  agi  sur  eux  comme  le  miheu  interne  des  Urodèles,  lorsqu  il  est  atténue. 
L'agent  parthénogénétique  de  la  fertilisine  de  Vengeron  inhibe  le  déve- 


1738  ACADÉMIE    DES   SCIENCES. 

loppement  des  œufs  de  Triton,  comme  si  ces  œufs  avaient  été  plongés  pen- 
dant quelques  instants  dans  une  solution  faible  d'un  narcotique  solvant  des 
i^^raisscs,  ou  greffés  dans  la  cavité  périlonéale  d'un  Urodèle  adulte.  Tous 
ces  phénomènes  paraissent  avoir  entre  eux  des  ressenjhlances  frappantes. 
J'ai  montré  GOJiinient  je  pouvais  faire  disparaître  par  adsorption  la  pro- 
priété narcotique  ou  cytolytique  du  milieu  intérieur  des  Urodèles.  Je 
poursuis  des  recherches  pour  essayer  de  mettre  en  évidence,  dans  le  sang 
de  ces  Batraciens,  une  substance  comparable,  par  ses  propriétés,  à  l'agent 
parthénogénétique  de  la  fécondation. 


BIOLOGIE.  —  Sur  la  variabililé  de  Vespèce  et  la  création  expérimentale  de 
nouvelles  races  chez  le  bombyx  du  Mûrier.  Note  de  M.  A.  Lécaillon, 
présentée  par  M.  Henneguy. 

Les  tentatives  faites  dans  le  but  d'oblenir  expérimentalement  de  nou- 
velles races  chez  les  animaux  doivent  porter  de  préférence  sur  les  espèces 
où  la  reproduction  d'un  seul  couple  engendre  un  grand  nombre  de  sujets. 
Les  chances  de  rencontrer  parmi  ceux-ci  un  ou  plusieurs  individus  pourvus 
d'un  caractère  nouveau  et  héréditaire  sont,  en  effet,  d'autant  plus  grandes 
que  la  fécondité  de  l'espèce  l'est  elle-même.  En  prenant  comme  reproduc- 
teurs le  ou  les  individus  modifiés,  on  peut  espérer  fixer  le  caractère  nouveau 
et  obtenir  ainsi  une  race  nouvelle.  En  ce  qui  concerne  les  moyens  à  employer 
pour  faciliter  la  production  de  caractères  nouveaux  chez  un  ou  plusieurs 
sujets  d'une  espèce  ou  d'une  race  déterminée,  on  peut  soit  placer  un  lot 
d'individus  de  cette  espèce  ou  de  cette  race  dans  des  conditions  nouvelles 
d'existence,  soit  encore,  ce  qui  est  préférable,  pratiquer  des  croisements 
entre  sujets  de  races  différentes,  si  cela  est  possilde.  Dans  certains  cas.  on 
peut  aussi  modifier  plus  ou  moins  profondément  une  race  donnée,  et  la 
dédoubler  en  quelque  sorte,  en  choisissant  quelque  caractère  qui  n'existe 
normalement  que  chez  certains  individus  de  la  race,  alors  qu'il  est  toujours 
absent  chez  certains  autres,  et  en  prenant  exclusivement  comme  repro- 
ducteurs, soit  des  individus  n'ayant  pas  le  caractère  en  question,  ou  au 
contraire  le  possédant  toujoiiis. 

J'ai  employé  ces  divers  procédés  et  obtenu,  chez  le  Bombyx  du  Mûrier, 
en  de  très  courts  laps  de  temps,  plusieurs  races  chez  lesquelles  le  caractère 
que  j'ai  pris,  dans  une  certaine  mesure  arbitrairement,  comme  devant  être 
le  caractère  essentiel  de  la  race  à  créer,  se  trouve  définitivement  fixé.  Voici 


SÉANCE    DU    26    JUIN    1922.  I739 

dans  quelles  conditions  et  siii\;iiil  (jiiels  processus  Tanc  de  ces  races  s'est 
développée  : 

En  191 7,  un  croisement  l'ut  [)rali(|ué  entre  un  Papillon  inAle  l»i\olliii 
accidentel  d\ine  race  à  ver  blanc  (c'est-à-dire  non  pij^menlé)  et  un  Papillon 
femelle  pol\  vollin  de  Chine  (race  très  différente  de  la  précédente),  prove- 
nant aussi  d'un  ver  non  pigmenté. 

En  1918,  la  ponte  fournie  en  191  7  par  le  couple  précédent  donna  nais- 
sance à  une  génération  univoltine  à  vers  blancs  normaux. 

En  1919,  la  ponte  fournie  en  i9i<S  par  la  génération  univoltine  précé- 
dente donna  naissance  à  des  bivoltins.  Les  vers  de  la  première  volte  ne 
présentèrent  aucune  particularité,  mais  parmi  les  vers  de  la  deuxième  géné- 
ration se  trouvèrent  deux  sujets  Jaune  verdâlre^  complètement  différents, 
par  la  coloration  générale  du  tégument,  des  autres  vers.  Ces  deux  vers- 
furent  tous  deux  des  Bombyx  femelles.  Les  deux  Papillons  produits  furent 
accouplés  avec  deux  mâles  nés  des  mêmes  parents  qu'eux,  mais  nécessaire- 
ment issus  de  deux  vers  de  couleur  blanche  ordinaire. 

En  1920,  la  ponte  d'un  des  couples  précédents  produisit  des  vers  jaune 
verdâtre  et  d'autres  vers  n'ayant  pas  ce  caractère;  celle  du  deuxième  couple 
ne  donna  aucun  ver  jaune  verdâtre. 

Tous  les  Papillons  qui  sortiient  des  cocons  produits  par  ces  vers  pon- 
dirent des  œufs  bivoltins.  Un  couple  fut  constitué  avec  une  femelle  issue 
d'un  cocon  de  ver  jaune  verdâtre  avec  un  mâle  dérivant  d'un  ver  à  couleur 
blanche. 

En  193  ï,  les  œufs  pondus  par  le  couple  produisirent  S-j  vers  jaune  ver- 
dâtre et  166  vers  blancs.  Les  Papillons  nés  des  premiers  furent  accouplés 
entre  eux  ;  les  uns  pondirent  des  œufs  univoltins,  les  autres  des  œufs  bivol- 
tins. Les  vers  qui  naquirent  de  ces  derniers  furent  tous  jaune  verdâtre  (ces 
observations  ayant  porté  sur  76  vers  prélevés  au  hasard  sur  (juatre  pontes 
différentes). 

En  1922,  26  vers  provenant  d'œufs  prélevés  au  hasard  sur  la  ponte  uni- 
voltine de  1921  et  sur  quatre  pontes  provenant  des  l^qiillons  de  la  deuxième 
volte,  furent  tous  jaune  verdâtre.  Ce  dernier  cal^actère  doit  être  considéré 
comnie  dorénavant  fixé  et  peut  être  pris  comme  caractère  distinctif  prin- 
cipal de  la  race  nouvelle. 

Dans  le  cas  qui  vient  d'être  décrit,  la  variation  initiale  qui  fut  le  point  de 
départ  du  développement  de  la  race  nouvelle  correspond. exactement  aux 
«  mutations  »  de  de  Vries.  Si  elle  s'était  produite  en  même  temps  chez 
deux  individus  de  sexe  différent,  qu'il  eût  été  possible  d'accon|>!er  de  suite, 


I74o  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

la  race  à  vers  jaune  verdâtre  aurait  été  créée  beaucoup  plus  rapidement. 
Dans  des  cas  différents,  j'ai  obtenu  de  nouvelles  races  dans  un  délai  beau- 
coup plus  court. 

Quand  une  race  a  été  ainsi  créée  ou  transformée  par  rapport  à  un  carac- 
tère déterminé,  choisi  à  volonté,  elle  conserve  nécessairement  d'autres 
caractères  qui  peuvent  être  aussi  communs  à  tous  les  individus  ou  être 
seulement  l'apanage  de  certains  d'entre  eux.  Et  ces  autres  caractères 
peuvent  avoir  été  empruntés  aux  générateurs  initiaux  ou  même  être  parfois 
des  caractères  nouveaux  tout  comme  le  caractère  fondamental. 


BIOLOGIE.  —  Suj'  rapparilion  (Vinterscxiiès  dans  une  lignée  de  Daphnia 
magna  (Crustacé  cladocère),  et  sur  le  délerminisme  probable  du  phénomène. 
Note  de  M.  R.  de  La  Vaulx,  présentée  par  M.  F.  Mesnil. 

Il  y  a  un  an,  j'ai  publié,  sur  l'inlersexualité  des  Cladocères,  une  étude 
fondée  sur  l'examen  de  35o  individus  aberrants  appartenant  à  l'espèce 
Daphnia  atkinsoni  Baird  (^).  L'aptitude  à  la  formation  de  ces  anomalies 
sexuelles  s'était  montrée  héréditaire  dans  la  lignée,  mais,  les  premiers 
intersexués  ayant  été  trouvés  par  hasard  dans  une  culture,  je  ne  pouvais 
qu'émettre  des  hypothèses  au  sujet  du  délerminisme  du  phénomène.  De 
nouvelles  expériences  me  permettent  aujourd'hui  d'apporter  quelques 
précisions. 

Je  m'étais  proposé  cette  année  d'essayer  de  faire  apparaître  expérimen- 
talement des  formes  intersexaées  dans  une  lignée  n'en  ayant  pas  encore 
produit.  L'hérédité  pouvant,  ainsi  que  je  l'ai  montré,  sauter  plusieurs 
générations,  il  était  indispensable,  pour  éviter  toute  cause  d'erreur,  d'em- 
ployer un  matériel  bien  connu.  Je  disposais  heureusement  d'une  lignée  de 
Daphnia  magna  élevée  en  captivité  depuis  huit  ans  et  provenant  d'un 
unique  exemplaire  récolté  à  l'île  de  Batz  (Finistère).  Au  cours  de  recherches 
précédentes,  j'avais  examiné  plusieurs  milliers  d'individus  sans  rencontrer 
un  seul  cas  d'intersexualité,  et  cela,  bien  que  mon  attention  ait  été  attirée 
sur  les  faits  de  cet  ordre,  par  les  études  poursuivies  parallèlement  sur 
D.  atkinsoni  depuis  191 5.  Je  pouvais  donc  admettre  que  l'aptitude  à  la  pro- 
duction d'inlersexués  ne  faisait  pas  partie  du  patrimoine  héréditaire  de  la 
lignée.  Pour  mes  recherches,  j'ai  mis  à  profit  les  travaux  de  G.  Smith  et 

(*)  H.   UK   La  Vaulx,   Uinlersexiialitc  chez  un   Crustacé  cladocère  {Bull.  Biut. 
France-Belgique,  l.  00,  p.  1-86). 


SÉANCE    DU    26    JUIN    1922.  1741 

mes  propres  observations  montrant  l'influence  du  continenient  sur  la  pio- 
portion  des  sexes.  Lorsque  les  Gladocères  sont  bien  nourris,  mais  élevés 
dans  une  très  faible  ([uanlilé  d'eau,  à  température  moyenne  (i2"-i5*'),  la 
proportion  des  mâles  et  des  éphippies  se  relève  considérablement. 

Le  22  février  une  jeune  femelle,  venant  d'une  culture  médiocreoient  alimentée,  mais 
logée  dans  un  bocal  de  2  litres,  est  isolée  et  nourrie  de  bouse.  Elle  donne  succes- 
sivement :  iid',69,79,4cf  +  29,-9.  Les  7  femelles  de  la  troisième  portée  sont, 
dès  leur  naissance,  placées  ensemble  dans  un  tube  contenant  à  peine  i*^'"'  d'eau,  mais 
copieusement  garni  de  Chlamydonionas.  Dans  ces  conditions,  les  animaux  prospè- 
rent, se  chargent  de  réserves  adipeuses  colorées  en  rouge  (ainsi  que  le  font  les  mâles), 
mais  les  œufs  ne  se  forment  pas.  Il  suffit  d'ailleurs  de  retirer  un  individu  et  de 
l'isoler  dans  une  quantité  d'eau  suffisante  pour  que  les  œufs  se  développent  rapide- 
ment. Le  confinement,  poussé  à  l'extrême,  a  donc  pour  résultat  d'arrêter  l'ovogenèse, 
en  dépit  d'une  alimentation  copieuse. 

Parmi  ces  7  Daphnies,  nées  le  18  mars,  2  individus  (DM*"'  et  DM')  ont  ainsi  leur 
ponte  arrêtée  jusqu'au  3  mai,  alors  que^  normalement,  une  Daphnie  pond,  suivant  la 
température,  5  à  i5  jours  après  sa  naissance.  D\F  ayant  été  alors  isolée  donne 
successivement  :  3  9  ,  16  9  ,  17  9  -i-  i  cf ,  1  9  4-  8  cf ,  4  9  ,  3  9  ,  «?  (portée  non  exami- 
née), 99,  «?,  puis  une  portée  comprenant  5  9  -t- 8  cf  et  un  inlersexué  typique  avec 
des  antennules  mâles  et  des  ovaires  anormaux  (les  œufs  n'ont  pu  être  pondus).  DM" 
donne  encore  :  2  œufs  qui  avortent,  3  9-1-3  inters.  -h  4  œufs  avortés  et  1  9  H-  i  cf  -h  2 
intersexués. 

De  son  côté  DM*^.  isolée  parallèlement,  donne  :  69,  i2Cf-f-G9,  39,  2  9,  49, 
II  9  ,  i5  cf  -I-  2  9  ,  io9  ,  /<?,  1  cf  -I-  io9  ,  69  ,  69  ,  et  enfin,  pour  les  i  3«  et  i4"  por- 
tées, 2  9  -I-  I  intersexué  et  . >  9  ,  dont  une  atrophiée,  1  cf  et  i  intersexué. 

Faut-il  voir,  dans  la  sorte  d^intoxication  créée  par  le  confinement,  la 
cause  de  l'apparition  des  formes  intersexuelles?  La  chose  paraît  assez  pro- 
bable, bien  qu'une  objection  se  présente  :  pourquoi  l'effet  ne  s'est-il  fait 
sentir  que  dans  les  lo*"  et  i'^*^  portées  des  deux  Daphnies  en  expérience  ? 

A  cela,  on  peut  répondre  que  l'aptitude  à  la  formation  d'intersexués  se 
manifeste  toujours  très  irrégulièrement,  même  là  où  elle  fait  partie  du  patri- 
moine héréditaire  de  la  lignée  et  qu'elle  ne  se  révèle  ni  à  chaque  portée  ni  à 
chaque  génération.  Il  se  peut  d'ailleurs  que  la  sénilité  de  l'ovaire  soit  venue 
compléter  la  perturbation  apportée  par  l'intoxication  préalable.  Un  fait 
est,  à  ce  sujet,  particulièrement  digne  de  remarque  :  «  l  ne  femelle,  venant 
de  la  seconde  portée  de  DM**  (^la  seule,  d'ailleurs,  dont  la  descendance  ait 
été  suivie),  a  livré  des  intersexués  dans  sa  7*"  et  8*"  portée.  Les  deux  femelles 
soumises  au  confinement  (D\P  et  DM')  ont  donc  donné,  directement  ou 
pur  leur  descendance,  des  formes  itttersexuelles  //  la  même  époque.  Le  fait 
laisserait  supposer  qu'une  certaine  période  d'incubalion,  si  l'on  peut  dire, 


174^  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 

est  nécessaiie  à  la  manifestation  de  ranoinalie.  11  faut  noter  que  les  condi- 
tions d'élevage  (alimentation,  température,  etc.)  n'ont  pas  subi  de  modifi- 
cation durant  la  période  qui  a  précédé  l'apparition  des  individus  aberrants. 

Les  12  intersexués  examinés  jusqu'ici  oflï'ent  des  formes  et  des  disposi- 
tions analogues  à  celles  (|ue  j'ai  décrites  chez  1).  atkin.soni.  Il  est  à  renjar- 
quer  que  depuis  1873,  date  à  laquelle  Ivurz  signale  un  exemple  d'aberration 
«  androgyne  »  chez  une  D.  magna,  aucun  autre  cas  semblable  n'avait  été 
mentionné  chez  cette  espèce,  pourtant  très  répandue. 

De  nouvelles  recherches,  effectuées  sur  d'autres  espèces  de  Cladocères, 
seront  nécessaires  pour  décider  si  les  anomalies  sont  régulièrement  pro- 
duites par  le  confinement  et  si  elles  proviennent  d'une  intoxication  de 
l'ovaire  due  à  l'accumulation  des  produits  d'excrétion,  ou  s'il  faut  mettre  en 
cause  la  succession  trop  brusque  de  conditions  favorisant  la  parthénogenèse 
à  d'autres  propices  à  la  reproduction  gamogénétique.  La  première  hypo- 
thèse est  la  plus  vraisemblable,  car  les  aberrations  sexuelles  sont  fré- 
quemment accompagnées  de  la  production  d'œufs  avortés  ou  d'individus 
atrophiés. 


BIOLOGIE.  —  La  spanandrie  {disette  de  mâles)  géographique 
chez  un  Isopode  terrestre.  Note  de  ^L  A.  Vanokl,  présentée  par  M.  F.  Mesnil. 

C'est  un  fait  bien  connu  que,  chez  les  Isopodes  du  groupe  des  Trichoniscus 
sensu  stricto  {=:s:  Spiloniscus  Racovitza),  les  mâles  sont  extrêmement  rares 
dans  les  régions  septentrionales  et  moyennes  de  l'Europe.  Verhoeff  (1917) 
a  donné  le  nom  de  Trichoniscus  pusilius  cœlebs  à  cette  race  exclusivement 
parthénogénétique.  Je  crois  que  l'on  peut  conserver  pour  cette  variété  ou 
espèce  le  nom  de  Trichoniscus  pusilius  de  Brandt(i833)  :  1°  parce  que  la 
diagnose  de  Brandt,  très  insuffisante  d'ailleurs,  se  rapporte  vraisemblable- 
ment à  cette  race  parthénogénétique;  2°  parce  que  les  espèces  ou  races  par- 
thénogénétiques  ne  pourront,  probablement,  jamais  être  déterminées  de 
façon  précise,  la  systématique  des  Trichoniscinœ  étant  établie  sur  des  carac- 
tères tirés  des  appareils  copulateurs  mâles.  Quoi  qu'il  en  soit,  ce  Tr.  pusilius 
n'est  représenté  dans  toute  l'Europe  septentrionale  et  moyenne  que  par  des 
femelles.  Sars  en  Norvège,  Budde-Lund  au  Danemark,  Verhoefi  et  Dahl 
dans  l'Allemagne  du  Nord,  Cari  dans  la  Suisse  moyenne,  n'ont  jamais 
trouvé  les  mâles  de  cette  espèce.  Les  nombreux  exemplaires  de  Tr.  pusdlus 
que  j'ai  récoltés,  soit  aux  environs  de  Paris,  soit  en  Haute-Saône,  étaient 


SÉANCE    DU    26    JUIN    192a.  1743 

tous  des  individus  femelles,  (^uaiid  les  mâles  evislcnl,  ils  soiiL  exlivmeniciil 
rares  [exemple  :  chez  /'/•.  thenanm  Grave  (191 /j),  i  cf  pour  lioo  9  |. 

Par  contre,  dans  le  sud  de  T  VlN^magne  et  de  la  Suisse  et  surtout  dans  les 
régions  méditerranéennes,  les  mâles  paraissent  beaucoup  plus  communs, 
et,  dans  quekjues  cas,  la  proportion  des  sexes  esl  tout  à  fait  normale;  il  y  a 
autant  de  mâles  que  de  femelles.  On  Irouvc  d'ailleurs  tous  les  intermé- 
diaires entre  l'absence  complète  de  mâles  et  l'égalité  numérique  des  sexes. 
Chez  les  Tr.  noriciis  Verh  ,  muscivagus  Verh.,  nivaltis  Verh.,  des  Al|)es 
bavaroises,  simplicifrons  Verh.,  d'Herzégovine,  Ton  rencontre  les  deux 
sexes,  mais  les  9  soni  toujours  beaucoup  plus  communes  que  les  cf.  (Jhez 
Tr.  provisùrius  Rac,  des  Pyrénées,  fragilis  Rac.  et  Ctacluissini  (Giard), 
d'Algérie,  les  cf  sont  relativement  abondants  quoiqu'en  nombre  moindre 
que  les  9  .  Enfin,  chez  un  Trichonisciis  que  j'ai  récolté  à  Ranyuls-sur-Mer 
(Pyrénées  Orientales),  et  qui  parait  identique  au  Tr.  (nfor/naiiis  \{ac.,  des 
Alpes-Maritimes,  j'ai  trouvé,  soit  dans  mes  récoltes,  soil  dans  les  envois  de 
M.  le  D'"  Migot,  une  jjropoi  lion  de  4  '^  pour  3  9  . 

La  reproduction  bisexuée,  (|ui  parait  être  la  règle  dans  la  région  médi- 
terranéenne, fait  donc  place,  dans  le  nord,  à  une  parlhénogenèse  constante 
accompagnée  de  la  disparition  totale  ou  partielle  des  mâles. 

Ces  faits  sont  intéressants  par  eux-mêmes,  mais  ils  le  sont  d'autant  plus 
qu'ils  ne  constituent  pas  un  cas  isolé,  mais  qu'ils  représentent  seulement  un 
exemple  particulier  d'un  phénomène  très  général. 

Chez  de  nombreux  Phyllopodes  notostracés  et  conchostracés,  les  d*  sont 
très  rares  (ou  même  inconnus)  dans  les  espèces  de  l'Europe  moyenne  et 
septentrionale,  tandis  que  dans  les  formes  tropicales,  les  deux  sexes  sont 
aussi  communs  l'un  que  l'autre  (Wolf,  1908).  Les  cf  de  nombreuses 
espèces  d'Ostracodes  du  genre  Cypris  et  genres  voisins  paraissent  faire 
complètement  défaut  dans  l'Europe  tempérée,  tandis  qu'ils  se  rencontrent 
fréquemment  dans  les  régions  méditerranéennes  (  Moniez,  1891;  Wohlge- 
mqth,  I9i4)'0n  trouve  des  exemples  analogues  chez  les  Tnsecles.  Les  d^ 
de  Myrmecophila  (icervorum,  le  curieux  (jryllide  commensal  des  fourmis, 
sont  rarissimes  dans  l'Europe  moyenne  et  la  reproduction  est  exclusive- 
ment parthénogénétique;  dans  la  \âr\éié  subdii/a,  d'Italie,  les  cf  sont  plus 
communs  (i  d  pour  5  9  d'après  Silvestri);  enfin  chez  une  espèce  voisine, 
iM.  Surcoufi  Chopard  (1919),  de  l'extrême  Sud  algérien,  le  nombre  des  cf 
dépasse  celui  des  9  (11  cf  pour  2  9).  Il  en  esl  de  même  pour  certains 
Phasmides;  les  cf  de  Clonopsis  gallica  Charp.  sonl,  en  France,  de  vraies 
raretés,  tandis  qu'en  Algérie,  les   cf  de  Cl.  algérien  Paul;,  simple  variété 


1744  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

de  Cl.  gallica,  sont  aussi  communs  que  les  9  .  Il  en  est  peut-être  de  même 
pour  d'autres  Insectes,  comme  Rhodites  rosœ,  des  Thysanopteres.,  etc.,  mais 
des  études  précises  sur  la  proportion  des  sexes  suivant  les  différentes 
régions  font  encore  défaut  pour  ces  espèces.  D'autres  cas  semblables 
seront  certainement  signalés  quand  l'attention  des  spécialistes  aura  été 
attirée  sur  cette  (juestioii. 

Et  même,  cbez  les  plantes,  on  pourrait  citer  des  faits  du  même  ordre  : 
dans  le  groupe  des  Algues  brunes,  le  couple  Cuûeria- Aglaozonia  présente, 
dans  la  Méditerranée  et  l'Océan,  une  alternance  de  générations  régulières 
entre  le  sporophyte  {Aglaozonia)  et  le  gamétopbyte  (Culleria).  Mais,  dans 
les  mers  du  Nord,  la  forme  Cutleria  disparaît,  et  le  tronçon  asexué,  Aglao- 
zojua,  subsiste  seul.  Les  Phanérogames  offrent  également  quelques  faits  de 
cet  ordre  :  on  ne  rencontre  les  deux  sexes  de  Stratiotes  aloides  qu'au-dessous 
de  55°  nord  (Ascherson,  1875;  Wesenberg-Lund,  1912);  au  delà,  on 
ne  trouve  que  des  pieds  ç  ,  et,  comme  la  parthénogenèse  n'existe  pas  chez 
cette  espèce,  la  plante  se  reproduit  exclusivement  par  boutures  dans  les 
régions  septentrionales. 

Je  propose  de  désigner  ce  phénomène  delà  disparition  des  mâles  dans  les 
régions  septentrionales  par  le  terme  de  spanandrie  géographique  ('). 

Ces  phénomènes  de  spanandrie  posent  de  multiples  questions  qui  sont 
loin  d'être  résolues  et  que  je  me  propose  d'étudier  : 

La  disparition  des  mâles  et  l'aptitude  des  œufs  à  se  développer  parthéno- 
génétiquement  sont  des  phénomènes  très  différents  (-).  Existe-t-il  un  rapport 
entre  ces  deux  processus"?  Les  femelles  des  races  normalement  bisexuées 

(•)Le  terme  de  spanandrie  a  été  créé  par  Marchai  en  1911.II  le  définit  ainsi 
{Annal.  Se.  Nal.  Zoot.,  9^  série,  t.  18,  1918,  p.  268):  «  J'ai  donné  le  nom  de  spanan- 
drie au  phénomène  de  la  disparition  ou  de  l'extrême  rareté  des  mâles  dans  une  lignée 
qui  est  nettement  spécialisée  pour  la  reproduction  bisexuée  et  qui  succède  à  un  cycle 
de  générations  parlhénogénétiques  >:.  Celte  définition  ne  s'applique  pas  exactement 
aux  phénomènes  que  j'ai  décrits  plus  haut,  mais  je  crois  qu'il  va  intérêt,  au  lieu  de 
créer  un  mol  nouveau,  d'élargir  la  définition  du  terme  de  spanandrie,  et  de  l'appli- 
quer à  tous  les  cas  de  disparition  des  mâles  dans  des  races  primitivement  bisexuées, 
mais  devenues  ultérieurement  parlhénogénétiques,  ou  hermaphrodites,  ou  suscep- 
tibles de  se  reproduire  asexuellement. 

(-)  Comme  exemple  typique  de  disjonction  de  ces  deux  phénomènes,  on  peut  citer 
la  mutation  de  Bhabditis  pellio,  étudiée  par  P.  Hertwig  (1920).  Cette  race,  apparue 
brusquement,  était  caractérisée  par  l'absence  complète  de  mâles  ;  comme  les  femelles 
n'étaient  pas  parthénogénétiques,  cette  mutation  n'a  pu  être  maintenue  qu'artificiel- 
lement, en  fournissant  à  ces  femelles  des  mâles  de  la  lignée  normale. 


SÉANCE    DU    26    JUIN    I922.  1745 

possèdent-elles  déjà  natiirellemenl  une  aptitude  à  la  parthénogenèse  (')? 

Quelles  sont  les  différences  qui  existent  entre  l'ovogénèse  et  la  réduction 
chromatique  des  femelles  parthénogénétiques  et  celles  des  femelles  fé- 
condées ? 

A  quelles  causes  doit-on  attribuer  cette  disparition  des  màlcs  dans  les 
régions  septentrionales?  Ce  dernier  problème  est  certainement  très  com- 
plexe. En  tout  cas,  on  peut  affirmer,  dès  maintenant,  qu'il  ne  s'agit  pas 
d'une  simple  question  de  température.  En  effet,  les  mâles  existent  dans 
plusieurs  races  de  Trichoniscus  habitant  les  Alpes,  à  des  altitudes  relati- 
vement élevées,  tandis  que  l'on  ne  rencontre  que  des  femelles  dans  les 
plaines  de  l'Europe  moyenne  où  la  température  est  relativement  douce. 

Ces  faits  de  spanandrie  géographique  montrent  une  fois  de  plus  que  des 
races  dérivées  d'espèces  bisexuées  peuvent  se  reproduire  indéfiniment  par 
parthénogenèse,  sans  qu'il  en  résulte  aucun  dommage  pour  l'espèce. 

PROTISTOLOGIE.    -   Sur  un  Péridinien,  parasite  intracellulaire  des  Vélelles. 
Note  de  M.  R.  Hovasse,  présentée  par  M.  F.  Mesuil. 

Un  important  échouage  de  Vélelles,  au  pied  même  du  laboratoire  Marion 
(Marseille),  m'a  permis  d'étudier  une  forme  parasitaire  que  je  crois  nou- 
velle. 

Il  s'agit  d'un  Protiste  de  8'^-  à  12}'-,  existant  en  abondance  et  se  multi- 
phant  activement  dans  les  canaux  gastrovasculaires,  dans  la  mésoglée  et 
surtout  à  l'intérieur  même  des  cellules  bordant  les  quatre  canaux  radiaires 
des  bourgeons  sexués  que  portent  les  gonozoïtes  du  Cœlentéré. 

Son  ectoplasme  vacuolaire  est  riche  en  inclusions  tant  basophiles  qu'aci- 
dophiles,  avec,  entre  les  vacuoles,  des  mitochondries  parfois  réunies  en  un 
réseau  périphérique. 

L'endoplasme  est  dense,  homogène,  et  généralement  aucune  membrane 
ne  le  sépare  du  noyau.  Celui-ci  ne  paraît  nulle  part  être  au  repos;  il  est 
très  condensé  et  n'est  formé  que  de  chromosomes  bacilliformes,  courts,  de 
volume  et  de  nombre  variés  suivant  les  cellules.  Ils  sont  disposés  en  un 
disque  épais,  que  des  sortes  de  canaux  grossièrement  parallèles  traversent 
parfois,  déterminant  autour  d'eux  l'orientation  des  bâtonnets  chroma- 
tiques. Il  ne  me  paraît  pas  y  avoir  de  centrosome,  ni  de  fuseau  mitotique. 


(')  Parthénogenèse  qui,  de  plus,  doit  être   tliély toque  pour  assurer   le  maintien  de 
l'espèce. 


1746  ACADÉMIE   DES    SCIENCES. 

La  division  est  un  simple  groupement  des  chromosomes  aux  deux  extré- 
mités de  la  cellule. 

Cette  description,  si  Ton  fait  abstraclioii  du  mode  de  vie  et  de  la  nature 
de  l'hôte,  est  identique  à  celle  que  fait  Chatton,  dans  sa  remarquable  mono- 
graphie des  Péridiniens  parasites,  à  propos  des  sporocytes  des  Blaslodi- 
nium  Chatton. 

Ces  Péridiniens  sont  les  hôtes  de  Copépodes  planktoniques  (Calanides, 
Corycœides  et  C/c/o/>.v)  dont  ils  habitent  l'estomac.  L'adulte  est  enveloppé 
d'une  cuticule  résistanle  à  travers  laquelle  il  se  nourrit  par  osmose.  Par 
division,  il  fournit  deux  cellules  dissemblables,  Tune  germinale  qui 
continue  à  se  diviser,  produisant  des  sporocytes,  l'autre  somato-germinale 
en  quelque  sorte,  (pii  s'accroît  indivise,  puis,  comme  sa  mère,  redonne  une 
cellule  strictement  germinale  et  une  autre  qui  se  remet  à  croître,  et  ainsi 
de  suite. 

Les  sporocytes  sortent  de  la  cuticule,  passent  dans  l'inleslin  et  sont 
rejetcs  au  dehors.  Ils  se  transforment  alors  en  spores  mobiles,  les  dino- 
spores,  fragiles,  peu  susceptibles  de  mener  longuement  une  vie  libre,  et  qui 
s'enkystent  bientôt  sans  que  leur  destinée  ultérieure  soit  connue. 

Si  le  Blastodinium  des  Vélelles  est  simplement  une  espèce  analogue  à 
celle  que  nous  fait  ainsi  connaître  Chatton,  et  qui  n'en  diffère  que  par 
l'hôte,  il  doit  exister  dans  la  Yélelle  un  adulte  en  division,  analogue  à  celui 
que  je  viens  de  décrire.  Malgré  toutes  mes  recherches,  je  n'ai  pu  le  déceler, 
pas  plus  sur  les  coupes  de  deux  individus  infectés  que  par  la  dilacération 
d'une  dizaine  de  Vélelles  fixées  à  l'alcool. 

Après  leur  mise  en  liberté,  les  sporocytes  décrits  par  Chatton  cessent 
bientôt  de  se  diviser,  et  ne  semblent  pas  se  nouirir  (à  moins  qu'holophy- 
tiquement).  Tous  les  miens  au  contraire  se  multiplient  activement,  princi- 
palement ceux  qui  sont  intracellulaires;  leurs  nombreuses  enclaves  me 
semblent  l'indice  d'une  nutrition  active,  peut-être  phagocytaire. 

J'en  arrive  ainsi  à  penser  (|u'il  doit  y  avoir  entre  ces  organismes  une 
différence  non  pas  générique  ou  spécifique,  mais  plutôt  de  stade  d'évo- 
lution. 

Copépodes  et  Vélelles  sont  des  êtres  pélagiques,  vivant  dans  les  mêmes 
milieux;  il  me  paraît  vraisendjlable  que  les  Vélelles  peuvent  s'infecter  en 
absorbant  soit  des  dinospores  libres,  soit  plutôt  des  Copépodes  parasités. 
Trouvant  un  milieu  plus  favorable,  les  sporozoïtes  y  atteindraient  le 
maximum  d'adaptation  parasitaire,  la  vie  intracellulaire.  Blastodinium 
deviendrait  donc  un  parasite  à  deux  hôtes. 

Les  Vélelles  ne  sont  malheureusement  pas  des  animaux  de  laboratoires, 


SÉANCE    DU    a6    JUIN    1922.  1747 

c'est  par  exception  qu'elles  se  reiiconlicnL  dans  le  golfe  de  Marseille;  aussi 
ai-je  tenu,  à  cause  des  lacunes  do  mon  observation,  à  attirer  sur  ces  jolis 
êtres  l'attention  des  naturalistes  travaillant  sur  des  emplacements  plus 
favorisés  des  courants  marin's,  la  connaissance  de  stades  moins  ou  plus 
avancés  dans  l'évolution  du  parasite  clioz  le  Ojelentéié  pourra  seule  pei- 
nieltre  de  trancher  la  question. 

M.  A.-L.  Herrkra  adresse  une  Note  intitulée  :  Sur  la  présence  de  l'acide 
silicique  chez  les  colloïdes  organiques,  à  propos  de  la  Communication  de 
MM.  Malfitano  et  Gatoire  sur  Tamylocellulose  considérée  comme  composé 
d'acide  silicique  et  amylose. 

A  16  heures  trois  quarts,  l'Académie  se  forme  en  Comité  secret. 

La  séance  est  levée  317  heures. 

É.  P. 


ERRATA. 


(Séance  du   i'^  février   1922.) 

Note  de  MM.  C.  Matignon  et  M.  Fréjacques^  Sur  hi  transformation  de 
'ammoniaque  en  urée  : 

Page  456,  au  lieu  de 


lire 

I  —  X 


K. 


Même  page,  ligne  5,  au  lieu  de  —  li*"'',  lire  —  6'"i,7. 


jn^S  ACADÉMIE   DES   SCIENCES. 


BULLETIN    BIBLIOGRAPHIQUE. 


OUVRAGIÎS    RI'ÇUS    DANS    LKS    SfiANCES    DE    MAI     1922    {SUl'te). 

Les  Ouvrages  suivants  de  M.  D.  Zoel  Garcia  de  Galdeano  {suite)  : 

—  Tralado  :{eneral  de /natemàlicas.  Yyàvagoza,  Cssaïml,  1916;  i  fa  se.  2  a"^". 

—  Correlaciones  niateniàlico-/isico-(/uîmicas.Zava§ozdi,CdiSana\,  1916;  i  fasc.  22'='". 

—  /Vociones  de  crllica  inalemdlica.  Zavagoza^  Casana\,  1916;  i  fasc.  2.5'^™. 

—  Las  construcciones  matemdticas  adaptadas  al  complemento  de  anâUsis  infi- 
nitésimal. Zaragoza,  Casanal,  1916;  i  fasc.  25=™. 

—  La  matemdtica  hasta  el  présente  y  en  sus  aplicaciones  futuras.  Madrid, 
Eduardo  Arias,  1917;  i  fasc.  24'='". 

—  Mis  ûllinios  programas  de  elenienlos  de  câlculo  infinitésimal  y  complementos 
con  nociones  de  las  leorias  correspondientes.  Zaragoza,  Casanal,  1917;  1  fasc.  22'''". 

—  Ensenanza  matemâiica.  Zaragoza,  Casanal,  1918;  i  fasc.  22"". 

—  El  progreso  cientijico.  Zaragoza,  Casanal,  1918;  i  fasc.  28'''". 

—  Mis  divagaciones  en  el  nuevo  mélodo  de  ensenanza  matematica.  Zaragoza, 
Casanal,  1919;  1  fasc.  24""". 

Vue  d'ensemble  sur  les  machines  à  calculer,  par  Malrice  d'Ocagme.  Paris,  Gau- 
thier-V^illars,  1922;  J  fasc.  20'™. 

Observations  and  experiments  on  the  occurence  of  spark  Unes  {enhanced  Unes) 
in  the  arc.  Fart  II  :  Magnésium,  zinc  and  cadmium,  hy  G. -A.  Hemsalech  and  A.  de 
Gramot.  Extrait  de  Philosophical  Magazine,  may  1922). 

Résultats  des  campagnes  scientifiques  accomplies  sur  son  yacht  par  Albert  l"^'', 
prince  souverain  de  Monaco.  Imprimerie  de  Monaco.  Fascicule  IX  :  Ifydroïdes,  Plu- 
maridœ,  par  Maurice  Bedot,  1921;  1  fasc.  SS*^™. 

—  Fascicule  LXl  :  Tomoptérides,  par  A.  Malaquin  et  F.  Carix,  1922;  i  fasc.  25'^'°. 
La  mort  el  son  mystère,  par  Camille  Flammarion.  Tome  I  ;  Avant  la  mort,  1920; 

tome  11  :  Autour  de  la  mort,  1921;  tome  III  :  Après  la  mort,  1922;  3  vol.  iS'^'". 

(^A  suivre.) 


FL\    DU    TOME    CENT-SOIXANTE-QUATORZIEME. 


COMPTES   RENDUS 

DES   SÉANCES    DE   L'ÂCÂDÉMlE   DES   SCIENCES 


TABLES    ALPHABÉTIQUES 


JAiNVIER  -  JUIN  1922. 


TABLE  DES  MATIEKES  DU  TOME  174. 


Pages. 
Académie.  —  Etat  de  l'Académie  des 

Sciences  au  i^^  janvier  IQ22 5 

—  M.    Georges  Lemoine,  président  sor- 

tant, fait  connaître  à  l'Académie 
l'état  où  se  trouve  l'impression  des 
recueils  qu'elle  publie  et  les  chan- 
gements survenus  parmi  les  mem- 
bres et  les  correspondants  pendant 
le  cours  de  l'année  1921 i  3 

—  Allocution    prononcée     par    M.     E. 

Berlin  en  prenant  possession  du 
fauteuil  de  la  présidence 18 

—  Délègue  son  Bureau  aux  solennités 

du  cent -cinquantième  anniver- 
saire de  l'Académie  royale  de  Bel- 
gique   22 

—  M.  le  Secrétaire  perpétuel  annonce  à 

l'Académie  que  le  tome  169  (1919, 
second  semestre)  des  Comptes  ren- 
dus est  eu  distribution  au  secré- 
tariat         337 

—  Le  Déparlement  de  l'Industrie  et  de 

l'Agriculture  de  la  République  et 
Canton  de  ^euchatel  informe  l'Aca- 
démie de  l'oiiverture  d'un  concours 
de  réglage  de  chronomètres  qui 
aura  lieu  en  1923 3i6 

—  M.  le  Président  souhaite  la  bienvenue 

C.  R.,  192Î,  I-  Semestre.  (T.    174.) 


Pages, 
à  I\I.  R.  G.  Ailken  qui  assiste  à  la 
séance "85 

MM.  Fournier  et  Favé  sont  désignés 
pour  représenter  l'Académie  à  la 
réunion  d'été  que  l'Institution  oj 
naval  architecls  tiendra  à  Paris  les  4 , 
5  et  6  juillet  1922 793 

M.  Joubin  est  désigné  pour  repré- 
senter l'Académie  au  YII^  Congrès 
national  des  Pèches  maritimes,  qui 
se  tiendra  à  Marseille  en  octobre 

192^- ••• ; ; 'JI7 

M.  le  Président  souhaite  la  bienvenue 
à  M.  Hisashi  Kimura,  Rigakulia- 
kuski,  directeur  de  l'Observatoire 
de  Latitude  de  Mizusawa,  et  à 
M.  Alphonse  Demoulin,  membre  de 
l'Académie  royale  de  B|;lgique  ....        977 

M.  le  Président  annonce  un  déplace- 
n\ent  de  séance  en  raison  des  fêtes 
de  Pâques 977 

M.  le  Président  souhaite  la  bienvenue 
à  M.  Waddell,  correspondant  pour 
la  Section  de  Mécanique,  qui 
assiste  à  la  séance 1269 

M.  le  Président  souhaite  la  bienvenue 
à  MM.  Dodwell,  de  l'Observatoire 
d'Adélaïde  ;  Baldwyn,  de  l'Obser- 

126 


")  3  3-2/ 


IjSo  TABLE    DES 

Pages, 
vatoire     de      Melbourne  ;      Saint- 
John,  de  l'Observatoire  du  Mount 
Wilson,   qui  assistent  à  la  séance.      i3o9 

—  M.  le  Président  annonce  un  déplace- 

ment  de   séance    à  l'occasion   des 

fêtes  de  la  Pentecôte i385 

—  M.  le  Président  souhaite  la  bienvenue 

à  M.  Moiirelo,  professeur  à  l'Uni- 
versité de  Madrid,  et  au  D''  Ri- 
chard Bishop  Moore,  chimiste  en 
chef  du  Bureau  des  mines  des  Etats- 
Unis,   qui  assistent  à  la  séance  .  .  .      i385 

■ —  M.  le  Secrétaire  perpétuel  présente  le 
tome  57  des  «  Mémoires  de  l'Aca- 
démie des  Sciences  » i44l 

— -M.  le  Président  souhaite  la  bienvenue 
à  M.  Farid  Boulad  Bey,  membre  de 
l'Institut  d'Egypte i44i 

—  Voir  Bureau  des  Longitudes,  Candi- 

datures, Comtnissions  académiques. 
Commissions  ministérielles.  Congrès 
géologique  international.  Conseil 
international  de  recherches.  Décès, 
Ecole  Polytechnique,  Elections,  Fon- 
dation Loutreuil,  Fonds  Bonaparte, 
Nécrologie ,  Plis  cachetés ,  Solen- 
jiités  scientifiques.  Union  interna- 
tionale d'astronomie,  id.  de  géodésie 
et  de  géophysique. 
Académie  royale  de  Belgique.  — 
MM.  L.  Guignard,  le  Prince  Bona- 
parte, M.  d'Ocagne  sont  adjoints 
à  la  délégation  qui  représentera 
l'Académie  aux  fêtes  du  cent- 
cinquantième  anniversaire  de  la 
.  fondation  de  l'Académie  royale 
de  Belgique ')S- 

—  M.    Mesnil   est    adjoint    à    la  même 

délégation i'-ii9 

Acoustique.  —  Sur  le  bruit  des  avions; 

par  M.  Charles Dévé loio 

AcTiNOMÉTRiE.  —  Sur  le  rayonnement 
diurne  de  l'atmosphère  au  mont 
Blanc;  par  M.  A.  Boutaric i83 

— ■  Observations      relevées      au      muni 

Blanc;  par  M.  A.  Boutaric J09 

Agronomie.  —  De  l'influence  de  l'orien- 
tation sur  les  succès  de  la  trans- 
plantation des  arbres;  par  M.  Mar- 
tin-Zédé (3 1 

—  Sur  la  nocuité  du  terreau  du  fumici'; 

par  M.  .1.  Petit i  JG2 

^-  Voir   Chimie  a<4)icole. 


MATIERES. 

Pages. 
Algèbre.  —  Sur  la  généralisation  des 

fractions  continues;  par  M.  Auric.         i[\ 

—  Sur    la    généralisation    des    nombres 

entiers  complexes;  par  M.  Auric.      i45 

—  Sur    le    développement    en    fraction 

continue. des  nombres  algébriques; 

par  M.  Auric 2^9 

—  Sur  la  résolution  d'une  équation  li- 

néaire indéterminée;  par  M.  Auric.       4^9 

—  Sur    les    cayléens    et    les    bicayléens 

anormaux;  par  M.  Maurice  Lecat.       728 

—  Sur    un    théorème    d'Algèbre;     par 

M.  Paul  Montel 85o 

—  Sur  un  nouveau  théorème  d'Algèbre; 

par  M.  Paul  Montel 1220 

Analyse  mathématique.  —  Sur  les  fa- 
milles quasi-normales;  par  M.  Paul 
Montel 22 

—  Sur   une    classe    de    fonctions    crois- 

santes; par  M.  Théodore  Varo- 
poulos 89 

—  Sur   le   produit    de    Laplacc,    relatif 

à    certains     hypercylindres  ;     par 

M.  Pierre  Humbert 91 

—  Sur  un  tableau  normal   relatif   aux 

surfaces  unilatérales;  par  M.  Gus- 
tave Dumas 93 

—  Sur   les    fonctions    définies    par   des 

séries    de    fractions    rationnelles; 

par  M.  Arnaud  Denjoy 95 

—  Sur    une    extension    d'un    théorème 

de  M.  Landau;  par  M.  PaulJMontel.       i43 

—  Sur  un  théorème  de  M.  Monte!;  par 

M.  Th.  Varopoulos 272 

—  Sur  les  zéros  de  certaines  fonctions; 

par  M.  A.  Angelesco ; 278 

—  Sur   les   équations   différentielles   du 

premier  ordre  à  points  critiques 
fixes;  par  M.  Armand  Cahen 276 

—  Erratum  relatif  à   cette   communica- 

tion         716 

—  Remarques   sur   les    fonctions    quasi 

analytiques  et  les  fonctions  indé- 
finiment dérivables;  par  M.  ]\Iau- 
rice  Gevrey 368 

—  Les    séries    de   fractions   rationnelles 

et  l'intégration;  par  M.  Gaston 
Julia 370 

—  Sur  un  théorème  de  M.  Denjoy;  par 

M.  Torsten  Carleman 873 

—  Les  caractères  des  modules  de  formes 

et  les  systèmes  d'équations  aux 
dérivées  partielles;  par  M.  Maurice 


TABLE    DES    MATIERES. 


Si 


Janet 

Errata  relatifs  à  cette  cominuiiica- 
tion 

Sur  un  point  fondanxeutal  de  la 
théorie  du  potentiel;  par  M.  Wi- 
told  Wilkosz 

Sur  les  fonctions  d'une  variable 
réelle  indéfiniment  dérivables;  par 
M.  Emile  Borel 

Les  équations  fonctionnelles  et 
la  représentation  conforme  ;  par 
M.  Gaston  Julia 

Sur  le  raccordement  des  lignes  et 
la  courbe  élastique  plane;  par 
M.  Georges-J.  Rémoundos 

Sur  quelques  applications  du  calcul 
différentiel  absolu  ;  par  M.  René 
Lagrange 


Pages. 
432 

716 

435 


Sur  les  séries     7  — ^ 

.ÀmdZ 


;  par  M.  Tur- 

■  X. y.., 

sten  Carleman 

Sur  un  théorème  de  M.  Landau  ;  par 
M.  Spiridion  Sarantopoiilos 

Nouvelles  applications  de  la  repré- 
sentation conforme  aux  équa- 
tions fonctionnelles  ;  par  M.  Gaston 
Julia 

Sur  un  problème  nouveau  concer- 
nant les  fonctions  analytiques  et 
la  représentation  conforme  ;  par 
M.HenriVillat 

Sur  l'application  des  variétés  d'ordre 
/)  dans  un  espace  a:  d'ordre  )t  ;  par 
M.  René  Lagrange 

Sur  l'équation  générale  du  type,  ellip- 
tique ;  par  M.  Kyrille  Popoff 

Le  théorème  de  Cauchy  sur  l'inté- 
grale d  une  fonction  entre  des  li- 
mites imaginaires;  par  M.  G. 
Mittag-Leffler 

Sur  la  détermination  des  équations 
différentielles  du  second  ordrr 
intégrables  par  quadratures  ;  par 
M.  Jules  Drach 

Sur  la  transformation  des  substitu- 
tions rationnelles  en  substitu- 
tions linéaires  ;  par  M.  Gaston 
Julia 

Sur  l'intégrale  définie  et  la  mesure 
des  ensembles;  par  M.  Stoîlow .  .  .  . 

Sur  une  théorie  classique  de  Cauchy; 
M.  E.  Goursat 

Sur  les  équations  non  linéaires  aux 
dérivées  partielles  du  second  ordre 


J19 

521 

■388 
591 

653 

6)6 
658 


■  / 
Pages 


797 

800 
802 
836 


853 
1087 

855 
'Jï9 


du  type  ellipti(jue;  par  M.  Georges 
Giraud '. 

—  Erratum  relatif  à  cette  communica- 

tion  

—  Sur  le  rôle  de  la  loi  de  Gauss  dans  la 

théorie  des  erreurs;  par  M.  Paul 
Lévy 

—  Sur    la    formule    d'interpolation    de 

Stirling;  par  M.  N.-E.  Norlund.  .  . 

—  Délinition  arithmétique  d'une  distri- 

bution de  masses  s'étendant  à 
l'infini  et  quasi  périodique,  avec 
une  densité  moyenne  nulle;  par 
M.  Emile  Borel 977 

—  Errata   relatifs  à   celle    communica- 

tion       1208 

— •  Une  application  de  la  théorir-  des 
équations  intégrales;  par  M.  /('«;• 
Fredliolm 980 

—  Sur  les  formes  canoniques  invariantes 

des  systèmes  algébriques  et  diffé- 
rentiels; par  M.  Maurice  Janel.  .  . 

—  Erratum  relatif  à  cette  communica- 

tion  

—  Démonstration    d'un    théorème    de 

M.  Borel;  par  M.  Torsten  Carleman. 

—  Remarques    de    M.    Borel    sur    cette 

communication 

—  Sur    les    fonctions    entières    d'ordre 

entier;  par  M.  G.  Valiron io54 

—  Sur  la   théorie   des   invariants   inté- 

graux; par  M.  E.  Goursat 1089 

—  Sur    la    formule    d'interpolation    de 

Newton;  par  M.  N.-E.  JSôrlund .  .  . 

—  Le  théorème   de  Cauchy  sur  Tinté- 

grale  d'une  fonction  entre  les  li- 
mites imaginaires;  par  M.  G. 
Mittag-Leffler 

—  Sur   les    fonctions    croissantes    posi- 

tives; par  M.  Spyridion  Sarnnto- 
poulos I  320 

—  Sur  quelques  thcorèniis  de  M.  Borel: 

par  M.  Th.  Varopoulos i323 

—  Sur  les  relations  qui  existent  entre 

l'ordre  de  croissance  dune  fonc- 
tion monogène  et  la  densité  de  ses 
zéros  ;  par  M.  Rolf  Nevanlinna  ....      i325 

—  Sur  les  figures  intégrales  singulières 

des  systèmes  partiels  du  premier 
ordre  auxquels  s'applique  la  mé- 
thode d'intégration  de  .Jacobi;  par 
M.  Riquier 1392 

—  Sur  la  loi  de  Gauss;  par  M.  J.-W. 

Lindeberg. . 1  '|OU 


1 136 
994 
996 


1108 


1 14J 


17^2 


TABLE    DES 

Pages. 


-T-  Sur  les  fonctions  automorphes  de 
plusieurs  variables  indépendantes  ; 
par  M.  P.-J.  Myrherg i4o2 

—  Sur  les  figures  intégrales  singulières 

des  systèmes  passifs  du  premier 
ordre  n'impliquant  qu'une  seule 
fonction  inconnue;  par  M.  Riquier.      i5Ï7 

—  Sur    les    séries    asymptotiques  ;    par 

M.  Torsten  Carleman i  ')i~ 

—  Sur  l'éli^iiination  des  constantes  arbi- 

traires ;  par  M.  Riquier i6o4 

—  Des  équations  aux  dérivées  partielles 

du  second  ordre  intégrablcs  par 
la  méthode  de  Darboux;  par 
M.  Gosse 1 6 1 2 

—  Sur     certaines     équations     fonction- 

nelles algébriques  ;  par  M.  //. 
Mineur 1678 

—  Sur  le  problème  des  moments  ;  par 

M.  Torsten  Carleman 1680 

—  Voir   Géométrie  infinitésimale. 
Analyse    spectrale.    —    Dosage    du 

krypton  et  du  xénon  en  valeurs 
absolues  par  spectrophotométrie  ; 
par  MM.  Charles  Moureu  et  Adolphe 
Lepape 908 

Anatomie.  ■ —  De  l'asymétrie  du  sque- 
lette des  membres  supérieurs  ;  par 
M.   A.- A.  Mendes-Corrêa 4  i*J 

—  Sur  le  déterminisnie   des  caractères 

sexuels  secondaires  chez  les  Uro- 
dèles  ;  par  M.  M.  Aron 709 

—  Sur    le    développement    des    carac- 

tères sexuels  primaires  chez  les 
Urodèles.  Hypothèse  sur  son  dé- 
terminisme; par  M.  M.  Aron i  568 

Anatomie  pathologique,  —  Sur  l'histo- 
genèse et  l'origine  des  chordomes  ; 
par  MM.  Alezais  et  Peyron 419 

—  Sur  quelques  fonctions  du  mégaea- 

ryocyte  tumoral,  en  particulier  sur 
son  rôle  vasoformateur  ;  par  I\I.  />'. 
Argaud J73 

—  Sur    l'histogenèse    des    épithéliomas 

basocellulaires;  par  M.  F.  Ladreyt.      r>G4 
Anatomie  végétale.  —  Sur  les  croix  de 
Malte  présentées  par  les  bois,  sou- 
mis à  des  traumatismes  ;  par  ]M.  J. 

Costantin 1 3 1 3 

— ■  L'organisation  libéroligneuse,  chez 
la  Mercuriale,  reproduit-elle  une 
disposition  ancestrale?  par  M.  P. 
Bugnon 1484 


MATIERES. 


—  Voir  Botanique. 


Pages. 


Archéologie.  —  La  représentation  ma- 
térielle préhistorique  4.es  Pléiades 
à  dix  étoiles  dans  un  bassin  de  ro- 
cher des  Epesscs  (Vendée)  ;  par 
M.  Marcel  Baudouin 587 

Arithmétique.  —  Voir  Prohabililés, 
Théorie  des  nombres. 

Astronomie.  —  Sur  la  détermination 
interférentielle  des  diamètres  des 
étoiles  dont  l'éclat  superficiel  n'est 
pas  uniforme;  par  M.  Maurice 
Hamy 842 

—  Sur  le   calcul  de  la  précession  ;    par 

M.  H.  Andoyer 5o6 

—  Mesures    de    parallaxes    stellaires    à 

l'Observatoire  de  Deadborn  (Etats- 
Unis)  ;  par  M.  Philippe  Fox 595 

—  Sur    une    propriété     des     émulsions 

photographiques  et  l'enregistre- 
ment des  étoiles,  pendant  les 
éclipses  totales  de  Soleil,  en  vue 
de  la  vérification  de  l'effet  Eins- 
tein;  par  M.   Maurice  Hàmy....        717 

—  Sur  la  détermination  du  diamètre  des 

étoiles  par  la  méthode  interféren- 
tielle; par  J^.  Maurice  Hamy .  .  .  .       904 

—  Sur  les  déviations  des  rayons  lumi- 

neux passant  au  voisinage  d'un 
■astre ;  par  M.  Ferrier l4o4 

—  Sur   une   nouvelle   rtiéthode    interfé- 

rentielle pour  la  mesure  du  dia- 
mètre apparent  des  étoiles;  par 
M.  ^4.  Danjon 1 4o8 

—  Sur  le  calcul  des  coordonnées  hélio- 

graphicjucs;  par  M.  E.  Merlin.  .  .  .      i536 

—  La  loi  de   Riemann,  le  périhélie   de 

Mercure  et  la  déviation  de  la  lu- 
mière ;  par  M.  Gaston  Bertrand ....      1687 

—  Voir   Comètes,  Cosmogonie,  Éclipses, 

Histoire  des  Sciences,  Relativité. 
Astronomie  physique.  —  Observation 
d'une  étoile  anormale  au  photo- 
mètre hétérochrome  de  l'Observa- 
toire de  Paris;  par  MM.  Charles 
Nordmann  et  Le  Morvan 10 1 

—  Sur  la  pression  des  atmosphères  des 

étoiles  et  du  Soleil  ;  par  M.  P.  Salet       1 5 1 

—  La  périodicité  et  le   mouvement  des 

taches  du  Soleil  en  latitude  expli- 
qués par  la  pulsation  de  son  noyau  ; 
par  M.  Emile  Belot 283 


TABLE    DES    MATIERES. 


Pa£;ps. 

La  projection  do  la  himièro  des 
étoiles  doubles  périodiques  et  les 
oscillations  des  raies  spectrales; 
par  M.  G.  Sagnac '•;'' 

Observation  d'un  phénomène  singu- 
lier que  présente  l'étoile  0  de  la 
Grande  Ourse;  par  MM.  Charles 
Nordmann  et  Le  Morvan 669 

Mesure  de  la  pression  dans  l'atmo- 
sphère du  Soleil  ;  par  M.  A.  Perot .  .        933 

Observations  du  Soleil,  faites  à  l'Ob- 
servatoire de  Lyon,  pendant  le 
quatrième  trimestre  de  1921  ;  par 
M.  J.  Guillaume ioo5 

Détermination  du  champ  magnétique 
extérieur  du  Soleil  par  la  structure 
de  la  couronne  du  Soleil  et  les 
constantes  des  aurores  boréales  ; 
par  M.    Cari  Stôrmer i447 

Observations  d'étoiles  du  type  N  et 


1753 

Pages. 


notamnaont  d'une  étoile  à  tempéra- 
ture efîeclive  extrêmement  basse, 
au  moyen  du  photomètre  hété- 
rochromc  de  l'Observatoire;  par 
MM.  Charles  Nordmann  et  Le 
Morvan 1 690 

—  Voir    Cosmogonie ,   Spectroscopie. 

Aviation.  —  Sur  la  forme  optimum  à 
donner  aux  hélices  propulsives  ;  par 
M.  Eugène  Pagezy i327 

—  Théorie  générale  du  turbo-compres- 

scur  pour  moteurs  d'avions;   par 

M.  A.  Râteau i  Ji  i 

—  Calcul    des    variations    du    plafond 

d'un  aéroplane  dues  à  une  varia- 
tion de  son  poids  ou  à  l'emploi 
d'un  turbo-compresseur  ;  par  M.  A. 

Râteau 1669 

— •  Voir  Acoustique,  Météorologie. 


B 


Bactériologie.  —  Variétés  de  bacilles 
pyocyanoïdes;  par  M.  C.  Gessard. 

—  Physiologie    microbienne    et   facteur 

accessoire    de    la    croissance  ;    par 
M.  Pierre  Goy 

—  Voir  Microbiologie,  Parasitologie,  Pa- 

thologie végétale. 
Balistique  intérieure.  —  Au  sujet  de 
la  vitesse  de  combustion  des  pou- 
dres    colloïdales  ;     par     AL     Paul 
Bourgoin 

—  Voir  Alécaniqiie. 

Biologie.  —  Contribution  à  l'étude  des 
bouillies  cupriques;  par  M.  et 
Mme   Q_   Villedieu 

—  Erratum  relatif  à  cette  communica- 

tion  

— -  Sur  les  relations  du  Crustacé  et  de 
l'Éponge  chez  les  Cirripèdes  spon- 
gicoles;  par  M.  Ch.-J .  Gravier.  .  .  . 

— -  Histolyse  et  Phagocytose  muscu- 
laires dans  le  cœlome  des  Néréides 
à  maturité  sexuelle;  par  M.  Ar- 
mandDehorne 

—  Le  rôle  de  l'alcalinité  de  l'eau  de  mer 

dans  les  fécondations  hétérogènes; 
par  M.  Alphonse  Labbé 

—  Théorie  de  l'action  des  parasites  en- 

tomophages.  Les  formules  mathé- 


1579 


')32 


83o 


io13 


1199 


tiques  du  parasitisme  cyclique  ;  par 

M.  Ty.-jR.  Thompson 1 201 

—  L'activation  du  spermatozoïde  dans 

les  fécondations  hétérogènes;  par 

M.  Alphonse  Labbé 1297 

—  Sur  la  formation  de  fuseaux  myoly- 

tiques  et  sur  leur  phagocytose  dans 
le  cœlome  de  Lipobranchus  in- 
termedius  de  Saint- Joseph;  par 
M.  Armand  Dehorne 1299 

—  La    spanandrie    (disette    de    mâles) 

géographique  chez  un  Isopode  ter- 
restre; par  M.  A.  Vandel 1742 

—  Voir  Bactériologie,  Chimie  biologique 

et  physiologique,  Cytologie,  Embryo- 
génie, Entomologie,  Histologie,  Mi- 
crobiologie, Morphologie,  Physiqw 
biologique. 
Biologie  animale.  —  Sur  les  caractères 
d'un  Hybride  issu  de  l'union  d'un 
Canard  musqué  mâle  (  Cairina 
moschata  Flem.)  et  d'une  Oie 
d'Egypte  femelle  (  Chenalopes 
segypticus  Eyt.)  ;  par  M.  A.  Lécail- 

,  Ion ". 68 

-  Sur  l'indépendance  de  la  glande  sé- 
minale et  des  caractères  sexuels 
secondaires  chez  les  Poissons. 
Étude  expérimentale;   par   M,   R. 


'7'*4 


TABLE    DES 


(ounier 

—  Sur  des  phénomènes  d'auto-destruc- 

tion et  d'auto-agglutination  chez 
les  Convoluta  ;  par  lA^^  Anna 
Drzewina  et  M.   Georges  Bohn.  .  .  . 

—  Contribution  à  l'étude  de  la  régres- 

sion d'un  organe  :  les  muscles  vi- 
brateurs  dn  vol  d'Apterina  pedestris 
Meig.  pendant  la  nymphose;  par 
M.  L.  Mercier 

—  Convergence    ou    variation    parallèle 

dans  le  genre  Ilalimede  (Lepidopl. 
Satyridse;  par  MM.  Ch.  Oberthur  rt 
C.  Houlbert 

—  Sur  les  caractères  d'un  hybride  mâle 

provenant  de  l'union  d'un  Canard 
Pilet  mâle  (Dafila  acuta  L.)  et  d'un 
Canard  sauvage  femelle  [An as  Bo fi- 
chas L.)  ;  par  M.  A.  Lécaillon 

—  Sur  la  fécondité  des  Hybrides  obtenus 

par  le  croisement  du  Canard  Pilrt 
mâle  [Dafila  acuta  L.)  et  du  Canard 
sauvage  femelle  [Anas  boschas  L.)  ; 
par  M.  A.  Lécaillon 

—  Notion  de  «  seuil  différentiel  o  et  expli- 

cation humorale  du  gynandromor- 
phisme  des  oiseaux  bipartis;  par 
-M.  A.  Pézard 

—  Influence  sur  le  développement  des 

œufs  d'un  Batracien  d'une  subs- 
tance extraite  de  la  fcrtilisinc  des 
œufs  d'un  Poisson;  par  M.  A.  We- 
ber 

—  Sur  la  variabilité   de   l'espèce   et  la 

création  expérinientale  de  nou- 
velles  races    chez   le   Bombyx   du 

Mûrier;  par  M.  A.  Lécaillon 

— ■  Sur  l'apparition  d 'intersexués  dans 
une  lignée  de  Daphnia  magna 
(Crustacé  cladocère),  et  sur  le 
déterminisme  probable  du  phéno- 
mène; par  M.  R.  de  La  VVu//.r.  .  .  . 

—  Voir  Entomologie,  Zoologie. 
Biologie    végétale.    —    Influence    des 

radiations  solaires  sur  la  culture 
de  la  Belladone  et  la  formation  des 
alcaloïdes    dans    les    feuilles;    par 

MM.  A.  Goris  et  H.  Deluard 

— -  Hérédité  anormale  de  la  couleur  des 
embryons  d'une  variété  de  Pois 
(Pisum  sativum  L.)  ;  par  M.  L. 
Blaringhem 

—  Sur  l'hérédité  du  sexe  chez  la  Lych- 

nide    dioïque    (Lychnis    i'espertina 


Pages. 


33o 


6:v 


M 


88  •■ 


1 4  3 1 


i5-3 


1-30 


1-38 


17/10 


188 


MATIERES. 

Pages. 
Sibthorp)  ;  par  M.  L.  Blaringhem .  .      i4'?9 

—  Observations   sur    l'optimum    d'alti- 

tude pour  la  coloration  des  fleurs; 

par  M.  Joseph  Bouget i  "23 

—  Voir   Botanique,    Cryptogamie,    Mor- 

phologie. 

Botanique.  ■ —  Sur  le  mécanisme  de 
l'orientation  des  feuilles  ;  par 
M.  Edgar  Zaepffel 119 

—  Sur  le  gamétophytc  des  Marchantiées 

par  M.  Ch.  Douin 1  ?. i 

—  Sur    la    végétation     algologique     de 

Rockall;  par  M.  G.  LIamel 243 

—  Le  mucilage   chez   les   Urticées  ;  par 

M.  Paul  Guérin 480 

—  Les   Neophloga,    Palmiers   de   Mada- 

gascar; par  M.  H.  .Jumelle 483 

—  Sur   la   signification    des    canalicules 

de  Ilolmgren;  par  MM.  A.  Guillier- 
mond  et  G.  Mangenot 485 

—  Sur  la  signification  de  l'appareil  ré- 

ticulaire  de  Colgi;  par  MM.  A. 
Guilliermond  et  G.  Mangenot .  .  .  .        692 

—  Sur   la   détermination   de   la   faculté 

germinative  autrenient  que  par 
la  germination  des  graines;  par 
M.  Pierre  Lesage .  .  .  .  ^ 7^6 

—  Influence  de  la  métérologie  de  l'année 

1921  sur  le  rougissement  et  la  chute 
des  feuilles;  par  MM.  Joseph 
Bouget  et  Ad.  Davy  de  Virville ....        768 

—  Détermination  de  Voptimum  d'humi- 

dité du  milieu  extérieur  chez  les 
Oscillaires;  par  M.  Henri  Coupin.  .        892 

—  Reproduction     des     Vaucheria     par 

zoospores    amiboïdes;    par   M.    A. 

de  Puymaly 824 

—  Sur    l'clongation     des    racines;    par 

M.  //.  Ricome 880 

—  Sur  l'hypocotyle    de    la   Mercuriale; 

par  M.  P.  Bugnon 9^4 

—  Un  grand  Palmier  du  centre  de  Ma- 

dagascar; par  M.  Henri  Jumelle.  .       957 

—  Une    nouvelle    espèce    de   Syncepha- 

lastrum;  affinités  de  ci'  gi'ure;  par 

M.  Paul  Vuillemin 986 

—  Température  ultra-maxima  suppor- 

tée par  les  embryons  iVHelian  - 
ihus  annuus  L.  ;  par  M.  Edmond 
Gain io3i 

—  Le  mycélium  à  boucles  chez  les  Aseo- 

mycètes;  par  M.  et  M'"^  Fernand 
Moreau 1072 


TABLE    DES 

Pages. 

Sur  l'origine  du  Sparlina  Townseiidi 
et  sur  son  rôle  dans  la  fixation  des 
vases  marines  ;  par  MM.  L.  Corbière 
et  Aug.  Chevalier io84 

Sur    une     tardive     régénération     de 

Mousse;  par  M.  Jacques  Maheu.  .  .      1 124 

Des  synanthies,  à  propos  du  Narcis- 

sus  Tazetta  L  ;  par  M.  G.  Nicolas .  .      n  26 

Relations  entre  les  chlamydospores 
et  les  boucles  mycélicnnes;  par 
M.  Paul  Vuillemin 1 1 48 

Sur  la  ramification  dichotome  dans 

les  cotylédons;  par  M.  P.  Bugnon.      1194 

Les  principales  variations  du  déve- 
loppement vasculaire  dans  les 
premières  phyllorhizes  des  Phané- 
rogames ne  sont  pas  déterminées 
par    l'accroissement    intercalaire; 

par  M.  Gustave  Chauveaud 1487 

•  Sur  la  résistance  comparative  à  la 
chaleur  des  points  végétatifs  de 
l'embryon    du    Grand-Soleil  ;    par 

M.  Edmond  Gain i  '^7 

-  La  cinèsc  somatique  dans  la  tige 
aérienne  d'Equiselurn  arvense  L.  ; 
par  M.  Maurice  Lenoir i559 


MATIÈRES.  I"^-^ 

Pages 

—  Aiialomic    des     fleurs    d'une    même 

espèce    à    diverses    altitudes  ;   par 

M'i*'  Marguerite  Larbaud 1  jGa 

—  Sur  l'hérédité  acquise;  par  M.  Cos- 

tantin i^^9 

—  Le    groupe   du    Chrysalidocarpus   hi- 

tescens;  par  M.  Henri  Jumelle 1674 

—  Sur  la  tuméfaction  et  la  tubérisation; 

par  M.  Jean  Dufresnoy i/^J 

—  Voir  Analomie  végétale,  Morphologie 

végétale.  Physiologie  végétale. 
Botanique  appliquée.  ■ —  Voir  Agro- 
nomie, Biologie  végétale.  Chimie 
agricole,  Chimie  végétale,  Crypto- 
gamie.  Cytologie  végétale.  Écono- 
mie rurale.  Embryogénie  végétale. 
Géographie  botanique.  Histologie 
végétale,  Pathologie  végétale,  Phy- 
siologie végétale. 

Bulletin     bibliographique.    —     i32, 
427,    715,    784,    9'y^,    1088,    1208, 

1268,  i384,  i584,  1748, 
Bureau  des  Longitudes.  —  M.  Mau- 
rice Hamy  fait  hommage  à  l'Aca- 
démie de  «  l'Annuaire  pour  1922  »,       5i5 


c 


Calcul  des  probabilités.  —  Sur  la  loi 
de  Gauss;  par  M.  Paul  Lévy 

Calcul  mécanique.  —  Sur  des  balances 
à  calcul;  par  M.  Stanislas  Millot.  . 

Candidatures.  — ■  Liste  des  candidats 
à  la  succession  de  M.  J.  Carpen- 
tier  :  1°  M.  Maurice  de  Broglie; 
■2,0  M.  Paul  Séjourné;  3°  MM.  Jean 
Charcot,  Alexandre  Desgrez,  Mau- 
rice d'Ocagne 

—  Liste  des  candidats  à  la  succession 
de  U.Alfred  Grandidier:  i^M.  Gus- 
tave Ferrie;  2"  MM.  Félix  Arago, 
Eugène  Fichot;  Georges  Perrier, 
Edouard  Perrin,  Jean  Tilho 

M.  Ed.  Réitérer  prie   l'Académie   de 

vouloir  bien  le  compter  au  nombre 
des  candidats  à  la  place  vacante, 
dans  la  section  d'anatomie  et  zoo- 
logie, par  le  décès  de  M.  Ranvier .  . 
—  M.  Élie  Cartan  prie  l'Académie  de 
vouloir  bien  le  compter  au  nombre 
des  candidats  à  la  place  vacante, 


1682 
9^7 


33G 


1219 


dans  la  section  de  géométrie,  par 

le  décès  de  M.  Emilie  Jordan iSig 

—  Liste   des   candidats   à  la  place  va- 

cante par  le  décès  de  M.  C.  Jor- 
dan :  1°  M.  Henri  Lebesgue; 
2°  MM.  Élie  Cartan,  Jules  Drach; 
30  MM.  Claude  Guichard,  Ernest 
Vessiot ^3^^ 

—  Liste  de  candidats  à  la  place  vacante 

par  suite  de  la  mort  de  M.  Ranvier  : 
1°  M.  Charles  Gravier;  2°  M.  Mau- 
rice Caullery;  3°  MM.  Raoul  An- 
thony, Louis  Lapicque,  Edouard 
Retterer,  Louis  Roule i  J83 

Chimie.  —  Sur  l'auloxydation  :  les 
Antioxygènes;  par  MM.  Charles 
Moureu  et  Charles  Dufraisse 208 

—  Essai    d'extension   systématique    de 

la  préparation  des  organométal- 
liques.  Application  à  l'iodure  de 
fer  éthyle  ;  par  MM.  André  Job 
r\    R,'}>é   T^t'irJi l35^ 


17^6 


TABLE    DES 

Pages 


—  Voir  Balistique,   Radioaclivité. 
Chimie    agricole.    —    Relation    entre 

l'indice  de  chlore  et  la  teneur  en 
azote  de  la  terre  végétale;  par 
MlleC.  Veil 317 

—  Composition     des     betteraves     sau- 

vages; par  M.  E.  Saillard 4ii 

—  La  stérilisation  partielle  du  sol;  par 

MM.  Gustave  Rivière  et  Georges 
Pichard 49^ 

—  Disparition    progressive    de     l'acide 

sulfureux  libre  dans  un  jus  de 
pommes  conservé  ;  par  MM.  War- 

collier  et  Le  Moal 634 

Chimie  analytique.  — Appareil  pour  la 
détermination  de  la  concentration 
d'une  solution  en  ions  hydrogène. 
Application  à  la  recherche  des 
acides  minéraux  dans  le  vinaigre; 
par  M.  André  Kling  et  M.  et 
Mme  ji    Lassieur iG5 

—  Nouvelle  méthode  pour  la  recherche 

de  la  graisse  de  coco  dans  le  beurre 

de  vache;  par  M.  C.-F.  Muttelet.  .        220 

—  Sur  le  dosage  du  soufre  dans  les  py- 

rites de  fer;  par  MM.  G.  Chaudron 

et  G.  Juge-Boirard 683 

—  Sur  la  séparation  de  l'oxyde  ferrique 

et  de  l'alumine  d'avec  la  chaux 
par  la  méthode  des  azotates;  par 
M.  Charriou 

—  Sur  la  composition  des  vins  de  lies 

et  des  lies  de  vin;  par  M.  L.  Se- 
michon 1 1  79 

—  Sur  le  dosage  de  l'azote  ammoniacal 

dans  les  matières  organiques  azo- 
tées, et  particulièrement  dans  les 
matières  protéiques  et  leurs  pro- 
duits de  dédoublement;  par  M.  J. 
Froidevaux I238 

Chimie  appliquée.  —  Voir  Éclairage. 

Chimie  biologique.  —  Sur  les  pro- 
priétés distinctives  des  amylases 
de  différentes  provenances;  par 
M.  Jean  Ef front 18 

—  Le     procédé     d'épuration     par     les 

«  boues  activées  »  est-il  applicable 
au  système  séparatif  ?  par  M.  Lu- 
cien Cavel 578 

—  Sur    une    méthode     indicatrice    per- 

mettant d'évaluer  la  vitalité  des 
semences  par  voie  biochimique  ; 
par  MM.  Antonin  Nèmec  et  Fran- 
tisek  Duchoh 632 


731 


MATIERES. 

—  Solubilisation  et  dégradation  diasta- 

sique  des  matières  azotées  du  maïs  ; 
application  aux  fabriques  de  le- 
vure ;  par  M.  P.  Noltin 

—  Zinc  et  cancer;  par  M.  Paul  Cristal.  . 

—  Influence  du  sélénium  et  du  radium 

sur  la  germination  des  grains;  par 
M.  J.  Stoklasa 

—  L'amylocellulose    considérée    comme 

composé  d'acide  silicique  etd'amy- 
lose;  par  MM.  G.  Malfitano  et 
M.  Catoire 

—  Influence   du    sélénium   sur    l'évolu- 

tion végétale,  en  présence  ou  en 
l'absence  de  radioactivité;  par 
M.  J.  Stoklasa 

—  Constitution     de     l'œuf     de     Truite 

"  (Trutta  fario)  ;  par  M.  E.  Fauré- 
Frémiet  et  M^e  H.  GarrauU 

—  L'attaque  des  minerais  par  les  bac- 

téries. Oxydation  de  la  blende; 
par  MM.  André  Helhronner  et 
W.  Rudolfs 

—  Le   rendement   énergétique   dans    la 

croissance  de  VAspergillus  niger; 
par  MM.  Émile-F.  Terroine  et 
René  Wurmser 

—  Constitution    de    l'œuf    ovarien    de 

Carpe  [Cyprinus  Carpio)  ;  par 
M.  E.  Fauré-Frémiet  et  M^e  H. 
GarrauU 

—  Voir  Microbiologie. 

Chimie  industrielle.  —  Action 
d'acides  minéraux  sur  les  cellu- 
loses brutes;  formation  et  destruc- 
tion concomitantes  de  réducteurs. 
Utilisation  de  sous-produits  de 
cette  destruction;  par  M.  G.  Meu- 
nier  

—  Sur    la    fabrication    de    la    soude    à 

l'ammoniaque;  par  M.  H.  Le  Cha- 
telier 

—  Sur  la  préparation   du  bicarbonate 

de  sodium;  par  M.  E.  Toporescu. 

—  Sur    les     monochlorotoluèncs  ;    par 

MM.  A.  Wahl,  G.  Normand  et 
G.  Vermeylen 

—  Un  nouveau  procédé  de  fabrication 

industrielle  de  la  baryte  pour  le 
traitement  des  mélasses  de  su- 
crerie; par  MM.  Camille  Deguide 
et  Paul  Baud 

—  Kaolins,  argiles,  bauxites,  etc.  Perte 

au    feu    et    porosité;    par    M.    A, 


Pages. 


712 


1128 


1256 


13-5 


1378 


1435 


149"» 


468 

836 
870 

946 


TABLE    DES    MATIERES. 


756 


Pages. 
Bigot 1^32 

—  Sur  un  comburimètre  et  un  contrô- 

leur pour  le  gaz,  système  Creliel- 
Veltcr;  par  M.  A.  Grebel ri85 

—  Sur  les  éléments  accessoires  des  sco- 

ries de  déphosphoration;  par  M.  A. 

Demolon 1 70^ 

Chimie    minérale.    —   Sur   les    oxydes 

d'uranium;  par  M.  P.  Lebeau.  .  .  .        '^88 

—  Action    du    sélénium    sur    l'or;    par 

M.  H.  Pélabon Sg  i 

—  Sur  le  rôle  des  impuretés    gazeuses 

dans  l'oxydation  catalytique  du 
gaz  ammoniac.  Influence  de  l'hy- 
drogène phosphore;  par  M.  Eugène 
Decarrière 46o, 

—  Extraction  et  purification  du  scan- 

dium  de  la  thorveïtite  de  Mada- 
gascar; par  MM.  Pierre  Urbain  et 
G.Urbain i3io 

—  Sur  le  sulfure   de   zinc   phosphores- 

cent; par  M.  A.-A.  Gunlz i3  )6 

—  Sur  les  nouvelles  propriétés  du  sul- 

fate vert  de  chrome;  par  M.  A. 
Recoura i46o 

—  Sur  la  vitesse  d'absorption  de  l'acide 

carbonique  par  les  solutions  alca- 
lines ;  par  M.  Paul  Riou i463 

—  Sur  l'adsorption  du  fer  par  les  préci- 

pités  de   bioxyde   de   manganèse; 

par  M.  Max  Geloso 1629 

—  Voir  Minéralogie. 

Chimie  organique.  —  Synthèse  de 
l'acide  cyanhydrique  par  oxyda- 
tion, en  milieu  argentico-ammo- 
niacal,  d'alcools,  de  phénols  et 
d'aminés  ;  par  MM.  R.  Fosse  et 
A.  Hieulle 39 

—  Composé  organométallique  mixte  de 

l'aluminium;  par  M.  Faillebin  ....        112 

—  Détermination  des  acides  gras  par  la 

formation  de  leurs  complexes  à 
base  d'uranyle  et  de  sodium;  par 
MM.  J.  Barlot  et  M^e  M.-T. 
Brenet ii4 

—  Sur   la   sulfobenzide;    par    M.    Eug. 

Grandmougin 168 

—  Action    du    sulfite    de    soude    sur   le 

nitrobcnzène  ;  par  MM.  Seyewetz 
et  Vignat 

—  Sur    quelques    nouveaux   dérivés   de 

la  sulfobenzide  ;  par  M.  Eug.  Grand- 
mougin  

—-  Sur  la  composition  de  l'esseiicc   de 


17 
Paj 


296 


393 


térébenthine  d'Alcp;  par  M.  Geor- 
ges Dupont 

—  Sur  l'oxyde  du  cyclohexène  et  l'ortho- 

méthylcyclohexanol  ;  par  MM.  Mar- 
cel Godchot  et  Pierre  Bedos 

—  Composé  organométallique  mixte  de 

l'aluminium;  par  M.  V.  Thomas.  . 

—  Nouvelle  préparation  d'aminés  cyclo- 

forméniques  ;     par     M.     Alphonse 

Mailhc 

— •  Préparation  catalytique  des  cyclo- 
hexanetriols;  par  MM.  J.-B.  Se«- 
derens  et  J.  A  boulenc 

—  Sur  quelques  dérivés  de  la  subérone; 

par  MM.  Marcel  Godchot  et  Pierre 
Brun 

—  Sur    les     isatines    halogénées  ;     par 

M.  Eugène  Grandmougin 

—  Sur  la  réduction  du  benzoate  d'éthylc 

et  de  quelques  autres  composés 
benzéniques  par  le  sodium  et  l'al- 
cool absolu;  par  M.  Hervé  de  Pom- 
mereau 

—  Hydrogénation     formique     des     sels 

quaternaires  d'hexaméthylèncté- 
tramine;  par  MM.  Marcel  Somme- 
let  et  Jean  Guioth 

—  Sur  les  acides  a-alcoyllévuliques;  par 

MM.  H.  Gault  et  T.  Salomon 

—  Sur   les    leucoindigos    acylés    et    al- 

coylés;  par  M.  E.  Grandmougin  .  .  . 

—  Nouveaux  caractères  distinctifs  des 

trois  propanol-2-camphocarbono- 
lides  fondant  respectivement  à 
i^i»,  ii^o-liSo  et  890-900;  par 
M.  A.  Haller  et  M^^  Ramart- 
Lucas 

—  Sur  la  décomposition  catalytique  de 

l'acide   oléique;   par   M.    Alphonse 

Mailhe :  .  .  .  . 

Aptitude   de   l'aldhéyde   formique   à 

former  l'acide  cyanhydrique  par 
oxydation,  en  milieu  argentico- 
ammoniacal;  par  MM.  R.  Fosse 
et  A.  Hieulle 

—  Sur   la   polymérisation    de    la    lévo- 

glucosane;  par  MM.  Amé  Pictet 
et  J.-H.  Ross 

—  Action  du  chlorure  de  thionyle  sur 
les  acides-alcools  a;  par  M.  E.-E. 
Biaise  et  M^^  Montagne 

—  Sur  les  quindolines;  par  M.  E. 
Grandmougin 

—  Péshydratation  du  méthyl-a-phényl- 


57 
;es. 

39' 

461 
464 

40') 

GiG 

618 
620 


685 

687 
754 
-58 


8-3 


iii3 


II -3 


1758 


TABLE    DES    MATIERES. 


Pages. 
2-propanol-i    et  du   dimélhyl-2.2- 
phényI-3-propanol-i  ;    par    M.    A. 
^  Haller  et  M^e  Ramart 121 1 

—  Ethers    homocamphoriqucs    neutres 

et  leurs  produits  de  réduction;  par 

M.  Palfray I235 

—  Etude   de  deux  propiophénones   aa. 

[îp-substituées  et  de  leurs  produits 
de  dédoublement  par  l'amidure 
de  sodium;  par  M™^  Ramart  et 
M.  G.  Albesco 1 289 

—  Sur   l'auto-oxydation   des    composés 

sulfurés  organiques  ;  par  M.  Marcel 
Delépine 1291 

—  Etude  de  quelques  cyanures  de  ben- 

zylc  dialcoylés  ainsi  que  des  al- 
cools, amides,  aminés  et  acides 
correspondants  ;  par  M.  Joseph 
Blondeau 1^24 

—  Sur  l'action  de  l'acétylène  sur  les  cé- 

tones  sodées  et  la  préparation 
des  dialcoylétlîinylcarbinols;  par 
MM.  R.  Locquin  et  Sung  Wouseng.      1427 

—  Sur    la    furfural-a-méthylcyclohexa- 

none  et  quelques-uns  de  ses  dé- 
rivés et  sur  les  mono-  et  difurfural- 
cyclohexanones;  parM^ie  A.  TT  C///.1469 

—  Sur  la  préparation  des  dialcoylvinyl- 

carbinols;  par  MM.  R.  Locquin  et 
Sung  Wouseng i  55 1 

—  Action  du  chlorure   do  thionyle  sur 

les  acides-alcools 'a;  par  M.  E.-E. 
Biaise  et  M"©  Montagne 1 553 

—  Sur   la   chlorhydrine   de    l'oxyde   de 

mésityle  et  sa  transformation  en 
chlorhydrine  de  la  tétraméthyl- 
glycérine;  par  MM.  Pastureau  et 
Henri  Bernard i  555 

—  L'action  des   alcools  sur  l'a-bromo- 

benzalacétophénonc;  par  MM.  Ch. 
Dufraisse  et  P.  Gérald i63i 

—  Sur    l'oxydation    par    les    mélanges 

d'acide  sulfurique  et  de  chro- 
mâtes; par  M.  L.-J.  Simon r;o6 

—  Sur    l'action    du    chlorobromure    de 

triméthylène  sur  quelques  cétones 
de  la  série  grasse;  par  M^e  Hélène 
Billon j  ~o8 

—  Sur    la    transformation    des    alcools 

éthyléniques    tertiaires    (genre    li- 
nalol  )      en     alcools     éthyléniques 
primaires     (genre     géraniol)  ;     \^av 
MM.  R.  Locf/uin  et  Sung  W^iuseng.      171 1 
Çhjmie    physiologique,    —    Le  venin 


Pages. 
des     fourmis,     en     particulier     de 
l'acide    formique;    par    M.    Robert 
Stuniper 66 

—  Nouvelles  observations  sur  le  venin 

des  fourmis;  par  M.  Robert  Stum- 
per..: 4x3 

—  Sur  l'équilibre  superficiel  du  sérum 

et  de  quelques  solutions  colloï- 
dales ;  par  M.  P.  Leconite  du  Noûy.       962 

—  Sur  l'équilibre  superficiel  du  sérum 

et  de  certaines  solutions  colloï- 
dales; par  M.  P.  Lecomte  du  Noûy.      I258 

—  L'acide  cyanique  existe-t-il  dans  le 

sang?  par  MM.   Maurice  Nicloux 

et  Georges  Welter i  733 

Chimie    physique.    —    Le    recuit    des 

verres  ;  par  M.  Tafpn 36 

—  Dilatabilité  du  chrome  et  des  alliages 

nickel-chrome  dans  un  intervalle 
étendu  de  températures  ;  par  M.  P. 
Chevenard 1 09 

—  Sur  le  recuit  et  les    propriétés  méca- 

niques du  verre;  par  M.  Tafpn  ....        i  59 

—  Sur  la  vitesse  d'extension  de  couches 

minces  d'huiles  à  la  surface  d'une 
nappe  d'eau;  par  M.  Paul  Woog.  .        162 

—  Sur  la  loi  d'action   de   la  sucrase    : 

vitesse  d'hydrolyse  et  réaction  du 
milieu;  par  M.  H.  Colin  et  M^^e  A. 
Chaudun.. 218 

—  Influence  de  la  température  sur  la 

vitesse  d'interpénétration  des  so- 
lides; par  MM.  H.  Weiss  et  P. 
Henry 292 

—  Sur  deux  nouveaux  molybdo-malates 

d'ammonium;  par  M.  E.  Darmois.       294 

—  Relations  entre  les  différents  oxydes 

d'uranium;  par  MM.  Pierre  Joli- 
bois  et  Robert  Bossuet. 386 

—  Sur   la    transformation   de   l'ammo- 

niaque en  urée;  par  MM.  C.  Ma- 
tignon et  M.  Fré Jacques 455 

—  Errata  relatifs  à  cette    communica- 

tion       1 747; 

—  Recherche    magnétochimique    des 

constitutions  en  chimie  minérale. 
Les  acides  du  phosphore;  par 
M.  Paul  Pascal 457 

—  Utilisation  de  la  force  thermo-élec- 

tromotrice de  contact  pour  iden- 
tifier quelques  aciers;  par  M.  Gali- 
bourg 547 

—  Action  des   rayons   rouges   et  infra- 

rouges  sur   les   sulfures   phospho- 


TABLE    DES 

Pages, 
rcsconts;  par  M.  Maurice  Curie.  .  .        V'io 

Solubilité  des  acides  toluiques  iso- 
mères dans  les  trois  xylènes;  par 
M.  Chapas 610 

Contribution  à  l'élude  de  la  trempe; 

par  M.  A.  Poucholle 611 

Etude  électrométrique  de  l'hydro- 
lyse, sous  l'action  de  la  baryte,  de 
quelques  complexes  aminés  du  co- 
balt; par  M.  Pau/ Jo& 6i3 

Sur  l'élimination  de  la  cbaleur  de 
réaction  dans  la  synthèse  de  l'am- 
moniaque par  les  hyperpressions  ; 
par  M.  Georges  Claude 681 

Spectre  d'absorption  de  la  vapeur  de 
benzène  et  grandeurs  fondamen- 
tales de  la  molécule  de  benzène  : 
par  M.  Victor  Henri 809 

Spectre  d'absorption  ultraviolet  du 
phénol  dans  différents  solvants; 
par  M.  F.-W.  Klingstedt 812 

Sur  une  méthode  optique  pour  la 
détermination  de  la  solubilité  réci- 
proque de  liquides  peu  miscibles; 
par  M.  C.  Chéneveau 81  5 

Etude  cinétique  des  solutions  alca- 
lines d'iode;  par  M.  O.  Liévin 868 

Sur  l'hydrolyse  des  sels  roséocobal- 

tiques;  par  M.  P.  Job. g^S 

Sur  la  préparation  du  chlorure  d'am- 
monium; par  M.  P.  Mondain  Mon- 
tai       1014 

Sur  la  vitesse  d'absorption  de  l'acide 
carbonique  par  les  solutions  alca- 
lines; par  M.  Paul  Biou .  .      1017 

Sur  une  application  de  la  méthode 
optique  de  déterniination  de  la  so- 
lubilité d'un  liquide  dans  un  autre; 
par  M.  C.  Chéneveau 1019 

Action  des  acides  sur  le  molybdo- 
malate  d'ammonium;  par  M.  E. 
Darmois 1062 

Sur  l'étude  de  la  pénétration  de  la 
trempe  dans  l'acier;  par  MM.  Geor- 
ges Charpy  et  Louis  Grenel 1278 

Sur    la    réduction    des    oxydes    par 

l'hydrogène;  par  M.  E.  Berger.  ...      i34i 

Sur   l'allotropie    «    dynamique    »    du 

tellure;  par  M.  .4.  Damiens i344 

Sur  les  séries  L  du  lutécium  et  de 
l'ytterbium  et  sur  l'identification 
d'un  celtium  avec  l'élément  de 
nombre  atomique  72;  par  M.  A. 
Dauvillier 1 34; 


MATIÈRES.  1759 

Pages. 

—  Les  numéros  atomiques  du  néo-ytter- 

bium,  du  lutécium  et  du  celtium; 

par  M.  G.  Urbain i349 

—  Floculation  du  sulfure  d'arsenic  col- 

loïdal. Influence  de  la  concentra- 
tion du  colloïde,  de  l'agitation  et 
de  la  température;  par  MAL  A. 
Boutaric  et  M.  Vuillauine i35i 

—  Essais    de    fabrication    synthétique 

des  nacres  par  production  de  ré- 
seaux chimiques  ;  par  MM.  Clé- 
ment et  Bivière 1 3  ")3 

—  Influence  du  facteur  temps  sur  l'in- 

terpénétration des  solides  par 
réaction  chimique;  par  MM.  II. 
Weiss  et  P.  Henry 1 4 ■*' 

—  Sur  la  préparation  de  l'azotate  d'am- 

moniaque; par  M'i^  Wurmser.  ...      i  /jôG 

—  Sur    la    représentation    géométrique 

des  équilibres  salins;  par  M.  Henry 

Le  Chatelier l 'ioi 

—  Sur     la     cristallisation     du     tellure 

amorphe;  par  M.  .4.  Damiens i  348 

—  Recherche    maguétochimique    des 

constitutions  en  chimie  minérale. 
Les  acides  de  l'arsenic  ;  par  M.  Paul 
Pascal 1698 

—  Sur  la  dissociation  du  chloroplatinate 

de  baryum;  par  M.  G.  Gire i  700 

— -  Voir    Électrochimie,    Mécanique    chi- 
mique. Photochimie,  Physique    in- 
dustrielle, Badioacti^'ité. 
Chimie  synthétique.  —  Voir  Physique 

industrielle. 
Chimie   végétale.   —  Sur  la   présence 
d'un  glucoside  à  essence  dans  les 
tiges  foliées  et  les  racines  du  Sedum 
Telephium  L.  ;  par  M.  Marc  Bridel.       1 86 

—  A  propos  des  effloresccnces  du  Bho- 

dymenia  palmata;  présence  d'un 
xylauc  chez  les  Algues  floridées  ; 
par  MM.  C.  Sauvageau  et  G.  De- 
nigès 791 

—  Sur    la     conaposition     chimique     de 

l'Ergot  de  Diss  et  de  l'Ergot 
d'Avoine;  par  M.   Georges  Tanret.       827 

—  A  propos  du  «  réveil  de  la  terre  arable  » 

par  M.  A.  Petit io33 

—  Voir  Biologie  et  Physiologie  végétale. 

Chroîscmétrie.  —  Le  Département  de 
V Industrie  et  de  l'Agriculture  de  la 
Bépublique  et  Canton  de  J\euchatel 
informe  l'Académie  de  l'ouverture 


1760 


TABLE    DES    MATIERES. 


Pages, 
d'un  concours  de  réglage  de  chro- 
nomètres qui  aura  lieu  en  igiS  .  .  .  .         >i6 

—  Les   problèmes   mécaniques  des  res- 

sorts réglants;  par  M.  Jules  An- 
drade 722 

—  Les  problèmes  mécaniques  des  res- 

sorts réglants  ;  par  M.  Jules  An- 
drade 982 

—  Chronographe     électrique,      enregis- 

trant, en  chiffres,  le  temps  au  cen- 
tième de  seconde  ;  par  MM.  Henri 

Chrétien  et  Paul  Ditisheim 999 

— -  Les  problèmes  mécaniques  des  res- 
sorts réglants;  par  M.  Jules  An- 
drade Ii44 

—  Erratum  relatif  à  cette  communica- 

tion        1 383 

—  Trois  classes  de  vibrations  isochrones 

non  entretenues  et  trois  types  de 
machines  horaires  fixes.  Instru- 
ments nouveaux  pour  l'étude  ex- 
périmentale des  viscosités;  par 
M.  Jules  Andrade i5i9 

Cinématique.  —  Sur  une  machine  auto- 
matique à  multiplier;  par  M.  Au- 
gustin Séguin 1 1 54 

CiNÉMATOGRAPHiE.  —  Appareil  pour  la 
dissociation  rapide  des  images  dans 
la  cinématographie  par  étincelle 
électrique;  par  M.  L.  Bull loSg 

Collège  de  France.  —  M.  le  Minisire 
de  l'Instruction  publique  invite 
l'Académie  à  lui  présenter  une 
liste  de  deux  candidats  à  la  chaire 
d'histoire  naturelle  des  corps  or- 
ganisés vacante  au  Collège  de 
France 588 

—  Sont  présentés  pour  la  chaire  d'his- 

toire naturelle  des  corps  organisés  : 
1°  M.  André  Mayer ;  2°  M.  Mau- 
rice Doyon 796 

Comètes.  —  Observations  de  la  comète 
Skjellerup  (1922  a),  faites  à  l'équa- 
torial  coudé  de  l'Observatoire  de 
Besançon  ;  par  M.  P.  Chofardet ....      1 332 

—  Observation  de  la  comète  Skjellerup 

1922  6),  faite  à  1  équatorial  coudé 
de  l'Observatoire  de  Nice;  par 
M.  A.  Schaumasse i333 

—  Observations  de  la  comète  Skjellerup, 

faites  à  l'équatorial  coudé  de  l'Ob- 
servatoire de  Lyon;  par  M.  J. 
Guillaume i4o7 

—  Qbgervation    de    la    comète    1922  b 


Pages. 
(Skjellerup),     faite     à     l'Observa- 
toire de  Marseille  (équatorial  d'Ei- 
chens     0^,26     d'ouverture)  ;     par 
Mlle  o.  Jasse. 1 408 

—  Observations    de    la    comète    1922  a 

(Skjellerup)  faites  à  l'équatorial 
de  49*^'"  de  l'Observatoire  de  Stras- 
bourg; par  M.  A.  Danjon i.'iSô 

Commissions  académiques.  —  MM.  E. 
Picard,  P.  Appell,  H.  Le  Chatelier. 
Ch.  Moureu;  A.  de  Gramont,  le 
Maréchal  Foch,  sont  élus  membres 
de  la  Commission  chargée  de  pré- 
senter une  liste  de  candidats  à  la 
succession  de  M.  J.  Carpentier, 
décédé , 142 

—  Commissions  des  prix 649 

Commissions  ministérielles.  —  M.  le 

Ministre  de  l'agriculture  invite 
l'Académie  à  désigner  six  de  ses 
Membres  qui  feront  partie  du 
Conseil  d'administration  de  l'Ins- 
titut des  recherches  agronomiques.  22 

—  MM.  E.  Roux,  Th.  Schlœsing,  L.  Ma- 

quenne,  E.  Leclainche,  P.  Viala, 
L.  Lindet,  membres  de  la  section 
d'économie    rurale,    sont   désignés  89 

—  M.  le  Ministre  du  travail  invite  l'Aca- 

démie à  lui  désigner  un  de  ses 
Membres  qui  occupera,  dans  la 
Commission  supérieure  des  mala- 
dies professionnelles,  la  place  va- 
cante par  l'expiration  des  pouvoirs 
de  M.  Widal,  rééligible* 85o 

—  M.  E.  Widal  est  désigné 917 

—  M.   le   Ministre  de  l'Instruction  pu- 

blique invite  l'Académie  à  lui 
désigner  huit  de  ses  membres  pour 
occuper  les  places  prochainement 
vacantes  dans  la  Commission  tech- 
nique de  la  Caisse  des  recherches 

scientifiques 1678 

Conférence  générale  des  Poids  et 
Mesures.  —  M.  Emile  Picard 
dépose  sur  le  bureau  les  «  Comptes 
rendus  des  séances  de  la  sixième 
Conférence  générale  des  Poids  et 
Mesures  » 81 

—  M.  Ch.-Ed.  Guillaume  fait  hommage 

à  l'Académie  d'une  brochure  inti- 
tulée :  «  Les  récents  progrès  du 
système  métrique  ». 88 

—  M.  P.  Appell  fait  hommage  à  l'Aca- 

démie d'une  brochure  intitulée  ; 


TABLE    DES 

Pages. 
«   Comité  inlornalional   des   Poids 
et    Mesures.     Procès-verbaux    des 
séances.  Session  de  192 1  » 88 

Congrès  géologique  international. 
—  MM.  A.  Lacroix,  Ch.  Barrais, 
P.  Termier,  Ém.  Haug  sont  délé- 
gués au  XIII^  Congrès  géologique 
international  qui  se  tiendra  à 
Bruxelles  au  mois  d'août  jgî'.i ....      1446 

Conseil  international  des  recher- 
ches. —  M.  A.  Schuster  adresse  le 
programme  des  travaux  de  la 
deuxième  assemblée  générale  qui 
se  tiendra  à  Bruxelles,  du  25  au 
29  juillet  1922 8  jo 

Cosmogonie.  • —  Sur  une  nouvelle  théorie 
de  la  formation  des  nébuleuses  spi- 
rales et  du  système  solaire;  par 
M.  Th.  Moreux "jgS 

—  Sur  le  rôle  des  milieux  nébuleux  dans 

la  dynamique  des  systèmes  stellaire 

et  planétaire;  par  M.  E.  Belot ioJ6 

—  Voir  Gravitation  einsteinienne,  Rela- 

tivité. 
Cristallographie.  —  Sur  lés  cristaux 
liquides  de  phosphate  de  calcium; 
par    M.     P.     Gauhert... mi 

—  Sur  les  liquides  à  plans  équidistants 

de  Grandjean;  par  MM.  G.  Friedel 

et  L.  Roïjer i  ">  1 3 

—  Sur  les  liquides  à  plans  équidistants 

de  Grandjean;  par  MM.  G.  Friedel 

et  L.  Royer 1 60; 

—  Voir  Minéralogie. 
Cryptogamie.  —  Sur  le  parasitisme  de 

Sphacelaria  bipinnata  Sauvagcau; 

par  M.  E.  Chemin 244 


MATIÈRES.  1^61 

Pages. 

—  y  OIT  Biologievégétale,  Botanique, Cyto- 

logie végétale.  Physiologie  végétale. 
Cytologie.   —  Sur   le   polymorphisme 
et   la   maturation   des   spores    des 
Syndinides    (Péridiniens)  ;   par 
M.  Edouard  Chalton 1 26 

—  Influence   de   la  pression  osmotique 

sur  la  division  cellulaire;  par  M.  J. 
Dragoiu I99 

—  Sur  des  phénomènes  de  condensation 

de  corps  gras  à  la  surface  des  mito- 
chondries  ;  par  M.  R.  Noël 372 

—  Sur  la  conjugaison  parallèle  des  chro- 

mosomes et  le  mécanisme  de  la 
réduction  chromatique  ;  par  M.  P. 
Bouin 968 

—  Sur  la  présence  intra-nucléolaire  du 

centrosome;  par  M.  R.  Argaud.  .  .      1078 

—  Voir  Biologie. 

Cytologie  animale.  —  La  régulation 
du  nombre  des  chromosomes  chez 
les  emhryoris  parthénogénétiques 
de  Grenouille  rousse.  Son  méca- 
nisme ;  par  M.  R.  Hovasse 72 

Cytologie  végétale.  —  Sur  l'origine 
des  vacuoles  aux  dépens  de  l'aleu- 
rone  pendant  la  germination  des 
Graminées  ;  par  M.  PierreDangeard.        3ig 

—  L'origine  du  centrosome  et  la  forma- 

tion du  fuseau  chez  Stypocaulon 
scoparium  (L.)  Kutz;  par  M.  Pierre 
Georgévitch 693 

—  Recherches  sur  la  structure  de  la  cel- 

lule dans  les  Iris;  par  M.  P.-^. 
Dangeard i653 

—  Voir  Biologie  végétale 


D 


Décès  de  membres  et  de  correspon- 
dants. —  De  M.  Ciamician,  associé 
étranger i  J  J 

—  De  M.  Camille  Jordan,  membre  de  la 

section  de  géométrie 209 

—  De  M.   Max  Nœther,  correspondant 

pour  la  section  de  géométrie 649 

—  De   M.    Louis   Ranvier,   membre   de 

la  section  d'anatomie  et  zoologie .  .        83  :> 

—  De  M.   Ph.-A.    Guye,  correspondant 

pour  la  section  de  chimie ^97 


De  M.  René  Benoit,  correspondant 
de  l'Académie  pour  la  section  de 
physique  générale,  et  de  Sir  Pa- 
trick Manson,  correspondant  pour 
la  section  de  médecine  et  chirurgie.      1209 

De  M.  Laveran,  inenibre  de  la  section 

de  médecine  et  chirurgie 1009 

De  M.  Erneal  Solvay,  correspondant 

pour  la  section  de  chimie i385 

Voir  Nécrologie. 


I  -62 


TABLE    DES    MATIERES. 


E 


Pages. 

Eclairage.  —  Sur  une  lampe  à  l'ormol  ; 

par  M.  E.  Berger 1471 

Éclipses.  —  Sur  ies  observations  de 
l'éclipse  partielle  de  Soleil  du  i^'' oc- 
tobre 1921,  faites  à  Buenos-Ayres 
(République  Argentine)  ;  par  M.  J. 
Ubach ^ 804 

—  Observations    de    l'éclipse    parlielle 

de  Soleil  du  28  mars  1922  faites 
à  l'Observatoire  de  Lyon  (Saiiit- 
Genis-Laval)  ;  par  M.  Jean  Mas- 
cart «Jj') 

—  Observation  de  l'éclipse  de  Soleil  du 

28  mars  1922,  à  l'Observatoire  de 
Strasbourg;  par  M.  Ernest  Esclan- 
gon 9J6 

—  Observations    de    l'éclipse    de    Soleil 

dû  28  mars  1922;  par  M.  Th.  Mo- 

reux 936 

—  Éclipse  de  Soleil  du  28  mars   1922, 

observée  à  l'Observatoire  de  Ksara 
(Syrie)  ;  par  MM.  Berloty  et  Com- 
bler       1 004 

—  Observation    de    l'éclipse    annulaire 

du  Soleil  du  27-28  mars  1922,  faite 
à  l'Observatoire  astronomique  de 
Valence  (Espagne);  par  M.  /.  Ta- 

razona ioo4 

Ecole  polytechnique.  ■ —  M.  le  Mi- 
nistre de  la  Guerre  invite  l'Aca- 
dénaie  à  lui  désigner  un  de  ses 
membres  qui  fera  partie  du  Conseil 
de  perfectionnement,  en  rempla-' 
cernent  de  M.  C.  Jordan,  décédé.  .  .        43 1 

—  M   H.  Denlandres  est  élu ;")i6 

Économie  industrielle.  —  Sur  le  sa- 
laire parabolique;  par  M.  Lalle- 
niand 845 

— •  Errata  relatifs  à  cette  communica- 
tion  '. ■ 975 

Élasticité.  — ■  Sur  la  déformation  élas- 
tique d'un  corps  isotroj^e;  par 
M.  Sudria i534 

Élections  de  membres  et  de  corres- 
pondants.—  M.  Maurice d'Ocagne 
est  élu  académicien  libre 270 

—  M.  Gustave  Ferrie  est  élu  membre  de 

la  section  de  géographie  et  naviga- 
tion         367 

—  M.  E.-I.  Fredhulin  est  élu  correspon- 


Pages. 
dant  de  l'Académie  pour  la  section 
de  géométrie 587 

—  M.  Henri  Jumelle  est  élu  correspon- 

dant de  l'Académie  pour  la  section- 

de  bolaniiiue 588 

—  M.  René  Baire  est  élu  correspondant 

pour  la  section  de  géométrie 917 

—  M.  Charles  Gras'ier  est  élu  membre  de 

la  section  d'anatomie  et  zoologie.      161 1 

—  M.  Amé  Pictet  est  élu  correspondant 

pour  la  section  de  chimie 1677 

Electricité.  —  Sur  la  mesure  des  iso- 
lements jjar  la  méthode  dite  d'accu- 
mulation; par  M.  H.  Chaumat.  .  .  .        286 

—  Erratum  relatif  à  cette   communica- 

lion 426 

—  Mesure   de   la   eonslante,  diélectrique 

des  gaz  et  des  vapeurs  au  moyen 
des  circuits  à  ondes  entretenues  ; 
par  M.  Bedeau 080 

—  Sur  l'extension  de  la  loi  de  Paschen 

aux  fluides  polarisés;  par  M.  C.-E. 

Guye 445 

—  Sur  les  tensions  et  pressions  de  Max- 

well dans  les  aimants  et  les  dié- 
lectriques; par  M.  G.  Gouy 5io 

— •  Sur  l'entretien  simultané  d'un  circuit 
oscillant  et  de  circuits  harmoniques 
par  M.  C.  Gutton 941 

—  Étude   expérimentale  sur  les  pertes 

d'énergie  dans  quelques  diélec- 
triques industriels;  par  M.  Au- 
gustin Frigon i338 

—  Sur  les   diagranames    circulaires   des 

systèmes  triphasés  déséquilibrés  et 
la  délinition  de  leur  degré  de  désé- 
quilibrage.;  par  M.  Louis- G.  Stok- 
vis 14 18 

—  Sur  la  polarité   de   l'arc   électrique; 

par  MM.  L.  Dunoyer  et  P.  Toulon  .      1 61 5 

—  Sur  un  nouvel  électromètre  à  index 

rigide  destiné  à  la  mesure  des  ra- 
diations; par  M.  B.  Szilard 1G18 

— ■  Sur  une  propriété  curieuse  d'un  mon- 
tage spécial  des  machines  élec- 
triques excitées  en  série  ;  par  M.  F. 
Guéry 1 620 

—  Voir  Magnétisme,  Mesures  électriques, 

Physique  du  Globe,  Télégraphie, 
Téléplionie,    Theiino-électriciié. 


TABLE    DES    MATIÈRES. 


378 
/i4i 

1 170 


Pages 
Électro-optique.  —  Sur  la  série  L  du 
spectre  des  rayons  X;  par  M.  D. 
Coster 

—  Sur  les  lignes   K  a  dos  élénuails  lé- 

gers ;  par  M.  V.  Dolejsek 

—  Sur  la  complexité  de  la  série  K  des 

éléments  légers  et  son  interpréta- 
tion théorique;  par  M.  A.  Dau- 
villier 

—  Sur  le  degré  d'exaelilude  de   la   loi 

de  Bragg  pour  ks  rayons  X  ;  par 
M.  Manne  Siegbahn 

—  Sur    un    effet    électro-    el    magnéto- 

optique  des  liquides  qui  tiennent 
des  poudres  métalliques  en  sus- 
pension ;  par  M.  St.  Procopiu 

—  Sur   la  mesure   précise   des   niveaux 

d'énergie  de  l'atome  de  baryum 
et  sur  l'apparition  du  spectre  L 
d'ionisation;  par  M.  A.  Dauvillier. 

—  Sur  un  nouveau  phénomène  d'absorp- 

tion observé  dans  le  domaine  des 
rayons  X;  par  MM.  M.  de  Bioglie 
et  A.  Dauvillier 1^46 

—  Voir  Specirocopie. 
Embryogénie.    —    La    dipyrénie    des 

spermies  dans  certaines  doubles 
spermatogénèses  est  obtenue  par 
une  mitose  hétérotypique  qui  se 
produit  au  cours  du  dévrloppe- 
ment;  par  M.  P.  Boiiin i  'J71 

—  Voir   Biologie   et   Physiologie. 

Embryogénie  végétale.  • —  Embryogé- 
nie des  Rosacées.  Les  premiers 
stades  du  développement  de  l'em- 
bryon chez  le  Geum  urbanum  L.  ; 

par  M.  René  Souèges 1070 

—  Embryogénie  des  Rosacées.  Les  der- 

niers stades  du  développement  de 
l'embryon  chez  le  Geum  urba- 
num L.  ;    par  M.   René   Souèges .  . 

—  Voir  Biologie  et  Physiologie  végétale. 
Entomologie.  —  Quelques   vues  nou- 


I  763 
Pages. 


119: 


velles  sur  la  Systématique  des 
Melanargia  (Lépidoptères  :  Saty- 
ridx);  par  MM.  Ch.  Oberthur  et 
C.   Houlbert 

—  La  variation  des  pièces  copulatrices 

chez  les  Coléoptères;  par  M.  René 
Jeannel 

—  La  dispersion  géographique  des  Sil- 

phidœ  Catopinx  pendant  le  Ter- 
tiaire; par  M.  René  .Jeannel 

--  L'histogenèse  des  muscles  du  vol  chez 
la  Ranàtre,  la  Xèpe  et  les  Nauco- 
rises;  par  M.  Raymond  Poisson.  .  . 

—  Sommeil  d'hiver  cédant  à  l'hiver  chez 

les  larves  et  nymphes  de  Mus- 
cides;  par  M.  E.  Roubaud 

—  La    métamorphose    des    femelles    el 

l'hypermétamorphose  des  mâles 
chez  les  Coccides  du  groupe  des 
Margarodes  ;  par  M.  Paul  Mar- 
chai  

—  Relations  entre  le  sang  et  la  colora- 

lion  du  cocon  chez  le  Bombyx 
mori;  par  MM.  Clément  Vaney  et 
.Jean  Pelasse 

—  Étude    mathématique     de     l'action 

des  parasites  entomophages.  Durée 
du  cycle  parasitaire  et  accroisse- 
ment de  la  proportion  d'hôtes  para- 
sités; par  M.  W.-R.  Thompson 

—  Origine  de  la  coloration  naturelle  de 

la  soie  chez  le  Bombyx  mori;  par 
MM.  Clément  Vaney  et  Jean  Pelasse 

—  Voir  Biologie,  Zoologie. 
Épidémiologie.     —     La     Musaraigne, 

Crocidura  Stampflii,  et  la  peste 
au  Sénégal;  par  MM.  Marcel  Léger 
et  A.  Baury /  •"• 

—  \o\v  Médecine  expérimentale,    Para- 

sitologie. 
Errata.  —  i3i,  336,  426,  5o4,  584,  716, 
783,  896,  975,   1087,   ii36,   1208, 
i3o8,  i383,  1747. 


190 
324 
569 
770 

964 

1091 
1072 

1433 
i566 

423 


Fondation  Loutreuil.  ■ —  M.  Jules 
Garçon  adresse  un  rapport  sur 
l'emploi  de  la  subvention  qui  lui 
a  été  accordée  en  1916  sur  la  Fon- 
dation Loutreuil -^  '  ^ 


M.  B.  Berloty  adresse  des  rapports 
relatifs  aux  subventions  accordées 
à  l'Observatoire  de  Ksara  en  1919 
et  192 1 • 

M.  le  Directeur  de  l'École  supérieure 


■it'>T 


1764 


TABLE    DES 

Pages. 


d' Aéronautique  et  de  Construction 
mécanique  adresse  un  rapport  re- 
latif à  l'emploi  qui  a  été  d'une  fait 
subvention  accordée  sur  la  Fonda- 
tion Loutreuil  en  1921 

—  M.  D.  Berthelot  est  élu  membre  du 
Conseil  de  la  fondation  en  rempla- 
cement de  M.  C.  Jordan,  décédé .  . 

Fonds  Bonaparte.  —  M.  Raoul  Bayeux 


588 


MATIERES. 

adresse  un  rapport  sur  l'emploi 
qu'il  a  fait  de  la  siibvention  accor- 
dée en  19 16  sur  le  Fonds  Bonaparte 
—  M.  Edmond  Bauer  et  M.  G.-A.  Hem- 
salech  adressent  des  rapports  re- 
latifs à  l'emploi  qu'ils  ont  fait  des 
subventions  qui  leur  ont  été  accor- 
dées  


Pages. 


89 


Goi 


G72 


Géodésie.  —  Sur  une  lunette  coudée 
destinée  à  l'application  de  la  mé- 
thode des  hauteurs  égales  ;  par 
M.  A.  de  La  Baume-Pluvinel 'J3: 

—  Sur  les  différences  d'altitude  des  sta- 

tions de  l'arc  méridien  de  l'équa- 
tcur;  par  M.    Georges  Perrier .  .  .  .        53f 

—  Compensation  des  différences  d'alti- 

tude d'une  chaîne  de  triangles  de 
premier  ordre.  Application  à  la 
triangulation  de  l'arc  méridien  de 
l'équateur;  par  M.  Georges  Per- 
rier   

—  Détermination  des  coefffcicnts  dans 

le  développenxent  en  polynômes  de 
Laplace    d'une    fonction   de    deux 

variables;  par  M.  G.  Prévost 

• —  Expériences  relatives  à  la  marche 
d'un  pendule  et  d'un  chrono- 
mètre, effectuées  à  Chamonix  et  à 
l'Observatoire  du  mont  Blanc,  du 
I®'  août  au  10  septembre  Hj'ii  ;  par 
M.  Jean  Lecarme 1  1 1  j 

—  Voir  Topographie. 
Géographie  physique.  —  Les  captures 

de  l'Oum  er  Rebia  et  l'hydrogra- 
phie générale  du  Moyen-Atlas  ma- 
rocain; par  M.  J.  Savornin 53 

—  Sur  le  massif  de  Poïana  Ruska  et  la 

corrélation  des  cycles  d'érosion  des 
Carpates  méridionales  ;  par  M.  Eni- 
maiiuel  de  Martonne io4 

—  Observations  sur  la  sculpture  du  re- 

lief par  les  glaces;  par  M.  André 
Allix a33 

—  Modifications    apportées    à   la  plage 

de  Sangatte  à  la  suite  des  tem- 
pêtes de  décembre  1921  ;  par  M.  G. 
Dubois .i35 

—  L'érosion   rissicnne   dans   les   hautes 


vallées  de  la  Gère  et  du  Goul  (Can- 
tal) ;  par  M^^^  Yvonne  Boisse  de 
Black 473 

—  Observations    sur    la    sculpture    du 

relief  par  les  glaces;  par  M.  André 
Allix O89 

—  Le  Wûrmien  dans  les  hautes  vallées 

de   la   Cère   et   du   Goul    (Cantal); 

par  M^i^  Yvonne  Boisse  de  Black. .  .      J'247 

—  Le  système  glaciaire  du  Beerenberg 

de  Jan  Mayen;  par  M.  P.-L.  Mer- 
canton 1479 

—  Répartition  de  la  température  dans 

le  lac  du  Bourget;  par  M.  Ch. 
Gorceix 1718 

—  Voir  Géologie,  Hydrogéologie,  Hydro- 

logie. 
Géologie.  —  Sur  l'âge  des  phosphates 

marocains;  par  M.  Louis  Gentil.  .  .  l^i 

—  Le  contact  anormal  du  Flysch  nord- 

pyrénéen  au  nord  de  Saint-Jean- 
Pied-de-Port;  par  M.  Pierre  Vien- 

not 45 

~  L'Atlantis   et  la   Régression   quater- 
naire; par  M.  Ph.  Négris 4? 

—  Les  lignites   du   Cap-Bon   (Tunisie)  ; 

par  M.  A.  Allemand- Martin 49 

—  Sur  la  présence  de  calcaires  à  Alvéo- 

lines  d'âge  probablement  auver- 
sien  à  la  base  du  Nummulitique  du 
plateau  d'Arâehc  (Massif  de  Plati, 
Haute-Savoie)  ;  par  M.  Léon  Mo- 
ret 5o 

—  Sur  une  formation  rédonieiine  (Mio- 

cène supérieur)  ravinant  les  argiles 
éocèncs,  à  minerai  de  fer,,  au  sud 
de  Rennes  (Dle-et- Vilaine)  ;  par 
MM.  y.  Milon  et  L.  Dangeard 117 

—  Les  vestiges  du  Lutétien,  remaniés 

dans  le  Quaternaire  du  nord  de  la 


TABI.E    Di:S    MATIEIŒS. 


;6S 


Pages. 
France;  par  M.  Maurice  Lciiclte .  .         1  7'î 

Erratum  rdalif    à   ci-ttc  commiiiiica- 

tion î  JG 

LastrutUiro  du  Noid-Anuamaii  nord 
dr  Tlianli  lloa:  par  M.  Charles 
■  Jacoh 1  ;(") 

Sur  l'àfïc  des  dépôls  de  pliosplialL- 
de  chaux  du  Sud  marocain,  algérien 
et  Tunisien;  par  M.  L.  Joleaiid .  ...         i  ;8 

Sur  l'existence  du  Crétacé  supérieur 
dans  la  fosse  centrale  de  la  Manche 
d'après  les  dragages  du  D''Charcot; 
par  MM.  Paul  Lenioine  et  René 
Abrard '2i'i 

Sur  la  géologie  de  la  province  de 
Sam  Neua  (Haut  Laos  oriental); 
par  M.  Léou  Dussault., -r^A 

Les  massifs  autochtones  du  Nord- 
Est  du  Tonkiii;  par  M.  Heiié 
Bourrel 227 

Sur  la  structure  du  Trias  des  régions 
de  Meknès  à  ITnnaouen  (Maroc 
septentrional;)   par  M.   P.  Russo.        'i^t) 

La  structure  du  Nord-Annam  au  sud 
de  Thanh  Hoa  ;  par  M.  Charles  Ja- 
cob         -.'QV) 

Nouvelles  observations  sur  les  dislo- 
cations de  la  Montagne  de  la  Bas- 
tille, près  de  Grenoble  ;  par  MM.  F. 
Blanchet  et  E.  Chagny '\oi 

Sur  la  limite  orientale  du  massif 
granitique  de  Millevaches  ;  par 
M.  G.  Mouret 098 

L"  bassin  oligocène  effondré  Saint- 
Flour  (Cantal),  Malzieu  (Lozère). 
La  Truyère  miocène,  affluent  de 
l'Allier;  par  M.  Ph.  Glangeaud.  ...  ^01 
•  Phases  glaciaires  en  Grèce  ;  leur  rela- 
tion    avec     le     morcellement     de 

l'Ègéis ;  par  M.  Ph,  Négris !\o\ 

■  Les     nappes    dans    le    nord-est    du 

Tonkin;  par  M.  René  Bourref ioG 

-  Sur  la  géologie  du  Tonkin  occidental  : 

par  M.  Léon  DussauU 4 08 

-  La  structure  du  Tonkin  méridional; 

par  M.  Charles  Jacob '[~i 

-  Le  Nummulitique  au  sud  des  Pyré- 

nées ;  par  M.  H.  Douvillé wj 

-  Svir  le  prolongement  de   la  fracture 

d'Argcntat  (Corrèze)  dans  la  ré- 
gion du  Dorât  (Haute- Vienne  et 
Vienne)  ;  par  M.  G.  Mourel 553 

-  Le  Tarn  Dao  et  la  région  de  la  basse 

Rivière  Claire  (Tonkin)  ;  par  M.Léon 

C.  K.,  1922,  I"  Semestre.  (T.  174.) 


Pages. 

UussauU 555 

Sur  la  formation   du   (iouf  de   Cap- 
Breton;  par  M.  (h.  Gorceix 557 

-  Sur  la  géologie  des  environs  d'A 
Mi  Tcliéou  (Yunnan  oriental)  ;  par 
M.  Justin  Fromagel 5Go 

—  Sur  la  présence  du  Tortonien  à  Va- 

lence (Espagne)  ;  par  M.  Gignoux.        5G'2 

—  Sur  la  structure  du  Nord-.^nnam  et 

du  Tonkin;  par  M.  Charles  Jacob.        (ri'i 

—  Observations  stratigraphiques  et  tec- 

toniques à  la  frontière  nord-est  C\i 
Maroc;  par  M.  ./.  Savornin 627 

—  Les  roches  éruplives  de  la  série  inter- 

médiaire dans  le   iS'ord-Annam   et 

le  Tonkin;  par  M.  Charles  Jacob.        761 

—  (Quelques  coupes  sur  la  bordure  orien- 

tale   du    massif    du    Vercors  ;    par 

M.  Paul  Corbiit yG'j 

—  Sur    l'existence    de    j)iiénonièiies    de 

charriage  à  l'extrémité  orientale 
de  la  chaîne  Ibérique,  près  de 
Montalban  (province  de  Téruel, 
Espagne)  ;  par  M.  //.  Joly 820 

—  Observations  tectoniques  sur  les  ter- 

rains secondaires  de  la  bordure 
méridionale  des  Vosges  ;  par  M^^^  G. 

Cousin 9/19 

-  Contribution  à  l'étude  d\i  bassin 
tertiaire  du  sud  de  Ilenncs.  Décou- 
vertes de  lits  à  Poissons  et  à 
Plantes  dans  des  argiles  noires  au 
sommet  du  Chattien:  par  MM.  L. 
Dangeard  et  Y.  Milon 952 

—  Sur  l'allure  et  les  dislocations  de  la 

nappe  du  Cheiron  au  sud  du  haut 
Estéron,  jusqu'à  la  haute  vallée 
du  Loiip  (Alpes-Maritimt  s)  :  par 
M.  Anlonin  Lanquine 1024 

—  Sur  la  présence  d'écaillés  ou  de  lam- 

beaux de  charriage  dans  la  chaîne 
Celtibérique  (provinces  de  Sara- 
gosse,  Logrono  et  Soria,  Espagne)  ; 
par  M.  H.  Joly 1 185 

—  Sur    la    constitution    géologi(|ue    du 

territoire  des  Hauts  Plateaux  et  de 
Figuig  (Maroc  oriental);  p;,  ^l.  P. 
Russo 1188 

—  La  chronologie  du  (^Kiaternaire  et  les 

fouilles  de  Cotencher;  par  ^f.  H. 
Lagotala '. 1 1 90 

—  De   l'origine    fluviale   de    la   baie   du 

Lévrier;  par  M.  .1.  Gruvel 1242 

—  Sur   la    limite   du   Bathonien    et    du 

I  27 


I'j(j6  TABLE    DES 

Pages,. 
Bajocien  en  Lorraine;  par  M.  Paul 
Thiéry i243 

—  Sur  l'allure    tectonique   des   couches 

crétacées  et  tertiaires  aux  envi- 
rons de  Haro  (province  de  Logrono, 
Espagne)  ;  par  M.  H.  Joly i474 

—  Sur  les  stades  glaciaires  et  sur  un  val- 

lon enregistreur  des  stades  (Bédi- 
nat,  Chaîne  de  Belledonne)  :  par 
M.  P.  Lory 1 4  ;6 

- —  Essai  de  coordination  chronolo- 
gique générale  des  temps  quater- 
naires; par  M.  Charles  Depérel .  .  .  .      i  5o-2 

— ■  Essai  de  coordination  chronologique 
générale  des  temps  quaternaires  ; 
par  M.  Charles  Depérel 1 594 

—  Sur  les  roches  paléozoïques  draguées 

par  le  «  Pourquoi-Pas?»   en  1921  - 

dans  la   Manche   occidentale;   par 

MM.  F.  Kerforne  et  L.  Dangeard.  .      i  714 

—  Sur  la  découverte  du  Silurien  à  Grap- 

tolithes  et  du  Dévonicn  à  Tentacu- 
lites  aux  Beni-Afeur  (sud  de  Djid- 
jelli,  Algérie)  ;  par  M.  F.  Ehrmann.      1716 

— ■  Voir  Géographie  physique.  Géophy- 
sique, Hydrologie,  Lithologie,  Océa- 
nographie, Paléontologie. 

Géométrie.  —  Sur  les  réseaux  de  points; 

par  M.  G.  Tzitzéica i5o 

— -  Sur  les  surfaces  telles  que  les  axes 
des  cercles  osculateurs  à  une  fa- 
mille de  lignes  de  courbure  appar- 
tiennent à  un  complexe  linéaire; 
par  M.  R.  Jacques 281 

— •  Sur  une  généralisation  de  la  notion 
de  courbure  de  Riemann  et  les 
espaces  à  torsion;  par  M.  E.  Car- 
tan 593 

—  La  courbure  de  l'espace  ;  par  M.  J.  Le 

Roux '.  .        924 

—  Sur  la  géométrie  confornie  des  sys- 

tèmes de  cercles;  par  M.  E.   Ves- 

siot 989 

—  Quelques  propriétés  des  surfaces  ré- 

glées en  liaison  avec  la  théorie  du 
parallélisme  de  M.  Levi-Cività; 
par  M.  A.  Myller 997 

—  Sur  les  surfaces  cerclées;  par  M.  E. 

Vessiot 1 1  o  I 

— -  Sur  le  tracé  des  arcs  de  cercles  de 
grand  rayon;  par  M.  F. -H.  Mur- 

'■«.'/ • 1399 

—  Voir  Relativité. 

Géométrie  infinitésimale.  —  Surfaces 


MATIERES. 


Pages. 


et  variétés  de  translation  de  So- 
phus  Lie  ;  par  M.  Bertrand  Gam- 
bier 98 

—  Sur  les  réseaux  tînii;  par  M.   C.  Gui- 

chard 1 38 

—  Sur   les    réseaux    qui    sont   plusieurs 

fois  Ooo;  pai'  M.   C.  Guichard 362 

—  Correspondance     ponctuelle     entre 

deux  surfaces  avec  échange  des 
réseaux  conjugués  en  réseaux  or- 
thogonaux et  vice  versa;  par 
M.  Bertrand  Gambier 523 

—  Correspondances  ponctuelles  déduites 

de  l'étude  des  trois  formes  quadra- 
tiques fondamentales  de  deux  sur- 
faces; par  M.   Bertrand   Gambier.        661 

—  Sur  les  réseaux  qui  sont  harmoniques 

à  une  congruence  C.  L.  et  conju- 
guée à  une  autre  congruence  C.  L.  ; 
par  M.  C.  Guichard 718 

—  Surfaces  isothermiciues  à  représenta- 

tion    sphérique     isotherme;     par 

M.  Bertrand  Gambier 921 

—  Sur  les  correspondances  ponctuelles 

de  deux  surfaces  et  sur  une  classe 
de  surfaces  analogues  aux  surfaces 
isothermiques  ;  par  M.  Bertrand 
Gambier 1 1 10 

—  Généralisation     d'un     problème     de 

Sophus  Lie  dans  la  géométrie  des 
transformations  de  contact;  par 
M.  E.-O.  Lovelt ii5i 

—  Sur  les  lignes  asymptotiqucs  des  sur- 

faces.  Etude  d'un  cas  particulier; 

par  M.  C.  Guichard 1 2 1 5 

—  Surfaces     applicables     avec     égalité 

des    rayons    de    courbure    princi- 
'paux;  par  M.  Bertfand  Gambier.  .      161 3 

—  Voir  Analyse  mathématique. 

Géophysique.  —  Phénomènes  élec- 
triques produits  par  les  gisements 
métalliques;  par  MM.  C.  et  M. 
Schluniberger 477 

—  Eruptions  volcaniques   sous-marines 

profondes;  par  M.  J.  Thoulet 1068 

—  A   propos    du    dernier    tremblement 

de  terre  provençal;  par  M.  Adrien 
Guébhard 1027 

—  Voir  Magnétisme  terrestre.   Météoro- 

logie,   Océanographie.    Sismologie. 
Gr.witation  einsteinienne.  —  Champ 
isotrope.     Sphère     fluide     hétéro- 
gène; par  M.  Marcel  Brillouin  ....      i585 

—  Voir    Relativité. 


TABLE    DES    MATIIOUES. 


1767 


H 


P..ges. 

Histoire  des  Sciences.  —  M.  //.  .4/i- 
doyer  présente  à  l'Académie  un 
essai  sur  l'œuvre  scientifique  de 
Laplace '>i't 

Histologie.  —  Sur  le  tissu  lymphoïde 
de  l'intestin  moyen  des  Myxi- 
noïdes  et  sur  sa  signification  mor- 
phologique ;  par  M.  Jacques  Mfnvas.       88y 

—  Sur  les  fibres  perforantes  de  l'os  des 

Mammifères;  par  M.  E.  Gryiifeltl.        966 

—  Le  tissu  lymphoïde  de  la  valvule  spi- 

rale de  l'intestin  moyen  de  r.4//t- 
niocœles  brancliialis  et  sa  signifi- 
cation morphologique;  par  ^L  ./. 
Mawas 1 04 1 

—  Voir  Cytologie. 
Hydraulique.   —    Sur   les   surfaces   de 

discontinuité  ;    par    M.     G.    Cami- 


chel GG6 

livDHOUVNAMiQUE.  —  ()u(i<|uis  consi- 
dérations sur  la  forme  du  solide 
et  l'énergie  cinétique  du  fiuide  (pii 
l'entoure;  par  M.  D.  Riaboiichifiski.        Afl 

—  Sur    quel(|ues    cas    de    mouvements 
plans  des  fluides  autour  de  solides  ' 
avec  tourbillons  :  par  M.  />.  Riahou- 
chinski 1  224 

Hydrologie.  —  Etude  des  eaux  des 
glaciers  d'Argentière  et  des  Bos- 
sons; par  MM.  d'Aisoiival,  Bor- 
das et  Touplain i4  13 

Hygiène.  —  L'Indice  de  toxicité  des 
appareils  d'éclairage,  de  chaulïage 
et  des  moteurs  à  explosion;  par 
M.  Kohn  Abrest io46 


Lithologie.  —  Sur  une  syénite  à 
corindon  et  sillimanite  formée  par 
endomorphisme    du    granité;    par 


M.  A.  Lacroix. 
Voir  Géophysique. 


899 


M 


M.\GNÉTISME      TERRESTRE.      ValeUIS 

des  éléments  magnétiques  à  la 
station  du  Val-Joyeux  à  Ville- 
preux  (Scine-et-Oise)  au  i*^''  jan- 
vier 1922;  par  M.  Ch.  Dufour i8.'j 

—  Etat    magnétique    de    basaltes    arc- 

tiques; par  M.  P.-L.  Mercanton  .  .■     11 17 

—  Perturbations  de  la  déclinaison  ma- 

gnétique à  Lyon  pendant  l'année 

de  1920-1921  ;  par  M.  Flajolel.  .  .  .      i3(3i 

—  Voir  Géophysique,  Physique  du  Globe. 

MÉCANIQUE.  —  Sur  les  principes  de  la 
balistique  intérieure;  par  MM.  Gos- 
sot  et  Liouville 27 

—  Cycloïdes   de   glissement   des    terres; 

par  M.  Frontard 526 

—  Logoïdes    de    glissement   des    terres; 


par  ^L  Fronlard 740 

Sur  les  déformations  plain  s  et  le  ])ro- 
blème  de  la  poussée  des  terres  ;  par 
M.   Georges  Rémoundos 929 

Loi  de  la  hauteur  dangereuse  tb  s  ta- 
lus argileux;  par  M.  Fronlard 900 

Sur  le  problème    de    la  poussée  des 

terres;  par  M.  E.   Goursal io49 

Sur  l'équilibre  des  talus  en  terre 
cohérente:  par  M.  Gustave  Guil- 
laumin 1 1 65 

Sur  les  équations  de  l'équilibre  li- 
mite des  corps  cohérents;  par 
M.  Gustave  Guillaumin 1278 

Sur  trois  classes  de  mouvements  vi- 
bratoires non  entretenus  ;  par 
M.  Jules  Andrade 1017 

Sur  les  ligues  de  glisseincnl  planes 


1768 


tabliï:  des 

Pases. 


MATIERES. 


des  corps  pulvérulents,  cohérents 
ou  plastiques;  par  M.  Gustas'e 
Guillaumin \.\\o 

—  Voir  Cinématique,  Dynamique,  Élas- 

ticité, Relativité. 
Mécanique  appliquée.  —  Travail  dé- 
pensé dans  l'usinage  mécanique  du 
bois  ;  par  M.  J .  Petit  pas 'j-2(j 

—  Rendement    organique    des   moteurs 

à  combustion  interne;  par  M.  An- 
dré Planiol tj(33 

—  Etude    des    pertes    par    frottements 

dans  les  moteurs  à  combustion 
interne;  par  M.  André  Planiol.  .  .  .        8G0 

—  Sur  une   démonstration   et  la   géné- 

ralisation du  théorème  de'Mena- 
brea;  par  M.  J.  Sudria 1222 

—  Sur  le  problème  général  de  la  poussée 

des  terres;  par  M.  Georges  Ré- 
moundos i  '>33 

— ■  Voir  Aviation,  Chionoméirie,  Elas- 
ticité. 

Mécanique  céleste.  —  M.  Emile 
Schwoerer  présente  à  l'Académie 
un  travail  sur  la  détermination 
de  l'équation  séculaire  de  la  Terre 
dans  la  théorie  d'Arrhénius 88 

—  Sur  le  sens  de  rotation  des  lignes  co- 

tidalcs  autour  des  poins  amphidro- 
miqucs;  par  M.  E.  Fichot j/jS 

—  Sur    le    mouvement    d'une    planète 

dans     un     milieu     résistant  ;     par 

M.  P.  Fatoii 1 162 

—  Sur    le    mouvement    d'une     planète 

dans     un     milieu     résistant;     par 

M.  Jean  Chazy 1 280 

—  Sur    le    mouvement    d'une    planète 

dans     un     milieu     résistant;     par 

M.  P.  Fatou I  o3o 

Médecine.  — •  Sur  un  signe  auditif  de 
spécificité;  par  MM.  Rousselot  et 
A.  Marie ;<) 

—  Sur    un    nouveau    procédé    de    dia- 

gnostic de  la  fièvre  méditerra- 
néenne; par  M.  E.  Burnet 4'^i 

—  Les  gymnastiques  respiratoires  et  les 

épreuves  de  Valsalva  et  de  Muller; 

par  M.  Henri-Jean  Frossard "ioo 

—  La  radiothérapie  combinée  du   sein 

et  des  ovaires  contre  les  tumeurs 
du  sein;  par  M.  Foveau  de  Cour- 
melles 5o3 

—  Sur  un  composé  bismuthique  de  la 


série  aromatique  et  son  activité 
thérapeutique;     par     MM.     Henri 

Grenet  et  Henri  Drouin 

Modifications  de  la  chronaxie  des 
muscles  squelettiques  et  de  leurs 
nerfs,  par  répercussion  de  la  lé- 
sion de  neurones  auxqiiels  ils  sont 
fonctionnellement     associés;     par 

M.  Georges  Bourguignon 

-  Traitement  de  la  contracture  par 
l'excitation  électri()ue  des  muscles 
non  contractures  dans  les  lésions 
du  faisceau  pyramidal  et  dans  la 
contracture  secondaire  à  la  para- 
lysie faciale  périphérique.  Evolu- 
tion de  la  chronaxie  au  cours  du 
traitement;  par  M.  Georges  Bour- 
guignon  

—  Expériences     sur    lintrodiiction    de 

l'ion  iode  par  élccLrolyse  chez 
l'homme,  et  son  élimination  par 
les  urines;  par  MM.  Georges  Bour- 
guignon et  Conduché 

Sur  la  vaccination  préopératoire;  par 
MM.  Pierre  et  Louis  Bazy 

—  Voir    Epidémiologie  ,     Parasitologie  , 

Pathologie,     Pliysique    médicale. 
Médecine  expérimentale.  —  Emploi 
du  bismuth  dans    la    prophylaxie 
de  la  syphilis;  par  MM.  R.  Sazerac 
et  C.  Levaditi 

—  Vaccine    pure    cérébrale.    Virulence 

pour  l'homme;  par  MM.  C.  Leva- 
diti  et  S.  Nicolau. 

—  Les  stomoxes,  propagateurs  de  la  try- 

panosomiase  des  dromadaires;  par 
MM.  Edm.  Sergent  et  A.  Dona- 
tien.  

—  Vaccination     préventive     par     voie 

digestive  chez  l'homme  ;  par 
MM.  Charles  Nicolle  et  E.  Conseil. 

—  Sur    les     chocs     traumatiques;     par 

MM.  Auguste  Lumière  et  Henri 
Couturier 

—  Les  feuillets  embryonnaires  en  rap- 

port avec  les  affinités  du  virus  vac- 
cinal ;  par  MM.  C.  Levaditi  et 
;S.    Nicolau 

—  Action  préventive   et  curative   dans 

la  syphilis  du  dérivé  acétylé  de 
l'acide  oxyaminophénylarsiniquc 
(sel  de  soude)  ;  par  MM.  C.  Leva- 
diti  et  Navarre  Martin.  '. 

—  Sur  un  type  d'arthrite  fréquemment 


Pages. 

647 


8yo 

1437 
16G2 


128 


249 


582 


m 


7:6 


778 


893 


TABLE    DES 

Pages, 
obsiivé   clicz   les   cobayes   iul'cclés 
par  le  Micrococcus  melitensis;  par 
M.  Et.  Buinel "j;  J 

—  Vaccination  antilypli<)ïtli(|uc  par  sca- 

rifications; par  MM.  Auguste  Lu- 
mière et  Jean  Chevrotier 1080 

—  Quelques  résultats  acquis  par  la  mé- 

thode des  élevages  aseptiques  : 
I.  Scorbut  expérimental;  II.  Infec- 
tion cholérique  du  cobaye  asep- 
tique: par  MM.  Cohendyct  E.  Woll- 
man 1082 

—  Action   préventive,  dans  la  syphilis, 

du  dérivé  acétylé  de  l'acide  oxyami- 
uophénylarsinique  (sel  de  soude)  ; 
par  MM.  L.  Fournier,  C.  Levaditi, 
A.  Navarro- Martin  et  A.  Schwartz.      i38o 

—  Vaccine  et  néoplasmes;  par  MM.  C. 

Levaditi  et  S.  Nicolau 1649 

MÉDECINE  VÉTÉRINAIRE.  —  Dualité  pos- 
sible de  la  fièvre  aphteuse  (hypo- 
thèse de  travail)  ;  par  M.  Schein .  .  .        9o4 

—  Sur    l'immunité    anti-aphteuse;    par 

MM.  H.  Vallée  cX  H.  Carré 207 

—  Encéphalite    aiguë    contagieuse    du 

bœuf;    par    MM.    A.  Donatien    et 

R.  Bosselut 25o 

—  La  durée  de  la  période  contagieuse 

dans     la     fièvre     aphteuse;     par 

M.  Charles  Lebailly 1 58o 

Mesures  électriques.  —  Sur  le  galva- 
nomètre balistique;  par  M.  H. 
Chaumat ^■' 

—  Sur    l'application    du    galvanomètre 

balistique   aux  essais   de  fer;   par 

M.  H.  Chaumat i55 

—  Sur  la  mesure  des  puissances  en  cou- 

rants alternatifs  dans  les  cas  anor- 
maux; par  M.  Henri  Chawnat.  .  .  .        545 

—  La  mesure  des  puissances  par  l'élec- 

trodynamomètre    différentiel;    par 

M.  Paul  de  la  Gorce 607 

—  Sur    un    nouveau    wattmètre;     par 

M.  H.  Chaumat 806 

—  Sur    un    dispositif    pcmn  liant    l'éli- 

mination et  la  détermination  du 
facteur  de  correction  des  watt- 
mètres  ;  par  M.  Henri  Chaumat ....  1007 
Mét.vllurgie.  —  Sur  la  variation  des 
propriétés  mécaniques  des  métaux 
et  alliages  aux  basses  températures  ; 
parMM. Léon Guillet  et  Jean  Cour- 
not 384 


MATIÈRES.  I7()9 

Pages. 
-    Sur     le      Iraitiniciil      ihcrriiique      de 
quelques    fontes   de    moulage;  par 
M.  Jean  Durand 74^ 

—  Voir  Chimie  industrielle. 
Météorologie.  -     Le  déplacement  des 

hausses  et  des  baisses  baromé- 
triques et  la  direction  des  cirrus; 
par  MM.  L.  Besson  et  H.  Dutheil..       237 

—  Syr  la   climatologie   du   Maroc;   par 

M.  Louis  Gentil 3 11 

—  La   signification   des   cirrus   dans   la 

prévision  du  temps;  par  MAf.  Ph. 
Schereschewsky  et  Ph.  Wehrlé.  ...        3i4 

—  Sur    l'observation     des     nuages     en 

prévision  du  temps;  par  M.  Ga- 
briel Guilberl 817 

—  Les  grands  mouvements  de  l'atmo- 

sphère et  la  prévision  du   temps; 

par  M.  Paul  Garrigou-Lagrange .  .      1028 

—  Sur  la   coloration   ocre   que   présen- 

tèrent en  mars  1922  les  neiges  du 
Briançonnais;  par  MM.  Pons  et 
Rémy 1482 

—  Pressions    et    poids    spécifiques    de 

l'air  en  atmosphère  normale.;  par 

M.  A.  Râteau r'i98 

—  Voir  Aviation. 
Microbiologie.  —  La  mort  stérile  des 

Chenilles  infectées  ;  par  M.  S.  Metal- 
niko'A> 202 

—  Nouvelles    observations    sur    la    cul- 

ture du  B.  pyocyanique  sur  mi- 
lieux artificiels  définis  :  par  MM.  A. 
Goris  et  A.  Liât 575 

—  Action  d'un  suc  gastrique   artificiel 

sur  les  granulations  pulmonaires 
tuberculeuses  du  cobaye  ;  par 
MM.  E.  Fernbach  et  6".  Rullier 781 

—  Recherches     histo -niicrobiologiqm  s 

sur  la  paralysie  générale.  Exis- 
tence du  tréponème  dans  le  cyto- 
plasme des  cellules  nerveuses  de 
l'écorce  cérébrale;  par  M.   Y.  Ma- 

nomlian 1 134 

- —  Contribution  à  l'étude  de  la  culture 
in  vitro  du  virus  de  la  vaccine  ;  par 
M.  Harry  Plotz 1265 

—  Sur  la  présence  de   microbes   acéto- 

nogènes  dans  la  flore  intestinale 
des  diabétiques;  par  M.  Albert 
Bcrthelot  et  li"^^  St.  Danysz- 
Michel i3o3 

—  Réactions  de  défense  et  dimmunité 

provoquées  par  injection  intrader- 


i;';o  TABLE    DES    MATIERES. 

Pages, 
inique  de  microbes  vivants  ou  tués 
par  la  chaleur;  par  MM.  M.  Breton 
et  V.  Grysez i  jo6 

—  Sur  la  pluralité  des  virus  aphteux; 

par  MM.  H.  Vallée  et  H.  Carré 1 498 

—  Voir   Biologie,   Cytologie,   Épidémio- 

logie,    Parasitologie,  Physiologie. 
Minéralogie.    —    Le    plomb    dans    les 
minerais  d'urane  de  Madagascar; 
par  M.  Muguet i  ;> 

—  Erratum  relatif  à  celle   conuuuiiiea- 

tion. 336 

—  Sur  la  de\vindlil<',   nouveau  minéral 

radioactif;  par  M.  Alfred  Schoep .  .        623 

—  Sur  la  stasite,  un  minéral  nouveau, 

dimorphe    de    la    dewindtite;    par 

M.  Alfred  Schoep 87') 

—  Nouvelle   méthode   de   recherche   de 

l'or  et  de  l'argent  dans  les  mine- 
rais au  moyen  du  chalumeau;  par 
M.  Ad.  Braly 1 06  "> 

—  La  soddite,  nouveau  minéral  radio- 

actif; par  M.  Alfred  Schoep 10G6 


Pages. 

—  Sur  la  becquerélite,  nouveau  minéral 
radioactif;  par  M.  Alfred  Schoep.  .      1240 

—  -  Sur  la  composition  et  les  caractères 
chimiques  de  la  thortveitite  de  Ma- 
dagascar; par  MM.  Ch.  Boulanger 
et  G.  Urbain i442 

—  Voir  Cristallographie,  Géologie,  Litho- 
logie, Radioactivité. 

Morphologie.  —  Signification  morpho- 
logique du  tissu  glandulaire  endo- 
crinien du  testicule  des  LIrodèles; 
par  M.  M.  Aron 332 

—  Voir  Biologie,  Zoologie. 

Muséum  national  d'histoire  natu- 
relle. —  M.  le  Ministre  de  l'Ins- 
truction publique  invite  l'Académie 
à  lui  présenter  une  liste  de  deux 
candidats  à  la  chaire  d'anatomie 
comparée SGy 

—  Liste  de  deux  candidats  à  la  chaire 
d'anatomie  comparée:  i°M.  Raoul 
Anthony;  2°  M.  Henry  Neuville.  .  .        3i4 


N 


Navigation.  —  Relations  entre  :  les 
formes  de  carène  d'un  navire;  les 
déplacements  relatifs  de  sa  houle 
satellite;  son  aptitude  à  la  vitesse; 
sa  vitesse  la  plus  économique;  et 
la  résistance  de  l'eau  à  sa  transla- 
tion; par  M.  F.-E.  Fournier i34 

—  Erratum   relatif  à  cette  communica- 

tion         336 

Nécrologie.  —  M.  .4.  Haller  retrace  la 
vie  scientifique  de  Giacomo  Cia- 
mician 1 33 

—  M.   Emile    Picard  présente   à   l'Aca- 

déniie  un  résumé  des  travaux  ma- 
thématiques de  Camille  Jordan  .  .  .        210 

—  Notice     relative     à    Louis    Ranvier; 

par  M.  Henneguy 833 

—  M.  A.  Haller  donne  lecture  d'une  no- 

tice nécrologique  sur  Ph.-A.  Guye,        897 

—  M.    Emile   Picard   rappelle    à   l'Aca- 

démie les  remarquables  qualités 
scientifiques  de  R.  Benoit 1209 

--  M.  F.  Mesnil  donne  lecture  d'une 
notice  nécrologique  relative  à  Sir 
Patrick  Manson 1 209 

-T-  M.  Albin  Haller  rappelle  les  princi- 


paux travaux  d'Alphotise  Laveran.      i3o9 

—  M.  Albin  Haller  rappelle  les  princi- 

paux travaux  d'Ernest  Solvay .  ...      i385 

—  Voir  Décès,  Notices  historiques. 
Nomographie.  —  Sur  la  genèse  et  l'état 

actuel  de  la  science  des  abaques; 

par  M.  Ch.  Lallemand 82 

—  Sur    la    réduction    de    la    quatrième 

dimension  à  iwie  représentation 
plane;  par  M.  d'Ocagne 146 

—  Sur     les     avantages     comparés     des 

abaques  hexagonaux  et  des  aba- 
ques à  points  alignés;  par  M.  Ch. 
Lallemand 253 

—  Sur  l'examen  comparatif  de  diverses 

méthodes     nomographiques;     par 
M.  d'Ocagne 355 

—  Sur  les  nomogrammes  à  transparent 

orienté;  par  M.  Maurice  d'Ocagne.      1664 

—  Les  abaques  à  transparent   orienté; 

par  M.  W.  Margoulis.  .  .' 1684 

Notices  historiques.  —  M.  Maurice 
d'Ocagne  donne  lecture  d'une 
notice  sur  la  vie  et  les  travaux  de 
Jules  Carpentier i653 

—  Voir  Nécrologie. 


TABLE    DES    MATIERES. 


771 


o 


Pages 
Océanographie.     —     Sur     les     lignes 
neutres  de  sédiments  sous-marins 
côtiers;  par  M.  J.  Thoidet 63o 

—  Sur    les    températures    à    différentes 

profondeurs  de  la  fosse  du  Cap- 
Breton;  par  M.  J.-B.  Charcot.  ...      i24(j 

—  Distribution    du    calcaire    dans    les 

globisédiments  profonds;  par  M.  ./. 
Thoidet i-^  4V( 

—  Sur    les    variations    de    composition 

chimique  de  l'eau  de  mer  et  l'éva- 
luation de  la  salinité;  par  MM.  Ga- 
briel Bertrand.  Freundler  et  M"e  Mé- 
nager         19)1 

Optique.  —  Portée  obtenue  par  nn 
phare  de  grand  atterrage  avec  op- 
tique à  réflecteurs  métalliques; 
par  M.  Jean  Reij aSg 

—  Calcul  des  éléments  qui  uétciinincnl 

un  système  centré  formé  par  un 
nombre    quelconque    de    surfaces: 


Pdges. 
par  M.  B.  Boulouch 4-o 

—  Sur  l'inversion  du  pouvoir  rotatoire 

dans  les  liquides  anisotropes;  par 

M.   L.   Royer 11 8  9. 

—  Voir  Pholograpliie,  lielalivilé,    Spec- 

troscopie. 
Optique  géométrique.  —  Relation 
entre  l'aberration  et  l'astigma- 
tisme pour  un  point  situé  sur 
l'axe  d'un  système  optique  centré, 
par  M.  Marcel  Dufour 288 

—  Sur     l'existence     géométrique     d'un 

invariant  général  des  faisceaux  de 
rayons  se  réfractant  suivant  la  loi 
de  Descartes,  et  ses  applications 
à  l'Optique  géométrique  et  au 
rayonnement;  par  M.  Labiissière .        676 

<  )PTIQUE    géométrique    SUPÉRIEURE.    

Sur  la  réfraction  d'un  pinceau  lu- 
mineux dans  le  cas  général;  par 
M.   Dufour I  539 


Paléontologie  animale.  —  Sur  la 
faune  des  couches  naoyennes  et 
supérieures  de  l'Aalénien  du  Grand- 
Duché  de  liUxembourg  ;  par 
MM.  Henri  Joly  et  Nicolas  Laux.        181 

—  Sur  l'importance  pratique  et  phylo- 

génétique  du  talon  antérieur  (T„) 
des  molaires  des  mastodontes  et 
des  éléphants;  par  M.  Sabba  Stefa- 
nescu .î3o 

—  Sur  quelques  Poissons  néocomieus  de 

la   Haute-Marne   et  de  la  Meuse  ; 

par  M.  G.  Corroy 3o4 

—  Sur  l'aire  de  dispersion  de  Dyrosauriis, 

Crocodilien  fossile  du  Nord-Ouest 
africain;  par  M.  L.  Joleaud 3o6 

—  Les  Turritelles  tertiaires  et  actuelles  : 

évolution  et  migrations;  par  M. 
Louis  Guillaume 764 

—  Sur  la  phylogénie  de  VElephas  auli- 

quus;  par  M.  Sabba  Stefanescu  ....      1 1 19 

—  Les  Reptiles  néocomiens  et  albiens  du 

Bassin  de  Paris;  par  M.  G.  Corroy.      1 192 

—  La  faune  villafranchienne  des  Sables 


de    Chagny    (Saône-et-Loire)  ;    par 

M.  Lucien  Mayet 1 2  54 

—  Voir  Géologie. 
Paléontologie   végétale.   —  Sur   les 

Conifères  et  les  Fougères  du  Weal- 
dien  de  Féron-Glageon  (Nord)  ;  par 

M.  Alfred  Carpentier 1 1 2  i 

Parasitologie.  —  Coccidi(  s  doiseaux 
palustres.  Le  genre  Jarrina  n.  g.  ; 
par  MM.  L.  Léger  et  E.  tlesse.  ...  -4 

—  Microsporidies  bactériformes  et  essai 

de   systématique    du    groupe;    par 

MM.  L.  Léger  et  E.  liesse Sa; 

—  Gregarina    Sœnuridis    Koll.    et    son 

hôte;  par  M.  Jean  Delphy 1^44 

—  Etude  de  quelques  cas  simples  de  pa- 

rasitisme cyclique  chez  les  insectes 
entomophages  ;  par  M.  TT'.-i?. 
Thompson 1647 

—  Sur  un  Péridinieii,  parasite  intracel- 

lulaire des  Vélelles;  par  M.  R.  Ho- 
vasse 174^ 

—  Voir  Biologie,  Epidémiologie,  Micro- 

biologie. 


1772 


TABLE    DES 


MATIERES. 


Pathologie.  —  Sur  un  cas  de  iiiouiliase 
bronchique;  par  MM.  A.  Sartory 
et  L.   Moinson 

—  Voir  Épidémiologie,  Médecine,  Para- 

sitologie. 

Pétrographie.  —  Voir  Lithologie. 

Photochimie.  —  Etude  spectrogra- 
phique  de  dévirage  du  platino- 
cyanure  de  baryum  dans  l'ofîet 
Villard;  par  ]\IM.  .1.  Zimmern  et 
E.  Salles 

Photographie.  —  Sur  un  nouvi  1  olttu- 
ratour  d'objectif  pour  la  prise  de 
photographies  aériennes  avec  les 
appareils  à  grand  foyer;  par  M.  A, 
Guillemet 

—  Voir  Cinématograplde. 

Physiologie.  —  Mesure  de  l'excitabilité 
d'un  nerf  sécrétoire  :  corde  du 
tympan  et  glande  sous-maxillaire; 
par  M.  et  M^e  A.  Chauchard 

—  Sur  le   déterminisme  des   caractères 

sexuels  chez  les  Tritons;  par 
M.  Ch.  Chanipy 

—  L'acuité    auditive    et    l'aptitude    au 

service  militaire;  par  M.  Murage.  . 

—  L'action  de  l'histamine  sur  la  sécré- 

tion du  suc  gastrique  chez  les  pi- 
geons; par  M.  W.  Koskowski 

—  La  tension  superficielle  et  la  narcose: 

par  M.  W.  Kopaczewski 

—  L'accoutumance  du  ferment  lacti(|iir 

aux  poisons  (spécificité,  simulta- 
néité et  alternance)  ;  par  MM.  Char- 
les Richef,  Eudoxie  Bachrach  et 
Henry  Cardot 

—  Licoagulabilité     du     sang     ciiculant 

provoquée  chez  la  grenouille  par 
les  injections  d'acides  nucléiques. 
Durée  de  la  phase.  Comparaison 
avec  divers  anticoagulants  ;  par 
M.  Doyen 

—  Résistance    des    femelles    eu    gesta- 

tion aux  chocs  anapliylactiques  et 
anaphylactoïdes;  par  MM.  Auguste 
Lumière  et  Henri  Couturier 

—  Sur  les   conditions   de   la   genèse   de 

l'harmosone  sexuelle  chez  les  Ba- 
traciens anoures;  par  M.  Chanipy. 

—  Sur  la   circulation   entéro-hépatique 

des  acides  biliaires;  par  M.  E. 
Wertheinï'er 

—  Piecherehcs  sur  les  projuiélt's  pliysio- 


8o 


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63 

192 
197 


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■197 


pHges. 


logiques  et  thérapeutiques  des 
diastases  tissulaires.  De  l'existence 
des    diastases  synthétisantes;    par 

M.  F.  Maignon 56G 

Action  de  la  température  sur  le  chon- 
driome  cellulaire.  Un  critérium 
physique  des  formations  mito- 
chondriales;  par  MM.  A.  Policard 
et  G.  Mangenot 645 

Erratum  relatif  à  cette  communica- 
tion         716 

Utilisation  des  diastases  tissulaires 
pour  la  détermination  de  l'organe 
dont  l'insuffisance  fonctionnelle 
est  la  cause  d'un  état  pathologique 
déterminé.  —  Application  de  cette 
méthode  clinique  à  l'étude  du  rôle 
physiologiste  de  certains  organes; 
par  M.  F.  Maignon 6g8 

Sur  les  conditions  physiologiques 
relatives  à  la  parure  nuptiale  pé- 
riodique chez  les  Oiseaux  :  par 
M.  J.  Benoit 701 

Etudes  sur  la  fernientation  lactique. 
Le  souvenir  chez  les  microbes;  par 
MM.  Charles  Bichet,  Eudoxie  Bach- 
rach et  Henry  Cardot 842 

Sur  un  mécanisme  intervenant  dans 
la  fixation  des  graisses  par  la 
glande  cortico  -  surrénale  ;  par 
MM.  A.  Policard  et  Juliana  Tritch- 
koi>itch 960 

I^a  différenciation  des  phénomènes 
de  choc  par  contact;  par  M.  W. 
Kopaczewski i  o34 

La  respiration  niaxiiuuni  aux  liés 
hautes  altitudes;  par  M.  Raoul 
Bayeux 1087 

Nicotine  et  les  nerfs  inhibitoires  du 

cœur;  par  M.  W.  Koskowski lo^g 

Sur  la  fixation  directe  des  graisses 
par  les  glandes  sébacées;  par  M.  A. 
Policard  et  M^e  J,diana  Trilchko- 
ritch ' i364 

Variation  de  la  pression  osmotique 
du  sang  des  Poissons  Téléostéens 
d'eau  douce  sous  l'influence  de 
l'accroissement  de  salinité  de  l'eau 
ambiante;  par  MM.  Paid  Portier 
et  Marcel  Duval 1 366 

I^e  réflexe  linguo-maxillaire  [idli- 
nium  reflex)  ;  par  MM.  Henry  Car- 
dot et  Henri  Laugier i368 

Compas   d'orientation   du    jiinl  :    |)ar 


TABLE    DES 

Pages 
M.  Gabriel  Bidon i3-o 

—  Mécanisnac    des    échanoes    tiilic    la 

cellule   et    le   milieu    amhiaut:    par 

M.  Louis  Lapicqiie i  \\)0 

—  Variation  de  la  pression   osniotique 

du  sang  des  Sélaciens  sous  l'in- 
fluence de  la  modification  de  la 
salinité  de  leau  de  mer  environ- 
nante; par  MM.  Paul  Portier  et 
Marcel  Dm-al i  i93 

—  Musculomètre  artiliciel;  par  M.  Ga- 

briel Bidon I  ^64 

—  Influence    de    l'avitaminose    sur    la 

lactation;    par   MM.    E.    WoUduiii 

et  M.  Vagliano 163; 

—  Sur   l'auto-immunisatiou    contre    les 

régimes  carences:  par  MM.  G.Mou- 
riquand  et  P.  Michel 1639 

—  Les  «  donneurs  de  sang  «  en  niéde- 

cine  vétérinaire;  par  MM.  L.  Pa- 
nisset  et  J.  Verge 16/12 

—  Perméabilité  ionique  élective  des  élé- 

ments cellulaires  ;  par  MM.  TV  .  ]\Ies- 
trézat,  Pierre  Girard  et.  V.  Morax.  .      i  727 

—  Rapprochement  des  effets  des  acides 

nucléiques  et  de  l'antithrombine 
du  plasma  de  peptone  sur  la  coagu- 
lahilité  du  sang  circulant  chez  la 
grenouille;  par  M.  Doyoïi 1729 

—  Idiosyncrasie    et    anaphylaxie  ;    par 

MM.  L.  Panisset  et  J.  Verge 1731 

—  Voir   Biologie,   Chimie   biologique   et 

physiologique,  Physique  médicale. 
Psycho-physiologie. 
Physiologie  pathologique.  —  Re- 
cherches sur  l'insufîisance  protéo- 
pexique  du  foie  dans  l'hépatite 
dysentérique;  par  MM.  7'^.  Widal. 
P.  Abrami  et  ./.  Hutinel 3  "n 

—  Azotémie    et    hyperprotéidoglycémie 

expérimentales  ;  par  MM.  H.  Bierry, 

F.  Rathery  et  F.  Bordet 970 

—  Régime   équilibré   et   acidose   diabé- 

tique ;     par     MM.     A.     Desgrez, 

H:  Bierry   et   F.  Rathery 1576 

—  Voir  Pathologie. 

Physiologie  végétale.  —  Etude  dis 
plantes  salées  pendant  la  période 
où  se  produisent  des  anomalies  ; 
par  M.  Pierre  Lesage 56 

—  La  recherche  des  pseudo-bases  d  an- 

thocyanidines  dans  les  tissus  végé- 
taux: par  M.  Raoul  Combes 58 

—  Sur  la  toxicité  di-  divers  phénols  ni- 


MATIÈRES.  1773 

Pages. 

très  pour  le  Slerigmalocyslis  iiigra; 

par  M.  L.  Plantejol 1  ^3 

La   l'urmation   des   pigments    anlho- 

cyaniques;  par  M.  Raoul  Combes.  1^0 
Action    des   sels    solubles    de    plomb 

sur    les    plantes;    par    M.    Eugène 

Bonnet 488 

—  Sur   les    variations   de   la    teneur   en 

manganèse  des  feuilles  avec  l'âge; 
par  M.  Gabriel  Bertrand  et  M">e  M, 
Rosenblatt 491 

—  Sur  une  nouvelle  fermentation  acide 

produite  par  le  Sterigmatocystis 
nigra;  par  M.  Marin  Molliard .  ...        881 

—  Lifluence  de  la  chaux  sur  le  rende  - 

ment  des  graines  pendant  la  pé- 
riode germinative;par  MM.  L.Ma- 
quenne  et  R.  Cerighelli 1^69 

—  Sur  la  végétation  dans  des  milieux 

pauvres  en  oxygène;  par  MM.  L. 
Maquenne  et  E.  Demoussy i387 

—  Sur    la   répartition   des    anthocyani- 

dincs  dans  les  organes  colorés  des 
plantes;  par  M.  St.  .Ionesco i635 

—  Sur  le  mécanisme  de  l'action  para- 

sitaire du  Pénicillium  glaucum 
Link  et  du  Mucor  stolonifer  Ehrb; 
par  M.  Pierre  Nobécourt 1 720 

—  Voir  Biologie  végétale.  Botanique. 


Physique.  —  Les  invariants  newto- 
niens  de  la  matière  et  de  l'énergie 
radiante,  et  l'éther  mécanique  des 
ondes  variables;  par  M.  G.  Sagnac. 

—  Le  principe  de  relativité  dans  les  dié- 

lectriques; par  M.  E.  Carvallo.  .  .  . 

—  Sur   l'interprétation   de   l'expérience 

de  Michelson  ;  par  M.  E.  Brylinski. 

—  Sur  la  pression  dans  les    fluides  ai- 

mantés ou  polarisés  ;  par  M.  G. 
Gouy 

—  Les  points  de  congélation  de  liquides 

organiques  purs  comme  repères 
thermométriques  aux  températures 
inférieures  à  o"  C.  ;  par  M.  Jean 
Timmermans,  M^'^  H.  Van  der 
Horst  et  M.  H.  Kamerlingh  Onnes. 

—  Nouveau  mode  de  détermination  des 

diamètres  moléculaires  par  la  ro- 
tation électromagnétique  de  la  dé- 
charge dans  les  gaz;  par  M.  C.-E. 
Guye  et  R.  Rudy 

—  Sur    les    barovariomètres    à    écoule- 

ment capillaire:  par  MM.  M.  Cour- 


29 
loG 
i53 

264 


365 


382 


1774  TABLE   DES 

Pages. 
fines  et  Jean  Villey 54  i 

—  Mesure  du  pouvoir  moyen  de  péné- 

tration d'un  faisceau  de  rayons  X 
par  un  nouveau  procédé  radiochro- 
nométrique;  par  M.  Miratnond  de 
Laroquette Go'j 

—  Micromanomètre     à     sensibilité     ré- 

glable; par  M.  F.  Michaud 80') 

—  Détermination  du  point  d'inversion 

supérieur  de  la  chaleur  spécifique 
de  la  vapeur  saturée  de  benzine; 
par  MM.  G.  Bruhat  et  A.  Delaygue.       937 

—  Sur   les   spectres    corpusculaires   des 

éléments;  par  M.  Maurice  de  Bro- 

glie 9''>9 

—  Sur  l'action  photogénique  des  ultra- 

radiations;  par  M.  Albert  Nodon. .  .      1061 

—  Cheminement  capillaire,  diffusion  et 

déplacement  ;  par  M.  Louis  Lu- 
mière       io9r) 

—  La  rigidité  des  gelées;  par  M.  F.  Mi- 

chaud 19.80 

—  Sur    les    variations    de    l'opalescence 

critique  avec  la  température  et  la 
longueur  d'onde  de  la  lumière  inci- 
dente; par  M.  A.  AiidaiU i333 

—  Sur  le  champ  électromagnétique  des 

trajectoires  stationnaires  de  Bohr; 

par  Edmond  Bauer i  335 

—  La  chaieur  de  vaporisation  et  la  diffé- 

rence m'  —  m  des  chaleurs  spéci- 
fiques à  l'état  de  saturation  pour 
l'argon,  l'oxygène,  l'azote  et  l'hy- 
drogène ;  par  MM.  E.  Mathias, 
C.-A.  Crommelin  et  H.  Kamerlingh 
Onnes '395 

—  Sur  un  nouveau  rayonnement  et  son 

application  à  l'étude  de  l'ultravio- 
let de  Millikan  et  de  Lyman  ;  par 
M.  G.  Reboul i45i 

—  Thermostats   à   enceintes   multiples; 

par  M.  A.  Tian 14  53 

—  Sur   les    variations    de    ropalescence 

critique  avec  le  remplissage  des 
tubes  et  la  nature  des  liquides  étu- 
diés; par  M.  A.  Andant 1  5'|  i 

—  Voir  Acoustique,  Élasticité,  Électricité, 

Gravitation,  Radioactivité,  Radio- 
logie, Relativité,  Spectroscopie,  Télé- 
graphie sans  fil,  Thermodynamique. 
Physique  appliquée.  —  Sur  une  mé- 
thode permettant  de  reconnaître 
les  perles  japonaises  cultivées;  par 
MM.  7.  Galibourg  et  F.  Ryziger .  .      1019 


MATIERES. 

Pages. 

Physique  biologique.  —  Influence  de 
la  chaleur  et  de  quelques  dissol- 
vants sur  la  viscosité  du  sérum 
de  cheval;  par  M.  A.  Vila i  i3i 

Physique  du  Globe.  —  Voir  Actino- 
métrie.   Géophysique. 

Physique  mathématique.  —  Hypo- 
thèses physiques  et  hypothèses 
géométriques;  parM.  Emile  Borel.      io5o 

—  Sur  la  connexion  du  champ  tensoriel  ; 

par  M.  Paid  Dienes 1 167 

—  Champ     électromagnétique     conipa- 

tible  aveele  champ  gravi  fique  cor- 
respondant; par  M.  Th.  De  Donder.      19.98 

—  Sur  l'électrodynamique   des   milieux 

homogènes  et  isotropes  en  repos  ; 

par  M.  Louis  Roy i^^9 

—  Sur    les    actions    électromagnétiques 

dans    un    système    isotrope;    par 

M.  Louis  Roy 1 448 

—  Voir   Gravitation,  Relativité. 
Physique  médicale.  —  L'auscultation 

électrique  de  la  respiration  au 
début  de  la  liiberculose;  nouvelle 
méthode  d'auscultation  pratiquée 
à  l'aide  de  stéthoscopes  micro- 
téléphoniques amplificateurs;  par 
M.  J.  Glover 58o 

Physique  industrielle.  —  Sur  des 
accidents  observés  dans  la  synthèse 
de  l'ammoniaque  par  les  hypt'f- 
pressions  et  sur  le  moyen  de  les 
éviter;  par  M.  Georges  Claude.  ...        i57 

Physique  moléculaire.  —  Coiichrs 
minces  formées  par  des  naélanges 
de  glycérides;  par  M'i«  Paule  Col- 
let         544 

—  Nouvelle   évaluation   de   la   pression 

interne  des  liquides.  Critérium  de 
l'association  des  molécules  dans  un 
liquide;  par  M.  i\'.  \'asilesco  Kar- 
pen 169^ 

Plis  cachetés.  —  M.  tl.  de  Bellescize 
demande  l'ouverture  de  deux  plis 
cachetés  reçus  respectivement  dans 
les  séances  du  21  mars  et  10  oc- 
tobre 1921  et  inscrits  sous  les 
nos  8854  et  8923 917 

—  M.    M.    Gandillot   diniaude    l'ouver- 

ture d'un  pli  cacheté  contenant 
une  note  intitulée  :  «  Véritable  in- 
terprétation des  théories  relati- 
vistes  » '^'^'11 


TABLE    DES    MATIERES 

Pa^es 


—  MM.  Paul  Sacerdote  et  Pierre  Larn  berl 
demandent  l'ouverture  d'un  pli 
cacheté  contenant  une  note  inti- 
tulée :  «  Nouveau  procédé  pour  dé- 
celer la  présence  d'un  sous-marin  ». 

Psycho-physiologie.  —  Etude  des 
temps  de  réactions  psychomotrices 


i6- 


'775 

Pages, 
tactiles  chez  l'homme  normal;  par 

MM.  P.  Béhague  et  J.  Beyne 12^9 

Loi  de  la  vitesse  d'établissement  des 
processus  chromatiques  fondamen- 
taux en  fonction  de  l'intensité 
de  l'excitation  lumineuse  ;  par 
M.    Henri   Piéron i'->94 


Radioactivitk  .  —  Sur  quelques  pro- 
priétés oxydasiques  du  thorium  X  : 
par  MM.  Pierre  Lemay  et  Léon  .1a- 
loiiMre 171 

—  Sur  le  poids  atomique  du  chlore  dans 

un  minéral  ancien,  l'apatite  de 
Balmc;  par  M"''  EUeii  Gleditsch  et 
M.  B.  Samdahl 716 

—  Précipitation    par    la    soude    du    ni- 

trate d'uranyle.  Radioactivité  du 
précipité;  par  MM.  Pierre  Jolibois 
et  Robert  Bossiiel 169.5 

—  Sur  le  dosage  direct   de    très   faibles 

quantités  de  radium  par  les  rayons 
pénétrants;  par  M.  B.  Szilard 1G95 

' —  Voir  Minéralogie. 

I'adiologie.  —  Influence  de  la  tempé- 
rature sur  la  sensibilité  des  émul- 
sions  en  radiographie;  par  M.  .4. 
Zimmern 4  )0 

—  Voir  Physique. 

liELATiviTÉ.  —  M.  Emile  Picard  pré- 
sente à  l'Académie  une  brochure 
intitulée  :  «  I^e  principe  de  relati- 
vité et  ses  applications  à  l'Astro- 
nomie » 81 

—  Quelques  remarques  sur  la  relativité; 

par  M.  Léon  Lecornu 337 

—  Sur   une   définition   géométrique   du 

tenseur   d'énergie   d'Einstein;   par 

M.  E.  Cartan 437 

—  Sur  les  espaces  généralisés  et  la  théo- 


rie fie  la  relativité;  par  M.  /•.'.  Car- 
tan         734 

La  géométrie  des  espaces  coiirhis 
et  le  tenseur  d'énergie  d'Einstein; 
par  M.  Enrico  Bompiani 737 

Sur  les  espaces  conformes  généra- 
lisés et  l'Univers  optique;  par 
M.  E.  Cartan 837 

Sur  une  coïncidence  remarquable 
dans  la  •théorie  de  la  relativité;  par 
M.  Maurice  Sauger 1002 

Sur  les  équations  de  structiire  des 
espaces  généralisés  et  l'expression 
analytique  du  tenseur  d'Einstein; 
par  M.  E.  Cartan 1 104 

La  théorie  classique  et  la  théorie 
einsteinienne  de  la  gravitation  ;  par 
M.  Paul  Painlevé 11 37 

Sur  les  vérifications  astronomiques 
de  la  théorie  de  la  relativité;  par 
M.  .Jean  Chazy ii57 

Note  de  M.  Painle^'é  sur  cette  com- 
munication       1 161 

Les  lois  de  Kepler  et  les  orbites  rela- 

tivistes;  par  M.  J.  Trousset 1 160 

Note  de  M.  Painlevé  sur  cette  com- 
munication       1 1 6 1 

Sur  la  conception  relativiste  de  1  es- 
pace ;  par  M.  S.  Zarem  ba 1 4  1 6 

Voir  Cosmogonie,  Gravitation.  Méca- 
nique, Optique,  Physique,  Physique 
mathématique. 


S 


Sismologie.  —  Sur  le  tremblement  de 
terre  italien  du  7  septenabre  1920; 
par  M.  P.  Monnet 47  ) 

—  Voir  Géophysique. 

Solennités  scientifiques.  —  L'Aca- 
démie   royale    de    Belgique    invite 


l'Académie  à  participer  aux  solen- 
nités qui  auront  lieu  à  l'occasion  du 
cent-cinquantième  anniversaire  de 
sa  fondation 

L'Académie  délègue  son  Bureau.  .  .  . 

MINL   L.    Guignard.   le   Prince   Bona- 


22 
22 


1776 


TABLE   DES 

Pages. 

387 


parle,  Al.  d'Ocagne  sont  adjoints 
à   cette  délégation 

—  M.  Mesnil  est  adjoint  à  la  même  délé- 

gation         1  ■'  1',) 

—  h'Unù'er^ilé  royale  de  Pudoue  invite 

l'Académie  à  se  faire  représenter 
aux  fêtes  du  septième  centenaire 
de  sa  fondation,  qui  auront  lieu  du 
1 4  au  1 7  mai  1 922 5 1 6 

—  M.  Emile  Borel  est  désigné '^Bj 

—  L'Académie    charge    M.    Bazy   de   la 

représenter,  le  1 4  mai  1922,  à  l'inau- 
guration du  monument  élevé  à  la 
mémoire   de   M.  Lucas  Champion- 

nière,  à  l'IIô  tel-Dieu l'^iQ 

Spectroscopie.  —  Sûr  la  variation  de  la 
longueur    d'onde    des    raies    tellu- 


MATIERES. 

Pages. 

riques  ;  par  M.  A.  Perol 215 

Siir  l'évolution  du  spectre  du  magné- 
sium sous  l'influence  d'actions  élec- 
triques croissantes.  Application  à 
l'Astrophysique;  par  MM.  A.  de 
Gramont  et  G.-A.  Hemsalecli 350 

—  Errata   relatifs   à  cette    com.munica- 

tion 58^ 

—  Sur    les     spectres    d'étincelles    dans 

l'eau;    par    MM.    Léon    et    Eugène 
Bloch 1456 

—  Etude  spectrale  de.  la  triholumines- 

cence  du  saccharose;  par  M. //enri 
Longchambon i633 

—  Voir  Chimie  minérale,  Optique,  Photo- 

chimie. 


Télégraphie  sans  fil.  —  Sur  la  récep- 
tion des  ondes  entretenues  par 
modulation;  par  M.  R.  Jouaust.  .  .  35 

—  Sur  la   synchronisation   harmonique 

des    oscillateurs    électriques;    par 

M.  Mercier 448 

—  Sur    la     transmission     télégraphique 

des  photographies,  dessins  et  écri- 
tures; par  M.  Edouard  Belin G; 8 

—  Sur   une    nouvelle    méthode    d'émis- 

sion douhlant  le  rendement  des 
stations  de  télégraphie  sans  fil;  par 
MM.  Henri  Abraham  et  René  Pla- 
niol 1 284 

—  Amortissement  des    oscillations    des 

résonateurs  de  T.S.F.  ;  par  M.  de 
Bellescize i4'>7 

—  Sur  la  transmission  de  l'écriture  et  des 

dessins  par  T.S.F.  ;  par  M.  Edouard 


Belin i623 

Théorie  des  nombres.  —  Sur  la  mé- 
thode d'approximation  d'Hermite; 

par  M.  G.  Valiron i  53o 

Thermodynamique.  —  Sur  les  varia- 
tions de  l'entropie  dans  les  gaz 
réels;  par  M.  V.  JSjegovan aSa 

—  Sur  le   maximum   de   la   chaleur  de 

vaporisation;  par  M.  E.  Ariès.  .  .  .      io5o 
Thermodynamique  appliquée.  • —  Sur 
l'emploi  de  l'air  comme  agent  fri- 
gorifique; par  M.  Maurice  Leblanc.      i5o5 

—  Sur    une    nouvelle    machine    frigori- 

fique à  air;  par  M.   Maurice  Le- 
blanc       1 589 

Topographie.  —  Sur  les  applications  de 
la  photographie  aérienne  et  de 
l'appareil  de  photorestitution;  par 
M.  H.  Roussilhe 863 


u 


Union  internationale  d'astronomie. 
—  MM.  A.  Lacroix,  H.  Deslandres, 
G.  Bigourdan,  B.  Baillaud,  Ch. 
Lallemand,  L.  Favé,  D.  Berthelot, 
L.  Joubin,  G.  Ferrie,  niemhres  de 
l'Académie,  et  M.  Emile  Mathias, 
correspondant,  sont  délégués  pour 
représenter  l'Académie  à  la  confé- 
rence   des    Unions    internationales 


d'Astronomie    et   de    Céo<lésie    et 
Géophysique,     qui    se     tiendra    à 

Rome  du  2  au  10  mai  1922 io53 

M.  Maurice  Hamy  est  adjoint  à  la 
délégation  qui  représentera  l'Aca- 
démie à  la  réunion  de  l'Union  in- 
ternationale d'Astronomie,  qui  se 
tiendra  à  Rome  du  2  au  10  mai 
1922 ii5i 


TABLE    DES    MATIERES. 


Pages. 

—  M.  B-  Baillaud  rend  compte  des  tra- 

vaux du  Congrès  qui  vient  de  se 

tenir  à  Rome •  44  • 

Union  internationale  de  géodésie 
ET  GÉOPHYSIQUE.  —  M.  Ch.  Lttlle- 
inand,  président  de  cette  Union, 
remet  à  l'Académie  le  programme 
de  la  première  Assemblée  générale.        <)i<S 

—  MM.     A.    Lacroix,     H.    Dedandres, 

G.  Bigourdan,  B.  Baillaud,  Ch.  Lal- 
leniand,  L.  Favé,  D.  Berthelol,  L. 


'777 

Pages. 


Joubin,  G.  Ferrie,  membres  de 
l'Académie,  et  M.  Emile  Mathias, 
correspondant,  sont  délégués  pour 
représenter  l'Académie  à  la  Confé- 
rence des  Unions  internationnares 
d'astronomie  et  de  géodésie  et 
géopliysique,qui  se  tiendra  à  Rome 

du  1  au  lo  mai  ^{y2.'} loio 

M.  Ch.  Lalleinand,  rend  compte  des 
travaux  du  Congrès  qui  vient  de 
se  tenir  à  Rome ^44  • 


Zoologie.  —  Mesure  de  la  surface  cu- 
tanée du  cheval  :  par  M.  B.  Boittisij.        iy5 

—  Sur  un  genre  de  Poisson  abyssal  japo- 

nais très  rare,  nouvellement  re- 
trouvé dans  l'océan  Atlantique 
Nord-Africain  ;  par  M.  Louis  Boule.  64o 
— "  Sur  la  morphologie  des  pièces  buc- 
cales chez  le  mâle  d'Akidognathia 
halidaii  (Bâte  and  Westwood)  ;  par 
M.  Théodore  Monod 642 

—  Sur  un  type  nouveau  et  remarquable 

de  Gymnosonaes  (Laginiopsisn.g.)  ; 

par  Mrae  A.  Pruvot ' 696 

— ■  Sur  un  nouveau  Poisson  aveugle  des 
eaux  douces  de  l'Afrique  occiden- 
tale; par  M.  Jacques  Pellegrin.  .  .  .        884 


—  L'appareil  maxillaire  d'HisIriobdella 

hoitiari;  affinités  des  llistriobdel- 
lides  avec  les  Euniciens;  par 
MM.  F.  Mesnil  et  M.  Caullery (ji3 

—  Une  Haplosporidie,  Ilaplosporidiuru 

Caullery i  nov.  sp.,  parasite  de  Ne- 
reilepas  fucata  Sav.;  par  MM.  L. 
Mercier  et  Baymond  Poisson i'2o5 

—  Sur  l'ontogenèse  des  Poissons  Scom- 

briformes  appartenant  à  la  famille 

des  Luvaridés;  par  M.  Louis  Boule.      laGa 

—  Voir    Biologie,    Cytologie,    Economie 

rurale.  Embryogénie,  Entomologie, 
Morphologie,  Parasitologie,  Patho- 
logie animale,  Physique  biologique. 


TABLE    DES    AUTEURS. 


1779 


TAIÎLE   DES  AUTEUKS. 


MM.  -  Pages. 

ABOULENC  (J.).  -  Voir  Senderens 
[J.-B.)  et  J.  Aboulenc. 

ABRAHAM  (Henri)  et  René  PLA- 
NIOL.  —  Sur  une  nouvelle  mé- 
thode d'émission  doublant  le  ren- 
dement des  stations  de  télégraphie 
sans    fil 1284 

ABRAMI  (P.).  —  Voir  ^yidal  [Fernand], 
P.  Ahrami  et  J.  Hutinel. 

ABRARD  (René).  —  Voir  Lemoine 
{Paul)   et  René  Abrard. 

ACADÉMIE  ROYALE  DE  BELGI- 
QUE. —  Invite  l'Académie  à 
participer  aux  solennités  qui  au- 
ront lieu  à  l'occasion  du  cent- 
cinquantième  anniversaire  de  sa 
fondation 2 

ACADÉMIE  DES  SCIENCES  DE  LIS- 
BONNE. —  Adresse  l'expression 
de  ses  condoléances  à  l'occasion 
du  décès  de  M.  C.  Jordan 4^i 

AITKEN     (R.-G.).    —    Assiste    à    une 

séance    de    l'Académie 783 

ALBESCO  (G.).  —  Voir  Ramart  (M^e)  et 
G.  Albesco. 

ALEZAIS  et  PEYRON.  —  Sur  l'histo- 
genèse et  l'origine  des  chordomes.        419 

ALLEMAND-MARTIN     (A.).    —    Les 

lignites   du   Cap-Bon    (Tunisie) ...  49 

ALLIX    (André).   —  Observations  sur 

la  sculpture  du  relief  par  les  glaces.        2  33 

—  Observations    sur    la    sculpture    du 

relief  par  les   glaces 689 

AMET.  —  La  houille  verte  (imp.)  ....        918 
ANDANT    (A.).   —   Sur   les   variations 
de   l'opalescence    critique   avec   la 
température  et  la  longueur  d'onde 
de    la    lumière    incidente io33 

—  Sur   les   variations   de   l'opalescence 


MM.  Pages. 

critique  avec  le  remplissage  des 
tubes  et  la  nature  dos  liquides 
étudiés 1 54  I 

ANDOYER  (Henri).  —  Sur  le  calcul  de 

la  précession 5o6 

—  Présente  à  l'Acadéniie  un  essai  sur 

l'œuvre   scientifique   de   Laplace.        5i5 

—  Fait   partie    de    la    commission    des 

prix  d'astronomie 65o 

ANDRADE  (.Iules).  —  Fait  hommage 
de  son  ouvrage  :  «  Les  organes 
réglant  des  chronomètres  » 43i 

—  Les  problèmes   mécaniques  des  res- 

sorts réglants 722,  982  et      11 44 

—  Erratum  relatif  à  la  dernière  de  ces 

communications i383 

—  Sur    trois     classes    de    mouvements 

vibratoires   non   entretenues i3i7 

—  Trois  classes  de  vibrations  isochrones 

non  entretenues  et  trois  types  de 
machines  horaires  fixes.  Instru- 
ments nouveaux  pour  l'étude 
expérimentale    des    viscosités....      l5ig 

ANGELESCO   (A).  —  Sur  les  zéros  de 

certaines    fonctions ^T^  • 

ANTHONY  (Raoul).  —  Est  présenté 
en  première  ligne  pour  la  chaire 
d  anatomie  comparée  du  Mu  - 
séum  d'histoire  naturelle 43i 

—  Est  présenté  en  troisième  ligne  pour 

la  succession  de  M.  Ranvier 1 583 

APPELE  (Paul).  —  Fait  hommage  à 
l'Académie  d'une  brochure  inti- 
tulée :  «  Comité  international  des 
Poids  et  Mesures.  Procès-verbaux 
des  séances.  Session  de  1921    >.  .  .  88 

- —  Élu  membre  de  la  commission  char- 
gée de  présenter  une  liste  de  can- 
didats   à   la   succession   de    M.    J. 


17H0  TABLE    DES 

MM.  Pages. 

Carpeiitier,  décédé i^'i 

—  Fait    partie    de    la    coininission    des 

prix  de  mathématiques (>  |ij 

—  id.    de    mécanique ii>\\) 

-^  id.    d'astronomie G'o 

—  id.  du  prix  Montyon  de  statisti(jue.  (JJi 

—  id.    du   prix    Binoux (j)i 

—  id.  des  prix  (Gustave  Roux,  Tliorlel, 

fondation   Lannelongue,  Trémonl, 

Gegner,     Ilirn,     Henri    Becquerel.  65i 

—  id.    du   prix    IToullevigue 652 

—  id.  du  prix  Henri  de  Parville 65'2 

—  id.  de  la  fondation  Jérôme  Ponli.  .  .  652 

—  id.  de  la  cjucstion  du  prix  Bordin.  .  652 
ARAGO    (Félix).   —   Est    présenté   en 

deuxième  ligne  pour  la  succes- 
sion de  M.  Alfred  Grandidier .  .  .  .  336 
ARGAUD  (R).  —  Sur  quelques  fonc- 
tions du  mégacaryocyte  tumoral, 
en  particulier  sur  son  rôle  vaso- 
formateur j;  ^ . 

—  Sur  la  présence   intranucléolaire  du 

centrosome 1078 

ARIÈS  (E.).  —  Sur  le  maximum  de  la 

chaleur    de    vaporisation io5o 

ARON  (M).  —  Signification    morpholo- 
gique  du   tissu   glandulaire   endo- 
crinien du  testitule  des  Urodèles.        332 
— -  Sur  le  déternainisme  des  caractères 
sexuels  secondaires  chez  les  Uro- 


AUTEURS. 

MM.  Pages, 

dèles 709 

—  Sur  le  développenaent  des  caractères 

sexuels  primaires  chez  les  Urodèles. 

Hypothèse  sur  son  déterminisme,  i  568 
ARSONVAL  (Arsène  d').  — Fait  partie 
de     la    commission    des    prix    de 

médecine  et  de  chirurgie 65o 

—  id.    de   physiologie 65 1 

—  id.   du  fonds   Charles  Bouchard....  65 1 

—  id.  du  prix  Lallemand 65l 

—  id.  de  la  question  du  grand  prix  de    . 

sciences  physiques 652 

ARSONVAL  (d'),  BORDAS  et  T(JU- 
PLAIN.  —  Étude  des  eaux  des 
glaciers  d'Argentière  et  des  Bos- 
sons       1143 

ASSOCIATRIN  DE  DOCUMENTA- 
TION BIBLIOGRAPHIQUE.  — 
M.  Jules  Garçon  adresse  un  rap- 
port sur  l'emploi  de  la  subven- 
tion qui  lui  a  été  accordée  en 
191 6  sur  la  Fondation  Lou treuil.  212 
AURIC.    —    Sur    la    généralisation    des 

fractions      continues 24 

—  Sur    la    généralisation    des    nombres 

entiers    complexes i45 

—  Sur    le    développenient    en    fraction 

continue  des  nombres  algébriques.        279 

—  Sur    la    résolution    d'une    équation 

linéaire    indéterminée 4^9 


B 


BACHRACH  (Eudoxie).  —  Voir  Richet 
{Charles],  Eudoxie  Bachrach  et 
Henry  Car  dot. 

BAILLAUD  (Benjamin).  — Fait  partie 
de  la  commission  des  prix  d'as- 
tronomie          65o 

—  Délégué  à  la  Conférence  des  Unions 

internationales  d'astronomie  et  de 
géodésie  et  géophysique io53 

—  Rend  compte  des  travaux  du  Con- 

grès     de     l'Union     astronomique 
internationale     qui     vient     de     se 

tenir  à  Rome i  /j  /j  i 

BAILLAUD  (B.),  M^e  CHANDON 
POURTEAU  et  Mme  MICHAUD. 
—  Piapport  relatif  aux  signaux 
horaires  émis  de  l'Observatoire 
de  Paris  par  le  poste  raHiotélé- 
graphique  de  la  Tour  Eiffel  depuis 


1910  jusqu'à  la  fin  de  1919  et  aux 
signaux  horaires  émis  par  le  poste 
radiotélégraphique  de  La  Doua  à 
partir  du  27  août  1918   (imp.) .  .  .      1398 

BAIRE  (René).  —  Est  élu  corrcsi)on- 
dant  pour  la  section  de  géométrie 
en  remplacement  de  M.  Nœlher, 
décédé 917 

—  Adresse  des  remerciements  à  l'Aca- 
démie        I  lOI 

BALDWIN.  —  Assiste  à  une  séance  de 

l'Académie i  Sog 

BARLOT  (J.),  et  M"e  M.-T.  BRENET 
Détermination  des  acides  gras 
par  la  forniation  de  leurs  complexes 
à. base  d'uranyle  et  de  sodium.  .  .         1  1 4 

BARROIS  (Charles).  —  Fait  partie  de 
la  commission  des  prix  de  minéra- 
logie et  géologie 65o 


TABLE    DES 

MM.  Pages. 

—  Délégué    au    XIII^    Congrès    géolo- 

gique    international 1446 

BARROIS  (Cn.),  P.  PRUVUST  et 
G.  DUBOIS.  —  Mémoire  sur  les 
faunes  siluro-dévonionnes  de  Liévin 
et  de  l'Artois  (imp.) i.>,;6 

BATUAUD  (.Jules).  —  La  stérilité 
féminine,  ses  causes,  son  traite- 
ment   (imp.) 5  iG 

BAUD  (Paul).—  Yoir Deguide  [Camille) 
et   Paul  Baud. 

BAUDOUIN  (Marcel).  —  La  repré- 
sentation niatériclle  préhistorique 
des  Pléiades  à  dix  étoiles  dans 
un  bassin  de  rocher  des  Epesses 
(Vendée) 537 

BAUER  (Edmond).  —  Adresse  un  rap- 
port relatif  à  l'emploi  qu'il  a  fait 
de  la  subvention  qui  lui  a  été  ac- 
cordée sur  le  Fonds  Bonaparte.  .  .        '271 

—  Sur  le  champ  électromagnétique  des 

trajectoires  stationnaires  de  Bohr.      i335 
BAURY    (A.).   —   Voir  Léger   {Marcel) 

et  A.  Baury. 
BAYEUX  (Raoul).  —  Adresse  un  rap- 
port sur  l'emploi  qu'il  a  fait  de  la 
subvention  accordée    cn  1916   sur 
le  Fonds    Bonaparte 89 

—  La    respiration    maximuni   aux    très 

Jiautes  altitudes 1007 

BAYLE  (F.).  —  Adresse  une  note  con- 
sacrée à  l'étude  de  formules  pei'- 
mettant  d'établir  les  salaires  ou- 
vriers d'après  des  règles  ration- 
nelles       1 58-2 

BAZY  (Pierre).  —  Fait  partie  de  la 
commision  des  prix  de  médecine 
et  de  chirurgie 65o 

—  id.   du  fonds  Charles  Bouchard....        65 1 

—  Délégué   à  l'inauguration  d'un  mo- 

nument   élevé    à    la    mémoire    de 

M.   Lucas-Championnière 1219 

BAZY    (Pierre    et    Louis).    • —    Sur   la 

vaccination  préopératoire 1662 

BEAU  (M.).  —  Voir  Lindel  [Léon), 
M.  Beau  et  Ch.  Porcher. 

BECQUEREL  (Jean).  —  Le  principe 
de  la  relativité  et  de  la  théorie  de 
la  gravitation.  Leçons  professées  à 
l'Ecole  polytechnique  et  au  Mu- 
séum  d'histoire   naturelle    (inap.).       796 

BEDEAU.  —  Mesure  de  la  constante 
diélectrique  des  gaz  et  des  vapeurs 
au    moyen    des    circuits    à    ondes 

C.  H.,  192a,  1"  Semestre.  (T.  174.) 


AUTEURS.  1781 

MM.  Pages, 

entretenues 38o 

BÉDOS  (Pierre).  —  Voir  Godchot 
(Marcel)   et  Pierre  Bédos. 

BEDOT      (Maurice).     —     Ilydroïdes; 

Plumarida;   (imp.) i3'20 

BÉIIAGUE    (P.)    et    J.    BEYNE.    —  - 
Etude  des  temps  de  réactions  psy- 
cho-motrices tactiles  chez  l'homme 
normal '259 

BÉHAL  (Auguste).  —  Fait  partie  de  la 

commission  des   prix   de  chimie.  .        65o 

BELIN  (Edouard).  —  Sur  la  trans- 
mission télégraphique  des  photo- 
graphies, dessins  et  écritures G78 

—  Sur  la  transmission  de  l'écriture  et 

des  dessins  par  T. S. F iG23 

BELLESCIZE  (H.  de).  —  Demande 
l'ouverture  de  deux  plis  cachetés 
reçus  respectivement  dans  les 
séances  des  21  mars  et  10  octobre 
1921   et  inscrits  sous  les  n°^  88o4 

et  8923 •••      917 

—  Amortissement   des    oscillations   des 

résonateurs    de    T. S. F i457 

BELOT  (Emile).  —  La  périodicité  et  le 
mouvement  des  taches  du  Soleil 
en  latitude  expliqués  par  la  pulsa- 
tion de  son  noyau 283 

—  Sur    le    rôle    des    milieux    nébuleux 

dans  la  dynamique  des  systèmes 
stellaire  et  planétaire io56 

—  Exposition  syjithétique   de  l'origine 

dualistique    des    mondes     (imp.).      1527 

BENOIT     (René).     —     Sa     mort     est 

annoncée  à  l'Académie 1209 

— ■  M.  Emile  Picard  rappelle  ses  prin- 
cipaux  travaux t  .      1 209 

BENOIT  (J.).  —  Sur  les  conditions 
physiologiques  relatives  à  la  pa- 
rure nuptiale  périodique  chez  les 
Oiseaux 701 

BERGER  (E.).  —  Sur  la  réduction  des 

oxydes    par    l'hydrogène i34i 

— '  Sur  une  lampe  à  formol 1+71 

BERLOTY  (B.).  —  Adresse  des  rap- 
ports relatifs  aux  subventions 
accordées  à  l'Observalcire  de 
Ksara  sur  la  Fondation  Loutreuil 
en  1919  et  1921 '.....        3G7 

BERLOTY  et  COMBIER.  —  Éclipse  de, 
Soleil  du  28  mars  1922,  observée 
à  l'Observatoire  de   Ksara  (Syrie).,      ioo4 

BERNARD  (Henri).  —  Voir  Pastureau 
et   Henri   Bernard. 

128 


1782 

MM/ 

BERTHELOT  (Daniel).  —  Fait  partie 
de  la  commission  des  prix  de 
physique 65o 

—  id.  du  prix  Binoux ,  65i 

—  Délégué  à  la  Conférence  des  Unions 

internationales  d'astronomie  et  de 
géodésie  et  géophysique io53 

—  Elu  membre  du   Conseil  de  la  fon- 

dation Loutreuil  en  remplace- 
ment de  M.  C.  Jordan,  décédé.  .  .      1277 

—  Fait    hommage    à  l'Académie    d'un 

ouvrage  intitulé  :  <'  La  physique 
et  la  métaphysique  des  théories 
d'Einstein    » 144*^ 

BERTHELOT  (Albert)  et  M^e  St. 
DANYSZ-MICHEL.  —  Sur  la 
présence  de  microbes  acétono- 
gènes  dans  la  flore  intestinale  des 
diabétiques 1 3o3 

BERTIN  (Emile).  —  Allocution  pro- 
noncée en  prenant  possession  du 
fauteuil  de  la  présidence.  .......  18 

—  Allocution    à  l'occasion  de   la   mort 

de  M.  Camille  Jordan 209 

—  Fait   partie    de    la    commission    des 

prix  de   mécanique 649 

—  id.    de   géographie 65o 

—  id.    de    navigation 65o 

—  id.  Médailles  Arago,  Lavoisier,  Ber- 

thelot 65i 

—  id.  des  prix  Gustave  Roux,  Thorlet, 

fondations  Lannclongue,  Tré- 
mont,  Gegner,  Hirn,  Henri  Bec- 
querel          65 1 

—  id.  du  prix  Henri  de  Parville 652 

—  Annonce    à   l'Académie   le   décès   de 

M.    Ph.-A.     Guye,    correspondant 

pour  la  section  de  chimie 897 

—  Annonce   à   l'Académie   le    décès  de 

M.  René  Benoît,  correspondant 
de  l'Académie  pour  la  section  de 
physique  générale,  et  celui  de  Sir 
Patrick  Manson  correspondant 
pour  la  section  de  médecine  et 
chirurgie 1 209 

BERTRAND  (Gabriel)  et  M^e  M. 
ROSENBLATT.  —  Sur  les  va- 
riations sur  la  teneur  en  manganèse 
des  feuilles   avec  l'âge ,  •  •  •  •        491 

BERTRAND  (Gabriel),  FRÉUN- 
DLER  et  Mlle  MÉNAGER.  —  Sur 
les  variations  de  composition 
chimique  de  l'eau  de  mer  et  l'éva- 
luation de  la  salinité I25i 


TABLE    DES    AUTEURS. 

Pages.     MM.  Pages. 

BERTRAND  (Gaston).  —  La  loi  de 
Riemann,  le  périhélie  de  Mercure 
et  la  déviation  de  la  lumière.  .  .  .      1687 

BESSON  (L.)  et  H.  DUTHEIL.  —  Le 
déplacement  des  hausses  et  des 
baisses  barométriques  et  la  direc- 
tion   des    cirrus 237 

BEYNE  (J.).  —  Voir  Béhague  [P.]  et 
J.   Beyne. 

BIANCHI  (L.).  —  La  mécanique  du 
cerveau  et  la  fonction  des  lobes 
frontaux  (inip.) 270 

BIDOU  (Gabriel).  —  Compas  d'orien- 
tation du  pied 1370 

—  Musculomètre    artificiel i  564 

BIERRY    (H.),    F.  RATHERY    et    F. 

BORDET.  —  Azotémie  et  hyper- 
protéidoglycémie   expérimentales.        970 

—  Voir  Desgrez  [A.],  H.  Bierry  et  F. 
Rathery. 

BIGOT  (A.).  —  Ivaolins ,  argiles, 
bauxites,  etc.  Perte  au  feu  et 
porosité 1 202 

BIGOURDAN  (Guillaume).  —  Pré- 
sente à  l'Académie  le  premier 
numéro  d'un  Bulletin  horaire 
publié  sous  sa  direction,  par  le 
Bureau    international  de  l'Heure.        211 

—  Communique   plusieurs   publications 
relatives   aux  travaux  du  Bureau    ' 
international   de  l'Heure 585 

—  Fait  partie  de  la  commission  des 
prix  d'astronomie 65o 

—  id.   du   prix   Ginoux 65 1 

—  id.   du   prix    Houllevigue 652 

—  id.  du  prix  Henry  Wilde 652 

—  id.   du  prix  Victor   Raulin 652 

—  id.   de  la  fondation  Jérôme   Ponti.        652 

—  id.   de  la  question  du  prix  Bordin.        652 

—  Fait  hommage  à  l'Académie  d'un 
ouvrage  intitulé  :  «  Gnomonique 
ou  Traité  théorique  et  pratique  de 
la  construction  des  cadrans  so- 
laires «,  suivi  de  Tables  auxiliaires 
relatives  aux  cadrans  et  aux  ca- 
lendriers         795 

—  Fait  hommage  à  l'Académie  d'une 
brochure  intitulée  :  «  L'Astro- 
nomie en  Alsace  et  particulière- 
ment   à    Strasbourg    » 988 

■ —  Délégué  à  la  Conférence  des  Unions 
internationales  d'astronomie  et  de 
géodésie   et    géophysique io53 

—  Fait  hommage  à  l'Académie  d'une 


TABLE    DES 

MM.  Pages, 

brochure  sur  les  Corrections  des 
signaux  horaires  et  d'un  fascicule 
du  «  Bulletin  horaire  du  Bureau 
international   de   l'Heure    » i  5'26 

BILLON  (Mlle  Hélène).  —  Sur  l'ac- 
tion du  chlorobroniure  de  tri- 
méthylène  sur  quelques  cétones 
de  la  série   grasse 1 708 

BLAISE  (E.-E.)  et  MUe  MONTAGNE. 

—  Action  du  chlorure  de  thionyle 

sur    les    acides-alcools  ot 1 1  73 

—  Action  du  chlorure  de  thionyle  sur 

les    acides-alcools  a i553 

BLANCHET  (F.)  et  E.  CIIAGNY.  — 
Nouvelles  observations  sur  les 
dislocations  de  la  Montagne  de  la 

Bastille,    près    de  Grenoble 3o2 

BLARINGHEM  (L.).  —  Hérédité  anor- 
male de  la  couleur  des  embryons 
d'une  variété  de  Pois  {Pisuin 
sativiun  L.) 877 

—  Sur  l'hérédité  du  sexe  chez  la  Lych- 

nide  dioïque  [Lychnis  vespertiita 
Sibthorp) 1 429 

BLOCH  (Léon  et  Eugène).  —  Sur  les 

spectres    d'étincelles    dans    l'eau.      i456 

BLONDEAU  (Joseph).  —  Étude  de 
quelques  cyanures  de  bcnzyle 
dialcoylés  ainsi  que  des  alcools, 
aniides,  aminés  et  acides  corres- 
pondants        1424 

BOHN  (Georges).  —  Voir  Drzewina 
(Mme  Anna)  et  M.  Georges  Bohn. 

BOISSE    DE    BLACK    (MUe   Yvonne). 

—  L'érosion  rissienne  dans  les 
hautes  vallées  de  la  Cère  et  du 
Goul     (Cantal) 473 

—  Le  Wûrmien  dans  les  hautes  vallées 

de  la  Cère  et  du  Goul  (Cantal)..  .      1247 
BOMPIANI  (Enrico)  —  La  géométrie 
des  espaces  courbes  et  le  tenseur 

d'énergie    d'Einstein 70^ 

BONAPARTE  (Le  Prince).  —  Fait 
hommage  du  fascicule  10  de  ses 
«    Notes    ptéridologiques    « 43o 

—  Fait  hommage   du    li^  fascicule   de 

ses   «    Notes   ptéridologiques   »...        5i6 

—  Est  adjoint  à  la  délégation  qui  re- 

présentera l'Académie  aux  fêtes 
du  cent-cinquantième  anniver- 
saire de  la  fondation  de  l'Acadé- 
mie royale  de  Belgique 387 

—  Fait    partie    de    la    commision    des 

prix    de    géographie 65o 


AUTEURS.  1783 

MM.  Pages. 

—  id.    de  botanique 65o 

—  id.   d'anatomii^   et   zoologie 65o 

—  id.  du  prix  Montyon  de  statistique.        65 1 
- —  Fait     hommage     à    l'Académie     du 

12^  fascicule  de  ses  «  Notes  ptéri- 
dologiques » I  I  o  1 

BONNET  (Eugène).  —  Action  des  sels 

solubles  de  plomb  sur  les  plantes.        488 

BONNIER  (Gaston).  —  Fait  partie 
de  la  commission  des  prix  de  bo- 
tanique          6  jo 

—  (Jfîre  à  l'Académie  le  Tome  V>  de  la 

«  Flore  complète  de  France,  Suisse 

et  Belgique   » 727 

BOREL  (Emile).  —  Sur  les  fonctions 
d'une  variable  réelle  indéfiniment 
dériv  ablcs.. 5o5 

— ■  Est  désigné  pour  représenter  l'Acadé- 
mie aux  fêtes  du  septième  cente- 
naire de  la  fondation  de  l'L^niver- 
sité  royale  de   Padouc J87 

—  Fait    partie    de    la    commission    des 

prix    de    mathématiques C49 

—  id.  Montyon  de  statistique 65 1 

—  id.  du  prix  Henry  Wilde 652 

—  id.  de  la  question  du  prix  Bordin .  652 

—  Offre  à  l'Académie  un  livre  intitulé 

«  L'espace  et  le  temps  » 794 

—  Définition  arithmétique  d'une  distri- 

bution de  masses  s'étendant  à 
l'infini  et  quasi  périodique,  avec 
une  densité  moyenne  nulle 977 

—  Errata  relatifs    à    cette  communica- 

tion        1 208 

—  Remarques  sur  une  note  de  M.  Car- 

leman 996 

—  Hypothèses      physiques      et      hypo- 

thèses  géométriques io5o 

BORDAS.  —  Voir  Arsonval  {(V),  Bordas 
et  Touplaiit. 

BOSSELUT  (R.).  —  Voir  Donatien  {A.) 
et  R.  Bosselid. 

BOSSUET  (Robert).  —  Voir  Jolibois 
{Pierre)  et  Robert  Bossuet.  ~ 

BOUGAULT  (J.)  et  H.  HÉRISSEY. 
—  Notice  sur  la  vie  et  les  travaux 
d'Emile  Boiirquelot   (inip.) 89 

BOUGET  (Joseph).  —  Observations  sur 
l'optimum  d'altitude  pour  la  colo- 
ration des  fleurs i  728 

BOUGET  (Joseph)  et  Ad.  DAVY  DE 
VIRVILLE.  —  Influence  de- la 
météorologie  de  l'année  1921  sur 
le    rouffissement    et   la    chute    des 


1784      ,  TABLE    DES 

MM.  Pages, 

feuilles 768 

BOUIN  (P.).  —  Sur  la  conjugaison  pa- 
rallèle des  chromosomes  et  le 
mécanisme  de  la  réduction  chro- 
matique         968 

—  La  dipyrénie  des  spcrmies  dans  cer- 

taines doubles  spermatogénèses 
est  obtenue  par  une  mitose  hété- 
rotypique  qui  se  produit  au  cours 
du  développement 1571 

BOULANGER  (Ch.)  et  G.  URBAIN. 
— •  Sur  la  composition  et  les  carac- 
tères chimiques  de  la  ihortveitite 
de     Madagascar i44'^ 

BOULOUCH  (R.).  —  Calcul  des  élé- 
ments cjui  déterminent  un  sys- 
tème centré  formé  par  un  nombre 
quelconque    de    surfaces 45o 

BOULVIN    (J.).   —   Tirage   induit   par 

trompe  aspirante   (inap.) 1446 

—  A   propos    de   l'étude   des   machines 

à  vapeur  par  le  diagramme  entro- 

pique     (inip.) l446 

BOURGEOIS  (Robert).  --  Fait  partie 
de  la  commission  des  prix  de  géo- 
graphie          65o 

—  id.    de    navigation 65o 

id.    du  prix  Victor  Raulin 65'2 

BOURGOIN  (Paul).  —  Au  sujet  de  la 
vitesse  de  combustion  des  poudres 
colloïdales 5o2 

BOURGUIGNON  (Georges).  —  Modi- 
fications de  la  chronaxie  des 
muscles  squelettiques  et  de  leurs 
nerfs,  par  répercussion  de  la  lé- 
sion de  neurones  auxquels  ils 
sont    fonctionnellenient    associés.       773 

—  Traitement    de    la    contracture    par 

l'excitation  électrique  des  mus- 
cles non  contractures  dans  les 
lésions  du  faisceau  pyramidal  et 
dans  la  contractiire  secondaire  à 
la  paralysie  faciale  périphérique. 
Évolution  de  la  chronaxie  au 
cours  du  traitement 890 

BOURGUIGNON  (Georges)  et  CON- 
DUCHE.  —  Exjîériences  sur  l'in- 
troduction de  l'ion  iode  par  élec- 
trolyse  chez  l'homme  et  son  éli- 
mination   par    les    urines i4^7 

BOURQUELOT  (Emile).  —  Notice 
sur  sa  vie  et  ses  travaux,  par 
J.  Bougault  et  H.  Hérissey  (imp.).         89 

BOURRET     (René).    —    Les    massifs 


AUTEURS. 

MM.  Pages, 

autochtines  du  Nord  -  Est  du 
Tonkin 227 

—  Les    nappes    dans    le    Nord-Est    A\\ 

Tonkin.. 406 

BOUSSINESQ  (Joseph).  —  Fait  partie 
de  la  commission  des  prix  de  ma- 
thématiques    649 

—  id.   de    mécanique 649 

—  id.   d'astronomie 65o 

—  id.  de    navigation 65o 

—  id.  de   physique 65o 

—  id.  du    prix    Binoux, 65 1 

—  id.  du   prix    Houllevigue ^ 652 

—  id.  de   la   fondation   Jérôme    Ponti.  652 
— .  id.  de   la   (jucstion   du  prix  Bordin.  652 
BOURTARIC  (A.).  —  Sur   le   rayonne- 
ment  diurne   de   l'atmosphère   au 
Mont  Blanc 1 83 

—  Observations  relevées  au  Mont  Blanc.  3o9 
BOUTARIC  (A.)  et  M.  VUILLAUME. 

—  Floculation  du  sulfure  d'arsenic 
colloïdal.  Influence  de  la  concen- 
tration du  colloïde,  de  l'agitation 
et  de  la  température i35i 

BOUTIIILLON  (Léon).  —  La  théorie 
et  la  pratique  des  radiocommu- 
nications. II.  La  propagation  des 
ondes  électromagnétiques  à  la 
surface  de  la  Terre    (imp.) 728 

BOUTY.  —  Fait  partie  de  la  comniis- 

sion   des   prix  de  physique 65o 

BOUVIER  (Louis).  —  Fait  partie  de  la 

commission  des  prix  de  botanique.        65o 

—  id.  d'anatomie   et  zoologie 65o 

—  id.   du    prix    Binoux 65 1 

—  id.  du   prix   Alhumbert .        65 1 

—  id.  du  prix  Lallemand 65 1 

—  id.   du  prix  Vaillant 65 1 

—  id.  du   prix   Saintour 652 

BOUY  (R.  de).  —  Adresse  un  mémoire 

de  M.  Des  Perrières,  daté  du  20  no- 
vembre 1770,  intitulé  :  «  Projet 
d'un  bâtiment  de  mer  pouvant 
naviguer  entre  deux  eaux  » 1268 

BRALY  (An.).  —  Nouvelle  méthode 
de  recherche  de  l'or  et  de  l'argent 
dans  les  minerais  au  moyen  du 
chalumeau io65 

BRANLY  (Edouard).  —  Fait  partie  de 

la  commission  dçs  prix  de  physique.        65o 

—  id.  de   médecine  et  chirurgie 65o 

—  jd.  du    fonds    Charles    Bouchard...        65 1 
BRENET  (Mlle  M.-T.).  —  Voir  Barlot 

[J.)  et  Mlle  M.-T.  Brenet. 


TABLE    DES 

MM.  Pages. 

BRETON  (Jules-Louis).  —  Fait  hom- 
mage d'un  ouvrage  de  M.  Albert 
Banc,  intitulé  :  «  Les  ingénieurs 
et  la  guerre.  La  mobilisation  tech- 
nique et  scientifique  »,  dont  il  a 
écrit  la  préface 728 

BRETON  (M.)  et  V.  GRYSEZ.  — 
Réactions  de  défense  et  d'immu- 
nité provoquées  par  injection 
intradermique  de  microbes  vi- 
vants ou  tués  par  la  chaleur.  .  .  .      i3o6 

BRIDEL  (Marc).  —  Sur  la  présence 
d'un  glucoside  à  essence  dans 
les  tiges  foliées  et  les  racines  du 
Sedum     Telephiiim    1. 186 

BRILLOUIN.  —  Fait  partie  de  la 
commission  des  prix  de  physi- 
que   ; .  .        6'jo 

—  Chanip  isotrope.  Sphère  fluide  hété- 

rogène   1 585 

BROGLIE  (Maurice  de).  —  Est  pré- 
senté en    première    ligne  pour  la 

succession   de    M.    J.    Carpenlier.  2  52 

—  Obtient  des  suffrages 270 

—  Sur   les   spectres   corpusculaires   des 

éléments 989 

BROGLIE  (M.  de)  et  A.  DAUVILLIER 

—  Sur    un    nouveau    phénomène  d'ab- 

sorption observé  dans  le  domaine 

des  rayons  X 1 546 

BRUHAT  (g.)  et  A.  DELAYGUE.  — 
Détermination  du  point  d'inver- 
sion supérieur  de  la  chaleur  spé- 
cifique de  la  vapeur  saturée  de 
benzine 937 

BRUN  (Pierre).  —  Voir  Godchot 
[Marcel]    et  Pierre  Brun. 


AUTEURS.  1785 

MM.  Pages. 

BRUTTINI  (Arturo).  —  Ramassage 
et  utilisation  des  déchets  et  résidus 
pour  l'alimentation  de  l'homme 
et  des  animaux,  pour  les  engrais 
et  les  industries  agricoles  (i9l4" 
1920)      (imp.) I054 

BRYLINSKI    (E.).        Sur    iint.rpréta- 

lion  de  l'expérience  de  Miclielson.        i53 

BUGNON  (P.).  —  Sur  l'hypocotyle  de 

la    Mercuriale 904 

—  Sur  la  ramification  dicholome  dans 

les  cotylédons 1 194- 

—  L'organisation    libéroligneuse,     chez 

la  Mercuriale,  reproduit-elle  une 
disposition    ancestrale  ? i484 

BULL  (L.).  —  Appareil  pour  la  disso- 
ciation rapide  des  images  dans  la 
cinématographie  par  étincelle  élec- 
trique       io59 

BUREAU  INTERNATIONAL  DE 
L'HEURE.  —  M.  Bigourdan 
présente  à  l'Académie  le  premier 
numéro  d'un  Bulletin  horaire 
publié,  sous  sa  direction,  par  le 
Bureau    international    de    l'heure.        211 

—  M.     Bigourdan     communique     plu- 

sieurs   de    ses    publications 585 

BURNET  (E.).  —  Sur  un  nouveau  pro- 
cédé de  diagnostic  de  la  fièvre 
méritanéenne 4^1 

—  Sur  un  type  d'arthrite  fréquemment 

observé  chez  les  cobayes  infectés 
par  le  Micrococcus  melitensis .  .  .  978 
BURT  WOLBACH  (S.),  John  L. 
TODD  and  Francis  W.  PAL- 
FREY.  —  The  Etiology  and  Pa- 
tlîology    of   Typhus    (imp.) 988 


c 


CAHEN  (Armand).  —  Sur  les  équa- 
tions différentielles  du  premier 
ordre  à  points  critiques  fixes .... 

—  Erratum  relatif  à  cette  communica- 
tion  

CAMICHEL  (G.).  —  Sur  les  surfaces 
de  discontinuité 

CARDOT  (Henry)  et  Henri  LAU- 
GIER.  —  Le  réflexe  linguo-maxil- 
laire    [ultimum    reflex] 

CARDOT  (Henry).  —  Voir  Bicliet 
(Charles),  Eudoxie  Barhrarh  et 
Henry  Cardot. 


276 
716 
666 


CARIN  (F.).  —  Voir  Malaquin  [A.)  et 

F.  Carin. 
CARLEMAN    (Torsten).    —    Sur    un 

théorème  de   M.   Denjoy "i'Z 

—  Sur  les  séries     / — 588 

—  Démonstration     d'un     théorème     de 

M.   Borel 994 

—  Remarques    de    M.    Borel    sur    cette 

communication 99^ 

—  Sur  les   séries   asymplotiques 1327 

—  Sur  le  problème  des  moments 1680 

CARPENTIER    (Jules).   —  Son   rem- 


1786 

MM. 


TABLE    DES 

Pages. 


1446 


i653 


43 


1^/ 


91Ï 


I  io4 


placement 

—  Jules  Corpeiitier  (1831-1821)  in   tne- 

tnoriani    (imp.) 

—  M.   Maurice  d'Ocagne  donne  lecture 

d'une  notice  sur  sa  vie  et  ses  tra- 
vaux  

CARPENTIER  (Alfred).  —  Sur  les 
Conifères  et  les  Fougères  du  Weal- 
dien    de     Féron-Glageon    (Nord). 

CARRÉ  (H.).  —  Voir  Vallée  (H.)  et 
//.   Carré. 

CARTAN  (E.)  —  Sur  une  définition 
géométrique  du  tenseur  d'énergie 
d'Einstein 

—  Sur  une  généralisation  de  la  notion 

de  courbure  de  Riemann  et  les 
espaces    à    torsion 598 

—  Sur    les    espaces    généralisés    et    la 

théorie    de   la    Relativité 734 

—  Sur    les    espaces   conformes    généra- 

lisés et  l'Univers  optique 85" 

—  Leçons    sur  les  invariants  intégraux 

(imp-) 

—  Sur  les   équations   de   structure    des 

espaces  généralisés  et  l'expression 
analytique  du  tenseur  d'Einstein. 

—  Prie  l'Académie   de   vouloir  bien    le 

compter  au  nombre  des  candidats 
à  la  place  vacante,  dans  la  sec- 
tion de  géométrie,  par  le  décès 
de  M.  Camille  Jordan 1019 

—  Est     présenté     en     deuxième     ligne 

pour  la  succession  de  M.  C.  Jordan     i383 

—  Obtient    des    suffrages 1398 

CARVALLO    (E.).   —  Le   principe   de 

relativité     dans    les    diélectriques.        106 
CATOIRE  (M.).  —  Voir  Malfitano  [G.) 

et  M.  Catoire. 
CAULLERY    (Maurice).    —    Est    pré- 
senté  en   deuxième   ligne  pour   la 
succession    de    M.    Ranvier i583 

—  Obtient    des    suffrages 1611 

—  Voir  Mesnil  (F.)  et  M.  Caullery. 
CAVALLIER      (Camille).     —      Notes 

économiques  d'un  métallurgiste 
(imp.) ^ 

CAVEL  (Lucien).  —  Le  procédé  d'épu- 
ration par  les  «  boues  activées  >' 
est-il  applicable  au  système  sépa- 
ratif  ? " 

CERIGIIELLI  (R.).  —  Voir  Maquenne 
(L.)  et  R.  Cerighelli. 

CHAGNY  (E.).  —  Voir  Blanchet  (F.) 
et  E.   Cliagny. 


1398 


AUTEURS. 

MM.  Pages. 

CHAMPY  (Ch.).  —  Sur  le  détermi- 
nisme des  caractères  sexuels  chez 
les    Tritons 192 

—  Sur   les   conditions   de   la   genèse   de 

l'harmosone  sexuelle  chez  les  Ra- 
traciens  anoures 497 

CHANDON  (Mme).  _  Voir  Baillaud 
(B.),  M™e  Chandon,  Pourteau  et 
Mme   Michaud. 

CIIAPAS.  ■ —  Solubilité  des  acides  to- 
luiques  isomères  dans  les  trois 
xylènes 610 

CIIARCOT  (Jean).  —  Est  présenté  en 
troisième  ligne  pour  la  succession 
de  M.  ./.  Carpeniier 252 

—  Obtient    des    suffrages 270 

CHARCOT  (J.-B.).  —  Sur  les  tempéra- 
tures    à     différentes     profondeurs 

de  la  fosse   du   Cap-Breton 1246 

CHARPY  (Georges)  et  Louis  GRE- 
NET.  —  Sur  l'étude  de  la  pénétra- 
tion de  la  trempe  dans  l'acier.  .  .  .      1278 

CHARRIOU.  —  Sur  la  séparation  de 
l'oxyde  ferrique  et  de  l'alumine 
d'avec  la  chaux  par  la  méthode 
des   azotates 7^1 

CHATTON  (Edouard).  —  Sur  le  poly- 
morphisme et  la  maturation  des 
spores  des  Sydinides  (Pérédinicns).        126 

CIIAUCHARD  (M.  et  M^e).  _  Mesure 
de  l'excitabilité  d'un  nerf  sécré- 
toire  :  corde  du  tympan  et  glande 
sous-maxillaire 63 

CHAUDRON  (G.)  et  G.  JUGE-BOI- 
RARD.  —  Sur  le  dosage  du  soufre 
dans  les  pyrites  de  fer 683 

CHAUDUN  (Mlle  A.).  —  Voir  Colin  {H.) 
et  Mlle  A.  Chaudun. 

CHAUMAT  (Henri).  —  Sur  le  galvano- 
mètre   balistique 32 

—  Sur    l'application    du    galvanomètre 

balistique  aux  essais  de  fer i55 

—  Sur  la  mesure  des  isolements  par  la 

méthode  dite  d'accumlation 286 

—  Erratum    relatif    à    cette    communi- 

cation         4^6 

—  Sur  la  mesure  des  puissances  en  cou- 

rants alternatifs  dans  les  cas  anor- 
maux         545 

— ■  Sur  un  nouveau  wattmètre 866 

—  Sur    un    dispositif    permettant    l'éli- 

mination et  la  détermination  du 
facteur  de  correction  des  watt- 
mètres - 1007 


TABLE    DES 

MM.  Pages. 

CHAUVEAUD  (Gustave).'—  Les  prin- 
cipales variations  du  développe- 
ment vasculaiie  dans  les  pre- 
mières phyllorhizes  des  Phanéro- 
games ne  sont  pas  déterminées  par 
l'accroissement  intercalaire 1487 

CHAZY  (Jean).  —  Sur  les  vérifications 
astronomiques  de  la  théorie  de  la 
relativité 1 1  jj 

—  Note    de  H.  Painle.vè  sur  cette  com- 

munication       1 161 

—  Sur  le  mouvement  d'une  planète  dans 

un    milieu    résistant 1280 

CHEMIN  (E.).  —  Sur  le  parasitisme 
de    Sphacelaria    bipinnaia   Sauva- 

geau 244 

CHÉNEVEAU  (C).  —  Sur  une  méthode 
optique  pour  la  détermination  de 
la  solubilité  réciproque  de  liquides 
peu  miscibles 81 5 

—  Sur  une   application  de  la   méthode 

optique  de  détermination  de  la 
solubilité  d'un  liquide  dans  un 
autre 1019 

CHEVALIER  (Auc).  —  Voir  Cor- 
bière  (L.)   et  Aiig.   Chevalier. 

CHEVENARD  (P.).  —  Dilatabilité  du 
chrome  et  des  alliages  nickel- 
chrome  dans  un  intervalle  étendu 
de  températures 109 

CHEVROTIER  (.Iean).  —  Voir  Lu- 
mière [Auguste]  et  Jean  Chevrotier. 

CHOFARDET  (P.).  —  Observations  de 
la  comète  Skjellerup  (1922  a), 
faites  à  l'équatorial  coudé  de  l'Ob- 
servatoire   de    Besançon i532 

CHRÉTIEN  (Henri)  et  Paul  DITI- 
SHEIM.  —  Chronographe  élec- 
trique ,  enregistrant,  en  chiffres, 
le  temps  au  centième  de  seconde.        999 

CIAMICIAN.  —  M.  le  Président  annonce 
sa  mort  survenue  à  Bologne  le 
2    janvier    1922 i33 

—  M.  A.  H  aller  retrace  sa  vie  scienti- 

fique         i33 

CLAUDE  (Georges).  —  Sur  des  acci- 
dents observés  dans  la  synthèse  de 
l'ammoniaque  par  les  hyperpres- 
sions  et  sur  le  moyen  de  les  éviter.        lô" 

—  Sur   l'élimination    de    la    chaleur    de 

réaction  dans  la  synthèse  de  l'am- 
moniaque par  les  hyperpressions.        681 
CLÉMENT  et  RIVIERE.  —  Essais  de 
fabrication  synthétique  des  nacres 


AUTEURS.  1787 

MM,  Pages, 
par    production    de     réseaux    chi- 
miques       l353 

COHBMDY  et  E.  WOLLMAN.  — 
Quelques  résultats  acquis  par  la 
méthode  des  élevages  aseptiques  : 
I.  Scorbut  expérimental;  II.  In- 
fection cholérique  du  cobaye  asep- 
tique       1082 

COLIN  (H.)  et  M'ie  A.  CHAUDUN.  — 
Sur  la  loi  d'action  de  la  sucrase  : 
vitesse  d'hydrolyse  et  réaction  du 
milieu 218 

COLIN  (Elicio).  —  xxve-xxixe  BibUo- 
graphie  géographique  (1915-1919) 
(imp.) 918 

COLLET  (Mlle  Paule).  ~  Couches 
minces  formées  par  des  mélanges 
de    glycérides 544 

COLLIN  (André)  et  SANGUINETTI. 
—  Traduction  d'un  ouvrage  de 
M.    L.    Bianchi 270 

COMBES  (Raoul).  —  La  recherche  des 
pseudo  -  basex  d'anthocyanidines 
dans  les    tissus  végétaux 58 

—  La  formation  des  pigments  anthocya- 

niques 240 

COMBIER.  —  Voir  Berlotij  et  Comhier. 

CONDUCHÉ.  —  Voir  Bourguignon 
(  Georges]    et    Conduché. 

CONSEIL  (E.).  —  Voir  Mcolle  [Charles] 
et  E.   Conseil. 

CORBIERE  (L.).'  et  Aug.  CHEVA- 
LIER. —  Sur  l'origine  du  Spar- 
tina  Townsendi  et  sur  son  rôle 
dans  la  fixation  des  vases  marines.      1074 

CORBIN  (Paul).  —  Quelques  coupes 
sur  la  bordure  orientale  du  massif 
du   Vercors 7*^^ 

CORROY  (G.).  —  Sur  quelques  Pois- 
sons néocomiens  de  la  Haute- 
Marne  et  de  la  Meuse 3o4 

—  Les   Reptiles   néocomiens   et   albiens 

du  Bassin  de  Paris 1 192 

COSTANTIN    (Julien).   —   Présente   à^ 
l'Académie    un    ouvrage    intitulé  : 
«   Histoire  naturelle  illustrée  :  les 
Plantes  » 1 4 1 

—  Fait    partie    de    la    con\mission    des 

prix  de  botanique 65o 

—  id,  du  prix   Bordin 65o 

—  Sur  les  croix  de  Malte  présentées  par 

les  bois  soumis  à  des  traumatismes.      1 3 1 3 

—  Sur   l'hérédité    acquise lôSg 

COSTANTIN  (J.)  et  F.  FAIDEAU.  — 


I.  Les 


du 


1788 

MM. 

Histoire  naturelle  illustrée 
Plantes    (imp.) 

COSTER   (D.).   —   Sur    la   série    L 

spectre    des   rayons    X 

COUANON  (Georges).  —  Les   vins  et 
^    eaux  de  vie  de  vin  de  France  (inip.) 

CdUPIN  (Henri).  —  Détermination 
de  Voptinum  d'humidité  du  milieu 
extérieur   chez   les   Oscillaires.  .  .  . 

COURNOT  (Jean).  —  Voir  Guillet 
[Léon]  et  Jean  Cournot. 

COURRIER  (R.).  —  &Lir  l'indépendance 
de  la  glande  séminale  et  des  carac- 
tères sexuels  secondaires  chez  les 
Poissons.    Etude    expérimentale.  . 

COURTINES    (M.)    et   Jean   VILLEY. 


TABLE    DES   AUTEUHS. 


ies. 

527 


127 


y  j 


89,2 


MM. 


Pages. 

541 


—  Sur  les  barovariomètres  à  écou- 
lement   capillaire 

COUSIN  (Mlle  G.).  —  Observations  tec- 
toniques sur  les  terrains  secon- 
daires de  la  bordure  méridionale 
des  Vosges 949 

COUTURIER  (Henri).  —  Voir  Lumière 
(Auguste)  et  Henri  Couturier. 

CRISTOL   (Paul).  —  Zinc  et  cancer..        887 

CROMMELIN  (C.-A.).  —  Voir  Malhins 
(£".),  C.-A.  Crommelin  et  H.  Knmer- 
merlingh  Onnes. 

CURIE  (Maurice).  —  Action  des 
rayons  rouges  et  infrarouges  sur 
les    sulfures    phosphorescents....        55o 


D 


DAMIENS     (A.).     —    Sur     l'allotropie 

«  dynamique  »  du  tellure i344 

— -  Sur     la     cristallisation     du     tellure 

amorphe 1 548 

DANGEARD  (Pierre).  —  Sur  l'ori- 
gine des  vacuoles  aux  dépens  de 
l'aleurone  pondant  la  germination 
des   Graminées 819 

—  Fait   partie    de    la    commission    des 

prix    de   botanique 63o 

—  Recherches  sur  la  structure  de  la  cel- 

lule    dans     les     Iris i6-53 

DANGEARD  (L.)  et  Y.  MILON.  — 
Sur  une  formation  rédonienne  (Mio- 
cène supérieur)  ravinant  les  argiles 
éocènes,  à  minerai  de  fer,  au  sud 
de   Rennes    (Ille-et- Vilaine) 117 

—  Contribution  à  l'étude  du  bassin  ter- 

tiaire du  sud  de  Renncs;  Décou- 
vertes de  lits  à  Poissons  et  à  Plantes 
dans  des  argiles  noires  au  somniet 
du    Chattien ()5a 

—  Voir   Kerjorne  (F.)    et   L.  Dangeard. 

—  Voir  Milon  (Y.)  et  L.  Dangeard. 
DANJON    (A.).    —    Sur    une    nouvelle 

méthode  interférentiellc  pour  la 
mesure  du  diamètre  apparent  des 
étoiles 1408 

—  Observations    de    la    comète    1922  a 

(Skjellerup)  faites  -à  l'équatorial 
de  49'^'"  de  l'Observatoire  de  Stras- 
bourg       i536 

DANYSZ -MICHEL     (Mme     St.  ) .     — 


Voir  Berthelot  [Albert]  et  M^e  St. 
Danysz-Michcl. 
DARMOIS  (E.).  —  Sur  deux  nouveaux 

molybdo-malates  d'ammonium...        294 

—  Action    des    acides  sur  le    molybdo- 

malate  d'fimmonium 1062 

DAUVILLIER  (A.).  —  Sur  la  com- 
plexité de  la  série  K  des  éléments 
légers  et  son  interprétation  théo- 
rique         443 

—  Sur  les  séries  L  du   lutécium  et  de 

l'ytterbium  et  sur  l'identification 
d'un  celtium  avec  l'élément  de 
nombre    atomique    72 i347 

—  Sur  la  mesure  précise  des  niveaux  d'é- 

nergie de  l'atome  de  baryum  et  sur 
l'apparition  du  s^Jectre  L  d'ionisa- 
tion       1543 

Voir  Broglie  [M.  de)  et  A.  Dauvillier. 

DAVY  DE  VIRVILLE  (Ad.).  —  Voir 
Bouget  {Joseph)  et  Ad.  Davy  de 
Vir<^ille. 

DECARRIÈRE  (E.).  —  Sur  le  rôle  des 
impuretés  gazeuses  dans  l'oxyda- 
tion catalytique  du  gaz  ammoniac. 
Influence  de  l'hydrogène  phos- 
phore         460 

—  Sur  le   rôle   des   impuretés   gazeuses 

dans    l'oxydation    catalytique    du 

gaz    ammoniac 756 

DE  DONDER  (Th.).  —  Champ  électro- 
magnétique compatible  avec  le 
champ  gravifique  correspondant.  .      1228 


TABLE   DES   AUTEURS. 
MM. 


MM.  Piigcs. 

DEGUIDE  (Camille)  et  Paul  liAUD. 
—  Un  nouveau  procédé  de  fabrica- 
tion iudustriclJe  de  la  baryte  pour 
le  traitement  des  mélasses  de  su- 
crerie  -. 1177 

DEHORNE  (Armand).  —  llistolyse  et 
Phagocytose  musculaires  dans  le 
cœlome  des  Néréides  à  maturité 
sexuelle 1043 

—  Sur   la   forma  lion   de   fuseaux   myo- 

lytic[ues  et  sur  leur  phagocytose 
dans  le  cœlome  de  Li pobranchus 
intermedius    de    Saint-.Joseph  .  .  .  .      1299 

DELAYGUE  (A.).  —  Voir  Bruhat  (G.) 
et  A.  Delaygue. 

DELÉPINE  (Marcel).  —  Sur  l'auto- 
oxydatiou  des  composés  sulfurés 
organiques .' 129 1 

DELPHY  (Jean).  —  Études  sur  l'orga- 
nisation et  le  développement  des 
lombriciens.  limicoles  thalasso- 
philcs  (inip.) 22 

—  Gregarina    Sœnurulis    Kiill.    et    son 

hôte 1644 

DELUARD  (H.).  —  Voir  Goris  (.1.)  et 
H.  Deluard. 

DEMOLON  (A.).  —  Sur  les  éléments 
acc(^ssoires  des  scories  de  déphos- 
phoration 1 7o3 

DEMOULIN   (Alphonse).  —  Assiste  à 

une    séance    de    l'Académie 977 

DEMOUSSY  (E.).  —  Voir  Maquenne 
(L.)    et   E.   Deinoussy. 

DENIGÈS  (G.).  —  YoÏT  Saumgeau  [C.) 
et  G.  Denigès. 

DENJOY  (Arnaud).  —  Sur  les  fonc- 
tions définies  par  des  séries  de  frac- 
tions    rationnelles _. 9  > 

DEPÉRET  (Charles).  —  Fait  partie  de 
la  commission  des  prix  de  minéra- 
logie et  géologie 65o 

—  Essai  de  coordination  chromologique 

générale  des  temps  quaternaires  .      i  J02 

—  Essai  de  coordination  chronologique 

générale  des  temps  quaternaires .  .      1 394 
DESGREZ    (Alexandre).  —   Est  pré- 
senté  eu   troisième   ligne   pour   la 
succession  de  M.   J.   Carpentier .  .        232 

—  Obtient    des    suffrages 270 

DESGREZ  (A.),  H.  BIERRY  et  F.  RA- 

THERY.  —  Régime   équilibré  et 

acidose  diabétique 1576 

DESLANDRES  (Henri).  —  Est  élu 
membre  du  Conseil  de  perfection- 


1789 

Pages, 
nement  de  l'École  Polytechnique.         ")i() 

—  Fait    partie    de    la    commission    des  . 

prix   d'astronomie 'JJo 

—  id.  du    prix   Houllevigue 6)1 

—  id.  du    prix    Victor    Raulin G52 

—  Délégué  à  la  Conférence  des  Unions 

internationales  d'astronomie  et  de 
géodésie  et  de  géophysique TOJ^ 

DES  PERRIÈRES.  —  Projet  d'un  bâti- 
ment de  mer  pouvant  naviguer 
entre    deux    eaux 12G8 

DÉVÉ   (Charles).  —  Sur  le  bruit  des 

avions loio 

DIENES    (Paul).  —  Sur  la  connexion 

du    champ    tensoriel 1 1G7 

DITISHEIM  (Paul).  —  Voir  Chrétien 
{Henri)    et   Paul  Ditisheim. 

DODWELL.  —  Assiste  à  une  séance  de 

l'Académie 1^09 

DOLEJSEK  (V.).  —  Sur  les  lignes  Ka 

des    éléments    légers 44 1 

DONATIEN  (A.)  et  R.  BOSSELUT.  — 
Encéphalite  aiguë  contagieuse  du 

bœuf.. 25o 

Voir   Sergent   (Edm.)    et  A.  Donatien. 

DOUBLET  (E.).  — L'astronome  Lalandc 

et  la  Géographie    (imp.) 1327 

—  Histoire  de  l'Astronomie  (imp.)....      i527 
DOUIN   (Cu.).  —  Sur  le  gamétophytc 

des  Marchantiées 121 

DOUVILLÉ  (Henri).  —Le  Nummulit- 

tique  au  sud  des  Pyrénées 007 

—  Fait  partie    de    la    commission    des 

prix  de  géographie 65o 

—  id.    des  prix   de  minéralogie 6jo 

—  id.  d'anatomie   et  zoologie 65o 

—  id. .  du  prix  Bordin 65 1 

—  id.    de  la  question  du  grand  prix  des 

Sciences  physiques 652 

DOYON  (Maurice).  —  Incoagubilité 
du  sang  circulant  provoquée  chez 
la  grenouille  par  les  injections 
d'acides  nucléiques.  Durée  de  îa 
phase.  Comparaison  avec  divers 
anticoagulants 4i5 

—  Est  présenté  en  deuxième  ligne  pour 

la  Chaire  d'Histoire  naturelle  des 
corps  organisés,  vacante  au  Col- 
lège   de    France 796 

—  Rapprochement  des  effets  des  acides 

nucléiques  et  de  l'antithrombiiie 
du  plasma  de  peptone  STir  la  coa- 
gulabilité  dxi  sang  circulant  chez 
la   grenouille ^7^9 


I'790  TABLE    DES 

MM.  Pages. 

DRACH  (Jules).  —  Sur  la  déttiini- 
jiation  des  équations  diiïéiiu- 
tielles  du  second  ordre  intégrables 
par  quadratures 797 

■ —  Est     présenté     en     deuxième     ligne 

pour  la  succesion  de  M.  C.  Jordan.      i383 

—  Obtient    des    suffrages 1 398 

DRAGOIU  (J.).  —  Influence  de  la  pres- 
sion osmotique  sur  la  division  cel- 
lulaire          199 

DROUIN  (Henri).  .—  Voir  Gianet 
(Henri    et    Henri   Drouin. 

DRZEWINA  (M«»e  Anna)  et  M.  (  ;  EORGEs 
BOHN.  —  Sur  des  phénomènes 
d'auto-destruction  et  d'auto-agglu- 
tination chez  les  Convoluta 33o 

DUBOIS  (G.).  —  Modifications  apportées 
à  la  plage  de  Sangatte  à  la  suite 
des  tempêtes  de  décembre  1921  .  .        935 

—  Voir    Barrois    [Ch.],    P.    Prm'ost    et 

G.     Dubois. 

DUCHON  (Frantisek).  —  Voir  A'èmec 
{Antoi^in)    et   Frantisek  Duchoh. 

DUFOUR  (Ch.).  —  Valeurs  des  éléments 
magnétiques  à  la  station  du  Val- 
Joyeux  à  Villepreux  (Seine-et-Oise 
au    i^""  janvier    1922 j85 

—  Relation  entre  l'aberration  et  l'astig- 

matisme pour  un  point   situé   sur 

l'axe  d'un  système  optique  centré.        288 

—  Sur  la  réfraction  d'un  pinceau  lumi- 


AUTEURS. 

MM.  Pages, 

neux  dans  le  cas  général i  539 

DUFRAISSE  (Ch.)  et  P.  GÉRALD.  — 
L'action  des  alcools  sur  l'a-bro- 
mobenzalacétophénone i63i 

—  Voir  Moureii  [Charles]  et  Charles  Du- 

fraisse. 

DUFRENOY  (Jean).  —  Sur  la  tumé- 
faction et  la  tubérisation 1726 

DUMAS  (Gustave).  —  Sur  un  tableau 
normal  relatif  aux  surfaces  uni- 
latérales   93 

DUNOYER    (L.)    et    P.    TOULON.   — 

—  Sur  la  polarité  de  l'arc  électrique      161 5 

DUPONT  (Georges).  —  Sur  la  compo- 
sition de  l'essence  de  térébenthine 
d'Alep 395 

DURAND  (Jean).  —  Sur  le  traitement 
thermique  de  quelques  fontes  de 
moulage 748 

DUROQUIER  (Franck).  — La  T.  S.  F. 

des  amateurs   (imp.) 367 

DUSSAULT  (Léon).  —  Sur  la  géologie 
de  la  province  de  Sam  Neua 
(Haut  Laos  oriental) 225 

—  Sur  la  géologie  du  Tonkin  occidental.       4o8 

—  Le  Tam  Dao  et  la  région  de  la  basse 

Rivière  Claire  (Tonkin) 555 

DUTHEIL  (H.).  —  Voir  Besson  (L.)  et 

H.  Dulheil. 
DUVAL     (Marcel).     —     Voir     Portier 

(Paul)  et  Marcel  Duval. 


E 


ECOLE  SUPERIEURE  D'AERO- 
NAUTIQUE ET  DE  CONSTRUC- 
TION MÉCANIQUE.  —  Adresse 
un  rapport  relatif  à  l'emploi  qui  a 
été  fait  d'une  subvention  accordée 
sur  la  Fondation  Loutreuil  en  1921. 

EFFRONT  (Jean).  —  Sur  les  propriétés 
distinctives  des  amylases  de  diffé- 
rentes  provenances 

EHRMANN  (F.). —  Sur  la  découverte  du 
Silurien  à  Graptolithes  et  du  Dévo- 


588 


18 


nien  à  Tentaculites  aux  Bcni-Afeur 

(sud   de    Djidjelli,   Algérie) 1716 

EINSTEIN.  —  Obtient  des  suffrages 
au  scrutin  pour  l'élection  d'un 
correspondant  pour  la  section  de 
géométrie 917 

ESCLANGON  (Ernest).  —  Observa- 
tion de  l'éclipsé  de  Soleil 
28  mars  1922,  à  l'Observatoire  de 
Strasbourg 936 


F 


FABRY  (Eugène).  —  Obtient  des  suf- 
frages au  scrutin  pour  l'élection 
d'un    correspondant   pour    la    sec- 


tion de   géométrie 

FAIDEAU  (F.).  —  Voir  Cosiantin  (J. 
et   F.   Faideau. 


917 


TABLE  DES  AUTEURS. 


I  12 

1  I  I' 
I  162 

i'')3o 


142 

'  '7'-* 

149'' 

65o 

65o 


MM.  Pages. 

FAILLEBIN.    —    Composé    oigauomé- 

talliqiK-    mixte    de    l'aluminium.  . 
FARID    BUULAD    BEY.  —  AssisU-  à 

une    séanee    de    l'Académie 

FATOU  (P.).  —  Sur  le  mouvement  d'une 

planète  dans  un  milieu  résistant .  . 

—  Sur    le    mouvement    d'une    planète 

dans  un  milieu  résistant 

FAUCHÈRE  (A.).  —  Guide  pratique 
d'agriculture  tropicale  :  II.  Les 
grandes  cultures.  L'arachide.  Le 
cacaoyer.  Le  caféier.  La  canne  à 
sucre     (imp.) , 

FAURÉ-FREMIET  (E.)  et  M^e  H. 
GARRAULT.  —  Constitution  de 
l'œuf  de   truite   (Tnilta  fario).  .  .  . 

—  Constitution    de    l'œuf    ovarien    de 

Carpe     {Cyprinus     Carpio) 

FAVÉ  (Louis).  —  Fait  partie  de  la  coni- 
mission  des  prix  de  géographie .  . 

—  Fait    partie    de    la    commission    des 

prix  de   navigation 

—  Est  désigné  pour  représenter  l'Aca- 

démie à  la  réunion  d'été  que  V Ins- 
titution of  naval  architectes  tiendra 
à  Paris  les  4,  5,  et  6  juillet  1922.. 

—  Délégué  à  la  Conférence  des  Unions 

internationales  d'astronomie  et  de 
géodésie  et  de  géophysique iot3 

FERNBACH  (E.)  et  G.  RLTLLIER.  — 
Action  d'un  suc  gastrique  artificiel 
sur  les  granulations  pulmonaires 
tuberculeuses  du   cobaye 781 

FERRIE  (Gustave).  —  Est  présenté  en 
première  ligne  pour  la  succession 
de   M.    Alfred    Grandi  cl  er 336 

—  Est  élu 36- 

—  Son    élection    est    approuvée 429 

—  Fait    partie    de    la    commission    des 

prix  de  géographie 65o 

—  id.  des  prix  de  navigation 6)0 

—  Délégué  à  la  Conférence  des  Unions 

internationales  d'astronomie  et  de 
géodésie  et  de  géophysique 10)3 

FERRIER.  —  Sur  les  déviations  des 
rayons  lumineux  passant  avi  voi- 
sinage   d  un    astre i4o4 

FICHOT  (Eugène).  ■ —  Est  présenté  en 
deuxième  ligne  pour  la  succession 
de  M.  Alfred   Grandidier 336 

—  Obtient    des    suffrages 367 

—  Sur   le   sens    de    rotation    des    lignes 

cotidales  autour  des  points  amphi- 
dromiques 74^ 


I79I 

Pages. 

y88 
i36i 


MM. 

— -  Sur   les   systèmes   géodésiques   équi- 

latères   à   la   surface  du  sphéroïde 

•"terrestre    (imp.) 

FLAJOLET.  —  Perturbations  de  la 
déclinaison  magnétique  à  Lyon 
pendant  l'année   de   1920-1921  .  .  . 

FLAMMARION  (Camille).  —  La  mort 
et  son  mystère.  Tome  I  :  Avant  la 
mort  ;  Tome  II  :  Autour  de  la 
mort  ;  Tome  III  :  Après  la  mort 
(imp.) i3i9 

FOCH  (le  Maréchal).  —  Élu  Membre  de 
la  Commission  chargée  de  pré- 
senter une  liste  de  candidats  à  la 
succession  de  M.  J.  Carpentier, 
décédé 142 

FOSSE  (R.)  et  a.  HIEULLE.  —  Syn- 
thèse de  l'acide  cyanhydrique  par 
oxydation,  en  milieu  argentico- 
ammoniacal,  d'alcools,  de  phé- 
nols   et    d'aminés 39 

—  Aptitude   de   l'aldéhyde   formique   à 

former  l'acide  cyanhydrique  par 
oxydation,     en    milieu    argentico- 

ammoniacal 1021 

FOURNIER  (F. -Ernest).  —  Relations 
entre  :  les  formes  de  carène  d'un 
navire  ;  les  déplacements  relatifs 
de  sa  houle  satellite;  son  aptitude 
à  la  vitesse;  sa  vitesse  la  plus  éco- 
nomique; et  la  rési-tance  de  l'eau 
à     sa     translation i34 

—  Erratum   relatif  à  cette  communica- 

tion         336 

—  Fait    partie    de    la    commission    des 

prix   de   géographie 65o 

—  id.   des  prix  de  navigation 6  jo 

—  Est  désigné  pour  représenter  l'Aca- 

démie à  la  réunion  d'été  que 
V Institution  of  naval  architects  tien- 
dra à  Paris  les  4,  5  et  6  juillet  1922.        79  ) 

FOURNIER  (L.),  C.  LEVADITI, 
A.  NAVARRO-MARTIN  et  A 
SCHWARTZ.  —  Action  préven- 
tive, dans  la  syphilis,  du  dérivé 
acétylé  de  l'acide  oxyaminophé- 
nvlarsinique  (sel  de  soude) i38o 

FOVEÀU  DE  COURMELLES.  —  La 
radiothérapie  combinée  du  sein  et 
des  ovaires  contre  les  tumeurs  du 
sein 'o3 

FOX  (Philippe).  — •  Mesures  de  paral- 
laxes stellaires  à  l'Observatoire 
de    Deadborn    (États-Unis) jgT 


1792  TABLE    DES 

MM.  Pages. 

FREDHOLM  (Érik-Ivar).  —  Est  élu 
correspondant  de  l'Académie 
pour  la    section    de    géométrie.  .  .         jHj 

—  Adresse   des   remercîments    à   l'Aca- 

démie         ^28 

—  Une    application    de    la    théorie    des 

équations  intégrales 980 

F  RÉ  JACQUES  (M'.).  —  Voir  Mali- 
gnon    [C.)    et    M.    Fréjacques. 

FRÉMONT   (Ch.).  —  Essai  mécanique 

des    fds    d'acier    (imp.) -28 

FREUNDLER.  —  Voir  Bertrand  {Ga- 
briel), Freundler  et  M"e  Ménager. 

FRIEDEL  (G.)  et  L.  ROYER.  — 
Erratum  relatif  à  une  précédente 
communication 1 3 1 

—  Sur  les  liquides  à  plans  équidistants 

de  Grandjean i523,      1607 

FRIGON  (Augustin).  —  Étude  expé- 
rimentale sur  les  pertes  d'énergie 


AUTEURS. 

MM.  Pages, 
dans  quelques  diélectriques  indus- 
triels       i338 

FR( JlDEVAUX  (J.).  —  Sur  le  dosage  de 
l'azote  ammoniacal  dans  les  ma- 
tières organiques  azotées,  et  par- 
ticulièrement dans  les  matières 
protéiqucs  et  leurs  produits  de 
dédoublement I238 

FROMAGET  (Justin).  —  Sur  la  géo- 
logie des  environs  d'A  Mi  Tchéou 
(Yunnan  oriental) 56o 

FRONTARD.  —  Cycloïdes  de  glissement 

des    terres 526 

—  Logoïdes  de  glissement  des  terres .  .        740 

—  Loi    de    la    hauteur    dangereuse    des 

talus  argileux gSo 

FROSSARD  (Henri-Jean).  —  Les 
gymnastiques  respiratoires  et  les 
épreuves  de  Valsalva  et  de  Muller.        5oo 


G 


GAIN  (Edmond).  —  Température  ultra- 
maxima  supportée  par  les  em- 
bryons  d'Helianthus   annuus   L..      io3i 

—  Sur   la   résistance   comparative   à   la 

chaleur  des  points  végétatifs  de 
l'embryon    du    Grand-Soleil......      i557 

GALDEANO  (Zoel  Garcia  de).  — 
Adresse  diverses  brochures  de 
mathématiques 1277 

GALIBOURG.  —  Utilisation  de  la  force 
thcrmo-électromotrice  de  contact 
pour   identifier    quelques    aciers..        547 

GALIBOURG  (J.)  et  F.  RYZIGER.  — 
Sur  une  méthode  permettant  de 
reconnaître  les  perles  japonaises 
cultivées 1012 

GAMBIER  (Bertrand).  —  Surfaces  et 
variétés  de  translatioja  de  Sophus 
Lie 98 

—  Correspondance      ponctuelle      entre 

deux  surfaces  avec  échange  des 
réseaux  conjugués  en  réseaux 
orthogonaux    et    vice   versa 523 

—  Correspondances  ponctuelles, déduites 

de  l'étude  des  trois  formes  qua- 
dratiques fondamentales  de  deux 
surfaces 661 

—  Surfaces  isothermiques  à  représenta- 

tion    sphérique     isotherme 921 


—  Sur  les   correspondances  ponctuelles 

de  deux  surfaces  et  sur  une  classe 
de  surfaces  analogues  aux  surfaces 
isothermiques iiio 

—  Surfaces  applicables  avec  égalité  des 

rayons  de  courbure  principaux..      161 3 

GANDILLOT  (M.).  —  Demande  l'ou- 
verture d'un  pli  cacheté  contenant 
une  note  intitulée  ;  «  Véritable 
interprétation  des  théories  rela- 
tivistes   » 1277 

GARÇON  (Jules). — Adresse  un  rapport 
sur  l'emploi  de  la  subvention  qui 
lui  a  été  accordée  en  1916  sur  la 
Fondation  Loulreuil 212 

GARRAULT  (M^e  H.).  —  Voir  Fauré- 
Frémiet  (E.)  et  M^e  H.    Garrault. 

GARRIGOU-LAGRANGE  (Paul).  — 
Les  grands  mouvements  de  l'atmo- 
sphère et  la  prévision  du  temps.  .      1028 

GAUBERT    (P.).    —    Sur    les    cristaux 

liquides  de  phosphate  de  calcium.      1 1 1 5 

GAULT  (H.)  et  T.  SALOMON.  —  Sur 

les     acides    x-alcoylléluviques .  .  .  .        734 

GAURIER  (Ludovic).  —  Études  gla- 
ciaires dans  les  Pyrénées  fran- 
çaises et  espagnoles  de  1900  à  1909 
(imp.) 367 

GELOSO  (Max).  —  Sur  l'absorption  du 


TABLE    DES 

MM,  Pages, 

ter  par  les  précipités  de  bioxydc 
de    manganèse 162g 

GENTIL  (Louis).  —  Sur  Fâge  des  phos- 
phates marocains 4  2 

—  Carte     géologique      provisoire     du 

Maroc    (inip.) i  ja 

—  Sur  la  climatologie  du  Maroc 3i  i 

GEORGEVITCH  (Piehre).  —  L'origine 

du  centrosome  et  la  formation  du 
fuseau  chez  Stypocaidon  aco  pari  uni 
(L.)    Kiilz •   693 

GÉRALD  (P.).  —  Voir  Dufrais.se  [Ch.) 
et    P.    Gérald. 

GESSARD  (C).  —  Variétés  de  bacilles 

pyocyanoïdcs i3oi 

GEVREY  (Maurice).  —  Remarques  sur 
les  fonctions  quasi  analytiques  et 
les  fonctions  indéfiniment  déri- 
vables 368 

GIGNOUX.  —  Sur  la  présence  du  Tor- 

tonien  à  Valence  (Espagne) 362 

GIRARD  (Pierre).  —  Voir  Mestrézal 
[W.],  Pierre  Girard  et  V.  Morax. 

GIRAUD  (Georges).  —  Sur  les  équa- 
tions non  linéaires  aux  -  dérivées 
partielles  du  second  ordre  du  type 
elliptique 853 

—  Erratum  relatif  à  cette   communica- 

tion       1087 

GIRE    (G.).   —   Sur   la   dissociation   tlu 

chloroplatinate  de  baryuni i  700 

GLANGEAUD  (Ph.).  —  Le  bassin  oli- 
gocène effondré  Saint-Flour  (Can- 
tal) —  Malzieu  (Lozère). La Truy ère 
miocène,    affluent    de    l'Allier.  .  .  .        ^\Oi 

GLEDITSCIi  (Mlle  Ellen.)  et  M.  B. 
SAMDAHL.  —  Sur  le  poids  ato- 
mique du  chlore  dans  un  minéral 
ancien,   l'apatite  de  Balme 74O 

GLOVER  (J.).  —  L'auscultation  élec- 
trique de  la  respiration  au  début 
de  la  tuberculose  ;  nouvelle  mé- 
thode d'auscultation  pratiquée  à 
l'aide  de  stéthoscopes  microtélé- 
phoniques amplificateurs 58o 

GODCHOT  (Marcel)  et  Pierre  BE- 
DQS.  —  Sur  l'oxyde  du  cyclo- 
hexène  et  l'orthométhyleyclohexa- 
nol 4'^' 

GODCHOT  (Marcel)  et  Pierre  BRUN. 
—  Sur  quelques  dérivés  de  la 
subérone 618 

GORCEIX   (Ch.).  —  Sur    la    formation 

du  Gouf    de    Cap-Breton 557 


AUTEURS.  lyg-J 

MM.  Pages. 

—  Répartition  de  la  température  dans 

h;  lac  duBourget i  7i8 

GORIS  (A.)  et  II.  DELUARD.  —  In- 
fluence des  radiations  solaires 
sur  la  culture  de  la  Belladone  et 
la  formation  des  alcaloïdes  dans 
les  feuilles 188 

GORIS  (A.)  et  A.  LIOT.  —  Nouvelles 
observations  sur  la  culture  du  B. 
pyocyanique  sur  milieux  artificiels 
définis 17  ) 

GOSSE.  —  Des  équations  aux  dérivées 
partielles  du  second  ordre  inté- 
grables  par  la  méthode  de  Dar- 
boux 1612 

GOSSOT  et  LIOUVILLE.  —  Sur  les 
principes  de  la  Balistique  inté- 
rieure   27 

GOUDEY  (R.).  —  Adresse  une  Note 
intitulée  :  «  La  marche  des  pendules 
et  l'agitation  microsismique  ».  .  .  .      1087 

GOURSAT  (Edouard).  —  Fait  partie 
de  la  commission  des  prix  de 
mathématiques 649 

—  Sur  une  théorie  classique  de  Cauchy.        836 

—  Sur  le  problème   d(>   la   poussée  des 

terres io49 

—  Sur   la    théorie   des   invariants   inté- 

graux        1089 

—  Fait  hommage  à  l'Académie  d'un  ou- 

vrage qu'il  vient  de  publier  sous 
le  titre  :  «  Leçons  sur  le  problème 
de    Pîafî    »... 1219 

GOUY  (G.).  —  Sur  la  pression  dans  les 

fluides    aimantés    ou    palarisés .  .  .        264 

— -  Erratum  relatif  à  cette  communica- 
tion         267 

—  Erratum  relatif  à  cette   communica- 

tion          5o4 

GOUY  (Georges).  —  Sur  les  tensions  et 
pressions     de     Maxwell     dans     les 

aimants  et  les  diélectriques 5io 

GOY  (Pierre).  —  Physiologie  micro- 
bienne et  facteur  accessoire  de  la 

croissance 13/9 

GRAMONT  (le  comte  Arnaud  de).  — 
Élu  membre  de  la  commission 
chargée  de  présenter  une  liste  di^ 
candidats  à  la  succession  de 
M.   J.  Carpentier,  décédé........         142 

—  Présente   à  l'Académie  un  mémoire 

intitulé  :  «  Sur  l'emploi  de  l'ana- 
lyse spectrographique  en  métal- 
lurgie » 849 


1794  TABLE   DES 

MM.  Pages. 

GRAMONT  (A.  de)  et  G.-A.  HEM- 
SALECH.  —  Sur  l'évolution  du 
spectre  du  magnésium  sous  l'in- 
fluence d'actions  électriques  crois- 
santes. Applications  à  l'Astro- 
physique         356 

—  Erratum  relatif  à  cette   communica- 

tion         584 

—  Font  hommage   à    l'Académie    d'un 

Mémoire  intitulé  :  <■<■  Observations 
and  expcriments  on  the  occurence 
of  Spark  lines  (enhanced  Unes)  in 
the  arc  :    I.  Lead  and  tin  » 727 

—  Observations    and    experiments    on 

the  occurence  of  spark  lines  (enhan-    ' 
ced   lines)    in    the   arc.    Part.    II  : 
Magnésium,     zinc     and     cadmium 
(imp.) loi  8 

GRANDIDIER  (Alfred).  —  Son  rem- 
placement         3(^7 

GRANDMOUGIN    (Eue).    —    Sur    la 

sulfoljenzide 1  ()8 

—  Sur    quelques    nouveaux    dérivés    de 

la  suU'obenzide 3y3 

—  Sur  les  isatines  halogénées 620 

—  Sur  les  leucoindigos  acylés  et  aleoylés  758 

—  Sur    les    quindolincs 1175 

GRANGER  (Ernest).  —  Nouvelle  géo- 
graphie    universelle,     i''®     partie 

(imp.) 85o 

GRAVIER  (CuARLES-J.).  —  Sur  les  re- 
lations du  Crustacé  et  de  l'Eponge 
chez  les    Cirripèdes    spongicoles.  .        83o 

—  Est  présenté  en  première  ligne  pour 

la  succession  de  M.  Ranvier i583 

—  Est  élu 1 6 1 1 

—  Son  élection  est  approuvée i653 

GREBEL  (A.).  —  Sur  un  comburimètre 

et  un  contrôleur  pour  le  gaz,  sys- 
tème  Grebel-Velter 1283 

GRENET  (Louis).  —  Voir  Charpij 
[Georges]    et   Louis    Greiiel. 

GRENET  (Henri)  et  Henri  DROUIN. 
—  Sur  un  composé  bismuthique  de 
la  série  aromatique  et  son  activité 
thérapeutique 647 

GRIMBERT  (L.).  —  Voir  Guiarl  (J.)  et 
L.    Grimbert. 

GRUVEL  (A.).  —  De  l'origine  fluviale 

de  la  baie  du  Lévrier litj'^ 

GRYNFELTT    (E.).   —    Sur    les  fibres 

perforantes  de  l'os  des  Mammifères        966 

GRYSEZ  (V.).  —  Voir  Breton  [M.)  et 
V.    Grysez. 


AUTEURS. 

MM.  Pages. 

GUÉBHARD  (Adrien).  —  A  propos 
du  dernier  tremblement  de  terre 
provençal 1027 

GUÉRIN  (Paul).  —  Le  mucilage  chez 

les  Urticées 480 

GUERY  (F.).  —  Sur  une  propriété  cu- 
rieuse d'un  montage  spécial  des 
machines  électriques  excitées  en 
série 1620 

GUIART   (.;.).   —   Parasitologie   (imp.).        5i6 

GUIART  (J.)  etL.  GRIMBERT.  —  Dia- 
gnostic chimique,  microscopique 
et     parasitologie      (imp.) 728 

GUICHARD  (Claude).  —  Sur  les  ré- 
seaux  £2oo 1 38 

—  Sur   les   réseaux    qui   sont    plusieurs 

fois   Ûoo 3G2 

—  Sur    les    réseaux    qui    sont    harmo- 

niques à  une  congruence  G.  L.  et 
conjuguée  à  une  autre  congruence 
G.  L 718 

—  Sur    les    lignes    asymptoti(jues     des 

surfaces.  Etude  d'un  cas  parti- 
culier       121 5 

—  Est  présenté  en  troisième  ligne  pour 

la  succession  de  M.  C.  Jordan.  .  i383 
GUIGNARD  (Léon).  —  Est  adjoint  à  la 
délégation  qui  représente  l'Aca- 
démie aux  fêtes  du  1 5o^  anniver- 
saire de  la  fondation  de  l'Aca- 
démie   royale    de    Belgique 687 

—  Fait  partie  de  la  commission  des  prix 

de  géographie 65o 

—  id.    de  médecine  et  chirurgie G5o 

—  id.   du  fonds  Charles  Bouchard 65 1 

—  id.   du  prix  Gustave  Roux,  Thorlet, 

fondations  Lannelongue,  Trémont, 

Gegner,  Ilirn,  Henri  Becquerel.  .  .  6ji 

"  id.    du  prix  AIhumbert 65 1 

—  id.    du  prix  Vaillant 65 1 

—  id.    du  prix  Saintour 652 

—  id,   du  prix  Lonchampt 652 

—  id.    du  prix  Henry  Wilde 652 

—  id.    de  la  question  du  grand  prix  des 

sciences  physiques 652 

GUILBERT  (Gabriel).  —  Sur  l'obser- 
vation des  nuages  en  prévision  du 

temps 817 

GUILLAUME  (Ch.-Ed.).  —  Fait  hom- 
mage à  l'Académie  d'une  brochure 
intitulée    :    «    Les    récents    progrès 

du  syslènit'  métrique  " 88 

GUILLAUME  (Louis).  —.Les  Tur- 
ritelles  tertiaires  et  actuelles  :  évo- 


TABLE    DES 

M^f.  Pages, 

lulion  et  niigralions ~i)\ 

GUILLAUME  (J.).  —  Observations  du 
Soleil,  faites  à  l'Observatoire  de 
Lyon,  pendant  le  quatrième  tri- 
mestre  de    1921 looï 

—  Observations    de    la    comète    Skjel- 

lerup,    faites   à   l'équatorial   coudé 

de   l'Observatoire  de   Lyon 1407 

GUILLAUMIN  (A.).  —  Voir  Scliinz 
{Hatis)    et   .4.    Guillaumin. 

GUILLAUMIN  (Gustave).  —  Sur 
l'équilibre  des  talus  en  terre  cohé- 
rente       I  I  ()  j 

—  Sur  les  équations  de  l'équilibre  liniite 

des   corps   cohérents rijS 

—  Sur  les   lignes   de  glissement  planes 

des   corps  pulvérulents,   cohérents 

ou    plastiques 1 4  i  o 

GUILLEMET  (A.).  —  Sur  un  nouvel  ob- 
turateur d'objectif  pour  la  prise 
de  photographies  aériennes  avec 
les  appareils  à  grand  foyer 806 

GUILLET  (Léon)  et  Jean  COURNOT. 
—  Sur  la  variation  des  propriétés 
mécaniques,  des  métaux  et  alliages 
aux  basses  températures 384 

GUILLIERMOND  (A.).  —  Obtient  des 
suffrages    au    scrutin    pour    l'élec- 


AUTEURS.  179.5 

MM.  Pages. 

tion   d'un    correspondant   pour    la 
section    de    Botanique 588 

GUILLIERMOND  (A.)  et  ('..  MAN- 
GE NOT.  —  Sur  la  signification 
des     canalicules     de     Holmgren..        485 

—  Sur  la  signification  de  l'appareil  réti- 

culaire     de     Golgi ÔQ'i 

GUIOTII  (Jean).  —  Voir  Soninielel 
[Mairel)     et    Jean     Guiot/i. 

GUNTZ    (A.-A.).   —  Sur   le   sulfure   d.- 

zinc    phosphorescent i']'>6 

GUTTON  (C).  —  Sur  l'entretien  sinml- 
tané  d'un  circuit  oscillant  et  de 
circuits  harmoniques 94  i 

GUYE  (C.-E.).  —  Sur  l'extension  de  la 
loi  de  Paschen  aux  fluides  pola- 
risés          445 

GUYE  (C.-E.)  et  R.  RUDY.  —  Nouveau 
mode  de  détermination  des  dia- 
mètres moléculaires  par  la  rota- 
tion électromagnétiqui^  de  la  dé- 
charge dans   les  gaz ;!82 

GUYE  (Pu. -A.).  —  Son  décès  est  an- 
noncé   à    l'Académie 897 

—  M.  Haller  lit  une   notice    sur  sa  vie 

et    ses     travaux 897 

—  Son    remplacement 1677 


H 


HADAMARD  (Jacques).  —  Fait  partie 
de  la  commission  des  prix  de 
mathématiques 649 

—  Fait  hommage  des  Leçons  d'analyse 

fonctionnelle    professées    au    Col- 
lège   de    France,    par   Paul   Lévy, 
pour  lesquelles  il   a  écrit  une  pré-  ' 
face 1*577 

HADFIELD  (Sir  Robert).  —  Obtient 
des  suffrages  au  scrutin  pour  l'élec- 
tion d'un  correspondant  pour  la 
section  de  chimie 1677 

HALLER  (Albin).  —  Retrace  la  vie 
scientifique  de  feu  Giacomo  Cia- 
mician i33 

—  Présente  à  l'Académie  un  volume  des 

'(  Actualités  de  Chimie  contempo- 
raine M 587 

—  Fait    partie    de    la    commission    des 

prix    de    chimie 65o 

—  id.   médailles  Arago,  Lavoisicr,  Ber- 

thelot 65 1 


—  id.  du  prix  (iustave  Roux,  Tliorlet, 

fondations  Lannelongue,  Trémont, 
Gegner,    Ilirn,    Henri  Becquerel..        65 1 

—  id.    du  prix   Bordin 65 1 

—  id.    du  prix  Henri  de  Parville 652 

—  Donne  lecture  d'une  notice  nécrolo- 

gique sur  M.  Ph.-A.  Guye,  corres- 
pondant pour  la  section  de  chimie.        897 

—  Annonce   à   l'Académie   le   décès    de 

M.  Laveran,  membre  de  la  section 
de  médecine  et  chirurgie  et  rap- 
pelle ses  principaux   travaux....      i3o9 

—  Annonce   à  l'Académie   le   décès   de 

M.  Ernest  Solvay,  correspondant 
pour  la  section  de  chimie  et  rap- 
pelle ses  principaux  travaux....  i385 
HALLER  (A.)  et  M^e  RAMART- 
LUCAS.  —  Nouveaux  caractères 
distinctifs  des  trois  propanol'2- 
camphocarbonolides  fondant  res- 
pectivement à  141°,  117°-!  18°  et 
890-900 785 


1796 


MM. 


TABLE    DES 

Pases. 


34  ■. 


(_5o 


717 


—  Déshydratation  du  métliyl-2-pliéiiyl- 

2-propanol-i  et  du  diiuéthyl-2.2- 
phényl-3-propanol-i .      121 1 

IIAMEL  (G.).  —  Sur  la  végétation  algo- 

logiquc    do    Rockall 2^3 

HAMY  (Maurice).  —  Sur  la  détermi- 
nation intcrférentielle  des  dia- 
mètres des  étoiles  dont  l'éclat  su- 
perficiel n'est  pas  uniforme 

—  Fait     hommage     à     l'Académie     de 

«  l'Annuaire  du  Bureau  des  Lon- 
gitudes pour   1922  » 

—  Fait    partie    de    la    commissiozi    des 

prix  d'astronomie 

—  id.  du  prix  Victor  Raulin 

—  Sur     une     propriété     des     émulsions 

photographiques  et  l'enregistre- 
ment des  étoiles,  pendant  les 
éclipses  totales  de  Soleil,  en  vue  de 
la  vérification  de  l'cfîet  Einstein. 

—  Sur    la    détermination    du  diamètre 

des  étoiles  par  la  mesure  interl'é- 
rentielle 904 

—  Présente   à   l'Académie    un  mémoire 

«    Sur    l'approximation    des    i'onc- 

tions  de  grands  nombres  » 979 

—  Délégué    à   une   réunion   de   l'Union 

internationale  d'astronomie 1 1  'u 

HAUG  (Emile).  —  Fait  partie  de  la 
commission  des  prix  de  minéra- 
logie et  géologie (J";o 

—  Délégué  au  xiii^  Congrès  géologique 

international   i44*^ 

HELBRONNER  (André)  et  W.' RU- 
DOLFS.  —  L'attaque  des  minorais 
par  les  bactéries.  (  )xydation  de  la 

blende 

HEMSALECII  (C-A.).  —  Adresse  un 
rapport  relalit'  à  l'emploi  qu'il 
a  fait  de  la  subvention  qui  lui  a 
été  accordée  sur  le  fonds  Bona- 
parte   

—  Voir  Gniiuoiil  (le  comte  Arnaud   de) 

et    G. -A.   Hemsalech. 


1378 


AUTEURS.  _ 

MM.  Pages. 

riENNEGUY  (Félix).  —  Fait  parLie  de 
la  commission  des  prix  de  bota- 
nique.. . 6Jo 

—  id.    des  prix  d'anatomic  et  zoologie.        65o 

—  id.   des    prix    de     médecine   et    chi- 

rurgie   6  jo 

—  id.   du  prix  do  physiologie 6">i 

—  id.   du   fonds   Charles  Bouchard....  G")i 

—  id.  du  prix  Lallemand Gji 

—  Donne    lecture    d'une    notice    nécro- 

logique   sur    M.    Raiwier 833 

HENRI  (Victor).  —  Spectre  d'absorp- 
tion de  la  vapeur  de  benzène  et 
grandeurs  -  fondamentales  de  la 
molécule  de  benzène 809 

HENRY  (P.).  —  Voir  Weiss  (//.)  et  P. 
Henry. 

HÉRISSEY  (H.).  —  Voir  Bou^auU  (J.) 
et  H.   Ilérissey. 

HERRERA  (A.-L.).  —  Adresse  une 
note  intitulée  :  «  Sur  la  présence 
de  l'acide  siliciquc  chez  les  col- 
loïdes   organiques   » 1 74  7 

IIESSE  (E.).  —  Voir  Léger  (L.)  et  E. 
Hesse. 

HIEULLE  (A.).  —  Voir  Fosse  (/?.)- et 
A.     Hieulle. 

HOEL  (Adolf).  —  Rapports  sur  les 
récentes  expéditions  norvégiennes 
au    Spitzberg    (imp.) -9G 

IIOULBERT  (C).  —  Voir  Oberlltur  (Ch.) 
et  C.  Houlbert. 

IIOVASSE  (R.).  —  La  régulation  du 
nombre  des  chromosomes  chez  les 
embryons  parthénogénétiques  de 
Grenouille  rousse.  Son  mécanisme.  72 

—  Sur  un  Péridinien,  parasite  intracel- 

lulaire des  Vélelles i  "4  5 

IIUMRERT  (Pierre).  —  Sur  le  produit 

de    Laplace ,     relatif     à      certains 

hypercylindres 91 

IIUTINEL    (J.).    —    Voir    Widal    (Fer- 

nand),  P.  Abranti  et  J.  IliUinel. 


INSTITUT        D'OPTIQUE        THÉO- 
RIQUE    ET    APPLIQUÉE     ET 
"syndicat     PATRONAL     DES 
CONSTRUCTEURS   D'INSTRU- 


MENTS D'OPTIQUE  ET  DE 
PRÉCISION.  —  Revue  d'op- 
t  que  théorique  et  instrumentale 
(imp.) 


TABLE    DES   AUTEURS. 


1797 


J 


MM.  Pages. 

JACUB  (Chaules).  —  La  structure  du 
Nord-Anuana  au  nord  de  Thanh 
Hoa 1  "G 

—  La    strucluro    du    Nord-Annam.    au 

sud   de    Thanh    Iloa aijQ 

—  La  structure  du  Nord-Annana  et  du 

Tonkin ôij 

—  La  structure  du  Tonkin  méridional.        471 

—  Les  roches  éruptives  de  la  série  inter- 

médiaire dans  le   Nord-Annam  et 

le    Tonkin 761 

JACQUES  (R.).  —  Sur  les  surfaces  telles 
que  les  axes  des  cercles  osculateurs 
à  une  famille  de  lig;nes  de  courbure 
appartiennent  à  un  complexe 
linéaire 281 

JALUUSTRE  (LÉo^•).  —  Voir  Lemaij 
(Pierre)    et   Léon    Jalouslre. 

JANET  (Paul).  —  Fait  hommage  à 
l'Académie  du  Tome  II  de  ses 
Leçons  d'Electrotechnique  géné- 
rale    (5®    édition) 270 

—  Les  caractères  des  modules  de  formes 

et    les    systèmes    d'équations    aux 
dérivées  partielles 4^2 

—  Errata  relatifs   à   cette   communica- 

tion         716 

JANET   (Paul).   —   Fait  partie   de   la 

commission  des  prix  de  physique.        65o 

—  id.  du  prix  Henri  de  Parville 652 

JANET   (Maurice).  —  Sur  les  formes 

canoniques    invariantes    des    sys- 
tèmes algébriques  et  différentiels.        991 

—  Erratum    relatif    à    cette    communi- 

cation       1136 

JARRY-DESLOGES.  —  Sur  les  fron- 
tières de  la  vision  (inip.) io54 

JASSE  (Mlle  O.).  —  Observation  de  la 
comète  1922  b  (Skjellerup),  faite  à 
l'Observatoire  de  Marseille  (équa- 
torial  d'Eichens  o"^,26  d'ouver- 
ture)       1408 

JEANNEL  (René).  —  La  variation  des 
pièces  copulatrices  chez  les  Coléop- 
tères         024 

—  La      dispersion      géographique      des 

Silphidse  Ca^opinœ pendant  le  Ter- 
tiaire          569 

JUGE-BOIRARD  (G.).  —  Voir  Chau- 
dron   (G.)    et- G.    Juge-Boirard. 

C.  R.,  i^-ii,  i"  Semestre.  (T.  17i.) 


MM,  Pages. 

JULIA  (Gaston).  —  Les  séries  de  frac- 
tions rationnelles  et  l'intégra- 
tion         370 

—  Les    équations    fonctionnelles    et    la 

représentation    conforme 5l7 

—  Nouvelles   applications   de   la   repré- 

sentation    conforme     aux     équa- 
tions fonctionnelles G53 

—  Sur  la  transformation  des  substitu- 

tions rationnelles  en  substitutions 

linéaires 800 

JUMELLE  (Henri).  —  Les  Neophloga, 

Palmiers  de   Madagascar 483 

—  Est    élu    correspondant     de    l'Ac^ 

demie  pour  la  section  de  botanique.        588 

—  Adresse    des    remercînients    à    l'Aca- 

démie          649 

—  Un    grand     Palmier    du    centre    de 

Madagascar 957 

—  Le  groupe  du  Chrysalidocarpus  Iules- 

cens i 1674 

JOB  (Paul).  —  Etude  électrométrique 
de  l'hydrolyse,  sous  l'action  de 
la  baryte,  de  quelques  complexes 
aminés    du   cobalt 6io 

—  Sur  l'hydrolyse  des  sels  roséo-cobal- 

tiques 943 

JOB  (André)  et  René  REICH.  —  Essai 
d'extension  systématique  de  la 
préparation  des  organométalliques. 
Application  à  l'iodure  de  fer  éthyle.  1 3  58 
JOLEAUD  (L.).  —  Sur  l'âge  des  dépôts 
de  phosphate  de  chaux  du  Sud 
marocain,  algérien  et  tunisien ....         1 78 

—  Sur    l'aire    de    dispersion    de    Dyro- 

saurus.  Crocodilien  fossile  du  Nord- 
Ouest  africain 3o6 

JOLIBOIS  (Pierre)  et  Robert  BOS- 
SUET.  —  Relations  entre  les 
différents    oxydes    d'uranium ....    ~  38fi 

—  Précipitation  par  la  soude  du  nitrate 

d'uranyle.    Radioactivité    c!'-i    pré- 
cipité       1625 

JOLY  (H.).  —  Sur  l'existence  de  phéno- 
mènes de  charriage  à  l'extrémité 
orientale  de  la  chaîne  Ibérique, 
près  de  Montalban  (province  de 
Téruel,  Espagne) 820 

—  Sur  la  présence  d'écaillés  ou  de  lam- 

beaux de  charriage  dans  la  Chaîne 

129 


179» 

MM.  Pages. 

Celtibérique    (provinces    de    Sara- 
gosses  Logrono  et  Soria,  Espagne).      ii85 

—  Sur  l'allule  tectonique  des  couches 
crétacées  et  tertiaires  aux  envi- 
rons de  Haro  (province  de  Lo- 
grono, Espagne) i474 

JOLY  (Henri)  et  Nicolas  LAUX.  — 
Sur  la  faune  des  couches  moyennes 
et  supérieures  de  l'Aalénien  du 
Grand-Duché    de    Luxembourg..        i8i 

JONESCO  (St.).  —  Sur  la  répartition  des 
anthocyanidines  dans  les  organes 
colorés   des  plantes i6j5 

JORDAN  (Camille).  —  M.  le  Président 

annonce  sa  mort  à  l'Académie .  .  .        iCfO 

' —  Son  remplacement 1 898 


TABLE  DES  AUTEURS. 


MM.  Pages. 

JOUAUST  (R.).  "—  Sur  la  réception  des 

ondes  entretenues  par  modulation.  35 

JOUBIN  (Louis).  —  Fait  partie  de  la 
commission  des  prix  d'anatomie 
et  zoologie 65o 

—  id.  du  prix  Lallemand 65i 

— -  id.  du  prix  Vaillant 65 1 

—  id.  de  la  question  du  grand  prix  de 

sciences  physiques 652 

—  Est  désigné  pour  représenter  l'Aca- 

démie au  VIP  Congrès  national 
des  Pêches  maritimes,  qui  se  tien- 
dra  à  Marseille  en    octobre  1922.        917 

—  Délégué  à  la  Conférence  des  Unions 

internationales  d'astronomie  et  de 
géodésie  et  géophysique lo53 


K 


KARPEN  (N.-Vasilesco).  —  Nouvelle 
évaluation  de  la  pression  interne 
des  liquides.  Critérium  de  l'asso- 
ciation des  molécules  dans  un 
liquide 

KERFORNE  (F.)  et  L.  DANGEARD. 
—  Sur  les  roches  palézoïques  dra- 
guées par  le  «  Pourquoi-Pas  ?»  en 
1921   dans  la  Manche  occidentale. 

KILIAN  (Wilfrid).  —  Erratum  relatif 
à  une  précédente  communication. 

—  Fait  partie  de  la  commission  des 
prix  de    minéralogie  et  géologie.  . 

KIMURA  (HisASKi).  =-  Assiste  à  une 
séance    de    l'Académie 

KLING  (André)  et  M.  et  M^e  a.  LAS- 
SIEUR.  —  Appareil  pour  la  déter- 
mination de  la  concentration  d'une 
solution  en  ions  hydrogène.  Appli- 
cation à  la  recherche  des  acides 
minéraux   dans   le   vinaigre 

KLINGSTEDT     (F.-W.).     —     Spectre 


1693 

1714 
loi 
65o 
977 

i65 


d'absorption  ultraviolet  du  phénol 

dans  différents  solvants 812 

KŒNIGS  (Gabriel).  —  Fait  partie  de  la 

commission  des  prix  de  naécanique.       649 

—  id.    de    navigation 65o 

—  id.  du    prix  Henri  Wilde 652 

—  id.    du   prix  Caméré 652 

—  id.    de    la    fondation   Jérôme    Ponti.        652 

—  id.  de  la  question  du  prix  Bordin.  .        652 
KHON-ABREST.  —  L'indice  de  toxi- 
cité des   appareils   d'éclairage,   de 
chauffage  et  des  moteurs  à  explo- 
sion       1046 

KOPACZEWSKI    (W.).   —  La  tension 

superficielle    et    la    narcose 821 

—  La    différenciation   des   phénomènes 

de  choc  par  contact io34 

KOSKOWSKI  (W.).  —  L'action  de 
l'histamine  sur  la  sécrétion  du  suc 
gastrique   chez   les   pigeons 247 

—  Nicotine  et  les  nerfs  inhibitoires  du 

cœur loSg 


LA  BAUME  PLUVINEL  (A.  de).  — 
Sur  une  lunette  coudée  destinée  à 
l'application  de  la  méthode  des 
hauteurs    égales 535 

LABBE  (Alphonse).  —  Le  rôle  de  l'al- 
calinité de  l'eau  de  mer  dans  les 
fécondations  hétérogènes 1 199 


—  L'activation  du  spermatozoïde  dans 
les  fécondations  hétérogènes 

LABUSSIERE.  —  Sur  l'existence  l'exis- 
tence géométrique  d'un  invariant 
général  des  faisceaux  de  rayons  se 
réfractant  suivant  la  loi  de  Des- 
cartes, et  ses  applications  à  l'Op- 


1297 


TABLE    DES 

MM.  Pages, 
tiquf    géométrique    et    au    rayon- 
nement         07^ 

LACROIX  (Alfred).  —  Fait  partie  de 
la  commission  des  prix  de  minéra- 
logie et  géologie 6do 

—  id.  des   médailles   Arago,    Lavoisier, 

Berthelot 65 1 

—  id.  des  prix  Gustave  Roux,  Thorlet, 

fondations  Lannelongue,  Trémont, 

Gegnor,    Hini,    Henri  Becquerel..  63 1 

—  id.  du  prix  Alhumbert. 65 1 

—  id.   du  prix  Vaillant 65 1 

—  id.  du  prix  Saintour 652 

—  id.  du  prix  Henri  de  Parville 652 

—  id.  du  prix  Lonchampt 652 

—  id.  du  prix  Henry  Wilde 652 

—  id.  de  la  question  du  grand  prix  des 

sciences  physiques 652 

—  Sur  une  syénite  à  corindon  et  silli- 

manite  formée  par  endomorphisme 

du  granité .  .  ^ 899 

—  Délégué  à  la  Conférence  des  Unions 

internationales  d'astronomie  et  de 
géodésie   et  de  géophysique io53 

—  Délégué  au  xiii^  Congrès  géologique 

international i446 

LADREYT    (F.).   —   Sur   l'histogenèse 

des  épithéliomas  basocellulaires.  .      1264 

LA  GORGE  (Paul  de).  —  La  mesure 
des  puissances  par  l'électrodyna- 
momètre  différentiel 607 

LAGOTALA  (H.).  —  La  chronologie 
du  Quaternaire  et  les  fouilles  de 
Cotcncher 1190 

LAGRANGE  (René).  —  Sur  quelques 
applications  du  calcul  différentiel 
absolu •        521 

—  Sur  l'application  des  variétés  d 'ordre  p 

dans  un  espace  x  d'ordre  n 658 

LALLEMAND  (Charles).  —  Sur  la  ge- 
nèse et  Tétat  actuel  de  la  science 
des  abaques 82 

—  Sur    les     avantages    comparés    des 

abaques   hexagonaux  et  des   aba- 
ques  à  points    alignés 25o 

—  Fait  partie    de    la    commission    des 

prix    de  géographie 65o 

—  id.    du  prix  de  navigation 65o 

—  id.  du  prix  Victor  Raulin 652 

— ■  Sur   le   salaire   parabolique 845 

—  Errata   relatifs    à   cette   communica- 

tion         9.73 

—  Remet  à  l'Académie  le  programme  de 

la  première  Assemblée  générale  de 


AUTEURS.  1799 

MM.  Pages. 

l'Union  mternationalc  de  géodésie 
et  géophysique 918 

—  Délégué  à  la  Conférence  des  Unions 

internationales  d'astronomie  et  de 
géodésie  et  de  géophysique io5'â 

—  Fait  hommage  à  l'Académie  de  di- 

verses brochures  relatives  aux 
nivellements,  à  l'élasticité  et  à 
la   question  du    litre i  >98 

—  Rend  compte  des   travaux  du  Con- 

grès de  l'Union  internationale  «I"^ 
géodésie  et  de  géophysique  qui 
vient  de  se  tenir  à  Rome i44l 

—  Présente    à    l'Académie    un    exem- 

plaire de  son  rapport  au  Congrès 
géodésique  de  Rome  et  une  bro- 
chure intitulée  :  «  L'anarchie  moné- 
taire et  ses  conséquences  écono- 
miques   >! 1 526 

LAMBERT    (Gustave).   —   Son  projet 

de  voyage  au  pôle.  Sa  mort  (imp.).      i399 

LAMBERT  (Pierre).  —  Voir  Sacer- 
dote  (Paul)  et  Pierre  Lambert. 

LANQUINE  (Axtonin).  —  Sur  l'allure 
et  les  dislocations  de  la  nappe  du 
Cheiron  au  sud  du  haut  Estéron, 
jusqu'à  la  haute  vallée  du  Loup 
(Alpes-Maritimes) 1024 

LAPICQUE  (Louis).  —  Mécanisme 
des  échanges  entre  la  cellule  et 
le  milieu  ambiant 1  49^ 

—  Est  présenté  en  troisième  ligne  pour 

la  succession  de  M.  Ranvier i583 

— -  Obtient    des   suffrages 161 1 

LAPLACE.  —  Son  œuvre  scientifique 

par   M.   //.   Andoyer 'i  5 

LARBAUD  (Mlle  Marguerite).  —  Aua- 
tomie  des  fleurs  d'une  même  espèce 

à   diverses    altitudes 1 562 

LASSIEUR   (M.   et  M^e  A.).  —  Voir 
Kling   [André]    et  M.   et   M^^e   A. 
Lassieur. 
LAUGIER     (Henri).    —    Voir    Cardol 

[Henry)    et   Henri   Laugier. 
LAUiS'AY  (L.  de).  —  Fait  partie  de  la 
commission    des   prix  d->  minéra- 
logie et  géologie 65o 

—  id.    du   prix   Binoùx. 65 1 

LAUX  (Nicolas).  —  Voir  Joly  [Henri) 

et  yicolas  Laiix^ 
LA  VAULX   (R.   de).  —  Sur  l'appari- 
tion d'intersexués  dans  une  ligne 
de  Daphnia  magna  (Crustacé  clado- 
cère),  et  sur  le  déterminisme  pro- 


8oo 


TABLE  DES  AUTEURS. 


MM.  Pages, 

bable  du  phénomène i  74o 

LAVERAN.  —  Fait  hommage  du 
Tome  14.  1921,  du  «  Bulletin  de  la 
Société  de  Pathologie  exotique  «.  .        43o 

—  Fait   partie    de    la    commission    des 

prix    d'anatomie  et   zoologie 65o 

—  id.  des  prix  de  médecine  et  chirurgie.        65o 

—  id.  du  prix  de  physiologie 65 1 

—  id.   du   fonds   Charles   Bouchard....        65 1 

—  id.    du    prix    Lonchampt 65a 

—  Sa  mort  est  annoncée  à  l'Académie.  .      iSoQ 
LEBAILLY  (Charles).  —  La  durée  de 

la  période  contagieuse  dans  la 
fièvre    aphteuse i  58o 

LEBEAU  (P.).  —  Sur  les  oxydes  d'ura- 
nium         388 

LEBESGUE  (Henri).  —  Est  présenté 
cUj  première  ligne  pour  la  succes- 
sion de  M.  C.  Jordan i'i83 

—  Est  élu 1 398 

—  Son  élection  est  approuvée i44  i 

LEBLANC   (Maurice).  —  Sur  l'emploi 

de  l'air  comme  agent  frigorifique.      i5o5 

—  Sur    une    nouvelle    machine    frigori- 

fique     à      air 1 089 

LÉCAILLON  (A.).  —  Sur  les  carac- 
tères d  un  Hybride  issu  de  l'union 
d'un  Canard  musqué  mâle  [Cai- 
rina  moschata  Flem.)  et  d'une 
Oie  d'Egypte  femelle  [Cltenalopes 
œgyplicus   Eyt.) 68 

—  Sur  les  caractères  d'un  hylu'ide  mâle 

provenant  de  l'union  d'un  Canard 
Pilet  mâle  (Dafila  acuta  L.)  el  d'un 
Canard     sauvage     femelle    [Anas 

Boschas  L.) 885 

■ —  Sur  la  fécondité  des  Hybrides, 
obtenus  par  le  croisement  du  Ca- 
nard Pilet  mâle  (Dafila  acuta  L.) 
et  du  Canard  sauvage  femelle 
[Anas  boschas  L.) i43i 

—  Sur   la   variabilité   de   l'espèce   et   la 

création  expérimentale  de  nou- 
velles races  chez  le  Bombyx  du 
Mûrier 1 738 

LECARME  (Jean).  —  Expériences  rela- 
tives à  la  marche  d'un  pendule  et 
d'un  chronomètre,  effectuées  à 
Chamonix  et  à  l'Observatoire  du 
mont  Blanc,  du  i^^'  août  au  10  sep- 
tembre 192 1 141 3 

LECAT  (Maurice).  —  Sur  les  cayléens 

et    les    bicayléens    anormaux....        728 

LE    CHATELIER     (Henry).    —    Élu 


MM.  Pages, 

membre  de  la  commission  chargée 
de  présenter  une  liste  de  candidats 
à  la  succession  de  M.  J.  Carpen- 
tier,  décédé 142 

—  Fait    partie    de    la    commission    des 

prix   de   chimie 65o 

—  id.  du  prix  Vaillant 65 1 

—  id.   du   prix   Caméré 652 

—  id.    de    la    question    du    grand    prix 

des  Sciences  physiques 652 

—  Sur    la    fabrication    de    la    soude    à 

l'ammoniaque • 836 

—  Sur    la    représentation    géométrique 

des  équilibres   salins i5oi 

LECLAINCHE  (Emmanuel).  —  Désigné 
pour  faire  partie  du  Conseil  d'ad- 
ministration de  l'Institut  des  re- 
cherches agronomiques 89 

LECOMTE  (Henri).  — Fait  partie  de  la 

Commission  des  prix  de  Botanique.        65o 

—  id.  du  prix  Montyon  de  statistique..        65 1 

—  Fait  hommage  à  l'Académie  du  fasci- 

cule 3,  tome  7,  de  la  «  Flore  géné- 
rale  de   l'Indo-Chiiie   » io53 

LECOMTE  DU  NOÛY  (P.).  —  Sur 
l'équilibre  superficiel  du  sérum 
et  de  quelques  solutions  colloïdales.        962 

—  Sur  l'équilibre  superficiel   du  sérum 

et  de  certaines  solutions  colloï- 
dales       1258 

LECORNU  (Léon).  —  Quelques  re- 
marques sur  la  relativité 337 

—  Errata   relatifs    à    cette    communica- 

tion         5o4 

—  Présente   à   l'Académie    un    ouvrage 

dont  il  a  écrit  la  préface,  et  qui 
est  intitulé  :  «  L'éther  actuel  et  ses 
précurseurs  » 586 

—  Fait    partie    de    la    commission    des 

prix    de    mathématiques 649 

—  id.    du  prix    de    mécanique 649 

—  id.   du   prix  de  navigation 65o 

—  id.   du   prix   Hoidlevigue 652 

—  id.   du   prix   Caméré 652 

—  id.    de   la   fondation   Jérôme    Ponti.       652 

—  id.  de  la  question  du  prix  Bordin.  .        652 
LEGANGNEUX  (H.).  —  Voir  Loir  {A.) 

et  H.  Legangneux. 
LEGER  (L.)  et  E.  HESSE.  —  Coccidies 
d'oiseaux  palustres.  Le  genre  Jar- 
rina  n.  g 74 

—  Microsporidies  bactériformes  et  essai 

de  systématique  du  groupe 327 

LEGER  (Marcel)  et  A.  BAURY.  —  La 


TABLE  DES  AUTEURS. 


laoi 


MM.  Pages 

Musaraigne,  Crocidura  Stampflii, 
et  la   peste   au  Sénégal /[•?.'i 

LEMAY  (Pierre)  et  Léon  .)A- 
LOUSTRE.  —  Sur  queUiues  pro- 
priétés oxydasiques  du  thoriun^  X.        171 

LE  MOAL.  —  Voir  Warcollier  et  Le  Moal. 

LEMOINE  (Georges).  —  Président 
sortant,  fait  connaître  à  l'Aca- 
démie l'état  où  se  trouve  l'impres- 
sion des  recueils  qu'elle  publie  et 
les  changements  survenus  parmi 
les  membres  et  les  correspondants 
pendant  le  cours  de  l'année  1921.  i5 

— '  Fait  partie    de    la    commission    des 

prix    de    chimie 65o 

—  Erratum    relatif    à    une    précédente 

communication 896 

LEMOINE  (Paul)  et  René  ABRARD. 

—  Sur  l'existence  du  Crétacé  supé- 
rieur dans  la  fosse  centrale  de  la 
Manche    d'après    les    dragages    du 

Dr  Charcot 9^3 

LE  MORVAN.  —  Voir  yordmann 
[Charles)    et  Le  Morvan. 

LENOIR  (Maurice).  —  La  cinèse  so- 
matiqiie  dans  la  tige  aérienne 
d'Equisetiim    arvense    L i^'^O 

LEPAPE  (Adolphe).  —  Voir  Moiireu 
(Charles)   et  Adolphe  Lepape. 

LERICHE  (Maurice).  —  Les  vestiges 
du  Lutétien,  remaniés  dans  le 
Quaternaire  du  nord  de  la  France.        1 70 

• —  Erratum  relatif  à  cette  communica- 
tion         336 

LE  ROUX  (Jean).  —  Obtient  des  suf- 
frages au  scrutin  pour  l'élection 
d'un  correspondant  pour  la  section 
de  géométrie 917 

—  La   courbure   de   l'espace 92/) 

LESAGE  (Pierre).  —  Etude  des  plantes 

salées  pendant  la  période  où  se 
produisent  des  anomalies 56 

—  Sur   la   détermination   de   la   faculté 

germinative    autrement    que    par 

la   germination  des  graines 766 

LEVADITI  (G.)  et  S.  NICOLAU.  — 
Vaccine  pure  cérébrale.  Virulence 
pour  l'homme 249 

—  Les  feuillets  embryonnaires  en  rap- 

port avec  les  afTinités  du  virus 
virus  vaccinal 778 

—  Vaccine  et  néoplasmes 16.49 

LEVADITI  (C.)  et  Navarro  MARTIN. 

—  Action  préventive  et  curative 


86 
65o 


MiM.  Pages, 

dans  la  syphilis  du  dérivé  acélylé 
de  l 'acide  oxyaminophénylarsi  - 
nique  (sel  de  soude) 893 

—  Voir     Fownier     (L.),     C.     Levadili, 

A.  Naimrro- Marti  II  et  A.  Schwarlz. 

—  Voir  Sazerac  (/?.)  et  C.  Levaditi. 
LÉVY  (Paul).  —  Sur  le  rôle  de  la  loi 

de  Gauss  dans  la  théorie  des 
erreurs 855 

—  M.  ./.  Hadamard.  Leçons  d'Analyse 

fonctionnelle  professées  au  Col- 
lège   de    France 1677 

—  Sur  la  loi  de  Gauss 1 682 

LIÉVIN    (O.)    —    Étude    cinétique    des' 

solutions  alcalines  d'iode 868 

LINDEBERG    (.J.-W.).    —    Sur    la    loi 

de  Gauss 1 409 

LINDET  (Léon).  —  Désigné  pour  faire 
partie  du  Conseil  d'administra- 
tion de  l'Institut  des  recherches 
agronomiques 

—  Fait   partie    de    la    commission    des 

prix   de   chimie 

—  Fait    hommage    à    l'Académie    d'un 

ouvrage  intitulé  :  «  L'outillage  de 
l'industrie  chimique,  agricole  et 
alimentaire    « 727 

LINDET  (Léon),  M.  BEAU  et  Ch.  POR- 
CHER. —  Font  hommage  à  l'Aca- 
démie de  la  première  année  (192 1) 
de  la  Revue  qu'ils  publient  sous  le 
titre  :  «  Le  lait,  revue  générale  des 
questions  laitières  » i^o. 

LIOT  (A.).  —  Voir  Goris  [A.)  et  A.  Llot. 

LIOUVILLE.  —  Voir  Gossot  et  Liou- 
ville. 

LOCQUIN  (R.)  et  SUNG  WOUSENG. 
—  Sur  l'action  de  l'acétylène  sur 
les  cétones  sodées  et  la  prépara- 
tion des  dialcoyltéthinylcarbinols.      1427 

—  Sur  la  préparation  des  dialcoylvinyl- 

carbinols i55l 

—  Sur    la    transformation    des    alcools 

éthyléniques  tertiaires  (genre  lina- 
lol)  en  alcools  éthyléniques  pri- 
maires (genre  géraniol) i  71 1 

LOIR  (A.)  et  H.  LEGANGNEUX.  — 
Précis  de  Muséologie  pratique 
(imp.) 272 

LONGCHAMBON  (Henri).  —  Étude 
spectrale  de  la  triboluminescence 
du  saccharose i633 

LORY  (P.).  —  Sur  les  stades  glaciaires 
et  sur  un  vallon  enregistreur  des 


i8o2 


TABLE    DES   AUTEURS. 


MM.  Pages. 
stades  (Bédinat,  Chaîne  de  Belle- 
donne) 1476 

LOVETT  (E.-O.).  —  Généralisation  d'un 
problème  de  Sophus  Lie  dans  la 
géométrie  des  transformations  de 
contact ii5i 

LUCAS-CHAMPIONNIÈRE.  —  L'Aca- 
démie charge  M.  Bazy  de  la  repré- 
senter, le  14  mai  1922,  à  l'inaugu- 
ration du  monument  élevé  à  sa 
mémoire    à    l'Hotel-Dieu 1219 


MM.  Pages. 

LUMIÈRE  (Louis).  —  Cheminement 
capillaire,  diffusion  et  déplace- 
ment       1096 

LUMIÈRE  (Auguste)  et  Henri  COU- 
TURIER. —  Résistance  des  fe- 
melles en  gestation  aux  chocs  ana- 
phylactiques  et   anaphylactoïdes.        49^ 

—  Sur  les  chocs  traumatiques 776 

LUMIÈRE  (Auguste)  et  Jean  CHE- 
VROTIER.  —  Vaccination  anti- 
lyphoïdique  par  scarifications 1080 


M 


MAHEU  (Jacques).  —  Sur  une  tardive 

régénération    de    Mousse 11 24 

MAIGNON  (F.).  —  Recherches  sur  les 
propriétés  physiologiques  et  thé- 
rapeutiques des  diastases  tissu- 
laires.  De  l'existence  des  dias- 
tases synthétisantes '">66 

—  Utilisation   des    diastases    tissulaires 

pour  la  détermination  de  l'organe 
dont  l'insuffisance  fonctionnelle 
est  la  cause  d'un  état  patholo- 
gique déterminé.  —  Application  de 
cette  méthode  clinique  à  l'étude  du 
rôle  physiologiste  de  certains  or- 
ganes         698 

MAILHE  (Alphonse).  —  Nouvelle 
préparation  d'aminés  cycloformé- 
niques 4Gj 

—  Sur  la  décomposition  catalytique  de 

l'acide  oléique 8-3 

MALAQUIN  (A.)  et  F.  CARIN.  —  To- 

moptérides    (inap.) '• 1220 

MALFITANO  (G.)  et  M.  CATOIRE.  — 
L'amylocellulose  considéré  comme 
composé  d'acide  silicique  etd'amy- 

lose.. 1128 

MANGENOT  (G.).  —  Voir  Guilliet- 
mond  [A.)  et  G.  Mangenot. 

—  Voir  Policard  {A.)  et   G.  Mangenot. 
MANGIN  (Louis).  —  Fait  partie  de  la 

commission  des  prix  de  botanique.       65o 

—  id.  de  physiologie •  •  •  •        65 1 

—  id.  du  fonds  Charles  Bouchard....        65 1 

—  id.  du  prix  Bordin 65 1 

—  id.  du  prix  Lonchampt 652 

MANOUÉLIAN     (Y.).    —    Recherches 

histomicrobiologiques  svir  la  para- 
lysie  générale.    Existence   du  tré- 


ponème dans  le  cytoplasme  des 
cellules  nerveuses  de  l'écorce  céré- 
brale        1 1 34 

MANSON    (Sir    Patrick).    —   Sa    mort 

est  annoncée  à  l'Académie 1209 

—  M.    Mesnil   rappelle    ses    principaux 

travaux 1 209 

MAQUENNE  (Léon).  —  Désigné  pour 
faire  partie  du  Conseil  d'admi- 
nistration de  l'Institut  des  re- 
cherches agronomiques 89 

—  Fait    partie    de    la    commission    des 

prix    de   chimie 65o 

—  id.  du  prix  Lonchampt 652 

MAQUENNE       (L.)      et      R.      CERI- 

GHELLI.  —  Influence  de  la  chaux 
sur  le  rendement  des  graines  pen- 
dant la  période  germinative 1269 

MAQUENNE  (L.)  et  E."DEMOUSSY. 
—  Sur  la  végétation  dans  des 
milieux  pauvres  en  oxygène 1887 

MARAGE.  —  L'acuité  auditive  et  l'ap- 
titude  au   service   militaire 197 

MARCHAL  (Paul).  —  Fait  partie  de  la 
commission  des  prix  d'anatomie 
et  zoologie 65o 

—  id.  du  jjrix  Lallemand 65 1 

—  id.  du  prix  Saintour 652 

—  La    métamorphose    des    femelles    et 

l'hypermétamorphose  des  mâles 
chez  les  Coccides  du  groupe  des 
Margarodes 1091 

MARGOULIS   (W.).  —  Les  abaques  à 

transparent  orienté. 1684 

MARIE   (A.).  —  Voir  Rousselot  et  A. 
Marie. 

MARTIN-ZEDÉ.  —  De  l'influence  de 
l'orientation   sur  les   succès   de    la 


TABLE    DES   AUTEURS, 


i8o3 


MM.  Pages, 

transplantation   des   arbres 6i 

MARTONNE  (Emmanuel  de).  —  Sur 
le  massif  de  Poïana  Ruska  et  la 
corrélation  des  cycles  d'érosion  des 
Carpates  méridionales io4 

MASCART  (Jean).  —  Observations  de 
l'éclipsé  partielle  de  Soleil  du 
28  mars  1922  faites  à  l'Observa- 
toire de  Lyon  (Saint-Genis-Laval).       935 

MATHIAS  (Ém"ile).  —  Délégué  à  la  Con- 
férence des  Unions  internatio- 
nales d'astronomie  et  de  géodésie 
et  géophysique io54 

MATHIAS  (E.),  C.-A.  CROMMELIN 
et   H.    KAMERLINGH    ONNES. 

—  La  chaleur  de  vaporisation  et 
la  différence  m'  —  m  des  chaleurs 
spécifiques  à  l'état  de  saturation 
pour  l'argon,  l'oxygène,  lazote  et 
l'hydrogène i  SgS 

MATIGNON  (C.)  et  M.  FRÉJACQUES. 

—  Sur  la  transformation  de  l'am- 
moniaque en  urée 455 

— •  Errata  relatifs  à  cette  communica- 
tion       1 747 

MAWAS  (Jacques).  —  Sur  un  tissu  lym- 
phoïde  de  l'intestin  moyen  des 
Myxinoïdes  et  sur  la  signification 
morphologique - 889 

—  Le  tissu  lymphoïde  de  la  valvule  spi- 

rale de  l'intestin  moyen  de  l'ylm- 
mocaetes  branchialis  et  sa  signifi- 
cation morphologique io4l 

MAYER  (André).  —  Est  présenté  en 
première  ligne  pour  la  chaire  d'His- 
toire- naturelle  des  corps  orga- 
nisés, vacante  au  Collège  de 
France 796 

MAYET  (Lucien).  —  La  faune  villa- 
franchienne  des  Sables  de  Chagny 
(Saônc-et-Loire) i254 

MENDESC0RREA(A.-A.).  — De  l'asy- 
métrie du  squelette  des  membres 
supérieurs 4i6 

MERCANTON  (P.-L.).  —  État  magné- 
tique   de    basaltes    arctiques....      11 17 

—  Le  système  glaciaire  du  Beerenberg 

de   Jan   Mayen i479 

MÉNAGER  (Mlle).  _  Voir  Bertrand 
(Gabriel),  Freundler  et  MUe  Mé- 
nager. 
MERCIER.  —  Sur  la  synchronisation 
harmonique  des  oscillateurs  élec- 
triques .  ." 448 


MM.  Pages. 

MERCIER  (L.).  —  Contribution  à 
l'étude  de  la  régression  d'un 
organe  :  les  muscles  vibrateurs  du 
vol  d'Apterina  pedestris  Meig,  pen- 
dant la  nymphose 687 

MERCIER  (L.)  et  Raymond  POISSON. 

—  Une  Haplosporidie,  Haplospo- 
ridium  CauUeryi  nov.  sp.,  parasite 

de  Nereilepas  fucata  Sav I205 

MERLIN  (E.).  —  Sur  le  calcul  des  coor- 
données   héliographiques i536 

MESNAGER  (Augustin).  —  Fait  partie 
de  la  commission  des  prix  de  méca- 
nique         649 

—  id.    de    navigation 65o 

—  id.   du  prix   Caméré 652 

MESNIL  (Félix).  —  Fait  partie  de  la 

commission    des    prix    d'anatomie 

et  zoologie 65o 

—  id.    de   médecine  et  chirurgie 65o 

—  id.   du  fonds  Charles  Bouchard.  ...        65 1 

—  id.  du  prix  Lallemand 65 1 

—  id.  du  prix  Saintour. 652 

— -  Donne  lecture  d'une  notice  nécrolo- 
gique relative  à  Sir  Patrick  Manson 
correspondant  pour  la  section  de 
médecine  et  chirurgie 1209 

—  Délégué  aux  fêtes  du  i5o^  anniver- 

saite  de  l'Académie  royale  de  Bel- 
gique       1219 

MESNIL    (F.)    et  M.   CAULLERY.  — 

—  L'appareil  maxilliaire  d'His- 
triohdella  homari;  affinités  des 
Histriobdellides  avec  les  Euni- 
ciens 91^ 

MESTRÉZAT  (W.),  Pierre  GIRARD 
et  V.  MORAX.  —  Perméabilité 
ionique  élective  des  éléments  cel- 
lulaires       1 727 

METALNIKOW  (S.).  —  La  mort  sté- 
rile des  Chenilles  infectées 202 

MEUNIER  (G.).  —  Action  d'acides 
minéraux  sur  les  celluloses  brutes  ; 
formation  et  destruction  concomi- 
tantes de  réducteurs.  Utilisation  de 
sous-produits  de  cette  destruc- 
tion         4  68 

MICHAUD  (Mme).  _  Voir  Baillaud 
[B.),  Mme  Chandon,  Pourteau  et 
Mme  Michaud. 

MICHAUD  (Félix).  —  Micromano- 
mètre à   sensibilité  réglable 8o5 

—  La  rigidité  des  gelées 1282 

—  Rayonnement  et  gravitation  (imp.).      1327 


i8o4 


TABLE    DES   AUTEURS. 


MM  Pages. 

MICHEL  (P.).  —  Voir  Mouriquand  (G.) 
et    P.    Michel. 

MILLOT  (Stanislas).  —  Sur  des  ba- 
lances à  calcul 927 

•MILON  (G.).  —  \oiTDangeard  (L.)  et  Y. 
Milon. 

MINEUR  (H.).  —  Sur  certaines  équa- 
tions  fonctionnelles  algébriques..      167S 

MINISTÈRE  DES  RÉGIONS  LI- 
BÉRÉES. —  Reconstitution  fon- 
cière et  cadastre.  Emploi  de  la 
photographie  aérienne  aux  levés 
cadastraux  et  aux  levés  géogra- 
phiques   (imp.) 8'jo 

MINISTRE  DE  L'AGRICULTURE.  — 
Invite  l'Académie  à  désigner  six  de 
ses  Membres  qui  feront  partie 
du  Conseil  d'administration  de 
l'Institut  des  recherches  agrono- 
miques      0.2 

MINISTRE  DE  LA  GUERRE.  — 
Invite  l'Académie  à  lui  désigner 
un  de  ses  Membres  qui  fera  partie 
du  Conseil  de  perfectionnement 
de  l'Ecole  Polytechnique,  en  rem- 
placement de  M.  C.  Jordan,  décédé.       43 1 

• —  Tables      de      balistique      extérieure, 

tomes  I,  II  et  III  (imp.) 728 

MINISTRE  DE  L'INSTRUCTION 
PUBLIQUE  ET  DES  BEAUX 
ARTS.  —  Adresse  ampliation  du 
décret  approuvant  l'élection  de 
M.  Maurice  d'Ocague 337 

—  Invite  l'Académie  à  lui  présenter  une 

liste  de  deux  candidats  à  la  chaire 
d'Anatomie  comparée  du  Mu- 
séum d'Histoire  naturelle 367 

—  Adresse    ampliation    du    décret    ap- 

prouvant l'élection  de  M.  Gustave 

Ferrie 429 

- —  Invite  l'Académie  à  lui  présenter  une 
liste  de  deux  candidats  à  la  chaire 
d'Histoire  naturelle  des  corps 
organisés  vacante  au  Collège  de 
France 588 

—  Adresse    ampliation    du    décret    ap- 

prouvant l'élection  de  M.  Henri 
Lebesgue 1 44 1 

—  Adresse  ampliation  du  décret  approu- 

vant l'élection  de  M.  Ch.  Gravier.      i653 

—  Invite    l'Académie    à    lui     désigner 

huit  de  ses  membres  pour  occuper 
les  places  prochainement  vacantes 
dans  la  Comm.ission  technique  de 


MiM.  Pages, 

la    Caisse    des    recherches    scienli- 
fiques 1G78 

MINISTRE  DU  TRAVAIL.  —  Invite 
l'Académie  à  lui  désigner  un  de 
ses  meinbres  qui  occupera,  dans  la 
Commission  supérieure  des  mala- 
dies professionnelles,  la  place  va- 
cante par  l'expiration  des  pou- 
voirs de  M.  Wided,  rééligible.  .  .  .        S^o 

MIRAMOND  DE  LAROQUETTE.  — 
Mesure  du  pouvoir  moyen  de  péné- 
tration d'un  faisceau  de  rayons  X 
par  un  nouveau  procédé  radiochro- 
mométrique 604 

MITTAG-LEFLER  (G.).  —  Le  théo- 
rème de  Caiichy  sur  l'intégrale 
d'une  fonction  entre  des  limites 
imaginaires 789,      1 143 

MOINSON  (L.).  —  Voir  Sarfory  {A.) 
et  L.   Moinson. 

MOLLIARD  (Marin).  —  Sur  une  nou- 
velle fermentation  acide  produite 
par   le   Slerigmatocystis  nigra.,..        8S1 

MONDAIN-MONVAL  (P.).  —  Sur  la 
préparation  du  chlorure  d'ammo- 
nium       I  o  1 4 

MONNET  (P.).  —  Sur  le  tremble- 
ment de  terre  italien  du  7  sep- 
tempre  1920 4?^ 

MONOD  (Théodore).  —  Sur  la  mor- 
phologie des  pièces  buccales  chez 
le  mâle  d'Akidognathia  halidaii 
(Bâte  and  Westwood) 642 

MONTAGNE  (M^e).  —  Voir  Biaise 
[E.-E.)  et  Mlle  Montagne. 

MONTEE    (Paul).   —  Sur  les   familles 

quasi-normales il 

—  Sur    une    extension    d'un    Lhéorème 

de    M.    Landau 1 33 

—  Sur  un   théorème  d'algèbre 85o 

—  Sur  un  nouveau  théorème  d'algèbre.      1220 
MOORE   (Richard  Bishop).  —  Assiste 

à   une   séance   de   l'Académie....      1385 
MORAX   (V.).  —  Voir  Mestrézat  [W.], 

Pierre    Girard  et    V.    Morax. 
MOREAU    (M.    et   M^e   Fernand).   — 
Le    mycélium   à   boucles    chez    les 

Ascomycètes 1072 

MOPiET  (Léon).  • —  Sur  la  présence  de 
calcaires  à  Alvéolines  d'âge  pro- 
bablement auversien  à  la  base  du 
Nummulitique  du  pluteau  d'Arâche 
(Massif  de  Phili,  TIante-Savoie). .  .  5o 


MM. 


TABLE    DES 

l'aees 


MOREUX  (Th.).  —  Sur  mir  nouvrllr 
Ihéoric  «le  la  ioriiialion  des  iiéhii- 
Iciiscs  spirales  cl,  du  systi-uic  so- 
laire  

—   Oriaiuc     cl     loniialion     des     luoiidcs 


(imp. 


")  I G 


i38') 


H98 


—  Observations    de    l'éclipsé    de    Soleil 

du    28    mars    1922 9^^> 

MOUlîELO.  —  Assiste  à  une  séance  de 

'Académie 

MOURET  (G.).  —  Sur  la  limite  orien- 
tale du  massif  oranitique  de  Mille- 
vaches  

—  Sur  le  prolongement  de  la   Iraclure 

d'Argentat  (Corrèze)    dans    la  ré- 
gion du    Dorât    (llautc-Vienne    et 

Vienne) 

MOUREU  (Charles).  —  Élu  membre 
de  la  commission  chargée  de  pré- 
senter une  liste  de  candidats  à  la 
succession  de  M.  J.  Carpentier, 
décédé 

—  Fait    partie    de    la    commission    des 

prix  de   chimie 

—  id.   du  prix  Vaillant 65 1 

—  id.    du    prix    Henri    de    Parville....        ('>'32 
MOUREU   (Charles)   et  Charles   DU- 


1I2 
65o 


AUTEURS.  l8o5 

MM.  Pages. 

F  UAISSE.  -    Sur  lautoxydation  : 
les  Anlioxygènes 2j8 

MUUREU  (Chaules)  et  Adoli-he  Llv 
PAPE.  —  Dosage  du  krypton  et 
du  xénon  en  valeurs  absolues  par 
speclrophotométrie 908 

MOURIQUAND  (G.)  et  P.  MICHEL. 
—  Sur  l'auto-immunisation  contre 
les  régimes  carences iG'^9 

MUGUET.  —  Le  plomb  dans  les  mine- 
rais   d'urane    de    Madagascar....        172 

—  Erratum  relatif  à  cette  communica- 
tion         330 

MURRAY  (F. -IL).  —  Sur  le  tracé  des 

arcs  de  cercles  de  grand  rayon..      iSgg 

MUTTELET  (C.-F'.).  —  Nouvelle  mé- 
thode pour  la  recherche  de  la 
graisse  de  coco  dans  le  beurre  de 
vache -J^O 

MYLLER  (A.).  —  Quelques  propriétés 
des  surfaces  réglées  en  liaison  avec 
la  théorie  du  parallélisme  de 
M.  Levi-Cività 997 

MYRBERG  (P.-J.).  —  Sur  les  fonctions 
—  automorphes      de     plusieurs     va- 
riables indépendantes I/Jri2 


N 


NAVARRO-MARTIN  (A.).  —  Voir 
Fournier  (L.),  C.  Levadili,  A.  Na- 
i'nrro- Martin   et  A.  Schwartz. 

NÉGRIS  (Pu.).  —  L'Atlantis  et  la 
régression  quaternaire 

-^  Phases  glaciaires  en  Grèce;  leur 
relation  avec  le  morcellement  de 
l'Égéis 

NÈMEC  (Antonin)  et  Frantiseic 
DUCHON.  —  Sur  une  méthode 
indicatrice  permettant  d'évaluer 
la  vitalité  des  semences  par  voie 
biochimique  , 

NEUVILLE  (Henri).  —  Est  présenté 
en  deuxième  ligne  pour  la  chaire 
d'Anatomic  comparée  du  muséum 
d'histoire   naturelle 

NEVANLINNA  (Rolf).  —  Sur  les  rela- 
tions qui  existent  entre  l'ordre 
de  croissance  d'une  fonction  mono- 
gène  et   la  densité   de   ses  zéros.. 


'|0^^ 


G3'i 


3i 


1 126 


2i 


NICLOUX  (Maurice)  et  Georges 
WELTER.  —  L'acide  cyanique 
existe-t-il  dans  le  sang  ? i  ;33 

NICOLAS  (G.).  —  Des  synanthies,  à 
propos   du   Narcissus   Tazetta  L. . 

NICOLAU  (S.).  —  Voir  Levaditi  [C]  et 
S.   Nicolau. 

NICOLLE  (Charles)  et  E.  CONSEIL. 
—  Vaccination  préventive  par  voie 
digestive    chez    l'homme 

NILSONN-CANTEL     (Carl-Aug).     —_ 
Ciripeden-Studien.    Zur   kenntnis 
der   Biologie,   Anatomie  und  Sys- 
tcmatik  dieser  Gruppe  (imp.) .... 

N.JEGOVAN  (V.).  —  Sur  les  variations 
de  l'entropie  dans  les  gaz  réels .  . 

NOBÉCOURT  (Pierre).  —  Sur  le  méca- 
nisme de  l'action  parasitaire  du 
Pénicillium  glaucum  Link  et  du 
Mucor  stolonijer  Ehrb 

NODON  (Albert).  —  Sur  l'action  ])ho- 


i8o6 


TABLE  DES   AUTEURS. 


MM. 


Pages. 
1061 


togénique  des  ultraradiations .  , 
NOËL  (R.).  —  Sur  des  phénomènes  de 

condensation   de   corps   gras   à   la 

surface    des    niitochondries.  .'.  .  .  .        572 
NOETHER    (Max).     —     Sa     mort    est 

annoncée   à   l'Académie 649 

—  Son  remplacement 917 

NORDMANN   (Charles)   et  LE  MOR- 

VAN.  —  Observation  d'une  étoile 
anormale  au  photomètre  hétéro- 
chrome  de  l'Observatoire  de  Paris.         loi 

—  Observation    d'un    phénomène    sin- 

gulier   que    présente    l'étoile   0    de 

la  Grande  Ourse G69 

—  Observations  d'étoiles  du  type  N  et 


MM.  Pages. 

notamment  d'une  étoile  à  tempé- 
rature effective  extrêmement  bas- 
se, au  moyen  du  photomètre  hété- 
rochrome  de  l'Observatoire 1690 

NÔRLUND  (N.-E.).  —  Sur  la  formule 

d'interpolation    de    Stirling 919 

—  Sur    la    formule    d'interpolation    de 

Newton 1 108 

NORMAND  (G.).  —  Voir  Wahl  (A.), 
G.    Normand  et    G.    Vermeylen. 

NOTTIN  (P.).  —  Solubilisation  et  dégra- 
dation diastasique  des  matières 
azotées  du  maïs;  application  aux 
fabriques    de    levure 712 


o 


OBERTHUR  (Charles).  —  Etudes  de 
Lépidoptérologie  comparée.  Fas- 
cicule  XIX,    i'^   partie    (imp.) .  .  .  .        i/jS 

—  Etudes    de    Lépidoptérologie     com- 

parée   (imp.) 1 399 

OBERTHUR  (Ch.)  et  C.  HOULBERT. 
—  Quelques  vues  nouvelles  sur 
la  systématique  des  Melanargia 
(Lépidoptères  :  Satyridse] 190 

—  Convergence    ou    variation   parallèle 

dans  le  genre  Halimede  {Lepidopl. 

Satyridse) 70'! 

OCAGNE  (Maurice  d).  —  Sur  la  réduc- 
tion de  la  quatrième  dimension 
à  une  représentation  plane i'|6 

—  Est  présenté  en  troisième  ligne  pour 

la  succession  de  M.  J.  Carpentier.       r>/)2 

—  Est    élu 270 

—  Son  élection  est  approuvée 337 

—  Sur  l'examen  comparatif  de  diverses 

méthodes     nomographiqucs 355 

—  Est  adjoint  à  la  délégation  qui  repré- 

sentera l'Académie  aux  fêtes  du 
i5o^  anniversaire  de  la  fondation 
de  l'Académie  royale  de  Belgique.        687 


—  Fait    partie    de    la    commission    du 

prix  Caméré 652 

— •  Offre  à  l'Académie  un  travail  inti- 
tulé :  «  Coup  d'oeil  sur  les  prin- 
cipes fondamentaux  de  la  Homo- 
graphie » 1 1 5o 

—  Fait  hommage  d'une  brochure  inti- 

tulée   :   «   Vue   d'ensemble   sur   les 
machines    à    calculer   » i3i8 

—  Donne    lecture    d'une    notice    sur    la 

la  vie  et  les  travaux  de  Jules  Car- 
pentier,   Académicien    libre i653 

—  Sur  les  nomogrammes  à  transparent 

orienté 1 664 

OLLIVIER  (H.).  — -  Cours  de  physique 
générale.  Tome  II  :  thermodyna- 
mique et  étude  de  lénergie-rayon- 

nante   (imp.) io54 

ONNES  (Heike  Kamerlingh).  —  Voir 
Mathias  [E.),  C.-A.  Crommelin  et 
H.    Kamerlingh    Onnes. 

—  Voir    Timmermans    (Jean),    M"^   H. 

Van  der  Horst  et  M.  H.  Kamerlingh 
Onnes. 


PAGEZY  (Eugène).  —  Sur  la  forme 
optimum  à  donner  aux  hélices 
propulsives 1 32; 

PAINLEVÉ  (Paul).  —  Fait  partie  de 
la    commission    des    prix    de    ma- 


thématiques         649 

La    théorie    classique    et    la    théorie 

einsteiniennc  de  la  gravitation.  .  .  1187 
Note    sur   deux   communications   de 

M.  Jean  Chazy  et  de  M.  J.  Trousset.      i  l6l 


TABLE    DES    AUTEURS. 


1642 
it3i 


VK 


1698 


MM.  .     .    Pages. 

—  Fait    hommage    d'un    ouvrage    inti- 

tulé :  «  Les  axiomes  de  la  méca- 
nique, examen  critique  » ibio 

PALFRAY.  —  Éthcrs  homocampho- 
liques  neutres  et  leurs  produits  de 
réduction l'iJi 

PALFREY  (FRA^CIs-^V.).  —  Voir  BuH 
Wolbach  (S.),  John-L.  Todd  et 
Francis-W.   Palfrey. 

PANISSET  (L.)  et  J.  VERGE.  —  Les 
<i  donneurs  de  sang  »  en  médecine 
vétérinaire 

—  Idiosyncrasic   et   anaphylaxie.  .  .- .  . 
PASCAL  (Paul).  —  Recherche  magné- 

tochimique  des  constitutions  en 
chimie  minérale.  Les  acides  du 
phosphore • 

—  Recherches     magnétochimiques    des 

constitutions  en  chimie  minérale. 
Les  acides  de  l'arsenic 

PASTUREAU  et  Henri  BERNARD. 
—  Sur  la  chlorhydrine  de  l'oxyde 
de  mésityle  et  sa  transformation 
en  chlorhydrine  de  la  tétraméthyl- 
glycérine i  jtt 

PÉLABON  (H.).  —  Action  de  sélé- 
nium sur  l'or. ^91 

PELLEGRIN  (Jacques).  —  Les  pois- 
sons des  eaux  douces  de  l'Afrique 
du  Nord  française,  Maroc,  Algérie, 
Tunisie,  Sahara  (imp.) 79^ 

—  Sur  un  nouveau  poisson  aveugle  des 

eaux  douces  de  l'Afrique  occiden- 
tale  

PELOSSE  (Jean).  —  Voir  Vaney  (Clé- 
ment)  et  Jean  Pelasse. 

PERCIVAL  (John).  —  The  wheat  plant 

(imp-) 

PEROT  (A.).  —  Sur  la  variation  de  la 
longueur  d'onde  des  raies  tellu- 
riques 

—  Mesure  de  la  pression  dans  l'atmo- 

sphère du  Soleil 

PERRIER  (Georges).  —  Est  présenté 
en  deuxième  ligne  pour  la  succes- 
sion   de    M.    Alfred    Grandidier .  . 

—  Sur    les    différences    d'altitude    des 

stations  de  Tare  méridien  de 
l'Equateur 

—  Compensation  des  différences  d'alti- 

tude d'une  chaîne  de  triangles  de 
premier  ordre.  Application  à  la 
triangulation  de  l'arc  méridien  de 
l'équateur "Oi 


884 


588 


953 


336 


,Î38 


MM. 

PERRIN  (Edouard).  —  Est  présenté 
en  deuxième  ligne  pour  la  succes- 
sion   de    M.    Alfred    Grandidier.. 

—  Obtient    des    suffrages 

PETIT    (A.).   —  A   propos   du  «   réveil 

de  la  terre  arable  » 

—  Sur  la  nocuité  du  terreau  du  fumier. 
PETITPAS    (J.).    —    Travail    dépensé 

dans  l'usinage  mécanique  du  bois. 

PEYRON.  — ■  Voir  Alezais  et   Peyron. 

PÉZARD  (A.).  —  Notion  de  «  seuil  diffé- 
rentiel »  et  explication  humorale 
du  gynandromorphisme  des  oi- 
seaux bipartis 

PHISALIX  (Mme  Marie).  —  Animaux 
venimeux  et  venins   (imp.) 

PICARD  (Emile).  —  Dépose  sur  le 
bureau  les  «  Comptes  rendus  des 
séances  de  la  sixième  Conférence 
générale  des  Poids  et  Mesures  » .  . 

—  Présente     à     l'Académie     une     bro- 

chure intitulée  :  «  Le  principe  de 
relativité  et  ses  applications  à 
l'Astronomie    » 

—  Élu     membre     de     la     commission 

chargée  de  présenter  une  liste  de 
candidats  à  la  succession  de 
M.  J.  Carpentier,  décédé ........ 

—  Présente  à  l'Académie  un  résumé  des 

travaux  mathématiques  de  Ca- 
mille Jordan 

—  Fait    partie   de    la    commission    des 

prix  de  mathématiques 

—  id.    de    mécanique 

—  id.    d'astronomie 

—  id.   de   physique 

— ■  id.  du  prix  Montyon  de  statistique. 

—  id.    du    prix    Binoux 

—  id.      médailles      Arago,      Lavoisier, 

Berthelot 

—  id.  du  prix  Gustave  Roux,  Thorlet, 

fondations  Lannelongue,  Trémont, 
Gegner,     Hirn,     Henri    Becquerel. 

—  id.    du   prix   Houllevigue ~ 

d.  du  prix  Henri  de  Parville 

d.  du  prix  Henry  Wilde •  •  •  • 

d.  de  la  fondation  Jérôme  Ponti.. 

—  id.  de  la  question  du  prix  Bordin.  . 

—  Rappelle    à    l'Académie    les    remar- 

quables qualités  scientifiques  de 
M.  R.  Benoit,  dont  M.  le  Président 

vient    d'annoncer    la    mort 

PICHARD  (Georges).  —  Voir  Rivière 
[Gustave]  et  Georges  Pichard. 


1807 

Pages. 


3-36 
36- 

io33 
i369. 

5?  9 


15:3 

89 

81 


142 


649 
649 
65o 
65o 
65i 
65i 

65i 


65i 
•652 
652 
652 
652 
652 


1209 


i8o8 


TABLE  DES  AUTEURS. 


MM.  Pages. 

nCTET  (Amé).  —  Est  élu  correspon- 
dant pour  la  section  de  chimie,  en 
remplacement  de  M.  Pli.- A.  Guye, 
décédé it'77 

PICTET  (Amé)  et  J.-il.  UOSS.  —  Sur 
la  polymérisa<-fou  de  la  lévoglu- 
cosanc 1 1 1 3 

PIERON  (Henri).  —  Loi  de  la  vitesse 
d'établissement  des  processus  chro- 
matiques fondamentaux  en  fonc- 
tion de  l'intensité  de  l'excitation 
lumineuse 19,9/1 

PLANIOL  {André).  —  Rendement 
organique  des  moteurs  à  com- 
bustion   interne 6G3 

—  Etudes    des    pertes   par    frottements 

dans  ,  les  moteurs  à  combustion 
interne 860 

—  Voir     Abraham      (Henri)      et     Rei^é 

Plan  loi. 

PLANTEFOL  (L.).  —  Sur  la  toxicité  de 
divers  phénols  nitrés  pour  le  Ste- 
rigmatocystis  nigra 1 9,3 

PLOTZ  (Harry).  —  Contribution  à 
l'étude  de  la  culture  in  vitro  du 
virus   de    la    vaccine 12(3") 

POINCET.  —  Turbines  à  vapeur  (imp.).  89 

POIRÉE   (.J.).  —  Précis  d'arithmétique 

(imp-) «9 

POISSON  (Raymond).  —  L'histogenèse 
des  muscles  du  vol  chez  la  Ranâtre, 
la  Nêpe  et  les  Naucorises 770 

—  Voir  Mercier  (L.)  et  Raytnond  Poisson . 
POLICARD  (A.)  etM"e  JulianaTRIT- 

CHKOVITCH.  —  Sur  un  méca- 
nisme intervenant  dans  la  fixation 
des  graisses  par  la  glande  cortico- 
surrénale 960 

—  Sur  la   fixation   directe  des   graisses 

par  les   glandes   sébacées i364 

POMMEREAU  (Hervé  de).  —  Sur  la 
réduction  du  benzoate  d'éthyle  et 
de  quelques  autres  composés  ben- 
zéniques  par  le  sodium  et  l'al- 
cool absolu GS'i 

POLICARD  (A.)  et  G.  MANGENOT.  -- 
Action  de  la  température  sur  le 
chondriome  cellulaire.  Un  crité- 
rium physiqiu>  des  formations  mi- 


MM.  Pages, 

tochondriales 64') 

—  Erratum  relatif  à  cette  communica- 

tion         716 

PONS  et  REMY.  —  Sur  la  coloration 
ocre  que  présentèrent  en  mars  1922 
les  neiges  du   Briançonnais 1482 

POPE  (Sir  William).  —  Obtient  des 
suffrages  au  scrutin  pour  l'élec- 
tion d'un  correspondant  pour  la 
section  de  chimie 1677 

POPOFF   (Kyrille).  — •  Sur  l'équation 

générale  du  type  elliptique 73 1 

PORCHER  (Ch.).  —  Voir  Lindet  (Léon), 
M.    Beau   et    Ch.    Porcher. 

PORTIER  (Paul)  et  Marcel  DUVAL. 
—  Variation  de  la  pression  osmo- 
tique  du  sang  des  Poissons  Téléos- 
téens  d'eau  douce  sous  l'influence 
de  l'accroissement  de  salinité  de 
l'eau  ambiante i366 

—  Variation  de   la  pression   osmotique 

du  sang  des  Sélaciens  sous  l'in- 
fluence de  la  modification  de  la 
salinité  de  l'eau  de  mer  environ- 
nante        1 493 

POUCHOLLE    (A.).   —  Contribution   à 

l'étude  de  la  trempe Gi  i 

POURTEAU.  —  Voir  Baillaud  (B.), 
Mme  Chandon,  Pourteau  et  M^e  Mi- 
cliaud.  f 

PRÉVOST  (G.).  —  Détermination  des 
coefficients  dans  le  développe- 
ment en  polynômes  de  Laplace 
d'une  fonction  de  deux  variables.        672 

PROCOPIU  (St.).  —  Sur  un  effet  élec- 
tro  et  niagnéto-optiquc  des  liquides 
qui  tiennent  des  poudres  métal- 
liques en  suspension 1 1  70 

PRUVOT-  (Mme  a.);  —  Sur  un  type 
nouveau  et  remarquable  de  Gym- 
nosomes  (Laginiopsis  n.  g.) 696 

PRUVOST  (P.).  —  Voir  Barrais  (Ch.), 
P.   Pruvost  et    G.   Dubois. 

PUISEUX.  —  Fait  partie  de  la  com- 
mission    des    prix     d'astronomie.        65o 

—  id.    du   prix   Victor    Raulin 6)2 

PUYMALY    (A.    de).   —   Reproduction 

des  Vaucheria  par  zoospores  ami- 
boïdes 824 


TABLE    DES   AUTEURS. 


1809 


Q 


MM.  Pages. 

QUÉNU  (Edouard).  —  Fait  partie  de 
la  commission  des  prix  de  méde- 
cine  et  de  ehirurs'io 65o 


MM.  Pages. 

—  id.    de  physiologie 65 1 

—  id.   du    ionds  Cliarles  Bouchard....        65 1 


R 


RABATE    (E.).   —  La   destruction   des 

mauvaises    herhcs    (imp.) i)i8 

—  La  taille  des  arbres  fruitiers  de  pleiii 

vent  (prunier  d'ente,  reine-claude, 
pêcher,  pommier)    (imp.) 918 

RABOT     (Charles).     —     Les     régions 

polaires  pendant  la  guerre  (imp.).        79G 

RAMART  (Mme)  et  M.  G.  ALBESCO. 
—  Etude  de  deux  propiophé- 
nones  aa.  P[ii-substituées  et  de 
leiu's  produits  de  dédoublement 
par  l'amidure  de  sodium 1289 

RAMART-LUCAS  (M^e).  _  Voir  Hui- 
ler (A.)    et  Mme  Ramart-Lucas. 

RANG  (Albert).  —  L(?s  ingénieurs 
et  la  guerre.  La  mobilisation  tech- 
nique et  scientifique  (imp.) 728 

RANVIER  (Louis).  —  Fait  partie  de 
la  commission  des  prix  dana- 
tomie  et  zoologie 65o 

—  Sa     mort     est     annoncée     à     l'Aca- 

démie          833 

—  Notice    sur    sa   vie    et    ses    travaux, 

par  M.   Heiuiegiii/ 833 

RATEAU  (Auguste).  —  Fait  partie  de 

la   commission  du   prix  Gaméré..        6)2 

—  Théorie  générale  du  turbo-compres- 

seur  pour  moteurs  d'avions.  .....      i5ii 

—  Pressions     et    poids    spécifiques    de 

l'air   en   atmosphère   normale....      1598 

—  Calcul  des  variations  du  plafond  d  uu 

aéroplane  dues  à  une  variation 
de   son   poids   ou   à   l'emploi   d'un 

turbo-compresseur   1669 

RATHERY  (F.).  —  Voir  Desgrez  (A.). 
H.  Bierry  et  F.  Rathery. 

—  Voir    Bierry     [H.),    F.    Rathery    et 

F.  Bordet. 

REBOUL  (G.).  —  Sur  un  nouveau 
rayonnement  et  son  application 
à  l'étude  de  l'ultraviolet  de  Milikan 
et    de    Lyman 1 4  5 1 

RECOURA    (A.).    —   Sur   les    nouvelles 


propriétés  du  sullale  vert  de 
chrome 1 460 

l'vEICH  (René).  —  Voir  Joh  iAiulrc) 
et    René    Reicli. 

RÉMUUNDOS  (Georges-.J.).  —  Sur 
le  raccordement  des  lignes  et  la 
courbe  élastique  plane )19 

—  Sur    les    déformations    planes    et    le 

problènie  de  la  poussée  des  terres.        929 

—  Sur  le  problème  général  de  la  poussée 

des    terres i  533 

RÉMY.  —  Voir  Pons  et  Rémy. 

RETTERER  (Edouard).  —  Pose  sa 
candidature  à  la  place  vacante, 
dans  la  section  d'anatomie  et  zoo- 
logie, par  le  décès  de  M.  Ranvier .      121 9 

—  Est  présenté  en  troisième  ligne  pour 

la   succession   de   M.   Ranvier .  .  .  .      i583 

—  Obtient  des  suffrages 1611 

RETTERER  (Edouard)  et  Serge  VO- 

RONOFF.  —  La  glande  génitale 
mâle  et  les  glandes  endocrines 
(imp.) 98« 

liEY  (Jean).  —  Portée  obtenue  par  un 
phare  de  grand  atterrage  avec 
optique  à  réflecteurs  métalliques.        289 

RIABOUGHINSKI  (D.).  —  Quelques 
considérations  sur  la  forme  du 
solide  et  l'énergie  cinétique  du 
fluide    qui    l'entoure 212 

—  Sur    quelques    cas    de     mouvements 

plans  des  fluides  autour  de  solidi  s 

avec  tourbillons i  ^-=4 

RICHARD  (P.-J.).  —  Théorie  mathé- 
matique   des    assurances    (imp.)..        43i 

RICHE  (Attale)  et  Frédéric  ROMAN. 
—  La  montagne  de  Crussol,  étude 
stratigraphique  et  paléontologique 
(imp.).' 271 

RICHET  (Charles).  —  Fait  hommage 
à  l'Académie  d'un  ouvrage  de 
M.  L.  Bianchi,  intitulé  :  «  La  méca- 
nique   du    cerveau   et   la    fonction 


i8io 


TABLE    DES   AUTEURS. 


MM.  Pages, 

des  lobes  frontaux  » 'ijo 

—  Présente     et    fait    l'exposé    de     son 

«  Traité  de  Métapsychique  .......        4^9 

—  Fait    partie    de   la    commission    des 

prix  de  médecine  et  de  chirurgie.        65o 

—  id.  de  physiologie '.        65 1 

—  id.   du  fonds  Charles  Bouchard.  ...        65 1 

—  id.  du  prix  Lallcmand 65 1 

—  id.  du  prix  Lonchampt 652 

RICHET     (Charles),     Eudoxie     BA- 

CHRACH  et  Henrv  CARDOT. 
—  L'accoutumance  du  fcrnaent 
lactique  aux  poissons  (spécificité, 
simultanéité  et  alternance) 3^5 

—  Études  sur  la  fermentation  lactique. 

Le    souvenir   chez   les    microbes..        8/|2 
RICÔME   (H.).  —  Sur  l'élongation  des 

racines 88o 

RIQUIER.  —  Sur  les  figures  intégrales 
singulières  des  systèmes  partiels 
du  premier  ordre  auxquels  s'ap- 
plique la  méthode  d'intégration  de 
.Jacobi I  '3y2 

—  Sur  les  figures  intégrales  singulières 

des  systèmes  passifs  du  premier 
ordre  n'impliquant  qu'une  seule 
fonction   inconnue I  Si  7 

—  Sur  l'élimination  des  constantes  arbi- 

traires        i6o4 

RIOU  (Paul).  —  Sur  la  vitesse  d'absorp- 
tion de  l'acide  carbonique  par  les 
solutions  alcalines 1017,      i463 

RIVIÈRE.  —  Voir  Clémentt  et  Rivière. 

RIVIÈRE  (Gustave)  et  Geores  PI- 
CHARD.  —  La  stérilisation  par- 
tielle du  sol 493 

RUDOLFS  (W.).  —  Voir  Ilelbronner 
{Aiulré)    et    W.    Rudoljs. 

RUDY  (R.).  —  Voir  Gmje  (C.-Ë.)  et 
R.    Rudij. 

RUEFF  (Jacques).  —  Des  sbiences 
physiques  aux  sciences  morales 
(imp.) 1678 

RULLIER  (G.).  —  Voir  Fembach  (E.) 
et    G.    Rullier. 

RUSSO  (P.).  —  Sur  la  structure  du 
Trias  des  régions  de  Mecknès  à 
rinnaouen   (Maroc  septentrional).        229 

—  Sur    la    constitution    géologique    du 

territoire    des    Hauts-Plateaux    et 

de  Figuig   (Maroc  oriental) 1 188 

ROMAN  (Frédéric).  —  Voir  Riche 
[Attale]    et    Frédéric    Roman. 


MM.  Pages. 

ROSENBLATT  (M'^e  m.).  —  Voir  Ber- 
trand [Gabriel]  et  M^e  M.  Rosen- 
blalt. 

ROSS  .{J.-H.).  —  Voir  Pictet  [Anié]  et 
J.-H.    Ross. 

ROUBAUD  (E.).  —  Sommeil  d'hiver 
cédant  à  l'hiver  chez  les  larves  et 
nymphes   de   Muscides 964 

ROULE  (Louis).  —  Sur  un  genre 
de  Poisson  abyssal  japonais  très 
rare,  nouvellement  retrouvé  dans 
l'Océan  Atlantique  Nord-Africain.        640 

—  Sur  l'ontogenèse  des  Poissons  Scom- 

briformes    appartenant    à    la    fa- 
mille   des    Luvaridés 1262 

—  Est  présenté  en  troisième  ligne  pour 

la   succession   de   M.   Ranvier .  .  .  .      i583 

ROUSSELOT  et  A.  MARIE.  —  Sur  un 

signe    auditif    de    spécificité 79 

ROUSSILHE  (H.).  —  Ministère  des 
régions  libérées.  Reconstitution 
foncière  et  cadastre.  Emploi  de 
la  photographie  aérienne  aux 
levés  cadastraux  et  aux  levés  géo- 
graphiques,   (imp.) 85o 

^—  Sur  les  applications  de  la  photogra- 
phie aérienne  et  de  l'appareil  de 
photorestitution 863 

ROUSSY  (B.).  —  Mesure  de  la  surface 

cutanée   du   cheval 195 

ROUX  (Emile).  —  Désigné  pour  faire 
partie  du  Conseil  d'administration 
de  l'Institut  des  recherches  agro- 
nomiquos 89 

—  Fait    piv'tie    de    la    commission    des 

prix  de  médecine  et  de  chirurgie.  .        65o 

—  id.   de  physiologie 65 1 

—  id.   du  fonds   Charles  Bouchard....        65l 

—  id.    du    prix    Bordin 65i 

—  id.  du  prix  Saintour 652 

—  id.  du  prix  Lonchampt 652 

ROY    (Louis).    —    Sur    l'Électrodyna- 

mique   des   milieux   homogènes   et 
isotropes  en  repos 1229 

—  Sur   les    actions    électromagnétiques 

dans    un    système    isotrope i448 

ROYER  (L.).  —  Sur  l'inversion  du 
pouvoir  rotatoire  dans  les  liquides 
anisotropes 1 182 

—  Voir   Friedel    [G.)    et   L.    Royer. 
RYZIGER  (F.).  —  Voir  Galibourg  (J.) 

et     F.   Ryziger. 


TABLE    DES    AUTEURS. 


l8l  I 


MM.  Pages. 

SACERDOTE  (Pall)  et  Pierre  LAM- 
BERT. —  Demandent  l'ouver- 
ture d'un  pli  cacheté  contenant 
une  note  intitulée  :  «  Nouveau 
procédé  pour  déceler  la  présence 
d'un  sous-marin  « 1677 

SAGNAC  (G.).  —  Les  invariants  new- 
toniens  de  la  matière  et  de  l'énergie 
radiante,  et  l'éther  mécanique 
des    ondes    variables ,  2g 

—  La    projection    de     la    lumière    des 

étoiles  doubles  périodiques   et  les 

oscillations  des  raies  spectrales..        876 
SAILLARD    (E.).   —  Composition    des 

betteraves    sauvages ^11 

SAINT-JOHN.  —  Assiste  à  une  séance 

de    l'Académie iSog 

SALET  (P.).  —  Sur  la  pression  des  atmo- 
sphères des  étoiles  et  du  Soleil..        i5i 
SALLES  (E.).  —  Voir  Zimment  (A.)  et 

E.   Salles. 
SALOMON  (T.).  —  Voir  Gault  (H.)  et 

T.   Salomon. 
SAMDAHL     (B.).     —     Voir     GledUsch 

(Mlle  ^;/g,j)   et  M.  B.   Samdahl. 
SANGUINETTL  —  Voir  Collin  (André) 

et    Sanguinetti. 
SARANTOPOULOS  (Spiridion).  — Sur 

un  théorème  de  M.  Landau Sqi 

—  Sur    les    fonctions    croissantes    posi; 

tives   i32o 

SARTORY  (A.)  et  L.  MOINSON.  —  Sur 

un  cas  de  moniliase  bronchique .  .  77 

SAUGER  (Maurice).  ^ — Sur  une  coïnci- 
dence remarquable  dans  la  théorie 
de  la  relativité 1002 

SAUVAGEAU  (C.)  et  G.  DENIGÈS.  — 
A  propos  des  efïlorescenccs  du 
Rhodymenia  palmata  ;  présence 
d'un  xylaiie  chez  les  Algues 
floridées    791 

SAVORNIN  (J.).  —  Les  captures  de 
rOum  er  Rebia  et  l'hydrographie 
générale  du  Moyen-Atlas  maro- 
cain    j3 

— ■  Observations  stratigraphiques  et  tec- 
toniques à  la  frontière  nord-est 
du    Maroc 627 

SAZERAC  (R.)  et  G.  LEVADITL  — 
Emploi  du  bismuth  dans  la  pro- 


^l'^L  Pages, 

phylaxio  de  la  syphilis 128 

SCHAUMASSE  (A.).  —  Observation  de 
la  comète  Skjellcrup  (1922  b), 
faite  à  l'équatorial  coudé  de  l'Obser- 
vatoire de  Nice i333 

SCHEIN.  —  Dualité  possible  de  la 
fièvre  aphteuse  (hypothèse  de 
travail) 2o4 

SCHERESCHEWSKY  (Pn.)  et  Pu. 
WEHRLÉ.  —  La  signification 
des  cirrus  dans  la  prévision  du 
temps 3x4 

SCHINZ  (Hans)  et  A.  GUILLAUMIN. 
—  Nova  Calédonia.  Recherches 
scientifiques  en  Nouvelle  Calé- 
donie  et  aux  îles  Loyalty  :  Bota- 
nique (imp.) 796 

SCHLŒSING  (Théophile).  —  Désigné 
pour  faire  partie  du  Conseil  d'ad- 
ministration de  l'Institut  des 
recherches     agronomiques 89 

—  Fait    partie    de    la    commission    des 

prix    de    chimie 65o 

SCHLUMBERGER  (C.  et  M.).  —  Phé- 
nomènes électriques  produits  par 

les  gisements  métalliques 477 

SCHOEP  (Alfred).  —  Sur  la  dewind- 

tite,    nouveau  minéral   radioactif.       623 

—  Sur  la  stasite,  un  minéral  nouveau, 

dimorphe    de    la    dev^'indtite 873 

—  La  soddite,  nouveau  minéral  radioac- 

tif       106G 

—  Sur  la  becquerélite,  nouveau  minéral 

radioactif 1240 

SCHUSTER  (A.).  —  Adresse  le  pro- 
gramme des  travaux  de  la  deu- 
xième assemblée  générale  du 
Conseil  international  des  Re- 
cherches, qui  se  tiendra  à  Bruxelles 
du  23  au  29  juillet  1922 . Bjo 

SCHWARTZ  (A.).  —  Voir  Fournier  (L.), 
C.  Levaditi,  A.  Nmmrro- Martin  et 
.1 .   Schwartz. 

SCHWOERER  (Emile)!  —  Présente  à 
l'Académie  un  travail  sur  la  déter- 
mination de  l'équation  séculaii'e  de 
la  Terre  dans  la  théorie  d'Arrhé- 
nius 88 

SEBERT  (Hyppolyte).  — -  Fait  partie 
de  la  commission  des  prix  de  vak- 


l8l2 


TABLE    DES    AUTEURS. 


MM. 

canitjuc 

—  id.  de  navigation 

SÉGUIN  (Augusti.n).  —  Sur  xine  ma- 
chine   automatique    à    multiplier. 

SÉJOURNÉ  (Paul).  —  Est  présenté 
en  deuxième  ligne  pour  la  succes- 
sion de  M.  J.  Carpentier 

—  Obtient    des    suffrages 

SEMICHON  (L.).  —  Sur  la  composition 

des  vins  de  lies  et  des  lies  de  vin  .  . 
SENDERENS  (J.-B.)  et  .J.  ABOULENC 

—  Préparation  catalytique  des 
cyclohcxanetriols 

SERGENT   (Edm.)   et  A.   DONATIEN. 

—  Les  stonioxes,  propagateurs 
de  la  trypanosomiase  des  dro- 
madaires  

SERVICE  IIYDROGRAPHinUE  DE 
LA  MARINE.  —  Carte  du  sud  de 
la    mer    du    Nord    (inip.) 

SEYEWETZ  et  VIGNAT.  —  Action 
du  sulfite  de  soude  sur  le  nitro- 
benzène 

SIEGBAIIN  (Manne).  —  Sur  le  degré 
d'exactitude  de  la  loi  de  Bragg 
pour    les    rayons    X 

SIMON  (L.-J.).  —  Sur  l'oxydation  par 
les  mélanges  d'acide  siilfurique  et 
de   chromâtes 

SOCIEDAD  ARGENTINA  DE  CIEN- 
CIAS  NATURALES.  —  Primera 
réuni(Jn    nacional     (imp.) 

SOCIÉTÉ    DE    CHIMIE    PHYSIOUE. 

—  Recueil  des  procès-verbaux 
des  communications  scientifiques 
laites  devant  la  société  depuis  le 
8  décembre  1909  jusqu'au 
24  juin   191 4    (iiîp-) 

SOLOVINE  (Maurice).  —  Traduction 
d'un  ouvrage  de  Sir  J.  J.  Thomson 
intitulé  :  «  Électricité  et  matière 
(imp.) 

SOLVAY  (Ernest).  —  Sa  mort  est 
annoncée     à     l'Académie 

SOMMELET  (Marcel)  et  Jean 
GUIOTH.  —  Hydrogénation  for- 
mique  des  sels  quaternaires  d'he- 
xaméthylènetétramine 

SOREAU     (R.).     —     Nomographie     et 


Pages. 

65o 

II 31 


232 
270 

"79 

61 0 


582 


2ijG 


743 


170G 


iGi  I 


-96 


4  il 


i38' 


68- 


M  M . 

traité    des    abaques    (imp.) 

SOUÈGES  (René).  —  Embryogénie 
des  Rosacées.  Les  premiers  stades 
du  développement  de  l'embryon 
chez  le  Geuin  iirbaniiinh. .      1070, 

STEFANESCU  (Sabba).  —  Sur  l'impor- 
tance pratique  et  phylogénétique 
du  talon  antérieur  (Ta)  des  mo- 
laires des  mastodontes  et  des  élé- 
phants   

—  Sur  la  phylogénie  de  VElcphas  antl- 

quus : 

STENSIO  (Erick  a.  Son).  — ■  Triasic 
Eishes    from    Spitzbergon     (imp.). 

STOKLASA  (J.).  —  Influence  du  sélé- 
nium et  du  radium  sur  la  germina- 
tion   des    grains 

—  Influence  du  séléniunT  sur  l'évolution 

végétale,  en  présence  ou  en  l'ab- 
sence  de    radioactivité 

STOKVIS  (Louis-G.).  —  Sur  les  dia- 
grammes circulaires  des  systèmes 
triphasés  déséquilibrés  et  la  défi- 
nition de  leur  degré  de  désiquili- 
bragc  

STOILO^Y.  —  Sur  l'intégrale 'définie  et 
la  mesure  des  ensembles ........ 

STORMER  (Carl).  —  Détermination 
du  champ  magnétique  extérieur  du 
Soleil  par  la  structure  de  la  cou- 
ronne du  Soleil  et  les  cous- 
tantes  des  aurores   boréales 

STUMPER  (Robert).  —  Le  venin  des 
fourmis,  en  particulier  l'acide  for- 
mique 

—  Nouvelles  observations  sur  le  veniii 

des    fourmis 

SUDRIA  (J.).  —  Sur  une  démonstra- 
tion et  la  généralisation  du  théo- 
rème de  Menabrea 

—  Sur    la    déformation    élastique    d'un 

corps  isotrope 

SZILARD  (B.).  —  Sur  un  nouvel  élec- 
tromètre à  index  rigide  destiné  à  la 
mesure   des    radiations 

—  Sur  le  dosage  direct  de  très  faibles 

quantités  de  radium  par  les 
rayons  pénétrants 


Pages. 
142 


1197 


II 19 


12  50 

1418 
802 

1477 

66 
4i3 

1222 
1 53  '( 

1618 

i6g5 


TABLE    DES    AUTEURS. 


l8l3 


MM. 


Pages. 

36 


TAFFIN.  —  Le   recuit  des  verres... 

—  Sur  le  recuit  et  les  propriétés  méca- 

niques    du     verre i  59 

TANRET  (Georges).  —  Sur  la  com- 
position   chimique    de    l'Ergot    de 

Diss  et  de  l'Ergot  d'Avoine 827 

TARAZONA  (I.).  —  Observation  de 
l'éclipsé  annulaire  du  Soleil  du 
27-28  mars  1922,  faite  à  l'Obser- 
vatoire  astronomique   de   Valence 

(Espagne) ioo4 

TERMIER  (Pierre).  —  Fait  partie  de 
la  commission  des  prix  de  minéra- 
logie    et    géologie 6:)0 

—  id.     du    prix    Vaillant 65 1 

—  id.    du    prix    Saintour 652 

—  id.  de  la  question  du  grand  prix  des 

sciences  physiques 652 

—  Fait  hommage  à  l'Académie  de  son 

livre  «  A  la  gloire  de  la  Terre  ».      11 49 

—  Délégué  au  xiii^  Congrès  géologique 

international i446 

TERROINE  (Émile-F.)  et  René 
WURMSER.  —  Le  rendement 
énergétique  dans  la  croissance  de 
VAspergillus  niger i435 

THIÉRY  (Paul).  —  Sur  la  limite  du 
Rathonien  et  du  Bajocicn  en 
Lorraine 1 2^3 

THOMAS  (V.).  —  Composé  organométal- 

lique  mixte  de  l'aluminium 464 

THOMSON  (Sir  J.-J.).  —  Fait  hommage 
de  la  traduction  de  son  ouvrage  : 
«  Electricité  et  Matière  » 43i 

THOMPSON  (W.-R.).  —  Théorie  de 
l'action  des  parasites  entomo- 
phages.  Les  formules  mathéma- 
tiques   du  parasitisme   cyclique..      1201 

—  Étude  mathématique  de  l'action  des 

parasites  eutomophages.  Durée  du 
cycle  parasitaire  et  accroissement 
de  la  proportion  d'hôtes  parasités.      i433 

—  Étude    de    quelques    cas    simples    de 

parasitisme      cyclique      chez      les 


MM.  Pages. 

insectes     entomophages i647 

THOULET  (J.).  —  Sur  les  lignes  neutres 

de  sédiments  sous-marins  côtiers.       63o 

—  Éruptions  volcaniques  sous-marines 

profondes 1068 

—  Distribution    du    calcaire    dans    les 

globisédiments     profonds 1^49 

TIAN  (A.).  —  Thermostats  à  enceintes 

multiples 1 453 

TILHO     (.Jean).    —    Est    présenté    en 

deuxième  ligne  pour  la  succession 

de  M.  Alfred   Grandidier 336 

—  Obtient    des    suffrages 367 

TIMMERMANS   (Jean),  M^e   H.  VAN 

DER  HORST  et  M.  H.  Kamer- 
LiNG  ONNES.  —  Les  points  de 
congélation  de  liquides  organiques 
purs  comme  repères  thermomé- 
triques aux  températures  infé- 
rieures  à  0°  C 365 

TISSERAND  (Eugène).  —  Fait  partie 
de  la  commission  du  prix  Montyon 
de     statistique ^^    i 

TODD  (JoHN-L.).  —  Voir  Burt  Wol- 
bach  [S.],  John-L.  Todd  and  Fran- 
cis-W.   Palfrey. 

TONI  (G.-B.  de).  —  Le  piante  egli  ani- 

mali  in  Leonardo  da  Vinci  (imp.).      1277 

TOPORESCU  (E.).  —  Sur  la  prépara- 
tion du  bicarbonate  de  sodium.  .        870 

TOULON  (P.).  —  Voir  Dunoijer  (L.)  et 
P.     Toulon. 

TOUPLAIN.  —  Voir  Arsom'cd  [d'), 
Bordas    et    Touplain. 

TRITCHKOVITCH  (M^e  Juliana). 
—  Voir  Policard  {A.)  et  M^e  Ju- 
liana   Triichkovitch. 

TROUSSET  (J.).  —  Les  lois  de  Kepler 

et  les  orbites  relativistes 1 160 

—  Note  de  M.  Painlevé,  sur  cette  com- 
munication. . iiGi 

TZITZÉICA  (G.).  —  Sur  les  réseaux  de 

points i5o 


u 


UBACn  (J.).  —  Sur  les. observations  de 
l'éclipsé     partielle     de     Soleil     du 

C.   R.,  1922,  !••  Semestre.  (T.   l74.) 


i^""  octobre  1921,  faites  à  Buenos- 
Ayres     (République    Argentine).  . 

1I0 


804 


I.» 


TABLE    DES    AUTEURS. 


MM.  Pages. 

UNIVERSITÉ  ROYALE  DE  PADOUE. 

—    Invite    l'Académie    à    se    faire 

■    représenter  aux  fêtes  du  septième 

centenaire    de    sa    fondation,    qui 

auront  lieu  du  i4  au  17  mai  1922.        5 16 

URBAIN  (Georges).  —  Fait  partie 
de  la  commission  des  prix  de 
chimie 65o 


MM.  Pages. 

—  Les    numéros     atomiques    du    néo- 

ytterbium,  du  lutécium  et  du  cel- 

tium 1 349 

—  Voir  Boulanger  {Ch.)  et  G.  Urbain. 
URBAIN     (Pierre     et     Georges).     — 

Extraction  et  purification  du  scan- 
dium  de  la  thorveïtite  de  Mada- 
gascar       1 3 1  o 


Y 


VAGLIANO  (M.).  —  Voir  Wollman  {E.) 

et    M.    Vagliano. 
VALIRON    (G.).    —   Sur    les    fonctions 

entières  d'ordre   entier io54 

—  Sur     la     méthode     d'approximation 

d'Hermite 1 53o 

VALLÉE   (H.)   et    H.  CARRÉ.   —  Sur 

l'immunité  anti-aphteuse 207 

—  Sur  la  pluralité  des    virus  aphteux.      1498 
VANDEL      (A.).     —     La     spauandrie 

(disette    de    mâles)    géographique 

chez    un    Isopode    terrestre 1742 

VAN  DER  HORST  (M^e  IL).  —  Voir 
Timmermans,  M"^  //.  Van  der 
Horst  et  M.  //.  Kamerliugh 
Onnes. 

VANEY  (Félix).  —  Sur  les  polynômes 

de    Laguerre     (imp.) i42 

VANEY  (Clément)  et  Jean  PELOSSE. 
• —  Relations  entre  le  sang  et  la 
coloration  du  cocon  chez  le  Bom- 
byx mori 1372 

—  Origine    de    la    coloration    naturelle 

de  la  soie  chez    le  Bombyx  mori.      i566 
VAROPOULOS     (Théodore).    —    Sur 

une  classe  de  fonctions  croissantes.  89 

—  Sur  un  théorème  de  M.  Montel.  .  .  .        272 

—  Sur  quelques  théorèmes  do  M.  Borel.      i323 
VEIL  (Mlle  C).  —  Relation  entre  l'in- 
dice   de    chlore    et    la    teneur    en 
azote   de   la   terre   végétale 3i7 

VERGE  (J.).  —  Voir  Passinet  (L.)  et 
J.    Verge. 

VESSIOT  (Ernest).  —  Sur  la  géo- 
métrie conforme  des  systèmes  de 
cercles 989 

—  Sur  les  surfaces   cerclées iioi 

—  Est  présenté  en  troisième  ligne  pour 

la  succession  de  M.   C.   Jordan..      io83 

—  Obtient    des    suffrages 1398 

VIALA  (Pierre.).  — •  Désigné  pour  faire 

partie  du  Conseil  d'administration 


de  l'Institut  des  recherches  agro- 
nomiques    89 

VIEILLE   (Paul).  —  Fait  partie  de  la 

commission  des  prix  de  mécanique.        649 

—  id.  de  navigation 65o 

—  id.  du  prix  Caméré 652 

VIENNOT     (Pierre).    —    Le    contact 

anormal  du  Elysch  nord-pyrénéen 
au  nord  de  Saint-Jean-Pied-de- 
Port 45 

VIGNAT.  —  Voir  Seyewetz  et   Vignat. 

VILA  (A.).  —  Influence  de  la  chaleur 
et  de  quelques  dissolvants  sur  la 
viscosité  du  sérum  de  cheval....      ii3r 

VILLARD  (Paul).  —  Fait  partie  de  la 

commission  des  prix  de  physique,       65o 

—  id.    de   la    fondation  Jérôme    Ponti.        652 
VILLAT  (Henri):  —  Sur  un  problème 

nouveau  concernant  les  fonctions 
analytiques  et  la  représentation 
conforme 656 

VILLAUME  (M.).  —  Voir  Boutaric  [A.) 
et  M.   Villaume. 

VILLEDIEU  (M.  et  M^e  G.).  —  Contri- 
bution à  l'étude  des  bouillies 
cupriques 707 

— •  Erratum  relatif  à  cette  communica- 
tion         783 

VILLEY  (Jean).  —  Physique  élémen- 
taire et  théories  modernes.  Molé- 
cules et  atomes.  Etats  d'équilibre 
et     mouvements     de     la     n^atière 

(imp-)    •• ••••  89 

—  Voir  Courtines  (M.)   et  Jean  Villey. 
VIOLEE    (Jules).  \ —  Fait  partie  de  la 

commission  des  prix  de  physique  .  65o 

—  id.  du  prix  Montyon  de  statistique.  65 1 

—  id.    du   prix    Iloullcvigue 652 

—  id.  du  prix  Henry  Wilde 652 

— -  id.   du   prix   Victor   Raulin 652 

VORONOFF   (Serge).  —  Voir  Réitérer 

(Edouard)  et  Serge  Voronoff. 


TABLE   DES    AUTEURS. 


MM.  Pages. 

VUILLEMIN  (Paul).  —  Une  nouvelle 
espèce  de  Syncephalastrum;  affi- 
nités  de   ce   genre 986 


i8i5 

MM.  Pages. 

—  Relations   entre  les   chlamydospores 

et  les  boucles   mycéliennes 1148 


w 


WADDELL.  —  Assiste  à  une  séance  de 

'     l'Académie 1269 

WAHL  (A.)  G.  NORMAND  et  G.  VER- 
MEYLEN.  —  Sur  les  monochloto- 
luènes 946 

WALL  (Frank).  —  \Ophidia  taproha- 
nica  or  the  snakes  of  Ceylon 
(inip.) 272 

WALLERANT  (Frédéric).  —  Fait 
partie  de  la  commission  des  prix 
de  minéralogie  et  géologie 65o 

WARCOLLIER  et  LE  MOAL.  —  Dis- 
pariiton  progressive  de  l'acide  sul- 
fureux libre  dans  un  jus  de  pommes 
conservé 634 

WEBER  (A.).  —  Influence  sur  le  déve- 
loppement des  œufs  d'un  Batracien 
d'une  substance  extraite  de  la  fer- 
tilisine   des   œufs   d'un   Poisson..      1786 

WEHRLÉ  (Ph.).  —  Voir  Scheres- 
chewsky  (Ph.)   et  Ph.  Wehrlé. 

WEISS  (H.)  et  P.  HENRY.  —  Influence 
de  la  température  sur  la  vitesse 
d'interpénétration     des     solides .  .        292 

—  Influence  du  facteur  temps  sur  l'in- 
terpénétration des  solides  par  réac- 
tion chimique 1421 

WELTER  (Georges).  —  Voir  Nicloux 
[Maurice)  et  Georges  Welter. 

WERTHEIMER  (E.).  —  Sur  la  circu- 
lation entéro-hépatique  des  acides 
biliaires , 565 


WIDAL  (Fernand).  —  Fait  partie  de 
la  commission  des  prix  de  méde- 
cine et  de  chirurgie 65o 

—  id.  du  fonds  Charles]  Bouchard....        65 1 

—  Réélu    membre    de    la    Commission 

supérieure  des  maladies  profession- 
nelles       85o,     917 

WIDAL  (Fernand),  P.  ABRAMI  et  J. 
HUTINEL.  —  Recherches  sur 
l'insuffisance  protéopexique  du 
foie  dans  l'hépatite  dysentérique.        35 1 

WILKOSZ  (Witold).  —  Sur  un  point 
fondamental  de  la  théorie  du 
potentiel 435 

WOLFF  (Mlle  N.).  —Sur  la  furfural-a- 
méthylcyclohexanone  et  quelques- 
uns  de  ses  dérivés  et  sur  les  mono- 
et  difurfuralcyclohexanones 1469 

WOLLMAN  (E.).  —  Voir  Cohendy  et 
E.    Wollman. 

WOLLMAN  (E.)  et  M.  VAGLIANO.  — 
Influence  de  l'avitaminose  sur  la 
lactation 1687 

WOOG  (Paul).  —  Sur  la  vitesse  d'exten- 
sion de  couches  minces  d'huiles  à 
la  surface  d'une  nappe  d'eau.  ...         162 

WOUSENG  (Sung).  —  Voir  Locquin 
(R.)   et  Sung  Wouseng. 

WURMSER  (Mlle).  —  Sur  la  prépara- 
tion de  l'azotate  d'ammoniaque.      1466 

WURMSER  (René).  —  Voir  Terroine 
[Emile-F.)     et    René    Wurmser. 


z 


ZAEPFFEL  (Edgar).  —  Sur  le  méca- 
nisme de  l'orientation  des  feuilles.        119 

ZAREMBA   (S.).  —  Sur  la  conception 

relativiste    de    l'espace i4i6 

ZEILLER       (René).      —      Son       fils,  . 
M.  Jacques  Zeiller  fait  don  de  son 
portrait    à    l'Académie 212 

ZEILLER  (Jacques).  —  Fait  don  d'un 
portrait    de     son    père,     M.   René 


Zeiller,  ancien  membre  de  l'aca- 
démie         212 

ZIMMERN  (A.).  —  Influence  de  la  tem- 
pérature sur  la  sensibilité  des 
émulsions  en  radiographie 45o 

ZIMMERN  (A.)  et  E.  SALLES.  — 
Étude  spectrographique  de  dévi- 
rage du  platinocyanure  de  baryum 
dans    l'effet    Villard 80 


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lAI'THIER-VII.I.ARS,    IMPRIMEUR-LIBRAIRE  DES   COMPTES    RENDUS  DES    SEANCES   DE    L  ACADEMIE    '"-S  'iClEMCEB. 

Paris.  —  Quai  des  Grands-Auguslins,  55. 
70oi3-23 


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